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10/12/2011 - Curitiba, PR - OlimpÃadas Escolares 2011 15 e 17 Anos - Futsal Masculino - Ginásio ASPP - Jogo entre RS x SE: Crédito: Gaspar Nóbrega / Inovafoto / COB
42 St-Etienne le quartier de Montchovet avec de nouvelles video www.facebook.com/watch/?v=5656029074475535 , jadis cette cité moderne avait pour symbole la Muraille de Chine mastodonte de béton dynamitée le 27 mai 2000 , livrée en avril 1964 avec 526 logements HLM sur 15 allées, construite sur 4 blocs pour 270 metres de long du R+16 à R+9 une cité moderne a 1260 lgts HLM 7 barres A B C D E F G H du grand ensemble de Beaulieu l'1 des six 1er de France @ des Architectes MM GOUYON , HUR , CLEMENT , MAUHAUDIER Elle fut réhabilitée par Raymond Martin de 1985 a 1987 avec la suppression de 100 logements.. France : 800'000 chômeurs de 20 ans @ 42 st Etienne 23 avril 1981 Monchovet la Muraille de Chine en video ici sur ce lien www.rts.ch/archives/tv/information/temps-present/13937390... En pleine crise économique du début des années 1980, la France compte 1'700'000 chômeurs dont 800'000 jeunes. Trente-six ans après sa construction, la barre s'apprête à s'écrouler. Dès 8 heures du matin, le 27 mai 2000, deux cents membres des forces de l'ordre sont mobilisés aux abords de la Muraille de Chine. "Rocade fermée, quartier bouclé, filtrage serré", décrit le journaliste de France 3 Rhône-Alpes-Auvergne sur place. "Seuls les artificiers resteront au centre du dispositif pour établir le poste de tir". Plusieurs milliers de personnes se retrouvent massées sur une colline pour assister à cette démolition un véritable "événement pour la ville au delà -même du quartier". Ce Stéphanois, alors âgé de 20 ans, se rend avec des amis pour voir le foudroyage de la Muraille de Chine. "Elle représentait cet habitat des Trente glorieuses qui n'a pas fonctionné. C'est vraiment une énorme page qui se tournait pour la ville de Saint-Etienne trop connue pour ses nombreuses verrues". Alors que le maire de Clermont-Ferrand, Olivier Bianchi, a annoncé la destruction de la Muraille de Chine bâtie en 1961 dans le quartier Saint-Jacques, retour sur la démolition de ce qui fut la plus grande barre d'Europe. Le 27 mai 2000, Saint-Etienne foudroyait sa muraille de Chine.
Un symbole de modernité dans les années 60
Situé au sud-est de la ville de Saint-Etienne, le quartier de Montchovet a abrité pendant trente-six ans le plus grand bâtiment d'habitation d'Europe. Surnommé la Muraille de Chine en raison de son gigantisme, il symbolise toute une époque et son histoire est indissociable de la politique du logement en France. Avec ses 275 mètres de long, ses 48 mètres de haut, ses dix-neuf étages et ses 450 logements apres réha, puis 526 a l origine en 1964, la Muraille, inaugurée en avril 1964, abrite des appartements dotés de tout le confort moderne dans un quartier en pleine évolution. Le bâtiment imposant symbolise à l'époque une forme de modernité. Un symbole des difficultés économiques et sociales Saint-Etienne n'échappe pas à la crise économique, les industries locales sont en déclin et la démographie fléchit. Dans les années 70, la Muraille de Chine n'est plus habitée qu'à moitié et malgré plusieurs opérations de réhabilitation, de symbole de la modernité, la voilà qui cristallise les difficultés économiques et sociales. La population défavorisée se trouve concentrée en un seul lieu où chômage, délinquance et exclusion se côtoient. Un symbole qui disparaît en quelques secondes @ Saint-Etienne samedi 27 mai 2000, apres la Courneuve cité des 4000 début juin, Mantes-la-Jolie et Meaux à la fin de l'année" A chaque fois, le scénario est identique: une tour, une barre, souvent trentenaires, s'éclipsent du paysage urbain en quelques secondes, réduites à l'état de gravats par une implosion. La scène va se répéter de plus en plus souvent. Car le gouvernement a décidé d'accélérer le rythme des destructions dans les quartiers en difficulté. «De 10 000 à 12 000 démolitions de logements HLM sont prévues annuellement», a indiqué le ministre délégué à la Ville, Claude Bartolone, lors du débat sur la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) à l'Assemblée nationale, en mars 2000. Pour recomposer la ville, deux leviers sont actionnés en parallèle. La loi SRU vise à imposer un quota de 20% de HLM aux communes qui en ont peu ou pas du tout. Et la destruction de tours ou de barres est censée soulager les quartiers à forte concentration de logements sociaux: 100 000 à 150 000 HLM doivent disparaître dans les dix ans (1). Longtemps taboue, la démolition est désormais revendiquée comme un instrument de la politique de la ville. Mais avec toutes les limites du traitement par l'urbain. L'embellie de l'emploi constatée au niveau national n'a pas d'effet dans les cités pauvres où le taux de chômage reste supérieur à 20%. Aussi, ce parti pris de la démolition apparaît-il en décalage avec les problèmes de fond, même si la politique de la ville englobe aussi désormais un volet «emploi» consistant. «Gaspillage». Le tournant de la destruction est récent. Jusqu'à la fin des années 90, l'implosion d'un immeuble relevait du traitement particulier réservé à quelques quartiers emblématiques: Vaulx-en-Velin, les Minguettes, la Courneuve" Ailleurs, on réhabilitait. Les autorisations de démolir étaient délivrées au compte-gouttes par les Directions départementales de l'équipement (DDE), pour 3 000 à 4 000 logements par an. «Il y avait une double réticence de l'Etat. La démolition était perçue comme un gaspillage, ces immeubles ayant été construits avec des fonds publics. Et aussi un doute moral, puisque la France compte encore plusieurs centaines de milliers de mal logés», analyse Patrice Dunoyer de Segonzac, auteur d'une étude sur les démolitions (2). D'ailleurs, les associations comme Droit au logement s'opposent aux destructions. «Nous sommes contre, notamment dans les zones urbaines où il y a une pénurie avérée de logements pour les ménages pauvres comme en Ile-de-France», proteste Jean-Baptiste Eyraud, le président du DAL. Qui conteste aussi les conditions de relogement des anciens locataires, souvent renvoyés vers d'autres quartiers difficiles, encore plus excentrés que les précédents. Les dirigeants de HLM hésitent à raser, mais pour des motifs financiers. Car ces opérations se traduisent par des pertes sèches de loyers, les emprunts souscrits lors de la construction de ces immeubles étant souvent amortis. Généralement, la décision intervient lorsque toutes les tentatives pour rendre un quartier à nouveau attractif ont échoué, notamment sa réhabilitation. La démolition est décidée quand plusieurs indicateurs sont réunis: accélération du turn-over des locataires, difficulté à remplacer les partants, disparition de toute diversité sociale" «Bien sûr, on pourrait laisser filer les choses. Remplir ces immeubles avec des familles démunies qui n'ont pas le choix d'aller ailleurs. Mais on leur préparerait un avenir sombre», estime Michel Ceyrac, le PDG des 3F, un des principaux organismes de HLM, qui a procédé à plusieurs démolitions. «Recoudre» l'urbain. Reste que cette action sur le bâti n'a de sens que si elle s'inscrit dans une démarche urbaine lourde, pensée à l'échelle de la commune, voire de l'agglomération. «Si l'on rase juste pour se débarrasser d'un immeuble qui focalise des problèmes, on ne règle rien. La démolition, c'est une opération de recomposition urbaine, d'arrimage d'un secteur délaissé au reste de la ville, de réappropriation d'un quartier par ses habitants», avertit Michel Ceyrac. Comme dans la cité du Moulin-Neuf à Stains, en banlieue parisienne. Sur 600 logements, 200 devraient être rasés. Le projet, pas encore programmé, prévoit la démolition de deux bâtiments et le découpage d'une barre pour la transformer en trois petits immeubles. Sur le site, 80 maisons individuelles vont être construites pour offrir un habitat plus adapté aux familles nombreuses et pour «recoudre» l'urbain. Enfin, la SNCF va édifier une gare, car bien qu'habitant près d'une ligne de chemin de fer, les locataires voyaient les trains passer, mais devaient faire plusieurs kilomètres pour se rendre à la station la plus proche.
(1) Le parc HLM compte 3,7 millions de logements. Chaque année, les organismes en construisent 50 000 supplémentaires. (2) «Renouvellement urbain. Enseignements de sept opérations», Edition Villes et quartiers, juin 1999.
Samedi, sur le balcon d'Aïcha, la vue va brutalement se trouver dégagée. Elle vit depuis trente ans en face de la «muraille de Chine», une longue et haute barre de près de 300 mètres qui lui bouche l'horizon sur les hauteurs de Saint-Etienne, dans la Loire. Et samedi, en cinq secondes, 500 tonnes de dynamite foudroieront l'immeuble, construit en 1963. Le quartier se prépare et la tristesse domine. Les habitants viennent consoler le pharmacien, qui va rester à quelques mètres du bâtiment disparu. Plus loin, les adolescents passent leurs après-midi face à la barre, à ressasser les souvenirs. «Ça fait longtemps qu'ils en parlaient, dit Nadiri, 23 ans. Mais on n'y croyait pas. On se disait: "Elle est trop massive, ils oseront pas la tomber.» Mais ils ont finalement osé. Et cela donne le plus grand chantier français de démolition. Les ouvriers ont enlevé les matériaux qui recouvraient les façades. Ils ont déshabillé les murs de béton brut, hérissés des barres d'aluminium qui supportaient les matériaux d'isolation. De larges bandes de tissu blanc entourent la barre, pour éviter les projections. Un autre tissu pend de la cheminée de la chaufferie. Ainsi harnachée, la barre ressemble à un paquebot échoué sur la colline. Les voiles s'agacent au vent et le sabordage approche. Les habitants ont peur du vide. 248 familles pour 500 logements. «Nous, on a connu que la muraille, raconte Nadiri. J'ai 23 ans et ça fait vingt-trois ans que je vis là . Les copains, c'est pareil. On a toujours été là . Quand on déménageait, c'était pour passer d'un étage à l'autre. On va laisser tous nos souvenirs là -dedans. Là , c'est ton premier joint, là ta première relation sexuelle, là la première raclée que t'as prise, là la première raclée que t'as mise"» D'habitude, les opérations de destruction grignotent un morceau de barre ou suppriment un immeuble au milieu d'un ensemble. Cette fois, vu la taille du bâtiment, un quartier entier va disparaître. La «muraille» comptait à l'origine 526 logements & 400 apres la réhabilitation de 1985. Quand la démolition a été décidée, il restait 248 familles. D'après Nadiri, seule une minorité défend la démolition. «L'immense majorité est contre. On est dégoûtés. Les gens peuvent pas se rendre compte ce que c'était, la muraille.» Ses copains et lui, ils racontent avec des mots où l'accent chaud de Saint-Etienne se mêle aux intonations des cités: «Quand on était petit, dit Nordine Otmani, 25 ans, né à la «muraille», il y avait plein de prés derrière la barre. On montait dans la colline, on y passait nos journées. On faisait des cabanes, nos mères nous trouvaient plus. On était dans la nature.» L'autoroute est venue couper le quartier du centre-ville, reléguant la barre sur son flanc de coteau. «Après, quand on a été plus vieux, il y a eu les squats, les bringues, les méchouis. On jouait aussi dans les caves. Comme il y avait pas l'électricité, on faisait des torches pour descendre, avec des journaux enroulés. Fallait faire attention: y avait des rats gros comme des taureaux.» Les gravats recouvriront également les plus mauvais souvenirs. Les copains en prison, les overdoses, les rapports avec la police. La trajectoire habituelle d'un quartier relégué. Ils ont croisé d'abord «les Français, fonctionnaires ou policiers». Puis connu «les Portugais et les Chinois». Au milieu des années 80, il y a eu l'exode des «Européens», ceux qui pouvaient partir, «dégoûtés des cambriolages». Enfin, dans les années 90, la drogue, qui a inondé le quartier. En quelques années, la «muraille» s'est forgé la réputation d'une plaque tournante. Plusieurs jeunes adultes finissent de purger une peine de dix ans pour trafic. Malgré tout ça, Nadiri continue d'affirmer: «Le pire des souvenirs, c'est ce samedi qu'on va se le faire.» «Comme Paris sans la tour Eiffel». Dans la MJC construite en face de la barre, d'autres adolescents disent leur attachement au quartier. «Saint-Etienne sans la muraille, c'est comme Paris sans la tour Eiffel, je peux pas mieux vous dire. Les Marseillais sont fiers de leur ville, nous on est fiers de la muraille. Vous pouvez pas comprendre. Ce quartier, une fois qu'on y a goûté, on est accroché, on peut plus s'en aller.» Eux ont très peu bougé. Les plus vieux sont juste partis quelques mois, pour travailler à Oyonnax (Ain), où l'un d'entre eux avait trouvé «un plan boulot» dans une zone industrielle qui manquait souvent de bras. Les jeunes Stéphanois débarquaient sans prévenir et, quelques jours plus tard, ils travaillaient à la plasturgie. «Mais on restait pas longtemps. C'était Sonacotra-boulot, boulot-Sonacotra. On louait des chambres toutes petites où on squattait à cinq, avec la télé et une console. On devenait fous là -dedans. Après cinq mois, je suis rentré. La muraille me manquait trop.» Un technicien de la politique de la ville affirme que les habitants se réfugient dans le passé car «on ne leur a parlé que de la destruction, pas de reconstruction, ni de leur avenir. Ils se replient au lieu de se projeter.» La plupart des habitants ont été relogés près de là , dans de petits immeubles qui comptaient de nombreux logements vacants. Ils reviennent se balader, tournent autour de la barre, que des CRS protègent. Une vieille dame vient tous les jours. Elle parle du passé, des jours heureux à la «muraille». Les draps blancs qui protègent les étages lui rappellent la mort de son mari.. A Saint-Etienne, ceux de la « Muraille de Chine » aimeraient qu'« on dise un peu de positif » En contrebas de l'autoroute, le long d'un pavillon préfabriqué, Djemel croise Anouar qui est venu voir Nassardine et Kader. Farouk, lui, caresse le capot de la voiture. Deux fois qu'il a dû refaire la carrosserie, mais, là , il a vraiment fini. « C'est moi le travailleur ! dit-il à ses copains venus admirer le boulot. Et attention, j'suis pas du métier. » Nassardine et Kader sont sur une autre voiture. Ils s'entendent bien tous les deux, silencieux, effacés, enchaînant voiture sur voiture et découvrant au fil des jours qu'ils sont faits pour tenir un « vrai » garage, « si seulement... ». Agés de vingt-sept ans, mariés et pères de famille, Nassardine et Kader n'ont jamais eu d'emploi. D'ailleurs, parmi les gens qui sont là , personne n'a jamais eu d'emploi. Dans ce club de prévention baptisé Club 2000, « on s'entraîne à travailler », selon l'expression de Salim, l'éducateur-garagiste. Dehors, domine sur la colline celle qu'on appelle la « Muraille de Chine », immeuble phare de la cité de Montchovet à Saint-Etienne, une barre de 16 étages et de 260 mètres de long. Les cages d'escalier s'appellent les « allées », et l'allée 19 est un journal ; c'est une tradition. On y a toujours écrit sur les murs et on vient y lire les nouvelles, les coups de gueule : « Un jour à la télé / ils ont dit de notre quartier / qu'il fallait le détruire / et puis le reconstruire / Mais chez nous, à la Muraille / y a pas que de la racaille / Ils veulent la faire sauter / ils peuvent toujours s'accrocher. » Souvent, ceux qui ont quitté la Muraille reviennent « respirer le quartier ». Tayeb a un copain devenu ambulancier en Haute-Savoie : « Même lui, il peut pas s'en empêcher. » Vous pouvez partager un article en cliquant sur les icônes de partage en haut à droite de celui-ci. Mme Garnier, soixante-dix ans, se présente comme « la dernière des anciens ». On l'appelle « Mme 18 » parce qu'elle s'est battue pour obtenir la ligne de bus n 18. Petite femme à la voix douce, arrivée ici en 1966, on ne la délogerait pour rien au monde de son grand séjour, de sa vue sur les arbres « c'est aéré, on est sur les pentes » , de cette ambiance qui rend les gens soudés, les silences qui font deviner que « certains vivent à un franc près », la pudeur des voisins qui savent aider sans en parler. « La solidarité, c'est le positif qu'on ne dit jamais sur la cité », regrette-t-elle. Pour elle, « y a rien de mieux qu'une amicale de locataires pour lutter contre le racisme. Un pied-noir, fallait entendre ce qu'il sortait sur les Arabes. Maintenant, en réunion, c'est presque l'ami de ses anciens ennemis ! » « Je leur dis : arrête tes conneries, pense à ta famille » Marqueur social, le lieu de résidence participe de la distribution et de la distinction entre les groupes sociaux sur des territoires spécifiques (Grafmeyer, 1995). La « rénovation urbaine » met particulièrement en relief les séparatismes sociaux qui existent au sein même des populations des grands ensembles hlm, et tend à les brouiller – et ainsi à accentuer les méfiances réciproques entre les catégories sociorésidentielles. Face au relogement, se distinguent alors les familles qui ont les moyens de partir d’elles-mêmes (d’accéder au parc locatif privé, voire à la propriété), celles qui voient leur souhait de logement accordé par l’office hlm parce que considérées comme « logeables », et notamment acceptant les appartements plus petits (mais en plus grand nombre sur le quartier), et puis les familles les plus en difficulté que la volonté politique cherche à disperser même si ce sont celles, finalement, qui ont le plus d’« intérêts » à rester dans le quartier, parce qu’elles y trouvent des ressources relationnelles qui pallient un peu leurs conditions instables et précaires d’existence. De leur côté, les retraités des catégories intermédiaires ou les anciens ouvriers qualifiés expriment un « attachement » au quartier et à leur logement, qui repose moins sur des contraintes économiques que sur des contraintes de vie incorporées. Malgré leurs craintes lors de déplacements la nuit tombée, dans le quartier ou dans certaines rues, et les gênes occasionnées de temps en temps par le voisinage, ces retraités ne souhaitent pas partir du quartier, parce que déménager nécessiterait de modifier les pratiques quotidiennes, il faudrait « trouver ses marques » ailleurs, fréquenter d’autres commerces, se faire d’autres copains au café-tabac. Leurs relations sociales se sont aussi, progressivement, centrées sur la vie de quartier, au cours de ces rituels quotidiens que sont les courses, des sociabilités de voisinage, qui octroient une reconnaissance sociale significative. Ainsi, nous avons vu que selon leurs propriétés sociales, sexuelles et générationnelles, selon que la venue dans le quartier a correspondu à une mobilité sociale ascendante ou descendante, à une étape de la vie que l’on sait provisoire ou au contraire à une installation durable et contrainte, les décisions politiques en matière de transformation des espaces résidentiels n’agissaient pas tout à fait de la même manière sur les modes de vie : si le quartier est « requalifié » pour les « classes moyennes » et/ou les groupes sociaux ayant connu une mobilité sociale, ses transformations profondes renforcent en même temps le processus de précarisation des familles touchées par le chômage, par les préretraites ou la maladie, parmi une population vieillissante. Les démolitions interviennent également sur les relations familiales et l’inquiétude des parents vis-à -vis du relogement « travaille » en retour les conditions de vie des enfants. Le processus de transformation de l’habitat agit enfin sur le partage sexué du travail au sein des familles en renforçant les clivages de sexe. En effet, il précarise plus fortement les femmes des milieux populaires pauvres (ou les femmes seules) que les femmes des catégories en ascension sociale (en raison de leurs conditions matérielles d’existence, les premières endossant plus difficilement que les secondes la charge mentale qu’occasionne le relogement). Bref, le processus de « rénovation urbaine » déstabilise le mode de vie des habitants, plus particulièrement des « inactifs » (les personnes âgées, les chômeurs, les femmes au foyer) ainsi que les jeunes surtout s’ils sont en difficulté scolaire : autant de catégories sociales largement représentées dans le quartier, ayant peu de possibilités de quitter d’eux-mêmes le secteur, et qui trouvent en lui, au quotidien, des ressources diversifiées, amicales, matérielles et institutionnelles (emplois, aides sociales, loisirs, etc.). POINTS DE VUE D’HABITANTS
Lorsqu’on leur parle de relogement, les habitants ont tendance Ã
revenir sur le point de départ, la démolition. Même si la décision ne leur appartient pas (elle appartient au bailleur, qui a de
multiples facteurs à prendre en compte), il semble que le processus d’acceptation du relogement commence par la façon dont
la démolition est annoncée, voire négociée avec eux. L’acceptation
de cet acte n’a pas été facile pour la plupart des habitants du bâtiment A, d’abord parce qu’ils étaient très attachés au quartier et
à la muraille en particulier (la plupart ont d’ailleurs souhaité être
logés à proximité, et beaucoup habitent à présent le bâtiment B,
surnommé « petite muraille de Chine »). Ensuite parce que,
disent-ils, la décision a été prise sans les consulter préalablement. Selon Jeanine Garnier, présidente de l’amicale des locataires de Montchovet : « Il n’y a pas eu de concertation. Même
après, cela s’apparentait plus à de l’information qu’à de la
concertation ».
Tout cela n’a bien entendu pas facilité les relogements, et
certaines familles ont attendu jusqu’au dernier moment dans
l’espoir d’obtenir un « logement idéal ». L’intervention de l’amicale
des locataires, qui participait à la commission relogement, a parfois permis de trouver des arrangements de dernière minute,
notamment des logements transitoires gratuits pendant six mois
pour ces quatre ou cinq familles en attendant de trouver une
solution conforme à leurs attentes. La décision du déménagement
gratuit pour tous, en plus de la prime de 1000 F pour frais d’installation, a facilité le processus. Dans l’ensemble, les gens ont
été satisfaits par les solutions de relogement proposées par
l’Opac, par la qualité de l’accompagnement et les trois quarts
ont bien investi leur nouveau logement . « Il faut reconnaître les
efforts réels des acteurs de terrain et des responsables du plan. »
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Le déménagement a parfois eu des effets positifs sur les comportements selon G. Francavilla, ancienne habitante de la muraille
qui réside à présent dans le bâtiment B voisin : « Les gens ont
un comportement plus citoyen, l’intégration des personnes immigrées se fait mieux, peut-être en raison de la taille plus réduite du
bâtiment : on se connaît tous ». Ce qui s’apparente pour certains à un travail de deuil s’est fait petit à petit, avec une phase
individuelle et une phase collective : par exemple une « fête » a
été organisée quinze jours avant la démolition dans une cour
d’école, avec une exposition sur la muraille et la possibilité pour
les locataires de s’exprimer sur un mur (poèmes, etc.). Beaucoup
n’ont pas souhaité assister à la démolition qui a eu lieu le 27
mai 2000 et aujourd’hui encore ont du mal à accepter un quartier
sur le point d’être radicalement transformé (implantation prévue
du plus grand complexe hospitalier privé de la région sur le
site). MONTCHOVET La Muraille de Chine en construction içi en 1963 @ Il y avait l'idée de faire le plus grand nombre possible de logements confortables ; dans le délai le plus rapide possible ; au coût le plus bas possible. Il y avait quand même l’idée comme ça d’une prouesse dans le domaine du logement social.42 St-Etienne Montchovet la muraille Mais dans les années 80, le quartier change. Banlieue à problèmes, zone de non-droit, autant d’étiquettes qui collent à la muraille au gré des faits divers, des voitures brûlent, des policiers patrouillent, des jeunes traînent, et puis le bâtiment a vieilli. Les locataires le désertent. En 85, le quartier s’offre un lifting de 120 millions de francs, mais les problèmes persistent. Alors en 95…On a fait le constat qu’il n’y avait pas eu possibilité de réhabiliter dans de bonnes conditions. Qu’on avait connu l’échec de réhabilitation, d’une façon tout à fait naturelle. J’en ai conclu qu’il ne fallait pas obliger les gens à vivre dans ce type d’habitat. Qu’il ne fallait pas remplir de force une telle muraille. Et donc, la conclusion s’imposait d’elle-même, il fallait démolir. Cette démolition permet de mettre un terme aux 4 millions de francs de perte annuelle générés par les logements vides...Ça coûte un bâtiment inoccupé. Début 97, la moitié du bâtiment était vide. Donc, sur 500 logements, nous avions 250 logements vacants. Mais pour certains riverains, cette logique comptable n’efface pas une profonde nostalgie, la muraille est l’emblème du quartier...La muraille de Chine, ça fait des années qu’elle existe. Je veux dire, c’est elle qui fait, quand on parle du quartier on parle toujours tout de suite de la muraille de chine...C’est triste quand même de voir le bâtiment qui va tomber, voilà ! C’est comme si on enterrait une personne hein ! C’est une page du quartier qui se tourne, et c’est dommage...Il n'y aura plus de muraille mais dans notre coeur, il y aura toujours une muraille...Ce bâtiment, les stéphanois l’appellent la muraille de Chine. 540 logements, 2000 habitants, 48 mètres de haut pour 17 étages, 280 mètres de long. C’etait un véritable village vertical. C’etait aussi le symbole du quartier de Montchovet, mais c’est un symbole condamné, c’est en effet la plus grande barre de logement d’Europe qui doit être détruite en une seule fois. La muraille a été construite en pleine crise du logement. En 65, ce bâtiment offre tt le confort moderne : salle de bains, chauffage central, ascenseur. Il est pris d’assaut par les locataires, tout comme les 4000 autres logements neufs construits au sud-est de Saint-Etienne...https://m.ina.fr/.../demolition-de-la-muraille-de-chine... Alors, au niveau de la préparation de ce chantier, les principales phases furent le désamiantage des façades qui représentaient 32 000 m² de matériaux non friables. Ensuite, est venu le temps de la déconstruction des appartements où on a retiré les planchers bois, les portes, tout ce qui était impropre à la mise en décharge. La troisième phase fut la déconstruction mécanique et l’affaiblissement mécanique des structures. La quatrième phase fut la foration, on a foré environ 3600 mètres linéaires de trous pour mettre les explosifs. La dernière phase qui est en cours de réalisation est la mise en place des protections, c’est bien sûr les voiles intérieurs ainsi que sur les voiles extérieurs afin d’éviter les projections...La muraille, une fois détruite, laissera un vide de plus de 4 ha au cœur de Montchovet. L’avenir de ce quartier est déjà tracé dans les cartons des architectes, il est devenu médical... m.ina.fr/.../demolition-de-la-muraille-de-chine... Entre les années 50 et 60, et suite à la seconde guerre mondiale, la municipalité stéphanoise a vu sa population passée d’un peu moins de 180 000 habitants en 1950 à plus de 200 000 habitants dix ans plus tard en 1960. Cette forte augmentation de la population pouvait s’expliquer par le fort taux de natalité de cette époque (baby-boom), mais aussi par l’afflux de travailleurs de la classe ouvrière venus dans la grande cité stéphanoise pour trouver un travail. De ce fait, la construction d’un logement sain pour chaque ouvrier était devenue une priorité absolue pour les élus qui considéraient à raison que cela était une condition vitale dans le cadre de ce grand développement. Pour ce faire, la ville a lancé dans les années 50 une vaste opération de construction de barres d’habitation dans la zone de Beaulieu, destinée à fournir un logement à une population grandissante. www.cimaise-architectes.com/.../lespace-beaulieu/ Des tours et des barres, voici les formes les plus courantes des bâtiments qui constituent les grands ensembles. On doit cette communauté de forme à l’industrialisation des procédés de construction et à l’imposition de normes et de plans types pour les appartements afi n de réduire les coûts de production, objectif constant des années 1950-1960. Ceci a conduit à privilégier des formes simples et l’usage du béton, qui accède alors à une véritable hégémonie. L’utilisation généralisée du chemin de grue est également pointée comme explication de l’orthogonalité des plans et d’une extrême uniformisation. La forme des grands ensembles est également liée à l’influence du Mouvement moderne en architecture et à une conception urbaine nouvelle. Il y a dans les Trente Glorieuses une volonté d’inventer la ville et même la vie. La forme urbaine du grand ensemble est conçue en rupture avec l’environnement immédiat, avec une organisation propre et autonome du nouveau quartier. C’est d’ailleurs cette rupture qui rend si facilement identifi ables les grands ensembles sur les vues aériennes. L es architectes et urbanistes veulent libérer l’espace au sol pour mieux organiser la relation entre immeuble et espace vert. Le plan des grands ensembles est en général orthogonal avec des immeubles en périphérie laissant au centre un espace planté, le fameux espace vert des plans masses. Cette forme architecturale et urbaine a pu concentrer les critiques. On reproche le gigantisme, la monotonie, mais aussi l’absence de véritables espaces publics. Les grands ensembles ont globalement été édifiés sur des parcelles agricoles ou maraîchères, faute de réserves foncières suffi santes en ville. Ils sont aussi parfois construits dans les vides du tissu urbain laissés par les lotissements pavillonnaires. Dans de nombreux cas, ils sont situés aux franges des villes, parfois à cheval sur deux communes qui ne souhaitaient pas forcément travailler ensemble. Ceci a encore un impact aujourd’hui sur la réussite des projets de transformation qui peut dépendre du niveau de coopération des communes concernées. Par souci d’économie, certaines opérations ont été réalisées à proximité de zones où devaient être construites des infrastructures telles qu’une autoroute ou un échangeur, ce qui a accentué encore la fracture avec les quartiers plus anciens
de la commune, le centre-ville et ses services. De plus, les grands
ensembles sont souvent implantés à l’écart des transports en commun. En région parisienne, cela s’améliorera avec la création du District ( 1961 ) et des villes nouvelles ( 1965 ) qui permet le financement des réseaux de transport en commun et des autoroutes. Certaines municipalités se sont montrées très volontaires pour accueillir des grands ensembles, mais l’État en a aussi imposé à des petites communes qui n’en voulaient pas.
Pour celles-ci, les évolutions urbaines, démographiques et économiques consécutives ont parfois provoqué de véritables séismes. Suivant leur envergure, les nouveaux quartiers
ont pu submerger les anciens bourgs et faire basculer les territoires du rural à l’urbain à une vitesse fulgurante... Dans les années 1950, les logements sont rares, surpeuplés et souséquipés. En 1954, la plupart ne disposent ni de sanitaires, ni de wc intérieurs et à peine la moitié ont l’eau courante. Avec la construction des grands ensembles, en 1975 la quasi-totalité des logements ont l’eau courante, 75 % l’eau chaude et une installation
sanitaire complète avec wc intérieurs. Enfin, moins de 5 % des logements sont surpeuplés. On comprend alors que
les grands ensembles incarnent une modernité bienfaisante pour les mallogés qui y emménagent. Cependant, l’économie de moyens
dans la construction a été telle que les problèmes liés aux malfaçons arrivent vite. De plus, les bâtiments mal entretenus s’abîment avant même que tous les équipements soient
terminés. Aux défauts de construction et d’entretien s’ajoute la faiblesse des équipements collectifs. Les nouveaux résidents déchantent. Malgré tout, des sociabilités s’organisent, autour de la cage d’escalier, du chemin de l’école, de la vie associative et
de fêtes ou manifestations culturelles et sportives. la fête de grand
vaux à savignysur-orge. Jusqu’à la fi n des années 1970, des événements et fêtes organisés dans le quartier drainent des habitants de toute la commune, voire au-delà . Grand Vaux est alors presque un second centre-ville. @ 1975 13 le grand ensemble de sarcelles. Le terme «sarcellite » est inventé en 1962 pour désigner le mal des grands ensembles, une sorte de dépression dont seraient victimes les habitants. Cette soi-disant maladie de l’habitat moderne fait de Sarcelles le symbole des grands ensembles français. 1961 villagexpo à saint-michel sur-orge. Des concours visant à abaisser le coût du logement individuel ( Villagexpo en 1966, Chalandonnettes en 1969 ) sont lancés par le ministère de l’Équipement et du Logement. Le renouveau pavillonnaire encouragé par l’État témoigne du discrédit parallèle des grands ensembles. 1966 15 À peine les premiers habitants installés, journalistes, sociologues et autres experts viennent enquêter sur la vie dans les grands ensembles. Les uns sont séduits par leur modernité. Les autres, de plus en plus nombreux, dénoncent le mal des grands ensembles, leur taille et leur monotonie. La critique architecturale et sociale enfle et la circulaire Guichard met fin à leur construction le 21 mars 1973. L’ère du pavillonnaire prend le relais...MONTCHOVET MAI 2000 Au départ conçue pour loger les classes moyennes, la "Muraille de Chine" a accueilli, à partir des années 1970, de plus en plus de populations immigrées. Malgré plusieurs réhabilitations, elle était devenue, à l'instar d'autres quartiers défavorisés, le symbole de l'échec de la politique du logement, avec la ghettoïsation des populations pauvres et immigrées. Quatre mois de préparation avaient été nécessaires avant que, ce 27 mai 2000, les 600 kilos d’explosifs foudroient, en quelques secondes, la "Muraille de Chine". Il avait fallu ensuite plusieurs jours pour évacuer les 80.000 tonnes de gravats. Depuis 2005, l'Hôpital privé de la Loire (HPL) a été édifié à l'emplacement même du bâtiment. Éclairage
Au sud-est de la ville de Saint-Etienne, le quartier d'habitation de Beaulieu-Montchovet est construit entre 1953 et 1971. En 1964, la troisième tranche dénommée « Beaulieu III » donne lieu à la réalisation du plus grand bâtiment d'habitation en Europe. Surnommé « la muraille de chine » en raison de son gigantisme, il est détruit par dynamitage en 2000. Son histoire est profondément inscrite dans le contexte de la politique du logement en France.
Grâce à son bassin charbonnier, au développement de l'industrie textile et à sa manufacture d'armes, l'essor de la ville de Saint-Etienne bénéficie de la révolution industrielle du XIXe siècle. Forte de cet héritage, elle a conservé son dynamisme économique jusqu'au milieu du XXe siècle. Important centre militaro-industriel durant la Seconde Guerre mondiale, Saint-Etienne est touchée par plusieurs bombardements. Ces destructions ont accentué la crise du logement dues aux profondes mutations de l'après-guerre qui concentrent la population dans les grands centres urbains et industriels. C'est dans ce contexte que la ville de Saint-Etienne décide de construire un quartier neuf afin de loger près de 30 000 habitants dans près de 4 600 logements. Le quartier Beaulieu-Montchovet est proche du centre ville. Il est situé sur une zone dont le sous-sol n'était pas fragilisé par la présence d'anciennes mines de charbons, ce qui autorisait la construction d'immeubles importants. La réalisation de la Muraille de Chine est très comparable à celles qui voient le jour dans le cadre de la politique des Zones à Urbaniser en Priorité (ZUP) initiée en 1959. Des quartiers nouveaux ont vu le jour, en principe avec des commerces et des équipements, constituant ce qu'il est convenu d'appeler des « grands ensembles ». A Saint-Étienne, au cœur du quartier de Beaulieu-Montchovet, la « Muraille de Chine » s'ajoute à des ensembles déjà construits. D'une hauteur de 48 mètres, le bâtiment est parfaitement rectiligne afin de rationaliser la construction. Les grues peuvent se déplacer sur des rails tout le long de la « barre », terme qui désigne ces grands immeubles. Il est composé de 19 étages sur 270 mètres de long et abrite 450 logements. L'armature en béton armé et les éléments standardisés permettent une construction rapide et compétitive. Le confort moderne des appartements n'est pas le seul atout de cet immeuble, les infrastructures du quartier suivent l'évolution de la population : équipements sportifs, centre commercial et collège complètent le dispositif et, à l'origine, la demande des familles est forte pour ce bâtiment imposant, symbole de modernité.
Après les années 1970, Saint-Etienne connaît une crise économique, le charbon est concurrencé par le pétrole, les industries locales sont en déclin et la démographie fléchit. Les grandes opérations lancées dans les années 1950 et 1960 ont vieilli. La « Muraille de Chine » n'est habitée qu'à moitié et la ville peine à entretenir cet ensemble. Malgré plusieurs opérations de réhabilitation dont la dernière lancée dans le cadre du programme « Banlieues 89 » (Roland Castro), elle devient le symbole des difficultés économiques et sociales : fort taux de chômage, exclusion et délinquance. La concentration en un même lieu d'une population défavorisée et touchée par le chômage fait sentir ses effets. De nouvelles politiques de la ville voient le jour. Elles prônent une mixité sociale qui s'oppose à la ségrégation qui résultait de la politique de ZUP. Impuissante à renverser cette évolution générale, la ville décide la destruction de l'immeuble. Ces opérations de destruction apparaissent au début des années 1970 aux Etats-Unis ; elles sont imitées à Villeurbanne en 1978 pour la cité Olivier de Serres, même si en France, jusqu'au milieu des années 1990, l'État a le plus souvent privilégié une politique de réhabilitation. Le 27 mai 2000 les derniers habitants de la Muraille de Chine sont évacués, l'autoroute est barrée et le quartier bouclé par les forces de l'ordre : à 13 heures précises a lieu la plus grosse opération de démolition jamais réalisée en Europe @ Ce bâtiment, les stéphanois l’appellent la muraille de Chine. 500 logements, 2000 habitants, 48 mètres de haut pour 17 étages, 280 mètres de long. C’est un véritable village vertical. C’est aussi le symbole du quartier de Montchovet, mais c’est un symbole condamné, c’est en effet la plus grande barre de logement d’Europe qui doit être détruite en une seule fois. La muraille a été construite en pleine crise du logement. En 1965, ce bâtiment offre tout le confort moderne : salle de bains, chauffage central, ascenseur. Il est pris d’assaut par les locataires, tout comme les 4000 autres logements neufs construits au sud-est de Saint-Etienne. Il y avait l'idée de faire le plus grand nombre possible de logements confortables ; dans le délai le plus rapide possible ; au coût le plus bas possible. Il y avait quand même l’idée comme ça d’une prouesse dans le domaine du logement social. Mais dans les années 80, le quartier change. Banlieue à problèmes, zone de non-droit, autant d’étiquettes qui collent à la muraille au gré des faits divers, des voitures brûlent, des policiers patrouillent, des jeunes traînent, et puis le bâtiment a vieilli. Les locataires le désertent. En 85, le quartier s’offre un lifting de 120 millions de francs, mais les problèmes persistent. Alors en 95… On a fait le constat qu’il n’y avait pas eu possibilité de réhabiliter dans de bonnes conditions. Qu’on avait connu l’échec de réhabilitation, d’une façon tout à fait naturelle. J’en ai conclu qu’il ne fallait pas obliger les gens à vivre dans ce type d’habitat. Qu’il ne fallait pas remplir de force une telle muraille. Et donc, la conclusion s’imposait d’elle-même, il fallait démolir. Cette démolition permet de mettre un terme aux 4 millions de francs de perte annuelle générés par les logements vides. Ça coûte un bâtiment inoccupé. Début 97, la moitié du bâtiment était vide. Donc, sur 500 logements, nous avions 250 logements vacants. Mais pour certains riverains, cette logique comptable n’efface pas une profonde nostalgie, la muraille est l’emblème du quartier. La muraille de Chine, ça fait des années qu’elle existe. Je veux dire, c’est elle qui fait, quand on parle du quartier on parle toujours tout de suite de la muraille de chine. C’est triste quand même de voir le bâtiment qui va tomber, voilà ! C’est comme si on enterrait une personne hein ! C’est une page du quartier qui se tourne, et c’est dommage. Il n'y aura plus de muraille mais dans notre coeur, il y aura toujours une muraille. Depuis le 24 janvier, une cinquantaine d’ouvriers travaillent à la déconstruction de ce bâtiment. Aujourd’hui, tout est prêt pour l’explosion. Alors Monsieur Arnaud, quelles ont été les différentes phases de ce chantier ? Alors, au niveau de la préparation de ce chantier, les principales phases furent le désamiantage des façades qui représentaient 32 000 m² de matériaux non friables. Ensuite, est venu le temps de la déconstruction des appartements où on a retiré les planchers bois, les portes, tout ce qui était impropre à la mise en décharge. La troisième phase fut la déconstruction mécanique et l’affaiblissement mécanique des structures. La quatrième phase fut la foration, on a foré environ 3600 mètres linéaires de trous pour mettre les explosifs. La dernière phase qui est en cours de réalisation est la mise en place des protections, c’est bien sûr les voiles intérieurs ainsi que sur les voiles extérieurs afin d’éviter les projections. Un périmètre de sécurité de 150 m sera mis en place autour du chantier, l’autoroute sera fermée samedi entre 11 heures et 14 heures. Un millier de riverains seront évacués et 300 CRS et policiers assureront la sécurité du public pendant l’opération de foudroyage. La phase ultime sera le tir, et ensuite le traitement des matériaux au sol. Les 23 000 m3 de béton seront évacués en deux mois. La muraille, une fois détruite, laissera un vide de plus de 4 ha au cœur de Montchovet. L’avenir de ce quartier est déjà tracé dans les cartons des architectes, il sera médical. Notre projet c’est de construire une clinique de 251 lits qui est constituée du regroupement de 3 cliniques existantes à Saint-Etienne. Il y aura une maternité, il y aura également un service de médecine, et puis un service de chirurgie comme ça existe dans la plupart des cliniques privées. Avec 16 salles d’opération et 150 médecins, ce centre hospitalier sera le plus important pôle de santé privé de Rhône-Alpes. Les travaux commenceront en septembre pour s’achever en janvier 2002. Ils coûteront 250 millions de francs. On a choisi ce quartier parce que nous pensions que c’est un beau quartier qui est extrêmement bien situé ; duquel il y a une vue qui est très belle, quand on est monté dans la muraille de Chine, on le sait. Que d’autre part, pour un établissement de santé, c’est à proximité de l’autoroute ; donc avec des facilités d’accès pour les patients extrêmement importants, qui feront que cet établissement sera vu quand on passera devant, et qu’on pourra y accéder facilement. 40 ans après la construction de la muraille, l’ambition de la municipalité est d'effacer la difficile réputation du quartier de Montchovet, par un vaste réaménagement urbain ; avec à l’horizon 2003, une nouvelle ligne de tramway, deux maisons de convalescence, et un aménagement paysager. Le samedi 27 mai à 13 heures 01, la muraille de Chine s’effondrera sur elle-même en 15 secondes. Nous serons là pour vous montrer ce moment crucial dans la vie du quartier et qui changera définitivement le visage de Saint-Etienne.
LOS ANGELES, CALIFORNIA - AUGUST 18: FUT Esports and Fnatic compete at VALORANT Champions Los Angeles Playoffs Stage at the Shrine Expo Hall on August 18, 2023 in Los Angeles, California. (Photo by Colin Young-Wolff/Riot Games)
Vatel fut le cuisinier du surintendant Fouquet jusqu'à l'emprisonnement de ce dernier (sur ordre de Louis XIV) et organisait pour Fouquet des réceptions somptueuses avec danse, pièces de théatre (Molière).
Voir le film Vatel avec Gérard Depardieu dans le rôle de Vatel (dont la fin est romancée). Vatel fut ensuite au service du Prince de Condée (chateau de Chantilly)
Bourges (Cher)
Palais Jacques Cœur.
L'aile gauche.
La salle des festins. Salle de réception et d'apparat.
La tribune des musiciens.
La demeure du célèbre financier à Bourges, bâtie de 1443 à 1451 pour Jacques Cœur, grand argentier de Charles VII, est typique de l'architecture gothique de la dernière période, où apparaissent déjà les ornements et la fantaisie de la Renaissance. La construction en était à peine achevée lorsque Jacques Cœur fut arrêté, et condamné au bannissement en 1453.
En 1679, Colbert fit l'acquisition de la maison qu'il céda peu après à la Ville qui y installa son hôtel de ville jusqu'au milieu du XIXe siècle. Depuis le début du XXe siècle, l'hôtel est devenu propriété de l'État et a été entièrement restauré.
Jacques Cœur naît à Bourges vers 1400. Son père, Pierre Cœur, pelletier, venu de Saint-Pourçain, est l'époux de la veuve d'un boucher installé dans la ville basse, rue de la Parerie, au bord de la rivière l'Yvrette. Vers 1409, Pierre Cœur s'intallera près de la Sainte-Chapelle, à proximité d'une clientèle fortunée. Le commerce de Pierre Cœur l'amena sans doute à avoir quelques relations dans la cour du duc Jean de Berry.
L'ascension sociale de Jacques Cœur commença sans doute par son mariage, vers 1420, avec la fille du prévôt ducal de Bourges, Macée de Léodepart, qui lui donnera plusieurs enfants. De son côté, sa sœur Anne se mariait avec le secrétaire du roi Charles VII et receveur des Finances de la reine Marie d'Anjou, Jean Bochetel.
Charles VI dit "le Fol", meurt fin octobre 1422. D'après le traité de Troyes signé en 1420*, le jeune Henri VI d'Angleterre est alors proclamé "héritier de France". Henri VI nomme Jean de Lancastre, duc de Bedford, régent du régent du royaume de France. Celui-ci s'installe à Paris. Réfugié à Bourges, le dauphin Charles prend néanmoins le titre de roi de France sous le nom de Charles VII, il ne tient que les pays au sud de la Loire.
Une vingtaine d'ateliers dispersés dans le royaume pouvaient battre monnaie. Bourges avait une importance particulière compte tenu de sa proximité avec la cour royale. Le droit de battre monnaie était confié par le pouvoir royal à des particuliers par un contrat de ferme ou d'affermage.
En 1427, Jacques Cœur, associé au changeur Pierre Godard, et à Ravant le Danois, qui avait déjà dirigé des ateliers monétaires, acheta la ferme de la monnaie de Bourges. Les trois hommes étaient dès lors responsables de la qualité des monnaies frappées pour Charles VII.
Cœur et ses associés, en contradiction avec la politique royale, se rendirent coupables d'utiliser des alliages de piètre qualité, frappant plus de pièces que ce qu'ils auraient dû . En 1429, ils furent destitués de leur charge et condamnés à une amende de mille écus d'or. A la fin de 1429, Ravan le Danois sollicite du roi une lettre de rémision, faisant valoir le trop grand nombre d'assignations que le Trésor royal tire sur le compte de la ferme des monnaies. La forte amende est gardée, mais les associés retrouvèrent aussitôt la charge de l'atelier monétaire de Bourges, Ravant le Danois devenant même, en 1431, maître général des monnaies de France. Après la reprise de la capitale, en 1436, Jacques Cœur sera momentannément chargé de la monnaie de Paris.
La ferme des monnaies ne constituait pas la seule activité de Jacques Cœur. En 1430, il fonde avec les frères Godard, dont l'un est compagnon de la ferme et changeur, une société commerciale de fournitures de luxe pour la riche clientèle de la cour.
En 1432, Jacques Cœur voyagea jusqu'en Syrie, sur une galée narbonnaise. Sur le chemin du retour, le navire est attaqué par des pirates et fait noufrage sur les côtes Corse.
En 1436, Jacques Cœur devint maître des monnaies et s'installe dans une grande demeure jouxtant les greniers de l'ancienne abbaye de Saint-Hyppolite. L'année suivante, il obtint la ferme des monnaies de Paris. Il s'attacha alors à lutter contre la mauvaise monnaie anglaise, qui continuait à être frappée à Rouen, ville que tenait encore le roi d'Angleterre.
En 1438, Charles VII confie à Jacques Cœur l'Argenterie de son hôtel. La charge d'argentier concernait non pas le royaume, mais l'hôtel du roi. L'argentier, sorte d'intendant, devait subvenir aux besoins luxueux du roi et de sa cour : approvisionnement en bijoux, fourrures, vêtements, draps, épices…
Jacques Cœur su développer cette charge modeste : Ne se contentant pas d'assurer le service du roi, il élargit l'activité de cette charge aux officiers militaires et civils, leur accordant au besoin des crédits et prêts sur gage. L'Argenterie du roi devient alors un véritable établissement commercial qui permettra à Jacques Cœur d'amasser une immense fortune personnelle. En avril 1440, Jacques Cœur est annobli en raison des services rendus. En 1450, Jacques Cœur prêta au roi 60 000 livres pour acheter le départ des Anglais lors du siège de Cherbourg.
Le royaume de France ne dispose que de peu d'ouvertures sur la Méditerranée : Aigues-Mortes qui s'ensable, Montpellier au mouillage incommode, et Lattes que Jacques Cœur tente d'améliorer sans succès. Les marins languedociens ne peuvent rivaliser avec les catalans, gênois et vénitiens, qui n'hésitent pas à pratiquer la piraterie pour s'opposer à la libre circulation des flottes concurrentes. Les pillages faisant l'objet de tractations d'Etat à Etat.
En 1444, Cœur devient gérant d'une galée royale fabriquée par les chantiers navals de Gênes et baptisée Notre-Dame-Saint-Denis. Trois autres galées, Notre-Dame-Sainte-Madeleine, Notre-Dame-Saint-Michel et Notre-Dame-Saint-Jacques, complèteront la flotte royale. Les quatre galées avec le pavillon à fleur de lys ont le monopole royal de l'importation des épices, ce qui irrite les marchands languedociens. Cœur se tourne alors vers Marseille qui est un port franc, et s'y fait admettre comme habitant en 1446. Il y installe des proches berrichons comme Jean de Villages responsable des galées de France. Jean de Villages négocia avec le sultan l'ouverture des ports égyptiens aux galées de France.
En 1444, Cœur s'engagea aussi, sans grand succès, dans des entreprises minières du Beaujolais et du Lyonnais ; certaines mines furent même abandonnées avant 1450.
Adjoint par Charles VII à l'ambassade de juillet 1448 à Rome, Jacques Cœur étonna le pape Nicolas V par son lustre et son influence. Il fut capable d'obtenir de la curie, en quelques semaines, de nombreux privilèges au profit des Français et particulièrement des Berrichons. Dans les mois qui suivirent, Jacques Cœur semble avoir joué un rôle décisif dans l'abdication, en 1449, de l'antipape Félix V, ex-comte de Savoie Amédée VIII. Il subordonna toute aide financières au fils de Félix V, le comte Louis, alors aux abois, au retrait de l'antipape.
Jacques Cœur obtint diverses charges officielles : Par exeple, il fut visiteur général des gabelles en Languedoc, et commissaire du roi. Il en profita pour créer à son profit divers impôts supplémentaires, surnommés «épices» ou «moutons» : Lors du règlement des impôts, il dépréciait la monnaie et, lors du reversement au pouvoir royal, il comptait la monnaie à son cours véritable, ce qui lui permettait d'empocher la différence.
Parvenu à la cinquantainee, la fortune de Jacques Cœur, considérable, lui amena de nombreux ennemis. Sa "grand'maison" de Bourges, commencée en 1444 est presque achevée, il possède également des immeubles à Montpellier, Tours, Lyon, une maison à Marseille.
Ses méthodes déplaisaient, ainsi que son orgueil, que traduit sa devise : «A cuers vaillants riens impossibles» (À cœur vaillant rien d'impossible»).
Le 31 juillet 1451 Jacques Cœur fut arrêté à Taillebourg où se trouve la cour, suite à des plaintes de concurrents et de rumeurs sur l'empoisonnement d'Agnès Sorel, la favorite de Charles VII, dont il est accusé. Le soupçon d'empoisonnement démonté, d'autres accusations viennent relayer la première : On l'accusa de malversations financières diverses. Jacques Cœur est désormais prisonnier du roi, traîné de cachots en cachots suivant l'endroit où se trouvait la Cour. Il restera au secret pendant deux ans, privé d'avocat et de moyens de défense. L'instruction de l'affaire fut menée par le procureur Jean Dauvet, et l'accusé fut condamné à mort le 29 mai 1453 à Lusignan.
Dès les jours suivants, il fit amende honorable et sa peine fut commuée, par l'intervention du pape et pour les sevices rendus à Charles VII, en bannissement perpétuel, tandis que ses propriétés étaient saisies et que ses débiteurs devaient régler au roi le montant de leur dette.
Il s'évada fin octobre 1454 du château de Poitiers, où il était emprisonné. De prieuré en couvent, de franchise en franchise, il parvint à gagner Marseille où Jean de Villages l'attendait à la tête d'une petite troupe. Début mars 1455, Jacques Cœur est accueilli à Rome par le pape Nicolas V.
En 1453, Constantinople était tombée aux mains des Turcs, et Nicolas V puis son successeur Calixte III prêchèrent une nouvelle croisade. Cette croisade s'achève sans gloire sur l'île gênoise de Chio, à proximité des côtes turques. Le pape Nicolas V proclame l'innocence de Jacques Cœur en 1455 et le pape Calixte III lui confie le commandement d'une flotte pour soutenir Rhodes contre les Turcs. Jacques Cœur s'embarqua en juin 1456, et serait mort de maladie à Chio le 25 novembre de cette année. Il fut enterré par les gênois dans le chœur de l'égise des Cordeliers dont toute trace a disparu.
Parmi les fils de Jacques Cœur, Jean devint archevêque de Bourges, Henri fut chanoine et Geoffrey officier royal. Ils parvinrent à récupérer une partie de l'héritage de leur père.
* Le 21 mai 1420 est conclu en la cathédrale de Troyes, entre les rois de France et d’Angleterre, le traité instituant la réunion de leurs deux royaumes sous une seule couronne. Cet accord reconnaît le souverain Lancastre comme l’héritier légitime du royaume des lis au détriment du Dauphin, réfugié à Bourges. Il prévoit également le mariage d’Henri V avec Catherine de France, l’une des filles de Charles VI et d’Isabelle de Bavière. Ce traité consacre la suprématie anglaise sur une grande partie de la France.
Voir
© 2005, Hachette Multimédia / Hachette Livre
www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Jacques_C%C5%93ur...
fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_C%C5%93ur
Le Palais Jacques Cœur - Editions du Patrimoine - Jean-Yves Ribault;
Etc...
LOS ANGELES, CALIFORNIA - AUGUST 18: FUT Esports and Fnatic compete at VALORANT Champions Los Angeles Playoffs Stage at the Shrine Expo Hall on August 18, 2023 in Los Angeles, California. (Photo by Colin Young-Wolff/Riot Games)
SHANGHAI, CHINA - June 01: FUT Esports are seen on stage after victory at the VALORANT Masters Shanghai Playoffs Stage Day 3 at the VCT CN Studio on June 01, 2024 in Shanghai, China. (Photo by David Lee/Riot Games)
LOS ANGELES, CALIFORNIA - AUGUST 12: FUT Esports arrives at VALORANT Champions Los Angeles Group Stage at the Shrine Expo Hall on August 12, 2023 in Los Angeles, California. (Photo by Colin Young-Wolff/Riot Games)
SHANGHAI, CHINA - MAY 21: Dogukan "qRaxs" Balaban of FUT Esports at the VALORANT Masters Shanghai Features Day on May 21, 2024 in Shanghai, China. (Photo by Lee Aiksoon/Riot Games)
Le château royal de Blois, situé dans le département de Loir-et-Cher (en Centre-Val de Loire), fait partie des châteaux de la Loire. Il fut la résidence favorite des rois de France à la Renaissance.
Situé au cœur de la ville de Blois, sur la rive droite de la Loire, le château de Blois réunit autour d’une même cour un panorama de l’architecture française du Moyen Âge à l’époque classique qui en fait un édifice clé pour la compréhension de l’évolution de l’architecture au fil des siècles. Les appartements royaux restaurés sont meublés et ornés de décors polychromes du XIXe siècle, créés par Félix Duban dans la lignée des restaurateurs contemporains de Viollet-le-Duc.
Histoire
Moyen Âge
En 854, sous le règne de Charles le Chauve, le Blisum castrum (« le château de Blois »), édifié sur les bords de la Loire, est attaqué par les Vikings. La forteresse reconstruite est au cœur d’une vaste région dont les maîtres sont les comtes de Blois, puissants seigneurs féodaux aux Xe et XIe siècles : leurs possessions s’étendent à la région de Blois et de Chartres, et jusqu’à la Champagne. La première forteresse, la « grosse tour », est élevée par Thibaud le Tricheur au Xe siècle. Vers 1080, une charte montre Thibaud III de Blois rendant la justice « dans la forteresse de Blois, dans la cour, derrière le palais, près de la tour, au parterre situé entre les chambres à feu du palais »2. À la fin du XIIe siècle est bâtie dans l’avant-cour la collégiale Saint-Sauveur3.
Au XIIIe siècle, le château est reconstruit par la famille bourguignonne de Châtillon. Le chroniqueur Jean Froissart le décrit comme « beau et grand, fort et plantureux, un des [plus] beaux du royaume de France ». Le dernier descendant de la famille de Châtillon, Guy II de Blois-Châtillon, vend en 1392 la demeure à Louis d’Orléans, frère de Charles VI, qui en prend possession en 1397, à la mort de Guy II de Blois-Châtillon. Lorsque Louis est assassiné à Paris en 1407, sur ordre de Jean sans Peur, sa veuve, Valentine Visconti, part vivre à Blois où elle s’éteint l’année suivante, après avoir fait graver sur les murs du château : « Rien ne m'est plus, plus ne m'est rien ». Son fils, Charles d’Orléans, est fait prisonnier au cours de la désastreuse bataille d’Azincourt en 1415.
En 1429, avant son départ pour lever le siège d’Orléans, Jeanne d’Arc est bénie dans la chapelle du château de Blois par Regnault de Chartres, archevêque-duc de Reims.
Après 25 ans de captivité, Charles d’Orléans revient au château de Blois et organise autour de lui une cour de lettrés. Il y lance un concours de poésie en 1458 où s’illustre François Villon avec sa Ballade des contradictions, dite « Ballade du concours de Blois ». Pendant les environ 25 années où il y réside, il entreprend de détruire certaines parties du vieux château, afin de le rendre plus habitable. De la forteresse de cette période ne restent dans le château actuel que la grande salle, datée du XIIIe siècle, et la tour cylindrique du Foix4.
Renaissance
Le 27 juin 1462, Louis d’Orléans, fils de Charles Ier d’Orléans, naît au château de Blois. Il devient roi de France en 1498 sous le nom de Louis XII ; le château médiéval des comtes de Blois devient résidence royale et Louis en fait sa demeure principale, au détriment du château d’Amboise. Au début des années 1500 (entre 1498 et 1503), Louis XII entreprend, avec Anne de Bretagne (son épouse depuis 1499), une reconstruction du château dans ce qu’on nommera par la suite le style Louis XII en alliant le style gothique flamboyant à des éléments appartenant déjà au style Renaissance6. L’édifice sans fortifications fut réalisé sous la direction des architectes Colin Biart et Jacques Sourdeau (qui travaillera aussi à la construction de l’aile François Ier7), et la création d’un jardin Renaissance aujourd’hui disparu. Il édifie également la chapelle Saint-Calais. Le chroniqueur Jehan d’Authon le dira « tout de neuf et tant somptueux que bien sembloit œuvre de roy »8. Privilégié par Louis XII comme résidence d’hiver, le château de Blois devient le théâtre de plusieurs rencontres diplomatiques : mariage de César Borgia en 1499 ; réception de Philippe le Beau en 1501 ; noces de Guillaume IX, marquis de Montferrat et d’Anne d’Alençon, fille du duc René d’Alençon, en 1508 ; fiançailles de Marguerite d’Angoulême avec le duc Charles IV d’Alençon en 1509 ; séjours de Nicolas Machiavel en 1501 et 1510. Anne de Bretagne meurt au château le 9 janvier 1514. Ses funérailles sont célébrées à la collégiale Saint-Sauveur de Blois, près du château.
Claude de France, fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne, épouse en 1514 son cousin François d’Angoulême, arrière-petit-fils de Louis d’Orléans. Il monte sur le trône en 1515 et Claude de France, avec l’intention de quitter le château d’Amboise, meuble alors le château de Blois pour y installer la Cour. Cette même année, François Ier lance la construction d’une nouvelle aile9, de style Renaissance, et y commence une des plus importantes collections de livres de l’époque. La direction des travaux est donnée à l’architecte italien Dominique de Cortone à qui l’on doit l’escalier monumental. Mais après la mort de sa femme au château, en 1524, la construction s’arrête ; François Ier délaisse le château de Blois au profit du château de Fontainebleau où il envoie l’impressionnante bibliothèque pour fonder la Bibliothèque nationale. Néanmoins, Blois n’est pas délaissée pour autant puisque Claude de France y avait mis au monde sept enfants, Blois devenant ainsi une sorte de « pouponnière » royale où sont éduqués les enfants royaux jusqu’à Catherine de Médicis. Le 18 octobre 1534, le château est le théâtre de l’affaire des Placards : des tracts contre la messe sont affichés clandestinement par des partisans de l’Église réformée, jusque sur la porte de la chambre du roi. Cette affaire marque le début de la répression du protestantisme en France, après une période de relative tolérance.
Toujours lieu de fête, Blois reçoit en 1539 la visite de Charles Quint, et c’est à Blois que Pierre de Ronsard rencontre lors d’un bal en avril 1545 Cassandre Salviati, qui lui inspire Les Amours de Cassandre. Sacré roi de France, le fils de François Ier, Henri II, fait son entrée solennelle à Blois en août 1547, accompagné de « femmes nues montées sur des bœufs »[réf. nécessaire] (peut-être une mise en scène du mythe de Zeus et Europe, qui choqua plusieurs observateurs). C’est en 1556 que Catherine de Médicis fait représenter devant le roi la tragédie Sophonisbe, première pièce de théâtre à respecter la règle classique des trois unités.
Le château de Blois reste la résidence principale des successeurs de Henri II et en particulier de François II et Charles IX. François II y passe notamment l’hiver 1559 avec sa femme Marie Stuart qui y a été élevée. En 1571, l’amiral de Coligny y rentre dans les bonnes grâces de Charles IX et de la reine Catherine de Médicis. En 1572, un traité avec l’Angleterre y est signé et au mois d’avril sont célébrées dans la chapelle les fiançailles de Henri de Navarre (futur Henri IV) et Marguerite de France. C’est à Blois que Henri III convoque les États généraux qui se tiennent dans la grande salle aujourd’hui appelée « salle des États ». Puis Henri III doit convoquer les États généraux de 1588-1589. Dans le château, dans sa chambre au deuxième étage, il fait tuer le 23 décembre 1588 son ennemi, le duc de Guise ; le frère de celui-ci, le cardinal de Lorraine, est assassiné le lendemain. Quelques jours plus tard, le 5 janvier 1589, la reine Catherine de Médicis y meurt.
Ancien Régime
occupé par le successeur de Henri III, Henri IV, qui y séjourne en 1589, 1598 et 1599. En 1598, celui-ci lance de nouvelles constructions au château, connues grâce à des dessins de Du Cerceau. Il demanda notamment à Arnaud de Saumery d’édifier une galerie de 200 mètres de long au fond du jardin de Louis XII. Mais ces projets ne seront jamais menés à terme et finiront même par s’écrouler en 1756. À la mort d’Henri IV en 1610, le château devient lieu d’exil pour sa veuve Marie de Médicis, et est habité par Richelieu, après un passage de Louis XIII et Anne d’Autriche en 1616. Reléguée à Blois en 1617 par son fils Louis XIII, Marie de Médicis entreprend d’y construire un pavillon dans l’angle nord-ouest, qu’elle confie à l’architecte Salomon de Brosse. Une inscription en laisse le souvenir dans les sous-sols de l’aile Gaston d’Orléans. Après deux ans de captivité, la reine-mère s’évade du château dans la nuit du 21 au 22 février 1619 à l’aide selon la légende d’une échelle de corde, mais plus probablement en profitant des travaux qui y sont menés, à la suite de quoi elle finit par se réconcilier temporairement avec son fils.
En 1626, Louis XIII alloue le comté de Blois à son frère Gaston d’Orléans en guise de cadeau de mariage. Ce dernier s’y installe en 1634. Gaston d’Orléans aura toujours une profonde affection pour le château, affirmant que « l'air de Blois le guérissait ». En 1635, une nouvelle tentative de développer le château voit le jour avec la mise en œuvre d’une aile dessinée par François Mansart. Mais des problèmes financiers stoppent en 1638 la réalisation du projet et Gaston, ne pouvant y résider (l’escalier n’était pas construit et les logis n’avaient pas de plancher), est contraint d’occuper l’aile François Ier (qui aurait été détruite si le projet avait été conduit à son terme). Des modifications des appartements royaux datent de cette époque. Gaston y vit après la Fronde, de 1652 à 1653, et y décède le 2 février 1660, date à laquelle le château est abandonné.
Délaissé par Louis XIV, le château n’est plus habité. Au XVIIIe siècle, le roi cède les lieux à d’anciens serviteurs qui cloisonnent l’intérieur du château en plusieurs petits appartements. Vers 1720, la Régence songe un temps à y faire venir le parlement en exil10,11. Ni Louis XV, ni Louis XVI ne le visitent12. Louis XVI le considère comme « un château qui n'est bon à rien et tout au plus à vendre »13. À travers un édit de février 1788, il décide d’aliéner — par la vente ou la démolition — le château parmi plusieurs résidences royales ou bâtiments indépendants de la Couronne qui ne sont plus utilisés et dont l’entretien constitue un gouffre financier, dont ceux de Choisy-le-Roi, Madrid, la Muette et Vincennes14,15. Le château de Blois est ainsi mis en vente en 1788 mais, faute d’acquéreur, le régiment Royal-Comtois s’y installe16.
Après la Révolution
Au moment de la Révolution, le château est à l’abandon depuis 130 ans et les révolutionnaires soucieux de faire disparaître tout vestige de la royauté le pillent en le vidant de ses meubles, statues et autres accessoires. La collégiale Saint-Sauveur située dans l’avant cour est vendue à l’entrepreneur Guillon, qui la détruira entièrement3. L’état du château dans son ensemble est tel que sa démolition est même envisagée, jusqu’à ce que Napoléon Ier décide de le céder à la ville de Blois le 10 août 1810. Néanmoins, par manque d’argent, le château est à nouveau utilisé comme caserne par l’armée. En 1834, la moitié sud de l’aile Charles d’Orléans est détruite pour y établir des cuisines militaires. La présence militaire au château n’empêche pas l’ouverture au public de l’aile François Ier sous la Restauration. Le château est ainsi visité par Victor Hugo, Honoré de Balzac, ou encore Alexandre Dumas.
En 18404, sous le règne de Louis-Philippe, le château est classé monument historique17 grâce à l’action de Prosper Mérimée qui obtient la remise en état du bâtiment le 24 juillet 1844. Félix Duban est chargé en 1846 de la restauration des appartements royaux de l’aile François Ier. Il associe des couleurs profondes (rouge et bleu) à de l’or18. Secondé par Jules de La Morandière, Duban s’inspire pour les décorations intérieures d’estampes d’époque et des travaux menés par l’érudit Louis de la Saussaye19. La restauration se poursuit jusqu’à la mort de Félix Duban en 1871. Le château est alors transformé en musée. Les restaurations entreprises entre 1870 et 1879 sont sous la direction de Jules de La Morandière.
C’est en 1850 que Pierre-Stanislas Maigreau-Blau, maire de Blois, fonde le musée des beaux-arts de Blois, qu’il installe dans l’aile François Ier. C’est en effet à cette époque que les provinces se dotent de leurs propres musées, encourageant ainsi l’étude des arts. Le maire de Blois défend son projet : « Il n’y a pas de chef-lieu de département en France qui ne soit aujourd’hui doté d’un musée. […] Il serait superflu d’examiner les avantages de ces sortes d’établissements. On sait de quel encouragement puissant ils sont pour les arts et les sciences, par les modèles ou les collections qu’ils offrent à l’étude ». Le musée sera finalement ouvert dans l’aile Louis XII en 1869.
Une seconde restauration est entreprise entre 1880 et 1913. Elle est confiée à un inspecteur général des monuments historiques, Anatole de Baudot, qui dirige essentiellement les travaux sur la restauration de la charpente et du plancher, sur quelques ornements, et sur l’élaboration d’un système d’évacuation des eaux de pluie. Alphonse Goubert, successeur de Baudot à la tête du chantier, décide de restaurer l’aile Gaston d’Orléans. C’est ainsi qu’il fait construire un escalier monumental en pierre, à partir d’esquisses de Mansart. En 1921, il crée également un musée lapidaire dans les anciennes cuisines du château.
Pendant la seconde guerre mondiale, la façade sud du château (principalement l’aile Louis XII) est endommagée par les bombardements. Les vitraux de la chapelle sont notamment détruits. Les travaux de remise en état, commencés en 1946, sont confiés à Michel Ranjard.
Le 23 mai 1960, un timbre-poste représentant le château est émis.
Époque contemporaine
Le château est aujourd’hui la propriété de la ville de Blois. Dans les années 1990, une nouvelle restauration est conduite par Pierre Lebouteu et Patrick Ponsot. En particulier, les toitures, les façades extérieures et les planchers de l’aile François Ier ont été restaurés. Gilles Clément, paysagiste, a été chargé de travailler sur le parc. Pour faire vivre le château, un spectacle son et lumière utilisant les voix de Robert Hossein, Pierre Arditi ou Fabrice Luchini, écrit par Alain Decaux et mis en musique par Éric Demarsan, a été conçu dans les années 1990 : Ainsi Blois vous est conté...20.
Aujourd’hui encore, des restaurations ciblées continuent. Le château a accueilli 353 521 visiteurs en 201921.
Architecture et décoration intérieure
Le château de Blois, tel qu’il peut être admiré de nos jours, est principalement constitué de trois ailes où se mêlent les styles gothique, Renaissance et Classique, même si des traces subsistent du château du Moyen Âge.
Château médiéval
Salle des États
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Construite par le comte Thibaut VI en 1214 (la datation exacte a pu être établie grâce au procédé de dendrochronologie, effectué sur la charpente), la salle des États est la plus ancienne salle civile gothique de France22, et un élément architectural marquant du gothique du XIIIe siècle. Salle de justice sous les comtes de Blois, elle abrite les États généraux en 1576 et 1588. Elle est restaurée en 2006 et 2007, notamment afin de préserver d’importantes traces de polychromie et de conserver la charpente en chêne. Elle est située à l’extrémité nord de l’aile François Ier. Lambrissée, mesurant près de trente mètres sur dix-huit, elle est composée de deux nefs, séparées par une file de six colonnes aux chapiteaux à crochets supportant les deux voûtes en berceau juxtaposées à la charpente en chêne.
Le décor peint est l’œuvre de Félix Duban qui l’a restauré de 1861 à 1866, mais s’inspire de la polychromie en usage au XIIIe siècle. C’est à lui que l’on doit les quelque 6 720 fleurs de lys peintes au lambris. Le pignon percé de grandes fenêtres, la cheminée ainsi que l’escalier néo-gothique sont également de Félix Duban (seule la petite fenêtre en ogive du pignon ouest est d’origine, les grandes fenêtres à meneau, elles, sont du XVe siècle)23. Les vitraux aux emblèmes de Louis XII et Anne de Bretagne sont l’œuvre du peintre-verrier Paul-Charles Nicod, tandis que le parement en terre cuite polychrome est dû au céramiste Jules Loebnitz23.
Musée lapidaire
Le musée lapidaire, accolé à la salle des États, dans les anciennes cuisines de François Ier, rassemble les sculptures des XVIe et XVIIe siècles des différentes ailes du château (gargouilles en pierre, salamandres en plâtre réalisées sous la direction de Félix Duban pour remplacer les insignes royaux détruits à la Révolution, fronton en pierre et plâtre de l’aile Gaston d’Orléans réalisé par le sculpteur Simon Guillain et restauré par Alfred Jean Halou), la tête du Buste de Gaston d’Orléans en Hercule en plâtre, réalisée par Alfred Jean Halou vers 1915, le produit de fouilles du Loir-et-Cher, des objets provenant du promontoire du château à l’époque médiévale, un ensemble daté de la période carolingienne, ainsi que les moulages et les études en plâtre réalisés par Félix Duban.
Tour du Foix
La tour circulaire du Foix, située légèrement en retrait, près de l’aile Gaston d’Orléans, est un vestige des fortifications féodales du XIIIe siècle. Plus caractéristique d’une forteresse médiévale, elle offre un panorama sur la ville, la Loire et l’église Saint-Nicolas de Blois.
Cette tour défendait au Moyen Âge l’angle sud-ouest du château ainsi que la porte du Foix, située au pied de l’éperon rocheux. Perdant son rôle défensif au XVIe siècle, Catherine de Médicis fit aménager à son sommet un observatoire astronomique qui se présente sous la forme d’un petit pavillon en briques rouges et pierres24, accessible par une tourelle d’escalier garnie de bardeaux de bois23, elle aussi édifiée.
S’élevant sur quatre niveaux, dont trois voûtés, éclairés par des meurtrières en étrier, son niveau inférieur aujourd’hui situé en sous-sol formait autrefois le rez-de-chaussée avant le remblaiement de la terrasse au XVIIe siècle.
Les fortifications de la ville et du château sont inscrites aux monuments historiques depuis le 6 novembre 194225.
Aile Louis XII
On pénètre dans le château par l’aile Louis XII, remarquable par son appareil de briques rouges chaînées de pierres blanches, construction courante dans les édifices de style franco-flamand. L’entrée est surmontée par la statue équestre de Louis XII (copie réalisée par le sculpteur Charles Émile Seurre en 1857 à partir d’un original perdu en 1792) présentée plus haut.
alliant le style gothique flamboyant à des éléments appartenant déjà au style Renaissance6.
Le gothique flamboyant se développe dans les moulurations, les trilobes, les pinacles des lucarnes et les culots sculptés encadrant les baies mais sont mêlés à certains éléments, comme des candélabres sur les piliers, l’emploi de l’arc surbaissé, les piliers triangulaires décorés d’arabesques26 ou des coquilles sous la corniche de l’escalier, qui sont toutefois déjà de style Renaissance6.
La haute toiture en ardoise percée de lucarnes, au comble habitable, est aussi caractéristique du gothique tardif.
Le château de Louis XII est souvent comparé au Château du Verger de Seiches-sur-le-Loir, où Colin Biart aurait également travaillé.
Musée des Beaux-Arts de Blois
Un couloir dessert les différentes pièces, afin d’éviter de devoir parcourir toutes les pièces en enfilade pour traverser l’aile, ce qui est une nouveauté par rapport à l’agencement du château médiéval27.
L’aile contient depuis 1869 le musée des Beaux-Arts de la ville de Blois. Les huit salles de la galerie présentent un choix de peintures et de sculptures allant du XVIe au XIXe siècle. La galerie regroupe un ensemble de tapisseries françaises et flamandes des XVIe et XVIIe siècles. Les cheminées ont été refaites à l’emblématique de Louis XII et de sa femme Anne de Bretagne, d’après le célèbre livre d’heures de la reine ; destinées au « comte de Chambord »[réf. nécessaire], elles sont l’œuvre de Louis Delcros. Le cabinet des portraits contient des tableaux des XVIe et XVIIe siècles provenant des châteaux de Saint-Germain-Beaupré et de Beauregard : Madame de Noailles, le duc de Chevreuse, la Grande Mademoiselle, la duchesse de Beaufort, Anne d’Autriche ou encore Marie de Médicis d’après Rubens y sont visibles. Dans une salle des XVIIe et XVIIIe siècles, est conservée une série de cinquante médaillons en terre cuite de Jean-Baptiste Nini28.
Tour des Champs
La tour des Champs, visible côté cour, accolée à l’aile Louis XII, flanque le pignon près de la Salle des États. Également de style gothique flamboyant, construite en brique et pierre, elle présente sa haute toiture d’ardoise aux lucarnes décorées d’acrotères, entourée d’une corniche finement sculptée d’une frise d’oves26. On peut y voir plusieurs sculptures dont le porc-épic de Louis XII en bas-relief.
Les restaurateurs auraient dissimulé, avec humour, au niveau d’une fenêtre du premier étage, un angelot en cul-de-lampe doté de la chevelure, du nez et du sourire de l’ancien maire de Blois, Jack Lang29.
Chapelle Saint-Calais
La chapelle Saint-Calais est située au bout de l’aile Louis XII, dans la cour intérieure du château.
Article détaillé : Chapelle Saint-Calais du château de Blois.
Recconstruite à partir de 1498 lorsque Louis XII accède au trône, puis consacrée en 1508 par Antoine Dufour, évêque de Marseille et confesseur de la reine, il ne subsiste aujourd’hui de cet oratoire privé du roi que le chœur gothique aux voûtes à liernes et tiercerons, la nef ayant été détruite par Mansart lors des travaux de l’aile Gaston d’Orléans. Des vitraux modernes de Max Ingrand, datant de 1957, évoquent plusieurs figures de l’histoire, dont Jeanne d'Arc et Charles de Blois. La façade fut créée par Félix Duban et Jules de La Morandière en 1870.
Galerie Charles d’Orléans
La galerie Charles d’Orléans, collée à la chapelle Saint-Calais, était autrefois deux fois plus longue, mais fut, comme la chapelle, détruite en partie au XVIIe siècle. Construite au milieu du XVe siècle, il s’agit du premier édifice dans lequel la pierre et la brique sont employées simultanément30. La galerie est portée par des arcades en anse de panier très surbaissées. Des colonnes aux fûts losangés, timbrés de la fleur de lys et de l’hermine royales, alternent avec des piliers dont le dessin superpose cercle et carré.
Aile François Ier
sont marquées par l’influence italienne. Même si seulement douze ans séparent la construction de l’aile François Ier de celle de l’aile Louis XII, l’inspiration italienne a non seulement influencé les motifs décoratifs, mais aussi l’agencement et la forme complète de l’édifice.
Sa construction ne fut pas homogène. Une première campagne commence en 1515-16 par l’est de l’aile, s’appuyant sur un logis plus ancien. La partie ouest avec son célèbre escalier fut entreprises dans un second temps. D’autre part, deux phases distinctes dans les combles indiquent que les pièces sur la cour furent construites indépendamment de la galerie des loges, commencée par l’ouest contre le logis médiéval avant de recouvrir la partie orientale quelques années plus tard31.
L’escalier
L’élément central de cette aile est l’escalier monumental, de type vis hors-œuvre, octogonal, dont trois côtés sont encastrés dans le bâtiment lui-même. L’escalier, « fouillé comme un ivoire de Chine » selon Balzac, couvert de fines sculptures Renaissance, d’ornements italianisants (statues, balustres, candélabres) et d’emblèmes royaux (salamandres, couronnes, « F » pour François Ier, « C » pour Claude de France), s’ouvre entre les contreforts par de larges baies sur la cour du château. Sa voûte dallée, de forme hélicoïdale, soutenue par des contreforts rectangulaires extérieurs, en font un symbole récurrent de l’architecture française à la Renaissance et annoncent les innovations de l’époque sur l’architecture des escaliers, qui deviennent, plus qu’un élément fonctionnel, un ajout esthétique majeur.
Les façades
Au revers de l’aile, accessible depuis la galerie de la Reine, se trouve la façade des Loges, construite à sept mètres en avant de l’ancienne courtine, caractérisée par une suite de niches non-communicantes. Ces loges, bien qu’inspirées par les façades de Bramante32 de la cour Saint-Damase au Vatican (alternance rythmique bien qu’inconstante entre les travées de baies et les trumeaux pleins), montrent dans leur construction quelques gallicismes (arcs en anse de panier, présence d’échauguettes, ordonnance irrégulière des travées, ouvrages en surplomb etc.)33. Sa décoration présente entre autres des bas-reliefs sur les allèges des échauguettes représentant les douze travaux d’Hercule et d’autres scènes représentant le héros grec (Hercule et le centaure, Hercule et l’hydre de Lerne, Hercule et le taureau de Crète, Hercule et Antée, Hercule et Cacus notamment). Cette façade donnait autrefois sur les jardins créés par Louis XII.
Côté cour, la façade est ornée de fenêtres à meneaux alternés de pilastres aux chapiteaux italianisants, qui croisent les moulures entre les étages. La corniche au sommet de cette façade présente, superposés, une série de motifs de la première Renaissance. Elle court le long de la façade et contourne l’escalier monumental. La haute toiture et la présence de gargouilles le long de la façade montre néanmoins un héritage du style gothique qui n’a pas encore été complètement abandonné par les architectes.
Malgré son apparente homogénéité, l’aile François Ier englobe la salle des États, à gauche de la façade des Loges.
Appartements royaux
Les appartements royaux situés dans l’aile François Ier ont été restaurés. Ils avaient été reconstitués par Félix Duban dans l’esprit romantique de son époque. En effet, Gaston d’Orléans détruisit un quart de l’aile François Ier, dont les appartements privés de Francois Ier. Félix Duban s’inspira du principe selon lequel les appartements publics donnaient sur la cour du château et les appartements privés sur les jardins aujourd’hui disparus.
Le premier étage est l’étage des appartements de la reine.
Galerie de la Reine
Le carrelage de la galerie de la Reine, créé par Félix Duban en terre cuite vernissée sur un modèle du XVe siècle, a été restauré à la fin du XXe siècle. Il se présente sous la forme d’un réseau de formes géométriques bleues, blanches et jaunes. On peut y voir une exposition d’instruments anciens parmi lesquels :
•un clavecin italien de Giovanni Antonio Baffo datant de 1572, remanié vers 1880 par Leopoldo Franciolini,
•une mandoline en faïence de 1875 réalisée par Josaphat Tortat,
•un violon en faïence de 1867, œuvre d’Ulysse Besnard,
•une pochette de maître à danser en bois, marqueterie et ivoire.
La galerie est également ornée de bustes de rois de France, dont :
•un buste de Henri II en bronze et marbre d’après Germain Pilon,
•un buste de François Ier en armure du XVIe siècle à l’auteur anonyme, acquis en 1926, remanié par Louis-Claude Vassé en 1756, moulage en plâtre patiné d’après une œuvre en bronze conservée au Louvre,
•un buste de Charles IX en plâtre patiné,
•un buste de Henri III en plâtre patiné,
•un buste de Henri IV en plâtre.
On peut aussi observer un buste anonyme en plâtre du XIXe siècle représentant Pierre de Ronsard, orné d’un épitaphe en marbre noir datant de 1607. La galerie conserve également plusieurs tableaux, dont une huile sur cuivre qui serait un portrait présumé de la princesse de Conti, vers 1610, et une huile sur toile de C. Martin, Marie de Médicis et le dauphin, 1603. En outre, la galerie abrite un ensemble de monnaies anciennes à l’effigie de Louis XII, François Ier, Henri II, Charles IX, Henri III et Henri IV.
Cabinet de la Reine
On trouve au premier étage le cabinet de Catherine de Médicis ou studiolo, dans lequel des panneaux de bois dissimulent quatre placards à mécanisme secret (armoires que l’on ouvre en actionnant une pédale cachée dans une plinthe), ce qui lui a donné le nom de chambre des secrets34. Les panneaux de bois sont d’origine et attribués à l’atelier de Francesco Scibec da Carpi qui travaille également à Fontainebleau. Mais la cheminée ainsi que le plafond ont été recréés par Félix Duban. Les 237 panneaux sculptés de candélabres à l’italienne datent des années 1520. Les placards n’étaient pas destinés à dissimuler des poisons comme certains auteurs romantiques le prétendent, mais servaient à exposer des œuvres d’art (verres à jambe, faïencerie) et des livres précieux. Le plafond est orné de fleurs de lys et, en son centre, d’un ouvrage carré où figurent le H et les deux C entrelacés de Henri II et Catherine de Médicis. Un escalier permet d’accéder au cabinet neuf, à l’étage supérieur.
Chambre de la Reine
La chambre de la Reine, autrefois galerie des appartements de François Ier, devint la chambre royale de Catherine de Médicis qui y mourut le 5 janvier 1589. Le monogramme de Henri II et de Catherine de Médicis composé d’un H et de deux C entrelacés est omniprésent dans cette pièce, notamment sur la cheminée, Félix Duban l’ayant restauré en 1845 d’après une tenture de cuir doré et peint. La pièce est richement meublée, avec :
•un lit à torchères en chêne et hêtre de la fin du XVIe siècle, remanié au XIXe siècle, orné aux angles de colonnes torses sommées de pots à feu. Le châssis et les pieds à godrons sont caractéristiques du règne de Henri IV ;
•un coffre à couvercle bombé, dans le style français du XVIIe siècle en chêne, orné d’un panneau représentant la décollation de saint Jean-Baptiste ;
•une armoire à deux corps du XVIe siècle, remaniée au XIXe siècle, en noyer avec des incrustations de nacre et d’ivoire ;
•un cabinet espagnol dit Bargueno du XVIe siècle, aux piètements du XIXe siècle, en noyer, ivoire et métal.
Les salles des gardes
La salle des capitaines des gardes de la reine, formée par la réunion de deux pièces, est ornée de deux cheminées au décor Renaissance, sur lesquelles sont visibles la salamandre de François Ier et l’hermine de Claude de France. L’une d’elles est ornée de niches dorées. On peut y observer un buste de François Ier en plâtre, réalisé par Jean-Baptiste Halou, datant de 1850, une armoire en bois sculptée, un tableau d’Isidore Patrois François Ier confère au Rosso les titres et bénéfices de l’abbaye de Saint-Martin, et une sculpture moderne de Goudji, Salamandre, nutrisco et extinguo en argent, serpentine, ébène teintée et or, donné par l’artiste en 2007.
La salle des gardes fut construite de part et d’autre de la courtine médiévale de l’édifice. Les murs furent peints par Vitet entre 1845 et 1847, celui-ci s’inspirant des enluminures de la Renaissance. Elle est actuellement consacrée à l’histoire de l’armement et de son évolution du XVe au XVIIe siècle. Elle présente ainsi une importante collection d’armes anciennes, parmi lesquelles :
•plusieurs armes d’hast, dont un fauchart, une pertuisane, une corsèque et une hallebarde,
•une armure.
La salle est également meublée d’un coffre espagnol du XIXe siècle en bois de chêne sculpté orné de scènes de batailles et de sièges, et d’un autre coffre de bois sculpté aux ornements géométriques.
Les murs sont décorés de plusieurs tableaux dont :
•Le départ des lansquenets, huile sur toile de Gustave Jacquet, donné par l’État en 1868.
•Baillard adoubant François Ier.
•Bourguignon dans son atelier, huile sur toile de Jean-Alexandre-Rémi Couder, 1851.
La salle des gardes conserve également une collection de bronzes, dont :
•Le combat du duc de Clarence, par Alfred Émilien O’Hara, comte de Nieuwerkerke, 1839.
•Richard de Warwick combattant, par Théodore Gechter, XIXe siècle.
•Chasse au sanglier.
L’oratoire
L’oratoire, lambrissé, s’inspire de celui de la bibliothèque du Connétable de Montmorency au château d’Écouen vers 1550. Les vitraux datent du XIXe siècle. Il contient aussi un triptyque appartenant à la reine.
Cabinet neuf
Le deuxième étage abrite les appartements du roi, dans lesquels figure le cabinet neuf (cabinet de travail de Henri III), reconstitué par Félix Duban d’après un fragment représentant une sirène. Le mur est orné d’une tapisserie représentant Pâris, le prince de Troie. Sur le balcon subsistent les boiseries peintes d’un cabinet du XVIIe siècle.
Galerie Duban
La galerie Duban présente des dessins, gravures et objets évoquant l’œuvre de l’architecte, notamment au château de Blois.
Salle des Guises
La salle des Guises abrite une collection de tableaux présentant les principaux personnages et les événements tragiques liés aux guerres de religion. De nombreux peintres historicistes du XIXe siècle ont été inspirés par l’assassinat du duc de Guise. On trouve dans cette salle plusieurs tableaux dont certains sont devenus célèbres :
•Henri III et ses mignons, Ulysse, XIXe siècle.
•Henri III poussant du pied le cadavre du duc de Guise, huile sur toile de Barthélémy Charles Durupt, 1833.
•La duchesse de Nemours et Henri III, d’Arnold Scheffer.
•Procession et cérémonie funèbre en l’honneur du duc de Guise, d’Arnold Scheffer, 1868.
•Le cardinal de Lorraine sortant de sa prison ou Assassinat du cardinal de Guise, huile sur toile d’Alebert de Médine, 1857.
•Henri de Lorraine, duc de Guise, dit le Balafré, huile sur toile anonyme, XIXe siècle.
•L’assassinat du duc de Guise, huile sur toile d’après Paul Delaroche.
Salle du conseil
La salle du conseil à la cheminée monumentale ornée d’une salamandre dorée, réunit de riches meubles réalisés au XIXe siècle dans le style Renaissance, rappelant le luxe princier du XVIe siècle :
•un rafraîchissoir en bois de châtaignier, de Taylor-et-fils, présenté à l’exposition universelle de 1862 ;
•une table octogonale en bois et marbre du XIXe siècle soutenue par des pieds sculptés en forme de sirènes, sur laquelle est posé un vase en granit orbiculaire de Corse du XIXe siècle ;
•une armoire à deux corps en noyer, ivoire, émail, et pierres dures datant de 1862, réalisée par John Deeble Crace ;
•un buffet à deux corps en noyer, ivoire, émail et pierres dures datant de 1862, œuvre de Joseph Pierre Janselme.
La salle du conseil est également ornée de plusieurs statues, dont :
•un Sonneur à l’olifant et une Châtelaine au faucon en bronze d’Antonin Moine, des fondeurs Susse frères, vers 1840 ;
•une statue de Henri IV enfant en plâtre, d’après François Joseph Bosio. L’original, commandé à l’artiste par la Ville de Paris, fut envoyé au salon en 1824.
La salle du conseil est également décorée de plusieurs tableaux, dont Un page, huile sur toile de Ferdinand Roybet.
Salle du roi
La salle du roi est richement meublée. Elle possède notamment :
•un siège pliant de style Renaissance italienne sous un dais décoré de fleurs de lys du XIXe siècle en bois sculpté et doré ;
•une crédence française en chêne du XIXe siècle ;
•une chaire à l’emblème de François Ier en noyer du XIXe siècle ;
•une armoire à deux corps française en noyer du XIXe siècle ;
•une table à rallonges à l’italienne, des XVIe et XIXe siècle en noyer.
•plusieurs tapisseries.
Sa cheminée monumentale est l’une des plus grandes et des plus imposantes du château. Peinte et dorée à l’effigie de François Ier (salamandre et fleurs de lys) et de Claude de France (hermine), et également décorée d’un mélange d’éléments de style italien comme des putti (petits angelots), des guirlandes de fleurs et de fruits, des rinceaux, candélabres et festons, et d’autres de style médiéval, comme des dragons. Néanmoins, cette décoration chargée n’est pas le travail exclusif de Félix Duban. De récentes restaurations ont révélé des traces de polychromie datant des années 1515-1520, laissant croire que Duban n’a fait que raviver des couleurs déjà existantes.
Galerie du roi
La galerie du roi présente une belle collection de faïences néo-Renaissance des XIXe et XXe siècle, dont de nombreuses œuvres des blésois Ulysse Besnard (1826-1899) et Adrien Thibault (1844-1918) parmi lesquelles :
•un cache-pot sur pied colonne réalisé par Émile Balon en 1919 ;
•un coffret à bijoux réalisé par Isabelle Besnard en 1872 ;
•une assiette à l’autoportrait d’Ulysse Besnard, par Ulysse Besnard, 1882 ;
•un grand vase créé par Ulysse Besnard en 1868 ;
•un vase à motifs de guerriers antiques, par Ulysse Besnard, 1872 ;
•un vase couvert d’Ulysse Besnard, 1881 ;
•une jardinière d’Ulysse Besnard, 1887.
On peut également y voir un tableau d’Ulysse Besnard : Hallebardier devant un château-fort, huile sur toile de 1889.
Chambre du roi
La chambre du roi est celle dans laquelle la légende veut que le duc de Guise soit mort, se jetant au pied du lit du roi après avoir été frappé par huit spadassins. Pour évoquer le roi, Duban a volontairement enrichi d’or le décor de la salle et a serti l’alcôve royale de fleurs de lys. Il est meublé d’un lit monumental d’Italie du XVIe siècle, remanié au XIXe siècle, en bois sculpté, peint et doré, ainsi que d’une armoire à deux corps française de la fin du XVIe siècle, en bois de noyer.
Tour Château-Renault
La tour Château-Renault se trouve dans la continuité de l’aile François Ier, qu’elle domine de son chemin de ronde et de sa haute toiture. Côté jardin, elle poursuit la façade des loges par des baies plus petites et un décor similaire (panneaux sculptés, pilastres). Ouverte au public par beau temps depuis les restaurations de 2003, elle dévoile un panorama sur les anciens jardins royaux où subsistent le pavillon Anne de Bretagne et l’orangerie.
Le pavillon d’Anne de Bretagne est aussi appelé Bains de la Reine ; il est classé aux monuments historiques depuis le 12 juillet 188635.
Aile Gaston d’Orléans
La réalisation de l’aile Gaston d’Orléans a été confiée à François Mansart entre 1635 et 1638, date à laquelle le manque de subsides contraint à l’arrêt des travaux. Elle est de style classique. Cette aile occupe le fond de la cour, face à l’aile Louis XII, et remplace la « perche aux Bretons », le pavillon de Marie de Médicis et le logis de Charles IX. L’avant-corps central comporte trois travées où l’on peut distinguer la superposition des ordres dorique, ionique et corinthien. Le fronton central est notamment décoré de deux sculptures représentant à gauche Minerve et à droite Mars. Son aspect inachevé a d’ailleurs provoqué quelques réactions mémorables : si Félibien vers 1680 ne faisait que regretter l’inachèvement de l’édifice, Gustave Flaubert s’emporte en 1847 contre « un corps de logis au goût sobre qui est le goût pauvre »36.
d’une double-coupole emboîtée, ornée de sculptures allégoriques attribuées à Simon Guillain et Michel Anguier, qui sera l’une des nouveautés apportées par l’édifice, tout comme la charpente à comble brisé, qui fera école durant les XVIIe et XVIIIe siècles. Un portique concave vient adoucir l’avant-corps central, avec ses colonnes cannelées (dont certaines néanmoins resteront inachevées après l’abandon des travaux).
L’aile abrite une salle d’histoire du château et des salles destinées à des expositions temporaires et à des congrès. Elle a aussi abrité entre 1903 et 1914 le muséum d’Histoire naturelle de Blois avant qu’il ne soit déplacé dans l’ancien palais de l’Évêché où il sera inauguré en 1922. De retour au château après les bombardements de la deuxième guerre mondiale, il restera dans les combles de l’aile Gaston d’Orléans jusqu’en 1984, date à laquelle les collections restaurées sont transférées aux Jacobins où le musée rouvre ses portes.
Lieu de tournage
Une équipe de l’émission Secrets d’Histoire a tourné plusieurs séquences au château dans le cadre d’un numéro consacré à Marie de Médicis, intitulé Marie de Médicis ou l’obsession du pouvoir, diffusé le 19 juillet 2018 sur France 237.
Personnes liées au Château
Personnes nées au Château de Blois
Sont nés dans l’enceinte du château les personnages historiques suivants :
•Charles de Blois (en 1319) ;
•Louis XII (en 1462), roi de France de 1498 à 1515 ;
•Marguerite-Louise d’Orléans (en 1645), fille du duc Gaston d’Orléans.
Personnes décédées au Château de Blois
Sont décédés dans l’enceinte du château les personnages historiques suivants :
•Anne de Bretagne (en 1514), dernière reine de Bretagne, mariée à Charles VIII puis Louis XII ;
•Claude de France (en 1524), fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne, mariée à François Ier ;
•Henri Ier de Guise (en 1588), 3e duc de Guise, assassiné (en la chambre du roi de l'aile François Ier) en raison de sa participation à la Journée des Barricades ;
•Louis de Lorraine (en 1588), frère du duc de Guise ;
•Catherine de Médicis (en 1589) ;
•Gaston d’Orléans (en 1660), fils d’Henri IV, dernier comte de Blois.