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Tapete formado pelas flores do ipê-amarelo na Igreja Santo Antônio de Cascavel (PR). O "Parque dos Ipês" é o novo ponto turístico da cidade.

Former Civil Defence bunker i Skanderborg, Denmark. Built i a unfinished german WW2 bunker. Preserved in unique unaltered 'cold war' state and i now a museum.

 

Den tidlige beredskabskab bunker i Skanderborg. Bygget i ikke færdigbygget tysk bunker fra 2. verdenskrig. Bevaret i unik og uforandret stand som da den kolde krig sluttede.

  

www.twitter.com/Memoire2cite LES GRANDS ENSEMBLES @ Bien qu’ils échappent à une définition unique, les grands ensembles sont ty-piquement des ensembles de logement collectif, souvent en nombre impor-tant (plusieurs centaines à plusieurs milliers de logements), construits entre le milieu des années 1950 et le milieu des années 1970, marqués par un urba-nisme de barres et de tours inspiré des préceptes de l’architecture moderne.

Ces grands ensembles, dont plusieurs centaines ont été construits en France, ont permis un large accès au confort moderne (eau courante chaude et froide, chauffage central, équipements sanitaires, ascenseur…) pour les ouvriers des banlieues ouvrières, les habitants des habitats insalubres, les rapatriés d’Algérie et la main-d’oeuvre des grandes industries.

Ils se retrouvent fréquemment en crise sociale profonde à partir des années 1980, et sont, en France, l’une des raisons de la mise en place de ce qu’on appelle la politique de la Ville.

Définition

Il n’y a pas de consensus pour définir un grand ensemble.

On peut toutefois en distinguer deux :

• Selon le service de l’Inventaire du ministère de la Culture français, un grand ensemble est un «aménagement urbain comportant plusieurs bâtiments isolés pouvant être sous la forme de barres et de tours, construit sur un plan masse constituant une unité de conception. Il peut être à l’usage d’activité et d’habitation et, dans ce cas, comporter plusieurs centaines ou milliers de logements. Son foncier ne fait pas nécessairement l’objet d’un remembrement, il n’est pas divisé par lots ce qui le différencie du lotissement concerté».

• Selon le «géopolitologue» Yves Lacoste, un grand ensemble est une «masse de logements organisée en un ensemble. Cette organisation n’est pas seulement la conséquence d’un plan masse; elle repose sur la présence d’équipement collectifs (écoles, commerces, centre social, etc.) […]. Le grand ensemble apparaît donc comme une unité d’habitat relativement autonome formée de bâtiments collectifs, édifiée en un assez bref laps de temps, en fonction d’un plan global qui comprend plus de 1000 logements».

Le géographe Hervé Vieillard-Baron apporte des précisions : c’est, selon lui, un aménagement en rupture avec le tissu urbain existant, sous la forme de barres et de tours, conçu de manière globale et introduisant des équipements règlementaires, comportant un financement de l’État et/ou des établissements publics. Toujours selon lui, un grand ensemble comporte un minimum de 500 logements (limite fixée pour les Zone à urbaniser en priorité (ZUP) en 1959). Enfin, un grand ensemble n’est pas nécessairement situé en périphérie d’une ag-glomération.

Comme on le voit ci-dessus, la détermination d’un seuil de logements peut être débattue. Les formes du grand ensemble sont assez récurrentes, inspirées (ou légitimées) par des préceptes de l’architecture moderne et en particulier des CIAM : ils se veulent une application de la Charte d’Athènes4. Pour autant, on ne peut pas dire qu’il s’agisse d’une application directe des principes de Le Corbusier. Ils sont aussi le fruit d’une industriali-sation progressive du secteur du bâtiment et, notamment en France, des procédés de préfabrication en béton.

Histoire

La Cité de la Muette à Drancy, construite par Eugène Beaudouin, Marcel Lods et Jean Prouvé entre 1931 et 1934 pour l’Office public HBM de la Seine, est traditionnellement considérée comme le premier grand en-semble en France. Elle est même à l’origine du terme de «grand ensemble» puisque c’est ainsi que la désigne pour la première fois Marcel Rotival dans un article de l’époque6. Cette cité, initialement conçue comme une cité-jardin, se transforme en cours d’étude en un projet totalement inédit en France, avec ses 5 tours de 15 étages et son habitat totalement collectif. Cependant, cette initiative reste sans lendemain du moins dans l’immédiat.

Après la Seconde Guerre mondiale, le temps est à la reconstruction et la priorité n’est pas donnée à l’habitat. Le premier plan quinquennal de Jean Monnet (1947-1952) a avant tout pour objectif la reconstruction des infrastructures de transport et le recouvrement des moyens de production. Par ailleurs, le secteur du bâtiment en France est alors incapable de construire des logements en grande quantité et rapidement : ce sont encore de petites entreprises artisanales aux méthodes de constructions traditionnelles.

Les besoins sont pourtant considérables : sur 14,5 millions de logements, la moitié n’a pas l’eau courante, les 3/4 n’ont pas de WC, 90 % pas de salle de bain. On dénombre 350 000 taudis, 3 millions de logements surpeu-plés et un déficit constaté de 3 millions d’habitations. Le blocage des loyers depuis 19147, très partiellement atténué par la Loi de 1948, ne favorise pas les investissements privés.

L’État tente de changer la situation en impulsant à l’industrialisation des entreprises du bâtiment : en 1950, Eugène Claudius-Petit, ministre de la reconstruction, lance le concours de la Cité Rotterdam à Strasbourg. Ce programme doit comporter 800 logements, mais le concours, ouvert à un architecte associé à une entreprise de BTP, prend en compte des critères de coût et de rapidité d’exécution. Le projet est gagné par Eugène Beau-douin qui réalise un des premiers grands ensembles d’après guerre en 1953. En 1953 toujours, Pierre Courant, Ministre de la Reconstruction et du Logement, fait voter une loi qui met en place une série d’interventions (appelée «Plan Courant») facilitant la construction de logements tant du point de vue foncier que du point de vue du financement (primes à la construction, prêts à taux réduit, etc.) : la priorité est donnée clairement par le ministère aux logements collectifs et à la solution des grands ensembles.

La même année, la création de la contribution obligatoire des entreprises à l’effort de construction (1 % de la masse des salaires pour les entreprises de plus de 10 salariés) introduit des ressources supplémentaires pour la réalisation de logements sociaux : c’est le fameux «1 % patronal». Ces fonds sont réunis par l’Office Central Interprofessionnel du Logement (OCIL), à l’origine de la construction d’un certain nombre de grands ensembles.

Mais le véritable choc psychologique intervient en 1954 : le terrible hiver et l’action de l’Abbé Pierre engage le gouvernement à lancer une politique de logement volontariste. Un programme de «Logements économiques de première nécessité» (LEPN) est lancé en juillet 1955 : il s’agit de petites cités d’urgence sous la forme de pavillons en bandes. En réalité, ces réalisations précaires s’avèrent catastrophiques et se transforment en tau-dis insalubres dès l’année suivante. La priorité est donnée alors résolument à l’habitat collectif de grande taille et à la préfabrication en béton, comme seule solution au manque de logements en France.

Une multitude de procédures administratives

Grands ensembles du quartier Villejean à Rennes par l’architecte Louis Arretche.

Il n’existe pas une procédure type de construction d’un grand ensemble pendant cette période. En effet, de très nombreuses procédures techniques ou financières sont utilisées. Elles servent souvent d’ailleurs à désigner les bâtiments ou quartiers construits à l’époque : Secteur industrialisé, LOPOFA (LOgements POpulaires FAmiliaux), Logecos (LOGements ÉCOnomiques et familiaux), LEN (Logements économiques normalisés), l’opération Million, l’opération «Économie de main d’oeuvre». L’unique objectif de toutes ces procédures est de construire vite et en très grande quantité. Le cadre de la Zone à urbaniser en priorité intervient en 1959, avec des constructions qui ne commencent réellement qu’en 1961-1962.

Les contextes de constructions

Le quartier de La Rouvière (9ème arrondissement) à Marseille construit par Xavier Arsène-Henry.

On peut distinguer 3 contextes de construction de ces grands ensembles à la fin des années 1950 et début des années 1960 :

• de nouveaux quartiers périphériques de villes anciennes ayant pour objectif de reloger des populations ins-tallées dans des logements insalubres en centre-ville ou pour accueillir des populations venues des campagnes environnantes (cas les plus fréquents).

• des villes nouvelles liées à l’implantation d’industries nouvelles ou à la politique d’aménagement du ter-ritoire : c’est le cas de Mourenx (avec le Gaz de Lacq), Bagnols-sur-Cèze ou Pierrelatte (liées à l’industrie nucléaire). On voit aussi des cas hybrides avec la première situation, avec des implantations proches de villes satellites de Paris, dans le but de contrebalancer l’influence de cette dernière : c’est le cas de la politique des «3M» dans le département de Seine-et-Marne avec la construction de grands ensembles liés à des zones in-dustrielles à Meaux, Melun, Montereau-Fault-Yonne.

• des opérations de rénovation de quartiers anciens : le quartier de la Porte de Bâle à Mulhouse, l’îlot Bièvre dans le 13e arrondissement de Paris, le centre-ville ancien de Chelles.

Il est à noter qu’un grand ensemble n’est pas forcément un ensemble de logements sociaux : il peut s’agir aussi de logements de standing, comme le quartier de la Rouvière à Marseille.

Les modes de constructions

Le Haut du Lièvre (3000 logements, construits à partir de 1954), deux des plus longues barres de France, construite par Bernard Zehrfuss sur une crête surplombant Nancy.

Tout est mis en oeuvre pour qu’un maximum d’économies soient réalisées sur le chantier :

• la préfabrication : de nombreux procédés de préfabrications sont mis en oeuvre sur les chantiers permettant un gain de temps et d’argent. Expérimentés au cours des chantiers de la Reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, ces procédés permettent la construction en série de panneaux de bétons, d’escaliers, d’huisseries mais aussi d’éléments de salles de bains à l’intérieur même du logements. Ces procédés ont pour nom : Camus (expérimenté au Havre et exporté jusqu’en URSS), Estiot (au Haut-du-Lièvre à Nancy) ou Tracoba (à la Pierre Collinet à Meaux). Les formes simples (barres, tours) sont privilégiées le long du chemin de grue (grue posée sur des rails) avec des usines à béton installées à proximité du chantier, toujours dans une recherche de gain de temps.

• une économie de main d’oeuvre : la préfabrication permet de faire appel à une main d’oeuvre peu qualifiée, souvent d’origine immigrée. De grands groupes de BTP bénéficient de contrats pour des chantiers de construc-tion gigantesques, favorisés par l’État.

• les maîtres d’ouvrages sont eux aussi très concentrés et favorise les grandes opérations. La Caisse des dépôts et consignations est ainsi l’un des financeurs incontournables de ce mouvement de construction avec notam-ment sa filiale, la SCIC (Société Civile immobilière de la Caisse des dépôts et consignations), créée en 1954. Elle fait appel à des architectes majeurs des années 1950 et 1960, tels que Jean Dubuisson, Marcel Lods, Jacques Henri Labourdette, Bernard Zehrfuss, Raymond Lopez, Charles-Gustave Stoskopf et elle est à l’ori-gine de nombreux grands ensembles situés en région parisienne, tels que Sarcelles (le plus grand programme en France avec 10 000 logements), Créteil, Massy-Antony.

Les désignations de ces grands ensembles sont à cette époque très diverses : unité de voisinage, unité d’habitation, ville nouvelle (sans aucun rapport avec les villes nouvelles de Paul Delouvrier), villes satellites, ou encore cités nouvelles, etc.Pendant 20 ans, on estime à 300 000 le nombre de logements construits ainsi par an, alors qu’au début des années 1950, on ne produisait que 10 000 logements chaque année. 6 millions de logements sont ainsi construits au total. 90 % de ces constructions sont aidées par l’État.

En 1965, le programme des villes nouvelles est lancé, se voulant en rupture avec l’urbanisme des grands ensembles. En 1969, les zones à urbaniser en priorité sont abandonnées au profit des zones d’aménagement concerté, créées deux ans auparavant. Enfin, le 21 mars 1973, une circulaire ministérielle signée par Olivier Guichard, ministre de l’Équipement, du Logement et des Transports, «visant à prévenir la réalisation des formes d’urbanisation dites « grands ensembles » et à lutter contre la ségrégation sociale par l’habitat», interdit toute construction d’ensembles de logements de plus de 500 unités. La construction des grands ensembles est définitivement abandonnée. La loi Barre de 1977 fait passer la priorité de l’aide gouvernementale de la construction collective à l’aide aux ménages : c’est le retour du pavillonnaire et du logement.

Les guerres jouent un rôle majeur dans l'histoire architecturale d'un pays. Alors que les commémorations orchestrées par la mission Centenaire 1914-1918 battent leur plein, il paraît intéressant de revenir sur ce que la Grande Guerre a représenté pour les architectes, au-delà des destructions et du traumatisme. Ce premier épisode de « mobilisation totale » - suivant les termes utilisés par Ernst Jünger en 1930 -, a notamment entraîné une industrialisation accéléré des processus de production, qui a marqué les esprits. Certains architectes comme Félix Dumail et Marcel Lods se sont alors engagés dans la définition d'un cadre urbanistique nouveau pour le logement social : au sein de l'Office public d'habitations à bon marché du département de la Seine, ils ont largement contribué à l'invention du « grand ensemble ».

La reconstruction de l'après Première Guerre mondiale a souvent été présentée comme une occasion manquée. Cette antienne a même servi de repoussoir après la Seconde. C'est pourtant un bilan à tempérer, puisqu'au sortir de l'une et l'autre, on est parvenu à reconstruire un nombre de logements comparable en valeur relative, dans à peu près le même laps de temps. Plus généralement, les vicissitudes des chantiers de l'entre-deux-guerres tiennent au contexte économique et politique, au problème du moratoire des loyers, aux effets de la crise de 1929, etc., plutôt qu'à une défaillance des savoir-faire des entreprises et des architectes. Dans cette période ouverte cohabitent, au contraire, des procédés constructifs aussi nombreux qu'efficaces. L'élaboration des programmes modernes - logement social, équipements sportifs, sociaux et éducatifs, grande distribution, etc. - est l'objet d'un éventail de recherches d'une grande pluralité. On aura rarement inventé autant de types architecturaux. Ainsi, pour paraphraser ce que Jean-Louis Cohen écrit de la Seconde Guerre (1), on peut suggérer que la Première ne représente pas seulement quatre années de « page blanche », ni même une répétition de la suivante, mais bien, elle aussi, un temps de condensation « technologique, typologique et esthétique ». Si la Seconde Guerre coïncide avec la « victoire » et la « suprématie » de la modernité architecturale, la Premièren'est pas en reste, qui pose les conditions de diffusion du fordisme, de la préfabrication des bâtiments et dessine les contours urbanistiques de la construction de masse.

Certes, le XIXe siècle, avec le Paris d'Haussmann et les expositions universelles, avait largement plus que défricher les champs de la rapidité, de l'étendue et de la quantité, mais, spécifiquement, l'entre-deux-guerres est marqué par le perfectionnement de la répétition (2). Un des effets de la Grande Guerre réside dans l'accélération de la mise en place d'un cadre de production pour le logement collectif et dans la définition progressive du « grand ensemble ». Ce concept, apparu en juin 1935 sous la plume de Maurice Rotival dans L'Architecture d'aujourd'hui, ressortit à la tentative « d'un urbanisme contemporain : un urbanisme des habitations » (3). Son héraut est l'Office public d'habitations à bon marché du département de la Seine (OPHBMS) d'Henri Sellier, futur ministre de la Santé publique du Front populaire. Imaginé en 1913, organisé pendant la guerre, l'OPHBMS sera, avant 1939, le maître d'ouvrage de plus de 17 000 logements répartis en une vingtaine d'opérations banlieusardes.

Dans une perspective de généalogie du logement de masse français, il y a grand intérêt à suivre les parcours des architectes de l'OPHBMS pendant la Grande Guerre. Parmi la vingtaine de protagonistes concernés, seuls deux étaient trop âgés pour participer au conflit : Raphaël Loiseau (1856-1925), architecte-conseil, et Alexandre Maistrasse (1860-1951), qui s'applique dès avant l'armistice au projet de la « cité-jardins » de Suresnes, dont Sellier sera maire de 1919 à 1940. Il y livrera près de 2 500 logements. Bien que plus jeune, Maurice Payret-Dortail (1874-1929) n'est pas mobilisé et participe à la mise en place de l'Office durant la guerre, avant de travailler jusqu'à son décès prématuré à une autre grande cité-jardins, celle du Plessis-Robinson. Nés entre 1868 et 1900, les autres architectes correspondent exactement aux classes d'âge appelées au front.

Les figures de Marcel Lods et de Felix Dumail

Deux d'entre eux (4) ont laissé des archives significatives sur ces années : Félix Dumail (1883-1955), un des plus fidèles compagnons de Sellier, et Marcel Lods (1891-1978), brillant cadet entré dans un second temps à l'OPHBMS avec son associé Eugène Beaudouin (1898-1983). Dumail est diplômé de l'Atelier Bernier en 1908 et lorsqu'il est mobilisé, il figure déjà parmi les pionniers du logement social. Lods, quant à lui, est admis dans le même atelier en 1911, mais, conscrit l'année suivante, il ne quitte l'uniforme qu'une fois la guerre terminée. Il obtient son diplôme en 1923, tout en collaborant dès 1921 sur d'importantes opérations HBM avec Albert Beaudouin, architecte de la Société des logements économiques pour familles nombreuses depuis 1907. Celui-ci lui cédera son agence en 1929, ainsi qu'à son neveu Eugène.

Vers des logements sociaux en grande série

Il faut rappeler qu'à l'approche de la guerre, ce que l'on nomme le logement ouvrier se situe à un tournant : fin 1912, la loi Bonnevay a affirmé son caractère public. Elle autorise alors les collectivités locales à constituer des offices d'habitations à bon marché, domaine jusque-là réservé des sociétés anonymes et des fondations philanthropiques. Peu avant, la Ville de Paris a obtenu la possibilité de produire elle-même des logements sociaux. Si les résultats du concours qu'elle lance en 1912 sont suspendus, du fait de ses terrains petits et irrégulier ayant inspiré des propositions peu généralisables, quelques architectes se sont d'ores et déjà essayés à décliner des plans en immeubles libres et cours ouvertes. C'est le cas de Payret-Dortail, lauréat sur le site de l'avenue Émile-Zola, et du jeune groupement Dumail, Jean Hébrard et Antonin Trévelas. Au concours de 1913, ce trio peut développer ses principes à l'échelle plus favorable de vastes terrains. Il se retrouve lauréat de 600 logements rue Marcadet, avec un projet désigné dix ans plus tard comme un des plus avancés des « standards d'avant-guerre » (5). Ce deuxième concours, qui porte l'ambition d'entamer un processus de construction en grande série sur la base de plans-modèles, suscite l'engouement, puisque près de 700 châssis ont été adressés et que, comme l'affirme L'Architecture : « On sent qu'il y a maintenant une génération d'architectes s'intéressant à la question des habitations à bon marché, et qui l'ont comprise. » (6) Sellier ne s'y trompe pas, qui forme, entre 1916 et 1921, la première équipe d'architectes-directeurs de l'OPHBMS en puisant parmi les lauréats des concours parisiens : Albenque et Gonnot ; Arfvidson, Bassompierre et de Rutté ; Hébrard et Dumail, Maistrasse, Payret-Dortail, Pelletier, Teisseire.

L'entrée en guerre, dans un premier temps, coupe net l'élan de cette génération, avant de la décimer. Ainsi, Trévelas aura son nom gravé sur le monument aux morts de la cour du mûrier, au cœur de l'École des beaux-arts. Mobilisé dans l'infanterie, Dumail décrit dans ses courriers et dans son journal, le manque d'organisation, la faim, la fatigue, les douleurs corporelles, l'ampleur des destructions et les atrocités : blessures par obus, barricades élevées avec des couches de cadavres, etc. Si l'épisode napoléonien avait déjà provoqué des tueries de masse, celles-ci se singularisent. Leur mécanisation et l'annihilation du territoire représenteront une source inextinguible de réflexions pour les architectes, faisant écho à une sensibilité récente : les théories premières de Prosper Mérimée ou Viollet-le-Duc - suite au « vandalisme » de la révolution et aux effets de l'industrialisation - venaient justement d'accoucher le 31 décembre 1913 de l'actuelle loi sur les monuments historiques. Après guerre, les architectes se passionneront du sort des monuments endommagés - la cathédrale de Reims notamment - et du statut des ruines, quasi sacralisées par un Auguste Perret. Simultanément les avant-gardes mettront en avant l'idée de la table rase. Le spectacle des manœuvres de nuit sous le feu des projecteurs procure ainsi à Dumail un sentiment ambigu de fascination-répulsion, évoquant la sidération exprimée par un Apollinaire.

Dumail manifeste des capacités d'observation hors du commun, qui lui vaudront la légion d'honneur. Sous les bombardements, il exécute des plans et des panoramas des positions ennemies, permettant de mieux diriger les tirs. Nommé sous-lieutenant en octobre 1915, il entame des démarches pour être affecté à l'aviation. À l'appui de sa demande, il mentionne sa passion pour les sports mécaniques, sa pratique assidue de la moto et souligne son succès en 1912 au concours Chenavard consacré à une école d'aviation militaire. C'est pourtant un projet dans lequel l'aéroport représentait surtout un emblème. À l'instar, du reste, de l'aéroport de la cité-jardins du Grand Paris imaginée par l'OHBMS en 1919 en marge des projets du Plessis-Robinson et de la Butte-Rouge (Châtenay-Malabry), ou encore, à partir de 1922, de celui qu'associe Le Corbusier à une autoroute sur la rive droite de Paris, dans son fameux Plan Voisin soutenu par le fabricant automobile et aéronautique éponyme. Bien que Dumail juge plus aisé de piloter un avion qu'une auto et malgré le soutien de ses officiers, ses démarches n'aboutissent pas. Pas plus que ses tentatives d'entrer au Génie puis au service technique de Peugeot ou encore, en 1917, ses propositions d'adaptation d'une mitrailleuse Hotchkiss auprès du sous-secrétariat d'État des inventions. Comme beaucoup d'appelés, Dumail attendra sa démobilisation quasiment jusqu'au traité de Versailles, en 1919. Durant ces années incertaines, alors que ne se concrétisent ni le chantier de la rue Marcadet ni sa nomination définitive par l'OPHBMS - il y est inscrit avec Hébrard sur la liste d'architectes depuis 1917 -, il voyage dans les régions dévastées. Dumail et Hébrard sont agréés pour la reconstruction des Ardennes en 1921, au moment où les études de la rue Marcadet reprennent et celles de la cité-jardins de Gennevilliers deviennent opérationnelles.

Cette concentration de commandes explique que leur activité de reconstruction se limite au seul village d'Attigny (Ardennes), d'autant que leurs aspirations vont bientôt dépasser l'horizon hexagonal. En effet, lorsque Dumail retrouve Hébrard, celui-ci enseigne l'architecture dans le cadre de l'American Expeditionary Forces University, prolongeant son expérience à l'université Cornell-Ithaca entre 1906 et 1911. Leurs deux frères, eux aussi architectes, sont à l'étranger : GabrielDumail, fait prisonnier en 1915, est parti pour la Chine ; quant à ErnestHébrard, Grand Prix de Rome 1904, il a aussi été fait prisonnier avant de se voir confier, en 1918, la reconstruction de Salonique, puis de devenir architecte en chef d'Indochine. Pionnier de l'urbanisme - néologisme de 1910 -, il est membre fondateur de la Société française des architectes urbanistes en 1911, et l'une des premières figures de l'architecture internationale, voire « mondialisée ». Il avait entraîné, peu avant la guerre, son frère et les Dumail dans l'aventure de l'International World Centre : un essai de capitale pour les États-Unis du monde, précurseur de la Société des Nations, dans lequel La Construction moderne voyait en janvier 1914 « une école mondiale de la paix »... arrivée trop tard ! De cette tentation de l'ailleurs, Dumail tire quelques réalisations en Indochine entre 1924 et 1928. Jean Hébrard, lui, s'expatrie en 1925 pour devenir un des théoriciens du City Planning dans les universités de Pennsylvanie puis du Michigan.

Des chantiers d'expérience

Dumail consacrera dès lors l'essentiel de sa carrière à l'OPHBMS, en tant qu'architecte-directeur des cités-jardins de Gennevilliers, du Pré-Saint-Gervais, de Dugny, de l'achèvement de Suresnes, et d'un ensemble HBM pour militaires à Saint-Mandé, immédiatement reconnus pour la qualité de leurs logements et de leur greffe urbaine. Comme pour la cité de la rue Marcadet, il y conçoit « des bâtiments isolés, absolument entourés d'air et de lumière » (7). Ces « chantiers d'expériences », suivant une expression des années 1920 qui deviendra emblématique à la Libération, sont souvent mis en œuvre par des entreprises ayant fourbi leurs premières armes avec les troupes américaines pour des constructions de baraquements préfabriqués. Ils permettront à Dumail de figurer parmi les rares architectes français à avoir édifié plus de 2 000 logements avant la Seconde Guerre, dans lesquels il étrennera les chemins de grue et les principes de coffrage des Trente Glorieuses.On ne peut que faire le lien entre ses aspirations pendant la guerre, sa culture technique, son goût pour la mécanique, et ceux d'autres acteurs de la modernité architecturale. Quelques années avant lui, en 1904, son associé Hébrard brille lui aussi au concours Chenavard, avec pour sujet un Palais de l'automobile. En 1908, le Salon de l'automobile accueille à Paris ses premiers exposants aéronautiques et c'est justement un architecte de la même génération, AndréGranet (1881-1974), futur gendre d'Eiffel, qui contribue l'année suivante à lancer au Grand Palais la première exposition internationale de la locomotion aérienne, ancêtre du salon du Bourget. Plus précisément, le passage de l'observation militaire à l'aviation renvoie à WalterGropius (1883-1969). Comme Dumail ou encore André Lurçat, mais dans le camp d'en face, le fondateur du Bauhaus dessine d'abord ses repérages de ligne de front à pied, avant d'être affecté à l'aviation et d'y connaître une révélation, déterminante pour sa carrière (😎. Cette passion de la photographie aérienne sera partagée par son alter ego français dans l'expérimentation de la préfabrication, Marcel Lods, en pleine résonance avec une attention voulue « scientifique » au territoire et à sa documentation - une des constantes des équipes de l'OPHBMS. Si Lods s'engage comme aviateur en 1939, il est vingt-cinq ans plus tôt affecté comme instructeur d'artillerie. Et il ne lui échappe pas qu'avec presque 900 millions d'obus tirés, son arme représente l'instrument par excellence de l'industrialisation de la guerre. Puis, il suit l'arrivée des troupes américaines et de leurs engins et se passionne pour le développement spectaculaire des industries automobile et aéronautique aux États-Unis. Pays où était née, dès 1908, la fameuse Ford T, premier véhicule de série. Du début des années 1920 jusqu'à la fin de sa carrière, aux côtés de grands ingénieurs, Lods tente d'exporter ce modèle à celui du bâtiment et de ses composants. Ce seront notamment les chantiers de la Cité du Champ des Oiseaux, à Bagneux (1927-1933), et de La Muette, à Drancy (1931-1934). Puis, après guerre, les Grandes Terres de Marly-le-Roi (1952-1960) et surtout la Grand'Mare de Rouen (1960-1977). C'est aussi une myriade de petites réalisations prototypiques, à commencer par l'aéroclub de Buc abordé au moment où Lods obtient son brevet de pilote, en 1932.

Ses chantiers qui se veulent de pur montage, rêvés en gants blanc, ne sont pas dénués d'utopie. Ils participent au sentiment qui sourd au début du XXe siècle, selon lequel l'homme s'apprête à faire quasi corps avec la machine. Charlie Chaplin a génialement montré dans Les Temps modernes en 1936 la part tragique de cette nouvelle condition. Elle apparaît comme un des effets les plus paradoxaux de la guerre, dans laquelle toute une génération a été confrontée aux corps mutilés en masse, soumis aux éléments et à la putréfaction en plein champ, mais aussi possiblement transcendés par la mécanisation et la science. Alfred Jarry en avait eu l'intuition dès 1902 avec Le Surmâle : roman moderne dans lequel il dressait le récit de la course - en forme d'hécatombe - d'un train à vapeur et de cyclistes dopés à la « perpetual-motion food ». Le Corbusier est l'architecte qui, au contact des Planistes et du théoricien eugéniste Alexis Carrel, captera le mieux ce nouveau rapport au corps, avec ses recherches sur l'immeuble-villa puis sur l'« unité d'habitation de grandeur conforme », instruments d'une « fabrique de l'homme nouveau » liant sport, biologie et habitation. Intégré à la fondation Carrel entre 1943 à 1945 (9), Dumail n'échappera pas à ce programme « d'hygiène sociale et de prophylaxie » énoncé par Sellier lui-même au moins dès 1921.Ces proches de Sellier que sont Dumail et Lods ont vu leurs réalisations de l'OPHBMS données en 1935 comme modèles du programme du grand ensemble du futur, dans cette période accidentée où s'élaborait une culture politique de gestion de la croissance des périphéries urbaines. À la Libération, ils affirment ensemble le logement comme la grande « affaire » du XXe siècle dans un livret du comité Henri-Sellier (10). En 1951, ils s'engagent presque simultanément dans les chantiers respectifs des deux SHAPE Villages : Dumail à Saint-Germain-en-Laye, aux côtés de Jean Dubuisson, et Lods à Fontainebleau. Les logements qu'ils bâtissent, chacun à sa façon mais tous deux en un temps record, pour les sous-officiers et officiers du quartier général des forces alliées en Europe, constituent un des moments fondateurs de la politique de construction à venir : les grands ensembles français ne sont décidément pas tombés du ciel avec la croissance et le baby-boom. * Architecte, Hubert Lempereur a consacré de nombreux articles à la généalogie et à l'histoire matérielle et culturelle des premiers grands ensembles français et à la construction de masse. À paraître, Félix Dumail, architecte de la « cité-jardins », aux éditions du patrimoine et La Samaritaine, Paris, aux éditions Picard, ouvrage codirigé avec Jean-François Cabestan. 1. J.-L. Cohen, Architecture en uniforme. Projeter et construire pour la Seconde Guerre mondiale, Hazan/Centre Canadien d'Architecture, 2011. 2. Voir P. Chemetov et B. Marrey, Architectures. Paris 1848-1914, Dunod, 1980. 3. M. Rotival, « Urbanisme des H.B.M. - Formes de la cité », L'Architecture d'aujourd'hui, n° 6, juin 1935. 4. Leurs archives sont conservées au centre d'archives d'architecture du XXe siècle. La famille Dumail conserve de son côté ses correspondances de guerre. 5. J. Posener, « Historique des H.B.M. - Naissance du problème, premières solutions », L'Architecture d'aujourd'hui, n° 6, juin 1935. 6. G. Ernest, « Concours pour la construction par la Ville de Paris d'immeubles collectifs à bon marché », L'Architecture, 28 fév. 1914. 7. A. Gaillardin, « Les derniers concours de la Ville de Paris pour la construction d'habitations à bon marché », La Construction moderne, 28 juin 1914. 8. J. Gubler, « L'aérostation, prélude à l'aviation ? Notes sur la découverte architecturale du paysage aérien », Matières, 1998. 9. H. Lempereur, « La fondation Carrel (1941-1945), Le Corbusier et Félix Dumail : portraits d'architectes en bio-sociologues », fabricA, 2009. 10. F. Dumail, P. Grünebaum-Ballin, R. Hummel, M. Lods, P. Pelletier et P. Sirvin, L'affaire du logement social, préface de Léon Blum, Éditions de la Liberté, 1947. TEXTE DU MONITEUR @ les #Constructions #Modernes #BANLIEUE @ l' #Urbanisme & l es #Chantiers d'#ApresGuerre ici #Mémoire2ville le #Logement Collectif* dans tous ses états..#Histoire & #Mémoire de l'#Habitat / Département territoire terroir region ville souvenirs du temps passé d une époque revolue #Archives ANRU / #Rétro #Banlieue / Renouvellement #Urbain / #Urbanisme / #HLM #postwar #postcard #cartepostale twitter.com/Memoire2cite Villes et rénovation urbaine..Tout savoir tout connaitre sur le sujet ici via le PDF de l'UNION SOCIALE POUR L HABITAT (l'USH)... des textes à savoir, à apprendre, des techniques de demolition jusqu a la securisation..& bien plus encore.. union-habitat.org/.../files/articles/documents/...

www.dailymotion.com/video/xk6xui Quatre murs et un toit 1953 - Le Corbusier, l'architecte du bonheur 1957 conceptions architecturales le modulor, l'architecture de la ville radieuse, Chandigarh, Marseille, Nantes www.dailymotion.com/video/xw8prl Un documentaire consacré aux conceptions architecturales et urbanistiques de Le Corbusier.Exposées par l'architecte lui-même et étayées par des plans, dessins et images de ses réalisations en France et à l'étranger, ces théories témoignent d'une réflexion approfondie et originale sur la ville et sa nécessaire adaptation à la vie moderne, notamment Paris dont l'aménagement révolutionnaire rêvé par Le Corbusier est ici exposé. Un classique du documentaire.Les premiers projets de Le Corbusier resteront à l'état de maquette : le plan de modernisation de la ville d'Alger. Certains seront réalisés par d'autres architectes : ministère de l'éducation à Rio de Janeiro, Palais de l'ONU à New York. Dès l'après-guerre en moins de 10 ans, Le Corbusier réalise de grandes unités d'habitation à Marseille, Nantes une chapelle à Ronchamps, une usine à Saint-Dié, une ville Chandigarh en Inde. Par des schémas, l'architecte présente sa théorie de la "ville radieuse", le modulor clef mathématique de son œuvre ainsi que son projet de réorganisation de la campagne, des cités industrielles et urbaine en un regroupement autour d'un système coopératif. Le film expose les conceptions architecturales de Le Corbusier, dans la ligne des précurseurs de l'architecture moderne comme Claude-Nicolas Ledoux. Paris et le désert français 1957 réalisation : Roger Leenhardt et Sydney Jezequel, résoudre le déséquilibre démographique ville campagne www.dailymotion.com/video/x177lrp Film réalisé par Roger Leenhardt et Sydney Jezequel en 1957, d'après le livre de Jean-François Gravier. Document d'information général proposant les solutions de l'époque pour éviter la désertification des campagnes et la folie concentrationnaire des villes. Dès 1957, la désertification des campagnes prend des proportions tragiques. L'exemple est donné pour le village de Gourdon dans le Quercy.

Quelles évolutions proposer pour éviter l'exode rural et le développement anarchique, qui s'amorce, des villes champignons, construites en plein champ sans urbanisme et sans âme ? Le commentaire propose les solutions de l'époque : modernisation de l'agriculture, adaptation de l'artisanat, implantations d'industries dans les provinces. Gazoducs dans le sud-ouest, barrage en Haute-Savoie, polder en Bretagne semblaient à l'époque pouvoir résoudre le déséquilibre ville campagne. Visages de la France 1957 Production - réalisation Atlantic-Film Marcel de Hubsch www.dailymotion.com/video/x19g59p Le film commence avec des vues de villages et d'architecture traditionnelle du Pays Basque, des Landes, de la Touraine, de la Normandie, de la Bretagne, d'Alsace. La voix off s'interroge : faut il transformer la France en un musée de ses vieilles demeures ? et poursuit : pourquoi des maisons de 10 à 15 mètres de hauteur à Honfleur n'ont elles que 3 à 5 mètres de large ? Le commentaire se pose la question du nombre de maisons individuelles dans les villes qui entrainent l'étalement urbain. Lorsque les villes ont bâtit des immeubles, le commentaire se demande que cachent ces façades ? Des coures étroites que le soleil ne visite jamais, un enchevêtrement inouï de constructions hétéroclites. L'époque de grande prospérité de la troisième république n'a rien su construire de grand poursuit la voix off. Ce document nous propose ensuite une animation de maquette pour l'aménagement d'une friche. Dans un premier temps à la façon d'avant avec la maison individuelle. La voix off s'exclame : ce n'est pas autrement que d'affreuses banlieues naquirent que tant de villes furent à jamais enlaidies, essayons autre chose. L'animation se met à empiler les maisons individuelles et propose des bâtiments collectifs dans des jardins. Le commentaire poursuit : maintenant c'est l'heure de l'urbaniste à lui de répartir les constructions dans la cité. Plusieurs organisation de logements collectifs sont proposées en maquettes. La voix off pointe les défauts d'un urbanisme des grands ensemble trop ennuyeux. Puis une solution émerge de l'animation : pour que la cité vive il faut mettre au place d'honneur école, dispensaire, bibliothèque, salle de réunion, puis viennent les deux pièces maîtresse deux grands immeubles puis les rues se glissent dans la composition et enfin les pelouse et les jardins apparaissent et voila conclue le commentaire. Le film montre ensuite de réalisation de grands ensemble et on entre dans un immeuble au sein d'une famille : air et lumière sont au rendes-vous. On voit des enfants faire du patin à roulette dans le parc de l'immeuble la voix off annonce : finit l'individualisme renfrogné de l'échoppe d'antan : la cité tout entière est un jardin, les jeux d'enfants se mêlent aux fleurs. Le film se termine sur des vues de réalisation de grands ensemble sur toute la France (vue entre autre de la cité radieuse de Le Corbusier à Marseille). Production Films Caravelle MRU (ministère de la reconstruction et de l'urbanisme) Scenario et réalisation : Pierre JaLLAUDSur les routes de France les ponts renaissent 1945 reconstruction de la France après la Seconde Guerre mondiale www.dailymotion.com/video/xuxrii?playlist=x34ije , www.twitter.com/Memoire2cite Les 30 Glorieuses . com et la carte postale.. Il existe de nos jours, de nombreux photographes qui privilégient la qualité artistique de leurs travaux cartophiles. A vous de découvrir ces artistes inconnus aujourd’hui, mais qui seront peut-être les grands noms de demain. 69 BRON PARILLY LA VILLE NOUVELLE LES UC, UNE CITÉ DU FUTUR @ UN TOUR DE VILLE AUTOUR DU TEMPS

Le quartier des UC à Parilly, a été la première des grandes cités construites en France, au milieu du 20e siècle, et fut en son temps un modèle. 1950. La Seconde guerre mondiale a laissé derrière elle un champ de ruines. En France, plus de 800.000 habitations ont été détruites. Partout on manque de logements : sur la côte atlantique, où des villes entières ont été rasées, mais aussi à Paris et en région lyonnaise. Pour couronner le tout, les Français se mettent à faire des bébés à tour de berceaux - le baby boom commence ! Du coup, les jeunes mariés ne peuvent dénicher un toit et restent chez leurs parents. Les mieux lotis s’entassent à 4 ou 5 dans une seule pièce, avec WC à l’étage et un évier en guise de salle de bains. Les personnes sans le sou, elles, peuplent les bidonvilles qui cernent Lyon comme à Bombay ou à Rio. Souvenez-vous de l’abbé Pierre, et de son appel de l’hiver 1954. Reloger la population constitue pourtant une priorité du gouvernement. On a nommé ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme un héros de la Libération, pétri des idéaux sociaux de la Résistance : le député de la Loire, Eugène Claudius-Petit (1907-1989). Monsieur le Ministre veut non seulement redonner un toit aux Français, mais les doter du nec plus ultra en matière de logement, une architecture moderne et colorée, entourée de verdure et d’espace. Dès 1951, Claudius-Petit programme la construction de six grands ensembles : à Angers (677 logements), Boulogne-Billancourt (800), Le Havre (1400), Pantin (800), Saint-Etienne (1262) et enfin à Bron, où doit naître la plus imposante de toutes ces cités, avec 2608 logements. Il en confie la réalisation à l’Office des HLM du Rhône, alors dirigé par Laurent Bonnevay, tandis que sa conception revient à de jeunes architectes Lyonnais disciples de Le Corbusier, dont René Gagès et Franck Grimal.

L’emplacement de la future cité est vite trouvé : dans la partie nord du parc de Parilly, sur 27 hectares de terrains appartenant au Conseil général. Ainsi, les immeubles se glisseront entre les arbres et les pelouses, en un mariage heureux de la nature et du béton. La desserte du quartier sera assurée par le boulevard de Ceinture et par l’avenue Jean-Mermoz, deux belles avenues où il fait bon se promener, à pieds ou à vélo, au milieu de quelques autos - l'une et l'autre n'ont pas encore été transformées en voies autoroutières… Cinq ans à peine, de 1951 à 1956, suffisent pour faire sortir de terre une douzaine de grands immeubles, l’équivalent d’une ville : les quatre tours et les deux barres en S des "Unités de Construction" (UC) 5 et 7 le long du boulevard Laurent-Bonnevay ; l’UC 1 à l’angle du boulevard et de l’autoroute A43 ; enfin les quatre immeubles en L des UC 2 à 5, le long de l’A43, à l'endroit où vous vous trouvez. Leur construction utilise des procédés révolutionnaires pour l’époque : chaque appartement, qu’il s’agisse d’un T2 ou d’un T6 en duplex, reproduit un plan type aux dimensions standardisées de 5 mètres de large, 11 mètres de long et 2,5 mètres de haut, dont les éléments sont fabriqués en usine et seulement assemblés sur le chantier, ce qui permet d’énormes gains de temps. Les premiers habitants découvrent leurs appartements, ébahis. Un F3 par exemple, leur offre une salle de séjour de 18 m2, deux chambres de 10 m2, une cuisine équipée de placards et plans de travail, des WC, une salle de bains, d’immenses baies vitrées et, luxe inouï, un grand balcon peint en jaune, en rouge ou en bleu vif, transformant leur immeuble en une mosaïque multicolore. Les Brondillants passent d’un coup du taudis à l’Amérique, et de Zola au 20e siècle. Telles étaient les UC, il y a une soixantaine d'années. Une cité modèle, dont les photos couvraient les cartes-postales locales, et les magazines du monde entier. Après les UC, d'autres grands ensembles voient le jour à Bron au cours des années 1950 à 1970 : les immeubles du quartier des Essarts, près des Galeries Lafayette ; les copropriétés de la route de Genas, à côté de l'ancienne caserne Raby, et surtout les immeubles du quartier du Terraillon, au nord-est de Bron. Ces nouveaux logements, tous très prisés au moment de leur construction, font bondir la population de Bron de 12.500 habitants en 1946, à 42.000 habitants en 1968. Les experts de l'époque prédisent même que le seuil des 100.000 habitants serait atteint vers l'an 2000 ! Le temps du village était révolu. Bron devenait une ville importante de la banlieue lyonnaise.

@ LES GRANDS ENSEMBLES @ Bien qu’ils échappent à une définition unique, les grands ensembles sont ty-piquement des ensembles de logement collectif, souvent en nombre impor-tant (plusieurs centaines à plusieurs milliers de logements), construits entre le milieu des années 1950 et le milieu des années 1970, marqués par un urba-nisme de barres et de tours inspiré des préceptes de l’architecture moderne.

Ces grands ensembles, dont plusieurs centaines ont été construits en France, ont permis un large accès au confort moderne (eau courante chaude et froide, chauffage central, équipements sanitaires, ascenseur…) pour les ouvriers des banlieues ouvrières, les habitants des habitats insalubres, les rapatriés d’Algérie et la main-d’oeuvre des grandes industries.

Ils se retrouvent fréquemment en crise sociale profonde à partir des années 1980, et sont, en France, l’une des raisons de la mise en place de ce qu’on appelle la politique de la Ville.

Définition

Il n’y a pas de consensus pour définir un grand ensemble.

On peut toutefois en distinguer deux :

• Selon le service de l’Inventaire du ministère de la Culture français, un grand ensemble est un «aménagement urbain comportant plusieurs bâtiments isolés pouvant être sous la forme de barres et de tours, construit sur un plan masse constituant une unité de conception. Il peut être à l’usage d’activité et d’habitation et, dans ce cas, comporter plusieurs centaines ou milliers de logements. Son foncier ne fait pas nécessairement l’objet d’un remembrement, il n’est pas divisé par lots ce qui le différencie du lotissement concerté».

• Selon le «géopolitologue» Yves Lacoste, un grand ensemble est une «masse de logements organisée en un ensemble. Cette organisation n’est pas seulement la conséquence d’un plan masse; elle repose sur la présence d’équipement collectifs (écoles, commerces, centre social, etc.) […]. Le grand ensemble apparaît donc comme une unité d’habitat relativement autonome formée de bâtiments collectifs, édifiée en un assez bref laps de temps, en fonction d’un plan global qui comprend plus de 1000 logements».

Le géographe Hervé Vieillard-Baron apporte des précisions : c’est, selon lui, un aménagement en rupture avec le tissu urbain existant, sous la forme de barres et de tours, conçu de manière globale et introduisant des équipements règlementaires, comportant un financement de l’État et/ou des établissements publics. Toujours selon lui, un grand ensemble comporte un minimum de 500 logements (limite fixée pour les Zone à urbaniser en priorité (ZUP) en 1959). Enfin, un grand ensemble n’est pas nécessairement situé en périphérie d’une ag-glomération.

Comme on le voit ci-dessus, la détermination d’un seuil de logements peut être débattue. Les formes du grand ensemble sont assez récurrentes, inspirées (ou légitimées) par des préceptes de l’architecture moderne et en particulier des CIAM : ils se veulent une application de la Charte d’Athènes4. Pour autant, on ne peut pas dire qu’il s’agisse d’une application directe des principes de Le Corbusier. Ils sont aussi le fruit d’une industriali-sation progressive du secteur du bâtiment et, notamment en France, des procédés de préfabrication en béton.

Histoire

La Cité de la Muette à Drancy, construite par Eugène Beaudouin, Marcel Lods et Jean Prouvé entre 1931 et 1934 pour l’Office public HBM de la Seine, est traditionnellement considérée comme le premier grand en-semble en France. Elle est même à l’origine du terme de «grand ensemble» puisque c’est ainsi que la désigne pour la première fois Marcel Rotival dans un article de l’époque6. Cette cité, initialement conçue comme une cité-jardin, se transforme en cours d’étude en un projet totalement inédit en France, avec ses 5 tours de 15 étages et son habitat totalement collectif. Cependant, cette initiative reste sans lendemain du moins dans l’immédiat.

Après la Seconde Guerre mondiale, le temps est à la reconstruction et la priorité n’est pas donnée à l’habitat. Le premier plan quinquennal de Jean Monnet (1947-1952) a avant tout pour objectif la reconstruction des infrastructures de transport et le recouvrement des moyens de production. Par ailleurs, le secteur du bâtiment en France est alors incapable de construire des logements en grande quantité et rapidement : ce sont encore de petites entreprises artisanales aux méthodes de constructions traditionnelles.

Les besoins sont pourtant considérables : sur 14,5 millions de logements, la moitié n’a pas l’eau courante, les 3/4 n’ont pas de WC, 90 % pas de salle de bain. On dénombre 350 000 taudis, 3 millions de logements surpeu-plés et un déficit constaté de 3 millions d’habitations. Le blocage des loyers depuis 19147, très partiellement atténué par la Loi de 1948, ne favorise pas les investissements privés.

L’État tente de changer la situation en impulsant à l’industrialisation des entreprises du bâtiment : en 1950, Eugène Claudius-Petit, ministre de la reconstruction, lance le concours de la Cité Rotterdam à Strasbourg. Ce programme doit comporter 800 logements, mais le concours, ouvert à un architecte associé à une entreprise de BTP, prend en compte des critères de coût et de rapidité d’exécution. Le projet est gagné par Eugène Beau-douin qui réalise un des premiers grands ensembles d’après guerre en 1953. En 1953 toujours, Pierre Courant, Ministre de la Reconstruction et du Logement, fait voter une loi qui met en place une série d’interventions (appelée «Plan Courant») facilitant la construction de logements tant du point de vue foncier que du point de vue du financement (primes à la construction, prêts à taux réduit, etc.) : la priorité est donnée clairement par le ministère aux logements collectifs et à la solution des grands ensembles.

La même année, la création de la contribution obligatoire des entreprises à l’effort de construction (1 % de la masse des salaires pour les entreprises de plus de 10 salariés) introduit des ressources supplémentaires pour la réalisation de logements sociaux : c’est le fameux «1 % patronal». Ces fonds sont réunis par l’Office Central Interprofessionnel du Logement (OCIL), à l’origine de la construction d’un certain nombre de grands ensembles.

Mais le véritable choc psychologique intervient en 1954 : le terrible hiver et l’action de l’Abbé Pierre engage le gouvernement à lancer une politique de logement volontariste. Un programme de «Logements économiques de première nécessité» (LEPN) est lancé en juillet 1955 : il s’agit de petites cités d’urgence sous la forme de pavillons en bandes. En réalité, ces réalisations précaires s’avèrent catastrophiques et se transforment en tau-dis insalubres dès l’année suivante. La priorité est donnée alors résolument à l’habitat collectif de grande taille et à la préfabrication en béton, comme seule solution au manque de logements en France.

Une multitude de procédures administratives

Grands ensembles du quartier Villejean à Rennes par l’architecte Louis Arretche.

Il n’existe pas une procédure type de construction d’un grand ensemble pendant cette période. En effet, de très nombreuses procédures techniques ou financières sont utilisées. Elles servent souvent d’ailleurs à désigner les bâtiments ou quartiers construits à l’époque : Secteur industrialisé, LOPOFA (LOgements POpulaires FAmiliaux), Logecos (LOGements ÉCOnomiques et familiaux), LEN (Logements économiques normalisés), l’opération Million, l’opération «Économie de main d’oeuvre». L’unique objectif de toutes ces procédures est de construire vite et en très grande quantité. Le cadre de la Zone à urbaniser en priorité intervient en 1959, avec des constructions qui ne commencent réellement qu’en 1961-1962.

Les contextes de constructions

Le quartier de La Rouvière (9ème arrondissement) à Marseille construit par Xavier Arsène-Henry.

On peut distinguer 3 contextes de construction de ces grands ensembles à la fin des années 1950 et début des années 1960 :

• de nouveaux quartiers périphériques de villes anciennes ayant pour objectif de reloger des populations ins-tallées dans des logements insalubres en centre-ville ou pour accueillir des populations venues des campagnes environnantes (cas les plus fréquents).

• des villes nouvelles liées à l’implantation d’industries nouvelles ou à la politique d’aménagement du ter-ritoire : c’est le cas de Mourenx (avec le Gaz de Lacq), Bagnols-sur-Cèze ou Pierrelatte (liées à l’industrie nucléaire). On voit aussi des cas hybrides avec la première situation, avec des implantations proches de villes satellites de Paris, dans le but de contrebalancer l’influence de cette dernière : c’est le cas de la politique des «3M» dans le département de Seine-et-Marne avec la construction de grands ensembles liés à des zones in-dustrielles à Meaux, Melun, Montereau-Fault-Yonne.

• des opérations de rénovation de quartiers anciens : le quartier de la Porte de Bâle à Mulhouse, l’îlot Bièvre dans le 13e arrondissement de Paris, le centre-ville ancien de Chelles.

Il est à noter qu’un grand ensemble n’est pas forcément un ensemble de logements sociaux : il peut s’agir aussi de logements de standing, comme le quartier de la Rouvière à Marseille.

Les modes de constructions

Le Haut du Lièvre (3000 logements, construits à partir de 1954), deux des plus longues barres de France, construite par Bernard Zehrfuss sur une crête surplombant Nancy.

Tout est mis en oeuvre pour qu’un maximum d’économies soient réalisées sur le chantier :

• la préfabrication : de nombreux procédés de préfabrications sont mis en oeuvre sur les chantiers permettant un gain de temps et d’argent. Expérimentés au cours des chantiers de la Reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, ces procédés permettent la construction en série de panneaux de bétons, d’escaliers, d’huisseries mais aussi d’éléments de salles de bains à l’intérieur même du logements. Ces procédés ont pour nom : Camus (expérimenté au Havre et exporté jusqu’en URSS), Estiot (au Haut-du-Lièvre à Nancy) ou Tracoba (à la Pierre Collinet à Meaux). Les formes simples (barres, tours) sont privilégiées le long du chemin de grue (grue posée sur des rails) avec des usines à béton installées à proximité du chantier, toujours dans une recherche de gain de temps.

• une économie de main d’oeuvre : la préfabrication permet de faire appel à une main d’oeuvre peu qualifiée, souvent d’origine immigrée. De grands groupes de BTP bénéficient de contrats pour des chantiers de construc-tion gigantesques, favorisés par l’État.

• les maîtres d’ouvrages sont eux aussi très concentrés et favorise les grandes opérations. La Caisse des dépôts et consignations est ainsi l’un des financeurs incontournables de ce mouvement de construction avec notam-ment sa filiale, la SCIC (Société Civile immobilière de la Caisse des dépôts et consignations), créée en 1954. Elle fait appel à des architectes majeurs des années 1950 et 1960, tels que Jean Dubuisson, Marcel Lods, Jacques Henri Labourdette, Bernard Zehrfuss, Raymond Lopez, Charles-Gustave Stoskopf et elle est à l’ori-gine de nombreux grands ensembles situés en région parisienne, tels que Sarcelles (le plus grand programme en France avec 10 000 logements), Créteil, Massy-Antony.

Les désignations de ces grands ensembles sont à cette époque très diverses : unité de voisinage, unité d’habitation, ville nouvelle (sans aucun rapport avec les villes nouvelles de Paul Delouvrier), villes satellites, ou encore cités nouvelles, etc.

Pendant 20 ans, on estime à 300 000 le nombre de logements construits ainsi par an, alors qu’au début des années 1950, on ne produisait que 10 000 logements chaque année. 6 millions de logements sont ainsi construits au total. 90 % de ces constructions sont aidées par l’État.

En 1965, le programme des villes nouvelles est lancé, se voulant en rupture avec l’urbanisme des grands ensembles. En 1969, les zones à urbaniser en priorité sont abandonnées au profit des zones d’aménagement concerté, créées deux ans auparavant. Enfin, le 21 mars 1973, une circulaire ministérielle signée par Olivier Guichard, ministre de l’Équipement, du Logement et des Transports, «visant à prévenir la réalisation des formes d’urbanisation dites « grands ensembles » et à lutter contre la ségrégation sociale par l’habitat», interdit toute construction d’ensembles de logements de plus de 500 unités. La construction des grands ensembles est définitivement abandonnée. La loi Barre de 1977 fait passer la priorité de l’aide gouvernementale de la construction collective à l’aide aux ménages : c’est le retour du pavillonnaire et du logement. Les banlieues populaires apparaissent dans les médias à travers le prisme de la délinquance et des émeutes. Pourtant, leur histoire doit s’analyser dans la moyenne durée des deux siècles d’urbanisation et d’industrialisation, puis de disparition de la société industrielle. Les banlieues françaises, à la différence des suburbs anglo-saxonnes qui logent les classes moyennes blanches, ont été créées dès la fin du XIX e siècle pour loger les classes populaires. Les besoins de logement expliquent les strates des paysages urbains : petits immeubles de rapport de la Belle Époque, pavillons des lotissements défectueux de l’entre-deux-guerres, barres et tours de logement social et villes nouvelles des Trente Glorieuses. Trois moments de la constitution des banlieues populaires se superposent, encore visibles dans les paysages-palimpsestes : l’âge des faubourgs industriels, devenus peu à peu friches avec la désindustrialisation qui débute dans les années 50 ; le temps des banlieues rouges et du socialisme municipal ; la construction des grands ensembles et l’entrée en crise du modèle à partir de 1970. Des faubourgs industriels à la désindustrialisation

La banlieue contemporaine naît de l’entreprise de modernisation de la capitale et des grandes métropoles sous le Second Empire. Le modèle haussmannien, bien connu, régularise la ville ancienne par l’imposition de percées dans le tissu urbain existant, l’équipement en réseaux divers, la construction d’immeubles neufs le long des nouvelles percées et l’exode partiel des anciens habitants du centre vers les arrondissements annexés ou vers les faubourgs. L’agrandissement de Paris complète les ambitions d’Haussmann et de Napoléon III : au premier janvier 1860, en application de la loi du 3 novembre 1859, 5100 hectares sont ajoutés aux 3402 hectares de la capitale, qui trouve ainsi sa taille définitive et passe de 12 à 20 arrondissements. L’annexion des communes suburbaines s’accompagne d’une vision, en creux, de la nouvelle banlieue au-delà des murailles. Le projet est d’homogénéiser la nouvelle ville-capitale en généralisant les équipements urbains, notamment le métro à partir de 1900, de desserrer la pression démographique du centre vers l’extérieur, de transférer l’industrie au-delà des Fortifications. Dans ces « cayennes », les salaires sont plus bas qu’à Paris, la discipline plus rude, la taylorisation plus précoce que dans les ateliers parisiens ou lyonnais. La banlieue est livrée à elle-même, ignorée par la puissance publique. Ses espaces libres accueillent les entrepôts, la grande industrie et les fonctions que la ville transformée rejette : cimetières, hôpitaux, champs d’épandage, logements sociaux 1. Les décrets sur les établissements classés, datant du Premier Empire et repris sous la Restauration, sont à l’origine des zones d’industries polluantes en proche banlieue, notamment autour de la chimie organique. Aubervilliers est célèbre par la concentration d’industries chimiques (Saint-Gobain…). Les derniers de ces établissements classés ont cessé leur activité il y a peu de temps, sous l’impact des revendications des associations écologistes : à Saint-Denis, la Saria, entreprise d’incinération de carcasses animales, a dû fermer. L’industrialisation, comme l’avait envisagé Haussmann, se fait par le transfert des grandes usines de la capitale vers la périphérie. Après la crise économique de la fin du XIXe siècle, l’implantation de nouvelles technologies – automobile, aviation, constructions électriques – transforme des communes (Boulogne-Billancourt, Puteaux, Suresnes, Vénissieux) en technopoles de pointe. Dans ces « cayennes », les salaires sont plus bas qu’à Paris, la discipline plus rude, la taylorisation plus précoce que dans les ateliers parisiens ou lyonnais. Sans unité administrative, la banlieue constitue un domaine fragmenté en espaces socialement très différenciés : villégiature et résidence bourgeoise souvent à l’Ouest, banlieue « noire », celle des faubourgs industriels limitrophes, friches dues à la déprise agricole et maraîchère, que lotissent de petits spéculateurs. La Première Guerre mondiale renforce l’industrialisation des métropoles situées loin du front, Paris, Lyon ou Toulouse. Puis une volonté de décentralisation transfère les usines en grande banlieue : Simca glisse de Nanterre à Poissy au milieu des années 50 ; une usine Citroën de 6500 salariés, dont 4300 OS, s’ouvre à Aulnay-sous-bois en 1973. Cependant, en région parisienne, cette politique précoce et continue de désindustrialisation conduit à une diminution des emplois industriels dès les années 60, avec la politique de délocalisation menée à partir de 1955, amplifiée par la Datar. En Plaine Saint-Denis, en 1960, le secteur industriel représente 46 % des emplois contre 44 % au tertiaire ; en 1990, le secteur industriel représente 21 % des emplois et le tertiaire 72 %. Des secteurs entiers disparaissent – métallurgie, machine-outil, chimie – dont la présence structurait les sociétés ouvrières. La crise économique qui commence à partir de 1973, la division planétaire du travail et un demi-siècle de volonté décentralisatrice entraînent la disparition des banlieues industrielles, malgré des combats défensifs : l’usine Chaix de Saint-Ouen ferme après cinq ans d’occupation et de luttes à contre-courant. L’invention politique socialisme municipal et banlieue rouge Dans l’entre-deux-guerres, les banlieues populaires se couvrent d’une marée pavillonnaire de lotissements médiocres 2. La crise du logement en région parisienne conduit 450 000 nouveaux banlieusards, Parisiens et provinciaux, à s’installer dans 16 000 hectares de nouveaux quartiers pavillonnaires. Ces petits accédants à la propriété – les « mal-lotis » des années 20 – payent à crédit leur parcelle et s’installent sur des terrains dépourvus de tout équipement. Le scandale de ces petits propriétaires méritants qui campent dans la boue des banlieues, sans routes ni lumière, devient public au milieu des années 20. La loi Sarraut votée en 1928 met l’État à contribution avec les intéressés, ce qui permet de financer les aménagements indispensables, en premier lieu le réseau de voirie. Les lotissements, ces quartiers de pavillons, improvisés à partir des années 20 sur des terrains bon marché découpés au hasard de la spéculation et des opportunités foncières, incarnent le rêve populaire d’accès à la propriété. Le mal-loti devient la figure emblématique de l’exclusion banlieusarde : trompé par les lotisseurs, il se retrouve privé des éléments élémentaires de l’urbanité, aux portes de la capitale illuminée où « les rupins font la noce ». Le jeune PC (Section française de l’Internationale communiste) prend en charge les revendications de ces parias, fournit une analyse de leurs difficultés en termes de classe et s’implante dans les communes ainsi bouleversées à partir des élections municipales de 1925. Il s’appuie aussi sur le nouveau prolétariat des grandes usines. Dans le contexte du Front populaire, 193

“Long Shot” was choreographed by Kelly Hagfeldt and features 10 dancers. Pictured here, left to right, are Amanda McCabe, Kodi Auch, Brittney Rau, Jessica Aparicio, Ashley Magelky, Rachel Cross and Kelly Hagfeldt.

Police form lines at both ends of the street in front of the U.S. Justice Department in Washington, D.C., sealing off 3,000 demonstrators prior to their arrest May 4, 1971.

 

The arrest of Echo—John Froines: (at the Justice Department May 4, sought on a warrant for conspiracy blocking traffic on May 3):

 

“Echo is saying he came here not to surrender but to be protected by his people,” one agent reported over FBI radio.

 

“Well, we want him,” crackled a reply from the field office.

 

“The package is wearing a green and red striped shirt--definitely a sport shirt, green and red vertical stripes,” one reported.

 

“He is crossing the street toward a green parked car, with his arm around a man wearing a suede jacket and a straw hat.”

 

“The package is now moving east toward the flagpole,” the agent reported later. “He is standing south of the flagpole talking to a man with a bald head. He is still with the man with the suede coat and the straw hat.”

 

“To All Units, anyone with any knowledge of Echo, go to the middle of the block…The word from the P.D. is that they’re going to pinch in from both ends of the block and lock them up. They’re moving now. He’ll be trying to slip out while they’re arresting others.”

 

“What are the chances of pushing him in through the truck entrance?”

 

“We have him. We have him. We have him.”

 

“Good let’s keep him.”

 

Froines was whisked away and later taken before US Magistrate Arthur L. Burnett. Burnett told Froines of the charges against him and set a bond of $10,000, with a 10 percent deposit—meaning that Echo would be freed if he could post $1,000 in cash.

 

Frones later posted bond and was released.

 

The second day of an attempt to shut down the government began with several hundred briefly attempting to block traffic in the area south of Dupont Circle. Vastly outnumber by police, the effort was quickly broken up.

 

Several thousand, however, gathered at Franklin Park at 14th & I NW at noon and marched to the Justice Department to emphasize the second Mayday demand—that all political prisoners be freed. Police sealed off both ends of the block and arrested over 3,000, bring the arrest total over two days to more than 10,000.

 

For more information and additional images, see

 

May 1: flic.kr/s/aHsk5GV1JM

May 2: flic.kr/s/aHsk5CKtKq

May 3: flic.kr/s/aHsk5bjYqk

May 4: flic.kr/s/aHsk64GugT

May 5: flic.kr/s/aHsk8e3sU3

 

Photographer unknown: Courtesy of the D.C. Public Library Washington Star Collection © Washington Post.

 

Packaging material dumped inside an inner city industrial are

Every woman should own at least one fabulous steel-boned corset and we have a huge range to choose from AEC Corsets. To know more visit here: www.instagram.com/aeclothing/?hl=en

This image forms part of the digitised photographs of the Ross and Pat Craig Collection. Ross Craig (1926-2012) was a local historian born in Stockton and dedicated much of his life promoting and conserving the history of Stockton, NSW. He possessed a wealth of knowledge about the suburb and was a founding member of the Stockton Historical Society and co-editor of its magazine. Pat Craig supported her husband’s passion for history, and together they made a great contribution to the Stockton and Newcastle communities. We thank the Craig Family and Stockton Historical Society who have kindly given Cultural Collections at the University of Newcastle, NSW, Australia, access to the collection and allowed us to publish the images. Thanks also to Vera Deacon for her liaison in attaining this important collection.

 

Please contact Cultural Collections at the University of Newcastle, NSW, Australia, if you are the subject of the image, or know the subject of the image, and have cultural or other reservations about the image being displayed on this website and would like to discuss this with us.

 

Some of the images were scanned from original photographs in the collection held at Cultural Collections, other images were already digitised with no provenance recorded.

 

You are welcome to freely use the images for study and personal research purposes. Please acknowledge as “Courtesy of the Ross and Pat Craig Collection, University of Newcastle (Australia)" For commercial requests please consider making a donation to the Vera Deacon Regional History Fund.

 

These images are provided free of charge to the global community thanks to the generosity of the Vera Deacon Regional History Fund. If you wish to donate to the Vera Deacon Fund please download a form here: uoncc.wordpress.com/vera-deacon-fund/

 

If you have any further information on the photographs, please leave a comment.

The Thar Desert forms a natural boundary running along the border between India and Pakistan. With an area of more than 200,000 km2 (77,000 sq mi), it is the world's 9th largest subtropical desert, mighty enough to inspire the name of AP-BHV seen taxying to runway 09R/27L

The Bosphorus (/ˈbɒsfərəs/) or Bosporus (/ˈbɒspərəs/; Ancient Greek: Βόσπορος, Bósporos; Turkish: Boğaziçi) is a strait that forms part of the boundary between Europe and Asia. The Bosphorus, the Sea of Marmara, and the Dardanelles strait to the southwest together form the Turkish Straits. The world's narrowest strait used for international navigation, the Bosporus connects the Black Sea with the Sea of Marmara (which is connected by the Dardanelles to the Aegean Sea, and thereby to the Mediterranean Sea.)

 

The limits of the Bosphorus are defined as the connecting line between the lighthouses Rumeli Feneri and Anadolu Feneri in the north and between the Ahırkapı Feneri and the Kadıköy İnciburnu Feneri in the south. Between the limits, the strait is 31 km (17 nmi) long, with a width of 3,329 m (1.798 nmi) at the northern entrance and 2,826 m (1.526 nmi) at the southern entrance. Its maximum width is 3,420 m (1.85 nmi) between Umuryeri and Büyükdere Limanı, and minimum width 700 m (0.38 nmi) between Kandilli Point and Aşiyan.

 

The depth of the Bosphorus varies from 13 to 110 m (43 to 361 ft) in midstream with an average of 65 m (213 ft). The deepest location is between Kandilli and Bebek with 110 m (360 ft). The most shallow locations are off Kadıköy İnciburnu on the northward route with 18 m (59 ft) and off Aşiyan Point on the southward route with 13 m (43 ft). The Golden Horn is an estuary off the main straits that acted as a moat to protect Old Istanbul from attack, as well as providing a sheltered anchorage for the imperial navy until the 19th century.

 

Most of the shores of the strait are heavily populated, straddled as it is by the city of Istanbul (with a metropolitan area population in excess of 17 million inhabitants) which extends inland from both coasts.

 

It has been known since before the 20th century that the Black Sea and the Sea of Marmara flow into each other in an example of a density flow and in August 2010 a continuous 'underwater channel' of suspension composition was discovered to flow along the floor of the Bosphorus which would be the sixth largest river on Earth if it were to be on land. The study of the water and wind erosion of the straits relates to that of its formation. Sections of the shore have been reinforced with concrete or rubble and sections of the strait prone to deposition are periodically dredged.

In the United States the Autism rates are now 1 in every 97 births. The worst country being United Kingdom with a male autism rate of 1 in 38 births. Get your exemption forms at my website: experimentalvaccines.org/vaccine-exemption-forms/

Sunburned Hand of the Man Live @ State-X New Forms 2011, SuperMarkt, Den Haag Saturday December 17th 2011

Built in 2000-2004, this Deconstructivist pedestrian bridge was designed by Frank Gehry and Skidmore, Owings and Merrill to connect the two portions of Millennium Park across Columbus Drive, which bisects the park. The bridge has a curvilinear, serpentine form, with sloped edges clad in metal panels, a wooden walkway, and a thin, sleek profile at the section that crosses Columbus Drive. The bridge is one of several notable works of art and architecture that can be found in Millennium Park.

  

¿Podría el turismo urbano mejorar las tasas de desempleo a la vez que estimular un transporte urbano más limpio? ¿Cómo podrían las ciudades del sur mejorar la oferta de turismo sostenible de forma que los ingresos derivados de este sector se filtren más allá de los grandes tour operadores del norte? ¿Se puede fomentar la inclusión de las mujeres en el mercado laboral a la vez que se contribuye a mejorar la caótica circulación vial de un país como Marruecos? Aunque parezca una quimera, el proyecto Pikala Bikes, en el corazón de la ciudad de Marrakech, ha nacido con la intención de contribuir a superar todos estos retos y convertirse en un proyecto replicable a escala local y global.

 

Con mucha ilusión y entusiasmo, la directora de Pikala, la holandesa Cantal Bakker, nos recibe en la puerta de su sede, a 1,5 kilómetros de la céntrica plaza Jemaa El-Fna. El espacio ha sido cedido por el Ayuntamiento de Marrakech, y como cualquier día entre semana, se encuentra en pleno rendimiento. En la entrada, un pequeño circuito con señalización vial sirve de perímetro de prácticas para aprender a ir en bicicleta. Al avanzar, el parquin de tándems y velocípedos da la bienvenida a un taller de formación en reparación de bicicletas. Y en el centro del terreno, algunas decenas de visitantes disfrutan de un té pedaleando encima de las nuevas bicicletas multi-tándem, recién inauguradas...

 

ampliar foto Cesta de una de las bicicletas de Pikala Bikes. Gemma Solés i Coll

 

El año pasado, a nuestro paso por Marrakech, ya os hablamos de la instalación de las primeras bicicletas públicas de todo África: las Medina Bikes. Se trataba de un transporte dirigido especialmente al turista y que quería fomentar una movilidad urbana más sostenible. Ahora, Pikala, que significa 'bicicleta' en dariya, o árabe marroquí, emerge en el barrio de Diour Jdad para fomentar el turismo sostenible a través de un transporte alternativo y limpio. Con los beneficios generados del servicio de alquiler y los tours urbanos para extranjeros, la ONG está llevando a cabo formación de guías turísticos y mecánicos, y dando clases a niños y niñas, tanto como a adolescentes y adultos, que acuden al centro para recibir clases particulares o en grupo.

 

"Después de la COP22, celebrada en Marrakech en noviembre de 2016, el medio-ambiente y la calidad del aire se ha convertido en una prioridad para nuestra ciudad. Es por eso que el 28 de septiembre inauguramos una nueva línea de autobuses eléctricos y que apoyamos iniciativas como Media Bikes o Pikala", explica Ahmed El Motassadeq, teniente de alcalde de Marrakech. "Nuestra ciudad tenía, tradicionalmente, una cultura ciclista que se ha ido perdiendo con la introducción de los automóviles y eso ha supuesto un problema medioambiental. Creo que debemos seguir los pasos de ciudades como Barcelona y las iniciativas tomadas por su alcaldesa Ada Colau para mejorar la movilidad de las bicicletas. Por eso creemos que con Pikala, la gente puede recuperar su interés por esta forma de transporte, así que vamos a fomentar su uso entre la juventud e incidir en la educación vial tanto en escuelas como en universidades", comenta El Motassadeq tras el acto de inauguración de las nuevas bicicletas multi-tándem que Pikala celebró el pasado 19 de septiembre.

 

Pero, ¿cómo un proyecto como Pikala se enfrenta a los retos cotidianos para adaptar un transporte sostenible a una opción de turismo responsable con capacidad de transformación y desarrollo local para la ciudad de Marrakech?

 

RETO 1: El desempleo juvenil

 

ampliar foto El desempleo juvenil empuja a muchos jóvenes marroquíes a querer salir del país para buscar oportunidades en el extranjero. Gemma Solés i Coll

 

Casi un cuarto de la juventud marroquí está desempleada. Esto se traduce en que, cuatro de cada cinco desempleados tienen entre 15 y 34 años; un problema estructural y multicausal en el que un sistema educativo insuficiente siempre es un obstáculo. Por eso, el apoyo que la Fundación Tui Care ha decidido prestar a Pikala Bikes es imprescindible. Esta colaboración está permitiendo capacitar a 90 jóvenes marroquíes como guías turísticos en bicicleta en su ciudad natal, además de darles, no solamente un conocimiento profundo de la mecánica de la bicicleta, sino también los fundamentos básicos para aprender cómo dirigir su propio negocio de cicloturismos. De este casi centenar de jóvenes, 36 serán empleados por Pikala Bikes al final de esta formación anual, que empezó en abril de este mismo año. Y los demás, adquirirán las habilidades necesarias para emprender sus propios negocios o contribuir al sector turismo desde una perspectiva más enfocada a la sostenibilidad.

 

RETO 2: Transporte y polución urbana

 

ampliar foto La convivencia de viandantes, ciclistas, motoristas, coches y autobuses es una estampa cotidiana de toda la ciudad de Marrakech. Imagen tomada en el barrio de Diour Jdad, a 1,5 kilómetros de la Medina. Gemma Solés i Coll

 

Algunos estudios alertan que la contaminación del aire en algunas ciudades africanas es más mortífera que la desnutrición o la contaminación del agua, y de que esta problemática podría convertirse en una crisis sanitaria y climática. Según cálculos de la Organización de Cooperación y Desarrollo Económicos (OCDE), el costo humano y financiero de la contaminación en África sugiere que el aire sucio podría matar prematuramente a 712.000 personas al año, comparado con aproximadamente 542.000 muertes derivadas del agua contaminada, 275.000 muertes por desnutrición y 391.000 por saneamiento inseguro. A pesar de que las causas de la contaminación atmosférica varían mucho de un país a otro, la Organización Mundial de la Salud, determinó el año pasado que Casablanca (Marruecos) es considerada la 7ª capital africana con peor calidad del aire, después de Kampala (Uganda), El Cairo (Egipto), Yaundé (Camerún), Johannesburgo (Sudáfrica), Túnez (Túnez) y Dakar (Senegal).

 

Ante estos datos, la introducción y adaptación a modelos alternativos a los importados de las economías industrializadas, como la dependencia del automóvil individual, son necesarios. Por eso, es de gran importancia que los gobiernos locales y nacionales trabajen codo a codo con el sector privado y las organizaciones de la sociedad civil para ofrecer alternativas de transporte verde en las principales urbes. Pikala, tanto como Tui Care, están jugando un rol crucial en este sentido. Pero, ¿será capaz la bicicleta de dejar de ser considerar el transporte de los pobres y volverse a introducir en Marrakech de forma masiva? Mientras se gesta el cambio, otras ciudades como Dakar o Rabat, ya han mostrado su interés en el proyecto para poderlo replicar.

 

RETO 3: Turismo masivo vs. turismo responsable

 

ampliar foto Inauguración de las bicicletas multi-tándem de Pikala Bikes, en Marrakech. Gemma Solés i Coll

 

El turismo es una de las industrias de más rápido crecimiento del mundo, sin embargo, el turismo masivo es insostenible y puede tener impactos negativos de largo alcance. Aunque para muchos países y regiones del mundo el turismo puede ser la principal fuente de divisas y empleo, los efectos secundarios pueden ser terribles: provoca una gran especulación en la vivienda y afecta a los precios de los productos y bienes básicos en los países de acogida; la fluctuación de precios -dependiente del mercado global- afecta muy negativamente a los salarios de los trabajadores locales; contribuye a la contaminación del aire, el agua y el medio-ambiente en general...

 

En este sentido, la Fundación Tui Care, socia de Pikala, ve imprescindible tener un impacto directo en aspectos tan básicos como el transporte aéreo y las emisiones de carbono derivadas del sector turístico. Actualmente, el turismo representa el 5% de las emisiones globales. De estos, aproximadamente el 4% proviene del transporte (el 40% derivaría de los viajes aéreos y el 32%, de los viajes en automóvil) y casi el 1% del sector del alojamiento. Por ello, Tui Care trabaja tanto en la implementación de combustibles aéreos menos contaminantes basados en el reciclaje, como en la implementación de proyectos de trasporte verde como Pikala Bikes.

 

Además, desde Pikala Bikes se quiere fomentar un turismo responsable y respetuoso con las culturas locales. Por ello, los tours son siempre ofrecidos por marraquechíes y se fomenta las visitas de un Marrakech tradicional y popular, que ayude al visitante a hacerse una idea más fidedigna de la vida real de la ciudad, que a la vez fomente una relación más tolerante con la población.

 

RETO 4: Igualdad de género

 

ampliar foto Una de las usuarias de Pikala Bikes, sonríe para Seres Urbanos. Gemma Solés i Coll

 

Un estudio del CIDOB publicado a principios de año muestra como en Marruecos, las tasas de alfabetización de los hombres superan el 82%, mientras que el de las mujeres cae a un 62%. Mientras la mayoría de guías de Marruecos siguen siendo masculinos, Pikala pone un enfoque muy claro en la inclusión de las mujeres, ofreciendo clases de ciclismo especial para ellas y trabajando para ponerlas en el epicentro del negocio. Además, las mujeres también participan en los talleres de reparación de bicicletas, formando chicas mecánicos, a parte de recibir clases de lengua para poder hacer de guías a grupos de distinta procedencia.

 

Según Cantal Bakker, "un cambio de posición de la mujer en la sociedad cambia toda la estructura cultural". La directora de Pikala, que ya había trabajado con mujeres refugiadas en Holanda, explica a Seres Urbanos que conducir una bicicleta ayuda a las mujeres a sentir que llevan el control de su vida, y que las empodera. Por ello, Cantal ha querido que el consejo de administración de la asociación y la organización se componga sólo de mujeres. Una decisión tomada a conciencia para que la mujer tome el peso requerido en el mundo empresarial de Marruecos.

 

Y tú, ¿cómo te vas a mover y qué tipo de turismo vas a fomentar y apoyar la próxima vez que visites Marrakech?

 

ift.tt/2fVSrJB

Found at Ndumo Game Reserve, South Africa.

 

Also known as a "Sun Spider" or "Camel Spider" these guys are famous for running FAST.

 

They form an order in the class Arachnidae.

Form and Function Oktoberfest Meet 2016

Orange County Chopers

Newburgh, NY

One I thing hate doing and that's filling in forms but this one means I'll get extra dosh in my wages so I think I can force myself to fill it in.

Randonnée à la Banne d'Ordanche en Auvergne

シロバナコマツナギ

Indigofera bungeana Walp., 1840 ‘White Flower Form’

(a true albino)

This name is the accepted. 09/07, 2022.

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Family: Fabaceae (APG IV)

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Authors:

Wilhelm Gerhard Walpers (1816-1853)

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Published In:

Linnaea 13: 525. 1839. (Linnaea)

Name publication detailView in BotanicusView in Biodiversity Heritage Library

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Annotation:

as 'Bungeana'

Type-Protolog

Locality:China: Hubei: Qiayuangu Shan, near Xiang-yang, July 1904

Collector and Number:Silvestri 1082

Institutions(s):HT: ?; IT: FI

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Publication:

Linnaea; Ein Journal für die Botanik in ihrem ganzen Umfange. Berlin

Collation:

13(5): 525

Date of Publication:

prob. Feb 1840

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Synonyms

Indigofera bungeana var. nana L.C.Wang et X.G.Sun, Bull. Bot. Res., Harbin 10(4): 47 (1990).

Indigofera hosiei Craib, Notes Roy. Bot. Gard. Edinburgh 8: 55 (1913).

Indigofera longispica Gagnep., Notul. Syst. (Paris) 3: 122 (1915).

Indigofera micrantha Bunge, Enum. Pl. China Bor. [A.A. von Bunge] 16 (1833).

Indigofera pseudotinctoria Matsum., Bot. Mag. (Tokyo) 16: 62 (1902).

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General Information

Shrubs, erect, 40-100 cm tall. Stems brown, terete; branches whitish gray, with appressed white medifixed sym-metrically 2-branched trichomes. Stipules triangular, ca. 1 mm, caducous. Leaves 2.5-5 cm, 5-9(or 11)-foliolate; petiole and rachis with appressed medifixed trichomes; petiole 0.4-1.6(-2) cm; stipels very small; petiolules ca. 0.5 mm; leaflet blades opposite, elliptic, 5-15(-25) × 3-10(-15) mm, abaxially pale green and with longer medifixed trichomes, adaxially green and with sparse appressed medifixed trichomes or glabrescent, base rounded, apex obtuse. Racemes 4-6(-10) cm; peduncle 1-5 mm; bracts linear, ca. 1.5 mm. Pedicel 1-2 mm. Calyx 2-2.5 mm, with appressed white medifixed trichomes; teeth trian-gular-lanceolate, equal, ca. 2 × as long as tube. Corolla purple to purplish red; standard broadly obovate, 5-6 mm, outside with appressed medifixed trichomes; wings and keel equal, ca. 5.5 mm; keel with spur in middle. Stamens 4-5 mm; anthers glo-bose, apex mucronate. Ovary linear, sparsely hairy. Legume cylindric, straight, 2-2.5 cm, with appressed white medifixed trichomes; endocarp red blotched. Seeds ellipsoid, ca. 2 mm. Fl. May-Jul, fr. Aug-Oct. 2n = 16.

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General:

Flora of China Editorial Committee. 2010. Flora of China (Fabaceae). 10: 1–642. In C. Y. Wu, P. H. Raven & D. Y. Hong (eds.) Fl. China. Science Press & Missouri Botanical Garden Press, Beijing & St. Louis.

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Nikon D800E

SIGMA MACRO 70mm F2.8 EX DG for Nikon AF Mount

No. 26 Message Map. The map on the back has the German Trenches corrected to 16-10-17: 16th October 1917, at Passchendaele.

No. 11. says: Counter Attack forming at ...............

African Ambassadors & Diaspora Interactive Form AAIF United Nations buildings International Maritime Organization HQ IMO London. Photo Opportunity Portraits

Place la vieille ville Prague.

 

Cette place a toujours été le centre de la Vieille Ville. Dès le Xe siècle, elle représente un véritable carrefour commercial européen et se développe sous la forme d’une place de marché. A l’origine, la place avait un aspect plutôt fermé avec l’hôtel de ville, le palais Kinsky et l’église Notre-Dame du Týn, mais, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, des chars allemands bombardent l’hôtel de ville, ce qui provoque l’incendie de l'aile nord et change ainsi l’aspect de la place. Cette place a été le témoin de nombreux évènements historiques, tels que l’exécution de 27

seigneurs tchèques en 1621, après la défaite de la révolte de la noblesse lors de la bataille de la Montagne Blanche. Des croix incrustées dans les dalles se trouvant à l’emplacement de l’exécution rappellent cet évènement. Au début du XXe siècle, un monument au maître Jan Hus fut érigé en face de la colonne mariale baroque, laquelle devait succomber aux célébrations mouvementées qui suivirent la création de la République tchécoslovaque en 1918.

Des marchés de Noël et de Pâques ont lieu chaque année sur cette place, ainsi que différentes manifestations politiques.

 

Plaza de la Ciudad Vieja

Staroměstské náměstí

 

Considerada por muchos como la más bella de Europa, la histórica Plaza de la Ciudad Vieja de Praga suele ser el primer lugar que los turistas quieren visitar al llegar a la ciudad. La armónica belleza de los edificios que la rodean, pese a la variedad de estilos arquitectónicos, contribuye a crear esa "atmósfera mágica" con la que las guías de viaje suelen caracterizar a Praga.

Concurrida durante todo el día, turistas se mezclan con locales y llenan los bares y restaurantes que la circundan. Los más románticos rentan un carro tirado por caballos para hacer un recorrido. Y aunque no faltan músicos y artistas varios dispuestos a entretener a la gente, el verdadero espectáculo ocurre cada vez que el reloj astronómico indica una nueva hora con su "procesión de apóstoles". Entonces, una multitud se congrega frente al Antiguo Ayuntamiento y llueven los flashes y las exclamaciones.

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The Siamang inhabits the forest remnants of Sumatra Island and the Malay Peninsula, and is widely distributed from lowland forest to montane forest, even a rainforest. And can be found at altitudes of up to 3800 m [5]. The Siamang lives in groups of up to 6 individuals (4 individuals on average) with a home range 23 hectares on average.[6][7]. Their day ranges are substantially smaller than those of sympatric Hylobates species, often less than 1 km[8]. The Siamang's melodious choir singing breaks the forest's silence in the early morning after the Agile Gibbon or Lar Gibbon's calls. The Siamang in Sumatra and the Malay Peninsula are similar in appearance, but there are some differences in behaviour between the two populations.

  

Diet

The Siamang mainly eats various parts of plants. The Sumatran Siamang is more frugivorous than its Malayan cousin, with fruit making up to 60% of its diet. The Siamang eats at least 160 species of plants, from vines to woody plants. Its major food is figs (Ficus spp.), a member of Moraceae family.[7][9] The Siamang prefers to eat ripe fruit rather than unripe fruit, and young leaves rather than old leaves. It eats flowers and a few animals, mostly insects. When the Siamang eats large flowers, it will eat only the corolla (petal), but it will eat all parts of smaller flowers, with the small fruit collected in its hand before being consumed. When it eats big and hard seeds or seeds with sharp edge it will peel out the fruit flesh and throw away the seed.[9] Although its diet consists of substantial portions of fruit, it is the most folivorous of all members of Hylobatidae[10]. As it is also the largest gibbon, and thus fits well with the general primate dietary trend in which larger primates tend to be more folivorous.

 

Demography and population

A group of Siamang normally consist of an adult dominant male, an adult dominant female, with offspring, infant and sometimes a sub-adult. The sub-adult usually leaves the group after the age 6 to 8 years; sub-adult females tend to leave the group earlier than sub-adult males. Siamang males tend to offer more paternal care than other members of the family Hylobatidae, taking up a major role in carrying the infant after it is about 8 months old [12]. The infant typically returns to its mother to sleep and nurse. A study in relation to effect of habitat disturbance on the Siamang found that group composition is varied in age-sex structure between intact forest and post-burnt forest. The post-burnt population was more adult and sub-adults than the intact population. Post-burnt groups contain fewer infants, small juveniles and large juveniles compared to intact forest groups. Infant survival rates in post-burnt groups are lower than in intact forests. The number of individuals in intact forests is higher than in post-burnt forests.[7] The Siamang in disturbed forests live in small groups and have a density lower than in intact forests because of lack of food resources and trees for living.

  

In the 1980s, the Indonesian population of the Siamang in the wild was estimated to be 360,000 individuals.[13] This seems over-estimate today, as an example, Bukit Barisan Selatan National Park (BBSNP) is the third largest protected area (3,568 km²) in Sumatra, of which approximately 2,570 km² remains under forest cover inhabit by 22,390 siamangs (in 2002 censuses). According to two different research projects conducted in Sumatra, the Siamang prefer to inhabit lowland forest below between 500 m in altitude and over 1000 m above sea level.

  

Behavior

The Siamang tends to rest for more than 50% of its waking period (from dawn to dusk), followed by feeding, moving, foraging and social activities. It takes more rest during midday, taking time to groom each other or play. During resting time it usually uses a branch of a large tree lying on their back or on their stomach. Feeding behaviors, foraging, and moving are most often in the morning and after resting time.

  

In the dry season the length of the Siamang's daily range is longer than in the rainy season. The Siamang in southern Sumatra undertakes less foraging than the Siamang in other places because it eats more fruit and therefore consumes more nutrition, which results in less time needed for looking for food. Sometimes the Siamang will spend all of the day in one big fruiting tree, just moving out when it wants to rest and then coming back again to fruiting trees.

  

Role of calling

The Siamang starts its day by calling in the early morning and calls less after midday, with the peak of their calls around 9:00 am to 10:00 am. Most of the Siamang's calls are directed to its neighbours rather than to inside its home range. This means that the Siamang's calling is in response to disturbances and is to defend its territory. Calls in the late morning typically happen when it meets or sees another Siamang group. The edge of the Siamang's home range, which may overlap another, is often the places where calling is made. Counter-call (co-response calling) occasionally happens near the border or in the overlap area. Calls are numerous when fruit is more abundant rather than when fruit is less available. Branch shaking, swinging, and moving around the tree crowns accompany the calling. This movement might be to show the other groups where they are.

 

The Siamang prefers calling in the living, high and big trees, it might be the places where another group is easy to see. Beside that, living, big, and tall trees can support Siamang movement. Calling trees are usually near feeding trees but sometimes they call in the feeding trees.

  

Siamang and their habitat

As a frugivorous animal, the Siamang disperses seeds through defacation as it travels across its territory. The Siamang can carry seed and defecate over 300 m with the shortest distance being 47.6 m from the seed resource, which supports the forest regeneration and succession.

  

Threats to population

The Siamang, as an arboreal primate, absolutely depends on the forest for existence, needing trees for its living. At the moment, the Siamang is facing a population decrease due to habitat loss[6], poaching and hunting.

   

Habitat loss

A major threat to the Siamang is habitat loss due to plantation, forest fire, illegal logging, encroachment, and human development. Firstly, palm oil plantations have removed large areas of the Siamang's habitat in the last four decades. Since 2002 107,000 square kilometres of palm oil have been planted,[17] which has replaced much rainforest in Indonesia and Malaysia, where the Siamang originally used to live. Secondly, in the last two decades, forest fire destroyed more than 20,000 km² of Sumatran rainforest, mainly in the lowland area where most of the Siamang live. Thirdly, the rate of illegal logging in Indonesia increased from 1980 to 1995 and even more rapidly after the reformation era beginning in 1998.[17] These illegal activities devastated the remaining tropical rainforest especially in Sumatra. Fourthly, forest encroachments change forest cover into cultivated land, for example; the rising price of coffee in 1998 has been encouraging people in Sumatra to replace the forest with coffee plantation.[18] Fifthly, development in many areas needs infrastructure such as roads, which now divide a lot of conservation areas have been caused forest fragmentation and edge effects. Unfortunately, the Siamang as an arboreal primate faces difficulty because road establishment has disconnected their pathways.

  

Poaching and hunting

Unlike other parts of Asia, primates are not hunted for their meat in Indonesia (the exception is in Chinese restaurants in Indonesia which sometimes serve macaque on their menu). However, they are poached and hunted for the illegal pet trade, mostly for infant Siamang. Poachers kill the mothers because mother Siamang are highly protective of their infants. It is therefore very difficult to remove the infant without first killing the mother. Despite the fact that most Siamang on the market are infants many infants nevertheless die during transportation

  

Note________________________________________________________________

 

Well my grandson has left for work. He still lives here because he is in the Air Guard. He hopes to relocate to Colorado soon. My grandaughter is still sleeping but I have to get her up soon so she can have a nice breakfast before she has to catch a plane for back home. It sure was so nice to visit with her and I will miss her terribly once she's her for home. It sad that her family isn't still living here but I understand their desire to do this. New experiences in life are always fun even though there are downfalls like not living where your extended family is. I hope to get to Colorado in the fall. That will be a new experience for me plus I'll get to see the rest of my family that lives there. Anyway, everyone please have a very nice day and if you can try something new in your life even if its something right where you live. I'll try to catch up with you all later. Big Hugs!

Modern - to reject the traditionally accepted or sanctioned (in art and design). To be of one's time, not antiquated or obsolete.

The ethos of Modernism is exemplified the collaborations between Alessi, the Italian utensils company (founded in 1921 -http://en.wikipedia.org/wiki/Alessi_(company) ) and modern designers, many of whom come from diverse professional backgrounds. This timer exemplifies form and function, the ultimate modern design accolade (IMHO), having survived many moves and daily use, and was designed by Michael Graves, one of America's leading architects of the 20th century en.wikipedia.org/wiki/Michael_Graves.

 

ODC Modern

TheFlickrLounge, Minimalism

I've always thought a choreo was more enjoyable when you can see and feel the passion & emotion from the dancers. If that makes sense at all. I wish I had moved around more when I shot the performance. But then again I might not have gotten the images that you see here if I did.

 

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Camera/Lens Info:

 

Canon 5D Mark II

24-70mm F2.8L

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Editing Info:

 

B&W Tones

Diptych

Spot Healing

20140322-DSC02625

シダレウメ(枝垂れ梅) Prunus mume form. pendula バラ科サクラ属

京都府立植物園/Photo was taken in The Kyoto Botanical Garden

バックには大きな椿の葉が光っていました。

  

Erweiterung GSW-Hauptverwaltung, 1999, former East Berlin

This is the group icon people.....

Twins pitcher Pat Neshek.

I was reorganizing photos stored on my computer and I came across this one taken right after the snow melted this early spring. It was taken in the wetlands portion of my backyard in Merrimack,NH. It shows decaying leaves on the forest floor under a thin film of water.

 

This abstract image is best viewed large.

2017 Channahon Three Rivers Parade, Illinois, USA

..the Jersey way. Stay tuned for the SF drop, part 2

Hershman, Lynn, Eleanor Coppola, Contemporary Art Council, Society for the Encouragement of Contemporary Art Re: Forming Familiar Environments. [Los Angeles: Los Angeles County Museum of Art?], 1975.

 

See MCAD Library's catalog record for this book.

intranet.mcad.edu/library

Some day soon, eggs will no longer be packaged in recycled paper containers, but will be housed in translucent futuristic delivery units. This we can look forward to...

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