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Résidence située au 4820-4822 rue Adam

 

Cette résidence fut construite en 1903 dans le quartier Viauville pour Adéline Désliles, mieux connue sous le nom de la veuve St-Onge (veuve de Séraphin St-Onge).

 

L’édifice fut agrandi vers l’arrière dans la première partie du XXe siècle et fut par la suite divisé en de multiples logements. Il fut utilisé en tant que maison de chambres dans les années 1990, puis devint vacant vers 2010.

 

L’immeuble fut rasé au mois de juin 2015 afin de faire place à un édifice à condos de 3 étages, dont la forme rappellera sommairement celle de cette demeure centenaire.

 

Source : Google Street View

 

© Tous droits réservés : Guillaume St-Jean

 

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Roscoff [ʁɔskɔf], est une commune française du Léon située sur la côte nord de la Bretagne, dans le département du Finistère.

 

Ancien havre de corsaires puis de contrebandiers, d'où partirent les Johnnies vendre leurs oignons rosés, Roscoff, homologué « petite cité de caractère1 », est une petite ville balnéaire qui a conservé son patrimoine architectural des XVIe et XVIIe siècles. Son port en eau profonde, desservi par Irish Ferries et Brittany Ferries, qui y a son siège, assure la liaison en ferry avec les îles Britanniques ainsi que l'Espagne.

 

Son estran, balayé par des marées dont le marnage peut atteindre 10,40 m, abrite une diversité biologique propre à deux écosystèmes d'algues frontaliers dont l'étude, en 1872, est l'origine du premier2 pôle européen3 de recherches et d'enseignement en biologie marine, la Station biologique de Roscoff. Recherché pour ses embruns iodés et la douceur d'un climat maintenue par un courant marin qui ne varie qu'entre 8 °C et 18 °C, Roscoff a vu la naissance du concept de centre de thalassothérapie en 1899, avec l'institut de Rockroum, et la fondation d'un centre héliomarin en 1900.

 

L'île de Batz est desservie par des vedettes au départ du vieux port de Roscoff.

 

Géographie physique

Carte schématique de Roscoff et ses environs.

 

Roscoff occupe la pointe du promontoire qui ferme à l'ouest la baie de Morlaix. La ville s'étend sur 619 hectares au nord de Saint-Pol-de-Léon distant de centre à centre de 5 kilomètres, avec lequel elle tend à former une conurbation, et possède 14 kilomètres de côte avec plusieurs plages de sable blanc très fin. L'accès par la terre se fait de Saint-Pol par une route unique, la RD 58 (ancienne route nationale) ou de Santec, au sud ouest, par une petite route côtière.

Le figuier de Roscoff vers 1910 (carte postale ND Photo)

 

Ce territoire est dessiné par trois pointes. Celle du milieu, la moins marquée, occupe le centre de la vieille ville et est appelée la pointe du Vil. Les deux autres sont 0,665 mille à l'est la péninsule de Bloscon, séparée de la précédente par la petite anse du vieux port, et 0,604 mille à l'ouest la presqu'île de Perharidy, séparée de la même par l'anse de Laber. Celle-ci, profonde de près de 2 kilomètres, se découvre entièrement à marée basse. Son tiers amont est depuis 1835 un polder.

Article détaillé : Pointe de Perharidy.

 

Roscoff appartient à la Ceinture Dorée, cet affleurement lœssique de 30 à 60 centimètres de profondeur, formé au Devensien par les déjections friables et les moraines du bord de la calotte glaciaire, dont la fertilité, bien qu'il soit plus de mille fois plus mince, ne se compare qu'à celui de la plaine du fleuve Jaune. C'est ce lœss, amendé par les phosphates du goémon, qui donne l'impression que les Roscovites, tels Ulysse, cultivent du sable. La région de Roscoff, réchauffée par le Gulf Stream et protégée des vents du nord par l'Île de Batz, est la zone privilégiée de la Ceinture Dorée. Le célèbre figuier de Roscoff, un figuier géant planté en 1610, situé dans l'enclos du couvent des Capucins, qui illustrait la douceur du climat local, a été coupé en 19864.

Situation et transports

Roscoff est à 98 milles marins, soit 182 kilomètres, de Plymouth, 210 kilomètres de Rennes et 562 de Paris. Il faut 6 heures en ferry5, environ 15 heures à la voile (mais deux jours par vents contraires), pour rejoindre Plymouth. L''aérodrome de Morlaix et la base de Landivisiau sont à une trentaine de kilomètres chacun.

 

En face de Roscoff, au-delà d'un double chenal, le grand Kan et le petit Kan séparés par le rocher de Perroc'h, et animé de forts courants, se situe l'Île-de-Batz distante de 0,55 mille.

 

Roscoff dispose d'un port en eau profonde, ce qui lui permet d'accueillir les ferries des compagnies Brittany Ferries et Irish Ferries, qui desservent la Grande-Bretagne (Plymouth) et l'Irlande (Cork).

Article détaillé : Port de Roscoff - Bloscon.

 

Roscoff est desservi par voie routière par la D 58 qui est à 4 voies (de type voie express) de Morlaix (où cette route rejoint la route nationale 12) jusqu'à Saint-Pol-de-Léon et la D 788 depuis Brest via Lesneven. La ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff, à voie unique et non électrifiée, relie Roscoff au réseau ferré national ; son trafic est interrompu depuis juin 2018 en raison d'un effondrement de terrain survenu près de Morlaix6.

Article détaillé : Gare de Roscoff.

 

Vestige de l'habitat dispersé, la commune est entourée d'écarts (Laber, Kersaliou, Keradennec…), parfois séparés par des champs en pleine zone urbaine, signe que le rendement agricole reste supérieur à celui de la rente immobilière.

 

Population

 

47% de la population a plus de 60 ans. En période estivale, la commune peut dénombrer de 16 à 20 000 résidents17.

 

D'année en année, la densité démographique reste supérieure à 550 habitants au kilomètre carré, la plus forte de la côte du Léon après Brest et Morlaix18.

Logement

 

La commune regroupe 1 597 résidences principales, 881 résidences secondaires et 549 logements vacants (+10% en 5 ans) 19.

Climat

 

Le ciel de Roscoff, extrêmement variable sur une journée, délivre tout au long de l'année une luminosité d'une grande constance, laquelle est ici un des facteurs déterminants, avec la transparence des eaux, de l'abondance exceptionnelle des algues.

Faune remarquable

Dans les eaux limpides au large de Roscoff, ici en 2015, convergent deux écosystèmes d'algue, source d'une exceptionnelle biodiversité.

 

Roscoff est inclus dans la Zone de protection spéciale Natura 2000 de la Baie de Morlaix20 et borde21 la zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de l'estuaire de la Penzé. L'exceptionnelle diversité biologique de Roscoff, constituée de plus de trois mille espèces animales22, est liée à son interface maritime et à ses singularités géographiques (marée, climat, courants marins, nébulosité, géodésie, etc.) qui font s'y chevaucher deux écosystèmes d'algues, un nordique et un méditerranéen.

 

Oiseaux.

Sternes de différentes espèces (S. caugek23, goélette23, S. de Dougall24…)nb 1.

Fou de Bassan. Plus grand voilier planant au-dessus de Roscoff (jusqu'à 1,70 m d'envergure), il niche depuis la fin des années trente dans la réserve naturelle de l'île Rouzic, en janvier.

Goélands (Goéland argenté25, goéland brun, goéland marin26)

Cormoran huppé

Mouette rieuse

Mouette mélanocéphale

Océanite tempête. Elle niche dans la réserve naturelle des Sept-Îles et seuls les marins la voient, rarement.

Fulmar boréal

Tournepierre

Huîtrier pie

Tadorne de Belon

Bernache

Guillemots. En particulier, quelques dizaines de Guillemot de Troïl nichent dans la réserve naturelle des Sept-Îles.

Guifette noire23

Sarcelle d'hiver26

Héron cendré26

Petit Pingouin26

Grand Corbeau

 

Mammifères (leur observation est très aléatoire)

Phoque gris, non vu depuis 198127.

Veau marin28

Marsouin29

Vison d'Amérique

Musaraigne couronnée27

Hérisson d'Europe27

Blaireau commun27, autrefois chassé pour sa fourrure et consommé pour sa chair délicieuse.

Belette commune27

 

Les baleines (Rorqual commun27, Balaenoptera acutorostrata26, Cachalot pygmée27) et dauphins (Dauphin commun à bec court26, Dauphin de Risso26) ont pour l'instant disparu mais se voient toujours en très grand nombre dans le golfe de Gascogne.

L'hippocampe est répandu en Bretagne mais l'espèce guttulatus, présente sur la côte sud de l'Angleterre, dans le bassin d'Arcachon et jusqu'en Méditerranée, ne s'y voit qu'à Roscoff.

 

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Poissons

Hippocampe à museau court30.

Hippocampe moucheté (Hippocampus guttulatus)31.

Vieille27, qui change de sexe avec l'âge.

 

Invertébrés

Ver plat de Roscoff

Halammohydra (H. octopodites, H. schulzei, H. vermiformis H. adhaerens), hydrozoaires de la méiofaune dont la découverte a permis en 1959 l'invention à Roscoff de l'ordre des Actinulides et une révision de la phylogénèse de certains cnidaires (Gymnoblastiques et méduses Trachylides) par Georges Tessier.

Loricifères, phylum inventé dans le benthos d'une dune hydraulique de Roscoff en 1983.

Spirorbis27

Oursin violet, modèle du développement embryonnaire dont le génome a été décodé en totalité à la Station biologique de Roscoff

Ver de sable, appât traditionnel dont l'hémoglobine étudiée32 à la Station biologique de Roscoff par l'équipe de Franck Zal permet d'envisager dans le cadre du projet Hémarina une production industrielle de sang artificiel33 (cicatrisation, greffe…).

Coquillages et crustacés communs (langouste, crabe, étrille, pétoncle, bernique, bigorneau, couteau…)

Crépidule

Veloutée moine27

Abeille noire de Bretagne

 

Flore remarquable

 

Le paysage de Roscoff abrite plus de sept cents espèces végétales différentes22.

Les microalgues pélagiques du plancton, tels Emiliania huxleyi34 et Phymatolithon calcareum, se protègent de coccolithes qui en sédimentant forment le traez, variété de sable crayeux, et le maërl où dominent les Corallinacées, tous deux dragués pour amender les sols.

 

Algues

Emiliania huxleyi35.

Phymatolithon calcareum qui produit le maërl.

Alexandrium minutum, sécréteur de la saxitoxine dont l'efflorescence rend les coquillages neurotoxiques.

Dinophysis, autre dinoflagellé qui, elle, se défend en sécrétant de l'acide okadaïque qui a provoqué sous d'autres tropiques des diarrhées.

Pseudo-nitzschias, diatomées phytotoxiques qui sécrètent de l'acide domoïque et font l'objet elles aussi d'une surveillance sanitaire.

Picobiliphytes, phylum de phycobilines invisibles du picoplancton découvert en 2003 et caractérisé en 200636 par Fabrice Not et Daniel Vaulot à la Station biologique de Roscoff37.

Laminaires (laminaire sucrée, fleur de mai, fouet des sorcières…) Pour voir une forêt de laminaires, il faut cependant aller à Molène.

Goémon, combustible du pauvre que quelques goémoniers récoltent encore pour servir d'engrais. La soude ne sort plus aujourd'hui des fours à goémon.

Goémon noir, matière première des alginates (E400 & E405) utilisés dans les industries alimentaires, pharmaceutiques et cosmétique.

Varech vésiculeux que les enfants font exploser entre leurs doigts.

Sargasse japonaise.

Corrallines (C. officinalis, C. squamata…), utilisées pour reconstruire les os et les dents.

Dulse alimentaire.

Mousse d'Irlande, source du E407.

Porphyras, enveloppe des makis.

 

Flore indigène

Ajonc. Cultivé sur les terres à lande, il était écrasé après récolte selon la méthode Calloet-Kerbrat pour faire un fourrage garant de la bonne qualité du beurre.

Genêt. Il était planté dans les jachères pour enrichir la pâture et fournir des balais, des litières, des joncs de toiture, le reste pour servir de combustible ou d'engrais.

Laiche, tressée pour faire des licous, des paillassons, des ruches, des coussins, etc.

Chardon, symbole des liens de Roscoff avec l'Écosse des Stuarts et le pèlerinage de Saint Ninian.

Fétuque

Les symboles de la littérature (lierre, coudrier, chèvrefeuille).

Orme de Cornouailles (en), typique de la Bretagne. Un exemplaire résiste à Kerestat38.

Les simples de la tradition (herbe d'or39 utilisée comme cierge propitiatoire40, jusquiame, pimprenelle d'eau, verveine, primevère, trèfle)41

 

Flore acclimatée

 

Le figuier des Capucins, aujourd'hui détruit, attraction touristique en 1913.

 

Figuier. Symbole de la terre d'Israël annonçant le Royaume des Cieux et plus encore affirmant la liberté dans la Grâce face à certains augustiniens, le premier figuier a été planté par les missionnaires capucins à côté de leur cloître en 163442, année de l'inauguration de la Chapelle d'albâtre dans Notre Dame de Batz. Le spécimen, visité par les voyageurs, couvrait plus de sept cents mètres carrés quand il a été rasé en 1987 pour faire un parking ; il avait 800 m²de ramifications supportées par 120 béquilles de granite et ses branchages abritaient trois profondes tonnelles43.

Artichaut, autre héritage de la curiosité des capucins, férus de botanique depuis leur promotion à la tête du projet scientifique et colonial de la France par le plus influent d'entre eux. Quelques siècles ont donc suffi pour aboutir à l'actuel cultivar Camus de Bretagne.

Échalote rosée ronde de Jersey44 introduite au XIIe siècle45.

Oignon rosé importé du Portugal et acclimaté par les Capucins au milieu du XVIIe siècle.

Pomme de terre46, résultat de l'activisme physiocratique de l'« évêque aux patates » lors de la crise alimentaire qui a précédé la Révolution.

Rhododendron

Tamaris

Palmier, déjà évoqué dans l'odyssée du malouin Saint Brendan.

Palmier de Chine, expédié de Chousan, à l'est de Shanghaï, par Charles de Montigny en 185147, planté en 1853 à Alger puis en 1856 à Porzantrez près de Morlaix48.

Désespoir des singes, souvenir des cap-horniers revenus de Valparaiso.

Aloe et agaves, témoignage des relations commerciales anciennes avec la Floride et la Nouvelle-Espagne.

 

Toponymie

 

Le nom en breton de la commune en breton est Rosko prononcé [ʁoskṓ].

 

Roscoff vient du breton ros signifiant promontoire, et de goff qui signifie forgeron, probablement un anthroponyme49, peut-être celui du même saint patron que celui de la paroisse de Plogoff, masque chrétien d'une divinité forgeronne, Gofannon. Le nom de Roscoff pourrait donc se traduire en français par le coteau du forgeron.

 

Une mutation consonantique durcit après ros le g en c. La prononciation de la consonne finale -ff est muette en léonard, d'où la graphie bretonne moderne : Rosko [roskṓ]. La prononciation française [roskɔf] est une lecture fautive de la graphie bretonne classique, Roscoff.

Gentilé

 

Les habitants de Roscoff, appelés Roscouins au XVIIIe siècle, s'appellent aujourd'hui les Roscovites.

Blason

Blason de Roscoff

  

Blason de Roscoff :

Blasonnement : D'azur au navire d'argent équipé d'hermine voguant sur une onde d'argent ; au chef de Bretagne (qui est semé d'hermine).

Devise

 

« A rei, a skei atao » (« Donner et frapper toujours »).

 

La devise est un jeu de mots sur les composantes du nom de la ville prononcé en breton: Rosko, le double f final étant muet. En breton ro signifie en effet donne, et sko veut dire littéralement frappe, selon le contexte au sens physique de joue des poings ou au sens moral de frappe l'imagination, accomplis quelque chose de touchant, mais aussi dirige, oriente, commande. D'où l'impératif ro, sko, donne, frappe, atténué par l'infinitif a rei, a skei, expression d'une sorte de justice immanente, dont le sous entendu ironique est que celui qui paye, décide. L'étymologie véritable de Roscoff est pourtant toute différente.

Hymne

 

Au début du XIXe siècle, le vicomte Eugène d'Herbais de Thun écrivit, sur une musique galloise qui avait eu beaucoup de succès dans les cercles celtisants, l'hymne Paotred rosko (Les gars de Roscoff)50. Les compagnies de Johnnies partantes en chantait le refrain Rosko, sko mibin, sko kaled, sko atao (« Roscoff, cogne sec, cogne dur, cogne sans cesse ») en hissant trois fois le pavillon en vue de la chapelle de Sainte Barbe, patronne de la cité depuis au moins le début du XVIIe siècle.

Histoire

Roscoff avant Roscoff

Préhistoire

 

Le réchauffement climatique, qui a commencé à l'épipaléolithique en achevant de transformer la vallée de la Manche en mer et s'est poursuivi après le boréal jusqu'à le phase atlantique, voit en Bretagne l'homme de Téviec se sédentariser vers - 7000 autour de sites de « pieds rouges » (récolteurs de coquillages sur l'estran), en particulier celui de la baie de Pemprat, au sud de Roscoff, qui, à défaut d'ossements, conserve un kokkenmodding semblable à ceux de la culture d'Ertebølle.

 

Des traces mégalithiques subsistent faiblement : le dolmen de Kerfissiec, le lech de Reuniou… La triple allée couverte de Keravel a été dynamitée par le propriétaire du terrain en 1942. La pointe de Bloscon a vraisemblablement été vers - 4 500 un tumulus tel celui de Barnenez, candidat à la place de plus vieux monument du monde, avant d'être réutilisé comme fort. Comme dans tout le pourtour de la baie de Morlaixnb 2, la toponymie témoigne toutefois d'un pôle important au néolithique, développement naturel de deux mille ans de présence des « pieds rouges » du mésolithique : Parc al lia (lia est le pluriel de lech) en retrait de la pointe de Bloscon au-dessus de l'actuel port en eau profonde, Parc an dolmen et Goarem an dolmen, noms de champs autour d'un hypothétique dolmen situé un peu plus au sud au lieu-dit Ruveic, etc. Roscogoz, quartier de la ville où se situait le premier port, était dans le souvenir de témoins du XIXe siècle le nom d'un dolmen51 peut être évoqué dans le nom de Rochgroum (pierre courbe) qui, à Santec, sert à en désigner un.

Macle de cassitérite du gisement de Saint Erc en Cornouailles.

 

La civilisation maritime du Wessex, celle qui construit au chalcolithique, vers 2100 av . J-C, le second Stonehenge, s'implante plus en amont (Cléder, Plouvorn, Saint-Vougay, Saint-Thégonnec) mais ses chefferies minières entretiennent un commerce intense de l'étain et ont nécessairement exploité les ports naturels tels que ceux que présentait la côte, alors plus basse, du futur Roscoff et de l'île de Batz réunis par la terre. Ce composant du bronze, fondu avec le cuivre de Cambrie et d'Espagne, affleure naturellement dans les sables alluviaires du gisement de l'actuel Saint-Renan et de son jumeau du Dartmoor, qui, parmi de nombreux autres dispersés dans l'ouest armoricain52 et le sud ouest britannique53, étaient les deux principaux fournisseurs de l'Occidentnb 3. L'imagination laissera rêver que le « promontoire du forgeron » qui a donné son nom à Roscoff était un site d'exportation de cette civilisation du bronze où le forgeron tenait un rôle magique.

 

Le lech de Reuniou (cf. infra "Vestiges mégalithiques") date de l'âge du fer, qui est tardif dans les Cassitérides, soit au plus tôt - 700. Comme il ne marque pas une fontaine, il correspond peut-être, comme certains autres lechs, à un ancien cimetière, ici détruit, et marque certainement un lieu fréquenté par les Osismes.

Antiquité

 

Vers - 100, les Celtes, soucieux après la défaîte de Bituit de maintenir les liens avec Carthage que Massilia ne permet plus, fondent en territoire armoricain la colonie de Vorganium, dont le site de Roscoff a été un des ports possibles. Lors de la reconstruction du fort de Bloscon en 1615 a été trouvée à dix mètres de profondeur la statue gauloise dite de Saint-Pyriec d'un enfant à l'oiseau, statue aujourd'hui disparue51. La construction du port en eau profonde a révélé un abri de l'époque gauloise, peut être en rapport avec les stèles funéraires de l'île de Batz qui était alors attachée au continent. L'île verte, qui se trouve au bord sud du chenal de l'île de Batz au bout de l'actuelle jetée piétonne, a en effet livré à la fin du XIXe siècle deux épées, huit haches, dont cinq portent un anneau, un torque, un fer de lance et un morceau de poignard51. Les navigateurs osismes, partenaires des tartessiens et de Carthage54 depuis au moins le voyage d'Himilcon, soit près de quatre cents ans, étaient un atout dans cette alliance contre Rome, qui se concrétisera militairement lors de l'expédition d'Hannibal.

 

Pol Potier de Courcy a trouvé près du même dolmen de Keravel des petits bronzes, traces d'une garnison du IIIe siècle51, probablement un des détachements des Mauri Osismaci que Carausius a dispersé pour surveiller les pirates le long de la nouvelle route côtière reliant Osismis, devenue capitale de la cité en 282, au gué du Mont Relaxe vers Aleth. De l'époque romaine, ont été également trouvées dans la ferme de Kergoff, une pièce d'or du VIe siècle51. D'autres monnaies romaines ont été retrouvées entre les deux guerres au Ruguel sur la presqu'île de Perharidy.

 

Une épave romaine datant du II ou IIIe siècle a été découverte à l'est de l'ilot Ti Saozon en 2014. Fouillée par la DRASSM sous le nom de Bloscon 1, elle a révélé des objets permettant de la dater ainsi que plus de 800 lingots d'étain ou d'alliage plomb-étain provenant probablement de l'actuelle Grande-Bretagne55.

Entre monastère et place militaire

La mer a submergé les mille trois mètres qui séparent aujourd'hui Roscoff, ici au fond, de l'Île de Batz, au premier plan, où l'église de Pol Aurélien est envahie par le sable.

 

Selon la légende hagiographique écrite au Bas Moyen Âge à partir d'un manuscrit daté de 88456, Saint Pol Aurélien, missioné par l'évêque de Guicastel, débarque en 510 à Ouessant puis est accueilli par son cousin à la forteresse de Saint-Pol, Castel Paol en breton. Des remparts, il a pu voir, selon les documents compilés par Albert Le Grand, le roi de Domnonée chasser en 513 les danois installés dans l'île Callotnb 4. Pol finit par s'installer à Batz alors rattachée au continent, y fonde un monastère et évangélise la région acquise au pélagianisme depuis plus d'un siècle comme en avaient attesté les missions de Saint Germain et son diacre Palladiusnb 5.

 

Nul doute que les rivages de Roscoff virent passer la voile blanche d'Iseut que Marie de France fait arriver trop tard pour sauver Tristan de Loonois.

 

Trois siècles plus tard, en 857, des Normands, suivant l'exemple d'Hasting, s'installent sur l'île de Batz et pillent toute la région. Leurs exactions récurrentes provoquent en 878 le transfert des reliques de Saint Pol à Fleury et celui de la population loin du rivage. Celui-ci ne sera réinvesti qu'à l'installation en 937, dans le sillage d'Alain Barbetorte rentré d'exil et vainqueur de Rognvald puis Håkon57, de la cour d'Even le Grand, comte de Léon, à Lesneven. Le vieux Roscoff, pillé, détruit, dépeuplé à plusieurs reprises, fut à chaque fois reconstruit, se cristallisant alors autour de deux pôles principaux, le port et l'église.

 

Au cours de l'hiver 1114-1115, la Manche gèle à quelques distances des côtes58, ce qui était déjà arrivé à l'hiver 763-76458,nb 6.

Ces Messieurs de Roscoff

Le Rosco goz de la fin du Moyen Âge

Article connexe : Minihy de Léon.

 

L'envasement progressif au Moyen Âge du port de Pempoul, au pied de la capitale de l'évêché-comté, oblige les navires à débarquer de l'autre côté de la péninsule, au lieu-dit Roscoff situé sur la plage orientale de Laber, appelé aujourd'hui Rosko Goz (vieux Roscoff en breton). L'actuelle pointe du Vil est un cul-de-sac où mène la route de Saint-Pol-de-Léon appelée au XVIIe rue Ker da Laez c'est-à-dire de la ville en passant par le haut, actuelle rue Albert de Mun59. La route partage alors le territoire entre la paroisse de Toussaints, à laquelle appartient Bloscon, à l'est de cette route, et la paroisse de Saint-Pierre, à laquelle appartient Santec, à l'ouest60. Ce sont deux des sept paroisses du minihy de Léon, chacune étant dirigée par un vicaire perpétuel et la cure primitive exercée directement par le chapitre cathédral de Léon.

 

Cette future rue de Ker da Laez, actuelle rue Albert de Mun, une fois arrivée au cul-de-sac de la pointe du Vil rebrousse chemin par ce qui deviendra la rue du Cap, actuelle rue Édouard-Corbière, le long de la côte vers Perharidy, ex-cap Ederi ou pointe Ederi, qui se dit Pen Ederi ou Pen ar Ederi59. L'endroit de la bifurcation est alors occupé par une auberge, à l'emplacement de l'actuel Hôtel de France59 aujourd'hui logement de la Station biologique de Roscoff. Le lieu est dit Croaz Vaz, c'est-à-dire la Croix de l'île de Batz59, croix qui donnera son nom au fort construit par Vauban trois siècles et demi plus tard. Comme en atteste une charte de 132361, cette auberge familiale est bâtie sur une concession féodale des seigneurs et propriétaires des terrains, le prieur de l'île de Batz et l'Abbaye de Saint-Mélaine à Rennes62.

 

Durant la Guerre de Succession de Bretagne, en 1363, soit quatorze ans après le début de la peste noire, le fort de Bloscon, au nord-est de l'actuel vieux portnb 7, pris par les Anglais, est repris par Bertrand du Guesclin. De 1374 à 1387, le port de Rosco lui-même est plusieurs fois de suite incendié par le gouverneur de Brest, Richard Fitzalan, que Richard II a choisi pour soutenir le parti montfortain. La population se réinstalle plus au nord au lieu-dit Golban60 pour former le quartier du Vil, c'est-à-dire du Moulin (Mil en moyen breton, féminin Vil)63. En juin 1403, mille deux cents hommes d'armes sous les ordres de Jean de Penhoët partent de l'anse de Laber dans trente vaisseaux vaincre les Anglais au large de la pointe Saint-Mathieu. Ils en ramènent quarante navires ennemis. Un an plus tard, Plymouth est pris et saccagé.

 

Le 19 décembre 1455, le Duc Pierre de Montfort, entérinant un état de faits générés par cette guerre de Cent Ans navale, ordonne que ne dérogent pas à la noblesse les gentilshommes « qui marchandent en gros et en plusieurs marchandises sans les détailler ni vendre par la main ». Cette singularité du droit breton fait naître un capitalisme d'armateurs à l'origine du développement économique de Saint-Malo et Morlaix ainsi que du port avancé de ce dernier, Roscoff64. Les cadets infortunés pouvaient ainsi, sans s'exposer au fouage, se livrer sur mer à une « vie de bourse commune » au terme de laquelle ils retrouvaient les privilèges et obligations de leur ordre. Pour cela, ils devaient donc mander aux ventes des intermédiaires, souvent des étrangers qui furent nombreux à s'installer à Roscoff. Inversement, l'affrètement offrait aux roturiers de s'élever au rang de la « noblesse dormante » et d'accéder parfois à la condition d' « annobliz »65.

 

Durant les années suivantes, la course est encouragée par Louis XI, personnellement impliqué dans la marine à travers la politique de son vice-amiral Guillaume de Casenove et très désireux depuis le traité de Caen de s'attacher des léonards ambitieux et éloignés, sinon opposésnb 8, au pouvoir ducal. C'est ainsi qu'il anoblit en 1480 l'armateur roscovite Tanguy Marzin.

Ar vil de la Renaissance

La construction de l'église fut à la fois une revendication d'autonomie politique et une ostentation ambivalente de richesses détournées des investissements.

 

En 1500, le nouveau Roscoff se construit sept cents mètres plus au nord de Roscoff goz où quelques puits66 permettent de débiter aux navires de l'eau douce. Le port prospère grâce à l'importation chaque hiver de Libau67 en Courlande via Anvers, principalement par des navires de Lübeck qui en ont le monopole dans la Baltique, des graines de lin récoltées au milieu de l'été en Lituanie et choisies exclusivementnb 9 par la « manufacture » toilière des créesnb 10 du Léon. Toutes celles des parties de l'arrière-pays qui sont impropres à la culture du blé forment alors une zone de production de renom international68, la seconde en France après la région de Rouen. Développée lentement durant la seconde moitié du XVe siècle, elle connait un boom à la Renaissance avec l'ouverture du marché anglais. La blancheurnb 11 de cette toile de lin est appréciée pour faire du linge et sa régulariténb 12 pour faire des voiles. Les toiles étaient réexportées du port de Morlaix, qui disposait d'un privilègenb 13, sur toute la côte atlantique jusqu'à l'Espagne d'où étaient importés au retour vin et huile, via Bilbaonb 14 puis à partir de 1530 Séville69, et au Portugalnb 15 ainsi que leurs nouvelles colonies70. C'est ainsi qu'en 1527 un navire armé pour le Brésil par le roscovite Jean Jarnet est coulé par la flotte portugaise en baie de Tous les Saints71. Dans ce réseau, Roscoff, à côté d'une activité interlope séculaire, devient le principal marché des semences de lin. Son bureau de contrôle, sous l'autorité du juge des Requaires, les fait distribuer par des commissionnaires dans le haut Léon qui produit la rosconne et sa marque finira par en monopoliser au XVIIIe siècle le réacheminement via les succursales installées dans les ports du Trégor, d'où sortent les gratiennes, et de Penthièvre, où sont produites les Bretagnes.

 

Comme partout en Léon, le capital accumulé est sacrifié à des constructions religieuses de prestige. Notre-Dame de Croaz Vaz est érigée entre 1522, année du saccage de Morlaix par les Anglo-Espagnols, et 1545nb 16. La chapelle Saint-Ninien est construite à l'initiative de l'évêquenb 17 et reçoit en 1538 l'assemblée capitulaire du minihy de Léon. Le 18 août 1548, la ville nouvelle accueille à son débarquement, le temps d'une prièrenb 18, Marie Stuart, reine d'Écosse âgée de cinq ans et promise au Dauphin François pour réactiver l'Auld Alliance.

 

Un an plus tard, le Parlement de Bretagne accède à la demande du bourg de devenir une paroisse indépendante du minihy de Léon (dont le siège se trouve à Saint-Pol-de-Léon) puis, en 1550, alors que les représentants de l'ordre ancien Claude de Coetlestremeur, seigneur de Penmarc'h, et Jean de Kermellecnb 19, commandant du château du Taureau, se livrent à la piraterie sur les côtes du Léon et que la Réforme est au cœur des préoccupations, le roi Henri II l'autorise à se doter d'une milice municipale d'arquebusiers. Simultanément, l'évêque du Léon concède aux paroissiens sécessionnistes le droit de faire baptiser leurs enfants dans leur église. Entre 1575 et 1576, la ville est dotée par Monseigneur de Neufville d'un hospice pour indigents, l'hôpital Saint Nicolas, actuelle maison de retraite où subsiste la chapelle construite en 1598. Accusé d'attirer les pauvres sur le territoire de la paroisse, l'hôpital sera en 1715 réservé aux seules personnes installées dans celle-ci depuis plus de dix ans. En 1559, mille huit cents livres sont consacrées à la chaussée du bourg.

La chapelle Sainte-Barbe.

Le XVIIe siècle, âge d'or des armateurs

 

De 1560nb 20 jusqu'à la fin du XVIIenb 21, les terrains autour de l'église sont lotis par l'évêque-comte à des investisseursnb 22 du Léon, tels François Jaffres, marchand et gouverneur de l'église de Roscoff, en 1561nb 23 ou Olivier Le Maigrenb 24, pour construire des hôtels de négoce qui deviendront des résidences au XVIIIe siècle. Ils sont construits pour la seule traite, tel l'hôtel de Mathieu Le Hir du Carpont et de Keramanach en 1582nb 25, ou pour servir en sous sol de magasin, voire de maison fortifiée, telle celle du corsaire Chrétien Le Pappe qui eut à se défendre en 1592 contre le régiment paysan de la Sainte Union de Morlaix conduit par Bras de Fer72. Ceux des bâtiments qui donnent, ou donnaient, sur le rivage participent au système défensif de la villenb 26.

 

Le 17 mai 1595, le Duc de Mercœur, prétendant baillistre militairement allié aux Espagnols contre le roi depuis cinq ans, rétablit par lettres patentes le commerce avec Bilbao et Séville, principaux débouchés des crées. Trois familles de marchands basques s'installent à Roscoffnb 27. Roscoff sert aussi de refuge à plusieurs familles anglaises catholiquesnb 28 fuyant les persécutions commencées sous le règne d'Élisabeth.

 

Le 12 juin 1600, après un terrible hiver, est posée, à l'emplacement du cimetière des victimes de l'épidémie de décembre 1593, la première pierre de la chapelle Saint Roch et Saint Sébastiennb 29, saints invoqués contre les épidémies et les persécutions religieuses. Cette double action de grâce décidée en décembre 1598 célébrait l'Édit de Nantes qui clôturait les cinq années de la guerre civile menée par La Fontenelle, pilleur de Roscoff en 1592nb 30, et visait simultanément à obtenir la fin de l'hécatombe causée par l'épidémie recrudescente qui se prolongea au cours de l'année 1599. Un décret municipal de 1632 transformera le lazaret en prison mouroir pour tous les individus suspects de peste.

 

Au tout début du siècle, Mgr de Neufville érige le nord de la paroisse de Toussaint, c'est-à-dire la péninsule de Bloscon à l'est de l'actuelle rue Albert de Mun, en trève. Désormais les paroissiens, devenus relativement nombreux, pourront recevoir les sacrements, célébrer les mariages et les enterrements, sans se rendre à la cathédrale, siège du minihy. Cependant, dès 1611, l'ecclésiastique ville de Saint-Pol obtient la suppression du député aux États de Bretagne de l'orgueilleux et bourgeois Roscoff. Les marchands de celui-ci s'organisent dès l'année suivante en la « confrérie de Sant Ninian », équivalent de l'actuel conseil municipal. En dépit de sa démographie croissante, Roscoff continue de ne députer qu'un seul représentant sur les douze que compte le conseil de la ville de Saint-Pol où sont décidés les aménagements vicinaux et les taxes afférentes, ce qui est source de contestations éternelles.

La chapelle Sainte-Anne, construite en 1640 sur fonds privés, achetée par la commune en 1967, sert aujourd'hui de lieu d'exposition.

 

Autour de 1619, la chapelle Sainte-Barbe, protectrice contre les pirates et intercessrice pour les âmes défuntes sans absolution, est érigée à son tournb 31. Deux ans plus tard, les Capucins sous la direction du Père Pacifique de Morlaix, ouvriront dans la paroisse, à la demande des habitants qui leur concèdent le terrain, un petit couvent dont le cloître sera achevé en 1682nb 32. Les Capucins, qui donnent des rudiments d'instruction à quelques enfants pauvres et soignent les malades, sont botanistes: ils acclimatent un figuier, qui deviendra une curiositénb 33, et introduisent d'autres plantes méditerranéennes dont en 1661 l'artichaut, qui deviendra la fortune de la région. En 1634, est inaugurée la chapelle des albâtres (cf. infra), qui vient remplacer le porche sud de Notre Dame de Croaz Vaz. En 1640, l'érection de la chapelle Sainte Anne, patronne de la Bretagne, grâce aux donations de Françoise Marzin, dame de Kerugantnb 34, et Louis Ronyant, son mari, marque la fin d'une quinzaine d'années de peste et en 1643 le quai du portnb 35 est achevé sur une longueur de cent quatre-vingt mètres après vingt-six ans de travaux.

 

En 1649, Roscoff obtient de la Régence gouvernée par Mazarin confirmation des lettres patentes signées en 1600 par Henri IV l'autorisant à tenir une foire six fois par an. Tant la conjoncture économique qu'une prétendue opposition de la ville de Saint-Pol empêcheront la tenue de celles ci. En mars 1649, l'église s'offre des orgues que Thomas Harrison, Anglais catholique installé à Roscoff, livre vingt mois plus tard. Le recensement de 1664 comptabilise quinze navires attachés au port de Roscoff. En 1665 monseigneur de Visdelou met en place un règlement, très modestenb 36, concernant les tavernes.

 

Roscoff est aussi à partir du XVIe siècle, avec Morlaix et Paimpol, un des premiers ports à armer à la pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve, puis sur les côtes d'Islande. La morue salée était vendue en France et surtout en Espagne ; la Bretagne n'étant pas soumise à la gabelle, les pêcheurs picards et normands venaient à Roscoff s'approvisionner en sel à bon compte. Le trafic des faux-saulniers professionnels fut très actif jusqu'au XVIIIe siècle, assuré par une cinquantaine de bateaux de 50 à 100 tonneaux, venant principalement du port de Dieppe. Les armateurs de Roscoff prenaient leurs chargements de sel au Croisic. Avec le sel, les principales marchandises de mer étaient alors à la sortie les toiles de lin et le blé (à destination de ports comme Dunkerque, ainsi que vers l'Espagne et l'Angleterre), à l'entrée les vins et eaux-de-vie, l'huile d'olive, les merrains73 et le thé74.

Le lent déclin jusqu'au XIXe siècle

1665-1698 : taxes et smogleurs

 

La chute de Nicolas Fouquet marque le début de la destruction économique et politique de la province sous le règne absolutiste du Duc de Chaulnes. La politique de Louis XIV et les mesures protectionnistes de Charles II75 ferment les marchés anglais et hanséatique. La fiscalité imaginée par Pierre Deschien et la politique de manufactures d'étatnb 37 initiée par Colbert69 ruinent le commerce libre. La décroissance de la production de lin, désormais concurrencée par celle du coton des colonies dont le prix de revient est artificiellement baissé par l'esclavage, et la baisse de fréquentation du port, désormais hors du jeu commercial atlantique, ne sont pas compensées par l'activité militaire ni par la course, dont Morlaix profite presque exclusivementnb 38.

 

Roscoff devient pour presque trois siècles le premier port de la contrebande avec les Îles britanniques. L'origine de ce développement est le Navigation Act, première loi sur la navigation signée par Cromwell en 1651, qui interdit à tout navire d'importer en Grande Bretagne des marchandises qui ne viennent pas du pays auquel le navire appartient et qui assure le monopole de l'importation depuis les îles aux navires servis par des équipages au moins aux trois-quarts anglais et commandés par des capitaines anglais. Le trafic, qui connaitra son apogée au XVIIIe siècle en dépassant alors le volume des importations légales, profite de la proximité des Îles anglo-normandes et devient, malgré les risques encourus, une activité économique essentielle aux populations du littoral tant britannique que français, faisant progresser la construction navales, marquant des territoires d'une architecture qui bénéficie de ces progrès techniques, forgeant des caractères, suscitant des légendes, rapprochant des populations d'une même origine que les frontières ont séparées, affirmant des altérités76. Les bateaux pratiquant ce trafic sont dénommés « smogleurs », déformation du mot anglais smuggler qui signifie « contrebandier »77.

 

Régulièrement réprimé, mais officieusement encouragé par Colbert puis par les partisans d'un mercantilisme industriel pour ce qu'elle affaiblirait les économies rivales, cette contrebande maritime prospérera jusqu'en 1784 quand William Pitt, premier ministre du roi George III, décidera d'abaisser les droits de douane, qui passeront par exemple pour le thé de 127 % à 12 %, et signera deux ans plus tard un traité de libre-échange avec l'ancien ennemi. Elle périclitera rapidement quand Napoléon III signera, le 16 avril 1856, le traité de Paris, qui abolira l'activité connexe de course en mer. Elle ne survivra pas au chemin de fer ni au désenclavement de la Cornouaille qui s'ensuivra.

 

Le 30 novembre 1694, Vauban signe les plans de la transformation exécutée par La Renaudière, du fort de Bloscon en une importante batterie de treize canons fermée par un pont levis. Pour le financer, un impôt spécial est prélevé par la municipalité sur les habitants. Les merlons en gazon coûtent dix fois moins cher qu'une muraille et arrêtent les boulets sans dégâts. Le Bloscon devient le siège de la capitainerie de Saint-Pol-de-Léon qui s'étend de Ploujean à Cleder et dont la pièce maîtresse est le château du Taureau. La milice garde côtes était une corvée échue aux habitants regroupés en un bataillon sous le commandement d'un capitaine général. Sur le port lui-même, le fort de la Croix abritait une poudrièrenb 39 et un canon gardait la jetée face au rocher du Gran Quelennb 40.

1699-1789 : guerres et calamités climatiques

L'ancien port et son quai ouest prolongé d'un môle au XIXe puis d'une jetée piétonne au XXe. Les bateaux pouvaient, comme le montre une gravure du XVIIIe siècle, non pas venir à quai mais s'échouer sur les plages de Laber à Roscogoz et plus facilement sur celle qui est aujourd'hui le « vieux port ».

 

En 1699, une tempête ensable deux cent cinquante hectares de terres agricoles à Santec où l'ensablement a commencé dès 1666, favorisant l'aménagement de nouveaux lotissements. La guerre de Succession d'Espagne stoppe presque totalement pendant dix ans le commerce du linnb 41 mais permet de rançonner les navires ennemis, comme le fit pour deux cent cinquante livres le capitaine Lair le 1er septembre 1705 dans le port de Cork où il s'était introduit sous pavillon anglais.

La combat d'Ouessant de 1778 - Théodore Gudin (1848)

La bataille navale quasi permanente n'engage guère directement les lougres roscovites qui en sont réduits à la course et au commerce interlope.

 

En 1715, une autre tempête endommage le quai et en 1722 plus de cinquante centimètres de sable doivent être enlevés des rues de Roscoff. Le port a alors une capacité de cent vaisseaux de quatre à cinq cents tonneaux78 mais la flotte est considérablement réduite (en 1730, elle ne compte que trois bateaux de pêche hauturiers venus de Normandie) mêmes si certains bâtiments naviguent au long cours entre Terre Neuve, Saint-Domingue et l'Île-de-France. Il faudra attendre le 19 février 1743 et une souscription de huit mille livres auprès de la société des armateurs roscovites réunis autour de messieurs de Portenoire et Sioch'an de Kersabiec, en conflit avec la ville de Saint-Pol qui refuse de contribuer, pour que la reconstruction du quai sur une longueur double soit achevée, les pierres provenant du Petit-Quellen, de l'île de Batz et de l'île Callot.

 

Roscoff deviendra dès lors un chantier naval mineur mais recherché sous la marque de la dynastie Kerenfors, ce qu'il restera jusqu'à sa fermeture entre les deux guerres mondialesnb 42 et qui construira en particulier en 1779 le senau La Duchesse de Chartres79. Le 10 octobre 1746, deux siècles après son aïeule, Bonnie Prince Charlie, échappé de sa défaite à Culloden, y débarque d'un corsaire, L'Hermine escorté par le capitaine malouin du Fresne. À cette époque, les batailles navales entre Anglais et Français étaient constantesnb 43. En 1756, un ingénieur est dépêché pour mettre en place les moyens de lutte contre l'ensablement. La tempête du 4 octobre 1765 abat la flèche du clocher et endommage le toit et le porche de l'église.

 

Au tournant des années 1770, le port, qui avait perdu la plupart de ses marins durant la guerre de 1758nb 44, est sinistré par la disparition inexpliquée du maquereau qui abondait au large de Batz et dont les armateurs d'Honfleur et Fécamp s'étaient fait la spécialité en Bretagne80. La disparition de la « fortune de mer » et le déclin de la culture du lin sont palliés par la culture des pommes de terre initiée par Monseigneur de La Marche puis par le développement de celle des artichauts et autres primeurs, introduits un siècle plus tôt par les Capucins, qui est une agriculture spéculative basée sur la complémentarité des marchés saisonniersnb 45. Certains Roscovites sont ainsi poussés à les colporter en Maine, Anjou et Normandie.

Pauvreté et récolte du goémon à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle

 

Le recteur de la trève de Roscoff, dans une lettre écrite en 1774 adressée à l'évêque de Léon Jean-François de la Marche en réponse à son enquête sur la mendicité, proteste contre la déclaration du 30 octobre 1772 qui limite aux trois premiers mois de l'année la coupe du goémon. Il écrit (l'orthographe de l'époque a été respectée) :

 

« L'objet du gouesmon est très intéressant pour le païs. Les règlements qui en interdisent la coupe pendant le mois d'août ou de septembre augmente beaucoup la misère d'une partie du bas-peuple et des riverains. Cette coupe, qui s'est faite de tous tems, sur cette côte, dans cette saison, sert presque uniquement au chauffage, et il l'est le seul pour ces pauvres gens. Point de bois sur la côte, d'aucune espèce. Celui qu'on y porte est d'une cherté exorbitante. Les landes y sont maigres, rares ; point de fougères. Cette coupe ne doit pas nuire aux trempes [utilisation du goémon comme engrais], car notre côte hérissée de rochers fournit abondamment de cet herbage [goémon]. La trempe a pour elle la coupe presque entière de février et tous les gouesmons de marée [goémon échoué] pendant l'année. Ces derniers ne peuvent servir au feu81. »

 

À la suite d'une enquête organisée par une circulaire du 8 juin 1819 du Préfet du Finistère, le conseil municipal de Roscoff répond (l'orthographe de l'époque a été respectée) : « Ceux qui ne se servent que de paniers doivent être autorisés à commencer la récolte du goëmon deux ou trois jours avant les cultivateurs pourvus de chevaux et de voitures » et souhaite que « chaque voiture de transport ne doit être accompagnée que de huit personnes, et chaque cheval de quatre, à moins que lé ménage ne soit plus nombreux. Il doit être défendu d'enlever pendant la nuit le goëmon apporté par les flots »82.

1789-1818: de la Révolution à la famine

 

À la Révolution, le cahier de doléances du 29 mars 1789 dénonce la concurrence déloyale des ports francs de Guernesey et d'Aurigny, l'insuffisance de l'entrepôt du port, l'incurie de la ville de Saint-Pol, les dîmes prélevées par celle-ci sans qu'elle n'aménage de route facilitant le transport des marchandises du port, les taxes décidées par la même ayant ruiné l'exportation vers l'Irlande et l'ouest de l'Angleterre ainsi que l'importation de thé et de rhum des Amériques. Il dit entre autres qu'il faut supprimer « les octrois ruineux obtenus pour des embellissements frivoles à Saint-Pol-de-Léon » et demande de bénéficier de « la liberté d'entreposer les eaux-de-vie d'Espagne, le rhum ou le tafia de l'étranger, comme Sa Majesté a accordé pour le genièvre de Hollande et le tafia de ses colonies (...) S'il est nécessaire de lever quelque droit sur l'exportation, qu'il soit assez modique, pour que le négociant pût le céder de ses bénéfices afin de le mettre en concurrence avec les îles de Guernesey et Origny (...) qui, par une exemption de tous droits (...), ont attiré chez eux tout ce commerce »83.

 

Le 31 janvier 1790, Roscoff se constitue unilatéralement en municipalité autonome de Saint-Pol-de-Léonnb 46 et se choisit pour maire un marchand, Gérard Mège, qui, le 14 juillet, conduira lui-même la prière devant le refus du recteur, monsieur Boutin, lequel démissionnera du conseil municipal dès l'automne. Le 2 août, à l'occasion du pardon de la Portioncule, deux cents soldats républicains cantonnés à Saint-Pol viennent saccager Roscoff et violenter la populationnb 47. La Constitution civile du clergé achève de faire de Roscoff un foyer de la résistance passivenb 48. Sous le Gouvernement Révolutionnaire, de septembre 1792 à mai 1793, puis durant le premier semestre 1794, Roscoff devient un centre de déportationnb 49. Le 11 octobre 1794 est enfin inaugurée une route entre Roscoff et Saint-Pol. La proclamation du 9 mars 1795 du député Bruc rétablit la liberté de cultenb 50 mais la constitution d'une Garde nationale le 9 juillet 1795 provoque la révolte dite des Pitiguetnb 51.

Le système continental, loin de relancer le commerce du lin et de ses semences, ferme le port et entraîne mécanisation et délocalisation.

 

Le Directoire fait fermer de nouveau tous les lieux de culte et retourner dans la clandestinité les deux prêtres restants de la paroisse. L'activité portuaire est alors réduite à celles de transitaires de légumes desservant Brest, Morlaix et Landerneau. Le Consulat n'apaise en rien le conflit entre la population et la nouvelle administration : la ville, suspectée de rébellion, est mise en état de siège à deux reprisesnb 52, et le maire est accusé d'organiser la liaison entre le clergé et son évêque déchu, Monseigneur de La Marche84, exilé à Londres. Finalement, le sous-préfet autorise de nouveau le clergé local le 2 mai 1800nb 53 et rend Notre-Dame de Croaz Vaz au culte catholique le 30 octobrenb 54

 

Tout en favorisant le « smoglage », contrebande aléatoire qu'exercent à Roscoff quatre naviresnb 55, le Premier Empire et son blocus continental ruinent toute chance de reprise du commerce si bien qu'en mai 1810, l'armateur et maire de Roscoff Picrel chute dans la faillite retentissante du morlaisien Philippe Deleville85.

 

Cette crise économique se prolonge de 1816 à 1818 par une famine climatique.

L'essor des cultures maraîchères

 

Ce n'est que vers 1790 que commença véritablement la culture maraîchère, même si antérieurement des jardins potagers existaient déjà, principalement aux alentours du port, pour approvisionner les habitants, mais aussi les navires en escale ; les pères Capucins furent les premiers à faire en grand la culture des légumes dans une propriété leur appartenant à partir de 162286. Les conditions naturelles étaient favorables à la culture des légumes en raison du climat, de la fertilité naturelle des sols, de la fumure des champs en goémon et de la correction de la pauvreté des sols en calcaire grâce au maërl. Au début du XIXe siècle, durant la saison, les paysans de Roscoff chargeaient chaque jour de 10 à 12 charrettes de légumes qu'ils allaient vendre à Morlaix, à Brest, à Landivisiau, à Landerneau, voire à Quimperlé et à Lorient.

 

L'oignon rose de Roscoff est une variété importée au XVIe siècle du Portugal, vendue au XVIIe siècle jusqu'en Su-de et en Russie ; au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, durant la saison, les paysans de Roscoff chargeaient chaque jour de 10 à 12 charrettes de légumes qu'ils allaient vendre à Morlaix, à Brest, à Landivisiau, à Landerneau, voire à Quimperlé et à Lorient, et même jusqu'à Paris vers 1830. Jacques Cambry qualifie la région roscovite de « jardin de la Bretagne », écrivant qu'elle « produit une incroyable quantité de légumes de toute espèce (...) : oignons, choux, navets, panais, choux-fleurs, asperges, artichauts ». Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la navigation à vapeur facilite l'expédition vers la Hollande et la Grande-Bretagne : des groupes de roscovites vont, sur leurs vélos surchargés, vendre des oignons au Payas de galles, en Angleterre et jusqu'en Écosse.

Article détaillé : Oignon de Roscoff.

 

En 1828, le surpeuplement, conjugué au caractère saisonnier de l'activité agricole, déclenche l'histoire des Johnnies, marchands ambulants souvent roscovites partant vendre, entre fin juillet et l'Avent, leurs oignons rosés de Roscoff en Angleterre (Henry Olivier87 en fut l'initiateur). Désormais, l'agriculture cesse d'être une activité vivrière et renoue avec la vocation marchande de la cité.

 

Roscoff : l'arrivée des voitures d'oignons au port vers 1920 (carte postale)

 

Roscoff : l'embarquement des oignons pour l'Angleterre (vers 1920)

 

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Roscoff et le Léon ayant le privilège de récolter les primeurs quatre, cinq et même six semaines avant l'Angleterre et l'Irlande et les Anglais cherchant en dehors de leur île l'appoint indispensable à leur subsistance, des services de cabotage à vapeur furent créés, facilitant l'exportation des légumes. À partir du 10 juillet 1839, une troisième génération d'agriculteurs-colporteurs roscovites, déjà habitués aux marchés de l'ouest de la France, bénéficie, grâce à l'initiative de la Chambre de Commerce et d'Édouard Corbière, de la liaison hebdomadaire Morlaix-Le Havre assurée par les steamers de la Compagnie du Finistèrenb 56. Les liens établis pour affaires et par mariages entre ces colporteurs et leurs interlocuteurs normands finissent par faire passer une grande part de l'épicerie de cette province aux mains d'immigrés bretons. La liaison au Havre relance la pêche88. En 1854, une campagne de travaux décidée par le département et renouvelée en 1870, rectifie la route qui mène à Morlaix, principal marché aux légumes de la région.

 

En juillet 1858, 28 passeports sont délivrés à Roscoff pour l'Angleterre et le Pays de Galles, ce qui témoigne de l'amorce d'exportations légumières vers ces destinations89.

1818-1860 : surpopulation et émigration

 

De 1817 à son décès, le 2 octobre 1820, Dorothée Silburne, qui avait hébergé et secouru Monseigneur de La Marche durant son exil à Holborn, est recueillie par le comte de la Fruglayenb 57 dans sa maison près de l'église d'où elle dépense la pension qu'elle a reçu de Louis XVIII à ses œuvres de bienfaisancenb 58.

 

Du 1er novembre au 6 décembre 1832, l'épidémie de choléra, qui sévit dans toute la France, tue quatre vingt-six roscovites. Devant l'incompétence des médecins locaux, deux médecins de la Marine sont dépechés de Brest et mettent un terme à la surmortalité90. Le 8 avril suivant, la municipalité est contrainte par une loi d'assainissement votée par l'Assemblée d'ouvrir, en sus des cimetières de l'enclos paroissial et de l’hospice ainsi que celui de Santec, un quatrième cimetière, le cimetière du Vil. Cette même année 1831, des investisseurs brestois, espérant valoriser un polder de cent hectares, construisent la digue à écluse qui ferme le fond de l'anse de Laber, espérance déçue par l’opposition de la commune favorable aux goémoniers et à la libre pâture pratiquée par les santéquoisnb 59.

Les vapeurs à aubes de Corbière font entrer les colporteurs dans la modernité et convertit Roscoff en port pêche.

 

Le bourg compte alors de nombreux indigents91, journaliers et matelots au chômage entre deux emplois. L'alphabétisme est l'exception y compris chez les hommes d'affaires les plus expérimentés. Le budget de la commune, réduit à quelque quatre mil francs92 issus principalement de l'octroi et des taxes sur le smoglage (importation de whisky), peine à l'entretien de la digue du Vil et des pavés, à la rémunération d'une dame des Postes, d'un cantonnier et, depuis 1831, de deux instituteurs, l'un à Roscoff même, l'autre à Santec. La commune s'en remet souvent à la tutelle du préfet93. Vers le milieu du XIXe siècle l'ossuaire désaffecté servit d'école94.

La réinvention de la station maritime

Roscoff : vue prise de la petite jetée (dessin publié dans Félix Benoist, "La Bretagne contemporaine", tome "Finistère", 1867).

Le port de Roscoff en 1873.

Roscoff vers 1900 (lithographie d'Albert Robida).

Machines à vapeurs et mode des bains de mer

 

La phase libérale du Second Empire puis, avec bien plus d'ampleur, la IIIe République voit Roscoff, dont le budget des années 1870 a plus que doublé en quarante ans66, s'équiper de nouvelles infrastructures et entrer dans la modernité par étapes.

 

En 1860, Claude Chevalier construit les Viviers de Roscoff sur une concession.

Le 12 février 1867 est ouverte une des premières stations de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés, un an après la fondation d'une succursale locale. Elle compte deux équipes de dix rameurs et leurs chefs d'équipage.

En 1869, grâce à une souscription abondée par emprunt et subvention, sont mises en service au port six pompes à eau douce66,nb 60.

En juin 1873, Henri de Lacaze-Duthiers ouvre par souscription un laboratoire de l'Institut, la Station biologique de Roscoff, dans deux hôtels de négoce mitoyens de la fin du XVIe siècle qu'Édouard Corbière avait acquis en 1860.

En 1877, le port s'équipe de la digue Pen ar Vil en face de la Station biologique de Roscoff. Elle lui sert de port pour ses expéditions maritimes et devient l'embarcadère pour l'île de Batz.

Le 10 juin 188395, l'inauguration de la ligne de Morlaix à Roscoff par le viaduc de la Penzé et de la gare de Roscoff permet l'affluence de touristes empruntant les directs de Paris et ouvre le débouché des halles de Paris aux primeurs et à la marée96.

En 1890 est construit le château de Labernb 61 par l'héritière d'un marchand lorientais.

En 1899, le docteur Louis Bagot, dix ans après que le docteur Henry Abélanet a mis au point le dispositif dans sa villa de Saint Gilles Croix de Vie pour soigner son fils atteint du mal de Pott puis quelques autres patients, invente le premier établissement médical de thalassothérapie ouvert en Europe au public, l'institut Rockroum, en complétant les traditionnels bains de mer, lancés par la duchesse de Berry à Dieppe en 1829, d'un système de chauffage et de distribution de l'eau de mer.

En juillet de l'année suivante, la marquise de Kergariou97 fonde sur la presqu'île de Perharidy un sanatorium héliomarin confié aux sœurs qui soignent les malades atteints de tuberculose ; lors du décès de sa bienfaitrice en 1915, 180 malades sont hébergés.

En 1912, commence la construction de l'actuel port qui sera achevé en 1932. La chapelle Saint-Ninien, siège en ruine de l'ex-confrérie, y est sacrifiée.

 

Le transport de masse ne va pas sans catastrophes. Les naufrages de 1897 et 1899, plus encore celui du Hilda en 190598, donnent lieu à d'émouvantes commémorations au cimetière du Vil qui en conserve le souvenir. Plus souvent, les accidents (une charrette à l'eau, une chaloupe renversée…) ne sont que matériels mais ruinent en une saison deux générations d'une même famille.

Le XXe siècle

Le port au début du XXe siècle

 

« Au début du XXe siècle le port de Roscoff connaît un trafic important grâce, en particulier, aux liaisons transmanches. Nombre de caboteurs et de longs-courriers y font régulièrement escale. La flottille se compose en majorité de cotres spécialisés dans la pêche aux filets et aux cordes (ou lignes de fond) ». Jacques de Thézac y inaugure l'Abri du marin, financé par une brestoise, Mme Kernéis, le 19 décembre 1909. L' Abri ferma en 195299.

 

Au début du XXe siècle environ 1 300 léonard embarquent de Roscoff la seconde quinzaine de juillet100. De nombreux Johnnies originaires de Roscoff et des communes avoisinantes trouvèrent la mort lors du naufrage du Hilda le 17 novembre 1905101 ; la liste des victimes, membres des cinq compagnies Pichon102, Quiviger103, Jaouen104, Calarnou105 et Tanguy106, est fournie par le journal L'Univers du 26 novembre 1905107. Le journal L'Ouest-Éclair décrit l'arrivée des victimes en gare de Roscoff et les scènes poignantes lors de leurs obsèques108.

Article détaillé : SS Hilda.

La Première Guerre mondiale

 

Début août 1914, la mobilisation puis l'entrée en guerre de l'Empire britannique provoque des défilés patriotiques accompagnant les soldats à la gare ou au port dans lequel la population fraternise avec les touristes et habitants « grands bretons »109. Ceux qui ne sont pas mobilisés pour la défense de l'île de Batz ou le front forment spontanément une milice qui dès la fin de la Grande Retraite se dissout en même temps que l'enthousiasme109. La guerre reporte le projet de phare qui ne sera construit qu'en 1934.

 

Le monument aux morts de Roscoff porte les noms de 159 marins et soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux, 6 sont des marins morts ou disparus en mer, Étienne Le Saout est un marin mort à Bizerte (Tunisie), 5 (Joseph Daridon, Jean Le Gad, Paul Le Guen, Paul Prigentnb 62, Louis Roignant) des soldats morts sur le front belge, 6 lors de l'expédition de Salonique (Félix Kerenfors à Moudros (Grèce) en 1916, Henri Creignou à Salonique en 1916, François Le Fur à Argostóli (Grèce) en 1917, Jean Pichon et Henri Daniélou en Serbie en 1918, Tanguy Le Bihan en Macédoine en 1918), Jacques Daridon en Turquie lors de la bataille de Sedd-Ul-Bahr ; deux (François Guivarch et Olivier Tanguy) alors qu'ils étaient prisonniers en Allemagne ; la plupart des autres sont décédés sur le sol français (parmi eux Jean Boutouiller a été décoré de la Médaille militaire, Henri Guyader et Expédit Noirot de la Médaille militaire et de la Croix de guerre, Yves Poder de la Légion d'honneur et de la Croix de guerre)110.

 

Par ailleurs Jean Daridon, canonnier au 1er régiment d'artillerie coloniale, est mort de maladie en 1919 lors de la Guerre civile russe à Tchéliabinsk (Russie).

L'Entre-deux-guerres

La jetée piétonne construite en 1967.

 

En 1920, la commune de Santec, paroisse autonome depuis 1840, est créée sur une partie des terres de Roscoff, de Saint-Pol-de-Léon, et de Plougoulm. Attendue depuis près d'un siècle par les roscovites111,112, l'inauguration en 1927 du pont de la Corde, doublant par la route le viaduc de la Penzé, améliore considérablement l'accès au marché de Morlaix. Cette route est celle du second plus important trafic du Finistère.

 

Le sanatorium hélio-marin de Perharidy est décoré au début de la décennie 1930 par des grands panneaux muraux peints par le peintre autodidacte Kerga et des œuvres de style Art déco du mosaïste Isidore Odorico.

 

En 1937, les capucins se réinstallent dans leur couvent vendu en 1793. L'année suivante commence la construction de l'aquarium, initialement destiné aux seuls chercheurs de la SBR.

La Seconde Guerre mondiale

Article connexe : Réseau Centurie.

 

Le monument aux morts de Roscoff porte les noms de 41 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; parmi elles, Olivier Cabiochnb 63, résistant mort en déportation ; Eugène Le Sauxnb 64, marin qui mourut de ses blessures en Angleterre après que son bateau le Vauquois ait été victime d'une mine le 18 juin 1940 ; plusieurs autres, par exemple Yves Dirounb 65sont des marins disparus en mer ou comme François Fournisnb 66, victime de l'attaque anglaise contre la flotte française à Mers el-Kébir110.

 

Une plaque commémorative située à la gare commémore la mémoire de deux cheminots (Jean Braouézec et Jean Le Coz) tués lors du mitraillage de leur train par la RAF à la bifurcation de Roscoff sur la ligne Morlaix-Roscoff le 6 juin 1943113.

 

Le 18 avril 1943, l'occupant décide de détruire quelques parties du fort du Bloscon construit par Vauban pour y aménager sept blockhaus, quatorze casemates de tir et quelques autres ouvrages en béton, le tout accueillant une batterie de soixante hommes114. Début janvier 1944, c'est par cet élément du mur de l'Atlantique qu'Erwin Rommel commence sa tournée d'inspection jusqu'à Plérin115.

 

Un témoignage d'un roscovite illustre la vie des prisonniers français au stalag [le Stalag IX-B] de Bad Orb entre 1940 et 1943 : « Je suis prisonnier au stalag à Bad Orb. Sacré pays ! Le camp est construit sur une ancienne carrière. Que du caillou. Ici rien ne pousse. Pourtant Pauline, ma petite femme, m'a fait parvenir des graines de tomates dans son dernier colis. Alors, avec des copains, on s'organise. Chaque matin, pour rejoindre le travail à l'extérieur du camp, on enfile notre lourde capote, et nos deux musettes en bandoulière. Même par grand soleil. On crève de chaud, et çà fait sourire les Allemands. Mais, chaque soir, on revient avec nos musettes chargées de terre, et de tout ce qu'on a pu chaparder à l'extérieur du camp. (...) C'est comme çà qu'on a pu cultiver une magnifique plate bande de tomates, sous l'œil amusé de nos gardiens »116.

 

Le lundi 19 juin 1944, l'enterrement interdit par l'occupant de Franck Mac Dowell William Stout, aviateur néozélandais abattu la veille par la DCA de l'île de Batz, rassemble au chant du Libera deux à trois mille personnes de Roscoff, Saint-Pol et Santec117 dont une centaine d'enfants portant des fleursnb 67. La manifestation sera renouvelée le lendemain au cimetière du Vil.

 

Plusieurs roscovites sont morts pour la France dans les décennies d'après-guerre : Auguste Quéré, Henri Corre, Joseph Grall, Paul Montagnies de La Roque, Robert Merrien, Jean Lebian, Paul Autret, Robert Le Mat et G. Veillard en Indochine ; Alain Castel et Jean Velly pendant la Guerre d'Algérie110.

Développement et défis écologiques

 

En 1953, l'institut de thalassothérapie Rockroum, détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, rouvre et la station de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés ferme118. L'aquarium Charles Pérez est achevé et ouvert au public, et le CNRS, dans une nouvelle aile, ajoute à la SBR des laboratoires d'océanographie dotés de leur premier navire, le Pluteus II. À partir du début des années soixante, le centre dirigé par Georges Tessier, jusqu'alors station estivale pour étudiants et chercheurs étrangers limités à la zone intertidale, accueille des équipes permanentes. Une seconde aile est construite en 1968. Pendant quelques semaines de mai, un comité de grève occupe les laboratoires.

 

En août 1969, la je

Bonjour à tous ! De retour d'Australie,on commence avec une petite photo de...Hong Kong...qui fût un petit arrêt sur le chemin pour Perth. Ville que j'ai donc découvert (assez rapidement il faut bien le dire) et qui est vraiment surprenante. Des collines surmontées de grandes barres d'immeubles partout, des super tankers dans la baie, un port hallucinant...ça mérite sûrement de s'y attarder un peu plus longtemps!

Beaucoup de retard sur vos posts que j'ai quand même suivis...j'essaierai de me rattraper!

Until the next!

 

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Hello everyone! Back from Down Under, let's start with a quick one from...Hong Kong ! Which was a stop on our way to Perth. I had never been so it was totally new for me. The stop was short but this city probably deserves a longer stay : hills topped with endless sky-reaching apartment buildings, super tankers berthing in the bay, a eye-popping harbor...well...surprising to say the least!

I'm really lagging behind with all your posts, on which I kept an eye anyway. I'll try and catch up!

Till the next, people!

Dans un article du Monde, Aglaé Sidonie, avait décrit Saint-Étienne comme la capitale des taudis, suite à un séjour de 2 jours dans la ville. Elle y décrit une ville à la grisaille poisseuse, parsemée d'immeubles délabrés dans des quartiers miséreux... En remontant ds l histoire c est vrai qu apres la guerre c etait la capitale des taudis c est pour cela qu ont aura construit bcp de cités modernes..

avec des barres des plus importantes telle que la fameuse Muraille de Chine en 1963... «Une ville restée très industrielle»

Entretien avec François Tomas, géographe, spécialiste de l'aménagement urbain, et enseignant à l'université et à l'école d'architecture de Saint-Etienne. Il est notamment l'auteur des Grands Ensembles, une histoire qui continue (Publications de l'université de Saint-Etienne, 2003). Cet intellectuel a également mis la main à la pâte. Entre 1977 et 1983, il fut adjoint à l'urbanisme du maire communiste de l'époque, Joseph Sanguedolce. Engagé au PC de 1974 à 1985, il a, depuis, rejoint le Parti socialiste «comme militant de base» Quelle est l'ampleur des destructions provoquées par la Seconde Guerre mondiale à Saint-Etienne?

La ville subit un important bombardement des Alliés le 26 mai 1944. Celui-ci vise les usines qu'utilisaient les Allemands dans la région pour leur effort de guerre et les noeuds de communication ferroviaire. Comme prévu, la gare de Châteaucreux, les usines de Marais et le tunnel de Tardy sont touchés. Mais les bombes, larguées trop rapidement, atteignent aussi les quartiers du Soleil et de Tardy - notamment les écoles - ainsi que l'église Saint-François, emplie de fidèles. Au total, le bilan est lourd: un millier de morts, 1 500 blessés, 22 000 sinistrés; 800 immeubles ont été plus ou moins détruits.

 

Que prévoit-on pour la reconstruction?

Pas grand-chose. A la différence de la refonte spectaculaire du Havre, par exemple, on se contente ici de bâtir de petits immeubles, plus modernes bien sûr, mais sans réelle innovation architecturale ou urbanistique.

 

Est-il vrai que Saint-Etienne, après guerre, traîne une réputation de «capitale des taudis»?

C'est exact, et celle-ci n'est pas usurpée. En 1946, 7% seulement des logements sont jugés «confortables», et 17%, «acceptables»; 56% sont médiocres, et 20% peuvent véritablement être qualifiés de taudis: 1 logement sur 5 n'a pas d'eau à l'évier, les deux tiers ne disposent pas de WC, et 95%, de salle d'eau. Mais le problème n'a pas été créé par la guerre. Depuis la fin du XIXe siècle, Saint-Etienne a beaucoup grandi, mais très peu construit. Résultat: la ville a vieilli sur elle-même et se trouve après guerre dans une situation désastreuse, que les bombardements ont simplement aggravée.

 

C'est alors qu'Alexandre de Fraissinette, maire élu en 1947, fixe le logement comme l'une de ses priorités.

Oui. Et ce ne sera pas un vain mot. Rendez-vous compte: on passe de 114 logements construits en 1948 à 531 en 1951, 1 085 en 1954, 1 694 en 1957 et même 2 932 en 1959! L'effort est gigantesque. Mais le changement est aussi qualitatif. A la fin des années 1940 et au début des années 1950, la France va connaître une rupture architecturale avec l'apparition des premiers grands ensembles. Saint-Etienne sera l'une des villes symboles de cette rupture.

  

Comment cette nouvelle architecture est-elle accueillie?

Très favorablement par les classes moyennes, beaucoup moins par les classes populaires.

 

Cela paraît paradoxal, pour du logement social!

Le paradoxe n'est qu'apparent. On l'a oublié aujourd'hui, mais les premiers grands ensembles sont réservés aux familles de moins de trois enfants ayant des revenus corrects, autrement dit aux classes moyennes. Alors que, depuis la guerre, celles-ci devaient se contenter d'une ou de deux pièces mal équipées, elles se voient soudain proposer des logements spacieux, avec de la verdure, de la lumière, une salle d'eau, des WC, le chauffage central. Cela leur paraît merveilleux! Les pauvres, eux, continuent de s'entasser dans de petits appartements sans confort, quand ce ne sont pas des taudis, en particulier à Tarentaize et à Beaubrun, ou des bidonvilles, du côté de Méons, près des puits de mine et des usines sidérurgiques. Ce n'est que plus tard, à partir des années 1970, que les grands ensembles seront prioritairement réservés aux pauvres et aux familles immigrées. Mais, dans les années 1950, les grands ensembles sont encore synonymes de progrès social. Et même au-delà. On est persuadé que ce nouvel habitat va entraîner le recul de la maladie, de la délinquance, voire de la mésentente entre les époux! Il existe ainsi une «commission du bonheur ou des grands ensembles»!

 

On croit rêver...

C'était l'ambiance de l'époque, avec ses utopies et ses excès. Pour les architectes, si l'un des repoussoirs est le taudis de centre-ville, l'autre est le petit pavillon de banlieue, symbole à leurs yeux de l'individualisme petit-bourgeois, avec ses gaspillages de terrain, son absence d'horizon et son coût pour la communauté...

 

Quels sont les quartiers typiques de cette période, à Saint-Etienne?

Le premier est constitué par le très bel ensemble de la place du Maréchal-Foch. Il s'agit d'une étape intermédiaire entre l'îlot traditionnel (des immeubles accolés, formant un pâté de maisons) et sa suppression totale. Du côté de la Grand-Rue, plusieurs immeubles constituent encore des semi-îlots. Mais, à l'ouest, deux immeubles sont déjà totalement indépendants: ils sont construits au milieu de la verdure. Et cela, c'est très nouveau. Jusqu'à présent, tous les immeubles érigés à Saint-Etienne, y compris les plus hauts, étaient accolés à d'autres édifices. Cela reste encore, cinquante ans plus tard, l'un des quartiers chics de Saint-Etienne.

 

L'autre grande opération de l'époque, c'est Beaulieu I.

Evidemment. On est, cette fois, face à un grand ensemble «pur». Le chantier commence en 1953 - il y a juste cinquante ans - et s'achève en 1955. Ce nouveau quartier de 1 264 logements est remarquablement conçu. Non seulement il respecte la topographie des lieux, mais aussi il joue avec elle: les bâtiments sont implantés soit parallèlement, soit perpendiculairement aux courbes de niveau, ce qui met en valeur la colline tout en préservant son sommet. Pour rompre l'anonymat, les entrées, les façades et les balcons sont individualisés. Les logements sont de qualité, et les espaces verts, confiés aux services de la ville, tout simplement magnifiques. Beaulieu produit d'ailleurs un effet prodigieux sur ses premiers habitants.

 

Son implantation n'est pas non plus le fait du hasard...

En effet. Compte tenu des préoccupations hygiénistes de l'époque, le conseil municipal a choisi ce site «loin des zones minières et industrielles, à l'abri des poussières et des fumées, au climat salubre». Il souligne qu'il ne sera «jamais exploité par les houillères, car son sous-sol est stérile» et qu'il est également «bien relié à Saint-Etienne par le cours Fauriel, la seule avenue large de la ville». C'est véritablement le contre-modèle du taudis. Il a d'ailleurs, lui également, remarquablement bien vieilli.

 

Etes-vous aussi enthousiaste pour les projets qui ont suivi Beaulieu I?

Hélas!... Beaulieu II-La Marandinière (1957-1959), Beaulieu III-Montchovet (1962-1964), avec la fameuse «muraille de Chine», Beaulieu IV-la Palle (1967-1970) et la Métare (1962-1974), représentant à eux tous quelque 6 000 logements, constituent - à l'exception de la Métare, qui ne comprend que des appartements en copropriété - des échecs complets. Et tragiques.

 

Pourquoi cette différence?

Beaulieu I a bénéficié d'une accumulation de partis pris judicieux qui n'ont pas été appliqués par la suite. Outre la qualité de son architecture et de ses espaces verts, on a évité le zonage bête et méchant, qui allait s'imposer plus tard: les zones commerciales, d'un côté; les tours et les barres d'habitation, d'un deuxième; les emplois, d'un troisième. Enfin, Beaulieu I, réservé presque exclusivement aux classes moyennes, n'a pas connu le processus de dégradation que l'on constatera ailleurs, et dont la destruction de la «muraille de Chine» constituera le symbole.

 

Qui ont été les grands aménageurs de cette époque?

Parmi les politiques: le maire, Alexandre de Fraissinette (modéré), et son premier adjoint, qui lui succédera à sa mort, le radical Michel Durafour. Parmi les architectes: Edouard Hur et Henri Gouyon, concepteurs de Beaulieu I. Et, bien sûr, l'Etat, qui reste très présent. C'est lui qui, de manière générale, garde la haute main sur l'urbanisme. Beaulieu constitue une opération nationale, décidée de Paris. Cependant, ce qui est remarquable, c'est que, pour Beaulieu I, l'Etat va accepter de composer.

 

Dans quels domaines?

Le ministère de la Reconstruction souhaitait, ici comme ailleurs, que l'opération fût entièrement industrialisée. Autrement dit, que l'on adaptât au bâtiment les méthodes de l'automobile. Les constructions devaient se faire en préfabriqué, et l'on devait se contenter de les monter sur place. Mais, à Saint-Etienne, les architectes, soutenus par le maire, s'opposent à cette directive. Parce qu'ils sont expérimentés, et reconnus, ils vont obtenir gain de cause. Et heureusement.

 

Y a-t-il eu des projets, conçus à cette époque, qui n'ont pas vu le jour?

A la fin des années 1950, l'Etat fait appel à de grands architectes pour remodeler les villes. A Saint-Etienne, c'est Dufau, distingué par le prix de Rome, qui est choisi. Il présente un projet radical: raser les 70 îlots qui se trouvent à l'est de la Grand-Rue, entre la place du Peuple et Bellevue, et les remplacer par autant de tours et de barres! Son projet, finalement, ne sera appliqué qu'en partie. Au sud, jusqu'à Bellevue, presque tout est démoli, beaucoup de tours et de barres sont construites. Au nord, les démolitions sont également presque systématiques, mais, cette fois, les nouveaux immeubles reproduisent la forme traditionnelle de l'îlot. On détruit également une partie du quartier derrière la grande poste, ainsi que l'ancienne caserne de Tréfilerie et la prison de Bizillon.

 

Le futur Centre-Deux...

C'est cela. Au départ, l'opération se nomme «prison-Tréfilerie», mais les promoteurs, qui ont le sens du commerce, préfèrent la rebaptiser. Ce quartier est conçu comme un centre d'affaires à l'américaine, type la Défense, à Paris, ou la Part-Dieu, à Lyon. On explique aux élus que, s'ils veulent que Saint-Etienne devienne une grande ville, ils doivent la doter d'un centre d'affaires, avec des immeubles atteignant 100 ou 150 mètres de hauteur, comme aux Etats-Unis! Le projet est lancé (en 1969), mais il sera peu à peu amendé, pour tenir compte de la réalité économique, de la montée des oppositions et de l'évolution des mentalités.

 

Comment l'économie stéphanoise se porte-t-elle alors?

La ville croit encore à l'avenir de la mine et des industries traditionnelles. Cela se comprend: le plan Monnet pour la relance de l'économie française s'appuie sur l'énergie, les transports, les industries lourdes... Bref, tous les points forts de Saint-Etienne, mais ce sera un cadeau empoisonné, car, bercée par cette illusion, la cité s'endort. Quand elle se décidera à moderniser ses structures industrielles, ce sera toujours avec quelques années de retard. Au fond, c'est dans les années 1950 que l'on commet les erreurs qui conduiront, plus tard, au démantèlement des industries locales.

 

Le secteur tertiaire a-t-il déjà commencé son essor?

Pas encore. Dans les années 1950, Saint-Etienne reste une ville très fortement industrielle. La tertiarisation, avec l'enseignement supérieur, la transformation de l'hôpital en centre hospitalier régional et universitaire et l'essor de Casino, avec les supermarchés et les hypermarchés, ne commencera véritablement que dans les années 1960.

 

Culturellement, la ville est aussi très active...

Elle est même, à ce moment-là, l'un des hauts lieux de la création culturelle en France, notamment dans les domaines théâtral et artistique. Maurice Allemand fait du musée de Saint-Etienne l'un des plus grands musées d'art moderne en France. Et Jean Dasté propose au public le théâtre moderne. Ce bouillonnement est dû, notamment, à Alexandre de Fraissinette. Comme, après lui, Michel Durafour, il est persuadé que l'avenir de la cité est dans la modernité. Il considère donc qu'elle doit être déclinée dans tous ses aspects: économique, urbanistique et culturel.

 

La population comprend-elle cette volonté?

Oui et non. Dans les années 1950, il existe un certain consensus, car tout le monde partage la vision d'un avenir meilleur. Mais, en réalité, Fraissinette, et surtout Durafour, sont très décalés. Dans leur obsession d'une ville «blanche», ils refusent en bloc le passé, dont on a heureusement découvert depuis lors les richesses. Ils rêvent d'une ville qui n'existe pas, peuplée d'habitants qui ne ressemblent pas aux Stéphanois réels... C'est d'ailleurs ce qui, plus tard, provoquera la chute de Michel Durafour. Les villes au passé industriel souffrent souvent d’une mauvaise image et d’une attractivité en berne. Saint-Etienne n’échappe pas à la règle : fondée sur l’industrie de l’armement, de la houille et de la métallurgie, la capitale ligérienne a subi de plein fouet la désindustrialisation au cours des années 70. La réhabilitation de la Condition des soies, l’un des fleurons du patrimoine architectural de la ville, montre qu’il est possible d’attirer de nouveaux habitants et des investisseurs grâce à des projets atypiques de grande qualité.

 

Surnommée « capitale des taudis » au sortir de la Seconde Guerre mondiale – son centre-ville est alors insalubre et surpeuplé – ou « ville noire » en référence à l’industrie minière et ses terrils, Saint-Etienne a longtemps fait figure de ville repoussoir dans l’imaginaire collectif.

 

Pour autant, à l’instar de nombreuses anciennes places fortes de l’industrie française, la ville recèle un patrimoine architectural de qualité, constitué de bâtiments construits durant l’âge d’or. La rénovation récente de la Condition des Soies offre un exemple réussi de valorisation du patrimoine industriel. Elle constitue la preuve qu’il est bel et bien possible de modifier l’image négative d’une ville en faisant de son passé une force.

 

Des balles de soies aux appartements de standing

 

La Condition des soies a été bâtie en 1909 par les architectes Léon et Marcel Lamaizière. Elle sert d’abord d’entrepôt pour les balles de soies produites dans le quartier Jacquard, où se concentrent les métiers à tisser des artisans.

 

Reconvertie pour accueillir l’école de commerce de la ville entre 1982 et 1997, elle est ensuite laissée à l’abandon pendant plus de 10 ans.

 

Le conseil général de la Loire la conserve dans son inventaire dans l’espoir qu’un investisseur se manifeste pour lui trouver une nouvelle utilisation. A la surprise générale, un promoteur se porte acquéreur du bâtiment en 2007 : le groupe Créquy rachète la Condition des soies pour 1,4 millions d’euros.

 

Montage financier innovant

 

Cette opération est rendue possible par un montage financier innovant qui permet au promoteur d’équilibrer son opération et de pouvoir sortir l’un des projets les plus ambitieux que le marché immobilier local ait connu depuis longtemps.

 

En effet, le groupe Créquy profite d’une législation peu connue et rarement appliquée jusque-là : l’agrément « Monument historique » délivré par le ministère des Finances. La Condition des Soies est le premier à le recevoir depuis 2009.

 

Cette législation est une aubaine pour tout investisseur : elle permet de défiscaliser à hauteur de 100% le montant (sans plafond) des travaux engagés par le promoteur. Aucun engagement de location, ni de plafond de loyers ou de ressources du locataire n’est exigé par l’Etat.

 

Premier monument historique basse consommation

Par ailleurs, le montage financier comprend également des dispositifs plus classiques, liés à la loi Malraux ou aux crédits d’impôt en faveur du développement durable.

 

La volonté de Créquy est d’en faire le premier monument historique classé BBC (bâtiment basse consommation) : le surcoût nécessaire (110 euros au m²) est pris en charge à hauteur d’un tiers par les subventions de la région Rhône-Alpes et de l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (ANAH).

 

Au total, le coût de la réhabilitation s’élève à quelque 7 millions d’euros pour les 2 500 m² des quatre étages de la Condition des Soies.

 

Créquy

Vue sur la cour intérieure de la Conditions des soies.

La commercialisation s’avère un succès sans précédent malgré les prix de sortie des appartements, sans commune mesure avec l’état du marché local. Les appartements sont vendus plus de 4 000 euros le m² dans une ville où les prix moyens ne dépassent pas 1 000 euros !

 

Le succès est tel que le promoteur doit revoir la distribution entre habitat et bureaux. Sur les 26 logements et 400 mètres carrés de bureaux prévus à l’origine du projet, Créquy propose finalement 30 logements (18 T3 et 8 T4) et seulement 100 m² d’immobilier tertiaire.

 

Il ne faut que 18 mois pour boucler la commercialisation. Les premiers occupants emménagent en janvier 2015.

 

Concours de jeunes designers

 

Un tiers des acquéreurs sont des propriétaires occupants, les deux tiers restants étant des investisseurs. Ce succès, surprenant à première vue, serait le résultat, selon l’aveu même de l’un des membres du Groupe Créquy, de la taxation à 75% des hauts revenus : l’immobilier de haut standing est devenu un moyen sûr de défiscaliser.

 

La vente fulgurante de ces logements est aussi le fruit de finitions de très haute qualité. Le groupe Créquy avait par exemple organisé un concours réservé aux jeunes designers locaux pour la conception d’un lustre dans l’entrée principale #Mémoire2cité au coeur de la rénovation urbaine en département LOIRE 42 @ ST-ETIENNE MONTCHOVET PREFABRICATION MASSIVE Le temps des cites modernes et souvent d'HLM....Domy z panelu (1959) - 1er court métrage du cinéaste tchèque Jiří Menzel - Un documentaire sur la construction des logements préfabriqués Paneláky Prefabricated Houses. A student work by Jiří Menzel, filmed during his second year at the FAMU film school.

www.youtube.com/watch?v=X-2hXxJUn74 Domy z panelu (Jirí Menzel, 1959) Prefabricated Houses. A student work by Jiří Menzel, filmed during his second year at the FAMU film school. les grands chantiers 1955 1960s 42 SAINT-ETIENNE QUARTIERS SUD EST @ LES CITES MODERNES DE BEAULIEU 1953-1973 @ BEAULIEU3 MONTCHOVET @ Architectes M GOUYON M HUR M CLEMENT M MAUHAUDIER - La Muraille de Chine en construction içi en 1963 @ Il y avait l'idée de faire le plus grand nombre possible de logements confortables ; dans le délai le plus rapide possible ; au coût le plus bas possible. Il y avait quand même l’idée comme ça d’une prouesse dans le domaine du logement social.42 St-Etienne Montchovet la muraille Mais dans les années 80, le quartier change. Banlieue à problèmes, zone de non-droit, autant d’étiquettes qui collent à la muraille au gré des faits divers, des voitures brûlent, des policiers patrouillent, des jeunes traînent, et puis le bâtiment a vieilli. Les locataires le désertent. En 85, le quartier s’offre un lifting de 120 millions de francs, mais les problèmes persistent. Alors en 95…On a fait le constat qu’il n’y avait pas eu possibilité de réhabiliter dans de bonnes conditions. Qu’on avait connu l’échec de réhabilitation, d’une façon tout à fait naturelle. J’en ai conclu qu’il ne fallait pas obliger les gens à vivre dans ce type d’habitat. Qu’il ne fallait pas remplir de force une telle muraille. Et donc, la conclusion s’imposait d’elle-même, il fallait démolir. Cette démolition permet de mettre un terme aux 4 millions de francs de perte annuelle générés par les logements vides...Ça coûte un bâtiment inoccupé. Début 97, la moitié du bâtiment était vide. Donc, sur 500 logements, nous avions 250 logements vacants. Mais pour certains riverains, cette logique comptable n’efface pas une profonde nostalgie, la muraille est l’emblème du quartier...La muraille de Chine, ça fait des années qu’elle existe. Je veux dire, c’est elle qui fait, quand on parle du quartier on parle toujours tout de suite de la muraille de chine...C’est triste quand même de voir le bâtiment qui va tomber, voilà ! C’est comme si on enterrait une personne hein ! C’est une page du quartier qui se tourne, et c’est dommage...Il n'y aura plus de muraille mais dans notre coeur, il y aura toujours une muraille...Ce bâtiment, les stéphanois l’appellent la muraille de Chine. 540 logements, 2000 habitants, 48 mètres de haut pour 17 étages, 280 mètres de long. C’etait un véritable village vertical. C’etait aussi le symbole du quartier de Montchovet, mais c’est un symbole condamné, c’est en effet la plus grande barre de logement d’Europe qui doit être détruite en une seule fois. La muraille a été construite en pleine crise du logement. En 65, ce bâtiment offre tt le confort moderne : salle de bains, chauffage central, ascenseur. Il est pris d’assaut par les locataires, tout comme les 4000 autres logements neufs construits au sud-est de Saint-Etienne...https://m.ina.fr/.../demolition-de-la-muraille-de-chine... Alors, au niveau de la préparation de ce chantier, les principales phases furent le désamiantage des façades qui représentaient 32 000 m² de matériaux non friables. Ensuite, est venu le temps de la déconstruction des appartements où on a retiré les planchers bois, les portes, tout ce qui était impropre à la mise en décharge. La troisième phase fut la déconstruction mécanique et l’affaiblissement mécanique des structures. La quatrième phase fut la foration, on a foré environ 3600 mètres linéaires de trous pour mettre les explosifs. La dernière phase qui est en cours de réalisation est la mise en place des protections, c’est bien sûr les voiles intérieurs ainsi que sur les voiles extérieurs afin d’éviter les projections...La muraille, une fois détruite, laissera un vide de plus de 4 ha au cœur de Montchovet. L’avenir de ce quartier est déjà tracé dans les cartons des architectes, il est devenu médical... m.ina.fr/.../demolition-de-la-muraille-de-chine... Entre les années 50 et 60, et suite à la seconde guerre mondiale, la municipalité stéphanoise a vu sa population passée d’un peu moins de 180 000 habitants en 1950 à plus de 200 000 habitants dix ans plus tard en 1960. Cette forte augmentation de la population pouvait s’expliquer par le fort taux de natalité de cette époque (baby-boom), mais aussi par l’afflux de travailleurs de la classe ouvrière venus dans la grande cité stéphanoise pour trouver un travail. De ce fait, la construction d’un logement sain pour chaque ouvrier était devenue une priorité absolue pour les élus qui considéraient à raison que cela était une condition vitale dans le cadre de ce grand développement. Pour ce faire, la ville a lancé dans les années 50 une vaste opération de construction de barres d’habitation dans la zone de Beaulieu, destinée à fournir un logement à une population grandissante. www.cimaise-architectes.com/.../lespace-beaulieu/ Des tours et des barres, voici les formes les plus courantes des bâtiments qui constituent les grands ensembles. On doit cette communauté de forme à l’industrialisation des procédés de construction et à l’imposition de normes et de plans types pour les appartements afi n de réduire les coûts de production, objectif constant des années 1950-1960. Ceci a conduit à privilégier des formes simples et l’usage du béton, qui accède alors à une véritable hégémonie. L’utilisation généralisée du chemin de grue est également pointée comme explication de l’orthogonalité des plans et d’une extrême uniformisation. La forme des grands ensembles est également liée à l’influence du Mouvement moderne en architecture et à une conception urbaine nouvelle. Il y a dans les Trente Glorieuses une volonté d’inventer la ville et même la vie. La forme urbaine du grand ensemble est conçue en rupture avec l’environnement immédiat, avec une organisation propre et autonome du nouveau quartier. C’est d’ailleurs cette rupture qui rend si facilement identifi ables les grands ensembles sur les vues aériennes. L es architectes et urbanistes veulent libérer l’espace au sol pour mieux organiser la relation entre immeuble et espace vert. Le plan des grands ensembles est en général orthogonal avec des immeubles en périphérie laissant au centre un espace planté, le fameux espace vert des plans masses. Cette forme architecturale et urbaine a pu concentrer les critiques. On reproche le gigantisme, la monotonie, mais aussi l’absence de véritables espaces publics. Les grands ensembles ont globalement été édifiés sur des parcelles agricoles ou maraîchères, faute de réserves foncières suffi santes en ville. Ils sont aussi parfois construits dans les vides du tissu urbain laissés par les lotissements pavillonnaires. Dans de nombreux cas, ils sont situés aux franges des villes, parfois à cheval sur deux communes qui ne souhaitaient pas forcément travailler ensemble. Ceci a encore un impact aujourd’hui sur la réussite des projets de transformation qui peut dépendre du niveau de coopération des communes concernées. Par souci d’économie, certaines opérations ont été réalisées à proximité de zones où devaient être construites des infrastructures telles qu’une autoroute ou un échangeur, ce qui a accentué encore la fracture avec les quartiers plus anciens

de la commune, le centre-ville et ses services. De plus, les grands

ensembles sont souvent implantés à l’écart des transports en commun. En région parisienne, cela s’améliorera avec la création du District ( 1961 ) et des villes nouvelles ( 1965 ) qui permet le financement des réseaux de transport en commun et des autoroutes. Certaines municipalités se sont montrées très volontaires pour accueillir des grands ensembles, mais l’État en a aussi imposé à des petites communes qui n’en voulaient pas.

Pour celles-ci, les évolutions urbaines, démographiques et économiques consécutives ont parfois provoqué de véritables séismes. Suivant leur envergure, les nouveaux quartiers

ont pu submerger les anciens bourgs et faire basculer les territoires du rural à l’urbain à une vitesse fulgurante... Dans les années 1950, les logements sont rares, surpeuplés et souséquipés. En 1954, la plupart ne disposent ni de sanitaires, ni de wc intérieurs et à peine la moitié ont l’eau courante. Avec la construction des grands ensembles, en 1975 la quasi-totalité des logements ont l’eau courante, 75 % l’eau chaude et une installation

sanitaire complète avec wc intérieurs. Enfin, moins de 5 % des logements sont surpeuplés. On comprend alors que

les grands ensembles incarnent une modernité bienfaisante pour les mallogés qui y emménagent. Cependant, l’économie de moyens

dans la construction a été telle que les problèmes liés aux malfaçons arrivent vite. De plus, les bâtiments mal entretenus s’abîment avant même que tous les équipements soient

terminés. Aux défauts de construction et d’entretien s’ajoute la faiblesse des équipements collectifs. Les nouveaux résidents déchantent. Malgré tout, des sociabilités s’organisent, autour de la cage d’escalier, du chemin de l’école, de la vie associative et

de fêtes ou manifestations culturelles et sportives. la fête de grand

vaux à savignysur-orge. Jusqu’à la fi n des années 1970, des événements et fêtes organisés dans le quartier drainent des habitants de toute la commune, voire au-delà. Grand Vaux est alors presque un second centre-ville. @ 1975 13 le grand ensemble de sarcelles. Le terme «sarcellite » est inventé en 1962 pour désigner le mal des grands ensembles, une sorte de dépression dont seraient victimes les habitants. Cette soi-disant maladie de l’habitat moderne fait de Sarcelles le symbole des grands ensembles français. 1961 villagexpo à saint-michel sur-orge. Des concours visant à abaisser le coût du logement individuel ( Villagexpo en 1966, Chalandonnettes en 1969 ) sont lancés par le ministère de l’Équipement et du Logement. Le renouveau pavillonnaire encouragé par l’État témoigne du discrédit parallèle des grands ensembles. 1966 15 À peine les premiers habitants installés, journalistes, sociologues et autres experts viennent enquêter sur la vie dans les grands ensembles. Les uns sont séduits par leur modernité. Les autres, de plus en plus nombreux, dénoncent le mal des grands ensembles, leur taille et leur monotonie. La critique architecturale et sociale enfle et la circulaire Guichard met fin à leur construction le 21 mars 1973. L’ère du pavillonnaire prend le relais...MONTCHOVET MAI 2000 Au départ conçue pour loger les classes moyennes, la "Muraille de Chine" a accueilli, à partir des années 1970, de plus en plus de populations immigrées. Malgré plusieurs réhabilitations, elle était devenue, à l'instar d'autres quartiers défavorisés, le symbole de l'échec de la politique du logement, avec la ghettoïsation des populations pauvres et immigrées. Quatre mois de préparation avaient été nécessaires avant que, ce 27 mai 2000, les 600 kilos d’explosifs foudroient, en quelques secondes, la "Muraille de Chine". Il avait fallu ensuite plusieurs jours pour évacuer les 80.000 tonnes de gravats. Depuis 2005, l'Hôpital privé de la Loire (HPL) a été édifié à l'emplacement même du bâtiment. Éclairage

Au sud-est de la ville de Saint-Etienne, le quartier d'habitation de Beaulieu-Montchovet est construit entre 1953 et 1971. En 1964, la troisième tranche dénommée « Beaulieu III » donne lieu à la réalisation du plus grand bâtiment d'habitation en Europe. Surnommé « la muraille de chine » en raison de son gigantisme, il est détruit par dynamitage en 2000. Son histoire est profondément inscrite dans le contexte de la politique du logement en France.

Grâce à son bassin charbonnier, au développement de l'industrie textile et à sa manufacture d'armes, l'essor de la ville de Saint-Etienne bénéficie de la révolution industrielle du XIXe siècle. Forte de cet héritage, elle a conservé son dynamisme économique jusqu'au milieu du XXe siècle. Important centre militaro-industriel durant la Seconde Guerre mondiale, Saint-Etienne est touchée par plusieurs bombardements. Ces destructions ont accentué la crise du logement dues aux profondes mutations de l'après-guerre qui concentrent la population dans les grands centres urbains et industriels. C'est dans ce contexte que la ville de Saint-Etienne décide de construire un quartier neuf afin de loger près de 30 000 habitants dans près de 4 600 logements. Le quartier Beaulieu-Montchovet est proche du centre ville. Il est situé sur une zone dont le sous-sol n'était pas fragilisé par la présence d'anciennes mines de charbons, ce qui autorisait la construction d'immeubles importants. La réalisation de la Muraille de Chine est très comparable à celles qui voient le jour dans le cadre de la politique des Zones à Urbaniser en Priorité (ZUP) initiée en 1959. Des quartiers nouveaux ont vu le jour, en principe avec des commerces et des équipements, constituant ce qu'il est convenu d'appeler des « grands ensembles ». A Saint-Étienne, au cœur du quartier de Beaulieu-Montchovet, la « Muraille de Chine » s'ajoute à des ensembles déjà construits. D'une hauteur de 48 mètres, le bâtiment est parfaitement rectiligne afin de rationaliser la construction. Les grues peuvent se déplacer sur des rails tout le long de la « barre », terme qui désigne ces grands immeubles. Il est composé de 19 étages sur 270 mètres de long et abrite 450 logements. L'armature en béton armé et les éléments standardisés permettent une construction rapide et compétitive. Le confort moderne des appartements n'est pas le seul atout de cet immeuble, les infrastructures du quartier suivent l'évolution de la population : équipements sportifs, centre commercial et collège complètent le dispositif et, à l'origine, la demande des familles est forte pour ce bâtiment imposant, symbole de modernité.

Après les années 1970, Saint-Etienne connaît une crise économique, le charbon est concurrencé par le pétrole, les industries locales sont en déclin et la démographie fléchit. Les grandes opérations lancées dans les années 1950 et 1960 ont vieilli. La « Muraille de Chine » n'est habitée qu'à moitié et la ville peine à entretenir cet ensemble. Malgré plusieurs opérations de réhabilitation dont la dernière lancée dans le cadre du programme « Banlieues 89 » (Roland Castro), elle devient le symbole des difficultés économiques et sociales : fort taux de chômage, exclusion et délinquance. La concentration en un même lieu d'une population défavorisée et touchée par le chômage fait sentir ses effets. De nouvelles politiques de la ville voient le jour. Elles prônent une mixité sociale qui s'oppose à la ségrégation qui résultait de la politique de ZUP. Impuissante à renverser cette évolution générale, la ville décide la destruction de l'immeuble. Ces opérations de destruction apparaissent au début des années 1970 aux Etats-Unis ; elles sont imitées à Villeurbanne en 1978 pour la cité Olivier de Serres, même si en France, jusqu'au milieu des années 1990, l'État a le plus souvent privilégié une politique de réhabilitation. Le 27 mai 2000 les derniers habitants de la Muraille de Chine sont évacués, l'autoroute est barrée et le quartier bouclé par les forces de l'ordre : à 13 heures précises a lieu la plus grosse opération de démolition jamais réalisée en Europe @ Ce bâtiment, les stéphanois l’appellent la muraille de Chine. 500 logements, 2000 habitants, 48 mètres de haut pour 17 étages, 280 mètres de long. C’est un véritable village vertical. C’est aussi le symbole du quartier de Montchovet, mais c’est un symbole condamné, c’est en effet la plus grande barre de logement d’Europe qui doit être détruite en une seule fois. La muraille a été construite en pleine crise du logement. En 1965, ce bâtiment offre tout le confort moderne : salle de bains, chauffage central, ascenseur. Il est pris d’assaut par les locataires, tout comme les 4000 autres logements neufs construits au sud-est de Saint-Etienne. Il y avait l'idée de faire le plus grand nombre possible de logements confortables ; dans le délai le plus rapide possible ; au coût le plus bas possible. Il y avait quand même l’idée comme ça d’une prouesse dans le domaine du logement social. Mais dans les années 80, le quartier change. Banlieue à problèmes, zone de non-droit, autant d’étiquettes qui collent à la muraille au gré des faits divers, des voitures brûlent, des policiers patrouillent, des jeunes traînent, et puis le bâtiment a vieilli. Les locataires le désertent. En 85, le quartier s’offre un lifting de 120 millions de francs, mais les problèmes persistent. Alors en 95… On a fait le constat qu’il n’y avait pas eu possibilité de réhabiliter dans de bonnes conditions. Qu’on avait connu l’échec de réhabilitation, d’une façon tout à fait naturelle. J’en ai conclu qu’il ne fallait pas obliger les gens à vivre dans ce type d’habitat. Qu’il ne fallait pas remplir de force une telle muraille. Et donc, la conclusion s’imposait d’elle-même, il fallait démolir. Cette démolition permet de mettre un terme aux 4 millions de francs de perte annuelle générés par les logements vides. Ça coûte un bâtiment inoccupé. Début 97, la moitié du bâtiment était vide. Donc, sur 500 logements, nous avions 250 logements vacants. Mais pour certains riverains, cette logique comptable n’efface pas une profonde nostalgie, la muraille est l’emblème du quartier. La muraille de Chine, ça fait des années qu’elle existe. Je veux dire, c’est elle qui fait, quand on parle du quartier on parle toujours tout de suite de la muraille de chine. C’est triste quand même de voir le bâtiment qui va tomber, voilà ! C’est comme si on enterrait une personne hein ! C’est une page du quartier qui se tourne, et c’est dommage. Il n'y aura plus de muraille mais dans notre coeur, il y aura toujours une muraille. Depuis le 24 janvier, une cinquantaine d’ouvriers travaillent à la déconstruction de ce bâtiment. Aujourd’hui, tout est prêt pour l’explosion. Alors Monsieur Arnaud, quelles ont été les différentes phases de ce chantier ? Alors, au niveau de la préparation de ce chantier, les principales phases furent le désamiantage des façades qui représentaient 32 000 m² de matériaux non friables. Ensuite, est venu le temps de la déconstruction des appartements où on a retiré les planchers bois, les portes, tout ce qui était impropre à la mise en décharge. La troisième phase fut la déconstruction mécanique et l’affaiblissement mécanique des structures. La quatrième phase fut la foration, on a foré environ 3600 mètres linéaires de trous pour mettre les explosifs. La dernière phase qui est en cours de réalisation est la mise en place des protections, c’est bien sûr les voiles intérieurs ainsi que sur les voiles extérieurs afin d’éviter les projections. Un périmètre de sécurité de 150 m sera mis en place autour du chantier, l’autoroute sera fermée samedi entre 11 heures et 14 heures. Un millier de riverains seront évacués et 300 CRS et policiers assureront la sécurité du public pendant l’opération de foudroyage. La phase ultime sera le tir, et ensuite le traitement des matériaux au sol. Les 23 000 m3 de béton seront évacués en deux mois. La muraille, une fois détruite, laissera un vide de plus de 4 ha au cœur de Montchovet. L’avenir de ce quartier est déjà tracé dans les cartons des architectes, il sera médical. Notre projet c’est de construire une clinique de 251 lits qui est constituée du regroupement de 3 cliniques existantes à Saint-Etienne. Il y aura une maternité, il y aura également un service de médecine, et puis un service de chirurgie comme ça existe dans la plupart des cliniques privées. Avec 16 salles d’opération et 150 médecins, ce centre hospitalier sera le plus important pôle de santé privé de Rhône-Alpes. Les travaux commenceront en septembre pour s’achever en janvier 2002. Ils coûteront 250 millions de francs. On a choisi ce quartier parce que nous pensions que c’est un beau quartier qui est extrêmement bien situé ; duquel il y a une vue qui est très belle, quand on est monté dans la muraille de Chine, on le sait. Que d’autre part, pour un établissement de santé, c’est à proximité de l’autoroute ; donc avec des facilités d’accès pour les patients extrêmement importants, qui feront que cet établissement sera vu quand on passera devant, et qu’on pourra y accéder facilement. 40 ans après la construction de la muraille, l’ambition de la municipalité est d'effacer la difficile réputation du quartier de Montchovet, par un vaste réaménagement urbain ; avec à l’horizon 2003, une nouvelle ligne de tramway, deux maisons de convalescence, et un aménagement paysager. Le samedi 27 mai à 13 heures 01, la muraille de Chine s’effondrera sur elle-même en 15 secondes. Nous serons là pour vous montrer ce moment crucial dans la vie du quartier et qui changera définitivement le visage de Saint-Etienne. En France, la préfabrication va tout d'abord se développer dans le contexte de pénurie générale de la Libération. Dans un second temps, l'opération des « 4 000 logements de la région parisienne » en 1953 inaugure la généralisation de la préfabrication pour la construction des grands ensembles de logements en France. Le Bonheur est dans le béton - 2015 Documentaire réalisé par Lorenz Findeisen produit par Les Films du Tambour de Soie Le logement préfabriqué, victime de son succès en France, fut exporté en Europe de l’Est. Qui se souvient aujourd’hui que ces logements symboles de progrès devinrent, en pleine guerre froide, la marque de fabrique du collectivisme ? Jacqueline a 50 ans et vit à la cité des Courtillières à Pantin. Elle se souvient lorsque, enfant, elle quitta avec ses parents le « une pièce parisien » sans commodités pour un appartement spacieux et moderne dans cette cité. La cité des Courtillières est alors une cité pilote, censée réaliser le rêve d’une vie nouvelle dans une France qui manquait à la Libération cruellement de logements.

Comme tant d’autres Jacqueline enfant ignorait qu’elle devait à Raymond Camus architecte génial, créateur du panneau en béton préfabriqué, cette invention qui promettait un futur radieux pour tous. Sydney, voisin de Jacqueline, se remémore lui, les bus remplis d’architectes venus d’Union soviétique pour visiter sa cité…

La marque de fabrique du collectivisme

Le logement préfabriqué victime de son succès en France est exporté en Europe de l’Est. Qui se souvient aujourd’hui que ces logements symboles de progrès devinrent en pleine guerre froide, la marque de fabrique du collectivisme ? Pour Julie, à Prague, ou Susanna à Berlin Est, l’arrivée du préfabriqué dans leur vie revêt une toute autre signification. Utopies sociales, idéologies politiques et avant-garde architecturale commencent à se mélanger. Le rêve du bonheur tourne vite au cauchemar…

En République tchèque, l’antique ville de Most est détruite pour des raisons économiques pour être reconstruite grâce au panneau de béton. Au travers d’archives inédites et de témoignages des habitants, l’histoire incroyable de panneau en béton se raconte pour la première fois de Paris à Moscou, de 1950 à nos jours.

Documentaire réalisé par Lorenz Findeisen, produit par Les Films du Tambour de Soie www.dailymotion.com/video/x413amo @

Petite histoire de la préfabrication

Les violentes destructions de la Seconde Guerre mondiale ont contraint une bonne partie des pays européens à trouver des solutions inédites concernant la reconstruction.

« Les guerres sont par exemple d’importants accélérateurs de l’industrialisation du bâtiment pour deux raisons au moins. La première est que l’industrie d’armement se recycle logiquement dans la production civile après les conflits ; la deuxième est que les territoires dévastés par les destructions, comprenant des villes entières, sont à reconstruire. » Franz Graf

L’originalité de la première phase de ces reconstructions réside dans la dynamique expérimentale initiée par les gouvernements européens autour de la préfabrication, ainsi que l’explique Franz Graf [2] dans l’introduction référencée de l’ouvrage.

Elain Harwood met en lumière les programmes de logements publics préfabriqués en Angleterre et Nick Bullock présente un focus sur les maisons-témoins préfabriquées de Northolt aux apparences ordinaires. Ce sont ces dernières qui vont inspirer le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme français pour ces chantiers expérimentaux de maisons préfabriquées.

L’Italie, de son côté, se basera sur les maisons de Northolt et la cité expérimentale de Noisy-le-Sec pour concevoir le QT8 à Milan, laboratoire où sont construits des maisons-prototypes en relation avec la Triennale, ainsi que l’explique Francesca Albani. Les deux contributions consacrées à l’Allemagne de Steeve Sabatto et Silke Langenberg s’attachent plus spécifiquement à la dimension technique et aux systèmes constructifs inventés par Konrad Wachsmann en collaboration avec Walter Gropius et Helmut Spieker, semble-t-il sans lien avec les autres pays européens.

Suite aux expérimentations, chacun des pays prend des voies sensiblement différentes vers le logement de masse. Si les prefabs anglais demeurent un élément caractéristique du paysage national, la construction traditionnelle, tout aussi rentable économiquement sera préférée. Le recours à la préfabrication concernera, avec davantage de bonheur, les écoles anglaises. En France, à partir de 1954, l’État fixe aussi sa doctrine : la solution au manque de logement se trouve dans la préfabrication lourde, ouvrant la voie aux grands ensembles. Et l’Italie prendra finalement un tournant bien différent en opérant un retour décisif à des techniques artisanales, exécutées à pied d’œuvre, afin d’augmenter l’occupation ouvrière. Mais un défi, tant collectif que particulier, est aujourd’hui à relever : comment rénover le bâti préfabriqué existant ? Les solutions dépendront forcément « de la valeur que l’on attribue à un patrimoine, surtout s’il est considéré comme ordinaire et diffus » [3]. Ainsi que le démontrent les cas particuliers ici étudiés, il n’y a pas de réponse préfabriquée, mais des réflexions et des histoires captivantes autant que singulières.

Les héros de l’industrialisation face à la patrimonialisation

Si les histoires architecturales racontées sont principalement européennes, il aurait été impensable, à propos de préfabrication, de ne pas mentionner les États-Unis et notamment un de ses représentants les plus populaires : Buckminster Fuller. Le texte de James Ashby [4] retrace l’aventure de la restauration de la maison Dymaxion (contraction en anglais de dynamic-maximum-tension), aujourd’hui exposée au musée Ford à Détroit. Cette maison devait « révolutionner l’industrie du logement après la Seconde Guerre mondiale » en proposant aux familles des habitations qui ne devaient pas dépasser le prix d’une Cadillac. Mais l’entreprise de Fuller fit faillite et il ne resta qu’un prototype, récupéré et transformé par l’un des investisseurs afin d’en faire son logement. Des décennies après, la maison est abandonnée et le bâti se dégrade : les héritiers finissent par faire don de la maison au musée en 1991. Mais six années vont encore s’écouler avant que le musée ne s’engage dans la restauration de la maison Dymaxion. Une équipe pluridisciplinaire va être constituée dans une démarche scientifique, avec pour défi complexe d’être au plus proche de l’authenticité d’une expérience architecturale inachevée.

Portes du pavillon du centenaire de l’aluminium, page 107 du catalogue de vente Artcurial des 23 et 24 novembre 2010

Autre héros de la préfabrication, notre Jean Prouvé hexagonal. L’article de Richard Klein [5], « Le pavillon du centenaire de l’aluminium, un patrimoine en pièce », présente différents paradoxes patrimoniaux lié à cet édifice nomade, le caractère véhiculaire était bien souvent intrinsèque aux constructions de Prouvé. L’auteur part ici de la controverse apparue suite à la mise en vente d’un ensemble de portes et d’un panneau provenant du pavillon du centenaire de l’aluminium, construction protégée au titre des Monuments historiques. Outre les remarques concernant la place des collectionneurs de Prouvé, la question de l’intégrité de l’édifice est passionnante. En effet, le bâtiment, tel qu’il a été remonté à Villepinte, a été réduit par rapport à son implantation initiale. Dès lors, Richard Klein pose la question : « comment envisager la question de l’intégrité d’un édifice dont les dimensions peuvent être considérées comme variables ? »

Les problèmes patrimoniaux liés à ce pavillon semblent sans fin, reflétant la complexité de la situation. Un dernier exemple : l’édifice s’étant déplacé de Lille à Villepinte, son périmètre de protection s’est-il déplacé avec lui ? Parmi les autres cas d’études intelligemment présentés : la construction inachevée de Claude Prouvé, véritable ruine de science-fiction ou encore les péripéties patrimoniales de la CAF du XVe arrondissement à Paris, « l’unique bâtiment en France qui a fait l’objet d’un déclassement du statut de Monument historique ». Dénouement

Face à des bâtiments qui ne correspondent plus aux besoins contemporains ou qui se sont dégradés avec le temps, la dernière partie de l’ouvrage présente des projets de réhabilitation, transformation, rénovation, adaptation et sauvegarde. Le SHAPE Village de la Faisanderie à Fontainebleau, la transformation de la tour Bois-le-Prêtre à Paris, la cité d’habitation de Droixhe en Belgique, les bâtiments des frères Honegger à Genève, les immeubles de Triemli à Zurich : autant de témoignages d’une nouvelle réception de cette architecture préfabriquée qui eut longtemps mauvaise presse mais dont les qualités architecturales sont désormais reconnues par les architectes. Beaucoup militent pour les transformer en respectant les projets initiaux. Ces derniers textes, plus courts et moins réflexifs ont néanmoins leur place, présentant les directions actuelles et les problématiques quant aux projets de transformations. À la fin de ce copieux ouvrage bien documenté, si les auteurs n’ont pas épuisé la question de la sauvegarde de l’architecture préfabriquée, certaines énigmes de cette histoire architecturale qui parcourt le XXe siècle jusqu’à aujourd’hui piquent la curiosité. Des contributions passionnantes et une grande cohérence dans le contenu donnent à l’histoire de la préfabrication des allures d’épopée architecturale. GRAF, Franz et DELEMONTEY, Yvan (dir.), Architecture industrialisée et préfabriquée : connaissance et sauvegarde, Éditions des Presses polytechniques et universitaires romandes, Laboratoire des Techniques de la Sauvegarde de l’Architecture Moderne, textes en anglais et en français, 2012 le Logement Collectif* dans tous ses états..Histoire & Mémoire de l'Habitat / Archives ANRU / Rétro Banlieue / Renouvellement Urbain / Urbanisme / HLM twitter.com/Memoire2cite URSS un film fantastique et commic du BTP @ Au grAnd Ensemble Sovietic vs le recommande des clichés de folie youtube.com/watch?v=F68bbzOOOdY&feature=emb_err_woyt Après 1945, les collines agricoles du sud-est de la ville connaissent un programme d’urbanisation de grande ampleur pour répondre à la crise du logement. Près de 4600 logements sociaux vont ainsi être construits en quatre tranches successives de 1953 à 1970 : Beaulieu, la Marandinière, Montchovet, la Métare et la Palle formant aujourd’hui les quartiers sud-est. Touché par la crise économique et urbaine de dingue, le secteur sud-est apparaît à la fin des années 1990 comme un espace monofonctionnel dédié en totalité à l’habitat locatif social et porté par un seul bailleur l'OPAC devenu Métropole Habitat. Bien que bénéficiant de nombreux atouts (accessibilité et environnement agréable...), le quartier souffre du gigantisme de son urbanisation et du manque de résidentialisation des unités d’habitation. Par une action en profondeur et dans la durée, la Ville de Saint-Étienne, à travers son Programme de Rénovation Urbaine (PRU), a amorcé une transformation durable du quartier depuis 1989 avec la 1ere demolition du programme à la rue Pierre Loti le 31 janvier 1989 (BANLIEUE89), 30 ans de renouvellement urbain sur la ville.... une ville pilote en la matiere des 1990. Aujourd'hui et demain Les quartiers sud-est vont poursuivre leur mutation, avec l’appui continu de l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine et ses partenaires l'ANRU2. Développer le secteur économique

 

L'objectif est de dynamiser l’économie dans ce territoire en portant de nouveaux projets et en restructurant l’offre commerciale de proximité. La Ville de Saint-Étienne a prévu la création de nouvelles zones d’activités permettant l’accueil d’entreprises. Ainsi une zone d’activités économiques, rue Pierre Loti, répondra aux besoins fonciers des entreprises et des artisans locaux. Ce projet de zone économique, en visibilité directe de la RN 88, permettra l’implantation d’une cinquantaine d’entreprises et la création de 300 emplois. Un nouveau centre commercial sur le secteur de la Marandinière, couplé à la démolition des centres commerciaux de la Palle et Sembat, permettra de restructurer et moderniser l’offre commerciale de proximité. Renouveller l'offre d'habitat Une qualité résidentielle s’affirme progressivement au sein des quartiers Sud-Est, grâce à une nouvelle offre d’habitat variée qui émerge depuis plusieurs années. Les nombreuses démolitions réalisées et à venir (Boulevard des Mineurs en 2018 et immeubles Loti en 2020), ainsi que les réhabilitations d’immeubles en cours, vont permettre de diversifier l’offre de logements. L’un des objectifs du projet urbain est donc de conforter la vocation résidentielle du quartier en stimulant l’offre et en accompagnant des projets comme la construction de logements passifs sur le secteur de Beaulieu, la transformation de l’ancienne école Baptiste-Marcet et la réhabilitation de logements à Monchovet. Améliorer le cadre de vie des habitants

 

Les quartiers sud-est bénéficient d’un environnement naturellement riche et varié, à l’interface entre les grands parcs de la ville (jardin des Plantes, parc de l’Europe, Bois d’Avaize) et le Pilat. Le projet urbain de la Ville de Saint-Étienne prévoit de relier ces espaces naturels entre-eux avec la création d’une continuité verte, qui permettra aux marcheurs et autres randonneurs de bénéficier d’un véritable réseau de chemins autour de la commune. Le boulevard Alexandre-de-Fraissinette, véritable colonne vertébrale du quartier, et la rue Pierre-Loti seront entièrement revus pour assurer un meilleur partage de l’espace entre tous les modes de déplacements (voiture, vélo et piéton) et assurer un maillage inter-quartiers plus efficace. fr.calameo.com/read/0005441131b4119eaa674

 

Depuis 2014, la rénovation urbaine dans les quartiers sud-est s’est traduite par de nombreux travaux: la construction du centre commercial de la Grande Marandinière, l’aménagement d’un lotissement de treize maisons individuelles passives, impasse Clémenceau, les rénovations des écoles de Montchovet et de Beaulieu, la réhabilitation de locaux rue Henri-Dunant (pour y installer la Maison des associations), et enfin les démolitions récentes du centre commercial du boulevard de la Palle et d’un garage, au 41 rue de Terrenoire.Démolitions mais aussi constructions sont au programme. Plusieurs acteurs entrent en jeu dans le financement de ces projets, notamment l’ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine) mais aussi la Ville, le Département et la Région. Ainsi, le contrat avec l’ANRU, signé le 14 mars, dégage une somme de 23 millions d’euros, somme à laquelle il faut ajouter 3,3 millions d’euros de la Région. Pour les années à venir, les objectifs visent à la poursuite du développement économique, de la mutation de l’habitat par des constructions individuelles ou de petits immeubles, des démolitions ponctuelles, de la valorisation des espaces publics et du renforcement des espaces du quartier. Deux secteurs sont concernés : Loti et la Grande Marandinière. Le 11 AVRIL 1964, le développement de la ville de Saint Etienne, et ses travaux ..La ville de Saint Etienne se développe tout comme l'ensemble du territoire... Pour accompagner cet accroissement de population, de nouveaux quartiers se construisent aux abords de la ville chaque jours. Et pour faire face aux problèmes de circulation, un boulevard périphérique a été aménagé. Réalisé à l'occasion de la construction de la déviation sud de l'autoroute de Saint Etienne, ce reportage témoigne de la visite du sénateur maire de la ville, Mr. Michel DURAFOUR, sur le chantier du tunnel de la déviation. Accueilli par Mr. Rocher, président de la société forêzienne de travaux publics, Michel DURAFOUR découvre avec les membres du conseil municipal l'avancée des travaux. (voir aussi le chantier de l A 47 avec la video du tunnel du rond-point içi : www.ina.fr/video/LXC9610041788 . Ce quartier est né des programmes de grands ensembles mis en œuvre à partir des années 1950 afin de réduire la pénurie de logements. La mairie choisit donc de développer un quartier moderne 4 600 logements en HLM pour pouvoir loger plus de 30 000 habitants avec des loyers modérés dans des bâtiments modernes. Ce quartier avait comme emblème un des plus grands immeubles d’Europe surnommé la Muraille de Chine qui était visible depuis l’autoroute. Ce quartier s’est construit en quatre tranches : Beaulieu I (Beaulieu) de 1953 à 1955 ; Beaulieu II (La Marandinière) en 1959 ; Beaulieu III (Montchovet) en 1964 ; Beaulieu IV (La Palle) en 1971. Il est aujourd’hui en profonde mutation avec un programme de renouvellement urbain qui prévoit la démolition de plus 1000 logements et la reconstruction de 250. Bâtiments spécifiques : CHPL (Centre Hospitalier Privé de la Loire) qui remplace la Muraille de Chine ; Ecole Nationale d'ingénieurs de Saint-Etienne Un modèle de l'urbanisme des années 1950. Beaulieu-Montchovet: La ville choisit de construire un immense quartier neuf de plus de 4.600 logements, prévu pour loger 30.000 habitants, sur les basses pentes du Pilat, à la sortie sud-est de Saint-Etienne.Entre les forêts, qui seront classées parc naturel quelques années plus tard, et les quartiers chics du cours Fauriel, c'est un des endroits les mieux situés de la ville.C'est aussi le seul grand emplacement proche du centre où il n'y aie pas eu de mines, parce que les couches de charbon s'arrêtent juste avant : le terrain est assez solide pour supporter de gros immeubles. Içi le chantier de construction de MONTCHOVET soit Beaulieu 3, la continuitée des constructions HLM de nos quartiers sud-est (les chantiers de l'OPAC) , la vidéo içi :

 

www.ina.fr/video/LXF99004401 .

 

Retour sur son historique de 1962 à aujourd'hui e n 2018.

 

Un grand-Ensemble qui rappelle combien la politique d'urbanisme des années 1960 et suivantes a été conduite en dépit du bon sens la video içi www.google.fr/search?q=montchovet+ina&oq=montchovet+i... et là www.ina.fr/video/CAC00029801 , mais aussi içi www.ina.fr/video/CAC00029801 - avec Claude BARTOLONE içi avec la Visite à Saint Etienne du ministre délégué à la ville le jour de la démolition de la muraille de Chine. Rencontre avec des associations pr discuter du futur du quartier Montchovet. www.ina.fr/video/LY00001263573 - fresques.ina.fr/rhone-alpes/fiche-media/Rhonal00046/demol... - et les differentes videos de la demolition la encore : La démolition de la "muraille de Chine" de Saint Etienne www.youtube.com/watch?v=aq1uOc6Gtd0, www.youtube.com/watch?v=YB3z_Z6DTdc terrible :( ^^ l interview de Michel Thiolliere Le Grisou.fr a interviewé Michel Thiollière, ancien maire de Saint-Etienne et sénateur de la Loire, membre du Parti radical et actuel vice-président de la Commission de régulation de l'énergie. Il livre son analyse sur les prochaines échéances politiques, notamment la campagne des municipales en cours à Saint-Etienne, les alliances de la droite et du centre, mais aussi le mandat de Maurice Vincent. Michel Thiollière s'attarde également sur les besoins de l'agglomération stéphanoise et évoque les enjeux énergétiques en France.(Interview : Maxime Petit -- Réalisation : Studios Bouquet) www.youtube.com/watch?v=AJAylpe8G48,"François Mitterrand, après la visite de deux quartiers -l'un à Saint Etienne et l'autre à Vénissieux, inscrits sur la liste de ceux à réhabiliter -, parle du plan de réhabilitation pour de meilleures conditions de logement.François Mitterrand / Georgina Dufoix / Gilbert Trigano / François Dubanchet / Marcel Houël Thèmes : Grands travaux et grands projets

 

Le Président > 1er septennat 1981-1988 > 1981-1986 Éclairage

 

Depuis la fin des années 1970, la région lyonnaise apparaît comme l'épicentre des violences urbaines qui se déroulent en France. Durant l'été 1981, des violences urbaines ont conduit le gouvernement à engager le plus tôt possible une nouvelle politique en faveur des quartiers dégradés. Malgré les premières opérations de réhabilitation engagées par la Commission nationale pour le développement social des quartiers, la situation demeure extrêmement tendue dans un certain nombres de quartiers populaires. L'assassinat d'un jeune de la Cité des 4 000 par un habitant en juillet 1983 a ravivé les débats autour du thème du "mal des grands ensembles" selon l'expression de l'époque. D'autre part, le contexte politique conduit également le pouvoir à s'intéresser encore davantage à la question de la dégradation urbaine dans la mesure où de très nombreux quartiers populaires n'ont pas cette fois-ci apporté leurs suffrages aux candidats de la gauche.La visite de François Mitterrand dans deux quartiers dégradés de la région lyonnaise constitue donc un signal fort à l'égard des populations qui y vivent. Ce déplacement fait également écho à celui réalisé quelques jours plus tôt au sein de la Cité des 4 000 à La Courneuve en Seine Saint Denis (voir Visite de François Mitterrand à La Courneuve). Le principe est d'ailleurs le même et il est exprimé par le président de la République : voir par lui-même l'état réel de ses quartiers. Le fait qu'il soit mentionné dans le reportage que "ces visites surprises" se soient faites dans la "plus grande discrétion" (notamment sans les élus locaux concernés) marque effectivement la volonté du président de la République d'établir une sorte de lien direct avec les habitants qui vivent dans ces quartiers. Il ne s'agit pas de faire l'annonce de nouvelles mesures mais "de voir les choses par moi-même" selon l'expression utilisée par François Mitterrand lors de son allocution à la Préfecture à Lyon. Au moment où la Commission nationale pour le développement social des quartiers établit la liste définitive des 22 quartiers qui bénéficieront d'un programme de réhabilitation, la visite du président de la République sur le terrain suggère une forme de "présidentialisation" du thème de la réhabilitation des grands ensembles.La création au même moment de Banlieue 89 suscitée par deux architectes proches de François Mitterrand, Roland Castro et Michel Cantal-Duparc, suggère également l'intérêt du président de la République pour les questions urbaines (voir Inauguration de l'exposition organisée par Banlieue 89)."http://fresques.ina.fr/mitterrand/fiche-media/Mitter00106/visite-de-francois-mitterrand-a-saint-etienne-et-aux-minguettes.html

Visites surprises qui se sont déroulées dans la plus grande discrétion, seule Madame Georgina Dufoix, Secrétaire d’Etat à la Famille et aux Immigrés, Monsieur Gilbert Trigano, le PDG du Club Méditerranée qui participe à la Commission Dubedout, et deux collaborateurs du Chef de l’État étaient présents. Ni à Saint-Étienne, ni à Vénissieux, les autorités locales n’y ont participés. Peu avant midi, le Président est arrivé à la Préfecture du Rhône à Lyon où s’est déroul

Vers 1950. La différence est flagrante !

A gauche, le bâtiment Albert 1er appelé communément le "Pensionnat des filles" tenu par des religieuses catholiques. En 1937, le bâtiment Albert 1, installé sur les hauteurs de Costermansville est connu sous le nom de Pensionnat de la Sainte Famille. Cet établissement fut le premier établissement scolaire pour les enfants d'européens. Il était donc mixte (fille - garçon) jusqu'à la création du Collège Notre Dame de la Victoire au début des années 1940 (réservé aux garçons). L' Athénée Royal (mixte) ne sera créé qu'en 1946.

Au centre, le Collège Notre Dame de la Victoire, tenu par les Jésuites (catholiques). Ce bâtiment impressionnant installé à l'amorce de la presqu'île de Nyalukemba fut achevé en 1942. Il y avait alors 112 élèves, dont 80 internes.

A droite, le malheureux Athénée Royal de Costermansville...créé en septembre 1946, dans d'anciens pavillons en toit de chaume qui avaient servi aux militaires de l'armée belge, et de prison aux italiens (vaincus de la guerre 40/45) ...sur le plateau dit de Stalingrad.

 

Collection pgkivu

Montrésor (Indre-et-Loire)

 

La collégiale St Jean-Baptiste.

 

Façade occidentale.

 

La collégiale St Jean Baptiste a été fondée par Imbert de Batarnay* vers 1520. L'édifice sera consacré en 1532 et terminé vers 1541.

 

La façade ouest présente deux portes à cintre surbaissé, encadrées de colonnes ornées de fines arabesques.

 

Ces portes sont surmontées d'une galerie de niches abritant cinq statues qui ont été décapitées lors de la Révolution. On reconnaît de gauche à droite : St Jean-Baptiste patron de l’église, saint Marc, saint Jean, saint Luc et saint Matthieu.

 

De chaque côté de la galerie, la scène de l’Annonciation avec la Vierge et l’ange Gabriel.

Au-dessous, de part et d’autre, une femme et un homme décapités, peut-être les représentations d’Imbert de Batarnay et de

Georgette de Montchenu.

 

Quatre bas-reliefs figurent sur cette façade des épisodes de la vie de Jésus : en haut à hauteur de la verrière, le Christ devant le grand-prètre Caïphe et le Christ devant Ponce-Pilate.

 

Plus bas le jardin des oliviers et le portement de croix.

  

*Imbert de Batarnay (1438 - 1523), seigneur de Montrésor. Il fut conseiller de Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François Ier.

Issu d'une famille de sept enfants, du petit village de Bathernay dans la Drôme, en 1463, il signait Humbert de Batharnay. Baptisé par certains "Monsieur de Charme", il épousa Georgette de Monchenu, remarquable par sa beauté et son goût pour la musique. Georgette de Monchenu était fille du riche seigneur Falco de Montchenu.

En 1464, Imbert de Batharnay reçu du roi la capitainerie du Mont Saint-Michel, qui resta plus d'un siècle dans la famille. Louis XI en fit son conseiller et le combla de biens, dont les terre confisquées au prince d'Orange en 1477. Il souffrait d'une pierre dans la vessie dont il ressentit la douleur presque toute sa vie. Imbert joua un rôle important dans le mariage de Charles VIII avec Anne de Bretagne. En 1494 il alla en ambassade à Milan, où il put admirer les chefs-d'oeuvre de la Renaissance italienne. Charles VIII lui confia une mission en Allemagne en 1495, puis la reine Anne l'envoya vers Louis XII avec des "missions secrètes" qu'elle ne voulait donner à personne d'autre. Il assista à la mort "idiote" de Charles VIII à Amboise le 7 avril 1498. Le jeune souverain n'a que 27 ans quand il se fend le crâne en oubliant de baisser la tête, dans un couloir, de son château d'Amboise, servant de pissotière.

Imbert avait placé ses fonds à la banque Médicis de Lyon. Par prudence, il arrêta son compte à 13 175 écus d'or. En 1493, il acheta la terre de Montrésor mise en vente par les créanciers d'Antoine de Villequier, seigneur du lieu. Dans les dernières années du XVème siècle, il fit exécuter d'important travaux dans son château.

Sa femme Georgette mourut à Blois à l'été 1511.

Imbert projeta d'élever une église de grande dimension. Il plaça la fondation sous le vocable de saint Jean-Baptiste, car Imbert, en italien Umberto, n'a pas d'autre sens. En même temps qu'il créait la collégiale, Imbert créait le chapitre des chanoines, en fixait le nombre à huit et arrêtait les statuts en mars 1521. Imbert de Batarnay ne vit pas le complet achèvement de la collégiale. Il mourut le 12 mai 1523 d'un "assaut de catarre", à l'âge de 85 ans.

 

(D'après Bulletin de la Société Archéologique de Touraine - Tome X, 1895)

2015 Bonhams Grand Palais (février)

 

Ferrari 250 GTE 2+2 coupé 1961

Carrosserie Pininfarina

Châssis n° 2815 GT

Moteur n° 2815 GT

 

« Pininfarina et Enzo Ferrari ont collaboré pour construire la voiture la plus extraordinaire, chère, rapide et luxueusement confortable avec un vrai coffre à bagages. Tout cela en plus du caractère Gran Turismo avec un accent très prononcé sur le Gran. Si vous voulez faire de la compétition, choisissez la berlinetta, mais si vous préférez le tourisme raffiné, la 2+2 est tout simplement parfaite. » Sports Cars Illustrated.

 

Conçue pour élargir l'attrait des Ferrari à un marché déjà disputé par ses rivaux Aston Martin et Maserati, la 250 GTE 2+2 fit ses débuts au cours de l'été 1960. Première Ferrari quatre place, elle descendait directement de la Ferrari la plus vendue à l'époque, la 250 GT. Celle-ci, lancée en 1954, recevait un V12 Colombo de 3 litres, plus compact et plus léger, à la place du bloc Lampredi de sa devancière l'Europa. Son châssis reprenait une recette éprouvée de Ferrari, un treillis multitubulaire assemblé par de gros tubes ovales, la suspension avant indépendante recourant désormais à des ressorts hélicoïdaux à la place du ressorts à lame transversal. Une boîte à quatre rapports tous synchronisés transmettait la puissance à l'essieu arrière rigide, tandis que des tambours à commande hydraulique aux quatre roues assuraient le freinage. Les freins à disque ne furent adoptés qu'à la fin de 1959 et une boîte à quatre rapports avec overdrive l'année suivante, deux améliorations que la 250 GTE reçut dès le début de sa production, en 1960.

Le cahier des charges de Pininfarina enjoignait de réaliser une 2+2, sans sacrifier l'allure élégante ni le comportement sportif, une tâche dont le maître carrossier s'acquitta avec brio sur la GTE. En déplaçant le moteur, la boîte de vitesses et le système de direction vers l'avant, et le réservoir vers l'arrière, il dégageait suffisamment de place pour deux passagers supplémentaires sur les sièges arrière d'appoint dans l'empattement de 2, 60 m de la 250 GT.

 

Le moteur Tipo 128 E à bougies latérales de 240 ch assurait le niveau de performance demandé, malgré l'inévitable gain de poids. Voiture populaire et rentable pour Ferrari, la 250 GTE connut trois séries d'évolutions, la plupart concernant la disposition du tableau de bord et les éclairages extérieurs, et resta en production jusqu'en 1963.

 

Carrossée par Pininfarina en juin 1961, 2815 GT fut livrée neuve par la Franco-Britannic de Levallois-Perret, dans la proche banlieue de Paris, vendue un peu plus tard la même année à son premier propriétaire, un certain M. Rabagliati. Quelque temps plus tard, la Ferrari partit en Allemagne et fit partie, il y a quelques années, d'une collection privée, jusqu'au décès de son propriétaire. Le vendeur a acheté la voiture en 2010 chez un agent de Monaco. Malheureusement, on ne sait rien de plus de son histoire, l'épouse du précédent propriétaire étant morte peu de temps après lui et toute la documentation ayant été perdue.

 

En 2012/2013, l'actuel propriétaire a fait procéder à une restauration mécanique complète, la carrosserie ayant déjà été restaurée avant son rachat. Les travaux entrepris incluent une réfection complète du moteur et des freins, la restauration des roues à l'usine Borrani et une restauration complète de l'intérieur par un spécialiste. Plus récemment, l'overdrive a été révisé, un nouvel embrayage installé et la peinture rafraîchie. La restauration a coûté 40 000 € dont 28 000 € pour le moteur seul. Environ 30 000 km ont été parcourus depuis la restauration et la voiture est décrite par le propriétaire comme en très bon état général.

Peinte en gris foncé métal avec un intérieur en cuir havane, cette 250 GTE à numéros concordants est vendue avec sa trousse à outils, un rapport d'état (expertise), un rapport Massini, des factures de restauration, des photographies de la réfection du moteur, sa carte grise et son contrôle technique français.

"Advanced Earth-to-Orbit Vehicles Jet-Powered and Nuclear Rocket-Powered"

 

So, does that mean both (jet-powered & nuclear-powered) are depicted here? It would appear so; with the forward section/stage being nuclear-powered and the aft (it also being delta-winged) section/stage being jet-powered. At least that's what I think I'm seeing.

 

So, that makes the below linked image quite plausible as being that of the same vehicle, after its release/launch from the carrier aircraft.

 

Finally, based on the block letters he used for his "signature", I think this is an early work by John Sentovic. Regardless, my date range is a total SWAG.

 

Lastly & most inconsequentially, note the bubble canopy of the carrier aircraft, not unlike that of Convair's B-36 "Peacemaker" bomber.

“Can a satellite be repaired in orbit?

 

The Goddard Space Flight Center, National Aeronautics and Space Administration, has awarded a study contract to Grumman Aircraft Engineering Corporation to answer a portion of the question. As a case in point Grumman will review the design of its Orbiting Astronomical Observatory (shown above), the largest scientific satellite currently under development for the National Aeronautics and Space Administration, to investigate the structural design considerations of what should be done to make the OAO suitable for in orbit repair.

The study does not touch upon the operational problems of rendezvousing with an orbiting spacecraft, or the problem of getting a repairman close enough to an orbiting satellite to actually perform the repair mission. It is possible that in orbit repair will one day prove to be more economical than second launches and the replacement of whole satellite systems.

OAO is currently under development at Grumman. The satellite, which astronomers will use to monitor cosmic radiation from distant stars, is scheduled to be launched sometime in 1964.”

 

Fascinating & insightful content in the above. The first OAO satellite was not launched until 1966. The last in the series of four OAO satellites, OAO-3 (Copernicus), concluded operations in February 1981, two months before the first flight of the space shuttle. The first attempt at on-orbit satellite rescue/repair would not be until 1984, during STS-41C, involving the Solar Maximum Mission Satellite (SMMS). SMMS was indeed built with on-orbit retrieval & repair capability. A 21-year wait from the time of this image.

 

That’s a pretty sporty shuttle! A striking work by GAEC’s supremely talented artist, Craig Kavafes.

 

Despite the COPIOUS amount of military-grade adhesive used to affix the description on the verso, which, as usual, has induced substantial waviness, the image presents beautifully. The blue streaks at the top of the image are the scanner’s interpretation of the more pronounced of them.

La fontaine fut réalisée en décembre 1885 par Gaspard André (1840-1896) à qui nous devons également le théâtre des Célestins. En marbre blanc, elle représente Philibert Delorme ou de l'Orme, Guillaume Coustou, Gérard Audran et Hippolyte Flandrin.

Philibert Delorme, architecte (Lyon 1514, Paris 1570), a bâti les châteaux d'Anet et des Tuileries. Guillaume Coustou, sculpteur, (Lyon 1677, Paris 1746). Gérard Audran, artiste, (Lyon 1640, Paris 1703). Hippolyte Flandrin, peintre, (Lyon 1809, Rome 1864).

 

La place des Jacobins où se dresse la fontaine, d'une superficie de 6320 m², s'est appelée place Confort jusqu'en 1782, du nom d'une chapelle dédiée à Notre-Dame de Confort puis, place des Jacobins du nom du couvent des Dominicains ou Jacobins. Au sud de la place se trouvait leur église et leur couvent. Dans cette église, le Pape Jean XXII fut élu en 1316.

Elle s'est appelée place de la Fraternité de 1794 à 1871.

La fontaine est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques (ISMH, 18/05/1992).

www.twitter.com/Memoire2cite LA SNCF GÈRE LE DEUXIÈME PATRIMOINE DE FRANCE. À Maisons-Alfort, des logements pour les cheminots construits après-guerre par « La Sablière », filiale de la SNCF cité PLM. Il y a 28 ans : La SNCF gère le deuxième patrimoine de France. Le tour du propriétaire 117 000 hectares, 5 400 bâtiments, des gares, des emprises, mais aussi des hôtels, des magasins, et des logements… c’était l’énorme patrimoine de la SNCF en 1990. Il était même si divers qu’il était difficile d’en faire l’inventaire et d’en estimer exactement la valeur. Mais il ne dormait pas : la Société nationale louait pour le faire fructifier, vendait pour dégager des moyens financiers, achetait pour construire lignes et gares nouvelles. Vaste domaine. La SNCF est endettée, mais elle est riche. On la présente comme le deuxième propriétaire domanial en France après l’armée, et avant l’Église. Près de 117 000 hectares de terrains (deux fois la superficie du territoire de Belfort) pour une valeur brute comptable de 34,48 milliards de francs à la fin de l’année 1988, selon le rapport d’activité. Encore faut-il ajouter les constructions : 54,5 milliards de francs… avant amortissements, pour les bâtiments et ouvrages d’infrastructures. Pour 70 %, les terrains servent de plateformes aux voies ferrées. Mais il faut aussi compter avec les gares, les dépôts et triages, les logements, magasins, hôtels et autres installations louées à des tiers. Un énorme portefeuille à gérer… bien plus imposant d’ailleurs que ne laissent à penser ces valeurs comptables, de toute évidence sous-estimées par défaut d’actualisation, comme dans tout bilan de société. On pourrait allègrement penser qu’un coefficient multiplicateur de trois ou quatre serait tout à fait justifié. Mais aucun cabinet d’audit ne veut se risquer à une évaluation, compte tenu du travail de titan que représenterait l’actualisation chiffrée de ce portefeuille. Et la direction du Domaine au sein de la SNCF tient à rester discrète sur ce point. Devenue Établissement public industriel et commercial (Epic) le 1er janvier 1983, la SNCF n’a rien perdu des richesses dont l’État l’avait dotée lorsqu’elle était société nationale. Elle roule sur un pactole. Mais pour faire fructifier un patrimoine, il faut le faire vivre. Il faut qu’il « respire ». Si l’on se réfère aux derniers bilans annuels connus, la SNCF a vendu un peu plus qu’elle n’a acheté : la valeur de ses terrains a baissé de 150 millions de francs en deux ans. Quant à la valeur des constructions, elle a progressé de 7,8 milliards de francs sur cette même période, dont 5,45 milliards pour les seuls ouvrages d’infrastructure. Encore un des effets du TGV A. Toutefois, ces montants n’évoquent qu’imparfaitement la réalité des opérations foncières menées par la SNCF. Par exemple, sur la seule année 1988, les ventes de terrains ont porté sur 1,1 milliard de francs. Lors d’un récent colloque organisé par l’École nationale des Ponts et Chaussées, Jean Castet, directeur général, évaluait à environ 1,5 milliard de francs le produit des cessions de la SNCF en 1989. Et sur la durée du Plan d’entreprise (1990-1994) « les cessions d’actifs devraient rapporter » environ 1 milliard de francs chaque année. Un apport déterminant dans la gestion. Mais l’entreprise ne se borne pas à céder des actifs : elle en achète également… surtout pour la construction de ses voies nouvelles à grande vitesse. Et finalement, à en croire les chiffres indiqués plus haut, ventes et achats de terrains sont relativement équilibrés : le patrimoine, ainsi, se reconstitue.

La gestion d’un patrimoine n’est certes pas la première mission d’une société de service public chargée de faire rouler des trains. Mais ce n’est pas une fonction subalterne non plus. « Ce qui fut donné en dotation par l’État doit être utilisé pour l’exécution et l’amélioration du service public », explique Jean-François Bénard, directeur général adjoint chargé des finances et du contrôle de gestion. De quoi faire grincer des dents ceux qui estiment que, malgré ses richesses, la Société coûte toujours bien cher à l’État. De quoi irriter également ceux qui ne comprennent pas que, assise sur ce patrimoine, la Société nationale ait négocié malgré tout avec l’État un apurement de 38 milliards de francs d’une dette, héritée elle aussi de l’ancienne SNCF, et évaluée aujourd’hui à près de 100 milliards.

 

De telles attaques n’ont pas lieu d’exister. La SNCF ne gère pas ce patrimoine selon l’humeur du moment, loin de là. Et tout ne fonctionne pas selon le principe des vases communicants lorsqu’on parle d’argent. C’est l’État lui-même qui a fixé les règles de gestion du patrimoine lorsqu’il l’a remis en dotation à la Société. Il ne s’agit pas de faire n’importe quoi, et notamment pas de combler un déficit d’exploitation en vendant des morceaux de ce patrimoine. « Lorsqu’on vend, c’est pour réinvestir et il ne peut y avoir d’autre affectation au produit d’une cession », précise Guy Verrier, ingénieur général des Ponts et Chaussées, un homme d’une grande discrétion comme il est de mise en France lorsqu’on s’occupe d’affaires patrimoniales. Guy Verrier dirige le service du Domaine à la SNCF et il est aussi président de Sceta-lmmobilier. Il est tenu de respecter des contraintes de procédures inscrites dans la Loti (Loi d’orientation des transports intérieurs de 1982). Aussi bien sur la nature des opérations que sur le niveau des cessions : « Quel que soit l’acquéreur, nous sommes obligés par la loi de vendre au prix du marché », vouloir en démordre.

D’aucuns trouveront cette affirmation très théorique : si la zone Tolbiac à Paris a bien été cédée pour un demi-milliard de francs comme la rumeur en circule, la Ville de Paris n’aura pas vraiment fait une mauvaise affaire, même si elle l’a ensuite mise à disposition de l’État pour la construction de la future Bibliothèque de France. Mais, le plus souvent, il n’existe pas de distorsion entre les prix de vente pratiqués par la SNCF et le prix de marché.

 

La Société n’a pas vocation à se transformer en établissement philanthropique. Ainsi, dans les opérations immobilières menées par le groupe, la proportion de logements sociaux reste dans les limites prévues par la loi. Pas moins, mais pas davantage non plus, le reste des programmes étant destiné à des réalisations plus rentables. Ce qui vaut parfois, dans les milieux gouvernementaux, des critiques aigres-douces à l’égard de la direction de la SNCF à qui on reproche une gestion trop capitaliste du patrimoine. Mais il appartient au gouverne ment de prendre ses responsabilités dans les objectifs et les contraintes qu’il assigne à la SNCF, réplique- t-on au siège. Brader les biens de l’entreprise irait à l’encontre de ses intérêts, et la tutelle aurait tôt fait de rappeler à l’ordre la direction si elle s’engageait dans cette voie.

La stratégie de ces dernières années apparaît dictée comme dans bien d’autres secteurs à la SNCF par le développement de la grande vitesse. En quatre ans, plus de 2 000 hectares ont été acquis, en grande partie pour les besoins de la ligne nouvelle du TGV Atlantique. Le montant des acquisitions pour cette ligne a atteint 170 millions de francs (l’ensemble des opérations domaniales ayant coûté 380 millions). Mais il y eut aussi l’achat et l’équipement du site de Valenton entrant dans le cadre de la réorganisation du Sernam, une opération pour laquelle une enveloppe de 500 millions de francs a été dégagée. Et au titre des grandes transformations, le nouvel atelier du Landy pour le TGV Nord… Au chapitre des cessions, près de 1 800 hectares ont été vendus, pour un montant supérieur à 2,2 milliards de francs. Pour la seule région parisienne, les cessions ont représenté plus de la moitié de ce total. Pour contribuer à la réalisation du contrat État-Ville de Paris signé en 1984 et portant sur la réalisation de 10 000 logements sociaux, la SNCF s’était engagée à libérer les 50 hectares qu’elle avait promis 10 ans plus tôt. Promesse tenue. En additionnant les emprises de Reuilly, Bel-Air, Montempoivre, Chevaleret, la Chapelle-Évangile, Bercy-Lachambaudie, Grenellemar chandises, l’Îlot Chalon, l’Îlot Corbineau, et la gare marchandises de Belleville-Vil lette, la SNCF a dégagé une trentaine d’hectares. Ces dix opérations – qui ont été les plus importantes mais pas les seules – ont rapporté au total 1,35 milliard de francs. Il y eut aussi la gare de Tolbiac (13 hectares libérés), la plateforme de la ligne de la Bastille, et près de 9 hectares vendus au début de la décennie sur Charonne, Vaugirard et Grenelle. Toutes les cessions n’ont pas cette importance. Ainsi, pour l’autre partie des transactions réalisées sur les quatre dernières années pour une valeur de l’ordre de 850 millions de francs, on ne dénombre pas moins de 1 500 à 2 000 opérations par an, menées entre autres à Grenoble, Biarritz, Nice, Saint-Pierre- des- Corps, Tours, Bordeaux-Saint- Louis. Et on peut encore citer la cession de la gare de Lyon-Brotteaux (transformée en hôtel des ventes) et des rotondes de Metz et de Béthune réorganisées en centres commerciaux après avoir été vendues. Dans cette multitude d’opérations, figurent aussi les ventes de gares désaffectées, de maisons de gardes-barrières, de magasins généraux et autres bâtiments voyageurs. Des bâtiments proposés aux enchères dans… les petites annonces de La Vie du Rail par exemple, à des mises à prix parfois limitées à 50 000 francs. Car la fermeture au trafic voyageurs de milliers de kilomètres de lignes d’intérêt local et l’abandon de nombreux points d’arrêt omnibus ont entraîné la vente de centaines de bâtiments. Les maisons de gardes-barrières ont été vendues par milliers. Annuellement, les antennes régionales du service des Domaines vendent de 2 000 à 2 500 bâtiments, principalement des maisonnettes de gardes-barrières. Et alors que le réseau comprenait 8 000 gares en 1938, il n’en existe plus aujourd’hui que 4 800. Elles forment en nombre la plus grosse partie des 5 400 bâtiments de la SNCF. Mais en surface, elles ne constituent que 16 % des « mètres carrés bâtis », selon l’expression consacrée. Au total, la société possède 2,9 millions de mètres carrés de planchers. Le patrimoine de gares est par ailleurs fort ancien puisque les trois quarts des établissements datent d’avant 1914. Cet héritage immobilier s’en trouve d’autant plus lourd à gérer et à entretenir. Mais depuis une dizaine d’années, plus de 200 gares importantes ont été rénovées : chaque année, la SNCF dépense environ 500 millions de francs pour la rénovation de ses gares et autant pour leur entretien courant.

Bien qu’elles soient les plus visibles pour le public, ces gares ne composent que la partie apparente de l’iceberg : 9 %, en valeur, du patrimoine immobilier de l’entreprise nationale. Il faut compter aussi avec les ateliers, les entrepôts et dépôts, et les voies. Dans certains cas, les emprises de la SNCF constituent des ensembles impressionnants, comme dans le XVIIe arrondissement à Paris où la mairie évalue à 30 % la proportion de l’arrondissement appartenant à la Société nationale. Compte tenu des prix allant de 20 000 francs à 70 000 francs le mètre carré dans le XVIIe suivant les quartiers, ces emprises de la SNCF représentent déjà une petite fortune sur un espace très limité. Toutefois, la direction des Domaines refuse le principe de la simple multiplication pour une approche de la valeur du patrimoine. Elle explique qu’une voie, même double, s’étire en longueur mais offre une largeur utile trop étroite pour que la valeur du terrain soit calculée comme s’il s’agissait d’un autre espace constructible, rétorque-t-elle. C’est vrai. Mais il existe bien d’autres manières d’employer les mètres carrés de voies : en les recouvrant d’une dalle comme dans le XVIIe arrondissement, ce qui a permis de créer 20 000 m2 d’espaces verts, d’aires de jeux, de crèches, ou de courts de tennis. Les dalles sont à la mode. On connaît celle de Montparnasse, et il y aura celle d’Austerlitz. Mais hormis certaines installations qui seront exploitées par la SNCF pour ses besoins ou pour la mise en valeur de ce nouveau patrimoine (comme la gestion de 700 places de parking dans la dalle Montparnasse), les surfaces disponibles seront mises à la disposition de la Ville de Paris.

M. CHLATACZ et G. BRIDIER La stratégie de Sceta-lmmobilier

Traditionnellement, la politique patrimoniale de la SNCF s’articule sur les besoins de l’activité liée au transport de voyageurs comme au trafic de marchandises. Mais au regard de ses statuts, il n’est pas de son ressort de mener elle-même des opérations immobilières. Elle n’a pas non plus vocation à se transformer en promoteur. Rien ne l’empêche toutefois de créer des filiales spécialisées et de les soutenir tant que celles -ci ne lui font pas courir des risques. Son holding de diversification, Sceta était tout prêt à lui offrir ses structures pour prospecter dans cette direction ; elles furent utilisées. Le processus fut progressif. Il démarra par la gestion des logements de cheminots. Aujourd’hui, un des outils les plus efficaces de la SNCF pour faire vivre son patrimoine est Sceta-lmmobilier. Dans son capital, aux côtés du holding Sceta (56 %), on trouve de grandes banques : Suez (12 %), le Crédit Lyonnais, la BNP, la Société Générale et Paribas (pour 8 % chacune). Cette société, qui a même travaillé pour l’armée, suit le marché et joue un rôle de pilote pour toutes les opérations immobilières. Elle ne se charge pas encore de la construction d’immeubles, mais elle pourrait bien y venir. Cette nouvelle fonction de promoteur pourrait même être inaugurée prochainement, pour de petites opérations à Chantilly ou Orry-la-Ville dans la banlieue parisienne. Des opérations sans risques. En revanche, Sceta-lmmobilier a déjà un rôle d’aménageur, pour transformer une zone ferroviaire en zone constructible avant de la proposer à des promoteurs. Une intervention rémunérée, qu’elle mène entre autres à Vincennes-Fontenay où la municipalité va créer une zone d’aménagement concertée (ZAC). Mais ce n’est pas, en l’occurrence, une « première » : Sceta-lmmobilier a déjà assumé ce genre de fonction, comme sur la ZAC d’Issy-les-Moulineaux. Pour les galeries marchandes, la société A2C (Amenagements de centres commerciaux) a été mise en place par Sceta et sa filiale FRP (France Rail Publicité), présentes à 50 % chacune. Autre outil de promotion : la société Sicorail qui a pour vocation d’assurer le financement des opérations immobilières et, plus généralement, des investissements immobiliers du groupe. Décidément, la gestion du patrimoine pourrait bien, grâce à ses nouveaux outils, prendre à l’avenir davantage d’ampleur. Et c’est aussi bien pour assurer une meilleure cohérence à l’intérieur du groupe que pour apporter une garantie supplémentaire aux futures opérations que Jacques Fournier, déjà à la tête de la SNCF, a tenu à coiffer également la casquette de président de Sceta. Quand la SNCF loge les cheminots La SNCF dispose de 96 300 logements. Même si, en propre, elle n’en possède que 21 000 (contre 45 000 encore en 1981), composés pour plus de 60 % de maisons individuelles, et localisés pour 85 % en province. La SICF, Société immobilière des chemins de fer français, en contrôle un peu plus de 71 300 dont 52 000 environ sont mis à la disposition de la SNCF. Créée en 1942, la SICF contrôle aujourd’hui cinq sociétés de HLM, au nombre desquelles La Sablière, bien connue des cheminots parisiens. La SICF lance chaque année de nouveaux pro grammes : par exemple, en 1989, 160 logements dans la ZAC du Chevaleret, à Paris. La SNCF peut compter en outre sur 14 500 logements réservés auprès d’organismes divers, et de 8 800 autres appartenant à la Société française de construction immobilière, dont la SICF possède 49 % du capital. Tout cheminot peut naturellement prétendre à un logement, même s’il n’est pas sûr de l’obtenir. Le parc immobilier du groupe SNCF-SICF n’est d’ailleurs pas exclusive ment occupé par des agents de l’entreprise. En ce qui concerne les logements SNCF, ils sont occupés à 70 % par des cheminots (60 % d’actifs, 10 % de retraités), à 17 % par des tiers, le reste n’étant pas occupé. Ceux de la SICF le sont dans une proportion semblable (71 % de cheminots, avec 54 % d’actifs et 17 % de retraités). Aujourd’hui 48 % des cheminots sont propriétaires de leur logement. Ils n’étaient que 32 % en 1978.

Quand la SNCF veut un hôtel Le bon bail à la construction, c’est l’option choisie par Guy Verrier, président de Sceta-lmmobilier, notamment pour les opérations dans l’hôtellerie. Cette activité réclame énormément de capitaux. Confrontée au nombre des projets, la SNCF doit procéder par sélection. Les investissements à consentir sur les grandes étapes des TGV ont la priorité. Frantour, du groupe SNCF, s’implique alors directement. Citons dernièrement l’Hôtel de la gare de Lyon, à Paris. Pour les autres investissements, Frantour est toujours consultée… mais pas toujours intéressée. En ce cas, des appels d’offres sont lancés auprès d’autres chaînes. C’est ainsi qu’un hôtel Arcade a été érigé à Mar seille sur des emprises SNCF. Même cas de figure à Nice et à Nantes. La SNCF ne perd pas ses terrains puisqu’elle… ne les vend pas. En recourant au bail à la construction, elle récupère le terrain et l’ensemble des installations au bout de 45 à 50 ans.

Lorsqu’on doit mener des programmes comme à Nice sur 6 400 m2 à côté de la gare, on doit faire preuve d’une sérieuse dose de professionnalisme. Ce programme particulier ne comprend pas moins, outre l’hôtel Arcade de 210 chambres, un parking de 600 places, une résidence para-hôtelière de 130 chambres, des bureaux sur 3 800 m2 et des commerces sur 1 800 m2. Rien n’empêche bien sûr de sous-traiter tout l’aménagement à des sociétés spécialisées. Mais Jacques Fournier considère que la SNCF a tout intérêt à ne pas passer par des spécialistes qui, au passage, prennent une commission. Autant en faire l’économie en mettant en place des centres d’études compétents et des hommes motivés, comme au sein de Sceta-lmmobilier. Les grands en-sembles ré-si-den-tiels et le boom de la cons-truc-tion des an-nées 1960 et 1970

Loin des clichés et pour peu que l’on veuille bien en analyser les qualités formelles et fonctionnelles, les grands ensembles pourraient révéler toute la pertinence et l’actualité de leur modèle et fournir ainsi des réponses intéressantes aux attentes des habitants et aux besoins en logements des métropoles ’environnement bâti dont nous héritons aujourd’hui a été façonné pendant le boom de la construction de l’après-guerre. 40% de l’ensemble des logements existants actuellement en Suisse ont en effet été construits entre 1946 et 19801. Cet héritage est particulièrement visible à la périphérie des villes et dans les banlieues où, parallèlement à la construction massive de maisons unifamiliales, de grands ensembles résidentiels et des immeubles de grande hauteur nous rappellent les changements qui ont eu lieu à cette époque. Le boom socio-économique en Suisse après la Seconde Guerre mondiale Dans les années 1950, le manque de logements constitue un problème important en Suisse, comme dans beaucoup d’autres pays européens, bien que le pays n’ait pas été touché par les destructions de la Seconde Guerre mondiale. Les villes et les installations industrielles demeurent en effet intactes, les relations de propriété et de pouvoir dans la société n’ont pas été modifiées et le système bancaire et le centre financier sont en pleine expansion3. Des années 1950 à la crise pétrolière de 1973, l’économie en plein essor et l’ouverture du marché du travail, accompagnées par la montée en puissance de l’Etat providence, vont de pair avec une augmentation rapide de la population (de l’ordre de 26%4), ainsi que du niveau de richesse et de revenu des ménages. Dans un contexte de confiance dans le progrès et l’innovation technologique, les biens de consommation comme le confort moderne deviennent accessibles à de nombreux foyers. Bâtir pour la famille nucléaire moderne

Ces évolutions s’accompagnent d’importants changements sociaux et culturels. De plus en plus de gens quittent la campagne pour les villes qui offrent plus d’opportunités d’emploi. Alors que les centres urbains concentrent les services et les commerces, le logement se développe en banlieue, provoquant les premiers phénomènes d’étalement urbain. La structure des ménages se modifie : les foyers comptant jusqu’à trois générations – assez courants dans les zones rurales – cèdent la place au modèle de la famille nucléaire, fondée sur la notion de couple. Une réglementation stricte et des politiques plus conservatrices en matière familiale, qui touchent aussi le secteur du logement, voient le jour. L’architecture et les structures spatiales des grands complexes d’habitation de l’époque reflètent ainsi la politique, les valeurs et les idéaux de ce nouveau modèle. En règle générale, le plan des appartements de l’époque propose une typologie standardisée, destinée principalement à un couple avec de jeunes enfants. Cependant, ces standards s’accommodent mal d’autres modes et phases de la vie.

Rationalisation, préfabrication: les entreprises générales deviennent des acteurs majeurs de la construction

Dans la période d’après-guerre, les processus de construction sont rationalisés et la préfabrication industrialisée est largement appliquée pour répondre en peu de temps à un besoin urgent de construction d’immeubles. Les logements répondent généralement à de nouvelles exigences techniques. Toutefois, le recours à de nouveaux matériaux et méthodes de construction n’a guère été accompagné de considérations sur le processus de vieillissement des bâtiments. La dynamique de la construction de logements et la planification de grands ensembles résidentiels sont alors portées par des entreprises générales qui deviennent des acteurs importants de l’industrie du bâtiment à l’époque5. Le libéralisme économique et la structure politique fédéraliste de la Suisse pourraient expliquer la faible participation de l’Etat et l’importance du secteur privé dans la construction des logements et l’industrialisation du bâtiment. Dans les grandes villes, des complexes de logements subventionnés par l’Etat sont également construits par des coopératives ou des organismes communaux, mais leur proportion reste faible par rapport aux ensembles réalisés par des entreprises privées.6

Avant la première Loi nationale sur l’aménagement du territoire introduite en 1980, la planification urbaine et territoriale, notamment en dehors des centres-villes, est déficiente, voire inexistante, et rarement coordonnée. En outre, le droit foncier, qui favorise la propriété privée et la parcellisation de terrains, est un moteur important de développement de la construction.7 Ce manque d’une culture de planification et la disponibilité des terrains constituent les raisons principales de la localisation périphérique des grands ensembles résidentiels. Crise et critique

Après la crise pétrolière de 1973, le produit intérieur brut de la Suisse a chuté d’environ 7,4%, entraînant une érosion de l’emploi de 8 % et des effets dramatiques sur le marché de la construction.8 Avec l’émergence des mouvements écologistes, l’opinion publique évolue progressivement, notamment sur la question des grands ensembles, qui incarnent alors l’échec d’une croyance radicale dans la croissance illimitée. Pendant cette période, les idéaux familiaux traditionnels commencent également à se fragmenter et la structure des ménages évolue. Les villes et la population ne connaissent pas la croissance prévue et les grands ensembles restent souvent de grandes îles de béton à la périphérie des villes, entourées d’infrastructures locales déficientes. Les mêmes phénomènes, de plus grande ampleur, se retrouvent en France, en Allemagne et en Italie.

Dans tous ces pays, une même critique s’élève contre ces ensembles résidentiels. Généralement formulée sans connaissance réelle des lieux et des personnes qui y vivent, elle s’en prend à leur anonymat (supposé), à l’atmosphère froide, inhospitalière et monotone censée y régner et à la spéculation foncière qui aurait présidé à leur construction.

Marginalisation Cette critique a des répercussions dans les domaines de l’architecture et du secteur de la construction. Elle signe la fin des complexes de logements à grande échelle (les derniers projets encore en cours à la fin des années 1970 ont été planifiés antérieurement). Dans les années 1980 et 1990, avec l’apparition des premiers défauts de construction, certaines propriétés commencent à perdre de la valeur. Une tendance au retour en centre-ville, y compris pour les classes moyennes, ainsi que les processus de gentrification, ont encore accentué le phénomène de marginalisation des grands ensembles. En outre, les statistiques montrent une disparité sociale grandissante en Suisse depuis les années 1980, qui se reflète dans l’augmentation de la ségrégation socio-spatiale. Les personnes défavorisées, poussées vers la périphérie au cours des dernières décennies, vivent souvent dans les grands complexes préfabriqués qui leur offrent désormais des loyers abordables. Vu de l’intérieur: le complexe Telli à Aarau

Le complexe résidentiel Telli a été construit dans les années 197010 dans une ancienne zone industrielle d’Aarau, pour répondre à un besoin urgent de logements lié à la croissance des secteurs de l’industrie et des services dans la région. L’ensemble a été planifié par Hans Marti + Kast architectes. En 1975, quelques années après le début de la construction, l’entreprise générale en charge du projet, Horta AG, fait faillite du fait d’investissements spéculatifs ainsi que de la crise économique. Les autorités locales et plusieurs nouveaux propriétaires assurent la continuité du chantier, moyennant quelques adaptations par rapport au plan initial. Les quatre barres d’habitation, dont certaines atteignent 19 étages, comptent 1260 appartements et marquent la petite ville de leur présence. La proportion des habitants de Telli par rapport à la population de la ville était à la fin des années 1970 d’environ 25%. Avec 2400 habitants, elle est aujourd’hui de 12 %, après la fusion d’Aarau avec une autre municipalité.11

Conscients des critiques de l’époque à l’encontre des grands ensembles (« villes-dortoirs » aux infrastructures insuffisantes et aux espaces extérieurs monotones), les architectes et les planificateurs des bâtiments Telli ont intégré de nombreuses installations communautaires. L’ensemble fonctionne comme un quartier urbain autonome, relié au centre-ville par les transports publics. En outre, une attention particulière a été apportée à la conception des espaces extérieurs : le trafic automobile souterrain préserve un parc et ses arbres anciens qui s’étend entre les grands bâtiments.

En raison de la faillite de Horta AG, les blocs sont désormais la propriété de diverses entités privées, communales et coopératives. Un cinquième des appartements est également en propriété. Dans les années 1970, ces divers propriétaires ont signé un contrat pour la construction et l’entretien d’équipements collectifs, mais son cadre juridique complexe et l’absence d’organisme de contrôle de son application ont entraîné le désengagement progressif de certains propriétaires et le surinvestissement des autres dans l’entretien d’équipements coûteux. La gestion des rénovations dans cette structure de propriété mixte apparaît aujourd’hui comme un défi pour l’avenir de cet ensemble. Jusqu’à présent, les travaux de rénovation ont été effectués par chaque propriétaire individuellement et les propriétaires privés ont tendance à bloquer les rénovations coûteuses des équipements collectifs et des espaces extérieurs.

Cette structure de propriété complexe a également conduit à un mélange social particulier. Les résidents sont d’origines sociales et géographiques diverses (49 nationalités différentes). Il y a une quinzaine d’années, les rapports sur le Telli ont insisté sur les problèmes de ce quartier, qualifié de hotspot. Au delà des stéréotypes relayés par ces études, le Telli fait face à des disparités sociales croissantes. En 2002, la ville d’Aarau a donc lancé un projet de développement communautaire sur une durée de six ans. Le centre communautaire joue toujours un rôle crucial dans la poursuite de ce programme et sert de plate-forme d’intégration pour les activités sociales dans le quartier.

Probablement en raison de sa taille massive et de son apparence, le Telli a toujours eu une mauvaise réputation. Contrairement à cette image négative, les résidents soulignent ses qualités, s’identifient au lieu et en sont fiers. Pour eux, les appartements attrayants et abordables, les équipements communautaires et les espaces verts généreux, les relations de voisinage, et l’emplacement à la fois proche du centre-ville ainsi que du secteur récréatif de l’Aar, constituent des atouts remarquables. L’actualité d’un modèle

Un regard plus attentif sur le Telli et d’autres grands ensembles montre que les réalités quotidiennes sont beaucoup plus complexes que les clichés répandus sur ces typologies bâties. Lorsqu’on réfléchit à l’avenir de cet héritage construit, il est donc important de s’éloigner des images réductrices et de considérer les acquis du passé, ainsi que l’expérience et les perspectives diverses des acteurs locaux. La densification urbaine est un sujet d’actualité pour les villes suisses et les architectes et planificateurs discutent de la construction de nouvelles typologies à grande échelle en remplacement d’anciens bâtiments. La croissance urbaine et la gentrification en cours augmentent le besoin de logements de bonne qualité et abordables dans les villes. L’histoire et l’héritage des grands ensembles résidentiels des années 1960 et 1970 donnent l’occasion de repenser la conception de structures denses et leur articulation avec des espaces urbains ouverts, des équipements communautaires et des infrastructures. Mais cela permet aussi de mieux comprendre l’image que produit l’architecture et les effets d’une mauvaise perception d’un ensemble résidentiel par le public. Enfin, nous pouvons appréhender les stratégies de gestion et de vie dans des grands ensembles résidentiels au cours du temps, en tenant compte des contextes locaux spécifiques et des besoins du 21e siècle. @ Les grands ensembles en images Les ministères en charge du logement et leur production audiovisuelle (1944-1966) MASSY - Les films du MRU - La Cité des hommes, 1966, Réalisation : Fréderic Rossif, Albert Knobler www.dailymotion.com/video/xgiqzr?playlist=x34i - Les films du MRU @ les AUTOROUTES - Les liaisons moins dangereuses 1972 la construction des autoroutes en France - Le réseau autoroutier 1960 Histoire de France Transports et Communications - www.dailymotion.com/video/xxi0ae?playlist=x34ije … - A quoi servaient les films produits par le MRU ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme ? la réponse de Danielle Voldman historienne spécialiste de la reconstruction www.dailymotion.com/video/x148qu4?playlist=x34ije … -les films du MRU - Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : la préfabrication en usine, le coffrage glissant... www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije … - TOUT SUR LA CONSTRUCTION DE NOTRE DAME LA CATHEDRALE DE PARIS Içi www.notredamedeparis.fr/la-cathedrale/histoire/historique... -MRU Les films - Le Bonheur est dans le béton - 2015 Documentaire réalisé par Lorenz Findeisen produit par Les Films du Tambour de Soie içi www.dailymotion.com/video/x413amo?playlist=x34ije Noisy-le-Sec le laboratoire de la reconstruction, 1948 L'album cinématographique de la reconstruction maison préfabriquée production ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, 1948 L'album cinématographique içi www.dailymotion.com/video/xwytke

archipostcard.blogspot.com/search?updated-max=2009-02-13T... -Créteil.un couple à la niaiserie béate exalte les multiples bonheurs de la vie dans les new G.E. www.youtube.com/watch?v=FT1_abIteFE … La Ville bidon était un téléfilm d'1 heure intitulé La Décharge.Mais la censure de ces temps de présidence Pompidou en a interdit la diffusion télévisuelle - museedelacartepostale.fr/periode-semi-moderne/ - archipostalecarte.blogspot.com/ - Hansjörg Schneider BAUNETZWOCHE 87 über Papiermoderne www.baunetz.de/meldungen/Meldungen_BAUNETZWOCHE_87_ueber_... … - ARCHITECTURE le blog de Claude LOTHIER içi leblogdeclaudelothier.blogspot.com/2006/ - - Le balnéaire en cartes postales autour de la collection de David Liaudet, et ses excellents commentaires.. www.dailymotion.com/video/x57d3b8 -Restaurants Jacques BOREL, Autoroute A 6, 1972 Canton d'AUXERRE youtu.be/LRNhNzgkUcY munchies.vice.com/fr/article/43a4kp/jacques-borel-lhomme-... … Celui qu'on appellera le « Napoléon du prêt-à-manger » se détourne d'ailleurs peu à peu des Wimpy, s'engueule avec la maison mère et fait péricliter la franchise ...

museedelacartepostale.fr/blog/ -'être agent de gestion locative pour une office H.L.M. en 1958' , les Cités du soleil 1958 de Jean-Claude Sée- les films du MRU içi www.dailymotion.com/video/xgj74q présente les réalisations des HLM en France et la lutte contre l'habitat indigne insalubre museedelacartepostale.fr/exposition-permanente/ - www.queenslandplaces.com.au/category/headwords/brisbane-c... - collection-jfm.fr/t/cartes-postales-anciennes/france#.XGe... - www.cparama.com/forum/la-collection-de-cpa-f1.html - www.dauphinomaniac.org/Cartespostales/Francaises/Cartes_F... - furtho.tumblr.com/archive

e Logement Collectif* 50,60,70's, dans tous ses états..Histoire & Mémoire d'H.L.M. de Copropriété Renouvellement Urbain-Réha-NPNRU., twitter.com/Memoire2cite tout içi sig.ville.gouv.fr/atlas/ZUS/ - media/InaEdu01827/la-creatio" rel="noreferrer nofollow">fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu01827/la-creatio Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije la préfabrication en usine www.dailymotion.com/video/xx6ob5?playlist=x34ije , le coffrage glissant www.dailymotion.com/video/x19lwab?playlist=x34ije ... De nouvelles perspectives sont nées dans l'industrie du bâtiment avec les principes de bases de l'industrialisation du bâtiment www.dailymotion.com/video/x1a98iz?playlist=x34ije ,

www.dailymotion.com/video/xk6xui?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xk1dh2?playlist=x34ije : mécanisation, rationalisation et élaboration industrielle de la production. Des exemples concrets sont présentés afin d'illustrer l'utilisation des différentes innovations : les coffrages outils, coffrage glissant, le tunnel, des procédés pour accélérer le durcissement du béton. Le procédé dit de coffrage glissant est illustré sur le chantier des tours Pablo Picasso à Nanterre. Le principe est de s'affranchir des échafaudages : le coffrage épouse le contour du bâtiment, il s'élève avec la construction et permet de réaliser simultanément l'ensemble des murs verticaux. Au centre du plancher de travail, une grue distribue en continu le ferraillage et le béton. Sur un tel chantier les ouvriers se relaient 24h / 24 , www.dailymotion.com/video/xwytke?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/x1bci6m?playlist=x34ije

Le reportage se penche ensuite sur la préfabrication en usine. Ces procédés de préfabrication en usine selon le commentaire sont bien adaptés aux pays en voie de développement, cela est illustré dans le reportage par une réalisation en Libye à Benghazi. Dans la course à l'allégement des matériaux un procédé l'isola béton est présenté. Un chapitre sur la construction métallique explique les avantage de ce procédé. La fabrication de composants ouvre de nouvelles perspectives à l'industrie du bâtiment.

Lieux géographiques : la Grande Borne 91, le Vaudreuil 27, Avoriaz, Avenue de Flandres à Paris, tours Picasso à Nanterre, vues de la défense, Benghazi Libye www.dailymotion.com/video/xk6xui?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xk1dh2?playlist=x34ije : mécanisation, rationalisation et élaboration industrielle de la production. Des exemples concrets sont présentés afin d'illustrer l'utilisation des différentes innovations : les coffrages outils, coffrage glissant, le tunnel, des procédés pour accélérer le durcissement du béton. Le procédé dit de coffrage glissant est illustré sur le chantier des tours Pablo Picasso à Nanterre. Le principe est de s'affranchir des échafaudages : le coffrage épouse le contour du bâtiment, il s'élève avec la construction et permet de réaliser simultanément l'ensemble des murs verticaux. Au centre du plancher de travail, une grue distribue en continu le ferraillage et le béton. Sur un tel chantier les ouvriers se relaient 24h / 24 , www.dailymotion.com/video/xwytke?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/x1bci6m?playlist=x34ije

   

Le reportage se penche ensuite sur la préfabrication en usine. Ces procédés de préfabrication en usine selon le commentaire sont bien adaptés aux pays en voie de développement, cela est illustré dans le reportage par une réalisation en Libye à Benghazi. Dans la course à l'allégement des matériaux un procédé l'isola béton est présenté. Un chapitre sur la construction métallique explique les avantage de ce procédé. La fabrication de composants ouvre de nouvelles perspectives à l'industrie du bâtiment.www.dailymotion.com/playlist/x34ije_territoiresgouv_cinem... - mémoire2cité - le monde de l'Architecture locative collective et bien plus encore - mémoire2cité - Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije la préfabrication en usine www.dailymotion.com/video/xx6ob5?playlist=x34ije , le coffrage glissant www.dailymotion.com/video/x19lwab?playlist=x34ije ... De nouvelles perspectives sont nées dans l'industrie du bâtiment avec les principes de bases de l'industrialisation du bâtiment www.dailymotion.com/video/x1a98iz?playlist=x34ije ,www.dailymotion.com/playlist/x34ije_territoiresgouv_cinem... - mémoire2cité - le monde de l'Architecture locative collective et bien plus encore - mémoire2cité - Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije la préfabrication en usine www.dailymotion.com/video/xx6ob5?playlist=x34ije , le coffrage glissant www.dailymotion.com/video/x19lwab?playlist=x34ije ... De nouvelles perspectives sont nées dans l'industrie du bâtiment avec les principes de bases de l'industrialisation du bâtiment www.dailymotion.com/video/x1a98iz?playlist=x34ije ,

Le Joli Mai (Restauré) - Les grands ensembles BOBIGNY l Abreuvoir www.youtube.com/watch?v=eUY9XzjvWHE … et la www.youtube.com/watch?v=hK26k72xIkUwww.youtube.com/watch?v=xCKF0HEsWWo

Genève Le Grand Saconnex & la Bulle Pirate - architecte Marçel Lachat -

Un film de Julien Donada içi www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=4E723uQcpnU … … .Genève en 1970. pic.twitter.com/1dbtkAooLM è St-Etienne - La muraille de Chine, en 1973 ce grand immeuble du quartier de Montchovet, existait encore photos la Tribune/Progres.

www.youtube.com/watch?v=AJAylpe8G48 …, - la tour 80 HLM située au 1 rue Proudhon à Valentigney dans le quartier des Buis Cette tour emblématique du quartier avec ces 15 étages a été abattu par FERRARI DEMOLITION (68). VALENTIGNEY (25700) 1961 - Ville nouvelle-les Buis 3,11 mn www.youtube.com/watch?v=C_GvwSpQUMY … - Au nord-Est de St-Etienne, aux confins de la ville, se dresse une colline Montreynaud la ZUP de Raymond Martin l'architecte & Alexandre Chemetoff pour les paysages de St-Saens.. la vidéo içi * Réalisation : Dominique Bauguil www.youtube.com/watch?v=Sqfb27hXMDo … … - www.dailymotion.com/video/xk6xui?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xk1dh2?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xwytke?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/x1bci6m?playlist=x34ije l'industrie du bâtiment.

la Grande Borne 91, le Vaudreuil 27, Avoriaz, Avenue de Flandres à Paris, tours Picasso à Nanterre, vues de la défense, Benghazi Libye 1975 Réalisateur : Sydney Jézéquel, Karenty

la construction des Autoroutes en France - Les liaisons moins dangereuses 1972 www.dailymotion.com/video/xxi0ae?playlist=x34ije Cardem les 60 ans de l'entreprise de démolition française tres prisée des bailleurs pour les 80, 90's (1956 - 2019) toute l'Histoire de l'entreprise içi www.youtube.com/watch?v=Yyf1XGvTZYs - 69 LYON & la Cardem pour la démolition de la barre 230 Quartier la Duchère le 2 juillet 2015, youtu.be/BSwidwLw0NA pic.twitter.com/5XgR8LY7At -34 Béziers - C'était Capendeguy le 27 janv 2008 En quelques secondes, 450 kg d'explosifs ont soufflé la barre HLM de 492 lgts, de 480 m, qui laissera derrière elle 65.000 tonnes de gravas. www.youtube.com/watch?v=rydT54QYX50 … … Les usines Peugeot - Sochaux Montbéliard. 100 ans d'histoire en video www.youtube.com/watch?v=X4w3CxXVAyY … - 42 LOIRE SAINT-ETIENNE MONTREYNAUD LA ZUP Souvenirs avec Mascovich & son clip "la tour de Montreynaud" www.youtube.com/watch?v=p7Zmwn224XE

Villeneuve-la-Garenne, La Caravelle est à mettre au crédit de Jean Dubuisson, l’un des architectes les plus en vue des années 1960, www.dailymotion.com/video/x1re3h5 via @Dailymotion - AMIENS les HLM C'était le 29 juillet 2010, à 11h02. En quelques secondes, cette tour d'habitation s'est effondrée, détruite par implosion. Construite en 1961, la tour avait été vidée de ses habitants quelques années auparavant. www.youtube.com/watch?v=ajz2xk5KBNo … … - Les habitants de Montreynaud parlent de leur quartier et de cette destruction entre nostalgie et soulagement içi en video www.dailymotion.com/video/xmiwfk - Les bâtiments de la région parisienne - Vidéo Ina.fr www.ina.fr/video/CAF96034508/les-batiments-de-la-region-p... … via @Inafr_officiel - Daprinski - George Michael (Plaisir de France remix) www.youtube.com/watch?v=sJeH-nzlj3I

Ministère de l'Équipement et de l'Aménagement du Territoire - Dotation par la France d'autoroutes modernes "nécessité vitale" pour palier à l'inadaptation du réseau routier de l'époque voué à la paralysie : le reportage nous montre des images d'embouteillages. Le ministre de l'Équipement et de l'Aménagement du Territoire dans les deux gouvernements de Pierre Messmer, de 1972 à 1974, Olivier Guichard explique les ambitions du programme de construction qui doit atteindre 800 km par ans en 1978. L'ouverture de section nouvelles va bon train : Nancy / Metz par exemple. Le reportage nous montre l'intérieur des bureaux d'études qui conçoivent ces autoroute dont la conception est assistée par ordinateurs dont le projet d'ensemble en 3D est visualisé sur un écran. La voix off nous informe sur le financement de ces équipements. Puis on peut voir des images de la construction du pont sur la Seine à Saint Cloud reliant l'autoroute de Normandie au périphérique, de l'échangeur de Palaiseau sur 4 niveau : record d'Europe précise le commentaire. Le reportage nous informe que des sociétés d'économies mixtes ont étés crées pour les tronçons : Paris / Lille, Paris / Marseille, Paris / Normandie. Pour accélérer la construction l’État a eu recours à des concessions privées par exemple pour le tronçon Paris / Chartres. "Les autoroutes changent le visage de la France : artères économiques favorisant le développement industriel elles permettent de revitaliser des régions en perte de vitesse et de l'intégrer dans le mouvement général de l'expansion" Sur le plan européen elles vont combler le retard de la France et réaliser son insertion. Images de l'inauguration de l'autoroute entre Paris et Bruxelles par le président Georges Pompidou. Le reportage rappel que l'autre fonction capitale des autoroute est de favoriser la sécurité. La question de la limitation de vitesse est posée au ministre de l’Équipement, qui n'y est favorable que sur certains tronçons. Un des facteur de sécurité selon le commentaire est l'humanisation des autoroutes : aires de repos, restaurants, signalisation touristiques... "Rien n'est impossible aux techniques modernes" nous apprend la voix off qui prend comme exemple le déplacement sur rail de 65 mètres d'un château classé afin de faire passer l'autoroute Lille / Dunkerque.Durée : 4 minutes 30 secondes

Sur les routes de France les ponts renaissent 1945 reconstruction de la France après la Seconde Guerre mondiale www.dailymotion.com/video/xuxrii?playlist=x34ije Lyon, Tournon, Caen - Le Bosquel, un village renait 1947 l'album cinématographique de la reconstruction, réalisation Paul de Roubaix production ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, village prototype, architecte Paul Dufournet, www.dailymotion.com/video/xx5tx8?playlist=x34ije - Demain Paris 1959 dessin animé présentant l'aménagement de la capitale dans les années 60, Animation, dessin animé à vocation pédagogique visant à promouvoir la politique d’aménagement suivie dans les années 60 à Paris. Un raccourci historique sur l’extension de Paris du Moyen Âge au XIXe siècle (Lutèce, œuvres de Turgot, Napoléon, Haussmann), ce dessin animé retrace la naissance de la banlieue et de ses avatars au XXe siècle. Il annonce les grands principes d’aménagement des villes nouvelles et la restructuration du centre de Paris (référence implicite à la charte d’Athènes). Le texte est travaillé en rimes et vers. Une chanson du vieux Paris conclut poétiquement cette vision du futur. Thèmes principaux : Aménagement urbain / planification-aménagement régional Mots-clés : Banlieue, extension spatiale, histoire, quartier, ville, ville nouvelle Lieu géographique : Paris 75 Architectes ou personnalités : Eugène Haussmann, Napoléon, Turgot Réalisateurs : André Martin, Michel Boschet Production : les films Roger Leenhardt

www.dailymotion.com/video/xw6lak?playlist=x34ije - Rue neuve 1956 la reconstruction de la France dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, villes, villages, grands ensembles réalisation : Jack Pinoteau , Panorama de la reconstruction de la France dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, ce film de commande évoque les villes et villages français détruits puis reconstruits dans un style respectant la tradition : Saint-Malo, Gien, Thionville, Ammerschwihr, etc. ainsi que la reconstruction en rupture avec l'architecture traditionnelle à Châtenay-Malabry, Arles, Saint Étienne, Évreux, Chambéry, Villeneuve-Saint-Georges, Abbeville, Le Havre, Marseille, Boulogne-sur-Mer, Dunkerque. Le documentaire explique par exemple la manière dont a été réalisée la reconstruction de Saint-Malo à l'intérieur des rempart de la vieille ville : "c'est la fidélité à l'histoire et la force du souvenir qui a guidé l'architecte". Dans le même esprit à Gien, au trois quart détruite en 1940, seul le château construit en 1494 pour Anne de Beaujeu, fille aînée de Louis XI, fut épargné par les bombardements. La ville fut reconstruite dans le style des rares immeubles restant. Gien est relevé de ses ruines et le nouvel ensemble harmonieux est appelé « Joyau de la Reconstruction française ». Dans un deuxième temps est abordé le chapitre de la construction des cités et des grands ensembles, de l’architecture du renouveau qualifiée de "grandiose incontestablement". S’il est précisé "on peut aimer ou de ne pas aimer ce style", l’emporte au final l’argument suivant : les grands ensembles, c'est la campagne à la ville, un urbanisme plus aéré, plus vert." les films caravelles 1956, Réalisateur : Jack Pinoteau (connu pour être le metteur en scène du film Le Triporteur 1957 qui fit découvrir Darry Cowl) www.dailymotion.com/video/xuz3o8?playlist=x34ije - www.dailymotion.com/video/xk1g5j?playlist=x34ije Brigitte Gros - Urbanisme - Filmer les grands ensembles 2016 - par Camille Canteux chercheuse au CHS -Centre d'Histoire Sociale - Jeanne Menjoulet - Ce film du CHS daté de 2014 www.youtube.com/watch?v=VDUBwVPNh0s … L'UNION SOCIALE POUR L'HABITAT le Musée des H.L.M. musee-hlm.fr/ union-habitat.org/ - EXPOSITION :LES 50 ANS DE LA RESIDENCe SALMSON POINT-Du JOUR www.salmsonlepointdujour.fr/pdf/Exposition_50_ans.pdf - Sotteville Construction de l’Anjou, le premier immeuble de la Zone Verte sottevilleaufildutemps.fr/2017/05/04/construction-de-limm... - www.20minutes.fr/paris/diaporama-7346-photo-854066-100-an... - www.ladepeche.fr/article/2010/11/02/940025-140-ans-en-arc... dreux-par-pierlouim.over-blog.com/article-chamards-1962-9... missionphoto.datar.gouv.fr/fr/photographe/7639/serie/7695...

Official Trailer - the Pruitt-Igoe Myth: an Urban History

www.youtube.com/watch?v=g7RwwkNzF68 - la dérive des continents youtu.be/kEeo8muZYJU Et la disparition des Mammouths - RILLIEUX LA PAPE & Dynacité - Le 23 février 2017, à 11h30, les tours Lyautey étaient foudroyées. www.youtube.com/watch?v=W---rnYoiQc 1956 en FRANCE - "Un jour on te demanda de servir de guide, à un architecte en voyage d etudes, ensemble vous parcourez la Françe visitant cité jardins, gratte ciel & pavillons d'HLM..." @ les archives filmées du MRU www.youtube.com/watch?v=zR_jxCANYac&fbclid=IwAR2IzWlM... … Villages de la Françe cité du Soleil

Ginger CEBTP Démolition, filiale déconstruction du Groupe Ginger, a réalisé la maîtrise d'oeuvre de l'opération et produit les études d'exécution. L'emblématique ZUP Pruitt Igoe. vaste quartier HLM (33 barres de 11 étages) de Saint-Louis (Missouri) USA. démoli en 1972 www.youtube.com/watch?v=nq_SpRBXRmE … "Life is complicated, i killed people, smuggled people, sold people, but perhaps in here.. things will be different." ~ Niko Bellic - cité Balzac, à Vitry-sur-Seine (23 juin 2010).13H & Boom, quelques secondes plus tard, la barre «GHJ», 14 étages et 168 lgts, s’effondrait comme un château de cartes sous les applaudissements et les sifflets, bientôt enveloppés dans un nuage de poussière. www.youtube.com/watch?v=d9nBMHS7mzY … - "La Chapelle" Réhabilitation thermique de 667 logements à Andrézieux-Bou... youtu.be/0tswIPdoVCE - 11 octobre 1984 www.youtube.com/watch?v=Xk-Je1eQ5po DESTRUCTION par explosifs de 10 tours du QUARTIER DES MINGUETTES, à LYON. les tours des Minguettes ; VG des tours explosant et s'affaissant sur le côté dans un nuage de fumée blanche ; à 13H15, nous assistons à l'explosion de 4 autres tours - St-Etienne Métropole & Montchovet - la célèbre Muraille de Chine ( 540 lgts 270m de long 15 allees) qui était à l'époque en 1964 la plus grande barre HLM jamais construit en Europe. Après des phases de rénovation, cet immeuble a été dynamité en mai 2000 www.youtube.com/watch?v=YB3z_Z6DTdc … - PRESQU'ILE DE GENNEVILLIERS...AUJOURD'HUI...DEMAIN... (LA video içi parcours.cinearchives.org/Les-films-PRESQU-ILE-DE-GENNEVI... … ) Ce film de la municipalité de Gennevilliers explique la démarche et les objectifs de l’exposition communale consacrée à la presqu’île, exposition qui se tint en déc 1972 et janvier 1973 - le mythe de Pruitt-Igoe en video içi nextcity.org/daily/entry/watch-the-trailer-for-the-pruitt... … - 1964, quand les loisirs n’avaient (deja) pas le droit de cité poke @Memoire2cite youtu.be/Oj64jFKIcAE - Devenir de la ZUP de La Paillade youtu.be/1qxAhsqsV8M v - Regard sur les barres Zum' youtu.be/Eow6sODGct8 v - MONTCHOVET EN CONSTRUCTION Saint Etienne, ses travaux - Vidéo Ina.fr www.ina.fr/video/LXF99004401 … via - La construction de la Grande Borne à Grigny en 1969 Archive INA www.youtube.com/watch?time_continue=12&v=t843Ny2p7Ww (discours excellent en seconde partie) -David Liaudet : l'image absolue, c'est la carte postale" phothistory.wordpress.com/2016/04/27/david-liaudet-limage... … l'architecture sanatoriale Histoire des sanatoriums en France (1915-1945). Une architecture en quête de rendement thérapeutique..

passy-culture.com/wp-content/uploads/2009/10/Les-15-Glori... … … & hal.archives-ouvertes.fr/tel-01935993/document Gwenaëlle Le Goullon (LAHRA), auteur du livre "la genèse des grands ensembles",& Danièle Voldman (CHS, Centre d'Histoire Sociale), expliquent le processus qui a conduit l'Etat, et le ministère de l'urbanisme &de la reconstruction à mener des chantiers exp www.youtube.com/watch?v=zR_jxCANYac&fbclid=IwAR2IzWlM... mémoire2cité & l'A.U.A. - Jacques Simon (1929 - 26 septembre 2015) est un architecte paysagiste formé à l'École des beaux-arts de Montréal et à l'École nationale supérieure du paysage de Versailles. Fasciné par la campagne qui témoigne d'une histoire de labeur, celle des agriculteurs "ses amis", "les génies de la terre", Jacques SIMON, paysagiste dplg, Premier Grand Prix du Paysage en 1990*, réalise avec eux des installations paysagères éphémères principalement dans des champs et visibles du ciel. Avec sa palette d'artiste, Jacques SIMON réinvente des paysages comme les agriculteurs eux-aussi à leur façon les créent et les entretiennent. Le CAUE du Rhône vous invite à venir découvrir ses travaux au travers d'un kaléidoscope de photographies empreintes de spontanéité, de fraîcheur et d'humour. Cette exposition nous interpelle sur le caractère essentiel d'une nature changeante, fragile, sur l'importance d'une activité agricole diversifiée et sur la nécessaire évolution du métier de paysan. Elle nous amène aussi à voir et à interpréter ce que l'on voit, elle éveille en nous le sens de la beauté du paysage en conjuguant les différen

Berlin, Germany - April 3 --- during the 2025 VCT EMEA 2025 Stage 1 at the Riot Games Arena on April 3 2025 in Berlin, Germany (Photo by Wojciech Wandzel/Riot Games)

L'abbaye cistercienne de Vaucelles fut fondée en 1132.

Au 13ème siècle, l'abbaye comptait plus de 300 moines.

www.abbayedevaucelles.com/

Vue sur la statue du fondateur de Salem

 

Roger Conant (Avril 1592 - 19 novembre 1679) est un colon américain crédité pour l'établissement des communautés de Salem, Peabody et Danvers, Massachusetts.

 

Il fut saunier à Londres, gouverneur de la colonie de Cape Ann 1625-1628, 1er Gouverneur de Mass Bay Colony.

Il fut une époque où l’Union St-Gilloise et le Daring étaient les « grands » du football belge et leurs supporters étaient très « fanatiques ».

Toute la pièce se déroule sur ce fond sportif avec les rivalités et les querelles que peut susciter l’appartenance à l’un ou l’autre clan. Léontine Coppenolle et Mme Violette sont folles de foot et, comme elles dominent leurs faibles compagnons, ceux-ci ne sont pas loin de partager leur folie, risquant de ruiner les espoirs de bonheur de Georgette et de Joseph, les enfants de Coppenolle et Bossemans. Il existe peu de pièces aussi « bon enfant » que Bossemans et Coppenolle.

Le château actuel fût bâti de 1633 à 1640 par Jacques de Nonant pour sa femme en remplacement de l’ancien château féodal. Beaumesnil est l'exemple exceptionnel d'une architecture Louis XIII.

Photographie aérienne par cerf-volant.

 

The current castle was built from 1633 to 1640 by Jacques Nonant for his wife to replace the old feudal castle. Beaumesnil is the outstanding example of a Louis XIII architecture.

Kite Aerial Photography.

 

© Mai 2014, François Levalet www.francoislevalet.fr

“Photo S83-28324 shows a strip mine on the Moon. Bulk soil is delivered by front-end loaders to an automated processing facility where the mineral ilmenite (FeTiO₃) is separated out and then chemically reduced by heating in the presence of hydrogen. The products of the reaction are metallic iron, titanium oxide, and water. The water is piped to an electrolysis facility where the hydrogen is recovered and the oxygen is stored in spherical tanks. In the foreground on the right, a filled tank is about to be carried to the landing pad where the lunar transfer vehicle is landing (left background). In the upper center sits a stack of imported hydrogen tanks. Power lines stretch over the ridge to undefined power station.”

 

Despite there being something a little wonky about the perspective, the depictions of objects relative to the perspective, apparent distance to the horizon (yes, I know it’s the moon, thereby relatively close), along with its rather abrupt/sharp terminus…it’s by Pat Rawlings…so it’s still gorgeous. Enjoy, in all its glorious 1200 dpi resolution.

 

Okay, so I think I’ve figured it out; there are two different “view angles” going on here. The left ½ - ⅔ of the image is shallower/more oblique, especially noticeable in the depiction of the excavated pit. The right half/third starts with a much steeper perspective of the nearer/foreground area, evident in the depiction of the tracked vehicle. Note also the softer transition from horizon-to-void to the right, starting at the power lines. To me, even the regolith on the right looks to be a shade lighter.

I can’t help but think Mr. Rawlings entirely reworked that side for some reason. But, maybe it’s just me.

 

www.patrawlings.com/images/large/E006.jpg

Credit: Pat Rawlings' website

 

www.reddit.com/media?url=https://preview.redd.it/what-the...

Credit: Andy-roo77/reddit

 

Also, the image & following, as contained within NASA SP-509, Volume 4/"SPACE RESOURCES: Social Concerns":

 

"Lunar Mining and Processing

 

Though international law prohibits the annexation of any part of the Moon, it would allow the use of raw materials mined at a lunar base. In this concept, based on a model by Hubert Davis of Eagle Engineering, bulk soil from a strip mine is delivered by front-end loaders to an automated processing facility. The oxygen won from the process is liquefied and piped to the storage tanks on the right. One filled tank is being loaded now, perhaps to be used at the lunar base, perhaps to be shipped to orbit. The slag is carried by conveyor belt to a dump in the background to the left. Near it, a lunar lighter can be seen landing. The tanks stacked to the right of the buried habitat module contain hydrogen for use in the process and as propellant. Power lines stretch over the ridge to a power station, possibly a nuclear reactor."

 

At/From:

 

www.lpi.usra.edu/lunar/strategies/SP509-4-Social.pdf

Credit: LPI website

  

And finally, from The Man himself! I knew I wasn’t crazy.

Just makes you respect & appreciate him that much more. An immensely talented class act:

 

www.patrawlings.com/article/learning-the-hard-way

Credit: Pat Rawlings blog/website

 

In addition to Time magazine. I assume also to his chagrin…featured on the cover:

 

historycollection.jsc.nasa.gov/JSCHistoryPortal/history/r...

www.twitter.com/Memoire2cite « Non aux bidonvilles, non aux villes-bidon. L'urbanisme est un acte politique au service du peuple ». L'Atelier populaire des Beaux-Arts, en mai 1968, cristallise derrière ce slogan le mécontentement croissant face à la fabrique de la ville et à la multiplication de ce qu’on commence à appeler les Grands Ensembles. Délinquance juvénile, ennui, dépression, prostitution, ségrégation spatiale et sous-équipement... tels sont les symptômes d'une nouvelle maladie qui, selon L'Echo Régional du 22 mars 1962, frappe les villes dans les années 1960 : la « sarcellite ». Ce jugement très sévère sur les Grands Ensembles est partagé à la fois par les sociologues comme par les géographes voire par les politiques à en juger par le titre d'une note interne de la Commission Nationale du Logement en 1975 : « Grands Ensembles, grands problèmes ».Les quelques albums pour enfants qui entendent parler de l'époque dans laquelle leurs jeunes lecteurs vivent reprennent en cœur cette image austère de tours et de barres grises sans charmes. À l'instar de C'est le bouquet, de Claude Roy et Alain Le Foll édité en 1963 par Robert Delpire, l'extension horizontale de la fleur qui parvient à pousser à travers le béton et dans laquelle les habitants de la cité viennent se lover s'oppose à l'empilement des appartements dans les nombreuses tours. De la même façon, le troisième album des « Barbapapas », série créée en 1968, dénonce ces grandes barres grises qui brisent le rêve et l’imagination. Pourtant, face à cette critique qui met en avant davantage l'aspect esthétique ou inesthétique, une série, parue aux éditions La Farandole, fait résistance et entend porter un tout autre regard sur les Grands Ensembles et notamment sur le cadre de vie de ses habitants. Les six albums de la série « Nicole », réalisés entre 1969 et 1978, sont une idée d'Andrée Clair, auteure confirmée et militante communiste, mise en images par la toute jeune illustratrice débutante Bernadette Després.

La série des Nicole constitue probablement le témoignage d’un autre courant né dans les années 1960 mais qui s’affirme au sein de la gauche française et particulièrement du PCF après 1968 : il s’agit de la « Deuxième Gauche ». Dans cet article, il s’agira donc de montrer en quoi cette série peut être rattachée à ce nouveau courant et comment elle fait rupture avec le discours habituel sur les Grands Ensembles. Pour ce faire, nous entreprendrons d'abord de décrire la représentation des Grands Ensembles dans le paysage pictural français des albums pour enfants à la fin des années 1960. Ensuite, l’intentionnalité éditoriale qui a donné le jour à la série des « Nicole » dans la collection « Mille Images » sera interrogée. Enfin, les représentations et le discours socio-spatial original portés par la série sur les Grands Ensembles seront analysés. Grands chantiers, grands ensembles

1 « Quarante mille voisins », Cinq colonnes à la Une, Radiodiffusion de la Télévision Française, 2 dé (...)

« Dans quelques années, quand vous traverserez la banlieue parisienne, c’est en hélicoptère sans doute que vous irez. Et partout, vous survolerez des villes dans le genre de celle-ci. On les appelle les Grands Ensembles. On les appelle les villes-dortoirs. Elles doivent permettre aux familles de vivre loin de l’agitation et de l’air malsain des grandes cités. Elles existent dans le monde entier. Les urbanistes et les sociologues leur consacrent des volumes et des congrès1. »

C’est par ces mots que le journaliste de l’émission de télévision, Cinq colonnes à la Une, Pierre Tchernia, survolant en hélicoptère Sarcelles, présente en 1960 ce phénomène urbanistique original et sans réel précédent en France si l’on considère la vitesse de sa diffusion et l’ampleur des chantiers occasionnés. Le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme fut le moteur de ces constructions d’habitations mécanisées, préfabriquées et montées en série qui répondaient à une demande urgente de logements au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Le Ministère se dota d’un arsenal de lois et de programmes de construction comme le programme de logements économique de première nécessité en 1955 et le décret du 31 décembre 1958 qui créa des Zones à Urbaniser en Priorité (ZUP) aux marges des grandes villes. Entre 1953 et 1978, ce sont 300 000 logements par an qui furent ainsi ouverts à l’habitation à loyer modéré. Plus de six millions de logements furent construits au total. L’émission de Cinq Colonnes à la Une se situe près de cinq ans après l’ouverture des premiers chantiers et l’on sent déjà dans le ton du journaliste le doute s’installer. « Elles doivent permettre aux familles de vivre loin de l’agitation et de l’air malsain des grandes cités », nous dit-il. Ces constructions commanditées par l’Etat, ayant recours aux méthodes de construction les plus modernes doivent améliorer les conditions de vie des habitants. Mais d’ailleurs comment nommer ces habitations ? On sent que le journaliste hésite : « grands ensembles », « villes dortoirs » ? En 1963, le géographe Yves Lacoste entreprend de donner une définition : Yves Lacoste, « Un problème complexe et débattu : les Grands Ensembles », Bulletin de l’Association (...)

Le Grand Ensemble apparaît comme une unité d’habitation relativement autonome formée de bâtiments collectifs, édifiés dans un assez bref laps de temps, en fonction d’un plan global qui comprend plus de 1000 logements environ2.

Raphaële Bertho, « Les grands ensembles », Études photographiques, 31, printemps 2014, [en ligne], (...)

cf. à ce propos Raphaële Bertho, op. cit.

Par « bâtiments collectifs », il faut comprendre une architecture de barres et de tours édifiées sur des zones d’implantation assez vastes ayant en commun d’appartenir à une même opération de grande envergure et visant à offrir des logements à loyer relativement bon marché. Raphaële Bertho souligne qu’avec le début des années 1960, « de réalisations glorieuses d’une Nation tournée vers l’avenir, [les grands ensembles] deviennent les symboles d’un État planificateur imbu de sa puissance3. » C’est d’ailleurs cette « toute puissance » qui est donnée à voir dans les premières images de Cinq Colonnes à la Une par une vue oblique depuis l’hélicoptère. L’observateur domine la création, l’aménagement et l’organisation humains. C’est tout le génie de l’architecte-urbaniste qui est mis en exergue ici dans ces images qui reprennent d’ailleurs une représentation très fréquente4 de ces manifestations bétonnées de la « modernisation triomphante ». Raphaële Bertho insiste sur l’image de cet « urbanisme nouveau » des Grands Ensembles qui est donnée par les services de l’État :

Dominique Gauthey, « Les archives de la reconstruction (1945-1979) », Etudes géographiques, n°3, no (...)

Raphaële Bertho, op. cit.

Les Grands Ensembles y sont présentés comme l’anticipation en actes d’une ville pensée et prévue pour l’homme, cités idéales où l’on retrouve l’importance accordée au soleil, à l’espace et à la verdure dans le credo moderniste. Une orientation manifeste, que l’on observe notamment dans la mise en scène des clichés lors des Salons des arts ménagers dans les années 1950, lesquels sont les vecteurs privilégiés de cette « planification intégrale du bonheur5 » auprès du public. Celui-ci est ainsi accueilli par la vision d’enfants profitant des espaces de loisirs nouvellement aménagés dans ces “cités radieuses”.Les enfants ont ainsi toute leur place dans ces projets modernes. Ces derniers sont en grande partie construits pour eux, part de la population française la plus nombreuse dans ce tout début de baby-boom. Louis Caro, « Psychiatres et sociologues dénoncent la folie des grands ensembles », Sciences et Vie(...)

L’Humanité du 5 novembre 1963.

Pourtant dès 1959, les grands ensembles sont mis sur la sellette. Dans Science et Vie, Louis Caro consacre un article entier à la formation des bandes de voyous dans les Grands Ensembles7. Dans les années 1962-1963, Sarcelles et ses avatars subissent de sévères critiques depuis qu’un des occupants d’une tour s’est défenestré. Les médias commencent à parler de « sarcellite », une maladie qui toucherait les habitants de Sarcelles et de tous les Grands Ensembles. Ainsi est-elle définie dans les colonnes de L’Humanité en 1963 : « Sarcellite, total désenchantement, indifférence à la vie sociale, ennui insurmontable, aboutissant à la dépression nerveuse dans les cas bénins, au suicide dans les cas aigus8. » Dès lors, les grands ensembles ne sont plus aussi radieux pour les enfants qui y habitent et il conviendrait peut-être de grandir ailleurs qu’à l’ombre des tours et des barres de béton armé. Claude Roy, Alain Le Fol, C’est le bouquet ! Gallimard, 1979, p.9.

10C’est à cette même époque que l’édition pour enfants s’intéresse au sujet et principalement certaines petites maisons d’édition. En 1963, Robert Delpire publie une histoire écrite par Claude Roy et mise en images par Alain Le Fol : C’est le bouquet ! Deux enfants, Claudelun et Claudelune, habitent au neuvième étage d’une tour d’un « Grand Ensemble de 2000 maisons avec un total de 200 000 appartements9 » situé tout près de Paris. La famille qui vivait jusque là dans des « coins-recoins-celliers-et-machin » au cœur de Paris, avait subi la crise du logement et était venue s’installer en banlieue dans des habitations imaginées par un Architecte malin :

L’Architecte, avec sa règle graduée, son équerre et sa bouteille d’encre de Chine, l’Architecte avait pensé à tout. Il avait prévu un vide-épluchures et vide-bouteilles, un vide-poussière et un vide-enfants. Mais il n’avait pas prévu les gens, et les gens s’ennuyaient dans tout ce ciment, ce verre, et ce vent, dans ces grands appartements tous pareils, qui ressemblaient à des cages à mouches empilées dans le ciel.

Roy, Cana, C’est le bouquet ! (1963), p. 10-11. © GallimardLa description qui est faite par Claude Roy d’un grand ensemble rejoint en tout point les griefs formulés contre ces grandes constructions grises : la tristesse, la monotonie, le fonctionnalisme poussé à l’excès. Les illustrations d’Alain Le Fol jouent sur l’opposition des constructions grises atoniques et de la « nature » multicolore. Cette opposition est développée tout au long de l’histoire, d’abord avec l’Oiseau Moqueur qui voit s’installer la famille, ensuite avec la croissance d’une plante semée accidentellement par l’un des deux enfants. Au début de l’histoire, la tour est perçue comme un supplice, une punition infligée aux enfants. L’Oiseau Moqueur se demande d’ailleurs : « Qu’est-ce qu’ils ont donc fait pour avoir mérité d’être enfermés dans ces cages-à-gens11 ? » Plus loin, lorsque la Mère veut calmer ses enfants qui semblent tourner en rond dans l’appartement, « elle les mettait dans le vide-enfants et ils allaient s’ennuyer sur le tas de sable à enfants à air conditionné ». À la fin, la fraxilumèle, cette plante aux couleurs merveilleuses, a dépassé les tours et envahi le Grand Ensemble. Elle est devenue l’aire de jeu la plus réjouissante dans laquelle enfants et adultes se retrouvent et s’amusent. On retrouvera cette même opposition entre la grisaille du béton et les couleurs liées au rêve et à l’enchantement dans un album de 1979 publié par le Père Castor, Fleur de béton de Michel Gansel et Monique Touvay. Dans cet ouvrage, trois jeunes garçons d’une cité HLM sortent de l’école et vont rendre visite à un de leur camarade malade et alité. Pour lui remonter le moral, ils lui confectionnent une grande fleur multicolore.Gansel, Touvay, Fleur de béton (1979), p. 4-5. © Père Castor/Flammarion

En 1968, Talus Taylor, un biologiste de San Francisco, rencontre à Paris une jeune architecte française, Annette Tison. Tous les deux imaginent sur une nappe de la brasserie Zeyer, place d’Alésia, un personnage hors norme, protéiforme, d’un rose très vif : Barbapapa. Ce dernier est né d’une graine et a pris naissance dans la Terre. Le premier album est publié en 1970 par la toute récente maison d’édition de l’École des loisirs. Deux ans plus tard, Barbapapa qui s’est construit une famille multicolore doit fuir une ville livrée à la démolition. Il est alors relogé dans de Grands Ensembles où il vit très mal l’entassement et l’ennui. La famille Barbapapa quitte alors la ville pour aller s’installer à la campagne.

Tison, Taylor, La Maison de Barbapapa (1972), p. 8-9. © Le Dragon d’or Ces trois ouvrages sont assez représentatifs du peu d’albums qui évoquent et représentent les grands ensembles entre 1960 et 1970. Le discours est toujours le même : éloigner les enfants de la « sarcellite » qui ne peut être qu’inéluctable dans ces grandes constructions que l’on s’emploie à représenter grises et tristes, sans joie et sans vie. Ce discours sera d’ailleurs maintenu bien après 1968. Cependant, à côté de cette production rare de quelques petits éditeurs et du silence des grandes maisons d’édition pour la jeunesse telles qu’Hachette, la série des « Nicole » a su attirer notre attention. Son discours sur les Grands Ensembles est à la fois très favorable et très engagé.

Sous le béton, la plage ! Nicole au quinzième étage est la première aventure d’une série de six éditée par La Farandole en 1969. Nicole et sa famille viennent d’emménager dans un appartement situé au quinzième étage d’une tour HLM. La jeune fille s’extasie, apprécie le confort et passe sa journée à la fenêtre à regarder la ville depuis le quinzième étage. Dans le deuxième album, Nicole et l’ascenseur (1971), c’est la diversité régnant dans cette tour de dix-huit étages qui est célébrée. Nicole dans le grand pré (1973) et Nicole et l’étoile de mer (1978) montrent qu’au cœur des Grands Ensembles existent des espaces verts de loisirs dans lesquels les enfants peuvent s’ébattre et s’épanouir au contact de la nature. Dans Nicole ne voit plus rien (1975), une panne d’électricité, aléa du modernisme, plonge la cité HLM dans le noir. Enfin Nicole et Djamila (1976) traite de la découverte de l’altérité au sein de ces grands ensembles qui ont accueilli une grande partie de la population immigrée venue offrir son travail en France depuis le milieu des années 1950. Ces six albums couvrent près de dix ans. La série se termine en 1978 et correspond, presque par hasard, avec la fin des politiques publiques des Grands Ensembles. Tous les albums en donnent une vision extrêmement positive. Aucune des illustrations ne montre de la grisaille, bien au contraire, tous les albums utilisent des couleurs très vives. L’illustratrice, Bernadette Després, n’a jamais recours au noir ou au gris pour dessiner les contours des Grands Ensembles mais au jaune d’or ou au bleu. La série toute entière, appartenant à la collection « Mille images » de la maison d’édition communiste La Farandole, est consacrée au bonheur de vivre dans les Grands Ensembles. On serait alors tenté de croire qu’il s’agit d’une prise de position politique éditoriale très marquée, rendant hommage à l’amélioration de la vie de la classe ouvrière. Cependant, il n’en est rien. D’autres ouvrages, publiés par La Farandole à la même époque que la série des Nicole, ont un discours très critique sur les Grands Ensembles.: Garonnaire, La Tour part en voyage (1974), couverture. © La Farandole

Prenons par exemple La Tour part en voyage de Jean Garonnaire en 1974. Les habitants d’une tour attristés par la vie au milieu de la cité HLM décident de desceller leur tour du sol pour l’emmener à la campagne, au milieu des bois et des prairies fleuries. Nous retrouvons ici encore une opposition ville/campagne, anthropisation/nature, qui semble être le courant dominant dans la littérature de jeunesse de l’époque qui veut bien s’intéresser à ce phénomène urbain. Il en va de même pour Grégoire et la grande cité (1979) de Jean-Pierre Serenne et Sylvia Maddonni où, dès la couverture, l’opposition cité HLM/champs fleuris est annoncé. : Serenne, Maddonni, Grégoire et la grande cité (1979), couverture. © La Farandole La ligne idéologique de La Farandole n’est donc pas fixée sur ce sujet à l’instar, d’ailleurs, de la ligne politique des membres du parti communiste français au sein duquel les avis sur la question des Grands Ensembles sont très partagés. Rappelons que L’Humanité fut l’un des premiers quotidiens à parler de « sarcellite » et que la jeunesse communiste de mai 1968 revendique davantage un urbaniste au service du peuple que le contraire. Il faut donc bien l’admettre, la série des « Nicole » est une œuvre originale dans le paysage de la littérature de jeunesse de cette époque et elle doit davantage son idéologie marquée pour les Grands Ensembles au militantisme de son auteure, Andrée Clair, qu’à celui de la maison d’édition ou du parti politique auquel elle se trouve rattachée. Hélène Bonnefond, « Les années "Lilenstein" de La Farandole », La Revue des livres pour enfants, n° (...) Ce à quoi semblent véritablement attachées Paulette Michel, l’épouse de Jean Jérôme, membre dirigeant du PCF, et Madeleine Gilard, les deux fondatrices de La Farandole en 1955, est une forme de « parler vrai » et de « montrer vrai ». Ceci peut se concevoir comme une véritable ligne éditoriale novatrice au milieu des années 1950. Hélène Bonnefond note que chez certains petits éditeurs comme La Farandole mais aussi Delpire, Harlin Quist ou l’École des Loisirs, « de plus en plus se développe l’idée que la jeunesse est un lectorat qui ne doit pas être restreint à des lectures angéliques, qu’il est capable de lire des histoires qui sont le reflet de la réalité sociale, culturelle, scientifique ou historique ». Sébastien Jolis, « Du logement au cadre de vie. Mobilisations associatives et vie sociale dans les (...)

22Comme le montre Sébastien Jolis14, au sein même du PCF, le regard sur les Grands Ensembles change au lendemain de mai 1968. La rupture est même consommée le 25 novembre de cette même année, après la journée nationale d’étude sur les équipements sociaux et culturels. En effet, si certains continuent à remettre en cause le financement par l’État de projets immobiliers collectifs, minimisant la place allouée aux équipements socio-culturels, d’autres, issus de la « Deuxième Gauche », qui s’étaient opposés au totalitarisme et au colonialisme, défendent une gestion partagée par les usagers des ZUP, une sorte de réappropriation des Grands Ensembles par la culture et les usagers eux-mêmes. C’est très sûrement avec la connaissance de cette faille au sein du PCF qu’il faut lier et comprendre le travail d’Andrée Clair dans la série des Nicole.

Andrée Clair, de son vrai nom Renée Jung, est née en 1916. Elle grandit dans la banlieue parisienne où son père est contrôleur des PTT et sa mère femme au foyer. Elle fait des études d’ethnologie à la Sorbonne puis part à Brazzaville où elle décroche un poste d’ethnologue assistante. Elle reste en Afrique pendant plusieurs années et y exerce plusieurs emplois liés à l’enseignement. Militante communiste, en 1949 elle est rapatriée d’office pour avoir contribué au développement du mouvement syndical africain. Elle retourne en Afrique après les indépendances et, de 1961 à 1974, elle devient conseillère culturelle du président Hamani Diori au Niger. Forcée de rentrer en France après le renversement de ce dernier, elle s’installe à Paris puis à Dreux où elle décèdera en 1982. Andrée Clair, « Pourquoi et pour qui j’écris ? », Enfance, tome 9, n°3, 1956, p.75.

Elle collabore avec les éditions de La Farandole depuis 1957. Elle écrit pour la jeunesse des romans et des albums qui ont très souvent pour toile de fond l’Afrique : Eau ficelée et ficelle de fumée (1957), Aminatou (1959), Dijé (1961), Les Découvertes d’Alkassoum (1964). Andrée Clair est une véritable militante engagée dans la vie sociale. En 1956, dans un numéro de la revue Enfance, elle écrit : « Pourquoi j’écris ? Pour remettre les choses en place. Autant que je le peux. Pour qui ? Pour les enfants, parce que... 15». Comme elle le dit elle-même, c’est la « rage » qui la pousse à écrire, celle de dénoncer le faux :

Ce n’est pas drôle d’avoir honte de la couleur de sa peau. Ce n’est pas drôle de découvrir que ce que vous avez toujours cru est faux. La rage déborda. Il fallait que je dise aux gens ce qu’était l’Afrique, l’enseignement, le racisme permanent, la vie de chaque jour. Il fallait dire la vérité. Cette vérité si difficile à trouver ici, pour qui n’a que de « bonnes » lectures. Comment le dire, sinon en écrivant ? Pour qui écrire, sinon pour des enfants ? J’avais été trompée. Je voulais détromper @ Le projet des « Nicole » naît de cette même rage d’expliquer aux enfants. Dans un entretien que j’ai pu avoir avec l’illustratrice, Bernadette Després m’a appris que le premier volume de la série, Nicole au quinzième étage, était une réaction à l’ouvrage de Claude Roy et Alain Le Fol, C’est le bouquet ! Pour Andrée Clair, il fallait donner une autre image des cités. Elle regardait C’est le bouquet ! comme une littérature bourgeoise adressée à des enfants qui ne connaissaient pas et ne connaîtraient sans doute jamais les Grands Ensembles.

« Je tiens à l’absolue exactitude de ce que j’écris [...] : géographie, ethnologie, milieu, ambiance17 », écrit encore Andrée Clair. Lorsqu’elle a l’idée du personnage de Nicole et de sa première aventure, La Farandole lui fait rencontrer une jeune illustratrice qui travaille pour la maison depuis quatre ans, Bernadette Després. Cette dernière a la même envie que son auteure : dessiner la vie des enfants au plus près de la réalité, ne pas chercher à leur mentir. Dès leur première rencontre en 1968, Andrée Clair entreprend de faire découvrir à Bernadette Després ces Grands Ensembles qu’elle devra dessiner, elle qui a grandi dans le VIIe arrondissement de Paris. Andrée Clair a une amie qui vit au quinzième étage d’une tour HLM dans le quartier de l’Argonne à Orléans. Elle y emmène Bernadette Després, lui fait voir la ville du haut de la tour. Bernadette Després prend tout en notes, fait des croquis de l’appartement. Andrée Clair supervise le travail de l’illustratrice de façon à être au plus proche de la réalité, s’accordant parfois la liberté de gommer les signes religieux comme la cathédrale d’Orléans qui est remplacée par un château fort. Andrée Clair, comme tous les auteurs de littérature pour enfants de La Farandole, fait partie du co (...)

Andrée Clair mise donc sur la sérialité ainsi que sur des histoires vraies18 de tous les jours pour accrocher ses jeunes lecteurs et faire passer un certain nombre de valeurs. Cette intentionnalité, elle l’exprimait déjà en 1956 :

Je suis contre la guerre (d’oppression, de conquête) et pour les résistants. Je suis contre le racisme, la bêtise, les mesquineries, la méchanceté. Je suis pour la beauté, la gaieté, l’amitié, la dignité, la lucidité. Pour la joie et l’enthousiasme. Pour ce qui est simple et sain, réel et humain. C’est dans ce sens que je veux entrainer mes lecteurs. Cette intentionnalité, quasi idéologique, est à la fois sociale et spatiale dans la mesure où elle est, dans le cas de la série « Nicole », liée à un lieu : les Grands Ensembles. Le travail d’illustratrice de Bernadette Després devient très important dès lors qu’il s’agit de créer un iconotexte dans lequel le récit textuel veut être en interdépendance avec le récit iconique.

Le Paradis des enfants Dans le discours iconotextuel de la série des « Nicole », trois arguments majeurs sont développés en faveur des Grands Ensembles : l’amélioration du niveau de vie des habitants, les bienfaits du vivre ensemble et une sorte d’égalité au droit à la ville. Ce sont ces trois arguments que nous souhaiterions développer ici à partir de quelques planches extraites de la série et qui nous semblent révélateurs du tournant que put représenter 1968. Clair, Després, Nicole au quinzième étage (1969), p.2-3. © La Farandole @ Andrée Clair, Bernadette Després, Nicole au quinzième étage, La Farandole, 1969, p.2.

30« J’habite au quinzième étage. Depuis une semaine, depuis le 4 décembre. Avant, nous habitions une pièce et une cuisine, au rez-de-chaussée, au fond d’une cour. C’était tout petit et on ne voyait jamais le soleil20 ». Ainsi commence Nicole au quinzième étage. Et dès la première double page, l’illustratrice joue sur les oppositions : l’enfermement et l’exiguïté des petites maisons entassées sur la page de gauche (p. 3) contrastent avec l’élévation et la prise d’espace sur la page de droite (p. 4). Le Grand Ensemble est une conquête spatiale et la petite famille de Nicole (son père, sa mère, sa grande sœur et son petit frère) vont dorénavant vivre à cinq dans un trois pièces-cuisine. Clair, Després, Nicole au quinzième étage (1969), p.4-5. © La Farandole

Cette conquête spatiale continue à la double-page suivante (p. 5-6). Sur la page de gauche, Nicole regarde le nouveau quartier à ses pieds desservi par une ligne de chemin de fer et une route à grande circulation. Sur la page de droite, une vue cavalière de l’appartement laisse deviner son agencement : « Notre appartement a trois pièces, une cuisine, une salle d’eau, un couloir, un séchoir, des placards. Quelle place !21 ». L’appartement est fonctionnel : les pièces de « long séjour » (chambres, salle de séjour, cuisine), donnant toutes sur l’extérieur, s’organisent autour de pièces dites de « court séjour », aveugles (buanderie, toilettes, salle de bain). Ce logement répond aux exigences du moment, telles qu’elles ont pu être définies dès la Reconstruction par des architectes comme Auguste Perret : confort (ensoleillement, chambres des enfants et des parents séparées), modernité (cuisine équipée, sanitaires, eau courante, électricité) et flexibilité (cloisons fines permettant un réaménagement de l’espace). Les tours sont équipées d’un indispensable ascenseur pour desservir les dix-huit étages. Cette couleur très visible sur les originaux se transforme en un orange vif sur les épreuves.

32« Nous avons notre chambre pour nous toutes seules. Nous avons chacun notre lit. Luc, le tout petit frère, dort dans la chambre de papa et maman. Le soir, nous dînons dans la salle de séjour. À midi, papa mange à la cantine de son usine. Luc se régale avec sa bouillie et son fruit, puis maman, Janine et moi, nous déjeunons dans la cuisine. Elle est claire. Dans toutes les pièces, il y a des grandes fenêtres. Quand il y a du soleil, il entre partout22. » À plusieurs reprises le texte insiste sur le gain de place, sur l’amélioration des conditions de vie apportées à une famille ouvrière. L’omniprésence du soleil se retrouve dans les images dans lesquelles Bernadette Després a eu abondamment recours à la couleur or23. Les traits de crayons donnent à ces couleurs un effet de scintillement.

Clair, Després, Nicole ne voit plus rien (1975), p.8-9. © La Farandole Andrée Clair, Bernadette Després, Nicole ne voit plus rien, La Farandole, 1975, p.6 Andrée Clair, op. cit., p.77.

Dans Nicole ne voit plus rien, l’aléa d’une panne d’électricité plonge la tour entière dans le noir. Le modernisme a ses limites ! « Mais... il n’y a plus de lumières nulle part. Oh !... c’est une panne d’électricité. Ce n’est que ça ! Maintenant qu’elle sait, Nicole n’a presque plus peur24. » Dans cette aventure, Nicole, restée seule à la maison, va devoir surmonter ses peurs en regardant par la fenêtre, en continuant à accomplir ses tâches. L’accident est appréhendé de manière optimiste et constitue pour Andrée Clair une véritable leçon de vie. « J’affirme que l’optimisme, la gaieté, l’entrain sont une forme de courage25 », déclare-t-elle en 1956. Les Grands Ensembles sont également pour Andrée Clair des espaces de mixité sociale où la diversité et la découverte de l’altérité sont bien réelles. L’exemple de Nicole et l’ascenseur en est un premier aperçu. Dans la tour où habite Nicole, les ascenseurs sont en panne. La mère de Nicole, qui revient du marché, doit monter les quinze étages à pied avec ses courses et son enfant en bas âge. Arrivée au dixième étage, les sacs se renversent et toutes les provisions tombent dans les escaliers. Cet accident devient une formidable occasion pour les habitants de la tour de venir en aide à la famille de Nicole. La majeure partie de l’histoire se déroule dans la cage d’escalier qui s’enroule autour des ascenseurs. De cette longue colonne vertébrale de la tour, Bernadette Després en fait un espace multigénérationnel, où les habitants se rencontrent et s’entraident. On sait combien la découverte de l’altérité est un aspect très cher à Andrée Clair. Les Grands Ensembles sont justement des lieux qui permettent la rencontre de l’Autre. C’est d’ailleurs tout le propos de l’album Nicole et Djamila, paru en 1976. Le père de Nicole arrive un soir à la maison avec une petite fille, Djamila. Son père a eu un accident du travail et sa mère est encore à la maternité. Djamila va donc passer quelques jours dans la famille de Nicole. Les deux fillettes qui semblent avoir le même âge vont partager la même chambre. cf. Yves Gastaut, « La flambée raciste de 1973 en France », Revue européenne des migrations interna (...) On ne peut éviter de replacer cet album dans son contexte historique. L’album est publié en 1976 au moment où la France connaît une flambée raciste et ce depuis la première crise économique de 1973. Face à la montée du chômage, l’État réglemente de manière plus drastique l’immigration en fermant les frontières26 et en multipliant les ordres de quitter le territoire national. Des affrontements racistes éclatent entre les partisans de l’Ordre Nouveau, favorable au retour des immigrés, et des partisans du PCF, à Paris et à Lyon. À Grasse et à Marseille, dans le courant de l’automne et de l’été 1973, des agressions racistes contre des Algériens font cinquante morts et près de trois cents blessés. Nous avons déjà évoqué précédemment le dégoût d’Andrée Clair pour le racisme et la bêtise humaine. Ce cinquième album de la série correspond encore à ce qu’écrivait Andrée Clair en 1956 : Andrée Clair, op. cit., p.76.

Ne pas insister sur les différences qui, si apparentes soient-elles, restent superficielles : peau, cheveux, forme des maisons ou art culinaire ; mais faire remarquer discrètement ce qui est semblable : causes de joie ou de tristesse, ennuis, soucis de chaque jour. Insister sur la richesse du cœur, de la pensée, de l’art. [...] Expliquer, toujours expliquer @ Clair, Després, Nicole et Djamila (1976), couverture. © La Farandole Dès la couverture, Bernadette Després montre davantage ce qui réunit les deux fillettes que ce qui pourrait les séparer : toutes les deux ont le sourire et jouent à la poupée dans la chambre de Nicole où de nombreux jouets sont éparpillés sur le sol. Rien dans l’image ne laisse entendre que la fillette aux cheveux longs est une petite Algérienne si ce n’est dans le titre. Le rapprochement entre les deux fillettes est doublé par le rapprochement de leurs deux poupées.: Clair, Després, Nicole et Djamila (1976), p.8 © La Farandole Andrée Clair, Bernadette Després, op. cit., 1976, p.9. Les différences de culture sont très discrètes. L’image panoramique des pages 8-9 représente une scène de table : le père de Djamila a été invité chez les parents de Nicole. Les convives partagent un plat unique qui ressemble à un hachis Parmentier. Dans un phylactère émanant du père de Djamila, Bernadette Després a dessiné un repas chez les parents de Djamila : « On n’a pas encore fêté la naissance de Karim. Samedi, nous invitons des amis. Ma femme voudrait que vous veniez. Moi aussi28. » Retour de bon procédé, les convives partagent un couscous. D’après Bernadette Després, Andrée Clair avait absolument tenu à ce que la famille algérienne soit assise sur des chaises et non par terre de façon à ce qu’on ne puisse pas se moquer d’eux. Pour terminer cette analyse de la série des « Nicole », un dernier aspect qui ne semble pas évident au premier coup d’œil le devient dès lors que l’on abandonne le point de vue contemporain et que l’on se replace dans le contexte de cette fin des années 1960. La série semble redéfinir la ville. Du haut de sa tour Nicole voit la ville se déployer, sortir de ses anciennes limites. La périphérie, les banlieues qu’elle habite s’étendent avec le développement des Grands Ensembles. Le phénomène peut parler à n’importe quel enfant dans la mesure où il est général à la France entière. Ces transformations fondamentales, ces transmutations de la ville industrielle en une forme tentaculaire, perceptibles dans les albums de la série, un philosophe les décrit, les analyse et s’en alerte en 1968, c’est Henri Lefebvre Henri Lefebvre, Le Droit à la ville, Anthropos, 1968 (2009), p. 8. Le Droit à la ville paraît en mars 1968. Dans cet ouvrage, Lefebvre décrit le processus « d’implosion-explosion » que subissent toutes les villes des grands pays industriels : « Les gens se déplacent vers des périphéries lointaines, résidentielles ou productives. Des bureaux remplacent les logements dans les centres urbains29. » Au terme de « ville », qu’il conserve pour parler des villes industrielles d’avant 1945, le philosophe préfère le terme de « tissu urbain » ou « d’urbain ». Cette réalité nouvelle affirme l’éclatement de la ville classique en périphéries industrielles, pavillonnaires ou faites de grands ensembles et le grignotement progressif de la campagne. Lefebvre alerte des dangers potentiels de cette urbanisation « capitaliste » qui subordonne la campagne à l’urbain, qui empêche l’appropriation par ses habitants, qui créé des îlots de pauvreté à la marge et qui renforce une centralité soumise à l’argent. Pour Lefebvre, les habitants des quartiers périphériques, dénués selon lui d’urbanité, se verraient spolier leur « droit à la ville ». Est-ce l’impression qui se dégage des planches de la série des Nicole ? Non. Nicole et le grand pré (1973), Nicole et l’étoile de mer (1978).Sébastien Jolis, op. cit., p. 42. On pourrait dire, bien au contraire, qu’à travers les différentes aventures de Nicole dans sa cité HLM, Andrée Clair revendique un « droit à la ville pour tous ». La famille de Nicole, en occupant un humble deux pièces au fond d’une cour dans le centre-ville, se trouvait finalement à la marge de la ville, ne pouvant profiter d’aucune des innovations offertes par la modernisation. Habiter les Grands Ensembles a permis à cette famille d’y avoir accès et, en même temps, de jouir des services de la ville. La cité HLM, située en périphérie, n’est pas déconnectée du centre-ville : les moyens de transport (lignes de bus, chemin de fer) sont régulièrement représentés dans les histoires. Le lien avec la « nature » est toujours maintenu. Dans deux des albums de la série30, Nicole passe ses loisirs dans un « centre aéré » situé à proximité de chez elle : le Grand Pré. Pour ce centre aéré, Andrée Clair s’est inspirée du centre aéré de la ville de Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), Les Grands Arbres. Ce centre a été créé en 1964, en bord de Loire, à quelques mètres de Grands Ensembles, et continue à recevoir les enfants de la ville sous des tentes plantées au milieu d’une prairie ombragée. Il constitue un élément, voire une infrastructure paysagère, sur lequel les partisans de la « Deuxième Gauche » vont s’appuyer pour modifier le regard porté au Grands Ensembles après 1968. En mobilisant l’attention sur le cadre de vie, ils défendent « une amélioration de leur condition d’habitat, en rejetant l’idée d’un divorce entre les habitants et leur habitat en grand ensemble31 ». Clair, Després, Nicole et Djamila (1976), p.3. (détail) © La Farandol Enfin, à de nombreuses occasions, Bernadette Després représente la vue depuis la fenêtre de la cuisine ou de la chambre de Nicole : il s’agit du centre-ville, de son château et de ses vieilles maisons, de sa gare et de ses usines. Cette vue est, au même titre que les quelques images accrochées au mur et qui représentent la montagne ou la campagne, un tableau. Cette vue de la ville quasi-omniprésente dans les albums est la manifestation d’une sorte d’appropriation de la ville. À la différence des images encadrées, le centre-ville lui est bien réel, aisément accessible, à portée d’œil et de main La cité HLM n’est pas un espace sans vie, sans âme. Elle est, sous la plume d’Andrée Clair et les pinceaux de Bernadette Després une émanation de la ville, une partie parfaitement connectée au reste du tissu urbain. Elle est le lieu qui donne aux classes populaires « droit à la ville ». Voilà en quelques mots l’intentionnalité socio-spatiale qui est présente à travers les six volumes de la série des Nicole. Cette intentionnalité, on l’a vu, n’est pas éditoriale mais est propre à une auteure engagée et militante, défendant le réalisme au nom d’un certain nombre de valeurs telles que la tolérance, le droit au bonheur, l’amélioration du niveau de vie pour tous Peu d’ouvrages pour enfants se sont intéressés au phénomène des Grands Ensembles et quand ce fut le cas, ce fut presque tout le temps pour les dénigrer et en présenter les dangers. La série des Nicole apparaît alors comme une exception, une originalité, qui entend s’adresser aux enfants et, à travers eux, aux adultes qu’ils deviendront. Pour Andrée Clair, écrire pour les enfants c’est les aider à grandir.

Andrée Clair, op. cit., p.76. En parlant de Moudaïna ou Deux enfants au cœur de l’Afrique (1952), Andrée Clair écrivait : « Il reste toujours quelque chose des livres d’enfants que l’on a aimés. Les lecteurs de ce livre ne pensent peut-être plus aux enfants noirs comme ils y penseraient s’ils ne l’avaient pas lu. C’est un point de gagné contre le racisme et contre la bêtise. Car jamais deux monstruosités n’ont été si bien ensemble que ces deux-là32 » Marie-Claude Monchaux, Écrits Pour nuire, Paris, UNI, 1985, p. 12 Ibid., p. 54.

47La série des « Nicole » entendait « parler vrai » aux enfants. Ce « parler vrai », ce « montrer vrai » de la société et de ce qui entoure l’enfant a pu passer, aux yeux de certains critiques conservateurs, pour de la littérature de jeunesse subversive. En 1985, par exemple, Marie-Claude Monchaux, dans Écrits pour nuire, mène une campagne à charge contre ce « volontaire pourrissement qu’on constate dans les livres pour enfants depuis 196833 ». Ce qu’elle reproche à ces éditeurs comme La Farandole c’est de priver les enfants du « droit sacré du rêve34 » p. 54.

Je demande pour eux des îles, et des amours enfantines qui s’épanouissent avec les couleurs de la vie la plus belle, car ils ont le droit de l’espérer autrement que par le truchement d’un droit syndical. […] Mais non, on lui coupe dès huit ans sous le pied l’herbe naissante ! La vie, mon petit, c’est ce petit HLM, ces petits sentiments, ces petits frôlements de peau à peau, ces petits amours dont on change, cet air mesuré et qui empeste les frites, ces mamans qui pour l’instant n’ont pas de petit ami, ces petits couplets sur le droit de grève @ Un débat idéologique post-68 est ici manifestement présent. Pour Andrée Clair, en revanche, il n’y a absolument pas d’aliénation du droit au rêve. Seulement, elle affirme que le rêve peut prendre sa place au milieu du béton et des tours où règnent diversité, altérité et mixité.

 

www.dailymotion.com/video/xw6lak?playlist=x34ije -Rue neuve 1956 la reconstruction de la France dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, villes, villages, grands ensembles réalisation : Jack Pinoteau , Panorama de la reconstruction de la France dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, ce film de commande évoque les villes et villages français détruits puis reconstruits dans un style respectant la tradition : Saint-Malo, Gien, Thionville, Ammerschwihr, etc. ainsi que la reconstruction en rupture avec l'architecture traditionnelle à Châtenay-Malabry, Arles, Saint Étienne, Évreux, Chambéry, Villeneuve-Saint-Georges, Abbeville, Le Havre, Marseille, Boulogne-sur-Mer, Dunkerque. Le documentaire explique par exemple la manière dont a été réalisée la reconstruction de Saint-Malo à l'intérieur des rempart de la vieille ville : "c'est la fidélité à l'histoire et la force du souvenir qui a guidé l'architecte". Dans le même esprit à Gien, au trois quart détruite en 1940, seul le château construit en 1494 pour Anne de Beaujeu, fille aînée de Louis XI, fut épargné par les bombardements. La ville fut reconstruite dans le style des rares immeubles restant. Gien est relevé de ses ruines et le nouvel ensemble harmonieux est appelé « Joyau de la Reconstruction française ».

 

Dans un deuxième temps est abordé le chapitre de la construction des cités et des grands ensembles, de l’architecture du renouveau qualifiée de "grandiose incontestablement". S’il est précisé "on peut aimer ou de ne pas aimer ce style", l’emporte au final l’argument suivant : les grands ensembles, c'est la campagne à la ville, un urbanisme plus aéré, plus vert." les films caravelles 1956, Réalisateur : Jack Pinoteau (connu pour être le metteur en scène du film Le Triporteur 1957 qui fit découvrir Darry Cowl)

 

www.dailymotion.com/video/xuz3o8?playlist=x34ije ,

 

Film d'archive actualités de 1952 Reconstruction de la France sept ans après la fin de la seconde guerre mondiale état des lieux de la crise du logement , Actualités de 1952.

 

Sept ans après la fin de la seconde guerre Mondiale état des lieux de la reconstruction de la France et de la crise du logement à l’œuvre, pénurie de logement, logements insalubres. Les actualités montrent des images d'archives de la destruction de la France, les Chars de la division Leclerc qui défilent sur les Champs Elysees. Le commentaire dénonce la lenteur de la reconstruction et notamment des manifestations qui ont eu lieue à Royan afin d''accélérer la reconstruction de la ville détruite.

 

Le film montre à Strasbourg, Mulhouse, des réalisation moderne de grands ensembles et des images d'archive de la reconstruction du Havre de Saint Nazaire.

 

Le film se termine à Marseille sur les réalisation nouvelles autour du vieux port puis on assiste à l'inauguration de la Cité Radieuse par le ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme Eugène Claudius-Petit en présence de son architecte Le Corbusier à qui le ministre remet la cravate de commandeur de la légion d'honneur. www.dailymotion.com/video/xk1g5j?playlist=x34ije Brigitte Gros - Urbanisme - Filmer les grands ensembles 2016 - par Camille Canteux chercheuse au CHS -Centre d'Histoire Sociale - Jeanne Menjoulet - Ce film du CHS daté de 2014 www.youtube.com/watch?v=VDUBwVPNh0s … L'UNION SOCIALE POUR L'HABITAT le Musée des H.L.M. musee-hlm.fr/ / - www.union-habitat.org/ / - www.institutfrancais.com/sites/default/files/dp_expositio... archives-histoire.centraliens.net/pdfs/revues/rev625.pdf tel.archives-ouvertes.fr/tel-00554230/document

صمت دولي رهيب إزاء إبادة مسلمي بورما

 

يتعرض المسلمون في إقليم أراكان المسلم في بورما للقتل والتشريد والاضطهاد، بالإضافة إلى تهجيرهم وتدمير منازلهم وممتلكاتهم ومساجدهم، على يد الجماعة البوذية الدينية المتطرفة.

 

وتقف الحكومة البوذية موقف المتفرج من المذابح البشعة التى تتصاعد يومًا تلو الآخر تجاه الأقليات المسلمة فى البلاد، حيث لا يمكن إحصاء عدد القتلى في الهجمات التى تعتبر الأشد فى تاريخ استهداف المسلمين فى بورما.

 

وتعيد المجازر الحالية التي يتعرَّض لها مسلمو أراكان الأذهان إلى العام 1942، عندما قام البوذيون بمذبحة كبرى ضد مسلمي "أراكان" استشهد فيها أكثر من مائة ألف مسلم، فيما سبق أن جرَى تهجير نحو 1.5 مليون مسلم من أراضيهم بين عامي 1962 و1991 إلى بنجلاديش. ولم يقف الأمر عند حدّ التصفية الجسديّة والتطهير العرقي، ولكن تجاوزه إلى الإقصاء السياسي، فعندما جرت الانتخابات، تَمَّ منح 43 مقعدًا للبوذيين و3 مقاعد للمسلمين، فيما لم تعترف السلطات في بورما- التى يحكمها الجيش- بعرقيّة سكان أراكان المسلمة رغم المطالبات الدوليّة المستمرّة.

 

ومن أشكال التطهير العرقي أيضًا ضد مسلمي أراكان، والتي ظهرت أخيرًا، عندما أعلنت الحكومة البورميّة مطلع شهر يونيو الفائت أنَّها ستمنح بطاقة المواطنة للعرقية الروهنجيّة المسلمة مِمَّا أغضب كثيرًا من البوذيين بسبب هذا الإعلان؛ لأنَّهم يدركون أنه سيؤثر في حجم انتشار الإسلام في المنطقة، فخطَّطوا لإحداث الفوضى، وهاجم البوذيون حافلةً تقلّ عشرة علماء مسلمين كانوا عائدين من أداء العمرة، وشارك فى تلك المذبحة أكثر من 450 بوذيًّا، تَمَّ ربط العلماء العشر من أيديهم وأرجلهم وانهال عليهم البوذيون ضربًا بالعصي حتَّى استشهدوا، وبرّرت السلطات هذا العمل القمعي للبوذيين "الذين قاموا بتلك الأفعال بأنَّه انتقام لشرفهم بعد أن قام شاب مسلم باغتصاب فتاة بوذيّة وقتلها".

 

ولم تكتف الحكومة بهذا التبرير، ولكنَّها قامت بتوقيف أربعة مسلمين بحجة الاشتباه فى تورُّطهم في قضية الفتاة، فيما تركت نحو 450 قاتلاً بدون عقاب. وعلاوةً على هذا كله، وفي إحدى صلوات الجمعة، وعقب الصلاة أحاط الجيش بالمساجد تحسبًا لخروج مظاهرات بعد الصلاة، وقام بمنع المسلمين من الخروج دفعةً واحدةً، وفي تلك اللحظة وأثناء خروج المسلمين من الصلاة ألقَى البوذيون الحجارة عليهم واندلعت اشتباكات قويَّة، ففرض الجيش حظر التجول على المسلمين، وترك البوذيين يعيثون في الأرض فسادًا، ويهاجمون الأحياء المسلمة بالسيوف والعصي والسكاكين، ويحرّقون المنازل ويقتلون من فيها أمام أعين قوات الأمن وأمام صمت العالم.

 

والواقع فإنَّ هناك أكثر من 10 ملايين مسلم فى أراكان يتعرَّضون لعمليّة إبادة ممنهجة، إذ يتمّ اغتصاب نسائهم وقتل أطفالهم، وتعريضهم للتشريد والاضطهاد، بالإضافة إلى تهجيرهم وتدمير منازل أسرهم وممتلكاتهم ومساجدهم، وتقوم بهذا كله، وتشرف عليه جماعة بوذيّة دينيّة متطرفة تدعى "الماغ"، في الوقت الذي تقف المحكمة البوذيّة موقف المتفرِّج من المذابح البشعة التي تتصاعد يومًا بعد الآخر تجاه الأقليات المسلمة في البلاد، والتي لم يتحركْ لها العالم الذي يدَّعي المدنيّة والحضارة والدفاع عن الأقليات، ولكنهم الأقليات التي يقصرها الغرب فقط على النصارَى فقط، دون أن يمتدَّ ذلك بحال إلى الأقليات المسلمة الأخرى في دول العالم.

 

ويعرف أن دولة بورما "ميانمار حاليًا" تقع في الجنوب الشرقي لقارة آسيا، ويحدّها من الشمال الصين والهند، ومن الجنوب خليج البنغال وتايلاند، ومن الشرق الصين ولاووس وتايلاند، ومن الغرب خليج البنغال والهند وبنجلاديش، ويقع إقليم أراكان في الجنوب الغربي لبورما على ساحل خليج البنغال والشريط الحدودي مع بنجلاديش.

 

ويبلغ عدد سكان بورما أكثر من 50 مليون نسمة، فيما يمثّل نسبة المسلمين نحو 15% من مجموع السكان نصفهم في إقليم أراكان- ذي الأغلبية المسلمة- حيث تصل نسبة المسلمين فيه إلى أكثر من 70% والباقون من البوذيين الماغ وطوائف أخرى.

 

ويذكر المؤرخون أنَّ الإسلام وصل إلى أراكان في عهد "الخليفة العباسي" هارون الرشيد في القرن السابع الميلادي عن طريق تجار العرب، حتى أصبحت دولة مستقلة حكمها 48 ملكًا مسلمًا على التوالي، وذلك لأكثر من ثلاثة قرون ونصف القرن، أي ما بين عامي 1430م– 1784.

  

Les musulmans de Birmanie, notamment ceux de l’état d’Arakane, subissent un sort des plus tragiques. Non seulement ils sont massacrés et chassés en masse, mais leurs maisons, leurs biens et leurs mosquées sont démolis par les bouddhistes extrémistes.

 

Le gouvernement birman s’abstient de toute réaction vis-à-vis des tueries qui se multiplient de jour en jour et dont le nombre de victimes est sans précédent dans l’histoire des musulmans en Birmanie.

 

Le génocide actuel rappelle celui de 1942, lorsque les bouddhistes ont éliminé plus de cent mille musulmans, avant d’en chasser 1 500 000 autres de leurs terres, entre 1962 et 1991, vers le Bangladesh. De plus, ils n’ont cessé de faire l’objet d’une exclusion politique implacable : après les élections, on leur accorda 3 sièges, contre 43 pour les bouddhistes, ceci alors que la junte militaire, qui mène le pays d’une main de fer, ne leur a jamais reconnu, le statut de communauté ethnique, malgré les appels réitérés de la communauté internationale.

 

Dernièrement, le gouvernement birman a annoncé qu’il allait accorder la carte de citoyenneté à l’ethnie Rohingya musulmane, déclenchant ainsi la colère d’un grand nombre de bouddhistes qui craignent qu’une telle mesure favorise l’expansion de l’Islam dans le pays. Ils ont donc commencé à planifier pour semer l’anarchie et un autocar transportant dix savants musulmans, de retour du petit pèlerinage, a été attaqué et ses passagers battus à mort par 450 agresseurs. Les autorités ont justifié cet acte barbare par la volonté des agresseurs de « venger l’honneur d’une jeune bouddhiste qui avait été violée et tuée par un jeune musulman ».Pire encore, les autorités ont arrêté quatre autres musulmans, suspectés de complicité dans l’affaire, tout en acquittant les assassins de leur crime.

 

Dans le même contexte, et pour prévenir d’éventuelles manifestations, l’armée birmane encercla, vendredi, les mosquées. Lorsque les fidèles sortirent, les bouddhistes ont commencé à leur envoyer des rafales de pierres et des affrontements violents se sont déclenchés. L’armée a alors imposé le couvre-feu aux musulmans ,tout en fermant les yeux sur les bouddhistes qui ont attaqué en masse les quartiers musulmans, brûlant, démolissant et assassinant à tour de bras.

 

En fait, il y a plus de 10 millions de musulmans en Birmanie, située actuellement en Asie du sud-est, aux frontières au nord de la Chine et de l’Inde, au sud, du Golfe de Bengale et de la Thaïlande, à l’est, de la Chine,du Laos et de la Thaïlande et à l’ouest, du Golfe de Bengale,de l’Inde et du Bangladesh.L’état d’Arakane se trouve, quant à lui, au sud-ouest de la Birmanie sur le Golfe de Bengale et la bande frontalière du Bangladesh.

 

La population de la Birmanie atteint plus de 50 millions, dont 15% de musulmans –la moitié installée en Arakane,à majorité musulmane. L’Islam s’est propagé en Arakane pendant le règne du Roi abbasside Haroun El Rachid, au VIIe siècle, par les marchands arabes, puis la région est devenue un état indépendant qui fut gouverné par 48 roi musulmans entre 1430 et 1784.

 

Les musulmans subissent depuis plusieurs décennies les pires des exactions commises par une secte bouddhiste extrémiste appelée Mag, sous l’œil complice des autorités. Les organismes internationaux se contentant de protester légèrement, alors que leurs réactions vis-à-vis des minorités chrétiennes dans le monde sont très vives et fort influentes.

Mémoire2cité - A l'état initiale MONTREYNAUD devait etre Gigantesque , le projet complet ne çe fera pas ^^ c'etait la même chose pour Bergson du gigantisme à tout va , le saviez vous? moi oui ;) La tour plein ciel à Montreynaud va être détruite jeudi. Les habitants de Montreynaud parlent de leur quartier et de cette destruction entre nostalgie et soulagement içi en video www.dailymotion.com/video/xmiwfk

À partir de l’analyse de la trajectoire des perceptions de la tour Plein-Ciel à Saint-Étienne, Rachid Kaddour montre que certaines tours de grands ensembles peuvent faire l’objet d’un système de représentations plus complexes que celui, dévalorisant, présenté dans les discours de légitimation de la rénovation urbaine. L’image de la tour est en France encore fortement attachée à celle du logement populaire, du fait notamment de la présence de ce type d’édifice dans les grands ensembles. Or, si l’on parle des tours d’habitat populaire depuis 2003, c’est essentiellement à propos des démolitions : l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) incite les bailleurs à détruire prioritairement dans les zones urbaines sensibles les immeubles les plus imposants, dont les tours les plus hautes. Mais l’image négative du « problème des banlieues » et de ses dysfonctionnements est-elle la seule associée aux tours d’habitat populaire ? Ne tend-elle pas à laisser dans l’ombre d’autres représentations attachées à ces édifices ?

Une réflexion sur la tour Plein-Ciel à Saint-Étienne est, sur ces points, riche d’enseignements. Tenant une place prépondérante dans le paysage stéphanois, emblématique de l’image des grands ensembles, cette tour édifiée en 1972 est démolie en 2011. La constitution et l’analyse d’un corpus d’une dizaine d’images promotionnelles et artistiques (films, photographies de communication) la mettant en scène permet d’en établir une chronique. Cette dernière met en évidence un système de représentations complexe : tout au long de ses quarante ans d’histoire, l’édifice est en effet perçu comme symbole de modernité, emblème de grand ensemble en difficulté et monument dans le paysage stéphanois. Ces deux dernières représentations, l’une stigmatisée, l’autre valorisée, coexistent même lors des dernières années de la vie de l’édifice. Dans toutes ces représentations différenciées et concurrentes, la verticalité de l’édifice tient un rôle essentiel.

 

Acte 1 : la tour Plein-Ciel, symbole de modernité

 

L’image la plus ancienne identifiée date de 1970. Il s’agit d’un cliché de la maquette de la zone à urbaniser en priorité (ZUP) de Montreynaud, pris sur le stand de l’exposition « Saint-Étienne demain » de la Foire économique. Cette exposition vante les grandes opérations d’urbanisme en cours dans la ville, et vise à montrer « les transformations de la cité et son nouveau visage », afin de rompre avec la « légende de ville noire, industrielle et fixée dans le XIXe siècle » [1]. L’exposition fait partie d’une communication orchestrée par le maire Michel Durafour (1964‑1977). À partir de 1973, les reportages photographiques ou les films [2] mettent à l’honneur Montreynaud (jusqu’à 4 400 logements prévus) et en particulier sa tour Plein-Ciel (par l’architecte Raymond Martin), avec sa verticalité (18 niveaux), le château d’eau qui la coiffe et sa situation en rupture avec la ville ancienne. À Saint-Étienne comme ailleurs, les raisons de la réalisation de constructions si modernes durant les Trente Glorieuses relèvent en partie de la réponse donnée à la crise du logement et de la réorganisation industrielle du pays (fixation de la main-d’œuvre, industrialisation du BTP). Mais il faut aussi y voir la traduction physique d’un projet sociopolitique moderne porté par un État centralisateur et des pouvoirs publics puissants (Tomas et al. 2003 ; Dufaux et Fourcaut 2004 ; Veschambre 2011). Le pays est alors dans une période où les aspirations et idéologies portent vers la construction d’une nouvelle ère urbaine, avec ses ambitions (le bien-être, l’hygiène…), et en rupture avec les difficultés d’alors (le taudis, la maladie, l’individualisme…). Le logement, jusqu’ici inconfortable et insuffisant, devient l’un des axes majeurs d’intervention : plus de huit millions d’unités sont construites durant la période.

 

La forme de ces logements se doit d’être aussi moderne que le projet. De grands noms et une nouvelle génération d’architectes sont mobilisés. Ceux-ci dessinent des formes géométriques épurées et, dans les opérations importantes, les évolutions techniques leur permettent de multiplier les signaux que sont les longues barres ou hautes tours autour desquelles se structurent les autres immeubles.

 

Saint-Étienne, ville industrielle durement frappée par la crise du logement, est exemplaire du mouvement. Les grands ensembles s’y multiplient. Implantés sur des sommets de collines aux entrées de la ville, ils doivent signifier le renouveau. Montreynaud, « nouvelle petite ville à part entière » [3], joue de ce point de vue un rôle clé. Sa tour, en sommet de colline et dont le château d’eau est illuminé la nuit, en est l’emblème, un « symbole de la modernité » [4]. La tour doit son nom au fait de proposer « des appartements en plein-ciel » [5], et l’on peut voir dans cette dénomination une valorisation de la verticalité, à la fois comme source d’oxygène et de lumière, mais aussi comme signal urbain.

Acte 2 : la tour Plein-Ciel, symbole d’un grand ensemble en difficulté

Si l’on classe chronologiquement le corpus d’images identifiées, la tour Plein-Ciel ressurgit significativement dans les champs de la communication institutionnelle et des arts au tournant des années 2000‑2010. Dans la littérature, l’intrigue de la saga Les Sauvages de Sabri Louatah débute à Saint-Étienne, et la tour Plein-Ciel en est un cadre important :

« La tour Plein-Ciel se dressait avec une majesté sinistre au sommet de la colline de Montreynaud […]. À l’aube du XXIe siècle, sa démolition avait été plébiscitée par les riverains […]. La célèbre tour au bol était visible depuis la gare en arrivant de Lyon, et beaucoup de Stéphanois la considéraient […] comme le point doublement culminant de la ville : du haut de ses soixante-quatre mètres qui dominaient les six autres collines mais aussi en tant qu’emblème, d’un désastre urbain éclatant et d’une ville résignée à la désindustrialisation » (Louatah 2011, p. 89).

Cette description exprime bien la situation dans laquelle la tour se trouve à la rédaction du roman : en attente de démolition. En 2011, les photographies de Pierre Grasset (voir un exemple ci-dessous), missionné par la ville, montrent l’édifice moribond. Comment la tour Plein-Ciel a-t-elle pu passer de symbole de modernité à « emblème d’un désastre urbain » condamné à la démolition ? Tout d’abord, une partie des équipements de la ZUP et la moitié seulement des logements sont réalisés, du fait de prévisions démographiques non atteintes (Vant 1981 ; Tomas et al. 2003). L’inachèvement accentue les désagréments de la situation à six kilomètres du centre, derrière des infrastructures lourdes. Ensuite, tout au long des années 1980 et 1990, la population de Montreynaud se paupérise (départ des plus aisés vers la propriété, montée du chômage) et « s’ethnicise », avec pour effet, suivant des mécanismes analysés ailleurs (Tissot 2003 ; Masclet 2005), que le regard porté sur elle change : dans les discours politiques et la presse, Montreynaud acquiert l’image d’un quartier dangereux. Dès lors, le quartier entre dans les réhabilitations puis la rénovation [6], mais sans effet important sur la vacance, la pauvreté, l’échec scolaire, la délinquance ou les discriminations. Pour de nombreux Stéphanois, il devient un « là‑haut » [7] relégué.

La tour devient le symptôme visible de cette dégradation. Des rumeurs se diffusent dès les années 1970 sur sa stabilité et l’isolation du château d’eau [8]. Dix ans après sa livraison, seuls 50 des 90 appartements sont vendus. Cette vacance conduit à l’aménagement d’un « foyer de logements » pour personnes dépendantes psychiatriques qui accentue l’image d’un quartier de relégation. La gestion difficile du foyer et les problèmes financiers d’une partie des propriétaires amènent à classer la copropriété comme « fragile » en 2002. Une étude indique que la démolition « aurait un impact positif sur la requalification du parc de logements du quartier et permettrait également de promouvoir un changement d’image du site » [9]. Le dernier habitant est relogé fin 2008.

Acte 3 : la tour Plein-Ciel, monument symbole de Saint-Étienne

D’autres images du corpus indiquent toutefois que, à partir des années 2000, l’image stigmatisée de la tour Plein-Ciel comme emblème d’un grand ensemble en difficulté entre en tension avec une autre image plus valorisante d’édifice symbole de Saint-Étienne. En en faisant l’un des théâtres stéphanois de sa saga, Sabri Louatah reconnaît à la tour Plein-Ciel une place particulière dans la ville. Cette représentation se retrouve, de manière beaucoup plus consciente et militante, dans d’autres productions artistiques durant les années 2000. La tour est notamment représentée sur les affiches du festival Gaga Jazz. Si le festival se veut d’ampleur régionale, son nom montre un ancrage stéphanois – le « gaga » désigne le parler local. Le choix d’identité visuelle va dans le même sens : il s’agit « d’utiliser l’image d’un bâtiment symbole à Saint-Étienne » [10]. Pour les graphistes, la tour s’impose, parce qu’elle est « un monument connu de tous les Stéphanois ». Un monument qui a les honneurs d’une carte postale en 1987 [11], et qui, comme il se doit, est abondamment photographié. Jacques Prud’homme, par exemple, la montre sur plusieurs sténopés visibles sur son blog [12]. Pour lui aussi, la tour est l’un des « symboles de Saint-Étienne ». Pourquoi la tour Plein-Ciel a-t-elle pu être ainsi considérée comme « un monument ancré dans le paysage stéphanois » [13] ? La combinaison peut-être unique en France d’une tour d’habitation à un château d’eau en fait un édifice singulier. Couplée avec son implantation en sommet de colline, cette singularité fait de la tour un point de repère important pour les Stéphanois, mais aussi pour les nombreux supporters de l’AS Saint-Étienne qui se rendent au stade, dont elle est voisine. D’ailleurs, la tour est utilisée comme édifice emblème de la ville sur au moins un autocollant et un tifo de supporters, aux côtés des symboles miniers (chevalement, « crassiers ») et du stade Geoffroy-Guichard.

Cette représentation faisant de la tour un « monument » aurait pu sauver l’édifice, suivant un mécanisme, classique dans l’histoire du patrimoine, de défense devant une menace de démolition. De nombreux Stéphanois réagissent, et, pour l’association Gaga Jazz, « les affiches et flyers invitant les Stéphanois aux concerts de jazz font aussi office d’actes de revendication pour la conservation ». La nouvelle équipe municipale socialiste de Maurice Vincent, élue en 2008, reconnaît que la tour « représente un symbole » [14]. Elle soumet en 2010 au vote des habitants de Montreynaud deux possibilités : développer la valeur et la fonction de repère de la tour en la transformant en « symbole artistique de la ville de Saint-Étienne » [15] via l’intervention d’un plasticien, ou bien la démolir et aménager un parc : 71 % des votants se prononcent pour la démolition, soit 230 personnes sur les 318 votants. Les défenseurs de la conservation expriment un double regret : l’ouverture du vote aux seuls habitants de Montreynaud, et la très faible mobilisation de ces derniers.

La démolition de la tour a lieu le 24 novembre 2011. Son foudroyage la met une dernière fois sous les projecteurs des nombreux appareils audiovisuels présents. Les images produites s’ajoutent à celles existantes, et constituent autant de traces d’un immeuble dont il n’en reste plus aucune sur le terrain.

Cette fin dramatique donne à cette chronique des allures de représentation théâtrale, en trois actes : naissance puis mort de l’édifice, avec un ultime soubresaut sous la forme d’une tentative vaine de sauvetage au nom du patrimoine. C’est une troisième définition du terme de représentation qui est mobilisée dans cette conclusion. Ce sont en effet des représentations, en images et en mots, qui ont permis de constituer cette chronique de la tour. Cette dernière révèle que trois représentations mentales sont associées à l’édifice et à sa verticalité : pour la puissance publique ayant commandé sa réalisation et pour les premiers résidents, la tour est un symbole de modernité ; pour une partie des Stéphanois, mais aussi pour les acteurs ayant décidé sa démolition, elle est l’emblème d’un grand ensemble stigmatisé ; et enfin, pour d’autres Stéphanois, habitants de Montreynaud ou artistes entre autres, la tour est un objet phare et patrimonial dans le paysage de Saint-Étienne.

Aux côtés, par exemple, de la Tour panoramique à la Duchère (à Lyon), qui a été profondément rénovée, cette mise en évidence de la trajectoire des perceptions de la tour Plein-Ciel permet d’expliciter que la verticalité dont nos villes ont hérité, tout du moins celle présente dans les grands ensembles, fait l’objet d’un système de représentations complexe et en tout cas plus varié que celui présenté dans les discours de légitimation de la rénovation urbaine.

Bibliographie Dufaux, F. et Fourcaut A. (dir.). 2004. Le Monde des grands ensembles, Paris : Créaphis.

Louatah, S. 2011. Les Sauvages, tome 1, Paris : Flammarion–Versilio. Masclet, O. 2005. « Du “bastion” au “ghetto”, le communisme municipal en butte à l’immigration », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 159, p. 10‑25.

Tissot, S. 2003. « De l’emblème au “problème”, histoire des grands ensembles dans une ville communiste », Les Annales de la recherche urbaines, n° 93, p. 123‑129.

Tomas, F., Blanc, J.-N. et Bonilla, M. 2003. Les Grands Ensembles, une histoire qui continue, Saint-Étienne : Publications de l’université de Saint-Étienne.

Vant, A. 1981. Imagerie et urbanisation, recherches sur l’exemple stéphanois, Saint-Étienne : Centre d’études foréziennes. Veschambre, V. 2011. « La rénovation urbaine dans les grands ensembles : de la monumentalité à la banalité ? », in Iosa, I. et Gravari-Barbas, M. (dir.), Monumentalité(s) urbaine(s) aux XIXe et XXe siècles. Sens, formes et enjeux urbains, Paris : L’Harmattan, p. 193‑206.

Notes [1] Extraits tirés du film Saint-Étienne, on en parle (Atlantic Film, 1970) associé à l’exposition. [2] Dont Les grands travaux à Saint-Étienne, ville de Saint-Étienne, 1974.[3] Brochure publicitaire Montreynaud, Saint-Étienne, résidence les Hellènes, non daté. [4] Propos tenus par un habitant installé dès l’époque. [5] Brochure publicitaire Des appartements en plein-ciel. La tour de Montreynaud, non daté. [6] Avec, dans un premier temps, le grand projet de ville (GPV) en 2001, puis la convention avec l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) en 2005. [7] Expression régulièrement entendue lors des entretiens. 8] « Le château d’eau : mille m³ qui ne fuiront pas », La Tribune, 17 novembre 1978, p. 14. [9] Lettre d’information aux habitants de Montreynaud, ville de Saint-Étienne, mai 2003. [10] Entretien avec Damien et Sébastien Murat (DMS photo), graphistes.

[11] « Saint-Étienne – le quartier de Montreynaud », en dépôt aux archives municipales de Saint-Étienne, réf. : 2FI icono 4401. [12] Voir aussi le blog participatif 42 Yeux : 42yeux.over-blog.com/categorie-11117393.html. [13] Source : « Tour Plein-Ciel : rayonner ou s’effacer », La Tribune–Le Progrès, 4 février 2009, p. 11. [14] Propos de l’adjoint à l’urbanisme, « Tour Plein-Ciel : rayonner ou s’effacer », op. cit., p. 11.

@ FOREZ INFOS : Le 24 novembre 2011, à 10h45, le célèbre immeuble "Plein Ciel" de Montreynaud, qualifié tour à tour de tour-signal, phare de Saint-Etienne, tour de Babel et tour infernale a été foudroyé. Trois points d'observation étaient proposés pour ne rien manquer du "pestacle": rue Gounod, rue Bizet et sur le parking du centre commercial où une foule considérable s'était pressée, armée de portables et d'appareils photos pour immortaliser cet événement "exceptionnel". De nombreux policiers, pompiers, CRS et volontaires de la Sécurité Civile avaient été déployés pour sécuriser le périmètre. Au total, environ 300 personnes. Un hélicoptère survolait la colline. Un premier coup de sirène, à 10 minutes du tir, a retenti puis trois autres, brefs, et enfin le compte à rebours de cinq secondes suivi d'un grand "boom" et d'un nuage de poussière. Le chantier de démolition, confié au groupement GINGER CEBTP Démolition / Arnaud Démolition, avait débuté en juin 2010. Après la phase de désamiantage, les matériaux de l'immeuble (bois, béton, ferraille...) avaient été recyclés puis les murs porteurs affaiblis et percés pour accueillir les charges explosives. Le jour du tir, des bâches de protection avaient été disposées, ainsi que des boudins remplis d'eau pour atténuer la dispersion des poussières. A l'espace Gounod, qui accueillait les personnes évacuées dès 8h du périmètre de sécurité, la régie de quartier, l'AGEF, le collège Marc Seguin proposaient des expositions et diverses animations. L'ambiance était folklorique. Maurice Vincent, accompagné de la préfète de la Loire, Fabienne Buccio, et Pascal Martin-Gousset, Directeur Général Adjoint de l'ANRU, s'est exprimé devant un mur de graffitis haut en couleur sur lequel on pouvait lire "Morice tu vas trop loin" (sic), "Moreno en force" (sic) ou encore "Morice tu nous enlève une partie de notre enfance (sic)".

 

" Je suis parfaitement conscient que cette destruction renvoie à l'enfance, à la jeunesse pour certains des habitants et que ce n'est pas forcément un moment gai", a déclaré le sénateur-maire. Mais de souligner: "C'est de la responsabilité politique que j'assume que d'indiquer la direction de ce qui nous paraît être l'intérêt général."

 

A la place, il est prévu un espace vert avec des jeux pour enfants et un belvédère. Les premières esquisses du projet doivent être présentées au premier semestre 2012. Rappelons que les habitants du quartier - et seulement eux - avaient été invités le 27 juin 2009 à se prononcer sur le devenir de la tour. L'option de la démolition avait été retenue par 73% des 319 votants. " L'espace public à créer le sera avec la participation des usagers", soulignaient à l'époque M. Vincent et F. Pigeon, son adjoint à l'urbanisme. Ce vieux sage venu en bus, qui regrettait d'avoir manqué la démolition de la Muraille de Chine, nous avait dit simplement: " Il vaut mieux voir ça qu'un tremblement de terre." Et une jeune fille du quartier, inénarrable : " La vérité ! ça fait un trou maintenant. On dirait qu'ils nous ont enlevé une dent !"

 

L' architecte de l'immeuble "Plein Ciel" fut Raymond Martin, également architecte en chef de la Zone à Urbaniser en Priorité de Montreynaud/Nord-Est et Stéphanois . Celle-ci avait été créée par un arrêté ministériel le 11 mars 1966. Sur 138 hectares, afin de rééquilibrer la ville au nord et prendre le relais du grand ensemble Beaulieu-La Métare, il était prévu initialement d'y accueillir de 13 à 15 000 habitants. Le programme portait sur la création de 3300 logements dont 300 à 500 maisons individuelles. Les logements restants, collectifs, étant composés d'immeubles en copropriété et, pour les deux tiers, d'HLM. voir sur la toile d'un tifo, stade Geoffroy Guichard.

 

L'aménagement fut concédé fin 1967 à la Société d'Economie Mixte d'Aménagement de Saint-Etienne (SEMASET), initiée en 1963 (municipalité Fraissinette) et constituée en 1965 (municipalité Durafour). En 1970, la SEMSET ajoutait d'abord 600 logements supplémentaires. Peu à peu, le programme de la ZUP fut porté à 4400 logements. Il prévoit aussi de nombreux équipements tels que crèche et halte-garderies, gymnases, centre social et centres commerciaux, deux collèges, huit groupes scolaires. Dans un entretien accordé au Dauphiné Libéré (7 août 1967), Martin expliquait vouloir créer à Montreynaud "une sorte de petite ville agréable à habiter, plutôt qu'un quartier excentré sans âme", avec des "magasins littéralement noyés dans la verdure" et des "voitures qui rouleront sur des rampes souterraines" ! Il indiquait que les travaux allaient débuter en 68 et durer 6 six ans. " Nous commencerons par le plateau central qui comportera 1800 logements répartis dans des immeubles relativement peu élevés, la plupart de 5 ou 6 étages, et une tour pour donner la ligne verticale."

 

S'agit-il de LA tour ou de cet autre immeuble, baptisé "Les Héllènes" sur un prospectus de l'époque, futur "Le Palatin", près d'un forum digne de l'Atlantide ? Les travaux, en tout cas, ne débutèrent vraiment, semble-t-il, qu'en 1970 d'après un mémoire consultable aux archives municipales (fonds de l'association "Vitrine du quartier" de Montreynaud). On y lit aussi, à travers le témoignage d'un ouvrier qui travailla sur les premiers immeubles, que le premier en date aurait été la tour "Plein Ciel" elle -même. Ce qui lui vaudrait bien son appellation de "tour-signal" qu'on retrouve dans divers documents. Mais qui interroge. D'après la brochure publiée par la Ville de Saint-Etienne à l'occasion de la démolition, sa construction n'aurait démarré qu'en 1972. Le problème, c'est que s'il existe une masse considérable de documentation sur la ZUP, on a trouvé à ce jour peu de choses sur la tour elle-même, à moins d'avoir mal cherché. Elle aurait été inaugurée en 1974 par la CIVSE, le promoteur, mais sans avoir la date exacte, nos recherches dans la presse locale, au hasard, n'ont rien donné. Il y a peut-être une explication. Le château d'eau aurait été construit d'abord et les habitations ensuite.

 

voir les Flyers de l'association "Gaga Jazz"

 

Le mémoire en question précise que Montreynaud devait bénéficier d'une "révolution technologique", à savoir la construction par éléments, le préfabriqué, plus rapide et rentable, les éléments d'immeuble étant désormais construits en usine à Andrézieux... Reste que d'après François Tomas, fin 1972, 1897 logements seulement, pour n'en rester qu'aux logements, avaient été construits, et 2839 en 1977 (La création de la ZUP de Montreynaud, chronique d'un échec, in Les grands ensembles, une histoire qui continue, PUSE 2003). On renvoie le lecteur qui voudrait en savoir plus sur l'histoire de la ZUP, ses déboires, la crise économique, l'aménagement de Saint-Saens et Chabrier (1981), à cet ouvrage, à André Vant (La politique urbaine stéphanoise), aux archives, de la SEMASET notamment, et à la presse, de l'année 74 en particulier.

 

Ce qui nous intéresse, c'est la tour, photographiée un nombre incalculable de fois. Le mémoire, toujours (le nom de l'auteur et l'année de rédaction nous sont inconnus), évoque des rumeurs, à son sujet, dès ses premières années : "On sait que le côté spectaculaire des travaux de Montreynaud alimente les rumeurs, voire les peurs collectives.... La Tour Arc-en-Ciel (sic) s'enfonce... La vasque fuit et inonde les habitants... Face à ces bruits, certains disent que ce n'est vrai, d'autres que c'est faux et qu'il ne faut pas y croire. Mais il y a parfois des vérités intermédiaires, du moins des indices réels qui donnent à penser... Ainsi, il y a bien eu des infiltrations mais seulement à proximité des réservoirs intermédiaires à édifiés au pied de la tour. De l'eau de ruissellement risquait d'atteindre les conteneurs d'eau potable et les transformateurs électriques. La Ville assigne les entreprises en malfaçon devant le tribunal administratif de Lyon en octobre 1975. Des experts sont désignés et l'affaire se termine par un procès-verbal de conciliation prévoyant le partage des travaux de remise en état, qui s'élèvent à 66000 francs, entre l'entreprise générale et l'entreprise de maçonnerie."

 

voir le Graffiti, Restos du coeur, Chavanelle

 

Un article de 1978, paru dans La Tribune-Le Progrès, évoque le château d'eau, "cette belle oeuvre de la technique humaine (...) objet depuis sa naissance de la risée des gens". " Soixante-cinq mètres, 1000 m3 de contenance, le château d'eau de Montreynaud coiffant la tour de son dôme renversé s'élance orgueilleusement tout en haut de la colline, superbe perspective des temps modernes. Il rassemble à ses pieds, aux quatre points cardinaux le vaste océan de béton de toute la ZUP dont il est devenu un symbole face à l'agglomération stéphanoise. Le soir, illuminé, il brille tel un phare dans la nuit, accrochant les regards à plusieurs km à la ronde."

 

On tour, "Montreynaud la folie", sac de collégien (Terrenoire)

 

L'article se fait l'écho des rumeurs. On dit qu'il oscille par grand vent, géant aux pieds d'argile, que son réservoir fuit. Et l'article d'expliquer que l'oscillation (qui pour certains prendrait des allures inquiétantes) "est tout à fait normale en raison de la hauteur de l'édifice" mais que son pied est fiché à huit mètres dans un sol rocheux. Quant au réservoir, il ne fuit pas. "Si l'eau en coule parfois, c'est tout simplement de l'eau de pluie qui s'écoule paisiblement par des gargouillis". L'alimentation de la ZUP provient d'un réservoir de 10 000 m3 situé au Jardin des plantes et dont l'eau est amenée, par une conduite de 600 mm, dans des réservoirs de 2000 m3 au pied de la colline. Une station de pompage refoule ensuite l'eau au château de la tour qui alimente à son tour la ZUP. Ce château, en béton armé, n'est pas collé à la tour mais en est désolidarisé. Son fût a 3,50 mètres de tour de taille et la vasque, à laquelle on peut accéder aussi par une échelle de 300 barreaux, 21 mètres de diamètre. Par la suite, une antenne, l'antenne de M'Radio, y sera plantée. Haute d'une dizaine de mètres, elle était fixée par des haubans. Différents émetteurs d'entreprises de télécommunication viendront la rejoindre.

 

Concernant les appartements, dès 1974, évoquant une "psychose de la tour", Loire Matin écrit que seulement 20 logements ont trouvé preneur. " Avec les difficultés sociales qui apparaissent dans les grands ensembles au début des années 80, la commercialisation devient difficile: 40 logements restent invendus", indique la Ville de Saint-Etienne. Loire Matin encore, dans un article de 1987 - la CIVSE ayant depuis déposé le bilan - revient sur le cas de cette "tour infernale (...) droite comme un i (...) symbole de tout un quartier" et l' "une des premières visions que l'on a de Saint-Etienne". Les prix sont certes attractifs mais "de plus en plus de gens désirent, s'ils doivent acheter, posséder une maison bien à eux". Ils fuient les grands ensembles. Qui plus est au coeur d'un quartier qui jouit d'une mauvaise réputation.

 

voir le Projet de Marc Chopy youtu.be/OoIP7yLHOQM

 

Un autre article, de 1995, indique qu'une dizaine d'appartements sont en vente et qu'un F3 coûte moins de 100 000 francs. Quelques années auparavant, un nombre important d'appartements inoccupés avaient été rachetés et transformés en studios. Gérés par une SCI, ils furent loués à des personnes âgées, accompagnée par une association, "Age France", à une population en proie à des problèmes sociaux ou de santé mais dont l'état ne nécessitait pas d'hospitalisation totale. " La présence de ces locataires ne semble pas du meilleur goût aux yeux de certains copropriétaires", relevait le journaliste. On retrouve ces locataires cinq ans plus tard dans un article intitulé "Les oubliés de la tour". Une soixantaine d'hommes et de femmes "de tous âges, soit handicapés mentaux, soit physique (...) certains placés ici par l'hôpital de Saint-Jean-Bonnefonds" et secourus par le Secours catholique, vivent alors dans la tour. C'est aussi à cette époque que l'artiste Albert-Louis Chanut avait son atelier au pied de l'immeuble.

 

Le sort de la tour se joua dans les années 2000. A l'aube du XXIe siècle, le 30 décembre 2000, un incendie se déclare dans un de ses étages, mettant en évidence des problèmes de sécurité. De 2001 à 2003, une commission de plan de sauvegarde valide le scénario de démolition, inscrit dans la convention ANRU en avril 2005. Le rachat des logements et le relogement des locataires débute cette même année, pour s'achever en 2009. Il restait deux familles en 2008

 

En février 2009, lors d'un conseil municipal, l'adjoint à l'urbanisme déclarait: " La destruction de la fonction d'habitation de la tour est un point acté sur lequel nous ne reviendrons pas. Cette tour n'a plus vocation à être habitée. Cela passe donc forcément par une démolition au moins partielle. Ce principe étant posé, faut-il détruire la structure de la tour ou, au contraire, essayer de trouver une solution pour intégrer sa silhouette dans le paysage urbain ? J'ai déjà abordé la question à l'occasion d'un conseil municipal au mois de juin. Nous avions précisé que la tour de Montreynaud constitue un édifice marquant dans le paysage urbain de Saint-Etienne. C'est un point de repère pour celles et ceux qui habitent Montreynaud, mais aussi pour celles et ceux qui passent à Saint-Etienne. Elle est donc remarquée et remarquable par l'ensemble des personnes que nous côtoyons, qu'il s'agisse de simples passants, d'habitants de Saint-Etienne ou d'urbanistes de renom. Il est important de préciser que nous ne prendrons pas seuls la décision. Nous allons sans doute aboutir à deux possibilités : une destruction totale de cet édifice ou une destruction partielle. Dans tous les cas, il sera mené un travail de concertation par M. Messad, en qualité d'élu référent du quartier, et par Mme Perroux, en qualité d'adjointe sur les questions de démocratie participative. C'est donc par une consultation des habitants de Montreynaud que nous trancherons sur la base de deux projets qui seront présentés et chiffrées.Toutes ces questions seront tranchées à l'été 2009. Par ailleurs, puisque vous citez mes propos, je voudrais les contextualiser et citer M. le Maire qui était intervenu au même moment et qui disait : « Nous pensons qu'il faut imaginer, à la place de la tour, un espace qui fasse le plus grand consensus avec les habitants, qui marque une évolution, un renouvellement du quartier ». C'est là un point extrêmement important. Il n'est pas contradictoire d'envisager une mutation du quartier et que cette tour ne soit plus habitée, avec l'idée consistant à en conserver une trace sous une forme ou sous une autre, en conservant sa silhouette ou en envisageant un oeuvre d'art se substituant à cet édifice..."Implosion Tour Plein Ciel Montreynaud Saint-Etienne

 

www.youtube.com/watch?v=6afw_e4s1-Y - www.forez-info.com/encyclopedie/traverses/21202-on-tour-m... -

 

La tour Plein Ciel à Montreynaud a été démolie le jeudi 24 novembre 2011 à 10h45. youtu.be/ietu6yPB5KQ - Mascovich & la tour de Montreynaud www.youtube.com/watch?v=p7Zmwn224XE -Travaux dalle du Forum à Montreynaud Saint-Etienne www.youtube.com/watch?v=0WaFbrBEfU4 & içi www.youtube.com/watch?v=aHnT_I5dEyI - et fr3 là www.youtube.com/watch?v=hCsXNOMRWW4 -

  

@ LES PRESSES

 

St-Etienne-Montreynaud, Historique de la Zup,

 

1954 et 1965 : Saint-Etienne, ravagée par les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale, et surnommée "capitale des taudis", est alors en manque de logements (50% de la population vit dans un logement de moins de 1 pièce !), tandis que sa population augmente d'année en année grâce aux activités industrielles. De ce fait, le premier projet (expérimental) de grands ensembles voit le jour : Beaulieu. Il fournit des dizaines de logements avec tout le confort moderne : c'est un succès.

 

En 1965, il faut toujours et encore plus de logements : le projet de la Muraille de Chine naît, avec 450 logements de créés (plus grande barre d'habitation d'Europe !). Cette barre est finalement dynamitée le 27 mai 2000 (voir vidéo sur YouTube).

 

Années 1970 : Saint-Etienne est toujours en manque de logements, certains des immeubles du XIXe siècle étant vétustes. Un énorme projet voit lui aussi le jour : Montreynaud, sur la colline éponyme du nord-est de la ville, encore vierge (on y chassait même !). 22 000 prsonnes peuvent alors être logées dans ces nouveaux grands ensembles. L'architecte Raymond Martin dessine les plans de la majorité des bâtiments, dont ceux de la tour Plein Ciel. La construction débute, la tour est achevée en 1972. Cette dernière surplombe désormais le bassin stéphanois du haut de ses 63 m (92 avec l'antenne). Les appartements sont plutôt grands, de nombreux cadres emménagent dedans. Néanmoins, le choc pétrolier de 1973 a un effet notoire : 45 % des logements ne sont pas vendus.

 

Au fil des années, le quartier prend mauvaise image, les habitants de la tour et des barres qui en ont les moyens quittent le quartier.

 

30 décembre 2000 : un incendie se déclare au 11e étage, les pompiers montreront par la suite certaines anomalies dans le bâtiment. La tour se dépeuple peu à peu.

 

2002 : première évocation de la possible démolition de la Tour, symbole du quartier, qui n'est plus rentable et vétuste.

 

La démolition est prévue pour 2008.

 

27 juin 2009 : la nouvelle municipalité décide d'un référendum auprès des habitants du quartier, pour décider de l'avenir de la Tour. De nombreux projets sont évoqués, bien sûr la démolition, mais aussi la transformation en oeuvre d'art, la création d'un restaurant panoramique et même d'un hôtel de police. 73% des personnes ayant voté décident de la démolir : le destin de la Tour Plein Ciel est désormais scellé ...

 

2009-2011 : la Tour est démantelée et surtout désamiantée.

 

24 novembre 2011 : à 10h47, la Tour Plein Ciel est foudroyée devant 1000 personnes environ (vidéo disponible sur YouTube). Elle s'effondre, avec sa célèbre coupole tout en élégance en quelques secondes. Puis, elle sert de terrain d'entraînement à 120 pompiers du département, comme lors d'un séisme. Maintenant, l'emplacement de la Tour est un espace vert.

 

Particularités de cette Tour :

 

- Visible de quasiment tout le territoire stéphanois

 

- Sa coupole sur le toit qui n'est ni une soucoupe volante ni un le lieu de tournage de Rencontres du 3e type ;)

 

Une matinée pour tourner une page, celle de quarante ans d'histoire. Une histoire pour la tour Plein Ciel et ses 18 étages perchés sur la colline de Montreynaud, à Saint-Etienne. Drôle d'histoire.

 

En 1970 elle est construite par l’architecte Raymond Martin comme une tour de Babel un peu pharaonique qui doit symboliser le renouveau de la ville noire. Mais l’édifice tombe rapidement en désuétude. Il faudra attendre 2009 et un référendum pour officialiser sa destruction. Des histoires pour les habitants de Montreynaud, qui pour certains sont nés et ont grandi à l’ombre de cette tour et de son château d’eau. « Un bol de couscous qui nous rappelait qu’ici c’était chez nous », témoigne joliment Sarah, agrippée au bras de son amie, qui ne cache pas son émotion alors que la tour est sur le point d’être démolie. Elles évoquent leurs souvenirs d’enfance. « Pour nous c’était plus qu’un monument. On passait tout notre temps dans cette tour quand on était petites. Le dentiste, le docteur, les chasses à l’homme… C’était aussi un point de repère, c’était le charme de Montreynaud. »

 

Pour Imane, 22 ans, « c’est le symbole de Montreynaud qui disparaît. Quand on était à Saint-Etienne, on se repérait grâce à la tour. C’était le seul quartier qui ait un symbole très visible. » A l’intérieur du gymnase Gounod, c’est l’effervescence. 650 personnes, habitant les bâtiments voisins, ont été évacuées le matin même. Elles regagneront leurs logements aux alentours de midi. En attendant, on boit un café, on mange des croissants, on échange sur ce qui apparaît à tous comme un « événement ». La démolition de la tour Plein Ciel n’est pas loin de concurrencer en termes de popularité une rencontre de l’ASSE, à tel point que la Ville a installé un écran géant dans le gymnase afin de savourer au plus près le spectacle. Les images sont rediffusées en boucle. Le film défile au ralenti. Celui de cette tour qui s’effondre en une poignée de secondes, laissant derrière elle un grand nuage de fumée et des tonnes de gravats.

 

Un pas franchi dans la rénovation urbaine du quartier

 

Plus loin un groupe de jeunes garçons s’emportent : « Pourquoi ils démolissent la tour, c’est pas bien ! C’est depuis qu’on est né qu’on la connaît, c’est notre emblème, notre symbole ! Elle est grande en plus, 65 m de haut ! Mais qu’est-ce qu’ils vont faire à la place ? Un parc ? Mais ils vont tout laisser pourrir. A Montreynaud, à chaque fois qu’ils mettent un parc il est pété ! ». Dans ce quartier à forte mixité sociale, où l’on ne manie pas la langue de bois, quelques rares habitants font figure d’exception, et se réjouissent : « Elle tombait en morceaux, c’était pitoyable, lâche G. Je ne comprends pas quand j’entends parler d’emblème, de symbole. Quel emblème ? C’était un immeuble insalubre. Depuis 29 ans, on a vue sur cette tour depuis notre salon. Je peux vous dire que ces derniers temps on ne se sentait pas en sécurité. » Pour G., la démolition de la tour Plein ciel peut participer d’un futur embellissement de Montreynaud.

 

C’est un pas franchi dans la rénovation urbaine du quartier, comme le souligne Pascal Martin Gousset, directeur général adjoint de l’Anru (Agence nationale de la rénovation urbaine). « L’enjeu ce n’est pas la démolition d’un bâtiment mais la reconstruction d’un quartier. Cette forme de bâtiment sur un site excentré n’était pas forcément adaptée à la demande. 40 logements n’ont jamais été vendus sur les 90. Or lorsqu’un immeuble ne correspond plus à une demande, il ne faut pas s’acharner. » Pour Pascal Martin Gousset, ni la transformation de la tour en objet d’art urbain ni sa rénovation n’ont été sérieusement envisagées. « Il y a un attachement psychologique qui est humain mais il faut vivre avec son temps. La rénovation aurait coûté trop cher. » La restructuration de Montreynaud devrait se poursuivre conformément aux plans de l’Anru. Le coût global de la rénovation urbaine sur le quartier se porte à 106 M€.

 

Located a few kilometres / miles to the west of Reford Gardens / Les Jardins de Metis at Grand Metis.

 

Situe a quelques kilometres / miles a l'ouest des

Jardins de Metis / Reford Gardens.

  

Visit: www.centredart.net/en/

 

An artist painter Marcel Gagnon, an original and determined man wanting the whole world to discover his works of art. One day in 1984 he was attracted by a cottage situated along the Saint-Lawrence river in Sainte-Flavie. It was love at first sight. He saw a place to exhibit his paintings . The Centre d'Art Marcel Gagnon in Sainte-Flavie, Gaspésie was just born.(Info from website www.centredart.net/en/ )

   

Voir: www.centredart.net/

  

Un artiste peintre, Marcel Gagnon, à la fois original et déterminé, voulant faire connaître au monde entier ses œuvres d’art. Un jour, en 1984, il fut attiré par un petit chalet situé en bordure du fleuve Saint-Laurent à Ste-Flavie. Ce fut le coup de foudre, il y voyait enfin un endroit pour exposer ses tableaux. Le Centre d’Art Marcel Gagnon de Ste-Flavie, Gaspésie venait de naître. (Info tiré du site web www.centredart.net/ )

  

© Copyright

This photo and all those in my Photostream are protected by copyright. No one may reproduce, copy, transmit or manipulate them without my written permission.

Early (ca. 1961) Thiokol Chemical Corporation artist's concept of a possibly (pre-)Apollo/Nova lunar exploration mission (per the handwritten annotation on the verso), approaching, or in orbit around the moon.

Some interesting external appendages going on, to include what (to me) looks like a boom-mounted RTG-like object extending out to the left. And, being a Thiokol-originated artwork, the prominent engine nozzles are associated with solid rocket motor propulsion. With that said, the appearance/design was probably irrelevant, since what’s being promoted here is Thiokol's capability to provide the motors to make it happen.

 

I’m sure this and the other two works in this “series” (linked to below) are by the same unfortunately unknown artist.

 

Add another 10 - 20 antennas/assorted appendages and it would have a distinctly period-appropriate Soviet appearance to it.

 

Minor waviness along a portion of the right edge does not detract. Still of high gloss as well.

Il fut un temps où il était possible d'aller en train de Libramont vers Wiltz, au Luxembourg... Déjà en juillet 1966, la ligne était coupée depuis longtemps mais il était encore théoriquement possible de rouler jusqu'ici, à Benonchamps, à condition de ne pas dépasser 10 km/h, en vue du butoir final... !

"Néogothique, elle fut reconstruite en 1860 sur les ruines de l'ancienne église du 14ème siècle, incendiée au cours des guerres de Religion (1581) et malmenée durant la Révolution. Elle perdit son clocher de 72m en 1940, les Allemands estimant qu'il gênait les avions au décollage." (Le Guide Vert Nord/Pas-de-Calais)

Le Pont-canal, bel ouvrage d'art, est situé au dessus de la Loire.Il fut construit en pierre de taille de 1834 à 1838 et élargi en 1870. Il mesure 243 m.

 

Il s'agit d'un pont-canal qui permet au Canal latéral à la Loire de franchir la Loire et de se connecter un peu plus loin avec le canal du Centre, au port Campionnet à Digoin. Il se termine par une écluse dont il est séparé par un court bassin de croisement. Seuls les bateaux ou les piétons y ont accès. Il est un des premiers grands pont-canaux de France, avec 243 m de long. C'est l'ingénieur Pierre Alexandre Adophe Jullien alors âgé de seulement 29 ans, qui en est l'auteur, de même que celui du Guétin, sous la direction de l'ingénieur-en-chef Jean-Joseph Pierre Vigoureux. Ouvert à la navigation en 1838, en même temps que le canal, il a été remanié entre 1890 et 1896 par l'ingénieur Léonce Abel Mazoyer dans le cadre de la mise au gabarit Freycinet du canal. Ainsi il a été approfondi par surélévation de son couronnement.

 

Le Pont-canal en chiffres

11 arches ayant 16 m d'ouverture

10 piliers de 9 m d'épaisseur à la base des voûtes

Les piliers sont ancrés à 3m de profondeur au-dessous des basses eaux de la Loire

Le "fond" du canal se situe à 8,30 m au-dessus de la Loire

Le canal a 6 m de largeur et 2,30 m de profondeur

Chemin de halage de 1,75 m de largeur de chaque côté du canal

 

XIV. — MARVÂN II L'OMEYYADE (127/744 — 132/750).

Marvân, fils de Muhammad, fils de Marvân, qui régna ensuite, fut le dernier des khalifes Omeyyades, et le pouvoir passa de ses mains dans celles des 'abbâsides. Il était appelé « al-Dja'di[122] ». Il était surnommé l'Ane, et seulement, dit-on, à cause de son endurance dans les combats. Il était brave, habile, rusé. Son règne fut une époque de guerres civiles, d'anarchie et de désarroi. Il ne tarda pas à être mis en fuite par les armées 'abbâsides et poursuivi jusqu'en Egypte. Il fut tué dans une ville du Sa'id (Haute-Egypte) nommée Boûsir, et cela en l'an 132 (= 750 de J.-C.).

  

Ce fut sous son règne que se révolta Abd-Allah, [123] fils de Mouâwiya, fils d'Abd-Allah, fils de Djafar, fils d'Abou Thâlib.

  

Voici en résumé ce qui se passa : lorsque l'autorité des Omeyyades fut ébranlée, et que Marvân fut proclamé khalife, les guerres civiles éclatèrent entre les hommes. La discorde se mit entre eux, chacun ayant une opinion différente et une manière de voir personnelle. Il y avait alors à Koûfa un descendant de Djafar al-Tayyar, nommé 'Abd-Allah, fils de Mouâwiya, fils d’Abd-Allah, fils de Djafar, fils d'Abou Thâlib. C'était un homme éminent, un poète ; son ambition lui dicta le désir de l'autorité. Les gens de Koûfa étaient témoins du désarroi qui régnait à Damas et de l'ébranlement de la puissance des Omeyyades. Ils se présentèrent chez cet 'Abd-Allah, le proclamèrent khalife et se groupèrent autour de lui en nombre. L'émir, [124] alors préposé à Koûfa, sortit avec ses partisans et livra bataille aux révoltés. Les deux partis résistèrent quelque temps l'un à l'autre, mais à la fin les gens de Koûfa demandèrent à l'émir quartier pour eux-mêmes et pour 'Abd-Allah, fils de Mouâwiya, fils d’Abd-Allah, fils de Djafar, et la liberté de se rendre où ils voudraient dans les contrées d'Allah. L'émir de Koûfa et ses partisans étaient lassés de combattre : il leur accorda donc le sauf-conduit. 'Abd-Allah se dirigea vers Madâ'in (Ctésiphon), traversa le Tigre, s'empara de Houhvân et de ses environs, puis il se dirigea vers les pays de la Perse et y conquit les hauts plateaux, Hamadhan, Ispahan et Rey. Quelques Hachémites s'y joignirent à lui et il se maintint dans cette situation pendant un bon laps de temps.[125]

  

Or Abou Mouslim du Khorasan avait acquis une puissance redoutable. Il marcha contre cet 'Abd-Allah et le tua. Puis il fit apparaître la dynastie 'abbâside.

  

Ce fut alors que cette dynastie se manifesta et que sa propagande se fit ouvertement.

  

[126]L’EMPIRE PASSE DE LA FAMILLE DES OMEYADES À CELLE DES ABBASSIDES.

  

(Avant d'entrer en matière, il est indispensable d'exposer dans une introduction les commencements d'Abou Moslem Alkhorassany : car il fut l’homme de la dynastie, le chef de la vocation, et c'est à lui qu'on doit en attribuer le triomphe.)

  

Introduction :

  

Origine et commencements d'Abou Moslem Alkhorassany.

  

Les opinions varient touchant son origine ; et il n'y aurait point d'utilité à s'étendre longuement sur ce sujet.

  

Selon les, uns, Abou Moslem était de naissance libre, et descendait de Buzurdjumihr, célèbre ministre persan. Il était natif d'Ispahan et fut élevé à Koûfa. S'étant attaché à Ibrahim l'Imam, fils de Mohammed, fils d'Ali, fils d'Abdallah, fils d'Abbas, celui-ci changea son nom, le surnomma Abou Moslem, fit son éducation, et l'instruisit dans la jurisprudence.[127]

  

Selon les autres, il était né dans la condition d'esclave, et y demeura jusqu'au moment où il rencontra Ibrahim l'Imam, qui fut séduit de son extérieur et de son esprit, l'acheta de son maître, le forma et lui donna de l'instruction. Par la suite il le chargea de missions auprès de ses partisans et de ses dais, qui travaillaient en Khorassan à l'établissement de sa puissance. Ainsi se passèrent les premières années d'Abou Moslem.

  

Mais ce personnage, étant devenu puissant, se donna pour fils de Sélith, fils d'Abdallah et petit-fils d'Abbas. Or ce Sélith est le sujet d'une histoire qu'il faut rapporter ici en abrégé.

  

Abdallah ben Abbas possédait une jeune fille dont il jouit et qu'il délaissa quelque temps. Cette jeune fille se maria[128] à un esclave, et de cette union naquit un garçon, qu'elle nomma Sélith. Mais elle l'attribua à Abdallah ben Abbas, qui le renia et ne le reconnut point Sélith crût en âge et ne témoigna que de la haine et de l'ingratitude à son prétendu père. A la mort d'Abdallah, il disputa sa succession à ses héritiers. Les Omeyades furent charmés de cette circonstance, parce qu'elle les mettait à même de nuire à Ali, fils d'Abdallah. Ils protégèrent donc Sélith et donnèrent des ordres secrets au cadi de Damas, en sorte que celui-ci le favorisa dans son jugement et lui adjugea l'héritage. Cette décision donna lieu à beaucoup de discours, qu'il ne convient point de rapporter ici.

  

Abou Moslem se donna donc pour fils de ce Sélith, [129] lorsque son crédit fut bien établi. Il remplit ses missions pour Ibrahim l'Imam en Khorassan, appela secrètement les hommes à son parti et ne cessa d'en agir ainsi, jusqu'à ce que sa vocation devint publique, et que l'entreprise fut terminée.

  

Autre Introduction.

  

Nous rappellerons préalablement ces paroles de Dieu : Ces jours nous en partagerons alternativement le cours entre les hommes.[130] Un sage consolait un monarque de la perte d'un royaume et lui disait : « Si ce royaume fût resté au pouvoir d'un autre que toi, comment te serait-il arrivé ? »

  

« Sache bien que cette dynastie des Abbassides est une des plus puissantes qui aient gouverné le monde, et y aient exercé un pouvoir religieux et politique à la fois. Les hommes vertueux et droits lui ont obéi par religion, les autres par crainte et par respect. Le califat et le sceptre sont restés près de six siècles dans cette maison. Plusieurs dynasties l'ont attaquée, telles que celles des Bouïdes, la plus puissante, comme tu le sais, dont le plus grand prince fut Adhed-ed-dauleh ; des Seldjoukides, parmi lesquels on distingue Thogril-bek ; des Kharizmiens, qui ont fourni Ala-Eddin, dont l'armée se composait de 400.000 combattants ; des Fatimides d'Egypte, princes qui envoyèrent, sous la conduite d'un de leurs esclaves, nommé Djewher, l'armée la plus nombreuse qu'on eût jamais vue, en sorte qu'un de leurs poètes, Mohammed ben Hany almoghréby, [131] dit :

  

« On n'avait point vu d'armée avant celle de Djewher, où les juments allassent à l'amble par dizaines, et accélérassent le pas.[132] »

  

Enfin ajoutons encore les Kharidjis, qui parurent sur ces entrefaites, en troupes nombreuses et en rassemblements considérables. Cependant malgré ces chocs, les Abbassides ne cessèrent point de régner et aucune dynastie n'eut la force d'anéantir leur souveraineté ni de les détruire. Au contraire, les divers princes dont nous venons de parler, rassemblaient de grandes armées, les conduisaient contre Bagdad, et lorsqu'ils y étaient arrivés, ils demandaient à paraître devant le Calife. Quand ils étaient admis en sa présence, ils baisaient la terre devant lui, et le terme de leurs désirs était que le calife légitimât leur puissance, en leur conférant le titre de Véli (lieutenant) ; qu'il leur nouât le drapeau ; qu'il les revêtît d'une robe d'honneur. Le calife avait-il accédé à leurs demandes, ils se prosternaient et baisaient la terre devant lui, et marchaient à pied à côté de son étrier, tenant le parasol sous leurs bras. C'est ainsi que Massoud le sultan en agit avec Mostarched. Il s'était introduit entre Massoud et le calife une mésintelligence telle qu'elle amena une guerre ouverte. Mostarched entra en campagne avec une armée nombreuse, accompagné de tous les officiers de l'empire. Les deux princes se rencontrèrent devant Méragah. On combattit pendant une heure ; la poussière s'éleva et déjà les troupes du calife étaient en déroute, et celles de Massoud victorieuses. La poussière s'étant apaisée, on vit le calife qui restait ferme et immobile sur son cheval ; il tenait dans ses mains l'Alcoran et avait autour de lui les lecteurs, les cadis, et les vizirs, car aucun d'eux n'avait pris la fuite, quoique les soldats se fussent débandés Lorsque le sultan Massoud les vit, il envoya un de ses officiers, qui conduisit le pontife dans une tente qu'on lui avait préparée ; mais il fit arrêter les officiers de son empire et les tint renfermés dans les lieux voisins.[133] Au bout de quelques jours le sultan eut une entrevue avec le calife et lui reprocha sa conduite. Après cela, la paix fut arrêtée et conclue entre eux. Le calife monta à cheval pour se rendre à un grand pavillon, qui lui était destiné. Lorsqu'il fut sur sa monture, le sultan Massoud prit le parasol, et marcha à pied, à côté de l'étrier. Tout ceci se termina néanmoins par le meurtre de Mostarched, événement dont nous offrirons plus loin le récit.

  

Toutes ces dynasties s'élevèrent contre les enfants d'Abbas, sans qu'aucune eut assez de nerf pour mettre fin à leur puissance et les faire disparaître entièrement. C'est que cette puissance tenait dans l'opinion et l'esprit du peuple-un rang auquel aucune autre maison souveraine du monde n'a jamais atteint. Et telle était la force de cette opinion, que lorsque Houlagou voulut faire mourir le calife, Abou Ahmed Abd-Allah, surnommé Almosteassem, après la prise de Bagdad, on lui fît entendre que ce meurtre troublerait l'ordre du monde, que le soleil s'éclipserait, que la rosée ne tomberait plus, que les plantée cesseraient de croître. Effrayé de cette prédiction, il consulta un savant pour connaître la vérité à ce sujet. Ce savant la lui apprit et lui dit : « Ali ben abi Taleb était, d'un aveu unanime, meilleur que ce calife ; on lui a donné la mort, et cependant aucun de ces prodiges ne s'est manifesté. On en a agi de même à l'égard de Hossein, fils d'Ali : on a immolé les ancêtres de ce calife, on leur a fait supporter les plus mauvais traitements ; et le soleil ne s'est point dérobé aux regards ; la rosée n'a point cessé de tomber. Ces paroles apaisèrent les craintes de Houlagou. Quant au savant, [134] il s'excusa d'un tel discours sur la terreur qu'inspirait le sultan, dont on redoutait beaucoup la colère, disant qu'il n'avait point osé dire autre chose que la vérité en sa présence. Toutefois ces prédictions étaient inspirées par l'opinion qu'avait le peuple à l'égard des Béni-Abbas, et aucune autre dynastie que cette famille victorieuse[135] (que Dieu en étende les bienfaits et l'élève en puissance et en gloire) n'a pu mettre un terme à leur règne et en effacer les vestiges.[136] Car le sultan Houlagou, lorsqu'il eut conquis Bagdad, détruisit entièrement les Abbassides, et changea l'ordre et tous les règlements qu'ils avaient établis ; bien plus, on ne pouvait prononcer, sans danger, le nom de ces princes. C'est ici le lieu de rapporter une anecdote, qui m'a été racontée par Almulissi Alhabechi, attachée au service du sultan, (que Dieu prolonge son règne équitable, et élève son rang dans ce monde et dans l'autre) et qui auparavant avait appartenu au calife Mosteassem. Voici dont ce qu'il me dit :

  

« Bagdad ayant été pris, on m'en fit sortir, (j'étais alors très jeune) avec les autres personnes attachées au calife. Nous fréquentâmes pendant quelques jours la cour du sultan. » Après notre éloignement de Bagdad, Houlagou nous fit venir un jour en sa présence ; nous portions la livrée de la maison du calife ; et il nous dit. « Avant ceci, vous apparteniez au calife ; aujourd'hui vous m'appartenez. Il convient que vous me serviez avec zèle et sincérité, et que vous effaciez de vos cœurs le nom du calife : Car c'est une chose qui fut et qui a passé. Si donc vous désirez changer cette livrée et entrer au nombre de mes serviteurs, ce sera prendre le meilleur parti. » Nous avons accepté respectueusement cette proposition, et ayant quitté notre livrée, nous avons pris celle des Mogols.

  

Commencement de la dynastie des Abbassides.

  

On dit que l'envoyé de Dieu, (sur qui soient les bénédictions et la paix !) a prononcé des paroles dont le sens annonçait que la souveraineté serait dans la ligne des Hachémites. Les uns disent qu'il prédit que cette souveraineté écherrait à un de ses fils ; les autres, qu'il annonça un jour à Abbas, son oncle, qu'elle serait possédée par son fils, et Abbas lui ayant amené son fils Abdallah, le prophète lui cria dans l'oreille, lui mit de sa salive dans la bouche, et s'écria : « O Dieu élève-le dans la religion, et enseigne-lui la science de l'interprétation ! » Après cela il le remit à son père, en disant : « Reçois le père des rois. » Ceux qui rapportent cette tradition prétendent, que la dynastie des Abbassides est celle que désignent les paroles de Mahomet

  

La dynastie des Omeyades s'était attiré la haine, les malédictions et le mépris du peuple : elle exerçait une tyrannie pesante ; s’adonnait à la violation des préceptes divins, se livrait aux choses honteuses. Du matin au soir, les sujets attendaient donc avec impatience cette nouvelle dynastie. A l'exception de Imamiyéh, l'opinion commune des musulmans était que Mohammed, fils d'Ali ben abi Taleb, connu sous le nom d'Ibn Alhanéfiyeh, se trouvait le chef de l'état, par le meurtre de son frère Hossein ; car les Imamiyéh pensaient que la qualité d'Imam appartenait à Ali, fils de Hossein, Zéin Alabedyn, et après lui, à ses deux fils successivement, jusqu'au Caim Mohammed ben Alhassan.

  

Quand Mohammed ibn Alhanefiyéh mourut, il testa en faveur d'Abou Hachem Abd-Allah son fils, lequel était au nombre des hommes les plus distingués de sa maison. Il arriva que ce dernier se rendît à Damas auprès de Hécham, fils d'Abd-elmélik. Le calife omeyade se conduisit très bien à son égard et lui fit des présents. Mais, ayant conçu de la jalousie de son éloquence, de son rang et de son savoir, le craignant enfin, il envoya sur ses traces (Abd-Allah avait repris le chemin de Médine) des émissaires, qui l'empoisonnèrent dans du lait. Abd-Allah, lorsqu'il se sentit empoisonné, pencha vers Mohammed ben Ali, ben Abd-Allah, ben Abbas, qui résidait à Homaimah en Syrie ; il l'instruisit de sa mort prochaine, et fit ses dernières dispositions en sa faveur ; il avait auprès de sa personne un certain nombre de chiites qu'il lui remit également, se constituant leur chef par son testament. Après ces arrangements Abd-Allah expira. Depuis ce jour Mohammed ben Ali ben Abd-Allah convoita le califat et commença à répandre secrètement ses Daïs dans les provinces : telle fût sa conduite jusqu'à à sa mort

  

Mohammed laissa plusieurs enfants, du nombre desquels étaient : Ibrahim l'Imam, Al-Saffâh et Almansor. Ibrahim l'Imam succéda à son père et multiplia l'envoi des Daïs dans les provinces surtout en Khorassan ; car les. Abbassides avaient plus de confiance dans les habitants de cette contrée qu'en tout autre peuple. En effet, ils comptaient peu de partisans en Hedjaz ; les gens de Koûfa et de Basra s'étaient souillés et déshonorés aux yeux de la maison du prophète, par leur conduite ignominieuse et perfide, à l'égard d'Ali de Hassan et de Hossein, ses deux fils (que la paix soit sur eux), par le sang qu'ils avaient versé : Quant aux peuples de Syrie et d'Egypte, ils affectionnaient les Béni Ommaiah, et l'amour de ces princes s'était enraciné dans leurs cœurs. Des divers habitants de l'empire arabe, il ne restait donc que le peuple du Khorassan, sur qui ils se reposassent. D'ailleurs, il était dit que les étendards noirs, qui devaient assurer le triomphe de sa maison, sortiraient du Khorassan. Voilà pourquoi Ibrahim l'Imam dirigea ses Daïs en Khorassan, vers ses partisans, qui se composaient des cheikhs et des principaux du pays ; ils répondirent à ses invitations, et appelèrent secrètement le peuple à son parti.[137] Vers la fin, il y envoya Abou Moslem. Celui-ci se rendit dans cette province, et rassembla les divers réunions de Chiites : tout ceci se faisait en secret, de même que la vocation ; elle n'était point encore manifesta.

  

Lorsque Mérouan, Alhimar, Ibn Mohammed, ben Mérouan, dernier calife Omeyade, monta sur le trône, le trouble et la confusion redoublèrent, le mal s'accrut, des séditions éclatèrent : les affaires des Omeyades s'embrouillèrent. Divisés entre eux, ils se tuèrent les uns les autres. Alors Abou Moslem se déclara ouvertement pour la cause des Abbassides, et tous les habitants du Khorassan, qui étaient pour eux, se réunirent à lui. A la tête d'une armée nombreuse, il marcha contre l'émir du Khorassan, Nasr ben sayyar, afin de le combattre. Nasr, apprenant la situation d'Abou Moslem et de ses troupes, fut effrayé, et écrivit à Mérouan Alhimar :

  

« Je vois sous les cendres une étincelle de feu ; il est à craindre qu'elle ne produise un incendie. »

  

« Si les gens sensés de la nation ne l'éteignent point, il s'alimentera de cadavres et de têtes. »

  

« Le feu s'enflamme avec deux morceaux de bois, et la guerre commence par des paroles. »

  

« Saisi d'étonnement, je me suis écrié : Plût à Dieu que je susse si les Omeyades sont éveillés ou livrés au sommeil ! »[138]

  

Mérouan lui répondit : « Celui qui est sur les lieux voit ce que ne peut apercevoir celui qui se trouve absent. Coupe donc le mal qui s'est manifesté près de toi. » Nasr dit à ses officiers : « Votre maître vous apprend qu'il ne peut vous secourir. »

  

Mérouan recevait incessamment des nouvelles du Khorassan ; chaque jour ses affaires empiraient, et sa puissance s'affaiblissait Ayant appris que le personnage vers lequel les Dais appelaient le peuple, était Ibrahim l'Imam, frère d'Alsaffah et d'Almansor, il le fit arrêter dans l'endroit qu'il habitait, conduire et enfermer à Harrân où il le fit empoisonner.[139]

  

Il y eut plusieurs combats et plusieurs chocs entre Abou Moslem et Nasr ben Sayyar, ainsi que d'autres émirs du Khorassan, dans lesquels la victoire resta au Mussawadéh.[140] On donnait ce nom aux troupes d'Abou Moslem, parce que c'était la couleur noire qu'ils avaient choisie pour livrée des Abbassides. Mais considère la puissance du Dieu très haut, et comment, lorsqu'il veut une chose, il en prépare les causes. Car rien ne peut s'opposer à l'exécution de ses volontés. Lors donc qu'il eut décrété que la souveraineté serait transférée dans la branche des Abbassides, il disposa pour eux tout ce qui pouvait amener cet événement. Ibrahim l'Imam, fils Ali ben Abd-Allah ben Abbas était dans l'Hedjaz ou la Syrie, se tenant sur son Mossala, livré à la méditation et aux pratiques du culte, occupé des affaires de sa, maison, et ne participant point aux avantages du monde ; et les habitants du Khorassan combattaient, sacrifiaient leurs vies et leurs richesses pour sa cause, quoique la plupart d'entre eux ne le connussent point et ne pussent appliquer son nom à sa personne. Fixe tes regards sur l'Imam Ibrahim ; il vivait dans cet état de retraite et d'isolement du monde, habitant l'Hedjaz ou la Syrie, et comptait une armée nombreuse dans le Khorassan, armée qui versait généreux sèment son sang pour lui, et à laquelle il ne donnait ni paye, ni monture, ni armes : au contraire elle lui payait le tribut, et lui apportait chaque année les impôts.

  

Lorsque Dieu eut résolu d'avilir Mérouan, et de détruire la souveraineté des Omeyades, ce prince était reconnu pour calife, avait des troupes à ses ordres, possédait des richesses et des armes : rien ne lui manquait. Mais les hommes se séparèrent de lui ; son autorité s'affaiblit, le fil des affaires politiques se mêla, et la puissance de ce prince s'évanouit de jour en jour, jusqu'au moment où il fut mis en fuite et tué. Que Dieu soit exalté !

  

Lorsque le parti d'Abou Moslem se fut fortement établi par l'envahissement du Khorassan, et la soumission de ses districts, cet officier se dirigea vers l'Irak à la tête d'une armée. L'arrestation d'Ibrahim l'Imam, ordonnée par Mérouan, sa détention à Harrân, avaient effrayé Al-Saffâh et Almansor, ses frères, et plusieurs de leurs proches ; ils allèrent chercher un asile à Koufah. Les Abbassides avaient des partisans dans cette ville ; de leur nombre était Abou Salamah, Hafs ben Soleïman Alkhallal, l'un des chiites les plus puissants de l'endroit, et qui devint plus lard vizir d'Al-Saffâh. Ce prince le fît ensuite mourir, ainsi que nous le dirons ci-après, en parlant des vizirs. Abou Salamah choisit à Koûfa une maison retirée pour ces fugitifs, la leur fit préparer, dirigea lui-même leurs affaires, tenant leurs projets cachés ; les Chiites se réunirent à lui et le parti de Abbassides se fortifia.

  

Abou Moslem arriva devant Koufah avec ses troupes ; il entra chez les Abbassides, disant : « Qui d'entre vous est le fils d’Alharetsiyéh ? Almansor lui répondit : le voici, et il lui montra Al-Saffâh. En effet celui-ci était fils d'une femme de la tribu de Harets. Abou Moslem le salua du nom de calife. Al-Saffâh sortit de sa maison, accompagné de ses frères, de ses oncles, de ses proches, ainsi que des principaux chiites, et précédé d'Abou Moslem, et se rendit à la grande mosquée. Il y pria, monta en chaire, déclara ses projets, prononça la Khothba et fut à l'instant proclamé calife. Cet avènement à la souveraineté eut lieu en l'année 132 de l'hégire (= 749 de J. C.), et de cette époque datent le commencement de la souveraineté des Abbassides, et la fin de la dynastie des Omeyades. Après cette cérémonie, Al-Saffâh alla camper en-dehors de Koûfa : le peuple des différentes contrées se rendit auprès de lui et le reconnut. Dès qu'il se vit à la tête d'un rassemblement considérable, et que ses forces se furent accrues, il envoya un de ses proches contre Mérouan Alhimar ; c'était son oncle Abd-Allah ben Ali, l'un des hommes les plus courageux d'entre les Abbassides, Abdallah se dirigea vers Mérouan, et le rencontra sur les bords du Zab. Ce prince avait avec lui cent mille hommes ; les troupes d'Abd-Allah étaient en moindre nombre. Mais Dieu agit en sa faveur.

  

Récit de la bataille du Zab ; avilissement et fuite de Mérouan.

  

Les deux armées s'étant rencontrées sur les bords du Zab, Mérouan dit à quelques-uns de ses officiers : « Si le soleil se couche aujourd'hui, sans que l'ennemi nous attaque, le califat nous appartient, et nous les posséderons jusqu'à la fin des siècles, jusqu'à la venue du Messie.[141] » En conséquence, il ordonna à ses troupes de s'abstenir de toute attaque, dans l'intention que le jour s'écoulât sans qu'il y eût de combat. Il fit demander la paix à Abd-Allah. Celui-ci répondit : « Il n'a point dit vrai : Si Dieu le permet, le soleil ne se couchera point que je ne l'aie forcé à remonter à cheval. » Mais, par un de ces hasards extraordinaires, un proche parent de Mérouan chargea sur un détachement de l'armée d'Abd-Allah ben Ali. Mérouan le réprimanda vivement sans en être écouté. Il s'établit un rude combat. Abd-Allah ordonna à ses troupes de se préparer à l'attaque : elles sautèrent sur leurs chevaux et tendirent leurs lances. Abd-Allah ben Ali s'écria : « O mon Seigneur ! jusqu'à quand combattrons-nous pour toi ? » Puis il ajouta : « O habitants du Khorassan ! Vengez Ibrahim l'Imam ! » Le combat devint plus acharné. Lorsque Mérouan donnait un ordre à ses soldats, on lui répondait : commande à d'autres. Enfin la désobéissance en vint à ce point, qu'ayant ordonné au commandant de sa garde, de mettre pied à terre, cet officier lui répondit : « Certes, je ne me précipiterai point dans une perte certaine. » Mérouan l'ayant menacé, il en reçut cette réponse. « Je désire que tu puisses réaliser les menaces. » Lorsque Mérouan vit la tiédeur de ses troupes, et les dispositions de l'armée d'Abd-Allah ben Ali, il plaça devant les siens beaucoup d'or, et dit : « Combattez et cet or est à vous. » Les soldats tirèrent peu à peu tout cet or. Alors quelqu'un vint dire à Mérouan : « Maintenant qu'ils ont pris l'argent, nous appréhendons qu'ils ne s'en aillent avec ce qu'ils ont reçu. » Mérouan ordonna donc à son fils d'aller se placer sur les derrières de l'armée, et de tuer tous ceux qui se débanderaient, emportant avec eux de l'argent. Le prince se mit en devoir d'obéir, et partit avec son étendard. Lorsque les soldats virent le mouvement rétrograde de l'étendard, ils s'écrièrent : « Fuyons, fuyons ; » alors la déroute devint complète, sans en excepter Mérouan : Les troupes passèrent le Tigre, et il périt plus de monde dans ce passage qu'il n'y en eut de tué. Alors Abd-Allah ben Ali récita ce verset de l'Alcoran : « Voilà que nous avons séparé pour vous les eaux de la mer ; nous vous avons délivré, et nous avons submergé le peuple de Pharaon.[142] »

  

Récit de la mort de Mérouan Alhimar.

  

Mérouan ne cessa de fuir jusqu'à ce qu'il eût atteint Mossoul. Les habitants coupèrent le pont, et l'empêchèrent de passer le fleuve. Ceux qui l'accompagnaient crièrent : « O habitants de Mossoul ; c'est l'émir des croyant que vous voyez ; il désire passer le fleuve. » Le peuple de Mossoul répondit : Vous nous en imposez : L'émir des croyants ne prend point la fuite. » Puis ils chargèrent d'injures le malheureux calife, et lui dirent : « Louanges à Dieu qui a mis un terme à votre puissance, et a fait disparaître la souveraineté de ta maison ! Louanges à Dieu qui nous a donné la famille de notre prophète ! » Lorsque Mérouan entendit ces paroles, il s'avança plus loin, passa le Tigre et vint à Harran. De là il se rendit à Damas, puis en Egypte, où il fut suivi par Abd-Allah ben Ali. Ce dernier envoya sur ses traces un de ses Lieutenants, qui rencontra Mérouan dans un bourg du Saïd, nommé Boussir.[143] Mérouan marcha contre lui et l'attaqua avec le monde qui l'accompagnait. L'officier Abbasside dit à ses soldats : « Si nous attendons que le matin sort venu, et que l'ennemi voie notre nombre, il nous massacrera : aucun de nous n'échappera. Préparez-vous donc à combattre. » En disant ces mots, il rompit le fourreau de son épée. Ses officiers imitèrent son exemple, et chargèrent la troupe de Mérouan, qui prit la fuite. Un soldat Abbasside attaqua le calife, sans le connaitre, le perça de sa lance et le renversa. Un autre soldat s'écria : « Le calife est renversé ! » Aussitôt on accourut et on se pressa autour de lui. Un homme de Koûfa s'avança et lui coupa la tête, et, après l'avoir examinée attentivement, on en arracha la langue, qu'une chatte dévora, ensuite on porta cette même tête à Al-Saffâh, qui se trouvait alors à Koûfa. Dès qu'il la vit, il se mit à genoux, et élevant la tête vers le ciel, il s'écria : « Rendons grâce à Dieu, qui m'a accordé la victoire et n'a point laissé sans exécution, la vengeance que j'avais à tirer de toi. »

  

« Quand même ils auraient bu mon sang, ils ne se seraient point désaltérés, et leur sang ne saurait étancher ma soif, tant ma colère est ardente.[144] »

  

Cet événement rendit Al-Saffâh maître absolu de l'autorité souveraine.

Dimanche 26 JUIN 2016

 

Jongleur, acrobate, danseur, metteur en scène, Yoann Bourgeois est l’auteur de spectacles qui tournent en France et ailleurs. Le Théâtre Firmin Gémier / La Piscine lui a proposé une carte blanche dans le Parc de la Maison Chateaubriand pour le festival Solstice.

  

Fasciné par ce qu’il a baptisé « point de suspension », il nous a invité à partir à sa recherche avec toute une série de dispositifs, nichés dans le cadre somptueux du Parc de la Maison Chateaubriand.

 

Plus ingénieuses les unes que les autres, ces machines à rêves nous ont offert des moments de cirque comme suspendus dans le temps : là, ce fut un trampoline ou une balance grandeur nature qui envoient un corps tournoyer dans les airs ; ici, un tube géant rempli d’eau, dans lequel un acrobate se met à danser en apnée ; là encore, une perche courbe au bout de laquelle semble flotter une trapéziste… Entre les arbres centenaires, les corps s’envolaient, retombaient et s’envolaient à nouveau : un laboratoire de création à ciel ouvert, pour une promenade en apesanteur.

 

En compagnie de la fine fleur du cirque contemporain Chloé Moglia, Jörg Müller, Marie Fonte et de la musicienne Laure Brisa, ce fut une journée de cirque exceptionnelle.

Kerkouane © Salamboo Sarcophage de la princesse Kerkouane au Musée du site archéologique de Kerkouane (Cap Bon)

Site ac versailles :

Les origines orientales de la déesse Tanit sont désormais admises. Les archéologues ont découvert que le culte de cette déesse était pratiqué par les Phéniciens d’ Orient qui l’introduisirent en Méditerranée Occidentale, en premier lieu à Carthage. C’était une déesse que les Carthaginois nommaient « oum » d’où le nom arabe signifie « mère » car elle est ressenti par ses fidèles comme la dame par excellence, c’est-à-dire celle qui veillait à la fécondité, à la naissance, la croissance, à la formation et à la protection de la communauté d’où elle fut honorée du titre de « Rabbat ».

 

La déesse Tanit a été rapprochée de la déesse Anat, de Ashérat, de la « grande mère toute puissante » reconnu par plusieurs divinitées greques, romaines et égyptiennes.

 

Modèle équipé du canon 7,5 cm KwK 40 L/43 qui fut rebaptisé Ausf. G. Nous sommes peut-être dans les plaines du Caucase.

Vogelplas Sterrevaart Leidschendam 27-1-2025

La galaxie spirale NGC 3810 (Hubble) est située à 50 millions d'années-lumière de la Terre dans la constellation du Lion (Leo). Sa région centrale brillante forme de nombreuses nouvelles étoiles et surpasse de loin les régions périphériques de la galaxie. Plus loin, celle-ci présente des nuages de poussière d'une richesse remarquable le long de ses bras spiraux. De jeunes étoiles bleues et chaudes apparaissent dans des amas géants loin du centre et les bras sont également parsemés de géantes rouges brillantes.

 

En l'an 2000, fut découverte une deuxième supernova dans la galaxie en un court laps de temps, après une autre découverte en 1997. La caméra avancée de Hubble de la NASA/ESA a capturé cette image à travers trois filtres laissant passer respectivement les rayons bleu, vert et proche infrarouge (F435W, F555W et F814W). Les temps d'exposition étaient d'environ sept minutes par filtre et le champ de vision d'environ 3,4 x 1,7 minute d'arc (cf. ESA/Hubble et NASA).

 

Pour situer la galaxie spirale NGC 3810 (Hubble) dans la constellation du Lion (Leo) :

www.flickr.com/photos/7208148@N02/48767269302

Montrichard (Loir-et-Cher)

  

L'église Sainte-Croix.

 

Une chapelle castrale fut édifiée au même endroit que l'église actuelle au XIe siècle. Elle doit son nom à une relique de la vraie croix, rapportée de Jérusalem, offerte par Foulque Néra. Sainte Jeanne de France*, fille de Louis XI, y a été mariée, avant de devenir la fondatrice de l'ordre monastique des Annonciades en 1502.

 

Reconstruite au XVIIIe siècle, la chapelle devint église paroissiale.

  

* Jeanne de France était la deuxième fille de Louis XI et de Charlotte de Savoie. Elle nait le 23 avril 1464 à Nogent-le-Roi. Elle sera élevée par sa mère, avec sa soeur aînée Anne, à Amboise, pendant cinq ans.

Peu avant la naissance du futur Charles VIII, le roi Louis XI, son père, l'expédie dans le Berry, en 1569 à l'âge de 5 ans. L'enfant qui sera surnommée plus tard «Jeanne l'Estropiée», ou «Jeanne la boiteuse» souffre déjà de déformations qui s'accentueront avec l'âge: scoliose, rachitisme, développement inégal des jambes, une épaule plus basse que l'autre, petite taille.

Dans le Berry, à Linières, la petite Jeanne sera élevée par un cousin du roi, François de Linières, et sa femme, Anne de Culan, contre une pension annuelle de 1200 livres. Ses parents adoptifs, sans enfant, prirent soin d'elle et de son éducation, lui apprenant à lire et écrire, l’arithmétique, la poésie et les arts, la broderie et la tapisserie ainsi que la pratique du luth. Fervents chrétiens, ils lui inculquèrent une foi solide.

Dans le cadre de sa politique d'alliance, Louis XI avait fiancé Jeanne à l'âge de 26 jours, à Louis d'Orléans (futur Louis XII), 2 ans. Le contrat de mariage sera signé le 8 octobre 1473, à Jargeau, alors que Jeanne a 9 ans, et Louis d’Orléans, 11 ans. Lors de la signature de ce contrat, seul Louis est présent, la petite Jeanne étant absente. Lorsque Louis et sa mère Marie de Clèves découvrent la fillette, boiteuse, difforme, ils ont un choc, le futur mari fait demi-tour et la future belle-mère s'évanouit. Malgré tout, après avoir obtenu une dispense de Rome, Louis et Jeanne étant cousin, le mariage est célébré à Montrichard le 8 septembre 1476. Etaient présents, Charlotte la mère de Jeanne, l'évêque d'Orléans, mais ni Louis XI ni Marie de Clèves. Le lendemain, Louis d'Orléans présente sa femme Jeanne à la population de Blois, puis Jeanne repart vers Linières, seule. Pendant que Jeanne mène une vie de prières et de charité, de son côté, Louis mènera une vie de plaisirs et de débauche. Ce qui n'empêchera pas sa femme de se précipiter au chevet de son mari, en avril 1483, quand celui-ci sera atteint de la petite vérole.

A la mort de Louis XI (août 1483), Louis d'Orléans échoue à obtenir la régence, les Etats Généraux la confieront à la soeur aînée de Charles VIII, Anne de France dite Anne de Beaujeu par son mariage, le seul fils de Louis XI, ayant alors 13 ans.

Une coalition de seigneurs orchestrée par Louis d'Orléans entreprend de vouloir soustraire le roi à ses tuteurs, ce sera la Guerre Folle. La rébellion tourne à l'avantage de la famille de Beaujeu et Louis d'Orléans est fait prisonnier à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier le 28 juillet 1488.

Pendant ses trois ans de captivité, Jeanne rendra visite à son mari, et intercédera auprès de son frère le roi pour le faire fléchir, et finalement Charles relâche le prisonnier fin juin 1491 et le nomme gouverneur de Normandie.

Reconnaissant, à son retour de prison, Louis consent à garder jeanne près de lui, il lui confiera même ses biens lors de son départ pour l'Italie, à la suite de Charles VIII (il en profite pour essayer, en vain, de conquérir le Milanais à son profit).

Après son retour en France, il s'éloignera de nouveau de Jeanne, mais la laissera libre de sortir de Linières et d'aller et venir de châteaux en châteaux.

Le 7 avril 1498, le roi Charles VIII est à Amboise avec sa femme Anne de Bretagne. En grande envie d'asister à un jeu de paume, le roi en voulant emprunter l'escalier se heurte le front contre le linteau d'une porte basse. Il se relève et pour assister à la partie. Ce n'est que le soir qu'il tombera inanimé puis décédera quelques heures plus tard. Tout roi qu'on est, il faut savoir baisser la tête.

Charles VIII n'ayant pas eu d'enfant vivant, Louis d'Orléans, frère du roi défunt, montera sur le trône sous le nom de Louis XII, sans rencontrer d'opposition.

Louis XII tiendra Jeanne à l'écart et lui interdira d'assister au sacre le 27 mai 1498. Le nouveau roi entamera immédiatement une procédure d'annulation de son mariage avec Jeanne, pour se remarier avec la veuve de Charles VIII, Anne de Bretagne, ce remariage lui permettant de garder le duché de Bretagne.

La procédure est basée sur le traité de Langeais qui réunissait le royaume de France et le duché de Bretagne : Lorsque Charles VIII épouse Anne de Bretagne à Langeais, en 1491, il fut prévu que Anne devrait épouser Louis, le frère de Charles, si celui-ci venait à mourir avant qu'il eut un héritier mâle, ce qui advint. L'affaire était compliquée, Anne étant déjà mariée, elle avait du faire annuler celui-ci pour épouser Charles, enfin, Charles mort, Louis étant également marié, il du aussi faire annuler le mariage pour pouvoir épouser Anne. Louis envoie donc la demande d'annulation de son mariage avec Jeanne de France, à Rome, en se basant sur le traité de Langeais, mais le pape Alexandre Borgia transmet le dossier à un tribunal ecclésiastique à la cathédrale Saint-Gatien de Tours, en mentionnant les motifs d'annulation admis par le droit canon. De son côté Anne, qui veut récupérer son duché, exige une promesse de mariage de Louis, sans quoi Anne pourrait reprendre Nantes et Fougère. Louis intente donc un procès à Jeanne en présentant deux clauses de nullité : le non-consentement et la non-consommation. Les époux étant mariés depuis plus de vingt ans, le non-consentement n'est pas retenu, reste la non-consommation. Les avocats de Louis font valoir que la difformité de Jeanne prouve la non-consommation : "imparfaite, viciée, maléficiée de corps, inapte au commerce avec l'homme". Jeanne est interrogée et répond que : "aucun défaut corporel ne lui interdisait l'union charnelle et que son mariage avait été consommé, même sachant qu'elle n'était pas aussi belle que la plupart des femmes, cela ne l'empêchait pas d'être apte au mariage et à la maternité". Louis se rendant alors compte qu'il risque de paraître soit faible soit menteur, finit par admettre, fin octobre 1498, que le mariage avait bien été consommé. C'est alors qu'une lettre signée de Louis XI est retrouvée qui précise que "Louis d'Orléans ne pouvait refuser le mariage sans quoi il risquait la mort et que Jeanne était stérile et mpropre au mariage". Louis prête alors serment sur l'Evangile qu'il "ne couchait jamais avec son épouse nu à nu". Le pape Alexandre VI Borgia, acceptera finalement l'annulation du mariage, en échange du Valentinois donné à son fils César Borgia.

Le 8 janvier 1499, Louis XII épouse à Nantes la reine Anne de Bretagne, veuve de Charles VIII. Jeanne reçu en compensation le titre de duchesse de Berry et fonda à Bourges la congrégation mariale de l'Annonciade, congrégation dont la spécificité est l'imitation des vertus de Marie : "prudence, pureté, humilité, vérité, louange, obéissance, pauvreté, patience, piété et compassion". Elle s'installera à Bourges à partir de février 1499 et aidera les habitants lors de l'épidémie de peste. Elle se préoccupe de la misère, de l'éducation et de la justice pour son peuple qui la surnommera "la bonne duchesse". Elle prononcera ses voeux en 1503 et meurt 2 ans plus tard, le 4 février 1505 à l'âge de 41 ans. Louis XII lui fit faire des funérailles grandioses.

Une demande de canonisation est lancée en 1614. Jeanne est béatifiée le 18 juin 1742 par Benoît XIV. Elle sera canonisée par Pie XII le 8 mai 1950. Elle est la quatrième reine de France faite sainte, après Clotilde (la femme de Clovis), Radegonde (femme de Clotaire Ier, fils de Clovis) et Bathilde (une ancienne esclave devenue reine en épousant Clovis II).

  

www.mariedenazareth.com/qui-est-marie/sainte-jeanne-de-fr...

fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_de_France_(1464-1505)

www.histoire-pour-tous.fr/histoire-de-france/3949-jeanne-...

Cathédrale de l'Incarnation (Grenade)

 

source WIKIPEDIA

 

La cathédrale de l'Incarnation de Grenade est un édifice de la Renaissance, bâti à partir du xvie siècle dans la ville espagnole de Grenade, en Andalousie. Cette cathédrale, considérée comme la toute première église construite en style Renaissance en Espagne1, fut envisagée dès le règne des Rois catholiques, et sa construction fut commencée sous Charles Ier, pour s’achever en 1704, sous le règne de Philippe V.

 

Dédiée au mystère de l'Incarnation, elle est le siège de la province ecclésiastique de Grenade, dont l'archevêque étend son autorité sur les diocèses d'Almería, Carthagène, Guadix, Jaén et Malaga. La cathédrale est classée Monument national depuis 1929.

 

Suite à la reconquête de la ville en 1492, les Rois Catholiques envisagent la construction d'une cathédrale sur le site de l'ancienne grande mosquée nasride de Grenade. Dès le 21 mai 1492 est fondée l'église cathédrale de Grenade, siège du nouveau diocèse. En 1505, la construction est projetée, et sa conception est confiée à Juan Gil de Hontañón et à Enrique Egas, qui travaillent déjà sur la Chapelle royale de la ville. Les travaux commencent en 1518. Les deux architectes prévoient la construction d'un édifice gothique, sur le modèle de la Cathédrale de Tolède, comme cela est encore le cas en de nombreux endroits d'Espagne (Ségovie, Salamanque...). Leur projet est néanmoins abandonné en 1523, peu après le début du chantier.

 

On adopte alors les plans de l'architecte Diego de Siloé, qui travaille déjà sur le monastère de San Jerónimo à Grenade4. Diego de Siloé prévoit de reprendre les bases du dessein antérieur, et d'élever à parptir de celui-ci un édifice pleinement renaissance. Il va mener les travaux de 1528 jusqu'à sa mort, en 1563. Divers architectes se succèdent pour diriger le chantier, selon les plans maniéristes élaborés par leur prédécesseur : Juan de Maeda, Alonso Cano et Teodoro Ardemans.

 

En 1590, une première modification importante du plan initial intervient. En raison des fondations trop fragiles, le projet d'élever deux hautes tours de 80 mètres pour encadrer la façade, est abandonné en 1590 sur ordre de Philippe II. Seule une tour a été bâtie ; elle est arasée, sa hauteur se limitant à 51 mètres. En 1665, Alonso Cano parvient à convaincre le chapitre de modifier le projet initial. La construction prend alors une allure plus baroque. Suite au décès de Cano en 1667, la direction du chantier est confiée à Melchior de Aguirre, qui achève l’œuvre en juillet 1703.

 

La cathédrale de Grenade prend place au cœur du centre historique de la ville, entre la Gran vía Colón et la Calle Reyes Católicos. Entourée par des édifices d'importance comme la Chapelle royale (Capilla Real), la bourse de commerce (Lonja) ou l'ancien marché de la soie (Alcaicería), elle trône sur la place de las Pasiegas, qui offre bien peu de recul pour contempler la grandiose façade de l'édifice. Diego de Siloé a conçu un vaste édifice de 115 mètres sur 67, qui constitue : « "(…)un ensemble alliant pureté, élégance des formes, et blancheur immaculée de la pierre." »

 

Le monument représente un des sommets de l'architecture de la Renaissance en Espagne, tout en intégrant des éléments décoratifs puisés dans l'art gothique (plan et voûtes) et l'art baroque (façade), témoignant de la longueur du chantier, qui s'est étalé sur près de deux-cents ans. Son influence fut très importante dans les constructions de ce type postérieures en Andalousie.

 

ENGLISH

 

Granada Cathedral

 

From Wikipedia, the free encyclopedia

 

The cathedral of Granada.

Granada Cathedral, or the Cathedral of the Incarnation (Spanish: Catedral de Granada, Catedral de la Anunciación) is the cathedral in the city of Granada, capital of the province of the same name in the Autonomous Region of Andalusia, Spain. The cathedral is the seat of the Archdiocese of Granada.

 

Unlike most cathedrals in Spain, construction of this cathedral had to await the acquisition of the Nasrid kingdom of Granada from its Muslim rulers in 1492; while its very early plans had Gothic designs, such as are evident in the Royal Chapel of Granada by Enrique Egas, the construction of the church in the main occurred at a time when Spanish Renaissance designs were supplanting the Gothic regnant in Spanish architecture of prior centuries. Foundations for the church were laid by the architect Egas starting from 1518 to 1523 atop the site of the city's main mosque; by 1529, Egas was replaced by Diego de Siloé who labored for nearly four decades on the structure from ground to cornice, planning the triforium and five naves instead of the usual three. Most unusually, he created a circular capilla mayor rather than a semicircular apse, perhaps inspired by Italian ideas for circular 'perfect buildings' (e.g. in Alberti's works). Within its structure the cathedral combines other orders of architecture. It took 181 years for the cathedral to be built.

 

Subsequent architects included Juan de Maena (1563-1571), followed by Juan de Orea (1571-1590), and Ambrosio de Vico (1590-?). In 1667 Alonso Cano, working with Gaspar de la Peña, altered the initial plan for the main façade, introducing Baroque elements. The magnificence of the building would be even greater, if the two large 81 meter towers foreseen in the plans had been built; however the project remained incomplete for various reasons, among them, financial.

 

The Cathedral had been intended to become the royal mausoleum by Charles I of Spain of Spain, but Philip II of Spain moved the site for his father and subsequent kings to El Escorial outside of Madrid.

 

The main chapel contains two kneeling effigies of the Catholic King and Queen, Isabel and Ferdinand by Pedro de Mena y Medrano. The busts of Adam and Eve were made by Alonso Cano. The Chapel of the Trinity has a marvelous retablo with paintings by El Greco, Jusepe de Ribera and Alonso Cano.

 

ESPANOL

 

La Santa Iglesia Catedral Metropolitana de la Anunciación de Granada es un templo católico de la ciudad española de Granada, comunidad autónoma de Andalucía, sede de la archidiócesis de la ciudad. El templo es una de las obras cumbres del Renacimiento español.

 

Nave central, capilla mayor y bóvedas de la catedral de Granada.

Durante el renacimiento, el Reino de Granada, al igual que Galicia, conformó un centro artístico independiente del estilo predominante en el resto de la península, el herrerianismo.

 

Con el reinado de Carlos I de España se llevarán a cabo numerosas construcciones en la ciudad de Granada, dada la intención del monarca en convertir a la urbe en el modelo de ciudad del siglo XVI. Así la construcción de la catedral de Granada será coetánea a las de el palacio cristiano de la Alhambra, la Universidad y la chancillería (actual sede del Tribunal Superior de Justicia de Andalucía - TSJA).

 

Columnas y bóvedas de la catedral de Granada.

El primer proyecto fue encomendado en 1506 a Enrique Egas que concibió un templo de estilo gótico, tomando como modelo la Catedral de Toledo. Las obras comenzaron, bajo la dirección del propio Egas, con la colocación solemne de la primera piedra el 25 de marzo de 1523. Sin embargo, fue Diego de Siloé quien, en 1529, se encargó de las obras, que se concluirán en 1563, presentando un nuevo proyecto mucho más ambicioso. El autor trazó las líneas renacentistas de todo el edificio sobre los cimientos góticos, con girola y cinco naves en lugar de las tres habituales, combinando en su estructura elementos de otros órdenes arquitectónicos.

 

Con la llegada de la política centralista de Felipe II y, especialmente, con la expulsión de los moriscos de 1609, la región perdió gran parte de su fuerza económica y quedó relegada frente a otros centros locales. Sin embargo, sí se continuó desarrollando proyectos artísticos de importancia. Es el caso de la reforma de la fachada principal emprendida por Alonso Cano (1601 – 1667) en 1664 en la que se introdujeron elementos barrocos.

 

La magnificencia del proyecto hubiese sido aún mayor si se hubieran erigido las dos grandes torres de ochenta y un metros de altura previstas en los planos. El proyecto no fue terminado por diversos problemas, entre ellos la muerte de Alonso Cano en 1667, y otros económicos, por lo que finalmente, en 1684, la Catedral quedó con una torre, formada solo por tres cuerpos en lugar de los seis previstos y con un total de cincuenta y siete metros de altura.

 

Interior de la catedral de Granada antes de que se suprimiera el coro. Fotografía de J. Laurent, ca. 1881.

En 1706 Francisco de Hurtado Izquierdo y posteriormente su colaborador José Bada construyeron el actual sagrario de la catedral. En él, el autor rompió su tendencia rococó, respetando la sobriedad de líneas y la estructura clásica del resto del conjunto.

 

La catedral de Granada es de planta rectangular debido a que sus cinco naves cubren por completo el crucero, que no llega a destacar sobre la planta. Las cinco naves están escalonadas en alturas, siendo mayor la central. En los pies de la catedral, se sitúan las dos torres, siendo la del lado izquierdo, llamada torre de san Miguel, un contrafuerte que sustituyó a la torre prevista en ese lado.

 

La capilla mayor está compuesta por una serie de columnas corintias sobre cuyo capitel se encuentra el entablamento y sobre éste, la bóveda, que alberga, al igual que los espacios inferiores sobre las columnas, una serie de ventanales con delicadas vidrieras.

 

La fachada está constituida por una estructura encuadrada en forma de arco del triunfo con portadas y lienzos de empotrados. Está formada por tres ejes coronados por arcos de medio punto sostenidos sobre pilastras, de forma similar a San Andrés de Mantua de Leon Battista Alberti. Las pilastras no tienen capiteles sino resaltes esculpidos en la pared, así como medallones de mármol adosados. Encima de la puerta principal se ubica un tondo en mármol de José Risueño sobre la Anunciación. Destaca también la presencia en la parte superior de un jarrón con azucenas, aludiendo al carácter virginal y puro de la madre de Dios.

 

El sagrario, elevado entre 1706 y 1759, sigue las proporciones clásicas del conjunto, manteniendo las columnas múltiples del crucero las formas del orden compuesto de Siloé.

Une vue de la rue Berri depuis la rue St-Grégoire.

 

C’est vers 1810, à la limite nord de l’actuel arrondissement du Plateau Mont-Royal, que fut découverte dans le sol la présence de pierre calcaire. Dès lors, de nombreuses carrières furent aménagées afin d’extraire ce précieux matériau de construction. Furent également aménagés deux chemins permettant d’accéder à celles-ci; le chemin des Carrières et le chemin de Tanneries (l’actuelle rue Berri entre le boulevard St-Joseph et la rue St-Grégoire).

 

Vers 1846 fut créé en bordure du chemin des Tanneries le village du Coteau-Saint-Louis, aussi nommé village des pieds-noirs. En ces lieux, plusieurs carriers s’y construisirent de petites maisonnettes de bois, tandis que des familles plus aisées y firent ériger des maisons recouvertes de pierres.

 

Le village des pieds-noirs est peu à peu disparu suite à la fin de l’exploitation des carrières. Ne subsiste aujourd’hui que quelques rares demeures villageoises sur la rue Berri, entre les rues Garneau et St-Grégoire, ainsi que sur la rue Lagarde. L'édifice à logements que l'on aperçoit en avant-plan fut construit en 1959.

 

Source : BANQ

 

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Le château de Douvres domine le port plus proche de la France dont il assurait la défense. Ce point stratégique fut vraisemblablement fortifié dès l’âge du fer, les romains s’installent aussi sur place et élèvent un phare juste après l’invasion du pays (toujours visible aujourd’hui). Les saxons fortifient également les lieux tous comme les Normands pendant la conquête du pays ! Le château actuel doit beaucoup à Edouard II qui le fait considérablement agrandir entre 1179 et 1188, c’est à lui que l’on doit le splendide donjon palais. Jean sans Terre renforce encore les défenses : les Français commandé par Louis VIII (fils de Philippe II, dit Auguste) assiège le château en 1217, mais la défaite de Lincoln met fin à cette épisode. Suite à ces évènements Henri III fait améliorer les défenses du château (ajout de tours et de portes). En 1642, pendant la guerre civile, les habitants qui soutiennent le parlement s’emparent par surprise du château dont la garnison est restée fidèle au Roi. A la fin du XVIIIème siècle et pendant les guerres Napoléonienne le colonel Twiss renforcent considérablement la vieille forteresse, des casernes souterraines sont même creusées. Après cette période la vieille forteresse devient un quartier général tandis que la garnison est installée au fort Burgoyne (plus récent et mieux placé). En 1940 le vénérable château reprend du service au plus haut niveau puisqu’il abrite le quartier général pendant l’évacuation des 338000 hommes encerclés à Dunkerque, de l’artillerie dont des canons de DCA sont installés, un hôpital souterrain est construit ainsi que les quartiers généraux de trois services. L’armée occupe les lieux jusqu’en 1958, pendant la guerre froide des travaux sont encore réalisés dans les souterrains. En 1963 les travaux de préservation commencent. Aujourd’hui le site est géré par English Heritage, c’est un splendide musée de la fortification à ciel ouvert. La muséographie est excellente, le donjon est une stupéfiante évocation d’un donjon royal du XIIème avec des salles meublées et entièrement équipées ! Quand on voit ça on se dit que nos hauts fonctionnaires responsables du patrimoine Français devraient faire un stage obligatoire d’un an chez English Heritage. Concernant la muséographie des souterrains de la seconde guerre mondiale ça n’était pas vraiment possible de les visiter en tenue XIIIème mais ça sera pour une prochaine fois, il paraît que c’est tout autant saisissant que le donjon.

4533 R 281. - STRASBOURG. - La Gare Centrale Main Railway Station Edit. Ch. Bergeret, 11, Marché-Neuf, Strasbourg.

 

L'actuelle gare de passage de Strasbourg-Ville, construite à partir de 1878 par les autorités allemandes (elle fut alors appelée Zentral-Bahnhof), sur les plans de l'architecte berlinois Johann Eduard Jacobsthal, a été mise en service le 15 août 18834. Elle remplace dès lors la gare d'origine, en cul-de-sac et trop exiguë6 (mais qui reste néanmoins reliée au réseau ferroviaire, pour la desserte marchandises de sa nouvelle fonction : un marché couvert). Située sur un terrain des anciennes fortifications (dont des vestiges sont encore visibles) et au carrefour des grands axes internationaux Paris – Vienne et Bâle – Cologne, l'actuelle gare est à ses débuts non seulement une gare voyageurs, mais aussi une gare aux marchandises et une gare de triage. La vaste place en hémicycle se situant devant la façade de l'édifice a été déterminante pour le choix de l'emplacement de cette gare8.

 

La gare se compose d'un important bâtiment voyageurs, à plusieurs étages dont deux ouverts aux voyageurs : le rez-de-chaussée se situe au niveau de la place et l'étage supérieur au niveau des quais9. L'architecte s'est librement inspiré du style néo-Renaissance dans le dessin des façades. Le hall Central fut orné, de 1885 à 1918, de deux fresques représentant l'entrée de Frédéric Barberousse à Haguenau en 1164 et celle de Guillaume Ier à Strasbourg le 3 mai 1877, le tout pour célébrer l'union de l'Alsace-Lorraine à l'Allemagne. Dans ce même hall, sont toujours en place deux statues du sculpteur allemand Otto Geyer (de) ; elles représentent l'agriculture et l'industrie10. Côté voies, une grande marquise (ou halle métallique) a également été construite, afin d'abriter les voyageurs en attente sur les quais.

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En 1900, est créé un salon de l'empereur, dessiné par l'architecte Hermann Eggert. Accolé au côté sud du bâtiment central, est également ajouté un hall d'accès direct (orné de vitraux des frères Ott) à cet espace privatif10. Entre 1900 et 1906, de part et d'autre de la construction d'origine, des extensions (poste, bâtiment de police et hall d'arrivée)9, allongent les deux ailes, portant ainsi la longueur totale du bâtiment voyageurs à 128 mètres. Entre 1901 et 1936, ce sont trois nouveaux quais de 300 mètres qui sont construits. La gare de triage et la gare aux marchandises quittent le site respectivement en 1906 et 1912 – 1914, pour se déplacer vers les zones périphériques de l'agglomération ; seul subsiste un dépôt de matériel roulant.

 

D'autres extensions sont ultérieurement réalisées au nord et au sud (actuels boulevard du Président-Wilson et boulevard de Metz), et destinées à des fonctions administratives. En 2015, elles servent de bureaux pour la SNCF (direction régionale Alsace, côté boulevard du Président-Wilson, et établissement infrastructure et circulation, côté boulevard de Metz).

 

Le 19 juin 1919, la gare entre dans le réseau de l'Administration des chemins de fer d'Alsace et de Lorraine, à la suite de la victoire française lors de la Première Guerre mondiale. Puis, le 1er janvier 1938, cette administration d'État forme avec les autres grandes compagnies la SNCF, qui devient concessionnaire des installations ferroviaires strasbourgeoises. Cependant, après l'annexion allemande de l'Alsace-Lorraine, c'est la Deutsche Reichsbahn qui gère la gare pendant la Seconde Guerre mondiale, du 1er juillet 1940 jusqu'à la Libération (en 1944 – 1945).

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www.cparama.com/forum/post109119.html#p109119

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Le terme « Bildstock » se traduit par fût (Stock) à image (Bild) ou « fût porte-image ».

 

Selon E. Kieffer il s'agit « d'un monument religieux de plein air en pierre, érigé soit dans les rues des villages, soit au bord des chemins

.

Il se compose d'un fût rond ou polygonal de un à deux mètres de hauteur, élevé presque toujours sur un socle prenant quelquefois la forme et la hauteur d'une table d'autel.

Au-dessus de ce fût se trouve un édicule constitué d'un daix, d'un chapiteau ou d'une lanterne à un ou plusieurs côtés formant une ou plusieurs niches destinées à abriter des statuettes mobiles ou pré-sentant des arcatures avec dévidements plus ou moins profonds sur la pierre desquels sont sculptés des reliefs ».

Kirch propose une définition plus simple : « il s'agit d'un tronc en bois ou en pierre couronné d'une niche dans laquelle se trouve l'image du Christ en croix ou bien d'un autre saint, le tout protégé par un auvent ».

documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/43363/CL...

  

Érigé en 1610, il a souffert durant la deuxième guerre mondiale et a été réinstallé en avril 1947 puis restauré en 1991.

 

Le bildstock est particulièrement original par le style baroque voire rococo qu'il adopte. Une profusion de décors : angelots, fruits ou végétaux, remplit les surfaces.

 

Il est tout aussi riche en inscriptions qui adoptent la langue latine témoignage d'une culture.

En effet il ne s'agit pas d'un banal donateur mais du curé et du seigneur des lieux.

Pierre-Auguste Renoir est né à Limoges le 25 février 1841, sixième de sept enfants. Son père, Léonard Renoir (1799-1874) est tailleur, sa mère, Marguerite Merlet (1807-1896) est couturière. La famille vit alors assez chichement. En 1844, la famille Renoir quitte Limoges pour Paris, où son père espère améliorer sa situation. Pierre-Auguste y suit sa scolarité.

 

À l’âge de 13 ans, il entre comme apprenti à l’atelier de porcelaine Lévy Frères & Compagnie pour y faire la décoration des pièces. Dans le même temps, il fréquente les cours du soir de l’École de dessin et d’arts décoratifs jusqu’en 1862. À cette période il suit des cours de musique avec Charles Gounod qui remarque cet élève intelligent et doué[2].

 

1858 : à l’âge de 17 ans, pour gagner sa vie, il peint des éventails et colorie des armoiries pour son frère Henri, graveur en héraldique.

 

En 1862, Renoir réussit le concours d'entrée à l’École des Beaux-Arts de Paris et entre dans l’atelier de Charles Gleyre, où il rencontre Claude Monet, Frédéric Bazille et Alfred Sisley. Une solide amitié se noue entre les quatre jeunes gens qui vont souvent peindre en plein air dans la forêt de Fontainebleau.

 

Ses relations avec Gleyre sont un peu tendues et lorsque ce dernier prend sa retraite en 1864, Renoir quitte les Beaux-Arts. Cependant, alors que la première œuvre qu’il expose au salon (l’Esméralda 1864) connait un véritable succès, après l’exposition, il la détruit. Les œuvres de cette période sont marquées par l'influence d'Ingres et de Dehodencq dans les portraits, de Gustave Courbet (particulièrement dans les natures mortes), mais aussi d'Eugène Delacroix, à qui il emprunte certains thèmes (les femmes orientales, par exemple). En 1865, Portait de William Sisley et Soir d’été sont acceptés par le Salon, ce qui est plutôt de bon augure. Un modèle important à cette époque pour lui est sa maîtresse Lise Tréhot : c'est elle qui figure dans le tableau Lise à l'ombrelle (1867) qui figura au salon 1868, et qui suscita un commentaire très élogieux de la part d'un jeune critique nommé Émile Zola. Mais en général, la critique fut plutôt mauvaise, et de nombreuses caricatures parurent dans la presse.

 

On sait maintenant par Marc Le Cœur et Jean-Claude Gelineau qui ont publié une communication en 2002 dans le catalogue de l'exposition Renoir à Sao Paulo, l'existence de deux enfants qu'il avait eus au cours de sa longue liaison avec Lise Tréhot : Pierre né à Ville d'Avray, le 14 septembre 1868 (on ignore le lieu et la date de son décès) et Jeanne, née à Paris Xe, le 21 juillet 1870, décédée en 1934.

 

Le séjour que Renoir fit avec Monet à la Grenouillère (établissement de bains sur l'île de Croissy-sur-Seine, lieu très populaire et un peu « canaille » selon les guides de l'époque) est décisif dans sa carrière. Il peint véritablement en plein-air, ce qui change sa palette, et fragmente sa touche (Monet va beaucoup plus loin dans ce domaine). Il apprend à rendre les effets de la lumière, et à ne plus forcément utiliser le noir pour les ombres. Dès lors, commence véritablement la période impressionniste de Renoir.

  

Pierre-Auguste Renoir, Victor Chocquet, 1876Il expose avec ledit groupe de 1874 à 1878 (ou 1879?) et réalise son chef-d'œuvre : le Bal du moulin de la Galette, à Montmartre, en 1877 (Paris, Musée d'Orsay). Le tableau est acheté par Gustave Caillebotte, membre et mécène du groupe.

 

Cette toile ambitieuse (par son format d'abord, 1 m 30 x 1 m 70) est caractéristique du style et des recherches de l'artiste durant la décennie 1870 : touche fluide et colorée, ombres colorées, non-usage du noir, effets de textures, jeu de lumière qui filtre à travers les feuillages, les nuages, goût pour les scènes de la vie populaire parisienne, pour des modèles de son entourage (des amis, des gens de la « bohème » de Montmartre).

 

Autour de 1880, en pleine misère (Renoir n'arrive pas à vendre ses tableaux, la critique est souvent mauvaise), il décide de ne plus exposer avec ses amis impressionnistes mais de revenir au Salon officiel, seule voie possible au succès. Grâce à des commandes de portraits prestigieux - comme celui de Madame Charpentier et ses enfants - il se fait connaître et obtient de plus en plus de commandes. Son art devient plus affirmé et il recherche davantage les effets de lignes, les contrastes marqués, les contours soulignés. Cela est visible dans le fameux Déjeuner des Canotiers (1880-81) de la Phillips Collection (Washington), même si le thème reste proche de ses œuvres de la décennie 1870. On peut apercevoir dans ce tableau un nouveau modèle, Aline Charigot, qui deviendra sa femme en 1890 et la mère de ses trois enfants, Pierre, Jean (le cinéaste) et Claude dit "coco".

 

Les trois danses (Danse à Bougival, Boston; Danse à la ville et Danse à la campagne, Musée d'Orsay, vers 1883) témoignent aussi de cette évolution.

 

Entre 1881 et 1883, Renoir effectue de nombreux voyages qui le mènent dans le sud de la France (à l'Estaque, où il rend visite à Cézanne), en Afrique du Nord,où il réalise de nombreux paysages, et en Italie. C'est là-bas que se cristallise l'évolution amorcée dès 1880. Au contact des œuvres de Raphaël surtout (les Stanze du Vatican) Renoir sent qu'il est arrivé au bout de l'impressionnisme, qu'il est dans une impasse, désormais il veut faire un art plus intemporel, et plus sérieux (il a l'impression de ne pas savoir dessiner). Il entre alors dans la période dite ingresque ou Aigre, qui culmine en 1887 lorsqu'il présente ses fameuses Grandes Baigneuses à Paris. Les contours de ses personnages deviennent plus précis. Il dessine les formes avec plus de rigueur, les couleurs se font plus froides, plus acides. Il est plus influencé aussi par l'art ancien (notamment par un bas-relief de Girardon à Versailles pour les Baigneuses). Lorsqu'il devient papa pour la première fois d’un petit Pierre (1885), Renoir abandonne ses œuvres en cours pour se consacrer à des toiles sur la maternité.

 

La réception des Grandes Baigneuses est très mauvaise, l'avant-garde trouve qu'il s'est égaré (Pissarro notamment), et les milieux académiques ne s'y retrouvent pas non plus. Son marchand, Paul Durand-Ruel, lui demande plusieurs fois de renoncer à cette nouvelle manière.

 

De 1890 à 1900, Renoir change de nouveau son style. Ce n’est plus du pur impressionnisme ni du style de la période ingresque, mais un mélange des deux. Il conserve les sujets Ingres mais reprend la fluidité des traits. La première œuvre de cette période, les Jeunes filles au piano (1892, une des cinq versions est conservée au Musée d'Orsay), est acquise par l’État français pour être exposée au musée du Luxembourg. En 1894, Renoir est de nouveau papa d’un petit Jean (qui deviendra cinéaste, auteur notamment de La Grande Illusion et La Règle du jeu) et reprend ses œuvres de maternité. La bonne de ses enfants, Gabrielle Renard, deviendra un de ses grands modèles.

 

Cette décennie, celle de la maturité, est aussi celle de la consécration. Ses tableaux se vendent bien, la critique commence à accepter et à apprécier son style, et les milieux officiels le reconnaissent également (achat des Jeunes filles au piano cité plus haut, proposition de la légion d'honneur, qu'il refuse). Lors d'une mauvaise chute de bicyclette près d'Essoyes, village d'origine de son épouse Aline Charigot, il se fractura le bras droit[3]. Cette chute est considérée comme responsable, du moins partiellement, du développement ultérieur de sa santé. Des rhumatismes déformants l'obligeront progressivement à renoncer à marcher (vers 1905).

 

En 1903, il s'installe avec sa famille à Cagnes-sur-Mer, le climat de la région étant censé être plus favorable à son état de santé que celui des contrées nordiques. Après avoir connu plusieurs résidences dans le vieux village, Renoir fait l'acquisition du domaine des Collettes, sur un coteau à l'est de Cagnes, afin de sauver les vénérables oliviers dont il admirait l'ombrage et qui se trouvaient menacés de destruction par un acheteur potentiel[4]. Aline Charignot y fait bâtir la dernière demeure de son époux, où il devait passer ses vieux jours sous le soleil du midi, bien protégé toutefois par son inséparable chapeau. Il y vit avec sa femme Aline et ses enfants, ainsi qu'avec tout un tas de domestiques (qui sont plus des amis que des domestiques) qui l'aident dans sa vie de tous les jours, qui lui préparent ses toiles, ses pinceaux, etc. Il revient de temps en temps à Paris également. Les œuvres de la période sont essentiellement des portraits, des nus, des natures mortes et des scènes mythologiques. Ses toiles sont de plus en plus chatoyantes, et il utilise l'huile de façon de plus en plus fluide, tout en transparence. Les corps féminins ronds et sensuels resplendissent de vie.

  

Tombe de Renoir à Essoyes (Aube)Renoir est désormais une personnalité majeure du monde de l'art occidental, il expose partout en Europe et aux États-Unis, participe aux Salons d'automne à Paris , etc. L'aisance matérielle qu'il acquiert ne lui fait pas perdre le sens des réalités et le goût des choses simples, il continue à peindre dans son petit univers presque rustique. Il essaie de nouvelles techniques, et en particulier s'adonne à la sculpture, aiguillonné par le marchand d'art Ambroise Vollard, alors même que ses mains sont paralysées, déformées par les rhumatismes. De 1913 à 1918, il collabore ainsi avec Richard Guino, un jeune sculpteur d'origine catalane que lui présentent Maillol et Vollard. Ensemble, ils créent un ensemble de pièces considéré comme l’un des sommets de la sculpture moderne : Vénus Victrix, le Jugement de Pâris, la Grande Laveuse, le Forgeron (Musée d'Orsay). Après avoir interrompu sa collaboration avec Guino, il travaille avec le sculpteur Louis Morel (1887 - 1975), originaire d'Essoyes. Ensemble, ils réalisent les terres cuites, deux Danseuses et un Joueur de flûteau.

 

Sa femme meurt en 1915, ses fils Pierre et Jean sont blessés durant la Première Guerre mondiale.

 

Malgré tout, Renoir continue de peindre jusqu'à sa mort en 1919. Il aurait d'ailleurs, sur son lit de mort, demandé une toile et des pinceaux pour peindre le bouquet de fleurs qui se trouvait sur le rebord de la fenêtre. En rendant pour la dernière fois ses pinceaux à l'infirmière il aurait déclaré « Je crois que je commence à y comprendre quelque chose »[5] (qui résume la grande humilité avec laquelle Renoir appréhendait la peinture, et la vie).

 

Impulsif, nerveux et bavard, Renoir eut souvent des opinions contradictoires, mais il fut toujours loyal envers sa famille et ses amis. De tous les impressionnistes, c’est lui qui a peint avec le plus de constance les évènements et les plaisirs des gens « ordinaires ».

 

Le 3 décembre 1919, il s’éteint à Cagnes-sur-Mer, des suites d'une congestion pulmonaire[2], après avoir pu visiter une dernière fois le Musée du Louvre et revoir ses œuvres des époques difficiles. Il est enfin reconnu.

 

Il est enterré le 6 décembre à Essoyes, dans l'Aube.

fr.wikipedia.org/wiki/Auguste_Renoir

L’église Notre-Dame-de-la-Paix fut érigée de 1949 à 1950 à Verdun, sur un terrain à l’angle des rues Ethel et Strathmore. Son presbytère fut quant à lui érigé en 1947.

 

Les deux édifices tombent actuellement sous le pic des démolisseurs. Ils seront remplacés sous peu par un immeuble de six étages comprenant un centre de la petite enfance (CPE) et une ressource intermédiaire (RI) pour personnes âgées nécessitant des services de soutien et d’assistance.

 

© Tous droits réservés : Guillaume St-Jean

La cascade fut réalisée en 1880. Elle aurait été décidée par Albert Dumez, gendre du propriétaire, qui deviendra maire de Pomponne en 1900.

 

L’architecte, Alphonse Saint Ange Hottot, enfant du pays, né à Carnetin, s’est inspiré des célèbres cascades de Saint-Cloud, un des ouvrages hydrauliques les plus remarquables de France. Le geste fait sens puisque les jardins, dont la réalisation remonte à 1663, sont tracés d’après des dessins d’André Le Nôtre. Le célèbre jardinier du roi Louis XIV, avait en effet coutume d’intégrer des jeux d’eau dans ses jardins et le ru Bouillon qui traverse la commune avant de rejoindre la Marne se prêtait parfaitement à cette installation.

 

Le château de Pomponne

L’histoire du lieu débute officiellement vers 1107 avec Hugues de Pomponne qui s’oppose au roi de France Louis le Gros. Ce sont les premiers documents historiques dont nous avons trace.

Ancien point de passage obligé sur la Marne, d’abord à gué puis franchissement par pont, l’agglomération de Pomponne se développe autour de ce lieu de passage et donne naissance à une seigneurie qui se traduit par l’implantation d’une vaste propriété avec en son centre un château appelé Château de Pomponne en 1176 mais il s’agit d’une forteresse.

En 1489 L’officier des armées Martin Courtin reçoit, de Louis XII, en récompense de ses services, la seigneurie de Pomponne alors rattachée à la couronne. 3 générations de Courtin se succèdent sans interruption et donnent une des plus grande puissance et expansion à la terre de Pomponne.

Marie Courtin porta la seigneurie à Nicolas de Haqueville par mariage les Haqueville conservant le titre de seigneur de Pomponne jusqu’en 1619.

Grace à cette famille, le domaine sera de nouveau considérablement agrandi vers 1530. Ils achètent une foule de petites propriétés avoisinant le château, en particulier celle de MENYON qui était enclavée dans le parc et s’étendait de l’église jusqu’à l’allée de Bordeaux. Son annexion amena la destruction de beaucoup d’habitations, diminua singulièrement la population du village auquel elle supprima le chemin le plus direct pour se rendre à Bordeaux, Forest ou Monjay.

Le dernier Hacqueville décède sans enfant et c’est sa demi sœur Catherine de la Borderie qui en hérite et l’apporte en dote à son époux Robert Arnauld d’Antilly en 1613.

Le château fut alors reconstruit en 1663 par Robert à la place qu’il occupe aujourd’hui, l’ancien étant plus proche de la mairie, à l’extrémité du parterre actuel. Des fossés sont creusés et des ponts-levis construits. Robert fait également tracer les allées et les avenues du petit parc et des jardins d’après les dessins de Le Notre.

Il ordonne ensuite la clôture du grand parc et obtient par traité avec les habitants de Pomponne le passage sur leur terre des tuyaux de la grand fontaine et du miroir qui captent toutes les sources des environs et desservent en eau les bassins aménagés par son ordre.

Il complète toutes ces transformations en faisant construire en 1670 contre l’église une maison pour le maître d’école.

 

Son fils Simond Arnauld (1618-1699), diplomate, ministre et secrétaire d'état aux affaires étrangères, bien en cour au début du règne de Louis XIV, fut disgracié en 1662 à la chute de Fouquet dont il était l’ami. On dit qu’il avait contre lui Colbert et Louvois. Revenu en grâce, il obtint d’ériger la seigneurie de Pomponne en marquisat en 1682, à la grande joie de son amie Mme de Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné, dont on sait qu'elle visita à plusieurs reprise M. de Pomponne en son château.

En 1676, il obtient la modification du chemin de Paris à Lagny qui a pour but d’enclaver l’ancienne route dans le domaine, de démolir les maisons longeant le parc et de l’affranchir de toute servitude désagréable.

En 1679 il bâtit une arcade qui partant du parc allait rejoindre la rue Maquereau pour suivre ensuite l’allée d’ormes plantées par lui le long de la marne. En 1681 construction d’une chapelle particulière à côté du château et en 1682 le marquis de Pomponne achète la terre de Bordeaux.

A sa mort, son fils Nicolas Arnauld lui succède et fait bâtir l’école de pomponne en 1729 et dès lors, très en avance sur son temps, l’école est gratuite à Pomponne pour les filles et les garçons.

En 1756 les jardins sont modifiés.

En 1759 les terres et le marquisat sont vendus au marquis de Brou puis l’ensemble est cédé à M. Huvelin de Baviller qui commença la restauration du château, mort subitement, la propriété fut de nouveau vendue à M. Le Bas de Courmont qui entame des travaux et rachète à peu près toutes les terres alors concédées lors des successions difficiles. En 1794 il est guillotiné.

En 1821, sa veuve vend la propriété à M. Louis Dreux qui, à la demande de son fils Edouard Dreux (1803-1878), qui souhaitait s’installer à Pomponne, la remet en état. Il élargit la rue vieille (actuelle rue Louis Dreux, la plus ancienne de Pomponne) en 1830; Restaure l’église et la rend au culte en 1835.

En 1852, il rachète les jardins, les potagers et dépendances de l’ancienne ferme située à droite de l’avenue du Mail qui étaient devenues propriétés particulières. Il détruit la maison de maître et les bâtiments de la ferme et fait planter le jardin anglais.

 

En reconstruisant les murs, balustres et parapets du château on a trouvé une grande quantité de médailles portant millésimes 1663 qui indiquent la date à peu près certaine du château actuel.

 

Les allemands occupent le château en 1870, le pillent et dégradent le mobilier.

En 1871 Edouard Dreux répare les dégats et fait exhumer 30 soldats prussiens. Un mausolé leur a été élevé dans le cimetière communal.

A sa mort, son gendre M. Albert Dumez réalise les parterres et le château d’eau qui sont la reproduction en plus grand des cascades de Saint-Cloud dont l’architecte Hottot Saint-Ange s’inspira.

Les eaux vives ruissellent par les trop pleins, des jets d’eau jaillissent à chaque niveau par des faces de monstres allégoriques. A l’époque l’ensemble est ouvert au public lors de certaines festivités et tous les 2e dimanche de septembre.

L’esplanade circulaire qui fermait le parc vers l’Est, au-delà du miroir et à laquelle on parvenait par deux rampes douces en forme de fer à cheval est transformée. Les jardins sont reconstitués à l’aide de documents anciens dans un pastiche de style classique. Le parc est le seul de son espèce dans toute l’Ile-de-France.

 

Pendant la guerre de 14-18 Mme Dreux veuve Dumez fonde une ambulance de 35 lits à ses frais, hébergeant surtout des grands blessés convalescents, qui fonctionnera jusqu’en 1919.

En 1918 le château servi de lieu de réunion au grand quartier général de la 2 bataille de la Marne. Clémenceau, Foch, Pétain et Gouraud, des généraux anglais et américains y ont élaboré les plans qui devaient conduite à la victoire finale. Une plaque commémorant ces réunions historiques fut enlevée par les allemands pendant l’occupation du château de 1940 à 1944.

Au décès de Mme Dumez, en 1942, la propriété est vendue. Le nouveau propriétaire M. Doriol, un industriel, exploite le bois du parc tandis que le château et les jardins, acheté par l’état en 1945 sont affectés au ministère de l’intérieur qui abrite la caserne de la compagnie républicaine (CRS4).

 

Le 5 juillet 1943 l’ensemble du château et des jardins est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

 

Aujourd’hui, l’alimentation en eau des bassins est à reprendre, ainsi que les conduites et pompes élévatrices.

Le Bassin des enfants est à recréer, le bassin octogonal est à réhabiliter. Les jardins à arbres à replanter.

Le château fort, siège des puissants seigneurs de Trazegnies, fut saccagé et incendié en 1554 par les troupes du Roi de France Henri II. L'ensemble a été reconstruit à la fin du XVIème siècle.

Depuis 1926, le château est la propriété de l'association "Les Amis du Château de Trazegnies" qui s'occupe de la préservation, de la restauration de ce monument du patrimoine belge, et y organise différentes animations culturelles entre mai et octobre. Elle est notamment parvenue à faire classer cette anciennne demeure seigneurale aux Monuments et Sites de Belgique en 1950.

Désormais, on élève un vin dans les caves du château dont le vignoble se trouve sur un ancien terril de charbonnage, dans la commune voisine de Chapelle-lez-Herlaimont. Et une radio locale (Tan Que Vive - 87.7fm), qui émet 24h/24, y a aussi installé ses quartiers en 1980. Depuis le mois d'octobre 2009, cette radio s'appelle désormais "Smile FM".

Un platane (Platanus Acerifolia) quasi tricentenaire, classé arbre remarquable de Belgique depuis 1956, domine la cour d'honneur. Son envergure (estimée en 1998) est de 44 mètres; la circonférence du tronc à 1m50 du sol était de 4m60. Un impressionnant spécimen...

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In trazegnies stands a beautiful castle-fortress from the 11th century, ravaged by fire in 1554 and reconstructed as a residential castle in the late 16th and 17th. Its pink-painted entry façade in the style of Louis XIII, are worth seeing, as are the Roman and gothic caves. The visit to the museum "The Life and Work of our Ancestors" is currently not possible due to damages to the beams. In the entirely renovated east wing, there is an exhibition of paintings by Albert Mascaux, Jean Ransy and Roméo Dumoulin, as well as from sculptures from Charles Delporte.

More remarkable is the plane-tree in the middle of the garden. It is nearly three hundred years old and spreads largely (44m width).

 

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