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www.twitter.com/Memoire2cite « Non aux bidonvilles, non aux villes-bidon. L'urbanisme est un acte politique au service du peuple ». L'Atelier populaire des Beaux-Arts, en mai 1968, cristallise derrière ce slogan le mécontentement croissant face à la fabrique de la ville et à la multiplication de ce qu’on commence à appeler les Grands Ensembles. Délinquance juvénile, ennui, dépression, prostitution, ségrégation spatiale et sous-équipement... tels sont les symptômes d'une nouvelle maladie qui, selon L'Echo Régional du 22 mars 1962, frappe les villes dans les années 1960 : la « sarcellite ». Ce jugement très sévère sur les Grands Ensembles est partagé à la fois par les sociologues comme par les géographes voire par les politiques à en juger par le titre d'une note interne de la Commission Nationale du Logement en 1975 : « Grands Ensembles, grands problèmes ».Les quelques albums pour enfants qui entendent parler de l'époque dans laquelle leurs jeunes lecteurs vivent reprennent en cœur cette image austère de tours et de barres grises sans charmes. À l'instar de C'est le bouquet, de Claude Roy et Alain Le Foll édité en 1963 par Robert Delpire, l'extension horizontale de la fleur qui parvient à pousser à travers le béton et dans laquelle les habitants de la cité viennent se lover s'oppose à l'empilement des appartements dans les nombreuses tours. De la même façon, le troisième album des « Barbapapas », série créée en 1968, dénonce ces grandes barres grises qui brisent le rêve et l’imagination. Pourtant, face à cette critique qui met en avant davantage l'aspect esthétique ou inesthétique, une série, parue aux éditions La Farandole, fait résistance et entend porter un tout autre regard sur les Grands Ensembles et notamment sur le cadre de vie de ses habitants. Les six albums de la série « Nicole », réalisés entre 1969 et 1978, sont une idée d'Andrée Clair, auteure confirmée et militante communiste, mise en images par la toute jeune illustratrice débutante Bernadette Després.
La série des Nicole constitue probablement le témoignage d’un autre courant né dans les années 1960 mais qui s’affirme au sein de la gauche française et particulièrement du PCF après 1968 : il s’agit de la « Deuxième Gauche ». Dans cet article, il s’agira donc de montrer en quoi cette série peut être rattachée à ce nouveau courant et comment elle fait rupture avec le discours habituel sur les Grands Ensembles. Pour ce faire, nous entreprendrons d'abord de décrire la représentation des Grands Ensembles dans le paysage pictural français des albums pour enfants à la fin des années 1960. Ensuite, l’intentionnalité éditoriale qui a donné le jour à la série des « Nicole » dans la collection « Mille Images » sera interrogée. Enfin, les représentations et le discours socio-spatial original portés par la série sur les Grands Ensembles seront analysés. Grands chantiers, grands ensembles
1 « Quarante mille voisins », Cinq colonnes à la Une, Radiodiffusion de la Télévision Française, 2 dé (...)
« Dans quelques années, quand vous traverserez la banlieue parisienne, c’est en hélicoptère sans doute que vous irez. Et partout, vous survolerez des villes dans le genre de celle-ci. On les appelle les Grands Ensembles. On les appelle les villes-dortoirs. Elles doivent permettre aux familles de vivre loin de l’agitation et de l’air malsain des grandes cités. Elles existent dans le monde entier. Les urbanistes et les sociologues leur consacrent des volumes et des congrès1. »
C’est par ces mots que le journaliste de l’émission de télévision, Cinq colonnes à la Une, Pierre Tchernia, survolant en hélicoptère Sarcelles, présente en 1960 ce phénomène urbanistique original et sans réel précédent en France si l’on considère la vitesse de sa diffusion et l’ampleur des chantiers occasionnés. Le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme fut le moteur de ces constructions d’habitations mécanisées, préfabriquées et montées en série qui répondaient à une demande urgente de logements au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Le Ministère se dota d’un arsenal de lois et de programmes de construction comme le programme de logements économique de première nécessité en 1955 et le décret du 31 décembre 1958 qui créa des Zones à Urbaniser en Priorité (ZUP) aux marges des grandes villes. Entre 1953 et 1978, ce sont 300 000 logements par an qui furent ainsi ouverts à l’habitation à loyer modéré. Plus de six millions de logements furent construits au total. L’émission de Cinq Colonnes à la Une se situe près de cinq ans après l’ouverture des premiers chantiers et l’on sent déjà dans le ton du journaliste le doute s’installer. « Elles doivent permettre aux familles de vivre loin de l’agitation et de l’air malsain des grandes cités », nous dit-il. Ces constructions commanditées par l’Etat, ayant recours aux méthodes de construction les plus modernes doivent améliorer les conditions de vie des habitants. Mais d’ailleurs comment nommer ces habitations ? On sent que le journaliste hésite : « grands ensembles », « villes dortoirs » ? En 1963, le géographe Yves Lacoste entreprend de donner une définition : Yves Lacoste, « Un problème complexe et débattu : les Grands Ensembles », Bulletin de l’Association (...)
Le Grand Ensemble apparaît comme une unité d’habitation relativement autonome formée de bâtiments collectifs, édifiés dans un assez bref laps de temps, en fonction d’un plan global qui comprend plus de 1000 logements environ2.
Raphaële Bertho, « Les grands ensembles », Études photographiques, 31, printemps 2014, [en ligne], (...)
cf. à ce propos Raphaële Bertho, op. cit.
Par « bâtiments collectifs », il faut comprendre une architecture de barres et de tours édifiées sur des zones d’implantation assez vastes ayant en commun d’appartenir à une même opération de grande envergure et visant à offrir des logements à loyer relativement bon marché. Raphaële Bertho souligne qu’avec le début des années 1960, « de réalisations glorieuses d’une Nation tournée vers l’avenir, [les grands ensembles] deviennent les symboles d’un État planificateur imbu de sa puissance3. » C’est d’ailleurs cette « toute puissance » qui est donnée à voir dans les premières images de Cinq Colonnes à la Une par une vue oblique depuis l’hélicoptère. L’observateur domine la création, l’aménagement et l’organisation humains. C’est tout le génie de l’architecte-urbaniste qui est mis en exergue ici dans ces images qui reprennent d’ailleurs une représentation très fréquente4 de ces manifestations bétonnées de la « modernisation triomphante ». Raphaële Bertho insiste sur l’image de cet « urbanisme nouveau » des Grands Ensembles qui est donnée par les services de l’État :
Dominique Gauthey, « Les archives de la reconstruction (1945-1979) », Etudes géographiques, n°3, no (...)
Raphaële Bertho, op. cit.
Les Grands Ensembles y sont présentés comme l’anticipation en actes d’une ville pensée et prévue pour l’homme, cités idéales où l’on retrouve l’importance accordée au soleil, à l’espace et à la verdure dans le credo moderniste. Une orientation manifeste, que l’on observe notamment dans la mise en scène des clichés lors des Salons des arts ménagers dans les années 1950, lesquels sont les vecteurs privilégiés de cette « planification intégrale du bonheur5 » auprès du public. Celui-ci est ainsi accueilli par la vision d’enfants profitant des espaces de loisirs nouvellement aménagés dans ces “cités radieuses”.Les enfants ont ainsi toute leur place dans ces projets modernes. Ces derniers sont en grande partie construits pour eux, part de la population française la plus nombreuse dans ce tout début de baby-boom. Louis Caro, « Psychiatres et sociologues dénoncent la folie des grands ensembles », Sciences et Vie(...)
L’Humanité du 5 novembre 1963.
Pourtant dès 1959, les grands ensembles sont mis sur la sellette. Dans Science et Vie, Louis Caro consacre un article entier à la formation des bandes de voyous dans les Grands Ensembles7. Dans les années 1962-1963, Sarcelles et ses avatars subissent de sévères critiques depuis qu’un des occupants d’une tour s’est défenestré. Les médias commencent à parler de « sarcellite », une maladie qui toucherait les habitants de Sarcelles et de tous les Grands Ensembles. Ainsi est-elle définie dans les colonnes de L’Humanité en 1963 : « Sarcellite, total désenchantement, indifférence à la vie sociale, ennui insurmontable, aboutissant à la dépression nerveuse dans les cas bénins, au suicide dans les cas aigus8. » Dès lors, les grands ensembles ne sont plus aussi radieux pour les enfants qui y habitent et il conviendrait peut-être de grandir ailleurs qu’à l’ombre des tours et des barres de béton armé. Claude Roy, Alain Le Fol, C’est le bouquet ! Gallimard, 1979, p.9.
10C’est à cette même époque que l’édition pour enfants s’intéresse au sujet et principalement certaines petites maisons d’édition. En 1963, Robert Delpire publie une histoire écrite par Claude Roy et mise en images par Alain Le Fol : C’est le bouquet ! Deux enfants, Claudelun et Claudelune, habitent au neuvième étage d’une tour d’un « Grand Ensemble de 2000 maisons avec un total de 200 000 appartements9 » situé tout près de Paris. La famille qui vivait jusque là dans des « coins-recoins-celliers-et-machin » au cœur de Paris, avait subi la crise du logement et était venue s’installer en banlieue dans des habitations imaginées par un Architecte malin :
L’Architecte, avec sa règle graduée, son équerre et sa bouteille d’encre de Chine, l’Architecte avait pensé à tout. Il avait prévu un vide-épluchures et vide-bouteilles, un vide-poussière et un vide-enfants. Mais il n’avait pas prévu les gens, et les gens s’ennuyaient dans tout ce ciment, ce verre, et ce vent, dans ces grands appartements tous pareils, qui ressemblaient à des cages à mouches empilées dans le ciel.
Roy, Cana, C’est le bouquet ! (1963), p. 10-11. © GallimardLa description qui est faite par Claude Roy d’un grand ensemble rejoint en tout point les griefs formulés contre ces grandes constructions grises : la tristesse, la monotonie, le fonctionnalisme poussé à l’excès. Les illustrations d’Alain Le Fol jouent sur l’opposition des constructions grises atoniques et de la « nature » multicolore. Cette opposition est développée tout au long de l’histoire, d’abord avec l’Oiseau Moqueur qui voit s’installer la famille, ensuite avec la croissance d’une plante semée accidentellement par l’un des deux enfants. Au début de l’histoire, la tour est perçue comme un supplice, une punition infligée aux enfants. L’Oiseau Moqueur se demande d’ailleurs : « Qu’est-ce qu’ils ont donc fait pour avoir mérité d’être enfermés dans ces cages-à-gens11 ? » Plus loin, lorsque la Mère veut calmer ses enfants qui semblent tourner en rond dans l’appartement, « elle les mettait dans le vide-enfants et ils allaient s’ennuyer sur le tas de sable à enfants à air conditionné ». À la fin, la fraxilumèle, cette plante aux couleurs merveilleuses, a dépassé les tours et envahi le Grand Ensemble. Elle est devenue l’aire de jeu la plus réjouissante dans laquelle enfants et adultes se retrouvent et s’amusent. On retrouvera cette même opposition entre la grisaille du béton et les couleurs liées au rêve et à l’enchantement dans un album de 1979 publié par le Père Castor, Fleur de béton de Michel Gansel et Monique Touvay. Dans cet ouvrage, trois jeunes garçons d’une cité HLM sortent de l’école et vont rendre visite à un de leur camarade malade et alité. Pour lui remonter le moral, ils lui confectionnent une grande fleur multicolore.Gansel, Touvay, Fleur de béton (1979), p. 4-5. © Père Castor/Flammarion
En 1968, Talus Taylor, un biologiste de San Francisco, rencontre à Paris une jeune architecte française, Annette Tison. Tous les deux imaginent sur une nappe de la brasserie Zeyer, place d’Alésia, un personnage hors norme, protéiforme, d’un rose très vif : Barbapapa. Ce dernier est né d’une graine et a pris naissance dans la Terre. Le premier album est publié en 1970 par la toute récente maison d’édition de l’École des loisirs. Deux ans plus tard, Barbapapa qui s’est construit une famille multicolore doit fuir une ville livrée à la démolition. Il est alors relogé dans de Grands Ensembles où il vit très mal l’entassement et l’ennui. La famille Barbapapa quitte alors la ville pour aller s’installer à la campagne.
Tison, Taylor, La Maison de Barbapapa (1972), p. 8-9. © Le Dragon d’or Ces trois ouvrages sont assez représentatifs du peu d’albums qui évoquent et représentent les grands ensembles entre 1960 et 1970. Le discours est toujours le même : éloigner les enfants de la « sarcellite » qui ne peut être qu’inéluctable dans ces grandes constructions que l’on s’emploie à représenter grises et tristes, sans joie et sans vie. Ce discours sera d’ailleurs maintenu bien après 1968. Cependant, à côté de cette production rare de quelques petits éditeurs et du silence des grandes maisons d’édition pour la jeunesse telles qu’Hachette, la série des « Nicole » a su attirer notre attention. Son discours sur les Grands Ensembles est à la fois très favorable et très engagé.
Sous le béton, la plage ! Nicole au quinzième étage est la première aventure d’une série de six éditée par La Farandole en 1969. Nicole et sa famille viennent d’emménager dans un appartement situé au quinzième étage d’une tour HLM. La jeune fille s’extasie, apprécie le confort et passe sa journée à la fenêtre à regarder la ville depuis le quinzième étage. Dans le deuxième album, Nicole et l’ascenseur (1971), c’est la diversité régnant dans cette tour de dix-huit étages qui est célébrée. Nicole dans le grand pré (1973) et Nicole et l’étoile de mer (1978) montrent qu’au cœur des Grands Ensembles existent des espaces verts de loisirs dans lesquels les enfants peuvent s’ébattre et s’épanouir au contact de la nature. Dans Nicole ne voit plus rien (1975), une panne d’électricité, aléa du modernisme, plonge la cité HLM dans le noir. Enfin Nicole et Djamila (1976) traite de la découverte de l’altérité au sein de ces grands ensembles qui ont accueilli une grande partie de la population immigrée venue offrir son travail en France depuis le milieu des années 1950. Ces six albums couvrent près de dix ans. La série se termine en 1978 et correspond, presque par hasard, avec la fin des politiques publiques des Grands Ensembles. Tous les albums en donnent une vision extrêmement positive. Aucune des illustrations ne montre de la grisaille, bien au contraire, tous les albums utilisent des couleurs très vives. L’illustratrice, Bernadette Després, n’a jamais recours au noir ou au gris pour dessiner les contours des Grands Ensembles mais au jaune d’or ou au bleu. La série toute entière, appartenant à la collection « Mille images » de la maison d’édition communiste La Farandole, est consacrée au bonheur de vivre dans les Grands Ensembles. On serait alors tenté de croire qu’il s’agit d’une prise de position politique éditoriale très marquée, rendant hommage à l’amélioration de la vie de la classe ouvrière. Cependant, il n’en est rien. D’autres ouvrages, publiés par La Farandole à la même époque que la série des Nicole, ont un discours très critique sur les Grands Ensembles.: Garonnaire, La Tour part en voyage (1974), couverture. © La Farandole
Prenons par exemple La Tour part en voyage de Jean Garonnaire en 1974. Les habitants d’une tour attristés par la vie au milieu de la cité HLM décident de desceller leur tour du sol pour l’emmener à la campagne, au milieu des bois et des prairies fleuries. Nous retrouvons ici encore une opposition ville/campagne, anthropisation/nature, qui semble être le courant dominant dans la littérature de jeunesse de l’époque qui veut bien s’intéresser à ce phénomène urbain. Il en va de même pour Grégoire et la grande cité (1979) de Jean-Pierre Serenne et Sylvia Maddonni où, dès la couverture, l’opposition cité HLM/champs fleuris est annoncé. : Serenne, Maddonni, Grégoire et la grande cité (1979), couverture. © La Farandole La ligne idéologique de La Farandole n’est donc pas fixée sur ce sujet à l’instar, d’ailleurs, de la ligne politique des membres du parti communiste français au sein duquel les avis sur la question des Grands Ensembles sont très partagés. Rappelons que L’Humanité fut l’un des premiers quotidiens à parler de « sarcellite » et que la jeunesse communiste de mai 1968 revendique davantage un urbaniste au service du peuple que le contraire. Il faut donc bien l’admettre, la série des « Nicole » est une œuvre originale dans le paysage de la littérature de jeunesse de cette époque et elle doit davantage son idéologie marquée pour les Grands Ensembles au militantisme de son auteure, Andrée Clair, qu’à celui de la maison d’édition ou du parti politique auquel elle se trouve rattachée. Hélène Bonnefond, « Les années "Lilenstein" de La Farandole », La Revue des livres pour enfants, n° (...) Ce à quoi semblent véritablement attachées Paulette Michel, l’épouse de Jean Jérôme, membre dirigeant du PCF, et Madeleine Gilard, les deux fondatrices de La Farandole en 1955, est une forme de « parler vrai » et de « montrer vrai ». Ceci peut se concevoir comme une véritable ligne éditoriale novatrice au milieu des années 1950. Hélène Bonnefond note que chez certains petits éditeurs comme La Farandole mais aussi Delpire, Harlin Quist ou l’École des Loisirs, « de plus en plus se développe l’idée que la jeunesse est un lectorat qui ne doit pas être restreint à des lectures angéliques, qu’il est capable de lire des histoires qui sont le reflet de la réalité sociale, culturelle, scientifique ou historique ». Sébastien Jolis, « Du logement au cadre de vie. Mobilisations associatives et vie sociale dans les (...)
22Comme le montre Sébastien Jolis14, au sein même du PCF, le regard sur les Grands Ensembles change au lendemain de mai 1968. La rupture est même consommée le 25 novembre de cette même année, après la journée nationale d’étude sur les équipements sociaux et culturels. En effet, si certains continuent à remettre en cause le financement par l’État de projets immobiliers collectifs, minimisant la place allouée aux équipements socio-culturels, d’autres, issus de la « Deuxième Gauche », qui s’étaient opposés au totalitarisme et au colonialisme, défendent une gestion partagée par les usagers des ZUP, une sorte de réappropriation des Grands Ensembles par la culture et les usagers eux-mêmes. C’est très sûrement avec la connaissance de cette faille au sein du PCF qu’il faut lier et comprendre le travail d’Andrée Clair dans la série des Nicole.
Andrée Clair, de son vrai nom Renée Jung, est née en 1916. Elle grandit dans la banlieue parisienne où son père est contrôleur des PTT et sa mère femme au foyer. Elle fait des études d’ethnologie à la Sorbonne puis part à Brazzaville où elle décroche un poste d’ethnologue assistante. Elle reste en Afrique pendant plusieurs années et y exerce plusieurs emplois liés à l’enseignement. Militante communiste, en 1949 elle est rapatriée d’office pour avoir contribué au développement du mouvement syndical africain. Elle retourne en Afrique après les indépendances et, de 1961 à 1974, elle devient conseillère culturelle du président Hamani Diori au Niger. Forcée de rentrer en France après le renversement de ce dernier, elle s’installe à Paris puis à Dreux où elle décèdera en 1982. Andrée Clair, « Pourquoi et pour qui j’écris ? », Enfance, tome 9, n°3, 1956, p.75.
Elle collabore avec les éditions de La Farandole depuis 1957. Elle écrit pour la jeunesse des romans et des albums qui ont très souvent pour toile de fond l’Afrique : Eau ficelée et ficelle de fumée (1957), Aminatou (1959), Dijé (1961), Les Découvertes d’Alkassoum (1964). Andrée Clair est une véritable militante engagée dans la vie sociale. En 1956, dans un numéro de la revue Enfance, elle écrit : « Pourquoi j’écris ? Pour remettre les choses en place. Autant que je le peux. Pour qui ? Pour les enfants, parce que... 15». Comme elle le dit elle-même, c’est la « rage » qui la pousse à écrire, celle de dénoncer le faux :
Ce n’est pas drôle d’avoir honte de la couleur de sa peau. Ce n’est pas drôle de découvrir que ce que vous avez toujours cru est faux. La rage déborda. Il fallait que je dise aux gens ce qu’était l’Afrique, l’enseignement, le racisme permanent, la vie de chaque jour. Il fallait dire la vérité. Cette vérité si difficile à trouver ici, pour qui n’a que de « bonnes » lectures. Comment le dire, sinon en écrivant ? Pour qui écrire, sinon pour des enfants ? J’avais été trompée. Je voulais détromper @ Le projet des « Nicole » naît de cette même rage d’expliquer aux enfants. Dans un entretien que j’ai pu avoir avec l’illustratrice, Bernadette Després m’a appris que le premier volume de la série, Nicole au quinzième étage, était une réaction à l’ouvrage de Claude Roy et Alain Le Fol, C’est le bouquet ! Pour Andrée Clair, il fallait donner une autre image des cités. Elle regardait C’est le bouquet ! comme une littérature bourgeoise adressée à des enfants qui ne connaissaient pas et ne connaîtraient sans doute jamais les Grands Ensembles.
« Je tiens à l’absolue exactitude de ce que j’écris [...] : géographie, ethnologie, milieu, ambiance17 », écrit encore Andrée Clair. Lorsqu’elle a l’idée du personnage de Nicole et de sa première aventure, La Farandole lui fait rencontrer une jeune illustratrice qui travaille pour la maison depuis quatre ans, Bernadette Després. Cette dernière a la même envie que son auteure : dessiner la vie des enfants au plus près de la réalité, ne pas chercher à leur mentir. Dès leur première rencontre en 1968, Andrée Clair entreprend de faire découvrir à Bernadette Després ces Grands Ensembles qu’elle devra dessiner, elle qui a grandi dans le VIIe arrondissement de Paris. Andrée Clair a une amie qui vit au quinzième étage d’une tour HLM dans le quartier de l’Argonne à Orléans. Elle y emmène Bernadette Després, lui fait voir la ville du haut de la tour. Bernadette Després prend tout en notes, fait des croquis de l’appartement. Andrée Clair supervise le travail de l’illustratrice de façon à être au plus proche de la réalité, s’accordant parfois la liberté de gommer les signes religieux comme la cathédrale d’Orléans qui est remplacée par un château fort. Andrée Clair, comme tous les auteurs de littérature pour enfants de La Farandole, fait partie du co (...)
Andrée Clair mise donc sur la sérialité ainsi que sur des histoires vraies18 de tous les jours pour accrocher ses jeunes lecteurs et faire passer un certain nombre de valeurs. Cette intentionnalité, elle l’exprimait déjà en 1956 :
Je suis contre la guerre (d’oppression, de conquête) et pour les résistants. Je suis contre le racisme, la bêtise, les mesquineries, la méchanceté. Je suis pour la beauté, la gaieté, l’amitié, la dignité, la lucidité. Pour la joie et l’enthousiasme. Pour ce qui est simple et sain, réel et humain. C’est dans ce sens que je veux entrainer mes lecteurs. Cette intentionnalité, quasi idéologique, est à la fois sociale et spatiale dans la mesure où elle est, dans le cas de la série « Nicole », liée à un lieu : les Grands Ensembles. Le travail d’illustratrice de Bernadette Després devient très important dès lors qu’il s’agit de créer un iconotexte dans lequel le récit textuel veut être en interdépendance avec le récit iconique.
Le Paradis des enfants Dans le discours iconotextuel de la série des « Nicole », trois arguments majeurs sont développés en faveur des Grands Ensembles : l’amélioration du niveau de vie des habitants, les bienfaits du vivre ensemble et une sorte d’égalité au droit à la ville. Ce sont ces trois arguments que nous souhaiterions développer ici à partir de quelques planches extraites de la série et qui nous semblent révélateurs du tournant que put représenter 1968. Clair, Després, Nicole au quinzième étage (1969), p.2-3. © La Farandole @ Andrée Clair, Bernadette Després, Nicole au quinzième étage, La Farandole, 1969, p.2.
30« J’habite au quinzième étage. Depuis une semaine, depuis le 4 décembre. Avant, nous habitions une pièce et une cuisine, au rez-de-chaussée, au fond d’une cour. C’était tout petit et on ne voyait jamais le soleil20 ». Ainsi commence Nicole au quinzième étage. Et dès la première double page, l’illustratrice joue sur les oppositions : l’enfermement et l’exiguïté des petites maisons entassées sur la page de gauche (p. 3) contrastent avec l’élévation et la prise d’espace sur la page de droite (p. 4). Le Grand Ensemble est une conquête spatiale et la petite famille de Nicole (son père, sa mère, sa grande sœur et son petit frère) vont dorénavant vivre à cinq dans un trois pièces-cuisine. Clair, Després, Nicole au quinzième étage (1969), p.4-5. © La Farandole
Cette conquête spatiale continue à la double-page suivante (p. 5-6). Sur la page de gauche, Nicole regarde le nouveau quartier à ses pieds desservi par une ligne de chemin de fer et une route à grande circulation. Sur la page de droite, une vue cavalière de l’appartement laisse deviner son agencement : « Notre appartement a trois pièces, une cuisine, une salle d’eau, un couloir, un séchoir, des placards. Quelle place !21 ». L’appartement est fonctionnel : les pièces de « long séjour » (chambres, salle de séjour, cuisine), donnant toutes sur l’extérieur, s’organisent autour de pièces dites de « court séjour », aveugles (buanderie, toilettes, salle de bain). Ce logement répond aux exigences du moment, telles qu’elles ont pu être définies dès la Reconstruction par des architectes comme Auguste Perret : confort (ensoleillement, chambres des enfants et des parents séparées), modernité (cuisine équipée, sanitaires, eau courante, électricité) et flexibilité (cloisons fines permettant un réaménagement de l’espace). Les tours sont équipées d’un indispensable ascenseur pour desservir les dix-huit étages. Cette couleur très visible sur les originaux se transforme en un orange vif sur les épreuves.
32« Nous avons notre chambre pour nous toutes seules. Nous avons chacun notre lit. Luc, le tout petit frère, dort dans la chambre de papa et maman. Le soir, nous dînons dans la salle de séjour. À midi, papa mange à la cantine de son usine. Luc se régale avec sa bouillie et son fruit, puis maman, Janine et moi, nous déjeunons dans la cuisine. Elle est claire. Dans toutes les pièces, il y a des grandes fenêtres. Quand il y a du soleil, il entre partout22. » À plusieurs reprises le texte insiste sur le gain de place, sur l’amélioration des conditions de vie apportées à une famille ouvrière. L’omniprésence du soleil se retrouve dans les images dans lesquelles Bernadette Després a eu abondamment recours à la couleur or23. Les traits de crayons donnent à ces couleurs un effet de scintillement.
Clair, Després, Nicole ne voit plus rien (1975), p.8-9. © La Farandole Andrée Clair, Bernadette Després, Nicole ne voit plus rien, La Farandole, 1975, p.6 Andrée Clair, op. cit., p.77.
Dans Nicole ne voit plus rien, l’aléa d’une panne d’électricité plonge la tour entière dans le noir. Le modernisme a ses limites ! « Mais... il n’y a plus de lumières nulle part. Oh !... c’est une panne d’électricité. Ce n’est que ça ! Maintenant qu’elle sait, Nicole n’a presque plus peur24. » Dans cette aventure, Nicole, restée seule à la maison, va devoir surmonter ses peurs en regardant par la fenêtre, en continuant à accomplir ses tâches. L’accident est appréhendé de manière optimiste et constitue pour Andrée Clair une véritable leçon de vie. « J’affirme que l’optimisme, la gaieté, l’entrain sont une forme de courage25 », déclare-t-elle en 1956. Les Grands Ensembles sont également pour Andrée Clair des espaces de mixité sociale où la diversité et la découverte de l’altérité sont bien réelles. L’exemple de Nicole et l’ascenseur en est un premier aperçu. Dans la tour où habite Nicole, les ascenseurs sont en panne. La mère de Nicole, qui revient du marché, doit monter les quinze étages à pied avec ses courses et son enfant en bas âge. Arrivée au dixième étage, les sacs se renversent et toutes les provisions tombent dans les escaliers. Cet accident devient une formidable occasion pour les habitants de la tour de venir en aide à la famille de Nicole. La majeure partie de l’histoire se déroule dans la cage d’escalier qui s’enroule autour des ascenseurs. De cette longue colonne vertébrale de la tour, Bernadette Després en fait un espace multigénérationnel, où les habitants se rencontrent et s’entraident. On sait combien la découverte de l’altérité est un aspect très cher à Andrée Clair. Les Grands Ensembles sont justement des lieux qui permettent la rencontre de l’Autre. C’est d’ailleurs tout le propos de l’album Nicole et Djamila, paru en 1976. Le père de Nicole arrive un soir à la maison avec une petite fille, Djamila. Son père a eu un accident du travail et sa mère est encore à la maternité. Djamila va donc passer quelques jours dans la famille de Nicole. Les deux fillettes qui semblent avoir le même âge vont partager la même chambre. cf. Yves Gastaut, « La flambée raciste de 1973 en France », Revue européenne des migrations interna (...) On ne peut éviter de replacer cet album dans son contexte historique. L’album est publié en 1976 au moment où la France connaît une flambée raciste et ce depuis la première crise économique de 1973. Face à la montée du chômage, l’État réglemente de manière plus drastique l’immigration en fermant les frontières26 et en multipliant les ordres de quitter le territoire national. Des affrontements racistes éclatent entre les partisans de l’Ordre Nouveau, favorable au retour des immigrés, et des partisans du PCF, à Paris et à Lyon. À Grasse et à Marseille, dans le courant de l’automne et de l’été 1973, des agressions racistes contre des Algériens font cinquante morts et près de trois cents blessés. Nous avons déjà évoqué précédemment le dégoût d’Andrée Clair pour le racisme et la bêtise humaine. Ce cinquième album de la série correspond encore à ce qu’écrivait Andrée Clair en 1956 : Andrée Clair, op. cit., p.76.
Ne pas insister sur les différences qui, si apparentes soient-elles, restent superficielles : peau, cheveux, forme des maisons ou art culinaire ; mais faire remarquer discrètement ce qui est semblable : causes de joie ou de tristesse, ennuis, soucis de chaque jour. Insister sur la richesse du cœur, de la pensée, de l’art. [...] Expliquer, toujours expliquer @ Clair, Després, Nicole et Djamila (1976), couverture. © La Farandole Dès la couverture, Bernadette Després montre davantage ce qui réunit les deux fillettes que ce qui pourrait les séparer : toutes les deux ont le sourire et jouent à la poupée dans la chambre de Nicole où de nombreux jouets sont éparpillés sur le sol. Rien dans l’image ne laisse entendre que la fillette aux cheveux longs est une petite Algérienne si ce n’est dans le titre. Le rapprochement entre les deux fillettes est doublé par le rapprochement de leurs deux poupées.: Clair, Després, Nicole et Djamila (1976), p.8 © La Farandole Andrée Clair, Bernadette Després, op. cit., 1976, p.9. Les différences de culture sont très discrètes. L’image panoramique des pages 8-9 représente une scène de table : le père de Djamila a été invité chez les parents de Nicole. Les convives partagent un plat unique qui ressemble à un hachis Parmentier. Dans un phylactère émanant du père de Djamila, Bernadette Després a dessiné un repas chez les parents de Djamila : « On n’a pas encore fêté la naissance de Karim. Samedi, nous invitons des amis. Ma femme voudrait que vous veniez. Moi aussi28. » Retour de bon procédé, les convives partagent un couscous. D’après Bernadette Després, Andrée Clair avait absolument tenu à ce que la famille algérienne soit assise sur des chaises et non par terre de façon à ce qu’on ne puisse pas se moquer d’eux. Pour terminer cette analyse de la série des « Nicole », un dernier aspect qui ne semble pas évident au premier coup d’œil le devient dès lors que l’on abandonne le point de vue contemporain et que l’on se replace dans le contexte de cette fin des années 1960. La série semble redéfinir la ville. Du haut de sa tour Nicole voit la ville se déployer, sortir de ses anciennes limites. La périphérie, les banlieues qu’elle habite s’étendent avec le développement des Grands Ensembles. Le phénomène peut parler à n’importe quel enfant dans la mesure où il est général à la France entière. Ces transformations fondamentales, ces transmutations de la ville industrielle en une forme tentaculaire, perceptibles dans les albums de la série, un philosophe les décrit, les analyse et s’en alerte en 1968, c’est Henri Lefebvre Henri Lefebvre, Le Droit à la ville, Anthropos, 1968 (2009), p. 8. Le Droit à la ville paraît en mars 1968. Dans cet ouvrage, Lefebvre décrit le processus « d’implosion-explosion » que subissent toutes les villes des grands pays industriels : « Les gens se déplacent vers des périphéries lointaines, résidentielles ou productives. Des bureaux remplacent les logements dans les centres urbains29. » Au terme de « ville », qu’il conserve pour parler des villes industrielles d’avant 1945, le philosophe préfère le terme de « tissu urbain » ou « d’urbain ». Cette réalité nouvelle affirme l’éclatement de la ville classique en périphéries industrielles, pavillonnaires ou faites de grands ensembles et le grignotement progressif de la campagne. Lefebvre alerte des dangers potentiels de cette urbanisation « capitaliste » qui subordonne la campagne à l’urbain, qui empêche l’appropriation par ses habitants, qui créé des îlots de pauvreté à la marge et qui renforce une centralité soumise à l’argent. Pour Lefebvre, les habitants des quartiers périphériques, dénués selon lui d’urbanité, se verraient spolier leur « droit à la ville ». Est-ce l’impression qui se dégage des planches de la série des Nicole ? Non. Nicole et le grand pré (1973), Nicole et l’étoile de mer (1978).Sébastien Jolis, op. cit., p. 42. On pourrait dire, bien au contraire, qu’à travers les différentes aventures de Nicole dans sa cité HLM, Andrée Clair revendique un « droit à la ville pour tous ». La famille de Nicole, en occupant un humble deux pièces au fond d’une cour dans le centre-ville, se trouvait finalement à la marge de la ville, ne pouvant profiter d’aucune des innovations offertes par la modernisation. Habiter les Grands Ensembles a permis à cette famille d’y avoir accès et, en même temps, de jouir des services de la ville. La cité HLM, située en périphérie, n’est pas déconnectée du centre-ville : les moyens de transport (lignes de bus, chemin de fer) sont régulièrement représentés dans les histoires. Le lien avec la « nature » est toujours maintenu. Dans deux des albums de la série30, Nicole passe ses loisirs dans un « centre aéré » situé à proximité de chez elle : le Grand Pré. Pour ce centre aéré, Andrée Clair s’est inspirée du centre aéré de la ville de Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), Les Grands Arbres. Ce centre a été créé en 1964, en bord de Loire, à quelques mètres de Grands Ensembles, et continue à recevoir les enfants de la ville sous des tentes plantées au milieu d’une prairie ombragée. Il constitue un élément, voire une infrastructure paysagère, sur lequel les partisans de la « Deuxième Gauche » vont s’appuyer pour modifier le regard porté au Grands Ensembles après 1968. En mobilisant l’attention sur le cadre de vie, ils défendent « une amélioration de leur condition d’habitat, en rejetant l’idée d’un divorce entre les habitants et leur habitat en grand ensemble31 ». Clair, Després, Nicole et Djamila (1976), p.3. (détail) © La Farandol Enfin, à de nombreuses occasions, Bernadette Després représente la vue depuis la fenêtre de la cuisine ou de la chambre de Nicole : il s’agit du centre-ville, de son château et de ses vieilles maisons, de sa gare et de ses usines. Cette vue est, au même titre que les quelques images accrochées au mur et qui représentent la montagne ou la campagne, un tableau. Cette vue de la ville quasi-omniprésente dans les albums est la manifestation d’une sorte d’appropriation de la ville. À la différence des images encadrées, le centre-ville lui est bien réel, aisément accessible, à portée d’œil et de main La cité HLM n’est pas un espace sans vie, sans âme. Elle est, sous la plume d’Andrée Clair et les pinceaux de Bernadette Després une émanation de la ville, une partie parfaitement connectée au reste du tissu urbain. Elle est le lieu qui donne aux classes populaires « droit à la ville ». Voilà en quelques mots l’intentionnalité socio-spatiale qui est présente à travers les six volumes de la série des Nicole. Cette intentionnalité, on l’a vu, n’est pas éditoriale mais est propre à une auteure engagée et militante, défendant le réalisme au nom d’un certain nombre de valeurs telles que la tolérance, le droit au bonheur, l’amélioration du niveau de vie pour tous Peu d’ouvrages pour enfants se sont intéressés au phénomène des Grands Ensembles et quand ce fut le cas, ce fut presque tout le temps pour les dénigrer et en présenter les dangers. La série des Nicole apparaît alors comme une exception, une originalité, qui entend s’adresser aux enfants et, à travers eux, aux adultes qu’ils deviendront. Pour Andrée Clair, écrire pour les enfants c’est les aider à grandir.
Andrée Clair, op. cit., p.76. En parlant de Moudaïna ou Deux enfants au cœur de l’Afrique (1952), Andrée Clair écrivait : « Il reste toujours quelque chose des livres d’enfants que l’on a aimés. Les lecteurs de ce livre ne pensent peut-être plus aux enfants noirs comme ils y penseraient s’ils ne l’avaient pas lu. C’est un point de gagné contre le racisme et contre la bêtise. Car jamais deux monstruosités n’ont été si bien ensemble que ces deux-là32 » Marie-Claude Monchaux, Écrits Pour nuire, Paris, UNI, 1985, p. 12 Ibid., p. 54.
47La série des « Nicole » entendait « parler vrai » aux enfants. Ce « parler vrai », ce « montrer vrai » de la société et de ce qui entoure l’enfant a pu passer, aux yeux de certains critiques conservateurs, pour de la littérature de jeunesse subversive. En 1985, par exemple, Marie-Claude Monchaux, dans Écrits pour nuire, mène une campagne à charge contre ce « volontaire pourrissement qu’on constate dans les livres pour enfants depuis 196833 ». Ce qu’elle reproche à ces éditeurs comme La Farandole c’est de priver les enfants du « droit sacré du rêve34 » p. 54.
Je demande pour eux des îles, et des amours enfantines qui s’épanouissent avec les couleurs de la vie la plus belle, car ils ont le droit de l’espérer autrement que par le truchement d’un droit syndical. […] Mais non, on lui coupe dès huit ans sous le pied l’herbe naissante ! La vie, mon petit, c’est ce petit HLM, ces petits sentiments, ces petits frôlements de peau à peau, ces petits amours dont on change, cet air mesuré et qui empeste les frites, ces mamans qui pour l’instant n’ont pas de petit ami, ces petits couplets sur le droit de grève @ Un débat idéologique post-68 est ici manifestement présent. Pour Andrée Clair, en revanche, il n’y a absolument pas d’aliénation du droit au rêve. Seulement, elle affirme que le rêve peut prendre sa place au milieu du béton et des tours où règnent diversité, altérité et mixité.
www.dailymotion.com/video/xw6lak?playlist=x34ije -Rue neuve 1956 la reconstruction de la France dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, villes, villages, grands ensembles réalisation : Jack Pinoteau , Panorama de la reconstruction de la France dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, ce film de commande évoque les villes et villages français détruits puis reconstruits dans un style respectant la tradition : Saint-Malo, Gien, Thionville, Ammerschwihr, etc. ainsi que la reconstruction en rupture avec l'architecture traditionnelle à Châtenay-Malabry, Arles, Saint Étienne, Évreux, Chambéry, Villeneuve-Saint-Georges, Abbeville, Le Havre, Marseille, Boulogne-sur-Mer, Dunkerque. Le documentaire explique par exemple la manière dont a été réalisée la reconstruction de Saint-Malo à l'intérieur des rempart de la vieille ville : "c'est la fidélité à l'histoire et la force du souvenir qui a guidé l'architecte". Dans le même esprit à Gien, au trois quart détruite en 1940, seul le château construit en 1494 pour Anne de Beaujeu, fille aînée de Louis XI, fut épargné par les bombardements. La ville fut reconstruite dans le style des rares immeubles restant. Gien est relevé de ses ruines et le nouvel ensemble harmonieux est appelé « Joyau de la Reconstruction française ».
Dans un deuxième temps est abordé le chapitre de la construction des cités et des grands ensembles, de l’architecture du renouveau qualifiée de "grandiose incontestablement". S’il est précisé "on peut aimer ou de ne pas aimer ce style", l’emporte au final l’argument suivant : les grands ensembles, c'est la campagne à la ville, un urbanisme plus aéré, plus vert." les films caravelles 1956, Réalisateur : Jack Pinoteau (connu pour être le metteur en scène du film Le Triporteur 1957 qui fit découvrir Darry Cowl)
www.dailymotion.com/video/xuz3o8?playlist=x34ije ,
Film d'archive actualités de 1952 Reconstruction de la France sept ans après la fin de la seconde guerre mondiale état des lieux de la crise du logement , Actualités de 1952.
Sept ans après la fin de la seconde guerre Mondiale état des lieux de la reconstruction de la France et de la crise du logement à l’œuvre, pénurie de logement, logements insalubres. Les actualités montrent des images d'archives de la destruction de la France, les Chars de la division Leclerc qui défilent sur les Champs Elysees. Le commentaire dénonce la lenteur de la reconstruction et notamment des manifestations qui ont eu lieue à Royan afin d''accélérer la reconstruction de la ville détruite.
Le film montre à Strasbourg, Mulhouse, des réalisation moderne de grands ensembles et des images d'archive de la reconstruction du Havre de Saint Nazaire.
Le film se termine à Marseille sur les réalisation nouvelles autour du vieux port puis on assiste à l'inauguration de la Cité Radieuse par le ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme Eugène Claudius-Petit en présence de son architecte Le Corbusier à qui le ministre remet la cravate de commandeur de la légion d'honneur. www.dailymotion.com/video/xk1g5j?playlist=x34ije Brigitte Gros - Urbanisme - Filmer les grands ensembles 2016 - par Camille Canteux chercheuse au CHS -Centre d'Histoire Sociale - Jeanne Menjoulet - Ce film du CHS daté de 2014 www.youtube.com/watch?v=VDUBwVPNh0s … L'UNION SOCIALE POUR L'HABITAT le Musée des H.L.M. musee-hlm.fr/ / - www.union-habitat.org/ / - www.institutfrancais.com/sites/default/files/dp_expositio... archives-histoire.centraliens.net/pdfs/revues/rev625.pdf tel.archives-ouvertes.fr/tel-00554230/document
I’ve been wanting to take a city break in summer, rather than in the cold months for a while, so rather than heading for the Lake District for a week of toil on the fells when Jayne could get a week off, we took off from Liverpool for Paris. Flight times were nice and sociable but it meant we were on the M62 car park at a busy time in both directions – it’s a shambles! I’ve stopped over in Paris a dozen times – on my way to cycling in the Etape du Tour in the Alps or Pyrenees – and had a few nights out there. Come to think about it and we’ve spent the day on the Champs Elysees watching the final day of the Tour de France with Mark Cavendish winning. We hadn’t been for a holiday there though and it was a bit of a spur of the moment decision. Six nights gave us five and a half days to explore Paris on foot. I had a good selection of (heavy) kit with me, not wanting to make the usual mistake of leaving something behind and regretting it. In the end I carried the kit in my backpack – an ordinary rucksack – to keep the weight down, for 103 miles, all recorded on the cycling Garmin – and took 3500 photos. The little Garmin is light and will do about 15 hours, it expired towards the end of a couple of 16 hour days but I had the info I wanted by then. This also keeps the phone battery free for research and route finding – I managed to flatten that once though.
What can I say – Paris was fantastic! The weather varied from OK to fantastic, windy for a few days, the dreaded grey white dullness for a while but I couldn’t complain really. We were out around 8.30 in shorts and tee shirt, which I would swap for a vest when it warmed up, hitting 30 degrees at times, we stayed out until around midnight most nights. It was a pretty full on trip. The security at some destinations could have been a problem as there is a bag size limit to save room in the lifts etc. I found the French to be very pragmatic about it, a bag search was a cursory glance, accepting that I was lugging camera gear, not bombs around, and they weren’t going to stop a paying customer from passing because his bag was a bit over size.
We didn’t have a plan, as usual we made it up as we went along, a loose itinerary for the day would always end up changing owing to discoveries along the way. Many times we would visit something a few times, weighing the crowds and light etc. up and deciding to come back later. I waited patiently to go up the Eiffel Tower, we arrived on Tuesday and finally went up on Friday evening. It was a late decision but the weather was good, the light was good and importantly I reckoned that we would get a sunset. Previous evenings the sun had just slid behind distant westerly clouds without any golden glory. It was a good choice. We went up the steps at 7.30 pm, short queue and cheaper – and just to say that we had. The steps are at an easy angle and were nowhere near as bad as expected, even with the heavy pack. We stayed up there, on a mad and busy Friday night, until 11.30, the light changed a lot and once we had stayed a couple of hours we decided to wait for the lights to come on. This was a downside to travelling at this time of year, to do any night photography we had to stay out late as it was light until 10.30. The Eiffel Tower is incredible and very well run, they are quite efficient at moving people around it from level to level. It was still buzzing at midnight with thousands of people around. The sunset on Saturday was probably better but we spent the evening around the base of the Tower, watching the light change, people watching and soaking the party atmosphere up.
Some days our first destination was five miles away, this is a lot of road junctions in a city, the roads in Paris are wide so you generally have to wait for the green man to cross. This made progress steady but when you are on holiday it doesn’t matter too much. Needless to say we walked through some dodgy places, with graffiti on anything that stays still long enough. We were ultra-cautious with our belongings having heard the pickpocket horror stories. At every Café/bar stop the bags were clipped to the table leg out of sight and never left alone. I carried the camera in my hand all day and everywhere I went, I only popped it in my bag to eat. I would guess that there were easier people to rob than us, some people were openly careless with phones and wallets.
We didn’t enter the big attractions, it was too nice to be in a museum or church and quite a few have a photography ban. These bans make me laugh, they are totally ignored by many ( Japanese particularly) people. Having travelled around the world to see something, no one is going to stop them getting their selfies. Selfies? Everywhere people pointed their cameras at their own face, walking around videoing – their self! I do like to have a few photos of us for posterity but these people are self-obsessed.
Paris has obviously got a problem with homeless (mostly) migrants. Walk a distance along the River Seine and you will find tented villages, there is a powerful smell of urine in every corner, with the no alcohol restrictions ignored, empty cans and bottles stacked around the bins as evidence. There are families, woman living on mattresses with as many as four small children, on the main boulevards. They beg by day and at midnight they are all huddled asleep on the pavement. The men in the tents seem to be selling plastic Eiffel Tower models to the tourists or bottled water – even bottles of wine. Love locks and selfy sticks were also top sellers. There must be millions of locks fastened to railings around the city, mostly brass, so removing them will be self-funding as brass is £2.20 a kilo.
As for the sights we saw, well if it was on the map we tried to walk to it. We crossed the Periphique ring road to get to the outer reaches of Paris. La Defense – the financial area with dozens of modern office blocks – was impressive, and still expanding. The Bois de Boulogne park, with the horse racing track and the Louis Vuitton Centre was part of a 20 mile loop that day. Another day saw us in the north east. We had the dome of the Sacre Couer to ourselves, with thousands of tourists wandering below us oblivious of the entrance and ticket office under the church. Again the light was fantastic for us. We read that Pere Lachaise Cemetery or Cimitiere du Pere Lachaise was one of the most visited destinations, a five mile walk but we went. It is massive, you need a map, but for me one massive tomb is much the same as another, it does have highlights but we didn’t stay long. Fortunately we were now closer to the Canal St Martin which would lead us to Parc de la Villette. This was a Sunday and everywhere was both buzzing and chilled at the same time. Where ever we went people were sat watching the world go by, socializing and picnicking, soaking the sun up. As ever I wanted to go up on the roof of anything I could as I love taking cityscapes. Most of these were expensive compared with many places we’ve been to before but up we went. The Tour Montparnasse, a single tower block with 59 floors, 690 foot high and extremely fast lifts has incredible views although it was a touch hazy on our ascent. The Arc de Triomphe was just up the road from our hotel, we went up it within hours of arriving, well worth the visit.
At the time of writing I have no idea how many images will make the cut but it will be a lot. If I have ten subtly different shots of something, I find it hard to consign nine to the dark depths of my hard drive never to be seen again – and I’m not very good at ruthless selection – so if the photo is OK it will get uploaded. My view is that it’s my photostream, I like to be able to browse my own work at my leisure at a later date, it’s more or less free and stats tell me these images will get looked at. I’m not aiming for single stunning shots, more of a comprehensive overview of an interesting place, presented to the best of my current capabilities. I am my own biggest critic, another reason for looking at my older stuff is to critique it and look to improve on previous mistakes. I do get regular requests from both individuals and organisations to use images and I’m obliging unless someone is taking the piss. I’m not bothered about work being published (with my permission) but it is reassuringly nice to be asked. The manipulation of Flickr favourites and views through adding thousands of contacts doesn’t interest me and I do sometimes question the whole point of the Flickr exercise. I do like having access to my own back catalogue though and it gives family and friends the chance to read about the trip and view the photos at their leisure so for the time being I’m sticking with it. I do have over 15 million views at the moment which is a far cry from showing a few people an album, let’s face it, there’s an oversupply of images, many of them superb but all being devalued by the sheer quantity available.
Don’t think that it was all walking and photography, we had a great break and spent plenty of time in pavement bistros having a glass of wine and people watching. I can certainly understand why Paris is top of the travellers list of destinations
The problem after ten years being active on Flickr is that there is literally nothing that you have not seen before. Hence whatever you do feels like a remix/reprise/sequel/makeover of something that already existed. I am sure that was the same already 10 years ago but back then it was all new FOR ME. I have now accepted this situation and decided to stop caring tand just take photos that I like (and ideally better than I would have done them 10 years ago). So no need to kiss that energy good bye....
ROMA ARCHEOLOGICA & RESTAURO ARCHITETTURA. MIBACT & COMUNE DI ROMA - I FORI PROGETTO 2015: Mibact - "Impossibile demolire la strada", LA REPUBBLICA (06|01|2015). Foto: Dott.ssa Arch. Paola Giannone, Roma (06|01|2015).
-- Roma, Fori, il no del ministero allo smantellamento: "Impossibile demolire la strada." Volpe, presidente della commissione Stato-Comune sull'area archeologica, contrario all'idea dell'assessore Caudo. "Si verrebbe a creare un dislivello tra il piano antico e quello di piazza Venezia-largo Corrado Ricci."
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Nota:
1). Roma, "...La notizia e` importante: via dei Fori Imperiali, come la conosciamo oggi, diventera` presto un ricordo. Quanto agli scavi archeologici, fiore all’ occhiello della Roma pre Giubelio, non sarebbero stati realizzabili senza gli sventramenti operati in epoca fascista. A dirlo e` Adriano La Regina, autorevole soprintendente archeologico di Roma."
Fonte: Rivive L’ Urbe antica "Anche grazie al duce," Gli espropri gia` realizzati da Mussolini costerebbero centinaia di miliardi, Corriere Della Sera, (29 Lug 1999), p. 27.
2). Roma, “…Si sentono sempre più spesso annunciare rivoluzionarie scoperte archeologiche in merito ad un diverso impianto planimetrico del Foro di Traiano, sulla vera forma del Foro di Cesare e di quello di Nerva, sul presunto muro di Romolo sul Palatino: scoperte che suscitano interesse e curiosità, ma sono spesso messe in dubbio da qualificati studiosi perché basate su indizi o su ipotesi non sufficientemente suffragate dalle fonti e da altri riscontri filologici. Anche il metodo dello scavo stratigrafico, che non era affatto ignoto agli archeologi della generazione di mio padre [Prof. Giuseppe Lugli 1890 – 1960] non aiuta a ricostruire un’immagine globale della zona archeologica che, già in epoca antica, era stata radicalmente modificata con le sovrapposizioni, e più spesso con le sostituzioni, di nuovi edifice rispetto a quelli preesistenti.”
Prof. Arch. Piero Maria Lugli,*
“Roma: la trasformazione dello spazio urbano nel tempo – Documenti di architettura,” L’intervento del Prof. Lugli è stato anche pubblicato da Palladio, rivista di Storia dell’architettura e restauro, Anno XII N. 24 (dicembre 1999), pp. 2-4. Ordine degli Architetti, Pianificatori, Paesaggisti e Conservatori di Roma e provincial, Roma (2013).
[retrieved 23 September 2013].
* Figlio di Giuseppe Lugli, valente archeologo e topografo, professore ordinario di Topografia romana all’Università di Roma La Sapienza dal 1933 al 1960 [ = G. Lugli, ‘Roma Antica: Il Centro Monumentale’, Roma: Bardi editore, (1946), Pp. 1-632.], scomparso nel 1967. Dal padre ereditò l’attenzione all’urbanistica ed alla topografia. Per altro pubblicò postume alcune planimetrie dell’Italia antica lasciate da lui incompiute alla morte. (Roma, 13 settembre 1923 – Roma, 30 giugno 2008) è stato un architetto italiano.
3). Roma, “Così demoliremo via dei Fori imperiali”, LA REPUBBLICA (03|01|2015). Foto: Prof. A. M. Colini, "Via dei Fori Imperiali," (1979|1981), in: IL TEMPO (30|11|1981), [pdf] p. 4.
4). Roma, “monumenti antichi riporti alla lezione con cui li ammanniscono nei polpettoni dell pellicole storiche. Sicche’ per un pelo si e` capitolato pericolo di veder sorgere a Roma, una Roma in miniatura tipo Disneyland."
Fonte: – Prof. Cesare Brandi, ‘La situazione archeologica. Ulisse, 2, Sansoni, 1966, pp. 9-15; in: Dott. Arch. Maria Grazia Ercolino”The preservation of ruins. The topicality of Cesare Brandi’s theory,” pp. 205-204; J. D. Rodrigues & J.M. Mimoso (edt.), Theory and Practice in Conservation, National Laboratory of Civic Engineering, LISBON (2006).
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Mibact - Roma, "Impossibile demolire la strada", LA REPUBBLICA (06|01|2015).
Professor Giuliano Volpe, l'assessore all'Urbanistica del Campidoglio, Giovanni Caudo, ha affermato che sullo smantellamento di via dei Fori Imperiali la commissione Mibact Comune di Roma, da lei presieduta, ha avuto un atteggiamento contraddittorio. Qual è stato il giudizio della commissione su questo progetto?
"Credo che l'assessore Caudo" risponde il presidente della Commissione abbia frainteso i contenuti della relazione su questo punto".
Il Campidoglio è favorevole allo smantellamento della strada da piazza Venezia a largo Corrado Ricci. E voi?
"La Commissione ha sottolineato che "via dei Fori Imperiali è l'esito di un progetto risalente già al SetteOttocento e poi realizzato, carico anche di finalità ideologiche e retoriche, in epoca fascista, un asse che oramai è parte integrante del paesaggio urbano, oltre ad aver svolto e a continuare a svolgere, sia pure in maniera ridotta e limitata al trasporto pubblico, una funzione di collegamento essenziale nella città"".
Che proponete?
"Abbiamo proposto una soluzione progressiva, partendo da una revisione del decreto di vincolo e da un sostanziale miglioramento della situazione dell'attuale strada".
Che cosa bisognerebbe aspettare?
"Un aumento e un miglioramento della pedonalizzazione, dei servizi didattici, comunicativi e di supporto alla visita e all'attraversamento della strada e una forma di trasporto pubblico con bus elettrici".
Ma la pedonalizzazione ormai è stata decisa e il Comune sta anche progettando una linea di tram da largo Corrado Ricci a piazza Vittorio. Dunque che manca per realizzare un sogno coltivato ormai da tanti decenni?
"C'è un problema tecnico, che riguarda i livelli degli scavi, molto inferiori a quello della strada, sia a piazza Venezia che a largo Corrado Ricci. Ci sembrerebbe difficile proporre percorsi ai livelli di età romana, salvo che non si pensi a soluzioni come quella progettata dal professor Panella: un viadotto in acciaio tra piazza Venezia e largo Corrado Ricci, poggiato sui livelli antichi, ma capace di conservare il percorso attuale".
Non le sembra che sia un'idea piuttosto invasiva, rispetto a quella di trovare invece un collegamento diretto, anche tramite scale, con i livelli romani?
"Proprio perché il problema è ancora da affrontare con soluzioni adeguate, la Commissione ha proposto di proseguire sulla via dello studio e della progettazione di soluzioni innovative. La mera eliminazione di via dei Fori Imperiali senza queste soluzioni ancora da trovare rischia di isolare l'area archeologica rispetto alla città contemporanea".
Su questo nodo la commissione si è divisa: da una parte l'ex soprintendente archeologo La Regina, favorevole allo smantellamento, e da quella opposta gli altri componenti.
"In realtà il professor La Regina ha partecipato a tutto il lavoro e ha condiviso l'intera impostazione. Solo su questo punto, relativo alla conservazione o meno del tracciato della strada, c'è stata una posizione differente, ma più in relazione ai tempi che agli obiettivi da raggiungere".
Quale sarà il futuro del progetto?
FONTE | SOURCE:
"Ci auguriamo che il sindaco Marino e il ministro dei Beni Culturali Franceschini, che sono i committenti dello studio della Commissione, vogliano prevedere una prosecuzione e un approfondimento ulteriore dei lavori, in modo da passare da uno studio ad un progetto strategico condiviso. Noi non abbiamo preconcetti. Ora è necessario evitare polemiche e superare posizioni ideologiche contrapposte".
FONTE | SOURCE:
-- LA REPUBBLICA (06|01|2015).
roma.repubblica.it/cronaca/2015/01/06/news/impossibile_sm...
FOTO | FONTE | SOURCE:
Dott.ssa Arch. Paola Giannone, ... [Via dei Fori] "...Più di 500 anni, ma non li dimostrano!Roma," | FACEBOOK (06|01|2015).
"I sampietrini di Roma godono ottima salute e grazie alle nuove tecniche di posatura i prossimi interventi di ripristino garantiranno per lungo tempo una "vita"di gran lunga superiore che il "millantato" asfalto, per di più "fonoassoebente"!!!
-- Dott.ssa Arch. Paola Giannone, FACEBOOK (06|01|2015).
www.facebook.com/paola.giannone.560
s.v.,
-- ROMA ARCHEOLOGICA & RESTAURO ARCHITETTURA. The Imperial Fora – MiBACT’s New Archeological Plan for Central Rome 2015. Sorry Prof. Volpe; But, Dr. Tomaso Montanari & Dr. Manlio Lilli are both correct: ‘Nobody Believe’s This Crap!’ (01-03 Jan. 2014).
Charging towards Chicago under the cover of darkness, one of the two P42's developed some engine problems while traversing the Rockies. As a result, a third locomotive had to be added in Denver. Whilst leaving the station, the newly added locomotive put on an incredible smokeshow.
Cantaloupe are responsible for nearly 30 outbreaks and recalls since 1990, killing two people and sickening more than 1,200. The fruit's netted rind hides harmful pathogens like salmonella and E. coli, which can eventually penetrate the shell and infect the fleshy, nutrient-rich core. (Photo by Brandon Quester/News21)
Cantaloupe are responsible for nearly 30 outbreaks and recalls since 1990, killing two people and sickening more than 1,200. The fruit's netted rind hides harmful pathogens like salmonella and E. coli, which can eventually penetrate the shell and infect the fleshy, nutrient-rich core. (Photo by Brandon Quester/News21)
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Problems with poor condition & reliability of 25 2008 DAF Jonckeere Transit intended to replace these and sisters on 350S has led to upto extra 6 months in service for these. This bus drove to the scrapyard in December 2017 and was chopped up in January 2018, its engine and gearbox being exported to Iraq
I got a speck of dust INSIDE the front element of the lens. Any help in clearing it out would be helpful indeed!!!!
F/22, Uped the contrast in Aperture to spot the dust.
EDIT: www.pbase.com/rcicala/1755_is_surgery explains how to remove the front element from the lens.
Leeds & Liverpool Canal
10 August 2012
Narrow Boat 'hung-up' sinking;
The Bottom Plate sat on the Lock Chamber wall (scars), listing to Starboard the Starboard Bow wedged against the Bottom Lock Gate, the Starboard Stern wedged against the 2nd boat in the lock. Both Bottom paddles were immediately closed by Windlass however the boat sank in less than two minutes.
It's now become part of our travelling calendar - we go on a city break for Jayne’s birthday in January - no presents for birthday's and Christmas, we travel instead. This year it was Seville. We had to drive 180 miles south to Stansted to fly there though, Friday afternoon on the A1, such fun... It was a really good drive down in actual fact, the best day for months, glorious blue sky and a fantastic sunset- and I was in a car. We got stung for tea and drinks in the Radison Blu but we were overnighting and leaving the car so we didn't have much choice. Ryanair aagh! Again no choice. To be fair to the abrasive Irish man O Leary things are better than they used to be and it was an acceptable flight.
We were hoping for better weather than we got- don't you always? It was. cold, windy and after some initial beautiful sun on our first afternoon, it was mostly grey. The wind died but so did the sun. The other little problem was that it was my turn for the awful cold that Jayne had been trying to get over. I was under the weather in more ways than one all week, it was only a cold but it was the worst I've had for ages and it didn't help my mood, particularly when the sun was absent. We had a few hours of really nice light here and there and I made the most of it - I think!
Seville has miles and miles of narrow cobbled streets, they seem to go on for ever. They are almost random in layout and it is extremely difficult to find your way around, it's easier to just keep walking and see what you find. So we did! The architecture is stunning and the history is fascinating. Aside from the ancient history the two events that seem to have had a massive recent influence are the Expo's of 1929 and 1992. The incredible buildings or 'Pavilions' that were built for a one off event are now part of the reason that people visit the city. The 1929 pavilions are fantastic, each one is a story in itself and a destination in its own right but there are a lot of them in Parque Maria Luisa. Plaza Espana, built by the hosts of course, is the biggest and I would imagine that you could make a project out of photographing the individual ceramic tile displays around it on their own. These incredible buildings really need the light to be right to get images that people want to see, flat bright light from bright grey skies is good for certain things but dramatic architecture deserves better - or maybe I'm looking for the easy way option. The other discovery that we made, we found just down the road from the hotel, about an hour into the trip – The Metropol Parasol. A giant lattice work parasol, apparently called ‘The Mushrooms’ locally and apparently the world’s largest wooden structure. You have to look twice, having discovered that it is wood. Only later did we discover that we could get to the top and there is an extensive walkway around the top of it. It is built on top of ancient ruins, ( still intact and viewable) a food market and bars etc. and has a plaza around it and on it, that is buzzing on weekend evenings. Walking around the top, the first people up it one day and being back to watch the sunset later was one of the highlights of the trip for me.
The 1992 Expo also covered a massive area but left behind lots of modern - and some very strange - buildings and arenas. Some are of a temporary nature and get dismantled others find a new use. The land used was on an island between two branches of the River Guadalquivir – Isla de la Cartuja. The branch that goes through the city is now a canal, blocked at its northern end by a barrier with a motorway on it, and is used extensively for water sports, mainly rowing. Many of the buildings are now used by private companies as headquarters , others have a very derelict look. The whole area- even though it is home to the theme park- which was shut for the winter, has a neglected air about it. There are weeds growing everywhere but fountains are switched on, which seemed odd. Unlike the city a short distance away, there are no cafes or bars or other people around for that matter, just us meandering through. The car park that was created for the event is massive, it stretches for miles, and I really mean miles. Totally derelict, just the odd person or dog walker around. There is even a railway line terminating here, in the middle of nowhere a modern and apparently unmanned station, like a ghost station. At this point, across the river proper is open countryside, much flatter than I expected and very easy for local walkers and cyclists to get to - also very calm and quiet, a place to linger and enjoy the peace.
As usual I researched and discovered as we walked, we averaged around 13 miles a day and tried to get off the beaten track. We were out around 8.15, before sunrise, and had orange juice, coffee and Tostada with the locals for breakfast. The trouble is that there are many miles of walking in a relatively small area, some streets are only a few feet wide so there are a lot of them to explore. Incredible ancient churches and squares are around every corner- it's a very religious place - Catholicism rules in Spain. Unfortunately many are only a few feet away from the building next to it and it is difficult to get a decent shot of them. Seville is also famous, historically, as a producer of ceramic tiles. A building isn’t complete without a tile display of some sort and it would be very easy to make a project out of tiles alone. It may be a little boring for any companions though!
We walked the length of the embankment a couple of times, it has graffiti from end to end, several miles of massive concrete walls covered in everything imaginable, from marker pen scribbling to works of art. It was suggested to me that allowing people to paint here might prevent them from daubing property and monuments in the city- it hasn't! Most alleyways and shutters have been attacked to a greater or lesser degree. Spain has very high youth unemployment and maybe this plays a role. To be truthful though we haven't seen a city that's free of graffiti. The other problem is dogs- or what they produce, it's everywhere, absolutely everywhere, in a week we saw only one person remove his dogs mess. Fortunately the city streets are cleaned exceptionally well, some of the cleanest we have come across, men (and a lot of women) and machines are washing and sweeping endlessly.
Having had the wettest winter on record at home - almost three months of rain - we didn't want more rain but we got it. The upside was the water and the reflections that it created made photography on the cobbled streets more interesting, particularly at night. I usually find that it takes me a while to get into the groove on a trip and this one was no different, I didn't start shooting with total disregard - street shots- for a couple of days. Whilst the locals wore quilted jackets and scarves we got down to tee shirts at times, the warmer afternoons would be welcome in summer, never mind January, in Huddersfield. I envied the cyclists, being able to train in temperatures like this in winter - I wish! You need a lot less willpower to get out there and train hard in pleasant weather.
From a photography point of view I had a frustrating time, I never felt to get to grips with the place- other than on the streets at night. Writing this on my phone on the flight home, I haven't a clue what I've got to work with when I get back. I usually edit first and write later. Generally I have a first look, I'm disillusioned, I then revisit and see things differently- thankfully! Architectural shots with a grey sky could be destined for the monochrome treatment, we'll soon see. I'm still editing stuff from our London trip before Christmas, it's getting decent views in black and white and I quite enjoy looking at them myself.
We visited most of the notable tourist destinations, and went up anything that we could. Seville doesn't have a high point-it's flat! Nothing really stands head and shoulders above the city. The Cathedral tower is over 300 feet but the Cathedral itself fills a lot of the view on some aspects. Being square and having to look through bars in recesses you don't really get a completely open aspect. A new 600 foot tower is close to being finished, it's an office block and I couldn't find any mention of it being a viewing point in the future.
Oranges were the last thing on my mind when I suggested going to Seville. There are 25000 orange trees in Seville and now is the time that they are laden with big-and sour- Seville oranges, they are everywhere, apparently they are the property of the city authorities and will be harvested and sent to the UK to be made in to marmalade at some point in the near future. These trees will soon be covered in fragrant blossom, the city will smell beautiful for a couple of months. Studying the surrounding area it would be good to tour in March or April I would think, the scents, longer days and better weather would make for a fantastic trip. One for the future. The sunrise on our final morning was the best of the week, this was what we had looked forward to, we had to leave for the airport at 9.00...... Needless to say it was raining hard as we drove the last twenty miles home. Nothing new there then.
As usual I have aimed to present a pretty extensive collection of photographs of our chosen destination, some, at first glance will be pretty mundane shots of everyday life on the streets, often though, close inspection will reveal something humorous, something that needs a bit of thought. Others are definitely just people going about their holiday or work. Travelling with someone else it wouldn’t be fair to spend an inordinate amount of time trying to nail the perfect long exposure or HDR image of a cathedral or similar in perfect light – the one stunning shot to add to the portfolio- it’s not really my thing, I go for an overview of the place in the time available. Looking at the postcards locally it becomes obvious that stunning shots of some of these buildings are hard to come by. Heavily corrected converging verticals were quite obvious – and most likely will be in my own shots. As the owner of tilt and shift lenses I never travel with one – ever! My knees are already creaking from the weight of the bag.
We decided to go for a city break rather than sun in Tenerife again this September. Other than a few days in the North East we haven’t been away since last March and wanted a change and hopefully some sun. The problem is getting flights from the north of England to the places we want to go to. We chose Valencia as we could fly from East Midlands – which was still a pain to get to as it involved the most notorious stretch of the M1 at five in the morning. In the end we had a fairly good journey, the new Ryanair business class pre-booked scheme worked quite well and bang on time as usual. It was dull when we landed with storms forecast all week, the sky was bright grey – the kiss of death to the photography I had in mind. I was full of cold and wishing I was at work. It did rain but it was overnight on our first night and didn’t affect us. There has been a drought for eleven months apparently and it rained on our first day there! The forecast storms didn’t materialise in Valencia but they got it elsewhere.
Over the course of a Monday to Sunday week we covered 75 miles on foot and saw most of the best of Valencia – The City of Bell Towers. The Old City covers a pretty large area in a very confusing layout. There was a lot of referring to maps – even compass readings! – a first in a city for us. The problem with photography in Valencia is that most of the famous and attractive building are closely built around, some have poor quality housing built on to them. Most photographs have to be taken from an extreme angle looking up. There are no high points as it is pan flat, there are a small number of buildings where you can pay to go up on to the roof for a better view and we went up them – more than once!
The modern buildings of The City of Arts and Sciences – ( Ciutat de Las Arts I de les Ciencies ) are what the city has more recently become famous for, with tourists arriving by the coachload all day until late at night. They must be photographed millions of times a month. We went during the day and stayed till dark one evening, I gave it my best shot but a first time visit is always a compromise between ambition and realism, time dictates that we have to move on to the next destination. I travelled with a full size tripod – another first – I forgot to take it with me to TCoAaS! so It was time to wind up the ISO, again! Needless to say I never used the tripod.
On a day when rain was forecast but it stayed fine, albeit a bit dull, we went to the Bioparc north west of the city, a zoo by another name. There are many claims made for this place, were you can appear to walk alongside some very large animals, including, elephants, lions, giraffe, rhino, gorillas and many types of monkey to name a few. It is laid out in different geographical regions and there is very little between you and the animals, in some cases there is nothing, you enter the enclosure through a double door arrangement and the monkeys are around you. It gets rave reviews and we stayed for most of the day. The animals it has to be said gave the appearance of extreme boredom and frustration and I felt quite sorry for them.
The course of The River Turia was altered after a major flood in the 50’s. The new river runs west of the city flanked by a motorway. The old river, which is massive, deep and very wide between ancient walls, I can’t imagine how it flooded, has been turned into a park that is five miles long. There is an athletics track, football pitches, cycle paths, restaurants, numerous kids parks, ponds, fountains, loads of bridges, historic and modern. At the western end closest to the sea sits The City of Arts and Sciences – in the river bed. Where it meets the sea there is Valencia’s urban Formula One racetrack finishing in the massive marina built for The Americas Cup. The race track is in use as roadways complete with fully removable street furniture, kerbs, bollards, lights, islands and crossings, everything is just sat on the surface ready to be moved.
We found the beach almost by accident, we were desperate for food after putting in a lot of miles and the afternoon was ticking by. What a beach, 100’s of metres wide and stretching as far as the eye could see with a massive promenade. The hard thing was choosing, out of the dozens of restaurants, all next door to each other, all serving traditional Paella – rabbit and chicken – as well as seafood, we don’t eat seafood and it constituted 90% of the menu in most places. Every restaurant does a fixed price dish of the day, with a few choices, three courses and a drink. Some times this was our only meal besides making the most of the continental breakfast at the hotel. We had a fair few bar stops with the local wine being cheap and pleasant it would have been a shame not to, there would have been a one woman riot – or strike!
On our final day, a Sunday, we were out of bed and down for breakfast at 7.45 as usual, the place was deserted barring a waiter. We walked out of the door at 8.30 – in to the middle of a mass road race with many thousands of runners, one of a series that take place in Valencia – apparently! We struggled to find out the distance, possibly 10km. The finish was just around the corner so off we went with the camera gear, taking photos of random runners and groups. There was a TV crew filming it and some local celebrity (I think) commentating. Next we came across some sort of wandering religious and musical event. Some sort of ritual was played out over the course of Sunday morning in various locations, it involved catholic priests and religious buildings and another film crew. The Catholic tourists and locals were filling the (many) churches for Sunday mass. Amongst all of this we had seen men walking around in Arab style dress – the ones in black looked like the ones from ISIS currently beheading people – all carrying guns. A bit disconcerting. We assumed that there had been some sort of battle enactment. We were wrong, it hadn’t happened yet. A while later, about 11.30 we could hear banging, fireworks? No it was our friends with the guns. We were caught up in total mayhem, around 60 men randomly firing muskets with some sort of blank rounds, the noise, smoke and flames from the muzzles were incredible. We were about to climb the Torres de Serranos which is where, unbeknown to us, the grand, and deafening, finale was going to be. We could feel the blast in our faces on top of the tower. Yet again there was a film camera in attendance. I couldn’t get close ups but I got a good overview and shot my first video with the 5D, my first in 5 years of owning a DLSR with the capability. I usually use my phone ( I used my phone as well). Later in the day there was a bullfight taking place, the ring was almost next to our hotel, in the end we had other things to do and gave it a miss, it was certainly a busy Sunday in the city centre, whether it’s the norm or not I don’t know.
There is a tram system in Valencia but it goes from the port area into the newer part of the city on the north side, it wouldn’t be feasible to serve the historic old city really. A quick internet search told me that there are 55,000 university students in the city, a pretty big number. I think a lot of the campus is on the north side and served by the tram although there is a massive fleet of buses as well. There is a massive, very impressive market building , with 100’s of stalls that would make a photo project on its own, beautiful on the inside and out but very difficult to get decent photos of the exterior other than detail shots owing to the closeness of other buildings and the sheer size of it. Across town, another market has been beautifully renovated and is full of bars and restaurants and a bit of a destination in its own right.
A downside was the all too typical shafting by the taxi drivers who use every trick in the book to side step the official tariffs and rob you. The taxi from the airport had a “broken” meter and on the way home we were driven 22 km instead of the nine that is the actual distance. Some of them seem to view tourists as cash cows to be robbed at all costs. I emailed the Marriot hotel as they ordered the taxi, needless to say no answer from Marriot – they’ve had their money. We didn’t get the rip off treatment in the bars etc. that we experienced in Rome, prices are very fair on most things, certainly considering the city location.
All in all we had a good trip and can highly recommend Valencia.
The kit and its assembly:
This is a whif, but the Nanchang Q-6 was actually developed until 1989 – even though it never entered any service. It was over-ambitious and a dead end, overtaken by technological advances and the fact that Chinese development used to take decades rather than years.
Anyway, the Q-6 actually looked as if someone had glued the nose and air intake of a F-16 onto a MiG-23/27 fuselage - weird, but cool, so why not try this at home?
Like many kitbashing things, what sounds simple turned out to be a bit tricky in detail, even though the surgery was finally easier than expected. The model basis is pretty simple: I took an Academy MiG-27, sawed off the fuselage in the wing roots area (about 1cm, the cockpit section is an extra fuselage section), and did the same with an Italeri F-16 nose section, right behind the cockpit, where the front wheel well ends. The top insert for the single seater was left a bit longer, so that it would overlap with the MiG-23/27 spine.
When you fit these parts together, height is almost perfect, even the wing root/LERX angles match, but there are gaps left on the flanks where the original MiG-27 air intakes would be. These have to be covered, what creates lines reminiscent of the respective area on a MRCA Tornado. Furthermore, the spine behind the cockpit has to be sculpted, too.
Furthermore, the wing root levels of the MiG-23/27 and the F-16 did not match - they have a difference in height of about 4mm on the model, and this was the biggest challenge.
In order to compensate for this problem on my model, any LERX sign was removed from the F-16 nose. Inside of the F-16 section, a column was added that supports the rear upper half of the front fuselage, since the flanks had to go almost completely.
On the outside, the necessary intersections/extensions sculpted new with 2C putty, extending the MiG-23/27 lines forward. The final surface finish was done with NC putty. This major surgery was less complicated than expected - lots of work, though, but feasible.
The new front section with its blended fuselage/LERX area around the cockpit reminds surprisingly much of the MiG-29? As a side note: when you look at CG simulations of this aircraft, this area is a frequent field of trial and error. You find unconclusive, if not impossible designs.
Other changes include a less modern canopy from a MiG-21 (I think it comes from an Academy MiG-21F kit), which was more tricky to fit onto the original F-16 canopy than the LERX stuff. The F-16 canopy looked just too modern for my taste. An old Airfix pilot figure was added, too.
Another new feature is a new jet pipe, a J-79 nozzle from an Italeri Kfir that fits perfectly into the rear fuselage, and the fin. The latter was taken as a leftover part from my recent CF-151A project and comes from a 1:144 scale Tu-22M bomber (Dragon). It's higher, but less deep, and I thought that a slightly different shape and more area would be suitable for an attack aircraft. For the same reason the single, foldable stabilizer fin under the rear fuselage was replaced by two fixed strakes (from the F-16). Small details, but they change the look and make the aircraft appear more simple.
The landing gear was taken from the MiG-27, the front wheel strut had to be slightly shortened due to the reduced wheelbase on the Q-6.
The ordnance was puzzled together – according to current BAF weapons in use. I went for unguided missiles (taken from the Academy MiG-27 donation kit) and some 100kg iron bombs, leftover from a Trumpeter Il-28 bomber kit. These were arranged under the wing roots on improvised tandem MERs.
I did not even try to engrave new panel lines on the new front section - actually, almost the whole upper surface is featureless since it was made with putty. But bot 2C and NC putty are pretty touchy to drilling or engraving (as the rather fruitless attempt to drill open cavities for the two guns proved...), so I decided to just use paint effects.
A sizeable handlebar bag looks horrible with normal barcon housing. It pushes the housing out of the way, making the bag look like an afterthought. No bueno
I have several problems shooting with Kasey - namely 1) I don't do it enough, and 2) once I shoot with her I have a very hard time picking a reasonable number of photos to process and post. In technical terms, Kasey is an absolute gem, jewel, class act, knockout, and a blast to shoot with, and that is my unbiased opinion! We did this shoot on a very windy day - it nearly blew me over several times. Kasey is such a great model and took everything in stride - and being a hopeless romantic shooting with a hopeless photographer we fulfulled one of her fantasies - dancing on the beach! She also wanted to trash a dress and we did a great job of that too! What a fun shoot and I really look forward to the next one. Kasey - thanks again - you are simply awesome and amazing!
One possible solution to all those problems shaped up in the fall of 1923 in Southern California, where George Roy Bentel (2 Jul 1876 - c. 1945), a prominent local car and auto racing figure, announced the building of "the new Ascot Motor Speedway" to the East of downtown El-Lay. A somewhat shady figure to begin with, Bentel had begun making his fortune as a stock broker, then by trading cars and finally by building new coachwork for used cars. Undeterred by legal action taken by more than one "dissatisfied" customer, Bentel's financial success was also attracting the rich and the famous, who were beginning to settle in the metropolitan area, often in connection with the film industry, and Bentel lost no time in using his new contacts to make his entry into the business of movie production. In between all of this, for a time he also managed both the Mercer racing team and the old Ascot Park Speedway in the South of town, a former horse track. Though very successful as a motor racing venue, Ascot Park closed in late 1919, falling prey to urban development, so Bentel's idea of "new Ascot" was more than just a whim - it was a sound business idea. "The time for motor racing to take its place alongside baseball and kindred sports has arrived", was Bentel's slogan as he announced the commencement of weekly races at the new plant beginning in January 1924. The idea of weekly racing may have originated at Chicago's Roby Speedway or the Hoosier Motor Speedway in Indianapolis earlier in the decade - both tracks ran more or less regular programs during 1923.
Bentel and his "silent" partner, Edgar Brown, commissioned Paul K. Derkum, former motorcycle racer and now the manager of the fairgrounds speedway at Bakersfield, to construct the track, a banked five-eights-of-a-mile oval, 60 feet wide and with a 40-foot flat horse track inside. No expenses were spared, and along with a special surface of "dirt, oil and crushed stone", a big open grand stand seating upwards of 10,000 and bleachers for 5,000 more, a five-hole golf course and an amusement park were part of the initial plans. Auto Polo and motorcycle races were to complement the speed fests, for which Bentel envisaged the best dirt track drivers of the whole country, including "drivers and cars forced out by the adoption of the 122-inch limit by Indianapolis and the four board speedways in the United States". Here's, of course, where it gets interesting: AAA's traditional clientele, as we have seen, had always been the big manufacturers, for which the Contest Board aimed to provide the framework for the development and testing of engineering skills in a sporting way. At the same time, the sanctioning body was also trying to gain international credibility for its racing and speed records - in a twist of irony, the AAA had ceded representation in the AIACR, the established international racing authority, to the rival Automobile Club of America a decade and a half earlier, only for the ACA to lose all its interest in the sport and to leave the USofA virtually isolated in terms of international recognition. To combat this trend, the AAA followed the rules of Grand Prix racing for their showcase events almost religiously, also hoping (in vain, as it would turn out) to lure the car factories back into the sport that way. But, unlike in Europe, where the manufacturers had slowly returned to the racing game after the Great War, America had seen a shift back to the fairgrounds, and the semi-professional racing drivers and owners in the early twenties. So, in order to find a way out of the international isolation, AAA had driven itself into a corner in the home market, to find itself truly caught between a rock and a hard place!
"New Ascot" looked like a golden opportunity to continue the outward struggle, while giving the professionals at home a new playing field, away from the dreaded Fairgrounds, in which to exercise their expensive hardware made obsolescent by yet another change in the international racing formula, and all of that right in the front yard of the preferred winter resort for the majority of drivers and owners, Southern California. Too good to be true? Well... yes and no! Speculation was rife in December of 1923, until Bentel placed a bombshell with a public announcement on the last Sunday of the year, reading in full: "Many statements in recently printed articles evidently of origin from a source unfriendly to new Ascot Speedway bear but distant relation to the real facts of the case. When I decided to re-create old Ascot track which was built up and operated by me, and where the first big cash purses for auto races on the Pacific Coast were paid, I had not the least idea of depending on the eight or ten drivers who compete on board speedways, nor the like number of 122-inch cars, to provide material for the events at new Ascot. I had already arranged for about thirty of the greatest dirt-track drivers in the world, men who prove sensations when they compete over any one of the forty-three big State fair tracks throughout the United States and Canada, to come here for our opening and subsequent meets. I also had the assurance that a like number of California drivers with fast cars, barred from the board speedways through the arbitrary 122-inch ruling, will compete for our prize money. The latter, except for an occasional race at San Luis Obispo or San Jose, have no opportunity to race and earn money. I also had signed a non-speedway driver, never seen in California, the acknowledged dirt-track champion of the world, to compete at new Ascot until next July when he must resume his racing on the international championship circuit. These drivers and their cars have been mobilized in Chicago for the last ten days awaiting shipping instructions from me.
"When the speedway drivers here learned it was my intention to use the eastern dirt-track stars and the California drivers barred from the board speedways on account of car classification, and feature the dirt-track king, I was visited by many individual drivers and delegations who urged that I reconsider and affiliate with the AAA and give them a chance at the $200,000 we are to offer in prizes during the season, this amount being more than the combined purses of all board speedways for a year. Having had cordial relations with many of the boys during the old Ascot days, I accepted the invitation of a driver noted for his sportsmanship and met the local representative of the AAA. What passed between us will have to remain in confidence until released by that gentleman. I am now going right ahead with my original plans and within the next few days there will arrive in Los Angeles thirty or more of the great drivers of the East, who will shortly thereafter make known their presence and demonstrate their ability here. I am pretty sure that as soon as the Los Angeles drivers learn that negotiations are definitely off between the AAA and myself they will send up a roar of protest. I was informed that a round robin has been prepared by the drivers in question to be transmitted to the eastern AAA office in the event of an unfavorable decision." (Los Angeles Times, Dec 31, 1923)
A test fit of the handles allowed us to check the operation of the locks, a small bit of metal was stopping one for working right so a quick bit of filing saw the problem fixed.
I see many problems with the managements of companies, and this is one of my least favourites - where managers rush around talking to each other but ignoring basic issues of communication within and between departments. When the mess results in a problem, who gets the blame? Those ultimately responsible for the mess or those trying to work a broken system?
The cards were my grandmother's, and they date from around the 1930s. She looked like a gypsy, lived in a small caravan in a village and rode a motorcycle.
Brampton Transit (ZUM) 1158 was parked on Queen Street adjacent to City Hall when the Provincial Government made a Gas Tax Funding announcement, But hang on a moment, we have heard all this before and this was a repeated message. Gas tax funding for transit is going up by 2% in 2019 and Brampton will receive something like another $12 million (IIRC). But why wait until then? Oh, I forgot, that is Election year and when the Wynne government will hopefully be thrown out. But the problem is what is the alternative? Maybe its time for the NDP?
by Alfredo Fernandes
Alfi Art Production, Divar
41st Tiatr Competition A group of Kala Academy supported by TAG
13.10.2015
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Gigi Rose Fernandes
Japanese
Foto: Osvaldo Afonso/Imprensa MG
BELO HORIZONTE (01/01/07) – O governador Aécio Neves tomou posse, na tarde de hoje, para seu segundo mandato, defendendo o valor da autonomia dos estados para a democracia e a construção de novo pacto federativo no país. Primeiro governador de Minas reeleito, com 7,2 milhões de votos, Aécio Neves homenageou, em seu pronunciamento, na Assembléia Legislativa, os ex-governadores mineiros João Pinheiro, Teófilo Otoni e Juscelino Kubitschek. Todos eles, nas palavras do governador, homens públicos que transformaram a realidade do Estado.
“Em nossa história, não faltaram grandes homens públicos que combinaram a razão política com o compromisso com o desenvolvimento. Foram muitos em cada uma das gerações de montanheses. Ao homenageá-los, quero reuni-los em três grandes personalidades que têm sido a inspiração permanente do meu governo”, afirmou, em pronunciamento.
Na solenidade de posse para o novo mandato 2007/2010, o governador afirmou que inicia este novo governo com a responsabilidade que os mineiros lhe confiaram de trabalhar para reduzir as diferenças regionais. Segundo ele, alcançar melhor distribuição de renda e condições de vida passa necessariamente pela melhor divisão entre estados e municípios dos recursos hoje concentrados na União.
“Os avanços que o país precisa não acontecerão. Não alcançaremos a justiça social que todos almejamos enquanto não tivermos a coragem de desconcentrar recursos. Enquanto não houver autonomia administrativa para estados e municípios e justiça tributária”, afirmou o governador.
Ele garantiu que Minas Gerais não fugirá da responsabilidade de participar da construção de um futuro mais solidário para todos os brasileiros.
“Da mesma forma com que sempre seremos solidários ao país no enfrentamento dos graves problemas coletivos, em especial no campo social, Minas também saberá sempre cobrar responsabilidades e decisões pautadas pelo compromisso com o bem comum”, ressaltou.
O governador chegou à Assembléia Legislativa às 16h30. No plenário, ao lado do vice-governador eleito, Antonio Augusto Junho Anastasia, e do presidente do Legislativo, deputado estadual Mauri Torres, ele assinou o Termo de Posse e o Compromisso Constitucional. Estavam presentes as principais autoridades do Estado, sua filha Gabriela, e seus pais Inês Maria Neves Faria e Aécio Cunha.
Modelo para o país
Ao falar para mais de 550 pessoas presentes no plenário e galerias da Assembléia, o governador Aécio Neves afirmou que os avanços obtidos no Estado nos últimos quatro anos criaram bases concretas para assegurar o crescimento de Minas nos próximos anos.
O governador lembrou que a reorganização e modernização do Estado começaram pelo ajuste fiscal e financeiro das contas públicas. Ele destacou o conjunto adotado de medidas administrativas inovadoras que ficou conhecido como Choque de Gestão e se tornou modelo para o país. De acordo com o governador, o objetivo que norteou as ações era o de dar mais qualidade aos gastos públicos para poder oferecer melhores serviços e atender as maiores demandas da população.
“As medidas que tomamos, para orgulho dos mineiros, são hoje reconhecidas como referenciais de boa gestão no Brasil. Não foi uma caminhada fácil, uma vez que partíamos de um déficit acumulado em mais de uma década. Tivemos que adotar medidas duras, a fim de cumprir o que determina a Lei de Responsabilidade Fiscal. Foi possível reduzir as despesas com a máquina pública e dar prioridade à recuperação da nossa capacidade de investimentos. Gastar menos com o governo para gastar mais com a população foi o nosso lema. Nossa obstinação”, afirmou.
Investimentos executados
O governador destacou, no pronunciamento, que a reorganização do Estado possibilitou o aumento das receitas próprias sem aumento da carga tributária. Ele disse também que Minas Gerais, depois de muitos anos, conseguiu reduzir a dependência em relação ao governo federal.
"Em uma demonstração inequívoca da eficiência do trabalho de nossa equipe, conseguimos realizar 91% do orçamento dos investimentos autorizados, com recursos próprios, enquanto a média brasileira de execução desta rubrica não chegou aos 50%. Economizamos com as compras do Estado e eliminamos drasticamente os desperdícios. Apesar de termos reduzido o ICMS incidente sobre 152 produtos de consumo popular, o crescimento na arrecadação desse tributo foi de 18,3% em 2005, enquanto no Sudeste a variação foi de 11,3% e, no Brasil, de 11,9%. Mais uma vez, falo de eficiência na gestão da coisa pública”, ressaltou.
Avanços sociais
O governador afirmou que os investimentos do Governo do Estado em áreas consideradas essenciais, como segurança pública, saúde, educação e infra-estrutura dobraram em seu primeiro mandato em relação a governos anteriores. O total de recursos destinados a programas de todos os setores da administração saltou de R$ 283 milhões em 2003 para R$ 1,4 bilhão em 2005.
“Na Saúde, cresceram de R$ 330 milhões para R$ 775 milhões; na Educação, de R$ 56 milhões para R$ 227 milhões; na Segurança, de R$ 20 milhões para R$ 247 milhões; nos Transportes, de R$ 259 milhões para R$ 712 milhões”, lembrou.
Ele afirmou que a eficiência na gestão, o rigor no trato dos recursos públicos e o compromisso com o crescimento levaram Minas a apresentar indicadores positivos em todos os setores da economia, possibilitando avanços sociais que chegaram, principalmente, às regiões mais pobres do Estado.
A taxa de mortalidade infantil caiu em 15,4% no Estado. Através de programas como o Saúde em Casa, que destina recursos para equipar e dar condições de trabalho às equipes do Programa Saúde da Família (PSF), do governo federal, o governo do Estado está conseguindo diminuir o número de internações hospitalares.
“O PIB de Minas, em 2005, foi 4,7%, o dobro do obtido pelo Brasil. Alcançamos a melhor posição da década em exportações. Geramos cerca de 700 mil empregos com carteira assinada. Atraímos cerca de 100 bilhões em novos investimentos. E alcançamos resultados emblemáticos no campo social: caiu substancialmente em Minas a mortalidade materno-infantil. Aumentamos a cobertura da assistência preventiva à saúde e diminuímos as internações hospitalares desnecessárias”, afirmou.
Educação
O governador citou, em seu pronunciamento, avanços alcançados também na Educação. Ele lembrou que Minas Gerais foi pioneiro na ampliação do ensino fundamental de oito para nove anos. O projeto assegurou o acesso de crianças de seis anos nas escolas públicas de Minas. O governo de Minas também foi o primeiro a distribuir gratuitamente livros didáticos para os 900 mil alunos do ensino médio matriculados nas escolas estaduais.
“Fomos o primeiro Estado brasileiro a implantar o ensino fundamental de nove anos e a distribuir livros didáticos gratuitos ao ensino médio”, disse.
Segurança
Os investimentos em segurança pública também possibilitaram que as taxas de criminalidade sofressem redução. O índice de crimes violentos na Região Metropolitana de Belo Horizonte caiu em 31,7% no primeiro semestre de 2006 em comparação a igual período de 2003.
“Depois de uma década de crescimento vertiginoso, conseguimos conter a grave onda de violência e estão em queda os principais indicadores de criminalidade violenta nas principais regiões do Estado”, afirmou.
C’était il y a 30 ans !
Du "Journal de Québec"
Dimanche, 31 mars 2019 00:00
-Il y a 30 ans, le 1er avril 1989, plusieurs milliers de personnes ont assisté dans les rues de Québec à un défilé de la coupe Stanley organisé par la station radiophonique FM-93, à l’occasion de la journée du poisson d’avril.
-Le défilé était alors ouvert et fermé par « Me Imbut ». L’événement avait attiré presque autant de gens que le match de hockey au Colisée, une défaite de 5 à 4 contre les Bruins de Boston.
-Avec seulement 61 points et 27 victoires en 80 matchs, Québec terminait pour la première fois au dernier rang du classement général de la LNH. En pleine saison, l’entraîneur Jean Perron avait pris la relève de Ron Lapointe, atteint d’un cancer.
*Foule importante
-En signe de moquerie, le défilé des « Nordindes » sur la Grande Allée avait attiré une grosse foule. Les animateurs du Zoo, l’équipe de la station numéro un, s’étaient bien amusés en ce 1er avril 1989.
-Pendant plus d’une heure, une vingtaine de chars, des personnages, une fanfare et une télédiffusion en direct à la télé communautaire composaient la parade. Un bourreau « qui coupait la tête des Nordindes », des supporteurs avec des sacs bruns sur la tête et une voiture de golf complétaient le tableau. Le défilé s’est déroulé sans problème, bien escorté par la police de Québec.
-À l’occasion du 1er avril, les gens de FM-93 avaient organisé une émission sous l’eau et une autre sur la Lune au cours des deux années précédentes.
-Le char des entraîneurs mettait en vedette les cercueils de Michel Bergeron et André Savard.
-Le char des entraîneurs mettait en vedette les cercueils de Michel Bergeron et André Savard.
Marcel Aubut mécontent
-Le directeur de la station, Claude Thibodeau, avait pris avec un grain de sel les démarches entreprises par Me Marcel Aubut pour empêcher l’activité.
« Ils ont tout tenté pour nous mettre des bâtons dans les roues, mais ça n’a pas marché », avait-il lancé.
-Malheureusement pour les Nordiques, la saison suivante fut encore pire avec 12 victoires en 80 matchs.
– Texte et recherche : Jean-François Racine et Stéphane Doré
Went down to the loop to take some pictures and eat some BBQ and discovered the Loop Trolley is actually running. This shot of it is kinda blurry because I'm not nearly as good with the D700 as I am with my 5D3.
www.twitter.com/Memoire2cite « Non aux bidonvilles, non aux villes-bidon. L'urbanisme est un acte politique au service du peuple ». L'Atelier populaire des Beaux-Arts, en mai 1968, cristallise derrière ce slogan le mécontentement croissant face à la fabrique de la ville et à la multiplication de ce qu’on commence à appeler les Grands Ensembles. Délinquance juvénile, ennui, dépression, prostitution, ségrégation spatiale et sous-équipement... tels sont les symptômes d'une nouvelle maladie qui, selon L'Echo Régional du 22 mars 1962, frappe les villes dans les années 1960 : la « sarcellite ». Ce jugement très sévère sur les Grands Ensembles est partagé à la fois par les sociologues comme par les géographes voire par les politiques à en juger par le titre d'une note interne de la Commission Nationale du Logement en 1975 : « Grands Ensembles, grands problèmes ».Les quelques albums pour enfants qui entendent parler de l'époque dans laquelle leurs jeunes lecteurs vivent reprennent en cœur cette image austère de tours et de barres grises sans charmes. À l'instar de C'est le bouquet, de Claude Roy et Alain Le Foll édité en 1963 par Robert Delpire, l'extension horizontale de la fleur qui parvient à pousser à travers le béton et dans laquelle les habitants de la cité viennent se lover s'oppose à l'empilement des appartements dans les nombreuses tours. De la même façon, le troisième album des « Barbapapas », série créée en 1968, dénonce ces grandes barres grises qui brisent le rêve et l’imagination. Pourtant, face à cette critique qui met en avant davantage l'aspect esthétique ou inesthétique, une série, parue aux éditions La Farandole, fait résistance et entend porter un tout autre regard sur les Grands Ensembles et notamment sur le cadre de vie de ses habitants. Les six albums de la série « Nicole », réalisés entre 1969 et 1978, sont une idée d'Andrée Clair, auteure confirmée et militante communiste, mise en images par la toute jeune illustratrice débutante Bernadette Després.
La série des Nicole constitue probablement le témoignage d’un autre courant né dans les années 1960 mais qui s’affirme au sein de la gauche française et particulièrement du PCF après 1968 : il s’agit de la « Deuxième Gauche ». Dans cet article, il s’agira donc de montrer en quoi cette série peut être rattachée à ce nouveau courant et comment elle fait rupture avec le discours habituel sur les Grands Ensembles. Pour ce faire, nous entreprendrons d'abord de décrire la représentation des Grands Ensembles dans le paysage pictural français des albums pour enfants à la fin des années 1960. Ensuite, l’intentionnalité éditoriale qui a donné le jour à la série des « Nicole » dans la collection « Mille Images » sera interrogée. Enfin, les représentations et le discours socio-spatial original portés par la série sur les Grands Ensembles seront analysés. Grands chantiers, grands ensembles
1 « Quarante mille voisins », Cinq colonnes à la Une, Radiodiffusion de la Télévision Française, 2 dé (...)
« Dans quelques années, quand vous traverserez la banlieue parisienne, c’est en hélicoptère sans doute que vous irez. Et partout, vous survolerez des villes dans le genre de celle-ci. On les appelle les Grands Ensembles. On les appelle les villes-dortoirs. Elles doivent permettre aux familles de vivre loin de l’agitation et de l’air malsain des grandes cités. Elles existent dans le monde entier. Les urbanistes et les sociologues leur consacrent des volumes et des congrès1. »
C’est par ces mots que le journaliste de l’émission de télévision, Cinq colonnes à la Une, Pierre Tchernia, survolant en hélicoptère Sarcelles, présente en 1960 ce phénomène urbanistique original et sans réel précédent en France si l’on considère la vitesse de sa diffusion et l’ampleur des chantiers occasionnés. Le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme fut le moteur de ces constructions d’habitations mécanisées, préfabriquées et montées en série qui répondaient à une demande urgente de logements au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Le Ministère se dota d’un arsenal de lois et de programmes de construction comme le programme de logements économique de première nécessité en 1955 et le décret du 31 décembre 1958 qui créa des Zones à Urbaniser en Priorité (ZUP) aux marges des grandes villes. Entre 1953 et 1978, ce sont 300 000 logements par an qui furent ainsi ouverts à l’habitation à loyer modéré. Plus de six millions de logements furent construits au total. L’émission de Cinq Colonnes à la Une se situe près de cinq ans après l’ouverture des premiers chantiers et l’on sent déjà dans le ton du journaliste le doute s’installer. « Elles doivent permettre aux familles de vivre loin de l’agitation et de l’air malsain des grandes cités », nous dit-il. Ces constructions commanditées par l’Etat, ayant recours aux méthodes de construction les plus modernes doivent améliorer les conditions de vie des habitants. Mais d’ailleurs comment nommer ces habitations ? On sent que le journaliste hésite : « grands ensembles », « villes dortoirs » ? En 1963, le géographe Yves Lacoste entreprend de donner une définition : Yves Lacoste, « Un problème complexe et débattu : les Grands Ensembles », Bulletin de l’Association (...)
Le Grand Ensemble apparaît comme une unité d’habitation relativement autonome formée de bâtiments collectifs, édifiés dans un assez bref laps de temps, en fonction d’un plan global qui comprend plus de 1000 logements environ2.
Raphaële Bertho, « Les grands ensembles », Études photographiques, 31, printemps 2014, [en ligne], (...)
cf. à ce propos Raphaële Bertho, op. cit.
Par « bâtiments collectifs », il faut comprendre une architecture de barres et de tours édifiées sur des zones d’implantation assez vastes ayant en commun d’appartenir à une même opération de grande envergure et visant à offrir des logements à loyer relativement bon marché. Raphaële Bertho souligne qu’avec le début des années 1960, « de réalisations glorieuses d’une Nation tournée vers l’avenir, [les grands ensembles] deviennent les symboles d’un État planificateur imbu de sa puissance3. » C’est d’ailleurs cette « toute puissance » qui est donnée à voir dans les premières images de Cinq Colonnes à la Une par une vue oblique depuis l’hélicoptère. L’observateur domine la création, l’aménagement et l’organisation humains. C’est tout le génie de l’architecte-urbaniste qui est mis en exergue ici dans ces images qui reprennent d’ailleurs une représentation très fréquente4 de ces manifestations bétonnées de la « modernisation triomphante ». Raphaële Bertho insiste sur l’image de cet « urbanisme nouveau » des Grands Ensembles qui est donnée par les services de l’État :
Dominique Gauthey, « Les archives de la reconstruction (1945-1979) », Etudes géographiques, n°3, no (...)
Raphaële Bertho, op. cit.
Les Grands Ensembles y sont présentés comme l’anticipation en actes d’une ville pensée et prévue pour l’homme, cités idéales où l’on retrouve l’importance accordée au soleil, à l’espace et à la verdure dans le credo moderniste. Une orientation manifeste, que l’on observe notamment dans la mise en scène des clichés lors des Salons des arts ménagers dans les années 1950, lesquels sont les vecteurs privilégiés de cette « planification intégrale du bonheur5 » auprès du public. Celui-ci est ainsi accueilli par la vision d’enfants profitant des espaces de loisirs nouvellement aménagés dans ces “cités radieuses”.Les enfants ont ainsi toute leur place dans ces projets modernes. Ces derniers sont en grande partie construits pour eux, part de la population française la plus nombreuse dans ce tout début de baby-boom. Louis Caro, « Psychiatres et sociologues dénoncent la folie des grands ensembles », Sciences et Vie(...)
L’Humanité du 5 novembre 1963.
Pourtant dès 1959, les grands ensembles sont mis sur la sellette. Dans Science et Vie, Louis Caro consacre un article entier à la formation des bandes de voyous dans les Grands Ensembles7. Dans les années 1962-1963, Sarcelles et ses avatars subissent de sévères critiques depuis qu’un des occupants d’une tour s’est défenestré. Les médias commencent à parler de « sarcellite », une maladie qui toucherait les habitants de Sarcelles et de tous les Grands Ensembles. Ainsi est-elle définie dans les colonnes de L’Humanité en 1963 : « Sarcellite, total désenchantement, indifférence à la vie sociale, ennui insurmontable, aboutissant à la dépression nerveuse dans les cas bénins, au suicide dans les cas aigus8. » Dès lors, les grands ensembles ne sont plus aussi radieux pour les enfants qui y habitent et il conviendrait peut-être de grandir ailleurs qu’à l’ombre des tours et des barres de béton armé. Claude Roy, Alain Le Fol, C’est le bouquet ! Gallimard, 1979, p.9.
10C’est à cette même époque que l’édition pour enfants s’intéresse au sujet et principalement certaines petites maisons d’édition. En 1963, Robert Delpire publie une histoire écrite par Claude Roy et mise en images par Alain Le Fol : C’est le bouquet ! Deux enfants, Claudelun et Claudelune, habitent au neuvième étage d’une tour d’un « Grand Ensemble de 2000 maisons avec un total de 200 000 appartements9 » situé tout près de Paris. La famille qui vivait jusque là dans des « coins-recoins-celliers-et-machin » au cœur de Paris, avait subi la crise du logement et était venue s’installer en banlieue dans des habitations imaginées par un Architecte malin :
L’Architecte, avec sa règle graduée, son équerre et sa bouteille d’encre de Chine, l’Architecte avait pensé à tout. Il avait prévu un vide-épluchures et vide-bouteilles, un vide-poussière et un vide-enfants. Mais il n’avait pas prévu les gens, et les gens s’ennuyaient dans tout ce ciment, ce verre, et ce vent, dans ces grands appartements tous pareils, qui ressemblaient à des cages à mouches empilées dans le ciel.
Roy, Cana, C’est le bouquet ! (1963), p. 10-11. © GallimardLa description qui est faite par Claude Roy d’un grand ensemble rejoint en tout point les griefs formulés contre ces grandes constructions grises : la tristesse, la monotonie, le fonctionnalisme poussé à l’excès. Les illustrations d’Alain Le Fol jouent sur l’opposition des constructions grises atoniques et de la « nature » multicolore. Cette opposition est développée tout au long de l’histoire, d’abord avec l’Oiseau Moqueur qui voit s’installer la famille, ensuite avec la croissance d’une plante semée accidentellement par l’un des deux enfants. Au début de l’histoire, la tour est perçue comme un supplice, une punition infligée aux enfants. L’Oiseau Moqueur se demande d’ailleurs : « Qu’est-ce qu’ils ont donc fait pour avoir mérité d’être enfermés dans ces cages-à-gens11 ? » Plus loin, lorsque la Mère veut calmer ses enfants qui semblent tourner en rond dans l’appartement, « elle les mettait dans le vide-enfants et ils allaient s’ennuyer sur le tas de sable à enfants à air conditionné ». À la fin, la fraxilumèle, cette plante aux couleurs merveilleuses, a dépassé les tours et envahi le Grand Ensemble. Elle est devenue l’aire de jeu la plus réjouissante dans laquelle enfants et adultes se retrouvent et s’amusent. On retrouvera cette même opposition entre la grisaille du béton et les couleurs liées au rêve et à l’enchantement dans un album de 1979 publié par le Père Castor, Fleur de béton de Michel Gansel et Monique Touvay. Dans cet ouvrage, trois jeunes garçons d’une cité HLM sortent de l’école et vont rendre visite à un de leur camarade malade et alité. Pour lui remonter le moral, ils lui confectionnent une grande fleur multicolore.Gansel, Touvay, Fleur de béton (1979), p. 4-5. © Père Castor/Flammarion
En 1968, Talus Taylor, un biologiste de San Francisco, rencontre à Paris une jeune architecte française, Annette Tison. Tous les deux imaginent sur une nappe de la brasserie Zeyer, place d’Alésia, un personnage hors norme, protéiforme, d’un rose très vif : Barbapapa. Ce dernier est né d’une graine et a pris naissance dans la Terre. Le premier album est publié en 1970 par la toute récente maison d’édition de l’École des loisirs. Deux ans plus tard, Barbapapa qui s’est construit une famille multicolore doit fuir une ville livrée à la démolition. Il est alors relogé dans de Grands Ensembles où il vit très mal l’entassement et l’ennui. La famille Barbapapa quitte alors la ville pour aller s’installer à la campagne.
Tison, Taylor, La Maison de Barbapapa (1972), p. 8-9. © Le Dragon d’or Ces trois ouvrages sont assez représentatifs du peu d’albums qui évoquent et représentent les grands ensembles entre 1960 et 1970. Le discours est toujours le même : éloigner les enfants de la « sarcellite » qui ne peut être qu’inéluctable dans ces grandes constructions que l’on s’emploie à représenter grises et tristes, sans joie et sans vie. Ce discours sera d’ailleurs maintenu bien après 1968. Cependant, à côté de cette production rare de quelques petits éditeurs et du silence des grandes maisons d’édition pour la jeunesse telles qu’Hachette, la série des « Nicole » a su attirer notre attention. Son discours sur les Grands Ensembles est à la fois très favorable et très engagé.
Sous le béton, la plage ! Nicole au quinzième étage est la première aventure d’une série de six éditée par La Farandole en 1969. Nicole et sa famille viennent d’emménager dans un appartement situé au quinzième étage d’une tour HLM. La jeune fille s’extasie, apprécie le confort et passe sa journée à la fenêtre à regarder la ville depuis le quinzième étage. Dans le deuxième album, Nicole et l’ascenseur (1971), c’est la diversité régnant dans cette tour de dix-huit étages qui est célébrée. Nicole dans le grand pré (1973) et Nicole et l’étoile de mer (1978) montrent qu’au cœur des Grands Ensembles existent des espaces verts de loisirs dans lesquels les enfants peuvent s’ébattre et s’épanouir au contact de la nature. Dans Nicole ne voit plus rien (1975), une panne d’électricité, aléa du modernisme, plonge la cité HLM dans le noir. Enfin Nicole et Djamila (1976) traite de la découverte de l’altérité au sein de ces grands ensembles qui ont accueilli une grande partie de la population immigrée venue offrir son travail en France depuis le milieu des années 1950. Ces six albums couvrent près de dix ans. La série se termine en 1978 et correspond, presque par hasard, avec la fin des politiques publiques des Grands Ensembles. Tous les albums en donnent une vision extrêmement positive. Aucune des illustrations ne montre de la grisaille, bien au contraire, tous les albums utilisent des couleurs très vives. L’illustratrice, Bernadette Després, n’a jamais recours au noir ou au gris pour dessiner les contours des Grands Ensembles mais au jaune d’or ou au bleu. La série toute entière, appartenant à la collection « Mille images » de la maison d’édition communiste La Farandole, est consacrée au bonheur de vivre dans les Grands Ensembles. On serait alors tenté de croire qu’il s’agit d’une prise de position politique éditoriale très marquée, rendant hommage à l’amélioration de la vie de la classe ouvrière. Cependant, il n’en est rien. D’autres ouvrages, publiés par La Farandole à la même époque que la série des Nicole, ont un discours très critique sur les Grands Ensembles.: Garonnaire, La Tour part en voyage (1974), couverture. © La Farandole
Prenons par exemple La Tour part en voyage de Jean Garonnaire en 1974. Les habitants d’une tour attristés par la vie au milieu de la cité HLM décident de desceller leur tour du sol pour l’emmener à la campagne, au milieu des bois et des prairies fleuries. Nous retrouvons ici encore une opposition ville/campagne, anthropisation/nature, qui semble être le courant dominant dans la littérature de jeunesse de l’époque qui veut bien s’intéresser à ce phénomène urbain. Il en va de même pour Grégoire et la grande cité (1979) de Jean-Pierre Serenne et Sylvia Maddonni où, dès la couverture, l’opposition cité HLM/champs fleuris est annoncé. : Serenne, Maddonni, Grégoire et la grande cité (1979), couverture. © La Farandole La ligne idéologique de La Farandole n’est donc pas fixée sur ce sujet à l’instar, d’ailleurs, de la ligne politique des membres du parti communiste français au sein duquel les avis sur la question des Grands Ensembles sont très partagés. Rappelons que L’Humanité fut l’un des premiers quotidiens à parler de « sarcellite » et que la jeunesse communiste de mai 1968 revendique davantage un urbaniste au service du peuple que le contraire. Il faut donc bien l’admettre, la série des « Nicole » est une œuvre originale dans le paysage de la littérature de jeunesse de cette époque et elle doit davantage son idéologie marquée pour les Grands Ensembles au militantisme de son auteure, Andrée Clair, qu’à celui de la maison d’édition ou du parti politique auquel elle se trouve rattachée. Hélène Bonnefond, « Les années "Lilenstein" de La Farandole », La Revue des livres pour enfants, n° (...) Ce à quoi semblent véritablement attachées Paulette Michel, l’épouse de Jean Jérôme, membre dirigeant du PCF, et Madeleine Gilard, les deux fondatrices de La Farandole en 1955, est une forme de « parler vrai » et de « montrer vrai ». Ceci peut se concevoir comme une véritable ligne éditoriale novatrice au milieu des années 1950. Hélène Bonnefond note que chez certains petits éditeurs comme La Farandole mais aussi Delpire, Harlin Quist ou l’École des Loisirs, « de plus en plus se développe l’idée que la jeunesse est un lectorat qui ne doit pas être restreint à des lectures angéliques, qu’il est capable de lire des histoires qui sont le reflet de la réalité sociale, culturelle, scientifique ou historique ». Sébastien Jolis, « Du logement au cadre de vie. Mobilisations associatives et vie sociale dans les (...)
22Comme le montre Sébastien Jolis14, au sein même du PCF, le regard sur les Grands Ensembles change au lendemain de mai 1968. La rupture est même consommée le 25 novembre de cette même année, après la journée nationale d’étude sur les équipements sociaux et culturels. En effet, si certains continuent à remettre en cause le financement par l’État de projets immobiliers collectifs, minimisant la place allouée aux équipements socio-culturels, d’autres, issus de la « Deuxième Gauche », qui s’étaient opposés au totalitarisme et au colonialisme, défendent une gestion partagée par les usagers des ZUP, une sorte de réappropriation des Grands Ensembles par la culture et les usagers eux-mêmes. C’est très sûrement avec la connaissance de cette faille au sein du PCF qu’il faut lier et comprendre le travail d’Andrée Clair dans la série des Nicole.
Andrée Clair, de son vrai nom Renée Jung, est née en 1916. Elle grandit dans la banlieue parisienne où son père est contrôleur des PTT et sa mère femme au foyer. Elle fait des études d’ethnologie à la Sorbonne puis part à Brazzaville où elle décroche un poste d’ethnologue assistante. Elle reste en Afrique pendant plusieurs années et y exerce plusieurs emplois liés à l’enseignement. Militante communiste, en 1949 elle est rapatriée d’office pour avoir contribué au développement du mouvement syndical africain. Elle retourne en Afrique après les indépendances et, de 1961 à 1974, elle devient conseillère culturelle du président Hamani Diori au Niger. Forcée de rentrer en France après le renversement de ce dernier, elle s’installe à Paris puis à Dreux où elle décèdera en 1982. Andrée Clair, « Pourquoi et pour qui j’écris ? », Enfance, tome 9, n°3, 1956, p.75.
Elle collabore avec les éditions de La Farandole depuis 1957. Elle écrit pour la jeunesse des romans et des albums qui ont très souvent pour toile de fond l’Afrique : Eau ficelée et ficelle de fumée (1957), Aminatou (1959), Dijé (1961), Les Découvertes d’Alkassoum (1964). Andrée Clair est une véritable militante engagée dans la vie sociale. En 1956, dans un numéro de la revue Enfance, elle écrit : « Pourquoi j’écris ? Pour remettre les choses en place. Autant que je le peux. Pour qui ? Pour les enfants, parce que... 15». Comme elle le dit elle-même, c’est la « rage » qui la pousse à écrire, celle de dénoncer le faux :
Ce n’est pas drôle d’avoir honte de la couleur de sa peau. Ce n’est pas drôle de découvrir que ce que vous avez toujours cru est faux. La rage déborda. Il fallait que je dise aux gens ce qu’était l’Afrique, l’enseignement, le racisme permanent, la vie de chaque jour. Il fallait dire la vérité. Cette vérité si difficile à trouver ici, pour qui n’a que de « bonnes » lectures. Comment le dire, sinon en écrivant ? Pour qui écrire, sinon pour des enfants ? J’avais été trompée. Je voulais détromper @ Le projet des « Nicole » naît de cette même rage d’expliquer aux enfants. Dans un entretien que j’ai pu avoir avec l’illustratrice, Bernadette Després m’a appris que le premier volume de la série, Nicole au quinzième étage, était une réaction à l’ouvrage de Claude Roy et Alain Le Fol, C’est le bouquet ! Pour Andrée Clair, il fallait donner une autre image des cités. Elle regardait C’est le bouquet ! comme une littérature bourgeoise adressée à des enfants qui ne connaissaient pas et ne connaîtraient sans doute jamais les Grands Ensembles.
« Je tiens à l’absolue exactitude de ce que j’écris [...] : géographie, ethnologie, milieu, ambiance17 », écrit encore Andrée Clair. Lorsqu’elle a l’idée du personnage de Nicole et de sa première aventure, La Farandole lui fait rencontrer une jeune illustratrice qui travaille pour la maison depuis quatre ans, Bernadette Després. Cette dernière a la même envie que son auteure : dessiner la vie des enfants au plus près de la réalité, ne pas chercher à leur mentir. Dès leur première rencontre en 1968, Andrée Clair entreprend de faire découvrir à Bernadette Després ces Grands Ensembles qu’elle devra dessiner, elle qui a grandi dans le VIIe arrondissement de Paris. Andrée Clair a une amie qui vit au quinzième étage d’une tour HLM dans le quartier de l’Argonne à Orléans. Elle y emmène Bernadette Després, lui fait voir la ville du haut de la tour. Bernadette Després prend tout en notes, fait des croquis de l’appartement. Andrée Clair supervise le travail de l’illustratrice de façon à être au plus proche de la réalité, s’accordant parfois la liberté de gommer les signes religieux comme la cathédrale d’Orléans qui est remplacée par un château fort. Andrée Clair, comme tous les auteurs de littérature pour enfants de La Farandole, fait partie du co (...)
Andrée Clair mise donc sur la sérialité ainsi que sur des histoires vraies18 de tous les jours pour accrocher ses jeunes lecteurs et faire passer un certain nombre de valeurs. Cette intentionnalité, elle l’exprimait déjà en 1956 :
Je suis contre la guerre (d’oppression, de conquête) et pour les résistants. Je suis contre le racisme, la bêtise, les mesquineries, la méchanceté. Je suis pour la beauté, la gaieté, l’amitié, la dignité, la lucidité. Pour la joie et l’enthousiasme. Pour ce qui est simple et sain, réel et humain. C’est dans ce sens que je veux entrainer mes lecteurs. Cette intentionnalité, quasi idéologique, est à la fois sociale et spatiale dans la mesure où elle est, dans le cas de la série « Nicole », liée à un lieu : les Grands Ensembles. Le travail d’illustratrice de Bernadette Després devient très important dès lors qu’il s’agit de créer un iconotexte dans lequel le récit textuel veut être en interdépendance avec le récit iconique.
Le Paradis des enfants Dans le discours iconotextuel de la série des « Nicole », trois arguments majeurs sont développés en faveur des Grands Ensembles : l’amélioration du niveau de vie des habitants, les bienfaits du vivre ensemble et une sorte d’égalité au droit à la ville. Ce sont ces trois arguments que nous souhaiterions développer ici à partir de quelques planches extraites de la série et qui nous semblent révélateurs du tournant que put représenter 1968. Clair, Després, Nicole au quinzième étage (1969), p.2-3. © La Farandole @ Andrée Clair, Bernadette Després, Nicole au quinzième étage, La Farandole, 1969, p.2.
30« J’habite au quinzième étage. Depuis une semaine, depuis le 4 décembre. Avant, nous habitions une pièce et une cuisine, au rez-de-chaussée, au fond d’une cour. C’était tout petit et on ne voyait jamais le soleil20 ». Ainsi commence Nicole au quinzième étage. Et dès la première double page, l’illustratrice joue sur les oppositions : l’enfermement et l’exiguïté des petites maisons entassées sur la page de gauche (p. 3) contrastent avec l’élévation et la prise d’espace sur la page de droite (p. 4). Le Grand Ensemble est une conquête spatiale et la petite famille de Nicole (son père, sa mère, sa grande sœur et son petit frère) vont dorénavant vivre à cinq dans un trois pièces-cuisine. Clair, Després, Nicole au quinzième étage (1969), p.4-5. © La Farandole
Cette conquête spatiale continue à la double-page suivante (p. 5-6). Sur la page de gauche, Nicole regarde le nouveau quartier à ses pieds desservi par une ligne de chemin de fer et une route à grande circulation. Sur la page de droite, une vue cavalière de l’appartement laisse deviner son agencement : « Notre appartement a trois pièces, une cuisine, une salle d’eau, un couloir, un séchoir, des placards. Quelle place !21 ». L’appartement est fonctionnel : les pièces de « long séjour » (chambres, salle de séjour, cuisine), donnant toutes sur l’extérieur, s’organisent autour de pièces dites de « court séjour », aveugles (buanderie, toilettes, salle de bain). Ce logement répond aux exigences du moment, telles qu’elles ont pu être définies dès la Reconstruction par des architectes comme Auguste Perret : confort (ensoleillement, chambres des enfants et des parents séparées), modernité (cuisine équipée, sanitaires, eau courante, électricité) et flexibilité (cloisons fines permettant un réaménagement de l’espace). Les tours sont équipées d’un indispensable ascenseur pour desservir les dix-huit étages. Cette couleur très visible sur les originaux se transforme en un orange vif sur les épreuves.
32« Nous avons notre chambre pour nous toutes seules. Nous avons chacun notre lit. Luc, le tout petit frère, dort dans la chambre de papa et maman. Le soir, nous dînons dans la salle de séjour. À midi, papa mange à la cantine de son usine. Luc se régale avec sa bouillie et son fruit, puis maman, Janine et moi, nous déjeunons dans la cuisine. Elle est claire. Dans toutes les pièces, il y a des grandes fenêtres. Quand il y a du soleil, il entre partout22. » À plusieurs reprises le texte insiste sur le gain de place, sur l’amélioration des conditions de vie apportées à une famille ouvrière. L’omniprésence du soleil se retrouve dans les images dans lesquelles Bernadette Després a eu abondamment recours à la couleur or23. Les traits de crayons donnent à ces couleurs un effet de scintillement.
Clair, Després, Nicole ne voit plus rien (1975), p.8-9. © La Farandole Andrée Clair, Bernadette Després, Nicole ne voit plus rien, La Farandole, 1975, p.6 Andrée Clair, op. cit., p.77.
Dans Nicole ne voit plus rien, l’aléa d’une panne d’électricité plonge la tour entière dans le noir. Le modernisme a ses limites ! « Mais... il n’y a plus de lumières nulle part. Oh !... c’est une panne d’électricité. Ce n’est que ça ! Maintenant qu’elle sait, Nicole n’a presque plus peur24. » Dans cette aventure, Nicole, restée seule à la maison, va devoir surmonter ses peurs en regardant par la fenêtre, en continuant à accomplir ses tâches. L’accident est appréhendé de manière optimiste et constitue pour Andrée Clair une véritable leçon de vie. « J’affirme que l’optimisme, la gaieté, l’entrain sont une forme de courage25 », déclare-t-elle en 1956. Les Grands Ensembles sont également pour Andrée Clair des espaces de mixité sociale où la diversité et la découverte de l’altérité sont bien réelles. L’exemple de Nicole et l’ascenseur en est un premier aperçu. Dans la tour où habite Nicole, les ascenseurs sont en panne. La mère de Nicole, qui revient du marché, doit monter les quinze étages à pied avec ses courses et son enfant en bas âge. Arrivée au dixième étage, les sacs se renversent et toutes les provisions tombent dans les escaliers. Cet accident devient une formidable occasion pour les habitants de la tour de venir en aide à la famille de Nicole. La majeure partie de l’histoire se déroule dans la cage d’escalier qui s’enroule autour des ascenseurs. De cette longue colonne vertébrale de la tour, Bernadette Després en fait un espace multigénérationnel, où les habitants se rencontrent et s’entraident. On sait combien la découverte de l’altérité est un aspect très cher à Andrée Clair. Les Grands Ensembles sont justement des lieux qui permettent la rencontre de l’Autre. C’est d’ailleurs tout le propos de l’album Nicole et Djamila, paru en 1976. Le père de Nicole arrive un soir à la maison avec une petite fille, Djamila. Son père a eu un accident du travail et sa mère est encore à la maternité. Djamila va donc passer quelques jours dans la famille de Nicole. Les deux fillettes qui semblent avoir le même âge vont partager la même chambre. cf. Yves Gastaut, « La flambée raciste de 1973 en France », Revue européenne des migrations interna (...) On ne peut éviter de replacer cet album dans son contexte historique. L’album est publié en 1976 au moment où la France connaît une flambée raciste et ce depuis la première crise économique de 1973. Face à la montée du chômage, l’État réglemente de manière plus drastique l’immigration en fermant les frontières26 et en multipliant les ordres de quitter le territoire national. Des affrontements racistes éclatent entre les partisans de l’Ordre Nouveau, favorable au retour des immigrés, et des partisans du PCF, à Paris et à Lyon. À Grasse et à Marseille, dans le courant de l’automne et de l’été 1973, des agressions racistes contre des Algériens font cinquante morts et près de trois cents blessés. Nous avons déjà évoqué précédemment le dégoût d’Andrée Clair pour le racisme et la bêtise humaine. Ce cinquième album de la série correspond encore à ce qu’écrivait Andrée Clair en 1956 : Andrée Clair, op. cit., p.76.
Ne pas insister sur les différences qui, si apparentes soient-elles, restent superficielles : peau, cheveux, forme des maisons ou art culinaire ; mais faire remarquer discrètement ce qui est semblable : causes de joie ou de tristesse, ennuis, soucis de chaque jour. Insister sur la richesse du cœur, de la pensée, de l’art. [...] Expliquer, toujours expliquer @ Clair, Després, Nicole et Djamila (1976), couverture. © La Farandole Dès la couverture, Bernadette Després montre davantage ce qui réunit les deux fillettes que ce qui pourrait les séparer : toutes les deux ont le sourire et jouent à la poupée dans la chambre de Nicole où de nombreux jouets sont éparpillés sur le sol. Rien dans l’image ne laisse entendre que la fillette aux cheveux longs est une petite Algérienne si ce n’est dans le titre. Le rapprochement entre les deux fillettes est doublé par le rapprochement de leurs deux poupées.: Clair, Després, Nicole et Djamila (1976), p.8 © La Farandole Andrée Clair, Bernadette Després, op. cit., 1976, p.9. Les différences de culture sont très discrètes. L’image panoramique des pages 8-9 représente une scène de table : le père de Djamila a été invité chez les parents de Nicole. Les convives partagent un plat unique qui ressemble à un hachis Parmentier. Dans un phylactère émanant du père de Djamila, Bernadette Després a dessiné un repas chez les parents de Djamila : « On n’a pas encore fêté la naissance de Karim. Samedi, nous invitons des amis. Ma femme voudrait que vous veniez. Moi aussi28. » Retour de bon procédé, les convives partagent un couscous. D’après Bernadette Després, Andrée Clair avait absolument tenu à ce que la famille algérienne soit assise sur des chaises et non par terre de façon à ce qu’on ne puisse pas se moquer d’eux. Pour terminer cette analyse de la série des « Nicole », un dernier aspect qui ne semble pas évident au premier coup d’œil le devient dès lors que l’on abandonne le point de vue contemporain et que l’on se replace dans le contexte de cette fin des années 1960. La série semble redéfinir la ville. Du haut de sa tour Nicole voit la ville se déployer, sortir de ses anciennes limites. La périphérie, les banlieues qu’elle habite s’étendent avec le développement des Grands Ensembles. Le phénomène peut parler à n’importe quel enfant dans la mesure où il est général à la France entière. Ces transformations fondamentales, ces transmutations de la ville industrielle en une forme tentaculaire, perceptibles dans les albums de la série, un philosophe les décrit, les analyse et s’en alerte en 1968, c’est Henri Lefebvre Henri Lefebvre, Le Droit à la ville, Anthropos, 1968 (2009), p. 8. Le Droit à la ville paraît en mars 1968. Dans cet ouvrage, Lefebvre décrit le processus « d’implosion-explosion » que subissent toutes les villes des grands pays industriels : « Les gens se déplacent vers des périphéries lointaines, résidentielles ou productives. Des bureaux remplacent les logements dans les centres urbains29. » Au terme de « ville », qu’il conserve pour parler des villes industrielles d’avant 1945, le philosophe préfère le terme de « tissu urbain » ou « d’urbain ». Cette réalité nouvelle affirme l’éclatement de la ville classique en périphéries industrielles, pavillonnaires ou faites de grands ensembles et le grignotement progressif de la campagne. Lefebvre alerte des dangers potentiels de cette urbanisation « capitaliste » qui subordonne la campagne à l’urbain, qui empêche l’appropriation par ses habitants, qui créé des îlots de pauvreté à la marge et qui renforce une centralité soumise à l’argent. Pour Lefebvre, les habitants des quartiers périphériques, dénués selon lui d’urbanité, se verraient spolier leur « droit à la ville ». Est-ce l’impression qui se dégage des planches de la série des Nicole ? Non. Nicole et le grand pré (1973), Nicole et l’étoile de mer (1978).Sébastien Jolis, op. cit., p. 42. On pourrait dire, bien au contraire, qu’à travers les différentes aventures de Nicole dans sa cité HLM, Andrée Clair revendique un « droit à la ville pour tous ». La famille de Nicole, en occupant un humble deux pièces au fond d’une cour dans le centre-ville, se trouvait finalement à la marge de la ville, ne pouvant profiter d’aucune des innovations offertes par la modernisation. Habiter les Grands Ensembles a permis à cette famille d’y avoir accès et, en même temps, de jouir des services de la ville. La cité HLM, située en périphérie, n’est pas déconnectée du centre-ville : les moyens de transport (lignes de bus, chemin de fer) sont régulièrement représentés dans les histoires. Le lien avec la « nature » est toujours maintenu. Dans deux des albums de la série30, Nicole passe ses loisirs dans un « centre aéré » situé à proximité de chez elle : le Grand Pré. Pour ce centre aéré, Andrée Clair s’est inspirée du centre aéré de la ville de Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), Les Grands Arbres. Ce centre a été créé en 1964, en bord de Loire, à quelques mètres de Grands Ensembles, et continue à recevoir les enfants de la ville sous des tentes plantées au milieu d’une prairie ombragée. Il constitue un élément, voire une infrastructure paysagère, sur lequel les partisans de la « Deuxième Gauche » vont s’appuyer pour modifier le regard porté au Grands Ensembles après 1968. En mobilisant l’attention sur le cadre de vie, ils défendent « une amélioration de leur condition d’habitat, en rejetant l’idée d’un divorce entre les habitants et leur habitat en grand ensemble31 ». Clair, Després, Nicole et Djamila (1976), p.3. (détail) © La Farandol Enfin, à de nombreuses occasions, Bernadette Després représente la vue depuis la fenêtre de la cuisine ou de la chambre de Nicole : il s’agit du centre-ville, de son château et de ses vieilles maisons, de sa gare et de ses usines. Cette vue est, au même titre que les quelques images accrochées au mur et qui représentent la montagne ou la campagne, un tableau. Cette vue de la ville quasi-omniprésente dans les albums est la manifestation d’une sorte d’appropriation de la ville. À la différence des images encadrées, le centre-ville lui est bien réel, aisément accessible, à portée d’œil et de main La cité HLM n’est pas un espace sans vie, sans âme. Elle est, sous la plume d’Andrée Clair et les pinceaux de Bernadette Després une émanation de la ville, une partie parfaitement connectée au reste du tissu urbain. Elle est le lieu qui donne aux classes populaires « droit à la ville ». Voilà en quelques mots l’intentionnalité socio-spatiale qui est présente à travers les six volumes de la série des Nicole. Cette intentionnalité, on l’a vu, n’est pas éditoriale mais est propre à une auteure engagée et militante, défendant le réalisme au nom d’un certain nombre de valeurs telles que la tolérance, le droit au bonheur, l’amélioration du niveau de vie pour tous Peu d’ouvrages pour enfants se sont intéressés au phénomène des Grands Ensembles et quand ce fut le cas, ce fut presque tout le temps pour les dénigrer et en présenter les dangers. La série des Nicole apparaît alors comme une exception, une originalité, qui entend s’adresser aux enfants et, à travers eux, aux adultes qu’ils deviendront. Pour Andrée Clair, écrire pour les enfants c’est les aider à grandir.
Andrée Clair, op. cit., p.76. En parlant de Moudaïna ou Deux enfants au cœur de l’Afrique (1952), Andrée Clair écrivait : « Il reste toujours quelque chose des livres d’enfants que l’on a aimés. Les lecteurs de ce livre ne pensent peut-être plus aux enfants noirs comme ils y penseraient s’ils ne l’avaient pas lu. C’est un point de gagné contre le racisme et contre la bêtise. Car jamais deux monstruosités n’ont été si bien ensemble que ces deux-là32 » Marie-Claude Monchaux, Écrits Pour nuire, Paris, UNI, 1985, p. 12 Ibid., p. 54.
47La série des « Nicole » entendait « parler vrai » aux enfants. Ce « parler vrai », ce « montrer vrai » de la société et de ce qui entoure l’enfant a pu passer, aux yeux de certains critiques conservateurs, pour de la littérature de jeunesse subversive. En 1985, par exemple, Marie-Claude Monchaux, dans Écrits pour nuire, mène une campagne à charge contre ce « volontaire pourrissement qu’on constate dans les livres pour enfants depuis 196833 ». Ce qu’elle reproche à ces éditeurs comme La Farandole c’est de priver les enfants du « droit sacré du rêve34 » p. 54.
Je demande pour eux des îles, et des amours enfantines qui s’épanouissent avec les couleurs de la vie la plus belle, car ils ont le droit de l’espérer autrement que par le truchement d’un droit syndical. […] Mais non, on lui coupe dès huit ans sous le pied l’herbe naissante ! La vie, mon petit, c’est ce petit HLM, ces petits sentiments, ces petits frôlements de peau à peau, ces petits amours dont on change, cet air mesuré et qui empeste les frites, ces mamans qui pour l’instant n’ont pas de petit ami, ces petits couplets sur le droit de grève @ Un débat idéologique post-68 est ici manifestement présent. Pour Andrée Clair, en revanche, il n’y a absolument pas d’aliénation du droit au rêve. Seulement, elle affirme que le rêve peut prendre sa place au milieu du béton et des tours où règnent diversité, altérité et mixité.
www.dailymotion.com/video/xw6lak?playlist=x34ije -Rue neuve 1956 la reconstruction de la France dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, villes, villages, grands ensembles réalisation : Jack Pinoteau , Panorama de la reconstruction de la France dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, ce film de commande évoque les villes et villages français détruits puis reconstruits dans un style respectant la tradition : Saint-Malo, Gien, Thionville, Ammerschwihr, etc. ainsi que la reconstruction en rupture avec l'architecture traditionnelle à Châtenay-Malabry, Arles, Saint Étienne, Évreux, Chambéry, Villeneuve-Saint-Georges, Abbeville, Le Havre, Marseille, Boulogne-sur-Mer, Dunkerque. Le documentaire explique par exemple la manière dont a été réalisée la reconstruction de Saint-Malo à l'intérieur des rempart de la vieille ville : "c'est la fidélité à l'histoire et la force du souvenir qui a guidé l'architecte". Dans le même esprit à Gien, au trois quart détruite en 1940, seul le château construit en 1494 pour Anne de Beaujeu, fille aînée de Louis XI, fut épargné par les bombardements. La ville fut reconstruite dans le style des rares immeubles restant. Gien est relevé de ses ruines et le nouvel ensemble harmonieux est appelé « Joyau de la Reconstruction française ».
Dans un deuxième temps est abordé le chapitre de la construction des cités et des grands ensembles, de l’architecture du renouveau qualifiée de "grandiose incontestablement". S’il est précisé "on peut aimer ou de ne pas aimer ce style", l’emporte au final l’argument suivant : les grands ensembles, c'est la campagne à la ville, un urbanisme plus aéré, plus vert." les films caravelles 1956, Réalisateur : Jack Pinoteau (connu pour être le metteur en scène du film Le Triporteur 1957 qui fit découvrir Darry Cowl)
www.dailymotion.com/video/xuz3o8?playlist=x34ije ,
Film d'archive actualités de 1952 Reconstruction de la France sept ans après la fin de la seconde guerre mondiale état des lieux de la crise du logement , Actualités de 1952.
Sept ans après la fin de la seconde guerre Mondiale état des lieux de la reconstruction de la France et de la crise du logement à l’œuvre, pénurie de logement, logements insalubres. Les actualités montrent des images d'archives de la destruction de la France, les Chars de la division Leclerc qui défilent sur les Champs Elysees. Le commentaire dénonce la lenteur de la reconstruction et notamment des manifestations qui ont eu lieue à Royan afin d''accélérer la reconstruction de la ville détruite.
Le film montre à Strasbourg, Mulhouse, des réalisation moderne de grands ensembles et des images d'archive de la reconstruction du Havre de Saint Nazaire.
Le film se termine à Marseille sur les réalisation nouvelles autour du vieux port puis on assiste à l'inauguration de la Cité Radieuse par le ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme Eugène Claudius-Petit en présence de son architecte Le Corbusier à qui le ministre remet la cravate de commandeur de la légion d'honneur. www.dailymotion.com/video/xk1g5j?playlist=x34ije Brigitte Gros - Urbanisme - Filmer les grands ensembles 2016 - par Camille Canteux chercheuse au CHS -Centre d'Histoire Sociale - Jeanne Menjoulet - Ce film du CHS daté de 2014 www.youtube.com/watch?v=VDUBwVPNh0s … L'UNION SOCIALE POUR L'HABITAT le Musée des H.L.M. musee-hlm.fr/ / - www.union-habitat.org/ / - www.institutfrancais.com/sites/default/files/dp_expositio... archives-histoire.centraliens.net/pdfs/revues/rev625.pdf tel.archives-ouvertes.fr/tel-00554230/document
So beautiful the CC-houses are, so much I don't like standard itself. Too small sidewalks or too much with the standard baseplate-streets.
So I decided to make an own standard for a wider sidewalk and street.
Amtrak P42DC 207 brought train 48, the eastbound Lake Shore Limited, into the Syracuse Regional Transportation Center in 2007. For a reason I never learned, this train consisted of five Superliner cars. This was very unusual as these cars are not compatible with the high level platforms at Syracuse, Schenectady, Albany/Rensselaer and the stations along the Hudson River. At Syracuse the cars had to be stopped at the low-level area just west of the usual platform. The Conductor is directing passengers seen to the left walking down to the lower level while a couple of guys set up a step for entering the cars.
Last few days of the river fishing season - upper reaches of the Great Ouse.
My good friend Malcolm - companion of many a fishing trip since we were at school together back in the 1960's.
His problem - he put me in the better swim, and I caught a decent chub. It was never resolved and the rest of the day was spent bitterly lamenting his generosity.