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LOS ANGELES, CALIFORNIA - AUGUST 02: Konur "qw1” Sahin of FUT Esports at VALORANT Champions Los Angeles Features Day on August 2, 2023 in Los Angeles, California. (Photo by Stefan Wisnoski/Riot Games)
SHANGHAI, CHINA - MAY 30: FUT Esports are seen on stage at the VALORANT Masters Shanghai Playoffs Stage Day 1 at the VCT CN Studio on May 30, 2024 in Shanghai, China. (Photo by Liu YiCun/Riot Games)
MEDERSA BEN YOUCEF
La médersa Ben Youssef (en arabe : مدرسة ابن يوسف) est une médersa, école coranique. Joyau de l'architecture saadienne, elle est située à Marrakech, au Maroc.
Elle est agrandie et redécorée par Abdallah el-Ghalib, sultan saadien, en 1564-65. Le nom Ben Youssef vient de celui du sultan almoravide Ali Ben Youssef.
La médersa fut durant quatre siècles un foyer d'accueil pour les étudiants dans diverses sciences, notamment en théologie1. Elle disposait de 132 chambres destinées aux étudiants non originaires de Marrakech.
Ses proportions et sa riche décoration en font un monument particulièrement harmonieux.
Historique
Les médersas
Une médersa est un établissement public ou privé, destiné à l'enseignement et à l'hébergement d'étudiants non résidents au lieu où se trouve l'édifice1. En terre d'Islam, le premier centre d'enseignement est la mosquée. Les cours importants sont dispensés dans les mosquées-universités comme la Quarawiyyne à Fès ou la Youssoufia de Marrakech, voisine de la madrassa Ben Youssef. La médersa est plutôt une annexe servant d'hébergement pour les étudiants et pour certains cours.
Au fil des siècles, l'enseignement religieux fut aussi prodigué dans les Ribâts, à la fois forteresse militaire et couvent, assurant l'initiation des populations aux principes de la nouvelle religion lors de l'expansion de l'Islam2. Au temps des Almoravides, avec Youssef Ibn Tachfin et surtout Ali Ben Youssef qui s'entouraient de savants et dotèrent leur cour d'une riche bibliothèque, l'enseignement se fit aussi à la cour du sultan. Les grandes mosquées fondées par les sultans, devenues lieu d'enseignement de haut niveau, se doublèrent de lieux d'hébergement, conduisant à la fondation de médersas à partir du XIIIe siècle.
Durant les près de quatre siècles d'activité de la médersa Ben Youssef, l'enseignement était assuré dans la mosquée voisine ou dans celle de la qasba, ainsi que dans la salle de prière de la médersa. La science enseignée, le 'ilm, comportait initialement les matières religieuses: le Hadith ou tradition rapportant les actes et paroles du Prophète, ainsi que le fikh ou droit musulman. Ces disciplines étaient complétées par le tasfir ou exégèse coranique et par l'étude de l'arabe.
Ultérieurement, suivant le développement scientifique de l'islam médiéval, d'autres disciplines furent abordées telles que la philosophie, la médecine, les mathématiques, l'astronomie, la géographie mais aussi la physique et la chimie. La langue arabe était étudiée sous tous ses aspects: rhétorique, grammaire, lexicographie et métrique. Une érudition savante mélangeant l'histoire et les prémices de l'ethnologie constituait le adab1.
Histoire de la médersa Ben Youssef
Il aurait existé une médersa dans la Qasba almohade de Marrakech, qui a pu servir de modèle à la Médersa Ben Youssef. Elle a été décrite au début du XVIe siècle par Léon l'Africain1. Une nouvelle médersa est fondée par Abu al-Hasan ben Uthman, sultan mérinide, vers 1350 à proximité de l'ancienne mosquée Ben Youssef (dont il ne reste que la Qoubba almoravide) qui va lui donner son nom3. Elle est reconstruite et inaugurée en l'an 972 de l'Hégire, 1564-65 AD, par le sultan saadien Abdallah el-Ghalib Billah. Quelques années plus tard, elle est évoquée par l'espagnol Marmol Carvajal4.
Le taleb
Le taleb est le nom arabe de l'étudiant en science religieuse (pluriel: tolbas ou talabas), littéralement "celui qui cherche"1. La médersa accueille surtout des tolbas originaire des régions montagneuses de l'Atlas ou du Sous. Dès l'âge de sept ans, ils ont, dans les petites médersas de village, appris par cœur le Coran, l'arabe car ces contrées sont berbérophones, ainsi que la prière et les rituels. Vers dix ans cette éducation de base est assurée et un enseignement secondaire comporte alors la grammaire, la littérature et les fondements du droit malékite1. Jusque vers dix-huit ans d'autres matières sont apprises et assimilées: l'exégèse coranique, les traditions du Hadith, la théologie et la mystique. A vingt ans le taleb peut quitter la médersa de la ville principale de sa région pour être admis dans une grande médersa à Marrakech, Salé ou Fès.
L'admission dans la médersa et l'attribution d'une chambre se fait sur recommandation des maitres précédents de l'étudiant et vérification de son savoir. Le coût est pris en charge par l'institution. Le taleb dort, cuisine et mange dans sa chambre. Ses attributs distinctifs sont l'encrier, qui peut être en céramique polychrome, en bois ou en cuivre, ainsi que le plumier. Ces plumes sont toujours en roseau taillé et certains étudiants pauvres en préparent pour les vendre. D'autres tolbas particulièrement habiles pour la calligraphie peuvent copier des textes anciens ou des manuels et en faire commerce car il n'y a pas de livres imprimés. Certains enseignements ont lieu dans la médersa, mais surtout dans les grandes mosquées de la ville. Les étudiants peuvent aller écouter les maitres professant dans les autres grandes mosquées de Marrakech1. Certains maitres érudits sont très réputés et leur enseignement peut être transcrit et recopié de nombreuses fois en de véritables manuels. Les principales mosquées disposent de bibliothèques riches de nombreux manuscrits qui peuvent être empruntés pour être lus et copiés. La formation repose beaucoup sur la mémorisation. Des étudiants complètent parfois cet apprentissage par une pérégrination dans d'autres grandes villes du Maroc, du reste du Maghreb ou du Moyen-Orient réalisant alors le Pèlerinage aux lieux saints.
Architecture
Description générale
Son plan s'inscrit dans un carré et elle comporte un étage. Les murs sont en briques de terre cuite, entièrement masquées par des enduits et les décors. Les façades extérieures ne comportent que de rares et petites lucarnes et ne sont pas décorées.
On pénètre dans la médersa Ben Youssef par un long couloir qui débouche dans un vestibule, lequel ouvre en angle droit sur le côté ouest de la grande cour5. La cour rectangulaire est pavée de marbre et comporte un bassin en son centre. Son côté est, particulièrement décoré, comporte un porche ouvrant sur la salle de prière. Deux galeries occupent toute la longueur des côtés sud et nord, s'ouvrant sur la cour sous cinq arches chacune. À l'opposé de la porte d'entrée, de l'autre côté du bassin rectangulaire, s'ouvre la salle de prières constituée de trois nefs délimitées par des piliers de marbre supportant des arcs aux façades ciselées de motifs d'ornementation. La nef centrale, plus haute que ses deux collatérales, est orientée vers le mur de Kibla donnant l'orientation de La Mecque, qui comporte en son centre la niche somptueusement décorée du Mirhab.
Les chambres des étudiants occupent les côtés ouest et est du bâtiment au rez-de-chaussée et à l'étage. Selon une disposition particulière à l'édifice, ces chambres rayonnent autour de petites cours intérieures1. Ces cours comportent une galerie à l'étage ; au nombre de trois dans chaque aile, elles constituent de ce fait six puits de lumière. Les chambres donnant sur les six cours ne sont éclairées que par de petites lucarnes ouvrant sur ces cours intérieures. À l'étage les dix chambres situées au-dessus des deux galeries disposent de fenêtres à moucharabieh donnant sur la cour principale.
Bien que de petite taille, les 132 chambres pouvaient accueillir un ou plusieurs tolbas. Certaines disposaient de lits en mezzanine. Selon certains auteurs, la médersa aurait pu héberger jusqu'à 900 étudiants.
Matériaux
Le marbre
Le marbre est essentiellement utilisé dans la salle de prière. Deux plaques de marbre blanc encadrent le porche de celle-ci au niveau des piédroits. Elles sont ornées de versets du coran gravés en relief. Quatre colonnettes du même marbre encadrent la niche du Mirhab. Séparant la nef principale de la salle de prière de ses collatérales, quatre grandes colonnes en marbre rose, surmontées de chapiteaux portent des arcs surplombés par la coupole. Ce marbre provient de la région de Marrakech tandis que le marbre blanc serait du marbre de Carrare1.
Le dallage de la grande cour est réalisé en dalles de marbre provenant du proche Atlas.
Le gebs
Le plâtre sculpté ou gebs en arabe est largement utilisé sur les murs de la cour, un mètre au-dessus du sol. Préparé à partir de gypse, d'une façon particulière afin de rester malléable plus longtemps que le plâtre habituel, il est appliqué en plusieurs couches de 3 à 4 cm d'épaisseur pour faciliter sa sculpture. Il n'est pas moulé, mais sculpté sur place au burin. Sa couleur rose particulière est due à sa provenance d'une carrière d'Asni proche de Marrakech6. L'adjonction d'une poudre de marbre dans la composition du plâtre constitue du stuc pour certains panneaux.
Le bois
Le bois est très présent dans la médersa. Il s'agit exclusivement de cèdres provenant du Moyen-Atlas. Les poutres, les linteaux et les corniches des façades de la grande cour sont toutes sculptées. Dans les circulations et les galeries des petites cours des zones des chambres, ces sculptures sont rehaussées de peintures polychromes. Dans la salle de prière, la charpente également sculptée, est coiffée par un plafond octogonal ouvragé et peint de motifs colorés géométriques1.
Des moucharabieh composent les garde-corps des fenêtres ainsi que le fameux panneau encadrant l'entrée entre le vestibule et la grande cour.
Les zelliges
Les zelliges sont des carreaux de terre cuite émaillés, chacun d'une couleur, taillés au marteau pour faire de petites pièces. Celles-ci sont assemblées en une sorte de mosaïque représentant des motifs géométriques très colorés et obéissant à des règles bien codifiées6.
Les carreaux de céramique monochromes peuvent aussi être travaillés avec un marteau de façon à faire éclater l'émail autour du motif, en préservant l'émail coloré selon le dessein souhaité. Celui-ci ressortira par contraste sur le fond de terre cuite gratté. C'est la céramique excisée, utilisée pour des frises.
Cuve andalouse en marbre
Cette cuve en marbre était initialement scellée dans un mur de la salle des ablutions. Etudiée par les historiens d'art en 19237, elle a ensuite été placée dans la grande cour, puis au musée Dar Si Said. Depuis 2022, elle est présentée dans la salle de prière.
Elle a été sculptée durant le Califat Omeyyades de Cordoue, sous le règne de Hicham II, entre 991 et 1008 (381-398 AH ). Une inscription coufique mentionne son commanditaire Abd El-Malik8, Hâjib du Calife Hicham II et fils d' Almanzor. Plus ancienne que la fondation de Marrakech, elle aurait pu y être amenée par les almoravides après leur conquête de Cordoue9 pour l'ancienne mosquée almoravide Ben Youssef.
Elle est constitué d'un seul bloc de marbre blanc, creusée en forme de cuve et ornée sur une de ses faces de quatre bandes de rinceaux floraux. Une de ses extrémités est décorée de deux aigles et de quadrupèdes10.
Décors
L'ensemble des façades intérieures, des murs intérieurs de la salle de prière, des piliers des cours intérieures, des poutres et plafonds sont richement décorés. Seules, les chambres sont d'une grande simplicité avec des murs nus.
Dans la cour intérieure et les couloirs, la partie inférieure des murs est couverte jusqu'à hauteur d'homme de zelliges composant des motifs géométriques. Elles sont souvent surmontées de frises en céramique excisée à motifs végétaux ou d'inscriptions. Au-dessus, les parois et les consoles des colonnes sont décorées de plâtre sculpté. Plus haut, les linteaux, les corbeaux et les corniches à console sont en cèdre, le plus souvent sculpté et peints dans les espaces non-exposés aux intempéries1. Les sols sont en carreaux de céramique colorée, les bejmats, sauf la cour en dalles de marbre. Les toits sont couverts de tuiles vernissées de la couleur verte traditionnelle.
Les façades sur la cour intérieure du côté de l'entrée et de celui de la salle de prière sont particulièrement décorées. De grands panneaux de plâtre sculpté et des arcs surmontant les porches sont couverts de fins motifs végétaux et géométriques se répétant avec symétrie en une dentelle harmonieuse. Ils sont surmontés des poutres et corniches en cèdre finement sculpté.
La salle de prière est encore plus riche. Elle est éclairée par dix-huit petites fenêtres avec claustras en plâtre ajouré, situées juste sous la coupole qui recouvre la nef centrale1. Les quatre colonnes en marbre rose dont le fut est lisse sont surmontés de chapiteaux également en marbre, décorés de motifs floraux et d'arabesques, ainsi que d'inscriptions cursives. Le mur de fond, de Kibla est couvert d'une résille de motifs végétaux au sein desquels on reconnait le motif en pomme de pin, ou plutôt en cône de cèdre, ou snouberiya6, en relief, typique de l'art saadien5. L'ouverture du mihrab surmontée d'un arc outrepassée, est encadrée par une frise comportant des décors végétaux complexes et des inscriptions d'eulogie à la gloire d'Allah.
La niche du mirhab est encadrée d'élégantes petites colonnes en marbre blanc et sa voute de stuc comporte des pendentifs sculptés en stalactites ou mouqarnas1.
Inscriptions
De nombreuses inscriptions en langue arabe sont calligraphiées de plusieurs façons, sculptées dans le marbre, le bois de cèdre, le plâtre ou gravées sur les céramiques excisées. Elles peuvent l'être en caractères coufiques qui sont sobres, angulaires, géométriques. Il existe cependant une variante avec des pousses végétales, des palmes prolongeant les lettres constituant le coufique fleuri. Il peut aussi s'agir de l'écriture cursive aux lettres plus souples, s'entrelaçant dans des enchevêtrements sans fin et des arabesques1.
Elles peuvent écrire le nom d'Allah, surtout sur les hautes frises. De nombreuses frises en plâtre sculpté ou en céramique excisée, à hauteur d'homme reprennent des citations du Coran.
Certaines inscriptions apportent des renseignements particuliers. Dans la cour, à hauteur d'homme, à droite lorsqu'on regarde la façade de la salle de prière, une frise en céramique excisée comporte l'inscription de datation de la médersa :
"... dans l'an deux, avec soixante-dix passés, après neuf cents ans écoulés."
Soit l'année 972 de l'Hégire, correspondant à 1564-156511. Une inscription relative à la fondation est gravée sur le linteau en bois de la porte d'entrée, ainsi traduite1:
" J'ai été édifiée pour les sciences et la prière, par le Prince des Croyants, le descendant du sceau des prophètes, Abdallah, le plus glorieux des Califes. Prie pour lui, Ô toi qui franchit ma porte, afin que ses espérances les plus hautes soient réalisées."
Dans la salle de prière les chapiteaux des quatre colonnes en marbre rose portent des cartouches avec des inscriptions de louanges au sultan Abdallah, le fondateur.
Patrimoine culturel
Classement
En 1916, elle est classée Monument du Patrimoine National [archive] marocain. La médersa Ben Youssef est inscrite en tant que partie de la Medina de Marrakech au Patrimoine Mondial de l'Unesco [archive], depuis 1985.
Restauration
La médersa a été restaurée par la fondation Omar-Benjelloun après la signature en septembre 1999 d'une convention de partenariat avec le ministère de la Culture qui inclut également la restauration de la qoubba almoravide, ces deux monuments étant situés à proximité du musée de Marrakech géré par la fondation Benjelloun12. Au cours de cette restauration, les décors sur bois et les plâtres ont été nettoyés et consolidés13. Une nouvelle restauration a été décidée en 2017, sous l'égide du ministère des Habous. La nouvelle ouverture aux visiteurs a eu lieu en avril 2022.
Visite
À la différence des mosquées qui, au Maroc, ne sont pas accessibles aux non-musulmans, la Médersa Ben Youssef peut être visitée par tous. Elle constitue un des plus beaux lieux du patrimoine architectural de Marrakech.
LOS ANGELES, CALIFORNIA - AUGUST 12: Dogukan "qRaxs" Balaban (L) and Bugra "mojj" Kiraz of FUT Esports react onstage at VALORANT Champions Los Angeles Group Stage at the Shrine Expo Hall on August 12, 2023 in Los Angeles, California. (Photo by Liu YiCun/Riot Games)
SHANGHAI, CHINA - MAY 30: Dogukan "qRaxs" Balaban of FUT Esports competes on stage at the VALORANT Masters Shanghai Playoffs Stage Day 1 at the VCT CN Studio on May 30, 2024 in Shanghai, China. (Photo by Liu YiCun/Riot Games)
L'histoire du château débute dans les textes en 1216. Il appartient au vicomte Adam II de Melun (« de Chailly ») et se réduit à un manoir seigneurial à enceinte irrégulière.
Au xive siècle, le château est fortement modifié avec de nouvelles fortifications et structures de défense : un fossé est creusé et une nouvelle tour-porte, avec pont-levis à flèches, est percée dans le mur d'enceinte. Les rois Charles V (de 1364 à 1380) et Charles VI (de 1380 à 1422) financent aux propriétaires successifs du château, les comtes de Tancarville Jean II et son petit-fils Guillaume IV, les aménagements du château fort. Un donjon haut, défendu par deux ponts-levis, est édifié. L'enceinte est modifiée par l'ajout de nouvelles tours et de courtines neuves. Toutes ces modifications ont lieu durant la Guerre de Cent Ans.
Cependant, le château de Blandy-les-Tours fut agrandi au xvie siècle par François II d'Orléans-Longueville. Le château devient dès lors une demeure de plaisance. Marie de Clèves s'y marie en 1572 en présence du futur Henri IV. Mais le château change souvent de propriétaire et se détériore progressivement devenant "la ferme des tours". En 1707, le maréchal de Villars, propriétaire du château de Vaux-le-Vicomte, achète la terre et le château de Blandy. Les communs de Vaux-le-Vicomte ayant essuyé un incendie, le maréchal décide d'utiliser le château de Blandy pour la reconstruction des communs. Non seulement il fait étêter toutes les tours médiévales et réemploie les charpentes à Vaux, mais encore il fait abattre les courtines pour combler les fossés. Le château est transformé en ferme ce qui accélère sa ruine. Les toitures des corps de logis s'écroulent, les parapets sont détruits, la grande tour-porte éventrée pour agrandir l'accès.
En 1764, le château est revendu à Choiseul, ministre de Louis XV. Vient la Révolution française. Le château n'est pas inquiété car il ne présente plus aucun signe de féodalité.
En 1883, la commune de Blandy le rachète grâce à un don généreux de son maire Pierre-Charles Tuot. Cette enceinte ruinée et vide de tout bâtiment est alors classée monument historique en 1889.
À partir des années 1970, des associations de bénévoles engagent les premiers travaux de sauvegarde du château.
Acquis par le Conseil général de Seine-et-Marne en 1992, le château a fait l'objet depuis cette date d'un projet complet de restauration conçu et mis en œuvre par Jacques Moulin, Architecte en chef des monuments historiques, qui a réellement permis de rendre vie au monument en lui trouvant une affectation et en l'ouvrant au public.
En septembre 2007, pendant les journées du patrimoine, le château a été rouvert au public après deux ans de travaux.
Au nom et souvenir de tous les nôtres !
Nous arrivons vers l'entrée du camp, il fait beau d'un ciel d'azur légèrement moutonneux et il fait très chaud. Nous sommes plutôt dans l'émotion et troublé par ce silence qui règne. Pourtant, il y a beaucoup de visiteurs, comme nous, mais personne ne parle même pas les enfants qui ont les yeux écarquillés. On leur a expliqué qu'ils sont dans un endroit de souffrance, d'agonie et de mort. Nous entrons par la porte principale où les poteaux de bois sont entourés de barbelés et j'essaie de m'imaginer ce que pouvaient ressentir les détenus qui arrivaient, la peur au ventre, sous les hurlements violents de leurs geôliers nazis. On ne peut que de très loin n'avoir qu'une toute petite idée de ce qu'ils ont vécu dans leur calvaire.
Nous entrons dans la baraque musée qui a été reconstruite en mai 2009 suite à l'incendie commis par de jeunes néo-nazis en 1976. Un panneau indique l'appartenance des différents triangles: un rouge vif pour les politiques Allemands ils furent 1647, un rouge vif avec un F pour les politiques français 49827, un vert pour les droits communs 25756, un rouge et jaune pour les politiques juifs 80647, un rose pour les homosexuels 312, un orange pour les Tziganes 15647 dont certains seront gazés au Struthof, un bleu pour les émigrés apatrides 18427 car on ne pouvait pas être neutre dans l'Allemagne nazie, un noir pour les asociaux 1241 l'intolérance totale en dictature, enfin le triangle violet pour les Bibelforcher ou Témoins de Jéhovah 3624, on parle peu de ce dernier groupe, Hitler avait dit à leur propos ", j'exterminerai cette engeance !", cette déclaration fut dite à la suite d'un courrier envoyé par leurs responsables religieux situés aux États-Unis, demandant à Hitler de "libérer les Bibelforcher, car sinon c'est Jéhovah qui vous détruira !". L'orgueilleux dictateur était alors entré dans une rage diabolique. Les nazis se sont excités sur eux car ils refusaient de faire leur service militaire dans l'armée Allemande et qu'au lieu de dire "heil Hitler", ils disaient "Guten Morguen". Comme on le sait, Hitler mourra, mais les Témoins de Jéhovah sont toujours là avec leur message fondé sur l'amour et la paix. Tous les autres groupes cités ici existent toujours aussi, et Hitler s'est suicidé.
C'est en 1941, date de la construction du camp par Immler, qui est intéressé par les gisements de granites roses dans cette région, et qui réduira au pire esclavage meurtrier des hommes, pour qu'ils extraient les roches, comme dans la carrière de Mauthausen. C'est un camp où transiteront quelques 182716 détenus dont 40% y mourront. On en renvoie souvent vers d'autres camps comme Auschwitz, Dachau, Ravenssbruck, etc. Ce camps sera surtout dirigé par le commandant SS Kramer qui s'occupera aussi d'Auschwitz. Un commandant brutal bestial et inhumain qui sera pendu après guerre. Des expériences médicales monstrueuses seront pratiquées par le professeur SS Hirt, un de ces médecins maudits, qui expérimentera le gazage au cyanure sur des Juifs venus d'Auschwitz et des Tziganes. Ce médecin de la mort se suicidera en 1945 dans une forêt.
Mon cher beau-père Daniel Caron a participé à la libération du camp le 29 novembre 1944. Il faisait parti de la Brigade Alsace-Lorraine sous les commandements de André Malraux, du Col. Berger et du Gal De Lattre, il avait été engagé volontaire en 1939 dans les Pyrénées pour fuir le STO et était entré en résistance dans le réseau Pierre Dumas. Il sera médaillé suite à la défense de Strasbourg du fait de la contre-offensive allemande qui sera vaincue. Il m'a rapporté qu'en entrant au camp du Struthof, les Allemands n'y étaient plus ni les déportés qui avaient été transférés en septembre 1944 vers Auschwitz. Toutefois il a pu voir ce qui restait des horreurs du camp.
Ainsi en continuant notre visite nous longeons 'le ravin de la mort', le dessin fait par un déporté illustre la sauvagerie que subissaient les détenus qui étaient abattus dès qu'ils tombaient dans cette descente. Plus bas le bâtiment où se trouvent le four crématoire et la pièce où se déroulaient les expériences médicales diaboliques. Là encore et surtout là, on se sent pris dans l'émotion vive, on a la gorge serrée et le cœur qui bat fort, car on est au tréfonds de l'horreur. Je ne décrirais pas ce qui se passait ici chaque jour, les images parlent d'elles-mêmes. Le crime organisé, dans toute sa monstruosité.
Dans la baraque suivante ce sont les cellules punitives que les dessins et les photos démontrent. Le chevalet de bastonnade qui suppliciait les pauvres détenus, martyrisés par des geôliers sadiques. Au dehors une perspective de la montée que devaient faire les détenus, épuisés.
Enfin, en haut du camp un cimetière Mémorial sert de rappel contre l'oubli que le temps voudrait imposer. À deux km du camp, cette petite maison que les nazis utilisaient comme chambre à gaz où les victimes mouraient dans une agonie de 30 à 60 secondes par du cyanure envoyé dans un tuyau. Cette maison est classée au Patrimoine, nul révisionniste ne peut en nier l'existence elle en est un témoignage accablant !
Nous sommes rentrés de cette journée le cœur bouleversé. Une seule question : pourquoi ? Depuis toujours "l'homme domine l'homme pour son malheur" nous dit une citation de l'Écriture (Ecc 8:9). Et tant qu'il en sera ainsi les humains ne connaîtrons jamais de paix durable car de nos jour il semble renaître ça et la, la bête immonde, métaphore désignant le nazisme, que certains disaient détruite. - Alors, il faut réfléchir à ce que représente le contenu de ce dossier comme d'autres du même ordre, il y a un devoir de mémoire impératif pour qu'ils ne meurent pas une seconde fois à cause de l'oubli, oui "au nom et à la mémoire de tous les nôtres".
François Paris.
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