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Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. Ferdinand Foch, maréchal de France (1851 - 1929) commandant-en-chef des forces alliées sur le front de l'Ouest pendant la Première Guerre mondiale. Des obsèques nationales ont lieu le 26 mars 1929.

 

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. Tombeau Joseph Napoléon Bonaparte 1768/1844 roi de Naples 1806 et d''Espagne 1808, frère ainé de Napoléon Ier.

Joseph Bonaparte, né le 7 janvier 1768 à Corte et mort le 28 juillet 1844 à Florence, est le frère aîné de Napoléon Bonaparte. Il est d'abord avocat, puis diplomate et soldat.

Sous le Premier Empire, il est nommé prince français avec prédicat d'altesse impériale, est nommé grand-électeur de l'Empire et à ce titre régent pendant la campagne de 1805. En 1806, il est créé roi de Naples puis en 1808, roi d'Espagne et des Indes (Hispaniarum et Indiarum Rex). En 1814 et pendant les Cent-Jours, il est nommé lieutenant-général de l'Empire.

  

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

© Mathias Kellermann 2012 - Please do not copy, reproduce or use this image in any way without my written permission.

 

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More description in French & English will follow on the album page : www.flickr.com/photos/matkeller-as-titus1st/sets/72157630...

 

My best pics on : www.flickr.com/photos/matkeller-as-titus1st/sets/72157625...

 

To visit my personal website :

mathiaskellermann.wix.com/photography

 

Thank you all for your comments, invitations and support :)

52 Weeks Project

 

This week my selfportrait project is dedicated to the French street artist Jérôme Gulon. He makes what I like to call micro street art object and installs them throughout Paris on bridges, walls, buildings (most of them schools and mairies) and fences. All with a mysterious message. He also installed 5 of his mosaïcs in Amsterdam this year but the public space in Paris is his main exposition location. Recently his work is more refined with portraits of important people of the history or art. More of this work will soon be visible on my Flickr stream in the Jérôme Gulon set (already 70 objects of his hand uploaded by me). His work seems to continue after a break, time again for searching for his work in the streets of Paris. Will be continued very soon!

The Hotel Sacher is located in the first District of Vienna after the Vienna State Opera. Famous specialty of the house is the original Sachertorte. The hotel is a member of the Leading Hotels of the World.

History

Anna Maria Sacher

On the grounds of the demolished Kärntnertortheatre, directly opposite the newly opened imperial Court Opera, was built a Maison meuble. The restaurateur Eduard Sacher bought the house modeled on a Renaissance palace and opened in 1876, Hotel de l' Opera with the restaurant. The son of Franz Sacher, the inventor of the Sachertorte, had however already made ​​a name for himself as a restaurateur, and named the house quickly to Hotel Sacher .

He married 1880 the 21- year-old Anna Fuchs, who henceforth cooperated in the hotel and quickly took over the business because of her husband's deteriorating health . Edward died in 1892, and Anna Sacher now ran the hotel as so-called widow operation. Which at that time was an extremely emancipated woman with cigar and her beloved French Bulldog (in Vienna: " Sacher-Bully" ) was always to be found, continued the business with rigor, but also with kindness. So they talked back then a company health insurance for their employees.

From the beginning, the Sacher was one of the best addresses in the city and in 1871 for the wine and delicatessen for kuk Appointed purveyor. This privilege his widow Anna was once again awarded after the death of Eduard Sacher. Before the opera you enjoyed the exquisite cuisine, they met in the legendary private rooms, and high-ranking representatives from politics always used the house for discreet meetings. The exclusive hotel was already a social institution . But then the economically difficult years after the First World War left its mark on the house.

Shortly before her death in 1930, Anna Sacher withdrew from the guide. Only after her death was announced that the hotel was heavily in debt and assets of the former was not much left. In 1934, finally came to bankruptcy.

The lawyer Hans Gürtler, his wife Poldi and the hotelier couple Joseph and Anna Siller acquired the now dilapidated house and renovated it extensively: from the heating system, electrics, running hot and cold water in all rooms has been adapted all the modern needs. From now on, the earned money should always flow back into the house. First time, the Sachertorte not only in their own premises were offered for consumption, but also sold on the street.

The house was again the meeting place for the growing company. But the annexation of Austria by Nazi Germany in 1938 brought this to an abrupt end. Swastika flags flying in front of the hotel now. During the Second World War but the house remained largely spared from damage. Immediately after the liberation of Vienna it was occupied by Soviet troops, the Vienna first district around the hotel but was soon jointly managed by the Allies and thus it came six years into British hands.

1951 got the Siller family and Gürtler their property back. Josef Siller had died in 1949. Again, the hotel had to be extensively renovated. As well as new dining venues emerged at the Sacher. Hans Gürtler also laid the foundation for the art collection of the 19th Century. Anna Siller died in 1962, and the hotel was entirely in the possession of the Gürtler family. In 1967 the company received the National Award and since then the federal coat of arms may be used in commercial transactions. The son Rolf Gürtler took over the business in 1970, but shortly thereafter, in an accident, after which he succeeded his son Peter Gürtler. This took over in 1989, the Austrian Court Hotel in Salzburg. This was later renamed the Hotel Sacher Salzburg. Since his death in 1990 his 1983 divorced woman Elisabeth Gürtler-Mauthner leads the family with their daughter Alexandra.

In 2006 the building, which is composed in its buildings of six town houses, refurbished thermally under the direction of architects Frank & Partners, and the loft conversion, in which a spa area was accommodated, provided while preserving the monument idea with a striking bright aluminum roof.

Offer

The Hotel Sacher at night

As a member of the Hospitality Association of The Leading Hotels of the World, which ensures quality control in five star hospitality sector, the Hotel Sacher is one of the best addresses in Austria. Since the expansion of 2006 also meets the criteria of a Leading Spa.

In the House, the Anna Sacher restaurant, the Red Bar, the Blue Bar, Confiserie, Café Sacher are and the Sacher Eck (coin). The cafe was founded in 2004 awarded the Golden Coffee Bean Jacobs.

Also in the building, but not as a part of the hotel, is the former imperial Court and chamber Supplier Wilhelm Jungmann & Neffe.

Since 1999, the Original Sacher-Torte is produced in a production office in Vienna Simmering, from where it is exported to the whole world. After a decades-long legal battle with the Imperial Sugar Bakery Demel only the dessert made ​​by Sacher may adorn with the title "original". The Sachertorte is imitated by many coffee houses, bakeries and pastry shops.

Rooms of the Hotel Sacher

The Sacher shop in the Hotel Sacher

The famous Sacher Torte

Famous guests

Main entrance of the hotel in the evening

Many prominent guests had the house in the Philharmonikerstraße. Anna Sacher had a photo gallery of her guests in her boudoir. The signatures of all she embroidered herself on a table cloth. Located in the middle of it Emperor Franz Joseph.

Crowned heads, statesmen, diplomats and politicians lodged at the Sacher: Edward VIII, Wallis Simpson, Elizabeth II, Prince Philip, Prince Rainier, Princess Grace, John F. Kennedy, Kofi Annan and many more.

Because of the close proximity to the Opera House of course many artists were under the guests: Herbert von Karajan, Leonard Bernstein, Leo Slezak, Plácido Domingo, José Carreras and Rudolf Nureyev. Music critic Marcel Prawy lived until his death in 2003, even as a permanent guest at the Sacher.

Graham Greene had here the idea for the screenplay of the film The Third Man. A British officer told him about the underground passages of Vienna, whereupon Greene in the bar wrote down the first ideas immediately.

Her role in the Sissi films Romy Schneider owed ​​their similarity with the bust of the Empress, who is at the hotel and was the director Ernst Marischka noticed. During filming, she lived with her mother Magda Schneider at the Sacher.

Invited to an unusual press conference in April 1969, John Lennon and Yoko Ono to the Sacher. They held one of her legendary "Bagism" actions in their hotel rooms to media representatives (including André Heller, who reported for the Ö3 jukebox), in order to express their ideas of world peace.

Traditionally, all suites are named for operas and composers (eg, La Traviata, Carmen, Idomeneo, The Magic Flute, Madame Butterfly, Nabucco, Rigoletto, Leonard Bernstein, etc.). The new suites on the top floor of the house bearing the names of contemporary operas, such as Lulu and Billy Budd named.

Hotel Sacher in film and on stage

The Hotel Sacher has been immortalized in numerous films and stage plays .

Hotel Sacher, 1939

In the German-speaking area, the hotel was also supported by the TV series Hello - Hotel Sacher ... Portier! popular with Fritz Eckhardt .

Literature

Ernst Hagen: Hotel Sacher. Austria slept in your beds. Zsolnay , Vienna , 1976, ISBN 3-552-02827-7

Ingrid Haslinger: customer - Emperor. The history of the former imperial purveyors. Schroll, Vienna 1996 , ISBN 3-85202-129-4 .

János Kalmár , Mella Waldstein: K.u.K. Purveyors of Vienna. Stocker , Graz 2001, ISBN 3-7020-0935-3 . Pp. 10-15 .

Monika Kellermann : The great Sacher-back book. Pastries, cakes and pastries. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-28-4

Franz Maier- Bruck : The great Sacher Cookbook. The Austrian cuisine. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-27-6

Leo Mazakarini : The Hotel Sacher in Vienna. Grafe and Unzer, Munich, 1977, ISBN 3-7742-5018-9

Emil Seeliger: Hotel Sacher. World history at supper. Publisher Schaffer, Berlin 1942

William Fraenkel: Establishment Eduard Sacher in Vienna: General Construction Journal, Volume 1877 (online at ANNO)

de.wikipedia.org/wiki/Hotel_Sacher

The Hotel Sacher is located in the first District of Vienna after the Vienna State Opera. Famous specialty of the house is the original Sachertorte. The hotel is a member of the Leading Hotels of the World.

History

Anna Maria Sacher

On the grounds of the demolished Kärntnertortheatre, directly opposite the newly opened imperial Court Opera, was built a Maison meuble. The restaurateur Eduard Sacher bought the house modeled on a Renaissance palace and opened in 1876, Hotel de l' Opera with the restaurant. The son of Franz Sacher, the inventor of the Sachertorte, had however already made ​​a name for himself as a restaurateur, and named the house quickly to Hotel Sacher .

He married 1880 the 21- year-old Anna Fuchs, who henceforth cooperated in the hotel and quickly took over the business because of her husband's deteriorating health . Edward died in 1892, and Anna Sacher now ran the hotel as so-called widow operation. Which at that time was an extremely emancipated woman with cigar and her beloved French Bulldog (in Vienna: " Sacher-Bully" ) was always to be found, continued the business with rigor, but also with kindness. So they talked back then a company health insurance for their employees.

From the beginning, the Sacher was one of the best addresses in the city and in 1871 for the wine and delicatessen for kuk Appointed purveyor. This privilege his widow Anna was once again awarded after the death of Eduard Sacher. Before the opera you enjoyed the exquisite cuisine, they met in the legendary private rooms, and high-ranking representatives from politics always used the house for discreet meetings. The exclusive hotel was already a social institution . But then the economically difficult years after the First World War left its mark on the house.

Shortly before her death in 1930, Anna Sacher withdrew from the guide. Only after her death was announced that the hotel was heavily in debt and assets of the former was not much left. In 1934, finally came to bankruptcy.

The lawyer Hans Gürtler, his wife Poldi and the hotelier couple Joseph and Anna Siller acquired the now dilapidated house and renovated it extensively: from the heating system, electrics, running hot and cold water in all rooms has been adapted all the modern needs. From now on, the earned money should always flow back into the house. First time, the Sachertorte not only in their own premises were offered for consumption, but also sold on the street.

The house was again the meeting place for the growing company. But the annexation of Austria by Nazi Germany in 1938 brought this to an abrupt end. Swastika flags flying in front of the hotel now. During the Second World War but the house remained largely spared from damage. Immediately after the liberation of Vienna it was occupied by Soviet troops, the Vienna first district around the hotel but was soon jointly managed by the Allies and thus it came six years into British hands.

1951 got the Siller family and Gürtler their property back. Josef Siller had died in 1949. Again, the hotel had to be extensively renovated. As well as new dining venues emerged at the Sacher. Hans Gürtler also laid the foundation for the art collection of the 19th Century. Anna Siller died in 1962, and the hotel was entirely in the possession of the Gürtler family. In 1967 the company received the National Award and since then the federal coat of arms may be used in commercial transactions. The son Rolf Gürtler took over the business in 1970, but shortly thereafter, in an accident, after which he succeeded his son Peter Gürtler. This took over in 1989, the Austrian Court Hotel in Salzburg. This was later renamed the Hotel Sacher Salzburg. Since his death in 1990 his 1983 divorced woman Elisabeth Gürtler-Mauthner leads the family with their daughter Alexandra.

In 2006 the building, which is composed in its buildings of six town houses, refurbished thermally under the direction of architects Frank & Partners, and the loft conversion, in which a spa area was accommodated, provided while preserving the monument idea with a striking bright aluminum roof.

Offer

The Hotel Sacher at night

As a member of the Hospitality Association of The Leading Hotels of the World, which ensures quality control in five star hospitality sector, the Hotel Sacher is one of the best addresses in Austria. Since the expansion of 2006 also meets the criteria of a Leading Spa.

In the House, the Anna Sacher restaurant, the Red Bar, the Blue Bar, Confiserie, Café Sacher are and the Sacher Eck (coin). The cafe was founded in 2004 awarded the Golden Coffee Bean Jacobs.

Also in the building, but not as a part of the hotel, is the former imperial Court and chamber Supplier Wilhelm Jungmann & Neffe.

Since 1999, the Original Sacher-Torte is produced in a production office in Vienna Simmering, from where it is exported to the whole world. After a decades-long legal battle with the Imperial Sugar Bakery Demel only the dessert made ​​by Sacher may adorn with the title "original". The Sachertorte is imitated by many coffee houses, bakeries and pastry shops.

Rooms of the Hotel Sacher

The Sacher shop in the Hotel Sacher

The famous Sacher Torte

Famous guests

Main entrance of the hotel in the evening

Many prominent guests had the house in the Philharmonikerstraße. Anna Sacher had a photo gallery of her guests in her boudoir. The signatures of all she embroidered herself on a table cloth. Located in the middle of it Emperor Franz Joseph.

Crowned heads, statesmen, diplomats and politicians lodged at the Sacher: Edward VIII, Wallis Simpson, Elizabeth II, Prince Philip, Prince Rainier, Princess Grace, John F. Kennedy, Kofi Annan and many more.

Because of the close proximity to the Opera House of course many artists were under the guests: Herbert von Karajan, Leonard Bernstein, Leo Slezak, Plácido Domingo, José Carreras and Rudolf Nureyev. Music critic Marcel Prawy lived until his death in 2003, even as a permanent guest at the Sacher.

Graham Greene had here the idea for the screenplay of the film The Third Man. A British officer told him about the underground passages of Vienna, whereupon Greene in the bar wrote down the first ideas immediately.

Her role in the Sissi films Romy Schneider owed ​​their similarity with the bust of the Empress, who is at the hotel and was the director Ernst Marischka noticed. During filming, she lived with her mother Magda Schneider at the Sacher.

Invited to an unusual press conference in April 1969, John Lennon and Yoko Ono to the Sacher. They held one of her legendary "Bagism" actions in their hotel rooms to media representatives (including André Heller, who reported for the Ö3 jukebox), in order to express their ideas of world peace.

Traditionally, all suites are named for operas and composers (eg, La Traviata, Carmen, Idomeneo, The Magic Flute, Madame Butterfly, Nabucco, Rigoletto, Leonard Bernstein, etc.). The new suites on the top floor of the house bearing the names of contemporary operas, such as Lulu and Billy Budd named.

Hotel Sacher in film and on stage

The Hotel Sacher has been immortalized in numerous films and stage plays .

Hotel Sacher, 1939

In the German-speaking area, the hotel was also supported by the TV series Hello - Hotel Sacher ... Portier! popular with Fritz Eckhardt .

Literature

Ernst Hagen: Hotel Sacher. Austria slept in your beds. Zsolnay , Vienna , 1976, ISBN 3-552-02827-7

Ingrid Haslinger: customer - Emperor. The history of the former imperial purveyors. Schroll, Vienna 1996 , ISBN 3-85202-129-4 .

János Kalmár , Mella Waldstein: K.u.K. Purveyors of Vienna. Stocker , Graz 2001, ISBN 3-7020-0935-3 . Pp. 10-15 .

Monika Kellermann : The great Sacher-back book. Pastries, cakes and pastries. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-28-4

Franz Maier- Bruck : The great Sacher Cookbook. The Austrian cuisine. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-27-6

Leo Mazakarini : The Hotel Sacher in Vienna. Grafe and Unzer, Munich, 1977, ISBN 3-7742-5018-9

Emil Seeliger: Hotel Sacher. World history at supper. Publisher Schaffer, Berlin 1942

William Fraenkel: Establishment Eduard Sacher in Vienna: General Construction Journal, Volume 1877 (online at ANNO)

de.wikipedia.org/wiki/Hotel_Sacher

The Hotel Sacher is located in the first District of Vienna after the Vienna State Opera. Famous specialty of the house is the original Sachertorte. The hotel is a member of the Leading Hotels of the World.

History

Anna Maria Sacher

On the grounds of the demolished Kärntnertortheatre, directly opposite the newly opened imperial Court Opera, was built a Maison meuble. The restaurateur Eduard Sacher bought the house modeled on a Renaissance palace and opened in 1876, Hotel de l' Opera with the restaurant. The son of Franz Sacher, the inventor of the Sachertorte, had however already made ​​a name for himself as a restaurateur, and named the house quickly to Hotel Sacher .

He married 1880 the 21- year-old Anna Fuchs, who henceforth cooperated in the hotel and quickly took over the business because of her husband's deteriorating health . Edward died in 1892, and Anna Sacher now ran the hotel as so-called widow operation. Which at that time was an extremely emancipated woman with cigar and her beloved French Bulldog (in Vienna: " Sacher-Bully" ) was always to be found, continued the business with rigor, but also with kindness. So they talked back then a company health insurance for their employees.

From the beginning, the Sacher was one of the best addresses in the city and in 1871 for the wine and delicatessen for kuk Appointed purveyor. This privilege his widow Anna was once again awarded after the death of Eduard Sacher. Before the opera you enjoyed the exquisite cuisine, they met in the legendary private rooms, and high-ranking representatives from politics always used the house for discreet meetings. The exclusive hotel was already a social institution . But then the economically difficult years after the First World War left its mark on the house.

Shortly before her death in 1930, Anna Sacher withdrew from the guide. Only after her death was announced that the hotel was heavily in debt and assets of the former was not much left. In 1934, finally came to bankruptcy.

The lawyer Hans Gürtler, his wife Poldi and the hotelier couple Joseph and Anna Siller acquired the now dilapidated house and renovated it extensively: from the heating system, electrics, running hot and cold water in all rooms has been adapted all the modern needs. From now on, the earned money should always flow back into the house. First time, the Sachertorte not only in their own premises were offered for consumption, but also sold on the street.

The house was again the meeting place for the growing company. But the annexation of Austria by Nazi Germany in 1938 brought this to an abrupt end. Swastika flags flying in front of the hotel now. During the Second World War but the house remained largely spared from damage. Immediately after the liberation of Vienna it was occupied by Soviet troops, the Vienna first district around the hotel but was soon jointly managed by the Allies and thus it came six years into British hands.

1951 got the Siller family and Gürtler their property back. Josef Siller had died in 1949. Again, the hotel had to be extensively renovated. As well as new dining venues emerged at the Sacher. Hans Gürtler also laid the foundation for the art collection of the 19th Century. Anna Siller died in 1962, and the hotel was entirely in the possession of the Gürtler family. In 1967 the company received the National Award and since then the federal coat of arms may be used in commercial transactions. The son Rolf Gürtler took over the business in 1970, but shortly thereafter, in an accident, after which he succeeded his son Peter Gürtler. This took over in 1989, the Austrian Court Hotel in Salzburg. This was later renamed the Hotel Sacher Salzburg. Since his death in 1990 his 1983 divorced woman Elisabeth Gürtler-Mauthner leads the family with their daughter Alexandra.

In 2006 the building, which is composed in its buildings of six town houses, refurbished thermally under the direction of architects Frank & Partners, and the loft conversion, in which a spa area was accommodated, provided while preserving the monument idea with a striking bright aluminum roof.

Offer

The Hotel Sacher at night

As a member of the Hospitality Association of The Leading Hotels of the World, which ensures quality control in five star hospitality sector, the Hotel Sacher is one of the best addresses in Austria. Since the expansion of 2006 also meets the criteria of a Leading Spa.

In the House, the Anna Sacher restaurant, the Red Bar, the Blue Bar, Confiserie, Café Sacher are and the Sacher Eck (coin). The cafe was founded in 2004 awarded the Golden Coffee Bean Jacobs.

Also in the building, but not as a part of the hotel, is the former imperial Court and chamber Supplier Wilhelm Jungmann & Neffe.

Since 1999, the Original Sacher-Torte is produced in a production office in Vienna Simmering, from where it is exported to the whole world. After a decades-long legal battle with the Imperial Sugar Bakery Demel only the dessert made ​​by Sacher may adorn with the title "original". The Sachertorte is imitated by many coffee houses, bakeries and pastry shops.

Rooms of the Hotel Sacher

The Sacher shop in the Hotel Sacher

The famous Sacher Torte

Famous guests

Main entrance of the hotel in the evening

Many prominent guests had the house in the Philharmonikerstraße. Anna Sacher had a photo gallery of her guests in her boudoir. The signatures of all she embroidered herself on a table cloth. Located in the middle of it Emperor Franz Joseph.

Crowned heads, statesmen, diplomats and politicians lodged at the Sacher: Edward VIII, Wallis Simpson, Elizabeth II, Prince Philip, Prince Rainier, Princess Grace, John F. Kennedy, Kofi Annan and many more.

Because of the close proximity to the Opera House of course many artists were under the guests: Herbert von Karajan, Leonard Bernstein, Leo Slezak, Plácido Domingo, José Carreras and Rudolf Nureyev. Music critic Marcel Prawy lived until his death in 2003, even as a permanent guest at the Sacher.

Graham Greene had here the idea for the screenplay of the film The Third Man. A British officer told him about the underground passages of Vienna, whereupon Greene in the bar wrote down the first ideas immediately.

Her role in the Sissi films Romy Schneider owed ​​their similarity with the bust of the Empress, who is at the hotel and was the director Ernst Marischka noticed. During filming, she lived with her mother Magda Schneider at the Sacher.

Invited to an unusual press conference in April 1969, John Lennon and Yoko Ono to the Sacher. They held one of her legendary "Bagism" actions in their hotel rooms to media representatives (including André Heller, who reported for the Ö3 jukebox), in order to express their ideas of world peace.

Traditionally, all suites are named for operas and composers (eg, La Traviata, Carmen, Idomeneo, The Magic Flute, Madame Butterfly, Nabucco, Rigoletto, Leonard Bernstein, etc.). The new suites on the top floor of the house bearing the names of contemporary operas, such as Lulu and Billy Budd named.

Hotel Sacher in film and on stage

The Hotel Sacher has been immortalized in numerous films and stage plays .

Hotel Sacher, 1939

In the German-speaking area, the hotel was also supported by the TV series Hello - Hotel Sacher ... Portier! popular with Fritz Eckhardt .

Literature

Ernst Hagen: Hotel Sacher. Austria slept in your beds. Zsolnay , Vienna , 1976, ISBN 3-552-02827-7

Ingrid Haslinger: customer - Emperor. The history of the former imperial purveyors. Schroll, Vienna 1996 , ISBN 3-85202-129-4 .

János Kalmár , Mella Waldstein: K.u.K. Purveyors of Vienna. Stocker , Graz 2001, ISBN 3-7020-0935-3 . Pp. 10-15 .

Monika Kellermann : The great Sacher-back book. Pastries, cakes and pastries. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-28-4

Franz Maier- Bruck : The great Sacher Cookbook. The Austrian cuisine. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-27-6

Leo Mazakarini : The Hotel Sacher in Vienna. Grafe and Unzer, Munich, 1977, ISBN 3-7742-5018-9

Emil Seeliger: Hotel Sacher. World history at supper. Publisher Schaffer, Berlin 1942

William Fraenkel: Establishment Eduard Sacher in Vienna: General Construction Journal, Volume 1877 (online at ANNO)

de.wikipedia.org/wiki/Hotel_Sacher

Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. La Cour d'Honneur (autrefois Cour Royale). Véritable centre du site où se déroulent de grands évènements. Cernée de soixante lucarnes de pierre. Hautes de 3 m. grande partie des collections artillerie.

 

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. Lorsqu'en 1840 les cendres de l'empereur Napoléon 1er furent ramenées de Sainte-Hélène, le cercueil fut placé provisoirement dans la chapelle Saint-Jérôme.

 

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. Lorsqu'en 1840 les cendres de l'empereur Napoléon 1er furent ramenées de Sainte-Hélène, le cercueil fut placé provisoirement dans la chapelle Saint-Jérôme.

 

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

The Hotel Sacher is located in the first District of Vienna after the Vienna State Opera. Famous specialty of the house is the original Sachertorte. The hotel is a member of the Leading Hotels of the World.

History

Anna Maria Sacher

On the grounds of the demolished Kärntnertortheatre, directly opposite the newly opened imperial Court Opera, was built a Maison meuble. The restaurateur Eduard Sacher bought the house modeled on a Renaissance palace and opened in 1876, Hotel de l' Opera with the restaurant. The son of Franz Sacher, the inventor of the Sachertorte, had however already made ​​a name for himself as a restaurateur, and named the house quickly to Hotel Sacher .

He married 1880 the 21- year-old Anna Fuchs, who henceforth cooperated in the hotel and quickly took over the business because of her husband's deteriorating health . Edward died in 1892, and Anna Sacher now ran the hotel as so-called widow operation. Which at that time was an extremely emancipated woman with cigar and her beloved French Bulldog (in Vienna: " Sacher-Bully" ) was always to be found, continued the business with rigor, but also with kindness. So they talked back then a company health insurance for their employees.

From the beginning, the Sacher was one of the best addresses in the city and in 1871 for the wine and delicatessen for kuk Appointed purveyor. This privilege his widow Anna was once again awarded after the death of Eduard Sacher. Before the opera you enjoyed the exquisite cuisine, they met in the legendary private rooms, and high-ranking representatives from politics always used the house for discreet meetings. The exclusive hotel was already a social institution . But then the economically difficult years after the First World War left its mark on the house.

Shortly before her death in 1930, Anna Sacher withdrew from the guide. Only after her death was announced that the hotel was heavily in debt and assets of the former was not much left. In 1934, finally came to bankruptcy.

The lawyer Hans Gürtler, his wife Poldi and the hotelier couple Joseph and Anna Siller acquired the now dilapidated house and renovated it extensively: from the heating system, electrics, running hot and cold water in all rooms has been adapted all the modern needs. From now on, the earned money should always flow back into the house. First time, the Sachertorte not only in their own premises were offered for consumption, but also sold on the street.

The house was again the meeting place for the growing company. But the annexation of Austria by Nazi Germany in 1938 brought this to an abrupt end. Swastika flags flying in front of the hotel now. During the Second World War but the house remained largely spared from damage. Immediately after the liberation of Vienna it was occupied by Soviet troops, the Vienna first district around the hotel but was soon jointly managed by the Allies and thus it came six years into British hands.

1951 got the Siller family and Gürtler their property back. Josef Siller had died in 1949. Again, the hotel had to be extensively renovated. As well as new dining venues emerged at the Sacher. Hans Gürtler also laid the foundation for the art collection of the 19th Century. Anna Siller died in 1962, and the hotel was entirely in the possession of the Gürtler family. In 1967 the company received the National Award and since then the federal coat of arms may be used in commercial transactions. The son Rolf Gürtler took over the business in 1970, but shortly thereafter, in an accident, after which he succeeded his son Peter Gürtler. This took over in 1989, the Austrian Court Hotel in Salzburg. This was later renamed the Hotel Sacher Salzburg. Since his death in 1990 his 1983 divorced woman Elisabeth Gürtler-Mauthner leads the family with their daughter Alexandra.

In 2006 the building, which is composed in its buildings of six town houses, refurbished thermally under the direction of architects Frank & Partners, and the loft conversion, in which a spa area was accommodated, provided while preserving the monument idea with a striking bright aluminum roof.

Offer

The Hotel Sacher at night

As a member of the Hospitality Association of The Leading Hotels of the World, which ensures quality control in five star hospitality sector, the Hotel Sacher is one of the best addresses in Austria. Since the expansion of 2006 also meets the criteria of a Leading Spa.

In the House, the Anna Sacher restaurant, the Red Bar, the Blue Bar, Confiserie, Café Sacher are and the Sacher Eck (coin). The cafe was founded in 2004 awarded the Golden Coffee Bean Jacobs.

Also in the building, but not as a part of the hotel, is the former imperial Court and chamber Supplier Wilhelm Jungmann & Neffe.

Since 1999, the Original Sacher-Torte is produced in a production office in Vienna Simmering, from where it is exported to the whole world. After a decades-long legal battle with the Imperial Sugar Bakery Demel only the dessert made ​​by Sacher may adorn with the title "original". The Sachertorte is imitated by many coffee houses, bakeries and pastry shops.

Rooms of the Hotel Sacher

The Sacher shop in the Hotel Sacher

The famous Sacher Torte

Famous guests

Main entrance of the hotel in the evening

Many prominent guests had the house in the Philharmonikerstraße. Anna Sacher had a photo gallery of her guests in her boudoir. The signatures of all she embroidered herself on a table cloth. Located in the middle of it Emperor Franz Joseph.

Crowned heads, statesmen, diplomats and politicians lodged at the Sacher: Edward VIII, Wallis Simpson, Elizabeth II, Prince Philip, Prince Rainier, Princess Grace, John F. Kennedy, Kofi Annan and many more.

Because of the close proximity to the Opera House of course many artists were under the guests: Herbert von Karajan, Leonard Bernstein, Leo Slezak, Plácido Domingo, José Carreras and Rudolf Nureyev. Music critic Marcel Prawy lived until his death in 2003, even as a permanent guest at the Sacher.

Graham Greene had here the idea for the screenplay of the film The Third Man. A British officer told him about the underground passages of Vienna, whereupon Greene in the bar wrote down the first ideas immediately.

Her role in the Sissi films Romy Schneider owed ​​their similarity with the bust of the Empress, who is at the hotel and was the director Ernst Marischka noticed. During filming, she lived with her mother Magda Schneider at the Sacher.

Invited to an unusual press conference in April 1969, John Lennon and Yoko Ono to the Sacher. They held one of her legendary "Bagism" actions in their hotel rooms to media representatives (including André Heller, who reported for the Ö3 jukebox), in order to express their ideas of world peace.

Traditionally, all suites are named for operas and composers (eg, La Traviata, Carmen, Idomeneo, The Magic Flute, Madame Butterfly, Nabucco, Rigoletto, Leonard Bernstein, etc.). The new suites on the top floor of the house bearing the names of contemporary operas, such as Lulu and Billy Budd named.

Hotel Sacher in film and on stage

The Hotel Sacher has been immortalized in numerous films and stage plays .

Hotel Sacher, 1939

In the German-speaking area, the hotel was also supported by the TV series Hello - Hotel Sacher ... Portier! popular with Fritz Eckhardt .

Literature

Ernst Hagen: Hotel Sacher. Austria slept in your beds. Zsolnay , Vienna , 1976, ISBN 3-552-02827-7

Ingrid Haslinger: customer - Emperor. The history of the former imperial purveyors. Schroll, Vienna 1996 , ISBN 3-85202-129-4 .

János Kalmár , Mella Waldstein: K.u.K. Purveyors of Vienna. Stocker , Graz 2001, ISBN 3-7020-0935-3 . Pp. 10-15 .

Monika Kellermann : The great Sacher-back book. Pastries, cakes and pastries. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-28-4

Franz Maier- Bruck : The great Sacher Cookbook. The Austrian cuisine. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-27-6

Leo Mazakarini : The Hotel Sacher in Vienna. Grafe and Unzer, Munich, 1977, ISBN 3-7742-5018-9

Emil Seeliger: Hotel Sacher. World history at supper. Publisher Schaffer, Berlin 1942

William Fraenkel: Establishment Eduard Sacher in Vienna: General Construction Journal, Volume 1877 (online at ANNO)

de.wikipedia.org/wiki/Hotel_Sacher

The Hotel Sacher is located in the first District of Vienna after the Vienna State Opera. Famous specialty of the house is the original Sachertorte. The hotel is a member of the Leading Hotels of the World.

History

Anna Maria Sacher

On the grounds of the demolished Kärntnertortheatre, directly opposite the newly opened imperial Court Opera, was built a Maison meuble. The restaurateur Eduard Sacher bought the house modeled on a Renaissance palace and opened in 1876, Hotel de l' Opera with the restaurant. The son of Franz Sacher, the inventor of the Sachertorte, had however already made ​​a name for himself as a restaurateur, and named the house quickly to Hotel Sacher .

He married 1880 the 21- year-old Anna Fuchs, who henceforth cooperated in the hotel and quickly took over the business because of her husband's deteriorating health . Edward died in 1892, and Anna Sacher now ran the hotel as so-called widow operation. Which at that time was an extremely emancipated woman with cigar and her beloved French Bulldog (in Vienna: " Sacher-Bully" ) was always to be found, continued the business with rigor, but also with kindness. So they talked back then a company health insurance for their employees.

From the beginning, the Sacher was one of the best addresses in the city and in 1871 for the wine and delicatessen for kuk Appointed purveyor. This privilege his widow Anna was once again awarded after the death of Eduard Sacher. Before the opera you enjoyed the exquisite cuisine, they met in the legendary private rooms, and high-ranking representatives from politics always used the house for discreet meetings. The exclusive hotel was already a social institution . But then the economically difficult years after the First World War left its mark on the house.

Shortly before her death in 1930, Anna Sacher withdrew from the guide. Only after her death was announced that the hotel was heavily in debt and assets of the former was not much left. In 1934, finally came to bankruptcy.

The lawyer Hans Gürtler, his wife Poldi and the hotelier couple Joseph and Anna Siller acquired the now dilapidated house and renovated it extensively: from the heating system, electrics, running hot and cold water in all rooms has been adapted all the modern needs. From now on, the earned money should always flow back into the house. First time, the Sachertorte not only in their own premises were offered for consumption, but also sold on the street.

The house was again the meeting place for the growing company. But the annexation of Austria by Nazi Germany in 1938 brought this to an abrupt end. Swastika flags flying in front of the hotel now. During the Second World War but the house remained largely spared from damage. Immediately after the liberation of Vienna it was occupied by Soviet troops, the Vienna first district around the hotel but was soon jointly managed by the Allies and thus it came six years into British hands.

1951 got the Siller family and Gürtler their property back. Josef Siller had died in 1949. Again, the hotel had to be extensively renovated. As well as new dining venues emerged at the Sacher. Hans Gürtler also laid the foundation for the art collection of the 19th Century. Anna Siller died in 1962, and the hotel was entirely in the possession of the Gürtler family. In 1967 the company received the National Award and since then the federal coat of arms may be used in commercial transactions. The son Rolf Gürtler took over the business in 1970, but shortly thereafter, in an accident, after which he succeeded his son Peter Gürtler. This took over in 1989, the Austrian Court Hotel in Salzburg. This was later renamed the Hotel Sacher Salzburg. Since his death in 1990 his 1983 divorced woman Elisabeth Gürtler-Mauthner leads the family with their daughter Alexandra.

In 2006 the building, which is composed in its buildings of six town houses, refurbished thermally under the direction of architects Frank & Partners, and the loft conversion, in which a spa area was accommodated, provided while preserving the monument idea with a striking bright aluminum roof.

Offer

The Hotel Sacher at night

As a member of the Hospitality Association of The Leading Hotels of the World, which ensures quality control in five star hospitality sector, the Hotel Sacher is one of the best addresses in Austria. Since the expansion of 2006 also meets the criteria of a Leading Spa.

In the House, the Anna Sacher restaurant, the Red Bar, the Blue Bar, Confiserie, Café Sacher are and the Sacher Eck (coin). The cafe was founded in 2004 awarded the Golden Coffee Bean Jacobs.

Also in the building, but not as a part of the hotel, is the former imperial Court and chamber Supplier Wilhelm Jungmann & Neffe.

Since 1999, the Original Sacher-Torte is produced in a production office in Vienna Simmering, from where it is exported to the whole world. After a decades-long legal battle with the Imperial Sugar Bakery Demel only the dessert made ​​by Sacher may adorn with the title "original". The Sachertorte is imitated by many coffee houses, bakeries and pastry shops.

Rooms of the Hotel Sacher

The Sacher shop in the Hotel Sacher

The famous Sacher Torte

Famous guests

Main entrance of the hotel in the evening

Many prominent guests had the house in the Philharmonikerstraße. Anna Sacher had a photo gallery of her guests in her boudoir. The signatures of all she embroidered herself on a table cloth. Located in the middle of it Emperor Franz Joseph.

Crowned heads, statesmen, diplomats and politicians lodged at the Sacher: Edward VIII, Wallis Simpson, Elizabeth II, Prince Philip, Prince Rainier, Princess Grace, John F. Kennedy, Kofi Annan and many more.

Because of the close proximity to the Opera House of course many artists were under the guests: Herbert von Karajan, Leonard Bernstein, Leo Slezak, Plácido Domingo, José Carreras and Rudolf Nureyev. Music critic Marcel Prawy lived until his death in 2003, even as a permanent guest at the Sacher.

Graham Greene had here the idea for the screenplay of the film The Third Man. A British officer told him about the underground passages of Vienna, whereupon Greene in the bar wrote down the first ideas immediately.

Her role in the Sissi films Romy Schneider owed ​​their similarity with the bust of the Empress, who is at the hotel and was the director Ernst Marischka noticed. During filming, she lived with her mother Magda Schneider at the Sacher.

Invited to an unusual press conference in April 1969, John Lennon and Yoko Ono to the Sacher. They held one of her legendary "Bagism" actions in their hotel rooms to media representatives (including André Heller, who reported for the Ö3 jukebox), in order to express their ideas of world peace.

Traditionally, all suites are named for operas and composers (eg, La Traviata, Carmen, Idomeneo, The Magic Flute, Madame Butterfly, Nabucco, Rigoletto, Leonard Bernstein, etc.). The new suites on the top floor of the house bearing the names of contemporary operas, such as Lulu and Billy Budd named.

Hotel Sacher in film and on stage

The Hotel Sacher has been immortalized in numerous films and stage plays .

Hotel Sacher, 1939

In the German-speaking area, the hotel was also supported by the TV series Hello - Hotel Sacher ... Portier! popular with Fritz Eckhardt .

Literature

Ernst Hagen: Hotel Sacher. Austria slept in your beds. Zsolnay , Vienna , 1976, ISBN 3-552-02827-7

Ingrid Haslinger: customer - Emperor. The history of the former imperial purveyors. Schroll, Vienna 1996 , ISBN 3-85202-129-4 .

János Kalmár , Mella Waldstein: K.u.K. Purveyors of Vienna. Stocker , Graz 2001, ISBN 3-7020-0935-3 . Pp. 10-15 .

Monika Kellermann : The great Sacher-back book. Pastries, cakes and pastries. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-28-4

Franz Maier- Bruck : The great Sacher Cookbook. The Austrian cuisine. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-27-6

Leo Mazakarini : The Hotel Sacher in Vienna. Grafe and Unzer, Munich, 1977, ISBN 3-7742-5018-9

Emil Seeliger: Hotel Sacher. World history at supper. Publisher Schaffer, Berlin 1942

William Fraenkel: Establishment Eduard Sacher in Vienna: General Construction Journal, Volume 1877 (online at ANNO)

de.wikipedia.org/wiki/Hotel_Sacher

Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. Lorsqu'en 1840 les cendres de l'empereur Napoléon 1er furent ramenées de Sainte-Hélène, le cercueil fut placé provisoirement dans la chapelle Saint-Jérôme.

 

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. Le Dôme des Invalides, l’église du Dôme. Construite entre 1677/1706. Les décors intérieurs réalisés à cette époque exaltent la gloire de Louis XIV, de la monarchie et de ses armées. Temple de Mars sous Révolution.

 

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

The Hotel Sacher is located in the first District of Vienna after the Vienna State Opera. Famous specialty of the house is the original Sachertorte. The hotel is a member of the Leading Hotels of the World.

History

Anna Maria Sacher

On the grounds of the demolished Kärntnertortheatre, directly opposite the newly opened imperial Court Opera, was built a Maison meuble. The restaurateur Eduard Sacher bought the house modeled on a Renaissance palace and opened in 1876, Hotel de l' Opera with the restaurant. The son of Franz Sacher, the inventor of the Sachertorte, had however already made ​​a name for himself as a restaurateur, and named the house quickly to Hotel Sacher .

He married 1880 the 21- year-old Anna Fuchs, who henceforth cooperated in the hotel and quickly took over the business because of her husband's deteriorating health . Edward died in 1892, and Anna Sacher now ran the hotel as so-called widow operation. Which at that time was an extremely emancipated woman with cigar and her beloved French Bulldog (in Vienna: " Sacher-Bully" ) was always to be found, continued the business with rigor, but also with kindness. So they talked back then a company health insurance for their employees.

From the beginning, the Sacher was one of the best addresses in the city and in 1871 for the wine and delicatessen for kuk Appointed purveyor. This privilege his widow Anna was once again awarded after the death of Eduard Sacher. Before the opera you enjoyed the exquisite cuisine, they met in the legendary private rooms, and high-ranking representatives from politics always used the house for discreet meetings. The exclusive hotel was already a social institution . But then the economically difficult years after the First World War left its mark on the house.

Shortly before her death in 1930, Anna Sacher withdrew from the guide. Only after her death was announced that the hotel was heavily in debt and assets of the former was not much left. In 1934, finally came to bankruptcy.

The lawyer Hans Gürtler, his wife Poldi and the hotelier couple Joseph and Anna Siller acquired the now dilapidated house and renovated it extensively: from the heating system, electrics, running hot and cold water in all rooms has been adapted all the modern needs. From now on, the earned money should always flow back into the house. First time, the Sachertorte not only in their own premises were offered for consumption, but also sold on the street.

The house was again the meeting place for the growing company. But the annexation of Austria by Nazi Germany in 1938 brought this to an abrupt end. Swastika flags flying in front of the hotel now. During the Second World War but the house remained largely spared from damage. Immediately after the liberation of Vienna it was occupied by Soviet troops, the Vienna first district around the hotel but was soon jointly managed by the Allies and thus it came six years into British hands.

1951 got the Siller family and Gürtler their property back. Josef Siller had died in 1949. Again, the hotel had to be extensively renovated. As well as new dining venues emerged at the Sacher. Hans Gürtler also laid the foundation for the art collection of the 19th Century. Anna Siller died in 1962, and the hotel was entirely in the possession of the Gürtler family. In 1967 the company received the National Award and since then the federal coat of arms may be used in commercial transactions. The son Rolf Gürtler took over the business in 1970, but shortly thereafter, in an accident, after which he succeeded his son Peter Gürtler. This took over in 1989, the Austrian Court Hotel in Salzburg. This was later renamed the Hotel Sacher Salzburg. Since his death in 1990 his 1983 divorced woman Elisabeth Gürtler-Mauthner leads the family with their daughter Alexandra.

In 2006 the building, which is composed in its buildings of six town houses, refurbished thermally under the direction of architects Frank & Partners, and the loft conversion, in which a spa area was accommodated, provided while preserving the monument idea with a striking bright aluminum roof.

Offer

The Hotel Sacher at night

As a member of the Hospitality Association of The Leading Hotels of the World, which ensures quality control in five star hospitality sector, the Hotel Sacher is one of the best addresses in Austria. Since the expansion of 2006 also meets the criteria of a Leading Spa.

In the House, the Anna Sacher restaurant, the Red Bar, the Blue Bar, Confiserie, Café Sacher are and the Sacher Eck (coin). The cafe was founded in 2004 awarded the Golden Coffee Bean Jacobs.

Also in the building, but not as a part of the hotel, is the former imperial Court and chamber Supplier Wilhelm Jungmann & Neffe.

Since 1999, the Original Sacher-Torte is produced in a production office in Vienna Simmering, from where it is exported to the whole world. After a decades-long legal battle with the Imperial Sugar Bakery Demel only the dessert made ​​by Sacher may adorn with the title "original". The Sachertorte is imitated by many coffee houses, bakeries and pastry shops.

Rooms of the Hotel Sacher

The Sacher shop in the Hotel Sacher

The famous Sacher Torte

Famous guests

Main entrance of the hotel in the evening

Many prominent guests had the house in the Philharmonikerstraße. Anna Sacher had a photo gallery of her guests in her boudoir. The signatures of all she embroidered herself on a table cloth. Located in the middle of it Emperor Franz Joseph.

Crowned heads, statesmen, diplomats and politicians lodged at the Sacher: Edward VIII, Wallis Simpson, Elizabeth II, Prince Philip, Prince Rainier, Princess Grace, John F. Kennedy, Kofi Annan and many more.

Because of the close proximity to the Opera House of course many artists were under the guests: Herbert von Karajan, Leonard Bernstein, Leo Slezak, Plácido Domingo, José Carreras and Rudolf Nureyev. Music critic Marcel Prawy lived until his death in 2003, even as a permanent guest at the Sacher.

Graham Greene had here the idea for the screenplay of the film The Third Man. A British officer told him about the underground passages of Vienna, whereupon Greene in the bar wrote down the first ideas immediately.

Her role in the Sissi films Romy Schneider owed ​​their similarity with the bust of the Empress, who is at the hotel and was the director Ernst Marischka noticed. During filming, she lived with her mother Magda Schneider at the Sacher.

Invited to an unusual press conference in April 1969, John Lennon and Yoko Ono to the Sacher. They held one of her legendary "Bagism" actions in their hotel rooms to media representatives (including André Heller, who reported for the Ö3 jukebox), in order to express their ideas of world peace.

Traditionally, all suites are named for operas and composers (eg, La Traviata, Carmen, Idomeneo, The Magic Flute, Madame Butterfly, Nabucco, Rigoletto, Leonard Bernstein, etc.). The new suites on the top floor of the house bearing the names of contemporary operas, such as Lulu and Billy Budd named.

Hotel Sacher in film and on stage

The Hotel Sacher has been immortalized in numerous films and stage plays .

Hotel Sacher, 1939

In the German-speaking area, the hotel was also supported by the TV series Hello - Hotel Sacher ... Portier! popular with Fritz Eckhardt .

Literature

Ernst Hagen: Hotel Sacher. Austria slept in your beds. Zsolnay , Vienna , 1976, ISBN 3-552-02827-7

Ingrid Haslinger: customer - Emperor. The history of the former imperial purveyors. Schroll, Vienna 1996 , ISBN 3-85202-129-4 .

János Kalmár , Mella Waldstein: K.u.K. Purveyors of Vienna. Stocker , Graz 2001, ISBN 3-7020-0935-3 . Pp. 10-15 .

Monika Kellermann : The great Sacher-back book. Pastries, cakes and pastries. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-28-4

Franz Maier- Bruck : The great Sacher Cookbook. The Austrian cuisine. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-27-6

Leo Mazakarini : The Hotel Sacher in Vienna. Grafe and Unzer, Munich, 1977, ISBN 3-7742-5018-9

Emil Seeliger: Hotel Sacher. World history at supper. Publisher Schaffer, Berlin 1942

William Fraenkel: Establishment Eduard Sacher in Vienna: General Construction Journal, Volume 1877 (online at ANNO)

de.wikipedia.org/wiki/Hotel_Sacher

Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. L'architecte Libéral Bruant construit La façade nord 195 m de long 22 m de haut pavillon central qui forme arc triomphal point culminant soleil visage humain. Groupe sculpté Louis XIV représenté imperator romain.

 

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. En 1800, le Premier Consul ordonne la translation sous le Dôme de la dépouille de Turenne (1611 - 1675), un des plus célèbres maréchaux de France du Grand siècle, dans un tombeau monumental.

Henri de la Tour d'Auvergne (Sedan, 11 septembre 1611 - Salzbach, 27 juillet 1675), vicomte de Turenne, est un gentilhomme et militaire français plus connu sous le nom de Turenne.

Maréchal de France en 1643 et maréchal général des camps et armées du roi en 1660, il fut l'un des meilleurs généraux de Louis XIII puis de Louis XIV. Figure populaire, stratège de grand talent, gloire militaire du Grand Siècle par excellence, sa carrière se trouve néanmoins entachée par la première série d’exactions commises en Palatinat en 1674, plus généralement connu sous le nom de « ravage du Palatinat ».

  

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

The Hotel Sacher is located in the first District of Vienna after the Vienna State Opera. Famous specialty of the house is the original Sachertorte. The hotel is a member of the Leading Hotels of the World.

History

Anna Maria Sacher

On the grounds of the demolished Kärntnertortheatre, directly opposite the newly opened imperial Court Opera, was built a Maison meuble. The restaurateur Eduard Sacher bought the house modeled on a Renaissance palace and opened in 1876, Hotel de l' Opera with the restaurant. The son of Franz Sacher, the inventor of the Sachertorte, had however already made ​​a name for himself as a restaurateur, and named the house quickly to Hotel Sacher .

He married 1880 the 21- year-old Anna Fuchs, who henceforth cooperated in the hotel and quickly took over the business because of her husband's deteriorating health . Edward died in 1892, and Anna Sacher now ran the hotel as so-called widow operation. Which at that time was an extremely emancipated woman with cigar and her beloved French Bulldog (in Vienna: " Sacher-Bully" ) was always to be found, continued the business with rigor, but also with kindness. So they talked back then a company health insurance for their employees.

From the beginning, the Sacher was one of the best addresses in the city and in 1871 for the wine and delicatessen for kuk Appointed purveyor. This privilege his widow Anna was once again awarded after the death of Eduard Sacher. Before the opera you enjoyed the exquisite cuisine, they met in the legendary private rooms, and high-ranking representatives from politics always used the house for discreet meetings. The exclusive hotel was already a social institution . But then the economically difficult years after the First World War left its mark on the house.

Shortly before her death in 1930, Anna Sacher withdrew from the guide. Only after her death was announced that the hotel was heavily in debt and assets of the former was not much left. In 1934, finally came to bankruptcy.

The lawyer Hans Gürtler, his wife Poldi and the hotelier couple Joseph and Anna Siller acquired the now dilapidated house and renovated it extensively: from the heating system, electrics, running hot and cold water in all rooms has been adapted all the modern needs. From now on, the earned money should always flow back into the house. First time, the Sachertorte not only in their own premises were offered for consumption, but also sold on the street.

The house was again the meeting place for the growing company. But the annexation of Austria by Nazi Germany in 1938 brought this to an abrupt end. Swastika flags flying in front of the hotel now. During the Second World War but the house remained largely spared from damage. Immediately after the liberation of Vienna it was occupied by Soviet troops, the Vienna first district around the hotel but was soon jointly managed by the Allies and thus it came six years into British hands.

1951 got the Siller family and Gürtler their property back. Josef Siller had died in 1949. Again, the hotel had to be extensively renovated. As well as new dining venues emerged at the Sacher. Hans Gürtler also laid the foundation for the art collection of the 19th Century. Anna Siller died in 1962, and the hotel was entirely in the possession of the Gürtler family. In 1967 the company received the National Award and since then the federal coat of arms may be used in commercial transactions. The son Rolf Gürtler took over the business in 1970, but shortly thereafter, in an accident, after which he succeeded his son Peter Gürtler. This took over in 1989, the Austrian Court Hotel in Salzburg. This was later renamed the Hotel Sacher Salzburg. Since his death in 1990 his 1983 divorced woman Elisabeth Gürtler-Mauthner leads the family with their daughter Alexandra.

In 2006 the building, which is composed in its buildings of six town houses, refurbished thermally under the direction of architects Frank & Partners, and the loft conversion, in which a spa area was accommodated, provided while preserving the monument idea with a striking bright aluminum roof.

Offer

The Hotel Sacher at night

As a member of the Hospitality Association of The Leading Hotels of the World, which ensures quality control in five star hospitality sector, the Hotel Sacher is one of the best addresses in Austria. Since the expansion of 2006 also meets the criteria of a Leading Spa.

In the House, the Anna Sacher restaurant, the Red Bar, the Blue Bar, Confiserie, Café Sacher are and the Sacher Eck (coin). The cafe was founded in 2004 awarded the Golden Coffee Bean Jacobs.

Also in the building, but not as a part of the hotel, is the former imperial Court and chamber Supplier Wilhelm Jungmann & Neffe.

Since 1999, the Original Sacher-Torte is produced in a production office in Vienna Simmering, from where it is exported to the whole world. After a decades-long legal battle with the Imperial Sugar Bakery Demel only the dessert made ​​by Sacher may adorn with the title "original". The Sachertorte is imitated by many coffee houses, bakeries and pastry shops.

Rooms of the Hotel Sacher

The Sacher shop in the Hotel Sacher

The famous Sacher Torte

Famous guests

Main entrance of the hotel in the evening

Many prominent guests had the house in the Philharmonikerstraße. Anna Sacher had a photo gallery of her guests in her boudoir. The signatures of all she embroidered herself on a table cloth. Located in the middle of it Emperor Franz Joseph.

Crowned heads, statesmen, diplomats and politicians lodged at the Sacher: Edward VIII, Wallis Simpson, Elizabeth II, Prince Philip, Prince Rainier, Princess Grace, John F. Kennedy, Kofi Annan and many more.

Because of the close proximity to the Opera House of course many artists were under the guests: Herbert von Karajan, Leonard Bernstein, Leo Slezak, Plácido Domingo, José Carreras and Rudolf Nureyev. Music critic Marcel Prawy lived until his death in 2003, even as a permanent guest at the Sacher.

Graham Greene had here the idea for the screenplay of the film The Third Man. A British officer told him about the underground passages of Vienna, whereupon Greene in the bar wrote down the first ideas immediately.

Her role in the Sissi films Romy Schneider owed ​​their similarity with the bust of the Empress, who is at the hotel and was the director Ernst Marischka noticed. During filming, she lived with her mother Magda Schneider at the Sacher.

Invited to an unusual press conference in April 1969, John Lennon and Yoko Ono to the Sacher. They held one of her legendary "Bagism" actions in their hotel rooms to media representatives (including André Heller, who reported for the Ö3 jukebox), in order to express their ideas of world peace.

Traditionally, all suites are named for operas and composers (eg, La Traviata, Carmen, Idomeneo, The Magic Flute, Madame Butterfly, Nabucco, Rigoletto, Leonard Bernstein, etc.). The new suites on the top floor of the house bearing the names of contemporary operas, such as Lulu and Billy Budd named.

Hotel Sacher in film and on stage

The Hotel Sacher has been immortalized in numerous films and stage plays .

Hotel Sacher, 1939

In the German-speaking area, the hotel was also supported by the TV series Hello - Hotel Sacher ... Portier! popular with Fritz Eckhardt .

Literature

Ernst Hagen: Hotel Sacher. Austria slept in your beds. Zsolnay , Vienna , 1976, ISBN 3-552-02827-7

Ingrid Haslinger: customer - Emperor. The history of the former imperial purveyors. Schroll, Vienna 1996 , ISBN 3-85202-129-4 .

János Kalmár , Mella Waldstein: K.u.K. Purveyors of Vienna. Stocker , Graz 2001, ISBN 3-7020-0935-3 . Pp. 10-15 .

Monika Kellermann : The great Sacher-back book. Pastries, cakes and pastries. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-28-4

Franz Maier- Bruck : The great Sacher Cookbook. The Austrian cuisine. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-27-6

Leo Mazakarini : The Hotel Sacher in Vienna. Grafe and Unzer, Munich, 1977, ISBN 3-7742-5018-9

Emil Seeliger: Hotel Sacher. World history at supper. Publisher Schaffer, Berlin 1942

William Fraenkel: Establishment Eduard Sacher in Vienna: General Construction Journal, Volume 1877 (online at ANNO)

de.wikipedia.org/wiki/Hotel_Sacher

Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. Crypte. Dans la galerie circulaire suite de 10 bas-reliefs figurent les principales réalisations du règne : pacification de la nation, centralisation administrative, conseil d'Etat, Code civil, Concordat...

 

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. La crypte. Au fond de la crypte, au-dessus de la dalle sous laquelle repose le Roi de Rome, est érigée une statue de l'Empereur revêtue de la symbolique impériale. Ses « cendres » transférées 15/12/1940.

Le 15 décembre 1940 les cendres du fils unique de Napoléon Ier dit le « Roi de Rome» Napoléon II ou « l'Aiglon» y furent transportées de Vienne pour y être placées dans une urne funéraire, sur proposition d'Adolf Hitler conseillé par Otto Abetz et en présence de Fernand de Brinon pour le Gouvernement de Vichy (Paris étant à l'époque en zone occupée).

 

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

The Hotel Sacher is located in the first District of Vienna after the Vienna State Opera. Famous specialty of the house is the original Sachertorte. The hotel is a member of the Leading Hotels of the World.

History

Anna Maria Sacher

On the grounds of the demolished Kärntnertortheatre, directly opposite the newly opened imperial Court Opera, was built a Maison meuble. The restaurateur Eduard Sacher bought the house modeled on a Renaissance palace and opened in 1876, Hotel de l' Opera with the restaurant. The son of Franz Sacher, the inventor of the Sachertorte, had however already made ​​a name for himself as a restaurateur, and named the house quickly to Hotel Sacher .

He married 1880 the 21- year-old Anna Fuchs, who henceforth cooperated in the hotel and quickly took over the business because of her husband's deteriorating health . Edward died in 1892, and Anna Sacher now ran the hotel as so-called widow operation. Which at that time was an extremely emancipated woman with cigar and her beloved French Bulldog (in Vienna: " Sacher-Bully" ) was always to be found, continued the business with rigor, but also with kindness. So they talked back then a company health insurance for their employees.

From the beginning, the Sacher was one of the best addresses in the city and in 1871 for the wine and delicatessen for kuk Appointed purveyor. This privilege his widow Anna was once again awarded after the death of Eduard Sacher. Before the opera you enjoyed the exquisite cuisine, they met in the legendary private rooms, and high-ranking representatives from politics always used the house for discreet meetings. The exclusive hotel was already a social institution . But then the economically difficult years after the First World War left its mark on the house.

Shortly before her death in 1930, Anna Sacher withdrew from the guide. Only after her death was announced that the hotel was heavily in debt and assets of the former was not much left. In 1934, finally came to bankruptcy.

The lawyer Hans Gürtler, his wife Poldi and the hotelier couple Joseph and Anna Siller acquired the now dilapidated house and renovated it extensively: from the heating system, electrics, running hot and cold water in all rooms has been adapted all the modern needs. From now on, the earned money should always flow back into the house. First time, the Sachertorte not only in their own premises were offered for consumption, but also sold on the street.

The house was again the meeting place for the growing company. But the annexation of Austria by Nazi Germany in 1938 brought this to an abrupt end. Swastika flags flying in front of the hotel now. During the Second World War but the house remained largely spared from damage. Immediately after the liberation of Vienna it was occupied by Soviet troops, the Vienna first district around the hotel but was soon jointly managed by the Allies and thus it came six years into British hands.

1951 got the Siller family and Gürtler their property back. Josef Siller had died in 1949. Again, the hotel had to be extensively renovated. As well as new dining venues emerged at the Sacher. Hans Gürtler also laid the foundation for the art collection of the 19th Century. Anna Siller died in 1962, and the hotel was entirely in the possession of the Gürtler family. In 1967 the company received the National Award and since then the federal coat of arms may be used in commercial transactions. The son Rolf Gürtler took over the business in 1970, but shortly thereafter, in an accident, after which he succeeded his son Peter Gürtler. This took over in 1989, the Austrian Court Hotel in Salzburg. This was later renamed the Hotel Sacher Salzburg. Since his death in 1990 his 1983 divorced woman Elisabeth Gürtler-Mauthner leads the family with their daughter Alexandra.

In 2006 the building, which is composed in its buildings of six town houses, refurbished thermally under the direction of architects Frank & Partners, and the loft conversion, in which a spa area was accommodated, provided while preserving the monument idea with a striking bright aluminum roof.

Offer

The Hotel Sacher at night

As a member of the Hospitality Association of The Leading Hotels of the World, which ensures quality control in five star hospitality sector, the Hotel Sacher is one of the best addresses in Austria. Since the expansion of 2006 also meets the criteria of a Leading Spa.

In the House, the Anna Sacher restaurant, the Red Bar, the Blue Bar, Confiserie, Café Sacher are and the Sacher Eck (coin). The cafe was founded in 2004 awarded the Golden Coffee Bean Jacobs.

Also in the building, but not as a part of the hotel, is the former imperial Court and chamber Supplier Wilhelm Jungmann & Neffe.

Since 1999, the Original Sacher-Torte is produced in a production office in Vienna Simmering, from where it is exported to the whole world. After a decades-long legal battle with the Imperial Sugar Bakery Demel only the dessert made ​​by Sacher may adorn with the title "original". The Sachertorte is imitated by many coffee houses, bakeries and pastry shops.

Rooms of the Hotel Sacher

The Sacher shop in the Hotel Sacher

The famous Sacher Torte

Famous guests

Main entrance of the hotel in the evening

Many prominent guests had the house in the Philharmonikerstraße. Anna Sacher had a photo gallery of her guests in her boudoir. The signatures of all she embroidered herself on a table cloth. Located in the middle of it Emperor Franz Joseph.

Crowned heads, statesmen, diplomats and politicians lodged at the Sacher: Edward VIII, Wallis Simpson, Elizabeth II, Prince Philip, Prince Rainier, Princess Grace, John F. Kennedy, Kofi Annan and many more.

Because of the close proximity to the Opera House of course many artists were under the guests: Herbert von Karajan, Leonard Bernstein, Leo Slezak, Plácido Domingo, José Carreras and Rudolf Nureyev. Music critic Marcel Prawy lived until his death in 2003, even as a permanent guest at the Sacher.

Graham Greene had here the idea for the screenplay of the film The Third Man. A British officer told him about the underground passages of Vienna, whereupon Greene in the bar wrote down the first ideas immediately.

Her role in the Sissi films Romy Schneider owed ​​their similarity with the bust of the Empress, who is at the hotel and was the director Ernst Marischka noticed. During filming, she lived with her mother Magda Schneider at the Sacher.

Invited to an unusual press conference in April 1969, John Lennon and Yoko Ono to the Sacher. They held one of her legendary "Bagism" actions in their hotel rooms to media representatives (including André Heller, who reported for the Ö3 jukebox), in order to express their ideas of world peace.

Traditionally, all suites are named for operas and composers (eg, La Traviata, Carmen, Idomeneo, The Magic Flute, Madame Butterfly, Nabucco, Rigoletto, Leonard Bernstein, etc.). The new suites on the top floor of the house bearing the names of contemporary operas, such as Lulu and Billy Budd named.

Hotel Sacher in film and on stage

The Hotel Sacher has been immortalized in numerous films and stage plays .

Hotel Sacher, 1939

In the German-speaking area, the hotel was also supported by the TV series Hello - Hotel Sacher ... Portier! popular with Fritz Eckhardt .

Literature

Ernst Hagen: Hotel Sacher. Austria slept in your beds. Zsolnay , Vienna , 1976, ISBN 3-552-02827-7

Ingrid Haslinger: customer - Emperor. The history of the former imperial purveyors. Schroll, Vienna 1996 , ISBN 3-85202-129-4 .

János Kalmár , Mella Waldstein: K.u.K. Purveyors of Vienna. Stocker , Graz 2001, ISBN 3-7020-0935-3 . Pp. 10-15 .

Monika Kellermann : The great Sacher-back book. Pastries, cakes and pastries. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-28-4

Franz Maier- Bruck : The great Sacher Cookbook. The Austrian cuisine. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-27-6

Leo Mazakarini : The Hotel Sacher in Vienna. Grafe and Unzer, Munich, 1977, ISBN 3-7742-5018-9

Emil Seeliger: Hotel Sacher. World history at supper. Publisher Schaffer, Berlin 1942

William Fraenkel: Establishment Eduard Sacher in Vienna: General Construction Journal, Volume 1877 (online at ANNO)

de.wikipedia.org/wiki/Hotel_Sacher

French postcard. Photo: V. Henry.

 

André Nox (1869-1946) was a French actor who worked in the cinema from 1916 till 1940. During the silent era he starred in French and German films. After the sound film was introduced he mainly played supporting parts.

 

André Nox was born as Abraham André Nonnes-Lopes in 1869 in Paris, France. He was sometimes credited as André Nonnez. He came from a family of Jewish notables, and was the nephew of dramaturge and author Georges de Porto-Riche. After his studies, he worked in finance before joining the army at the very beginning of the First World War. Demobilised in 1916, when he was about fifty, he abandoned his business to try a career in cinema which was booming at the time. He made his cinema debut for Les Films Succès in the short silent film Sous les phares/Under the lights (1916), directed by André Hugon. He next starred in the silent Western Les chacals/The Jackals (André Hugon, 1917), also starring Louis Paglieri and Musidora. For Huron, he also appeared in Vertige/Vertigo (André Hugon, 1917) starring Régine Marco, the crime film Requins/Sharks (André Hugon, 1917) starring Charles Krauss, Johannes, fils de Johannes/Johannes, son of Johannes (André Huron, Louis Paglieri, 1918) with Musidora, and La Fugitive/The Fugitive (André Hugon, 1920) starring Marie-Louise Derval. He signed a contract with Gaumont and acted in Léon Poirier's Âme de Orient/Soul of the Orien" (1919) filmed in Nice, with Madeleine Sève, Charles Dullin and the very young Josette Day. Then he played in Poirier’s Le Penseur/The thinker (Leon Poirier, 1920), a philosophical drama on an idea of Edmond Fleg, with Marguerite Madys and Armand Tallier. Pascal Donald at CinéArtistes calls it “certainly his best role (…) With his pepper and salt hair often shaggy, his face with powerful features and his dark eyes, he is the perfect interpreter of poignant dramas.” For Germaine Dulac, Nox appeared in her La mort du soleil/The Death of the Sun (1922). He played a musician in Le quinzième prélude de Chopin/The fifteenth prelude of Chopin (Victor Tourjanski, 1922). In 1925, he appeared opposite Conrad Veidt in the French silent historical film Le comte Kostia/Count Kostia (Jacques Rober, 1925), set in Tsarist Russia. He had a supporting part in the drama La femme nue/The Nude Woman (Léonce Perret, 1926) starring Iván Petrovich, Louise Lagrange and Nita Naldi, and based on a play by Henry Bataille. In Germany, he appeared with Carmen Boni, Werner Krauss and S.Z. Sakall in the silent film Der fidele Bauer/The Merry Farmer (Franz Seitz, 1927), based on the 1907 operetta of the same title, and in Die Hölle der Jungfrauen/The hell of virgins (Robert Dinesen, 1928) with Werner Krauss and Elizza LaPorta. Back in France, he appeared with Betty Balfour and Jaque Catelain in the drama Le diable au Coeur/Little Devil May Care (Marcel L'Herbier, 1928). One of his best films is Verdun, visions d'histoire/Verdun, historical visions (Léon Poirier, 1928), a dramatic re-enactment of the battle of Verdun during World War I, as seen by both French and German sides. In Germany he also made the silent drama S.O.S. Schiff in Not/Ship in Distress (Carmine Gallone, 1929) starring Liane Haid, Alphons Fryland and Gina Manès.

 

André Nox could make the step to sound films. He played Hedy Lamarr’s father in Extase/Ecstasy (Gustav Machatý, 1933), which became a sensation because of a daring sex scene. In 1933 he had a part in the French-German Science Fiction film Le tunnel/The Tunnel (Kurt (Curtis) Bernhardt, 1933), starring Jean Gabin, Madeleine Renaud and Robert Le Vigan. It was the French language version of the German film Der Tunnel, with a different cast and some changes to the plot. Both were followed in 1935 by an English version. Such Multiple-language versions were common in the years immediately following the introduction of sound, before the practice of dubbing had come to dominate international releases. Germany and France made a significant number of films together at this time. The film is an adaptation of Bernhard Kellermann's 1913 novel Der Tunnel about the construction of a vast tunnel under the Atlantic Ocean connecting Europe and America. The film's Jewish director Bernhardt had fled Germany following the Nazi takeover, but returned briefly to shoot exterior scenes after being granted special permission by the German government. Nox also appeared in the drama L'Appel du Silence/The Call of Silence (Léon Poirier, 1936), with Jean Yonnel as the Catholic missionary Charles de Foucauld, who traveled the Sahara and was killed by local bandits. A success was Un grand amour de Beethoven/The Life and Loves of Beethoven (Abel Gance, 1936) a lyrical biography of the classical composer played by Harry Baur. Nox reunited with director-writer Marcel L’Herbier for the dramas Nuits de feu/Nights of Fire (Marcel L'Herbier, 1937), starring Gaby Morlay and La citadelle du silence/The Citadel of Silence (Marcel L'Herbier, 1937), starring Annabella. He also had a supporting part in the war foilm J'accuse! (Abel Gance, 1938) starring Victor Francen. It is a remake of the 1919 film of the same name, which was also directed by Gance. He also appeared with Dita Parlo and Erich von Stroheim in the French historical drama Ultimatum (Robert Wiene, Robert Siodmak, 1938). With his friend Léon Poirier, André Nox made in Equatorial Africa what turned out to be his final film, Brazza ou l'épopée du Congo/Brazza or the epic of Congo (Léon Poirier, 1940). On his return from Africa, France was at war. The defeat in June 1940 and the rise of anti-Semitism forced Nox to withdraw to Brittany. He died on 25 February 1946, a few months after the liberation. He did not get the time to return to the cinema. André Nox was 76. His son was the actor Pierre Nonnez-Lopès (1898-1978), known as Pierre Nay.

 

Sources: Pascal Donald (CinéArtistes – French), Wikipedia (French and English) and IMDb.

Dr. Arthur Kellermann, Dean of the F. Edward Hébert School of Medicine at the Uniformed Services University of the Health Sciences -- "America's Medical School," shares his academic experience. May 11, 2018. Photos by Deborah Manog Dimaya.

The Hotel Sacher is located in the first District of Vienna after the Vienna State Opera. Famous specialty of the house is the original Sachertorte. The hotel is a member of the Leading Hotels of the World.

History

Anna Maria Sacher

On the grounds of the demolished Kärntnertortheatre, directly opposite the newly opened imperial Court Opera, was built a Maison meuble. The restaurateur Eduard Sacher bought the house modeled on a Renaissance palace and opened in 1876, Hotel de l' Opera with the restaurant. The son of Franz Sacher, the inventor of the Sachertorte, had however already made ​​a name for himself as a restaurateur, and named the house quickly to Hotel Sacher .

He married 1880 the 21- year-old Anna Fuchs, who henceforth cooperated in the hotel and quickly took over the business because of her husband's deteriorating health . Edward died in 1892, and Anna Sacher now ran the hotel as so-called widow operation. Which at that time was an extremely emancipated woman with cigar and her beloved French Bulldog (in Vienna: " Sacher-Bully" ) was always to be found, continued the business with rigor, but also with kindness. So they talked back then a company health insurance for their employees.

From the beginning, the Sacher was one of the best addresses in the city and in 1871 for the wine and delicatessen for kuk Appointed purveyor. This privilege his widow Anna was once again awarded after the death of Eduard Sacher. Before the opera you enjoyed the exquisite cuisine, they met in the legendary private rooms, and high-ranking representatives from politics always used the house for discreet meetings. The exclusive hotel was already a social institution . But then the economically difficult years after the First World War left its mark on the house.

Shortly before her death in 1930, Anna Sacher withdrew from the guide. Only after her death was announced that the hotel was heavily in debt and assets of the former was not much left. In 1934, finally came to bankruptcy.

The lawyer Hans Gürtler, his wife Poldi and the hotelier couple Joseph and Anna Siller acquired the now dilapidated house and renovated it extensively: from the heating system, electrics, running hot and cold water in all rooms has been adapted all the modern needs. From now on, the earned money should always flow back into the house. First time, the Sachertorte not only in their own premises were offered for consumption, but also sold on the street.

The house was again the meeting place for the growing company. But the annexation of Austria by Nazi Germany in 1938 brought this to an abrupt end. Swastika flags flying in front of the hotel now. During the Second World War but the house remained largely spared from damage. Immediately after the liberation of Vienna it was occupied by Soviet troops, the Vienna first district around the hotel but was soon jointly managed by the Allies and thus it came six years into British hands.

1951 got the Siller family and Gürtler their property back. Josef Siller had died in 1949. Again, the hotel had to be extensively renovated. As well as new dining venues emerged at the Sacher. Hans Gürtler also laid the foundation for the art collection of the 19th Century. Anna Siller died in 1962, and the hotel was entirely in the possession of the Gürtler family. In 1967 the company received the National Award and since then the federal coat of arms may be used in commercial transactions. The son Rolf Gürtler took over the business in 1970, but shortly thereafter, in an accident, after which he succeeded his son Peter Gürtler. This took over in 1989, the Austrian Court Hotel in Salzburg. This was later renamed the Hotel Sacher Salzburg. Since his death in 1990 his 1983 divorced woman Elisabeth Gürtler-Mauthner leads the family with their daughter Alexandra.

In 2006 the building, which is composed in its buildings of six town houses, refurbished thermally under the direction of architects Frank & Partners, and the loft conversion, in which a spa area was accommodated, provided while preserving the monument idea with a striking bright aluminum roof.

Offer

The Hotel Sacher at night

As a member of the Hospitality Association of The Leading Hotels of the World, which ensures quality control in five star hospitality sector, the Hotel Sacher is one of the best addresses in Austria. Since the expansion of 2006 also meets the criteria of a Leading Spa.

In the House, the Anna Sacher restaurant, the Red Bar, the Blue Bar, Confiserie, Café Sacher are and the Sacher Eck (coin). The cafe was founded in 2004 awarded the Golden Coffee Bean Jacobs.

Also in the building, but not as a part of the hotel, is the former imperial Court and chamber Supplier Wilhelm Jungmann & Neffe.

Since 1999, the Original Sacher-Torte is produced in a production office in Vienna Simmering, from where it is exported to the whole world. After a decades-long legal battle with the Imperial Sugar Bakery Demel only the dessert made ​​by Sacher may adorn with the title "original". The Sachertorte is imitated by many coffee houses, bakeries and pastry shops.

Rooms of the Hotel Sacher

The Sacher shop in the Hotel Sacher

The famous Sacher Torte

Famous guests

Main entrance of the hotel in the evening

Many prominent guests had the house in the Philharmonikerstraße. Anna Sacher had a photo gallery of her guests in her boudoir. The signatures of all she embroidered herself on a table cloth. Located in the middle of it Emperor Franz Joseph.

Crowned heads, statesmen, diplomats and politicians lodged at the Sacher: Edward VIII, Wallis Simpson, Elizabeth II, Prince Philip, Prince Rainier, Princess Grace, John F. Kennedy, Kofi Annan and many more.

Because of the close proximity to the Opera House of course many artists were under the guests: Herbert von Karajan, Leonard Bernstein, Leo Slezak, Plácido Domingo, José Carreras and Rudolf Nureyev. Music critic Marcel Prawy lived until his death in 2003, even as a permanent guest at the Sacher.

Graham Greene had here the idea for the screenplay of the film The Third Man. A British officer told him about the underground passages of Vienna, whereupon Greene in the bar wrote down the first ideas immediately.

Her role in the Sissi films Romy Schneider owed ​​their similarity with the bust of the Empress, who is at the hotel and was the director Ernst Marischka noticed. During filming, she lived with her mother Magda Schneider at the Sacher.

Invited to an unusual press conference in April 1969, John Lennon and Yoko Ono to the Sacher. They held one of her legendary "Bagism" actions in their hotel rooms to media representatives (including André Heller, who reported for the Ö3 jukebox), in order to express their ideas of world peace.

Traditionally, all suites are named for operas and composers (eg, La Traviata, Carmen, Idomeneo, The Magic Flute, Madame Butterfly, Nabucco, Rigoletto, Leonard Bernstein, etc.). The new suites on the top floor of the house bearing the names of contemporary operas, such as Lulu and Billy Budd named.

Hotel Sacher in film and on stage

The Hotel Sacher has been immortalized in numerous films and stage plays .

Hotel Sacher, 1939

In the German-speaking area, the hotel was also supported by the TV series Hello - Hotel Sacher ... Portier! popular with Fritz Eckhardt .

Literature

Ernst Hagen: Hotel Sacher. Austria slept in your beds. Zsolnay , Vienna , 1976, ISBN 3-552-02827-7

Ingrid Haslinger: customer - Emperor. The history of the former imperial purveyors. Schroll, Vienna 1996 , ISBN 3-85202-129-4 .

János Kalmár , Mella Waldstein: K.u.K. Purveyors of Vienna. Stocker , Graz 2001, ISBN 3-7020-0935-3 . Pp. 10-15 .

Monika Kellermann : The great Sacher-back book. Pastries, cakes and pastries. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-28-4

Franz Maier- Bruck : The great Sacher Cookbook. The Austrian cuisine. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-27-6

Leo Mazakarini : The Hotel Sacher in Vienna. Grafe and Unzer, Munich, 1977, ISBN 3-7742-5018-9

Emil Seeliger: Hotel Sacher. World history at supper. Publisher Schaffer, Berlin 1942

William Fraenkel: Establishment Eduard Sacher in Vienna: General Construction Journal, Volume 1877 (online at ANNO)

de.wikipedia.org/wiki/Hotel_Sacher

Graf : Karel Verlat (1824-1890)

 

Kunstschilder

 

Zijn vader was fabrikant van zeep, olie en soda. Zijn moeder, een zeer begaafde vrouw, gaf hem de eerste tekenlessen. Van kindsbeen af leefde hij voor de kunst. Op twaalfjarige leeftijd maakte hij, naar een voorbeeld van Horace Vernet, de “Inneming van Constatine”. Het werk werd tentoongesteld in het uitstalraam van kunsthandelaar Tessaro op de Schoenmarkt te Antwerpen.

 

Op veertienjarige leeftijd verliet hij de school en werd samen met Godfried Guffens aanvaard om les te volgen bij Nicaise de Keyser in het Vleeshuis. Andere leerlingen van De Keyser in die tijd waren:Edouard Hamman, Jan Swerts, Jozef Lies en Johan Bernard Wittkamp. Terzelfder tijd volgde hij de leergangen aan de Antwerpse Academie.

 

In 1843 zond hij het doek “Pepyn de Korte in het strijdperk eenen leeuw doodende, die met eenen stier vecht” naar de driejaarlijkse tentoonstelling van Antwerpen. Naar de tentoonstelling van Brussel zond hij in 1845 “Carloman op de everzwijnenjacht”. Deze vaderlandse taferelen schilderde hij later nog enkel op bestelling. De “Inneming van Jeruzalem door Godfried van Bouillon” en het “Standbeeld van Alva door de straten van Antwerpen gesleept” zijn hiervan enkele voorbeelden. Op 22-jarige leeftijd viel hem een eerste onderscheiding te beurt. De Maatschappij tot Aanmoediging der Schone Kunsten koos “Moeder met haar kind” als onderwerp voor de lithografie welke zij dat jaar onder haar leden uitdeelde.

 

In 1847 dingt hij mee naar de “prijs van Rome” maar kan door een armbreuk het doek niet afwerken. Het onderwerp was de Judas' kus. In 1849 schilderde hij hetzelfde thema (“Christus door Judas verraden”) voor de Sint-Germanuskerk van Tienen, de geboortestad van zijn vader.

 

In 1850 schonk zijn rijke bloedverwant Albert Marnef, eigenaar van het kasteel van Wespelaar en van de voormalige Brouwerij Artois in Leuven, hem het nodige geld om gedurende vier jaar zijn studies voort te zetten. Hiervoor viel zijn keuze op Parijs. Hier verbleef hij achttien jaar en kwam in contact met kunstenaars als Ary Scheffer, Constant Troyon, Narcisso Virgilio Diaz de la Peña, Théodore en Philippe Rousseau, Alexandre Cabanel, Jean Louis Ernest Meissonier en Eugène Isabey. Hij volgde eerst de lessen bij Ary Scheffer en later bij Jean-Hippolyte Flandrin aan de Académie des Beaux-Arts.

 

In 1850 schilderde hij “Jezus van het Kruis genomen” (“Piëta”), één der veertien statiën van de Sint-Andrieskerk te Antwerpen. In 1851 stelde hij te Brussel het doek “Romulus en Remus door de wolven gezoogd” tentoon. In 1852 betrok hij te Parijs een eigen atelier in de Cité Frochot. Hier hadden ook Théodore en Philippe Rousseau en Eugène Isabey hun werkplaats. Op bestelling van de Antwerpse burgemeester Jan Frans Loos en schepenen Charles Pêcher en Gustave Piéron vervaardigde hij in 1854 “Godfried van Bouillon storm loopende tegen Jeruzalem”.

 

Op de wereldtentoonstelling van 1855 te Parijs kreeg hij een gouden medaille.

 

Gustave Courbet was, onder invloed van de Spaanse meesters, de weg opgegaan van het realisme. Hij wilde het volk schilderen in het alledaagse leven. De nieuwe leer vond een aanhanger in Verlat. Voor een korte tijd verdwijnen de bonte verven van zijn palet. Twee schilderijen uit 1857, de “Val van Christus onder het kruis” in de Sint-Andrieskerk te Antwerpen en "den Vrachtrijder” (“le Coup de Collier”) getuigen van deze zwenking. Op “le Coup de Collier” ziet men twee werkpaarden, aangespoord door een voerman, een zware, met stenen geladen wagen trekken. Verlat had hoge verwachtingen van dit doek. Op de tentoonstelling van Parijs in 1857 was de ontgoocheling groot. Jean Rousseau, kunstcriticus van Le Figaro, hekelde het doek meer dan het verdiende. Hij stelde dat:

 

“den Vrachtrijder niet beter verdiende dan als uithangbord boven de deur van een ondernemer van verhuizingen te hangen”.

 

Verlat was diep getroffen. Het doek bleef nog 25 jaar in het atelier van de kunstenaar hangen. In oktober 1883 werd het door Victor Lynen en enkele vrienden van de schilder aangekocht en geschonken aan het Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen. Pas later, toen Rousseau bestuurder der Schone kunsten in België was geworden en Verlat directeur van de Antwerpse Academie, vergat hij de oude vete en verkeerde verder op vriendschappelijke voet met hem.

 

In 1858 keerde hij voor één jaar terug naar Antwerpen. Daarna betrok hij weer voor twaalf jaar zijn atelier in de Cité Frochot. Zijn dierenschilderijen uit deze periode behoren tot zijn beste werken.

 

Een apart en zeer merkwaardig onderdeel zijn ongetwijfeld zijn schilderijen met apen. Hij geeft de gebreken en dwaasheden van de mens weer, voorgesteld door apen. De werken lopen over van spottende en bijtende humor. De “Oosterse Kwestie” wordt afgebeeld door kaartspelende apen waarbij er een paar vals spelen. Andere werken zijn dan weer zachtzinniger of studies van de mens in apengedaante. Bij het verschijnen, in Le Figaro, van de ongenadige kritiek op “den vrachtrijder” lucht Verlat zijn verontwaardiging in een aap die het afkrapsel van zijn baard afveegt aan een nummer van het blad.

 

Ook enkele godsdienstige taferelen dateren uit deze periode. Hierbij spelen vorm en warme kleuren de voornaamste rol. In 1864 kocht Keizerin Eugénie “Onze Lieve Vrouw met het kind”. De “Madonna” van 1867, te zien op de Parijse tentoonstelling, bezorgde hem het ridderschap in het Legioen van Eer.

 

In 1869 werd hij door groothertog Carl-Alexander von Sachsen-Weimar-Eisenach naar Weimar gevraagd om les te geven aan de “Großherzoglich-Sächsische Kunstschule Weimar”. De groothertog wilde de stad waar Goethe, Schiller en Herder hadden verbleven, uitbouwen tot een centrum van kunstonderricht. Deze stad, trots op haar verleden, hield er aan Vlaamse kunstenaars aan te trekken om de leerlingen van de Academie in te wijden in het coloriet van onze meesters. Karel Verlat volgde Ferdinand Pauwels (1830-1904) op. Na hem kwamen nog Willem Linnig Jr., Alexandre Struys en Henry Van de Velde. Samen met Carl Gussow, de schilder met het Vlaamse coloriet, vormde hij er tal van goede leerlingen. De groothertog Carl-Alexander en de groothertogin Sophie der Nederlanden vertrouwden hem de opleiding in het schilderen toe van hun dochters, de prinsessen Maria-Alexandrina en Elisabeth. Het laatste jaar van zijn verblijf in Weimar vereerde de groorhertog hem met de Orde van de Witte Valk en benoemde hem tot bestuurder van de Academie. Hij kwam in de plaats van graaf Stanislaus von Kalckreuth, die omwille van zijn gezondheid het ambt moest neerleggen.

 

Verlat wilde zijn bijbelse taferelen beter naar waarheid weergeven. Hij wilde de bodem, waarop Christus geleefd had, naar de natuur afbeelden en uitgaande van de stelling dat de kenmerken van het volk hetzelfde waren gebleven, het Semitische ras bestuderen. Verlat zocht naar een schilderachtige waarheid. Hij vertrok, in augustus 1875, voor 6 maanden naar Caïro. Vandaar reisde hij naar Palestina. Op zijn weg bezocht hij het klooster van Sinte Saba, volgde de verdroogde bedding van de Cedron, sloeg zijn tent op in het Vuurdal in volle woestijn en ging tot aan de Dode Zee. Daarna keerde hij terug naar Jeruzalem waar hij twee jaar verbleef. Na drie jaar had hij 49 doeken. Verlat had steeds een zekere neiging tot hardheid van kleur. In ‘t Oosten drijft hij die neiging tot het uiterste. Uit de lucht is alle vochtigheid weg, de grond is versteend, de personen hebben een huid als leder, of zoals hij zelf zegt,

 

“lijk staal met metalen glans, geen spieren vertoonen nog spel, ze werden als uitgebrand aan de oppervlakte der huid”.

 

Enkele werken uit deze periode zijn; “de Vlucht in Egypte”, “Vox Populi”, “Vox Dei”, en “de graflegging”.

 

Op vraag van het ministerie keert hij in mei 1877 terug naar Antwerpen. Hij wordt aangesteld als professor in de schilderkunst aan de Academie. Deze plaats was vrijgekomen door het overlijden van Jozef Van Lerius. Tevens wordt hem de benoeming tot bestuurder van de Academie toegezegd bij een eventueel ontslag van Nicaise De Keyser. Toen dat in 1879 gebeurde, verzocht Verlat de minister het ambt toe te vertrouwen aan zijn vroegere leermeester Jos Geefs. Aan dit verzoek werd gevolg gegeven. Pas in 1885 werd Verlat aangesteld tot Bestuurder van de Antwerpse Academie.

 

In dezelfde periode beleefden ook de panorama’s hun hoogdagen. Het panorama van Philippoteaux in de Champs-Élysées te Parijs had zo’n groot succes dat ontelbare steden volgden. Antwerpen alleen bezat er drie: een “Gezicht van Jeruzalem”, een “Slag van Woerth” en een “Slag van Waterloo”. Het laatste werd in 1881 door Verlat geschilderd, maar de landschappen waren voor rekening van de Antwerpse schilder Auguste De Lathouwer (1836-1915). Het was 122 meter lang en 10 meter hoog. Buiten het doek was het werk nog samengesteld uit plaasteren voorwerpen en personages om het effect te vergroten. Het reusachtige doek werd geschilderd in een oude kapel in de Schuitstraat. Na enkele jaren in Antwerpen werd het doek naar Spanje overgebracht. Het doek stelt het moment van de slag van Waterloo voor, waarop maarschalk Ney, aan het hoofd der kurassiers, en Generaal Kellermann, aan het hoofd van het voetvolk , de hertog van Wellington aanvalt en Engelse opperbevelhebber aan zijn troepen zegt: “Keep steady, my boys, think of England”. Een tweede Panorama schilderde Verlat in 1882 in opdracht van een maatschappij in Moskou. Het stelt “De Revue der Russische soldaten na de sluiting van de vrede van San Stefano, voor Constantinopel” voor. Het werk werd gemaakt in zijn atelier in de Lange Ridderstraat. De derde opdracht, vanuit Chicago, voor een panorama met als onderwerp “het Heilig Land”, werd nooit begonnen door de dood van de schilder.

   

Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. Le Dôme des Invalides (église du Dôme). Construite entre 1677/1706. Entrée de la crypte.

 

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. Le Dôme des Invalides, l’église du Dôme. Construite entre 1677/1706. Les décors intérieurs réalisés à cette époque exaltent la gloire de Louis XIV, de la monarchie et de ses armées. Temple de Mars sous Révolution.

 

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. Lorsqu'en 1840 les cendres de Napoléon ramenées de Ste-Hélène, cercueil placé provisoirement dans chapelle St-Jérôme. Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, y est inhumé et coeur de sa femme.

Jérôme Bonaparte, est né le 15 novembre 1784 à Ajaccio (Corse) et mort le 24 juin 1860 au château de Vilgénis (Seine-et-Oise) (de nos jours Massy), prince français et altesse impériale (1806 et 1852), fils de Charles-Marie Bonaparte et de Maria-Létizia Ramolino, est le plus jeune frère de Napoléon.

Il fut le roi Jérôme Napoléon, prince français ; roi de Westphalie de 1807 à 1813.

Catherine de Wurtemberg, (en allemand : Katharine Sophie Friederike Dorothee von Württemberg), née le 21 février 1783 à Saint-Pétersbourg et morte le 29 novembre 1835 à Lausanne, est, par son mariage la princesse Catherine Bonaparte et reine consort de Westphalie de 1807 à 1813.

  

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

Samedi 23 août 2014. Le Dôme des Invalides (église du Dôme). Hôtel des Invalides. le 26/5/1808, Napoléon Ier transfère le cœur de Vauban (15 mai 1633 - 30 mars 1707) dans un mausolée érigé vis-à-vis de celui de Turenne.

Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban (1er mai 1633 - 30 mars 1707) est un ingénieur, architecte militaire, urbaniste, ingénieur hydraulicien et essayiste français. Il est nommé maréchal de France par Louis XIV.

Vauban préfigure, par nombre de ses écrits, les philosophes du siècle des Lumières. Comme le souligne Fontenelle dans l'éloge funèbre prononcé devant l'Académie, Vauban a une vision scientifique, sinon mathématique de la réalité et en fait un large usage dans ses activités.

Expert en poliorcétique (c'est-à-dire en l'art d'organiser l'attaque ou la défense lors du siège d'une ville, d'un lieu ou d'une place forte), il donne au royaume de France une « ceinture de fer » pour faire de la France un pré carré — selon son expression — protégé par une ceinture de citadelles. Il conçoit ou améliore une centaine de places fortes. L'ingénieur n'a pas l'ambition de construire des forteresses inexpugnables, car la stratégie consiste alors à gagner du temps en obligeant l'assaillant à immobiliser des effectifs dix fois supérieurs à ceux de l'assiégé. Il dote la France d'un glacis qui la rend inviolée durant tout le règne de Louis XIV — à l'exception de la citadelle de Lille prise une fois — jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, période où les forteresses sont rendues obsolètes par les progrès de l'artillerie.

La fin de sa vie est marquée par l'affaire de La Dîme royale : dans cet essai, distribué sous le manteau malgré l'interdiction qui le frappe, Vauban propose un audacieux programme de réforme fiscale pour tenter de résoudre les injustices sociales et les difficultés économiques des « années de misère » de la fin du règne du Roi Soleil (1692-93-94 sont des années de disette alimentaire épouvantables, qui font 3 millions de morts, soit un dixième de la population).

 

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

The Hotel Sacher is located in the first District of Vienna after the Vienna State Opera. Famous specialty of the house is the original Sachertorte. The hotel is a member of the Leading Hotels of the World.

History

Anna Maria Sacher

On the grounds of the demolished Kärntnertortheatre, directly opposite the newly opened imperial Court Opera, was built a Maison meuble. The restaurateur Eduard Sacher bought the house modeled on a Renaissance palace and opened in 1876, Hotel de l' Opera with the restaurant. The son of Franz Sacher, the inventor of the Sachertorte, had however already made ​​a name for himself as a restaurateur, and named the house quickly to Hotel Sacher .

He married 1880 the 21- year-old Anna Fuchs, who henceforth cooperated in the hotel and quickly took over the business because of her husband's deteriorating health . Edward died in 1892, and Anna Sacher now ran the hotel as so-called widow operation. Which at that time was an extremely emancipated woman with cigar and her beloved French Bulldog (in Vienna: " Sacher-Bully" ) was always to be found, continued the business with rigor, but also with kindness. So they talked back then a company health insurance for their employees.

From the beginning, the Sacher was one of the best addresses in the city and in 1871 for the wine and delicatessen for kuk Appointed purveyor. This privilege his widow Anna was once again awarded after the death of Eduard Sacher. Before the opera you enjoyed the exquisite cuisine, they met in the legendary private rooms, and high-ranking representatives from politics always used the house for discreet meetings. The exclusive hotel was already a social institution . But then the economically difficult years after the First World War left its mark on the house.

Shortly before her death in 1930, Anna Sacher withdrew from the guide. Only after her death was announced that the hotel was heavily in debt and assets of the former was not much left. In 1934, finally came to bankruptcy.

The lawyer Hans Gürtler, his wife Poldi and the hotelier couple Joseph and Anna Siller acquired the now dilapidated house and renovated it extensively: from the heating system, electrics, running hot and cold water in all rooms has been adapted all the modern needs. From now on, the earned money should always flow back into the house. First time, the Sachertorte not only in their own premises were offered for consumption, but also sold on the street.

The house was again the meeting place for the growing company. But the annexation of Austria by Nazi Germany in 1938 brought this to an abrupt end. Swastika flags flying in front of the hotel now. During the Second World War but the house remained largely spared from damage. Immediately after the liberation of Vienna it was occupied by Soviet troops, the Vienna first district around the hotel but was soon jointly managed by the Allies and thus it came six years into British hands.

1951 got the Siller family and Gürtler their property back. Josef Siller had died in 1949. Again, the hotel had to be extensively renovated. As well as new dining venues emerged at the Sacher. Hans Gürtler also laid the foundation for the art collection of the 19th Century. Anna Siller died in 1962, and the hotel was entirely in the possession of the Gürtler family. In 1967 the company received the National Award and since then the federal coat of arms may be used in commercial transactions. The son Rolf Gürtler took over the business in 1970, but shortly thereafter, in an accident, after which he succeeded his son Peter Gürtler. This took over in 1989, the Austrian Court Hotel in Salzburg. This was later renamed the Hotel Sacher Salzburg. Since his death in 1990 his 1983 divorced woman Elisabeth Gürtler-Mauthner leads the family with their daughter Alexandra.

In 2006 the building, which is composed in its buildings of six town houses, refurbished thermally under the direction of architects Frank & Partners, and the loft conversion, in which a spa area was accommodated, provided while preserving the monument idea with a striking bright aluminum roof.

Offer

The Hotel Sacher at night

As a member of the Hospitality Association of The Leading Hotels of the World, which ensures quality control in five star hospitality sector, the Hotel Sacher is one of the best addresses in Austria. Since the expansion of 2006 also meets the criteria of a Leading Spa.

In the House, the Anna Sacher restaurant, the Red Bar, the Blue Bar, Confiserie, Café Sacher are and the Sacher Eck (coin). The cafe was founded in 2004 awarded the Golden Coffee Bean Jacobs.

Also in the building, but not as a part of the hotel, is the former imperial Court and chamber Supplier Wilhelm Jungmann & Neffe.

Since 1999, the Original Sacher-Torte is produced in a production office in Vienna Simmering, from where it is exported to the whole world. After a decades-long legal battle with the Imperial Sugar Bakery Demel only the dessert made ​​by Sacher may adorn with the title "original". The Sachertorte is imitated by many coffee houses, bakeries and pastry shops.

Rooms of the Hotel Sacher

The Sacher shop in the Hotel Sacher

The famous Sacher Torte

Famous guests

Main entrance of the hotel in the evening

Many prominent guests had the house in the Philharmonikerstraße. Anna Sacher had a photo gallery of her guests in her boudoir. The signatures of all she embroidered herself on a table cloth. Located in the middle of it Emperor Franz Joseph.

Crowned heads, statesmen, diplomats and politicians lodged at the Sacher: Edward VIII, Wallis Simpson, Elizabeth II, Prince Philip, Prince Rainier, Princess Grace, John F. Kennedy, Kofi Annan and many more.

Because of the close proximity to the Opera House of course many artists were under the guests: Herbert von Karajan, Leonard Bernstein, Leo Slezak, Plácido Domingo, José Carreras and Rudolf Nureyev. Music critic Marcel Prawy lived until his death in 2003, even as a permanent guest at the Sacher.

Graham Greene had here the idea for the screenplay of the film The Third Man. A British officer told him about the underground passages of Vienna, whereupon Greene in the bar wrote down the first ideas immediately.

Her role in the Sissi films Romy Schneider owed ​​their similarity with the bust of the Empress, who is at the hotel and was the director Ernst Marischka noticed. During filming, she lived with her mother Magda Schneider at the Sacher.

Invited to an unusual press conference in April 1969, John Lennon and Yoko Ono to the Sacher. They held one of her legendary "Bagism" actions in their hotel rooms to media representatives (including André Heller, who reported for the Ö3 jukebox), in order to express their ideas of world peace.

Traditionally, all suites are named for operas and composers (eg, La Traviata, Carmen, Idomeneo, The Magic Flute, Madame Butterfly, Nabucco, Rigoletto, Leonard Bernstein, etc.). The new suites on the top floor of the house bearing the names of contemporary operas, such as Lulu and Billy Budd named.

Hotel Sacher in film and on stage

The Hotel Sacher has been immortalized in numerous films and stage plays .

Hotel Sacher, 1939

In the German-speaking area, the hotel was also supported by the TV series Hello - Hotel Sacher ... Portier! popular with Fritz Eckhardt .

Literature

Ernst Hagen: Hotel Sacher. Austria slept in your beds. Zsolnay , Vienna , 1976, ISBN 3-552-02827-7

Ingrid Haslinger: customer - Emperor. The history of the former imperial purveyors. Schroll, Vienna 1996 , ISBN 3-85202-129-4 .

János Kalmár , Mella Waldstein: K.u.K. Purveyors of Vienna. Stocker , Graz 2001, ISBN 3-7020-0935-3 . Pp. 10-15 .

Monika Kellermann : The great Sacher-back book. Pastries, cakes and pastries. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-28-4

Franz Maier- Bruck : The great Sacher Cookbook. The Austrian cuisine. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-27-6

Leo Mazakarini : The Hotel Sacher in Vienna. Grafe and Unzer, Munich, 1977, ISBN 3-7742-5018-9

Emil Seeliger: Hotel Sacher. World history at supper. Publisher Schaffer, Berlin 1942

William Fraenkel: Establishment Eduard Sacher in Vienna: General Construction Journal, Volume 1877 (online at ANNO)

de.wikipedia.org/wiki/Hotel_Sacher

The Hotel Sacher is located in the first District of Vienna after the Vienna State Opera. Famous specialty of the house is the original Sachertorte. The hotel is a member of the Leading Hotels of the World.

History

Anna Maria Sacher

On the grounds of the demolished Kärntnertortheatre, directly opposite the newly opened imperial Court Opera, was built a Maison meuble. The restaurateur Eduard Sacher bought the house modeled on a Renaissance palace and opened in 1876, Hotel de l' Opera with the restaurant. The son of Franz Sacher, the inventor of the Sachertorte, had however already made ​​a name for himself as a restaurateur, and named the house quickly to Hotel Sacher .

He married 1880 the 21- year-old Anna Fuchs, who henceforth cooperated in the hotel and quickly took over the business because of her husband's deteriorating health . Edward died in 1892, and Anna Sacher now ran the hotel as so-called widow operation. Which at that time was an extremely emancipated woman with cigar and her beloved French Bulldog (in Vienna: " Sacher-Bully" ) was always to be found, continued the business with rigor, but also with kindness. So they talked back then a company health insurance for their employees.

From the beginning, the Sacher was one of the best addresses in the city and in 1871 for the wine and delicatessen for kuk Appointed purveyor. This privilege his widow Anna was once again awarded after the death of Eduard Sacher. Before the opera you enjoyed the exquisite cuisine, they met in the legendary private rooms, and high-ranking representatives from politics always used the house for discreet meetings. The exclusive hotel was already a social institution . But then the economically difficult years after the First World War left its mark on the house.

Shortly before her death in 1930, Anna Sacher withdrew from the guide. Only after her death was announced that the hotel was heavily in debt and assets of the former was not much left. In 1934, finally came to bankruptcy.

The lawyer Hans Gürtler, his wife Poldi and the hotelier couple Joseph and Anna Siller acquired the now dilapidated house and renovated it extensively: from the heating system, electrics, running hot and cold water in all rooms has been adapted all the modern needs. From now on, the earned money should always flow back into the house. First time, the Sachertorte not only in their own premises were offered for consumption, but also sold on the street.

The house was again the meeting place for the growing company. But the annexation of Austria by Nazi Germany in 1938 brought this to an abrupt end. Swastika flags flying in front of the hotel now. During the Second World War but the house remained largely spared from damage. Immediately after the liberation of Vienna it was occupied by Soviet troops, the Vienna first district around the hotel but was soon jointly managed by the Allies and thus it came six years into British hands.

1951 got the Siller family and Gürtler their property back. Josef Siller had died in 1949. Again, the hotel had to be extensively renovated. As well as new dining venues emerged at the Sacher. Hans Gürtler also laid the foundation for the art collection of the 19th Century. Anna Siller died in 1962, and the hotel was entirely in the possession of the Gürtler family. In 1967 the company received the National Award and since then the federal coat of arms may be used in commercial transactions. The son Rolf Gürtler took over the business in 1970, but shortly thereafter, in an accident, after which he succeeded his son Peter Gürtler. This took over in 1989, the Austrian Court Hotel in Salzburg. This was later renamed the Hotel Sacher Salzburg. Since his death in 1990 his 1983 divorced woman Elisabeth Gürtler-Mauthner leads the family with their daughter Alexandra.

In 2006 the building, which is composed in its buildings of six town houses, refurbished thermally under the direction of architects Frank & Partners, and the loft conversion, in which a spa area was accommodated, provided while preserving the monument idea with a striking bright aluminum roof.

Offer

The Hotel Sacher at night

As a member of the Hospitality Association of The Leading Hotels of the World, which ensures quality control in five star hospitality sector, the Hotel Sacher is one of the best addresses in Austria. Since the expansion of 2006 also meets the criteria of a Leading Spa.

In the House, the Anna Sacher restaurant, the Red Bar, the Blue Bar, Confiserie, Café Sacher are and the Sacher Eck (coin). The cafe was founded in 2004 awarded the Golden Coffee Bean Jacobs.

Also in the building, but not as a part of the hotel, is the former imperial Court and chamber Supplier Wilhelm Jungmann & Neffe.

Since 1999, the Original Sacher-Torte is produced in a production office in Vienna Simmering, from where it is exported to the whole world. After a decades-long legal battle with the Imperial Sugar Bakery Demel only the dessert made ​​by Sacher may adorn with the title "original". The Sachertorte is imitated by many coffee houses, bakeries and pastry shops.

Rooms of the Hotel Sacher

The Sacher shop in the Hotel Sacher

The famous Sacher Torte

Famous guests

Main entrance of the hotel in the evening

Many prominent guests had the house in the Philharmonikerstraße. Anna Sacher had a photo gallery of her guests in her boudoir. The signatures of all she embroidered herself on a table cloth. Located in the middle of it Emperor Franz Joseph.

Crowned heads, statesmen, diplomats and politicians lodged at the Sacher: Edward VIII, Wallis Simpson, Elizabeth II, Prince Philip, Prince Rainier, Princess Grace, John F. Kennedy, Kofi Annan and many more.

Because of the close proximity to the Opera House of course many artists were under the guests: Herbert von Karajan, Leonard Bernstein, Leo Slezak, Plácido Domingo, José Carreras and Rudolf Nureyev. Music critic Marcel Prawy lived until his death in 2003, even as a permanent guest at the Sacher.

Graham Greene had here the idea for the screenplay of the film The Third Man. A British officer told him about the underground passages of Vienna, whereupon Greene in the bar wrote down the first ideas immediately.

Her role in the Sissi films Romy Schneider owed ​​their similarity with the bust of the Empress, who is at the hotel and was the director Ernst Marischka noticed. During filming, she lived with her mother Magda Schneider at the Sacher.

Invited to an unusual press conference in April 1969, John Lennon and Yoko Ono to the Sacher. They held one of her legendary "Bagism" actions in their hotel rooms to media representatives (including André Heller, who reported for the Ö3 jukebox), in order to express their ideas of world peace.

Traditionally, all suites are named for operas and composers (eg, La Traviata, Carmen, Idomeneo, The Magic Flute, Madame Butterfly, Nabucco, Rigoletto, Leonard Bernstein, etc.). The new suites on the top floor of the house bearing the names of contemporary operas, such as Lulu and Billy Budd named.

Hotel Sacher in film and on stage

The Hotel Sacher has been immortalized in numerous films and stage plays .

Hotel Sacher, 1939

In the German-speaking area, the hotel was also supported by the TV series Hello - Hotel Sacher ... Portier! popular with Fritz Eckhardt .

Literature

Ernst Hagen: Hotel Sacher. Austria slept in your beds. Zsolnay , Vienna , 1976, ISBN 3-552-02827-7

Ingrid Haslinger: customer - Emperor. The history of the former imperial purveyors. Schroll, Vienna 1996 , ISBN 3-85202-129-4 .

János Kalmár , Mella Waldstein: K.u.K. Purveyors of Vienna. Stocker , Graz 2001, ISBN 3-7020-0935-3 . Pp. 10-15 .

Monika Kellermann : The great Sacher-back book. Pastries, cakes and pastries. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-28-4

Franz Maier- Bruck : The great Sacher Cookbook. The Austrian cuisine. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-27-6

Leo Mazakarini : The Hotel Sacher in Vienna. Grafe and Unzer, Munich, 1977, ISBN 3-7742-5018-9

Emil Seeliger: Hotel Sacher. World history at supper. Publisher Schaffer, Berlin 1942

William Fraenkel: Establishment Eduard Sacher in Vienna: General Construction Journal, Volume 1877 (online at ANNO)

de.wikipedia.org/wiki/Hotel_Sacher

The Hotel Sacher is located in the first District of Vienna after the Vienna State Opera. Famous specialty of the house is the original Sachertorte. The hotel is a member of the Leading Hotels of the World.

History

Anna Maria Sacher

On the grounds of the demolished Kärntnertortheatre, directly opposite the newly opened imperial Court Opera, was built a Maison meuble. The restaurateur Eduard Sacher bought the house modeled on a Renaissance palace and opened in 1876, Hotel de l' Opera with the restaurant. The son of Franz Sacher, the inventor of the Sachertorte, had however already made ​​a name for himself as a restaurateur, and named the house quickly to Hotel Sacher .

He married 1880 the 21- year-old Anna Fuchs, who henceforth cooperated in the hotel and quickly took over the business because of her husband's deteriorating health . Edward died in 1892, and Anna Sacher now ran the hotel as so-called widow operation. Which at that time was an extremely emancipated woman with cigar and her beloved French Bulldog (in Vienna: " Sacher-Bully" ) was always to be found, continued the business with rigor, but also with kindness. So they talked back then a company health insurance for their employees.

From the beginning, the Sacher was one of the best addresses in the city and in 1871 for the wine and delicatessen for kuk Appointed purveyor. This privilege his widow Anna was once again awarded after the death of Eduard Sacher. Before the opera you enjoyed the exquisite cuisine, they met in the legendary private rooms, and high-ranking representatives from politics always used the house for discreet meetings. The exclusive hotel was already a social institution . But then the economically difficult years after the First World War left its mark on the house.

Shortly before her death in 1930, Anna Sacher withdrew from the guide. Only after her death was announced that the hotel was heavily in debt and assets of the former was not much left. In 1934, finally came to bankruptcy.

The lawyer Hans Gürtler, his wife Poldi and the hotelier couple Joseph and Anna Siller acquired the now dilapidated house and renovated it extensively: from the heating system, electrics, running hot and cold water in all rooms has been adapted all the modern needs. From now on, the earned money should always flow back into the house. First time, the Sachertorte not only in their own premises were offered for consumption, but also sold on the street.

The house was again the meeting place for the growing company. But the annexation of Austria by Nazi Germany in 1938 brought this to an abrupt end. Swastika flags flying in front of the hotel now. During the Second World War but the house remained largely spared from damage. Immediately after the liberation of Vienna it was occupied by Soviet troops, the Vienna first district around the hotel but was soon jointly managed by the Allies and thus it came six years into British hands.

1951 got the Siller family and Gürtler their property back. Josef Siller had died in 1949. Again, the hotel had to be extensively renovated. As well as new dining venues emerged at the Sacher. Hans Gürtler also laid the foundation for the art collection of the 19th Century. Anna Siller died in 1962, and the hotel was entirely in the possession of the Gürtler family. In 1967 the company received the National Award and since then the federal coat of arms may be used in commercial transactions. The son Rolf Gürtler took over the business in 1970, but shortly thereafter, in an accident, after which he succeeded his son Peter Gürtler. This took over in 1989, the Austrian Court Hotel in Salzburg. This was later renamed the Hotel Sacher Salzburg. Since his death in 1990 his 1983 divorced woman Elisabeth Gürtler-Mauthner leads the family with their daughter Alexandra.

In 2006 the building, which is composed in its buildings of six town houses, refurbished thermally under the direction of architects Frank & Partners, and the loft conversion, in which a spa area was accommodated, provided while preserving the monument idea with a striking bright aluminum roof.

Offer

The Hotel Sacher at night

As a member of the Hospitality Association of The Leading Hotels of the World, which ensures quality control in five star hospitality sector, the Hotel Sacher is one of the best addresses in Austria. Since the expansion of 2006 also meets the criteria of a Leading Spa.

In the House, the Anna Sacher restaurant, the Red Bar, the Blue Bar, Confiserie, Café Sacher are and the Sacher Eck (coin). The cafe was founded in 2004 awarded the Golden Coffee Bean Jacobs.

Also in the building, but not as a part of the hotel, is the former imperial Court and chamber Supplier Wilhelm Jungmann & Neffe.

Since 1999, the Original Sacher-Torte is produced in a production office in Vienna Simmering, from where it is exported to the whole world. After a decades-long legal battle with the Imperial Sugar Bakery Demel only the dessert made ​​by Sacher may adorn with the title "original". The Sachertorte is imitated by many coffee houses, bakeries and pastry shops.

Rooms of the Hotel Sacher

The Sacher shop in the Hotel Sacher

The famous Sacher Torte

Famous guests

Main entrance of the hotel in the evening

Many prominent guests had the house in the Philharmonikerstraße. Anna Sacher had a photo gallery of her guests in her boudoir. The signatures of all she embroidered herself on a table cloth. Located in the middle of it Emperor Franz Joseph.

Crowned heads, statesmen, diplomats and politicians lodged at the Sacher: Edward VIII, Wallis Simpson, Elizabeth II, Prince Philip, Prince Rainier, Princess Grace, John F. Kennedy, Kofi Annan and many more.

Because of the close proximity to the Opera House of course many artists were under the guests: Herbert von Karajan, Leonard Bernstein, Leo Slezak, Plácido Domingo, José Carreras and Rudolf Nureyev. Music critic Marcel Prawy lived until his death in 2003, even as a permanent guest at the Sacher.

Graham Greene had here the idea for the screenplay of the film The Third Man. A British officer told him about the underground passages of Vienna, whereupon Greene in the bar wrote down the first ideas immediately.

Her role in the Sissi films Romy Schneider owed ​​their similarity with the bust of the Empress, who is at the hotel and was the director Ernst Marischka noticed. During filming, she lived with her mother Magda Schneider at the Sacher.

Invited to an unusual press conference in April 1969, John Lennon and Yoko Ono to the Sacher. They held one of her legendary "Bagism" actions in their hotel rooms to media representatives (including André Heller, who reported for the Ö3 jukebox), in order to express their ideas of world peace.

Traditionally, all suites are named for operas and composers (eg, La Traviata, Carmen, Idomeneo, The Magic Flute, Madame Butterfly, Nabucco, Rigoletto, Leonard Bernstein, etc.). The new suites on the top floor of the house bearing the names of contemporary operas, such as Lulu and Billy Budd named.

Hotel Sacher in film and on stage

The Hotel Sacher has been immortalized in numerous films and stage plays .

Hotel Sacher, 1939

In the German-speaking area, the hotel was also supported by the TV series Hello - Hotel Sacher ... Portier! popular with Fritz Eckhardt .

Literature

Ernst Hagen: Hotel Sacher. Austria slept in your beds. Zsolnay , Vienna , 1976, ISBN 3-552-02827-7

Ingrid Haslinger: customer - Emperor. The history of the former imperial purveyors. Schroll, Vienna 1996 , ISBN 3-85202-129-4 .

János Kalmár , Mella Waldstein: K.u.K. Purveyors of Vienna. Stocker , Graz 2001, ISBN 3-7020-0935-3 . Pp. 10-15 .

Monika Kellermann : The great Sacher-back book. Pastries, cakes and pastries. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-28-4

Franz Maier- Bruck : The great Sacher Cookbook. The Austrian cuisine. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-27-6

Leo Mazakarini : The Hotel Sacher in Vienna. Grafe and Unzer, Munich, 1977, ISBN 3-7742-5018-9

Emil Seeliger: Hotel Sacher. World history at supper. Publisher Schaffer, Berlin 1942

William Fraenkel: Establishment Eduard Sacher in Vienna: General Construction Journal, Volume 1877 (online at ANNO)

de.wikipedia.org/wiki/Hotel_Sacher

Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. Tombeau Joseph Napoléon Bonaparte 1768/1844 roi de Naples 1806 et d''Espagne 1808, frère ainé de Napoléon Ier.

Joseph Bonaparte, né le 7 janvier 1768 à Corte et mort le 28 juillet 1844 à Florence, est le frère aîné de Napoléon Bonaparte. Il est d'abord avocat, puis diplomate et soldat.

Sous le Premier Empire, il est nommé prince français avec prédicat d'altesse impériale, est nommé grand-électeur de l'Empire et à ce titre régent pendant la campagne de 1805. En 1806, il est créé roi de Naples puis en 1808, roi d'Espagne et des Indes (Hispaniarum et Indiarum Rex). En 1814 et pendant les Cent-Jours, il est nommé lieutenant-général de l'Empire.

  

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. La Cour d'Honneur (autrefois Cour Royale). Véritable centre du site où se déroulent de grands évènements. Cernée de soixante lucarnes de pierre. Hautes de 3 m. grande partie des collections artillerie.

 

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. L'architecte Libéral Bruant construit La façade nord 195 m de long 22 m de haut pavillon central qui forme arc triomphal point culminant soleil visage humain. Groupe sculpté Louis XIV représenté imperator romain.

 

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

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The Hotel Sacher is located in the first District of Vienna after the Vienna State Opera. Famous specialty of the house is the original Sachertorte. The hotel is a member of the Leading Hotels of the World.

History

Anna Maria Sacher

On the grounds of the demolished Kärntnertortheatre, directly opposite the newly opened imperial Court Opera, was built a Maison meuble. The restaurateur Eduard Sacher bought the house modeled on a Renaissance palace and opened in 1876, Hotel de l' Opera with the restaurant. The son of Franz Sacher, the inventor of the Sachertorte, had however already made ​​a name for himself as a restaurateur, and named the house quickly to Hotel Sacher .

He married 1880 the 21- year-old Anna Fuchs, who henceforth cooperated in the hotel and quickly took over the business because of her husband's deteriorating health . Edward died in 1892, and Anna Sacher now ran the hotel as so-called widow operation. Which at that time was an extremely emancipated woman with cigar and her beloved French Bulldog (in Vienna: " Sacher-Bully" ) was always to be found, continued the business with rigor, but also with kindness. So they talked back then a company health insurance for their employees.

From the beginning, the Sacher was one of the best addresses in the city and in 1871 for the wine and delicatessen for kuk Appointed purveyor. This privilege his widow Anna was once again awarded after the death of Eduard Sacher. Before the opera you enjoyed the exquisite cuisine, they met in the legendary private rooms, and high-ranking representatives from politics always used the house for discreet meetings. The exclusive hotel was already a social institution . But then the economically difficult years after the First World War left its mark on the house.

Shortly before her death in 1930, Anna Sacher withdrew from the guide. Only after her death was announced that the hotel was heavily in debt and assets of the former was not much left. In 1934, finally came to bankruptcy.

The lawyer Hans Gürtler, his wife Poldi and the hotelier couple Joseph and Anna Siller acquired the now dilapidated house and renovated it extensively: from the heating system, electrics, running hot and cold water in all rooms has been adapted all the modern needs. From now on, the earned money should always flow back into the house. First time, the Sachertorte not only in their own premises were offered for consumption, but also sold on the street.

The house was again the meeting place for the growing company. But the annexation of Austria by Nazi Germany in 1938 brought this to an abrupt end. Swastika flags flying in front of the hotel now. During the Second World War but the house remained largely spared from damage. Immediately after the liberation of Vienna it was occupied by Soviet troops, the Vienna first district around the hotel but was soon jointly managed by the Allies and thus it came six years into British hands.

1951 got the Siller family and Gürtler their property back. Josef Siller had died in 1949. Again, the hotel had to be extensively renovated. As well as new dining venues emerged at the Sacher. Hans Gürtler also laid the foundation for the art collection of the 19th Century. Anna Siller died in 1962, and the hotel was entirely in the possession of the Gürtler family. In 1967 the company received the National Award and since then the federal coat of arms may be used in commercial transactions. The son Rolf Gürtler took over the business in 1970, but shortly thereafter, in an accident, after which he succeeded his son Peter Gürtler. This took over in 1989, the Austrian Court Hotel in Salzburg. This was later renamed the Hotel Sacher Salzburg. Since his death in 1990 his 1983 divorced woman Elisabeth Gürtler-Mauthner leads the family with their daughter Alexandra.

In 2006 the building, which is composed in its buildings of six town houses, refurbished thermally under the direction of architects Frank & Partners, and the loft conversion, in which a spa area was accommodated, provided while preserving the monument idea with a striking bright aluminum roof.

Offer

The Hotel Sacher at night

As a member of the Hospitality Association of The Leading Hotels of the World, which ensures quality control in five star hospitality sector, the Hotel Sacher is one of the best addresses in Austria. Since the expansion of 2006 also meets the criteria of a Leading Spa.

In the House, the Anna Sacher restaurant, the Red Bar, the Blue Bar, Confiserie, Café Sacher are and the Sacher Eck (coin). The cafe was founded in 2004 awarded the Golden Coffee Bean Jacobs.

Also in the building, but not as a part of the hotel, is the former imperial Court and chamber Supplier Wilhelm Jungmann & Neffe.

Since 1999, the Original Sacher-Torte is produced in a production office in Vienna Simmering, from where it is exported to the whole world. After a decades-long legal battle with the Imperial Sugar Bakery Demel only the dessert made ​​by Sacher may adorn with the title "original". The Sachertorte is imitated by many coffee houses, bakeries and pastry shops.

Rooms of the Hotel Sacher

The Sacher shop in the Hotel Sacher

The famous Sacher Torte

Famous guests

Main entrance of the hotel in the evening

Many prominent guests had the house in the Philharmonikerstraße. Anna Sacher had a photo gallery of her guests in her boudoir. The signatures of all she embroidered herself on a table cloth. Located in the middle of it Emperor Franz Joseph.

Crowned heads, statesmen, diplomats and politicians lodged at the Sacher: Edward VIII, Wallis Simpson, Elizabeth II, Prince Philip, Prince Rainier, Princess Grace, John F. Kennedy, Kofi Annan and many more.

Because of the close proximity to the Opera House of course many artists were under the guests: Herbert von Karajan, Leonard Bernstein, Leo Slezak, Plácido Domingo, José Carreras and Rudolf Nureyev. Music critic Marcel Prawy lived until his death in 2003, even as a permanent guest at the Sacher.

Graham Greene had here the idea for the screenplay of the film The Third Man. A British officer told him about the underground passages of Vienna, whereupon Greene in the bar wrote down the first ideas immediately.

Her role in the Sissi films Romy Schneider owed ​​their similarity with the bust of the Empress, who is at the hotel and was the director Ernst Marischka noticed. During filming, she lived with her mother Magda Schneider at the Sacher.

Invited to an unusual press conference in April 1969, John Lennon and Yoko Ono to the Sacher. They held one of her legendary "Bagism" actions in their hotel rooms to media representatives (including André Heller, who reported for the Ö3 jukebox), in order to express their ideas of world peace.

Traditionally, all suites are named for operas and composers (eg, La Traviata, Carmen, Idomeneo, The Magic Flute, Madame Butterfly, Nabucco, Rigoletto, Leonard Bernstein, etc.). The new suites on the top floor of the house bearing the names of contemporary operas, such as Lulu and Billy Budd named.

Hotel Sacher in film and on stage

The Hotel Sacher has been immortalized in numerous films and stage plays .

Hotel Sacher, 1939

In the German-speaking area, the hotel was also supported by the TV series Hello - Hotel Sacher ... Portier! popular with Fritz Eckhardt .

Literature

Ernst Hagen: Hotel Sacher. Austria slept in your beds. Zsolnay , Vienna , 1976, ISBN 3-552-02827-7

Ingrid Haslinger: customer - Emperor. The history of the former imperial purveyors. Schroll, Vienna 1996 , ISBN 3-85202-129-4 .

János Kalmár , Mella Waldstein: K.u.K. Purveyors of Vienna. Stocker , Graz 2001, ISBN 3-7020-0935-3 . Pp. 10-15 .

Monika Kellermann : The great Sacher-back book. Pastries, cakes and pastries. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-28-4

Franz Maier- Bruck : The great Sacher Cookbook. The Austrian cuisine. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-27-6

Leo Mazakarini : The Hotel Sacher in Vienna. Grafe and Unzer, Munich, 1977, ISBN 3-7742-5018-9

Emil Seeliger: Hotel Sacher. World history at supper. Publisher Schaffer, Berlin 1942

William Fraenkel: Establishment Eduard Sacher in Vienna: General Construction Journal, Volume 1877 (online at ANNO)

de.wikipedia.org/wiki/Hotel_Sacher

The Hotel Sacher is located in the first District of Vienna after the Vienna State Opera. Famous specialty of the house is the original Sachertorte. The hotel is a member of the Leading Hotels of the World.

History

Anna Maria Sacher

On the grounds of the demolished Kärntnertortheatre, directly opposite the newly opened imperial Court Opera, was built a Maison meuble. The restaurateur Eduard Sacher bought the house modeled on a Renaissance palace and opened in 1876, Hotel de l' Opera with the restaurant. The son of Franz Sacher, the inventor of the Sachertorte, had however already made ​​a name for himself as a restaurateur, and named the house quickly to Hotel Sacher .

He married 1880 the 21- year-old Anna Fuchs, who henceforth cooperated in the hotel and quickly took over the business because of her husband's deteriorating health . Edward died in 1892, and Anna Sacher now ran the hotel as so-called widow operation. Which at that time was an extremely emancipated woman with cigar and her beloved French Bulldog (in Vienna: " Sacher-Bully" ) was always to be found, continued the business with rigor, but also with kindness. So they talked back then a company health insurance for their employees.

From the beginning, the Sacher was one of the best addresses in the city and in 1871 for the wine and delicatessen for kuk Appointed purveyor. This privilege his widow Anna was once again awarded after the death of Eduard Sacher. Before the opera you enjoyed the exquisite cuisine, they met in the legendary private rooms, and high-ranking representatives from politics always used the house for discreet meetings. The exclusive hotel was already a social institution . But then the economically difficult years after the First World War left its mark on the house.

Shortly before her death in 1930, Anna Sacher withdrew from the guide. Only after her death was announced that the hotel was heavily in debt and assets of the former was not much left. In 1934, finally came to bankruptcy.

The lawyer Hans Gürtler, his wife Poldi and the hotelier couple Joseph and Anna Siller acquired the now dilapidated house and renovated it extensively: from the heating system, electrics, running hot and cold water in all rooms has been adapted all the modern needs. From now on, the earned money should always flow back into the house. First time, the Sachertorte not only in their own premises were offered for consumption, but also sold on the street.

The house was again the meeting place for the growing company. But the annexation of Austria by Nazi Germany in 1938 brought this to an abrupt end. Swastika flags flying in front of the hotel now. During the Second World War but the house remained largely spared from damage. Immediately after the liberation of Vienna it was occupied by Soviet troops, the Vienna first district around the hotel but was soon jointly managed by the Allies and thus it came six years into British hands.

1951 got the Siller family and Gürtler their property back. Josef Siller had died in 1949. Again, the hotel had to be extensively renovated. As well as new dining venues emerged at the Sacher. Hans Gürtler also laid the foundation for the art collection of the 19th Century. Anna Siller died in 1962, and the hotel was entirely in the possession of the Gürtler family. In 1967 the company received the National Award and since then the federal coat of arms may be used in commercial transactions. The son Rolf Gürtler took over the business in 1970, but shortly thereafter, in an accident, after which he succeeded his son Peter Gürtler. This took over in 1989, the Austrian Court Hotel in Salzburg. This was later renamed the Hotel Sacher Salzburg. Since his death in 1990 his 1983 divorced woman Elisabeth Gürtler-Mauthner leads the family with their daughter Alexandra.

In 2006 the building, which is composed in its buildings of six town houses, refurbished thermally under the direction of architects Frank & Partners, and the loft conversion, in which a spa area was accommodated, provided while preserving the monument idea with a striking bright aluminum roof.

Offer

The Hotel Sacher at night

As a member of the Hospitality Association of The Leading Hotels of the World, which ensures quality control in five star hospitality sector, the Hotel Sacher is one of the best addresses in Austria. Since the expansion of 2006 also meets the criteria of a Leading Spa.

In the House, the Anna Sacher restaurant, the Red Bar, the Blue Bar, Confiserie, Café Sacher are and the Sacher Eck (coin). The cafe was founded in 2004 awarded the Golden Coffee Bean Jacobs.

Also in the building, but not as a part of the hotel, is the former imperial Court and chamber Supplier Wilhelm Jungmann & Neffe.

Since 1999, the Original Sacher-Torte is produced in a production office in Vienna Simmering, from where it is exported to the whole world. After a decades-long legal battle with the Imperial Sugar Bakery Demel only the dessert made ​​by Sacher may adorn with the title "original". The Sachertorte is imitated by many coffee houses, bakeries and pastry shops.

Rooms of the Hotel Sacher

The Sacher shop in the Hotel Sacher

The famous Sacher Torte

Famous guests

Main entrance of the hotel in the evening

Many prominent guests had the house in the Philharmonikerstraße. Anna Sacher had a photo gallery of her guests in her boudoir. The signatures of all she embroidered herself on a table cloth. Located in the middle of it Emperor Franz Joseph.

Crowned heads, statesmen, diplomats and politicians lodged at the Sacher: Edward VIII, Wallis Simpson, Elizabeth II, Prince Philip, Prince Rainier, Princess Grace, John F. Kennedy, Kofi Annan and many more.

Because of the close proximity to the Opera House of course many artists were under the guests: Herbert von Karajan, Leonard Bernstein, Leo Slezak, Plácido Domingo, José Carreras and Rudolf Nureyev. Music critic Marcel Prawy lived until his death in 2003, even as a permanent guest at the Sacher.

Graham Greene had here the idea for the screenplay of the film The Third Man. A British officer told him about the underground passages of Vienna, whereupon Greene in the bar wrote down the first ideas immediately.

Her role in the Sissi films Romy Schneider owed ​​their similarity with the bust of the Empress, who is at the hotel and was the director Ernst Marischka noticed. During filming, she lived with her mother Magda Schneider at the Sacher.

Invited to an unusual press conference in April 1969, John Lennon and Yoko Ono to the Sacher. They held one of her legendary "Bagism" actions in their hotel rooms to media representatives (including André Heller, who reported for the Ö3 jukebox), in order to express their ideas of world peace.

Traditionally, all suites are named for operas and composers (eg, La Traviata, Carmen, Idomeneo, The Magic Flute, Madame Butterfly, Nabucco, Rigoletto, Leonard Bernstein, etc.). The new suites on the top floor of the house bearing the names of contemporary operas, such as Lulu and Billy Budd named.

Hotel Sacher in film and on stage

The Hotel Sacher has been immortalized in numerous films and stage plays .

Hotel Sacher, 1939

In the German-speaking area, the hotel was also supported by the TV series Hello - Hotel Sacher ... Portier! popular with Fritz Eckhardt .

Literature

Ernst Hagen: Hotel Sacher. Austria slept in your beds. Zsolnay , Vienna , 1976, ISBN 3-552-02827-7

Ingrid Haslinger: customer - Emperor. The history of the former imperial purveyors. Schroll, Vienna 1996 , ISBN 3-85202-129-4 .

János Kalmár , Mella Waldstein: K.u.K. Purveyors of Vienna. Stocker , Graz 2001, ISBN 3-7020-0935-3 . Pp. 10-15 .

Monika Kellermann : The great Sacher-back book. Pastries, cakes and pastries. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-28-4

Franz Maier- Bruck : The great Sacher Cookbook. The Austrian cuisine. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-27-6

Leo Mazakarini : The Hotel Sacher in Vienna. Grafe and Unzer, Munich, 1977, ISBN 3-7742-5018-9

Emil Seeliger: Hotel Sacher. World history at supper. Publisher Schaffer, Berlin 1942

William Fraenkel: Establishment Eduard Sacher in Vienna: General Construction Journal, Volume 1877 (online at ANNO)

de.wikipedia.org/wiki/Hotel_Sacher

The Hotel Sacher is located in the first District of Vienna after the Vienna State Opera. Famous specialty of the house is the original Sachertorte. The hotel is a member of the Leading Hotels of the World.

History

Anna Maria Sacher

On the grounds of the demolished Kärntnertortheatre, directly opposite the newly opened imperial Court Opera, was built a Maison meuble. The restaurateur Eduard Sacher bought the house modeled on a Renaissance palace and opened in 1876, Hotel de l' Opera with the restaurant. The son of Franz Sacher, the inventor of the Sachertorte, had however already made ​​a name for himself as a restaurateur, and named the house quickly to Hotel Sacher .

He married 1880 the 21- year-old Anna Fuchs, who henceforth cooperated in the hotel and quickly took over the business because of her husband's deteriorating health . Edward died in 1892, and Anna Sacher now ran the hotel as so-called widow operation. Which at that time was an extremely emancipated woman with cigar and her beloved French Bulldog (in Vienna: " Sacher-Bully" ) was always to be found, continued the business with rigor, but also with kindness. So they talked back then a company health insurance for their employees.

From the beginning, the Sacher was one of the best addresses in the city and in 1871 for the wine and delicatessen for kuk Appointed purveyor. This privilege his widow Anna was once again awarded after the death of Eduard Sacher. Before the opera you enjoyed the exquisite cuisine, they met in the legendary private rooms, and high-ranking representatives from politics always used the house for discreet meetings. The exclusive hotel was already a social institution . But then the economically difficult years after the First World War left its mark on the house.

Shortly before her death in 1930, Anna Sacher withdrew from the guide. Only after her death was announced that the hotel was heavily in debt and assets of the former was not much left. In 1934, finally came to bankruptcy.

The lawyer Hans Gürtler, his wife Poldi and the hotelier couple Joseph and Anna Siller acquired the now dilapidated house and renovated it extensively: from the heating system, electrics, running hot and cold water in all rooms has been adapted all the modern needs. From now on, the earned money should always flow back into the house. First time, the Sachertorte not only in their own premises were offered for consumption, but also sold on the street.

The house was again the meeting place for the growing company. But the annexation of Austria by Nazi Germany in 1938 brought this to an abrupt end. Swastika flags flying in front of the hotel now. During the Second World War but the house remained largely spared from damage. Immediately after the liberation of Vienna it was occupied by Soviet troops, the Vienna first district around the hotel but was soon jointly managed by the Allies and thus it came six years into British hands.

1951 got the Siller family and Gürtler their property back. Josef Siller had died in 1949. Again, the hotel had to be extensively renovated. As well as new dining venues emerged at the Sacher. Hans Gürtler also laid the foundation for the art collection of the 19th Century. Anna Siller died in 1962, and the hotel was entirely in the possession of the Gürtler family. In 1967 the company received the National Award and since then the federal coat of arms may be used in commercial transactions. The son Rolf Gürtler took over the business in 1970, but shortly thereafter, in an accident, after which he succeeded his son Peter Gürtler. This took over in 1989, the Austrian Court Hotel in Salzburg. This was later renamed the Hotel Sacher Salzburg. Since his death in 1990 his 1983 divorced woman Elisabeth Gürtler-Mauthner leads the family with their daughter Alexandra.

In 2006 the building, which is composed in its buildings of six town houses, refurbished thermally under the direction of architects Frank & Partners, and the loft conversion, in which a spa area was accommodated, provided while preserving the monument idea with a striking bright aluminum roof.

Offer

The Hotel Sacher at night

As a member of the Hospitality Association of The Leading Hotels of the World, which ensures quality control in five star hospitality sector, the Hotel Sacher is one of the best addresses in Austria. Since the expansion of 2006 also meets the criteria of a Leading Spa.

In the House, the Anna Sacher restaurant, the Red Bar, the Blue Bar, Confiserie, Café Sacher are and the Sacher Eck (coin). The cafe was founded in 2004 awarded the Golden Coffee Bean Jacobs.

Also in the building, but not as a part of the hotel, is the former imperial Court and chamber Supplier Wilhelm Jungmann & Neffe.

Since 1999, the Original Sacher-Torte is produced in a production office in Vienna Simmering, from where it is exported to the whole world. After a decades-long legal battle with the Imperial Sugar Bakery Demel only the dessert made ​​by Sacher may adorn with the title "original". The Sachertorte is imitated by many coffee houses, bakeries and pastry shops.

Rooms of the Hotel Sacher

The Sacher shop in the Hotel Sacher

The famous Sacher Torte

Famous guests

Main entrance of the hotel in the evening

Many prominent guests had the house in the Philharmonikerstraße. Anna Sacher had a photo gallery of her guests in her boudoir. The signatures of all she embroidered herself on a table cloth. Located in the middle of it Emperor Franz Joseph.

Crowned heads, statesmen, diplomats and politicians lodged at the Sacher: Edward VIII, Wallis Simpson, Elizabeth II, Prince Philip, Prince Rainier, Princess Grace, John F. Kennedy, Kofi Annan and many more.

Because of the close proximity to the Opera House of course many artists were under the guests: Herbert von Karajan, Leonard Bernstein, Leo Slezak, Plácido Domingo, José Carreras and Rudolf Nureyev. Music critic Marcel Prawy lived until his death in 2003, even as a permanent guest at the Sacher.

Graham Greene had here the idea for the screenplay of the film The Third Man. A British officer told him about the underground passages of Vienna, whereupon Greene in the bar wrote down the first ideas immediately.

Her role in the Sissi films Romy Schneider owed ​​their similarity with the bust of the Empress, who is at the hotel and was the director Ernst Marischka noticed. During filming, she lived with her mother Magda Schneider at the Sacher.

Invited to an unusual press conference in April 1969, John Lennon and Yoko Ono to the Sacher. They held one of her legendary "Bagism" actions in their hotel rooms to media representatives (including André Heller, who reported for the Ö3 jukebox), in order to express their ideas of world peace.

Traditionally, all suites are named for operas and composers (eg, La Traviata, Carmen, Idomeneo, The Magic Flute, Madame Butterfly, Nabucco, Rigoletto, Leonard Bernstein, etc.). The new suites on the top floor of the house bearing the names of contemporary operas, such as Lulu and Billy Budd named.

Hotel Sacher in film and on stage

The Hotel Sacher has been immortalized in numerous films and stage plays .

Hotel Sacher, 1939

In the German-speaking area, the hotel was also supported by the TV series Hello - Hotel Sacher ... Portier! popular with Fritz Eckhardt .

Literature

Ernst Hagen: Hotel Sacher. Austria slept in your beds. Zsolnay , Vienna , 1976, ISBN 3-552-02827-7

Ingrid Haslinger: customer - Emperor. The history of the former imperial purveyors. Schroll, Vienna 1996 , ISBN 3-85202-129-4 .

János Kalmár , Mella Waldstein: K.u.K. Purveyors of Vienna. Stocker , Graz 2001, ISBN 3-7020-0935-3 . Pp. 10-15 .

Monika Kellermann : The great Sacher-back book. Pastries, cakes and pastries. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-28-4

Franz Maier- Bruck : The great Sacher Cookbook. The Austrian cuisine. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-27-6

Leo Mazakarini : The Hotel Sacher in Vienna. Grafe and Unzer, Munich, 1977, ISBN 3-7742-5018-9

Emil Seeliger: Hotel Sacher. World history at supper. Publisher Schaffer, Berlin 1942

William Fraenkel: Establishment Eduard Sacher in Vienna: General Construction Journal, Volume 1877 (online at ANNO)

de.wikipedia.org/wiki/Hotel_Sacher

Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. Le Dôme des Invalides, l’église du Dôme. Construite entre 1677/1706. Les décors intérieurs réalisés à cette époque exaltent la gloire de Louis XIV, de la monarchie et de ses armées. Temple de Mars sous Révolution.

 

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

The Hotel Sacher is located in the first District of Vienna after the Vienna State Opera. Famous specialty of the house is the original Sachertorte. The hotel is a member of the Leading Hotels of the World.

History

Anna Maria Sacher

On the grounds of the demolished Kärntnertortheatre, directly opposite the newly opened imperial Court Opera, was built a Maison meuble. The restaurateur Eduard Sacher bought the house modeled on a Renaissance palace and opened in 1876, Hotel de l' Opera with the restaurant. The son of Franz Sacher, the inventor of the Sachertorte, had however already made ​​a name for himself as a restaurateur, and named the house quickly to Hotel Sacher .

He married 1880 the 21- year-old Anna Fuchs, who henceforth cooperated in the hotel and quickly took over the business because of her husband's deteriorating health . Edward died in 1892, and Anna Sacher now ran the hotel as so-called widow operation. Which at that time was an extremely emancipated woman with cigar and her beloved French Bulldog (in Vienna: " Sacher-Bully" ) was always to be found, continued the business with rigor, but also with kindness. So they talked back then a company health insurance for their employees.

From the beginning, the Sacher was one of the best addresses in the city and in 1871 for the wine and delicatessen for kuk Appointed purveyor. This privilege his widow Anna was once again awarded after the death of Eduard Sacher. Before the opera you enjoyed the exquisite cuisine, they met in the legendary private rooms, and high-ranking representatives from politics always used the house for discreet meetings. The exclusive hotel was already a social institution . But then the economically difficult years after the First World War left its mark on the house.

Shortly before her death in 1930, Anna Sacher withdrew from the guide. Only after her death was announced that the hotel was heavily in debt and assets of the former was not much left. In 1934, finally came to bankruptcy.

The lawyer Hans Gürtler, his wife Poldi and the hotelier couple Joseph and Anna Siller acquired the now dilapidated house and renovated it extensively: from the heating system, electrics, running hot and cold water in all rooms has been adapted all the modern needs. From now on, the earned money should always flow back into the house. First time, the Sachertorte not only in their own premises were offered for consumption, but also sold on the street.

The house was again the meeting place for the growing company. But the annexation of Austria by Nazi Germany in 1938 brought this to an abrupt end. Swastika flags flying in front of the hotel now. During the Second World War but the house remained largely spared from damage. Immediately after the liberation of Vienna it was occupied by Soviet troops, the Vienna first district around the hotel but was soon jointly managed by the Allies and thus it came six years into British hands.

1951 got the Siller family and Gürtler their property back. Josef Siller had died in 1949. Again, the hotel had to be extensively renovated. As well as new dining venues emerged at the Sacher. Hans Gürtler also laid the foundation for the art collection of the 19th Century. Anna Siller died in 1962, and the hotel was entirely in the possession of the Gürtler family. In 1967 the company received the National Award and since then the federal coat of arms may be used in commercial transactions. The son Rolf Gürtler took over the business in 1970, but shortly thereafter, in an accident, after which he succeeded his son Peter Gürtler. This took over in 1989, the Austrian Court Hotel in Salzburg. This was later renamed the Hotel Sacher Salzburg. Since his death in 1990 his 1983 divorced woman Elisabeth Gürtler-Mauthner leads the family with their daughter Alexandra.

In 2006 the building, which is composed in its buildings of six town houses, refurbished thermally under the direction of architects Frank & Partners, and the loft conversion, in which a spa area was accommodated, provided while preserving the monument idea with a striking bright aluminum roof.

Offer

The Hotel Sacher at night

As a member of the Hospitality Association of The Leading Hotels of the World, which ensures quality control in five star hospitality sector, the Hotel Sacher is one of the best addresses in Austria. Since the expansion of 2006 also meets the criteria of a Leading Spa.

In the House, the Anna Sacher restaurant, the Red Bar, the Blue Bar, Confiserie, Café Sacher are and the Sacher Eck (coin). The cafe was founded in 2004 awarded the Golden Coffee Bean Jacobs.

Also in the building, but not as a part of the hotel, is the former imperial Court and chamber Supplier Wilhelm Jungmann & Neffe.

Since 1999, the Original Sacher-Torte is produced in a production office in Vienna Simmering, from where it is exported to the whole world. After a decades-long legal battle with the Imperial Sugar Bakery Demel only the dessert made ​​by Sacher may adorn with the title "original". The Sachertorte is imitated by many coffee houses, bakeries and pastry shops.

Rooms of the Hotel Sacher

The Sacher shop in the Hotel Sacher

The famous Sacher Torte

Famous guests

Main entrance of the hotel in the evening

Many prominent guests had the house in the Philharmonikerstraße. Anna Sacher had a photo gallery of her guests in her boudoir. The signatures of all she embroidered herself on a table cloth. Located in the middle of it Emperor Franz Joseph.

Crowned heads, statesmen, diplomats and politicians lodged at the Sacher: Edward VIII, Wallis Simpson, Elizabeth II, Prince Philip, Prince Rainier, Princess Grace, John F. Kennedy, Kofi Annan and many more.

Because of the close proximity to the Opera House of course many artists were under the guests: Herbert von Karajan, Leonard Bernstein, Leo Slezak, Plácido Domingo, José Carreras and Rudolf Nureyev. Music critic Marcel Prawy lived until his death in 2003, even as a permanent guest at the Sacher.

Graham Greene had here the idea for the screenplay of the film The Third Man. A British officer told him about the underground passages of Vienna, whereupon Greene in the bar wrote down the first ideas immediately.

Her role in the Sissi films Romy Schneider owed ​​their similarity with the bust of the Empress, who is at the hotel and was the director Ernst Marischka noticed. During filming, she lived with her mother Magda Schneider at the Sacher.

Invited to an unusual press conference in April 1969, John Lennon and Yoko Ono to the Sacher. They held one of her legendary "Bagism" actions in their hotel rooms to media representatives (including André Heller, who reported for the Ö3 jukebox), in order to express their ideas of world peace.

Traditionally, all suites are named for operas and composers (eg, La Traviata, Carmen, Idomeneo, The Magic Flute, Madame Butterfly, Nabucco, Rigoletto, Leonard Bernstein, etc.). The new suites on the top floor of the house bearing the names of contemporary operas, such as Lulu and Billy Budd named.

Hotel Sacher in film and on stage

The Hotel Sacher has been immortalized in numerous films and stage plays .

Hotel Sacher, 1939

In the German-speaking area, the hotel was also supported by the TV series Hello - Hotel Sacher ... Portier! popular with Fritz Eckhardt .

Literature

Ernst Hagen: Hotel Sacher. Austria slept in your beds. Zsolnay , Vienna , 1976, ISBN 3-552-02827-7

Ingrid Haslinger: customer - Emperor. The history of the former imperial purveyors. Schroll, Vienna 1996 , ISBN 3-85202-129-4 .

János Kalmár , Mella Waldstein: K.u.K. Purveyors of Vienna. Stocker , Graz 2001, ISBN 3-7020-0935-3 . Pp. 10-15 .

Monika Kellermann : The great Sacher-back book. Pastries, cakes and pastries. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-28-4

Franz Maier- Bruck : The great Sacher Cookbook. The Austrian cuisine. Seehamer -Verlag, Weyarn 1994, ISBN 3-929626-27-6

Leo Mazakarini : The Hotel Sacher in Vienna. Grafe and Unzer, Munich, 1977, ISBN 3-7742-5018-9

Emil Seeliger: Hotel Sacher. World history at supper. Publisher Schaffer, Berlin 1942

William Fraenkel: Establishment Eduard Sacher in Vienna: General Construction Journal, Volume 1877 (online at ANNO)

de.wikipedia.org/wiki/Hotel_Sacher

Original CKO 431 tinplate Mercedes-Benz lorry made in 'Western Germany'. This was subsequently produced as a 'Replica' by Kovap in Czechoslovakia: www.flickr.com/photos/adrianz-toyz/40347986063

© Mathias Kellermann 2012 - Please do not copy, reproduce or use this image in any way without my written permission.

 

Lors de mon passage et selon les habitants de la région, l’armée Indienne a déployé près d’un million d’hommes dans les montagnes depuis les années 60. D’ici 2012, en l’espace d’un an, ce nombre devrait doubler.

En ce début de printemps les routes d’altitudes sont à peine accessibles depuis quelques jours. Avec le début de la fonte des neiges et des glaciers, la présence militaire est plus que jamais remarquable. Une fourmilière qui se réveille aux premiers rayons du soleil ne s’activerait pas avec moins de zèle. C’est qu’outre les renforts militaires qui arrivent chaque jour des quatre coins de l’Inde, c’est la période des ravitaillements en nourriture, combustible, munitions et armes qui commence. La technologie ne peux rien contre ces endroits extrêmes où la nature, par sa grandeur et sa démesure, arrive encore à imposer sa loi aux hommes.

La saison propice aux déplacements à ces altitudes étant de courte durée, chaque minute est précieuse pour tenter de contenir les rigueurs de l’hiver à venir. Je ne compte plus les colonnes de véhicules, parfois plus de cents d’affilés circulant en file indienne sur les routes sinueusement dangereusement escarpées du Ladakh Himalayen. Pour tous les autres véhicules, en circulation, ils sont prioritaires. Ce qui entraine parfois de longues minutes d’attente avant de pouvoir circuler à nouveau, sans compter les innombrables « check point » obligatoires, où tout papiers officiels sont détaillés avec une rigueur très… britannique !

 

During my visit, and according to locals, the Indian army has deployed nearly a million men in the mountains since the 60s. By 2012, within a year, this number should double.

In early spring the roads are barely accessible heights in recent days. With the onset of melting snow and glaciers, the military presence is more remarkable than ever. An anthill wakes up the first rays of the sun does not activate with less zeal. This is, in addition to military reinforcements arriving daily from all over India, the period of pit stops for food, fuel, ammunition and weapons begins. Technology can do nothing against these extreme places where nature, by its gogantisme and excesses, still manages to impose its law to men.

The season for traveling to these altitudes being short, every minute is precious to try to contain the harsh winter ahead. I can not count the columns of vehicles, sometimes over a hundred in a row moving in single file on roads sinuously dangerously steep Himalayan Ladakh. For all other vehicles in traffic, they take precedence. This can sometimes cause long minutes of waiting before you can move again, not to mention countless "check points" compulsory, where all official documents are detailed with a very British rigor !

 

GEOPOLITIQUE : UNE GUERRE FROIDE QUI NE DIT PAS SON NOM

(Guerre sino-indienne pour le contrôle des territoires Himalayens - 20 octobre au 21 novembre 1962)

Après l'annexion du Tibet en 1959, la Chine a repoussé sa frontière sud-ouest au détriment de l'Inde. L'armée populaire de libération pénétra au Ladakh le 7 août 1959, dans l'Himalaya occidental, et y construisit une route reliant l'Aksai Chin à la province chinoise du Sinkiang.

 

La guerre est déclenchée par la Chine, dirigée par Mao Zedong, le 20 octobre 1962 qui entend modifier la frontière héritée de la ligne McMahon en sa faveur.

Elle surprend le gouvernement indien, dirigé par Jawaharlal Nehru, qui avait, dans les années 1950, tenté de se rapprocher de la République populaire de Chine

Les faibles garnisons des forces armées indiennes le long des 2 500 km de la frontière dont l'altitude dépasse parfois les 5 000 mètres ne sont pas préparées à répondre à cette agression et battent rapidement en retraite, 80 % des soldats défendant les postes avancés périssent ou sont faits prisonniers.

L'armée chinoise occupe les territoires de l'Aksai Chin au Cachemire et du futur État indien de l'Arunachal Pradesh, dans l'Assam, des zones très montagneuses revendiquées par la Chine. Le cessez-le-feu est déclaré le 20 novembre 1962, bien que l'armée chinoise ait les moyens de continuer sa progression. L'APL se retire des territoires occupés, sauf de l'Aksai Chin, qui est unilatéralement annexé et aujourd'hui toujours revendiqué par l'Inde, tandis que l'Arunachal Pradesh est revendiqué par la Chine.

Ce conflit a renforcé les tensions à la frontière sino-indienne et a causé la perte d'environ 3 000 Indiens et de 900 Chinois, essentiellement militaires.

 

En octobre 1962, le Consulat général de l'Inde à Lhassa est fermé et n'a pas été rouvert depuis lors.

Cette guerre eut une influence notable sur la rupture sino-soviétique, le gouvernement soviétique ayant pris ouvertement parti pour l'Inde, tout comme le gouvernement des États-Unis.

En 1965, durant la Deuxième Guerre indo-pakistanaise, la Chine a menacé d'intervenir militairement au côté du Pakistan.

En avril 2005, un accord sino-indien est intervenu afin de régler leur différend frontalier, accord fixant les "grands principes" pour un règlement "définitif" du contentieux frontalier qui les oppose le long de l'Himalaya depuis la guerre de 1962.

Mais les violations de frontière par les forces chinoises restent malgré cela fréquentes avec, en 2008, 270 cas recensés entrainant une augmentation de la présence militaire indienne sur zone. En 2010, le différend frontalier n'est toujours pas réglé.

 

En 2011, la Chine renforce ses troupes le long de la ligne de démarcation, déploie des missiles balistiques et multiplie les incursions en territoire indien, provoquant ainsi un regain de tension. En réponse, l'armée indienne prévoit de recruter 100 000 soldats sur cinq ans pour les déployer aux abords de la ligne de contrôle et d'y installer des missiles de croisière.

 

GEOPOLITICS : A COLD WAR THAT DOESN'T SAY IT NAME...

 

(Sino-Indian War for the control of Himalayan territory - October 20 to November 21, 1962)

 

After the annexation of Tibet in 1959, China has pushed its southwestern border to the detriment of India. The People's Liberation Army entered Ladakh August 7, 1959, in the western Himalayas, and built a road from Aksai Chin in the Chinese province of Sinkiang.

 

The war was triggered by China led by Mao Zedong, October 20, 1962 which intends to amend the boundary inherited from the McMahon Line in its favor.

She surprises the Indian government, led by Jawaharlal Nehru, who had, in the 1950s, tried to get closer to the People's Republic of China

The small garrison of Indian armed forces along the 2,500 km from the border where the altitude exceeds 5000 meters sometimes are not prepared to respond to the attack and beat a hasty retreat, 80% of soldiers defending the outposts perish or were taken prisoner.

The Chinese army occupied territories of Aksai Chin in Kashmir and future Indian state of Arunachal Pradesh, Assam, very mountainous areas claimed by China. The cease-fire was declared on 20 November 1962, although the Chinese army has the means to continue its progress. The PLA (Popular Liberation Army) withdrew from the occupied territories, except the Aksai Chin, which was unilaterally annexed and today still claimed by India, while the area of Arunachal Pradesh is claimed by China.

This conflict has increased tensions in the Sino-Indian border and caused the loss of about 3,000 Indians and 900 Chinese, mostly militaries.

 

In October 1962, the General Consulate of India in Lhasa is closed and has not reopened since.

This war had a significant influence on the Sino-Soviet split, the Soviet government had openly sided for India, as the government of the United States.

In 1965, during the Second War between India and Pakistan, China threatened to intervene militarily in Pakistan's side.

In April 2005, a Sino-Indian agreement was reached to resolve their border dispute, agreement establishing the "basic principles" for a settlement "finality" of the border dispute between them along the Himalayas since the 1962 war.

But border violations by Chinese forces remain despite this common with, in 2008, identified 270 cases leading to an increased military presence on Indian zone. In 2010, the border dispute is still unresolved.

 

In 2011, China strengthened its troops along the line, deployed ballistic missiles and multiplies incursions into Indian territory, causing a rise in tension. In response, the Indian army plans to recruit 100,000 soldiers over five years to deploy near the control line and install cruise missiles.

  

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Samedi 23 août 2014. Hôtel des Invalides. Le Dôme des Invalides, l’église du Dôme. Construite entre 1677/1706. Les décors intérieurs réalisés à cette époque exaltent la gloire de Louis XIV, de la monarchie et de ses armées. Temple de Mars sous Révolution.

 

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III, Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats.

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi crée par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes5.

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal.

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III.

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit ».

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie, situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides.

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

   

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