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1 Ibère Wisigoth musulman Cavalier Omeyyade
2 Officier supérieur Arabe Yéménite Omeyyade
3 Berbere Zenete Fantassin Omeyyade
Lorsque Moussa Ibn Noussayr apprit que les conquêtes se succédaient à cette vitesse, il décida de participer lui-même à la conquête. Au mois de Ramadan de l’année 93 de l’Hégire (711), à la tête d’une armée de 18.000 combattants, il embarqua à Ceuta, traversa la mer et débarqua en Andalousie près de montagnes appelées Jibal Moussa, les montagnes de Moussa, en mémoire à son débarquement. Dans son armée figuraient un nombre important de Tabi’in[9] ainsi qu’un des derniers Compagnons du Messager d’Allah et ce 93 années après le décès du Prophète, Gloire à Allah, qui s’appelait Mounaydir al-Ifriqi (qu’Allah soit satisfait de lui).
Moussa Ibn Noussayr laissa son fils ‘Abdallah Ibn Noussayr commandant de l’Afrique et avec ce Compagnon et ces Tabi’in, entra en Espagne.
Lorsque Moussa débarqua, il rencontra les Musulmans laissés en poste par Tariq et avec eux, il bâtit la première mosquée pour Allah, Masjid Rayat, la mosquée des étendards, dont les vestiges subsistent encore de nos jours bien que la mosquée fut détruite par la suite. Ce fut un éminent Tabi’i du nom de Hanash qui décida de l’orientation vers la Ka’bah et cette construction fut la première chose que Moussa entreprit dès son arrivée en Andalousie.
A chaque fois que Tariq conquit une ville, il y laissait une petite garnison d’une centaine d’homme et à chaque fois que Tariq partait vers de nouvelles conquêtes, les habitants des villes se rebellaient contre les Musulmans et reprenaient possession des villes. Moussa eut peur pour Tariq et il décida de reprendre le même itinéraire que lui afin d’asseoir ses conquêtes et de protéger ses arrières alors que Tariq combattait aux environ de Tolède.
Moussa Ibn Noussayr reprit donc Sidonie retombée aux mains des Goths et ayant appris que ces derniers se rassemblaient de nouveau à Carmona (qarmona), une ville fortifiée, il alla à leur rencontre et assiégea la ville. Appréhendant des difficultés, il réunit les gens de Julian et leur proposa de marcher vers la ville fortifiée. Lorsque les Goths les virent, ils ouvrirent les portes qu’ils oublièrent de refermer et Moussa en profita pour donner l’assaut et prendre la forteresse.
Il convient de noter combien peut être dangereux le fait d’avoir des traitres qui font des arrangements avec l’ennemi pour leur livrer les leurs. Certes la guerre est tromperie comme nous en informa le Prophète (Salut et Bénédiction d’Allah sur lui) mais le pire est qu’il y est dans notre communauté des Musulmans qui travaillent pour les ennemis d’Allah et de l’Islam pour le gain des biens de ce monde et des désirs.
Pendant ce temps, la capitale du sud, Séville (ashfillia) conquise par Tariq se rebella aussi et Moussa Ibn Noussayr prit sa direction et assiégea la ville deux mois avant de la reconquérir[10]. La garnison qui la défendait s’enfuit à Béja (baja) tandis qu’un très grand nombre de Goths se regroupa à Mérida (marida) au nord de Cordoue (qortoba) sur la route de Tolède.
La prise de Mérida
La route entre Moussa Ibn Noussayr et Tariq était séparée par les villes de Mérida et d’Alfonte[11] qui se rebellèrent et Moussa se dirigea sur Mérida pour y trouver ses occupants extrêmement bien fortifiés par un très haut mur que les Musulmans ne purent escalader et qui leur posa un grand problème mais Moussa réfléchit et trouva une idée géniale. Il construisit un tank qui consiste en une tour de bois recouverte de peaux tannées enduites de mixtures qui rejettent aussi bien les projectiles que le feu et derrière laquelle se protège les soldats. Et sous la protection de cette tour, ils arrivèrent au pied du mur qu’ils commencèrent à saper pour arriver à une partie indestructible. Alors que le commando musulman s’acharnaient sur le roc, l’ennemi fondit sur lui et les tua tous si bien que cet endroit fut appelé la Tour des Martyrs (abraj ash-shouhadah) et qui existe encore de nos jours. Moussa écrivit à son fils ‘Abdel ‘Aziz de rassembler autant de troupes qu’il le pourrait et de le rejoindre aussitôt que possible tandis que les assiégés continuaient à faire des sorties toujours repoussés.
Moussa avait remarqué à quelque distance de la ville, une profonde caverne taillée dans le roc ou se rendaient chaque jour certains habitants. Un jour, il s’y embusqua de nuit avec une troupe d’élite. Quand les assiégés sortirent, comme de coutume, le lendemain de la ville, il les attira par une retraite simulée au-delà de la caverne. Les Goths alors attirés par cette fuite simulée tentèrent une sortie mais se retrouvèrent attaqués de deux côtés à la fois et ils furent presque tous taillés en pièces. Et après ce jour, ils n’osèrent plus tenter de sorties.
Peu de temps après, ‘Abdel ‘Aziz arriva au camp avec un renfort de sept-mille combattants Berbères. Les habitants qui du haut de leurs tours virent ces renforts, et sachant que les probabilités d’être secourus étaient nulles, que les soldats de la garnison étaient considérablement diminués, que les vivres allaient manquer, et que le peuple perdait tout espoir, se décidèrent à capituler aux conditions suivantes : que les habitants livreraient armes et chevaux ; que les biens de ceux qui avaient fui, ou qui avaient péri dans l’embuscade de la caverne, seraient confisqués ; que ceux qui voudraient sortir de la ville seraient libres de le faire mais perdraient tous leurs biens et que tous les habitants qui resteraient à Mérida recevraient protection.
Les conditions furent acceptée le jour de l’’Id al-Fitr [12] qui fut un double ‘Id pour les Musulmans et l’accord signé par les deux parties le 1 du mois de Shawwal de l’année 94 de l’Hégire (712).
Moussa quitta alors la ville après y avoir laissé une garnison et alors qu’il marchait vers Cordoue, Séville se rebella pour la troisième fois. Comme vous pouvez vous en rendre compte les conquêtes (foutouhat) ne furent pas toujours faciles d’autant plus que les petites armées musulmanes faisaient face à une immense nation.
‘Abdel ‘Aziz Ibn Moussa Ibn Noussayr
Moussa envoya donc à la tête d’une petite armée son fils ‘Abdel ‘Aziz qui allait jouer aussi un grand rôle dans la conquête de l’Andalousie.
‘Abdel ‘Aziz Ibn Moussa se dirigea sur Séville qu’il conquit rapidement pour la troisième fois après avoir anéanti la totalité de la garnison ainsi que les forces ennemies qui s’étaient déployées contre lui à Labla[13].
Moussa, instruit par son fils du succès qu’il venait d’obtenir, lui recommanda de prendre un soin particulier à pacifier la ville puis ensuite d’avancer vers les côtes et d’achever la conquête du centre de l’Espagne, ce qu’il fit après avoir soumis plusieurs villes qu’il trouva sur sa route en persuadant les habitants que les Musulmans n’étaient pas venus pour les dépouiller de leurs biens ou leur faire du mal, qu’ils n’étaient point les ennemis des peuples et qu’ils faisaient seulement la guerre à ceux qui leur opposaient une inutile résistance, ou qui se révoltaient contre eux.
Puis il revint à Séville ou il prit le commandement de la ville pour éviter qu’elle ne se rebelle à nouveau et d’où, il exerça un contrôle rigoureux sur les régions avoisinantes.
La rencontre de Moussa et de Tariq
Moussa Ibn Noussayr avança vers Talavera (talbira) à l’ouest de Tolède et la nouvelle de son arrivée parvint à Tariq Ibn Ziyad qui se trouvait dans la région si bien qu’il décida de rencontrer Moussa Ibn Noussayr à Talavera. La rencontre entre les deux commandants (qa'idayn) Moussa Ibn Noussayr et Tariq Ibn Ziyad, qu’Allah leur fasse miséricorde, eut lieu au mois de Dzoul Qi’dah de l’année 94 de l’Hégire (712) après deux années de séparations. Et c’est ensemble qu’ils prirent la route et entrèrent dans Tolède (toleytela), la capitale de l’Andalousie, au mois de Dzoul Hijjah de l’année 94 de l’Hégire.
Dans le sud, Grenade (gharnata) et Malaga (maliqa) se rebellèrent avant de revenir rapidement sous le contrôle des Musulmans et les conquêtes se poursuivirent dans la région jusqu’à la fin de l’an 94 de l’Hégire ou l’Islam s’implanta solidement grâce aux nombreux savants Musulmans envoyés pour apprendre la nouvelle religion aux gens
Et ce n’est qu’au début de l’hiver, à Tolède, que Moussa Ibn Noussayr fit parvenir au calife les nouvelles de ses opérations en Andalousie et sachant combien, le combat était difficile durant cette saison, surtout dans les régions montagneuses, il ordonna l’arrêt des opérations et le repos général à ses troupes afin de se préparer pour les événements à venir.
Au début de l’année 95 de l’Hégire (713), il fit frapper les dinars et dirhams islamiques suite à la rapide stabilité de l’état et de la gouvernance établie dans la capitale pour montrer aux habitants que les Musulmans n’étaient pas venus pour les piller et les abandonner mais pour s’établir et diriger le pays.
Les enfants de Witiza (raytasha) vinrent trouver Moussa et lui dirent : « La pacte entre nous est rempli, nous t’avons assisté pour tes conquêtes, t’avons offert Ceuta (sabta) et facilité l’entrée en Andalousie maintenant tient ta promesse et rends nous les terres de notre père ». Moussa répondit favorablement à leur demande et plus de 1.000 domaines des meilleures terres arables d’Andalousie qui faisaient partie du butin des Musulmans leur furent remis et convint encore plus les habitants d’Andalousie de l’honnêteté des Musulmans.
Après avoir reçu des renforts d’Afrique, l’organisation de l’armée commença pour la reprise des conquêtes et lorsque l’hiver prit fin, les deux commandants se mirent en route vers le nord.
Au nord se trouvaient trois villes principales : Saragosse (sarqasta) au nord-est près des Pyrénées, Léon (laone) au centre nord et Lugo (louq) à l’extrême nord-ouest.
Commandant un détachement de reconnaissance, Tariq Ibn Ziyad se mit en route vers Saragosse suivit par l’avant-garde puis du corps central de l’armée musulmane conduite par Moussa Ibn Noussayr. Tariq trouvant la ville en plein désarroi et sans défense, ordonna un assaut immédiat et prit la ville avec la plus grande facilité avec la grâce d’Allah si bien que lorsque Moussa arriva par la suite, il trouva la ville déjà prise par les forces musulmanes. Les lois islamiques furent établies et appliquées et la construction d’une mosquée ordonnée.
La construction des mosquées faisait partie des points les plus importants chez les conquérants musulmans. Les mosquées n’étaient pas uniquement des lieux de cultes et de prières mais aussi des centres de propagation de la foi et de la lumière islamique ainsi dans tous les pays conquit et dans chaque ville importante une mosquée était bâtie et servait de centre d’organisation et d’apprentissage, de réunion et d’hôpitaux, de consultations et de décisions.
La traversée des Pyrénées
Moussa, à la tête de son armée, conquit les unes après les autres, avec facilité et aisance, les villes de Huesca (washqah), Lérida (liaridah), Tarragone (tashkonah) et Barcelone (barshalona). La totalité de l’est de l’Andalousie tomba aux mains des Musulmans tandis que l’ouest attendait leur arrivée.
Agé à cette époque de plus de 74 ans, Moussa Ibn Noussayr était un homme particulièrement ambitieux si bien qu’il décida d’envoyer Tariq suivit de brigades et pensa lui-même à traverser les Pyrénées du fait qu’il se trouvait au pied de la France, la mère du catholicisme pour poursuivre sa route jusqu’à Constantinople pour prendre la ville par l’ouest puisque sa conquête par l’Est s’était avérée impossible. A la tête d’une armée de 30.000 soldats, il pensa donc à conquérir la France, l’Italie et faire ainsi sa voie jusqu’à Constantinople après avoir quitté la Syrie, il était prêt à faire des milliers et des milliers de kilomètres à cheval pour propager la religion d’Allah Exalté et abattre tous les obstacles sur sa route ! Néanmoins lorsque le calife al-Walid Ibn ‘Abdel Malik fut informé de son désir, il eut peur pour l’armée des Musulmans et le convoqua à Damas avec Tariq Ibn Ziyad.
Armé de cette solide idée Moussa Ibn Noussayr traversa les Pyrénées et entra dans la sud de la France ou il entreprit de nouvelle conquête. Il prit Carcassonne (karkashona), Narbonne (arbonna), Albi (abinione) et Toulouse (lozone).
Avec lui se trouvait un Tabi’i[1] du nom de Hibban Ibn Abi Jabilla. Se rendant compte de la rapidité excessive des conquêtes, il saisit les rennes du cheval de Moussa Ibn Noussayr et lui dit : « O Moussa te rappelles-tu ce que tu as dit à propos de ‘Ouqbah Ibn Nafi’ ? Quand tu as dit : Puisse Allah lui faire Miséricorde, conquérir (tawaghal) sans protéger ses arrières ? N’y avait-il pas avec lui un homme clairvoyant (rashid) ? » Aujourd’hui, je suis ton homme clairvoyant. Ou emmènes-tu les gens sans protéger tes arrières et sans que personne ne protège tes arrières ? Si jamais l’Andalousie se rebelle à nouveau tu seras définitivement encerclé et coupé de toute assistance. Moussa Ibn Noussayr sourit et lui dis : « Puisse Allah te rendre clairvoyant ! »
Sur ce, il ordonna un repli sur l’Andalousie et n’était-ce la remarque de cet homme, Moussa était bien décidé à conquérir l’Europe avec juste 30.000 hommes.
Sur la route du retour, ils s’arrêtèrent à Carcassonne ou mourut et fut enterré Hibban Ibn Abi Jabilla, le Tabi’i, puisse Allah lui faire Miséricorde. Puis Moussa traversa de nouveau les Pyrénées et se dirigea vers Léon afin d’achever la conquête de l’Andalousie.
Arrivé à Gijón (khikhone), principauté de Léone, il conquit Ishtarqa quand arriva l’émissaire du calife al-Walid Ibn ‘Abdel Malik de Syrie (sham). Du nom de Moughith ar-Roumi, l’envoyé du calife entra en Andalousie et suivit la route prise par Moussa et ne put enfin le rencontrer qu’à Ishtarqa ou il lui fit part du message. Le calife te dis : « Tu es allé trop loin avec trop de facilité et cela sans protéger tes arrières. Reviens sur tes pas et retourne en Syrie. Le calife veut te voir ».
Ces nouvelles firent de la peine à Moussa car il voyait l’entrée de l’Europe dans l’Islam du fait de la facilité de ses conquêtes successives. Il dit à Moughith : « Laisse-nous au moins conquérir Léon afin de sceller la conquête de l’Andalousie ! » Moussa finit par le convaincre et Moughith accepta avec la condition de son retour immédiat dès la conquête achevée.
Moussa conquit donc la région et les troupes ennemies ayant réussi à fuir trouvèrent refuge dans une région montagneuse difficile d’accès du nom de Mesa Del Rey (sakhrat bilay) en Galice. Moussa se dirigea donc vers cette contrée qui avait pour capitale Lugo (louq) ou il mit le siège avant qu’un deuxième émissaire du calife du nom d’Abou Nasr se présente à lui et lui dit : « L’émir des croyants (amiroul mou’minin) t’ordonne de te retirer maintenant ». Moussa essaya de le convaincre mais l’envoyé continua à le harceler lui disant : « Maintenant ! »
Moussa et Tariq convoqués par le calife
Moussa ordonna a Tariq Ibn Ziyad de poursuivre les opérations. Tariq conquit Lugo et ordonna le retrait des armées musulmanes formellement aux ordres du calife. L’Andalousie fut entièrement conquise hormis une région montagneuse de Galice au bord de l’océan Atlantique, vers laquelle Moussa Ibn Noussayr envoya un commando qui encercla les Goths (qot) qui furent défaits lors de la bataille qui s’ensuivit et s’enfuirent vers les cimes d’une région montagneuse froide, très élevée et difficilement accessible au nord-ouest et ou se réfugièrent toutes les forces vaincues des Goths sous le commandement d’un homme nommé Pilayo.
Cette région était encerclée par trois chaines de montagnes principales proches les unes des autres qui abritaient de grandes grottes dont celle de Cova Donga que les Musulmans appelèrent Sakhrat Bilayo. Les Goths qui se réfugièrent dans ces montagnes, vécurent très longtemps en reclus à l’abri des Musulmans et au fil du temps, ils furent rejoint par d’autres Goths si bien qu’ils devinrent extrêmement nombreux.
Les Musulmans n’accordèrent pas d’importance aux fuyards d’autant plus que la région n’était pas très praticable et les abandonnèrent, ce qui fut une erreur majeure ! En effet, de ces fuyards naquit une nouvelle force qui non seulement allait donner naissance à l’Espagne actuelle mais qui allait aussi chasser les Musulmans d’Andalousie.
Ce groupe captura d’abord Léon puis les régions du nord-ouest de l’Andalousie et lorsqu’il fut assez puissant, il fonda le royaume de Léon et pour se protéger des assauts Musulmans, les Goths construisirent un très grand nombre de forts et de forteresse. Puis ce royaume se divisa et fonda le nouveau royaume de Castille[2], que les Musulmans appelèrent Imarat Qishtallah. Ainsi au nord naquirent deux nouveau royaume, celui de Léone et de Castille !
Quelques temps après, les goths christianisés que nous appellerons désormais les Chrétiens puis les croisés, agrandirent leur territoire en capturant le centre-nord et le nord-est et fondèrent le royaume de Navarre avec pour capitale Pampelune.
Les Musulmans doivent tirer des leçons du passé pour ne plus commettre le même genre d’erreur qui est de sous-estimer l’adversaire quand bien même, il se serait qu’une poignée ! Les armées musulmanes se retirèrent et abandonnèrent les fuyards aussi à cause du harcèlement de l’envoyé du calife, mais n’eussent été Moussa Ibn Noussayr et Tariq Ibn Ziyad, ils n’auraient jamais abandonné cette région et Allah est plus Savant !
Moussa informait le calife de tous ses mouvements et des conquêtes successives mais le calife lui répondit ! « Ce ne sont pas des conquêtes mais des pressions (hashr). Toutes ces régions soumises si facilement à l’Islam et tous ces gens converti ! Certainement pas des conquêtes ! »
Tous ces événements prirent fin alors que l’année 95 de l’Hégire s’achevait. La conquête débuta au mois de Ramadan de l’année 92 de l’Hégire et finit au mois de Dzoul Hijjah 95 (710-713). Trois années suffirent à une petite armée pour clôturer la conquête de l’Andalousie et du Portugal. Mais seul la foi, la volonté de fer et la sincérité envers Allah permirent de tels faits.
Personne ne se rend réellement compte que toutes ces conquêtes prirent trois années seulement. Un des historiens rapporte à ce sujet : « Ces trois années restent un fait extraordinaire ! La conquête de l’Andalousie, du Portugal et du sud de la France en trois années ? » Mais cela fut loin d’être aisé et il y eut de grands sacrifices et des durs combats ou périrent des milliers de Musulmans dans une terre inamicale, des montagnes difficiles et avec un étrange climat où les Musulmans patientèrent, armés des deux excellences : le martyr ou la victoire.
Au mois de Dzoul Hijjah 95 de l’Hégire (713), Moussa Ibn Noussayr et Tariq Ibn Ziyad se retirèrent.
La nomination des successeurs de Moussa Ibn Noussayr
Sur la voie du retour, Moussa s’arrêta quelques jours à Séville ou il laissa son fils ‘Abdel ‘Aziz Ibn Moussa Ibn Noussayr gouverneur en son absence. ‘Abdel ‘Aziz fut le premier gouverneur d’Andalousie.
Moussa traversa le détroit de Jibal Tariq et arriva au Maghreb ou il s’arrêta à Tanger (tanja) et où il nomma son fils ‘Abdel Malik Ibn Moussa Ibn Noussayr gouverneur. Puis il se dirigea vers la capitale de l’Ifriqiyah ; Kairouan (al-qayrawan) ou après être resté quelques jours, il nomma son fils ‘AbdAllah Ibn Moussa Ibn Noussayr gouverneur.
Au mois de Rabi’ Awwal de l’année 96 de l’Hégire (714), il arriva dans la capitale de l’Egypte al-Fustat ou il rendit une chaleureuse visite au fils de ‘Abdel ‘Aziz Ibn Marwan qui l’avait nommé gouverneur de l’Afrique (ifriqiya) en vue de les honorer lui et son père pour la confiance qu’ils avaient placé en lui.
Puis, il se prépara à prendre la direction de la Syrie au mois de Joumadah Awwal de l’année 96 de l’Hégire où après plusieurs mois de voyage, il arriva à Damas (dimashq) alors que le calife était malade et ne tarda pas à mourir au mois de Joumadah Thani, 40 jours après l’arrivée de Moussa Ibn Noussayr.
Son fils Souleyman ‘Abdel Malik prit la succession de son père et accueilli chaleureusement Moussa Ibn Noussayr et Tariq Ibn Ziyad avant de prendre ensemble la route pour accomplir le Pèlerinage à la Mosquée Sacrée (masjidoul haram).
La mort de Moussa Ibn Noussayr
En l’année 96 de l’Hégire, Moussa Ibn Noussayr accomplit son pèlerinage avec Souleyman Ibn Malik.
Moussa Ibn Noussayr combattit dans la voie d’Allah quarante années implorant Allah : « O Grand Seigneur je te demande le martyr (shahada) dans Ta voie ou la mort dans la ville de Ton Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) ! »
Après le pèlerinage, les deux hommes partirent à Médine (al-madina) et en l’année 97 de l’Hégire (715), décéda à Médine, Moussa Ibn Noussayr, un des grand général et conquérant de l’Islam, puisse Allah, à Lui les Louanges et la Gloire, lui faire Miséricorde et le récompenser largement ainsi que tous ceux et celles qui d’une manière quelconque établirent l’édifice de l’Islam à travers le monde.
Quant à ce qu’il advint de Tariq Ibn Ziyad, aussi un grand général et conquérants de l’Islam, nul historien n’a rapporté ce qui lui arriva par la suite ni de quelle manière il trouva la fin excepté qu’il mourut en l’an 102 de l’Hégire (720). Puisse Allah le récompenser largement et lui faire Miséricorde.
L’histoire retiendra que la conquête de l’Andalousie est due à ses deux grands soldats du Miséricordieux. Avec la fin de ces deux hommes prit fin l’ère de la conquête et une nouvelle ère appelée l’ère des gouverneurs (wallate) s’ouvrit.
The Postcard
A carte postale that was published by Jullien Frères of Geneva.
The card was posted in Château d'Œx on Thursday the 23rd. April 1908 to:
Mrs. Edwards,
'Thornleigh',
St. Andrew's,
Bridport,
Dorset,
Angleterre.
Bridport is a market town, 1.5 miles inland from the English Channel near the confluence of the River Brit and its tributary the Asker.
Bridport's origins are Saxon, and it has a long history as a rope-making centre.
The message on the divided back of the card was as follows:
"We are staying up at
Château d'Œx and are
quite in love with it.
We had a heavy snow-
storm last week.
The contrast of snow-
storms and glorious
summer days is very
delightful.
I hope all is well,
Yours,
M. D. R."
Château d'Œx
Château d'Œx is a municipality in the canton of Vaud in Switzerland. Château-d'Œx has a population (as of December 2020) of 3,487.
In 2008, 19% of the population were resident foreign nationals.
Most of the population speaks French, with German being second most common, and English being third.
Medieval History
In the 10th. century, the Count of Gruyère conquered La Tine and the Creux de l'Enfer. Subsequently, it was merged with Rossinière to form a district. The church of St. Donat was consecrated and first mentioned in 1175. The village church was under the authority of the Cluniac Priory of Rougemont, which was founded in 1080.
At the beginning of the 14th. century, the castle at La Motte was rebuilt for the Counts of Gruyère. Another stronghold probably stood on the rocky spur which was known as Château Cottier.
After clearing the woods, the region was intensively farmed and produced barley, hay, hemp and cheese. In 1388 the villagers threw off the obligation to serve the nobility. Then, in 1403, against the wishes of the Count of Gruyère, the villagers joined a limited alliance with Bern.
Growth During the Early Modern Era
In 1555 Bern received the upper part of the county of Gruyère including Château-d'Œx. It became part of the German-speaking bailiwick of Saanen. The rights and freedoms of the villagers were now based on Bernese law and not on the Land Law of Moudon.
Under Bernese rule, the economy experienced a strong upswing. The common land was divided and sold before the end of the 16th. century. The alpine pastures were leased to private cheesemakers, who produced Gruyère cheese.
In the 18th. century, the inhabitants of the municipality went over the Col de Jaman to sell the cheese, from approximately 2,000 cows, at the market in Vevey. From there, it went to Marseille where it was exported to Asia and America.
End of the Ancien Régime and Modern Château-d'Œx
In 1798, Château-d'Œx came to the newly formed Canton of Léman. In 1800, a fire destroyed the wooden houses on the central hill. The houses had been built in this style and on the hill to avoid property taxes.
Thanks to the efforts of the Dean Philippe-Sirice Bridel, enough money was raised to rebuild the houses in stone. The municipality hired masons from Savoy, carpenters from Simmental and plasterers from the lower Gruyère lower uplands. In 1803, the Canton of Léman was dissolved with the Act of Mediation, and the municipality became part of the new canton of Vaud.
In 1849, the Institute Henchoz opened as a preparatory gymnasium, which replaced the older Latin school. The primary school received a new building in 1907.
In the 19th. century, the municipality suffered several outbreaks of livestock diseases. To protect the dairy industry, non-local herds were forbidden from passing through the municipality.
Cheese was no longer allowed to be carried across the mountains, but was transported on local draft horses. Due to customs taxes with the neighbouring Canton of Fribourg, cheese was carried on a route over the Col de Chaude to Villeneuve and from there to the shores of Lake Geneva, without crossing the Fribourg border.
The abolition of the inter-canton customs and taxes in 1848 led to the demolition of the Fribourg customs station on the main road that had linked Château-d'Œx with the grain and livestock markets. Changes in markets and improvements in animal husbandry led to more Simmental cattle being raised for meat rather than cheese production.
The construction of the road over the Col des Mosses (1865–71) and the construction of a new road to Bulle (1895) eased transportation.
The hospital, which had replaced the old hospital in 1926, was remodelled in 1979 into a nursing home and district hospital. At the same time, solar heating was added to the building.
The opening of the Montreux-Oberland Bernois Railway in 1904 made Château-d'Œx an attractive summer resort that was particularly appreciated by English tourists.
Half a dozen grand hotels with tennis courts sprang up in the municipality. A tennis club was founded in 1894. Other infrastructure included the suspension bridge at Turrian (1883), a swimming pool and a campsite (1932), a cable car (1945) and the Pont du Berceau (1945).
The agricultural sector remained important, with the emphasis again shifting to cheese. In the 20th. century, winter tourism became an important additional source of income. Hot air balloons and river rafting became common in the summer, while local crafts, sawmills and gravel mining are the main branches of the industrial sector.
Great War Internment
During the Great War, Switzerland accepted 68,000 sick or injured Prisoners of war from both sides of the conflict. These prisoners required medical care that they could not receive in internment camps due to a demand for doctors at the front to care for their own nation's injured.
Following an agreement between the belligerent nations and with support from the Red Cross, the internees were transferred to neutral Switzerland. The first trainload of injured soldiers arrived to cheering crowds at Château-d'Œx on the 30th. May 1916.
The British ambassador to Switzerland, Sir Evelyn Grant Duff, met the first train and recorded in his diary that evening:
"It is difficult to write calmly about it for the simple reason that I have never before in my life seen such a welcome accorded to anyone, although for 28 years I have been present at every kind of function in half the capitals of Europe. At Lausanne some 10,000 people, at 5am, were present at the station.
Our men were simply astounded. Many of them were crying like children, a few fainted from emotion. As one private said to me:
"God bless you, sir, it's like
dropping right into 'eaven
from 'ell."
Château d'Œx was the first community chosen to host the injured prisoners because its letter offering to help was the first one received by the Swiss government.
Over the following two years many resort communities, devastated as tourism vanished during the war, experienced growth as internees were housed in empty buildings and hotels and as their loved ones visited.
The Bank for International Settlements
In the second half of May 1940, the Bank for International Settlements relocated to Château d'Œx from Basel, out of fear of an imminent German invasion of Switzerland.
BIS President Thomas H. McKittrick and economic adviser Per Jacobsson moved into the nearby Château of Rougemont, while the rest of the staff found accommodation in the village. The BIS moved back to Basel in October 1940.
Notable People Associated With Château-d'Œx
Notable People Associated With Château-d'Œx include:
-- M. C. Escher (1898 - 1972), a Dutch graphic artist of woodcuts, lithographs and mezzotints lived in Château d'Œx with his wife Jutta from 1935 to 1937. They left Italy where they had lived for many years after their nine-year-old son was forced to join the Fascist Ballila Youth Movement.
-- Kitty Muggeridge, a British writer and translator.
-- David Niven, an English actor, memoirist and novelist, lived in Château d'Œx from 1960.
-- George Rudolf Hanbury Fielding, a Major in the SOE in WWII; brought up in Château d'Œx and lived there again in his later years. SOE stands for the Special Operations Executive, a British World War II clandestine sabotage and resistance organisation.
-- Françoise Roch-Ramel, a Swiss pharmacologist.
-- Mike Horn (born 1966), a South African-born professional explorer and adventurer, lives in Château d'Œx.
-- Bruno Leuzinger (born in 1886 in Château d'Œx), a Swiss ice hockey player, competed in the 1920 Summer Olympics and the 1924 Winter Olympics.
-- Madeleine Berthod (born in 1931 in Château d'Œx), a Swiss former alpine skier, gold medallist at the 1956 Winter Olympics.
-- René Berthod (born 1948 in Château d'Œx), a retired Swiss alpine skier, competed in the 1976 Winter Olympics.
-- Edmond Plawczyk (born 1971) a Swiss speed snowboarder, lives in Château d'Œx.
The Château d'Œx Balloon Festival
The world-famous "Balloon Week" has been held each year since 1979 in the last week of January. Up to 100 balloonists gather for the festival each year.
The Breitling Orbiter 3, the first hot air balloon to circumnavigate the earth, took off from Château-d'Œx on the 1st. March 1999. Bertrand Piccard and Brian Jones made the trip with a Rozière balloon, landing on the 21st. March in Egypt after 20 days and 40,805 km (25,355 mi).
Commemorative insignia (pins) are created for each festival, and are sold as pass-tickets to the museum and sportive manifestations for the whole duration of it.
A museum dedicated to Montgolfier type balloons is located in the centre of the town.
Music Festival
The popular annual Le Bois qui Chante music festival is held every year in the month of October.
William Beveridge
So what else happened on the day that the card was posted?
Well, the 23rd. April 1908 marked the birth in Junee, New South Wales, Australia of William Beveridge.
William Ian Beardmore Beveridge was an Australian animal pathologist and director of the Institute of Animal Pathology, University of Cambridge. He was the author of 'The Art of Scientific Investigation' in 1957, and 'Influenza, the Last Great Plague', in 1977.
In 1937 Beveridge went with his first wife, Patricia, and infant son John, to work at the Rockefeller Institute in New York City, studying swine influenza virus, on which he worked with Richard Shope. They showed that it was serologically identical with the agent that caused the 1918-19 flu pandemic.
His research at Cambridge focused on pneumonia in pigs, maternal and neonatal behavior of pigs, and influenza in horses. He worked with Martin Kaplan, the chief of the Veterinary Public Health Unit of the World Health Organization.
Together they developed and edited an international nomenclature and classification of cancers of domestic animals, which occupied the whole of the 1974 and 1976 volumes of the Bulletin of the World Health Organization.
Beveridge was chairman of the World Veterinary Association for 18 years (1957-75) and president at the congresses it held every four years.
The Death of William Beveridge
William died at the age of 98 on the 14th. August 2006.
Anciens Combattants Canada engage de jeunes étudiants canadiens afin d'assurer les visites guidées sur le site. Les jeunes engagés ont la possibilité de travailler au Mémorial de Vimy ou au Mémorial terre-neuvien de Beaumont-Hamel. Les périodes de travail vont généralement de janvier à avril, de mai à août et de septembre à décembre
C'est principalement sur le territoire de Givenchy-en-Gohelle et pour partie sur celui des communes voisines de Neuville-Saint-Vaast et Vimy, au sommet de la cote 145, que se trouve le plus important monument canadien aux victimes de la Première Guerre mondiale. Il rend hommage au rôle des Canadiens lors de ce conflit, au moyen de figures de pierre symbolisant les valeurs défendues et les sacrifices faits. Érigée entre 1925 et 1936 sur le site de la bataille de la crête de Vimy, cette œuvre d'art est le fruit du travail d'artistes canadiens, notamment Walter Allward3. Le mémorial est inauguré le 26 juillet 1936 par le roi Édouard VIII et le président français Albert Lebrun en présence de ministres canadiens et de 30 000 personnes dont six mille anciens combattants canadiens coiffés du béret réséda à feuille d'érable, symbolique de leur nation.
L'éclatante victoire canadienne à la bataille de la crête de Vimy est un événement fondateur de la Nation canadienne. Le terrain d'assise du mémorial ainsi que la centaine d'hectares qui l'entoure ont été donnés au Canada par la France en 1922, en signe de gratitude pour les sacrifices faits par plus de 66 000 Canadiens au cours de la Grande Guerre et notamment pour la victoire remportée par les troupes canadiennes en conquérant la crête de Vimy au cours du mois d'avril 1917 : le gouvernement français a accordé « au Gouvernement du Canada, gracieusement et pour toujours, le libre usage de la terre, exempte de toute forme de taxe »6. C'est le ministère canadien des Anciens Combattants qui est chargé de la gestion du monument. Le mémorial de Vimy a été rénové entre 2005 et 20077. Sa réouverture, par la reine Élisabeth II du Canada, a eu lieu deux jours avant le 90e anniversaire de la bataille, le 7 avril 2007.
En 2002, la Monnaie royale canadienne émit une pièce de 5 cents en argent pour célébrer le 85e anniversaire de la bataille. Le roman The Stone Carvers (2001), traduit en français sous le titre Les Amants de pierre (2005), de l'auteure canadienne Jane Urquhart, a pour thème la construction du mémorial de Vimy. En 2012, la Banque du Canada met en circulation un nouveau billet de polymère de 20 dollars à l'effigie du monument.
De nos jours, le mémorial est un des sites les plus fréquentés du Pas-de-Calais dans le cadre du tourisme de mémoire
www.veterans.gc.ca/fra/remembrance/memorials/overseas/fir...
La Iruela is a Spanish municipality to the east of the province of Jaén, Andalusia. It is located on the slopes of the Sierra de Cazorla, crowning the Guadalquivir valley.
The districts of Burunchel, El Burrueco, El Palomar, Arroyo Frío, Tramaya and San Martín belong to the municipality of La Iruela.
La Iruela has several historical monuments of great tourist interest such as Castillo de la Iruela, hanging on a rock above the town itself, of Templar origin, of which its homage tower stands out. It was declared a Historical Monument in 1985. Currently, between the castle and the rock, a forum or amphitheater has been created where artistic activities are carried out, and the fireworks displays performed in it on the occasion of the August festivities, in honor of the Virgin of the helpless.
The Church of Santo Domingo is also very visited by tourists who come to this region. Built by order of Don Francisco de los Cobos within the walled enclosure of the castle. It is dedicated to the patron saint of La Iruela, Santo Domingo de Silos.
La Iruela, two kilometers from Cazorla, is located in the Sierras Prebéticas of Cazorla and El Pozo.
The castle
The castle, small but astonishing, is located on the top of a steep crag in Sierra de Cazorla, Segura y Las Villas Natural Park. From the castle, impressive views of the surrounding area and of the town can be enjoyed.
The keep dates from the Christian era. It has a square base and small dimensions and is located at the highest part of the crag.
There are some other enclosures within the tower that create a small alcázar which is difficult to access.
In a lower area of the castle, protected with defensive remains of rammed earth and irregular masonry, is an old Muslim farmstead.
After a recent restoration, an open-air theater has been built on La Iruela castle enclosure. This theater is a tribute to the Greek and Classic Eras and holds various artistic and cultural shows throughout the year.
History
The first traces of human activity in La Iruela area are dated from the Copper Age. An intense occupation continued until the Bronze Age.
Originally, La Iruela (like Cazorla) was a modest farmstead. From the 11th century, a wall and a small fortress were built on the hill to protect the farmers.
Around 1231, don Rodrigo Ximénez de Rada, Archbishop of Toledo, conquered La Iruela and made it part of the Adelantamiento de Cazorla. Over the Muslim fortress, the current fortress was built.
Once the military use of the fortress ended, it was used as cemetery.
C'est principalement sur le territoire de Givenchy-en-Gohelle et pour partie sur celui des communes voisines de Neuville-Saint-Vaast et Vimy, au sommet de la cote 145, que se trouve le plus important monument canadien aux victimes de la Première Guerre mondiale. Il rend hommage au rôle des Canadiens lors de ce conflit, au moyen de figures de pierre symbolisant les valeurs défendues et les sacrifices faits. Érigée entre 1925 et 1936 sur le site de la bataille de la crête de Vimy, cette œuvre d'art est le fruit du travail d'artistes canadiens, notamment Walter Allward3. Le mémorial est inauguré le 26 juillet 1936 par le roi Édouard VIII et le président français Albert Lebrun en présence de ministres canadiens et de 30 000 personnes dont six mille anciens combattants canadiens coiffés du béret réséda à feuille d'érable, symbolique de leur nation.
L'éclatante victoire canadienne à la bataille de la crête de Vimy est un événement fondateur de la Nation canadienne. Le terrain d'assise du mémorial ainsi que la centaine d'hectares qui l'entoure ont été donnés au Canada par la France en 1922, en signe de gratitude pour les sacrifices faits par plus de 66 000 Canadiens au cours de la Grande Guerre et notamment pour la victoire remportée par les troupes canadiennes en conquérant la crête de Vimy au cours du mois d'avril 1917 : le gouvernement français a accordé « au Gouvernement du Canada, gracieusement et pour toujours, le libre usage de la terre, exempte de toute forme de taxe »6. C'est le ministère canadien des Anciens Combattants qui est chargé de la gestion du monument. Le mémorial de Vimy a été rénové entre 2005 et 20077. Sa réouverture, par la reine Élisabeth II du Canada, a eu lieu deux jours avant le 90e anniversaire de la bataille, le 7 avril 2007.
En 2002, la Monnaie royale canadienne émit une pièce de 5 cents en argent pour célébrer le 85e anniversaire de la bataille. Le roman The Stone Carvers (2001), traduit en français sous le titre Les Amants de pierre (2005), de l'auteure canadienne Jane Urquhart, a pour thème la construction du mémorial de Vimy. En 2012, la Banque du Canada met en circulation un nouveau billet de polymère de 20 dollars à l'effigie du monument.
De nos jours, le mémorial est un des sites les plus fréquentés du Pas-de-Calais dans le cadre du tourisme de mémoire
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Street Meet LA: Chinatown Photowalk
Sony a6000 | Lens: 35mm F1.8 OSS
ƒ/1.8 | 35mm | 1/200sec | ISO: 100
C'est principalement sur le territoire de Givenchy-en-Gohelle et pour partie sur celui des communes voisines de Neuville-Saint-Vaast et Vimy, au sommet de la cote 145, que se trouve le plus important monument canadien aux victimes de la Première Guerre mondiale. Il rend hommage au rôle des Canadiens lors de ce conflit, au moyen de figures de pierre symbolisant les valeurs défendues et les sacrifices faits. Érigée entre 1925 et 1936 sur le site de la bataille de la crête de Vimy, cette œuvre d'art est le fruit du travail d'artistes canadiens, notamment Walter Allward3. Le mémorial est inauguré le 26 juillet 1936 par le roi Édouard VIII et le président français Albert Lebrun en présence de ministres canadiens et de 30 000 personnes dont six mille anciens combattants canadiens coiffés du béret réséda à feuille d'érable, symbolique de leur nation.
L'éclatante victoire canadienne à la bataille de la crête de Vimy est un événement fondateur de la Nation canadienne. Le terrain d'assise du mémorial ainsi que la centaine d'hectares qui l'entoure ont été donnés au Canada par la France en 1922, en signe de gratitude pour les sacrifices faits par plus de 66 000 Canadiens au cours de la Grande Guerre et notamment pour la victoire remportée par les troupes canadiennes en conquérant la crête de Vimy au cours du mois d'avril 1917 : le gouvernement français a accordé « au Gouvernement du Canada, gracieusement et pour toujours, le libre usage de la terre, exempte de toute forme de taxe »6. C'est le ministère canadien des Anciens Combattants qui est chargé de la gestion du monument. Le mémorial de Vimy a été rénové entre 2005 et 20077. Sa réouverture, par la reine Élisabeth II du Canada, a eu lieu deux jours avant le 90e anniversaire de la bataille, le 7 avril 2007.
En 2002, la Monnaie royale canadienne émit une pièce de 5 cents en argent pour célébrer le 85e anniversaire de la bataille. Le roman The Stone Carvers (2001), traduit en français sous le titre Les Amants de pierre (2005), de l'auteure canadienne Jane Urquhart, a pour thème la construction du mémorial de Vimy. En 2012, la Banque du Canada met en circulation un nouveau billet de polymère de 20 dollars à l'effigie du monument.
De nos jours, le mémorial est un des sites les plus fréquentés du Pas-de-Calais dans le cadre du tourisme de mémoire
www.veterans.gc.ca/fra/remembrance/memorials/overseas/fir...
La Iruela is a Spanish municipality to the east of the province of Jaén, Andalusia. It is located on the slopes of the Sierra de Cazorla, crowning the Guadalquivir valley.
The districts of Burunchel, El Burrueco, El Palomar, Arroyo Frío, Tramaya and San Martín belong to the municipality of La Iruela.
La Iruela has several historical monuments of great tourist interest such as Castillo de la Iruela, hanging on a rock above the town itself, of Templar origin, of which its homage tower stands out. It was declared a Historical Monument in 1985. Currently, between the castle and the rock, a forum or amphitheater has been created where artistic activities are carried out, and the fireworks displays performed in it on the occasion of the August festivities, in honor of the Virgin of the helpless.
The Church of Santo Domingo is also very visited by tourists who come to this region. Built by order of Don Francisco de los Cobos within the walled enclosure of the castle. It is dedicated to the patron saint of La Iruela, Santo Domingo de Silos.
La Iruela, two kilometers from Cazorla, is located in the Sierras Prebéticas of Cazorla and El Pozo.
The castle
The castle, small but astonishing, is located on the top of a steep crag in Sierra de Cazorla, Segura y Las Villas Natural Park. From the castle, impressive views of the surrounding area and of the town can be enjoyed.
The keep dates from the Christian era. It has a square base and small dimensions and is located at the highest part of the crag.
There are some other enclosures within the tower that create a small alcázar which is difficult to access.
In a lower area of the castle, protected with defensive remains of rammed earth and irregular masonry, is an old Muslim farmstead.
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History
The first traces of human activity in La Iruela area are dated from the Copper Age. An intense occupation continued until the Bronze Age.
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Once the military use of the fortress ended, it was used as cemetery.
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www.acrimed.org/Anatomie-d-une-campagne-mediatique-contre...
Anatomie d’une campagne médiatique contre la gauche (2/3)
par Pauline Perrenot, mardi 24 mai 2022
« Islamogauchistes », « islamistes », « coalition de la gauche et des mosquées », « sixième pilier de l’islamisme », « jumeler Caracas à Clichy-sous-Bois »… Non moins violent que le premier, deuxième volet de notre « anatomie d’une campagne médiatique contre la gauche ». Au programme : le procès des « islamogauchistes » et des « wokes », ayant une nouvelle fois « ruisselé » des médias d’extrême droite à une grande partie du paysage médiatique.
À intervalles réguliers, le rouleau compresseur compresse : haro sur la marche contre l’islamophobie en 2019, chasse aux sorcières « islamogauchistes » en 2020, sus à l’université « gangrénée par l’islamogauchisme » en 2021, cabales contre le « wokisme » depuis. Le tout entrecoupé d’emballements contre le voile et les femmes musulmanes qui le portent. C’est à ces campagnes médiatico-politiques que viennent s’ajouter la stigmatisation de La France insoumise en général, celle de la Nupes [1] par capillarité, et l’acharnement médiatique contre le journaliste et candidat Taha Bouhafs en particulier – la séquence médiatique étudiée ici, concernant ce dernier, est antérieure aux accusations portées contre lui par plusieurs femmes de harcèlement et agressions sexuels, viol pour l’une d’entre elles, accusations l’ayant conduit à retirer sa candidature dans la circonscription de Vénissieux (Rhône) aux élections législatives (nous y reviendrons).
Entraînés par la dérive réactionnaire d’une grande partie du champ politique, biberonnés aux éléments de langage et aux obsessions du Printemps républicain, les grands médias charrient ainsi de jour en jour un récit fossilisé. Fossilisé, parce que « l’islamogauchisme » est un « slogan politique » qui « ne correspond à aucune réalité scientifique », comme le rappelait le CNRS dans une (rare) prise de position publique en février 2021. Un stigmate qui fait pourtant désormais partie du « sens commun » journalistique, aussi flou qu’évocateur, en tout cas suffisamment pour disqualifier instantanément sa cible. Un terme qui – à l’instar de « communautarisme » avant lui [2] – ne s’interroge plus, noyé dans un débat sur la « laïcité » lui-même mutilé et dévoyé à outrance. Un référent autonome, mobilisé sur des plateaux où le pluralisme est piétiné, et par des commentateurs officiant en cercle fermé, tant ces derniers ne sont jamais confrontés au débat scientifique – les chercheurs étant, à de très maigres exceptions près, relégués aux marges de l’espace médiatique.
Ainsi peut se déployer le « ronron » ordinaire. Par exemple, cette déclaration d’amour parue dans Marianne (3/02) bien avant le premier tour de l’élection présidentielle et signée Éric Naulleau, fidèle compagnon de route d’Éric Zemmour : Jean-Luc Mélenchon « ne s’adresse plus qu’à des clientèles séparées (voire séparatistes) », envoie des « clins d’œil les plus appuyés […] en direction des islamistes », « caress[e] les barbus dans le sens du poil », « sout[ient] l’extrémisme religieux », « prétend gagner les faveurs banlieusardes en soutenant la voyoucratie ». Avant de répéter les griefs, au cas où des lecteurs se seraient égarés en cours de route : « complaisance avec l’islamisme », « islamogauchisme décontracté », « votes communautaires ». Bref, le « crash républicain ». Disque rayé ? On peut le dire… Du côté d’Éric Naulleau, reçu à bras ouverts en sa qualité d’expert ès France insoumise pour déclamer ses tweets obsessionnels au micro, par exemple sur Sud Radio (15/05) face à Alexandre Devecchio et Renaud Dély : « Jean-Luc Mélenchon est devenu un symbole de l’anti-République, une lente dérive hors du champ républicain et hors du champ de la laïcité qui est au fondement de l’identité française ». Mais aussi du côté de Marianne, dont l’orientation éditoriale à cet égard relève de l’obsession. Jacques Julliard, le 4 mai :
Jean-Luc Mélenchon est […] l’exemple consternant d’un républicain, d’un laïque devenu par démagogie et électoralisme le sixième pilier de l’islam, ou plutôt de l’islamisme en France.
Cause commune de l’extrême droite…
L’extrême droite, épicentre de cette ligne éditoriale, s’en donne évidemment à cœur joie. « Chez les insoumis, toutes les digues ont enfin cédé. Chantage à l’islamophobie, programme en écriture inclusive, génuflexion devant Assa Traoré, appel au désarmement de la police, tolérance ambiguë vis-à-vis du voile… » annonce par exemple Valeurs actuelles (12/05) en amont d’un dossier (fort médiocre), et sobrement introduit en Une :
Outre une interview de Jérôme Sainte-Marie illustrée par une femme voilée mettant son bulletin dans l’urne, les auteurs fustigent pêle-mêle « tout le pedigree de l’islamogauchisme », « des députés ouvertement indigénistes, à l’instar de Danièle Obono », une « OPA sur les banlieues » ou une « parade nuptiale envers les minorités, vantant les vertus de la "créolisation", autre nom de "grand remplacement". » Un sens aigu de la « menace » lorsque vingt pages plus loin (rubrique « Culture »), le dernier essai de Renaud Camus – promoteur en France du fantasme raciste de « grand remplacement » – fait l’objet d’un rapport dithyrambique de quatre pages. Rappelons que quatre jours plus tard, le terroriste néonazi Payton Gendron abattait dix personnes et en blessait trois – dont onze afro-américaines – dans un attentat à Buffalo (New York), laissant derrière lui un « manifeste » contenant des « allégations racistes et antisémites » et plusieurs références au « grand remplacement », ainsi que le rappelle Mediapart (15/05 et 17/05) [3].
Du côté des médias Bolloré également, l’ennemi se nomme « Nupes ». Et c’est un torrent de boue conventionné par le CSA, estampillé « confrontation d’idées », « diversité » et « démocratie » par son dirigeant Roch-Olivier Maistre [4]. Sur CNews, Pascal Praud ne tarit pas d’invectives contre la « néo-gauche trotskiste, communautariste et islamogauchiste » (5/05). Sur Europe 1 (27/04), Mathieu Bock-Côté s’en prend nommément à Danièle Obono, symbole de « la mouvance indigéniste qui entend conquérir la France en conquérant d’abord La France insoumise », avant de fustiger les « wokes » et « l’islamogauchisme » du parti, dont le slogan est clair pour le chroniqueur réactionnaire : « Une Révolution qui se réclame du décolonialisme mais qui considère que la décolonisation ne sera arrivée à son terme que lorsque les Français deviendront étrangers chez eux. » Sur la même antenne (29/04), Philippe Val ne dépareille pas : « Mélenchon se voit Premier ministre à la faveur d’une coalition de la gauche et des mosquées. » Jour après jour, les mêmes discours de haine ont libre antenne : « Le décolonialisme, l’indigénisme, le racialisme trouveront à s’installer au cœur de la vie politique à travers cette nouvelle coalition. Le wokisme vient de trouver sa maison politique. Il faut dire que cette nouvelle coalition mise sur le nouveau peuple des banlieues. On le sait mais il faut le dire : 69 % des musulmans français ont voté pour Jean-Luc Mélenchon. » (Mathieu Bock-Côté, 5/05).
Animatrice de la matinale sur Europe 1, Sonia Mabrouk ne ménage pas non plus ses efforts : « Où est-elle la gauche capable de gouverner ? La gauche laïque, fière de ses valeurs, la gauche européenne, la gauche pas islamogauchiste, pas woke ? Bref, où est le socialisme français ? » (2/05, face à Stéphane Le Foll). « Êtes-vous prêt à des compromis sur l’islamogauchisme ? » (3/05, face à Pierre Jouvet, porte-parole du PS). Le bouquet final se déployant en compagnie d’Alain Finkielkraut, reçu partout avec déférence, du Monde jusqu’au micro de Sonia Mabrouk donc (9/05), où l’Académicien médiatique parle de « submersion migratoire » et fustige la « soumission [de La France insoumise] à l’islam fondamentaliste. Une soumission, une reddition sans conditions. » S’appuyant comme bon lui semble sur un discours de Jean-Luc Mélenchon à Épinay-sur-Seine en 2018 dans lequel ce dernier évoque « une nouvelle France », Alain Finkielkraut ose encore : « Non seulement Jean-Luc Mélenchon croit au grand remplacement, mais il mise sur le grand remplacement pour accéder au pouvoir. » Sonia Mabrouk communie dans la diffamation : « Il n’en a jamais fait mystère. C’est la "créolisation" qu’il a défendue. » Et de poursuivre :
- Alain Finkielkraut : Aujourd’hui, la France se désintègre, les territoires perdus de la République sont, comme le dit Bernard Rougier, des territoires conquis par l’islamisme ou par la délinquance, et quelque fois, ils sont liés. Et Jean-Luc Mélenchon, loin de s’en offusquer, accompagne cette idéologie, antisémitisme inclus.
Toujours sur Europe 1 (13/05), Pierre de Vilno s’attaque quant à lui aux « fondamentalistes » de La France insoumise avant d’être relayé par Philippe Val, pour qui Danièle Obono n’est pas « républicaine », ou encore Catherine Nay, qui ne digère pas que Mélenchon ait traité de « factieux » le syndicat de police Alliance :
Depuis des années, Mélenchon ne cesse de s’en prendre à la police, qu’il voudrait désarmée. Mais là, c’est en rajouter pour récupérer le vote des jeunes des banlieues, qui on le sait, déteste la police qui les gêne dans leur trafic. Mais, en incitant à la haine, en diffamant la police, c’est aussi les encourager. C’est un permis de brûler leurs voitures, de leur lancer des pierres.
Réponse de Philippe Val :
Ce parti méprise ouvertement le débat parlementaire et rêve […] de jumeler Caracas à Clichy-sous-Bois.
Point de trêve pour la propagande raciste, assénée matin, midi… et soir, en l’occurrence dans l’émission « Punchline », diffusée simultanément sur Europe 1 et CNews, et où défile le gratin de l’expertise. Le 3 mai, Ghislaine Ottenheimer de L’Express : Jean-Luc Mélenchon « est devenu islamocopain. Meilleur défenseur des musulmans, proche d’un certain nombre d’indigénistes. » Le 4 mai, l’expert médiatique Thibault de Montbrial – avocat (et ancien parachutiste de réserve) bien connu d’Acrimed [5] – affirme que La France insoumise « porte les thèses favorables à l’islamisme en France », avant de persister – « La France insoumise est le parti qui porte l’islamisme aujourd’hui » – et de fustiger les cadres et militants du parti, qui « envisagent de se coucher devant des gens qui envisagent la fin de la République. » Joseph Macé-Scaron acquiesce : « Toute la gauche abandonne la laïcité. » Première nouvelle – qui ne saurait évidemment s’embarrasser de la moindre argumentation.
Las. À côté, le flux de Sud Radio ferait presque pâle figure, y compris quand Thierry Ardisson apporte sa pierre à l’édifice, en l’occurrence le 2 mai : « On ne peut pas soutenir des gens qui sont aussi tolérants avec les islamistes évidemment. » « Évidemment ».
… au reste du paysage médiatique
Loin d’être cantonnés aux médias d’extrême droite, ces discours sont relayés bien plus largement dans les médias dominants. Dans L’Union (30/04), on parcourt l’éloquent portrait de La France insoumise, qui selon l’auteur « prône le communautarisme, l’indigénisme et le wokisme, piétine la laïcité, […] soutient les casseurs contre les policiers, […] pactise avec les islamistes ». Sur France Inter (12/05), le directeur du Point Étienne Gernelle ironise : Jean-Luc Mélenchon « n’est pas franchement en pointe contre l’islamisme ! Ses propos passés sur Charlie Hebdo en sont un signe parmi d’autres. » Sans précision. Sur France Inter encore (18/05), le rédacteur en chef du Figaro Alexandre Devecchio déblatère sur un « tournant communautariste », après avoir regretté que les critiques visant La France insoumise ne portent pas « davantage sur sa dérive anti-laïque et anti-universaliste ». Dans les pages de Franc-Tireur (4/05), l’illustre Caroline Fourest s’en mêle, fustigeant quant à elle « une gauche mélenchonienne flirtant avec les Indigènes de la République, Poutine et l’idée d’un Frexit ». Et chez Challenges (8/05), c’est un Maurice Szafran menaçant que l’on retrouve en édito :
Mélenchon a cru avoir trouvé le « truc » pour faire passer la pilule du communautarisme – le rabâchage du concept de « créolisation » piqué au romancier et poète antillais Édouard Glissant. Mais le « premier ministre » auto-proclamé ne s’en sortira pas à si bon compte.
Le 6 mai, Le Monde prend sa part : le rédacteur en chef porte la plume dans le « wokisme ». Ou l’« islamogauchisme » ? On ne sait plus trop tant la chronique – « Mélenchon et l’art d’être ambigu » – est aussi confondante d’ambiguïté que de malhonnêteté. Alors qu’il est question du programme culturel de Jean-Luc Mélenchon – révélant évidemment une « folie budgétaire » pour le premier et un « profil culturel » qui « indigne » pour le second – Michel Guerrin en arrive à la « question identitaire chez les "insoumis" » par une transition particulièrement hasardeuse. C’est qu’il existe, « au PS comme dans le monde de l’art » – c’est-à-dire ? – une « inquiétude ». Késaco ? « On pensait que ça allait de soi et pourtant [le] texte d’union [de la Nupes] mentionne "la protection de la liberté de conscience et d’expression". M. Mélenchon n’est pas un censeur, mais sa vision du sujet peut être fragilisée par des combats prioritaires. » Les griefs ? Ne pas rire : en 1) un débat d’une université d’été de 2017 « dont le titre était "Faut-il dégager les médias ?" » ; en 2) le « blocage » d’une pièce de théâtre par des étudiants de la Sorbonne en 2019, devant lequel « M. Mélenchon est resté muet » ; en 3) « deux ans plus tard », le soutien aux réunions non mixtes de l’Unef ; en 4) la participation à la marche contre l’islamophobie. Fichtre ! Peu ou prou le grand fourre-tout de la chasse aux « islamogauchistes », suffisant au Monde pour le lâché d’épouvantails : « Wokisme » ! « Cancel culture » !
Valeureux, le rédacteur en chef du quotidien de référence passe son temps à se réfugier derrière « des voix à gauche » qui « disent que », qui « ont appelé à », et autres « la gauche non "insoumise" s’indigne et dénonce ». Sans compter la référence à Charlie Hebdo, qui « a les mots et dessins les plus durs pour moquer un Mélenchon complice de l’islamisme. » Sans s’encombrer de plus, la chronique recycle en réalité les marottes d’une ligne vallsiste conforme à celle du « Printemps républicain » – intronisées « vérités médiatiques » – dont Michel Guerrin se fait le porte-voix sans jamais l’expliciter clairement, pour un verdict en revanche tout à fait définitif concernant Jean-Luc Mélenchon : « Aussi des socialistes, notamment les plus anciens, dénoncent sans cesse ses "ambiguïtés", sa façon de segmenter la société quand ils la veulent une, universaliste et républicaine. » D’insinuations en racontars, le mal est fait.
Dans l’émission dominicale à trois têtes – RTL, Le Figaro et LCI – Guillaume Roquette (directeur de la rédaction du Figaro Magazine) incarne à nouveau le journalisme de précision face à Olivier Faure :
Bernard Cazeneuve, l’ancien Premier ministre socialiste, dit que la République laïque ne peut pas frayer avec le communautarisme. C’est un reproche récurrent fait à Jean-Luc Mélenchon, c’est de… de ne pas se montrer suffisamment ferme sur ces sujets. Vous connaissez les soupçons d’islamogauchisme. (« Le grand jury », 8/05)
Et ce n’était pas une question ! Face à la réponse qui déplaît, Adrien Gindre (LCI) file les insinuations : « Vous n’avez pas eu besoin de demander à Jean-Luc Mélenchon des garanties sur les questions de laïcité ? Vous considérez dès le départ que cette question était claire ? » Et alors qu’Olivier Faure parle d’une « communauté musulmane stipendiée » et évoque des dialogues d’élus avec d’autres communautés de population en affirmant ne pas voir « très bien pourquoi il y aurait forcément à focaliser exclusivement sur les uns ou sur les autres », Guillaume Roquette saute le pas :
Peut-être [parce] qu’il y a peu d’attentats commis au nom du christianisme ou d’autres religions que l’islam.
Une campagne idéologique de tous les instants dans le Figaro Magazine, qui dans un retournement invraisemblable, publiait le 20 mai un dossier intitulé « Gauche. Le virage extrémiste. Enquête sur les dérives de Mélenchon » – dont le contenu n’a rien à envier aux productions de Valeurs actuelles – précédé quelques pages plus haut d’une interview en majesté... d’Éric Zemmour !
On poursuit avec Les Échos (2/05) où Daniel Fortin, directeur adjoint de la rédaction (du magazine), fustige élégamment « les leaders d’une gauche en loques [venant] baiser la babouche de leur nouveau roi insoumis ». De son côté, Paris Match (5/05) voit dans la Nupes « tous les esprits supérieurs de la cancel culture, du woke, de l’inclusivisme, de l’indigénisme, du bougisme. » Le rédacteur en chef du Figaro est tout aussi inspiré (6/05). La Nupes ? « C’est cet islamogauchisme assumé, ce triomphe de Nuit debout sur Charlie Hebdo. » Que promet-elle ?
Le soleil bolivarien sur une piscine municipale envahie de burkinis […]. Redistribution sans production, souverainisme social, fiscalité délirante, sans-frontiérisme irénique, écologisme apocalyptique, communautarisme tranquille : bienvenue en mélenchonie !
Et lorsque le maire EELV de Grenoble autorise le burkini, ce dernier envahit, si ce n’est les piscines, en tout cas les médias, qui s’en saisissent pour éclabousser le rassemblement à gauche. Du torrent, nous ne pêcherons qu’un seul exemple tiré de la matinale la plus écoutée en France. Le 17 mai, sur France Inter donc, Léa Salamé introduit le sujet du burkini face à Julien Bayou (EELV) en affirmant : « On va passer à la laïcité ». Ce dernier ayant l’outrecuidance de lui faire remarquer que le sujet « n’a rien à voir avec la laïcité », la matinalière le toise – « Aaah… » – avant de tourner en boucle, visiblement très agacée : « Vous soutenez Éric Piolle ce matin ? » Une fois. « Vous soutenez Éric Piolle ? » Deux fois. « Vous soutenez sa décision ? » Trois fois. « Ce n’est pas anodin la décision qui a été prise hier donc je vous demande si vous soutenez ? » Quatre fois. « C’est pas un problème en fait ? » Et le cirque continue : « Si demain vous êtes au pouvoir, le burkini sera autorisé partout en France, c’est ça que vous dites ? » Jusqu’au feu d’artifice :
Avec ce genre de décision, ne prouvez-vous pas qu’Emmanuel Macron a raison quand il dit que la Nupes choisit le communautarisme plutôt que l’universalisme ?
La presse obsédée par Taha Bouhafs…
Mais cette cabale contre les « islamogauchistes » avait en réalité commencé dès la fin avril, cristallisée dans la figure de Taha Bouhafs. Étiqueté « militant » par la profession, le journaliste n’en était pas à son premier procès sur (et par) la place médiatique – le premier (2019) ayant tourné autour de sa légitimité professionnelle. Il va sans dire, mais cela va mieux en le disant, que critiquer cette séquence (22 avril – 8 mai) ne revient évidemment pas à cautionner les agressions sexuelles dont plusieurs femmes l’accusent, révélées par BFM-TV et Mediapart le 11 mai (dont nous ne traiterons d’ailleurs pas la couverture médiatique ici), non plus à épouser la communication de La France insoumise à cet égard. Il s’agit, pour Acrimed, de pointer une illustration flagrante de la capacité des médias à co-construire un problème public et à exercer ensuite, à sens unique, un pouvoir de stigmatisation.
Cette fois-ci était principalement en cause sa condamnation en première instance (28/09/2021) – le jugement est actuellement en appel – pour « injure publique en raison de l’origine » à l’encontre de la syndicaliste policière Linda Kebbab, qu’il avait traitée d’« arabe de service » sur Twitter. Cette qualification – utilisée par Charlie Hebdo en août 1998 contre un élu FN, et qui avait d’ailleurs valu à Cabu une condamnation identique – a donné lieu au sein du tribunal à un débat politique sur le racisme, rapporté sur Twitter par Sihame Assbague, mais dont très peu de médias ont rendu compte, tant le verrouillage idéologique sur ce sujet est important, et la critique du racisme systémique, quasi impossible.
À défaut, les commentateurs se sont immédiatement saisis de cette condamnation en première instance pour fustiger la candidature de Taha Bouhafs à Vénissieux et faire de ce dernier, d’entre tous les candidats aux législatives, l’« ennemi public » numéro 1 – instruisant son procès en racisme de surcroît ! Le 22 avril, Le Figaro enclenche la machine en révélant sa possible investiture. Une information dont l’extrême droite fait immédiatement ses choux gras : dans Valeurs actuelles (25/04), l’idéologue Gilles-William Goldnadel dresse un « portrait-robot » de Taha Bouhafs, accusé de « relayer la propagande islamiste antisioniste la plus extrême » avant de mobiliser la théorie du « grand remplacement » pour fustiger La France insoumise : « Le communautarisme et l’islamogauchisme est en marche et avec le changement démographique en cours, on peut redouter que dans cinq ans, il sera trop tard ». Des accusations réitérées le même jour dans une seconde chronique au Figaro, lieu idéal tant le quotidien national prend cette affaire très à cœur : le 27 avril, son rédacteur en chef fustige nommément le journaliste dans son éditorial (un « militant islamogauchiste ») et du 25 avril au 6 mai, ce ne sont pas moins de neuf papiers qui traiteront – exclusivement ou partiellement – le cas de Taha Bouhafs. Le tout au prix d’arrangements tout à fait problématiques avec la vérité et le droit, comme ce 27 avril, où le quotidien fustige « l’étrange changement de pied des Insoumis sur l’inéligibilité des coupables d’incitation à la haine raciale » [6]. Non content de confondre l’injure et l’incitation à la haine, l’auteur met ainsi Éric Zemmour et Taha Bouhafs sur le même plan – selon un procédé frauduleux que nombre de commentateurs emploieront par la suite…
Sur la même période (soit 12 jours), nous avons relevé au moins 139 mentions de Taha Bouhafs dans les grands médias. Dans la presse, l’AFP, Le Monde, Le Parisien, La Croix, 20 Minutes, Marianne, L’Obs, Paris Match, etc. traiteront de l’affaire à des degrés divers, certains profitant de l’occasion pour y adjoindre sans contradiction les accusations d’élues socialistes fustigeant la « dérive communautariste » de La France insoumise (Anne Hidalgo, Sud Ouest, 26/04) ou le « communautarisme » de Jean-Luc Mélenchon (Carole Delga, L’Obs, 27/04). Quelques titres de la presse régionale vont même jusqu’à traiter le cas Bouhafs, et ce jusque dans leurs éditoriaux. L’Union par exemple, qui se vautre dans une fake news en écrivant que le journaliste a été « condamné pour haine raciale » (30/04).
Le 3 mai, Challenges annonçait encore en titre : « Législatives 2022 : décoloniaux, indigénistes... Les "épouvantails" de Mélenchon », en affirmant que ce dernier devait « composer avec le poids croissant pris par la mouvance décoloniale au sein des Insoumis. » Sur quoi se base l’article ? Taha Bouhafs, qui « à vingt-cinq ans seulement, collectionne les polémiques » et… Houria Bouteldja, dont l’auteur concède qu’elle n’a « aucun lien formel avec la formation mélenchoniste » avant de conclure : « Alors, noyautée par les ennemis de la République, la formation de Jean-Luc Mélenchon ? La réalité est loin d’être aussi caricaturale et tout dans le parcours du leader insoumis atteste de son attachement aux valeurs républicaines. » Ça valait bien le coup de faire un article, affublé d’un titre si tapageur…
… l’audiovisuel aussi
Et nous ne sommes pas au bout de nos peines, car c’est surtout dans l’audiovisuel que s’est déployée cette séquence. Entre deux virgules ? Non, principalement dans les matinales (soit les créneaux d’information les plus suivis et les plus commentés), histoire de redoubler l’ampleur médiatique nationale du sujet. L’occasion pour les intervieweurs d’assaillir les membres de la Nupes de questions autour de Taha Bouhafs, destinées de façon évidente non à produire de l’information, mais à stigmatiser le journaliste et derrière lui, le rassemblement à gauche.
Le 26 avril dans la matinale de RMC et BFM-TV, c’est Apolline de Malherbe qui ouvre le bal face à Adrien Quatennens : « Est-ce que vous allez investir Taha Bouhafs ? » ; « Taha Bouhafs à Vénissieux, qui est un journaliste militant qui a été condamné pour délit d’injure publique en raison de l’origine, ça ne vous dérange pas ? » ; « Ça vous met mal à l’aise en tout cas. » Et l’intervieweuse de réitérer – « Il n’est pas sûr que Taha Bouhafs soit investi par La France insoumise ? » – avant de justifier la séquence : « Vous inquiétez pas hein, on fait ce travail pour tout le monde ! » Précisément non. À titre d’exemple, aucun des trois représentants LREM reçus en un mois à son micro (Gabriel Attal, 25/04 ; Olivier Véran, 12/05 ; Jean-Michel Blanquer, 13/05) ne sera questionné sur la moindre affaire ou condamnation que traînent pourtant des candidats investis par la majorité [7]. Un traitement différencié dont tirent également profit Jordan Bardella (RN) (11/05) [8] et Les Républicains : face à Nadine Morano (10/05), non seulement Apolline de Malherbe ne s’acharnera sur aucun candidat LR, mais elle réhabilitera une figure judiciairement irréprochable : « Vous vous dites qu’il faudrait faire appel à Nicolas Sarkozy, et pourquoi pas ministre des Affaires étrangères tiens, d’Emmanuel Macron ? »
Le 28 avril à la suite du groupe Drahi, c’est Patrick Roger qui dans la matinale de Sud Radio, interroge à trois reprises Mathilde Panot sur le cas Bouhafs, dont une pour minimiser les menaces de mort qu’il reçoit – « Parce qu’il en a fait un combat aussi hein, c’est pour ça ! Et donc entre eux ils se renvoient la balle quoi, c’est un journaliste militant ! » – et une autre pour faire le parallèle avec la condamnation d’Éric Zemmour. Idem le lendemain, 29 avril, où Alexis Corbière est cuisiné pendant plusieurs minutes face à Dimitri Pavlenko dans la matinale d’Europe 1 : « Comment vous pouvez le soutenir alors que vous avez soutenu en décembre la résolution du communiste Roussel pour rendre inéligibles les coupables d’incitation à la haine raciale ? Ça visait Éric Zemmour. Ça vaut pour Zemmour, ça ne vaut pas pour Taha Bouhafs ? »
Le 3 mai sur Public Sénat, c’est un clone qui relativise à nouveau la « provocation à la haine raciale », chef d’inculpation qui, rappelons-le, n’est pas mobilisé dans le procès de Taha Bouhafs :
Oriane Mancini : Est-ce que vous soutenez son investiture ? Juste, Jean-Luc Mélenchon, quand Éric Zemmour s’est présenté à la présidentielle, il a dit qu’il était opposé à ce que des personnes condamnées pour incitation à la haine raciale puisse se présenter à des élections. Ça veut dire que ce qui vaut pour Éric Zemmour, ça vaut pas pour vos candidats aux législatives ?
Même jour, même heure, autre chaîne : « Ce n’est pas une obsession, c’est une question. Il y a cette candidature qui fait débat, celle de Taha Bouhafs […]. Partagez-vous sa vision, lui qui a été condamné pour avoir qualifié une policière d’"arabe de service" ? » (Sonia Mabrouk à Pierre Jouvet, Europe 1).
Même jour, même heure, autre chaîne : sur LCI, Élizabeth Martichoux déploie toute sa hargne face à Adrien Quatennens :
J’espère que je serai pas traitée de « hyène » pour vous avoir posé une question sur Taha Bouhafs comme ce fut le cas d’un de mes confrères la semaine dernière face à Alexis Corbière. La semaine dernière, interrogé sur [son] investiture, [...] vous aviez dit ne pas connaître son pedigree. [...] Est-ce que vous vous êtes renseigné depuis ? [Oui.] Et alors ? Ça ne vous gêne pas ?
Proférant à nouveau une fake news en évoquant une condamnation pour « incitation à la haine », Élizabeth Martichoux s’acharne : « Est-ce que ça ne vous gêne pas ? » ; encore : « Est-ce que c’est digne [qu’il] figure sur une liste France insoumise ? » ; et encore (à trois reprises) : « Il a été condamné ! » ; et encore : « Ne renversez pas la charge ! » ; et encore : « Ça ne vous gêne pas qu’il insulte les policiers ? Vous êtes gêné de me répondre »… Et encore :
Il avait aussi propagé une fausse rumeur selon laquelle un étudiant était mort sous les coups de la police en 2018. Pour sa défense, il avait dit "je n’étais pas encore journaliste, je ne pensais pas que j’allais le devenir". Sous-entendu, je pouvais accuser sans preuve. Ça fait beaucoup quand même ! Ça fait beaucoup ! Et par ailleurs, c’est une condamnation !
Avant d’asséner le dernier coup : « C’est pas important ?! C’est pas important ?! Et ne faites pas le procès aux journalistes de, entre guillemets, s’acharner sur un profil, on le fait à chaque fois qu’une personne est condamnée. » De quel côté du micro se trouvent les militants ?
Et ce n’est pas terminé. Le 6 mai, Manuel Bompard fait face à la même litanie aux « Grandes gueules » (RMC) [9]. Le 8 mai sur CNews, on peut compter sur Jean-Pierre Elkabbach pour questionner l’élue du PS Hélène Geoffroy au sujet de Taha Bouhafs, « montr[é] du doigt comme un symbole du radicalisme islamiste », avant de pousser les revendications de l’élue : « Qu’est-ce que vous demandez ? Qu’ils l’excluent ? Même si vous n’êtes pas dans [l’union], vous dites que ce n’est pas possible ? » Le bandeau à l’écran ? « T. Bouhafs à Vénissieux : un islamisme militant ».
Le 10 mai sur France Info, et à nouveau dans la matinale, Marc Fauvelle et Salhia Brakhlia ajoutent leur contribution face à François Ruffin : « Vous êtes à l’aise avec cette candidature ou pas ? » ; « Vous êtes à l’aise tout simplement ou pas ? » ; « Vous détournez la question. La question c’est le profil de Taha Bouhafs. Est-ce que lui, il vous gêne ou pas ? » ; « S’il n’était pas de votre camp, vous diriez quoi ? »
Un coup de chapeau pour le service public, qui s’était déjà triplement illustré la veille (9/05). Une première fois le matin, où Caroline Roux en remettait une couche face à Fabien Roussel (France 2). Une deuxième à 18h50, lorsque Jean-François Achilli consacrait à ce sujet 2 minutes (sur 7) de son interview avec Manuel Bompard (France Info). Et une troisième au « 20h » de France 2. « C’est une candidature qui ne passe pas chez les communistes. Celle du journaliste militant Taha Bouhafs […] » annonce Anne-Sophie Lapix en introduction du « reportage », dans lequel un journaliste évoque « un profil controversé qui attire l’attention des autres partis. Reconquête, celui d’Éric Zemmour, a par exemple investi ce syndicaliste policier contre La France insoumise. » Avant de donner la parole au syndicaliste en question… sans aucun commentaire de transition : « Ce sont les extrémistes du 21ème siècle. Ce sont le danger de ce siècle. Donc je pense que c’était d’utilité publique que je me présente face à lui. » La voix off n’embrayera pas, pas même pour parler a minima de « profil controversé » à propos de ce syndicaliste fétiche de la fachosphère, dont Streetpress faisait un portrait accablant le jour-même.
Ajoutons enfin à ce tableau de chasse la litanie des chroniques et interventions contre Taha Bouhafs. Par exemple : « Supplétif de l’ultragauche, de l’islamisme, des gens qui sont les décoloniaux, des woke etc., des indigénistes, des gens qui veulent fracturer la République » (Thibault de Montbrial, Europe 1/CNews, 4/05) ; « Il flirte avec l’islamisme, avec l’antisémitisme. [...] Les positions de Mme Obono, de Mme Autain, de M. Porte, de finalement la plupart de ces gens-là sont assez conformes à la pensée de monsieur Taha Bouhafs » (Gilles-William Goldnadel, CNews, 10/05) ; « Une démocratie, ça se défend et Taha Bouhafs, ça ne s’investit pas » (Jean-Michel Aphatie, LCI, 29/04) ; « Tahar [sic] Bouhafs dont on connaît le pedigree, voilà euh… entre guillemets islamogauchiste » (Régis Le Sommier, France Info, 4/05). « Erreur gravissime », « vieux démons communautaristes » s’étouffe encore Géraldine Muhlmann : « Je ne suis pas d’accord moi pour que quelqu’un comme Taha Bouhafs, avec ce passé, soit député, ça me pose de gros problèmes ! » (France 5, 5/05) ; « Si Taha Bouhafs doit renoncer à briguer un siège de député, ce n’est pas parce qu’il représentait "ceux qui ne sont rien", mais parce qu’il représentait ceux qui sont quelque chose : racistes, anti-républicains, islamo-gauchistes, anti-Charlie, propagateurs de fake news... » (Éric Naulleau, Twitter, 10/05) Et, en guise de bouquet final, l’éditoraliste Guillaume Bigot (CNews, 5/05) délire :
La France insoumise […] a mis là un candidat ouvertement islamiste […]. S’il est élu ce sera la première fois depuis l’élection de Jean-Marie Stirbois en 1983 que quelqu’un d’ouvertement raciste et antisémite arrive à l’Assemblée nationale. Je pense que ça va être un coup de tonnerre, parce que ça va être le retour d’idées absolument antirépublicaines et nauséabondes dans le paysage politique. […] M. Bouhafs […] charrie une idéologie violemment d’extrême droite, violemment islamophobe, violemment antifrançaise, violemment antisémite et violemment raciste.
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On le voit : l’hystérie médiatique autour de l’islam, de même que les confusions et amalgames permanents qui sous-tendent les discussions traitant de la « laïcité » pourrissent le débat public, stigmatisent les musulmans autant qu’ils jettent l’opprobre sur un courant politique. Et ce bien au-delà des médias d’extrême droite. Au bout du compte, les renversements opérés par les têtes d’affiche les plus en vue – consistant par exemple à faire des militants antiracistes les « nouveaux racistes » ou à s’enflammer sur le « communautarisme » musulman après l’attaque de fidèles dans la mosquée de Bayonne – sont de plus en plus fréquents.
Et qu’on ne s’y trompe pas : malgré la médiocrité évidente qui jonche ces séquences, les chefferies médiatiques ne perdent pas pied. La plupart perçoivent et construisent bel et bien la gauche dite « radicale » comme l’ennemi à diaboliser, au mieux mis à égalité avec l’extrême droite, au pire… en pôle position. « L’autre Le Pen » titrait Le Point (11/05), placardant en Une le visage de Jean-Luc Mélenchon. Sans honte… et sans choquer les confrères, tant cet exemple rejoint un mouvement de fond que nous pointions dans l’entre-deux-tours, et réaffirmé dans cette séquence jusqu’à plus soif.
Pauline Perrenot, avec Denis Perais pour l’observation (courageuse) des médias Bolloré.