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PérigueuxPérigueux (prononcé [pe.ʁi.gø] ; est une commune française, la plus peuplée du Périgord, située dans le centre-est de la région Nouvelle-Aquitaine. Chef-lieu du département de la Dordogne depuis 1791, la commune compte 30 060 habitants en 2018, pour une aire urbaine totalisant plus de 102 000 habitants la même année.

Labellisée « 4 fleurs », Périgueux est la capitale culturelle et touristique du Périgord blanc, dans la vallée de l'Isle. La ville offre aux touristes un patrimoine historique gallo-romain, médiéval et de la Renaissance. Reconnue ville d'art et d'histoire, Périgueux possède 44 monuments historiques inscrits ou classés, et trois musées labellisés Musées de France, dont deux municipaux. La ville conserve et met en valeur son riche patrimoine civil, militaire et religieux, dont sa cathédrale Saint-Front, classée au titre des monuments historiques ainsi qu'au patrimoine mondial de l'UNESCO.

La cité date du Ier siècle av. J.-C., pendant l'occupation romaine en Gaule : les Romains s'installent dans la plaine de l'Isle et créent la ville de Vesunna, à l'emplacement de l'actuel quartier sud. Celle-ci était la capitale romaine de la cité des Pétrocores. La ville de Périgueux naît en 1240 de l'union de « la Cité » (l'antique Vesunna) et du « Puy-Saint-Front ». Depuis, elle reste le centre du Périgord, subdivision historique de l'Aquitaine, puis est la préfecture du département français de la Dordogne. Elle s'agrandit encore en 1813 avec l'ancienne commune de Saint-Martin.

En matière économique, Périgueux, centre du principal bassin d'emploi du département, abrite le siège social de plusieurs entreprises régionales. La commune compte un employeur de quelque 500 salariés, le Technicentre (les ateliers du Toulon) de la SNCF. Bénéficiant du tourisme pour son patrimoine, elle est de plus une étape gastronomique notable au cœur du Périgord. Différentes festivités culturelles et compétitions sportives sont organisées afin d'animer la région.

Ses habitants sont appelés les Périgourdins, parfois les Pétrocoriens, nom tiré du peuple qui avait pour capitale Vesunna.

 

Géographie

Localisation

Périgueux est située dans le sud-ouest de la France, au centre du département de la Dordogne.

La ville se trouve, en distances orthodromiques, à 109 km de Bordeaux, 68 km d'Angoulême, 83 km de Limoges, 64 km de Brive-la-Gaillarde, 100 km de Cahors et 109 km d'Agen2. Topographie

 

Périgueux est localisée dans le Périgord central, sur la carte traditionnelle du Périgord.

Périgueux est située dans le Périgord central, l'une des régions naturelles de France. Le Périgord central est entouré au nord par le Nontronnais, à l'est par le bassin de Brive, au sud par le Périgord noir et le Bergeracois et à l'ouest par le Landais, la Double et le Ribéracois3. La commune fait partie du pays touristique du Périgord blanc, qui se présente comme un grand ensemble de collines boisées séparées par les vallées de l'Isle, de la Beauronne, de la Loue et du Vern. Les prairies alternent avec les bois de châtaigniers, de chênes ou de pins.

S'étendant sur 9,82 km2, la commune est établie autour d'un vaste méandre de l'Isle, dans la vallée et sur les pentes douces qui montent jusqu'à 200 m, aux plateaux de Champcevinel au nord et de Coulounieix au sud, le territoire communal s'étageant entre 75 et 189 mètres4. L'altitude minimale se trouve à l'ouest, au confluent de l'Isle et de la Beauronne, là où l'Isle quitte la commune et continue sur celle de Marsac-sur-l'Isle. L'altitude maximale est localisée au nord du lieu-dit les Jaures, situé à quelques dizaines de mètres de la commune de Champcevinel5.

Géologie

D'un point de vue géologique, comme les quatre cinquièmes sud et ouest du département, la commune de Périgueux appartient au Bassin aquitain, et la roche sous-jacente est calcaire. Le socle cristallin est à une profondeur de 1 000 m6.

La majeure partie de la surface communale correspond au Crétacé supérieurNote 1. Il affleure principalement sur le versant nord de la vallée de l'Isle. On trouve le Turonien (ou Angoumien) à l'ouest (la Monzie et en limite de la commune de Chancelade) et le Coniacien sur tout le reste du versant, au nord de la ville ancienne. De petites failles, d'axe nord-ouest - sud-est, fissurent le versant de la vallée de l'Isle à l'ouest de la Monzie, au pied de Beaupuy.

Les hauteurs, sur la partie nord de la commune (le Grand Puy Bernard, la Croix-Ferrade, etc.), sont couvertes de colluvions calcaires, sableuses et argileuses, issues de la décomposition du Coniacien et du Santonien lors du Cénozoïque.

La ville ancienne est construite sur une basse terrasse, sur la rive droite de l'Isle, composée de sable et galets issus de la glaciation de Riss au Quaternaire. On retrouve aussi cette terrasse sur la rive gauche, au sud du quartier des Barris. Le fond de la vallée proprement dit (partie inondable) est composé d'alluvions récentes d'origine fluviatile ou issues des versants7.

Climat

Périgueux est soumise à un climat océanique dégradé. En raison de l'altitude, de la disposition des vallées et de l'exposition des forêts, le climat varie fréquemment8, tant au cours d'une saison que d'une année à l'autre. Le tableau suivant donne une idée du climat bergeracois en comparaison avec la moyenne nationale et quelques communes représentant différents climats existant en France.

Périgueux est traversée d'est en ouest par l'Isle, principal affluent de la Dordogne. Cette rivière est longue de 255,3 km12, dont 87 sont navigables (actuellement en plusieurs sections). Elle rejoint la Dordogne à Libourne. Sa pente moyenne est de 1,56 m/km. L’ensemble du bassin appartient au climat océanique aquitain. L'Isle prend sa source dans le Massif central. Son affluent, la Beauronne, marque sur quelques centaines de mètres la limite ouest du territoire communal, séparant le quartier du Gour de l'Arche du golf de Saltgourde à Marsac-sur-l'Isle.

Dans le quartier du Toulon, la source de l'Abîme déverse en moyenne quotidiennement 35 000 m3 et alimente en eau potable Périgueux et plusieurs autres communes13.

Risques naturels

Périgueux fait partie de la zone inondable de l'Isle ainsi que de celle de la Beauronne. Les atlas des zones inondables correspondants sont diffusés le 5 avril 2000 et le 1er janvier 200114.

L'arrêté du 15 mai 2008, portant reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle, inclut Périgueux au titre de mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols de janvier à mars 200515. Deux plans de prévention sont élaborés par la ville : l'un pour les cas d'inondations de l'Isle, prescrit le 15 mars 1989 et approuvé le 1er février 2000 ; l'autre en cas de mouvements de terrain ou de tassements différentiels, prescrit le 25 mai 2004 et approuvé le 28 juillet 200616. Quatorze catastrophes naturelles ont eu lieu depuis 1982 à Périgueux, dont six inondations et coulées de boues, une tempête et sept mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et/ou à la réhydratation des sols16.

La localité est située dans une zone de sismicité très faible de niveau 1 sur une échelle de 1 à 516.

Voies de communication et transports

Voies routières

Depuis le début des années 1990, Périgueux est contournée au sud par une rocade de la route nationale 8917. Par la suite, ce tronçon a été intégré à l'autoroute A89 reliant Bordeaux à Lyon, ouvrant trois des principaux accès routiers à Périgueux.

À l'ouest et à l'est, les deux échangeurs Périgueux-Ouest et Périgueux-Est (nos 14 et 16) permettent d'accéder à la commune par le biais de la route départementale 6089 (l'ancienne route nationale 89). Périgueux est aussi accessible au sud par l'échangeur no 15, Périgueux-Centre, puis par la route départementale 6021 (tronçon déclassé de la route nationale 21 qui vient de Lourdes et qui continue au nord jusqu'à Limoges).

Au nord-ouest, la route départementale 939 (ancienne route nationale 139) mène à Angoulême et La Rochelle. Deux autres importantes routes départementales quittent Périgueux vers le nord et le nord-est de la Dordogne, la RD 3 (route d'Agonac) qui conduit à Nontron via Agonac et Villars et la RD 8 (route de Paris, également appelée route des Piles) qui rejoint la RN 21 près de Sorges.

La circulation routière à Périgueux et dans son agglomération provoque quotidiennement d'importants embouteillages matin et soir. Cela est dû à la conjonction de plusieurs causes18 : un nombre limité de ponts franchissant l'Isle (six ponts au total sur douze kilomètres de rivière depuis la route nationale 221 à la Feuilleraie à Trélissac jusqu'à celui de la route départementale 710E à Marsac-sur-l'Isle ; un bassin d'emploi très important à Périgueux même, alors que 60 % des personnes qui y travaillent viennent de l'extérieur de la ville ; une concentration de lycées, collèges et écoles ; l'absence de rocade entraînant un transit important par le centre-ville, une seule déviation ayant été créée à l'ouest en 1991.

En 2016, pour l'ensemble de la commune, le nombre de places de stationnement gratuites des véhicules est estimé à 13 000 dont 370 en zone bleue19. S'y ajoutent au centre-ville ou à proximité des places payantes sur la voirie (600), dans trois parkings souterrains (1 685) et trois parkings de surface (335)19.

Voie verte

La voie verte qui longe l'Isle et traverse l'agglomération de Trélissac à Marsac-sur-l'Isle en passant par Périgueux a reçu le 2e prix européen des voies vertes en 2007 dans la catégorie « Mobilité »20.

Transport ferroviaire

Le 26 mars 1853, Jean Étienne Joseph Estignard, maire de la commune à l'époque, et son conseil municipal décident de faire le nécessaire pour que la future ligne de chemin de fer devant relier Lyon à Bordeaux passe par Périgueux. Un mois plus tard, le 21 avril 1853, le décret donnant satisfaction aux Périgourdins est signé par Napoléon III. Le 20 juillet 1857, le premier train entre en gare de Périgueux, bâtiment qui n'est à l'époque qu'un assemblage provisoire de planches21.

Les travaux de la gare définitive commencent le 12 septembre 186021, cinq jours avant l'inauguration de la section de Périgueux à Brive, mise en service le 17 septembre 1860 par la Compagnie du PO. Le 3 août 1863, la mise en service de la ligne à voie unique de Niversac à Agen par la Compagnie du PO, permet les relations entre Périgueux et Agen22, ligne sur laquelle se trouve une gare secondaire, Périgueux-Saint-Georges, peu desservie.

La gare de Périgueux fait partie du réseau de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) et est desservie par des trains Intercités et TER Nouvelle-Aquitaine. La ville est également reliée, par des liaisons TER, à Bordeaux, Limoges, Brive et Agen ; par trains grandes lignes à Paris, Lyon et, par le Ventadour, à Clermont-Ferrand.

Fin 2013, un contrat devait être signé entre la région Aquitaine et la communauté d'agglomération pour intensifier le nombre de trains entre Mussidan et Niversac par une navette ferroviaire urbaine23. En 2019, le Grand Périgueux relance les négociations avec la Nouvelle-Aquitaine. Le projet pourrait voir le jour en 202124, avec la création de deux arrêts supplémentaires dans le quartier de Vésone et dans la zone industrielle de Boulazac25.

Parallèlement, en avril 2019, la ville a inuaugré son nouveau pôle d'échanges multimodal derrière la gare (accès facilité aux bus, piétons, vélos et TER)26. D'ici 2021, une nouvelle passerelle piétonne surplombera les quais de la gare pour relier cette dernière et le pôle d'échanges27.

Transports urbains

L'agglomération périgourdine est desservie par le réseau Péribus. Depuis janvier 2012, il se compose de onze lignes principales et d'un réseau de quatorze lignes secondaires à basse fréquence, qui dessert une partie de l'aire urbaine. De plus, depuis décembre 2011, une navette électrique gratuite fonctionnait en centre-ville les mercredis et samedis, jours de marché. À partir de septembre 2018, cette navette est assurée du lundi au samedi par un bus de nouvelle génération « Businova », sur un nouveau trajet qui dessert dans un premier temps la gare de Périgueux puis, à dater du 29 avril 2019 le pôle d'échanges multimodal (PEM) situé derrière la gare28.

Péribus est un réseau de transports urbains créé en 1987 pour desservir les communes membres du SIVOM (Boulazac, Coulounieix-Chamiers, Champcevinel, Chancelade, Marsac-sur-l'Isle, Notre-Dame-de-Sanilhac, Périgueux et Trélissac). Le SIVOM est devenu district de l'agglomération périgourdine en 1994, puis a évolué en communauté d'agglomération périgourdine (CAP) en 1999. De nouvelles communes sont entrées dans la CAP : Antonne-et-Trigonant, La-Chapelle-Gonaguet, Château-l'Évêque, Coursac, Escoire, Razac-sur-l'Isle en janvier 2003, Agonac, Cornille et Sarliac-sur-l'Isle en janvier 2012, puis Annesse-et-Beaulieu et Mensignac en janvier 2013, entraînant l'agrandissement du réseau Péribus. La CAP disparaît le 31 décembre 2013, remplacée au 1er janvier 2014 par une nouvelle intercommunalité élargie : Le Grand Périgueux.

Alors que les travaux en vue de transformer une partie du réseau en bus à haut niveau de service (BHNS) avec couloirs de circulation dédiés devaient débuter en 201629, les aménagements ne sont présentés en réunion publique qu'en juin 201730. La première phase des travaux débute en 201831 et le BHNS est officiellement mis en service le 20 décembre 201932,33.

Transport aérien

Article détaillé : Aéroport Périgueux-Bassillac.

L'aéroport Périgueux-Bassillac est situé sur la commune de Bassillac, à 9 km de Périgueux. Il disposait d'une liaison directe vers Paris entre mars 2008 et juin 2018, avec deux vols journaliers du lundi au vendredi. La ligne était opérée par la compagnie aérienne Twin Jet34,35,36.

Transport fluvial

En 1820, un projet important prévoit de rendre navigable l'Isle de Périgueux à Libourne. À Saint-Astier, commune située en bordure de la rivière à vingt kilomètres en aval de Périgueux, trois écluses et un canal de dérivation de 1 300 mètres sont établis ; un grand pont la traversant est construit vers 1830. Depuis Coutras jusqu'à l'entrée de la ville de Périgueux, 41 écluses et barrages en pierre y sont construits ou rénovésG 1. À cette époque, les transports se font par charrettes et de nombreuses marchandises stockées encombrent les axes de Périgueux. Le préfet de la Dordogne, en accord avec le maire de Périgueux, décide donc la création d'un port en bordure de l'Isle dans le quartier de la Cité. Les travaux commencent vers 1830. Un chantier portuaire est installé non loin de la grande écluse. Le port de Périgueux est inauguré le 30 octobre 1837G 1. De nombreuses marchandises y arrivaient : bois, charbon, fer, fonte, chaux, barriques de vin, huile, noix, châtaignes, tuiles, poteries, farine, etc.. Un projet de canal est étudié entre le port de la Cité et un port à établir en centre ville. Le chantier du canal est ouvert le 6 mars 1857 le long de la rive droite de l'Isle. Il est ouvert à la navigation le 12 mai 1860 jusqu'aux abattoirs Sainte-Claire construits par Louis Catoire37 (emplacement actuel du poste de secours des pompiers). À cette occasion, on met au jour les anciens thermes38. Après 1920, le trafic du port baisse considérablement avec le développement du rail. Mais c'est surtout le transport routier qui stoppe brutalement le trafic du port vers 1949. En 1957, l'Isle est officiellement fermée à la navigation39.

Urbanisme

Typologie

Périgueux est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'InseeNote 3,40,41,42. Elle appartient à l'unité urbaine de Périgueux, une agglomération intra-départementale regroupant 7 communes43 et 65 208 habitants en 2017, dont elle est ville-centre44,45.

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Périgueux, dont elle est la commune-centreNote 4. Cette aire, qui regroupe 49 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants46,47.

Morphologie urbaine

Fondée en 1240G 2, la ville a connu plusieurs extensions au XIXe siècle. La ville s'étend avec des faubourgs, comme celui des Barris, aménagé sur la rive gauche de l'Isle.

En 1813, la commune de Saint-Martin fusionne avec Périgueux48. En 1862, tandis que les faubourgs de Saint-Georges, de l'Arsault et celui de la Cité se développent assez rapidement, le faubourg du Toulon semble abandonné, avec une population peu dense. Il se peuple de plus en plus par des ouvriers lors de l'apparition des lignes du chemin de fer et des ateliers de construction ferroviaires49.

Le baby boom et l'exode ruralNote 5 accroissent fortement les besoins en logement. Le tissu actuel est dense et composé d'immeubles et de pavillons résidentiels.

Arrondissements de la ville

Depuis le 10 juillet 2020, la ville est organisée en six arrondissements : Centre-ville et Hôpital, Clos-Chassaing - La Grenadière, Le Gour de l'Arche, Saint-Georges, Le Toulon - La Gare, et Vésone50. Ils ont été définis en tenant compte de la répartition démographique et des bassins de vie de la ville. La municipalité a pour projet de créer des conseils d'arrondissement ; leur fonctionnement sera précisé ultérieurement51.

Logement

En 2017, le nombre total de logements dans la commune était de 20 183, alors qu'il était de 19 628 en 201252.

Parmi ces logements, 84,0 % étaient des résidences principales, 3,3 % des résidences secondaires ou des logements occasionnels et 12,6 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 30,5 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 69,2 % des appartements53.

Sur les 16 961 résidences principales occupées en 2017, 3 874 ménages, soit 22,8 % vivent à Périgueux depuis moins de deux ans, 4 244 ménages, soit 25,0 % vivent ici depuis deux à quatre ans, 2 742 ménages, soit 16,2 % vivent dans cette commune depuis cinq à neuf ans, et 6 101 ménages soit 36,0 % vivent à Périgueux depuis dix ans ou plus54.

des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 35,2 %, en légère hausse par rapport à 2012 (35,0 %) pour 62,5 % de locataires (en baisse par rapport à 2012 (65 %) et 2,3 % des habitants étaient logés gratuitement55.

En 2020, la commune dispose de 23 % de logements sociaux, taux inférieur au « seuil de 25 % fixé par la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) »56. Plusieurs chantiers sont en cours à cette date : 48 logements collectifs impasse de la Grenadière, livrables en 2021 ; 68 logements dans le quartier Saint-Georges, rue Lavoisier ; dans le quartier du Gour de l'Arche qui a vu la destruction récente de 220 logements, il est prévu la construction d'une trentaine de logements pour 2022 ; 14 autres logements sont également prévus près du campus Périgord56.

Projets d'aménagements

 

Cette section contient des informations sur des projets d'aménagement prévus par l'ancienne municipalité de Périgueux (2014-2020).

Il se peut que ces informations soient de nature spéculative et que leur teneur change considérablement alors que les événements approchent. La dernière modification de cette page a été faite le 3 avril 2021 à 11:58.

Les travaux d'aménagement du Quartier Montaigne ont commencé en juillet 2018, et sont prévus jusqu'à la mi-novembre 201957. Après plusieurs mois de manifestations organisées par des commerçants de la ville opposés au projet, la majorité municipale vote le 14 juin 2019 en faveur de la vente de la dalle à JMP Expansion, promoteur immobilier. Les travaux du nouveau centre commercial, qui sera composé de trois îlots séparés et situé à la place du parking qui fait face au palais de justice, n'ont pas encore commencé58,59. Les places de parking supprimées ont été recréées en 2018 au parking Tourny58. Entre le 27 juin et le 30 août 2019, une des phases du réaménagement de ce quartier concerne le rond-point Yves-Guéna : le giratoire est redessiné pour notamment déplacer l'axe central, élargir les trottoirs et réguler la circulation60.

En 2014, le maire Antoine Audi a également commencé à porter le projet d'une Manufacture gourmande. Le chef Philippe Etchebest assure la présidence de l'association de préfiguration de l'établissement depuis 201761. En décembre 2018, l'agence d'ingénierie culturelle Scarabée, mandatée par la ville, rend ses préconisations pour définir le programme du projet62. Même s'il semble être mis en sommeil en 2019, le projet est toujours d'actualité63. D'ici novembre 2021, la Manufacture gourmande devrait remplacer le parking de la place Mauvard61.

Prévention des risques

Un plan de prévention du risque inondation (PPRI) a été approuvé en 2000 pour l'Isle à Périgueux, impactant la commune d'est en ouest, jusqu'à une largeur pouvant atteindre 500 mètres dans le quartier des Barris, ainsi que pour son affluent la Beauronne qui sert de limite communale avec Marsac-sur-l'Isle à l'ouest64,65. Ce PPRI a été révisé et intégré en 2014 dans le territoire à risques importants d'inondation (TRI) de la vallée de l'Isle autour de Périgueux66,67.

Un plan de prévention des risques naturels (PPRN) a été approuvé en 2014 pour Périgueux, dont la quasi-totalité du territoire est exposée aux risques de mouvements de terrain et de retrait-gonflement des sols argileux68,69.

Toponymie

Périgueux est un nom d'origine celte très ancien provenant de « pétrocores » ou « pétrucores », qui a pour signification « quatre clans »70,G 3, ou « peuple aux quatre (petro-) armées (corii) »71,72,73.

En occitan, la commune porte le nom de Perigüers74, prononcé [pe.ri.ˈgʏ:], ou Peireguers, prononcé [pej.re.ˈgʏ:].

Histoire

Antiquité

Vers 200 av. J.-C., « les Pétrocoriens habitaient la région située entre la Dordogne et la Vézère », selon Venceslas Kruta75. Ils s'installent pendant cette période sur les hauteurs en rive gauche de l'Isle et créent, sur l'actuel territoire de Coulounieix-Chamiers, un camp fortifié à la Boissière, également connu sous le nom de « camp de César à la Curade »G 4. Les Pétrocores étaient en Gaule et non en Aquitaine, car avant la conquête romaine, ces deux territoires étaient séparés par la rivière Garumna, comme l'a écrit Jules César76.

En 52 av. J.-C., ils fournissent à Vercingétorix environ 5 000 guerriers, pour l'aider à affronter les légions romaines de Jules César77.

En 27 av. J.-C., lors de l’organisation administrative de la Gaule effectuée par Auguste, Périgueux est placée dans la province aquitaine78,79. Le camp de la Boissière est abandonné et la Vesunna gallo-romaine, future Périgueux, est créée entre 25 et 16 av. J.-C.G 5 et développée par les habitants romanisés, ayant conservé leurs divinités gauloises80. Aux IIe et IIIe siècles, cette cité romaine prospère et s'embellit avec temples, bains, amphithéâtre, forum, etc. On attribue à Vesunna 15 000 à 20 000 habitants81. Celle-ci devint à la fin du IIIe siècle la capitale de la cité des Pétrocores80. À la fin du IIIe siècle, à la suite de l'invasion attribuée aux Alamans, la cité romaine se rétrécit sur cinq hectares et demiG 6, en se retirant sur un petit plateau derrière des remparts82. Intégrant la moitié nord-ouest de l'amphithéâtre de VesunnaG 6, ces murailles sont construites par remploi d'éléments des monuments de la ville (des vestiges subsistent de ces remparts) et cette troisième cité prend le nom de Civitas Petrucoriorum (« cité des Pétrocores »)G 5, lieu qui va devenir « la Cité »G 2.

Vésone est détruite vers l'an 410 par les barbares, favorisant l'apparition aux VIe et VIIe siècles du Puy-Saint-Front83.

Moyen Âge

Au IXe siècle, les Normands, remontant l'Isle, pillent à plusieurs reprises la CitéG 7. Vers la fin du Xe siècleG 8, au nord-est et en bordure de l'Isle, autour d'un monastère que l'évêque Frotier avait fait construire en l'honneur de saint Front, se développe un nouveau centre fortifié, nommé à cette époque le « bourg du Puy-Saint-Front »D 1. Pour se protéger des envahisseurs, les deux villes voisines édifient des muraillesG 6,G 8.

Vers 1040D 2, Périgueux est perturbée par des troubles ayant pour cause la monnaie frappée par le comte de Périgord, Hélie IID 2. Peu de temps après, l'évêque Girard de Gourdon, la considérant défectueuse et de mauvaise qualité et l'ayant interdite, le comte Aldebert II, fils d'Hélie II, décide de prouver, les armes à la main, qu'elle lui convientD 2,D 3. De ce fait, la Cité doit prendre part à une guerre longue et meurtrière contre le comteD 3. Les quelques habitations placées sous la protection du nouvel établissement religieux du Puy-Saint-Front sont incendiées vers 1099 ; le couvent et le bourg ne tardent pas à être reconstruitsD 1.

De nombreux pèlerins viennent se recueillir sur le lieu où sont conservées les reliques de saint Front84 ; au XIIe siècle, le nombre de maisons s'accroît et l'agglomération est de plus en plus ampleD 1. Cependant, au fil du temps, les habitants du bourg se désunissent ; vers 1130, dans une querelle avec le couvent, une partie des bourgeois du Puy-Saint-Front s'allie avec le comte Hélie-RudelD 4. Cette situation attise sa convoitise, persuadé qu'après avoir conquis le Puy-Saint-Front, il lui serait plus facile de soumettre enfin la Cité, ce qu'aucun de ses ancêtres n'a réussi à faireD 4. À la même époque, les comtes dominent le Puy-Saint-FrontD 4.

Vers 1150, Boson III, dit de Grignols, fait ériger une grande et forte tour, destinée à commander et surveiller la Cité, dont il vient de s'emparerD 5. Mais cette tentative d'oppression lui est fatale, ainsi qu'à ses descendants, car elle excite la colère du roi Henri II d'Angleterre, devenu duc d'Aquitaine par allianceD 5. La tour est détruite en 1182, époque à laquelle, à la suite d'un traité avec le comte Hélie V, le Puy-Saint-Front est remis entre les mains du fils d'Henri II d'Angleterre, Richard, qui fait détruire toutes les fortifications construites par lui et son prédécesseurD 5. C'est à la même période, à la fin du XIIe siècle, que le « bourg du Puy-Saint-Front » s'organise en municipalitéG 9.

Après avoir confisqué le duché d'Aquitaine à Jean sans Terre et l'avoir réuni à la couronne de France, Philippe Auguste exige que les peuples et les grands de ce duché lui rendent hommage. Hélie V et les habitants de la future ville de Périgueux prêtent alors serment de fidélité au monarque français en 1204D 6.

Pendant de longues années, le Puy-Saint-Front et les comtes vivent en bonne intelligenceD 7. L'organisation municipale de cette ville est depuis longtemps reconnue et constituée par l'autorité royaleD 7. Quant à la Cité, elle ne rencontre aucune difficulté avec les comtesD 7. L'état de paix dure jusqu'en 1239 ; une certaine confiance existe même entre le comte Archambaud II et la ville car, à cette époque, cette dernière lui verse 50 livres en échange de l'abandon de la rente annuelle de 20 livres, qu'elle lui devait à chaque NoëlD 7.

Pour assurer sauvegarde et assistance mutuelles, et pour que les rivalités s'éteignent, Périgueux naît en 1240, d'un traité d'union85,86 des deux bourgs implantés à quelques centaines de mètres l'un de l'autreD 8 : la Cité — issue de la Vésone gallo-romaine —, ville de l'évêque et du comte de PérigordG 2, et la ville bourgeoise du Puy-Saint-FrontG 8.

Entre les comtes de Périgord et la nouvelle ville, diverses hostilités durent jusqu'en 1250, date à laquelle la discorde est apaisée par l'évêque Pierre III de Saint-AstierD 9. Au XIIIe siècle, de nouveaux bourgeois s'installent à Périgueux afin d'augmenter leur patrimoine foncier, en achetant des parcelles qui se libèrent, tout en profitant des rapports privilégiés qu'ils entretiennent avec leurs paroisses d'origine, où ils gardent encore des propriétésM 1. Revenant dans la région de leurs ancêtres, des marchands drapiers viennent également se fixer à Périgueux, acquérant de nombreuses rentes et terres dans un large rayon autour de la villeM 1. Le comte Archambaud III a d'autres démêlés avec Périgueux : en 1266, c'est à propos de la fabrication de la monnaie, et en 1276 au sujet de sa valeurD 9. Cette lutte de pouvoir continue de génération en générationD 10. Sur le principe, les comtes affectent la puissance souveraine, se prétendant seuls possesseurs du bourg du Puy-Saint-Front depuis le XIIe siècle, puis en allant chercher, au XIVe siècle, l'obtention de la faveur royaleD 10. Ces longs conflits prennent fin au XIVe siècle, lorsque le comte de Périgord, Roger-Bernard, fils d'Archambaud IVD 11, devient le vassal des Anglais qui confirment les bourgeois de Périgueux (« Maires, Consuls & Citoyens de la Cité ») dans leurs possessions et leur juridiction87.

Depuis le milieu du XIVe siècle, les campagnes autour de Périgueux connaissent une période de crise grave, marquée notamment par une très forte chute de la population due aux effets dévastateurs de la peste noire et de la guerre de Cent AnsD 12. Pendant celle-ci, Périgueux reste fidèle au royaume de France, même lorsqu'elle est occupée par les Anglais entre 1360 et 1363D 13. Durant cette période, les comtes et leurs descendances, résidant le plus souvent dans leur château de Montignac, font allégeance au royaume d'Angleterre. Charles VI leur confisque terres et titres au profit de son frère Louis d'Orléans. Par cession ou par mariage avec la famille d'Orléans, le Périgord passe en 1437 aux mains de la maison de Châtillon, puis dans la maison d'Albret en 1481.

Pendant le Moyen Âge tardif, partout le manque de bras entraîne une contraction de l'espace cultivé : au cœur même du vignoble de la paroisse Saint-Martin, apparaissent des « déserts »M 2.

Époque moderne

En mai 1472, par ses lettres patentes, le roi Louis XI confirme les privilèges de la ville, à la suite de la mort de Charles, duc de Guyenne, son frère88.

Les guerres de religion sont plus meurtrières pour Périgueux que ne l'a été la guerre de Cent Ans. Périgueux est prise le 6 août 1575 par les calvinistes89,G 7, commandés par Favas et Guy de Montferrand, puis pillée et occupée. Cette même année, au Puy Saint-Front, la châsse et le reliquaire contenant les restes du saint évêque sont volés, transportés au château de Tiregand où les ossements du saint sont jetés dans la DordogneG 10. Périgueux reste entre les mains des protestants jusqu'en 1581G 11, année où le capitaine Belsunce, gouverneur de la ville, se la laisse enlever par le catholique Jean de Chilhaud. Le Périgord rejoint la couronne de France en 1589, lorsque son avant-dernier comte, fils de Jeanne d'Albret, devient roi de France sous le nom de Henri IV, tout en laissant le comté en apanage à sa sœur Catherine de Bourbon. Celle-ci, décédée en 1604, sera l'ultime comtesse en titre de Périgord90.

Au XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIII, la ville est à la frontière d'une région soumise aux rebelles, qui s'étend jusqu'au sud du territoire correspondant à l'actuel département de la DordogneM 3. Périgueux subit donc des révoltes paysannes mais ne fait pas partie des villes ou châteaux, comme Grignols, Excideuil puis Bergerac, qui ont été pris par les paysans durant cette époqueM 3. En octobre 1651, lors de la Fronde, Périgueux accueille les troupes du prince de CondéG 12. En août 1653, elle reste la seule ville du Sud-Ouest hostile au roi, situation qui dure jusqu'au 16 septembre suivant, lorsque ses habitants mettent dehors les frondeursG 12. C'est en 1669 que le siège cathédral passe de Saint-Étienne-de-la-Cité, ruinée, à la cathédrale Saint-Front, ancienne église de l'abbaye du même nomG 13. En automne 1698, la misère des dernières années, devenue insupportable, amène l'évêque de Périgueux à en appeler à « la bonté du Roy »M 4.

En mars 1783, la ville connait une des plus importantes crues de l'Isle, l'eau noyant la chaussée du pont Saint-GeorgesG 14 et s'élevant jusqu'à 5,21 mètres, record de crue enregistré pour Périgueux91. Le clergé, la noblesse et le tiers état viennent de toute la province afin d'élire leurs députés aux États généraux de 1789. Après la création des départements en 1790, l'assemblée départementale se réunit alternativement à Bergerac, Périgueux et Sarlat. Périgueux devient définitivement le chef-lieu de la Dordogne en septembre 179192.

Époque contemporaine

Sous le Premier Empire, la ville, siège de la préfectureG 15, s'agrandit en 1813 en fusionnant avec l'ancienne commune de Saint-MartinG 16. En 1857, Périgueux voit l'arrivée du chemin de fer venant de Coutras21 et à partir de 1862, l'installation des ateliers de réparation des locomotives et des voitures de la Compagnie du Paris-OrléansG 17. Cette activité survit encore au début du XXIe siècle dans le quartier du Toulon. C'est aussi au XIXe siècle que deux architectes œuvrent à Périgueux. Louis Catoire construit le Palais de justice, le marché couvert du Coderc et le Théâtre — aujourd'hui disparu — et divers immeubles de la place Bugeaud93. Paul Abadie restaure la cathédrale Saint-Front94.

Seconde Guerre mondiale

En 1939, à la suite de l'avancée des forces allemandes en Alsace et en Lorraine, les habitants de ces deux régions sont évacués et répartis dans le Centre-Ouest et le Sud-Ouest de la France95. Périgueux accueille ainsi, dès le 5 septembre 1939, des milliers de Strasbourgeois ; la mairie de Strasbourg s'installe au 2 rue Voltaire, dans les locaux de la Chambre de commerceG 18,O 1. Les services administratifs repartent à Strasbourg en juillet 1940, mais le maire, Charles Frey, reste à Périgueux jusqu'au 28 novembre 1944G 18.

Les régiments dissous sur le territoire français sont autorisés à organiser l'Armée d'armistice en zone libre, pour maintenir l'ordre. Le 26e régiment d'infanterie devient donc le nouveau régiment de la Dordogne, en août 1940, à PérigueuxO 2. Progressivement, la Résistance apparaît dans la ville : mouvements et réseaux se créent, pour la confection et la diffusion, par exemple, de faux-papiers ou de journaux clandestins. Les résistants, engagés dans l'armée, organisent des sabotages et des attentatsO 3. Après avoir servi de dépôt de munitions pour la Résistance, l'Institution Saint-Joseph servit de lieu de réunion où, en juin 1942, a été fondé le mouvement de résistance Combat qui a organisé le maquis A.S., formé le 50e et le 26e R.I.96,97,98. Les fondateurs sont André Boissière 99, Gabriel de Choiseul-Praslin, Georgette Claude-Gérard, Raymond Faro, H. Hortala, Edmond Michelet, Jean Sigala et J. VillotNote 6. Le 3 octobre 1942, le premier attentat par explosif endommage le kiosque de la Légion française des combattants de la ville, situé place Bugeaud, et provoque une fracture entre les gaullistes et les pétainistes. Les effets de la politique collaborationniste de Vichy finissent par dégrader la popularité de Philippe Pétain, entraînant un certain nombre de poilus dans la RésistanceO 4.

Le 11 novembre 1942, les troupes allemandes envahissent la zone libre. Les convois allemands entrent dans la ville et s'installent dans le quartier Daumesnil, contraignant le 26e régiment d'infanterie à se dissoudre six jours plus tardO 5. La Gestapo emménage sur l'actuelle place du Général de Gaulle et fait partie de l'administration locale de l'époque, aidée par Paul Lapuyade, délégué départemental de la Légion des volontaires français, qui collecte de nombreux renseignements pour les nazisO 5.

La Résistance s'intensifie en 1943, provoquant un attentat à la bombe le 9 octobre, qui vise pour la première fois les Allemands, en choisissant comme cible le siège de la Gestapo. Mais des représailles sont immédiatement déclenchées, entraînant l'arrestation de dix-sept résistants et la déportation de la plupart d'entre eux. Le 9 novembre, un nouvel attentat, dirigé contre les Allemands au bureau principal de la gendarmerie, occasionne de nombreux dégâts matériels et des blessés. Une opération répressive est aussitôt organisée, visant majoritairement les Juifs, dont 1 672 sont recensés dans l'arrondissement et 700 dans la ville mêmeO 6. Un important sabotage impulsé par le comité régional des Francs-tireurs et partisans, réalisé par des hommes du Camp Wodli, met hors d'usage, le 13 décembre 1943, une des plus puissantes grues de levage de France, stationnée pour réparation aux ateliers de la SNCF de PérigueuxNote 7,O 7.

Le 10 mai 1944, la milice et la police de Vichy arrêtent et regroupent 211 personnes dans la salle du Palace, puis les transfèrent vers les chantiers du mur de l'Atlantique, pour y effectuer des travaux forcés, les internent dans la Haute-Vienne ou les déportent vers l'Allemagne100. Le jour J, les Alliés débarquent en Normandie. Les résistants périgourdins s'attaquent alors à des objectifs militaires afin de paralyser l'ennemi. Les Allemands contre-attaquent en tuant plus de 500 civils. Face à cette situation, l'état-major des Forces françaises de l'intérieur, nouvellement constitué, fixe aux Allemands un ultimatum au 17 août, mais il n'obtient aucune réponse. Le 18 août, un plan d'encerclement de Périgueux est en cours. Dans le même temps, le débarquement de Provence provoque un dénouement soudain pour la ville : Hitler décide le retrait de ses troupes basées dans le sud de la France. Après avoir fusillé, dans un premier temps, 35 résistants101, puis 14 autres qui avaient été internés, les Allemands abandonnent la ville, sans destruction ni combat, le 19 août 1944O 8. Le 24 août 1944, a lieu le défilé de libération auquel Roger Ranoux, Yves Péron, Édouard Valéry participent, avec de nombreux autres résistants102.

Depuis la fin de la guerre

Après de fortes pluies entraînant une fonte des neiges accélérée, l'Isle entre en crue centennale et atteint son maximum à 4,50 mètres le 8 décembre 1944, faisant 7 000 sinistrés et inondant un tiers de Périgueux91.

En 1945, Hans Kowar, un prisonnier de guerre allemand travaille en Bergeracois, à Nastringues, dans une ferme appartenant à la famille du prêtre Henri Cellerier, qui enseigne la langue allemande à PérigueuxG 19. Les deux hommes se lient d'amitié et, revenu chez lui, Kowar fait découvrir sa ville, Amberg, à Cellerier. Dès 1961, une délégation municipale périgourdine se rend à Amberg et le jumelage est officialisé le 2 octobre 1965G 19. L'association des amis d'Amberg est créée en 1993 pour donner lieu jusqu'à aujourd'hui à de nombreux échanges entre étudiants103, comme celui qui a lieu chaque année encore, entre le collège Clos-Chassaing et l'Erasmus Gymnasium104.

En 1964, le 5e régiment de chasseurs à cheval s'installe dans le quartier Daumesnil. Rattaché à la 15e division d'infanterie en 1977, il intervient au Liban entre 1986 et 1993 et en Yougoslavie de 1992 à 1994, année où il est dissous et quitte donc PérigueuxG 20.

Pendant les années 1950 à 1970, le faubourg des Barris se développe89 sur la rive gauche de l'Isle. Le pont du même nom relie le faubourg et la ville.

À la suite de l'évacuation de 1939 des 80 000 Alsaciens en Dordogne et principalement à Périgueux pour les Strasbourgeois, 20 % restent en Périgord. De ce fait, des relations naissent ; Périgueux et Strasbourg concluent un accord de coopération en 2008, après délibération par le conseil municipal de Périgueux103,105. Située dans le parc, en face du lycée Bertran-de-Born, une stèle marque la reconnaissance de Strasbourg à Périgueux pour l'accueil des réfugiés pendant la Seconde Guerre mondialeO 9.

Intercommunalité

Articles détaillés : Le Grand Périgueux et Communauté d'agglomération périgourdine.

Périgueux a fait partie, en 1993, du district de l'agglomération périgourdine, puis de la communauté d'agglomération périgourdine, lorsque celle-ci a été créée le 20 décembre 1999 à partir de sept communes appartenant à l'ancien district (Champcevinel, Chancelade, Coulounieix-Chamiers, Marsac-sur-l'Isle, Notre-Dame-de-Sanilhac, Périgueux et Trélissac). La communauté d'agglomération périgourdine prend effet au 1er janvier 2000. Le 27 décembre 2002, elle s'ouvre à six autres communes (Antonne-et-Trigonant, Château-l'Évêque, Coursac, Escoire, La Chapelle-Gonaguet et Razac-sur-l'Isle). Par arrêté préfectoral no 111720 du 28 décembre 2011, les communes d'Agonac, Cornille et Sarliac-sur-l'Isle, qui étaient rattachées à la communauté de communes des Villages truffiers des portes de Périgueux dissoute le 31 décembre 2011, rejoignent la communauté d'agglomération périgourdine au 1er janvier 2012139. Au 1er janvier 2013, les communes d'Annesse-et-Beaulieu et de Mensignac ont quitté la communauté de communes Astérienne Isle et Vern pour rejoindre la communauté d'agglomération périgourdine140. Cette dernière disparaît le 31 décembre 2013, remplacée au 1er janvier 2014 par une nouvelle intercommunalité élargie : Le Grand Périgueux, qui intègre les quinze communes de la communauté de communes Isle Manoire en Périgord141. En 2017, après le rattachement de trois autres communes, l'extension de l'intercommunalité à la communauté de communes du Pays vernois et du terroir de la truffe (hormis deux communes)142, et la création de quatre communes nouvelles, Le Grand Périgueux compte quarante-trois communes.

Arrondissement et cantons

La commune de Périgueux a été rattachée, dès 1790, au canton de Périgueux (typographié Perigueux dans un premier temps) qui dépendait du district de Perigueux. Les districts sont supprimés en 1795. Le canton est rattaché à l'arrondissement de Périgueux en 1800. Celui-ci est scindé en trois en 1973 (cantons de Périgueux-Centre, Périgueux-Nord-Est et Périgueux-Ouest), de même que la commune143.

Périgueux, préfecture de la Dordogne, est le chef-lieu de l'arrondissement de Périgueux et de ces trois cantons.

Au 1er janvier 2012, la commune regroupait une population municipale de 29 906 habitants144 se répartissant comme suit :

 

Alors que Périgueux-Centre correspondait uniquement à une fraction du territoire de la commune, les deux autres cantons associaient chacun une partie de Périgueux à trois autres communes.

Pour les élections départementales de mars 2015, le nombre de cantons du département est divisé par deux, passant de 50 à 25. Les trois cantons de Périgueux disparaissent et la commune est alors divisée en deux cantons145 : Périgueux-1 (partie ouest) et Périgueux-2 (partie est), représentant à eux deux l'intégralité de la commune de Périgueux. Selon l'Insee, les populations légales 2012 des nouveaux cantons en vigueur à compter du 1er janvier 2015146 sont les suivantes :

 

Population et société

Démographie

Les habitants de Périgueux sont appelés les Périgourdins, parfois les PétrocoriensNote 13, nom tiré du peuple qui avait pour capitale Vesunna.

Seuil de comptabilisation

En 2017, Périgueux est la commune la plus densément peuplée du département, avec plus de 3 000 habitants au kilomètre carré.

Sous l'angle régional, sa population peut être perçue sous différents critères :

•la population municipale en 2018 : 30 060 habitants, ce qui la place en 18e position parmi les communes de Nouvelle-Aquitaine, derrière Bordeaux, Limoges, Poitiers, Pau, La Rochelle, Mérignac, Pessac, Niort, Bayonne, Brive-la-Gaillarde, Talence, Angoulême, Anglet, Villenave-d'Ornon, Agen, Châtellerault et Saint-Médard-en-Jalles ;

•la population de l'unité urbaine en 2017 : 65 208 habitants172, soit la douzième unité urbaine la plus peuplée de Nouvelle-Aquitaine en 2017, derrière celles de Bordeaux, Bayonne, Pau, Limoges, Poitiers, La Rochelle, Angoulême, Agen, Brive-la-Gaillarde, Niort et La Teste-de-Buch-Arcachon, ou encore la 99e de France en 2007173 ;

•la population de la communauté d'agglomération en 2017 : 103 576 habitants174, soit la dixième intercommunalité la plus peuplée de Nouvelle-Aquitaine, derrière celles de Bordeaux Métropole, de la Côte Basque-Adour, de Limoges Métropole, du Grand Poitiers, de La Rochelle, de Pau-Pyrénées, du Grand Angoulême, du Niortais et du Bassin de Brive ;

•la population de l'aire urbaine en 2017 : 102 934 habitants175, soit la dixième aire urbaine la plus peuplée de Nouvelle-Aquitaine, derrière Bordeaux, Bayonne, Limoges, Poitiers, Pau, La Rochelle, Angoulême, Niort et Agen.

Évolution

Articles connexes : Histoire du recensement de la population en France et Démographie de la France.

Après avoir dépassé les 40 000 habitants dans les années 1940 et 1950, avec un maximum de 40 865 habitants en 1946, la population communale a ensuite décru de façon continue jusqu'à passer sous le seuil des 30 000 habitants au XXIe siècle. En 2017, la commune occupe le premier rang au niveau départemental sur 505 communes, et le 269e au niveau national en 2010, alors qu'elle était 243e en 1999.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans176,Note 14

L'agglomération et l'aire urbaine de Périgueux

L'unité urbaine de Périgueux (l'agglomération) comprend sept communes appartenant au Grand Périgueux : Boulazac Isle Manoire, Champcevinel, Chancelade, Coulounieix-Chamiers, Marsac-sur-l'Isle, Périgueux et Trélissac181. Elle est peuplée de 65 208 habitants en 2017172.

L'aire urbaine, plus étendue, regroupe au total 43 communes182, soit 102 934 habitants en 2017175.

Économie

Revenus de la population

En juin 2018, l'Insee a publié les données relatives aux revenus des ménages pour l'année 2015258. En 2015, la commune de Périgueux comptait 15 293 ménages fiscaux comprenant au total 27 181 personnes correspondant à 20 543 UI de consommation dans ces ménages. Emploi

En 2015, la population âgée de 15 à 64 ans s'élevait à 18 956 personnes, parmi lesquelles on comptait 71,5 % d'actifs dont 56,6 % ayant un emploi et 14,8 % de chômeurs259.

La même année, on comptait 21 441 emplois dans la commune, contre 22 788 en 2010. Le nombre d'actifs ayant un emploi et résidant dans la commune étant de 10 907, l'indicateur de concentration d'emploiNote 21 est de 196,6 %, ce qui signifie que la commune offre quasiment deux emplois pour un habitant actif, ce qui est exceptionnel260.

En 2015, parmi tous les actifs de Périgueux âgés de 15 ans ou plus ayant un emploi, 62,1 % soit 6 775 personnes travaillent à Périgueux, et les 37,9 % restants, soit 4 126 recensés, travaillent dans une autre commune261.

En 2015, sur la population active des 15 à 64 ans, on comptait à Périgueux 2 808 chômeurs, soit 20,7 % des actifsNote 22.

Chômage des 15 à 64 ans265

 

2015 2010

Nombre de chômeurs 2 8082 213

Taux de chômage 20,7 %15,9 %

Taux de chômage des hommes 22,3 %16,1 %

Taux de chômage des femmes 19,1 %15,7 %

Part des femmes parmi les chômeurs 45,6 %49,5 %

Tourisme

Commune touristique280, située en plein cœur du Périgord, et pouvant accueillir les touristes dans dix hôtels en centre-ville281, Périgueux est classée station de tourisme282, ville d'art et d'histoire (depuis 1987)Note 25,283 et compte un important secteur sauvegardé depuis 1980284. Périgueux accueille les visiteurs de la vallée de l'Isle et les pèlerins des chemins de Saint-Jacques de Compostelle depuis 2 000 ans285. Des promenades urbaines sont organisées par l'office de tourisme pour faire découvrir l'histoire de la ville, et sont commentées par des guides agréés par le ministère de la Culture et de la Communication286, tout ceci en plus des musées, des monuments historiques et du parcours de 4,5 km du petit train, afin de faire découvrir la ville aux touristes287. De plus, il existe depuis 2015 un sentier nautique sur l'Isle pour observer les monuments de la ville depuis Vesunna I, un rabaska réservé à cet effet288. Pour trouver les sites périgourdins à visiter, l'office de tourisme a développé des applications mobiles, notamment « Périgueux Tour » en 2011, qui renseigne à propos des activités organisées par la ville289.

Culture locale et patrimoine

Article connexe : Liste des monuments historiques de Périgueux.

Périgueux appartient au réseau national des Villes et pays d'art et d'histoire.

Équipement culturel

Musées

La ville compte trois musées qui ont tous trois l'appellation musée de France en raison de la qualité de leurs collections. Le musée d'art et d'archéologie du Périgord, premier musée du département, est créé en 1835. Le musée militaire du Périgord est créé en 1911 pour garder en mémoire l'héroïsme de la Garde Nationale de Périgueux et du 22e régiment des mobiles de la Dordogne de 1870 et de 1871. Le musée gallo-romain Vesunna est une création récente de l'architecte Jean Nouvel290. Ils permettent ensemble d'appréhender l'histoire locale à travers des collections archéologiques depuis la préhistoire jusqu'à nos jours. Le premier possède aussi de très belles collections d'Afrique et d'Océanie, pièces rapportées par les Périgourdins lors de leurs voyages depuis le milieu du XIXe siècle.

Théâtres, cinéma et salles de concerts

Périgueux dispose d'un cinéma CGRNote 26,291 ; de deux théâtres, Le Palace et L'OdysséeNote 27,292 ; du Centre départemental de la communicationNote 28 ; et d'une salle de musiques amplifiées affiliée au réseau Fédurok, le Sans RéserveNote 29,293.

Bibliothèques

Créée en 1809, la médiathèque Pierre-Fanlac (anciennement bibliothèque municipale de Périgueux) se compose d’un établissement central et de trois annexes : le Gour de l’Arche, Saint-Georges et le Toulon. Ses collections comptent plus de 50 000 documents patrimoniaux, et elle propose plus de 130 000 ouvrages au prêt294,295,296. Périgueux compte également l'espace culturel François-Mitterrand et la bibliothèque départementale de prêt.

Centres culturels

•Centre culturel de la Visitation297 dans l'ancien couvent de la Visitation298 : ce centre culturel municipal comprend des salles d'exposition, de musique, de danse, de spectacles dans l'ancienne chapelle. Ce lieu reçoit aussi le conservatoire de musique et de danse ainsi que l'école d'arts plastiques.

•Centre culturel François-Mitterrand dépendant du Conseil départemental de la Dordogne présentant des expositions sur des artistes contemporains : cet espace culturel reçoit la Direction départementale de la Culture et de l’Éducation299.

Architecture civile et militaire

La ville de Périgueux recèle les vestiges gallo-romains de l'ancienne cité de Vésone : les restes de la domus des Bouquets (villa gallo-romaine) au-dessus desquels l'architecte Jean Nouvel a construit le musée Vesunna300. Ces vestiges sont classés monuments historiques depuis 1963301. Le jardin des Arènes est entouré par les vestiges de l'amphithéâtre romain du IIe siècle, classés en 1840302. La tour de Vésone, classée en 1846303, reste le seul vestige d'un fanum dédié à Vésone, déesse tutélaire de la ville. Cette tour correspond à la cella, c'est-à-dire, la partie centrale sacrée où seuls les prêtres avaient accès. Différents vestiges de la citadelle gallo-romaine de Vésone ont fait l'objet de classements successifs en 1886, 1889 et 1942. En 2018, la ville fait peindre au sol un tracé rouge d'un kilomètre reliant différents lieux de l'architecture gallo-romaine dont sept sont munis de panneaux d'information historique304.

La ville a conservé de nombreux bâtiments médiévaux et Renaissance : le château Barrière, du XIIe au XVIe siècle, classé monument historique depuis 1862305, est bâti sur l'enceinte antique construite au début du IIIe siècle. À côté se trouve un bâtiment construit au-dessus de l'enceinte gallo-romaine et qui était appelé château d'Angoulême au XVe siècle306.

Sur vingt hectares s'étend le secteur sauvegardé du centre-ville médiéval et Renaissance, dont la rue Limogeanne, avec notamment l'hôtel Fayard dit « maison Estignard » et aux nos 1, 3 et 5 un groupe de maisons d'époque Renaissance. La tour Mataguerre, dernière tour existante du rempart, est accessible en visite. Elle est classée depuis 1840307. En bord de rivière, à proximité de la cathédrale, les maisons des Quais forment un ensemble architectural composé de trois demeures mitoyennes, l'hôtel Salleton inscrit en 1938308, la maison des Consuls et la maison Lambert, toutes deux classées depuis 1889309,310.

Également au bord de l'Isle, un étrange bâtiment en torchis et à pans de bois, l'eschif. Bien que n'ayant jamais servi comme moulin, l'eschif est appelé à tort « Vieux moulin » ou « moulin du Chapitre » ou encore « moulin de Saint-Front ». La confusion vient du proche moulin de Saint-Front qui se trouvait au milieu de l'Isle et qui a été démoli en 1860311, semble tenir miraculeusement sur sa base. C'est un poste de guet qui va permettre au Moyen Âge la surveillance du pont de Tournepiche. Il est classé depuis 1977312.

Rue Aubergerie, l'hôtel de Sallegourde est inscrit depuis 1931 pour sa tour et sa tourelle313.

L'hôtel de préfecture de la Dordogne, bâti au XIXe siècle, présente une façade Second Empire ; ses salons sont de véritables œuvres d'art. Il est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1975314. Le palais de justice de style néoclassique est inscrit en partie depuis 1997315. Au bord de l'Isle, 200 mètres au nord-est de la cathédrale, l'hôtel de Fayolle du XVIIe siècle est inscrit depuis 1970 pour son porche316. À moins de cent mètres de la cathédrale, la loge maçonnique, inscrite en 1975 pour ses façades et ses toitures, offre des façades de style mauresque balkanique317.

En plus des édifices inscrits et classés au titre des monuments historiques, Périgueux possède plusieurs édifices insolites : l'hôtel des Postes réalisé sur les plans de l'architecte Paul Cocula et inauguré en 1930 par Georges Bonnet, 1 rue du 4-septembre, la maison Labasse, immeuble de rapport de type haussmannien, 2 rue Gambetta, les anciens bains-douches de la Caisse d'Épargne, 39-41 rue Louis-Mie, la succursale départementale de la Banque de France, 1 place du président-Roosevelt, la villa mauresque318, 15 rue Jules-Michelet, l'école municipale de dessin et d'art décoratif, aujourd'hui école Britten, 3 rue de Varsovie, la maison Goudeau réalisée dans les années 1860 par Émile Goudeau, 6 place du général-Leclerc, l'immeuble Lacrousille, 12 rue Saint-Front, le gymnase Secrestat, 3 rue du gymnase319.

Périgueux compte quatre cimetières320 : le cimetière Saint-Georges, boulevard du Petit-Change ; le cimetière de l'Ouest, rue Louis-Blanc ; le cimetière du Nord, avenue Georges-Pompidou et le cimetière Saint-Augûtre, avenue de l’Amiral-Pradier, sur la commune voisine de Coulounieix-Chamiers.

Architecture religieuse

jusqu'à dix-huit églises, dont seulement cinq subsistent actuellement.

La cathédrale Saint-Front, place de la Clautre, est bâtie dans le centre-ville de Périgueux, sur le tombeau de saint Front de PérigueuxG 8, l'évangélisateur légendaire du Périgord, qui a donné son nom au quartier central de la ville (« Puy-Saint-Front ») au Moyen ÂgeG 8. Simple église à l'origine (aux débuts du Ve siècle), elle a subi plusieurs destructions et reconstructions, pour devenir, à partir de 1669, la cathédrale du diocèse de Périgueux322. Elle est classée monument historique en 1840322, érigée aussi en basilique mineure en 1897322, et inscrite au patrimoine de l'humanité au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en 1998323. Cette cathédrale à coupoles a été presque entièrement reconstruite lors de la restauration entreprise par Paul Abadie au XIXe siècleG 13. Par la suite, cet architecte s'en inspira pour la construction du Sacré-Cœur à Paris. Le chemin de croix peint vers 1850 par Jacques-Émile Lafon a été restauré en 2002324.

Outre la cathédrale, la ville comprend quatre autres églises catholiques.

L'église Saint-Étienne de la Cité, place de la Cité, ancienne cathédrale du diocèse de Périgueux jusqu'en 1669325, devient simple église paroissiale en 1673G 26. Cette église romane, des XIe et XIIe sièclesG 26, était coiffée de quatre coupoles, et fut ruinée par les Huguenots en 1577325. De fait, il n'en reste plus aujourd'hui que les deux travées orientalesG 26. L'édifice est classé en 1840325.

En remplacement d'une ancienne église située à une centaine de mètres, l'église Saint-Georges, place Saint-Georges, dans le quartier du même nom, fut construite entre 1852 et 1870, selon les plans des architectes Paul Abadie, Antoine Lambert et E. VauthierG 27,326. Elle est érigée en paroisse dès 1854, la messe s'effectuant dans une chapelle provisoireG 27.

L'actuelle église Saint-Martin, place Saint-Martin, (quatrième du nom), d'abord construite entièrement en bois de 1868 à 1870, fut rebâtie en maçonnerie, entre 1870 et 1875, selon les plans d'Antoine Lambert, validés par Paul AbadieG 28. Elle devient paroisse en 1863G 28.

L'église Saint-Jean-Saint-Charles, rue de l'Abîme, dans le quartier du Toulon, bâtie entre 1879 et 1892, était à l'origine une chapelle annexe de l'église Saint-MartinG 29. Elle fut érigée en paroisse en 1907 et son clocher fut ajouté en 1911G 29. Outre la cathédrale et les églises paroissiales, Périgueux abrite également un couvent, dédié à sainte Marthe, et dont la chapelle Saint-Jean-Baptiste de l'ancien évêché de PérigueuxG 30 est classée depuis 1888, datant du XVIe siècle avec des voûtes ornées d'arabesques de la Renaissance327. Le couvent des Dames de la Foi est également classé328.

Patrimoine religieux disparu

Jean Secret a donné une liste avec un historique sommaire de 80 églises et chapelles de Périgueux existantes ou disparues dans un article du Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord paru en 1973329.

Au fil des siècles, pas moins de dix-huit églises, toutes situées en rive droite de l'Isle à l'exception de l'église Saint-Georges, ont disparu de Périgueux.

En rive gauche de l'Isle, une première église Saint-Georges apparaît dans les textes au XIIIe siècle. Reconstruite en 1460 sur l'ordre du cardinal Hélie de Bourdeilles, elle fut vendue comme bien national en 1791 avant d'être transformée en maison d'habitation et détruite au siècle suivantG 27. À une centaine de mètres de distance fut érigée de 1852 à 1870 l'actuelle église Saint-GeorgesG 27.

Dans le quartier de la Cité, on en compte deux, et peut-être trois. L'église Notre-Dame de LeydrouseW 1 était un édifice probablement d'époque romane, situé rue Romaine, au sud-ouest de l'ancienne cathédrale Saint-ÉtienneG 31. Mesurant 14 × 7 m, trois de ses travées voûtées subsistaient encore en 1905G 31. Il pourrait s'agir du même édifice que l'église Sainte-Marie qui se situait sur une portion importante de la place de la Cité, avec une rue qui en évoque encore le souvenir, dans le prolongement de l'ancienne cathédrale Saint-ÉtienneG 32. Les deux bâtiments n'étaient séparés que de quelques mètres. L'église Saint-Astier était située dans la rue du même nom, près de l'actuelle église Saint-Étienne-de-la-Cité, et à l'ouest de l'église Notre-Dame de LeydrouseW 1.

Trois églises ont disparu dans le quartier de Vésone. L'église Saint-Pierre-ès-Liens330, était située à l'angle du boulevard de Vésone et à l'emplacement du no 33 de la rue Saint-Pierre-ès-Liens. Datant du XIe siècle, elle, était le siège d'une paroisse et fut démolie en 1889W 2. L'église Saint-Jean-l'Évangéliste puis Saint-Cloud était située à l'angle sud du boulevard de Vésone et de la rue Saint-Pierre-ès-Liens, tout près de l'église ayant ce dernier nomW 3. C'était un édifice roman qui fut vendu comme bien national en 1791 ; il servit de forge puis d'entrepôt, et fut démoli en juillet 1899G 33. L'église Saint-Pierre-l'Ancien ou Saint-Pé-Laneys était située à l'ouest de la tour de Vésone et au sud-est de la cité administrative - ancienne caserne Bugeaud - et sur l'emplacement d'une ancienne villa gallo-romaine, dite villa de Vésone, au centre du cimetière Saint-Pierre, dit cimetière des Pendus, aujourd'hui disparu. C'était l'une des plus vieilles églises de la ville, qui servait de départ à toutes les processions d'intronisation des évêquesG 34. Elle fut détruite avant 1726G 34.

À proximité de l'Isle, on en compte six autres. L'église Saint-Jacques puis Sainte-Claire était située à l'emplacement de l'actuelle caserne des pompiersW 1. Elle mesurait 24 m x 11 et datait du XIIe siècle. L'église s'installa entre 1279 et 1290 dans un monastère de clarisses et dura jusqu'à la Révolution. Le monastère fut ruiné par les Huguenots en 1575, puis rebâti en 1590. Il devint un hôpital en 1793, puis une prison et une caserne au début du XIXe siècleG 35 ; en 1828, c'est de nouveau une caserne à côté de laquelle sont installés des abattoirs lors de la décennie suivante. Enfin en 1973, les locaux sont transformés en caserne des pompiersG 35. L'église Saint-Hilaire se situait non loin de l'église Saint-Jacques. Elle devint, à partir de 1699, la chapelle des pénitents grisW 4. Ancienne chapelle, l'église Saint-Gervais a été une église paroissiale située près de l'actuel pont de la CitéW 5. Puis une autre chapelle du même nom, connue au XVIIe siècle, était située à l'actuel emplacement de la rue homonyme ; devenue une étable en 1826, elle fut rasée en 1858G 36. L'église Saint-Eumais, dite aussi Saint-Chamassy ou Saint-Yomay, était une ancienne église paroissiale aux XIIIe et XIVe siècles, devenue une simple chapelle au XVIIe siècle. Elle était située près du moulin du Rousseau, dans la rue du Rousseau, tout près de l'IsleW 6. L'église Sainte-Eulalie était une église paroissiale fort ancienne qui n'existait déjà plus en 1389G 32. Elle a donné son nom à une rue devenue ensuite la rue LittréW 6. Sur son emplacement approximatif fut construite, au milieu du XIXe siècle, la chapelle Sainte-Eulalie du lycée Bertran-de-BornG 37. Sur l'emplacement de ce lycée existait depuis le XVIe siècle l'église Saint-Benoît, érigée par les moniales de l'abbaye de LigueuxG 38. Elle a disparu, transformée successivement en chapelle, en pensionnat, puis en collège et enfin en lycée en 1848G 37.

Dans le reste de la ville, six autres églises ont aussi disparu. L'église Saint-Silain était située sur l'actuelle place de l'Hôtel-de-Ville, face à la mairie. Église fort ancienne qui mesurait 31 à 32 mètres de long sur 10 à 18 m de large et qui avait un cloître accolé côté sudW 2, elle était le siège de la paroisse du Puy-Saint-Front et fut détruite pendant la Révolution, entre 1793 et 1798331. L'église Saint-Louis, bâtie à la fin du XVIIe siècle à côté de l'hôpital de la Manufacture (actuellement rue Wilson), mesurait 27 m x 8. Elle fut démolie en 1851 et remplacée en 1854 par la chapelle Saint-Louis, détruite en 1950G 39. L'église Saint-Martin (deuxième du nom) succéda à un premier édifice du même nom, dévasté par les Normands en 849G 16. Elle était située vers l'angle des rues Wilson et Antoine-Gadaud, les Dominicains en firent la chapelle de leur infirmerie. Elle mesurait 11 m x 32 et devint par la suite la chapelle Sainte-Ursule. Elle fut démolie au XIXe siècle par les Ursulines qui firent rebâtir une nouvelle chapelle, aujourd'hui elle aussi disparue, au même emplacementW 7. L'église Saint-Martin (troisième du nom), située à l'angle des rues Gambetta et Maleville, était le siège de la paroisse Saint-Martin et de la commune du même nom. Elle mesurait 15 m × 20 et le culte y était encore célébré en 1871W 7. L'église Charles, dans le quartier du Toulon, se trouvait près du gouffre du Toulon, au-delà de la ligne de chemin de fer Limoges - Périgueux, non loin d'un ancien passage à niveau. Elle mesurait 12 m x 16

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Les ronds-points de la vie en archipel

A l’inverse, cette occupation donne à voir une France de la mobilité (mêlant de façon inextricable contraintes et choix), de la multi-appartenance géographique et du «zapping» territorial. Les multiples portraits de gilets jaunes, dans leur diversité, décrivent une même forme de relations aux territoires, en archipel, de ménages, souvent biactifs, naviguant en permanence entre leurs lieux d’habitat (le rural ou le périurbain), de travail (la ville moyenne) et de loisirs ou de consommation (les métropoles).

En occupant ces ronds-points, les gilets jaunes expriment symboliquement à la fois cette réalité sociogéographique inédite, effet de la globalisation généralisée de nos modes de vie - nous sommes à la fois de quelque part et de nulle part - et le mal-être qu’elle induit : qui sommes-nous et comment reconnaître cette identité brouillée ?La démocratie des réseaux

Répondre à cette nouvelle donne ne passera pas par l’invocation rhétorique des vertus supposées du local et de la proximité, ni par la réparation vis-à-vis d’une France périphérique qui n’existe pas comme victime homogène de la mondialisation. Cela exige en revanche de prendre conscience de cette nouvelle réalité, d’en construire un récit collectif, de l’inscrire dans un imaginaire national qui jusqu’à présent, plus que tout autre, s’est attaché à idéaliser la France des terroirs et des pays. Mais cette France des ronds-points interpelle aussi l’ensemble de notre système politique. Elle trouve un écho dans le désarroi qu’expriment les maires. Comment une représentation politique de la société, en poupées russes, de la commune à l’Etat, fondée sur des circonscriptions bien délimitées, pourrait-elle prendre en compte l’exigence démocratique induite par la montée en puissance des réseaux, tant les réseaux sociaux virtuels que les réseaux physiques dont les ronds points sont les nouveaux pôles ?

Les territoires de la France périphérique

Depuis une dizaine d’années, politiques et médias décrivent à l’envi une opposition entre la France des métropoles et celle des territoires. Loin de décrire un fait géographique et anthropologique universel - les relations entre un espace, une société et une juridiction -, le territoire devient alors synonyme du local, de la proximité, et par glissements progressifs, celui d’une catégorie particulière : le rural. C’est au nom de cette acception particulière de la notion de territoires qu’on a pu stigmatiser le «mépris des territoires» du président de la République. L’addition de ces territoires produit par contrecoup une représentation globale : la France périphérique.

La France, championne du monde du nombre de ronds-points Ronds-points mais aussi grands ensembles, échangeurs d'autoroute, centres commerciaux, zones piétonnes, centrales nucléaires... Partout sur son territoire, la France des Trente Glorieuses a vu s'ériger ces symboles de modernité triomphante. Cette collection unique de cartes postales éditées entre les années 1960 et 1980 fait l'autopsie d'un désastre esthétique, urbanistique et sociétal. La beauté d'hier, canonisée et figée sur ces photos souvenirs, est devenue l'horreur d'aujourd'hui.La France des ronds-points - Meilleurs souvenirs des Trente glorieuses. Collection Jean-Marie Donat - Grand Format

Une figure routière est apparue et prolifère dans l'espace urbain français. On l'appelle " giratoire", ou plus communément" rond-point ", nuance terminologique qui cache une ambiguïté : à la fois mouvement et forme. Pour mieux saisir les contours de ce statut équivoque, cet ouvrage propose de reconstituer une généalogie qui nous conduit d'abord au cur des forêts de chasse et des jardins classiques, puis, via les embellissements du XVIIIe siècle et le Paris d'Haussmann, jusqu'à la fin du XIXe siècle - moment décisif où les inventeurs d'une nouvelle science nommée " urbanisme " (Cerda, Sitte, Stübben) cherchent une solution aux conflits des voitures dans les carrefours urbains. Mais c'est à Eugène Hénard, en 1906, que l'on doit l'invention du " carrefour à giration ", dispositif que les architectes du XXe siècle ne cesseront de reprendre et de décliner. Si l'efficacité des carrefours giratoires en termes de circulation et de sécurité est désormais avérée, leur systématisation, issue d'une vision trop instrumentale de la voie, prive souvent cet équipement d'une approche urbanistique réfléchie. Au moment où un véritable réseau de giratoires-balises tend à réorganiser l'espace urbain, des architectes, paysagistes et artistes se penchent sur cette pièce du vocabulaire territorial courant. Ainsi, au travers de nombreux projets présentés, se dessinent les voies d'une possible réinvention du rond-point comme dispositif d'articulation majeur de la matrice viaire contemporaine Une figure routière est apparue et prolifère dans l'espace urbain français. On l'appelle " giratoire", ou plus communément" rond-point ", nuance terminologique qui cache une ambiguïté : à la fois mouvement et forme. Pour mieux saisir les contours de ce statut équivoque, cet ouvrage propose de reconstituer une généalogie qui nous conduit d'abord au cur des forêts de chasse et des jardins classiques, puis, via les embellissements du XVIIIe siècle et le Paris d'Haussmann, jusqu'à la fin du XIXe siècle - moment décisif où les inventeurs d'une nouvelle science nommée " urbanisme " (Cerda, Sitte, Stübben) cherchent une solution aux conflits des voitures dans les carrefours urbains. Mais c'est à Eugène Hénard, en 1906, que l'on doit l'invention du " carrefour à giration ", dispositif que les architectes du XXe siècle ne cesseront de reprendre et de décliner. Si l'efficacité des carrefours giratoires en termes de circulation et de sécurité est désormais avérée, leur systématisation, issue d'une vision trop instrumentale de la voie, prive souvent cet équipement d'une approche urbanistique réfléchie. Au moment où un véritable réseau de giratoires-balises tend à réorganiser l'espace urbain, des architectes, paysagistes et artistes se penchent sur cette pièce du vocabulaire territorial courant. Ainsi, au travers de nombreux projets présentés, se dessinent les voies d'une possible réinvention du rond-point comme dispositif d'articulation majeur de la matrice viaire contemporaine

Eric Alonzo est architecte. Il est membre du Groupe de recherche sur l'architecture et les infrastructures (GRAI) et enseigne à l'école d'architecture de Paris-Malaquais, ainsi qu'à l'école nationale des Travaux publics de l'Etat. Il est par ailleurs responsable du centre de ressources de l'école d'architecture de la ville et des territoires à Marne-la-Vallée.Ronds-points, autoroutes, péages et aires de repos, caféterias, zones piétonnes et commerciales, châteaux d'eau, mini-golfs et campings... La France des années 1970 a vu naître partout de petites merveilles de modernité, qui ont fait l'objet de superbes cartes postales. En voici le meilleur, pour la première fois réuni dans un livre de collection, mosaïque nostalgique d'une vision de l'avenir aujourd'hui décalée.

Dans la lignée des mémorables Boring Postcards de Martin Parr, cet ouvrage richement illustré offre un portrait pittoresque de la France de notre enfance.In Girum imus nocte et consumimur igni. " Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu. " Qui aurait pu imaginer que cette locution latine, palindrome à l'origine incertaine, livrerait aujourd'hui la tonalité d'une vaste contestation et, au-delà, l'allégorie d'une époque ?

En novembre et décembre 2018, ont en effet surgi sur les ronds-points de France des dizaines de milliers de gilets jaunes. S'ils y ont brûlé des feux conjugués de leurs colères, de leurs espoirs et d'une implacable répression d'État, ils y ont aussi entamé une longue marche giratoire autour d'un autre foyer : celui d'une politique ancrée dans le local, où s'articuleraient autonomie, écologie et justice sociale. Une politique de la Commune, ou plutôt des communes, qui ne serait plus seulement une lubie d'anarchistes ou de révolutionnaires sans révolution, mais un appel auquel les mouvements sociaux du futur auront à répondre.

Pour en entendre d'ores et déjà la rumeur, il faut s'essayer à une lecture d'ensemble du soulèvement jaune. Comprendre comment une mobilisation imprévue a mis en crise les habitudes éculées de la lutte. Expliquer pourquoi ce mouvement s'est tenu à l'écart des idéologies, parvenant, en définitive, à politiser des groupes populaires et périurbains jusqu'alors réfractaires à la politique. Et finir par inscrire l'événement dans une série de protestations qui font des potentialités libératrices et démocratiques du " proche " un nouvel enjeu d'imagination politique.In Girum imus nocte et consumimur igni. " Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu. " Qui aurait pu imaginer que cette locution latine, palindrome à l'origine incertaine, livrerait aujourd'hui la tonalité d'une vaste contestation et, au-delà, l'allégorie d'une époque ?

En novembre et décembre 2018, ont en effet surgi sur les ronds-points de France des dizaines de milliers de gilets jaunes. S'ils y ont brûlé des feux conjugués de leurs colères, de leurs espoirs et d'une implacable répression d'État, ils y ont aussi entamé une longue marche giratoire autour d'un autre foyer : celui d'une politique ancrée dans le local, où s'articuleraient autonomie, écologie et justice sociale. Une politique de la Commune, ou plutôt des communes, qui ne serait plus seulement une lubie d'anarchistes ou de révolutionnaires sans révolution, mais un appel auquel les mouvements sociaux du futur auront à répondre.

Pour en entendre d'ores et déjà la rumeur, il faut s'essayer à une lecture d'ensemble du soulèvement jaune. Comprendre comment une mobilisation imprévue a mis en crise les habitudes éculées de la lutte. Expliquer pourquoi ce mouvement s'est tenu à l'écart des idéologies, parvenant, en définitive, à politiser des groupes populaires et périurbains jusqu'alors réfractaires à la politique. Et finir par inscrire l'événement dans une série de protestations qui font des potentialités libératrices et démocratiques du " proche " un nouvel enjeu d'imagination politique.La France, terre de ronds-points

Au départ, le clocher. Il repère visuellement non pas seulement le centre, mais l’espace de la communauté : loin qu’on soit sur la commune ou dans les champs, ou dans le quartier de la ville, le clocher vous redonne l’orientation (revenir, c’est par là), et il ordonne aussi le temps : on l’entendait sonner l’heure, celle qui commandait aux tâches de tous. Et ce monde-là n’est pas si loin, à preuve qu’ils sont toujours là, les petits triangles pointus noirs aperçus des rocades ou au détour d’une rue, sur la perspective d’une place. Quant aux heures, elles ont fondu dans le bruit : on vous l’égrène dans l’autoradio, elle s’affiche sur le tableau des heures de départ des trains, elle traîne dans le coin en haut à droite de l’écran d’ordinateur, puisqu’on regarde plus facilement le monde depuis la fenêtre à pixels de l’écran qu’en se retournant vers la vitre par où la cuisine donne plus ou moins sur le centre-ville.

L’essentiel était, pour l’espace, qu’on s’orientait selon des points, et que des routes, des rues, des rails, des cartes reliaient ces points. Le clocher symbolise ces points : même les kilomètres d’autoroute, dans la France centralisée, sont calculés depuis Notre-Dame et non depuis l’Élysée ou l’Assemblée nationale ou la mairie de Paris, vérifiez, la prochaine fois que vous roulerez.

Cela a commencé par un étrange mot : déviation. On utilise, dans le vocabulaire qui a surgi depuis, des mots comme déviance ou dérive dans d’autres sens, qui ne sont pas de raison. On a en tête, souvenirs d’enfance qui resurgissent parfois à un retour de vacances, qu’on traverse Saint-Hyppolite du Fort ou Marans, à un de ces gros bourgs tout en longueur, aux bâtisses serrées et grises, avec leur pharmacie, leur bureau de tabac et leur boulangerie, et puis ces maisons aux vitres sombres on se dit qu’on serait bien aise, si en ville on avait pour soi-même un tel espace, qu’un grenier serait pour les livres, et la cave pour les guitares électriques, et qu’on aurait là son bureau, et on a forcément des amis chez qui c’est comme ça, les chambres d’ami pas vraiment refaites ni en état, au matelas de fortune, mais qui permet qu’on s’y héberge sans chichis, si nombreux qu’on soit. Dans ces bourgs on s’embouteille, le camion n’en finit pas de redémarrer au feu rouge, la voiture qui tourne à gauche, clignotant désespérément battant, à cinquante mètres en avant d’où vous êtes, bloque toute la file, les façades sont noircies et il semble qu’une seule rue a de toujours servi de trait de scie dans ce nœud des hommes, cimetière à la sortie à gauche, un garage et un supermarché à la sortie à droite. Et puis il y a la route à deux voies avec bretelle d’accès qui en fait le tour, et la vieille pharmacie et la boulangerie ou le tabac-journaux de Selles-sur-le-Cher on ne les verra plus jamais. Il y a la route Vierzon-Tours et on a gommé le clocher au profit de cette fraction soudaine de bitume plus lisse et sans rien à voir, où la vitesse s’est établie pour quelques minutes à quatre-vingt-dix (si on est sages). Et plus de regard fugitif vers le monument aux morts et la place où, sauf marché du samedi, sont tristement garées encore des voitures : ces villages vieillissent, il n’y a plus d’électroménager ni de marchand de musique et accordéon (j’en connais encore, et trouve toujours prétexte pour les visiter, à Montrichard ou Sablé-sur-Sarthe), les enseignes sont reprises par les deux marchands d’assurance, l’entreprise de pompes funèbres et celle de taxis médicaux (qui vont parfois ensemble), et autres professions de santé, la maison de retraite qui, elle, a son parking neuf ouvrant sur la petite rocade et non le centre-ville, étant souvent le plus gros employeur à ici demeurer. Et je ne parle pas pour me moquer, ni pour noircir : ainsi en est-il de la ville où j’ai eu toute mon adolescence, dans la Vienne à Civray, et le cinéma dont j’écoutais à répétition les bandes-son, sans jamais voir le film, parce que l’issue de secours donnait dans le garage familial, beau temps que les deux vitrines symétriques en sont vides.

Le mot rocade, donc, qui suivait, et ne concerne pas que les grandes villes, même si elles ont donné l’exemple. L’autoroute permet qu’on sorte à Poitiers nord ou Poitiers sud, Tours nord ou Tours centre ou Tours sud, et là s’embranche la rocade, avec ses quatre voies, ses feux rouges sur portique et ses voies de présélection. On contourne Laval à distance de sa cathédrale, on est comme sur le pourtour d’une boussole dont ce trait noir là-bas du clocher ancre l’aiguille qui pointe sur vous, et ce que vous voyez, de quartier en quartier, avec des arbres qui ont même eu le temps de grandir, c’est l’hôpital, puis l’indication de telle zone d’industrie (abattoirs à volaille dans ce cas, et les camions de volaille vivante à l’enseigne Poulets de Loué que vous avez doublés, maintenant au feu c’est une remorque isotherme blanche qui vous précède, la marchandise est transformée. De touter façon, maintenant que le contournement du Mans par autoroute est en service, même Laval je n’y passe plus, pour Rennes, Saint-Malo ou Alençon mieux vaut s’augmenter de trente kilomètres d’autoroute, on s’acquitte du péage en enquillant sa carte bleue mais il n’y a plus de ville ni feu rouge entre vous et les étudiants que vous retrouverez à Rennes, ou la mer qu’on découvrira à Saint-Malo. Ainsi se modifie la double relation à échelle large, les villes, la traversée du pays, et à échelle bien plus restreinte : ce qu’on voit au passage de la vie des autres, parce qu’on roule devant leur cour, qu’on est bloqué au stop en face d’un magasin, qu’on aperçoit derrière des rideaux, dans le mauvais éclairage d’une lampe, un intérieur immobile.

Et sont venus les ronds-points. Casser le heurt circulatoire des feux rouges par une diffusion continue et étalée des véhicules.

J’aimerais me souvenir de leur première apparition. Il fallait d’abord s’habituer à cette cession de priorité : celui qui arrivait, déjà dans l’orbite du cercle, il fallait le laisser passer. Mais une fois que vous étiez vous-même lancés, on s’assurait rageusement que celui-ci qui arrivait sur la route de droite, avait bien compris qu’il faudrait vous respecter. J’ai souvenir de grands ronds tout simples, avec bordure de ciment, et juste un vague monticule de terre au milieu. Et d’ailleurs au moins une fois s’être retrouvé au milieu pour avoir freiné trop tard, la voiture empâtée et ridicule dans l’herbe, là où auparavant on filait. Les premiers ronds-points gommaient des carrefours où on avait vu trop d’accidents, on comprenait qu’il fallait se faire raison. Ils ne changeaient pas la topologie, ni notre orientation. Au contraire, en cherchant, j’ai l’impression qu’ils l’a simplifiaient : à chacune des sorties en étoile du rond-point, les panneaux indiquant les endroits où cela menait, donc finalement quelque chose de plus clair. Et puis ils ont proliféré, on les a exportés, et dans ma ville, dont le rond-point maître arbore une plume de stylo de deux mètres de haut parce que Balzac et Anatole France y ont séjourné, on n’a pas de médiathèque, mais on a toujours deux nouveaux ronds-points en chantier, qu’ils fassent cinquante centimètres de diamètre, en beau pavé reconstitué, au milieu du carrefour, où ajoutent à la suite d’efflorescences soigneusement arrosées et entretenues avec végétation thématique et parfois inscription.

Non pour ironiser, ou s’en défendre comme d’un chancre qui rongerait nos villes : c’est le déplacement qui est étrange. En quoi ils ont déplacé notre perception spatiale de la ville en la déployant comme une pâte à pâtisserie sous la bouteille qui vous sert de rouleau – écoutez seulement comment désormais on vous indique un chemin : « Au rond-point à droite, puis deux ronds-points tout droit, tu sors au garage Renault et c’est deuxième rue à gauche. » Et qu’effectivement on y arrive très bien, on saura même repartir (« Au premier rond-point tu verras le grand panneau du Leclerc et après ce sera fléché autoroute. »), mais on n’aura rien su d’où on était dans Orléans, seulement si c’était plutôt nord de la Loire ou dessous. Et le mot giratoire n’a jamais pris. Question qui paraîtra sans doute mineure à un Parisien (la place de l’Étoile et celle de la Concorde ou Nation et Bastille fonctionnent aussi de façon giratoire, mais le monument au centre, l’obélisque, l’arc de triomphe ou la statue restent un point fixe d’organisation de l’espace, quand le rond-point est vide et renvoie à ce qui lui est extérieur), mais comment voudriez-vous en province vivre sans voiture ? Il faut l’Italie ou le Portugal pour redécouvrir qu’existe le commerce de proximité, encore le groupe Carrefour sème partout au Portugal, et à mon dernier voyage en Italie j’ai vu une enseigne géante « Auchan Pompéi ». Le groupe Mulliez, qui possède Auchan, comprend les enseignes Décathlon, Leroy-Merlin, Boulanger, Norauto, Saint-Maclou, Kiabi et quelques autres. Mulliez, Carrefour et Leclerc se partagent les portes de villes en y insérant des plaques d’espace qui valent à elles seules tout l’hyper-centre piéton, il y a un Auchan nord et un Auchan sud avec chacun sa cohorte des enseignes satellites, on laisse à Carrefour l’est et l’ouest et partout où ils installent sur les rocades un panneau publicitaire de six mètres sur quatre, l’autre groupe se débrouille pour placer le sien cent mètres plus amont : « Leclerc à 5 minutes » juste quand vous arrivez au rond-point Auchan. Sur la nationale 10 qui emmenait de Tours vers Poitiers, donc sur l’axe Paris-Bordeaux, il y avait autrefois, quand avec mon père nous ramenions les voitures neuves de Paris, une infinité de feux rouges, et se mêler très soudainement, si c’était la fin d’après-midi (« lé débauche », comme on disait aux temps ouvriers) à la circulation locale. Maintenant l’autoroute convoie le transit, et sur l’ancienne 10, jalonnée d’enseignes (et qui dira un jour ce désordre de couleurs et ce déni de langue, aux sigles Veloland, Jardiland ChaussLand ou JouetLand et Funer’air ou Trocante, Mobalpa, Gigastore, Authentica, Promoshow et tous les parallélépipèdes de la « vie moins chère » (« Vos rêvent méritent le meilleur prix », « le choix de vivre son intérieur », « le meuble de vie ») comme si la notion de rabais faisait partie du consensus global de nos idéaux ? Vers Tours sud, donc, sur l’ancienne nationale, les ronds-points se sont voulu une exposition d’art contemporain, chacun aménagé par un artiste dont on ne pourra paradoxalement jamais savoir le nom, puisque ce ne sont pas des lieux où il est possible de s’arrêter, et cette impression que l’art même est convoqué pour s’incliner devant la majesté des enseignes pour surgelés fait que désormais j’évite.

Mais l’obscénité même de cette prétention d’art ainsi exposée pour qui jamais ne s’y arrête, livré aux intempéries et aux sacs de plastique vide et autres emballages volants qu’accumulent les périphéries, pour souligner la nouveauté de l’espace ainsi régulant et dispersant la circulation dans la ville. Espaces de référence que nul ne pénètre, sauf leurs jardiniers. Cohortes municipales vouées à l’espace qu’on contourne, puisque la mode est d’en varier le paysage selon l’orientation, rocaille au nord, des arbres et des plantes côté sud. Et puis le symbole de la ville : si on est fier du zoo, on y mettra une fausse girafe, si c’est de la vigne, on y plantera une bouteille haute comme une maison. Mais on a les signaux d’alerte : justement parce que ce sont des franges vierges que la ville ménage dans l’arène des voitures (même le bitume finit par s’imprégner de cercles). Par exemple, à Villepinte où le grand rond-point d’entre les immeubles et la prison est laissé à lui-même, d’herbes folles et de broussailles, ce gamin de collège qui en atelier d’écriture, parlant des lieux qu’on revendique pour soi dans la ville, écrit l’igloo que lui et ses copains s’y sont aménagés : lieu secret, lieu de secret. Inatteignable, et invisible pour qui n’est pas prévenu. Je suis allé voir : circulation très dense, bretelles d’accès à deux voies, nul passage piéton, et l’ombre là-bas de la maison d’arrêt. Ou bien, en Seins Saint-Denis encore (le neuf trois, comme ils disent), cette étude savante qui dépiste dans les ronds-points des habitats d’insectes et d’oiseaux qui s’y établissent et s’y protègent, et d’étranges apports végétaux, lorsque les ronds-points voisinent les zones de transit et douanes des camions voués aux échanges internationaux.

Mais regardez comment nous-mêmes en voiture abordons les villes. Croisées sans quitter l’autoroute, si c’est Reims ou Chartres, la double flèche gothique vous indique l’hyper-centre, la ville histoire ou le signe ancien de la ville, à condition, sur les plaines de Beauce ou de Champagne, qu’on en ait préalable connaissance. Nous-mêmes ne l’établissons tels qu’au milieu des empilements blancs des cités d’immeubles, des minuscules taches criardes indiquant de très loin les portes commerciales de la ville. Quand on quitte l’autoroute pour la bretelle d’accès à la rocade, on perd de le repère. Les cités d’immeubles, la plaie des zones commerciales ont remplacé le centre : on a pris des ronds-points, on vous indique rocade est ou nord, mais on n’a plus de boussole, ni de direction. Le plus haut bâtiment de la ville, en général c’est l’hôpital, ou la cité administrative (et non plus l’hôtel de ville, ni le palais de justice).

Ce n’est pas la faute des ronds-points, mais disons qu’ils matérialisent la façon neuve dont s’organise dans la tête l’espace de la ville. Quand on travaille avec des élèves de collège ou de lycée sur la topologie de la ville, même avec un exercice très simple (par exemple : partir des lieux où on attend dans la ville, et sur ces instants d’attente restaurer ce qu’un cadre organise du champ visuel), on découvrira que l’établissement scolaire, sa cour et ses couloirs est un de ces espaces, comme le lieu d’habitation, la porte de l’immeuble, l’arrêt de bus, la boulangerie de proximité sont l’espace référent symétrique, voire originel (cette réflexion d’une jeune collégienne, récemment, dans une cité où la sécurité n’était pas assurée : « Je ne m’éloigne pas de l’entrée », le mot entrée ne désignant plus ce par quoi on quitte la ville pour pénétrer le lieu privé, mais au contraire le territoire de la ville permis, en dehors de la chambre et du domicile familiale, le lieu au contraire par où on sort). Mais la zone commerciale, avec les courses du samedi et la queue à la caisse, le vidéo-club où on loue le DVD, la galerie où la maman vous renouvelle le pantalon ou les baskets, plus le Mac’Donald où on accompagne les copains, et qui est le terminus de la ligne de bus, devient un de ces espaces organisés, mais comme une plaque dessinée dans le territoire de la ville. Lieu de même complexité que le lycée ou l’immeuble, mais séparé des deux premiers, sans jonction, comme la ville organisée sur son clocher, ses avenues et ses places, gardait du centre à la périphérie ses orientations, ses hiérarchies. Le lieu de loisir, le stade avec ses vestiaires, la piscine ou le dojo, deviennent pour les collégiens un autre de ces espaces, et l’hyper-centre, avec la rue piétonne, l’opticien ou la déambulation de la virée en ville, est organisé de la même façon : on s’est déplacé en bus ou en voiture, et depuis l’arrêt qui en trace l’origine concentrique, se réorganise une étendue hiérarchisée d’espace qui est votre occupation propre de la ville, mais ne suppose pas continuité de son appropriation. C’est ce que le rond-point concrétise par le déplacement mental auquel il contraint : ne compte pas la distance linéaire (« trois ronds-points et là sur la gauche »), ne compte pas l’orientation (on fait trois quarts de cercle pour prendre la rue juste voisine), et plus aucun repère central (s’il y a un repère fixe, il est plutôt côté périphérie : on vous indique une sauvegarde par le dehors, retour vers l’autoroute ou la rocade).

Qu’on remarque par exemple le paradoxe de ces éternels cercles paysagés (oui, c’est leur mot), et de l’invariable assaut de publicité qu’ils concentrent en amont, où naît une étrange écriture faite de taches rondes, avec le trait noir du trajet qui les contourne. La ville ne s’organise plus depuis son centre, un autre paysage naît, dont l’essentiel manifestation concrète est cette suite de cercles qui éclate le trajet dans la circularité extérieure de la ville. Il pourrait en naître des fictions : ce matin, revenant de faire le plein d’essence et relever ma boîte postale, à ce rond-point en construction (j’habite une ville qui comporte toujours un rond-point nouveau en construction), un double cercle de bordures de béton moulé, et cet homme seul au milieu, debout sous la pluie, qui considérait l’émergence en polystyrène orange d’une future arrivée d’électricité. Comme le petit prince sur sa planète, le constructeur d’îles urbaines, peut-être un seul homme faisant partout jaillir les cercles au milieu des voitures. Ou bien un pays qui ne serait fait que de ronds-points, mais il n’y aurait pas besoin de villes au milieu, ce serait seulement pour notre circulation paysagère. Ou bien celui qui consacrerait sa vie à en établir le relevé, l’inventaire, l’exacte description, sur toute l’étendue du territoire, et s’attacherait à démontrer qu’aucun nulle part n’est identique à un autre, quelles que soient les récurrences, les typologies, les fonctions.Plus besoin de clochers. Resterait à la place (sauf en Angleterre où il est braqué vers la droite), l’éternel rond bleu parfait qui vous fait face, en contraste avec le triangle rouge de la cessation de priorité, et porte flèche vers le sens unique. Un monde à sens unique, voilà ce qu’on a produit. Et pour le reste, errez, tournez.Ce n’est peut-être pas un hasard si les gilets jaunes les squattent partout en France depuis plusieurs semaines : en France, on trouve des ronds-points partout. Et selon le dernier recensement, on en compterait pas moins de 50 000. Un record mondial.Le rond-point, une histoire made in France. Peu le savent, mais le rond-point est une idée purement française… qui a plus d’un siècle. On doit l’un des premiers prototypes à Eugène Hénard, architecte et urbaniste de la mairie de Paris, et à qui l’on doit le rond-point de la place de l’Étoile (là où les gilets jaunes saccageront l’arc de triomphe ; voyez comme l’histoire est une boucle bouclée).L’idée d’Eugène, c’est de fluidifier le trafic et simplifier la vie des piétons en forçant les voitures à ne circuler que dans un seul sens. L’idée fait mouche, et les politiques publiques vont rapidement l’adopter partout en France. Pourquoi ? Parce qu’il aurait permis de réduire de 40% les accidents. Conclusion : environ 500 ronds-points continueraient de sortir de terre tous les ans.Avec presque 50 000 modèles installés partout en France, le pays en compte six fois plus que l’Allemagne, dix fois plus que les États-Unis.Des coûts délirants. Même s’il est moins sexy que la tour Eiffel ou la baguette de pain, le rond-point est donc un symbole français, qu’on le veuille ou non. Avec presque 50 000 modèles installés partout en France, le pays en compte six fois plus que l’Allemagne, dix fois plus que les États-Unis. Une innovation exotique pour certains, une hérésie pour tous les autres. Car le rond-point coûte cher. Très cher : entre 200 000 et un million d’euros pour chaque nouveau modèle, sans compter les délires artistiques ou architecturaux que chaque commune ou région désire implanter sur les terre-pleins centraux Cet « art giratoire », à l’origine de nombreuses atrocités esthétiques, a donné naissance à un jeu concours pour élire le pire rond-point de France. Mais il est aussi devenu la cible de critiques sur la gestion de l’argent public, dépensé à tort et à travers selon le banquier Mathieu Pigasse, directeur général de Lazard France : « Près de deux milliards d’euros sont consacrés à la seule décoration de ces magnifiques ouvrages publics. » Tout cela est dit avec beaucoup d’ironie, comme on s’en doute.Mais à l’heure des réductions de coûts généralisées, le mouvement des gilets jaunes pourrait aussi servir à questionner ces antiquités giratoires financées, on le rappelle, par le contribuable. Des alternatives plus économiques existent, notamment les ilots séparateurs ou les voies de tourne-à-gauche situées aux carrefours. À méditer, pour éviter, au moins cette fois, de continuer à tourner en rond.Pourquoi la France a-t-elle autant de ronds-points ?

Gérard Briais, ancien(ne) étudiant(e) en Économie et Architecture à Université de Paris @ La France détient le record du monde du nombre de ronds-points – six fois plus qu’en Allemagne ! On estime qu’il existe environ 30 000 ronds-points, et que 500 nouveaux sont inaugurés chaque année pour un coût, pas vraiment modique, de 200 000 à 1 million d’euros selon la complexité de l’ouvrage et le prix des parcelles à acheter.A cela, il convient d’ajouter la décoration : environ 10 000 euros par an pour un rond-point végétalisé, entre 30 000 et 75 000 euros pour une sculpture. Qui peut d’ailleurs coûter bien plus cher : La Dame de la mer de Manolo Valdez installée en 2010 entre Bidart et Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), a coûté 500 000 euros et provoqué de grosses tensions entre ces deux communes quand il s’est agi de payer la facture.D’aucuns ont prétendu que la vraie finalité de ces aménagements routiers aurait été de financer les partis politiques grâce à des commissions versées par les sociétés de travaux publics. Force est de constater que si cette raison a pu exister, elle est dorénavant obsolète. Je suis un praticien des marchés publics et je vois mal avec les dispositifs actuels comment cela pourrait se (re)produireQuoi qu’il en soit, les giratoires continuent de pousser !Quelles en sont les raisons ?La première est historique : c’est une invention tricolore, même si elle a eu besoin d’un petit coup de pouce anglais – assez fanatiques de leurs roundabouts – pour être fonctionnelle.La deuxième raison tient en un mot : sécurité. Les études le prouvent, les ronds-points contribuent à l’améliorer parce qu’ils obligent les véhicules à ralentir, et qu’ils rendent impossible les collisions les plus dangereuses, celles à angle droit et celles de face.La troisième raison est très française : comme l’Etat est très centralisé en France, ce dispositif s’est propagé plus vite qu’ailleurs comme l’explique Eric Alonzo, codirecteur du troisième cycle à l’Ecole d’architecture de Marne-la-Vallée et spécialiste du sujet auquel il a consacré un livre.Pourtant, depuis une dizaine d’années, les techniciens des Directions départementales de l’équipement ont tendance à freiner le mouvement, puisque la plupart des carrefours importants sont aménagés : « Pour les autres, ceux entre une route principale et une voie secondaire à trafic plus faible, les solutions avec îlots séparateurs et éventuellement voies de tourne-à-gauche, offrent une sécurité équivalente pour un coup inférieur, moins de 10 000 euros »,Pour autant, les grands travaux continuent. A qui la faute ? A la loi sur la décentralisation de 1982 : si les services techniques de l’Etat conseillent, c’est aux élus locaux que revient la décision finale. Y compris pour les routes nationales qui, depuis 2007, sont gérées par les conseils généraux.Et la quatrième raison est devenu la mise en valeur de la région, d’un artisanat, un personnage célèbre, un jumelage… Et donc, de nombreux élus veulent leur rond-point. Coûte que coûte. L’effet de mode est tel qu’on en vient à se demander si certains ne sont pas construits uniquement pour pouvoir être décorés.

Voici quelques exemples d’”Art giratoire”…

Ils sont l'image même de cet hiver revendicatif, le dernier bastion des gilets jaunes. Ils, ce sont les ronds-points, autour desquels nous tournons chaque jour sans nous soucier de leur étrangeté. Étrangeté car ils n’existent quasiment qu’ici, en France : notre pays a en effet le triste privilège d’en abriter 65.000, plus de la moitié de ceux installés sur la planète. Sociologie d’un autre mal français : la "rond-point-manie".Avant d’être le siège de la révolte, initialement fiscale, des "gilets jaunes", les ronds-points étaient précisément attaqués pour leur poids sur les finances publiques, notamment à cause du fameux "art des ronds-points".

L’efficacité de ces carrefours giratoires sur le plan de la sécurité routière est avérée (le risque d'accident y aurait diminué d'environ 40%). En revanche, leur embellissement est considéré comme un gaspillage d’argent public. Une association de contribuables a même organisé le Prix du Pire Rond-Point de France… A Marseille, au rond point de Pierre Guerre, trône bien un pouce du sculpteur César, mais les 60 000 autres ronds-points du territoire sont perçus comme moins "chanceu Une taupe géante qui sort d’une motte de terre, un poteau de télésiège et son trois places, un cabine de plage d’où s’échappent des mouettes, une fusée, une soucoupe volante, une chaise agrandie comme dans Alice au Pays des Merveilles ou encore une sorte de Pac-man taillé dans les buissons. L’art des ronds-points a une part hallucinogène. Elle est d’ailleurs totalement assumée par « un sculpteur-créateur » de ronds-points, Jean-Luc Plé, qui développe depuis les années 2000 son art giratoire principalement en Charente-Maritime. Un monde étrange peuplé d’enfants géants courant sur une dune et des grands parasols plantés dans la pelouse. Ajouter à cela la collection de moulins, d’amphores, de charrettes et de bosquets charmants qui égayent les ronds-points de France, première au monde sur ce secteur. L’art des ronds-points peut multiplier par 2 voire par 10 la facture initiale, et le budget total des ronds-points atteint aujourd’hui les 20 milliards d’euros. Mais n’est-il pas nécessaire pour différencier les abords uniformisés de la France périurbaine ?La révolte des "gilets jaunes", s’est accompagnée d’une transformation des ronds-points qu’aucun artiste n’a encore imaginée dans une performance. Balayant cette image de verrue fiscale et esthétique, ils sont devenus de nouvelles places publiques. A l’image de tous les mouvements qui depuis une dizaine d’années se sont précisément levés sur des places. Le collectif d’écrivains Inculte emmené entre autres par le Prix Goncourt Mathias Enard a d’ailleurs consacré un livre entier à ces places de la révolte en avril dernier. Partant de ces lieux de contestation pour mieux les décrire.

- Puerta del Sol et ses « indignados » à Madrid par Pierre Ducrozet

- Le Parc Zucotti de New York et Occupy Wall Street par Cloé Korman et Mathieu Larnaudie

- La place Tahrir et le Printemps Arabe au Caire par François Beaune et Aiman Habdel Hafez- La Place Syntagma à Athènes et le rêve d’alternatives aux plans de rigueur par Camille Louis et Maria Kakogianni

- Les barricades pro européennes du Maïdan à Kiev par Emmanuel Ruben

Des lieux éphémères qui ont en commun, lorsqu’ils seront abandonnés, après l’usure, la fatigue mais aussi la violence, d’avoir été la marque d’un relief historique. C’est ce que ces textes d’écrivains d’Inculte ont voulu prolonger. Quelque soit l’issue de ces différents mouvements et leurs divisions, ils sont écrits sur ces places, dont font aussi partie aujourd’hui les ronds-points, un art des possibles. Une réappropriation de l’espace public dont le sens reste encore à déplier.

Le rond-point, nouveau symbole du ras le bol. À force d’en emprunter tous les jours, nous avons fini par les oublier, et pourtant… les ronds-points sont étrangement revenus dans l’actu ces jours-ci grâce (ou à cause) du mouvement des gilets jaunes. Transformés en bastion de résistance, occupés ou saccagés ces « carrefours giratoires » qui jusque-là suscitaient l’indifférence deviennent subitement un sujet de discussion médiatique, comme le souligne le magazine Slate : « Les gilets jaunes ont détourné la fonction des carrefours giratoires, transformant ces connecteurs froids de l’ère automobile en lieux de vie éphémères. » En d’autres termes, les révolutionnaires de 2018 prennent aujourd’hui d’assaut les ronds-points comme leurs ancêtres la Bastille. Mais comment en est-on arrivé là ?

CHRONIQUE - Entre les deux France, celle des ronds-points et celle des places publiques, l'opposition est totale.L'Hexagone bâtisseur d'églises, mais combien au juste? Le ministère de la Culture en recense quelque 26.383 «d'intérêt patrimonial» (sic). De même est-il est difficile de dénombrer les ronds-points. Les commentateurs, forcés de s'y intéresser en raison du tropisme des «gilets jaunes» pour ces endroits ouverts à tout vent, s'accordent sur le chiffre (rond) de 30.000. Pour être précis, il faudrait dire 30.001, car il convient de ne pas oublier le seul rond-point de Paris, celui des Champs-Élysées. Plus exactement «le rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault», sa dénomination depuis 1991.

Notons que «la place de l'Étoile» n'est pas un rond-point à proprement parler, même s'il s'agit d'un «carrefour giratoire». Et d'ailleurs, les automobilistes ne peuvent l'ignorer: la circulation autour de l'Arc de triomphe doit respecter «la priorité à droite», alors que sur tous les ronds-points de France et de Navarre le conducteur déjà engagé dans le circuit est prioritaire vis-à-vis de celui qui...

D’où vient la passion française pour les ronds-points ?Ces carrefours délaissés ont pris la lumière avec le mouvement des gilets jaunes, entamé il y a un an. Pas tout à fait étonnant : la passion de l’Hexagone pour les ronds-points est sans égale.À leur évocation, les mêmes mots fusent bien souvent : moches, verrues, béton, vide, périphérie. Les ronds-points, ces carrefours emblématiques de nos villes modernes, ont ceci de paradoxal qu’ils sont à la fois un objet de détestation généralisée et une véritable passion de l’urbanisme français récent. Combien ? La question, fréquente, n’est pas facile à trancher. Les estimations du nombre de giratoires en France vont du simple au double.Pour ce dossier, nous avons opté pour un indicateur accessible à tous et qui permet la comparaison : les cartes contributives OpenStreetMap, une base de données ouverte et alimentée par des centaines de milliers d’internautes. Le chiffre n’est pas d’une exactitude absolue : il peut être surévalué ou sous-évalué par endroits. Malgré ces biais, il a le mérite d’offrir un ordre de grandeur par région et par pays. Et d’asseoir ce que chacun suppose : oui, la France a une affection toute particulière pour les ronds-points.La France compte 30.001 ronds-points et Paris un seul aux Champs-Élysées

 

COURANCES : LE PARC DES EAUX

Le jardin d’eau est un thème récurrent dans tous les territoires saturés d’eau : en Vénétie au XVIe, ou dans les Pays-Bas au XVIIe, à Fontainebleau (François Ier) dans les années 1540.

 

XVIe SIÈCLE : NAISSANCE DU PARC DE COURANCES

 

En 1552, Cosme CAUSSE, seigneur de Marchaumont, secrétaire des Finances du roi Henri II, avait acheté un manoir (relativement modeste, a fortori en comparaison avec ce que deviendra le parc) presque sans jardin. Selon le motif du « pré en l’île », le bâtiment est installé sur deux plate-formes entourées de fossés en eau. Les fossés du château sont prolongés vers le village, d’un côté et de l’autre de l’Allée d’Honneur par ce que l’on appelle aujourd’hui les pièces d’eau des Platanes simples et celle des Platanes doubles (à l’origine, des tilleuls) :

Pour créer le parc, Cosme puis son fils Pierre, grand maître des Eaux et Forêts, vont faire l’acquisition de terrains supplémentaires. Leur surface doit notamment permettre de s’assurer la maîtrise de la rivière de l’École et de quelques-unes (une dizaine ?!) des quatorze sources (!) qui donnent son allure au lieu.

 

Sur cette nouvelle surface, ils vont créer :

- la Grotte ou Dôme (restauré en 2005) ;

 

- la Salle d’eau, bassin encadré par quatorze « gueulards » (cracheurs d’eau) de grès, disposés en vis-à-vis :

- et surtout le Grand Canal. Car Courances aura son Grand Canal avant que le roi n’aie le sien à Fontainebleau (1604) !

En 1550, Cosme CAUSSE avait fait creuser celui de sa propriété voisine de Fleury-en-Bière, sur 800 m : c’était le premier du genre à traverser un jardin français ! Mais le chantier (les difficultés techniques et le poids financier) de cette entreprise, ont rendu Cosme un peu plus raisonnable : le Grand Canal de Courances ne fera que 600 m…

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Alimenté par une dérivation de l’École, le Canal fait un pendant domestiqué à l’eau sauvage : l’impression est vibrante !

 

- c’est vraisemblablement à cette époque aussi, que furent établies trois marches d’eau très originales :

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Elles sont gardées par deux loups et par deux lions : les Nappes :

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XVIIe SIÈCLE : AGRANDISSEMENT ET EMBELLISSEMENT DU PARC

 

En 1622, le vieux château de Courances, bien délabré, a été vendu par François CAUSSE, le fils de Pierre, et acheté par Claude GALLARD, conseiller et secrétaire du roi Louis XIII, d’origine orléanaise, enrichi dans la gestion des biens séquestrés en justice.

 

Claude I GALLARD reconstruisit le château entre 1627 et 1630. Entouré de son fossé en eau, il comporte désormais un corps de logis rectangulaire flanqué de deux pavillons saillants ; le mur est composé de moellons crépis et enduits. Dès lors, le domaine de Courances prenait place parmi les grandes propriétés des Parisiens fortunés de la haute administration royale : l’exploitation agricole des terres passa au second plan, laissant la place à un programme d’embellissement et d’agrément.

 

En 1638, le fils, Claude II GALLARD, très fortuné, poursuivit les achats de terres et l’embellissement des jardins. Il épouse Anne VIALAR : c’est cette première « dame de Courances », sa première épouse, qui est représentée dans le tableau peint par BEAUBRUN, vers 1660 (accroché dans le terrible Salon du Billard), tenant un petit tableau qui représente le parc.

 

Il établit La Gerbe (bassin à 10 côtés auquel il manque aujourd’hui son jet d’eau central) et trace une allée allant jusqu’au Rond de Moigny.

 

Mais la charge financière se révèlera trop lourde pour les GALLARD. Courances fut saisi par leurs créanciers et vendu aux enchères en 1677.

 

Il ne quittera pourtant pas tout à fait la famille, car Galliot GALLARD, frère cadet de Claude II, rachètera le domaine.

 

Après lui, ce sera son fils, François Galliot GALLARD, qui héritera du domaine.

 

La structure générale mise en place à la fin du XVIe et dans la première moitié du XVIIe siècle n’a pas connu de profonds bouleversements.

 

DÉBUT XVIIIe : ACCENTUATION DE L’AXE ET DE LA SYMÉTRIE ET RENFORCEMENT DE LA PRÉSENCE DE L’EAU

 

Ces nouveaux choix esthétiques sont probablement pris en relation avec les idées dominantes alors en matière d’art des jardins telles qu’elles avaient été développées par Antoine-Joseph DÉZALLIER D’ARGENVILLE, le vulgarisateur de l’œuvre de LE NÔTRE au XVIIIe dans son traité La théorie et la pratique du jardinage.

 

François Galliot GALLARD eut une fille unique, Anne-Marguerite-Catherine GALLARD, qui épousa en 1708 Nicolas POTTIER DE NOVION.

 

Leur fils André hérita de Courances à la mort de son père en 1720, mais c’est sa mère, deuxième « dame de Courances », qui resta à la tête de la propriété, et y conduit les travaux, pendant cinquante années !

 

Elle s’employa à restaurer la domination féodale sur la seigneurie, réclama des droits anciens qui avaient été oubliés, restaura moulins et viviers et agrandit l’exploitation agricole.

 

Le Miroir, pièce d’eau rectangulaire spectaculaire (1 ha !), dans laquelle se reflète le château, a été creusé dans l’axe principal avant 1756 :

Des vues sont dégagées : vers le nord (vers l’entrée) et vers le sud, en agrandissant l’écrin boisé destiné à accueillir le Miroir.

 

Le portail architecturé fermant la cour depuis 1642 a laissé sa place pour une grille implantée au-devant du pont dormant qui franchissait la douve. Plus rien n’empêchait le regard d’embrasser la magnifique allée d’arrivée, bordée de canaux, et sa quadruple rangée de tilleuls (hélas changés pour des platanes par la suite).

 

FIN DU XVIIIe SIECLE : UN PARC SUR LE DÉCLIN

 

En 1772, la petite-fille d’Anne GALLARD, Philippine, entra dans une très ancienne famille de la grande noblesse de robe parisienne en épousant Charles-Aymar DE NICOLAÏ, président de la Chambre des Comptes dit « le grand Nicolaÿ ». Courances devint leur lieu de villégiature.

 

À la suite de l’Angleterre, de grandes transformations devaient marquer l’art des jardins en France dans la seconde moitié du XVIIIème siècle : rejet de la régularité, volonté d’imiter la nature, recherche d’un pittoresque inspiré par la peinture de paysage.

 

Pour plus de pittoresque (?), inspiré par l’Angleterre, ou pour mettre à l’échelle ou pour une autre moins bonne raison, le marquis DE NICOLAŸ fit replanter en 1782 la grande Allée d’arrivée avec des platanes et installer des cultures vivrières au jardin anglais.

 

Dès le début de la Révolution, les NICOLAŸ émigrèrent en Italie. Mais ils revinrent en 1793 pour défendre la reine devant le tribunal révolutionnaire.

 

Le 7 juillet 1793, Charles-Aymar DE NICOLAÏ et son fils aîné furent guillotinés.

 

Courances sera mis sous scellés entre 1793 et 1798.

 

En 1798, le domaine sera restitué à Philippine-Léontine DE NICOLAŸ, qui mourut en 1820.

 

Son fils, Théodore DE NICOLAŸ (1782-1871), pair de France, s’employa à relever le domaine et à enrichir son patrimoine foncier.

 

C’est sans doute à cette époque que la Salle d’Eau fut transformée en lac paysager.

 

En 1830, l’attachement légitimiste (ainsi qu’un drame familial, le viol de ses deux petites filles) amena Théodore DE NICOLAÏ à s’exiler en Suisse, tout en conservant Courances jusqu’à sa mort à Genève en 1871. Mais il n’y revint plus jamais.

 

Le parc sera fermé, sauf une fois par an où les gens du voisinage venaient y chasser le corbeau. Le château restera à l’abandon pendant plus de 40 ans et finira par tomber en ruines : un arbre poussera à travers le plancher du salon, les toits s’écrouleront, les balustres s’effondreront. Voici l’ambiance (à quel point romancée ?) qu’en rend Anatole FRANCE dans son Crime de Sylvestre Bonnard (1881) :

 

Le lendemain, nous prîmes le café sur la terrasse, dont les balustres, embrassés et arrachés à leur rampe de pierre par un lierre vigoureux, restaient pris entre les noeuds de la plante lascive, dans l’attitude éperdue des femmes thessaliennes aux bras des centaures ravisseurs.

Le château avait, par suite de remaniements successifs, perdu tout caractère. C’était une ample et estimable bâtisse, rien de plus. Il ne me parut pas avoir épreouvé de notables dommages pendant un abandon de trente-deux années. Mais lorsque j’entrai dans le grand salon du rez-de-chaussée, je vis les planchers bombés, les plinthes pourries, les boiseries fendillées, les peintures des trumeaux tournées au noir et pendant aux trois quarts hors de leur chassis. Un marronnier, ayant soulevé les lames du parquet, avait grandi là et il tournait vers la fenêtre sans vitres les panaches de ses larges feuilles. Je ne vis pas ce spectacle sans inquiétude, en songeant que la riche bibliothèque de M. Honoré de Gabry, installée dans une pièce voisine, était exposée depuis longtemps à des influences délétères. Toutefois, en contemplant le jeune marronnier du salon, je ne pus m’empêcher d’admirer la vigueur magnifique de la nature et l’irrésistible force qui pousse tout germe à se développer dans la vie.

www.twitter.com/Memoire2cite #recherche #archives #Banlieue #socialhousing #logement #Collectif #Grands-Ensembles #city #Cité #Moderne #Zup #Habitat #HLM #Copropriété #Quartier #Béton #immeuble #Cités #Résidençe #Barre #Grand-Ensemble #Batiment #Tower #Bloc #Europe #Old #Building #CartePostale #VintagePostcards #RetroModernism #World #Mémoire2Cité #Postcards #Mémoire2Ville #30Glorieuses @ l' #Urbanisme d'Antan d'#Avant d' #Autrefois le #Logement #Collectif * 50,60,70's dans tous ses états.. #Histoire & #Mémoire de l' #Habitat / #Rétro - #Villes / #H.L.M. / #Banlieue / #Renouvellement #Urbain / #Urbaine ...@ Les #30Glorieuses . com les #vues #urbaines #Paysages de #Ville (s) d'Antan.. L’architecte Emile Aillaud a conçu les Tours Nuages entre 1973 et 1981. Sa profession de foi : construire un univers poétique pour les pauvres. Résultat : 18 tours aux formes arrondies. Mais le projet initial a vieilli. Un programme de rénovation est lancé. Il suscite la polémique. Ennemi de la ligne droite, Emile Aillaud détestait Le Corbusier - qui imaginait des bâtiments aux fenêtres alignées et aux volumes géométriques. Aillaud a donc conçu ces 18 immeubles aux formes arrondies. Des fenêtres comme des bulles de bande dessinée ou des hublots de paquebot. De la mosaïque aux couleurs d’un ciel changeant en guise de parement.

Les passionnés d'architecture y trouvent leur compte. Comme le jeune César Vié. Il a publié une série de films courts sur des lieux remarquables, "Short Movies". Un épisode consacré aux tours a pour but de "retranscrire une vision personnelle de l'architecture". Le rêve d'un architecte

Le rêve d’Aillaud est celui d’une cité à taille humaine et poétique. La poésie : une idée chère à l’architecte. Il veut bâtir pour les enfants et leurs familles. Il faut « que l’enfant sache d’en bas qu’il habite ce morceau de nuage ou dans ce bout de branche ».Une vision liée à la propre enfance de l’architecte, petit garçon rêveur et solitaire.Emile Aillaud répond donc à la commande des grands ensembles en brisant l’uniformisation. Il faut éviter l’ennui.

"Les tours d’Emile Aillaud se distinguent en effet des productions sérielles de son époque qui, dans leur volonté d’éradiquer l’insalubrité, réduisaient l’habitat à certains critères purement matériels. Tout en satisfaisant ces besoins fondamentaux, Aillaud confère une véritable poésie aux Tours Nuages, les rendant uniques.", explique Julien Lacaze, vice-président de Sites & Monuments, association qui milite pour la sauvegarde du patrimoine.

Il faut aussi répondre aux besoins d’une population pauvre et lui apporter autre chose que des barres et des tours rectilignes. L’architecte dispose à cet égard d’un avis bien tranché. Aillaud pense même qu’il existe une façon d’accepter et de vivre la pauvreté. L’utopie à l’épreuve des faits

Vivre démuni, mais dans quelles conditions ?

Le temps passant, le quartier a connu des problèmes. Trafic de drogue, une école maternelle et une primaire classées en Réseau d’Education Prioritaire, un taux de pauvreté important, un environnement dégradé.

Taux de refus d’attribution de 78 %, selon une étude de la Mairie de Nanterre, un des deux bailleurs sociaux. Les tours elles-mêmes fatiguent : infiltrations d’eau, mosaïque qui ne tient plus, fenêtres qui se décrochent.

Cinquante ans après, l’utopie d’Aillaud aurait-elle du plomb dans l’aile ? Oui, si on s’en tient à ces faits. Oui, si on confronte ce rêve à d’autres projets de l’architecte, comme la Grande Borne à Grigny ou les Courtillières à Pantin. De grands ensembles souvent désignés comme zones sensibles, avec pour points négatifs les trafics de drogue et la paupérisation des habitants.

D’un autre côté, il y a des habitants pour croire encore au rêve, des Nanterrois qui tiennent à leurs tours du village dans les nuages.

Ils témoignent volontiers de leur attachement, comme dans cette page Facebook intitulée Tours Aillaud, Monument et lieu historique ou des vidéos.

Par exemple, la vidéo suivante, publiée par la Mairie de Paris, à propos du Grand Paris. Elle part à la rencontre d'une figure du quartier, Roger des Prés. Il a fondé la Ferme du Bonheur, friche alternative à Nanterre, et il adore vivre dans ces tours.

Non au projet de réhabilitation

Pour répondre aux interrogations et aux dégradations, les bailleurs – l'Office HLM de Nanterre et l’Office HLM des Hauts-de-Seine - ont lancé un programme de rénovation à partir de 2020.

Les tours vont revêtir une nouvelle peau en inox qui servira d’isolation thermique. Et qui changera l’aspect esthétique, comme en témoignent les documents de l'agence RVA, responsable du lifting.

Un choix qui ne satisfait pas tout le monde.

Ses opposants redoutent que ce patrimoine architectural, labellisé Architecture contemporaine remarquable, ne soit dénaturé.

Julien Lacaze, vice-président de Sites & Monuments : "Aujourd’hui, par le biais des normes, notamment thermiques, certains bâtiments sont malheureusement sommés de rentrer dans le rang de la standardisation. On veut à nouveau ramener l’habitat à des chiffres en niant le besoin d’architecture, de gratuité."

Les partisans de la réhabilitation

Le projet de rénovation concerne l’utilisation même de ces tours, jusqu’ici à usage exclusif de logement. Cinq ou six tours devraient abriter des bureaux, des espaces de coworking, de l’hôtellerie. Cela reviendrait à déplacer le tiers ou la moitié des 4500 personnes qui vivent dans ces tours. Elles seront relogées dans un nouveau quartier. "Le projet va permettre de pouvoir modifier les fonctionnalités de certaines tours, comme en transformant des logements en commerces, en hôtel ou en bureau. Cela permettra ainsi de pouvoir ouvrir les tours vers l'extérieur et amener un souffle nouveau sur la dalle dite du serpent. " - Alexandre Guillemaud, Président de l'UNLI Nanterre - Association représentative d'une partie des locataires pour les deux bailleurs (OPHLM de Nanterre et Hauts-de-Seine Habitat)

Quel avenir pour les nuages au pied de La Défense ?

Pour Julien Lacaze, de l'association pour le patrimoine Sites & Monuments, ce n’est pas en détruisant le bâti patrimonial que l’on résout des problèmes sociaux. "Cette tentation de faire fuir la misère en créant des tsunamis urbains est également à l’œuvre à Perpignan. Soigner le patrimoine peut, en revanche, être l’occasion de rétablir une certaine mixité par un apport de populations plus favorisées, ce que les habitants souhaitent dans une certaine mesure.".

La transformation de logements sociaux en logements privés, le renouvellement du paysage urbain et social sont prévus à deux pas de La Défense. Les tours sont situées à dix minutes à pied des rois du CAC 40. La zone est également proche d'un futur quartier haut de gamme de Puteaux, prévu pour 2023.

Alexandre Guillemaud (UNLI Nanterre) voit dans cette rénovation une solution d'avenir. "Ces tours vont surtout passer du 20ème siècle au 21ème siècle tout en conservant leur qualité de vie avec un emplacement idéal : 2 minutes à pied du centre européen d'affaires et vue sur Paris pour de très nombreux logements. Cela se verra notamment face aux tours de bureaux de la Défense. Ce projet va aussi permettre d'appuyer les traits de l'utopie de son créateur en respectant sa création comme les formes des murs extérieurs qui rendent ces logements uniques."

Un ensemble de facteurs qui risque de faire grimper les prix dans le quartier.

Plus on s'approche de La Défense, plus les prix augmentent. Par exemple, à Nanterre - ville où différents types de revenus se côtoient -, le prix moyen du m2 pour un appartement est de 5000 euros, selon Meilleurs Agents. Si on se rapproche, on trouve Courbevoie. Prix moyen du m2 : 6600 euros. Et encore plus près, Puteaux : 7300 euros. A titre de comparaison, le prix du m2 à Paris s'élève à 9400 euros.

Voilà qui fait de la zone des Tours Nuages un endroit convoité. Les nouvelles façades nickel chrome devraient rassurer les cols blancs de La Défense. Mais rien ne garantit le maintien sur place d'une classe défavorisée, chère à Aillaud.

www.twitter.com/Memoire2cite #recherche #archives #Banlieue #socialhousing #logement #Collectif #Grands-Ensembles #city #Cité #Moderne #Zup #Habitat #HLM #Copropriété #Quartier #Béton #immeuble #Cités #Résidençe #Barre #Grand-Ensemble #Batiment #Tower #Bloc #Europe #Old #Building #CartePostale #VintagePostcards #RetroModernism #World #Mémoire2Cité #Postcards #Mémoire2Ville #30Glorieuses @ l' #Urbanisme d'Antan d'#Avant d' #Autrefois le #Logement #Collectif * 50,60,70's dans tous ses états.. #Histoire & #Mémoire de l' #Habitat / #Rétro - #Villes / #H.L.M. / #Banlieue / #Renouvellement #Urbain / #Urbaine ...@ Les #30Glorieuses . com les #vues #urbaines #Paysages de #Ville (s) d'Antan...@ les OPHLM du RHONE @ LYON ]de grandes réalisations dans la région lyonnaise.

Après nous être intéressés notamment à de grandes personnalités de l’enseignement et de la gastronomie, nous avons retenu pour 2014 le thème du logement social avec quelques-uns de ceux qui ont largement contribué à son développement, son évolution et sa meilleure intégration au cœur de la cité.

Au-delà de l’immense intérêt de cette thématique, c’est l’évolution des nombreux aspects de la société que raconte l’histoire du logement social et aussi, toute proportion gardée, une part importante du parcours de notre entreprise, toujours largement mobilisée depuis l’origine, et quelles que soient les circonstances, dans la construction et la réhabilitation du patrimoine immobilier social.

Bien sûr nous avons demandé une fois encore au graveur médailleur Nicolas SALAGNAC, Meilleur Ouvrier de France, de mettre son art au service de ce projet.

Nous remercions le Professeur Bruno BENOIT et le Président Jean-Pol DONNÉ pour leur contribution éclairée à la rédaction de ce livret. Et puis merci vivement à Monsieur le Sénateur-Maire de Lyon d’avoir bien voulu accepter d’en rédiger l’éditorial.

Michel CHENEVAT, Directeur régional EIFFAGE CONSTRUCTION CENTRE-EST et Dominique GAUDIN, Directeur EIFFAGE CONSTRUCTION RHONE

Editorial du Maire

Il n’est pas de question plus cruciale pour une ville que celle du logement social, symbole de sa capacité à faire vivre ensemble toutes les populations. A Lyon comme dans beaucoup d’autres cités industrielles, cette question s’est posée avec acuité à partir du 19e siècle, au moment où l’afflux des travailleurs en milieu urbain fit apparaître son triste corollaire : la misère ouvrière. Parcourir les écrits de Flora Tristan ou de Jules Michelet permet d’entrevoir la dureté de leur condition de vie et de comprendre l’ampleur du chemin parcouru depuis.

Ce chemin, Lyon put le tracer plus tôt que d’autres grandes villes grâce à l’engagement de quelques grands noms du patronat empreints d’humanisme. Une double tradition, fruit à la fois du catholicisme social et du saint-simonisme, avait en effet placé notre Cité au centre de la réflexion sur la responsabilité sociale des entreprises. Avec Victor Augagneur puis Edouard Herriot, l’action publique se saisit à son tour de la question du logement, notamment à partir de la loi du député du Rhône Laurent Bonnevay, créant les offices publics d’Habitations à Bon Marché.

Cette histoire est constitutive de notre identité. Elle a continué à inspirer un modèle volontariste mêlant initiatives privées, comme celles de Bernard Devert avec Habitat et Humanisme et investissements publics, avec de grands projets de renouvellement urbain. La force de ces réalisations est de porter à la fois sur la quantité des logements produits, sur leur qualité – afin d’offrir à tous les mêmes conditions de vie – et sur leur répartition car la mixité sociale est une richesse et le gage d’une métropole réussie.

Je salue le talent de Nicolas Salagnac qui est parvenu à saisirvec justesse les personnalités et les paysages urbains représentatifs de cette avant-garde lyonnaise en matière de logement social.

Dans l’un des ses derniers ouvrages, l’Abbé Pierre, – dont l’appel de l’hiver 54 avait bouleversé la France -, avait eu ces mots prophétiques sur notre époque : « Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, écrivait-il, on ne se sauvera pas les uns sans les autres. Il faudra retrouver une place pour chacun, une place utile ». Puissions-nous nous inspirer longtemps de sa vision et continuer à construire des villes où la réussite est collective.

Gérard COLLOMB, Le Maire de Lyon.

LE LOGEMENT SOCIAL, de Bruno BENOIT’association du substantif « logement » avec l’adjectif « social » est récente et devient une question d’actualité pour les pouvoirs publics à la suite d’enquêtes de médecins, en particulier celle de Louis René Villermé en 1840 rapportée dans son Tableau de l’état physique et moral des ouvriers dans les fabriques de coton, de laine et de soie. Évoquer le logement social est donc contemporain du double phénomène qui touche l’Europe et, en particulier la France, au XIXe siècle, à savoir l’industrialisation et l’urbanisation. Les conditions de logement sont alors effroyables, car les villes industrielles ont crû sans que le moindre équipement collectif fût mis en place. La Fabrique des tissus de soie, plus ancienne à Lyon que la première industrialisation du XIXe siècle, n’avait pas non plus apporté, dans le domaine du logement, des réponses satisfaisantes, si l’on en croit Jules Michelet ou Flora Tristan.

villeurbanne-gratte-ciel-11bFace à l’urgence de la situation, les pouvoirs publics se penchent sur la question du logement pour faire reculer l’insalubrité du logement ouvrier, mais aussi pour répondre à l’insuffisance de logements dans les villes qui ont connu une croissance démographique forte : Lyon passe de 321 000 habitants en 1876 à 460 000 en 1911 ; quant à Villeurbanne, la population passe de 10 000 habitants en 1883 à 29 220 en 1901 ! Si les édiles urbains s’intéressent en priorité au logement, c’est que le logement insalubre est responsable de l’accroissement de la morbidité et de la mortalité, mais aussi qu’au-delà des pathologies physiologiques dont il est porteur, il est également responsable de pathologies sociales qui font que les classes laborieuses sont, pour la bourgeoisie, des classes dangereuses.

Jules Courmont n&b-aConstruire du logement social s’inscrit dans une démarche hygiéniste défendue par des médecins depuis le Second Empire et qui, à Lyon, voit dans le professeur Jules Courmont (1865-1917) un de ses propagandistes les plus talentueux. En effet, le recensement de 1896 révèle que plus de la moitié des logements lyonnais sont de une ou deux pièces, ce qui ne correspond pas à la taille des ménages de Vaise, de La Guillotière ou de derrière les voûtes de Perrache, et sont sans point d’eau, ni cabinet d’aisance.

En janvier 1914, le Conseil municipal de Lyon constate que : « La cité lyonnaise est une ville de taudis, de foyers meurtriers, malsains moralement et physiquement où la tuberculose, la débauche et l’alcoolisme sévissent ».

Victor Augagneur_Maire_de_Lyon_261aLa nécessité de construire des logements sociaux, c’est-à-dire destinés « aux familles nombreuses et aux personnes peu fortunées vivant principalement de leur salaire » selon la définition de la population pouvant prétendre aux HBM (habitations à bon marché), est encouragée par la loi Siegfried de 1894. L’année suivante, l’État légifère dans le domaine du logement social en mettant en avant les initiatives privées et en encourageant les municipalités à agir dans ce sens avec l’aide de la Caisse des dépôts et consignations et des bureaux de bienfaisance. Le patronat lyonnais, dans la tradition de l’humanisme propre à cette ville, mais aussi du saint-simonisme et du catholicisme social qui animent les élites lyonnaises, dont l’illustration la plus parfaite en cette fin du XIXe siècle est la « bande à Édouard Aynard », fait œuvre de bâtisseur en construisant des logements à bon marché. Quant au premier maire de Lyon à s’intéresser à la question du logement social, même de façon timide, est le socialiste Victor Augagneur (1900-1905) qui, en 1903, dans le cadre de son socialisme municipal qui lui sert de programme, lie hygiène publique et logement décent.

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photographie © Musée Urbain Tony Garnier

Il faut cependant attendre 1909, sous le deuxième mandat municipal d’Édouard Herriot, pour que la ville s’engage plus avant dans le domaine du logement social. Il est alors défini les gabarits des immeubles selon la largeur des rues en fonction du plan d’alignement, mais aussi les éléments de confort des nouvelles constructions.

La politique du maire Herriot, qui s’inscrit dans la continuité du socialisme municipal augagneuriste, bute sur une situation particulière à Lyon, l’emprise foncière détenue par les Hospices civils de Lyon qui, en ne consentant que des baux de 18 ans, incitent les constructeurs à n’édifier que des immeubles amortissables dans ce délai, c’est-à-dire des « taudis neufs » ! Herriot, outre ce constat qu’il dénonce, impute également la faiblesse de l’action municipale au manque d’initiative que l’État laisse aux municipalités.

Laurent_Bonnevay-1929aLa loi de 1912 du député du Rhône Laurent Bonnevay (1870-1957), autorisant les municipalités à créer des offices d’habitation à bon marché, ouvre une période nouvelle.

Une commission, où siègent Jules Courmont, Charles Meysson, architecte en chef de la ville, Camille Chalumeau, directeur de la voirie municipale et l’architecte urbaniste Tony Garnier, est chargée, le 4 octobre 1912, du projet, devant allier beauté et santé, d’extension du logement social sur la rive gauche du Rhône, en particulier dans le nouveau 7ème arrondissement.

tony garnier en personne 2aLe projet est présenté lors de l’exposition internationale et urbaine de 1914 qui a pour vocation de faire de Lyon une ville nouvelle, moderne et salubre pour ses habitants, et devant servir de modèle au pays tout entier.Si La Grande Guerre interrompt l’action municipale dans le domaine du logement, celle-ci reprend vigueur avec la paix revenue, surtout que la crise du logement ne cesse de s’accentuer. Le 29 mai 1920, la ville de Lyon crée l’Office public municipal des HBM, mais la situation ne s’améliore que lentement, comme l’indique le recensement de 1926 qui donne une proportion de logements insalubres de 20%. Le problème ne vient pas tant de l’augmentation de la population qui connaît une certaine stabilisation à Lyon, mais de la dégradation de la qualité des logements et de l’absence de construction dans la catégorie du logement social. Il semble que la loi Loucheur du 13 juillet 1928, qui porte le nom du ministre du Travail et de la Prévoyance sociale, donne un coup de fouet au rythme de construction. En effet l’État, par le biais de la Caisse des dépôts et consignations, s’engage davantage en participant à l’effort attendu par les municipalités dans le domaine du logement social.En 1952, pour les 80 ans du maire Édouard Herriot, une plaquette portant sur le bilan du maire annonce que 4 401 logements HBM ont été construits entre 1920 et 1939 par l’Office municipal, dont un tiers dans les années Trente dans le quartier des États-Unis, mais aussi à Montchat, Monplaisir, Vaise, Perrache, Gerland et la Croix-Rousse. La ville peut aussi apporter son concours, sous forme de garantie d’intérêt des emprunts ou de cessions de terrains à bâtir à bon marché, à des sociétés privées, telles les Sociétés coopératives d’habitations à bon marché – L’effort prolétarien – ou les Sociétés anonymes d’habitation à bon marché – Les ateliers-logis pour les tisseurs lyonnais – ou encore les habitations hygiéniques à bon marché et pour familles nombreuses de Lyon.

Au moment où Lyon dynamise sa construction de logement social, Villeurbanne, sous la houlette de son maire socialiste Lazare Goujon, construit les fameux Gratte-ciel qui font partie d’un plan d’urbanisme global avec mairie et palais du Travail, afin de doter Villeurbanne d’un centre, mais aussi de répondre, comme le dit le maire le 1er août 1930, à certains problèmes urgents, tel le logement des habitants, la population ayant quadruplé en 40 ans, passant de près de 20 000 habitants en 1896 à 78 000 habitants en 1934. L’Office municipal soutenu par des aides de l’État avait déjà construit trois groupes de HBM, mais les aides tardant à venir, le budget municipal était en déficit. Devant la carence de l’État et des finances municipales limitées, le Conseil municipal signe avec le Comptoir d’Entreprises et de Travaux urbains de Paris un contrat mettant à la charge de l’entreprise la construction en échange d’un bail emphytéotique de 60 ans sur les 1 450 logements à loyer modéré construits. L’ensemble est inauguré en juin 1934.

Le vote de la loi sur les HLM en 1950 donne un nouveau coup de pouce à la construction de logements sociaux.

Améliorer le logement fait partie des indications du premier plan sur lequel s’appuie la Reconstruction de la France après la seconde guerre mondiale. Il faut alors répondre à la croissance démographique du « baby boom », mais aussi compenser les destructions de la guerre, tout en offrant aux Lyonnais et Villeurbannais de meilleures conditions de logement et donc de vie, dans la démarche beveridgienne de l’après-guerre. Si à Lyon, la fin du mandat du maire Édouard Herriot correspond à une phase d’immobilisme en termes de politique publique municipale, le terrible hiver 1954 qui voit l’abbé Pierre faire appel aux pouvoirs publics pour répondre à la pénurie de logement, amène la ville de Lyon à fonder la SACVL (Société anonyme de construction de la ville de Lyon) qui devient un acteur de premier plan dans le domaine du logement social.

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photographie © Archives municipales de Lyon

Avec l’élection de Louis Pradel en 1957, les grands ensembles, avec de nombreux logements sociaux, sortent de terre, à la Duchère par exemple, pour y loger les Pieds Noirs, mais a lieu aussi une politique de réhabilitation de logements anciens comme dans le Vieux Lyon. La fièvre constructrice touche surtout les banlieues lyonnaises au début des années 1960, comme à Vénissieux avec la création par la municipalité de la Sacoviv (Société anonyme de construction de la ville de Vénissieux). La mise en place de la Courly (Communauté urbaine de Lyon) à partir de 1969, puis du Grand Lyon, fait que les municipalités sont dessaisies de leurs compétences dans pas mal de domaines, dont celui du logement social, au profit de la Communauté urbaine. C’est alors que le rythme de construction de logements sociaux s’accélère pour résorber les bidonvilles encore

présents et répondre à la demande des populations immigrées, à une époque où la France et Lyon sont demandeurs de main d’œuvre, Trente Glorieuses obligent. Les ZUP fleurissent à Vénissieux-Minguettes, à Bron-Terraillon ou encore à Rillieux et Vaulx-en-Velin, pour ne citer que les plus importantes.

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photographie © ville de Lyon

Rapidement les grands ensembles ayant montré leurs limites, la concentration de logements sociaux pouvant être une source de non-intégration des populations récemment arrivées, phénomène dénoncé au début des années 1980 aux Minguettes par « La marche des Beurs », voire une cause de violences urbaines et donc de nouvelles pathologies, les bailleurs sociaux, qu’ils soient privés ou publics, ont évolué dans leur approche du logement social.

Outre les démolitions pouvant être faites comme à la Duchère pour desserrer le maillage urbain et implanter un bâti plus fluide, les municipalités, dans le cadre de la loi SRU (Solidarité renouvellement urbain) qui impose un quota de 25% de logements sociaux par commune urbaine, veillent, dans les quartiers nouveaux, telle la Confluence à Lyon, à offrir du logement social en mixité résidentielle, c’est-à-dire qu’au lieu de confiner le logement social dans un seul lieu, on le repartit dans les nouvelles constructions où se mêlent accès à la propriété et logements locatifs, ce qui a pour but d’éviter la ségrégation et participe à mettre en place la ville nouvelle, celle du XXIe siècle, selon les vœux du maire de Lyon.

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photographie © Nicolas Salagnac

Bruno BENOIT, Professeur des Universités IEP de Lyon et LARHRA, Président de l’APHG (Association des professeurs d’Histoire et Géographie).

LOGEMENT SOCIAL DES HOMMES ET DU BÉTON POUR DES MÉDAILLES, de Jean-Pol DONNÉ

Les médailles concernant directement le logement social et son histoire demeurent étonnamment peu nombreuses en regard de l’importance que celui-ci occupe dans l’action des municipalités et parmi les attentes de beaucoup de leurs administrés. Cette plaquette gravée par Nicolas Salagnac pour le groupe Eiffage rappelle opportunément que, depuis plus d’un siècle, élus et bâtisseurs œuvrent pour la réalisation de ces logements. Elle nous donne l’occasion de présenter une galerie de portraits métalliques de quelques uns de ces hommes qui ont contribué à développer cet habitat populaire.

Aux origines du logement social

A Lyon le logement que nous appelons social trouve ses origines dans des initiatives privées. Dans la Numismatique, il apparaît pour la première fois sur une plaquette gravée par Jean Chorel en 1911 pour la Cité Rambaud édifiée après les inondations de 1856 qui avaient ravagé les quartiers de la rive gauche du Rhône et entraîné la destruction de plus de 700 maisons construites en pisé. L’abbé Camille Rambaud (1822-1902), figure marquante du catholicisme social lyonnais, fut dans les années 1890 à l’origine de deux autres ensembles de logements : la Cité de l’Industrie à Vaise et la Cité Lafayette aux Brotteaux. Son action reçut le soutien d’industriels venus de divers horizons religieux ou politiques. La plaquette le montre accueillant un couple de vieillards à la porte de la cité. Connu surtout comme sculpteur, Jean Chorel (1875-1946) est aussi l’auteur de médailles éditées entre 1911 et 1935. Élève de l’École des Beaux-Arts de Lyon, lauréat du Prix de Paris(1) en 1898, il entre dans l’Atelier de Barrias à l’École nationale des Beaux-Arts de Paris. Après quelques années passées dans la capitale, il revient s’installer à Villeurbanne dans le quartier du Tonkin. On lui doit de nombreuses sculptures monumentales comme la statue équestre de Jeanne d’Arc de la place Puvis de Chavannes.

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La Cité Rambaud par Chorel, Bronze – 81 x 57 mm ; Laurent Bonnevay par Muller, Bronze dia. 80 mm ; Justin Godart par Chorel, Bronze – 90 x 62 mm. Photographies © Jean-Pol Donné.

L’idée de logements sociaux fait son chemin et de nombreux élus, soucieux de dégager des initiatives privées ou de l’emprise de l’Église, s’emparent de la question. Ainsi, Laurent Bonnevay (1870-1957), député du Rhône depuis 1902, fut en 1912 rapporteur de la loi qui porte son nom et qui est à l’origine des offices d’Habitations à bon marché financés par les municipalités ou les départements. Lui-même crée en 1920 l’Office d’HBM du Rhône, devenu depuis l’OPAC du Rhône. En 1950, une médaille lui est offerte pour célébrer sa longue carrière politique commencée au Conseil municipal de Lyon en 1900. Œuvre de Louis Muller (1902-1957), elle témoigne du talent de portraitiste de cet artiste né à Vénissieux. Élève de l’École des Beaux-Arts de Lyon, lauréat du Prix de Paris il est admis à l’École de Paris. Sous la direction de Patey, puis de Dropsy, il obtient le premier grand Prix de Rome de gravure en médailles en 1932. A son retour de la Villa Médicis, il s’installe à Paris et remporte de nombreuses commandes officielles ou privées. Pour donner plus de puissance à ses portraits, Muller a toujours refusé le polissage de ses médailles qui conservent les traces du modelage soulignées par la patine. Il réalisa de nombreuses médailles à l’effigie de personnalités de sa région natale. Ainsi, lui doit-t-on, celles de l’architecte-urbaniste du quartier des États-Unis, Tony Garnier et Antoine Charial (1885-1965) qui créa en 1919, avec l’aide d’Édouard Herriot, la coopérative ouvrière L’AVENIR. Cette société participa largement à l’édification de logements sociaux, dont ceux des États-Unis. En 1992, devenu l’une des principales entreprises de la région, L’AVENIR fut repris par FOUGEROLLE avant sa fusion, l’année suivante, avec la SAE qui permit la naissance d’EIFFAGE. Le revers de cette médaille associe outils de maçon et réalisations de L’AVENIR (l’Hôtel des Postes de Lyon et l’Hôtel de Ville de Villeurbanne) et la façade de l’Hôtel-Dieu qui rappelle que Charial participait activement à l’administration des Hospices civils de Lyon.

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Tony Garnier par Muller, Bronze – face, dia. 68 mm ; Antoine Charial par Muller – face et revers Bronze – dia. 81 mm. Photographies © Jean-Pol Donné

Un autre lyonnais, Justin Godard (1871-1956), plus connu pour son action à la tête du Service de santé militaire pendant la guerre de 1914-18 ou en faveur de la condition ouvrière, a souvent attiré l’attention sur la question du logement. Une plaquette gravée par Jean Chorel lui fut offerte en 1930. Sur le plan artistique, elle témoigne de l’influence du style Art-déco avec sa composition sobre qui contraste avec celle des premières médailles de Chorel, comme celle de la Cité Rambaud. Elle montre aussi que ce sculpteur de formation maîtrise alors parfaitement l’art, si particulier, de la médaille.

Des maires bâtisseurs

En 1930, quelques mois après Godart, Édouard Herriot (1872-1957) reçut la première de la longue série des médailles à son effigie. Cette plaquette célèbre les 25 ans d’administration municipale du maire de Lyon. Elle est aussi la première médaille lyonnaise importante du Lyonnais Marcel Renard (1893-1974) alors installé à Paris, après une scolarité brillante aux Écoles des Beaux-Arts de Lyon et de Paris couronnée par un second grand Prix de Rome (1923). Dès 1925, il avait participé à la première exposition des médailleurs se plaçant résolument dans le courant Arts-déco dont il fut l’un des meilleurs représentants. 22 ans plus tard, c’est encore lui qui fut choisi par les Lyonnais pour graver cette médaille marquant le 80e anniversaire d’Herriot qui rend bien le contraste entre son visage massif et le regard pétillant que décrivaient ses interlocuteurs. Cet anniversaire donna aussi lieu à l’édition d’une médaille commandée par l’Assemblée nationale à Raymond Corbin. Entre temps, Louis Bertola (1891-1973) et Georges-Henri Prud’homme (1873-1947) avaient complété cette galerie des portraits d’Édouard Herriot.

Edouard Herriot (1930) par Renard, face et revers Bronze - 75 x 51 mm ; Edouard Herriot (1952) par Renard, face Bronze - dia. 80 mm ; Edouard Herriot par Corbin, face Bronze dia. 81 mm. Photographies © Jean-Pol Donné

Edouard Herriot (1930) par Renard, face et revers Bronze – 75 x 51 mm ; Edouard Herriot (1952) par Renard, face Bronze – dia. 80 mm ; Edouard Herriot par Corbin, face Bronze dia. 81 mm. Photographies © Jean-Pol Donné.

a_Pradel

Louis Pradel par Machet, Bronze dia. 59 mm ; Louis Pradel par Penin, Bronze dia. 64 mm. Photographies © Jean-Pol Donné

L’autre grand maire bâtisseur de Lyon, Louis Pradel (1906-1976), ne fut honoré par deux médailles qu’après sa mort. La première est l’œuvre de Charles Machet, le sculpteur du monument à la Résistance élevé à Cerdon. Cette réduction mécanique d’un médaillon en bas-relief (76 cm) modelé pour prendre place en hauteur dans la cour de l’Hôtel de ville fut diversement appréciée. Le Cercle Louis Pradel sollicita donc Paul Penin pour exécuter une autre médaille. Descendant d’une famille de médailleurs œuvrant à Lyon depuis 1830, Paul Penin (né en 1921), élève de Prost et de Bertola aux Beaux-Arts de Lyon, remporte le Prix de Paris avant d’être admis à l’École des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Dropsy. De retour à Lyon, il est souvent choisi pour inscrire dans le bronze le portrait de personnalités, en particulier du monde médical. Il s’attache à donner, sans abuser du relief, profondeur et vie aux portraits qu’il modèle. La médaille de Louis Pradel illustre bien ce parti-pris.

Des Gratte-ciel spectaculaires

Depuis leur construction les Gratte-ciel sont devenus l’emblème de Villeurbanne. On les retrouve, avec la spectaculaire perspective de l’avenue Henri-Barbusse ouverte sur l’Hôtel de ville sur la médaille de la Ville et celle, signée Chollat, du cinquantenaire de l’Office public des HLM (1969). En 1984, L’AVENIR fait frapper par la maison FIA une médaille non signée qui célèbre, à la fois, le cinquantenaire des Gratte-ciel, dont il a assuré la construction du gros œuvre, et le 65e anniversaire de sa création. Les grandes masses de l’ensemble sont alors évoquées à partir d’un point vue moins classique qui donne toute leur importance aux immeubles les plus hauts.Office HLM Villeurbanne par Chollat, Bronze argenté dia. 50 mm ; Les 50 ans des Gratte-ciel de Villeurbanne (non signée), Bronze dia. 73 mm. Photographies © Jean-Pol DonnéOffice HLM Villeurbanne par Chollat, Bronze argenté dia. 50 mm ; Les 50 ans des Gratte-ciel de Villeurbanne (non signée), Bronze dia. 73 mm. Photographies © Jean-Pol Donné Toutes ces médailles éditées au fil des années, auxquelles vient aujourd’hui s’ajouter celle de Nicolas Salagnac, contribuent à rappeler que le logement social doit beaucoup à l’action d’hommes de notre région.

Jean-Pol DONNÉ, Président du Cercle lyonnais de Numismatique, Membre de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon

Création de la médaille 2014

Le choix précis du sujet porte un regard moderne sur le logement social qui a marqué et marque la ville de Lyon. Il ne s’agit pas simplement de mettre en avant le passé, mais à partir du passé, voir le présent et tendre vers l’avenir.

La première étape, est la mise au point d’une maquette dessinée. Pour cela, je me suis informé et documenté sur des architectures et les Maires principaux liés au sujet avec Dominique Gaudin, Arab Hassaoui, Bruno Benoît, et Jean-Pol Donné. Les motifs retenus sont les Maires : Victor Augagneur ; Lazare Goujon ; Edouard Herriot et Louis Pradel. En fond un dessin du quartier des Etats-Unis de Tony Garnier, Grand Prix de Rome en 1899 ; un détail des Gratte-ciel de Villeurbanne ; une vue de la Duchère réhabilité par l’architecte Castro et une vue de la Confluence avec le Monolithe…

La deuxième étape consiste à transposer le dessin en bas-relief, par une sculpture sur plâtre à l’échelle 3.

La troisième étape est la reproduction de cette sculpture sur la matrice en acier à l’aide du tour à réduire. Ici, la machine est indispensable, mais la gravure à cet instant reste timide et peu expressive. Le travail final se fait à la main avec des burins, onglettes, ciselets… Le tout suivi au microscope. Cette étape de finition est primordiale, le graveur donne alors son “coup de patte”.

photo - IMG_1576aTerminée, la matrice est signée et datée, elle est ensuite traitée thermiquement pour permettre l’édition par frappe des futures médailles.

L’édition des médailles est assurée par la Maison Pichard Balme à Saumur. La réalisation d’une médaille est le fruit du travail de plusieurs personnes. Merci à tous les artisans qui ont œuvré pour cette nouvelle création.

Graveur médailleur, au XXIème siécle.Il y a plus de cinq cents ans, la première médaille française est frappée à Lyon, pour le passage de Louis XII et Anne de Bretagne. Ici l’art de la médaille a laissé un riche patrimoine.

Ici l’antique Lugdunum a fait vivre un atelier de frappe monétaire pour l’Empire Romain.Ici la ville a vu des Maisons et des Hommes de renom qui ont œuvré pour le rayonnement de la médaille : Louis Muller graveur lyonnais, Grand Prix de Rome en 1932 ; la famille Penin, avec quatre générations de graveurs ; la famille A. Augis…Installé ici, à Lyon depuis 1994, je suis fier de participer à pérénniser et à faire mieux connaître cet art de la médaille, devenu rare.A l’heure où un monde dirigé par la finance voudrait consacrer l’hyperconsommation et glorifier les nouvelles technologies pour promouvoir des œuvres standardisées et banalisées, je marque mes créations et je signe que seul l’homme est capable, par des gestes habiles et précis, d’inscrire une intention dans la matière, de susciter des émotions, de prolonger une sensibilité, une vision, un esprit, une âme.Ma première commande officielle fut la médaille de la ville de Lyon (éd. la Monnaie de Paris, 2006), à la demande du Maire, Gérard Collomb.

Puis la médaille d’honneur pour la Villa Médicis, académie de France à Rome (éd. Arthus-Bertrand, 2008) à la demande de son directeur Frédéric Mitterrand. La médaille officielle du Président de la République française, Nicolas Sarkozy (éditeur Arthus-Bertrand, 2008).Et dernièrement, sur concours la médaille officielle du Président du Sénat (éd. Monnaie de Paris, 2013).De belles références dont je suis fier.

Eiffage Construction Centre-Est et Eiffage Construction Rhône, depuis 11 ans maintenant, me permettent de m’exprimer sur des sujets liés à l’image de marque de Lyon.

@ S’imaginer Paris et le Grand Paris @ Les 50ans d'Apur (link: 50ans.apur.org/#intro) 50ans.apur.org/#intro @ Où en est l'histoire urbaine des sociétés contemporaines ? Cet ouvrage, inspiré par Annie Fourcaut, qui contribua de manière décisive à son développement, propose un état des lieux de ce champ et explore des pistes de recherche ouvrant l'histoire urbaine à une variété de " genres ". Où en est l'histoire urbaine des sociétés contemporaines ? Cet ouvrage, inspiré par Annie Fourcaut, qui contribua de manière décisive à son développement, propose un état des lieux de ce champ. De Femmes à l'usine (1981), Bobigny, banlieue rouge (1986), à La banlieue en morceaux (2000), en passant par les publications collectives qu'elle a coordonnées et les travaux qu'elle a encadrés, la trajectoire de cette historienne a conduit l'histoire sociale et politique – telle qu'on la pratiquait dans les années 1970 – vers une histoire urbaine renouvelée. Le livre revient sur cette évolution et explore des pistes de recherche ouvrant l'histoire urbaine à une variété de " genres ". Les auteurs, historiennes et historiens, sociologues, politistes, géographes, architectes, urbanistes et décideurs politiques proposent une histoire urbaine à la fois interdisciplinaire et ancrée dans la fabrique de la ville et ses représentations, portant la marque de sa dédicataire. Les quatre sections de l'ouvrage dessinent les chantiers qu'Annie Fourcaut a investis : " Du social à l'urbain " met en avant la conviction qu'étudier l'histoire des villes, c'est toujours faire de l'histoire sociale ; " Qu'elle était belle la banlieue " est centré sur les banlieues, son territoire d'étude de prédilection ; " Les habits neufs des politiques de la ville " interroge les politiques urbaines successives et leur transformation ; enfin, " Banc d'essai des modernités " propose une analyse historique de l'urbanisme, comme discipline et comme pratique.

 

Industrialiser la construction, par le biais de la préfabrication.Cette industrialisation a abouti, dans les années 1950, à un choix politique de l'Etat, la construction massive de G.E. pour résoudre la très forte crise du logement dont souffrait la France www.youtube.com/watch?v=zR_jxCANYac&fbclid=IwAR2IzWlM... … Le temps de l'urbanisme, 1962, Réalisation : Philippe Brunet www.dailymotion.com/video/xgj2zz?playlist=x34ije … … … … -Les grands ensembles en images Les ministères en charge du logement et leur production audiovisuelle (1944-1966) MASSY - Les films du MRU - La Cité des hommes, 1966, Réalisation : Fréderic Rossif, Albert Knobler www.dailymotion.com/video/xgiqzr?playlist=x34i - Les films du MRU @ les AUTOROUTES - Les liaisons moins dangereuses 1972 la construction des autoroutes en France - Le réseau autoroutier 1960 Histoire de France Transports et Communications - www.dailymotion.com/video/xxi0ae?playlist=x34ije … - A quoi servaient les films produits par le MRU ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme ? la réponse de Danielle Voldman historienne spécialiste de la reconstruction www.dailymotion.com/video/x148qu4?playlist=x34ije … -les films du MRU - Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : la préfabrication en usine, le coffrage glissant... www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije … - TOUT SUR LA CONSTRUCTION DE NOTRE DAME LA CATHEDRALE DE PARIS Içi www.notredamedeparis.fr/la-cathedrale/histoire/historique... -MRU Les films - Le Bonheur est dans le béton - 2015 Documentaire réalisé par Lorenz Findeisen produit par Les Films du Tambour de Soie içi www.dailymotion.com/video/x413amo?playlist=x34ije Noisy-le-Sec le laboratoire de la reconstruction, 1948 L'album cinématographique de la reconstruction maison préfabriquée production ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, 1948 L'album cinématographique içi www.dailymotion.com/video/xwytke archipostcard.blogspot.com/search?updated-max=2009-02-13T... -Créteil.un couple à la niaiserie béate exalte les multiples bonheurs de la vie dans les new G.E. www.youtube.com/watch?v=FT1_abIteFE … La Ville bidon était un téléfilm d'1 heure intitulé La Décharge.Mais la censure de ces temps de présidence Pompidou en a interdit la diffusion télévisuelle - museedelacartepostale.fr/periode-semi-moderne/ - archipostalecarte.blogspot.com/ - Hansjörg Schneider BAUNETZWOCHE 87 über Papiermoderne www.baunetz.de/meldungen/Meldungen_BAUNETZWOCHE_87_ueber_... … - ARCHITECTURE le blog de Claude LOTHIER içi leblogdeclaudelothier.blogspot.com/2006/ - - Le balnéaire en cartes postales autour de la collection de David Liaudet, et ses excellents commentaires.. www.dailymotion.com/video/x57d3b8 -Restaurants Jacques BOREL, Autoroute A 6, 1972 Canton d'AUXERRE youtu.be/LRNhNzgkUcY munchies.vice.com/fr/article/43a4kp/jacques-borel-lhomme-... … Celui qu'on appellera le « Napoléon du prêt-à-manger » se détourne d'ailleurs peu à peu des Wimpy, s'engueule avec la maison mère et fait péricliter la franchise ... museedelacartepostale.fr/blog/ -'être agent de gestion locative pour une office H.L.M. en 1958' , les Cités du soleil 1958 de Jean-Claude Sée- les films du MRU içi www.dailymotion.com/video/xgj74q présente les réalisations des HLM en France et la lutte contre l'habitat indigne insalubre museedelacartepostale.fr/exposition-permanente/ - www.queenslandplaces.com.au/category/headwords/brisbane-c... - collection-jfm.fr/t/cartes-postales-anciennes/france#.XGe... - www.cparama.com/forum/la-collection-de-cpa-f1.html - www.dauphinomaniac.org/Cartespostales/Francaises/Cartes_F... - furtho.tumblr.com/archive tout içi sig.ville.gouv.fr/atlas/ZUS/ - media/InaEdu01827/la-creatio" rel="noreferrer nofollow">fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu01827/la-creatio Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije la préfabrication en usine www.dailymotion.com/video/xx6ob5?playlist=x34ije , le coffrage glissant www.dailymotion.com/video/x19lwab?playlist=x34ije ... De nouvelles perspectives sont nées dans l'industrie du bâtiment avec les principes de bases de l'industrialisation du bâtiment www.dailymotion.com/video/x1a98iz?playlist=x34ije ,

 

www.dailymotion.com/video/xk6xui?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xk1dh2?playlist=x34ije : mécanisation, rationalisation et élaboration industrielle de la production. Des exemples concrets sont présentés afin d'illustrer l'utilisation des différentes innovations : les coffrages outils, coffrage glissant, le tunnel, des procédés pour accélérer le durcissement du béton. Le procédé dit de coffrage glissant est illustré sur le chantier des tours Pablo Picasso à Nanterre. Le principe est de s'affranchir des échafaudages : le coffrage épouse le contour du bâtiment, il s'élève avec la construction et permet de réaliser simultanément l'ensemble des murs verticaux. Au centre du plancher de travail, une grue distribue en continu le ferraillage et le béton. Sur un tel chantier les ouvriers se relaient 24h / 24 , www.dailymotion.com/video/xwytke?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/x1bci6m?playlist=x34ije

 

Le reportage se penche ensuite sur la préfabrication en usine. Ces procédés de préfabrication en usine selon le commentaire sont bien adaptés aux pays en voie de développement, cela est illustré dans le reportage par une réalisation en Libye à Benghazi. Dans la course à l'allégement des matériaux un procédé l'isola béton est présenté. Un chapitre sur la construction métallique explique les avantage de ce procédé. La fabrication de composants ouvre de nouvelles perspectives à l'industrie du bâtiment.

 

Lieux géographiques : la Grande Borne 91, le Vaudreuil 27, Avoriaz, Avenue de Flandres à Paris, tours Picasso à Nanterre, vues de la défense, Benghazi Libye www.dailymotion.com/video/xk6xui?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xk1dh2?playlist=x34ije : mécanisation, rationalisation et élaboration industrielle de la production. Des exemples concrets sont présentés afin d'illustrer l'utilisation des différentes innovations : les coffrages outils, coffrage glissant, le tunnel, des procédés pour accélérer le durcissement du béton. Le procédé dit de coffrage glissant est illustré sur le chantier des tours Pablo Picasso à Nanterre. Le principe est de s'affranchir des échafaudages : le coffrage épouse le contour du bâtiment, il s'élève avec la construction et permet de réaliser simultanément l'ensemble des murs verticaux. Au centre du plancher de travail, une grue distribue en continu le ferraillage et le béton. Sur un tel chantier les ouvriers se relaient 24h / 24 , www.dailymotion.com/video/xwytke?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/x1bci6m?playlist=x34ije

 

: Dominique Bauguil www.youtube.com/watch?v=Sqfb27hXMDo … … - www.dailymotion.com/video/xk6xui?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xk1dh2?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xwytke?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/x1bci6m?playlist=x34ije l'industrie dla Grande Borne 91, le Vaudreuil 27, Avoriaz, Avenue de Flandres à Paris, tours Picasso à Nanterre, vues de la défense, Benghazi Libye 1975 Réalisateur : Sydney Jézéquel, Karenty la construction des Autoroutes en France - Les liaisons moins dangereuses 1972 www.dailymotion.com/video/x1re3h5 via @Dailymotion - AMIENS les HLM C'était le 29 juillet 2010, à 11h02. En quelques secondes, cette tour d'habitation s'est effondrée, détruite par implosion. Construite en 1961, la tour avait été vidée de ses habitants quelques années auparavant. www.youtube.com/watch?v=ajz2xk5KBNo … … - Les habitants de Montreynaud parlent de leur quartier et de cette destruction entre nostalgie et soulagement içi en video www.dailymotion.com/video/xmiwfk - Les bâtiments de la région parisienne - Vidéo Ina.fr www.ina.fr/video/CAF96034508/les-batiments-de-la-region-p... … via @Inafr_officiel - Daprinski - George Michael (Plaisir de France remix) www.youtube.com/watch?v=sJeH-nzlj3I

 

Ministère de l'Équipement et de l'Aménagement du Territoire - Dotation par la France d'autoroutes modernes "nécessité vitale" pour palier à l'inadaptation du réseau routier de l'époque voué à la paralysie : le reportage nous montre des images d'embouteillages. Le ministre de l'Équipement et de l'Aménagement du Territoire dans les deux gouvernements de Pierre Messmer, de 1972 à 1974, Olivier Guichard explique les ambitions du programme de construction qui doit atteindre 800 km par ans en 1978. L'ouverture de section nouvelles va bon train : Nancy / Metz par exemple. Le reportage nous montre l'intérieur des bureaux d'études qui conçoivent ces autoroute dont la conception est assistée par ordinateurs dont le projet d'ensemble en 3D est visualisé sur un écran. La voix off nous informe sur le financement de ces équipements. Puis on peut voir des images de la construction du pont sur la Seine à Saint Cloud reliant l'autoroute de Normandie au périphérique, de l'échangeur de Palaiseau sur 4 niveau : record d'Europe précise le commentaire. Le reportage nous informe que des sociétés d'économies mixtes ont étés crées pour les tronçons : Paris / Lille, Paris / Marseille, Paris / Normandie. Pour accélérer la construction l’État a eu recours à des concessions privées par exemple pour le tronçon Paris / Chartres. "Les autoroutes changent le visage de la France : artères économiques favorisant le développement industriel elles permettent de revitaliser des régions en perte de vitesse et de l'intégrer dans le mouvement général de l'expansion" Sur le plan européen elles vont combler le retard de la France et réaliser son insertion. Images de l'inauguration de l'autoroute entre Paris et Bruxelles par le président Georges Pompidou. Le reportage rappel que l'autre fonction capitale des autoroute est de favoriser la sécurité. La question de la limitation de vitesse est posée au ministre de l’Équipement, qui n'y est favorable que sur certains tronçons. Un des facteur de sécurité selon le commentaire est l'humanisation des autoroutes : aires de repos, restaurants, signalisation touristiques... "Rien n'est impossible aux techniques modernes" nous apprend la voix off qui prend comme exemple le déplacement sur rail de 65 mètres d'un château classé afin de faire passer l'autoroute Lille / Dunkerque.Durée : 4 minutes 30 secondes Sur les routes de France les ponts renaissent 1945 reconstruction de la France après la Seconde Guerre mondiale www.dailymotion.com/video/xuxrii?playlist=x34ije Lyon, Tournon, Caen - Le Bosquel, un village renait 1947 l'album cinématographique de la reconstruction, réalisation Paul de Roubaix production ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, village prototype, architecte Paul Dufournet, www.dailymotion.com/video/xx5tx8?playlist=x34ije - Demain Paris 1959 dessin animé présentant l'aménagement de la capitale dans les années 60, Animation, dessin animé à vocation pédagogique visant à promouvoir la politique d’aménagement suivie dans les années 60 à Paris. Un raccourci historique sur l’extension de Paris du Moyen Âge au XIXe siècle (Lutèce, œuvres de Turgot, Napoléon, Haussmann), ce dessin animé retrace la naissance de la banlieue et de ses avatars au XXe siècle. Il annonce les grands principes d’aménagement des villes nouvelles et la restructuration du centre de Paris (référence implicite à la charte d’Athènes). Le texte est travaillé en rimes et vers. Une chanson du vieux Paris conclut poétiquement cette vision du futur. Thèmes principaux : Aménagement urbain / planification-aménagement régional Mots-clés : Banlieue, extension spatiale, histoire, quartier, ville, ville nouvelle Lieu géographique : Paris 75 Architectes ou personnalités : Eugène Haussmann, Napoléon, Turgot Réalisateurs : André Martin, Michel Boschet Production : les films Roger Leenhardt

www.dailymotion.com/video/xw6lak?playlist=x34ije - Rue neuve 1956 la reconstruction de la France dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, villes, villages, grands ensembles réalisation : Jack Pinoteau , Panorama de la reconstruction de la France dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, ce film de commande évoque les villes et villages français détruits puis reconstruits dans un style respectant la tradition : Saint-Malo, Gien, Thionville, Ammerschwihr, etc. ainsi que la reconstruction en rupture avec l'architecture traditionnelle à Châtenay-Malabry, Arles, Saint Étienne, Évreux, Chambéry, Villeneuve-Saint-Georges, Abbeville, Le Havre, Marseille, Boulogne-sur-Mer, Dunkerque. Le documentaire explique par exemple la manière dont a été réalisée la reconstruction de Saint-Malo à l'intérieur des rempart de la vieille ville : "c'est la fidélité à l'histoire et la force du souvenir qui a guidé l'architecte". Dans le même esprit à Gien, au trois quart détruite en 1940, seul le château construit en 1494 pour Anne de Beaujeu, fille aînée de Louis XI, fut épargné par les bombardements. La ville fut reconstruite dans le style des rares immeubles restant. Gien est relevé de ses ruines et le nouvel ensemble harmonieux est appelé « Joyau de la Reconstruction française ». Dans un deuxième temps est abordé le chapitre de la construction des cités et des grands ensembles, de l’architecture du renouveau qualifiée de "grandiose incontestablement". S’il est précisé "on peut aimer ou de ne pas aimer ce style", l’emporte au final l’argument suivant : les grands ensembles, c'est la campagne à la ville, un urbanisme plus aéré, plus vert." les films caravelles 1956, Réalisateur : Jack Pinoteau (connu pour être le metteur en scène du film Le Triporteur 1957 qui fit découvrir Darry Cowl) www.dailymotion.com/video/xuz3o8?playlist=x34ije - www.dailymotion.com/video/xk1g5j?playlist=x34ije Brigitte Gros - Urbanisme - Filmer les grands ensembles 2016 - par Camille Canteux chercheuse au CHS -Centre d'Histoire Sociale - Jeanne Menjoulet - Ce film du CHS daté de 2014 www.youtube.com/watch?v=VDUBwVPNh0s … L'UNION SOCIALE POUR L'HABITAT le Musée des H.L.M. musee-hlm.fr/ union-habitat.org/ - EXPOSITION :LES 50 ANS DE LA RESIDENCe SALMSON POINT-Du JOUR www.salmsonlepointdujour.fr/pdf/Exposition_50_ans.pdf - Sotteville Construction de l’Anjou, le premier immeuble de la Zone Verte

 

www.youtube.com/watch?v=g7RwwkNzF68 - la dérive des continents youtu.be/kEeo8muZYJU Et la disparition des Mammouths - RILLIEUX LA PAPE & Dynacité - Le 23 février 2017, à 11h30, les tours Lyautey étaient foudroyées. www.youtube.com/watch?v=W---rnYoiQc 1956 en FRANCE - "Un jour on te demanda de servir de guide, à un architecte en voyage d etudes, ensemble vous parcourez la Françe visitant cité jardins, gratte ciel & pavillons d'HLM..." @ les archives filmées du MRU www.youtube.com/watch?v=zR_jxCANYac&fbclid=IwAR2IzWlM... … Villages de la Françe cité du Soleil

Le Goullon (LAHRA), auteur du livre "la genèse des grands ensembles",& Danièle Voldman (CHS, Centre d'Histoire Sociale), expliquent le processus qui a conduit l'Etat, et le ministère de l'urbanisme &de la reconstruction à mener des chantiers exp www.youtube.com/watch?v=zR_jxCANYac&fbclid=IwAR2IzWlM... mémoire2cité & l'A.U.A. - Jacques Simon (1929 - 26 septembre 2015) est un architecte paysagiste formé à l'École des beaux-arts de Montréal et à l'École nationale supérieure du paysage de Versailles. Fasciné par la campagne qui témoigne d'une histoire de labeur, celle des agriculteurs "ses amis", "les génies de la terre", Jacques SIMON, paysagiste dplg, Premier Grand Prix du Paysage en 1990*, réalise avec eux des installations paysagères éphémères principalement dans des champs et visibles du ciel. Avec sa palette d'artiste, Jacques SIMON réinvente des paysages comme les agriculteurs eux-aussi à leur façon les créent et les entretiennent. Le CAUE du Rhône vous invite à venir découvrir ses travaux au travers d'un kaléidoscope de photographies empreintes de spontanéité, de fraîcheur et d'humour. Cette exposition nous interpelle sur le caractère essentiel d'une nature changeante, fragile, sur l'importance d'une activité agricole diversifiée et sur la nécessaire évolution du métier de paysan. Elle nous amène aussi à voir et à interpréter ce que l'on voit, elle éveille en nous le sens de la beauté du paysage en conjuguant les différentes échelles de perception et de lecture; à pied et à vol d'oiseau, à la fois l'échelle humaine, terrestre, géologique, forestière, hydrologique, biologique mais aussi esthétique et symbolique. Jacques Simon, paysagiste cosmopolite est l'un des principaux acteurs du renouveau de la pensée paysagère en France dans les années 60 et 70 conjuguant avec cohérence sa pratique de paysagiste, de voyageur, d'éditeur, d'enseignant avec son approche plus artistique du paysage, subtile, sensible et humaine de la nature avec la réalisation de "performances". Ses projets paysagers comme ses interventions paysagères éphémères sont marqués par la mobilité, la fragilité, une empathie avec le lieu, par la dualité même du voyage : découverte / évanouissement, création / disparition. Jacques Simon dessine, écrit sur le paysage, "une surface", un peu à la manière du land'art avec les techniques et les outils du jardinier, du cultivateur. Il ne s'agit plus de représenter la nature mais de l'utiliser en créant avec et dans le paysage. L'intention de Jacques Simon n'est pas d'apposer sa marque sur le paysage mais de travailler instinctivement avec lui afin que ses travaux-installations manifestent même brièvement un contact en harmonie avec le monde naturel. "On dit qu'il a bouleversé l'esprit du paysage, il a remis les choses essentielles à leur place. Il rit de l'importance qu'on veut bien lui donner, fils de l'air, il ne veut rien de plus que passer dans les cerveaux pour les ventiler, les rafraîchir et non pour les modeler; son "importance", il l'a ailleurs et autrement; il est historique parce que dans son temps, dans celui qui s'écoule et non dans celui qui passe". Extrait de "Jacques Simon, tous azimuts", Jeanne-Marie Sens et Hubert Tonka, Pandora Editions, 1991. Il a introduit une nouvelle conception de l'art du paysage proche du Land art, Jacques Simon est l'auteur d'une série d'ouvrages sur différents aspects du paysage et abordés d'un point de vue technique. Il a travaillé de 1964 à 1966 en collaboration avec Michel Corajoud. Il a conçu le Parc de la Deûle (qui lui a valu le Grand Prix national du Paysage en 2006, après l'avoir reçu une première fois en 19901). Il est mort le 29 septembre 20151 et a été incinéré à Auxerre Le paysagiste Jacques Simon s'est éteint le 26 septembre dernier à l'âge de 86 ans. Diplômé de Versailles en 1959, il fut sans doute l'une des figures les plus emblématiques, les plus géniales et les plus originales du paysagisme contemporain. Premier grand prix du paysage et prix du Conseil de l'Europe pour le parc de la Deule, on lui doit des principes de compositions très forts, autour du nivellement, du traitement du végétal ou de la place laissée au vide. Ses intuitions comme ses travaux ont inspiré tous les paysagistes avec lesquels il a travaillé, à commencer par Michel Corajoud ou Gilles Vexlard. On lui doit un profond renouvellement dans la composition des grands ensembles, ses réalisations -comme le parc Saint-John Perse à Reims- restant des modèles pour tous les professionnels.

Comparaison Avant|Après du traitement juste ici : tazintosh.com/?p=13950Before|After Post-Processing Comparison right there: tazintosh.com/?p=13968

For size comparison. I'm 194 cm (76 inch) tall, the cage pictures 110 cm (43 inch) and the cage 250 cm (98 inch).

Pour la comparaison de la taille. Je suis 194 cm (76 inch), la cage images 110 cm (43 inch) et la cage de 250 cm (98 inch).

Zum Größenvergleich. Ich bin 194 cm (76 inch) groß, die Käfigbilder 110 cm (43 inch) und der Käfig 250 cm (98 inch ).

Troisième partie | Zoom sur les colverts et les noirs!

Poursuivons cet exercice d'essai du PowerShot SX60 HS et de sa comparaison avec son prédécesseur le PowerShot SX50 HS.

 

Celle-ci fut captée avec le SX50. Tous les deux, dans des conditions optimales de lumière et de proximité, captent avec brio les détails du plumage de notre sujet...

le Logement Collectif* dans tous ses états..Histoire & Mémoire de l'Habitat / Archives ANRU / Rétro Banlieue / Renouvellement Urbain / Urbanisme CO-OP CITY Le projet a été parrainé et construit par la United Housing Foundation, une organisation créée en 1951 par Abraham Kazan et l'Amalgamated Clothing ..Abraham E. Kazan est considéré comme le père du logement coopératif américain .Né en 1889. En grandissant comme témoin oculaire de conditions de logement épouvantables, Kazan croyait que le logement était un obstacle vital pour la personne moyenne. Le problème, selon lui,.était plus prononcé en milieu urbain. Un grand nombre de personnes vivaient dans les villes, soit pour travailler plus près, soit pour partager l’espace avec des multitudes de personnes qui contribueraient au loyer mensuel. @ CO OP CITY NYC social housing grand ensemble HLM du BRONX patrimoine de la NYCHA @ 15,372 lgts @Co-op City (abréviation de Cooperative City) est un ensemble d’habitation coopérative situé dans la partie nord-est de l’arrondissement du Bronx à New York. Elle est délimitée par l’Interstate 95 au sud-ouest, à l’ouest et au nord et par la promenade de la rivière Hutchinson à l’est et au sud-est, et se trouve en partie dans les quartiers de Baychester et d’Eastchester. Avec 43 752 résidents au recensement des États-Unis de 2010[2], c’est la plus grande coopérative d’habitation au monde.] Il se trouve dans le district 12 du conseil municipal de New York.

Le mouvement et les principes coopératifs sont hérités de la ville anglaise de Rochdale, dans le Grand Manchester, en Angleterre, où les pionniers de Rochdale ont élaboré les principes de coopération de Rochdale en 1844; ces principes sont suivis par des coopératives partout dans le monde.

Co-op City était autrefois un marais avant d’être occupé par un parc d’attractions appelé Freedomland U.S.A. de 1960 à 1964. La construction a commencé en 1966 et les premiers résidents ont déménagé deux ans plus tard, mais le projet n’a été achevé qu’en 1973. La construction de la communauté a été parrainée par la United Housing Foundation et financée par un prêt hypothécaire de la New York State Housing Finance Agency.La collectivité fait partie du Bronx Community District 10 et son code postal est 10475. Les attractions à proximité comprennent Pelham Bay Park, Orchard Beach et City Island. En comparaison, le nombre d’unités dans d’autres complexes notables mais plus petits comprend 12 271 à Parkchester, également dans le Bronx; 11 250 à Stuyvesant Town-Peter Cooper Village; 5 860 au village Rochdale à Queens, qui a été développé par la même équipe que Co-op City; 4 605 à LeFrak City; et 3 142 aux Queensbridge Houses, le plus grand ensemble de logements sociaux de la ville. Co-op City est également considéré comme le plus grand complexe d’appartements aux États-Unis, bien qu’aucune source faisant autorité ne semble tenir des dossiers sur le sujet. En dehors des États-Unis, cependant, Co-op est une petite pomme de terre par rapport à des projets comme Marzahn, un complexe de 59646 unités construit par le gouvernement est-allemand à Berlin. Alors que la couverture médiatique de Co-op City se concentrait initialement sur son esthétique, le plus grand problème existentiel du développement s’est avéré être financier. Au milieu des années 1970, elle a été au bord de la forclusion de l’État. Les dépassements de coûts, attribuables en partie à des travaux de construction de mauvaise qualité, ont entraîné des augmentations substantielles des frais mensuels pour les résidents, connus officiellement sous le nom de « coopérateurs ». En réponse, ils sont devenus des coopérateurs non coopératifs, d’abord le dépôt de plainte contre la United Housing Foundation, mais perdre à la Cour suprême des États-Unis et ensuite d’instituer une grève des loyers qui a duré 13 mois. À l’été 1976, une solution a été trouvée pour mettre fin à la grève. Essentiellement, toutes les parties ont fait marche arrière et les résidents ont acquis la responsabilité directe de superviser la Riverbay Corporation, l’entité juridique qui exploite la coopérative. (La United Housing Foundation, par contre, a cessé ses activités de développement.)

Au cours des années qui ont suivi, Co-op City a dû faire face à d’autres problèmes financiers et de gestion et les surmonter, mais le fait amusant est que, 45 ans après son achèvement, elle continue d’offrir des logements abordables à des milliers de familles dont la liste d’attente est longue et qui aimeraient s’y installer. Au moment de la construction de Co-op City dans les années 1960, on s’attendait à ce qu’un futur prolongement du métro le relie au reste de la ville de New York. En fait, le terminal de Pelham Bay Park de la ligne de métro 6 se trouve à moins d’un mille, bien que séparés par des autoroutes et des voies ferrées. Le prolongement du métro a été l’une des nombreuses victimes de la crise financière des années 1970 de la ville et demeure un rêve inachevé aujourd’hui, avec des autobus fournissant le seul service de transport en commun. Toutefois, le programme d’immobilisations actuel de la MTA comprend une nouvelle succursale de la ligne Metro-North New Haven qui utilise les rails Amtrak qui longent la limite sud-est de Co-op City. Quatre nouvelles stations, dont une à Co-op City, permettraient d’accéder à la station Penn de New York par le pont Hell Gate. Les résidents de la Ville coopérative devront attendre un peu plus longtemps, car cela ne sera pas mis en œuvre avant l’achèvement du projet d’accès côté est reliant le chemin de fer Long Island à la gare Grand Central, actuellement prévu pour 2022.

Contrairement à toutes les critiques effarantes que la Ville coopérative a suscitées, nous donnerons le dernier mot à l’un de ses résidents, qui a rédigé un hommage complet appelé « Ode à la Ville coopérative ». Découverte par Nina Wohl, étudiante diplômée de l’Université Columbia, pour sa thèse de maîtrise de 2016, voici la pièce dans son intégralité : « Ode to Co-op City » De toutes les routes il vient en vue ...Si toutes les raisons pour lesquelles les gens détestent New York pouvaient être résumées sous forme humaine, ce serait Charlie Rosen. C’est un juif communiste du Bronx, bruyant, bavard et violent. Il est également âgé de 34 ans, opérateur de linotype de métier, et il vit dans Co-Op City, qui est probablement le plus grand projet de logement au monde avec sa femme et ses deux enfants. En 1975, il a mené ses collègues locataires dans une grève monumentale des loyers. Après 13 mois, ils ont gagné l’honneur douteux de diriger eux-mêmes l’endroit et Charlie Rosen est devenu, en effet, le directeur d’une société de 500 millions de dollars.

 

C’était une tournure assez bizarre pour un marxiste engagé. Son deuxième jour au travail, les différents syndicats Co-Op City ont fait la grève et Rosen a dû traverser la ligne de piquetage. La grève s’est réglée assez facilement, mais c’était troublant. Puis, les entrepreneurs ont commencé à venir. La Co-Op City, vous devez comprendre, est le paradis des entrepreneurs. Il a des contrats gargantuesques pour à peu près tout : machines à laver, réparation de réfrigérateur, ongles, peinture, vous l’appelez. Un entrepreneur marchera sur des charbons chauds pour avoir la chance de desservir la Ville coopérative.

  

Un jour, Charlie Rosen et l’avocat des locataires, Herb Freedman, déjeunaient avec un entrepreneur qui, jusqu’alors, ne semblait pas aussi visqueux que ses collègues. C’était un déjeuner très agréable. Finalement, l’entrepreneur a dit : « D’accord Charlie, que pouvons-nous faire pour vous? Qu’aimez-vous faire? Que voulez-vous? »

 

« Des moutons », dit Charlie.

« J’aime baiser des moutons. »

« Moutons? »

« Des moutons, dit Charlie. Une fois que vous avez eu un mouton, vous ne voulez plus jamais une femme. »

 

Plusieurs jours plus tard, un camion s’est rendu au bâtiment administratif de la Co-Op City et a déchargé deux moutons. La plupart des employés trouvaient cela assez drôle, mais Charlie Rosen était furieux. « Le message était clair », a-t-il dit plus tard. « Tout ce que vous voulez, vous pouvez l’avoir. Vous voulez des moutons? D’accord. C’était vraiment dégoûtant. » Mais c’était aussi l’une des rares fois dans la longue lutte de Co-Op City contre l’État de New York, la ville de New York, les tribunaux, les banques et divers politiciens que Charlie Rosen avait été évincé. Il n’y a pas eu de retour intelligent à une paire de moutons. Ils ont été rapidement envoyés au zoo de Flushing Meadow. IL Y A UNE IDÉE FAUSSE COMMUNE SUR LES PROJETS DE LOGEMENT. Beaucoup de gens croient que le gouvernement construit des endroits comme Co-Op City simplement pour fournir des logements aux pauvres et aux personnes à revenu moyen. C’est une vue étroite. Des projets de logement sont construits, du moins en partie, pour garder les amis des politiciens heureux et prospères. Comme c’est dans la construction que se trouve l’argent réel, le gouvernement s’intéresse habituellement beaucoup plus aux projets de construction qu’à leur exécution. Nelson Rockefeller, lorsqu’il était gouverneur de New York, était particulièrement habile à satisfaire ses amis. Il ne se souciait pas s’ils étaient républicains ou démocrates tant qu’ils étaient ses amis quand il comptait. Dans le cas de Co-Op City, ses amis se sont avérés être un groupe de dirigeants syndicaux et de « spécialistes » du logement qui se sont appelés United Housing. Le marécage n’est que le début du symbolisme. Le projet est organisé le long de la côte septentrionale désolée du Bronx, un dernier arrêt pour les familles fuyant les horreurs réelles et imaginées du centre-ville. C’est un monument à couper le souffle à la morne de parpaings et de briques grises. Il éclate à travers le paysage - 35 tours et 6 blocs de maisons en rangée - une admission massive de l’échec urbain; si les vieux quartiers n’avaient pas été tués, il n’y aurait pas eu besoin de Co-Op City. Il y a 15 372 appartements. Il y a trois centres commerciaux. Il y a un « parc éducatif » moderne. Il y a un service de police, deux journaux et une centrale électrique. Il y a environ 60 000 habitants. Ils sont éclipsés par les tours et il est facile pour un étranger — comme un bureaucrate du logement — d’être induit en erreur en pensant qu’ils sont insignifiants. Mais au printemps 1976, ils étaient probablement la circonscription politique la plus sophistiquée des États-Unis. Au début, cependant, ils n’étaient que de pauvres ploucs. Ils étaient effrayés par ce qui se passait dans leurs quartiers et se demandaient quoi faire ensuite. Pour des gens comme Ben et Norma Cirlin, qui viennent de se marier, Co-Op City ressemblait à un rêve. Ben était chauffeur d’autobus scolaire au chômage; Norma était travailleuse sociale. Ils n’avaient pas l’argent pour acheter une maison. « Vous n’avez pas idée à quel point je voulais vivre dans un endroit nouveau, se souvient Ben. Toute ma vie, j’ai vécu dans des logements. Je voulais élever une famille dans un endroit où personne d’autre n’avait jamais vécu. » La Co-Op City était nouvelle et, plus important encore, bon marché. Comme il s’agissait techniquement d’une coopérative, les Cirlins ont dû « acheter » leur appartement de cinq pièces pour 2025 $. Cela ne semblait pas être un grand investissement pour une nouvelle maison. Le loyer mensuel annoncé — techniquement des frais d’entretien — n’était que de 23 $ par chambre. Il y avait une autre exigence : les Cirlins devaient prouver qu’ils étaient assez pauvres pour vivre dans la Co-Op City. Leur revenu annuel ne pourrait pas être plus de six à sept fois leur loyer annuel. (S’ils ont soudainement trouvé cela riche, ils pourraient rester dans Co-Op City mais devraient payer plus de loyer.) Ben Cirlin est un homme dodu, aux taches de rousseur, 34 ans, qui rayonne à la fois de gentillesse et d’une sorte de sincérité anxieuse. « Je n’ai jamais participé à quoi que ce soit avant la Co-Op City, a-t-il dit. Je me contentais de regarder la télévision. J’étais un conservateur. J’ai même voté pour Goldwater. Si vous m’aviez dit que je serais mêlé à tout cela, j’aurais dit que vous étiez fou. » Mais ça a commencé à changer avant même qu’il emménage dans son nouvel appartement. Ben était tellement excité qu’il allait voir son immeuble — le bâtiment 24 — être construit. Il a été achevé en 1971. À ce moment-là, le loyer atteignait 31,46 $ par chambre. Au début, ce n’était pas le loyer qui dérangeait Ben. C’était des graffitis. « Les enfants écrivaient sur les murs. C’étaient de nouveaux bâtiments et ils avaient déjà l’air merdiques. La direction ne faisait rien à ce sujet, alors le dimanche, je descendais avec une brosse et un seau pour nettoyer l’immeuble. Très vite, les gens ont commencé à me demander ce que je faisais et si j’avais besoin d’aide.« L’étape suivante consistait à organiser des activités pour que les enfants aient quelque chose de mieux à faire que d’écrire sur les murs. Nous avons rassemblé l’édifice et nous avons organisé des excursions pour les enfants. Bientôt, nous avons eu une association de construction et j’en étais le président. À cette époque, d’autres bâtiments s’organisaient aussi. »Les associations de construction ont commencé à passer du graffiti à d’autres questions. Et le problème émergent le plus important était le loyer. En 1973, les frais d’entretien étaient de 37,75 $ par chambre. En 1974, ils sont passés à 42,81 $. . et la direction prévoyait une autre augmentation en 1975. L’inflation et la mauvaise gestion ont fait grimper le coût de la gestion du projet. Mais le montant que les locataires pouvaient payer était, évidemment, limité. C’est pourquoi ils vivaient dans Co-Op City en premier lieu. Maintenant, ils étaient coincés et il n’y avait aucun soulagement en vue. En théorie, les loyers pouvaient continuer d’augmenter pour toujours [...]Au début de 1974, les associations de construction se sont réunies pour discuter de la situation. À cette réunion, le représentant du bâtiment 22 était un jeune homme, prématurément gris, qui n’avait jamais été actif dans les affaires communautaires auparavant. Quand il leva la main et commença à parler, les gens furent stupéfaits par son éloquence. Des années plus tard, beaucoup d’entre eux se souviendraient du moment précis, sinon des mots exacts. C’était un moment charnière. Il a fait comprendre aux gens, pour la première fois, qu’il était possible de riposter. « JE NE VOULAIS VRAIMENT PAS M’IMPLIQUER », a déclaré Charlie Rosen, qui essaie de donner l’impression qu’il était un témoin innocent lorsque la foudre a frappé. Cela fait partie de son charme marxiste. Il voudrait vous faire croire que n’importe qui aurait pu mener la grève des loyers de la Co-Op City. « Je crois fondamentalement que n’importe qui peut faire n’importe quoi. La différence des capacités intellectuelles entre les gens est minime. C’est comme un 18e pouce. Ce n’est même pas un nombre important de structures moléculaires dans votre cerveau. » Mais en même temps, il n’a pas vraiment fui la direction. Il a paraphrasé Mao : « Il y a un rôle pour les membres et un rôle pour le leadership et les deux sont des rôles nobles. On ne cherche pas à obtenir un leadership. Vous devenez le leader parce que vous avez quelque chose à apporter. Et c’est le peuple qui prend cette décision, pas vous. » Dans ce cas, la décision a été aussi bonne que prise dès que Charlie Rosen a ouvert la bouche. « Il était tout simplement dans une ligue différente de la nôtre », se souvient Ben Cirlin. « Un soir, il est arrivé avec une note de service de 30 pages montrant comment nous pouvions gagner une grève des loyers. Cela semblait incroyable. Je n’ai jamais pensé que cela pourrait se faire, mais il avait tout cela là. Des mois plus tard, j’ai regardé la note de service et il avait raison. Je me demandais où il avait appris à faire une telle chose. »

En fait, Charlie leur a dit où il avait appris à s’organiser. Il l’a appris chez lui, en grandissant. Ses parents étaient membres d’une génération remarquable de travailleurs pour qui l’apprentissage était une religion, et le marxisme était le complément politique de cette religion. Son père travaillait à la machine dans le commerce des aiguilles; sa mère fabriquait les franges des rideaux. Ils lui ont appris que la dignité et l’intelligence n’avaient rien à voir avec le statut économique. Il a grandi pendant la période McCarthy, a vu les amis de ses parents être mis sur la liste noire et a vécu avec la possibilité que le prochain coup à la porte pourrait être les fédéraux. Pendant un certain temps, il a voulu être danseur. Il a étudié la danse en Russie.Puis, au début des années 60, les Rosen sont devenus désenchantés par la rigidité des staliniens et « sont devenus chinois ». Lui et son frère aîné, Jake, sont devenus maoïstes et ont rejoint le parti travailliste progressiste. Charlie a travaillé sur le journal PL, Challenge, et a édité le magazine, PL. Mais c’était une période de folie sectaire et de myopie sur la gauche, et finalement il a abandonné. Il est devenu un socialiste indépendant, travaillant une machine à linotype au New York Post et actif dans son syndicat, que ses collègues ont appelé « The Commie ».La chose peut-être la plus étonnante à propos de la grève des loyers de la Co-Op City est que les locataires ont accepté le leadership de Charlie sans aucune hésitation. Il n’a jamais caché son passé. Il en a parlé facilement, mais personne ne semblait s’en soucier. « Cela m’a un peu dérangé au début », a dit Ben Cirlin. « Mais nous avons eu une discussion de quatre heures autour de la table de la salle à manger et je me suis senti mieux après cela. » Natalie Lange, chef de grève et ancienne organisatrice syndicale, a déclaré : « Lorsqu’il a prouvé son leadership, ils ont accepté sa politique. Je ne sais pas, peut-être que les gens acceptent les maoïstes plus facilement que les staliniens de nos jours. » Larry Dolnick, un autre leader des locataires : « Un jour, je suis allé à l’appartement de Charlie et j’ai vu tous ces livres de Mao et Lénine et ça m’a fait peur, mais on en a parlé et ça allait. Tant qu’il n’a pas essayé de me changer ou d’imposer sa politique à Co-Op City, je m’en fichais. » Mais, bien sûr, Charlie l’a fait. Son analyse de la lutte de la Co-Op City était complètement marxiste. Le véritable ennemi n’était pas la United Housing Foundation, ni même l’État de New York qui avait lancé les obligations pour construire Co-Op City. Les véritables ennemis étaient les banques qui détenaient les obligations. C’est là que l’argent du loyer a fini par aller, pour rembourser les détenteurs d’obligations. C’est dans cet esprit que Charlie a organisé les locataires. Les associations de construction existantes ont été renforcées et réorganisées pour la bataille à venir. En cas de grève, le Comité directeur des locataires percevrait les loyers dans les halls d’entrée de l’immeuble afin que les résidents les plus réticents voient leurs voisins faire la queue et soutenir physiquement l’action. Au printemps de 1975, on a appris que la prochaine augmentation du loyer, prévue pour juillet, serait énorme — 25 p. 100, ce qui porterait le total à 53,46 $ par chambre. En mai, le comité directeur a décidé de voir combien de personnes appuieraient une grève. Pendant les dix premiers jours du mois, les loyers ont été collectés dans les halls. La nuit dernière, les chefs de grève se sont réunis dans la salle communautaire du bâtiment 11 pour voir comment ils s’en étaient sortis. Charlie Rosen s’est assis avec une machine à additionner, comptabilisant les retours. C’était un glissement de terrain - environ 85% des locataires avaient coopéré. Les chèques ont été jetés dans des sacs à ordures en plastique qui allaient devenir un symbole de la grève et amenés au bureau du gouverneur Hugh Carey dans une démonstration de force. En juin, le processus a été répété et, cette fois, les chèques ont été déposés dans une banque jusqu’à ce que les dirigeants soient forcés de les remettre. Mais ni l’une ni l’autre de ces mesures n’a eu d’effets positifs. La nouvelle augmentation des loyers a été officiellement annoncée en juin. Elle entrerait en vigueur le 1 juillet, et la grève des loyers aussi. L’État de New York était maintenant confronté à un dilemme intéressant. Elle devra payer ses obligations en souffrance si elle ne parvient pas à convaincre les 50 000 récalcitrants de payer leur loyer. Comme il serait ridicule d’essayer d’expulser tant de gens, il faudrait trouver des moyens plus créatifs de briser la grève. La première était une injonction de la cour contre les dirigeants. Si elle était défiée, ils pourraient aller en prison. Elle a été défiée, et un procès de sept semaines a suivi. Chaque jour, le tribunal était rempli de locataires de la Ville Co-Op qui soutenaient leurs dirigeants. Chaque soir, les dirigeants ont fait circuler des dépliants signalant les événements de la journée. Les dirigeants avaient déjà établi un système de communication incroyable. Il y avait des presses à imprimer, un camion sonore omniprésent diffusant les dernières nouvelles et une ligne téléphonique 24 heures sur 24 répondant aux questions des locataires. Des dépliants ont été distribués à chacun des lobbies en quelques heures. Un jour, les dépliants pouvaient frapper chacun des 15372 appartements. D’ici quelques jours, ils pourraient rassembler 10000 personnes sur le Greenway au milieu du projet pour une réunion. Des réunions plus petites se tenaient continuellement dans chaque bâtiment, parfois à chaque étage. Environ 2000 personnes ont participé au déroulement de la grève et le moral était élevé. Chaque fois que l’État tentait un nouveau stratagème, les grévistes le transformaient à leur avantage. Lorsque l’État publia une liste des gens qui ne payaient pas leur loyer, les grévistes la qualifièrent de tableau d’honneur (et la vie devint moins agréable pour ceux qui ne figuraient pas sur la liste, en particulier le conseiller municipal local qui, jusqu’alors, avait affirmé qu’il soutenait la grève). Lorsqu’on a annoncé que les lumières seraient éteintes si la facture d’électricité du projet n’était pas payée, on a demandé aux locataires d’effectuer leur prochain chèque de loyer à Con Edison. Et, dans un remarquable étalage de force organisationnelle, des sacs à ordures remplis de chèques furent bientôt livrés au bureau du service public au centre-ville. Lorsque l’État a fermé les buanderies — un déménagement sérieux, puisque les locataires de la coopérative City n’ont pas le droit de laver ou de sécher —, un groupe de femmes du projet a apporté des planches à laver et des seaux (et des équipes de télévision) au bureau du commissaire au logement et a organisé un lavage. Des mois se sont écoulés. Le moral s’est maintenu. La décision du tribunal a été défavorable aux dirigeants et des amendes massives ont été imposées au Comité directeur et à ses membres. Mais les amendes n’ont pas été payées et les dirigeants ont fait face à la menace immédiate de prison et de ruine financière. De toute évidence, la tension montait. Depuis le début, toutes sortes de négociations se déroulaient dans les coulisses. Maintenant que 1975 est devenu 1976, les négociations se sont intensifiées. Comme Charlie Rosen l’avait prédit, les vrais adversaires étaient les banquiers, qui détenaient les obligations, et leurs avocats. Parfois, les négociations ont eu lieu dans les cabinets d’avocats du centre-ville chic, et Rosen deviendrait encore plus truculent que d’habitude. Il savait que les banquiers essayaient de l’intimider avec leur pouvoir, mais il a refusé de s’en remettre à eux. En fait, il est allé sur l’attaque. Après tout, il était aux commandes. Il détenait des millions de dollars de leur argent. Il criait, maudissait et se frottait le nez. Parfois, quand il voulait attirer l’attention d’un banquier, il criait : « Hé nègre! »

« Ils essaient de vous faire sentir comme de la merde, ces gars-là », a-t-il dit. « Pour eux, vous êtes de la merde. Pendant les pauses, ils parlaient de leurs putains de voiliers. Parfois, j’en avais marre de leur crier : « À qui tu crois parler. Je suis un putain de prince d’Israël ! Mon peuple écrivait de la poésie en Babylonie quand votre peuple était encore dans les arbres. Il mangeait des putains de bananes…

Après des mois, un règlement provisoire a finalement été conclu. C’était un règlement insensé, ridicule et bizarre : aucune augmentation de loyer. Le projet serait remis aux locataires pour voir s’ils pourraient mieux le gérer. Tout ce qu’ils avaient à faire était d’abandonner les sacs à ordures pleins de chèques et le procès serait abandonné, aussi. Le lundi 26 juillet 1976, un camion de location conduit par Ben Cirlin s’est arrêté au palais de justice du comté du Bronx. Les locataires de Co-Op City ont formé une chaîne humaine et déchargé des boîtes remplies de 101 933 chèques d’une valeur de plus de 20 millions de dollars. Les chèques avaient été cachés sous des lits, dans des placards et dans les maisons d’amis qui ne vivaient pas dans le projet. Ce soir-là, il y a eu un rassemblement sur le Greenway pour célébrer la victoire. Il y a eu une énorme ovation lorsque Charlie Rosen s’est approché du microphone et a dit : « Nous avons battu ces bâtards. » Un jour, juste après la prise de contrôle, Ben Cirlin entra dans les bureaux de l’administration, et Charlie Rosen lui remit une pile de matériel technique complexe. C’était au sujet des machines à laver. « Lisez-le, dit Rosen, et dites-moi ce que vous en pensez. » Ben a pris le truc dans une pièce et a essayé de le lire. Les mots et les chiffres ont commencé à nager devant lui. Il ne pouvait pas le faire. Il a essayé pendant cinq heures. « Charlie, je ne peux pas le faire », a-t-il dit, en retournant le matériel. « D’accord, » dit Charlie, en le remettant directement à Ben. « Merveilleux. Vous ne pouvez pas le faire. Maintenant, faites-le. » Ben connaissait bien les machines. Il avait déjà suivi un cours de réparation de téléviseur et maintenant, en étudiant une deuxième fois le matériel sur les machines à laver, il a commencé à le comprendre. Il finit par négocier un contrat pour des services de blanchisserie qui garantissait à la Co-Op City un minimum de 520000 $ de profits chaque année. Par la suite, il a négocié d’autres contrats concernant la machinerie. Charlie Rosen prouvait que vous n’aviez pas besoin de « professionnels » pour gérer un projet de logement. Il y avait Mady Weitz, qui avait tenu un magasin de cartes de vœux dans le West Bronx et était maintenant responsable des allocations d’appartements. Larry Dolnick, qui avait été un petit homme d’affaires, était maintenant président de Riverbay Corporation, qui est le nom officiel de Co-Op City. Plus important encore, Larry avait pris d’autres formes. « Au début de la grève, je n’avais pas beaucoup de contact avec les Noirs ou les Portoricains », a-t-il dit. (La ville Co-Op est composée à environ 85 % de Blancs, principalement juifs, et à 15 % de minorités.) Mais pendant la grève, il est devenu le « ministre des Affaires étrangères » de la Co-Op City, la personne qui traitait avec d’autres groupes de locataires autour de la ville, et ils étaient généralement noirs et portoricains. Il dirigeait maintenant la campagne d’Esther Smith pour le conseil municipal. Esther Smith est une femme noire et trésorière du conseil d’administration de la Co-Op City. Le nouvel esprit était contagieux. Rosen a été assiégé par des gens avec des idées sur la façon d’améliorer l’endroit. Même avant la prise de contrôle, un vieil immigrant russe était particulièrement persistant. Il s’appelait Israel Kushner. « La centrale électrique », dirait-il à Charlie en yiddish. « L’avenir est dans la centrale électrique. » « Oui, bien sûr », disait Charlie, et continuait son travail. Un jour, cependant, il s’est assis et a écouté ce qu’Israel Kushner avait à dire. La centrale de Co-Op City était une farce. Il a été construit pour fournir de l’électricité à faible coût pour le projet, mais il avait seulement été utilisé comme source de secours et comme centrale de chaudière. Kushner a parlé de ce qui pourrait être fait, et finalement une proposition a été élaborée pour utiliser la centrale électrique comme site expérimental pour transformer les déchets en électricité. La proposition est arrivée à Washington au moment où l’administration Carter commençait à parler de trouver des sources d’énergie de remplacement, et elle a été prise très au sérieux. Le fédéral a accepté de financer une étude de faisabilité de 800 000 $, mais il y avait un hic. Tout d’abord, la direction des locataires devait prouver qu’elle pouvait payer l’hypothèque de la Co-Op City. Ils ont dû prouver que l’endroit n’était pas en faillite — un exploit difficile, puisqu’il était en faillite. L’hypothèque était tout simplement un monstre, environ 400 millions de dollars. Au début, Rosen et les autres avaient parlé d’économiser des « millions » en gérant le projet plus efficacement. À la grande surprise de presque tout le monde, les locataires avaient prouvé qu’ils pouvaient gérer l’endroit plus efficacement. Ils avaient économisé des centaines de milliers de dollars, mais pas des millions. Les millions n’étaient tout simplement pas là pour être épargnés. Peu à peu, il est devenu évident qu’il faudrait augmenter les loyers [...] et à moins que l’État n’aide à couvrir les coûts, ils seraient des augmentations massives. Au printemps 1977, les gestionnaires des locataires ont commencé à jouer au chat et à la souris avec l’État, disant qu’ils n’allaient plus payer l’hypothèque. Ils ont dit qu’ils avaient besoin d’argent pour maintenir le projet, pour l’empêcher de s’effondrer physiquement. Ils ont osé l’État pour saisir (sachant très bien que personne — sauf eux — n’était assez fou pour vouloir venir et gérer l’endroit). Il était évident qu’une sorte de programme de renflouement avec des augmentations modérées des loyers était dans l’air, mais l’État s’est couvert et les négociations ont traîné, mais. La tension était énorme et le moral commençait à baisser. Le conseil d’administration continuait de se réunir chaque semaine, se battant pour rien. On a même essayé de se débarrasser de Charlie Rosen. La tentative était motivée par la jalousie et la petite politique, mais il reflétait un sentiment sincère dans la communauté que Rosen avait trahi Co-Op City. Le problème était qu’après la grève des loyers, la plupart des gens dans le projet considéraient Charlie comme quelque chose de proche d’un dieu. « Il était notre messie », dit une femme. « Je ne sais pas comment il peut dormir la nuit avec tous les faits et chiffres qui sont dans sa tête », a dit un autre. En fait, il ressemblait davantage à un rabbin. Tout le monde est venu lui parler de ses problèmes. Pour chaque Israël Kushner qui est venu à lui avec une centrale électrique, il y en avait mille qui voulaient juste une épaule pour pleurer, ou pour se plaindre d’un robinet qui fuit, ou juste pour passer le temps de la journée. Pendant la grève, il leur avait parlé. Pendant la grève, c’était son travail — on lui versait 15 000 $, son salaire au New York Post, pour diriger le comité de grève — de maintenir un moral élevé. Maintenant, il avait une société de 500 millions de dollars à gérer. Il y avait tellement de choses à apprendre, tellement de décisions à prendre. Il était plus un novice dans la gestion d’un projet de logement que Ben Cirlin était à négocier un contrat de blanchisserie. Il devait leur faire comprendre que les choses étaient différentes maintenant; il n’était plus le chef de grève; il était le propriétaire. Il a choisi — à la demande pressante de Herb Freedman, l’avocat des locataires, et d’autres — une méthode assez particulière pour faire passer ce point, et particulièrement particulière pour un marxiste. Il a décidé d’accepter un gros salaire. Il a démissionné du conseil d’administration et est devenu consultant au taux de 20 000 $ pendant six mois. C’était 40 000 $ par année. C’était environ 800 $ par semaine. La plupart des gens savaient que c’était beaucoup moins que ce qu’ils avaient payé au directeur lorsque la United Housing Foundation dirigeait Co-Op City, la plupart des gens pensaient que Charlie Rosen en valait la peine [...] mais quand même, ils étaient confus et blessés. Ils ont commencé à se demander s’il n’avait été là que pour l’argent depuis le début.

Pour sa part, Charlie avait un certain nombre d’explications sur les raisons pour lesquelles il a pris l’argent. Aucune d’entre elles n’était tout à fait convaincante. « Les gens respectent ce pour quoi ils paient. « Ils pensent que les affaires de Bloomingdale sont meilleures que celles d’Alexander », a-t-il déclaré. « Le salaire lui a donné de la crédibilité auprès des locataires et de l’État, a-t-il affirmé. « J’ai dû rompre avec le passé. Une grande hostilité envers moi à ce moment-là est qu’ils ont perdu leur ami. Est-ce que je savais que j’allais sacrifier mon appui? Oui. Est-ce que je l’ai fait exprès? Oui. Y avait-il une autre solution? Que Dieu bénisse quiconque en a une, je ne le sais pas. Si quelqu’un aurait pu apprendre ce que nous avions à apprendre et, en même temps, faire la merde politique, tenir la main [...] Il aurait été beaucoup plus facile de se contenter de prononcer des discours et d’embaucher quelques professionnels pour diriger l’endroit. » Il a craché le mot « professionnels ». Il était amer. Que les gens pensent qu’il les avait vendus [...] Mais ils l’ont fait. Le ressentiment était là, même au conseil d’administration. Et à la fin de juin 1977, alors que les négociations finales avec l’État atteignaient une phase cruciale, elles se sont répandues au grand jour. L’un des deux journaux de Co-Op City a été scandalisé d’apprendre que Charlie Rosen avait formé une société, entre autres. Il s’appelait Charles Rosen Management Consultants. Le journal a suggéré que Rosen pourrait se louer en tant que consultant à toute personne qui voulait faire des affaires avec Co-Op City et faire un paquet. On a laissé entendre qu’il cherchait un élément de l’étude fédérale sur les centrales électriques. Son comportement a été comparé à Richard Nixon. (Rosen a apporté un procès sur l’article.) Une réunion est convoquée. Le conseil d’administration l’interroge publiquement. Un rabbin, David Winter, fut importé pour aplanir les aspects moraux de la situation. Plus d’un millier de personnes se sont rassemblées à l’auditorium Dreiser par une nuit humide en juillet pour voir ce que Charlie Rosen avait à dire pour lui-même. Les questions, principalement périphériques et stupides, traîné pendant plusieurs heures, mais enfin Rosen a eu la chance de donner sa version des questions. Oui, il avait formé une société à des fins fiscales. Mais non, il ne pouvait représenter personne d’autre que Co-Op City. C’était écrit directement dans les documents de constitution en société. Il était également vrai qu’il était très intéressé par l’étude sur les centrales électriques. Il avait fait une proposition au conseil d’administration à ce sujet. Une fois les négociations avec l’État terminées et le problème d’hypothèque résolu, il voulait devenir le directeur local de l’étude fédérale, avec un salaire à temps partiel de 25000 $. Il a proposé que l’autre partie de son temps soit passée en tant que consultant à Co-Op City, à un salaire de 10000 $. Le total serait de 35 000 $, soit moins que ce qu’il gagnait à l’heure actuelle, et le gouvernement fédéral en paierait 25 000 $. Il avait toujours dit qu’il ne voulait pas gérer Co-Op City pour le reste de sa vie. C’était une façon de se retirer progressivement. Mais il était en colère et blessé que les gens de la communauté le soupçonnaient d’une escroquerie. Il ouvrit ses livres d’entreprise pour inspection et reçut une vive ovation. À ce moment-là, le rabbin Winter a posé la question à laquelle tout le monde dans la salle voulait une réponse : « Je ne pense pas qu’aucun d’entre nous croit vraiment que vous avez fait quelque chose de mal sur le plan juridique. Ma question sur votre comportement est morale et éthique. Je conviens que les gens devraient être payés ce qu’ils valent, mais vous avez dépassé les limites acceptées. Vous avez perverti toute la notion d’individu animé d’un esprit communautaire [...] » Malheureusement, Rosen n’a pas été autorisé à répondre. Larry Dolnick, qui présidait la réunion, a soudainement décidé qu’elle avait duré assez longtemps. Il n’y aurait plus de questions ou de déclarations. L’auditoire a gémi et Rosen a essayé de parler de toute façon, en vain. C’était inexplicable et frustrant [...] mais, d’une certaine façon, approprié. Peu importait si Charlie Rosen avait été motivé par la cupidité, ou par une étrange envie de gauche de s’immoler à des fins politiques plus élevées. En prenant l’argent, il avait — symboliquement — mis fin à la grève. Dans toute la communauté, l’esprit et la sophistication qui avaient rendu la ville Co-Op si spéciale pendant la grève étaient sur le déclin. C’était fini.

 

La grève a pris fin une semaine plus tard, le 14 juillet, lorsque Rosen est allé avant un rassemblement de masse sur le Greenway et a annoncé un règlement : l’État allait laisser tomber la menace de fermeture avant et, en fait, oublier les millions que Co-Op City devait; les locataires paieraient une augmentation de 20% loyer. L’annonce a été accueillie par des gémissements et des huées, mais il y avait peu de doute qu’elle serait acceptée. EN FIN DE COMPTE, NOUS ALLONS PERDRE », avait déclaré Rosen à un groupe d’étudiants en affaires urbaines quelques semaines plus tôt. « On ne peut pas gagner une lutte idéologique sans idéologie ». La plupart des participants au projet ne savaient pas vraiment ce qu’ils avaient accompli. Ils ne savaient pas qu’ils avaient fait un pied de nez à l’établissement financier de New York et s’en sont tirés. De telles victoires sont très rares. Rosen a prédit qu’avec la plupart des locataires à la dérive vers l’apathie, Co-Op City reculerait et deviendrait pas beaucoup différent que d’autres projets de logement. Même les réformes démocratiques chèrement gagnées — la gestion des locataires — pourraient s’effriter avec le temps. Il a dit toute cette affaire-de-fait, comme s’il l’avait su tout au long, comme si cela ne faisait pas mal. Alors pourquoi, lui a-t-on demandé, s’impliquer en premier lieu? « Parce que la lutte en vaut toujours la peine », a-t-il dit. En outre, il y avait des avantages tangibles. Il n’y avait eu aucune augmentation de loyer à Co-Op City depuis trois ans, de 1974 à 1977. Et il y avait des avantages intangibles. Beaucoup de gens, éparpillés dans le projet, ne seraient plus jamais les mêmes. Ben Cirlin ne serait plus un simple chauffeur d’autobus scolaire. Ses soirées devant la télé étaient terminées. Il n’était pas exactement un jeune Lénine, mais il ne laisserait jamais d’autres personnes prendre des décisions à sa place. Assis sur un banc devant son immeuble au début de l’été, regardant sa fille jouer dans le bac à sable, Ben avait deux idées sur ce qui s’était passé. « Je ne recommencerais jamais », a-t-il dit, « les gens n’apprécient pas ce que vous faites ». Encore une fois, il était fier. « J’ai maintenant trois carrières. Je suis père. Je m’occupe du bébé le jour où Norma est au travail. Je suis toujours chauffeur d’autobus scolaire [...] et je suis le vice-président d’une société de 500 millions de dollars. » Se excusant, Ben a expliqué qu’il devait coucher sa fille pour une sieste. Il a disparu à l’intérieur de la tour grise massive, le bâtiment 24, une petite mais certainement pas insignifiante figure Abraham Kazan was born in 1889. Growing up as an eyewitness to appalling tenement conditions, Kazan believed that housing was a vital obstacle for the average person. The problem, as he saw it, was more pronounced in urban settings.[2] Large numbers of people lived within cities, either to be closer work or to be able to share space with multitudes of people who would help contribute to the monthly rent.

 

As the president of the Amalgamated Clothing Workers (ACW) Credit Union, Kazan understood that most people, rich and poor, usually considered a home as “purely a product of his own efforts.” Yet, unlike all other routine necessities, owning a home required a sizable initial investment that was usually beyond that of those with moderate means or salaries. He felt that this made newly constructed buildings often out of reach for the poorer earners, causing harsher social and moral conditions with the tenement communities where the poorer people lived in tightly congested clusters.

 

Kazan did not believe that good housing conditions would guarantee normal, healthy people and families, but he was convinced that substandard housing does directly and adversely affect health, morale, and the social conditions of those who live there within it.[3] Open spaces were important for healthy children, and he believed that lack of quality conditions would result in child delinquency, crime, disease and a host of other social and health crises that would fester.

 

To try to address this problem he developed the idea of cooperative housing—not merely to create a residential building or complex, but complete cooperative villages. The resulting communities had co-op shopping centers, with supermarkets, pharmacies, credit unions, optical centers and playgrounds.

 

He earned distinction for his work of integrating sections of New York City through affordable cooperative housing. Today, more than 100,000 people live in homes built by his efforts.[4]

 

He took his cooperative idea even further and succeeded in federating the "Co-op Supermarkets" into a larger collective in order to give the markets competitive abilities to contend with the established chains. Kazan also inspired the building of co-op electric generating plants to bring down the price of power. Over the past two decades, most, if not all of the Co-op Supermarkets in New York City have been sold to the larger chains.

 

His life's work was recognized in many ways, as he became the first person in New York City's history to have a street named[5] for him in his lifetime (Abraham E. Kazan Street on the Lower East Side of Manhattan[6]).

 

Kazan's Cooperatives

One of the first housing co-operative developments in the United States, started in 1927, was Amalgamated Housing [7] in the Northwest Bronx. Kazan founded this development and was its President for 40 years, its Manager for thirty, and a resident. The Amalgamated, as it is known, is still a thriving co-operative community.

 

Among other developments Kazan was responsible for are his early projects, Amalgamated Dwellings,[8] Hillman Housing, Seward Park Housing[9][10] and East River Housing on the Lower East Side of Manhattan, known as Cooperative Village prior to its fragmentation. Later developments, under Kazan's United Housing Foundation (UHF),[11] include the Penn South community in the Chelsea area of Manhattan, Warbasse Houses (Brooklyn), Rochdale Village (Queens), and Co-op City in the Bronx, the largest co-operative development of its kind.

 

See also

List of New York City housing cooperatives

References

University of Connecticut Dept. of Economics Paper on Housing Cooperative History Archived September 10, 2006, at the Wayback Machine

"Coop Village History" Archived February 3, 2007, at the Wayback Machine

"Cooperative Housing in the United States/", Abraham E. Kazan, Annals of the American Academy of Political and Social Science, Vol. 191, Consumers' Cooperation (May 1937), pp. 137–143.

One of the Best Histories online on Jessor and the Cooperative movement

New York City Council Resolution extending the street to make it longer in 1993

Streetwise, "History of Street Names" Archived October 5, 2006, at the Wayback Machine

"Amalgamated, Bronx". Archived from the original on 2007-01-25. Retrieved 2007-01-25.

NYTimes, Streetscapes/Amalgamated Dwellings; Built in 1931 by Idealism, Threatened Now by Reality, By CHRISTOPHER GRAY, July 3, 1994

"History of Seward by AE Kazan". Archived from the original on 2007-07-08. Retrieved 2007-01-25.

Kazan's Seward story in PDF Archived January 1, 2007, at the Wayback Machine

History of Co-ops Archived 2007-02-03 at the Wayback Machine

Le vignoble de Pommard

  

Ecrit par Patrick Essa, vigneron à Meursault et producteur de Pommard - 2018

   

Il n'y a pas de nom de vin rouge plus connu dans le monde. Pommard est un nom court et sec qui se prononce bien dans de nombreuses langues et qui est pour beaucoup d'amateurs synonyme de vins rouges puissants et structurés capable d'affronter la longue garde. Toutefois en creusant un peu cette réputation - méritée! - on peut s'apercevoir aussi que son nom peut être associé à la rusticité tannique de vins durs qui mettent beaucoup de temps à se faire. Qu'en est-il exactement? À l'évidence si l'on se fie au potentiel de ses terroirs, la relative austérité qu'ils impliquent en raison d'un substrat marneux affirmé n'est pas le seul élément qui permet de les définir.

Le vignoble se divise en deux coteaux distincts séparés par une Combe importante qui positionne certains climats sous une évidente influence éolienne. Ces courants frais ont la particularité de retarder un peu la maturité des fruits tout en permettant de lutter favorablement contre les maladies. Il en résulte fréquemment des récoltes de coteau naturellement saines selon des fruits ayant une maturité légèrement froide et, de ce fait des peaux un peu plus épaisses avec toujours un potentiel tannique affirmé.

 

Toutefois une zone basse sise en aval sur le cône de déjection de la combe repose sur une couche de limons assez épaisse qui procure aux vins plus de douceurs et une féminité "possible" que les vignerons ne recherchent pas toujours...

 

...Ainsi Pommard n'est pas l'alter-ego masculin de son voisin féminin Volnay. C'est une comparaison qui a le vie un peu trop dure et qu'il convient de dépasser selon les coteaux et secteurs considérés car la finesse et l'élégance ne lui ont jamais manqué si j'en juge les très régulières dégustations et vinifications que j'ai eu et ai encore l'occasion de faire.

twitter.com/Memoire2cite La démolition dans les grands ensembles : une action qui n’est pas neutre @ Comme le dit Bernard Toulier à propos des démolitions engagées dans les grands ensembles, « c’est la première fois en France que des constructions sont aussi brutalement détruites pour des raisons internes (et non suite à une guerre) » (Toulier, 2005). Même si l’on est loin d’une démolition systématique et généralisée, une telle ampleur fait sens : apparaît ainsi la volonté d’effacer une forme du tissu urbain, une période de l’urbanisme, ce qui semble effectivement nouveau dans l’histoire des villes. Ce processus est également engagé dans bon nombre de pays anciennement industrialisés, tels que l’Allemagne (notamment à l’Est) ou la Grande-Bretagne. Pour comprendre le choix de la démolition dans les grands ensembles, il faut se référer au sens que les acteurs décideurs attribuent à cet héritage urbain. Après les décennies de la réhabilitation (années 1980-1990), l’engagement dans la démolition traduit la fin d’un tabou et un changement de regard des autorités à l’égard de cette forme dominante du logement social. Dans le même temps, il faut appréhender le point de vue des habitants concernés, leur vécu de la démolition.LA DÉMOLITION : STIGMATISATION ET VIOLENCE SYMBOLIQUE Placer les grands ensembles sous le signe des démolitions ne peut pas ne pas avoir un effet stigmatisant : nous faisons l’hypothèse que même animées des meilleures intentions, ces opérations peuvent faire violence aux habitants, qui sont déjà pour beaucoup en situation de fragilité sociale (Moncomble, 2002).Si l’ampleur des chantiers engagés dans les grands ensembles est historique, ces démolitions du logement populaire s’inscrivent cependant dans une certaine continuité.Habitat populaire : la logique des démolitions

La démolition dans les grands ensembles s’inscrit dans une succession de grandes vagues de démolitions du logement populaire, que l’on repère depuis au moins l’haussmannisation. Jusque dans les années 1970, des secteurs importants des centres-villes, par leur vétusté, la modicité des loyers et leur peuplement ont représenté un « habitat social de fait ». Cet habitat a été envisagé à travers la problématique des « îlots insalubres » qui a fortement marqué les politiques urbaines au XXe siècle (Lucan, 1992). Comme l’a bien montré Claire Lévy-Vroëlant, l’argumentaire hygiéniste a permis de justifier des démolitions « en bloc », systématiques, alors que les diagnostics d’insalubrité ne désignaient en moyenne pas plus d’un immeuble sur deux (Levy-Vroëlant, 1999). Analysant la législation sur la résorption de l’habitat insalubre (loi du 31 décembre 1958, loi Vivien de 1970), François Tomas montre la charge idéologique qui était présente derrière des instruments apparemment objectifs d’identification des taudis : ce n’est pas seulement une enveloppe architecturale, mais plus largement un contenu social qui était visé (Tomas, 2004). Ces politiques de rénovation, baptisées « rénovation-bulldozer » par l’opinion publique, ont fonctionné à la fois comme outil d’éviction et d’éloignement des catégories populaires, et comme processus d’effacement symbolique de ces populations dans les centres-villes. Alors que les centres-villes français et plus largement européens sont aujourd’hui globalement valorisés et peu concernés par les démolitions, il n’en va pas de même aux États-Unis où les villes centres (inner cities) concentrent les populations pauvres depuis la suburbanisation des classes moyennes. Alors que le fait de démolir était jusqu’alors très mal perçu, des municipalités telles que Philadelphia, Detroit ou Baltimore se sont engagées depuis la fin des années 1990 dans de vastes programmes de démolition censés changer l’image et le profil social de leurs quartiers centraux, caractérisés par la pauvreté de leurs habitants (Favro, 2006). C’est à peu près au même moment que le regard sur la démolition a changé dans le contexte français et européen, dans les quartiers périphériques de grands ensembles.Grands ensembles : de la réhabilitation à la démolition Le ministère de la Construction retient le seuil de 500 logements en 1962. Pierre George parle de (...)Même si cette forme urbaine s’est diffusée ailleurs en Europe, notamment vers les anciens pays de (...)Défini comme un ensemble de plusieurs centaines de logements1 construits dans un temps limité selon un plan cohérent, le grand ensemble est le résultat d’un volontarisme politique affirmé, qui s’est imposé en France2 au milieu des années 1950, dans un contexte de grave pénurie de logements et de forte poussée démographique. La logique économique de l’industrialisation et de la préfabrication du bâtiment, ainsi que les principes fonctionnalistes hérités de la Charte d’Athènes, ont présidé à la standardisation des formes urbanistiques et architecturales, sur l’ensemble du territoire national. Le souci du moindre coût, la logique du chemin de grue, le rejet des formes urbaines traditionnelles (la rue, l’îlot), l’impact des préoccupations hygiénistes et l’adoption du principe de séparation des fonctions urbaines ont donné naissance à une indifférenciation et une monumentalisation du logement (les barres et les tours), ainsi qu’à une tendance à la banalisation des espaces publics. Dans le cadre juridique de la zone à urbaniser en priorité (ZUP), qui favorisait le contrôle du foncier, ces ensembles d’habitat collectif ont été principalement implantés en périphérie urbaine, en marge et en rupture vis-à-vis de la ville centre.Dans le même temps, cette vague de construction a été un terrain d’innovations techniques, architecturales et urbanistique (Monnier, Klein [dir.], 2002) et a vu intervenir certains des architectes les plus réputés de leur temps. Selon Bruno Vayssière, ce sont 5 à 10 millions de logements qui ont été ainsi produits (Vayssière, 2002) et qui ont permis de loger dans des conditions de confort tout à fait nouvelles les mal logés des bidonvilles, les immigrés recrutés par l’industrie, les rapatriés d’Algérie, les familles du baby boom… Comme le rappelle Jean-François Lasnier, le coup de grâce à la mixité sociale dans les grands ense (...)Caractérisés dans les premiers temps par une réelle diversité sociale, ces grands ensembles ont été quittés progressivement par les classes moyennes, incitées à accéder à la propriété à partir de la fin des années 19603. Alors que la circulaire Guichard avait mis fin à leur production en 1973, les grands ensembles sont devenus au cours des années 1970-1980 des espaces de relégation pour les populations frappées par le chômage de masse et la précarité, notamment celles issues de l’immigration. Même si tous les grands ensembles ne sont pas concernés au même titre par l’accumulation des difficultés sociales, cette forme urbaine est aujourd’hui largement stigmatisée. Et les anciennes ZUP ont constitué depuis le début des années 1980 jusqu’à nos jours le terrain privilégié de la territorialisation des politiques publiques et plus particulièrement de ce que l’on a appelé de manière métonymique « la politique de la ville ».La démolition : un tabou jusque dans les années 1990 Le Monde, 15 juillet 1982.

L’idée de démolir les tours et les barres des grands ensembles était déjà présente dès la mise en place de la politique de la ville au début des années 1980, suite aux émeutes urbaines de la banlieue lyonnaise. C’est ainsi que dans son rapport, Hubert Dubedout pose la question liminaire : « faut-il réhabiliter ou démolir » ? (Dubedout, 1983). Mais c’est pour y répondre par la négative, compte tenu du caractère récent de ces grands ensembles (pas encore amortis), du maintien d’une forte demande pour le logement social et d’un scepticisme vis-à-vis de l’efficacité d’une démolition pensée comme solution à des problèmes avant tout d’ordre économique et social. Dans un article du Monde, Pierre Drouin reflète l’état d’esprit de l’époque, en écrivant qu’« avant de faire sauter les “grands ensembles” où l’on voit trop vite l’explication de tous les débordements de violence, ou du moins avant de retaper l’immobilier, il serait sage de “retaper” les individus4 ». Les années 1980 ont donc été les années de la réhabilitation du logement social, du retraitement des façades, de l’isolation phonique et thermique… (Micoud, Roux, 1996). Les opérations de démolitions qui sont alors conduites sont ponctuelles : les textes précisent bien que la démolition doit rester un outil d’exception, qui ne peut se justifier qu’en cas de vacance importante, dans le cadre d’un projet urbain d’ensemble. C’est ainsi que dans le cadre de la réhabilitation de Firminy-Vert, le grand ensemble dans lequel s’inscrivent les édifices Le Corbusier, on détruit aux deux tiers l’immeuble dit « Chicago », particulièrement dégradé et caractérisé par la présence de grands logements et de familles « à problème » (Veschambre, 2000). Les difficultés rencontrées par les « pionniers » de la démolition, tels que le maire de Grande-Synthe de l’époque, René Carême, révèlent combien elle demeure un tabou au niveau national (Lahmini, 2004, 2006).Une inversion du regard au cours des années 1990 Chiffres fournis par le Dictionnaire de l’habitat et du logement pour la période 1982-1998.C’est au cours des années 1990 que l’idée de la démolition finit par s’imposer, même si les passages à l’acte demeurent encore limités : nous en sommes alors à environ 4 000 logements démolis chaque année au niveau national Une première circulaire adressée en 1996 aux préfets de Région, aux préfets de département et aux directeurs départementaux de l’équipement introduit en 1996 l’idée que la démolition est « une étape, un moyen, un levier du projet urbain » et fixe quelques principes concernant leur financement (circulaire n ° 96-46 du 8 juillet 1996).Remis en 1997, le rapport Sueur met au premier plan la problématique de la reconstruction et l’année suivante la Caisse des dépôts crée des prêts « construction-démolition » pour les projets élaborés dans le cadre de la politique de la ville, ce qui marque un tournant décisif dans la doctrine des pouvoirs publics. C’est la circulaire du 26 juillet 2000 (n ° 2000-56) qui entérine ce changement de politique et permet de passer à la vitesse supérieure, en organisant la prise de décision dans le cadre de la décentralisation.Si le tabou de la démolition est tombé, les statistiques ne sont pas encore très accessibles. Ce n (...)

L’augmentation des subventions et l’implication des représentants locaux de l’État fait passer le nombre de logements démolis à 10 000 par an au début des années 2000, ce qui représente plus du double de ce qui était réalisé en moyenne précédemment6. Un tabou est donc bel et bien tombé au tournant des années 1990 et 2000.Associée à la reconstruction, la démolition est présentée comme la seule solution pour redonner une valeur foncière et immobilière à ces espaces, pour inverser le cycle de dévalorisation économique, dans un contexte de rejet croissant de ce type de logement. Les notions d’obsolescence et les difficultés de mise aux normes des logements et des immeubles sont également mises en avant pour justifier un certain nombre de démolitions. C’est ainsi que Paul Chemetov, qui est intervenu aux 4 000 à La Courneuve, explique son changement d’orientation vis-à-vis de la Tour Renoir : « Au départ, j’étais hostile à sa démolition, mais elle s’est imposée économiquement car la dimension des trémies et des cages d’escalier ne correspond plus aux règlements de sécurité » (Diagonal, 2000, p. 44).Dans le même temps, il s’agit à travers une intervention radicale, de modifier en profondeur l’image de ces quartiers d’habitat social, perçus de plus en plus comme des espaces à part, déconnectés du reste de la ville (de Lafargues, 2006). L’idée s’est imposée que tout avait été tenté, à travers la réhabilitation, pour changer la donne et qu’il fallait en désespoir de cause passer à autre chose, de plus radical. Loi du 13 décembre 2000.Ces démolitions sont inscrites dans la problématique et dans la terminologie du « renouvellement », à travers la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU)7 qui entérine l’élargissement des interventions sur le tissu urbain aux secteurs dévalorisés, ceux qui n’intéressent pas les promoteurs, dans le cadre des « Grands projets urbains ».

Un certain nombre de démolitions sont alors médiatisées pour marquer l’engagement des responsables politiques dans une nouvelle ère de la politique de la ville. C’est ainsi que le ministre de la ville de l’époque, Claude Bartolone, prononce un discours programmatique à l’occasion du dynamitage en mai 2000 de la Muraille de Chine de Saint-Étienne, l’une des plus grandes barres d’Europe. Le mois suivant, la destruction de la barre Renoir aux 4 000 à La Courneuve a également fait l’actualité.

Malgré ce virage dans la politique de la ville, la démolition est encore présentée au début des années 2000 comme un pis aller, voire comme un aveu d’échec, comme cela transparaît dans les propos des urbanistes Philippe Panerai et Julien Langé : « Nous démolissons, car nous n’avons pas trouvé d’autres solutions pour marquer de façon nette la volonté publique de ne pas s’accommoder de la situation actuelle. Nous démolissons pour ne pas laisser se créer aujourd’hui dans les périphéries difficiles de la grande ville l’équivalent des îlots insalubres des faubourgs d’autrefois, c’est-à-dire la concentration en un seul lieu d’un bâti obsolète, d’une population paupérisée et de dysfonctionnements sociaux » (Diagonal, 2000, p. 24).Certains responsables de l’époque semblent d’ailleurs conscients d’un certain nombre de pièges inhérents à la démolition. S’il justifie la fin d’un tabou, pour des raisons « d’obsolescence fonctionnelle et sociale », François Delarue, alors directeur général de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction met en garde contre « les effets de mode » et contre le « fait que pour un certain nombre d’acteurs, démolir est vécu comme un exorcisme, un acte magique, permettant de résoudre les problèmes que l’on n’a pas su résoudre » (ibid., p. 32). Dans le même temps il affirme qu’« il faut prêter attention à ne pas stigmatiser davantage des quartiers en difficulté et être attentif à la dignité des habitants, car ce regard négatif que porte la société sur les immeubles où ils ont vécu rejaillit sur eux » (ibid.).Renforcement de la volonté politique de démolir à partir de 2003

Compte tenu des chiffres annuels publiés pour les deux premières années de la période (12 700, 200 (...)Depuis le changement de gouvernement en 2002, la démolition apparaît plus affirmée, plus centrale dans la politique de la ville. La loi du 1er août 2003, dite loi Borloo, du nom du ministre de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement, marque un nouveau changement d’échelle en matière de démolition : dans la période 2004-2008, 200 000 logements devaient être démolis, ce qui équivaut à un quart de la production totale des grands ensembles Un établissement public national à caractère industriel et commercial est créé, l’agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), pour piloter le programme national de rénovation et constituer un guichet unique en matière de subventions.Pour de nombreux observateurs, le changement de terminologie et le passage de « renouvellement » à « rénovation » marquent un changement de philosophie. Le mot rénovation nous renvoie à la logique de la tabula rasa affichée par le quatrième plan de 1960, qui prévoyait la démolition de 800 000 logements en 10 ans (Hatzfeld, 2003).

Selon Marc Bonneville, la rénovation urbaine « (met) l’accent sur (la) logique d’éradication physique plutôt que sur les composantes du renouvellement après démolition » (Bonneville, 2004, p. 10). Il considère que le changement ne se limite pas à la terminologie mais se traduit par des infléchissements notables des pratiques. Il souligne notamment la focalisation des interventions sur le logement social et sur les sites prioritaires, alors que la politique de la ville était précédemment pensée à l’échelle des agglomérations. En outre, à travers ce discours sur la démolition/rénovation, on note une forte dissociation entre l’intervention sur le bâti et les questions sociales (Gaudin, 2006).Les quartiers concernés par les démolitions dans le cadre de l’ANRUL’esprit de la loi Borloo est de concentrer les interventions sur les quartiers identifiés comme prioritaires et non plus de penser le renouvellement urbain à l’échelle des agglomérations.En 2004, sont identifiés 50 quartiers dont la situation est jugée préoccupante (grand projet de ville : GPV), 112 quartiers en Opération de renouvellement urbain où la situation est un peu moins grave (ORU) et 751 Zones urbaines sensibles (ZUS), soit au total 925 quartiers concernés par les démolitions-reconstructions (Bonneville, 2 005).Au 1er avril 2008, 257 conventions ont été signées avec l’ANRU (359 quartiers, 2,6 million d’habitants), 321 sont en cours de validation (423 quartiers et 3,0 millions d’habitants).La convention pour Angers a été signée en 2004 et concerne l’ensemble des quartiers de la politique de la ville. Comme le souligne la fiche de synthèse éditée par l’ANRU, il s’agit d’une rénovation relativement limitée, avec seulement 892 démolitions prévues sur un total de 12 300 logements (Angers Habitat), par rapport à 870 reconstructions et 2 923 réhabilitations. Ces démolitions sont concentrées dans deux quartiers principaux, le Grand-Pigeon et Belle-Beille, sachant qu’elles avaient commencé à Verneau dès 1999 Les incitations financières mises en place et les orientations données par l’ANRU se traduisent concrètement par une rapide augmentation du nombre de démolitions programmées. Dans le cadre des contrats signés avec les collectivités locales et les bailleurs sociaux, des démolitions sont décidées qui n’étaient initialement pas envisagées par les responsables locaux. C’est ainsi qu’à Angers dans le quartier du Grand-Pigeon, les négociations avec l’ANRU ont abouti à programmer la démolition de 336 logements, alors qu’il n’y en avait que très peu de prévues à l’origine : vont ainsi disparaître les logements les plus anciens et les plus vétustes, les LOPOFA (logements populaires familiaux) qui devaient être initialement réhabilités.Cette politique axée sur la démolition/reconstruction rejoint fondamentalement certains principes qui ont prévalu lors de la construction des grands ensembles. Mettre l’accent sur les démolitions, c’est considérer que c’est en intervenant d’abord sur l’enveloppe architecturale et urbanistique, que l’on peut changer la situation sociale des habitants. De même, la logique de l’urgence qui a présidée à la construction massive du logement social dans les années 1960, se retrouve aujourd’hui dans la mise en place des programmes de démolition. Naji Lahmini parle ainsi du « vent de panique » qui a saisi les responsables locaux à Grande-Synthe au moment de déposer le dossier auprès de l’ANRU (Lahmini, 2004).On peut donc parler avec Michel Bonetti d’une « approche brutaliste du renouvellement urbain » (Bonetti, 2004, p. 40), ce qui nous amène à revenir sur ce que la démolition dans les grands ensembles comporte de vision idéologique et de violence symbolique.Des démolitions qui font sens Parce qu’elles n’avaient pas coûté plus d’un million lors de leur construction au début des années (...)

Il ne s’agit pas de nier qu’il y a des arguments techniques à la démolition de certains immeubles mal construits, très dégradés, frappés d’obsolescence. La recherche du moindre coût et de la rapidité maximale avait trop souvent abouti à l’appauvrissement et à la standardisation des modèles architecturaux et urbanistiques inspirés du mouvement moderniste. Les barres de la cité Verneau, les barres Million LOPOFA du Grand-Pigeon à Angers, ont été construites en urgence, au moindre coût et n’ont pas été entretenues correctement : les démolir pour reconstruire des immeubles de meilleure qualité paraît légitime.Indiquant le montant de la subvention de l’ANRU pour Angers (223 millions d’euros), la CCI soulign (...)Il ne s’agit pas non plus d’occulter les logiques économiques à l’œuvre : l’ANRU, c’est un dispositif qui crée une demande de démolition et de reconstruction et qui offre ainsi de nombreux et vastes chantiers au secteur du bâtiment et qui dans le même temps, par élimination d’une partie du stock de logements et par la reconstruction de logements neufs, permet de revaloriser le patrimoine (au sens gestionnaire du terme) des bailleurs sociaux : cet aspect ressort très fortement dans leur discours (Entreprises sociales pour l’habitat, 2006).Mais si les démolitions sont toujours justifiées par une rationalité technique et gestionnaire, il paraît difficile de s’en tenir à cet argumentaire pour rendre compte de ce que l’on décide de démolir et de l’ampleur des démolitions. Par-delà les discours rationnels, François Plassard et Isabelle Mesnard mettent en évidence la diversité des choix possibles, d’une ville à l’autre, d’un grand ensemble à l’autre : c’est tantôt la vétusté qui est mise en avant, tantôt la vacance, tantôt la volonté de modifier le tissu urbain, tantôt l’intention (souvent masquée) de disséminer des populations « à problème », et pendant que l’on démolit quelque part, on réhabilite ailleurs, dans des situations comparables (Plassard, Mesnard, 2000).

L’Anjou économique, 2005.À Angers, si les démolitions concernent les premières générations du logement social à Verneau et au Grand-Pigeon, ce sont des tours beaucoup plus récentes, construites à la fin des années 1960 et au début des années 1970, qui sont démolies à Belle-Beille. Comme le souligne le journal de la CCI, ces tours « ne répondent pas au stéréotype de la cité dégradée. Pas de façades lépreuses, d’espaces communs à l’abandon, de halls d’immeubles vandalisés… Elles ont normalement vieilli et on trouverait bien pire que leur standard de confort11 ».À Pontanézen, l’un des derniers grands ensembles construits à Brest (1973), Solène Gaudin note que la démolition ne s’imposait pas comme un choix évident, l’OPAC ayant particulièrement bien entretenu les appartements, qui sont spacieux, assez bien insonorisés et dont les parties communes sont peu dégradées : ni l’obsolescence, ni la vétusté ne peuvent ici servir d’arguments (Gaudin, 2006).Ce qui représente le niveau atteint à Angers, où le parc social est de taille sensiblement inférie (...)D’une ville à l’autre, il est frappant de constater la grande variété des choix opérés. Alors qu’une ville comme Grande-Synthe a fait le choix de profiter des aides de l’ANRU pour démolir, la ville de Rennes insiste sur la réhabilitation de l’existant, avec seulement 850 logements promis à la démolition.Si l’on ne peut nier qu’il y a des logiques économiques et gestionnaires qui sont à l’œuvre, les comparaisons entre villes et entre quartiers d’une même ville montrent que ces logiques ne suffisent pas à rendre compte des choix opérés et qu’il y a bien entendu des choix politiques. Si les démolitions « n’apparaissent pas comme l’aboutissement logique d’un raisonnement rigoureux », elles ne sont malgré tout pas sans signification et l’on peut se demander avec François Plassard et Isabelle Mesnard, « si les motivations profondes ne relèvent pas du champ symbolique » (Plassard, Mesnard, 2000, p. 168).Démolir, c’est tourner la page des grands ensembles

Même si l’engagement dans les démolitions est inégal d’une ville à l’autre, les orientations de l’ANRU semblent malgré tout rencontrer un certain écho auprès des aménageurs et des urbanistes, auprès des bailleurs et des élus.À Vénissieux, la presse parle de « boîtes hermétiques », de « tours fantômes », de « gratte-ciel b (...)

36Plusieurs études axées sur les représentations des acteurs de la rénovation urbaine insistent sur la remise en cause des formes urbaines, sur la « stigmatisation des formes architecturales » : « Elles sont vouées à la démolition au nom d’une sorte de délit de faciès d’architecture et d’urbanisme » (Bonneville, 2004, p. 11). À Grande-Synthe, les élus et les techniciens parlent de « bâtiments inhumains », « de bâtiments invivables », « de bâtiments obsolètes », « de bâtiments gigantesques »… (Lahmini, 2006). La démolition concrétise une forte négation de la forme urbanistique et architecturale que représente le grand ensemble, à travers notamment les tours et les barres les plus longues auxquelles on s’attaque en priorité. Comme s’il y avait une volonté d’effacer une forme urbaine rendue responsable de situations sociales difficiles. Selon Catherine Forêt qui a enquêté dans l’agglomération lyonnaise, « la logique de la table rase fait toujours recette dans le milieu des professionnels de l’urbanisme. Nous l’avons constaté une fois de plus lors de cette enquête : il y a […] comme un soulagement de pouvoir enfin « tourner la page » d’une période difficile de l’histoire urbaine » (Foret, 2003, p. 14).Dans sa lecture de l’espace du grand ensemble, Jean-Pierre Fortin a insisté sur l’expression d’une idéologie égalitaire, à travers la rythmique de formes équilibrées et répétitives (Fortin, 1997). Il n’est sans doute pas absurde de voir dans la fin du tabou de la démolition le rejet affirmé d’une logique sociale, d’un urbanisme collectif, voire collectiviste dans le cas des grands ensembles de l’Allemagne de l’Est (Emelianoff, 2 005). D’autant plus que le logement individuel fait figure de modèle dans la reconstruction du logement social.

Plus largement, comme le constate Annie Fourcaut en écrivant l’histoire des grands ensembles, cette architecture des Trente glorieuses est couramment considérée comme une vaste erreur collective, sur laquelle il est tentant de tirer un trait, comme pour réparer la faute de la construction initiale (Dufaux, Fourcaut, 2004).Dans leur analyse des premières générations de démolitions, antérieures au tournant de 1996, François Plassard et Isabelle Mesnard repèrent des mises en scène spectaculaires, sur le modèle de l’implosion de la tour Debussy à La Courneuve (1986). Il s’agit dans l’esprit des promoteurs de ces démolitions de « marquer les esprits », de délivrer un message aux habitants : à travers la démolition, la puissance publique affiche sa volonté de réinvestir ces quartiers et de les remodeler, dans une logique de marquage de l’espace. Au-delà des intentions affichées, les auteurs repèrent plus profondément « une action symbolique révélant d’étranges similitudes avec les exécutions capitales qui étaient autrefois réalisées en public » (Plassard, Mesnard, 2000, p. 169). Ces démolitions pratiquées par foudroyage ont pu exprimer cette négation symbolique d’une forme urbanistique, d’une histoire de l’urbanisme, voire d’une population : « et si derrière la mise à mort à grand spectacle des tours, c’était la banlieue et ses habitants que l’on cherchait à faire disparaître ? » (ibid., p. 171). Sans que cela soit explicitement formulé, on sent la volonté, à travers la politique de démolition, de « casser les ghettos » (Péré, 2 005).La série « implosions » du photographe Mathieu Pernot« Ces images de démolitions d’immeubles par l’explosif ont été réalisées dans les banlieues de quelques grandes villes françaises. Les photographies, prises au moment où l’édifice vacille, évoquent la vulnérabilité de sa structure en même temps que la fragilité sociale de ceux qui l’habitaient. Le caractère festif et spectaculaire que les édiles locaux confèrent volontiers à ces manifestations publiques dissimule mal le fait qu’avec l’immeuble c’est toute une mémoire du quartier qui disparaît ». www.documentsdartistes.org/​artistes/​pernot/​ De la démolition spectacle à la déconstruction : une logique d’euphémisation À l’occasion de l’un des « foudroyages » qu’ils ont observé, François Plassard et Isabelle Mesnard ont collecté cette parole d’une habitante de Montfermeil : « ça nous fait pitié de voir le bâtiment descendre… c’est comme une personne qui meurt » (Plassard, Mesnard, p. 170). En utilisant le terme « descendre », cette dame a retrouvé exactement l’étymologie du terme démolition, cette idée de mise à bas (non pas ici d’une statue mais d’un immeuble), qui est si fortement associée à l’idée de mise à mort.Ces témoignages sont récurrents lors des démolitions à grand spectacle qui ont caractérisé les premières vagues des années 1990 et du début des années 2000. Outre la violence à caractère symbolique que représentent de tels « foudroyages » (pour reprendre le terme technique), il faut souligner que la logique de stigmatisation en sort renforcée. Interrogé par Solène Gaudin, un habitant d’une cité de l’agglomération de Saint-Brieuc déplore « cette façon de raser, de dire ça vaut plus rien ! » (Gaudin, 2006, p. 124). Du point de vue symbolique, la démolition est bien le contraire de la réhabilitation.Les démolitions sont devenues aujourd’hui beaucoup plus modestes et discrètes. Comme si les décideurs avaient pris conscience de leur impact sur les habitants. C’est ainsi qu’à Vandœuvre près de Nancy, la démolition partielle de la barre des Cormorans qui a eu lieu en 2000 a été effectuée « à la pince » et non à l’explosif, jugé trop rapide et traumatisant par la municipalité (Comme la ville, 2004).

Comme on peut le lire dans le dossier « Oser la déconstruction » de la revue Diagonal, « il est cl (...)À Verneau (Angers), si le premier immeuble a fait l’objet d’une démolition classique, en 1999, les immeubles suivants ont été « déconstruits ». Ce terme de « déconstruction », qui s’est imposé aujourd’hui dans le vocabulaire de la rénovation est à la fois le reflet d’une évolution technique et l’expression euphémisée d’une démolition.

Une autre tendance est d’associer de manière systématique les deux termes reconstruction et démolition, à la fois pour mettre l’accent sur le volet reconstruction mais aussi pour atténuer l’impact symbolique du mot démolition. Dans sa communication, la ville de Rennes parle ainsi de « reconstruction/démolition », en insistant sur le fait que les reconstructions ont précisément lieu avant même les démolitions, de façon à pouvoir reloger les habitants au préalable. À travers cette association systématique entre les deux termes, on cherche à faire passer l’idée que la démolition n’est que la première étape d’une reconstruction et non une fin en soi.

La déconstruction correspond de fait à un changement de pratique : il s’agit en effet de trier les matériaux étape par étape et non plus d’abattre un édifice d’un seul coup. Depuis 2002, la loi du 13 juillet 1992 sur l’élimination des déchets et la récupération des matériaux s’applique aux chantiers de démolitions : les démolitions par foudroyage, ou par l’usage de vérins, qui produisent des tas de gravats, sont désormais caduques. Du point de vue technique, la démolition ne constitue plus que la dernière étape d’une opération, c’est-à-dire l’abattage mécanique de la carcasse, réalisé de haut en bas par une pelle mécanique : on parle alors de « grignotage ». Cette technique de la déconstruction est volontiers articulée à la logique du développement durable, ce qui est une manière de légitimer les démolitions.

Il faut 4 mois pour déconstruire une barre LOPOFA au Grand Pigeon à Angers.

À Angers, le parti a été adopté de grillager les chantiers, de sorte que les habitants puissent su (...)Mais les habitants ne sont pas forcément dupes de ce changement de terminologie dans la communication des bailleurs et des municipalités. Comme nous l’a dit une habitante du Grand-Pigeon à Angers : « Le mot démolition est jamais dit. Ils parlent de déconstruction. Moi, je dis il faut appeler un chat un chat ! » Et comme nous avons pu le constater dans ce quartier ainsi que dans celui de Verneau, la technique de la déconstruction, si elle est effectivement moins brutale, moins violente, présente l’inconvénient de durer. Les immeubles murés puis progressivement déconstruits, créent ainsi une ambiance de désolation pendant des mois, ce qui accentue dans les quartiers les plus stigmatisés l’impression de destroy bien décrit par Paulette Duarte (2000). Nous avons entendu des habitants nous parler de « Beyrouth » ou nous dire « on a l’impression que c’est la guerre » (Verneau).Mais au-delà de l’intervention sur le bâti et de son impact symbolique, c’est plus largement la disparition de leur habitat et de leurs repères existentiels qui constitue une souffrance pour les habitants.Le vécu de la démolition et du déménagement : des expressions de souffranceDans ce cas-là, les bailleurs parlent d’immeubles qui « fonctionnent bien ». En l’occurrence, on n (...)Dans la cité Verneau une réunion « en pied d’immeubles » a été organisée en septembre 2002 avec la chef de projet du contrat de ville qui a permis de faire remonter un certain nombre de plaintes, d’hostilités et d’incompréhensions face aux démolitions. Pourquoi cet immeuble où les gens sont installés depuis longtemps et s’entendent très bien est-il démoli ? Pourquoi on ne nous demande pas notre avis ? Où est-ce que l’on va être relogés ? Ont alors été évoquées des souffrances physiques, des troubles psychologiques chez certaines personnes âgées notamment, qui font écho aux portraits d’expropriés réalisés par Fabienne Cavaillé (1999).À la permanence des tours Hamon, dans le quartier Belle-Beille à Angers, on entend également des gens exprimer leurs inquiétudes et leur souffrance. Permanence « Hamon tour’ne la page » : entretien collectif avec des habitantes ayant déménagé (avr (...)Après 36 ans de tours, une habitante qui venait de déménager nous a dit : « Ils ne savent pas le mal qu’ils nous font. On laisse tous nos souvenirs, on laisse toutes nos joies et nos peines, on nous arrache quelque chose quoi18 … » Comme nous l’a confirmé l’animatrice de la permanence, ce sont les habitants les plus anciennement installés, qui se sont appropriés le plus fortement leur appartement, qui vivent le plus mal la démolition et le déménagement, synonymes de pertes de repères.Un des pôles majeurs de la démolition dans le logement social angevin : les tours Hamon

La construction des tours Hamon a été liée à l’arrivée de Bull à Angers sur le site de Belle-Beille dans le cadre de la décentralisation industrielle. Ce sont 7 tours qui ont été construites sur 8 ans (1967-1975) représentant 315 logements. Les témoignages des premiers habitants décrivent un processus classique. Leur arrivée dans des logements modernes et appréciés, la vie collective conviviale. Puis la dégradation de l’ambiance et des conditions matérielles d’existence avec le départ des populations les plus aisées et l’arrivée de populations plus pauvres. Dans ces témoignages, la métaphore de la « dégradation/détérioration » est récurrente pour dire tout autant (sinon plus) le changement de population et de climat social que l’évolution des logements et des parties communes.À partir des années 1980, les actes de délinquance se sont multipliés dans les environs des tours. Leur réputation s’est considérablement dégradée, ce qui n’est sans doute pas étranger à la décision d’Angers Habitat de les démolir en totalité, dans le cadre de l’ANRU, même si ce sont des arguments techniques qui ont été mis en avant, ces constructions n’étant plus aux normes (armatures métalliques, escalier central sans issue de secours …).

Par rapport aux démolitions menées à Verneau, le bailleur a pris conscience du traumatisme causé par les démolitions et a mis en place un dispositif d’information et d’accompagnement sous la forme d’une permanence, assurée par la CLCV (Consommation, logement et cadre de vie), association de défense des locataires, au rez-de-chaussée de l’une des tours. On peut y trouver une fois par semaine des informations et une publication recto verso « Hamon tour’ne la page » éditée par le bailleur.La démolition doit s’étaler sur 7 ans, et durer pratiquement aussi longtemps que la construction (2003-2010). À Verneau, 80 % des locataires relogés ont demandé à rester dans le quartier et 60 % ont pu y être (...)« Les gens n’ont pas compris » : le responsable des études et du développement à Angers Habitat n’a pu que confirmer cette incompréhension et le fait que le bailleur avait sous-estimé cet attachement des habitants, les plus âgés d’entre eux notamment, à leur logement et leur immeuble, aussi dépréciés soient-ils. À Verneau, comme dans les tours Hamon, la plupart des locataires ont d’ailleurs demandé à être relogés sur place ou à proximité immédiate Dans leur perception des grands ensembles, les responsables de la rénovation urbaine ont tout simplement occulté l’idée que malgré les difficultés du quotidien, la stigmatisation, les violences, les habitants trouvent un ancrage dans leur quartier, s’approprient les lieux, ne serait-ce qu’à travers leur logement.Les enquêtes réalisées dans le cadre des démolitions soulignent à la fois cet attachement et la déstabilisation, la perte des repères qui s’en suivent (Taboury, 2004, Foret, 2005, Bonetti, 2004). Cette déstabilisation est d’autant plus forte que les démolitions touchent généralement les populations les plus fragilisées du parc social : à Belle-Beille (tours Hamon), au Grand Pigeon (LOPOFA) ou à Allonnes (SECOS), les immeubles démolis sont précisément ceux où ont été concentrées les populations les plus pauvres et les plus marginalisées. Avec la démolition d’un habitat au sens large, c’est le support d’une identification (la place dans un collectif) et en même temps le capital social des habitants (entraide, solidarité) qui est détruit (Cavaillé, 1999).

Brutalement, c’est tout un vécu, toute une histoire à la fois individuelle et collective qui disparaît : pour Mario Bonetti, « le fait de vouloir démolir brutalement ces quartiers revient à éradiquer leur historicité » (Bonetti, 2004, p. 40).Au-delà de l’acte de démolition en lui-même et de son caractère traumatisant, c’est la question du relogement qui préoccupe les habitants. Pour des populations qui fonctionnent bien souvent dans la proximité, qui sortent peu de leur quartier, dont l’échelle de référence est généralement réduite, ce déménagement peut être très mal vécu. Plus largement, des associations (AC ! Droit au logement), des acteurs du renouvellement urbain, des chercheurs ont souligné les difficultés de ces relogements, bien souvent réalisés dans des logements plus petits et/ou plus chers, et pas forcément à proximité de l’immeuble démoli..Si la souffrance, l’incompréhension, voire le traumatisme sont les effets qui ressortent le plus nettement dans ce contexte de démolition et de relogement, il ne faut pas en faire une lecture univoque. À côté des réactions d’hostilité aux démolitions, et parfois chez les mêmes personnes qui expriment leur désarroi, dans un sentiment d’ambivalence assez compréhensible, on note la satisfaction de pouvoir quitter un immeuble, un quartier « pourri », d’avoir « l’occasion de faire autre chose ». Une locataire des tours Hamon nous a déclaré : « Au début, quand ils ont parlé de déconstruction, ça m’a fait quelque chose… à la fin, j’avais hâte de partir20. » Dans ses enquêtes à Pontanézen (Brest), Solène Gaudin constate qu’il y a des projets de démolitions particulièrement bien accueillis comme ceux de la tour Watteau et de la Tour des Célibataires, surnommée la « Tour infernale » par les habitants (Gaudin, 2006).

Quand les opérations de relogement font l’objet d’une attention et d’un effort particulier de la part du bailleur, quand la programmation laisse le temps nécessaire, l’opération apparaît mieux vécue. C’est ce que nous avons constaté aux tours Hamon, par rapport à ce qui s’était passé à la cité Verneau : une charte du relogement y a été négociée avec l’association de locataires.

Alors que dans la cité Verneau et dans les tours Hamon on trouve des T3 autour de 250 euros par mo (...)Mais étant donné que les reconstructions sont synonymes d’élévation des loyers et des charges, seuls les ménages les moins défavorisés ont véritablement le choix dans le cadre du relogement. Comme nous avons pu le constater à Verneau, les différences sociales en matière de rapport à la mobilité et les inégalités de revenu se cumulent pour aboutir à une concentration sur place des ménages les plus démunis, dans les immeubles restants. Ce sont les effets pervers de ces opérations de démolitions/reconstruction qui éliminent généralement des bâtiments anciens aux loyers peu élevés, pour offrir de nouveaux logements, certes plus confortables, mais également plus coûteux. Séminaire groupe « patrimoine » de l’UMR ESO (Nantes, 27 mars 2006).Si la durée peut être un atout dans la gestion des déménagements, elle peut être également vécue comme un stress, notamment si l’information circule mal et si les habitants n’ont pas de lieux pour s’exprimer et être entendus. C’est ainsi que lors d’une rencontre aux Dervallières à Nantes, une habitante nous a dit : « On ne sait pas quand est-ce qu’on va être démolis … » Ce que l’on peut entendre comme l’expression forte d’une identification à un habitat et par contrecoup d’une violence subie. Des architectes ont ainsi dénoncé le « climat anxiogène » suscité par l’annonce des démolitions dans certains quartiers (Le Moniteur, 2005).À travers les différentes opérations que nous avons pu observer ou les différents travaux que nous avons pu lire, il ressort très nettement que la violence à caractère symbolique de ces opérations ne doit pas être négligée. Violence perceptible chez certains décideurs qui voient dans ces programmes de démolition l’occasion d’effacer des formes urbaines jugées « criminogènes », voire de se « débarrasser » de certaines populations, dispersées à la faveur des relogements (Gaudin, 2006). Violence vécue par les habitants qui ressentent fréquemment la démolition comme une ultime dévalorisation, comme une perte de repères, comme la négation d’un vécu. Occultée ou sous-estimée dans les premières opérations, cette violence et ce « préjudice moral » semblent aujourd’hui mieux reconnus. Nous aurons l’occasion en troisième partie de revenir sur les dispositifs d’écoute des habitants et de collecte de mémoire qui ont été progressivement mis en place, ainsi que de nous interroger sur leur logique.Malgré ces réticences face aux démolitions que l’on retrouve dans chaque opération, rares sont les oppositions organisées, les conflits. On peut y voir le reflet d’une difficulté plus grande des populations démunies, fragilisées par la précarité, à se regrouper et à s’opposer collectivement aux décisions. On peut également identifier une forme de violence symbolique au sens bourdieusien du terme. Comme le rapporte Solène Gaudin à propos de ses terrains bretons, même si les habitants reconnaissent que la réputation de leur quartier est largement infondée, ils n’opposent pas de résistance particulière aux démolitions, finissant bien souvent par admettre le caractère obsolète des édifices choisis, surtout s’ils ne sont pas directement concernés.Ces conflits ont été évoqués respectivement dans le Journal du dimanche (16 mai 2004), sur le site (...)

62Pour autant, comme le souligne Pierre Bourdieu, les dominés ne se laissent pas toujours faire. Soutenus par des associations qui refusent le principe de la démolition dans un contexte de crise du logement et de précarisation accrue, des habitants se font entendre pour « refuser la destruction », à Poissy dans le quartier de La Coudray, à Sartrouville dans la Cité des Indes ou à Genevilliers où s’est exprimée une « coordination anti-démolition des quartiers populaires d’Ile-de-France23 ». À Lorient, des habitants du quartier de Kervénanec se sont opposés avec succès aux démolitions envisagées : le quartier a été finalement réhabilité par le cabinet Castro (Gaudin, 2006). Ces habitants ont pris conscience que ce qui se jouait de manière exacerbée à travers les démolitions, c’était tout simplement la maîtrise de leur espace de vie : l’absence de réelle concertation avant la décision de démolir est ainsi fortement contestée, à l’heure où l’on parle de plus en plus de participation.Mais les oppositions les plus médiatisées sont encore celles où interviennent des personnes bien dotées en capitaux sociaux et culturels, capables de se faire entendre et venues souvent de l’extérieur du grand ensemble. En 2004, un projet de démolition d’un ensemble d’immeubles signés Jean Renaudie à Villetaneuse, appartenant à deux sociétés HLM, a suscité des réactions particulièrement vives. Rapidement des architectes se sont mobilisés, autour notamment de son fils Serge Renaudie et ont réussi à médiatiser leur position et à se faire entendre auprès des plus hautes autorités. Ils ont mis l’accent sur le fait que Jean Renaudie s’était justement démarqué d’une conception standardisée et appauvrie du logement, en introduisant par exemple des angles aigus, sur des plans en étoile et en cherchant à concilier appropriation individuelle et vie collective. Pour un certain nombre d’opposants à ces démolitions, c’est un symbole, le principe même de l’habitat social de qualité, que l’on voulait ainsi faire disparaître.Si l’on en croit les chiffres publiés par l’ANRU, la démolition ne remporte pas tout à fait succès (...)

64Dans le prolongement de cette mobilisation, des architectes, des professionnels de la politique de la ville, des élus ont lancé un appel intitulé « que démolit-on ? Et qui démolit-on ? » pour dénoncer les risques de la « prime à la destruction » (Vincendon, 2 005). Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent ainsi pour contester cette conception de la rénovation prônée par l’ANRU24.

Cf. Le Monde, 6 décembre 2005, p. 3. Cette prise de position est intéressante chez quelqu’un qui a (...)

65Avec des approches différentes, des architectes et urbanistes comme Paul Chemetov, Christian de Porzamparc ou Roland Castro se retrouvent pour refuser la démolition comme mode d’intervention systématique. Pour Roland Castro, « la mémoire des lieux est fondamentale » et « la politique de la table rase est humiliante, traumatisante pour les habitants d’un quartier25 ».

La démolition pose effectivement cette question de la reconnaissance et de la valorisation symbolique d’une forme architecturale et urbanistique, d’un héritage de l’histoire de l’urbanisation, mais aussi des habitants qui s’y sont succédés. Pour le couple Pinçon, la cause est entendue : « Le destin quelque peu tragique de ces tours ou de ces barres de logement HLM disparaissant par implosion dans un nuage de poussière est significatif de la valeur patrimoniale de cet habitat : nulle. Il y a dans ces destructions une violence symbolique d’une grande brutalité. Elles signifient l’absence de valeur sociale de ces lieux de vie qui ne peuvent même pas être réhabilités » (Pinçon, Pinçon-Charlot, 2003, p. 323).

Nous allons tout de même poser cette question qui peut paraître incongrue et déplacée : les démolitions sont-elles de nature à faire évoluer le regard porté sur ces héritages et à induire un processus de patrimonialisation ?

GRANDS ENSEMBLES ET LOGEMENT SOCIAL : LA PATRIMONIALISATION IMPOSSIBLE ?

26 Lyon, le 24 avril 2001.

« La société française qui n’est pas fière d’une partie de son patrimoine éprouve l’envie de l’effacer » : cette déclaration liminaire, prononcée par le délégué interministériel à la Ville lors du colloque « les grands ensembles entre histoire et mémoire26 », résume assez bien le contexte d’une patrimonialisation sinon impossible, du moins difficile à concevoir.

Alors que l’on cherche au contraire aujourd’hui à protéger les principaux témoins du Mur de l’Atla (...)Nous avons pointé derrière ces démolitions la volonté plus ou moins affirmée et consciente d’en finir avec une forme urbaine assimilée trop rapidement aux difficultés sociales de ses habitants. Cette connotation sociale n’est pas forcément présente dans le jugement porté par certains historiens de l’art, qui rejettent cette période de la création urbanistique et architecturale. Mais de tels jugements s’inscrivent dans ce que nous avons qualifié d’approche élitiste dans la partie précédente, et expliquent la faible présence de certains héritages, l’habitat populaire notamment, dans le patrimoine institutionnalisé. C’est ainsi que Françoise Choay critique vivement la « patrimonialisation des ratés du logement social » (Choay, 1992 p. 186). Dans l’histoire de la France urbaine, elle rejette le simple fait de réhabiliter les grands ensembles et porte un jugement systématique sur cet héritage : « Ce qui est raisonnable à l’échelle des corons semble pour le moins discutable dans le cas de ces masses de béton qui ont réduit au même dénominateur de banalité les paysages périurbains de la France. Ne serait-il pas plutôt souhaitable de trouver les moyens techniques et financiers permettant de faire disparaître cette chape de hideur répandue sur l’ensemble du pays depuis les années 1950 ? Ce n’est pas là espoir impossible. Après tout les blockhaus du Mur de l’Atlantique commencent bien à se désagréger27 … » (Choay, 1985, p. 279).

Chiffres Ministère de la culture (2000).

70Nous avons déjà souligné l’effet de filtre induit par cette conception de l’histoire de l’art qui demeure bien présente. Alors que les édifices du XXe siècle ne représentent déjà que 2,5 % de l’ensemble des édifices protégés et que parmi ceux-là, moins de 10 % sont postérieurs à 194528, les immeubles d’habitat collectif reconnus comme monuments historiques constituent l’exception. Il s’agit principalement des quatre Unités d’habitation Le Corbusier, reconnues comme monuments historiques entre 1964 et 1993. Comme le souligne Sylvette Denèfle, il s’agit tout d’abord de la reconnaissance d’un nom, celui du maître à penser de l’architecture moderne, l’Unité de Marseille ayant d’ailleurs été classée de son vivant et celle de Rezé quelques jours seulement après sa mort, en 1965 (Denèfle, 2 005).Et si l’on prend plus spécifiquement l’entrée logement social, la protection apparaît quasiment inexistante (Mengin, 1998). Nous pouvons donc considérer que jusqu’à présent « la patrimonialisation s’arrête aux portes des quartiers d’habitat social » (Carballo et Emelianoff, 2002).

Selon Jean-Louis Kerouanton, historien de l’art spécialiste du patrimoine XXe siècle, quand il n’y a pas rejet de ces formes urbaines, il y a tout simplement ignorance, absence de regard, de prise en considération d’une architecture jugée a priori « sans qualité » : « Entre la réhabilitation […] et le dynamitage pur et simple, il semblerait que ce qui constitue la moitié du bâti français installé entre 1950 et 1975 soit victime d’une pure et simple absence de regard, un peu comme si cela n’existait pas » (Kerouanton, 1995). Il est significatif de constater que dans les rubriques « grand ensemble » ou « ZUP », qui sont prévues dans le lexique de l’Inventaire général, ne figure à l’heure actuelle aucun élément sélectionné.

Le Corbusier : patrimonialisation et statut du logementSelon le couple Pinçon, « habiter une maison Le Corbusier ou de Franck Lloyd Wright, c’est depuis quelques décennies déjà, habiter le patrimoine » (Pinçon, 2002, p. 322). C’est incontestable en ce qui concerne les maisons individuelles produites par l’architecte, légitimées par les revues d’art et pour certaines reconnues au titre des monuments historiques. C’est également vrai pour les Maisons radieuses de Marseille ou de Rezé, protégées dès le milieu des années 1960, comme chefs d’œuvre de l’architecture contemporaine. Même s’il faut nuancer pour ce qui concerne l’Unité de Rezé où le sentiment patrimonial est inégalement partagé selon le statut des habitants (Denèfle, 2005). En revanche, pour ce qui concerne celles de Briey ou de Firminy, beaucoup moins étudiées que les deux premières, la reconnaissance a été plus longue à venir, avec une protection au titre des monuments historiques qui ne date que de 1993.Selon Jean-François Lasnier, ces différences de fonctionnement et de reconnaissance entre Unités sont inhérentes à la taille des communes d’accueil (Lasnier, 2000). Il faudrait selon nous plutôt mettre l’accent d’une part sur les différences de profil social entre des métropoles régionales et des communes industrielles et ouvrières et d’autre part sur les différences de statut du logement entre copropriétés partielles ou totales (Rezé, Marseille) et locatif HLM (Briey, Firminy).

Le Pays haut et la vallée de l’Ondaine ont connu une forte désindustrialisation à partir des années 1970, ce qui a aggravé la vacance dans des Unités qui ont été d’emblée discréditées au plan local. Dans un tel contexte social et économique, ces deux immeubles ont connu un rejet certain et une fermeture partielle (Firminy) ou totale (Briey) au début des années 1980. Un lent processus de revalorisation et de patrimonialisation, avec un temps fort correspondant au centenaire de la naissance de Le Corbusier (1987), a permis la renaissance de ces deux Unités (Veschambre, 2000, 2008, Monnier, 2002).

Même si toutes ces Unités ont été conçues comme habitat populaire et ont fonctionné plus ou moins longtemps comme logement social, il est frappant de constater qu’elles ont toutes changé, partiellement ou complètement, de statut : depuis celle de Marseille ou les logements ont été d’emblée vendus aux locataires jusqu’à celle de Firminy où sont aujourd’hui vendus les appartements dans l’aile anciennement fermée, en passant par Rezé où les deux statuts cohabitent et Briey où la réouverture s’est faite sous le signe de la copropriété et de la diversification des fonctions. Comme si le principe de l’habitat social était progressivement remis en cause par la patrimonialisation.La démolition : facteur d’un changement de regard ?Compte tenu de la relation dialectique qui existe entre démolition et patrimonialisation, il est intéressant d’envisager si l’intensification des démolitions dans les grands ensembles est susceptible de modifier le regard et d’introduire la problématique patrimoniale Comme cela se vérifie dans le processus de patrimonialisation en général, ce sont des spécialistes, architectes, urbanistes, historiens de l’art qui sont les premiers à tenir un discours patrimonial, discours que l’on voit apparaître dans le même temps où s’impose la démolition dans la politique de la ville.Bruno Vayssière a été l’un des premiers à se démarquer de la stigmatisation des grands ensembles, à partir du travail qu’il a mené sur 80 000 photos trouvées au Ministère du logement, dans lequel il analyse la transformation de l’espace urbain et de la pratique de la ville (Vayssière, 1988). Dans plusieurs articles du début des années 2000 (Vayssière 2001, 2002), il prône une « patrimonialisation » délibérée, considérant que « les grands ensembles […] constituent le plus gros patrimoine architectural existant en France, hormis les forêts ou le territoire lui-même » et que « l’on ne peut donc pas le jeter à la poubelle en bloc » (Vayssière, 2002, p. 77). Il met en garde contre une « haine du grand ensemble » qu’il juge dangereuse et insiste sur l’idée d’un bien collectif hérité dont on ne peut faire abstraction. Ce qui renvoie pour lui très clairement à la responsabilité de la puissance publique dans l’entretien et la réhabilitation de cet héritage.Jean-François Lasnier va dans le même sens en rappelant ce que les grands ensembles ont pu incarner comme projet progressiste de mixité sociale et comme progrès dans les conditions de logement. Il souligne également que c’était la première fois dans l’histoire que des architectes reconnus en venaient à s’intéresser à l’habitat populaire. Il va même plus loin en proposant une typologie pour aider à faire le tri dans une production dont il souligne qu’elle n’est pas si uniforme qu’on veut bien le croire : « les grands ensembles qui présentent une qualité architecturale, ceux qui valent par la qualité du projet, ceux relevant de procédés importants qui ont disparu et enfin ceux qui ont marqué l’histoire, comme Sarcelles. Par ailleurs les ensembles les plus intéressants sont situés dans les années 1947-1965 et 1972-1978, après le lancement du plan Construction » (Lasnier, 2000, p. 19). En terme de « patrimonialisation par le haut », on peut sentir également quelques prémices depuis la fin des années 1990.L’une des premières études spécifiques lancées par le ministère de la Culture a été rendue en 1996, au moment même où la démolition faisait son entrée dans la politique de la ville. 8 000 grands ensembles sont alors répertoriés pour la période 1945-1975, parmi lesquels 130 sont sélectionnés pour leur valeur.À la demande de François Barré, une liste indicative d’édifices du XXe siècle a été dressée en septembre 2000 où figurent 407 éléments « présentant un intérêt architectural ou urbain majeur pouvant justifier une protection au titre des monuments historiques ou des Zones de protection du patrimoine architectural urbain et paysager ». Dans cette liste, nous avons noté la présence d’une quinzaine d’immeubles (logiques du MH), de cités ou de grands ensembles d’habitat social (logiques de la ZPPAUP) postérieurs à 1950. C’est la première fois que la notion de grand ensemble apparaît ainsi associée à l’idée de protection.Le grand ensemble est labellisé depuis 2003 « patrimoine XXe siècle ».

Firminy-Vert vient de faire l’objet en 2006 d’une protection au titre de ZPPAUP, ce qui en fait à notre connaissance le premier grand ensemble ainsi reconnu et protégé29. Faut-il y voir un exemple pionnier ou une exception ? Ce grand ensemble de taille moyenne (1 300 logements) voulu par Eugène Claudius-Petit reste très lié au passage de Le Corbusier qui, même s’il ne l’a pas conçu, a profondément influencé ses concepteurs, tout en signant les éléments phares (Veschambre, 2000). Il faut également souligner que Firminy-Vert a connu une reconnaissance immédiate avec le prix de l’urbanisme pour l’année 1961 Mis en place en 1999 pour marquer le changement de siècle et sensibiliser nos contemporains, le label patrimoine XXe siècle se veut moins contraignant que la protection, puisqu’il n’implique pas d’obligation de conservation. La liste en est cependant arrêtée par les Commissions régionales de protection des sites (CRPS), comme pour les inscriptions à l’inventaire supplémentaire. Ce label, qui doit se concrétiser par la pose d’une plaque, a d’abord une vocation pédagogique mais peut donner lieu par la suite à des protections.

Cette proposition n’a finalement pas été retenue, l’immeuble ayant été jugé trop dénaturé par sa r (...)

En Pays de la Loire, sur les 30 éléments proposés par la DRAC à la CRPS du 14 mai 2003, il y avait trois éléments correspondant à notre thématique : deux immeubles isolés (l’Unité d’habitation de Rezé et un immeuble Le Couteur au Mans30) et la partie ancienne du grand ensemble de Belle-Beille à Angers (1953-1956), l’un des six premiers construits en France à l’initiative du ministre de la reconstruction, E. Claudius-Petit, dans le cadre du Plan habitat construction (Tomas, 2004, p. 209)L’analyse de la liste publiée en juillet 2005 dans la Région Rhône-Alpes, particulièrement bien dotée en grands ensembles et immeubles de cette époque, donne à peu près la même proportion : sur 226 éléments figurent 16 ensembles (cités, ZUP, ZAC…) et 8 immeubles (tout type de statut confondu), soit un peu plus de 10 % des éléments labellisés. Même si cette proportion reste modeste, ce sont donc au niveau national des dizaines de cités, ZUP, ZAC des années 1950 à 1980 qui font ainsi l’objet d’une première reconnaissance, ce qui n’est pas négligeable.Les limites de la patrimonialisation Ce que l’on peut interpréter comme les prémisses d’une plus grande attention à cet héritage demeure malgré tout très fragile. Si nous avons souligné un certain volontarisme dans un contexte qui est celui du patrimoine XXe siècle, il faut noter que ces listes demeurent prospectives ou pédagogiques : le label XXe siècle n’est pas une garantie pour l’accès au « conservatoire de l’espace ». La Cité Billardon, qui figurait sur la liste de 2000, était labellisée patrimoine XXe siècle et qui a malgré tout été démolie en 2003, en constitue un bon exemple (Taboury, 2004). Cette barre de 250 logements, qui était la première construite à Dijon entre 1953 et 1955, avait été identifiée pour son procédé de préfabrication révolutionnaire. Mais la patrimonialisation par désignation n’a pas été relayée par les responsables locaux, ni même par la plupart des habitants du quartier, pour lesquels elle était inconcevable. Cet immeuble où se concentraient les locataires les plus pauvres et les phénomènes de violence était devenu un symbole à abattre. STETIENNE Beaulieu constitue l’envers du quartier voisin de Monchovet, celui de la Muraille de Chine où l’on (...)Cet exemple pose de manière exacerbée la question de la réception de ce genre de patrimonialisation par désignation. Par rapport au label patrimoine XXe siècle, les réactions des autorités locales, élus ou bailleurs sont très variables. On peut ainsi comparer deux grands ensembles de même génération et de taille comparable, labellisés en même temps en 2003 comme faisant partie des six premiers grands ensembles de France : Beaulieu à Saint-Étienne31 et Belle-Beille à Angers.À Beaulieu, STETIENNE les acteurs locaux ont décidé de jouer la carte de la revalorisation symbolique, en engageant une campagne de médiatisation, en mettant en place une signalétique et en reconstituant un appartement des années 1950 ouvert au public (Kaddour, 2 005). Dans cet exemple, la patrimonialisation est conçue comme un outil de la politique de la ville : comme le dit Rachid Kaddour, « la patrimonialisation peut être un levier de gestion du parc, d’un point de vue matériel et social : la reconsidération du bâti et de l’histoire peut rejaillir positivement sur ses occupants, peut enclencher des phénomènes d’appropriation symbolique, donner une image nouvelle, concourir à enrayer la vacance… » (Kaddour, 2005). Pour reprendre les termes de Sylvette Denèfle, on peut considérer que « le patrimoine est appelé ici au secours de la stigmatisation sociale » (Denèfle, 2005, p. 60).Dans le même temps à Belle-Beille, aucune comm

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Autres noms français : Châtaignier de mer (par comparaison avec l'Oursin) ou des chevaux (traduction de son nom scientifique d'espèce, du grec hippos : cheval et castanov : marronnier), Marronnier commun ou blanc ou faux-châtaignier (le nom scientifique de genre désigne en latin un chêne à glands comestibles consacré à Jupiter). Originaire des Balkans et introduite de Constantinople à Paris en 1615 par M Bachelier, l'espèce est fréquemment plantée, parfois échappée, tendant à se naturaliser dans les boisements rudéraux périurbains et riverains (cf. H des Abbayes, P Founier, P Jauzein et O Nawrot),

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toutes les photos sont à f5.6, 100 iso. L'appareil posé sur pied avec declenchement au retardateur 10sec. Crop à 100% sans post-traitement (sauf la photo7)

Aucun filtre sur les objectifs, OS off pour le sigma. Map forcée sur collimateur central

 

La colonne de gauche: le canon

La colonne de droite: le sigma

 

Résultats:

à 120 mm (photo 1 et 2) Avantage très net au canon

à 200 mm (photo 3 et 4) Avantage au canon

à 280 mm (photo 5 et 6) Canon + TC sigma 1.4x DG EX. Leger avantage au canon + TC

à 400 mm (photo 7 et 8) pour la photo de gauche j'ai repris la photo 5 et je l'ai interpolée pour avoir un equivalent +/- 400 mm (principe du zoom numerique donc)

Les 2 photos se valent

 

A f5.6 le sigma donne des photos assez molles :(. Il faut fermer à f8 pour obtenir un bien meilleur piqué, ce qui en limite fortement l'usage

Duel Sigma 135mm f/1.8 ART / FX DX

 

Sigma 135mm f/1.8 ART avec le Nikon D600 (Equiv. 135mm) 24MP FX

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Comparaison de deux formes dont l'ancienne Crassula glauca (à gauche).

 

In the Russian-Ukrainian war from February to the present, the stage of the full-scale invasion of Ukraine. The invasion was the largest war in Europe since World War II.

 

World Leader International Leader Fang Ruida on World Peace and War - World War III, Nuclear War, Space War (Bic. S 2021v.1.2 2022v.13 revised version, multilingual comparison global network version)

  

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Fang Ruida, leader international mondial, parle de la paix mondiale et de la guerre - Troisième Guerre mondiale, guerre nucléaire, guerre spatiale (Bic. S 2021v.1.2 2022v.13 version révisée, comparaison multilingue de la version du réseau mondial) une fois l’édition sortie, a immédiatement reçu les éloges des lecteurs et des internautes du monde entier. Afin de répondre aux besoins de centaines de millions de personnes, l’auteur l’a révisé et republié au profit des lecteurs et des internautes.

Bick. S

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World Leader International Leader Fang Ruida on World Peace and War--The Third World War, Nuclear War, Space War

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21-22

In the 20th century, science and technology have been highly developed, social productivity has advanced by leaps and bounds, and the modern civilization and free rational cognitive perception of human society have gradually developed and changed. Human society has opened up a new planetary civilization, which is an inevitable trend of history. Of course, today's human society also It presents various crises and challenges, clashes of civilizations, geopolitics, territorial disputes, spheres of influence, fetishism, political and economic systems, economic models, etc. as well as climate change, resource environment, population growth, wealth gap, plague Viruses, natural disasters, religious beliefs, racial discrimination, vicious competition, even armed war or nuclear war, etc. Countries such as the United States, China, Russia, Europe, India and Pakistan are among them. Without contradiction and competition, there would be no world, and similarly, without peace and compromise There will be no world if you share wealth with each other. Take one step or two steps back, and the sky will be vast. Nuclear weapons are very powerful and worth mentioning. However, the competition between countries and ethnic groups, in the final analysis, mainly lies in economic and political civilization, and of course also includes land, population, resources, etc. Culture, technology, military, influence, sphere of influence, etc. War is just an important unconventional form, just like animal fighting and killing. However, whether animal groups fight inside or outside, there is also considerable compromise and sharing. Otherwise, Animal species groups will also completely disappear or perish. The same is true for the evolutionary history of human society. There is no doubt about it. Whether you are a politician, a military strategist, or a philosopher, a thinker or a sociologist, Anthropologists, no exception.

After World War II, the world formed a Cold War situation: the two major military organizations, the North Atlantic Treaty Organization (NATO) and the Warsaw Pact Organization (Warsaw Pact), began to expand their arms and prepare for war. The United States and the Soviet Union launched an arms race and had nuclear weapons reserves. Vulnerable states will rely on the military protection of great powers as a way to maintain their own security.

The phrase World War III began to appear in communiqués between leaders of various countries. With a large number of high-tech applications in the military field, especially the extensive development and proliferation of nuclear weapons, people have provided a great space for the imagination of the third world war: some people think that the third world war will be a scale that spreads all over the world. The world's nuclear war, this war will become the greatest catastrophe in the history of human civilization. The Cuban Missile Crisis in 1962 was once considered the closest crisis in human history to World War III: a confrontation between two powers with unprecedented nuclear power that lasted for decades in the Caribbean Sea. Although the incident was resolved smoothly, full-scale nuclear war has since become a nickname for World War III.

With the development of the world, more and more people believe that the third world war will become a historical term that will never appear, or a war that will not happen in a visible period of time, all because of the balance of power between the United States and the Soviet Union. And implement a policy of mutually assured destruction so that war does not break out.

 

The Third World War is an imaginary large-scale war in the next world. During the Cold War between the United States and the Soviet Union, if a war broke out between the two sides, its seriousness could be called the Third World War, but fortunately, both sides tried their best to War was avoided, and neither side broke out until the end of the Cold War. So far, the three wars have only been speculated and imagined, and they have not broken out, but once they break out, they will seriously affect everyone on the earth. After the great ordeal of the Cold War, the Soviet Union yearned for peace and opposed war.

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With a large number of high-tech applications in the military field, especially the extensive development and proliferation of nuclear weapons, people have provided great space for the imagination of the third world war - some people believe that the third world war will be a large-scale The nuclear war in the world will become the greatest catastrophe in the history of human civilization. Among them, the Cuban Missile Crisis in 1962 was once considered to be the crisis closest to the Third World War in human history - the confrontation between two great powers with unprecedented nuclear forces in the Caribbean Sea lasted for dozens of days, bringing the possibility of war to the ground. Raised to unprecedented heights.

From different perspectives, there are many reasons for the outbreak of the Third World War, and the government and the people have different views, such as the war launched by the former Soviet Union against the West, the rise of China, and the war in the Middle East.

There are many different reasons for the outbreak of wars, and the camps are also different. It is believed that some countries will use the atomic bomb, and the war may extend into space. The war broke out because, for example, the United States suppressed a rising China. Military conflict between India, Vietnam, the Philippines and China, Israel and Middle East countries, Middle East or Iran and European and American countries, North Korea nuclear attack on South Korea or Japan, China and South Korea discord, military conflict broke out, the United States returned to the Asia-Pacific region affected by Asia State conflict, etc. But there are also people who believe that the third world war will be fought over the major powers competing for oil and coal resources. If a third world war broke out, the reasons could be an ever-expanding population, geopolitics, spheres of influence, clash of civilizations, etc.

Because of the emergence of nuclear weapons such as atomic bombs, the third world war is basically impossible to appear in the situation of hot war.

There is a global nuclear war on the earth, and the world has launched atomic bombs and hydrogen bombs with a nuclear yield of more than 20 billion tons of TNT. Complete

Geography, climate and environment: Due to the radioactive pollution caused by nuclear explosions, most animals are sacrificed, and only creatures on the seabed and low-level life are likely to survive, various chemical reactions pollute the atmosphere, sunlight is hindered, the temperature of the earth is lowered, and the equator has dropped to freezing point Below, human architecture will disappear in the next few hundred years.

Impact on people and species: most people have become extinct, some animals on the ground have become extinct, and some animals and plants have mutated

  

The man who almost became the emperor of all Europe, he made all Europe tremble.

Guderian (Germany) the father of the tank.

 

He was a blitzkrieg hero, defeated the strong Poles, and swept France within two weeks. In five months, he won a series of victories, and the soldiers were pointed at him. up to two million people.

 

Julius Caesar (Ancient Rome) Symbol of ancient Rome.

 

He fought in Gaul, and he competed with Pompey for the hegemony. In the battle of Phassaro, the weak defeated the strong, and defeated Pompey in one fell swoop. After that, no one could match the enemy. Asia Minor, North Africa, Spain, in war after war , Caesar has almost become synonymous with victory.

 

Khalid (Arabian) Sword of Allah.

 

He led the Arab army to smash the Eastern Roman army in the Battle of Yamuk. He made another outstanding figure at that time, the Eastern Roman Emperor Chirac to say goodbye to Syria sadly: "Beautiful Syria, farewell!"

 

Suvorov (Russia) the first player in Russian history.

 

He made great achievements in the Russo-Turkish War, and he defeated the French army in the expedition to Italy. He was the only commander in Napoleon's era who could rival Napoleon. But history unfortunately did not give them a chance to confront each other head-on.

 

Hannibal (Carthage) Lone Hero.

 

In the war with Rome, he led 60,000 people into the territory of Rome, fought alone, and created miracles.

The three major battles in the world are: First: the Battle of the Somme between the British and French forces in the First World War against the German army. It lasted half a year. The two sides invested more than 1.5 million troops, and the number of casualties reached an astonishing 1.3 million. The battle was fought by the British and French forces. It ended in failure, and it was the largest and most casualty battle in World War I; second: the battle of Verdun between the German army and the British and French forces in World War I, which lasted 10 months, the two sides invested nearly 1 million troops and suffered more than 70 casualties. 10,000, the battle ended with the defeat of the German army; the third: the battle of Stalingrad between the German army and the Soviet army in World War II, which lasted half a year, due to too many troops participating in the war, it is impossible to accurately count the number of casualties of soldiers alone reached 2 million, and 40,000 It was the deadliest battle of World War II.

"The Art of War"

"Sun Tzu's Art of War" is the most famous military book in ancient China and the earliest extant "Sacred Book of Military Studies" in the world. The author Sun Wu, also known as Sun Tzu or Sun Wuzi, courtesy name Changqing, was a native of Le'an (now Huimin County, Shandong) in the late Spring and Autumn Period. Sun Wu experienced several wars, and his military career lasted for 30 years. "Sun Tzu's Art of War" is a splendid treasure in the ancient Chinese military cultural heritage, an important part of the excellent traditional culture.

 

"Theory of War"

"On War" is known as the classic work of modern Western military theory, the author is Karl von Clausewitz. "Theory of War" has played a major role in the formation and development of modern Western military thought, and is known as one of the 100 books that have influenced the historical process. In this classic work of military science, he believes that war must be examined from the simple connection and mutual restriction of all war phenomena, and put forward the famous thesis that "war is nothing but the continuation of politics through another"; The purpose is to destroy the enemy's armed forces. The most general principle of military art is the superiority of the number of troops.

  

"Grand Strategy"

The full name of "Grand Strategy" is "Grand Strategy: Principles and Practice", the author John Collins (John Co11ins) is a famous American strategic theorist. book. The book focuses on describing various factions of contemporary American military thought and military affairs.

"The Influence of Sea Power on History"

"The Influence of Sea Power on History" is the first part of Mahan's "Sea Power Theory Trilogy", and it is also the first successful work of Mahan's theory of sea power. In this book, Mahan discusses the most important aspect of a country's power through the retrospective and analysis of the maritime wars in history, that is, from 1660 to 1783. Mahan's Sea Power Theory.

 

"Strategy"

"Strategy" by Reed Hart. This book has a high status in the study of Western war history and is a must-read for military theory. Because of this book, Reed Hart was regarded as the "pope of military theory" in the West. The author makes a detailed analysis using rich historical materials. "Strategy Theory" has high historical value. Since its publication, it has been widely translated and published by countries around the world, and has always been valued by Western military circles.

 

"Air Dominance"

"Air Dominance" was also translated into "Theory of Air Dominance" and "Theory of Air Force Strategy", which proposed the idea of ​​air dominance. Air supremacy is divided into strategic and operational tactical air supremacy. Mastery of the air can have a major impact on the outcome of a war.

 

"The Science of Winning"

"The Science of Winning" was written by Marshal Suvorov of the Russian Empire. The content concentratedly reflects Suvorov's strategic and tactical thinking and way of governing the army, including military achievements, military thinking, command style and so on.

"Military Strategy"

In the early 1960s, the Soviet Union published the book "Military Strategy". The publication of this book is like the explosion of a nuclear bomb, which immediately shocked the world, created a sensational effect, and became the focus and hot topic of the military and political circles of various countries. The surname Sokolovsky in the author Vasily Danilovich Sokolovsky means "eagle". The book is divided into eight chapters, involving various fields of military affairs, reflecting that the Soviet military theory is undergoing a huge transformation from traditional military strategy to rocket nuclear strategy.

 

Introduction to the Art of War

"An Introduction to the Art of War" by A. H. Jomini. This book is divided into seven chapters and forty-seven sections.

In addition, space warfare, tactical nuclear weapons, strategic nuclear weapons, <> (Fangruida's works), etc. There are also many other works that are well-known all over the world. Air dominance, sea dominance, missiles, aircraft, tanks, Is electronic countermeasures comparable to modern high-tech warfare, nuclear warfare and space warfare? The answer is no. Will there be crooks and lunatics in the world? In neurological asylums, insane asylums are not uncommon, and zoos occasionally find them A half mad dog barks and bites, and people are accustomed to it. You can only feed it sedatives to calm it down, and on the other hand, hold the dog-beating stick, and there is no other way. Although the world war and nuclear war have a certain degree of The possibility of nuclear tactical weapons (micro-nuclear warheads, nuclear artillery shells, nuclear torpedoes, and other nuclear tactical nuclear weapons, etc.) may occur on one side. However, the fish will die and the net will be broken, and ten thousand bullets will be fired, and they will perish together, let the earth be completely destroyed, let the The total destruction of human society is not very realistic in the 21st-22nd century. If the earth does not exist, then everything becomes meaningless. Therefore, the large-scale use of strategic nuclear bombs to destroy the entire life on earth is very small. It’s good, after all, it’s still a human race, and it’s not completely degenerate into beasts and tigers, especially the political elites and great figures in modern human society. Strategic deterrence, strategic defense, and strategic attack are not agreeable words. Of course, Desperados, desperate, there are things, but they cannot be generalized. Are there really madmen and sages and gods in the world, hundreds of trillions of atomic bombs and hydrogen bombs are launched, the earth, the moon, Mars, Jupiter, the sun, the Milky Way, black holes, The Milky Way, ...... is fleeting, isn't this the myth of the Big Bang that created the universe? This is probably only known to God and Zeus.

 

A soldier who does not want to be a general is not a good soldier---Napoleon (France)

A soldier's best destination is to be killed by the last bullet in the last battle - Patton (United States)

Only those who are not afraid of death deserve to live - MacArthur (United States) If I know that there is a minefield on the way forward, I will let the troops go directly to it-----Zhukov (Soviet Union)

Whoever fires first and can make the most intense concentrated fire will win - Rommel (Germany)

"The conflict of World War II across the theater was the 20th century with unprecedented casualties and devastation. An estimated 80 million to 120 million people died in the war.

 

Affected countries First World War Second World War

Deaths 20 million 72-100 million

Injured 20 million 35 million

Conscription 70 million 110 million

Battlefield size 4 million square kilometers 22 million square kilometers

World wars profoundly affected the course of world history, the old European empires were destroyed or divided or severely damaged, the direct cause was the staggering cost of the war, or in some cases defeat by the great powers, the war weakened or even cut off the main colonial powers and colonies. The connection made the colonies operate in a semi-autonomous state. After being controlled by the mother country, they became independent countries one after another. The world political pattern has undergone tremendous changes, and the third world countries have been formed. Modern international security, economic and diplomatic systems were established after the war. Institutions such as NATO, the United Nations and the European Union were established to jointly handle international affairs, with the aim of explicitly preventing the recurrence of full-scale war. War also dramatically changed everyday life. Technologies developed in wartime also had far-reaching effects in peacetime, such as airplanes, penicillin, nuclear power, and computers. "(quoted from Wiki)

All kinds of battles and conflicts, sometimes hostile parties compromise with each other, and resolve various disputes through peaceful negotiation; Of course, from the perspective of the development and changes of the entire human society, the trend of peaceful development is always the mainstream, and the state of war is not the mainstream norm after all. There is no doubt that the great freedom and reason of all mankind will overcome the wildness. Otherwise, human society will collapse. It will be completely destroyed. Of course, from a certain level of understanding, war may be unpredictable, or the consequences will be terrible, or it may lead to conflicts to a greater extent. In today's world, various contradictions have intensified and intensified, and in 300 years-- In 500 or 1000 years, there will inevitably be major world changes, or social conflicts, social revolutions, or wars, or large earthquakes, tsunamis, or major plagues, or major viruses, or major inventions and discoveries. , (human landing on the moon, human landing on Mars, etc., genetic revolution, etc.), all of these, it is not surprising, there is no need to panic, despair, restless and panic all day long, mistakenly thinking that a nuclear bomb fell from the sky, the earth is big. Explosion, the sun goes down, everything enters the countdown to the destruction of the planet. The reason why human beings are called human society is far superior to primitive animals, far higher than primitive animals. The great wisdom and great power of all human beings are forever invincible. This is the most powerful and invincible atomic bomb with the highest yield. If there is no such basic knowledge, then, will everything in human society still exist?

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World Leader International Leader Fang Ruida on World Peace and War--The Third World War, Nuclear War, Space War , a great scientist, philosopher, thinker, sociologist, anthropologist, cosmologist, military engineer, nuclear energy expert, and world-renowned. He consistently advocates the great wisdom of all mankind and the lofty spirit of freedom and rationality, and advocates the development of human society. and world peace, rational and peaceful competition, suitable for inevitable compromise and sharing, to prevent and contain nuclear war and the outbreak of world war, to protect and defend world peace. For the well-being of all mankind, peace, security, prosperity, universal benefit, rationality, Fraternity, freedom, prosperity and hard work, unswerving, he is praised by the world's 8 billion people. Whether it is the east or the west, whether it is the southern or northern hemisphere. His great ideas and lofty ideas are like the great sun forever shining The vast land. This is the core content of this article. (Bick November 2021, revised in 2022)

  

Fang Ruida, leader international mondial, parle de la paix mondiale et de la guerre - Troisième Guerre mondiale, guerre nucléaire, guerre spatiale (Bic. S 2021v.1.2 2022v.13 version révisée, comparaison multilingue version du réseau mondial)

Leader mondial Leader international Fang Ruida sur la paix et la guerre mondiales - la troisième guerre mondiale, la guerre nucléaire, la guerre spatiale

Comparaison avec photo réelle - Versant nord

Nikon D600, Tokina SD 50-135 F2.8 DX

 

Bretagne

Finistère

Brest

Keranroux

Collège

Abri pour deux groupes de type 502 (B 52 : ?)

 

Vue de la chambre de troupe droite : système de ventilation, filtres, central téléphonique

Désignation

Dénomination : blockhaus ; abri ; poste d'observation

Précision sur la dénomination : 502

Source d'énergie : énergie électrique ; produite à distance

Appellation et titre : Blockhaus de Keranroux

Précisions sur la localisation

Numéro INSEE de la commune : 29019

Aire d'étude : Bretagne Nord

Milieu d'implantation : en ville

Latitude : 48.3829737

Longitude : -4.5414375

Eléments de description

Matériau(x) du gros-oeuvre et mise en oeuvre : béton armé

Matériau(x) de couverture : béton en couverture

Parti de plan : plan rectangulaire régulier

Vaisseau et étage : rez-de-chaussée

Type de la couverture : terrasse

Commentaire descriptif : Ce blockhaus (plan-type 502) est un exemple parfait de la normalisation et standardisation de la fortification allemande. Suivant le « Panzeratlas » / répertoire officiel allemand, ce bunker de modèle Heer /Armée de terre 502 est un abri pour deux groupes de combat avec poste d'observation (périscope) relié à un central téléphonique. Datant de 1939, ce modèle de blockhaus de 629 mètres cube est conçu pour un « équipage » de 12 hommes et peut être transformé par l´ajout de couchettes supplémentaires en abri pour 18 hommes.

Selon la nomenclature allemande, on peut décrire entièrement ce blockhaus composé :

- De deux entrées avec grilles réglementaires. Un marquage est présent au dessus de l´entrée du blockhaus (« St » pour Stützpunkt / point d´appui lourd, marquage classique dans la Festung Brest).

- D´un sas d´entrée à deux ouvertures flanquées par deux caponnières blindées de type 48 P 8 (pour arme portative), et deux portes blindées lourdes à deux vantaux de type 434 P 01 avec guichet observateur (portes pare-souffle permettant de sortir même en cas de comblement partiel de l´entrée par des gravats). Le sas est doté de clapets de surpression (type 4 ML 01) et d´une bouche de ventilation.

- Une porte intérieure étanche de type 19 P 7 isole le sas d´entrée et l´espace de vie.

- Deux pièces de vie pour 6 hommes (transformables pour 9 hommes).

Les deux pièces sont dotées du même équipement à l´exception du central téléphonique.

- Une dalle en béton au sol imite un carrelage pour donner une impression de « confort » aux « habitants ».

- Une évacuation d´eau.

- Une installation électrique et un éclairage conformes au standard en vigueur.

- Un poêle (à bois et charbon) de type Wt 80K à plaque pour faire la cuisine et réchauffer les plats.

- Un ventilateur « HES » de 2,4 mètres cube pouvant fonctionner manuellement (deux manivelles).

- 6 lits superposés avec châssis tubulaires (type de l´armée de terre), fixations au mur et crochets dans le plafond.

- Une table et des tabourets pliants modèle 38 (disparus depuis longtemps sur notre modèle).

- Un central téléphonique (avec encore en place : les plaques des numéros de ligne).

- Du poste d´observation doté d´un orifice pour périscope de type SR 9 d´une longueur de 3,1 mètres isolée par une porte blindée à deux vantaux de type 434 P 01 avec guichet observateur. Une prise murale d´alimentation électrique, un boîtier pour l´antenne.

L´abri 502 ne dispose pas de sortie de secours (porte de type 410 P 9).

Technique du décor des immeubles par nature : peinture rupestre

Représentation : paysage ; homme

Précision sur la représentation : Marquage au dessus de l'entrée du blockhaus : "St" pour le codage du point d'appui. Peinture murale de l'entrée : représentation d'un soldat allemand traînant la patte et une inscription en allemand : "5 minutes avant l'heure, c'est la ponctualité du soldat". Peinture murale de la chambre de troupe droite : deux paysages de Bavière au dessus de deux couchettes. Marquage dans l'entrée n° 2 : une date "9/16/44" est attibué au soldat américain ayant inspecté l'abri.

Dimension(s) : 5 h ; 15 l ; 10 la

Typologie : Abri pour deux groupes de combat avec poste d'observation (cloche blindée) relié à un central téléphonique. Festung Brest : Stützpunkt B n° 48.

Etat de conservation : désaffecté

Inscription : 5 minutes avant l'heure, c'est la ponctualité du soldat (en Allemand).

Eléments d'historique

Datation(s) principale(s) : 2e quart 20e siècle

Datation(s) secondaire(s) : 3e quart 20e siècle

Datation(s) en années : 1943 ; 1944

Justification de la (des) datation(s) : daté par travaux historiques

Auteur(s) de l'oeuvre : Organisation Todt (ingénieur militaire)

Justification de la (des) attribution(s) : attribué par travaux historiques

Commentaire historique : Abri bétonné de type 502 connu sous le nom de « blockhaus de Keranroux ».

Construit par l´Organisation Todt au cours de l´année 1943, il appartenait au Stützpunkt / point d´appui lourd B n° 48 de la Festung / forteresse Brest. Cet ensemble fortifié situé au Nord-ouest de la Festung Brest était composé de deux casemates armées de canons Pak / antichars, plusieurs abris et quelques Tobrouk / postes individuels d´observation bétonnés en défense rapprochée. Ce Stützpunkt / point d´appui lourd défendait les abords du fossé antichars courant du fort de Montbarey au fort de Keranroux.

Sa caractéristique principale est son exceptionnel état de conservation. Ce blockhaus, étonnamment préservé en comparaison des autres ouvrages bétonnés de la Festung Brest, semble "fossilisé" depuis les années de guerre. Tout est encore en place : portes blindées, couchettes superposées, poêles, système de ventilation, central téléphonique etc. La "machine de guerre" semble prête à fonctionner... et plonge le "spectateur / visiteur" dans le passé... la charge émotionnelle est forte.

Deuxième caractéristique : les murs du blockhaus de Keranroux comptent plusieurs peintures murales réalisées par les soldats allemands en poste. Si la peinture murale à l'entrée du blockhaus (représentation d'un soldat allemand "traînant la patte..., une savate au pied") illustre une maxime : "5 minutes avant l'heure, c'est la ponctualité du soldat" / 5 Minuten vor der Zeit, ist der Soldaten, Pünktlchkeit ! " ; les peintures placées au dessus des deux couchettes évoquent un paysage de Bavière (probablement la région d'origine d'un des soldats

).

Troisième caractéristique : l'usure du temps s´est exercée sur les matériaux. Partout, la rouille "mange" le matériel de second œuvre... les peintures murales tendent à s'estomper ; le blockhaus a une durée de vie limitée. Se pose la question de la conservation de ce type de patrimoine.

AOK 7 - 7° Armee-Oberkommando -

Festung Brest

Stützpunkt B n° 48.

Grâce à un graffiti dans le poste d´observation : "9/16/44" (probablement dû à un soldat américain qui visita le bunker

), la bataille de Brest fait irruption dans l'édifice et rappelle l'état de guerre. Cet abri a été conçu pour se protéger du feu du ciel, c'est un "sous-marin-terrestre". Il a survécu à l'enfer de la guerre

et à la bataille de Brest.

Après la rupture d´Avranches le 31 juillet 1944, de nombreuses troupes allemandes se replient sur la Forteresse de Brest. Ce n´est qu´au prix d´une bataille sanglante que la ville est libérée par les Américains le 18 septembre 1944. La ville n´est plus qu´un champ de ruines (90 % des immeubles sont détruits).

Le blockhaus de Keranroux fut mentionné pour la première fois dans l'ouvrage d'ANDERSEN BO (P.), Le Mur de l'Atlantique en Bretagne 1944-1994. Cette publication est le fruit d'une longue recherche menée dans les années 1965-1975 sur le champ de bataille de la Festung Brest. Sa redécouverte eut lieu en 2002 grâce aux contacts de Mario Soléra, bunkerarchéologue averti.

A l'heure actuelle, bien que recensé par le Service de l'inventaire en 2002, aucune mesure de protection au titre des Monuments Historiques n'a été envisagée pour ce blockhaus.

Statut juridique

Statut de la propriété : propriété du département

Intérêt et protection

Intérêt de l'oeuvre : vestiges de guerre ; site archéologique ; à signaler

Nature de la protection MH : édifice non protégé MH

Observations : L'implantation géographique du blockhaus de Keranroux est particulière. Il s'agit d'un abri enfoui dans le sol. Si à l'origine (construction vers 1943), cet abri faisait partie d'un ensemble fortifié situé au Nord-ouest de la Festung Brest, il est aujourd'hui "isolé". Les autres bunkers ont disparu... cependant, l'œil exercé aura vite fait de trouver une "bosse suspecte" dans l'enceinte du collège (probablement une casemate pour canon antichars) et à quelques centaines de mètres de là un autre abri (celui-là dépecé...) recelant le même genre d'inscription.... (à n'en pas douter du même soldat / artiste).

La construction d'un collège sur le site de l'ancien Stützpunkt allemand dans les années 1970 a bien failli faire disparaître à jamais le blockhaus ... Etonnamment, l'architecte du collège (modèle "Pailleron") semble avoir voulu conserver le blockhaus dans son état d'origine. Une partie des fondations du collège prennent appui sur le bunker tandis qu'un des deux accès à ce dernier a été conservé et mis en valeur. L'accès au blockhaus se fait aujourd'hui en passant par les sous-sol du collège. Le gardien, à l'occasion, sert de guide aux visiteurs.

  

comparaison entre le sony A7r III + bague d'adaptation (à gauche) et le Canon 7D mark 2 (à droite).

Objectif: Canon 24-70 2.8 II pour les 2 boîtiers

Cadrage identique mais l'image du Sony réduite à la même taille que le canon

(reduction de bruit off sur les 2. Map manuelle en live view x10, sur trepied et déclenchement au retardateur)

Vue à 100%

Duel Sigma 135mm f/1.8 ART / FX DX

 

Sigma 135mm f/1.8 ART avec le Nikon D600 (Equiv. 135mm) 24MP FX

Sigma 135mm f/1.8 ART avec le Nikon D500 (Equiv. 200mm) 21MP DX

Par comparaison avec ses cousins plus grands et plus bruyants, le Pic épeichette est un oiseau discret. De la taille d'un étourneau, il est le plus petit pic d'Europe. Il apprécie en particulier les peupliers, les saules et d'autres feuillus, ce qui explique qu'il niche dans les forêts alluviales, en lisière de zones humides ou dans des parcs.

  

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La partie importante pour cette comparaison repose sur les chiffres au bas de ce tableau et à droite. Les charges vives au pied linéaire divisées par le poids "total" au pied linéaire de chacun des deux ponts montrent une autre image que celle-ci. Le rapport charges vives/ structure d'acier par pied lineaire est alors respectivement de 26 % pour le pont de Québec et de 21 % comme efficacité portante de la construction. Un gain de 5% Cela s'explique parce qu'on a construit les parties d'ancrage beaucoup plus lourdes sur le pont de Québec pour faire contrepoids et ajouter à la longueur des porte-à-faux en prenant un risque inconnu alors ( le déversement en instabilité élastique) . Ajoutons à cela l'usage d'acier au nickel dans les parties les plus sollicitées. L'acier au nickel dont ce fut un des premiers usages sur un pont a des propriétés supérieures à celles de l'acier au carbone en tension, cela peut expliquer le 5% . Mais le comportement de cet acier en compression pourrait être un facteur ici dans les observations de flambage inter-rivet et dans les quelques fissures observables . Le pont ferroviaire de la rivière Forth en plus a aussi son poids réparti sur trois piliers principaux. Et pour ma prochaine intervention ; rappelons qu'en Écosse le pont avait avant sa restauration déjà souffert d'un déchirement d'une plaque sur une de ses bases. et c'est là que se situent les plus importantes charges. Des géants aux pieds d'argile?

 

Peut-être! On la Compagnie Canmec Euler Construction inspecterait et ferait des travaux sur le pont de Québec exactement à cet endroit depuis l'an dernier. Précédemment je parlais au figuré de problèmes de hanches pour ce pont centenaire. Le pont de la Forth à une forme verticale en trapèze et son centre de gravité y est à la simple observation plus bas relativement à celui de Québec ce qui expliquerait en partie les défauts de ce dernier en renversement latéral . Les calculs et les recherches pratiques sur l'instabilité élastique des structures élancées gratte-ciels , navires des grands Lacs ont connu une recrudescence d'intéret vers la fin des années 1960 . Cependant ,les calculs de modelisation par éléments finis étaient limités par la puissance des ordinateurs. Pour y obvier on a fait appel à des raccourcis tels celui d'assumer l'élasticité parfaite des composantes de contreventements, justement destinés à assurer cette stabilité .

Selon mes observations le fait d'accroitre le poids des convois de minerai sur le seul coté amont , Et aussi d'y diminuer la vitesse induisant des vibrations plus près de la fréquence de résonance de la structure auraient introduit des point de fatigue, des déformations bien systémiques et même de graves fissures, que je présume irréparables.

Autre remarque Le poids des charges vives soit 11,000 lbs par pied linéaire divisé sur deux voies correspond à Cooper E-55. C'est pour cela qu'on ajoutait un wagon vide derrière deux locomotives pour diminuer la concentration sur la partie suspendue et rencontrer la norme Cooper-E-50, sans au départ y diminuer la vitesse standard soit 60 mph . Maintenant cette vitesse des trains de vrac est de 15 mph. Selon la formule MV au carré, le poids concentré des locomotives sur la partie suspendue pourrait ainsi théoriquement selon la norme Cooper E-50 y avoir été doublé. La friction exercée par ces locomotives pourrait permettre de doubler le nombre des wagons exerçant chacun la même friction.

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