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Shunting Signals (very rare; one high shunting signals per exit area placed in some stations with older signalling): They indicate if shunting is allowed in an area at all. Dwarf shunting signals show also a blue light if ON.
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145-CL 012 ( 145 090-7 ) der HGK wird von einer V23 der RBB in den Rbf von Bitterfeld rangiert
145-CL 012 ( 145 090-7 ) of HGK Rail get's switched by a V23 from RBB, Bitterfeld Yard
Four more photographs in first comment.
The Track Continues past behind the waterfall, and we will have more steps to climb to reach the plate. Now steps downhill are gone... and the rain begins to fall, leading first then to be a flood. Fortunately, we were well equipped. The path is not without pitfalls and we will see in some places. I had to stop shooting because of a heavy rain.
After a half an hour's walk in the rain, I recognized the scene: this place we already visited months ago. And a friendly sign tells us that we have passed the 450 steps (in the right way).
Thus here ends this adventure. We need to take the plane and fly back home. Feeling a twinge of sadness, as always I have to go back.
Coming soon: A hike at the White River in Southern New Caledonia. In the meantime, have a great week ahead everyone.
Click the image for a view in light box.
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Une Fois Passé La Cascade, le chemin continue et nous allons devoir gravir d'autres marches vers le plateau. Eh oui ! Finie la descente… et la pluie commence à tomber, fine tout d'abord pour être un déluge ensuite. Heureusement, nous étions suffisamment équipés. Le chemin n'est pas sans embuches et nous le constaterons par endroits. Les prises de vue s'arrêteront donc là.
Après un bonne demi-heure de marche sous la pluie, je reconnais les lieux : ceux que nous avons déjà visités dans l'autre sens de la marche des mois auparavant. Et une pancarte sympathique nous signale que nous avons passé les 450 marches (dans le bon sens).
Ainsi se termine cette aventure. Nous devons reprendre l'avion et retourner au pays. Avec un pincement au cœur, comme à chaque fois…
Prochainement, nous irons faire une ballade à la Rivière Blanche, dans le Sud calédonien. En attendant, passez tous une bonne semaine.
Cliquer sur la photo ou appuyer sur 'L' pour une vue dans lightbox.
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Infos prises de vue
Canon 7D & EF 17-40mm f4L USM ▪ 1/60s à f/7.1 ▪ Iso 3200 ▪ 17 mm ▪ Handheld | aperture priority |RAW|
La classe 1911 - ou les peu chanceux - Il commence leurs service de 3 ans en 11 (En 1905, le général André, ministre de la Guerre ramène sa durée à deux ans. Avant la Première Guerre Mondiale, le temps passé sous les drapeaux est rallongé d’un an , loi dite des 3 ans , afin de compenser le déficit en effectifs par rapport à l’armée allemande.) -11+3 =14 - et oui, il y en a comme ça qui ont dés le départ tiré le gros lot, si en plus on rajoute que l'on est affecté au 152 éme a Gérardmere qui n'est pas à côté pour un parisien et dans les Vosges proche de la frontiére, régiment déja engagé le 4 aout 14 à 13 heures 30 (déclaration de la guerre), le 2 aout ce régiment avait déja eu un sérieux accrochage à la frontiére avec un mort.
2 aout 14 - 17 aout 1919 c'est le verdict qu'a bénéficié Marius Eugéne Vasse . Pas de veine le 152 éme à la fin de la guerre à une belle fouragére rouge : Mauvais signe.
Le Spitzenberg septembre a décembre 1914 : 600 soldats et 8 officiers morts
Steinbach janvier fevrier 1915: 1800 mort sur les 3200 que compte le régiment.
L'harmannswillerkopf d'avril a décembre 1915 : 1950 soldat et 48 officiers manque à l'appel.
La somme septembre octobre 1916, 2000 hommes et 60 officiers.
Le Chemin des dames mai- juillet 1917 : 1000 soldats et 40 officiers
Reims et Verdun en aout décembre 1917 on signale autant de tués que d'évacués pour pieds gelés et autant de perte qu'une attaque grand style.
La 2eme bataille de la marne de mai à juillet 18: 700 hommes et 20 officiers pour la ruée Allemande et presque autant sur la contre-offensive Française
Puis la campagne de Belgique - Un régiment consomateur - j'aurai pas aimé être de la classe 11. Marius Eugéne est revenu vivant et anatomiquement complet (2 blessures) et a ce titre il se considérait comme un grand chanceux.
Class 1911 - or unlucky guy - it begins its service in three years 1911+ 3 = 14 - and yes, there are like that , if we add more than one is assigned to 152 th in Gérardmere in the Vosges near the German frontier and far from Paris his home, the regiment already committed 4 August 14-13 hours 30 (declaration of war), August 2 This regiment had already had a serious fight at the frontier with death.
2 August 14 to 17 August 1919 is the time has benefited Marius Eugene Vasse. No luck - the 152 th at the end of the war have a beautiful red fouragère ( rare for a regiment) : Bad sign.
The Spitzenberg September to December 1914: 8 officers and 600 soldiers dead
Steinbach February 1915 January 1800 death of the 3200 account that the regiment.
The harmannswillerkopf from April to December 1915: 1950 soldiers and 48 officers missing.
The total in September October 1916, 2,000 men and 60 officers.
The Way of the ladies May-July 1917: 1,000 troops and 40 officers
Reims and Verdun in August was reported in December 1917 that killed as many evacuees as for frostbite and loss of an attack style.
The 2nd Battle of the Marne from May to July 18: 700 men and 20 officers to the German onslaught and almost as much on the offensive -
Then, the Belgian campaign
I have not enjoyed being in class 11. Marius Eugene is back alive and anatomically complete (two injuries) and as such he considered himself a lucky man
Bonjour à tous
J'avais déjà posté puis retiré ces photos suite à une erreur d'identification qui m'a été signalée par Bernard "Baltik 18" que je remercie ainsi que tous ceux qui avaient déjà commenté ces photos.
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Prionyx kirbii est de couleur noire. Les premiers segments de son abdomen sont rouge orangé. Les bords postérieurs de ses tergites possèdent un fin liseré blanc ivoire
La femelle possède une touffe de poils au tarse 1 lui permettant de creuser plus facilement dans le sable.
Taille : 13 à 18mm.
Habitat : Garrigues sèches, clairière nues.
Comportement : Elle à la particularité de dormir la tête en bas, le long d’une tige herbeuse qu’elle agrippe avec ses mandibules.
Elle creuse un trou dans le sol dans lequel elle placera un criquet paralysé qui servira de nourriture à la larve.
Source: jessica-joachim.com/insectes/hymenopteres/sphecidae/prion...
Bane NOR SF: speed increase signal at 100 km/h. The "+15" sign below indicates that the tilting trains can increase this maximum speed by 15 km/h.
SNCF: the Cerdagne narrow gauge line is one of the most picturesque railways in France. Known with the nickname of "Train Jaune" or "Canari", it has a length of 62.5 km, metric gauge and is electrified with a third rail at 850 V DC. It was commissioned between 1910 and 1927.
Board "R" indicating the end of a speed restriction.
Mercredi 15 février 2023. Semaine 7, Saint Claude — 46/319. Plieux. Beaucoup dormi malgré les interruptions, levé à 8 heures vingt. Le Jour ni l’Heure, autoportrait de la nuit et la salle des Pierres la veille, avec L’Embarquement pour Cythère en travaux. “Souvenirs” Facebook, rien de bien transcendant. Comptes : Dernière connexion le 14/02/2023 à 14h48 /// Bonjour M. CAMUS /// Avoirs -496,18 € /// Crédits -37.485,99 € /// Solde au 14/02/2023-496,18 € /// À venir -1.084,37 € | Prévisionnel -1.580,55 € /// Débiteur depuis 5 jours /// 14/02 PRLV SEPA ORANGE SA ECH/140223 ID LIB/VOTRE ABONNEMENT INTERNET (FACTURE: XXXXX6313A8) - P -62,10 € /// PayPal, transféré 100 €. Acta. 11:23:07 ////// LJNH / Flickr. Journal (Youth). Le Jour ni l’Heure, rose jaune offerte pour la Saint-Valentin par les Fleurons de Lomagne sur la table de la salle à manger ; façade 1220-1880 de Sainte-Marie de Moirax le 6 février ; et chapiteau aux lions (?), même façade, même jour. Symphonie hébridéenne de Sir Granville Bantock, 1913. 50. 50. 12. 12. 100. 20. 25. 20. 20. Bain. Lecture par Pierre d’Edward Gibbon, The Decline and Fall of the Roman Empire, chap. XXII, 361-364, mode de vie de Julien (je suis très julianophile). Été avec Pierre à Fleurance, rendez-vous à la BNP pour l’ouverture d’un deuxième compte, celui-là purement professionnel, pour ma petite entreprise (la librairie) et pour contrer PayPal, qui n’inspire plus confiance après son comportement inqualifiable de décembre et janvier. Reçus par Mme Garcia, polie. Dû téléphoner de son bureau à Quentin Verwaerde, pourtant opéré du pied le matin même, et dont tout cela est l’idée, sur la suggestion de D. F., afin de lui faire préciser ce dont nous avons besoin — à première vue, pas de difficulté. Été sur la même place de la République au magasin Optic 2000, pour faire changer mes lunettes, d’après une ordonnance montalbanaise de septembre dernier. Porté quelques fleurs sur la tombe de Jeanne Lloan. Rentrés vers six heures. Repris L’Embarquement pour Cythère, devenu Bashô, sur préférence jolibertienne — assez sensibles améliorations, je crois. Lecture par Pierre de Like the Roman, la vie d’Enoch Powell, il perd son siège aux élections de 1984 (?). Tweets VI. Journal, relecture et mis en ligne trop rapide, fautes signalées par plusieurs lecteurs. Dîné aux nouvelles, gnocchis, carottes, champignons, poire à la vapeur. Vu Les Fantômes d’Ismaël, 2017, d’Arnaud Despleschin, avec Matthieu Amalric, Charlotte Gainsbourg (avec laquelle me voilà réconcilié), Marion Cotillard, Louis Garrel, et le pénible Laszlo Szabo (on ne sait pas si c’est le personnage ou l’acteur qu’on déteste). L’Inauguration d ela salle des Vents, non, La Libération du territoire, 145.226 signes, Amboise, Panthéon, fin de la première partie. Couché à une heure.
Here is an Amtrak train as it moves towards a clear signal and the end of its journey a few minutes from Chicago Union Station
SNCF Réseau: shunting signal Cv 314 (carré violet) showing the stop aspect (violet light). It is complemented by the Nf board (non franchissable, not surpassable).
Le CL-215 n° 1047, "Pélican 47" F-ZBBW est sorti d'usine le 1er mai 1976, c'est le douzième et dernier exemplaire destiné à la Sécurité Civile. Depuis son arrivée à Marignane le 15 mai 1976, il a effectué 5064 heures de vol, autant d'atterrissages, 17404 ecopages, 19500 largages et 2394 amerrissages jusqu'à son retrait du service le 24 mai 1996.
Le 30 septembre 1978, à son bord, Marcel Maolic et André Bailly sont en opérations dans les Alpes-Maritimes lorsqu'une odeur de feu électrique envahit la cabine. Après avoir traité l'incident, ils se posent à Nice pour évaluer les dégâts puis redécollent vers Marignane. Une reprise des feux de forêt sur le secteur de Mandelieu est signalée, l'équipage se déroute pour rejoindre la noria. Le vent est violent, la mer est grosse et les creux importants. Ils décident de s'éloigner du rivage pour écoper. C'est lors de cette phase que le Canadair subit une forte abattée sur l'avant, le nez plonge, l'hélice gauche touche l'eau, elle est arrachée de son moyeu et le réducteur explosé pend au capot moteur. L'équipage est indemne.
This chart shows the different aspects that can be shown by an Hl signal
HL Overview: the circle board was abolished from the system!
These are some drawings of some basic German railway signal aspects.
(As far as I know I've drawn the correctly, but if not let me know!)
Bane NOR SF: distant signal B 162 MSD of Midtsandan station, showing the caution aspect. Behind, orientation signal (yellow diamond with black horizontal line), to be used in case of failure of the blocking signals according to the regulations. If it is to be used, it requires a long touch with the whistle of the locomotive. In the background, distant signal for a speed restriction at 60 km/h.
SNCF: the Cerdagne narrow gauge line is one of the most picturesque railways in France. Known with the nickname of "Train Jaune" or "Canari", it has a length of 62.5 km, metric gauge and is electrified with a third rail at 850 V DC. It was commissioned between 1910 and 1927.
Whistle signal.
Ce magnifique décor Art nouveau de la salle de restaurant de l’hôtel Langham, avait disparu, caché derrière des cloisons, lorsqu’en 1978, le nouveau propriétaire décide d’agrandir le restaurant et le redécouvre en voulant faire passer des gaines d’aération !...
Ce pavillon tout en verrière, avait été construit en 1898 dans la cour de l’hôtel Langham, par l’architecte Emile Hurtre, et décoré par le peintre Jules Wielharski.
Eddy Mitchell est un habitué de ce restaurant et Léo Malet avait sa place réservée, signalée par une plaque de cuivre.
Zoals elk jaar organiseerde de Veluwse Stoomtrein Maatschappij (VSM) weer hun grootse stoomevenement Terug naar Toen. Dit jaar weer met veel stoom en dieselloks die diverse goederen en personentreinen reden tussen Apeldoorn en Dieren. Voor ons lag de nadruk vooral op de goederentreinen en enkele nieuwe fotomotieven (seinen die nieuw geplaats waren).
As every year, the Veluwe Steam Train Company (VSM) once again organized their largest steam event 'Terug naar Toen' (Return to the Past). This year again, many steam and dieselloks with various goods and passenger trains ran between Apeldoorn and Dieren. For us, the focus was mainly on freight trains and some new photo motifs (new signs that were placed).
Wie jedes Jahr, organisierte die Veluwe Dampf Zug Verein (VSM) wieder ihre größte Dampf Veranstaltung ' Zurück nach Damals'. In diesem Jahr zogen wieder Dampf und Dieselloks die verschiedene Güter und Personenzüge zwischen Apeldoorn und Dieren. Für uns war der Fokus vor allem auf Güterzüge und einige neue Fotomotive (neue Signale, die neu aufgestelt wurden).
LEGAL NOTICE | protected work • All Rights reserved © B. Egger photographer retains ownership and all copyrights in this work.
licence | please contact me before to obtain prior a license and to buy the rights to use and publish this photo. ▻ more..
photographer | ▻ Bernard Egger.. • collections • sets
classic sports cars & motorcycles | legends & passion
event | 2023 Bergpreis Planneralm, Styria 💚 AT
📷 | Volkswagen 53 Herbie :: rumoto images # 9212
more ▻ 35. Planneralm Bergpreis (Album)
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Volkswagen 12/2023 | In dieser Woche kündigte der Autoreifenhersteller Michelin die Schließung von zwei Werken in Karlsruhe und Trier an. Die Produktion ist unrentabel. Auch die Zentrale des VW-Konzerns in Wolfsburg ist von der Schließung bedroht.
„Die Situation ist kritisch“, räumte Volkswagen-Chef Thomas Schäfer ein. „Es gibt keine Signale der Besserung: 2024 wird ein schwieriges Jahr für die gesamte Automobilindustrie und für die Marke VW. Mit unseren derzeitigen Strukturen, Prozessen und hohen Kosten sind wir als Marke VW nicht mehr wettbewerbsfähig. Wir sind zu teuer im Management, nicht produktiv genug in den Fabriken, und unsere Kosten sind viel höher als die unserer Konkurrenten.“
Auf einer Klausurtagung Anfang dieser Woche diskutierte das Management des größten deutschen Autobauers einen Rettungsplan, denn 10 Milliarden Euro müssen eingespart werden. Die Quelle der Einsparungen ist ein massiver Personalabbau.
France, Région Auvergne-Rhône-Alpes, Département de l'Isère, massif des Préalpes, Vercors, en dessous du Col des Moucherolles (2086m)
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Marmotte (merci à Monique qui me l'a signalée)
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Objectif 135mm f:2 Samyang
This is the Hp 1 clear aspect
These are some drawings of some basic German railway signal aspects.
(As far as I know I've drawn the correctly, but if not let me know!)
This is the Sh 1 shunting allowed aspect
These are some drawings of some basic German railway signal aspects.
(As far as I know I've drawn the correctly, but if not let me know!)
This is the Hp 2 - proceed reduced speed aspect
These are some drawings of some basic German railway signal aspects.
(As far as I know I've drawn the correctly, but if not let me know!)
Vaste casemate de la manutention touchée par un tir direct lors du siège de 1914: 27 hommes furent tués ici. du bastioDu 2 - 31 août 1914 :
En août 1914, la garnison est composée d’isolés des 148ème (suite à la retraite après les durs combats de Namur et de Dinant) et 348ème d’infanterie (3 compagnies du 6ème bataillon pour garder le pont), de 300 auxiliaires, de douaniers, de sapeurs, d’un bataillon et demi (2ème et 3ème bataillons du 45ème R.I.T.), soit un total de 3.000 hommes renforcés par deux batteries d’artillerie et une batterie d’active d’artillerie lourde soit 42 pièces (5ème batterie RAP territoriale basée sur place est renforcée en août 1914 par la 28ème batterie du 1er RAP afin de protéger la frontière avec la Belgique). On trouve donc des pièces obsolètes comme des mortiers et des pièces de flanquement datant de 1832, une quarantaine de pièces de 90 et 120mm et deux canons de 155 courts, modèle 1890. Huit mitrailleuses complètent ce maigre dispositif. La garnison dispose de 80 jours de vivres et 60 jours d’eau grâce aux multiples citernes alimentées par un réseau hydrologique complexe. Cinquante officiers sous les ordres du Lieutenant du Génie Pailla assurent le commandement. Face à eux le Général Saxon Von Hausen dont l’objectif est d’ouvrir une brèche entre les IVème et Vème armées Françaises qui battent en retraite.
Les unités Françaises :
Constitué de 3 bataillons, le 45ème RIT est regroupé dans les villes suivantes : Givet, Charleville, Montmédy, Longwy, Verdun 2ème région militaire. Ce sont les deuxième et troisième bataillons qui sont cantonnés à Givet en août 1914. On affecte dans un régiment territorial des hommes capables de manier les armes mais qui, âgés de plus de trente ans, ne sont plus considérés comme étant assez entrainés pour intégrer un régiment de première ligne d’active ou de réserve.
Armée d’active : nés entre 1891 et 1892, âgés de 22 à 24 ans à la mobilisation en août 1914.
Réserve de l’armée d’active : nés de 1881 à 1890, entre 24 et 34 ans à la mobilisation.
Armée territoriale : nés de 1875 à 1880, âgés de 35 à 40 ans à la mobilisation.
Réserve de l’armée territoriale : nés de 1869 à 1874, âgés de 40 à 45 ans à la mobilisation.
En 1914, les territoriaux (en théorie) n’appuient pas les régiments d’active lors d’opérations en rase campagne, d’ailleurs ils ne sont pas équipés pour cela. Ils participent à la police des lignes frontières, à l’occupation et à la défense des places, des forts, à la défense des ponts. La tournure des évènements en fait rapidement de précieux auxiliaires de logistique assurant des missions de ravitaillement ou autre jusqu’en première ligne… Les plus jeunes territoriaux, dès la fin août 1914 sont même affectés à des régiments d’infanterie pour compenser les pertes importantes.
148ème RI
Le troisième bataillon du 148ème RI est en garnison à Givet. Le 6 août avec deux compagnies du 45ème RIT (en tout 3.340 hommes et 66 officiers) il passe la frontière Belge et prend position sur la rive gauche de la Meuse, aux environs de Dinant, Anhée, Yvoir, Godine et Hastière, Anseremme, Dinant, Anthée. Jusqu’au 15 août, seules quelques escarmouches sur les avant-postes rive droite avec des unités de reconnaissance Uhlans sont relevées. Le 15 août, les allemands lancent une attaque massive sur Dinant. D’abord repoussés, les Français finissent par reprendre temporairement le terrain perdu. Quelques jours plus tard les Allemands reviennent en force, s’emparent de la ville, massacrent des centaines de civils et incendient la ville. Le 22 août, le 3ème bataillon du 148ème RI participe à la tentative de libération de la ville de Namur assiégée après la chute de Liège. L’unité parvient à reprendre du terrain avant d’être repoussée par de l’artillerie lourde avant de se mettre en réserve à Bioul. Après de durs combats (prise d’Onhaye et arrêt de l’offensive Allemande à Anhée le 23 août) le 148ème se replie suite à la tentative d’encerclement de la Vème armée par les troupes du général Von Bülow. Il ne rejoint pas Givet déjà assiégée mais Rocroi avant de poursuivre sa route.
348ème RI
En août 1914, ce régiment vient juste d’être créé suite à la déclaration de guerre en vertu de la loi du 7 août 1913 dont les dispositions ne furent réglées que le 15 avril 1914. Le 348ème RI fait partie de la 52ème division de réserve, à la déclaration de guerre, les cadres et le matériel ne sont pas en nombre suffisant, l’unité reçoit son drapeau pendant la campagne !
2 août :
La mobilisation est lancée, les civils résidant dans Charlemont sont évacués, les troupes de réserve et du service de santé arrivent dans la journée et dans la nuit de 2 au 3 août. Les troupes des services de santé se répartissent entre l’hôpital de Vauban, bâti en ville, et l’hôpital de campagne de Charlemont, bâti par le général Séré de Rivières. Cédé à la ville en 1921, l’hôpital de Vauban bâti « au compte du Roi » est déjà cité dans l’édit royal des services de santé militaires de 1708. Il est détruit dans les années 1950. Bien que sérieusement endommagé par les bombardements, l’hôpital de campagne de Charlemont parviendra en bon état jusqu’à nous grâce à une énergique restauration menée par l’armée à la fin du XXème siècle.
Premières opérations :
Rien ne démontre que la garnison participe aux opérations de couverture de la région de Givet avec le 148e RI. Pour défendre le pont de Givet et le tunnel de chemin de fer, une compagnie du 45ème R.I.T est détachée du Fort (un impressionnant escalier souterrain relie l’ouvrage au Fort).
9 août :
Trois compagnies du 348ème RI (6ème bataillon) viennent renforcer la garnison avec pour mission de garder le pont de Givet.
11 août :
Le Fort est placé à la disposition du commandant de la Vème armée qui le met sous le commandement du 1er C.A. (Franchet d’Esperey). Premières évacuations de blessés par le train dont trois prisonniers Allemands.
15 août :
Le Général Franchet d’Esperey inspecte Charlemont. On entend tonner le canon dans la matinée. L’alerte générale est sonnée dans Charlemont, les mèches d’allumage sont prêtes aux ponts de la Meuse. L’évacuation des blessés se fait de façon déplorable, les wagons sanitaires ne sont en fait que des wagons à bestiaux sans paille ni brancard, ni couverture. L’évacuation des prisonniers blessés ou guéris fonctionne mal.
17 août :
Un avion allemand Taube survole Charlemont deux jours de suite pour compléter ses reconnaissances ou par simple bravade. Cela permet au brigadier
Maurice Plumay de réaliser le premier tir de « DCA » : l’avion est abattu à 10 heures du matin. L’artilleur sera récompensé le 25 juin 1919 par une citation à l'Ordre de l'Armée.
Etablissement d’une « ambulance de gare ». Chaque jour, un train de blessés, auxquels il faut apporter de petits soins comme la remise en place de pansements, transite par Givet. Une ambulancière (Melle Lombard) aidée de dames de la Croix-Rouge est installée dans un local de la gare : elles désaltèrent les blessés qui souffrent de la soif. Mr Mallet, pharmacien aide-major de 2ème classe, est chargé d’examiner les convois de blessés et de juger s’il est urgent de faire venir un médecin de l’hôpital de Givet ou d’y faire transporter un blessé en urgence. Il apporte aussi quelques soins pour permettre aux blessés de poursuivre leur voyage. Entre deux convois, il assure la surveillance de l’embarquement des blessés évacués de l’hôpital.
18 août :
L’avis d’investissement de la place est prononcé. A 10h, le gouverneur ordonne de déménager l’hôpital de Givet dans l’hôpital de campagne de Charlemont. L’évacuation des blessés et de l’ensemble du matériel effectuée en bon ordre est effective à 17h.
19 août :
L’artillerie du Fort fait le feu sur de petites unités ennemies. L’hôpital de campagne de Charlemont est fonctionnel.
20 août :
L’artillerie de Charlemont fait feu cinq ou six fois.
21 août :
Les blessés continuent d’affluer à la gare de Givet. L’infirmerie de la gare ne suffit plus à répondre aux besoins. On ne peut plus y soigner et y nourrir les hommes. L’hôpital de la Croix-Rouge est alors installé à l’hôtel d’Angleterre. Les blessés y sont amenés pour être nourris et pansés avant d’être évacués aussi vite que possible vers Charleville, Reims ou Laon. 25 lits permettent de garder les plus atteints.
22 août :
L’aviateur Allemand, qui s’est écrasé près d’Hastière suite au tir de Maurice Plumay, est soigné par les services de santé Français. L’hôpital de la Croix-Rouge investit les étages de l’hôtel d’Angleterre, on évacue le plus de blessés possible. Si le train ne suffit pas ou ne permet pas les évacuations, on les transfère vers l’hôpital de Charlemont où les blessés sont encore peu nombreux.
23 août :
Un convoi de 480 blessés arrive en gare, il est composé d’hommes de toutes armes mais majoritairement de troupes dites « indigènes ». Tous ces hommes sont soignés et nourris avant d’être rapidement évacués.
24 août :
Après la défaite de Charleroi, la droite de la Vème armée (1e C.A. et 51e D.R.) se replie vers le Sud-ouest sans oublier de faire sauter le pont de Givet mais en laissant la voie ferrée intacte. Les Allemands en profiteront pour approcher leurs plus grosses pièces d’artillerie ! Charlemont et sa garnison sont seuls face à l’ennemi, ils ne disposent même pas du téléphone. Malgré le sabordage du pont, l’hôpital de l’école de garçons et ses 118 lits est maintenu côté Givet Notre-Dame au cas où une action s’engagerait rive droite.
Le canon gronde de plus en plus et les personnels de santé se replient sur Charlemont chaque nuit et reviennent soigner les blessés de l’hôpital de la Croix-Rouge chaque matin (au besoin on peut monter jusqu’à 50 lits). Dans l’après-midi les artilleurs Allemands font feu sur le train Givet / Charleville qui parvient à revenir en gare : les blessés ne sont plus évacuables, on les transfert donc à l’hôpital de campagne de Charlemont !
25 - 27 août :
De façon sporadique, l’artillerie du Fort fait feu tandis que le 45ème R.I.T. lance des reconnaissances. Le 27 ont lieu les premiers contacts avec l’ennemi et des cavaliers sont repoussés par le feu des mitrailleuses. Les bruits les plus divers circulent, la garnison ne sait rien.
28 août :
Sur ordre du gouverneur, une reconnaissance est envoyée à Foisches (1500m à l’Ouest), mais le village est déjà occupé. Une deuxième unité envoyée sur Agimont (3,5 km au Nord-ouest), n’aperçoit aucune troupe Allemande mais apprend par les habitants que de l’artillerie de siège s’installe dans la région à plus de 7 km de Charlemont, donc hors de portée de l’artillerie du Fort.
29 août :
L’investissement progresse. Une demi-compagnie envoyée en reconnaissance à 2 km au Nord se heurte à des Allemands qui creusent des tranchées. A 12h, deux blessés dont un officier d’infanterie du 348ème sont amenés à l’hôpital. A 13h, début du bombardement par l’artillerie lourde Allemande. Dès les premiers coups, une poudrière saute avec un bruit effroyable ainsi qu’une casemate en ensevelissant 27 hommes.
Dans le même temps, les hôpitaux de Givet sont évacués sur l’hôpital de campagne de Charlemont : seuls les blessés les plus touchés demeurent à l’hôtel d’Angleterre. L’évacuation des blessés sur plus d’un kilomètre est périlleuse suite à l’utilisation d’obus fusant (explosant en l’air). L’évacuation des blessés les moins touchés est à peine achevée qu’un obus fusant explose au-dessus de l’hôtel d’Angleterre : les vitres et la marquise volent en éclat. Le bombardement dure une partie de la nuit. Heureusement l’armée Allemande mal renseignée ne prend pas pour cible le complexe dit « du silo à grain » : en fait il s’agit d’un gigantesque complexe de poudrières et de soutes à munitions.
30 août :
Les allemands menacent « d’exécuter la ville ouverte » si Charlemont ne se rend pas : refus du gouverneur. Le bombardement très violent continue donc avec des pièces de 305 voire 380 et 420mm (sur ce dernier point les avis divergent) : en moyenne six coups à la minute. Les dégâts matériels sont énormes et l’artillerie de Charlemont est incapable de riposter : ses pièces sont endommagées et les batteries Allemandes sont hors de portée. L’hôpital de campagne de Charlemont est sérieusement touché, les murs sont ébranlés et les blessés sont transportés dans les casemates du rez-de-chaussée. L’infanterie allemande profite des bombardements pour se rapprocher du front Nord avec prudence et sans lancer l’attaque. Vers 6 heures, un colonel allemand somme la place de se rendre. Le conseil de défense est réuni, à 9h l’officier d’ordonnance du gouverneur, le Lieutenant Bottaris, quitte le Fort avec le « parlementaire » Allemand. Il n’y reviendra qu’à une heure du matin pour annoncer que les conditions de la reddition sont peu acceptables. Pendant ce temps dans Givet, les combats pour la possession du pont, de la place de la République et du quai du Fort de Rome sont très violents. Dès 10h, une compagnie Saxonne du 106ème de réserve est aperçue à l’entrée de Givet Notre-Dame. Leur objectif est de franchir la Meuse en face de la Place Vauban, mais l’alerte est donnée. Un zouave et trois soldats du train rescapés de la Vème armée s’embuscadent derrière une barricade proche de la culée (rive gauche) du pont ruiné et font feu. Les sergents Adnet et Desjardins ainsi que deux hommes du 45ème RIT descendus par le tunnel viennent les renforcer (une autre version précise que ce sont ces hommes qui éventent la tentative Allemande en revenant d’une corvée). L’officier qui commandait le tunnel envoie l’adjudant Lurot et une compagnie pour soutenir les hommes qui font face aux Allemands. Une demi-section s’établit donc Quai du Fort de Rome tandis que l’autre moitié, commandée par le Sergent Lauth, prend position dans une tranchée à l’Est du jardin public. Les Allemands comprennent que la traversée n’est pas possible en l’état. Des tireurs restent placés près du pont tandis qu’une partie de leur unité s’infiltre par la rue Chanzy appuyée par la deuxième compagnie Saxonne. Suite à l’effondrement d’une casemate, le sergent Rigaut sort de Charlemont par le tunnel et se porte volontaire pour aller combattre près du pont. Le sergent Tracet, le soldat Couvreur et quelques autres l’accompagnent pour aller renforcer la demi-section du sergent Lauth. Progressivement, la troupe qui défend le pont se renforce. La fusillade dure une heure avant que les Allemands ne se replient rue Notre-Dame. La place de la République est jonchée de blessés et de cadavres, dont le capitaine de la première compagnie Saxonne.
Les Allemands ouvrent alors un feu violent dans la rue du Luxembourg et défoncent les portes pour jeter les habitants dans la rue. Un civil trouve la mort, les Allemands accusent les civils d’avoir fait feu sur eux : la population ne doit son salut qu’à l’intervention d’un colonel à la retraite Victor Donau. Ce dernier parvient à parlementer avec le capitaine Allemand qui exige que sous une heure tous ses blessés lui soient amenés sans quoi la ville sera « brûlée par le bombardement ». Vers 17h, les Français voient donc apparaitre, au bas du bureau de poste rive droite, Alfred Donau (le frère de Victor) avec un drapeau de la Croix-Rouge : il vient demander un armistice de deux heures de la part du commandement Allemand pour évacuer les blessés et les morts de la Place de la République. Les sous-officiers Français se concertent et acceptent ce cessez-le-feu à l’unanimité. 29 civils se chargent d’évacuer les blessés et les morts Allemands vers le poste de secours de la rue du Luxembourg. Malgré l’armistice, les Allemands du Quai de Rancennes font feu et blessent le sergent Desjardins à la mâchoire et aux jambes. Le zouave qui faisait partie des premiers défenseurs du pont est également grièvement touché (il décèdera de ses blessures aux reins quelques jours plus tard) ainsi qu’une jeune Givetoise. Au final, ce sont cinq combattants qui sont amenés à l’hôpital de Givet. A noter qu’un franc tireur de 15 ans se fait panser le pouce et qu’un dragon très légèrement blessé se propose d’aider à l’hôpital. Vers 18 heures le Commissaire de Police Labraux sur ordre du maire par intérim, Mr Delattre, vient demander aux Français de cesser le feu. Cette demande fait suite à l’arrivée en mairie d’un officier Allemand avec escorte venu depuis Heer-Agimont. Les troupes françaises refluent alors sur Charlemont et le tunnel : menace de bombarder la ville de la part des Allemands ?
31 août :
Le bombardement reprend à 5h avec une rare violence. Désormais Givet est aussi prise pour cible et plusieurs maisons s’écroulent. Tous les blessés de l’hôtel d’Angleterre sont descendus dans les caves, mais à peine les hommes se pensent-ils en sécurité qu’une conduite d’eau éclate et que des merlons leur tombent sur la tête. Les blessés sont alors évacués, les moins atteints aident les autres, les infirmières volontaires sont affolées. Le Dragon offre une aide précieuse au seul homme valide du service de santé, le pharmacien aide-major de 2ème classe Brancourt (territorial). La petite troupe se retrouve dehors en plein bombardement et gagne la campagne afin de se réfugier dans une grange. Le pharmacien repart vers Givet à la recherche d’une maison plus sûre qu’il finit par trouver : une maison à louer fera l’affaire. Les Givetois lui fournissent des matelas, des lits et des draps pour équiper ce nouvel hôpital où tous les blessés sont ramenés dans la soirée.
A Charlemont de nombreuses pièces d’artillerie, des casemates, des citernes et l’hôpital de siège sont sérieusement touchés. Ce dernier menace de s’effondrer complètement. Sous le déluge d’obus, Melle Lombard, une infirmière, sort pour tenter de prévenir le gouverneur de la situation mais ce dernier refuse de la recevoir. Les obus continuent à tomber sur l’hôpital, les blessés sont évacués dans l’abri sous-roc où sont réfugiés le gouverneur et ses officiers. Le service de santé doit faire face à la résistance du gouverneur qui renâcle à accueillir les blessés dans sa casemate. A midi, l’hôpital est complètement dévasté, à l’exception de la chambre des infirmiers qui n’a pas trop souffert. L’abri sous-roc qui tient lieu d’abri aux blessés et à l’état-major a ses cheminées d’aération bouchées par les débris, son entrée est ruinée. A 4h, des obus énormes (la garnison parle de 180kg) s’abattent sur le Fort qui est complètement dévasté, l’abri sous-roc menace de céder. Les gaz dégagés par les obus provoquent des cas d’asphyxie et il devient impossible de tenir. Le conseil de défense décide de capituler. Le drapeau blanc est hissé mais le bombardement continue, de plus en plus dur (8 à 10 obus minute). Le sergent infirmier Guiny accompagné des infirmiers Plée et Redon, tous volontaires, se rendent à la mairie comme parlementaires. A 17h, le commandement du Fort signe la capitulation. En présence des officiers, le chef de corps met le drapeau en pièces et en brûle les morceaux un à un. Le médecin-chef de la place, le docteur Ripert, parvient à en subtiliser un morceau qu’il conserve précieusement (nous en reparlerons). A l’arrêt du bombardement, on compte environ 200 victimes, tués et blessés. 4.008 obus sont tombés sur Charlemont qui est dévasté mais dont aucune infrastructure vitale n’est touchée, 100 hommes sont morts dont 27 ensevelis dans la manutention du bastion de la Reine de Hongrie.
1er septembre 1914 :
Les représentants de la Croix-Rouge Allemande et le directeur de santé de l’hôpital de siège s’accordent pour transférer tous les blessés vers l’hôpital de Givet.
2 septembre 1914 :
Environ cent blessés sont transférés de Charlemont vers l’hôpital de Givet.
Un certain nombre de soldats sont portés disparus dont :
Soldat Delarue Marcel Georges 45ème RIT originaire de Noyon né le 26/10/1891, porté disparu le 30/08/1914.
Sergent Galloy Adolphe Emile 45ème RIT originaire de Fumay né le 02/02/1884, porté disparu.
Soldat Hiblot Léon Jean-Baptiste 45ème RIT originaire de Sedan né le 16/06/1882, « tué à l’ennemi enseveli dans une casemate » le 28/08 ou le 29/08/1914.
Soldat Latour Emile Louis 45ème RIT originaire de Revin né le 11/03/1882, disparu.
Soldat Léger Jules Xavier 45ème RIT originaire de Hierges né le 05/10/1893, disparu le 30/08/1914.
Soldat Lesieur Jean Baptiste Evangéliste Emile 45ème RIT originaire de Chaumont-Porcien, né le 21/09/1891, disparu le 30/08/1914.
Soldat Ziboura (ou Zieboura) 45ème RIT originaire de Montbard/Sedan/Charleville, né le 31/08/1877, « tué à l’ennemi » le 30/08/1914
Le drapeau du 45ème RIT :
Le médecin chef de la place, le docteur Ripert, cache un morceau du Drapeau du 45ème RIT qu’il conserve précieusement suite à la reddition de Charlemont. Par crainte de voir les Allemands s’en emparer, il remet le morceau du drapeau à une infirmière du Fort qui le conserve pendant toute sa captivité en Allemagne avant de le rapporter en France. La pique résista aussi au feu et fut cachée dans une tombe sous le corps d’un soldat Français par les services de santé. L’officier d’administration Massota (qui livra un excellent compte-rendu des évènements d’août 1914) est maintenu à Charlemont par les Allemands pendant 3 mois avec une équipe de Brancardiers pour des travaux d’assainissement. Le jour où M.Massota reçoit l’ordre d’exhumer le soldat servant de cachette à la pique, il parvient à la récupérer discrètement et à la cacher sous sa capote. Quelques jours après, il parvient à la remettre à Melle Delahaye qui parvient à la mettre à l’abri des nombreuses perquisitions Allemandes. A la libération la pique fut remise au 91ème RI : elle fut placée en salle d’Honneur.
On peut se demander pourquoi la propagande Allemande se saisira à ce point de la prise de Givet : peut-être une réaction au camouflet qu’essuyèrent les Prussiens face au Général Bourke en 1815… Si l’on compare les faits et la mission fixée au Fort « offrir une résistance », on ne peut pas dire que ce fut un échec complet puisque du 23 au 25 août la garnison gêne le passage des troupes Allemandes et retient la 24ème armée de réserve pendant six jours. Cette dernière, après une marche forcée ne fera son apparition sur la bataille de la Marne que le 7 septembre au soir où elle sera vaincue. Néanmoins, on ne peut pas nier que la garnison fut sacrifiée, livrée à elle-même dans une forteresse d’un autre temps sous-équipée qui n’était pas censée se retrouver en première ligne.
Les évènements de la région vus par les Allemands :
Conscient des progrès de la fortification liés à l’utilisation massive du béton armé et des tourelles en acier au nickel, l’état major Allemand, dès 1908, commande aux usines de Gustave Krupp des pièces capables de percer 3 m de béton et de briser les nouvelles tourelles. A la déclaration de guerre en août 1914, seule la batterie n°3 Erdmann de deux pièces est disponible. Dix autres suivront. Ces pièces sont dites de classe M, celle que nous appelons grosse Bertha est en faite une pièce « légère » de 420mm, le modèle lourd est appelé « gamma »… Elles entrent en service dès le 12 août 1914 face aux forts de Liège. Leur première victime le Fort de Pontisse, puis le 15 août celui de Loncin qui voit sa poudrière exploser avec 12 tonnes de poudre, le Fort de Fléron subit aussi le feu de ces redoutables pièces. Le 16 août, ces 3 forts ainsi que les 9 autres qui ceinturent la ville demandent à se rendre. Après la chute des forts et de la Citadelle de Namur (la ville a également été très sérieusement touchée), l’artillerie Allemande fait route vers Givet et Maubeuge. Un témoignage Autrichien (ce militaire est appelé à Namur le 26 août 1914) parle de batteries de 305mm quittant Namur mais rien sur les 420mm. Furent-ils envoyés à Givet ? A priori non puisqu’une batterie de 420 (la seule à l’époque) est signalée à la même période au siège de Maubeuge.
Ce même témoignage montre l’extrême fébrilité des troupes Allemandes face aux francs-tireurs : cet officier évoque le cas de Spontin où selon lui la population aurait accueilli et nourri les Allemands avant de faire feu sur eux. Comme bien d’autres villages de la région la population a été massacrée et le village incendié. Dans un autre village, il parle aussi d’un officier supérieur abattu « par derrière » par une enfant de 14 ans, mais dans les faits, il ne fait que relater ce qu’il a entendu puisque qu’il traverse les lieux après ces atrocités. Dinant reprise par les Français avant d’être reprise par les Allemands sera aussi le théâtre du massacre de 674 civils. Ce témoin va sur une route encombrée de colonnes recevoir ses ordres au commandement de la 23ème division à Anthée. En chemin, il constate la violence des combats qui se sont déroulés dans le secteur. Au château d’Anthée, la maîtresse de maison a installé un hôpital de campagne et reçoit les officiers Allemands à sa table. C’est là, dans la grande salle à manger, que notre témoin reçoit l’ordre de participer au siège de Charlemont. Après une reconnaissance, il revient sur Anthée pour récupérer son unité et s’établir sur la rive Est car la Meuse est infranchissable : tous les ponts sont détruits et les constructions provisoires sont incapables de supporter le poids des convois d’artillerie lourde. Sa batterie sera installée du côté de Falmignoul. En route, il est acclamé par les troupes Allemandes qui trinquent avec lui à la santé de la fraternité « Autriche-Allemagne ». Au sud de Falmagne, des positions sont calculées en utilisant le clocher de l’église de Mesnil St Blaise comme point de visée. Les batteries arrivées dans la nuit sont prêtes au petit matin mais elles sont noyées dans le brouillard. Les batteries tournées vers le front Ouest font déjà feu. Vers midi le brouillard se lève et l’unité de notre témoin commence à faire feu.
Dans l’église, vers Falmignoul, est installé un hôpital de campagne. Les habitants prennent en charge le ravitaillement et les soins des blessés en attente d’évacuation. Notre témoin précise qu’aucune maison n’a été brûlée dans le village et que les otages ont été libérés au bout d’un certain temps. Les 29, 30 et 31 août, Charlemont est bombardé durant l’après-midi, des feux sont visibles à l’intérieur du Fort. Au dernier jour d’août, Charlemont est tombé. Le 1er septembre, notre témoin est invité à la visite de Givet et Charlemont. Il croise une première colonne de prisonniers et apprend qu’une unité cantonnée dans un bastion isolé sans communication avec le commandement de la place ignorait la chute du Fort (ce bastion est-il le Fort Condé ?) : ce fut la dernière unité Française de Givet à se rendre. La ville reçoit encore quelques obus de 210mm pour faire fuir les derniers soldats en arme à l’Ouest de la cité et dans certaines rues, quelques maisons sont détruites et des rues endommagées. Il est stupéfait car dès les derniers combats achevés, la vie reprend son cours, les enfants jouent et les commerces sont ouverts. Lors de la visite du Fort, il est très surpris par l’état de ce dernier. Certes toutes les infrastructures sont anéanties mais les cratères ne sont pas si impressionnants que ça car les obus se sont profondément enfoncés dans le sol avant d’exploser. Dans une casemate profonde, il voit 120 blessés et les médecins lui expliquent que cette casemate a été touchée par un tir qui a tué 7 hommes et en a blessé beaucoup d’autres. Il parle d’un grand tunnel traversant l’édifice où beaucoup d’hommes se seraient réfugiés ainsi que d’une casemate où 40 hommes seraient morts. Des pièces lourdes sont disséminées sur le chemin et n’ont pas été mises en position. Les 3.500 prisonniers sont regroupés dans un grand bastion (Haute-Corne ou Lunette d’Asfeld). Il est surpris par la moyenne d’âge élevée de ces hommes et leurs uniformes d’un autre âge. Il précise aussi que de nombreux prisonniers sont originaires de la région et femmes et enfants les attendent à la sortie du Fort. Sur le front les massacres en marge des combats furent nombreux.
JR West (West Japan Railway Company): exit block signal at Himeji station. When protecting a junction, the signal has two heads: the highest one, for the main line, and the lowest one (on the left), for the secondary line. In this case, the signal shows the stop aspect for the main line, and the clear aspect for the secondary line. Under these main signals we see a shunting signal, showing the stop aspect.
Vergons est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle s’étend de part et d’autre du col de Toutes Aures, situé à 1 120 m d’altitude, emprunté par la route nationale 202.
Les deux entrées du village sont marquées par des chapelles : venant de Digne-les-Bains, on aperçoit la petite chapelle Saint-Ferréol perchée sur un roc dominant la route ; venant de Nice, c’est la chapelle Notre-Dame-de-Valvert qui se remarque, isolée dans un pré et signalée comme remarquable.
Vaste casemate de la manutention détruite par un tir direct lors du siège de 1914: 27 hommes furent tués ici. du bastioDu 2 - 31 août 1914 :
En août 1914, la garnison est composée d’isolés des 148ème (suite à la retraite après les durs combats de Namur et de Dinant) et 348ème d’infanterie (3 compagnies du 6ème bataillon pour garder le pont), de 300 auxiliaires, de douaniers, de sapeurs, d’un bataillon et demi (2ème et 3ème bataillons du 45ème R.I.T.), soit un total de 3.000 hommes renforcés par deux batteries d’artillerie et une batterie d’active d’artillerie lourde soit 42 pièces (5ème batterie RAP territoriale basée sur place est renforcée en août 1914 par la 28ème batterie du 1er RAP afin de protéger la frontière avec la Belgique). On trouve donc des pièces obsolètes comme des mortiers et des pièces de flanquement datant de 1832, une quarantaine de pièces de 90 et 120mm et deux canons de 155 courts, modèle 1890. Huit mitrailleuses complètent ce maigre dispositif. La garnison dispose de 80 jours de vivres et 60 jours d’eau grâce aux multiples citernes alimentées par un réseau hydrologique complexe. Cinquante officiers sous les ordres du Lieutenant du Génie Pailla assurent le commandement. Face à eux le Général Saxon Von Hausen dont l’objectif est d’ouvrir une brèche entre les IVème et Vème armées Françaises qui battent en retraite.
Les unités Françaises :
Constitué de 3 bataillons, le 45ème RIT est regroupé dans les villes suivantes : Givet, Charleville, Montmédy, Longwy, Verdun 2ème région militaire. Ce sont les deuxième et troisième bataillons qui sont cantonnés à Givet en août 1914. On affecte dans un régiment territorial des hommes capables de manier les armes mais qui, âgés de plus de trente ans, ne sont plus considérés comme étant assez entrainés pour intégrer un régiment de première ligne d’active ou de réserve.
Armée d’active : nés entre 1891 et 1892, âgés de 22 à 24 ans à la mobilisation en août 1914.
Réserve de l’armée d’active : nés de 1881 à 1890, entre 24 et 34 ans à la mobilisation.
Armée territoriale : nés de 1875 à 1880, âgés de 35 à 40 ans à la mobilisation.
Réserve de l’armée territoriale : nés de 1869 à 1874, âgés de 40 à 45 ans à la mobilisation.
En 1914, les territoriaux (en théorie) n’appuient pas les régiments d’active lors d’opérations en rase campagne, d’ailleurs ils ne sont pas équipés pour cela. Ils participent à la police des lignes frontières, à l’occupation et à la défense des places, des forts, à la défense des ponts. La tournure des évènements en fait rapidement de précieux auxiliaires de logistique assurant des missions de ravitaillement ou autre jusqu’en première ligne… Les plus jeunes territoriaux, dès la fin août 1914 sont même affectés à des régiments d’infanterie pour compenser les pertes importantes.
148ème RI
Le troisième bataillon du 148ème RI est en garnison à Givet. Le 6 août avec deux compagnies du 45ème RIT (en tout 3.340 hommes et 66 officiers) il passe la frontière Belge et prend position sur la rive gauche de la Meuse, aux environs de Dinant, Anhée, Yvoir, Godine et Hastière, Anseremme, Dinant, Anthée. Jusqu’au 15 août, seules quelques escarmouches sur les avant-postes rive droite avec des unités de reconnaissance Uhlans sont relevées. Le 15 août, les allemands lancent une attaque massive sur Dinant. D’abord repoussés, les Français finissent par reprendre temporairement le terrain perdu. Quelques jours plus tard les Allemands reviennent en force, s’emparent de la ville, massacrent des centaines de civils et incendient la ville. Le 22 août, le 3ème bataillon du 148ème RI participe à la tentative de libération de la ville de Namur assiégée après la chute de Liège. L’unité parvient à reprendre du terrain avant d’être repoussée par de l’artillerie lourde avant de se mettre en réserve à Bioul. Après de durs combats (prise d’Onhaye et arrêt de l’offensive Allemande à Anhée le 23 août) le 148ème se replie suite à la tentative d’encerclement de la Vème armée par les troupes du général Von Bülow. Il ne rejoint pas Givet déjà assiégée mais Rocroi avant de poursuivre sa route.
348ème RI
En août 1914, ce régiment vient juste d’être créé suite à la déclaration de guerre en vertu de la loi du 7 août 1913 dont les dispositions ne furent réglées que le 15 avril 1914. Le 348ème RI fait partie de la 52ème division de réserve, à la déclaration de guerre, les cadres et le matériel ne sont pas en nombre suffisant, l’unité reçoit son drapeau pendant la campagne !
2 août :
La mobilisation est lancée, les civils résidant dans Charlemont sont évacués, les troupes de réserve et du service de santé arrivent dans la journée et dans la nuit de 2 au 3 août. Les troupes des services de santé se répartissent entre l’hôpital de Vauban, bâti en ville, et l’hôpital de campagne de Charlemont, bâti par le général Séré de Rivières. Cédé à la ville en 1921, l’hôpital de Vauban bâti « au compte du Roi » est déjà cité dans l’édit royal des services de santé militaires de 1708. Il est détruit dans les années 1950. Bien que sérieusement endommagé par les bombardements, l’hôpital de campagne de Charlemont parviendra en bon état jusqu’à nous grâce à une énergique restauration menée par l’armée à la fin du XXème siècle.
Premières opérations :
Rien ne démontre que la garnison participe aux opérations de couverture de la région de Givet avec le 148e RI. Pour défendre le pont de Givet et le tunnel de chemin de fer, une compagnie du 45ème R.I.T est détachée du Fort (un impressionnant escalier souterrain relie l’ouvrage au Fort).
9 août :
Trois compagnies du 348ème RI (6ème bataillon) viennent renforcer la garnison avec pour mission de garder le pont de Givet.
11 août :
Le Fort est placé à la disposition du commandant de la Vème armée qui le met sous le commandement du 1er C.A. (Franchet d’Esperey). Premières évacuations de blessés par le train dont trois prisonniers Allemands.
15 août :
Le Général Franchet d’Esperey inspecte Charlemont. On entend tonner le canon dans la matinée. L’alerte générale est sonnée dans Charlemont, les mèches d’allumage sont prêtes aux ponts de la Meuse. L’évacuation des blessés se fait de façon déplorable, les wagons sanitaires ne sont en fait que des wagons à bestiaux sans paille ni brancard, ni couverture. L’évacuation des prisonniers blessés ou guéris fonctionne mal.
17 août :
Un avion allemand Taube survole Charlemont deux jours de suite pour compléter ses reconnaissances ou par simple bravade. Cela permet au brigadier
Maurice Plumay de réaliser le premier tir de « DCA » : l’avion est abattu à 10 heures du matin. L’artilleur sera récompensé le 25 juin 1919 par une citation à l'Ordre de l'Armée.
Etablissement d’une « ambulance de gare ». Chaque jour, un train de blessés, auxquels il faut apporter de petits soins comme la remise en place de pansements, transite par Givet. Une ambulancière (Melle Lombard) aidée de dames de la Croix-Rouge est installée dans un local de la gare : elles désaltèrent les blessés qui souffrent de la soif. Mr Mallet, pharmacien aide-major de 2ème classe, est chargé d’examiner les convois de blessés et de juger s’il est urgent de faire venir un médecin de l’hôpital de Givet ou d’y faire transporter un blessé en urgence. Il apporte aussi quelques soins pour permettre aux blessés de poursuivre leur voyage. Entre deux convois, il assure la surveillance de l’embarquement des blessés évacués de l’hôpital.
18 août :
L’avis d’investissement de la place est prononcé. A 10h, le gouverneur ordonne de déménager l’hôpital de Givet dans l’hôpital de campagne de Charlemont. L’évacuation des blessés et de l’ensemble du matériel effectuée en bon ordre est effective à 17h.
19 août :
L’artillerie du Fort fait le feu sur de petites unités ennemies. L’hôpital de campagne de Charlemont est fonctionnel.
20 août :
L’artillerie de Charlemont fait feu cinq ou six fois.
21 août :
Les blessés continuent d’affluer à la gare de Givet. L’infirmerie de la gare ne suffit plus à répondre aux besoins. On ne peut plus y soigner et y nourrir les hommes. L’hôpital de la Croix-Rouge est alors installé à l’hôtel d’Angleterre. Les blessés y sont amenés pour être nourris et pansés avant d’être évacués aussi vite que possible vers Charleville, Reims ou Laon. 25 lits permettent de garder les plus atteints.
22 août :
L’aviateur Allemand, qui s’est écrasé près d’Hastière suite au tir de Maurice Plumay, est soigné par les services de santé Français. L’hôpital de la Croix-Rouge investit les étages de l’hôtel d’Angleterre, on évacue le plus de blessés possible. Si le train ne suffit pas ou ne permet pas les évacuations, on les transfère vers l’hôpital de Charlemont où les blessés sont encore peu nombreux.
23 août :
Un convoi de 480 blessés arrive en gare, il est composé d’hommes de toutes armes mais majoritairement de troupes dites « indigènes ». Tous ces hommes sont soignés et nourris avant d’être rapidement évacués.
24 août :
Après la défaite de Charleroi, la droite de la Vème armée (1e C.A. et 51e D.R.) se replie vers le Sud-ouest sans oublier de faire sauter le pont de Givet mais en laissant la voie ferrée intacte. Les Allemands en profiteront pour approcher leurs plus grosses pièces d’artillerie ! Charlemont et sa garnison sont seuls face à l’ennemi, ils ne disposent même pas du téléphone. Malgré le sabordage du pont, l’hôpital de l’école de garçons et ses 118 lits est maintenu côté Givet Notre-Dame au cas où une action s’engagerait rive droite.
Le canon gronde de plus en plus et les personnels de santé se replient sur Charlemont chaque nuit et reviennent soigner les blessés de l’hôpital de la Croix-Rouge chaque matin (au besoin on peut monter jusqu’à 50 lits). Dans l’après-midi les artilleurs Allemands font feu sur le train Givet / Charleville qui parvient à revenir en gare : les blessés ne sont plus évacuables, on les transfert donc à l’hôpital de campagne de Charlemont !
25 - 27 août :
De façon sporadique, l’artillerie du Fort fait feu tandis que le 45ème R.I.T. lance des reconnaissances. Le 27 ont lieu les premiers contacts avec l’ennemi et des cavaliers sont repoussés par le feu des mitrailleuses. Les bruits les plus divers circulent, la garnison ne sait rien.
28 août :
Sur ordre du gouverneur, une reconnaissance est envoyée à Foisches (1500m à l’Ouest), mais le village est déjà occupé. Une deuxième unité envoyée sur Agimont (3,5 km au Nord-ouest), n’aperçoit aucune troupe Allemande mais apprend par les habitants que de l’artillerie de siège s’installe dans la région à plus de 7 km de Charlemont, donc hors de portée de l’artillerie du Fort.
29 août :
L’investissement progresse. Une demi-compagnie envoyée en reconnaissance à 2 km au Nord se heurte à des Allemands qui creusent des tranchées. A 12h, deux blessés dont un officier d’infanterie du 348ème sont amenés à l’hôpital. A 13h, début du bombardement par l’artillerie lourde Allemande. Dès les premiers coups, une poudrière saute avec un bruit effroyable ainsi qu’une casemate en ensevelissant 27 hommes.
Dans le même temps, les hôpitaux de Givet sont évacués sur l’hôpital de campagne de Charlemont : seuls les blessés les plus touchés demeurent à l’hôtel d’Angleterre. L’évacuation des blessés sur plus d’un kilomètre est périlleuse suite à l’utilisation d’obus fusant (explosant en l’air). L’évacuation des blessés les moins touchés est à peine achevée qu’un obus fusant explose au-dessus de l’hôtel d’Angleterre : les vitres et la marquise volent en éclat. Le bombardement dure une partie de la nuit. Heureusement l’armée Allemande mal renseignée ne prend pas pour cible le complexe dit « du silo à grain » : en fait il s’agit d’un gigantesque complexe de poudrières et de soutes à munitions.
30 août :
Les allemands menacent « d’exécuter la ville ouverte » si Charlemont ne se rend pas : refus du gouverneur. Le bombardement très violent continue donc avec des pièces de 305 voire 380 et 420mm (sur ce dernier point les avis divergent) : en moyenne six coups à la minute. Les dégâts matériels sont énormes et l’artillerie de Charlemont est incapable de riposter : ses pièces sont endommagées et les batteries Allemandes sont hors de portée. L’hôpital de campagne de Charlemont est sérieusement touché, les murs sont ébranlés et les blessés sont transportés dans les casemates du rez-de-chaussée. L’infanterie allemande profite des bombardements pour se rapprocher du front Nord avec prudence et sans lancer l’attaque. Vers 6 heures, un colonel allemand somme la place de se rendre. Le conseil de défense est réuni, à 9h l’officier d’ordonnance du gouverneur, le Lieutenant Bottaris, quitte le Fort avec le « parlementaire » Allemand. Il n’y reviendra qu’à une heure du matin pour annoncer que les conditions de la reddition sont peu acceptables. Pendant ce temps dans Givet, les combats pour la possession du pont, de la place de la République et du quai du Fort de Rome sont très violents. Dès 10h, une compagnie Saxonne du 106ème de réserve est aperçue à l’entrée de Givet Notre-Dame. Leur objectif est de franchir la Meuse en face de la Place Vauban, mais l’alerte est donnée. Un zouave et trois soldats du train rescapés de la Vème armée s’embuscadent derrière une barricade proche de la culée (rive gauche) du pont ruiné et font feu. Les sergents Adnet et Desjardins ainsi que deux hommes du 45ème RIT descendus par le tunnel viennent les renforcer (une autre version précise que ce sont ces hommes qui éventent la tentative Allemande en revenant d’une corvée). L’officier qui commandait le tunnel envoie l’adjudant Lurot et une compagnie pour soutenir les hommes qui font face aux Allemands. Une demi-section s’établit donc Quai du Fort de Rome tandis que l’autre moitié, commandée par le Sergent Lauth, prend position dans une tranchée à l’Est du jardin public. Les Allemands comprennent que la traversée n’est pas possible en l’état. Des tireurs restent placés près du pont tandis qu’une partie de leur unité s’infiltre par la rue Chanzy appuyée par la deuxième compagnie Saxonne. Suite à l’effondrement d’une casemate, le sergent Rigaut sort de Charlemont par le tunnel et se porte volontaire pour aller combattre près du pont. Le sergent Tracet, le soldat Couvreur et quelques autres l’accompagnent pour aller renforcer la demi-section du sergent Lauth. Progressivement, la troupe qui défend le pont se renforce. La fusillade dure une heure avant que les Allemands ne se replient rue Notre-Dame. La place de la République est jonchée de blessés et de cadavres, dont le capitaine de la première compagnie Saxonne.
Les Allemands ouvrent alors un feu violent dans la rue du Luxembourg et défoncent les portes pour jeter les habitants dans la rue. Un civil trouve la mort, les Allemands accusent les civils d’avoir fait feu sur eux : la population ne doit son salut qu’à l’intervention d’un colonel à la retraite Victor Donau. Ce dernier parvient à parlementer avec le capitaine Allemand qui exige que sous une heure tous ses blessés lui soient amenés sans quoi la ville sera « brûlée par le bombardement ». Vers 17h, les Français voient donc apparaitre, au bas du bureau de poste rive droite, Alfred Donau (le frère de Victor) avec un drapeau de la Croix-Rouge : il vient demander un armistice de deux heures de la part du commandement Allemand pour évacuer les blessés et les morts de la Place de la République. Les sous-officiers Français se concertent et acceptent ce cessez-le-feu à l’unanimité. 29 civils se chargent d’évacuer les blessés et les morts Allemands vers le poste de secours de la rue du Luxembourg. Malgré l’armistice, les Allemands du Quai de Rancennes font feu et blessent le sergent Desjardins à la mâchoire et aux jambes. Le zouave qui faisait partie des premiers défenseurs du pont est également grièvement touché (il décèdera de ses blessures aux reins quelques jours plus tard) ainsi qu’une jeune Givetoise. Au final, ce sont cinq combattants qui sont amenés à l’hôpital de Givet. A noter qu’un franc tireur de 15 ans se fait panser le pouce et qu’un dragon très légèrement blessé se propose d’aider à l’hôpital. Vers 18 heures le Commissaire de Police Labraux sur ordre du maire par intérim, Mr Delattre, vient demander aux Français de cesser le feu. Cette demande fait suite à l’arrivée en mairie d’un officier Allemand avec escorte venu depuis Heer-Agimont. Les troupes françaises refluent alors sur Charlemont et le tunnel : menace de bombarder la ville de la part des Allemands ?
31 août :
Le bombardement reprend à 5h avec une rare violence. Désormais Givet est aussi prise pour cible et plusieurs maisons s’écroulent. Tous les blessés de l’hôtel d’Angleterre sont descendus dans les caves, mais à peine les hommes se pensent-ils en sécurité qu’une conduite d’eau éclate et que des merlons leur tombent sur la tête. Les blessés sont alors évacués, les moins atteints aident les autres, les infirmières volontaires sont affolées. Le Dragon offre une aide précieuse au seul homme valide du service de santé, le pharmacien aide-major de 2ème classe Brancourt (territorial). La petite troupe se retrouve dehors en plein bombardement et gagne la campagne afin de se réfugier dans une grange. Le pharmacien repart vers Givet à la recherche d’une maison plus sûre qu’il finit par trouver : une maison à louer fera l’affaire. Les Givetois lui fournissent des matelas, des lits et des draps pour équiper ce nouvel hôpital où tous les blessés sont ramenés dans la soirée.
A Charlemont de nombreuses pièces d’artillerie, des casemates, des citernes et l’hôpital de siège sont sérieusement touchés. Ce dernier menace de s’effondrer complètement. Sous le déluge d’obus, Melle Lombard, une infirmière, sort pour tenter de prévenir le gouverneur de la situation mais ce dernier refuse de la recevoir. Les obus continuent à tomber sur l’hôpital, les blessés sont évacués dans l’abri sous-roc où sont réfugiés le gouverneur et ses officiers. Le service de santé doit faire face à la résistance du gouverneur qui renâcle à accueillir les blessés dans sa casemate. A midi, l’hôpital est complètement dévasté, à l’exception de la chambre des infirmiers qui n’a pas trop souffert. L’abri sous-roc qui tient lieu d’abri aux blessés et à l’état-major a ses cheminées d’aération bouchées par les débris, son entrée est ruinée. A 4h, des obus énormes (la garnison parle de 180kg) s’abattent sur le Fort qui est complètement dévasté, l’abri sous-roc menace de céder. Les gaz dégagés par les obus provoquent des cas d’asphyxie et il devient impossible de tenir. Le conseil de défense décide de capituler. Le drapeau blanc est hissé mais le bombardement continue, de plus en plus dur (8 à 10 obus minute). Le sergent infirmier Guiny accompagné des infirmiers Plée et Redon, tous volontaires, se rendent à la mairie comme parlementaires. A 17h, le commandement du Fort signe la capitulation. En présence des officiers, le chef de corps met le drapeau en pièces et en brûle les morceaux un à un. Le médecin-chef de la place, le docteur Ripert, parvient à en subtiliser un morceau qu’il conserve précieusement (nous en reparlerons). A l’arrêt du bombardement, on compte environ 200 victimes, tués et blessés. 4.008 obus sont tombés sur Charlemont qui est dévasté mais dont aucune infrastructure vitale n’est touchée, 100 hommes sont morts dont 27 ensevelis dans la manutention du bastion de la Reine de Hongrie.
1er septembre 1914 :
Les représentants de la Croix-Rouge Allemande et le directeur de santé de l’hôpital de siège s’accordent pour transférer tous les blessés vers l’hôpital de Givet.
2 septembre 1914 :
Environ cent blessés sont transférés de Charlemont vers l’hôpital de Givet.
Un certain nombre de soldats sont portés disparus dont :
Soldat Delarue Marcel Georges 45ème RIT originaire de Noyon né le 26/10/1891, porté disparu le 30/08/1914.
Sergent Galloy Adolphe Emile 45ème RIT originaire de Fumay né le 02/02/1884, porté disparu.
Soldat Hiblot Léon Jean-Baptiste 45ème RIT originaire de Sedan né le 16/06/1882, « tué à l’ennemi enseveli dans une casemate » le 28/08 ou le 29/08/1914.
Soldat Latour Emile Louis 45ème RIT originaire de Revin né le 11/03/1882, disparu.
Soldat Léger Jules Xavier 45ème RIT originaire de Hierges né le 05/10/1893, disparu le 30/08/1914.
Soldat Lesieur Jean Baptiste Evangéliste Emile 45ème RIT originaire de Chaumont-Porcien, né le 21/09/1891, disparu le 30/08/1914.
Soldat Ziboura (ou Zieboura) 45ème RIT originaire de Montbard/Sedan/Charleville, né le 31/08/1877, « tué à l’ennemi » le 30/08/1914
Le drapeau du 45ème RIT :
Le médecin chef de la place, le docteur Ripert, cache un morceau du Drapeau du 45ème RIT qu’il conserve précieusement suite à la reddition de Charlemont. Par crainte de voir les Allemands s’en emparer, il remet le morceau du drapeau à une infirmière du Fort qui le conserve pendant toute sa captivité en Allemagne avant de le rapporter en France. La pique résista aussi au feu et fut cachée dans une tombe sous le corps d’un soldat Français par les services de santé. L’officier d’administration Massota (qui livra un excellent compte-rendu des évènements d’août 1914) est maintenu à Charlemont par les Allemands pendant 3 mois avec une équipe de Brancardiers pour des travaux d’assainissement. Le jour où M.Massota reçoit l’ordre d’exhumer le soldat servant de cachette à la pique, il parvient à la récupérer discrètement et à la cacher sous sa capote. Quelques jours après, il parvient à la remettre à Melle Delahaye qui parvient à la mettre à l’abri des nombreuses perquisitions Allemandes. A la libération la pique fut remise au 91ème RI : elle fut placée en salle d’Honneur.
On peut se demander pourquoi la propagande Allemande se saisira à ce point de la prise de Givet : peut-être une réaction au camouflet qu’essuyèrent les Prussiens face au Général Bourke en 1815… Si l’on compare les faits et la mission fixée au Fort « offrir une résistance », on ne peut pas dire que ce fut un échec complet puisque du 23 au 25 août la garnison gêne le passage des troupes Allemandes et retient la 24ème armée de réserve pendant six jours. Cette dernière, après une marche forcée ne fera son apparition sur la bataille de la Marne que le 7 septembre au soir où elle sera vaincue. Néanmoins, on ne peut pas nier que la garnison fut sacrifiée, livrée à elle-même dans une forteresse d’un autre temps sous-équipée qui n’était pas censée se retrouver en première ligne.
Les évènements de la région vus par les Allemands :
Conscient des progrès de la fortification liés à l’utilisation massive du béton armé et des tourelles en acier au nickel, l’état major Allemand, dès 1908, commande aux usines de Gustave Krupp des pièces capables de percer 3 m de béton et de briser les nouvelles tourelles. A la déclaration de guerre en août 1914, seule la batterie n°3 Erdmann de deux pièces est disponible. Dix autres suivront. Ces pièces sont dites de classe M, celle que nous appelons grosse Bertha est en faite une pièce « légère » de 420mm, le modèle lourd est appelé « gamma »… Elles entrent en service dès le 12 août 1914 face aux forts de Liège. Leur première victime le Fort de Pontisse, puis le 15 août celui de Loncin qui voit sa poudrière exploser avec 12 tonnes de poudre, le Fort de Fléron subit aussi le feu de ces redoutables pièces. Le 16 août, ces 3 forts ainsi que les 9 autres qui ceinturent la ville demandent à se rendre. Après la chute des forts et de la Citadelle de Namur (la ville a également été très sérieusement touchée), l’artillerie Allemande fait route vers Givet et Maubeuge. Un témoignage Autrichien (ce militaire est appelé à Namur le 26 août 1914) parle de batteries de 305mm quittant Namur mais rien sur les 420mm. Furent-ils envoyés à Givet ? A priori non puisqu’une batterie de 420 (la seule à l’époque) est signalée à la même période au siège de Maubeuge.
Ce même témoignage montre l’extrême fébrilité des troupes Allemandes face aux francs-tireurs : cet officier évoque le cas de Spontin où selon lui la population aurait accueilli et nourri les Allemands avant de faire feu sur eux. Comme bien d’autres villages de la région la population a été massacrée et le village incendié. Dans un autre village, il parle aussi d’un officier supérieur abattu « par derrière » par une enfant de 14 ans, mais dans les faits, il ne fait que relater ce qu’il a entendu puisque qu’il traverse les lieux après ces atrocités. Dinant reprise par les Français avant d’être reprise par les Allemands sera aussi le théâtre du massacre de 674 civils. Ce témoin va sur une route encombrée de colonnes recevoir ses ordres au commandement de la 23ème division à Anthée. En chemin, il constate la violence des combats qui se sont déroulés dans le secteur. Au château d’Anthée, la maîtresse de maison a installé un hôpital de campagne et reçoit les officiers Allemands à sa table. C’est là, dans la grande salle à manger, que notre témoin reçoit l’ordre de participer au siège de Charlemont. Après une reconnaissance, il revient sur Anthée pour récupérer son unité et s’établir sur la rive Est car la Meuse est infranchissable : tous les ponts sont détruits et les constructions provisoires sont incapables de supporter le poids des convois d’artillerie lourde. Sa batterie sera installée du côté de Falmignoul. En route, il est acclamé par les troupes Allemandes qui trinquent avec lui à la santé de la fraternité « Autriche-Allemagne ». Au sud de Falmagne, des positions sont calculées en utilisant le clocher de l’église de Mesnil St Blaise comme point de visée. Les batteries arrivées dans la nuit sont prêtes au petit matin mais elles sont noyées dans le brouillard. Les batteries tournées vers le front Ouest font déjà feu. Vers midi le brouillard se lève et l’unité de notre témoin commence à faire feu.
Dans l’église, vers Falmignoul, est installé un hôpital de campagne. Les habitants prennent en charge le ravitaillement et les soins des blessés en attente d’évacuation. Notre témoin précise qu’aucune maison n’a été brûlée dans le village et que les otages ont été libérés au bout d’un certain temps. Les 29, 30 et 31 août, Charlemont est bombardé durant l’après-midi, des feux sont visibles à l’intérieur du Fort. Au dernier jour d’août, Charlemont est tombé. Le 1er septembre, notre témoin est invité à la visite de Givet et Charlemont. Il croise une première colonne de prisonniers et apprend qu’une unité cantonnée dans un bastion isolé sans communication avec le commandement de la place ignorait la chute du Fort (ce bastion est-il le Fort Condé ?) : ce fut la dernière unité Française de Givet à se rendre. La ville reçoit encore quelques obus de 210mm pour faire fuir les derniers soldats en arme à l’Ouest de la cité et dans certaines rues, quelques maisons sont détruites et des rues endommagées. Il est stupéfait car dès les derniers combats achevés, la vie reprend son cours, les enfants jouent et les commerces sont ouverts. Lors de la visite du Fort, il est très surpris par l’état de ce dernier. Certes toutes les infrastructures sont anéanties mais les cratères ne sont pas si impressionnants que ça car les obus se sont profondément enfoncés dans le sol avant d’exploser. Dans une casemate profonde, il voit 120 blessés et les médecins lui expliquent que cette casemate a été touchée par un tir qui a tué 7 hommes et en a blessé beaucoup d’autres. Il parle d’un grand tunnel traversant l’édifice où beaucoup d’hommes se seraient réfugiés ainsi que d’une casemate où 40 hommes seraient morts. Des pièces lourdes sont disséminées sur le chemin et n’ont pas été mises en position. Les 3.500 prisonniers sont regroupés dans un grand bastion (Haute-Corne ou Lunette d’Asfeld). Il est surpris par la moyenne d’âge élevée de ces hommes et leurs uniformes d’un autre âge. Il précise aussi que de nombreux prisonniers sont originaires de la région et femmes et enfants les attendent à la sortie du Fort. Sur le front les massacres en marge des combats furent nombreux.