View allAll Photos Tagged AFFIRMATION
United States Military Academy Class Of 2022 Cadets reaffirmed their oath during a ceremony at Ike Hall, West Point, New York on August 16, 2020 (U.S. Army photo by Tarnish Pride USMA/PAO).
The Class of 2015 affirmed their commitment to graduating from the U.S. Military Academy and to serve in the U.S. Army during a ceremony Aug. 18 in Robinson Auditorium. The Honorable Eric K. Shinseki, Secretary of Veteran Affairs and USMA Class of 1965 graduate, was guest speaker and Commandant of Cadets Brig. Gen. Richard Clarke administered the Oath of Affirmation. The cadets were also presented with commemorative coins from the USCC tactical teams which were donated by their 50-year affiliation class. U.S. Army photo by Mike Strasser/USMA PAO
The Class of 2015 affirmed their commitment to graduating from the U.S. Military Academy and to serve in the U.S. Army during a ceremony Aug. 18 in Robinson Auditorium. The Honorable Eric K. Shinseki, Secretary of Veteran Affairs and USMA Class of 1965 graduate, was guest speaker and Commandant of Cadets Brig. Gen. Richard Clarke administered the Oath of Affirmation. The cadets were also presented with commemorative coins from the USCC tactical teams which were donated by their 50-year affiliation class. U.S. Army photo by Mike Strasser/USMA PAO
The Class of 2015 affirmed their commitment to graduating from the U.S. Military Academy and to serve in the U.S. Army during a ceremony Aug. 18 in Robinson Auditorium. The Honorable Eric K. Shinseki, Secretary of Veteran Affairs and USMA Class of 1965 graduate, was guest speaker and Commandant of Cadets Brig. Gen. Richard Clarke administered the Oath of Affirmation. The cadets were also presented with commemorative coins from the USCC tactical teams which were donated by their 50-year affiliation class. U.S. Army photo by Mike Strasser/USMA PAO
twitter.com/Memoire2cite #recherche #archives #Banlieue #socialhousing #logement #Collectif #CopropriĂ©tĂ© #Habitation #Habitat #HLM #Quartier #BĂ©ton #immeuble #CitĂ© #Moderne #Europe #World #MĂ©moire2CitĂ© #MĂ©moire2Ville @ Les 30 Glorieuses . com l' #Urbanisme d'Antan, et ses belles cartes postales @ mais aussi les clichĂ©s d'Archilaid, comme les "prix citron" de la France moche.. ou encore la laideur architecturale en Françe et Ailleurs. Dans le triste sillage des citĂ©s de banlieue construites ds les annĂ©es 50, 60, 70... @ l'apres guerre.. dans l'urbanisation massive des territoires via l'industrialisation du logement @ le Logement Collectif* 50,60,70's dans tous ses Ă©tats..Histoire & MĂ©moire de l'Habitat / RĂ©tro-Villes / HLM / Banlieue / Renouvellement Urbain / Urbanisme @ De grandes barres dâimmeubles, appelĂ©es les grands ensembles, sont le symbole de nos banlieues. EntrĂ©e Libre revient sur le phĂ©nomĂšne de destruction de ces bĂątiments banlieue89 ANRU1 ANRU2 bientot ANRU3 @ le Renouvellement urbain, la rĂ©novation urbaine, des "Ensembles Tout BĂ©ton" qui reflĂštent aujourdâhui la misere www.youtube.com/watch?v=mCqHBP5SBiM L'urbanisation Ă marche forcĂ©e des annĂ©es 60 est devenue synonyme de bĂ©tonnage et d'enlaidissement. Dans L'Express du 23 aoĂ»t 1971 @ "La loi du 7 juillet dernier relative Ă la libertĂ© de la crĂ©ation, Ă l'architecture et au patrimoine a ainsi créé un label spĂ©cifique permettant de veiller sur cet hĂ©ritage architectural rĂ©cent, que le ComitĂ© du patrimoine mondial de l'Unesco vient lui aussi de mettre en lumiĂšre", ajoute la ministre de la Culture.
Pas un village, dans la plus reculĂ©e des provinces, qui ne soit atteint. C'est comme une lĂšpre qui, peu Ă peu, prolifĂšre sur l'Ă©piderme du paysage urbain français. Un des plus beaux du monde, disait-on. Agressive mĂ©diocritĂ© des bĂątiments publics, des Ă©coles, des postes, des administrations, monotonie concentrationnaire des grands ensembles, prĂ©tention et passĂ©isme dĂ©bile des maisons individuelles : le bilan architectural des dix derniĂšres annĂ©es est, en France, catastrophique. Jamais on n'a autant construit. Jamais si mal, si pauvre, si triste. A de rares exceptions. Cela devient si flagrant Ă la lumiĂšre de l'Ă©tĂ©, que mĂȘme l'O.r.t.f. s'en est Ă©mu. AprĂšs Vivre aujourd'hui, l'Ă©mission de Jacques FrĂ©montier (dimanche, consacrĂ©e Ă "la rue"), La France dĂ©figurĂ©e, de Michel PĂ©ricart et Louis BĂ©riot, a donnĂ© l'alerte : par milliers, des tĂ©moignages ont affluĂ©. Les Français prennent conscience du mal et s'interrogent : "Comment, pourquoi, en est-on arrivĂ© lĂ ?" SpĂ©culation Que "cet avachissement, cet avilissement de la qualitĂ© architecturale", comme le dĂ©finit M. Michel Denieul, directeur de l'Architecture au ministĂšre des Affaires culturelles, ne soit pas l'exclusivitĂ© de la France, personne ne le conteste. Le monde entier connaĂźt un malaise architectural. AprĂšs avoir, des siĂšcles durant, bĂąti pour le seigneur, le prince, le mĂ©cĂšne, l'architecture ne sait pas encore bĂątir pour la masse, le peuple, "l'innombrable", comme le dit l'architecte Emile Aillaud. En Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie, aux Etats-Unis, aussi, elle tĂątonne. Ce n'est pas une consolation. Ni une raison suffisante pour admettre comme une fatalitĂ© la piĂštre architecture française. Ni pour excuser ceux qui l'ont laissĂ©e pousser comme les mauvaises graines, Ă tous les vents. Le premier des responsables, avant les architectes dĂ©passĂ©s (voir page suivante l'opinion de Pierre Schneider) et les promoteurs avides, c'est l'Etat. Qui, par le jeu des servitudes, des permis de construire, etc., contrĂŽle et, le plus souvent, paralyse la totalitĂ© de ce qui se bĂątit en France. Qui est lui-mĂȘme le premier client des architectes, le premier maĂźtre d'ouvrage des nouveaux Ă©difices (hĂŽpitaux, Ă©coles, logements sociaux). Qui, Ă ce titre, aurait pu, et ne l'a pas fait, promouvoir une politique de l'habitation qui soit une politique d'embellissement. "Construire beaucoup, c'est une occasion d'embellir", dit Bertrand de Jouvenel.Au lieu de cela, que voit-on, en dĂ©pit de la rĂ©action amorcĂ©e depuis quelques annĂ©es par le ministĂšre des Affaires culturelles ? La mĂ©diocritĂ© primĂ©e, la crĂ©ation handicapĂ©e, la spĂ©culation triomphante. Les grands ensembles sont une erreur, mais nous ne savons pas pourquoi. Colin Davidson, professeur Ă l'Ecole d'architecture de l'universitĂ© de MontrĂ©al.Dans un vieux pays comme la France, pour lutter contre la laideur, il y a deux mĂ©thodes : une stratĂ©gie de choc qui favorise la qualitĂ© architecturale ; une stratĂ©gie dĂ©fensive qui prĂ©vient la dĂ©tĂ©rioration du patrimoine ancien. La premiĂšre n'a jamais Ă©tĂ© dĂ©finie. Comment s'Ă©tonner des rĂ©sultats ? On ne s'est mĂȘme jamais souciĂ© d'en jeter les bases en pratiquant une politique d'urbanisme consĂ©quente. "Une ville comme Paris, dit M. Denieul, se caractĂ©rise par une propension Ă accorder les permis de construire, quand ils sont demandĂ©s, au coup par coup. Et cela, faute de documents d'urbanisme suffisamment prĂ©cis, souples et contraignants en mĂȘme temps."ApprĂ©ciation Contre ce systĂšme du n'importe quoi, n'importe oĂč, n'importe comment, M. AndrĂ© Malraux avait voulu rĂ©agir. Il avait demandĂ© Ă l'architecte urbaniste Gaston Leclaire d'Ă©tudier l'amĂ©nagement du quartier de la rotonde de La Villette, et spĂ©cialement des abords du bassin, appelĂ© Ă devenir le pĂŽle d'attraction d'un site urbain peu connu et insolite. L'Ă©tude a Ă©tĂ© menĂ©e Ă terme, mais ses conclusions sont restĂ©es lettre morte. De telles Ă©tudes, faites systĂ©matiquement, auraient pu freiner bien des dĂ©sastres, non seulement Ă Paris, mais sur la CĂŽte d'Azur, autre victime notoire d'une urbanisation dĂ©sordonnĂ©e. Et servir de tremplin Ă une architecture raisonnĂ©e, sinon rĂ©ussie, alors que celle dont nous souffrons n'est ni l'un ni l'autre. C'est aussi M. AndrĂ© Malraux qui, par la loi du 4 aoĂ»t 1962, dite des secteurs sauvegardĂ©s, tenta de consolider la stratĂ©gie dĂ©fensive. De fait, Ă l'intĂ©rieur des quartiers prĂ©servĂ©s, au voisinage des monuments historiques on ne peut construire ni dĂ©truire n'importe quoi. Un immeuble tout en verre oĂč se reflĂšte la cathĂ©drale d'Amiens ? Soit : le mĂ©lange des siĂšcles n'est pas prohibĂ©, au contraire, c'est la vie mĂȘme des villes. A condition que les deux architectures soient, comme c'est le cas, bien intĂ©grĂ©es l'une Ă l'autre. La R.a.t.p., en revanche, n'a pas reçu le droit de construire sur les quais de la Seine, dĂ©jĂ si meurtris, une tour de bureaux qui viendrait s'inscrire entre celles de Notre-Dame. Il y aurait donc sauvegarde sans le drame des dĂ©rogations laissĂ©es Ă l'apprĂ©ciation des administrations. A cause d'une de ces dĂ©rogations, va s'Ă©lever, rue de l'UniversitĂ©, l'immeuble de bureaux rĂ©servĂ© aux membres de l'AssemblĂ©e nationale. On le verra, de la place de la Concorde, se profiler derriĂšre les deux Ă©tages de l'hĂŽtel de Lassay, rĂ©sidence du prĂ©sident de l'AssemblĂ©e. DĂ©rogation aussi pour la barre massive des immeubles de Maine-Montparnasse et la tour de 200 m qui les couronnera : quand la maquette fut prĂ©sentĂ©e devant la Commission des sites, un ministre et cinq prĂ©fets Ă©taient prĂ©sents pour l'appuyer de leur autoritĂ© politique. Il n'y eut pour ainsi dire pas de discussion. Quant Ă la tour de la Halle aux vins, autre pont aux Ăąnes architectural, c'est l'enfant bĂątard d'un grand projet : une flĂšche hĂ©licoĂŻdale, construite par l'architecte Edouard Albert, et couverte de mosaĂŻque par Georges Braque. HĂ©las ! Albert et Braque sont morts, et les Parisiens n'ont sous les yeux que la tour sans gĂ©nie d'Henri Coulomb. BĂ©nĂ©diction A Strasbourg, c'est le maire lui-mĂȘme, M. Pierre Pflimlin, qui s'est obstinĂ© Ă permettre la construction, Ă deux pas de la cathĂ©drale, d'un complexe immobilier de 60 m de haut et de plus de 60 millions de Francs. La Commission dĂ©partementale des sites, les Monuments historiques, la direction dĂ©partementale de l'Equipement ont Ă©mis un avis dĂ©favorable. Les P.t.t. aussi, car cette tour fera Ă©cran aux liaisons hertziennes entre Strasbourg et Paris. Rien n'y a fait. M. Pflimlin a gagnĂ©. Les P.t.t. devront dĂ©placer le relais de leurs ondes hertziennes, situĂ© Ă Saverne, et la flĂšche rose de la cathĂ©drale, point de ralliement de toute l'Alsace, se verra fĂącheusement disputer le ciel. La CĂŽte d'Azur regorge, hĂ©las ! d'exemples tout aussi significatifs. Le dernier en date n'est pas le moins accablant. A Mandelieu-La Napoule, sur un terre-plein de 10 ha gagnĂ© sur la mer, vient d'ĂȘtre construit un "complexe" d'une quinzaine d'immeubles, hauts de sept Ă©tages, et d'une mĂ©diocritĂ© affligeante, qui dĂ©pare un des plus beaux panoramas de la CĂŽte, entre le massif de l'Esterel et les Ăźles de LĂ©rins. Avant de voir le jour, ce projet a reçu toutes les bĂ©nĂ©dictions officielles. Quinze organismes diffĂ©rents ont Ă©tĂ© consultĂ©s par le Conseil municipal, et, parmi eux, la Commission des sites. Pas un souffle de protestation ne s'est Ă©levĂ©. L'affaire est remontĂ©e Ă Paris. Finalement, le ministre de l'Equipement lui-mĂȘme a signĂ© le permis de construire et la concession d'endigage du port. Aujourd'hui, l'Association pour la dĂ©fense des sites de Cannes et des environs distribue la photo du chantier Ă des milliers d'exemplaires. "Ce que nous voulons empĂȘcher dĂ©sormais." Et Mme Louise Moreau, Ă©lue maire de La Napoule aux derniĂšres Ă©lections, est formelle : "Si, alors, j'avais Ă©tĂ© maire, je n'aurais jamais permis cela."
RĂ©pĂ©tition D'une part, l'Etat protĂšge peu ou mal, d'autre part, loin de promouvoir la recherche et la qualitĂ©, il impose les normes d'une architecture concentrationnaire. Ainsi par le systĂšme des Cos (Coefficients d'occupation des sols), dans Paris et dans les grandes villes, oĂč la pression de la rentabilitĂ© est Ă©norme, on construit au maximum, mĂȘme si c'est dĂ©pourvu de toute plausibilitĂ©, mĂȘme si, du point de vue architectural. c'est une hĂ©rĂ©sie. "Il faudrait, dit M. Denieul, crĂ©er des zones de discontinuitĂ© : des Cos de 3 Ă un endroit, et, Ă d'autres, des Cos de 0 Ă 5, ce qui donnerait au faciĂšs urbain un modelĂ©, un relief. Au lieu de cela, le mot d'ordre est de 'bourrer' partout. Et le XVIe arrondissement de Paris, entre autres victimes, devient un immense chantier oĂč se multiplient les surĂ©lĂ©vations intempestives." A quoi M. Jean Chapon, directeur du cabinet de M. Albin Chalandon, rĂ©torque : "Il faut bĂątir au maximum, sinon, oĂč logera-t-on les milliers de gens qui affluent dans les villes ?" On touche, ici, au coeur du problĂšme. Parce que les besoins Ă©taient immenses et impĂ©rieux, on a construit beaucoup. TrĂšs vite. Sans se prĂ©occuper du plaisir de vivre des futurs habitants. Comme si un environnement harmonieux Ă©tait un luxe, cet environnement que les arbres et les champs fournissaient naturellement aux gens d'autrefois. Comme si l'on ne savait pas que la laideur monotone sĂ©crĂšte l'ennui, la morositĂ©, le dĂ©sespoir. Ătait-il impossible, au mĂȘme prix, de construire bien ? Les rĂ©ussites d'Emile Aillaud, par exemple, Ă Grigny-la-Grande-Borne, ou de Michel Andrault et de Pierre Parat Ă Sainte-GeneviĂšve-des-Bois prouvent le contraire. MĂȘme avec les crĂ©dits limitĂ©s des H.l.m., mĂȘme en respectant les normes Ă©touffantes de l'urbanisme rĂ©glementaire, on peut crĂ©er des habitations Ă l'Ă©chelle de l'homme, du paysage, des architectures favorables Ă la dĂ©tente et au bien-ĂȘtre. Ce n'est pas une question de crĂ©dits, ni de servitudes ni de prĂ©fabrication. C'est une question d'audace, d'invention. Malheureusement, les inventeurs, en cette Ă©poque de conformisme, sont rares, et on les encourage peu. Sauf dans les cas oĂč l'obstination d'un crĂ©ateur a rĂ©ussi Ă vaincre les rĂ©sistances pour modeler un univers vraiment neuf, on s'est contentĂ© d'additionner, de juxtaposer les machines Ă vivre, les citĂ©s dortoirs, de confondre industrialisation et rĂ©pĂ©tition, fonctionnalisme et monotonie. Multiplication "Quand je me promĂšne autour de Paris, disait, peu de temps avant sa mort, le grand architecte amĂ©ricain Richard Neutra, j'ai l'impression que ceux qui bĂątissent n'ont jamais Ă©tĂ© Ă l'Ă©cole maternelle. Ils ne savent pas oĂč le soleil se lĂšve, ni oĂč il se couche. Ils ont oubliĂ© que l'homme a besoin de chlorophylle comme les arbres et d'espace comme les oiseaux. Ils ne savent faire que des prisons." Le ministĂšre de l'Equipement, pour sa part, est fier d'avoir mis au point un catalogue de grands ensembles --boĂźtes gĂ©antes et tours de tous calibres -- qui permet aux maires et aux offices d'H.l.m. de choisir sur photos et sur plans des immeubles types, spĂ©cialement Ă©tudiĂ©s par des architectes (certains sont renommĂ©s) qui en garantissent la qualitĂ© de la fabrication et le prix. Au ministĂšre de l'Education nationale qui, Ă lui seul, dĂ©pense 3 milliards par an pour construire 4 millions de m2 (un C.e.s. par jour), on prĂŽne la prĂ©fabrication (sauf dans les Ă©tablissements de l'enseignement supĂ©rieur). Chaque annĂ©e, parmi les propositions des trente-cinq entreprises agréées, qui se sont engagĂ©es Ă ne pas dĂ©passer le prix plafond de 520 Francs le m2, on choisit trois ou quatre types nouveaux de C.e.s. On les expĂ©rimente en petite sĂ©rie l'annĂ©e suivante. Puis, on se lance dans la fabrication industrielle. En soi, le systĂšme pourrait ĂȘtre bon. S'il n'aboutissait pas Ă la multiplication de bĂątiments dĂ©primants. MĂȘme Ă Cajarc (Lot), cher Ă M. Georges Pompidou, le C.e.s. offense la vue. L'Education nationale, Ă qui incombe, entre autres tĂąches, le soin de former l'oeil et le goĂ»t des enfants, ne s'en Ă©meut pas. "Elle n'accepte, dit un haut fonctionnaire, aucun conseil, et se drape dans sa dignitĂ© de gros consommateur d'architecture." Subvention Le ministĂšre de l'Agriculture n'agit pas avec plus de discernement. Il n'impose pas de modĂšles. Mais les prix plafonds des bĂątiments agricoles ont Ă©tĂ© calculĂ©s si bas (en partant de la tĂŽle ondulĂ©e et du parpaing non enduit) que l'agriculteur qui souhaiterait construire convenablement ne peut le faire, sans risquer de perdre le bĂ©nĂ©fice de la subvention. Ainsi, la campagne française s'est couverte peu Ă peu de bergeries et d'Ă©tables qu'on dirait Ă©chappĂ©es de bidonvilles. Aucun site n'est Ă©pargnĂ©. Ni la Bretagne ni la LozĂšre. Si le classement de Colombey-les-Deux-Eglises n'Ă©tait pas intervenu Ă temps, un hangar de tĂŽle ondulĂ©e serait venu boucher la perspective historique qui s'Ă©tend devant la Boisserie... Une grande part de ces diverses calamitĂ©s est due Ă l'incompĂ©tence des maĂźtres d'ouvrage - fonctionnaires et Ă©lus - desquels dĂ©pend la commande publique. "Le sens de l'architecture est aussi rare chez eux que le bon sens", disait quelqu'un qui les pratique. Et Raymonde Moulin, dans sa rĂ©cente Ă©tude sur l'Etat et les architectes, l'a notĂ© : "L'intĂ©rĂȘt pour la qualitĂ© architecturale appartient sinon Ă l'ordre du rĂȘve, du moins de ce qui peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un hasard heureux." Les promoteurs privĂ©s ne sont pas plus royalistes que le roi. Pas plus que l'Etat, ils ne se soucient d'apporter aux Français le plaisir que procure un heureux agencement de l'espace. Pour la plupart, ils se contentent d'appĂąter avec du clinquant - baies vitrĂ©es, travertin dans le hall, cĂ©ramique dans la salle de bains - et offrent des immeubles de (faux) prestige, mal insonorisĂ©s, mal compris, Ă©triquĂ©s, qui n'ont que de lointains rapports avec l'architecture, mĂȘme s'ils portent des signatures connues.
Impulsion Peut-on enrayer l'épidémie de laideur ? Alertés par les avertissements de la Commission du VIe Plan, les Pouvoirs publics semblent vouloir secouer leur torpeur. Pas question de définir une politique. "On ne peut imposer une architecture officielle, comme en U.R.S.S., se défend M. Chapon. Nous sommes en pays de liberté." Mais on éprouve la nécessité d'agir. Premier essai de stratégie dynamique : le plan-construction, lancé, en mai, conjointement par MM. Chalandon, Jacques Duhamel et François-Xavier Ortoli. Son objectif avoué : rechercher un habitat qui réponde mieux au besoin de l'homme d'aujourd'hui. En fait, il s'agit de trouver des remÚdes à l'échec des grands ensembles.
Au ministĂšre des Affaires culturelles, dans la mĂȘme foulĂ©e rĂ©formatrice on prĂ©pare deux projets de loi : l'un sur la profession d'architecte, l'autre sur les conditions de la commande publique. Toujours sous l'impulsion de M. Duhamel, la Fondation de France finance un concours d'architecture agricole qui sera lancĂ© Ă l'automne en Franche-ComtĂ©, en Bourgogne et en Bretagne. Enfin, une Ă©tude a Ă©tĂ© menĂ©e pour voir de quelle façon on pourrait, dĂšs l'Ă©cole maternelle, sensibiliser les enfants aux problĂšmes de volumes et d'espaces. Il reste Ă convaincre l'Education nationale d'inscrire cet enseignement nouveau Ă ses programmes.A la direction de l'Architecture, malgrĂ© les faibles moyens financiers dont il dispose, M. Denieul souhaite influer plus directement sur la qualitĂ© de la construction, en dĂ©veloppant les services de la crĂ©ation architecturale. Dans les trente prochaines annĂ©es, la France va construire autant de logements qu'il en existe actuellement. Il est temps de se souvenir que le degrĂ© de civilisation d'un peuple se juge Ă la qualitĂ© des Ă©difices qu'il laisse Ă la postĂ©ritĂ©. "La France n'est ni belle ni laide", Vasarely "La France n'est ni belle ni laide. C'est le point de vue oĂč nous nous plaçons qui dĂ©cide. Celui qui se promĂšne Ă New York ne voit qu'une ville chaotique et sale. Mais si, le soir, on arrive de l'aĂ©roport, on dĂ©couvre les gratte-ciel illuminĂ©s qui Ă©mergent au-dessus du fog. C'est un spectacle inoubliable. La Courneuve ou Sarcelles, vues d'avion, prĂ©sentent des aspects intĂ©ressants.""RemĂ©dier Ă la laideur est une tĂąche extrĂȘmement complexe qui se place sur d'innombrables plans, sociologiques, psychologiques, esthĂ©tiques. Le gouvernement actuel est favorable Ă l'esthĂ©tique, mais peut-on imposer la beautĂ© comme on a imposĂ© la vaccination obligatoire ? Actuellement on construit partout des habitations du genre clapier. Ce phĂ©nomĂšne est universel. Sarcelles et Saint-Denis ressemblent Ă Sydney ou Ă Tokyo." Le droit Ă la beautĂ©, par Pierre Schneider Le mot "esthĂ©tique" a mauvaise presse. Mais l'esthĂ©tique, dans la bouche des architectes, c'est ce que font les autres... En rĂ©alitĂ©, jamais l'architecture n'a Ă©tĂ© plus prĂ©occupĂ©e de beautĂ©. Elle peut prendre les formes les plus diverses. Ici, elle est dans l'intense prĂ©sence d'un Ă©difice ; lĂ , dans un agencement heureux de l'espace obtenu par des moyens insignifiants. TantĂŽt harmonieuse, tantĂŽt agressive. L'Ă©lĂ©gance du chemin le plus court, mais aussi l'extravagance du chemin des Ă©coliers : Ludwig Mies Van der Rohe ne nie pas Antonio Gaudi. L'essentiel est de ne pas se soumettre passivement aux idĂ©es reçues, d'exprimer son temps - fĂ»t-ce en s'efforçant de le rĂ©orienter. "Lorsqu'une oeuvre est Ă son maximum d'intensitĂ©, de proportions, de qualitĂ© d'exĂ©cution, de perfection, il se produit un phĂ©nomĂšne d'espace indicible, les lieux se mettent Ă rayonner, physiquement. C'est du domaine de l'ineffable." Cette dĂ©finition du beau est due au pĂšre du fonctionnalisme : Edouard Le Corbusier. L'absence de volontĂ© crĂ©atrice se traduit par des formes inertes. Et l'inertie dĂ©moralise. Le jour n'est pas loin oĂč le plus fanatique des technocrates sera contraint d'inclure le droit Ă la beautĂ© dans ses frais gĂ©nĂ©raux. A quelques exceptions prĂšs, l'histoire de l'architecture moderne - celle du dernier quart de siĂšcle, surtout - ne s'est pas Ă©crite en France. Pourquoi ? La raison la plus Ă©vidente est qu'elle n'a pas voulu ou su produire des architectes. La faute en incombe, en premier lieu, Ă l'Ecole des beaux-arts. La formation, ou plutĂŽt la dĂ©formation qu'elle dispensait Ă ses Ă©lĂšves, Ă©tait, depuis cent cinquante ans, rĂ©solument passĂ©iste : on se rĂ©fĂ©rait Ă Versailles ou au ParthĂ©non, oubliant que leur pouvoir de fascination venait de ce qu'ils avaient Ă©tĂ©, en leur temps, des bĂątiments modernes. Le premier travail des Ă©lĂšves utilisant l'acier, le verre, fut prĂ©sentĂ© Ă l'Ecole en 1950.Vers 1956, un groupe d'Ă©lĂšves qui proposaient Ă Nicolas Untersteller, directeur de l'Ecole, d'organiser une exposition Mies Van der Rohe, s'entendirent rĂ©pondre : "Je ne connais pas cette demoiselle." Un promoteur dĂ©finit assez brutalement le produit de cet enseignement figĂ© : "Les architectes ? Ils se croient des artistes. Ils ignorent la vie." Effectivement, l'Ecole n'a pas su assimiler la rĂ©volution industrielle. Vers 1840, un divorce s'opĂšre entre architecte et ingĂ©nieur. Le premier n'a que mĂ©pris pour le second. Lorsque, au dĂ©but du siĂšcle, Fulgence BienvenĂŒe, ingĂ©nieur en chef du mĂ©tropolitain, veut enseigner aux Ă©lĂšves de l'Ecole la technique du bĂ©ton armĂ©, ceux-ci le chahutent au cri de : "Tu nous prends pour des entrepreneurs ?" BibliothĂšque nationale, Halles de Baltard, viaduc de Garabit - les chefs-d'oeuvre de la construction industrielle du XIXe siĂšcle sont si peu considĂ©rĂ©s comme de l'architecture, que le premier d'entre eux Ă avoir Ă©tĂ© classĂ© monument historique fut la tour Eiffel. Depuis quelques gĂ©nĂ©rations, les architectes apprenaient les techniques modernes, mais comme un mal nĂ©cessaire. "Un tuyau, ça se cache", dit l'un d'eux. Ils acceptaient de construire une usine ou une H.l.m. - il faut bien vivre - mais leur rĂȘve restait de bĂątir pour un prince. Aucune place n'Ă©tait faite, dans l'enseignement, Ă l'Ă©conomie, Ă la sociologie - en un mot Ă la donnĂ©e humaine qui est Ă la fois le grand problĂšme de l'Ă©poque et sa chance de renouvellement : les nombres. Que pĂšsent ces rĂȘveurs anachroniques en face de gens qui ont le sens des rĂ©alitĂ©s - ceux-lĂ mĂȘmes qui les font travailler : les promoteurs ? Rien. Dans les pays anglo-saxons, l'architecte est respectĂ© ; chez nous, c'est le pauvre type qui oublie un escalier. Un promoteur explique : "Comment je choisis un architecte ? C'est simple : je prends celui qui fait ce que je veux." Et ce qu'il veut, c'est ce qui se vend, c'est-Ă -dire le "standing". Il n'y a pas de grand architecte sans grand client, note l'architecte Michel Bezançon. Or, Ă l'encontre des Etats-Unis ou de l'Italie, en France, l'architecture ne se vend pas comme image de marque." M. Claude AlphandĂ©ry, P.d.g. de la Banque de la construction et des travaux publics, confirme : "Les gens d'affaires français ne considĂšrent pas encore l'architecture comme le bon signe extĂ©rieur de la rĂ©ussite." CrĂ©er, dans ces conditions, tient du miracle. L'architecture abdique ou se condamne Ă pĂ©rir de faim. Dans le secteur public, l'accueil Ă l'architecture vivante n'est pas meilleur que dans le privĂ©. L'architecte, pour faire aboutir un projet, doit avoir l'obstination des personnages de Kafka. Un disciple connu de Le Corbusier se voit refuser une commande parce que, selon les mots du financier dĂ©solĂ©, "il n'a personne dans sa manche". Savoir se dĂ©brouiller est plus important que savoir crĂ©er. "Le secteur public est dĂ©membrĂ© en parties qui doivent nĂ©gocier entre elles", explique M. AlphandĂ©ry. D'excellentes rĂ©alisations, toutes dues Ă la volontĂ© d'individus, soulignent d'autant plus cruellement la formidable indiffĂ©rence des hommes politiques (qu'ils soient de droite ou de gauche) et des technocrates Ă "la dimension poĂ©tique". Les ministres se prĂ©occupent de pouvoir proclamer Ă la fin de l'annĂ©e qu'on a construit tant de logis, mais II ne vient Ă l'idĂ©e de personne de supposer que ces logis devraient, en toute justice, tomber sous le coup de la loi qui interdit de dĂ©poser des ordures sur la voie publique. Pourtant, il est des raisons d'espĂ©rer. La principale est l'apparition d'une gĂ©nĂ©ration d'architectes pour qui l'industrie n'est plus l'ennemi - pas plus que la panacĂ©e - mais un instrument. Un instrument qui, bien utilisĂ©, peut libĂ©rer l'architecture de ses servitudes. Ici et lĂ , surgissent des bĂątiments, des ensembles dont la rĂ©ussite dĂ©montre qu'aujourd'hui les contraintes techniques et budgĂ©taires ne sont plus que l'alibi facile des mĂ©diocres. L'imagination est humainement nĂ©cessaire. Elle est techniquement possible. A nous de savoir l'exiger. www.lexpress.fr/culture/1971-architecture-et-urbanisme-la... MĂ©tamorphoses des villes : d'hier Ă aujourd'hui L'oeuvre de Le Corbusier classĂ©e au patrimoine mondial de l'Unesco Marseille, d'hier Ă aujourd'hui Lille d'hier Ă aujourd'hui... www.lexpress.fr/culture/en-images-l-oeuvre-de-le-corbusie... Dix-sept rĂ©alisations de l'architecte franco-suisse, dont dix situĂ©es en France, sont dĂ©sormais inscrites au patrimoine mondial de l'organisation. Une proposition adoptĂ©e par consensus et sans changement par le comitĂ© en charge du classement. La troisiĂšme aura Ă©tĂ© la bonne. AprĂšs deux tentatives infructueuses, l'oeuvre architecturale de Le Corbusier a Ă©tĂ© inscrite au Patrimoine mondial, a annoncĂ© dimanche l'Unesco. La dĂ©cision a Ă©tĂ© prise lors de la 40e session du ComitĂ© du patrimoine mondial de l'Unesco Ă Istanbul. Cette rĂ©union a Ă©tĂ© suspendue samedi en raison de la tentative de putsch militaire, avant de reprendre dimanche matin. Le classement porte sur dix-sept rĂ©alisations de l'architecte franco-suisse dans sept pays. Dix d'entre elles sont situĂ©es en France. Parmi elles figure la Maison de la Culture de Firminy A ces rĂ©alisations s'ajoutent les Maisons La Roche et Jeanneret Ă Paris, la Villa Savoye et loge du jardinier Ă Poissy, l'Immeuble locatif Ă la Porte Molitor Ă Boulogne-Billancourt, la Manufacture Ă Saint-DiĂ©-des-Vosges, le couvent Sainte-Marie-de-la-Tourette Ă Eveux. Le Corbusier : hommage au virtuose de la modernitĂ© www.cotemaison.fr/chaine-d/deco-design/le-corbusier-un-ar... frontiĂšres françaises, d'autres crĂ©ations de Le Corbusier ont Ă©galement Ă©tĂ© classĂ©es. L'immeuble ClartĂ© Ă GenĂšve, la petite villa au bord du lac LĂ©man Ă Corseaux (Suisse), la maison Guiette Ă Anvers (Belgique), les maisons de la Weissenhof-Siedlung Ă Stuttgart (Allemagne), la Maison du Docteur Curutchet Ă La Plata (Argentine), le musĂ©e national des beaux-Arts de l'Occident Ă Taito-Ku Ă Tokyo (Japon) et le complexe du capitole Ă Chandighar (Inde)."Cette bonne nouvelle survient aprĂšs plus de dix ans de travail, de concertation et deux Ă©checs", s'est fĂ©licitĂ© dans un communiquĂ© BenoĂźt Cornu, premier adjoint Ă Ronchamp (Haute-SaĂŽne), qui prĂ©side depuis 2016 l'Association des Sites Le Corbusier créée en 2010. Le Corbusier: hommage au virtuose de la modernitĂ© InterrogĂ© par Le Monde, le mĂȘme interlocuteur considĂšre que Icomos, le Conseil international des monuments et des sites, avait par le passĂ© jugĂ© la sĂ©rie proposĂ© "trop plĂ©thorique et Ă©clectique, et surtout, dĂ©plorĂ© l'absence du site de Chandigarh en Inde, qui rĂ©vĂ©lait la dimension urbanistique de l'oeuvre". En intĂ©grant ce site qui comprend un quartier, sa maison de la culture, son stade, sa piscine et son Ă©glise -le plus grand conçu par l'architecte- les promoteurs du dossier de candidature ont tirĂ© parti des expĂ©riences passĂ©es. La ministre de la Culture et de la Communication, Audrey Azoulay, s'est rĂ©jouie de la dĂ©cision de l'Unesco, en relevant qu'elle soulignait "l'importance de la prĂ©servation et de la valorisation du patrimoine rĂ©cent, de moins de cent ans". l'architecture moderne au rang d'art majeur. L'occasion de revisiter son oeuvre architecturale avec notamment la CitĂ© radieuse Ă Marseille, sans oublier son parcours de peintre et de designer. L'Express Styles est aussi parti Ă la rencontre d'artistes comme India Mahdavi ou Ora-ĂŻto qui s'en sont inspirĂ©s... DĂ©couverte ! L'architecte de tous les possibles est aussi celui de tous les paradoxes. Mort en eaux troubles - on a retrouvĂ© son corps noyĂ© sur la plage de Roquebrune-Cap-Martin le 27 aoĂ»t 1965 -, Le Corbusier est, aussi, l'homme solaire qui a accouchĂ© de la CitĂ© radieuse et un "visionnaire persuadĂ© de pouvoir apporter la joie de vivre", affirme Sylvie Andreu, directrice de collection du livre Cher Corbu... (1). Cinq dĂ©cennies aprĂšs sa disparition, son aura continue de briller et son hĂ©ritage est intact, de la villa Savoye, Ă Poissy (Yvelines), Ă l'unitĂ© d'habitation de Firminy (Loire), en passant par la chapelle de Ronchamp en Franche- ComtĂ© ou la ville nouvelle de Chandigarh en Inde. Et pourtant, l'homme n'a pas que des admirateurs... La CitĂ© radieuse Ă Marseille.La CitĂ© radieuse Ă Marseille.SDP La ville nouvelle de Chandigarh, en Inde, construite en 1947.La ville nouvelle de Chandigarh, en Inde, construite en 1947.Narinder Nanu/AFP
Critiquant ses excĂšs et sa mĂ©galomanie, ses dĂ©tracteurs lui reprochent Ă©galement, encore aujourd'hui, son approche fonctionnaliste trop radicale et d'ĂȘtre Ă l'origine de l'urbanisme des banlieues. Autant dire que le mystĂšre autour de Charles-Edouard Jeanneret- Gris, dit Le Corbusier - nĂ© en Suisse en 1887 -, reste entier. Qui Ă©tait vraiment cet autodidacte insatiable et obstinĂ© dont l'oeuvre attend toujours son classement Ă l'Unesco, au titre de sa "contribution exceptionnelle au mouvement moderne"? Un virtuose de l'architecture bien qu'il n'ait pas le diplĂŽme (il a quittĂ© l'Ă©cole Ă 13 ans) ? Un grand designer ? Un peintre compulsif ("Le dessin est fait avant que je ne l'aie pensĂ©") ? Un sculpteur majeur ?
De toute évidence, un artiste surdoué et protéiforme "qui a profon dément marqué le XXe siÚcle et bouleversé notre façon d'habiter, explique Sylvie Andreu. Il sera guidé toute sa vie par l'esprit nouveau de son époque et n'au ra de cesse de combattre les conservatismes". A partir du 29 avril 2015, l'exposition du Centre Pompidou propose une relecture de ses créations - plus de 300 dessins, tableaux, sculptures, photos, meubles, dont certaines piÚces réalisées dÚs 1923 avec Pierre Jeanneret... - qui seront présentées via le prisme de la mesure du corps humain. La villa Savoye (1928-1931), à PoissyLa villa Savoye (1928-1931), à PoissyArcaid/Corbis
Empreinte du modulor dans le béton, visible a Rezé (Loire-Atlantique)Empreinte du modulor dans le béton, visible a Rezé (Loire-Atlantique)SDP "L'homme a toujours été au centre de ses préoccupations, explique Jacques Sbriglio, architecte urbaniste et commissaire de l'exposition organisée à Marseille, en 2013, Le Corbusier et la question du brutalisme. Il a inventé un langage et fait basculer l'architecture dans le XXe siÚcle. Chacune de ses réalisations inter - rogeait le rapport de l'homme aux usages quotidiens. Quand il dessinait les plans d'une ville, il indiquait l'échelle, mais aussi le temps de déplacement d'un point à un autre." Et Olivier Cinqualbre, commissaire de l'exposition du Centre Pompidou, d'ajouter : "La cellule d'habitation pensée par Le Corbusier est petite mais pratique, à taille humaine. Pour épouser les mouvements du corps, le mobilier devient réglable (dÚs 1929), modulable ou encastrable." La chapelle Notre-Dame-du-Haut (1950-1955), à RonchampLa chapelle Notre-Dame-du-Haut (1950-1955), à RonchampCalle Montes/Photononstop
Avant-gardiste, ce bùtisseur souhaite libérer l'individu des contraintes, du mal-logement, de l'inconfort. Car, ne l'oublions pas, au lendemain de la guerre, chaque mÚtre carré compte! Pour modifier la perception des volumes, il use en plus de couleurs franches. Là aussi, il connaßt sa palette... Depuis qu'il s'est installé à Paris en 1917, il peint tous les jours et manie le nuancier avec finesse. Voilà qui explique sans doute qu'il ait autant d'influence auprÚs des créateurs tous azimuts : designers et stylistes de mode! La preuve, ci-contre, en cinq témoignages... . Le Corbusier. Mesures de l'homme, du 29 avril au 3 août 2015, Centre Pompidou, Paris (IVe), www.centre pompidou.fr
Chandigarh, 50 ans aprÚs Le Corbusier, du 11 novembre 2015 au 14 mars 2016 à la Cité de l'architecture et du patrimoine, Paris (XVIe). www.citechaillot.fr
"Cher Corbu" Recueil de témoignages de 12 architectes contemporains sur le grand homme, dans lequel chacun lui écrit une lettre."Cher Corbu" Recueil de témoignages de 12 architectes contemporains sur le grand homme, dans lequel chacun lui écrit une lettre.SDP
(1) Cher Corbu..., un ouvrage collectif qui recueille le témoignage de 12 architectes contemporains sur le grand homme : de Paul Chemetov à Odile Decq en passant par Elisabeth de Portzamparc ou Claude Parent, qui lui ont chacun écrit une lettre. Bernard Chauveau éd., 48 p., 22,50 ?
Ils se sont inspirés du Corbusier...India Mahdavi, amoureuse d'innovation
India Mahdavi, architecte d'intérieur et designer. Vient de terminer le restaurant I Love Paris pour Guy Martin.India Mahdavi, architecte d'intérieur et designer. Vient de terminer le restaurant I Love Paris pour Guy Martin.SDP
L'Express Styles : Que représente pour vous le Corbusier ?
India Mahdavi : C'est un révolutionnaire et un provocateur, qui a fait renaßtre l'architecture moderne en mettant l'homme au centre de la vie et de la ville. Il a eu l'intelligence de s'interroger sur les modes de vie des gens bien avant tout le monde. Son rapport aux proportions m'a imprégnée. Sur mes chantiers, j'utilise aussi le Modulor. Ses références sont devenues les miennes. Il a cassé les normes bourgeoises de l'habitat. L'Express Styles : En quoi a-t-il inspiré vos créations ? India Mahdavi : J'aime beaucoup sa façon d'appliquer la couleur en aplats pour redessiner les volumes, rythmer les espaces, marquer les perspectives. C'était un formidable coloriste. L'ouvrage Le Corbusier. Polychromies architecturalesest d'ailleurs une de mes bibles. Il référence toutes les nuances et permet, grùce à une réglette, de les associer harmonieusement. C'est un outil dont je me sers sur tous mes chantiers.
L'Express Styles : Quelle est pour vous la piĂšce ou le bĂątiment culte ? India Mahdavi : Le tabouret Ă poignĂ©es, en chĂȘne, qu'il a conçu pour son cabanon, d'aprĂšs une caisse Ă whiskys. On peut Ă©videmment s'asseoir dessus, mais on peut surtout l'empiler pour sĂ©parer une piĂšce, le transformer en chevet ou en table basse. Il n'y a pas de meuble qui rĂ©sume mieux son oeuvre. Le Corbusier : hommage au virtuose de la modernitĂ©SDP Ora-ĂŻto et sa fascination pour la minutie
Ora-ïto, architecte designer. Propriétaire du toit terrasse de la Cité radieuse à Marseille.Ora-ïto, architecte designer. Propriétaire du toit terrasse de la Cité radieuse à Marseille.SDP L'Express Styles : Que représente pour vous Le Corbusier ? Ora-ïto : Il est l'inventeur de la modernité. Pour chacune de ses réalisations, il a établi un vrai scénario de vie. La Cité radieuse en est le plus bel exemple. Tout y est pensé au millimÚtre prÚs et à bonne hauteur grùce au Modulor-une grille de mesures qu'il a inventée et représentée par la silhouette d'un homme debout, le bras levé. C'était aussi un obsessionnel. D'ailleurs, quand il érige cette unité d'habitation, on le surnomme le "Fada". Mais il reste un grand monsieur qui m'a beaucoup influencé.
L'Express Styles : En quoi a-t-il inspiré vos créations ?
Ora-ïto : Je ne suis pas habité par Corbu, mais imprégné de ses concepts. Sa rigueur, sa façon d'organiser les espaces en lien avec les modes de vie et sa simplicité restent des valeurs essentielles. C'est le Steve Job de l'architecture !
L'Express Styles : Quelle est pour vous la piÚce ou le bùtiment culte ? Ora-ïto : La villa Savoye à Poissy. Art déco, cette premiÚre maison de week-end est spectaculaire : une "boßte en l'air" montée sur pilotis, qui a tout pour elle. Elle est lumineuse, élégante et intemporelle.
Le Corbusier : hommage au virtuose de la modernitéSDP
Pierre Charpin, sensibilitĂ© des couleurs Pierre Charpin, designer. PrĂ©pare une exposition pour la galerie KrĂ©o Ă Londres.Pierre Charpin, designer. PrĂ©pare une exposition pour la galerie KrĂ©o Ă Londres.SDPL'Express Styles : Que reprĂ©sente pour vous Le Corbusier ?Pierre Charpin : Ce n'est pas un maĂźtre Ă penser, mais un grand architecte et aussi un Ă©tonnant plasticien douĂ© d'une sensibilitĂ© aux formes hors pair. La chapelle de Ronchamp - tout en courbes et en harmonie avec le paysage - en est un des plus beaux exemples, le contraire d'un bĂątiment standardisĂ©. L'Express Styles : En quoi a-t-il inspirĂ© vos crĂ©ations ? Pierre Charpin : Je ne sais pas s'il m'a influencĂ©, mais son travail sur les couleurs m'a beaucoup intĂ©ressĂ©. Il utilise une gamme de coloris plus subtile et sophistiquĂ©e que celle des primaires. Comme lui, je n'aime pas les fausses couleurs et les demi-teintes, ni les objets trop lisses. J'apprĂ©cie sa façon d'apprĂ©hender le bĂ©ton, notamment Ă la CitĂ© radieuse. Il en a fait une surface vivante et pas si brutale que ça ! Pour y avoir sĂ©journĂ©, je suis frappĂ© par la sophistication et la simplicitĂ© de ce grand vaisseau. Corbu fait partie, avec Sottsass, des gens qui comptent pour moi. C'est Ă la fois un thĂ©oricien et un ĂȘtre trĂšs sensible. L'Express Styles : Quelle est pour vous la piĂšce ou le bĂątiment culte ? Pierre Charpin : Son cabanon de Roquebrune-Cap-Martin, de 3,66 mĂštres sur 3,66, est un modĂšle d'intelligence : il a optimisĂ© chaque centimĂštre carrĂ©. Cette rĂ©alisation dĂ©montre Ă quel point il Ă©tait libre. Eux aussi l'apprĂ©cient... JĂ©rome Dreyfuss, crĂ©ateur de sacs"Mes grands-parents Ă©tant les voisins de Jean ProuvĂ©, Ă Nancy ; j'ai Ă©tĂ© sensible, trĂšs jeune, Ă l'architecture et Ă Corbu, qui a toujours eu une longueur d'avance. A chaque problĂšme il trouvait une solution. Il avait cette capacitĂ© d'inventer des concepts et des principes de construction. Il Ă©tait Ă la fois rationnel et crĂ©atif. Quand j'ai amĂ©nagĂ© mon cabanon Ă Fontainebleau, j'ai optimisĂ© chaque mĂštre carrĂ©. Chaque objet a sa fonction et sa raison d'ĂȘtre." www.jerome-dreyfuss.com FrĂ©dĂ©rique Dessemond, crĂ©atrice de la marque de bijoux Ginette NY "Je vis aujourd'hui Ă New York mais j'ai grandi - juqu'Ă 28 ans - Ă la CitĂ© radieuse, dont je garde un souvenir Ă©mu. On vivait en autarcie, entre copains, c'Ă©tait mieux que le Club Med ! Les appartements Ă©taient trĂšs lumineux, remarquablement bien Ă©tudiĂ©s. J'ai conçu ma future boutique [66, rue des Saints-PĂšres, Paris VIe] Ă partir du Modulor. Et mes bijoux sont simples, faciles Ă vivre et sans ostentation, comme l'Ă©taient ses rĂ©alisations." www.ginette-ny.com - www.ladepeche.fr/article/2010/11/02/940025-140-ans-en-arc... dreux-par-pierlouim.over-blog.com/article-chamards-1962-9... missionphoto.datar.gouv.fr/fr/photographe/7639/serie/7695...
Official Trailer - the Pruitt-Igoe Myth: an Urban History
www.youtube.com/watch?v=g7RwwkNzF68 - la dĂ©rive des continents youtu.be/kEeo8muZYJU Et la disparition des Mammouths - RILLIEUX LA PAPE & DynacitĂ© - Le 23 fĂ©vrier 2017, Ă 11h30, les tours Lyautey Ă©taient foudroyĂ©es. www.youtube.com/watch?v=W---rnYoiQc âŠ
Ginger CEBTP DĂ©molition, filiale dĂ©construction du Groupe Ginger, a rĂ©alisĂ© la maĂźtrise d'oeuvre de l'opĂ©ration et produit les Ă©tudes d'exĂ©cution. L'emblĂ©matique ZUP Pruitt Igoe. vaste quartier HLM (33 barres de 11 Ă©tages) de Saint-Louis (Missouri) USA. dĂ©moli en 1972 www.youtube.com/watch?v=nq_SpRBXRmE ⊠"Life is complicated, i killed people, smuggled people, sold people, but perhaps in here.. things will be different." ~ Niko Bellic - citĂ© Balzac, Ă Vitry-sur-Seine (23 juin 2010).13H & Boom, quelques secondes plus tard, la barre «GHJ», 14 Ă©tages et 168 lgts, sâeffondrait comme un chĂąteau de cartes sous les applaudissements et les sifflets, bientĂŽt enveloppĂ©s dans un nuage de poussiĂšre. www.youtube.com/watch?v=d9nBMHS7mzY ⊠- "La Chapelle" RĂ©habilitation thermique de 667 logements Ă AndrĂ©zieux-Bou... youtu.be/0tswIPdoVCE - 11 octobre 1984 www.youtube.com/watch?v=Xk-Je1eQ5po âŠ
DESTRUCTION par explosifs de 10 tours du QUARTIER DES MINGUETTES, Ă LYON. les tours des Minguettes ; VG des tours explosant et s'affaissant sur le cĂŽtĂ© dans un nuage de fumĂ©e blanche ; Ă 13H15, nous assistons Ă l'explosion de 4 autres tours - St-Etienne MĂ©tropole & Montchovet - la cĂ©lĂšbre Muraille de Chine ( 540 lgts 270m de long 15 allees) qui Ă©tait Ă l'Ă©poque en 1964 la plus grande barre HLM jamais construit en Europe. AprĂšs des phases de rĂ©novation, cet immeuble a Ă©tĂ© dynamitĂ© en mai 2000 www.youtube.com/watch?v=YB3z_Z6DTdc ⊠- PRESQU'ILE DE GENNEVILLIERS...AUJOURD'HUI...DEMAIN... (LA video içi parcours.cinearchives.org/Les-films-PRESQU-ILE-DE-GENNEVI... ⊠) Ce film de la municipalitĂ© de Gennevilliers explique la dĂ©marche et les objectifs de lâexposition communale consacrĂ©e Ă la presquâĂźle, exposition qui se tint en dĂ©c 1972 et janvier 1973 - le mythe de Pruitt-Igoe en video içi nextcity.org/daily/entry/watch-the-trailer-for-the-pruitt... ⊠- 1964, quand les loisirs nâavaient (deja) pas le droit de citĂ© poke @Memoire2cite youtu.be/Oj64jFKIcAE - Devenir de la ZUP de La Paillade youtu.be/1qxAhsqsV8M v - Regard sur les barres Zum' youtu.be/Eow6sODGct8 v - MONTCHOVET EN CONSTRUCTION Saint Etienne, ses travaux - VidĂ©o Ina.fr www.ina.fr/video/LXF99004401 ⊠via - La construction de la Grande Borne Ă Grigny en 1969 Archive INA www.youtube.com/watch?time_continue=12&v=t843Ny2p7Ww (discours excellent en seconde partie) -David Liaudet : l'image absolue, c'est la carte postale" phothistory.wordpress.com/2016/04/27/david-liaudet-limage... ⊠l'architecture sanatoriale Histoire des sanatoriums en France (1915-1945). Une architecture en quĂȘte de rendement thĂ©rapeutique..
passy-culture.com/wp-content/uploads/2009/10/Les-15-Glori... ⊠⊠& hal.archives-ouvertes.fr/tel-01935993/document ⊠explosion des tours Gauguin Destruction par implosion des Tours Gauguin (quartier de La Bastide) de Limoges le dimanche 28 novembre 2010 Ă 11 heures. Limoges 28/11/2010 youtu.be/cd0ln4Nqqbs ⊠42 Roanne - c'etait le 11 novembre 2013 - Souvenirs des HLM quartier du Parc... AprĂšs presque 45 minutes de retard, les trois derniĂšres tours Chanteclair sont tombĂ©es. Le tir prĂ©vu etait Ă 11h14 La vidĂ©o içi www.leprogres.fr/loire/2013/11/01/roanne-les-3-dernieres-... ⊠⊠www.leprogres.fr/loire/2013/11/01/roanne-une-vingtaine-de... âŠBesançon (25) - la Nouvelle citĂ© d'HLM La Planoise en 1960 avec la video des premiers habitants de Planoise en juin 1968 www.youtube.com/watch?v=LVKAkJSsCGk ⊠⊠⊠archive INA ⊠BEGIN Japanology - les utopies de l'extreme et Kenzo Tange l'architecte japonnais - la video içi www.youtube.com/watch?v=ZlAOtYFE4GM ⊠71 les PrĂ©s Saint-Jean a Chalon-sur-SaĂŽne - L'Implosion des 3 tours HLM de 15 etages le 5 dĂ©cembre 2009 par FERRARI DEMOLITION içi www.youtube.com/watch?v=oDsqOjQJS8E ⊠⊠⊠& lĂ www.youtube.com/watch?v=ARQYQLORBBE ⊠21 DIJON CitĂ© des GrĂ©silles - c'etait l'implosion de la residençe HLM Paul Bur le 19 02 2010 www.youtube.com/watch?v=fAEuaq5mivM ⊠⊠& la www.youtube.com/watch?v=mTUm-mky-sw ⊠59 - la technique dite du basculement - Destruction de l'immeuble Rhone a Lille avec pleins de ralentit içi video-streaming.orange.fr/actu-politique/destruction-de-l... ⊠21 ChenĂŽve (le GRAND DIJON) - Implosion de la barre François RUDE le 3 nov 2010 (top video !!) www.youtube.com/watch?v=ClmeXzo3r5A ⊠âŠQuand l histoire çe repete et çe repetera autant de fois que nesçessaire quand on voie la quantitĂ©e de barres 60 70's...dans le collimateur de l'ANRU2.. 77 MEAUX 3 grandes tours..& puis s'en vont.. DĂ©molition Pierre Collinet Batiment GenĂȘt, Hortensia et Iris - Reportage Journal le 26 juin 2011 youtu.be/fpPcaC2wRIc 71 CHALON SUR SAONE C'etait les PrĂ©s Saint Jean le 05 dĂ©cembre 2009 , pour une implosion hlm hors du commun !!! CamĂ©ra mise Ă mĂȘme le sol , Ă une vingtaine de mĂštres de la premiĂšre tour .... www.youtube.com/watch?v=kVlC9rYU-gs ⊠78 les MUREAUX le 3 octobre 2010 ,Les derniĂšres minutes de la Tour MoliĂšre aux Mureaux (Yvelines) et sa dĂ©molition par semi-foudroyage, filmĂ©s du quartier de la Vigne Blanche. www.youtube.com/watch?v=u2FDMxrLHcw âŠ71 MACON LES GRANDES PERRIERES C'etait un 30 juin 2013, avec l'implosion de la barre HLM des PerriĂšres par GINGER www.youtube.com/watch?v=EzYwTcCGUGA ⊠⊠une video exceptionnelle ! c'etait Le Norfolk Court un ensemble rĂ©sidentiel, le Norfolk Court, construit dans les annĂ©es 1970, a Ă©tĂ© dĂ©moli Ă Glasgow en Ecosse le 9 mai 2016 . Il rate la dĂ©molition d'un immeuble au tout dernier moment LES PASSAGERS DU BUS EN PROFITE A SA PLAçE lol www.20minutes.fr/tv/t-as-vu/237077-il-rate-la-demolition-... ⊠69 LYON Quand La DuchĂšre disait adieu Ă sa barre 230 le jeudi 2 juillet 2015 www.youtube.com/watch?v=BSwidwLw0NA ⊠www.youtube.com/watch?v=BdLjUAK1oUk ⊠www.youtube.com/watch?v=-DZ5RSLpYrM âŠAvenir Deconstruction : Foudroyage de 3 barres HLM - VAULX-EN-VELIN (69) www.youtube.com/watch?v=-E02NUMqDno DĂ©molition du quartier Bachelard Ă Vaulx-en-Velin www.youtube.com/watch?v=DSAEBIYYpXY DĂ©molition des tours du PrĂ© de l'Herpe (Vaulx-en-Velin)
www.youtube.com/watch?v=fG5sD1G-QgU REPORTAGE - En sept secondes, un ensemble de 407 appartements à Vaulx-en-Velin a été détruit à l'explosif dans le cadre du renouvellement urbain... www.youtube.com/watch?v=Js6w9bnUuRM www.youtube.com/watch?v=MCj5D1NhxhI - St-QUENTIN LA ZUP (scic)- NOUMEA - NOUVELLE CALEDONIE historique de la cité Saint-Quentin içi www.agence-concept.com/savoir-faire/sic/
www.youtube.com/watch?v=_Gt6STiH_pM âŠ[VIDEOS] Trois tours de la citĂ© des Indes de Sartrouville ont Ă©tĂ© dĂ©molies dans le cadre du plan de rĂ©novation urbaine du quartier Mille quatre cent soixante-deux dĂ©tonateurs, 312 kilos le 06/06/2010 Ă 11 heures. la belle video içi www.youtube.com/watch?v=fY1B07GWyDE VIGNEUX-SUR-SEINE, VOTRE HISTOIRE, VOS SOUVENIRS. içi www.youtube.com/watch?v=8o_Ke26mB48 ⊠, Film des Tours et du quartier de la Croix Blanche, de 1966 Ă 1968. Les Tours en train de finir de se construire, ainsi que le centre commerciale. Destruction de la Tour 21, pour construire de nouveaux HLM... l'UNION SOCIALE POUR L HABITAT fete ses 90 ans "TOUT savoir tout voir, tout connaitre, sur le LOGEMENT SOCIAL des HLM aux HBM avec le MusĂ©e HLM" en ligne sur le WEB içi musee-hlm.fr/ www.banquedesterritoires.fr/lunion-sociale-pour-lhabitat-... ⊠içi www.banquedesterritoires.fr/lunion-sociale-pour-lhabitat-... ⊠De grandes barres dâimmeubles, appelĂ©es les grands ensembles, sont le symbole de nos banlieues. EntrĂ©e Libre revient sur le phĂ©nomĂšne de destruction de ces bĂątiments qui reflĂštent aujourdâhui la misere www.youtube.com/watch?v=mCqHBP5SBiM twitter.com/Memoire2cite/status/1121877386491043840/photo... Avril 1993, 6 ans aprĂšs l'implosion de la tour DEBUSSY des 4000, 30% seulement des travaux de rĂ©novation ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s et le chĂŽmage frappe toujours 1/3 des hbts. C'est un Ă©chec. A Mantes la Jolie, 6 mois aprĂšs la destruction des 4 tours du Val FourrĂ©, www.youtube.com/watch?v=ta4kj05KJOM ⊠Banlieue 89, Bacalan Ă Bordeaux 1986 - Un exemple de rĂ©novation urbaine et rĂ©habilitation de l'habitat dans un des quartiers de Bordeaux La CitĂ© Claveau Ă BACALAN. A l'initiative du mouvementla video içi www.youtube.com/watch?v=IN0JtGBaA1o ⊠L'assoçiation de ROLLAND CASTRO @ Le Plan Banlieue 89 - mode d'emploi - Archive INA - La video içi. TRANSFORMER LES PAYSAGES URBAINS AVEC UNE APPROCHE CULTURELLE www.youtube.com/watch?v=Aw-_f-bT2TQ ⊠SNCF les EDITIONS DU CABRI PRESENTE PARIS LA BANLIEUE 1960-1980 -La video Içi. www.youtube.com/watch?v=lDEQOsdGjsg ⊠Içi la DATAR en 1000 clichĂ©s missionphotodatar.cget.gouv.fr/accueil - Notre Paris, 1961, RĂ©alisation : AndrĂ© Fontaine, Henri Gruel Les archives filmĂ©es de la cinĂ©mathĂšque du ministĂšre de 1945 Ă nos jours içi www.dailymotion.com/video/xgis6v?playlist=x34ije
31 TOULOUSE - le Mirail 1962 rĂ©alisation : Mario Marret construction de la ville nouvelle Toulouse le Mirail, commentĂ©e par l'architecte urbaniste Georges Candilis le film www.dailymotion.com/video/xn4t4q?playlist=x34ije Il existe de nos jours, de nombreux photographes qui privilĂ©gient la qualitĂ© artistique de leurs travaux cartophiles. A vous de dĂ©couvrir ces artistes inconnus aujourdâhui, mais qui seront peut-ĂȘtre les grands noms de demain.Les films du MRU - Le temps de l'urbanisme, 1962, RĂ©alisation : Philippe Brunet www.dailymotion.com/video/xgj2zz?playlist=x34ije ⊠⊠⊠⊠-Les grands ensembles en images Les ministĂšres en charge du logement et leur production audiovisuelle (1944-1966) MASSY - Les films du MRU - La CitĂ© des hommes, 1966, RĂ©alisation : FrĂ©deric Rossif, Albert Knobler www.dailymotion.com/video/xgiqzr?playlist=x34i - Les films du MRU @ les AUTOROUTES - Les liaisons moins dangereuses 1972 la construction des autoroutes en France - Le rĂ©seau autoroutier 1960 Histoire de France Transports et Communications - www.dailymotion.com/video/xxi0ae?playlist=x34ije ⊠- A quoi servaient les films produits par le MRU ministĂšre de la Reconstruction et de l'Urbanisme ? la rĂ©ponse de Danielle Voldman historienne spĂ©cialiste de la reconstruction www.dailymotion.com/video/x148qu4?playlist=x34ije ⊠-les films du MRU - BĂątir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bĂątiment et ses innovations : la prĂ©fabrication en usine, le coffrage glissant... www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije ⊠- TOUT SUR LA CONSTRUCTION DE NOTRE DAME LA CATHEDRALE DE PARIS Içi www.notredamedeparis.fr/la-cathedrale/histoire/historique... -MRU Les films - Le Bonheur est dans le bĂ©ton - 2015 Documentaire rĂ©alisĂ© par Lorenz Findeisen produit par Les Films du Tambour de Soie içi www.dailymotion.com/video/x413amo?playlist=x34ije âŠ
archipostcard.blogspot.com/search?updated-max=2009-02-13T... -CrĂ©teil.un couple Ă la niaiserie bĂ©ate exalte les multiples bonheurs de la vie dans les new G.E. www.youtube.com/watch?v=FT1_abIteFE ⊠La Ville bidon Ă©tait un tĂ©lĂ©film d'1 heure intitulĂ© La DĂ©charge.Mais la censure de ces temps de prĂ©sidence Pompidou en a interdit la diffusion tĂ©lĂ©visuelle - museedelacartepostale.fr/periode-semi-moderne/ - archipostalecarte.blogspot.com/ - Hansjörg Schneider BAUNETZWOCHE 87 ĂŒber Papiermoderne www.baunetz.de/meldungen/Meldungen_BAUNETZWOCHE_87_ueber_... ⊠- ARCHITECTURE le blog de Claude LOTHIER içi leblogdeclaudelothier.blogspot.com/2006/ - - Le balnĂ©aire en cartes postales autour de la collection de David Liaudet, et ses excellents commentaires.. www.dailymotion.com/video/x57d3b8 -Restaurants Jacques BOREL, Autoroute A 6, 1972 Canton d'AUXERRE youtu.be/LRNhNzgkUcY munchies.vice.com/fr/article/43a4kp/jacques-borel-lhomme-... ⊠Celui qu'on appellera le « NapolĂ©on du prĂȘt-Ă -manger » se dĂ©tourne d'ailleurs peu Ă peu des Wimpy, s'engueule avec la maison mĂšre et fait pĂ©ricliter la franchise ...que dire de RICARDO BOFFIL Les meilleures balades que jâai fait autour de Paris je les ai faites dans lâapplication Plans. Je ne minore pas le rĂŽle de Google Maps, rĂ©volution cartographique sans prĂ©cĂ©dent et sans Ă©gale, qui aura rĂ©alisĂ© nos fantasmes dâAleph borgesien â lâidĂ©e dâun point dâoĂč le monde serait visible en totalitĂ© â parachevĂ© Mercator et permis dâexplorer des parties du globe inconnues de Cook, Bougainville et Amundsen. Je nâoublie pas non plus cet exercice de cartographie au collĂšge, qui nous avait dĂ©montrĂ© que nous Ă©tions Ă 3 cartes IGN de la capitale, et que le tissu urbain Ă©tait de plus en plus serrĂ© Ă mesure que nous avancions vers le nord. Mais Plan possĂ©dait une fonctionnalitĂ© inĂ©dite, le Flyover, technologie Ă lâorigine destinĂ©e aux pilotes de chasse, et qui fournissait des rendus 3D spectaculaire des bĂątiments survolĂ©s â ainsi que des arbres et des dĂ©clivitĂ©s du sol On quittait enfin les champs asphyxiants de la photographie aĂ©rienne pour des vues Ă lâoblique des villes visitĂ©es : aprĂšs un siĂšcle dâĂ©crasement â la photographie aĂ©rienne est Ă©troitement contemporaine du bombardement aĂ©rien â les villes reprenaient enfin de la vigueur et remontaient vers le ciel. Jâavais dâailleurs effectuĂ© moi-mĂȘme une manĆuvre de redressement similaire le jour oĂč jâĂ©tais parti, Ă pied depuis Paris, visiter Ă Nanterre une exposition sur la photographie aĂ©rienne. JâĂ©tais Ă la quĂȘte des premiĂšres vues de Paris quâavait prises Nadar depuis un ballon captif. Ă dĂ©faut de ces images, dĂ©finitivement manquantes, jâavais parcouru, aprĂšs la Grande Arche, les derniers kilomĂštres de la Voie Royale, cette prodigieuse perspective historique partie du Louvre â rare exemple de frise chronologique implĂ©mentĂ©e dans une structure urbanistique.Jâavais en rĂ©alitĂ© un peu dĂ©viĂ© de la ligne droite pour aller voir les tours Nuages dâEmile Aillaud, le Facteur Cheval du modernisme, dont je connaissais dĂ©jĂ les autres chefs dâĆuvres d'architecture naĂŻve, les nouilles chinoises de Grigny et le spaghetti de Pantin.CâĂ©tait prĂ©cisĂ©ment lâusage que jâavais fait de lâapplication Plans : jâĂ©tais parti Ă la recherche de tous les groupements de tour quâelle mâavait permis dâidentifier, sur mon iPad. Je les faisais tourner avec deux doigts, comme un Ă©claireur qui marcherait autour dâun donjon, avant de les immortaliser, sous leur plus bel angle, par une capture dâĂ©cran.Un Ă©claireur autour dâun donjon : câĂ©tait exactement cela, qui mâavait fascinĂ©. Les guerres territoriales entre Les TarterĂȘts de Corbeil et les Pyramides dâEvry avaient marquĂ© mon enfance. La notion de citĂ©, telle quâelle avait Ă©tĂ© dĂ©finie, Ă partir des annĂ©es 80, dans le second Ăąge des grands ensembles, lâĂąge du dĂ©clin, avait conservĂ© un cachet mĂ©diĂ©val. Ici, vivaient guetteurs et trafiquants, condottieres Ă la tĂȘte dâune Ă©curie de go-fast et entretenant des chenils remplis de mĂątins rares et dangereux. Ici, lâĂtat central ne remplissait plus ses tĂąches rĂ©galiennes, ici la modernitĂ© laĂŻque Ă©tait entrĂ©e en crise. Mais ce que jâavais dĂ©couvert, en collectionnant ces captures dâĂ©cran, câĂ©tait Ă quel point lâurbanisme de la banlieue parisienne Ă©tait, strictement, dâobĂ©dience mĂ©diĂ©vale. On Ă©tait passĂ©, dâun seul mouvement et sans mĂȘme sâen rendre compte de ChĂąteau-Gaillard Ă la CitĂ© 4000, du Donjon de Vincennes aux tours de Sarcelles, du chĂąteau de Gisors aux choux fleurs de CrĂ©teil.Jâai mĂȘme retrouvĂ© la colonne dĂ©truite du dĂ©sert de Retz dans le babylonien chĂąteau dâeau de Noisiel.Des hauteurs de Rosny Ă celle de Chanteloup, du plateau de Clichy Ă la dalle dâArgenteuil, on avait bizarrement livrĂ© des pastiches inconscients de la grande architecture militaire mĂ©diĂ©vales : les environs de Paris sâĂ©taient retrouvĂ©s Ă nouveau fortifiĂ©s, la vieille tour de MontlhĂ©ry nâĂ©tait plus solitaire, et mĂȘme les immeubles de briques rouges qui avaient succĂ©dĂ© Ă lâenceinte de Thiers Ă©voquaient des murailles.Et ce que jâavais initialement pris pour des anomalies, des accidents malheureux du post-modernisme, les grand ensembles voĂ»tĂ©s et cannelĂ©s de Ricardo Boffil, Ă©taient peut-ĂȘtre ce qui exprimait le mieux tout cela â ou du moins qui clĂŽturaient avec le gĂ©nie le plus clair cet Ăąge des grands ensembles.Car câĂ©tait cela, ces Carcassonnes, ces Acropoles, ces Atlandides qui surnageaient avec le plus de conviction au milieu des captures dâĂ©crans de ruines mĂ©diĂ©vales qui sâaccumulaient sur mon bureau.Si dĂ©criĂ©es, dĂšs leur construction, pour leur kitch intolĂ©rable ces mĂ©gastructures me sont soudain apparues comme absolument nĂ©cessaires.Si les Villes Nouvelles nâont jamais existĂ©, et persisteront dans la mĂ©moire des hommes, elles le doivent Ă ces rĂȘveries bizarres et grandioses, Ă ces hybridations impossibles entre les citĂ©s idĂ©ales de Ledoux et les utopies corbusĂ©ennes.LâAqueduc de Saint-Quentin-en-Yvelines, les Espaces dâAbraxas Ă Marne-la-VallĂ©e, les Colonnes de Saint-Christophe Ă Cergy-Pontoise sont les plus belles ruines du Grand Paris. www.franceculture.fr/emissions/la-conclusion/ricardo-bofill immerssion dans le monde du logement social, l'univers des logements sociaux, des H.B.M au H.L.M - Retour sur l'histoire du logement collectif d'apres guerre - En Françe, sur lâensemble du territoire avant, 4 millions dâimmeubles Ă©taient vĂ©tustes, dont 500.000 Ă dĂ©molir; au total 10% des logements Ă©taient considĂ©rĂ©s comme insalubres et 40% rĂ©putĂ©s dâune qualitĂ© mĂ©diocre, et surpeuplĂ©s. Câest pour ces raisons que, Ă partir de 1954, le Ministre Ă la Reconstruction et au Logement Ă©value le besoin en logements Ă 2.000.660, devenant ainsi une prioritĂ© nationale. Quelques annĂ©es plus tard Ă lâappel de lâAbbĂ© Pierre, le journaliste Gilbert Mathieu, en avril 1957 publiait dans le quotidien Le Monde une sĂ©rie dâarticles sur la situation dramatique du logement : Logement, notre honte et dĂ©nonçant le nombre rĂ©duit de logements et leur impitoyable Ă©tat. Robert Doisneau, Banlieue aprĂšs-guerre, 1943-1949 /Le mandat se veut triple : reconstruire le parc immobilier dĂ©truit durant les bombardements essentiellement du printemps/Ă©tĂ© 1944, faire face Ă lâessor dĂ©mographique et enfin rĂ©sorber lâhabitat insalubre notamment les bidonvilles et les citĂ©s de transit. Une ambition qui paraĂźt, dĂšs le dĂ©but, trĂšs Ă©levĂ©e, associĂ©e Ă lâindustrialisation progressive de la nation entre autre celle du secteur de la construction (voir le vidĂ©o de lâINA du 17 juillet 1957 intitulĂ©e La crise du logement, un problĂšme national. Cela dit, lâeffort pour lâĂtat français Ă©tait dâune ampleur jamais vue ailleurs. La double nĂ©cessitĂ© de construire davantage et vite, est en partie la cause de la forme architecturale excentrique qui constituera les Grands Ensembles dans les banlieues françaises. Cinq caractĂ©ristiques permettent de mieux comprendre ce terme : la rupture avec le tissu urbain ancien, un minimum de mille logements, une forme collective (tours, barres) de quatre jusquâĂ vingt niveaux, la conception dâappartements amĂ©nagĂ©s et Ă©quipĂ©s et enfin une gestion destinĂ©e pour la plupart Ă des bailleurs de logement social.Pour la banlieue parisienne leur localisation sâest opĂ©rĂ©e majoritairement dans la pĂ©riphĂ©rie, tandis que dans les autres cas, plus de la moitiĂ© a Ă©tĂ© construite dans le centre ville, le plus souvent Ă la limite des anciens faubourgs. Architecture dâAujourdâhui n° 46, 1953 p. 58-55 Câest le triomphe de lâurbanisme fonctionnel et rationaliste cher Ă Le Corbusier. Entre 1958 et 1973, cent quatre-vingt-quinze Zones Ă Urbaniser en PrioritĂ© (ZUP)
I don't know how many times I have been into Norwich in my lifetime. It is certainly hundreds if only for the football at Carrow Road.
On top of that there were the shopping trips of the 70s and 80s which included visits to Brentford Nylons, C&A and then chips on the market, in the shadow of St Peter.
And in all those times, along with the visits to the beer festival, vinyl hunts at the Record and Tape Exchange, I have never set foot into St Peter. Until last month.
And so thanks to my good friend mira66 for showing me around the city and into several of the city's fine churches and the 'other' cathedral.
-------------------------------------------------------------------
The great urban churches of northern Europe sit on their market places, especially in Cathedral cities. It is as if they were intended as late Medieval statements of civic pride. They are a reminder of the way that the cities rose to prominence in the decades after the Black Death, as if the old order had been broken and a new one was beginning. They were a great affirmation of Catholic orthodoxy and social communion, in the years before the merchants that paid for them embraced Protestantism and capitalism. They are European culture caught on the cusp of the Renaissance, the beacons that lead us into early modern Europe.
These things are more easily sensed in the great late medieval cities of Flanders and the Netherlands, for example at Bruges. The bridges, the medieval triumph, the tourist tat shops and the foreign voices can create an illusion of being in Cambridge or Oxford, but the great Market Church and Belfry on the main square recall Norwich, where St Peter Mancroft and the medieval Guildhall have a similar juxtaposition. The Industrial Revolution would bring a new wave of cities to prominence, but in the provincial cities that were prominent in the 15th century, Norwich, and Bristol, and York, you still sense the power of those times.
Looking at St Peter, the sophistication of its Perpendicular architecture feels a geological age away from the coarse, brutal Norman castle on the far side of the Main Croft ('Mancroft'), which is understandable. Four hundred years had passed since the Norman invasion, and St Peter Mancroft is as close in time to the Industrial Revolution as it is to the Normans. That is true of all late medieval churches, of course, but seeing the architecture in a city you get a sense that it looked to the future more than to the past. St Peter Mancroft feels entirely at home with the clean, Scandinavian lines of the adjacent 1930s City Hall, and perhaps even more so with the retro-Modernism of the new Forum, whch reflects it back to the city. The Forum was built to replace the Norwich City library, tragically destroyed by fire in 1994, but in style it echoes the confidence of a great 19th century railway station, the roof a triumph of engineering. You are reminded of Cologne, where to leave the railway station and step into the shadow of the west front of the great Cathedral is to merely move from one statement of civic pride to another.
The influence of Flanders and the Netherlands is familiar in East Anglia, of course, but it is only at Norwich you sense this sense of civic bullishness. Utilitarian, practical Ipswich demolished St Mildred on the Cornhill in the 19th century - the French Baroque town hall now stands on the site. In Cambridge, the market place has been skewed so that today St Mary the Great sits with its east window facing the stalls, as if keeping them at a distance. Worse, it now styles itself the 'University Church'. The great north side of St Peter Mancroft, its massive tower and clerestory like eternal truths rising above the deckchair jollity of the stall canopies, is a constant presence. You can never ignore it.
We know that the present church was begun by 1430, and was consecrated on St Peter's Day, 1455. That is, it is all of a piece. In the nave and chancel there are echoes of near-contemporary Holy Trinity, Long Melford, in Suffolk. The tower is something else again; idiosyncratic, a symbol of power and wealth. There's nothing else quite like it. Pevsner thought it more rich than aesthetically successful, and this is not helped by Street's spirelet of 1881, a flighty thing. There was a massive Victorian restoration here. Before the Streets, pere et fils, came along, diocesan architect Richard Phipson had given it a going over, and there is a sense of the grand 19th century civic dignity of his St Mary le Tower in Ipswich. Of course, hardly anything of these restorations is visible from the outside, apart from a mid-20th century meeting room down in the south-east corner, a jaunty Festival of Britain affair, now a parish tea room.
A processional way runs beneath the tower, and there is another beneath the chancel, the land sloping steeply away towards the east. You enter from either the north or south sides, through surprisingly small porches which lead into the aisles. Again, a sense of civic confidence pervades as the interior unfolds before you.
There is no chancel arch. The arcades run the full length of the church, the great east window is echoed by that to the west, and if you stand in the middle of the church and look to either end, only the west end organ tells you easily which direction you are facing. The furnishings are pretty much all Phipson's, uneasily heavy under the delicate fluting of the columns. How good modern wooden chairs would look in here! There are civic memorials the lengths of the aisle walls, but because the windows are full of clear glass they are not oppressive here as they are, say, at St Stephen.
At the west end of the north aisle sits the font on its pedestal. You can see at a glance that it was one of the seven sacraments series, and that all of its reliefs have been completely erased, as in the great churches of Southwold and Blythburgh in Suffolk. At Wenhaston, we know that this happened in the 19th century - could the same thing be true here? Above the font is the famous font canopy. Now, font canopies are so rare - there are only four of them, and they are all so different - that it is not particularly useful to compare them. Certainly, that here reflects the rather grander example at Trunch, some twenty miles away. Since the other two are either post-Reformation (Durham) or made of stone (Luton), it might make sense to think of the Norfolk two as a unique pair. Here at St Peter Mancroft, much of the upper part is a 19th century restoration, and there seems to have been some attempt to copy Trunch. The lower part is more interesting, with its niches and canopies. It must have been spectacular when the font was intact.
Pevsner tells us that the gilded reredos in the sanctuary is by JP Seddon, but that Ninian Comper restored and enlarged it in the early 1930s. It is not exciting, but that is probably as well, for above it is one of the greatest medieval treasures of East Anglia. This is the medieval glass that survives from the first few decades of the existence of the church. Some of it was probably in place that first Petertide. It has been moved around a bit since then; the whole east side was blown out by an explosion in 1648, and the glass has been removed on several occasions since, most recently during the Second World War. After East Harling, it is the finest expanse of Norwich School glass of the 15th century.
Books have been written about the glass at St Peter Mancroft, and there is neither time nor space to go into too much detail here. Suffice to say that this is the work of several Norwich workshops, probably working in the Conesford area of the city along what is today King Street. It is obvious that some other glass in East Anglia is from the same workshops using the same or similar cartoons, notably North Tuddenham in Norfolk and Combs in Suffolk, and of course most obviously, East Harling. Indeed, by comparison with East Harling in the 1920s, the historian Christopher Woodforde was able to deduce some of what was missing here, and what there.
There are several sequences, most notably the Story of Christ from the Annunciation to the day of Pentecost. This extends into a Marian sequence depicting the story of the Assumption. There are also scenes from the stories of St Peter and St John, and other individual Saints panels, including St Faith, a significant cult in late medieval Norwich. The panel of St Francis suggests that it was also once part of a sequence. The lower range depicts the donors, some of whom are identified. The central spine is largely modern glass by Clayton and Bell for the Streets in the 1880s. Some of the missing glass is now at Felbrigg Hall.
In any other church, the 1921 glass by Herbert Hendrie in the south chapel aisle chapel would be considered outstanding. It is in the style of Eric Gill, but feels rather heavy handed next to the extraordinary delicacy of its medieval neighbours.
While I was here, I stopped taking photographs for the one o'clock prayers. One of the custodians stood at the lectern and read very eloquently from the Acts of the Apostles, and said prayers for the city and its people. Apart from me, there were only two other listeners in the vast space. It was tenderly and thoughtfully done, but I couldn't help thinking that it is the exterior of this wonderful structure which is the Church's true act of witness in central Norwich now.
Simon Knott, May 2007
www.norfolkchurches.co.uk/norwichstpetermancroft/norwichs...
United States Military Academy Class Of 2022 Cadets reaffirmed their oath during a ceremony at Ike Hall, West Point, New York on August 16, 2020 (U.S. Army photo by Tarnish Pride USMA/PAO).
The Class of 2015 affirmed their commitment to graduating from the U.S. Military Academy and to serve in the U.S. Army during a ceremony Aug. 18 in Robinson Auditorium. The Honorable Eric K. Shinseki, Secretary of Veteran Affairs and USMA Class of 1965 graduate, was guest speaker and Commandant of Cadets Brig. Gen. Richard Clarke administered the Oath of Affirmation. The cadets were also presented with commemorative coins from the USCC tactical teams which were donated by their 50-year affiliation class. U.S. Army photo by Mike Strasser/USMA PAO
United States Military Academy Class Of 2022 Cadets reaffirmed their oath during a ceremony at Ike Hall, West Point, New York on August 16, 2020 (U.S. Army photo by Tarnish Pride USMA/PAO).
United States Military Academy Class Of 2022 Cadets reaffirmed their oath during a ceremony at Ike Hall, West Point, New York on August 16, 2020 (U.S. Army photo by Tarnish Pride USMA/PAO).
The Class of 2015 affirmed their commitment to graduating from the U.S. Military Academy and to serve in the U.S. Army during a ceremony Aug. 18 in Robinson Auditorium. The Honorable Eric K. Shinseki, Secretary of Veteran Affairs and USMA Class of 1965 graduate, was guest speaker and Commandant of Cadets Brig. Gen. Richard Clarke administered the Oath of Affirmation. The cadets were also presented with commemorative coins from the USCC tactical teams which were donated by their 50-year affiliation class. U.S. Army photo by Mike Strasser/USMA PAO
mĂ©moire2citĂ© - A la fin des annĂ©es 1930, sous le Front Populaire, sâamorce une dĂ©mocratisation des loisirs et du sport. Cette massification des loisirs sportifs, et en particulier de la natation, sâintensifie aprĂšs-guerre, grĂące Ă la mise en place dâune vĂ©ritable politique dâEtat en faveur du dĂ©veloppement de la pratique sportive, accompagnĂ©e par la construction dâĂ©quipements de proximitĂ©. Cette politique conduit Ă redĂ©finir et Ă rationaliser la conception de la piscine, autant dâun point de vue architectural que fonctionnel.
I. Vers une étatisation des politiques sportives
1. Une idée en germe depuis les années 1930
Vers la fin des annĂ©es 1920, le sport, et en particulier la question de lâĂ©quipement sportif, commence Ă sâimposer au niveau national, comme un objet incontournable de souci et dâaction politique. La volontĂ© de crĂ©er une structure institutionnelle chargĂ©e de concevoir et de contrĂŽler cette politique publique relative au sport sâaffirme de plus en plus. Cette idĂ©e est en germe depuis lâarmistice, comme lâindique la rĂ©flexion dâEdouard Herriot, maire de Lyon : « Peut-ĂȘtre arriverons-nous ainsi peu Ă peu Ă la constitution dâun grand service central â ministĂšre ou non â de lâĂducation physique » (Ădouard Herriot, 1919).
ParallĂšlement, des revendications sociales se font entendre pour une meilleure accessibilitĂ© au sport par la classe populaire. Ces requĂȘtes sont entendues par le Front populaire, qui initie une politique de dĂ©mocratisation de la culture sportive, sâappuyant sur lâinvention de notions telles que temps libre et loisirs. Dans le but de diffuser et de mettre en oeuvre cette conception du sport pour tous, est créé en 1937 (Ă lâoccasion dâun remaniement ministĂ©riel), un sous-secrĂ©tariat dâEtat aux Sports, aux Loisirs et Ă lâEducation physique (rattachĂ© au ministĂšre de lâEducation nationale dirigĂ© par Jean Zay), Ă la tĂȘte duquel est placĂ© LĂ©o Lagrange. Ce dernier entreprend une sĂ©rie dâactions, Ă la fois concrĂštes et symboliques, comme lâaide Ă lâĂ©quipement communal (dont la nĂ©cessitĂ© est rendue Ă©vidente par les conclusions dâun inventaire national des installations existantes) ou la crĂ©ation dâun Brevet sportif populaire. Cette conception du sport de masse nâobtient cependant pas la faveur de tous. On note dâailleurs, dans le mouvement sportif national, le rejet dâune politique dâintervention autoritaire des pouvoirs publics. Si les actions du Front Populaire sont stoppĂ©es par la dĂ©claration de la guerre, elles ont toutefois conduit Ă une vĂ©ritable prise de conscience de lâenjeu politique sportif au niveau national.
Sous le rĂ©gime de Vichy (juin 1940-juin 1944), est créé un Commissariat GĂ©nĂ©ral Ă lâEducation GĂ©nĂ©rale et Sportive (CGEGS), qui sâappuie sur le sport pour diffuser lâidĂ©ologie du gouvernement, prĂŽnant des valeurs de discipline, de redressement moral, physique et intellectuel et de retour Ă lâordre. Dans ces annĂ©es, oĂč le sport est surtout un outil de propagande, sâesquissent toutefois de nouvelles prescriptions concernant lâarchitecture des piscines (qui se doit dâĂȘtre Ă©purĂ©e et rationnelle), et la volontĂ© de rattraper le retard de la France en matiĂšre dâĂ©quipement sportif par rapport aux autres pays europĂ©ens.
2. Quelques réalisations remarquables des années 1950
Au sortir de la guerre, la question sportive nâest pas une prioritĂ© et la pĂ©riode 1945-1957 se caractĂ©rise par une faible intervention publique. MalgrĂ© les constructions rĂ©alisĂ©es grĂące Ă des politiques municipales sociales et volontaristes dans les annĂ©es 1930, le nombre dâĂ©quipements sportifs, et en particulier de piscines couvertes et chauffĂ©es, est encore trĂšs faible par rapport Ă la moyenne europĂ©enne. Ce sous-Ă©quipement va rapidement poser problĂšme, dâautant plus que lâaccroissement dĂ©mographique est en plein essor, entraĂźnant une augmentation de la jeunesse et donc une recrudescence de la pratique sportive, parallĂšlement Ă une forte urbanisation. Si lâeffort est dâabord portĂ© vers la reconstruction (du secteur industriel et du cadre de vie : logements, services administratifs, voirie, etc.), les questions de la jeunesse, du sport, de lâĂ©ducation populaire et du plein air travaillent les esprits du gouvernement.
Dans les Hauts-de-France, de nombreuses piscines ont subi des dégradations pendant la guerre et nécessitent une rénovation (une grande partie des piscines cheminotes par exemple).
Le stade nautique olympique de Tourcoing est complĂ©tĂ©, en 1951, dâun toit en partie ouvrant, une premiĂšre du genre, amenĂ© Ă un grand dĂ©veloppement dans les deux dĂ©cennies suivantes. Faute de moyens financiers suffisants (il existe des subventions, mais les moyens allouĂ©s Ă la Jeunesse et aux Sports restent faibles) et dâune volontĂ© politique forte, le nombre de constructions de piscines entre 1945 et 1958 demeure restreint. Ainsi, Ă Lens, suite Ă la destruction du stade nautique pendant la guerre, la construction dâune nouvelle piscine est projetĂ©e dĂšs lâaprĂšs-guerre, mais faute de financement, il faut attendre les annĂ©es 1960 pour que le projet aboutisse.
Les quelques installations nautiques nouvelles qui sont rĂ©alisĂ©es au cours des 1950, sous lâimpulsion dâinitiatives locales, sont majoritairement dĂ©couvertes et ne sont donc exploitables que quelques mois dans lâannĂ©e. Si ces Ă©difices sont aboutis au niveau technique et architectural, ils ne sont pas en mesure de satisfaire les besoins en matiĂšre de bassins Ă©ducatifs praticables pendant lâannĂ©e scolaire. Ils rĂ©pondent plus Ă une volontĂ© dâoffrir Ă la population un Ă©quipement de loisirs sportifs. Il sâagit souvent de la rĂ©alisation de projets municipaux dâavant-guerre, nâayant pas eu lâoccasion de voir le jour.
Dans ces piscines des annĂ©es 1950, le double bassin est dĂ©finitivement adoptĂ© et elles rĂ©pondent aux nouvelles prescriptions Ă©dictĂ©es dans les annĂ©es 1940 en matiĂšre dâarchitecture sportive, qui se doit avant tout dâĂȘtre fonctionnelle et pratique, largement ouverte sur lâextĂ©rieur par des baies vitrĂ©es, sa beautĂ© rĂ©sidant essentiellement dans lâharmonie de ses proportions et lâagencement de lignes gĂ©omĂ©triques pures.
Ainsi, dans lâOise, la ville de CompiĂšgne dĂ©cide en 1949 (sous le mandat de Jean Legendre), lâĂ©dification dâune piscine en bordure de lâOise, rendue possible grĂące aux indemnitĂ©s des dommages de guerre et de la reconstruction, ainsi quâĂ une subvention Ă©levĂ©e de la part du SecrĂ©tariat dâEtat Ă lâEnseignement technique, Ă la Jeunesse et aux Sports. La piscine, conçue par lâarchitecte-urbaniste de la ville, J. Gossart, est inaugurĂ©e le 1er juin 1952. Des bains-douches sont amĂ©nagĂ©s dans les sous-sols. Il sâagit dâun grand bĂątiment blanc rectangulaire en bĂ©ton armĂ©, insĂ©rĂ© sur la berge boisĂ©e de lâOise, sâouvrant en son centre sur les deux bassins de plein-air de la piscine (25 x 12,5 m et 8 x 12,5 m), avec un plongeoir Ă double hauteur (3 et 5 mĂštres). Les baigneurs surplombent lâOise et Ă©voluent dans un cadre propice Ă la dĂ©tente, correspondant bien aux prescriptions dâavant-guerres recommandant la construction dâĂ©quipements sportifs et de loisirs en plein air, dans un environnement naturel. Les gradins dâenviron 800 places, font Ă©galement face Ă lâOise. Lâarchitecture est simple et fonctionnelle, sans aucun dĂ©cor ; elle obĂ©it Ă un modernisme pur et efficace. Elle est remarquable du fait de sa situation en bord de riviĂšre, comme lâĂ©tait Ă©galement la piscine dĂ©couverte de lâHĂŽtel-Dieu Ă Pontoise (Val dâOise) construite en 1961 par lâarchitecte Jean Letu et aujourdâhui dĂ©truite. La piscine de CompiĂšgne, ouverte de mai Ă septembre, connaĂźt un grand succĂšs, qui ne cesse de croĂźtre dâannĂ©e en annĂ©e. FermĂ©e dĂšs 1985 car son bassin souffrait de fuites (et remplacĂ©e par la piscine MerciĂšres, construite en 1988), elle est aujourdâhui Ă lâabandon.
A Caudry (Nord), le stade nautique municipal est construit en 1951-1952, sur les plans d'Edmond Lancelle (1898-1957), architecte du CambrĂ©sis actif pendant les deux pĂ©riodes de reconstruction, grĂące Ă la volontĂ© du maire Albert DhĂ©lin (maire de 1947 Ă 1965). Lâarchitecte est associĂ© Ă Marc Revaux, ingĂ©nieur-conseil spĂ©cialisĂ© en construction de piscines. Son architecture semble inspirĂ©e de la piscine de Bruay-en-Artois et est similaire Ă celle du Cateau-CambrĂ©sis, reconstruite en 1954 par la mĂȘme Ă©quipe dâarchitecte-ingĂ©nieur. Elle allie le style Paquebot de lâArt DĂ©co (prĂ©sence dâoculi en forme de hublots) aux codes du mouvement moderne international des annĂ©es 1950. Les bassins sont entourĂ©s sur deux cĂŽtĂ©s par les bĂątiments des vestiaires, et sur le deuxiĂšme grand cĂŽtĂ© par des gradins surplombĂ©s par une terrasse avec buvette (dans lâangle). La forme de U renversĂ© de lâĂ©lĂ©gant plongeoir associĂ©e Ă la ligne courbe du toboggan qui lui fait face, animent lâorthogonalitĂ© des alignements de cabines. Le portique dâentrĂ©e, reprenant ces lignes courbes, sâouvre sur un guichet vitrĂ© aux formes dynamiques et sculpturales. La piscine est dominĂ©e par une grande tour-horloge, rythmant les sĂ©ances de natation. On retrouve cette tour-horloge marquant lâentrĂ©e de la piscine, Ă la piscine olympique de la Scarpe Ă Arras (1955) et au stade nautique de Bapaume (Pas-de-Calais). A Bapaume, le bĂątiment abritant lâaccueil et les vestiaires est largement vitrĂ© et sâouvre sur les bassins, entourĂ©s dâun portique. Son architecte, Emile Cauwet, est spĂ©cialiste de lâarchitecture scolaire (groupe scolaire Ferdinand-Buisson Ă Boulogne-Billancourt), industrielle et sportive, et prĂŽne une esthĂ©tique moderniste et fonctionnelle.
A Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), une piscine municipale est judicieusement intĂ©grĂ©e au nouveau casino, bĂątiment monumental, manifeste de lâarchitecture des annĂ©es 1950, conçu par les architectes Sonrel et Bonhomme, et situĂ© derriĂšre la plage de la station balnĂ©aire. La piscine, localisĂ©e au rez-de-chaussĂ©e, est vitrĂ©e sur deux cĂŽtĂ©s et donne vue sur la plage. Le bĂątiment en bĂ©ton armĂ©, montĂ© sur pilotis (rappelant lâarchitecture de Le Corbusier), est dĂ©corĂ© sur ses façades extĂ©rieures de mosaĂŻques rĂ©alisĂ©es par lâartiste Françoise Lelong. La façade cĂŽtĂ© plage sâouvre par un portique avec terrasse.
Ainsi les piscines des annĂ©es 1950, souvent dâune grande sobriĂ©tĂ© correspondant aux prĂ©ceptes architecturaux du mouvement moderne, sâinscrivent dans la continuitĂ© des piscines de la fin des annĂ©es 1930. Il faut attendre les annĂ©es 1960 pour quâune nouvelle impulsion soit donnĂ©e Ă lâinnovation architecturale dans le domaine des piscines, grĂące Ă la mise en place dâune vĂ©ritable politique interventionniste de lâEtat en faveur de lâĂ©quipement sportif sous la Ve RĂ©publique, dans le cadre de trois lois de programme planifiant la construction dâĂ©quipements sportifs et socio-Ă©ducatifs. Ce nouveau cadre lĂ©gislatif se traduit par une "mise en administration" du bĂąti sportif par lâĂtat1.
II. Les mesures mises en place entre 1961 et 1976 par lâEtat en faveur de la construction des piscines
A partir de la Ve RĂ©publique, le sport et la construction sportive sont dĂ©sormais perçus comme un service dâintĂ©rĂȘt public du ressort de lâEtat. DĂ©terminĂ©, lâEtat entreprend une sĂ©rie de mesures incitatives visant Ă crĂ©er un maillage de piscines publiques praticables en toutes saisons (la plupart des piscines Ă©taient alors dĂ©couvertes et non chauffĂ©es) sur lâensemble du territoire national. Lâobjectif principal est que tous les enfants aient accĂšs Ă un bassin pour apprendre Ă nager, et quâainsi soit enfin mis en application lâapprentissage obligatoire de la natation Ă lâĂ©cole (dans les programmes depuis la fin du 19e siĂšcle). La prioritĂ© des piscines des annĂ©es 1960-1970 est donc portĂ©e vers la jeunesse et lâĂ©ducation.
1. Les lois programmes : une nouvelle politique Ă©conomique en faveur de lâĂ©quipement sportif
Lors de lâinstauration du premier gouvernement de la Ve RĂ©publique, est créé un Haut-commissariat (puis SecrĂ©tariat dâEtat) Ă la Jeunesse et aux Sports (rattachĂ© au ministĂšre de lâEducation Nationale), dirigĂ© par Maurice Herzog. Ce dernier souhaite impulser de maniĂšre urgente une politique de construction afin de combler le sous-Ă©quipement en matiĂšre dâĂ©difices Ă destination de la jeunesse : "Notre objectif, notre seul objectif est de mettre Ă la disposition de notre jeunesse, les moyens de sâexprimer plus complĂštement. Nous voulons que des millions de jeunes Français puissent aller au stade, Ă la piscine, se rencontrer dans les Maisons de Jeunes" (Equipements pour la jeunesse et les sports, 1962). Cette volontĂ© se concrĂ©tise le 28 juillet 1961, avec la promulgation, dans le cadre du IVe plan, de la premiĂšre loi de programme, qui instaure, sur une durĂ©e de quatre ans (1962-1965), un plan assurant un financement national durable et concret en faveur des Ă©quipements sportifs et socio-Ă©ducatifs. Ce plan prend la forme de subventions Ă©levĂ©es (reprĂ©sentant gĂ©nĂ©ralement entre 20 et 50% du coĂ»t total) destinĂ©es Ă aider de nombreuses collectivitĂ©s locales dans leur projet de constructions sportives. Ces aides se poursuivent et sont mĂȘme revalorisĂ©es lors de la deuxiĂšme loi de programme dâĂ©quipements sportifs (1966-1970), votĂ©e le 2 juillet 1965. La troisiĂšme loi (1971-1975), votĂ©e le 13 juillet 1971, montre une dĂ©termination encore plus forte de lâEtat Ă augmenter massivement le nombre dâĂ©quipements Ă grande Ă©chelle, en particulier dans les nouvelles zones urbaines, et Ă former des Ă©ducateurs, ceci pour favoriser le sport de masse pour tous. Ces annĂ©es marquent en revanche le dĂ©but du dĂ©sengagement financier de lâĂtat, que lâon discerne par la baisse progressive des montants des subventions accordĂ©es. Ces subventions sont bien sĂ»r soumises Ă certaines conditions. Et, pour assurer et contrĂŽler la qualitĂ© technique et le respect des normes des piscines construites, les municipalitĂ©s doivent en faire valider les avant-projets par lâEtat.
Certains dossiers de subventions conservés aux Archives nationales montrent que de nombreuses municipalités des Hauts-de-France bénéficient de cette aide dÚs les années 1960 (par exemple les piscines de Lomme, de Noyon, de Chantilly, de Lens, etc.).
Ces lois de programmes dâĂ©quipements ne se rĂ©sument toutefois pas Ă ces aides financiĂšres : lâEtat dĂ©veloppe Ă©galement des mesures permettant dâinciter plus efficacement les collectivitĂ©s Ă entreprendre la construction dâune piscine, en facilitant leurs dĂ©marches administratives et en rĂ©duisant les coĂ»ts de construction.
2. LâagrĂ©ment de modĂšles de piscines : normaliser, encadrer et faciliter la construction
Suite Ă lâapplication de la premiĂšre loi de programme, le Haut-Commissariat Ă la Jeunesse et aux Sports, constate que les prix de revient des Ă©quipements sportifs sont frĂ©quemment trop Ă©levĂ©s et que les architectes municipaux chargĂ©s de ces constructions ne sont la plupart du temps pas qualifiĂ©s pour ce type de constructions complexes et techniques. DâoĂč la volontĂ© de normaliser et de rationaliser les Ă©quipements sportifs, notamment les piscines, et de contrĂŽler les projets proposĂ©s par de plus en plus dâentreprises, de constructeurs ou de bureaux dâĂ©tudes aux collectivitĂ©s. Dans ce but est créée le 25 mai 1963 une commission spĂ©ciale dont la mission est dâagrĂ©er, sur le plan technique, des projets-types dâĂ©quipements susceptibles dâĂȘtre rĂ©alisĂ©s dans toute la France. La commission est composĂ©e de treize siĂšges et se rĂ©unit plusieurs fois dans lâannĂ©e pour donner son avis sur les projets dâarchitecture prĂ©sentĂ©s Ă lâagrĂ©ment. Pour ce faire, elle se base sur les qualitĂ©s techniques du projet, sur les possibilitĂ©s dâadaptation de lâarchitecture aux terrains divers, ainsi que sur les qualifications professionnelles des candidats Ă lâagrĂ©ment. A partir de 1967, la commission se montre plus exigeante sur lâesthĂ©tique, lâharmonie, et lâoriginalitĂ© architecturale.
Lâobjectif principal de cette commission Ă©tait de pouvoir proposer aux collectivitĂ©s un panel de modĂšles de piscines variĂ©es et conformes aux caractĂ©ristiques dĂ©finies par lâEtat, livrables clefs en mains et ayant des prix fixes. Cette procĂ©dure de normalisation devait de cette façon, assurer la qualitĂ© des Ă©quipements construits en France ainsi quâune plus grande rapiditĂ© de rĂ©alisation. Le premier numĂ©ro de la revue Piscines informations rĂ©sume avec enthousiasme tous les avantages que prĂ©sente pour les municipalitĂ©s le choix dâun projet-type agréé, se faisant ainsi le relais des services de lâEtat : "Plus que jamais, ces projets-types agréés sont la solution simple et Ă©conomique. Prix plafonnĂ©s, projets clairement dĂ©terminĂ©s, normes parfaitement respectĂ©es, marchĂ© de grĂ© Ă grĂ©, financements faciles et par consĂ©quent, rĂ©alisations rapides, tels sont les principaux avantages que permet dâobtenir le choix dâune exĂ©cution conforme Ă un projet-type agréé". Tout est mis en oeuvre pour inciter les collectivitĂ©s Ă sâorienter de prĂ©fĂ©rence vers un projet-type. Une documentation fournie permet en outre dâaider les maĂźtres dâouvrages Ă choisir un programme (nombre et taille des bassins, piscine couverte ou non, etc.) adaptĂ© aux besoins de leur commune, notamment en fonction du nombre dâhabitants.
Il faut attendre 1966 pour que les premiers projets-types soient validĂ©s par la commission dâagrĂ©ment, qui est alors placĂ©e sous la responsabilitĂ© du nouveau ministĂšre de Jeunesse et des Sports, créé en janvier 1966. La procĂ©dure dâagrĂ©ment est un succĂšs auprĂšs des constructeurs, ingĂ©nieurs et architectes. Ils sont ravis de pouvoir bĂ©nĂ©ficier de ce moyen permettant dâofficialiser leurs projets, et mettent Ă profit leur savoir-faire et leurs idĂ©es au service de lâĂ©laboration dâune nouvelle architecture des piscines. Ainsi, parmi les 134 projets-types validĂ©s par la commission dâagrĂ©ment entre 1966 et 1971 (date de mise en arrĂȘt de la procĂ©dure), on compte 64 modĂšles de piscines. La plupart de ces projets prĂ©sentent des programmes simples et polyvalents, avec un ou plusieurs bassins susceptibles de sâadapter Ă diffĂ©rents besoins. Avant le lancement de la procĂ©dure, toujours dans le but de promouvoir lâapprentissage de la natation, le secrĂ©tariat dâEtat avait Ă©galement agréé trois modĂšles de piscines-Ă©coles, bassins de natation dĂ©couverts ou couverts. Ces piscines scolaires, en matĂ©riaux prĂ©fabriquĂ©s, sont constituĂ©es dâun bassin mĂ©tallique suspendu sous lequel sont situĂ©es les cabines de change et les installations techniques. Une carte postale montre un de ces bassins dĂ©couverts (type PF) construit Ă Barlin (Pas-de-Calais).
Seuls certains de ces modĂšles agréés ont eu du succĂšs et ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s Ă plusieurs reprises par les municipalitĂ©s mais ils nâont pas vĂ©ritablement Ă©tĂ© construits Ă grande Ă©chelle. Pour "vendre" leurs piscines, les constructeurs nâhĂ©sitent pas Ă vanter les avantages de leurs projets agréés Ă travers de nombreuses publicitĂ©s diffusĂ©es dans la presse spĂ©cialisĂ©e2, ou grĂące Ă des brochures publicitaires envoyĂ©es aux municipalitĂ©s. Dans les Hauts-de-France, on dĂ©nombre onze modĂšles adoptĂ©s une ou plusieurs fois par les communes, conduisant Ă la construction de vingt-trois piscines couvertes. Certains modĂšles de piscines sont construits avant que les architectes en demandent lâagrĂ©ment : par exemple la piscine S.5 de lâarchitecte Michel Denisse, quâil met en oeuvre dans sa ville natale, HĂ©nin-LiĂ©tard, et pour le district urbain de Montreuil-sur-Mer en 1966, alors quâil nâobtient lâagrĂ©ment quâen 1967. Câest le cas Ă©galement pour la piscine couverte de Cambrai, inaugurĂ©e en 1964, qui sert de prototype Ă Pierre Prodâhomme et RenĂ© Lancelle (architectes Ă Cambrai) avant de proposer Ă lâagrĂ©ment un modĂšle de piscine.
On relĂšve toutefois que, si la commission privilĂ©gie lâagrĂ©ment de piscines couvertes ou transformables (câest-Ă -dire pouvant sâouvrir aux beaux-jours), en ne validant quâun seul modĂšle de piscine de plein-air, câest encore ce type qui est majoritairement construit en France, en raison de son faible coĂ»t de fabrication.
Ainsi les rĂ©sultats de la procĂ©dure dâagrĂ©ment sont plutĂŽt satisfaisants mais pas suffisants pour lâEtat qui souhaite intensifier davantage lâimplantation de piscines publiques exploitables toute lâannĂ©e en France, en particulier dans les petites et moyennes communes, ou les quartiers populaires de grandes agglomĂ©rations, dont les budgets sont trĂšs modestes et qui nâont pas pu bĂ©nĂ©ficier de lâĂ©lan de construction des dĂ©cennies prĂ©cĂ©dentes. Pour ce faire, le ministĂšre de la Jeunesse et des Sports, lance, suite Ă lâorganisation de plusieurs concours dâarchitecture sur le thĂšme des piscines Ă©conomiques et transformables, une opĂ©ration nommĂ©e « Mille piscines » visant Ă une rĂ©partition uniforme et Ă©galitaire des piscines sur tout le territoire, afin que dĂ©sormais tous les enfants puissent apprendre Ă nager. La crĂ©ation dâun rĂ©seau dâĂ©quipements natatoire apparaĂźt dâautant plus nĂ©cessaire depuis la dĂ©centralisation de lâenseignement du second degrĂ© en 1964 et la crĂ©ation de collĂšges dâenseignement secondaires (CES) dans des petites villes.
3. LâopĂ©ration "Mille piscines" : une industrialisation totale des piscines pour Ă©quiper le territoire Ă grande Ă©chelle
Mise en place de lâopĂ©ration Mille piscines
La troisiĂšme loi de programme prĂ©voit, en 1971, la rĂ©alisation prioritaire, entre autres Ă©quipements, dâun millier de piscines (dont 850 industrialisĂ©es et 150 destinĂ©es Ă la compĂ©tition) en quatre ans (1972-1976). Cette opĂ©ration, appelĂ©e "Mille piscines", entre dans la continuitĂ© des volontĂ©s Ă©tatiques Ă©dictĂ©es depuis le dĂ©but de la Ve RĂ©publique en matiĂšre dâĂ©quipement natatoire, mais elle est Ă©galement motivĂ©e par deux Ă©vĂšnements qui ont frappĂ© lâopinion publique Ă lâĂ©tĂ© 1968 : la noyade de 150 personnes, dont une majoritĂ© dâenfants, suite au naufrage dâun bateau de plaisance sur le lac LĂ©man Ă moins de 50 mĂštres de la rive ; et les mauvaises performances des nageurs français aux jeux Olympiques de Mexico. Le gĂ©nĂ©ral de Gaulle donne alors pour mission Ă Joseph Comiti, secrĂ©taire dâEtat Ă la Jeunesse et aux Sports, dâĂ©quiper la France dâun maximum de piscines afin dâenseigner la natation Ă toute la jeunesse française.Devant lâimportance de lâobjectif Ă atteindre : mille piscines, pouvant sâadapter aux possibilitĂ©s financiĂšres souvent limitĂ©es des petites et moyennes communes (de 8000 Ă 15000 habitants) et dont le programme doit concilier lâapprentissage de la natation, la dĂ©tente et lâentraĂźnement sportif quelle que soit la saison , le secrĂ©tariat dâEtat oriente rĂ©solument la recherche vers le dĂ©veloppement de techniques de prĂ©fabrication et dâindustrialisation totale de lâarchitecture, afin de pouvoir produire des piscines en grande sĂ©rie Ă moindre coĂ»t (le prix de revient doit ĂȘtre situĂ© autour de 1 200 000 francs). Pour augmenter lâefficacitĂ© et la rapiditĂ© de lâopĂ©ration, lâEtat centralise et facilite le processus administratif (conception et passage des marchĂ©s), assure le suivi des rĂ©alisations et des travaux, devenant ainsi le maĂźtre dâouvrage des opĂ©rations, dont il subventionne largement le coĂ»t auprĂšs des villes qui se portent acquĂ©reurs. Les municipalitĂ©s doivent seulement fournir le terrain et se dĂ©cider pour un modĂšle de piscine parmi ceux proposĂ©s. A noter que lâEtat se rĂ©serve toutefois de refuser ce choix et dâattribuer un autre modĂšle Ă la commune, compte tenu des obligations liĂ©s aux marchĂ©s de sĂ©rie. Pour aider Ă choisir et expliquer les dĂ©marches Ă mettre en oeuvre, le secrĂ©tariat dâEtat diffuse auprĂšs des communes intĂ©ressĂ©es une documentation abondante et incitative (dĂ©pliants, brochures, albums techniques, etc.). Ce systĂšme trĂšs rationalisĂ© laisse donc peu de marge de manoeuvre aux petites communes qui, si elles souhaitent sâĂ©quiper rapidement dâune piscine, sont quasiment obligĂ©es de passer par ce systĂšme. Ainsi, il sâagit, selon Patrick Facon (2006), de "construire plus vite, moins cher, sans viser dâemblĂ©e la perfection â mais en donnant des outils mĂȘme rudimentaires dans les meilleurs dĂ©lais".
DĂšs 1970, lâEtat amorce le lancement de cette opĂ©ration avec la crĂ©ation de 50 "bassins dâapprentissage mobiles" (B.A.M.), dont la fabrication, la conception, le montage et la mise en service sont rĂ©alisĂ©s par deux entreprises sĂ©lectionnĂ©es sur concours en 1969 : Walrvae Nausicaa et la sociĂ©tĂ© Techniques et Loisirs. Ces bassins de 12,5 x 6 m, peu onĂ©reux et facilement mis en oeuvre, en service dâavril Ă septembre, sont Ă affectĂ©s par roulement Ă des communes ne possĂ©dant pas dâĂ©tablissement natatoire. Ils ont pour but de faire patienter les municipalitĂ©s pendant lâavancĂ©e de lâopĂ©ration "Mille piscines", et de sensibiliser, en attendant, les futurs usagers des piscines industrialisĂ©es et ainsi amorcer le dĂ©veloppement de la pratique massive de la natation Ă lâĂ©cole. Ce service rencontre un grand succĂšs et le secrĂ©tariat passe une deuxiĂšme commande de 45 B.A.M. en 1972. Ces installations ont Ă©tĂ© mises en service dans plus de 700 communes jusquâen 1976 (date fin de lâopĂ©ration "Mille piscines").
Les concours nationaux dâidĂ©es de 1969
PrĂ©cĂ©dant le lancement de cette opĂ©ration, lâEtat avait organisĂ© en 1969 et 1971 des sĂ©ries de concours dâarchitecture nationaux sur le thĂšme de la piscine, qui devaient conduire Ă une sĂ©lection de modĂšles de piscines facilement industrialisables. Les deux premiers concours sont lancĂ©s le 22 mai 1969 et ont pour objectif de recenser et de comparer toutes les idĂ©es nouvelles en matiĂšre de piscine. Ces concours sont avant tout ouverts aux architectes, contrairement aux agrĂ©ments qui mobilisent plutĂŽt des entreprises.
Le premier concours porte sur les "piscines transformables", confirmant lâorientation voulue par le ministĂšre de favoriser la construction dâĂ©quipements conciliant, en un seul Ă©quipement, les bĂ©nĂ©fices dâune installation de plein-air et dâune piscine couverte. Les architectes doivent imaginer une piscine ouverte aux beaux-jours, destinĂ©e aux agglomĂ©rations moyennes et aux quartiers de grandes villes et comportant les Ă©quipements suivant : un bassin sportif de 25 m sur 15 m Ă©quipĂ© dâun plongeoir, un bassin dâapprentissage de 15 sur 12,5 m, une pataugeoire de 30 m2 et des annexes fonctionnelles et techniques.
Le second concours concerne les "piscines Ă©conomiques". Le programme, plus dĂ©pouillĂ©, visant Ă lâĂ©conomie tant du point de vue de la construction que de la gestion, correspond aux besoins des petites villes : un bassin mixte de 25 m sur 10 m (dont la profondeur varie de 0,7 Ă 2 m) permettant de nombreuses activitĂ©s (baignade familiale, entraĂźnement sportif, apprentissage, compĂ©tition, dĂ©tente) et des annexes fonctionnelles et techniques. Comme pour le premier concours, la façade ou la toiture doit ĂȘtre largement ouvrable. Lâarchitecte doit Ă©galement prĂ©voir la possibilitĂ© dâextensions par lâajout de bassins de plein air.
Ces deux concours connaissent un grand succĂšs : dâaprĂšs Joseph Comiti, 400 architectes sây sont intĂ©ressĂ©s et 150 projets ont Ă©tĂ© reçus. Neuf avant-projets de piscines transformables sont retenus et quatre pour les piscines Ă©conomiques. Ces projets, dâune grande originalitĂ©, prĂ©sentent tous des systĂšmes inĂ©dits de toitures ou de façades escamotables permettant lâouverture complĂšte de la piscine sur lâextĂ©rieur. La piscine Tournesol de Bernard Schoeller remporte le premier prix aux deux concours. Robert Hirt gagne le deuxiĂšme prix pour les piscines transformables, tandis que le deuxiĂšme prix pour les piscines Ă©conomiques est attribuĂ© Ă la piscine Caneton de Jean-Paul Aigrot, Franc Charras et Alain Charvier. Tous les avant-projets primĂ©s doivent normalement faire lâobjet dâun prototype en vue dâĂ©tudier les possibilitĂ©s concrĂštes dâune industrialisation. Mais au final, peu de projets sây prĂȘtent vĂ©ritablement. Quelques projets du premier concours sont construits Ă titre expĂ©rimental, et seuls les deux premiers projets laurĂ©ats au concours des piscines Ă©conomiques (Tournesol et Caneton) sont retenus en fĂ©vrier 1970 par le secrĂ©tariat dâEtat pour la poursuite des Ă©tudes techniques en vue dâune construction en sĂ©rie. Les architectes sont mis en contact avec le bureau dâĂ©tudes SERI-Renault pour approfondir leur projet, puis un appel dâoffres international pour les diffĂ©rents lots (tous les Ă©lĂ©ments doivent ĂȘtre prĂ©fabriquĂ©s en usine) est lancĂ© en aoĂ»t 1971 pour la construction de prototypes. Pour la rĂ©alisation de la coque de la piscine Tournesol, câest la proposition de la sociĂ©tĂ© Durafour qui est retenue, et lâentreprise gĂ©nĂ©rale GBA pour la piscine Caneton. Les prototypes primĂ©s sont construits Ă Nangis (Seine-et-Marne) pour la piscine Tournesol et Ă Salbris (Loir-et-Cher) pour la piscine Caneton. AprĂšs une annĂ©e dâobservation et de fonctionnement, les marchĂ©s en sĂ©rie sont conclus en dĂ©cembre 1972 et les premiĂšres piscines Tournesol et Caneton sont construites sur tout le territoire national Ă partir de 1973. Il est prĂ©vu de construire 250 exemplaires de chaque piscine. En rĂ©alitĂ©, 183 piscines Tournesol ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es en France, et 196 piscines Caneton.
inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/les-piscines-des-tren... -
les Piscines TOURNESOL En réalité, 183 piscines Tournesol ont été réalisées en France, et 196 piscines Caneton.
inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/les-piscines-des-tren... - @ les pisçines Tournesol â a et b Dossier sur la piscine de Carros
â Notice de la piscine de Bonneveine [archive], sur le site de la DRAC de PACA.
â Notice de la piscine de Carros-le-Neuf [archive], sur le site de la DRAC de PACA.
â Bilan 2011-2012 : Patrimoine architectural du xxe siĂšcle, Ă©difices « labellisĂ©s », Ă©difices « labellisĂ©s » inscrits ou classĂ©s [archive], sur le site du ministĂšre de la Culture.
â Christine Lescoutte-Gardent, « La piscine en travaux », Sud Ouest,â 9 fĂ©vrier 2013 (lire en ligne [archive]).
â Marc Gaillard, Architectures des sports, Ăditions du Moniteur, coll. « Architecture / Les bĂątiments », 1981 (ISBN 2-281-00014-1), p. 54.
â « Piscine de Carros » [archive], 2006 (consultĂ© le 9 dĂ©cembre 2017)
â « Les piscines Tournesol de Monsieur Schoeller » [archive], sur archipostcard.blogspot.fr (consultĂ© le 9 dĂ©cembre 2017)
â www.pss-archi.eu/immeubles/FR-50129-19686.html [archive]
â « Piscine du bois du chĂąteau Ă Lorient » [archive], sur guide-piscine.fr, 1er juin 2016 (consultĂ© le 21 aoĂ»t 2016)
â « Piscine de Baud » [archive], sur guide-piscine.fr, 28 juin 2016 (consultĂ© le 21 aoĂ»t 2016)
â a et b « La piscine Tournesol en phase de dĂ©molition » [archive], sur ouest-france.fr, Ouest France, 27 novembre 2015 (consultĂ© le 21 aoĂ»t 2016)
â « DĂ©molition de la piscine communautaire | CCB â CommunautĂ© de Communes du Bouzonvillois » [archive] (consultĂ© le 29 aoĂ»t 2016)
â « Lille : la piscine tournesol de la rue françois coppee, c'est dĂ©ja fini » [archive], sur www.lavoixdunord.fr/ [archive], 26 avril 2016 (consultĂ© le 9 janvier 2017)
â « Fermeture dĂ©finitive de la piscine Tournesol Ă Louvroil » [archive], sur Agglo Maubeuge-Val de Sambre, 24 mars 2016 (consultĂ© le 9 janvier 2017)
â DixiĂšme anniversaire de la piscine Atlantis. [archive]
â « Sa dĂ©molition a dĂ©butĂ© : la piscine Ă ventre ouvert ! » [archive], sur lavoixdunord.fr, 19 dĂ©cembre 2012 (consultĂ© le 9 janvier 2017)
â Emmanuel Delahaye, « La piscine Tournesol a vĂ©cu », L'Alsace,â 5 fĂ©vrier 2016 (lire en ligne [archive])
â « La piscine a Ă©tĂ© dĂ©molie », L'Alsace,â 12 janvier 2014 (lire en ligne [archive])
â CMS Anan6, « CommunautĂ© de Communes du Sud-Ouest AmiĂ©nois | Piscine communautaire » [archive], sur www.ccsoa.fr (consultĂ© le 9 janvier 2017)
â Schoeller, Bernard, Piscine tournesol, plans de projet M 1:100, Archives Commune de Larochette, Paris, 1974.
â Galerie d'architecture moderne [archive], sur citedechaillot.fr.
â [PDF] Plein air, Beauvais, Diaphane, 2008 (ISBN 978-2-9530799-1-3, lire en ligne [archive]), chap. 15 (« Jurisprudence, dĂ©nomination, botanique »), p. 40â41.
Bernard Schoeller et SecrĂ©tariat d'Ătat Ă la Jeunesse et aux Sports, Projet Tournesol : OpĂ©ration 1000 piscines, dossier technique de prĂ©sentation, Paris, R. Lacer, 1972, 31 p. (OCLC 1505704, notice BnF no FRBNF35900611, LCCN 75503940)
GĂ©rard Monnier (dir.), L'architecture moderne en France, vol. 3 : De la croissance Ă la compĂ©tition : 1967-1999, Paris, Picard, coll. « Librairie de l'architecture et de la ville », 2000, 311 p. (ISBN 2-7084-0571-3), « Les piscines Tournesol », p. 16â18
Patrick Facon, « Les piscines Tournesol », dans GĂ©rard Monnier (dir.) et Richard Klein (dir.), Les annĂ©es ZUP : Architectures de la croissance, 1960-1973, Paris, Picard, 2002, 301 p. (ISBN 2-7084-0629-9), p. 91â110
« Remise Ă neuf de la coupole d'une piscine 'Tournesol' », Les Cahiers techniques du bĂątiment, no 279,â mai 2008, p. 32â34 (ISSN 0241-6794)
Odile Fillion, « Volumes d'eau », D'A. D'Architectures, no 104,â aoĂ»t-septembre 2000, p. 36â51
fr.wikipedia.org/wiki/Piscine_Tournesol
The Class of 2015 affirmed their commitment to graduating from the U.S. Military Academy and to serve in the U.S. Army during a ceremony Aug. 18 in Robinson Auditorium. The Honorable Eric K. Shinseki, Secretary of Veteran Affairs and USMA Class of 1965 graduate, was guest speaker and Commandant of Cadets Brig. Gen. Richard Clarke administered the Oath of Affirmation. The cadets were also presented with commemorative coins from the USCC tactical teams which were donated by their 50-year affiliation class. U.S. Army photo by Mike Strasser/USMA PAO
United States Military Academy Class Of 2022 Cadets reaffirmed their oath during a ceremony at Ike Hall, West Point, New York on August 16, 2020 (U.S. Army photo by Tarnish Pride USMA/PAO).
United States Military Academy Class Of 2022 Cadets reaffirmed their oath during a ceremony at Ike Hall, West Point, New York on August 16, 2020 (U.S. Army photo by Tarnish Pride USMA/PAO).
United States Military Academy Class Of 2022 Cadets reaffirmed their oath during a ceremony at Ike Hall, West Point, New York on August 16, 2020 (U.S. Army photo by Tarnish Pride USMA/PAO).
United States Military Academy Class Of 2022 Cadets reaffirmed their oath during a ceremony at Ike Hall, West Point, New York on August 16, 2020 (U.S. Army photo by Tarnish Pride USMA/PAO).
The Class of 2015 affirmed their commitment to graduating from the U.S. Military Academy and to serve in the U.S. Army during a ceremony Aug. 18 in Robinson Auditorium. The Honorable Eric K. Shinseki, Secretary of Veteran Affairs and USMA Class of 1965 graduate, was guest speaker and Commandant of Cadets Brig. Gen. Richard Clarke administered the Oath of Affirmation. The cadets were also presented with commemorative coins from the USCC tactical teams which were donated by their 50-year affiliation class. U.S. Army photo by Mike Strasser/USMA PAO
United States Military Academy Class Of 2022 Cadets reaffirmed their oath during a ceremony at Ike Hall, West Point, New York on August 16, 2020 (U.S. Army photo by Tarnish Pride USMA/PAO).
United States Military Academy Class Of 2022 Cadets reaffirmed their oath during a ceremony at Ike Hall, West Point, New York on August 16, 2020 (U.S. Army photo by Tarnish Pride USMA/PAO).
United States Military Academy Class Of 2022 Cadets reaffirmed their oath during a ceremony at Ike Hall, West Point, New York on August 16, 2020 (U.S. Army photo by Tarnish Pride USMA/PAO).
A3 mixed media collage. This is an alternative version of an early collage which i gave away and wanted to replace.
United States Military Academy Class Of 2022 Cadets reaffirmed their oath during a ceremony at Ike Hall, West Point, New York on August 16, 2020 (U.S. Army photo by Tarnish Pride USMA/PAO).
St. John's Episcopal Church (1884-90; NRHP 1989) in downtown Charleston. The parish house, shown here, was added in 1928.
United States Military Academy Class Of 2022 Cadets reaffirmed their oath during a ceremony at Ike Hall, West Point, New York on August 16, 2020 (U.S. Army photo by Tarnish Pride USMA/PAO).
United States Military Academy Class Of 2022 Cadets reaffirmed their oath during a ceremony at Ike Hall, West Point, New York on August 16, 2020 (U.S. Army photo by Tarnish Pride USMA/PAO).
(Frecuencia de Luz Tonal "Energia Cristica")
Elda (Alicante - Comunidad Valenciana - Pais ValenciĂ - Spain)
mĂ©moire2citĂ© - A la fin des annĂ©es 1930, sous le Front Populaire, sâamorce une dĂ©mocratisation des loisirs et du sport. Cette massification des loisirs sportifs, et en particulier de la natation, sâintensifie aprĂšs-guerre, grĂące Ă la mise en place dâune vĂ©ritable politique dâEtat en faveur du dĂ©veloppement de la pratique sportive, accompagnĂ©e par la construction dâĂ©quipements de proximitĂ©. Cette politique conduit Ă redĂ©finir et Ă rationaliser la conception de la piscine, autant dâun point de vue architectural que fonctionnel.
I. Vers une étatisation des politiques sportives
1. Une idée en germe depuis les années 1930
Vers la fin des annĂ©es 1920, le sport, et en particulier la question de lâĂ©quipement sportif, commence Ă sâimposer au niveau national, comme un objet incontournable de souci et dâaction politique. La volontĂ© de crĂ©er une structure institutionnelle chargĂ©e de concevoir et de contrĂŽler cette politique publique relative au sport sâaffirme de plus en plus. Cette idĂ©e est en germe depuis lâarmistice, comme lâindique la rĂ©flexion dâEdouard Herriot, maire de Lyon : « Peut-ĂȘtre arriverons-nous ainsi peu Ă peu Ă la constitution dâun grand service central â ministĂšre ou non â de lâĂducation physique » (Ădouard Herriot, 1919).
ParallĂšlement, des revendications sociales se font entendre pour une meilleure accessibilitĂ© au sport par la classe populaire. Ces requĂȘtes sont entendues par le Front populaire, qui initie une politique de dĂ©mocratisation de la culture sportive, sâappuyant sur lâinvention de notions telles que temps libre et loisirs. Dans le but de diffuser et de mettre en oeuvre cette conception du sport pour tous, est créé en 1937 (Ă lâoccasion dâun remaniement ministĂ©riel), un sous-secrĂ©tariat dâEtat aux Sports, aux Loisirs et Ă lâEducation physique (rattachĂ© au ministĂšre de lâEducation nationale dirigĂ© par Jean Zay), Ă la tĂȘte duquel est placĂ© LĂ©o Lagrange. Ce dernier entreprend une sĂ©rie dâactions, Ă la fois concrĂštes et symboliques, comme lâaide Ă lâĂ©quipement communal (dont la nĂ©cessitĂ© est rendue Ă©vidente par les conclusions dâun inventaire national des installations existantes) ou la crĂ©ation dâun Brevet sportif populaire. Cette conception du sport de masse nâobtient cependant pas la faveur de tous. On note dâailleurs, dans le mouvement sportif national, le rejet dâune politique dâintervention autoritaire des pouvoirs publics. Si les actions du Front Populaire sont stoppĂ©es par la dĂ©claration de la guerre, elles ont toutefois conduit Ă une vĂ©ritable prise de conscience de lâenjeu politique sportif au niveau national.
Sous le rĂ©gime de Vichy (juin 1940-juin 1944), est créé un Commissariat GĂ©nĂ©ral Ă lâEducation GĂ©nĂ©rale et Sportive (CGEGS), qui sâappuie sur le sport pour diffuser lâidĂ©ologie du gouvernement, prĂŽnant des valeurs de discipline, de redressement moral, physique et intellectuel et de retour Ă lâordre. Dans ces annĂ©es, oĂč le sport est surtout un outil de propagande, sâesquissent toutefois de nouvelles prescriptions concernant lâarchitecture des piscines (qui se doit dâĂȘtre Ă©purĂ©e et rationnelle), et la volontĂ© de rattraper le retard de la France en matiĂšre dâĂ©quipement sportif par rapport aux autres pays europĂ©ens.
2. Quelques réalisations remarquables des années 1950
Au sortir de la guerre, la question sportive nâest pas une prioritĂ© et la pĂ©riode 1945-1957 se caractĂ©rise par une faible intervention publique. MalgrĂ© les constructions rĂ©alisĂ©es grĂące Ă des politiques municipales sociales et volontaristes dans les annĂ©es 1930, le nombre dâĂ©quipements sportifs, et en particulier de piscines couvertes et chauffĂ©es, est encore trĂšs faible par rapport Ă la moyenne europĂ©enne. Ce sous-Ă©quipement va rapidement poser problĂšme, dâautant plus que lâaccroissement dĂ©mographique est en plein essor, entraĂźnant une augmentation de la jeunesse et donc une recrudescence de la pratique sportive, parallĂšlement Ă une forte urbanisation. Si lâeffort est dâabord portĂ© vers la reconstruction (du secteur industriel et du cadre de vie : logements, services administratifs, voirie, etc.), les questions de la jeunesse, du sport, de lâĂ©ducation populaire et du plein air travaillent les esprits du gouvernement.
Dans les Hauts-de-France, de nombreuses piscines ont subi des dégradations pendant la guerre et nécessitent une rénovation (une grande partie des piscines cheminotes par exemple).
Le stade nautique olympique de Tourcoing est complĂ©tĂ©, en 1951, dâun toit en partie ouvrant, une premiĂšre du genre, amenĂ© Ă un grand dĂ©veloppement dans les deux dĂ©cennies suivantes. Faute de moyens financiers suffisants (il existe des subventions, mais les moyens allouĂ©s Ă la Jeunesse et aux Sports restent faibles) et dâune volontĂ© politique forte, le nombre de constructions de piscines entre 1945 et 1958 demeure restreint. Ainsi, Ă Lens, suite Ă la destruction du stade nautique pendant la guerre, la construction dâune nouvelle piscine est projetĂ©e dĂšs lâaprĂšs-guerre, mais faute de financement, il faut attendre les annĂ©es 1960 pour que le projet aboutisse.
Les quelques installations nautiques nouvelles qui sont rĂ©alisĂ©es au cours des 1950, sous lâimpulsion dâinitiatives locales, sont majoritairement dĂ©couvertes et ne sont donc exploitables que quelques mois dans lâannĂ©e. Si ces Ă©difices sont aboutis au niveau technique et architectural, ils ne sont pas en mesure de satisfaire les besoins en matiĂšre de bassins Ă©ducatifs praticables pendant lâannĂ©e scolaire. Ils rĂ©pondent plus Ă une volontĂ© dâoffrir Ă la population un Ă©quipement de loisirs sportifs. Il sâagit souvent de la rĂ©alisation de projets municipaux dâavant-guerre, nâayant pas eu lâoccasion de voir le jour.
Dans ces piscines des annĂ©es 1950, le double bassin est dĂ©finitivement adoptĂ© et elles rĂ©pondent aux nouvelles prescriptions Ă©dictĂ©es dans les annĂ©es 1940 en matiĂšre dâarchitecture sportive, qui se doit avant tout dâĂȘtre fonctionnelle et pratique, largement ouverte sur lâextĂ©rieur par des baies vitrĂ©es, sa beautĂ© rĂ©sidant essentiellement dans lâharmonie de ses proportions et lâagencement de lignes gĂ©omĂ©triques pures.
Ainsi, dans lâOise, la ville de CompiĂšgne dĂ©cide en 1949 (sous le mandat de Jean Legendre), lâĂ©dification dâune piscine en bordure de lâOise, rendue possible grĂące aux indemnitĂ©s des dommages de guerre et de la reconstruction, ainsi quâĂ une subvention Ă©levĂ©e de la part du SecrĂ©tariat dâEtat Ă lâEnseignement technique, Ă la Jeunesse et aux Sports. La piscine, conçue par lâarchitecte-urbaniste de la ville, J. Gossart, est inaugurĂ©e le 1er juin 1952. Des bains-douches sont amĂ©nagĂ©s dans les sous-sols. Il sâagit dâun grand bĂątiment blanc rectangulaire en bĂ©ton armĂ©, insĂ©rĂ© sur la berge boisĂ©e de lâOise, sâouvrant en son centre sur les deux bassins de plein-air de la piscine (25 x 12,5 m et 8 x 12,5 m), avec un plongeoir Ă double hauteur (3 et 5 mĂštres). Les baigneurs surplombent lâOise et Ă©voluent dans un cadre propice Ă la dĂ©tente, correspondant bien aux prescriptions dâavant-guerres recommandant la construction dâĂ©quipements sportifs et de loisirs en plein air, dans un environnement naturel. Les gradins dâenviron 800 places, font Ă©galement face Ă lâOise. Lâarchitecture est simple et fonctionnelle, sans aucun dĂ©cor ; elle obĂ©it Ă un modernisme pur et efficace. Elle est remarquable du fait de sa situation en bord de riviĂšre, comme lâĂ©tait Ă©galement la piscine dĂ©couverte de lâHĂŽtel-Dieu Ă Pontoise (Val dâOise) construite en 1961 par lâarchitecte Jean Letu et aujourdâhui dĂ©truite. La piscine de CompiĂšgne, ouverte de mai Ă septembre, connaĂźt un grand succĂšs, qui ne cesse de croĂźtre dâannĂ©e en annĂ©e. FermĂ©e dĂšs 1985 car son bassin souffrait de fuites (et remplacĂ©e par la piscine MerciĂšres, construite en 1988), elle est aujourdâhui Ă lâabandon.
A Caudry (Nord), le stade nautique municipal est construit en 1951-1952, sur les plans d'Edmond Lancelle (1898-1957), architecte du CambrĂ©sis actif pendant les deux pĂ©riodes de reconstruction, grĂące Ă la volontĂ© du maire Albert DhĂ©lin (maire de 1947 Ă 1965). Lâarchitecte est associĂ© Ă Marc Revaux, ingĂ©nieur-conseil spĂ©cialisĂ© en construction de piscines. Son architecture semble inspirĂ©e de la piscine de Bruay-en-Artois et est similaire Ă celle du Cateau-CambrĂ©sis, reconstruite en 1954 par la mĂȘme Ă©quipe dâarchitecte-ingĂ©nieur. Elle allie le style Paquebot de lâArt DĂ©co (prĂ©sence dâoculi en forme de hublots) aux codes du mouvement moderne international des annĂ©es 1950. Les bassins sont entourĂ©s sur deux cĂŽtĂ©s par les bĂątiments des vestiaires, et sur le deuxiĂšme grand cĂŽtĂ© par des gradins surplombĂ©s par une terrasse avec buvette (dans lâangle). La forme de U renversĂ© de lâĂ©lĂ©gant plongeoir associĂ©e Ă la ligne courbe du toboggan qui lui fait face, animent lâorthogonalitĂ© des alignements de cabines. Le portique dâentrĂ©e, reprenant ces lignes courbes, sâouvre sur un guichet vitrĂ© aux formes dynamiques et sculpturales. La piscine est dominĂ©e par une grande tour-horloge, rythmant les sĂ©ances de natation. On retrouve cette tour-horloge marquant lâentrĂ©e de la piscine, Ă la piscine olympique de la Scarpe Ă Arras (1955) et au stade nautique de Bapaume (Pas-de-Calais). A Bapaume, le bĂątiment abritant lâaccueil et les vestiaires est largement vitrĂ© et sâouvre sur les bassins, entourĂ©s dâun portique. Son architecte, Emile Cauwet, est spĂ©cialiste de lâarchitecture scolaire (groupe scolaire Ferdinand-Buisson Ă Boulogne-Billancourt), industrielle et sportive, et prĂŽne une esthĂ©tique moderniste et fonctionnelle.
A Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), une piscine municipale est judicieusement intĂ©grĂ©e au nouveau casino, bĂątiment monumental, manifeste de lâarchitecture des annĂ©es 1950, conçu par les architectes Sonrel et Bonhomme, et situĂ© derriĂšre la plage de la station balnĂ©aire. La piscine, localisĂ©e au rez-de-chaussĂ©e, est vitrĂ©e sur deux cĂŽtĂ©s et donne vue sur la plage. Le bĂątiment en bĂ©ton armĂ©, montĂ© sur pilotis (rappelant lâarchitecture de Le Corbusier), est dĂ©corĂ© sur ses façades extĂ©rieures de mosaĂŻques rĂ©alisĂ©es par lâartiste Françoise Lelong. La façade cĂŽtĂ© plage sâouvre par un portique avec terrasse.
Ainsi les piscines des annĂ©es 1950, souvent dâune grande sobriĂ©tĂ© correspondant aux prĂ©ceptes architecturaux du mouvement moderne, sâinscrivent dans la continuitĂ© des piscines de la fin des annĂ©es 1930. Il faut attendre les annĂ©es 1960 pour quâune nouvelle impulsion soit donnĂ©e Ă lâinnovation architecturale dans le domaine des piscines, grĂące Ă la mise en place dâune vĂ©ritable politique interventionniste de lâEtat en faveur de lâĂ©quipement sportif sous la Ve RĂ©publique, dans le cadre de trois lois de programme planifiant la construction dâĂ©quipements sportifs et socio-Ă©ducatifs. Ce nouveau cadre lĂ©gislatif se traduit par une "mise en administration" du bĂąti sportif par lâĂtat1.
II. Les mesures mises en place entre 1961 et 1976 par lâEtat en faveur de la construction des piscines
A partir de la Ve RĂ©publique, le sport et la construction sportive sont dĂ©sormais perçus comme un service dâintĂ©rĂȘt public du ressort de lâEtat. DĂ©terminĂ©, lâEtat entreprend une sĂ©rie de mesures incitatives visant Ă crĂ©er un maillage de piscines publiques praticables en toutes saisons (la plupart des piscines Ă©taient alors dĂ©couvertes et non chauffĂ©es) sur lâensemble du territoire national. Lâobjectif principal est que tous les enfants aient accĂšs Ă un bassin pour apprendre Ă nager, et quâainsi soit enfin mis en application lâapprentissage obligatoire de la natation Ă lâĂ©cole (dans les programmes depuis la fin du 19e siĂšcle). La prioritĂ© des piscines des annĂ©es 1960-1970 est donc portĂ©e vers la jeunesse et lâĂ©ducation.
1. Les lois programmes : une nouvelle politique Ă©conomique en faveur de lâĂ©quipement sportif
Lors de lâinstauration du premier gouvernement de la Ve RĂ©publique, est créé un Haut-commissariat (puis SecrĂ©tariat dâEtat) Ă la Jeunesse et aux Sports (rattachĂ© au ministĂšre de lâEducation Nationale), dirigĂ© par Maurice Herzog. Ce dernier souhaite impulser de maniĂšre urgente une politique de construction afin de combler le sous-Ă©quipement en matiĂšre dâĂ©difices Ă destination de la jeunesse : "Notre objectif, notre seul objectif est de mettre Ă la disposition de notre jeunesse, les moyens de sâexprimer plus complĂštement. Nous voulons que des millions de jeunes Français puissent aller au stade, Ă la piscine, se rencontrer dans les Maisons de Jeunes" (Equipements pour la jeunesse et les sports, 1962). Cette volontĂ© se concrĂ©tise le 28 juillet 1961, avec la promulgation, dans le cadre du IVe plan, de la premiĂšre loi de programme, qui instaure, sur une durĂ©e de quatre ans (1962-1965), un plan assurant un financement national durable et concret en faveur des Ă©quipements sportifs et socio-Ă©ducatifs. Ce plan prend la forme de subventions Ă©levĂ©es (reprĂ©sentant gĂ©nĂ©ralement entre 20 et 50% du coĂ»t total) destinĂ©es Ă aider de nombreuses collectivitĂ©s locales dans leur projet de constructions sportives. Ces aides se poursuivent et sont mĂȘme revalorisĂ©es lors de la deuxiĂšme loi de programme dâĂ©quipements sportifs (1966-1970), votĂ©e le 2 juillet 1965. La troisiĂšme loi (1971-1975), votĂ©e le 13 juillet 1971, montre une dĂ©termination encore plus forte de lâEtat Ă augmenter massivement le nombre dâĂ©quipements Ă grande Ă©chelle, en particulier dans les nouvelles zones urbaines, et Ă former des Ă©ducateurs, ceci pour favoriser le sport de masse pour tous. Ces annĂ©es marquent en revanche le dĂ©but du dĂ©sengagement financier de lâĂtat, que lâon discerne par la baisse progressive des montants des subventions accordĂ©es. Ces subventions sont bien sĂ»r soumises Ă certaines conditions. Et, pour assurer et contrĂŽler la qualitĂ© technique et le respect des normes des piscines construites, les municipalitĂ©s doivent en faire valider les avant-projets par lâEtat.
Certains dossiers de subventions conservés aux Archives nationales montrent que de nombreuses municipalités des Hauts-de-France bénéficient de cette aide dÚs les années 1960 (par exemple les piscines de Lomme, de Noyon, de Chantilly, de Lens, etc.).
Ces lois de programmes dâĂ©quipements ne se rĂ©sument toutefois pas Ă ces aides financiĂšres : lâEtat dĂ©veloppe Ă©galement des mesures permettant dâinciter plus efficacement les collectivitĂ©s Ă entreprendre la construction dâune piscine, en facilitant leurs dĂ©marches administratives et en rĂ©duisant les coĂ»ts de construction.
2. LâagrĂ©ment de modĂšles de piscines : normaliser, encadrer et faciliter la construction
Suite Ă lâapplication de la premiĂšre loi de programme, le Haut-Commissariat Ă la Jeunesse et aux Sports, constate que les prix de revient des Ă©quipements sportifs sont frĂ©quemment trop Ă©levĂ©s et que les architectes municipaux chargĂ©s de ces constructions ne sont la plupart du temps pas qualifiĂ©s pour ce type de constructions complexes et techniques. DâoĂč la volontĂ© de normaliser et de rationaliser les Ă©quipements sportifs, notamment les piscines, et de contrĂŽler les projets proposĂ©s par de plus en plus dâentreprises, de constructeurs ou de bureaux dâĂ©tudes aux collectivitĂ©s. Dans ce but est créée le 25 mai 1963 une commission spĂ©ciale dont la mission est dâagrĂ©er, sur le plan technique, des projets-types dâĂ©quipements susceptibles dâĂȘtre rĂ©alisĂ©s dans toute la France. La commission est composĂ©e de treize siĂšges et se rĂ©unit plusieurs fois dans lâannĂ©e pour donner son avis sur les projets dâarchitecture prĂ©sentĂ©s Ă lâagrĂ©ment. Pour ce faire, elle se base sur les qualitĂ©s techniques du projet, sur les possibilitĂ©s dâadaptation de lâarchitecture aux terrains divers, ainsi que sur les qualifications professionnelles des candidats Ă lâagrĂ©ment. A partir de 1967, la commission se montre plus exigeante sur lâesthĂ©tique, lâharmonie, et lâoriginalitĂ© architecturale.
Lâobjectif principal de cette commission Ă©tait de pouvoir proposer aux collectivitĂ©s un panel de modĂšles de piscines variĂ©es et conformes aux caractĂ©ristiques dĂ©finies par lâEtat, livrables clefs en mains et ayant des prix fixes. Cette procĂ©dure de normalisation devait de cette façon, assurer la qualitĂ© des Ă©quipements construits en France ainsi quâune plus grande rapiditĂ© de rĂ©alisation. Le premier numĂ©ro de la revue Piscines informations rĂ©sume avec enthousiasme tous les avantages que prĂ©sente pour les municipalitĂ©s le choix dâun projet-type agréé, se faisant ainsi le relais des services de lâEtat : "Plus que jamais, ces projets-types agréés sont la solution simple et Ă©conomique. Prix plafonnĂ©s, projets clairement dĂ©terminĂ©s, normes parfaitement respectĂ©es, marchĂ© de grĂ© Ă grĂ©, financements faciles et par consĂ©quent, rĂ©alisations rapides, tels sont les principaux avantages que permet dâobtenir le choix dâune exĂ©cution conforme Ă un projet-type agréé". Tout est mis en oeuvre pour inciter les collectivitĂ©s Ă sâorienter de prĂ©fĂ©rence vers un projet-type. Une documentation fournie permet en outre dâaider les maĂźtres dâouvrages Ă choisir un programme (nombre et taille des bassins, piscine couverte ou non, etc.) adaptĂ© aux besoins de leur commune, notamment en fonction du nombre dâhabitants.
Il faut attendre 1966 pour que les premiers projets-types soient validĂ©s par la commission dâagrĂ©ment, qui est alors placĂ©e sous la responsabilitĂ© du nouveau ministĂšre de Jeunesse et des Sports, créé en janvier 1966. La procĂ©dure dâagrĂ©ment est un succĂšs auprĂšs des constructeurs, ingĂ©nieurs et architectes. Ils sont ravis de pouvoir bĂ©nĂ©ficier de ce moyen permettant dâofficialiser leurs projets, et mettent Ă profit leur savoir-faire et leurs idĂ©es au service de lâĂ©laboration dâune nouvelle architecture des piscines. Ainsi, parmi les 134 projets-types validĂ©s par la commission dâagrĂ©ment entre 1966 et 1971 (date de mise en arrĂȘt de la procĂ©dure), on compte 64 modĂšles de piscines. La plupart de ces projets prĂ©sentent des programmes simples et polyvalents, avec un ou plusieurs bassins susceptibles de sâadapter Ă diffĂ©rents besoins. Avant le lancement de la procĂ©dure, toujours dans le but de promouvoir lâapprentissage de la natation, le secrĂ©tariat dâEtat avait Ă©galement agréé trois modĂšles de piscines-Ă©coles, bassins de natation dĂ©couverts ou couverts. Ces piscines scolaires, en matĂ©riaux prĂ©fabriquĂ©s, sont constituĂ©es dâun bassin mĂ©tallique suspendu sous lequel sont situĂ©es les cabines de change et les installations techniques. Une carte postale montre un de ces bassins dĂ©couverts (type PF) construit Ă Barlin (Pas-de-Calais).
Seuls certains de ces modĂšles agréés ont eu du succĂšs et ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s Ă plusieurs reprises par les municipalitĂ©s mais ils nâont pas vĂ©ritablement Ă©tĂ© construits Ă grande Ă©chelle. Pour "vendre" leurs piscines, les constructeurs nâhĂ©sitent pas Ă vanter les avantages de leurs projets agréés Ă travers de nombreuses publicitĂ©s diffusĂ©es dans la presse spĂ©cialisĂ©e2, ou grĂące Ă des brochures publicitaires envoyĂ©es aux municipalitĂ©s. Dans les Hauts-de-France, on dĂ©nombre onze modĂšles adoptĂ©s une ou plusieurs fois par les communes, conduisant Ă la construction de vingt-trois piscines couvertes. Certains modĂšles de piscines sont construits avant que les architectes en demandent lâagrĂ©ment : par exemple la piscine S.5 de lâarchitecte Michel Denisse, quâil met en oeuvre dans sa ville natale, HĂ©nin-LiĂ©tard, et pour le district urbain de Montreuil-sur-Mer en 1966, alors quâil nâobtient lâagrĂ©ment quâen 1967. Câest le cas Ă©galement pour la piscine couverte de Cambrai, inaugurĂ©e en 1964, qui sert de prototype Ă Pierre Prodâhomme et RenĂ© Lancelle (architectes Ă Cambrai) avant de proposer Ă lâagrĂ©ment un modĂšle de piscine.
On relĂšve toutefois que, si la commission privilĂ©gie lâagrĂ©ment de piscines couvertes ou transformables (câest-Ă -dire pouvant sâouvrir aux beaux-jours), en ne validant quâun seul modĂšle de piscine de plein-air, câest encore ce type qui est majoritairement construit en France, en raison de son faible coĂ»t de fabrication.
Ainsi les rĂ©sultats de la procĂ©dure dâagrĂ©ment sont plutĂŽt satisfaisants mais pas suffisants pour lâEtat qui souhaite intensifier davantage lâimplantation de piscines publiques exploitables toute lâannĂ©e en France, en particulier dans les petites et moyennes communes, ou les quartiers populaires de grandes agglomĂ©rations, dont les budgets sont trĂšs modestes et qui nâont pas pu bĂ©nĂ©ficier de lâĂ©lan de construction des dĂ©cennies prĂ©cĂ©dentes. Pour ce faire, le ministĂšre de la Jeunesse et des Sports, lance, suite Ă lâorganisation de plusieurs concours dâarchitecture sur le thĂšme des piscines Ă©conomiques et transformables, une opĂ©ration nommĂ©e « Mille piscines » visant Ă une rĂ©partition uniforme et Ă©galitaire des piscines sur tout le territoire, afin que dĂ©sormais tous les enfants puissent apprendre Ă nager. La crĂ©ation dâun rĂ©seau dâĂ©quipements natatoire apparaĂźt dâautant plus nĂ©cessaire depuis la dĂ©centralisation de lâenseignement du second degrĂ© en 1964 et la crĂ©ation de collĂšges dâenseignement secondaires (CES) dans des petites villes.
3. LâopĂ©ration "Mille piscines" : une industrialisation totale des piscines pour Ă©quiper le territoire Ă grande Ă©chelle
Mise en place de lâopĂ©ration Mille piscines
La troisiĂšme loi de programme prĂ©voit, en 1971, la rĂ©alisation prioritaire, entre autres Ă©quipements, dâun millier de piscines (dont 850 industrialisĂ©es et 150 destinĂ©es Ă la compĂ©tition) en quatre ans (1972-1976). Cette opĂ©ration, appelĂ©e "Mille piscines", entre dans la continuitĂ© des volontĂ©s Ă©tatiques Ă©dictĂ©es depuis le dĂ©but de la Ve RĂ©publique en matiĂšre dâĂ©quipement natatoire, mais elle est Ă©galement motivĂ©e par deux Ă©vĂšnements qui ont frappĂ© lâopinion publique Ă lâĂ©tĂ© 1968 : la noyade de 150 personnes, dont une majoritĂ© dâenfants, suite au naufrage dâun bateau de plaisance sur le lac LĂ©man Ă moins de 50 mĂštres de la rive ; et les mauvaises performances des nageurs français aux jeux Olympiques de Mexico. Le gĂ©nĂ©ral de Gaulle donne alors pour mission Ă Joseph Comiti, secrĂ©taire dâEtat Ă la Jeunesse et aux Sports, dâĂ©quiper la France dâun maximum de piscines afin dâenseigner la natation Ă toute la jeunesse française.Devant lâimportance de lâobjectif Ă atteindre : mille piscines, pouvant sâadapter aux possibilitĂ©s financiĂšres souvent limitĂ©es des petites et moyennes communes (de 8000 Ă 15000 habitants) et dont le programme doit concilier lâapprentissage de la natation, la dĂ©tente et lâentraĂźnement sportif quelle que soit la saison , le secrĂ©tariat dâEtat oriente rĂ©solument la recherche vers le dĂ©veloppement de techniques de prĂ©fabrication et dâindustrialisation totale de lâarchitecture, afin de pouvoir produire des piscines en grande sĂ©rie Ă moindre coĂ»t (le prix de revient doit ĂȘtre situĂ© autour de 1 200 000 francs). Pour augmenter lâefficacitĂ© et la rapiditĂ© de lâopĂ©ration, lâEtat centralise et facilite le processus administratif (conception et passage des marchĂ©s), assure le suivi des rĂ©alisations et des travaux, devenant ainsi le maĂźtre dâouvrage des opĂ©rations, dont il subventionne largement le coĂ»t auprĂšs des villes qui se portent acquĂ©reurs. Les municipalitĂ©s doivent seulement fournir le terrain et se dĂ©cider pour un modĂšle de piscine parmi ceux proposĂ©s. A noter que lâEtat se rĂ©serve toutefois de refuser ce choix et dâattribuer un autre modĂšle Ă la commune, compte tenu des obligations liĂ©s aux marchĂ©s de sĂ©rie. Pour aider Ă choisir et expliquer les dĂ©marches Ă mettre en oeuvre, le secrĂ©tariat dâEtat diffuse auprĂšs des communes intĂ©ressĂ©es une documentation abondante et incitative (dĂ©pliants, brochures, albums techniques, etc.). Ce systĂšme trĂšs rationalisĂ© laisse donc peu de marge de manoeuvre aux petites communes qui, si elles souhaitent sâĂ©quiper rapidement dâune piscine, sont quasiment obligĂ©es de passer par ce systĂšme. Ainsi, il sâagit, selon Patrick Facon (2006), de "construire plus vite, moins cher, sans viser dâemblĂ©e la perfection â mais en donnant des outils mĂȘme rudimentaires dans les meilleurs dĂ©lais".
DĂšs 1970, lâEtat amorce le lancement de cette opĂ©ration avec la crĂ©ation de 50 "bassins dâapprentissage mobiles" (B.A.M.), dont la fabrication, la conception, le montage et la mise en service sont rĂ©alisĂ©s par deux entreprises sĂ©lectionnĂ©es sur concours en 1969 : Walrvae Nausicaa et la sociĂ©tĂ© Techniques et Loisirs. Ces bassins de 12,5 x 6 m, peu onĂ©reux et facilement mis en oeuvre, en service dâavril Ă septembre, sont Ă affectĂ©s par roulement Ă des communes ne possĂ©dant pas dâĂ©tablissement natatoire. Ils ont pour but de faire patienter les municipalitĂ©s pendant lâavancĂ©e de lâopĂ©ration "Mille piscines", et de sensibiliser, en attendant, les futurs usagers des piscines industrialisĂ©es et ainsi amorcer le dĂ©veloppement de la pratique massive de la natation Ă lâĂ©cole. Ce service rencontre un grand succĂšs et le secrĂ©tariat passe une deuxiĂšme commande de 45 B.A.M. en 1972. Ces installations ont Ă©tĂ© mises en service dans plus de 700 communes jusquâen 1976 (date fin de lâopĂ©ration "Mille piscines").
Les concours nationaux dâidĂ©es de 1969
PrĂ©cĂ©dant le lancement de cette opĂ©ration, lâEtat avait organisĂ© en 1969 et 1971 des sĂ©ries de concours dâarchitecture nationaux sur le thĂšme de la piscine, qui devaient conduire Ă une sĂ©lection de modĂšles de piscines facilement industrialisables. Les deux premiers concours sont lancĂ©s le 22 mai 1969 et ont pour objectif de recenser et de comparer toutes les idĂ©es nouvelles en matiĂšre de piscine. Ces concours sont avant tout ouverts aux architectes, contrairement aux agrĂ©ments qui mobilisent plutĂŽt des entreprises.
Le premier concours porte sur les "piscines transformables", confirmant lâorientation voulue par le ministĂšre de favoriser la construction dâĂ©quipements conciliant, en un seul Ă©quipement, les bĂ©nĂ©fices dâune installation de plein-air et dâune piscine couverte. Les architectes doivent imaginer une piscine ouverte aux beaux-jours, destinĂ©e aux agglomĂ©rations moyennes et aux quartiers de grandes villes et comportant les Ă©quipements suivant : un bassin sportif de 25 m sur 15 m Ă©quipĂ© dâun plongeoir, un bassin dâapprentissage de 15 sur 12,5 m, une pataugeoire de 30 m2 et des annexes fonctionnelles et techniques.
Le second concours concerne les "piscines Ă©conomiques". Le programme, plus dĂ©pouillĂ©, visant Ă lâĂ©conomie tant du point de vue de la construction que de la gestion, correspond aux besoins des petites villes : un bassin mixte de 25 m sur 10 m (dont la profondeur varie de 0,7 Ă 2 m) permettant de nombreuses activitĂ©s (baignade familiale, entraĂźnement sportif, apprentissage, compĂ©tition, dĂ©tente) et des annexes fonctionnelles et techniques. Comme pour le premier concours, la façade ou la toiture doit ĂȘtre largement ouvrable. Lâarchitecte doit Ă©galement prĂ©voir la possibilitĂ© dâextensions par lâajout de bassins de plein air.
Ces deux concours connaissent un grand succĂšs : dâaprĂšs Joseph Comiti, 400 architectes sây sont intĂ©ressĂ©s et 150 projets ont Ă©tĂ© reçus. Neuf avant-projets de piscines transformables sont retenus et quatre pour les piscines Ă©conomiques. Ces projets, dâune grande originalitĂ©, prĂ©sentent tous des systĂšmes inĂ©dits de toitures ou de façades escamotables permettant lâouverture complĂšte de la piscine sur lâextĂ©rieur. La piscine Tournesol de Bernard Schoeller remporte le premier prix aux deux concours. Robert Hirt gagne le deuxiĂšme prix pour les piscines transformables, tandis que le deuxiĂšme prix pour les piscines Ă©conomiques est attribuĂ© Ă la piscine Caneton de Jean-Paul Aigrot, Franc Charras et Alain Charvier. Tous les avant-projets primĂ©s doivent normalement faire lâobjet dâun prototype en vue dâĂ©tudier les possibilitĂ©s concrĂštes dâune industrialisation. Mais au final, peu de projets sây prĂȘtent vĂ©ritablement. Quelques projets du premier concours sont construits Ă titre expĂ©rimental, et seuls les deux premiers projets laurĂ©ats au concours des piscines Ă©conomiques (Tournesol et Caneton) sont retenus en fĂ©vrier 1970 par le secrĂ©tariat dâEtat pour la poursuite des Ă©tudes techniques en vue dâune construction en sĂ©rie. Les architectes sont mis en contact avec le bureau dâĂ©tudes SERI-Renault pour approfondir leur projet, puis un appel dâoffres international pour les diffĂ©rents lots (tous les Ă©lĂ©ments doivent ĂȘtre prĂ©fabriquĂ©s en usine) est lancĂ© en aoĂ»t 1971 pour la construction de prototypes. Pour la rĂ©alisation de la coque de la piscine Tournesol, câest la proposition de la sociĂ©tĂ© Durafour qui est retenue, et lâentreprise gĂ©nĂ©rale GBA pour la piscine Caneton. Les prototypes primĂ©s sont construits Ă Nangis (Seine-et-Marne) pour la piscine Tournesol et Ă Salbris (Loir-et-Cher) pour la piscine Caneton. AprĂšs une annĂ©e dâobservation et de fonctionnement, les marchĂ©s en sĂ©rie sont conclus en dĂ©cembre 1972 et les premiĂšres piscines Tournesol et Caneton sont construites sur tout le territoire national Ă partir de 1973. Il est prĂ©vu de construire 250 exemplaires de chaque piscine. En rĂ©alitĂ©, 183 piscines Tournesol ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es en France, et 196 piscines Caneton.
inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/les-piscines-des-tren... -
les Piscines TOURNESOL En réalité, 183 piscines Tournesol ont été réalisées en France, et 196 piscines Caneton.
inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/les-piscines-des-tren... - @ les pisçines Tournesol â a et b Dossier sur la piscine de Carros
â Notice de la piscine de Bonneveine [archive], sur le site de la DRAC de PACA.
â Notice de la piscine de Carros-le-Neuf [archive], sur le site de la DRAC de PACA.
â Bilan 2011-2012 : Patrimoine architectural du xxe siĂšcle, Ă©difices « labellisĂ©s », Ă©difices « labellisĂ©s » inscrits ou classĂ©s [archive], sur le site du ministĂšre de la Culture.
â Christine Lescoutte-Gardent, « La piscine en travaux », Sud Ouest,â 9 fĂ©vrier 2013 (lire en ligne [archive]).
â Marc Gaillard, Architectures des sports, Ăditions du Moniteur, coll. « Architecture / Les bĂątiments », 1981 (ISBN 2-281-00014-1), p. 54.
â « Piscine de Carros » [archive], 2006 (consultĂ© le 9 dĂ©cembre 2017)
â « Les piscines Tournesol de Monsieur Schoeller » [archive], sur archipostcard.blogspot.fr (consultĂ© le 9 dĂ©cembre 2017)
â www.pss-archi.eu/immeubles/FR-50129-19686.html [archive]
â « Piscine du bois du chĂąteau Ă Lorient » [archive], sur guide-piscine.fr, 1er juin 2016 (consultĂ© le 21 aoĂ»t 2016)
â « Piscine de Baud » [archive], sur guide-piscine.fr, 28 juin 2016 (consultĂ© le 21 aoĂ»t 2016)
â a et b « La piscine Tournesol en phase de dĂ©molition » [archive], sur ouest-france.fr, Ouest France, 27 novembre 2015 (consultĂ© le 21 aoĂ»t 2016)
â « DĂ©molition de la piscine communautaire | CCB â CommunautĂ© de Communes du Bouzonvillois » [archive] (consultĂ© le 29 aoĂ»t 2016)
â « Lille : la piscine tournesol de la rue françois coppee, c'est dĂ©ja fini » [archive], sur www.lavoixdunord.fr/ [archive], 26 avril 2016 (consultĂ© le 9 janvier 2017)
â « Fermeture dĂ©finitive de la piscine Tournesol Ă Louvroil » [archive], sur Agglo Maubeuge-Val de Sambre, 24 mars 2016 (consultĂ© le 9 janvier 2017)
â DixiĂšme anniversaire de la piscine Atlantis. [archive]
â « Sa dĂ©molition a dĂ©butĂ© : la piscine Ă ventre ouvert ! » [archive], sur lavoixdunord.fr, 19 dĂ©cembre 2012 (consultĂ© le 9 janvier 2017)
â Emmanuel Delahaye, « La piscine Tournesol a vĂ©cu », L'Alsace,â 5 fĂ©vrier 2016 (lire en ligne [archive])
â « La piscine a Ă©tĂ© dĂ©molie », L'Alsace,â 12 janvier 2014 (lire en ligne [archive])
â CMS Anan6, « CommunautĂ© de Communes du Sud-Ouest AmiĂ©nois | Piscine communautaire » [archive], sur www.ccsoa.fr (consultĂ© le 9 janvier 2017)
â Schoeller, Bernard, Piscine tournesol, plans de projet M 1:100, Archives Commune de Larochette, Paris, 1974.
â Galerie d'architecture moderne [archive], sur citedechaillot.fr.
â [PDF] Plein air, Beauvais, Diaphane, 2008 (ISBN 978-2-9530799-1-3, lire en ligne [archive]), chap. 15 (« Jurisprudence, dĂ©nomination, botanique »), p. 40â41.
Bernard Schoeller et SecrĂ©tariat d'Ătat Ă la Jeunesse et aux Sports, Projet Tournesol : OpĂ©ration 1000 piscines, dossier technique de prĂ©sentation, Paris, R. Lacer, 1972, 31 p. (OCLC 1505704, notice BnF no FRBNF35900611, LCCN 75503940)
GĂ©rard Monnier (dir.), L'architecture moderne en France, vol. 3 : De la croissance Ă la compĂ©tition : 1967-1999, Paris, Picard, coll. « Librairie de l'architecture et de la ville », 2000, 311 p. (ISBN 2-7084-0571-3), « Les piscines Tournesol », p. 16â18
Patrick Facon, « Les piscines Tournesol », dans GĂ©rard Monnier (dir.) et Richard Klein (dir.), Les annĂ©es ZUP : Architectures de la croissance, 1960-1973, Paris, Picard, 2002, 301 p. (ISBN 2-7084-0629-9), p. 91â110
« Remise Ă neuf de la coupole d'une piscine 'Tournesol' », Les Cahiers techniques du bĂątiment, no 279,â mai 2008, p. 32â34 (ISSN 0241-6794)
Odile Fillion, « Volumes d'eau », D'A. D'Architectures, no 104,â aoĂ»t-septembre 2000, p. 36â51
fr.wikipedia.org/wiki/Piscine_Tournesol
Tantra Affirmations
~~~~~~~~~~~~~~~~
I enjoy my senses.
I feel the passion of my desires.
I create partnerships that are fair and pleasurable.
Jeudi 6 mars 2014. Bar-le-Duc (Meuse). Eglise Saint-Jean (XIXe siĂšcle).
Bar-le-Duc se situe dans le Grand Est de la France, au sud-ouest du dĂ©partement de la Meuse â dont elle est le chef-lieu â et Ă l'ouest de la rĂ©gion Lorraine. La commune s'Ă©tend dans la vallĂ©e de l'Ornain et sur ses versants, le long d'un axe sud-est/nord-ouest, et dĂ©borde sur le plateau du Barrois, dont elle est la capitale historique. Entre Lorraine et Champagne, elle est au cĆur de ce qui est appelĂ© la Lorraine champenoise.
Ă vol d'oiseau, la commune est situĂ©e Ă mi-chemin entre Paris (207 km2) et Strasbourg (191 km3). Dans la rĂ©gion, elle est distante de 74 km de Nancy4 (Meurthe-et-Moselle), de 83 km de Metz (Moselle) et de 115 km d'Ăpinal (Vosges). Elle se trouve Ă 47 km au sud de Verdun et Ă 31 km Ă l'ouest de Commercy, les deux autres plus grandes villes et sous-prĂ©fectures du dĂ©partement de la Meuse. Elle est plus proche de Saint-Dizier (22 km9), sous-prĂ©fecture du dĂ©partement voisin, la Haute-Marne, en Champagne-Ardenne.
La frontiÚre belge se situe à 90 km, celle du Luxembourg à 100 km, celle d'Allemagne à 120 km, et celle de Suisse à 200 km. Bar-le-Duc est finalement plus proche de certaines grandes villes européennes que d'autres villes françaises au sud ou à l'ouest du pays.
Des vestiges archéologiques témoignent de l'occupation trÚs ancienne du site, puisque des outils et des armes datant du Paléolithique et du Néolithique sont retrouvés dans la vallée ainsi qu'à Nasium. Mais ces trouvailles sont trop fragmentaires pour que l'on puisse affirmer qu'il y ait eu une vie organisée établie à cet endroit.
Caturiges (Bar-le-Duc) apparaĂźt sur la Table de Peutinger.
Ă l'Ă©poque gauloise, une petite bourgade du nom de Caturiges est fondĂ©e au fond de la vallĂ©e, sur la rive droite de l'Ornain. Les habitants, de la tribu des Leuques, vivent de l'Ă©levage et de la culture. Cependant, les premiĂšres mentions d'une rĂ©elle agglomĂ©ration remontent au Ier siĂšcle de notre Ăšre, aprĂšs l'invasion romaine. L'humble bourgade devient un relais routier/gĂźte d'Ă©tape (mutatio ou mansio) le long de la voie romaine reliant Reims Ă Metz via Toul. La citĂ© s'enrichit grĂące au trafic routier, et de nombreux bĂątiments sont construits, tels que des auberges pour les voyageurs, des entrepĂŽts pour les marchandises, et des ateliers d'artisans pour rĂ©parer les attelages. La ville devait ĂȘtre importante car elle figure Ă la fois sur la table de Peutinger, une ancienne carte romaine oĂč figurent les routes et les villes principales de l'Empire romain, et sur l'itinĂ©raire d'Antonin, un guide de voyage de la Rome antique.
L'agglomération se trouvait au niveau de l'actuel quartier Notre-Dame, et la rue des Romains est un vestige de l'ancienne voie romaine. Les travaux d'aménagement dans ce secteur, et notamment le chantier de construction de la premiÚre usine à gaz au milieu du XIXe siÚcle, ont révélé des substructions conséquentes, des éléments de mobilier, des monnaies gauloises et romaines, des statuettes en bronze, et des outils divers.
AprĂšs quatre siĂšcles de « paix romaine », les invasions barbares ruinent Caturiges et les habitants s'enfuient. Une bourgade mĂ©rovingienne est reconstruite au mĂȘme emplacement sous le nom de Barrivilla (Bar-la-Ville), et un nouveau quartier commence Ă se constituer sur l'autre rive de l'Ornain : Barrum Castrum ou Burgum Barri (le Bourg). En raison de l'insĂ©curitĂ© qui rĂšgne dans la rĂ©gion, le Bourg s'entoure de murailles et d'un fossĂ© alimentĂ© par une dĂ©rivation de l'Ornain, l'actuel canal des usines. La ville devient la capitale du Pays Barrois (Pagus Barrensis).
Le dĂ©veloppement de l'agglomĂ©ration va connaĂźtre un nouvel Ă©lan au milieu du Xe siĂšcle. Vers 951/970 â Les dates diffĂšrent selon les sources â, FrĂ©dĂ©ric Ier, duc de Haute-Lorraine, cherchant Ă protĂ©ger son territoire des champenois, fait construire un chĂąteau en rive gauche, sur l'Ă©peron rocheux dominant la vallĂ©e d'une cinquantaine de mĂštres. L'Ă©peron, comme la ville, sont d'ailleurs usurpĂ©s au diocĂšse de Toul, que FrĂ©dĂ©ric Ier dĂ©dommage avec d'autres terres. Le chĂąteau est primitif, constituĂ© de quatre hautes tours et d'une double enceinte, mais il ne cessera d'ĂȘtre perfectionnĂ© tout au long du Moyen Ăge. Par sa situation et son rĂŽle dĂ©fensif, Bar sera la principale citadelle lorraine sur la route de France, et ce jusqu'au XVIe siĂšcle.
Trois gĂ©nĂ©rations plus tard, en 1033, FrĂ©dĂ©ric III meurt sans enfants, et le duchĂ© de Haute-Lorraine est partagĂ© entre ses deux sĆurs, BĂ©atrice et Sophie, mais aucune d'entre elles ne peut prĂ©tendre au titre, rĂ©servĂ© Ă un homme. Elles sont alors Ă©levĂ©es par leur tante maternelle, l'impĂ©ratrice GisĂšle de Souabe (995-1043). BĂ©atrice, mariĂ©e en 1037 au marquis de Toscane Boniface III, est la mĂšre de Mathilde, comtesse de Toscane, qui joua un rĂŽle important dans la querelle des Investitures opposant le Saint-SiĂšge au Saint-Empire romain germanique. Quant Ă Sophie, qui a hĂ©ritĂ© de Bar et Saint-Mihiel, elle Ă©pouse en 1038 Louis de Mousson, comte de MontbĂ©liard, qui devient le premier comte de Bar. Devenue veuve vers 1070, elle gouverne le nouveau comtĂ© de Bar avec beaucoup de sagesse et de fermetĂ©. Elle fonde le prieurĂ© Notre-Dame, dont l'Ă©glise Notre-Dame est le vestige, et contribue Ă l'essor du Bourg. Ă partir du XIIIe siĂšcle, le nom de Bar-le-Duc fait son apparition afin de la diffĂ©rencier des communes de Bar-sur-Seine et Bar-sur-Aube, toutes deux en Champagne.
Les successeurs de Sophie agrandissent leur territoire en une principauté importante, aux dépens de leurs voisins, profitant de leur implantation à la frontiÚre de la France et de l'Empire allemand, et de la faiblesse des deux souverains. Les comtes de Bar, qui participent en outre aux Croisades, sont vus comme les plus habiles et les plus ambitieux en Lorraine, et le comté est considéré comme un alleu, c'est-à -dire une terre indépendante dont les comtes sont pleinement souverains. Au début du XIIIe siÚcle, ces derniers fixent leur cour au chùteau de Bar-le-Duc, aux dépens de Mousson et de Saint-Mihiel.
Lâexpansion gĂ©ographique et l'essor Ă©conomique vont profiter Ă la ville. La bourgeoisie s'enrichit de la culture de la vigne, du tissage du drap, du travail de la peau et de la fabrication d'armes. La morphologie urbaine de la citĂ© en est impactĂ©e, avec la crĂ©ation de deux nouveaux quartiers. Un quartier fortifiĂ© en amont du chĂąteau, l'actuelle Ville Haute, voit le jour sous l'impulsion du comte Henri II. Il est majoritairement peuplĂ© de nobles, religieux et autres privilĂ©giĂ©s, et se voit octroyer le privilĂšge du commerce de l'alimentation, au grand dam de la Ville Basse. Le deuxiĂšme nouveau quartier s'installe contre le Bourg, et est nommĂ© la Neuve-Ville. Initialement non fortifiĂ©, le quartier se voit emmurĂ© au XIVe siĂšcle pendant la Guerre de Cent Ans. Des moulins s'installent le long de la dĂ©rivation de l'Ornain, dans le quartier du Bourg, et sont utilisĂ©s pour diverses activitĂ©s Ă©conomiques (forges, tanneries...). De nouveaux faubourgs, VĂ©el et Marbot, apparaissent en dehors des limites de la ville, et de nombreux Ă©difices religieux sont construits : la collĂ©giale Saint-Maxe, la collĂ©giale Saint-Pierre (actuelle Ă©glise Saint-Ătienne) et le couvent des Augustins (l'Ă©glise Saint-Antoine en est le seul vestige).
Du XIe au XIIIe siĂšcle, les comtes de Bar ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de deux facteurs favorables : la situation de la principautĂ© entre la France et le Saint-Empire, et l'absence de problĂšmes dans la succession. Mais Ă partir du XIVe siĂšcle, cela va changer. Devant l'essor de la puissance française, le comte de Bar Henri III, gendre du roi d'Angleterre Ădouard Ier, prend part Ă une alliance contre le roi de France Philippe le Bel. Vaincu, il est fait prisonnier pendant plus de deux ans. En 1301, il est relĂąchĂ© mais doit signer le traitĂ© de Bruges, dans lequel il se reconnaĂźt vassal du roi de France pour toutes ses terres Ă l'ouest de la Meuse. Ces terres constituent dĂ©sormais le Barrois mouvant.
En 1354, le comté est élevé en duché, et Robert Ier prend le titre de duc de Bar, mais le contexte n'est plus au développement, une partie du Barrois étant désormais sous tutelle de la France. La présence française est d'ailleurs bien visible. De 1475 à 1483, les troupes du roi de France Louis XI occupent le chùteau de Bar-le-Duc, et le souverain fait réparer les fortifications sous prétexte que le duc de Bourgogne Charles le Téméraire pourrait pénétrer la Champagne avec son armée via le Barrois.
En 1420, le duc de Bar RenĂ© d'Anjou est mariĂ© Ă Isabelle de Lorraine, fille du duc de Lorraine Charles II, avec dans l'idĂ©e l'union des deux duchĂ©s. Soixante ans plus tard, en 1480, RenĂ© II recueille son hĂ©ritage et les deux duchĂ©s, de Bar et de Lorraine, sont unis. Chaque duchĂ© conserve sa propre administration mais sont dĂ©sormais sous l'autoritĂ© d'un mĂȘme duc. Pour Bar, qui rivalisait jusque-lĂ avec Nancy, c'est un coup d'arrĂȘt, les futurs ducs privilĂ©giant Nancy.
Le principat de RenĂ© II de Lorraine ouvre en 1480 la plus brillante pĂ©riode de l'histoire de la citĂ©. Elle durera prĂšs d'un siĂšcle et demi. Bar-le-Duc bĂ©nĂ©ficie d'une conjoncture Ă©conomique favorable dans cette pĂ©riode de la Renaissance, confortĂ©e par l'habile politique des ducs Antoine le Bon et Charles III dans un contexte de conflits entre la France et le Saint-Empire. Une vĂ©ritable fiĂšvre constructrice s'empare de la citĂ©, aussi bien Ă la Ville Haute qu'Ă la Ville Basse. La femme de RenĂ© II, Philippe de Gueldre, trace un jardin Ă l'italienne prĂšs du chĂąteau. Charles III fait construire un nouveau chĂąteau dans la cour intĂ©rieur du chĂąteau fort, le Neuf-Castel, oĂč la Chambre des comptes du duchĂ© vient s'installer. Le collĂšge Gilles-de-TrĂšves est construit Ă partir de 1573 pour Ă©duquer les jeunes de la ville. La ville s'enrichit de beaux hĂŽtels Renaissance, et les maisons en torchis et Ă encorbellement sont reconstruites en pierre de taille.
MĂȘme si les ducs rĂ©sident peu Ă Bar-le-Duc, le chĂąteau est le théùtre de fĂȘtes somptueuses et des tournois sont organisĂ©s sur la place Saint-Pierre Ă l'occasion d'Ă©vĂšnements spĂ©ciaux, comme les baptĂȘmes, les mariages et les visites royales ou princiĂšres. En 1555, Charles III reçoit son beau-frĂšre le roi de France François II et sa femme Marie Stuart, reine dâĂcosse. Cette derniĂšre aurait particuliĂšrement apprĂ©ciĂ© la confiture de groseilles Ă©pĂ©pinĂ©es Ă la plume d'oie, spĂ©cialitĂ© de Bar-le-Duc. En 1564, le baptĂȘme d'Henri II, fils et hĂ©ritier de Charles III, est l'occasion de grandes cĂ©lĂ©brations en prĂ©sence du roi Charles IX et de la reine-mĂšre Catherine de MĂ©dicis.
Le XVIIe siÚcle est une période sombre pour Bar-le-Duc qui subit les conséquences désastreuses de la guerre de Trente Ans (1618-1648) : pillage, occupation par les troupes, famines et épidémies (notamment de peste en 1636), s'ajoutent à une politique financiÚre désastreuse du duc Henri II. Mais c'est surtout la position anti-française du duc Charles IV qui cause du tort à la cité. En 1632, le roi de France Louis XIII vient en personne prendre possession de la ville, à l'initiative du cardinal Richelieu. L'agglomération restera occupée jusqu'en 1661, changeant quatre fois de maßtre pendant la Fronde (1648-1653) et subissant un siÚge de l'armée royale menée par le cardinal Mazarin en décembre 1652.
Finalement, en 1670, lassé des intrigues ducales, le roi Louis XIV ordonne le démantÚlement des fortifications du chùteau et de la ville. Ne sont conservés que le chùteau-neuf, inoffensif, la Tour de l'Horloge, parce qu'elle donne l'heure, et la Tour Heyblot. Les murailles subsistent autour de la ville, mais, sans tours, n'ont plus aucune fonction militaire. Elles servent désormais à contrÎler les accÚs à des fins fiscales et à protéger la population des épidémies. Des troupes françaises resteront dans la ville jusqu'en 1697.
En 1697, le traité de Ryswick rend le duché à Léopold Ier, petit-fils de Charles IV, mais l'influence française reste forte. En 1737, le duc François III, fils de Léopold Ier, accepte de céder son duché à l'ancien roi de Pologne Stanislas Leszczynski, sur ordre du roi de France Louis XV.
Sous les rÚgnes de ces ducs, Bar-le-Duc connaßt une nouvelle Úre prospÚre. Trois grands boulevards sont tracés en dehors des remparts : la rue de ClouyÚres (actuel boulevard Raymond-Poincaré), la rue (actuel boulevard) de la Rochelle, et l'avenue des Tilleuls. Les portes de la ville sont élargies et remaniées dans le style de l'époque. Des habitants construisent de nouvelles demeures, comme l'hÎtel de Salm ou l'hÎtel Désandroins, d'autres refont leurs façades. Le vignoble, notamment celui de la cÎte Sainte-Catherine, connaßt une période faste, le pinot de Bar s'exportant vers le Luxembourg et l'actuelle Belgique. L'activité cotonniÚre se développe également.
à la mort de Stanislas Leszczynski en 1766, les duchés de Lorraine et de Bar sont définitivement rattachés à la France. C'est un nouveau coup dur pour Bar-le-Duc, puisque la grande route Paris-Nancy voit son trajet modifié, passant désormais par Saint-Dizier et Ligny-en-Barrois et non plus par la capitale du Barrois.
Sous la RĂ©volution française, Bar-le-Duc, comme la plupart des villes françaises, connaĂźt une vie politique tumultueuse, en particulier de 1789 Ă 1795. De nombreux changements ont lieu. PremiĂšrement, d'octobre 1792 Ă juillet 1814, la ville prend le nom de Bar-sur-Ornain, plus rĂ©publicain. Elle devient Ă©galement le chef-lieu du nouveau dĂ©partement du Barrois (futur dĂ©partement de la Meuse), au grand dam de ses rivales Saint-Mihiel et Verdun. DeuxiĂšmement, l'abolition des privilĂšges du 4 aoĂ»t 1789 est traduit en une mesure symbolique : l'hĂŽtel de ville est transfĂ©rĂ© de la Ville Haute Ă la Ville Basse. Jusque lĂ , le quartier de la Ville Haute avait conservĂ© la puissance politique, administrative, judiciaire et commerciale. TroisiĂšmement, la ville est laĂŻcisĂ©e, ce qui se traduit par la disparition des sept communautĂ©s religieuses prĂ©sentes depuis le Moyen Ăge. Le couvent des Carmes est transformĂ© en prison, celui des Minimes en marchĂ© couvert, le jardin du couvent des religieuses de la congrĂ©gation de Notre-Dame devient la place Reggio, premiĂšre place publique en Ville Basse.
Sous le Consulat (1799-1804), la fonction administrative de la ville est renforcée avec la nomination du premier préfet de la Meuse par le Premier Consul Napoléon Bonaparte en 1800. L'hÎtel de préfecture est installé dans l'ancien couvent des Antonistes en Ville Basse.
Le Premier Empire (1804-1814) va mettre en lumiÚre deux militaires barisiens au service de Napoléon : Nicolas-Charles Oudinot, premier duc de Reggio et maréchal d'Empire, et Rémy Joseph Isidore Exelmans, général puis maréchal de France. Oudinot se fait construire en Ville Basse un bel hÎtel particulier avec parc et jardins, qui abrite depuis sa mort l'hÎtel de ville.
Sous l'Empire, la ville connaßt des changements architecturaux : les quais de l'Ornain sont aménagés et plantés d'arbres, les portes des anciennes fortifications sont détruites, l'hospice-hÎpital de la rue du Bourg est fermé, une halle au grain et un nouveau pont sur l'Ornain sont construits.
à la suite des défaites napoléoniennes, Bar-le-Duc connaßt plusieurs occupations militaires. De janvier à avril 1814, elle est occupée par les troupes prussiennes ; puis, aprÚs les Cent-Jours (1815), par les troupes russes jusque 1818.
La ville reste à l'écart de la révolution industrielle qui transforme les autres villes de Lorraine, mais connaßt malgré tout un certain développement économique. L'industrie textile, puis la métallurgie et la brasserie se développent, et de nouveaux axes de transport et de communication passent par la cité : le canal de la Marne au Rhin en 1845, puis le chemin de fer Paris-Strasbourg en 1851. La population passe de 9 600 habitants en 1804 à 17 000 en 1911. En 1861, le Barisien Pierre Michaux et son fils Ernest inventent le vélocipÚde à pédales : la michaudine.
Cet essor se ressent sur l'urbanisme, et de nombreuses constructions voient le jour : le théùtre de la Comédie et le café des Oiseaux en 1852, le lycée impérial en 1857 (actuel lycée Raymond-Poincaré), la Caisse d'épargne, l'église Saint-Jean à partir de 1876, et le chùteau Varin-Bernier de 1903 à 1905 (renommé depuis chùteau de Marbeaumont). Le couvent des Dominicaines, à la Ville Haute, s'agrandit d'une chapelle et d'une statue de la Vierge dominant la ville. Un nouvel hÎtel de préfecture est construit, et l'aménagement de l'avenue du Chùteau facilite l'accÚs à la Ville Haute.
AprÚs la défaite française dans la guerre franco-allemande de 1870, la ville est de nouveau occupée jusqu'au 23 juillet 1873. Devenue ville frontiÚre avec l'Empire allemand, elle abrite à partir de 1880 une garnison importante de 2 000 hommes.
Bar-le-Duc est peu touchĂ©e par les combats de la PremiĂšre Guerre mondiale (1914-1918). Elle Ă©chappe Ă l'occupation ennemie au dĂ©but de la guerre, alors que les Allemands se dirigent vers elle en septembre 1914. Ces derniers, arrivĂ©s au niveau de Revigny-sur-Ornain, sont contraints de se replier au-delĂ de Clermont-en-Argonne par la bataille de la Marne. SituĂ©e non loin de la ligne de front, elle va quand mĂȘme subir de 1915 Ă la fin de la guerre quelques bombardements. PrĂšs de 600 bombes font 80 morts civils et militaires, et 70 immeubles sont gravement endommagĂ©s en Ville Basse. Les dĂ©gĂąts ne sont cependant en rien comparables Ă ceux de Verdun ou des autres villages du front, dont certains ont Ă©tĂ© complĂštement rasĂ©s. La prĂ©servation de la ville est alors attribuĂ©e Ă Notre-Dame du Guet.
Placée en arriÚre des lignes, la ville joue un rÎle stratégique important. Elle sert de point de départ pour le ravitaillement de la ville de Verdun lors de la bataille homonyme de 1916. Troupes, vivres et matériel empruntent le chemin de fer local « Le Meusien » (appelé également « Le Varinot » du nom de son constructeur Charles Varinot), et des milliers d'hommes et de camions circulent sans interruption sur la route reliant Bar à Verdun. Cette derniÚre se verra attribuée le nom de « Voie sacrée » par l'écrivain et homme politique Maurice BarrÚs dÚs avril 1916, en référence à l'antique Via Sacra romaine menant au triomphe.
Le monument aux morts est érigé en Ville Basse, et une nécropole nationale de plusieurs milliers de tombes voit le jour. En 1920, la ville est décorée de la croix de guerre 1914-1918 en présence du député de la Meuse André Maginot et du président de la République Raymond Poincaré, enfant de la ville.
Pendant l'entre-deux-guerres (1919-1939), la vie barisienne ne connaßt pas de grands changements. Les usines de moulage de la fonte emploient plus de 400 salariés, deux brasseries tournent toujours (les Brasseries de la Meuse et de la Croix de Lorraine) mais aucune nouvelle entreprise ne vient s'installer. La population est quasi stable, passant de 16 261 habitants en 1921 à 16 725 en 1936.
Quelques mois aprĂšs le dĂ©but de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), les combats se rapprochent de plus en plus de Bar-le-Duc. Le 12 juin 1940, la Luftwaffe bombarde le dĂ©pĂŽt de la SNCF et le boulevard de la Rochelle. Les habitants s'enfuient, et lorsque le 15 juin l'ennemi prend possession de la ville, celle-ci est pratiquement vide. Bar-le-Duc, comme le reste du dĂ©partement, se retrouve dans la zone interdite, lĂ oĂč le rĂ©gime est le plus strict, sous contrĂŽle de la Feldkommandantur, la Feldgendarmerie et la Gestapo.
MalgrĂ© les risques, la rĂ©sistance est trĂšs active, portant aide aux Ă©vadĂ©s et aux pilotes alliĂ©s abattus. Peu de gens soutiennent l'action du marĂ©chal PĂ©tain. Les dĂ©faites allemandes successives et le succĂšs du dĂ©barquement de Normandie en juin 1944 vont pousser les Allemands aux pires exactions. Dans la semaine qui prĂ©cĂšde la libĂ©ration, 18 hommes sont exĂ©cutĂ©s dans le quartier de la FĂ©dĂ©ration et dans les villages environnant. Ă quelques kilomĂštres de la vallĂ©e de la Saulx, le massacre du 29 aoĂ»t 1944 fait 86 victimes. Enfin, le 31 aoĂ»t 1944 Ă 18 h, la TroisiĂšme armĂ©e des Ătats-Unis (Third United States Army) entre en ville et libĂšre Bar-le-Duc.
Positive affirmations are a great way to install positivity and confidence in children. Here's a positive affirmations journal for boys: 101 positive affirmations for boys.
Abney Park Cemetery, at Stoke Newington, North London, is one of the great municipal burial grounds laid out during the 19th century among farms and market gardens on what was then London's rim. Here, and to Highgate, Norwood and Kensal Green, came the thousands of metropolitan dead. All the cemeteries were fated to be engulfed by the ugly concentric layers of London's inter-war expansion, but on such a day as this, with bees humming among the blossoms and a woodpecker drumming nearby, one might close one's eyes and imagine one's self in some far off fairy dingle. Indeed, it is in the "duality" of such places that their peculiar fascination dwells ...in the juxtaposition of chaotic vegetation with smoothly wrought stone, in their seeming to be both rural and urban, of our being, in life, surrounded by death.
Upon opening our eyes, however, we are soon undeceived, for the cemetery is the resort of the district's sots, derelicts, scroungers and layabouts. Here, for instance, an unfortunate dotard, in the evening of his days, stares half-wittedly at the camera. I do not begrudge these unfortunates their enjoyment of this agreeable place. Like the rest of us they need their solace.
Nor do I have "a problem" with the oil drum pressed into service as a litter bin. It is unsightly but doesn't pretend not to be; it is authentic and unselfconscious. That post, just beyond and to the left of it, is a different matter. It tells us that amenity-mongers have been here, assessing eligibility for funding, formulating conservation strategies, identifying species-rich habitat, ensuring that paths, gates, steps, styles and miscellaneous provisions comply with the appropriate guidelines, quantifying density of vegetation and decrepitude of masonry to ensure that each accords with the bureaucratic idea of romantic dereliction. How infuriating is the post itself ...its metric dimensions complying with Euro-directive 97/320, so conspicuously unobtrusive in the unpaintedness of its naked timber, so "appropriate", so harmonious, so natural; yet, in its fatal, smooth-edged, square-cornered newness, so obviously a very recent introduction and so obviously a product of contemporary delusions. Below the tastefully discreet "waymark" disc is another little roundel. What would that be? Probably the "logo" of the local authority. Why do we need to be told that the Council provided the post? The Council should spend our money providing public works and necessary services. There is no reason why it should expect our admiration or gratitude. Oh well, next year you'll be able to see it all in the glossy brochure that comes with your Council Tax demand ...the pictures of photogenically well-preserved pensioners, preferably female and from a less than wholly English background, smiling widely from their mobility scooters with the sheer joy of using Council-provided wheelchair accessibility. It makes you glad to pay, doesn't it?
United States Military Academy Class Of 2022 Cadets reaffirmed their oath during a ceremony at Ike Hall, West Point, New York on August 16, 2020 (U.S. Army photo by Tarnish Pride USMA/PAO).
I have to admit that I was a little bit surprised to see someone with a clergy collar at the rally for marriage equality, since in my experience, many devout Christians are not particularly tolerant of homosexuality. Melanie, however, is not only tolerant, she is affirming of the LGBTQ community. She is the pastor of the Sojourners United Church of Christ in Charlottesville, a post she assumed about a year-and-a-half ago. She told me that one of the reasons why she was happy to accept their job offer was precisely because it is an "open and affirming" church, which means that one of their basic principles is to welcome people of all ages, races, genders, and sexual orientations as full members of their community.
Melanie has been serving churches for almost twenty years, and she knew that she was called to do so even as a child. She told me that when she was a little girl, she would go out into the pastures on her family farm in Nebraska and preach to the cows, occasionally scolding them for their behavior and exhorting them to lead more righteous lives. Social justice issues are very important to her, and in addition to supporting the local LGBTQ community, she has a strong commitment to reproductive justice.
One thing that I would add is that in this portrait, she might look a bit severe, but in our conversation, she was quick to smile, and she seemed positively full of joy. I haven't seen her preach, but I would imagine that she is really good at connecting with her congregation.
This photo will also be posted on my Cville People Project Tumblr blog.
This photo is #105 in my 100 Strangers Project; you can learn more about the 100 Strangers Project at the 100 Strangers Flickr Group page.
twitter.com/Memoire2cite - AprĂšs 1945, les collines agricoles du sud-est de la ville connaissent un programme dâurbanisation de grande ampleur pour rĂ©pondre Ă la crise du logement. PrĂšs de 4600 logements sociaux vont ainsi ĂȘtre construits en quatre tranches successives de 1953 Ă 1970 : Beaulieu, la MarandiniĂšre, Montchovet, la MĂ©tare et la Palle formant aujourdâhui les quartiers sud-est. TouchĂ© par la crise Ă©conomique et urbaine de dingue, le secteur sud-est apparaĂźt Ă la fin des annĂ©es 1990 comme un espace monofonctionnel dĂ©diĂ© en totalitĂ© Ă lâhabitat locatif social et portĂ© par un seul bailleur l'OPAC devenu MĂ©tropole Habitat. Bien que bĂ©nĂ©ficiant de nombreux atouts (accessibilitĂ© et environnement agrĂ©able...), le quartier souffre du gigantisme de son urbanisation et du manque de rĂ©sidentialisation des unitĂ©s dâhabitation. Par une action en profondeur et dans la durĂ©e, la Ville de Saint-Ătienne, Ă travers son Programme de RĂ©novation Urbaine (PRU), a amorcĂ© une transformation durable du quartier depuis 1989 avec la 1ere demolition du programme Ă la rue Pierre Loti le 31 janvier 1989 (BANLIEUE89), 30 ans de renouvellement urbain sur la ville.... une ville pilote en la matiere des 1990. Aujourd'hui et demain Les quartiers sud-est vont poursuivre leur mutation, avec lâappui continu de lâAgence Nationale de RĂ©novation Urbaine et ses partenaires l'ANRU2. DĂ©velopper le secteur Ă©conomiqueL'objectif est de dynamiser lâĂ©conomie dans ce territoire en portant de nouveaux projets et en restructurant lâoffre commerciale de proximitĂ©. La Ville de Saint-Ătienne a prĂ©vu la crĂ©ation de nouvelles zones dâactivitĂ©s permettant lâaccueil dâentreprises. Ainsi une zone dâactivitĂ©s Ă©conomiques, rue Pierre Loti, rĂ©pondra aux besoins fonciers des entreprises et des artisans locaux. Ce projet de zone Ă©conomique, en visibilitĂ© directe de la RN 88, permettra lâimplantation dâune cinquantaine dâentreprises et la crĂ©ation de 300 emplois. Un nouveau centre commercial sur le secteur de la MarandiniĂšre, couplĂ© Ă la dĂ©molition des centres commerciaux de la Palle et Sembat, permettra de restructurer et moderniser lâoffre commerciale de proximitĂ©. Renouveller l'offre d'habitat Une qualitĂ© rĂ©sidentielle sâaffirme progressivement au sein des quartiers Sud-Est, grĂące Ă une nouvelle offre dâhabitat variĂ©e qui Ă©merge depuis plusieurs annĂ©es. Les nombreuses dĂ©molitions rĂ©alisĂ©es et Ă venir (Boulevard des Mineurs en 2018 et immeubles Loti en 2020), ainsi que les rĂ©habilitations dâimmeubles en cours, vont permettre de diversifier lâoffre de logements. Lâun des objectifs du projet urbain est donc de conforter la vocation rĂ©sidentielle du quartier en stimulant lâoffre et en accompagnant des projets comme la construction de logements passifs sur le secteur de Beaulieu, la transformation de lâancienne Ă©cole Baptiste-Marcet et la rĂ©habilitation de logements Ă Monchovet. AmĂ©liorer le cadre de vie des habitantsLes quartiers sud-est bĂ©nĂ©ficient dâun environnement naturellement riche et variĂ©, Ă lâinterface entre les grands parcs de la ville (jardin des Plantes, parc de lâEurope, Bois dâAvaize) et le Pilat. Le projet urbain de la Ville de Saint-Ătienne prĂ©voit de relier ces espaces naturels entre-eux avec la crĂ©ation dâune continuitĂ© verte, qui permettra aux marcheurs et autres randonneurs de bĂ©nĂ©ficier dâun vĂ©ritable rĂ©seau de chemins autour de la commune. Le boulevard Alexandre-de-Fraissinette, vĂ©ritable colonne vertĂ©brale du quartier, et la rue Pierre-Loti seront entiĂšrement revus pour assurer un meilleur partage de lâespace entre tous les modes de dĂ©placements (voiture, vĂ©lo et piĂ©ton) et assurer un maillage inter-quartiers plus efficace. fr.calameo.com/read/0005441131b4119eaa674Depuis 2014, la rĂ©novation urbaine dans les quartiers sud-est sâest traduite par de nombreux travaux: la construction du centre commercial de la Grande MarandiniĂšre, lâamĂ©nagement dâun lotissement de treize maisons individuelles passives, impasse ClĂ©menceau, les rĂ©novations des Ă©coles de Montchovet et de Beaulieu, la rĂ©habilitation de locaux rue Henri-Dunant (pour y installer la Maison des associations), et enfin les dĂ©molitions rĂ©centes du centre commercial du boulevard de la Palle et dâun garage, au 41 rue de Terrenoire.DĂ©molitions mais aussi constructions sont au programme. Plusieurs acteurs entrent en jeu dans le financement de ces projets, notamment lâANRU (Agence nationale de rĂ©novation urbaine) mais aussi la Ville, le DĂ©partement et la RĂ©gion. Ainsi, le contrat avec lâANRU, signĂ© le 14 mars, dĂ©gage une somme de 23 millions dâeuros, somme Ă laquelle il faut ajouter 3,3 millions dâeuros de la RĂ©gion. Pour les annĂ©es Ă venir, les objectifs visent Ă la poursuite du dĂ©veloppement Ă©conomique, de la mutation de lâhabitat par des constructions individuelles ou de petits immeubles, des dĂ©molitions ponctuelles, de la valorisation des espaces publics et du renforcement des espaces du quartier. Deux secteurs sont concernĂ©sâ: Loti et la Grande MarandiniĂšre. Le 11 AVRIL 1964, le dĂ©veloppement de la ville de Saint Etienne, et ses travaux ..La ville de Saint Etienne se dĂ©veloppe tout comme l'ensemble du territoire... Pour accompagner cet accroissement de population, de nouveaux quartiers se construisent aux abords de la ville chaque jours. Et pour faire face aux problĂšmes de circulation, un boulevard pĂ©riphĂ©rique a Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©. RĂ©alisĂ© Ă l'occasion de la construction de la dĂ©viation sud de l'autoroute de Saint Etienne, ce reportage tĂ©moigne de la visite du sĂ©nateur maire de la ville, Mr. Michel DURAFOUR, sur le chantier du tunnel de la dĂ©viation. Accueilli par Mr. Rocher, prĂ©sident de la sociĂ©tĂ© forĂȘzienne de travaux publics, Michel DURAFOUR dĂ©couvre avec les membres du conseil municipal l'avancĂ©e des travaux. (voir aussi le chantier de l A 47 avec la video du tunnel du rond-point içi : www.ina.fr/video/LXC9610041788 . Ce quartier est nĂ© des programmes de grands ensembles mis en Ćuvre Ă partir des annĂ©es 1950 afin de rĂ©duire la pĂ©nurie de logements. La mairie choisit donc de dĂ©velopper un quartier moderne 4 600 logements en HLM pour pouvoir loger plus de 30 000 habitants avec des loyers modĂ©rĂ©s dans des bĂątiments modernes. Ce quartier avait comme emblĂšme un des plus grands immeubles dâEurope surnommĂ© la Muraille de Chine qui Ă©tait visible depuis lâautoroute. Ce quartier sâest construit en quatre tranches : Beaulieu I (Beaulieu) de 1953 Ă 1955 ; Beaulieu II (La MarandiniĂšre) en 1959 ; Beaulieu III (Montchovet) en 1964 ; Beaulieu IV (La Palle) en 1971. Il est aujourdâhui en profonde mutation avec un programme de renouvellement urbain qui prĂ©voit la dĂ©molition de plus 1000 logements et la reconstruction de 250. BĂątiments spĂ©cifiques : CHPL (Centre Hospitalier PrivĂ© de la Loire) qui remplace la Muraille de Chine ; Ecole Nationale d'ingĂ©nieurs de Saint-Etienne Un modĂšle de l'urbanisme des annĂ©es 1950. Beaulieu-Montchovet: La ville choisit de construire un immense quartier neuf de plus de 4.600 logements, prĂ©vu pour loger 30.000 habitants, sur les basses pentes du Pilat, Ă la sortie sud-est de Saint-Etienne.Entre les forĂȘts, qui seront classĂ©es parc naturel quelques annĂ©es plus tard, et les quartiers chics du cours Fauriel, c'est un des endroits les mieux situĂ©s de la ville.C'est aussi le seul grand emplacement proche du centre oĂč il n'y aie pas eu de mines, parce que les couches de charbon s'arrĂȘtent juste avant : le terrain est assez solide pour supporter de gros immeubles. Içi le chantier de construction de MONTCHOVET soit Beaulieu 3, la continuitĂ©e des constructions HLM de nos quartiers sud-est (les chantiers de l'OPAC) , la vidĂ©o içi :www.ina.fr/video/LXF99004401 .Retour sur son historique de 1962 Ă aujourd'hui e n 2018.Un grand-Ensemble qui rappelle combien la politique d'urbanisme des annĂ©es 1960 et suivantes a Ă©tĂ© conduite en dĂ©pit du bon sens la video içi www.google.fr/search?q=montchovet+ina&oq=montchovet+i... et lĂ www.ina.fr/video/CAC00029801 , mais aussi içi www.ina.fr/video/CAC00029801 - avec Claude BARTOLONE içi avec la Visite Ă Saint Etienne du ministre dĂ©lĂ©guĂ© Ă la ville le jour de la dĂ©molition de la muraille de Chine. Rencontre avec des associations pr discuter du futur du quartier Montchovet. www.ina.fr/video/LY00001263573 - fresques.ina.fr/rhone-alpes/fiche-media/Rhonal00046/demol... - et les differentes videos de la demolition la encore : La dĂ©molition de la "muraille de Chine" de Saint Etienne www.youtube.com/watch?v=aq1uOc6Gtd0, www.youtube.com/watch?v=YB3z_Z6DTdc terrible :( ^^ l interview de Michel Thiolliere Le Grisou.fr a interviewĂ© Michel ThiolliĂšre, ancien maire de Saint-Etienne et sĂ©nateur de la Loire, membre du Parti radical et actuel vice-prĂ©sident de la Commission de rĂ©gulation de l'Ă©nergie. Il livre son analyse sur les prochaines Ă©chĂ©ances politiques, notamment la campagne des municipales en cours Ă Saint-Etienne, les alliances de la droite et du centre, mais aussi le mandat de Maurice Vincent. Michel ThiolliĂšre s'attarde Ă©galement sur les besoins de l'agglomĂ©ration stĂ©phanoise et Ă©voque les enjeux Ă©nergĂ©tiques en France.(Interview : Maxime Petit -- RĂ©alisation : Studios Bouquet) www.youtube.com/watch?v=AJAylpe8G48,"François Mitterrand, aprĂšs la visite de deux quartiers -l'un Ă Saint Etienne et l'autre Ă VĂ©nissieux, inscrits sur la liste de ceux Ă rĂ©habiliter -, parle du plan de rĂ©habilitation pour de meilleures conditions de logement.François Mitterrand / Georgina Dufoix / Gilbert Trigano / François Dubanchet / Marcel HouĂ«l ThĂšmes : Grands travaux et grands projetsLe PrĂ©sident > 1er septennat 1981-1988 > 1981-1986 ĂclairageDepuis la fin des annĂ©es 1970, la rĂ©gion lyonnaise apparaĂźt comme l'Ă©picentre des violences urbaines qui se dĂ©roulent en France. Durant l'Ă©tĂ© 1981, des violences urbaines ont conduit le gouvernement Ă engager le plus tĂŽt possible une nouvelle politique en faveur des quartiers dĂ©gradĂ©s. MalgrĂ© les premiĂšres opĂ©rations de rĂ©habilitation engagĂ©es par la Commission nationale pour le dĂ©veloppement social des quartiers, la situation demeure extrĂȘmement tendue dans un certain nombres de quartiers populaires. L'assassinat d'un jeune de la CitĂ© des 4 000 par un habitant en juillet 1983 a ravivĂ© les dĂ©bats autour du thĂšme du "mal des grands ensembles" selon l'expression de l'Ă©poque. D'autre part, le contexte politique conduit Ă©galement le pouvoir Ă s'intĂ©resser encore davantage Ă la question de la dĂ©gradation urbaine dans la mesure oĂč de trĂšs nombreux quartiers populaires n'ont pas cette fois-ci apportĂ© leurs suffrages aux candidats de la gauche.La visite de François Mitterrand dans deux quartiers dĂ©gradĂ©s de la rĂ©gion lyonnaise constitue donc un signal fort Ă l'Ă©gard des populations qui y vivent. Ce dĂ©placement fait Ă©galement Ă©cho Ă celui rĂ©alisĂ© quelques jours plus tĂŽt au sein de la CitĂ© des 4 000 Ă La Courneuve en Seine Saint Denis (voir Visite de François Mitterrand Ă La Courneuve). Le principe est d'ailleurs le mĂȘme et il est exprimĂ© par le prĂ©sident de la RĂ©publique : voir par lui-mĂȘme l'Ă©tat rĂ©el de ses quartiers. Le fait qu'il soit mentionnĂ© dans le reportage que "ces visites surprises" se soient faites dans la "plus grande discrĂ©tion" (notamment sans les Ă©lus locaux concernĂ©s) marque effectivement la volontĂ© du prĂ©sident de la RĂ©publique d'Ă©tablir une sorte de lien direct avec les habitants qui vivent dans ces quartiers. Il ne s'agit pas de faire l'annonce de nouvelles mesures mais "de voir les choses par moi-mĂȘme" selon l'expression utilisĂ©e par François Mitterrand lors de son allocution Ă la PrĂ©fecture Ă Lyon. Au moment oĂč la Commission nationale pour le dĂ©veloppement social des quartiers Ă©tablit la liste dĂ©finitive des 22 quartiers qui bĂ©nĂ©ficieront d'un programme de rĂ©habilitation, la visite du prĂ©sident de la RĂ©publique sur le terrain suggĂšre une forme de "prĂ©sidentialisation" du thĂšme de la rĂ©habilitation des grands ensembles.La crĂ©ation au mĂȘme moment de Banlieue 89 suscitĂ©e par deux architectes proches de François Mitterrand, Roland Castro et Michel Cantal-Duparc, suggĂšre Ă©galement l'intĂ©rĂȘt du prĂ©sident de la RĂ©publique pour les questions urbaines (voir Inauguration de l'exposition organisĂ©e par Banlieue 89)."http://fresques.ina.fr/mitterrand/fiche-media/Mitter00106/visite-de-francois-mitterrand-a-saint-etienne-et-aux-minguettes.html JournalisteVisites surprises qui se sont dĂ©roulĂ©es dans la plus grande discrĂ©tion, seule Madame Georgina Dufoix, SecrĂ©taire dâEtat Ă la Famille et aux ImmigrĂ©s, Monsieur Gilbert Trigano, le PDG du Club MĂ©diterranĂ©e qui participe Ă la Commission Dubedout, et deux collaborateurs du Chef de lâĂtat Ă©taient prĂ©sents. Ni Ă Saint-Ătienne, ni Ă VĂ©nissieux, les autoritĂ©s locales nây ont participĂ©s. Peu avant midi, le PrĂ©sident est arrivĂ© Ă la PrĂ©fecture du RhĂŽne Ă Lyon oĂč sâest dĂ©roulĂ©e pendant 45 minutes une sĂ©ance de travail avec les Ă©lus locaux et notamment Messieurs Dubanchet, Maire de Saint-Ătienne et HouĂ«l, Maire de VĂ©nissieux. RĂ©union qui a donnĂ© lâoccasion dâaborder les problĂšmes de fond, devait souligner François Mitterrand.(Bruit)François MitterrandLes deux quartiers que je viens de visiter, celui de Montchovet Ă Saint-Ătienne et celui de Monmousseau Ă lâintĂ©rieur des Minguettes sur la commune de VĂ©nissieux, sont inscrits sur la liste des 22 quartiers Ă rĂ©habiliter, retenus, proposĂ©s par la Commission Dubedout devenue la Commission Pesce, et retenus par le Gouvernement. Et je compte appliquer nos efforts pour quâeffectivement, ces quartiers soient rĂ©habilitĂ©s, câest-Ă -dire, soient habitables. Quâon y trouve, pour ceux qui y vivent, euh, suffisamment de convivialitĂ©, de capacitĂ© de dĂ©velopper une famille et, euh, revenant de son travail quand on en a, de pouvoir vivre avec les autres. Les conditions de logement, la construction de ces ensembles, les liaisons avec lâextĂ©rieur, lâĂ©cole, le sport, les espaces verts, bref, lâespace tout court, contribuent, vous le comprenez bien Ă , au futur Ă©quilibre, ou contribueront au futur Ă©quilibre de ces quartiers. Alors, je prĂ©fĂšre voir les choses par moi-mĂȘme. Il faut bien se dire que Ă lâorigine de nombreux dĂ©sordres sociaux se trouvent ces fĂącheuses, ces dĂ©plorables conditions de vie. Et moi, je veux lutter contre ces dĂ©sordres et pour cela, il faut que je mâattaque avec le Gouvernement et ceux qui ont la charge auprĂšs de moi, je veux absolument mâattaquer aux sources dâun malaise et dâun dĂ©sĂ©quilibre social qui sont dâune immense ampleur. Raison de plus pour commencer par un bout avec Ă©nergie et continuitĂ©. Et de ce point de vue, je compte bien, au cours des semaines et des mois Ă venir, persĂ©vĂ©rer dans cette enquĂȘte personnelle qui me permet ensuite de donner des instructions prĂ©cises Ă ceux qui participent Ă la gestion de lâĂtat., Ă Saint-Ătienne comme dans les communes de sa proche banlieue. Une sorte de grand monument Ă la gloire des HLM, comme si on avait fait exprĂšs de la faire aussi Ă©norme pour montrer comme les gens Ă©taient fiers de ce quartier. Autour on construit tout ce qu'il faut pour les habitants : une Ă©cole, Montchovet, qui donne sur le grand prĂ© derriĂšre, une MJC, une piscine, un centre commercial, avec la Poste, plus tard le bureau de police. En 1978, comme les enfants des habitants grandissent, on ouvre un deuxiĂšme collĂšge dans la ZUP. Il prendra le nom de Jean DastĂ©, qui a créé la ComĂ©die de Saint-Etienne, le plus grand thĂ©atre de province en France, et son Ă©cole de comĂ©diens. AprĂšs 1984 les loyers des HLM ont augmentĂ©, beaucoup d'habitants sont partis. La population de Saint-Etienne diminue surtout dans les quartiers sud : beaucoup de gens dĂ©mĂ©nagent vers la plaine du Forez, moins froide, oĂč il y a la place de batir des maisons. On a rĂ©novĂ© beaucoup d'appartements anciens en ville : la crise du logement est finie. On ne sait mĂȘme plus qu'elle a existĂ©. Les ZUP ont vieilli et la plupart des gens prĂ©fĂšrent se loger dans des appartements rĂ©cents. Alors on ferme : le collĂšge de Beaulieu, l'Ă©cole de la MarandiniĂšre, la Poste. La Muraille coute trĂšs cher Ă entretenir : il n'y a plus asssez d'habitants pour payer les frais. Les HLM ont dĂ©cidĂ© de la dĂ©truire: c'est le plus gros projet de dĂ©molition jamais rĂ©alisĂ© en Europe. Les familles qui restaient ont du dĂ©mĂ©nager. On va faire exploser la Muraille de Chine au printemps de l'an 2000. Peut ĂȘtre qu'il fallait le faire, mais pour les gens du quartier c'est un gros morceau de notre Histoire qu'on nous dĂ©truit.1954: les premiers travaux Ă Beaulieu : la campagne devient une ville Ă grands coups de bulldozer..Le projet est de construire en grande quantitĂ© des logements de bonne qualitĂ©, avec tout le confort, des chambres pour les enfants, l'eau, le chauffage central, des sanitaires, des arbres et des pelouses, et surtout .... des loyers accessibles pour tous. Ce seront les Habitations Ă Loyers ModĂ©rĂ©s, les HLM.Il faudra les construires en dehors des villes, pour en finir avec le mĂ©lange des industries et des logements, qui amĂšne le bruit et la pollution. Y prĂ©voir tous les Ă©quipements : commerces, Ă©coles, collĂšges, lycĂ©es, transports, parcs, Ă©quipements sportifs, police, pompiers, Postes. Construire des villes entiĂšres oĂč tout le monde aura accĂšs Ă ce qui n'Ă©tait encore que le luxe de quelques gens trĂšs riches.Cinq villes sont choisies pour ĂȘtre prioritaires : Paris ( Pantin ) et Lyon ( Bron-Parilly) Ă cause de leur taille, Angers et Rouen dĂ©truites dans les bombardements de 1944, Saint-Etienne, la ville la plus sinistrĂ©e de France pour le logement. C'est lĂ que naissent les cinq premiĂšres Zone Ă Urbaniser en PrioritĂ©, les ZUP, modĂšles de l'urbanisme pour toute une gĂ©nĂ©ration. Elles ne s'appellent pas encore comme ça : on les construites avant que l'expression de ZUP existe, c'est de leur rĂ©ussite que naitra le modĂšle repris partout pour lequel on inventera le mot plus tard.Beaulieu I: le projet d'urbanismeMaquette de 1953 - Projet des architectes Gouyon-ClĂ©mentUne architecture gĂ©omĂ©trique, de grands espaces, des arbres, des formes qui soulignent le relief.La ZUP de Beaulieu est construite en quatre tranches:- Beaulieu I ( Beaulieu ) de 1953 Ă 1955- Beaulieu II ( La MarandiniĂšre ) en 1959- Beaulieu III ( Montchovet ) en 1964, dont fait partie la Muraille de Chine, le grand immeuble le long du boulevard Ă gauche.- Beaulieu IV ( La Palle ) en 1971Le quartier:Au premier plan, en bas Ă droite Beaulieu, la MarandiniĂšre est Ă droite derriĂšre l'autoroute, Montplaisir Ă gauche, Monchovet au milieu, le long du boulevard de la Palle.A gauche des tennis, les batiments du collĂšge de Beaulieu. C'Ă©tait l'autre collĂšge de la ZEP, le seul collĂšge "sensible" de France a avoir Ă©tĂ© fermĂ©, en 1995.Nouvelles techniques, nouveaux matĂ©riaux :Construire vite pour un prix raisonnable oblige Ă inventer de nouvelles techniques, d'autant que l'on manque de travailleurs qualifiĂ©s.La construction s'industrialise: immeubles Ă structure porteuse ( des poteaux en bĂ©ton armĂ© tiennent les dalles, ce ne sont plus les murs qui soutiennent les immeubles ), murs rideaux ( les murs sont fait de morceaux prĂ©fabriquĂ©s accrochĂ©s aux dalles ), Ă©lĂ©ments standardisĂ©s ( les Ă©lĂ©ments: murs, tuyauterie, portes et fenĂȘtres, sanitaires, etc... sont tous identiques, fabriquĂ©s en usine en grande sĂ©rie, installĂ©s de la mĂȘme façon dans tous les immeubles ), nouveaux matĂ©riaux ( matiĂšres plastiques, bĂ©ton armĂ©, acier ) qui ne s'utilisaient pas dans la construction traditionnelle.Cela permet de diminuer les prix, en automatisant les fabrications, mais aussi parce qu'on peut utiliser des ouvriers beaucoup moins qualifiĂ©s, qui ne font que du montage et que l'on paye moins cher.Bien aprĂšs les gens se plaindront de ces appartements tous identiques, de ces matĂ©riaux peu agrĂ©ables, de la taille inhumaine des batiments.Mais Ă l'Ă©poque il faut compter deux Ă trois ans d'attente pour obtenir un appartement dans le quartier. Les familles sont si contentes de leur quartier tout neuf que les collĂšgiens qui prennent le bus emportent une paire de bottes en plus de leur chaussures pour aller des immeubles Ă l'arrĂȘt de bus : pas question de ramener de la boue dans les bus ou dans les escaliers.La crise du logement:1950 : la France connait la pire crise du logement de son Histoire. La crise Ă©conomique de 1929 puis la guerre de 1939-1945 ont arrĂȘtĂ© la construction de logements, dĂ©ja insuffisante avant 1930, pendant plus de vingt ans.La France est au maximum du "baby-boom" ( pĂ©riode de trĂšs forte natalitĂ© qui commence Ă la fin de la guerre ) : les 40 millions de français de 1950 font deux fois plus de bĂ©bĂ©s que les 60 millions d'aujourd'hui. La trĂšs forte croissance Ă©conomique relance l'immigration. Plus de la moitiĂ© des familles sont mal logĂ©es alors que la France commence la plus forte croissance dĂ©mographique de son Histoire.La IV° RĂ©publique, hĂ©ritiĂšre du programme de la RĂ©sistance donne la prioritĂ© aux besoins sociaux : Ă©cole, santĂ©, logement, sur la rentabilitĂ© financiĂšre. L'Etat, les villes, sont dĂ©cidĂ©s Ă investir dans le logement, qui est dĂ©clarĂ© prioritaire dans le Plan d'organisation de l'Ă©conomie.Entre les annĂ©es 50 et 60, et suite Ă la seconde guerre mondiale, la municipalitĂ© stĂ©phanoise a vu sa population passĂ©e dâun peu moins de 180 000 habitants en 1950 Ă plus de 200 000 habitants dix ans plus tard en 1960. Cette forte augmentation de la population pouvait sâexpliquer par le fort taux de natalitĂ© de cette Ă©poque (baby-boom), mais aussi par lâafflux de travailleurs de la classe ouvriĂšre venus dans la grande citĂ© stĂ©phanoise pour trouver un travail. De ce fait, la construction dâun logement sain pour chaque ouvrier Ă©tait devenue une prioritĂ© absolue pour les Ă©lus qui considĂ©raient Ă raison que cela Ă©tait une condition vitale dans le cadre de ce grand dĂ©veloppement. Pour ce faire, la ville a lancĂ© dans les annĂ©es 50 une vaste opĂ©ration de construction de barres dâhabitation dans la zone de Beaulieu, destinĂ©e Ă fournir un logement Ă une population grandissante.Une barre dâhabitation innovanteA lâĂ©poque, avec une majoritĂ© dâarchitectes, les appartements modernes construits possĂ©daient des cloisons lourdes empĂȘchant toute modification interne ainsi que des espaces de renvoi sombres et non ventilĂ©s ressemblant Ă des alcĂŽves.Mais Ă lâinverse, pour certains architectes prĂ©curseurs de la rĂ©gion Ă lâimage dâYves et Henri Gouyon, la modernitĂ© reflĂ©tait le gout de la clartĂ©, de lâair, et du soleil, avec de larges horizons. Ainsi, ces derniers donnaient la prioritĂ© non pas aux façades quâils considĂ©raient comme de simples Ă©lĂ©vations du plan, mais aux cellules dâhabitations et Ă leur orientation. Dans cette optique, le bĂątiment proposĂ© par Henri Gouyon, qui Ă©tait donc un partisan de lâespace ouvert moderne, supprimait les circulations et profitait de ce gain de place pour amĂ©nager de nouveaux espaces de vie communes. De plus, dans ces cellules dâhabitations, les architectes ont tirĂ©s profit au maximum de la double orientation des appartements (ces derniers Ă©taient traversant) avec par exemple lâaccolement de balcons.Conception et rĂ©alisation dâun quartier entierPour le projet de Beaulieu, lâon confia la conception ainsi que la rĂ©alisation des interventions aux agences Henri et Yves Gouyon puis Yves Gouyon et associĂ©s. Ainsi, dĂ©s le milieu des annĂ©es 50, des Ă©tudes concernant Beaulieu II â La MarandiniĂšre furent conduites, suivis de la construction du bĂątiment entre 1957 et 1959. Sâen suivit Beaulieu III â Montchovet entre 1962 et 1964, surnommĂ© la « Muraille de Chine », qui comprenait entre autres, une barre de type HLM haute de 10 Ă 17 mĂštres et longue de 270 mĂštres, avec 560 logements. Suites Ă ces constructions, lâurbanisation des vallĂ©es et collines du sud-est de Saint-Etienne continua jusque dans les annĂ©es 70 avec les sĂ©ries de la MĂ©tare I, II, et III. Au total, ce sont plus de 8 000 logements, pour lâessentiel de type HLM, qui ont Ă©tĂ© construits durant cette pĂ©riode.Ces constructions ont Ă©galement contribuĂ© Ă la crĂ©ation du parc de lâEurope et dâun boulevard circulaire qui servait de jonction entre les diffĂ©rents Ă©difices et le centre-ville de la citĂ© stĂ©phanoise.Un projet pharaoniqueLe centre commercial fut un projet dâune dimension sans prĂ©cĂ©dent pour la ville, plus grand centre commercial intra-urbain de la rĂ©gion Loire-Auvergne, avec 100 magasins, 1500 places de stationnement, 90 000 mÂČ de surface, et sur 3 niveaux (4 niveaux avec la terrasse). Le 2 octobre 1979, CENTRE DEUX ouvre ses portes pour la premiĂšre fois, et constitue une renaissance et un vĂ©ritable tournant pour la ville.Lâavis de lâarchitecteDe toutes les constructions de cette Ă©poque, Beaulieu est un des ensembles construits qui se porte le mieux si lâon en croit les nombreuses enquĂȘtes menĂ©es auprĂšs de la population de ces logements, dont certains lâoccupe pratiquement depuis le dĂ©but. Les arbres atteignent dĂ©sormais le haut des immeubles, et la rue Le Corbusier adjacente a pris les allures « dâune banlieue des annĂ©es 30 » avec un niveau dâurbanisme parfaitement acceptable. En conclusion, on peut parler pour cette construction dâun vĂ©ritable savoir faire architectural et en quelques sortes dâart urbain. Ce projet a Ă©tĂ© rĂ©compensĂ© par un prix dâurbanisme, mettant en valeur le travail en amont du projet. St-Etienne Cimaise Architectes -Entretien avec François Tomas, gĂ©ographe, spĂ©cialiste de l'amĂ©nagement urbain, et enseignant Ă l'universitĂ© et Ă l'Ă©cole d'architecture de Saint-Etienne. Il est notamment l'auteur des Grands Ensembles, une histoire qui continue (Publications de l'universitĂ© de Saint-Etienne, 2003). Cet intellectuel a Ă©galement mis la main Ă la pĂąte. Entre 1977 et 1983, il fut adjoint Ă l'urbanisme du maire communiste de l'Ă©poque, Joseph Sanguedolce. EngagĂ© au PC de 1974 Ă 1985, il a, depuis, rejoint le Parti socialiste «comme militant de base»Quelle est l'ampleur des destructions provoquĂ©es par la Seconde Guerre mondiale Ă Saint-Etienne?La ville subit un important bombardement des AlliĂ©s le 26 mai 1944. Celui-ci vise les usines qu'utilisaient les Allemands dans la rĂ©gion pour leur effort de guerre et les noeuds de communication ferroviaire. Comme prĂ©vu, la gare de ChĂąteaucreux, les usines de Marais et le tunnel de Tardy sont touchĂ©s. Mais les bombes, larguĂ©es trop rapidement, atteignent aussi les quartiers du Soleil et de Tardy - notamment les Ă©coles - ainsi que l'Ă©glise Saint-François, emplie de fidĂšles. Au total, le bilan est lourd: un millier de morts, 1 500 blessĂ©s, 22 000 sinistrĂ©s; 800 immeubles ont Ă©tĂ© plus ou moins dĂ©truits.Que prĂ©voit-on pour la reconstruction?Pas grand-chose. A la diffĂ©rence de la refonte spectaculaire du Havre, par exemple, on se contente ici de bĂątir de petits immeubles, plus modernes bien sĂ»r, mais sans rĂ©elle innovation architecturale ou urbanistique.Est-il vrai que Saint-Etienne, aprĂšs guerre, traĂźne une rĂ©putation de «capitale des taudis»?C'est exact, et celle-ci n'est pas usurpĂ©e. En 1946, 7% seulement des logements sont jugĂ©s «confortables», et 17%, «acceptables»; 56% sont mĂ©diocres, et 20% peuvent vĂ©ritablement ĂȘtre qualifiĂ©s de taudis: 1 logement sur 5 n'a pas d'eau Ă l'Ă©vier, les deux tiers ne disposent pas de WC, et 95%, de salle d'eau. Mais le problĂšme n'a pas Ă©tĂ© créé par la guerre. Depuis la fin du XIXe siĂšcle, Saint-Etienne a beaucoup grandi, mais trĂšs peu construit. RĂ©sultat: la ville a vieilli sur elle-mĂȘme et se trouve aprĂšs guerre dans une situation dĂ©sastreuse, que les bombardements ont simplement aggravĂ©e.C'est alors qu'Alexandre de Fraissinette, maire Ă©lu en 1947, fixe le logement comme l'une de ses prioritĂ©s.Oui. Et ce ne sera pas un vain mot. Rendez-vous compte: on passe de 114 logements construits en 1948 Ă 531 en 1951, 1 085 en 1954, 1 694 en 1957 et mĂȘme 2 932 en 1959! L'effort est gigantesque. Mais le changement est aussi qualitatif. A la fin des annĂ©es 1940 et au dĂ©but des annĂ©es 1950, la France va connaĂźtre une rupture architecturale avec l'apparition des premiers grands ensembles. Saint-Etienne sera l'une des villes symboles de cette rupture.Comment cette nouvelle architecture est-elle accueillie?TrĂšs favorablement par les classes moyennes, beaucoup moins par les classes populaires.Cela paraĂźt paradoxal, pour du logement social!Le paradoxe n'est qu'apparent. On l'a oubliĂ© aujourd'hui, mais les premiers grands ensembles sont rĂ©servĂ©s aux familles de moins de trois enfants ayant des revenus corrects, autrement dit aux classes moyennes. Alors que, depuis la guerre, celles-ci devaient se contenter d'une ou de deux piĂšces mal Ă©quipĂ©es, elles se voient soudain proposer des logements spacieux, avec de la verdure, de la lumiĂšre, une salle d'eau, des WC, le chauffage central. Cela leur paraĂźt merveilleux! Les pauvres, eux, continuent de s'entasser dans de petits appartements sans confort, quand ce ne sont pas des taudis, en particulier Ă Tarentaize et Ă Beaubrun, ou des bidonvilles, du cĂŽtĂ© de MĂ©ons, prĂšs des puits de mine et des usines sidĂ©rurgiques. Ce n'est que plus tard, Ă partir des annĂ©es 1970, que les grands ensembles seront prioritairement rĂ©servĂ©s aux pauvres et aux familles immigrĂ©es. Mais, dans les annĂ©es 1950, les grands ensembles sont encore synonymes de progrĂšs social. Et mĂȘme au-delĂ . On est persuadĂ© que ce nouvel habitat va entraĂźner le recul de la maladie, de la dĂ©linquance, voire de la mĂ©sentente entre les Ă©poux! Il existe ainsi une «commission du bonheur ou des grands ensembles»!On croit rĂȘver...C'Ă©tait l'ambiance de l'Ă©poque, avec ses utopies et ses excĂšs. Pour les architectes, si l'un des repoussoirs est le taudis de centre-ville, l'autre est le petit pavillon de banlieue, symbole Ă leurs yeux de l'individualisme petit-bourgeois, avec ses gaspillages de terrain, son absence d'horizon et son coĂ»t pour la communautĂ©...Quels sont les quartiers typiques de cette pĂ©riode, Ă Saint-Etienne?Le premier est constituĂ© par le trĂšs bel ensemble de la place du MarĂ©chal-Foch. Il s'agit d'une Ă©tape intermĂ©diaire entre l'Ăźlot traditionnel (des immeubles accolĂ©s, formant un pĂątĂ© de maisons) et sa suppression totale. Du cĂŽtĂ© de la Grand-Rue, plusieurs immeubles constituent encore des semi-Ăźlots. Mais, Ă l'ouest, deux immeubles sont dĂ©jĂ totalement indĂ©pendants: ils sont construits au milieu de la verdure. Et cela, c'est trĂšs nouveau. Jusqu'Ă prĂ©sent, tous les immeubles Ă©rigĂ©s Ă Saint-Etienne, y compris les plus hauts, Ă©taient accolĂ©s Ă d'autres Ă©difices. Cela reste encore, cinquante ans plus tard, l'un des quartiers chics de Saint-Etienne.L'autre grande opĂ©ration de l'Ă©poque, c'est Beaulieu I.Evidemment. On est, cette fois, face Ă un grand ensemble «pur». Le chantier commence en 1953 - il y a juste cinquante ans - et s'achĂšve en 1955. Ce nouveau quartier de 1 264 logements est remarquablement conçu. Non seulement il respecte la topographie des lieux, mais aussi il joue avec elle: les bĂątiments sont implantĂ©s soit parallĂšlement, soit perpendiculairement aux courbes de niveau, ce qui met en valeur la colline tout en prĂ©servant son sommet. Pour rompre l'anonymat, les entrĂ©es, les façades et les balcons sont individualisĂ©s. Les logements sont de qualitĂ©, et les espaces verts, confiĂ©s aux services de la ville, tout simplement magnifiques. Beaulieu produit d'ailleurs un effet prodigieux sur ses premiers habitants.Son implantation n'est pas non plus le fait du hasard...En effet. Compte tenu des prĂ©occupations hygiĂ©nistes de l'Ă©poque, le conseil municipal a choisi ce site «loin des zones miniĂšres et industrielles, Ă l'abri des poussiĂšres et des fumĂ©es, au climat salubre». Il souligne qu'il ne sera «jamais exploitĂ© par les houillĂšres, car son sous-sol est stĂ©rile» et qu'il est Ă©galement «bien reliĂ© Ă Saint-Etienne par le cours Fauriel, la seule avenue large de la ville». C'est vĂ©ritablement le contre-modĂšle du taudis. Il a d'ailleurs, lui Ă©galement, remarquablement bien vieilli.Etes-vous aussi enthousiaste pour les projets qui ont suivi Beaulieu I?HĂ©las!... Beaulieu II-La MarandiniĂšre (1957-1959), Beaulieu III-Montchovet (1962-1964), avec la fameuse «muraille de Chine», Beaulieu IV-la Palle (1967-1970) et la MĂ©tare (1962-1974), reprĂ©sentant Ă eux tous quelque 6 000 logements, constituent - Ă l'exception de la MĂ©tare, qui ne comprend que des appartements en copropriĂ©tĂ© - des Ă©checs complets. Et tragiques.Pourquoi cette diffĂ©rence?Beaulieu I a bĂ©nĂ©ficiĂ© d'une accumulation de partis pris judicieux qui n'ont pas Ă©tĂ© appliquĂ©s par la suite. Outre la qualitĂ© de son architecture et de ses espaces verts, on a Ă©vitĂ© le zonage bĂȘte et mĂ©chant, qui allait s'imposer plus tard: les zones commerciales, d'un cĂŽtĂ©; les tours et les barres d'habitation, d'un deuxiĂšme; les emplois, d'un troisiĂšme. Enfin, Beaulieu I, rĂ©servĂ© presque exclusivement aux classes moyennes, n'a pas connu le processus de dĂ©gradation que l'on constatera ailleurs, et dont la destruction de la «muraille de Chine» constituera le symbole.Qui ont Ă©tĂ© les grands amĂ©nageurs de cette Ă©poque?Parmi les politiques: le maire, Alexandre de Fraissinette (modĂ©rĂ©), et son premier adjoint, qui lui succĂ©dera Ă sa mort, le radical Michel Durafour. Parmi les architectes: Edouard Hur et Henri Gouyon, concepteurs de Beaulieu I. Et, bien sĂ»r, l'Etat, qui reste trĂšs prĂ©sent. C'est lui qui, de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, garde la haute main sur l'urbanisme. Beaulieu constitue une opĂ©ration nationale, dĂ©cidĂ©e de Paris. Cependant, ce qui est remarquable, c'est que, pour Beaulieu I, l'Etat va accepter de composer.Dans quels domaines?Le ministĂšre de la Reconstruction souhaitait, ici comme ailleurs, que l'opĂ©ration fĂ»t entiĂšrement industrialisĂ©e. Autrement dit, que l'on adaptĂąt au bĂątiment les mĂ©thodes de l'automobile. Les constructions devaient se faire en prĂ©fabriquĂ©, et l'on devait se contenter de les monter sur place. Mais, Ă Saint-Etienne, les architectes, soutenus par le maire, s'opposent Ă cette directive. Parce qu'ils sont expĂ©rimentĂ©s, et reconnus, ils vont obtenir gain de cause. Et heureusement.Y a-t-il eu des projets, conçus Ă cette Ă©poque, qui n'ont pas vu le jour? A la fin des annĂ©es 1950, l'Etat fait appel Ă de grands architectes pour remodeler les villes. A Saint-Etienne, c'est Dufau, distinguĂ© par le prix de Rome, qui est choisi. Il prĂ©sente un projet radical: raser les 70 Ăźlots qui se trouvent Ă l'est de la Grand-Rue, entre la place du Peuple et Bellevue, et les remplacer par autant de tours et de barres! Son projet, finalement, ne sera appliquĂ© qu'en partie. Au sud, jusqu'Ă Bellevue, presque tout est dĂ©moli, beaucoup de tours et de barres sont construites. Au nord, les dĂ©molitions sont Ă©galement presque systĂ©matiques, mais, cette fois, les nouveaux immeubles reproduisent la forme traditionnelle de l'Ăźlot. On dĂ©truit Ă©galement une partie du quartier derriĂšre la grande poste, ainsi que l'ancienne caserne de TrĂ©filerie et la prison de Bizillon. Le futur Centre-Deux...C'est cela. Au dĂ©part, l'opĂ©ration se nomme «prison-TrĂ©filerie», mais les promoteurs, qui ont le sens du commerce, prĂ©fĂšrent la rebaptiser. Ce quartier est conçu comme un centre d'affaires Ă l'amĂ©ricaine, type la DĂ©fense, Ă Paris, ou la Part-Dieu, Ă Lyon. On explique aux Ă©lus que, s'ils veulent que Saint-Etienne devienne une grande ville, ils doivent la doter d'un centre d'affaires, avec des immeubles atteignant 100 ou 150 mĂštres de hauteur, comme aux Etats-Unis! Le projet est lancĂ© (en 1969), mais il sera peu Ă peu amendĂ©, pour tenir compte de la rĂ©alitĂ© Ă©conomique, de la montĂ©e des oppositions et de l'Ă©volution des mentalitĂ©s.Comment l'Ă©conomie stĂ©phanoise se porte-t-elle alors?La ville croit encore Ă l'avenir de la mine et des industries traditionnelles. Cela se comprend: le plan Monnet pour la relance de l'Ă©conomie française s'appuie sur l'Ă©nergie, les transports, les industries lourdes... Bref, tous les points forts de Saint-Etienne, mais ce sera un cadeau empoisonnĂ©, car, bercĂ©e par cette illusion, la citĂ© s'endort. Quand elle se dĂ©cidera Ă moderniser ses structures industrielles, ce sera toujours avec quelques annĂ©es de retard. Au fond, c'est dans les annĂ©es 1950 que l'on commet les erreurs qui conduiront, plus tard, au dĂ©mantĂšlement des industries locales.Le secteur tertiaire a-t-il dĂ©jĂ commencĂ© son essor?Pas encore. Dans les annĂ©es 1950, Saint-Etienne reste une ville trĂšs fortement industrielle. La tertiarisation, avec l'enseignement supĂ©rieur, la transformation de l'hĂŽpital en centre hospitalier rĂ©gional et universitaire et l'essor de Casino, avec les supermarchĂ©s et les hypermarchĂ©s, ne commencera vĂ©ritablement que dans les annĂ©es 1960.Culturellement, la ville est aussi trĂšs active...Elle est mĂȘme, Ă ce moment-lĂ , l'un des hauts lieux de la crĂ©ation culturelle en France, notamment dans les domaines théùtral et artistique. Maurice Allemand fait du musĂ©e de Saint-Etienne l'un des plus grands musĂ©es d'art moderne en France. Et Jean DastĂ© propose au public le théùtre moderne. Ce bouillonnement est dĂ», notamment, Ă Alexandre de Fraissinette. Comme, aprĂšs lui, Michel Durafour, il est persuadĂ© que l'avenir de la citĂ© est dans la modernitĂ©. Il considĂšre donc qu'elle doit ĂȘtre dĂ©clinĂ©e dans tous ses aspects: Ă©conomique, urbanistique et culturel.La population comprend-elle cette volontĂ©?Oui et non. Dans les annĂ©es 1950, il existe un certain consensus, car tout le monde partage la vision d'un avenir meilleur. Mais, en rĂ©alitĂ©, Fraissinette, et surtout Durafour, sont trĂšs dĂ©calĂ©s. Dans leur obsession d'une ville «blanche», ils refusent en bloc le passĂ©, dont on a heureusement dĂ©couvert depuis lors les richesses. Ils rĂȘvent d'une ville qui n'existe pas, peuplĂ©e d'habitants qui ne ressemblent pas aux StĂ©phanois rĂ©els... C'est d'ailleurs ce qui, plus tard, provoquera la chute de Michel Durafour.Le chantier de l'autoroute de Saint Etienne 01 nov. 1965, la video içi www.ina.fr/video/LXC9610041788 - ST-Etienne,Montchovet (Beaulieu III) "la Muraille de Chine" construction 1962-1964, architecte HUR/FARRAT/GOUYON.Rappelez vous...Aout 1983, François Mitterand, se dĂ©place incognito Ă la Muraille de Chine Ă Saint-Etienne. Quelques mois plus tard, la grande rĂ©habilitation de cette barre dâhabitation sera lancĂ©e.& le 24 octobre 1987 : visite officielle Ă Saint-Etienne. Il retourne Ă La Muraille de Chine pour constater les travaux. Le mĂȘme jour il se rendra Ă Saint-Chamond et Roanne.« En 1983, le prĂ©sident sâest rendu Ă Montchovet Ă lâimproviste »François Mitterrand est venu une premiĂšre Ă Montchovet en 1983 incognito. Pourquoi une telle dĂ©marche ?Câest lâarchitecte Roland Castro qui a convaincu le prĂ©sident dâaller dans des quartiers populaires. Son but Ă©tait de lui montrer oĂč vivaient les gens Ă cette Ă©poque et quâil fallait entreprendre un programme de rĂ©novation.François Mitterrand mâa appelĂ© et mâa dit dâorganiser trois ou quatre » descentes » sur le terrain mais le prĂ©sident ne voulait ni policiers, ni gendarmes. Il mâa simplement demandĂ© dâavertir, par correction, le prĂ©fet une fois arrivĂ©. CâĂ©tait dâailleurs le meilleur gage de sĂ©curitĂ© car lorsque vous nâĂȘtes pas attendu, il nây a pas de risques. Nous sommes donc allĂ©s Ă Saint-Etienne Ă Montchovet, aux Minguettes Ă Lyon, dans le 93.. et, Ă chaque fois, Ă lâimproviste> Quelle a Ă©tĂ© la rĂ©action des habitants ?Ils Ă©taient trĂšs Ă©tonnĂ©s de croiser le prĂ©sident de la RĂ©publique dans leur cage dâescaliers ! Partout, nous avons reçu un accueil trĂšs chaleureux.Nous Ă©tions quatre : le prĂ©sident, Roland Castro, un policier et moi-mĂȘme. Je me souviens quâaux Minguettes, le prĂ©sident a Ă©tĂ© invitĂ© par une famille pour boire le thĂ©. Les habitants Ă©taient trĂšs heureux que le prĂ©sident sâintĂ©resse Ă eux.> Comment François Mitterrand a-t-il rĂ©agi en voyant la vie de ses quartiers ?Il Ă©tait fascinĂ©. Je nâirais pas jusquâĂ dire que câĂ©tait, pour lui, une dĂ©couverte mais il Ă©tait un rural et le fait de se confronter Ă la vie de ces gens qui vivaient dans de grandes barres fut enrichissant.> Ces visites impromptues ont-elles Ă©tĂ© suivies dâeffets ?Oui car la mission Banlieues 89 est nĂ©e de ces visites de terrain. Ce fut dâailleurs la naissance de la politique de la ville.> En 1987, cette fois, la visite fut officielle - Proposer de nouveaux logements dans une dĂ©marche environnementale forte. Dans la poursuite des opĂ©rations engagĂ©es depuis 2001 (dĂ©molition de la Muraille de Chine en 2000, implantation du CHPL, de l âAIMV en 2005), une qualitĂ© rĂ©sidentielle s'affirme progressivement au sein des quartiers Sud-Est, grĂące Ă une nouvelle offre d'habitat variĂ©e (en forme comme en type de produits). Le dynamisme du quartier s'appuie sur l'accueil et le dĂ©veloppement de services, d'activitĂ©s Ă©conomiques et d'Ă©quipements d'agglomĂ©ration (centre nautique, Nouveau Théùtre de Beaulieu...) et de proximitĂ© (salles de sport, travaux dans les Ă©coles). Les atouts paysagers du site sont pleinement exploitĂ©s dans une dĂ©marche environnementale forte. L'amĂ©nagement des espaces libres et la requalification des axes structurants et de desserte renforcent les liaisons internes aux quartiers et les ouvrent sur l'ensemble de la ville. Beaulieu, un patrimoine de qualitĂ©, valorisĂ© et adaptĂ© Ă ses occupants40 logement ont Ă©tĂ© adaptĂ©s au vieillissement de leur occupants (bacs Ă douche, volets Ă©lectriques, amĂ©nagement des ascenseurs, âŠ). L'amĂ©lioration des espaces extĂ©rieurs, rĂ©sidentiels ou publics (rue K.Marx, square Renoir, allĂ©e ClĂ©menceau) viendra rendre plus conviviaux ces lieux de vie partagĂ©s. Petite MarandiniĂšre : une citĂ© jardin qui se rĂ©nove en gardant son caractĂšre Sur la Petite MarandiniĂšre, 320 logements de MĂ©tropole Habitat ont Ă©tĂ© rĂ©novĂ©s. Les bĂątiments ont Ă©tĂ© transformĂ©s pour arriver Ă 32 logements, avec crĂ©ation de T3, T4, et T5 en tenant compte de la rĂ©novation thermique et du confort des logements. 54 logements ont Ă©tĂ© construits, rĂ©partis en 6 bĂątiments Ă l'architecture contemporaine et fonctionnelle (surfaces gĂ©nĂ©reuses, double ou triple orientation, terrasse ou loggia). En parallĂšle, les espaces publics ont Ă©tĂ© rĂ©amĂ©nagĂ©s dans une dĂ©marche environnementale durable et innovante : rĂ©sidentialisation et embellissement des espaces extĂ©rieurs, traitement paysager d'ensemble, requalification des voiries et des circulations douces adaptĂ©es aux usages, gestion optimisĂ©e du stationnement et des eaux pluviales...Une nouvelle mixitĂ© pour le quartier : les maisons de ville "Jardins Sembat" 22 maisons de ville (du T3 au T5) ont Ă©tĂ© construites Ă lâangle de la rue Marcel Sembat et du boulevard de Fraissinette. Conçu et dĂ©veloppĂ© par l'Ă©quipe XXL-Civita-Spirit, ce projet se caractĂ©rise par la qualitĂ© de la construction (matĂ©riaux durables, amĂ©nagement soignĂ© des espaces extĂ©rieursâŠ) et par la mise en valeur paysagĂšre du site, ouvert sur les collines du Pilat. 3 types de maisons ont Ă©tĂ© proposĂ©es en location libre : maisons jumelĂ©es le long du boulevard de Fraissinette, maisons en pente en fond de parcelle adossĂ©e au talus, maisons patio au cĆur de lâĂźlot. Un nouveau centre nautique sur le secteur Loti SouhaitĂ© par les habitants, exemplaire dâune dĂ©marche participative de coproduction, le centre nautique Yves Naime a Ă©tĂ© ouvert Ă l'Ă©tĂ© 2013, en remplacement de l'ancienne piscine de la MarandiniĂšre. Ce centre nautique comprend un bassin sportif (25m, 6 lignes d'eau), un bassin destinĂ© aux activitĂ©s ludiques (bains bouillonnants, aquagym...), une pataugoire et des plages extĂ©rieures.Grande MarandiniĂšre : un secteur d'habitat en dĂ©veloppement . AprĂšs la dĂ©molition de la barre Sisley et celle en cours de la barre FĂ©guide, c'est un nouveau quartier qui se dessine sur ce secteur. La reconfiguration de la rue Sisley en voie de promenade avec des vues en belvĂ©dĂšre et l'amĂ©nagement d'une « coulĂ©e verte » ont profondĂ©ment modifiĂ© le paysage urbain du secteur. Ce nouvel environnement a permis Ă MĂ©tropole Habitat de rĂ©aliser un programme immobilier de 27 logements locatifs. Dans ce bĂątiment collectif moderne et fonctionnel, chaque logement comporte un espace extĂ©rieur privatif, balcon ou terrasse. Au rez-de-chaussĂ©e, des locaux d'activitĂ©s (centre social espace-loisirs) ou de services sont dĂ©ployĂ©s le long de la nouvelle rue Sisley. La Palle : des rĂ©sidentialisations de qualitĂ©La rĂ©sidentialisation des immeubles du boulevard de la Palle apporte aux habitants de nouvelles terrasses privatives en rez-de-chaussĂ©e, des espaces en cĆur dâĂźlots plus agrĂ©ables, et de nouveaux parcours piĂ©tonniers avec aires de jeux. Elle sâaccompagne de la rĂ©habilitation des immeubles (rĂ©fection des façades, changement des garde-corpsâŠ). Des opĂ©rations de rĂ©sidentialisation ont Ă©tĂ© menĂ©es immeuble par immeuble de 2006 Ă 2009. Elles permettent de dĂ©finir les limites entre les parties publiques ouvertes Ă tous, et les parties privĂ©es. Des petits jardins privatifs sont ainsi amĂ©nagĂ©s pour chaque logement de rez-de-chaussĂ©e.Le Pont Aven : du logement social Ă haute performance environnementaleDĂ©veloppĂ© par MĂ©tropole Habitat, le Pont-Aven est un exemple en matiĂšre de construction Ă©cologique. Il accueille 20 logements sociaux du T2 au T5. Lâensemble de la conception du bĂątiment intĂšgre des critĂšres environnementaux : parois extĂ©rieures en brique mono-mur, eau chaude solaire, chauffage collectif au gaz naturel, ventilation intĂ©rieure Ă double flux pour une meilleure circulation de lâair, Ă©quipements Ă©lectriques et sanitaires Ă©conomes en Ă©nergie. La toiture vĂ©gĂ©talisĂ©e permet quant Ă elle une meilleure conservation de la fraĂźcheur en Ă©tĂ©, les auvents du toit protĂšgent les fenĂȘtres du soleil et les eaux de pluie seront rĂ©cupĂ©rĂ©es pour arroser les espaces extĂ©rieursâŠRĂ©sultat : une diminution des rejets en CO2 et une baisse significative des charges de chauffage pour les locataires.Favoriser l'accessibilitĂ© et les relations inter-quartiers Le rĂ©amĂ©nagement du boulevard de la Palle a favorisĂ© une meilleure desserte du quartier en transports en commun. Une station de taxis, des pistes cyclables et des pelouses ont Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©es le long du boulevard, sĂ©curisant ainsi la traversĂ©e piĂ©tonne entre les terrasses Roinat et le centre hospitalier. A l'intĂ©rieur du quartier, la trame piĂ©tonniĂšre a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e dans le principe d'une continuitĂ© paysagĂšre entre les diffĂ©rents secteurs. InitiĂ©e avec lâamĂ©nagement des terrasses Roinat, une coulĂ©e verte, nouveau poumon vert du quartier, facilitant la circulation des piĂ©tons et des cyclistes, relie dĂ©sormais le boulevard de la Palle, et plus loin le bois d'Avaize, au Parc de l'Europe. - AprĂšs la seconde guerre mondiale, un immense chantier s'ouvre en France dans le but de loger massivement une population dĂ©munie, les rĂ©alisations des HLM en France et la lutte contre l'habitat indigne insalubre , le film parle de St-Etienne entre autre avec les CitĂ©s du soleil 1958 de Jean-Claude SĂ©e : www.dailymotion.com/video/xgj74q .Jusqu'au milieu des annĂ©es 1970, cette pĂ©riode dite des « Trente Glorieuses l'aprĂšs guerre et montre la plupart des grandes rĂ©alisations de 1945 Ă 1960. A travers les exemples de la rĂ©gion parisienne et de quelques grandes villes françaises sont posĂ© les problĂšmes de la diversitĂ© architecturale, de l'esthĂ©tique et de l'harmonie entre le passĂ© et l'avenir. Les images montrent les grands ensembles de Beaulieu, la MarandiniĂ©re, Ă Saint-Etienne, la citĂ© le Haut du LiĂšvre Ă Nancy, des citĂ©s Ă Sarcelles, AsniĂšres, Bron-Parilly, Epinay, Pantin, Bobigny, la citĂ© radieuse de Le Corbusier Ă Marseille, le front de mer Ă Royan, la video de l'AnnĂ©e 1962, une rĂ©alisation de Philippe Brunet içi www.dailymotion.com/video/xgj2zz » fut le terrain de nombreuses expĂ©rimentations architecturales et urbanistiques, fondĂ©es notamment sur les idĂ©es Ă©mises plus tĂŽt dans le siĂšcle par le Mouvement moderne.Aujourd'hui, ces ensembles bĂątis sont au cĆur d'une autre actualitĂ©, liĂ©e Ă leur adaptation Ă l'Ă©volution des modes de vie de notre sociĂ©tĂ© contemporaine. Cette question qui se posa dĂšs la fin des annĂ©es 1970 apparaĂźt sous un jour nouveau, avec les premiĂšres dĂ©molitions dans les annĂ©es 1980 et, plus rĂ©cemment, le vaste programme de rĂ©habilitation mis en place dans le cadre de la loi SolidaritĂ© et Renouvellement Urbain.AprĂšs Les Grands Ensembles. Une histoire qui continueâŠ, ce nouvel ouvrage, fruit de la collaboration entre l'Ăcole Nationale SupĂ©rieure d'Architecture de Saint-Ătienne et l'UniversitĂ© Jean Monnet, apporte un Ă©clairage nouveau sur cet hĂ©ritage bĂąti, mettant au jour simultanĂ©ment la question de son vĂ©cu et celle des acteurs engagĂ©s dans son Ă©dification. En rĂ©unissant quinze auteurs spĂ©cialistes de ce domaine, il s'agit de regrouper autant de points de vue, pour comprendre la diversitĂ© et la complexitĂ© des enjeux liĂ©s Ă la postĂ©ritĂ© de ce bĂąti. - « Petite enquĂȘte sur Beaulieu â Le Rond-Point », La Tribune du centre et du sud-est, 13 octobre 1955 et « Le chantier de Beaulieu â Le Rond-Point (1Ăšre tranche) sera terminĂ© le 30 juin 1956 trĂšs exactement »,La Tribune du centre & du sud-est, 26 juin 1956 -«St-Etienne, la place des grands ensembles dans lâhistoire de lâhabitat social français »Saint-Ătienne/Beaulieu, au sud-est de lâagglomĂ©ration, sur le versant sud de la colline de Beaulieu, en forte pente et dâaspect semi-rural, la citĂ© de Beaulieu est mise Ă lâĂ©tude dĂšs 1950. Elle dĂ©bute en 1953 et comprend 1 221 logements, un groupe scolaire et 35 boutiques. Des parrains prestigieux et lâĂ©lite de lâarchitecture stĂ©- phanoise sont mobilisĂ©s pour ce premier grand ensemble local.TantĂŽt les bĂątiments suivent le dessin de la courbe de niveau 600, devenue rue Le Corbusier, tantĂŽt ils sâinstallent perpendi-culairement Ă la pente, reliĂ©s Ă la rue par des passerelles ou de grands escaliers. A lâimplantation exemplaire des bĂątiments rĂ©pond une maĂźtrise raffinĂ©e du vĂ©gĂ©tal dâaccompagnement, dĂ©clinĂ© selon les modes habituels aux squares urbains, avec une virtuositĂ© Ă©tonnante dus aux talents de lâingĂ©nieur des Services techniques de la ville, Jean Marc, associĂ© Ă lâĂ©quipe de concep-tion dĂšs lâorigine de lâopĂ©ration.Le vocabulaire de lâart des jardins sâadapte au grand ensemble : les espaces sont dĂ©coupĂ©s Ă partir des courbes de niveau et des allĂ©es, et caractĂ©risĂ©s par un systĂšme de haies et de contre-haies (haies Ă©tagĂ©es doubles ou triples) constituĂ©es de troĂšnes com-muns ou dorĂ©s, prunus, berbĂ©ris et buffets de laurier, et sont plantĂ©s d arbres rythmĂ©s et colorĂ©s (Ă©rables nĂ©gundo et acacias), ou parfois fastigiĂ©s (la gamme dâarbres est dâailleurs peu riche), selon un dessin gĂ©omĂ©trique et des alternances de couleurs. Ces espaces verts ne sont rĂ©alisĂ©s quâĂ partir de 1964, aprĂšs avoir Ă©tĂ© longtemps laissĂ©s en prairies fauchĂ©es. Cet Ă©tat de fait, dĂ» au dĂ©part Ă lâĂ©tirement des financements des projets dâespaces extĂ©-rieurs, sâinscrivait aussi dans la logique de conception de notre ingĂ©nieur, qui pensait « quâil Ă©tait nĂ©cessaire de laisser vivre un groupe dâhabitations avant de planter » â afin de reprendre notamment les chemins tracĂ©s par lâusage.Cette rĂ©alisation rĂ©vĂšle le dĂ©calage entre les rĂ©flexions et les savoir-faire architecturaux et paysagers et exprime quelques traits caractĂ©ristiques de la pratique paysagiste. Le festonnage des haies qui jalonne les espaces extĂ©rieurs rejoint celui des collines boca- gĂšres surplombant les bĂątiments. Il rappelle le site environnant et inspirera plus tard lâAUA et Alexandre Chemetoff pour la rĂ©habilitation du quartier de Montreynaud.Relevons que, sans lâaction concertĂ©e des services de la ville et de lâoffice dâHLM, qui finança entiĂšrement la rĂ©alisation des espaces verts, rien nâaurait Ă©tĂ© fait Ă cette Ă©poque, compte tenu du dĂ©sintĂ©rĂȘt pour cet aspect du projet des principaux responsables du chantier. « Dâailleurs, Ă cette Ă©poque, les architectes ne jouaient pas au paysagiste⊠», queleques superbes videos du Ministere de la CohĂ©sion et des Territoires içi : .Naissance d'une banlieue mort d'un village 2000 www.dailymotion.com/video/x1a98izRĂ©alisateur : Sidney JĂ©zĂ©quel Production : Les Films Roger Leenhardt Sujet : la commune de Goussainville (95) --------Quatre murs et un toit 1953 www.dailymotion.com/video/xk6xui Scenario et rĂ©alisation Pierre Jallaud MRU (ministĂšre de la reconstruction et de l'urbanisme) ----------------Le Bonheur est dans le bĂ©ton www.dailymotion.com/video/x413amo - 2015 Documentaire rĂ©alisĂ© par Lorenz Findeisen produit par Les Films du Tambour de Soie ---------------------Beaulieu par son constructeur la Cimaise :" Entre les annĂ©es 50 et 60, et suite Ă la seconde guerre mondiale, la municipalitĂ© stĂ©phanoise a vu sa population passĂ©e dâun peu moins de 180 000 habitants en 1950 Ă plus de 200 000 habitants dix ans plus tard en 1960. Cette forte augmentation de la population pouvait sâexpliquer par le fort taux de natalitĂ© de cette Ă©poque (baby-boom), mais aussi par lâafflux de travailleurs de la classe ouvriĂšre venus dans la grande citĂ© stĂ©phanoise pour trouver un travail. De ce fait, la construction dâun logement sain pour chaque ouvrier Ă©tait devenue une prioritĂ© absolue pour les Ă©lus qui considĂ©raient Ă raison que cela Ă©tait une condition vitale dans le cadre de ce grand dĂ©veloppement. Pour ce faire, la ville a lancĂ© dans les annĂ©es 50 une vaste opĂ©ration de construction de barres dâhabitation dans la zone de Beaulieu, destinĂ©e Ă fournir un logement Ă une population grandissante.--- BĂątir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bĂątiment et ses innovations : la prĂ©fabrication en usine, le coffrage glissant... www.dailymotion.com/video/xyjudq ----SAINT-ETIENNE BEAULIEU une barre dâhabitation innovanteA lâĂ©poque, avec une majoritĂ© dâarchitectes, les appartements modernes construits possĂ©daient des cloisons lourdes empĂȘchant toute modification interne ainsi que des espaces de renvoi sombres et non ventilĂ©s ressemblant Ă des alcĂŽves.Mais Ă lâinverse, pour certains architectes prĂ©curseurs de la rĂ©gion Ă lâimage dâYves et Henri Gouyon, la modernitĂ© reflĂ©tait le gout de la clartĂ©, de lâair, et du soleil, avec de larges horizons. Ainsi, ces derniers donnaient la prioritĂ© non pas aux façades quâils considĂ©raient comme de simples Ă©lĂ©vations du plan, mais aux cellules dâhabitations et Ă leur orientation. Dans cette optique, le bĂątiment proposĂ© par Henri Gouyon, qui Ă©tait donc un partisan de lâespace ouvert moderne, supprimait les circulations et profitait de ce gain de place pour amĂ©nager de nouveaux espaces de vie communes. De plus, dans ces cellules dâhabitations, les architectes ont tirĂ©s profit au maximum de la double orientation des appartements (ces derniers Ă©taient traversant) avec par exemple lâaccolement de balcons. Conception et rĂ©alisation dâun quartier entier. Pour le projet de Beaulieu, lâon confia la conception ainsi que la rĂ©alisation des interventions aux agences Henri et Yves Gouyon puis Yves Gouyon et associĂ©s. Ainsi, dĂ©s le milieu des annĂ©es 50, des Ă©tudes concernant Beaulieu II â La MarandiniĂšre furent conduites, suivis de la construction du bĂątiment entre 1957 et 1959. Sâen suivit Beaulieu III â Montchovet entre 1962 et 1964, surnommĂ© la « Muraille de Chine la plus grande barre d'Europe avec 540 appartements Ă sa livraison mi 1964, les chantiers de l'OPAC devenu MĂ©tropole-Habitat, www.ina.fr/video/LY00001263522 », qui comprenait entre autres, une barre de type HLM haute de 10 Ă 17 mĂštres et longue de 270 mĂštres, avec 560 logements. Suites Ă ces constructions, lâurbanisation des vallĂ©es et collines du sud-est de Saint-Etienne continua jusque dans les annĂ©es 70 avec les sĂ©ries de la MĂ©tare I, II, et III. Au total, ce sont plus de 8 000 logements, pour lâessentiel de type HLM, qui ont Ă©tĂ© construits durant cette pĂ©riode. Ces constructions ont Ă©galement contribuĂ© Ă la crĂ©ation du parc de lâEurope et dâun boulevard circulaire qui servait de jonction entre les diffĂ©rents Ă©difices et le centre-ville de la citĂ© stĂ©phanoise.Un projet pharaoniqueLe centre commercial fut un projet dâune dimension sans prĂ©cĂ©dent pour la ville, plus grand centre commercial intra-urbain de la rĂ©gion Loire-Auvergne, avec 100 magasins, 1500 places de stationnement, 90 000 mÂČ de surface, et sur 3 niveaux (4 niveaux avec la terrasse). Le 2 octobre 1979, CENTRE DEUX ouvre ses portes pour la premiĂšre fois, et constitue une renaissance et un vĂ©ritable tournant pour la ville. Lâavis de lâarchitecteDe toutes les constructions de cette Ă©poque, Beaulieu est un des ensembles construits qui se porte le mieux si lâon en croit les nombreuses enquĂȘtes menĂ©es auprĂšs de la population de ces logements, dont certains lâoccupe pratiquement depuis le dĂ©but. Les arbres atteignent dĂ©sormais le haut des immeubles, et la rue Le Corbusier adjacente a pris les allures « dâune banlieue des annĂ©es 30 » avec un niveau dâurbanisme parfaitement acceptable. En conclusion, on peut parler pour cette construction dâun vĂ©ritable savoir faire architectural et en quelques sortes dâart urbain. Ce projet a Ă©tĂ© rĂ©compensĂ© par un prix dâurbanisme, mettant en valeur le travail en amont du projet. www.cimaise-architectes.com/realisations/divers/construct... citĂ© HLM labellisĂ©e Patrimoine du XXeme siecle -"Il faut bien le dire, avant mĂȘme dâĂȘtre livrĂ©, Beaulieu est l' un des grands-ensembles, parmis 6 autres qui fasçinait en 1954..En effet c'etait le dĂ©but de la longue & grande histoire des chantiers de l'Office Public de l'AmĂ©nagement et de la Construction* içi, ou Ă Montreynaud, Solaure, Monthieu etc( l'OPAC l'office public de logements sociaux, devenu plus tard MĂ©tropole-Habitat, est la plus importante au niveau National, c'est la plus grosse boite d'HLM). Bref, les habituels promeneurs du coin genre les "Bois du Four (la Metare, le nom ançien, qui par ailleurs appartenait a Mme de MĂ©tarie une veuve riche qui lĂ©gua son domaine soit "la MĂ©tare" Ă la ville, pour un Franc symbolique Ă l'epoque et aux CHU anciennement les HCL Hospiçes Civils de la Ville comme Ă Lyon... (on notera qu il y a des tas de logements en centre ville propriĂ©tĂ© du CHU)..se rendant le dimanchedans le Pilat ou Ă RochetaillĂ©e et sur les collines* alentours (on en a 7 comme a Rome) font un lĂ©ger dĂ©tour par le chantier. Ils constatent alors de visu cet avancement des travaux que la presse qualifie de « belle prouesse ». Le rythme est en effet rapide : « un Ă©tage par semaine » pour certaines barres, comme le raconte un tĂ©moin. Les « grandes maisons », soient les immeubles de hauteur et nombre de logements importants (IGH), Ă©tant alors encore rares dans laville, les StĂ©phanois nây sont pas habituĂ©s@ les H.L.M. Beaulieu est la 1ere citĂ© StĂ©phanoise de toutes,. Les barres de dix-sept et quatorze niveaux gises respectivement rues Gomy Herriot et de Vlaminck, ainsi que la tour de 22 niveaux au 33 rue Le-Corbusier,surprennent donc encore pire pour la plus grande barre d'Europe qui arrvera 7 ans plus tard, la Muraille qui mettront certains certaines Ă la renverse , le gigantisme Ă l'Ă©tat brut, du lourd.... La rĂ©fĂ©rence qui vient Ă lâesprit de beaucoup ajoute Ă la fascination : lâAmĂ©rique. « Câest New-York ! c'est tres joile, tres vert... », se rappelle avoir pensĂ© un habitant de la premiĂšre harre...Mais plus que les immeubles, ce sont surtout les logements qui emportent lâadhĂ©sion des « heureux locataires », comme aime Ă les appeler la presse tout court. La satisfaction procurĂ©e aux habitants par lâhygiĂšne et le confort des logements des Grands-Ensembles soit les quartiers NEUF est une information connue, les Ă©tudes de sciences humaines sur le sujet abondent. Aussi, pour le cas de Beaulieu devenu un cas d'Ecole idem pour Montchovet (Beaulieu3) et les transformations de la Marandiniere (Beaulieu2)...Les entretiens rĂ©alisĂ©s avec des locataires nâapportent pas sur ce point-ci dâĂ©lĂ©ments nouveaux :les premiers motifs de satisfaction invoquĂ©s sont, comme pour bien dâautres Grands-Ensembles Français,lâeau courante, le chauffage central dont sont pourvus les immeubles les plus hauts, les WC intĂ©rieurs et salles de bain, lâensoleillement et la luminositĂ© permis par lâorientation, la hauteur et la disposition des immeubles, les placards et les tout aussi pratiques balcons Ă parois sĂ©choirs permettant de faire sĂ©cher le linge, hiver compris. Entretien avec François Tomas, gĂ©ographe, spĂ©cialiste de l'amĂ©nagement urbain, et enseignant Ă l'universitĂ© et Ă l'Ă©cole d'architecture de Saint-Etienne. Il est notamment l'auteur des Grands Ensembles, une histoire qui continue (Publications de l'universitĂ© de Saint-Etienne, 2003). Cet intellectuel a Ă©galement mis la main Ă la pĂąte. Entre 1977 et 1983, il fut adjoint Ă l'urbanisme du maire communiste de l'Ă©poque, Joseph Sanguedolce. EngagĂ© au PC de 1974 Ă 1985, il a, depuis, rejoint le Parti socialiste «comme militant de base»L"apres guerre...Que prĂ©voit-on pour la reconstruction? Pas grand-chose. A la diffĂ©rence de la refonte spectaculaire du Havre, par exemple, on se contente ici de bĂątir de petits immeubles, plus modernes bien sĂ»r, mais sans rĂ©elle innovation architecturale ou urbanistique.Est-il vrai que Saint-Etienne, aprĂšs guerre, traĂźne une rĂ©putation de «capitale des taudis»?C'est exact, et celle-ci n'est pas usurpĂ©e. En 1946, 7% seulement des logements sont jugĂ©s «confortables», et 17%, «acceptables»; 56% sont mĂ©diocres, et 20% peuvent vĂ©ritablement ĂȘtre qualifiĂ©s de taudis: 1 logement sur 5 n'a pas d'eau Ă l'Ă©vier, les deux tiers ne disposent pas de WC, et 95%, de salle d'eau. Mais le problĂšme n'a pas Ă©tĂ© créé par la guerre. Depuis la fin du XIXe siĂšcle, Saint-Etienne a beaucoup grandi, mais trĂšs peu construit. RĂ©sultat: la ville a vieilli sur elle-mĂȘme et se trouve aprĂšs guerre dans une situation dĂ©sastreuse, que les bombardements ont simplement aggravĂ©e. C'est alors qu'Alexandre de Fraissinette, maire Ă©lu en 1947, fixe le logement comme l'une de ses prioritĂ©s.
United States Military Academy Class Of 2022 Cadets reaffirmed their oath during a ceremony at Ike Hall, West Point, New York on August 16, 2020 (U.S. Army photo by Tarnish Pride USMA/PAO).
United States Military Academy Class Of 2022 Cadets reaffirmed their oath during a ceremony at Ike Hall, West Point, New York on August 16, 2020 (U.S. Army photo by Tarnish Pride USMA/PAO).
The U.S. Military Academy hosted an Affirmation Ceremony for the Class of 2024, on Aug. 14, 2022, at Eisenhower Hall on West Point, N.Y. The Sunday evening before the first day of class, the Cow Class (Juniors) recite the Cadet oath and affirm their commitment to complete the next two years of study and serve their five-year active duty service obligation, followed by three years of Reserve duty. (U.S. Army by Sgt. 1st Class Luisito Brooks)
Affirm Lets You Finance Big Purchases Without Credit Cards. ... An alternative to credit cards and personal loans, Affirm lets you finance large purchases from select merchants at the point-of-sale. ... Unlike some personal loans, Affirm has no prepayment
China and India
Website:
www.museudooriente.pt/?lang=en
english
âOn the gods, I can affirm neither that they do exist nor that they do not exist: much prevents the acquisition of such knowledge beginning with the obscurity addressed by the question and followed by the brevity of human life.â
Protagoras (5th century BC)
âGods of Asiaâ (in contrast to âThe Gods of Asiaâ that would be of ridiculously pretentious scope) is a title that runs of risk of getting mired in equivocation. We are victims of the inappropriateness of a wordâs meaning in one language when applied to another and particularly when dealing with the word god. The terms monotheist and polytheist are Western notions that prove rather lacking when considering Hinduism or Taoism. The first Western missionaries reaching Asia referred constantly to idolatry whenever encountering statues in places of worship that seemed strange to them. However, having hardly begun explaining the great Asian religions, we are immediately struck by the sheer similarities that they share with the great Western religions that shock anybody attempting to move on from the prevailing prejudices. The idea of a single God, considered by some to be the great Judaic religious contribution, was already in practice in Asia. The Brahman in Hinduism, the Tao of the Chinese are single, the origin of everything and everything exists in them. It would bizarre for the Hindus and Taoists to depict the almighty as a grizzled old man with a white beard not so much due to the fact that this would be sacrilege, as Islamic believers would hold, but rather because both fall outside the scope of any human understanding and are beyond any means of representation. The concept that âGod made man in His imageâ swiftly becomes âman made God in his imageâ.
Furthermore, when dealing with Asian religions, there are references to gods when other terms would be used by Western religions. The Hindu gods are, in fact, the diverse manifestations of Brahman acting in the world and only as such susceptible to depiction. The Chinese gods bear a closer relationship with the saints of Christianity. Each serves its own particular function, such as Eloy as patron saint of goldsmiths or Saint Genevieve as the patron saint of Paris, which in the latter case would be known as the goddess of the Parisian earth within a Chinese pantheon.
Some of the similarities existing among all the religions are indeed surprising. The idea of the trinity is central to Hinduism. Given that everything born has to one day die, Brahman becomes creator, conservator and destroyer as reflected in the three manifestations: Brahma, Vishnu and Shiva. Vishnu is incarnate as God was incarnated in Jesus Christ. The Chinese are somewhat more abstract in this area given that their belief system holds that from the Three are born all beings.
Each founder of a religion is inseparable from the surrounding environment in which emerging. Just as the New Testament is not understandable unless its message is situated within the context of the Old Testament, the message of Buddha Shakyamuni was announced within a Hindu society and does not call into question beliefs such as reincarnation or karma. The Taoist religion becomes incomprehensible if stripped of either the Taoist philosophy that preceded it or the beliefs of ancient China.
Another common point is that the original message has been subject to whatever first the disciples or later the faithful decided to do with it given that the founders never actually set it down in writing. Neither Jesus Christ nor Shakyamuni not to mention Zhang Daoling left any written legacy. It was only through witnesses that we gain our awareness of their thinkings and teachings: rather disturbing when considering the general accuracy of such accounts. Just as Jesus Christ would not agree with what Churches have done with his message and in his name down through the centuries, Shakyamuni would not recognise his own thinking in the elaborations of those wishing to spread his message. Many founders of religions sought only to provide an answer to a precise question. Just as Jesus Christ wanted to introduce charity, Shakyamuni wanted to find a means to escape the suffering of existence. Just as Jesus Christ did not call into question the God of the Bible, Shakyamuni made no pronouncement on either Brahman or nirvana to such an extent of stating that Buddhism was a religion without a god.
Despite all that has been written, Judaism, Christianity and Islam are not the only book based religions. Buddhism, Jainism and Taoism are based on texts even if quite different to the Bible or the Koran. As regards the mirabilia spreading all the beliefs on either side of the Urals, it should be remembered that Asian thinkers knew how to distinguish between directly reading texts in order to gain the admiration of crowds and their interpretation at the philosophical or theological level and demonstrating a thorough understanding in the meantime.
We may inquire as to the origins of all these similarities between the worldâs great religions. Are they due to the very nature of the human spirit? From a shared human story dating back to the beginnings of history? Factual influences for this, however, appear to be extremely limited even if we may recall that the halos of Western saints derive from the aura of light that is depicted around Buddhas in Asia and the concept of Hell complete with boiling cauldrons and devouring fires also originates in the East (with the difference that in the Orient, Hell is not eternal).
May it be said, as an Indian thinker once wrote, that all men worship the same god under different names? No. While the concept of a single god exists in the Asian religions and accepting that all world religions have undergone sometimes less than inspired revisions running counter to their original content, and that there are particularities common to all, it would certainly be fallacious not to see the differences inherent to each. Taoism provides an explanation of the world but each is free to accept it or otherwise and engages in no form of proselytism. Buddhism seeks to end with suffering in the hope that all men may benefit from its message but without ever becoming an imposition and sought to be tolerant regarding long existing local beliefs given its acceptance that spirits exist within living beings. As regards theological differences, these are only too susceptible to generating interminable debates.
However, this is not the intention of this exhibition nor does it involve presenting the gods of India, Indonesia, Myanmar, Thailand, China, Vietnam, Korea and Japan with a concern to somehow encapsulate the beliefs of others into the content of picturesque or striking images. It is rather more about setting out why they are worthy of the same respect that we provide our own religions.
The exhibition thus seeks to raise awareness about certain aspects of the religious art of Asia, particularly at the popular level, and introduce the still living mythology underlying the objects on display. Hence, all the great religions of the continent are included: Hinduism, Buddhism, Taoism and Shinto. While the Western word âgodâ, corresponds closest to abstract
Asian concepts such as Brahman in India or Tao in China, the supernatural beings represented here are far more manifestations of the divine in the human world.
portuguĂȘs
âSobre os deuses, nada posso afirmar, nem que existem nem que nĂŁo existem: muitas coisas o impedem de saber, a começar pelo lado obscuro que envolve a pergunta, e a seguir pela brevidade da vida humanaâ
Protågoras (século V a.C.)
âDeuses da Ăsiaâ (e nĂŁo âOs deuses da Ăsiaâ, o que seria uma pretensĂŁo ridĂcula) Ă© um tĂtulo que corre o risco de gerar grandes equĂvocos. Somos vĂtimas da inadequação das palavras de uma lĂngua para a outra, e mais particularmente quando se trata da palavra deus. Os termos monoteĂsta e politeĂsta sĂŁo noçÔes ocidentais muito mal adaptadas quando se trata do hinduĂsmo ou do taoĂsmo. Os primeiros missionĂĄrios ocidentais que chegaram Ă Ăsia falavam dos idĂłlatras sempre que viam em templos estas estĂĄtuas que lhes pareciam estranhas. No entanto, mal começamos a informar sobre as grandes religiĂ”es asiĂĄticas, sĂŁo, antes de tudo, as semelhanças com as grandes religiĂ”es ocidentais que espantam quem tente abstrair-se dos preconceitos correntes. A ideia do Deus Ășnico, que alguns consideram ser a grande contribuição da religiĂŁo judaica, jĂĄ vigorava na Ăsia. O Brahman do hinduĂsmo, o Tao dos chineses sĂŁo o Ănico, a Origem de tudo, e tudo neles existe. Seria ridĂculo para os hindus e taoistas verem representados o Brahman ou o Tao sob os traços de um anciĂŁo de barba branca, nĂŁo tanto pelo facto que isto possa ser um sacrilĂ©gio, como o pensam os islamitas, mas porque tanto um como o outro escapam ao entendimento humano e situam-se para alĂ©m de qualquer forma. A ideia de que âDeus fez o homem Ă sua imagemâ transforma-se rapidamente em âo homem fez Deus Ă sua imagemâ. Mas quando se trata de religiĂ”es asiĂĄticas, fala-se de deuses quando no Ocidente utilizar-se-ia um outro termo. Os deuses hinduĂstas sĂŁo, de facto, manifestaçÔes diversas do Brahman actuando no mundo e como tais podem ser representados. Os deuses chineses sĂŁo mais aparentados aos santos do cristianismo. Cada um deles tem uma função, como Santo ElĂłi Ă© o patrono dos ourives ou Santa Genoveva Ă© a padroeira de Paris, que neste caso, para os chineses, seria conhecida como deusa do Solo de Paris.
Algumas das semelhanças que existem entre todas as religiĂ”es sĂŁo surpreendentes. A ideia da trindade Ă© central no hinduĂsmo. Visto que tudo o que nasce tem que morrer, o Brahman manifesta-se enquanto criador, conservador e destruidor, o que se traduz pelas suas trĂȘs manifestaçÔes, Brahma, Vishnu e Shiva. Vishnu incarna-se como Deus se incarnou em Jesus Cristo. Os chineses sĂŁo mais abstractos nesta matĂ©ria, jĂĄ que para eles Ă© do TrĂȘs que nascem todos os seres.
Cada fundador de religiĂŁo Ă© inseparĂĄvel do meio em que apareceu. Tal como o Novo Testamento nĂŁo Ă© compreensĂvel se a sua mensagem nĂŁo for situada no contexto do Antigo Testamento, a mensagem do Buda Shakyamuni foi anunciada numa sociedade hinduĂsta e nĂŁo pĂ”e em causa a crença nas reincarnaçÔes e no karma. A religiĂŁo taoista torna-se incompreensĂvel se for omitida a filosofia taoista que a precedeu e as crenças da antiguidade chinesa.
Um outro ponto comum Ă© que a mensagem original Ă© vĂtima do que fizeram dela os discĂpulos ou sobretudo depois, os fiĂ©is, jĂĄ que os fundadores nunca escreveram uma linha. Nem Jesus Cristo, nem Shakyamuni, nem Zhang Daoling deixaram algum escrito. Foi somente por testemunhos que se pĂŽde conhecer o seu pensamento, o que nĂŁo deixa de ser assustador quando nos lembramos do que estes valem. Tal como Jesus Cristo nĂŁo concordaria com o que as Igrejas, ao longo dos sĂ©culos, fizeram com a sua mensagem, Shakyamuni nĂŁo reconheceria o seu pensamento nas elaboraçÔes dos que quiseram divulgar o seu contributo. Muitos fundadores de religiĂ”es quiseram fornecer apenas uma resposta a uma pergunta precisa. Tal como Jesus Cristo quis introduzir a misericĂłrdia. Shakyamuni quis encontrar uma via para escapar aos sofrimentos da existĂȘncia. Tal como Jesus Cristo nĂŁo pĂŽs em causa o Deus da BĂblia, Shakyamuni nĂŁo se pronunciou sobre o Brahman ou o nirvana, de tal maneira que chegou a dizer-se que o budismo era uma religiĂŁo sem deus.
Apesar do que se escreveu, o judaĂsmo, o cristianismo e o IslĂŁo nĂŁo sĂŁo as Ășnicas religiĂ”es do livro. O budismo, o jainismo e o taoĂsmo tĂȘm como base textos que nada devem aos da BĂblia ou do CorĂŁo. Quanto Ă s mirabilia que espalham todas as crenças de cada lado dos Urais, Ă© preciso reconhecer que os pensadores asiĂĄticos souberam distinguir entre uma leitura dos textos ao primeiro grau, que suscita a admiração das multidĂ”es, e a sua interpretação a um nĂvel filosĂłfico ou teolĂłgico, para que seja entendido o sentido profundo.
Donde vĂȘm as semelhanças entre todas as grandes religiĂ”es? Da natureza prĂłpria do espĂrito humano? De uma histĂłria comum da humanidade que remonta Ă origem dos tempos? As influĂȘncias factuais parecem ser, no entanto, limitadas, mesmo que se lembre que a aurĂ©ola dos nossos santos provĂ©m da aura de luz que se pĂ”e Ă volta dos Budas na Ăsia e que a ideia do Inferno, com os seus caldeirĂ”es fumegantes e os seus fogos devoradores sĂŁo originĂĄrios tambĂ©m do Oriente (com a diferença que no Oriente o Inferno nĂŁo Ă© eterno).
Pode-se dizer, como o escreveu um pensador indiano, que todos os homens veneram o mesmo deus sob nomes diferentes? NĂŁo. Se o conceito de um deus Ășnico existe nas religiĂ”es asiĂĄticas e jĂĄ que todas as religiĂ”es do mundo conheceram reveses por vezes pouco brilhantes e contrĂĄrias ao seu pensamento original, e que algumas particularidades se encontram em todas, seria falacioso nĂŁo ver as diferenças prĂłprias de cada uma. O taoĂsmo fornece uma explicação do mundo, mas cada um Ă© livre de poder aceitĂĄ-la ou nĂŁo e nĂŁo desenvolve nenhum tipo de proselitismo. O budismo procura apagar o sofrimento, esperando que todos os homens possam usufruir da sua mensagem, mas sem a impor, e quis-se tolerante no que toca Ă s crenças locais antigas, visto que admite a existĂȘncia de espĂritos no meio dos seres. No que toca Ă s diferenças teolĂłgicas, estas poderiam dar lugar a debates interminĂĄveis.
Mas nĂŁo Ă© esta a intenção da exposição. Nem tĂŁo pouco apresentar deuses da Ăndia, da IndonĂ©sia, de Mianmar, da TailĂąndia, da China, do Vietname, da Coreia e do JapĂŁo com a preocupação de limitar as crenças dos outros ao conteĂșdo de imagens pitorescas ou belas, mas sim de mostrar que elas merecem o mesmo respeito que nĂłs prestamos Ă s nossas.
A exposição procura, isso sim, tornar conhecidos certos aspectos da arte religiosa na Ăsia, sobretudo ao nĂvel popular, e introduzir a mitologia ainda viva que estĂĄ subjacente aos objectos apresentados. DaĂ estarem representadas as grandes religiĂ”es do continente, o hinduĂsmo, o budismo, o taoĂsmo, o shintĂŽ. Uma vez que a palavra ocidental âdeusâ, corresponde mais a conceitos asiĂĄticos abstractos como Brama, na Ăndia, e Tao, na China, os seres sobrenaturais representados sĂŁo muito mais manifestaçÔes do divino no mundo humano.
_______________________________________________________-
english
The Museum of the Orient (Portuguese: Museu do Oriente) in Lisbon, Portugal celebrates the history of Portuguese exploration with a collection of Asian artifacts. The museum opened in May, 2008, and is located in a refurbished industrial building on the AlcĂąntara waterfront. The collection includes Indonesian textiles, Japanese screens, antique snuff bottles, crucifixes made in Asia for Western export, and the Kwok On Collection of masks, costumes, and accessories.
portuguĂȘs
O Museu do Oriente estĂĄ instalado no edifĂcio Pedro Ălvares Cabral, antigos armazĂ©ns da ComissĂŁo Reguladora do ComĂ©rcio do Bacalhau em AlcĂąntara, Lisboa.
O museu reĂșne colecçÔes que tĂȘm o Oriente como temĂĄtica principal, nas vertentes histĂłrica, religiosa, antropolĂłgica e artĂstica.
A exposição permanente engloba 1400 peças alusivas Ă presença portuguesa na Ăsia e 650 peças pertencentes Ă colecção Kwok On.
O museu é da responsabilidade da Fundação Oriente e foi inaugurado no dia 8 de Maio de 2008.
A actual directora Ă© Maria Manuela d'Oliveira Martins.
Foi classificado como Monumento de interesse pĂșblico (MIP) pelo IGESPAR em 15 de junho de 2010.