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Le phare de la Vieille est un phare maritime du Finistère (France) construit de 1882 à 1887 sur le rocher de la Gorlebella (« la roche la plus éloignée » en breton). Il éclaire et sécurise fortement le passage du raz de Sein en compagnie de la tourelle de la Plate (cardinale ouest). Il est situé sur la commune de Plogoff et appartient à l'État français.

 

L'« Enfer » de la Vieille doit sa célébrité à sa situation isolée en mer dans une zone agitée. De plus, il se démarque par son histoire et son passé riches : entre les études de faisabilité et le premier allumage, près de dix ans ont été nécessaires pour sa construction. Avant-dernier phare français à être automatisé, les gardiens en place refusèrent la relève en 1995 en signe de protestation.

 

Le 30 novembre 1861, la Commission des phares rend un avis favorable à la construction d'un phare de 3e ordre sur le rocher (qui signale les passages dangereux et les récifs le long des côtes, comme ceux de 3e ordre) et les ingénieurs sont invités à présenter un avant-projet en 1862. Cet avant-projet est toutefois ajourné en raison de difficultés financières mais aussi car d'autres chantiers comme celui d'Ar Men viennent d'être entrepris.

 

Le projet est repris 10 ans plus tard, mais le directeur du Service des Phares reconnaît que « la construction d'un phare sur la Vieille est ajournée à un avenir plus ou moins éloigné et les difficultés mieux connues de l'accostage peuvent même faire prévoir un abandon du projet » à Paris le 1er juin 1872. La Commission des phares réunie le 14 janvier 1873 confirme cette opinion et conclut que « les difficultés exceptionnelles que présente cet ouvrage obligent à ajourner l'exécution surtout en présence des travaux analogues entrepris sur la roche d'Ar Men ».

 

En attendant, le feu de Tévennec et le fanal du Raz, allumé en 1874, pallient cette absence.

 

La construction du phare de la Vieille n'est confirmée qu'à la suite d'une série d'études de faisabilité.

 

C'est en 1879 qu'une première série de cinq débarquements est effectuée sur le rocher, durant lesquels la roche, le régime des courants et les conditions d'accostage sont étudiés. Des pêcheurs de l'île de Sein parviennent durant ces accostages, bon gré mal gré, à effectuer quelques forages où sont scellés des organeaux d'amarrage. Des maçons ayant participé à l'édification du phare d'Ar-Men réaliseront 6 mètres cubes de maçonnerie dans les parties basses, améliorant sensiblement les points d'accostage dont le plus important permet d'aborder le rocher par le nord-est.

 

L'année suivante, en 1880, une dizaine d'accostages sont effectués. Des organeaux et des barres de scellement sont fixés, ce qui permettra d'établir la base d'un massif qui sera par la suite utilisé comme plate-forme de débarquement des matériaux de construction. Ce massif est établi à l'aide de 37 mètres cubes de maçonnerie.

 

Le ministre des Travaux publics Carnot émet une dépêche le 29 janvier 1881 indiquant que « des renseignements recueillis et des résultats obtenus pendant les deux campagnes de 1879 et 1880, il ressort que l'on peut établir un phare sur la roche la Vieille, dans des conditions de dépense parfaitement en rapport avec les services à rendre ». Un crédit de 100 000 francs est voté en avril 1882.

Localisation du phare de la Vieille en Bretagne

 

Si les travaux sont officiellement envisagés, l'entreprise s'annonce difficile : en effet, dans cette zone maritime, il y a en quasi permanence de violents courants qui entourent le rocher de la Gorlebella du fait de sa position allongée dans le sens des courants. Ces éléments n'offrent que peu de zones abritées, et surtout pendant un court laps de temps.

Le phare de la Vieille et la pointe du Raz, au petit matin, depuis une vedette allant sur l'île de Sein depuis le continent.

 

Au sud gisent des basses. À l'est et à l'ouest, tout stationnement est interdit à cause de courants dont la vitesse varie entre 6 et 15 nœuds. La Vieille n'est en fait abordable que par la face nord seulement trois jours avant et après le quartier de la lune, sous réserve que la mer soit parfaitement calme. Si la mer est agitée, on peut assister à un remous de 40 à 50 mètres dans cette zone.

 

Malgré ces nombreuses difficultés, le chantier s'annonce moins périlleux que la construction d'Ar Men. Ceci est lié au fait que la roche émerge de quatorze mètres au-dessus des plus hautes mers, et s'étend sur cinquante mètres en longueur et vingt mètres en largeur, offrant ainsi la possibilité de construire une plate-forme de vingt mètres sur dix.

 

L'ingénieur Fenoux, qui était responsable de la construction du phare, avait estimé qu'il serait possible d'effectuer une campagne de cinq mois par an, à raison d'un jour de beau temps sur deux pendant les six jours de chaque quartier, ce qui représenterait environ trente accostages par an.

 

Le 29 janvier 1881, le ministre des Travaux public donne son accord définitif pour la construction de ce phare après deux années d'études. À partir de là, les travaux s'organisent depuis l'île de Sein, où les matériaux (pierres de taille) sont entreposés. L'ingénieur en charge de la surveillance des travaux, le conducteur Probestau, s'installe sur l'île. La construction de la Vieille ayant lieu après celle d'Ar Men, l'expérience apportée par la construction de celui-ci est mise à profit. Ainsi, les campagnes de construction débutent le 1er mai de chaque année. Les ouvriers sont embarqués dans un petit bateau à vapeur qui prend en remorque une grosse chaloupe pontée contenant les matériaux de construction ainsi que les canots d'accostage. Des mouillages sont installés pour permettre au vapeur et à la chaloupe de mouiller :

 

* trois corps-morts mouillés dans le sud-ouest de la roche permettent d'amarrer la chaloupe durant le flot et une partie du jusant, à petite distance des mâts de charge installés sur le rocher ;

* une bouée se trouve un peu à l'écart, où mouille le vapeur ;

* si les vives-eaux sont trop importantes, le vapeur va mouiller en baie des trépassés où il se tient prêt à intervenir au moindre signal.

 

Les premiers accostages sont mis à profit pour établir un petit abri maçonné dans un creux à l'est du rocher. Cet abri sert à accueillir les ouvriers, leurs vivres et leurs outils, ce qui permet à l'équipe de travailler au dérasement de la roche sans discontinuer lorsque le temps n'était pas trop mauvais.

 

C'est le 5 août 1882 que les maçonneries du soubassement sont débutées. La construction de la tour, de sa plate-forme, ainsi que d'une partie des travaux intérieurs est achevée en 1886 après trois saisons de travaux. L'autre partie des travaux intérieurs se termine en 1887. La maçonnerie est hourdée au ciment Portland de Boulogne gâché à l'eau de mer pour le soubassement et la plate-forme, et à l'eau douce par ailleurs afin de mieux garantir la salubrité des logements.[1]

 

L'étude et la construction sont dirigés de 1879 à 1885 par l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées Fenoux. C'est l'ingénieur en chef Considere qui la dirige en 1886 et 1887. L'ingénieur ordinaire Miniac suit le chantier tout au long de son déroulement.

 

Le feu de la Vieille s'allume finalement le 15 septembre 1887. La date de fin des travaux, 1887, est portée sur la tour.

 

L'architecture de la Vieille relève d’un souci esthétique mais aussi de celui d’éviter aux navigateurs de la confondre avec la tour voisine de Tévennec. C'est pour cette raison que le phare possède une forme quadrangulaire et trapue, légèrement crénelée. Cette tour est carrée et demi-cylindrique sur sa face nord, et s'élargit vers la base. La structure du phare a été construite en pierre de taille à bossages de granite gris de l'île de Sein, alors que la tour et les angles de l'édifice sont en mœllons enduits de granit bleu de Kersanton. Le crènelage de la tour est un encorbellement sur corniche à modillons qui supporte une balustrade en pierre de taille. La lanterne est couverte d'un toit bombé en zinc, alors que le phare lui-même est recouvert d'une terrasse.

 

L'intérieur du phare a été aménagé dans un souci d'efficacité. Ainsi, on trouve au rez-de-chaussée la citerne d'eau et divers matériels d'accostage. On trouve à l'étage supérieur quatre pièces superposées accueillant respectivement les citernes de pétrole hier, de gasoil aujourd'hui, la cuisine, la chambre à coucher et la chambre de veille. Sous la lanterne, une petite pièce accueille les groupes électrogènes.

 

Un nouveau système de relève des gardiens par débarquement à chariot et à tour Temperley sera installé durant l'été 1926. Il a été démonté depuis l'automatisation du phare en novembre 1995. Désormais, l'accès au phare se fait par hélitreuillage.

 

Le phare était normalement occupé en permanence par deux gardiens, relevés régulièrement, mais pas en même temps. Deux vedettes venaient le ravitailler, la Blodwen et la Velléda, toutes deux sous la dépendance des Phares et balises du Finistère.

 

La relève du phare de la Vieille se déroulait toujours de la même façon : la vedette devait s'approcher le plus près possible du phare, malgré le chahut des vagues et de la houle. Une fois à proximité, l’équipage accrochait le filin lancé par les gardiens. Ce filin était appelé cartahu, et servait à l'installation d'un va-et-vient. Ensuite, le passager se « capelait », c’est-à-dire qu’il s’assurait d’une ceinture de sauvetage, puis s’installait avec son bagage à califourchon sur une sorte de gros ballon qui glissait le long du cartahu. Par temps houleux, la manœuvre était particulièrement délicate et difficile. Par tempête, elle était généralement impossible.

 

Lors des relèves, et ce pour tous les phares utilisant le cartahu, c'est d'abord le gardien "montant" qui utilisait le "ballon". Une fois sur le débarcadère, il passait au gardien "descendant" son gilet de sauvetage, puis aidait à manœuvrer le va-et-vient pour assurer la descente de son collègue sur la vedette, suivie du transfert du ravitaillement. Cette procédure garantissait la présence permanente d'au moins deux hommes sur le phare, ce qui était indispensable non seulement pour assurer le service, mais aussi pour effectuer la relève dans de bonnes conditions.

 

Noël Fouquet, Jean Donnart, Michel Rozenn et Guy Lasbleiz passent leur dernière nuit sur le phare avant son automatisation le 14 novembre 1995. En effet, protestant contre cette décision, Jean Donnart et un de ses collègues avaient refusé une précédente relève, ce qui explique la présence de quatre gardiens dans le phare lors de son extinction au lieu de deux. Depuis, le phare est télécommandé depuis l'île de Sein.

 

À la suite de la Première Guerre mondiale, la France comptait de nombreuses gueules cassées dans sa population. Une loi, promulguée en février 1924, créait des « emplois réservés » à ces personnes. Ces emplois étaient censés être moins pénibles que la moyenne, et étaient gardiens de squares, huissiers de ministères, employés de bureau, garde champêtre et facteur rural. Mais on pouvait aussi y trouver la profession de gardien de phare.

 

C'est ainsi qu'en 1925, deux Corses furent nommés à « l'Enfer » de la Vieille. Messieurs Terracini (affecté au phare le 3 juin 1925) et Ferracci (affecté le 22 novembre) étaient tous deux blessés à un poumon, et le premier avait les muscles du bras droit sectionnés, tandis que le second avait dans son corps une balle qui n'avait pu être extraite par les chirurgiens de l'époque, et qui pouvait parfois se déplacer. Leur condition physique n'était donc probablement pas adéquate pour monter et descendre les 120 marches de la tour et pour effectuer l'exercice périlleux de la relève.

La Vieille, vu depuis la pointe du Raz, au début du siècle

 

Dès lors qu'ils comprirent la difficulté du métier, ils demandèrent plusieurs fois au Ministère leur mutation, ce qui fut refusé à chaque fois. Habitués au climat corse plus clément, le moral des deux hommes ne faisait que diminuer. Les conditions de séjour dans le phare, l'humidité, les hurlements du vent, la taille gigantesque des vagues et de leurs embruns, parfois plus hautes que la tour (trente-trois mètres) étaient un calvaire pour ces deux hommes. Ils devinrent rapidement neurasthéniques. Malgré cela, le feu s'allumait toutes les nuits.

 

La troisième semaine de décembre 1925, le temps devint exécrable. Le raz de Sein était en ébullition permanente, ne laissant aucun répit aux deux hommes. La visibilité étant nulle, la relève était impossible avec les moyens de l'époque. Le gardien-chef était à terre, les deux Corses seuls « à bord ». Le drapeau noir, signal de détresse, fut rapidement hissé. Malgré leur courage, les ravitailleurs ne pouvaient s’approcher suffisamment de la Vieille, le canot du baliseur Léon Bourdelles manquant d'être englouti avec tous ses occupants.

 

Deux mois plus tard, à la faveur d'une éclaircie, les deux hommes avaient été vus en piteux état. À ce moment là, c'était la brume qui empêchait toute visibilité. Le 19 février 1927, le feu s'éteignit, et la sirène ne fonctionnait déjà plus. Dès lors, une goélette de Paimpol, la Surprise, alla se jeter sur les roches de Plogoff.

 

Plus d’une semaine plus tard, le bateau de ravitaillement put s’approcher suffisamment pour lancer le cartahu. « Courageusement, malgré l'état de la mer, le ravitailleur Clet Coquet est retourné dimanche après-midi vers le phare, emmenant avec le gardien chef Kerninon son propre fils qui a consenti à remplacer lui aussi l'un des Corses »[4]. Mais les deux mutilés n’avaient pas la force de se servir de ce mode de passage. Une équipe de jeunes marins bretons, et nageant dans la mer glaciale, accrochés à des cordages et grâce à un filin, réussit à mettre alors pied sur l'îlot et à ramener, par la même voie, les deux rescapés. Ceux-ci étaient « noirs comme des démons et littéralement en lambeaux »[5]. Ces deux gardiens furent par la suite affectés à des phares continentaux.

 

Leur calvaire fut médiatisé suite au naufrage et l’affaire, qui fait grand bruit jusqu’à Paris, provoqua l’interdiction définitive d’employer des mutilés de guerre dans les phares en mer.

 

Source wikipedia

They tasted even better than they looked...

Stencil street art in San Francisco, California by local artist Eclair Acuda Bandersnatch. It says "Don't tread on me".

Hier soir, gros orage sur Toulouse. Éclairs et tonnerres. Malgré mon manque d'expérience, j'ai réussi à prendre quelques jolis effets de lumières et d'éclairs.

 

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editorial shoot for the cover of Eclair magazine October 2024 with model Amelie in Bohuslän, Sweden

 

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Éclairs of all kinds, including hazelnut praline, passion fruit and raspberry, fig, dark chocolate grand cru, apricot, and green apple. I ordered a salted caramel one. (Prices ranged between 3.50€ and 6€)

 

l'Eclair de Génie

Paris, France

(September 3, 2014)

 

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Saint-Jacques-des-Guérets (Loir-et-Cher)

  

L'église Saint-Jacques.

 

Statue de saint Jacques, bois sculpté peint (XIVe).

  

(Voir panneau sur le site)

  

C'est un édifice fort simple, composé d'une nef unique et d'une abside semi-circulaire légèrement en retrait. Il est éclairé par des fenêtres en plein cintre profondément ébrasées, trois de chaque coté de la nef et trois à l'abside, du moins à l'origine.

Le portail occidental est percé dans un massif rectangulaire, flanqué de deux oculi surmonté d'un glacis amorti sur une corniche soutenue par des modillons sculptés : masques grotesques, sirène, tête de femme.

Les trois archivoltes du portail en tiers-point, ornées chacune d'un tore et d'un rang de feuilles plates sculptées dans une gorge, sont extradossées par un larmier décoré de fleurettes et retombent de chaque côté sur trois colonnettes dans les retraits des piédroits. Une seule d'entre elles est d'origine. Ce portail est plus récent que l'ensemble de l'église.

A l'intérieur, l'édifice n'a jamais reçu de voûtes; le vaisseau et l'abside sont couverts d'un lambris du XVIe siècle, à entraits et poinçons moulurés, conservant des restes de peintures décoratives.

La première fenêtre de la nef est transformée en niche. Il ne subsiste que deux fenêtres dans le mur de l'abside, Ia fenêtre ayant été de plus remaniée.

L'abside fut masquée en 1722 par un retable de pierre qui fut enlevé en 1890. La suppression de ce retable donna la surprise de découvrir dans l'ébrasement de la fenêtre centrale plusieurs statues de bois peint, ou de pierre.

Mais cette église est célèbre par le remarquable ensemble de peintures romanes que l'abbé Haugou, curé de Troo, y a découvert en 1890 et 1891, un des plus complets de cette vallée du Loir, si riche en œuvres de ce genre.

Ces fresques sont datées d'une époque voisine de l'avènement de Philippe Auguste (1180), ou de la seconde moitié du XIIe siècle.

  

Les peintures murales

 

L'église étant dépourvue de voûtes, les artistes ont utilisé le mur semi-circulaire de l'abside de chaque côté de la fenêtre axiale, elle-même ornée des images de saint Georges et de saint Augustin, pour y faire figurer une crucifixion et un Christ en majesté, deux magnifiques compositions évoquant sans doute des pages peintes de manuscrit sur une échelle agrandie.

 

Le Christ en croix.

À gauche de la fenêtre, le Christ en croix, à ses côtés la Vierge et saint Jean et dans les cantons supérieurs le soleil et la lune se voilant la face. La croix mi-partie émeraude et noire, aux extrémités pattées, est bordée d'une bande jaune semée de cabochons comme s'il s'agissait d'une croix d'orfèvrerie. La Vierge est dans une attitude recueillie et priante, les mains jointes; saint Jean de sa main gauche recouverte par le manteau tient son Évangile : « Ils regardent Celui qu'ils ont transpercé » (Jn 19, 37), de sa main droite, il soutient sa tète. On lit l'inscription IOANES de chaque côté du nimbe.

Le Christ, le corps légèrement bombé droite, vêtu du perizonium, étend les bras presque à l'horizontale. Ses deux pieds, en rotation externe, sont cloués sur le suppedaneum. Sa tête, très noble, est celle d'un vivant alors qu'il a été transpercé. Ses cheveux tombent sur les épaules et le nimbe crucifère est simplement dessiné. Les figurations du soleil et de la lune sont identifiables par les inscriptions placées verticalement le long de la partie supérieure de la croix. Les deux personnages trouant l'obscurité symbolisée par les nuages festonnés s'inclinent vers la croix et d'un beau geste s'apprêtent à se couvrir le visage. La tête du soleil est nimbée d'un disque sombre orné de rayons; celle de la lune d'un disque bleu clair. L'ensemble est encadré d'une bande losangée jaune, bleue et verte. Les personnages se détachent sur le fond blanc du lait de chaux de la fresque.

Plus bas, une sorte de prédelle montre près d'un ange assis les morts qui sortent de leur tombeau (Mt 27, 52). Certains soulèvent leur couvercle. Les sarcophages sont plus larges à la tête qu'aux pieds et la cuve ainsi que les couvercles sont ornés de la taille en feuille de fougère qui caractérise les tombes du haut Moyen Age. Le peintre aura voulu imiter les sarcophages de vieux cimetières et particulièrement de celui qui entoure encore l'église.

 

Le Christ en gloire.

Du côté opposé, également dans un grand cadre rectangulaire, le Christ en gloire est représenté, selon l'usage, trônant dans une mandorle elliptique qu'entourent les quatre figurations symboliques des évangélistes désignés par les inscriptions.

Le Christ, assis sur un fauteuil châtain couvert d'un coussin bleu, est vêtu d'une tunique blanche retenue au corps par une ceinture orange. Un manteau ample et sombre enveloppe les épaules et retombe sur les bras majestueusement. Le drapé est fort bien rendu. Les traits du visage sont presque identiques à ceux du Christ en croix. Le nimbe crucifère est plus accusé que le précédent. Le Seigneur lève la main droite, tandis que la main gauche tient le livre fermé.

 

Les coloris sont particuliers à cette figuration : " La couleur de la robe du Christ a été obtenue à l'aide d'un ton vert sur un fond d'ocre jaune et le manteau est un combiné d'ocre rouge et de blanc avec des rehauts de bleu outremer, ce qui donne une tonalité mauve d'une valeur exceptionnelle."

Les symboles des évangélistes : L'ange et l'aigle sont inscrits dans le cadre, le taureau et le lion au contraire débordant du cadre et sont un peu disproportionnés par rapport aux autres. On remarquera l'inversion des symboles inférieurs : le bœuf est à gauche et le lion à droite, ce qui est exceptionnel.

 

La Cène.

Au-dessous, la représentation de la Cène est traitée à plus petite échelle. Le Christ au centre de la table est entouré de ses apôtres, quatre de chaque côté, du moins actuellement. La table est couverte d'une nappe aux plis bien ordonnés. Comme de coutume, saint Pierre est la gauche du Seigneur avec sa grande clef, Saint Jean à sa droite penché sur sa poitrine, le Christ tend la bouchée fatale à Judas qui s'agenouille devant la table. On peut être surpris de voir la tête de Judas nimbée. Les éléments du repas ont été peints non sur la table, mais sur les plis de la nappe; cinq plats, des poissons, un pichet, des coupes de terre cuite, des petits pains ronds, des couteaux à manches noirs, à lames en spatule. Le docteur Fr. Lesueur y voyait une maladresse de l'artiste, mais il est plus probable que tous ces éléments ont été ajoutés après coup.

Au-dessus de la fenêtre centrale figure l'Agneau blanc sur fond jaune dans un médaillon cerclé de blanc et de violet.

L'intrados de cette fenêtre est décoré de la main divine, et sur les côtés sont représentés saint Georges et saint Augustin - (désignés par des inscriptions) - les patrons de l'abbaye et de l'ordre dont dépendait ce prieuré-cure : saint Georges en chevalier armé et saint Augustin avec sa crosse, coiffé d'une mitre à deux pointes. Saint Georges, debout, coiffé d'un heaume de fer assez haut dont la calotte est arrondie, et sanglé dans sa cotte de mailles serrée à la taille par un ceinturon auquel est attaché le fourreau de l'épée, porte à son cou, accroché par une courroie, un large écu. Sa main droite tient une lance à gonfalon dont l'extrémité inférieure empale la gueule d'un dragon ailé que le saint écrase sous ses pieds. Le bouclier pend au flanc gauche. L'écu, le bouclier et Ie gonfalon portent des armoiries indécises, damier blanc et noir.

 

Le paradis.

A l'entrée de l'abside, de ce même côté, est représenté le paradis. Au-dessus de la fenêtre, deux anges sont tournés vers la Jérusalem céleste, symbolisée par quatre rangées de quatre arcades où dans chacune d'elles figuraient les bustes de seize élus couronnés d'or et de pierreries. Les écoinçons de ces arcades étaient ornés d'un quatre-feuilles flanqué de quatre perles, et surmontés de croix pattées à la partie supérieure entre un bouquet de fleurettes. Quelle merveilleuse demeure ! A droite saint Pierre, ses grandes clefs sur !'épaule, introduit les bienheureux dans le paradis. Ces élus sont nus, pour évoquer sans doute le paradis terrestre, image d'une innocence retrouvée pour l'éternité.

 

Martyre de saint Jacques.

Au registre inférieur, le martyre de saint Jacques le Majeur (Ac 12, 2), titulaire de l'église. Le roi Hérode-Agrippa Ier, couronné d'or et de gemmes, vêtu d'un somptueux manteau noir, les iambes croisées, donne l'ordre à l'un des siens de trancher Ia tête de l'apôtre. Le beau vieillard, à la barbe blanche étreint le livre et bénit son bourreau. Celui-ci, à la mine patibulaire, porte une tunique courte, serrée à la taille par une ceinture à laquelle pend le fourreau vide. On remarquera le magnifique drapé de la tunique grise bordée d'une large bande jaune brodée de blanc, aux plis nettement accusés

en violet, dont le pan se déploie avec élégance, rappelant certains personnages de Saint-Savin. Les trois personnages de cette scène se détachent sur le fond blanc ocré du mortier de chaux de la fresque. .A droite de la tète d'Hérode, l'abbé Haugou, en grattant l'enduit a découvert un fragment de fresque du XIIe siècle représentant une tête d'ange, ce qui prouve que la scène du martyre est une addition légèrement postérieure. Les coloris, de cette figuration, soulignée par un cadre rouge et jaune, d'or, ont été obtenus à l'aide de mélanges de couleurs. Le manteau de saint Jacques est ocre rouge mélangé de jaune et souligné de rouge briqué, la robe du saint présente un drapé vert clair.

 

Deux vices.

Sous la fenêtre et sous cette scène, deux personnages symbolisant les Vices : L'un est l'Orgueil figuré par un cavalier jeté à bas de sa monture; l'autre est le Désespoir, une femme se transperçant la poitrine avec une épée. Au-dessus de la tête du cavalier, on distingue une aile gris bleu dessinée au trait rouge, qui appartenait probablement à un autre décor antérieur.

Deux scènes peintes immédiatement à droite de celles-ci, sur l'extrémité orientale du mur Sud de la nef, représentent la légende de saint Nicolas et la Résurrection de Lazare sur deux registres superposés

 

La légende de saint Nicolas.

Alors qu'un de ses voisins tombé dans la misère était sur le point de livrer ses filles à la prostitution pour en tirer bénéfice, saint Nicolas alla la nuit jeter dans sa maison, par la fenêtre, trois pièces d'or pour les doter et les marier. Sous un lit à colonnes et à baldaquin, on voit trois jeunes filles couchées, la tête reposant sur un large oreiller. Le père, un peu plus loin, se tient la tête absorbé par son projet. L'évêque saint Nicolas jette les trois pièces. Une inscription tirée de la légende explique la scène. A droite, une belle figure de Vierge à l'Enfant, debout, assiste à cet épisode, montrant ainsi son assistance bienveillante.

 

Résurrection de Lazare.

Au registre inférieur nous voyons, sur un geste solennel de Jésus entouré de disciples, Lazare s'asseoir dans un sarcophage orné de strigiles, comme les tombes antiques, dont un homme soulève le couvercle orné de croix et de losanges. A droite, les sœurs de Lazare et des amis de la famille. Sous cette scène se déploie une tenture dont le galon supérieur est orné d'oves. On retrouve cette même tenture sous les fresques du chœur. Ces cortinae sont souvent signalées dans les coutumiers monastiques de l'époque.

 

Les fins dernières.

Poursuivons vers l'Ouest, entre la seconde et la troisième fenêtre, sur trois registres superposés, est décrite la Descente du Christ aux limbes : En haut les patriarches assis; au dessous les tourments de l'enfer représentés sur des registres avec une prodigalité de détails comparable à celle du tympan de Conques : Démons poussant la horde des réprouvés enchaînés ou la tirant à eux, femmes mordues par des serpents ou des crapauds, un monstre accroupi broyant de sa gueule deux damnés. A droite, une grande figure du Christ délivre Adam et Eve des limbes, de la main il tient un long bâton surmonté d'une petite croix avec lequel il repousse un fauve velu symbolisant sans doute Lucifer. Le Christ, admirable de noblesse et de majesté est vêtu d'une longue robe cuivrée parmi toute une riche harmonie de couleurs déjà entrevue dans le Christ en gloire de l'abside. Au dessus de la tête du Rédempteur, on lit les paroles de saint Paul : O MORS ERO, MORS TUA, MORSUS TUUS ERO, INFERNE (Osée Ch. 13 V. 14), qui constituent la première antienne des Laudes de l'Office monastique du Samedi saint et évoquent la victoire définitive du Christ sur la mort par sa Résurrection glorieuse.

 

Les cavaliers de saint Georges.

Ce registre inférieur était recouvert d'une belle cavalcade de cinq chevaliers du temps de Saint Louis (1226-1270). Il ne reste que la trace des deux derniers qui ne recouvraient pas la scène de l'enfer. Ces cinq cavaliers, casqués et portant des armoiries sur leur bouclier, le gonfalon et le caparaçon de leurs chevaux, étaient conduits par saint Georges lui-même et nommément désignés par des inscriptions. Saint Georges portait les armes de Matthieu de Montmorency, le " grand connétable ", celui de Bouvines (1214). L'abbé Haugou a émis l'idée que ces chevaliers partaient pour la croisade de Saint Louis en Egypte en 1248, derrière saint Georges, patron des croisés. Mais c'est peu probable, car le quatrième chevalier

portait " de gueules à la croix ancrée d'or ". Ce sont les armes d'une famille du voisinage, la famille d'Avoir, barons de Mortagne et d'Avoir, qui ont peut-être financé la peinture de ces chevaliers. Un seul d'entre eux a pus être conservé en entier au-dessous de la seconde fenêtre méridionale. Un relevé ancien en a gardé le souvenir. Les coloris utilisés étaient ici le jaune, le blanc et le pourpre.

 

Nativité.

Au Nord, sont encore conservés la Nativité et le Massacre des Innocents. Dans première scène, en bas, on distingue la Vierge étendue : elle désignes le berceau d'osier où dort l'Enfant-Dieu sur un autel à la colonne peinte couleur porphyre. La crèche est figurée avec deux colonnes à chapiteaux dorés. Joseph se tient debout près d'elle. L'âne et le bœuf sont là selon la prophétie d'Isaïe (1, 3) et la version grecque. du prophète Habàquq (3. 2 " Au milieu de deux animaux tu te manifesteras ") reprise par le Livre de la Naissance de la Bienheureuse Marie et du Sauveur (ch. 14).

 

Le massacre des Innocents.

Il est décrit d'une manière tragique et émouvante. Un soldat vêtu du haubert de mailles arrache par les cheveux un enfant à sa mère. Un autre frappe de son épée un enfant, tandis que la mère se dresse dans une attitude désespérée. Deux femmes sont assises à terre, l'une veut donner encore le sein à son enfant couvert de sang, l'autre presse sur sa joue le visage de son enfant mort, tandis qu'un soldat s'éloigne plein de lassitude et sans doute de dégoût, la lance sur l'épaule.

 

architecture.relig.free.fr/saint_jacques_guerets.html

Mmm eclair. Bonbon Pastry & Cafe, Ohio City.

Belly Button Lint: Bonbon Brunch

Had chocolate cream inside. Nom!

 

Le Chandelier, East Dulwich.

 

Le Chandelier on the Randomness Guide to London.

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