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Marrakech by horse drawn carriage

PALAIS BAHIALe palais de la Bahia (قصر الباهية, en arabe, ⵜⴰⴳⴰⴷⵉⵔⵜ ⵏ ⵍⴱⴰⵀⵢⴰ, en berbère, Bāhiya, la belle, la brillante) est un ancien palais du XIXe siècle de huit hectares de style mauresque / islamique, à Marrakech au Maroc. Actuel musée, il est un des chefs-d'œuvre de l'architecture marocaine et de l'art marocain, un des monuments majeurs du patrimoine culturel du pays, et un des principaux lieux de tourisme au Maroc1,2.

On attribue à l'architecte Si Mohammed El Mekki (1857-1926), élève du capitaine Erckman, chef de la mission française à Marrakech, l'essentiel des travaux.

Historique

Vizir Si Moussa

Entre 1866 et 1867 Si Moussa (ou Sī Mūsā), puissant et richissime grand Vizir du Sultan Hassan Ier du Maroc (1836-1894) fait construire la partie nord de ce vaste palais de 8 000 m2, sous forme d'un vaste riad (le plus grand, le plus imposant, et le plus fastueux palais du Maroc de son époque) au sud-est de la médina de Marrakech (centre historique) à proximité des place Jemaa el-Fna, jardin de Ménara, jardins de l'Agdal, Palais El Badi, et Palais royal de Marrakech..., par l’architecte marocain Mohammed al-Makki.

 

Vizir Ahmed ben Moussa

Ahmed ben Moussa (1841-1900, fils héritier successeur de Si Mussa au titre de grand Vizir) règne sur le Maroc de 1894 à sa disparition en 1900, en tant que régent du jeune Sultan Abd al-Aziz du Maroc (1878-1943). Durant son règne, Ahmed ben Moussa fait agrandir la partie sud de ce palais officiel, ou il réside avec ses quatre femmes officielles, son harem de 24 concubines, et leurs nombreux enfants. Le palais est baptisé du nom de sa maîtresse favorite, la Bāhiya « la belle, la brillante ».

Dans son ouvrage Marrakech des origines à 1912, l'historien Gaston Deverdun (1906-1979) note que l’amīn Mohammed Ben Abdelhadi Zniber II aida le chambellan Bahmad à élever et agrandir le Palais de la Bahia pour loger sa famille et ses nombreux serviteurs3.

 

Construit, décoré, et aménagé par les meilleurs savoir-faire des meilleurs artisans du pays de l'époque, avec des successions de nombreuses cours, cours d'honneur de 50 × 30 m, appartements, salons, chambres, enchevêtrés en labyrinthe, avec mosquée, école coranique, harem, hammam, écuries, jardin islamique, jardins andalou-hispano-mauresque, et fontaines, proche des « jardins du Palais de la Bahia » avec immense jardin potager et verger d'oliviers, palmiers, datiers, grenadiers, pamplemoussiers, citronniers, et orangers...

 

À la disparition du Vizir ben Moussa en 1900, le jeune Sultan Abd al-Aziz du Maroc (1878-1943) commence son règne sur le Maroc et ordonne le pillage du palais. Après l'instauration du protectorat français au Maroc, le général Lyautey, résident général de France au Maroc, en fait son lieu de résidence personnel à partir de 1912, et une résidence d'officiers militaires français. Il y fait installer électricité, chauffage, et cheminées.

À ce jour, le palais est ouvert au public à titre de musée, ainsi que pour des concerts de musique arabo-andalouse, et pour des expositions d'art. La famille royale du roi du Maroc y séjourne parfois dans une importante partie privée non ouverte au public.

Description

Le palais est étendu sur près de huit hectares, avec mosquée, mausolée, hammam, harem, écuries... Il est constitué d'une vaste succession d'environ 150 pièces richement décorées de marbre, de moucharabiehs, de sculptures et peintures sur bois de hêtre et de cèdre, de stuc, de zellige, des premiers vitraux du Maghreb, abritées dans des bâtiments hétéroclites, plusieurs fois modifiés au cours du temps, organisés autour de nombreuses cours, patios, jardin islamique et jardins andalou-hispano-mauresque verdoyants, luxuriants, rafraîchissants, plantés d'orangers, de bananiers, de cyprès, d'hibiscus, de jasmins..., irrigués par khettaras...

 

La Grande Cour

Au nord de la Grande Cour se trouve une autre vaste cour connue sous le nom de Grand Riad ou Grand Riad4. Avec ses chambres adjacentes, il est la partie la plus ancienne du palais et date de l’époque du père de Ba Ahmed, Si Musa5,6.La cour est occupée, comme son nom l’indique, par un très grand jardin de riad qui est encore planté d’arbres du XIXe siècle. Le jardin est flanqué à l’est et à l’ouest par deux grandes salles avec une excellente décoration et une inscription qui date de leur construction à 1866-677.

 

Marrakech (en arabe : مراكش Murrākush), connue sous le nom de Perle du Sud ou Porte du Sud et de Ville rouge ou Ville ocre, est une ville du Maroc au pied des montagnes de l'Atlas.

 

Sources Wikipedia

Photos from around Marrakech, Morocco, where I was attending the ICANN 55 meeting

MEDINA

  

La médina de Marrakech est une médina marocaine, cœur historique de Marrakech. Elle forme un des cinq arrondissements que compte la commune urbaine de Marrakech.

Comme la plupart des vieilles villes marocaines, la médina de Marrakech est ceinte par des remparts qui délimitent spatialement la vieille ville de la nouvelle. Cette muraille est percée de plusieurs portes plus ou moins monumentales. Les quartiers de la médina peuvent porter le nom de la porte voisine, d'une zaouïa, d'un mausolée, d'une mosquée, d'un palais ou d'un cimetière s'y trouvant, d'un axe de circulation, ou un nom traditionnel. La médina de Marrakech accueille aussi les souks de Marrakech.

Quartiers de la médina

Sud de la médina

Kasbah

Article détaillé : Kasbah de Marrakech.

La Kasbah forme un vaste quartier situé au sud-ouest de la médina. Il abrite notamment les Tombeaux saadiens. Sa principale artère est la rue de la Kasbah.

Derb Chtouka

Derb Chtouka est un petit quartier situé à l'extrémité sud-ouest de la médina.

Moulay El Yazid

Moulay El Yazid est un petit quartier situé dans le quartier de la kasbah. Il est adossé au rempart sud-ouest de la médina.

Bab Agnaou

Adjacent à la porte du même nom, ce petit quartier qui constitue l'entrée du quartier de la kasbah est articulé autour de la rue Touareg. Aussi, il est parfois connu sous le nom de quartier Touareg.

Mellah de Marrakech

Article détaillé : Mellah de Marrakech.

Fondé en 1558 par le sultan Abdallah el-Ghalib de la dynastie saâdienne, il regroupait jusqu'au XXe siècle la communauté juive de Marrakech, qui, bénéficiant de la proximité du Mechouar (le palais royal), y jouissait d'une certaine sécurité [1]. C'était jusque dans les années 2010 un quartier pauvre, où de nombreuses maisons demeurées vacantes à la suite du départ de la communauté juive tombaient en ruine ou faisaient l'objet d'occupations illégales. À la suite d'une vaste opération de réhabilitation, le quartier bénéficie d'un nouvel engouement[2].

Jnane El Afia

Comptant parmi les rares quartiers contemporains de la médina, le quartier de Jnane El Afia (littéralement "les jardins du bien-être") ont été bâtis pendant le protectorat, période pendant laquelle il portait le nom de "Quartier de l'habitat"[3]. Voisin du mellah, il logeait les familles juives souhaitant quitter les logements traditionnels pour bénéficier du confort moderne. Depuis le départ de la communauté juive, les barres résidentielles de Jnane El Afia hébergent principalement des familles musulmanes.

Berrima

S'articulant autour de la rue Berrima et la mosquée du même nom, ce quartier se situe au sud du mellah.

Bab Hmar

Bab Hmar est le quartier adjacent à la porte du même nom. Relativement isolé du reste du tissu urbain de la médina, il bénéficie de la proximité du palais royal.

Centre-sud

Riad Zitoun

Ce grand quartier s'articule autour des deux artères portant ce nom, les rues Riad Zitoun El Jdid et Riad Zitoun El Qdim. C'est un quartier touristique et commerçant. Ces deux artères abritent de nombreux restaurant, bazars et concept-stores.

Sidi Mimoun

Situé à l'extrémité ouest de la médina, ce quartier bénéficie de la proximité de la place Jemaa el-Fna, de La Mamounia et de celle du nouveau palais royal. On y trouve l'ancien cimetière almoravide. Sa situation et le fait que ce quartier soit parmi les rares de la médina à abriter des rues propices à la circulation automobile font de Sidi Moumen un nœud pour le réseau de bus de la ville.

Arset El Bilk

Ce quartier se situe autour du jardin Arset El Bilk. Il se situe au sud de la Place Jemaa el-Fna et au nord-est de Sidi Mimoun. Il abrite un nœud majeur pour le réseau de bus de la ville.

Arset El Maâch

Situé au sud de l'avenue Hoummane El Fetouaki donnant accès à la place des Ferblantiers, ce quartier était autrefois occupé par un vaste espace vert portant ce nom. On y trouve désormais l'école Al-Badii et lycée collégial Ibn al-Banna al-Mourrakouchi ainsi que l'académie régionale.

Centre

El Ksour

Situé au nord-ouest de la Place Jemaa el-Fna, délimité au nord par la rue Sidi El Yamani et à l'est par la rue Souk El Ksour, ce quartier abrite de nombreux riads exploité comme maisons d'hôtes. À l'ouest du quartier se trouve le centre artisanal de la ville.

Derb Dabachi

Ce quartier s'articule autour de la rue Derb Dabachi, importante artère commerçante de la médina débouchant sur la place Jemaa el-Fna. Le nom de cette rue est liée à la fascination des Saâdiens pour la culture ottomane. Il s'agit d'une transformation dialectale du terme turc Ogdabachi, désignant un grade dans la hiérarchie militaire ottomane[4].

Kennaria

Souks

Les Souks de Marrakech forment le poumon commercial et touristique de la vieille ville de Marrakech. Ils se subdivisent en plusieurs souks, regroupés par corps de métiers et corporations. Le plus important est Souk Semmarine. Ils se situent au nord de la Place Jemaa el-Fna.

Douar Graoua

Rahba El Kdima

Située au nord de la place Jemaa el-Fna, la place de Rahba El Kdima, aussi connue des touristes sous le nom de "place des épices", abritait jusqu'au début du XXe siècle le marché aux esclaves de la ville. Cette place triangulaire est désormais occupée par de nombreux commerces d'artisanat et bordée de cafés.

Mouassine

Ce quartier s'articule autour de la Mosquée El Mouassine datant du XIIe siècle. Il se situe au nord des souks de Marrakech, à l'est de Dar el Bacha et au nord-ouest de Rahba El Kdima. On y trouve notamment le Jardin secret, palais du XIXe siècle récemment réhabilité.

Ben Saleh

Situé au cœur de la médina, le quartier de Ben Saleh s'articule autour de la mosquée Ben Salah d'époque mérinide (XIVe siècle) et de la rue Toualat Ben Saleh, qui débouche sur la rue Derb Dabachi.

Kaât Benahid

Le quartier Kaât Benahid se situe au nord de la Mosquée El Mouassine et du quartier de Rahba El Kdima. Il est délimité au sud par la rue Azbezt et à l'est par la rue Tachenbacht. Les principales attractions se concentrent au nord-ouest du quartier. Il s'agit de la Médersa Ben Youssef, de la Coupole almoravide et du Musée de Marrakech.

Centre-nord

Rmila

Ce quartier est délimité à l'est par la rue Dar El Bacha, au sud-ouest par la rue Lalla Fatima Zahra et au nord par la rue Sidi Abdelaziz. À l'extrémité ouest de ce petit quartier résidentiel comptant désormais une forte proportion de riads touristique se trouve la Mosquée Bab Doukkala.

Bab Doukkala

Ce quartier porte le nom de la porte Bab Doukkala, importante porte située au nord-est de la médina. L'artère principale du quartier Bab Doukkala est la rue Bab Doukkala (appelée localement Toualat Bab Doukkala), où les commerces sont nombreux. Longue de 350 mètres, la rue débouche sur la Mosquée Bab Doukkala, importante mosquée datant de l'époque sâadienne (XVIe siècle). Longeant le rempart côté nord, perpendiculairement à la rue Bab Doukkala, la rue Boutouil mène à la porte située plus au nord, la petite Bab Moussoufa.

Dar El Bacha

Dar El Bacha porte le nom du vaste palais éponyme, bâti par Thami El Glaoui, le pacha de Marrakech, aux alentours de 1912. Ce vaste et luxueux palais a été réquisitionné à l'indépendance par la famille royale et héberge occasionnellement ses hôtes de marque. Une petite partie du musée a été ouverte au public en 2017 et abrite désormais le Musée des confluences de Marrakech[5].

Riad Laârous

Nord

Arset Tihiri

Ce quartier à dominante résidentielle est attenant au rempart nord-ouest de la ville. Il se situe au sud du quartier de Diour Jdad, au nord-est du quartier de Bab Doukkala, duquel il est délimité par la rue El Gza, et au nord-ouest du quartier Sidi Ben Slimane El Jazouli.

Kaâ El Machraâ

Créé au XIXe siècle, ce quartier résidentiel compte parmi les plus récents de la médina. Il se situe à l'extrémité nord de la vieille ville, à l'ouest de Bab El Khemis.

Zaouia Abbassiya

Situé au nord de la médina, ce quartier s'articule autour de la Zaouia de Sidi Bel Abbès, où est enterré le saint Abu al-Abbas as-Sabti, un des sept saints de Marrakech.

Bab El Khemis

Situé à l'extrémité nord de la médina, ce quartier est mitoyen de la porte Bab El Khemis. Le plus grand marché aux puces de la ville s'y tient.

Diour Jdad

Ce quartier à dominante résidentielle est attenant au rempart nord-ouest de la ville.

Kbour Chou

Ce nom de ce quartier est une contraction de l'arabe Qubūr al-Šuhadā', qui signifie "Les tombes de martyrs". Il s'agit d'un quartier pauvre de la médina à dominante résidentielle situé au nord-ouest de la ville.

Sidi Ben Slimane El Jazouli

Situé au nord-ouest de la médina, ce quartier s'articule autour de la zaouïa de Sidi Ben Slimane al-Jazouli, ou Zaouïa Jazoulia, dédiée à Sidi Ben Slimane El Jazouli, un des sept saints de Marrakech.

Assouel

Situé dans le nord de la médina, ce quartier résidentiel est délimité à l'ouest par l'hôpital El Antaki et à l'ouest par Bab Taghzout.

Kechiche

Ce quartier est adjacent à la porte Bab Kechich située au nord-est de la vieille ville. On y trouve le stade de la Mouloudia de Marrakech, l'hôpital al-Antaki et le collège Abdelmoumen.

Est

Boussekri

Ce quartier est adjacent à la porte Bab Aghmat, située à l'extrémité sud-est de la médina.

Bab Debbagh

Ce quartier est adjacent à la porte Bab Debbagh, située à l'est de la médina. Il abrite les tanneries de la vieille ville.

Bab Aylan

Ce quartier est adjacent à la porte Bab Aylan, située à l'est de la médina.

El Sebtyine

ِCe quartier résidentiel est situé entre Bab Debbagh à l'est et le quartier Kaât Benahid à l'ouest.

El Moukf

Le nom de ce quartier vient du fait que pendant longtemps, les journaliers de la ville y faisaient le pied de grue (al-mouqf) en attendant d'être embauchés. Ce quartier est de nos jours encore un des quartiers les plus déshérités de la vieille ville.

Arset El Baraka

Situé au sud de Bab Aylan, ce quartier résidentiel est connu pour abriter la tombe du Cadi Ayyad, un des sept saints de Marrakech.

Sidi Boutchich

Sidi Bouchich est un quartier situé à l'ouest du lycée Mohammed V. Il s'agit d'un quartier essentiellement composé d'ateliers artisanaux et industriels.

Inscription au patrimoine mondial de l'Unesco

La médina de Marrakech est inscrite depuis 1985 au patrimoine mondial de l'Unesco[6]. Plusieurs monuments sont inclus dans l'inscription comme la mosquée Koutoubia, les remparts et les portes monumentales, les jardins, divers palais, la médersa Ben Youssef, les tombeaux saadiens, ou encore la place Jemaa el-Fna[6].

  

MEDERSA BEN YOUCEFLa médersa Ben Youssef (en arabe : مدرسة ابن يوسف) est une médersa, école coranique. Joyau de l'architecture saadienne, elle est située à Marrakech, au Maroc.

Elle est agrandie et redécorée par Abdallah el-Ghalib, sultan saadien, en 1564-65. Le nom Ben Youssef vient de celui du sultan almoravide Ali Ben Youssef.

La médersa fut durant quatre siècles un foyer d'accueil pour les étudiants dans diverses sciences, notamment en théologie1. Elle disposait de 132 chambres destinées aux étudiants non originaires de Marrakech.

Ses proportions et sa riche décoration en font un monument particulièrement harmonieux.

Historique

Les médersas

Une médersa est un établissement public ou privé, destiné à l'enseignement et à l'hébergement d'étudiants non résidents au lieu où se trouve l'édifice1. En terre d'Islam, le premier centre d'enseignement est la mosquée. Les cours importants sont dispensés dans les mosquées-universités comme la Quarawiyyne à Fès ou la Youssoufia de Marrakech, voisine de la madrassa Ben Youssef. La médersa est plutôt une annexe servant d'hébergement pour les étudiants et pour certains cours.

Au fil des siècles, l'enseignement religieux fut aussi prodigué dans les Ribâts, à la fois forteresse militaire et couvent, assurant l'initiation des populations aux principes de la nouvelle religion lors de l'expansion de l'Islam2. Au temps des Almoravides, avec Youssef Ibn Tachfin et surtout Ali Ben Youssef qui s'entouraient de savants et dotèrent leur cour d'une riche bibliothèque, l'enseignement se fit aussi à la cour du sultan. Les grandes mosquées fondées par les sultans, devenues lieu d'enseignement de haut niveau, se doublèrent de lieux d'hébergement, conduisant à la fondation de médersas à partir du XIIIe siècle.

Durant les près de quatre siècles d'activité de la médersa Ben Youssef, l'enseignement était assuré dans la mosquée voisine ou dans celle de la qasba, ainsi que dans la salle de prière de la médersa. La science enseignée, le 'ilm, comportait initialement les matières religieuses: le Hadith ou tradition rapportant les actes et paroles du Prophète, ainsi que le fikh ou droit musulman. Ces disciplines étaient complétées par le tasfir ou exégèse coranique et par l'étude de l'arabe.

Ultérieurement, suivant le développement scientifique de l'islam médiéval, d'autres disciplines furent abordées telles que la philosophie, la médecine, les mathématiques, l'astronomie, la géographie mais aussi la physique et la chimie. La langue arabe était étudiée sous tous ses aspects: rhétorique, grammaire, lexicographie et métrique. Une érudition savante mélangeant l'histoire et les prémices de l'ethnologie constituait le adab1.

Histoire de la médersa Ben Youssef

Il aurait existé une médersa dans la Qasba almohade de Marrakech, qui a pu servir de modèle à la Médersa Ben Youssef. Elle a été décrite au début du XVIe siècle par Léon l'Africain1. Une nouvelle médersa est fondée par Abu al-Hasan ben Uthman, sultan mérinide, vers 1350 à proximité de l'ancienne mosquée Ben Youssef (dont il ne reste que la Qoubba almoravide) qui va lui donner son nom3. Elle est reconstruite et inaugurée en l'an 972 de l'Hégire, 1564-65 AD, par le sultan saadien Abdallah el-Ghalib Billah. Quelques années plus tard, elle est évoquée par l'espagnol Marmol Carvajal4.

Le taleb

Le taleb est le nom arabe de l'étudiant en science religieuse (pluriel: tolbas ou talabas), littéralement "celui qui cherche"1. La médersa accueille surtout des tolbas originaire des régions montagneuses de l'Atlas ou du Sous. Dès l'âge de sept ans, ils ont, dans les petites médersas de village, appris par cœur le Coran, l'arabe car ces contrées sont berbérophones, ainsi que la prière et les rituels. Vers dix ans cette éducation de base est assurée et un enseignement secondaire comporte alors la grammaire, la littérature et les fondements du droit malékite1. Jusque vers dix-huit ans d'autres matières sont apprises et assimilées: l'exégèse coranique, les traditions du Hadith, la théologie et la mystique. A vingt ans le taleb peut quitter la médersa de la ville principale de sa région pour être admis dans une grande médersa à Marrakech, Salé ou Fès.

L'admission dans la médersa et l'attribution d'une chambre se fait sur recommandation des maitres précédents de l'étudiant et vérification de son savoir. Le coût est pris en charge par l'institution. Le taleb dort, cuisine et mange dans sa chambre. Ses attributs distinctifs sont l'encrier, qui peut être en céramique polychrome, en bois ou en cuivre, ainsi que le plumier. Ces plumes sont toujours en roseau taillé et certains étudiants pauvres en préparent pour les vendre. D'autres tolbas particulièrement habiles pour la calligraphie peuvent copier des textes anciens ou des manuels et en faire commerce car il n'y a pas de livres imprimés. Certains enseignements ont lieu dans la médersa, mais surtout dans les grandes mosquées de la ville. Les étudiants peuvent aller écouter les maitres professant dans les autres grandes mosquées de Marrakech1. Certains maitres érudits sont très réputés et leur enseignement peut être transcrit et recopié de nombreuses fois en de véritables manuels. Les principales mosquées disposent de bibliothèques riches de nombreux manuscrits qui peuvent être empruntés pour être lus et copiés. La formation repose beaucoup sur la mémorisation. Des étudiants complètent parfois cet apprentissage par une pérégrination dans d'autres grandes villes du Maroc, du reste du Maghreb ou du Moyen-Orient réalisant alors le Pèlerinage aux lieux saints.

Architecture

Description générale

Son plan s'inscrit dans un carré et elle comporte un étage. Les murs sont en briques de terre cuite, entièrement masquées par des enduits et les décors. Les façades extérieures ne comportent que de rares et petites lucarnes et ne sont pas décorées.

On pénètre dans la médersa Ben Youssef par un long couloir qui débouche dans un vestibule, lequel ouvre en angle droit sur le côté ouest de la grande cour5. La cour rectangulaire est pavée de marbre et comporte un bassin en son centre. Son côté est, particulièrement décoré, comporte un porche ouvrant sur la salle de prière. Deux galeries occupent toute la longueur des côtés sud et nord, s'ouvrant sur la cour sous cinq arches chacune. À l'opposé de la porte d'entrée, de l'autre côté du bassin rectangulaire, s'ouvre la salle de prières constituée de trois nefs délimitées par des piliers de marbre supportant des arcs aux façades ciselées de motifs d'ornementation. La nef centrale, plus haute que ses deux collatérales, est orientée vers le mur de Kibla donnant l'orientation de La Mecque, qui comporte en son centre la niche somptueusement décorée du Mirhab.

Les chambres des étudiants occupent les côtés ouest et est du bâtiment au rez-de-chaussée et à l'étage. Selon une disposition particulière à l'édifice, ces chambres rayonnent autour de petites cours intérieures1. Ces cours comportent une galerie à l'étage ; au nombre de trois dans chaque aile, elles constituent de ce fait six puits de lumière. Les chambres donnant sur les six cours ne sont éclairées que par de petites lucarnes ouvrant sur ces cours intérieures. À l'étage les dix chambres situées au-dessus des deux galeries disposent de fenêtres à moucharabieh donnant sur la cour principale.

Bien que de petite taille, les 132 chambres pouvaient accueillir un ou plusieurs tolbas. Certaines disposaient de lits en mezzanine. Selon certains auteurs, la médersa aurait pu héberger jusqu'à 900 étudiants.

Matériaux

Le marbre

Le marbre est essentiellement utilisé dans la salle de prière. Deux plaques de marbre blanc encadrent le porche de celle-ci au niveau des piédroits. Elles sont ornées de versets du coran gravés en relief. Quatre colonnettes du même marbre encadrent la niche du Mirhab. Séparant la nef principale de la salle de prière de ses collatérales, quatre grandes colonnes en marbre rose, surmontées de chapiteaux portent des arcs surplombés par la coupole. Ce marbre provient de la région de Marrakech tandis que le marbre blanc serait du marbre de Carrare1.

Le dallage de la grande cour est réalisé en dalles de marbre provenant du proche Atlas.

Le gebs

Le plâtre sculpté ou gebs en arabe est largement utilisé sur les murs de la cour, un mètre au-dessus du sol. Préparé à partir de gypse, d'une façon particulière afin de rester malléable plus longtemps que le plâtre habituel, il est appliqué en plusieurs couches de 3 à 4 cm d'épaisseur pour faciliter sa sculpture. Il n'est pas moulé, mais sculpté sur place au burin. Sa couleur rose particulière est due à sa provenance d'une carrière d'Asni proche de Marrakech6. L'adjonction d'une poudre de marbre dans la composition du plâtre constitue du stuc pour certains panneaux.

Le bois

Le bois est très présent dans la médersa. Il s'agit exclusivement de cèdres provenant du Moyen-Atlas. Les poutres, les linteaux et les corniches des façades de la grande cour sont toutes sculptées. Dans les circulations et les galeries des petites cours des zones des chambres, ces sculptures sont rehaussées de peintures polychromes. Dans la salle de prière, la charpente également sculptée, est coiffée par un plafond octogonal ouvragé et peint de motifs colorés géométriques1.

Des moucharabieh composent les garde-corps des fenêtres ainsi que le fameux panneau encadrant l'entrée entre le vestibule et la grande cour.

Les zelliges

Les zelliges sont des carreaux de terre cuite émaillés, chacun d'une couleur, taillés au marteau pour faire de petites pièces. Celles-ci sont assemblées en une sorte de mosaïque représentant des motifs géométriques très colorés et obéissant à des règles bien codifiées6.

Les carreaux de céramique monochromes peuvent aussi être travaillés avec un marteau de façon à faire éclater l'émail autour du motif, en préservant l'émail coloré selon le dessein souhaité. Celui-ci ressortira par contraste sur le fond de terre cuite gratté. C'est la céramique excisée, utilisée pour des frises.

 

Cuve andalouse en marbre

Cette cuve en marbre était initialement scellée dans un mur de la salle des ablutions. Etudiée par les historiens d'art en 19237, elle a ensuite été placée dans la grande cour, puis au musée Dar Si Said. Depuis 2022, elle est présentée dans la salle de prière.

Elle a été sculptée durant le Califat Omeyyades de Cordoue, sous le règne de Hicham II, entre 991 et 1008 (381-398 AH ). Une inscription coufique mentionne son commanditaire Abd El-Malik8, Hâjib du Calife Hicham II et fils d' Almanzor. Plus ancienne que la fondation de Marrakech, elle aurait pu y être amenée par les almoravides après leur conquête de Cordoue9 pour l'ancienne mosquée almoravide Ben Youssef.

Elle est constitué d'un seul bloc de marbre blanc, creusée en forme de cuve et ornée sur une de ses faces de quatre bandes de rinceaux floraux. Une de ses extrémités est décorée de deux aigles et de quadrupèdes10.

Décors

L'ensemble des façades intérieures, des murs intérieurs de la salle de prière, des piliers des cours intérieures, des poutres et plafonds sont richement décorés. Seules, les chambres sont d'une grande simplicité avec des murs nus.

Dans la cour intérieure et les couloirs, la partie inférieure des murs est couverte jusqu'à hauteur d'homme de zelliges composant des motifs géométriques. Elles sont souvent surmontées de frises en céramique excisée à motifs végétaux ou d'inscriptions. Au-dessus, les parois et les consoles des colonnes sont décorées de plâtre sculpté. Plus haut, les linteaux, les corbeaux et les corniches à console sont en cèdre, le plus souvent sculpté et peints dans les espaces non-exposés aux intempéries1. Les sols sont en carreaux de céramique colorée, les bejmats, sauf la cour en dalles de marbre. Les toits sont couverts de tuiles vernissées de la couleur verte traditionnelle.

Les façades sur la cour intérieure du côté de l'entrée et de celui de la salle de prière sont particulièrement décorées. De grands panneaux de plâtre sculpté et des arcs surmontant les porches sont couverts de fins motifs végétaux et géométriques se répétant avec symétrie en une dentelle harmonieuse. Ils sont surmontés des poutres et corniches en cèdre finement sculpté.

La salle de prière est encore plus riche. Elle est éclairée par dix-huit petites fenêtres avec claustras en plâtre ajouré, situées juste sous la coupole qui recouvre la nef centrale1. Les quatre colonnes en marbre rose dont le fut est lisse sont surmontés de chapiteaux également en marbre, décorés de motifs floraux et d'arabesques, ainsi que d'inscriptions cursives. Le mur de fond, de Kibla est couvert d'une résille de motifs végétaux au sein desquels on reconnait le motif en pomme de pin, ou plutôt en cône de cèdre, ou snouberiya6, en relief, typique de l'art saadien5. L'ouverture du mihrab surmontée d'un arc outrepassée, est encadrée par une frise comportant des décors végétaux complexes et des inscriptions d'eulogie à la gloire d'Allah.

La niche du mirhab est encadrée d'élégantes petites colonnes en marbre blanc et sa voute de stuc comporte des pendentifs sculptés en stalactites ou mouqarnas1.

Inscriptions

De nombreuses inscriptions en langue arabe sont calligraphiées de plusieurs façons, sculptées dans le marbre, le bois de cèdre, le plâtre ou gravées sur les céramiques excisées. Elles peuvent l'être en caractères coufiques qui sont sobres, angulaires, géométriques. Il existe cependant une variante avec des pousses végétales, des palmes prolongeant les lettres constituant le coufique fleuri. Il peut aussi s'agir de l'écriture cursive aux lettres plus souples, s'entrelaçant dans des enchevêtrements sans fin et des arabesques1.

Elles peuvent écrire le nom d'Allah, surtout sur les hautes frises. De nombreuses frises en plâtre sculpté ou en céramique excisée, à hauteur d'homme reprennent des citations du Coran.

Certaines inscriptions apportent des renseignements particuliers. Dans la cour, à hauteur d'homme, à droite lorsqu'on regarde la façade de la salle de prière, une frise en céramique excisée comporte l'inscription de datation de la médersa :

"... dans l'an deux, avec soixante-dix passés, après neuf cents ans écoulés."

Soit l'année 972 de l'Hégire, correspondant à 1564-156511. Une inscription relative à la fondation est gravée sur le linteau en bois de la porte d'entrée, ainsi traduite1:

" J'ai été édifiée pour les sciences et la prière, par le Prince des Croyants, le descendant du sceau des prophètes, Abdallah, le plus glorieux des Califes. Prie pour lui, Ô toi qui franchit ma porte, afin que ses espérances les plus hautes soient réalisées."

Dans la salle de prière les chapiteaux des quatre colonnes en marbre rose portent des cartouches avec des inscriptions de louanges au sultan Abdallah, le fondateur.

Patrimoine culturel

Classement

En 1916, elle est classée Monument du Patrimoine National [archive] marocain. La médersa Ben Youssef est inscrite en tant que partie de la Medina de Marrakech au Patrimoine Mondial de l'Unesco [archive], depuis 1985.

Restauration

La médersa a été restaurée par la fondation Omar-Benjelloun après la signature en septembre 1999 d'une convention de partenariat avec le ministère de la Culture qui inclut également la restauration de la qoubba almoravide, ces deux monuments étant situés à proximité du musée de Marrakech géré par la fondation Benjelloun12. Au cours de cette restauration, les décors sur bois et les plâtres ont été nettoyés et consolidés13. Une nouvelle restauration a été décidée en 2017, sous l'égide du ministère des Habous. La nouvelle ouverture aux visiteurs a eu lieu en avril 2022.

Visite

À la différence des mosquées qui, au Maroc, ne sont pas accessibles aux non-musulmans, la Médersa Ben Youssef peut être visitée par tous. Elle constitue un des plus beaux lieux du patrimoine architectural de Marrakech.

  

Kez in an Islamic school in Marrakech

MEDERSA BEN YOUCEFLa médersa Ben Youssef (en arabe : مدرسة ابن يوسف) est une médersa, école coranique. Joyau de l'architecture saadienne, elle est située à Marrakech, au Maroc.

Elle est agrandie et redécorée par Abdallah el-Ghalib, sultan saadien, en 1564-65. Le nom Ben Youssef vient de celui du sultan almoravide Ali Ben Youssef.

La médersa fut durant quatre siècles un foyer d'accueil pour les étudiants dans diverses sciences, notamment en théologie1. Elle disposait de 132 chambres destinées aux étudiants non originaires de Marrakech.

Ses proportions et sa riche décoration en font un monument particulièrement harmonieux.

Historique

Les médersas

Une médersa est un établissement public ou privé, destiné à l'enseignement et à l'hébergement d'étudiants non résidents au lieu où se trouve l'édifice1. En terre d'Islam, le premier centre d'enseignement est la mosquée. Les cours importants sont dispensés dans les mosquées-universités comme la Quarawiyyne à Fès ou la Youssoufia de Marrakech, voisine de la madrassa Ben Youssef. La médersa est plutôt une annexe servant d'hébergement pour les étudiants et pour certains cours.

Au fil des siècles, l'enseignement religieux fut aussi prodigué dans les Ribâts, à la fois forteresse militaire et couvent, assurant l'initiation des populations aux principes de la nouvelle religion lors de l'expansion de l'Islam2. Au temps des Almoravides, avec Youssef Ibn Tachfin et surtout Ali Ben Youssef qui s'entouraient de savants et dotèrent leur cour d'une riche bibliothèque, l'enseignement se fit aussi à la cour du sultan. Les grandes mosquées fondées par les sultans, devenues lieu d'enseignement de haut niveau, se doublèrent de lieux d'hébergement, conduisant à la fondation de médersas à partir du XIIIe siècle.

Durant les près de quatre siècles d'activité de la médersa Ben Youssef, l'enseignement était assuré dans la mosquée voisine ou dans celle de la qasba, ainsi que dans la salle de prière de la médersa. La science enseignée, le 'ilm, comportait initialement les matières religieuses: le Hadith ou tradition rapportant les actes et paroles du Prophète, ainsi que le fikh ou droit musulman. Ces disciplines étaient complétées par le tasfir ou exégèse coranique et par l'étude de l'arabe.

Ultérieurement, suivant le développement scientifique de l'islam médiéval, d'autres disciplines furent abordées telles que la philosophie, la médecine, les mathématiques, l'astronomie, la géographie mais aussi la physique et la chimie. La langue arabe était étudiée sous tous ses aspects: rhétorique, grammaire, lexicographie et métrique. Une érudition savante mélangeant l'histoire et les prémices de l'ethnologie constituait le adab1.

Histoire de la médersa Ben Youssef

Il aurait existé une médersa dans la Qasba almohade de Marrakech, qui a pu servir de modèle à la Médersa Ben Youssef. Elle a été décrite au début du XVIe siècle par Léon l'Africain1. Une nouvelle médersa est fondée par Abu al-Hasan ben Uthman, sultan mérinide, vers 1350 à proximité de l'ancienne mosquée Ben Youssef (dont il ne reste que la Qoubba almoravide) qui va lui donner son nom3. Elle est reconstruite et inaugurée en l'an 972 de l'Hégire, 1564-65 AD, par le sultan saadien Abdallah el-Ghalib Billah. Quelques années plus tard, elle est évoquée par l'espagnol Marmol Carvajal4.

Le taleb

Le taleb est le nom arabe de l'étudiant en science religieuse (pluriel: tolbas ou talabas), littéralement "celui qui cherche"1. La médersa accueille surtout des tolbas originaire des régions montagneuses de l'Atlas ou du Sous. Dès l'âge de sept ans, ils ont, dans les petites médersas de village, appris par cœur le Coran, l'arabe car ces contrées sont berbérophones, ainsi que la prière et les rituels. Vers dix ans cette éducation de base est assurée et un enseignement secondaire comporte alors la grammaire, la littérature et les fondements du droit malékite1. Jusque vers dix-huit ans d'autres matières sont apprises et assimilées: l'exégèse coranique, les traditions du Hadith, la théologie et la mystique. A vingt ans le taleb peut quitter la médersa de la ville principale de sa région pour être admis dans une grande médersa à Marrakech, Salé ou Fès.

L'admission dans la médersa et l'attribution d'une chambre se fait sur recommandation des maitres précédents de l'étudiant et vérification de son savoir. Le coût est pris en charge par l'institution. Le taleb dort, cuisine et mange dans sa chambre. Ses attributs distinctifs sont l'encrier, qui peut être en céramique polychrome, en bois ou en cuivre, ainsi que le plumier. Ces plumes sont toujours en roseau taillé et certains étudiants pauvres en préparent pour les vendre. D'autres tolbas particulièrement habiles pour la calligraphie peuvent copier des textes anciens ou des manuels et en faire commerce car il n'y a pas de livres imprimés. Certains enseignements ont lieu dans la médersa, mais surtout dans les grandes mosquées de la ville. Les étudiants peuvent aller écouter les maitres professant dans les autres grandes mosquées de Marrakech1. Certains maitres érudits sont très réputés et leur enseignement peut être transcrit et recopié de nombreuses fois en de véritables manuels. Les principales mosquées disposent de bibliothèques riches de nombreux manuscrits qui peuvent être empruntés pour être lus et copiés. La formation repose beaucoup sur la mémorisation. Des étudiants complètent parfois cet apprentissage par une pérégrination dans d'autres grandes villes du Maroc, du reste du Maghreb ou du Moyen-Orient réalisant alors le Pèlerinage aux lieux saints.

Architecture

Description générale

Son plan s'inscrit dans un carré et elle comporte un étage. Les murs sont en briques de terre cuite, entièrement masquées par des enduits et les décors. Les façades extérieures ne comportent que de rares et petites lucarnes et ne sont pas décorées.

On pénètre dans la médersa Ben Youssef par un long couloir qui débouche dans un vestibule, lequel ouvre en angle droit sur le côté ouest de la grande cour5. La cour rectangulaire est pavée de marbre et comporte un bassin en son centre. Son côté est, particulièrement décoré, comporte un porche ouvrant sur la salle de prière. Deux galeries occupent toute la longueur des côtés sud et nord, s'ouvrant sur la cour sous cinq arches chacune. À l'opposé de la porte d'entrée, de l'autre côté du bassin rectangulaire, s'ouvre la salle de prières constituée de trois nefs délimitées par des piliers de marbre supportant des arcs aux façades ciselées de motifs d'ornementation. La nef centrale, plus haute que ses deux collatérales, est orientée vers le mur de Kibla donnant l'orientation de La Mecque, qui comporte en son centre la niche somptueusement décorée du Mirhab.

Les chambres des étudiants occupent les côtés ouest et est du bâtiment au rez-de-chaussée et à l'étage. Selon une disposition particulière à l'édifice, ces chambres rayonnent autour de petites cours intérieures1. Ces cours comportent une galerie à l'étage ; au nombre de trois dans chaque aile, elles constituent de ce fait six puits de lumière. Les chambres donnant sur les six cours ne sont éclairées que par de petites lucarnes ouvrant sur ces cours intérieures. À l'étage les dix chambres situées au-dessus des deux galeries disposent de fenêtres à moucharabieh donnant sur la cour principale.

Bien que de petite taille, les 132 chambres pouvaient accueillir un ou plusieurs tolbas. Certaines disposaient de lits en mezzanine. Selon certains auteurs, la médersa aurait pu héberger jusqu'à 900 étudiants.

Matériaux

Le marbre

Le marbre est essentiellement utilisé dans la salle de prière. Deux plaques de marbre blanc encadrent le porche de celle-ci au niveau des piédroits. Elles sont ornées de versets du coran gravés en relief. Quatre colonnettes du même marbre encadrent la niche du Mirhab. Séparant la nef principale de la salle de prière de ses collatérales, quatre grandes colonnes en marbre rose, surmontées de chapiteaux portent des arcs surplombés par la coupole. Ce marbre provient de la région de Marrakech tandis que le marbre blanc serait du marbre de Carrare1.

Le dallage de la grande cour est réalisé en dalles de marbre provenant du proche Atlas.

Le gebs

Le plâtre sculpté ou gebs en arabe est largement utilisé sur les murs de la cour, un mètre au-dessus du sol. Préparé à partir de gypse, d'une façon particulière afin de rester malléable plus longtemps que le plâtre habituel, il est appliqué en plusieurs couches de 3 à 4 cm d'épaisseur pour faciliter sa sculpture. Il n'est pas moulé, mais sculpté sur place au burin. Sa couleur rose particulière est due à sa provenance d'une carrière d'Asni proche de Marrakech6. L'adjonction d'une poudre de marbre dans la composition du plâtre constitue du stuc pour certains panneaux.

Le bois

Le bois est très présent dans la médersa. Il s'agit exclusivement de cèdres provenant du Moyen-Atlas. Les poutres, les linteaux et les corniches des façades de la grande cour sont toutes sculptées. Dans les circulations et les galeries des petites cours des zones des chambres, ces sculptures sont rehaussées de peintures polychromes. Dans la salle de prière, la charpente également sculptée, est coiffée par un plafond octogonal ouvragé et peint de motifs colorés géométriques1.

Des moucharabieh composent les garde-corps des fenêtres ainsi que le fameux panneau encadrant l'entrée entre le vestibule et la grande cour.

Les zelliges

Les zelliges sont des carreaux de terre cuite émaillés, chacun d'une couleur, taillés au marteau pour faire de petites pièces. Celles-ci sont assemblées en une sorte de mosaïque représentant des motifs géométriques très colorés et obéissant à des règles bien codifiées6.

Les carreaux de céramique monochromes peuvent aussi être travaillés avec un marteau de façon à faire éclater l'émail autour du motif, en préservant l'émail coloré selon le dessein souhaité. Celui-ci ressortira par contraste sur le fond de terre cuite gratté. C'est la céramique excisée, utilisée pour des frises.

 

Cuve andalouse en marbre

Cette cuve en marbre était initialement scellée dans un mur de la salle des ablutions. Etudiée par les historiens d'art en 19237, elle a ensuite été placée dans la grande cour, puis au musée Dar Si Said. Depuis 2022, elle est présentée dans la salle de prière.

Elle a été sculptée durant le Califat Omeyyades de Cordoue, sous le règne de Hicham II, entre 991 et 1008 (381-398 AH ). Une inscription coufique mentionne son commanditaire Abd El-Malik8, Hâjib du Calife Hicham II et fils d' Almanzor. Plus ancienne que la fondation de Marrakech, elle aurait pu y être amenée par les almoravides après leur conquête de Cordoue9 pour l'ancienne mosquée almoravide Ben Youssef.

Elle est constitué d'un seul bloc de marbre blanc, creusée en forme de cuve et ornée sur une de ses faces de quatre bandes de rinceaux floraux. Une de ses extrémités est décorée de deux aigles et de quadrupèdes10.

Décors

L'ensemble des façades intérieures, des murs intérieurs de la salle de prière, des piliers des cours intérieures, des poutres et plafonds sont richement décorés. Seules, les chambres sont d'une grande simplicité avec des murs nus.

Dans la cour intérieure et les couloirs, la partie inférieure des murs est couverte jusqu'à hauteur d'homme de zelliges composant des motifs géométriques. Elles sont souvent surmontées de frises en céramique excisée à motifs végétaux ou d'inscriptions. Au-dessus, les parois et les consoles des colonnes sont décorées de plâtre sculpté. Plus haut, les linteaux, les corbeaux et les corniches à console sont en cèdre, le plus souvent sculpté et peints dans les espaces non-exposés aux intempéries1. Les sols sont en carreaux de céramique colorée, les bejmats, sauf la cour en dalles de marbre. Les toits sont couverts de tuiles vernissées de la couleur verte traditionnelle.

Les façades sur la cour intérieure du côté de l'entrée et de celui de la salle de prière sont particulièrement décorées. De grands panneaux de plâtre sculpté et des arcs surmontant les porches sont couverts de fins motifs végétaux et géométriques se répétant avec symétrie en une dentelle harmonieuse. Ils sont surmontés des poutres et corniches en cèdre finement sculpté.

La salle de prière est encore plus riche. Elle est éclairée par dix-huit petites fenêtres avec claustras en plâtre ajouré, situées juste sous la coupole qui recouvre la nef centrale1. Les quatre colonnes en marbre rose dont le fut est lisse sont surmontés de chapiteaux également en marbre, décorés de motifs floraux et d'arabesques, ainsi que d'inscriptions cursives. Le mur de fond, de Kibla est couvert d'une résille de motifs végétaux au sein desquels on reconnait le motif en pomme de pin, ou plutôt en cône de cèdre, ou snouberiya6, en relief, typique de l'art saadien5. L'ouverture du mihrab surmontée d'un arc outrepassée, est encadrée par une frise comportant des décors végétaux complexes et des inscriptions d'eulogie à la gloire d'Allah.

La niche du mirhab est encadrée d'élégantes petites colonnes en marbre blanc et sa voute de stuc comporte des pendentifs sculptés en stalactites ou mouqarnas1.

Inscriptions

De nombreuses inscriptions en langue arabe sont calligraphiées de plusieurs façons, sculptées dans le marbre, le bois de cèdre, le plâtre ou gravées sur les céramiques excisées. Elles peuvent l'être en caractères coufiques qui sont sobres, angulaires, géométriques. Il existe cependant une variante avec des pousses végétales, des palmes prolongeant les lettres constituant le coufique fleuri. Il peut aussi s'agir de l'écriture cursive aux lettres plus souples, s'entrelaçant dans des enchevêtrements sans fin et des arabesques1.

Elles peuvent écrire le nom d'Allah, surtout sur les hautes frises. De nombreuses frises en plâtre sculpté ou en céramique excisée, à hauteur d'homme reprennent des citations du Coran.

Certaines inscriptions apportent des renseignements particuliers. Dans la cour, à hauteur d'homme, à droite lorsqu'on regarde la façade de la salle de prière, une frise en céramique excisée comporte l'inscription de datation de la médersa :

"... dans l'an deux, avec soixante-dix passés, après neuf cents ans écoulés."

Soit l'année 972 de l'Hégire, correspondant à 1564-156511. Une inscription relative à la fondation est gravée sur le linteau en bois de la porte d'entrée, ainsi traduite1:

" J'ai été édifiée pour les sciences et la prière, par le Prince des Croyants, le descendant du sceau des prophètes, Abdallah, le plus glorieux des Califes. Prie pour lui, Ô toi qui franchit ma porte, afin que ses espérances les plus hautes soient réalisées."

Dans la salle de prière les chapiteaux des quatre colonnes en marbre rose portent des cartouches avec des inscriptions de louanges au sultan Abdallah, le fondateur.

Patrimoine culturel

Classement

En 1916, elle est classée Monument du Patrimoine National [archive] marocain. La médersa Ben Youssef est inscrite en tant que partie de la Medina de Marrakech au Patrimoine Mondial de l'Unesco [archive], depuis 1985.

Restauration

La médersa a été restaurée par la fondation Omar-Benjelloun après la signature en septembre 1999 d'une convention de partenariat avec le ministère de la Culture qui inclut également la restauration de la qoubba almoravide, ces deux monuments étant situés à proximité du musée de Marrakech géré par la fondation Benjelloun12. Au cours de cette restauration, les décors sur bois et les plâtres ont été nettoyés et consolidés13. Une nouvelle restauration a été décidée en 2017, sous l'égide du ministère des Habous. La nouvelle ouverture aux visiteurs a eu lieu en avril 2022.

Visite

À la différence des mosquées qui, au Maroc, ne sont pas accessibles aux non-musulmans, la Médersa Ben Youssef peut être visitée par tous. Elle constitue un des plus beaux lieux du patrimoine architectural de Marrakech.

 

Marrakech (en arabe : مراكش Murrākush), connue sous le nom de Perle du Sud ou Porte du Sud et de Ville rouge ou Ville ocre, est une ville du Maroc au pied des montagnes de l'Atlas.

 

Sources Wikipedia

MAROC - Trek Siroua - May 2015 (

Marrakech)

Marrakech (nombre original en bereber tamurt n Akkuc, Tierra de Dios; en árabe, مراكش Marrākuš, pronunciado coloquialmente Mrrākeš; en castellano antiguo: Marruecos, escrito en grafía francesa Marraquech) es una de las ciudades más importantes de Marruecos, cuenta 1.545.541 habitantes y está al sur del país, al pie del Atlas, a 466 msnm de altura. Posee numerosos monumentos patrimonio de la Humanidad, lo que la convierten en el principal atractivo turístico del país.

Es, junto a Mequinez, Fez y Rabat, una de las cuatro ciudades imperiales de Marruecos.3 Fue fundada en 1062 por los almorávides y fue la capital del Imperio islámico. La ciudad posee el mercado tradicional (suq) más grande del país y una de las plazas más concurridas de África y del mundo, Djemaa el Fna.4 En la plaza se citan acróbatas, cuenta-cuentos, vendedores de agua, bailarines y músicos. Por la noche, la plaza se llena de puestos de comida, convirtiéndose en un gran restaurante al aire libre.

 

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