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In Austin, Texas. Photographed for JHP Architecture.

Emptied and cleaned the loft. Now our cat had his own domain with a view over the neighborhood.

Edition 2016 du raid des deux domaines entre Savignac et Hostens organisé par le conseil départemental de la Gironde

Cormorant photos from in and around Folsom, California. These are public domain for teachers, writers, etc. See my other albums for more bird species.

Public Domain Book: Eleventh book of specimens of printing types and every requisite for typographical use and adornment

Published 1885 in Philadelphia .

Written in English.

 

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At Mrs MacQuaries Point, Sydney Harbour

C’est au début des années 60 qu’un jeune couple, Yves et Geneviève de la Taste, ont eu la folle idée de s’installer en Corse pour y démarrer une exploitation agricole.

 

Dans la plaine orientale de l’île, sur la commune de Tallone, ils font alors le pari incroyable de transformer le maquis en une très belle propriété fruitière.

Public Domain Book: Traité de perspective a l'usage des artistes : où l'on démontre géométriquement toutes les pratiques de cette science, & où l'on enseigne, selon la méthode de M. le Clerc, à mettre toutes sortes d'objets en perspective, leur reverbération dans l'eau, & leurs ombres, tant au soleil qu'au flambeau

by Jeaurat, Edme-Sébastien, 1725-1803; Soubeyran, Pierre, 1709-1775; Babel, P.-E. (Pierre-Edme), 1720-1761

 

Published 1750

 

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Here's another set of my amateur pictures. I am releasing all these into the public domain. I you like to find more, please visit www.1millionfreepictures.com and www.mypublicdomainpictures.com . I have thousands more of these public domain pictures. If you ever decide to credit me, please credit any of these two public domain photo blogs.

Public Domain Book: Tableaux historiques, ou sont grauez les illustres francois et estrangers de l'un et de l'autre sexe

remarquables par leur naissance et leur fortune, doctrine, pieté, charges et emplois, auec les éloges sommaires contenans leurs noms et leurs qualitez, leurs peres et leurs meres, leurs aages, leurs mariages, les plus belles actions de leur vie et leurs armes blasonnées

recherchez dans leurs cabinets et dans leurs plus veritables memoires par Pierre Daret, graueur ord.re du roy, et Louis Boisseuin

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Makeup supervisor Morgan McCarthy does some touch up on Bo Jack (Juan Carlos Gonzales).

Heaps more photos in the Homebake gallery on the triple j website.

Public Domain Book: Eleventh book of specimens of printing types and every requisite for typographical use and adornment

Published 1885 in Philadelphia .

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Public Domain Book: Illustrated descriptive price-list of magical apparatus and illusions

 

Published 1884 in [New York] .

Written in English.

 

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Domaine de la Sauldre, La Ferté-Imbault (Sologne)

There are a lot of feral cats in Dubrovnik. I'll have to do a photo montage at some point.

Domaine Ste Croix à Rhodes

On March 23, 2010, during a Mets spring training game against the Atlanta Braves, it was announced that effective immediately the stadium would be renamed Digital Domain Park, as a result of a multi-year partnership between the Mets and Digital Domain.

  

Public Domain Book: Eleventh book of specimens of printing types and every requisite for typographical use and adornment

Published 1885 in Philadelphia .

Written in English.

 

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Domaine de Marie-Antoinette, au château de Versailles, dans les Yvelines (78).

Photographed by School of Architecture Visual Resources Collection TA Amelia Mickelsen.

Nesquik du Domaine des EclaireursDUBUCHE Laurent

 

Images scanned from encyclopedia published 1925

LA DIRECTION DE PERMET PAS LA PHOTOGRAPHIE DU CHATEAU DUFRESNE ( Iintérieur et extérieur)

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Le Château Dufresne (aussi connu sous le nom des « maisons Marius-et-Oscar-Dufresne ») est un domaine constitué de deux maisons bourgeoises jumelées situées dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve de la ville de Montréal au Canada.

Ces maisons sont les résidences des frères Marius et Oscar Dufresne ainsi que de leurs successions de 1919 à 1948. En 1948, les Pères de Sainte-Croix rachètent les résidences et y font un pavillon annexe au Collège Sainte-Croix. En 1957, la Ville de Montréal devient le nouveau propriétaire du Château Dufresne. Le Collège Sainte-Croix reste cependant locataire jusqu’en 1961. Les résidences jumelées accueillent ensuite le musée d'art contemporain de Montréal de 1965 à 1968 et le musée des arts décoratifs de Montréal de 1979 à 1997. Depuis 1999, ces deux maisons bourgeoises abritent le musée du Château Dufresne, renommé musée Dufresne-Nincheri en 2014.

Construit entre 1915 et 1918, le « château » est conçu et réalisé par Marius Dufresne et par l’architecte français Jules Renard qui s'inspirent du château du Petit Trianon en France. L’architecte montréalais Wilfrid L. Vandal aurait également participé à sa conception. Le château est construit dans le style Beaux-Arts et comporte à l'origine près de 40 pièces. L'intérieur est notamment décoré par Guido Nincheri et par Alfred Faniel de 1920 à 1938. Le nom de « Château Dufresne » est attribué à l'édifice au moins depuis 1944. Il est qualifié de « château » dès 1921.

Cet édifice fait l’objet de quelques mesures de protection. Le 20 décembre 1976, le château est classé immeuble patrimonial par le ministère de la Culture et des Communications du Québec. Le 10 décembre 2004, le bâtiment est déclaré « immeuble de valeur patrimoniale exceptionnelle » par la Ville de Montréal.

Localisation

Le Château Dufresne est situé au 4040 de la rue Sherbrooke Est dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve de la ville de Montréal. Cependant, l’adresse d’accès pour les visiteurs est le 2929 de l'avenue Jeanne-d'Arc (une rue parallèle à l'ouest du boulevard Pie-IX). Le château est localisé à environ 6 km du Vieux-Montréal. Le site est desservi par la station de métro Pie-IX de la ligne verte.

On accède à l'intérieur par l'arrière depuis trois accès au site : par la grille monumentale sur la rue Sherbrooke Est, par la grille secondaire sur le boulevard Pie-IX ou par l’entrée du stationnement sur l’avenue Jeanne-d’Arc.

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Historique

Avant 1915 : achat de terres et conception

Vers 1914, Oscar et Marius Dufresne décident de se faire construire des résidences qui reflètent leur richesse et leur succès en affaires. Ils décident alors d'ériger leurs maisons sur le versant sud de la rue Sherbrooke, sur une partie de la terre d'Alphonse Desjardins qui s'étendait autrefois de la rue Notre-Dame jusqu'aux limites nord de Maisonneuve, du côté est de la rue Jeanne d'Arc au côté ouest de la rue Desjardinsk 1. Ils achètent progressivement des parcelles de terrain du 2 mars 1914 jusqu'au 17 février 1933y 1. Les terrains sont achetés notamment de François-Xavier Saint-Onge, L.J.A. Surveyer, Zaïde Paré (veuve de Louis-Édouard Desjardins), Sarah Mathieu (veuve d'Édouard Desjardins), Victoire Bernier et de la Compagnie des Terrains de Maisonneuve Ltdk 1. Les lots des terrains sur lesquels se trouve le Château Dufresne sont achetés par Marius Dufresne le 18 février 1915 (lots 14-762, 14-763, 14-764) et le 2 mars 1914 (lot 14-765)note 1. Il en restera propriétaire jusqu'à leur vente le 27 août 1943 à la Dufresne Investment Inc.y 1. Marius Dufresne est ainsi le seul propriétaire des deux résidences jumelées.

À partir du 5 août 1915, Marius conçoit avec l’architecte français Jules Renard un édifice d'une quarantaine de pièces de style Beaux-Artsy 2,k 1,note 2. Les plans font l'objet de modifications jusqu'au 26 septembre 1916k 1. L'adoption du style choisi est liée en partie à sa popularité croissante à cette époque, notamment accentuée par les expositions universelles de Chicago en 1893 et de Paris en 1900. Le Petit Trianon du domaine royal de Versailles, en France, fut une source d'inspiration importante pour la conception du Château Dufresnek 2,k 3,y 3,y 2. L’architecte montréalais Wilfrid L. Vandal aurait également participé à son élaboration1,y 4. À l'origine, le château devait faire partie d’un ensemble de quatre maisons, mais trois ne furent jamais construitesk 4.

1915 à 1918 : construction

La construction du bâtiment débute en 1915 lors de la Première Guerre mondiale et se poursuit jusqu’en 1918y 5. L’édification du château emprunte une technique de construction tout à fait nouvelle à Montréal à l’époque, soit l’utilisation de béton armé pour une résidence privée. Le château s’appuie sur vingt piliers massifs en béton armé et sa structure est également en béton arméy 2.

Plusieurs artistes et artisans contribuèrent à la construction des résidencesnote 3,a 1. Parmi ceux-ci, Guido Nincheri décore particulièrement la résidence d'Oscar Dufresne de 1920 à 1938f 1,note 4 alors que l'artiste Alfred Faniel exécute plusieurs des décors peints de la résidence de Mariusk 5. Faniel aurait été à l'emploi de Marius pendant dix-huit ans2. La construction fait également appel à des éléments décoratifs préfabriqués qui ont fait l’objet d’une commande par catalogue auprès d’entreprises canadiennes et américaines, notamment auprès de la Jacobson & Company de New Yorke 1,note 5,b 1. Les résidences comprennent également certaines commodités du jour telles qu’un chauffage central, un aspirateur central, un monte-plats, un ascenseur et des garages pouvant accueillir jusqu’à cinq automobilesb 1. La décoration intérieure n’est toujours pas achevée lors de l’installation de ses premiers occupants entre 1919 et 1920y 6.

Le coût de construction de l'édifice à l'époque n'est pas connu. Dans la colonne « en construction » du rôle d'évaluation et de perception de la Cité de Maisonneuve, les « deux cottages » en construction situés sur la rue Sherbrooke sont évalués à 30 000 $ en 1915j 1. Entre 1916 et 1917, cette évaluation passe à 37 000 $j 2. Entre-temps, en 1917, Marius contracte un prêt hypothécaire de 15 000 $y 7. Puis, vers 1918, cette évaluation augmente à « 226 730$ »j 3. Selon une hypothèse établie par le ministère des Affaires culturelles en 1976, il est possible qu'« alors que Maisonneuve est annexée à Montréal, [...] les édiles municipaux de Maisonneuve ont surévalué les propriétés afin de fournir un bilan financier plus favorable »aa 1. Cette source n'éclaire donc pas sur le coût de construction.

Par contre, il existe d'autres indices. Par exemple, le 26 mai 1962, The Montreal Star indique que le coût de construction devait osciller entre 300 000 et 600 000 $k 6. Le 4 octobre 1964, Le Petit Journal avance la même hypothèsek 7. Toutefois, en 1964, il existe une confusion autour du coût de construction dans les périodiques. Certains indiquent que le château « aurait coûté 1 000 000$ aujourd'hui », alors que d'autres indiquent que le coût d'origine de construction était d'un million de dollarsk 7,k 8. Finalement, comme autre indice, Paul Dufresne affirme dans une entrevue en 1987 que « Marius lui aurait dit que la maison avait coûté trente cents du pied cube en 1915 »k 4.

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Chronologie de la construction

 

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Liste des entreprises ou entrepreneurs (1915-1918)

 

1918 à 1948 : famille Dufresne..]

Marius Dufresne et Edna Sauriol emménagent au château en 1919. Quant à Oscar Dufresne et Alexandrine Pelletier, certaines sources indiquent qu'ils emménagent en 1920 alors qu'officiellement, selon les archives de la Cité de Maisonneuve, ils emménagent le 15 août 191919,y 6,j 4.

En 1920, l’artiste florentin Guido Nincheri accepte de décorer l’intérieur en échange d’un atelier ou studio situé au 1832 boulevard Pie-IXf 1, à proximité de la précédente résidence d’Oscar située au 1838 boulevard Pie-IXy 6. Il y exécute le décor du Château Dufresne, mais pas seulement.

Peu d'information existe sur la vie des Dufresne au château. Selon un article du quotidien The Montreal Star paru le 9 octobre 1948, le château aurait été du temps des Dufresne l'endroit où se sont déroulées de grandes réceptions mondainesk 2. Encore, dans un article de l'hebdomadaire Le Petit Journal paru le 10 septembre 1961, on prétend que le Tout-Montréal aurait accouru aux réceptions, aux bals et aux fêtes champêtres donnés au château par la famille Dufresnek 3. Ces faits ne sont cependant pas confirmés. D'ailleurs, dans un article du journal La Patrie paru le 28 janvier 1965, le directeur du musée d'art contemporain de Montréal de l'époque, Guy Robert, indique que la vie des Dufresne « s'écoulait calme et tranquille (une simple vie de famille) durant les années qu'ils occupaient cette résidence et sans y donner de grandes réceptions comme on pourrait s'y attendre de la part de gens fortunées disposant d'immenses salons et galeries richement décorés »k 11.

Le 27 février 1935, Alexandrine Pelletier meurt alors que la famille se trouve à leur résidence secondaire de Miami. Puis, c'est le tour d'Oscar Dufresne le 1er mai 1936 qui meurt d'une crise cardiaque au Château Dufresnek 17. Dès lors, son frère cadet, Candide Dufresne (1882-1948), vient habiter la résidence d’Oscar avec son épouse et ses cinq enfantsy 6.

Le 27 août 1943, Marius décide de vendre l'ensemble de ses lots à la compagnie Dufresne Investment Inc. dont le président est Paul Dufresne. Dans l'acte de vente, Marius s'assure le droit, pour lui, sa famille et quelques membres de la famille Dufresne, d'occuper les lieux jusqu'à ce que la corporation vende l'édifice et ses lots correspondantsy 14.

Le 30 mars 1944, les quotidiens La Presse et Le Devoir annonce que la succession Dufresne aurait proposé au maire de Montréal Adhémar Raynault de faire don du château à la Ville afin qu'elle puisse lui donner une utilité publique. La succession aurait alors suggéré notamment de le convertir en un musée ou une bibliothèque, sous la condition que l'édifice porte le nom de « Dufresne »k 18,k 19. Le lendemain, 31 mars 1944, les représentants de la succession convoque la presse et nie que cette proposition avait été faite « tel qu'indiqué » dans les quotidiens. On apprend aussi que le maire Raynault avait mis cette proposition au secret durant « quelques semaines » en raison de « certains héritiers qui n'étaient pas prêts à déménager »k 20.

En 1945, à la suite de la mort de Marius survenue le 26 juillet 1945, le château est mis en ventey 2.

Dès 1945, un groupe de médecins représenté par le Dr J.-G. Hébert, tous membres du Collège des médecins et chirurgiens du Bas-Canada, s'intéresse au château et désire y installer le premier hôpital privé canadien consacré exclusivement à la chirurgie plastique20. Selon ce groupe de médecins, le Château Dufresne « présente à l'intérieur, de l'avis des experts, une division et une répartition des pièces des plus favorables pour une [telle] entreprise ». Ils prétendent que les pièces de l'édifice offrent l'illumination et le cubage requis. D'ailleurs, la séparation de l'édifice en deux corps de logis permet facilement de séparer les patients des deux sexes. De plus, les résidences possèdent de la ventilation dans les murs, ce qui est d'une valeur « primordiale » pour un hôpital20. Le groupe prévoit alors effectuer certaines modifications des lieux sans pour autant altérer « de manière importante » les décors artistiques. Il planifie notamment de percer un mur entre les résidences, d'ériger dans les vérandas des murs complets aux tiers de la galerie pour créer une salle d'opération et de déplacer les fontaines des vérandas dans les jardins à l'arrière20. Selon ces médecins, l'idée d'une clinique de chirurgie plastique convient mieux à l'édifice que les projets de le convertir en une bibliothèque ou un musée, projets qui d'une part « cacheraient une grande partie la surface des murs avec leurs étagères ou leur vitrine », et d'autre part, coûteraient cher à la municipalité20. Finalement, Dr Hébert croit que le projet d'un hôpital respecte mieux les dernières volontés d'Oscar et Marius : Marius aurait « avoué » à un éminent médecin de Montréal que « pour une clinique, il vendrait le Château avec plaisir, et à des conditions financières avantageuses, plus avantageuses même que celles [qu'offre] la succession »20.

Ce projet ne plaît pas à tous à l'hôtel de ville. Certains craignent que la conversion du château en hôpital amène nécessairement la destruction des décors artistiques20,k 21. Malgré cela, le 23 juillet 1947, le comité exécutif de la Ville de Montréal approuve en principe un projet d'amendement aux règlements municipaux, qui interdisent la construction d'hôpitaux aux abords du boulevard Pie-IX, afin de permettre la réalisation du projet de la clinique de chirurgie plastique au châteauk 22,k 21. Aimé Parent, alors président de la Commission consultative d'urbanisme, communique sa dissidence parce qu'il considère que « le projet de règlement, tel que rédigé, n'offre pas suffisamment de garanties à la Ville que l'édifice et ses abords seront conservés dans leur état actuel »k 21. Jusqu'en 1948, le groupe de médecins fait pression sur la Ville afin qu'elle puisse finalement modifier les règlements municipaux pour permettre la conversion des résidences en un hôpitalk 23.

En janvier 1948, la famille Dufresne quitte le château qui devient alors vacantk 24.

Pendant ce temps, d'autres se montrent intéressés par le domaine des Dufresne. Les Clercs de Saint-Viateur se montrent intéressés à acquérir l'édifice afin d'y installer leur direction généralek 25. La succession Dufresne offre aussi au gouvernement provincial qu'il lui achète la propriété pour cinquante mille dollars (50 000 $), mais ce dernier refusek 25. Puis, la Jeunesse étudiante catholique (J.É.C.) se montre également intéressée, mais le prix de l'immeuble est trop élevék 25. L'Institut généalogique Drouin, alors la « Généalogie Drouin », se montre aussi intéressé pendant un certain tempsk 25. D'autres proposent aussi l'idée à ce que les résidences deviennent les hôtes d'un club privék 2. Puis à l'hôtel de ville, certains approchent l'idée de transformer le château en un site de réception officielle pour les visiteurs « célèbres » de la ville de Montréalk 25. Finalement, le 8 septembre 1948, le journal L'Est Montréalais révèle l'existence de rumeurs voulant que ce soit finalement les Pères de Sainte-Croix qui se soient portés acquéreurs du Château Dufresnek 25. Les Révérends Pères Eugène Ruel et Henri Courtemanche de l'Externat classique de Sainte-Croix auraient entrepris des pourparlers avec la succession Dufresne en vue d'acquérir la bâtissek 24. Ces derniers avaient l'intention d'annexer l'édifice à leur Externat afin de recevoir dès septembre 1949 près de cent cinquante (150) élèves des cours de belles-lettres, de rhétorique et de philosophie des quatre années supérieuresk 24,k 26,k 27.

1948 à 1957 : Externat classique.]

En 1948, le pavillon principal du Collège Sainte-Croix, nommé « pavillon Morin », n’est plus en mesure d’accueillir tous ses étudiants, dont le nombre est en rapide croissance. Les Pères de Sainte-Croix s’intéressent alors au château, situé deux rues plus à l’esty 2. Le 27 octobre 1948, ils acquièrent la bâtisse au prix de cent trente-sept mille cinq cents dollars (137 500 $) et créent le pavillon Dufresne qui accueille les classes d’étudiants de Belles-lettres à Philosophie II du cours supérieur classiquey 15,k 11,b 2,y 16.

Dès l’acquisition et au courant du séjour, les Pères apportent certaines modifications au château pour servir sa nouvelle orientation. Au sous-sol, on installe des toilettes pour étudiants dans l'ancienne cave à charbon d'Oscar ainsi qu'un laboratoire de physique dans la cave à charbon de Mariusi 3,g 1. Les garages sont transformés successivement en « salle de récréation » en 1949 puis en salle de classe (Philosophie II) en 1952i 1,i 6,g 2. Au rez-de-jardin, on détruit en partie le quartier des domestiques chez Marius pour installer des salles de classe et un vestiaireb 2. Dans les galeries de l'annexe sud, on remplace les verrières par un muret et des fenêtresi 1. Les salles de billard sont transformées en salles de classe. Au rez-de-chaussée, les vérandas et les grands salons sont transformés en salles de classe (à l'exception du grand salon d'Oscar qui est d'abord aménagé en chapelle, puis aménagé en salle de classe)i 2,i 3,g 3. À l'étage chez Marius, la chambre principale est transformée en salle de classeg 1. Quant à la marqueterie du plancher, les Pères le recouvrent « en grande partie » de linoleum par souci de protectiong 4.

Les modifications touchent également les décors de l'artiste Guido Nincheri que les religieux jugent inappropriés pour une maison d’éducation. Les Pères de Sainte-Croix décident de masquer les peintures marouflées de l'artiste par une couche de peinture en latexk 28,f 1,b 2. À cette époque, Nincheri propose notamment aux Pères de remplacer deux des toiles marouflées du petit salon d'Oscar par des nouvelles toiles dans lesquelles les personnages seraient vêtus. Lorsqu'il termine les nouvelles toiles, Nincheri se présente au château afin de remplacer les anciennes par les nouvelles. À son arrivée, il s’aperçoit que les anciennes toiles ont été arrachées, qu’elles reposent sur le plancher et qu’elles ont été piétinées. Offusqué, il repart avec les nouvelles et les anciennes toiles et décide de les exposer dans son salon du 1832, boulevard Pie-IXk 29,k 28. En 1949, les Pères demandent à Vincenzo Poggi, un ancien employé de Nincheri, de modifier les vitraux de l'artiste pour la même raisoni 2. Ils vont également recouvrir d'un voile la scène de la bacchanale du salon turci 2,g 4.

Le 14 mai 1950 a lieu le 20e anniversaire de l’Externat classique. Parmi les festivités, des visites guidées du pavillon Dufresne ont lieu et le pavillon reçoit sa bénédictiony 16.

Le 11 juillet 1953, le Conseil du Collège Sainte-Croix propose au Conseil provincial de la congrégation de construire un pavillon annexe au pavillon Dufresne afin de répondre aux besoins croissants de l'institution. Ce projet est refusé par le Conseil provincial en 1954. Le Collège décide par conséquent d'effectuer plutôt des travaux de réaménagement des pavillons Morin et Dufresne, lesquels sont approuvés par le Conseil provincial la même annéei 9,i 8.

En mars 1955, une radio étudiante voit le jour au pavillon Dufresne, une initiative du journal étudiant Trait d’Union (TDU). La chaîne de radio diffuse des nouvelles internationales, locales et de l’Externat. Il y a également des interviews, des parodies et des extraits de pièces de théâtrey 16.

En 1957, l’Externat décide d’agrandir son pavillon principal afin de suffire à la demande du nombre croissant d’étudiants. Le coût des travaux s’évaluant à 1,5 M$, le Collège décide de vendre le pavillon Dufresne, trop couteux à entretenir, et d’acquérir les terrains voisins du pavillon principaly 16,i 10. Une entente se forme alors avec la Ville de Montréal : les religieux cèdent le château à la Ville en échange d’un terrain voisin qui sert à construire une aile annexe au pavillon Morinb 2.

1957 à 1965 : Ville de Montréal, nouveau propriétaire.]

Le 4 décembre 1957, l'échange a lieu et la Ville de Montréal devient le nouveau propriétaire du Château Dufresney 17,b 2. Le Collège Sainte-Croix se réserve toutefois, dans l'acte d'échange, « le droit d'occuper gratuitement la résidence appelée « Château Dufresne » jusqu'au premier janvier mille neuf cent soixante, le Collège devant prendre à sa charge tous les frais d'entretien, de chauffage, d'éclairage, etc. [...] »y 17. Le Collège Sainte-Croix reste cependant locataire jusqu’en 1961y 2. Selon le président du comité exécutif d'alors, Pierre DesMarais, les deux parties bénéficient de cet échange. L'entente permet aux Pères de Sainte-Croix d'acquérir des terrains afin d'agrandir le pavillon principal alors que la Ville entend se servir des terrains de l'ancien domaine Dufresne « pour aménager un étagement de voies au carrefour des rues Sherbrooke et Rachel et du boulevard Pie-IX »k 30. L'avenir du Château Dufresne est alors incertaink 30.

Le 13 mars 1960, le Collège ferme progressivement les classes du pavillon Dufresne et les transfère au pavillon principaly 16. En 1961, le Collège quitte définitivement le pavillon Dufresneg 3. La Ville reprend entièrement possession du château et elle évalue les « dégâts causés par les élèves [du] collège [Sainte-Croix] »k 31 à un demi-million de dollars. Plus d’une trentaine de communautés affiche leur intérêt à la Ville d’obtenir le château gratuitementk 31.

Dans un article de l'hebdomadaire Le Petit Journal paru le 10 septembre 1961, on annonce la démolition prévue du Château Dufresne afin de faire place aux travaux de l'étagement des voies du carrefour des rues Sherbrooke et Rachel et du boulevard Pie-IXk 3. Un porte-parole de la Ville prétend que la restauration du bâtiment « coûterait trop cher », bien qu'aucune estimation des coûts n'ait été réaliséek 3. De plus, les ingénieurs chargés du projet de voirie « jugent indispensable d'utiliser l'espace utilisé par le château »k 3. Pendant ce temps, certains privilégient plutôt la conversion de la résidence en muséek 3.

Le 10 mai 1962, la Ville de Montréal confirme à la presse qu'elle a officiellement offert le château au ministère des Affaires culturelles afin d'y installer les services montréalais du ministère ainsi que de ceux du Conseil des Arts et de l'Association des Universités partiellement et entièrement de langue françaisek 32. Cette offre survient après que le ministre Georges-Émile Lapalme des Affaires culturelles ait déclaré à l'Assemblée législative qu'il est intéressé par le Château Dufresne pour y installer les services montréalais de son ministère. Lucien Saulnier, alors président du comité exécutif de la Ville, précise lors de la conférence de presse que la Ville « hésite à faire démolir cet édifice dont la construction et les travaux de réaménagement ont déjà coûté très cher »k 33. De plus, le projet de voirie de l'étagement des voies du carrefour des rues Sherbrooke et Rachel et du boulevard Pie-IX est abandonné en raison de son coût trop élevé21,k 33.

Le 19 mai 1962, lors de la bénédiction de la nouvelle aile du Collège Sainte-Croix, le Père Maurice Lafond suggère de convertir le château en un musée d'histoire naturelle alors que le Cardinal Paul-Émile Léger propose de le transformer en un « externat de la charité » pour y loger les pauvres et les déshérités, à l'instar des « Châteaux de la charité » qui existent en Francek 34. Dans ces deux cas, les propositions impliquent que la Ville cède la propriété gratuitement au profit de l'organisation religieusek 31. Cependant, le 23 mai 1962, Lucien Saulnier exprime la volonté de la Ville de « conserver le château Dufresne, sans qu'il reste à sa charge »k 35. Le château coûte alors cher en frais d'entretien, reste inoccupé et son avenir est incertainy 2. Dans la presse montréalaise, on commence à surnommer le château d'éléphant blanck 6.

En 1963, Michel Cartier de l'Atelier folklorique du Service des Parcs propose à la Ville de convertir le Château Dufresne en un centre culturel combinant musée et danse22. Ce centre aurait eu pour but notamment d'organiser les loisirs, sur le plan de la danse, dans les parcs de la ville, de maintenir un musée de la vie traditionnelle des Montréalais et d'organiser des recherches et d'en publier les résultats22. Il prévoyait utiliser l'étage pour le musée, le rez-de-chaussée pour des expositions temporaires, salles de réunions, bibliothèques, bureaux, etc., et le rez-de-jardin pour des salles de cours et entrepôts22. Il n'y a pas eu de suite à ce projet.

Le 14 novembre 1963, Guido Nincheri envoie une lettre à M. Camille Mancini, Inspecteur du Gouvernement, dans le but de lui faire part de son inquiétude sur des travaux menés à cette époque au château. Il mentionne notamment dans sa lettre que les travaux qui consistent à appliquer une peinture à l'huile sur les repeints à l'eau (exécutés plus tôt par les Pères de Sainte-Croix pour couvrir ses œuvres) auraient pour conséquences de « ruiner » ses œuvres. Il demande ainsi à M. Mancini d'user de ses contacts afin d'empêcher une telle situation4,23.

Le 3 mars 1964, le ministre Georges-Émile Lapalme des Affaires culturelles annonce à l'Assemblée législative la création du musée d'art contemporain de Montréal, le premier musée « d'État » à Montréalk 36. La création du musée est une initiative du Dr Otto Bengle, un orthodontiste de Montréal qui, pour son projet, avait déjà obtenu la promesse écrite de soixante-quinze artistes de donner chacun une œuvre au nouveau muséek 36. Suivant la proposition du maire Drapeau, le ministre prévoit alors louer le Château Dufresne pour une période de trois ans afin d'y loger le musée temporairement avant d'être transféré dans le nouveau pavillon du Québec de l'exposition universelle de 1967k 36,k 37. Le ministère annonce à ce moment un investissement de cent mille dollars (100 000 $) pour rénover et restaurer le château afin d'accueillir le musée et d'aménager des salles d'expositionk 36,k 38. Il est à ce moment-là prévu à ce que les travaux débutent en mai 1964 pour que le musée ouvre ses portes en septembre de la même annéek 10. Le ministère n'a pas alors encore désigné le futur directeur du nouveau musée, mais précise par l'intermédiaire d'un porte-parole que « ce qu'il nous faut, c'est un muséologue, c'est-à-dire un homme qui ait une bonne expérience des arts plastiques et qui ait aussi l'expérience d'un musée »k 10. À la suite de l'annonce, plusieurs artistes et critiques de l'art saluent la nouvelle, mais critiquent notamment le choix de l'emplacement qualifié d'« extrêmement loin » du centre-villek 10.

Le 1er juin 1964, le ministre Lapalme annonce que Guy Robert devient le nouveau directeur du musée d'art contemporain de Montréalk 39. Ce dernier visite le Château Dufresne le 4 juin 1964 afin de visualiser le futur siège du musée d'art contemporaink 40. Guy Robert se fixe alors une date limite pour l'ouverture du musée prévue en octobre 1964k 40. Parmi les travaux à exécuter au château, des faux murs composés de plaques de plâtre doivent être installés dans seize des pièces de l'édifice afin de pouvoir accrocher les œuvresk 40.

Alors que le musée d'art contemporain prépare son installation au Château Dufresne, déjà des rumeurs circulent à l'hôtel de ville à ce qu'à la fin du bail, le Château Dufresne deviendrait la résidence officielle du maire de Montréalk 7. Selon le conseiller de Mercier de l'époque, Richard La Salle, la Ville a les moyens financiers pour un tel projet, d'autant plus que, selon lui, « nous devons pouvoir recevoir le mieux possible les visiteurs célèbres qui nous honorent de leur présence. Pour Montréal, c'est une question de prestige et non une question d'argent »k 7. Selon une évaluation sommaire de Claude Landry, ingénieur et surintendant des immeubles de la Ville de Montréal à l'époque, la restauration du château coûterait cent mille dollars (100 000 $) pour ce projetk 7. Interroger à ce sujet, le maire Jean Drapeau ne se prononce pask 41. D'autres suggèrent plutôt la démolition du château et le remplacer par des serresk 41.

Le 20 novembre 1964, le ministre Pierre Laporte des Affaires culturelles annonce que le musée d'art contemporain de Montréal ouvrira ses portes en mars 1965 et qu'il présentera à cette occasion une rétrospective des œuvres de l'artiste français Georges Rouaultk 42. Par la même occasion, dans l'article du journal La... Libre, on mentionne qu'« il est probable [qu'en 1967], le château Dufresne soit converti en un Musée de l'Homme, sous la juridiction du ministère des Affaires culturelles »k 42. À la suite de l'annonce du ministre de présenter une exposition composée d'œuvres d'un artiste français à l'ouverture du musée, plusieurs du monde de l'art réagissent et font valoir qu'il serait plus approprié à ce que la première exposition du musée soit constituée d'œuvres canadiennesk 43. D'ailleurs, le directeur du musée, Guy Robert, est de ce nombre et « prévoyait à l'origine procéder à l'ouverture officielle par une exposition des peintres de l'école de Montréal »k 43. Or, l'exposition Rouault ne peut être de passage à Montréal qu'en mars : il est prévu que l'exposition se tiennent en janvier à Québec, en mars à Montréal et en mai à Torontok 43.

Le 17 janvier 1965, on annonce que le musée d'art contemporain ouvrira ses portes officiellement le 19 mars de la même année, avec cinq mois de retard. On précise que le Château Dufresne pourra accueillir deux cents œuvres au rez-de-chaussée et cent à l'étagek 44. Une pièce du rez-de-jardin sera aménagée en une salle de cinéma de cinquante places où seront projetés deux films sur l'art chaque jourk 45. Le rez-de-jardin accueillera également des salles de conférencesk 45. Il est toujours à ce moment-là prévu de présenter à l'ouverture officielle une exposition sur l'artiste français Georges Rouaultk 45.

Le 18 mars 1965, on annonce que le musée d'art contemporain présentera finalement une exposition composée d'œuvres canadiennes lors de son inauguration. En fait, les travaux menés au Château Dufresne ne sont toujours pas achevés et l'ouverture officielle est reportée. L'exposition sur l'artiste Georges Rouault aura cependant lieu à Montréal, plus précisément à la Place Ville-Marie où le musée loue des locaux temporaires avant son installation au Château Dufresnek 46,y 18,k 47.

En mai 1965, un groupe de dix-huit artistes de renom, dont Armand Vaillancourt, Robert Roussil, Rita Letendre et Yves Gaucher, décide de boycotter le nouveau musée et signe une pétition qui demande au ministre des Affaires culturelles de congédier Guy Robert notamment pour incompétencek 48.

Le 5 juin 1965, le journal La Presse annonce que le musée ouvrira ses portes le 10 juin et présentera une exposition intitulée Art et architecture, organisée en collaboration avec l'Association des architectes du Canada. Le musée présentera par la suite en juillet et août 1965 une exposition intitulée Artistes de Montréal, en septembre, une exposition d'œuvres de Lardera, de novembre à décembre, une rétrospective du travail de Robert Roussil

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1965 à 1968 : musée d’art contemporain de Montréal[

Article détaillé : Musée d'art contemporain de Montréal.

Le 10 juin 1965, le musée d'art contemporain de Montréal ouvre ses portes au Château Dufresne et présente à cette occasion l'exposition intitulée Art et architecture, organisée en collaboration avec l'Association des architectes du Canadak 12.

Le 22 juin 1965, la presse annonce que le ministre Pierre Laporte des Affaires culturelles viendra inaugurer officiellement le nouveau musée qui aura finalement lieu le 12 juillet 1965 au Château Dufresnek 50. Le musée présentera alors une exposition intitulée Artistes de Montréal, réunissant ainsi des artistes québécois tels qu'Alfred Pellan, Paul-Émile Borduas et Léo Ayottenote 8,k 50. Pour le vernissage de cette exposition, qui coïncide avec l'inauguration du musée, on envoie des invitations à plusieurs artistes, mais écrites en français uniquement, une situation alors dénoncée publiquement par l'artiste-peintre québécois Louis Muhlstock24. Ce dernier croit qu'à l'instar du musée des beaux-arts de Montréal, toutes les invitations et publications du musée d'art contemporain devraient être disponibles dans les deux langues24. Il s'agit selon lui d'une question de « respect pour les deux cultures principales de Montréal »24. Cette situation est également dénoncée par la presse anglophone de Montréalk 47.

Le 12 juillet 1965, le ministre Pierre Laporte des Affaires culturelles, représenté par son sous-ministre Guy Frégault, inaugure à vingt heures trente le nouveau muséek 51. Près de cinq cents personnes sont présentes à l'évènement, à l'exception du maire Jean Drapeau, plutôt représenté par Léon Lortie, et du directeur du musée des beaux-arts de Montréal, David Carter, qui sont absentsk 47,k 52.

Le 28 septembre 1965, le ministre Pierre Laporte préside l'inauguration de l'exposition des concours artistiques du Québec au muséek 53. À cette occasion, le ministre admet que « le Château Dufresne est un édifice qui, à première vue, ne convient guère aux exigences d'un musée d'art moderne et pourtant, on en a tiré temporairement un parti qui ne manque ni d'intérêt ni de pittoresque »k 53.

Le 19 novembre 1965, le sous-ministre Guy Frégault des Affaires culturelles inaugure l'exposition rétrospective du sculpteur Robert Roussilk 54. Près de cent-cinquante invités sont présentsk 54. À cette occasion, on appose notamment des affiches de l'artiste Vittorio Fiorucci qui représentent « un sexe masculin en gros plan, mais rendu difficilement reconnaissable par le traitement photographique de la reproduction »k 54. Henri Barras, alors directeur des expositions du musée, téléphone le directeur, Guy Robert, pour l'en avertir. Ce dernier, n'ayant donné aucune autorisation pour l'appose de ces affiches, ordonne de les enlever. Cette décision provoque alors des protestations et engendre des bousculades « mineures »k 54. À ce moment-là, « une secrétaire affolée, appelle la police de la ville qui se présente [au musée] »k 54. Les invités sont ensuite conviés à quitter le musée à l'heure de fermeture. Le lendemain, 20 novembre, le directeur Guy Robert autorise finalement l'appose des affiches après en avoir eu connaissancek 54.

Après plusieurs attaques et critiques des milieux artistiques de Montréal à la suite notamment de l'affaire Roussil, Guy Robert présente sa démission au sous-ministre des Affaires culturelles, Guy Frégault, le 21 janvier 1966k 55. Dans un article de La Presse paru le 2 février 1966, on mentionne que des rumeurs circulent selon lesquelles Gilles Hénault devienne le successeur de Guy Robertk 56, une candidature potentielle qui obtient des appuis auprès d'artistes de Montréalk 57.

Le 26 février 1966, le ministre Laporte des Affaires culturelles annonce la nomination de Gilles Hénault au poste de directeur du musée d'art contemporain de Montréalk 58.

Le 12 juin 1966, le journaliste Paul Gladu de l'hebdomadaire Le Petit Journal décrit en ces mots l'état de parc du Château Dufresne, alors occupé par des sculptures du musée d'art contemporain :

« Une herbe longue et folle couvre ce qui est l'ambition d'être un parc. Des affiches sur le point de tomber en miettes, grises et sales, exhibent un lettrage enfantin. Ici et là, se défendant mal au centre des barreaux noirs de la clôture, des sculptures osent des gestes imitant ceux des bosquets et des branches d'arbres. La masse du Musée, au centre, avec ses atours d'un autre âge, ses stores baissés et ses nombreuses lézardes, est gardée par une sorte d'ange noir et maigre aux membres ouverts - tout calfaté, et retenu au sol par d'énormes grilles en fer. [...] voici tout ce qu'on trouve comme demeure... pour l'art contemporain! »

— Paul Gladu, journaliste de l'hebdomadaire Le Petit Journal k 59

Ce dernier dénonce notamment le mauvais entretien du parc qui, selon lui, invite peu à la visite des lieuxk 59.

En avril 1967, Romuald Beaulieu, alors président de la Société des Hommes d'affaires de l'est envoie une lettre au premier ministre québécois de l'époque Daniel Johnson dans laquelle il exprime ses inquiétudes quant à l'avenir du Château Dufresne après le déménagement du musée d'art contemporain à la Cité du Havre. Il suggère notamment d'utiliser le château à des fins touristiquesk 60.

Au cours de son occupation au château, le musée d'art contemporain recevait près de cent mille (100 000) visiteurs chaque année. La fréquentation variait d'une exposition à l'autre, dont les plus « importantes » attiraient de quinze mille (15 000) à vingt mille (20 000) personnes. Par semaine, le musée attirait entre mille cinq cents et quatre mille visiteurs dont les records se chiffraient entre mille six cents et mille huit cents visiteurs le dimanche. Le musée a présenté près de quarante expositions temporaires depuis son ouverture. Près de quatre-vingts pour cent des visiteurs provenaient de l'est de Montréalk 61.

Le musée quitte le château en mars 1968 pour s’installer dans la Galerie d’art internationale d’Expo 67 à la Cité du Havrek 62,y 18.

1968 à 1976 : abandon

Lorsque le musée d'art contemporain de Montréal quitte le château en mars 1968, la Ville reprend possession de l'édifice qui devient inoccupé et sans affectationk 62.

Le 24 avril 1968, le journal La Presse annonce que le Syndicat des Écrivains du Québec demande au ministère des Affaires culturelles d'étudier la possibilité de transformer le Château Dufresne en « Maison des Écrivains » où le Syndicat pourrait offrir au public « des expositions de livres, manuscrits, collections d'œuvres, diapositives d'écrivains québécois et mettre à la disposition de la future académie québécoise, de la présente Académie canadienne-française, de la Société des Écrivains du Québec et du Centre canadien-français du P.E.N. international, un secrétariat permanent et un centre de documentation et d'archives. »k 63 Il rajoute que l'édifice pourrait servir également de centre d'accueil et d'endroit de réception pour les évènements nationaux et internationaux pour les écrivains et intellectuels du Québec et du monde entierk 63.

Le 14 juillet 1968, Le Petit Journal propose de faire du château la résidence officielle du maire de Montréal. L'idée suggère que le maire occupe une moitié de l'édifice alors que l'autre accueille une résidence destinée aux visiteurs de marque de passage à Montréalk 64.

Le 4 septembre 1968, le journal hebdomadaire La Voix Populaire laisse entendre qu'il existe une rumeur à l'hôtel de ville selon laquelle la Ville de Montréal ferait cadeau du Château Dufresne au gouvernement provincial pour qu'il l'utilise comme site des réceptions officielles du ministère des Affaires culturelles en remplacement du restaurant Hélène-de-Champlain située sur l'île Sainte-Hélènek 65.

En août 1968, le comité exécutif autorise une dépense de trois mille deux cents dollars (3 200 $) pour l'installation d'un système d'alarme au château pour éviter la visite de vandalesk 66. Le Château Dufresne tombe par la suite dans l'oubli pendant près de deux ans. Le bâtiment est alors sans gardiennage, sans entretien et sans chauffageb 2. Il est sujet à des infiltrations d’eau et à des actes de vandalismek 28.

Le 12 mai 1970, le Comité international olympique confie l'organisation des Jeux olympiques d'été de 1976 à la ville de Montréal au cours de la 69e session à Amsterdam. Le 4 septembre 1970, la Ville de Montréal produit des plans d'architecture montrant l'état du Château Dufresne en cette daten 1.

Le 12 juillet 1971, la presse de Montréal annonce qu'« il y a de bonnes chances » que le Château Dufresne soit prochainement démoli pour faire place à un gratte-cielk 67. Selon Roland Garant, alors surintendant des bâtiments à la Ville, le château est devenu un « véritable éléphant blanc » pour Montréal qui dépense près de trente-huit mille dollars par année (38 000 $/an) pour son entretien, excluant le chauffage et l'électriciték 67. De plus, les frais de restaurations, d'entretien et les taxes de l'édifice sont si élevés qu'ils désintéressent les acheteurs potentielsk 67. Plusieurs offres ont été faites à la Ville pour acheter ou louer l'édifice: on lui a proposé d'en faire un club privé, un casino, une garderie, un centre culturel, un musée des sciences et de la technologie (projet « perspective jeunesse » présenté par les étudiants du Cégep de Maisonneuve) et finalement, on lui a soumis le projet de le détruire pour y construire un gratte-cielk 67,k 68. Tous ont retiré leur offre en raison du coût de restauration et d'entretien du bâtiment, à l'exception de ce dernier projet de gratte-ciel qui, selon Roland Garant, est le projet qui lui semble le plus viable pour le sitek 67. Cependant, le développement du site est à l'époque un dossier de peu d'importance relativement à d'autres projets tels les Jeux olympiques d'été de 1976 ou le prolongement du métro. À cette époque, la Ville compte y investir lui-même aucune somme, que ce soit pour son usage ou pour attirer des locateurs ou acheteurs potentielsk 67. À cette occasion, le journal The Montreal Star décrit l'état du domaine et de l'édifice en ces mots : « la grille en fer forgé est brisée à plusieurs endroits, plusieurs des vitraux des fenêtres ont été brisés ou volés et les chandeliers et tentures des murs ont disparu. »k 67

Entre juillet et août 1971, le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Gérard Niding, demande à l'architecte Marcel Raby d'estimer le coût d'une restauration du Château Dufresne en vue de le rendre habitable5. Selon une première estimation préliminaire, le coût d'une restauration sommaire des lieux s'élève à trois cent soixante-quinze mille dollars (375 000 $)5. Lors d'une rencontre datée du 21 septembre 1971 avec les différents intervenants du projet, Gérard Niding dévoile son projet d'utiliser le Château Dufresne comme une résidence pour recevoir les « V.I.P » des Jeux olympiques d'été de 1976. Plus précisément, il prévoit utiliser la résidence d'Oscar pour cette fin alors qu'il prévoit utiliser la résidence de Marius pour abriter le Service des Sports et Loisirs de la Ville5. Selon une nouvelle estimation de l'architecte Raby, le coût de restauration s'élève plutôt à quatre cent cinquante mille dollars (450 000 $)5. Dans ce projet, on prévoit à ce moment-là confier la direction de la restauration des différents vitraux, peintures et tapisseries à Guido Nincheri5. Lors d'une rencontre datée du 25 octobre 1971, Gérard Niding et Pierre Charbonneau, organisateur des Jeux olympiques, précisent que le château ne servira désormais qu'à loger l'administration des Jeux olympiques tout en réservant des pièces à des fins de réceptions. De plus, les intervenants prévoient d'ériger une nouvelle annexe au château pour loger les deux cents membres du personnel du Service des Sports et Loisirs5. Il est alors prévu que la décision finale soit prise le 2 novembre 19715. En janvier 1972, Gérard Niding annonce à la presse que le comité exécutif de la Ville a pris la décision de restaurer le Château Dufresne pour l'utiliser comme résidence « V.I.P » lors des Jeux olympiques d'été de 1976k 69. Dans le courant de l'année 1972, la Ville lance un appel d'offres pour la restauration du châteauk 70. Le plus bas soumissionnaire était alors prêt à effectuer les travaux pour la somme de six cent quatre-vingt-quatre mille dollars (684 000 $), une somme que la ville « n'est pas disposée à payer seule »k 70. En août 1972, la ville est toujours à la recherche de financement pour la restauration du châteauk 71.

Le 11 août 1972, le journal Montréal-Matin révèle qu'à la suite d'une visite des membres du personnel du service des travaux publics de la Ville pour évaluer les travaux à y effectuer, ces derniers se sont retrouvés devant « un groupe de vandales » qui ont réussi à s'y introduire sans déclencher le système d'alarme. La Ville prend alors la décision de faire surveiller le bâtiment par un gardien « de façon continuelle »k 66.

Le 13 décembre 1972, lors d'une séance du conseil municipal de Montréal, le président du comité exécutif Gérard Niding annonce que le projet de restauration du Château Dufresne est écarté temporairement « pour la bonne raison qu'une telle restauration coûterait 800 000 $. »k 72. Niding suggère que le Comité organisateur des Jeux (COJO) fasse une proposition formelle à la Ville qui lui louerait le château pour la durée des olympiades et ainsi, y ferait des travaux de restauration à ses fraisk 72.

Le 11 décembre 1973, près d'un an plus tard, le maire Jean Drapeau annonce au conseil municipal qu'il présentera un projet de restauration qui ne coûtera rien à la Ville dans trois moisk 73. De plus, il rajoute qu'il n'est pas nécessaire d'installer le quartier général du Comité d'organisation des Jeux olympiques de 1976 au château pour le sauver, d'autres projets sont à l'étudek 73.

En août 1974, le député fédéral Serge Joyal tente de sensibiliser le comité exécutif de la Ville de Montréal sur la gravité de la détérioration du Château Dufresnek 74. Conjointement avec le ministre des Affaires culturelles québécois, il tente de promouvoir l'idée d'y loger la collection Jean-Marie Gauvreau afin d'en faire le musée du meuble et des arts décoratifs de Montréalk 74.

En janvier 1975, des employés de la Ville commencent des travaux pour une restauration sommaire au Château Dufresnek 75. À ce moment-là, la presse ignore toujours le projet du maire Jean Drapeau pour cet édifice. Certains avancent l'hypothèse que le château abritera le service administratif du COJO, alors que d'autres prétendent qu'il sera le siège d'un futur musée du meuble québécoisk 75.

Le 8 octobre 1975, le maire Jean Drapeau invite David M. Stewart, président de la Fondation Macdonald Stewart et directeur de la Société historique du lac Saint-Louis, à venir faire une visite du Château Dufresne et étudier les possibilités d’utilisation de l'édifice.. En décembre 1975, David Stewart prend la décision d'aider à la restauration du château et obtient le support du maire Jean Drapeau qui « lui donne le feu vert ». David Stewart avouera lors de la conférence de presse du 17 juin 1976 que dès sa première visite, il envisageait déjà d'y installer un musée des arts décoratifs « où l'on pourrait exposer, par exemple, les plus beaux spécimens de meubles anciens du Québec, ou encore des tableaux représentant nos maisons d'autrefois. »k 77

Le 3 mars 1976, le journal Le Devoir révèle que la restauration du Château Dufresne est dirigée et financée par la Fondation Macdonald Stewart sous l'impulsion de son fondateur, David M. Stewart, après avoir été scandalisé de l'état de l'édifice lors d'une visite passée des lieuxk 79. D'ailleurs, l'embauche d'un gardien pour protéger les lieux contre le vandalisme était de son initiativek 75,k 80.

Le 17 mars 1976, le ministre des Affaires culturelles, Jean-Paul L'Allier, envoie à la Ville de Montréal un avis d'intention de procéder au classement du Château Dufresne comme bien culturel du Québec25. Dans son avis, le ministre indique que :

« cet édifice datant du début du vingtième siècle est un exemple somptueux du style « beaux-arts » exprimé dans une résidence privée, ancienne demeure des frères Oscar et Marius Dufresne qui ont contribué beaucoup au développement de l'est de Montréal. »

— Jean-Paul L'Allier, ministre des Affaires culturelles25

Alors que les Jeux olympiques débutent le 17 juillet 1976, la première phase des travaux de restauration touche en premier lieu la clôture en fer forgé et le parterre, mais également le rez-de-chaussée de la résidence d'Oscar afin que les salles puissent être ouvertes au public et servir de salles de réception lors des Jeux olympiquesk 81. À cette occasion, les restaurateurs, sous la direction de Patrick Guigue et du designer français Nicolas Sollogoub, consultent quarante-deux plans de Marius Dufresne et de Jules Renard, des photos d’époques et recueillent le témoignage de Laurette Dufresne (née Normandin), fille adoptive d’Oscar Dufresne et d’Alexandrine Pelletier, pour restituer l’édifice dans son état d’originek 13,b 2,b 1,k 78. Les restaurations portent notamment sur les toits, plafonds, murs, lambris, plâtres, châssis, planchers, escaliers ainsi que le système de plomberie et d’électricitéb 2,b 1. La peinture qui recouvre les toiles marouflées de Guido Nincheri dans le grand et petit salon de la résidence d’Oscar est retiréek 81,b 2,b 1. Il est prévu que la deuxième phase de restauration se concentre sur le rez-de-jardin et l'étage de cette même résidencek 81.

Le 7 avril 1976, le journal La Presse révèle que David M. Stewart « continue d'envisager que l'on puisse rendre le château Dufresne à la vocation qui lui parait la meilleure, celle d'un musée où l'on pourrait sensibiliser le public à la sauvegarde de la maison, du décor et du mobilier québécois. »k 81

Le 17 juin 1976, Pierre Benoit, directeur d'Héritage Canada à Montréal et membre de la Fondation Macdonald Stewart révèle au journal The Montreal Star que la fondation n'a aucun plan définitif d'adopté pour le Château Dufresne après les Jeux olympiquesk 13. La fondation a d'ailleurs invité des associations culturelles à proposer des idées d'utilisation du châteauk 13. Parmi les idées retenues, la fondation considère celle de créer un centre canadien d'architecture où tous pourront étudier l'architecture du passé, du présent et du futur au moyen d'outils tels des salles de consultations ou des microfilmsk 13. L'ouverture des lieux au public est alors un critère de choix de la future utilisation de l'édifice

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1976 à 1997 : musée des arts décoratifs de Montréal

Article détaillé : Musée des arts décoratifs de Montréal.

Le 18 juin 1976, la presse montréalaise annonce la création d'un nouveau musée, le musée des arts décoratifs de Montréal, qui siège désormais au Château Dufresne.. Le musée ouvre temporairement le château aux visiteurs du 22 au 25 juin 1976, lors de la « Semaine du Patrimoine » afin d'apprécier les travaux de restauration entrepris dans la résidence d'Oscar, travaux qui ont coûté deux cent mille dollars (200 000 $) jusqu'alors.. À cette occasion, le musée présente une collection de photographies illustrant les travaux de restauration entrepris ainsi qu'une exposition de peintures de l'artiste et architecte P. Roy Wilson consacrées à l'architecture des vieilles maisons canadiennesk 82. Le musée prévoit à ce moment ouvrir le château pendant la période des Jeux olympiques pendant laquelle la Ville prévoit utiliser l'édifice pour des réceptions officiellesk 76.

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En 1976, une partie du mobilier d’origine du château, qui occupait initialement la résidence de Marius, est rachetée à la succession de la veuve de ce dernier, Edna Sauriol, qui meurt cette même année, afin de compléter la collection du muséey 2,k 83. Cette collection, dite « Sauriol-Dufresne », constituée entre autres de cent vingt-cinq peintures, remeuble en partie la résidence d’Oscar, avant de reprendre sa place initiale dans la résidence de Mariusk 78.

Le 20 décembre 1976, le château est classé monument historiquey 2.

Le 28 décembre 1977, le journal Dimanche-Matin annonce que le ministère des Affaires culturelles alloue un montant de deux cent mille dollars (200 000 $) au futur musée des arts décoratifs pour aider à la restauration du Château Dufresne et son aménagement en muséek 84.

Le 24 janvier 1978, on crée la société sans but lucratif, le Château Dufresne Inc., qui gère le nouveau musée des arts décoratifs..

À l'occasion de la « Semaine du Patrimoine », le musée ouvre temporairement les portes du château du 22 au 30 juin 1978k 86. Le 6 juillet 1978, le musée des arts décoratifs de Montréal ouvre le site au grand public à l'occasion de la semaine des muséesk 87,k 88,k 89,k 90. À cette occasion, le musée présente une partie de la collection de meubles Gauvreauk 89,k 90. Ce nouveau musée prend la décision de se spécialiser dans les arts décoratifs à partir de 1850, le XXe siècle étant « un siècle extrêmement important pour le Canada en ce domaine et fort négligé par les autres musées montréalais qui possèdent des collections d'art décoratif. »k 83,e 2. Cependant, le premier objectif du musée en 1976 était de conserver le Château Dufresne : plusieurs salles furent restaurées dont le bureau, la salle à manger, le grand et le petit salon de la résidence d'Oscar ainsi que le salon turc de la maison de Mariusk 83. À l'extérieur, les jardins nord et sud furent reconstitués selon des photos d'époquek 83.

Parallèlement à la restauration de l'édifice, le musée prévoit à ce moment la construction d'une partie souterraine de trois étages à l'arrière du châteauk 83. Il est alors prévu que cette nouvelle aile abrite un restaurant avec vue sur les installations olympiques, un amphithéâtre, une bibliothèque et des salles d'expositionsk 83. Le Cooper Union aux États-Unis et le musée des arts décoratifs de Paris situé au Louvre sont alors des modèles pour l'édification de la nouvelle ailek 83. Dans le projet du musée, on prévoit également créer un laboratoire de restauration des meublesk 83. Quant à la bibliothèque du musée, on y retrouve notamment les catalogues qui permirent aux Dufresne de commander les parquets, les moulures et les cheminées aux différentes compagnies américaines et canadiennesk 83. Parmi les nouvelles collections du musée, on y retrouve la collection Paul Gouin, le fond Louis-Philippe Hébert ainsi qu'une collection d'objets reliés à l'histoire du taback 83.

L'inauguration du nouveau musée a lieu le 14 juin 1979c 1,k 91,k 92,k 93,note 10. Liliane Stewart devient alors la présidente du musée et Luc d’Iberville-Moreau en devient le directeure 1. L’exposition inaugurale est consacrée à l’art traditionnel du Québec et fut conçue par le designer Clifford Williamson, assisté par Bruce McNeil, Nancy Dunbar et le consultant Nettie Sharpk 94,k 95,k 96,k 97. Le ministère de l’Éducation du Québec a prêté à cette occasion une partie de la collection Jean-Marie Gauvreau constituée de pièces de mobiliers et d’objets des XVIIe au XIXe siècles provenant de l’ancienne école du Meuble (1935-1958) et de l’école des Arts appliqués (1958-1969)k 94.

Le 23 juin 1980, Le Journal de Montréal révèle que le musée des arts décoratifs a reçu en moins d'un an près de 90 000 visiteursk 98.

Dans le cadre du programme « Été Canada 1980 » du gouvernement fédéral, une somme de neuf mille cent quatre-vingt-onze dollars (9 191 $) est allouée au musée afin de poursuivre la recherche sur l'histoire du château et la préparation d'un catalogue d'expositionk 74.

Le 3 novembre 1980, le journal Le Devoir dévoile que la Ville de Montréal a conclu un protocole d'entente avec le musée pour la mise en valeur du Château Dufresne en musée des arts décoratifsk 85. Jusqu'alors, le musée et le ministère des Affaires culturelles ont dépensé près de cinq cent mille dollars (500 000 $) pour la restauration de l'édificek 85.

Le 8 juin 1982, le journal Les Nouvelles de l'Est annonce que le député Serge Joyal a remis un chèque de cent soixante et onze mille dollars (171 000 $) qui provient des Musées Nationaux du Canada afin que le Château Dufresne devienne accessible aux handicapés en y installant un ascenseurk 74.

Le 20 mars 1984, le journal Les Nouvelles de l'Est annonce que le ministère des Affaires culturelles alloue une subvention de cent trois mille quatre cents dollars (103 400 $) au musée des arts décoratifsk 99.

Dès 1990, le musée songe « sérieusement à déménager »k 100. Depuis 1979, le musée enrichit ses collections de l’époque du Modernisme (1935 à 1965) et de l’époque contemporaine (1965 à nos jours) à un point tel qu’en 1990, il lui est impossible d’exposer ne serait-ce qu’un pour cent de l’ensemble de leurs collections. Selon son directeur, Luc d’Iberville-Moreau, le musée ne dispose pas de « l’espace nécessaire au Château Dufresne pour monter de grandes expositions » et doit même entreposer les œuvres d’art en d’autres lieuxk 100. Plusieurs projets sont alors analysés, dont une relocalisation à proximité de la Place-des-Arts ou du Château Ramezay dans le Vieux-Montréalk 101. D’ailleurs, en mai 1991, la Ville de Montréal accorde une subvention de 13 000 $ afin que la Fondation Macdonald-Stewart, le musée des arts décoratifs ainsi que le Château Ramezay puissent étudier le projet d’installation du musée des arts décoratifs dans un ancien stationnement situé à proximité du Château Ramezay et de la place Jacques-Cartier (actuelle place De La Dauversière)k 102.

Le 10 juillet 1991, la Ville de Montréal annonce qu’elle procédera à la restauration des fenêtres du Château Dufresne de juillet à octobre 1991, sous la supervision de l’architecte Claude Langloisk 14.

En 1992, l’étude du projet de déménagement dans un nouvel édifice proche du Château Ramezay conclut qu’un investissement de cinquante millions de dollars est nécessaire. D’autres projets sont alors étudiésk 103.

Le 5 février 1994, le musée annonce qu’il entend résilier son bail avec la Ville de Montréal et quitter le Château Dufresnek 104. Selon Luc d’Iberville-Moreau, le château ne répond pas aux besoins du muséek 104,k 105. Les œuvres d'art « sont soumises à une trop grande exposition au soleil et à de l'humidité qui leur sont néfastes »k 106,k 107. D’ailleurs, plusieurs institutions muséales refusaient prêter au musée leurs œuvres d’art parce que le bâtiment ne respectait pas les normes de conservation et de sécurité de ces œuvresk 104,k 107. Aussi, « plusieurs études [démontraient] que l’emplacement du Musée (angle Sherbrooke et Pie IX) nuisait à sa vocation.»k 104 Le musée licencie alors quatre employés autrefois affectés aux services auxiliaires (boutique et restaurant)k 104. Par la même occasion, le musée annonce qu’il déménagera dans les locaux inutilisés du musée des Beaux-arts de Montréal, soit un espace de 10 000 p2 dans le pavillon Jean-Noël Desmarais nouvellement annexé au musée des Beaux-arts de Montréal afin d'entreposer et d'exposer la collectionk 104,k 105.

Le 8 février 1996, le musée attend toujours des nouvelles du gouvernement du Québec au sujet du financement du déménagement du musée des arts décoratifs au musée des Beaux-Arts de Montréal, évalué à deux millions de dollarsk 108.

Le 4 avril 1996, le quotidien Le Devoir annonce que le musée des arts décoratifs déménage officiellement dans des locaux inutilisés du musée des Beaux-arts de Montréal. Ce déménagement, évalué à moins de trois millions de dollars, est financé en partie par le ministère de la Culture et des Communications à hauteur de deux millions de dollars. Il est alors prévu que les travaux d’installation et de déménagement débutent en juin 1996k 109.

Le 9 novembre 1996, le musée annonce que sa collection sera accessible à son nouvel emplacement dès le 14 mai 1997k 110. Quant au Château Dufresne, aucun projet d’occupation n’est présenté.

Le 13 février 1997, Le Devoir annonce que l’inauguration officielle de la collection permanente de l’ancien musée des arts décoratifs est plutôt prévue pour le 16 mai avec le lancement d’une exposition intitulée « Le plaisir de l'objet: Nouveau regard sur les arts décoratifs du XXe siècle »k 111. La collection de l’ancien musée s’étalera alors sur 1 000 mètres carrés d’espace d’exposition permanent et temporaire1.

Le 31 mars 1997, le musée des arts décoratifs de Montréal est annexé au musée des beaux-arts de Montréaly 2. Le 16 mai 1997, la collection permanente du musée est redevenue accessible au public depuis son nouvel emplacement6.

1997 à 1999 : concours d'occupation

Dès l’annonce du musée des arts décoratifs de quitter le Château Dufresne, quelques organisations présentent progressivement au conseil exécutif de la Ville des projets d’occupation du château. Selon Pierre Laporte, chargé de communication à la Ville, la fondation MacDonald-Stewart a laissé entendre à la Ville que pour un projet qu’elle estime favorable, elle ferait don de la collection de meubles des Dufresne. De plus, le ministère de la Culture réserve soixante-cinq mille dollars (65 000$) pour la mise en valeur de la collection du château, et ce, peu importe le projet retenu par la Ville. Quant à la Ville, elle continuera d’avoir à sa charge l’entretien extérieur et le chauffage des deux résidences (environ 115 000 $ par année à l’époque)k 112.

À l’automne 1996, un premier projet est présenté au Service de la culture de la Ville par la maison de la culture du quartier et l'Atelier d'histoire Hochelaga-Maisonneuve (ci-après, l’«Atelier»). Cependant, cette première version du projet est rejetée, car il exige des investissements supplémentaires de la part des gouvernements et du secteur privék 112.

Le 27 juin 1997, La Presse annonce que la Fondation pour l'art thérapeutique et l'art brut au Québec (ci-après, «FATABQ») a déposé un mémoire à la Ville afin de convertir le Château Dufresne en un centre d’interprétation de l’art brut et de l’art thérapeutique. Dans ce projet, le château deviendrait un « lieu de création et d’exposition pour les œuvres de patients traités en psychiatrie. » Il n’est alors pas exclu par la Fondation de collaborer avec un autre groupe qui se chargerait de l’interprétation historique du lieuk 112.

En juillet 1997, une deuxième version du projet chapeauté par la maison de la culture et l'Atelier est présentée à la Ville. Dans cette version du projet, il y aurait une section art visuel pilotée par la maison de la culture et un musée d’histoire sociale et urbaine réalisé par l’Atelier. Pour se financer, les locaux du château seraient ouverts à la location et aucun investissement supplémentaire de la part des gouvernements ne serait nécessaire. Le cégep de Maisonneuve apporterait de l’encadrement et du soutien administratif

À la suite de l’annonce des deux principaux projets, un débat s’enclenche sur le projet que la Ville devrait choisir. Selon l’organisme Concertation-Tourisme Hochelaga-Maisonneuve, bien qu’il soit prêt à travailler avec le centre d’interprétation de l’art brut, il privilégie le projet de la maison de la culture et de l’Atelier « qui respecterait davantage le caractère historique et patrimonial du château tout en s’inscrivant facilement dans un circuit récréo-touristique » En novembre 1997, la Ville tente sans succès de négocier avec les principaux intéressés afin de rendre le château ouvert aux deux projets

Le 3 décembre 1997, sur recommandation du Service de la culture, le comité exécutif de la Ville adopte une résolution qui annonce son choix de louer le château à la FATABQ. Selon le chef de la division de soutien au développement culturel de la Ville, Bruno Blache, le fait que la FATABQ ait obtenu avec la Fondation Macdonald-Stewart un accord de transfert de la collection de meubles des Dufresne « a beaucoup joué en sa faveur ». De plus, il rajoute que « le projet de la Fondation a été retenu parce qu'il semblait le plus solide financièrement », contrairement au montage financier du projet de la maison de la culture et de l’Atelier qui « était trop optimiste »k 113. La FATABQ est d’ailleurs supportée par plusieurs mécènes qui sont des entreprises privéesk 114. De plus, le Service de la culture de la Ville « n’était pas convaincu que les 65 000 $ que le ministère de la Culture destine à la mise en valeur de la collection Dufresne allait être utilisée entièrement à cette fin dans le projet des groupes du quartier. »k 113 Finalement, afin de combler un élément manquant du projet, c’est-à-dire une implication directe d’organismes du quartier, il est prévu qu’une clause serait négociée à cette fink 113.

Le 16 mars 1998, la députée provinciale d’Hochelaga-Maisonneuve Louise Harel, le député fédéral Réal Ménard, les directeurs et directrices du CCSE Maisonneuve, de Tourisme Hochelaga-Maisonneuve, du CLSC Hochelaga-Maisonneuve, du cégep Maisonneuve, ain

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