View allAll Photos Tagged Comprendre
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Conférence ministérielle « Prévenir la perte d’autonomie : pour une meilleure coopération sur le thème des chutes des personnes âgées »
Première session : les chutes, marqueur et cause de la dépendance : constat et enjeux en Europe.
Session 1/2 : Comprendre les facteurs des chutes, les conditions, les habitudes et environnements de vie.
Maciej Kucharczyk, Secrétaire Général AGE Platform Europe, et Alexis Rinckenbach, Chef du bureau des affaires européennes et internationales, Paris le 27 janvier 2022. Crédits : Ministères sociaux / DICOM / Tristan REYNAUD / SIPA.
Ministerial conference « Preventing the loss of autonomy : for a better cooperation on the issue of falls of senior citizens »
First Session : falls, as both an indicator and a factor of dependency : state of play and challenges in Europe.
Session 1/2 : Understanding the factors of falls, living conditions, habits and environments.
Maciej Kucharczyk, Secretary General of AGE Platform Europe, and Alexis Rinckenbach, Head of European and International affairs office, Paris, January 27th 2022. Credits : Ministères sociaux / DICOM / Tristan REYNAUD / SIPA
Liberty Park , call for participation for collaborative creation. You can propose 3D new creations, modify some créations, provide knowledge, thoughts...
Liberty Park will be an amusement park that will trace the history of neoliberalism, theorists, those who have developed and implemented around the world, implications in all areas (production, health, general surveillance, consumption, etc. ...).
The reference is the Garden of Delights by Hieronymus Bosch. "Take the ghost train"
, grotesque but meaningful because it will not only condemn but to understand that we as willing victims.
2 first propositions :
- www.flickr.com/photos/39000262@N05/7845280712/in/photostr...
- www.flickr.com/photos/39000262@N05/7887357452/in/photostream
Contact me
****
Appel à participation pour une création collaborative.
Liberty Park sera un parc d’attraction qui retracera l’histoire du néolibéralisme, ses théoriciens, ceux qui l’ont développé et appliqué de par le monde, ses implications dans tous les domaines (production, santé, surveillance généralisée, consommation, etc…).
La référence est le jardin des délices de Jérôme Bosch. « Prenez le train fantôme »
un parc d’attraction , à la fois grotesque mais aussi porteur de sens parce qu’il ne s’agira pas seulement de dénoncer mais aussi de comprendre que nous en sommes aussi les victimes consentantes.
les 2 premières propositions :
- www.flickr.com/photos/39000262@N05/7845280712/in/photostr...
- www.flickr.com/photos/39000262@N05/7887357452/in/photostream
contactez moi
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
バラや牡丹の花逆に。どこにでも開かれていない世界でどこでも美しいと呼ばれる、しかし、普通の未知の野生の花
芝生、すべて私たちの周りの山と平野。この光の中で見ると、人間の世界にも幸福と素晴らしさの真のですが、世界の注目を引き付けるために壮観ですが、実際の生活の中で頻繁に見つけることは困難であり、逆ダウン、人間の世界の現実は、最も一般的なのは、確かに、最も一般的ですタフな、苦難、何も刺激的な生活があります。
自然の中で非常に広い可視まれにノイズの多い市場では見られない世界の工場、山の中の山の谷の高齢化は、しばしば予期せぬ花や苗を選ぶことができますしながら、、、、カラフルなのにもかかわらず、人間社会、優雅な、しかし、結局のところ、シンプルで広く深いの欠如に自然の本質。
ナチュラル控え、常に自然で、人間の世界の頭部は、人類の人間と自然語形変化の性質になることはありません。
縦長、世界史は、生存や語形変化、穏やかで、乱流交換事前以外の何ものでもありません。海のように、海が穏やかになり、波が落ち、穏やかな波で満たされます。
世界の長いでこぼこ道を旅し、人々は通常、優雅な散歩をしたくない。関係なく、自然の、または社交界、花の夢、間違いなく最も美しいラプソディの一つです。
自然金は少なく、ほとんどが砂利包摂。面し石が配置されている、あなたが理解し、無限の宝物のこの世界の鉱山開発になります。
過去にあまりにも多くのものを通過、それが困難な世界の前に、現在直す時間に戻ってそれを作るために作る。しかし、良いものが、強い生命力を持っているが、最後の長いよりは人興奮思い出を引き起こす可能性があります。
赤熱炎燃えるような若い血は、澄んだ青い空に飛ぶために翼を広げることが望ましい。世界で最もダイナミックで勇敢な起業家精神間違いなく大胆不敵な若者たち。
バーレスク歴史は別の難しいステージでカーテンコールは、歴史が頻繁に繰り返される、ステージ上ではなく、物語は俳優であり、何も変わりません。
時折シルトや土砂の随時スロー山、美しい内装に浮かんで緑の葉のいくつかの作品、人間の歴史の中で、実際には、水の歴史は常に無限大です、ペンティアムトリニダード、グリット永遠に川の下に永遠に沈みます河床の上を流れます。
歴史の舞台には、いくつかのより多くの笑いと拍手を獲得する時にはことができピエロ渡しながら。むしろレトリックの魔術師よりも、もちろん、賢明で勇敢な闘牛士の人類に。歴史の舞台ギャグ子どもの遊びではなく、すべての後、パニックする必要がありますチャンチャンは少しドラマ決して彼の立場であることに領土を残します。
人類の時系列の歴史は宇宙の歴史と自然が偶然ではないクロニクル、それが一致することはできません。前者は後者の10000分の1、でも人間の歴史の破壊であれば、自然史、宇宙意志まだミリリットルの歴史よりもわずかに小さいです変化は継続しません。
人間社会の変化やは、人間社会の変革の全体的な構造、特に人間社会の社会構造と自然基礎ベッド自体を変更することに基づいて、最初を変更し、すべてが密接に変換し、改革に関連した変化との関係の生存にリンクされて生き残ります。
哲学者は合理的に解釈され、自然界と人間社会の解剖います。
、通常の定命と本質的に区別できない偉大な男、巨人は、もちろん、絶対的な平等が均一でない、それはまた、歴史や文字を歪める。ありません普通の人間の何百万、数百、偉大な男、巨人のようなものはありません。
非常に不思議な世界、生きているアキュラできるように、唯一の天国を見つけるために、平和、生と死、誕生と死、死と復活に死んで残りをしましょう。
現実の世界では、すべての後に、無限の宇宙より小さな惑星より、人々が建物の天国は本当に人類の最も神聖な楽園です目覚めます。
世界の年が行くように、有名な老化が徐々にスポットライトを撤回します。これは単なる言語として古いとして、数千年のが、後にすることなく、古代のテキスト古英語のようなオラクル、に進化し、その後、高貴な偉大な有名な子孫は理解して知っています。
美しい世界、何よりもまず、生命の本質盛んな学校の自然の美しさ。美しい人間社会、何よりもまず人間の勤勉な労働の作成、常に体の性質と労働の作成における人間の体を改善し、変換。美しい人間社会、に加えて、富が豊富よりも、もっと重要なのは、それは人間の理性の本質であり、社会的実践の飛躍の練習を変更します。自然と社会の複数の変更を。
現実の世界と人間社会のために漠然とした説教、Mengyi潘神話は、単に嘲笑である。彼は逆に、人類に良い持っていないだけでなく、だけでなく、混沌と絶え間ない苦しみ災害になります。
世界の歴史は非常に単純な繰り返しで、歴史は、いくつかの複雑な変更のために、より多くの変化が変化である以外は同様。
小さな惑星で人類の歴史の最後を見つけるのは難しいですが、物理的な宇宙の最後ではなく、別の人類の生存を探し始めることができます。
Rose and peony flower called beautiful, but everywhere in the world is not open everywhere. On the contrary, ordinary unknown wildflowers
Grass, mountains and plains all around us. Seen in this light, the human world is also true of happiness and splendor is spectacular to attract the world's attention, but in real life is often difficult to find, down the contrary, the reality of the human world, the most common is indeed the most common is tough, hardship, nothing exciting life.
Plants in the world rarely seen in the noisy market, while the aging of the mountain valley in the mountains are often able to pick flowers and seedlings unexpected, visible, very broad in nature, and human society in spite of colorful, graceful, but after all, the essence of nature to the lack of simple and broad and deep.
Natural ahead, always be natural, the head of the human world will never be the nature of man and nature declension of humanity.
Vertical, world history is nothing more than survival and declension, calm and turbulent exchange advance. Like the sea, will be filled with calmer waves, the waves fall, the sea will be calm.
Of the world traveled a long and bumpy road, and people usually do not want a leisurely stroll as elegant. Regardless of the nature, or social circles, flowery dream, is undoubtedly one of the most beautiful Rhapsody.
Nature gold less and less, mostly gravel subsumed. Facing stone is located, you will understand and mining exploitation in this world of endless treasures.
The passage of too many things in the past, making it difficult to make it back in time to re-present in front of the world. However, good things but has a strong vitality, last longer the more can cause people excited memories.
Young blood like red-hot flame burning, it is desirable to expand the wings to fly in the clear blue skies. The world's most dynamic and courageous entrepreneurial spirit undoubtedly fearless these young people.
Burlesque history is not on the stage, the curtain call on another difficult stage, history often repeats itself, but the story is the actor and change nothing.
Throughout human history, from time to time thrown piles of silt or sediment, occasionally a few pieces of green leaves floating in beautifully decorated, in fact, the history of water is always endless, Pentium Trinidad, grit sink forever beneath the river forever flow over riverbed.
The stage of history is not a gag child's play. Stage of history to the humanity of course, wise and brave bullfighter, rather than rhetoric magician. While passing by clowns sometimes able to win several more laughter and applause, but after all, have to panic Chang Chang leave the territory in being a little drama never his position.
Chronological history of mankind chronicles the history and nature of the universe is not coincidence, but it can never coincide. The former is just less than one ten thousandth of the latter, even if the destruction of human history, natural history, history of the universe will still ml no change continues.
Human social change or alter, the first based on changing the overall structure of the transformation of human society, especially the social structure of human society and the natural foundation bed itself and survive all closely linked to the survival of the relationship between changes associated with the transformation and reform.
The philosophers have only interpreted rationally and dissection of the natural world and human society.
Ordinary, mortal and a great man, a giant essentially indistinguishable, of course, absolute equality is not uniform, it also distorts history and character. Not hundreds of millions of ordinary mortals, there is no such thing as a great man, a giant.
Very mysterious world, allowing living Acura, let the dead rest in peace, life and death, birth and death, death and resurrection, only to find the kingdom of heaven.
The real world, after all, a small planet more than the boundless universe, people awaken buildings heaven really is mankind's most holy paradise.
World famous great noble then, as the years go by, famous senescence will gradually withdraw the spotlight. This will just as old as languages, thousands of years later evolve into Oracle, like the ancient text Old English without being descendants know understand.
Beautiful world, first and foremost the natural beauty of nature thriving school of life. Beautiful human society, first and foremost human diligent labor creation, and constantly improve and transform the nature of the body and the body of humanity in the labor creation. Beautiful human society, in addition to wealth than rich, more importantly, it is the nature of human reason and change the practice of social practice leap. multiple changes of natural and social.
Vague preaching, Mengyi Ban myth, for the real world and human society is simply a mockery. He not only does not bring good to mankind, on the contrary, will not only be chaos and relentless suffering disaster.
The history of the world is so simple repeat, history repeated except for some complex changes, the more change is change.
The end of human history in a small planet is difficult to find, but at the end of the physical universe but from another can begin looking for the survival of mankind.
Rose et de la pivoine fleur appelée belle, mais partout dans le monde est d'ouvrir partout. Au contraire, les fleurs sauvages inconnus ordinaires
Herbe, montagnes et les plaines autour de nous. Vu sous cet angle, le monde humain est également vrai pour le bonheur et la splendeur est spectaculaire pour attirer l'attention du monde, mais dans la vraie vie est souvent difficile de trouver, en baisse, au contraire, la réalité du monde humain, le plus commun est en effet le plus commun est difficile, difficultés, rien vie passionnante.
Usines dans le monde rarement vu dans le marché bruyant, alors que le vieillissement de la vallée de montagne dans les montagnes sont souvent en mesure de cueillir des fleurs et plants inattendus, visibles, très larges dans la nature, et de la société humaine, en dépit de coloré, gracieux, mais après tout, l'essence de la nature de l'absence de simple et large et profonde.
Naturelle de l'avant, toujours naturel, la tête du monde humain ne sera jamais la nature de l'homme et la nature déclinaison de l'humanité.
Vertical, l'histoire du monde est rien de plus que la survie et la déclinaison, calme et turbulent avance de change. Comme la mer, seront remplis avec des vagues calmes, les vagues tombent, la mer sera calme.
Du monde parcouru une route longue et cahoteuse, et les gens ne veulent généralement pas une promenade aussi élégant. Indépendamment de la nature, ou des cercles sociaux, rêve fleuri, est sans doute l'un des plus beaux Rhapsody.
Nature or de moins en moins, la plupart du temps le gravier subsumé. Face pierre se trouve, vous comprendrez et de l'exploitation minière dans ce monde de trésors sans fin.
Le passage de trop de choses dans le passé, ce qui rend difficile de le faire revenir à temps pour re-présenter devant le monde. Cependant, de bonnes choses, mais a une forte vitalité, durent plus longtemps et plus peut inciter les gens souvenirs excités.
Jeune sang comme une flamme brûlante rouge, il est souhaitable d'étendre les ailes pour voler dans le ciel bleu clair. Plus dynamiques et courageux esprit d'entreprise sans aucun doute intrépides ces jeunes du monde.
histoire burlesque est pas sur la scène, l'appel de rideau sur une autre étape difficile, l'histoire se répète souvent, mais l'histoire est l'acteur et rien ne change.
Tout au long de l'histoire humaine, de temps en temps jeter des tas de limon ou les sédiments, parfois quelques morceaux de feuilles vertes qui flottent dans magnifiquement décorée, en fait, l'histoire de l'eau est toujours sans fin, Pentium Trinidad, grain sombrer à jamais sous la rivière pour toujours circuler sur lit de la rivière.
La scène de l'histoire est pas un jeu d'enfant de gag. Scène de l'histoire de l'humanité, bien sûr, sage et courageux torero, plutôt que la rhétorique magicien. En passant par des clowns parfois en mesure de gagner plusieurs autres rires et les applaudissements, mais après tout, avoir à la panique Chang Chang quitter le territoire en étant un petit drame jamais sa position.
histoire chronologique de l'humanité raconte l'histoire et la nature de l'univers est pas une coïncidence, mais elle ne peut jamais coïncider. Le premier est un peu moins de un dix millième de celle-ci, même si la destruction de l'histoire humaine, l'histoire naturelle, l'histoire de l'univers sera toujours ml aucun changement continue.
changement social humain ou modifier, la première fonction de l'évolution de la structure globale de la transformation de la société humaine, en particulier la structure sociale de la société humaine et le lit de base naturelle elle-même et survivre à toutes étroitement liées à la survie de la relation entre les changements associés à la transformation et à la réforme.
Les philosophes ont seulement interprété de façon rationnelle et la dissection du monde naturel et la société humaine.
Ordinaire, mortel et un grand homme, un géant essentiellement indiscernables, bien sûr, l'égalité absolue est pas uniforme, elle fausse aussi l'histoire et de caractère. Centaines de millions de mortels, il n'y a pas une telle chose comme un grand homme, un géant.
monde très mystérieux, permettant vivre Acura, laissez les morts reposent dans la paix, la vie et la mort, la naissance et la mort, la mort et la résurrection, seulement pour trouver le royaume des cieux.
Le monde réel, après tout, une petite planète de plus que l'univers infini, les gens se réveillent bâtiments ciel est vraiment très saint paradis de l'humanité.
Le célèbre grand seigneur alors, comme les années passent, célèbre sénescence se retirera progressivement le feu des projecteurs. Ce sera juste aussi vieux que langues, des milliers d'années plus tard, évoluent dans Oracle, comme l'ancien texte vieil anglais sans être descendants savent comprendre.
Beau monde, d'abord et avant tout la beauté naturelle de la nature florissante école de la vie. Belle société humaine, la première et la création avant tout du travail diligent humaine, et constamment améliorer et transformer la nature du corps et le corps de l'humanité dans la création de l'emploi. Belle la société humaine, en plus de la richesse que riche, plus important encore, il est de la nature de la raison humaine et changer la pratique du saut de la pratique sociale. multiples changements de naturel et social.
prédication vague, Mengyi Ban mythe, pour le monde réel et la société humaine est tout simplement une parodie. Non seulement il n'apporte du bien aux hommes, au contraire, ne sera pas seulement le chaos et implacable catastrophe de souffrance.
L'histoire du monde est répétée si simple, l'histoire répétée, sauf pour quelques changements complexes, plus le changement est le changement.
La fin de l'histoire humaine dans une petite planète est difficile à trouver, mais à la fin de l'univers physique, mais d'un autre peut commencer à regarder pour la survie de l'humanité.
Rose und Pfingstrose Blume schön genannt, sondern überall in der Welt nicht überall offen ist. Im Gegenteil, gewöhnliche unbekannt Wildblumen
Gras, Berge und Ebenen überall um uns herum. So gesehen, ist die menschliche Welt gilt auch für Glück und Glanz ist spektakulär die Aufmerksamkeit der Welt, aber im wirklichen Leben zu gewinnen ist oft schwer zu finden, nach unten im Gegenteil, die Realität der menschlichen Welt, die häufigste ist tatsächlich die häufigste hart, Not, nichts aufregendes Leben.
Pflanzen in der Welt nur selten in der lärmenden Markt, während die Alterung der Berg-Tal in den Bergen sind oft in der Lage gesehen, Blumen und Setzlinge unerwartet, sichtbar, sehr breit in der Natur, und die menschliche Gesellschaft trotz bunt, würdevoll zu holen, aber nach allem, das Wesen der Natur auf den Mangel an einfachen und breit und tief.
Natürliche voraus, immer natürlich, der Leiter der menschlichen Welt wird nie Deklination der Menschheit die Natur des Menschen und der Natur sein.
Vertikal, Weltgeschichte ist nichts anderes als das Überleben und die Deklination, ruhig und turbulenten Austausch voraus. Wie das Meer wird mit ruhigeren Wellen gefüllt werden, die Wellen fallen, wird das Meer ruhig sein.
Der Welt reiste eine lange und holprige Straße, und die Menschen in der Regel nicht wollen, einen Spaziergang, wie elegant. Unabhängig von der Art oder gesellschaftlichen Kreisen, blumig Traum, ist zweifellos einer der schönsten Rhapsody.
Natur Gold immer weniger, meist Kies zusammengefasst. Mit Blick auf Stein befindet, werden Sie verstehen, und Bergbau Ausbeutung in dieser Welt der unendlichen Schätze.
Der Durchgang von zu vielen Dingen in der Vergangenheit, so dass es schwierig es in der Zeit, um wieder zu re-präsentieren vor der Welt. Doch eine gute Dinge, aber hat eine starke Vitalität, dauern die mehr länger können die Menschen aufgeregt Erinnerungen hervorrufen.
Junges Blut wie glühende Flamme brennt, ist es wünschenswert, die Flügel zu erweitern in den klaren, blauen Himmel zu fliegen. Die weltweit dynamischsten und mutigen Unternehmergeist zweifellos furchtlos diese jungen Menschen.
Burlesque Geschichte ist nicht auf der Bühne, der Vorhang auf einem anderen schwierigen Phase, Geschichte oft wiederholt sich, aber die Geschichte ist der Schauspieler und nichts ändern.
Im Laufe der Menschheitsgeschichte, von Zeit zu Zeit geworfen Haufen von Schlamm oder Sediment, gelegentlich ein paar Stücke von grünen Blättern schwimmend in wunderschön eingerichtet, in der Tat, die Geschichte des Wassers immer endlos ist, Pentium Trinidad, Waschbecken Körnung immer unter dem Fluss für immer fließen über Flussbett.
Der Schauplatz der Geschichte ist nicht ein Spiel der gag Kind. Bühne der Geschichte der Menschheit natürlich, klug und mutig Stierkämpfer, anstatt Rhetorik Zauberer. Während von Clowns manchmal in der Lage zu gewinnen, einige mehr Gelächter und Applaus vorbei, aber immerhin haben zur Panik Chang Chang, das Gebiet zu sein ein wenig Drama verlassen nie seine Position.
Chronologische Geschichte der Menschheit zeigt die Geschichte und Natur des Universums ist kein Zufall, aber es kann niemals zusammenfallen. Das erstere ist nur weniger als ein Zehntausendstel des letzteren, auch wenn die Zerstörung der menschlichen Geschichte, Naturgeschichte, Geschichte des Universums noch ml keine Änderung weiter.
Menschliche sozialen Wandel oder zu ändern, die erste auf der Grundlage der Gesamtstruktur der Transformation der menschlichen Gesellschaft zu ändern, vor allem die soziale Struktur der menschlichen Gesellschaft und die natürliche Grundlage Bett selbst und überleben eng alles, um das Überleben der Beziehung zwischen ändert sich mit der Transformation und Reform verbunden verknüpft.
Die Philosophen haben nur rational und Präparation der natürlichen Welt und der menschlichen Gesellschaft interpretiert.
Gewöhnliche, tödlich und ein großer Mann, ein Riese im Wesentlichen nicht zu unterscheiden, ist natürlich absolute Gleichheit nicht einheitlich, es verzerrt auch Geschichte und Charakter. Nicht Hunderte von Millionen von gewöhnlichen Sterblichen, gibt es nicht so etwas wie ein großer Mann, ein Riese.
Sehr geheimnisvolle Welt, so dass lebende Acura, lassen die Toten in Frieden ruhen, Leben und Tod, Geburt und Tod, Tod und Auferstehung, nur in das Himmelreich zu finden.
Die reale Welt, immerhin ein kleiner Planet mehr als die grenzenlosen Universum, wecken Menschen Gebäude Himmel wirklich Menschheit allerheiligsten Paradies.
Weltberühmt großen Adels dann, wie die Jahre vergehen, allmählich berühmt Seneszenz das Rampenlicht zurückziehen wird. Dies wird nur so alt, wie Sprachen, Tausende von Jahren entwickeln später in Oracle, wie die alten Text altes Englisch, ohne Nachkommen wissen, verstehen.
Schöne Welt, in erster Linie die natürliche Schönheit der Natur blühende Schule des Lebens. Schöne menschlichen Gesellschaft, in erster Linie Mensch fleißig Arbeits Schöpfung, und ständig zu verbessern und die Natur des Körpers und den Körper des Menschen auf dem Arbeits Schaffung transformieren. Schöne menschlichen Gesellschaft, zusätzlich zu Reichtum als reich, was noch wichtiger ist, ist es in der Natur der menschlichen Vernunft und die Praxis der sozialen Praxis Sprung ändern. mehrere Änderungen der natürlichen und sozialen.
Vague Predigt, Mengyi Ban Mythos, für die reale Welt und der menschlichen Gesellschaft ist einfach ein Hohn. Er hat nicht nur nicht gut bringen die Menschheit, im Gegenteil, nicht nur Chaos und unerbittlich Leiden Katastrophe.
Die Geschichte der Welt ist so einfach wiederholen, Geschichte mit Ausnahme einiger komplexen Veränderungen wiederholt, desto mehr ändern ändern.
Das Ende der menschlichen Geschichte in einem kleinen Planeten ist schwer zu finden, aber am Ende des physischen Universums, sondern von einem anderen kann beginnen, für das Überleben der Menschheit suchen.
Роза и пион цветок называется красивым, но во всем мире не является открытым всюду. Напротив, обычные неизвестные полевые
Трава, горы и равнины вокруг нас. В этом свете, человеческий мир тоже верно счастья и великолепие является захватывающим, чтобы привлечь внимание мировой общественности, но в реальной жизни часто бывает трудно найти, вниз, наоборот, реальность человеческого мира, наиболее распространенным является действительно самым распространенным жесткая, трудности, ничего не интересно жизнь.
Растения в мире редко можно увидеть в шумном рынке, в то время как старение горной долине в горах часто могут рвать цветы и рассаду неожиданные, видимые, очень широкие в природе и человеческом обществе, несмотря на красочные, изящные, но в конце концов, суть природы с отсутствием простой и широкая и глубокая.
Природные вперед, всегда быть естественным, глава человеческом мире никогда не будет природа человека и природы склонения человечества.
Вертикальный, мировая история не что иное, как выживание и склонения, спокойствия и турбулентного обмена заранее. Как море, будет наполнен спокойных волн, падают волны, море будет спокойным.
Из мира долгий и тернистый путь, и люди обычно не хотят прогулку как элегантно. Независимо от природы, или социальных кругах, цветистой мечте, несомненно, является одним из самых красивых Rhapsody.
Природа золота все меньше и меньше, в основном гравий отнести. Облицовочный камень находится, вы поймете и добыча эксплуатация в этом мире бесконечных сокровищ.
Прохождение слишком много вещей в прошлом, что делает его трудно сделать его обратно во времени, чтобы вновь присутствует в передней части мира. Тем не менее, хорошие вещи, но имеет сильную жизненную, дольше еще можно заставить людей возбужденных воспоминания.
Молодая кровь, как раскаленный горения пламени, желательно расширить крылья, чтобы летать в голубое небо. Самые динамичные и смелые предпринимательский дух, несомненно бесстрашные эти молодые люди в мире.
Бурлеск история не на сцене, занавес на другом сложном этапе, история часто повторяется, но история актер и ничего не меняют.
На всем протяжении человеческой истории, время от времени выбрасывается груды ила или осадков, иногда несколько кусочков зелеными листьями, плавающие в красиво оформленные, по сути, история воде всегда бесконечны, Pentium Тринидад, грит раковина навсегда под рекой навсегда перетекать русла.
Этап истории не пьеса рвотный ребенка. Стадия истории человечества, конечно, мудрый и храбрый тореадор, нежели риторики мага. При прохождении клоунами иногда способны выиграть еще несколько смех и аплодисменты, но в конце концов, должны паниковать Чанг Чанг покинуть территорию в будучи немного драмы никогда его позиция.
Последовательность история человечества ведет хронику истории и природа Вселенной не случайно, но она никогда не может совпадать. Первое чуть менее одной десятитысячной последнего, даже если уничтожение человеческой истории, естественной истории, история Вселенной будет по-прежнему мл никаких изменений не продолжается.
Человек социальное изменение или изменять, первый основан на изменении общей структуры трансформации человеческого общества, особенно на социальную структуру человеческого общества и сам естественный кровать фундамент и выжить тесно связаны с выживанием взаимосвязи между изменениями, связанными с преобразованием и реформ.
Философы лишь интерпретировать рационально и рассечение природного мира и человеческого общества.
Обыкновенные, смертный и великий человек, гигантская по существу неразличимы, конечно, абсолютное равенство не является однородным, оно также искажает историю и характер. Не сотни миллионов простых смертных, нет такой вещи, как великого человека, гигантский.
Очень таинственный мир, позволяя жить Acura, пусть мертвые Покойся с миром, жизнью и смертью, рождением и смертью, смерть и воскресение, только чтобы найти в Царство Небесное.
Реальный мир, в конце концов, маленькая планета более безграничной вселенной, людей пробуждается здания небо действительно святыня рай человечества.
Всемирно известный великий благородный то, как проходят годы, известный старение будет постепенно выводить внимания. Это будет так же, как старый, как языки, тысячи лет спустя превратиться в Oracle, как древнего текста староанглийской без потомки знают понять.
Прекрасный мир, в первую очередь естественная красота природы процветает школу жизни. Красивая человеческое общество, в первую очередь прилежным создание рабочей человек, и постоянно улучшать и преобразовывать природу тела и тело человечества в создании труда. Красивая человеческое общество, в дополнение к богатства, чем богаты, что более важно, это природа человеческого разума и изменить практику практике скачок социальной. многократных изменений природной и социальной.
Неясные проповедь, Mengyi Пан миф, для реального мира и человеческого общества это просто издевательство. Он не только не приносит хорошее для человечества, наоборот, будет не только хаос и неустанное терпящим бедствие.
История мира настолько прост повторите, история повторяется для некоторых сложных изменений, за исключением, тем более изменение изменение.
Конец человеческой истории в маленькой планете трудно найти, но в конце физической вселенной, но из другой может начать искать для выживания человечества.
Rosa y peonía flor llamada hermosa, sino en todo el mundo no está abierto en todas partes. Por el contrario, las flores silvestres desconocidos ordinarios
Hierba, montañas y llanuras alrededor de nosotros. Desde esta perspectiva, el mundo humano también es cierto de la felicidad y esplendor es espectacular para atraer la atención del mundo, pero en la vida real es a menudo difícil de encontrar, por el contrario, la realidad del mundo de los humanos, el más común es de hecho la más común es difícil, la dificultad, la vida nada emocionante.
Las plantas en el mundo rara vez se ven en el mercado ruidoso, mientras que el envejecimiento de la valle de montaña en las montañas a menudo son capaces de recoger las flores y las plantas de semillero inesperados, visibles, muy amplios en la naturaleza y la sociedad humana, a pesar de colorido, agraciado, pero después de todo, la esencia de la naturaleza de la falta de simple y amplio y profundo.
Natural por delante, siempre ser natural, la cabeza del mundo humano nunca será la naturaleza del hombre y la naturaleza decadencia de la humanidad.
Vertical, la historia del mundo no es más que la supervivencia y la declinación, la calma y la anticipación de cambio turbulento. Como el mar, se llenará de olas más tranquilas, las olas caen, el mar estará en calma.
Del mundo recorrido un camino largo y lleno de baches, y la gente por lo general no quieren un paseo tan elegante. Independientemente de la naturaleza, o círculos sociales, Sueño florido, es sin duda uno de los más bellos Rhapsody.
Naturaleza de oro cada vez menos, la mayoría de grava subsumido. Frente a la piedra se encuentra, se va a entender y explotación minera en este mundo de infinitas tesoros.
El paso de demasiadas cosas en el pasado, por lo que es difícil que sea en el tiempo para volver a presentar delante del mundo. Sin embargo, las cosas buenas pero tiene una fuerte vitalidad, duran más cuanto más se puede hacer que las personas memorias excitados.
La sangre joven como la llama encendida al rojo vivo, es deseable ampliar las alas para volar en los cielos azules claros. espíritu empresarial, sin duda, sin miedo a estos jóvenes más dinámicos y valientes del mundo.
Burlesque historia no está en el escenario, la llamada de la cortina en otra etapa difícil, la historia se repite a menudo, pero la historia es el actor y cambiar nada.
A lo largo de la historia humana, de vez en montones de tiempo tirado de limo o sedimento, de vez en cuando algunos pedazos de hojas verdes que flotan en muy bien decorado, de hecho, la historia del agua es siempre sin fin, Pentium Trinidad, la arena se hunde para siempre debajo del río para siempre fluir sobre lecho del río.
La etapa de la historia no es un juego de niños gag. Etapa de la historia de la humanidad, por supuesto, sabia y torero valiente, en lugar de mago retórica. Al pasar por payasos veces capaz de ganar varios más risas y aplausos, pero después de todo, tienen que entrar en pánico Chang Chang salir del territorio en ser un pequeño drama que nunca su posición.
historia cronológica de la humanidad una crónica de la historia y la naturaleza del universo no es una coincidencia, pero nunca puede coincidir. El primero es un poco menos de una diezmilésima de este último, incluso si la destrucción de la historia humana, la historia natural, historia del universo se sigue ml continúa sin cambios.
cambio social humana o alterar, el primero basado en el cambio de la estructura global de la transformación de la sociedad humana, sobre todo la estructura social de la sociedad humana y el propio lecho de asiento natural y sobrevivir a todos ellos estrechamente vinculados a la supervivencia de la relación entre los cambios asociados con la transformación y la reforma.
Los filósofos sólo han interpretado de forma racional y la disección del mundo natural y la sociedad humana.
Ordinario, mortal y un gran hombre, un gigante esencialmente indistinguibles, por supuesto, la igualdad absoluta no es uniforme, sino que también distorsiona la historia y carácter. No cientos de millones de mortales ordinarios, no hay tal cosa como un gran hombre, un gigante.
Muy misterioso mundo, lo que permite vivir Acura, deja que los muertos descansen en paz, la vida y la muerte, nacimiento y muerte, muerte y resurrección, sólo para encontrar el reino de los cielos.
El mundo real, después de todo, un pequeño planeta más que el universo ilimitado, la gente despierte edificios cielo realmente es el paraíso más sagrado de la humanidad.
El mundialmente famoso gran noble entonces, como pasan los años, famosa senescencia se retirará gradualmente el centro de atención. Esto lo hará tan antigua como idiomas, miles de años más tarde evolucionan en Oracle, como el antiguo texto del Antiguo Inglés sin ser descendientes sepan entender.
mundo hermoso, ante todo, la belleza natural de la naturaleza floreciente escuela de la vida. sociedad humana hermoso, ante todo, la creación de trabajo diligente humana, y constantemente mejorar y transformar la naturaleza del cuerpo y el cuerpo de la humanidad en la creación de trabajo. sociedad humana hermosa, además de la riqueza que rico, lo más importante, es la naturaleza de la razón humana y cambiar la práctica de la práctica salto social. múltiples cambios natural y social.
predicación vaga, Mengyi Ban mito, para el mundo real y la sociedad humana no es más que una burla. No sólo no trae bien a la humanidad, por el contrario, no sólo será el caos y el desastre sufrimiento incesante.
La historia del mundo es tan simple repetición, la historia se repitió a excepción de algunos cambios complejos, más el cambio es el cambio.
El fin de la historia humana en un planeta pequeño es difícil de encontrar, pero al final del universo físico, sino de otro puede comenzar a buscar la supervivencia de la humanidad.
Rose e peonia fiore chiamato bello, ma in tutto il mondo non è aperto in tutto il mondo. Al contrario, ordinarie fiori sconosciuti
Erba, montagne e pianure intorno a noi. Visto in questa luce, il mondo umano è anche vero della felicità e splendore è spettacolare per attirare l'attenzione del mondo, ma nella vita reale è spesso difficile da trovare, giù al contrario, la realtà del mondo umano, il più comune è infatti il più comune è dura, le difficoltà, niente di eccitante vita.
Le piante nel mondo raramente visto nel mercato rumoroso, mentre l'invecchiamento della valle di montagna in montagna sono spesso in grado di raccogliere fiori e piantine inaspettati, visibili, molto ampio in natura, e la società umana, nonostante colorato, grazioso, ma dopo tutto, l'essenza della natura della mancanza di semplice e largo e profondo.
Naturale avanti, essere sempre naturali, il capo del mondo umano non sarà mai la natura dell'uomo e della natura declinazione dell'umanità.
Composizione verticale, la storia del mondo non è altro che la sopravvivenza e la declinazione, calma e turbolento anticipo di scambio. Come il mare, sarà riempito con onde calme, le onde cadono, il mare sarà calmo.
Del mondo percorso una strada lunga e accidentata, e la gente di solito non vogliono una piacevole passeggiata elegante. Indipendentemente dalla natura, o ambienti sociali, sogno fiorito, è senza dubbio uno dei più belli Rhapsody.
oro Natura sempre meno, per lo più di ghiaia sussunto. pietra di fronte si trova, si capisce e lo sfruttamento minerario in questo mondo di infiniti tesori.
Il passaggio di troppe cose in passato, rendendo difficile per renderlo indietro nel tempo di ri-presente di fronte al mondo. Tuttavia, le cose buone ma ha una forte vitalità, durare più a lungo e più può causare persone memorie eccitati.
Giovane sangue come rovente accesa la fiamma, è auspicabile ampliare le ali per volare nel cielo azzurro. Spirito imprenditoriale sicuramente senza paura questi giovani più dinamici e coraggiosi del mondo.
la storia Burlesque non è sul palco, la chiamata sipario su un'altra fase difficile, la storia spesso si ripete, ma la storia è l'attore e cambiare nulla.
Nel corso della storia umana, di volta in volta gettato cumuli di fango o di sedimenti, di tanto in tanto alcuni pezzi di foglie verdi galleggianti in splendidamente decorate, infatti, la storia di acqua è sempre infinita, Pentium Trinidad, grana affondare per sempre al di sotto del fiume per sempre scorrere sopra letto del fiume.
La scena della storia non è un gioco da ragazzi gag. Scena della storia per l'umanità di corso, saggio e torero coraggioso, piuttosto che la retorica mago. Passando per clown a volte in grado di vincere molti più risate e applausi, ma dopo tutto, hanno di panico Chang Chang lasciare il territorio di essere un piccolo dramma mai la sua posizione.
la storia cronologica del genere umano racconta la storia e la natura dell'universo non è una coincidenza, ma non può mai coincidere. Il primo è poco meno di un decimillesimo di questi ultimi, anche se la distruzione della storia umana, la storia naturale, storia dell'universo sarà ancora ml nessun cambiamento continua.
cambiamento sociale umana o modificare, la prima basata sulla modifica della struttura complessiva della trasformazione della società umana, in particolare la struttura sociale della società umana e il letto fondamento naturale stesso e sopravvivere a tutte strettamente legate alla sopravvivenza del rapporto tra cambiamenti associati con la trasformazione e la riforma.
I filosofi hanno solo interpretato in modo razionale e la dissezione del mondo naturale e la società umana.
Ordinaria, mortale e un grande uomo, un gigante essenzialmente indistinguibile, naturalmente, l'uguaglianza assoluta non è uniforme, ma distorce anche la storia e carattere. Non è stato centinaia di milioni di comuni mortali, non vi è alcuna cosa come un grande uomo, un gigante.
mondo molto misterioso, permettendo che vivono Acura, lasciate che i morti riposano in pace, vita e morte, nascita e morte, morte e risurrezione, solo per scoprire il regno dei cieli.
Il mondo reale, dopo tutto, un piccolo pianeta oltre l'universo sconfinato, gente risvegliare edifici cielo è veramente il paradiso santissima del genere umano.
Di fama mondiale grande nobile poi, come il passare degli anni, famoso senescenza gradualmente ritirare i riflettori. Questo sarà solo vecchio come le lingue, migliaia di anni dopo, si evolvono in Oracle, come l'antico testo antico inglese senza essere discendenti sanno capire.
Bella mondo, in primo luogo la naturale bellezza della natura fiorente scuola di vita. Bella la società umana, in primo luogo e la creazione di lavoro diligente umana luogo, e costantemente migliorare e trasformare la natura del corpo e il corpo dell'uomo nella creazione di lavoro. Bella la società umana, oltre a ricchezza che ricco, ancora più importante, è la natura della ragione umana e cambiare la pratica della pratica salto sociale. molteplici cambiamenti di naturale e sociale.
predicazione Vague, Mengyi Ban mito, per il mondo reale e la società umana è semplicemente una presa in giro. Egli non solo non porta bene agli uomini, al contrario, non sarà solo caos e disastro sofferenza incessante.
La storia del mondo è così semplice ripetizione, la storia ripete ad eccezione di alcune modifiche complesse, tanto più il cambiamento è il cambiamento.
La fine della storia umana in un piccolo pianeta è difficile da trovare, ma alla fine dell'universo fisico ma da un altro può iniziare a cercare la sopravvivenza del genere umano.
The world is like spring, and nature and the universe is the deep spring of enormous red fruit.
バラや牡丹の花逆に。どこにでも開かれていない世界でどこでも美しいと呼ばれる、しかし、普通の未知の野生の花
芝生、すべて私たちの周りの山と平野。この光の中で見ると、人間の世界にも幸福と素晴らしさの真のですが、世界の注目を引き付けるために壮観ですが、実際の生活の中で頻繁に見つけることは困難であり、逆ダウン、人間の世界の現実は、最も一般的なのは、確かに、最も一般的ですタフな、苦難、何も刺激的な生活があります。
自然の中で非常に広い可視まれにノイズの多い市場では見られない世界の工場、山の中の山の谷の高齢化は、しばしば予期せぬ花や苗を選ぶことができますしながら、、、、カラフルなのにもかかわらず、人間社会、優雅な、しかし、結局のところ、シンプルで広く深いの欠如に自然の本質。
ナチュラル控え、常に自然で、人間の世界の頭部は、人類の人間と自然語形変化の性質になることはありません。
縦長、世界史は、生存や語形変化、穏やかで、乱流交換事前以外の何ものでもありません。海のように、海が穏やかになり、波が落ち、穏やかな波で満たされます。
世界の長いでこぼこ道を旅し、人々は通常、優雅な散歩をしたくない。関係なく、自然の、または社交界、花の夢、間違いなく最も美しいラプソディの一つです。
自然金は少なく、ほとんどが砂利包摂。面し石が配置されている、あなたが理解し、無限の宝物のこの世界の鉱山開発になります。
過去にあまりにも多くのものを通過、それが困難な世界の前に、現在直す時間に戻ってそれを作るために作る。しかし、良いものが、強い生命力を持っているが、最後の長いよりは人興奮思い出を引き起こす可能性があります。
赤熱炎燃えるような若い血は、澄んだ青い空に飛ぶために翼を広げることが望ましい。世界で最もダイナミックで勇敢な起業家精神間違いなく大胆不敵な若者たち。
バーレスク歴史は別の難しいステージでカーテンコールは、歴史が頻繁に繰り返される、ステージ上ではなく、物語は俳優であり、何も変わりません。
時折シルトや土砂の随時スロー山、美しい内装に浮かんで緑の葉のいくつかの作品、人間の歴史の中で、実際には、水の歴史は常に無限大です、ペンティアムトリニダード、グリット永遠に川の下に永遠に沈みます河床の上を流れます。
歴史の舞台には、いくつかのより多くの笑いと拍手を獲得する時にはことができピエロ渡しながら。むしろレトリックの魔術師よりも、もちろん、賢明で勇敢な闘牛士の人類に。歴史の舞台ギャグ子どもの遊びではなく、すべての後、パニックする必要がありますチャンチャンは少しドラマ決して彼の立場であることに領土を残します。
人類の時系列の歴史は宇宙の歴史と自然が偶然ではないクロニクル、それが一致することはできません。前者は後者の10000分の1、でも人間の歴史の破壊であれば、自然史、宇宙意志まだミリリットルの歴史よりもわずかに小さいです変化は継続しません。
人間社会の変化やは、人間社会の変革の全体的な構造、特に人間社会の社会構造と自然基礎ベッド自体を変更することに基づいて、最初を変更し、すべてが密接に変換し、改革に関連した変化との関係の生存にリンクされて生き残ります。
哲学者は合理的に解釈され、自然界と人間社会の解剖います。
、通常の定命と本質的に区別できない偉大な男、巨人は、もちろん、絶対的な平等が均一でない、それはまた、歴史や文字を歪める。ありません普通の人間の何百万、数百、偉大な男、巨人のようなものはありません。
非常に不思議な世界、生きているアキュラできるように、唯一の天国を見つけるために、平和、生と死、誕生と死、死と復活に死んで残りをしましょう。
現実の世界では、すべての後に、無限の宇宙より小さな惑星より、人々が建物の天国は本当に人類の最も神聖な楽園です目覚めます。
世界の年が行くように、有名な老化が徐々にスポットライトを撤回します。これは単なる言語として古いとして、数千年のが、後にすることなく、古代のテキスト古英語のようなオラクル、に進化し、その後、高貴な偉大な有名な子孫は理解して知っています。
美しい世界、何よりもまず、生命の本質盛んな学校の自然の美しさ。美しい人間社会、何よりもまず人間の勤勉な労働の作成、常に体の性質と労働の作成における人間の体を改善し、変換。美しい人間社会、に加えて、富が豊富よりも、もっと重要なのは、それは人間の理性の本質であり、社会的実践の飛躍の練習を変更します。自然と社会の複数の変更を。
現実の世界と人間社会のために漠然とした説教、Mengyi潘神話は、単に嘲笑である。彼は逆に、人類に良い持っていないだけでなく、だけでなく、混沌と絶え間ない苦しみ災害になります。
世界の歴史は非常に単純な繰り返しで、歴史は、いくつかの複雑な変更のために、より多くの変化が変化である以外は同様。
小さな惑星で人類の歴史の最後を見つけるのは難しいですが、物理的な宇宙の最後ではなく、別の人類の生存を探し始めることができます。
Rose and peony flower called beautiful, but everywhere in the world is not open everywhere. On the contrary, ordinary unknown wildflowers
Grass, mountains and plains all around us. Seen in this light, the human world is also true of happiness and splendor is spectacular to attract the world's attention, but in real life is often difficult to find, down the contrary, the reality of the human world, the most common is indeed the most common is tough, hardship, nothing exciting life.
Plants in the world rarely seen in the noisy market, while the aging of the mountain valley in the mountains are often able to pick flowers and seedlings unexpected, visible, very broad in nature, and human society in spite of colorful, graceful, but after all, the essence of nature to the lack of simple and broad and deep.
Natural ahead, always be natural, the head of the human world will never be the nature of man and nature declension of humanity.
Vertical, world history is nothing more than survival and declension, calm and turbulent exchange advance. Like the sea, will be filled with calmer waves, the waves fall, the sea will be calm.
Of the world traveled a long and bumpy road, and people usually do not want a leisurely stroll as elegant. Regardless of the nature, or social circles, flowery dream, is undoubtedly one of the most beautiful Rhapsody.
Nature gold less and less, mostly gravel subsumed. Facing stone is located, you will understand and mining exploitation in this world of endless treasures.
The passage of too many things in the past, making it difficult to make it back in time to re-present in front of the world. However, good things but has a strong vitality, last longer the more can cause people excited memories.
Young blood like red-hot flame burning, it is desirable to expand the wings to fly in the clear blue skies. The world's most dynamic and courageous entrepreneurial spirit undoubtedly fearless these young people.
Burlesque history is not on the stage, the curtain call on another difficult stage, history often repeats itself, but the story is the actor and change nothing.
Throughout human history, from time to time thrown piles of silt or sediment, occasionally a few pieces of green leaves floating in beautifully decorated, in fact, the history of water is always endless, Pentium Trinidad, grit sink forever beneath the river forever flow over riverbed.
The stage of history is not a gag child's play. Stage of history to the humanity of course, wise and brave bullfighter, rather than rhetoric magician. While passing by clowns sometimes able to win several more laughter and applause, but after all, have to panic Chang Chang leave the territory in being a little drama never his position.
Chronological history of mankind chronicles the history and nature of the universe is not coincidence, but it can never coincide. The former is just less than one ten thousandth of the latter, even if the destruction of human history, natural history, history of the universe will still ml no change continues.
Human social change or alter, the first based on changing the overall structure of the transformation of human society, especially the social structure of human society and the natural foundation bed itself and survive all closely linked to the survival of the relationship between changes associated with the transformation and reform.
The philosophers have only interpreted rationally and dissection of the natural world and human society.
Ordinary, mortal and a great man, a giant essentially indistinguishable, of course, absolute equality is not uniform, it also distorts history and character. Not hundreds of millions of ordinary mortals, there is no such thing as a great man, a giant.
Very mysterious world, allowing living Acura, let the dead rest in peace, life and death, birth and death, death and resurrection, only to find the kingdom of heaven.
The real world, after all, a small planet more than the boundless universe, people awaken buildings heaven really is mankind's most holy paradise.
World famous great noble then, as the years go by, famous senescence will gradually withdraw the spotlight. This will just as old as languages, thousands of years later evolve into Oracle, like the ancient text Old English without being descendants know understand.
Beautiful world, first and foremost the natural beauty of nature thriving school of life. Beautiful human society, first and foremost human diligent labor creation, and constantly improve and transform the nature of the body and the body of humanity in the labor creation. Beautiful human society, in addition to wealth than rich, more importantly, it is the nature of human reason and change the practice of social practice leap. multiple changes of natural and social.
Vague preaching, Mengyi Ban myth, for the real world and human society is simply a mockery. He not only does not bring good to mankind, on the contrary, will not only be chaos and relentless suffering disaster.
The history of the world is so simple repeat, history repeated except for some complex changes, the more change is change.
The end of human history in a small planet is difficult to find, but at the end of the physical universe but from another can begin looking for the survival of mankind.
Rose et de la pivoine fleur appelée belle, mais partout dans le monde est d'ouvrir partout. Au contraire, les fleurs sauvages inconnus ordinaires
Herbe, montagnes et les plaines autour de nous. Vu sous cet angle, le monde humain est également vrai pour le bonheur et la splendeur est spectaculaire pour attirer l'attention du monde, mais dans la vraie vie est souvent difficile de trouver, en baisse, au contraire, la réalité du monde humain, le plus commun est en effet le plus commun est difficile, difficultés, rien vie passionnante.
Usines dans le monde rarement vu dans le marché bruyant, alors que le vieillissement de la vallée de montagne dans les montagnes sont souvent en mesure de cueillir des fleurs et plants inattendus, visibles, très larges dans la nature, et de la société humaine, en dépit de coloré, gracieux, mais après tout, l'essence de la nature de l'absence de simple et large et profonde.
Naturelle de l'avant, toujours naturel, la tête du monde humain ne sera jamais la nature de l'homme et la nature déclinaison de l'humanité.
Vertical, l'histoire du monde est rien de plus que la survie et la déclinaison, calme et turbulent avance de change. Comme la mer, seront remplis avec des vagues calmes, les vagues tombent, la mer sera calme.
Du monde parcouru une route longue et cahoteuse, et les gens ne veulent généralement pas une promenade aussi élégant. Indépendamment de la nature, ou des cercles sociaux, rêve fleuri, est sans doute l'un des plus beaux Rhapsody.
Nature or de moins en moins, la plupart du temps le gravier subsumé. Face pierre se trouve, vous comprendrez et de l'exploitation minière dans ce monde de trésors sans fin.
Le passage de trop de choses dans le passé, ce qui rend difficile de le faire revenir à temps pour re-présenter devant le monde. Cependant, de bonnes choses, mais a une forte vitalité, durent plus longtemps et plus peut inciter les gens souvenirs excités.
Jeune sang comme une flamme brûlante rouge, il est souhaitable d'étendre les ailes pour voler dans le ciel bleu clair. Plus dynamiques et courageux esprit d'entreprise sans aucun doute intrépides ces jeunes du monde.
histoire burlesque est pas sur la scène, l'appel de rideau sur une autre étape difficile, l'histoire se répète souvent, mais l'histoire est l'acteur et rien ne change.
Tout au long de l'histoire humaine, de temps en temps jeter des tas de limon ou les sédiments, parfois quelques morceaux de feuilles vertes qui flottent dans magnifiquement décorée, en fait, l'histoire de l'eau est toujours sans fin, Pentium Trinidad, grain sombrer à jamais sous la rivière pour toujours circuler sur lit de la rivière.
La scène de l'histoire est pas un jeu d'enfant de gag. Scène de l'histoire de l'humanité, bien sûr, sage et courageux torero, plutôt que la rhétorique magicien. En passant par des clowns parfois en mesure de gagner plusieurs autres rires et les applaudissements, mais après tout, avoir à la panique Chang Chang quitter le territoire en étant un petit drame jamais sa position.
histoire chronologique de l'humanité raconte l'histoire et la nature de l'univers est pas une coïncidence, mais elle ne peut jamais coïncider. Le premier est un peu moins de un dix millième de celle-ci, même si la destruction de l'histoire humaine, l'histoire naturelle, l'histoire de l'univers sera toujours ml aucun changement continue.
changement social humain ou modifier, la première fonction de l'évolution de la structure globale de la transformation de la société humaine, en particulier la structure sociale de la société humaine et le lit de base naturelle elle-même et survivre à toutes étroitement liées à la survie de la relation entre les changements associés à la transformation et à la réforme.
Les philosophes ont seulement interprété de façon rationnelle et la dissection du monde naturel et la société humaine.
Ordinaire, mortel et un grand homme, un géant essentiellement indiscernables, bien sûr, l'égalité absolue est pas uniforme, elle fausse aussi l'histoire et de caractère. Centaines de millions de mortels, il n'y a pas une telle chose comme un grand homme, un géant.
monde très mystérieux, permettant vivre Acura, laissez les morts reposent dans la paix, la vie et la mort, la naissance et la mort, la mort et la résurrection, seulement pour trouver le royaume des cieux.
Le monde réel, après tout, une petite planète de plus que l'univers infini, les gens se réveillent bâtiments ciel est vraiment très saint paradis de l'humanité.
Le célèbre grand seigneur alors, comme les années passent, célèbre sénescence se retirera progressivement le feu des projecteurs. Ce sera juste aussi vieux que langues, des milliers d'années plus tard, évoluent dans Oracle, comme l'ancien texte vieil anglais sans être descendants savent comprendre.
Beau monde, d'abord et avant tout la beauté naturelle de la nature florissante école de la vie. Belle société humaine, la première et la création avant tout du travail diligent humaine, et constamment améliorer et transformer la nature du corps et le corps de l'humanité dans la création de l'emploi. Belle la société humaine, en plus de la richesse que riche, plus important encore, il est de la nature de la raison humaine et changer la pratique du saut de la pratique sociale. multiples changements de naturel et social.
prédication vague, Mengyi Ban mythe, pour le monde réel et la société humaine est tout simplement une parodie. Non seulement il n'apporte du bien aux hommes, au contraire, ne sera pas seulement le chaos et implacable catastrophe de souffrance.
L'histoire du monde est répétée si simple, l'histoire répétée, sauf pour quelques changements complexes, plus le changement est le changement.
La fin de l'histoire humaine dans une petite planète est difficile à trouver, mais à la fin de l'univers physique, mais d'un autre peut commencer à regarder pour la survie de l'humanité.
Rose und Pfingstrose Blume schön genannt, sondern überall in der Welt nicht überall offen ist. Im Gegenteil, gewöhnliche unbekannt Wildblumen
Gras, Berge und Ebenen überall um uns herum. So gesehen, ist die menschliche Welt gilt auch für Glück und Glanz ist spektakulär die Aufmerksamkeit der Welt, aber im wirklichen Leben zu gewinnen ist oft schwer zu finden, nach unten im Gegenteil, die Realität der menschlichen Welt, die häufigste ist tatsächlich die häufigste hart, Not, nichts aufregendes Leben.
Pflanzen in der Welt nur selten in der lärmenden Markt, während die Alterung der Berg-Tal in den Bergen sind oft in der Lage gesehen, Blumen und Setzlinge unerwartet, sichtbar, sehr breit in der Natur, und die menschliche Gesellschaft trotz bunt, würdevoll zu holen, aber nach allem, das Wesen der Natur auf den Mangel an einfachen und breit und tief.
Natürliche voraus, immer natürlich, der Leiter der menschlichen Welt wird nie Deklination der Menschheit die Natur des Menschen und der Natur sein.
Vertikal, Weltgeschichte ist nichts anderes als das Überleben und die Deklination, ruhig und turbulenten Austausch voraus. Wie das Meer wird mit ruhigeren Wellen gefüllt werden, die Wellen fallen, wird das Meer ruhig sein.
Der Welt reiste eine lange und holprige Straße, und die Menschen in der Regel nicht wollen, einen Spaziergang, wie elegant. Unabhängig von der Art oder gesellschaftlichen Kreisen, blumig Traum, ist zweifellos einer der schönsten Rhapsody.
Natur Gold immer weniger, meist Kies zusammengefasst. Mit Blick auf Stein befindet, werden Sie verstehen, und Bergbau Ausbeutung in dieser Welt der unendlichen Schätze.
Der Durchgang von zu vielen Dingen in der Vergangenheit, so dass es schwierig es in der Zeit, um wieder zu re-präsentieren vor der Welt. Doch eine gute Dinge, aber hat eine starke Vitalität, dauern die mehr länger können die Menschen aufgeregt Erinnerungen hervorrufen.
Junges Blut wie glühende Flamme brennt, ist es wünschenswert, die Flügel zu erweitern in den klaren, blauen Himmel zu fliegen. Die weltweit dynamischsten und mutigen Unternehmergeist zweifellos furchtlos diese jungen Menschen.
Burlesque Geschichte ist nicht auf der Bühne, der Vorhang auf einem anderen schwierigen Phase, Geschichte oft wiederholt sich, aber die Geschichte ist der Schauspieler und nichts ändern.
Im Laufe der Menschheitsgeschichte, von Zeit zu Zeit geworfen Haufen von Schlamm oder Sediment, gelegentlich ein paar Stücke von grünen Blättern schwimmend in wunderschön eingerichtet, in der Tat, die Geschichte des Wassers immer endlos ist, Pentium Trinidad, Waschbecken Körnung immer unter dem Fluss für immer fließen über Flussbett.
Der Schauplatz der Geschichte ist nicht ein Spiel der gag Kind. Bühne der Geschichte der Menschheit natürlich, klug und mutig Stierkämpfer, anstatt Rhetorik Zauberer. Während von Clowns manchmal in der Lage zu gewinnen, einige mehr Gelächter und Applaus vorbei, aber immerhin haben zur Panik Chang Chang, das Gebiet zu sein ein wenig Drama verlassen nie seine Position.
Chronologische Geschichte der Menschheit zeigt die Geschichte und Natur des Universums ist kein Zufall, aber es kann niemals zusammenfallen. Das erstere ist nur weniger als ein Zehntausendstel des letzteren, auch wenn die Zerstörung der menschlichen Geschichte, Naturgeschichte, Geschichte des Universums noch ml keine Änderung weiter.
Menschliche sozialen Wandel oder zu ändern, die erste auf der Grundlage der Gesamtstruktur der Transformation der menschlichen Gesellschaft zu ändern, vor allem die soziale Struktur der menschlichen Gesellschaft und die natürliche Grundlage Bett selbst und überleben eng alles, um das Überleben der Beziehung zwischen ändert sich mit der Transformation und Reform verbunden verknüpft.
Die Philosophen haben nur rational und Präparation der natürlichen Welt und der menschlichen Gesellschaft interpretiert.
Gewöhnliche, tödlich und ein großer Mann, ein Riese im Wesentlichen nicht zu unterscheiden, ist natürlich absolute Gleichheit nicht einheitlich, es verzerrt auch Geschichte und Charakter. Nicht Hunderte von Millionen von gewöhnlichen Sterblichen, gibt es nicht so etwas wie ein großer Mann, ein Riese.
Sehr geheimnisvolle Welt, so dass lebende Acura, lassen die Toten in Frieden ruhen, Leben und Tod, Geburt und Tod, Tod und Auferstehung, nur in das Himmelreich zu finden.
Die reale Welt, immerhin ein kleiner Planet mehr als die grenzenlosen Universum, wecken Menschen Gebäude Himmel wirklich Menschheit allerheiligsten Paradies.
Weltberühmt großen Adels dann, wie die Jahre vergehen, allmählich berühmt Seneszenz das Rampenlicht zurückziehen wird. Dies wird nur so alt, wie Sprachen, Tausende von Jahren entwickeln später in Oracle, wie die alten Text altes Englisch, ohne Nachkommen wissen, verstehen.
Schöne Welt, in erster Linie die natürliche Schönheit der Natur blühende Schule des Lebens. Schöne menschlichen Gesellschaft, in erster Linie Mensch fleißig Arbeits Schöpfung, und ständig zu verbessern und die Natur des Körpers und den Körper des Menschen auf dem Arbeits Schaffung transformieren. Schöne menschlichen Gesellschaft, zusätzlich zu Reichtum als reich, was noch wichtiger ist, ist es in der Natur der menschlichen Vernunft und die Praxis der sozialen Praxis Sprung ändern. mehrere Änderungen der natürlichen und sozialen.
Vague Predigt, Mengyi Ban Mythos, für die reale Welt und der menschlichen Gesellschaft ist einfach ein Hohn. Er hat nicht nur nicht gut bringen die Menschheit, im Gegenteil, nicht nur Chaos und unerbittlich Leiden Katastrophe.
Die Geschichte der Welt ist so einfach wiederholen, Geschichte mit Ausnahme einiger komplexen Veränderungen wiederholt, desto mehr ändern ändern.
Das Ende der menschlichen Geschichte in einem kleinen Planeten ist schwer zu finden, aber am Ende des physischen Universums, sondern von einem anderen kann beginnen, für das Überleben der Menschheit suchen.
Роза и пион цветок называется красивым, но во всем мире не является открытым всюду. Напротив, обычные неизвестные полевые
Трава, горы и равнины вокруг нас. В этом свете, человеческий мир тоже верно счастья и великолепие является захватывающим, чтобы привлечь внимание мировой общественности, но в реальной жизни часто бывает трудно найти, вниз, наоборот, реальность человеческого мира, наиболее распространенным является действительно самым распространенным жесткая, трудности, ничего не интересно жизнь.
Растения в мире редко можно увидеть в шумном рынке, в то время как старение горной долине в горах часто могут рвать цветы и рассаду неожиданные, видимые, очень широкие в природе и человеческом обществе, несмотря на красочные, изящные, но в конце концов, суть природы с отсутствием простой и широкая и глубокая.
Природные вперед, всегда быть естественным, глава человеческом мире никогда не будет природа человека и природы склонения человечества.
Вертикальный, мировая история не что иное, как выживание и склонения, спокойствия и турбулентного обмена заранее. Как море, будет наполнен спокойных волн, падают волны, море будет спокойным.
Из мира долгий и тернистый путь, и люди обычно не хотят прогулку как элегантно. Независимо от природы, или социальных кругах, цветистой мечте, несомненно, является одним из самых красивых Rhapsody.
Природа золота все меньше и меньше, в основном гравий отнести. Облицовочный камень находится, вы поймете и добыча эксплуатация в этом мире бесконечных сокровищ.
Прохождение слишком много вещей в прошлом, что делает его трудно сделать его обратно во времени, чтобы вновь присутствует в передней части мира. Тем не менее, хорошие вещи, но имеет сильную жизненную, дольше еще можно заставить людей возбужденных воспоминания.
Молодая кровь, как раскаленный горения пламени, желательно расширить крылья, чтобы летать в голубое небо. Самые динамичные и смелые предпринимательский дух, несомненно бесстрашные эти молодые люди в мире.
Бурлеск история не на сцене, занавес на другом сложном этапе, история часто повторяется, но история актер и ничего не меняют.
На всем протяжении человеческой истории, время от времени выбрасывается груды ила или осадков, иногда несколько кусочков зелеными листьями, плавающие в красиво оформленные, по сути, история воде всегда бесконечны, Pentium Тринидад, грит раковина навсегда под рекой навсегда перетекать русла.
Этап истории не пьеса рвотный ребенка. Стадия истории человечества, конечно, мудрый и храбрый тореадор, нежели риторики мага. При прохождении клоунами иногда способны выиграть еще несколько смех и аплодисменты, но в конце концов, должны паниковать Чанг Чанг покинуть территорию в будучи немного драмы никогда его позиция.
Последовательность история человечества ведет хронику истории и природа Вселенной не случайно, но она никогда не может совпадать. Первое чуть менее одной десятитысячной последнего, даже если уничтожение человеческой истории, естественной истории, история Вселенной будет по-прежнему мл никаких изменений не продолжается.
Человек социальное изменение или изменять, первый основан на изменении общей структуры трансформации человеческого общества, особенно на социальную структуру человеческого общества и сам естественный кровать фундамент и выжить тесно связаны с выживанием взаимосвязи между изменениями, связанными с преобразованием и реформ.
Философы лишь интерпретировать рационально и рассечение природного мира и человеческого общества.
Обыкновенные, смертный и великий человек, гигантская по существу неразличимы, конечно, абсолютное равенство не является однородным, оно также искажает историю и характер. Не сотни миллионов простых смертных, нет такой вещи, как великого человека, гигантский.
Очень таинственный мир, позволяя жить Acura, пусть мертвые Покойся с миром, жизнью и смертью, рождением и смертью, смерть и воскресение, только чтобы найти в Царство Небесное.
Реальный мир, в конце концов, маленькая планета более безграничной вселенной, людей пробуждается здания небо действительно святыня рай человечества.
Всемирно известный великий благородный то, как проходят годы, известный старение будет постепенно выводить внимания. Это будет так же, как старый, как языки, тысячи лет спустя превратиться в Oracle, как древнего текста староанглийской без потомки знают понять.
Прекрасный мир, в первую очередь естественная красота природы процветает школу жизни. Красивая человеческое общество, в первую очередь прилежным создание рабочей человек, и постоянно улучшать и преобразовывать природу тела и тело человечества в создании труда. Красивая человеческое общество, в дополнение к богатства, чем богаты, что более важно, это природа человеческого разума и изменить практику практике скачок социальной. многократных изменений природной и социальной.
Неясные проповедь, Mengyi Пан миф, для реального мира и человеческого общества это просто издевательство. Он не только не приносит хорошее для человечества, наоборот, будет не только хаос и неустанное терпящим бедствие.
История мира настолько прост повторите, история повторяется для некоторых сложных изменений, за исключением, тем более изменение изменение.
Конец человеческой истории в маленькой планете трудно найти, но в конце физической вселенной, но из другой может начать искать для выживания человечества.
Rosa y peonía flor llamada hermosa, sino en todo el mundo no está abierto en todas partes. Por el contrario, las flores silvestres desconocidos ordinarios
Hierba, montañas y llanuras alrededor de nosotros. Desde esta perspectiva, el mundo humano también es cierto de la felicidad y esplendor es espectacular para atraer la atención del mundo, pero en la vida real es a menudo difícil de encontrar, por el contrario, la realidad del mundo de los humanos, el más común es de hecho la más común es difícil, la dificultad, la vida nada emocionante.
Las plantas en el mundo rara vez se ven en el mercado ruidoso, mientras que el envejecimiento de la valle de montaña en las montañas a menudo son capaces de recoger las flores y las plantas de semillero inesperados, visibles, muy amplios en la naturaleza y la sociedad humana, a pesar de colorido, agraciado, pero después de todo, la esencia de la naturaleza de la falta de simple y amplio y profundo.
Natural por delante, siempre ser natural, la cabeza del mundo humano nunca será la naturaleza del hombre y la naturaleza decadencia de la humanidad.
Vertical, la historia del mundo no es más que la supervivencia y la declinación, la calma y la anticipación de cambio turbulento. Como el mar, se llenará de olas más tranquilas, las olas caen, el mar estará en calma.
Del mundo recorrido un camino largo y lleno de baches, y la gente por lo general no quieren un paseo tan elegante. Independientemente de la naturaleza, o círculos sociales, Sueño florido, es sin duda uno de los más bellos Rhapsody.
Naturaleza de oro cada vez menos, la mayoría de grava subsumido. Frente a la piedra se encuentra, se va a entender y explotación minera en este mundo de infinitas tesoros.
El paso de demasiadas cosas en el pasado, por lo que es difícil que sea en el tiempo para volver a presentar delante del mundo. Sin embargo, las cosas buenas pero tiene una fuerte vitalidad, duran más cuanto más se puede hacer que las personas memorias excitados.
La sangre joven como la llama encendida al rojo vivo, es deseable ampliar las alas para volar en los cielos azules claros. espíritu empresarial, sin duda, sin miedo a estos jóvenes más dinámicos y valientes del mundo.
Burlesque historia no está en el escenario, la llamada de la cortina en otra etapa difícil, la historia se repite a menudo, pero la historia es el actor y cambiar nada.
A lo largo de la historia humana, de vez en montones de tiempo tirado de limo o sedimento, de vez en cuando algunos pedazos de hojas verdes que flotan en muy bien decorado, de hecho, la historia del agua es siempre sin fin, Pentium Trinidad, la arena se hunde para siempre debajo del río para siempre fluir sobre lecho del río.
La etapa de la historia no es un juego de niños gag. Etapa de la historia de la humanidad, por supuesto, sabia y torero valiente, en lugar de mago retórica. Al pasar por payasos veces capaz de ganar varios más risas y aplausos, pero después de todo, tienen que entrar en pánico Chang Chang salir del territorio en ser un pequeño drama que nunca su posición.
historia cronológica de la humanidad una crónica de la historia y la naturaleza del universo no es una coincidencia, pero nunca puede coincidir. El primero es un poco menos de una diezmilésima de este último, incluso si la destrucción de la historia humana, la historia natural, historia del universo se sigue ml continúa sin cambios.
cambio social humana o alterar, el primero basado en el cambio de la estructura global de la transformación de la sociedad humana, sobre todo la estructura social de la sociedad humana y el propio lecho de asiento natural y sobrevivir a todos ellos estrechamente vinculados a la supervivencia de la relación entre los cambios asociados con la transformación y la reforma.
Los filósofos sólo han interpretado de forma racional y la disección del mundo natural y la sociedad humana.
Ordinario, mortal y un gran hombre, un gigante esencialmente indistinguibles, por supuesto, la igualdad absoluta no es uniforme, sino que también distorsiona la historia y carácter. No cientos de millones de mortales ordinarios, no hay tal cosa como un gran hombre, un gigante.
Muy misterioso mundo, lo que permite vivir Acura, deja que los muertos descansen en paz, la vida y la muerte, nacimiento y muerte, muerte y resurrección, sólo para encontrar el reino de los cielos.
El mundo real, después de todo, un pequeño planeta más que el universo ilimitado, la gente despierte edificios cielo realmente es el paraíso más sagrado de la humanidad.
El mundialmente famoso gran noble entonces, como pasan los años, famosa senescencia se retirará gradualmente el centro de atención. Esto lo hará tan antigua como idiomas, miles de años más tarde evolucionan en Oracle, como el antiguo texto del Antiguo Inglés sin ser descendientes sepan entender.
mundo hermoso, ante todo, la belleza natural de la naturaleza floreciente escuela de la vida. sociedad humana hermoso, ante todo, la creación de trabajo diligente humana, y constantemente mejorar y transformar la naturaleza del cuerpo y el cuerpo de la humanidad en la creación de trabajo. sociedad humana hermosa, además de la riqueza que rico, lo más importante, es la naturaleza de la razón humana y cambiar la práctica de la práctica salto social. múltiples cambios natural y social.
predicación vaga, Mengyi Ban mito, para el mundo real y la sociedad humana no es más que una burla. No sólo no trae bien a la humanidad, por el contrario, no sólo será el caos y el desastre sufrimiento incesante.
La historia del mundo es tan simple repetición, la historia se repitió a excepción de algunos cambios complejos, más el cambio es el cambio.
El fin de la historia humana en un planeta pequeño es difícil de encontrar, pero al final del universo físico, sino de otro puede comenzar a buscar la supervivencia de la humanidad.
Rose e peonia fiore chiamato bello, ma in tutto il mondo non è aperto in tutto il mondo. Al contrario, ordinarie fiori sconosciuti
Erba, montagne e pianure intorno a noi. Visto in questa luce, il mondo umano è anche vero della felicità e splendore è spettacolare per attirare l'attenzione del mondo, ma nella vita reale è spesso difficile da trovare, giù al contrario, la realtà del mondo umano, il più comune è infatti il più comune è dura, le difficoltà, niente di eccitante vita.
Le piante nel mondo raramente visto nel mercato rumoroso, mentre l'invecchiamento della valle di montagna in montagna sono spesso in grado di raccogliere fiori e piantine inaspettati, visibili, molto ampio in natura, e la società umana, nonostante colorato, grazioso, ma dopo tutto, l'essenza della natura della mancanza di semplice e largo e profondo.
Naturale avanti, essere sempre naturali, il capo del mondo umano non sarà mai la natura dell'uomo e della natura declinazione dell'umanità.
Composizione verticale, la storia del mondo non è altro che la sopravvivenza e la declinazione, calma e turbolento anticipo di scambio. Come il mare, sarà riempito con onde calme, le onde cadono, il mare sarà calmo.
Del mondo percorso una strada lunga e accidentata, e la gente di solito non vogliono una piacevole passeggiata elegante. Indipendentemente dalla natura, o ambienti sociali, sogno fiorito, è senza dubbio uno dei più belli Rhapsody.
oro Natura sempre meno, per lo più di ghiaia sussunto. pietra di fronte si trova, si capisce e lo sfruttamento minerario in questo mondo di infiniti tesori.
Il passaggio di troppe cose in passato, rendendo difficile per renderlo indietro nel tempo di ri-presente di fronte al mondo. Tuttavia, le cose buone ma ha una forte vitalità, durare più a lungo e più può causare persone memorie eccitati.
Giovane sangue come rovente accesa la fiamma, è auspicabile ampliare le ali per volare nel cielo azzurro. Spirito imprenditoriale sicuramente senza paura questi giovani più dinamici e coraggiosi del mondo.
la storia Burlesque non è sul palco, la chiamata sipario su un'altra fase difficile, la storia spesso si ripete, ma la storia è l'attore e cambiare nulla.
Nel corso della storia umana, di volta in volta gettato cumuli di fango o di sedimenti, di tanto in tanto alcuni pezzi di foglie verdi galleggianti in splendidamente decorate, infatti, la storia di acqua è sempre infinita, Pentium Trinidad, grana affondare per sempre al di sotto del fiume per sempre scorrere sopra letto del fiume.
La scena della storia non è un gioco da ragazzi gag. Scena della storia per l'umanità di corso, saggio e torero coraggioso, piuttosto che la retorica mago. Passando per clown a volte in grado di vincere molti più risate e applausi, ma dopo tutto, hanno di panico Chang Chang lasciare il territorio di essere un piccolo dramma mai la sua posizione.
la storia cronologica del genere umano racconta la storia e la natura dell'universo non è una coincidenza, ma non può mai coincidere. Il primo è poco meno di un decimillesimo di questi ultimi, anche se la distruzione della storia umana, la storia naturale, storia dell'universo sarà ancora ml nessun cambiamento continua.
cambiamento sociale umana o modificare, la prima basata sulla modifica della struttura complessiva della trasformazione della società umana, in particolare la struttura sociale della società umana e il letto fondamento naturale stesso e sopravvivere a tutte strettamente legate alla sopravvivenza del rapporto tra cambiamenti associati con la trasformazione e la riforma.
I filosofi hanno solo interpretato in modo razionale e la dissezione del mondo naturale e la società umana.
Ordinaria, mortale e un grande uomo, un gigante essenzialmente indistinguibile, naturalmente, l'uguaglianza assoluta non è uniforme, ma distorce anche la storia e carattere. Non è stato centinaia di milioni di comuni mortali, non vi è alcuna cosa come un grande uomo, un gigante.
mondo molto misterioso, permettendo che vivono Acura, lasciate che i morti riposano in pace, vita e morte, nascita e morte, morte e risurrezione, solo per scoprire il regno dei cieli.
Il mondo reale, dopo tutto, un piccolo pianeta oltre l'universo sconfinato, gente risvegliare edifici cielo è veramente il paradiso santissima del genere umano.
Di fama mondiale grande nobile poi, come il passare degli anni, famoso senescenza gradualmente ritirare i riflettori. Questo sarà solo vecchio come le lingue, migliaia di anni dopo, si evolvono in Oracle, come l'antico testo antico inglese senza essere discendenti sanno capire.
Bella mondo, in primo luogo la naturale bellezza della natura fiorente scuola di vita. Bella la società umana, in primo luogo e la creazione di lavoro diligente umana luogo, e costantemente migliorare e trasformare la natura del corpo e il corpo dell'uomo nella creazione di lavoro. Bella la società umana, oltre a ricchezza che ricco, ancora più importante, è la natura della ragione umana e cambiare la pratica della pratica salto sociale. molteplici cambiamenti di naturale e sociale.
predicazione Vague, Mengyi Ban mito, per il mondo reale e la società umana è semplicemente una presa in giro. Egli non solo non porta bene agli uomini, al contrario, non sarà solo caos e disastro sofferenza incessante.
La storia del mondo è così semplice ripetizione, la storia ripete ad eccezione di alcune modifiche complesse, tanto più il cambiamento è il cambiamento.
La fine della storia umana in un piccolo pianeta è difficile da trovare, ma alla fine dell'universo fisico ma da un altro può iniziare a cercare la sopravvivenza del genere umano.
HELP CHILDREN Positive, HIV/AIDS in Bahia ,Brasil
This children need support or DIED
91 AMIGOS do FLICKR FotografandoVIDA ,
AJUDE A AJUDAR COM O SEU OLHAR
Ayuda a ayudar con tu mirar
HELP AIDS CHILDREN in Bahia,Brasil, HIV POSITIVE, need support or died
CNPJ 07.852.787/0001-69
ABRACE ESTA CAUSA
FOTOS PARA A VIDA
FACA um donativo e coloque uma fotografia sua ajudando a campanha a CRESCER
A sua doação, podem salvar vidas de crianças com HIV-AIDS em Salvador-Bahia-Brasil
Poste sua foto e faça sua doação:
Abrace esta CausaDoações para reabrir a casa de crianças com AIDS:
Instituição Assistencial Beneficente Conceição Macedo
Banco do Brasil ( 001)
Agência: 0904-0
Conta Corrente: 254.651-5
Código SWIFT: BRASBRRJSDR
-----------------------------------------------------------------------------------------------------
ITALIA
POSTEPAY (Posteitaliene)
4023 6004 5398 0593
esta conta so a ibcm pode utilizar, foi criada por um amigo italiano para depositos na Europa.
________________________
Instituição Beneficente Conceição Macedo
Cuidando de crianças com AIDS
Rua Santa Veruza, 108 – Pernambués
Salvador da Bahia
Bahia
Brasil
________________________________________________________
HELP AIDS CHILDREN in Bahia,Brasil, HIV POSITIVE, need support or died
www.flickr.com/photos/abnjunior/2076601447/
www.flickr.com/photos/2007jolie/2050073242/
www.flickr.com/photos/21guilherme/2052740880/
www.flickr.com/photos/nanabou/1988226105/
www.flickr.com/photos/umpropelamordedeus/2004214404/
www.flickr.com/photos/fotolomania/2051559371/
www.flickr.com/photos/amandavivan/2073656180/
www.flickr.com/photos/valeria/2053020605/
www.flickr.com/photos/anasanteiro/2057101754/
www.flickr.com/photos/antinea/1999868682/
www.flickr.com/photos/letta/2048914340/
www.flickr.com/photos/sadi_973/2066628799/
www.flickr.com/people/omeuanel/
www.flickr.com/photos/bemattos/2042246959/
www.flickr.com/photos/beasasse/2065918006/
www.flickr.com/photos/caboclamorena/
www.flickr.com/photos/carla_e_bruno/2049270343/
www.flickr.com/photos/81124164@N00/2054024330/
www.flickr.com/photos/claufogolin/2046970930/
www.flickr.com/photos/cristianosoares/2044797892/
www.flickr.com/photos/dalnunes/2058898092/
www.flickr.com/photos/dariosanches/2045172172/
www.flickr.com/photos/dimas_benedict/2054050731/
www.flickr.com/photos/doraaraujo/2049296043/
www.flickr.com/photos/dulce_vasconcelos/1992815188/
www.flickr.com/photos/ebald/2037921469/
www.flickr.com/photos/bjomeliga/
www.flickr.com/photos/bombeador/2076325148/
www.flickr.com/photos/eduardorebello/2061703349/
www.flickr.com/photos/elianabotan/2053446160/
www.flickr.com/photos/eloisa/1981619076/
www.flickr.com/photos/ernanib/2043229704/
www.flickr.com/photos/m_cali/2006488540/
www.flickr.com/photos/fabiolarebello/1374490385/
www.flickr.com/photos/flaviob/2057831003/
www.flickr.com/photos/fatinhacosta/1374827858/
www.flickr.com/photos/fernandafronza/2047766828/
www.flickr.com/photos/52815054@N00/2030899771/
www.flickr.com/photos/frederico_mendes/2033876501
www.flickr.com/photos/gigliane/2040943803/
www.flickr.com/photos/giselleazevedo/2055372959/
www.flickr.com/photos/grace_flowers/2046328495/
www.flickr.com/photos/15104480@N03/2057568923/
www.flickr.com/photos/ivano_bettati/2061289300/
www.flickr.com/photos/jairo_abud/2049061313/
www.flickr.com/photos/janinebergmann/2053994395/
www.flickr.com/photos/rnmori/2055982188/
www.flickr.com/photos/jiintonic/2072070800/
www.flickr.com/photos/leonor7/2063854672/
www.flickr.com/photos/leley1/2002088984/
www.flickr.com/photos/liacostacarvalho/192101377/
www.flickr.com/photos/bbporfirio/2046375258/
www.flickr.com/photos/lilivc/2046199423/
www.flickr.com/photos/lufilizola/1815352368/
www.flickr.com/photos/mallmix/2062520145/
www.flickr.com/photos/marcelomendonca/2035340342/
www.flickr.com/photos/marcia_marton/2058840285/
www.flickr.com/photos/margaperola/1979002467/
www.flickr.com/photos/margot_ft-curso/2078916983/
www.flickr.com/photos/mariacastro/2051649807/
www.flickr.com/photos/marianemedeiros/2045458576/
www.flickr.com/photos/8905422@N03/2052449621/
www.flickr.com/photos/max_tuta/2042628836/
www.flickr.com/photos/mcorreia/2057136558/
www.flickr.com/photos/miekevos/2018913317/
www.flickr.com/photos/7261969@N06/2093840460/
www.flickr.com/photos/monnik/2053195633/
www.flickr.com/photos/paulokawai/2045796695/
www.flickr.com/photos/raquelsantana/2058085770/
www.flickr.com/photos/redart_photo/2047631830/
www.flickr.com/photos/9121646@N07/2047962263/
www.flickr.com/photos/f0t0gr4fi4/2077113205/
www.flickr.com/photos/simone_alira/2078063214/
www.flickr.com/photos/silvino_pinto/
www.flickr.com/photos/sonia_mourao/1990482474/
www.flickr.com/photos/solamore/2054847969/
www.flickr.com/photos/stella_foto/2043163214/
www.flickr.com/photos/tglow/2050902207/
www.flickr.com/photos/66179962@N00/2061875399/
www.flickr.com/photos/f0t0gr4fi4/2077113205/
www.flickr.com/photos/umdiaumafoto/1999468345/
www.flickr.com/photos/umechan/2048601580/
www.flickr.com/photos/rwerson/2052690112/
www.flickr.com/photos/zitakamugira/2056360339/
www.flickr.com/photos/zillig/1984741365/
90 FotografandoVIDA, na campanha "AJUDE a Abraçar com o seu OLHAR)
TEXTO DO ERNANIB:
Há o tempo de plantar e o tempo de colher. Todos nós temos presa para viver, nunca de morrer. Temos tempo para a internet, para um amigo, para brincar, para trabalhar, mas nunca temos tempo para parar e ajudar. Temos tempo para ver TV, ler jornais, um bom livro, mas nunca tempo para ler um pedido de ajuda.
Mas há quem não tem mais tempo. Quem não teve tempo de plantar. Quem mal tem tempo para brincar. Quem mal vai ter tempo de dizer: “Eu te amo mamãe, papai!!!”. Porque em algum lugar alguém não teve tempo para parar e ler essa mensagem, para procurar saber do que se tratava, sobre quem se estava falando, de procurar saber como poderia ajudar; já que quem deveria ajudar não acha tempo para isso, porque não acha importante, porque é um investimento que não tem retorno no curto espaço de tempo ou porque acha que seu tempo é valioso demais para gastar com quem não tem tanto tempo de vida assim.
Pare um momento. Procure se informar, ler, ajudar. Quem já conta os segundos para a despedida final vai agradecer de coração por esses poucos instantes de tempo, que você dedicou a elas.
Não deixe que o relógio das vidas delas pare só porque você não queria perder tempo. Ajude!!! Divulge!!! Dê corda nesses pequenos relógios de vida.
_____________________________________________________
There is a time for planting and a time for harvesting. We are all in a hurry to live, not to die.We have time for internet, for friends, for playing, for working and we never have time to stop and help others. We have time for watching TV, reading the papers or a good book but we never have time for reading a message asking for help.
But there are the ones who don’t have any more time to lose. The ones who didn’t have time to plant. That barely have time to play. That won’t have time to say “I love you, mom, dad”. Because someone, somewhere didn’t have time to read this message, to try to know what it means, to try to know how to help. Because many times who could help don’t have the time, because it’s not an investment with short term interest or because thinks its time is too valuable to spend with somenone who doesn’t have that much time.
Stop for a moment.Try to read and get informed. The children that are about to say their goodbyes to life will be thankful for these few moments you took to help them.. Don’t let their life clocks stop just because you didn’t want to waste your time. Help them! Spread the word! Wind up these little life clocks
----------------------------------------------------------------------------------------------------------
Hay momentos para sembrar, y otros para recoger la cosecha. Todos tenemos tiempo para vivir, nunca para morir. Tenemos tiempo para Internet, para un amigo, para jugar, para trabajar, pero nunca tenemos tiempo para detenernos y ayudar. Tenemos tiempo para ver Tele, leer periódicos, un buen libro, pero nunca tiempo para leer un pedido de ayuda.
Pero hay quienes ya no tienen más tiempo. Quien no tuvo tiempo para sembrar. Que apenas tiene tiempo para jugar, y que quizás tampoco no va a tener tiempo para decir "Yo te amo mamá! papá!
Porque en algún lugar alguien no tuvo tiempo para detenerse a leer este mensaje, para tratar de entender de qué se trataba, de quién se estaba hablando, de entender cómo se podía ayudar; ya que quien debería ajudar no consigue tiempo para esto, porque no lo considera importante, porque es una inversión que no tiene retorno en un corto espacio de tiempo o porque cree que su tiempo es mucho más valioso como para gastarlo con quien no tiene tanto tiempo de vida.
Detente un momento. Procura Informarte, leer, ayudar.
Quienes cuentan los segundos para la despedida final van agradecer de corazón por ese gesto, por haber leido éstas líneas.
No dejes que el reloj de la vida de esas personas pare porque no querías perder tiempo.
Ayuda! Divulga! Dale cuerda a esas pequeñas manecillas del reloj de la vida!
--------------------------------------------------------------------------------------------------------
FRENCH
AIDEZ LES ENFANTS séropositifs à Bahia, au Brésilè
Sans aide, ces enfants vont MOURIR
Il y a un temps pour planter et un temps pour récolter. Nous nous dépêchons tous de vivre, pas de mourir. Nous trouvons du temps pour l’Internet, pour nos amis, pour nous amuser, pour travailler mais jamais pour nous arrêter un instant et aider les autres. Nous trouvons le temps de regarder la télévision, de lire les journaux ou un bon livre mais jamais de lire un appel à l’aide.
Mais il y a ceux qui n’ont plus de temps à perdre. Ceux qui n’ont pas eu le temps de planter. Qui ont à peine le temps de jouer. Qui n’auront pas le temps de dire « Je vous aime, maman, papa » parce que quelqu’un, quelque part n’aura pas eu le temps de lire ce message, d’essayer de comprendre sa signification, de voir comment aider. Parce que beaucoup de gens qui pourraient aider n’ont pas le temps, parce que ce n’est pas un investissement rentable à court terme ou parce qu’ils pensent que leur temps est trop précieux pour le consacrer à des gens qui n’en ont plus pour longtemps.
Arrêtez-vous un instant. Essayez de lire, de vous informer. Les enfants qui sont sur le point de dire adieu à la vie vous seront reconnaissants des quelques moments que vous aurez pris pour les aider. Ne laissez pas le temps s’arrêter pour eux parce que vous ne vouliez pas perdre le votre. Aidez-les! Faites passer le message! Remontez les pendules de ces petites vies.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------
Carta do Padre Alfredo
IBCM
Prezado Amigo,a,
Em nome das 39 crianças com AIDS da IBCM e das 250 famílias assistidas, agradeço-lhe de coração.
Somos mais de 22 voluntári@s, igualmente pesaros@s com o fechamento da creche.
Nesta segunda-feira, graças à generosidade de muitas pessoas como vc, estaremos abrindo provisoriamente a creche, em regime de 1/2 turno (das 14 às 17h). Ainda não é o ideal, mas já ameniza a fome e o sofrimento destas crianças em grave situação de risco.
Obrigado pela sua generosidade. Divulgue a nossa causas e conte sempre com nossa gratidão e reconhecimento.
Feliz Natal!
pe Alfredo
OBRIGADA, não se esqueçam do vosso donativo.
90amigos ABRAÇANDO!
(2 Anónimos)
2007jolie
21guilherme
Alberto Nogueira
Anabela Carvalho
A.Suther Photography
Adriana
Amanda Vivan
Ana Valeria
Ana Maria Santeiro
antinea
Arlete
@rmando
BB
Be Mattos
Beatriz Sasse
Conceição Costa
Carla & Bruno
Claudia Pinelli
claudio.marcio2
claufogolin
Cristiano Soares
Dal Nunes
Daniela Duarte Moreira
Dario Sanchez
Dimas Benedict
dora.araujo
Dulce de V
Edgardo Balduccio
Eduardo Amorim
Eduardo Rebello
Eliana Botan
eloisavh
Emy Mamede
Ernanib
Eu M
FABIOLA MEDEIROS
F£a
Fatinha Costa
Fernanda Fronza
FIDALGO 72
Frederico Mendes
Gigliane Pefrei
Giselle
Graça Vargas - Flowers
GreenHouse
Ivano Bettati
Jairo BD
Janine Bergmann
Japa em Floripa
jiintonic
Leonor Nazaré Martins
Leley
Leti-ta
Lia Costa Carvalho
Lili Vieira de Carvalho
lu filizola
mallmix
Marcelo Mendonça design
Márcia Marton
Margaridaperola
Margot_k_Castro
Maria Castro
Mariane Medeiros
Marilene Simão Imagens
max tuta noronha
Messias Correia
Mieke Vos
Monalisa Machado
Mônnik
Paulo Kawai
Perdida na Avenida
raquelsantana
Ricardo Galvão
redart
RogerioM
Silvino Pinto
Simone_Albuquerque
soniamourao
solamore
Stella Brasil
T Glow
TIO...
Um dia.Uma foto
ume.chan
W. Renata
zitakamugira
zillig
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Au bout du chemin
Le vétérinaire l'a vu vendredi et lui donne maximum un mois. J'espère comprendre à temps quand le moment de le laisser partir sera arrivé. C'est triste, mais pas injuste. Il a plus de 18 ans et est positif FIV depuis au moins 10 ans (l'époque où il a emmenagé chez moi), c'est presque un miracle.
At the end of his way.
The vet saw him last Friday and gives him a maximum of one month to live. I hope I'll be able to understand when the time arrives to let him go. It's sad, but not unfair. He is more than 18 years old and is FIV positive for at least 10 years (when he moved in with me), it's almost a miracle.
Monte-Carlo (en monégasque Monte-Carlu) est l'un des onze quartiers de la cité-État de la principauté de Monaco. C'est le plus connu, avec son célèbre casino.
Monte-Carlo (le « Mont-Charles ») porte ce nom italien en l'honneur du prince Charles III de Monaco et ce depuis le 1er juillet 1866.
Ce nom a été adapté en monégasque : Monte-Carlu [ˌmõteˈkaʀlu]. Cette appellation récente sonnant particulièrement bien a été donnée au lieu-dit les Spélugues (à comprendre les « Grottes » ; en monégasque Ë Speřüghe, du roman commun et au singulier *speluca, correspondant au latin classique spelunca lui-même issu du grec 'σπήλαιον'='spèlaion' signifiant grotte) après son urbanisation (Casino) : ne disait-on pas que l'ancien nom portait malchance puisqu'en allemand Spelunke (pluriel Spelunken) malgré son étymologie identique, désigne un « établissement douteux ».
Ce sont les règles typographiques relatives aux toponymes en usage à l'Imprimerie nationale qui imposent d'écrire Monte-Carlo avec un trait d'union. Il existe une commune italienne graphiée Montecarlo située dans la province de Lucques en Italie ; ses habitants sont les montecarlesi.
On prononce généralement« Monté-Carlo », mais certains disent « Monté-Carl' ». On n'utilise pas d'autre gentilé que Monégasques pour les habitants de Monte-Carlo.
Monte-Carlo est le quartier le plus célèbre de Monaco, au point d'être parfois confondu avec le pays entier, ou considéré — à tort — comme sa capitale. Les plaques automobiles de la Principauté portent la mention "MC" rappelant Monte Carlo alors qu'il s'agit d'une abréviation de Monaco. RMC (Radio Monte-Carlo) porte le nom du quartier et non celui du pays. Pour les courses automobiles, il y a le Grand Prix automobile de Monaco et le Rallye automobile Monte-Carlo.
Le développement de Monte-Carlo entraîna la création d'une véritable « banlieue » en territoire français qui devint une commune sous le nom de Beausoleil en 1904 et que l'on avait d'abord pensé appeler Monte-Carlo supérieur.
En 1856, le Prince de Monaco, pour créer des ressources, autorise l'ouverture d'un casino. Après une première installation infructueuse dans le Monaco historique (Munegu Autu - Monaco Ville), en 1862, on élève à Monte-Carlo, pour les jeux, une humble bâtisse (inaugurée en 1863) qui reste isolée, nul ne voulant acheter aux alentours un terrain avec obligation de construire. Mais tout va changer quand François Blanc, le directeur du casino de Bad Homburg, ville d'eau hessoise (située dans l'État de Hesse-Hombourg) devient concessionnaire. Grâce à ses talents et à ses capitaux, il réussit là où ses prédécesseurs s'étaient ruinés : en peu d'années, la vogue est acquise et une ville couvre bientôt le plateau de ses constructions de luxe.
En 1911, la constitution monégasque divisa la principauté en trois communes, la Commune de Monte-Carlo fut ainsi créée couvrant également les actuels quartiers de La Rousse/Saint Roman, Larvotto/Bas Moulins et Saint Michel. En 1917, on revint à une commune unique pour toute la principauté.
-----------------------
Monte Carlo é um dos 11 bairros de Mónaco. Conhecida estância luxuosa, conhecida pelo seu glamour, celebridades que enxameiam as revistas cor de rosa, praias e casinos.
É aí que se situa o Circuito do Mónaco, onde decorre o Grande Prémio do Mónaco de Fórmula 1. É palco, ainda, de competições de boxe, apresentações de moda e outros eventos de grande repercussão cultural.
Em uma pesquisa realizada em 2009 pelo Global Property Guide ("Word´s Most Expensives Residential Real Estate Markets 2009"), os imóveis em Monte Carlo foram considerados os mais caros do mundo, com o metro quadrado custando 47.578 dólares, mais que o dobro da segunda colocada, Moscou
______________________
Monte Carlo (French: Monte-Carlo, Occitan: Montcarles, Monégasque: Monte-Carlu) is one of Monaco's administrative areas.The official capital is the city of Monaco, which is coterminous with the country itself.
Monte Carlo is widely known for its casino. The permanent population is about 3,000. Monte Carlo quarter includes not only Monte Carlo proper where the Le Grand Casino is located, it also includes the neighbourhoods of Saint-Michel, Saint-Roman/Tenao, and the beach community of Larvotto. It borders the French town of Beausoleil (sometimes referred to as Monte-Carlo-Supérieur).
Founded in 1866, Monte Carlo has a name of Italian origin meaning "Mount Charles", in honor of the then-reigning prince, Charles III of Monaco. The specific mountain is the escarpment at the foot of the Maritime Alps on which the town stands.
The history of the area and the ruling Grimaldi family, however, dates back centuries. The port of Monaco is first mentioned in historical records as early as 43 BC, when Julius Caesar concentrated his fleet there while waiting in vain for Pompey. In the 12th century, the area fell under the sovereignty of Genoa, which was granted the entire coastline from Porto Venere to Monaco. After much conflict, the Grimaldis regained the rock in 1295, but suffered a significant amount of opposition in the ensuing years. In 1506 the Monegasques, under Lucien, Lord of Monaco, were under siege for some four months by the Genoan army, which had ten times the number of men. Monaco officially received full autonomy in 1524, but experienced difficulty retaining power, and on occasions briefly fell under the domination of Spain, Sardinia, and France.
By the 1850s, Monaco’s reigning family was almost bankrupt; this was a result of the loss of two towns, Menton and Roquebrune, which had provided most of the principality’s revenues with their lemon, orange and olive crops.[3] At the time, a number of small towns in Europe were growing prosperous from the establishment of casinos, notably in German towns such as Baden-Baden and Homburg[disambiguation needed]. In 1856, Charles III of Monaco granted a concession to Napoleon Langlois and Albert Aubert to establish a sea-bathing facility for the treatment of various diseases, and to build a German-style casino in Monaco.[3] The initial casino was opened in La Condamine in 1862, but was not a success; its present location in the area called "Les Spelugues" (The Caves) of Monte Carlo, came only after several relocations in the years that followed. The success of the casino grew slowly, largely due to the area's inaccessibility from much of Europe. The installation of the railway in 1868, however, brought with it an influx of people into Monte Carlo and saw it grow in wealth.[3]
In 1911, when the Constitution divided the principality of Monaco in 3 municipalities, the municipality of Monte Carlo was created covering the existing neighborhoods of La Rousse / Saint Roman, Larvotto / Bas Moulins and Saint Michel. The municipalities were merged into one in 1917, after accusations that the government was acting according to the motto "divide and conquer" and they were accorded the status of wards (quartiers) thereafter. Today, Monaco is divided into 10 wards, with an eleventh ward planned (but currently postponed) to encompass land reclaimed from the sea (see the "Administrative Divisions" section of Monaco for additional details).
The quarter of Monte Carlo was served by tramways from 1900 to 1953, linking all parts of Monaco. In 2003, a new cruise ship pier was completed in the harbour at Monte Carlo.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Monte-Carlo (en monégasque Monte-Carlu) est l'un des onze quartiers de la cité-État de la principauté de Monaco. C'est le plus connu, avec son célèbre casino.
Monte-Carlo (le « Mont-Charles ») porte ce nom italien en l'honneur du prince Charles III de Monaco et ce depuis le 1er juillet 1866.
Ce nom a été adapté en monégasque : Monte-Carlu [ˌmõteˈkaʀlu]. Cette appellation récente sonnant particulièrement bien a été donnée au lieu-dit les Spélugues (à comprendre les « Grottes » ; en monégasque Ë Speřüghe, du roman commun et au singulier *speluca, correspondant au latin classique spelunca lui-même issu du grec 'σπήλαιον'='spèlaion' signifiant grotte) après son urbanisation (Casino) : ne disait-on pas que l'ancien nom portait malchance puisqu'en allemand Spelunke (pluriel Spelunken) malgré son étymologie identique, désigne un « établissement douteux ».
Ce sont les règles typographiques relatives aux toponymes en usage à l'Imprimerie nationale qui imposent d'écrire Monte-Carlo avec un trait d'union. Il existe une commune italienne graphiée Montecarlo située dans la province de Lucques en Italie ; ses habitants sont les montecarlesi.
On prononce généralement« Monté-Carlo », mais certains disent « Monté-Carl' ». On n'utilise pas d'autre gentilé que Monégasques pour les habitants de Monte-Carlo.
Monte-Carlo est le quartier le plus célèbre de Monaco, au point d'être parfois confondu avec le pays entier, ou considéré — à tort — comme sa capitale. Les plaques automobiles de la Principauté portent la mention "MC" rappelant Monte Carlo alors qu'il s'agit d'une abréviation de Monaco. RMC (Radio Monte-Carlo) porte le nom du quartier et non celui du pays. Pour les courses automobiles, il y a le Grand Prix automobile de Monaco et le Rallye automobile Monte-Carlo.
Le développement de Monte-Carlo entraîna la création d'une véritable « banlieue » en territoire français qui devint une commune sous le nom de Beausoleil en 1904 et que l'on avait d'abord pensé appeler Monte-Carlo supérieur.
En 1856, le Prince de Monaco, pour créer des ressources, autorise l'ouverture d'un casino. Après une première installation infructueuse dans le Monaco historique (Munegu Autu - Monaco Ville), en 1862, on élève à Monte-Carlo, pour les jeux, une humble bâtisse (inaugurée en 1863) qui reste isolée, nul ne voulant acheter aux alentours un terrain avec obligation de construire. Mais tout va changer quand François Blanc, le directeur du casino de Bad Homburg, ville d'eau hessoise (située dans l'État de Hesse-Hombourg) devient concessionnaire. Grâce à ses talents et à ses capitaux, il réussit là où ses prédécesseurs s'étaient ruinés : en peu d'années, la vogue est acquise et une ville couvre bientôt le plateau de ses constructions de luxe.
En 1911, la constitution monégasque divisa la principauté en trois communes, la Commune de Monte-Carlo fut ainsi créée couvrant également les actuels quartiers de La Rousse/Saint Roman, Larvotto/Bas Moulins et Saint Michel. En 1917, on revint à une commune unique pour toute la principauté.
-----------------------
Monte Carlo é um dos 11 bairros de Mónaco. Conhecida estância luxuosa, conhecida pelo seu glamour, celebridades que enxameiam as revistas cor de rosa, praias e casinos.
É aí que se situa o Circuito do Mónaco, onde decorre o Grande Prémio do Mónaco de Fórmula 1. É palco, ainda, de competições de boxe, apresentações de moda e outros eventos de grande repercussão cultural.
Em uma pesquisa realizada em 2009 pelo Global Property Guide ("Word´s Most Expensives Residential Real Estate Markets 2009"), os imóveis em Monte Carlo foram considerados os mais caros do mundo, com o metro quadrado custando 47.578 dólares, mais que o dobro da segunda colocada, Moscou
______________________
Monte Carlo (French: Monte-Carlo, Occitan: Montcarles, Monégasque: Monte-Carlu) is one of Monaco's administrative areas.The official capital is the city of Monaco, which is coterminous with the country itself.
Monte Carlo is widely known for its casino. The permanent population is about 3,000. Monte Carlo quarter includes not only Monte Carlo proper where the Le Grand Casino is located, it also includes the neighbourhoods of Saint-Michel, Saint-Roman/Tenao, and the beach community of Larvotto. It borders the French town of Beausoleil (sometimes referred to as Monte-Carlo-Supérieur).
Founded in 1866, Monte Carlo has a name of Italian origin meaning "Mount Charles", in honor of the then-reigning prince, Charles III of Monaco. The specific mountain is the escarpment at the foot of the Maritime Alps on which the town stands.
The history of the area and the ruling Grimaldi family, however, dates back centuries. The port of Monaco is first mentioned in historical records as early as 43 BC, when Julius Caesar concentrated his fleet there while waiting in vain for Pompey. In the 12th century, the area fell under the sovereignty of Genoa, which was granted the entire coastline from Porto Venere to Monaco. After much conflict, the Grimaldis regained the rock in 1295, but suffered a significant amount of opposition in the ensuing years. In 1506 the Monegasques, under Lucien, Lord of Monaco, were under siege for some four months by the Genoan army, which had ten times the number of men. Monaco officially received full autonomy in 1524, but experienced difficulty retaining power, and on occasions briefly fell under the domination of Spain, Sardinia, and France.
By the 1850s, Monaco’s reigning family was almost bankrupt; this was a result of the loss of two towns, Menton and Roquebrune, which had provided most of the principality’s revenues with their lemon, orange and olive crops.[3] At the time, a number of small towns in Europe were growing prosperous from the establishment of casinos, notably in German towns such as Baden-Baden and Homburg[disambiguation needed]. In 1856, Charles III of Monaco granted a concession to Napoleon Langlois and Albert Aubert to establish a sea-bathing facility for the treatment of various diseases, and to build a German-style casino in Monaco.[3] The initial casino was opened in La Condamine in 1862, but was not a success; its present location in the area called "Les Spelugues" (The Caves) of Monte Carlo, came only after several relocations in the years that followed. The success of the casino grew slowly, largely due to the area's inaccessibility from much of Europe. The installation of the railway in 1868, however, brought with it an influx of people into Monte Carlo and saw it grow in wealth.[3]
In 1911, when the Constitution divided the principality of Monaco in 3 municipalities, the municipality of Monte Carlo was created covering the existing neighborhoods of La Rousse / Saint Roman, Larvotto / Bas Moulins and Saint Michel. The municipalities were merged into one in 1917, after accusations that the government was acting according to the motto "divide and conquer" and they were accorded the status of wards (quartiers) thereafter. Today, Monaco is divided into 10 wards, with an eleventh ward planned (but currently postponed) to encompass land reclaimed from the sea (see the "Administrative Divisions" section of Monaco for additional details).
The quarter of Monte Carlo was served by tramways from 1900 to 1953, linking all parts of Monaco. In 2003, a new cruise ship pier was completed in the harbour at Monte Carlo.
HELP CHILDREN Positive, HIV/AIDS in Bahia ,Brasil
This children need support or DIED
91 AMIGOS do FLICKR FotografandoVIDA ,
AJUDE A AJUDAR COM O SEU OLHAR
Ayuda a ayudar con tu mirar
HELP AIDS CHILDREN in Bahia,Brasil, HIV POSITIVE, need support or died
CNPJ 07.852.787/0001-69
ABRACE ESTA CAUSA
FOTOS PARA A VIDA
FACA um donativo e coloque uma fotografia sua ajudando a campanha a CRESCER
A sua doação, podem salvar vidas de crianças com HIV-AIDS em Salvador-Bahia-Brasil
Poste sua foto e faça sua doação:
Abrace esta CausaDoações para reabrir a casa de crianças com AIDS:
Instituição Assistencial Beneficente Conceição Macedo
Banco do Brasil ( 001)
Agência: 0904-0
Conta Corrente: 254.651-5
Código SWIFT: BRASBRRJSDR
-----------------------------------------------------------------------------------------------------
ITALIA
POSTEPAY (Posteitaliene)
4023 6004 5398 0593
esta conta so a ibcm pode utilizar, foi criada por um amigo italiano para depositos na Europa.
________________________
Instituição Beneficente Conceição Macedo
Cuidando de crianças com AIDS
Rua Santa Veruza, 108 – Pernambués
Salvador da Bahia
Bahia
Brasil
________________________________________________________
HELP AIDS CHILDREN in Bahia,Brasil, HIV POSITIVE, need support or died
www.flickr.com/photos/abnjunior/2076601447/
www.flickr.com/photos/2007jolie/2050073242/
www.flickr.com/photos/21guilherme/2052740880/
www.flickr.com/photos/nanabou/1988226105/
www.flickr.com/photos/umpropelamordedeus/2004214404/
www.flickr.com/photos/fotolomania/2051559371/
www.flickr.com/photos/amandavivan/2073656180/
www.flickr.com/photos/valeria/2053020605/
www.flickr.com/photos/anasanteiro/2057101754/
www.flickr.com/photos/antinea/1999868682/
www.flickr.com/photos/letta/2048914340/
www.flickr.com/photos/sadi_973/2066628799/
www.flickr.com/people/omeuanel/
www.flickr.com/photos/bemattos/2042246959/
www.flickr.com/photos/beasasse/2065918006/
www.flickr.com/photos/caboclamorena/
www.flickr.com/photos/carla_e_bruno/2049270343/
www.flickr.com/photos/81124164@N00/2054024330/
www.flickr.com/photos/claufogolin/2046970930/
www.flickr.com/photos/cristianosoares/2044797892/
www.flickr.com/photos/dalnunes/2058898092/
www.flickr.com/photos/dariosanches/2045172172/
www.flickr.com/photos/dimas_benedict/2054050731/
www.flickr.com/photos/doraaraujo/2049296043/
www.flickr.com/photos/dulce_vasconcelos/1992815188/
www.flickr.com/photos/ebald/2037921469/
www.flickr.com/photos/bjomeliga/
www.flickr.com/photos/bombeador/2076325148/
www.flickr.com/photos/eduardorebello/2061703349/
www.flickr.com/photos/elianabotan/2053446160/
www.flickr.com/photos/eloisa/1981619076/
www.flickr.com/photos/ernanib/2043229704/
www.flickr.com/photos/m_cali/2006488540/
www.flickr.com/photos/fabiolarebello/1374490385/
www.flickr.com/photos/flaviob/2057831003/
www.flickr.com/photos/fatinhacosta/1374827858/
www.flickr.com/photos/fernandafronza/2047766828/
www.flickr.com/photos/52815054@N00/2030899771/
www.flickr.com/photos/frederico_mendes/2033876501
www.flickr.com/photos/gigliane/2040943803/
www.flickr.com/photos/giselleazevedo/2055372959/
www.flickr.com/photos/grace_flowers/2046328495/
www.flickr.com/photos/15104480@N03/2057568923/
www.flickr.com/photos/ivano_bettati/2061289300/
www.flickr.com/photos/jairo_abud/2049061313/
www.flickr.com/photos/janinebergmann/2053994395/
www.flickr.com/photos/rnmori/2055982188/
www.flickr.com/photos/jiintonic/2072070800/
www.flickr.com/photos/leonor7/2063854672/
www.flickr.com/photos/leley1/2002088984/
www.flickr.com/photos/liacostacarvalho/192101377/
www.flickr.com/photos/bbporfirio/2046375258/
www.flickr.com/photos/lilivc/2046199423/
www.flickr.com/photos/lufilizola/1815352368/
www.flickr.com/photos/mallmix/2062520145/
www.flickr.com/photos/marcelomendonca/2035340342/
www.flickr.com/photos/marcia_marton/2058840285/
www.flickr.com/photos/margaperola/1979002467/
www.flickr.com/photos/margot_ft-curso/2078916983/
www.flickr.com/photos/mariacastro/2051649807/
www.flickr.com/photos/marianemedeiros/2045458576/
www.flickr.com/photos/8905422@N03/2052449621/
www.flickr.com/photos/max_tuta/2042628836/
www.flickr.com/photos/mcorreia/2057136558/
www.flickr.com/photos/miekevos/2018913317/
www.flickr.com/photos/7261969@N06/2093840460/
www.flickr.com/photos/monnik/2053195633/
www.flickr.com/photos/paulokawai/2045796695/
www.flickr.com/photos/raquelsantana/2058085770/
www.flickr.com/photos/redart_photo/2047631830/
www.flickr.com/photos/9121646@N07/2047962263/
www.flickr.com/photos/f0t0gr4fi4/2077113205/
www.flickr.com/photos/simone_alira/2078063214/
www.flickr.com/photos/silvino_pinto/
www.flickr.com/photos/sonia_mourao/1990482474/
www.flickr.com/photos/solamore/2054847969/
www.flickr.com/photos/stella_foto/2043163214/
www.flickr.com/photos/tglow/2050902207/
www.flickr.com/photos/66179962@N00/2061875399/
www.flickr.com/photos/f0t0gr4fi4/2077113205/
www.flickr.com/photos/umdiaumafoto/1999468345/
www.flickr.com/photos/umechan/2048601580/
www.flickr.com/photos/rwerson/2052690112/
www.flickr.com/photos/zitakamugira/2056360339/
www.flickr.com/photos/zillig/1984741365/
90 FotografandoVIDA, na campanha "AJUDE a Abraçar com o seu OLHAR)
TEXTO DO ERNANIB:
Há o tempo de plantar e o tempo de colher. Todos nós temos presa para viver, nunca de morrer. Temos tempo para a internet, para um amigo, para brincar, para trabalhar, mas nunca temos tempo para parar e ajudar. Temos tempo para ver TV, ler jornais, um bom livro, mas nunca tempo para ler um pedido de ajuda.
Mas há quem não tem mais tempo. Quem não teve tempo de plantar. Quem mal tem tempo para brincar. Quem mal vai ter tempo de dizer: “Eu te amo mamãe, papai!!!”. Porque em algum lugar alguém não teve tempo para parar e ler essa mensagem, para procurar saber do que se tratava, sobre quem se estava falando, de procurar saber como poderia ajudar; já que quem deveria ajudar não acha tempo para isso, porque não acha importante, porque é um investimento que não tem retorno no curto espaço de tempo ou porque acha que seu tempo é valioso demais para gastar com quem não tem tanto tempo de vida assim.
Pare um momento. Procure se informar, ler, ajudar. Quem já conta os segundos para a despedida final vai agradecer de coração por esses poucos instantes de tempo, que você dedicou a elas.
Não deixe que o relógio das vidas delas pare só porque você não queria perder tempo. Ajude!!! Divulge!!! Dê corda nesses pequenos relógios de vida.
_____________________________________________________
There is a time for planting and a time for harvesting. We are all in a hurry to live, not to die.We have time for internet, for friends, for playing, for working and we never have time to stop and help others. We have time for watching TV, reading the papers or a good book but we never have time for reading a message asking for help.
But there are the ones who don’t have any more time to lose. The ones who didn’t have time to plant. That barely have time to play. That won’t have time to say “I love you, mom, dad”. Because someone, somewhere didn’t have time to read this message, to try to know what it means, to try to know how to help. Because many times who could help don’t have the time, because it’s not an investment with short term interest or because thinks its time is too valuable to spend with somenone who doesn’t have that much time.
Stop for a moment.Try to read and get informed. The children that are about to say their goodbyes to life will be thankful for these few moments you took to help them.. Don’t let their life clocks stop just because you didn’t want to waste your time. Help them! Spread the word! Wind up these little life clocks
----------------------------------------------------------------------------------------------------------
Hay momentos para sembrar, y otros para recoger la cosecha. Todos tenemos tiempo para vivir, nunca para morir. Tenemos tiempo para Internet, para un amigo, para jugar, para trabajar, pero nunca tenemos tiempo para detenernos y ayudar. Tenemos tiempo para ver Tele, leer periódicos, un buen libro, pero nunca tiempo para leer un pedido de ayuda.
Pero hay quienes ya no tienen más tiempo. Quien no tuvo tiempo para sembrar. Que apenas tiene tiempo para jugar, y que quizás tampoco no va a tener tiempo para decir "Yo te amo mamá! papá!
Porque en algún lugar alguien no tuvo tiempo para detenerse a leer este mensaje, para tratar de entender de qué se trataba, de quién se estaba hablando, de entender cómo se podía ayudar; ya que quien debería ajudar no consigue tiempo para esto, porque no lo considera importante, porque es una inversión que no tiene retorno en un corto espacio de tiempo o porque cree que su tiempo es mucho más valioso como para gastarlo con quien no tiene tanto tiempo de vida.
Detente un momento. Procura Informarte, leer, ayudar.
Quienes cuentan los segundos para la despedida final van agradecer de corazón por ese gesto, por haber leido éstas líneas.
No dejes que el reloj de la vida de esas personas pare porque no querías perder tiempo.
Ayuda! Divulga! Dale cuerda a esas pequeñas manecillas del reloj de la vida!
--------------------------------------------------------------------------------------------------------
FRENCH
AIDEZ LES ENFANTS séropositifs à Bahia, au Brésilè
Sans aide, ces enfants vont MOURIR
Il y a un temps pour planter et un temps pour récolter. Nous nous dépêchons tous de vivre, pas de mourir. Nous trouvons du temps pour l’Internet, pour nos amis, pour nous amuser, pour travailler mais jamais pour nous arrêter un instant et aider les autres. Nous trouvons le temps de regarder la télévision, de lire les journaux ou un bon livre mais jamais de lire un appel à l’aide.
Mais il y a ceux qui n’ont plus de temps à perdre. Ceux qui n’ont pas eu le temps de planter. Qui ont à peine le temps de jouer. Qui n’auront pas le temps de dire « Je vous aime, maman, papa » parce que quelqu’un, quelque part n’aura pas eu le temps de lire ce message, d’essayer de comprendre sa signification, de voir comment aider. Parce que beaucoup de gens qui pourraient aider n’ont pas le temps, parce que ce n’est pas un investissement rentable à court terme ou parce qu’ils pensent que leur temps est trop précieux pour le consacrer à des gens qui n’en ont plus pour longtemps.
Arrêtez-vous un instant. Essayez de lire, de vous informer. Les enfants qui sont sur le point de dire adieu à la vie vous seront reconnaissants des quelques moments que vous aurez pris pour les aider. Ne laissez pas le temps s’arrêter pour eux parce que vous ne vouliez pas perdre le votre. Aidez-les! Faites passer le message! Remontez les pendules de ces petites vies.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------
Carta do Padre Alfredo
IBCM
Prezado Amigo,a,
Em nome das 39 crianças com AIDS da IBCM e das 250 famílias assistidas, agradeço-lhe de coração.
Somos mais de 22 voluntári@s, igualmente pesaros@s com o fechamento da creche.
Nesta segunda-feira, graças à generosidade de muitas pessoas como vc, estaremos abrindo provisoriamente a creche, em regime de 1/2 turno (das 14 às 17h). Ainda não é o ideal, mas já ameniza a fome e o sofrimento destas crianças em grave situação de risco.
Obrigado pela sua generosidade. Divulgue a nossa causas e conte sempre com nossa gratidão e reconhecimento.
Feliz Natal!
pe Alfredo
OBRIGADA, não se esqueçam do vosso donativo.
90amigos ABRAÇANDO!
(2 Anónimos)
2007jolie
21guilherme
Alberto Nogueira
Anabela Carvalho
A.Suther Photography
Adriana
Amanda Vivan
Ana Valeria
Ana Maria Santeiro
antinea
Arlete
@rmando
BB
Be Mattos
Beatriz Sasse
Conceição Costa
Carla & Bruno
Claudia Pinelli
claudio.marcio2
claufogolin
Cristiano Soares
Dal Nunes
Daniela Duarte Moreira
Dario Sanchez
Dimas Benedict
dora.araujo
Dulce de V
Edgardo Balduccio
Eduardo Amorim
Eduardo Rebello
Eliana Botan
eloisavh
Emy Mamede
Ernanib
Eu M
FABIOLA MEDEIROS
F£a
Fatinha Costa
Fernanda Fronza
FIDALGO 72
Frederico Mendes
Gigliane Pefrei
Giselle
Graça Vargas - Flowers
GreenHouse
Ivano Bettati
Jairo BD
Janine Bergmann
Japa em Floripa
jiintonic
Leonor Nazaré Martins
Leley
Leti-ta
Lia Costa Carvalho
Lili Vieira de Carvalho
lu filizola
mallmix
Marcelo Mendonça design
Márcia Marton
Margaridaperola
Margot_k_Castro
Maria Castro
Mariane Medeiros
Marilene Simão Imagens
max tuta noronha
Messias Correia
Mieke Vos
Monalisa Machado
Mônnik
Paulo Kawai
Perdida na Avenida
raquelsantana
Ricardo Galvão
redart
RogerioM
Silvino Pinto
Simone_Albuquerque
soniamourao
solamore
Stella Brasil
T Glow
TIO...
Um dia.Uma foto
ume.chan
W. Renata
zitakamugira
zillig
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
PESSEBRE DE LA PLAÇA SANT JAUME (2016): HO SAP TOTHOM, I ÉS PROFECIA, de J.V.FOIX
[CAT]
HO SAP TOTHOM, I ÉS PROFECIA, de J.V.FOIX
Ho sap tothom, i és profecia.
La meva mare ho va dir un dia
Quan m’acotxava amb blats lleugers;
Enllà del somni ho repetia
L’aigua dels astres mitjancers
I els vidres balbs d’una establia
Tota d’arrels, al fosc d’un prat:
A cal fuster hi ha novetat.
Els nois que ronden per les cales
Hi cullen plomes per les ales
I algues de sol, i amb veu d’albat,
Criden per l’ull de les escales
Que a cal fuster hi ha novetat.
Els qui ballaven per les sales
Surten i guaiten, des del moll,
Un estel nou que passa el coll.
El coraller ho sap pel pirata
Que amaga els tints en bucs d’escata
Quan crema l’arbre dels escrits;
Al capità d’una fragata
Li ho diu la rosa de les nits.
L’or i l’escuma d’una mata
Clamen, somnàmbuls, pel serrat:
A cal fuster hi ha novetat.
El plor dels rics salpa pels aires,
I les rialles dels captaires
Solquen els glaços del teulat.
Un pastor ho conta als vinyataires:
A cal fuster hi ha novetat.
El roc dels cims escampa flaires,
I al Port mateix, amb roig roent,
Pinten, pallards, l’Ajuntament.
El jutge crema paperassa
Dels anys revolts, a un cap de plaça,
I el mestre d’aixa riu tot sol.
El fum dels recs ja no escridassa
I els pescadors faran un bol,
Tot és silenci al ras de raça
Quan els ho diu l’autoritat:
A cal fuster hi ha novetat.
Els de la Vall i els de Colera
Salten contents, a llur manera,
I els de la Selva s’han mudat;
Amb flors de fenc calquen a l’era:
A cal fuster hi ha novetat.
De Pau i Palau-saverdera
Porten les mels de llur cinglera
I omplen els dolls de vi moscat.
Els de Banyuls i els de Portvendres
Entren amb llanes de mars tendres
I un raig de mots de bon copsar
Pels qui, entre vents, saben comprendre’s.
Els traginers de Perpinyà,
Amb sang barrada en drap de cendres,
Clamen dels dalts del pic nevat:
A cal fuster hi ha novetat.
Res no s’acaba i tot comença.
Vénen mecànics de remença
Amb olis nous de llibertat;
Una Veu canta en recompensa:
Que a cal fuster hi ha novetat.
Des d’Alacant a la Provença
Qui mor no mor, si el son és clar
Quan neix la llum en el quintar.
La gent s’agleva en la nit dura,
Tots anuncien la ventura,
Les Illes porten el saïm,
I els de l’Urgell, farina pura:
Qui res no té, clarors dels cim.
La fe que bull no té captura
I no es fa el Pa sense el Llevat:
A cal fuster hi ha novetat.
J.V.Foix
El Port de la Selva
Nadal de 1953
-----
[ESP]
LO SABE TODO EL MUNDO, Y ES PROFECÍA, de J.V.FOIX
Lo sabe todo el mundo, y es profecía.
Mi madre lo dijo un día
Cuando m'acotxava con trigos ligeros;
Allá del sueño lo repetía
El agua de los astros mediadores
Y los cristales ateridos de un establo
Toda de raíces, al oscuro de un prado:
En casa del carpintero hay novedad.
Los chicos que rondan por las calas
Hay cosechan plumas por las alas
Y algas de sol, y con voz de Albats,
Llaman por el ojo de las escaleras
Que en casa del carpintero hay novedad.
Los que bailaban por las salas
Salen y se asoman, desde el muelle,
Una estrella nuevo que pasa el cuello.
El coralero lo sabe por el pirata
Que esconde los tintes en buques de escama
Cuando arde el árbol de los escritos;
Al capitán de una fragata
Se lo dice la rosa de las noches.
El oro y la espuma de una mata
Claman, sonámbulos, por aserrado:
En casa del carpintero hay novedad.
El llanto de los ricos zarpa por los aires,
Y las risas de los mendigos
Surcan los hielos del tejado.
Un pastor lo cuenta a los viticultores:
En casa del carpintero hay novedad.
El roc de las cumbres esparce aromas,
Y el Puerto mismo, con rojo al rojo,
Pintan, Pallardó, el Ayuntamiento.
El juez crema papeleo
De los años curvas, a un jefe de plaza,
Y el carpintero de ribera río solo.
El humo de los riegos ya no grita
Y los pescadores harán un bol,
Todo es silencio al ras de raza
Cuando se lo dice la autoridad:
En casa del carpintero hay novedad.
Los del Valle y los de Colera
Saltan contentos, a su manera,
Y los de la Selva han mudado;
Con flores de heno calcan en la era:
En casa del carpintero hay novedad.
De Paz y Palau Saverdera
Llevan las mieles de su risco
Y llenan los chorros de vino moscatel.
Los de Banyuls y los de Portvendres
Entran con lanas de mares tiernos
Y un rayo de palabras de buen captar
Para los que, entre vientos, saben comprenderse.
Los arrieros de Perpiñán,
Con sangre encerrada en paño de cenizas,
Claman los altos del pico nevado:
En casa del carpintero hay novedad.
Nada se acaba y todo empieza.
Vienen mecánicos de remença
Con aceites nuevos de libertad;
Una Voz canta en recompensa:
Que en casa del carpintero hay novedad.
Desde Alicante en la Provenza
Quien muere no muere, si el sueño es claro
Cuando nace la luz en el quintal.
La gente s'agleva en la noche dura,
Todos anuncian la ventura,
Las Islas llevan la manteca,
Y los del Urgell, harina pura:
Quien nada tiene, luces de la cima.
La fe que hierve no tiene captura
Y no se hace el Pan sin Levadura:
En casa del carpintero hay novedad.
J.V.Foix
El Port de la Selva
Navidad 1953
HO SAP TOTHOM, I ÉS PROFECIA
A CAL FUSTER HI HA NOVETAT
Instal·lació conceptual per un cicle nadalenc
Interpretació lliure del poema del J. V. Foix del recull "ONZE NADALS I UN CAP D'ANY"
Organització: INSTITUT DE CULTURA DE BARCELONA
Idea i realització:
QUIM DOMENE
TOTI TORONELL
Equip tècnic:
TXELL FARRÀS
NORBE FERNANDEZ
CRISTINA MORETA
ROSA MARIA PUJIOLA
XEVI SOLER
Muntatge Musical:
JOAN BRAMON
Versadors:
GEMMA BALAGUER
SILVIA CASANOVA
MÒNICA JAUME
ARLETTE MANA
JOSEP PADRALS
JORDI PADRÓS
MARIBEL SERVERA
NUNNA TORONELL
PAULA TORONELL
TOTI TORONELL
Realització de vídeo:
NOR-B
Agraïments:
FUNDACIÓ J.V. FOIX
MUSEU DELS SANTS D'OLOT
FORN DE PA NÀSIA
EL LLEDONER
DOLORS RUSSIÑOL
MARTA CULLELL
BAUHAUS.ARCHIV BERLIN
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.
Mont Saint-Michel
•
Le mont Saint-Michel est un îlot rocheux granitique d’environ 960 mètres de circonférence situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, dans le département de la Manche en Normandie, et dont le nom vient de l'archange saint Michel. Avant l'année 709, il était connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). L'abbaye du Mont-Saint-Michel est située sur le mont, et le mont constitue une petite partie du territoire de la commune du Mont-Saint-Michel.
Le mont Saint-Michel baigne dans la baie du Mont-Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 7 ha, la partie essentielle du rocher étant couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et de son domaine. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse.
L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie1. Le mont Saint-Michel est le troisième site touristique culturela le plus fréquenté de France après la tour Eiffel et le château de Versailles, avec près de 2,3 millions de visiteurs par an2 (3,25 millions en 20063, 2,3 millions en 20144).
Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 150 mètres au-dessus du rivage. Éléments majeurs, l'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques par la liste de 18625. (soixante autres constructions étant protégées par la suite6) ; le mont (îlot rocheux) et le cordon littoral de la baie figurant depuis 19797 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ainsi que le moulin de Moidrey depuis 20077. Depuis 1998, le mont Saint-Michel bénéficie en outre d'une seconde inscription sur la liste du patrimoine mondial en tant que composante du bien en série Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France8.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi : « Le mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires9. »
La baie
Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) est situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, dont le cordon littoral figure au patrimoine mondial de l’Unesco (inscription de 1979).
La baie qui fait partie du Massif armoricain repose sur un socle précambrien de grès et de schistes argileux qui se métamorphisent autour des éperons granitiques cadomiens de Cancale, Avranches, Chausey et Carolles. Toujours pendant le cycle cadomien, les granites intrusifs cambriens ont donné le mont-Dol, l'îlot Tombelaine et le mont Saint-Michel qui est constitué d'un pluton de leucogranite à biotite et muscovite datant de 525 millions d'années : l'îlot Saint-Michel fait une circonférence d'environ 960 mètres et une hauteur de 92 mètres10.
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Le mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là.
L'ancienne digue
La digue-route qui reliait le mont au continent avait été construite en 1879. En retenant le sable, elle avait aggravé l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont risquait un jour de ne plus être une île. D'où la mise en œuvre du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de l’île
Le 24 juin 1983, François Mitterrand inaugure les travaux de démolition de la digue (submersible) de la roche Torin et du rétablissement du caractère maritime. Le projet, appelé jusque dans les années 1990 « désensablement du Mont », est rebaptisé « rétablissement du caractère maritime du mont Saint-Michel » car il s'agit d'un processus naturel, la marée montante (vitesse du courant de flot : 1 m/s par coefficient de marée moyen, soit 3,6 km/h) ayant un flux plus élevé que celui de la marée descendante (vitesse du courant de jusant : 0,75 m/s, soit 2,7 km/h)11.
En 1995, les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la commission[précision nécessaire] du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés.
Il s'en déduit les éléments suivants du projet12 :
•suppression du parking : un autre parking est construit au sud du barrage de la Caserne sur le Couesnon (barrage qui est reconstruit) à 2,5 km du mont (planté de 45 000 arbres et arbustes, ce parking situé dans la zone commerciale La Caserne propose plus de 4 000 places de stationnement). Des navettes spéciales (à moteur et à cheval type maringotte) amènent les visiteurs par une nouvelle digue sur les herbus (levée de terre empierrée longue de 1 085 m et haute de 9,50 m). Cette digue est prolongée par un pont-passerelle (longue de 760 m). Cette « jetée » sur pilotis en acier enfoncés dans des pieux de béton de (30 m) de profondeur jusqu'à la roche, est scindée en 3 branches : deux cheminements piétonniers recouverts d’un platelage de chêne et une chaussée centrale en béton armé réservée à la circulation de navettes) et un terre-plein d'ancrage (permettant l'accès aux secours) au pied des remparts surmonté d’un gué en béton submersible lors des grandes marées (120 m), permettant au mont de conserver son insularité 20 jours par an lors des grandes marées ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent, avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)[réf. à confirmer] ;
•côté île : le Couesnon doit être chenalisé de part et d’autre du mont Saint-Michel, 2⁄3 à l’Ouest en Bretagne et 1⁄3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m3. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). La construction du barrage sur le Couesnon est officiellement lancée le 16 juin 2006.
Le projet de liaison ferroviaire est actualisé, mais de nombreuses incertitudes demeurent. Dans un rapport13, le Conseil général des ponts et chaussées détaille les options possibles, en omettant la liaison ferroviaire établie entre 1901 et 1938.
À partir de 2006, l'État, seul concepteur du projet, se désengage de sa réalisation opérationnelle. Les travaux sont alors confiés exclusivement aux collectivités territoriales locales, déjà regroupées depuis 1997 dans un syndicat mixte, le syndicat mixte « Baie du Mont-Saint-Michel »14.
En août 2008, les quatre premières vannes sont opérationnelles dans la partie ouest du nouveau barrage du Couesnon, fonctionnant en portes à flots en attendant la livraison des quatre autres en cours de montage. L'ancien barrage est détruit en novembre 200815.
Le nouveau barrage-passerelle est mis en service en mai 200916 et ouvert au public en juin 201017. La retenue d'eau constituée à marée montante est lâchée à marée descendante, générant un effet « chasse d'eau » qui doit permettre le désensablement de la baie du Mont-Saint-Michel18.
Le projet de rétablissement du caractère maritime de 200 millions d'euros, notamment le stationnement et le transport des visiteurs attribué à l’automne 2009 à la délégation de service public Veolia Transdev, suscite de vives polémiques, tant au niveau de son suivi financier que de ses choix techniques et économiques (prix du parking, suppression de la navette gratuite « Montoise » qui transporte les habitants du Mont et les 600 employés saisonniers), comme le révèle un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie19,14.
Depuis le 22 juillet 2014, les visiteurs peuvent se rendre au mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau en dessous desservent désormais l'île. L'ancienne digue a maintenant été totalement démolie20.
Toponymie
À l'origine, il était connu sous l'appellation de in monte qui dicitur Tumba vers 850 (mont Tombe) : le mot tumba, « tombe », rare en toponymie, est à interpréter dans le sens de « tertre », « élévation »)21. Le nom de la localité est attesté sous les formes Montem Sancti Michaelis dictum en 966, loco Sancti Archangelis Michaelis sito in monte qui dicitur Tumba en 1025 et, en 1026, Saint Michiel del Mont au XIIe siècle22, au Moyen Âge, il est couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari)23.
Son nom viendrait d'un petit oratoire en forme de grotte construit en 708 (ou 710) par saint Aubert, évêque d'Avranches24, dédié à l'archange saint Michel. Les restes de cet oratoire ont été retrouvés et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, c’est-à-dire sous la terrasse qui prolonge la nef de l’abbatialeb.
Histoire
Un village, implanté sur le mont dès 709, voit vers le milieu du siècle suivant sa population s'accroître à la suite semble-t-il des raids vikings qui incitent les populations habitant des établissements ruraux et des villages voisins au mont, à s'y réfugier. Il se développe tout au long du Moyen Âge à l’ombre de son abbaye25. Au nord de l’église paroissiale Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher.
L’économie du mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française, la population locale s'installant pour proposer gîte et couvert aux miquelots. Le pèlerin, appelé michelet26, venait de toute l’Europe : depuis l’Angleterre, la France du nord et de l’ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeur, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie. À la suite de la tempête de fin décembre 1999, les vestiges d'un ancien atelier de plombs de pèlerinage sont mis au jour27.
Les habitants du mont vivent aussi du XVe au XIXe siècle grâce à la prison en hébergeant ses gardiens et en accueillant ses visiteurs. La dernière prison ferme en 1863. La construction d'une digue-route en 1879 puis d'une voie ferrée reliant Pontorson permet l'essor du tourisme de masse qui vit notamment grâce à la vente d'articles de souvenir de pèlerinage25.
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tels Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France.
La fréquentation du site et de l'abbaye est concentrée dans le temps. Elle est la plus forte au cours de la période estivale et de certains week-ends printaniers qui concentrent le tiers des visiteurs du Mont-Saint-Michel, avec une moyenne journalière approchant les 12 000 visiteurs et des pics dépassant les 16 000 visiteurs par jour, avec un flux de visiteurs de moins en moins dense au fur et à mesure de l'ascension vers l'abbaye (un tiers seulement montant jusqu’à l’abbaye). Le temps moyen de visite est de deux à trois heures. « Au cours d’une journée, c’est entre 11h et 16h que la densité de visiteurs sur le site est la plus forte »28.
Le Mont connaît un déclin de fréquentation depuis le début du XXIe siècle, passant de 3,5 millions de visiteurs à 2,3 millions en 2014. Le site pâtirait en effet des nouvelles conditions de desserte de l'îlot et de la mauvaise réputation du Mont-Saint-Michel qui fait payer cher des prestations médiocres29.
Les prisons
Des prisons furent établies sur le mont Saint-Michel durant une très longue période de son histoire30,31,32. Après que les moines furent chassés lors de la Révolution française, le mont Saint-Michel fut transformé en prison pour prêtres réfractaires en 1793 et son nom changé en Mont Libre33 ; puis en 1811 en maison de force pour prisonniers de droit commun et prisonniers politiques jusqu'en 1863.
Monuments et lieux touristiques
Soixante-et-un immeubles situés sur l'îlot sont protégés au titre des monuments historiques6, par plusieurs campagnes de protection, réalisées notamment en 1928 et 1934.
D’une dimension hors norme, les travaux de rénovation de l’immense bâtiment du XIIIe siècle, lancés fin 2020, devraient durer jusqu’en 202334.
Présence humaine sur le mont
Les Fraternités monastiques de Jérusalem
Depuis 2001, des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris, assurent une présence religieuse toute l'année. Ils remplacent les moines bénédictins, qui peu à peu désertèrent le Mont après 1979.
Le Festival 13 siècles entre ciel et mer
Lors de l'élaboration des festivités du 13e centenaire de la fondation du mont, le diocèse de Coutances et d'Avranches et l'association Robert de Torigni décident, entre autres, de créer un festival d'art chrétien pour « sensibiliser le visiteur au côté spirituel du Mont-Saint-Michel ».
Après ce festival, il est décidé de perpétuer le festival, chaque été, pendant une semaine[Passage à actualiser].
Économie
Trois grandes familles se partagent les commerces de la commune, et se succèdent à l’administration de la ville (Éric Vannier35, Jean Yves Vetelé36 et Patrick Gaulois37). On compte trois cents commerces pour trois millions de touristes, alors qu'en 2013 la commune compte 44 résidents (20 dans les polders, 24 intra-muros) et 99 électeurs. Intra-muros travaillent 54 commerçants et résident 24 Montois (une famille de deux parents et deux enfants, une commerçante, l'administrateur du monument, deux pompiers, un agent de sécurité, cinq moines, sept moniales et trois prêtres)38.
L’abbaye est propriété de l’État, gérée par le Centre des monuments nationaux.
Le Mont-Saint-Michel est dénommé « commune touristique » depuis août 200939.
À la suite des travaux de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel mis en œuvre localement par un Syndicat mixte et débutés en 2006, les groupes hôteliers du Mont se livrent à une guerre commerciale, notamment à propos du chemin pédestre qui relie depuis 2012 les parkings au départ des navettes touristiques pour le Mont, Jean Yves Vetelé et Patrick Gaulois accusant Éric Vannier d'avoir usé de son statut de maire pour peser sur un vote en 2009 du syndicat mixte au sujet du point de départ des navettes qui a été fixé au milieu de deux établissements gérés par Vannier40,41. Le maire du Mont-Saint-Michel Éric Vannier est finalement condamné en correctionnelle à 30 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, pour prise illégale d'intérêts42.
Personnages célèbres liés au mont Saint-Michel
•Robert de Torigni, célèbre abbé du mont.
•Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel.
•Le duc de Chartres (futur Louis-Philippe Ier), venu démolir la « cage de fer ».
•Mathurin Bruneau, sabotier, escroc et faux Louis XVII, prisonnier au mont en 1821-1822.
•Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont.
•Armand Barbès, prisonnier politique au mont.
•Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye après la Révolution.
•La mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous).
•Émile Couillard, écrivain, historien du mont et abbé du Mont-Saint-Michel.
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons « de pré-salé »). Le mouton ou l’agneau de pré-salé, appelé grévin43 est ainsi une spécialité normande, à déguster de préférence grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
Références culturelles au mont Saint-Michel
Dans la peinture
•Le mont Saint-Michel fait fréquemment l'objet de représentations dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge. La plus célèbre est sans doute celle des Très Riches Heures du duc de Berry, illustrant la fête de l'archange dans le livre d'heures. La miniature est attribuée à l'un des frères de Limbourg, qui l'a peinte entre 1411 et 1416. Le mont est également représenté dans au moins sept autres livres d'heures du XVe siècle comme celui de Bruxelles à l'occasion de l'illustration d'une fuite en Égypte (vers 1400), dans les Heures du Maréchal Boucicaut (musée Jacquemart-André) au folio 11v (vers 1405), dans le Livre d'heures Sobieski conservé au château de Windsor, (f.204v) et attribué au Maître de Bedford, le Livre d'heures à l'usage de Nantes conservé à la Bodleian Library (1450-1455)44.
•L'affiche Le Mont-Saint-Michel réalisée en 1934 par le peintre Pierre Matossy pour les Chemins de fer de l'Ouest est recherchée des collectionneurs.
Dans la littérature
•En 1832, dans le roman fantastique La Fée aux miettes, Charles Nodier évoque les sables mouvants de la baie du Mont-Saint-Michel45.
•En 1850, le roman historique de Paul Féval, La Fée des grèves, dont l’action se situe en 1450, évoque les légendes du Mont-Saint-Michel et du mont Tombelaine46.
•En 1887, dans Le Horla, récit fantastique de Guy de Maupassant, le personnage principal termine son voyage thérapeutique au mont Saint-Michel47.
•En 1967, dans le cycle des Princes d'Ambre, Roger Zelazny s'inspire des aménagements et particularités du Mont-Saint-Michel pour créer sa cité d'Ambre.
•En 1984, le ministère de la Culture publie le livre découpage du créateur François Rouillay, permettant de revivre mille ans d'histoire et d'architecture du mont Saint-Michel, préfacé par Françoise Chandernagor.
•En 2003, Da Vinci Code (The Da Vinci Code) de Dan Brown fait référence au mont Saint-Michel.
•En 2004, La Promesse de l'ange, roman policier archéologique de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos situe l’action principalement au mont Saint-Michel.
•En 2005, le thriller Le Sang du temps de Maxime Chattam se déroule au mont Saint-Michel en 2005 et dans l’Égypte des années 1920.
•En 2011, le roman de science-fiction L'Ère du Vent de Pierre Bameul, donne le mont Saint-Michel comme siège d'un Nouveau Vatican post-apocalyptique.
Dans la bande dessinée
•En 1999 et 2000, le mont Saint-Michel est le cadre des Aventures de Vick et Vicky ; Bruno Bertin publie aux Éditions P'tit Louis deux bandes dessinées jeunesse, Les Archanges du Mont-Saint-Michel : Le Testament (tome 1) et La Malédiction (tome 2).
•En 2008, la bande dessinée Le Diable & l’Archange, texte et dessin de Guillaume Néel, couleur de Julien Gondouin, reprend une légende médiévale sur la création du Mont-Saint-Michel ; en accompagnement, un livret pédagogique permet de mieux comprendre le Diable et l’Archange, l’historique du Mont, la ville.
Dans la musique
•En 1996, le compositeur anglais Mike Oldfield publie l’album Voyager, dont un des titres est consacré au mont Saint-Michel.
•En 1998, le compositeur français Patrick Broguière [archive] publie sous le titre Mont Saint-Michel un concept album de rock progressif entièrement consacré aux légendes du mont Saint-Michel.
•En 1999, le harpiste breton Kirjuhel publie l’album Echo of Mont-Saint-Michel.
•En 2001, le musicien anglais Aphex Twin, originaire de Cornouailles, publie l’album de musique électronique Drukqs, dont le titre Mt Saint Michel + St Michael's Mount est inspiré à la fois par le mont Saint-Michel et le St Michael's Mount, situé en Cornouailles.
Au cinéma
Voir la catégorie : Film tourné au Mont-Saint-Michel.
•1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca, où le rêve d'un des personnages est d'empêcher l'ensablement du mont Saint-Michel
•1976 : Passion violente (Dedicato a una stella) de Luigi Cozzi
•1983 : Pauline à la plage d'Éric Rohmer
•1998 : Armageddon de Michael Bay
•2009 : Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) d'Ivan Calbérac
•2013 : À la merveille (To the Wonder) de Terrence Malick
•2016 : Tout pour être heureux de Cyril Gelblat
À la télévision
•2010 : L'Ombre du Mont-Saint-Michel, téléfilm français de Klaus Biedermann
•2017 : The Package (더 패키지, Deo Paekiji), série télévisée sud-coréenne, où le groupe de touristes y fait une étape lors de leur voyage en France.
En philatélie
•Dès 1930 la poste a émis un timbre de 5 Francs brun.
•En 1966, un nouveau timbre de 25 centimes, noir, vert et rouge sur paille est émis à l'occasion du millénaire de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
•En 1998, nouveau timbre de 3 francs, multicolore. Ce timbre sera élu plus beau timbre de l'année.
•En 2006, la poste dans une émission commune avec les Nations unies de Genève émet deux timbres dont l'un est le mont Saint-Michel et son abbaye (Manche) dont la valeur est de 90 centimes d'euro. Le thème était : Monuments. Patrimoine mondial48.
En numismatique
•Le mont Saint-Michel est représenté sur la pièce de 20 francs Mont-Saint-Michel (1992-2001).
Dans les jeux vidéo
•Le mont Saint-Michel est représenté dans Onimusha 3.
•Le mont Saint-Michel est une des merveilles mondiales qu'il est possible de construire dans le jeu Civilization VI.
•Le mont Saint-Michel est représenté à l'époque de la Renaissance dans Assassin's Creed Brotherhood, jeu vidéo édité par Ubisoft Montréal. La ville est en effet proposée comme terrain de jeu (« carte ») pour des parties multijoueurs dans le premier contenu téléchargeable sorti en décembre 201049,50.
•Dans Kingdom Hearts 3D, le mont Saint-Michel est une partie du monde Pays des Mousquetaires. On en entend aussi parler dans certains dialogues.
•Le mont Saint-Michel est présent sur une des jaquettes du jeu Castlevania: Symphony of the Night.