View allAll Photos Tagged mapad

twitter.com/Memoire2cite #coronavirus #chloroquine #PriseDeConscience #CONFINEMENTJOUR19 #confinement #CriseSanitaire #COVID2019 #COVID19 #covidchallenge #loire #chu #mapad #epahd #mémoire2cité

#applaudissements20h du courage a toutes &tous #soignants #ash #hospitalier #forez #CHRU #applaudissements #Ville #Architecture #Logementsocial #saintetienne #Beaulieu l'1 des six 1er #Grandensemble de FRANCE mise à l’étude dès 1950. Il débute en 1953 & comprend 1221 lgts, un groupe scolaire et 35 boutiques.Des parrains prestigieux et l’élite de l’architecture stéphanoise Hur/Gouyon/Farat Les 30 Glorieuses . com et la carte postale.. Il existe de nos jours, de nombreux photographes qui privilégient la qualité artistique de leurs travaux cartophiles. A vous de découvrir ces artistes inconnus aujourd’hui, mais qui seront peut-être les grands noms de demain.Les films du MRU -Industrialiser la construction, par le biais de la préfabrication.Cette industrialisation a abouti, dans les années 1950, à un choix politique de l'Etat, la construction massive de G.E. pour résoudre la très forte crise du logement dont souffrait la France www.youtube.com/watch?v=zR_jxCANYac&fbclid=IwAR2IzWlM... … Le temps de l'urbanisme, 1962, Réalisation : Philippe Brunet www.dailymotion.com/video/xgj2zz?playlist=x34ije … … … … -Les grands ensembles en images Les ministères en charge du logement et leur production audiovisuelle (1944-1966) MASSY - Les films du MRU - La Cité des hommes, 1966, Réalisation : Fréderic Rossif, Albert Knobler www.dailymotion.com/video/xgiqzr?playlist=x34i - Les films du MRU @ les AUTOROUTES - Les liaisons moins dangereuses 1972 la construction des autoroutes en France - Le réseau autoroutier 1960 Histoire de France Transports et Communications - www.dailymotion.com/video/xxi0ae?playlist=x34ije … - A quoi servaient les films produits par le MRU ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme ? la réponse de Danielle Voldman historienne spécialiste de la reconstruction www.dailymotion.com/video/x148qu4?playlist=x34ije … -les films du MRU - Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : la préfabrication en usine, le coffrage glissant... www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije … - TOUT SUR LA CONSTRUCTION DE NOTRE DAME LA CATHEDRALE DE PARIS Içi www.notredamedeparis.fr/la-cathedrale/histoire/historique... -MRU Les films - Le Bonheur est dans le béton - 2015 Documentaire réalisé par Lorenz Findeisen produit par Les Films du Tambour de Soie içi www.dailymotion.com/video/x413amo?playlist=x34ije Noisy-le-Sec le laboratoire de la reconstruction, 1948 L'album cinématographique de la reconstruction maison préfabriquée production ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, 1948 L'album cinématographique içi www.dailymotion.com/video/xwytke

   

archipostcard.blogspot.com/search?updated-max=2009-02-13T... -Créteil.un couple à la niaiserie béate exalte les multiples bonheurs de la vie dans les new G.E. www.youtube.com/watch?v=FT1_abIteFE … La Ville bidon était un téléfilm d'1 heure intitulé La Décharge.Mais la censure de ces temps de présidence Pompidou en a interdit la diffusion télévisuelle - museedelacartepostale.fr/periode-semi-moderne/ - archipostalecarte.blogspot.com/ - Hansjörg Schneider BAUNETZWOCHE 87 über Papiermoderne www.baunetz.de/meldungen/Meldungen_BAUNETZWOCHE_87_ueber_... … - ARCHITECTURE le blog de Claude LOTHIER içi leblogdeclaudelothier.blogspot.com/2006/ - - Le balnéaire en cartes postales autour de la collection de David Liaudet, et ses excellents commentaires.. www.dailymotion.com/video/x57d3b8 -Restaurants Jacques BOREL, Autoroute A 6, 1972 Canton d'AUXERRE youtu.be/LRNhNzgkUcY munchies.vice.com/fr/article/43a4kp/jacques-borel-lhomme-... … Celui qu'on appellera le « Napoléon du prêt-à-manger » se détourne d'ailleurs peu à peu des Wimpy, s'engueule avec la maison mère et fait péricliter la franchise ... museedelacartepostale.fr/blog/ -'être agent de gestion locative pour une office H.L.M. en 1958' , les Cités du soleil 1958 de Jean-Claude Sée- les films du MRU içi www.dailymotion.com/video/xgj74q présente les réalisations des HLM en France et la lutte contre l'habitat indigne insalubre museedelacartepostale.fr/exposition-permanente/ - www.queenslandplaces.com.au/category/headwords/brisbane-c... - collection-jfm.fr/t/cartes-postales-anciennes/france#.XGe... - www.cparama.com/forum/la-collection-de-cpa-f1.html - www.dauphinomaniac.org/Cartespostales/Francaises/Cartes_F... twitter.com/Memoire2cite tout içi sig.ville.gouv.fr/atlas/ZUS/ - media/InaEdu01827/la-creatio" rel="noreferrer nofollow">fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu01827/la-creatio Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije la préfabrication en usine www.dailymotion.com/video/xx6ob5?playlist=x34ije , le coffrage glissant www.dailymotion.com/video/x19lwab?playlist=x34ije ... De nouvelles perspectives sont nées dans l'industrie du bâtiment avec les principes de bases de l'industrialisation du bâtiment www.dailymotion.com/video/x1a98iz?playlist=x34ije ,

   

www.dailymotion.com/video/xk6xui?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xk1dh2?playlist=x34ije : mécanisation, rationalisation et élaboration industrielle de la production. Des exemples concrets sont présentés afin d'illustrer l'utilisation des différentes innovations : les coffrages outils, coffrage glissant, le tunnel, des procédés pour accélérer le durcissement du béton. Le procédé dit de coffrage glissant est illustré sur le chantier des tours Pablo Picasso à Nanterre. Le principe est de s'affranchir des échafaudages : le coffrage épouse le contour du bâtiment, il s'élève avec la construction et permet de réaliser simultanément l'ensemble des murs verticaux. Au centre du plancher de travail, une grue distribue en continu le ferraillage et le béton. Sur un tel chantier les ouvriers se relaient 24h / 24 , www.dailymotion.com/video/xwytke?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/x1bci6m?playlist=x34ije

   

Le reportage se penche ensuite sur la préfabrication en usine. Ces procédés de préfabrication en usine selon le commentaire sont bien adaptés aux pays en voie de développement, cela est illustré dans le reportage par une réalisation en Libye à Benghazi. Dans la course à l'allégement des matériaux un procédé l'isola béton est présenté. Un chapitre sur la construction métallique explique les avantage de ce procédé. La fabrication de composants ouvre de nouvelles perspectives à l'industrie du bâtiment.

   

Lieux géographiques : la Grande Borne 91, le Vaudreuil 27, Avoriaz, Avenue de Flandres à Paris, tours Picasso à Nanterre, vues de la défense, Benghazi Libye www.dailymotion.com/video/xk6xui?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xk1dh2?playlist=x34ije : mécanisation, rationalisation et élaboration industrielle de la production. Des exemples concrets sont présentés afin d'illustrer l'utilisation des différentes innovations : les coffrages outils, coffrage glissant, le tunnel, des procédés pour accélérer le durcissement du béton. Le procédé dit de coffrage glissant est illustré sur le chantier des tours Pablo Picasso à Nanterre. Le principe est de s'affranchir des échafaudages : le coffrage épouse le contour du bâtiment, il s'élève avec la construction et permet de réaliser simultanément l'ensemble des murs verticaux. Au centre du plancher de travail, une grue distribue en continu le ferraillage et le béton. Sur un tel chantier les ouvriers se relaient 24h / 24 , www.dailymotion.com/video/xwytke?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/x1bci6m?playlist=x34ije

   

Le reportage se penche ensuite sur la préfabrication en usine. Ces procédés de préfabrication en usine selon le commentaire sont bien adaptés aux pays en voie de développement, cela est illustré dans le reportage par une réalisation en Libye à Benghazi. Dans la course à l'allégement des matériaux un procédé l'isola béton est présenté. Un chapitre sur la construction métallique explique les avantage de ce procédé. La fabrication de composants ouvre de nouvelles perspectives à l'industrie du bâtiment.www.dailymotion.com/playlist/x34ije_territoiresgouv_cinem... - mémoire2cité - le monde de l'Architecture locative collective et bien plus encore - mémoire2cité - Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije la préfabrication en usine www.dailymotion.com/video/xx6ob5?playlist=x34ije , le coffrage glissant www.dailymotion.com/video/x19lwab?playlist=x34ije ... De nouvelles perspectives sont nées dans l'industrie du bâtiment avec les principes de bases de l'industrialisation du bâtiment www.dailymotion.com/video/x1a98iz?playlist=x34ije ,www.dailymotion.com/playlist/x34ije_territoiresgouv_cinem... - mémoire2cité - le monde de l'Architecture locative collective et bien plus encore - mémoire2cité - Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije la préfabrication en usine www.dailymotion.com/video/xx6ob5?playlist=x34ije , le coffrage glissant www.dailymotion.com/video/x19lwab?playlist=x34ije ... De nouvelles perspectives sont nées dans l'industrie du bâtiment avec les principes de bases de l'industrialisation du bâtiment www.dailymotion.com/video/x1a98iz?playlist=x34ije ,

   

Le Joli Mai (Restauré) - Les grands ensembles BOBIGNY l Abreuvoir www.youtube.com/watch?v=eUY9XzjvWHE … et la www.youtube.com/watch?v=hK26k72xIkU … www.youtube.com/watch?v=xCKF0HEsWWo …

   

Genève Le Grand Saconnex & la Bulle Pirate - architecte Marçel Lachat -

   

Un film de Julien Donada içi www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=4E723uQcpnU … … .Genève en 1970. pic.twitter.com/1dbtkAooLM è St-Etienne - La muraille de Chine, en 1973 ce grand immeuble du quartier de Montchovet, existait encore photos la Tribune/Progres.

   

www.youtube.com/watch?v=AJAylpe8G48 …, - la tour 80 HLM située au 1 rue Proudhon à Valentigney dans le quartier des Buis Cette tour emblématique du quartier avec ces 15 étages a été abattu par FERRARI DEMOLITION (68). VALENTIGNEY (25700) 1961 - Ville nouvelle-les Buis 3,11 mn www.youtube.com/watch?v=C_GvwSpQUMY … - Au nord-Est de St-Etienne, aux confins de la ville, se dresse une colline Montreynaud la ZUP de Raymond Martin l'architecte & Alexandre Chemetoff pour les paysages de St-Saens.. la vidéo içi * Réalisation : Dominique Bauguil www.youtube.com/watch?v=Sqfb27hXMDo … … - www.dailymotion.com/video/xk6xui?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xk1dh2?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xwytke?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/x1bci6m?playlist=x34ije l'industrie du bâtiment.

   

la Grande Borne 91, le Vaudreuil 27, Avoriaz, Avenue de Flandres à Paris, tours Picasso à Nanterre, vues de la défense, Benghazi Libye 1975 Réalisateur : Sydney Jézéquel, Karenty

   

la construction des Autoroutes en France - Les liaisons moins dangereuses 1972 www.dailymotion.com/video/xxi0ae?playlist=x34ije Cardem les 60 ans de l'entreprise de démolition française tres prisée des bailleurs pour les 80, 90's (1956 - 2019) toute l'Histoire de l'entreprise içi www.youtube.com/watch?v=Yyf1XGvTZYs - 69 LYON & la Cardem pour la démolition de la barre 230 Quartier la Duchère le 2 juillet 2015, youtu.be/BSwidwLw0NA pic.twitter.com/5XgR8LY7At -34 Béziers - C'était Capendeguy le 27 janv 2008 En quelques secondes, 450 kg d'explosifs ont soufflé la barre HLM de 492 lgts, de 480 m, qui laissera derrière elle 65.000 tonnes de gravas. www.youtube.com/watch?v=rydT54QYX50 … … Les usines Peugeot - Sochaux Montbéliard. 100 ans d'histoire en video www.youtube.com/watch?v=X4w3CxXVAyY … - 42 LOIRE SAINT-ETIENNE MONTREYNAUD LA ZUP Souvenirs avec Mascovich & son clip "la tour de Montreynaud" www.youtube.com/watch?v=p7Zmwn224XE …

   

Villeneuve-la-Garenne, La Caravelle est à mettre au crédit de Jean Dubuisson, l’un des architectes les plus en vue des années 1960, www.dailymotion.com/video/x1re3h5 via @Dailymotion - AMIENS les HLM C'était le 29 juillet 2010, à 11h02. En quelques secondes, cette tour d'habitation s'est effondrée, détruite par implosion. Construite en 1961, la tour avait été vidée de ses habitants quelques années auparavant. www.youtube.com/watch?v=ajz2xk5KBNo … … - Les habitants de Montreynaud parlent de leur quartier et de cette destruction entre nostalgie et soulagement içi en video www.dailymotion.com/video/xmiwfk - Les bâtiments de la région parisienne - Vidéo Ina.fr www.ina.fr/video/CAF96034508/les-batiments-de-la-region-p... … via @Inafr_officiel - Daprinski - George Michael (Plaisir de France remix) www.youtube.com/watch?v=sJeH-nzlj3I

   

Ministère de l'Équipement et de l'Aménagement du Territoire - Dotation par la France d'autoroutes modernes "nécessité vitale" pour palier à l'inadaptation du réseau routier de l'époque voué à la paralysie : le reportage nous montre des images d'embouteillages. Le ministre de l'Équipement et de l'Aménagement du Territoire dans les deux gouvernements de Pierre Messmer, de 1972 à 1974, Olivier Guichard explique les ambitions du programme de construction qui doit atteindre 800 km par ans en 1978. L'ouverture de section nouvelles va bon train : Nancy / Metz par exemple. Le reportage nous montre l'intérieur des bureaux d'études qui conçoivent ces autoroute dont la conception est assistée par ordinateurs dont le projet d'ensemble en 3D est visualisé sur un écran. La voix off nous informe sur le financement de ces équipements. Puis on peut voir des images de la construction du pont sur la Seine à Saint Cloud reliant l'autoroute de Normandie au périphérique, de l'échangeur de Palaiseau sur 4 niveau : record d'Europe précise le commentaire. Le reportage nous informe que des sociétés d'économies mixtes ont étés crées pour les tronçons : Paris / Lille, Paris / Marseille, Paris / Normandie. Pour accélérer la construction l’État a eu recours à des concessions privées par exemple pour le tronçon Paris / Chartres. "Les autoroutes changent le visage de la France : artères économiques favorisant le développement industriel elles permettent de revitaliser des régions en perte de vitesse et de l'intégrer dans le mouvement général de l'expansion" Sur le plan européen elles vont combler le retard de la France et réaliser son insertion. Images de l'inauguration de l'autoroute entre Paris et Bruxelles par le président Georges Pompidou. Le reportage rappel que l'autre fonction capitale des autoroute est de favoriser la sécurité. La question de la limitation de vitesse est posée au ministre de l’Équipement, qui n'y est favorable que sur certains tronçons. Un des facteur de sécurité selon le commentaire est l'humanisation des autoroutes : aires de repos, restaurants, signalisation touristiques... "Rien n'est impossible aux techniques modernes" nous apprend la voix off qui prend comme exemple le déplacement sur rail de 65 mètres d'un château classé afin de faire passer l'autoroute Lille / Dunkerque.Durée : 4 minutes 30 secondes

   

Sur les routes de France les ponts renaissent 1945 reconstruction de la France après la Seconde Guerre mondiale www.dailymotion.com/video/xuxrii?playlist=x34ije Lyon, Tournon, Caen - Le Bosquel, un village renait 1947 l'album cinématographique de la reconstruction, réalisation Paul de Roubaix production ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, village prototype, architecte Paul Dufournet, www.dailymotion.com/video/xx5tx8?playlist=x34ije - Demain Paris 1959 dessin animé présentant l'aménagement de la capitale dans les années 60, Animation, dessin animé à vocation pédagogique visant à promouvoir la politique d’aménagement suivie dans les années 60 à Paris. Un raccourci historique sur l’extension de Paris du Moyen Âge au XIXe siècle (Lutèce, œuvres de Turgot, Napoléon, Haussmann), ce dessin animé retrace la naissance de la banlieue et de ses avatars au XXe siècle. Il annonce les grands principes d’aménagement des villes nouvelles et la restructuration du centre de Paris (référence implicite à la charte d’Athènes). Le texte est travaillé en rimes et vers. Une chanson du vieux Paris conclut poétiquement cette vision du futur. Thèmes principaux : Aménagement urbain / planification-aménagement régional Mots-clés : Banlieue, extension spatiale, histoire, quartier, ville, ville nouvelle Lieu géographique : Paris 75 Architectes ou personnalités : Eugène Haussmann, Napoléon, Turgot Réalisateurs : André Martin, Michel Boschet Production : les films Roger Leenhardt

   

www.dailymotion.com/video/xw6lak?playlist=x34ije - Rue neuve 1956 la reconstruction de la France dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, villes, villages, grands ensembles réalisation : Jack Pinoteau , Panorama de la reconstruction de la France dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, ce film de commande évoque les villes et villages français détruits puis reconstruits dans un style respectant la tradition : Saint-Malo, Gien, Thionville, Ammerschwihr, etc. ainsi que la reconstruction en rupture avec l'architecture traditionnelle à Châtenay-Malabry, Arles, Saint Étienne, Évreux, Chambéry, Villeneuve-Saint-Georges, Abbeville, Le Havre, Marseille, Boulogne-sur-Mer, Dunkerque. Le documentaire explique par exemple la manière dont a été réalisée la reconstruction de Saint-Malo à l'intérieur des rempart de la vieille ville : "c'est la fidélité à l'histoire et la force du souvenir qui a guidé l'architecte". Dans le même esprit à Gien, au trois quart détruite en 1940, seul le château construit en 1494 pour Anne de Beaujeu, fille aînée de Louis XI, fut épargné par les bombardements. La ville fut reconstruite dans le style des rares immeubles restant. Gien est relevé de ses ruines et le nouvel ensemble harmonieux est appelé « Joyau de la Reconstruction française ». Dans un deuxième temps est abordé le chapitre de la construction des cités et des grands ensembles, de l’architecture du renouveau qualifiée de "grandiose incontestablement". S’il est précisé "on peut aimer ou de ne pas aimer ce style", l’emporte au final l’argument suivant : les grands ensembles, c'est la campagne à la ville, un urbanisme plus aéré, plus vert." les films caravelles 1956, Réalisateur : Jack Pinoteau (connu pour être le metteur en scène du film Le Triporteur 1957 qui fit découvrir Darry Cowl) www.dailymotion.com/video/xuz3o8?playlist=x34ije - www.dailymotion.com/video/xk1g5j?playlist=x34ije Brigitte Gros - Urbanisme - Filmer les grands ensembles 2016 - par Camille Canteux chercheuse au CHS -Centre d'Histoire Sociale - Jeanne Menjoulet - Ce film du CHS daté de 2014 www.youtube.com/watch?v=VDUBwVPNh0s … L'UNION SOCIALE POUR L'HABITAT le Musée des H.L.M. musee-hlm.fr/ union-habitat.org/ - EXPOSITION :LES 50 ANS DE LA RESIDENCe SALMSON POINT-Du JOUR www.salmsonlepointdujour.fr/pdf/Exposition_50_ans.pdf - Sotteville Construction de l’Anjou, le premier immeuble de la Zone Verte sottevilleaufildutemps.fr/2017/05/04/construction-de-limm... - www.20minutes.fr/paris/diaporama-7346-photo-854066-100-an... - www.ladepeche.fr/article/2010/11/02/940025-140-ans-en-arc... dreux-par-pierlouim.over-blog.com/article-chamards-1962-9... missionphoto.datar.gouv.fr/fr/photographe/7639/serie/7695...

   

Official Trailer - the Pruitt-Igoe Myth: an Urban History

   

www.youtube.com/watch?v=g7RwwkNzF68 - la dérive des continents youtu.be/kEeo8muZYJU Et la disparition des Mammouths - RILLIEUX LA PAPE & Dynacité - Le 23 février 2017, à 11h30, les tours Lyautey étaient foudroyées. www.youtube.com/watch?v=W---rnYoiQc 1956 en FRANCE - "Un jour on te demanda de servir de guide, à un architecte en voyage d etudes, ensemble vous parcourez la Françe visitant cité jardins, gratte ciel & pavillons d'HLM..." @ les archives filmées du MRU www.youtube.com/watch?v=zR_jxCANYac&fbclid=IwAR2IzWlM... … Villages de la Françe cité du Soleil

   

Ginger CEBTP Démolition, filiale déconstruction du Groupe Ginger, a réalisé la maîtrise d'oeuvre de l'opération et produit les études d'exécution. L'emblématique ZUP Pruitt Igoe. vaste quartier HLM (33 barres de 11 étages) de Saint-Louis (Missouri) USA. démoli en 1972 www.youtube.com/watch?v=nq_SpRBXRmE … "Life is complicated, i killed people, smuggled people, sold people, but perhaps in here.. things will be different." ~ Niko Bellic - cité Balzac, à Vitry-sur-Seine (23 juin 2010).13H & Boom, quelques secondes plus tard, la barre «GHJ», 14 étages et 168 lgts, s’effondrait comme un château de cartes sous les applaudissements et les sifflets, bientôt enveloppés dans un nuage de poussière. www.youtube.com/watch?v=d9nBMHS7mzY … - "La Chapelle" Réhabilitation thermique de 667 logements à Andrézieux-Bou... youtu.be/0tswIPdoVCE - 11 octobre 1984 www.youtube.com/watch?v=Xk-Je1eQ5po DESTRUCTION par explosifs de 10 tours du QUARTIER DES MINGUETTES, à LYON. les tours des Minguettes ; VG des tours explosant et s'affaissant sur le côté dans un nuage de fumée blanche ; à 13H15, nous assistons à l'explosion de 4 autres tours - St-Etienne Métropole & Montchovet - la célèbre Muraille de Chine ( 540 lgts 270m de long 15 allees) qui était à l'époque en 1964 la plus grande barre HLM jamais construit en Europe. Après des phases de rénovation, cet immeuble a été dynamité en mai 2000 www.youtube.com/watch?v=YB3z_Z6DTdc … - PRESQU'ILE DE GENNEVILLIERS...AUJOURD'HUI...DEMAIN... (LA video içi parcours.cinearchives.org/Les-films-PRESQU-ILE-DE-GENNEVI... … ) Ce film de la municipalité de Gennevilliers explique la démarche et les objectifs de l’exposition communale consacrée à la presqu’île, exposition qui se tint en déc 1972 et janvier 1973 - le mythe de Pruitt-Igoe en video içi nextcity.org/daily/entry/watch-the-trailer-for-the-pruitt... … - 1964, quand les loisirs n’avaient (deja) pas le droit de cité poke @Memoire2cite youtu.be/Oj64jFKIcAE - Devenir de la ZUP de La Paillade youtu.be/1qxAhsqsV8M v - Regard sur les barres Zum' youtu.be/Eow6sODGct8 v - MONTCHOVET EN CONSTRUCTION Saint Etienne, ses travaux - Vidéo Ina.fr www.ina.fr/video/LXF99004401 … via - La construction de la Grande Borne à Grigny en 1969 Archive INA www.youtube.com/watch?time_continue=12&v=t843Ny2p7Ww (discours excellent en seconde partie) -David Liaudet : l'image absolue, c'est la carte postale" phothistory.wordpress.com/2016/04/27/david-liaudet-limage... … l'architecture sanatoriale Histoire des sanatoriums en France (1915-1945). Une architecture en quête de rendement thérapeutique.. A la fin des années 1930, sous le Front Populaire, s’amorce une démocratisation des loisirs et du sport. Cette massification des loisirs sportifs, et en particulier de la natation, s’intensifie après-guerre, grâce à la mise en place d’une véritable politique d’Etat en faveur du développement de la pratique sportive, accompagnée par la construction d’équipements de proximité. Cette politique conduit à redéfinir et à rationaliser la conception de la piscine, autant d’un point de vue architectural que fonctionnel.

 

Vers la fin des années 1920, le sport, et en particulier la question de l’équipement sportif, commence à s’imposer au niveau national, comme un objet incontournable de souci et d’action politique. La volonté de créer une structure institutionnelle chargée de concevoir et de contrôler cette politique publique relative au sport s’affirme de plus en plus. Cette idée est en germe depuis l’armistice, comme l’indique la réflexion d’Edouard Herriot, maire de Lyon : « Peut-être arriverons-nous ainsi peu à peu à la constitution d’un grand service central – ministère ou non – de l’Éducation physique » (Édouard Herriot, 1919).

 

Parallèlement, des revendications sociales se font entendre pour une meilleure accessibilité au sport par la classe populaire. Ces requêtes sont entendues par le Front populaire, qui initie une politique de démocratisation de la culture sportive, s’appuyant sur l’invention de notions telles que temps libre et loisirs. Dans le but de diffuser et de mettre en oeuvre cette conception du sport pour tous, est créé en 1937 (à l’occasion d’un remaniement ministériel), un sous-secrétariat d’Etat aux Sports, aux Loisirs et à l’Education physique (rattaché au ministère de l’Education nationale dirigé par Jean Zay), à la tête duquel est placé Léo Lagrange. Ce dernier entreprend une série d’actions, à la fois concrètes et symboliques, comme l’aide à l’équipement communal (dont la nécessité est rendue évidente par les conclusions d’un inventaire national des installations existantes) ou la création d’un Brevet sportif populaire. Cette conception du sport de masse n’obtient cependant pas la faveur de tous. On note d’ailleurs, dans le mouvement sportif national, le rejet d’une politique d’intervention autoritaire des pouvoirs publics. Si les actions du Front Populaire sont stoppées par la déclaration de la guerre, elles ont toutefois conduit à une véritable prise de conscience de l’enjeu politique sportif au niveau national.

 

Sous le régime de Vichy (juin 1940-juin 1944), est créé un Commissariat Général à l’Education Générale et Sportive (CGEGS), qui s’appuie sur le sport pour diffuser l’idéologie du gouvernement, prônant des valeurs de discipline, de redressement moral, physique et intellectuel et de retour à l’ordre. Dans ces années, où le sport est surtout un outil de propagande, s’esquissent toutefois de nouvelles prescriptions concernant l’architecture des piscines (qui se doit d’être épurée et rationnelle), et la volonté de rattraper le retard de la France en matière d’équipement sportif par rapport aux autres pays européens.

 

Au sortir de la guerre, la question sportive n’est pas une priorité et la période 1945-1957 se caractérise par une faible intervention publique. Malgré les constructions réalisées grâce à des politiques municipales sociales et volontaristes dans les années 1930, le nombre d’équipements sportifs, et en particulier de piscines couvertes et chauffées, est encore très faible par rapport à la moyenne européenne. Ce sous-équipement va rapidement poser problème, d’autant plus que l’accroissement démographique est en plein essor, entraînant une augmentation de la jeunesse et donc une recrudescence de la pratique sportive, parallèlement à une forte urbanisation. Si l’effort est d’abord porté vers la reconstruction (du secteur industriel et du cadre de vie : logements, services administratifs, voirie, etc.), les questions de la jeunesse, du sport, de l’éducation populaire et du plein air travaillent les esprits du gouvernement.

 

Dans les Hauts-de-France, de nombreuses piscines ont subi des dégradations pendant la guerre et nécessitent une rénovation (une grande partie des piscines cheminotes par exemple).

 

Le stade nautique olympique de Tourcoing est complété, en 1951, d’un toit en partie ouvrant, une première du genre, amené à un grand développement dans les deux décennies suivantes. Faute de moyens financiers suffisants (il existe des subventions, mais les moyens alloués à la Jeunesse et aux Sports restent faibles) et d’une volonté politique forte, le nombre de constructions de piscines entre 1945 et 1958 demeure restreint. Ainsi, à Lens, suite à la destruction du stade nautique pendant la guerre, la construction d’une nouvelle piscine est projetée dès l’après-guerre, mais faute de financement, il faut attendre les années 1960 pour que le projet aboutisse.

 

Les quelques installations nautiques nouvelles qui sont réalisées au cours des 1950, sous l’impulsion d’initiatives locales, sont majoritairement découvertes et ne sont donc exploitables que quelques mois dans l’année. Si ces édifices sont aboutis au niveau technique et architectural, ils ne sont pas en mesure de satisfaire les besoins en matière de bassins éducatifs praticables pendant l’année scolaire. Ils répondent plus à une volonté d’offrir à la population un équipement de loisirs sportifs. Il s’agit souvent de la réalisation de projets municipaux d’avant-guerre, n’ayant pas eu l’occasion de voir le jour.

 

Dans ces piscines des années 1950, le double bassin est définitivement adopté et elles répondent aux nouvelles prescriptions édictées dans les années 1940 en matière d’architecture sportive, qui se doit avant tout d’être fonctionnelle et pratique, largement ouverte sur l’extérieur par des baies vitrées, sa beauté résidant essentiellement dans l’harmonie de ses proportions et l’agencement de lignes géométriques pures.

 

Ainsi, dans l’Oise, la ville de Compiègne décide en 1949 (sous le mandat de Jean Legendre), l’édification d’une piscine en bordure de l’Oise, rendue possible grâce aux indemnités des dommages de guerre et de la reconstruction, ainsi qu’à une subvention élevée de la part du Secrétariat d’Etat à l’Enseignement technique, à la Jeunesse et aux Sports. La piscine, conçue par l’architecte-urbaniste de la ville, J. Gossart, est inaugurée le 1er juin 1952. Des bains-douches sont aménagés dans les sous-sols. Il s’agit d’un grand bâtiment blanc rectangulaire en béton armé, inséré sur la berge boisée de l’Oise, s’ouvrant en son centre sur les deux bassins de plein-air de la piscine (25 x 12,5 m et 8 x 12,5 m), avec un plongeoir à double hauteur (3 et 5 mètres). Les baigneurs surplombent l’Oise et évoluent dans un cadre propice à la détente, correspondant bien aux prescriptions d’avant-guerres recommandant la construction d’équipements sportifs et de loisirs en plein air, dans un environnement naturel. Les gradins d’environ 800 places, font également face à l’Oise. L’architecture est simple et fonctionnelle, sans aucun décor ; elle obéit à un modernisme pur et efficace. Elle est remarquable du fait de sa situation en bord de rivière, comme l’était également la piscine découverte de l’Hôtel-Dieu à Pontoise (Val d’Oise) construite en 1961 par l’architecte Jean Letu et aujourd’hui détruite. La piscine de Compiègne, ouverte de mai à septembre, connaît un grand succès, qui ne cesse de croître d’année en année. Fermée dès 1985 car son bassin souffrait de fuites (et remplacée par la piscine Mercières, construite en 1988), elle est aujourd’hui à l’abandon.

 

A Caudry (Nord), le stade nautique municipal est construit en 1951-1952, sur les plans d'Edmond Lancelle (1898-1957), architecte du Cambrésis actif pendant les deux périodes de reconstruction, grâce à la volonté du maire Albert Dhélin (maire de 1947 à 1965). L’architecte est associé à Marc Revaux, ingénieur-conseil spécialisé en construction de piscines. Son architecture semble inspirée de la piscine de Bruay-en-Artois et est similaire à celle du Cateau-Cambrésis, reconstruite en 1954 par la même équipe d’architecte-ingénieur. Elle allie le style Paquebot de l’Art Déco (présence d’oculi en forme de hublots) aux codes du mouvement moderne international des années 1950. Les bassins sont entourés sur deux côtés par les bâtiments des vestiaires, et sur le deuxième grand côté par des gradins surplombés par une terrasse avec buvette (dans l’angle). La forme de U renversé de l’élégant plongeoir associée à la ligne courbe du toboggan qui lui fait face, animent l’orthogonalité des alignements de cabines. Le portique d’entrée, reprenant ces lignes courbes, s’ouvre sur un guichet vitré aux formes dynamiques et sculpturales. La piscine est dominée par une grande tour-horloge, rythmant les séances de natation. On retrouve cette tour-horloge marquant l’entrée de la piscine, à la piscine olympique de la Scarpe à Arras (1955) et au stade nautique de Bapaume (Pas-de-Calais). A Bapaume, le bâtiment abritant l’accueil et les vestiaires est largement vitré et s’ouvre sur les bassins, entourés d’un portique. Son architecte, Emile Cauwet, est spécialiste de l’architecture scolaire (groupe scolaire Ferdinand-Buisson à Boulogne-Billancourt), industrielle et sportive, et prône une esthétique moderniste et fonctionnelle.

 

A Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), une piscine municipale est judicieusement intégrée au nouveau casino, bâtiment monumental, manifeste de l’architecture des années 1950, conçu par les architectes Sonrel et Bonhomme, et situé derrière la plage de la station balnéaire. La piscine, localisée au rez-de-chaussée, est vitrée sur deux côtés et donne vue sur la plage. Le bâtiment en béton armé, monté sur pilotis (rappelant l’architecture de Le Corbusier), est décoré sur ses façades extérieures de mosaïques réalisées par l’artiste Françoise Lelong. La façade côté plage s’ouvre par un portique avec terrasse.

 

Ainsi les piscines des années 1950, souvent d’une grande sobriété correspondant aux préceptes architecturaux du mouvement moderne, s’inscrivent dans la continuité des piscines de la fin des années 1930. Il faut attendre les années 1960 pour qu’une nouvelle impulsion soit donnée à l’innovation architecturale dans le domaine des piscines, grâce à la mise en place d’une véritable politique interventionniste de l’Etat en faveur de l’équipement sportif sous la Ve République, dans le cadre de trois lois de programme planifiant la construction d’équipements sportifs et socio-éducatifs. Ce nouveau cadre législatif se traduit par une "mise en administration" du bâti sportif par l’État1.

 

II. Les mesures mises en place entre 1961 et 1976 par l’Etat en faveur de la construction des piscines

 

A partir de la Ve République, le sport et la construction sportive sont désormais perçus comme un service d’intérêt public du ressort de l’Etat. Déterminé, l’Etat entreprend une série de mesures incitatives visant à créer un maillage de piscines publiques praticables en toutes saisons (la plupart des piscines étaient alors découvertes et non chauffées) sur l’ensemble du territoire national. L’objectif principal est que tous les enfants aient accès à un bassin pour apprendre à nager, et qu’ainsi soit enfin mis en application l’apprentissage obligatoire de la natation à l’école (dans les programmes depuis la fin du 19e siècle). La priorité des piscines des années 1960-1970 est donc portée vers la jeunesse et l’éducation.

 

1. Les lois programmes : une nouvelle politique économique en faveur de l’équipement sportif

 

Lors de l’instauration du premier gouvernement de la Ve République, est créé un Haut-commissariat (puis Secrétariat d’Etat) à la Jeunesse et aux Sports (rattaché au ministère de l’Education Nationale), dirigé par Maurice Herzog. Ce dernier souhaite impulser de manière urgente une politique de construction afin de combler le sous-équipement en matière d’édifices à destination de la jeunesse : "Notre objectif, notre seul objectif est de mettre à la disposition de notre jeunesse, les moyens de s’exprimer plus complètement. Nous voulons que des millions de jeunes Français puissent aller au stade, à la piscine, se rencontrer dans les Maisons de Jeunes" (Equipements pour la jeunesse et les sports, 1962). Cette volonté se concrétise le 28 juillet 1961, avec la promulgation, dans le cadre du IVe plan, de la première loi de programme, qui instaure, sur une durée de quatre ans (1962-1965), un plan assurant un financement national durable et concret en faveur des équipements sportifs et socio-éducatifs. Ce plan prend la forme de subventions élevées (représentant généralement entre 20 et 50% du coût total) destinées à aider de nombreuses collectivités locales dans leur projet de constructions sportives. Ces aides se poursuivent et sont même revalorisées lors de la deuxième loi de programme d’équipements sportifs (1966-1970), votée le 2 juillet 1965. La troisième loi (1971-1975), votée le 13 juillet 1971, montre une détermination encore plus forte de l’Etat à augmenter massivement le nombre d’équipements à grande échelle, en particulier dans les nouvelles zones urbaines, et à former des éducateurs, ceci pour favoriser le sport de masse pour tous. Ces années marquent en revanche le début du désengagement financier de l’État, que l’on discerne par la baisse progressive des montants des subventions accordées. Ces subventions sont bien sûr soumises à certaines conditions. Et, pour assurer et contrôler la qualité technique et le respect des normes des piscines construites, les municipalités doivent en faire valider les avant-projets par l’Etat.

 

Certains dossiers de subventions conservés aux Archives nationales montrent que de nombreuses municipalités des Hauts-de-France bénéficient de cette aide dès les années 1960 (par exemple les piscines de Lomme, de Noyon, de Chantilly, de Lens, etc.).

       

Ces lois de programmes d’équipements ne se résument toutefois pas à ces aides financières : l’Etat développe également des mesures permettant d’inciter plus efficacement les collectivités à entreprendre la construction d’une piscine, en facilitant leurs démarches administratives et en réduisant les coûts de construction.

 

2. L’agrément de modèles de piscines : normaliser, encadrer et faciliter la construction

 

Suite à l’application de la première loi de programme, le Haut-Commissariat à la Jeunesse et aux Sports, constate que les prix de revient des équipements sportifs sont fréquemment trop élevés et que les architectes municipaux chargés de ces constructions ne sont la plupart du temps pas qualifiés pour ce type de constructions complexes et techniques. D’où la volonté de normaliser et de rationaliser les équipements sportifs, notamment les piscines, et de contrôler les projets proposés par de plus en plus d’entreprises, de constructeurs ou de bureaux d’études aux collectivités. Dans ce but est créée le 25 mai 1963 une commission spéciale dont la mission est d’agréer, sur le plan technique, des projets-types d’équipements susceptibles d’être réalisés dans toute la France. La commission est composée de treize sièges et se réunit plusieurs fois dans l’année pour donner son avis sur les projets d’architecture présentés à l’agrément. Pour ce faire, elle se base sur les qualités techniques du projet, sur les possibilités d’adaptation de l’architecture aux terrains divers, ainsi que sur les qualifications professionnelles des candidats à l’agrément. A partir de 1967, la commission se montre plus exigeante sur l’esthétique, l’harmonie, et l’originalité architecturale.@ la STAS SIOTAS LOIRE FOREZ SAINTETIENNE @ La Société de transport de l'agglomération stéphanoise (STAS, nom juridique : TPAS) est une entreprise de transport en commun, chargée de la desserte des 53 communes de Saint-Étienne Métropole. Filiale de Transdev, son siège social est situé à Saint-Priest-en-Jarez, avenue Pierre Mendès France. Le réseau stéphanois est connu pour avoir gardé son tramway électrique (la seule en France avec Lille et Marseille) depuis sa création. Il est aussi, avec Lyon et Limoges, l'un des rares réseaux français à avoir conservé des lignes de trolleybus. En 1980, le SIOTAS (Syndicat intercommunal pour l'organisation des transports de l'agglomération stéphanoise) est créé et est chargé d'organiser les transports en commun de l'agglomération stéphanoise sur son périmètre. Le 1er janvier 1981, les CFVE disparaissent au profit de la STAS qui exploite le réseau pour le compte du SIOTAS jusqu'en 1986 ou la STAS est remplacée par les TRAS (Transports urbains de l'agglomération stéphanoise) à la suite de la non-reconduction de la délégation de service public avec le groupe Transexel au profit de Transcet. Les TRAS décident de conserver le nom STAS qui devient le nom commercial du réseau. Depuis les années 2000, les TRAS sont devenus les TPAS à la suite du changement d'actionnaire de la société au profit de Veolia Transport, aujourd'hui fusionné avec Transdev, tandis que le SIOTAS à laissé place à Saint-Étienne Métropole.En 2006, le réseau TVG (Transports de la vallée du Gier) de Saint-Chamond est définitivement intégré au réseau STAS, ainsi que les lignes départementales se retrouvant entièrement dans le nouveau périmètre. Organisé et financé par Saint-Étienne Métropole, la communauté d'agglomération a la responsabilité des transports en commun pour les 43 communes. Le réseau est structuré autour des 3 lignes de tramways, d'une ligne de trolleybus (ligne M3), de 67 lignes de bus qui parcourent l'agglomération de 4 h 5 à minuit dont 7 lignes Métropoles, bus à haut niveau de service, numérotées de 1 à 7 et repérables par la lettre M, 5 lignes de soirées circulant entre 20h et 23h (S1, S3, S6, S7, S9) et de 2 lignes Noctambus (N1 et N2) circulant de 0 h à 5 h en fin de semaine et circulant seulement du centre-ville vers la périphérie.Auparavant le réseau d'autobus s'organisait en deux zones; Grand Saint-Étienne et Grand Gier. Le 31 août 2017, le réseau STAS connaît une importante restructuration. Le réseau de tramway de Saint-Étienne se compose de trois lignes desservant Saint-Étienne et Saint-Priest-en-Jarez avec un réseau organisé principalement sur un axe nord-sud et possédant quasi uniquement des troncs communs. À elles trois, les lignes assurent près de 50 % du trafic. Véritable épine dorsale du réseau, le tram stéphanois arpente la grand rue sur près de 8 km.Le réseau de trolleybus stéphanois compta jusqu'à sept lignes (1, 3, 5, 6, 7, 8 et 10), il fut progressivement démantelé au fil des années et il ne reste depuis 2010 qu'une seule ligne, partiellement exploitée en autobus, la ligne M3. Début 2019, Saint-Etienne Métropole (SEM) investit 18M€ dans son réseau de trolleybus avec l'achat de 22 nouveaux véhicules de la marque Solaris, qui seront mis en service entre 2019 et 2021 sur la ligne M7 (5 en 2019, 5 autres en 2020) puis sur la ligne M3 (12 derniers n'arriveront pas avant 2021).Le réseau d'autobus stéphanois se compose de 69 lignes desservant l'ensemble des 45 communes de Saint-Étienne Métropole .Après 20h, le réseau STAS passe au mode soirée, les lignes de tramways restent les mêmes mais les lignes de bus les plus fréquentées comme les lignes Métropoles, deviennent les lignes de soirée S1, S3, S6, S7 et S9. La ligne S1 remplace la ligne M1 tout le long de la vallée de l'Ondaine, la ligne S3 remplace la ligne M3 secteurs Terrenoire, centre-ville, Tardy et Cotonne et remplace les lignes M4 et 11 dans le secteur Montplaisir, la ligne S6 remplace la ligne M6 dans les secteurs centre-ville, Fauriel, Rond-Point et remplace les lignes M2 et M4 dans les secteurs Marandinière et Métare. La ligne S7 remplace la ligne M7 entre Michon et le centre-ville et enfin la ligne S9 remplace la ligne 9 entre le centre-ville et Montreynaud où elle reprend l'itinéraire de la ligne 8. Ces lignes de soirée circulent généralement à raison de 2 bus par heure mais peuvent être moins fréquentes comme la ligne S9.Entre minuit et 5h du matin, les jeudis, vendredis et samedis soirs, le réseau STAS et la ville de Saint-Étienne mettent en place des lignes de nuit, les lignes N1 et N2, du centre-ville vers la périphérie.La société gère aussi un musée des transports urbains de Saint-Étienne et sa région qui retrace l'évolution du matériel roulant de la CFVE et de la STAS

Elle gère aussi la location de vélos avec un premier emplacement sur le parvis de la gare de Châteaucreux et depuis le 26 juin 2010, les vélocations Vélivert : 400 vélos en location longue durée et 300 vélos en location libre service répartis sur 30 stations (hors stations événementielles) : 28 à Saint-Étienne (pour 200 vélos), une à Saint-Priest-en-Jarez et une à Villars.Il existe quatre espaces transports dans l'agglomération stéphanoise : Place Dorian - St-Étienne ;

Parvis de la gare de Châteaucreux - St-Étienne ; Place du Moulin - St-Chamond ;

Station de tramway (ligne T1) Parc Champirol - St-Priest-en-Jarez. Les quatre lignes de TER gérées par la région Rhône-Alpes peuvent être empruntées par les voyageurs munis d'un abonnement T-Libr.

Les lignes sont :

(le Puy en Velay) Firminy - Saint-Étienne Bellevue - Saint-Étienne Châteaucreux - Rive-de-Gier - (Lyon)

(Firminy) - Saint-Étienne Châteaucreux - Rive de Gier (Lyon)

(Roanne) Saint-Étienne La Terrasse - Saint-Étienne Châteaucreux

(Montbrison) Saint-Étienne La Terrasse - Saint-Étienne Châteaucreux www.leprogres.fr/…/saint-etienne-le-nouveau-reseau-s… [archive]

www.nouveaureseau-stas.fr/…/zoom-sur-les-lignes-met… [archive]

CERTU, Transports collectifs urbains évolution 2007-2012, 2014, p.382

CEREMA, Transports collectifs urbains de province - Evolution 2010-2015, 2016, p.389

« www.saint-etienne-metropole.fr/…/Rapport2016CCSPL_Tr… »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?)

[PDF] « Rapport d'activité 2017 » [archive], STAS, page 8 (consulté le 3 mars 2019).

« Rapport d'activité 2015 » [archive], sur reseau-stas.fr

www.reseau-stas.fr/…/guide-des-titres-stas-janvier-… [archive]

www.reseau-stas.fr/…/docum…/guidestas-ter2017web.pdf [archive]

www.reseau-stas.fr/…/guide-solidaire-janvier-2017we… [archive]

« Plans du réseau : Pôles de correspondance » [archive], sur www.reseau-stas.fr [archive] (consulté le 16 décembre 2017) Tramway de Saint-Étienne

Trolleybus de Saint-Étienne

Autobus de Saint-Étienne

Saint-Étienne Métropole

Syndicat mixte des transports pour l'aire métropolitaine lyonnaise

Transdev

Transports interurbains de la Loire

twitter.com/Memoire2cite #coronavirus #chloroquine #PriseDeConscience #CONFINEMENTJOUR19 #confinement #CriseSanitaire #COVID2019 #COVID19 #covidchallenge #loire #chu #mapad #epahd #mémoire2cité

#applaudissements20h du courage a toutes &tous #soignants #ash #hospitalier #forez #CHRU #applaudissements #Ville #Architecture #Logementsocial #saintetienne #Beaulieu l'1 des six 1er #Grandensemble de FRANCE mise à l’étude dès 1950. Il débute en 1953 & comprend 1221 lgts, un groupe scolaire et 35 boutiques.Des parrains prestigieux et l’élite de l’architecture stéphanoise Hur/Gouyon/Farat Les 30 Glorieuses . com et la carte postale.. Il existe de nos jours, de nombreux photographes qui privilégient la qualité artistique de leurs travaux cartophiles. A vous de découvrir ces artistes inconnus aujourd’hui, mais qui seront peut-être les grands noms de demain.Les films du MRU -Industrialiser la construction, par le biais de la préfabrication.Cette industrialisation a abouti, dans les années 1950, à un choix politique de l'Etat, la construction massive de G.E. pour résoudre la très forte crise du logement dont souffrait la France www.youtube.com/watch?v=zR_jxCANYac&fbclid=IwAR2IzWlM... … Le temps de l'urbanisme, 1962, Réalisation : Philippe Brunet www.dailymotion.com/video/xgj2zz?playlist=x34ije … … … … -Les grands ensembles en images Les ministères en charge du logement et leur production audiovisuelle (1944-1966) MASSY - Les films du MRU - La Cité des hommes, 1966, Réalisation : Fréderic Rossif, Albert Knobler www.dailymotion.com/video/xgiqzr?playlist=x34i - Les films du MRU @ les AUTOROUTES - Les liaisons moins dangereuses 1972 la construction des autoroutes en France - Le réseau autoroutier 1960 Histoire de France Transports et Communications - www.dailymotion.com/video/xxi0ae?playlist=x34ije … - A quoi servaient les films produits par le MRU ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme ? la réponse de Danielle Voldman historienne spécialiste de la reconstruction www.dailymotion.com/video/x148qu4?playlist=x34ije … -les films du MRU - Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : la préfabrication en usine, le coffrage glissant... www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije … - TOUT SUR LA CONSTRUCTION DE NOTRE DAME LA CATHEDRALE DE PARIS Içi www.notredamedeparis.fr/la-cathedrale/histoire/historique... -MRU Les films - Le Bonheur est dans le béton - 2015 Documentaire réalisé par Lorenz Findeisen produit par Les Films du Tambour de Soie içi www.dailymotion.com/video/x413amo?playlist=x34ije Noisy-le-Sec le laboratoire de la reconstruction, 1948 L'album cinématographique de la reconstruction maison préfabriquée production ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, 1948 L'album cinématographique içi www.dailymotion.com/video/xwytke

   

archipostcard.blogspot.com/search?updated-max=2009-02-13T... -Créteil.un couple à la niaiserie béate exalte les multiples bonheurs de la vie dans les new G.E. www.youtube.com/watch?v=FT1_abIteFE … La Ville bidon était un téléfilm d'1 heure intitulé La Décharge.Mais la censure de ces temps de présidence Pompidou en a interdit la diffusion télévisuelle - museedelacartepostale.fr/periode-semi-moderne/ - archipostalecarte.blogspot.com/ - Hansjörg Schneider BAUNETZWOCHE 87 über Papiermoderne www.baunetz.de/meldungen/Meldungen_BAUNETZWOCHE_87_ueber_... … - ARCHITECTURE le blog de Claude LOTHIER içi leblogdeclaudelothier.blogspot.com/2006/ - - Le balnéaire en cartes postales autour de la collection de David Liaudet, et ses excellents commentaires.. www.dailymotion.com/video/x57d3b8 -Restaurants Jacques BOREL, Autoroute A 6, 1972 Canton d'AUXERRE youtu.be/LRNhNzgkUcY munchies.vice.com/fr/article/43a4kp/jacques-borel-lhomme-... … Celui qu'on appellera le « Napoléon du prêt-à-manger » se détourne d'ailleurs peu à peu des Wimpy, s'engueule avec la maison mère et fait péricliter la franchise ... museedelacartepostale.fr/blog/ -'être agent de gestion locative pour une office H.L.M. en 1958' , les Cités du soleil 1958 de Jean-Claude Sée- les films du MRU içi www.dailymotion.com/video/xgj74q présente les réalisations des HLM en France et la lutte contre l'habitat indigne insalubre museedelacartepostale.fr/exposition-permanente/ - www.queenslandplaces.com.au/category/headwords/brisbane-c... - collection-jfm.fr/t/cartes-postales-anciennes/france#.XGe... - www.cparama.com/forum/la-collection-de-cpa-f1.html - www.dauphinomaniac.org/Cartespostales/Francaises/Cartes_F... twitter.com/Memoire2cite tout içi sig.ville.gouv.fr/atlas/ZUS/ - media/InaEdu01827/la-creatio" rel="noreferrer nofollow">fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu01827/la-creatio Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije la préfabrication en usine www.dailymotion.com/video/xx6ob5?playlist=x34ije , le coffrage glissant www.dailymotion.com/video/x19lwab?playlist=x34ije ... De nouvelles perspectives sont nées dans l'industrie du bâtiment avec les principes de bases de l'industrialisation du bâtiment www.dailymotion.com/video/x1a98iz?playlist=x34ije ,

   

www.dailymotion.com/video/xk6xui?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xk1dh2?playlist=x34ije : mécanisation, rationalisation et élaboration industrielle de la production. Des exemples concrets sont présentés afin d'illustrer l'utilisation des différentes innovations : les coffrages outils, coffrage glissant, le tunnel, des procédés pour accélérer le durcissement du béton. Le procédé dit de coffrage glissant est illustré sur le chantier des tours Pablo Picasso à Nanterre. Le principe est de s'affranchir des échafaudages : le coffrage épouse le contour du bâtiment, il s'élève avec la construction et permet de réaliser simultanément l'ensemble des murs verticaux. Au centre du plancher de travail, une grue distribue en continu le ferraillage et le béton. Sur un tel chantier les ouvriers se relaient 24h / 24 , www.dailymotion.com/video/xwytke?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/x1bci6m?playlist=x34ije

   

Le reportage se penche ensuite sur la préfabrication en usine. Ces procédés de préfabrication en usine selon le commentaire sont bien adaptés aux pays en voie de développement, cela est illustré dans le reportage par une réalisation en Libye à Benghazi. Dans la course à l'allégement des matériaux un procédé l'isola béton est présenté. Un chapitre sur la construction métallique explique les avantage de ce procédé. La fabrication de composants ouvre de nouvelles perspectives à l'industrie du bâtiment.

   

Lieux géographiques : la Grande Borne 91, le Vaudreuil 27, Avoriaz, Avenue de Flandres à Paris, tours Picasso à Nanterre, vues de la défense, Benghazi Libye www.dailymotion.com/video/xk6xui?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xk1dh2?playlist=x34ije : mécanisation, rationalisation et élaboration industrielle de la production. Des exemples concrets sont présentés afin d'illustrer l'utilisation des différentes innovations : les coffrages outils, coffrage glissant, le tunnel, des procédés pour accélérer le durcissement du béton. Le procédé dit de coffrage glissant est illustré sur le chantier des tours Pablo Picasso à Nanterre. Le principe est de s'affranchir des échafaudages : le coffrage épouse le contour du bâtiment, il s'élève avec la construction et permet de réaliser simultanément l'ensemble des murs verticaux. Au centre du plancher de travail, une grue distribue en continu le ferraillage et le béton. Sur un tel chantier les ouvriers se relaient 24h / 24 , www.dailymotion.com/video/xwytke?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/x1bci6m?playlist=x34ije

   

Le reportage se penche ensuite sur la préfabrication en usine. Ces procédés de préfabrication en usine selon le commentaire sont bien adaptés aux pays en voie de développement, cela est illustré dans le reportage par une réalisation en Libye à Benghazi. Dans la course à l'allégement des matériaux un procédé l'isola béton est présenté. Un chapitre sur la construction métallique explique les avantage de ce procédé. La fabrication de composants ouvre de nouvelles perspectives à l'industrie du bâtiment.www.dailymotion.com/playlist/x34ije_territoiresgouv_cinem... - mémoire2cité - le monde de l'Architecture locative collective et bien plus encore - mémoire2cité - Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije la préfabrication en usine www.dailymotion.com/video/xx6ob5?playlist=x34ije , le coffrage glissant www.dailymotion.com/video/x19lwab?playlist=x34ije ... De nouvelles perspectives sont nées dans l'industrie du bâtiment avec les principes de bases de l'industrialisation du bâtiment www.dailymotion.com/video/x1a98iz?playlist=x34ije ,www.dailymotion.com/playlist/x34ije_territoiresgouv_cinem... - mémoire2cité - le monde de l'Architecture locative collective et bien plus encore - mémoire2cité - Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije la préfabrication en usine www.dailymotion.com/video/xx6ob5?playlist=x34ije , le coffrage glissant www.dailymotion.com/video/x19lwab?playlist=x34ije ... De nouvelles perspectives sont nées dans l'industrie du bâtiment avec les principes de bases de l'industrialisation du bâtiment www.dailymotion.com/video/x1a98iz?playlist=x34ije ,

   

Le Joli Mai (Restauré) - Les grands ensembles BOBIGNY l Abreuvoir www.youtube.com/watch?v=eUY9XzjvWHE … et la www.youtube.com/watch?v=hK26k72xIkU … www.youtube.com/watch?v=xCKF0HEsWWo …

   

Genève Le Grand Saconnex & la Bulle Pirate - architecte Marçel Lachat -

   

Un film de Julien Donada içi www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=4E723uQcpnU … … .Genève en 1970. pic.twitter.com/1dbtkAooLM è St-Etienne - La muraille de Chine, en 1973 ce grand immeuble du quartier de Montchovet, existait encore photos la Tribune/Progres.

   

www.youtube.com/watch?v=AJAylpe8G48 …, - la tour 80 HLM située au 1 rue Proudhon à Valentigney dans le quartier des Buis Cette tour emblématique du quartier avec ces 15 étages a été abattu par FERRARI DEMOLITION (68). VALENTIGNEY (25700) 1961 - Ville nouvelle-les Buis 3,11 mn www.youtube.com/watch?v=C_GvwSpQUMY … - Au nord-Est de St-Etienne, aux confins de la ville, se dresse une colline Montreynaud la ZUP de Raymond Martin l'architecte & Alexandre Chemetoff pour les paysages de St-Saens.. la vidéo içi * Réalisation : Dominique Bauguil www.youtube.com/watch?v=Sqfb27hXMDo … … - www.dailymotion.com/video/xk6xui?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xk1dh2?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xwytke?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/x1bci6m?playlist=x34ije l'industrie du bâtiment.

   

la Grande Borne 91, le Vaudreuil 27, Avoriaz, Avenue de Flandres à Paris, tours Picasso à Nanterre, vues de la défense, Benghazi Libye 1975 Réalisateur : Sydney Jézéquel, Karenty

   

la construction des Autoroutes en France - Les liaisons moins dangereuses 1972 www.dailymotion.com/video/xxi0ae?playlist=x34ije Cardem les 60 ans de l'entreprise de démolition française tres prisée des bailleurs pour les 80, 90's (1956 - 2019) toute l'Histoire de l'entreprise içi www.youtube.com/watch?v=Yyf1XGvTZYs - 69 LYON & la Cardem pour la démolition de la barre 230 Quartier la Duchère le 2 juillet 2015, youtu.be/BSwidwLw0NA pic.twitter.com/5XgR8LY7At -34 Béziers - C'était Capendeguy le 27 janv 2008 En quelques secondes, 450 kg d'explosifs ont soufflé la barre HLM de 492 lgts, de 480 m, qui laissera derrière elle 65.000 tonnes de gravas. www.youtube.com/watch?v=rydT54QYX50 … … Les usines Peugeot - Sochaux Montbéliard. 100 ans d'histoire en video www.youtube.com/watch?v=X4w3CxXVAyY … - 42 LOIRE SAINT-ETIENNE MONTREYNAUD LA ZUP Souvenirs avec Mascovich & son clip "la tour de Montreynaud" www.youtube.com/watch?v=p7Zmwn224XE …

   

Villeneuve-la-Garenne, La Caravelle est à mettre au crédit de Jean Dubuisson, l’un des architectes les plus en vue des années 1960, www.dailymotion.com/video/x1re3h5 via @Dailymotion - AMIENS les HLM C'était le 29 juillet 2010, à 11h02. En quelques secondes, cette tour d'habitation s'est effondrée, détruite par implosion. Construite en 1961, la tour avait été vidée de ses habitants quelques années auparavant. www.youtube.com/watch?v=ajz2xk5KBNo … … - Les habitants de Montreynaud parlent de leur quartier et de cette destruction entre nostalgie et soulagement içi en video www.dailymotion.com/video/xmiwfk - Les bâtiments de la région parisienne - Vidéo Ina.fr www.ina.fr/video/CAF96034508/les-batiments-de-la-region-p... … via @Inafr_officiel - Daprinski - George Michael (Plaisir de France remix) www.youtube.com/watch?v=sJeH-nzlj3I

   

Ministère de l'Équipement et de l'Aménagement du Territoire - Dotation par la France d'autoroutes modernes "nécessité vitale" pour palier à l'inadaptation du réseau routier de l'époque voué à la paralysie : le reportage nous montre des images d'embouteillages. Le ministre de l'Équipement et de l'Aménagement du Territoire dans les deux gouvernements de Pierre Messmer, de 1972 à 1974, Olivier Guichard explique les ambitions du programme de construction qui doit atteindre 800 km par ans en 1978. L'ouverture de section nouvelles va bon train : Nancy / Metz par exemple. Le reportage nous montre l'intérieur des bureaux d'études qui conçoivent ces autoroute dont la conception est assistée par ordinateurs dont le projet d'ensemble en 3D est visualisé sur un écran. La voix off nous informe sur le financement de ces équipements. Puis on peut voir des images de la construction du pont sur la Seine à Saint Cloud reliant l'autoroute de Normandie au périphérique, de l'échangeur de Palaiseau sur 4 niveau : record d'Europe précise le commentaire. Le reportage nous informe que des sociétés d'économies mixtes ont étés crées pour les tronçons : Paris / Lille, Paris / Marseille, Paris / Normandie. Pour accélérer la construction l’État a eu recours à des concessions privées par exemple pour le tronçon Paris / Chartres. "Les autoroutes changent le visage de la France : artères économiques favorisant le développement industriel elles permettent de revitaliser des régions en perte de vitesse et de l'intégrer dans le mouvement général de l'expansion" Sur le plan européen elles vont combler le retard de la France et réaliser son insertion. Images de l'inauguration de l'autoroute entre Paris et Bruxelles par le président Georges Pompidou. Le reportage rappel que l'autre fonction capitale des autoroute est de favoriser la sécurité. La question de la limitation de vitesse est posée au ministre de l’Équipement, qui n'y est favorable que sur certains tronçons. Un des facteur de sécurité selon le commentaire est l'humanisation des autoroutes : aires de repos, restaurants, signalisation touristiques... "Rien n'est impossible aux techniques modernes" nous apprend la voix off qui prend comme exemple le déplacement sur rail de 65 mètres d'un château classé afin de faire passer l'autoroute Lille / Dunkerque.Durée : 4 minutes 30 secondes

   

Sur les routes de France les ponts renaissent 1945 reconstruction de la France après la Seconde Guerre mondiale www.dailymotion.com/video/xuxrii?playlist=x34ije Lyon, Tournon, Caen - Le Bosquel, un village renait 1947 l'album cinématographique de la reconstruction, réalisation Paul de Roubaix production ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, village prototype, architecte Paul Dufournet, www.dailymotion.com/video/xx5tx8?playlist=x34ije - Demain Paris 1959 dessin animé présentant l'aménagement de la capitale dans les années 60, Animation, dessin animé à vocation pédagogique visant à promouvoir la politique d’aménagement suivie dans les années 60 à Paris. Un raccourci historique sur l’extension de Paris du Moyen Âge au XIXe siècle (Lutèce, œuvres de Turgot, Napoléon, Haussmann), ce dessin animé retrace la naissance de la banlieue et de ses avatars au XXe siècle. Il annonce les grands principes d’aménagement des villes nouvelles et la restructuration du centre de Paris (référence implicite à la charte d’Athènes). Le texte est travaillé en rimes et vers. Une chanson du vieux Paris conclut poétiquement cette vision du futur. Thèmes principaux : Aménagement urbain / planification-aménagement régional Mots-clés : Banlieue, extension spatiale, histoire, quartier, ville, ville nouvelle Lieu géographique : Paris 75 Architectes ou personnalités : Eugène Haussmann, Napoléon, Turgot Réalisateurs : André Martin, Michel Boschet Production : les films Roger Leenhardt

   

www.dailymotion.com/video/xw6lak?playlist=x34ije - Rue neuve 1956 la reconstruction de la France dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, villes, villages, grands ensembles réalisation : Jack Pinoteau , Panorama de la reconstruction de la France dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, ce film de commande évoque les villes et villages français détruits puis reconstruits dans un style respectant la tradition : Saint-Malo, Gien, Thionville, Ammerschwihr, etc. ainsi que la reconstruction en rupture avec l'architecture traditionnelle à Châtenay-Malabry, Arles, Saint Étienne, Évreux, Chambéry, Villeneuve-Saint-Georges, Abbeville, Le Havre, Marseille, Boulogne-sur-Mer, Dunkerque. Le documentaire explique par exemple la manière dont a été réalisée la reconstruction de Saint-Malo à l'intérieur des rempart de la vieille ville : "c'est la fidélité à l'histoire et la force du souvenir qui a guidé l'architecte". Dans le même esprit à Gien, au trois quart détruite en 1940, seul le château construit en 1494 pour Anne de Beaujeu, fille aînée de Louis XI, fut épargné par les bombardements. La ville fut reconstruite dans le style des rares immeubles restant. Gien est relevé de ses ruines et le nouvel ensemble harmonieux est appelé « Joyau de la Reconstruction française ». Dans un deuxième temps est abordé le chapitre de la construction des cités et des grands ensembles, de l’architecture du renouveau qualifiée de "grandiose incontestablement". S’il est précisé "on peut aimer ou de ne pas aimer ce style", l’emporte au final l’argument suivant : les grands ensembles, c'est la campagne à la ville, un urbanisme plus aéré, plus vert." les films caravelles 1956, Réalisateur : Jack Pinoteau (connu pour être le metteur en scène du film Le Triporteur 1957 qui fit découvrir Darry Cowl) www.dailymotion.com/video/xuz3o8?playlist=x34ije - www.dailymotion.com/video/xk1g5j?playlist=x34ije Brigitte Gros - Urbanisme - Filmer les grands ensembles 2016 - par Camille Canteux chercheuse au CHS -Centre d'Histoire Sociale - Jeanne Menjoulet - Ce film du CHS daté de 2014 www.youtube.com/watch?v=VDUBwVPNh0s … L'UNION SOCIALE POUR L'HABITAT le Musée des H.L.M. musee-hlm.fr/ union-habitat.org/ - EXPOSITION :LES 50 ANS DE LA RESIDENCe SALMSON POINT-Du JOUR www.salmsonlepointdujour.fr/pdf/Exposition_50_ans.pdf - Sotteville Construction de l’Anjou, le premier immeuble de la Zone Verte sottevilleaufildutemps.fr/2017/05/04/construction-de-limm... - www.20minutes.fr/paris/diaporama-7346-photo-854066-100-an... - www.ladepeche.fr/article/2010/11/02/940025-140-ans-en-arc... dreux-par-pierlouim.over-blog.com/article-chamards-1962-9... missionphoto.datar.gouv.fr/fr/photographe/7639/serie/7695...

   

Official Trailer - the Pruitt-Igoe Myth: an Urban History

   

www.youtube.com/watch?v=g7RwwkNzF68 - la dérive des continents youtu.be/kEeo8muZYJU Et la disparition des Mammouths - RILLIEUX LA PAPE & Dynacité - Le 23 février 2017, à 11h30, les tours Lyautey étaient foudroyées. www.youtube.com/watch?v=W---rnYoiQc 1956 en FRANCE - "Un jour on te demanda de servir de guide, à un architecte en voyage d etudes, ensemble vous parcourez la Françe visitant cité jardins, gratte ciel & pavillons d'HLM..." @ les archives filmées du MRU www.youtube.com/watch?v=zR_jxCANYac&fbclid=IwAR2IzWlM... … Villages de la Françe cité du Soleil

   

Ginger CEBTP Démolition, filiale déconstruction du Groupe Ginger, a réalisé la maîtrise d'oeuvre de l'opération et produit les études d'exécution. L'emblématique ZUP Pruitt Igoe. vaste quartier HLM (33 barres de 11 étages) de Saint-Louis (Missouri) USA. démoli en 1972 www.youtube.com/watch?v=nq_SpRBXRmE … "Life is complicated, i killed people, smuggled people, sold people, but perhaps in here.. things will be different." ~ Niko Bellic - cité Balzac, à Vitry-sur-Seine (23 juin 2010).13H & Boom, quelques secondes plus tard, la barre «GHJ», 14 étages et 168 lgts, s’effondrait comme un château de cartes sous les applaudissements et les sifflets, bientôt enveloppés dans un nuage de poussière. www.youtube.com/watch?v=d9nBMHS7mzY … - "La Chapelle" Réhabilitation thermique de 667 logements à Andrézieux-Bou... youtu.be/0tswIPdoVCE - 11 octobre 1984 www.youtube.com/watch?v=Xk-Je1eQ5po DESTRUCTION par explosifs de 10 tours du QUARTIER DES MINGUETTES, à LYON. les tours des Minguettes ; VG des tours explosant et s'affaissant sur le côté dans un nuage de fumée blanche ; à 13H15, nous assistons à l'explosion de 4 autres tours - St-Etienne Métropole & Montchovet - la célèbre Muraille de Chine ( 540 lgts 270m de long 15 allees) qui était à l'époque en 1964 la plus grande barre HLM jamais construit en Europe. Après des phases de rénovation, cet immeuble a été dynamité en mai 2000 www.youtube.com/watch?v=YB3z_Z6DTdc … - PRESQU'ILE DE GENNEVILLIERS...AUJOURD'HUI...DEMAIN... (LA video içi parcours.cinearchives.org/Les-films-PRESQU-ILE-DE-GENNEVI... … ) Ce film de la municipalité de Gennevilliers explique la démarche et les objectifs de l’exposition communale consacrée à la presqu’île, exposition qui se tint en déc 1972 et janvier 1973 - le mythe de Pruitt-Igoe en video içi nextcity.org/daily/entry/watch-the-trailer-for-the-pruitt... … - 1964, quand les loisirs n’avaient (deja) pas le droit de cité poke @Memoire2cite youtu.be/Oj64jFKIcAE - Devenir de la ZUP de La Paillade youtu.be/1qxAhsqsV8M v - Regard sur les barres Zum' youtu.be/Eow6sODGct8 v - MONTCHOVET EN CONSTRUCTION Saint Etienne, ses travaux - Vidéo Ina.fr www.ina.fr/video/LXF99004401 … via - La construction de la Grande Borne à Grigny en 1969 Archive INA www.youtube.com/watch?time_continue=12&v=t843Ny2p7Ww (discours excellent en seconde partie) -David Liaudet : l'image absolue, c'est la carte postale" phothistory.wordpress.com/2016/04/27/david-liaudet-limage... … l'architecture sanatoriale Histoire des sanatoriums en France (1915-1945). Une architecture en quête de rendement thérapeutique.. A la fin des années 1930, sous le Front Populaire, s’amorce une démocratisation des loisirs et du sport. Cette massification des loisirs sportifs, et en particulier de la natation, s’intensifie après-guerre, grâce à la mise en place d’une véritable politique d’Etat en faveur du développement de la pratique sportive, accompagnée par la construction d’équipements de proximité. Cette politique conduit à redéfinir et à rationaliser la conception de la piscine, autant d’un point de vue architectural que fonctionnel.

 

Vers la fin des années 1920, le sport, et en particulier la question de l’équipement sportif, commence à s’imposer au niveau national, comme un objet incontournable de souci et d’action politique. La volonté de créer une structure institutionnelle chargée de concevoir et de contrôler cette politique publique relative au sport s’affirme de plus en plus. Cette idée est en germe depuis l’armistice, comme l’indique la réflexion d’Edouard Herriot, maire de Lyon : « Peut-être arriverons-nous ainsi peu à peu à la constitution d’un grand service central – ministère ou non – de l’Éducation physique » (Édouard Herriot, 1919).

 

Parallèlement, des revendications sociales se font entendre pour une meilleure accessibilité au sport par la classe populaire. Ces requêtes sont entendues par le Front populaire, qui initie une politique de démocratisation de la culture sportive, s’appuyant sur l’invention de notions telles que temps libre et loisirs. Dans le but de diffuser et de mettre en oeuvre cette conception du sport pour tous, est créé en 1937 (à l’occasion d’un remaniement ministériel), un sous-secrétariat d’Etat aux Sports, aux Loisirs et à l’Education physique (rattaché au ministère de l’Education nationale dirigé par Jean Zay), à la tête duquel est placé Léo Lagrange. Ce dernier entreprend une série d’actions, à la fois concrètes et symboliques, comme l’aide à l’équipement communal (dont la nécessité est rendue évidente par les conclusions d’un inventaire national des installations existantes) ou la création d’un Brevet sportif populaire. Cette conception du sport de masse n’obtient cependant pas la faveur de tous. On note d’ailleurs, dans le mouvement sportif national, le rejet d’une politique d’intervention autoritaire des pouvoirs publics. Si les actions du Front Populaire sont stoppées par la déclaration de la guerre, elles ont toutefois conduit à une véritable prise de conscience de l’enjeu politique sportif au niveau national.

 

Sous le régime de Vichy (juin 1940-juin 1944), est créé un Commissariat Général à l’Education Générale et Sportive (CGEGS), qui s’appuie sur le sport pour diffuser l’idéologie du gouvernement, prônant des valeurs de discipline, de redressement moral, physique et intellectuel et de retour à l’ordre. Dans ces années, où le sport est surtout un outil de propagande, s’esquissent toutefois de nouvelles prescriptions concernant l’architecture des piscines (qui se doit d’être épurée et rationnelle), et la volonté de rattraper le retard de la France en matière d’équipement sportif par rapport aux autres pays européens.

 

Au sortir de la guerre, la question sportive n’est pas une priorité et la période 1945-1957 se caractérise par une faible intervention publique. Malgré les constructions réalisées grâce à des politiques municipales sociales et volontaristes dans les années 1930, le nombre d’équipements sportifs, et en particulier de piscines couvertes et chauffées, est encore très faible par rapport à la moyenne européenne. Ce sous-équipement va rapidement poser problème, d’autant plus que l’accroissement démographique est en plein essor, entraînant une augmentation de la jeunesse et donc une recrudescence de la pratique sportive, parallèlement à une forte urbanisation. Si l’effort est d’abord porté vers la reconstruction (du secteur industriel et du cadre de vie : logements, services administratifs, voirie, etc.), les questions de la jeunesse, du sport, de l’éducation populaire et du plein air travaillent les esprits du gouvernement.

 

Dans les Hauts-de-France, de nombreuses piscines ont subi des dégradations pendant la guerre et nécessitent une rénovation (une grande partie des piscines cheminotes par exemple).

 

Le stade nautique olympique de Tourcoing est complété, en 1951, d’un toit en partie ouvrant, une première du genre, amené à un grand développement dans les deux décennies suivantes. Faute de moyens financiers suffisants (il existe des subventions, mais les moyens alloués à la Jeunesse et aux Sports restent faibles) et d’une volonté politique forte, le nombre de constructions de piscines entre 1945 et 1958 demeure restreint. Ainsi, à Lens, suite à la destruction du stade nautique pendant la guerre, la construction d’une nouvelle piscine est projetée dès l’après-guerre, mais faute de financement, il faut attendre les années 1960 pour que le projet aboutisse.

 

Les quelques installations nautiques nouvelles qui sont réalisées au cours des 1950, sous l’impulsion d’initiatives locales, sont majoritairement découvertes et ne sont donc exploitables que quelques mois dans l’année. Si ces édifices sont aboutis au niveau technique et architectural, ils ne sont pas en mesure de satisfaire les besoins en matière de bassins éducatifs praticables pendant l’année scolaire. Ils répondent plus à une volonté d’offrir à la population un équipement de loisirs sportifs. Il s’agit souvent de la réalisation de projets municipaux d’avant-guerre, n’ayant pas eu l’occasion de voir le jour.

 

Dans ces piscines des années 1950, le double bassin est définitivement adopté et elles répondent aux nouvelles prescriptions édictées dans les années 1940 en matière d’architecture sportive, qui se doit avant tout d’être fonctionnelle et pratique, largement ouverte sur l’extérieur par des baies vitrées, sa beauté résidant essentiellement dans l’harmonie de ses proportions et l’agencement de lignes géométriques pures.

 

Ainsi, dans l’Oise, la ville de Compiègne décide en 1949 (sous le mandat de Jean Legendre), l’édification d’une piscine en bordure de l’Oise, rendue possible grâce aux indemnités des dommages de guerre et de la reconstruction, ainsi qu’à une subvention élevée de la part du Secrétariat d’Etat à l’Enseignement technique, à la Jeunesse et aux Sports. La piscine, conçue par l’architecte-urbaniste de la ville, J. Gossart, est inaugurée le 1er juin 1952. Des bains-douches sont aménagés dans les sous-sols. Il s’agit d’un grand bâtiment blanc rectangulaire en béton armé, inséré sur la berge boisée de l’Oise, s’ouvrant en son centre sur les deux bassins de plein-air de la piscine (25 x 12,5 m et 8 x 12,5 m), avec un plongeoir à double hauteur (3 et 5 mètres). Les baigneurs surplombent l’Oise et évoluent dans un cadre propice à la détente, correspondant bien aux prescriptions d’avant-guerres recommandant la construction d’équipements sportifs et de loisirs en plein air, dans un environnement naturel. Les gradins d’environ 800 places, font également face à l’Oise. L’architecture est simple et fonctionnelle, sans aucun décor ; elle obéit à un modernisme pur et efficace. Elle est remarquable du fait de sa situation en bord de rivière, comme l’était également la piscine découverte de l’Hôtel-Dieu à Pontoise (Val d’Oise) construite en 1961 par l’architecte Jean Letu et aujourd’hui détruite. La piscine de Compiègne, ouverte de mai à septembre, connaît un grand succès, qui ne cesse de croître d’année en année. Fermée dès 1985 car son bassin souffrait de fuites (et remplacée par la piscine Mercières, construite en 1988), elle est aujourd’hui à l’abandon.

 

A Caudry (Nord), le stade nautique municipal est construit en 1951-1952, sur les plans d'Edmond Lancelle (1898-1957), architecte du Cambrésis actif pendant les deux périodes de reconstruction, grâce à la volonté du maire Albert Dhélin (maire de 1947 à 1965). L’architecte est associé à Marc Revaux, ingénieur-conseil spécialisé en construction de piscines. Son architecture semble inspirée de la piscine de Bruay-en-Artois et est similaire à celle du Cateau-Cambrésis, reconstruite en 1954 par la même équipe d’architecte-ingénieur. Elle allie le style Paquebot de l’Art Déco (présence d’oculi en forme de hublots) aux codes du mouvement moderne international des années 1950. Les bassins sont entourés sur deux côtés par les bâtiments des vestiaires, et sur le deuxième grand côté par des gradins surplombés par une terrasse avec buvette (dans l’angle). La forme de U renversé de l’élégant plongeoir associée à la ligne courbe du toboggan qui lui fait face, animent l’orthogonalité des alignements de cabines. Le portique d’entrée, reprenant ces lignes courbes, s’ouvre sur un guichet vitré aux formes dynamiques et sculpturales. La piscine est dominée par une grande tour-horloge, rythmant les séances de natation. On retrouve cette tour-horloge marquant l’entrée de la piscine, à la piscine olympique de la Scarpe à Arras (1955) et au stade nautique de Bapaume (Pas-de-Calais). A Bapaume, le bâtiment abritant l’accueil et les vestiaires est largement vitré et s’ouvre sur les bassins, entourés d’un portique. Son architecte, Emile Cauwet, est spécialiste de l’architecture scolaire (groupe scolaire Ferdinand-Buisson à Boulogne-Billancourt), industrielle et sportive, et prône une esthétique moderniste et fonctionnelle.

 

A Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), une piscine municipale est judicieusement intégrée au nouveau casino, bâtiment monumental, manifeste de l’architecture des années 1950, conçu par les architectes Sonrel et Bonhomme, et situé derrière la plage de la station balnéaire. La piscine, localisée au rez-de-chaussée, est vitrée sur deux côtés et donne vue sur la plage. Le bâtiment en béton armé, monté sur pilotis (rappelant l’architecture de Le Corbusier), est décoré sur ses façades extérieures de mosaïques réalisées par l’artiste Françoise Lelong. La façade côté plage s’ouvre par un portique avec terrasse.

 

Ainsi les piscines des années 1950, souvent d’une grande sobriété correspondant aux préceptes architecturaux du mouvement moderne, s’inscrivent dans la continuité des piscines de la fin des années 1930. Il faut attendre les années 1960 pour qu’une nouvelle impulsion soit donnée à l’innovation architecturale dans le domaine des piscines, grâce à la mise en place d’une véritable politique interventionniste de l’Etat en faveur de l’équipement sportif sous la Ve République, dans le cadre de trois lois de programme planifiant la construction d’équipements sportifs et socio-éducatifs. Ce nouveau cadre législatif se traduit par une "mise en administration" du bâti sportif par l’État1.

 

II. Les mesures mises en place entre 1961 et 1976 par l’Etat en faveur de la construction des piscines

 

A partir de la Ve République, le sport et la construction sportive sont désormais perçus comme un service d’intérêt public du ressort de l’Etat. Déterminé, l’Etat entreprend une série de mesures incitatives visant à créer un maillage de piscines publiques praticables en toutes saisons (la plupart des piscines étaient alors découvertes et non chauffées) sur l’ensemble du territoire national. L’objectif principal est que tous les enfants aient accès à un bassin pour apprendre à nager, et qu’ainsi soit enfin mis en application l’apprentissage obligatoire de la natation à l’école (dans les programmes depuis la fin du 19e siècle). La priorité des piscines des années 1960-1970 est donc portée vers la jeunesse et l’éducation.

 

1. Les lois programmes : une nouvelle politique économique en faveur de l’équipement sportif

 

Lors de l’instauration du premier gouvernement de la Ve République, est créé un Haut-commissariat (puis Secrétariat d’Etat) à la Jeunesse et aux Sports (rattaché au ministère de l’Education Nationale), dirigé par Maurice Herzog. Ce dernier souhaite impulser de manière urgente une politique de construction afin de combler le sous-équipement en matière d’édifices à destination de la jeunesse : "Notre objectif, notre seul objectif est de mettre à la disposition de notre jeunesse, les moyens de s’exprimer plus complètement. Nous voulons que des millions de jeunes Français puissent aller au stade, à la piscine, se rencontrer dans les Maisons de Jeunes" (Equipements pour la jeunesse et les sports, 1962). Cette volonté se concrétise le 28 juillet 1961, avec la promulgation, dans le cadre du IVe plan, de la première loi de programme, qui instaure, sur une durée de quatre ans (1962-1965), un plan assurant un financement national durable et concret en faveur des équipements sportifs et socio-éducatifs. Ce plan prend la forme de subventions élevées (représentant généralement entre 20 et 50% du coût total) destinées à aider de nombreuses collectivités locales dans leur projet de constructions sportives. Ces aides se poursuivent et sont même revalorisées lors de la deuxième loi de programme d’équipements sportifs (1966-1970), votée le 2 juillet 1965. La troisième loi (1971-1975), votée le 13 juillet 1971, montre une détermination encore plus forte de l’Etat à augmenter massivement le nombre d’équipements à grande échelle, en particulier dans les nouvelles zones urbaines, et à former des éducateurs, ceci pour favoriser le sport de masse pour tous. Ces années marquent en revanche le début du désengagement financier de l’État, que l’on discerne par la baisse progressive des montants des subventions accordées. Ces subventions sont bien sûr soumises à certaines conditions. Et, pour assurer et contrôler la qualité technique et le respect des normes des piscines construites, les municipalités doivent en faire valider les avant-projets par l’Etat.

 

Certains dossiers de subventions conservés aux Archives nationales montrent que de nombreuses municipalités des Hauts-de-France bénéficient de cette aide dès les années 1960 (par exemple les piscines de Lomme, de Noyon, de Chantilly, de Lens, etc.).

       

Ces lois de programmes d’équipements ne se résument toutefois pas à ces aides financières : l’Etat développe également des mesures permettant d’inciter plus efficacement les collectivités à entreprendre la construction d’une piscine, en facilitant leurs démarches administratives et en réduisant les coûts de construction.

 

2. L’agrément de modèles de piscines : normaliser, encadrer et faciliter la construction

 

Suite à l’application de la première loi de programme, le Haut-Commissariat à la Jeunesse et aux Sports, constate que les prix de revient des équipements sportifs sont fréquemment trop élevés et que les architectes municipaux chargés de ces constructions ne sont la plupart du temps pas qualifiés pour ce type de constructions complexes et techniques. D’où la volonté de normaliser et de rationaliser les équipements sportifs, notamment les piscines, et de contrôler les projets proposés par de plus en plus d’entreprises, de constructeurs ou de bureaux d’études aux collectivités. Dans ce but est créée le 25 mai 1963 une commission spéciale dont la mission est d’agréer, sur le plan technique, des projets-types d’équipements susceptibles d’être réalisés dans toute la France. La commission est composée de treize sièges et se réunit plusieurs fois dans l’année pour donner son avis sur les projets d’architecture présentés à l’agrément. Pour ce faire, elle se base sur les qualités techniques du projet, sur les possibilités d’adaptation de l’architecture aux terrains divers, ainsi que sur les qualifications professionnelles des candidats à l’agrément. A partir de 1967, la commission se montre plus exigeante sur l’esthétique, l’harmonie, et l’originalité architecturale.@ la STAS SIOTAS LOIRE FOREZ SAINTETIENNE @ La Société de transport de l'agglomération stéphanoise (STAS, nom juridique : TPAS) est une entreprise de transport en commun, chargée de la desserte des 53 communes de Saint-Étienne Métropole. Filiale de Transdev, son siège social est situé à Saint-Priest-en-Jarez, avenue Pierre Mendès France. Le réseau stéphanois est connu pour avoir gardé son tramway électrique (la seule en France avec Lille et Marseille) depuis sa création. Il est aussi, avec Lyon et Limoges, l'un des rares réseaux français à avoir conservé des lignes de trolleybus. En 1980, le SIOTAS (Syndicat intercommunal pour l'organisation des transports de l'agglomération stéphanoise) est créé et est chargé d'organiser les transports en commun de l'agglomération stéphanoise sur son périmètre. Le 1er janvier 1981, les CFVE disparaissent au profit de la STAS qui exploite le réseau pour le compte du SIOTAS jusqu'en 1986 ou la STAS est remplacée par les TRAS (Transports urbains de l'agglomération stéphanoise) à la suite de la non-reconduction de la délégation de service public avec le groupe Transexel au profit de Transcet. Les TRAS décident de conserver le nom STAS qui devient le nom commercial du réseau. Depuis les années 2000, les TRAS sont devenus les TPAS à la suite du changement d'actionnaire de la société au profit de Veolia Transport, aujourd'hui fusionné avec Transdev, tandis que le SIOTAS à laissé place à Saint-Étienne Métropole.En 2006, le réseau TVG (Transports de la vallée du Gier) de Saint-Chamond est définitivement intégré au réseau STAS, ainsi que les lignes départementales se retrouvant entièrement dans le nouveau périmètre. Organisé et financé par Saint-Étienne Métropole, la communauté d'agglomération a la responsabilité des transports en commun pour les 43 communes. Le réseau est structuré autour des 3 lignes de tramways, d'une ligne de trolleybus (ligne M3), de 67 lignes de bus qui parcourent l'agglomération de 4 h 5 à minuit dont 7 lignes Métropoles, bus à haut niveau de service, numérotées de 1 à 7 et repérables par la lettre M, 5 lignes de soirées circulant entre 20h et 23h (S1, S3, S6, S7, S9) et de 2 lignes Noctambus (N1 et N2) circulant de 0 h à 5 h en fin de semaine et circulant seulement du centre-ville vers la périphérie.Auparavant le réseau d'autobus s'organisait en deux zones; Grand Saint-Étienne et Grand Gier. Le 31 août 2017, le réseau STAS connaît une importante restructuration. Le réseau de tramway de Saint-Étienne se compose de trois lignes desservant Saint-Étienne et Saint-Priest-en-Jarez avec un réseau organisé principalement sur un axe nord-sud et possédant quasi uniquement des troncs communs. À elles trois, les lignes assurent près de 50 % du trafic. Véritable épine dorsale du réseau, le tram stéphanois arpente la grand rue sur près de 8 km.Le réseau de trolleybus stéphanois compta jusqu'à sept lignes (1, 3, 5, 6, 7, 8 et 10), il fut progressivement démantelé au fil des années et il ne reste depuis 2010 qu'une seule ligne, partiellement exploitée en autobus, la ligne M3. Début 2019, Saint-Etienne Métropole (SEM) investit 18M€ dans son réseau de trolleybus avec l'achat de 22 nouveaux véhicules de la marque Solaris, qui seront mis en service entre 2019 et 2021 sur la ligne M7 (5 en 2019, 5 autres en 2020) puis sur la ligne M3 (12 derniers n'arriveront pas avant 2021).Le réseau d'autobus stéphanois se compose de 69 lignes desservant l'ensemble des 45 communes de Saint-Étienne Métropole .Après 20h, le réseau STAS passe au mode soirée, les lignes de tramways restent les mêmes mais les lignes de bus les plus fréquentées comme les lignes Métropoles, deviennent les lignes de soirée S1, S3, S6, S7 et S9. La ligne S1 remplace la ligne M1 tout le long de la vallée de l'Ondaine, la ligne S3 remplace la ligne M3 secteurs Terrenoire, centre-ville, Tardy et Cotonne et remplace les lignes M4 et 11 dans le secteur Montplaisir, la ligne S6 remplace la ligne M6 dans les secteurs centre-ville, Fauriel, Rond-Point et remplace les lignes M2 et M4 dans les secteurs Marandinière et Métare. La ligne S7 remplace la ligne M7 entre Michon et le centre-ville et enfin la ligne S9 remplace la ligne 9 entre le centre-ville et Montreynaud où elle reprend l'itinéraire de la ligne 8. Ces lignes de soirée circulent généralement à raison de 2 bus par heure mais peuvent être moins fréquentes comme la ligne S9.Entre minuit et 5h du matin, les jeudis, vendredis et samedis soirs, le réseau STAS et la ville de Saint-Étienne mettent en place des lignes de nuit, les lignes N1 et N2, du centre-ville vers la périphérie.La société gère aussi un musée des transports urbains de Saint-Étienne et sa région qui retrace l'évolution du matériel roulant de la CFVE et de la STAS

Elle gère aussi la location de vélos avec un premier emplacement sur le parvis de la gare de Châteaucreux et depuis le 26 juin 2010, les vélocations Vélivert : 400 vélos en location longue durée et 300 vélos en location libre service répartis sur 30 stations (hors stations événementielles) : 28 à Saint-Étienne (pour 200 vélos), une à Saint-Priest-en-Jarez et une à Villars.Il existe quatre espaces transports dans l'agglomération stéphanoise : Place Dorian - St-Étienne ;

Parvis de la gare de Châteaucreux - St-Étienne ; Place du Moulin - St-Chamond ;

Station de tramway (ligne T1) Parc Champirol - St-Priest-en-Jarez. Les quatre lignes de TER gérées par la région Rhône-Alpes peuvent être empruntées par les voyageurs munis d'un abonnement T-Libr.

Les lignes sont :

(le Puy en Velay) Firminy - Saint-Étienne Bellevue - Saint-Étienne Châteaucreux - Rive-de-Gier - (Lyon)

(Firminy) - Saint-Étienne Châteaucreux - Rive de Gier (Lyon)

(Roanne) Saint-Étienne La Terrasse - Saint-Étienne Châteaucreux

(Montbrison) Saint-Étienne La Terrasse - Saint-Étienne Châteaucreux www.leprogres.fr/…/saint-etienne-le-nouveau-reseau-s… [archive]

www.nouveaureseau-stas.fr/…/zoom-sur-les-lignes-met… [archive]

CERTU, Transports collectifs urbains évolution 2007-2012, 2014, p.382

CEREMA, Transports collectifs urbains de province - Evolution 2010-2015, 2016, p.389

« www.saint-etienne-metropole.fr/…/Rapport2016CCSPL_Tr… »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?)

[PDF] « Rapport d'activité 2017 » [archive], STAS, page 8 (consulté le 3 mars 2019).

« Rapport d'activité 2015 » [archive], sur reseau-stas.fr

www.reseau-stas.fr/…/guide-des-titres-stas-janvier-… [archive]

www.reseau-stas.fr/…/docum…/guidestas-ter2017web.pdf [archive]

www.reseau-stas.fr/…/guide-solidaire-janvier-2017we… [archive]

« Plans du réseau : Pôles de correspondance » [archive], sur www.reseau-stas.fr [archive] (consulté le 16 décembre 2017) Tramway de Saint-Étienne

Trolleybus de Saint-Étienne

Autobus de Saint-Étienne

Saint-Étienne Métropole

Syndicat mixte des transports pour l'aire métropolitaine lyonnaise

Transdev

Transports interurbains de la Loire

Histoire d une OPHLM BEL AIR 50 ANS deja Le développement des logements populaires puis sociaux s’inscrit dans une logique interventionniste de l’Etat et des collectivités. Dans notre région, c’est une histoire singulière,

intimement liée à celle de Lyon, qui a influencé le positionnement des logements populaires. En effet, au XVIIIe et au XIXe siècle, la majeure partie de l’activité artisanale de Lyon, s’articulant autour du tissage, se retrouve rapidement engoncée entre deux fleuves. Ceci explique la nécessité de

l’externalisation de l’activité industrielle et artisanale vers les plaines de l’Est au début du XIXe

siècle.

Il en sera de même sur le plan démographique.

« L’histoire du logement social ne se résume à pas à l’histoire du projet politique et social […] l’histoire

du logement social, celle des cités pionnières, des HBM d’avant-guerre, mais aussi des grands

ensembles des années 60 et 80, doit donc se lire comme l’épopée des populations qui n’étaient pas

seulement en quête d’un toit mais aussi d’un milieu d’enracinement

».

Entre le bourg de 2 500 âmes en 1922, 5 600 en 1945, et les 42 000 habitants de la ville en 1980,

Saint-Priest s’est transformée pour atteindre aujourd’hui 45 433 individus. Les trente glorieuses de

l’après-guerre n’ont pas seulement amené des travailleurs des régions environnantes souhaitant

améliorer leur qualité de vie, mais aussi des populations venant d’au-delà des frontières : les PiedsNoirs, des familles portugaises, algériennes, tunisiennes et marocaines. HLM, ILN ou ILM, par choix

ou nécessité, une bonne part des San-Priots a été locataire de l’Office. Retour historique

ntre 1995 et 1999, le Parc Technologique a été le chantier de nombreuses fouilles

archéologiques révélant les vestiges, d’une histoire insoupçonnée vieille de 7 000 ans, qui ont

mis à jour la richesse et la diversité culturelle de son sous-sol remontant à la protohistoire

(période intermédiaire entre la préhistoire et l’histoire). En effet, des traces d’occupations humaines,

remontant au cinquième millénaire av. J.C. et correspondant au moyen Néolithique jusqu’à l’Age de

Bronze final (1400-850 av. J.C.), ont révélé l’existence d’habitats, attestés par des fosses servant de

dépotoir et de foyers, par de la céramique correspondant à des récipients de formes diverses (jarres,

écuelles…) et par quelques silex servant de pointes de poignard. Pour la plus récente, des fragments

de vases, de gobelets et de céramiques élaborées, des bracelets.

Mais, comme presque tous les villages du Velin, c’est à partir de l’Antiquité que le plateau de Bel-Air

semble accueillir ses premières constructions. En effet, en 1971, lors des travaux des premiers HLM

du quartier « en particulier les immeubles portant les numéros 14 à 18 de la rue Mansard2

» des

vestiges romains furent trouvés : débris de ciment, testae3

, tegulae4

et même les fragments d’un col

de dolium5

.

Si l’on ajoute à cela la proximité d’un ancien chemin romain « route de Vienne » - aujourd’hui à

proximité de la rue de l’Egalité - allant de Vienne vers le Rhône moyen, nous pouvons supposer

qu’une villa romaine se trouvait sur cet emplacement. Ce type de construction isolée était assez

fréquent au premier siècle car « les fermes et village se trouvaient rarement au bord des routes

importantes mais plutôt en retrait près de chemin comme celui-ci6

». Le site fut malheureusement

intégralement détruit lors des travaux de construction. D’autres traces de sites gallo-romains ont

également été repérées au nord du village, rue Payet, Gambetta et Johanny Berlioz, sans oublier la

colline du Château où fut découverte la stèle de Iulius Victor datant du IIe

siècle.

Nous n’avons que très peu d’information pour la période suivante, seulement quelques notes parlant

de « raids Sarrazins jusque vers l’an 928 ou encore de destructions hongroise jusqu’en 9247

». En

effet, le Moyen-Age est une période d’insécurité dans la région et ce n’est qu’au Xe

siècle que la

féodalité permet de sécuriser les populations qui s’installent plus largement sur le territoire. Les

moines d’Ainay établissent une église sur le site du Château et amènent avec eux une petite

population dont on retrouve des traces vers Saint-Martin et Manissieux. C’est d’ailleurs à cette

époque que le nom de « Saint-Priest » apparait car la paroisse était dédiée à Sanctus Praejectus,

évêque de Clermont en Auvergne au VIIe siècle. Entre le XIVe

et le XVIIe

siècle, le Velin devenant une

terre convoitée, la famille Richard prend possession de terres à Saint-Priest en 1325 jusqu’en 1645,

date à laquelle la famille Guignard achète le château dont elle sera propriétaire jusqu’en 1821. Par

contre, le domaine est divisé en 1790 et appartient principalement à des exploitants directs dont les

Cuzin, Pagnoud-Chenavard, Payet Maurice, Peillet, Calamar…

 

2

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973, p.33

3

Testae ou tuileau est formé de tuiles ou de briques en terre cuite broyées finement. Il entre dans la composition du mortier antique romain.

4

Tegulae : tuile plate qui servait à couvrir les toits, faite ordinairement d'argile cuite au four

5

Dolium : jarre antique, d'une contenance allant jusqu'à 1 200 litres et qui servait de citerne à vin, à huile ou à céréales.

6

Lucien Charbonnier, Histoire de Saint-Priest en Velin, des origines à 1789, éditions Bellier, Lyon, 1990, p.38

7

Union des Sociétés Historiques du Rhône, Saint-Priest et sa région, actes des journées d’études 2002, Lyon, 2003, p. 15

Bel-Air, le cinquantenaire

Archives municipales de Saint-Priest - jeudi 11 octobre 2018

La ferme Vachon,

vers 1970, YV

Champs de la famille Vachon à proximité

de la Cordière, début XIXe siècle, YV

Après la Seconde Guerre mondiale, Saint-Priest est encore une bourgade dont l’essentiel du

peuplement se regroupe sur deux sites :

- Le village avec la Grande Rue, les vieux quartiers du Payet, du Puits-Vieux et du Bessay

- La route de Lyon jusqu’aux établissements Maréchal et la cité PLM de l’autre côté de la voie

ferrée.

L’est et l’ouest du territoire sont quant à eux vides de constructions, comme le triangle devenu

aujourd’hui le centre-ville situé sur les lieux-dits de la Carnière, les Ronces, les Guigues où seront

construits Bellevue, les Alpes et l’Ermitage. De même pour les Longes, la Gerbicière, le Clairon, la

Cordière - où s’élèvera Bel-Air et Ménival -, et la Forêt et les Pives.

Il n’y a que quelques fermes dont celle des Cusin-Masset à l’emplacement même de Bel-Air ou celle

de la famille Vachon dont la maison se trouvait sur l’emplacement de l’actuel Espace Santé de la

Cordière. Au sud, la plaine de Saythe, est recouverte de champs de colza « jusqu’au début des années

cinquante, Saint-Priest présente donc encore l’aspect d’un gros village rural8

». C’est en quinze

années, à partir des années 60, que la ville prend sa forme actuelle. Son développement après 1980,

plutôt modéré, ne fera que corriger et diversifier l’œuvre accomplie.

Si ce développement rapide n'est pas exceptionnel après la guerre, les transformations de SaintPriest restent uniques en raison de la superficie des terrains disponibles et de l’action de la

municipalité très présente au travers de l’Office HLM. Le logement social en France

i la société idéale est prônée dès l’antiquité, ce n’est qu’au XIXe

siècle que certains utopistes

comme Jean-Baptiste Godin9

pensent un habitat collectif et social, géré par la société « Il y a

également un souci permanent des utopistes de la pensée sociale qui voulaient absolument que

les ouvriers émigrant des campagnes vers la ville soient mieux logés10 ». A la tête de ces

changements, un patron paternaliste qui sera au fur et à mesure remplacé par l’Etat et une nouvelle

idée de la politique de l’époque : le socialisme « un Etat fort, prendrait en charge les misères du

peuple11 ». S’ajoute la réalité du terrain : l’insalubrité de l’habitat populaire contre laquelle remédier

pour limiter les maladies et favoriser la croissance. Enfin, le fort exode rural nécessite que le pays

modifie ses habitudes pour s’adapter aux mutations économiques et sociales de l’industrialisation

« au début du XX

e

siècle, la France comptait 31 millions d’habitants dont 22 millions vivaient de la

terre12 ». On entre alors dans l’ère des initiatives privées où des hommes créaient sur leur territoire,

diverses sociétés ou associations de construction et de gestion de logement sociaux. A Saint-Priest,

Théophile Argence ou Charles Ottina13 en sont le symbole.

Les Habitations à Bon Marché

L’une des premières initiatives ayant un retentissement national, est la création des HBM (Habitation

à Bon Marché). Créée en 1889, née officiellement et reconnue d’utilité publique en 1894 lorsque la

loi SIEGFRIED, du nom de son initiateur, entre en vigueur. Cette loi crée les comités départementaux

des HBM, visant à encourager la construction d’habitation bon marché et salubres. A Lyon, l’année

1912 marque un tournant avec la loi BONNEVAY14qui crée les Offices d’Habitation à Bon Marché afin

d’encadrer et uniformiser la construction des logements. Cette même année signe la montée du

municipalisme à Paris, car la loi autorise les municipalités à emprunter pour construire des logements

sociaux. Après la Première Guerre Mondiale, en 1919, le même phénomène touchera Lyon avec le

maire de l’époque Edouard Herriot15

. En 1928, la loi LOUCHEUR16 conforte la réussite de ce projet. En

1938, deux décrets mettent fin à ce régime qui aura vu naître 260 000 logements.

A Saint-Priest, au début des années 1920, avec l’installation des entreprises Berliet et Maréchal, la

ville connait un essor sans précédent et les cités ouvrières ne sont pas en mesure d’accueillir l’arrivée

massive d’employés. C’est ainsi que le 21 juillet 1931, le maire, Théophile Argence17, crée l’Office

Public d’HBM dont il sera le premier Président jusqu’en 1940. Il lance un programme de construction

de 128 logements dont seuls 64, du type HBM seront bâtis entre 1936 et 1938. Suspendu pendant la

guerre, Théophile Argence ne sera pas mesure de relancer son programme de construction.

 

9

Jean Baptiste Godin (1817-1888), industriel, fabricant des appareils de chauffage, disciple de Fourier, il créa la familistère de Guise en

1858.

10 Christian Legrand, op. cit. p.23

11 Ibid.

12 Ibid. p. 30

13 Voir annexe 2

14 Laurent Marie Bonnevay (1872-1957), conseiller municipal de Lyon, député du Rhône, Président de l’Office Départemental d’HLM du

Rhône.

15 Edouard Herriot (1872-1957), maire de Lyon de 1905 à 1957, Président de la Chambre et Président du conseil des Ministres

16 Louis Loucheur (1872-1931), ingénieur et homme politique, Ministre du Travail et de l’armement, de la reconstruction, des finances et du

travail

17 Théophile Argence (1892-1975), maire de Saint-Priest de 1929 à 1940 puis de 1944 à 1945

La reconstruction, le logement provisoire et les programmes spéciaux

La seconde guerre mondiale nécessite des opérations de grande envergure pour reconstruire le pays

et répondre à l’exode rural massif de l’après-guerre. Il fallut lancer de vastes programmes dans

l’urgence, repenser une industrie du bâtiment et ses techniques, sans oublier une administration

centrale facilitant la prise de décision « les collectivités locales étant pour leur part des relais du

pouvoir central sur le terrain18 ». En matière de fabrication et de construction, on met en place toutes

les méthodes et les procédés possibles susceptibles de réduire le prix de revient. Entre 1940 et 1956,

la période dite de la reconstruction, la France construit 785 000 logements.

A Saint-Priest, la crise est telle qu’en 1946, le conseil municipal charge une commission municipale

du logement d’inventorier « les logements inhabités pouvant être réquisitionnés19 ». Les jeunes

ménages comme les nouveaux arrivants ne pouvaient pas s’installer. La situation était telle qu’il fut

même envisagé de construire des baraquements provisoires en bois. Une cité d’urgence (25

logements), fut donc construite en 1954, le long de la rue de l’Abbé Pierre. Démolie en 1979, elle

accueillit les plus démunis.

 

18 Christian Legrand, op. cit. p. 35

19 Conseil municipal du 5 juillet 1946, Archives municipales de Saint-Priest

Les Habitations à Loyer Modéré (HLM) et les grands ensembles

En 1950, le logement social change d’appellation : l’Habitation à Bon Marché (HBM) devient

Habitations à Loyer Modéré (HLM). La loi du 21 juillet 1950 institue un système de primes et de prêts

spéciaux destinés à favoriser la reprise de l’initiative privée. Dès 1955, la France met en place la

politique des grands ensembles pour atteindre son apogée en 1970. Ces programmes, avec de

grandes difficultés dans leur gestion, permettent, seulement en partie, de répondre à la pénurie de

logements « la France n’a pu su gérer sa période du Baby-boom, elle ne sut pas où loger les jeunes

nés après 194520 ». Entre 1958 et 1970, quelques 300 000 à 450 000 logements par an sont

construits. Il fallait non seulement répondre à l’exode des ruraux vers la ville, mais également à

l’urgence provoquée par les destructions massives de la guerre accentuées par une forte immigration

et le retour non programmé des français d’Algérie.

Lyon, comme toutes les grandes agglomérations de métropole, connait une vague de grands

ensembles implantés en banlieue « sur de vastes terrains disponibles sans forcément se soucier à

l’époque du mal vivre que cette concentration créé21 ». L’agglomération voit fleurir les grands

ensembles : les UC à Bron, les Minguettes à Vénissieux, la Duchère à Lyon 9e

, Mermoz à Lyon 8e

et

Bel-Air à Saint-Priest. Ces réalisations ont correspondu aux besoins d’une époque même si d’autres

solutions à plus long termes auraient pu être envisagées et ainsi permis d’éviter certains conflits

sociaux et générationnels.

A Saint-Priest, le 12 avril 1947, Charles Ottina, est élu Président du conseil d’administration de

l’Office Municipal des HBM et le reste jusqu’en 1974. L’action de l’Office est étroitement liée à la

municipalité dont dépend son existence, en effet, si la plus grande part des ressources proviennent

des avances de l’Etat, elles ne sont assurées que si la commune apporte sa garantie à hauteur de 15%

« fournis par cette dernière sous forme de dotations de terrains, de voiries et services divers22 ».

Sous son impulsion, l’activité reprend en 1952 et en 1954, l’office des HBM devenus «Office HLM de

Saint-Priest » entreprend la construction de nouveaux logements. Il sera d’ailleurs, jusqu’en 1961, le

seul à construire des immeubles d’habitation :

- 1954 : cité d’urgence de l’Abbé Pierre, rue de l’Abbé Pierre

- 1954-1956 : 192 logements HLM, Cité du Parc et de l’Esplanade

- 1956 : 50 LOPOFA (logements populaires et familiaux) le long de l’avenue Jean Jaurès

- 1959 : 40 logement HLM, rue Louis Loucheur

- 1960 : 20 logements HLM, 20 rue Gallavardin

- 1961-1962 : 40 logements HLM, avenue de la Gare

A partir de là, les programmes immobiliers mis en route seront sans commune mesure avec ce qui

avait été envisagé précédemment. Finis les « petits projets », il est maintenant question de centaines

de logements. Saint-Priest devient durant une dizaine d’années, un chantier de construction

« pendant ce temps, au village, la vie continue, troublée seulement par le passage des camions qui

défoncent la chaussée23 » :

- 1962 : 50 logements à Edouard Herriot

- 1962-1964 : 300 logements HLM à la Cordière

- 1967-1970 : 741 logements à Bel-Air I

- 1969 : 140 logements PLR (programme loyer réduits) à Louis Braille24

- 1969 : 54 logements-foyers pour personnes âgées

- 1970 : 236 logements PLR à Mansart

- 1972-1975 : 799 logements à Bel-Air II

- 1973 : 76 chambres au foyer pour travailleurs indépendant, rue de la Cordière

- 1977 : 120 logements à la Résidence le Clairon

- 1977 : 560 logements à Bel-Air III

- 1979 : 43 logements PLR rue de l’Abbé Pierre

Saint-Priest a été parmi les premières villes de l’Est Lyonnais, à pouvoir accueillir et héberger dans un

délai extrêmement court, des réfugiés et des familles, dans des appartements confortables avec un

loyer accessible « ce bilan chiffré, dont nous pensons avoir quelque raison d’être fiers

comparativement à l’importante de notre cité, nous le livrons, sans crainte, à votre jugement,

persuadés que peu de municipalités peuvent se prévaloir d’une action aussi soutenue au profit des

familles modestes, des jeunes ménages et des personnes âgées

A cette époque, on considère comme seule solution, au problème de logement, que des logements

collectifs, vite édifiés sur un minimum d’espace et relativement peu chers « ils [les pouvoirs publics]

n’imaginaient pas les difficultés que pourrait, par la suite, générer ce type d’habitat26 ». Saint-Priest

n’a pas fait exception et le maire, grâce à l’Office, entreprit de créer une ville nouvelle. Pour cela, la

ville se dota, dans un premier temps, d’un nouveau centre urbain afin d’unifier les deux Saint-Priest :

le village d’une part et le quartier de la gare et la cité Maréchal de l’autre. L’Office public des HLM

Provisoirement installé au début des années 1960 dans le château, l’augmentation du parc de

logements nécessita la construction d’un nouveau siège administratif. Conçu par le Cabinet Thiollier,

il sera installé au cœur des nouveaux ensembles sur le plateau de Bel-Air, au pied de la Cordière. Il

est inauguré le 21 juin 1975 en présence du Préfet de Région Pierre Doueil, et le maire Marius Joly.

De nombreuses personnalités sont présentes dont le Président de l’Office, le Docteur Rossez et la

Directrice, Marie Josette Hermelin. Le tout nouvel Office dispose d’un Service administratif, d’un

service technique, d’un service de surveillance ainsi que d’une équipe d’ouvrier assurant l’entretien

courant et les réparations les plus urgentes Au seuil des années 90, les préoccupations se déplacent : il faut développer l’entretien des

immeubles, poursuivre les réhabilitations qui avaient démarré dès 1978, et se rapprocher du

locataire pour mener à bien ces projets. C’est ainsi que quatre antennes techniques décentralisées

sont créées dont une se trouve toujours au 2 rue du 8 mai 1945. Une commission mixte est

également mise en place intégrant les représentants des associations de locataires et les

administrateurs : elle deviendra le Conseil de Concertation Locatif. Le locataire est désormais un

partenaire permanent de l’Office dans l’ensemble de ses activités.

En 1997, l’Office

Public des HLM

devient Porte des Alpes Habitat. En 2014, Porte des Alpes Habitat et Villeurbanne Est Habitat ne font

plus qu’un, sous le nom d’Est Métropole Habitat. Le rapprochement de ces deux organismes,

porteurs de valeurs communes a pour objectif d’accroître la capacité d’intervention et de renforcer

l’efficacité auprès des habitants. Est Métropole Habitat revendique aujourd’hui un patrimoine de

plus de 15 000 logements sur les communes de Villeurbanne, Saint-Priest, Vaulx-en-Velin, Mions,

Décines, Saint-Genis-Laval, Vénissieux, Sérézin-du-Rhône, Meyzieu, Saint-Symphorien-d’Ozon, SaintFons et Bron.

Présentation du plateau de Bel-Air, La Cordière, Ménival

E quartier situé à l’est de la commune de Saint-Priest est le plus important groupe d’habitat

social de la commune. Avec ses 12 000 habitants, rien que Bel-Air représente plus de 25% de

la population communale. Cet ensemble a été construit par phases successives entre 1964 et

1978 sur une surface de cent hectares.

En 1964, le nouveau visage de la ville se dessine avec ces immeubles remplaçant peu à peu les prés

et les champs. Le premier ensemble, celui de la Cordière, n’était que le prélude d’un vaste

programme d’habitation dont Bel-Air et Ménival font partie « le procédé Pascal27 […] va permettre en

particulier d’édifier en un temps record les quatre groupes de Bel-Air et de Ménival, soit 700 à 800

appartements chacun. Ainsi ne faudra-t-il guère plus de deux ans pour qu’un groupe soit terminé à

Bel-Air @ « Les trois Bel-Air »29

Après l’achèvement des 300 logements de la Cordière, dès 1965, l’Office municipal veut

entreprendre immédiatement le nouveau programme de Bel-Air I. Mais les finances de l’Etat ne

permittent d’obtenir les premiers crédits qu’en 1967 grâce à la ténacité du Maire Charles Ottina. A

partir de ce moment-là, les travaux avancent rapidement, début août 1968 les 116 logements de

l’ensemble A étaient occupés et à la fin de cette même année, ceux de l’ensemble B étaient en voie

de l’être. La livraison des premières tours, destinées aux jeunes ménages et aux retraités – les seules

à comporter 3 pièces – se fera dans la foulée. En 1970, les HLM peuvent ainsi disposer de 738 logements à Bel-Air I. Les premières locations sont

réservées en priorité à deux types d’occupants : d’abord les fonctionnaires municipaux et ensuite le

personnel desentreprises qui avaient participé à la construction et envers lesquels l’Office « avait une

dette ». Dette dont ils doivent s’acquitter en proposant des logements à leurs salariés. Aussi les

appartements de Bel-Air furent d’abord attribués à des instituteurs, des employés de la Mairie, des

agents de l’Etat et à des personnels des 47 entreprises concernées. La deuxième tranche du

programme de Bel-Air II avec ses 780 logements verra le jour en 1972. Elle aussi sera achevée en

deux ans et comportera des appartements allant du studio au F5. Enfin en 1977, débute la dernière phase du projet. Séparé des deux autres groupes par un grand

champ, que son propriétaire refusa de vendre mais, qui inscrit au cœur de la cité un important

espace vert, Bel-Air III offrira ses 632 logements. La population de ce troisième groupe compte un

pourcentage de classes moyennes et de cadres bien supérieur à celui des deux autres ensembles. De

plus, une petite décennie sépare Bel-Air I de Bel-Air III et pourtant le traitement des espaces n’est

pas le même, preuve que les leçons du passés ont été retenues. Tirant sans doute les leçons des inconvénients manifestes des Alpes et de Bellevue dans le domaine

des espaces verts, Ottina et la direction de l’Office auront le souci d’aménager autour des immeubles

de Bel-Air des aires de jeux et de verdure « pour être harmonieux et agréable à vivre, un ensemble de

logements doit aussi être conçu pour faciliter la vie familiale. C’est ainsi que sont créés, ou en cours de

création dans les nouveaux groupes, les commerces de première nécessité qui procurent à la mère de

famille la possibilité de s’approvisionner à proximité de son domicile. C’est aussi pourquoi tous les

ensembles HLM sont dotés d’abords d’importants, aménagés en espaces verts et en espaces libres,

avec terrains de jeux pour les petits et les plus grands ». Bel-Air III marque ainsi la fin des grands ensembles immobiliers à Saint-Priest, la municipalité ayant

décidé, dès 1973, de freiner l’urbanisation de la ville. En effet, toutes ces constructions nécessitent

également la mise en place d’un environnement de services de toute nature : commerces allant de

l’alimentation à la pharmacie, écoles, terrains de sport, centres médicaux, sociaux, culturels, etc.

Sans parler de toutes les infrastructures dont la ville assumera la charge en même temps que

l’éclairage public « lorsqu’on veut l’expansion d’une cité et que tout est à faire, des choix s’imposent.

Les priorités données au problèmes fondamentaux : logement, eau, voirie, assainissement, écoles,

équipements sportifs, ont un sens social31 ». Quant aux transports, ils resteront longtemps un des

points faibles du secteur « ce problème, particulièrement important, déborde bien entendu le cadre

local32».

Les ILN (immeubles à loyer normalisé)

En même temps que se termine Bel-Air I, deux petits immeubles ILN de 60 à 10 appartements

destinés aux familles plus aisées sont aussi en voie d’achèvement sur le site. Ces appartements, d’un standing supérieur à celui des HLM ordinaires, devaient permettre de reloger les foyers dont les

revenus dépassaient le plafond prévu pour bénéficier des HLM, plafond qui avait été abaissé de 10%

en 1968, par décision du ministre Albin Chalandon. Le maire Charles Ottina habitera dans un de ces

ILN. Le petit nombre de logements proposé ne suffira pas à résoudre le problème de dépassement de

ressources et les HLM seront contraints, malgré leurs réticences, à appliquer des surloyers.

Les PLR (programme à loyer réduit)

Même avec la baisse des 10% du plafond de ressources, les HLM restaient cependant inaccessibles à

des nombreux foyers très modestes qui ne pouvaient assumer le montant des loyers, pourtant plus

faibles que ceux du privé. C’est à leur intention que le gouvernement envisagea la possibilité d’édifier

des immeubles dont les coûts de revient, inférieurs à ceux des HLM, permettraient de loger les

familles les plus pauvres, moyennant une participation financière réduite. Une diminution des coûts

implique une évidente diminution des surfaces et de la qualité. Malgré tout, ces PLR, rappelant les

anciens LOPOFA, pouvaient offrir des logements corrects avec chauffage collectif.

L’office municipal entreprend leur réalisation, dès août 1969, pour répondre aux besoins des

personnes à petits revenus ou encore des ménages sans allocation logement. Deux groupes PLR

furent ainsi édifiés très rapidement autour de Bel-Air, l’un au nord, le groupe Braille-les-Longes avec

140 appartements, l’autre au sud, le groupe Mansart, en 1970, avec 236 logements. Quelques

années plus tard, en 1974, aux abords de l’ancienne cité Maréchal, rue des Glaïeuls, 55 PLR seront

aussi mis en location.

Si l’on ajoute cela aux chiffres déjà cités, on constate qu’entre 1967 et 1977, les HLM de Saint-Priest

ont ainsi mis à la disposition des habitants le chiffre impressionnant de presque 3 000 logements.

Malgré tout, au cours de ces années, l’activité des promoteurs privés n’est pas ralentie, avec tout

d’abord l’achèvement de Bellevue et la construction d’Alpes Azur et surtout, voisine de Bel-Air, celle

de Ménival, puis de la résidence de Saythe.

L’accession à la propriété

Suite à la réalisation réussie des logements sociaux, l’expérience se poursuivit en favorisant

l’accession à la propriété « elle paraissait être un moyen privilégié pour élever le statut social des

personnes à revenus modestes33 ». Pour cela, il fallait associer les représentants des organismes

susceptibles d’apporter les compléments de financements, comme la Caisse d’Epargne de Lyon, le

Crédit Foncier, la Caisse d’Allocation Familiales, la Préfecture du Rhône. Le domaine Ménival de Lyon

5

e

fut la première opération lancée et devant son succès, une autre opération fut lancée à SaintPriest. Suivant le même montage, 831 logements furent construits par la même équipe d’architectes

dont Charles Delfante34 « il faut noter que l’Office HLM de Saint-Priest a été l’un des premiers

organismes de la région, et le premier de la COURLY à lancer des opérations d’accession à la

propriété» Ménival les Gravières36 (construit entre 1966-1969) a été élaborée dès la conception en prenant en

compte l’utilisation de la préfabrication lourde à partir d’éléments finis fabriquées en usine. L’emploi

de ce procédé permet une économie importante sur la main d’œuvre et une rapidité d’exécution

spectaculaire. On peut regretter l’uniformité des plans et une répétitivité systématique des façades

mais, à l’époque, c’est un exploit. Plusieurs chantiers suivirent dont 437 logements à Plaine de

Saythe37 (1970-1973) ou encore le Clairon (1977) avec 71 logements sur 120 en accession de

propriété. Composition, situation et typologie du groupe38

Cet ensemble est composé de 3 659 logements dont 2 985 sont en gestion locative sociale. Le parc

HLM est la totale propriété de l’office municipal de Saint-Priest. Ces habitations sont désormais

désenclavées par la construction de la rocade est de Lyon qui leur confère le statut d’entrée

privilégiée de la ville. Par ailleurs, elles bénéficient de la proximité du parc de loisirs du fort. Ces

immeubles répondent tout à fait aux critères de composition urbaine et typologique des

constructions issues des années 1960-1970 avec des tours et des barres semblables aux autres cités

de l’agglomération. Toutefois, ils disposent d’espaces centraux libres relativement importants et

agréables qui offrent certains aspects des cités jardins39. Chaque groupe bénéficie également de ses

propres commerces, d’un groupe scolaire et d’une crèche40

:

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces Bel-Air I (rue de Bel-Air)

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1977 : ouverture d’un crèche familiale (10 rue du 8 mai 1945)

1977-1978 : construction GS Bel-Air III - Pablo Neruda

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte

échelle) et de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas) L’objectif est de créer au sein de la ville, des ensembles indépendants offrant des services de

proximité. A cela s’ajoute des équipements d’utilité publique améliorant la qualité de vie des

habitants :

1968 : construction de la clinique privée

Pasteur

1969 : construction du Foyer Logement pour

Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médicosocial au 10 rue de Bel-Air

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des

Pompiers de Bel-Air41

1977 : ouverture du Centre social Louis Braille

1982 : le restaurant scolaire François Mansart

est aménagé pour devenir un local associatif

La réhabilitation de la cité

A partir des années 1980, le parc HLM vieillissant, il devient urgent d’entreprendre des travaux. Dès

1985, des petits travaux sont réalisés mais ce n’est qu’à partir de 1989 que les actions du DSU-DSQ

(développement social urbain et le développement social des quartiers) permettent de répondre à une

première crise. Puis l’Office, commence la réhabilitation de son parc qui ne cesse d’augmenter. Les

travaux de Bel-Air seront parmi les tous premiers entrepris et durent encore.

n 1982, le rapport Dubedout « Mieux vivre en ville » engage les pouvoirs publics dans une

politique de renouveau des quartiers les plus démunis à la limite de l’isolement. La mise en

place du DSQ a permis de rompre le cercle vicieux et, comme à Saint-Priest, de faire revenir les

classes moyennes. Le développement social urbain est né avec les contrats de ville, il « constitue

l’acte d’engagement par lequel les collectivités et l’Etat décident de mettre en place un programme

pluriannuel de développement social urbain à l’échelle de l’agglomération ou d’une commune42

». Il

permet de réintégrer au sein de la ville les quartiers par des opérations d’ordre :

- Spatial : traitement des espaces, des désenclavements ;

- Social : politique de peuplement

- Fonctionnel : circulation et communication

Le contrat de ville devient la procédure unique de définition et de mise en œuvre de la politique du

DSU. Celui-ci a aussi pour objectif de centraliser et de coordonner toutes les autres procédures de

développement social urbain en lien permanent avec habitants notamment au travers des

questionnaires et des réunions de concertation comme cela fut et est toujours le cas à Bel-Air.

A Saint-Priest, lorsque Bruno Polga43 devient maire, la ville avec plus de 42 000 habitants, comme

toutes les villes en périphérie de Lyon, rencontre des problèmes avec son ancien parc HLM. Malgré

son nouveau centre-ville, Saint-Priest ne semble pas trouver son identité tandis que le village n’est

qu’un lieu de passage. Les grands ensembles comme Bel-Air, faute d’entretien, se dégradent peu à

peu. Plusieurs axes vont alors être développés afin de corriger les erreurs du passé : redonner un vrai

centre-ville, décloisonner les différents quartiers, améliorer les axes de circulation, accroître les

transports en commun et créer de nouveaux équipements. Il faut également aider les quartiers

défavorisés en luttant contre le chômage et amplifier l’activité économique et la formation

professionnelle. Saint-Priest possédait, et possède toujours, une position au carrefour d’axes

importants favorisant l’installation d’entreprises permettant la création de nouveaux emplois.

Si pendant son premier mandat (1983-1989) Bruno Polga s’est concentré sur le centre-ville avec les

projets Banlieue 89 et la ZAC Mozart - Carré Rostand, son second mandat (1989- 1995), porte sur la

résolution du problème des logements sociaux dont les Alpes, Bellevue et Bel-Air. L’un des chantiers

le plus important est celui de la réhabilitation des immeubles de Bel-Air I et II « avec la reprise

complète de l’espace urbain et l’installation d’équipements44 ». La rénovation des plus anciens a été

entreprise dès 1986 – Édouard Herriot, Diderot et la Cordière – mais ceux de Bel-Air, plus récents se

dégradent eux aussi. Bel-Air III, normalement entretenue, souffre de cette proximité. D’ailleurs, il est nécessaire dès 1985, d’effectuer des travaux urgents à Bel-Air I et II : réfection des peintures dans les

allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres, etc. Ce n’est qu’en 1989 que deux

premiers bâtiments, rue du 8 mai, sont restructurés (F4 et F5 en F2 et F3). Dans le même temps, en

1990, le Développement social des quartiers de Bel-Air est lancé en collaboration avec l’Etat, la

Région, la COURLY, la ville et l’Office « il s’agit d’un programme destiné à améliorer la vie dans les

quartiers densément peuplés […] avec ses 3 000 logements sociaux, Bel-Air est choisie pour une

rénovation sociale, de l’habitat et de l’environnement Il s’agit d’une réorganisation spatiale et une recomposition interne des sous-quartiers « durant ces

quarante dernières années, différents projets urbains vont s’inscrire dans cette logique de reconnecter

les éléments46 ». Il s’agit, entre autre, d’aménagement des équipements comme la Maison de

Quartier Claude Farrère47 ou la MJC -Maison des Jeunes et de la Culture- Jean Cocteau. Une

redéfinition des espaces verts a permis de rééquilibrer les besoins en matière de zones d’évolution,

de zones de parking et de voies de circulation comme par exemple la suppression des impasses, la

création de nouvelles artères plus larges et de ronds-points pour relier les ensembles. En parallèle de

ces opérations, l’Office procède à la réhabilitation du bâti, ce qui a eu pour effet, d’attirer de jeunes

ménages et les personnes âgées dans les petits logements « un architecte différent intervenait à

chaque fois, rencontrant régulièrement les locataires pour connaitre leurs souhaits, discuter avec eux

des priorités à établir et choisir la couleur des allées, des façades. Cette diversité permit d’éviter l’uniformité des bâtiments 48». La réhabilitation des logements : maçonnerie, étanchéité, réfection de

plusieurs allées sur Bel-Air II, renforcement des portes de caves, des travaux de chaufferies,

éclairages des halls d’allées et des bâtiments de Bel-Air I et II, est accompagnée de la mise en place

de services et de commerces. De manière plus précise :

1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1987 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement

une maison de quartier

1992 : prolongement de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : inauguration de la maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1994 : inauguration de la MJC (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés »

(EHPAD ex MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : extension du centre social Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs impliquant la démolition de logements et création de nouvelles

voies de circulation

2018 : Inauguration de la Maison de Quartier Claude Farrère réhabilitée

2018 : inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino,

joueuse internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit

prince de Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM Et Aujourd’hui ?

Aujourd’hui49

, malgré tout, le plateau reste confronté à de nombreuses difficultés d’ordre culturel ou

générationnel entre les habitants de ces divers quartiers. Ces tiraillements ont fortement alourdi la

réhabilitation sociale de la cité. Cependant le plateau de Bel-Air dispose de larges terrains et espaces

vierges qui servent de lieux de libre expression. La population est relativement jeune, la taille des

ménages est moyenne et parmi les ménages allocataires de la CAF, un quart sont des familles

nombreuses. La vacance des logements est faible. Les logements en copropriétés sont

essentiellement occupés par leurs propriétaires. Les appartements de 4 ou 5 pièces sont les plus

nombreux. Le taux d’activité est élevé du fait de la proximité de zone industrielles ou artisanales et

de la zone de chalandise de la « la Porte des Alpes ».

Au final, si l’on prend en compte le taux d’occupation moyen de 2.5 personnes et un taux de

rotation de 10%, on peut dire que depuis 1964 c’est l’équivalent de la population actuelle (45 000

personnes) qui a été logée sur le plateau de Bel-Air @ 1964 : construction de la Cordière (260 logements)

1966-1969 : construction de Ménival (831 logements)

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1968 : construction de la clinique privée Pasteur

1968-1970 : construction de Bel-Air I (738 logements)

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces rue de Bel-Air

1969 : construction du Foyer Logement pour Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médico-social au 10 rue de Bel-Air

1969 : construction de 10 logements ILN (Immeuble à Loyer Normalisé) rue du 8 mai 1945

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

Février 1970-1973 : construction de la résidence de Saythe

1970 : construction du gymnase François Arnaud

1970 : construction HLM Louis Braille (140 logements)

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1972-1975 : construction de Bel-Air II (779 Logements)

1973 : construction collège Boris Vian

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1975 : inauguration du siège de l’Office public HLM en présence du premier ministre Reymond Barre

(créé en 1960 et installé au château)

15 juin 1976 : achat par les habitants de la copropriété Ménival-les-Gravière du Centre Social

1977-1978 : construction de Bel Air III (560 Logements)

1977 : ouverture du centre Social Louis Braille

1977 : ouverture d’une crèche familiale au 10 rue du 8 mai 1945

1977 : construction HLM du Clairon

1977-1978 : construction GS Bel Air III - Pablo Neruda (frise par Siesla, artiste Lyonnais)

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte échelle) et

de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas)

1978 : construction de la cuisine centrale à Bel Air I

1978 : construction d’un local au 25 bis rue Claude Farrère qui servira de restaurant scolaire et de

Maison de Quartier.

1980 : disparition des dernières fermes du Clairon

1980 : construction école privée Jeanne Arc

1982 : le restaurant scolaire François Mansart est aménagé pour devenir un local associatif

1983 : construction lycée d’enseignement professionnel Fernand Forest 1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1986 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments à Bel-Air I, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : fermeture de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement une

maison de quartier

1992 : ouverture de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1993 : construction du Lycée général Condorcet

1993 : inauguration de la Maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1994 : inauguration de la Maison des Jeunes et de la Culture (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés » (EHPAD ex

MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : fermeture de la clinique Pasteur

22 mars 2009 : extension du CS Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs et création de nouvelles voies de circulation

2016-2017 : démolition de l’Office HLM et transfert rue Maréchal Leclerc

2017 : fermeture de l’Agence ANPE (départ pour la rue Aristide Briand)

2018 : réhabilitation de la Maison de Quartier Claude Farrère

2018 : Inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino, joueuse

internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit prince de

Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM

Charles Ottina, « le Bâtisseur »51

Maire de Saint-Priest entre 1949 et 1972, Charles Ottina domine durant quatre mandats consécutifs

la vie publique locale. L’auteure, Christiane Roussé, dit de lui qu’il fut « le bâtisseur » qui donna au

Saint-Priest d’aujourd’hui ses particularités : une cité cosmopolite et dynamique.

Né en 1902 à Lyon, Charles Ottina sort ingénieur de l’école de Cluny et

fut pendant 27 ans au contrôle des fabrications d’armement. Marié à

une San-Priote, ils habitent longtemps dans une maison de location au

bas de la Grande rue du village - face à l’actuelle Caisse d’Epargne -

avant de s’installer dans le nouveau quartier de Bel-Air dans un ILN,

rue du 8 mai 1945.

Charles Ottina débute sa carrière politique dès 1935, en tant que conseiller municipal de Théo

Argence. Ulysse Cœur le choisit comme adjoint dix années plus tard. Investi sur tous les fronts, il

devient en 1947 président du conseil d’administration de l’Office d’HLM et en 1969 vice-président de

la COURLY (aujourd’hui Métropole de Lyon).

En 1949, élu maire, il commence la

transformation de Saint-Priest. Il dote la ville

de toutes les infrastructures nécessaires à une

ville en pleine expansion : 2 500 logements

HLM, 3 stades, une piscine, 2 bureaux de

postes, 11 écoles, 2 collèges, un réseau

d’assainissement, la cité résidentielle Edouard

Herriot, etc. Il transforme la bourgade de 5

600 habitants en une ville de 34 000. Il gère

grâce à sa forte personnalité la municipalité

« comme un patron ». Si certains décrivent

une personnalité autoritaire, il conquit le

cœur des San-Priots et son successeur, Marius

Joly, en fit une fidèle description : « c’était

avant tout un homme d’action et ce trait est

bien celui qui s’impose à l’évidence dans sa

personnalité pourtant si riche. Les difficultés, loin de le rebuter, fouettaient son énergie, sa volonté,

son acharnement. Rares sont les obstacles qui n’aient pas cédé devant sa détermination ».

Pour des raisons de santé, il quitta son poste le 21 octobre 1972. La maladie l’emporte le 16 juin

1974, quelques mois après le décès de son épouse Jeanne. Bruno Polga, le visionnaire52

Né dans une famille Italienne en 1935 à

Vénissieux, Bruno Polga est venu vivre à

Saint-Priest à l’âge de 2 ans. Habitant

avec ses parents à la cité Rosset, il sera

tout particulièrement sensibilisé au

problème de logement social. Il suivra sa

scolarité à l’école de la gare, dès 1940,

jusqu’à son certificat d’étude qu’il

obtient en 1949. Diplômé d’un CAP

d’ajusteur en 1952, il mènera une

carrière de dessinateur industriel

jusqu’en 1972, date à laquelle il crée

son entreprise de négoce.

Très tôt, Bruno Polga fait preuve d’engagement notamment auprès de la CGT, qu’il intègre dès son

entrée dans la vie active. Puis, il entre dans la vie politique, en 1966, en devenant le président du

premier club socialiste de la ville. C’est d’ailleurs à cette époque qu’il rencontre François Mitterrand,

leader de ce nouveau mouvement. En 1977, après la victoire de la gauche unie aux élections

municipales, il est choisi comme premier adjoint de la ville de Saint-Priest. En 1983, il est élu maire de

la commune jusqu’en 2003, date à laquelle il s’était engagé à démissionner.

A l’origine du nouveau centre avec le projet Banlieue 89, il s’occupe également du centre historique

avec la réhabilitation de l’ancienne mairie et du Château. Sans oublier le logement social dont il

lancera un vaste programme de réhabilitation. Dans la lignée de Théo Argence et Charles Ottina, il a

durant 20 années, continué d’équiper la ville dans les domaines sociaux, culturels, sportifs,

transports et petite enfance pour la transformer en cité moderne. Conscient des erreurs du passé, il

mena une politique marquée par l’acquisition de réserve foncière pour pouvoir contrôler le

développement de la ville « afin d’apporter une réponse concrète aux problèmes posés par

l’urbanisme sauvage des années 60 ». Il souhaite préserver les parcs, des jardins et des lieux de vie

qu’il considère comme « un patrimoine à part entière ». Très critiqué, ce choix se révéla judicieux

puisqu’il permit à la ville de choisir son développement. La caserne des pompiers de Bel-Air53

L’histoire des pompiers de Saint-Priest commence en

1884 avec la création de la société de secours et l’achat

d’une première pompe à incendie par un groupe de

pompiers libres. Située au village, la société acquiert

trois autres pompes : pour Manissieux, la Fouillouse et

la Grande rue. Si, dès 1933, les casernes lyonnaises se

professionnalisent, ce n’est qu’après la guerre en 1947,

que la commune, dans le cadre de la création du S.D.I.

du Rhône, est rattachée au centre de secours de Lyon

« les volontaires et leurs pompes à bras disparurent

complétement » (Jacques Périer, historique des

Sapeurs-Pompiers du Rhône).

D’abord une volonté de l’Etat-Major souhaitant améliorer les secours dans ce secteur, la ville

autorise en 1970 la création d’une caserne provisoire au cœur du nouveau quartier de Bel-Air, place

du 8 mai 1945, au bout de la rue du même nom qui n’est alors qu’une impasse. Inaugurée le 8 mars

de la même année, la nouvelle caserne de la 5e

compagnie professionnelle permet d’accueillir jusqu’à

70 pompiers professionnels. Elle se compose d’un garage, de deux bâtiments abritant des locaux

techniques et de 20 chambrées destinées à accueillir les pompiers de garde. A cela s’ajoute les 19

appartements, mis à disposition par l’office HLM, du 26 et du 28 rue du 8 mai 1945 réservés aux

officiers et sous-officiers. La caserne sera opérationnelle jusqu’en 1991, date à laquelle la compagnie rejoindra les bâtiments

des ateliers généraux, installés depuis 1985, rue du Dauphiné. Aujourd’hui, il ne reste qu’un noyer, à

côté de la maison médicale, marquant l’ancienne limite de la caserne. Les mini-crèches54

Si en 1972 une première halte-garderie s’installe rue de Bel-Air, puis en 1977 une crèche familiale au

10 rue du 8 mai 1945, ce n’est qu’en 1978 que la municipalité prend conscience de la nécessité

d’offrir un lieu pour les plus jeunes. Décidée par le maire Louis Gireau (1977-1983), la création de

crèches s’inscrit dans un grand projet de modernisation des structures d’accueil de la ville :

l’ouverture de trois mini-crèches municipales dont deux à Bel-Air, intermédiaire entre la crèche

familiale et la crèche collective, sont installées dans des locaux plain-pied « pour que les enfants

puissent jouer à l’extérieur, dans un jardin facilement accessible55 » et rattachées au Bureau d’Aide

Sociale au 1er Janvier 1979. Il s’agit des mini-crèches de l’Edelweiss – aujourd’hui 3 Petits Pas – et

celles de la Clairière – aujourd’hui Courte Echelle. La Clairière sera la plus grande des trois minicrèches car elle accueille également le centre administratif des trois établissements dirigés par Mme

Gineste et sa secrétaire Mme Michelle Corbet.

Elles ont été inaugurées le 5 décembre 1978, en compagnie du Maire de Saint-Priest, M. Louis

Gireau, par M. Pierre Mauroy, député-maire de Lille et Président du Conseil Régional Nord-Pas de

Calais entouré d’une centaine d’invités dont M. Franck Serusclat, sénateur-maire de Saint-Fons et

Joseph Sibuet, conseiller général du canton, En 1988, le système des mini-crèches ne permet plus de répondre à la demande croissante de la

population. Saint-Priest décide de créer trois « Maisons de la petite enfance » doublant ainsi les

capacités d’accueil des tout-petits. La première dans le quartier des Garennes, les deux autres sur le

plateau : Bel-Air I –aujourd’hui Courte Echelle - et Rue Claude Farrère – aujourd’hui 3 Petits Pas.

L’ensemble des aménagements intérieurs sont réalisés à partir des travaux du Professeur Hubert

Montagnier (psychophysiologiste dans le champ du développement, du comportement et des

rythmes de l’enfant). Les maisons de quartier Claude Farrère et le local associatif

François Mansart

Le développement des Maisons de Quartier est avant tout le projet d’un Maire, Louis Gireau (1977-

1983) qui souhaite offrir un lieu d’accueil pour les différentes activités des habitants de chaque

quartier.

La Maison de Quartier Claude Farrère

Elle est installée au cœur de Bel-Air II dont les derniers bâtiments voient le jour en 1974. Un premier

local est construit au 25 bis rue Claude Farrère dans le cadre des « m

2

sociaux » que doivent compter

tout programme HLM. Avec comme première utilisation, l’accueil du restaurant scolaire de l’école

Claude Farrère, il faut, ensuite, un local d’activité pour les jeunes. Le bâtiment mesure alors 152 m2

et comprend une partie administrative et une partie « atelier espace de jeux-réunions ».

En 1992, la mairie décide de rénover et d’agrandir le bâtiment pour qu’il devienne une Maison de

Quartier à part entière. Elle offre dorénavant 300m2 supplémentaires d’activité aux enfants et aux

jeunes du quartier : une grande salle de festivité, une cuisine équipée, un espace atelier réunion, une

antenne du Bureau Information Jeunesse, un espace jeu et le bureau des associations ainsi qu’un

amphithéâtre aménagé à l’extérieur permettant d’organiser des mini-concerts, des pièces, etc. Elle

est d’abord gérée par le CPNG puis par la fédération Léo Lagrange à partir de 1999.

En 2017, d’importants travaux de réhabilitation et d’aménagement extérieurs furent réalisés comme

la réfection des salles d’activités, le transfert de l’accueil, la mise en accessibilité, l’installation d’une

nouvelle aire de jeux et la création d’un cheminement piéton pour renforcer le lien avec l’école

voisine. Elle est ré ouverte depuis janvier 2018. Le local associatif François Mansart

Tout comme Claude Farrère, le local François Mansart est à l’origine destiné à accueillir le restaurant

scolaire de l’école du même nom. Au fil des ans, son utilisation évoluera pour être un lieu où se

retrouvent les associations et même un relais d’assistante maternelle. Il porte depuis l’été 2018, le

nom de l’espace Bulle d’air Mansart afin de « marquer l’évolution de ce local devenu avec le temps un

véritable lieu de ressourcement pour les enfants, les familles et les assistantes maternelles @ La maison des jeunes et de la culture

La création de la MJC est avant tout un désir de la

municipalité souhaitant mettre à disposition du

Groupement des Jeunes une salle dans l’étage supérieur

du Château. Le foyer des jeunes sera inauguré en février

1961. L’année suivante deux salles supplémentaires sont

mises à disposition afin de créer une bibliothèque et une

salle d’activité. C’est le 4 décembre 1963 que

l’association de la MJC parait au journal officiel.

En 1992, avec plus de 700 adhérents, le manque d’espace devient une contrainte et le besoin de

s’agrandir une nécessité. Après concertation, le site de Bel-Air est retenu et le projet est inscrit dans

le cadre du développement social des quartiers (DSQ). Située en son cœur, sur l’esplanade centrale

de Bel-Air, dans l’axe de la tour 104 et de la rue du 8 mai 1945, la MJC a été conçue par l’équipe

d’architecte Ferrand-Sigal : construit sur un seul niveau, en surplomb d’une grande esplanade, cet

équipement est une articulation de plusieurs volumes autour d’un jardin intérieur, avec une galerie

reliant les différentes salles. « Ni bâtiment signal, ni prouesse architecturale57 », l’équipe n’a pas

voulu concevoir un bâtiment monolithique marquant mais plutôt un ensemble de volume, divers et

articulés, à l’image des multiples fonctions de la nouvelle MJC.

En février 1993, la première pierre de l’édifice est posée, mais il faut attendre juin 1994 pour que le

chantier se mette en route « nous avons voulu faire une construction adaptée aux différents

programmes d’activités, en travaillant sur l’éclatement des volumes autour d’un patio central qui joue

le rôle de partie publique, un peu comme les cours ou les traboules du vieux Lyon, chargée d’une forte

vie intérieure » raconte Michel Ferrand l’un des architectes. D’un coût de 13 millions de francs et d’une surface de 1 180 m2, elle est destinée à participer

pleinement au développement social du quartier et de la ville. Pour cela, le projet d’origine prévoyait

l’ouverture du bas de la Tour 104 afin créer une perspective ouvrant sur le quartier. Le toit de la MJC

se finissait par une flèche indiquant la direction de rue du 8 mai 1945. Malheureusement, la structure

de la Tour ne pouvant supporter une modification si importante, le projet fut annulé. La MJC

conserve aujourd’hui les traces de cette flèche dont la pointe a été coupée pour des raisons de

sécurité. Le centre social Louis Braille58

Ouvert en 1977, le centre social Louis Braille doit sa naissance à la volonté des habitants de Ménival.

En effet, c’est au cours de l’Assemblée Générale du 14 mai 1975 que les habitants de la résidence

Ménival-les-Gravières décident la construction du Centre social dont ils font l’acquisition le 15 juin

1976. Fondée officiellement le 25 février 1976, l’association pour la gestion du Centre Socioculturel

du quartier de Ménival-les-Gravières regroupe l’amicale de Ménival fondée en 1968 par les résidents,

la confédération syndicale du Cadre de vie et d’autres associations du quartier. Son premier

président, M. Francois Neumand, entreprend des démarches auprès de la Caisse d’allocations

familiales et des services sociaux de la mairie pour aider au financement et à l’établissement des

statuts afin que le centre ouvre au plus vite en décembre 1977.

Le centre social Louis Braille est rapidement victime de son succès. Comptant à la fin des années

1990 plus de mille adhérents, les locaux de son unique bâtiment deviennent étroits et il est

nécessaire de construire de nouveaux locaux, juste à côté, rue Louis Braille. Ouvert en mars 2000, il

est agrandi en 2009. De l’ancien bâtiment, il ne reste aujourd’hui qu’une trace au sol. Bibliographie

Alexandre Scavo, Naissance de la MJC dans la période de formation de la ville de Saint-Priest 1962-

1975, 2017, 516 p.

Alexandre Scavo, Spécificités paysagères et architecturales du quartier de Bel-Air, Saint-Priest, 2018,

7 p.

Bruno Polga, Liberté, Egalité, Fierté, un parcours atypique, Musnier-Gilbert éditions, Bourg-en-Bresse,

2014, 143 p.

Cercle Iulius Victor, Premières Journées d’Histoire en Velin au château de Saint-Priest les 20 et 21

novembre 1999, public imprim, Vénissieux, 2001, 160 p.

Cercle Iulius Victor, Saint-Priest, transformations urbaines anciennes et récentes, Revue d’histoire de

Saint-Priest n°6, Cercle Iulius Victor, 2015, 64 p.

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973,

135 p.

Christian Legrand, Le logement populaire et social en Lyonnais (1848-2000), Lyon, éditions aux arts,

2011, 486 p.

Christiane Roussé, Saint-Priest ville mosaïque (1945-1980), PUL, Lyon, 2000, 349 p.

Jacques Perrier, Histoire des Sapeurs-Pompiers du Rhône, AGB création, Couzon, 400 p.

Les amis du vieux Saint-Priest, La San-Priode, Saint-Priest, histoire et vieilles chroniques, Editions Alan

Sutton, Grande Bretagne, 2004, 254 p.

Lucien Charbonnier, Histoire de Saint-Priest en Velin, des origines à 1789, éditions Bellier, Lyon, 1990,

138 p.

Raymond Debuire, Saint-Priest au fil du temps, les amis du vieux Saint-Priest, La San-Priode, SaintPriest, 2013, 558 p.

Union des Sociétés Historiques du Rhône, Saint-Priest et sa région, actes des journées d’études 2002,

Lyon, 2003, 158 p. www.ville-saint-priest.fr/fileadmin/fichiers/Archives-mun...

  

Le logement populaire et social en Lyonnais 1848 - 2000 Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invite à suivre cette aventure laborieuse, lente et parfois heurtée mais surtout, de toujours, passionnée. Le logement populaire et social en Lyonnais de 1848 à 2000 aborde en quatre parties tous les aspects technique, urbanistique, architectural, économique et sociologique de ce secteur : 1- Approche historique sur le logement populaire et social en France, sa réglementation et ses grands types d'interventions 2- Etude des bases historiques et territoires sociaux lyonnais 3- Les actions, acteurs, opérateurs et partenaires du logement social 4- Conclusions analytique et prospective sur le logement social à Lyon Cet ouvrage très illustré et avant tout historique traite également les aspects actuels du logement social et projette dans le futur quelques réflexions et idées d'aménagement.

Aborde les aspects techniques, urbanistiques, architecturaux, économiques et sociologiques du logement. Avant tout historique, c'est aussi une projection dans le futur de quelques réflexions et idées d'aménagement.Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invi

Histoire d une OPHLM BEL AIR 50 ANS deja Le développement des logements populaires puis sociaux s’inscrit dans une logique interventionniste de l’Etat et des collectivités. Dans notre région, c’est une histoire singulière,

intimement liée à celle de Lyon, qui a influencé le positionnement des logements populaires. En effet, au XVIIIe et au XIXe siècle, la majeure partie de l’activité artisanale de Lyon, s’articulant autour du tissage, se retrouve rapidement engoncée entre deux fleuves. Ceci explique la nécessité de

l’externalisation de l’activité industrielle et artisanale vers les plaines de l’Est au début du XIXe

siècle.

Il en sera de même sur le plan démographique.

« L’histoire du logement social ne se résume à pas à l’histoire du projet politique et social […] l’histoire

du logement social, celle des cités pionnières, des HBM d’avant-guerre, mais aussi des grands

ensembles des années 60 et 80, doit donc se lire comme l’épopée des populations qui n’étaient pas

seulement en quête d’un toit mais aussi d’un milieu d’enracinement

».

Entre le bourg de 2 500 âmes en 1922, 5 600 en 1945, et les 42 000 habitants de la ville en 1980,

Saint-Priest s’est transformée pour atteindre aujourd’hui 45 433 individus. Les trente glorieuses de

l’après-guerre n’ont pas seulement amené des travailleurs des régions environnantes souhaitant

améliorer leur qualité de vie, mais aussi des populations venant d’au-delà des frontières : les PiedsNoirs, des familles portugaises, algériennes, tunisiennes et marocaines. HLM, ILN ou ILM, par choix

ou nécessité, une bonne part des San-Priots a été locataire de l’Office. Retour historique

ntre 1995 et 1999, le Parc Technologique a été le chantier de nombreuses fouilles

archéologiques révélant les vestiges, d’une histoire insoupçonnée vieille de 7 000 ans, qui ont

mis à jour la richesse et la diversité culturelle de son sous-sol remontant à la protohistoire

(période intermédiaire entre la préhistoire et l’histoire). En effet, des traces d’occupations humaines,

remontant au cinquième millénaire av. J.C. et correspondant au moyen Néolithique jusqu’à l’Age de

Bronze final (1400-850 av. J.C.), ont révélé l’existence d’habitats, attestés par des fosses servant de

dépotoir et de foyers, par de la céramique correspondant à des récipients de formes diverses (jarres,

écuelles…) et par quelques silex servant de pointes de poignard. Pour la plus récente, des fragments

de vases, de gobelets et de céramiques élaborées, des bracelets.

Mais, comme presque tous les villages du Velin, c’est à partir de l’Antiquité que le plateau de Bel-Air

semble accueillir ses premières constructions. En effet, en 1971, lors des travaux des premiers HLM

du quartier « en particulier les immeubles portant les numéros 14 à 18 de la rue Mansard2

» des

vestiges romains furent trouvés : débris de ciment, testae3

, tegulae4

et même les fragments d’un col

de dolium5

.

Si l’on ajoute à cela la proximité d’un ancien chemin romain « route de Vienne » - aujourd’hui à

proximité de la rue de l’Egalité - allant de Vienne vers le Rhône moyen, nous pouvons supposer

qu’une villa romaine se trouvait sur cet emplacement. Ce type de construction isolée était assez

fréquent au premier siècle car « les fermes et village se trouvaient rarement au bord des routes

importantes mais plutôt en retrait près de chemin comme celui-ci6

». Le site fut malheureusement

intégralement détruit lors des travaux de construction. D’autres traces de sites gallo-romains ont

également été repérées au nord du village, rue Payet, Gambetta et Johanny Berlioz, sans oublier la

colline du Château où fut découverte la stèle de Iulius Victor datant du IIe

siècle.

Nous n’avons que très peu d’information pour la période suivante, seulement quelques notes parlant

de « raids Sarrazins jusque vers l’an 928 ou encore de destructions hongroise jusqu’en 9247

». En

effet, le Moyen-Age est une période d’insécurité dans la région et ce n’est qu’au Xe

siècle que la

féodalité permet de sécuriser les populations qui s’installent plus largement sur le territoire. Les

moines d’Ainay établissent une église sur le site du Château et amènent avec eux une petite

population dont on retrouve des traces vers Saint-Martin et Manissieux. C’est d’ailleurs à cette

époque que le nom de « Saint-Priest » apparait car la paroisse était dédiée à Sanctus Praejectus,

évêque de Clermont en Auvergne au VIIe siècle. Entre le XIVe

et le XVIIe

siècle, le Velin devenant une

terre convoitée, la famille Richard prend possession de terres à Saint-Priest en 1325 jusqu’en 1645,

date à laquelle la famille Guignard achète le château dont elle sera propriétaire jusqu’en 1821. Par

contre, le domaine est divisé en 1790 et appartient principalement à des exploitants directs dont les

Cuzin, Pagnoud-Chenavard, Payet Maurice, Peillet, Calamar…

 

2

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973, p.33

3

Testae ou tuileau est formé de tuiles ou de briques en terre cuite broyées finement. Il entre dans la composition du mortier antique romain.

4

Tegulae : tuile plate qui servait à couvrir les toits, faite ordinairement d'argile cuite au four

5

Dolium : jarre antique, d'une contenance allant jusqu'à 1 200 litres et qui servait de citerne à vin, à huile ou à céréales.

6

Lucien Charbonnier, Histoire de Saint-Priest en Velin, des origines à 1789, éditions Bellier, Lyon, 1990, p.38

7

Union des Sociétés Historiques du Rhône, Saint-Priest et sa région, actes des journées d’études 2002, Lyon, 2003, p. 15

Bel-Air, le cinquantenaire

Archives municipales de Saint-Priest - jeudi 11 octobre 2018

La ferme Vachon,

vers 1970, YV

Champs de la famille Vachon à proximité

de la Cordière, début XIXe siècle, YV

Après la Seconde Guerre mondiale, Saint-Priest est encore une bourgade dont l’essentiel du

peuplement se regroupe sur deux sites :

- Le village avec la Grande Rue, les vieux quartiers du Payet, du Puits-Vieux et du Bessay

- La route de Lyon jusqu’aux établissements Maréchal et la cité PLM de l’autre côté de la voie

ferrée.

L’est et l’ouest du territoire sont quant à eux vides de constructions, comme le triangle devenu

aujourd’hui le centre-ville situé sur les lieux-dits de la Carnière, les Ronces, les Guigues où seront

construits Bellevue, les Alpes et l’Ermitage. De même pour les Longes, la Gerbicière, le Clairon, la

Cordière - où s’élèvera Bel-Air et Ménival -, et la Forêt et les Pives.

Il n’y a que quelques fermes dont celle des Cusin-Masset à l’emplacement même de Bel-Air ou celle

de la famille Vachon dont la maison se trouvait sur l’emplacement de l’actuel Espace Santé de la

Cordière. Au sud, la plaine de Saythe, est recouverte de champs de colza « jusqu’au début des années

cinquante, Saint-Priest présente donc encore l’aspect d’un gros village rural8

». C’est en quinze

années, à partir des années 60, que la ville prend sa forme actuelle. Son développement après 1980,

plutôt modéré, ne fera que corriger et diversifier l’œuvre accomplie.

Si ce développement rapide n'est pas exceptionnel après la guerre, les transformations de SaintPriest restent uniques en raison de la superficie des terrains disponibles et de l’action de la

municipalité très présente au travers de l’Office HLM. Le logement social en France

i la société idéale est prônée dès l’antiquité, ce n’est qu’au XIXe

siècle que certains utopistes

comme Jean-Baptiste Godin9

pensent un habitat collectif et social, géré par la société « Il y a

également un souci permanent des utopistes de la pensée sociale qui voulaient absolument que

les ouvriers émigrant des campagnes vers la ville soient mieux logés10 ». A la tête de ces

changements, un patron paternaliste qui sera au fur et à mesure remplacé par l’Etat et une nouvelle

idée de la politique de l’époque : le socialisme « un Etat fort, prendrait en charge les misères du

peuple11 ». S’ajoute la réalité du terrain : l’insalubrité de l’habitat populaire contre laquelle remédier

pour limiter les maladies et favoriser la croissance. Enfin, le fort exode rural nécessite que le pays

modifie ses habitudes pour s’adapter aux mutations économiques et sociales de l’industrialisation

« au début du XX

e

siècle, la France comptait 31 millions d’habitants dont 22 millions vivaient de la

terre12 ». On entre alors dans l’ère des initiatives privées où des hommes créaient sur leur territoire,

diverses sociétés ou associations de construction et de gestion de logement sociaux. A Saint-Priest,

Théophile Argence ou Charles Ottina13 en sont le symbole.

Les Habitations à Bon Marché

L’une des premières initiatives ayant un retentissement national, est la création des HBM (Habitation

à Bon Marché). Créée en 1889, née officiellement et reconnue d’utilité publique en 1894 lorsque la

loi SIEGFRIED, du nom de son initiateur, entre en vigueur. Cette loi crée les comités départementaux

des HBM, visant à encourager la construction d’habitation bon marché et salubres. A Lyon, l’année

1912 marque un tournant avec la loi BONNEVAY14qui crée les Offices d’Habitation à Bon Marché afin

d’encadrer et uniformiser la construction des logements. Cette même année signe la montée du

municipalisme à Paris, car la loi autorise les municipalités à emprunter pour construire des logements

sociaux. Après la Première Guerre Mondiale, en 1919, le même phénomène touchera Lyon avec le

maire de l’époque Edouard Herriot15

. En 1928, la loi LOUCHEUR16 conforte la réussite de ce projet. En

1938, deux décrets mettent fin à ce régime qui aura vu naître 260 000 logements.

A Saint-Priest, au début des années 1920, avec l’installation des entreprises Berliet et Maréchal, la

ville connait un essor sans précédent et les cités ouvrières ne sont pas en mesure d’accueillir l’arrivée

massive d’employés. C’est ainsi que le 21 juillet 1931, le maire, Théophile Argence17, crée l’Office

Public d’HBM dont il sera le premier Président jusqu’en 1940. Il lance un programme de construction

de 128 logements dont seuls 64, du type HBM seront bâtis entre 1936 et 1938. Suspendu pendant la

guerre, Théophile Argence ne sera pas mesure de relancer son programme de construction.

 

9

Jean Baptiste Godin (1817-1888), industriel, fabricant des appareils de chauffage, disciple de Fourier, il créa la familistère de Guise en

1858.

10 Christian Legrand, op. cit. p.23

11 Ibid.

12 Ibid. p. 30

13 Voir annexe 2

14 Laurent Marie Bonnevay (1872-1957), conseiller municipal de Lyon, député du Rhône, Président de l’Office Départemental d’HLM du

Rhône.

15 Edouard Herriot (1872-1957), maire de Lyon de 1905 à 1957, Président de la Chambre et Président du conseil des Ministres

16 Louis Loucheur (1872-1931), ingénieur et homme politique, Ministre du Travail et de l’armement, de la reconstruction, des finances et du

travail

17 Théophile Argence (1892-1975), maire de Saint-Priest de 1929 à 1940 puis de 1944 à 1945

La reconstruction, le logement provisoire et les programmes spéciaux

La seconde guerre mondiale nécessite des opérations de grande envergure pour reconstruire le pays

et répondre à l’exode rural massif de l’après-guerre. Il fallut lancer de vastes programmes dans

l’urgence, repenser une industrie du bâtiment et ses techniques, sans oublier une administration

centrale facilitant la prise de décision « les collectivités locales étant pour leur part des relais du

pouvoir central sur le terrain18 ». En matière de fabrication et de construction, on met en place toutes

les méthodes et les procédés possibles susceptibles de réduire le prix de revient. Entre 1940 et 1956,

la période dite de la reconstruction, la France construit 785 000 logements.

A Saint-Priest, la crise est telle qu’en 1946, le conseil municipal charge une commission municipale

du logement d’inventorier « les logements inhabités pouvant être réquisitionnés19 ». Les jeunes

ménages comme les nouveaux arrivants ne pouvaient pas s’installer. La situation était telle qu’il fut

même envisagé de construire des baraquements provisoires en bois. Une cité d’urgence (25

logements), fut donc construite en 1954, le long de la rue de l’Abbé Pierre. Démolie en 1979, elle

accueillit les plus démunis.

 

18 Christian Legrand, op. cit. p. 35

19 Conseil municipal du 5 juillet 1946, Archives municipales de Saint-Priest

Les Habitations à Loyer Modéré (HLM) et les grands ensembles

En 1950, le logement social change d’appellation : l’Habitation à Bon Marché (HBM) devient

Habitations à Loyer Modéré (HLM). La loi du 21 juillet 1950 institue un système de primes et de prêts

spéciaux destinés à favoriser la reprise de l’initiative privée. Dès 1955, la France met en place la

politique des grands ensembles pour atteindre son apogée en 1970. Ces programmes, avec de

grandes difficultés dans leur gestion, permettent, seulement en partie, de répondre à la pénurie de

logements « la France n’a pu su gérer sa période du Baby-boom, elle ne sut pas où loger les jeunes

nés après 194520 ». Entre 1958 et 1970, quelques 300 000 à 450 000 logements par an sont

construits. Il fallait non seulement répondre à l’exode des ruraux vers la ville, mais également à

l’urgence provoquée par les destructions massives de la guerre accentuées par une forte immigration

et le retour non programmé des français d’Algérie.

Lyon, comme toutes les grandes agglomérations de métropole, connait une vague de grands

ensembles implantés en banlieue « sur de vastes terrains disponibles sans forcément se soucier à

l’époque du mal vivre que cette concentration créé21 ». L’agglomération voit fleurir les grands

ensembles : les UC à Bron, les Minguettes à Vénissieux, la Duchère à Lyon 9e

, Mermoz à Lyon 8e

et

Bel-Air à Saint-Priest. Ces réalisations ont correspondu aux besoins d’une époque même si d’autres

solutions à plus long termes auraient pu être envisagées et ainsi permis d’éviter certains conflits

sociaux et générationnels.

A Saint-Priest, le 12 avril 1947, Charles Ottina, est élu Président du conseil d’administration de

l’Office Municipal des HBM et le reste jusqu’en 1974. L’action de l’Office est étroitement liée à la

municipalité dont dépend son existence, en effet, si la plus grande part des ressources proviennent

des avances de l’Etat, elles ne sont assurées que si la commune apporte sa garantie à hauteur de 15%

« fournis par cette dernière sous forme de dotations de terrains, de voiries et services divers22 ».

Sous son impulsion, l’activité reprend en 1952 et en 1954, l’office des HBM devenus «Office HLM de

Saint-Priest » entreprend la construction de nouveaux logements. Il sera d’ailleurs, jusqu’en 1961, le

seul à construire des immeubles d’habitation :

- 1954 : cité d’urgence de l’Abbé Pierre, rue de l’Abbé Pierre

- 1954-1956 : 192 logements HLM, Cité du Parc et de l’Esplanade

- 1956 : 50 LOPOFA (logements populaires et familiaux) le long de l’avenue Jean Jaurès

- 1959 : 40 logement HLM, rue Louis Loucheur

- 1960 : 20 logements HLM, 20 rue Gallavardin

- 1961-1962 : 40 logements HLM, avenue de la Gare

A partir de là, les programmes immobiliers mis en route seront sans commune mesure avec ce qui

avait été envisagé précédemment. Finis les « petits projets », il est maintenant question de centaines

de logements. Saint-Priest devient durant une dizaine d’années, un chantier de construction

« pendant ce temps, au village, la vie continue, troublée seulement par le passage des camions qui

défoncent la chaussée23 » :

- 1962 : 50 logements à Edouard Herriot

- 1962-1964 : 300 logements HLM à la Cordière

- 1967-1970 : 741 logements à Bel-Air I

- 1969 : 140 logements PLR (programme loyer réduits) à Louis Braille24

- 1969 : 54 logements-foyers pour personnes âgées

- 1970 : 236 logements PLR à Mansart

- 1972-1975 : 799 logements à Bel-Air II

- 1973 : 76 chambres au foyer pour travailleurs indépendant, rue de la Cordière

- 1977 : 120 logements à la Résidence le Clairon

- 1977 : 560 logements à Bel-Air III

- 1979 : 43 logements PLR rue de l’Abbé Pierre

Saint-Priest a été parmi les premières villes de l’Est Lyonnais, à pouvoir accueillir et héberger dans un

délai extrêmement court, des réfugiés et des familles, dans des appartements confortables avec un

loyer accessible « ce bilan chiffré, dont nous pensons avoir quelque raison d’être fiers

comparativement à l’importante de notre cité, nous le livrons, sans crainte, à votre jugement,

persuadés que peu de municipalités peuvent se prévaloir d’une action aussi soutenue au profit des

familles modestes, des jeunes ménages et des personnes âgées

A cette époque, on considère comme seule solution, au problème de logement, que des logements

collectifs, vite édifiés sur un minimum d’espace et relativement peu chers « ils [les pouvoirs publics]

n’imaginaient pas les difficultés que pourrait, par la suite, générer ce type d’habitat26 ». Saint-Priest

n’a pas fait exception et le maire, grâce à l’Office, entreprit de créer une ville nouvelle. Pour cela, la

ville se dota, dans un premier temps, d’un nouveau centre urbain afin d’unifier les deux Saint-Priest :

le village d’une part et le quartier de la gare et la cité Maréchal de l’autre. L’Office public des HLM

Provisoirement installé au début des années 1960 dans le château, l’augmentation du parc de

logements nécessita la construction d’un nouveau siège administratif. Conçu par le Cabinet Thiollier,

il sera installé au cœur des nouveaux ensembles sur le plateau de Bel-Air, au pied de la Cordière. Il

est inauguré le 21 juin 1975 en présence du Préfet de Région Pierre Doueil, et le maire Marius Joly.

De nombreuses personnalités sont présentes dont le Président de l’Office, le Docteur Rossez et la

Directrice, Marie Josette Hermelin. Le tout nouvel Office dispose d’un Service administratif, d’un

service technique, d’un service de surveillance ainsi que d’une équipe d’ouvrier assurant l’entretien

courant et les réparations les plus urgentes Au seuil des années 90, les préoccupations se déplacent : il faut développer l’entretien des

immeubles, poursuivre les réhabilitations qui avaient démarré dès 1978, et se rapprocher du

locataire pour mener à bien ces projets. C’est ainsi que quatre antennes techniques décentralisées

sont créées dont une se trouve toujours au 2 rue du 8 mai 1945. Une commission mixte est

également mise en place intégrant les représentants des associations de locataires et les

administrateurs : elle deviendra le Conseil de Concertation Locatif. Le locataire est désormais un

partenaire permanent de l’Office dans l’ensemble de ses activités.

En 1997, l’Office

Public des HLM

devient Porte des Alpes Habitat. En 2014, Porte des Alpes Habitat et Villeurbanne Est Habitat ne font

plus qu’un, sous le nom d’Est Métropole Habitat. Le rapprochement de ces deux organismes,

porteurs de valeurs communes a pour objectif d’accroître la capacité d’intervention et de renforcer

l’efficacité auprès des habitants. Est Métropole Habitat revendique aujourd’hui un patrimoine de

plus de 15 000 logements sur les communes de Villeurbanne, Saint-Priest, Vaulx-en-Velin, Mions,

Décines, Saint-Genis-Laval, Vénissieux, Sérézin-du-Rhône, Meyzieu, Saint-Symphorien-d’Ozon, SaintFons et Bron.

Présentation du plateau de Bel-Air, La Cordière, Ménival

E quartier situé à l’est de la commune de Saint-Priest est le plus important groupe d’habitat

social de la commune. Avec ses 12 000 habitants, rien que Bel-Air représente plus de 25% de

la population communale. Cet ensemble a été construit par phases successives entre 1964 et

1978 sur une surface de cent hectares.

En 1964, le nouveau visage de la ville se dessine avec ces immeubles remplaçant peu à peu les prés

et les champs. Le premier ensemble, celui de la Cordière, n’était que le prélude d’un vaste

programme d’habitation dont Bel-Air et Ménival font partie « le procédé Pascal27 […] va permettre en

particulier d’édifier en un temps record les quatre groupes de Bel-Air et de Ménival, soit 700 à 800

appartements chacun. Ainsi ne faudra-t-il guère plus de deux ans pour qu’un groupe soit terminé à

Bel-Air @ « Les trois Bel-Air »29

Après l’achèvement des 300 logements de la Cordière, dès 1965, l’Office municipal veut

entreprendre immédiatement le nouveau programme de Bel-Air I. Mais les finances de l’Etat ne

permittent d’obtenir les premiers crédits qu’en 1967 grâce à la ténacité du Maire Charles Ottina. A

partir de ce moment-là, les travaux avancent rapidement, début août 1968 les 116 logements de

l’ensemble A étaient occupés et à la fin de cette même année, ceux de l’ensemble B étaient en voie

de l’être. La livraison des premières tours, destinées aux jeunes ménages et aux retraités – les seules

à comporter 3 pièces – se fera dans la foulée. En 1970, les HLM peuvent ainsi disposer de 738 logements à Bel-Air I. Les premières locations sont

réservées en priorité à deux types d’occupants : d’abord les fonctionnaires municipaux et ensuite le

personnel desentreprises qui avaient participé à la construction et envers lesquels l’Office « avait une

dette ». Dette dont ils doivent s’acquitter en proposant des logements à leurs salariés. Aussi les

appartements de Bel-Air furent d’abord attribués à des instituteurs, des employés de la Mairie, des

agents de l’Etat et à des personnels des 47 entreprises concernées. La deuxième tranche du

programme de Bel-Air II avec ses 780 logements verra le jour en 1972. Elle aussi sera achevée en

deux ans et comportera des appartements allant du studio au F5. Enfin en 1977, débute la dernière phase du projet. Séparé des deux autres groupes par un grand

champ, que son propriétaire refusa de vendre mais, qui inscrit au cœur de la cité un important

espace vert, Bel-Air III offrira ses 632 logements. La population de ce troisième groupe compte un

pourcentage de classes moyennes et de cadres bien supérieur à celui des deux autres ensembles. De

plus, une petite décennie sépare Bel-Air I de Bel-Air III et pourtant le traitement des espaces n’est

pas le même, preuve que les leçons du passés ont été retenues. Tirant sans doute les leçons des inconvénients manifestes des Alpes et de Bellevue dans le domaine

des espaces verts, Ottina et la direction de l’Office auront le souci d’aménager autour des immeubles

de Bel-Air des aires de jeux et de verdure « pour être harmonieux et agréable à vivre, un ensemble de

logements doit aussi être conçu pour faciliter la vie familiale. C’est ainsi que sont créés, ou en cours de

création dans les nouveaux groupes, les commerces de première nécessité qui procurent à la mère de

famille la possibilité de s’approvisionner à proximité de son domicile. C’est aussi pourquoi tous les

ensembles HLM sont dotés d’abords d’importants, aménagés en espaces verts et en espaces libres,

avec terrains de jeux pour les petits et les plus grands ». Bel-Air III marque ainsi la fin des grands ensembles immobiliers à Saint-Priest, la municipalité ayant

décidé, dès 1973, de freiner l’urbanisation de la ville. En effet, toutes ces constructions nécessitent

également la mise en place d’un environnement de services de toute nature : commerces allant de

l’alimentation à la pharmacie, écoles, terrains de sport, centres médicaux, sociaux, culturels, etc.

Sans parler de toutes les infrastructures dont la ville assumera la charge en même temps que

l’éclairage public « lorsqu’on veut l’expansion d’une cité et que tout est à faire, des choix s’imposent.

Les priorités données au problèmes fondamentaux : logement, eau, voirie, assainissement, écoles,

équipements sportifs, ont un sens social31 ». Quant aux transports, ils resteront longtemps un des

points faibles du secteur « ce problème, particulièrement important, déborde bien entendu le cadre

local32».

Les ILN (immeubles à loyer normalisé)

En même temps que se termine Bel-Air I, deux petits immeubles ILN de 60 à 10 appartements

destinés aux familles plus aisées sont aussi en voie d’achèvement sur le site. Ces appartements, d’un standing supérieur à celui des HLM ordinaires, devaient permettre de reloger les foyers dont les

revenus dépassaient le plafond prévu pour bénéficier des HLM, plafond qui avait été abaissé de 10%

en 1968, par décision du ministre Albin Chalandon. Le maire Charles Ottina habitera dans un de ces

ILN. Le petit nombre de logements proposé ne suffira pas à résoudre le problème de dépassement de

ressources et les HLM seront contraints, malgré leurs réticences, à appliquer des surloyers.

Les PLR (programme à loyer réduit)

Même avec la baisse des 10% du plafond de ressources, les HLM restaient cependant inaccessibles à

des nombreux foyers très modestes qui ne pouvaient assumer le montant des loyers, pourtant plus

faibles que ceux du privé. C’est à leur intention que le gouvernement envisagea la possibilité d’édifier

des immeubles dont les coûts de revient, inférieurs à ceux des HLM, permettraient de loger les

familles les plus pauvres, moyennant une participation financière réduite. Une diminution des coûts

implique une évidente diminution des surfaces et de la qualité. Malgré tout, ces PLR, rappelant les

anciens LOPOFA, pouvaient offrir des logements corrects avec chauffage collectif.

L’office municipal entreprend leur réalisation, dès août 1969, pour répondre aux besoins des

personnes à petits revenus ou encore des ménages sans allocation logement. Deux groupes PLR

furent ainsi édifiés très rapidement autour de Bel-Air, l’un au nord, le groupe Braille-les-Longes avec

140 appartements, l’autre au sud, le groupe Mansart, en 1970, avec 236 logements. Quelques

années plus tard, en 1974, aux abords de l’ancienne cité Maréchal, rue des Glaïeuls, 55 PLR seront

aussi mis en location.

Si l’on ajoute cela aux chiffres déjà cités, on constate qu’entre 1967 et 1977, les HLM de Saint-Priest

ont ainsi mis à la disposition des habitants le chiffre impressionnant de presque 3 000 logements.

Malgré tout, au cours de ces années, l’activité des promoteurs privés n’est pas ralentie, avec tout

d’abord l’achèvement de Bellevue et la construction d’Alpes Azur et surtout, voisine de Bel-Air, celle

de Ménival, puis de la résidence de Saythe.

L’accession à la propriété

Suite à la réalisation réussie des logements sociaux, l’expérience se poursuivit en favorisant

l’accession à la propriété « elle paraissait être un moyen privilégié pour élever le statut social des

personnes à revenus modestes33 ». Pour cela, il fallait associer les représentants des organismes

susceptibles d’apporter les compléments de financements, comme la Caisse d’Epargne de Lyon, le

Crédit Foncier, la Caisse d’Allocation Familiales, la Préfecture du Rhône. Le domaine Ménival de Lyon

5

e

fut la première opération lancée et devant son succès, une autre opération fut lancée à SaintPriest. Suivant le même montage, 831 logements furent construits par la même équipe d’architectes

dont Charles Delfante34 « il faut noter que l’Office HLM de Saint-Priest a été l’un des premiers

organismes de la région, et le premier de la COURLY à lancer des opérations d’accession à la

propriété» Ménival les Gravières36 (construit entre 1966-1969) a été élaborée dès la conception en prenant en

compte l’utilisation de la préfabrication lourde à partir d’éléments finis fabriquées en usine. L’emploi

de ce procédé permet une économie importante sur la main d’œuvre et une rapidité d’exécution

spectaculaire. On peut regretter l’uniformité des plans et une répétitivité systématique des façades

mais, à l’époque, c’est un exploit. Plusieurs chantiers suivirent dont 437 logements à Plaine de

Saythe37 (1970-1973) ou encore le Clairon (1977) avec 71 logements sur 120 en accession de

propriété. Composition, situation et typologie du groupe38

Cet ensemble est composé de 3 659 logements dont 2 985 sont en gestion locative sociale. Le parc

HLM est la totale propriété de l’office municipal de Saint-Priest. Ces habitations sont désormais

désenclavées par la construction de la rocade est de Lyon qui leur confère le statut d’entrée

privilégiée de la ville. Par ailleurs, elles bénéficient de la proximité du parc de loisirs du fort. Ces

immeubles répondent tout à fait aux critères de composition urbaine et typologique des

constructions issues des années 1960-1970 avec des tours et des barres semblables aux autres cités

de l’agglomération. Toutefois, ils disposent d’espaces centraux libres relativement importants et

agréables qui offrent certains aspects des cités jardins39. Chaque groupe bénéficie également de ses

propres commerces, d’un groupe scolaire et d’une crèche40

:

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces Bel-Air I (rue de Bel-Air)

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1977 : ouverture d’un crèche familiale (10 rue du 8 mai 1945)

1977-1978 : construction GS Bel-Air III - Pablo Neruda

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte

échelle) et de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas) L’objectif est de créer au sein de la ville, des ensembles indépendants offrant des services de

proximité. A cela s’ajoute des équipements d’utilité publique améliorant la qualité de vie des

habitants :

1968 : construction de la clinique privée

Pasteur

1969 : construction du Foyer Logement pour

Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médicosocial au 10 rue de Bel-Air

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des

Pompiers de Bel-Air41

1977 : ouverture du Centre social Louis Braille

1982 : le restaurant scolaire François Mansart

est aménagé pour devenir un local associatif

La réhabilitation de la cité

A partir des années 1980, le parc HLM vieillissant, il devient urgent d’entreprendre des travaux. Dès

1985, des petits travaux sont réalisés mais ce n’est qu’à partir de 1989 que les actions du DSU-DSQ

(développement social urbain et le développement social des quartiers) permettent de répondre à une

première crise. Puis l’Office, commence la réhabilitation de son parc qui ne cesse d’augmenter. Les

travaux de Bel-Air seront parmi les tous premiers entrepris et durent encore.

n 1982, le rapport Dubedout « Mieux vivre en ville » engage les pouvoirs publics dans une

politique de renouveau des quartiers les plus démunis à la limite de l’isolement. La mise en

place du DSQ a permis de rompre le cercle vicieux et, comme à Saint-Priest, de faire revenir les

classes moyennes. Le développement social urbain est né avec les contrats de ville, il « constitue

l’acte d’engagement par lequel les collectivités et l’Etat décident de mettre en place un programme

pluriannuel de développement social urbain à l’échelle de l’agglomération ou d’une commune42

». Il

permet de réintégrer au sein de la ville les quartiers par des opérations d’ordre :

- Spatial : traitement des espaces, des désenclavements ;

- Social : politique de peuplement

- Fonctionnel : circulation et communication

Le contrat de ville devient la procédure unique de définition et de mise en œuvre de la politique du

DSU. Celui-ci a aussi pour objectif de centraliser et de coordonner toutes les autres procédures de

développement social urbain en lien permanent avec habitants notamment au travers des

questionnaires et des réunions de concertation comme cela fut et est toujours le cas à Bel-Air.

A Saint-Priest, lorsque Bruno Polga43 devient maire, la ville avec plus de 42 000 habitants, comme

toutes les villes en périphérie de Lyon, rencontre des problèmes avec son ancien parc HLM. Malgré

son nouveau centre-ville, Saint-Priest ne semble pas trouver son identité tandis que le village n’est

qu’un lieu de passage. Les grands ensembles comme Bel-Air, faute d’entretien, se dégradent peu à

peu. Plusieurs axes vont alors être développés afin de corriger les erreurs du passé : redonner un vrai

centre-ville, décloisonner les différents quartiers, améliorer les axes de circulation, accroître les

transports en commun et créer de nouveaux équipements. Il faut également aider les quartiers

défavorisés en luttant contre le chômage et amplifier l’activité économique et la formation

professionnelle. Saint-Priest possédait, et possède toujours, une position au carrefour d’axes

importants favorisant l’installation d’entreprises permettant la création de nouveaux emplois.

Si pendant son premier mandat (1983-1989) Bruno Polga s’est concentré sur le centre-ville avec les

projets Banlieue 89 et la ZAC Mozart - Carré Rostand, son second mandat (1989- 1995), porte sur la

résolution du problème des logements sociaux dont les Alpes, Bellevue et Bel-Air. L’un des chantiers

le plus important est celui de la réhabilitation des immeubles de Bel-Air I et II « avec la reprise

complète de l’espace urbain et l’installation d’équipements44 ». La rénovation des plus anciens a été

entreprise dès 1986 – Édouard Herriot, Diderot et la Cordière – mais ceux de Bel-Air, plus récents se

dégradent eux aussi. Bel-Air III, normalement entretenue, souffre de cette proximité. D’ailleurs, il est nécessaire dès 1985, d’effectuer des travaux urgents à Bel-Air I et II : réfection des peintures dans les

allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres, etc. Ce n’est qu’en 1989 que deux

premiers bâtiments, rue du 8 mai, sont restructurés (F4 et F5 en F2 et F3). Dans le même temps, en

1990, le Développement social des quartiers de Bel-Air est lancé en collaboration avec l’Etat, la

Région, la COURLY, la ville et l’Office « il s’agit d’un programme destiné à améliorer la vie dans les

quartiers densément peuplés […] avec ses 3 000 logements sociaux, Bel-Air est choisie pour une

rénovation sociale, de l’habitat et de l’environnement Il s’agit d’une réorganisation spatiale et une recomposition interne des sous-quartiers « durant ces

quarante dernières années, différents projets urbains vont s’inscrire dans cette logique de reconnecter

les éléments46 ». Il s’agit, entre autre, d’aménagement des équipements comme la Maison de

Quartier Claude Farrère47 ou la MJC -Maison des Jeunes et de la Culture- Jean Cocteau. Une

redéfinition des espaces verts a permis de rééquilibrer les besoins en matière de zones d’évolution,

de zones de parking et de voies de circulation comme par exemple la suppression des impasses, la

création de nouvelles artères plus larges et de ronds-points pour relier les ensembles. En parallèle de

ces opérations, l’Office procède à la réhabilitation du bâti, ce qui a eu pour effet, d’attirer de jeunes

ménages et les personnes âgées dans les petits logements « un architecte différent intervenait à

chaque fois, rencontrant régulièrement les locataires pour connaitre leurs souhaits, discuter avec eux

des priorités à établir et choisir la couleur des allées, des façades. Cette diversité permit d’éviter l’uniformité des bâtiments 48». La réhabilitation des logements : maçonnerie, étanchéité, réfection de

plusieurs allées sur Bel-Air II, renforcement des portes de caves, des travaux de chaufferies,

éclairages des halls d’allées et des bâtiments de Bel-Air I et II, est accompagnée de la mise en place

de services et de commerces. De manière plus précise :

1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1987 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement

une maison de quartier

1992 : prolongement de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : inauguration de la maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1994 : inauguration de la MJC (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés »

(EHPAD ex MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : extension du centre social Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs impliquant la démolition de logements et création de nouvelles

voies de circulation

2018 : Inauguration de la Maison de Quartier Claude Farrère réhabilitée

2018 : inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino,

joueuse internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit

prince de Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM Et Aujourd’hui ?

Aujourd’hui49

, malgré tout, le plateau reste confronté à de nombreuses difficultés d’ordre culturel ou

générationnel entre les habitants de ces divers quartiers. Ces tiraillements ont fortement alourdi la

réhabilitation sociale de la cité. Cependant le plateau de Bel-Air dispose de larges terrains et espaces

vierges qui servent de lieux de libre expression. La population est relativement jeune, la taille des

ménages est moyenne et parmi les ménages allocataires de la CAF, un quart sont des familles

nombreuses. La vacance des logements est faible. Les logements en copropriétés sont

essentiellement occupés par leurs propriétaires. Les appartements de 4 ou 5 pièces sont les plus

nombreux. Le taux d’activité est élevé du fait de la proximité de zone industrielles ou artisanales et

de la zone de chalandise de la « la Porte des Alpes ».

Au final, si l’on prend en compte le taux d’occupation moyen de 2.5 personnes et un taux de

rotation de 10%, on peut dire que depuis 1964 c’est l’équivalent de la population actuelle (45 000

personnes) qui a été logée sur le plateau de Bel-Air @ 1964 : construction de la Cordière (260 logements)

1966-1969 : construction de Ménival (831 logements)

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1968 : construction de la clinique privée Pasteur

1968-1970 : construction de Bel-Air I (738 logements)

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces rue de Bel-Air

1969 : construction du Foyer Logement pour Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médico-social au 10 rue de Bel-Air

1969 : construction de 10 logements ILN (Immeuble à Loyer Normalisé) rue du 8 mai 1945

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

Février 1970-1973 : construction de la résidence de Saythe

1970 : construction du gymnase François Arnaud

1970 : construction HLM Louis Braille (140 logements)

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1972-1975 : construction de Bel-Air II (779 Logements)

1973 : construction collège Boris Vian

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1975 : inauguration du siège de l’Office public HLM en présence du premier ministre Reymond Barre

(créé en 1960 et installé au château)

15 juin 1976 : achat par les habitants de la copropriété Ménival-les-Gravière du Centre Social

1977-1978 : construction de Bel Air III (560 Logements)

1977 : ouverture du centre Social Louis Braille

1977 : ouverture d’une crèche familiale au 10 rue du 8 mai 1945

1977 : construction HLM du Clairon

1977-1978 : construction GS Bel Air III - Pablo Neruda (frise par Siesla, artiste Lyonnais)

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte échelle) et

de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas)

1978 : construction de la cuisine centrale à Bel Air I

1978 : construction d’un local au 25 bis rue Claude Farrère qui servira de restaurant scolaire et de

Maison de Quartier.

1980 : disparition des dernières fermes du Clairon

1980 : construction école privée Jeanne Arc

1982 : le restaurant scolaire François Mansart est aménagé pour devenir un local associatif

1983 : construction lycée d’enseignement professionnel Fernand Forest 1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1986 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments à Bel-Air I, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : fermeture de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement une

maison de quartier

1992 : ouverture de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1993 : construction du Lycée général Condorcet

1993 : inauguration de la Maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1994 : inauguration de la Maison des Jeunes et de la Culture (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés » (EHPAD ex

MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : fermeture de la clinique Pasteur

22 mars 2009 : extension du CS Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs et création de nouvelles voies de circulation

2016-2017 : démolition de l’Office HLM et transfert rue Maréchal Leclerc

2017 : fermeture de l’Agence ANPE (départ pour la rue Aristide Briand)

2018 : réhabilitation de la Maison de Quartier Claude Farrère

2018 : Inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino, joueuse

internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit prince de

Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM

Charles Ottina, « le Bâtisseur »51

Maire de Saint-Priest entre 1949 et 1972, Charles Ottina domine durant quatre mandats consécutifs

la vie publique locale. L’auteure, Christiane Roussé, dit de lui qu’il fut « le bâtisseur » qui donna au

Saint-Priest d’aujourd’hui ses particularités : une cité cosmopolite et dynamique.

Né en 1902 à Lyon, Charles Ottina sort ingénieur de l’école de Cluny et

fut pendant 27 ans au contrôle des fabrications d’armement. Marié à

une San-Priote, ils habitent longtemps dans une maison de location au

bas de la Grande rue du village - face à l’actuelle Caisse d’Epargne -

avant de s’installer dans le nouveau quartier de Bel-Air dans un ILN,

rue du 8 mai 1945.

Charles Ottina débute sa carrière politique dès 1935, en tant que conseiller municipal de Théo

Argence. Ulysse Cœur le choisit comme adjoint dix années plus tard. Investi sur tous les fronts, il

devient en 1947 président du conseil d’administration de l’Office d’HLM et en 1969 vice-président de

la COURLY (aujourd’hui Métropole de Lyon).

En 1949, élu maire, il commence la

transformation de Saint-Priest. Il dote la ville

de toutes les infrastructures nécessaires à une

ville en pleine expansion : 2 500 logements

HLM, 3 stades, une piscine, 2 bureaux de

postes, 11 écoles, 2 collèges, un réseau

d’assainissement, la cité résidentielle Edouard

Herriot, etc. Il transforme la bourgade de 5

600 habitants en une ville de 34 000. Il gère

grâce à sa forte personnalité la municipalité

« comme un patron ». Si certains décrivent

une personnalité autoritaire, il conquit le

cœur des San-Priots et son successeur, Marius

Joly, en fit une fidèle description : « c’était

avant tout un homme d’action et ce trait est

bien celui qui s’impose à l’évidence dans sa

personnalité pourtant si riche. Les difficultés, loin de le rebuter, fouettaient son énergie, sa volonté,

son acharnement. Rares sont les obstacles qui n’aient pas cédé devant sa détermination ».

Pour des raisons de santé, il quitta son poste le 21 octobre 1972. La maladie l’emporte le 16 juin

1974, quelques mois après le décès de son épouse Jeanne. Bruno Polga, le visionnaire52

Né dans une famille Italienne en 1935 à

Vénissieux, Bruno Polga est venu vivre à

Saint-Priest à l’âge de 2 ans. Habitant

avec ses parents à la cité Rosset, il sera

tout particulièrement sensibilisé au

problème de logement social. Il suivra sa

scolarité à l’école de la gare, dès 1940,

jusqu’à son certificat d’étude qu’il

obtient en 1949. Diplômé d’un CAP

d’ajusteur en 1952, il mènera une

carrière de dessinateur industriel

jusqu’en 1972, date à laquelle il crée

son entreprise de négoce.

Très tôt, Bruno Polga fait preuve d’engagement notamment auprès de la CGT, qu’il intègre dès son

entrée dans la vie active. Puis, il entre dans la vie politique, en 1966, en devenant le président du

premier club socialiste de la ville. C’est d’ailleurs à cette époque qu’il rencontre François Mitterrand,

leader de ce nouveau mouvement. En 1977, après la victoire de la gauche unie aux élections

municipales, il est choisi comme premier adjoint de la ville de Saint-Priest. En 1983, il est élu maire de

la commune jusqu’en 2003, date à laquelle il s’était engagé à démissionner.

A l’origine du nouveau centre avec le projet Banlieue 89, il s’occupe également du centre historique

avec la réhabilitation de l’ancienne mairie et du Château. Sans oublier le logement social dont il

lancera un vaste programme de réhabilitation. Dans la lignée de Théo Argence et Charles Ottina, il a

durant 20 années, continué d’équiper la ville dans les domaines sociaux, culturels, sportifs,

transports et petite enfance pour la transformer en cité moderne. Conscient des erreurs du passé, il

mena une politique marquée par l’acquisition de réserve foncière pour pouvoir contrôler le

développement de la ville « afin d’apporter une réponse concrète aux problèmes posés par

l’urbanisme sauvage des années 60 ». Il souhaite préserver les parcs, des jardins et des lieux de vie

qu’il considère comme « un patrimoine à part entière ». Très critiqué, ce choix se révéla judicieux

puisqu’il permit à la ville de choisir son développement. La caserne des pompiers de Bel-Air53

L’histoire des pompiers de Saint-Priest commence en

1884 avec la création de la société de secours et l’achat

d’une première pompe à incendie par un groupe de

pompiers libres. Située au village, la société acquiert

trois autres pompes : pour Manissieux, la Fouillouse et

la Grande rue. Si, dès 1933, les casernes lyonnaises se

professionnalisent, ce n’est qu’après la guerre en 1947,

que la commune, dans le cadre de la création du S.D.I.

du Rhône, est rattachée au centre de secours de Lyon

« les volontaires et leurs pompes à bras disparurent

complétement » (Jacques Périer, historique des

Sapeurs-Pompiers du Rhône).

D’abord une volonté de l’Etat-Major souhaitant améliorer les secours dans ce secteur, la ville

autorise en 1970 la création d’une caserne provisoire au cœur du nouveau quartier de Bel-Air, place

du 8 mai 1945, au bout de la rue du même nom qui n’est alors qu’une impasse. Inaugurée le 8 mars

de la même année, la nouvelle caserne de la 5e

compagnie professionnelle permet d’accueillir jusqu’à

70 pompiers professionnels. Elle se compose d’un garage, de deux bâtiments abritant des locaux

techniques et de 20 chambrées destinées à accueillir les pompiers de garde. A cela s’ajoute les 19

appartements, mis à disposition par l’office HLM, du 26 et du 28 rue du 8 mai 1945 réservés aux

officiers et sous-officiers. La caserne sera opérationnelle jusqu’en 1991, date à laquelle la compagnie rejoindra les bâtiments

des ateliers généraux, installés depuis 1985, rue du Dauphiné. Aujourd’hui, il ne reste qu’un noyer, à

côté de la maison médicale, marquant l’ancienne limite de la caserne. Les mini-crèches54

Si en 1972 une première halte-garderie s’installe rue de Bel-Air, puis en 1977 une crèche familiale au

10 rue du 8 mai 1945, ce n’est qu’en 1978 que la municipalité prend conscience de la nécessité

d’offrir un lieu pour les plus jeunes. Décidée par le maire Louis Gireau (1977-1983), la création de

crèches s’inscrit dans un grand projet de modernisation des structures d’accueil de la ville :

l’ouverture de trois mini-crèches municipales dont deux à Bel-Air, intermédiaire entre la crèche

familiale et la crèche collective, sont installées dans des locaux plain-pied « pour que les enfants

puissent jouer à l’extérieur, dans un jardin facilement accessible55 » et rattachées au Bureau d’Aide

Sociale au 1er Janvier 1979. Il s’agit des mini-crèches de l’Edelweiss – aujourd’hui 3 Petits Pas – et

celles de la Clairière – aujourd’hui Courte Echelle. La Clairière sera la plus grande des trois minicrèches car elle accueille également le centre administratif des trois établissements dirigés par Mme

Gineste et sa secrétaire Mme Michelle Corbet.

Elles ont été inaugurées le 5 décembre 1978, en compagnie du Maire de Saint-Priest, M. Louis

Gireau, par M. Pierre Mauroy, député-maire de Lille et Président du Conseil Régional Nord-Pas de

Calais entouré d’une centaine d’invités dont M. Franck Serusclat, sénateur-maire de Saint-Fons et

Joseph Sibuet, conseiller général du canton, En 1988, le système des mini-crèches ne permet plus de répondre à la demande croissante de la

population. Saint-Priest décide de créer trois « Maisons de la petite enfance » doublant ainsi les

capacités d’accueil des tout-petits. La première dans le quartier des Garennes, les deux autres sur le

plateau : Bel-Air I –aujourd’hui Courte Echelle - et Rue Claude Farrère – aujourd’hui 3 Petits Pas.

L’ensemble des aménagements intérieurs sont réalisés à partir des travaux du Professeur Hubert

Montagnier (psychophysiologiste dans le champ du développement, du comportement et des

rythmes de l’enfant). Les maisons de quartier Claude Farrère et le local associatif

François Mansart

Le développement des Maisons de Quartier est avant tout le projet d’un Maire, Louis Gireau (1977-

1983) qui souhaite offrir un lieu d’accueil pour les différentes activités des habitants de chaque

quartier.

La Maison de Quartier Claude Farrère

Elle est installée au cœur de Bel-Air II dont les derniers bâtiments voient le jour en 1974. Un premier

local est construit au 25 bis rue Claude Farrère dans le cadre des « m

2

sociaux » que doivent compter

tout programme HLM. Avec comme première utilisation, l’accueil du restaurant scolaire de l’école

Claude Farrère, il faut, ensuite, un local d’activité pour les jeunes. Le bâtiment mesure alors 152 m2

et comprend une partie administrative et une partie « atelier espace de jeux-réunions ».

En 1992, la mairie décide de rénover et d’agrandir le bâtiment pour qu’il devienne une Maison de

Quartier à part entière. Elle offre dorénavant 300m2 supplémentaires d’activité aux enfants et aux

jeunes du quartier : une grande salle de festivité, une cuisine équipée, un espace atelier réunion, une

antenne du Bureau Information Jeunesse, un espace jeu et le bureau des associations ainsi qu’un

amphithéâtre aménagé à l’extérieur permettant d’organiser des mini-concerts, des pièces, etc. Elle

est d’abord gérée par le CPNG puis par la fédération Léo Lagrange à partir de 1999.

En 2017, d’importants travaux de réhabilitation et d’aménagement extérieurs furent réalisés comme

la réfection des salles d’activités, le transfert de l’accueil, la mise en accessibilité, l’installation d’une

nouvelle aire de jeux et la création d’un cheminement piéton pour renforcer le lien avec l’école

voisine. Elle est ré ouverte depuis janvier 2018. Le local associatif François Mansart

Tout comme Claude Farrère, le local François Mansart est à l’origine destiné à accueillir le restaurant

scolaire de l’école du même nom. Au fil des ans, son utilisation évoluera pour être un lieu où se

retrouvent les associations et même un relais d’assistante maternelle. Il porte depuis l’été 2018, le

nom de l’espace Bulle d’air Mansart afin de « marquer l’évolution de ce local devenu avec le temps un

véritable lieu de ressourcement pour les enfants, les familles et les assistantes maternelles @ La maison des jeunes et de la culture

La création de la MJC est avant tout un désir de la

municipalité souhaitant mettre à disposition du

Groupement des Jeunes une salle dans l’étage supérieur

du Château. Le foyer des jeunes sera inauguré en février

1961. L’année suivante deux salles supplémentaires sont

mises à disposition afin de créer une bibliothèque et une

salle d’activité. C’est le 4 décembre 1963 que

l’association de la MJC parait au journal officiel.

En 1992, avec plus de 700 adhérents, le manque d’espace devient une contrainte et le besoin de

s’agrandir une nécessité. Après concertation, le site de Bel-Air est retenu et le projet est inscrit dans

le cadre du développement social des quartiers (DSQ). Située en son cœur, sur l’esplanade centrale

de Bel-Air, dans l’axe de la tour 104 et de la rue du 8 mai 1945, la MJC a été conçue par l’équipe

d’architecte Ferrand-Sigal : construit sur un seul niveau, en surplomb d’une grande esplanade, cet

équipement est une articulation de plusieurs volumes autour d’un jardin intérieur, avec une galerie

reliant les différentes salles. « Ni bâtiment signal, ni prouesse architecturale57 », l’équipe n’a pas

voulu concevoir un bâtiment monolithique marquant mais plutôt un ensemble de volume, divers et

articulés, à l’image des multiples fonctions de la nouvelle MJC.

En février 1993, la première pierre de l’édifice est posée, mais il faut attendre juin 1994 pour que le

chantier se mette en route « nous avons voulu faire une construction adaptée aux différents

programmes d’activités, en travaillant sur l’éclatement des volumes autour d’un patio central qui joue

le rôle de partie publique, un peu comme les cours ou les traboules du vieux Lyon, chargée d’une forte

vie intérieure » raconte Michel Ferrand l’un des architectes. D’un coût de 13 millions de francs et d’une surface de 1 180 m2, elle est destinée à participer

pleinement au développement social du quartier et de la ville. Pour cela, le projet d’origine prévoyait

l’ouverture du bas de la Tour 104 afin créer une perspective ouvrant sur le quartier. Le toit de la MJC

se finissait par une flèche indiquant la direction de rue du 8 mai 1945. Malheureusement, la structure

de la Tour ne pouvant supporter une modification si importante, le projet fut annulé. La MJC

conserve aujourd’hui les traces de cette flèche dont la pointe a été coupée pour des raisons de

sécurité. Le centre social Louis Braille58

Ouvert en 1977, le centre social Louis Braille doit sa naissance à la volonté des habitants de Ménival.

En effet, c’est au cours de l’Assemblée Générale du 14 mai 1975 que les habitants de la résidence

Ménival-les-Gravières décident la construction du Centre social dont ils font l’acquisition le 15 juin

1976. Fondée officiellement le 25 février 1976, l’association pour la gestion du Centre Socioculturel

du quartier de Ménival-les-Gravières regroupe l’amicale de Ménival fondée en 1968 par les résidents,

la confédération syndicale du Cadre de vie et d’autres associations du quartier. Son premier

président, M. Francois Neumand, entreprend des démarches auprès de la Caisse d’allocations

familiales et des services sociaux de la mairie pour aider au financement et à l’établissement des

statuts afin que le centre ouvre au plus vite en décembre 1977.

Le centre social Louis Braille est rapidement victime de son succès. Comptant à la fin des années

1990 plus de mille adhérents, les locaux de son unique bâtiment deviennent étroits et il est

nécessaire de construire de nouveaux locaux, juste à côté, rue Louis Braille. Ouvert en mars 2000, il

est agrandi en 2009. De l’ancien bâtiment, il ne reste aujourd’hui qu’une trace au sol. Bibliographie

Alexandre Scavo, Naissance de la MJC dans la période de formation de la ville de Saint-Priest 1962-

1975, 2017, 516 p.

Alexandre Scavo, Spécificités paysagères et architecturales du quartier de Bel-Air, Saint-Priest, 2018,

7 p.

Bruno Polga, Liberté, Egalité, Fierté, un parcours atypique, Musnier-Gilbert éditions, Bourg-en-Bresse,

2014, 143 p.

Cercle Iulius Victor, Premières Journées d’Histoire en Velin au château de Saint-Priest les 20 et 21

novembre 1999, public imprim, Vénissieux, 2001, 160 p.

Cercle Iulius Victor, Saint-Priest, transformations urbaines anciennes et récentes, Revue d’histoire de

Saint-Priest n°6, Cercle Iulius Victor, 2015, 64 p.

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973,

135 p.

Christian Legrand, Le logement populaire et social en Lyonnais (1848-2000), Lyon, éditions aux arts,

2011, 486 p.

Christiane Roussé, Saint-Priest ville mosaïque (1945-1980), PUL, Lyon, 2000, 349 p.

Jacques Perrier, Histoire des Sapeurs-Pompiers du Rhône, AGB création, Couzon, 400 p.

Les amis du vieux Saint-Priest, La San-Priode, Saint-Priest, histoire et vieilles chroniques, Editions Alan

Sutton, Grande Bretagne, 2004, 254 p.

Lucien Charbonnier, Histoire de Saint-Priest en Velin, des origines à 1789, éditions Bellier, Lyon, 1990,

138 p.

Raymond Debuire, Saint-Priest au fil du temps, les amis du vieux Saint-Priest, La San-Priode, SaintPriest, 2013, 558 p.

Union des Sociétés Historiques du Rhône, Saint-Priest et sa région, actes des journées d’études 2002,

Lyon, 2003, 158 p. www.ville-saint-priest.fr/fileadmin/fichiers/Archives-mun...

  

Le logement populaire et social en Lyonnais 1848 - 2000 Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invite à suivre cette aventure laborieuse, lente et parfois heurtée mais surtout, de toujours, passionnée. Le logement populaire et social en Lyonnais de 1848 à 2000 aborde en quatre parties tous les aspects technique, urbanistique, architectural, économique et sociologique de ce secteur : 1- Approche historique sur le logement populaire et social en France, sa réglementation et ses grands types d'interventions 2- Etude des bases historiques et territoires sociaux lyonnais 3- Les actions, acteurs, opérateurs et partenaires du logement social 4- Conclusions analytique et prospective sur le logement social à Lyon Cet ouvrage très illustré et avant tout historique traite également les aspects actuels du logement social et projette dans le futur quelques réflexions et idées d'aménagement.

Aborde les aspects techniques, urbanistiques, architecturaux, économiques et sociologiques du logement. Avant tout historique, c'est aussi une projection dans le futur de quelques réflexions et idées d'aménagement.Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invi

twitter.com/Memoire2cite #coronavirus #chloroquine #PriseDeConscience #CONFINEMENTJOUR19 #confinement #CriseSanitaire #COVID2019 #COVID19 #covidchallenge #loire #chu #mapad #epahd #mémoire2cité

#applaudissements20h du courage a toutes &tous #soignants #ash #hospitalier #forez #CHRU #applaudissements #Ville #Architecture #Logementsocial #saintetienne #Beaulieu l'1 des six 1er #Grandensemble de FRANCE mise à l’étude dès 1950. Il débute en 1953 & comprend 1221 lgts, un groupe scolaire et 35 boutiques.Des parrains prestigieux et l’élite de l’architecture stéphanoise Hur/Gouyon/Farat Les 30 Glorieuses . com et la carte postale.. Il existe de nos jours, de nombreux photographes qui privilégient la qualité artistique de leurs travaux cartophiles. A vous de découvrir ces artistes inconnus aujourd’hui, mais qui seront peut-être les grands noms de demain.Les films du MRU -Industrialiser la construction, par le biais de la préfabrication.Cette industrialisation a abouti, dans les années 1950, à un choix politique de l'Etat, la construction massive de G.E. pour résoudre la très forte crise du logement dont souffrait la France www.youtube.com/watch?v=zR_jxCANYac&fbclid=IwAR2IzWlM... … Le temps de l'urbanisme, 1962, Réalisation : Philippe Brunet www.dailymotion.com/video/xgj2zz?playlist=x34ije … … … … -Les grands ensembles en images Les ministères en charge du logement et leur production audiovisuelle (1944-1966) MASSY - Les films du MRU - La Cité des hommes, 1966, Réalisation : Fréderic Rossif, Albert Knobler www.dailymotion.com/video/xgiqzr?playlist=x34i - Les films du MRU @ les AUTOROUTES - Les liaisons moins dangereuses 1972 la construction des autoroutes en France - Le réseau autoroutier 1960 Histoire de France Transports et Communications - www.dailymotion.com/video/xxi0ae?playlist=x34ije … - A quoi servaient les films produits par le MRU ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme ? la réponse de Danielle Voldman historienne spécialiste de la reconstruction www.dailymotion.com/video/x148qu4?playlist=x34ije … -les films du MRU - Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : la préfabrication en usine, le coffrage glissant... www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije … - TOUT SUR LA CONSTRUCTION DE NOTRE DAME LA CATHEDRALE DE PARIS Içi www.notredamedeparis.fr/la-cathedrale/histoire/historique... -MRU Les films - Le Bonheur est dans le béton - 2015 Documentaire réalisé par Lorenz Findeisen produit par Les Films du Tambour de Soie içi www.dailymotion.com/video/x413amo?playlist=x34ije Noisy-le-Sec le laboratoire de la reconstruction, 1948 L'album cinématographique de la reconstruction maison préfabriquée production ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, 1948 L'album cinématographique içi www.dailymotion.com/video/xwytke

   

archipostcard.blogspot.com/search?updated-max=2009-02-13T... -Créteil.un couple à la niaiserie béate exalte les multiples bonheurs de la vie dans les new G.E. www.youtube.com/watch?v=FT1_abIteFE … La Ville bidon était un téléfilm d'1 heure intitulé La Décharge.Mais la censure de ces temps de présidence Pompidou en a interdit la diffusion télévisuelle - museedelacartepostale.fr/periode-semi-moderne/ - archipostalecarte.blogspot.com/ - Hansjörg Schneider BAUNETZWOCHE 87 über Papiermoderne www.baunetz.de/meldungen/Meldungen_BAUNETZWOCHE_87_ueber_... … - ARCHITECTURE le blog de Claude LOTHIER içi leblogdeclaudelothier.blogspot.com/2006/ - - Le balnéaire en cartes postales autour de la collection de David Liaudet, et ses excellents commentaires.. www.dailymotion.com/video/x57d3b8 -Restaurants Jacques BOREL, Autoroute A 6, 1972 Canton d'AUXERRE youtu.be/LRNhNzgkUcY munchies.vice.com/fr/article/43a4kp/jacques-borel-lhomme-... … Celui qu'on appellera le « Napoléon du prêt-à-manger » se détourne d'ailleurs peu à peu des Wimpy, s'engueule avec la maison mère et fait péricliter la franchise ... museedelacartepostale.fr/blog/ -'être agent de gestion locative pour une office H.L.M. en 1958' , les Cités du soleil 1958 de Jean-Claude Sée- les films du MRU içi www.dailymotion.com/video/xgj74q présente les réalisations des HLM en France et la lutte contre l'habitat indigne insalubre museedelacartepostale.fr/exposition-permanente/ - www.queenslandplaces.com.au/category/headwords/brisbane-c... - collection-jfm.fr/t/cartes-postales-anciennes/france#.XGe... - www.cparama.com/forum/la-collection-de-cpa-f1.html - www.dauphinomaniac.org/Cartespostales/Francaises/Cartes_F... twitter.com/Memoire2cite tout içi sig.ville.gouv.fr/atlas/ZUS/ - media/InaEdu01827/la-creatio" rel="noreferrer nofollow">fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu01827/la-creatio Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije la préfabrication en usine www.dailymotion.com/video/xx6ob5?playlist=x34ije , le coffrage glissant www.dailymotion.com/video/x19lwab?playlist=x34ije ... De nouvelles perspectives sont nées dans l'industrie du bâtiment avec les principes de bases de l'industrialisation du bâtiment www.dailymotion.com/video/x1a98iz?playlist=x34ije ,

   

www.dailymotion.com/video/xk6xui?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xk1dh2?playlist=x34ije : mécanisation, rationalisation et élaboration industrielle de la production. Des exemples concrets sont présentés afin d'illustrer l'utilisation des différentes innovations : les coffrages outils, coffrage glissant, le tunnel, des procédés pour accélérer le durcissement du béton. Le procédé dit de coffrage glissant est illustré sur le chantier des tours Pablo Picasso à Nanterre. Le principe est de s'affranchir des échafaudages : le coffrage épouse le contour du bâtiment, il s'élève avec la construction et permet de réaliser simultanément l'ensemble des murs verticaux. Au centre du plancher de travail, une grue distribue en continu le ferraillage et le béton. Sur un tel chantier les ouvriers se relaient 24h / 24 , www.dailymotion.com/video/xwytke?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/x1bci6m?playlist=x34ije

   

Le reportage se penche ensuite sur la préfabrication en usine. Ces procédés de préfabrication en usine selon le commentaire sont bien adaptés aux pays en voie de développement, cela est illustré dans le reportage par une réalisation en Libye à Benghazi. Dans la course à l'allégement des matériaux un procédé l'isola béton est présenté. Un chapitre sur la construction métallique explique les avantage de ce procédé. La fabrication de composants ouvre de nouvelles perspectives à l'industrie du bâtiment.

   

Lieux géographiques : la Grande Borne 91, le Vaudreuil 27, Avoriaz, Avenue de Flandres à Paris, tours Picasso à Nanterre, vues de la défense, Benghazi Libye www.dailymotion.com/video/xk6xui?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xk1dh2?playlist=x34ije : mécanisation, rationalisation et élaboration industrielle de la production. Des exemples concrets sont présentés afin d'illustrer l'utilisation des différentes innovations : les coffrages outils, coffrage glissant, le tunnel, des procédés pour accélérer le durcissement du béton. Le procédé dit de coffrage glissant est illustré sur le chantier des tours Pablo Picasso à Nanterre. Le principe est de s'affranchir des échafaudages : le coffrage épouse le contour du bâtiment, il s'élève avec la construction et permet de réaliser simultanément l'ensemble des murs verticaux. Au centre du plancher de travail, une grue distribue en continu le ferraillage et le béton. Sur un tel chantier les ouvriers se relaient 24h / 24 , www.dailymotion.com/video/xwytke?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/x1bci6m?playlist=x34ije

   

Le reportage se penche ensuite sur la préfabrication en usine. Ces procédés de préfabrication en usine selon le commentaire sont bien adaptés aux pays en voie de développement, cela est illustré dans le reportage par une réalisation en Libye à Benghazi. Dans la course à l'allégement des matériaux un procédé l'isola béton est présenté. Un chapitre sur la construction métallique explique les avantage de ce procédé. La fabrication de composants ouvre de nouvelles perspectives à l'industrie du bâtiment.www.dailymotion.com/playlist/x34ije_territoiresgouv_cinem... - mémoire2cité - le monde de l'Architecture locative collective et bien plus encore - mémoire2cité - Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije la préfabrication en usine www.dailymotion.com/video/xx6ob5?playlist=x34ije , le coffrage glissant www.dailymotion.com/video/x19lwab?playlist=x34ije ... De nouvelles perspectives sont nées dans l'industrie du bâtiment avec les principes de bases de l'industrialisation du bâtiment www.dailymotion.com/video/x1a98iz?playlist=x34ije ,www.dailymotion.com/playlist/x34ije_territoiresgouv_cinem... - mémoire2cité - le monde de l'Architecture locative collective et bien plus encore - mémoire2cité - Bâtir mieux plus vite et moins cher 1975 l'industrialisation du bâtiment et ses innovations : www.dailymotion.com/video/xyjudq?playlist=x34ije la préfabrication en usine www.dailymotion.com/video/xx6ob5?playlist=x34ije , le coffrage glissant www.dailymotion.com/video/x19lwab?playlist=x34ije ... De nouvelles perspectives sont nées dans l'industrie du bâtiment avec les principes de bases de l'industrialisation du bâtiment www.dailymotion.com/video/x1a98iz?playlist=x34ije ,

   

Le Joli Mai (Restauré) - Les grands ensembles BOBIGNY l Abreuvoir www.youtube.com/watch?v=eUY9XzjvWHE … et la www.youtube.com/watch?v=hK26k72xIkU … www.youtube.com/watch?v=xCKF0HEsWWo …

   

Genève Le Grand Saconnex & la Bulle Pirate - architecte Marçel Lachat -

   

Un film de Julien Donada içi www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=4E723uQcpnU … … .Genève en 1970. pic.twitter.com/1dbtkAooLM è St-Etienne - La muraille de Chine, en 1973 ce grand immeuble du quartier de Montchovet, existait encore photos la Tribune/Progres.

   

www.youtube.com/watch?v=AJAylpe8G48 …, - la tour 80 HLM située au 1 rue Proudhon à Valentigney dans le quartier des Buis Cette tour emblématique du quartier avec ces 15 étages a été abattu par FERRARI DEMOLITION (68). VALENTIGNEY (25700) 1961 - Ville nouvelle-les Buis 3,11 mn www.youtube.com/watch?v=C_GvwSpQUMY … - Au nord-Est de St-Etienne, aux confins de la ville, se dresse une colline Montreynaud la ZUP de Raymond Martin l'architecte & Alexandre Chemetoff pour les paysages de St-Saens.. la vidéo içi * Réalisation : Dominique Bauguil www.youtube.com/watch?v=Sqfb27hXMDo … … - www.dailymotion.com/video/xk6xui?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xk1dh2?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/xwytke?playlist=x34ije , www.dailymotion.com/video/x1bci6m?playlist=x34ije l'industrie du bâtiment.

   

la Grande Borne 91, le Vaudreuil 27, Avoriaz, Avenue de Flandres à Paris, tours Picasso à Nanterre, vues de la défense, Benghazi Libye 1975 Réalisateur : Sydney Jézéquel, Karenty

   

la construction des Autoroutes en France - Les liaisons moins dangereuses 1972 www.dailymotion.com/video/xxi0ae?playlist=x34ije Cardem les 60 ans de l'entreprise de démolition française tres prisée des bailleurs pour les 80, 90's (1956 - 2019) toute l'Histoire de l'entreprise içi www.youtube.com/watch?v=Yyf1XGvTZYs - 69 LYON & la Cardem pour la démolition de la barre 230 Quartier la Duchère le 2 juillet 2015, youtu.be/BSwidwLw0NA pic.twitter.com/5XgR8LY7At -34 Béziers - C'était Capendeguy le 27 janv 2008 En quelques secondes, 450 kg d'explosifs ont soufflé la barre HLM de 492 lgts, de 480 m, qui laissera derrière elle 65.000 tonnes de gravas. www.youtube.com/watch?v=rydT54QYX50 … … Les usines Peugeot - Sochaux Montbéliard. 100 ans d'histoire en video www.youtube.com/watch?v=X4w3CxXVAyY … - 42 LOIRE SAINT-ETIENNE MONTREYNAUD LA ZUP Souvenirs avec Mascovich & son clip "la tour de Montreynaud" www.youtube.com/watch?v=p7Zmwn224XE …

   

Villeneuve-la-Garenne, La Caravelle est à mettre au crédit de Jean Dubuisson, l’un des architectes les plus en vue des années 1960, www.dailymotion.com/video/x1re3h5 via @Dailymotion - AMIENS les HLM C'était le 29 juillet 2010, à 11h02. En quelques secondes, cette tour d'habitation s'est effondrée, détruite par implosion. Construite en 1961, la tour avait été vidée de ses habitants quelques années auparavant. www.youtube.com/watch?v=ajz2xk5KBNo … … - Les habitants de Montreynaud parlent de leur quartier et de cette destruction entre nostalgie et soulagement içi en video www.dailymotion.com/video/xmiwfk - Les bâtiments de la région parisienne - Vidéo Ina.fr www.ina.fr/video/CAF96034508/les-batiments-de-la-region-p... … via @Inafr_officiel - Daprinski - George Michael (Plaisir de France remix) www.youtube.com/watch?v=sJeH-nzlj3I

   

Ministère de l'Équipement et de l'Aménagement du Territoire - Dotation par la France d'autoroutes modernes "nécessité vitale" pour palier à l'inadaptation du réseau routier de l'époque voué à la paralysie : le reportage nous montre des images d'embouteillages. Le ministre de l'Équipement et de l'Aménagement du Territoire dans les deux gouvernements de Pierre Messmer, de 1972 à 1974, Olivier Guichard explique les ambitions du programme de construction qui doit atteindre 800 km par ans en 1978. L'ouverture de section nouvelles va bon train : Nancy / Metz par exemple. Le reportage nous montre l'intérieur des bureaux d'études qui conçoivent ces autoroute dont la conception est assistée par ordinateurs dont le projet d'ensemble en 3D est visualisé sur un écran. La voix off nous informe sur le financement de ces équipements. Puis on peut voir des images de la construction du pont sur la Seine à Saint Cloud reliant l'autoroute de Normandie au périphérique, de l'échangeur de Palaiseau sur 4 niveau : record d'Europe précise le commentaire. Le reportage nous informe que des sociétés d'économies mixtes ont étés crées pour les tronçons : Paris / Lille, Paris / Marseille, Paris / Normandie. Pour accélérer la construction l’État a eu recours à des concessions privées par exemple pour le tronçon Paris / Chartres. "Les autoroutes changent le visage de la France : artères économiques favorisant le développement industriel elles permettent de revitaliser des régions en perte de vitesse et de l'intégrer dans le mouvement général de l'expansion" Sur le plan européen elles vont combler le retard de la France et réaliser son insertion. Images de l'inauguration de l'autoroute entre Paris et Bruxelles par le président Georges Pompidou. Le reportage rappel que l'autre fonction capitale des autoroute est de favoriser la sécurité. La question de la limitation de vitesse est posée au ministre de l’Équipement, qui n'y est favorable que sur certains tronçons. Un des facteur de sécurité selon le commentaire est l'humanisation des autoroutes : aires de repos, restaurants, signalisation touristiques... "Rien n'est impossible aux techniques modernes" nous apprend la voix off qui prend comme exemple le déplacement sur rail de 65 mètres d'un château classé afin de faire passer l'autoroute Lille / Dunkerque.Durée : 4 minutes 30 secondes

   

Sur les routes de France les ponts renaissent 1945 reconstruction de la France après la Seconde Guerre mondiale www.dailymotion.com/video/xuxrii?playlist=x34ije Lyon, Tournon, Caen - Le Bosquel, un village renait 1947 l'album cinématographique de la reconstruction, réalisation Paul de Roubaix production ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, village prototype, architecte Paul Dufournet, www.dailymotion.com/video/xx5tx8?playlist=x34ije - Demain Paris 1959 dessin animé présentant l'aménagement de la capitale dans les années 60, Animation, dessin animé à vocation pédagogique visant à promouvoir la politique d’aménagement suivie dans les années 60 à Paris. Un raccourci historique sur l’extension de Paris du Moyen Âge au XIXe siècle (Lutèce, œuvres de Turgot, Napoléon, Haussmann), ce dessin animé retrace la naissance de la banlieue et de ses avatars au XXe siècle. Il annonce les grands principes d’aménagement des villes nouvelles et la restructuration du centre de Paris (référence implicite à la charte d’Athènes). Le texte est travaillé en rimes et vers. Une chanson du vieux Paris conclut poétiquement cette vision du futur. Thèmes principaux : Aménagement urbain / planification-aménagement régional Mots-clés : Banlieue, extension spatiale, histoire, quartier, ville, ville nouvelle Lieu géographique : Paris 75 Architectes ou personnalités : Eugène Haussmann, Napoléon, Turgot Réalisateurs : André Martin, Michel Boschet Production : les films Roger Leenhardt

   

www.dailymotion.com/video/xw6lak?playlist=x34ije - Rue neuve 1956 la reconstruction de la France dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, villes, villages, grands ensembles réalisation : Jack Pinoteau , Panorama de la reconstruction de la France dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, ce film de commande évoque les villes et villages français détruits puis reconstruits dans un style respectant la tradition : Saint-Malo, Gien, Thionville, Ammerschwihr, etc. ainsi que la reconstruction en rupture avec l'architecture traditionnelle à Châtenay-Malabry, Arles, Saint Étienne, Évreux, Chambéry, Villeneuve-Saint-Georges, Abbeville, Le Havre, Marseille, Boulogne-sur-Mer, Dunkerque. Le documentaire explique par exemple la manière dont a été réalisée la reconstruction de Saint-Malo à l'intérieur des rempart de la vieille ville : "c'est la fidélité à l'histoire et la force du souvenir qui a guidé l'architecte". Dans le même esprit à Gien, au trois quart détruite en 1940, seul le château construit en 1494 pour Anne de Beaujeu, fille aînée de Louis XI, fut épargné par les bombardements. La ville fut reconstruite dans le style des rares immeubles restant. Gien est relevé de ses ruines et le nouvel ensemble harmonieux est appelé « Joyau de la Reconstruction française ». Dans un deuxième temps est abordé le chapitre de la construction des cités et des grands ensembles, de l’architecture du renouveau qualifiée de "grandiose incontestablement". S’il est précisé "on peut aimer ou de ne pas aimer ce style", l’emporte au final l’argument suivant : les grands ensembles, c'est la campagne à la ville, un urbanisme plus aéré, plus vert." les films caravelles 1956, Réalisateur : Jack Pinoteau (connu pour être le metteur en scène du film Le Triporteur 1957 qui fit découvrir Darry Cowl) www.dailymotion.com/video/xuz3o8?playlist=x34ije - www.dailymotion.com/video/xk1g5j?playlist=x34ije Brigitte Gros - Urbanisme - Filmer les grands ensembles 2016 - par Camille Canteux chercheuse au CHS -Centre d'Histoire Sociale - Jeanne Menjoulet - Ce film du CHS daté de 2014 www.youtube.com/watch?v=VDUBwVPNh0s … L'UNION SOCIALE POUR L'HABITAT le Musée des H.L.M. musee-hlm.fr/ union-habitat.org/ - EXPOSITION :LES 50 ANS DE LA RESIDENCe SALMSON POINT-Du JOUR www.salmsonlepointdujour.fr/pdf/Exposition_50_ans.pdf - Sotteville Construction de l’Anjou, le premier immeuble de la Zone Verte sottevilleaufildutemps.fr/2017/05/04/construction-de-limm... - www.20minutes.fr/paris/diaporama-7346-photo-854066-100-an... - www.ladepeche.fr/article/2010/11/02/940025-140-ans-en-arc... dreux-par-pierlouim.over-blog.com/article-chamards-1962-9... missionphoto.datar.gouv.fr/fr/photographe/7639/serie/7695...

   

Official Trailer - the Pruitt-Igoe Myth: an Urban History

   

www.youtube.com/watch?v=g7RwwkNzF68 - la dérive des continents youtu.be/kEeo8muZYJU Et la disparition des Mammouths - RILLIEUX LA PAPE & Dynacité - Le 23 février 2017, à 11h30, les tours Lyautey étaient foudroyées. www.youtube.com/watch?v=W---rnYoiQc 1956 en FRANCE - "Un jour on te demanda de servir de guide, à un architecte en voyage d etudes, ensemble vous parcourez la Françe visitant cité jardins, gratte ciel & pavillons d'HLM..." @ les archives filmées du MRU www.youtube.com/watch?v=zR_jxCANYac&fbclid=IwAR2IzWlM... … Villages de la Françe cité du Soleil

   

Ginger CEBTP Démolition, filiale déconstruction du Groupe Ginger, a réalisé la maîtrise d'oeuvre de l'opération et produit les études d'exécution. L'emblématique ZUP Pruitt Igoe. vaste quartier HLM (33 barres de 11 étages) de Saint-Louis (Missouri) USA. démoli en 1972 www.youtube.com/watch?v=nq_SpRBXRmE … "Life is complicated, i killed people, smuggled people, sold people, but perhaps in here.. things will be different." ~ Niko Bellic - cité Balzac, à Vitry-sur-Seine (23 juin 2010).13H & Boom, quelques secondes plus tard, la barre «GHJ», 14 étages et 168 lgts, s’effondrait comme un château de cartes sous les applaudissements et les sifflets, bientôt enveloppés dans un nuage de poussière. www.youtube.com/watch?v=d9nBMHS7mzY … - "La Chapelle" Réhabilitation thermique de 667 logements à Andrézieux-Bou... youtu.be/0tswIPdoVCE - 11 octobre 1984 www.youtube.com/watch?v=Xk-Je1eQ5po DESTRUCTION par explosifs de 10 tours du QUARTIER DES MINGUETTES, à LYON. les tours des Minguettes ; VG des tours explosant et s'affaissant sur le côté dans un nuage de fumée blanche ; à 13H15, nous assistons à l'explosion de 4 autres tours - St-Etienne Métropole & Montchovet - la célèbre Muraille de Chine ( 540 lgts 270m de long 15 allees) qui était à l'époque en 1964 la plus grande barre HLM jamais construit en Europe. Après des phases de rénovation, cet immeuble a été dynamité en mai 2000 www.youtube.com/watch?v=YB3z_Z6DTdc … - PRESQU'ILE DE GENNEVILLIERS...AUJOURD'HUI...DEMAIN... (LA video içi parcours.cinearchives.org/Les-films-PRESQU-ILE-DE-GENNEVI... … ) Ce film de la municipalité de Gennevilliers explique la démarche et les objectifs de l’exposition communale consacrée à la presqu’île, exposition qui se tint en déc 1972 et janvier 1973 - le mythe de Pruitt-Igoe en video içi nextcity.org/daily/entry/watch-the-trailer-for-the-pruitt... … - 1964, quand les loisirs n’avaient (deja) pas le droit de cité poke @Memoire2cite youtu.be/Oj64jFKIcAE - Devenir de la ZUP de La Paillade youtu.be/1qxAhsqsV8M v - Regard sur les barres Zum' youtu.be/Eow6sODGct8 v - MONTCHOVET EN CONSTRUCTION Saint Etienne, ses travaux - Vidéo Ina.fr www.ina.fr/video/LXF99004401 … via - La construction de la Grande Borne à Grigny en 1969 Archive INA www.youtube.com/watch?time_continue=12&v=t843Ny2p7Ww (discours excellent en seconde partie) -David Liaudet : l'image absolue, c'est la carte postale" phothistory.wordpress.com/2016/04/27/david-liaudet-limage... … l'architecture sanatoriale Histoire des sanatoriums en France (1915-1945). Une architecture en quête de rendement thérapeutique.. A la fin des années 1930, sous le Front Populaire, s’amorce une démocratisation des loisirs et du sport. Cette massification des loisirs sportifs, et en particulier de la natation, s’intensifie après-guerre, grâce à la mise en place d’une véritable politique d’Etat en faveur du développement de la pratique sportive, accompagnée par la construction d’équipements de proximité. Cette politique conduit à redéfinir et à rationaliser la conception de la piscine, autant d’un point de vue architectural que fonctionnel.

 

Vers la fin des années 1920, le sport, et en particulier la question de l’équipement sportif, commence à s’imposer au niveau national, comme un objet incontournable de souci et d’action politique. La volonté de créer une structure institutionnelle chargée de concevoir et de contrôler cette politique publique relative au sport s’affirme de plus en plus. Cette idée est en germe depuis l’armistice, comme l’indique la réflexion d’Edouard Herriot, maire de Lyon : « Peut-être arriverons-nous ainsi peu à peu à la constitution d’un grand service central – ministère ou non – de l’Éducation physique » (Édouard Herriot, 1919).

 

Parallèlement, des revendications sociales se font entendre pour une meilleure accessibilité au sport par la classe populaire. Ces requêtes sont entendues par le Front populaire, qui initie une politique de démocratisation de la culture sportive, s’appuyant sur l’invention de notions telles que temps libre et loisirs. Dans le but de diffuser et de mettre en oeuvre cette conception du sport pour tous, est créé en 1937 (à l’occasion d’un remaniement ministériel), un sous-secrétariat d’Etat aux Sports, aux Loisirs et à l’Education physique (rattaché au ministère de l’Education nationale dirigé par Jean Zay), à la tête duquel est placé Léo Lagrange. Ce dernier entreprend une série d’actions, à la fois concrètes et symboliques, comme l’aide à l’équipement communal (dont la nécessité est rendue évidente par les conclusions d’un inventaire national des installations existantes) ou la création d’un Brevet sportif populaire. Cette conception du sport de masse n’obtient cependant pas la faveur de tous. On note d’ailleurs, dans le mouvement sportif national, le rejet d’une politique d’intervention autoritaire des pouvoirs publics. Si les actions du Front Populaire sont stoppées par la déclaration de la guerre, elles ont toutefois conduit à une véritable prise de conscience de l’enjeu politique sportif au niveau national.

 

Sous le régime de Vichy (juin 1940-juin 1944), est créé un Commissariat Général à l’Education Générale et Sportive (CGEGS), qui s’appuie sur le sport pour diffuser l’idéologie du gouvernement, prônant des valeurs de discipline, de redressement moral, physique et intellectuel et de retour à l’ordre. Dans ces années, où le sport est surtout un outil de propagande, s’esquissent toutefois de nouvelles prescriptions concernant l’architecture des piscines (qui se doit d’être épurée et rationnelle), et la volonté de rattraper le retard de la France en matière d’équipement sportif par rapport aux autres pays européens.

 

Au sortir de la guerre, la question sportive n’est pas une priorité et la période 1945-1957 se caractérise par une faible intervention publique. Malgré les constructions réalisées grâce à des politiques municipales sociales et volontaristes dans les années 1930, le nombre d’équipements sportifs, et en particulier de piscines couvertes et chauffées, est encore très faible par rapport à la moyenne européenne. Ce sous-équipement va rapidement poser problème, d’autant plus que l’accroissement démographique est en plein essor, entraînant une augmentation de la jeunesse et donc une recrudescence de la pratique sportive, parallèlement à une forte urbanisation. Si l’effort est d’abord porté vers la reconstruction (du secteur industriel et du cadre de vie : logements, services administratifs, voirie, etc.), les questions de la jeunesse, du sport, de l’éducation populaire et du plein air travaillent les esprits du gouvernement.

 

Dans les Hauts-de-France, de nombreuses piscines ont subi des dégradations pendant la guerre et nécessitent une rénovation (une grande partie des piscines cheminotes par exemple).

 

Le stade nautique olympique de Tourcoing est complété, en 1951, d’un toit en partie ouvrant, une première du genre, amené à un grand développement dans les deux décennies suivantes. Faute de moyens financiers suffisants (il existe des subventions, mais les moyens alloués à la Jeunesse et aux Sports restent faibles) et d’une volonté politique forte, le nombre de constructions de piscines entre 1945 et 1958 demeure restreint. Ainsi, à Lens, suite à la destruction du stade nautique pendant la guerre, la construction d’une nouvelle piscine est projetée dès l’après-guerre, mais faute de financement, il faut attendre les années 1960 pour que le projet aboutisse.

 

Les quelques installations nautiques nouvelles qui sont réalisées au cours des 1950, sous l’impulsion d’initiatives locales, sont majoritairement découvertes et ne sont donc exploitables que quelques mois dans l’année. Si ces édifices sont aboutis au niveau technique et architectural, ils ne sont pas en mesure de satisfaire les besoins en matière de bassins éducatifs praticables pendant l’année scolaire. Ils répondent plus à une volonté d’offrir à la population un équipement de loisirs sportifs. Il s’agit souvent de la réalisation de projets municipaux d’avant-guerre, n’ayant pas eu l’occasion de voir le jour.

 

Dans ces piscines des années 1950, le double bassin est définitivement adopté et elles répondent aux nouvelles prescriptions édictées dans les années 1940 en matière d’architecture sportive, qui se doit avant tout d’être fonctionnelle et pratique, largement ouverte sur l’extérieur par des baies vitrées, sa beauté résidant essentiellement dans l’harmonie de ses proportions et l’agencement de lignes géométriques pures.

 

Ainsi, dans l’Oise, la ville de Compiègne décide en 1949 (sous le mandat de Jean Legendre), l’édification d’une piscine en bordure de l’Oise, rendue possible grâce aux indemnités des dommages de guerre et de la reconstruction, ainsi qu’à une subvention élevée de la part du Secrétariat d’Etat à l’Enseignement technique, à la Jeunesse et aux Sports. La piscine, conçue par l’architecte-urbaniste de la ville, J. Gossart, est inaugurée le 1er juin 1952. Des bains-douches sont aménagés dans les sous-sols. Il s’agit d’un grand bâtiment blanc rectangulaire en béton armé, inséré sur la berge boisée de l’Oise, s’ouvrant en son centre sur les deux bassins de plein-air de la piscine (25 x 12,5 m et 8 x 12,5 m), avec un plongeoir à double hauteur (3 et 5 mètres). Les baigneurs surplombent l’Oise et évoluent dans un cadre propice à la détente, correspondant bien aux prescriptions d’avant-guerres recommandant la construction d’équipements sportifs et de loisirs en plein air, dans un environnement naturel. Les gradins d’environ 800 places, font également face à l’Oise. L’architecture est simple et fonctionnelle, sans aucun décor ; elle obéit à un modernisme pur et efficace. Elle est remarquable du fait de sa situation en bord de rivière, comme l’était également la piscine découverte de l’Hôtel-Dieu à Pontoise (Val d’Oise) construite en 1961 par l’architecte Jean Letu et aujourd’hui détruite. La piscine de Compiègne, ouverte de mai à septembre, connaît un grand succès, qui ne cesse de croître d’année en année. Fermée dès 1985 car son bassin souffrait de fuites (et remplacée par la piscine Mercières, construite en 1988), elle est aujourd’hui à l’abandon.

 

A Caudry (Nord), le stade nautique municipal est construit en 1951-1952, sur les plans d'Edmond Lancelle (1898-1957), architecte du Cambrésis actif pendant les deux périodes de reconstruction, grâce à la volonté du maire Albert Dhélin (maire de 1947 à 1965). L’architecte est associé à Marc Revaux, ingénieur-conseil spécialisé en construction de piscines. Son architecture semble inspirée de la piscine de Bruay-en-Artois et est similaire à celle du Cateau-Cambrésis, reconstruite en 1954 par la même équipe d’architecte-ingénieur. Elle allie le style Paquebot de l’Art Déco (présence d’oculi en forme de hublots) aux codes du mouvement moderne international des années 1950. Les bassins sont entourés sur deux côtés par les bâtiments des vestiaires, et sur le deuxième grand côté par des gradins surplombés par une terrasse avec buvette (dans l’angle). La forme de U renversé de l’élégant plongeoir associée à la ligne courbe du toboggan qui lui fait face, animent l’orthogonalité des alignements de cabines. Le portique d’entrée, reprenant ces lignes courbes, s’ouvre sur un guichet vitré aux formes dynamiques et sculpturales. La piscine est dominée par une grande tour-horloge, rythmant les séances de natation. On retrouve cette tour-horloge marquant l’entrée de la piscine, à la piscine olympique de la Scarpe à Arras (1955) et au stade nautique de Bapaume (Pas-de-Calais). A Bapaume, le bâtiment abritant l’accueil et les vestiaires est largement vitré et s’ouvre sur les bassins, entourés d’un portique. Son architecte, Emile Cauwet, est spécialiste de l’architecture scolaire (groupe scolaire Ferdinand-Buisson à Boulogne-Billancourt), industrielle et sportive, et prône une esthétique moderniste et fonctionnelle.

 

A Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), une piscine municipale est judicieusement intégrée au nouveau casino, bâtiment monumental, manifeste de l’architecture des années 1950, conçu par les architectes Sonrel et Bonhomme, et situé derrière la plage de la station balnéaire. La piscine, localisée au rez-de-chaussée, est vitrée sur deux côtés et donne vue sur la plage. Le bâtiment en béton armé, monté sur pilotis (rappelant l’architecture de Le Corbusier), est décoré sur ses façades extérieures de mosaïques réalisées par l’artiste Françoise Lelong. La façade côté plage s’ouvre par un portique avec terrasse.

 

Ainsi les piscines des années 1950, souvent d’une grande sobriété correspondant aux préceptes architecturaux du mouvement moderne, s’inscrivent dans la continuité des piscines de la fin des années 1930. Il faut attendre les années 1960 pour qu’une nouvelle impulsion soit donnée à l’innovation architecturale dans le domaine des piscines, grâce à la mise en place d’une véritable politique interventionniste de l’Etat en faveur de l’équipement sportif sous la Ve République, dans le cadre de trois lois de programme planifiant la construction d’équipements sportifs et socio-éducatifs. Ce nouveau cadre législatif se traduit par une "mise en administration" du bâti sportif par l’État1.

 

II. Les mesures mises en place entre 1961 et 1976 par l’Etat en faveur de la construction des piscines

 

A partir de la Ve République, le sport et la construction sportive sont désormais perçus comme un service d’intérêt public du ressort de l’Etat. Déterminé, l’Etat entreprend une série de mesures incitatives visant à créer un maillage de piscines publiques praticables en toutes saisons (la plupart des piscines étaient alors découvertes et non chauffées) sur l’ensemble du territoire national. L’objectif principal est que tous les enfants aient accès à un bassin pour apprendre à nager, et qu’ainsi soit enfin mis en application l’apprentissage obligatoire de la natation à l’école (dans les programmes depuis la fin du 19e siècle). La priorité des piscines des années 1960-1970 est donc portée vers la jeunesse et l’éducation.

 

1. Les lois programmes : une nouvelle politique économique en faveur de l’équipement sportif

 

Lors de l’instauration du premier gouvernement de la Ve République, est créé un Haut-commissariat (puis Secrétariat d’Etat) à la Jeunesse et aux Sports (rattaché au ministère de l’Education Nationale), dirigé par Maurice Herzog. Ce dernier souhaite impulser de manière urgente une politique de construction afin de combler le sous-équipement en matière d’édifices à destination de la jeunesse : "Notre objectif, notre seul objectif est de mettre à la disposition de notre jeunesse, les moyens de s’exprimer plus complètement. Nous voulons que des millions de jeunes Français puissent aller au stade, à la piscine, se rencontrer dans les Maisons de Jeunes" (Equipements pour la jeunesse et les sports, 1962). Cette volonté se concrétise le 28 juillet 1961, avec la promulgation, dans le cadre du IVe plan, de la première loi de programme, qui instaure, sur une durée de quatre ans (1962-1965), un plan assurant un financement national durable et concret en faveur des équipements sportifs et socio-éducatifs. Ce plan prend la forme de subventions élevées (représentant généralement entre 20 et 50% du coût total) destinées à aider de nombreuses collectivités locales dans leur projet de constructions sportives. Ces aides se poursuivent et sont même revalorisées lors de la deuxième loi de programme d’équipements sportifs (1966-1970), votée le 2 juillet 1965. La troisième loi (1971-1975), votée le 13 juillet 1971, montre une détermination encore plus forte de l’Etat à augmenter massivement le nombre d’équipements à grande échelle, en particulier dans les nouvelles zones urbaines, et à former des éducateurs, ceci pour favoriser le sport de masse pour tous. Ces années marquent en revanche le début du désengagement financier de l’État, que l’on discerne par la baisse progressive des montants des subventions accordées. Ces subventions sont bien sûr soumises à certaines conditions. Et, pour assurer et contrôler la qualité technique et le respect des normes des piscines construites, les municipalités doivent en faire valider les avant-projets par l’Etat.

 

Certains dossiers de subventions conservés aux Archives nationales montrent que de nombreuses municipalités des Hauts-de-France bénéficient de cette aide dès les années 1960 (par exemple les piscines de Lomme, de Noyon, de Chantilly, de Lens, etc.).

       

Ces lois de programmes d’équipements ne se résument toutefois pas à ces aides financières : l’Etat développe également des mesures permettant d’inciter plus efficacement les collectivités à entreprendre la construction d’une piscine, en facilitant leurs démarches administratives et en réduisant les coûts de construction.

 

2. L’agrément de modèles de piscines : normaliser, encadrer et faciliter la construction

 

Suite à l’application de la première loi de programme, le Haut-Commissariat à la Jeunesse et aux Sports, constate que les prix de revient des équipements sportifs sont fréquemment trop élevés et que les architectes municipaux chargés de ces constructions ne sont la plupart du temps pas qualifiés pour ce type de constructions complexes et techniques. D’où la volonté de normaliser et de rationaliser les équipements sportifs, notamment les piscines, et de contrôler les projets proposés par de plus en plus d’entreprises, de constructeurs ou de bureaux d’études aux collectivités. Dans ce but est créée le 25 mai 1963 une commission spéciale dont la mission est d’agréer, sur le plan technique, des projets-types d’équipements susceptibles d’être réalisés dans toute la France. La commission est composée de treize sièges et se réunit plusieurs fois dans l’année pour donner son avis sur les projets d’architecture présentés à l’agrément. Pour ce faire, elle se base sur les qualités techniques du projet, sur les possibilités d’adaptation de l’architecture aux terrains divers, ainsi que sur les qualifications professionnelles des candidats à l’agrément. A partir de 1967, la commission se montre plus exigeante sur l’esthétique, l’harmonie, et l’originalité architecturale.@ la STAS SIOTAS LOIRE FOREZ SAINTETIENNE @ La Société de transport de l'agglomération stéphanoise (STAS, nom juridique : TPAS) est une entreprise de transport en commun, chargée de la desserte des 53 communes de Saint-Étienne Métropole. Filiale de Transdev, son siège social est situé à Saint-Priest-en-Jarez, avenue Pierre Mendès France. Le réseau stéphanois est connu pour avoir gardé son tramway électrique (la seule en France avec Lille et Marseille) depuis sa création. Il est aussi, avec Lyon et Limoges, l'un des rares réseaux français à avoir conservé des lignes de trolleybus. En 1980, le SIOTAS (Syndicat intercommunal pour l'organisation des transports de l'agglomération stéphanoise) est créé et est chargé d'organiser les transports en commun de l'agglomération stéphanoise sur son périmètre. Le 1er janvier 1981, les CFVE disparaissent au profit de la STAS qui exploite le réseau pour le compte du SIOTAS jusqu'en 1986 ou la STAS est remplacée par les TRAS (Transports urbains de l'agglomération stéphanoise) à la suite de la non-reconduction de la délégation de service public avec le groupe Transexel au profit de Transcet. Les TRAS décident de conserver le nom STAS qui devient le nom commercial du réseau. Depuis les années 2000, les TRAS sont devenus les TPAS à la suite du changement d'actionnaire de la société au profit de Veolia Transport, aujourd'hui fusionné avec Transdev, tandis que le SIOTAS à laissé place à Saint-Étienne Métropole.En 2006, le réseau TVG (Transports de la vallée du Gier) de Saint-Chamond est définitivement intégré au réseau STAS, ainsi que les lignes départementales se retrouvant entièrement dans le nouveau périmètre. Organisé et financé par Saint-Étienne Métropole, la communauté d'agglomération a la responsabilité des transports en commun pour les 43 communes. Le réseau est structuré autour des 3 lignes de tramways, d'une ligne de trolleybus (ligne M3), de 67 lignes de bus qui parcourent l'agglomération de 4 h 5 à minuit dont 7 lignes Métropoles, bus à haut niveau de service, numérotées de 1 à 7 et repérables par la lettre M, 5 lignes de soirées circulant entre 20h et 23h (S1, S3, S6, S7, S9) et de 2 lignes Noctambus (N1 et N2) circulant de 0 h à 5 h en fin de semaine et circulant seulement du centre-ville vers la périphérie.Auparavant le réseau d'autobus s'organisait en deux zones; Grand Saint-Étienne et Grand Gier. Le 31 août 2017, le réseau STAS connaît une importante restructuration. Le réseau de tramway de Saint-Étienne se compose de trois lignes desservant Saint-Étienne et Saint-Priest-en-Jarez avec un réseau organisé principalement sur un axe nord-sud et possédant quasi uniquement des troncs communs. À elles trois, les lignes assurent près de 50 % du trafic. Véritable épine dorsale du réseau, le tram stéphanois arpente la grand rue sur près de 8 km.Le réseau de trolleybus stéphanois compta jusqu'à sept lignes (1, 3, 5, 6, 7, 8 et 10), il fut progressivement démantelé au fil des années et il ne reste depuis 2010 qu'une seule ligne, partiellement exploitée en autobus, la ligne M3. Début 2019, Saint-Etienne Métropole (SEM) investit 18M€ dans son réseau de trolleybus avec l'achat de 22 nouveaux véhicules de la marque Solaris, qui seront mis en service entre 2019 et 2021 sur la ligne M7 (5 en 2019, 5 autres en 2020) puis sur la ligne M3 (12 derniers n'arriveront pas avant 2021).Le réseau d'autobus stéphanois se compose de 69 lignes desservant l'ensemble des 45 communes de Saint-Étienne Métropole .Après 20h, le réseau STAS passe au mode soirée, les lignes de tramways restent les mêmes mais les lignes de bus les plus fréquentées comme les lignes Métropoles, deviennent les lignes de soirée S1, S3, S6, S7 et S9. La ligne S1 remplace la ligne M1 tout le long de la vallée de l'Ondaine, la ligne S3 remplace la ligne M3 secteurs Terrenoire, centre-ville, Tardy et Cotonne et remplace les lignes M4 et 11 dans le secteur Montplaisir, la ligne S6 remplace la ligne M6 dans les secteurs centre-ville, Fauriel, Rond-Point et remplace les lignes M2 et M4 dans les secteurs Marandinière et Métare. La ligne S7 remplace la ligne M7 entre Michon et le centre-ville et enfin la ligne S9 remplace la ligne 9 entre le centre-ville et Montreynaud où elle reprend l'itinéraire de la ligne 8. Ces lignes de soirée circulent généralement à raison de 2 bus par heure mais peuvent être moins fréquentes comme la ligne S9.Entre minuit et 5h du matin, les jeudis, vendredis et samedis soirs, le réseau STAS et la ville de Saint-Étienne mettent en place des lignes de nuit, les lignes N1 et N2, du centre-ville vers la périphérie.La société gère aussi un musée des transports urbains de Saint-Étienne et sa région qui retrace l'évolution du matériel roulant de la CFVE et de la STAS

Elle gère aussi la location de vélos avec un premier emplacement sur le parvis de la gare de Châteaucreux et depuis le 26 juin 2010, les vélocations Vélivert : 400 vélos en location longue durée et 300 vélos en location libre service répartis sur 30 stations (hors stations événementielles) : 28 à Saint-Étienne (pour 200 vélos), une à Saint-Priest-en-Jarez et une à Villars.Il existe quatre espaces transports dans l'agglomération stéphanoise : Place Dorian - St-Étienne ;

Parvis de la gare de Châteaucreux - St-Étienne ; Place du Moulin - St-Chamond ;

Station de tramway (ligne T1) Parc Champirol - St-Priest-en-Jarez. Les quatre lignes de TER gérées par la région Rhône-Alpes peuvent être empruntées par les voyageurs munis d'un abonnement T-Libr.

Les lignes sont :

(le Puy en Velay) Firminy - Saint-Étienne Bellevue - Saint-Étienne Châteaucreux - Rive-de-Gier - (Lyon)

(Firminy) - Saint-Étienne Châteaucreux - Rive de Gier (Lyon)

(Roanne) Saint-Étienne La Terrasse - Saint-Étienne Châteaucreux

(Montbrison) Saint-Étienne La Terrasse - Saint-Étienne Châteaucreux www.leprogres.fr/…/saint-etienne-le-nouveau-reseau-s… [archive]

www.nouveaureseau-stas.fr/…/zoom-sur-les-lignes-met… [archive]

CERTU, Transports collectifs urbains évolution 2007-2012, 2014, p.382

CEREMA, Transports collectifs urbains de province - Evolution 2010-2015, 2016, p.389

« www.saint-etienne-metropole.fr/…/Rapport2016CCSPL_Tr… »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?)

[PDF] « Rapport d'activité 2017 » [archive], STAS, page 8 (consulté le 3 mars 2019).

« Rapport d'activité 2015 » [archive], sur reseau-stas.fr

www.reseau-stas.fr/…/guide-des-titres-stas-janvier-… [archive]

www.reseau-stas.fr/…/docum…/guidestas-ter2017web.pdf [archive]

www.reseau-stas.fr/…/guide-solidaire-janvier-2017we… [archive]

« Plans du réseau : Pôles de correspondance » [archive], sur www.reseau-stas.fr [archive] (consulté le 16 décembre 2017) Tramway de Saint-Étienne

Trolleybus de Saint-Étienne

Autobus de Saint-Étienne

Saint-Étienne Métropole

Syndicat mixte des transports pour l'aire métropolitaine lyonnaise

Transdev

Transports interurbains de la Loire

69 SAINT PRIEST BEL AIR 50 ANS d HLM e développement des logements populaires puis sociaux s’inscrit dans une logique

interventionniste de l’Etat et des collectivités. Dans notre région, c’est une histoire singulière,

intimement liée à celle de Lyon, qui a influencé le positionnement des logements populaires.

En effet, au XVIIIe

et au XIXe

siècle, la majeure partie de l’activité artisanale de Lyon, s’articulant

autour du tissage, se retrouve rapidement engoncée entre deux fleuves. Ceci explique la nécessité de

l’externalisation de l’activité industrielle et artisanale vers les plaines de l’Est au début du XIXe

siècle.

Il en sera de même sur le plan démographique.

« L’histoire du logement social ne se résume à pas à l’histoire du projet politique et social […] l’histoire

du logement social, celle des cités pionnières, des HBM d’avant-guerre, mais aussi des grands

ensembles des années 60 et 80, doit donc se lire comme l’épopée des populations qui n’étaient pas

seulement en quête d’un toit mais aussi d’un milieu d’enracinement

».

Entre le bourg de 2 500 âmes en 1922, 5 600 en 1945, et les 42 000 habitants de la ville en 1980,

Saint-Priest s’est transformée pour atteindre aujourd’hui 45 433 individus. Les trente glorieuses de

l’après-guerre n’ont pas seulement amené des travailleurs des régions environnantes souhaitant

améliorer leur qualité de vie, mais aussi des populations venant d’au-delà des frontières : les PiedsNoirs, des familles portugaises, algériennes, tunisiennes et marocaines. HLM, ILN ou ILM, par choix

ou nécessité, une bonne part des San-Priots a été locataire de l’Office. Retour historique

ntre 1995 et 1999, le Parc Technologique a été le chantier de nombreuses fouilles

archéologiques révélant les vestiges, d’une histoire insoupçonnée vieille de 7 000 ans, qui ont

mis à jour la richesse et la diversité culturelle de son sous-sol remontant à la protohistoire

(période intermédiaire entre la préhistoire et l’histoire). En effet, des traces d’occupations humaines,

remontant au cinquième millénaire av. J.C. et correspondant au moyen Néolithique jusqu’à l’Age de

Bronze final (1400-850 av. J.C.), ont révélé l’existence d’habitats, attestés par des fosses servant de

dépotoir et de foyers, par de la céramique correspondant à des récipients de formes diverses (jarres,

écuelles…) et par quelques silex servant de pointes de poignard. Pour la plus récente, des fragments

de vases, de gobelets et de céramiques élaborées, des bracelets.

Mais, comme presque tous les villages du Velin, c’est à partir de l’Antiquité que le plateau de Bel-Air

semble accueillir ses premières constructions. En effet, en 1971, lors des travaux des premiers HLM

du quartier « en particulier les immeubles portant les numéros 14 à 18 de la rue Mansard2

» des

vestiges romains furent trouvés : débris de ciment, testae3

, tegulae4

et même les fragments d’un col

de dolium5

.

Si l’on ajoute à cela la proximité d’un ancien chemin romain « route de Vienne » - aujourd’hui à

proximité de la rue de l’Egalité - allant de Vienne vers le Rhône moyen, nous pouvons supposer

qu’une villa romaine se trouvait sur cet emplacement. Ce type de construction isolée était assez

fréquent au premier siècle car « les fermes et village se trouvaient rarement au bord des routes

importantes mais plutôt en retrait près de chemin comme celui-ci6

». Le site fut malheureusement

intégralement détruit lors des travaux de construction. D’autres traces de sites gallo-romains ont

également été repérées au nord du village, rue Payet, Gambetta et Johanny Berlioz, sans oublier la

colline du Château où fut découverte la stèle de Iulius Victor datant du IIe

siècle.

Nous n’avons que très peu d’information pour la période suivante, seulement quelques notes parlant

de « raids Sarrazins jusque vers l’an 928 ou encore de destructions hongroise jusqu’en 9247

». En

effet, le Moyen-Age est une période d’insécurité dans la région et ce n’est qu’au Xe

siècle que la

féodalité permet de sécuriser les populations qui s’installent plus largement sur le territoire. Les

moines d’Ainay établissent une église sur le site du Château et amènent avec eux une petite

population dont on retrouve des traces vers Saint-Martin et Manissieux. C’est d’ailleurs à cette

époque que le nom de « Saint-Priest » apparait car la paroisse était dédiée à Sanctus Praejectus,

évêque de Clermont en Auvergne au VIIe siècle. Entre le XIVe

et le XVIIe

siècle, le Velin devenant une

terre convoitée, la famille Richard prend possession de terres à Saint-Priest en 1325 jusqu’en 1645,

date à laquelle la famille Guignard achète le château dont elle sera propriétaire jusqu’en 1821. Par

contre, le domaine est divisé en 1790 et appartient principalement à des exploitants directs dont les

Cuzin, Pagnoud-Chenavard, Payet Maurice, Peillet, Calamar…

 

2

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973, p.33

3

Testae ou tuileau est formé de tuiles ou de briques en terre cuite broyées finement. Il entre dans la composition du mortier antique romain.

4

Tegulae : tuile plate qui servait à couvrir les toits, faite ordinairement d'argile cuite au four

5

Dolium : jarre antique, d'une contenance allant jusqu'à 1 200 litres et qui servait de citerne à vin, à huile ou à céréales.

6

Lucien Charbonnier, Histoire de Saint-Priest en Velin, des origines à 1789, éditions Bellier, Lyon, 1990, p.38

7

Union des Sociétés Historiques du Rhône, Saint-Priest et sa région, actes des journées d’études 2002, Lyon, 2003, p. 15

Bel-Air, le cinquantenaire

Archives municipales de Saint-Priest - jeudi 11 octobre 2018

La ferme Vachon,

vers 1970, YV

Champs de la famille Vachon à proximité

de la Cordière, début XIXe siècle, YV

Après la Seconde Guerre mondiale, Saint-Priest est encore une bourgade dont l’essentiel du

peuplement se regroupe sur deux sites :

- Le village avec la Grande Rue, les vieux quartiers du Payet, du Puits-Vieux et du Bessay

- La route de Lyon jusqu’aux établissements Maréchal et la cité PLM de l’autre côté de la voie

ferrée.

L’est et l’ouest du territoire sont quant à eux vides de constructions, comme le triangle devenu

aujourd’hui le centre-ville situé sur les lieux-dits de la Carnière, les Ronces, les Guigues où seront

construits Bellevue, les Alpes et l’Ermitage. De même pour les Longes, la Gerbicière, le Clairon, la

Cordière - où s’élèvera Bel-Air et Ménival -, et la Forêt et les Pives.

Il n’y a que quelques fermes dont celle des Cusin-Masset à l’emplacement même de Bel-Air ou celle

de la famille Vachon dont la maison se trouvait sur l’emplacement de l’actuel Espace Santé de la

Cordière. Au sud, la plaine de Saythe, est recouverte de champs de colza « jusqu’au début des années

cinquante, Saint-Priest présente donc encore l’aspect d’un gros village rural8

». C’est en quinze

années, à partir des années 60, que la ville prend sa forme actuelle. Son développement après 1980,

plutôt modéré, ne fera que corriger et diversifier l’œuvre accomplie.

Si ce développement rapide n'est pas exceptionnel après la guerre, les transformations de SaintPriest restent uniques en raison de la superficie des terrains disponibles et de l’action de la

municipalité très présente au travers de l’Office HLM. Le logement social en France

i la société idéale est prônée dès l’antiquité, ce n’est qu’au XIXe

siècle que certains utopistes

comme Jean-Baptiste Godin9

pensent un habitat collectif et social, géré par la société « Il y a

également un souci permanent des utopistes de la pensée sociale qui voulaient absolument que

les ouvriers émigrant des campagnes vers la ville soient mieux logés10 ». A la tête de ces

changements, un patron paternaliste qui sera au fur et à mesure remplacé par l’Etat et une nouvelle

idée de la politique de l’époque : le socialisme « un Etat fort, prendrait en charge les misères du

peuple11 ». S’ajoute la réalité du terrain : l’insalubrité de l’habitat populaire contre laquelle remédier

pour limiter les maladies et favoriser la croissance. Enfin, le fort exode rural nécessite que le pays

modifie ses habitudes pour s’adapter aux mutations économiques et sociales de l’industrialisation

« au début du XX

e

siècle, la France comptait 31 millions d’habitants dont 22 millions vivaient de la

terre12 ». On entre alors dans l’ère des initiatives privées où des hommes créaient sur leur territoire,

diverses sociétés ou associations de construction et de gestion de logement sociaux. A Saint-Priest,

Théophile Argence ou Charles Ottina13 en sont le symbole.

Les Habitations à Bon Marché

L’une des premières initiatives ayant un retentissement national, est la création des HBM (Habitation

à Bon Marché). Créée en 1889, née officiellement et reconnue d’utilité publique en 1894 lorsque la

loi SIEGFRIED, du nom de son initiateur, entre en vigueur. Cette loi crée les comités départementaux

des HBM, visant à encourager la construction d’habitation bon marché et salubres. A Lyon, l’année

1912 marque un tournant avec la loi BONNEVAY14qui crée les Offices d’Habitation à Bon Marché afin

d’encadrer et uniformiser la construction des logements. Cette même année signe la montée du

municipalisme à Paris, car la loi autorise les municipalités à emprunter pour construire des logements

sociaux. Après la Première Guerre Mondiale, en 1919, le même phénomène touchera Lyon avec le

maire de l’époque Edouard Herriot15

. En 1928, la loi LOUCHEUR16 conforte la réussite de ce projet. En

1938, deux décrets mettent fin à ce régime qui aura vu naître 260 000 logements.

A Saint-Priest, au début des années 1920, avec l’installation des entreprises Berliet et Maréchal, la

ville connait un essor sans précédent et les cités ouvrières ne sont pas en mesure d’accueillir l’arrivée

massive d’employés. C’est ainsi que le 21 juillet 1931, le maire, Théophile Argence17, crée l’Office

Public d’HBM dont il sera le premier Président jusqu’en 1940. Il lance un programme de construction

de 128 logements dont seuls 64, du type HBM seront bâtis entre 1936 et 1938. Suspendu pendant la

guerre, Théophile Argence ne sera pas mesure de relancer son programme de construction.

 

9

Jean Baptiste Godin (1817-1888), industriel, fabricant des appareils de chauffage, disciple de Fourier, il créa la familistère de Guise en

1858.

10 Christian Legrand, op. cit. p.23

11 Ibid.

12 Ibid. p. 30

13 Voir annexe 2

14 Laurent Marie Bonnevay (1872-1957), conseiller municipal de Lyon, député du Rhône, Président de l’Office Départemental d’HLM du

Rhône.

15 Edouard Herriot (1872-1957), maire de Lyon de 1905 à 1957, Président de la Chambre et Président du conseil des Ministres

16 Louis Loucheur (1872-1931), ingénieur et homme politique, Ministre du Travail et de l’armement, de la reconstruction, des finances et du

travail

17 Théophile Argence (1892-1975), maire de Saint-Priest de 1929 à 1940 puis de 1944 à 1945

La reconstruction, le logement provisoire et les programmes spéciaux

La seconde guerre mondiale nécessite des opérations de grande envergure pour reconstruire le pays

et répondre à l’exode rural massif de l’après-guerre. Il fallut lancer de vastes programmes dans

l’urgence, repenser une industrie du bâtiment et ses techniques, sans oublier une administration

centrale facilitant la prise de décision « les collectivités locales étant pour leur part des relais du

pouvoir central sur le terrain18 ». En matière de fabrication et de construction, on met en place toutes

les méthodes et les procédés possibles susceptibles de réduire le prix de revient. Entre 1940 et 1956,

la période dite de la reconstruction, la France construit 785 000 logements.

A Saint-Priest, la crise est telle qu’en 1946, le conseil municipal charge une commission municipale

du logement d’inventorier « les logements inhabités pouvant être réquisitionnés19 ». Les jeunes

ménages comme les nouveaux arrivants ne pouvaient pas s’installer. La situation était telle qu’il fut

même envisagé de construire des baraquements provisoires en bois. Une cité d’urgence (25

logements), fut donc construite en 1954, le long de la rue de l’Abbé Pierre. Démolie en 1979, elle

accueillit les plus démunis.

 

18 Christian Legrand, op. cit. p. 35

19 Conseil municipal du 5 juillet 1946, Archives municipales de Saint-Priest

Les Habitations à Loyer Modéré (HLM) et les grands ensembles

En 1950, le logement social change d’appellation : l’Habitation à Bon Marché (HBM) devient

Habitations à Loyer Modéré (HLM). La loi du 21 juillet 1950 institue un système de primes et de prêts

spéciaux destinés à favoriser la reprise de l’initiative privée. Dès 1955, la France met en place la

politique des grands ensembles pour atteindre son apogée en 1970. Ces programmes, avec de

grandes difficultés dans leur gestion, permettent, seulement en partie, de répondre à la pénurie de

logements « la France n’a pu su gérer sa période du Baby-boom, elle ne sut pas où loger les jeunes

nés après 194520 ». Entre 1958 et 1970, quelques 300 000 à 450 000 logements par an sont

construits. Il fallait non seulement répondre à l’exode des ruraux vers la ville, mais également à

l’urgence provoquée par les destructions massives de la guerre accentuées par une forte immigration

et le retour non programmé des français d’Algérie.

Lyon, comme toutes les grandes agglomérations de métropole, connait une vague de grands

ensembles implantés en banlieue « sur de vastes terrains disponibles sans forcément se soucier à

l’époque du mal vivre que cette concentration créé21 ». L’agglomération voit fleurir les grands

ensembles : les UC à Bron, les Minguettes à Vénissieux, la Duchère à Lyon 9e

, Mermoz à Lyon 8e

et

Bel-Air à Saint-Priest. Ces réalisations ont correspondu aux besoins d’une époque même si d’autres

solutions à plus long termes auraient pu être envisagées et ainsi permis d’éviter certains conflits

sociaux et générationnels.

A Saint-Priest, le 12 avril 1947, Charles Ottina, est élu Président du conseil d’administration de

l’Office Municipal des HBM et le reste jusqu’en 1974. L’action de l’Office est étroitement liée à la

municipalité dont dépend son existence, en effet, si la plus grande part des ressources proviennent

des avances de l’Etat, elles ne sont assurées que si la commune apporte sa garantie à hauteur de 15%

« fournis par cette dernière sous forme de dotations de terrains, de voiries et services divers22 ».

Sous son impulsion, l’activité reprend en 1952 et en 1954, l’office des HBM devenus «Office HLM de

Saint-Priest » entreprend la construction de nouveaux logements. Il sera d’ailleurs, jusqu’en 1961, le

seul à construire des immeubles d’habitation :

- 1954 : cité d’urgence de l’Abbé Pierre, rue de l’Abbé Pierre

- 1954-1956 : 192 logements HLM, Cité du Parc et de l’Esplanade

- 1956 : 50 LOPOFA (logements populaires et familiaux) le long de l’avenue Jean Jaurès

- 1959 : 40 logement HLM, rue Louis Loucheur

- 1960 : 20 logements HLM, 20 rue Gallavardin

- 1961-1962 : 40 logements HLM, avenue de la Gare

A partir de là, les programmes immobiliers mis en route seront sans commune mesure avec ce qui

avait été envisagé précédemment. Finis les « petits projets », il est maintenant question de centaines

de logements. Saint-Priest devient durant une dizaine d’années, un chantier de construction

« pendant ce temps, au village, la vie continue, troublée seulement par le passage des camions qui

défoncent la chaussée23 » :

- 1962 : 50 logements à Edouard Herriot

- 1962-1964 : 300 logements HLM à la Cordière

- 1967-1970 : 741 logements à Bel-Air I

- 1969 : 140 logements PLR (programme loyer réduits) à Louis Braille24

- 1969 : 54 logements-foyers pour personnes âgées

- 1970 : 236 logements PLR à Mansart

- 1972-1975 : 799 logements à Bel-Air II

- 1973 : 76 chambres au foyer pour travailleurs indépendant, rue de la Cordière

- 1977 : 120 logements à la Résidence le Clairon

- 1977 : 560 logements à Bel-Air III

- 1979 : 43 logements PLR rue de l’Abbé Pierre

Saint-Priest a été parmi les premières villes de l’Est Lyonnais, à pouvoir accueillir et héberger dans un

délai extrêmement court, des réfugiés et des familles, dans des appartements confortables avec un

loyer accessible « ce bilan chiffré, dont nous pensons avoir quelque raison d’être fiers

comparativement à l’importante de notre cité, nous le livrons, sans crainte, à votre jugement,

persuadés que peu de municipalités peuvent se prévaloir d’une action aussi soutenue au profit des

familles modestes, des jeunes ménages et des personnes âgées

A cette époque, on considère comme seule solution, au problème de logement, que des logements

collectifs, vite édifiés sur un minimum d’espace et relativement peu chers « ils [les pouvoirs publics]

n’imaginaient pas les difficultés que pourrait, par la suite, générer ce type d’habitat26 ». Saint-Priest

n’a pas fait exception et le maire, grâce à l’Office, entreprit de créer une ville nouvelle. Pour cela, la

ville se dota, dans un premier temps, d’un nouveau centre urbain afin d’unifier les deux Saint-Priest :

le village d’une part et le quartier de la gare et la cité Maréchal de l’autre. L’Office public des HLM

Provisoirement installé au début des années 1960 dans le château, l’augmentation du parc de

logements nécessita la construction d’un nouveau siège administratif. Conçu par le Cabinet Thiollier,

il sera installé au cœur des nouveaux ensembles sur le plateau de Bel-Air, au pied de la Cordière. Il

est inauguré le 21 juin 1975 en présence du Préfet de Région Pierre Doueil, et le maire Marius Joly.

De nombreuses personnalités sont présentes dont le Président de l’Office, le Docteur Rossez et la

Directrice, Marie Josette Hermelin. Le tout nouvel Office dispose d’un Service administratif, d’un

service technique, d’un service de surveillance ainsi que d’une équipe d’ouvrier assurant l’entretien

courant et les réparations les plus urgentes Au seuil des années 90, les préoccupations se déplacent : il faut développer l’entretien des

immeubles, poursuivre les réhabilitations qui avaient démarré dès 1978, et se rapprocher du

locataire pour mener à bien ces projets. C’est ainsi que quatre antennes techniques décentralisées

sont créées dont une se trouve toujours au 2 rue du 8 mai 1945. Une commission mixte est

également mise en place intégrant les représentants des associations de locataires et les

administrateurs : elle deviendra le Conseil de Concertation Locatif. Le locataire est désormais un

partenaire permanent de l’Office dans l’ensemble de ses activités.

En 1997, l’Office

Public des HLM

devient Porte des Alpes Habitat. En 2014, Porte des Alpes Habitat et Villeurbanne Est Habitat ne font

plus qu’un, sous le nom d’Est Métropole Habitat. Le rapprochement de ces deux organismes,

porteurs de valeurs communes a pour objectif d’accroître la capacité d’intervention et de renforcer

l’efficacité auprès des habitants. Est Métropole Habitat revendique aujourd’hui un patrimoine de

plus de 15 000 logements sur les communes de Villeurbanne, Saint-Priest, Vaulx-en-Velin, Mions,

Décines, Saint-Genis-Laval, Vénissieux, Sérézin-du-Rhône, Meyzieu, Saint-Symphorien-d’Ozon, SaintFons et Bron.

Présentation du plateau de Bel-Air, La Cordière, Ménival

E quartier situé à l’est de la commune de Saint-Priest est le plus important groupe d’habitat

social de la commune. Avec ses 12 000 habitants, rien que Bel-Air représente plus de 25% de

la population communale. Cet ensemble a été construit par phases successives entre 1964 et

1978 sur une surface de cent hectares.

En 1964, le nouveau visage de la ville se dessine avec ces immeubles remplaçant peu à peu les prés

et les champs. Le premier ensemble, celui de la Cordière, n’était que le prélude d’un vaste

programme d’habitation dont Bel-Air et Ménival font partie « le procédé Pascal27 […] va permettre en

particulier d’édifier en un temps record les quatre groupes de Bel-Air et de Ménival, soit 700 à 800

appartements chacun. Ainsi ne faudra-t-il guère plus de deux ans pour qu’un groupe soit terminé à

Bel-Air @ « Les trois Bel-Air »29

Après l’achèvement des 300 logements de la Cordière, dès 1965, l’Office municipal veut

entreprendre immédiatement le nouveau programme de Bel-Air I. Mais les finances de l’Etat ne

permittent d’obtenir les premiers crédits qu’en 1967 grâce à la ténacité du Maire Charles Ottina. A

partir de ce moment-là, les travaux avancent rapidement, début août 1968 les 116 logements de

l’ensemble A étaient occupés et à la fin de cette même année, ceux de l’ensemble B étaient en voie

de l’être. La livraison des premières tours, destinées aux jeunes ménages et aux retraités – les seules

à comporter 3 pièces – se fera dans la foulée. En 1970, les HLM peuvent ainsi disposer de 738 logements à Bel-Air I. Les premières locations sont

réservées en priorité à deux types d’occupants : d’abord les fonctionnaires municipaux et ensuite le

personnel desentreprises qui avaient participé à la construction et envers lesquels l’Office « avait une

dette ». Dette dont ils doivent s’acquitter en proposant des logements à leurs salariés. Aussi les

appartements de Bel-Air furent d’abord attribués à des instituteurs, des employés de la Mairie, des

agents de l’Etat et à des personnels des 47 entreprises concernées. La deuxième tranche du

programme de Bel-Air II avec ses 780 logements verra le jour en 1972. Elle aussi sera achevée en

deux ans et comportera des appartements allant du studio au F5. Enfin en 1977, débute la dernière phase du projet. Séparé des deux autres groupes par un grand

champ, que son propriétaire refusa de vendre mais, qui inscrit au cœur de la cité un important

espace vert, Bel-Air III offrira ses 632 logements. La population de ce troisième groupe compte un

pourcentage de classes moyennes et de cadres bien supérieur à celui des deux autres ensembles. De

plus, une petite décennie sépare Bel-Air I de Bel-Air III et pourtant le traitement des espaces n’est

pas le même, preuve que les leçons du passés ont été retenues. Tirant sans doute les leçons des inconvénients manifestes des Alpes et de Bellevue dans le domaine

des espaces verts, Ottina et la direction de l’Office auront le souci d’aménager autour des immeubles

de Bel-Air des aires de jeux et de verdure « pour être harmonieux et agréable à vivre, un ensemble de

logements doit aussi être conçu pour faciliter la vie familiale. C’est ainsi que sont créés, ou en cours de

création dans les nouveaux groupes, les commerces de première nécessité qui procurent à la mère de

famille la possibilité de s’approvisionner à proximité de son domicile. C’est aussi pourquoi tous les

ensembles HLM sont dotés d’abords d’importants, aménagés en espaces verts et en espaces libres,

avec terrains de jeux pour les petits et les plus grands ». Bel-Air III marque ainsi la fin des grands ensembles immobiliers à Saint-Priest, la municipalité ayant

décidé, dès 1973, de freiner l’urbanisation de la ville. En effet, toutes ces constructions nécessitent

également la mise en place d’un environnement de services de toute nature : commerces allant de

l’alimentation à la pharmacie, écoles, terrains de sport, centres médicaux, sociaux, culturels, etc.

Sans parler de toutes les infrastructures dont la ville assumera la charge en même temps que

l’éclairage public « lorsqu’on veut l’expansion d’une cité et que tout est à faire, des choix s’imposent.

Les priorités données au problèmes fondamentaux : logement, eau, voirie, assainissement, écoles,

équipements sportifs, ont un sens social31 ». Quant aux transports, ils resteront longtemps un des

points faibles du secteur « ce problème, particulièrement important, déborde bien entendu le cadre

local32».

Les ILN (immeubles à loyer normalisé)

En même temps que se termine Bel-Air I, deux petits immeubles ILN de 60 à 10 appartements

destinés aux familles plus aisées sont aussi en voie d’achèvement sur le site. Ces appartements, d’un standing supérieur à celui des HLM ordinaires, devaient permettre de reloger les foyers dont les

revenus dépassaient le plafond prévu pour bénéficier des HLM, plafond qui avait été abaissé de 10%

en 1968, par décision du ministre Albin Chalandon. Le maire Charles Ottina habitera dans un de ces

ILN. Le petit nombre de logements proposé ne suffira pas à résoudre le problème de dépassement de

ressources et les HLM seront contraints, malgré leurs réticences, à appliquer des surloyers.

Les PLR (programme à loyer réduit)

Même avec la baisse des 10% du plafond de ressources, les HLM restaient cependant inaccessibles à

des nombreux foyers très modestes qui ne pouvaient assumer le montant des loyers, pourtant plus

faibles que ceux du privé. C’est à leur intention que le gouvernement envisagea la possibilité d’édifier

des immeubles dont les coûts de revient, inférieurs à ceux des HLM, permettraient de loger les

familles les plus pauvres, moyennant une participation financière réduite. Une diminution des coûts

implique une évidente diminution des surfaces et de la qualité. Malgré tout, ces PLR, rappelant les

anciens LOPOFA, pouvaient offrir des logements corrects avec chauffage collectif.

L’office municipal entreprend leur réalisation, dès août 1969, pour répondre aux besoins des

personnes à petits revenus ou encore des ménages sans allocation logement. Deux groupes PLR

furent ainsi édifiés très rapidement autour de Bel-Air, l’un au nord, le groupe Braille-les-Longes avec

140 appartements, l’autre au sud, le groupe Mansart, en 1970, avec 236 logements. Quelques

années plus tard, en 1974, aux abords de l’ancienne cité Maréchal, rue des Glaïeuls, 55 PLR seront

aussi mis en location.

Si l’on ajoute cela aux chiffres déjà cités, on constate qu’entre 1967 et 1977, les HLM de Saint-Priest

ont ainsi mis à la disposition des habitants le chiffre impressionnant de presque 3 000 logements.

Malgré tout, au cours de ces années, l’activité des promoteurs privés n’est pas ralentie, avec tout

d’abord l’achèvement de Bellevue et la construction d’Alpes Azur et surtout, voisine de Bel-Air, celle

de Ménival, puis de la résidence de Saythe.

L’accession à la propriété

Suite à la réalisation réussie des logements sociaux, l’expérience se poursuivit en favorisant

l’accession à la propriété « elle paraissait être un moyen privilégié pour élever le statut social des

personnes à revenus modestes33 ». Pour cela, il fallait associer les représentants des organismes

susceptibles d’apporter les compléments de financements, comme la Caisse d’Epargne de Lyon, le

Crédit Foncier, la Caisse d’Allocation Familiales, la Préfecture du Rhône. Le domaine Ménival de Lyon

5

e

fut la première opération lancée et devant son succès, une autre opération fut lancée à SaintPriest. Suivant le même montage, 831 logements furent construits par la même équipe d’architectes

dont Charles Delfante34 « il faut noter que l’Office HLM de Saint-Priest a été l’un des premiers

organismes de la région, et le premier de la COURLY à lancer des opérations d’accession à la

propriété» Ménival les Gravières36 (construit entre 1966-1969) a été élaborée dès la conception en prenant en

compte l’utilisation de la préfabrication lourde à partir d’éléments finis fabriquées en usine. L’emploi

de ce procédé permet une économie importante sur la main d’œuvre et une rapidité d’exécution

spectaculaire. On peut regretter l’uniformité des plans et une répétitivité systématique des façades

mais, à l’époque, c’est un exploit. Plusieurs chantiers suivirent dont 437 logements à Plaine de

Saythe37 (1970-1973) ou encore le Clairon (1977) avec 71 logements sur 120 en accession de

propriété. Composition, situation et typologie du groupe38

Cet ensemble est composé de 3 659 logements dont 2 985 sont en gestion locative sociale. Le parc

HLM est la totale propriété de l’office municipal de Saint-Priest. Ces habitations sont désormais

désenclavées par la construction de la rocade est de Lyon qui leur confère le statut d’entrée

privilégiée de la ville. Par ailleurs, elles bénéficient de la proximité du parc de loisirs du fort. Ces

immeubles répondent tout à fait aux critères de composition urbaine et typologique des

constructions issues des années 1960-1970 avec des tours et des barres semblables aux autres cités

de l’agglomération. Toutefois, ils disposent d’espaces centraux libres relativement importants et

agréables qui offrent certains aspects des cités jardins39. Chaque groupe bénéficie également de ses

propres commerces, d’un groupe scolaire et d’une crèche40

:

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces Bel-Air I (rue de Bel-Air)

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1977 : ouverture d’un crèche familiale (10 rue du 8 mai 1945)

1977-1978 : construction GS Bel-Air III - Pablo Neruda

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte

échelle) et de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas) L’objectif est de créer au sein de la ville, des ensembles indépendants offrant des services de

proximité. A cela s’ajoute des équipements d’utilité publique améliorant la qualité de vie des

habitants :

1968 : construction de la clinique privée

Pasteur

1969 : construction du Foyer Logement pour

Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médicosocial au 10 rue de Bel-Air

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des

Pompiers de Bel-Air41

1977 : ouverture du Centre social Louis Braille

1982 : le restaurant scolaire François Mansart

est aménagé pour devenir un local associatif

La réhabilitation de la cité

A partir des années 1980, le parc HLM vieillissant, il devient urgent d’entreprendre des travaux. Dès

1985, des petits travaux sont réalisés mais ce n’est qu’à partir de 1989 que les actions du DSU-DSQ

(développement social urbain et le développement social des quartiers) permettent de répondre à une

première crise. Puis l’Office, commence la réhabilitation de son parc qui ne cesse d’augmenter. Les

travaux de Bel-Air seront parmi les tous premiers entrepris et durent encore.

n 1982, le rapport Dubedout « Mieux vivre en ville » engage les pouvoirs publics dans une

politique de renouveau des quartiers les plus démunis à la limite de l’isolement. La mise en

place du DSQ a permis de rompre le cercle vicieux et, comme à Saint-Priest, de faire revenir les

classes moyennes. Le développement social urbain est né avec les contrats de ville, il « constitue

l’acte d’engagement par lequel les collectivités et l’Etat décident de mettre en place un programme

pluriannuel de développement social urbain à l’échelle de l’agglomération ou d’une commune42

». Il

permet de réintégrer au sein de la ville les quartiers par des opérations d’ordre :

- Spatial : traitement des espaces, des désenclavements ;

- Social : politique de peuplement

- Fonctionnel : circulation et communication

Le contrat de ville devient la procédure unique de définition et de mise en œuvre de la politique du

DSU. Celui-ci a aussi pour objectif de centraliser et de coordonner toutes les autres procédures de

développement social urbain en lien permanent avec habitants notamment au travers des

questionnaires et des réunions de concertation comme cela fut et est toujours le cas à Bel-Air.

A Saint-Priest, lorsque Bruno Polga43 devient maire, la ville avec plus de 42 000 habitants, comme

toutes les villes en périphérie de Lyon, rencontre des problèmes avec son ancien parc HLM. Malgré

son nouveau centre-ville, Saint-Priest ne semble pas trouver son identité tandis que le village n’est

qu’un lieu de passage. Les grands ensembles comme Bel-Air, faute d’entretien, se dégradent peu à

peu. Plusieurs axes vont alors être développés afin de corriger les erreurs du passé : redonner un vrai

centre-ville, décloisonner les différents quartiers, améliorer les axes de circulation, accroître les

transports en commun et créer de nouveaux équipements. Il faut également aider les quartiers

défavorisés en luttant contre le chômage et amplifier l’activité économique et la formation

professionnelle. Saint-Priest possédait, et possède toujours, une position au carrefour d’axes

importants favorisant l’installation d’entreprises permettant la création de nouveaux emplois.

Si pendant son premier mandat (1983-1989) Bruno Polga s’est concentré sur le centre-ville avec les

projets Banlieue 89 et la ZAC Mozart - Carré Rostand, son second mandat (1989- 1995), porte sur la

résolution du problème des logements sociaux dont les Alpes, Bellevue et Bel-Air. L’un des chantiers

le plus important est celui de la réhabilitation des immeubles de Bel-Air I et II « avec la reprise

complète de l’espace urbain et l’installation d’équipements44 ». La rénovation des plus anciens a été

entreprise dès 1986 – Édouard Herriot, Diderot et la Cordière – mais ceux de Bel-Air, plus récents se

dégradent eux aussi. Bel-Air III, normalement entretenue, souffre de cette proximité. D’ailleurs, il est nécessaire dès 1985, d’effectuer des travaux urgents à Bel-Air I et II : réfection des peintures dans les

allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres, etc. Ce n’est qu’en 1989 que deux

premiers bâtiments, rue du 8 mai, sont restructurés (F4 et F5 en F2 et F3). Dans le même temps, en

1990, le Développement social des quartiers de Bel-Air est lancé en collaboration avec l’Etat, la

Région, la COURLY, la ville et l’Office « il s’agit d’un programme destiné à améliorer la vie dans les

quartiers densément peuplés […] avec ses 3 000 logements sociaux, Bel-Air est choisie pour une

rénovation sociale, de l’habitat et de l’environnement Il s’agit d’une réorganisation spatiale et une recomposition interne des sous-quartiers « durant ces

quarante dernières années, différents projets urbains vont s’inscrire dans cette logique de reconnecter

les éléments46 ». Il s’agit, entre autre, d’aménagement des équipements comme la Maison de

Quartier Claude Farrère47 ou la MJC -Maison des Jeunes et de la Culture- Jean Cocteau. Une

redéfinition des espaces verts a permis de rééquilibrer les besoins en matière de zones d’évolution,

de zones de parking et de voies de circulation comme par exemple la suppression des impasses, la

création de nouvelles artères plus larges et de ronds-points pour relier les ensembles. En parallèle de

ces opérations, l’Office procède à la réhabilitation du bâti, ce qui a eu pour effet, d’attirer de jeunes

ménages et les personnes âgées dans les petits logements « un architecte différent intervenait à

chaque fois, rencontrant régulièrement les locataires pour connaitre leurs souhaits, discuter avec eux

des priorités à établir et choisir la couleur des allées, des façades. Cette diversité permit d’éviter l’uniformité des bâtiments 48». La réhabilitation des logements : maçonnerie, étanchéité, réfection de

plusieurs allées sur Bel-Air II, renforcement des portes de caves, des travaux de chaufferies,

éclairages des halls d’allées et des bâtiments de Bel-Air I et II, est accompagnée de la mise en place

de services et de commerces. De manière plus précise :

1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1987 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement

une maison de quartier

1992 : prolongement de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : inauguration de la maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1994 : inauguration de la MJC (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés »

(EHPAD ex MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : extension du centre social Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs impliquant la démolition de logements et création de nouvelles

voies de circulation

2018 : Inauguration de la Maison de Quartier Claude Farrère réhabilitée

2018 : inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino,

joueuse internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit

prince de Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM Et Aujourd’hui ?

Aujourd’hui49

, malgré tout, le plateau reste confronté à de nombreuses difficultés d’ordre culturel ou

générationnel entre les habitants de ces divers quartiers. Ces tiraillements ont fortement alourdi la

réhabilitation sociale de la cité. Cependant le plateau de Bel-Air dispose de larges terrains et espaces

vierges qui servent de lieux de libre expression. La population est relativement jeune, la taille des

ménages est moyenne et parmi les ménages allocataires de la CAF, un quart sont des familles

nombreuses. La vacance des logements est faible. Les logements en copropriétés sont

essentiellement occupés par leurs propriétaires. Les appartements de 4 ou 5 pièces sont les plus

nombreux. Le taux d’activité est élevé du fait de la proximité de zone industrielles ou artisanales et

de la zone de chalandise de la « la Porte des Alpes ».

Au final, si l’on prend en compte le taux d’occupation moyen de 2.5 personnes et un taux de

rotation de 10%, on peut dire que depuis 1964 c’est l’équivalent de la population actuelle (45 000

personnes) qui a été logée sur le plateau de Bel-Air @ 1964 : construction de la Cordière (260 logements)

1966-1969 : construction de Ménival (831 logements)

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1968 : construction de la clinique privée Pasteur

1968-1970 : construction de Bel-Air I (738 logements)

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces rue de Bel-Air

1969 : construction du Foyer Logement pour Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médico-social au 10 rue de Bel-Air

1969 : construction de 10 logements ILN (Immeuble à Loyer Normalisé) rue du 8 mai 1945

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

Février 1970-1973 : construction de la résidence de Saythe

1970 : construction du gymnase François Arnaud

1970 : construction HLM Louis Braille (140 logements)

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1972-1975 : construction de Bel-Air II (779 Logements)

1973 : construction collège Boris Vian

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1975 : inauguration du siège de l’Office public HLM en présence du premier ministre Reymond Barre

(créé en 1960 et installé au château)

15 juin 1976 : achat par les habitants de la copropriété Ménival-les-Gravière du Centre Social

1977-1978 : construction de Bel Air III (560 Logements)

1977 : ouverture du centre Social Louis Braille

1977 : ouverture d’une crèche familiale au 10 rue du 8 mai 1945

1977 : construction HLM du Clairon

1977-1978 : construction GS Bel Air III - Pablo Neruda (frise par Siesla, artiste Lyonnais)

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte échelle) et

de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas)

1978 : construction de la cuisine centrale à Bel Air I

1978 : construction d’un local au 25 bis rue Claude Farrère qui servira de restaurant scolaire et de

Maison de Quartier.

1980 : disparition des dernières fermes du Clairon

1980 : construction école privée Jeanne Arc

1982 : le restaurant scolaire François Mansart est aménagé pour devenir un local associatif

1983 : construction lycée d’enseignement professionnel Fernand Forest 1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1986 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments à Bel-Air I, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : fermeture de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement une

maison de quartier

1992 : ouverture de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1993 : construction du Lycée général Condorcet

1993 : inauguration de la Maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1994 : inauguration de la Maison des Jeunes et de la Culture (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés » (EHPAD ex

MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : fermeture de la clinique Pasteur

22 mars 2009 : extension du CS Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs et création de nouvelles voies de circulation

2016-2017 : démolition de l’Office HLM et transfert rue Maréchal Leclerc

2017 : fermeture de l’Agence ANPE (départ pour la rue Aristide Briand)

2018 : réhabilitation de la Maison de Quartier Claude Farrère

2018 : Inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino, joueuse

internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit prince de

Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM

Charles Ottina, « le Bâtisseur »51

Maire de Saint-Priest entre 1949 et 1972, Charles Ottina domine durant quatre mandats consécutifs

la vie publique locale. L’auteure, Christiane Roussé, dit de lui qu’il fut « le bâtisseur » qui donna au

Saint-Priest d’aujourd’hui ses particularités : une cité cosmopolite et dynamique.

Né en 1902 à Lyon, Charles Ottina sort ingénieur de l’école de Cluny et

fut pendant 27 ans au contrôle des fabrications d’armement. Marié à

une San-Priote, ils habitent longtemps dans une maison de location au

bas de la Grande rue du village - face à l’actuelle Caisse d’Epargne -

avant de s’installer dans le nouveau quartier de Bel-Air dans un ILN,

rue du 8 mai 1945.

Charles Ottina débute sa carrière politique dès 1935, en tant que conseiller municipal de Théo

Argence. Ulysse Cœur le choisit comme adjoint dix années plus tard. Investi sur tous les fronts, il

devient en 1947 président du conseil d’administration de l’Office d’HLM et en 1969 vice-président de

la COURLY (aujourd’hui Métropole de Lyon).

En 1949, élu maire, il commence la

transformation de Saint-Priest. Il dote la ville

de toutes les infrastructures nécessaires à une

ville en pleine expansion : 2 500 logements

HLM, 3 stades, une piscine, 2 bureaux de

postes, 11 écoles, 2 collèges, un réseau

d’assainissement, la cité résidentielle Edouard

Herriot, etc. Il transforme la bourgade de 5

600 habitants en une ville de 34 000. Il gère

grâce à sa forte personnalité la municipalité

« comme un patron ». Si certains décrivent

une personnalité autoritaire, il conquit le

cœur des San-Priots et son successeur, Marius

Joly, en fit une fidèle description : « c’était

avant tout un homme d’action et ce trait est

bien celui qui s’impose à l’évidence dans sa

personnalité pourtant si riche. Les difficultés, loin de le rebuter, fouettaient son énergie, sa volonté,

son acharnement. Rares sont les obstacles qui n’aient pas cédé devant sa détermination ».

Pour des raisons de santé, il quitta son poste le 21 octobre 1972. La maladie l’emporte le 16 juin

1974, quelques mois après le décès de son épouse Jeanne. Bruno Polga, le visionnaire52

Né dans une famille Italienne en 1935 à

Vénissieux, Bruno Polga est venu vivre à

Saint-Priest à l’âge de 2 ans. Habitant

avec ses parents à la cité Rosset, il sera

tout particulièrement sensibilisé au

problème de logement social. Il suivra sa

scolarité à l’école de la gare, dès 1940,

jusqu’à son certificat d’étude qu’il

obtient en 1949. Diplômé d’un CAP

d’ajusteur en 1952, il mènera une

carrière de dessinateur industriel

jusqu’en 1972, date à laquelle il crée

son entreprise de négoce.

Très tôt, Bruno Polga fait preuve d’engagement notamment auprès de la CGT, qu’il intègre dès son

entrée dans la vie active. Puis, il entre dans la vie politique, en 1966, en devenant le président du

premier club socialiste de la ville. C’est d’ailleurs à cette époque qu’il rencontre François Mitterrand,

leader de ce nouveau mouvement. En 1977, après la victoire de la gauche unie aux élections

municipales, il est choisi comme premier adjoint de la ville de Saint-Priest. En 1983, il est élu maire de

la commune jusqu’en 2003, date à laquelle il s’était engagé à démissionner.

A l’origine du nouveau centre avec le projet Banlieue 89, il s’occupe également du centre historique

avec la réhabilitation de l’ancienne mairie et du Château. Sans oublier le logement social dont il

lancera un vaste programme de réhabilitation. Dans la lignée de Théo Argence et Charles Ottina, il a

durant 20 années, continué d’équiper la ville dans les domaines sociaux, culturels, sportifs,

transports et petite enfance pour la transformer en cité moderne. Conscient des erreurs du passé, il

mena une politique marquée par l’acquisition de réserve foncière pour pouvoir contrôler le

développement de la ville « afin d’apporter une réponse concrète aux problèmes posés par

l’urbanisme sauvage des années 60 ». Il souhaite préserver les parcs, des jardins et des lieux de vie

qu’il considère comme « un patrimoine à part entière ». Très critiqué, ce choix se révéla judicieux

puisqu’il permit à la ville de choisir son développement. La caserne des pompiers de Bel-Air53

L’histoire des pompiers de Saint-Priest commence en

1884 avec la création de la société de secours et l’achat

d’une première pompe à incendie par un groupe de

pompiers libres. Située au village, la société acquiert

trois autres pompes : pour Manissieux, la Fouillouse et

la Grande rue. Si, dès 1933, les casernes lyonnaises se

professionnalisent, ce n’est qu’après la guerre en 1947,

que la commune, dans le cadre de la création du S.D.I.

du Rhône, est rattachée au centre de secours de Lyon

« les volontaires et leurs pompes à bras disparurent

complétement » (Jacques Périer, historique des

Sapeurs-Pompiers du Rhône).

D’abord une volonté de l’Etat-Major souhaitant améliorer les secours dans ce secteur, la ville

autorise en 1970 la création d’une caserne provisoire au cœur du nouveau quartier de Bel-Air, place

du 8 mai 1945, au bout de la rue du même nom qui n’est alors qu’une impasse. Inaugurée le 8 mars

de la même année, la nouvelle caserne de la 5e

compagnie professionnelle permet d’accueillir jusqu’à

70 pompiers professionnels. Elle se compose d’un garage, de deux bâtiments abritant des locaux

techniques et de 20 chambrées destinées à accueillir les pompiers de garde. A cela s’ajoute les 19

appartements, mis à disposition par l’office HLM, du 26 et du 28 rue du 8 mai 1945 réservés aux

officiers et sous-officiers. La caserne sera opérationnelle jusqu’en 1991, date à laquelle la compagnie rejoindra les bâtiments

des ateliers généraux, installés depuis 1985, rue du Dauphiné. Aujourd’hui, il ne reste qu’un noyer, à

côté de la maison médicale, marquant l’ancienne limite de la caserne. Les mini-crèches54

Si en 1972 une première halte-garderie s’installe rue de Bel-Air, puis en 1977 une crèche familiale au

10 rue du 8 mai 1945, ce n’est qu’en 1978 que la municipalité prend conscience de la nécessité

d’offrir un lieu pour les plus jeunes. Décidée par le maire Louis Gireau (1977-1983), la création de

crèches s’inscrit dans un grand projet de modernisation des structures d’accueil de la ville :

l’ouverture de trois mini-crèches municipales dont deux à Bel-Air, intermédiaire entre la crèche

familiale et la crèche collective, sont installées dans des locaux plain-pied « pour que les enfants

puissent jouer à l’extérieur, dans un jardin facilement accessible55 » et rattachées au Bureau d’Aide

Sociale au 1er Janvier 1979. Il s’agit des mini-crèches de l’Edelweiss – aujourd’hui 3 Petits Pas – et

celles de la Clairière – aujourd’hui Courte Echelle. La Clairière sera la plus grande des trois minicrèches car elle accueille également le centre administratif des trois établissements dirigés par Mme

Gineste et sa secrétaire Mme Michelle Corbet.

Elles ont été inaugurées le 5 décembre 1978, en compagnie du Maire de Saint-Priest, M. Louis

Gireau, par M. Pierre Mauroy, député-maire de Lille et Président du Conseil Régional Nord-Pas de

Calais entouré d’une centaine d’invités dont M. Franck Serusclat, sénateur-maire de Saint-Fons et

Joseph Sibuet, conseiller général du canton, En 1988, le système des mini-crèches ne permet plus de répondre à la demande croissante de la

population. Saint-Priest décide de créer trois « Maisons de la petite enfance » doublant ainsi les

capacités d’accueil des tout-petits. La première dans le quartier des Garennes, les deux autres sur le

plateau : Bel-Air I –aujourd’hui Courte Echelle - et Rue Claude Farrère – aujourd’hui 3 Petits Pas.

L’ensemble des aménagements intérieurs sont réalisés à partir des travaux du Professeur Hubert

Montagnier (psychophysiologiste dans le champ du développement, du comportement et des

rythmes de l’enfant). Les maisons de quartier Claude Farrère et le local associatif

François Mansart

Le développement des Maisons de Quartier est avant tout le projet d’un Maire, Louis Gireau (1977-

1983) qui souhaite offrir un lieu d’accueil pour les différentes activités des habitants de chaque

quartier.

La Maison de Quartier Claude Farrère

Elle est installée au cœur de Bel-Air II dont les derniers bâtiments voient le jour en 1974. Un premier

local est construit au 25 bis rue Claude Farrère dans le cadre des « m

2

sociaux » que doivent compter

tout programme HLM. Avec comme première utilisation, l’accueil du restaurant scolaire de l’école

Claude Farrère, il faut, ensuite, un local d’activité pour les jeunes. Le bâtiment mesure alors 152 m2

et comprend une partie administrative et une partie « atelier espace de jeux-réunions ».

En 1992, la mairie décide de rénover et d’agrandir le bâtiment pour qu’il devienne une Maison de

Quartier à part entière. Elle offre dorénavant 300m2 supplémentaires d’activité aux enfants et aux

jeunes du quartier : une grande salle de festivité, une cuisine équipée, un espace atelier réunion, une

antenne du Bureau Information Jeunesse, un espace jeu et le bureau des associations ainsi qu’un

amphithéâtre aménagé à l’extérieur permettant d’organiser des mini-concerts, des pièces, etc. Elle

est d’abord gérée par le CPNG puis par la fédération Léo Lagrange à partir de 1999.

En 2017, d’importants travaux de réhabilitation et d’aménagement extérieurs furent réalisés comme

la réfection des salles d’activités, le transfert de l’accueil, la mise en accessibilité, l’installation d’une

nouvelle aire de jeux et la création d’un cheminement piéton pour renforcer le lien avec l’école

voisine. Elle est ré ouverte depuis janvier 2018. Le local associatif François Mansart

Tout comme Claude Farrère, le local François Mansart est à l’origine destiné à accueillir le restaurant

scolaire de l’école du même nom. Au fil des ans, son utilisation évoluera pour être un lieu où se

retrouvent les associations et même un relais d’assistante maternelle. Il porte depuis l’été 2018, le

nom de l’espace Bulle d’air Mansart afin de « marquer l’évolution de ce local devenu avec le temps un

véritable lieu de ressourcement pour les enfants, les familles et les assistantes maternelles @ La maison des jeunes et de la culture

La création de la MJC est avant tout un désir de la

municipalité souhaitant mettre à disposition du

Groupement des Jeunes une salle dans l’étage supérieur

du Château. Le foyer des jeunes sera inauguré en février

1961. L’année suivante deux salles supplémentaires sont

mises à disposition afin de créer une bibliothèque et une

salle d’activité. C’est le 4 décembre 1963 que

l’association de la MJC parait au journal officiel.

En 1992, avec plus de 700 adhérents, le manque d’espace devient une contrainte et le besoin de

s’agrandir une nécessité. Après concertation, le site de Bel-Air est retenu et le projet est inscrit dans

le cadre du développement social des quartiers (DSQ). Située en son cœur, sur l’esplanade centrale

de Bel-Air, dans l’axe de la tour 104 et de la rue du 8 mai 1945, la MJC a été conçue par l’équipe

d’architecte Ferrand-Sigal : construit sur un seul niveau, en surplomb d’une grande esplanade, cet

équipement est une articulation de plusieurs volumes autour d’un jardin intérieur, avec une galerie

reliant les différentes salles. « Ni bâtiment signal, ni prouesse architecturale57 », l’équipe n’a pas

voulu concevoir un bâtiment monolithique marquant mais plutôt un ensemble de volume, divers et

articulés, à l’image des multiples fonctions de la nouvelle MJC.

En février 1993, la première pierre de l’édifice est posée, mais il faut attendre juin 1994 pour que le

chantier se mette en route « nous avons voulu faire une construction adaptée aux différents

programmes d’activités, en travaillant sur l’éclatement des volumes autour d’un patio central qui joue

le rôle de partie publique, un peu comme les cours ou les traboules du vieux Lyon, chargée d’une forte

vie intérieure » raconte Michel Ferrand l’un des architectes. D’un coût de 13 millions de francs et d’une surface de 1 180 m2, elle est destinée à participer

pleinement au développement social du quartier et de la ville. Pour cela, le projet d’origine prévoyait

l’ouverture du bas de la Tour 104 afin créer une perspective ouvrant sur le quartier. Le toit de la MJC

se finissait par une flèche indiquant la direction de rue du 8 mai 1945. Malheureusement, la structure

de la Tour ne pouvant supporter une modification si importante, le projet fut annulé. La MJC

conserve aujourd’hui les traces de cette flèche dont la pointe a été coupée pour des raisons de

sécurité. Le centre social Louis Braille58

Ouvert en 1977, le centre social Louis Braille doit sa naissance à la volonté des habitants de Ménival.

En effet, c’est au cours de l’Assemblée Générale du 14 mai 1975 que les habitants de la résidence

Ménival-les-Gravières décident la construction du Centre social dont ils font l’acquisition le 15 juin

1976. Fondée officiellement le 25 février 1976, l’association pour la gestion du Centre Socioculturel

du quartier de Ménival-les-Gravières regroupe l’amicale de Ménival fondée en 1968 par les résidents,

la confédération syndicale du Cadre de vie et d’autres associations du quartier. Son premier

président, M. Francois Neumand, entreprend des démarches auprès de la Caisse d’allocations

familiales et des services sociaux de la mairie pour aider au financement et à l’établissement des

statuts afin que le centre ouvre au plus vite en décembre 1977.

Le centre social Louis Braille est rapidement victime de son succès. Comptant à la fin des années

1990 plus de mille adhérents, les locaux de son unique bâtiment deviennent étroits et il est

nécessaire de construire de nouveaux locaux, juste à côté, rue Louis Braille. Ouvert en mars 2000, il

est agrandi en 2009. De l’ancien bâtiment, il ne reste aujourd’hui qu’une trace au sol. Bibliographie

Alexandre Scavo, Naissance de la MJC dans la période de formation de la ville de Saint-Priest 1962-

1975, 2017, 516 p.

Alexandre Scavo, Spécificités paysagères et architecturales du quartier de Bel-Air, Saint-Priest, 2018,

7 p.

Bruno Polga, Liberté, Egalité, Fierté, un parcours atypique, Musnier-Gilbert éditions, Bourg-en-Bresse,

2014, 143 p.

Cercle Iulius Victor, Premières Journées d’Histoire en Velin au château de Saint-Priest les 20 et 21

novembre 1999, public imprim, Vénissieux, 2001, 160 p.

Cercle Iulius Victor, Saint-Priest, transformations urbaines anciennes et récentes, Revue d’histoire de

Saint-Priest n°6, Cercle Iulius Victor, 2015, 64 p.

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973,

135 p.

Christian Legrand, Le logement populaire et social en Lyonnais (1848-2000), Lyon, éditions aux arts,

2011, 486 p.

Christiane Roussé, Saint-Priest ville mosaïque (1945-1980), PUL, Lyon, 2000, 349 p.

Jacques Perrier, Histoire des Sapeurs-Pompiers du Rhône, AGB création, Couzon, 400 p.

Les amis du vieux Saint-Priest, La San-Priode, Saint-Priest, histoire et vieilles chroniques, Editions Alan

Sutton, Grande Bretagne, 2004, 254 p.

Lucien Charbonnier, Histoire de Saint-Priest en Velin, des origines à 1789, éditions Bellier, Lyon, 1990,

138 p.

Raymond Debuire, Saint-Priest au fil du temps, les amis du vieux Saint-Priest, La San-Priode, SaintPriest, 2013, 558 p.

Union des Sociétés Historiques du Rhône, Saint-Priest et sa région, actes des journées d’études 2002,

Lyon, 2003, 158 p. www.ville-saint-priest.fr/fileadmin/fichiers/Archives-mun...

  

Le logement populaire et social en Lyonnais 1848 - 2000 Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invite à suivre cette aventure laborieuse, lente et parfois heurtée mais surtout, de toujours, passionnée. Le logement populaire et social en Lyonnais de 1848 à 2000 aborde en quatre parties tous les aspects technique, urbanistique, architectural, économique et sociologique de ce secteur : 1- Approche historique sur le logement populaire et social en France, sa réglementation et ses grands types d'interventions 2- Etude des bases historiques et territoires sociaux lyonnais 3- Les actions, acteurs, opérateurs et partenaires du logement social 4- Conclusions analytique et prospective sur le logement social à Lyon Cet ouvrage très illustré et avant tout historique traite également les aspects actuels du logement social et projette dans le futur quelques réflexions et idées d'aménagement.

Aborde les aspects techniques, urbanistiques, architecturaux, économiques et sociologiques du logement. Avant tout historique, c'est aussi une projection dans le futur de quelques réflexions et idées d'aménagement.Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invite à suivre cette aventure laborieuse, lente et parfois heurtée mais surtout, de toujours, passionn

Histoire d une OPHLM BEL AIR 50 ANS deja Le développement des logements populaires puis sociaux s’inscrit dans une logique interventionniste de l’Etat et des collectivités. Dans notre région, c’est une histoire singulière,

intimement liée à celle de Lyon, qui a influencé le positionnement des logements populaires. En effet, au XVIIIe et au XIXe siècle, la majeure partie de l’activité artisanale de Lyon, s’articulant autour du tissage, se retrouve rapidement engoncée entre deux fleuves. Ceci explique la nécessité de

l’externalisation de l’activité industrielle et artisanale vers les plaines de l’Est au début du XIXe

siècle.

Il en sera de même sur le plan démographique.

« L’histoire du logement social ne se résume à pas à l’histoire du projet politique et social […] l’histoire

du logement social, celle des cités pionnières, des HBM d’avant-guerre, mais aussi des grands

ensembles des années 60 et 80, doit donc se lire comme l’épopée des populations qui n’étaient pas

seulement en quête d’un toit mais aussi d’un milieu d’enracinement

».

Entre le bourg de 2 500 âmes en 1922, 5 600 en 1945, et les 42 000 habitants de la ville en 1980,

Saint-Priest s’est transformée pour atteindre aujourd’hui 45 433 individus. Les trente glorieuses de

l’après-guerre n’ont pas seulement amené des travailleurs des régions environnantes souhaitant

améliorer leur qualité de vie, mais aussi des populations venant d’au-delà des frontières : les PiedsNoirs, des familles portugaises, algériennes, tunisiennes et marocaines. HLM, ILN ou ILM, par choix

ou nécessité, une bonne part des San-Priots a été locataire de l’Office. Retour historique

ntre 1995 et 1999, le Parc Technologique a été le chantier de nombreuses fouilles

archéologiques révélant les vestiges, d’une histoire insoupçonnée vieille de 7 000 ans, qui ont

mis à jour la richesse et la diversité culturelle de son sous-sol remontant à la protohistoire

(période intermédiaire entre la préhistoire et l’histoire). En effet, des traces d’occupations humaines,

remontant au cinquième millénaire av. J.C. et correspondant au moyen Néolithique jusqu’à l’Age de

Bronze final (1400-850 av. J.C.), ont révélé l’existence d’habitats, attestés par des fosses servant de

dépotoir et de foyers, par de la céramique correspondant à des récipients de formes diverses (jarres,

écuelles…) et par quelques silex servant de pointes de poignard. Pour la plus récente, des fragments

de vases, de gobelets et de céramiques élaborées, des bracelets.

Mais, comme presque tous les villages du Velin, c’est à partir de l’Antiquité que le plateau de Bel-Air

semble accueillir ses premières constructions. En effet, en 1971, lors des travaux des premiers HLM

du quartier « en particulier les immeubles portant les numéros 14 à 18 de la rue Mansard2

» des

vestiges romains furent trouvés : débris de ciment, testae3

, tegulae4

et même les fragments d’un col

de dolium5

.

Si l’on ajoute à cela la proximité d’un ancien chemin romain « route de Vienne » - aujourd’hui à

proximité de la rue de l’Egalité - allant de Vienne vers le Rhône moyen, nous pouvons supposer

qu’une villa romaine se trouvait sur cet emplacement. Ce type de construction isolée était assez

fréquent au premier siècle car « les fermes et village se trouvaient rarement au bord des routes

importantes mais plutôt en retrait près de chemin comme celui-ci6

». Le site fut malheureusement

intégralement détruit lors des travaux de construction. D’autres traces de sites gallo-romains ont

également été repérées au nord du village, rue Payet, Gambetta et Johanny Berlioz, sans oublier la

colline du Château où fut découverte la stèle de Iulius Victor datant du IIe

siècle.

Nous n’avons que très peu d’information pour la période suivante, seulement quelques notes parlant

de « raids Sarrazins jusque vers l’an 928 ou encore de destructions hongroise jusqu’en 9247

». En

effet, le Moyen-Age est une période d’insécurité dans la région et ce n’est qu’au Xe

siècle que la

féodalité permet de sécuriser les populations qui s’installent plus largement sur le territoire. Les

moines d’Ainay établissent une église sur le site du Château et amènent avec eux une petite

population dont on retrouve des traces vers Saint-Martin et Manissieux. C’est d’ailleurs à cette

époque que le nom de « Saint-Priest » apparait car la paroisse était dédiée à Sanctus Praejectus,

évêque de Clermont en Auvergne au VIIe siècle. Entre le XIVe

et le XVIIe

siècle, le Velin devenant une

terre convoitée, la famille Richard prend possession de terres à Saint-Priest en 1325 jusqu’en 1645,

date à laquelle la famille Guignard achète le château dont elle sera propriétaire jusqu’en 1821. Par

contre, le domaine est divisé en 1790 et appartient principalement à des exploitants directs dont les

Cuzin, Pagnoud-Chenavard, Payet Maurice, Peillet, Calamar…

 

2

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973, p.33

3

Testae ou tuileau est formé de tuiles ou de briques en terre cuite broyées finement. Il entre dans la composition du mortier antique romain.

4

Tegulae : tuile plate qui servait à couvrir les toits, faite ordinairement d'argile cuite au four

5

Dolium : jarre antique, d'une contenance allant jusqu'à 1 200 litres et qui servait de citerne à vin, à huile ou à céréales.

6

Lucien Charbonnier, Histoire de Saint-Priest en Velin, des origines à 1789, éditions Bellier, Lyon, 1990, p.38

7

Union des Sociétés Historiques du Rhône, Saint-Priest et sa région, actes des journées d’études 2002, Lyon, 2003, p. 15

Bel-Air, le cinquantenaire

Archives municipales de Saint-Priest - jeudi 11 octobre 2018

La ferme Vachon,

vers 1970, YV

Champs de la famille Vachon à proximité

de la Cordière, début XIXe siècle, YV

Après la Seconde Guerre mondiale, Saint-Priest est encore une bourgade dont l’essentiel du

peuplement se regroupe sur deux sites :

- Le village avec la Grande Rue, les vieux quartiers du Payet, du Puits-Vieux et du Bessay

- La route de Lyon jusqu’aux établissements Maréchal et la cité PLM de l’autre côté de la voie

ferrée.

L’est et l’ouest du territoire sont quant à eux vides de constructions, comme le triangle devenu

aujourd’hui le centre-ville situé sur les lieux-dits de la Carnière, les Ronces, les Guigues où seront

construits Bellevue, les Alpes et l’Ermitage. De même pour les Longes, la Gerbicière, le Clairon, la

Cordière - où s’élèvera Bel-Air et Ménival -, et la Forêt et les Pives.

Il n’y a que quelques fermes dont celle des Cusin-Masset à l’emplacement même de Bel-Air ou celle

de la famille Vachon dont la maison se trouvait sur l’emplacement de l’actuel Espace Santé de la

Cordière. Au sud, la plaine de Saythe, est recouverte de champs de colza « jusqu’au début des années

cinquante, Saint-Priest présente donc encore l’aspect d’un gros village rural8

». C’est en quinze

années, à partir des années 60, que la ville prend sa forme actuelle. Son développement après 1980,

plutôt modéré, ne fera que corriger et diversifier l’œuvre accomplie.

Si ce développement rapide n'est pas exceptionnel après la guerre, les transformations de SaintPriest restent uniques en raison de la superficie des terrains disponibles et de l’action de la

municipalité très présente au travers de l’Office HLM. Le logement social en France

i la société idéale est prônée dès l’antiquité, ce n’est qu’au XIXe

siècle que certains utopistes

comme Jean-Baptiste Godin9

pensent un habitat collectif et social, géré par la société « Il y a

également un souci permanent des utopistes de la pensée sociale qui voulaient absolument que

les ouvriers émigrant des campagnes vers la ville soient mieux logés10 ». A la tête de ces

changements, un patron paternaliste qui sera au fur et à mesure remplacé par l’Etat et une nouvelle

idée de la politique de l’époque : le socialisme « un Etat fort, prendrait en charge les misères du

peuple11 ». S’ajoute la réalité du terrain : l’insalubrité de l’habitat populaire contre laquelle remédier

pour limiter les maladies et favoriser la croissance. Enfin, le fort exode rural nécessite que le pays

modifie ses habitudes pour s’adapter aux mutations économiques et sociales de l’industrialisation

« au début du XX

e

siècle, la France comptait 31 millions d’habitants dont 22 millions vivaient de la

terre12 ». On entre alors dans l’ère des initiatives privées où des hommes créaient sur leur territoire,

diverses sociétés ou associations de construction et de gestion de logement sociaux. A Saint-Priest,

Théophile Argence ou Charles Ottina13 en sont le symbole.

Les Habitations à Bon Marché

L’une des premières initiatives ayant un retentissement national, est la création des HBM (Habitation

à Bon Marché). Créée en 1889, née officiellement et reconnue d’utilité publique en 1894 lorsque la

loi SIEGFRIED, du nom de son initiateur, entre en vigueur. Cette loi crée les comités départementaux

des HBM, visant à encourager la construction d’habitation bon marché et salubres. A Lyon, l’année

1912 marque un tournant avec la loi BONNEVAY14qui crée les Offices d’Habitation à Bon Marché afin

d’encadrer et uniformiser la construction des logements. Cette même année signe la montée du

municipalisme à Paris, car la loi autorise les municipalités à emprunter pour construire des logements

sociaux. Après la Première Guerre Mondiale, en 1919, le même phénomène touchera Lyon avec le

maire de l’époque Edouard Herriot15

. En 1928, la loi LOUCHEUR16 conforte la réussite de ce projet. En

1938, deux décrets mettent fin à ce régime qui aura vu naître 260 000 logements.

A Saint-Priest, au début des années 1920, avec l’installation des entreprises Berliet et Maréchal, la

ville connait un essor sans précédent et les cités ouvrières ne sont pas en mesure d’accueillir l’arrivée

massive d’employés. C’est ainsi que le 21 juillet 1931, le maire, Théophile Argence17, crée l’Office

Public d’HBM dont il sera le premier Président jusqu’en 1940. Il lance un programme de construction

de 128 logements dont seuls 64, du type HBM seront bâtis entre 1936 et 1938. Suspendu pendant la

guerre, Théophile Argence ne sera pas mesure de relancer son programme de construction.

 

9

Jean Baptiste Godin (1817-1888), industriel, fabricant des appareils de chauffage, disciple de Fourier, il créa la familistère de Guise en

1858.

10 Christian Legrand, op. cit. p.23

11 Ibid.

12 Ibid. p. 30

13 Voir annexe 2

14 Laurent Marie Bonnevay (1872-1957), conseiller municipal de Lyon, député du Rhône, Président de l’Office Départemental d’HLM du

Rhône.

15 Edouard Herriot (1872-1957), maire de Lyon de 1905 à 1957, Président de la Chambre et Président du conseil des Ministres

16 Louis Loucheur (1872-1931), ingénieur et homme politique, Ministre du Travail et de l’armement, de la reconstruction, des finances et du

travail

17 Théophile Argence (1892-1975), maire de Saint-Priest de 1929 à 1940 puis de 1944 à 1945

La reconstruction, le logement provisoire et les programmes spéciaux

La seconde guerre mondiale nécessite des opérations de grande envergure pour reconstruire le pays

et répondre à l’exode rural massif de l’après-guerre. Il fallut lancer de vastes programmes dans

l’urgence, repenser une industrie du bâtiment et ses techniques, sans oublier une administration

centrale facilitant la prise de décision « les collectivités locales étant pour leur part des relais du

pouvoir central sur le terrain18 ». En matière de fabrication et de construction, on met en place toutes

les méthodes et les procédés possibles susceptibles de réduire le prix de revient. Entre 1940 et 1956,

la période dite de la reconstruction, la France construit 785 000 logements.

A Saint-Priest, la crise est telle qu’en 1946, le conseil municipal charge une commission municipale

du logement d’inventorier « les logements inhabités pouvant être réquisitionnés19 ». Les jeunes

ménages comme les nouveaux arrivants ne pouvaient pas s’installer. La situation était telle qu’il fut

même envisagé de construire des baraquements provisoires en bois. Une cité d’urgence (25

logements), fut donc construite en 1954, le long de la rue de l’Abbé Pierre. Démolie en 1979, elle

accueillit les plus démunis.

 

18 Christian Legrand, op. cit. p. 35

19 Conseil municipal du 5 juillet 1946, Archives municipales de Saint-Priest

Les Habitations à Loyer Modéré (HLM) et les grands ensembles

En 1950, le logement social change d’appellation : l’Habitation à Bon Marché (HBM) devient

Habitations à Loyer Modéré (HLM). La loi du 21 juillet 1950 institue un système de primes et de prêts

spéciaux destinés à favoriser la reprise de l’initiative privée. Dès 1955, la France met en place la

politique des grands ensembles pour atteindre son apogée en 1970. Ces programmes, avec de

grandes difficultés dans leur gestion, permettent, seulement en partie, de répondre à la pénurie de

logements « la France n’a pu su gérer sa période du Baby-boom, elle ne sut pas où loger les jeunes

nés après 194520 ». Entre 1958 et 1970, quelques 300 000 à 450 000 logements par an sont

construits. Il fallait non seulement répondre à l’exode des ruraux vers la ville, mais également à

l’urgence provoquée par les destructions massives de la guerre accentuées par une forte immigration

et le retour non programmé des français d’Algérie.

Lyon, comme toutes les grandes agglomérations de métropole, connait une vague de grands

ensembles implantés en banlieue « sur de vastes terrains disponibles sans forcément se soucier à

l’époque du mal vivre que cette concentration créé21 ». L’agglomération voit fleurir les grands

ensembles : les UC à Bron, les Minguettes à Vénissieux, la Duchère à Lyon 9e

, Mermoz à Lyon 8e

et

Bel-Air à Saint-Priest. Ces réalisations ont correspondu aux besoins d’une époque même si d’autres

solutions à plus long termes auraient pu être envisagées et ainsi permis d’éviter certains conflits

sociaux et générationnels.

A Saint-Priest, le 12 avril 1947, Charles Ottina, est élu Président du conseil d’administration de

l’Office Municipal des HBM et le reste jusqu’en 1974. L’action de l’Office est étroitement liée à la

municipalité dont dépend son existence, en effet, si la plus grande part des ressources proviennent

des avances de l’Etat, elles ne sont assurées que si la commune apporte sa garantie à hauteur de 15%

« fournis par cette dernière sous forme de dotations de terrains, de voiries et services divers22 ».

Sous son impulsion, l’activité reprend en 1952 et en 1954, l’office des HBM devenus «Office HLM de

Saint-Priest » entreprend la construction de nouveaux logements. Il sera d’ailleurs, jusqu’en 1961, le

seul à construire des immeubles d’habitation :

- 1954 : cité d’urgence de l’Abbé Pierre, rue de l’Abbé Pierre

- 1954-1956 : 192 logements HLM, Cité du Parc et de l’Esplanade

- 1956 : 50 LOPOFA (logements populaires et familiaux) le long de l’avenue Jean Jaurès

- 1959 : 40 logement HLM, rue Louis Loucheur

- 1960 : 20 logements HLM, 20 rue Gallavardin

- 1961-1962 : 40 logements HLM, avenue de la Gare

A partir de là, les programmes immobiliers mis en route seront sans commune mesure avec ce qui

avait été envisagé précédemment. Finis les « petits projets », il est maintenant question de centaines

de logements. Saint-Priest devient durant une dizaine d’années, un chantier de construction

« pendant ce temps, au village, la vie continue, troublée seulement par le passage des camions qui

défoncent la chaussée23 » :

- 1962 : 50 logements à Edouard Herriot

- 1962-1964 : 300 logements HLM à la Cordière

- 1967-1970 : 741 logements à Bel-Air I

- 1969 : 140 logements PLR (programme loyer réduits) à Louis Braille24

- 1969 : 54 logements-foyers pour personnes âgées

- 1970 : 236 logements PLR à Mansart

- 1972-1975 : 799 logements à Bel-Air II

- 1973 : 76 chambres au foyer pour travailleurs indépendant, rue de la Cordière

- 1977 : 120 logements à la Résidence le Clairon

- 1977 : 560 logements à Bel-Air III

- 1979 : 43 logements PLR rue de l’Abbé Pierre

Saint-Priest a été parmi les premières villes de l’Est Lyonnais, à pouvoir accueillir et héberger dans un

délai extrêmement court, des réfugiés et des familles, dans des appartements confortables avec un

loyer accessible « ce bilan chiffré, dont nous pensons avoir quelque raison d’être fiers

comparativement à l’importante de notre cité, nous le livrons, sans crainte, à votre jugement,

persuadés que peu de municipalités peuvent se prévaloir d’une action aussi soutenue au profit des

familles modestes, des jeunes ménages et des personnes âgées

A cette époque, on considère comme seule solution, au problème de logement, que des logements

collectifs, vite édifiés sur un minimum d’espace et relativement peu chers « ils [les pouvoirs publics]

n’imaginaient pas les difficultés que pourrait, par la suite, générer ce type d’habitat26 ». Saint-Priest

n’a pas fait exception et le maire, grâce à l’Office, entreprit de créer une ville nouvelle. Pour cela, la

ville se dota, dans un premier temps, d’un nouveau centre urbain afin d’unifier les deux Saint-Priest :

le village d’une part et le quartier de la gare et la cité Maréchal de l’autre. L’Office public des HLM

Provisoirement installé au début des années 1960 dans le château, l’augmentation du parc de

logements nécessita la construction d’un nouveau siège administratif. Conçu par le Cabinet Thiollier,

il sera installé au cœur des nouveaux ensembles sur le plateau de Bel-Air, au pied de la Cordière. Il

est inauguré le 21 juin 1975 en présence du Préfet de Région Pierre Doueil, et le maire Marius Joly.

De nombreuses personnalités sont présentes dont le Président de l’Office, le Docteur Rossez et la

Directrice, Marie Josette Hermelin. Le tout nouvel Office dispose d’un Service administratif, d’un

service technique, d’un service de surveillance ainsi que d’une équipe d’ouvrier assurant l’entretien

courant et les réparations les plus urgentes Au seuil des années 90, les préoccupations se déplacent : il faut développer l’entretien des

immeubles, poursuivre les réhabilitations qui avaient démarré dès 1978, et se rapprocher du

locataire pour mener à bien ces projets. C’est ainsi que quatre antennes techniques décentralisées

sont créées dont une se trouve toujours au 2 rue du 8 mai 1945. Une commission mixte est

également mise en place intégrant les représentants des associations de locataires et les

administrateurs : elle deviendra le Conseil de Concertation Locatif. Le locataire est désormais un

partenaire permanent de l’Office dans l’ensemble de ses activités.

En 1997, l’Office

Public des HLM

devient Porte des Alpes Habitat. En 2014, Porte des Alpes Habitat et Villeurbanne Est Habitat ne font

plus qu’un, sous le nom d’Est Métropole Habitat. Le rapprochement de ces deux organismes,

porteurs de valeurs communes a pour objectif d’accroître la capacité d’intervention et de renforcer

l’efficacité auprès des habitants. Est Métropole Habitat revendique aujourd’hui un patrimoine de

plus de 15 000 logements sur les communes de Villeurbanne, Saint-Priest, Vaulx-en-Velin, Mions,

Décines, Saint-Genis-Laval, Vénissieux, Sérézin-du-Rhône, Meyzieu, Saint-Symphorien-d’Ozon, SaintFons et Bron.

Présentation du plateau de Bel-Air, La Cordière, Ménival

E quartier situé à l’est de la commune de Saint-Priest est le plus important groupe d’habitat

social de la commune. Avec ses 12 000 habitants, rien que Bel-Air représente plus de 25% de

la population communale. Cet ensemble a été construit par phases successives entre 1964 et

1978 sur une surface de cent hectares.

En 1964, le nouveau visage de la ville se dessine avec ces immeubles remplaçant peu à peu les prés

et les champs. Le premier ensemble, celui de la Cordière, n’était que le prélude d’un vaste

programme d’habitation dont Bel-Air et Ménival font partie « le procédé Pascal27 […] va permettre en

particulier d’édifier en un temps record les quatre groupes de Bel-Air et de Ménival, soit 700 à 800

appartements chacun. Ainsi ne faudra-t-il guère plus de deux ans pour qu’un groupe soit terminé à

Bel-Air @ « Les trois Bel-Air »29

Après l’achèvement des 300 logements de la Cordière, dès 1965, l’Office municipal veut

entreprendre immédiatement le nouveau programme de Bel-Air I. Mais les finances de l’Etat ne

permittent d’obtenir les premiers crédits qu’en 1967 grâce à la ténacité du Maire Charles Ottina. A

partir de ce moment-là, les travaux avancent rapidement, début août 1968 les 116 logements de

l’ensemble A étaient occupés et à la fin de cette même année, ceux de l’ensemble B étaient en voie

de l’être. La livraison des premières tours, destinées aux jeunes ménages et aux retraités – les seules

à comporter 3 pièces – se fera dans la foulée. En 1970, les HLM peuvent ainsi disposer de 738 logements à Bel-Air I. Les premières locations sont

réservées en priorité à deux types d’occupants : d’abord les fonctionnaires municipaux et ensuite le

personnel desentreprises qui avaient participé à la construction et envers lesquels l’Office « avait une

dette ». Dette dont ils doivent s’acquitter en proposant des logements à leurs salariés. Aussi les

appartements de Bel-Air furent d’abord attribués à des instituteurs, des employés de la Mairie, des

agents de l’Etat et à des personnels des 47 entreprises concernées. La deuxième tranche du

programme de Bel-Air II avec ses 780 logements verra le jour en 1972. Elle aussi sera achevée en

deux ans et comportera des appartements allant du studio au F5. Enfin en 1977, débute la dernière phase du projet. Séparé des deux autres groupes par un grand

champ, que son propriétaire refusa de vendre mais, qui inscrit au cœur de la cité un important

espace vert, Bel-Air III offrira ses 632 logements. La population de ce troisième groupe compte un

pourcentage de classes moyennes et de cadres bien supérieur à celui des deux autres ensembles. De

plus, une petite décennie sépare Bel-Air I de Bel-Air III et pourtant le traitement des espaces n’est

pas le même, preuve que les leçons du passés ont été retenues. Tirant sans doute les leçons des inconvénients manifestes des Alpes et de Bellevue dans le domaine

des espaces verts, Ottina et la direction de l’Office auront le souci d’aménager autour des immeubles

de Bel-Air des aires de jeux et de verdure « pour être harmonieux et agréable à vivre, un ensemble de

logements doit aussi être conçu pour faciliter la vie familiale. C’est ainsi que sont créés, ou en cours de

création dans les nouveaux groupes, les commerces de première nécessité qui procurent à la mère de

famille la possibilité de s’approvisionner à proximité de son domicile. C’est aussi pourquoi tous les

ensembles HLM sont dotés d’abords d’importants, aménagés en espaces verts et en espaces libres,

avec terrains de jeux pour les petits et les plus grands ». Bel-Air III marque ainsi la fin des grands ensembles immobiliers à Saint-Priest, la municipalité ayant

décidé, dès 1973, de freiner l’urbanisation de la ville. En effet, toutes ces constructions nécessitent

également la mise en place d’un environnement de services de toute nature : commerces allant de

l’alimentation à la pharmacie, écoles, terrains de sport, centres médicaux, sociaux, culturels, etc.

Sans parler de toutes les infrastructures dont la ville assumera la charge en même temps que

l’éclairage public « lorsqu’on veut l’expansion d’une cité et que tout est à faire, des choix s’imposent.

Les priorités données au problèmes fondamentaux : logement, eau, voirie, assainissement, écoles,

équipements sportifs, ont un sens social31 ». Quant aux transports, ils resteront longtemps un des

points faibles du secteur « ce problème, particulièrement important, déborde bien entendu le cadre

local32».

Les ILN (immeubles à loyer normalisé)

En même temps que se termine Bel-Air I, deux petits immeubles ILN de 60 à 10 appartements

destinés aux familles plus aisées sont aussi en voie d’achèvement sur le site. Ces appartements, d’un standing supérieur à celui des HLM ordinaires, devaient permettre de reloger les foyers dont les

revenus dépassaient le plafond prévu pour bénéficier des HLM, plafond qui avait été abaissé de 10%

en 1968, par décision du ministre Albin Chalandon. Le maire Charles Ottina habitera dans un de ces

ILN. Le petit nombre de logements proposé ne suffira pas à résoudre le problème de dépassement de

ressources et les HLM seront contraints, malgré leurs réticences, à appliquer des surloyers.

Les PLR (programme à loyer réduit)

Même avec la baisse des 10% du plafond de ressources, les HLM restaient cependant inaccessibles à

des nombreux foyers très modestes qui ne pouvaient assumer le montant des loyers, pourtant plus

faibles que ceux du privé. C’est à leur intention que le gouvernement envisagea la possibilité d’édifier

des immeubles dont les coûts de revient, inférieurs à ceux des HLM, permettraient de loger les

familles les plus pauvres, moyennant une participation financière réduite. Une diminution des coûts

implique une évidente diminution des surfaces et de la qualité. Malgré tout, ces PLR, rappelant les

anciens LOPOFA, pouvaient offrir des logements corrects avec chauffage collectif.

L’office municipal entreprend leur réalisation, dès août 1969, pour répondre aux besoins des

personnes à petits revenus ou encore des ménages sans allocation logement. Deux groupes PLR

furent ainsi édifiés très rapidement autour de Bel-Air, l’un au nord, le groupe Braille-les-Longes avec

140 appartements, l’autre au sud, le groupe Mansart, en 1970, avec 236 logements. Quelques

années plus tard, en 1974, aux abords de l’ancienne cité Maréchal, rue des Glaïeuls, 55 PLR seront

aussi mis en location.

Si l’on ajoute cela aux chiffres déjà cités, on constate qu’entre 1967 et 1977, les HLM de Saint-Priest

ont ainsi mis à la disposition des habitants le chiffre impressionnant de presque 3 000 logements.

Malgré tout, au cours de ces années, l’activité des promoteurs privés n’est pas ralentie, avec tout

d’abord l’achèvement de Bellevue et la construction d’Alpes Azur et surtout, voisine de Bel-Air, celle

de Ménival, puis de la résidence de Saythe.

L’accession à la propriété

Suite à la réalisation réussie des logements sociaux, l’expérience se poursuivit en favorisant

l’accession à la propriété « elle paraissait être un moyen privilégié pour élever le statut social des

personnes à revenus modestes33 ». Pour cela, il fallait associer les représentants des organismes

susceptibles d’apporter les compléments de financements, comme la Caisse d’Epargne de Lyon, le

Crédit Foncier, la Caisse d’Allocation Familiales, la Préfecture du Rhône. Le domaine Ménival de Lyon

5

e

fut la première opération lancée et devant son succès, une autre opération fut lancée à SaintPriest. Suivant le même montage, 831 logements furent construits par la même équipe d’architectes

dont Charles Delfante34 « il faut noter que l’Office HLM de Saint-Priest a été l’un des premiers

organismes de la région, et le premier de la COURLY à lancer des opérations d’accession à la

propriété» Ménival les Gravières36 (construit entre 1966-1969) a été élaborée dès la conception en prenant en

compte l’utilisation de la préfabrication lourde à partir d’éléments finis fabriquées en usine. L’emploi

de ce procédé permet une économie importante sur la main d’œuvre et une rapidité d’exécution

spectaculaire. On peut regretter l’uniformité des plans et une répétitivité systématique des façades

mais, à l’époque, c’est un exploit. Plusieurs chantiers suivirent dont 437 logements à Plaine de

Saythe37 (1970-1973) ou encore le Clairon (1977) avec 71 logements sur 120 en accession de

propriété. Composition, situation et typologie du groupe38

Cet ensemble est composé de 3 659 logements dont 2 985 sont en gestion locative sociale. Le parc

HLM est la totale propriété de l’office municipal de Saint-Priest. Ces habitations sont désormais

désenclavées par la construction de la rocade est de Lyon qui leur confère le statut d’entrée

privilégiée de la ville. Par ailleurs, elles bénéficient de la proximité du parc de loisirs du fort. Ces

immeubles répondent tout à fait aux critères de composition urbaine et typologique des

constructions issues des années 1960-1970 avec des tours et des barres semblables aux autres cités

de l’agglomération. Toutefois, ils disposent d’espaces centraux libres relativement importants et

agréables qui offrent certains aspects des cités jardins39. Chaque groupe bénéficie également de ses

propres commerces, d’un groupe scolaire et d’une crèche40

:

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces Bel-Air I (rue de Bel-Air)

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1977 : ouverture d’un crèche familiale (10 rue du 8 mai 1945)

1977-1978 : construction GS Bel-Air III - Pablo Neruda

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte

échelle) et de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas) L’objectif est de créer au sein de la ville, des ensembles indépendants offrant des services de

proximité. A cela s’ajoute des équipements d’utilité publique améliorant la qualité de vie des

habitants :

1968 : construction de la clinique privée

Pasteur

1969 : construction du Foyer Logement pour

Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médicosocial au 10 rue de Bel-Air

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des

Pompiers de Bel-Air41

1977 : ouverture du Centre social Louis Braille

1982 : le restaurant scolaire François Mansart

est aménagé pour devenir un local associatif

La réhabilitation de la cité

A partir des années 1980, le parc HLM vieillissant, il devient urgent d’entreprendre des travaux. Dès

1985, des petits travaux sont réalisés mais ce n’est qu’à partir de 1989 que les actions du DSU-DSQ

(développement social urbain et le développement social des quartiers) permettent de répondre à une

première crise. Puis l’Office, commence la réhabilitation de son parc qui ne cesse d’augmenter. Les

travaux de Bel-Air seront parmi les tous premiers entrepris et durent encore.

n 1982, le rapport Dubedout « Mieux vivre en ville » engage les pouvoirs publics dans une

politique de renouveau des quartiers les plus démunis à la limite de l’isolement. La mise en

place du DSQ a permis de rompre le cercle vicieux et, comme à Saint-Priest, de faire revenir les

classes moyennes. Le développement social urbain est né avec les contrats de ville, il « constitue

l’acte d’engagement par lequel les collectivités et l’Etat décident de mettre en place un programme

pluriannuel de développement social urbain à l’échelle de l’agglomération ou d’une commune42

». Il

permet de réintégrer au sein de la ville les quartiers par des opérations d’ordre :

- Spatial : traitement des espaces, des désenclavements ;

- Social : politique de peuplement

- Fonctionnel : circulation et communication

Le contrat de ville devient la procédure unique de définition et de mise en œuvre de la politique du

DSU. Celui-ci a aussi pour objectif de centraliser et de coordonner toutes les autres procédures de

développement social urbain en lien permanent avec habitants notamment au travers des

questionnaires et des réunions de concertation comme cela fut et est toujours le cas à Bel-Air.

A Saint-Priest, lorsque Bruno Polga43 devient maire, la ville avec plus de 42 000 habitants, comme

toutes les villes en périphérie de Lyon, rencontre des problèmes avec son ancien parc HLM. Malgré

son nouveau centre-ville, Saint-Priest ne semble pas trouver son identité tandis que le village n’est

qu’un lieu de passage. Les grands ensembles comme Bel-Air, faute d’entretien, se dégradent peu à

peu. Plusieurs axes vont alors être développés afin de corriger les erreurs du passé : redonner un vrai

centre-ville, décloisonner les différents quartiers, améliorer les axes de circulation, accroître les

transports en commun et créer de nouveaux équipements. Il faut également aider les quartiers

défavorisés en luttant contre le chômage et amplifier l’activité économique et la formation

professionnelle. Saint-Priest possédait, et possède toujours, une position au carrefour d’axes

importants favorisant l’installation d’entreprises permettant la création de nouveaux emplois.

Si pendant son premier mandat (1983-1989) Bruno Polga s’est concentré sur le centre-ville avec les

projets Banlieue 89 et la ZAC Mozart - Carré Rostand, son second mandat (1989- 1995), porte sur la

résolution du problème des logements sociaux dont les Alpes, Bellevue et Bel-Air. L’un des chantiers

le plus important est celui de la réhabilitation des immeubles de Bel-Air I et II « avec la reprise

complète de l’espace urbain et l’installation d’équipements44 ». La rénovation des plus anciens a été

entreprise dès 1986 – Édouard Herriot, Diderot et la Cordière – mais ceux de Bel-Air, plus récents se

dégradent eux aussi. Bel-Air III, normalement entretenue, souffre de cette proximité. D’ailleurs, il est nécessaire dès 1985, d’effectuer des travaux urgents à Bel-Air I et II : réfection des peintures dans les

allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres, etc. Ce n’est qu’en 1989 que deux

premiers bâtiments, rue du 8 mai, sont restructurés (F4 et F5 en F2 et F3). Dans le même temps, en

1990, le Développement social des quartiers de Bel-Air est lancé en collaboration avec l’Etat, la

Région, la COURLY, la ville et l’Office « il s’agit d’un programme destiné à améliorer la vie dans les

quartiers densément peuplés […] avec ses 3 000 logements sociaux, Bel-Air est choisie pour une

rénovation sociale, de l’habitat et de l’environnement Il s’agit d’une réorganisation spatiale et une recomposition interne des sous-quartiers « durant ces

quarante dernières années, différents projets urbains vont s’inscrire dans cette logique de reconnecter

les éléments46 ». Il s’agit, entre autre, d’aménagement des équipements comme la Maison de

Quartier Claude Farrère47 ou la MJC -Maison des Jeunes et de la Culture- Jean Cocteau. Une

redéfinition des espaces verts a permis de rééquilibrer les besoins en matière de zones d’évolution,

de zones de parking et de voies de circulation comme par exemple la suppression des impasses, la

création de nouvelles artères plus larges et de ronds-points pour relier les ensembles. En parallèle de

ces opérations, l’Office procède à la réhabilitation du bâti, ce qui a eu pour effet, d’attirer de jeunes

ménages et les personnes âgées dans les petits logements « un architecte différent intervenait à

chaque fois, rencontrant régulièrement les locataires pour connaitre leurs souhaits, discuter avec eux

des priorités à établir et choisir la couleur des allées, des façades. Cette diversité permit d’éviter l’uniformité des bâtiments 48». La réhabilitation des logements : maçonnerie, étanchéité, réfection de

plusieurs allées sur Bel-Air II, renforcement des portes de caves, des travaux de chaufferies,

éclairages des halls d’allées et des bâtiments de Bel-Air I et II, est accompagnée de la mise en place

de services et de commerces. De manière plus précise :

1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1987 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement

une maison de quartier

1992 : prolongement de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : inauguration de la maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1994 : inauguration de la MJC (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés »

(EHPAD ex MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : extension du centre social Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs impliquant la démolition de logements et création de nouvelles

voies de circulation

2018 : Inauguration de la Maison de Quartier Claude Farrère réhabilitée

2018 : inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino,

joueuse internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit

prince de Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM Et Aujourd’hui ?

Aujourd’hui49

, malgré tout, le plateau reste confronté à de nombreuses difficultés d’ordre culturel ou

générationnel entre les habitants de ces divers quartiers. Ces tiraillements ont fortement alourdi la

réhabilitation sociale de la cité. Cependant le plateau de Bel-Air dispose de larges terrains et espaces

vierges qui servent de lieux de libre expression. La population est relativement jeune, la taille des

ménages est moyenne et parmi les ménages allocataires de la CAF, un quart sont des familles

nombreuses. La vacance des logements est faible. Les logements en copropriétés sont

essentiellement occupés par leurs propriétaires. Les appartements de 4 ou 5 pièces sont les plus

nombreux. Le taux d’activité est élevé du fait de la proximité de zone industrielles ou artisanales et

de la zone de chalandise de la « la Porte des Alpes ».

Au final, si l’on prend en compte le taux d’occupation moyen de 2.5 personnes et un taux de

rotation de 10%, on peut dire que depuis 1964 c’est l’équivalent de la population actuelle (45 000

personnes) qui a été logée sur le plateau de Bel-Air @ 1964 : construction de la Cordière (260 logements)

1966-1969 : construction de Ménival (831 logements)

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1968 : construction de la clinique privée Pasteur

1968-1970 : construction de Bel-Air I (738 logements)

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces rue de Bel-Air

1969 : construction du Foyer Logement pour Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médico-social au 10 rue de Bel-Air

1969 : construction de 10 logements ILN (Immeuble à Loyer Normalisé) rue du 8 mai 1945

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

Février 1970-1973 : construction de la résidence de Saythe

1970 : construction du gymnase François Arnaud

1970 : construction HLM Louis Braille (140 logements)

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1972-1975 : construction de Bel-Air II (779 Logements)

1973 : construction collège Boris Vian

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1975 : inauguration du siège de l’Office public HLM en présence du premier ministre Reymond Barre

(créé en 1960 et installé au château)

15 juin 1976 : achat par les habitants de la copropriété Ménival-les-Gravière du Centre Social

1977-1978 : construction de Bel Air III (560 Logements)

1977 : ouverture du centre Social Louis Braille

1977 : ouverture d’une crèche familiale au 10 rue du 8 mai 1945

1977 : construction HLM du Clairon

1977-1978 : construction GS Bel Air III - Pablo Neruda (frise par Siesla, artiste Lyonnais)

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte échelle) et

de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas)

1978 : construction de la cuisine centrale à Bel Air I

1978 : construction d’un local au 25 bis rue Claude Farrère qui servira de restaurant scolaire et de

Maison de Quartier.

1980 : disparition des dernières fermes du Clairon

1980 : construction école privée Jeanne Arc

1982 : le restaurant scolaire François Mansart est aménagé pour devenir un local associatif

1983 : construction lycée d’enseignement professionnel Fernand Forest 1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1986 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments à Bel-Air I, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : fermeture de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement une

maison de quartier

1992 : ouverture de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1993 : construction du Lycée général Condorcet

1993 : inauguration de la Maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1994 : inauguration de la Maison des Jeunes et de la Culture (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés » (EHPAD ex

MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : fermeture de la clinique Pasteur

22 mars 2009 : extension du CS Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs et création de nouvelles voies de circulation

2016-2017 : démolition de l’Office HLM et transfert rue Maréchal Leclerc

2017 : fermeture de l’Agence ANPE (départ pour la rue Aristide Briand)

2018 : réhabilitation de la Maison de Quartier Claude Farrère

2018 : Inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino, joueuse

internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit prince de

Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM

Charles Ottina, « le Bâtisseur »51

Maire de Saint-Priest entre 1949 et 1972, Charles Ottina domine durant quatre mandats consécutifs

la vie publique locale. L’auteure, Christiane Roussé, dit de lui qu’il fut « le bâtisseur » qui donna au

Saint-Priest d’aujourd’hui ses particularités : une cité cosmopolite et dynamique.

Né en 1902 à Lyon, Charles Ottina sort ingénieur de l’école de Cluny et

fut pendant 27 ans au contrôle des fabrications d’armement. Marié à

une San-Priote, ils habitent longtemps dans une maison de location au

bas de la Grande rue du village - face à l’actuelle Caisse d’Epargne -

avant de s’installer dans le nouveau quartier de Bel-Air dans un ILN,

rue du 8 mai 1945.

Charles Ottina débute sa carrière politique dès 1935, en tant que conseiller municipal de Théo

Argence. Ulysse Cœur le choisit comme adjoint dix années plus tard. Investi sur tous les fronts, il

devient en 1947 président du conseil d’administration de l’Office d’HLM et en 1969 vice-président de

la COURLY (aujourd’hui Métropole de Lyon).

En 1949, élu maire, il commence la

transformation de Saint-Priest. Il dote la ville

de toutes les infrastructures nécessaires à une

ville en pleine expansion : 2 500 logements

HLM, 3 stades, une piscine, 2 bureaux de

postes, 11 écoles, 2 collèges, un réseau

d’assainissement, la cité résidentielle Edouard

Herriot, etc. Il transforme la bourgade de 5

600 habitants en une ville de 34 000. Il gère

grâce à sa forte personnalité la municipalité

« comme un patron ». Si certains décrivent

une personnalité autoritaire, il conquit le

cœur des San-Priots et son successeur, Marius

Joly, en fit une fidèle description : « c’était

avant tout un homme d’action et ce trait est

bien celui qui s’impose à l’évidence dans sa

personnalité pourtant si riche. Les difficultés, loin de le rebuter, fouettaient son énergie, sa volonté,

son acharnement. Rares sont les obstacles qui n’aient pas cédé devant sa détermination ».

Pour des raisons de santé, il quitta son poste le 21 octobre 1972. La maladie l’emporte le 16 juin

1974, quelques mois après le décès de son épouse Jeanne. Bruno Polga, le visionnaire52

Né dans une famille Italienne en 1935 à

Vénissieux, Bruno Polga est venu vivre à

Saint-Priest à l’âge de 2 ans. Habitant

avec ses parents à la cité Rosset, il sera

tout particulièrement sensibilisé au

problème de logement social. Il suivra sa

scolarité à l’école de la gare, dès 1940,

jusqu’à son certificat d’étude qu’il

obtient en 1949. Diplômé d’un CAP

d’ajusteur en 1952, il mènera une

carrière de dessinateur industriel

jusqu’en 1972, date à laquelle il crée

son entreprise de négoce.

Très tôt, Bruno Polga fait preuve d’engagement notamment auprès de la CGT, qu’il intègre dès son

entrée dans la vie active. Puis, il entre dans la vie politique, en 1966, en devenant le président du

premier club socialiste de la ville. C’est d’ailleurs à cette époque qu’il rencontre François Mitterrand,

leader de ce nouveau mouvement. En 1977, après la victoire de la gauche unie aux élections

municipales, il est choisi comme premier adjoint de la ville de Saint-Priest. En 1983, il est élu maire de

la commune jusqu’en 2003, date à laquelle il s’était engagé à démissionner.

A l’origine du nouveau centre avec le projet Banlieue 89, il s’occupe également du centre historique

avec la réhabilitation de l’ancienne mairie et du Château. Sans oublier le logement social dont il

lancera un vaste programme de réhabilitation. Dans la lignée de Théo Argence et Charles Ottina, il a

durant 20 années, continué d’équiper la ville dans les domaines sociaux, culturels, sportifs,

transports et petite enfance pour la transformer en cité moderne. Conscient des erreurs du passé, il

mena une politique marquée par l’acquisition de réserve foncière pour pouvoir contrôler le

développement de la ville « afin d’apporter une réponse concrète aux problèmes posés par

l’urbanisme sauvage des années 60 ». Il souhaite préserver les parcs, des jardins et des lieux de vie

qu’il considère comme « un patrimoine à part entière ». Très critiqué, ce choix se révéla judicieux

puisqu’il permit à la ville de choisir son développement. La caserne des pompiers de Bel-Air53

L’histoire des pompiers de Saint-Priest commence en

1884 avec la création de la société de secours et l’achat

d’une première pompe à incendie par un groupe de

pompiers libres. Située au village, la société acquiert

trois autres pompes : pour Manissieux, la Fouillouse et

la Grande rue. Si, dès 1933, les casernes lyonnaises se

professionnalisent, ce n’est qu’après la guerre en 1947,

que la commune, dans le cadre de la création du S.D.I.

du Rhône, est rattachée au centre de secours de Lyon

« les volontaires et leurs pompes à bras disparurent

complétement » (Jacques Périer, historique des

Sapeurs-Pompiers du Rhône).

D’abord une volonté de l’Etat-Major souhaitant améliorer les secours dans ce secteur, la ville

autorise en 1970 la création d’une caserne provisoire au cœur du nouveau quartier de Bel-Air, place

du 8 mai 1945, au bout de la rue du même nom qui n’est alors qu’une impasse. Inaugurée le 8 mars

de la même année, la nouvelle caserne de la 5e

compagnie professionnelle permet d’accueillir jusqu’à

70 pompiers professionnels. Elle se compose d’un garage, de deux bâtiments abritant des locaux

techniques et de 20 chambrées destinées à accueillir les pompiers de garde. A cela s’ajoute les 19

appartements, mis à disposition par l’office HLM, du 26 et du 28 rue du 8 mai 1945 réservés aux

officiers et sous-officiers. La caserne sera opérationnelle jusqu’en 1991, date à laquelle la compagnie rejoindra les bâtiments

des ateliers généraux, installés depuis 1985, rue du Dauphiné. Aujourd’hui, il ne reste qu’un noyer, à

côté de la maison médicale, marquant l’ancienne limite de la caserne. Les mini-crèches54

Si en 1972 une première halte-garderie s’installe rue de Bel-Air, puis en 1977 une crèche familiale au

10 rue du 8 mai 1945, ce n’est qu’en 1978 que la municipalité prend conscience de la nécessité

d’offrir un lieu pour les plus jeunes. Décidée par le maire Louis Gireau (1977-1983), la création de

crèches s’inscrit dans un grand projet de modernisation des structures d’accueil de la ville :

l’ouverture de trois mini-crèches municipales dont deux à Bel-Air, intermédiaire entre la crèche

familiale et la crèche collective, sont installées dans des locaux plain-pied « pour que les enfants

puissent jouer à l’extérieur, dans un jardin facilement accessible55 » et rattachées au Bureau d’Aide

Sociale au 1er Janvier 1979. Il s’agit des mini-crèches de l’Edelweiss – aujourd’hui 3 Petits Pas – et

celles de la Clairière – aujourd’hui Courte Echelle. La Clairière sera la plus grande des trois minicrèches car elle accueille également le centre administratif des trois établissements dirigés par Mme

Gineste et sa secrétaire Mme Michelle Corbet.

Elles ont été inaugurées le 5 décembre 1978, en compagnie du Maire de Saint-Priest, M. Louis

Gireau, par M. Pierre Mauroy, député-maire de Lille et Président du Conseil Régional Nord-Pas de

Calais entouré d’une centaine d’invités dont M. Franck Serusclat, sénateur-maire de Saint-Fons et

Joseph Sibuet, conseiller général du canton, En 1988, le système des mini-crèches ne permet plus de répondre à la demande croissante de la

population. Saint-Priest décide de créer trois « Maisons de la petite enfance » doublant ainsi les

capacités d’accueil des tout-petits. La première dans le quartier des Garennes, les deux autres sur le

plateau : Bel-Air I –aujourd’hui Courte Echelle - et Rue Claude Farrère – aujourd’hui 3 Petits Pas.

L’ensemble des aménagements intérieurs sont réalisés à partir des travaux du Professeur Hubert

Montagnier (psychophysiologiste dans le champ du développement, du comportement et des

rythmes de l’enfant). Les maisons de quartier Claude Farrère et le local associatif

François Mansart

Le développement des Maisons de Quartier est avant tout le projet d’un Maire, Louis Gireau (1977-

1983) qui souhaite offrir un lieu d’accueil pour les différentes activités des habitants de chaque

quartier.

La Maison de Quartier Claude Farrère

Elle est installée au cœur de Bel-Air II dont les derniers bâtiments voient le jour en 1974. Un premier

local est construit au 25 bis rue Claude Farrère dans le cadre des « m

2

sociaux » que doivent compter

tout programme HLM. Avec comme première utilisation, l’accueil du restaurant scolaire de l’école

Claude Farrère, il faut, ensuite, un local d’activité pour les jeunes. Le bâtiment mesure alors 152 m2

et comprend une partie administrative et une partie « atelier espace de jeux-réunions ».

En 1992, la mairie décide de rénover et d’agrandir le bâtiment pour qu’il devienne une Maison de

Quartier à part entière. Elle offre dorénavant 300m2 supplémentaires d’activité aux enfants et aux

jeunes du quartier : une grande salle de festivité, une cuisine équipée, un espace atelier réunion, une

antenne du Bureau Information Jeunesse, un espace jeu et le bureau des associations ainsi qu’un

amphithéâtre aménagé à l’extérieur permettant d’organiser des mini-concerts, des pièces, etc. Elle

est d’abord gérée par le CPNG puis par la fédération Léo Lagrange à partir de 1999.

En 2017, d’importants travaux de réhabilitation et d’aménagement extérieurs furent réalisés comme

la réfection des salles d’activités, le transfert de l’accueil, la mise en accessibilité, l’installation d’une

nouvelle aire de jeux et la création d’un cheminement piéton pour renforcer le lien avec l’école

voisine. Elle est ré ouverte depuis janvier 2018. Le local associatif François Mansart

Tout comme Claude Farrère, le local François Mansart est à l’origine destiné à accueillir le restaurant

scolaire de l’école du même nom. Au fil des ans, son utilisation évoluera pour être un lieu où se

retrouvent les associations et même un relais d’assistante maternelle. Il porte depuis l’été 2018, le

nom de l’espace Bulle d’air Mansart afin de « marquer l’évolution de ce local devenu avec le temps un

véritable lieu de ressourcement pour les enfants, les familles et les assistantes maternelles @ La maison des jeunes et de la culture

La création de la MJC est avant tout un désir de la

municipalité souhaitant mettre à disposition du

Groupement des Jeunes une salle dans l’étage supérieur

du Château. Le foyer des jeunes sera inauguré en février

1961. L’année suivante deux salles supplémentaires sont

mises à disposition afin de créer une bibliothèque et une

salle d’activité. C’est le 4 décembre 1963 que

l’association de la MJC parait au journal officiel.

En 1992, avec plus de 700 adhérents, le manque d’espace devient une contrainte et le besoin de

s’agrandir une nécessité. Après concertation, le site de Bel-Air est retenu et le projet est inscrit dans

le cadre du développement social des quartiers (DSQ). Située en son cœur, sur l’esplanade centrale

de Bel-Air, dans l’axe de la tour 104 et de la rue du 8 mai 1945, la MJC a été conçue par l’équipe

d’architecte Ferrand-Sigal : construit sur un seul niveau, en surplomb d’une grande esplanade, cet

équipement est une articulation de plusieurs volumes autour d’un jardin intérieur, avec une galerie

reliant les différentes salles. « Ni bâtiment signal, ni prouesse architecturale57 », l’équipe n’a pas

voulu concevoir un bâtiment monolithique marquant mais plutôt un ensemble de volume, divers et

articulés, à l’image des multiples fonctions de la nouvelle MJC.

En février 1993, la première pierre de l’édifice est posée, mais il faut attendre juin 1994 pour que le

chantier se mette en route « nous avons voulu faire une construction adaptée aux différents

programmes d’activités, en travaillant sur l’éclatement des volumes autour d’un patio central qui joue

le rôle de partie publique, un peu comme les cours ou les traboules du vieux Lyon, chargée d’une forte

vie intérieure » raconte Michel Ferrand l’un des architectes. D’un coût de 13 millions de francs et d’une surface de 1 180 m2, elle est destinée à participer

pleinement au développement social du quartier et de la ville. Pour cela, le projet d’origine prévoyait

l’ouverture du bas de la Tour 104 afin créer une perspective ouvrant sur le quartier. Le toit de la MJC

se finissait par une flèche indiquant la direction de rue du 8 mai 1945. Malheureusement, la structure

de la Tour ne pouvant supporter une modification si importante, le projet fut annulé. La MJC

conserve aujourd’hui les traces de cette flèche dont la pointe a été coupée pour des raisons de

sécurité. Le centre social Louis Braille58

Ouvert en 1977, le centre social Louis Braille doit sa naissance à la volonté des habitants de Ménival.

En effet, c’est au cours de l’Assemblée Générale du 14 mai 1975 que les habitants de la résidence

Ménival-les-Gravières décident la construction du Centre social dont ils font l’acquisition le 15 juin

1976. Fondée officiellement le 25 février 1976, l’association pour la gestion du Centre Socioculturel

du quartier de Ménival-les-Gravières regroupe l’amicale de Ménival fondée en 1968 par les résidents,

la confédération syndicale du Cadre de vie et d’autres associations du quartier. Son premier

président, M. Francois Neumand, entreprend des démarches auprès de la Caisse d’allocations

familiales et des services sociaux de la mairie pour aider au financement et à l’établissement des

statuts afin que le centre ouvre au plus vite en décembre 1977.

Le centre social Louis Braille est rapidement victime de son succès. Comptant à la fin des années

1990 plus de mille adhérents, les locaux de son unique bâtiment deviennent étroits et il est

nécessaire de construire de nouveaux locaux, juste à côté, rue Louis Braille. Ouvert en mars 2000, il

est agrandi en 2009. De l’ancien bâtiment, il ne reste aujourd’hui qu’une trace au sol. Bibliographie

Alexandre Scavo, Naissance de la MJC dans la période de formation de la ville de Saint-Priest 1962-

1975, 2017, 516 p.

Alexandre Scavo, Spécificités paysagères et architecturales du quartier de Bel-Air, Saint-Priest, 2018,

7 p.

Bruno Polga, Liberté, Egalité, Fierté, un parcours atypique, Musnier-Gilbert éditions, Bourg-en-Bresse,

2014, 143 p.

Cercle Iulius Victor, Premières Journées d’Histoire en Velin au château de Saint-Priest les 20 et 21

novembre 1999, public imprim, Vénissieux, 2001, 160 p.

Cercle Iulius Victor, Saint-Priest, transformations urbaines anciennes et récentes, Revue d’histoire de

Saint-Priest n°6, Cercle Iulius Victor, 2015, 64 p.

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973,

135 p.

Christian Legrand, Le logement populaire et social en Lyonnais (1848-2000), Lyon, éditions aux arts,

2011, 486 p.

Christiane Roussé, Saint-Priest ville mosaïque (1945-1980), PUL, Lyon, 2000, 349 p.

Jacques Perrier, Histoire des Sapeurs-Pompiers du Rhône, AGB création, Couzon, 400 p.

Les amis du vieux Saint-Priest, La San-Priode, Saint-Priest, histoire et vieilles chroniques, Editions Alan

Sutton, Grande Bretagne, 2004, 254 p.

Lucien Charbonnier, Histoire de Saint-Priest en Velin, des origines à 1789, éditions Bellier, Lyon, 1990,

138 p.

Raymond Debuire, Saint-Priest au fil du temps, les amis du vieux Saint-Priest, La San-Priode, SaintPriest, 2013, 558 p.

Union des Sociétés Historiques du Rhône, Saint-Priest et sa région, actes des journées d’études 2002,

Lyon, 2003, 158 p. www.ville-saint-priest.fr/fileadmin/fichiers/Archives-mun...

  

Le logement populaire et social en Lyonnais 1848 - 2000 Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invite à suivre cette aventure laborieuse, lente et parfois heurtée mais surtout, de toujours, passionnée. Le logement populaire et social en Lyonnais de 1848 à 2000 aborde en quatre parties tous les aspects technique, urbanistique, architectural, économique et sociologique de ce secteur : 1- Approche historique sur le logement populaire et social en France, sa réglementation et ses grands types d'interventions 2- Etude des bases historiques et territoires sociaux lyonnais 3- Les actions, acteurs, opérateurs et partenaires du logement social 4- Conclusions analytique et prospective sur le logement social à Lyon Cet ouvrage très illustré et avant tout historique traite également les aspects actuels du logement social et projette dans le futur quelques réflexions et idées d'aménagement.

Aborde les aspects techniques, urbanistiques, architecturaux, économiques et sociologiques du logement. Avant tout historique, c'est aussi une projection dans le futur de quelques réflexions et idées d'aménagement.Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invi

Histoire d une OPHLM BEL AIR 50 ANS deja Le développement des logements populaires puis sociaux s’inscrit dans une logique interventionniste de l’Etat et des collectivités. Dans notre région, c’est une histoire singulière,

intimement liée à celle de Lyon, qui a influencé le positionnement des logements populaires. En effet, au XVIIIe et au XIXe siècle, la majeure partie de l’activité artisanale de Lyon, s’articulant autour du tissage, se retrouve rapidement engoncée entre deux fleuves. Ceci explique la nécessité de

l’externalisation de l’activité industrielle et artisanale vers les plaines de l’Est au début du XIXe

siècle.

Il en sera de même sur le plan démographique.

« L’histoire du logement social ne se résume à pas à l’histoire du projet politique et social […] l’histoire

du logement social, celle des cités pionnières, des HBM d’avant-guerre, mais aussi des grands

ensembles des années 60 et 80, doit donc se lire comme l’épopée des populations qui n’étaient pas

seulement en quête d’un toit mais aussi d’un milieu d’enracinement

».

Entre le bourg de 2 500 âmes en 1922, 5 600 en 1945, et les 42 000 habitants de la ville en 1980,

Saint-Priest s’est transformée pour atteindre aujourd’hui 45 433 individus. Les trente glorieuses de

l’après-guerre n’ont pas seulement amené des travailleurs des régions environnantes souhaitant

améliorer leur qualité de vie, mais aussi des populations venant d’au-delà des frontières : les PiedsNoirs, des familles portugaises, algériennes, tunisiennes et marocaines. HLM, ILN ou ILM, par choix

ou nécessité, une bonne part des San-Priots a été locataire de l’Office. Retour historique

ntre 1995 et 1999, le Parc Technologique a été le chantier de nombreuses fouilles

archéologiques révélant les vestiges, d’une histoire insoupçonnée vieille de 7 000 ans, qui ont

mis à jour la richesse et la diversité culturelle de son sous-sol remontant à la protohistoire

(période intermédiaire entre la préhistoire et l’histoire). En effet, des traces d’occupations humaines,

remontant au cinquième millénaire av. J.C. et correspondant au moyen Néolithique jusqu’à l’Age de

Bronze final (1400-850 av. J.C.), ont révélé l’existence d’habitats, attestés par des fosses servant de

dépotoir et de foyers, par de la céramique correspondant à des récipients de formes diverses (jarres,

écuelles…) et par quelques silex servant de pointes de poignard. Pour la plus récente, des fragments

de vases, de gobelets et de céramiques élaborées, des bracelets.

Mais, comme presque tous les villages du Velin, c’est à partir de l’Antiquité que le plateau de Bel-Air

semble accueillir ses premières constructions. En effet, en 1971, lors des travaux des premiers HLM

du quartier « en particulier les immeubles portant les numéros 14 à 18 de la rue Mansard2

» des

vestiges romains furent trouvés : débris de ciment, testae3

, tegulae4

et même les fragments d’un col

de dolium5

.

Si l’on ajoute à cela la proximité d’un ancien chemin romain « route de Vienne » - aujourd’hui à

proximité de la rue de l’Egalité - allant de Vienne vers le Rhône moyen, nous pouvons supposer

qu’une villa romaine se trouvait sur cet emplacement. Ce type de construction isolée était assez

fréquent au premier siècle car « les fermes et village se trouvaient rarement au bord des routes

importantes mais plutôt en retrait près de chemin comme celui-ci6

». Le site fut malheureusement

intégralement détruit lors des travaux de construction. D’autres traces de sites gallo-romains ont

également été repérées au nord du village, rue Payet, Gambetta et Johanny Berlioz, sans oublier la

colline du Château où fut découverte la stèle de Iulius Victor datant du IIe

siècle.

Nous n’avons que très peu d’information pour la période suivante, seulement quelques notes parlant

de « raids Sarrazins jusque vers l’an 928 ou encore de destructions hongroise jusqu’en 9247

». En

effet, le Moyen-Age est une période d’insécurité dans la région et ce n’est qu’au Xe

siècle que la

féodalité permet de sécuriser les populations qui s’installent plus largement sur le territoire. Les

moines d’Ainay établissent une église sur le site du Château et amènent avec eux une petite

population dont on retrouve des traces vers Saint-Martin et Manissieux. C’est d’ailleurs à cette

époque que le nom de « Saint-Priest » apparait car la paroisse était dédiée à Sanctus Praejectus,

évêque de Clermont en Auvergne au VIIe siècle. Entre le XIVe

et le XVIIe

siècle, le Velin devenant une

terre convoitée, la famille Richard prend possession de terres à Saint-Priest en 1325 jusqu’en 1645,

date à laquelle la famille Guignard achète le château dont elle sera propriétaire jusqu’en 1821. Par

contre, le domaine est divisé en 1790 et appartient principalement à des exploitants directs dont les

Cuzin, Pagnoud-Chenavard, Payet Maurice, Peillet, Calamar…

 

2

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973, p.33

3

Testae ou tuileau est formé de tuiles ou de briques en terre cuite broyées finement. Il entre dans la composition du mortier antique romain.

4

Tegulae : tuile plate qui servait à couvrir les toits, faite ordinairement d'argile cuite au four

5

Dolium : jarre antique, d'une contenance allant jusqu'à 1 200 litres et qui servait de citerne à vin, à huile ou à céréales.

6

Lucien Charbonnier, Histoire de Saint-Priest en Velin, des origines à 1789, éditions Bellier, Lyon, 1990, p.38

7

Union des Sociétés Historiques du Rhône, Saint-Priest et sa région, actes des journées d’études 2002, Lyon, 2003, p. 15

Bel-Air, le cinquantenaire

Archives municipales de Saint-Priest - jeudi 11 octobre 2018

La ferme Vachon,

vers 1970, YV

Champs de la famille Vachon à proximité

de la Cordière, début XIXe siècle, YV

Après la Seconde Guerre mondiale, Saint-Priest est encore une bourgade dont l’essentiel du

peuplement se regroupe sur deux sites :

- Le village avec la Grande Rue, les vieux quartiers du Payet, du Puits-Vieux et du Bessay

- La route de Lyon jusqu’aux établissements Maréchal et la cité PLM de l’autre côté de la voie

ferrée.

L’est et l’ouest du territoire sont quant à eux vides de constructions, comme le triangle devenu

aujourd’hui le centre-ville situé sur les lieux-dits de la Carnière, les Ronces, les Guigues où seront

construits Bellevue, les Alpes et l’Ermitage. De même pour les Longes, la Gerbicière, le Clairon, la

Cordière - où s’élèvera Bel-Air et Ménival -, et la Forêt et les Pives.

Il n’y a que quelques fermes dont celle des Cusin-Masset à l’emplacement même de Bel-Air ou celle

de la famille Vachon dont la maison se trouvait sur l’emplacement de l’actuel Espace Santé de la

Cordière. Au sud, la plaine de Saythe, est recouverte de champs de colza « jusqu’au début des années

cinquante, Saint-Priest présente donc encore l’aspect d’un gros village rural8

». C’est en quinze

années, à partir des années 60, que la ville prend sa forme actuelle. Son développement après 1980,

plutôt modéré, ne fera que corriger et diversifier l’œuvre accomplie.

Si ce développement rapide n'est pas exceptionnel après la guerre, les transformations de SaintPriest restent uniques en raison de la superficie des terrains disponibles et de l’action de la

municipalité très présente au travers de l’Office HLM. Le logement social en France

i la société idéale est prônée dès l’antiquité, ce n’est qu’au XIXe

siècle que certains utopistes

comme Jean-Baptiste Godin9

pensent un habitat collectif et social, géré par la société « Il y a

également un souci permanent des utopistes de la pensée sociale qui voulaient absolument que

les ouvriers émigrant des campagnes vers la ville soient mieux logés10 ». A la tête de ces

changements, un patron paternaliste qui sera au fur et à mesure remplacé par l’Etat et une nouvelle

idée de la politique de l’époque : le socialisme « un Etat fort, prendrait en charge les misères du

peuple11 ». S’ajoute la réalité du terrain : l’insalubrité de l’habitat populaire contre laquelle remédier

pour limiter les maladies et favoriser la croissance. Enfin, le fort exode rural nécessite que le pays

modifie ses habitudes pour s’adapter aux mutations économiques et sociales de l’industrialisation

« au début du XX

e

siècle, la France comptait 31 millions d’habitants dont 22 millions vivaient de la

terre12 ». On entre alors dans l’ère des initiatives privées où des hommes créaient sur leur territoire,

diverses sociétés ou associations de construction et de gestion de logement sociaux. A Saint-Priest,

Théophile Argence ou Charles Ottina13 en sont le symbole.

Les Habitations à Bon Marché

L’une des premières initiatives ayant un retentissement national, est la création des HBM (Habitation

à Bon Marché). Créée en 1889, née officiellement et reconnue d’utilité publique en 1894 lorsque la

loi SIEGFRIED, du nom de son initiateur, entre en vigueur. Cette loi crée les comités départementaux

des HBM, visant à encourager la construction d’habitation bon marché et salubres. A Lyon, l’année

1912 marque un tournant avec la loi BONNEVAY14qui crée les Offices d’Habitation à Bon Marché afin

d’encadrer et uniformiser la construction des logements. Cette même année signe la montée du

municipalisme à Paris, car la loi autorise les municipalités à emprunter pour construire des logements

sociaux. Après la Première Guerre Mondiale, en 1919, le même phénomène touchera Lyon avec le

maire de l’époque Edouard Herriot15

. En 1928, la loi LOUCHEUR16 conforte la réussite de ce projet. En

1938, deux décrets mettent fin à ce régime qui aura vu naître 260 000 logements.

A Saint-Priest, au début des années 1920, avec l’installation des entreprises Berliet et Maréchal, la

ville connait un essor sans précédent et les cités ouvrières ne sont pas en mesure d’accueillir l’arrivée

massive d’employés. C’est ainsi que le 21 juillet 1931, le maire, Théophile Argence17, crée l’Office

Public d’HBM dont il sera le premier Président jusqu’en 1940. Il lance un programme de construction

de 128 logements dont seuls 64, du type HBM seront bâtis entre 1936 et 1938. Suspendu pendant la

guerre, Théophile Argence ne sera pas mesure de relancer son programme de construction.

 

9

Jean Baptiste Godin (1817-1888), industriel, fabricant des appareils de chauffage, disciple de Fourier, il créa la familistère de Guise en

1858.

10 Christian Legrand, op. cit. p.23

11 Ibid.

12 Ibid. p. 30

13 Voir annexe 2

14 Laurent Marie Bonnevay (1872-1957), conseiller municipal de Lyon, député du Rhône, Président de l’Office Départemental d’HLM du

Rhône.

15 Edouard Herriot (1872-1957), maire de Lyon de 1905 à 1957, Président de la Chambre et Président du conseil des Ministres

16 Louis Loucheur (1872-1931), ingénieur et homme politique, Ministre du Travail et de l’armement, de la reconstruction, des finances et du

travail

17 Théophile Argence (1892-1975), maire de Saint-Priest de 1929 à 1940 puis de 1944 à 1945

La reconstruction, le logement provisoire et les programmes spéciaux

La seconde guerre mondiale nécessite des opérations de grande envergure pour reconstruire le pays

et répondre à l’exode rural massif de l’après-guerre. Il fallut lancer de vastes programmes dans

l’urgence, repenser une industrie du bâtiment et ses techniques, sans oublier une administration

centrale facilitant la prise de décision « les collectivités locales étant pour leur part des relais du

pouvoir central sur le terrain18 ». En matière de fabrication et de construction, on met en place toutes

les méthodes et les procédés possibles susceptibles de réduire le prix de revient. Entre 1940 et 1956,

la période dite de la reconstruction, la France construit 785 000 logements.

A Saint-Priest, la crise est telle qu’en 1946, le conseil municipal charge une commission municipale

du logement d’inventorier « les logements inhabités pouvant être réquisitionnés19 ». Les jeunes

ménages comme les nouveaux arrivants ne pouvaient pas s’installer. La situation était telle qu’il fut

même envisagé de construire des baraquements provisoires en bois. Une cité d’urgence (25

logements), fut donc construite en 1954, le long de la rue de l’Abbé Pierre. Démolie en 1979, elle

accueillit les plus démunis.

 

18 Christian Legrand, op. cit. p. 35

19 Conseil municipal du 5 juillet 1946, Archives municipales de Saint-Priest

Les Habitations à Loyer Modéré (HLM) et les grands ensembles

En 1950, le logement social change d’appellation : l’Habitation à Bon Marché (HBM) devient

Habitations à Loyer Modéré (HLM). La loi du 21 juillet 1950 institue un système de primes et de prêts

spéciaux destinés à favoriser la reprise de l’initiative privée. Dès 1955, la France met en place la

politique des grands ensembles pour atteindre son apogée en 1970. Ces programmes, avec de

grandes difficultés dans leur gestion, permettent, seulement en partie, de répondre à la pénurie de

logements « la France n’a pu su gérer sa période du Baby-boom, elle ne sut pas où loger les jeunes

nés après 194520 ». Entre 1958 et 1970, quelques 300 000 à 450 000 logements par an sont

construits. Il fallait non seulement répondre à l’exode des ruraux vers la ville, mais également à

l’urgence provoquée par les destructions massives de la guerre accentuées par une forte immigration

et le retour non programmé des français d’Algérie.

Lyon, comme toutes les grandes agglomérations de métropole, connait une vague de grands

ensembles implantés en banlieue « sur de vastes terrains disponibles sans forcément se soucier à

l’époque du mal vivre que cette concentration créé21 ». L’agglomération voit fleurir les grands

ensembles : les UC à Bron, les Minguettes à Vénissieux, la Duchère à Lyon 9e

, Mermoz à Lyon 8e

et

Bel-Air à Saint-Priest. Ces réalisations ont correspondu aux besoins d’une époque même si d’autres

solutions à plus long termes auraient pu être envisagées et ainsi permis d’éviter certains conflits

sociaux et générationnels.

A Saint-Priest, le 12 avril 1947, Charles Ottina, est élu Président du conseil d’administration de

l’Office Municipal des HBM et le reste jusqu’en 1974. L’action de l’Office est étroitement liée à la

municipalité dont dépend son existence, en effet, si la plus grande part des ressources proviennent

des avances de l’Etat, elles ne sont assurées que si la commune apporte sa garantie à hauteur de 15%

« fournis par cette dernière sous forme de dotations de terrains, de voiries et services divers22 ».

Sous son impulsion, l’activité reprend en 1952 et en 1954, l’office des HBM devenus «Office HLM de

Saint-Priest » entreprend la construction de nouveaux logements. Il sera d’ailleurs, jusqu’en 1961, le

seul à construire des immeubles d’habitation :

- 1954 : cité d’urgence de l’Abbé Pierre, rue de l’Abbé Pierre

- 1954-1956 : 192 logements HLM, Cité du Parc et de l’Esplanade

- 1956 : 50 LOPOFA (logements populaires et familiaux) le long de l’avenue Jean Jaurès

- 1959 : 40 logement HLM, rue Louis Loucheur

- 1960 : 20 logements HLM, 20 rue Gallavardin

- 1961-1962 : 40 logements HLM, avenue de la Gare

A partir de là, les programmes immobiliers mis en route seront sans commune mesure avec ce qui

avait été envisagé précédemment. Finis les « petits projets », il est maintenant question de centaines

de logements. Saint-Priest devient durant une dizaine d’années, un chantier de construction

« pendant ce temps, au village, la vie continue, troublée seulement par le passage des camions qui

défoncent la chaussée23 » :

- 1962 : 50 logements à Edouard Herriot

- 1962-1964 : 300 logements HLM à la Cordière

- 1967-1970 : 741 logements à Bel-Air I

- 1969 : 140 logements PLR (programme loyer réduits) à Louis Braille24

- 1969 : 54 logements-foyers pour personnes âgées

- 1970 : 236 logements PLR à Mansart

- 1972-1975 : 799 logements à Bel-Air II

- 1973 : 76 chambres au foyer pour travailleurs indépendant, rue de la Cordière

- 1977 : 120 logements à la Résidence le Clairon

- 1977 : 560 logements à Bel-Air III

- 1979 : 43 logements PLR rue de l’Abbé Pierre

Saint-Priest a été parmi les premières villes de l’Est Lyonnais, à pouvoir accueillir et héberger dans un

délai extrêmement court, des réfugiés et des familles, dans des appartements confortables avec un

loyer accessible « ce bilan chiffré, dont nous pensons avoir quelque raison d’être fiers

comparativement à l’importante de notre cité, nous le livrons, sans crainte, à votre jugement,

persuadés que peu de municipalités peuvent se prévaloir d’une action aussi soutenue au profit des

familles modestes, des jeunes ménages et des personnes âgées

A cette époque, on considère comme seule solution, au problème de logement, que des logements

collectifs, vite édifiés sur un minimum d’espace et relativement peu chers « ils [les pouvoirs publics]

n’imaginaient pas les difficultés que pourrait, par la suite, générer ce type d’habitat26 ». Saint-Priest

n’a pas fait exception et le maire, grâce à l’Office, entreprit de créer une ville nouvelle. Pour cela, la

ville se dota, dans un premier temps, d’un nouveau centre urbain afin d’unifier les deux Saint-Priest :

le village d’une part et le quartier de la gare et la cité Maréchal de l’autre. L’Office public des HLM

Provisoirement installé au début des années 1960 dans le château, l’augmentation du parc de

logements nécessita la construction d’un nouveau siège administratif. Conçu par le Cabinet Thiollier,

il sera installé au cœur des nouveaux ensembles sur le plateau de Bel-Air, au pied de la Cordière. Il

est inauguré le 21 juin 1975 en présence du Préfet de Région Pierre Doueil, et le maire Marius Joly.

De nombreuses personnalités sont présentes dont le Président de l’Office, le Docteur Rossez et la

Directrice, Marie Josette Hermelin. Le tout nouvel Office dispose d’un Service administratif, d’un

service technique, d’un service de surveillance ainsi que d’une équipe d’ouvrier assurant l’entretien

courant et les réparations les plus urgentes Au seuil des années 90, les préoccupations se déplacent : il faut développer l’entretien des

immeubles, poursuivre les réhabilitations qui avaient démarré dès 1978, et se rapprocher du

locataire pour mener à bien ces projets. C’est ainsi que quatre antennes techniques décentralisées

sont créées dont une se trouve toujours au 2 rue du 8 mai 1945. Une commission mixte est

également mise en place intégrant les représentants des associations de locataires et les

administrateurs : elle deviendra le Conseil de Concertation Locatif. Le locataire est désormais un

partenaire permanent de l’Office dans l’ensemble de ses activités.

En 1997, l’Office

Public des HLM

devient Porte des Alpes Habitat. En 2014, Porte des Alpes Habitat et Villeurbanne Est Habitat ne font

plus qu’un, sous le nom d’Est Métropole Habitat. Le rapprochement de ces deux organismes,

porteurs de valeurs communes a pour objectif d’accroître la capacité d’intervention et de renforcer

l’efficacité auprès des habitants. Est Métropole Habitat revendique aujourd’hui un patrimoine de

plus de 15 000 logements sur les communes de Villeurbanne, Saint-Priest, Vaulx-en-Velin, Mions,

Décines, Saint-Genis-Laval, Vénissieux, Sérézin-du-Rhône, Meyzieu, Saint-Symphorien-d’Ozon, SaintFons et Bron.

Présentation du plateau de Bel-Air, La Cordière, Ménival

E quartier situé à l’est de la commune de Saint-Priest est le plus important groupe d’habitat

social de la commune. Avec ses 12 000 habitants, rien que Bel-Air représente plus de 25% de

la population communale. Cet ensemble a été construit par phases successives entre 1964 et

1978 sur une surface de cent hectares.

En 1964, le nouveau visage de la ville se dessine avec ces immeubles remplaçant peu à peu les prés

et les champs. Le premier ensemble, celui de la Cordière, n’était que le prélude d’un vaste

programme d’habitation dont Bel-Air et Ménival font partie « le procédé Pascal27 […] va permettre en

particulier d’édifier en un temps record les quatre groupes de Bel-Air et de Ménival, soit 700 à 800

appartements chacun. Ainsi ne faudra-t-il guère plus de deux ans pour qu’un groupe soit terminé à

Bel-Air @ « Les trois Bel-Air »29

Après l’achèvement des 300 logements de la Cordière, dès 1965, l’Office municipal veut

entreprendre immédiatement le nouveau programme de Bel-Air I. Mais les finances de l’Etat ne

permittent d’obtenir les premiers crédits qu’en 1967 grâce à la ténacité du Maire Charles Ottina. A

partir de ce moment-là, les travaux avancent rapidement, début août 1968 les 116 logements de

l’ensemble A étaient occupés et à la fin de cette même année, ceux de l’ensemble B étaient en voie

de l’être. La livraison des premières tours, destinées aux jeunes ménages et aux retraités – les seules

à comporter 3 pièces – se fera dans la foulée. En 1970, les HLM peuvent ainsi disposer de 738 logements à Bel-Air I. Les premières locations sont

réservées en priorité à deux types d’occupants : d’abord les fonctionnaires municipaux et ensuite le

personnel desentreprises qui avaient participé à la construction et envers lesquels l’Office « avait une

dette ». Dette dont ils doivent s’acquitter en proposant des logements à leurs salariés. Aussi les

appartements de Bel-Air furent d’abord attribués à des instituteurs, des employés de la Mairie, des

agents de l’Etat et à des personnels des 47 entreprises concernées. La deuxième tranche du

programme de Bel-Air II avec ses 780 logements verra le jour en 1972. Elle aussi sera achevée en

deux ans et comportera des appartements allant du studio au F5. Enfin en 1977, débute la dernière phase du projet. Séparé des deux autres groupes par un grand

champ, que son propriétaire refusa de vendre mais, qui inscrit au cœur de la cité un important

espace vert, Bel-Air III offrira ses 632 logements. La population de ce troisième groupe compte un

pourcentage de classes moyennes et de cadres bien supérieur à celui des deux autres ensembles. De

plus, une petite décennie sépare Bel-Air I de Bel-Air III et pourtant le traitement des espaces n’est

pas le même, preuve que les leçons du passés ont été retenues. Tirant sans doute les leçons des inconvénients manifestes des Alpes et de Bellevue dans le domaine

des espaces verts, Ottina et la direction de l’Office auront le souci d’aménager autour des immeubles

de Bel-Air des aires de jeux et de verdure « pour être harmonieux et agréable à vivre, un ensemble de

logements doit aussi être conçu pour faciliter la vie familiale. C’est ainsi que sont créés, ou en cours de

création dans les nouveaux groupes, les commerces de première nécessité qui procurent à la mère de

famille la possibilité de s’approvisionner à proximité de son domicile. C’est aussi pourquoi tous les

ensembles HLM sont dotés d’abords d’importants, aménagés en espaces verts et en espaces libres,

avec terrains de jeux pour les petits et les plus grands ». Bel-Air III marque ainsi la fin des grands ensembles immobiliers à Saint-Priest, la municipalité ayant

décidé, dès 1973, de freiner l’urbanisation de la ville. En effet, toutes ces constructions nécessitent

également la mise en place d’un environnement de services de toute nature : commerces allant de

l’alimentation à la pharmacie, écoles, terrains de sport, centres médicaux, sociaux, culturels, etc.

Sans parler de toutes les infrastructures dont la ville assumera la charge en même temps que

l’éclairage public « lorsqu’on veut l’expansion d’une cité et que tout est à faire, des choix s’imposent.

Les priorités données au problèmes fondamentaux : logement, eau, voirie, assainissement, écoles,

équipements sportifs, ont un sens social31 ». Quant aux transports, ils resteront longtemps un des

points faibles du secteur « ce problème, particulièrement important, déborde bien entendu le cadre

local32».

Les ILN (immeubles à loyer normalisé)

En même temps que se termine Bel-Air I, deux petits immeubles ILN de 60 à 10 appartements

destinés aux familles plus aisées sont aussi en voie d’achèvement sur le site. Ces appartements, d’un standing supérieur à celui des HLM ordinaires, devaient permettre de reloger les foyers dont les

revenus dépassaient le plafond prévu pour bénéficier des HLM, plafond qui avait été abaissé de 10%

en 1968, par décision du ministre Albin Chalandon. Le maire Charles Ottina habitera dans un de ces

ILN. Le petit nombre de logements proposé ne suffira pas à résoudre le problème de dépassement de

ressources et les HLM seront contraints, malgré leurs réticences, à appliquer des surloyers.

Les PLR (programme à loyer réduit)

Même avec la baisse des 10% du plafond de ressources, les HLM restaient cependant inaccessibles à

des nombreux foyers très modestes qui ne pouvaient assumer le montant des loyers, pourtant plus

faibles que ceux du privé. C’est à leur intention que le gouvernement envisagea la possibilité d’édifier

des immeubles dont les coûts de revient, inférieurs à ceux des HLM, permettraient de loger les

familles les plus pauvres, moyennant une participation financière réduite. Une diminution des coûts

implique une évidente diminution des surfaces et de la qualité. Malgré tout, ces PLR, rappelant les

anciens LOPOFA, pouvaient offrir des logements corrects avec chauffage collectif.

L’office municipal entreprend leur réalisation, dès août 1969, pour répondre aux besoins des

personnes à petits revenus ou encore des ménages sans allocation logement. Deux groupes PLR

furent ainsi édifiés très rapidement autour de Bel-Air, l’un au nord, le groupe Braille-les-Longes avec

140 appartements, l’autre au sud, le groupe Mansart, en 1970, avec 236 logements. Quelques

années plus tard, en 1974, aux abords de l’ancienne cité Maréchal, rue des Glaïeuls, 55 PLR seront

aussi mis en location.

Si l’on ajoute cela aux chiffres déjà cités, on constate qu’entre 1967 et 1977, les HLM de Saint-Priest

ont ainsi mis à la disposition des habitants le chiffre impressionnant de presque 3 000 logements.

Malgré tout, au cours de ces années, l’activité des promoteurs privés n’est pas ralentie, avec tout

d’abord l’achèvement de Bellevue et la construction d’Alpes Azur et surtout, voisine de Bel-Air, celle

de Ménival, puis de la résidence de Saythe.

L’accession à la propriété

Suite à la réalisation réussie des logements sociaux, l’expérience se poursuivit en favorisant

l’accession à la propriété « elle paraissait être un moyen privilégié pour élever le statut social des

personnes à revenus modestes33 ». Pour cela, il fallait associer les représentants des organismes

susceptibles d’apporter les compléments de financements, comme la Caisse d’Epargne de Lyon, le

Crédit Foncier, la Caisse d’Allocation Familiales, la Préfecture du Rhône. Le domaine Ménival de Lyon

5

e

fut la première opération lancée et devant son succès, une autre opération fut lancée à SaintPriest. Suivant le même montage, 831 logements furent construits par la même équipe d’architectes

dont Charles Delfante34 « il faut noter que l’Office HLM de Saint-Priest a été l’un des premiers

organismes de la région, et le premier de la COURLY à lancer des opérations d’accession à la

propriété» Ménival les Gravières36 (construit entre 1966-1969) a été élaborée dès la conception en prenant en

compte l’utilisation de la préfabrication lourde à partir d’éléments finis fabriquées en usine. L’emploi

de ce procédé permet une économie importante sur la main d’œuvre et une rapidité d’exécution

spectaculaire. On peut regretter l’uniformité des plans et une répétitivité systématique des façades

mais, à l’époque, c’est un exploit. Plusieurs chantiers suivirent dont 437 logements à Plaine de

Saythe37 (1970-1973) ou encore le Clairon (1977) avec 71 logements sur 120 en accession de

propriété. Composition, situation et typologie du groupe38

Cet ensemble est composé de 3 659 logements dont 2 985 sont en gestion locative sociale. Le parc

HLM est la totale propriété de l’office municipal de Saint-Priest. Ces habitations sont désormais

désenclavées par la construction de la rocade est de Lyon qui leur confère le statut d’entrée

privilégiée de la ville. Par ailleurs, elles bénéficient de la proximité du parc de loisirs du fort. Ces

immeubles répondent tout à fait aux critères de composition urbaine et typologique des

constructions issues des années 1960-1970 avec des tours et des barres semblables aux autres cités

de l’agglomération. Toutefois, ils disposent d’espaces centraux libres relativement importants et

agréables qui offrent certains aspects des cités jardins39. Chaque groupe bénéficie également de ses

propres commerces, d’un groupe scolaire et d’une crèche40

:

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces Bel-Air I (rue de Bel-Air)

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1977 : ouverture d’un crèche familiale (10 rue du 8 mai 1945)

1977-1978 : construction GS Bel-Air III - Pablo Neruda

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte

échelle) et de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas) L’objectif est de créer au sein de la ville, des ensembles indépendants offrant des services de

proximité. A cela s’ajoute des équipements d’utilité publique améliorant la qualité de vie des

habitants :

1968 : construction de la clinique privée

Pasteur

1969 : construction du Foyer Logement pour

Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médicosocial au 10 rue de Bel-Air

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des

Pompiers de Bel-Air41

1977 : ouverture du Centre social Louis Braille

1982 : le restaurant scolaire François Mansart

est aménagé pour devenir un local associatif

La réhabilitation de la cité

A partir des années 1980, le parc HLM vieillissant, il devient urgent d’entreprendre des travaux. Dès

1985, des petits travaux sont réalisés mais ce n’est qu’à partir de 1989 que les actions du DSU-DSQ

(développement social urbain et le développement social des quartiers) permettent de répondre à une

première crise. Puis l’Office, commence la réhabilitation de son parc qui ne cesse d’augmenter. Les

travaux de Bel-Air seront parmi les tous premiers entrepris et durent encore.

n 1982, le rapport Dubedout « Mieux vivre en ville » engage les pouvoirs publics dans une

politique de renouveau des quartiers les plus démunis à la limite de l’isolement. La mise en

place du DSQ a permis de rompre le cercle vicieux et, comme à Saint-Priest, de faire revenir les

classes moyennes. Le développement social urbain est né avec les contrats de ville, il « constitue

l’acte d’engagement par lequel les collectivités et l’Etat décident de mettre en place un programme

pluriannuel de développement social urbain à l’échelle de l’agglomération ou d’une commune42

». Il

permet de réintégrer au sein de la ville les quartiers par des opérations d’ordre :

- Spatial : traitement des espaces, des désenclavements ;

- Social : politique de peuplement

- Fonctionnel : circulation et communication

Le contrat de ville devient la procédure unique de définition et de mise en œuvre de la politique du

DSU. Celui-ci a aussi pour objectif de centraliser et de coordonner toutes les autres procédures de

développement social urbain en lien permanent avec habitants notamment au travers des

questionnaires et des réunions de concertation comme cela fut et est toujours le cas à Bel-Air.

A Saint-Priest, lorsque Bruno Polga43 devient maire, la ville avec plus de 42 000 habitants, comme

toutes les villes en périphérie de Lyon, rencontre des problèmes avec son ancien parc HLM. Malgré

son nouveau centre-ville, Saint-Priest ne semble pas trouver son identité tandis que le village n’est

qu’un lieu de passage. Les grands ensembles comme Bel-Air, faute d’entretien, se dégradent peu à

peu. Plusieurs axes vont alors être développés afin de corriger les erreurs du passé : redonner un vrai

centre-ville, décloisonner les différents quartiers, améliorer les axes de circulation, accroître les

transports en commun et créer de nouveaux équipements. Il faut également aider les quartiers

défavorisés en luttant contre le chômage et amplifier l’activité économique et la formation

professionnelle. Saint-Priest possédait, et possède toujours, une position au carrefour d’axes

importants favorisant l’installation d’entreprises permettant la création de nouveaux emplois.

Si pendant son premier mandat (1983-1989) Bruno Polga s’est concentré sur le centre-ville avec les

projets Banlieue 89 et la ZAC Mozart - Carré Rostand, son second mandat (1989- 1995), porte sur la

résolution du problème des logements sociaux dont les Alpes, Bellevue et Bel-Air. L’un des chantiers

le plus important est celui de la réhabilitation des immeubles de Bel-Air I et II « avec la reprise

complète de l’espace urbain et l’installation d’équipements44 ». La rénovation des plus anciens a été

entreprise dès 1986 – Édouard Herriot, Diderot et la Cordière – mais ceux de Bel-Air, plus récents se

dégradent eux aussi. Bel-Air III, normalement entretenue, souffre de cette proximité. D’ailleurs, il est nécessaire dès 1985, d’effectuer des travaux urgents à Bel-Air I et II : réfection des peintures dans les

allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres, etc. Ce n’est qu’en 1989 que deux

premiers bâtiments, rue du 8 mai, sont restructurés (F4 et F5 en F2 et F3). Dans le même temps, en

1990, le Développement social des quartiers de Bel-Air est lancé en collaboration avec l’Etat, la

Région, la COURLY, la ville et l’Office « il s’agit d’un programme destiné à améliorer la vie dans les

quartiers densément peuplés […] avec ses 3 000 logements sociaux, Bel-Air est choisie pour une

rénovation sociale, de l’habitat et de l’environnement Il s’agit d’une réorganisation spatiale et une recomposition interne des sous-quartiers « durant ces

quarante dernières années, différents projets urbains vont s’inscrire dans cette logique de reconnecter

les éléments46 ». Il s’agit, entre autre, d’aménagement des équipements comme la Maison de

Quartier Claude Farrère47 ou la MJC -Maison des Jeunes et de la Culture- Jean Cocteau. Une

redéfinition des espaces verts a permis de rééquilibrer les besoins en matière de zones d’évolution,

de zones de parking et de voies de circulation comme par exemple la suppression des impasses, la

création de nouvelles artères plus larges et de ronds-points pour relier les ensembles. En parallèle de

ces opérations, l’Office procède à la réhabilitation du bâti, ce qui a eu pour effet, d’attirer de jeunes

ménages et les personnes âgées dans les petits logements « un architecte différent intervenait à

chaque fois, rencontrant régulièrement les locataires pour connaitre leurs souhaits, discuter avec eux

des priorités à établir et choisir la couleur des allées, des façades. Cette diversité permit d’éviter l’uniformité des bâtiments 48». La réhabilitation des logements : maçonnerie, étanchéité, réfection de

plusieurs allées sur Bel-Air II, renforcement des portes de caves, des travaux de chaufferies,

éclairages des halls d’allées et des bâtiments de Bel-Air I et II, est accompagnée de la mise en place

de services et de commerces. De manière plus précise :

1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1987 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement

une maison de quartier

1992 : prolongement de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : inauguration de la maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1994 : inauguration de la MJC (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés »

(EHPAD ex MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : extension du centre social Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs impliquant la démolition de logements et création de nouvelles

voies de circulation

2018 : Inauguration de la Maison de Quartier Claude Farrère réhabilitée

2018 : inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino,

joueuse internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit

prince de Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM Et Aujourd’hui ?

Aujourd’hui49

, malgré tout, le plateau reste confronté à de nombreuses difficultés d’ordre culturel ou

générationnel entre les habitants de ces divers quartiers. Ces tiraillements ont fortement alourdi la

réhabilitation sociale de la cité. Cependant le plateau de Bel-Air dispose de larges terrains et espaces

vierges qui servent de lieux de libre expression. La population est relativement jeune, la taille des

ménages est moyenne et parmi les ménages allocataires de la CAF, un quart sont des familles

nombreuses. La vacance des logements est faible. Les logements en copropriétés sont

essentiellement occupés par leurs propriétaires. Les appartements de 4 ou 5 pièces sont les plus

nombreux. Le taux d’activité est élevé du fait de la proximité de zone industrielles ou artisanales et

de la zone de chalandise de la « la Porte des Alpes ».

Au final, si l’on prend en compte le taux d’occupation moyen de 2.5 personnes et un taux de

rotation de 10%, on peut dire que depuis 1964 c’est l’équivalent de la population actuelle (45 000

personnes) qui a été logée sur le plateau de Bel-Air @ 1964 : construction de la Cordière (260 logements)

1966-1969 : construction de Ménival (831 logements)

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1968 : construction de la clinique privée Pasteur

1968-1970 : construction de Bel-Air I (738 logements)

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces rue de Bel-Air

1969 : construction du Foyer Logement pour Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médico-social au 10 rue de Bel-Air

1969 : construction de 10 logements ILN (Immeuble à Loyer Normalisé) rue du 8 mai 1945

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

Février 1970-1973 : construction de la résidence de Saythe

1970 : construction du gymnase François Arnaud

1970 : construction HLM Louis Braille (140 logements)

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1972-1975 : construction de Bel-Air II (779 Logements)

1973 : construction collège Boris Vian

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1975 : inauguration du siège de l’Office public HLM en présence du premier ministre Reymond Barre

(créé en 1960 et installé au château)

15 juin 1976 : achat par les habitants de la copropriété Ménival-les-Gravière du Centre Social

1977-1978 : construction de Bel Air III (560 Logements)

1977 : ouverture du centre Social Louis Braille

1977 : ouverture d’une crèche familiale au 10 rue du 8 mai 1945

1977 : construction HLM du Clairon

1977-1978 : construction GS Bel Air III - Pablo Neruda (frise par Siesla, artiste Lyonnais)

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte échelle) et

de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas)

1978 : construction de la cuisine centrale à Bel Air I

1978 : construction d’un local au 25 bis rue Claude Farrère qui servira de restaurant scolaire et de

Maison de Quartier.

1980 : disparition des dernières fermes du Clairon

1980 : construction école privée Jeanne Arc

1982 : le restaurant scolaire François Mansart est aménagé pour devenir un local associatif

1983 : construction lycée d’enseignement professionnel Fernand Forest 1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1986 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments à Bel-Air I, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : fermeture de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement une

maison de quartier

1992 : ouverture de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1993 : construction du Lycée général Condorcet

1993 : inauguration de la Maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1994 : inauguration de la Maison des Jeunes et de la Culture (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés » (EHPAD ex

MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : fermeture de la clinique Pasteur

22 mars 2009 : extension du CS Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs et création de nouvelles voies de circulation

2016-2017 : démolition de l’Office HLM et transfert rue Maréchal Leclerc

2017 : fermeture de l’Agence ANPE (départ pour la rue Aristide Briand)

2018 : réhabilitation de la Maison de Quartier Claude Farrère

2018 : Inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino, joueuse

internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit prince de

Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM

Charles Ottina, « le Bâtisseur »51

Maire de Saint-Priest entre 1949 et 1972, Charles Ottina domine durant quatre mandats consécutifs

la vie publique locale. L’auteure, Christiane Roussé, dit de lui qu’il fut « le bâtisseur » qui donna au

Saint-Priest d’aujourd’hui ses particularités : une cité cosmopolite et dynamique.

Né en 1902 à Lyon, Charles Ottina sort ingénieur de l’école de Cluny et

fut pendant 27 ans au contrôle des fabrications d’armement. Marié à

une San-Priote, ils habitent longtemps dans une maison de location au

bas de la Grande rue du village - face à l’actuelle Caisse d’Epargne -

avant de s’installer dans le nouveau quartier de Bel-Air dans un ILN,

rue du 8 mai 1945.

Charles Ottina débute sa carrière politique dès 1935, en tant que conseiller municipal de Théo

Argence. Ulysse Cœur le choisit comme adjoint dix années plus tard. Investi sur tous les fronts, il

devient en 1947 président du conseil d’administration de l’Office d’HLM et en 1969 vice-président de

la COURLY (aujourd’hui Métropole de Lyon).

En 1949, élu maire, il commence la

transformation de Saint-Priest. Il dote la ville

de toutes les infrastructures nécessaires à une

ville en pleine expansion : 2 500 logements

HLM, 3 stades, une piscine, 2 bureaux de

postes, 11 écoles, 2 collèges, un réseau

d’assainissement, la cité résidentielle Edouard

Herriot, etc. Il transforme la bourgade de 5

600 habitants en une ville de 34 000. Il gère

grâce à sa forte personnalité la municipalité

« comme un patron ». Si certains décrivent

une personnalité autoritaire, il conquit le

cœur des San-Priots et son successeur, Marius

Joly, en fit une fidèle description : « c’était

avant tout un homme d’action et ce trait est

bien celui qui s’impose à l’évidence dans sa

personnalité pourtant si riche. Les difficultés, loin de le rebuter, fouettaient son énergie, sa volonté,

son acharnement. Rares sont les obstacles qui n’aient pas cédé devant sa détermination ».

Pour des raisons de santé, il quitta son poste le 21 octobre 1972. La maladie l’emporte le 16 juin

1974, quelques mois après le décès de son épouse Jeanne. Bruno Polga, le visionnaire52

Né dans une famille Italienne en 1935 à

Vénissieux, Bruno Polga est venu vivre à

Saint-Priest à l’âge de 2 ans. Habitant

avec ses parents à la cité Rosset, il sera

tout particulièrement sensibilisé au

problème de logement social. Il suivra sa

scolarité à l’école de la gare, dès 1940,

jusqu’à son certificat d’étude qu’il

obtient en 1949. Diplômé d’un CAP

d’ajusteur en 1952, il mènera une

carrière de dessinateur industriel

jusqu’en 1972, date à laquelle il crée

son entreprise de négoce.

Très tôt, Bruno Polga fait preuve d’engagement notamment auprès de la CGT, qu’il intègre dès son

entrée dans la vie active. Puis, il entre dans la vie politique, en 1966, en devenant le président du

premier club socialiste de la ville. C’est d’ailleurs à cette époque qu’il rencontre François Mitterrand,

leader de ce nouveau mouvement. En 1977, après la victoire de la gauche unie aux élections

municipales, il est choisi comme premier adjoint de la ville de Saint-Priest. En 1983, il est élu maire de

la commune jusqu’en 2003, date à laquelle il s’était engagé à démissionner.

A l’origine du nouveau centre avec le projet Banlieue 89, il s’occupe également du centre historique

avec la réhabilitation de l’ancienne mairie et du Château. Sans oublier le logement social dont il

lancera un vaste programme de réhabilitation. Dans la lignée de Théo Argence et Charles Ottina, il a

durant 20 années, continué d’équiper la ville dans les domaines sociaux, culturels, sportifs,

transports et petite enfance pour la transformer en cité moderne. Conscient des erreurs du passé, il

mena une politique marquée par l’acquisition de réserve foncière pour pouvoir contrôler le

développement de la ville « afin d’apporter une réponse concrète aux problèmes posés par

l’urbanisme sauvage des années 60 ». Il souhaite préserver les parcs, des jardins et des lieux de vie

qu’il considère comme « un patrimoine à part entière ». Très critiqué, ce choix se révéla judicieux

puisqu’il permit à la ville de choisir son développement. La caserne des pompiers de Bel-Air53

L’histoire des pompiers de Saint-Priest commence en

1884 avec la création de la société de secours et l’achat

d’une première pompe à incendie par un groupe de

pompiers libres. Située au village, la société acquiert

trois autres pompes : pour Manissieux, la Fouillouse et

la Grande rue. Si, dès 1933, les casernes lyonnaises se

professionnalisent, ce n’est qu’après la guerre en 1947,

que la commune, dans le cadre de la création du S.D.I.

du Rhône, est rattachée au centre de secours de Lyon

« les volontaires et leurs pompes à bras disparurent

complétement » (Jacques Périer, historique des

Sapeurs-Pompiers du Rhône).

D’abord une volonté de l’Etat-Major souhaitant améliorer les secours dans ce secteur, la ville

autorise en 1970 la création d’une caserne provisoire au cœur du nouveau quartier de Bel-Air, place

du 8 mai 1945, au bout de la rue du même nom qui n’est alors qu’une impasse. Inaugurée le 8 mars

de la même année, la nouvelle caserne de la 5e

compagnie professionnelle permet d’accueillir jusqu’à

70 pompiers professionnels. Elle se compose d’un garage, de deux bâtiments abritant des locaux

techniques et de 20 chambrées destinées à accueillir les pompiers de garde. A cela s’ajoute les 19

appartements, mis à disposition par l’office HLM, du 26 et du 28 rue du 8 mai 1945 réservés aux

officiers et sous-officiers. La caserne sera opérationnelle jusqu’en 1991, date à laquelle la compagnie rejoindra les bâtiments

des ateliers généraux, installés depuis 1985, rue du Dauphiné. Aujourd’hui, il ne reste qu’un noyer, à

côté de la maison médicale, marquant l’ancienne limite de la caserne. Les mini-crèches54

Si en 1972 une première halte-garderie s’installe rue de Bel-Air, puis en 1977 une crèche familiale au

10 rue du 8 mai 1945, ce n’est qu’en 1978 que la municipalité prend conscience de la nécessité

d’offrir un lieu pour les plus jeunes. Décidée par le maire Louis Gireau (1977-1983), la création de

crèches s’inscrit dans un grand projet de modernisation des structures d’accueil de la ville :

l’ouverture de trois mini-crèches municipales dont deux à Bel-Air, intermédiaire entre la crèche

familiale et la crèche collective, sont installées dans des locaux plain-pied « pour que les enfants

puissent jouer à l’extérieur, dans un jardin facilement accessible55 » et rattachées au Bureau d’Aide

Sociale au 1er Janvier 1979. Il s’agit des mini-crèches de l’Edelweiss – aujourd’hui 3 Petits Pas – et

celles de la Clairière – aujourd’hui Courte Echelle. La Clairière sera la plus grande des trois minicrèches car elle accueille également le centre administratif des trois établissements dirigés par Mme

Gineste et sa secrétaire Mme Michelle Corbet.

Elles ont été inaugurées le 5 décembre 1978, en compagnie du Maire de Saint-Priest, M. Louis

Gireau, par M. Pierre Mauroy, député-maire de Lille et Président du Conseil Régional Nord-Pas de

Calais entouré d’une centaine d’invités dont M. Franck Serusclat, sénateur-maire de Saint-Fons et

Joseph Sibuet, conseiller général du canton, En 1988, le système des mini-crèches ne permet plus de répondre à la demande croissante de la

population. Saint-Priest décide de créer trois « Maisons de la petite enfance » doublant ainsi les

capacités d’accueil des tout-petits. La première dans le quartier des Garennes, les deux autres sur le

plateau : Bel-Air I –aujourd’hui Courte Echelle - et Rue Claude Farrère – aujourd’hui 3 Petits Pas.

L’ensemble des aménagements intérieurs sont réalisés à partir des travaux du Professeur Hubert

Montagnier (psychophysiologiste dans le champ du développement, du comportement et des

rythmes de l’enfant). Les maisons de quartier Claude Farrère et le local associatif

François Mansart

Le développement des Maisons de Quartier est avant tout le projet d’un Maire, Louis Gireau (1977-

1983) qui souhaite offrir un lieu d’accueil pour les différentes activités des habitants de chaque

quartier.

La Maison de Quartier Claude Farrère

Elle est installée au cœur de Bel-Air II dont les derniers bâtiments voient le jour en 1974. Un premier

local est construit au 25 bis rue Claude Farrère dans le cadre des « m

2

sociaux » que doivent compter

tout programme HLM. Avec comme première utilisation, l’accueil du restaurant scolaire de l’école

Claude Farrère, il faut, ensuite, un local d’activité pour les jeunes. Le bâtiment mesure alors 152 m2

et comprend une partie administrative et une partie « atelier espace de jeux-réunions ».

En 1992, la mairie décide de rénover et d’agrandir le bâtiment pour qu’il devienne une Maison de

Quartier à part entière. Elle offre dorénavant 300m2 supplémentaires d’activité aux enfants et aux

jeunes du quartier : une grande salle de festivité, une cuisine équipée, un espace atelier réunion, une

antenne du Bureau Information Jeunesse, un espace jeu et le bureau des associations ainsi qu’un

amphithéâtre aménagé à l’extérieur permettant d’organiser des mini-concerts, des pièces, etc. Elle

est d’abord gérée par le CPNG puis par la fédération Léo Lagrange à partir de 1999.

En 2017, d’importants travaux de réhabilitation et d’aménagement extérieurs furent réalisés comme

la réfection des salles d’activités, le transfert de l’accueil, la mise en accessibilité, l’installation d’une

nouvelle aire de jeux et la création d’un cheminement piéton pour renforcer le lien avec l’école

voisine. Elle est ré ouverte depuis janvier 2018. Le local associatif François Mansart

Tout comme Claude Farrère, le local François Mansart est à l’origine destiné à accueillir le restaurant

scolaire de l’école du même nom. Au fil des ans, son utilisation évoluera pour être un lieu où se

retrouvent les associations et même un relais d’assistante maternelle. Il porte depuis l’été 2018, le

nom de l’espace Bulle d’air Mansart afin de « marquer l’évolution de ce local devenu avec le temps un

véritable lieu de ressourcement pour les enfants, les familles et les assistantes maternelles @ La maison des jeunes et de la culture

La création de la MJC est avant tout un désir de la

municipalité souhaitant mettre à disposition du

Groupement des Jeunes une salle dans l’étage supérieur

du Château. Le foyer des jeunes sera inauguré en février

1961. L’année suivante deux salles supplémentaires sont

mises à disposition afin de créer une bibliothèque et une

salle d’activité. C’est le 4 décembre 1963 que

l’association de la MJC parait au journal officiel.

En 1992, avec plus de 700 adhérents, le manque d’espace devient une contrainte et le besoin de

s’agrandir une nécessité. Après concertation, le site de Bel-Air est retenu et le projet est inscrit dans

le cadre du développement social des quartiers (DSQ). Située en son cœur, sur l’esplanade centrale

de Bel-Air, dans l’axe de la tour 104 et de la rue du 8 mai 1945, la MJC a été conçue par l’équipe

d’architecte Ferrand-Sigal : construit sur un seul niveau, en surplomb d’une grande esplanade, cet

équipement est une articulation de plusieurs volumes autour d’un jardin intérieur, avec une galerie

reliant les différentes salles. « Ni bâtiment signal, ni prouesse architecturale57 », l’équipe n’a pas

voulu concevoir un bâtiment monolithique marquant mais plutôt un ensemble de volume, divers et

articulés, à l’image des multiples fonctions de la nouvelle MJC.

En février 1993, la première pierre de l’édifice est posée, mais il faut attendre juin 1994 pour que le

chantier se mette en route « nous avons voulu faire une construction adaptée aux différents

programmes d’activités, en travaillant sur l’éclatement des volumes autour d’un patio central qui joue

le rôle de partie publique, un peu comme les cours ou les traboules du vieux Lyon, chargée d’une forte

vie intérieure » raconte Michel Ferrand l’un des architectes. D’un coût de 13 millions de francs et d’une surface de 1 180 m2, elle est destinée à participer

pleinement au développement social du quartier et de la ville. Pour cela, le projet d’origine prévoyait

l’ouverture du bas de la Tour 104 afin créer une perspective ouvrant sur le quartier. Le toit de la MJC

se finissait par une flèche indiquant la direction de rue du 8 mai 1945. Malheureusement, la structure

de la Tour ne pouvant supporter une modification si importante, le projet fut annulé. La MJC

conserve aujourd’hui les traces de cette flèche dont la pointe a été coupée pour des raisons de

sécurité. Le centre social Louis Braille58

Ouvert en 1977, le centre social Louis Braille doit sa naissance à la volonté des habitants de Ménival.

En effet, c’est au cours de l’Assemblée Générale du 14 mai 1975 que les habitants de la résidence

Ménival-les-Gravières décident la construction du Centre social dont ils font l’acquisition le 15 juin

1976. Fondée officiellement le 25 février 1976, l’association pour la gestion du Centre Socioculturel

du quartier de Ménival-les-Gravières regroupe l’amicale de Ménival fondée en 1968 par les résidents,

la confédération syndicale du Cadre de vie et d’autres associations du quartier. Son premier

président, M. Francois Neumand, entreprend des démarches auprès de la Caisse d’allocations

familiales et des services sociaux de la mairie pour aider au financement et à l’établissement des

statuts afin que le centre ouvre au plus vite en décembre 1977.

Le centre social Louis Braille est rapidement victime de son succès. Comptant à la fin des années

1990 plus de mille adhérents, les locaux de son unique bâtiment deviennent étroits et il est

nécessaire de construire de nouveaux locaux, juste à côté, rue Louis Braille. Ouvert en mars 2000, il

est agrandi en 2009. De l’ancien bâtiment, il ne reste aujourd’hui qu’une trace au sol. Bibliographie

Alexandre Scavo, Naissance de la MJC dans la période de formation de la ville de Saint-Priest 1962-

1975, 2017, 516 p.

Alexandre Scavo, Spécificités paysagères et architecturales du quartier de Bel-Air, Saint-Priest, 2018,

7 p.

Bruno Polga, Liberté, Egalité, Fierté, un parcours atypique, Musnier-Gilbert éditions, Bourg-en-Bresse,

2014, 143 p.

Cercle Iulius Victor, Premières Journées d’Histoire en Velin au château de Saint-Priest les 20 et 21

novembre 1999, public imprim, Vénissieux, 2001, 160 p.

Cercle Iulius Victor, Saint-Priest, transformations urbaines anciennes et récentes, Revue d’histoire de

Saint-Priest n°6, Cercle Iulius Victor, 2015, 64 p.

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973,

135 p.

Christian Legrand, Le logement populaire et social en Lyonnais (1848-2000), Lyon, éditions aux arts,

2011, 486 p.

Christiane Roussé, Saint-Priest ville mosaïque (1945-1980), PUL, Lyon, 2000, 349 p.

Jacques Perrier, Histoire des Sapeurs-Pompiers du Rhône, AGB création, Couzon, 400 p.

Les amis du vieux Saint-Priest, La San-Priode, Saint-Priest, histoire et vieilles chroniques, Editions Alan

Sutton, Grande Bretagne, 2004, 254 p.

Lucien Charbonnier, Histoire de Saint-Priest en Velin, des origines à 1789, éditions Bellier, Lyon, 1990,

138 p.

Raymond Debuire, Saint-Priest au fil du temps, les amis du vieux Saint-Priest, La San-Priode, SaintPriest, 2013, 558 p.

Union des Sociétés Historiques du Rhône, Saint-Priest et sa région, actes des journées d’études 2002,

Lyon, 2003, 158 p. www.ville-saint-priest.fr/fileadmin/fichiers/Archives-mun...

  

Le logement populaire et social en Lyonnais 1848 - 2000 Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invite à suivre cette aventure laborieuse, lente et parfois heurtée mais surtout, de toujours, passionnée. Le logement populaire et social en Lyonnais de 1848 à 2000 aborde en quatre parties tous les aspects technique, urbanistique, architectural, économique et sociologique de ce secteur : 1- Approche historique sur le logement populaire et social en France, sa réglementation et ses grands types d'interventions 2- Etude des bases historiques et territoires sociaux lyonnais 3- Les actions, acteurs, opérateurs et partenaires du logement social 4- Conclusions analytique et prospective sur le logement social à Lyon Cet ouvrage très illustré et avant tout historique traite également les aspects actuels du logement social et projette dans le futur quelques réflexions et idées d'aménagement.

Aborde les aspects techniques, urbanistiques, architecturaux, économiques et sociologiques du logement. Avant tout historique, c'est aussi une projection dans le futur de quelques réflexions et idées d'aménagement.Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invi

le Logement Collectif* dans tous ses états..Histoire & Mémoire de l'Habitat / Archives ANRU / Rétro Banlieue / BEL AIR 50 ANS d HLM Le développement des logements populaires puis sociaux s’inscrit dans une logique

interventionniste de l’Etat et des collectivités. Dans notre région, c’est une histoire singulière,

intimement liée à celle de Lyon, qui a influencé le positionnement des logements populaires.

En effet, au XVIIIe

et au XIXe

siècle, la majeure partie de l’activité artisanale de Lyon, s’articulant

autour du tissage, se retrouve rapidement engoncée entre deux fleuves. Ceci explique la nécessité de

l’externalisation de l’activité industrielle et artisanale vers les plaines de l’Est au début du XIXe

siècle.

Il en sera de même sur le plan démographique.

« L’histoire du logement social ne se résume à pas à l’histoire du projet politique et social […] l’histoire

du logement social, celle des cités pionnières, des HBM d’avant-guerre, mais aussi des grands

ensembles des années 60 et 80, doit donc se lire comme l’épopée des populations qui n’étaient pas

seulement en quête d’un toit mais aussi d’un milieu d’enracinement

».

Entre le bourg de 2 500 âmes en 1922, 5 600 en 1945, et les 42 000 habitants de la ville en 1980,

Saint-Priest s’est transformée pour atteindre aujourd’hui 45 433 individus. Les trente glorieuses de

l’après-guerre n’ont pas seulement amené des travailleurs des régions environnantes souhaitant

améliorer leur qualité de vie, mais aussi des populations venant d’au-delà des frontières : les PiedsNoirs, des familles portugaises, algériennes, tunisiennes et marocaines. HLM, ILN ou ILM, par choix

ou nécessité, une bonne part des San-Priots a été locataire de l’Office. Retour historique

ntre 1995 et 1999, le Parc Technologique a été le chantier de nombreuses fouilles

archéologiques révélant les vestiges, d’une histoire insoupçonnée vieille de 7 000 ans, qui ont

mis à jour la richesse et la diversité culturelle de son sous-sol remontant à la protohistoire

(période intermédiaire entre la préhistoire et l’histoire). En effet, des traces d’occupations humaines,

remontant au cinquième millénaire av. J.C. et correspondant au moyen Néolithique jusqu’à l’Age de

Bronze final (1400-850 av. J.C.), ont révélé l’existence d’habitats, attestés par des fosses servant de

dépotoir et de foyers, par de la céramique correspondant à des récipients de formes diverses (jarres,

écuelles…) et par quelques silex servant de pointes de poignard. Pour la plus récente, des fragments

de vases, de gobelets et de céramiques élaborées, des bracelets.

Mais, comme presque tous les villages du Velin, c’est à partir de l’Antiquité que le plateau de Bel-Air

semble accueillir ses premières constructions. En effet, en 1971, lors des travaux des premiers HLM

du quartier « en particulier les immeubles portant les numéros 14 à 18 de la rue Mansard2

» des

vestiges romains furent trouvés : débris de ciment, testae3

, tegulae4

et même les fragments d’un col

de dolium5

.

Si l’on ajoute à cela la proximité d’un ancien chemin romain « route de Vienne » - aujourd’hui à

proximité de la rue de l’Egalité - allant de Vienne vers le Rhône moyen, nous pouvons supposer

qu’une villa romaine se trouvait sur cet emplacement. Ce type de construction isolée était assez

fréquent au premier siècle car « les fermes et village se trouvaient rarement au bord des routes

importantes mais plutôt en retrait près de chemin comme celui-ci6

». Le site fut malheureusement

intégralement détruit lors des travaux de construction. D’autres traces de sites gallo-romains ont

également été repérées au nord du village, rue Payet, Gambetta et Johanny Berlioz, sans oublier la

colline du Château où fut découverte la stèle de Iulius Victor datant du IIe

siècle.

Nous n’avons que très peu d’information pour la période suivante, seulement quelques notes parlant

de « raids Sarrazins jusque vers l’an 928 ou encore de destructions hongroise jusqu’en 9247

». En

effet, le Moyen-Age est une période d’insécurité dans la région et ce n’est qu’au Xe

siècle que la

féodalité permet de sécuriser les populations qui s’installent plus largement sur le territoire. Les

moines d’Ainay établissent une église sur le site du Château et amènent avec eux une petite

population dont on retrouve des traces vers Saint-Martin et Manissieux. C’est d’ailleurs à cette

époque que le nom de « Saint-Priest » apparait car la paroisse était dédiée à Sanctus Praejectus,

évêque de Clermont en Auvergne au VIIe siècle. Entre le XIVe

et le XVIIe

siècle, le Velin devenant une

terre convoitée, la famille Richard prend possession de terres à Saint-Priest en 1325 jusqu’en 1645,

date à laquelle la famille Guignard achète le château dont elle sera propriétaire jusqu’en 1821. Par

contre, le domaine est divisé en 1790 et appartient principalement à des exploitants directs dont les

Cuzin, Pagnoud-Chenavard, Payet Maurice, Peillet, Calamar…

 

2

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973, p.33

3

Testae ou tuileau est formé de tuiles ou de briques en terre cuite broyées finement. Il entre dans la composition du mortier antique romain.

4

Tegulae : tuile plate qui servait à couvrir les toits, faite ordinairement d'argile cuite au four

5

Dolium : jarre antique, d'une contenance allant jusqu'à 1 200 litres et qui servait de citerne à vin, à huile ou à céréales.

6

Lucien Charbonnier, Histoire de Saint-Priest en Velin, des origines à 1789, éditions Bellier, Lyon, 1990, p.38

7

Union des Sociétés Historiques du Rhône, Saint-Priest et sa région, actes des journées d’études 2002, Lyon, 2003, p. 15

Bel-Air, le cinquantenaire

Archives municipales de Saint-Priest - jeudi 11 octobre 2018

La ferme Vachon,

vers 1970, YV

Champs de la famille Vachon à proximité

de la Cordière, début XIXe siècle, YV

Après la Seconde Guerre mondiale, Saint-Priest est encore une bourgade dont l’essentiel du

peuplement se regroupe sur deux sites :

- Le village avec la Grande Rue, les vieux quartiers du Payet, du Puits-Vieux et du Bessay

- La route de Lyon jusqu’aux établissements Maréchal et la cité PLM de l’autre côté de la voie

ferrée.

L’est et l’ouest du territoire sont quant à eux vides de constructions, comme le triangle devenu

aujourd’hui le centre-ville situé sur les lieux-dits de la Carnière, les Ronces, les Guigues où seront

construits Bellevue, les Alpes et l’Ermitage. De même pour les Longes, la Gerbicière, le Clairon, la

Cordière - où s’élèvera Bel-Air et Ménival -, et la Forêt et les Pives.

Il n’y a que quelques fermes dont celle des Cusin-Masset à l’emplacement même de Bel-Air ou celle

de la famille Vachon dont la maison se trouvait sur l’emplacement de l’actuel Espace Santé de la

Cordière. Au sud, la plaine de Saythe, est recouverte de champs de colza « jusqu’au début des années

cinquante, Saint-Priest présente donc encore l’aspect d’un gros village rural8

». C’est en quinze

années, à partir des années 60, que la ville prend sa forme actuelle. Son développement après 1980,

plutôt modéré, ne fera que corriger et diversifier l’œuvre accomplie.

Si ce développement rapide n'est pas exceptionnel après la guerre, les transformations de SaintPriest restent uniques en raison de la superficie des terrains disponibles et de l’action de la

municipalité très présente au travers de l’Office HLM. Le logement social en France

i la société idéale est prônée dès l’antiquité, ce n’est qu’au XIXe

siècle que certains utopistes

comme Jean-Baptiste Godin9

pensent un habitat collectif et social, géré par la société « Il y a

également un souci permanent des utopistes de la pensée sociale qui voulaient absolument que

les ouvriers émigrant des campagnes vers la ville soient mieux logés10 ». A la tête de ces

changements, un patron paternaliste qui sera au fur et à mesure remplacé par l’Etat et une nouvelle

idée de la politique de l’époque : le socialisme « un Etat fort, prendrait en charge les misères du

peuple11 ». S’ajoute la réalité du terrain : l’insalubrité de l’habitat populaire contre laquelle remédier

pour limiter les maladies et favoriser la croissance. Enfin, le fort exode rural nécessite que le pays

modifie ses habitudes pour s’adapter aux mutations économiques et sociales de l’industrialisation

« au début du XX

e

siècle, la France comptait 31 millions d’habitants dont 22 millions vivaient de la

terre12 ». On entre alors dans l’ère des initiatives privées où des hommes créaient sur leur territoire,

diverses sociétés ou associations de construction et de gestion de logement sociaux. A Saint-Priest,

Théophile Argence ou Charles Ottina13 en sont le symbole.

Les Habitations à Bon Marché

L’une des premières initiatives ayant un retentissement national, est la création des HBM (Habitation

à Bon Marché). Créée en 1889, née officiellement et reconnue d’utilité publique en 1894 lorsque la

loi SIEGFRIED, du nom de son initiateur, entre en vigueur. Cette loi crée les comités départementaux

des HBM, visant à encourager la construction d’habitation bon marché et salubres. A Lyon, l’année

1912 marque un tournant avec la loi BONNEVAY14qui crée les Offices d’Habitation à Bon Marché afin

d’encadrer et uniformiser la construction des logements. Cette même année signe la montée du

municipalisme à Paris, car la loi autorise les municipalités à emprunter pour construire des logements

sociaux. Après la Première Guerre Mondiale, en 1919, le même phénomène touchera Lyon avec le

maire de l’époque Edouard Herriot15

. En 1928, la loi LOUCHEUR16 conforte la réussite de ce projet. En

1938, deux décrets mettent fin à ce régime qui aura vu naître 260 000 logements.

A Saint-Priest, au début des années 1920, avec l’installation des entreprises Berliet et Maréchal, la

ville connait un essor sans précédent et les cités ouvrières ne sont pas en mesure d’accueillir l’arrivée

massive d’employés. C’est ainsi que le 21 juillet 1931, le maire, Théophile Argence17, crée l’Office

Public d’HBM dont il sera le premier Président jusqu’en 1940. Il lance un programme de construction

de 128 logements dont seuls 64, du type HBM seront bâtis entre 1936 et 1938. Suspendu pendant la

guerre, Théophile Argence ne sera pas mesure de relancer son programme de construction.

 

9

Jean Baptiste Godin (1817-1888), industriel, fabricant des appareils de chauffage, disciple de Fourier, il créa la familistère de Guise en

1858.

10 Christian Legrand, op. cit. p.23

11 Ibid.

12 Ibid. p. 30

13 Voir annexe 2

14 Laurent Marie Bonnevay (1872-1957), conseiller municipal de Lyon, député du Rhône, Président de l’Office Départemental d’HLM du

Rhône.

15 Edouard Herriot (1872-1957), maire de Lyon de 1905 à 1957, Président de la Chambre et Président du conseil des Ministres

16 Louis Loucheur (1872-1931), ingénieur et homme politique, Ministre du Travail et de l’armement, de la reconstruction, des finances et du

travail

17 Théophile Argence (1892-1975), maire de Saint-Priest de 1929 à 1940 puis de 1944 à 1945

La reconstruction, le logement provisoire et les programmes spéciaux

La seconde guerre mondiale nécessite des opérations de grande envergure pour reconstruire le pays

et répondre à l’exode rural massif de l’après-guerre. Il fallut lancer de vastes programmes dans

l’urgence, repenser une industrie du bâtiment et ses techniques, sans oublier une administration

centrale facilitant la prise de décision « les collectivités locales étant pour leur part des relais du

pouvoir central sur le terrain18 ». En matière de fabrication et de construction, on met en place toutes

les méthodes et les procédés possibles susceptibles de réduire le prix de revient. Entre 1940 et 1956,

la période dite de la reconstruction, la France construit 785 000 logements.

A Saint-Priest, la crise est telle qu’en 1946, le conseil municipal charge une commission municipale

du logement d’inventorier « les logements inhabités pouvant être réquisitionnés19 ». Les jeunes

ménages comme les nouveaux arrivants ne pouvaient pas s’installer. La situation était telle qu’il fut

même envisagé de construire des baraquements provisoires en bois. Une cité d’urgence (25

logements), fut donc construite en 1954, le long de la rue de l’Abbé Pierre. Démolie en 1979, elle

accueillit les plus démunis.

 

18 Christian Legrand, op. cit. p. 35

19 Conseil municipal du 5 juillet 1946, Archives municipales de Saint-Priest

Les Habitations à Loyer Modéré (HLM) et les grands ensembles

En 1950, le logement social change d’appellation : l’Habitation à Bon Marché (HBM) devient

Habitations à Loyer Modéré (HLM). La loi du 21 juillet 1950 institue un système de primes et de prêts

spéciaux destinés à favoriser la reprise de l’initiative privée. Dès 1955, la France met en place la

politique des grands ensembles pour atteindre son apogée en 1970. Ces programmes, avec de

grandes difficultés dans leur gestion, permettent, seulement en partie, de répondre à la pénurie de

logements « la France n’a pu su gérer sa période du Baby-boom, elle ne sut pas où loger les jeunes

nés après 194520 ». Entre 1958 et 1970, quelques 300 000 à 450 000 logements par an sont

construits. Il fallait non seulement répondre à l’exode des ruraux vers la ville, mais également à

l’urgence provoquée par les destructions massives de la guerre accentuées par une forte immigration

et le retour non programmé des français d’Algérie.

Lyon, comme toutes les grandes agglomérations de métropole, connait une vague de grands

ensembles implantés en banlieue « sur de vastes terrains disponibles sans forcément se soucier à

l’époque du mal vivre que cette concentration créé21 ». L’agglomération voit fleurir les grands

ensembles : les UC à Bron, les Minguettes à Vénissieux, la Duchère à Lyon 9e

, Mermoz à Lyon 8e

et

Bel-Air à Saint-Priest. Ces réalisations ont correspondu aux besoins d’une époque même si d’autres

solutions à plus long termes auraient pu être envisagées et ainsi permis d’éviter certains conflits

sociaux et générationnels.

A Saint-Priest, le 12 avril 1947, Charles Ottina, est élu Président du conseil d’administration de

l’Office Municipal des HBM et le reste jusqu’en 1974. L’action de l’Office est étroitement liée à la

municipalité dont dépend son existence, en effet, si la plus grande part des ressources proviennent

des avances de l’Etat, elles ne sont assurées que si la commune apporte sa garantie à hauteur de 15%

« fournis par cette dernière sous forme de dotations de terrains, de voiries et services divers22 ».

Sous son impulsion, l’activité reprend en 1952 et en 1954, l’office des HBM devenus «Office HLM de

Saint-Priest » entreprend la construction de nouveaux logements. Il sera d’ailleurs, jusqu’en 1961, le

seul à construire des immeubles d’habitation :

- 1954 : cité d’urgence de l’Abbé Pierre, rue de l’Abbé Pierre

- 1954-1956 : 192 logements HLM, Cité du Parc et de l’Esplanade

- 1956 : 50 LOPOFA (logements populaires et familiaux) le long de l’avenue Jean Jaurès

- 1959 : 40 logement HLM, rue Louis Loucheur

- 1960 : 20 logements HLM, 20 rue Gallavardin

- 1961-1962 : 40 logements HLM, avenue de la Gare

A partir de là, les programmes immobiliers mis en route seront sans commune mesure avec ce qui

avait été envisagé précédemment. Finis les « petits projets », il est maintenant question de centaines

de logements. Saint-Priest devient durant une dizaine d’années, un chantier de construction

« pendant ce temps, au village, la vie continue, troublée seulement par le passage des camions qui

défoncent la chaussée23 » :

- 1962 : 50 logements à Edouard Herriot

- 1962-1964 : 300 logements HLM à la Cordière

- 1967-1970 : 741 logements à Bel-Air I

- 1969 : 140 logements PLR (programme loyer réduits) à Louis Braille24

- 1969 : 54 logements-foyers pour personnes âgées

- 1970 : 236 logements PLR à Mansart

- 1972-1975 : 799 logements à Bel-Air II

- 1973 : 76 chambres au foyer pour travailleurs indépendant, rue de la Cordière

- 1977 : 120 logements à la Résidence le Clairon

- 1977 : 560 logements à Bel-Air III

- 1979 : 43 logements PLR rue de l’Abbé Pierre

Saint-Priest a été parmi les premières villes de l’Est Lyonnais, à pouvoir accueillir et héberger dans un

délai extrêmement court, des réfugiés et des familles, dans des appartements confortables avec un

loyer accessible « ce bilan chiffré, dont nous pensons avoir quelque raison d’être fiers

comparativement à l’importante de notre cité, nous le livrons, sans crainte, à votre jugement,

persuadés que peu de municipalités peuvent se prévaloir d’une action aussi soutenue au profit des

familles modestes, des jeunes ménages et des personnes âgées

A cette époque, on considère comme seule solution, au problème de logement, que des logements

collectifs, vite édifiés sur un minimum d’espace et relativement peu chers « ils [les pouvoirs publics]

n’imaginaient pas les difficultés que pourrait, par la suite, générer ce type d’habitat26 ». Saint-Priest

n’a pas fait exception et le maire, grâce à l’Office, entreprit de créer une ville nouvelle. Pour cela, la

ville se dota, dans un premier temps, d’un nouveau centre urbain afin d’unifier les deux Saint-Priest :

le village d’une part et le quartier de la gare et la cité Maréchal de l’autre. L’Office public des HLM

Provisoirement installé au début des années 1960 dans le château, l’augmentation du parc de

logements nécessita la construction d’un nouveau siège administratif. Conçu par le Cabinet Thiollier,

il sera installé au cœur des nouveaux ensembles sur le plateau de Bel-Air, au pied de la Cordière. Il

est inauguré le 21 juin 1975 en présence du Préfet de Région Pierre Doueil, et le maire Marius Joly.

De nombreuses personnalités sont présentes dont le Président de l’Office, le Docteur Rossez et la

Directrice, Marie Josette Hermelin. Le tout nouvel Office dispose d’un Service administratif, d’un

service technique, d’un service de surveillance ainsi que d’une équipe d’ouvrier assurant l’entretien

courant et les réparations les plus urgentes Au seuil des années 90, les préoccupations se déplacent : il faut développer l’entretien des

immeubles, poursuivre les réhabilitations qui avaient démarré dès 1978, et se rapprocher du

locataire pour mener à bien ces projets. C’est ainsi que quatre antennes techniques décentralisées

sont créées dont une se trouve toujours au 2 rue du 8 mai 1945. Une commission mixte est

également mise en place intégrant les représentants des associations de locataires et les

administrateurs : elle deviendra le Conseil de Concertation Locatif. Le locataire est désormais un

partenaire permanent de l’Office dans l’ensemble de ses activités.

En 1997, l’Office

Public des HLM

devient Porte des Alpes Habitat. En 2014, Porte des Alpes Habitat et Villeurbanne Est Habitat ne font

plus qu’un, sous le nom d’Est Métropole Habitat. Le rapprochement de ces deux organismes,

porteurs de valeurs communes a pour objectif d’accroître la capacité d’intervention et de renforcer

l’efficacité auprès des habitants. Est Métropole Habitat revendique aujourd’hui un patrimoine de

plus de 15 000 logements sur les communes de Villeurbanne, Saint-Priest, Vaulx-en-Velin, Mions,

Décines, Saint-Genis-Laval, Vénissieux, Sérézin-du-Rhône, Meyzieu, Saint-Symphorien-d’Ozon, SaintFons et Bron.

Présentation du plateau de Bel-Air, La Cordière, Ménival

E quartier situé à l’est de la commune de Saint-Priest est le plus important groupe d’habitat

social de la commune. Avec ses 12 000 habitants, rien que Bel-Air représente plus de 25% de

la population communale. Cet ensemble a été construit par phases successives entre 1964 et

1978 sur une surface de cent hectares.

En 1964, le nouveau visage de la ville se dessine avec ces immeubles remplaçant peu à peu les prés

et les champs. Le premier ensemble, celui de la Cordière, n’était que le prélude d’un vaste

programme d’habitation dont Bel-Air et Ménival font partie « le procédé Pascal27 […] va permettre en

particulier d’édifier en un temps record les quatre groupes de Bel-Air et de Ménival, soit 700 à 800

appartements chacun. Ainsi ne faudra-t-il guère plus de deux ans pour qu’un groupe soit terminé à

Bel-Air @ « Les trois Bel-Air »29

Après l’achèvement des 300 logements de la Cordière, dès 1965, l’Office municipal veut

entreprendre immédiatement le nouveau programme de Bel-Air I. Mais les finances de l’Etat ne

permittent d’obtenir les premiers crédits qu’en 1967 grâce à la ténacité du Maire Charles Ottina. A

partir de ce moment-là, les travaux avancent rapidement, début août 1968 les 116 logements de

l’ensemble A étaient occupés et à la fin de cette même année, ceux de l’ensemble B étaient en voie

de l’être. La livraison des premières tours, destinées aux jeunes ménages et aux retraités – les seules

à comporter 3 pièces – se fera dans la foulée. En 1970, les HLM peuvent ainsi disposer de 738 logements à Bel-Air I. Les premières locations sont

réservées en priorité à deux types d’occupants : d’abord les fonctionnaires municipaux et ensuite le

personnel desentreprises qui avaient participé à la construction et envers lesquels l’Office « avait une

dette ». Dette dont ils doivent s’acquitter en proposant des logements à leurs salariés. Aussi les

appartements de Bel-Air furent d’abord attribués à des instituteurs, des employés de la Mairie, des

agents de l’Etat et à des personnels des 47 entreprises concernées. La deuxième tranche du

programme de Bel-Air II avec ses 780 logements verra le jour en 1972. Elle aussi sera achevée en

deux ans et comportera des appartements allant du studio au F5. Enfin en 1977, débute la dernière phase du projet. Séparé des deux autres groupes par un grand

champ, que son propriétaire refusa de vendre mais, qui inscrit au cœur de la cité un important

espace vert, Bel-Air III offrira ses 632 logements. La population de ce troisième groupe compte un

pourcentage de classes moyennes et de cadres bien supérieur à celui des deux autres ensembles. De

plus, une petite décennie sépare Bel-Air I de Bel-Air III et pourtant le traitement des espaces n’est

pas le même, preuve que les leçons du passés ont été retenues. Tirant sans doute les leçons des inconvénients manifestes des Alpes et de Bellevue dans le domaine

des espaces verts, Ottina et la direction de l’Office auront le souci d’aménager autour des immeubles

de Bel-Air des aires de jeux et de verdure « pour être harmonieux et agréable à vivre, un ensemble de

logements doit aussi être conçu pour faciliter la vie familiale. C’est ainsi que sont créés, ou en cours de

création dans les nouveaux groupes, les commerces de première nécessité qui procurent à la mère de

famille la possibilité de s’approvisionner à proximité de son domicile. C’est aussi pourquoi tous les

ensembles HLM sont dotés d’abords d’importants, aménagés en espaces verts et en espaces libres,

avec terrains de jeux pour les petits et les plus grands ». Bel-Air III marque ainsi la fin des grands ensembles immobiliers à Saint-Priest, la municipalité ayant

décidé, dès 1973, de freiner l’urbanisation de la ville. En effet, toutes ces constructions nécessitent

également la mise en place d’un environnement de services de toute nature : commerces allant de

l’alimentation à la pharmacie, écoles, terrains de sport, centres médicaux, sociaux, culturels, etc.

Sans parler de toutes les infrastructures dont la ville assumera la charge en même temps que

l’éclairage public « lorsqu’on veut l’expansion d’une cité et que tout est à faire, des choix s’imposent.

Les priorités données au problèmes fondamentaux : logement, eau, voirie, assainissement, écoles,

équipements sportifs, ont un sens social31 ». Quant aux transports, ils resteront longtemps un des

points faibles du secteur « ce problème, particulièrement important, déborde bien entendu le cadre

local32».

Les ILN (immeubles à loyer normalisé)

En même temps que se termine Bel-Air I, deux petits immeubles ILN de 60 à 10 appartements

destinés aux familles plus aisées sont aussi en voie d’achèvement sur le site. Ces appartements, d’un standing supérieur à celui des HLM ordinaires, devaient permettre de reloger les foyers dont les

revenus dépassaient le plafond prévu pour bénéficier des HLM, plafond qui avait été abaissé de 10%

en 1968, par décision du ministre Albin Chalandon. Le maire Charles Ottina habitera dans un de ces

ILN. Le petit nombre de logements proposé ne suffira pas à résoudre le problème de dépassement de

ressources et les HLM seront contraints, malgré leurs réticences, à appliquer des surloyers.

Les PLR (programme à loyer réduit)

Même avec la baisse des 10% du plafond de ressources, les HLM restaient cependant inaccessibles à

des nombreux foyers très modestes qui ne pouvaient assumer le montant des loyers, pourtant plus

faibles que ceux du privé. C’est à leur intention que le gouvernement envisagea la possibilité d’édifier

des immeubles dont les coûts de revient, inférieurs à ceux des HLM, permettraient de loger les

familles les plus pauvres, moyennant une participation financière réduite. Une diminution des coûts

implique une évidente diminution des surfaces et de la qualité. Malgré tout, ces PLR, rappelant les

anciens LOPOFA, pouvaient offrir des logements corrects avec chauffage collectif.

L’office municipal entreprend leur réalisation, dès août 1969, pour répondre aux besoins des

personnes à petits revenus ou encore des ménages sans allocation logement. Deux groupes PLR

furent ainsi édifiés très rapidement autour de Bel-Air, l’un au nord, le groupe Braille-les-Longes avec

140 appartements, l’autre au sud, le groupe Mansart, en 1970, avec 236 logements. Quelques

années plus tard, en 1974, aux abords de l’ancienne cité Maréchal, rue des Glaïeuls, 55 PLR seront

aussi mis en location.

Si l’on ajoute cela aux chiffres déjà cités, on constate qu’entre 1967 et 1977, les HLM de Saint-Priest

ont ainsi mis à la disposition des habitants le chiffre impressionnant de presque 3 000 logements.

Malgré tout, au cours de ces années, l’activité des promoteurs privés n’est pas ralentie, avec tout

d’abord l’achèvement de Bellevue et la construction d’Alpes Azur et surtout, voisine de Bel-Air, celle

de Ménival, puis de la résidence de Saythe.

L’accession à la propriété

Suite à la réalisation réussie des logements sociaux, l’expérience se poursuivit en favorisant

l’accession à la propriété « elle paraissait être un moyen privilégié pour élever le statut social des

personnes à revenus modestes33 ». Pour cela, il fallait associer les représentants des organismes

susceptibles d’apporter les compléments de financements, comme la Caisse d’Epargne de Lyon, le

Crédit Foncier, la Caisse d’Allocation Familiales, la Préfecture du Rhône. Le domaine Ménival de Lyon

5

e

fut la première opération lancée et devant son succès, une autre opération fut lancée à SaintPriest. Suivant le même montage, 831 logements furent construits par la même équipe d’architectes

dont Charles Delfante34 « il faut noter que l’Office HLM de Saint-Priest a été l’un des premiers

organismes de la région, et le premier de la COURLY à lancer des opérations d’accession à la

propriété» Ménival les Gravières36 (construit entre 1966-1969) a été élaborée dès la conception en prenant en

compte l’utilisation de la préfabrication lourde à partir d’éléments finis fabriquées en usine. L’emploi

de ce procédé permet une économie importante sur la main d’œuvre et une rapidité d’exécution

spectaculaire. On peut regretter l’uniformité des plans et une répétitivité systématique des façades

mais, à l’époque, c’est un exploit. Plusieurs chantiers suivirent dont 437 logements à Plaine de

Saythe37 (1970-1973) ou encore le Clairon (1977) avec 71 logements sur 120 en accession de

propriété. Composition, situation et typologie du groupe38

Cet ensemble est composé de 3 659 logements dont 2 985 sont en gestion locative sociale. Le parc

HLM est la totale propriété de l’office municipal de Saint-Priest. Ces habitations sont désormais

désenclavées par la construction de la rocade est de Lyon qui leur confère le statut d’entrée

privilégiée de la ville. Par ailleurs, elles bénéficient de la proximité du parc de loisirs du fort. Ces

immeubles répondent tout à fait aux critères de composition urbaine et typologique des

constructions issues des années 1960-1970 avec des tours et des barres semblables aux autres cités

de l’agglomération. Toutefois, ils disposent d’espaces centraux libres relativement importants et

agréables qui offrent certains aspects des cités jardins39. Chaque groupe bénéficie également de ses

propres commerces, d’un groupe scolaire et d’une crèche40

:

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces Bel-Air I (rue de Bel-Air)

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1977 : ouverture d’un crèche familiale (10 rue du 8 mai 1945)

1977-1978 : construction GS Bel-Air III - Pablo Neruda

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte

échelle) et de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas) L’objectif est de créer au sein de la ville, des ensembles indépendants offrant des services de

proximité. A cela s’ajoute des équipements d’utilité publique améliorant la qualité de vie des

habitants :

1968 : construction de la clinique privée

Pasteur

1969 : construction du Foyer Logement pour

Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médicosocial au 10 rue de Bel-Air

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des

Pompiers de Bel-Air41

1977 : ouverture du Centre social Louis Braille

1982 : le restaurant scolaire François Mansart

est aménagé pour devenir un local associatif

La réhabilitation de la cité

A partir des années 1980, le parc HLM vieillissant, il devient urgent d’entreprendre des travaux. Dès

1985, des petits travaux sont réalisés mais ce n’est qu’à partir de 1989 que les actions du DSU-DSQ

(développement social urbain et le développement social des quartiers) permettent de répondre à une

première crise. Puis l’Office, commence la réhabilitation de son parc qui ne cesse d’augmenter. Les

travaux de Bel-Air seront parmi les tous premiers entrepris et durent encore.

n 1982, le rapport Dubedout « Mieux vivre en ville » engage les pouvoirs publics dans une

politique de renouveau des quartiers les plus démunis à la limite de l’isolement. La mise en

place du DSQ a permis de rompre le cercle vicieux et, comme à Saint-Priest, de faire revenir les

classes moyennes. Le développement social urbain est né avec les contrats de ville, il « constitue

l’acte d’engagement par lequel les collectivités et l’Etat décident de mettre en place un programme

pluriannuel de développement social urbain à l’échelle de l’agglomération ou d’une commune42

». Il

permet de réintégrer au sein de la ville les quartiers par des opérations d’ordre :

- Spatial : traitement des espaces, des désenclavements ;

- Social : politique de peuplement

- Fonctionnel : circulation et communication

Le contrat de ville devient la procédure unique de définition et de mise en œuvre de la politique du

DSU. Celui-ci a aussi pour objectif de centraliser et de coordonner toutes les autres procédures de

développement social urbain en lien permanent avec habitants notamment au travers des

questionnaires et des réunions de concertation comme cela fut et est toujours le cas à Bel-Air.

A Saint-Priest, lorsque Bruno Polga43 devient maire, la ville avec plus de 42 000 habitants, comme

toutes les villes en périphérie de Lyon, rencontre des problèmes avec son ancien parc HLM. Malgré

son nouveau centre-ville, Saint-Priest ne semble pas trouver son identité tandis que le village n’est

qu’un lieu de passage. Les grands ensembles comme Bel-Air, faute d’entretien, se dégradent peu à

peu. Plusieurs axes vont alors être développés afin de corriger les erreurs du passé : redonner un vrai

centre-ville, décloisonner les différents quartiers, améliorer les axes de circulation, accroître les

transports en commun et créer de nouveaux équipements. Il faut également aider les quartiers

défavorisés en luttant contre le chômage et amplifier l’activité économique et la formation

professionnelle. Saint-Priest possédait, et possède toujours, une position au carrefour d’axes

importants favorisant l’installation d’entreprises permettant la création de nouveaux emplois.

Si pendant son premier mandat (1983-1989) Bruno Polga s’est concentré sur le centre-ville avec les

projets Banlieue 89 et la ZAC Mozart - Carré Rostand, son second mandat (1989- 1995), porte sur la

résolution du problème des logements sociaux dont les Alpes, Bellevue et Bel-Air. L’un des chantiers

le plus important est celui de la réhabilitation des immeubles de Bel-Air I et II « avec la reprise

complète de l’espace urbain et l’installation d’équipements44 ». La rénovation des plus anciens a été

entreprise dès 1986 – Édouard Herriot, Diderot et la Cordière – mais ceux de Bel-Air, plus récents se

dégradent eux aussi. Bel-Air III, normalement entretenue, souffre de cette proximité. D’ailleurs, il est nécessaire dès 1985, d’effectuer des travaux urgents à Bel-Air I et II : réfection des peintures dans les

allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres, etc. Ce n’est qu’en 1989 que deux

premiers bâtiments, rue du 8 mai, sont restructurés (F4 et F5 en F2 et F3). Dans le même temps, en

1990, le Développement social des quartiers de Bel-Air est lancé en collaboration avec l’Etat, la

Région, la COURLY, la ville et l’Office « il s’agit d’un programme destiné à améliorer la vie dans les

quartiers densément peuplés […] avec ses 3 000 logements sociaux, Bel-Air est choisie pour une

rénovation sociale, de l’habitat et de l’environnement Il s’agit d’une réorganisation spatiale et une recomposition interne des sous-quartiers « durant ces

quarante dernières années, différents projets urbains vont s’inscrire dans cette logique de reconnecter

les éléments46 ». Il s’agit, entre autre, d’aménagement des équipements comme la Maison de

Quartier Claude Farrère47 ou la MJC -Maison des Jeunes et de la Culture- Jean Cocteau. Une

redéfinition des espaces verts a permis de rééquilibrer les besoins en matière de zones d’évolution,

de zones de parking et de voies de circulation comme par exemple la suppression des impasses, la

création de nouvelles artères plus larges et de ronds-points pour relier les ensembles. En parallèle de

ces opérations, l’Office procède à la réhabilitation du bâti, ce qui a eu pour effet, d’attirer de jeunes

ménages et les personnes âgées dans les petits logements « un architecte différent intervenait à

chaque fois, rencontrant régulièrement les locataires pour connaitre leurs souhaits, discuter avec eux

des priorités à établir et choisir la couleur des allées, des façades. Cette diversité permit d’éviter l’uniformité des bâtiments 48». La réhabilitation des logements : maçonnerie, étanchéité, réfection de

plusieurs allées sur Bel-Air II, renforcement des portes de caves, des travaux de chaufferies,

éclairages des halls d’allées et des bâtiments de Bel-Air I et II, est accompagnée de la mise en place

de services et de commerces. De manière plus précise :

1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1987 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement

une maison de quartier

1992 : prolongement de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : inauguration de la maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1994 : inauguration de la MJC (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés »

(EHPAD ex MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : extension du centre social Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs impliquant la démolition de logements et création de nouvelles

voies de circulation

2018 : Inauguration de la Maison de Quartier Claude Farrère réhabilitée

2018 : inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino,

joueuse internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit

prince de Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM Et Aujourd’hui ?

Aujourd’hui49

, malgré tout, le plateau reste confronté à de nombreuses difficultés d’ordre culturel ou

générationnel entre les habitants de ces divers quartiers. Ces tiraillements ont fortement alourdi la

réhabilitation sociale de la cité. Cependant le plateau de Bel-Air dispose de larges terrains et espaces

vierges qui servent de lieux de libre expression. La population est relativement jeune, la taille des

ménages est moyenne et parmi les ménages allocataires de la CAF, un quart sont des familles

nombreuses. La vacance des logements est faible. Les logements en copropriétés sont

essentiellement occupés par leurs propriétaires. Les appartements de 4 ou 5 pièces sont les plus

nombreux. Le taux d’activité est élevé du fait de la proximité de zone industrielles ou artisanales et

de la zone de chalandise de la « la Porte des Alpes ».

Au final, si l’on prend en compte le taux d’occupation moyen de 2.5 personnes et un taux de

rotation de 10%, on peut dire que depuis 1964 c’est l’équivalent de la population actuelle (45 000

personnes) qui a été logée sur le plateau de Bel-Air @ 1964 : construction de la Cordière (260 logements)

1966-1969 : construction de Ménival (831 logements)

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1968 : construction de la clinique privée Pasteur

1968-1970 : construction de Bel-Air I (738 logements)

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces rue de Bel-Air

1969 : construction du Foyer Logement pour Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médico-social au 10 rue de Bel-Air

1969 : construction de 10 logements ILN (Immeuble à Loyer Normalisé) rue du 8 mai 1945

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

Février 1970-1973 : construction de la résidence de Saythe

1970 : construction du gymnase François Arnaud

1970 : construction HLM Louis Braille (140 logements)

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1972-1975 : construction de Bel-Air II (779 Logements)

1973 : construction collège Boris Vian

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1975 : inauguration du siège de l’Office public HLM en présence du premier ministre Reymond Barre

(créé en 1960 et installé au château)

15 juin 1976 : achat par les habitants de la copropriété Ménival-les-Gravière du Centre Social

1977-1978 : construction de Bel Air III (560 Logements)

1977 : ouverture du centre Social Louis Braille

1977 : ouverture d’une crèche familiale au 10 rue du 8 mai 1945

1977 : construction HLM du Clairon

1977-1978 : construction GS Bel Air III - Pablo Neruda (frise par Siesla, artiste Lyonnais)

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte échelle) et

de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas)

1978 : construction de la cuisine centrale à Bel Air I

1978 : construction d’un local au 25 bis rue Claude Farrère qui servira de restaurant scolaire et de

Maison de Quartier.

1980 : disparition des dernières fermes du Clairon

1980 : construction école privée Jeanne Arc

1982 : le restaurant scolaire François Mansart est aménagé pour devenir un local associatif

1983 : construction lycée d’enseignement professionnel Fernand Forest 1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1986 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments à Bel-Air I, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : fermeture de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement une

maison de quartier

1992 : ouverture de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1993 : construction du Lycée général Condorcet

1993 : inauguration de la Maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1994 : inauguration de la Maison des Jeunes et de la Culture (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés » (EHPAD ex

MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : fermeture de la clinique Pasteur

22 mars 2009 : extension du CS Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs et création de nouvelles voies de circulation

2016-2017 : démolition de l’Office HLM et transfert rue Maréchal Leclerc

2017 : fermeture de l’Agence ANPE (départ pour la rue Aristide Briand)

2018 : réhabilitation de la Maison de Quartier Claude Farrère

2018 : Inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino, joueuse

internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit prince de

Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM

Charles Ottina, « le Bâtisseur »51

Maire de Saint-Priest entre 1949 et 1972, Charles Ottina domine durant quatre mandats consécutifs

la vie publique locale. L’auteure, Christiane Roussé, dit de lui qu’il fut « le bâtisseur » qui donna au

Saint-Priest d’aujourd’hui ses particularités : une cité cosmopolite et dynamique.

Né en 1902 à Lyon, Charles Ottina sort ingénieur de l’école de Cluny et

fut pendant 27 ans au contrôle des fabrications d’armement. Marié à

une San-Priote, ils habitent longtemps dans une maison de location au

bas de la Grande rue du village - face à l’actuelle Caisse d’Epargne -

avant de s’installer dans le nouveau quartier de Bel-Air dans un ILN,

rue du 8 mai 1945.

Charles Ottina débute sa carrière politique dès 1935, en tant que conseiller municipal de Théo

Argence. Ulysse Cœur le choisit comme adjoint dix années plus tard. Investi sur tous les fronts, il

devient en 1947 président du conseil d’administration de l’Office d’HLM et en 1969 vice-président de

la COURLY (aujourd’hui Métropole de Lyon).

En 1949, élu maire, il commence la

transformation de Saint-Priest. Il dote la ville

de toutes les infrastructures nécessaires à une

ville en pleine expansion : 2 500 logements

HLM, 3 stades, une piscine, 2 bureaux de

postes, 11 écoles, 2 collèges, un réseau

d’assainissement, la cité résidentielle Edouard

Herriot, etc. Il transforme la bourgade de 5

600 habitants en une ville de 34 000. Il gère

grâce à sa forte personnalité la municipalité

« comme un patron ». Si certains décrivent

une personnalité autoritaire, il conquit le

cœur des San-Priots et son successeur, Marius

Joly, en fit une fidèle description : « c’était

avant tout un homme d’action et ce trait est

bien celui qui s’impose à l’évidence dans sa

personnalité pourtant si riche. Les difficultés, loin de le rebuter, fouettaient son énergie, sa volonté,

son acharnement. Rares sont les obstacles qui n’aient pas cédé devant sa détermination ».

Pour des raisons de santé, il quitta son poste le 21 octobre 1972. La maladie l’emporte le 16 juin

1974, quelques mois après le décès de son épouse Jeanne. Bruno Polga, le visionnaire52

Né dans une famille Italienne en 1935 à

Vénissieux, Bruno Polga est venu vivre à

Saint-Priest à l’âge de 2 ans. Habitant

avec ses parents à la cité Rosset, il sera

tout particulièrement sensibilisé au

problème de logement social. Il suivra sa

scolarité à l’école de la gare, dès 1940,

jusqu’à son certificat d’étude qu’il

obtient en 1949. Diplômé d’un CAP

d’ajusteur en 1952, il mènera une

carrière de dessinateur industriel

jusqu’en 1972, date à laquelle il crée

son entreprise de négoce.

Très tôt, Bruno Polga fait preuve d’engagement notamment auprès de la CGT, qu’il intègre dès son

entrée dans la vie active. Puis, il entre dans la vie politique, en 1966, en devenant le président du

premier club socialiste de la ville. C’est d’ailleurs à cette époque qu’il rencontre François Mitterrand,

leader de ce nouveau mouvement. En 1977, après la victoire de la gauche unie aux élections

municipales, il est choisi comme premier adjoint de la ville de Saint-Priest. En 1983, il est élu maire de

la commune jusqu’en 2003, date à laquelle il s’était engagé à démissionner.

A l’origine du nouveau centre avec le projet Banlieue 89, il s’occupe également du centre historique

avec la réhabilitation de l’ancienne mairie et du Château. Sans oublier le logement social dont il

lancera un vaste programme de réhabilitation. Dans la lignée de Théo Argence et Charles Ottina, il a

durant 20 années, continué d’équiper la ville dans les domaines sociaux, culturels, sportifs,

transports et petite enfance pour la transformer en cité moderne. Conscient des erreurs du passé, il

mena une politique marquée par l’acquisition de réserve foncière pour pouvoir contrôler le

développement de la ville « afin d’apporter une réponse concrète aux problèmes posés par

l’urbanisme sauvage des années 60 ». Il souhaite préserver les parcs, des jardins et des lieux de vie

qu’il considère comme « un patrimoine à part entière ». Très critiqué, ce choix se révéla judicieux

puisqu’il permit à la ville de choisir son développement. La caserne des pompiers de Bel-Air53

L’histoire des pompiers de Saint-Priest commence en

1884 avec la création de la société de secours et l’achat

d’une première pompe à incendie par un groupe de

pompiers libres. Située au village, la société acquiert

trois autres pompes : pour Manissieux, la Fouillouse et

la Grande rue. Si, dès 1933, les casernes lyonnaises se

professionnalisent, ce n’est qu’après la guerre en 1947,

que la commune, dans le cadre de la création du S.D.I.

du Rhône, est rattachée au centre de secours de Lyon

« les volontaires et leurs pompes à bras disparurent

complétement » (Jacques Périer, historique des

Sapeurs-Pompiers du Rhône).

D’abord une volonté de l’Etat-Major souhaitant améliorer les secours dans ce secteur, la ville

autorise en 1970 la création d’une caserne provisoire au cœur du nouveau quartier de Bel-Air, place

du 8 mai 1945, au bout de la rue du même nom qui n’est alors qu’une impasse. Inaugurée le 8 mars

de la même année, la nouvelle caserne de la 5e

compagnie professionnelle permet d’accueillir jusqu’à

70 pompiers professionnels. Elle se compose d’un garage, de deux bâtiments abritant des locaux

techniques et de 20 chambrées destinées à accueillir les pompiers de garde. A cela s’ajoute les 19

appartements, mis à disposition par l’office HLM, du 26 et du 28 rue du 8 mai 1945 réservés aux

officiers et sous-officiers. La caserne sera opérationnelle jusqu’en 1991, date à laquelle la compagnie rejoindra les bâtiments

des ateliers généraux, installés depuis 1985, rue du Dauphiné. Aujourd’hui, il ne reste qu’un noyer, à

côté de la maison médicale, marquant l’ancienne limite de la caserne. Les mini-crèches54

Si en 1972 une première halte-garderie s’installe rue de Bel-Air, puis en 1977 une crèche familiale au

10 rue du 8 mai 1945, ce n’est qu’en 1978 que la municipalité prend conscience de la nécessité

d’offrir un lieu pour les plus jeunes. Décidée par le maire Louis Gireau (1977-1983), la création de

crèches s’inscrit dans un grand projet de modernisation des structures d’accueil de la ville :

l’ouverture de trois mini-crèches municipales dont deux à Bel-Air, intermédiaire entre la crèche

familiale et la crèche collective, sont installées dans des locaux plain-pied « pour que les enfants

puissent jouer à l’extérieur, dans un jardin facilement accessible55 » et rattachées au Bureau d’Aide

Sociale au 1er Janvier 1979. Il s’agit des mini-crèches de l’Edelweiss – aujourd’hui 3 Petits Pas – et

celles de la Clairière – aujourd’hui Courte Echelle. La Clairière sera la plus grande des trois minicrèches car elle accueille également le centre administratif des trois établissements dirigés par Mme

Gineste et sa secrétaire Mme Michelle Corbet.

Elles ont été inaugurées le 5 décembre 1978, en compagnie du Maire de Saint-Priest, M. Louis

Gireau, par M. Pierre Mauroy, député-maire de Lille et Président du Conseil Régional Nord-Pas de

Calais entouré d’une centaine d’invités dont M. Franck Serusclat, sénateur-maire de Saint-Fons et

Joseph Sibuet, conseiller général du canton, En 1988, le système des mini-crèches ne permet plus de répondre à la demande croissante de la

population. Saint-Priest décide de créer trois « Maisons de la petite enfance » doublant ainsi les

capacités d’accueil des tout-petits. La première dans le quartier des Garennes, les deux autres sur le

plateau : Bel-Air I –aujourd’hui Courte Echelle - et Rue Claude Farrère – aujourd’hui 3 Petits Pas.

L’ensemble des aménagements intérieurs sont réalisés à partir des travaux du Professeur Hubert

Montagnier (psychophysiologiste dans le champ du développement, du comportement et des

rythmes de l’enfant). Les maisons de quartier Claude Farrère et le local associatif

François Mansart

Le développement des Maisons de Quartier est avant tout le projet d’un Maire, Louis Gireau (1977-

1983) qui souhaite offrir un lieu d’accueil pour les différentes activités des habitants de chaque

quartier.

La Maison de Quartier Claude Farrère

Elle est installée au cœur de Bel-Air II dont les derniers bâtiments voient le jour en 1974. Un premier

local est construit au 25 bis rue Claude Farrère dans le cadre des « m

2

sociaux » que doivent compter

tout programme HLM. Avec comme première utilisation, l’accueil du restaurant scolaire de l’école

Claude Farrère, il faut, ensuite, un local d’activité pour les jeunes. Le bâtiment mesure alors 152 m2

et comprend une partie administrative et une partie « atelier espace de jeux-réunions ».

En 1992, la mairie décide de rénover et d’agrandir le bâtiment pour qu’il devienne une Maison de

Quartier à part entière. Elle offre dorénavant 300m2 supplémentaires d’activité aux enfants et aux

jeunes du quartier : une grande salle de festivité, une cuisine équipée, un espace atelier réunion, une

antenne du Bureau Information Jeunesse, un espace jeu et le bureau des associations ainsi qu’un

amphithéâtre aménagé à l’extérieur permettant d’organiser des mini-concerts, des pièces, etc. Elle

est d’abord gérée par le CPNG puis par la fédération Léo Lagrange à partir de 1999.

En 2017, d’importants travaux de réhabilitation et d’aménagement extérieurs furent réalisés comme

la réfection des salles d’activités, le transfert de l’accueil, la mise en accessibilité, l’installation d’une

nouvelle aire de jeux et la création d’un cheminement piéton pour renforcer le lien avec l’école

voisine. Elle est ré ouverte depuis janvier 2018. Le local associatif François Mansart

Tout comme Claude Farrère, le local François Mansart est à l’origine destiné à accueillir le restaurant

scolaire de l’école du même nom. Au fil des ans, son utilisation évoluera pour être un lieu où se

retrouvent les associations et même un relais d’assistante maternelle. Il porte depuis l’été 2018, le

nom de l’espace Bulle d’air Mansart afin de « marquer l’évolution de ce local devenu avec le temps un

véritable lieu de ressourcement pour les enfants, les familles et les assistantes maternelles @ La maison des jeunes et de la culture

La création de la MJC est avant tout un désir de la

municipalité souhaitant mettre à disposition du

Groupement des Jeunes une salle dans l’étage supérieur

du Château. Le foyer des jeunes sera inauguré en février

1961. L’année suivante deux salles supplémentaires sont

mises à disposition afin de créer une bibliothèque et une

salle d’activité. C’est le 4 décembre 1963 que

l’association de la MJC parait au journal officiel.

En 1992, avec plus de 700 adhérents, le manque d’espace devient une contrainte et le besoin de

s’agrandir une nécessité. Après concertation, le site de Bel-Air est retenu et le projet est inscrit dans

le cadre du développement social des quartiers (DSQ). Située en son cœur, sur l’esplanade centrale

de Bel-Air, dans l’axe de la tour 104 et de la rue du 8 mai 1945, la MJC a été conçue par l’équipe

d’architecte Ferrand-Sigal : construit sur un seul niveau, en surplomb d’une grande esplanade, cet

équipement est une articulation de plusieurs volumes autour d’un jardin intérieur, avec une galerie

reliant les différentes salles. « Ni bâtiment signal, ni prouesse architecturale57 », l’équipe n’a pas

voulu concevoir un bâtiment monolithique marquant mais plutôt un ensemble de volume, divers et

articulés, à l’image des multiples fonctions de la nouvelle MJC.

En février 1993, la première pierre de l’édifice est posée, mais il faut attendre juin 1994 pour que le

chantier se mette en route « nous avons voulu faire une construction adaptée aux différents

programmes d’activités, en travaillant sur l’éclatement des volumes autour d’un patio central qui joue

le rôle de partie publique, un peu comme les cours ou les traboules du vieux Lyon, chargée d’une forte

vie intérieure » raconte Michel Ferrand l’un des architectes. D’un coût de 13 millions de francs et d’une surface de 1 180 m2, elle est destinée à participer

pleinement au développement social du quartier et de la ville. Pour cela, le projet d’origine prévoyait

l’ouverture du bas de la Tour 104 afin créer une perspective ouvrant sur le quartier. Le toit de la MJC

se finissait par une flèche indiquant la direction de rue du 8 mai 1945. Malheureusement, la structure

de la Tour ne pouvant supporter une modification si importante, le projet fut annulé. La MJC

conserve aujourd’hui les traces de cette flèche dont la pointe a été coupée pour des raisons de

sécurité. Le centre social Louis Braille58

Ouvert en 1977, le centre social Louis Braille doit sa naissance à la volonté des habitants de Ménival.

En effet, c’est au cours de l’Assemblée Générale du 14 mai 1975 que les habitants de la résidence

Ménival-les-Gravières décident la construction du Centre social dont ils font l’acquisition le 15 juin

1976. Fondée officiellement le 25 février 1976, l’association pour la gestion du Centre Socioculturel

du quartier de Ménival-les-Gravières regroupe l’amicale de Ménival fondée en 1968 par les résidents,

la confédération syndicale du Cadre de vie et d’autres associations du quartier. Son premier

président, M. Francois Neumand, entreprend des démarches auprès de la Caisse d’allocations

familiales et des services sociaux de la mairie pour aider au financement et à l’établissement des

statuts afin que le centre ouvre au plus vite en décembre 1977.

Le centre social Louis Braille est rapidement victime de son succès. Comptant à la fin des années

1990 plus de mille adhérents, les locaux de son unique bâtiment deviennent étroits et il est

nécessaire de construire de nouveaux locaux, juste à côté, rue Louis Braille. Ouvert en mars 2000, il

est agrandi en 2009. De l’ancien bâtiment, il ne reste aujourd’hui qu’une trace au sol. Bibliographie

Alexandre Scavo, Naissance de la MJC dans la période de formation de la ville de Saint-Priest 1962-

1975, 2017, 516 p.

Alexandre Scavo, Spécificités paysagères et architecturales du quartier de Bel-Air, Saint-Priest, 2018,

7 p.

Bruno Polga, Liberté, Egalité, Fierté, un parcours atypique, Musnier-Gilbert éditions, Bourg-en-Bresse,

2014, 143 p.

Cercle Iulius Victor, Premières Journées d’Histoire en Velin au château de Saint-Priest les 20 et 21

novembre 1999, public imprim, Vénissieux, 2001, 160 p.

Cercle Iulius Victor, Saint-Priest, transformations urbaines anciennes et récentes, Revue d’histoire de

Saint-Priest n°6, Cercle Iulius Victor, 2015, 64 p.

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973,

135 p.

Christian Legrand, Le logement populaire et social en Lyonnais (1848-2000), Lyon, éditions aux arts,

2011, 486 p.

Christiane Roussé, Saint-Priest ville mosaïque (1945-1980), PUL, Lyon, 2000, 349 p.

Jacques Perrier, Histoire des Sapeurs-Pompiers du Rhône, AGB création, Couzon, 400 p.

Les amis du vieux Saint-Priest, La San-Priode, Saint-Priest, histoire et vieilles chroniques, Editions Alan

Sutton, Grande Bretagne, 2004, 254 p.

Lucien Charbonnier, Histoire de Saint-Priest en Velin, des origines à 1789, éditions Bellier, Lyon, 1990,

138 p.

Raymond Debuire, Saint-Priest au fil du temps, les amis du vieux Saint-Priest, La San-Priode, SaintPriest, 2013, 558 p.

Union des Sociétés Historiques du Rhône, Saint-Priest et sa région, actes des journées d’études 2002,

Lyon, 2003, 158 p. www.ville-saint-priest.fr/fileadmin/fichiers/Archives-mun...

  

Le logement populaire et social en Lyonnais 1848 - 2000 Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invite à suivre cette aventure laborieuse, lente et parfois heurtée mais surtout, de toujours, passionnée. Le logement populaire et social en Lyonnais de 1848 à 2000 aborde en quatre parties tous les aspects technique, urbanistique, architectural, économique et sociologique de ce secteur : 1- Approche historique sur le logement populaire et social en France, sa réglementation et ses grands types d'interventions 2- Etude des bases historiques et territoires sociaux lyonnais 3- Les actions, acteurs, opérateurs et partenaires du logement social 4- Conclusions analytique et prospective sur le logement social à Lyon Cet ouvrage très illustré et avant tout historique traite également les aspects actuels du logement social et projette dans le futur quelques réflexions et idées d'aménagement.

Aborde les aspects techniques, urbanistiques, architecturaux, économiques et sociologiques du logement. Avant tout historique, c'est aussi une projection dans le futur de quelques réflexions et idées d'aménagement.Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invi

le Logement Collectif* dans tous ses états..Histoire & Mémoire de l'Habitat / Archives ANRU / Rétro Banlieue / BEL AIR 50 ANS d HLM Le développement des logements populaires puis sociaux s’inscrit dans une logique

interventionniste de l’Etat et des collectivités. Dans notre région, c’est une histoire singulière,

intimement liée à celle de Lyon, qui a influencé le positionnement des logements populaires.

En effet, au XVIIIe

et au XIXe

siècle, la majeure partie de l’activité artisanale de Lyon, s’articulant

autour du tissage, se retrouve rapidement engoncée entre deux fleuves. Ceci explique la nécessité de

l’externalisation de l’activité industrielle et artisanale vers les plaines de l’Est au début du XIXe

siècle.

Il en sera de même sur le plan démographique.

« L’histoire du logement social ne se résume à pas à l’histoire du projet politique et social […] l’histoire

du logement social, celle des cités pionnières, des HBM d’avant-guerre, mais aussi des grands

ensembles des années 60 et 80, doit donc se lire comme l’épopée des populations qui n’étaient pas

seulement en quête d’un toit mais aussi d’un milieu d’enracinement

».

Entre le bourg de 2 500 âmes en 1922, 5 600 en 1945, et les 42 000 habitants de la ville en 1980,

Saint-Priest s’est transformée pour atteindre aujourd’hui 45 433 individus. Les trente glorieuses de

l’après-guerre n’ont pas seulement amené des travailleurs des régions environnantes souhaitant

améliorer leur qualité de vie, mais aussi des populations venant d’au-delà des frontières : les PiedsNoirs, des familles portugaises, algériennes, tunisiennes et marocaines. HLM, ILN ou ILM, par choix

ou nécessité, une bonne part des San-Priots a été locataire de l’Office. Retour historique

ntre 1995 et 1999, le Parc Technologique a été le chantier de nombreuses fouilles

archéologiques révélant les vestiges, d’une histoire insoupçonnée vieille de 7 000 ans, qui ont

mis à jour la richesse et la diversité culturelle de son sous-sol remontant à la protohistoire

(période intermédiaire entre la préhistoire et l’histoire). En effet, des traces d’occupations humaines,

remontant au cinquième millénaire av. J.C. et correspondant au moyen Néolithique jusqu’à l’Age de

Bronze final (1400-850 av. J.C.), ont révélé l’existence d’habitats, attestés par des fosses servant de

dépotoir et de foyers, par de la céramique correspondant à des récipients de formes diverses (jarres,

écuelles…) et par quelques silex servant de pointes de poignard. Pour la plus récente, des fragments

de vases, de gobelets et de céramiques élaborées, des bracelets.

Mais, comme presque tous les villages du Velin, c’est à partir de l’Antiquité que le plateau de Bel-Air

semble accueillir ses premières constructions. En effet, en 1971, lors des travaux des premiers HLM

du quartier « en particulier les immeubles portant les numéros 14 à 18 de la rue Mansard2

» des

vestiges romains furent trouvés : débris de ciment, testae3

, tegulae4

et même les fragments d’un col

de dolium5

.

Si l’on ajoute à cela la proximité d’un ancien chemin romain « route de Vienne » - aujourd’hui à

proximité de la rue de l’Egalité - allant de Vienne vers le Rhône moyen, nous pouvons supposer

qu’une villa romaine se trouvait sur cet emplacement. Ce type de construction isolée était assez

fréquent au premier siècle car « les fermes et village se trouvaient rarement au bord des routes

importantes mais plutôt en retrait près de chemin comme celui-ci6

». Le site fut malheureusement

intégralement détruit lors des travaux de construction. D’autres traces de sites gallo-romains ont

également été repérées au nord du village, rue Payet, Gambetta et Johanny Berlioz, sans oublier la

colline du Château où fut découverte la stèle de Iulius Victor datant du IIe

siècle.

Nous n’avons que très peu d’information pour la période suivante, seulement quelques notes parlant

de « raids Sarrazins jusque vers l’an 928 ou encore de destructions hongroise jusqu’en 9247

». En

effet, le Moyen-Age est une période d’insécurité dans la région et ce n’est qu’au Xe

siècle que la

féodalité permet de sécuriser les populations qui s’installent plus largement sur le territoire. Les

moines d’Ainay établissent une église sur le site du Château et amènent avec eux une petite

population dont on retrouve des traces vers Saint-Martin et Manissieux. C’est d’ailleurs à cette

époque que le nom de « Saint-Priest » apparait car la paroisse était dédiée à Sanctus Praejectus,

évêque de Clermont en Auvergne au VIIe siècle. Entre le XIVe

et le XVIIe

siècle, le Velin devenant une

terre convoitée, la famille Richard prend possession de terres à Saint-Priest en 1325 jusqu’en 1645,

date à laquelle la famille Guignard achète le château dont elle sera propriétaire jusqu’en 1821. Par

contre, le domaine est divisé en 1790 et appartient principalement à des exploitants directs dont les

Cuzin, Pagnoud-Chenavard, Payet Maurice, Peillet, Calamar…

 

2

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973, p.33

3

Testae ou tuileau est formé de tuiles ou de briques en terre cuite broyées finement. Il entre dans la composition du mortier antique romain.

4

Tegulae : tuile plate qui servait à couvrir les toits, faite ordinairement d'argile cuite au four

5

Dolium : jarre antique, d'une contenance allant jusqu'à 1 200 litres et qui servait de citerne à vin, à huile ou à céréales.

6

Lucien Charbonnier, Histoire de Saint-Priest en Velin, des origines à 1789, éditions Bellier, Lyon, 1990, p.38

7

Union des Sociétés Historiques du Rhône, Saint-Priest et sa région, actes des journées d’études 2002, Lyon, 2003, p. 15

Bel-Air, le cinquantenaire

Archives municipales de Saint-Priest - jeudi 11 octobre 2018

La ferme Vachon,

vers 1970, YV

Champs de la famille Vachon à proximité

de la Cordière, début XIXe siècle, YV

Après la Seconde Guerre mondiale, Saint-Priest est encore une bourgade dont l’essentiel du

peuplement se regroupe sur deux sites :

- Le village avec la Grande Rue, les vieux quartiers du Payet, du Puits-Vieux et du Bessay

- La route de Lyon jusqu’aux établissements Maréchal et la cité PLM de l’autre côté de la voie

ferrée.

L’est et l’ouest du territoire sont quant à eux vides de constructions, comme le triangle devenu

aujourd’hui le centre-ville situé sur les lieux-dits de la Carnière, les Ronces, les Guigues où seront

construits Bellevue, les Alpes et l’Ermitage. De même pour les Longes, la Gerbicière, le Clairon, la

Cordière - où s’élèvera Bel-Air et Ménival -, et la Forêt et les Pives.

Il n’y a que quelques fermes dont celle des Cusin-Masset à l’emplacement même de Bel-Air ou celle

de la famille Vachon dont la maison se trouvait sur l’emplacement de l’actuel Espace Santé de la

Cordière. Au sud, la plaine de Saythe, est recouverte de champs de colza « jusqu’au début des années

cinquante, Saint-Priest présente donc encore l’aspect d’un gros village rural8

». C’est en quinze

années, à partir des années 60, que la ville prend sa forme actuelle. Son développement après 1980,

plutôt modéré, ne fera que corriger et diversifier l’œuvre accomplie.

Si ce développement rapide n'est pas exceptionnel après la guerre, les transformations de SaintPriest restent uniques en raison de la superficie des terrains disponibles et de l’action de la

municipalité très présente au travers de l’Office HLM. Le logement social en France

i la société idéale est prônée dès l’antiquité, ce n’est qu’au XIXe

siècle que certains utopistes

comme Jean-Baptiste Godin9

pensent un habitat collectif et social, géré par la société « Il y a

également un souci permanent des utopistes de la pensée sociale qui voulaient absolument que

les ouvriers émigrant des campagnes vers la ville soient mieux logés10 ». A la tête de ces

changements, un patron paternaliste qui sera au fur et à mesure remplacé par l’Etat et une nouvelle

idée de la politique de l’époque : le socialisme « un Etat fort, prendrait en charge les misères du

peuple11 ». S’ajoute la réalité du terrain : l’insalubrité de l’habitat populaire contre laquelle remédier

pour limiter les maladies et favoriser la croissance. Enfin, le fort exode rural nécessite que le pays

modifie ses habitudes pour s’adapter aux mutations économiques et sociales de l’industrialisation

« au début du XX

e

siècle, la France comptait 31 millions d’habitants dont 22 millions vivaient de la

terre12 ». On entre alors dans l’ère des initiatives privées où des hommes créaient sur leur territoire,

diverses sociétés ou associations de construction et de gestion de logement sociaux. A Saint-Priest,

Théophile Argence ou Charles Ottina13 en sont le symbole.

Les Habitations à Bon Marché

L’une des premières initiatives ayant un retentissement national, est la création des HBM (Habitation

à Bon Marché). Créée en 1889, née officiellement et reconnue d’utilité publique en 1894 lorsque la

loi SIEGFRIED, du nom de son initiateur, entre en vigueur. Cette loi crée les comités départementaux

des HBM, visant à encourager la construction d’habitation bon marché et salubres. A Lyon, l’année

1912 marque un tournant avec la loi BONNEVAY14qui crée les Offices d’Habitation à Bon Marché afin

d’encadrer et uniformiser la construction des logements. Cette même année signe la montée du

municipalisme à Paris, car la loi autorise les municipalités à emprunter pour construire des logements

sociaux. Après la Première Guerre Mondiale, en 1919, le même phénomène touchera Lyon avec le

maire de l’époque Edouard Herriot15

. En 1928, la loi LOUCHEUR16 conforte la réussite de ce projet. En

1938, deux décrets mettent fin à ce régime qui aura vu naître 260 000 logements.

A Saint-Priest, au début des années 1920, avec l’installation des entreprises Berliet et Maréchal, la

ville connait un essor sans précédent et les cités ouvrières ne sont pas en mesure d’accueillir l’arrivée

massive d’employés. C’est ainsi que le 21 juillet 1931, le maire, Théophile Argence17, crée l’Office

Public d’HBM dont il sera le premier Président jusqu’en 1940. Il lance un programme de construction

de 128 logements dont seuls 64, du type HBM seront bâtis entre 1936 et 1938. Suspendu pendant la

guerre, Théophile Argence ne sera pas mesure de relancer son programme de construction.

 

9

Jean Baptiste Godin (1817-1888), industriel, fabricant des appareils de chauffage, disciple de Fourier, il créa la familistère de Guise en

1858.

10 Christian Legrand, op. cit. p.23

11 Ibid.

12 Ibid. p. 30

13 Voir annexe 2

14 Laurent Marie Bonnevay (1872-1957), conseiller municipal de Lyon, député du Rhône, Président de l’Office Départemental d’HLM du

Rhône.

15 Edouard Herriot (1872-1957), maire de Lyon de 1905 à 1957, Président de la Chambre et Président du conseil des Ministres

16 Louis Loucheur (1872-1931), ingénieur et homme politique, Ministre du Travail et de l’armement, de la reconstruction, des finances et du

travail

17 Théophile Argence (1892-1975), maire de Saint-Priest de 1929 à 1940 puis de 1944 à 1945

La reconstruction, le logement provisoire et les programmes spéciaux

La seconde guerre mondiale nécessite des opérations de grande envergure pour reconstruire le pays

et répondre à l’exode rural massif de l’après-guerre. Il fallut lancer de vastes programmes dans

l’urgence, repenser une industrie du bâtiment et ses techniques, sans oublier une administration

centrale facilitant la prise de décision « les collectivités locales étant pour leur part des relais du

pouvoir central sur le terrain18 ». En matière de fabrication et de construction, on met en place toutes

les méthodes et les procédés possibles susceptibles de réduire le prix de revient. Entre 1940 et 1956,

la période dite de la reconstruction, la France construit 785 000 logements.

A Saint-Priest, la crise est telle qu’en 1946, le conseil municipal charge une commission municipale

du logement d’inventorier « les logements inhabités pouvant être réquisitionnés19 ». Les jeunes

ménages comme les nouveaux arrivants ne pouvaient pas s’installer. La situation était telle qu’il fut

même envisagé de construire des baraquements provisoires en bois. Une cité d’urgence (25

logements), fut donc construite en 1954, le long de la rue de l’Abbé Pierre. Démolie en 1979, elle

accueillit les plus démunis.

 

18 Christian Legrand, op. cit. p. 35

19 Conseil municipal du 5 juillet 1946, Archives municipales de Saint-Priest

Les Habitations à Loyer Modéré (HLM) et les grands ensembles

En 1950, le logement social change d’appellation : l’Habitation à Bon Marché (HBM) devient

Habitations à Loyer Modéré (HLM). La loi du 21 juillet 1950 institue un système de primes et de prêts

spéciaux destinés à favoriser la reprise de l’initiative privée. Dès 1955, la France met en place la

politique des grands ensembles pour atteindre son apogée en 1970. Ces programmes, avec de

grandes difficultés dans leur gestion, permettent, seulement en partie, de répondre à la pénurie de

logements « la France n’a pu su gérer sa période du Baby-boom, elle ne sut pas où loger les jeunes

nés après 194520 ». Entre 1958 et 1970, quelques 300 000 à 450 000 logements par an sont

construits. Il fallait non seulement répondre à l’exode des ruraux vers la ville, mais également à

l’urgence provoquée par les destructions massives de la guerre accentuées par une forte immigration

et le retour non programmé des français d’Algérie.

Lyon, comme toutes les grandes agglomérations de métropole, connait une vague de grands

ensembles implantés en banlieue « sur de vastes terrains disponibles sans forcément se soucier à

l’époque du mal vivre que cette concentration créé21 ». L’agglomération voit fleurir les grands

ensembles : les UC à Bron, les Minguettes à Vénissieux, la Duchère à Lyon 9e

, Mermoz à Lyon 8e

et

Bel-Air à Saint-Priest. Ces réalisations ont correspondu aux besoins d’une époque même si d’autres

solutions à plus long termes auraient pu être envisagées et ainsi permis d’éviter certains conflits

sociaux et générationnels.

A Saint-Priest, le 12 avril 1947, Charles Ottina, est élu Président du conseil d’administration de

l’Office Municipal des HBM et le reste jusqu’en 1974. L’action de l’Office est étroitement liée à la

municipalité dont dépend son existence, en effet, si la plus grande part des ressources proviennent

des avances de l’Etat, elles ne sont assurées que si la commune apporte sa garantie à hauteur de 15%

« fournis par cette dernière sous forme de dotations de terrains, de voiries et services divers22 ».

Sous son impulsion, l’activité reprend en 1952 et en 1954, l’office des HBM devenus «Office HLM de

Saint-Priest » entreprend la construction de nouveaux logements. Il sera d’ailleurs, jusqu’en 1961, le

seul à construire des immeubles d’habitation :

- 1954 : cité d’urgence de l’Abbé Pierre, rue de l’Abbé Pierre

- 1954-1956 : 192 logements HLM, Cité du Parc et de l’Esplanade

- 1956 : 50 LOPOFA (logements populaires et familiaux) le long de l’avenue Jean Jaurès

- 1959 : 40 logement HLM, rue Louis Loucheur

- 1960 : 20 logements HLM, 20 rue Gallavardin

- 1961-1962 : 40 logements HLM, avenue de la Gare

A partir de là, les programmes immobiliers mis en route seront sans commune mesure avec ce qui

avait été envisagé précédemment. Finis les « petits projets », il est maintenant question de centaines

de logements. Saint-Priest devient durant une dizaine d’années, un chantier de construction

« pendant ce temps, au village, la vie continue, troublée seulement par le passage des camions qui

défoncent la chaussée23 » :

- 1962 : 50 logements à Edouard Herriot

- 1962-1964 : 300 logements HLM à la Cordière

- 1967-1970 : 741 logements à Bel-Air I

- 1969 : 140 logements PLR (programme loyer réduits) à Louis Braille24

- 1969 : 54 logements-foyers pour personnes âgées

- 1970 : 236 logements PLR à Mansart

- 1972-1975 : 799 logements à Bel-Air II

- 1973 : 76 chambres au foyer pour travailleurs indépendant, rue de la Cordière

- 1977 : 120 logements à la Résidence le Clairon

- 1977 : 560 logements à Bel-Air III

- 1979 : 43 logements PLR rue de l’Abbé Pierre

Saint-Priest a été parmi les premières villes de l’Est Lyonnais, à pouvoir accueillir et héberger dans un

délai extrêmement court, des réfugiés et des familles, dans des appartements confortables avec un

loyer accessible « ce bilan chiffré, dont nous pensons avoir quelque raison d’être fiers

comparativement à l’importante de notre cité, nous le livrons, sans crainte, à votre jugement,

persuadés que peu de municipalités peuvent se prévaloir d’une action aussi soutenue au profit des

familles modestes, des jeunes ménages et des personnes âgées

A cette époque, on considère comme seule solution, au problème de logement, que des logements

collectifs, vite édifiés sur un minimum d’espace et relativement peu chers « ils [les pouvoirs publics]

n’imaginaient pas les difficultés que pourrait, par la suite, générer ce type d’habitat26 ». Saint-Priest

n’a pas fait exception et le maire, grâce à l’Office, entreprit de créer une ville nouvelle. Pour cela, la

ville se dota, dans un premier temps, d’un nouveau centre urbain afin d’unifier les deux Saint-Priest :

le village d’une part et le quartier de la gare et la cité Maréchal de l’autre. L’Office public des HLM

Provisoirement installé au début des années 1960 dans le château, l’augmentation du parc de

logements nécessita la construction d’un nouveau siège administratif. Conçu par le Cabinet Thiollier,

il sera installé au cœur des nouveaux ensembles sur le plateau de Bel-Air, au pied de la Cordière. Il

est inauguré le 21 juin 1975 en présence du Préfet de Région Pierre Doueil, et le maire Marius Joly.

De nombreuses personnalités sont présentes dont le Président de l’Office, le Docteur Rossez et la

Directrice, Marie Josette Hermelin. Le tout nouvel Office dispose d’un Service administratif, d’un

service technique, d’un service de surveillance ainsi que d’une équipe d’ouvrier assurant l’entretien

courant et les réparations les plus urgentes Au seuil des années 90, les préoccupations se déplacent : il faut développer l’entretien des

immeubles, poursuivre les réhabilitations qui avaient démarré dès 1978, et se rapprocher du

locataire pour mener à bien ces projets. C’est ainsi que quatre antennes techniques décentralisées

sont créées dont une se trouve toujours au 2 rue du 8 mai 1945. Une commission mixte est

également mise en place intégrant les représentants des associations de locataires et les

administrateurs : elle deviendra le Conseil de Concertation Locatif. Le locataire est désormais un

partenaire permanent de l’Office dans l’ensemble de ses activités.

En 1997, l’Office

Public des HLM

devient Porte des Alpes Habitat. En 2014, Porte des Alpes Habitat et Villeurbanne Est Habitat ne font

plus qu’un, sous le nom d’Est Métropole Habitat. Le rapprochement de ces deux organismes,

porteurs de valeurs communes a pour objectif d’accroître la capacité d’intervention et de renforcer

l’efficacité auprès des habitants. Est Métropole Habitat revendique aujourd’hui un patrimoine de

plus de 15 000 logements sur les communes de Villeurbanne, Saint-Priest, Vaulx-en-Velin, Mions,

Décines, Saint-Genis-Laval, Vénissieux, Sérézin-du-Rhône, Meyzieu, Saint-Symphorien-d’Ozon, SaintFons et Bron.

Présentation du plateau de Bel-Air, La Cordière, Ménival

E quartier situé à l’est de la commune de Saint-Priest est le plus important groupe d’habitat

social de la commune. Avec ses 12 000 habitants, rien que Bel-Air représente plus de 25% de

la population communale. Cet ensemble a été construit par phases successives entre 1964 et

1978 sur une surface de cent hectares.

En 1964, le nouveau visage de la ville se dessine avec ces immeubles remplaçant peu à peu les prés

et les champs. Le premier ensemble, celui de la Cordière, n’était que le prélude d’un vaste

programme d’habitation dont Bel-Air et Ménival font partie « le procédé Pascal27 […] va permettre en

particulier d’édifier en un temps record les quatre groupes de Bel-Air et de Ménival, soit 700 à 800

appartements chacun. Ainsi ne faudra-t-il guère plus de deux ans pour qu’un groupe soit terminé à

Bel-Air @ « Les trois Bel-Air »29

Après l’achèvement des 300 logements de la Cordière, dès 1965, l’Office municipal veut

entreprendre immédiatement le nouveau programme de Bel-Air I. Mais les finances de l’Etat ne

permittent d’obtenir les premiers crédits qu’en 1967 grâce à la ténacité du Maire Charles Ottina. A

partir de ce moment-là, les travaux avancent rapidement, début août 1968 les 116 logements de

l’ensemble A étaient occupés et à la fin de cette même année, ceux de l’ensemble B étaient en voie

de l’être. La livraison des premières tours, destinées aux jeunes ménages et aux retraités – les seules

à comporter 3 pièces – se fera dans la foulée. En 1970, les HLM peuvent ainsi disposer de 738 logements à Bel-Air I. Les premières locations sont

réservées en priorité à deux types d’occupants : d’abord les fonctionnaires municipaux et ensuite le

personnel desentreprises qui avaient participé à la construction et envers lesquels l’Office « avait une

dette ». Dette dont ils doivent s’acquitter en proposant des logements à leurs salariés. Aussi les

appartements de Bel-Air furent d’abord attribués à des instituteurs, des employés de la Mairie, des

agents de l’Etat et à des personnels des 47 entreprises concernées. La deuxième tranche du

programme de Bel-Air II avec ses 780 logements verra le jour en 1972. Elle aussi sera achevée en

deux ans et comportera des appartements allant du studio au F5. Enfin en 1977, débute la dernière phase du projet. Séparé des deux autres groupes par un grand

champ, que son propriétaire refusa de vendre mais, qui inscrit au cœur de la cité un important

espace vert, Bel-Air III offrira ses 632 logements. La population de ce troisième groupe compte un

pourcentage de classes moyennes et de cadres bien supérieur à celui des deux autres ensembles. De

plus, une petite décennie sépare Bel-Air I de Bel-Air III et pourtant le traitement des espaces n’est

pas le même, preuve que les leçons du passés ont été retenues. Tirant sans doute les leçons des inconvénients manifestes des Alpes et de Bellevue dans le domaine

des espaces verts, Ottina et la direction de l’Office auront le souci d’aménager autour des immeubles

de Bel-Air des aires de jeux et de verdure « pour être harmonieux et agréable à vivre, un ensemble de

logements doit aussi être conçu pour faciliter la vie familiale. C’est ainsi que sont créés, ou en cours de

création dans les nouveaux groupes, les commerces de première nécessité qui procurent à la mère de

famille la possibilité de s’approvisionner à proximité de son domicile. C’est aussi pourquoi tous les

ensembles HLM sont dotés d’abords d’importants, aménagés en espaces verts et en espaces libres,

avec terrains de jeux pour les petits et les plus grands ». Bel-Air III marque ainsi la fin des grands ensembles immobiliers à Saint-Priest, la municipalité ayant

décidé, dès 1973, de freiner l’urbanisation de la ville. En effet, toutes ces constructions nécessitent

également la mise en place d’un environnement de services de toute nature : commerces allant de

l’alimentation à la pharmacie, écoles, terrains de sport, centres médicaux, sociaux, culturels, etc.

Sans parler de toutes les infrastructures dont la ville assumera la charge en même temps que

l’éclairage public « lorsqu’on veut l’expansion d’une cité et que tout est à faire, des choix s’imposent.

Les priorités données au problèmes fondamentaux : logement, eau, voirie, assainissement, écoles,

équipements sportifs, ont un sens social31 ». Quant aux transports, ils resteront longtemps un des

points faibles du secteur « ce problème, particulièrement important, déborde bien entendu le cadre

local32».

Les ILN (immeubles à loyer normalisé)

En même temps que se termine Bel-Air I, deux petits immeubles ILN de 60 à 10 appartements

destinés aux familles plus aisées sont aussi en voie d’achèvement sur le site. Ces appartements, d’un standing supérieur à celui des HLM ordinaires, devaient permettre de reloger les foyers dont les

revenus dépassaient le plafond prévu pour bénéficier des HLM, plafond qui avait été abaissé de 10%

en 1968, par décision du ministre Albin Chalandon. Le maire Charles Ottina habitera dans un de ces

ILN. Le petit nombre de logements proposé ne suffira pas à résoudre le problème de dépassement de

ressources et les HLM seront contraints, malgré leurs réticences, à appliquer des surloyers.

Les PLR (programme à loyer réduit)

Même avec la baisse des 10% du plafond de ressources, les HLM restaient cependant inaccessibles à

des nombreux foyers très modestes qui ne pouvaient assumer le montant des loyers, pourtant plus

faibles que ceux du privé. C’est à leur intention que le gouvernement envisagea la possibilité d’édifier

des immeubles dont les coûts de revient, inférieurs à ceux des HLM, permettraient de loger les

familles les plus pauvres, moyennant une participation financière réduite. Une diminution des coûts

implique une évidente diminution des surfaces et de la qualité. Malgré tout, ces PLR, rappelant les

anciens LOPOFA, pouvaient offrir des logements corrects avec chauffage collectif.

L’office municipal entreprend leur réalisation, dès août 1969, pour répondre aux besoins des

personnes à petits revenus ou encore des ménages sans allocation logement. Deux groupes PLR

furent ainsi édifiés très rapidement autour de Bel-Air, l’un au nord, le groupe Braille-les-Longes avec

140 appartements, l’autre au sud, le groupe Mansart, en 1970, avec 236 logements. Quelques

années plus tard, en 1974, aux abords de l’ancienne cité Maréchal, rue des Glaïeuls, 55 PLR seront

aussi mis en location.

Si l’on ajoute cela aux chiffres déjà cités, on constate qu’entre 1967 et 1977, les HLM de Saint-Priest

ont ainsi mis à la disposition des habitants le chiffre impressionnant de presque 3 000 logements.

Malgré tout, au cours de ces années, l’activité des promoteurs privés n’est pas ralentie, avec tout

d’abord l’achèvement de Bellevue et la construction d’Alpes Azur et surtout, voisine de Bel-Air, celle

de Ménival, puis de la résidence de Saythe.

L’accession à la propriété

Suite à la réalisation réussie des logements sociaux, l’expérience se poursuivit en favorisant

l’accession à la propriété « elle paraissait être un moyen privilégié pour élever le statut social des

personnes à revenus modestes33 ». Pour cela, il fallait associer les représentants des organismes

susceptibles d’apporter les compléments de financements, comme la Caisse d’Epargne de Lyon, le

Crédit Foncier, la Caisse d’Allocation Familiales, la Préfecture du Rhône. Le domaine Ménival de Lyon

5

e

fut la première opération lancée et devant son succès, une autre opération fut lancée à SaintPriest. Suivant le même montage, 831 logements furent construits par la même équipe d’architectes

dont Charles Delfante34 « il faut noter que l’Office HLM de Saint-Priest a été l’un des premiers

organismes de la région, et le premier de la COURLY à lancer des opérations d’accession à la

propriété» Ménival les Gravières36 (construit entre 1966-1969) a été élaborée dès la conception en prenant en

compte l’utilisation de la préfabrication lourde à partir d’éléments finis fabriquées en usine. L’emploi

de ce procédé permet une économie importante sur la main d’œuvre et une rapidité d’exécution

spectaculaire. On peut regretter l’uniformité des plans et une répétitivité systématique des façades

mais, à l’époque, c’est un exploit. Plusieurs chantiers suivirent dont 437 logements à Plaine de

Saythe37 (1970-1973) ou encore le Clairon (1977) avec 71 logements sur 120 en accession de

propriété. Composition, situation et typologie du groupe38

Cet ensemble est composé de 3 659 logements dont 2 985 sont en gestion locative sociale. Le parc

HLM est la totale propriété de l’office municipal de Saint-Priest. Ces habitations sont désormais

désenclavées par la construction de la rocade est de Lyon qui leur confère le statut d’entrée

privilégiée de la ville. Par ailleurs, elles bénéficient de la proximité du parc de loisirs du fort. Ces

immeubles répondent tout à fait aux critères de composition urbaine et typologique des

constructions issues des années 1960-1970 avec des tours et des barres semblables aux autres cités

de l’agglomération. Toutefois, ils disposent d’espaces centraux libres relativement importants et

agréables qui offrent certains aspects des cités jardins39. Chaque groupe bénéficie également de ses

propres commerces, d’un groupe scolaire et d’une crèche40

:

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces Bel-Air I (rue de Bel-Air)

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1977 : ouverture d’un crèche familiale (10 rue du 8 mai 1945)

1977-1978 : construction GS Bel-Air III - Pablo Neruda

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte

échelle) et de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas) L’objectif est de créer au sein de la ville, des ensembles indépendants offrant des services de

proximité. A cela s’ajoute des équipements d’utilité publique améliorant la qualité de vie des

habitants :

1968 : construction de la clinique privée

Pasteur

1969 : construction du Foyer Logement pour

Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médicosocial au 10 rue de Bel-Air

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des

Pompiers de Bel-Air41

1977 : ouverture du Centre social Louis Braille

1982 : le restaurant scolaire François Mansart

est aménagé pour devenir un local associatif

La réhabilitation de la cité

A partir des années 1980, le parc HLM vieillissant, il devient urgent d’entreprendre des travaux. Dès

1985, des petits travaux sont réalisés mais ce n’est qu’à partir de 1989 que les actions du DSU-DSQ

(développement social urbain et le développement social des quartiers) permettent de répondre à une

première crise. Puis l’Office, commence la réhabilitation de son parc qui ne cesse d’augmenter. Les

travaux de Bel-Air seront parmi les tous premiers entrepris et durent encore.

n 1982, le rapport Dubedout « Mieux vivre en ville » engage les pouvoirs publics dans une

politique de renouveau des quartiers les plus démunis à la limite de l’isolement. La mise en

place du DSQ a permis de rompre le cercle vicieux et, comme à Saint-Priest, de faire revenir les

classes moyennes. Le développement social urbain est né avec les contrats de ville, il « constitue

l’acte d’engagement par lequel les collectivités et l’Etat décident de mettre en place un programme

pluriannuel de développement social urbain à l’échelle de l’agglomération ou d’une commune42

». Il

permet de réintégrer au sein de la ville les quartiers par des opérations d’ordre :

- Spatial : traitement des espaces, des désenclavements ;

- Social : politique de peuplement

- Fonctionnel : circulation et communication

Le contrat de ville devient la procédure unique de définition et de mise en œuvre de la politique du

DSU. Celui-ci a aussi pour objectif de centraliser et de coordonner toutes les autres procédures de

développement social urbain en lien permanent avec habitants notamment au travers des

questionnaires et des réunions de concertation comme cela fut et est toujours le cas à Bel-Air.

A Saint-Priest, lorsque Bruno Polga43 devient maire, la ville avec plus de 42 000 habitants, comme

toutes les villes en périphérie de Lyon, rencontre des problèmes avec son ancien parc HLM. Malgré

son nouveau centre-ville, Saint-Priest ne semble pas trouver son identité tandis que le village n’est

qu’un lieu de passage. Les grands ensembles comme Bel-Air, faute d’entretien, se dégradent peu à

peu. Plusieurs axes vont alors être développés afin de corriger les erreurs du passé : redonner un vrai

centre-ville, décloisonner les différents quartiers, améliorer les axes de circulation, accroître les

transports en commun et créer de nouveaux équipements. Il faut également aider les quartiers

défavorisés en luttant contre le chômage et amplifier l’activité économique et la formation

professionnelle. Saint-Priest possédait, et possède toujours, une position au carrefour d’axes

importants favorisant l’installation d’entreprises permettant la création de nouveaux emplois.

Si pendant son premier mandat (1983-1989) Bruno Polga s’est concentré sur le centre-ville avec les

projets Banlieue 89 et la ZAC Mozart - Carré Rostand, son second mandat (1989- 1995), porte sur la

résolution du problème des logements sociaux dont les Alpes, Bellevue et Bel-Air. L’un des chantiers

le plus important est celui de la réhabilitation des immeubles de Bel-Air I et II « avec la reprise

complète de l’espace urbain et l’installation d’équipements44 ». La rénovation des plus anciens a été

entreprise dès 1986 – Édouard Herriot, Diderot et la Cordière – mais ceux de Bel-Air, plus récents se

dégradent eux aussi. Bel-Air III, normalement entretenue, souffre de cette proximité. D’ailleurs, il est nécessaire dès 1985, d’effectuer des travaux urgents à Bel-Air I et II : réfection des peintures dans les

allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres, etc. Ce n’est qu’en 1989 que deux

premiers bâtiments, rue du 8 mai, sont restructurés (F4 et F5 en F2 et F3). Dans le même temps, en

1990, le Développement social des quartiers de Bel-Air est lancé en collaboration avec l’Etat, la

Région, la COURLY, la ville et l’Office « il s’agit d’un programme destiné à améliorer la vie dans les

quartiers densément peuplés […] avec ses 3 000 logements sociaux, Bel-Air est choisie pour une

rénovation sociale, de l’habitat et de l’environnement Il s’agit d’une réorganisation spatiale et une recomposition interne des sous-quartiers « durant ces

quarante dernières années, différents projets urbains vont s’inscrire dans cette logique de reconnecter

les éléments46 ». Il s’agit, entre autre, d’aménagement des équipements comme la Maison de

Quartier Claude Farrère47 ou la MJC -Maison des Jeunes et de la Culture- Jean Cocteau. Une

redéfinition des espaces verts a permis de rééquilibrer les besoins en matière de zones d’évolution,

de zones de parking et de voies de circulation comme par exemple la suppression des impasses, la

création de nouvelles artères plus larges et de ronds-points pour relier les ensembles. En parallèle de

ces opérations, l’Office procède à la réhabilitation du bâti, ce qui a eu pour effet, d’attirer de jeunes

ménages et les personnes âgées dans les petits logements « un architecte différent intervenait à

chaque fois, rencontrant régulièrement les locataires pour connaitre leurs souhaits, discuter avec eux

des priorités à établir et choisir la couleur des allées, des façades. Cette diversité permit d’éviter l’uniformité des bâtiments 48». La réhabilitation des logements : maçonnerie, étanchéité, réfection de

plusieurs allées sur Bel-Air II, renforcement des portes de caves, des travaux de chaufferies,

éclairages des halls d’allées et des bâtiments de Bel-Air I et II, est accompagnée de la mise en place

de services et de commerces. De manière plus précise :

1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1987 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement

une maison de quartier

1992 : prolongement de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : inauguration de la maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1994 : inauguration de la MJC (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés »

(EHPAD ex MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : extension du centre social Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs impliquant la démolition de logements et création de nouvelles

voies de circulation

2018 : Inauguration de la Maison de Quartier Claude Farrère réhabilitée

2018 : inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino,

joueuse internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit

prince de Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM Et Aujourd’hui ?

Aujourd’hui49

, malgré tout, le plateau reste confronté à de nombreuses difficultés d’ordre culturel ou

générationnel entre les habitants de ces divers quartiers. Ces tiraillements ont fortement alourdi la

réhabilitation sociale de la cité. Cependant le plateau de Bel-Air dispose de larges terrains et espaces

vierges qui servent de lieux de libre expression. La population est relativement jeune, la taille des

ménages est moyenne et parmi les ménages allocataires de la CAF, un quart sont des familles

nombreuses. La vacance des logements est faible. Les logements en copropriétés sont

essentiellement occupés par leurs propriétaires. Les appartements de 4 ou 5 pièces sont les plus

nombreux. Le taux d’activité est élevé du fait de la proximité de zone industrielles ou artisanales et

de la zone de chalandise de la « la Porte des Alpes ».

Au final, si l’on prend en compte le taux d’occupation moyen de 2.5 personnes et un taux de

rotation de 10%, on peut dire que depuis 1964 c’est l’équivalent de la population actuelle (45 000

personnes) qui a été logée sur le plateau de Bel-Air @ 1964 : construction de la Cordière (260 logements)

1966-1969 : construction de Ménival (831 logements)

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1968 : construction de la clinique privée Pasteur

1968-1970 : construction de Bel-Air I (738 logements)

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces rue de Bel-Air

1969 : construction du Foyer Logement pour Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médico-social au 10 rue de Bel-Air

1969 : construction de 10 logements ILN (Immeuble à Loyer Normalisé) rue du 8 mai 1945

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

Février 1970-1973 : construction de la résidence de Saythe

1970 : construction du gymnase François Arnaud

1970 : construction HLM Louis Braille (140 logements)

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1972-1975 : construction de Bel-Air II (779 Logements)

1973 : construction collège Boris Vian

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1975 : inauguration du siège de l’Office public HLM en présence du premier ministre Reymond Barre

(créé en 1960 et installé au château)

15 juin 1976 : achat par les habitants de la copropriété Ménival-les-Gravière du Centre Social

1977-1978 : construction de Bel Air III (560 Logements)

1977 : ouverture du centre Social Louis Braille

1977 : ouverture d’une crèche familiale au 10 rue du 8 mai 1945

1977 : construction HLM du Clairon

1977-1978 : construction GS Bel Air III - Pablo Neruda (frise par Siesla, artiste Lyonnais)

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte échelle) et

de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas)

1978 : construction de la cuisine centrale à Bel Air I

1978 : construction d’un local au 25 bis rue Claude Farrère qui servira de restaurant scolaire et de

Maison de Quartier.

1980 : disparition des dernières fermes du Clairon

1980 : construction école privée Jeanne Arc

1982 : le restaurant scolaire François Mansart est aménagé pour devenir un local associatif

1983 : construction lycée d’enseignement professionnel Fernand Forest 1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1986 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments à Bel-Air I, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : fermeture de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement une

maison de quartier

1992 : ouverture de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1993 : construction du Lycée général Condorcet

1993 : inauguration de la Maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1994 : inauguration de la Maison des Jeunes et de la Culture (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés » (EHPAD ex

MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : fermeture de la clinique Pasteur

22 mars 2009 : extension du CS Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs et création de nouvelles voies de circulation

2016-2017 : démolition de l’Office HLM et transfert rue Maréchal Leclerc

2017 : fermeture de l’Agence ANPE (départ pour la rue Aristide Briand)

2018 : réhabilitation de la Maison de Quartier Claude Farrère

2018 : Inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino, joueuse

internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit prince de

Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM

Charles Ottina, « le Bâtisseur »51

Maire de Saint-Priest entre 1949 et 1972, Charles Ottina domine durant quatre mandats consécutifs

la vie publique locale. L’auteure, Christiane Roussé, dit de lui qu’il fut « le bâtisseur » qui donna au

Saint-Priest d’aujourd’hui ses particularités : une cité cosmopolite et dynamique.

Né en 1902 à Lyon, Charles Ottina sort ingénieur de l’école de Cluny et

fut pendant 27 ans au contrôle des fabrications d’armement. Marié à

une San-Priote, ils habitent longtemps dans une maison de location au

bas de la Grande rue du village - face à l’actuelle Caisse d’Epargne -

avant de s’installer dans le nouveau quartier de Bel-Air dans un ILN,

rue du 8 mai 1945.

Charles Ottina débute sa carrière politique dès 1935, en tant que conseiller municipal de Théo

Argence. Ulysse Cœur le choisit comme adjoint dix années plus tard. Investi sur tous les fronts, il

devient en 1947 président du conseil d’administration de l’Office d’HLM et en 1969 vice-président de

la COURLY (aujourd’hui Métropole de Lyon).

En 1949, élu maire, il commence la

transformation de Saint-Priest. Il dote la ville

de toutes les infrastructures nécessaires à une

ville en pleine expansion : 2 500 logements

HLM, 3 stades, une piscine, 2 bureaux de

postes, 11 écoles, 2 collèges, un réseau

d’assainissement, la cité résidentielle Edouard

Herriot, etc. Il transforme la bourgade de 5

600 habitants en une ville de 34 000. Il gère

grâce à sa forte personnalité la municipalité

« comme un patron ». Si certains décrivent

une personnalité autoritaire, il conquit le

cœur des San-Priots et son successeur, Marius

Joly, en fit une fidèle description : « c’était

avant tout un homme d’action et ce trait est

bien celui qui s’impose à l’évidence dans sa

personnalité pourtant si riche. Les difficultés, loin de le rebuter, fouettaient son énergie, sa volonté,

son acharnement. Rares sont les obstacles qui n’aient pas cédé devant sa détermination ».

Pour des raisons de santé, il quitta son poste le 21 octobre 1972. La maladie l’emporte le 16 juin

1974, quelques mois après le décès de son épouse Jeanne. Bruno Polga, le visionnaire52

Né dans une famille Italienne en 1935 à

Vénissieux, Bruno Polga est venu vivre à

Saint-Priest à l’âge de 2 ans. Habitant

avec ses parents à la cité Rosset, il sera

tout particulièrement sensibilisé au

problème de logement social. Il suivra sa

scolarité à l’école de la gare, dès 1940,

jusqu’à son certificat d’étude qu’il

obtient en 1949. Diplômé d’un CAP

d’ajusteur en 1952, il mènera une

carrière de dessinateur industriel

jusqu’en 1972, date à laquelle il crée

son entreprise de négoce.

Très tôt, Bruno Polga fait preuve d’engagement notamment auprès de la CGT, qu’il intègre dès son

entrée dans la vie active. Puis, il entre dans la vie politique, en 1966, en devenant le président du

premier club socialiste de la ville. C’est d’ailleurs à cette époque qu’il rencontre François Mitterrand,

leader de ce nouveau mouvement. En 1977, après la victoire de la gauche unie aux élections

municipales, il est choisi comme premier adjoint de la ville de Saint-Priest. En 1983, il est élu maire de

la commune jusqu’en 2003, date à laquelle il s’était engagé à démissionner.

A l’origine du nouveau centre avec le projet Banlieue 89, il s’occupe également du centre historique

avec la réhabilitation de l’ancienne mairie et du Château. Sans oublier le logement social dont il

lancera un vaste programme de réhabilitation. Dans la lignée de Théo Argence et Charles Ottina, il a

durant 20 années, continué d’équiper la ville dans les domaines sociaux, culturels, sportifs,

transports et petite enfance pour la transformer en cité moderne. Conscient des erreurs du passé, il

mena une politique marquée par l’acquisition de réserve foncière pour pouvoir contrôler le

développement de la ville « afin d’apporter une réponse concrète aux problèmes posés par

l’urbanisme sauvage des années 60 ». Il souhaite préserver les parcs, des jardins et des lieux de vie

qu’il considère comme « un patrimoine à part entière ». Très critiqué, ce choix se révéla judicieux

puisqu’il permit à la ville de choisir son développement. La caserne des pompiers de Bel-Air53

L’histoire des pompiers de Saint-Priest commence en

1884 avec la création de la société de secours et l’achat

d’une première pompe à incendie par un groupe de

pompiers libres. Située au village, la société acquiert

trois autres pompes : pour Manissieux, la Fouillouse et

la Grande rue. Si, dès 1933, les casernes lyonnaises se

professionnalisent, ce n’est qu’après la guerre en 1947,

que la commune, dans le cadre de la création du S.D.I.

du Rhône, est rattachée au centre de secours de Lyon

« les volontaires et leurs pompes à bras disparurent

complétement » (Jacques Périer, historique des

Sapeurs-Pompiers du Rhône).

D’abord une volonté de l’Etat-Major souhaitant améliorer les secours dans ce secteur, la ville

autorise en 1970 la création d’une caserne provisoire au cœur du nouveau quartier de Bel-Air, place

du 8 mai 1945, au bout de la rue du même nom qui n’est alors qu’une impasse. Inaugurée le 8 mars

de la même année, la nouvelle caserne de la 5e

compagnie professionnelle permet d’accueillir jusqu’à

70 pompiers professionnels. Elle se compose d’un garage, de deux bâtiments abritant des locaux

techniques et de 20 chambrées destinées à accueillir les pompiers de garde. A cela s’ajoute les 19

appartements, mis à disposition par l’office HLM, du 26 et du 28 rue du 8 mai 1945 réservés aux

officiers et sous-officiers. La caserne sera opérationnelle jusqu’en 1991, date à laquelle la compagnie rejoindra les bâtiments

des ateliers généraux, installés depuis 1985, rue du Dauphiné. Aujourd’hui, il ne reste qu’un noyer, à

côté de la maison médicale, marquant l’ancienne limite de la caserne. Les mini-crèches54

Si en 1972 une première halte-garderie s’installe rue de Bel-Air, puis en 1977 une crèche familiale au

10 rue du 8 mai 1945, ce n’est qu’en 1978 que la municipalité prend conscience de la nécessité

d’offrir un lieu pour les plus jeunes. Décidée par le maire Louis Gireau (1977-1983), la création de

crèches s’inscrit dans un grand projet de modernisation des structures d’accueil de la ville :

l’ouverture de trois mini-crèches municipales dont deux à Bel-Air, intermédiaire entre la crèche

familiale et la crèche collective, sont installées dans des locaux plain-pied « pour que les enfants

puissent jouer à l’extérieur, dans un jardin facilement accessible55 » et rattachées au Bureau d’Aide

Sociale au 1er Janvier 1979. Il s’agit des mini-crèches de l’Edelweiss – aujourd’hui 3 Petits Pas – et

celles de la Clairière – aujourd’hui Courte Echelle. La Clairière sera la plus grande des trois minicrèches car elle accueille également le centre administratif des trois établissements dirigés par Mme

Gineste et sa secrétaire Mme Michelle Corbet.

Elles ont été inaugurées le 5 décembre 1978, en compagnie du Maire de Saint-Priest, M. Louis

Gireau, par M. Pierre Mauroy, député-maire de Lille et Président du Conseil Régional Nord-Pas de

Calais entouré d’une centaine d’invités dont M. Franck Serusclat, sénateur-maire de Saint-Fons et

Joseph Sibuet, conseiller général du canton, En 1988, le système des mini-crèches ne permet plus de répondre à la demande croissante de la

population. Saint-Priest décide de créer trois « Maisons de la petite enfance » doublant ainsi les

capacités d’accueil des tout-petits. La première dans le quartier des Garennes, les deux autres sur le

plateau : Bel-Air I –aujourd’hui Courte Echelle - et Rue Claude Farrère – aujourd’hui 3 Petits Pas.

L’ensemble des aménagements intérieurs sont réalisés à partir des travaux du Professeur Hubert

Montagnier (psychophysiologiste dans le champ du développement, du comportement et des

rythmes de l’enfant). Les maisons de quartier Claude Farrère et le local associatif

François Mansart

Le développement des Maisons de Quartier est avant tout le projet d’un Maire, Louis Gireau (1977-

1983) qui souhaite offrir un lieu d’accueil pour les différentes activités des habitants de chaque

quartier.

La Maison de Quartier Claude Farrère

Elle est installée au cœur de Bel-Air II dont les derniers bâtiments voient le jour en 1974. Un premier

local est construit au 25 bis rue Claude Farrère dans le cadre des « m

2

sociaux » que doivent compter

tout programme HLM. Avec comme première utilisation, l’accueil du restaurant scolaire de l’école

Claude Farrère, il faut, ensuite, un local d’activité pour les jeunes. Le bâtiment mesure alors 152 m2

et comprend une partie administrative et une partie « atelier espace de jeux-réunions ».

En 1992, la mairie décide de rénover et d’agrandir le bâtiment pour qu’il devienne une Maison de

Quartier à part entière. Elle offre dorénavant 300m2 supplémentaires d’activité aux enfants et aux

jeunes du quartier : une grande salle de festivité, une cuisine équipée, un espace atelier réunion, une

antenne du Bureau Information Jeunesse, un espace jeu et le bureau des associations ainsi qu’un

amphithéâtre aménagé à l’extérieur permettant d’organiser des mini-concerts, des pièces, etc. Elle

est d’abord gérée par le CPNG puis par la fédération Léo Lagrange à partir de 1999.

En 2017, d’importants travaux de réhabilitation et d’aménagement extérieurs furent réalisés comme

la réfection des salles d’activités, le transfert de l’accueil, la mise en accessibilité, l’installation d’une

nouvelle aire de jeux et la création d’un cheminement piéton pour renforcer le lien avec l’école

voisine. Elle est ré ouverte depuis janvier 2018. Le local associatif François Mansart

Tout comme Claude Farrère, le local François Mansart est à l’origine destiné à accueillir le restaurant

scolaire de l’école du même nom. Au fil des ans, son utilisation évoluera pour être un lieu où se

retrouvent les associations et même un relais d’assistante maternelle. Il porte depuis l’été 2018, le

nom de l’espace Bulle d’air Mansart afin de « marquer l’évolution de ce local devenu avec le temps un

véritable lieu de ressourcement pour les enfants, les familles et les assistantes maternelles @ La maison des jeunes et de la culture

La création de la MJC est avant tout un désir de la

municipalité souhaitant mettre à disposition du

Groupement des Jeunes une salle dans l’étage supérieur

du Château. Le foyer des jeunes sera inauguré en février

1961. L’année suivante deux salles supplémentaires sont

mises à disposition afin de créer une bibliothèque et une

salle d’activité. C’est le 4 décembre 1963 que

l’association de la MJC parait au journal officiel.

En 1992, avec plus de 700 adhérents, le manque d’espace devient une contrainte et le besoin de

s’agrandir une nécessité. Après concertation, le site de Bel-Air est retenu et le projet est inscrit dans

le cadre du développement social des quartiers (DSQ). Située en son cœur, sur l’esplanade centrale

de Bel-Air, dans l’axe de la tour 104 et de la rue du 8 mai 1945, la MJC a été conçue par l’équipe

d’architecte Ferrand-Sigal : construit sur un seul niveau, en surplomb d’une grande esplanade, cet

équipement est une articulation de plusieurs volumes autour d’un jardin intérieur, avec une galerie

reliant les différentes salles. « Ni bâtiment signal, ni prouesse architecturale57 », l’équipe n’a pas

voulu concevoir un bâtiment monolithique marquant mais plutôt un ensemble de volume, divers et

articulés, à l’image des multiples fonctions de la nouvelle MJC.

En février 1993, la première pierre de l’édifice est posée, mais il faut attendre juin 1994 pour que le

chantier se mette en route « nous avons voulu faire une construction adaptée aux différents

programmes d’activités, en travaillant sur l’éclatement des volumes autour d’un patio central qui joue

le rôle de partie publique, un peu comme les cours ou les traboules du vieux Lyon, chargée d’une forte

vie intérieure » raconte Michel Ferrand l’un des architectes. D’un coût de 13 millions de francs et d’une surface de 1 180 m2, elle est destinée à participer

pleinement au développement social du quartier et de la ville. Pour cela, le projet d’origine prévoyait

l’ouverture du bas de la Tour 104 afin créer une perspective ouvrant sur le quartier. Le toit de la MJC

se finissait par une flèche indiquant la direction de rue du 8 mai 1945. Malheureusement, la structure

de la Tour ne pouvant supporter une modification si importante, le projet fut annulé. La MJC

conserve aujourd’hui les traces de cette flèche dont la pointe a été coupée pour des raisons de

sécurité. Le centre social Louis Braille58

Ouvert en 1977, le centre social Louis Braille doit sa naissance à la volonté des habitants de Ménival.

En effet, c’est au cours de l’Assemblée Générale du 14 mai 1975 que les habitants de la résidence

Ménival-les-Gravières décident la construction du Centre social dont ils font l’acquisition le 15 juin

1976. Fondée officiellement le 25 février 1976, l’association pour la gestion du Centre Socioculturel

du quartier de Ménival-les-Gravières regroupe l’amicale de Ménival fondée en 1968 par les résidents,

la confédération syndicale du Cadre de vie et d’autres associations du quartier. Son premier

président, M. Francois Neumand, entreprend des démarches auprès de la Caisse d’allocations

familiales et des services sociaux de la mairie pour aider au financement et à l’établissement des

statuts afin que le centre ouvre au plus vite en décembre 1977.

Le centre social Louis Braille est rapidement victime de son succès. Comptant à la fin des années

1990 plus de mille adhérents, les locaux de son unique bâtiment deviennent étroits et il est

nécessaire de construire de nouveaux locaux, juste à côté, rue Louis Braille. Ouvert en mars 2000, il

est agrandi en 2009. De l’ancien bâtiment, il ne reste aujourd’hui qu’une trace au sol. Bibliographie

Alexandre Scavo, Naissance de la MJC dans la période de formation de la ville de Saint-Priest 1962-

1975, 2017, 516 p.

Alexandre Scavo, Spécificités paysagères et architecturales du quartier de Bel-Air, Saint-Priest, 2018,

7 p.

Bruno Polga, Liberté, Egalité, Fierté, un parcours atypique, Musnier-Gilbert éditions, Bourg-en-Bresse,

2014, 143 p.

Cercle Iulius Victor, Premières Journées d’Histoire en Velin au château de Saint-Priest les 20 et 21

novembre 1999, public imprim, Vénissieux, 2001, 160 p.

Cercle Iulius Victor, Saint-Priest, transformations urbaines anciennes et récentes, Revue d’histoire de

Saint-Priest n°6, Cercle Iulius Victor, 2015, 64 p.

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973,

135 p.

Christian Legrand, Le logement populaire et social en Lyonnais (1848-2000), Lyon, éditions aux arts,

2011, 486 p.

Christiane Roussé, Saint-Priest ville mosaïque (1945-1980), PUL, Lyon, 2000, 349 p.

Jacques Perrier, Histoire des Sapeurs-Pompiers du Rhône, AGB création, Couzon, 400 p.

Les amis du vieux Saint-Priest, La San-Priode, Saint-Priest, histoire et vieilles chroniques, Editions Alan

Sutton, Grande Bretagne, 2004, 254 p.

Lucien Charbonnier, Histoire de Saint-Priest en Velin, des origines à 1789, éditions Bellier, Lyon, 1990,

138 p.

Raymond Debuire, Saint-Priest au fil du temps, les amis du vieux Saint-Priest, La San-Priode, SaintPriest, 2013, 558 p.

Union des Sociétés Historiques du Rhône, Saint-Priest et sa région, actes des journées d’études 2002,

Lyon, 2003, 158 p. www.ville-saint-priest.fr/fileadmin/fichiers/Archives-mun...

  

Le logement populaire et social en Lyonnais 1848 - 2000 Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invite à suivre cette aventure laborieuse, lente et parfois heurtée mais surtout, de toujours, passionnée. Le logement populaire et social en Lyonnais de 1848 à 2000 aborde en quatre parties tous les aspects technique, urbanistique, architectural, économique et sociologique de ce secteur : 1- Approche historique sur le logement populaire et social en France, sa réglementation et ses grands types d'interventions 2- Etude des bases historiques et territoires sociaux lyonnais 3- Les actions, acteurs, opérateurs et partenaires du logement social 4- Conclusions analytique et prospective sur le logement social à Lyon Cet ouvrage très illustré et avant tout historique traite également les aspects actuels du logement social et projette dans le futur quelques réflexions et idées d'aménagement.

Aborde les aspects techniques, urbanistiques, architecturaux, économiques et sociologiques du logement. Avant tout historique, c'est aussi une projection dans le futur de quelques réflexions et idées d'aménagement.Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invi

Histoire d une OPHLM BEL AIR 50 ANS deja Le développement des logements populaires puis sociaux s’inscrit dans une logique interventionniste de l’Etat et des collectivités. Dans notre région, c’est une histoire singulière,

intimement liée à celle de Lyon, qui a influencé le positionnement des logements populaires. En effet, au XVIIIe et au XIXe siècle, la majeure partie de l’activité artisanale de Lyon, s’articulant autour du tissage, se retrouve rapidement engoncée entre deux fleuves. Ceci explique la nécessité de

l’externalisation de l’activité industrielle et artisanale vers les plaines de l’Est au début du XIXe

siècle.

Il en sera de même sur le plan démographique.

« L’histoire du logement social ne se résume à pas à l’histoire du projet politique et social […] l’histoire

du logement social, celle des cités pionnières, des HBM d’avant-guerre, mais aussi des grands

ensembles des années 60 et 80, doit donc se lire comme l’épopée des populations qui n’étaient pas

seulement en quête d’un toit mais aussi d’un milieu d’enracinement

».

Entre le bourg de 2 500 âmes en 1922, 5 600 en 1945, et les 42 000 habitants de la ville en 1980,

Saint-Priest s’est transformée pour atteindre aujourd’hui 45 433 individus. Les trente glorieuses de

l’après-guerre n’ont pas seulement amené des travailleurs des régions environnantes souhaitant

améliorer leur qualité de vie, mais aussi des populations venant d’au-delà des frontières : les PiedsNoirs, des familles portugaises, algériennes, tunisiennes et marocaines. HLM, ILN ou ILM, par choix

ou nécessité, une bonne part des San-Priots a été locataire de l’Office. Retour historique

ntre 1995 et 1999, le Parc Technologique a été le chantier de nombreuses fouilles

archéologiques révélant les vestiges, d’une histoire insoupçonnée vieille de 7 000 ans, qui ont

mis à jour la richesse et la diversité culturelle de son sous-sol remontant à la protohistoire

(période intermédiaire entre la préhistoire et l’histoire). En effet, des traces d’occupations humaines,

remontant au cinquième millénaire av. J.C. et correspondant au moyen Néolithique jusqu’à l’Age de

Bronze final (1400-850 av. J.C.), ont révélé l’existence d’habitats, attestés par des fosses servant de

dépotoir et de foyers, par de la céramique correspondant à des récipients de formes diverses (jarres,

écuelles…) et par quelques silex servant de pointes de poignard. Pour la plus récente, des fragments

de vases, de gobelets et de céramiques élaborées, des bracelets.

Mais, comme presque tous les villages du Velin, c’est à partir de l’Antiquité que le plateau de Bel-Air

semble accueillir ses premières constructions. En effet, en 1971, lors des travaux des premiers HLM

du quartier « en particulier les immeubles portant les numéros 14 à 18 de la rue Mansard2

» des

vestiges romains furent trouvés : débris de ciment, testae3

, tegulae4

et même les fragments d’un col

de dolium5

.

Si l’on ajoute à cela la proximité d’un ancien chemin romain « route de Vienne » - aujourd’hui à

proximité de la rue de l’Egalité - allant de Vienne vers le Rhône moyen, nous pouvons supposer

qu’une villa romaine se trouvait sur cet emplacement. Ce type de construction isolée était assez

fréquent au premier siècle car « les fermes et village se trouvaient rarement au bord des routes

importantes mais plutôt en retrait près de chemin comme celui-ci6

». Le site fut malheureusement

intégralement détruit lors des travaux de construction. D’autres traces de sites gallo-romains ont

également été repérées au nord du village, rue Payet, Gambetta et Johanny Berlioz, sans oublier la

colline du Château où fut découverte la stèle de Iulius Victor datant du IIe

siècle.

Nous n’avons que très peu d’information pour la période suivante, seulement quelques notes parlant

de « raids Sarrazins jusque vers l’an 928 ou encore de destructions hongroise jusqu’en 9247

». En

effet, le Moyen-Age est une période d’insécurité dans la région et ce n’est qu’au Xe

siècle que la

féodalité permet de sécuriser les populations qui s’installent plus largement sur le territoire. Les

moines d’Ainay établissent une église sur le site du Château et amènent avec eux une petite

population dont on retrouve des traces vers Saint-Martin et Manissieux. C’est d’ailleurs à cette

époque que le nom de « Saint-Priest » apparait car la paroisse était dédiée à Sanctus Praejectus,

évêque de Clermont en Auvergne au VIIe siècle. Entre le XIVe

et le XVIIe

siècle, le Velin devenant une

terre convoitée, la famille Richard prend possession de terres à Saint-Priest en 1325 jusqu’en 1645,

date à laquelle la famille Guignard achète le château dont elle sera propriétaire jusqu’en 1821. Par

contre, le domaine est divisé en 1790 et appartient principalement à des exploitants directs dont les

Cuzin, Pagnoud-Chenavard, Payet Maurice, Peillet, Calamar…

 

2

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973, p.33

3

Testae ou tuileau est formé de tuiles ou de briques en terre cuite broyées finement. Il entre dans la composition du mortier antique romain.

4

Tegulae : tuile plate qui servait à couvrir les toits, faite ordinairement d'argile cuite au four

5

Dolium : jarre antique, d'une contenance allant jusqu'à 1 200 litres et qui servait de citerne à vin, à huile ou à céréales.

6

Lucien Charbonnier, Histoire de Saint-Priest en Velin, des origines à 1789, éditions Bellier, Lyon, 1990, p.38

7

Union des Sociétés Historiques du Rhône, Saint-Priest et sa région, actes des journées d’études 2002, Lyon, 2003, p. 15

Bel-Air, le cinquantenaire

Archives municipales de Saint-Priest - jeudi 11 octobre 2018

La ferme Vachon,

vers 1970, YV

Champs de la famille Vachon à proximité

de la Cordière, début XIXe siècle, YV

Après la Seconde Guerre mondiale, Saint-Priest est encore une bourgade dont l’essentiel du

peuplement se regroupe sur deux sites :

- Le village avec la Grande Rue, les vieux quartiers du Payet, du Puits-Vieux et du Bessay

- La route de Lyon jusqu’aux établissements Maréchal et la cité PLM de l’autre côté de la voie

ferrée.

L’est et l’ouest du territoire sont quant à eux vides de constructions, comme le triangle devenu

aujourd’hui le centre-ville situé sur les lieux-dits de la Carnière, les Ronces, les Guigues où seront

construits Bellevue, les Alpes et l’Ermitage. De même pour les Longes, la Gerbicière, le Clairon, la

Cordière - où s’élèvera Bel-Air et Ménival -, et la Forêt et les Pives.

Il n’y a que quelques fermes dont celle des Cusin-Masset à l’emplacement même de Bel-Air ou celle

de la famille Vachon dont la maison se trouvait sur l’emplacement de l’actuel Espace Santé de la

Cordière. Au sud, la plaine de Saythe, est recouverte de champs de colza « jusqu’au début des années

cinquante, Saint-Priest présente donc encore l’aspect d’un gros village rural8

». C’est en quinze

années, à partir des années 60, que la ville prend sa forme actuelle. Son développement après 1980,

plutôt modéré, ne fera que corriger et diversifier l’œuvre accomplie.

Si ce développement rapide n'est pas exceptionnel après la guerre, les transformations de SaintPriest restent uniques en raison de la superficie des terrains disponibles et de l’action de la

municipalité très présente au travers de l’Office HLM. Le logement social en France

i la société idéale est prônée dès l’antiquité, ce n’est qu’au XIXe

siècle que certains utopistes

comme Jean-Baptiste Godin9

pensent un habitat collectif et social, géré par la société « Il y a

également un souci permanent des utopistes de la pensée sociale qui voulaient absolument que

les ouvriers émigrant des campagnes vers la ville soient mieux logés10 ». A la tête de ces

changements, un patron paternaliste qui sera au fur et à mesure remplacé par l’Etat et une nouvelle

idée de la politique de l’époque : le socialisme « un Etat fort, prendrait en charge les misères du

peuple11 ». S’ajoute la réalité du terrain : l’insalubrité de l’habitat populaire contre laquelle remédier

pour limiter les maladies et favoriser la croissance. Enfin, le fort exode rural nécessite que le pays

modifie ses habitudes pour s’adapter aux mutations économiques et sociales de l’industrialisation

« au début du XX

e

siècle, la France comptait 31 millions d’habitants dont 22 millions vivaient de la

terre12 ». On entre alors dans l’ère des initiatives privées où des hommes créaient sur leur territoire,

diverses sociétés ou associations de construction et de gestion de logement sociaux. A Saint-Priest,

Théophile Argence ou Charles Ottina13 en sont le symbole.

Les Habitations à Bon Marché

L’une des premières initiatives ayant un retentissement national, est la création des HBM (Habitation

à Bon Marché). Créée en 1889, née officiellement et reconnue d’utilité publique en 1894 lorsque la

loi SIEGFRIED, du nom de son initiateur, entre en vigueur. Cette loi crée les comités départementaux

des HBM, visant à encourager la construction d’habitation bon marché et salubres. A Lyon, l’année

1912 marque un tournant avec la loi BONNEVAY14qui crée les Offices d’Habitation à Bon Marché afin

d’encadrer et uniformiser la construction des logements. Cette même année signe la montée du

municipalisme à Paris, car la loi autorise les municipalités à emprunter pour construire des logements

sociaux. Après la Première Guerre Mondiale, en 1919, le même phénomène touchera Lyon avec le

maire de l’époque Edouard Herriot15

. En 1928, la loi LOUCHEUR16 conforte la réussite de ce projet. En

1938, deux décrets mettent fin à ce régime qui aura vu naître 260 000 logements.

A Saint-Priest, au début des années 1920, avec l’installation des entreprises Berliet et Maréchal, la

ville connait un essor sans précédent et les cités ouvrières ne sont pas en mesure d’accueillir l’arrivée

massive d’employés. C’est ainsi que le 21 juillet 1931, le maire, Théophile Argence17, crée l’Office

Public d’HBM dont il sera le premier Président jusqu’en 1940. Il lance un programme de construction

de 128 logements dont seuls 64, du type HBM seront bâtis entre 1936 et 1938. Suspendu pendant la

guerre, Théophile Argence ne sera pas mesure de relancer son programme de construction.

 

9

Jean Baptiste Godin (1817-1888), industriel, fabricant des appareils de chauffage, disciple de Fourier, il créa la familistère de Guise en

1858.

10 Christian Legrand, op. cit. p.23

11 Ibid.

12 Ibid. p. 30

13 Voir annexe 2

14 Laurent Marie Bonnevay (1872-1957), conseiller municipal de Lyon, député du Rhône, Président de l’Office Départemental d’HLM du

Rhône.

15 Edouard Herriot (1872-1957), maire de Lyon de 1905 à 1957, Président de la Chambre et Président du conseil des Ministres

16 Louis Loucheur (1872-1931), ingénieur et homme politique, Ministre du Travail et de l’armement, de la reconstruction, des finances et du

travail

17 Théophile Argence (1892-1975), maire de Saint-Priest de 1929 à 1940 puis de 1944 à 1945

La reconstruction, le logement provisoire et les programmes spéciaux

La seconde guerre mondiale nécessite des opérations de grande envergure pour reconstruire le pays

et répondre à l’exode rural massif de l’après-guerre. Il fallut lancer de vastes programmes dans

l’urgence, repenser une industrie du bâtiment et ses techniques, sans oublier une administration

centrale facilitant la prise de décision « les collectivités locales étant pour leur part des relais du

pouvoir central sur le terrain18 ». En matière de fabrication et de construction, on met en place toutes

les méthodes et les procédés possibles susceptibles de réduire le prix de revient. Entre 1940 et 1956,

la période dite de la reconstruction, la France construit 785 000 logements.

A Saint-Priest, la crise est telle qu’en 1946, le conseil municipal charge une commission municipale

du logement d’inventorier « les logements inhabités pouvant être réquisitionnés19 ». Les jeunes

ménages comme les nouveaux arrivants ne pouvaient pas s’installer. La situation était telle qu’il fut

même envisagé de construire des baraquements provisoires en bois. Une cité d’urgence (25

logements), fut donc construite en 1954, le long de la rue de l’Abbé Pierre. Démolie en 1979, elle

accueillit les plus démunis.

 

18 Christian Legrand, op. cit. p. 35

19 Conseil municipal du 5 juillet 1946, Archives municipales de Saint-Priest

Les Habitations à Loyer Modéré (HLM) et les grands ensembles

En 1950, le logement social change d’appellation : l’Habitation à Bon Marché (HBM) devient

Habitations à Loyer Modéré (HLM). La loi du 21 juillet 1950 institue un système de primes et de prêts

spéciaux destinés à favoriser la reprise de l’initiative privée. Dès 1955, la France met en place la

politique des grands ensembles pour atteindre son apogée en 1970. Ces programmes, avec de

grandes difficultés dans leur gestion, permettent, seulement en partie, de répondre à la pénurie de

logements « la France n’a pu su gérer sa période du Baby-boom, elle ne sut pas où loger les jeunes

nés après 194520 ». Entre 1958 et 1970, quelques 300 000 à 450 000 logements par an sont

construits. Il fallait non seulement répondre à l’exode des ruraux vers la ville, mais également à

l’urgence provoquée par les destructions massives de la guerre accentuées par une forte immigration

et le retour non programmé des français d’Algérie.

Lyon, comme toutes les grandes agglomérations de métropole, connait une vague de grands

ensembles implantés en banlieue « sur de vastes terrains disponibles sans forcément se soucier à

l’époque du mal vivre que cette concentration créé21 ». L’agglomération voit fleurir les grands

ensembles : les UC à Bron, les Minguettes à Vénissieux, la Duchère à Lyon 9e

, Mermoz à Lyon 8e

et

Bel-Air à Saint-Priest. Ces réalisations ont correspondu aux besoins d’une époque même si d’autres

solutions à plus long termes auraient pu être envisagées et ainsi permis d’éviter certains conflits

sociaux et générationnels.

A Saint-Priest, le 12 avril 1947, Charles Ottina, est élu Président du conseil d’administration de

l’Office Municipal des HBM et le reste jusqu’en 1974. L’action de l’Office est étroitement liée à la

municipalité dont dépend son existence, en effet, si la plus grande part des ressources proviennent

des avances de l’Etat, elles ne sont assurées que si la commune apporte sa garantie à hauteur de 15%

« fournis par cette dernière sous forme de dotations de terrains, de voiries et services divers22 ».

Sous son impulsion, l’activité reprend en 1952 et en 1954, l’office des HBM devenus «Office HLM de

Saint-Priest » entreprend la construction de nouveaux logements. Il sera d’ailleurs, jusqu’en 1961, le

seul à construire des immeubles d’habitation :

- 1954 : cité d’urgence de l’Abbé Pierre, rue de l’Abbé Pierre

- 1954-1956 : 192 logements HLM, Cité du Parc et de l’Esplanade

- 1956 : 50 LOPOFA (logements populaires et familiaux) le long de l’avenue Jean Jaurès

- 1959 : 40 logement HLM, rue Louis Loucheur

- 1960 : 20 logements HLM, 20 rue Gallavardin

- 1961-1962 : 40 logements HLM, avenue de la Gare

A partir de là, les programmes immobiliers mis en route seront sans commune mesure avec ce qui

avait été envisagé précédemment. Finis les « petits projets », il est maintenant question de centaines

de logements. Saint-Priest devient durant une dizaine d’années, un chantier de construction

« pendant ce temps, au village, la vie continue, troublée seulement par le passage des camions qui

défoncent la chaussée23 » :

- 1962 : 50 logements à Edouard Herriot

- 1962-1964 : 300 logements HLM à la Cordière

- 1967-1970 : 741 logements à Bel-Air I

- 1969 : 140 logements PLR (programme loyer réduits) à Louis Braille24

- 1969 : 54 logements-foyers pour personnes âgées

- 1970 : 236 logements PLR à Mansart

- 1972-1975 : 799 logements à Bel-Air II

- 1973 : 76 chambres au foyer pour travailleurs indépendant, rue de la Cordière

- 1977 : 120 logements à la Résidence le Clairon

- 1977 : 560 logements à Bel-Air III

- 1979 : 43 logements PLR rue de l’Abbé Pierre

Saint-Priest a été parmi les premières villes de l’Est Lyonnais, à pouvoir accueillir et héberger dans un

délai extrêmement court, des réfugiés et des familles, dans des appartements confortables avec un

loyer accessible « ce bilan chiffré, dont nous pensons avoir quelque raison d’être fiers

comparativement à l’importante de notre cité, nous le livrons, sans crainte, à votre jugement,

persuadés que peu de municipalités peuvent se prévaloir d’une action aussi soutenue au profit des

familles modestes, des jeunes ménages et des personnes âgées

A cette époque, on considère comme seule solution, au problème de logement, que des logements

collectifs, vite édifiés sur un minimum d’espace et relativement peu chers « ils [les pouvoirs publics]

n’imaginaient pas les difficultés que pourrait, par la suite, générer ce type d’habitat26 ». Saint-Priest

n’a pas fait exception et le maire, grâce à l’Office, entreprit de créer une ville nouvelle. Pour cela, la

ville se dota, dans un premier temps, d’un nouveau centre urbain afin d’unifier les deux Saint-Priest :

le village d’une part et le quartier de la gare et la cité Maréchal de l’autre. L’Office public des HLM

Provisoirement installé au début des années 1960 dans le château, l’augmentation du parc de

logements nécessita la construction d’un nouveau siège administratif. Conçu par le Cabinet Thiollier,

il sera installé au cœur des nouveaux ensembles sur le plateau de Bel-Air, au pied de la Cordière. Il

est inauguré le 21 juin 1975 en présence du Préfet de Région Pierre Doueil, et le maire Marius Joly.

De nombreuses personnalités sont présentes dont le Président de l’Office, le Docteur Rossez et la

Directrice, Marie Josette Hermelin. Le tout nouvel Office dispose d’un Service administratif, d’un

service technique, d’un service de surveillance ainsi que d’une équipe d’ouvrier assurant l’entretien

courant et les réparations les plus urgentes Au seuil des années 90, les préoccupations se déplacent : il faut développer l’entretien des

immeubles, poursuivre les réhabilitations qui avaient démarré dès 1978, et se rapprocher du

locataire pour mener à bien ces projets. C’est ainsi que quatre antennes techniques décentralisées

sont créées dont une se trouve toujours au 2 rue du 8 mai 1945. Une commission mixte est

également mise en place intégrant les représentants des associations de locataires et les

administrateurs : elle deviendra le Conseil de Concertation Locatif. Le locataire est désormais un

partenaire permanent de l’Office dans l’ensemble de ses activités.

En 1997, l’Office

Public des HLM

devient Porte des Alpes Habitat. En 2014, Porte des Alpes Habitat et Villeurbanne Est Habitat ne font

plus qu’un, sous le nom d’Est Métropole Habitat. Le rapprochement de ces deux organismes,

porteurs de valeurs communes a pour objectif d’accroître la capacité d’intervention et de renforcer

l’efficacité auprès des habitants. Est Métropole Habitat revendique aujourd’hui un patrimoine de

plus de 15 000 logements sur les communes de Villeurbanne, Saint-Priest, Vaulx-en-Velin, Mions,

Décines, Saint-Genis-Laval, Vénissieux, Sérézin-du-Rhône, Meyzieu, Saint-Symphorien-d’Ozon, SaintFons et Bron.

Présentation du plateau de Bel-Air, La Cordière, Ménival

E quartier situé à l’est de la commune de Saint-Priest est le plus important groupe d’habitat

social de la commune. Avec ses 12 000 habitants, rien que Bel-Air représente plus de 25% de

la population communale. Cet ensemble a été construit par phases successives entre 1964 et

1978 sur une surface de cent hectares.

En 1964, le nouveau visage de la ville se dessine avec ces immeubles remplaçant peu à peu les prés

et les champs. Le premier ensemble, celui de la Cordière, n’était que le prélude d’un vaste

programme d’habitation dont Bel-Air et Ménival font partie « le procédé Pascal27 […] va permettre en

particulier d’édifier en un temps record les quatre groupes de Bel-Air et de Ménival, soit 700 à 800

appartements chacun. Ainsi ne faudra-t-il guère plus de deux ans pour qu’un groupe soit terminé à

Bel-Air @ « Les trois Bel-Air »29

Après l’achèvement des 300 logements de la Cordière, dès 1965, l’Office municipal veut

entreprendre immédiatement le nouveau programme de Bel-Air I. Mais les finances de l’Etat ne

permittent d’obtenir les premiers crédits qu’en 1967 grâce à la ténacité du Maire Charles Ottina. A

partir de ce moment-là, les travaux avancent rapidement, début août 1968 les 116 logements de

l’ensemble A étaient occupés et à la fin de cette même année, ceux de l’ensemble B étaient en voie

de l’être. La livraison des premières tours, destinées aux jeunes ménages et aux retraités – les seules

à comporter 3 pièces – se fera dans la foulée. En 1970, les HLM peuvent ainsi disposer de 738 logements à Bel-Air I. Les premières locations sont

réservées en priorité à deux types d’occupants : d’abord les fonctionnaires municipaux et ensuite le

personnel desentreprises qui avaient participé à la construction et envers lesquels l’Office « avait une

dette ». Dette dont ils doivent s’acquitter en proposant des logements à leurs salariés. Aussi les

appartements de Bel-Air furent d’abord attribués à des instituteurs, des employés de la Mairie, des

agents de l’Etat et à des personnels des 47 entreprises concernées. La deuxième tranche du

programme de Bel-Air II avec ses 780 logements verra le jour en 1972. Elle aussi sera achevée en

deux ans et comportera des appartements allant du studio au F5. Enfin en 1977, débute la dernière phase du projet. Séparé des deux autres groupes par un grand

champ, que son propriétaire refusa de vendre mais, qui inscrit au cœur de la cité un important

espace vert, Bel-Air III offrira ses 632 logements. La population de ce troisième groupe compte un

pourcentage de classes moyennes et de cadres bien supérieur à celui des deux autres ensembles. De

plus, une petite décennie sépare Bel-Air I de Bel-Air III et pourtant le traitement des espaces n’est

pas le même, preuve que les leçons du passés ont été retenues. Tirant sans doute les leçons des inconvénients manifestes des Alpes et de Bellevue dans le domaine

des espaces verts, Ottina et la direction de l’Office auront le souci d’aménager autour des immeubles

de Bel-Air des aires de jeux et de verdure « pour être harmonieux et agréable à vivre, un ensemble de

logements doit aussi être conçu pour faciliter la vie familiale. C’est ainsi que sont créés, ou en cours de

création dans les nouveaux groupes, les commerces de première nécessité qui procurent à la mère de

famille la possibilité de s’approvisionner à proximité de son domicile. C’est aussi pourquoi tous les

ensembles HLM sont dotés d’abords d’importants, aménagés en espaces verts et en espaces libres,

avec terrains de jeux pour les petits et les plus grands ». Bel-Air III marque ainsi la fin des grands ensembles immobiliers à Saint-Priest, la municipalité ayant

décidé, dès 1973, de freiner l’urbanisation de la ville. En effet, toutes ces constructions nécessitent

également la mise en place d’un environnement de services de toute nature : commerces allant de

l’alimentation à la pharmacie, écoles, terrains de sport, centres médicaux, sociaux, culturels, etc.

Sans parler de toutes les infrastructures dont la ville assumera la charge en même temps que

l’éclairage public « lorsqu’on veut l’expansion d’une cité et que tout est à faire, des choix s’imposent.

Les priorités données au problèmes fondamentaux : logement, eau, voirie, assainissement, écoles,

équipements sportifs, ont un sens social31 ». Quant aux transports, ils resteront longtemps un des

points faibles du secteur « ce problème, particulièrement important, déborde bien entendu le cadre

local32».

Les ILN (immeubles à loyer normalisé)

En même temps que se termine Bel-Air I, deux petits immeubles ILN de 60 à 10 appartements

destinés aux familles plus aisées sont aussi en voie d’achèvement sur le site. Ces appartements, d’un standing supérieur à celui des HLM ordinaires, devaient permettre de reloger les foyers dont les

revenus dépassaient le plafond prévu pour bénéficier des HLM, plafond qui avait été abaissé de 10%

en 1968, par décision du ministre Albin Chalandon. Le maire Charles Ottina habitera dans un de ces

ILN. Le petit nombre de logements proposé ne suffira pas à résoudre le problème de dépassement de

ressources et les HLM seront contraints, malgré leurs réticences, à appliquer des surloyers.

Les PLR (programme à loyer réduit)

Même avec la baisse des 10% du plafond de ressources, les HLM restaient cependant inaccessibles à

des nombreux foyers très modestes qui ne pouvaient assumer le montant des loyers, pourtant plus

faibles que ceux du privé. C’est à leur intention que le gouvernement envisagea la possibilité d’édifier

des immeubles dont les coûts de revient, inférieurs à ceux des HLM, permettraient de loger les

familles les plus pauvres, moyennant une participation financière réduite. Une diminution des coûts

implique une évidente diminution des surfaces et de la qualité. Malgré tout, ces PLR, rappelant les

anciens LOPOFA, pouvaient offrir des logements corrects avec chauffage collectif.

L’office municipal entreprend leur réalisation, dès août 1969, pour répondre aux besoins des

personnes à petits revenus ou encore des ménages sans allocation logement. Deux groupes PLR

furent ainsi édifiés très rapidement autour de Bel-Air, l’un au nord, le groupe Braille-les-Longes avec

140 appartements, l’autre au sud, le groupe Mansart, en 1970, avec 236 logements. Quelques

années plus tard, en 1974, aux abords de l’ancienne cité Maréchal, rue des Glaïeuls, 55 PLR seront

aussi mis en location.

Si l’on ajoute cela aux chiffres déjà cités, on constate qu’entre 1967 et 1977, les HLM de Saint-Priest

ont ainsi mis à la disposition des habitants le chiffre impressionnant de presque 3 000 logements.

Malgré tout, au cours de ces années, l’activité des promoteurs privés n’est pas ralentie, avec tout

d’abord l’achèvement de Bellevue et la construction d’Alpes Azur et surtout, voisine de Bel-Air, celle

de Ménival, puis de la résidence de Saythe.

L’accession à la propriété

Suite à la réalisation réussie des logements sociaux, l’expérience se poursuivit en favorisant

l’accession à la propriété « elle paraissait être un moyen privilégié pour élever le statut social des

personnes à revenus modestes33 ». Pour cela, il fallait associer les représentants des organismes

susceptibles d’apporter les compléments de financements, comme la Caisse d’Epargne de Lyon, le

Crédit Foncier, la Caisse d’Allocation Familiales, la Préfecture du Rhône. Le domaine Ménival de Lyon

5

e

fut la première opération lancée et devant son succès, une autre opération fut lancée à SaintPriest. Suivant le même montage, 831 logements furent construits par la même équipe d’architectes

dont Charles Delfante34 « il faut noter que l’Office HLM de Saint-Priest a été l’un des premiers

organismes de la région, et le premier de la COURLY à lancer des opérations d’accession à la

propriété» Ménival les Gravières36 (construit entre 1966-1969) a été élaborée dès la conception en prenant en

compte l’utilisation de la préfabrication lourde à partir d’éléments finis fabriquées en usine. L’emploi

de ce procédé permet une économie importante sur la main d’œuvre et une rapidité d’exécution

spectaculaire. On peut regretter l’uniformité des plans et une répétitivité systématique des façades

mais, à l’époque, c’est un exploit. Plusieurs chantiers suivirent dont 437 logements à Plaine de

Saythe37 (1970-1973) ou encore le Clairon (1977) avec 71 logements sur 120 en accession de

propriété. Composition, situation et typologie du groupe38

Cet ensemble est composé de 3 659 logements dont 2 985 sont en gestion locative sociale. Le parc

HLM est la totale propriété de l’office municipal de Saint-Priest. Ces habitations sont désormais

désenclavées par la construction de la rocade est de Lyon qui leur confère le statut d’entrée

privilégiée de la ville. Par ailleurs, elles bénéficient de la proximité du parc de loisirs du fort. Ces

immeubles répondent tout à fait aux critères de composition urbaine et typologique des

constructions issues des années 1960-1970 avec des tours et des barres semblables aux autres cités

de l’agglomération. Toutefois, ils disposent d’espaces centraux libres relativement importants et

agréables qui offrent certains aspects des cités jardins39. Chaque groupe bénéficie également de ses

propres commerces, d’un groupe scolaire et d’une crèche40

:

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces Bel-Air I (rue de Bel-Air)

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1977 : ouverture d’un crèche familiale (10 rue du 8 mai 1945)

1977-1978 : construction GS Bel-Air III - Pablo Neruda

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte

échelle) et de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas) L’objectif est de créer au sein de la ville, des ensembles indépendants offrant des services de

proximité. A cela s’ajoute des équipements d’utilité publique améliorant la qualité de vie des

habitants :

1968 : construction de la clinique privée

Pasteur

1969 : construction du Foyer Logement pour

Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médicosocial au 10 rue de Bel-Air

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des

Pompiers de Bel-Air41

1977 : ouverture du Centre social Louis Braille

1982 : le restaurant scolaire François Mansart

est aménagé pour devenir un local associatif

La réhabilitation de la cité

A partir des années 1980, le parc HLM vieillissant, il devient urgent d’entreprendre des travaux. Dès

1985, des petits travaux sont réalisés mais ce n’est qu’à partir de 1989 que les actions du DSU-DSQ

(développement social urbain et le développement social des quartiers) permettent de répondre à une

première crise. Puis l’Office, commence la réhabilitation de son parc qui ne cesse d’augmenter. Les

travaux de Bel-Air seront parmi les tous premiers entrepris et durent encore.

n 1982, le rapport Dubedout « Mieux vivre en ville » engage les pouvoirs publics dans une

politique de renouveau des quartiers les plus démunis à la limite de l’isolement. La mise en

place du DSQ a permis de rompre le cercle vicieux et, comme à Saint-Priest, de faire revenir les

classes moyennes. Le développement social urbain est né avec les contrats de ville, il « constitue

l’acte d’engagement par lequel les collectivités et l’Etat décident de mettre en place un programme

pluriannuel de développement social urbain à l’échelle de l’agglomération ou d’une commune42

». Il

permet de réintégrer au sein de la ville les quartiers par des opérations d’ordre :

- Spatial : traitement des espaces, des désenclavements ;

- Social : politique de peuplement

- Fonctionnel : circulation et communication

Le contrat de ville devient la procédure unique de définition et de mise en œuvre de la politique du

DSU. Celui-ci a aussi pour objectif de centraliser et de coordonner toutes les autres procédures de

développement social urbain en lien permanent avec habitants notamment au travers des

questionnaires et des réunions de concertation comme cela fut et est toujours le cas à Bel-Air.

A Saint-Priest, lorsque Bruno Polga43 devient maire, la ville avec plus de 42 000 habitants, comme

toutes les villes en périphérie de Lyon, rencontre des problèmes avec son ancien parc HLM. Malgré

son nouveau centre-ville, Saint-Priest ne semble pas trouver son identité tandis que le village n’est

qu’un lieu de passage. Les grands ensembles comme Bel-Air, faute d’entretien, se dégradent peu à

peu. Plusieurs axes vont alors être développés afin de corriger les erreurs du passé : redonner un vrai

centre-ville, décloisonner les différents quartiers, améliorer les axes de circulation, accroître les

transports en commun et créer de nouveaux équipements. Il faut également aider les quartiers

défavorisés en luttant contre le chômage et amplifier l’activité économique et la formation

professionnelle. Saint-Priest possédait, et possède toujours, une position au carrefour d’axes

importants favorisant l’installation d’entreprises permettant la création de nouveaux emplois.

Si pendant son premier mandat (1983-1989) Bruno Polga s’est concentré sur le centre-ville avec les

projets Banlieue 89 et la ZAC Mozart - Carré Rostand, son second mandat (1989- 1995), porte sur la

résolution du problème des logements sociaux dont les Alpes, Bellevue et Bel-Air. L’un des chantiers

le plus important est celui de la réhabilitation des immeubles de Bel-Air I et II « avec la reprise

complète de l’espace urbain et l’installation d’équipements44 ». La rénovation des plus anciens a été

entreprise dès 1986 – Édouard Herriot, Diderot et la Cordière – mais ceux de Bel-Air, plus récents se

dégradent eux aussi. Bel-Air III, normalement entretenue, souffre de cette proximité. D’ailleurs, il est nécessaire dès 1985, d’effectuer des travaux urgents à Bel-Air I et II : réfection des peintures dans les

allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres, etc. Ce n’est qu’en 1989 que deux

premiers bâtiments, rue du 8 mai, sont restructurés (F4 et F5 en F2 et F3). Dans le même temps, en

1990, le Développement social des quartiers de Bel-Air est lancé en collaboration avec l’Etat, la

Région, la COURLY, la ville et l’Office « il s’agit d’un programme destiné à améliorer la vie dans les

quartiers densément peuplés […] avec ses 3 000 logements sociaux, Bel-Air est choisie pour une

rénovation sociale, de l’habitat et de l’environnement Il s’agit d’une réorganisation spatiale et une recomposition interne des sous-quartiers « durant ces

quarante dernières années, différents projets urbains vont s’inscrire dans cette logique de reconnecter

les éléments46 ». Il s’agit, entre autre, d’aménagement des équipements comme la Maison de

Quartier Claude Farrère47 ou la MJC -Maison des Jeunes et de la Culture- Jean Cocteau. Une

redéfinition des espaces verts a permis de rééquilibrer les besoins en matière de zones d’évolution,

de zones de parking et de voies de circulation comme par exemple la suppression des impasses, la

création de nouvelles artères plus larges et de ronds-points pour relier les ensembles. En parallèle de

ces opérations, l’Office procède à la réhabilitation du bâti, ce qui a eu pour effet, d’attirer de jeunes

ménages et les personnes âgées dans les petits logements « un architecte différent intervenait à

chaque fois, rencontrant régulièrement les locataires pour connaitre leurs souhaits, discuter avec eux

des priorités à établir et choisir la couleur des allées, des façades. Cette diversité permit d’éviter l’uniformité des bâtiments 48». La réhabilitation des logements : maçonnerie, étanchéité, réfection de

plusieurs allées sur Bel-Air II, renforcement des portes de caves, des travaux de chaufferies,

éclairages des halls d’allées et des bâtiments de Bel-Air I et II, est accompagnée de la mise en place

de services et de commerces. De manière plus précise :

1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1987 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement

une maison de quartier

1992 : prolongement de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : inauguration de la maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1994 : inauguration de la MJC (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés »

(EHPAD ex MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : extension du centre social Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs impliquant la démolition de logements et création de nouvelles

voies de circulation

2018 : Inauguration de la Maison de Quartier Claude Farrère réhabilitée

2018 : inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino,

joueuse internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit

prince de Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM Et Aujourd’hui ?

Aujourd’hui49

, malgré tout, le plateau reste confronté à de nombreuses difficultés d’ordre culturel ou

générationnel entre les habitants de ces divers quartiers. Ces tiraillements ont fortement alourdi la

réhabilitation sociale de la cité. Cependant le plateau de Bel-Air dispose de larges terrains et espaces

vierges qui servent de lieux de libre expression. La population est relativement jeune, la taille des

ménages est moyenne et parmi les ménages allocataires de la CAF, un quart sont des familles

nombreuses. La vacance des logements est faible. Les logements en copropriétés sont

essentiellement occupés par leurs propriétaires. Les appartements de 4 ou 5 pièces sont les plus

nombreux. Le taux d’activité est élevé du fait de la proximité de zone industrielles ou artisanales et

de la zone de chalandise de la « la Porte des Alpes ».

Au final, si l’on prend en compte le taux d’occupation moyen de 2.5 personnes et un taux de

rotation de 10%, on peut dire que depuis 1964 c’est l’équivalent de la population actuelle (45 000

personnes) qui a été logée sur le plateau de Bel-Air @ 1964 : construction de la Cordière (260 logements)

1966-1969 : construction de Ménival (831 logements)

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1968 : construction de la clinique privée Pasteur

1968-1970 : construction de Bel-Air I (738 logements)

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces rue de Bel-Air

1969 : construction du Foyer Logement pour Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médico-social au 10 rue de Bel-Air

1969 : construction de 10 logements ILN (Immeuble à Loyer Normalisé) rue du 8 mai 1945

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

Février 1970-1973 : construction de la résidence de Saythe

1970 : construction du gymnase François Arnaud

1970 : construction HLM Louis Braille (140 logements)

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1972-1975 : construction de Bel-Air II (779 Logements)

1973 : construction collège Boris Vian

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1975 : inauguration du siège de l’Office public HLM en présence du premier ministre Reymond Barre

(créé en 1960 et installé au château)

15 juin 1976 : achat par les habitants de la copropriété Ménival-les-Gravière du Centre Social

1977-1978 : construction de Bel Air III (560 Logements)

1977 : ouverture du centre Social Louis Braille

1977 : ouverture d’une crèche familiale au 10 rue du 8 mai 1945

1977 : construction HLM du Clairon

1977-1978 : construction GS Bel Air III - Pablo Neruda (frise par Siesla, artiste Lyonnais)

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte échelle) et

de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas)

1978 : construction de la cuisine centrale à Bel Air I

1978 : construction d’un local au 25 bis rue Claude Farrère qui servira de restaurant scolaire et de

Maison de Quartier.

1980 : disparition des dernières fermes du Clairon

1980 : construction école privée Jeanne Arc

1982 : le restaurant scolaire François Mansart est aménagé pour devenir un local associatif

1983 : construction lycée d’enseignement professionnel Fernand Forest 1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1986 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments à Bel-Air I, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : fermeture de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement une

maison de quartier

1992 : ouverture de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1993 : construction du Lycée général Condorcet

1993 : inauguration de la Maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1994 : inauguration de la Maison des Jeunes et de la Culture (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés » (EHPAD ex

MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : fermeture de la clinique Pasteur

22 mars 2009 : extension du CS Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs et création de nouvelles voies de circulation

2016-2017 : démolition de l’Office HLM et transfert rue Maréchal Leclerc

2017 : fermeture de l’Agence ANPE (départ pour la rue Aristide Briand)

2018 : réhabilitation de la Maison de Quartier Claude Farrère

2018 : Inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino, joueuse

internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit prince de

Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM

Charles Ottina, « le Bâtisseur »51

Maire de Saint-Priest entre 1949 et 1972, Charles Ottina domine durant quatre mandats consécutifs

la vie publique locale. L’auteure, Christiane Roussé, dit de lui qu’il fut « le bâtisseur » qui donna au

Saint-Priest d’aujourd’hui ses particularités : une cité cosmopolite et dynamique.

Né en 1902 à Lyon, Charles Ottina sort ingénieur de l’école de Cluny et

fut pendant 27 ans au contrôle des fabrications d’armement. Marié à

une San-Priote, ils habitent longtemps dans une maison de location au

bas de la Grande rue du village - face à l’actuelle Caisse d’Epargne -

avant de s’installer dans le nouveau quartier de Bel-Air dans un ILN,

rue du 8 mai 1945.

Charles Ottina débute sa carrière politique dès 1935, en tant que conseiller municipal de Théo

Argence. Ulysse Cœur le choisit comme adjoint dix années plus tard. Investi sur tous les fronts, il

devient en 1947 président du conseil d’administration de l’Office d’HLM et en 1969 vice-président de

la COURLY (aujourd’hui Métropole de Lyon).

En 1949, élu maire, il commence la

transformation de Saint-Priest. Il dote la ville

de toutes les infrastructures nécessaires à une

ville en pleine expansion : 2 500 logements

HLM, 3 stades, une piscine, 2 bureaux de

postes, 11 écoles, 2 collèges, un réseau

d’assainissement, la cité résidentielle Edouard

Herriot, etc. Il transforme la bourgade de 5

600 habitants en une ville de 34 000. Il gère

grâce à sa forte personnalité la municipalité

« comme un patron ». Si certains décrivent

une personnalité autoritaire, il conquit le

cœur des San-Priots et son successeur, Marius

Joly, en fit une fidèle description : « c’était

avant tout un homme d’action et ce trait est

bien celui qui s’impose à l’évidence dans sa

personnalité pourtant si riche. Les difficultés, loin de le rebuter, fouettaient son énergie, sa volonté,

son acharnement. Rares sont les obstacles qui n’aient pas cédé devant sa détermination ».

Pour des raisons de santé, il quitta son poste le 21 octobre 1972. La maladie l’emporte le 16 juin

1974, quelques mois après le décès de son épouse Jeanne. Bruno Polga, le visionnaire52

Né dans une famille Italienne en 1935 à

Vénissieux, Bruno Polga est venu vivre à

Saint-Priest à l’âge de 2 ans. Habitant

avec ses parents à la cité Rosset, il sera

tout particulièrement sensibilisé au

problème de logement social. Il suivra sa

scolarité à l’école de la gare, dès 1940,

jusqu’à son certificat d’étude qu’il

obtient en 1949. Diplômé d’un CAP

d’ajusteur en 1952, il mènera une

carrière de dessinateur industriel

jusqu’en 1972, date à laquelle il crée

son entreprise de négoce.

Très tôt, Bruno Polga fait preuve d’engagement notamment auprès de la CGT, qu’il intègre dès son

entrée dans la vie active. Puis, il entre dans la vie politique, en 1966, en devenant le président du

premier club socialiste de la ville. C’est d’ailleurs à cette époque qu’il rencontre François Mitterrand,

leader de ce nouveau mouvement. En 1977, après la victoire de la gauche unie aux élections

municipales, il est choisi comme premier adjoint de la ville de Saint-Priest. En 1983, il est élu maire de

la commune jusqu’en 2003, date à laquelle il s’était engagé à démissionner.

A l’origine du nouveau centre avec le projet Banlieue 89, il s’occupe également du centre historique

avec la réhabilitation de l’ancienne mairie et du Château. Sans oublier le logement social dont il

lancera un vaste programme de réhabilitation. Dans la lignée de Théo Argence et Charles Ottina, il a

durant 20 années, continué d’équiper la ville dans les domaines sociaux, culturels, sportifs,

transports et petite enfance pour la transformer en cité moderne. Conscient des erreurs du passé, il

mena une politique marquée par l’acquisition de réserve foncière pour pouvoir contrôler le

développement de la ville « afin d’apporter une réponse concrète aux problèmes posés par

l’urbanisme sauvage des années 60 ». Il souhaite préserver les parcs, des jardins et des lieux de vie

qu’il considère comme « un patrimoine à part entière ». Très critiqué, ce choix se révéla judicieux

puisqu’il permit à la ville de choisir son développement. La caserne des pompiers de Bel-Air53

L’histoire des pompiers de Saint-Priest commence en

1884 avec la création de la société de secours et l’achat

d’une première pompe à incendie par un groupe de

pompiers libres. Située au village, la société acquiert

trois autres pompes : pour Manissieux, la Fouillouse et

la Grande rue. Si, dès 1933, les casernes lyonnaises se

professionnalisent, ce n’est qu’après la guerre en 1947,

que la commune, dans le cadre de la création du S.D.I.

du Rhône, est rattachée au centre de secours de Lyon

« les volontaires et leurs pompes à bras disparurent

complétement » (Jacques Périer, historique des

Sapeurs-Pompiers du Rhône).

D’abord une volonté de l’Etat-Major souhaitant améliorer les secours dans ce secteur, la ville

autorise en 1970 la création d’une caserne provisoire au cœur du nouveau quartier de Bel-Air, place

du 8 mai 1945, au bout de la rue du même nom qui n’est alors qu’une impasse. Inaugurée le 8 mars

de la même année, la nouvelle caserne de la 5e

compagnie professionnelle permet d’accueillir jusqu’à

70 pompiers professionnels. Elle se compose d’un garage, de deux bâtiments abritant des locaux

techniques et de 20 chambrées destinées à accueillir les pompiers de garde. A cela s’ajoute les 19

appartements, mis à disposition par l’office HLM, du 26 et du 28 rue du 8 mai 1945 réservés aux

officiers et sous-officiers. La caserne sera opérationnelle jusqu’en 1991, date à laquelle la compagnie rejoindra les bâtiments

des ateliers généraux, installés depuis 1985, rue du Dauphiné. Aujourd’hui, il ne reste qu’un noyer, à

côté de la maison médicale, marquant l’ancienne limite de la caserne. Les mini-crèches54

Si en 1972 une première halte-garderie s’installe rue de Bel-Air, puis en 1977 une crèche familiale au

10 rue du 8 mai 1945, ce n’est qu’en 1978 que la municipalité prend conscience de la nécessité

d’offrir un lieu pour les plus jeunes. Décidée par le maire Louis Gireau (1977-1983), la création de

crèches s’inscrit dans un grand projet de modernisation des structures d’accueil de la ville :

l’ouverture de trois mini-crèches municipales dont deux à Bel-Air, intermédiaire entre la crèche

familiale et la crèche collective, sont installées dans des locaux plain-pied « pour que les enfants

puissent jouer à l’extérieur, dans un jardin facilement accessible55 » et rattachées au Bureau d’Aide

Sociale au 1er Janvier 1979. Il s’agit des mini-crèches de l’Edelweiss – aujourd’hui 3 Petits Pas – et

celles de la Clairière – aujourd’hui Courte Echelle. La Clairière sera la plus grande des trois minicrèches car elle accueille également le centre administratif des trois établissements dirigés par Mme

Gineste et sa secrétaire Mme Michelle Corbet.

Elles ont été inaugurées le 5 décembre 1978, en compagnie du Maire de Saint-Priest, M. Louis

Gireau, par M. Pierre Mauroy, député-maire de Lille et Président du Conseil Régional Nord-Pas de

Calais entouré d’une centaine d’invités dont M. Franck Serusclat, sénateur-maire de Saint-Fons et

Joseph Sibuet, conseiller général du canton, En 1988, le système des mini-crèches ne permet plus de répondre à la demande croissante de la

population. Saint-Priest décide de créer trois « Maisons de la petite enfance » doublant ainsi les

capacités d’accueil des tout-petits. La première dans le quartier des Garennes, les deux autres sur le

plateau : Bel-Air I –aujourd’hui Courte Echelle - et Rue Claude Farrère – aujourd’hui 3 Petits Pas.

L’ensemble des aménagements intérieurs sont réalisés à partir des travaux du Professeur Hubert

Montagnier (psychophysiologiste dans le champ du développement, du comportement et des

rythmes de l’enfant). Les maisons de quartier Claude Farrère et le local associatif

François Mansart

Le développement des Maisons de Quartier est avant tout le projet d’un Maire, Louis Gireau (1977-

1983) qui souhaite offrir un lieu d’accueil pour les différentes activités des habitants de chaque

quartier.

La Maison de Quartier Claude Farrère

Elle est installée au cœur de Bel-Air II dont les derniers bâtiments voient le jour en 1974. Un premier

local est construit au 25 bis rue Claude Farrère dans le cadre des « m

2

sociaux » que doivent compter

tout programme HLM. Avec comme première utilisation, l’accueil du restaurant scolaire de l’école

Claude Farrère, il faut, ensuite, un local d’activité pour les jeunes. Le bâtiment mesure alors 152 m2

et comprend une partie administrative et une partie « atelier espace de jeux-réunions ».

En 1992, la mairie décide de rénover et d’agrandir le bâtiment pour qu’il devienne une Maison de

Quartier à part entière. Elle offre dorénavant 300m2 supplémentaires d’activité aux enfants et aux

jeunes du quartier : une grande salle de festivité, une cuisine équipée, un espace atelier réunion, une

antenne du Bureau Information Jeunesse, un espace jeu et le bureau des associations ainsi qu’un

amphithéâtre aménagé à l’extérieur permettant d’organiser des mini-concerts, des pièces, etc. Elle

est d’abord gérée par le CPNG puis par la fédération Léo Lagrange à partir de 1999.

En 2017, d’importants travaux de réhabilitation et d’aménagement extérieurs furent réalisés comme

la réfection des salles d’activités, le transfert de l’accueil, la mise en accessibilité, l’installation d’une

nouvelle aire de jeux et la création d’un cheminement piéton pour renforcer le lien avec l’école

voisine. Elle est ré ouverte depuis janvier 2018. Le local associatif François Mansart

Tout comme Claude Farrère, le local François Mansart est à l’origine destiné à accueillir le restaurant

scolaire de l’école du même nom. Au fil des ans, son utilisation évoluera pour être un lieu où se

retrouvent les associations et même un relais d’assistante maternelle. Il porte depuis l’été 2018, le

nom de l’espace Bulle d’air Mansart afin de « marquer l’évolution de ce local devenu avec le temps un

véritable lieu de ressourcement pour les enfants, les familles et les assistantes maternelles @ La maison des jeunes et de la culture

La création de la MJC est avant tout un désir de la

municipalité souhaitant mettre à disposition du

Groupement des Jeunes une salle dans l’étage supérieur

du Château. Le foyer des jeunes sera inauguré en février

1961. L’année suivante deux salles supplémentaires sont

mises à disposition afin de créer une bibliothèque et une

salle d’activité. C’est le 4 décembre 1963 que

l’association de la MJC parait au journal officiel.

En 1992, avec plus de 700 adhérents, le manque d’espace devient une contrainte et le besoin de

s’agrandir une nécessité. Après concertation, le site de Bel-Air est retenu et le projet est inscrit dans

le cadre du développement social des quartiers (DSQ). Située en son cœur, sur l’esplanade centrale

de Bel-Air, dans l’axe de la tour 104 et de la rue du 8 mai 1945, la MJC a été conçue par l’équipe

d’architecte Ferrand-Sigal : construit sur un seul niveau, en surplomb d’une grande esplanade, cet

équipement est une articulation de plusieurs volumes autour d’un jardin intérieur, avec une galerie

reliant les différentes salles. « Ni bâtiment signal, ni prouesse architecturale57 », l’équipe n’a pas

voulu concevoir un bâtiment monolithique marquant mais plutôt un ensemble de volume, divers et

articulés, à l’image des multiples fonctions de la nouvelle MJC.

En février 1993, la première pierre de l’édifice est posée, mais il faut attendre juin 1994 pour que le

chantier se mette en route « nous avons voulu faire une construction adaptée aux différents

programmes d’activités, en travaillant sur l’éclatement des volumes autour d’un patio central qui joue

le rôle de partie publique, un peu comme les cours ou les traboules du vieux Lyon, chargée d’une forte

vie intérieure » raconte Michel Ferrand l’un des architectes. D’un coût de 13 millions de francs et d’une surface de 1 180 m2, elle est destinée à participer

pleinement au développement social du quartier et de la ville. Pour cela, le projet d’origine prévoyait

l’ouverture du bas de la Tour 104 afin créer une perspective ouvrant sur le quartier. Le toit de la MJC

se finissait par une flèche indiquant la direction de rue du 8 mai 1945. Malheureusement, la structure

de la Tour ne pouvant supporter une modification si importante, le projet fut annulé. La MJC

conserve aujourd’hui les traces de cette flèche dont la pointe a été coupée pour des raisons de

sécurité. Le centre social Louis Braille58

Ouvert en 1977, le centre social Louis Braille doit sa naissance à la volonté des habitants de Ménival.

En effet, c’est au cours de l’Assemblée Générale du 14 mai 1975 que les habitants de la résidence

Ménival-les-Gravières décident la construction du Centre social dont ils font l’acquisition le 15 juin

1976. Fondée officiellement le 25 février 1976, l’association pour la gestion du Centre Socioculturel

du quartier de Ménival-les-Gravières regroupe l’amicale de Ménival fondée en 1968 par les résidents,

la confédération syndicale du Cadre de vie et d’autres associations du quartier. Son premier

président, M. Francois Neumand, entreprend des démarches auprès de la Caisse d’allocations

familiales et des services sociaux de la mairie pour aider au financement et à l’établissement des

statuts afin que le centre ouvre au plus vite en décembre 1977.

Le centre social Louis Braille est rapidement victime de son succès. Comptant à la fin des années

1990 plus de mille adhérents, les locaux de son unique bâtiment deviennent étroits et il est

nécessaire de construire de nouveaux locaux, juste à côté, rue Louis Braille. Ouvert en mars 2000, il

est agrandi en 2009. De l’ancien bâtiment, il ne reste aujourd’hui qu’une trace au sol. Bibliographie

Alexandre Scavo, Naissance de la MJC dans la période de formation de la ville de Saint-Priest 1962-

1975, 2017, 516 p.

Alexandre Scavo, Spécificités paysagères et architecturales du quartier de Bel-Air, Saint-Priest, 2018,

7 p.

Bruno Polga, Liberté, Egalité, Fierté, un parcours atypique, Musnier-Gilbert éditions, Bourg-en-Bresse,

2014, 143 p.

Cercle Iulius Victor, Premières Journées d’Histoire en Velin au château de Saint-Priest les 20 et 21

novembre 1999, public imprim, Vénissieux, 2001, 160 p.

Cercle Iulius Victor, Saint-Priest, transformations urbaines anciennes et récentes, Revue d’histoire de

Saint-Priest n°6, Cercle Iulius Victor, 2015, 64 p.

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973,

135 p.

Christian Legrand, Le logement populaire et social en Lyonnais (1848-2000), Lyon, éditions aux arts,

2011, 486 p.

Christiane Roussé, Saint-Priest ville mosaïque (1945-1980), PUL, Lyon, 2000, 349 p.

Jacques Perrier, Histoire des Sapeurs-Pompiers du Rhône, AGB création, Couzon, 400 p.

Les amis du vieux Saint-Priest, La San-Priode, Saint-Priest, histoire et vieilles chroniques, Editions Alan

Sutton, Grande Bretagne, 2004, 254 p.

Lucien Charbonnier, Histoire de Saint-Priest en Velin, des origines à 1789, éditions Bellier, Lyon, 1990,

138 p.

Raymond Debuire, Saint-Priest au fil du temps, les amis du vieux Saint-Priest, La San-Priode, SaintPriest, 2013, 558 p.

Union des Sociétés Historiques du Rhône, Saint-Priest et sa région, actes des journées d’études 2002,

Lyon, 2003, 158 p. www.ville-saint-priest.fr/fileadmin/fichiers/Archives-mun...

  

Le logement populaire et social en Lyonnais 1848 - 2000 Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invite à suivre cette aventure laborieuse, lente et parfois heurtée mais surtout, de toujours, passionnée. Le logement populaire et social en Lyonnais de 1848 à 2000 aborde en quatre parties tous les aspects technique, urbanistique, architectural, économique et sociologique de ce secteur : 1- Approche historique sur le logement populaire et social en France, sa réglementation et ses grands types d'interventions 2- Etude des bases historiques et territoires sociaux lyonnais 3- Les actions, acteurs, opérateurs et partenaires du logement social 4- Conclusions analytique et prospective sur le logement social à Lyon Cet ouvrage très illustré et avant tout historique traite également les aspects actuels du logement social et projette dans le futur quelques réflexions et idées d'aménagement.

Aborde les aspects techniques, urbanistiques, architecturaux, économiques et sociologiques du logement. Avant tout historique, c'est aussi une projection dans le futur de quelques réflexions et idées d'aménagement.Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invi

Le logement populaire et social en Lyonnais 1848-2000 Broché – 1 décembre 2001 de Christian Legrand (Auteur), Krzystof Pawlowski (Auteur), Bruno Voisin (Auteur) Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invite à suivre cette aventure laborieuse, lente et parfois heurtée mais surtout, de toujours, passionnée. Le logement populaire et social en Lyonnais de 1848 à 2000 aborde en quatre parties tous les aspects technique, urbanistique, architectural, économique et sociologique de ce secteur : 1- Approche historique sur le logement populaire et social en France, sa réglementation et ses grands types d'interventions 2- Etude des bases historiques et territoires sociaux lyonnais 3- Les actions, acteurs, opérateurs et partenaires du logement social 4- Conclusions analytique et prospective sur le logement social à Lyon Cet ouvrage très illustré et avant tout historique traite également les aspects actuels du logement social et projette dans le futur quelques réflexions et idées d'aménagement.

Aborde les aspects techniques, urbanistiques, architecturaux, économiques et sociologiques du logement. Avant tout historique, c'est aussi une projection dans le futur de quelques réflexions et idées d'aménagement.Une bien singulière et atypique histoire vous est contée dans cet ouvrage qui évoque le vécu du logement dit populaire ou social à Lyon. Cent cinquante années d'histoire, au fil desquelles, tour à tour, les idéalistes du bonheur humain, les animateurs de la vie sociale, les gestionnaires du bien collectif, les architectes, les grands constructeurs n'ont cessé de mener un combat aux fins d'équité et d'égalité dans l'habitat. En partant de l'époque où les idéalistes FOURRIER, LE PLAY et GODIN ont prôné un habitat collectif géré par la société et exempt de tout libéralisme économique jusqu'aux années de cette fin de siècle qui voient arriver les lois BESSON puis GAYSSOT-BESSON pour une meilleure cohésion sociale par le logement, cet ouvrage témoigne que les principes et idées sociaux perdurent. Cet ouvrage scientifique invite à suivre cette aventure laborieuse, lente et parfois heurtée mais surtout, de toujours, passionnée.

Le logement populaire et social en Lyonnais de 1848 à 2000 aborde en quatre parties tous les aspects technique, urbanistique, architectural, économique et sociologique de ce secteur :

1- Approche historique sur le logement populaire et social en France, sa réglementation et ses grands types d'interventions 2- Etude des bases historiques et territoires sociaux lyonnais 3- Les actions, acteurs, opérateurs et partenaires du logement social 4- Conclusions analytique et prospective sur le logement social à Lyon.

 

Lyon, Editions aux arts, janvier 2002. 486 pages le Logement Collectif* dans tous ses états..Histoire & Mémoire de l'Habitat / Archives ANRU / Rétro Banlieue / BEL AIR 50 ANS d HLM Le développement des logements populaires puis sociaux s’inscrit dans une logique

interventionniste de l’Etat et des collectivités. Dans notre région, c’est une histoire singulière,

intimement liée à celle de Lyon, qui a influencé le positionnement des logements populaires.

En effet, au XVIIIe

et au XIXe

siècle, la majeure partie de l’activité artisanale de Lyon, s’articulant

autour du tissage, se retrouve rapidement engoncée entre deux fleuves. Ceci explique la nécessité de

l’externalisation de l’activité industrielle et artisanale vers les plaines de l’Est au début du XIXe

siècle.

Il en sera de même sur le plan démographique.

« L’histoire du logement social ne se résume à pas à l’histoire du projet politique et social […] l’histoire

du logement social, celle des cités pionnières, des HBM d’avant-guerre, mais aussi des grands

ensembles des années 60 et 80, doit donc se lire comme l’épopée des populations qui n’étaient pas

seulement en quête d’un toit mais aussi d’un milieu d’enracinement

».

Entre le bourg de 2 500 âmes en 1922, 5 600 en 1945, et les 42 000 habitants de la ville en 1980,

Saint-Priest s’est transformée pour atteindre aujourd’hui 45 433 individus. Les trente glorieuses de

l’après-guerre n’ont pas seulement amené des travailleurs des régions environnantes souhaitant

améliorer leur qualité de vie, mais aussi des populations venant d’au-delà des frontières : les PiedsNoirs, des familles portugaises, algériennes, tunisiennes et marocaines. HLM, ILN ou ILM, par choix

ou nécessité, une bonne part des San-Priots a été locataire de l’Office. Retour historique

ntre 1995 et 1999, le Parc Technologique a été le chantier de nombreuses fouilles

archéologiques révélant les vestiges, d’une histoire insoupçonnée vieille de 7 000 ans, qui ont

mis à jour la richesse et la diversité culturelle de son sous-sol remontant à la protohistoire

(période intermédiaire entre la préhistoire et l’histoire). En effet, des traces d’occupations humaines,

remontant au cinquième millénaire av. J.C. et correspondant au moyen Néolithique jusqu’à l’Age de

Bronze final (1400-850 av. J.C.), ont révélé l’existence d’habitats, attestés par des fosses servant de

dépotoir et de foyers, par de la céramique correspondant à des récipients de formes diverses (jarres,

écuelles…) et par quelques silex servant de pointes de poignard. Pour la plus récente, des fragments

de vases, de gobelets et de céramiques élaborées, des bracelets.

Mais, comme presque tous les villages du Velin, c’est à partir de l’Antiquité que le plateau de Bel-Air

semble accueillir ses premières constructions. En effet, en 1971, lors des travaux des premiers HLM

du quartier « en particulier les immeubles portant les numéros 14 à 18 de la rue Mansard2

» des

vestiges romains furent trouvés : débris de ciment, testae3

, tegulae4

et même les fragments d’un col

de dolium5

.

Si l’on ajoute à cela la proximité d’un ancien chemin romain « route de Vienne » - aujourd’hui à

proximité de la rue de l’Egalité - allant de Vienne vers le Rhône moyen, nous pouvons supposer

qu’une villa romaine se trouvait sur cet emplacement. Ce type de construction isolée était assez

fréquent au premier siècle car « les fermes et village se trouvaient rarement au bord des routes

importantes mais plutôt en retrait près de chemin comme celui-ci6

». Le site fut malheureusement

intégralement détruit lors des travaux de construction. D’autres traces de sites gallo-romains ont

également été repérées au nord du village, rue Payet, Gambetta et Johanny Berlioz, sans oublier la

colline du Château où fut découverte la stèle de Iulius Victor datant du IIe

siècle.

Nous n’avons que très peu d’information pour la période suivante, seulement quelques notes parlant

de « raids Sarrazins jusque vers l’an 928 ou encore de destructions hongroise jusqu’en 9247

». En

effet, le Moyen-Age est une période d’insécurité dans la région et ce n’est qu’au Xe

siècle que la

féodalité permet de sécuriser les populations qui s’installent plus largement sur le territoire. Les

moines d’Ainay établissent une église sur le site du Château et amènent avec eux une petite

population dont on retrouve des traces vers Saint-Martin et Manissieux. C’est d’ailleurs à cette

époque que le nom de « Saint-Priest » apparait car la paroisse était dédiée à Sanctus Praejectus,

évêque de Clermont en Auvergne au VIIe siècle. Entre le XIVe

et le XVIIe

siècle, le Velin devenant une

terre convoitée, la famille Richard prend possession de terres à Saint-Priest en 1325 jusqu’en 1645,

date à laquelle la famille Guignard achète le château dont elle sera propriétaire jusqu’en 1821. Par

contre, le domaine est divisé en 1790 et appartient principalement à des exploitants directs dont les

Cuzin, Pagnoud-Chenavard, Payet Maurice, Peillet, Calamar…

 

2

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973, p.33

3

Testae ou tuileau est formé de tuiles ou de briques en terre cuite broyées finement. Il entre dans la composition du mortier antique romain.

4

Tegulae : tuile plate qui servait à couvrir les toits, faite ordinairement d'argile cuite au four

5

Dolium : jarre antique, d'une contenance allant jusqu'à 1 200 litres et qui servait de citerne à vin, à huile ou à céréales.

6

Lucien Charbonnier, Histoire de Saint-Priest en Velin, des origines à 1789, éditions Bellier, Lyon, 1990, p.38

7

Union des Sociétés Historiques du Rhône, Saint-Priest et sa région, actes des journées d’études 2002, Lyon, 2003, p. 15

Bel-Air, le cinquantenaire

Archives municipales de Saint-Priest - jeudi 11 octobre 2018

La ferme Vachon,

vers 1970, YV

Champs de la famille Vachon à proximité

de la Cordière, début XIXe siècle, YV

Après la Seconde Guerre mondiale, Saint-Priest est encore une bourgade dont l’essentiel du

peuplement se regroupe sur deux sites :

- Le village avec la Grande Rue, les vieux quartiers du Payet, du Puits-Vieux et du Bessay

- La route de Lyon jusqu’aux établissements Maréchal et la cité PLM de l’autre côté de la voie

ferrée.

L’est et l’ouest du territoire sont quant à eux vides de constructions, comme le triangle devenu

aujourd’hui le centre-ville situé sur les lieux-dits de la Carnière, les Ronces, les Guigues où seront

construits Bellevue, les Alpes et l’Ermitage. De même pour les Longes, la Gerbicière, le Clairon, la

Cordière - où s’élèvera Bel-Air et Ménival -, et la Forêt et les Pives.

Il n’y a que quelques fermes dont celle des Cusin-Masset à l’emplacement même de Bel-Air ou celle

de la famille Vachon dont la maison se trouvait sur l’emplacement de l’actuel Espace Santé de la

Cordière. Au sud, la plaine de Saythe, est recouverte de champs de colza « jusqu’au début des années

cinquante, Saint-Priest présente donc encore l’aspect d’un gros village rural8

». C’est en quinze

années, à partir des années 60, que la ville prend sa forme actuelle. Son développement après 1980,

plutôt modéré, ne fera que corriger et diversifier l’œuvre accomplie.

Si ce développement rapide n'est pas exceptionnel après la guerre, les transformations de SaintPriest restent uniques en raison de la superficie des terrains disponibles et de l’action de la

municipalité très présente au travers de l’Office HLM. Le logement social en France

i la société idéale est prônée dès l’antiquité, ce n’est qu’au XIXe

siècle que certains utopistes

comme Jean-Baptiste Godin9

pensent un habitat collectif et social, géré par la société « Il y a

également un souci permanent des utopistes de la pensée sociale qui voulaient absolument que

les ouvriers émigrant des campagnes vers la ville soient mieux logés10 ». A la tête de ces

changements, un patron paternaliste qui sera au fur et à mesure remplacé par l’Etat et une nouvelle

idée de la politique de l’époque : le socialisme « un Etat fort, prendrait en charge les misères du

peuple11 ». S’ajoute la réalité du terrain : l’insalubrité de l’habitat populaire contre laquelle remédier

pour limiter les maladies et favoriser la croissance. Enfin, le fort exode rural nécessite que le pays

modifie ses habitudes pour s’adapter aux mutations économiques et sociales de l’industrialisation

« au début du XX

e

siècle, la France comptait 31 millions d’habitants dont 22 millions vivaient de la

terre12 ». On entre alors dans l’ère des initiatives privées où des hommes créaient sur leur territoire,

diverses sociétés ou associations de construction et de gestion de logement sociaux. A Saint-Priest,

Théophile Argence ou Charles Ottina13 en sont le symbole.

Les Habitations à Bon Marché

L’une des premières initiatives ayant un retentissement national, est la création des HBM (Habitation

à Bon Marché). Créée en 1889, née officiellement et reconnue d’utilité publique en 1894 lorsque la

loi SIEGFRIED, du nom de son initiateur, entre en vigueur. Cette loi crée les comités départementaux

des HBM, visant à encourager la construction d’habitation bon marché et salubres. A Lyon, l’année

1912 marque un tournant avec la loi BONNEVAY14qui crée les Offices d’Habitation à Bon Marché afin

d’encadrer et uniformiser la construction des logements. Cette même année signe la montée du

municipalisme à Paris, car la loi autorise les municipalités à emprunter pour construire des logements

sociaux. Après la Première Guerre Mondiale, en 1919, le même phénomène touchera Lyon avec le

maire de l’époque Edouard Herriot15

. En 1928, la loi LOUCHEUR16 conforte la réussite de ce projet. En

1938, deux décrets mettent fin à ce régime qui aura vu naître 260 000 logements.

A Saint-Priest, au début des années 1920, avec l’installation des entreprises Berliet et Maréchal, la

ville connait un essor sans précédent et les cités ouvrières ne sont pas en mesure d’accueillir l’arrivée

massive d’employés. C’est ainsi que le 21 juillet 1931, le maire, Théophile Argence17, crée l’Office

Public d’HBM dont il sera le premier Président jusqu’en 1940. Il lance un programme de construction

de 128 logements dont seuls 64, du type HBM seront bâtis entre 1936 et 1938. Suspendu pendant la

guerre, Théophile Argence ne sera pas mesure de relancer son programme de construction.

 

9

Jean Baptiste Godin (1817-1888), industriel, fabricant des appareils de chauffage, disciple de Fourier, il créa la familistère de Guise en

1858.

10 Christian Legrand, op. cit. p.23

11 Ibid.

12 Ibid. p. 30

13 Voir annexe 2

14 Laurent Marie Bonnevay (1872-1957), conseiller municipal de Lyon, député du Rhône, Président de l’Office Départemental d’HLM du

Rhône.

15 Edouard Herriot (1872-1957), maire de Lyon de 1905 à 1957, Président de la Chambre et Président du conseil des Ministres

16 Louis Loucheur (1872-1931), ingénieur et homme politique, Ministre du Travail et de l’armement, de la reconstruction, des finances et du

travail

17 Théophile Argence (1892-1975), maire de Saint-Priest de 1929 à 1940 puis de 1944 à 1945

La reconstruction, le logement provisoire et les programmes spéciaux

La seconde guerre mondiale nécessite des opérations de grande envergure pour reconstruire le pays

et répondre à l’exode rural massif de l’après-guerre. Il fallut lancer de vastes programmes dans

l’urgence, repenser une industrie du bâtiment et ses techniques, sans oublier une administration

centrale facilitant la prise de décision « les collectivités locales étant pour leur part des relais du

pouvoir central sur le terrain18 ». En matière de fabrication et de construction, on met en place toutes

les méthodes et les procédés possibles susceptibles de réduire le prix de revient. Entre 1940 et 1956,

la période dite de la reconstruction, la France construit 785 000 logements.

A Saint-Priest, la crise est telle qu’en 1946, le conseil municipal charge une commission municipale

du logement d’inventorier « les logements inhabités pouvant être réquisitionnés19 ». Les jeunes

ménages comme les nouveaux arrivants ne pouvaient pas s’installer. La situation était telle qu’il fut

même envisagé de construire des baraquements provisoires en bois. Une cité d’urgence (25

logements), fut donc construite en 1954, le long de la rue de l’Abbé Pierre. Démolie en 1979, elle

accueillit les plus démunis.

 

18 Christian Legrand, op. cit. p. 35

19 Conseil municipal du 5 juillet 1946, Archives municipales de Saint-Priest

Les Habitations à Loyer Modéré (HLM) et les grands ensembles

En 1950, le logement social change d’appellation : l’Habitation à Bon Marché (HBM) devient

Habitations à Loyer Modéré (HLM). La loi du 21 juillet 1950 institue un système de primes et de prêts

spéciaux destinés à favoriser la reprise de l’initiative privée. Dès 1955, la France met en place la

politique des grands ensembles pour atteindre son apogée en 1970. Ces programmes, avec de

grandes difficultés dans leur gestion, permettent, seulement en partie, de répondre à la pénurie de

logements « la France n’a pu su gérer sa période du Baby-boom, elle ne sut pas où loger les jeunes

nés après 194520 ». Entre 1958 et 1970, quelques 300 000 à 450 000 logements par an sont

construits. Il fallait non seulement répondre à l’exode des ruraux vers la ville, mais également à

l’urgence provoquée par les destructions massives de la guerre accentuées par une forte immigration

et le retour non programmé des français d’Algérie.

Lyon, comme toutes les grandes agglomérations de métropole, connait une vague de grands

ensembles implantés en banlieue « sur de vastes terrains disponibles sans forcément se soucier à

l’époque du mal vivre que cette concentration créé21 ». L’agglomération voit fleurir les grands

ensembles : les UC à Bron, les Minguettes à Vénissieux, la Duchère à Lyon 9e

, Mermoz à Lyon 8e

et

Bel-Air à Saint-Priest. Ces réalisations ont correspondu aux besoins d’une époque même si d’autres

solutions à plus long termes auraient pu être envisagées et ainsi permis d’éviter certains conflits

sociaux et générationnels.

A Saint-Priest, le 12 avril 1947, Charles Ottina, est élu Président du conseil d’administration de

l’Office Municipal des HBM et le reste jusqu’en 1974. L’action de l’Office est étroitement liée à la

municipalité dont dépend son existence, en effet, si la plus grande part des ressources proviennent

des avances de l’Etat, elles ne sont assurées que si la commune apporte sa garantie à hauteur de 15%

« fournis par cette dernière sous forme de dotations de terrains, de voiries et services divers22 ».

Sous son impulsion, l’activité reprend en 1952 et en 1954, l’office des HBM devenus «Office HLM de

Saint-Priest » entreprend la construction de nouveaux logements. Il sera d’ailleurs, jusqu’en 1961, le

seul à construire des immeubles d’habitation :

- 1954 : cité d’urgence de l’Abbé Pierre, rue de l’Abbé Pierre

- 1954-1956 : 192 logements HLM, Cité du Parc et de l’Esplanade

- 1956 : 50 LOPOFA (logements populaires et familiaux) le long de l’avenue Jean Jaurès

- 1959 : 40 logement HLM, rue Louis Loucheur

- 1960 : 20 logements HLM, 20 rue Gallavardin

- 1961-1962 : 40 logements HLM, avenue de la Gare

A partir de là, les programmes immobiliers mis en route seront sans commune mesure avec ce qui

avait été envisagé précédemment. Finis les « petits projets », il est maintenant question de centaines

de logements. Saint-Priest devient durant une dizaine d’années, un chantier de construction

« pendant ce temps, au village, la vie continue, troublée seulement par le passage des camions qui

défoncent la chaussée23 » :

- 1962 : 50 logements à Edouard Herriot

- 1962-1964 : 300 logements HLM à la Cordière

- 1967-1970 : 741 logements à Bel-Air I

- 1969 : 140 logements PLR (programme loyer réduits) à Louis Braille24

- 1969 : 54 logements-foyers pour personnes âgées

- 1970 : 236 logements PLR à Mansart

- 1972-1975 : 799 logements à Bel-Air II

- 1973 : 76 chambres au foyer pour travailleurs indépendant, rue de la Cordière

- 1977 : 120 logements à la Résidence le Clairon

- 1977 : 560 logements à Bel-Air III

- 1979 : 43 logements PLR rue de l’Abbé Pierre

Saint-Priest a été parmi les premières villes de l’Est Lyonnais, à pouvoir accueillir et héberger dans un

délai extrêmement court, des réfugiés et des familles, dans des appartements confortables avec un

loyer accessible « ce bilan chiffré, dont nous pensons avoir quelque raison d’être fiers

comparativement à l’importante de notre cité, nous le livrons, sans crainte, à votre jugement,

persuadés que peu de municipalités peuvent se prévaloir d’une action aussi soutenue au profit des

familles modestes, des jeunes ménages et des personnes âgées

A cette époque, on considère comme seule solution, au problème de logement, que des logements

collectifs, vite édifiés sur un minimum d’espace et relativement peu chers « ils [les pouvoirs publics]

n’imaginaient pas les difficultés que pourrait, par la suite, générer ce type d’habitat26 ». Saint-Priest

n’a pas fait exception et le maire, grâce à l’Office, entreprit de créer une ville nouvelle. Pour cela, la

ville se dota, dans un premier temps, d’un nouveau centre urbain afin d’unifier les deux Saint-Priest :

le village d’une part et le quartier de la gare et la cité Maréchal de l’autre. L’Office public des HLM

Provisoirement installé au début des années 1960 dans le château, l’augmentation du parc de

logements nécessita la construction d’un nouveau siège administratif. Conçu par le Cabinet Thiollier,

il sera installé au cœur des nouveaux ensembles sur le plateau de Bel-Air, au pied de la Cordière. Il

est inauguré le 21 juin 1975 en présence du Préfet de Région Pierre Doueil, et le maire Marius Joly.

De nombreuses personnalités sont présentes dont le Président de l’Office, le Docteur Rossez et la

Directrice, Marie Josette Hermelin. Le tout nouvel Office dispose d’un Service administratif, d’un

service technique, d’un service de surveillance ainsi que d’une équipe d’ouvrier assurant l’entretien

courant et les réparations les plus urgentes Au seuil des années 90, les préoccupations se déplacent : il faut développer l’entretien des

immeubles, poursuivre les réhabilitations qui avaient démarré dès 1978, et se rapprocher du

locataire pour mener à bien ces projets. C’est ainsi que quatre antennes techniques décentralisées

sont créées dont une se trouve toujours au 2 rue du 8 mai 1945. Une commission mixte est

également mise en place intégrant les représentants des associations de locataires et les

administrateurs : elle deviendra le Conseil de Concertation Locatif. Le locataire est désormais un

partenaire permanent de l’Office dans l’ensemble de ses activités.

En 1997, l’Office

Public des HLM

devient Porte des Alpes Habitat. En 2014, Porte des Alpes Habitat et Villeurbanne Est Habitat ne font

plus qu’un, sous le nom d’Est Métropole Habitat. Le rapprochement de ces deux organismes,

porteurs de valeurs communes a pour objectif d’accroître la capacité d’intervention et de renforcer

l’efficacité auprès des habitants. Est Métropole Habitat revendique aujourd’hui un patrimoine de

plus de 15 000 logements sur les communes de Villeurbanne, Saint-Priest, Vaulx-en-Velin, Mions,

Décines, Saint-Genis-Laval, Vénissieux, Sérézin-du-Rhône, Meyzieu, Saint-Symphorien-d’Ozon, SaintFons et Bron.

Présentation du plateau de Bel-Air, La Cordière, Ménival

E quartier situé à l’est de la commune de Saint-Priest est le plus important groupe d’habitat

social de la commune. Avec ses 12 000 habitants, rien que Bel-Air représente plus de 25% de

la population communale. Cet ensemble a été construit par phases successives entre 1964 et

1978 sur une surface de cent hectares.

En 1964, le nouveau visage de la ville se dessine avec ces immeubles remplaçant peu à peu les prés

et les champs. Le premier ensemble, celui de la Cordière, n’était que le prélude d’un vaste

programme d’habitation dont Bel-Air et Ménival font partie « le procédé Pascal27 […] va permettre en

particulier d’édifier en un temps record les quatre groupes de Bel-Air et de Ménival, soit 700 à 800

appartements chacun. Ainsi ne faudra-t-il guère plus de deux ans pour qu’un groupe soit terminé à

Bel-Air @ « Les trois Bel-Air »29

Après l’achèvement des 300 logements de la Cordière, dès 1965, l’Office municipal veut

entreprendre immédiatement le nouveau programme de Bel-Air I. Mais les finances de l’Etat ne

permittent d’obtenir les premiers crédits qu’en 1967 grâce à la ténacité du Maire Charles Ottina. A

partir de ce moment-là, les travaux avancent rapidement, début août 1968 les 116 logements de

l’ensemble A étaient occupés et à la fin de cette même année, ceux de l’ensemble B étaient en voie

de l’être. La livraison des premières tours, destinées aux jeunes ménages et aux retraités – les seules

à comporter 3 pièces – se fera dans la foulée. En 1970, les HLM peuvent ainsi disposer de 738 logements à Bel-Air I. Les premières locations sont

réservées en priorité à deux types d’occupants : d’abord les fonctionnaires municipaux et ensuite le

personnel desentreprises qui avaient participé à la construction et envers lesquels l’Office « avait une

dette ». Dette dont ils doivent s’acquitter en proposant des logements à leurs salariés. Aussi les

appartements de Bel-Air furent d’abord attribués à des instituteurs, des employés de la Mairie, des

agents de l’Etat et à des personnels des 47 entreprises concernées. La deuxième tranche du

programme de Bel-Air II avec ses 780 logements verra le jour en 1972. Elle aussi sera achevée en

deux ans et comportera des appartements allant du studio au F5. Enfin en 1977, débute la dernière phase du projet. Séparé des deux autres groupes par un grand

champ, que son propriétaire refusa de vendre mais, qui inscrit au cœur de la cité un important

espace vert, Bel-Air III offrira ses 632 logements. La population de ce troisième groupe compte un

pourcentage de classes moyennes et de cadres bien supérieur à celui des deux autres ensembles. De

plus, une petite décennie sépare Bel-Air I de Bel-Air III et pourtant le traitement des espaces n’est

pas le même, preuve que les leçons du passés ont été retenues. Tirant sans doute les leçons des inconvénients manifestes des Alpes et de Bellevue dans le domaine

des espaces verts, Ottina et la direction de l’Office auront le souci d’aménager autour des immeubles

de Bel-Air des aires de jeux et de verdure « pour être harmonieux et agréable à vivre, un ensemble de

logements doit aussi être conçu pour faciliter la vie familiale. C’est ainsi que sont créés, ou en cours de

création dans les nouveaux groupes, les commerces de première nécessité qui procurent à la mère de

famille la possibilité de s’approvisionner à proximité de son domicile. C’est aussi pourquoi tous les

ensembles HLM sont dotés d’abords d’importants, aménagés en espaces verts et en espaces libres,

avec terrains de jeux pour les petits et les plus grands ». Bel-Air III marque ainsi la fin des grands ensembles immobiliers à Saint-Priest, la municipalité ayant

décidé, dès 1973, de freiner l’urbanisation de la ville. En effet, toutes ces constructions nécessitent

également la mise en place d’un environnement de services de toute nature : commerces allant de

l’alimentation à la pharmacie, écoles, terrains de sport, centres médicaux, sociaux, culturels, etc.

Sans parler de toutes les infrastructures dont la ville assumera la charge en même temps que

l’éclairage public « lorsqu’on veut l’expansion d’une cité et que tout est à faire, des choix s’imposent.

Les priorités données au problèmes fondamentaux : logement, eau, voirie, assainissement, écoles,

équipements sportifs, ont un sens social31 ». Quant aux transports, ils resteront longtemps un des

points faibles du secteur « ce problème, particulièrement important, déborde bien entendu le cadre

local32».

Les ILN (immeubles à loyer normalisé)

En même temps que se termine Bel-Air I, deux petits immeubles ILN de 60 à 10 appartements

destinés aux familles plus aisées sont aussi en voie d’achèvement sur le site. Ces appartements, d’un standing supérieur à celui des HLM ordinaires, devaient permettre de reloger les foyers dont les

revenus dépassaient le plafond prévu pour bénéficier des HLM, plafond qui avait été abaissé de 10%

en 1968, par décision du ministre Albin Chalandon. Le maire Charles Ottina habitera dans un de ces

ILN. Le petit nombre de logements proposé ne suffira pas à résoudre le problème de dépassement de

ressources et les HLM seront contraints, malgré leurs réticences, à appliquer des surloyers.

Les PLR (programme à loyer réduit)

Même avec la baisse des 10% du plafond de ressources, les HLM restaient cependant inaccessibles à

des nombreux foyers très modestes qui ne pouvaient assumer le montant des loyers, pourtant plus

faibles que ceux du privé. C’est à leur intention que le gouvernement envisagea la possibilité d’édifier

des immeubles dont les coûts de revient, inférieurs à ceux des HLM, permettraient de loger les

familles les plus pauvres, moyennant une participation financière réduite. Une diminution des coûts

implique une évidente diminution des surfaces et de la qualité. Malgré tout, ces PLR, rappelant les

anciens LOPOFA, pouvaient offrir des logements corrects avec chauffage collectif.

L’office municipal entreprend leur réalisation, dès août 1969, pour répondre aux besoins des

personnes à petits revenus ou encore des ménages sans allocation logement. Deux groupes PLR

furent ainsi édifiés très rapidement autour de Bel-Air, l’un au nord, le groupe Braille-les-Longes avec

140 appartements, l’autre au sud, le groupe Mansart, en 1970, avec 236 logements. Quelques

années plus tard, en 1974, aux abords de l’ancienne cité Maréchal, rue des Glaïeuls, 55 PLR seront

aussi mis en location.

Si l’on ajoute cela aux chiffres déjà cités, on constate qu’entre 1967 et 1977, les HLM de Saint-Priest

ont ainsi mis à la disposition des habitants le chiffre impressionnant de presque 3 000 logements.

Malgré tout, au cours de ces années, l’activité des promoteurs privés n’est pas ralentie, avec tout

d’abord l’achèvement de Bellevue et la construction d’Alpes Azur et surtout, voisine de Bel-Air, celle

de Ménival, puis de la résidence de Saythe.

L’accession à la propriété

Suite à la réalisation réussie des logements sociaux, l’expérience se poursuivit en favorisant

l’accession à la propriété « elle paraissait être un moyen privilégié pour élever le statut social des

personnes à revenus modestes33 ». Pour cela, il fallait associer les représentants des organismes

susceptibles d’apporter les compléments de financements, comme la Caisse d’Epargne de Lyon, le

Crédit Foncier, la Caisse d’Allocation Familiales, la Préfecture du Rhône. Le domaine Ménival de Lyon

5

e

fut la première opération lancée et devant son succès, une autre opération fut lancée à SaintPriest. Suivant le même montage, 831 logements furent construits par la même équipe d’architectes

dont Charles Delfante34 « il faut noter que l’Office HLM de Saint-Priest a été l’un des premiers

organismes de la région, et le premier de la COURLY à lancer des opérations d’accession à la

propriété» Ménival les Gravières36 (construit entre 1966-1969) a été élaborée dès la conception en prenant en

compte l’utilisation de la préfabrication lourde à partir d’éléments finis fabriquées en usine. L’emploi

de ce procédé permet une économie importante sur la main d’œuvre et une rapidité d’exécution

spectaculaire. On peut regretter l’uniformité des plans et une répétitivité systématique des façades

mais, à l’époque, c’est un exploit. Plusieurs chantiers suivirent dont 437 logements à Plaine de

Saythe37 (1970-1973) ou encore le Clairon (1977) avec 71 logements sur 120 en accession de

propriété. Composition, situation et typologie du groupe38

Cet ensemble est composé de 3 659 logements dont 2 985 sont en gestion locative sociale. Le parc

HLM est la totale propriété de l’office municipal de Saint-Priest. Ces habitations sont désormais

désenclavées par la construction de la rocade est de Lyon qui leur confère le statut d’entrée

privilégiée de la ville. Par ailleurs, elles bénéficient de la proximité du parc de loisirs du fort. Ces

immeubles répondent tout à fait aux critères de composition urbaine et typologique des

constructions issues des années 1960-1970 avec des tours et des barres semblables aux autres cités

de l’agglomération. Toutefois, ils disposent d’espaces centraux libres relativement importants et

agréables qui offrent certains aspects des cités jardins39. Chaque groupe bénéficie également de ses

propres commerces, d’un groupe scolaire et d’une crèche40

:

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces Bel-Air I (rue de Bel-Air)

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1977 : ouverture d’un crèche familiale (10 rue du 8 mai 1945)

1977-1978 : construction GS Bel-Air III - Pablo Neruda

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte

échelle) et de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas) L’objectif est de créer au sein de la ville, des ensembles indépendants offrant des services de

proximité. A cela s’ajoute des équipements d’utilité publique améliorant la qualité de vie des

habitants :

1968 : construction de la clinique privée

Pasteur

1969 : construction du Foyer Logement pour

Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médicosocial au 10 rue de Bel-Air

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des

Pompiers de Bel-Air41

1977 : ouverture du Centre social Louis Braille

1982 : le restaurant scolaire François Mansart

est aménagé pour devenir un local associatif

La réhabilitation de la cité

A partir des années 1980, le parc HLM vieillissant, il devient urgent d’entreprendre des travaux. Dès

1985, des petits travaux sont réalisés mais ce n’est qu’à partir de 1989 que les actions du DSU-DSQ

(développement social urbain et le développement social des quartiers) permettent de répondre à une

première crise. Puis l’Office, commence la réhabilitation de son parc qui ne cesse d’augmenter. Les

travaux de Bel-Air seront parmi les tous premiers entrepris et durent encore.

n 1982, le rapport Dubedout « Mieux vivre en ville » engage les pouvoirs publics dans une

politique de renouveau des quartiers les plus démunis à la limite de l’isolement. La mise en

place du DSQ a permis de rompre le cercle vicieux et, comme à Saint-Priest, de faire revenir les

classes moyennes. Le développement social urbain est né avec les contrats de ville, il « constitue

l’acte d’engagement par lequel les collectivités et l’Etat décident de mettre en place un programme

pluriannuel de développement social urbain à l’échelle de l’agglomération ou d’une commune42

». Il

permet de réintégrer au sein de la ville les quartiers par des opérations d’ordre :

- Spatial : traitement des espaces, des désenclavements ;

- Social : politique de peuplement

- Fonctionnel : circulation et communication

Le contrat de ville devient la procédure unique de définition et de mise en œuvre de la politique du

DSU. Celui-ci a aussi pour objectif de centraliser et de coordonner toutes les autres procédures de

développement social urbain en lien permanent avec habitants notamment au travers des

questionnaires et des réunions de concertation comme cela fut et est toujours le cas à Bel-Air.

A Saint-Priest, lorsque Bruno Polga43 devient maire, la ville avec plus de 42 000 habitants, comme

toutes les villes en périphérie de Lyon, rencontre des problèmes avec son ancien parc HLM. Malgré

son nouveau centre-ville, Saint-Priest ne semble pas trouver son identité tandis que le village n’est

qu’un lieu de passage. Les grands ensembles comme Bel-Air, faute d’entretien, se dégradent peu à

peu. Plusieurs axes vont alors être développés afin de corriger les erreurs du passé : redonner un vrai

centre-ville, décloisonner les différents quartiers, améliorer les axes de circulation, accroître les

transports en commun et créer de nouveaux équipements. Il faut également aider les quartiers

défavorisés en luttant contre le chômage et amplifier l’activité économique et la formation

professionnelle. Saint-Priest possédait, et possède toujours, une position au carrefour d’axes

importants favorisant l’installation d’entreprises permettant la création de nouveaux emplois.

Si pendant son premier mandat (1983-1989) Bruno Polga s’est concentré sur le centre-ville avec les

projets Banlieue 89 et la ZAC Mozart - Carré Rostand, son second mandat (1989- 1995), porte sur la

résolution du problème des logements sociaux dont les Alpes, Bellevue et Bel-Air. L’un des chantiers

le plus important est celui de la réhabilitation des immeubles de Bel-Air I et II « avec la reprise

complète de l’espace urbain et l’installation d’équipements44 ». La rénovation des plus anciens a été

entreprise dès 1986 – Édouard Herriot, Diderot et la Cordière – mais ceux de Bel-Air, plus récents se

dégradent eux aussi. Bel-Air III, normalement entretenue, souffre de cette proximité. D’ailleurs, il est nécessaire dès 1985, d’effectuer des travaux urgents à Bel-Air I et II : réfection des peintures dans les

allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres, etc. Ce n’est qu’en 1989 que deux

premiers bâtiments, rue du 8 mai, sont restructurés (F4 et F5 en F2 et F3). Dans le même temps, en

1990, le Développement social des quartiers de Bel-Air est lancé en collaboration avec l’Etat, la

Région, la COURLY, la ville et l’Office « il s’agit d’un programme destiné à améliorer la vie dans les

quartiers densément peuplés […] avec ses 3 000 logements sociaux, Bel-Air est choisie pour une

rénovation sociale, de l’habitat et de l’environnement Il s’agit d’une réorganisation spatiale et une recomposition interne des sous-quartiers « durant ces

quarante dernières années, différents projets urbains vont s’inscrire dans cette logique de reconnecter

les éléments46 ». Il s’agit, entre autre, d’aménagement des équipements comme la Maison de

Quartier Claude Farrère47 ou la MJC -Maison des Jeunes et de la Culture- Jean Cocteau. Une

redéfinition des espaces verts a permis de rééquilibrer les besoins en matière de zones d’évolution,

de zones de parking et de voies de circulation comme par exemple la suppression des impasses, la

création de nouvelles artères plus larges et de ronds-points pour relier les ensembles. En parallèle de

ces opérations, l’Office procède à la réhabilitation du bâti, ce qui a eu pour effet, d’attirer de jeunes

ménages et les personnes âgées dans les petits logements « un architecte différent intervenait à

chaque fois, rencontrant régulièrement les locataires pour connaitre leurs souhaits, discuter avec eux

des priorités à établir et choisir la couleur des allées, des façades. Cette diversité permit d’éviter l’uniformité des bâtiments 48». La réhabilitation des logements : maçonnerie, étanchéité, réfection de

plusieurs allées sur Bel-Air II, renforcement des portes de caves, des travaux de chaufferies,

éclairages des halls d’allées et des bâtiments de Bel-Air I et II, est accompagnée de la mise en place

de services et de commerces. De manière plus précise :

1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1987 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement

une maison de quartier

1992 : prolongement de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : inauguration de la maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1994 : inauguration de la MJC (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés »

(EHPAD ex MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : extension du centre social Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs impliquant la démolition de logements et création de nouvelles

voies de circulation

2018 : Inauguration de la Maison de Quartier Claude Farrère réhabilitée

2018 : inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino,

joueuse internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit

prince de Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM Et Aujourd’hui ?

Aujourd’hui49

, malgré tout, le plateau reste confronté à de nombreuses difficultés d’ordre culturel ou

générationnel entre les habitants de ces divers quartiers. Ces tiraillements ont fortement alourdi la

réhabilitation sociale de la cité. Cependant le plateau de Bel-Air dispose de larges terrains et espaces

vierges qui servent de lieux de libre expression. La population est relativement jeune, la taille des

ménages est moyenne et parmi les ménages allocataires de la CAF, un quart sont des familles

nombreuses. La vacance des logements est faible. Les logements en copropriétés sont

essentiellement occupés par leurs propriétaires. Les appartements de 4 ou 5 pièces sont les plus

nombreux. Le taux d’activité est élevé du fait de la proximité de zone industrielles ou artisanales et

de la zone de chalandise de la « la Porte des Alpes ».

Au final, si l’on prend en compte le taux d’occupation moyen de 2.5 personnes et un taux de

rotation de 10%, on peut dire que depuis 1964 c’est l’équivalent de la population actuelle (45 000

personnes) qui a été logée sur le plateau de Bel-Air @ 1964 : construction de la Cordière (260 logements)

1966-1969 : construction de Ménival (831 logements)

1966 : construction GS de la Cordière - Jules Ferry

1968 : construction de la clinique privée Pasteur

1968-1970 : construction de Bel-Air I (738 logements)

1969 : construction collège Colette

1969 : installation et ouverture des commerces rue de Bel-Air

1969 : construction du Foyer Logement pour Personnes Agées du Clairon (FLPA)

1969 : aménagement d’un centre médico-social au 10 rue de Bel-Air

1969 : construction de 10 logements ILN (Immeuble à Loyer Normalisé) rue du 8 mai 1945

1970 : construction GS de Ménival - Honoré Balzac

Février 1970-1973 : construction de la résidence de Saythe

1970 : construction du gymnase François Arnaud

1970 : construction HLM Louis Braille (140 logements)

8 mars 1971 : inauguration de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1972 : construction GS Bel-Air I - François Mansart

1972 : mise en service d’une halte-garderie rue de Bel-Air

1972-1975 : construction de Bel-Air II (779 Logements)

1973 : construction collège Boris Vian

1974 : construction GS Bel-Air II - Claude Farrère

1975 : inauguration du siège de l’Office public HLM en présence du premier ministre Reymond Barre

(créé en 1960 et installé au château)

15 juin 1976 : achat par les habitants de la copropriété Ménival-les-Gravière du Centre Social

1977-1978 : construction de Bel Air III (560 Logements)

1977 : ouverture du centre Social Louis Braille

1977 : ouverture d’une crèche familiale au 10 rue du 8 mai 1945

1977 : construction HLM du Clairon

1977-1978 : construction GS Bel Air III - Pablo Neruda (frise par Siesla, artiste Lyonnais)

1978 : ouverture des mini-crèches de la Clairière (Bel-Air II, rue Claude Farrère, MPE courte échelle) et

de l’Edelweiss (Bel-Air III, rue Alain Fournier, MPE 3 petits pas)

1978 : construction de la cuisine centrale à Bel Air I

1978 : construction d’un local au 25 bis rue Claude Farrère qui servira de restaurant scolaire et de

Maison de Quartier.

1980 : disparition des dernières fermes du Clairon

1980 : construction école privée Jeanne Arc

1982 : le restaurant scolaire François Mansart est aménagé pour devenir un local associatif

1983 : construction lycée d’enseignement professionnel Fernand Forest 1985 : début des travaux de première urgence pour les immeubles de Bel-Air I et II dont réfection

des peintures dans les allées, travaux d’éclairage, remplacement des boites aux lettres

1986 : réhabilitation de la Cordière

1988 : réhabilitation et ouverture des Maisons de la Petite Enfance de Bel-Air Claude Farrère (La

Clairière-Courte Echelle) et Alain Fournier (Edelweiss-3 petits pas)

1989 : restructuration de deux bâtiments à Bel-Air I, rue du 8 mai (F4 et F5 en F2 et F3)

1990 : inauguration de la Maison du Développement des Quartiers (aujourd’hui DSU)

1991 : fermeture de la Caserne des Pompiers de Bel-Air

1991 : ouverture d’une antenne technique OPHLM au 2 rue du 8 mai 1945

1992 : réhabilitation des tours 101, 102 et 103 place Laurent Bonnevay et de 78 logements rue

Laurent Bonnevay ainsi que 34 logements rue des Frères Lumières (Bel-Air I)

1992 : extension et réhabilitation du restaurant scolaire Claude Farrère qui devient officiellement une

maison de quartier

1992 : ouverture de la rue du 8 mai 1945 jusqu’à la rue de la Cordière

1993 : début de la réhabilitation des tours 104 et 105 (place du 8 mai 1945)

1993 : ouverture d’une antenne technique de l’office HLM à Bel-Air II, rue Henri Barbusse

1993 : construction du Lycée général Condorcet

1993 : inauguration de la Maison de l’emploi (Assedic/ANPE/ASPIE/Mission locale pour l’emploi)

1994 : inauguration de la Maison des Jeunes et de la Culture (créée en 1963 au château)

1994 : inauguration de la Maison d’accueil des Personnes Agées Dépendantes « les Alizés » (EHPAD ex

MAPAD) en présence de Bernard Kouchner

1995 : ouverture de la RAM Chat Perché

27 janvier 1996 : inauguration de la tour 104 rénovée « Tour Picasso » (Bel-Air I)

1998 : rénovation des immeubles à loyers normalisés (ILM) rue du 8 mai 1945

2000 : ouverture du nouveau Centre social Louis Braille

2003 : arrivée du tramway sur le plateau de Bel-Air

2005 : agrandissement de l’Agence ANPE

2008 : lancement de la concertation sur le devenir de la partie sud du plateau de Bel-Air

2009 : fermeture de la clinique Pasteur

22 mars 2009 : extension du CS Louis Braille

2010-2012 : démolition de la clinique Pasteur et construction de deux résidences étudiantes et de

tourisme

2011 : rénovation du FLPA

2012 : réhabilitation des HLM de la Cordière

2013 : lancement du projet de réaménagement du secteur Mansart-Farrère avec restructuration

totale des espaces extérieurs et création de nouvelles voies de circulation

2016-2017 : démolition de l’Office HLM et transfert rue Maréchal Leclerc

2017 : fermeture de l’Agence ANPE (départ pour la rue Aristide Briand)

2018 : réhabilitation de la Maison de Quartier Claude Farrère

2018 : Inauguration de la plaine des sports – City Stade en présence de Delphine Cascarino, joueuse

internationale de football de l’OL, marraine des 50 ans, et Fleury Di Nallo dit « le petit prince de

Gerland ».

2018 : le local associatif François Mansart devient l’espace Bulle d’air

Fin 2018 : ouverture de la maison de santé pluriprofessionnelle et universitaire (MSPU

2019 : ouverture d’un 2nd poste de Police Municipale à l’emplacement de l’ancien Office HLM

Charles Ottina, « le Bâtisseur »51

Maire de Saint-Priest entre 1949 et 1972, Charles Ottina domine durant quatre mandats consécutifs

la vie publique locale. L’auteure, Christiane Roussé, dit de lui qu’il fut « le bâtisseur » qui donna au

Saint-Priest d’aujourd’hui ses particularités : une cité cosmopolite et dynamique.

Né en 1902 à Lyon, Charles Ottina sort ingénieur de l’école de Cluny et

fut pendant 27 ans au contrôle des fabrications d’armement. Marié à

une San-Priote, ils habitent longtemps dans une maison de location au

bas de la Grande rue du village - face à l’actuelle Caisse d’Epargne -

avant de s’installer dans le nouveau quartier de Bel-Air dans un ILN,

rue du 8 mai 1945.

Charles Ottina débute sa carrière politique dès 1935, en tant que conseiller municipal de Théo

Argence. Ulysse Cœur le choisit comme adjoint dix années plus tard. Investi sur tous les fronts, il

devient en 1947 président du conseil d’administration de l’Office d’HLM et en 1969 vice-président de

la COURLY (aujourd’hui Métropole de Lyon).

En 1949, élu maire, il commence la

transformation de Saint-Priest. Il dote la ville

de toutes les infrastructures nécessaires à une

ville en pleine expansion : 2 500 logements

HLM, 3 stades, une piscine, 2 bureaux de

postes, 11 écoles, 2 collèges, un réseau

d’assainissement, la cité résidentielle Edouard

Herriot, etc. Il transforme la bourgade de 5

600 habitants en une ville de 34 000. Il gère

grâce à sa forte personnalité la municipalité

« comme un patron ». Si certains décrivent

une personnalité autoritaire, il conquit le

cœur des San-Priots et son successeur, Marius

Joly, en fit une fidèle description : « c’était

avant tout un homme d’action et ce trait est

bien celui qui s’impose à l’évidence dans sa

personnalité pourtant si riche. Les difficultés, loin de le rebuter, fouettaient son énergie, sa volonté,

son acharnement. Rares sont les obstacles qui n’aient pas cédé devant sa détermination ».

Pour des raisons de santé, il quitta son poste le 21 octobre 1972. La maladie l’emporte le 16 juin

1974, quelques mois après le décès de son épouse Jeanne. Bruno Polga, le visionnaire52

Né dans une famille Italienne en 1935 à

Vénissieux, Bruno Polga est venu vivre à

Saint-Priest à l’âge de 2 ans. Habitant

avec ses parents à la cité Rosset, il sera

tout particulièrement sensibilisé au

problème de logement social. Il suivra sa

scolarité à l’école de la gare, dès 1940,

jusqu’à son certificat d’étude qu’il

obtient en 1949. Diplômé d’un CAP

d’ajusteur en 1952, il mènera une

carrière de dessinateur industriel

jusqu’en 1972, date à laquelle il crée

son entreprise de négoce.

Très tôt, Bruno Polga fait preuve d’engagement notamment auprès de la CGT, qu’il intègre dès son

entrée dans la vie active. Puis, il entre dans la vie politique, en 1966, en devenant le président du

premier club socialiste de la ville. C’est d’ailleurs à cette époque qu’il rencontre François Mitterrand,

leader de ce nouveau mouvement. En 1977, après la victoire de la gauche unie aux élections

municipales, il est choisi comme premier adjoint de la ville de Saint-Priest. En 1983, il est élu maire de

la commune jusqu’en 2003, date à laquelle il s’était engagé à démissionner.

A l’origine du nouveau centre avec le projet Banlieue 89, il s’occupe également du centre historique

avec la réhabilitation de l’ancienne mairie et du Château. Sans oublier le logement social dont il

lancera un vaste programme de réhabilitation. Dans la lignée de Théo Argence et Charles Ottina, il a

durant 20 années, continué d’équiper la ville dans les domaines sociaux, culturels, sportifs,

transports et petite enfance pour la transformer en cité moderne. Conscient des erreurs du passé, il

mena une politique marquée par l’acquisition de réserve foncière pour pouvoir contrôler le

développement de la ville « afin d’apporter une réponse concrète aux problèmes posés par

l’urbanisme sauvage des années 60 ». Il souhaite préserver les parcs, des jardins et des lieux de vie

qu’il considère comme « un patrimoine à part entière ». Très critiqué, ce choix se révéla judicieux

puisqu’il permit à la ville de choisir son développement. La caserne des pompiers de Bel-Air53

L’histoire des pompiers de Saint-Priest commence en

1884 avec la création de la société de secours et l’achat

d’une première pompe à incendie par un groupe de

pompiers libres. Située au village, la société acquiert

trois autres pompes : pour Manissieux, la Fouillouse et

la Grande rue. Si, dès 1933, les casernes lyonnaises se

professionnalisent, ce n’est qu’après la guerre en 1947,

que la commune, dans le cadre de la création du S.D.I.

du Rhône, est rattachée au centre de secours de Lyon

« les volontaires et leurs pompes à bras disparurent

complétement » (Jacques Périer, historique des

Sapeurs-Pompiers du Rhône).

D’abord une volonté de l’Etat-Major souhaitant améliorer les secours dans ce secteur, la ville

autorise en 1970 la création d’une caserne provisoire au cœur du nouveau quartier de Bel-Air, place

du 8 mai 1945, au bout de la rue du même nom qui n’est alors qu’une impasse. Inaugurée le 8 mars

de la même année, la nouvelle caserne de la 5e

compagnie professionnelle permet d’accueillir jusqu’à

70 pompiers professionnels. Elle se compose d’un garage, de deux bâtiments abritant des locaux

techniques et de 20 chambrées destinées à accueillir les pompiers de garde. A cela s’ajoute les 19

appartements, mis à disposition par l’office HLM, du 26 et du 28 rue du 8 mai 1945 réservés aux

officiers et sous-officiers. La caserne sera opérationnelle jusqu’en 1991, date à laquelle la compagnie rejoindra les bâtiments

des ateliers généraux, installés depuis 1985, rue du Dauphiné. Aujourd’hui, il ne reste qu’un noyer, à

côté de la maison médicale, marquant l’ancienne limite de la caserne. Les mini-crèches54

Si en 1972 une première halte-garderie s’installe rue de Bel-Air, puis en 1977 une crèche familiale au

10 rue du 8 mai 1945, ce n’est qu’en 1978 que la municipalité prend conscience de la nécessité

d’offrir un lieu pour les plus jeunes. Décidée par le maire Louis Gireau (1977-1983), la création de

crèches s’inscrit dans un grand projet de modernisation des structures d’accueil de la ville :

l’ouverture de trois mini-crèches municipales dont deux à Bel-Air, intermédiaire entre la crèche

familiale et la crèche collective, sont installées dans des locaux plain-pied « pour que les enfants

puissent jouer à l’extérieur, dans un jardin facilement accessible55 » et rattachées au Bureau d’Aide

Sociale au 1er Janvier 1979. Il s’agit des mini-crèches de l’Edelweiss – aujourd’hui 3 Petits Pas – et

celles de la Clairière – aujourd’hui Courte Echelle. La Clairière sera la plus grande des trois minicrèches car elle accueille également le centre administratif des trois établissements dirigés par Mme

Gineste et sa secrétaire Mme Michelle Corbet.

Elles ont été inaugurées le 5 décembre 1978, en compagnie du Maire de Saint-Priest, M. Louis

Gireau, par M. Pierre Mauroy, député-maire de Lille et Président du Conseil Régional Nord-Pas de

Calais entouré d’une centaine d’invités dont M. Franck Serusclat, sénateur-maire de Saint-Fons et

Joseph Sibuet, conseiller général du canton, En 1988, le système des mini-crèches ne permet plus de répondre à la demande croissante de la

population. Saint-Priest décide de créer trois « Maisons de la petite enfance » doublant ainsi les

capacités d’accueil des tout-petits. La première dans le quartier des Garennes, les deux autres sur le

plateau : Bel-Air I –aujourd’hui Courte Echelle - et Rue Claude Farrère – aujourd’hui 3 Petits Pas.

L’ensemble des aménagements intérieurs sont réalisés à partir des travaux du Professeur Hubert

Montagnier (psychophysiologiste dans le champ du développement, du comportement et des

rythmes de l’enfant). Les maisons de quartier Claude Farrère et le local associatif

François Mansart

Le développement des Maisons de Quartier est avant tout le projet d’un Maire, Louis Gireau (1977-

1983) qui souhaite offrir un lieu d’accueil pour les différentes activités des habitants de chaque

quartier.

La Maison de Quartier Claude Farrère

Elle est installée au cœur de Bel-Air II dont les derniers bâtiments voient le jour en 1974. Un premier

local est construit au 25 bis rue Claude Farrère dans le cadre des « m

2

sociaux » que doivent compter

tout programme HLM. Avec comme première utilisation, l’accueil du restaurant scolaire de l’école

Claude Farrère, il faut, ensuite, un local d’activité pour les jeunes. Le bâtiment mesure alors 152 m2

et comprend une partie administrative et une partie « atelier espace de jeux-réunions ».

En 1992, la mairie décide de rénover et d’agrandir le bâtiment pour qu’il devienne une Maison de

Quartier à part entière. Elle offre dorénavant 300m2 supplémentaires d’activité aux enfants et aux

jeunes du quartier : une grande salle de festivité, une cuisine équipée, un espace atelier réunion, une

antenne du Bureau Information Jeunesse, un espace jeu et le bureau des associations ainsi qu’un

amphithéâtre aménagé à l’extérieur permettant d’organiser des mini-concerts, des pièces, etc. Elle

est d’abord gérée par le CPNG puis par la fédération Léo Lagrange à partir de 1999.

En 2017, d’importants travaux de réhabilitation et d’aménagement extérieurs furent réalisés comme

la réfection des salles d’activités, le transfert de l’accueil, la mise en accessibilité, l’installation d’une

nouvelle aire de jeux et la création d’un cheminement piéton pour renforcer le lien avec l’école

voisine. Elle est ré ouverte depuis janvier 2018. Le local associatif François Mansart

Tout comme Claude Farrère, le local François Mansart est à l’origine destiné à accueillir le restaurant

scolaire de l’école du même nom. Au fil des ans, son utilisation évoluera pour être un lieu où se

retrouvent les associations et même un relais d’assistante maternelle. Il porte depuis l’été 2018, le

nom de l’espace Bulle d’air Mansart afin de « marquer l’évolution de ce local devenu avec le temps un

véritable lieu de ressourcement pour les enfants, les familles et les assistantes maternelles @ La maison des jeunes et de la culture

La création de la MJC est avant tout un désir de la

municipalité souhaitant mettre à disposition du

Groupement des Jeunes une salle dans l’étage supérieur

du Château. Le foyer des jeunes sera inauguré en février

1961. L’année suivante deux salles supplémentaires sont

mises à disposition afin de créer une bibliothèque et une

salle d’activité. C’est le 4 décembre 1963 que

l’association de la MJC parait au journal officiel.

En 1992, avec plus de 700 adhérents, le manque d’espace devient une contrainte et le besoin de

s’agrandir une nécessité. Après concertation, le site de Bel-Air est retenu et le projet est inscrit dans

le cadre du développement social des quartiers (DSQ). Située en son cœur, sur l’esplanade centrale

de Bel-Air, dans l’axe de la tour 104 et de la rue du 8 mai 1945, la MJC a été conçue par l’équipe

d’architecte Ferrand-Sigal : construit sur un seul niveau, en surplomb d’une grande esplanade, cet

équipement est une articulation de plusieurs volumes autour d’un jardin intérieur, avec une galerie

reliant les différentes salles. « Ni bâtiment signal, ni prouesse architecturale57 », l’équipe n’a pas

voulu concevoir un bâtiment monolithique marquant mais plutôt un ensemble de volume, divers et

articulés, à l’image des multiples fonctions de la nouvelle MJC.

En février 1993, la première pierre de l’édifice est posée, mais il faut attendre juin 1994 pour que le

chantier se mette en route « nous avons voulu faire une construction adaptée aux différents

programmes d’activités, en travaillant sur l’éclatement des volumes autour d’un patio central qui joue

le rôle de partie publique, un peu comme les cours ou les traboules du vieux Lyon, chargée d’une forte

vie intérieure » raconte Michel Ferrand l’un des architectes. D’un coût de 13 millions de francs et d’une surface de 1 180 m2, elle est destinée à participer

pleinement au développement social du quartier et de la ville. Pour cela, le projet d’origine prévoyait

l’ouverture du bas de la Tour 104 afin créer une perspective ouvrant sur le quartier. Le toit de la MJC

se finissait par une flèche indiquant la direction de rue du 8 mai 1945. Malheureusement, la structure

de la Tour ne pouvant supporter une modification si importante, le projet fut annulé. La MJC

conserve aujourd’hui les traces de cette flèche dont la pointe a été coupée pour des raisons de

sécurité. Le centre social Louis Braille58

Ouvert en 1977, le centre social Louis Braille doit sa naissance à la volonté des habitants de Ménival.

En effet, c’est au cours de l’Assemblée Générale du 14 mai 1975 que les habitants de la résidence

Ménival-les-Gravières décident la construction du Centre social dont ils font l’acquisition le 15 juin

1976. Fondée officiellement le 25 février 1976, l’association pour la gestion du Centre Socioculturel

du quartier de Ménival-les-Gravières regroupe l’amicale de Ménival fondée en 1968 par les résidents,

la confédération syndicale du Cadre de vie et d’autres associations du quartier. Son premier

président, M. Francois Neumand, entreprend des démarches auprès de la Caisse d’allocations

familiales et des services sociaux de la mairie pour aider au financement et à l’établissement des

statuts afin que le centre ouvre au plus vite en décembre 1977.

Le centre social Louis Braille est rapidement victime de son succès. Comptant à la fin des années

1990 plus de mille adhérents, les locaux de son unique bâtiment deviennent étroits et il est

nécessaire de construire de nouveaux locaux, juste à côté, rue Louis Braille. Ouvert en mars 2000, il

est agrandi en 2009. De l’ancien bâtiment, il ne reste aujourd’hui qu’une trace au sol. Bibliographie

Alexandre Scavo, Naissance de la MJC dans la période de formation de la ville de Saint-Priest 1962-

1975, 2017, 516 p.

Alexandre Scavo, Spécificités paysagères et architecturales du quartier de Bel-Air, Saint-Priest, 2018,

7 p.

Bruno Polga, Liberté, Egalité, Fierté, un parcours atypique, Musnier-Gilbert éditions, Bourg-en-Bresse,

2014, 143 p.

Cercle Iulius Victor, Premières Journées d’Histoire en Velin au château de Saint-Priest les 20 et 21

novembre 1999, public imprim, Vénissieux, 2001, 160 p.

Cercle Iulius Victor, Saint-Priest, transformations urbaines anciennes et récentes, Revue d’histoire de

Saint-Priest n°6, Cercle Iulius Victor, 2015, 64 p.

Charles Talon, Petite histoire de Saint-Priest, Maison de la presse, Poyet éditeur, Saint-Priest, 1973,

135 p.

Christian Legrand, Le logement populaire et social en Lyonnais (1848-2000), Lyon, éditions aux arts,

2011, 486 p.

Christiane Roussé, Saint-Priest ville mosaïque (1945-1980), PUL, Lyon, 2000, 349 p.

Jacques Perrier, Histoire de

Filename : DSC_1536.JPG

JFIF_APP1 : Exif

JFIF_APP1 : http

Main Information

Make : NIKON CORPORATION

Model : NIKON D40

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

Software : Ver.1.10

DateTime : 2008:10:25 19:44:45

YCbCrPositioning : co-sited

ExifInfoOffset : 348

GPSInfoOffset : 3590

CustomRendered : Normal process

ExposureMode : Auto

WhiteBalance : Auto

DigitalZoomRatio : 1/1

FocalLength(35mm) : 27(mm)

SceneCaptureType : Standard

GainControl : High gain up

Contrast : Normal

Saturation : Normal

Sharpness : Normal

SubjectDistanceRange : Unknown

Sub Information

ExposureTime : 1/125Sec

FNumber : F5,6

ExposureProgram : Unknown (0)

ISOSpeedRatings : 1600

TimeZoneOffset : 2

ExifVersion : 0221

DateTimeOriginal : 2008:10:25 19:44:45

DateTimeDigitized : 2008:10:25 19:44:45

ComponentConfiguration : YCbCr

CompressedBitsPerPixel : 4/1 (bit/pixel)

ExposureBiasValue : EV0,0

MaxApertureValue : F3,5

MeteringMode : Division

LightSource : Unidentified

Flash : Fired(Auto/return light not detected)

FocalLength : 18,00(mm)

MakerNote : Nikon COOLPIX Format : 2748Bytes (Offset:798)

UserComment :

SubSecTime : 10

SubSecTimeOriginal : 10

SubSecTimeDigitized : 10

FlashPixVersion : 0100

ColorSpace : sRGB

ExifImageWidth : 1496

ExifImageHeight : 2256

SensingMethod : OneChipColorArea sensor

FileSource : DSC

SceneType : A directly photographed image

CFAPattern : 8 Bytes

GPS Informtion

GPSVersionID : 2,2,0,0

GPSLatitudeRef : N

GPSLatitude : 40 1325,7268 [DMS]

GPSLongitudeRef : W

GPSLongitude : 5 4451,9108 [DMS]

GPSAltitudeRef : Sea level

GPSAltitude : 615/1 meters

GPSTimeStamp : 17:44:45

GPSSatellites : 0

GPSMapDatum : WGS-84

GPSDateStamp : 2008:10:25

Thumbnail Information

Compression : OLDJPEG

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

JPEGInterchangeFormat : 3934

JPEGInterchangeFormatLength : 8585

YCbCrPositioning : co-sited

 

Screen-grab showing the Google Map for Tokyo just full up with all sorts of little icon ads from various businesses, particularly fast-food and convenience store companies.

 

(Click the "all sizes" icon above the picture in order to expand it and better see all the icons.)

 

I mentioned this on my blog in a post titled, Google Maps could be chocked full-O-ads.

 

12/7/2009: I mentioned this map image in an article on Achieving Landmark Icon Status In Google Maps - an examination of what factors Google Maps may be using for deciding which businesses receive landmark icon status in the United States.

 

3/18/2010: UPDATE! Mike Blumenthal notes how Google Maps has now begun testing similar icon ads in Australia.

"Grim Reaper is alive" serie - MAPAD report - Plouzané - 1995.05 archive - Rolleiflex 6008 / 80mm Plannar

The Mapad (Maison d'Accueil pour Personnes Agées Dépendantes) is a retirement home for dependent ederly.

Iglesia de Nuestra Señora de la Asunción

Se construyó en el siglo XIII y posteriormente en el siglo XVI la remodelaron los Marqueses de Mirabel. Antiguamente, poseía tres puertas: la que existe actualmente, una para el uso exclusivo de los marqueses y otra que daba a la plaza, en la que actualmente se encuentra la capilla de la patrona, La Virgen de la Jarrera. En su construcción inicial era de estilo románico, pero su remodelación posterior incluyó la mayoría de arcos y ornamentos góticos. En su interior hay varios retablos barrocos, de talla dorada del siglo XVIII. El retablo mayor es más grandioso y trabajado que el resto.

(wikipedia)

 

Latitud: 39° 51' 40.19" N

 

39.861163

 

Longitud: 6° 14' 3.59" O

 

-0h 24m 56.239s

 

-6.23433

 

Altitud -srtm3: m

 

-gtopo30: m

 

(SERVIL-W)

"Grim Reaper is alive" serie - MAPAD report - Plouzané - 1995.05 archive - Rolleiflex 6008 / 80mm Plannar

Filename : DSC_1531.JPG

JFIF_APP1 : Exif

JFIF_APP1 : http

Main Information

Make : NIKON CORPORATION

Model : NIKON D40

Orientation : left-hand side

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

Software : Ver.1.10

DateTime : 2008:10:25 19:42:58

YCbCrPositioning : co-sited

ExifInfoOffset : 220

GPSInfoOffset : 3644

Sub Information

ExposureTime : 1/160Sec

FNumber : F3,5

ExposureProgram : Unknown (0)

ISOSpeedRatings : 400

TimeZoneOffset : 2

ExifVersion : 0221

DateTimeOriginal : 2008:10:25 19:42:58

DateTimeDigitized : 2008:10:25 19:42:58

ComponentConfiguration : YCbCr

CompressedBitsPerPixel : 4/1 (bit/pixel)

ExposureBiasValue : EV0,0

MaxApertureValue : F3,5

MeteringMode : Division

LightSource : Unidentified

Flash : Fired(Auto/return light not detected)

FocalLength : 18,00(mm)

MakerNote : Nikon COOLPIX Format : 2748Bytes (Offset:814)

UserComment :

SubSecTime : 70

SubSecTimeOriginal : 70

SubSecTimeDigitized : 70

FlashPixVersion : 0100

ColorSpace : sRGB

ExifImageWidth : 2256

ExifImageHeight : 1496

ExifInteroperabilityOffset : 3614

SensingMethod : OneChipColorArea sensor

FileSource : DSC

SceneType : A directly photographed image

CFAPattern : 8 Bytes

CustomRendered : Normal process

ExposureMode : Auto

WhiteBalance : Auto

DigitalZoomRatio : 1/1

FocalLength(35mm) : 27(mm)

SceneCaptureType : Standard

GainControl : Low gain up

Contrast : Soft

Saturation : Normal

Sharpness : Normal

SubjectDistanceRange : Unknown

GPS Informtion

GPSVersionID : 2,2,0,0

GPSLatitudeRef : N

GPSLatitude : 40 1325,7268 [DMS]

GPSLongitudeRef : W

GPSLongitude : 5 4451,9108 [DMS]

GPSAltitudeRef : Sea level

GPSAltitude : 615/1 meters

GPSTimeStamp : 17:42:58

GPSSatellites : 0

GPSMapDatum : WGS-84

GPSDateStamp : 2008:10:25

ExifR98

ExifR : R98

Version : 0100

Thumbnail Information

Compression : OLDJPEG

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

JPEGInterchangeFormat : 3988

JPEGInterchangeFormatLength : 8777

YCbCrPositioning : co-sited

 

Filename : DSC_1532.JPG

JFIF_APP1 : Exif

JFIF_APP1 : http

Main Information

Make : NIKON CORPORATION

Model : NIKON D40

Orientation : left-hand side

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

Software : Ver.1.10

DateTime : 2008:10:25 19:43:29

YCbCrPositioning : co-sited

ExifInfoOffset : 220

GPSInfoOffset : 3644

Sub Information

ExposureTime : 1/60Sec

FNumber : F4,5

ExposureProgram : Unknown (0)

ISOSpeedRatings : 800

TimeZoneOffset : 2

ExifVersion : 0221

DateTimeOriginal : 2008:10:25 19:43:29

DateTimeDigitized : 2008:10:25 19:43:29

ComponentConfiguration : YCbCr

CompressedBitsPerPixel : 4/1 (bit/pixel)

ExposureBiasValue : EV0,0

MaxApertureValue : F4,4

MeteringMode : Division

LightSource : Unidentified

Flash : Fired(Auto/return light not detected)

FocalLength : 34,00(mm)

MakerNote : Nikon COOLPIX Format : 2748Bytes (Offset:814)

UserComment :

SubSecTime : 80

SubSecTimeOriginal : 80

SubSecTimeDigitized : 80

FlashPixVersion : 0100

ColorSpace : sRGB

ExifImageWidth : 2256

ExifImageHeight : 1496

ExifInteroperabilityOffset : 3614

SensingMethod : OneChipColorArea sensor

FileSource : DSC

SceneType : A directly photographed image

CFAPattern : 8 Bytes

CustomRendered : Normal process

ExposureMode : Auto

WhiteBalance : Auto

DigitalZoomRatio : 1/1

FocalLength(35mm) : 51(mm)

SceneCaptureType : Standard

GainControl : Low gain up

Contrast : Normal

Saturation : Normal

Sharpness : Normal

SubjectDistanceRange : Unknown

GPS Informtion

GPSVersionID : 2,2,0,0

GPSLatitudeRef : N

GPSLatitude : 40 1325,7268 [DMS]

GPSLongitudeRef : W

GPSLongitude : 5 4451,9108 [DMS]

GPSAltitudeRef : Sea level

GPSAltitude : 615/1 meters

GPSTimeStamp : 17:43:29

GPSSatellites : 0

GPSMapDatum : WGS-84

GPSDateStamp : 2008:10:25

ExifR98

ExifR : R98

Version : 0100

Thumbnail Information

Compression : OLDJPEG

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

JPEGInterchangeFormat : 3988

JPEGInterchangeFormatLength : 8522

YCbCrPositioning : co-sited

 

Iglesia de Nuestra Señora de la Asunción

Se construyó en el siglo XIII y posteriormente en el siglo XVI la remodelaron los Marqueses de Mirabel. Antiguamente, poseía tres puertas: la que existe actualmente, una para el uso exclusivo de los marqueses y otra que daba a la plaza, en la que actualmente se encuentra la capilla de la patrona, La Virgen de la Jarrera. En su construcción inicial era de estilo románico, pero su remodelación posterior incluyó la mayoría de arcos y ornamentos góticos. En su interior hay varios retablos barrocos, de talla dorada del siglo XVIII. El retablo mayor es más grandioso y trabajado que el resto.

(wikipedia)

 

Latitud: 39° 51' 40.19" N

 

39.861163

 

Longitud: 6° 14' 3.59" O

 

-0h 24m 56.239s

 

-6.23433

 

Altitud -srtm3: m

 

-gtopo30: m

 

(SERVIL-W)

Shiv Nagar, a small village in remote North India, has renamed itself "SnapDeal.com Nagar", after the internet company which has paid for the town to have running water installed.

 

I used this illustration for a blog article about the internet company getting its name into Google Maps and other mapping systems.

Filename : DSC_1550.JPG

JFIF_APP1 : Exif

JFIF_APP1 : http

Main Information

Make : NIKON CORPORATION

Model : NIKON D40

Orientation : left-hand side

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

Software : Ver.1.10

DateTime : 2008:10:25 19:58:29

YCbCrPositioning : co-sited

ExifInfoOffset : 220

GPSInfoOffset : 3644

Sub Information

ExposureTime : 1/125Sec

FNumber : F4,8

ExposureProgram : Program Normal

ISOSpeedRatings : 800

TimeZoneOffset : 2

ExifVersion : 0221

DateTimeOriginal : 2008:10:25 19:58:29

DateTimeDigitized : 2008:10:25 19:58:29

ComponentConfiguration : YCbCr

CompressedBitsPerPixel : 4/1 (bit/pixel)

ExposureBiasValue : EV-0,7

MaxApertureValue : F4,8

MeteringMode : Division

LightSource : Fine

Flash : Fired(Auto/return light not detected)

FocalLength : 38,00(mm)

MakerNote : Nikon COOLPIX Format : 2748Bytes (Offset:814)

UserComment :

SubSecTime : 90

SubSecTimeOriginal : 90

SubSecTimeDigitized : 90

FlashPixVersion : 0100

ColorSpace : sRGB

ExifImageWidth : 2256

ExifImageHeight : 1496

ExifInteroperabilityOffset : 3614

SensingMethod : OneChipColorArea sensor

FileSource : DSC

SceneType : A directly photographed image

CFAPattern : 8 Bytes

CustomRendered : Normal process

ExposureMode : Auto

WhiteBalance : Manual

DigitalZoomRatio : 1/1

FocalLength(35mm) : 57(mm)

SceneCaptureType : Standard

GainControl : Low gain up

Contrast : Normal

Saturation : Normal

Sharpness : Normal

SubjectDistanceRange : Unknown

GPS Informtion

GPSVersionID : 2,2,0,0

GPSLatitudeRef : N

GPSLatitude : 40 1432,9172 [DMS]

GPSLongitudeRef : W

GPSLongitude : 5 4255,0008 [DMS]

GPSAltitudeRef : Sea level

GPSAltitude : 615/1 meters

GPSTimeStamp : 17:58:29

GPSSatellites : 0

GPSMapDatum : WGS-84

GPSDateStamp : 2008:10:25

ExifR98

ExifR : R98

Version : 0100

Thumbnail Information

Compression : OLDJPEG

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

JPEGInterchangeFormat : 3988

JPEGInterchangeFormatLength : 8576

YCbCrPositioning : co-sited

 

Iglesia de Nuestra Señora de la Asunción

Se construyó en el siglo XIII y posteriormente en el siglo XVI la remodelaron los Marqueses de Mirabel. Antiguamente, poseía tres puertas: la que existe actualmente, una para el uso exclusivo de los marqueses y otra que daba a la plaza, en la que actualmente se encuentra la capilla de la patrona, La Virgen de la Jarrera. En su construcción inicial era de estilo románico, pero su remodelación posterior incluyó la mayoría de arcos y ornamentos góticos. En su interior hay varios retablos barrocos, de talla dorada del siglo XVIII. El retablo mayor es más grandioso y trabajado que el resto.

(wikipedia)

 

Latitud: 39° 51' 40.19" N

 

39.861163

 

Longitud: 6° 14' 3.59" O

 

-0h 24m 56.239s

 

-6.23433

 

Altitud -srtm3: m

 

-gtopo30: m

 

(SERVIL-W)

Filename : DSC_1498.JPG

JFIF_APP1 : Exif

JFIF_APP1 : http

Main Information

Make : NIKON CORPORATION

Model : NIKON D40

Orientation : left-hand side

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

Software : Ver.1.10

DateTime : 2008:10:25 18:26:36

YCbCrPositioning : co-sited

ExifInfoOffset : 220

GPSInfoOffset : 3644

Sub Information

ExposureTime : 1/500Sec

FNumber : F5,6

ExposureProgram : Unknown (0)

ISOSpeedRatings : 360

TimeZoneOffset : 2

ExifVersion : 0221

DateTimeOriginal : 2008:10:25 18:26:36

DateTimeDigitized : 2008:10:25 18:26:36

ComponentConfiguration : YCbCr

CompressedBitsPerPixel : 4/1 (bit/pixel)

ExposureBiasValue : EV0,0

MaxApertureValue : F4,6

MeteringMode : Division

LightSource : Unidentified

Flash : Not fired

FocalLength : 85,00(mm)

MakerNote : Nikon COOLPIX Format : 2748Bytes (Offset:814)

UserComment :

SubSecTime : 30

SubSecTimeOriginal : 30

SubSecTimeDigitized : 30

FlashPixVersion : 0100

ColorSpace : sRGB

ExifImageWidth : 2256

ExifImageHeight : 1496

ExifInteroperabilityOffset : 3614

SensingMethod : OneChipColorArea sensor

FileSource : DSC

SceneType : A directly photographed image

CFAPattern : 8 Bytes

CustomRendered : Normal process

ExposureMode : Auto

WhiteBalance : Auto

DigitalZoomRatio : 1/1

FocalLength(35mm) : 127(mm)

SceneCaptureType : Standard

GainControl : None

Contrast : Normal

Saturation : Normal

Sharpness : Normal

SubjectDistanceRange : Unknown

GPS Informtion

GPSVersionID : 2,2,0,0

GPSLatitudeRef : N

GPSLatitude : 40 645,486 [DMS]

GPSLongitudeRef : W

GPSLongitude : 5 5639,3 [DMS]

GPSAltitudeRef : Sea level

GPSAltitude : 382/1 meters

GPSTimeStamp : 16:26:36

GPSSatellites : 0

GPSMapDatum : WGS-84

GPSDateStamp : 2008:10:25

ExifR98

ExifR : R98

Version : 0100

Thumbnail Information

Compression : OLDJPEG

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

JPEGInterchangeFormat : 3988

JPEGInterchangeFormatLength : 8912

YCbCrPositioning : co-sited

 

Iglesia de Nuestra Señora de la Asunción

Se construyó en el siglo XIII y posteriormente en el siglo XVI la remodelaron los Marqueses de Mirabel. Antiguamente, poseía tres puertas: la que existe actualmente, una para el uso exclusivo de los marqueses y otra que daba a la plaza, en la que actualmente se encuentra la capilla de la patrona, La Virgen de la Jarrera. En su construcción inicial era de estilo románico, pero su remodelación posterior incluyó la mayoría de arcos y ornamentos góticos. En su interior hay varios retablos barrocos, de talla dorada del siglo XVIII. El retablo mayor es más grandioso y trabajado que el resto.

(wikipedia)

 

Latitud: 39° 51' 40.19" N

 

39.861163

 

Longitud: 6° 14' 3.59" O

 

-0h 24m 56.239s

 

-6.23433

 

Altitud -srtm3: m

 

-gtopo30: m

 

(SERVIL-W)

Filename : DSC_1534.JPG

JFIF_APP1 : Exif

JFIF_APP1 : http

Main Information

Make : NIKON CORPORATION

Model : NIKON D40

Orientation : left-hand side

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

Software : Ver.1.10

DateTime : 2008:10:25 19:44:11

YCbCrPositioning : co-sited

ExifInfoOffset : 220

GPSInfoOffset : 3644

Sub Information

ExposureTime : 1/60Sec

FNumber : F3,5

ExposureProgram : Unknown (0)

ISOSpeedRatings : 500

TimeZoneOffset : 2

ExifVersion : 0221

DateTimeOriginal : 2008:10:25 19:44:11

DateTimeDigitized : 2008:10:25 19:44:11

ComponentConfiguration : YCbCr

CompressedBitsPerPixel : 4/1 (bit/pixel)

ExposureBiasValue : EV0,0

MaxApertureValue : F3,5

MeteringMode : Division

LightSource : Unidentified

Flash : Fired(Auto/return light not detected)

FocalLength : 18,00(mm)

MakerNote : Nikon COOLPIX Format : 2748Bytes (Offset:814)

UserComment :

SubSecTime : 30

SubSecTimeOriginal : 30

SubSecTimeDigitized : 30

FlashPixVersion : 0100

ColorSpace : sRGB

ExifImageWidth : 2256

ExifImageHeight : 1496

ExifInteroperabilityOffset : 3614

SensingMethod : OneChipColorArea sensor

FileSource : DSC

SceneType : A directly photographed image

CFAPattern : 8 Bytes

CustomRendered : Normal process

ExposureMode : Auto

WhiteBalance : Auto

DigitalZoomRatio : 1/1

FocalLength(35mm) : 27(mm)

SceneCaptureType : Standard

GainControl : Low gain up

Contrast : Soft

Saturation : Normal

Sharpness : Normal

SubjectDistanceRange : Unknown

GPS Informtion

GPSVersionID : 2,2,0,0

GPSLatitudeRef : N

GPSLatitude : 40 1325,7268 [DMS]

GPSLongitudeRef : W

GPSLongitude : 5 4451,9108 [DMS]

GPSAltitudeRef : Sea level

GPSAltitude : 615/1 meters

GPSTimeStamp : 17:44:11

GPSSatellites : 0

GPSMapDatum : WGS-84

GPSDateStamp : 2008:10:25

ExifR98

ExifR : R98

Version : 0100

Thumbnail Information

Compression : OLDJPEG

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

JPEGInterchangeFormat : 3988

JPEGInterchangeFormatLength : 8753

YCbCrPositioning : co-sited

 

Iglesia de Nuestra Señora de la Asunción

Se construyó en el siglo XIII y posteriormente en el siglo XVI la remodelaron los Marqueses de Mirabel. Antiguamente, poseía tres puertas: la que existe actualmente, una para el uso exclusivo de los marqueses y otra que daba a la plaza, en la que actualmente se encuentra la capilla de la patrona, La Virgen de la Jarrera. En su construcción inicial era de estilo románico, pero su remodelación posterior incluyó la mayoría de arcos y ornamentos góticos. En su interior hay varios retablos barrocos, de talla dorada del siglo XVIII. El retablo mayor es más grandioso y trabajado que el resto.

(wikipedia)

 

Latitud: 39° 51' 40.19" N

 

39.861163

 

Longitud: 6° 14' 3.59" O

 

-0h 24m 56.239s

 

-6.23433

 

Altitud -srtm3: m

 

-gtopo30: m

 

(SERVIL-W)

Iglesia de Nuestra Señora de la Asunción

Se construyó en el siglo XIII y posteriormente en el siglo XVI la remodelaron los Marqueses de Mirabel. Antiguamente, poseía tres puertas: la que existe actualmente, una para el uso exclusivo de los marqueses y otra que daba a la plaza, en la que actualmente se encuentra la capilla de la patrona, La Virgen de la Jarrera. En su construcción inicial era de estilo románico, pero su remodelación posterior incluyó la mayoría de arcos y ornamentos góticos. En su interior hay varios retablos barrocos, de talla dorada del siglo XVIII. El retablo mayor es más grandioso y trabajado que el resto.

(wikipedia)

 

Latitud: 39° 51' 40.19" N

 

39.861163

 

Longitud: 6° 14' 3.59" O

 

-0h 24m 56.239s

 

-6.23433

 

Altitud -srtm3: m

 

-gtopo30: m

 

(SERVIL-W)

Iglesia de Nuestra Señora de la Asunción

Se construyó en el siglo XIII y posteriormente en el siglo XVI la remodelaron los Marqueses de Mirabel. Antiguamente, poseía tres puertas: la que existe actualmente, una para el uso exclusivo de los marqueses y otra que daba a la plaza, en la que actualmente se encuentra la capilla de la patrona, La Virgen de la Jarrera. En su construcción inicial era de estilo románico, pero su remodelación posterior incluyó la mayoría de arcos y ornamentos góticos. En su interior hay varios retablos barrocos, de talla dorada del siglo XVIII. El retablo mayor es más grandioso y trabajado que el resto.

(wikipedia)

 

Latitud: 39° 51' 40.19" N

 

39.861163

 

Longitud: 6° 14' 3.59" O

 

-0h 24m 56.239s

 

-6.23433

 

Altitud -srtm3: m

 

-gtopo30: m

 

(SERVIL-W)

Iglesia de Nuestra Señora de la Asunción

Se construyó en el siglo XIII y posteriormente en el siglo XVI la remodelaron los Marqueses de Mirabel. Antiguamente, poseía tres puertas: la que existe actualmente, una para el uso exclusivo de los marqueses y otra que daba a la plaza, en la que actualmente se encuentra la capilla de la patrona, La Virgen de la Jarrera. En su construcción inicial era de estilo románico, pero su remodelación posterior incluyó la mayoría de arcos y ornamentos góticos. En su interior hay varios retablos barrocos, de talla dorada del siglo XVIII. El retablo mayor es más grandioso y trabajado que el resto.

(wikipedia)

 

Latitud: 39° 51' 40.19" N

 

39.861163

 

Longitud: 6° 14' 3.59" O

 

-0h 24m 56.239s

 

-6.23433

 

Altitud -srtm3: m

 

-gtopo30: m

 

(SERVIL-W)

Filename : DSC_1543.JPG

JFIF_APP1 : Exif

JFIF_APP1 : http

Main Information

Make : NIKON CORPORATION

Model : NIKON D40

Orientation : left-hand side

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

Software : Ver.1.10

DateTime : 2008:10:25 19:47:40

YCbCrPositioning : co-sited

ExifInfoOffset : 220

GPSInfoOffset : 3644

Sub Information

ExposureTime : 1/80Sec

FNumber : F5,0

ExposureProgram : Unknown (0)

ISOSpeedRatings : 400

TimeZoneOffset : 2

ExifVersion : 0221

DateTimeOriginal : 2008:10:25 19:47:40

DateTimeDigitized : 2008:10:25 19:47:40

ComponentConfiguration : YCbCr

CompressedBitsPerPixel : 4/1 (bit/pixel)

ExposureBiasValue : EV0,0

MaxApertureValue : F4,0

MeteringMode : Division

LightSource : Unidentified

Flash : Not fired

FocalLength : 26,00(mm)

MakerNote : Nikon COOLPIX Format : 2748Bytes (Offset:814)

UserComment :

SubSecTime : 00

SubSecTimeOriginal : 00

SubSecTimeDigitized : 00

FlashPixVersion : 0100

ColorSpace : sRGB

ExifImageWidth : 2256

ExifImageHeight : 1496

ExifInteroperabilityOffset : 3614

SensingMethod : OneChipColorArea sensor

FileSource : DSC

SceneType : A directly photographed image

CFAPattern : 8 Bytes

CustomRendered : Normal process

ExposureMode : Auto

WhiteBalance : Auto

DigitalZoomRatio : 1/1

FocalLength(35mm) : 39(mm)

SceneCaptureType : Standard

GainControl : Low gain up

Contrast : Normal

Saturation : Normal

Sharpness : Normal

SubjectDistanceRange : Unknown

GPS Informtion

GPSVersionID : 2,2,0,0

GPSLatitudeRef : N

GPSLatitude : 40 1325,7268 [DMS]

GPSLongitudeRef : W

GPSLongitude : 5 4451,9108 [DMS]

GPSAltitudeRef : Sea level

GPSAltitude : 615/1 meters

GPSTimeStamp : 17:47:40

GPSSatellites : 0

GPSMapDatum : WGS-84

GPSDateStamp : 2008:10:25

ExifR98

ExifR : R98

Version : 0100

Thumbnail Information

Compression : OLDJPEG

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

JPEGInterchangeFormat : 3988

JPEGInterchangeFormatLength : 8942

YCbCrPositioning : co-sited

 

Filename : DSC_1487.JPG

JFIF_APP1 : Exif

JFIF_APP1 : http

Main Information

Make : NIKON CORPORATION

Model : NIKON D40

Orientation : left-hand side

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

Software : Ver.1.10

DateTime : 2008:10:25 18:16:27

YCbCrPositioning : co-sited

ExifInfoOffset : 220

GPSInfoOffset : 3644

Sub Information

ExposureTime : 1/125Sec

FNumber : F5,6

ExposureProgram : Unknown (0)

ISOSpeedRatings : 200

TimeZoneOffset : 2

ExifVersion : 0221

DateTimeOriginal : 2008:10:25 18:16:27

DateTimeDigitized : 2008:10:25 18:16:27

ComponentConfiguration : YCbCr

CompressedBitsPerPixel : 4/1 (bit/pixel)

ExposureBiasValue : EV0,0

MaxApertureValue : F4,0

MeteringMode : Division

LightSource : Unidentified

Flash : Not fired

FocalLength : 26,00(mm)

MakerNote : Nikon COOLPIX Format : 2748Bytes (Offset:814)

UserComment :

SubSecTime : 10

SubSecTimeOriginal : 10

SubSecTimeDigitized : 10

FlashPixVersion : 0100

ColorSpace : sRGB

ExifImageWidth : 2256

ExifImageHeight : 1496

ExifInteroperabilityOffset : 3614

SensingMethod : OneChipColorArea sensor

FileSource : DSC

SceneType : A directly photographed image

CFAPattern : 8 Bytes

CustomRendered : Normal process

ExposureMode : Auto

WhiteBalance : Auto

DigitalZoomRatio : 1/1

FocalLength(35mm) : 39(mm)

SceneCaptureType : Standard

GainControl : None

Contrast : Normal

Saturation : Normal

Sharpness : Normal

SubjectDistanceRange : Unknown

GPS Informtion

GPSVersionID : 2,2,0,0

GPSLatitudeRef : N

GPSLatitude : 40 645,486 [DMS]

GPSLongitudeRef : W

GPSLongitude : 5 5639,3 [DMS]

GPSTimeStamp : 16:16:27

GPSSatellites : 0

GPSMapDatum : WGS-84

GPSDateStamp : 2008:10:25

ExifR98

ExifR : R98

Version : 0100

Thumbnail Information

Compression : OLDJPEG

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

JPEGInterchangeFormat : 3956

JPEGInterchangeFormatLength : 8548

YCbCrPositioning : co-sited

 

Iglesia de Nuestra Señora de la Asunción

Se construyó en el siglo XIII y posteriormente en el siglo XVI la remodelaron los Marqueses de Mirabel. Antiguamente, poseía tres puertas: la que existe actualmente, una para el uso exclusivo de los marqueses y otra que daba a la plaza, en la que actualmente se encuentra la capilla de la patrona, La Virgen de la Jarrera. En su construcción inicial era de estilo románico, pero su remodelación posterior incluyó la mayoría de arcos y ornamentos góticos. En su interior hay varios retablos barrocos, de talla dorada del siglo XVIII. El retablo mayor es más grandioso y trabajado que el resto.

(wikipedia)

 

Latitud: 39° 51' 40.19" N

 

39.861163

 

Longitud: 6° 14' 3.59" O

 

-0h 24m 56.239s

 

-6.23433

 

Altitud -srtm3: m

 

-gtopo30: m

 

(SERVIL-W)

Filename : DSC_1541.JPG

JFIF_APP1 : Exif

JFIF_APP1 : http

Main Information

Make : NIKON CORPORATION

Model : NIKON D40

Orientation : left-hand side

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

Software : Ver.1.10

DateTime : 2008:10:25 19:46:08

YCbCrPositioning : co-sited

ExifInfoOffset : 220

GPSInfoOffset : 3644

Sub Information

ExposureTime : 1/25Sec

FNumber : F4,2

ExposureProgram : Unknown (0)

ISOSpeedRatings : 800

TimeZoneOffset : 2

ExifVersion : 0221

DateTimeOriginal : 2008:10:25 19:46:08

DateTimeDigitized : 2008:10:25 19:46:08

ComponentConfiguration : YCbCr

CompressedBitsPerPixel : 4/1 (bit/pixel)

ExposureBiasValue : EV0,0

MaxApertureValue : F4,0

MeteringMode : Division

LightSource : Unidentified

Flash : Not fired

FocalLength : 28,00(mm)

MakerNote : Nikon COOLPIX Format : 2748Bytes (Offset:814)

UserComment :

SubSecTime : 20

SubSecTimeOriginal : 20

SubSecTimeDigitized : 20

FlashPixVersion : 0100

ColorSpace : sRGB

ExifImageWidth : 2256

ExifImageHeight : 1496

ExifInteroperabilityOffset : 3614

SensingMethod : OneChipColorArea sensor

FileSource : DSC

SceneType : A directly photographed image

CFAPattern : 8 Bytes

CustomRendered : Normal process

ExposureMode : Auto

WhiteBalance : Auto

DigitalZoomRatio : 1/1

FocalLength(35mm) : 42(mm)

SceneCaptureType : Standard

GainControl : Low gain up

Contrast : Normal

Saturation : Normal

Sharpness : Normal

SubjectDistanceRange : Unknown

GPS Informtion

GPSVersionID : 2,2,0,0

GPSLatitudeRef : N

GPSLatitude : 40 1325,7268 [DMS]

GPSLongitudeRef : W

GPSLongitude : 5 4451,9108 [DMS]

GPSAltitudeRef : Sea level

GPSAltitude : 615/1 meters

GPSTimeStamp : 17:46:08

GPSSatellites : 0

GPSMapDatum : WGS-84

GPSDateStamp : 2008:10:25

ExifR98

ExifR : R98

Version : 0100

Thumbnail Information

Compression : OLDJPEG

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

JPEGInterchangeFormat : 3988

JPEGInterchangeFormatLength : 8247

YCbCrPositioning : co-sited

 

Filename : DSC_1537.JPG

JFIF_APP1 : Exif

JFIF_APP1 : http

Main Information

Make : NIKON CORPORATION

Model : NIKON D40

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

Software : Ver.1.10

DateTime : 2008:10:25 19:45:02

YCbCrPositioning : co-sited

ExifInfoOffset : 348

GPSInfoOffset : 3590

CustomRendered : Normal process

ExposureMode : Auto

WhiteBalance : Auto

DigitalZoomRatio : 1/1

FocalLength(35mm) : 27(mm)

SceneCaptureType : Standard

GainControl : None

Contrast : Normal

Saturation : Normal

Sharpness : Normal

SubjectDistanceRange : Unknown

Sub Information

ExposureTime : 1/125Sec

FNumber : F5,6

ExposureProgram : Unknown (0)

ISOSpeedRatings : 250

TimeZoneOffset : 2

ExifVersion : 0221

DateTimeOriginal : 2008:10:25 19:45:02

DateTimeDigitized : 2008:10:25 19:45:02

ComponentConfiguration : YCbCr

CompressedBitsPerPixel : 4/1 (bit/pixel)

ExposureBiasValue : EV0,0

MaxApertureValue : F3,5

MeteringMode : Division

LightSource : Unidentified

Flash : Fired(Auto/return light not detected)

FocalLength : 18,00(mm)

MakerNote : Nikon COOLPIX Format : 2748Bytes (Offset:798)

UserComment :

SubSecTime : 10

SubSecTimeOriginal : 10

SubSecTimeDigitized : 10

FlashPixVersion : 0100

ColorSpace : sRGB

ExifImageWidth : 1496

ExifImageHeight : 2256

SensingMethod : OneChipColorArea sensor

FileSource : DSC

SceneType : A directly photographed image

CFAPattern : 8 Bytes

GPS Informtion

GPSVersionID : 2,2,0,0

GPSLatitudeRef : N

GPSLatitude : 40 1325,7268 [DMS]

GPSLongitudeRef : W

GPSLongitude : 5 4451,9108 [DMS]

GPSAltitudeRef : Sea level

GPSAltitude : 615/1 meters

GPSTimeStamp : 17:45:02

GPSSatellites : 0

GPSMapDatum : WGS-84

GPSDateStamp : 2008:10:25

Thumbnail Information

Compression : OLDJPEG

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

JPEGInterchangeFormat : 3934

JPEGInterchangeFormatLength : 8501

YCbCrPositioning : co-sited

 

Filename : DSC_1542.JPG

JFIF_APP1 : Exif

JFIF_APP1 : http

Main Information

Make : NIKON CORPORATION

Model : NIKON D40

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

Software : Ver.1.10

DateTime : 2008:10:25 19:47:24

YCbCrPositioning : co-sited

ExifInfoOffset : 348

GPSInfoOffset : 3590

CustomRendered : Normal process

ExposureMode : Auto

WhiteBalance : Manual

DigitalZoomRatio : 1/1

FocalLength(35mm) : 39(mm)

SceneCaptureType : Standard

GainControl : Low gain up

Contrast : Soft

Saturation : Normal

Sharpness : Normal

SubjectDistanceRange : Unknown

Sub Information

ExposureTime : 1/400Sec

FNumber : F4,0

ExposureProgram : Program Normal

ISOSpeedRatings : 800

TimeZoneOffset : 2

ExifVersion : 0221

DateTimeOriginal : 2008:10:25 19:47:24

DateTimeDigitized : 2008:10:25 19:47:24

ComponentConfiguration : YCbCr

CompressedBitsPerPixel : 4/1 (bit/pixel)

ExposureBiasValue : EV-0,7

MaxApertureValue : F4,0

MeteringMode : Division

LightSource : Fine

Flash : Fired(Auto/return light not detected)

FocalLength : 26,00(mm)

MakerNote : Nikon COOLPIX Format : 2748Bytes (Offset:798)

UserComment :

SubSecTime : 80

SubSecTimeOriginal : 80

SubSecTimeDigitized : 80

FlashPixVersion : 0100

ColorSpace : sRGB

ExifImageWidth : 1496

ExifImageHeight : 2256

SensingMethod : OneChipColorArea sensor

FileSource : DSC

SceneType : A directly photographed image

CFAPattern : 8 Bytes

GPS Informtion

GPSVersionID : 2,2,0,0

GPSLatitudeRef : N

GPSLatitude : 40 1325,7268 [DMS]

GPSLongitudeRef : W

GPSLongitude : 5 4451,9108 [DMS]

GPSAltitudeRef : Sea level

GPSAltitude : 615/1 meters

GPSTimeStamp : 17:47:24

GPSSatellites : 0

GPSMapDatum : WGS-84

GPSDateStamp : 2008:10:25

Thumbnail Information

Compression : OLDJPEG

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

JPEGInterchangeFormat : 3934

JPEGInterchangeFormatLength : 8789

YCbCrPositioning : co-sited

 

Iglesia de Nuestra Señora de la Asunción

Se construyó en el siglo XIII y posteriormente en el siglo XVI la remodelaron los Marqueses de Mirabel. Antiguamente, poseía tres puertas: la que existe actualmente, una para el uso exclusivo de los marqueses y otra que daba a la plaza, en la que actualmente se encuentra la capilla de la patrona, La Virgen de la Jarrera. En su construcción inicial era de estilo románico, pero su remodelación posterior incluyó la mayoría de arcos y ornamentos góticos. En su interior hay varios retablos barrocos, de talla dorada del siglo XVIII. El retablo mayor es más grandioso y trabajado que el resto.

(wikipedia)

 

Latitud: 39° 51' 40.19" N

 

39.861163

 

Longitud: 6° 14' 3.59" O

 

-0h 24m 56.239s

 

-6.23433

 

Altitud -srtm3: m

 

-gtopo30: m

 

(SERVIL-W)

Iglesia de Nuestra Señora de la Asunción

Se construyó en el siglo XIII y posteriormente en el siglo XVI la remodelaron los Marqueses de Mirabel. Antiguamente, poseía tres puertas: la que existe actualmente, una para el uso exclusivo de los marqueses y otra que daba a la plaza, en la que actualmente se encuentra la capilla de la patrona, La Virgen de la Jarrera. En su construcción inicial era de estilo románico, pero su remodelación posterior incluyó la mayoría de arcos y ornamentos góticos. En su interior hay varios retablos barrocos, de talla dorada del siglo XVIII. El retablo mayor es más grandioso y trabajado que el resto.

(wikipedia)

 

Latitud: 39° 51' 40.19" N

 

39.861163

 

Longitud: 6° 14' 3.59" O

 

-0h 24m 56.239s

 

-6.23433

 

Altitud -srtm3: m

 

-gtopo30: m

 

(SERVIL-W)

Iglesia de Nuestra Señora de la Asunción

Se construyó en el siglo XIII y posteriormente en el siglo XVI la remodelaron los Marqueses de Mirabel. Antiguamente, poseía tres puertas: la que existe actualmente, una para el uso exclusivo de los marqueses y otra que daba a la plaza, en la que actualmente se encuentra la capilla de la patrona, La Virgen de la Jarrera. En su construcción inicial era de estilo románico, pero su remodelación posterior incluyó la mayoría de arcos y ornamentos góticos. En su interior hay varios retablos barrocos, de talla dorada del siglo XVIII. El retablo mayor es más grandioso y trabajado que el resto.

(wikipedia)

 

Latitud: 39° 51' 40.19" N

 

39.861163

 

Longitud: 6° 14' 3.59" O

 

-0h 24m 56.239s

 

-6.23433

 

Altitud -srtm3: m

 

-gtopo30: m

 

(SERVIL-W)

Iglesia de Nuestra Señora de la Asunción

Se construyó en el siglo XIII y posteriormente en el siglo XVI la remodelaron los Marqueses de Mirabel. Antiguamente, poseía tres puertas: la que existe actualmente, una para el uso exclusivo de los marqueses y otra que daba a la plaza, en la que actualmente se encuentra la capilla de la patrona, La Virgen de la Jarrera. En su construcción inicial era de estilo románico, pero su remodelación posterior incluyó la mayoría de arcos y ornamentos góticos. En su interior hay varios retablos barrocos, de talla dorada del siglo XVIII. El retablo mayor es más grandioso y trabajado que el resto.

(wikipedia)

 

Latitud: 39° 51' 40.19" N

 

39.861163

 

Longitud: 6° 14' 3.59" O

 

-0h 24m 56.239s

 

-6.23433

 

Altitud -srtm3: m

 

-gtopo30: m

 

(SERVIL-W)

Iglesia de Nuestra Señora de la Asunción

Se construyó en el siglo XIII y posteriormente en el siglo XVI la remodelaron los Marqueses de Mirabel. Antiguamente, poseía tres puertas: la que existe actualmente, una para el uso exclusivo de los marqueses y otra que daba a la plaza, en la que actualmente se encuentra la capilla de la patrona, La Virgen de la Jarrera. En su construcción inicial era de estilo románico, pero su remodelación posterior incluyó la mayoría de arcos y ornamentos góticos. En su interior hay varios retablos barrocos, de talla dorada del siglo XVIII. El retablo mayor es más grandioso y trabajado que el resto.

(wikipedia)

 

Latitud: 39° 51' 40.19" N

 

39.861163

 

Longitud: 6° 14' 3.59" O

 

-0h 24m 56.239s

 

-6.23433

 

Altitud -srtm3: m

 

-gtopo30: m

 

(SERVIL-W)

Iglesia de Nuestra Señora de la Asunción

Se construyó en el siglo XIII y posteriormente en el siglo XVI la remodelaron los Marqueses de Mirabel. Antiguamente, poseía tres puertas: la que existe actualmente, una para el uso exclusivo de los marqueses y otra que daba a la plaza, en la que actualmente se encuentra la capilla de la patrona, La Virgen de la Jarrera. En su construcción inicial era de estilo románico, pero su remodelación posterior incluyó la mayoría de arcos y ornamentos góticos. En su interior hay varios retablos barrocos, de talla dorada del siglo XVIII. El retablo mayor es más grandioso y trabajado que el resto.

(wikipedia)

 

Latitud: 39° 51' 40.19" N

 

39.861163

 

Longitud: 6° 14' 3.59" O

 

-0h 24m 56.239s

 

-6.23433

 

Altitud -srtm3: m

 

-gtopo30: m

 

(SERVIL-W)

Filename : DSC_1538.JPG

JFIF_APP1 : Exif

JFIF_APP1 : http

Main Information

Make : NIKON CORPORATION

Model : NIKON D40

Orientation : left-hand side

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

Software : Ver.1.10

DateTime : 2008:10:25 19:45:18

YCbCrPositioning : co-sited

ExifInfoOffset : 220

GPSInfoOffset : 3644

Sub Information

ExposureTime : 1/25Sec

FNumber : F3,5

ExposureProgram : Unknown (0)

ISOSpeedRatings : 800

TimeZoneOffset : 2

ExifVersion : 0221

DateTimeOriginal : 2008:10:25 19:45:18

DateTimeDigitized : 2008:10:25 19:45:18

ComponentConfiguration : YCbCr

CompressedBitsPerPixel : 4/1 (bit/pixel)

ExposureBiasValue : EV0,0

MaxApertureValue : F3,5

MeteringMode : Division

LightSource : Unidentified

Flash : Not fired

FocalLength : 18,00(mm)

MakerNote : Nikon COOLPIX Format : 2748Bytes (Offset:814)

UserComment :

SubSecTime : 80

SubSecTimeOriginal : 80

SubSecTimeDigitized : 80

FlashPixVersion : 0100

ColorSpace : sRGB

ExifImageWidth : 2256

ExifImageHeight : 1496

ExifInteroperabilityOffset : 3614

SensingMethod : OneChipColorArea sensor

FileSource : DSC

SceneType : A directly photographed image

CFAPattern : 8 Bytes

CustomRendered : Normal process

ExposureMode : Auto

WhiteBalance : Auto

DigitalZoomRatio : 1/1

FocalLength(35mm) : 27(mm)

SceneCaptureType : Standard

GainControl : Low gain up

Contrast : Normal

Saturation : Normal

Sharpness : Normal

SubjectDistanceRange : Unknown

GPS Informtion

GPSVersionID : 2,2,0,0

GPSLatitudeRef : N

GPSLatitude : 40 1325,7268 [DMS]

GPSLongitudeRef : W

GPSLongitude : 5 4451,9108 [DMS]

GPSAltitudeRef : Sea level

GPSAltitude : 615/1 meters

GPSTimeStamp : 17:45:18

GPSSatellites : 0

GPSMapDatum : WGS-84

GPSDateStamp : 2008:10:25

ExifR98

ExifR : R98

Version : 0100

Thumbnail Information

Compression : OLDJPEG

XResolution : 300/1

YResolution : 300/1

ResolutionUnit : Inch

JPEGInterchangeFormat : 3988

JPEGInterchangeFormatLength : 8679

YCbCrPositioning : co-sited

 

1 3