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ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

 

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

les pygmées : ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

 

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache !

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

  

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables de jardin et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique bien entendu !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

 

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

Lugar: Finca La Pomarrosa, Barlovento, centro norte de Venezuela.

 

Este fruto junto a una flor llamó la atención de algunos de los participantes. Este y otro par de arbolitos son la constancia de que la actual Finca La Pomarrosa formó parte, en alguna etapa de su pasado, de una plantación de cacao

________________________________________________

 

Sobre el Cacao he escrito lo que sigue.

________________________________________________

 

Cacao [Cocoa] (Theobroma cacao)

  

El cacaotero o árbol del cacao (Theobroma cacao) es una planta originaria del trópico americano, aunque no se conoce todavía con exactitud cuál fue el lugar a partir de donde se diseminó. En tal sentido, si bien «algunos, incluso, afirman que pudo haber sido Venezuela» (Hoyos, 1987 [1983], p. 320), lo más probable es que fuera «la vertiente oriental de los Andes Ecuatorianos, pues es allí donde se encuentra la mayor variación en las poblaciones naturales existentes», en particular el área correspondiente a «las cabeceras de los ríos Caquetá, Putumayo y Napo», dispersándose luego en dos direcciones, una al este, «hacia la cuenca del Amazonas y del Orinoco hasta las Guayanas», y otra al norte, «hacia el istmo de Panamá, Centro América y México», lugares estos dos últimos en que hubo «un centro secundario de diversidad genética... donde el cacao fue domesticado por los Mayas, miles de años antes de la llegada de Colón» (Leal, 1993, p. 87-88). Lo anterior explica que los europeos hayan encontrado cacaoteros cultivados en tal región y cacaoteros silvestres dispersos por muchas partes del trópico americano. Pero fue en las civilizaciones azteca y maya donde el cultivo y consumo del cacao tuvo un mayor desarrollo durante el período indígena, tal como se refiere en la cita siguiente:

 

«Según una antiquísima leyenda azteca, Quetzalcóatl, el jardinero del edén, una de las divinidades más importantes veneradas por este pueblo, trajo a la tierra sus semillas y las ofreció a los hombres para que pudieran participar de las delicias de un manjar apreciado por los dioses. Posiblemente en esta leyenda se inspiró el sueco Linneo para designar este género como Theobroma, que significa manjar o alimento de los dioses. El nombre cacao procede del idioma náhuatl de los Mayas de Centroamérica a quienes se atribuye el desarrollo de su cultivo –aproximadamente en el 250 antes de Cristo– en la región de Petén, donde floreció esta extraordinaria cultura americana. Los aztecas y probablemente los mayas, lo empleaban para elaborar una bebida que denominaban xocoatl, que era hecha con las semillas tostadas y molidas del fruto, disueltas en agua fría, sazonada con ajíes, vainilla y otras especias presentes en platos de la culinaria azteca. Era una bebida amarga, espumosa y picante, muy diferente al chocolate que hoy conocemos» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 163).

 

En el caso de Venezuela el cacao silvestre parece que se daba en muchos sitios, en particular en las cuencas del Orinoco y de los lagos de Maracaibo y de Valencia, en los Andes y en los valles del Tuy y Barlovento, en algunos de los cuales era aprovechado para ciertos usos. Así por ejemplo, se ha dicho que «el antiguo territorio de los yanomamos (Amazonas), ubicado por algunos cartógrafos entre las fuentes del río Orinoco y el río Parime… era reseñado como el “País de los Cacaguales”, debido a las muchas plantas de cacao silvestre que allí abundan» (Delascio, 2003, p. 31). Por otra parte, referencias directas coincidentes sobre el cacao silvestre de Venezuela fueron dadas, entre otros, por Gumilla y Caulín. El primero afirmaba que «en las dilatadas vegas del río Apure y otros que entran en él, crece de suyo abundante arboleda de cacao silvestre, y carga fruto dos veces al año, como el que cultivan en los poblados» (Gumilla, 1963 [1741], p. 217-218). El segundo decía que «en muchas montañas de esta Provincia, y mucho más en la de Venezuela, se cría un árbol, que llaman Cacao silvestre, muy parecido en las mazorcas al que cultivan en las haciendas. Da sus frutos dos veces al año» (Caulín, 1992 [1779], pág. 17).

 

Un siglo antes que los autores citados en el párrafo anterior, ya había tocado el tema el gobernador de la Provincia de Cumaná, Antonio Brizuela. Lo hizo en un «Informe sobre la Provincia de la Nueva Barcelona», elaborado y enviado al rey en 1655, el cual constituye el primer documento escrito por un europeo en que se hace una descripción de la región de Barlovento, referencia nada casual ya que los pobladores de Cumaná ansiaban anexarse a su provincia esta rica región, la cual apenas comenzaba por entonces a ser tenida en cuenta por sus rivales de la Provincia de Venezuela. En ese texto Brizuela indicaba, entre otras muchas cosas, que se daba en «las montañas del tuy mucho cacao silvestre» (Brizuela, 1957 [1655], p. 414), lo cual es uno de los indicios más directos de que en Barlovento habría existido antes de la llegada de los europeos una variedad autóctona de ese frutal.

 

Sobre los antecedentes aborígenes del uso del cacao en Venezuela, se ha dicho que «antes de la llegada de los europeos, los indígenas venezolanos lo empleaban como alimento y con fines votivos. Se han encontrado vasijas en forma de mazorca de cacao en objetos cerámicos precolombinos recuperados en yacimientos de los alrededores del lago de Valencia» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 165-166), lo mismo que «en los alrededores de la laguna de Tacarigua, donde aparece representado en los cacharros descubiertos recientemente en los yacimientos arqueológicos» (Varios autores, 1998). Asímismo se ha mencionado la existencia de «piezas arqueológicas precolombinas en las que se representa el cacao y los usos alimenticio, medicinal y religioso que le daban los aborígenes del Orinoco y de Guayana» (González, 2004, p. 76).

 

Del mismo modo «algunos datos históricos señalan su cultivo y consumo entre los Timotocuicas, en regiones de los Andes. Los indígenas andinos quemaban grasa de Cacao, a la manera de incienso, y la ofrendaban a sus ídolos. También preparaban Chorote, bebida bastante cercana al xocoatl azteca» (González, 2004, p. 76). El chorote es, según Julio Calcaño, «la pasta de cacao sin vainilla, canela ni azúcar, cocida en agua endulzada con papelón» (Calcaño, 1950 [1896], p. 389). Sobre este último particular Fray Pedro Simón, otro sacerdote cronista, reportaba la afición al chocolate de «los indios de la gobernación de Mérida y Trujillo... por ser sus tierras tan fértiles de esta fruta del cacao. De quien han tomado el beberlo los españoles con tanta frecuencia como en Nueva España, que es la que el mundo sabe. Aunque con diferencia, porque en la ciudad de Trujillo y casi entrada la gobernación de Caracas y Mérida, hasta la ciudad de Pamplona, lo beben hecho chorote» (Simón, 1992 [1625], Tomo II, p. 119).

 

En Barlovento el cultivo del cacao y el poblamiento español fueron en esencia una y la misma cosa. Con el tiempo, cacao y Barlovento también lo fueron, una vez que las tierras más fértiles y accesibles de la región se cubrieron de plantaciones, sembradas inicialmente con la mano de obra indígena y luego recurriendo principalmente a esclavos negros traídos de Africa con tal propósito. De este modo, el cacao se convirtió en Barlovento en una presencia constante que persiste hasta nuestros días y se proyecta todavía hacia el futuro.

 

Esa realidad no podía dejar de tener su expresión literaria. En la novela, todas las obras ambientadas en Barlovento han girado en torno a las plantaciones de cacao. Cabe citar en tal sentido «Pobre negro» (1937), de Rómulo Gallegos; «Noche buena negra» (1943), de Juan Pablo Sojo; y «Cuira es un río de Barlovento» (1946), de José Fabbiani Ruiz. Este último también fue autor del cuento de cacao y violencia titulado «Guaritoto», nombre que designa a una planta cuyas hojas están «cubiertas de púas urticantes que producen vivo escozor y aún inflamación y fiebre al llegar en contacto con la epidermis» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 268), lo cual explica por qué en el citado texto Fabbiani puso a pensar al protagonista que su concubina «era como una hoja de guaritoto, espinosa y traicionera» (Fabbiani, 1939, p. 41). Otros cuentos con trasfondo de cacao barloventeño son «Hereque», escrito por Juan Pablo Sojo, título que hace referencia al nombre de «una enfermedad grave» del cambur y el plátano «que no tiene tratamiento» (Fondo Nacional del Cacao, [Sin fecha], p. 25); «La virgen no tiene cara», de Ramón Díaz Sánchez y «Un negro a la luz de la luna», de Arturo Croce.

 

En la poesía, el cacao es la presencia vegetal más reiterada en la obra del barloventeño Pedro Lhaya, quien, cosa curiosa, parece que nunca llegó a escribirle, o al menos a publicarle, que sepamos, un poema al árbol o a su fruto. En su «Cantar de la Noche del Trópico» el cacao es la única planta que se menciona dos veces, primero como bebida afrodisíaca («tórrida noche múltiple, / corporal, / de jenjibre y cacao, / de ron y de tabaco») y luego como plantío, de connotación también erótica («noche de oro esparcido / en oquedades, / en cimas de canela, / en cacaotales») (Lhaya, 1985, p. 20 y 24). Tampoco podía faltar el cacao por partida doble en su «Noche de Barlovento», poema que bien amerita, por su gran calidad, su trascripción completa:

 

«En compacta negrura

la comba de la noche de junio y su perfil de ébano,

rutila Venus,

huele a cacao la noche,

aroma de animal en celo.

 

Hacia la comba profunda suben cánticos ásperos,

antiguos sones ásperos

de tambores totémicos.

 

Clamorea la danza,

danzan sombras,

danza un tótem errátil,

en una sombra,

danza la sombra de un leopardo,

danza,

ocelada de sombras

la abolida serpiente sagrada.

 

Clamorea la noche, cantan y danzan

los hijos del cacao,

en la noche de junio,

colmada de revelaciones

y de ritos obscuros.»

 

(Lhaya, 1985, p. 77)

 

Dijo también el poeta, en su corta «Autobiografía» en verso, lo siguiente: «en el cacao fermentado / percibí el drama torvo del negro» (Lhaya, 1963, p. 8). Y seguramente en ello habrá tenido mucho que ver su propia vivencia, ya que él mismo se dedicó al cultivo del cacao durante muchos años en su hacienda barloventeña llamada «El Frutal». Pero fue en sus poemas de amor donde el cacao eclosionó en una multiplicidad de tropos que rinden tributo a la «piel nocturna de cacao», a los «senos de cacao y de miel», a los «pechos de cacao y de sándalo» y, en fin, al «cuerpo de cacao y de miel» de una «muchacha de cacao y miel» que lo transportaba, ¡cómo no!, a una «ciudad de canela, de cacao y miel» (Lhaya, 1975 y 1985).

 

Esa planta del cacao, inspiradora de literatura tan variada y rutilante, es un arbolito que puede alcanzar unos seis metros de altura, de tallo vertical y ramas extendidas. Sus hojas, «de un color marrón a rojizo cuando jóvenes, se tornan a verde-obscuro con el tiempo» (Hoyos, 1987 [1983], p. 320). Su duración es larga, llegando a los ochenta años. Sus flores son pequeñas y de colores variados, desde el blanco y el rojo al púrpura, pasando por el verde, amarillo y rosado. Como sucede con el taparo o totumo, sus flores y frutos presentan la infrecuente particularidad de brotar directamente del tronco y de las ramas principales. La fertilización la efectúan ciertas especies de moscas y hormigas y es «de difícil realización debido a la disposición de sus piezas florales, llegando sólo a ser efectiva en el 1% de las flores presentes en un árbol» (Ramos et al., 2004 [2000], p. 16).

 

La dispersión de las semillas es efectuada por una variedad de animales, como son los monos, rabipelados, ratas, ardillas, murciélagos y, entre las aves, los loros, pájaros carpinteros y conotos, considerados todos ellos como plagas por los cultivadores en razón de los daños que causan al fruto (verlo aquí), el cual constituye la parte más preciada de la planta, de donde viene la conseja que identifica a «los enemigos del cacao: ardita, conoto y mono», a los cuales se les agregan socarronamente «los peones y el mayordomo» (Velez, 1966, p. 29).

 

Debido a su forma, a los frutos se les llama usualmente mazorcas, las cuales presentan características que pueden variar de una planta a otra, según sea su origen. Hay así, en Venezuela, el cacao «criollo», descendiente de la variedad arraigada en Centroamérica y México que, según parece, habría sido traído de allí por los cultivadores durante la colonia (Leal, 1993, p. 88), el cual carga mazorcas alargadas y puntiagudas de color verde que al madurar se tornan amarillas, de cáscara rugosa con una decena de surcos, tamaño mediano y almendras grandes y redondas, de cotiledones blancos (Ramos et al., 2004 [2000], p. 17-18). Es de destacar que «en Venezuela hay un Cacao criollo llamado “Porcelana” que es el de mejor calidad en el mundo» (Hoyos, 1994, p. 311). Al encontrarse el cacao criollo con el cacao local de tipo amazónico, que recibe la denominación de «forastero», habría producido una serie de variedades llamadas «trinitario» (Braudeau, 1981 [1969], p. 18), de colores diferentes que incluyen verde, rojo, amarillo y anaranjado, cuyas formas van desde la alargada y rugosa con cinco surcos, conocidos como angoleta, cundeamor y amelonado, hasta la redondeada y lisa casi sin surcos, denominados legón y calabacillo (Ramos et al, 2004 [2000], p. 17-18).

 

La planta del cacao no resiste por mucho tiempo la luz solar directa, de modo que le es imprescindible la sombra para subsistir, lo cual la hace una especie eminentemente selvática. Del mismo modo, cuando se trata de cacao cultivado se impone la utilización de otras plantas para proporcionarle sombra. La sombra temporal más utilizada para proteger en sus primeras etapas a los arbolitos de cacao han sido el cambur y el plátano (Musa paradisiaca), debido a que «presentan un crecimiento rápido, follaje suficiente» y «son de fácil eliminación» (Ramos et al, 2004 [2000], p. 28). Esta práctica, presente en Barlovento, se remonta al tiempo mismo en que comenzaba la explotación del cacao a gran escala, como se comprueba en la siguiente cita de Matías Ruiz Blanco, un misionero franciscano que ejerció en Píritu, el cual, como muchos otros de sus colegas, se caracterizaba por no desaprovechar oportunidad alguna de despotricar sin piedad de los indígenas cuya conversión le había sido confiada. Dice así:

 

«Con los plátanos se amadrinan los árboles del cacao, que son amigos de la sombra y enemigos del sol... En creciendo el árbol del cacao, que llega a cerrar con el conjunto y se puede hacer sombra, mata al plátano en pago del beneficio que recibió de él siendo pequeño, y así es símbolo de la ingratitud, propiedad que reina en todos los indios» (Ruiz, 1965 [1690], p. 17).

 

Ya más crecido, son muchos los árboles que se utilizan para dar sombra al preciado cacao. Una publicación de 1934, escrita por un agrónomo hindú, de apellido Singh, al servicio del por entonces Ministerio de Salubridad y de Agricultura y Cría, citaba, además del bucare anauco (Erythrina fusca) y el bucare peonío (Erythrina mitis), otras especies como el apamate (Tabebuia pentaphylla), pariente cercano del árbol emblemático nacional, que no es otro que el Araguaney (Tabebuia chrysantha), el cual a nadie se le ha ocurrido utilizarlo como sombra de cacao, que sepamos. También incluía el jobo (Spondias lutea), «árbol que alcanza dimensiones enormes... Común en los bosques de tierra caliente y usado algunas veces como sombra en las plantaciones de cacao. Pega de estacas, y se emplea también para postes de cercas» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 285).

 

Otros que señalaba Singh eran el mijao (Anarcadium excelsum), el cedro (Cedreia odorata) y el caobo (Swietenia mahagony), este último de origen antillano, «en Venezuela introducido y a veces usado como sombra en cacaotales» (Schnee, 1984 [1961], p. 150), que no se debe confundir con el gigantesco caobo de Tierra Firme (Swietenia macrophylla), todos ellos utilizados básicamente como árboles madereros. El autor adicionaba el lechero (Ephorbia cotinifolia), el caucho (Hevea brasiliensis), el árbol de pan (Artocarpus altilis), oriundo de Asia y traído por su alimenticio fruto durante la colonia «para que sirviera de alimento a los esclavos» (Hoyos, 1987 [1983], p. 226), y, por último, el aguacate (Persea americana), propio de nuestro continente, como indica su nombre científico, muy cultivado en Barlovento por su fruto. Decía el autor citado que, «con las excepciones de los bucares Anauco y peonío, ninguno de los árboles mencionados arriba es apropiado para sombra», pero no decía el por qué (Singh, 1934, p. 30).

 

Otro árbol utilizado más recientemente para cubrir al cacao ha sido el guamo, frutal que cuenta en Venezuela con unas 50 especies, de las cuales la más conocida en Barlovento es el guamo machete (Inga spectabilis). Decía Jesús Hoyos que los guamos, «debido a que son árboles relativamente pequeños, a que conservan el follaje durante todo el año, se les viene utilizando... en el país como árboles de sombra, para proteger el cacao y el café» (Hoyos, 1974, p. 132).

 

Pero los árboles a que más se ha recurrido para cobijar al cultivo más preciado de la región han sido, sin duda, los bucares (Erythrina spp), que por ello se pueden encontrar en la actualidad abundantemente por casi todo Barlovento, siendo numerosas las aves que acuden a libar en sus flores o a comérselas, entre ellos conotos, loros guaros, arrendajos, colibríes de varias especies y también nuestra ave emblemática nacional, el turpial. Resultó así que al bucare, «con justeza de epíteto se le ha llamado “madre del cacao”» (Alamo, 1911, p. 61), tal como lo hizo Andrés Bello en su conocida «Silva a la agricultura de la Zona Tórrida» en un verso que dice: «ampare / a la tierna teobroma en la ribera / la sombra maternal de su bucare» (Bello, 1958 [1826], p. 12). Sin embargo, no ha faltado quien, cambiándole la condición femenina al acto de cobijar, lo llamara «el padre del cacao, como se dice vulgarmente» (Arana, 1945, p. 53).

 

A contracorriente con el criterio dominante, Jesús Hoyos llegó a sostener que ninguna de las especies de bucare eran recomendables para ser utilizadas como sombra del cacao o del café, debiéndose sustituir en tal función por árboles como los ya citado guamos, «menos corpulentos y de hojas perennes» (Hoyos, 1985, p. 160). Por supuesto, muchos se han mostrado en desacuerdo con tal apreciación respecto de los bucares, pero en lo que sí coinciden todos es en considerar que el Samán (Pithecellobium saman), árbol de sombra de gran abolengo, emblema vegetal del Estado Aragua y del conjunto de los países bolivarianos (Cueto, 1991; Hoyos, 1985, p. 47), no servía, sin embargo, para cobijar a los cultivos de plantación, como el café y el cacao, «uso para el cual es poco conveniente porque reseca mucho el suelo y le quita una cantidad enorme de sustancia necesaria para el alimento de la plantación; en tiempo de su florescencia es tal la abundancia de las flores, que caen encima de los arbolitos de café o de cacao, que éstos se hallan literalmente agobiados bajo su peso en gran perjuicio de su propia fructificación» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 387). Digamos que, en contrapartida, para los animales y la gente resulta sumamente acogedor el frescor de la sombra bajo el follaje del samán, aunque bote muchas hojas y flores.

 

El secreto de la gran estima que ha tenido el cacao, no sólo desde que fuera descubierto por los europeos, sino desde los tiempos de las civilizaciones indígenas americanas, está en sus semillas «ricas en almidón, en proteínas, en materia grasa, lo cual les confiere un valor nutritivo real. Su contenido en teobromina… junto con la presencia de cafeína, les da propiedades estimulantes. Encierran un aceite esencial que les da un sabor aromático particular» (Braudeau, 1981 [1969], p. 13).

 

De los productos que se elaboran con esas semillas, el más preciado es, como todos saben, el chocolate. Esta palabra, de origen azteca, designaba inicialmente a una bebida que se ha elaborado de diferentes maneras, incorporándosele primero, en el período indígena, especias americanas como el ají y la vainilla, según dijéramos al inicio de esta nota, para luego devenir durante la colonia en un preparado caliente endulzado con azúcar, ya que la almendra del cacao tiene sabor amargo. «Los españoles guardaron por mucho tiempo el secreto de esa maravillosa bebida cuyo consumo se difundió posteriormente a otros países europeos», siendo «los ingleses quienes modificaron la preparación del chocolate añadiéndole leche en lugar de agua a comienzos del siglo XVIII» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 165).

 

Aunque en sus inicios fue un producto reservado a la gente adinerada, con el tiempo se fue popularizando, teniendo hoy día un consumo masivo. Para ello hubo que esperar la elaboración industrial del polvo de cacao, iniciada por una empresa de un holandés apellidado Van Houten que registró la patente en 1828 (Delascio, 2003, p. 32 y Braudeau, 1981 [1969], p. 16). El procedimiento consistía básicamente en extraer la manteca de cacao, a la cual pronto se le buscó la utilidad, resultando que al mezclarla con «azúcar se puede preparar un artículo delicioso que se puede moler: el chocolate», tal como se conoce hoy día, es decir, en barras, «puesto en venta por primera vez en 1847. En 1876 aún se da un nuevo empuje a la industria con la fabricación del chocolate con leche» (Braudeau, 1981 [1969], p. 16). Desde entonces se impuso sobre la bebida el consumo de chocolate sólido, forma en la cual pareciera haber incrementado su poder adictivo.

 

Una planta tan especial como la del cacao no podía dejar de tener también usos medicinales. Pittier señalaba, al respecto, que «entre el pueblo, el cacao se aplica en forma variada en la curación de múltiples enfermedades y» —¡prestad atención, colegas atacados por la calvicie!— «aun para hacer crecer el pelo» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 169). La fórmula mágica para lograrlo es la siguiente: «Tómese el aceite o manteca de cacao en dosis de cuatro cucharadas, con otras tantas de aceite de ajonjolí o de almendras y lo que basta de cera blanca para hacer una pomada, se le agrega de esencia de canela un escrúpulo y ocho gotas de clavos. Con esta pomada se unta el pelo. Diariamente crecerá de un modo muy notable» (Anónimo, 1990, p. 13)

 

Se ha dicho también que es recomendable «para la circulación, el corazón y las quemaduras» y que «la decocción de la pulpa que recubre las semillas sirve para la fiebre y la infusión de las hojas ayuda en los trastornos cardíacos» (González, 2004, p. 80). Además, son bien conocidas las múltiples aplicaciones que tiene la manteca de cacao que se expende en las farmacias, que «relaja las inflamaciones y cicatriza las grietas de los labios, las lesiones en el pezón de las madres lactantes; hemorroides, irritaciones, quemaduras de la piel y vaginitis» (González, 2004, p. 80).

 

Por otra parte, «es creencia popular que la manteca de cacao, administrada en pequeñas gotas, cura el “sereno”, enfermedad que aqueja a los niños de pocos meses de nacidos, la cual se manifiesta con fiebre alta, llanto, gritos y evacuaciones de color verde. Dicen que la misma se debe a las malas influencias nocturnas que le entran al menor, por la mollera o fontanela (espacio que en los recién nacidos media entre algunos huesos del cráneo), cuando se exponen en la noche sin taparles la cabeza» (Delascio, 2003, p. 32).

 

El cacao ha dado lugar también a expresiones muy utilizadas en el habla del venezolano, aunque en muchos casos la razón de su origen se haya difuminado en el tiempo, como la de «pedir cacao», que significa «pedir perdón, rendirse», la cual sería una «alusión al grito particular que emiten los gallos de riña cuando huyen» (Alvarado, 1984 [1921], p. 78). Según Julio Calcaño, en efecto, «del cacareo del gallo que huye en la riña formaron tal frase los jugadores de gallos, y así dicen: pide o pidió cacao; está pidiendo cacao. Los chicos la aplican en sus luchas al vencido; y cuando éste cae derribado, el vencedor le fija la rodilla en el pecho y le obliga a pedir cacao. Si no consigue hacerlo decir cacao, recomienza la lucha» (Calcaño, 1950 [1896], p. 314). Gonzalo Picón registraba, por su parte, que «no haber quien le haga a uno un cacao» equivalía a «no haber persona alguna que lo iguale, venza, supere ó sobrepuje en cualquier forma ó sentido» (Picón, 1964 [1912], p. 309).

 

Por último, «ser un gran cacao» significaba antiguamente, y todavía hoy día, «ser un magnate, un personaje de campanillas. Recuerdo de los tiempos coloniales, en que la riqueza consistía por lo principal en plantaciones de cacao» (Alvarado, 1984 [1921], p. 78). Era también la época de las grandes desigualdades sociales, en la cual tenían predominio los mantuanos, casta llamada así porque sólo sus mujeres podían usar mantillas durante la misa y otras celebraciones del culto católico.

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Place: La Pomarrosa Farm, Barlovento, north-central Venezuela.

ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

 

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

Lugar: Birongo, Barlovento, centro norte de Venezuela.

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Sobre el Cacao he escrito lo que sigue.

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Cacao [Cocoa] (Theobroma cacao)

  

El cacaotero o árbol del cacao (Theobroma cacao) es una planta originaria del trópico americano, aunque no se conoce todavía con exactitud cuál fue el lugar a partir de donde se diseminó. En tal sentido, si bien «algunos, incluso, afirman que pudo haber sido Venezuela» (Hoyos, 1987 [1983], p. 320), lo más probable es que fuera «la vertiente oriental de los Andes Ecuatorianos, pues es allí donde se encuentra la mayor variación en las poblaciones naturales existentes», en particular el área correspondiente a «las cabeceras de los ríos Caquetá, Putumayo y Napo», dispersándose luego en dos direcciones, una al este, «hacia la cuenca del Amazonas y del Orinoco hasta las Guayanas», y otra al norte, «hacia el istmo de Panamá, Centro América y México», lugares estos dos últimos en que hubo «un centro secundario de diversidad genética... donde el cacao fue domesticado por los Mayas, miles de años antes de la llegada de Colón» (Leal, 1993, p. 87-88). Lo anterior explica que los europeos hayan encontrado cacaoteros cultivados en tal región y cacaoteros silvestres dispersos por muchas partes del trópico americano. Pero fue en las civilizaciones azteca y maya donde el cultivo y consumo del cacao tuvo un mayor desarrollo durante el período indígena, tal como se refiere en la cita siguiente:

 

«Según una antiquísima leyenda azteca, Quetzalcóatl, el jardinero del edén, una de las divinidades más importantes veneradas por este pueblo, trajo a la tierra sus semillas y las ofreció a los hombres para que pudieran participar de las delicias de un manjar apreciado por los dioses. Posiblemente en esta leyenda se inspiró el sueco Linneo para designar este género como Theobroma, que significa manjar o alimento de los dioses. El nombre cacao procede del idioma náhuatl de los Mayas de Centroamérica a quienes se atribuye el desarrollo de su cultivo –aproximadamente en el 250 antes de Cristo– en la región de Petén, donde floreció esta extraordinaria cultura americana. Los aztecas y probablemente los mayas, lo empleaban para elaborar una bebida que denominaban xocoatl, que era hecha con las semillas tostadas y molidas del fruto, disueltas en agua fría, sazonada con ajíes, vainilla y otras especias presentes en platos de la culinaria azteca. Era una bebida amarga, espumosa y picante, muy diferente al chocolate que hoy conocemos» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 163).

 

En el caso de Venezuela el cacao silvestre parece que se daba en muchos sitios, en particular en las cuencas del Orinoco y de los lagos de Maracaibo y de Valencia, en los Andes y en los valles del Tuy y Barlovento, en algunos de los cuales era aprovechado para ciertos usos. Así por ejemplo, se ha dicho que «el antiguo territorio de los yanomamos (Amazonas), ubicado por algunos cartógrafos entre las fuentes del río Orinoco y el río Parime… era reseñado como el “País de los Cacaguales”, debido a las muchas plantas de cacao silvestre que allí abundan» (Delascio, 2003, p. 31). Por otra parte, referencias directas coincidentes sobre el cacao silvestre de Venezuela fueron dadas, entre otros, por Gumilla y Caulín. El primero afirmaba que «en las dilatadas vegas del río Apure y otros que entran en él, crece de suyo abundante arboleda de cacao silvestre, y carga fruto dos veces al año, como el que cultivan en los poblados» (Gumilla, 1963 [1741], p. 217-218). El segundo decía que «en muchas montañas de esta Provincia, y mucho más en la de Venezuela, se cría un árbol, que llaman Cacao silvestre, muy parecido en las mazorcas al que cultivan en las haciendas. Da sus frutos dos veces al año» (Caulín, 1992 [1779], pág. 17).

 

Un siglo antes que los autores citados en el párrafo anterior, ya había tocado el tema el gobernador de la Provincia de Cumaná, Antonio Brizuela. Lo hizo en un «Informe sobre la Provincia de la Nueva Barcelona», elaborado y enviado al rey en 1655, el cual constituye el primer documento escrito por un europeo en que se hace una descripción de la región de Barlovento, referencia nada casual ya que los pobladores de Cumaná ansiaban anexarse a su provincia esta rica región, la cual apenas comenzaba por entonces a ser tenida en cuenta por sus rivales de la Provincia de Venezuela. En ese texto Brizuela indicaba, entre otras muchas cosas, que se daba en «las montañas del tuy mucho cacao silvestre» (Brizuela, 1957 [1655], p. 414), lo cual es uno de los indicios más directos de que en Barlovento habría existido antes de la llegada de los europeos una variedad autóctona de ese frutal.

 

Sobre los antecedentes aborígenes del uso del cacao en Venezuela, se ha dicho que «antes de la llegada de los europeos, los indígenas venezolanos lo empleaban como alimento y con fines votivos. Se han encontrado vasijas en forma de mazorca de cacao en objetos cerámicos precolombinos recuperados en yacimientos de los alrededores del lago de Valencia» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 165-166), lo mismo que «en los alrededores de la laguna de Tacarigua, donde aparece representado en los cacharros descubiertos recientemente en los yacimientos arqueológicos» (Varios autores, 1998). Asímismo se ha mencionado la existencia de «piezas arqueológicas precolombinas en las que se representa el cacao y los usos alimenticio, medicinal y religioso que le daban los aborígenes del Orinoco y de Guayana» (González, 2004, p. 76).

 

Del mismo modo «algunos datos históricos señalan su cultivo y consumo entre los Timotocuicas, en regiones de los Andes. Los indígenas andinos quemaban grasa de Cacao, a la manera de incienso, y la ofrendaban a sus ídolos. También preparaban Chorote, bebida bastante cercana al xocoatl azteca» (González, 2004, p. 76). El chorote es, según Julio Calcaño, «la pasta de cacao sin vainilla, canela ni azúcar, cocida en agua endulzada con papelón» (Calcaño, 1950 [1896], p. 389). Sobre este último particular Fray Pedro Simón, otro sacerdote cronista, reportaba la afición al chocolate de «los indios de la gobernación de Mérida y Trujillo... por ser sus tierras tan fértiles de esta fruta del cacao. De quien han tomado el beberlo los españoles con tanta frecuencia como en Nueva España, que es la que el mundo sabe. Aunque con diferencia, porque en la ciudad de Trujillo y casi entrada la gobernación de Caracas y Mérida, hasta la ciudad de Pamplona, lo beben hecho chorote» (Simón, 1992 [1625], Tomo II, p. 119).

 

En Barlovento el cultivo del cacao y el poblamiento español fueron en esencia una y la misma cosa. Con el tiempo, cacao y Barlovento también lo fueron, una vez que las tierras más fértiles y accesibles de la región se cubrieron de plantaciones, sembradas inicialmente con la mano de obra indígena y luego recurriendo principalmente a esclavos negros traídos de Africa con tal propósito. De este modo, el cacao se convirtió en Barlovento en una presencia constante que persiste hasta nuestros días y se proyecta todavía hacia el futuro.

 

Esa realidad no podía dejar de tener su expresión literaria. En la novela, todas las obras ambientadas en Barlovento han girado en torno a las plantaciones de cacao. Cabe citar en tal sentido «Pobre negro» (1937), de Rómulo Gallegos; «Noche buena negra» (1943), de Juan Pablo Sojo; y «Cuira es un río de Barlovento» (1946), de José Fabbiani Ruiz. Este último también fue autor del cuento de cacao y violencia titulado «Guaritoto», nombre que designa a una planta cuyas hojas están «cubiertas de púas urticantes que producen vivo escozor y aún inflamación y fiebre al llegar en contacto con la epidermis» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 268), lo cual explica por qué en el citado texto Fabbiani puso a pensar al protagonista que su concubina «era como una hoja de guaritoto, espinosa y traicionera» (Fabbiani, 1939, p. 41). Otros cuentos con trasfondo de cacao barloventeño son «Hereque», escrito por Juan Pablo Sojo, título que hace referencia al nombre de «una enfermedad grave» del cambur y el plátano «que no tiene tratamiento» (Fondo Nacional del Cacao, [Sin fecha], p. 25); «La virgen no tiene cara», de Ramón Díaz Sánchez y «Un negro a la luz de la luna», de Arturo Croce.

 

En la poesía, el cacao es la presencia vegetal más reiterada en la obra del barloventeño Pedro Lhaya, quien, cosa curiosa, parece que nunca llegó a escribirle, o al menos a publicarle, que sepamos, un poema al árbol o a su fruto. En su «Cantar de la Noche del Trópico» el cacao es la única planta que se menciona dos veces, primero como bebida afrodisíaca («tórrida noche múltiple, / corporal, / de jenjibre y cacao, / de ron y de tabaco») y luego como plantío, de connotación también erótica («noche de oro esparcido / en oquedades, / en cimas de canela, / en cacaotales») (Lhaya, 1985, p. 20 y 24). Tampoco podía faltar el cacao por partida doble en su «Noche de Barlovento», poema que bien amerita, por su gran calidad, su trascripción completa:

 

«En compacta negrura

la comba de la noche de junio y su perfil de ébano,

rutila Venus,

huele a cacao la noche,

aroma de animal en celo.

 

Hacia la comba profunda suben cánticos ásperos,

antiguos sones ásperos

de tambores totémicos.

 

Clamorea la danza,

danzan sombras,

danza un tótem errátil,

en una sombra,

danza la sombra de un leopardo,

danza,

ocelada de sombras

la abolida serpiente sagrada.

 

Clamorea la noche, cantan y danzan

los hijos del cacao,

en la noche de junio,

colmada de revelaciones

y de ritos obscuros.»

 

(Lhaya, 1985, p. 77)

 

Dijo también el poeta, en su corta «Autobiografía» en verso, lo siguiente: «en el cacao fermentado / percibí el drama torvo del negro» (Lhaya, 1963, p. 8). Y seguramente en ello habrá tenido mucho que ver su propia vivencia, ya que él mismo se dedicó al cultivo del cacao durante muchos años en su hacienda barloventeña llamada «El Frutal». Pero fue en sus poemas de amor donde el cacao eclosionó en una multiplicidad de tropos que rinden tributo a la «piel nocturna de cacao», a los «senos de cacao y de miel», a los «pechos de cacao y de sándalo» y, en fin, al «cuerpo de cacao y de miel» de una «muchacha de cacao y miel» que lo transportaba, ¡cómo no!, a una «ciudad de canela, de cacao y miel» (Lhaya, 1975 y 1985).

 

Esa planta del cacao, inspiradora de literatura tan variada y rutilante, es un arbolito (verlo aquí) que puede alcanzar unos seis metros de altura, de tallo vertical y ramas extendidas. Sus hojas, «de un color marrón a rojizo cuando jóvenes, se tornan a verde-obscuro con el tiempo» (Hoyos, 1987 [1983], p. 320). Su duración es larga, llegando a los ochenta años. Sus flores son pequeñas y de colores variados, desde el blanco y el rojo al púrpura, pasando por el verde, amarillo y rosado. Como sucede con el taparo o totumo, sus flores y frutos presentan la infrecuente particularidad de brotar directamente del tronco y de las ramas principales. La fertilización la efectúan ciertas especies de moscas y hormigas y es «de difícil realización debido a la disposición de sus piezas florales, llegando sólo a ser efectiva en el 1% de las flores presentes en un árbol» (Ramos et al., 2004 [2000], p. 16).

 

La dispersión de las semillas es efectuada por una variedad de animales, como son los monos, rabipelados, ratas, ardillas, murciélagos y, entre las aves, los loros, pájaros carpinteros y conotos, considerados todos ellos como plagas por los cultivadores en razón de los daños que causan al fruto, el cual constituye la parte más preciada de la planta, de donde viene la conseja que identifica a «los enemigos del cacao: ardita, conoto y mono», a los cuales se les agregan socarronamente «los peones y el mayordomo» (Velez, 1966, p. 29).

 

Debido a su forma, a los frutos se les llama usualmente mazorcas, las cuales presentan características que pueden variar de una planta a otra, según sea su origen. Hay así, en Venezuela, el cacao «criollo», descendiente de la variedad arraigada en Centroamérica y México que, según parece, habría sido traído de allí por los cultivadores durante la colonia (Leal, 1993, p. 88), el cual carga mazorcas alargadas y puntiagudas de color verde que al madurar se tornan amarillas, de cáscara rugosa con una decena de surcos, tamaño mediano y almendras grandes y redondas, de cotiledones blancos (Ramos et al., 2004 [2000], p. 17-18). Es de destacar que «en Venezuela hay un Cacao criollo llamado “Porcelana” que es el de mejor calidad en el mundo» (Hoyos, 1994, p. 311). Al encontrarse el cacao criollo con el cacao local de tipo amazónico, que recibe la denominación de «forastero», habría producido una serie de variedades llamadas «trinitario» (Braudeau, 1981 [1969], p. 18), de colores diferentes que incluyen verde, rojo, amarillo y anaranjado, cuyas formas van desde la alargada y rugosa con cinco surcos, conocidos como angoleta, cundeamor y amelonado, hasta la redondeada y lisa casi sin surcos, denominados legón y calabacillo (Ramos et al, 2004 [2000], p. 17-18).

 

La planta del cacao no resiste por mucho tiempo la luz solar directa, de modo que le es imprescindible la sombra para subsistir, lo cual la hace una especie eminentemente selvática. Del mismo modo, cuando se trata de cacao cultivado se impone la utilización de otras plantas para proporcionarle sombra. La sombra temporal más utilizada para proteger en sus primeras etapas a los arbolitos de cacao han sido el cambur y el plátano (Musa paradisiaca), debido a que «presentan un crecimiento rápido, follaje suficiente» y «son de fácil eliminación» (Ramos et al, 2004 [2000], p. 28). Esta práctica, presente en Barlovento, se remonta al tiempo mismo en que comenzaba la explotación del cacao a gran escala, como se comprueba en la siguiente cita de Matías Ruiz Blanco, un misionero franciscano que ejerció en Píritu, el cual, como muchos otros de sus colegas, se caracterizaba por no desaprovechar oportunidad alguna de despotricar sin piedad de los indígenas cuya conversión le había sido confiada. Dice así:

 

«Con los plátanos se amadrinan los árboles del cacao, que son amigos de la sombra y enemigos del sol... En creciendo el árbol del cacao, que llega a cerrar con el conjunto y se puede hacer sombra, mata al plátano en pago del beneficio que recibió de él siendo pequeño, y así es símbolo de la ingratitud, propiedad que reina en todos los indios» (Ruiz, 1965 [1690], p. 17).

 

Ya más crecido, son muchos los árboles que se utilizan para dar sombra al preciado cacao. Una publicación de 1934, escrita por un agrónomo hindú, de apellido Singh, al servicio del por entonces Ministerio de Salubridad y de Agricultura y Cría, citaba, además del bucare anauco (Erythrina fusca) y el bucare peonío (Erythrina mitis), otras especies como el apamate (Tabebuia pentaphylla), pariente cercano del árbol emblemático nacional, que no es otro que el Araguaney (Tabebuia chrysantha), el cual a nadie se le ha ocurrido utilizarlo como sombra de cacao, que sepamos. También incluía el jobo (Spondias lutea), «árbol que alcanza dimensiones enormes... Común en los bosques de tierra caliente y usado algunas veces como sombra en las plantaciones de cacao. Pega de estacas, y se emplea también para postes de cercas» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 285).

 

Otros que señalaba Singh eran el mijao (Anarcadium excelsum), el cedro (Cedreia odorata) y el caobo (Swietenia mahagony), este último de origen antillano, «en Venezuela introducido y a veces usado como sombra en cacaotales» (Schnee, 1984 [1961], p. 150), que no se debe confundir con el gigantesco caobo de Tierra Firme (Swietenia macrophylla), todos ellos utilizados básicamente como árboles madereros. El autor adicionaba el lechero (Ephorbia cotinifolia), el caucho (Hevea brasiliensis), el árbol de pan (Artocarpus altilis), oriundo de Asia y traído por su alimenticio fruto durante la colonia «para que sirviera de alimento a los esclavos» (Hoyos, 1987 [1983], p. 226), y, por último, el aguacate (Persea americana), propio de nuestro continente, como indica su nombre científico, muy cultivado en Barlovento por su fruto. Decía el autor citado que, «con las excepciones de los bucares Anauco y peonío, ninguno de los árboles mencionados arriba es apropiado para sombra», pero no decía el por qué (Singh, 1934, p. 30).

 

Otro árbol utilizado más recientemente para cubrir al cacao ha sido el guamo, frutal que cuenta en Venezuela con unas 50 especies, de las cuales la más conocida en Barlovento es el guamo machete (Inga spectabilis). Decía Jesús Hoyos que los guamos, «debido a que son árboles relativamente pequeños, a que conservan el follaje durante todo el año, se les viene utilizando... en el país como árboles de sombra, para proteger el cacao y el café» (Hoyos, 1974, p. 132).

 

Pero los árboles a que más se ha recurrido para cobijar al cultivo más preciado de la región han sido, sin duda, los bucares (Erythrina spp), que por ello se pueden encontrar en la actualidad abundantemente por casi todo Barlovento, siendo numerosas las aves que acuden a libar en sus flores o a comérselas, entre ellos conotos, loros guaros, arrendajos, colibríes de varias especies y también nuestra ave emblemática nacional, el turpial. Resultó así que al bucare, «con justeza de epíteto se le ha llamado “madre del cacao”» (Alamo, 1911, p. 61), tal como lo hizo Andrés Bello en su conocida «Silva a la agricultura de la Zona Tórrida» en un verso que dice: «ampare / a la tierna teobroma en la ribera / la sombra maternal de su bucare» (Bello, 1958 [1826], p. 12). Sin embargo, no ha faltado quien, cambiándole la condición femenina al acto de cobijar, lo llamara «el padre del cacao, como se dice vulgarmente» (Arana, 1945, p. 53).

 

A contracorriente con el criterio dominante, Jesús Hoyos llegó a sostener que ninguna de las especies de bucare eran recomendables para ser utilizadas como sombra del cacao o del café, debiéndose sustituir en tal función por árboles como los ya citado guamos, «menos corpulentos y de hojas perennes» (Hoyos, 1985, p. 160). Por supuesto, muchos se han mostrado en desacuerdo con tal apreciación respecto de los bucares, pero en lo que sí coinciden todos es en considerar que el Samán (Pithecellobium saman), árbol de sombra de gran abolengo, emblema vegetal del Estado Aragua y del conjunto de los países bolivarianos (Cueto, 1991; Hoyos, 1985, p. 47), no servía, sin embargo, para cobijar a los cultivos de plantación, como el café y el cacao, «uso para el cual es poco conveniente porque reseca mucho el suelo y le quita una cantidad enorme de sustancia necesaria para el alimento de la plantación; en tiempo de su florescencia es tal la abundancia de las flores, que caen encima de los arbolitos de café o de cacao, que éstos se hallan literalmente agobiados bajo su peso en gran perjuicio de su propia fructificación» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 387). Digamos que, en contrapartida, para los animales y la gente resulta sumamente acogedor el frescor de la sombra bajo el follaje del samán, aunque bote muchas hojas y flores.

 

El secreto de la gran estima que ha tenido el cacao, no sólo desde que fuera descubierto por los europeos, sino desde los tiempos de las civilizaciones indígenas americanas, está en sus semillas «ricas en almidón, en proteínas, en materia grasa, lo cual les confiere un valor nutritivo real. Su contenido en teobromina… junto con la presencia de cafeína, les da propiedades estimulantes. Encierran un aceite esencial que les da un sabor aromático particular» (Braudeau, 1981 [1969], p. 13).

 

De los productos que se elaboran con esas semillas, el más preciado es, como todos saben, el chocolate. Esta palabra, de origen azteca, designaba inicialmente a una bebida que se ha elaborado de diferentes maneras, incorporándosele primero, en el período indígena, especias americanas como el ají y la vainilla, según dijéramos al inicio de esta nota, para luego devenir durante la colonia en un preparado caliente endulzado con azúcar, ya que la almendra del cacao tiene sabor amargo. «Los españoles guardaron por mucho tiempo el secreto de esa maravillosa bebida cuyo consumo se difundió posteriormente a otros países europeos», siendo «los ingleses quienes modificaron la preparación del chocolate añadiéndole leche en lugar de agua a comienzos del siglo XVIII» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 165).

 

Aunque en sus inicios fue un producto reservado a la gente adinerada, con el tiempo se fue popularizando, teniendo hoy día un consumo masivo. Para ello hubo que esperar la elaboración industrial del polvo de cacao, iniciada por una empresa de un holandés apellidado Van Houten que registró la patente en 1828 (Delascio, 2003, p. 32 y Braudeau, 1981 [1969], p. 16). El procedimiento consistía básicamente en extraer la manteca de cacao, a la cual pronto se le buscó la utilidad, resultando que al mezclarla con «azúcar se puede preparar un artículo delicioso que se puede moler: el chocolate», tal como se conoce hoy día, es decir, en barras, «puesto en venta por primera vez en 1847. En 1876 aún se da un nuevo empuje a la industria con la fabricación del chocolate con leche» (Braudeau, 1981 [1969], p. 16). Desde entonces se impuso sobre la bebida el consumo de chocolate sólido, forma en la cual pareciera haber incrementado su poder adictivo.

 

Una planta tan especial como la del cacao no podía dejar de tener también usos medicinales. Pittier señalaba, al respecto, que «entre el pueblo, el cacao se aplica en forma variada en la curación de múltiples enfermedades y» —¡prestad atención, colegas atacados por la calvicie!— «aun para hacer crecer el pelo» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 169). La fórmula mágica para lograrlo es la siguiente: «Tómese el aceite o manteca de cacao en dosis de cuatro cucharadas, con otras tantas de aceite de ajonjolí o de almendras y lo que basta de cera blanca para hacer una pomada, se le agrega de esencia de canela un escrúpulo y ocho gotas de clavos. Con esta pomada se unta el pelo. Diariamente crecerá de un modo muy notable» (Anónimo, 1990, p. 13)

 

Se ha dicho también que es recomendable «para la circulación, el corazón y las quemaduras» y que «la decocción de la pulpa que recubre las semillas sirve para la fiebre y la infusión de las hojas ayuda en los trastornos cardíacos» (González, 2004, p. 80). Además, son bien conocidas las múltiples aplicaciones que tiene la manteca de cacao que se expende en las farmacias, que «relaja las inflamaciones y cicatriza las grietas de los labios, las lesiones en el pezón de las madres lactantes; hemorroides, irritaciones, quemaduras de la piel y vaginitis» (González, 2004, p. 80).

 

Por otra parte, «es creencia popular que la manteca de cacao, administrada en pequeñas gotas, cura el “sereno”, enfermedad que aqueja a los niños de pocos meses de nacidos, la cual se manifiesta con fiebre alta, llanto, gritos y evacuaciones de color verde. Dicen que la misma se debe a las malas influencias nocturnas que le entran al menor, por la mollera o fontanela (espacio que en los recién nacidos media entre algunos huesos del cráneo), cuando se exponen en la noche sin taparles la cabeza» (Delascio, 2003, p. 32).

 

El cacao ha dado lugar también a expresiones muy utilizadas en el habla del venezolano, aunque en muchos casos la razón de su origen se haya difuminado en el tiempo, como la de «pedir cacao», que significa «pedir perdón, rendirse», la cual sería una «alusión al grito particular que emiten los gallos de riña cuando huyen» (Alvarado, 1984 [1921], p. 78). Según Julio Calcaño, en efecto, «del cacareo del gallo que huye en la riña formaron tal frase los jugadores de gallos, y así dicen: pide o pidió cacao; está pidiendo cacao. Los chicos la aplican en sus luchas al vencido; y cuando éste cae derribado, el vencedor le fija la rodilla en el pecho y le obliga a pedir cacao. Si no consigue hacerlo decir cacao, recomienza la lucha» (Calcaño, 1950 [1896], p. 314). Gonzalo Picón registraba, por su parte, que «no haber quien le haga a uno un cacao» equivalía a «no haber persona alguna que lo iguale, venza, supere ó sobrepuje en cualquier forma ó sentido» (Picón, 1964 [1912], p. 309).

 

Por último, «ser un gran cacao» significaba antiguamente, y todavía hoy día, «ser un magnate, un personaje de campanillas. Recuerdo de los tiempos coloniales, en que la riqueza consistía por lo principal en plantaciones de cacao» (Alvarado, 1984 [1921], p. 78). Era también la época de las grandes desigualdades sociales, en la cual tenían predominio los mantuanos, casta llamada así porque sólo sus mujeres podían usar mantillas durante la misa y otras celebraciones del culto católico.

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Bibliografía citada

 

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Vélez Boza, Fermín. 1966. «El folklore en la alimentación venezolana». Instituto Nacional de Nutrición. Caracas.

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ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

  

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

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Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

 

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

  

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

  

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

Es uno de los trabajos más antiguos y característicos del folclorismo callejero chileno, y su presencia refrescante y sorbetera abunda sobre todo en el verano.

El heladero vendía helado, pero no el helado que crees tú. Se trataba más bien de hielo picado con azúcar y jugo de frutas. Lo transportaba en un balde acondicionado para que no se derritiera y los iba sirviendo con una gran cuchara.

 

Uno de los más queridos heladeros de la Región del Biobío es el que se pasea por la playa de Lota. No tan sólo por su reconocido grito, carraspeando con violencia un "hay helado", sino también por un divertido antecesor "llegaron los con chicharrones, los con pan amasados, los para la úlcera, la diabetes, la colitis, el asma, la churretera, las hemorroides, las vías respiratorias, la capa de Osorno

hay helado chiquillos, ¡¡Hay Helado!!"

Petino se llamaba el heladero más famoso de Tomé, quien en 2003 falleció tras ochenta años de vida, muchos de los cuales dedicó a la venta de helados. Su incondicionalidad al equipo de fútbol local, Deportivo California, lo llevaba a repartir helados entre los demás hinchas por cada triunfo pelotero.

Daniel Alfaro se llama el heladero que cada mañana se para a trabajar en medio de la nada. A cien kilómetros de Antofagasta y sobre la árida arcilla del desierto de Atacama, vende 250 helados diarios, y sus clientes se reparten entre los buses y camiones que atraviesan la Pampa durante todo el día.

ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

 

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

 

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

 

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

 

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

 

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

Se usa la planta entera (hojas).

 

En su composición existen mucílagos, pectinas, taninos y un glucósido cromogénico .

 

Varias acciones de esta planta son importantes, entre ellas la acción antiinflamatoria, astringente, antitusíva, emoliente y cicatrizante.

 

Se ha comprobado que tiene una acción antihistamínica, antipruriginosa y antialérgica.

 

Debido a estas acciones puede ser útil tanto en uso externo para heridas, picaduras de insectos, alergias, herpes, afecciones de los ojos, etc., como en uso interno para afecciones de boca, garganta, sistema digestivo (gastritias, ulceras gastroduodenales, diarreas), tos, bronquitis, asma. Se empleó y se emplea en hemorragias, hemorroides, diarreas, dolores gastrointestinales.

 

Respecto al glucósido que posee, se trata de un iridoide llamado aucubósido o catalpol. Este principio por hidrólisis produce un dialdehído que actúa sobre las proteínas de los microorganismos, teniendo por tanto propiedades antibacterianas.

 

Se ha indicado en repetidas ocasiones su utilidad para conseguir la deshabituación al tabaco.

 

El Plantago major posee además en su composición ácidos-fenoles (ferulico, p-coumarino, etc.) y una lactona (la loliolida) o digiprolactona, flavonoides, colina y un alcaloide (noscapida) que además de las propiedades del P. lanceolata se le añaden una acción espasmolítica e hipocolesterolemiante.

 

Las semillas del género Plantago se utilizan en el tratamiento del estreñimiento crónico, como laxantes mecánicos, debido a su rico contenido en micílagos, que por hidrólisis dan d-xilosa, 1-arabinosa y ac. aldobiurónico. Contienen también aceite, aucubin-glucósido, azucares, esteroles y proteínas.

  

ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

 

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

Thésée-la-Romaine (Loir-et-Cher)

 

Cyclamens (Cyclamen)

 

Au Moyen-Âge, la plante était appelée "Pain de pourceau", les cochons étant réputés manger les tubercules.

 

La plante est pourtant toxique. Elle contient de la cyclamine ayant les propriétés toxiques du curare.

 

L'homéopathie utilise la plante pour : Douleurs, dépression, taches visuelles, bourdonnements d'oreilles, coryza, perte d'odorat, éructations, coliques, flatulences, règles précoces, souffle court le soir, toux, palpitations, douleurs d'entorse, somnolence en soirée, sommeil agité, frisson vespéral, fièvre, diarrhée après avoir bu du café, etc...

 

Au Moyen-Âge on utilisait la poudre de cyclamen pour les polypes du nez ou les hémorroïdes.

 

Chez les arabes médiévaux, le cyclamen (Cyclamen grec) entrait dans la composition d'un philtre d'amour, transformé en pillule après avoir été brûlé.

 

Le cyclamen, plante odoriférante, est utilisé en parfumerie.

ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

 

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

Thésée-la-Romaine (Loir-et-Cher)

 

Cyclamens (Cyclamen)

 

Au Moyen-Âge, la plante était appelée "Pain de pourceau", les cochons étant réputés manger les tubercules.

 

La plante est pourtant toxique. Elle contient de la cyclamine ayant les propriétés toxiques du curare.

 

L'homéopathie utilise la plante pour : Douleurs, dépression, taches visuelles, bourdonnements d'oreilles, coryza, perte d'odorat, éructations, coliques, flatulences, règles précoces, souffle court le soir, toux, palpitations, douleurs d'entorse, somnolence en soirée, sommeil agité, frisson vespéral, fièvre, diarrhée après avoir bu du café, etc...

 

Au Moyen-Âge on utilisait la poudre de cyclamen pour les polypes du nez ou les hémorroïdes.

 

Chez les arabes médiévaux, le cyclamen (Cyclamen grec) entrait dans la composition d'un philtre d'amour, transformé en pillule après avoir été brûlé.

 

Le cyclamen, plante odoriférante, est utilisé en parfumerie.

ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

  

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

 

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

    

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

   

Lugar: Finca La Pomarrosa, Barlovento, centro norte de Venezuela.

 

Place: La Pomarrosa Farm, Barlovento, north centre Venezuela.

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Sobre este árbol y su fruto he escrito lo siguiente:

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El totumo o taparo (Cresentia cujete) ha tenido desde la época indígena una enorme popularidad en todo el territorio de la actual Venezuela debido a la utilidad de sus frutos grandes y globosos, llamados totumas y taparas, los cuales le nacen, como al cacaotero, directamente del tronco y las ramas.

 

Decía Codazzi que «el totumo produce frutos de diversos tamaños generalmente redondos u ovales. De ellos se sirven la gente pobre y los indígenas para formar vasijas de toda especie, platos, cucharas y otros utensilios» (Codazzi, 1960 [1841], p. 99). Pero según Gonzalo Picón Febres también se valían de ellas los más pudientes, asegurando al respecto que «á no pocas señoritas, bastante aristocráticas, he visto yo en su casa llevando en las rosadas manecitas la rústica tapara, llena de agua del estanque. En las estancias, quintas ó conucos, lo que más anda en movimniento, de la casa á la quebrada y viceversa, es la tapara, ancha de asentaderas, redonda de barriga, pescuezuda unas veces y otras nó, y con un hueco ó agujero en su parte superior» (Picón, 1964 [1912], p. 276). En el pasado no podía faltar en el patio de la casa un árbol de totumo, ya que proveía a muchas familias de sus vajillas (Casale, 1994, p. 374).

 

Por otra parte, desde su llegada a América los europeos refirieron que los hombres de las etnias caribanas, incluidos los tomusas que poblaban Barlovento, acostumbraban utilizar unas especies de estuches para el pene elaborados con taparas. En tal sentido, el que fuera gobernador de la Provincia de Venezuela, Juan de Pimentel, comentaba que «crían estos indios otros árboles que llaman totumos, que de su fruta hacen escudillas, taparas para agua, como botijas, cucharas y cobertura para su miembro genital. La fruta de este árbol es como calabazas; y de esto, hay árboles que echan pequeña y grande fruta» (Pimentel, 1964 [1578], p. 186). Por su parte, Fernando González de Oviedo, considerado como el primer cronista de Indias, señalaba que «los que son varones, traen el miembro viril metido en un calabacito cerrado o cuello de calabaza, y con un cordón ceñido le tienen y cubren aquella parte más deshonesta de su persona» (Fernández, 1986 [1535-1557], p. 253).

 

Los indígenas también le daban un uso ritual al fruto del totumo, ya que con él elaboraban las maracas, en esencia similares a las actuales, compuestas de un taparo «al cual, después de asado y extraída la pulpa, y horadado convenientemente, se le introducen semillas de capacho y un palillo o mango que sirve para agitarla» (Calcaño, 1950 [1896], p. 444). Se construía así sonajeros de diferentes tamaños que podían llevar grabados y adornos, especialmente plumas de ciertas aves, denominados maraka en varias lenguas aborígenes americanas, incluidas la caribe y la arauaca, según refería Lisandro Alvarado (Alvarado, 1984 [1921], p. 268), palabra al parecer de origen guaraní que para José Antonio Calcaño significaría «cráneo o calabaza, celestial o divina» (Calcaño, 1977, p. 152). Alvarado agregaba que la maraca, «en lo antiguo fue instrumento sagrado característico en el ritual de los piaches indígenas» (Alvarado, 1984 [1921], p. 268). Eso mismo decía, con lenguaje lírico, el barloventeño Pedro Lhaya en su poema titulado Aútshi y Wanülü, nombres guajiros, respectivamente, del piache y del espíritu malo que aquél debe vencer. La estrofa reza así:

 

«Aútshi llegó con la esperanza

sobre un caballo de ceniza,

iluminado de elixir negro

tocado de sobria alegría.

Con la maraca sagrada

Del esotérico rito antiguo,

Y en su sangre de estirpe mágica

El eco de los exorcismos.»

 

(Lhaya, 1957, p. 44)

 

La información antigua que nos ha llegado sobre el uso de la maraca por los piaches generalmente carece de objetividad, sobre todo cuando la fuente eran los frailes cronistas, ya que lo que referían era siempre «mirado con el prisma de sus prejuicios» (Alvarado, 1984 [1945], p. 200). Es el caso, por ejemplo, del jesuíta José Gumilla, quien al hablar de las prácticas curativas de los arauacos señalaba lo siguiente:

 

«Estos indios son los más diestros, y aun creo que son los inventores de la maraca, que se ha introducido también en otras naciones; y se reduce en un embustero, que se introduce a médico. Hace creer a los indios que habla con el demonio, y que por su medio sabe si ha de vivir o no el enfermo. Para estas consultas tienen sus casitas apartadas, pero a vista de las poblaciones; y encerrados en ellas los médicos, se pasan toda la noche gritando, y sin dejar dormir a nadie, así por los gritos, como por la maraca, que es un calabazo con mucho número de piedrecillas adentro, con que hacen un fiero e incesante ruido. Grita y pregunta al demonio el piache (así llaman a los tales médicos) y cuando se le antoja, muda de voz, y finge las respuestas del demonio» (Gumilla, 1963 [1741], p. 137-138).

 

Agregaba Gumilla, en nota a pie de página, que «el sonajero de calabaza con piedrezuelas lo estilaban muchos bárbaros, digo brujos y curanderos» de toda América. El franciscano Antonio Caulín no difería de Gumilla en lo esencial, siendo su escándalo tal vez mayor porque también los españoles americanos, que eran llamados indianos por los españoles peninsulares, consultaban a los piaches en diferentes materias, como se puede comprobar de la siguiente cita:

 

«Veamos ahora quienes son estos Piaches, ò brujos, que tan astutamente tienen engañado à tanto número de Infieles y Cathólicos. Son para la mayor parte unos Indios taimados, y comunmente de mal gesto, grandes embusteros, y embaidores, que hacen creer a los demás Indios, que hablan con el diablo, y que éste hace quanto ellos quieren, para hacerse respetables, y temidos por las gentes, y conseguir con estos diabólicos engaños el logro de sus intereses, y desordenados apetitos. Estos son los Médicos de los Indios; ò por mejor decir, matasanos de todas estas gentes, que se valen de ellos. Estos forman sus Escuelas en lo más retirado de los montes, donde baylan à obscuras, y hacen que invocan al demonio con muchas, y horribles mudanzas, flautas, y marácas, y con estas ceremonias crían tales créditos de brujos con los demás Indios, que presumen, son los Señores de la vida, y de la muerte, por verse respetados, y de todos temidos» (Caulín, 1992 [1779], p. 99).

 

La maraca era utilizada no sólo en las curaciones y en los ritos de iniciación, sino también en adivinaciones y otras ceremonias, como matrimonios, exequias y bailes propiciatorios, de lo cual ofrecía Lisandro Alvarado diversos ejemplos. La maraca era en manos del piache un medio para facilitar la comunicación con los espíritus, y sólo él conocía sus secretos. Sin embargo, «parece que en contadas ocasiones podían tocar las maracas, además del piache, otros miembros de la tribu» (Calcaño, 1977, p. 151). El mestizaje implicó que con el tiempo las maracas fueran perdiendo, «aun entre los mismos indios, su carácter sagrado» (Alvarado, 1984 [1945], p. 200). Como todos sabemos, las maracas se fueron incorporando sin mayor dificultad a la panoplia de instrumentos de acompañamiento de la música criolla, sin que falte quien haya sostenido que «nada enciende tanto entusiasmo en la gente del campo como el son de las maracas» (Calcaño, 1950 [1896], p. 444).

 

Las maracas dieron lugar también a expresiones y consejas populares, como era de esperarse, diciéndose aún hoy día maraquear el trago para significar que alguien bebe licor muy pausadamente en una fiesta, en tanto que si, en contrapartida, otro se pasara demasiado de tragos se comentaría que cogió una maraca de pea; también se arguye que una cosa es con arpa y otra con maracas cuando algo resulta más difícil de lo esperado, en tanto que pasarse de maraca equivale a pasarse de la raya, o bien a exagerar la nota. Menos usual resulta en la actualidad la expresión tratar a alguien como un palo de maraca, en el sentido de menospreciarlo (Calcaño, 1950 [1896], p. 322), lo mismo que ser un palo de maraca, entendida como «ser un cretino que se deja manejar a todo lo ancho del capricho ajeno» (Picón, 1964 [1912], p. 319), o al contrario, no ser un palo de maraca, que significa «no ser persona insignificante» (Alvarado, 1984 [1921], p. 269).

 

Ha sido tan popular el fruto del totumo o taparo que uno de los nombres indígenas que se le daba a uno de los objetos fabricados con aquél pasó a significar cualquier cosa. Se trata del «coroto», que designaba, según Angel Rosenblat, «una escudilla o recipiente indígena hecho con la mitad de una totuma: los llaneros lo usan todavía para beber agua o aguardiente. Los cantores de aguinaldos de Nochebuena cantan: "Nosotros somos cinco, / seis con el coroto, / y si no me lo llena, / por Dios que lo boto." Y el colmo de la maldad es: "Beberle la mazamorra a un sute y quebrarle el coroto en la cabeza." Pues el humilde coroto indígena se ha llenado de un contenido tan universal, que hoy puede designar cualquier objeto: "El pulpero se esfumó con todos sus corotos”» (Rosenblat, 1974 [1956], Tomo IV, p. 112). Pero también en Barlovento y los valles del Tuy usan aún, como antes lo hacían los tomusas y quiriquires, habitantes aborígenes de esas regiones a la llegada de los europeos, el coroto, aunque no lo llamen así, como se puede apreciar en la Glosa a mi tierra del cantor y compositor popular tuyero Juan Alberto Paz, nacido en Cúa en 1916, quien se ufanaba de su ascendencia en la estrofa siguiente:

 

«Aquí se toma aguardiente

en totuma, compañero,

porque somos los primeros

de los indios descendientes.»

 

(Paz, 1967, p. 27)

 

En cuanto a sus cualidades terapéuticas, se le han encontrado aplicaciones muy variadas, ya que «las hojas y cogollos se emplean para preparar baños de asiento para curar hemorroides. La pulpa del fruto, mezclada con azúcar, actúa como purgante. Y empleada como cataplasma, alivia los golpes y hematomas» (Delascio, 1985, p. 36).

 

Con usos tan diversos y tanta difusión, ya que ha sido cultivado por doquier, no es de extrañar que el totumo y su fruto hayan sido incorporados al folklore venezolano en refranes muy conocidos, como el que postula que «perro que come manteca, mete la lengua en tapara», o la expresión, hoy día inusual, «día de tapara y cachimbo», utilizada para indicar un día lluvioso «de estarse en casa bebiendo y fumando», o aquella otra que decía «se juntó la arroba de queso con la tapara de melado», equivalente a la más moderna de «se juntó el hambre con las ganas de comer», lo mismo que la copla popular según la cual «el que bebe agua en tapara, / o se casa en tierra ajena, / no sabe si el agua es clara / o si la mujer es buena» (Alvarado, 1984 [1921], p. 349).

 

A un árbol tan estimado por los indígenas y el pueblo llano no podía dejar de dársele una connotación religiosa. No resulta casual, por tanto, que en el siglo XVII d.C., época en que la conquista fue pasando a manos de los misioneros, el mencionado Caulín hubiera señalado un árbol de totumo como el lugar de aparición de «la devotísima Imagen de nuestra Señora del Socorro» en la ciudad de San Cristóbal de los Cumanagotos, predecesora de la actual Barcelona:

 

«Es voz común en dicha Ciudad, que esta devotísima Imagen fue aparecida en el sitio de Cumanagoto, donde estaba fundado el año de mil seiscientos y cincuenta, sobre un árbol que en este País llaman Totumo, y permanece hasta el presente frondoso, y fructífero. En este árbol, dicen los más, fue su primera invención, sin saber como, ò de donde fuese trasladada» (Caulín, 1990 [1779], p. 206-207).

 

Cuenta Caulín también que al ser mudada la ciudad la imagen fue llevada a la iglesia parroquial, pero ella se habría regresado al totumo por sus propios medios en dos oportunidades, hasta que, a la tercera vez, el traslado se hizo con las solemnidades y rogatorias debidas a una imagen tan milagrosa, lo cual habría permitido asegurar que ésta no se escapara de nuevo al totumo en cuestión. ¡Válgame Dios!

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Bibliografía citada

 

Alvarado, Lisandro. 1984 [1921]. «Glosario de voces indígenas de Venezuela». En: «Obras completas». Tomo I. La Casa de Bello. Caracas.

 

Alvarado, Lisandro. 1984 [1945]. «Datos etnográficos de Venezuela». En: «Obras completas». Tomo II. La Casa de Bello. Caracas.

 

Calcaño, José Antonio. 1977. «El atalaya». Monte Avila Editores. Caracas.

 

Calcaño, Julio. 1950 [1896]. «El castellano en Venezuela. Estudio crítico». Ministerio de Educación Nacional. Caracas.

 

Casale, Irma. 1997. «La fitotoponimia de los pueblos de Venezuela». Ediciones de la Biblioteca de la Universidad Central de Venezuela. Caracas.

 

Caulín, Fray Antonio. 1992 [1779]. «Historia corográfica de la Nueva Andalucía». Academia Nacional de la Historia. Caracas.

 

Codazzi, Agustín. 1960 [1841]. «Obras escogidas. Volúmenes I y II». Ediciones del Ministerio de Educación. Caracas.

 

Delascio Chitty, Francisco. 1985. «Algunas plantas usadas en la medicina empírica venezolana». Instituto Nacional de Parques. Caracas.

 

Fernández de Oviedo, Gonzalo. 1986 [1535-1557]. «Historia general y natural de las Indias: La Provincia de Venezuela». Fundación de Promoción Cultural de Venezuela. Caracas.

 

Gumilla, José. 1963 [1741]. «El Orinoco ilustrado y defendido». Academia Nacional de la Historia. Caracas.

 

Lhaya, Pedro. 1957. «Poemas guajiros». Tipografía Guanarteme. Caracas.

 

Paz, Juan Alberto. 1967. «Musa criolla». Editorial Senda Avila. Caracas.

 

Picón Febres, Gonzalo. 1964 [1912]. «Libro raro». Biblioteca de Autores y Temas Merideños. Mérida.

 

Pimentel, Juan. 1964 [1578]. «Relación de Nuestra Señora de Caraballeda y Santiago de León, hecha en Caraballeda. (Acompaña un mapa y plano de la ciudad)». En: Arellano Moreno (Compilador). 1964. «Relaciones geográficas de Venezuela». Academia Nacional de la Historia. Caracas.

 

Rosenblat, Angel. 1974 [1956]. «Buenas y malas palabras en el castellano de Venezuela». Tomos I a IV. Editorial Mediterráneo. Madrid.

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Son nom Ficaire vient du latin ficus (figue) en raison de ses tubercules qui en rappellent la forme.

Couramment appelée bouton d'or, comme plusieurs espèces de renoncules à fleurs jaunes, on lui donne aussi le nom d'herbe aux hémorroïdes en référence à ses propriétés curatives contre la pathologie hémorroïdaire. Elle était également nommée autrefois petite Chélidoine, petite Scrofulaire (Scrophularia minor), ou encore herbe au fic, car on la croyait capable, tout comme la grande Chélidoine, de lutter contre les verrues et les petites lésions cutanées (scrofule, du latin scrofulae ou scrofellae). La floraison a lieu entre mars et mai. Son apparition dans le paysage est considéré par beaucoup comme un signe avant-coureur du printemps. L'inflorescence est une cyme unipare hélicoïde. La pollinisation est entomogame.

Le fruit est un akène, le plus souvent disséminé par les fourmis.

Le tubercule de la ficaire est une racine modifiée. Son rôle est de stocker des sucres sous forme d'amidon au sein des amyloplastes.

El ciprés pertenece a la familia de las Coníferas. Es el árbol que simboliza la unión entre el Cielo y la Tierra. Desde tiempos remotos, está considerado como un árbol simbólico religioso y es también llamado 'El Árbol de la Vida' por su larga vida y su perenne verdor. En Grecia y Roma, este árbol estaba relacionado con las divinidades del infierno y se relaciona al culto a Plutón o Hades. También se asocia con el dios de la medicina, Esculapio o Asclepios, con Saturno o Cronos, dios del tiempo y con Apolo (por su copa en forma de llama). Se decía que el ciprés tenía la virtud de repeler hechizos.

 

En Europa, este árbol es símbolo de duelo y quizás por eso adorna los cementerios. El origen de esta creencia es muy antiguo: las coníferas están asociadas a la idea de inmortalidad y resurrección, ya que su resina es incorruptible y su follaje persistente, pues las heladas del invierno, no consiguen hacerle perder sus hojas. En la tradición cristiana, encontramos este árbol en boca de orígenes que ve en él un símbolo de las virtudes espirituales, pues el ciprés desprende muy buen olor, el olor de la santidad. Representa la esperanza de la vida en el más allá.

 

Leyendas orientales

En la China antigua, las semillas de este árbol se usaban para asegurarse longevidad y se decía que si se frotaban los talones con la resina del ciprés, se podía andar sobre las aguas, pues el cuerpo se volvía ligero. En Japón, los cetros de los sacerdotes se hacían de hinoki, una variedad del ciprés. Y los fuegos rituales se encendían frotando dos trozos de madera de este mismo árbol. Igualmente, esta madera es la que se utilizaba para la construcción de los templos.

 

También el Islam fue cautivado por la belleza y serenidad de este árbol. Las tumbas musulmanas de Anatolia, Turquía, están decoradas con representaciones de cipreses y en el Palacio Imperial de Topkapi, en Estambul, encontramos mosaicos con siete cipreses representados. En España, concretamente en el Generalife de la Alhambra de Granada, podemos contemplar la belleza de este árbol: los cipreses centenarios, de más de seis siglos de vida, hacen de este paseo un lugar que difícilmente puede caer en el olvido.

 

Propiedades terapéuticas

Ya en el siglo I d.c, el médico griego Dioscorides mencionaba las propiedades curativas del ciprés como diurético, contra la disentería, contra las hemorragias, etc. Debido a sus propiedades vasoconstrictoras, el ciprés es utilizado para tratar las enfermedades relacionadas con el aparato circulatorio que estén relacionadas con el sangrado o inflamación de las venas, tales como varices y flebitis.

 

Uno de los componentes del ciprés, el tanino que está presente en sus frutos, está especialmente indicado para acelerar la curación de las heridas, ayudando a cicatrizarlas y detener el sangrado. Por ello, es muy útil cuando se presentan problemas de diarrea, hemorroides, sangrado por la nariz, hemoptisis, etc. Otro de sus componentes es un aceite esencial rico en sustancias que le otorgan numerosas propiedades (astringente, antiséptico, tónico, vasoconstrictor, antirreumático, diurético, calmante de la tos, expectorante, etc), por lo que es muy utilizado en tratamientos para resolver problemas de: tos, catarros, bronquitis, faringitis, gripe, asma, sinusitis, acné, sudoración, sabañones, seborrea, hernias, úlceras y heridas abiertas, etc.

 

La industria farmacéutica utiliza el aceite esencial del ciprés en la composición de algunos medicamentos e igualmente es utilizado en cosmética debido a sus numerosas propiedades.

  

MaLiEs 2011

 

Facebook: MaLiEs Fotografía.

A l’heure ou nous traçons ses lignes, le monde est en plein désarroi intellectuel, il fabrique l’irrespect de l’esprit critique. La monomanie de la culture du propre bien lisse et la fièvre de l’individualisme se distingue dans intellect hylique, intellect alimentaire acquis par l’absorption de la doxa actuellement soumise à l’ego des banquiers. L’homme révolté de Camus appartenait à l’intelligence émotionnelle. Une faculté contemplative dans l'homme dépend actuellement des médias aseptisés par un parti unique.

 

Bouregreg serpente sur les lignes régulières, un bouregreg c’est le glouglou d’un fleuve entre deux rives, comme deux années qui se franchissent dans un vol au-dessus des préjugés, meilleurs voeux à ceux qui n’auront pas l’esprit de parcourir ce lien entre les rivages de la transmutation: Hello, hello! bonne vieille terre! laboure ta crête, tourne et retourne sans cesse ta surface, vieille face bleue, irrigue tes pensées et glougloute de plaisir en prononçant buargrag, comme un serpent au sang froid, tu te réchauffes sous les pâles rayons du terminal F, F comme Funcky ou Funny, ça fait envie de te quitter ma belle F..rance, ce beurre perdu sent les racines atrophiées par un titre de séjour prolongé. Roissy tire sa révérence , allo Roi ici nous voici, je suis orphelin de mon père l’âme supérieure au-dessus de Bouregreg. Un lien sacré avec les Atlantes se faufile entre Rabat et Salé, il veut rester un territoire indépendant et reste cachée par les nuages de ses rêves stratosphériques.

  

A noter la silhouette d'une armure d'Europe orientaliste au milieu d'une colline: un plastron globulaire court sur une faille encore assez longue et continuerait de se raccourcir dans les années 1450, après avoir été beaucoup plus longue et plus profonde entre 1430 et 1440 de l'Hégire. .

À 10000 pieds c’est le seuil critique d’une raison pure, à cette hauteur, l’esprit des hommes se dilate dans la matière de l’aura. Tu l’aura ce voyage, ton avion dessine une auréole d’évidence autour du Monde libre. L’édredon des nuages flottant sur matelas de confiance terrienne piège tes rêves à travers le hublot, c’est un trou dans la carlingue qui emprisonne tes pensées. Tu laisse des valises de soucis en soute.

Un monde d’où l’on ne revient toujours pas, d’ailleurs à quoi bon revenir sur ses

pas ? les nuages ne marquent pas l’empreinte de tes pieds de nez à l’intelligence du tout puissant, leurs cimes sont glissantes et humides comme ton grand front d’intellectuel en mode sudoripare, la tension fait perler tes tempes avant la pluie des contradictions, elles transforment ta verve si à l’aise dans les malaises et les foutaises, là-bas tout en bas tu règne en maître chanteur des fausses valeurs.

Plusieurs vols annulés vont être groupés en

747 sur Paris-Casa ! l’esprit amérindien est

venu sécher mon front, en transit d’espoir:

revoir mes frères Apaches avant que le

continent ne se détache....

Mais ou sont les anges déchus de la nationalité des Libres Penseurs ? Je viens de réaliser que ce 747 nous transporte sur une ligne intérieure

les passagers seront largués au dessus d’une destination meilleure, Contemple l’ assiette d’aluminium et ton esprit sera que du bonheur J’aime tes jeux de mots de garçon coiffeur

Tes blagues de bluffeur mettent de l’humeur

En fait je me sens super bien en éco , l’odeur de parfum masque la sueur Ce mélange subtil puisse t’il endormir ta méfiance des classes moyennes , t’as peur ?

Derrière ton casque et tes lunettes noires on voit bien que tu est un riche vainqueur

Par accident ton corps est mélangé au peuple et nos esprit se diluèrent ... Toi le président des Chutes chut taisez vous, les journaux perdent leurs nerfs,

Alors mister président listen to me now ,

Le français et le latin sont des frères ,

Ils sont devenu des langues mortes , alors mist-president écoute les voix se taire

Ton peuple a trop souffert de ta politique à l’envers, ta femme à l’air pervers.

Ah ces chineurs, ils ramassent ceux qui veulent plus de la guerre des étoiles en pleurs, battent la monnaie des Jaunes, ici git laid ce paysage ,ça Chine les matières premières, made in Transe. On voit tout du hublot, le peuple si bas, les classes moyennes qui transpirent les économies dans des places tassés, le fard de Brigitte coule sur le siège de la rue...

Mystères président, ohhh Mista président dis nous vers quel pays tu voles ??? ou quel pays tu as volé , bon vol et bonjour Mélanie.

Le bon et loyal 747 est toujours là en seigneur des nuages , son pilote vit à Malte chez Opus Dei, ohhhh divin supérieur...croit les croisés , cruise missile et cru missel, crucifié par ton père français, il te renies, t’es interdit d’exporter les snipers et le matériel sécuritaire , alors que faire ???

  

La Franche...ouille!!! est trop régionale et identitaire, à force de vouloir assimiler et intégrer sans échanger; arrogante, elle prêche dans les pétro-déserts où personne comprend plus Molière. La farce à fric ou France Afrique, c’est fini, trop petite pour résister aux appétit des gros, alors il a pris son pinceau et délimité d’un trait sûr son nouveau tableau de l’Afrique , et il s’y connaît c’est le président ....le world président of the biggest compagnie, nie l’évidence.

747 désirs m’attendent à bord du Air Force One , n’oublie pas le numéro 5 Coco , c’est l’heure du boutique french-shop en zone franc, les commerces sont libres, les douaniers sont gommés d'un coup d'aile, plus de pudeur, dans un combat inégal avec ton code PIN, tu te régale en président régalien, c’est égal, tu voles en classe et joue aux dés avec les nuages. Le peuple des rampants appartient à une compagnie aérienne dont tu peux te séparer facilement, avec un parachute doré, et hop un saint-siège éjecte une compagnie de pathos critique.

La couche d’émulsion en chute libre profite à toutes cette émotion spirituelle , elle filtre les meilleures particules pour rester une race aussi pure, tout en bas les transferts s’opèrent dans les guerres entre univers.

Dans cette noble pourriture nous donnons le bain à nos jalouses incompréhensions, de là haut que l’on ne voit plus désormais; l’esprit d’éther qui se condense en eau bénite, la poudre aux yeux de nos prétentions se transforme en crème, stade final crématoire, elle brûle de s’en sortir et s’affine en gros fromage puant.

Le fromage fait vendre la télé réalité ou l’inverse ? Nous ne suivons plus réellement des plateaux de télévision mais des plateaux teléfromage,la télé-fromagerie c’est néandertalien qui devient sapiens, la connerie passe les frontières du bon sens avec la complicité des gardiens du temple: les journalistes salariés du pouvoir en lévitation au-dessus des masses nuageuses ou moyenâgeuses.

Grippe virale ou esprit grippé? Les pathologies s’agrippent au corps sains et se transfèrent comme un logiciel pour limiter la surproduction de misère. Une colère dans la stratosphère réchauffe la terre devenue zone de transfert, tous en enfer?

Pourquoi ne pas faire transiter tous les comptes du paradis, fils prodigue et co-locataire de nos affaires que tu gères en vie homo-banquière. Elle consulte ses voyantes et prévoient mon bonheur en wifi. Il survit en zone de pudeur, son historique est revendu par les réseaux sociaux, ainsi va la vie, l’instinct heureux plane avec des ailes en forme de sourire partagé, allez vient cher esclave de tes recherches sur la toile; tu devînt devin, je te prêterai une plume de mes ailes d’ange, comme ça t’arrangera, écris cette histoire étrange, de l’esclave moderne dans sa zone de turbulences; dans un trou d’air, il retrouve sa marge bénéficiaire avec sa mémoire fossile,

fausse îles du possible; elles sentent le posé-cible ,possible dommage. Les passagers dorment les âges anciens du libre penseur en apesanteur.

Mon âme gît loin de ces étrangetés , un instant je la transfère hors de sa sphère, voilà cette civilisation du transport aérien, air de rien, elle opère à ciel ouvert, ,ses ailes nivellent nos anciennes différences ,d’abord oublie ta grotte de fossile puis vient en zone de transfert, infuse ce qu’on te refuses, pendant qu’ici, ils s’amusent de se bonheur que tu refuse pour filer tes sens dans les courants d’air froid. Tu veux, donc tu penses, ton cœur bât encore quelques vengeances, alors que ton âme voyage en classe affaire. Tes crises viennent quand tu regardes en arrière. Les sièges des classes écos sont surbookés par de terribles colères.

  

Bien tassées dans leurs pièges ailés, s’agitent fort, Au gré des turbulences, elles cherchent un support, De vaines psychanalyses de groupe collent au corps,

Sur une foule de ressentiments, transpirent en cœur, Pulsant leurs réserves d’esprit, ils crient leurs peurs ,

Ecoute ton cœur ,il bat son rythme plus fort encore, Laisse tes sens vides manger seul, bien des remords,

Oh !!! esprit vole plus haut que tes désirs d’homme Remet ton âme au son des anges, où elle résonne,

Il n’y a plus rien d’autre dans cette pauvre personne,

Au loin je distingue à peine sa forme et son pourtour, Une carlingue sans ailes vole à son secours sans détour,

Elle agite encore son corps au gré de ses crises d’égo Sans héros sa vie c’est du zéro, tu deviens son nigaud,

Vas-y mon Joe , rattrape l’avion il s’en va avec son cœur , Vole et suis le partout si il veut rester ici bas avec ta peur,

Elle se ballotte au gré des ondes , avec tout un faux monde Reste bien assis dans ton siège avec les sens qu’elle sonde

Quand gronde sa rancœur, elle touche pas ton cœur. Fixe ta peur, attache là à tes vieux songes de malheur,

Tu rêve d’atterrir et enfin de rebondir sur un autre chemin Tes roues touchent la solitude de tes certitudes de gamin Tu planes sur tes anciennes conquêtes, sans lendemain,

Celles que t’as pas pu séduire dans ta tour de self-control, Alors chauffe les pistes de la danse du coeur, suis son envol, Surtout, accroche toi à son beau fuselage quand elle décolle,

Avec elle, tu fusionnes la matière de l’amour fou et délicieux,

Transmute dans les nuées des anges qui se frottent aux cieux

Tes yeux sont des hublots ou les esprits se lovent, Touche pas aux poussières de matières qui se sauvent,

Allez vient et écoute battre son cœur, il pulse si bien, A quinze mille pieds tu prends le tien dans ce refrain ;

Du sol tu peux pas toucher mon cœur ,il vient du soleil, Ses rayons réchauffent tes ailes d’anges si près du ciel Tu l’aimes dans ce vol sans escales vers la lune de miel.

Tel Sysiphe tu roules ton rocher de grêlons au sommet des cumulus sans jamais l’atteindre, traverses bien la Méditerranée et lie tes pensées au sort des nuées, elles sont d’ici et d’ailleurs, mais disparaissent si tu les racontes avec les mots d’aujourd’hui, comme d’immatérielles consistances, notre vocabulaire ne saurait les saisir et cela n’est pas une préoccupation pour les prisonniers de cette carlingue qui va d’escales en escales , brûlante de découvrir des territoires étranges.

 

C’est vraiment une bétaillère, pas un morceau de lard dépasse des sièges, chaque passager retient ventre , fesses, en buisness, ils ont des têtes moins stress , ce n’est pas la compagnie aérienne qui nous intéresse, mais seulement voyager en compagnie de l’ami des dieux et du philosophe bouclier nous sommes bouclé dans un tube comme un cortex volant qui nous sert de médium dans ce groupe d’humains , 200 pers à 931 km /h , forcement chacun se met dans une bulle,elle passe sans vraiment s’arrêter nulle part. Les ondes que nous captons à présent sont la clef de cette histoire.

Sans le vouloir, nous laissons givrer le bras tard, Gibraltar comme un rebondissement possible de notre narration, elle s’improvise dans le déroulement de l’action qui va se corser à l’insu de notre destiné de bête taille humaine, comme le bétail humain, petite précision c’est quoi du bétail humain ?

Du bétail, c’est de la viande sur pied, des pieds bientôt inutiles mais bien assez pour mener sa viande aux 10 000 pieds et oublier la face humaine des veaux qu’on mène à l’abattoir, ils pleurent leurs mères en suçant les restes de sauces dans des barquettes en vinyle .

Le survol du des droits ibères sur le détroit libère quelques consciences étroites dans un permafrost fidèle à son poste. Nous participons au réchauffement de la planète du désir, il se condense en nuages de plaisirs..

Ce contrôle à 100 p100 de la définition d’un bétail ne laisse aucune issue de secours, d’ailleurs après le repas le troupeau est libre de circuler entre les sièges, les postérieurs passent sur la ligne du regard , c’est gentil , ils vont aux toilettes en groupe , croupe tendue , ce qui offre l’avantage de faire la queue, imagine les effluves de bêtes qui vont faire leurs besoins.

Danger à Tanger , plus rien à manger, nos besoins sont ils relâchés en altitude ? Sûrement qu’il vole plus haut que nos pensées gloutonnes et nourrissent un tas de ressentiments livrés en satellites dans des plateaux-repas pour les sardines d’Essaouira et ça ira bien assez comme ça....

La vie se déroule comme un vrai repas

Le pet sonne le résumé lors du trépas

Certains pètent coincés comme une vie bloqué

L’histoire d’un pet qui se retrouve dans l’œsophage, comme si la vie voulait sortir par le mauvais orifice

Le pet solide comme les boules gonfle les glandes , glandeur de la vie , grandeur de la vie ?

Le pet sans odeur , vie sans saveur

Le pet sucré ou une bien grasse distillation des sucs, huiles essentielles d’une vie existentielle, calorigène issue d’un gène vivant et pas d’une gêne morte de honte, comme un pet foireux, la vague bleu Marine , merde c’est la courante qui trace ton fond

de caldé en bleu, blanc, rouge, tu as des hémorroïdes à force de te faire enculer par les collabos, tu chies des croix gammées qui t’arrachent le fion, tes pets sentent la mort qui s’approche.

Dans la vie moderne comme une reine morte, la gastronomie sans gaz produit du format sans saveur

La scène de Vinci témoignage d’une vie bien différente de ce que l’existence nous donne à digérer, on vit moralement comme à la fin du 19° dans les méandres d’un intestin sans instinct, le Bouregreg résonne dans ce tube de l’année.

Jésus pète de bonheur après ce bon repas entre potes , l’histoire a censuré son odeur. L’instinctif bruyant du pet est trop vulgaire

Peter un gros coup pour libérer ses pulsions

Peter sans odeur comme une vie pasteurisée, exhume tes flatulences relance de fragrance aux sens plein d’absences.

Un gros pet foireux taille sa route entre des embouteillage de merde , il glisse sur les victimes d’habitués à l’immobilisation du temps , le pet fuse et ne résonne pas plus haut que leurs klaxons impuissants

Pousse ton pet dans le conduit , sauf conduit de merde ,tu passes les frontières de la cuvette trop pleine de miasmes , passe porc tu bouffes tes pêchers , t’empêches la zone de couvrir les murs de la honte , pet de bourge ou pet de barge , l’odeur est la même , le caviar sent comme la sardine , le pet confond toute les origines , le pet s’est comme le multiculturalisme de l’estomac , hé la France comme un gros tube digestif , les cheblanc voudrais que tu leurs ressemblent , alsaciens bretons même combat , algériens sénégalais mangez du camembert , pétons ensemble la même mélodie , prout prout la France , j’aime ton côté prout... proust , pet de madeleine , c’est la french touch , un petit fumet patriotique antibiométrique automatique , vas y pète mon frère , pète ton amour du pays.

Comme un pet brûlant , tes lèvres ont la saveur d’une campagne aux engrais fixés à la fleur de daube , gorge chaude , tu roucoules du cul comme un albatros maculé de goudron , quelques gouttes de gaz liquide se fendent comme des larmes sur ta face arrière , met les gaz ma poule et roucoule avec ton fion , pond nous un pti gaz de derrière les réchaud , si t’as mal ventre , pousse les gaz au raz des marées chaussées de merde , les flics se la pètent avec leurs lunettes , ils calculent ta vitesse d’expulsion , interdit de péter plus vite que son ombre sous peine de rétention au centre des gaz et si je pète les centres de rétention ??? , les vagues bleues Marine s’enferment dans leurs chambres à gaz , sous un tas de fumiers nostalgique de l’Empire , pas celui du shit , merde française qui se fume entre bleu ,blanc et rouge de honte d’être dans le gaz , ils échappent à la généreuse foirade de la multi-culture , pétons avec nos frères , cul blanc béni , cul noir rebondi , cul jaune d’or , tous du cul dans la vie , alors Marine on se la pète ? crac crac les sondages ,avec la peur comme fond de commerce on est tous devenu des pètochard , péte haut et moucharde , Et si les journalistes qui annonce à ton arrivée ,du caca général, si c’n’est pas des gros pets, les journalistes sont des caisses de résonance comme des grosses flatulences ils parfument les infos de fait divers scatologique et font la place aux merdes pour quelle arrivent , allez Marine ramène ton gros cul de fausse blonde , allez

chante Marseille en pétant juste , la France à la tourista avec tous ces étrangers, ça va péter ...

Bon sang ... mais c’est quoi qui coule dans tes tripes ou est ta mauvaise graine ? Rien que ça ? Mais t’es fou ?

Bin t’es pas rigolo ma poule, si tu pianotes ces quelques spasmes en fantasmant sur une vie d’artiste du fion , Dufion JC et hop en 40 avant JC Duf’ t’étais un gros cigare coincé dans les méandres d’une vie digestive et peu active .

Alors mon beau brun t’es coincé dans un virage du Bouregreg, bourré Greg tu glougloutes?

t’es trop rigide ?

pourtant je pourrais te transcender en torrent , t’es de la courante , tu causes le langage des signes ?

Fort peu mon gars ça se sent que t’as pas fait de créneaux depuis des lustres , alors astique ton volant et tourne , retourne dans les intestins et refait le trajet de ta vie .

Tu brunis à l’ombre , t’es bien rare dans ton cas de bronze , les normaux brunissent au soleil des envies folles , toi tu deviens d’un beau bronze dans ta lente descente obscure vers la lune noire et tu l’éclates à chaque passage , passe et repasse le film de ta vie , il s’enroule bien ouaté et comme une vie torchée , finir troué et rincé dans une cuvette pleine d’eau bénite , ahhh mon cœur , t’es bien lisse à force de glisser contre les parois qui guide ton odorant destin , quel parfum ....

Dufion JC c’est l’an zéro , quand tu touche la surface de l’eau c’est le signal de ta fin ,selle ou celle d’un destin qui se scelle dans le vide .

Moulé par la force de gravité , gravité de cette lourde pensée , que te reste t’il à la pesée ? à la fin c’est l’ultime test on pèse ton âme , elle doit être plus légère que la plume qui écrit ce texte de scato , c’est pas rigolo , t’es tout ridé à force de te crisper , vas y pousse poupousse mon ange noir , t’as l’pampl qui mousse , donne toi de l’amplitude , du rythme dans la contraction c’est ton heure . Bientôt tu vas plonger dans une nouvelle tuyauterie, remonter le fleuve de la vie, celle que tu maudis si remplie et si pleine des fragrances de tronc pourris .

Les balais brossent ton visage ,

ils effacent les traces de ton passage dans la cuvette. Tu t’apprêtes à tournoyer dans le rythme .

Marque ton passage d’un éclair de zèbre ,

tu signes brun , ooooh ,

c’est ta dernière danse enroulée , Dance a rock and roll in th’ lavotories ,

you are the champions of brownies .

Allez hop c’est le voyage au bout de la nuit dans le bateau ivre de bonheur de se sentir ainsi quitter la maison mère.

Décontracté du fion ,

JC Duf’ se prélasse dans de nouvelles psy- canalisation , faut se faire une raison d’ailleurs du fond du pantalon .

Libre des contractions anales

Tu glisses dans l’éternel canal

Et passe au stade subliminal

Je me demande à quoi ressemble une grosse merde qui sublime sa vie intracorporelle , à quoi joue t’elle ?

C’est quoi la vie antérieure d’une merde ,

c’est quoi sa consistance ?

nourrie à la repentance ?

Selle d’une vie bien mince

Ou très grosse à s’éclater la rondelle ,

Pour produire de biens grosses ficelles

Solution finale d’une merde qui tire sa révérence comme une grosse ficelle qui sort d’un cul chanceux et trouve une issue heureuse face à une telle introspection en évacuant ses ressentiments dans la fosse commune des souvenirs nauséabonds

Pour tirer la chasse d’eau sur cette poisse faut d’abord comprendre en quoi consiste la merde , être une merde ou ne pas naître ? comment naissent les merdes ?

Des effets que tu maîtrises

Déféquer tes mêts...to rise

Voyage au cœur du système digestif d’une vie comme un repas ou le caca se résume aux fragrances d’une présence d’amour intense .

Une enfance volée donne le caca sans odeurs ,

C’est la chiasse de peur d’être pas à la hauteur.

Une enfance gâtée et riche en lait maternel plein de protéines produira un caca odorant et persistant d’une longueur impressionnante , ce genre de merde est très envahissante et recherche toute sa vie beaucoup d’affection , cette nostalgie d’intestins utérins se prolongera sans fin , ces merdes là sont inconsolables , tu pourras te torcher jusqu’au sang pour t’en séparer , elle vont te coller le fion sans raison et te marquer à la culotte comme le fer rouge marquait les traîtrises et les félonies .

À force de fouiner, j’ai bien cherché dans le gros-cul de la vie à expulser quelques envies de trouver une merde sympathique pour peu qu’elle existe dans mon imaginaire

Tube digressif de ce texte sans salive et plein de sucs digestifs, je me suis même osé à mettre un doigt dans le cul de mes pensées régressives, j’ai cherché la merde qui sent bon, la merde sympa, relax

du sphincter , telle le sphinx elle renaîtrait en forme de pet silencieux et langoureux .

Une merde dématérialisée , un caca virtuel , voilà la merde idéale , celle dont rêve tout les psy du stade anal , tu as si bien digéré que rien ne reste de ta vie qu’un long pet musical , un gaz spirituel , une fleur de selles .

Vais-je état de rien être ce ce tas de rien? IL végéta à rien pour passer d’un corps mort à un corps beau, le corbeau qu’il vit à travers le hublot des toilettes fut absorbé par le vide de ses pensées. Les frères végétariens ont opéré depuis longtemps l’apo..caca..tastase du monde après que le Feu du foie l'aura détruit, l’Aura détruite d’un Feu... foi supérieure d’un Monde plantant des légumes pour sauver la planète des mangeurs de viande aux antibiotiques. Je cherchais les raisons pures pour espérer une naissance à nouveau , une régénération digne de notre palingénésie cosmique.Il fallait désigner une reconstitution ou apocatastase au travers de cette digestion et opérer sa combustion dans les réacteurs de ce vaisseau volant sur un Monde surexploité par les serpents qui le dirige sans plan de vol.

Pas besoin d’être sage pour juger de la production du méthane, métaphysique et pensée occidentale, on lâche nos pets carnassiers les cimes immaculés de l’Atlas, t’imagines tous ces plateaux repas de

restes d'animaux terminent leurs course dans l’atmosphère de nos frères méditerranéens, Atlas a son ventre remplis de nos détritus et porte le Monde des riches. Le tarma attend son tarmac pour atterrir comme une Rlah ici bas.

C’est bien mieux qu’un saint sacrement aux exégèses gonflées à l’azote liquide , des satellites l’ont repéré en mouvements, troupes de terreurs anciennes , l’ombre d’un colonel dicte ses pensées surannées protégé par l antimatière de ses boules , elles surfent sur la région du repentir, des poids morts les maintiennent la tête en bas , sans quoi elles planent aux quatre vents du changement , portés par ses petites boules gonflées à bloc , aux limites de la rupture ,c’est quoi cette rédemption soudaine ?

La contrariété jetée face au rives innocentes dans l’attente d’une réplique, un courant d’air rempli de frustrations submerge la fusion des cœurs , impossible réaction en chaîne , ou l’amour se déchaîne sur les corps vides d’ envies .

Au temps des colons la méprise était fixé chez les méchants ,les bandits , faciles à reconnaître avec leurs casques blancs et leurs peaux rouges, cette race est étrange; elle s’installait dans une civilisation considérée comme inférieure. La race coloniale vivait douloureusement cette contradiction d’exil volontaire et d’ignorance involontaire. Elle subsiste encore de nos jours mais une autre plus méprisante, c’est inventé son paradigme dans le goudron des centres villes , cette dernière espèce est une version inconnue pour nos amis de Casa, elle est née après 1961 en même temps que le narrateur. C’est une race hybride, qui vit la peur de l’autre sur un écran à plasma et se dope aux journalistes

salariés par les élites occidentales. La traversée du ciel et l’atterrissage ne peuvent être payé en pièces d’or, en- dehors des fruits du labeur ou des légumes en forme de vagues intelligence. L’égo dominateur ou toute forme d’hybris nous ferais automatiquement refouler des douanes, nous serions obligés de revenir en bus, la compagnie n’accepte que les payement en espèces naturelles, les cartes de crédit provoquent de grave turbulences et des trous d’air extrêmement anxiogènes.

Les natifs berbères sont nés loin de cette misère intellectuelle, ils ont grandis au cœur d’une nature généreuses qui a produit des fruits pour tout nos frères de la création et du ventre du grand Atlas. Ils se nourrissent de l’esprit des lieux en ne consommant que des fruits de la Terre.

Il curieux de constater qu’aucun d’entre ces fruits ne convient au générations qui suivent , les méchants ont plus de super pouvoir que le grand esprit lui même et ceux qui sont restés neutre n’ont jamais vu une étoile scintiller dans l’obscurantisme qui donne sa consistance aux dogmes actuels , on a retrouvé une foie pour les bêtes , cachons nous face au risque de violer votre intimité et chantons des quantiques inventés depuis si longtemps que leurs récitation rythmique produit un avilissement chez ceux qui les récitent sans comprendre dans quel contexte ils furent conçu , leurs prières ne sont que de rudimentaires remèdes , je cherche ici des hommes sans médecine capable de faire renaître le Grand-Esprit sur ce vol Paris Casa .

Fez nous regarde passer comme une imitation grossière de migration , une immigration sauvage ferait un bel équipage , le notre est sans le sel de la vie n’atteint pas la légèreté des plumes du grand manitou, on a pesé l’âme des passagers assis en buisness et de ceux qui bossent en MacBook mal assis sur les classes économiques , conclusion des boites noires , mauvaises répartition des âmes et surcharge anormale des sondés pitoyables pitos , il ne savent dire à quel vitesse il évoluent , il ne savent pas dire sans instrument de mesure , s’ils ont atterri sous terre ou sur des nuées de pensées.

Dans les turbulences de somnolences , quelques évanescence viennent tirer leurs révérences face à tant d’abstinence de danses du soleil, dans mon sommeil, elles nous tinrent ce langage :

Face de gaouri point ne te sourit, retourne à ta terre ancestrale , ton histoire ne reviendra plus , j’ai reçu de bien pâles échos dans mon casque colonial dépressurisé, le son dolby ne produit plus les mêmes états extatiques de retour sur soi , il est vrai que la narration n’as de loin pas la magie des première lignes, Paris Casa accepte ses maigres songes que nos transports captèrent en ces terres étrangères.

Pourquoi nos transports d’habitudes si bavards sont-il avares de nouvelles histoires, faut-il absolument entendre nos esprits dans ce casque colonial, le son est modifié dans une carlingue dépressurisée , tel un beau filon nous l’avons exploité sans volonté de le réutiliser .

Sans doute le casque ou la cabine forment un couple moins complice avec l’esprit qui vint aux cours de nos dernières traversées , je prie de retrouver cet état d’esprit ou le mien est pris par la simple parole du très Grand Esprit , il y a en éco , un écho lointain de la verve qui est sienne , suis je orphelin de ces paternelles odes qui tournent et rôdent sur le bureau des pensées suggérées , ai-je eu une seule fois des pensées propres à moi même

, est-ce seulement possible ? Je ne suis qu’enveloppe charnelle conçue pour être l’objet du désir de la Mère Supérieure, la mer inférieure défile comme un vieux disque avec ses sillons écumés par les diamants, pas de dote pour cette Mère Supérieure. Un visage rassurant pour mes enfants , mais en profondeur aucune âme qui vaille , un leurre serait plus révélateur de l’état de la chose , nous lançons cette ode à ceux qui aiment cette personne que je suis censé être et incarner pour leur bonheur personnel , en vérité , l’esprit veut me dire que je n’existe que pour autrui , j’ai bien vu le visage suralimenté d’un quinquagénaire mais je n’arrivais pas à reconnaître le même en trentenaire , la laideur des peaux pendantes et prêtes à se revendre pour quelques années de moins , l’homme occidental est un mythe de jeunisme , le poids du temps lui est fatal , Celui du héros grec se retrouve dans cet archétype de l’homme occidental, il est soumis aux religions et aux progrès de la science.

L’homme esprit est celui que nous recherchons dans ces vastes contrées longtemps préservées de cette mythologie de la réussite et de l’affirmation de soi, l’homme esprit se vit comme la branche par rapport à l’arbre, il est dans une quête de résilience naturelle.

Voilà la formidable capacité d’auto suggestion de l’esprit sur la pensée , l’esprit est lucide , la pensée logique , une pensée est explicable ou alors n’est pas digne de figurer au panthéon des phrases malines et assassines .

Le drame dans cette affaire vient de la nature qui n’as aucune logique profonde mais peut être classifiée pour le besoin de compréhension logique , en vérité l’esprit anime chacune des partie de cette nature et il n’as aucune logique telle que l’on veut bien en définir une , de même que cette caractéristique que les logiciens nomment intelligence , elle ne serait en vérité qu’un exercice de style ou un habile montage de pensées bien ordonnées .

L’esprit se fiche d’avoir raison ni même d’être compris par les passager de ce vol et encore plus de ceux resté au sol , il se fiche de la reconnaissance , des vaines prières et surtout de son adoration , l’esprit est fier et généreux , il aime tes efforts pour élever ton style , il aime entendre le son de sa voix transmis par le clavier que tu actives pour qu’arrive cette missive aux anges .

L’esprit s’incarne dans des personnage ailés , voler en rêve c’est accomplir son

destin ,les grands esprits volent , pour suivre sa course dans le ciel pur d’ un vol Paris Casa Parie que nous avons utilisé la technique du leurre et de celui qui se meurt , en

restant dans son mensonge , croyant à l’agonie d’un chevalier inexistant , il revient avec son timbre colorer ce tableau de nous même dans un ennui profond et maîtrisé .

Merci les petits lardons vous aviez raison de croire en votre meilleure destinée dans cet épisode troublant de l’existence d’un vertébré tiraillé par des assises économes en confort , la maison mère entend vos douleurs et vous propose une place en son saint siège,

Nous ne serions que remercier le Grand Malâk ailé qui vient nous sourire et d’un regard complice vous invite plus haut dans la carlingue du zingue .

Bienvenu dans le ciel, c’est sûrement le plus bel endroit de la terre et les surclassements en classe à faire,

Respect aux gazelles , aux fumées du tajine, aux sept signes et bien sûr nos meilleures salutations aux amis de la tour de contrôle à Casa. Ils conseillent nos pilotes sur le meilleur des routages pour bien rester au delà des nuages , nous avons obtenu l’autorisation de débrancher les systèmes anti-gravitationnels du monde réel .

L’abstinence de gravité terrestre dans ce texte ,nous place bien plus haut que les grattes ciels de Casa très ancrés dans le brouillard du matin, leurs fondations plongent dans l’argile des ancêtres se nourrit de nos terres anciennes .

Le conseil des sages a décidé sans eux qu’une grande turbulence viendrait aspirer les bénéfices des nations , les rapaces planent sur les travailleurs , c’est la danse des marché , les notations AA Abuse des vieilles ruses , triple AA Abuse et ça m’ AA Amuse , AA+ muse , note bien cette cotation de l’âme bien plus légère en zone immortelle , Ahah AA+ de mortels dans la peine , big brother tousse , le monde va être malAAde , je fais signe aux hôtesses que je refuse d’AAterrir dans cette crise collé au sol , je veux pas revenir pour ne pas sentir l’odeur du mensonge des pyramides de Ponty.

Tu souris dans ton cachot volant, il te reste 239876 années à attendre que ce Monde-là s’effondre , alors chante l’histoire des esprits volants sur Loyal Air Mon-Rock , viens mon âme je t’attends là haut pour te retrouver en dehors de mon corps dans ce transport douillet des souches mères, range tes affaires et suis moi dans le couloir des lumières .

Le temps qui passe s’arrête le temps qu’un vide s’installe autour de tes oreilles qui veillent sur du réel, une lueur de pulsion perle sur ton front , quitter l’envie de tout et laisser le désir aux bons soins des nourritures terrestres , ici bien haut c’est de la confiture céleste qui reste dans ton estomac bien inutile dans de tels transports de l’esprit , ici tes

flatulences volent plus haut que celle des autres , sans bruit et sans odeur dans ce vol sans peurs. Distance parcourue 1000 km ,moins 47 degrés, altitude 11880 mètres, nous voilà dans des conditions idéales pour se faire mal aux méninges .

Les jalouses incompréhensions nées d’une peur chronique de se perdre dans les méandres de nos faiblesses humaines nous reviennent sans cesse .Le mufti commandant de bord nous informe que l’attraction terrestre nous pousse jusqu’à nous ses crampons et nous attire furieusement vers une maladive jalousie qui empêche de parcourir le monde qui nous intéresse , il faudra choisir de vivre sans attaches , dans le simple appareil du dénuement total , sous peine de se voir confisquer l’anti-attraction qui nous a été offerte par les hôtesses du vol , le confort de la classe affaire devait nous faciliter extraction de quelques odes à la grandeur de l’esprit maghrébin,à quoi bon tant d’amour volé , quitter la ligne claire du plan de vol pour rejoindre celle du ressentiment et de la peine du cœur.Le grand saut dans l’espace c’est une vocation à respecter comme un sacerdoce , il ne tolère que l’ascèse et fuit la séduction comme la colère , il se vit dans l’absence , la répétition des rythmes de cette prose voudrait mettre l’esprit dans l’attente d’une transe et attendre que Houston guide nos premier pas dans l’espace de ce rêve conscient .

Reste 1h 33 dans ce siège à espérer que suffisamment d’ondes du

cosmos viendront brûler ce qui reste de lucide dans nos souvenirs

d’une existence pesante et terrestre , les mots qui nous viennent

à l’esprit ne sont que des voix venues de si haut , le son feutré

du casque audio distille ces douces paroles , serait t’elles si

divines que nous aurions la prétention d’avoir rencontré Ibn Al

Arabi, même en rêve relatif et plein de superlatif , nous aurions

détourné la lumière et dépassé sa vitesse pour retourner en

arrière , labourer le champ ou poussait le blé qui nourrissait nos

vies antérieures ,refaire le trajet manqué , prendre les bonnes

décisions qu’il aurait fallu prendre , ne rater aucun virage ,

arracher les mains qui cachaient les obstacles que nous aurions pu

voir à temps et éviter de casser la vie qui nous était si chère ,

dans cet air , moins 44 degré on vire doucement vers le bercail ,

il n’y a pas de mal qui aille , laisse le spectacle des anges

battre la mesure avec leurs ailes et te suggérer ce rêve ouvert .

Prévoyance est force de santé....(Je viens de l'inventer !)

Mon arrière grand-mère nous légua parmi d'autres consommables, tel que de la gnôle, une réserve inestimable de remèdes !

Comme l'or, actuellement, tout prend une valeur qu'hier encore on aurait négligé...

Endolorie des quelques milliards que le Médiator (que j'ai pris durant une dizaine d'années...) lui coûte, la Sécurité Sociale renâcle à rembourser des médicaments qui ne font pas mourir !...

Il était temps de se prendre en main, j'en profitai pour empoigner les boites de remèdes....

Merveille des merveilles...tout y était, attention...Prescriptions :

- Traitement des hémorroïdes ( Conséquences normales après s'être fait...par la Sécu !)

Suppositoires ADRECTAL au prix de 7 frs

Préparé par G.Guilé Pharmacien de 1ère classe, ex-interne des hôpitaux St Philbert de Gd Lieu (Loire inférieure)

Lire le prospectus à l'intérieur....(Le lire, seulement...ne pas le mettre !!!)

Composition :

- Fluorure de sodium

- Stovaïne

- Extrait mou d'opium

- Extrait mou de belladone

- Extrait mou de marron d'Inde

- Extrait de chiendent

- Beurre de Cacao

Il y a aussi les pastilles RICHELET (Véritable potion sèche)....qui nous aide à avaler les couleuvres !

Et encore....les suppositoires CRISTAL...à la glycérine pure à 30° solidifiée !

 

Nous voilà donc sortis d'affaire, plus besoin de médicaments frelatés, plus besoin de faire l'aumône auprès des instances "Sociales"...nous nous auto-guérissons !

Merci à nos aïeux de nous avoir transmis ce patrimoine qui garde sa place dans les pharmacies familiales...et comme il est bien admis que toute polémique a un "fondement"...du coup !...je suis content d'en avoir un aussi...;-))

Merci de votre attention....

 

Ceci est une commande....la demanderesse se reconnaîtra peut-être....;-))

J'ai laissé en grand format pour voir les détails...si nécessaire

 

Lugar: Cumboto, norte del Estado Aragua, centro-norte de Venezuela.

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Sobre el Cacao he escrito lo que sigue.

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Cacao [Cocoa] (Theobroma cacao)

  

El cacaotero o árbol del cacao (Theobroma cacao) es una planta originaria del trópico americano, aunque no se conoce todavía con exactitud cuál fue el lugar a partir de donde se diseminó. En tal sentido, si bien «algunos, incluso, afirman que pudo haber sido Venezuela» (Hoyos, 1987 [1983], p. 320), lo más probable es que fuera «la vertiente oriental de los Andes Ecuatorianos, pues es allí donde se encuentra la mayor variación en las poblaciones naturales existentes», en particular el área correspondiente a «las cabeceras de los ríos Caquetá, Putumayo y Napo», dispersándose luego en dos direcciones, una al este, «hacia la cuenca del Amazonas y del Orinoco hasta las Guayanas», y otra al norte, «hacia el istmo de Panamá, Centro América y México», lugares estos dos últimos en que hubo «un centro secundario de diversidad genética... donde el cacao fue domesticado por los Mayas, miles de años antes de la llegada de Colón» (Leal, 1993, p. 87-88). Lo anterior explica que los europeos hayan encontrado cacaoteros cultivados en tal región y cacaoteros silvestres dispersos por muchas partes del trópico americano. Pero fue en las civilizaciones azteca y maya donde el cultivo y consumo del cacao tuvo un mayor desarrollo durante el período indígena, tal como se refiere en la cita siguiente:

 

«Según una antiquísima leyenda azteca, Quetzalcóatl, el jardinero del edén, una de las divinidades más importantes veneradas por este pueblo, trajo a la tierra sus semillas y las ofreció a los hombres para que pudieran participar de las delicias de un manjar apreciado por los dioses. Posiblemente en esta leyenda se inspiró el sueco Linneo para designar este género como Theobroma, que significa manjar o alimento de los dioses. El nombre cacao procede del idioma náhuatl de los Mayas de Centroamérica a quienes se atribuye el desarrollo de su cultivo –aproximadamente en el 250 antes de Cristo– en la región de Petén, donde floreció esta extraordinaria cultura americana. Los aztecas y probablemente los mayas, lo empleaban para elaborar una bebida que denominaban xocoatl, que era hecha con las semillas tostadas y molidas del fruto, disueltas en agua fría, sazonada con ajíes, vainilla y otras especias presentes en platos de la culinaria azteca. Era una bebida amarga, espumosa y picante, muy diferente al chocolate que hoy conocemos» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 163).

 

En el caso de Venezuela el cacao silvestre parece que se daba en muchos sitios, en particular en las cuencas del Orinoco y de los lagos de Maracaibo y de Valencia, en los Andes y en los valles del Tuy y Barlovento, en algunos de los cuales era aprovechado para ciertos usos. Así por ejemplo, se ha dicho que «el antiguo territorio de los yanomamos (Amazonas), ubicado por algunos cartógrafos entre las fuentes del río Orinoco y el río Parime… era reseñado como el “País de los Cacaguales”, debido a las muchas plantas de cacao silvestre que allí abundan» (Delascio, 2003, p. 31). Por otra parte, referencias directas coincidentes sobre el cacao silvestre de Venezuela fueron dadas, entre otros, por Gumilla y Caulín. El primero afirmaba que «en las dilatadas vegas del río Apure y otros que entran en él, crece de suyo abundante arboleda de cacao silvestre, y carga fruto dos veces al año, como el que cultivan en los poblados» (Gumilla, 1963 [1741], p. 217-218). El segundo decía que «en muchas montañas de esta Provincia, y mucho más en la de Venezuela, se cría un árbol, que llaman Cacao silvestre, muy parecido en las mazorcas al que cultivan en las haciendas. Da sus frutos dos veces al año» (Caulín, 1992 [1779], pág. 17).

 

Un siglo antes que los autores citados en el párrafo anterior, ya había tocado el tema el gobernador de la Provincia de Cumaná, Antonio Brizuela. Lo hizo en un «Informe sobre la Provincia de la Nueva Barcelona», elaborado y enviado al rey en 1655, el cual constituye el primer documento escrito por un europeo en que se hace una descripción de la región de Barlovento, referencia nada casual ya que los pobladores de Cumaná ansiaban anexarse a su provincia esta rica región, la cual apenas comenzaba por entonces a ser tenida en cuenta por sus rivales de la Provincia de Venezuela. En ese texto Brizuela indicaba, entre otras muchas cosas, que se daba en «las montañas del tuy mucho cacao silvestre» (Brizuela, 1957 [1655], p. 414), lo cual es uno de los indicios más directos de que en Barlovento habría existido antes de la llegada de los europeos una variedad autóctona de ese frutal.

 

Sobre los antecedentes aborígenes del uso del cacao en Venezuela, se ha dicho que «antes de la llegada de los europeos, los indígenas venezolanos lo empleaban como alimento y con fines votivos. Se han encontrado vasijas en forma de mazorca de cacao en objetos cerámicos precolombinos recuperados en yacimientos de los alrededores del lago de Valencia» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 165-166), lo mismo que «en los alrededores de la laguna de Tacarigua, donde aparece representado en los cacharros descubiertos recientemente en los yacimientos arqueológicos» (Varios autores, 1998). Asímismo se ha mencionado la existencia de «piezas arqueológicas precolombinas en las que se representa el cacao y los usos alimenticio, medicinal y religioso que le daban los aborígenes del Orinoco y de Guayana» (González, 2004, p. 76).

 

Del mismo modo «algunos datos históricos señalan su cultivo y consumo entre los Timotocuicas, en regiones de los Andes. Los indígenas andinos quemaban grasa de Cacao, a la manera de incienso, y la ofrendaban a sus ídolos. También preparaban Chorote, bebida bastante cercana al xocoatl azteca» (González, 2004, p. 76). El chorote es, según Julio Calcaño, «la pasta de cacao sin vainilla, canela ni azúcar, cocida en agua endulzada con papelón» (Calcaño, 1950 [1896], p. 389). Sobre este último particular Fray Pedro Simón, otro sacerdote cronista, reportaba la afición al chocolate de «los indios de la gobernación de Mérida y Trujillo... por ser sus tierras tan fértiles de esta fruta del cacao. De quien han tomado el beberlo los españoles con tanta frecuencia como en Nueva España, que es la que el mundo sabe. Aunque con diferencia, porque en la ciudad de Trujillo y casi entrada la gobernación de Caracas y Mérida, hasta la ciudad de Pamplona, lo beben hecho chorote» (Simón, 1992 [1625], Tomo II, p. 119).

 

En Barlovento el cultivo del cacao y el poblamiento español fueron en esencia una y la misma cosa. Con el tiempo, cacao y Barlovento también lo fueron, una vez que las tierras más fértiles y accesibles de la región se cubrieron de plantaciones, sembradas inicialmente con la mano de obra indígena y luego recurriendo principalmente a esclavos negros traídos de Africa con tal propósito. De este modo, el cacao se convirtió en Barlovento en una presencia constante que persiste hasta nuestros días y se proyecta todavía hacia el futuro.

 

Esa realidad no podía dejar de tener su expresión literaria. En la novela, todas las obras ambientadas en Barlovento han girado en torno a las plantaciones de cacao. Cabe citar en tal sentido «Pobre negro» (1937), de Rómulo Gallegos; «Noche buena negra» (1943), de Juan Pablo Sojo; y «Cuira es un río de Barlovento» (1946), de José Fabbiani Ruiz. Este último también fue autor del cuento de cacao y violencia titulado «Guaritoto», nombre que designa a una planta cuyas hojas están «cubiertas de púas urticantes que producen vivo escozor y aún inflamación y fiebre al llegar en contacto con la epidermis» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 268), lo cual explica por qué en el citado texto Fabbiani puso a pensar al protagonista que su concubina «era como una hoja de guaritoto, espinosa y traicionera» (Fabbiani, 1939, p. 41). Otros cuentos con trasfondo de cacao barloventeño son «Hereque», escrito por Juan Pablo Sojo, título que hace referencia al nombre de «una enfermedad grave» del cambur y el plátano «que no tiene tratamiento» (Fondo Nacional del Cacao, [Sin fecha], p. 25); «La virgen no tiene cara», de Ramón Díaz Sánchez y «Un negro a la luz de la luna», de Arturo Croce.

 

En la poesía, el cacao es la presencia vegetal más reiterada en la obra del barloventeño Pedro Lhaya, quien, cosa curiosa, parece que nunca llegó a escribirle, o al menos a publicarle, que sepamos, un poema al árbol o a su fruto. En su «Cantar de la Noche del Trópico» el cacao es la única planta que se menciona dos veces, primero como bebida afrodisíaca («tórrida noche múltiple, / corporal, / de jenjibre y cacao, / de ron y de tabaco») y luego como plantío, de connotación también erótica («noche de oro esparcido / en oquedades, / en cimas de canela, / en cacaotales») (Lhaya, 1985, p. 20 y 24). Tampoco podía faltar el cacao por partida doble en su «Noche de Barlovento», poema que bien amerita, por su gran calidad, su trascripción completa:

 

«En compacta negrura

la comba de la noche de junio y su perfil de ébano,

rutila Venus,

huele a cacao la noche,

aroma de animal en celo.

 

Hacia la comba profunda suben cánticos ásperos,

antiguos sones ásperos

de tambores totémicos.

 

Clamorea la danza,

danzan sombras,

danza un tótem errátil,

en una sombra,

danza la sombra de un leopardo,

danza,

ocelada de sombras

la abolida serpiente sagrada.

 

Clamorea la noche, cantan y danzan

los hijos del cacao,

en la noche de junio,

colmada de revelaciones

y de ritos obscuros.»

 

(Lhaya, 1985, p. 77)

 

Dijo también el poeta, en su corta «Autobiografía» en verso, lo siguiente: «en el cacao fermentado / percibí el drama torvo del negro» (Lhaya, 1963, p. 8). Y seguramente en ello habrá tenido mucho que ver su propia vivencia, ya que él mismo se dedicó al cultivo del cacao durante muchos años en su hacienda barloventeña llamada «El Frutal». Pero fue en sus poemas de amor donde el cacao eclosionó en una multiplicidad de tropos que rinden tributo a la «piel nocturna de cacao», a los «senos de cacao y de miel», a los «pechos de cacao y de sándalo» y, en fin, al «cuerpo de cacao y de miel» de una «muchacha de cacao y miel» que lo transportaba, ¡cómo no!, a una «ciudad de canela, de cacao y miel» (Lhaya, 1975 y 1985).

 

Esa planta del cacao, inspiradora de literatura tan variada y rutilante, es un arbolito que puede alcanzar unos seis metros de altura, de tallo vertical y ramas extendidas. Sus hojas, «de un color marrón a rojizo cuando jóvenes, se tornan a verde-obscuro con el tiempo» (Hoyos, 1987 [1983], p. 320). Su duración es larga, llegando a los ochenta años. Sus flores son pequeñas y de colores variados, desde el blanco y el rojo al púrpura, pasando por el verde, amarillo y rosado. Como sucede con el taparo o totumo, sus flores y frutos presentan la infrecuente particularidad de brotar directamente del tronco y de las ramas principales. La fertilización la efectúan ciertas especies de moscas y hormigas y es «de difícil realización debido a la disposición de sus piezas florales, llegando sólo a ser efectiva en el 1% de las flores presentes en un árbol» (Ramos et al., 2004 [2000], p. 16).

 

La dispersión de las semillas es efectuada por una variedad de animales, como son los monos, rabipelados, ratas, ardillas, murciélagos y, entre las aves, los loros, pájaros carpinteros y conotos, considerados todos ellos como plagas por los cultivadores en razón de los daños que causan al fruto (verlo aquí), el cual constituye la parte más preciada de la planta, de donde viene la conseja que identifica a «los enemigos del cacao: ardita, conoto y mono», a los cuales se les agregan socarronamente «los peones y el mayordomo» (Velez, 1966, p. 29).

 

Debido a su forma, a los frutos se les llama usualmente mazorcas, las cuales presentan características que pueden variar de una planta a otra, según sea su origen. Hay así, en Venezuela, el cacao «criollo», descendiente de la variedad arraigada en Centroamérica y México que, según parece, habría sido traído de allí por los cultivadores durante la colonia (Leal, 1993, p. 88), el cual carga mazorcas alargadas y puntiagudas de color verde que al madurar se tornan amarillas, de cáscara rugosa con una decena de surcos, tamaño mediano y almendras grandes y redondas, de cotiledones blancos (Ramos et al., 2004 [2000], p. 17-18). Es de destacar que «en Venezuela hay un Cacao criollo llamado “Porcelana” que es el de mejor calidad en el mundo» (Hoyos, 1994, p. 311). Al encontrarse el cacao criollo con el cacao local de tipo amazónico, que recibe la denominación de «forastero», habría producido una serie de variedades llamadas «trinitario» (Braudeau, 1981 [1969], p. 18), de colores diferentes que incluyen verde, rojo, amarillo y anaranjado, cuyas formas van desde la alargada y rugosa con cinco surcos, conocidos como angoleta, cundeamor y amelonado, hasta la redondeada y lisa casi sin surcos, denominados legón y calabacillo (Ramos et al, 2004 [2000], p. 17-18).

 

La planta del cacao no resiste por mucho tiempo la luz solar directa, de modo que le es imprescindible la sombra para subsistir, lo cual la hace una especie eminentemente selvática. Del mismo modo, cuando se trata de cacao cultivado se impone la utilización de otras plantas para proporcionarle sombra. La sombra temporal más utilizada para proteger en sus primeras etapas a los arbolitos de cacao han sido el cambur y el plátano (Musa paradisiaca), debido a que «presentan un crecimiento rápido, follaje suficiente» y «son de fácil eliminación» (Ramos et al, 2004 [2000], p. 28). Esta práctica, presente en Barlovento, se remonta al tiempo mismo en que comenzaba la explotación del cacao a gran escala, como se comprueba en la siguiente cita de Matías Ruiz Blanco, un misionero franciscano que ejerció en Píritu, el cual, como muchos otros de sus colegas, se caracterizaba por no desaprovechar oportunidad alguna de despotricar sin piedad de los indígenas cuya conversión le había sido confiada. Dice así:

 

«Con los plátanos se amadrinan los árboles del cacao, que son amigos de la sombra y enemigos del sol... En creciendo el árbol del cacao, que llega a cerrar con el conjunto y se puede hacer sombra, mata al plátano en pago del beneficio que recibió de él siendo pequeño, y así es símbolo de la ingratitud, propiedad que reina en todos los indios» (Ruiz, 1965 [1690], p. 17).

 

Ya más crecido, son muchos los árboles que se utilizan para dar sombra al preciado cacao. Una publicación de 1934, escrita por un agrónomo hindú, de apellido Singh, al servicio del por entonces Ministerio de Salubridad y de Agricultura y Cría, citaba, además del bucare anauco (Erythrina fusca) y el bucare peonío (Erythrina mitis), otras especies como el apamate (Tabebuia pentaphylla), pariente cercano del árbol emblemático nacional, que no es otro que el Araguaney (Tabebuia chrysantha), el cual a nadie se le ha ocurrido utilizarlo como sombra de cacao, que sepamos. También incluía el jobo (Spondias lutea), «árbol que alcanza dimensiones enormes... Común en los bosques de tierra caliente y usado algunas veces como sombra en las plantaciones de cacao. Pega de estacas, y se emplea también para postes de cercas» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 285).

 

Otros que señalaba Singh eran el mijao (Anarcadium excelsum), el cedro (Cedreia odorata) y el caobo (Swietenia mahagony), este último de origen antillano, «en Venezuela introducido y a veces usado como sombra en cacaotales» (Schnee, 1984 [1961], p. 150), que no se debe confundir con el gigantesco caobo de Tierra Firme (Swietenia macrophylla), todos ellos utilizados básicamente como árboles madereros. El autor adicionaba el lechero (Ephorbia cotinifolia), el caucho (Hevea brasiliensis), el árbol de pan (Artocarpus altilis), oriundo de Asia y traído por su alimenticio fruto durante la colonia «para que sirviera de alimento a los esclavos» (Hoyos, 1987 [1983], p. 226), y, por último, el aguacate (Persea americana), propio de nuestro continente, como indica su nombre científico, muy cultivado en Barlovento por su fruto. Decía el autor citado que, «con las excepciones de los bucares Anauco y peonío, ninguno de los árboles mencionados arriba es apropiado para sombra», pero no decía el por qué (Singh, 1934, p. 30).

 

Otro árbol utilizado más recientemente para cubrir al cacao ha sido el guamo, frutal que cuenta en Venezuela con unas 50 especies, de las cuales la más conocida en Barlovento es el guamo machete (Inga spectabilis). Decía Jesús Hoyos que los guamos, «debido a que son árboles relativamente pequeños, a que conservan el follaje durante todo el año, se les viene utilizando... en el país como árboles de sombra, para proteger el cacao y el café» (Hoyos, 1974, p. 132).

 

Pero los árboles a que más se ha recurrido para cobijar al cultivo más preciado de la región han sido, sin duda, los bucares (Erythrina spp), que por ello se pueden encontrar en la actualidad abundantemente por casi todo Barlovento, siendo numerosas las aves que acuden a libar en sus flores o a comérselas, entre ellos conotos, loros guaros, arrendajos, colibríes de varias especies y también nuestra ave emblemática nacional, el turpial. Resultó así que al bucare, «con justeza de epíteto se le ha llamado “madre del cacao”» (Alamo, 1911, p. 61), tal como lo hizo Andrés Bello en su conocida «Silva a la agricultura de la Zona Tórrida» en un verso que dice: «ampare / a la tierna teobroma en la ribera / la sombra maternal de su bucare» (Bello, 1958 [1826], p. 12). Sin embargo, no ha faltado quien, cambiándole la condición femenina al acto de cobijar, lo llamara «el padre del cacao, como se dice vulgarmente» (Arana, 1945, p. 53).

 

A contracorriente con el criterio dominante, Jesús Hoyos llegó a sostener que ninguna de las especies de bucare eran recomendables para ser utilizadas como sombra del cacao o del café, debiéndose sustituir en tal función por árboles como los ya citado guamos, «menos corpulentos y de hojas perennes» (Hoyos, 1985, p. 160). Por supuesto, muchos se han mostrado en desacuerdo con tal apreciación respecto de los bucares, pero en lo que sí coinciden todos es en considerar que el Samán (Pithecellobium saman), árbol de sombra de gran abolengo, emblema vegetal del Estado Aragua y del conjunto de los países bolivarianos (Cueto, 1991; Hoyos, 1985, p. 47), no servía, sin embargo, para cobijar a los cultivos de plantación, como el café y el cacao, «uso para el cual es poco conveniente porque reseca mucho el suelo y le quita una cantidad enorme de sustancia necesaria para el alimento de la plantación; en tiempo de su florescencia es tal la abundancia de las flores, que caen encima de los arbolitos de café o de cacao, que éstos se hallan literalmente agobiados bajo su peso en gran perjuicio de su propia fructificación» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 387). Digamos que, en contrapartida, para los animales y la gente resulta sumamente acogedor el frescor de la sombra bajo el follaje del samán, aunque bote muchas hojas y flores.

 

El secreto de la gran estima que ha tenido el cacao, no sólo desde que fuera descubierto por los europeos, sino desde los tiempos de las civilizaciones indígenas americanas, está en sus semillas «ricas en almidón, en proteínas, en materia grasa, lo cual les confiere un valor nutritivo real. Su contenido en teobromina… junto con la presencia de cafeína, les da propiedades estimulantes. Encierran un aceite esencial que les da un sabor aromático particular» (Braudeau, 1981 [1969], p. 13).

 

De los productos que se elaboran con esas semillas, el más preciado es, como todos saben, el chocolate. Esta palabra, de origen azteca, designaba inicialmente a una bebida que se ha elaborado de diferentes maneras, incorporándosele primero, en el período indígena, especias americanas como el ají y la vainilla, según dijéramos al inicio de esta nota, para luego devenir durante la colonia en un preparado caliente endulzado con azúcar, ya que la almendra del cacao tiene sabor amargo. «Los españoles guardaron por mucho tiempo el secreto de esa maravillosa bebida cuyo consumo se difundió posteriormente a otros países europeos», siendo «los ingleses quienes modificaron la preparación del chocolate añadiéndole leche en lugar de agua a comienzos del siglo XVIII» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 165).

 

Aunque en sus inicios fue un producto reservado a la gente adinerada, con el tiempo se fue popularizando, teniendo hoy día un consumo masivo. Para ello hubo que esperar la elaboración industrial del polvo de cacao, iniciada por una empresa de un holandés apellidado Van Houten que registró la patente en 1828 (Delascio, 2003, p. 32 y Braudeau, 1981 [1969], p. 16). El procedimiento consistía básicamente en extraer la manteca de cacao, a la cual pronto se le buscó la utilidad, resultando que al mezclarla con «azúcar se puede preparar un artículo delicioso que se puede moler: el chocolate», tal como se conoce hoy día, es decir, en barras, «puesto en venta por primera vez en 1847. En 1876 aún se da un nuevo empuje a la industria con la fabricación del chocolate con leche» (Braudeau, 1981 [1969], p. 16). Desde entonces se impuso sobre la bebida el consumo de chocolate sólido, forma en la cual pareciera haber incrementado su poder adictivo.

 

Una planta tan especial como la del cacao no podía dejar de tener también usos medicinales. Pittier señalaba, al respecto, que «entre el pueblo, el cacao se aplica en forma variada en la curación de múltiples enfermedades y» —¡prestad atención, colegas atacados por la calvicie!— «aun para hacer crecer el pelo» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 169). La fórmula mágica para lograrlo es la siguiente: «Tómese el aceite o manteca de cacao en dosis de cuatro cucharadas, con otras tantas de aceite de ajonjolí o de almendras y lo que basta de cera blanca para hacer una pomada, se le agrega de esencia de canela un escrúpulo y ocho gotas de clavos. Con esta pomada se unta el pelo. Diariamente crecerá de un modo muy notable» (Anónimo, 1990, p. 13)

 

Se ha dicho también que es recomendable «para la circulación, el corazón y las quemaduras» y que «la decocción de la pulpa que recubre las semillas sirve para la fiebre y la infusión de las hojas ayuda en los trastornos cardíacos» (González, 2004, p. 80). Además, son bien conocidas las múltiples aplicaciones que tiene la manteca de cacao que se expende en las farmacias, que «relaja las inflamaciones y cicatriza las grietas de los labios, las lesiones en el pezón de las madres lactantes; hemorroides, irritaciones, quemaduras de la piel y vaginitis» (González, 2004, p. 80).

 

Por otra parte, «es creencia popular que la manteca de cacao, administrada en pequeñas gotas, cura el “sereno”, enfermedad que aqueja a los niños de pocos meses de nacidos, la cual se manifiesta con fiebre alta, llanto, gritos y evacuaciones de color verde. Dicen que la misma se debe a las malas influencias nocturnas que le entran al menor, por la mollera o fontanela (espacio que en los recién nacidos media entre algunos huesos del cráneo), cuando se exponen en la noche sin taparles la cabeza» (Delascio, 2003, p. 32).

 

El cacao ha dado lugar también a expresiones muy utilizadas en el habla del venezolano, aunque en muchos casos la razón de su origen se haya difuminado en el tiempo, como la de «pedir cacao», que significa «pedir perdón, rendirse», la cual sería una «alusión al grito particular que emiten los gallos de riña cuando huyen» (Alvarado, 1984 [1921], p. 78). Según Julio Calcaño, en efecto, «del cacareo del gallo que huye en la riña formaron tal frase los jugadores de gallos, y así dicen: pide o pidió cacao; está pidiendo cacao. Los chicos la aplican en sus luchas al vencido; y cuando éste cae derribado, el vencedor le fija la rodilla en el pecho y le obliga a pedir cacao. Si no consigue hacerlo decir cacao, recomienza la lucha» (Calcaño, 1950 [1896], p. 314). Gonzalo Picón registraba, por su parte, que «no haber quien le haga a uno un cacao» equivalía a «no haber persona alguna que lo iguale, venza, supere ó sobrepuje en cualquier forma ó sentido» (Picón, 1964 [1912], p. 309).

 

Por último, «ser un gran cacao» significaba antiguamente, y todavía hoy día, «ser un magnate, un personaje de campanillas. Recuerdo de los tiempos coloniales, en que la riqueza consistía por lo principal en plantaciones de cacao» (Alvarado, 1984 [1921], p. 78). Era también la época de las grandes desigualdades sociales, en la cual tenían predominio los mantuanos, casta llamada así porque sólo sus mujeres podían usar mantillas durante la misa y otras celebraciones del culto católico.

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A esta especie pertenecen muchas de las variedades cultivadas en el Peru, especialmente las de la costa, donde fueron encontrados restos de ají amarillo de 4000 años de antigüedad, en las zonas arqueológicas de Huaca Prieta y Ancón.

 

La corola del ají amarillo es blanca con manchas amarillas o rojas; su fruto es generalmente de color anaranjado, aunque varía en algunos casos; y posee semillas de color cremoso o blanquecino.

 

USOS:

1) Alimento: El fruto se usa como condimento por su sabor picante, como verdura en ensalada, y como base para la preparación del ají de gallina, papa a la huancaína, salsa de ocopa, cauchi de queso, escabeche y varios platos más.

 

2) Medicinal: Analgésico odontológico; picaduras de abejas, avispas, arañas y alacranes; tratar orzuelo, reumas, amigdalitis, hemorroides externas, hipo rebelde, galactóforo, contra los sabañones, antigripal y sudorífico.

ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

 

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

les pygmées : ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

 

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

  

Flambages inter-rivet ( Inter-rivet buckling ) cause fréquente de problèmes en aéronautique là ou il y a tôles minces. Plutôt rare sur des structures comme des ponts . J'en avais déja observé sur de vieux navires lakers. C'est ici du très sérieux. (Je fais ce post, car les gens n'ont pas nécessairement la capacité ( l'outillage vidéo) pour voir. Il s'agit d'un grossissement d'une partie d'une photo précédente ou on aperçoit une série d'ouvertures en portefeuille entre les rivets assemblant la semelle à l'âme de la première membrure sud-ouest. Cette première membrure est particulièrement critique, car elle reçoit en transit tous les efforts en renversement exercés par la corde du haut et les transfère sur le poteau principal ( beaucoup plus fort, mais qui lui aussi déforme) donc elle déforme plus. L'image le démontre. " Si vous pliez une feuille de papier et en brochez les rebords libres ; puis courbez la feuille vers ce rebord dans son plan vertical ( le plus résistant) vous constaterez en série les ouvertures en portefeuille entre les broches. Cause à effet et vice versa; donc elle est bel et bien courbée. " Impossible de prétendre le contraire pour tout esprit au fonctionnement le moindrement logique.

Mais croyez-moi m^me des ingénieurs d'expérience semblent souffrir des hémorroïdes " hubris tiques" qui les bloquent pour pouvoir admettre la réalité flagrante de la chose . Notez que les mêmes déformations en toute probabilité seraient visibles sur l'intérieur de la membrure jumelle en aval, mais bien difficiles à photographier pour moi. Mais j'ai pu en photographier quelques-unes entre les ouvertures de la structure ce qui ajoute à ma preuve.

Il y a aussi démontrées et photographiées dans cet album toute une panoplie de déformations bien réparties de façon totalement systémique et entièrement liées au déversement en instabilité latérale de cette structure extrême. La question à un milliard de $ demeure toujours sous omerta: Quelle est la marge de sécurité " moderne" restante. Car les ingénieurs jusqu'aux années 1960 ici ignoraient pratiquement l'impact de l'instabilité en déversement. Ils ne sont donc pas pris en compte pour ce pont bénéficiant de clauses d'antériorité. Donc légalement on peut prétendre qu'il serait entièrement " sécuritaire" Vrai ou non ? . Je crois assurément que cette marge de sécurité serait bien insuffisante au regard des risques d'accident, de catastrophes naturelles et surtout de l'augmentation en catimini et très significative du poids des convois de vrac. Serait-ce ; cette augmentation de plus de 40% ,qui après la privatisation et les modélisations 3D trop optimistes ,aurait déclenché le déversement en instabilité du pont de Québec ?

Questions majeures pour une éventuelle enquête, je crois bien. Plusieurs ponts ayant de longues portées libres ici et ailleurs présentent des signes d'instabilité en déversement. Ce serait selon moi une situation similaire qui aurait causé l'effondrement du Pont-Duplessis et même serait la cause première du problème des poutres de béton post-contraintes du vieux pont Champlain. Je crois qu'avec les poutres en béton l'histoire se répéterait ; mais le retard et le blâme actuellement sur le béton sont-ils plutôt dus à la résistance de l,industrie. Le sujet est à l'ordre du jour en R&D depuis plus d'une décennie. Des ingénieurs dont les formations sont dépassées ( ce qui est mon cas) n'acceptent pas que les poutres de béton ( précontraintes ou pas ) puissent déverser cependant comme avec l'acier, c'est là encore une question d'élancement structurel plus poussé par la recherche d'économies et d'efficacité.

 

La meilleure stratégie actuelle des politiciens et des responsables des infrastructures demeure celle du Roi Dagobert. Continuer à faire comme si de rien n'était. La seule différence demeure qu'ici le pantalon pourrait tomber au moins virtuellement avec l'explosion des coûts et des incidents.

 

Pourtant, diplomatiquement ce pourrait être aussi un nouveau roi. On lui y mettrait en plus vraisemblablement un long, couteux et ostensible manteau d'hermine venu d'ailleurs payé par les sujets. Et beaucoup de parfum médiatique. Comme pour le pont Champlain peut-être, qu'on n'y verrait encore que du feu ? Faites, en regard de plusieurs accidents ces dernières années impliquant de telles poutres de béton, la recherche Google: "concrete beams lateral buckling" "long prestressed" Vous aurez une plus large perspective.de la situation. Seules les poutres longues et élancées présentent ce problème difficile à déceler avant car les fissures en cisaillement s'y produisent de façon soudaine. Bien sûr les côtés exposés des poutres de rive sont plus sujets à la corrosion qui les affaiblit de ce côté et malgré la faible élasticité du béton, un déversement latéral mesurable s'y produit les fissures en cisaillement sont ainsi bien visibles. Résumer en disant que l'armature ou les câbles de tension corrodent est un raccourci donc une erreur ( parfois fatale quand on est dans l'excès et l'inédit ) .Vers l'age de 17 ans j'ai travaillé entre-autres dans le labo de Warnock-Hersey à Ville-Lasalle. J'y manipulais ( entre-autres) les cylindres d'essais en compression pou un Ingénieur doctorant qui reliait l'angle de rupture des cylindres de béton sous compression à ses propriétés selon le cercle de MOHR. ce qui permet de prédire les performances du béton selon les axes de contraintes.

  

Le roi aurait-il fait ? LOL Sacrilège ultime : le lèse majesté à l'encontre de la plénipotentiaire administration.

 

Lugar: Birongo, Barlovento, centro norte de Venezuela.

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Sobre el Cacao he escrito lo que sigue.

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Cacao [Cocoa] (Theobroma cacao)

  

El cacaotero o árbol del cacao (Theobroma cacao) es una planta originaria del trópico americano, aunque no se conoce todavía con exactitud cuál fue el lugar a partir de donde se diseminó. En tal sentido, si bien «algunos, incluso, afirman que pudo haber sido Venezuela» (Hoyos, 1987 [1983], p. 320), lo más probable es que fuera «la vertiente oriental de los Andes Ecuatorianos, pues es allí donde se encuentra la mayor variación en las poblaciones naturales existentes», en particular el área correspondiente a «las cabeceras de los ríos Caquetá, Putumayo y Napo», dispersándose luego en dos direcciones, una al este, «hacia la cuenca del Amazonas y del Orinoco hasta las Guayanas», y otra al norte, «hacia el istmo de Panamá, Centro América y México», lugares estos dos últimos en que hubo «un centro secundario de diversidad genética... donde el cacao fue domesticado por los Mayas, miles de años antes de la llegada de Colón» (Leal, 1993, p. 87-88). Lo anterior explica que los europeos hayan encontrado cacaoteros cultivados en tal región y cacaoteros silvestres dispersos por muchas partes del trópico americano. Pero fue en las civilizaciones azteca y maya donde el cultivo y consumo del cacao tuvo un mayor desarrollo durante el período indígena, tal como se refiere en la cita siguiente:

 

«Según una antiquísima leyenda azteca, Quetzalcóatl, el jardinero del edén, una de las divinidades más importantes veneradas por este pueblo, trajo a la tierra sus semillas y las ofreció a los hombres para que pudieran participar de las delicias de un manjar apreciado por los dioses. Posiblemente en esta leyenda se inspiró el sueco Linneo para designar este género como Theobroma, que significa manjar o alimento de los dioses. El nombre cacao procede del idioma náhuatl de los Mayas de Centroamérica a quienes se atribuye el desarrollo de su cultivo –aproximadamente en el 250 antes de Cristo– en la región de Petén, donde floreció esta extraordinaria cultura americana. Los aztecas y probablemente los mayas, lo empleaban para elaborar una bebida que denominaban xocoatl, que era hecha con las semillas tostadas y molidas del fruto, disueltas en agua fría, sazonada con ajíes, vainilla y otras especias presentes en platos de la culinaria azteca. Era una bebida amarga, espumosa y picante, muy diferente al chocolate que hoy conocemos» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 163).

 

En el caso de Venezuela el cacao silvestre parece que se daba en muchos sitios, en particular en las cuencas del Orinoco y de los lagos de Maracaibo y de Valencia, en los Andes y en los valles del Tuy y Barlovento, en algunos de los cuales era aprovechado para ciertos usos. Así por ejemplo, se ha dicho que «el antiguo territorio de los yanomamos (Amazonas), ubicado por algunos cartógrafos entre las fuentes del río Orinoco y el río Parime… era reseñado como el “País de los Cacaguales”, debido a las muchas plantas de cacao silvestre que allí abundan» (Delascio, 2003, p. 31). Por otra parte, referencias directas coincidentes sobre el cacao silvestre de Venezuela fueron dadas, entre otros, por Gumilla y Caulín. El primero afirmaba que «en las dilatadas vegas del río Apure y otros que entran en él, crece de suyo abundante arboleda de cacao silvestre, y carga fruto dos veces al año, como el que cultivan en los poblados» (Gumilla, 1963 [1741], p. 217-218). El segundo decía que «en muchas montañas de esta Provincia, y mucho más en la de Venezuela, se cría un árbol, que llaman Cacao silvestre, muy parecido en las mazorcas al que cultivan en las haciendas. Da sus frutos dos veces al año» (Caulín, 1992 [1779], pág. 17).

 

Un siglo antes que los autores citados en el párrafo anterior, ya había tocado el tema el gobernador de la Provincia de Cumaná, Antonio Brizuela. Lo hizo en un «Informe sobre la Provincia de la Nueva Barcelona», elaborado y enviado al rey en 1655, el cual constituye el primer documento escrito por un europeo en que se hace una descripción de la región de Barlovento, referencia nada casual ya que los pobladores de Cumaná ansiaban anexarse a su provincia esta rica región, la cual apenas comenzaba por entonces a ser tenida en cuenta por sus rivales de la Provincia de Venezuela. En ese texto Brizuela indicaba, entre otras muchas cosas, que se daba en «las montañas del tuy mucho cacao silvestre» (Brizuela, 1957 [1655], p. 414), lo cual es uno de los indicios más directos de que en Barlovento habría existido antes de la llegada de los europeos una variedad autóctona de ese frutal.

 

Sobre los antecedentes aborígenes del uso del cacao en Venezuela, se ha dicho que «antes de la llegada de los europeos, los indígenas venezolanos lo empleaban como alimento y con fines votivos. Se han encontrado vasijas en forma de mazorca de cacao en objetos cerámicos precolombinos recuperados en yacimientos de los alrededores del lago de Valencia» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 165-166), lo mismo que «en los alrededores de la laguna de Tacarigua, donde aparece representado en los cacharros descubiertos recientemente en los yacimientos arqueológicos» (Varios autores, 1998). Asímismo se ha mencionado la existencia de «piezas arqueológicas precolombinas en las que se representa el cacao y los usos alimenticio, medicinal y religioso que le daban los aborígenes del Orinoco y de Guayana» (González, 2004, p. 76).

 

Del mismo modo «algunos datos históricos señalan su cultivo y consumo entre los Timotocuicas, en regiones de los Andes. Los indígenas andinos quemaban grasa de Cacao, a la manera de incienso, y la ofrendaban a sus ídolos. También preparaban Chorote, bebida bastante cercana al xocoatl azteca» (González, 2004, p. 76). El chorote es, según Julio Calcaño, «la pasta de cacao sin vainilla, canela ni azúcar, cocida en agua endulzada con papelón» (Calcaño, 1950 [1896], p. 389). Sobre este último particular Fray Pedro Simón, otro sacerdote cronista, reportaba la afición al chocolate de «los indios de la gobernación de Mérida y Trujillo... por ser sus tierras tan fértiles de esta fruta del cacao. De quien han tomado el beberlo los españoles con tanta frecuencia como en Nueva España, que es la que el mundo sabe. Aunque con diferencia, porque en la ciudad de Trujillo y casi entrada la gobernación de Caracas y Mérida, hasta la ciudad de Pamplona, lo beben hecho chorote» (Simón, 1992 [1625], Tomo II, p. 119).

 

En Barlovento el cultivo del cacao y el poblamiento español fueron en esencia una y la misma cosa. Con el tiempo, cacao y Barlovento también lo fueron, una vez que las tierras más fértiles y accesibles de la región se cubrieron de plantaciones, sembradas inicialmente con la mano de obra indígena y luego recurriendo principalmente a esclavos negros traídos de Africa con tal propósito. De este modo, el cacao se convirtió en Barlovento en una presencia constante que persiste hasta nuestros días y se proyecta todavía hacia el futuro.

 

Esa realidad no podía dejar de tener su expresión literaria. En la novela, todas las obras ambientadas en Barlovento han girado en torno a las plantaciones de cacao. Cabe citar en tal sentido «Pobre negro» (1937), de Rómulo Gallegos; «Noche buena negra» (1943), de Juan Pablo Sojo; y «Cuira es un río de Barlovento» (1946), de José Fabbiani Ruiz. Este último también fue autor del cuento de cacao y violencia titulado «Guaritoto», nombre que designa a una planta cuyas hojas están «cubiertas de púas urticantes que producen vivo escozor y aún inflamación y fiebre al llegar en contacto con la epidermis» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 268), lo cual explica por qué en el citado texto Fabbiani puso a pensar al protagonista que su concubina «era como una hoja de guaritoto, espinosa y traicionera» (Fabbiani, 1939, p. 41). Otros cuentos con trasfondo de cacao barloventeño son «Hereque», escrito por Juan Pablo Sojo, título que hace referencia al nombre de «una enfermedad grave» del cambur y el plátano «que no tiene tratamiento» (Fondo Nacional del Cacao, [Sin fecha], p. 25); «La virgen no tiene cara», de Ramón Díaz Sánchez y «Un negro a la luz de la luna», de Arturo Croce.

 

En la poesía, el cacao es la presencia vegetal más reiterada en la obra del barloventeño Pedro Lhaya, quien, cosa curiosa, parece que nunca llegó a escribirle, o al menos a publicarle, que sepamos, un poema al árbol o a su fruto. En su «Cantar de la Noche del Trópico» el cacao es la única planta que se menciona dos veces, primero como bebida afrodisíaca («tórrida noche múltiple, / corporal, / de jenjibre y cacao, / de ron y de tabaco») y luego como plantío, de connotación también erótica («noche de oro esparcido / en oquedades, / en cimas de canela, / en cacaotales») (Lhaya, 1985, p. 20 y 24). Tampoco podía faltar el cacao por partida doble en su «Noche de Barlovento», poema que bien amerita, por su gran calidad, su trascripción completa:

 

«En compacta negrura

la comba de la noche de junio y su perfil de ébano,

rutila Venus,

huele a cacao la noche,

aroma de animal en celo.

 

Hacia la comba profunda suben cánticos ásperos,

antiguos sones ásperos

de tambores totémicos.

 

Clamorea la danza,

danzan sombras,

danza un tótem errátil,

en una sombra,

danza la sombra de un leopardo,

danza,

ocelada de sombras

la abolida serpiente sagrada.

 

Clamorea la noche, cantan y danzan

los hijos del cacao,

en la noche de junio,

colmada de revelaciones

y de ritos obscuros.»

 

(Lhaya, 1985, p. 77)

 

Dijo también el poeta, en su corta «Autobiografía» en verso, lo siguiente: «en el cacao fermentado / percibí el drama torvo del negro» (Lhaya, 1963, p. 8). Y seguramente en ello habrá tenido mucho que ver su propia vivencia, ya que él mismo se dedicó al cultivo del cacao durante muchos años en su hacienda barloventeña llamada «El Frutal». Pero fue en sus poemas de amor donde el cacao eclosionó en una multiplicidad de tropos que rinden tributo a la «piel nocturna de cacao», a los «senos de cacao y de miel», a los «pechos de cacao y de sándalo» y, en fin, al «cuerpo de cacao y de miel» de una «muchacha de cacao y miel» que lo transportaba, ¡cómo no!, a una «ciudad de canela, de cacao y miel» (Lhaya, 1975 y 1985).

 

Esa planta del cacao, inspiradora de literatura tan variada y rutilante, es un arbolito que puede alcanzar unos seis metros de altura, de tallo vertical y ramas extendidas. Sus hojas, «de un color marrón a rojizo cuando jóvenes, se tornan a verde-obscuro con el tiempo» (Hoyos, 1987 [1983], p. 320). Su duración es larga, llegando a los ochenta años. Sus flores son pequeñas y de colores variados, desde el blanco y el rojo al púrpura, pasando por el verde, amarillo y rosado. Como sucede con el taparo o totumo, sus flores y frutos presentan la infrecuente particularidad de brotar directamente del tronco y de las ramas principales. La fertilización la efectúan ciertas especies de moscas y hormigas y es «de difícil realización debido a la disposición de sus piezas florales, llegando sólo a ser efectiva en el 1% de las flores presentes en un árbol» (Ramos et al., 2004 [2000], p. 16).

 

La dispersión de las semillas es efectuada por una variedad de animales, como son los monos, rabipelados, ratas, ardillas, murciélagos y, entre las aves, los loros, pájaros carpinteros y conotos, considerados todos ellos como plagas por los cultivadores en razón de los daños que causan al fruto (verlo aquí), el cual constituye la parte más preciada de la planta, de donde viene la conseja que identifica a «los enemigos del cacao: ardita, conoto y mono», a los cuales se les agregan socarronamente «los peones y el mayordomo» (Velez, 1966, p. 29).

 

Debido a su forma, a los frutos se les llama usualmente mazorcas, las cuales presentan características que pueden variar de una planta a otra, según sea su origen. Hay así, en Venezuela, el cacao «criollo», descendiente de la variedad arraigada en Centroamérica y México que, según parece, habría sido traído de allí por los cultivadores durante la colonia (Leal, 1993, p. 88), el cual carga mazorcas alargadas y puntiagudas de color verde que al madurar se tornan amarillas, de cáscara rugosa con una decena de surcos, tamaño mediano y almendras grandes y redondas, de cotiledones blancos (Ramos et al., 2004 [2000], p. 17-18). Es de destacar que «en Venezuela hay un Cacao criollo llamado “Porcelana” que es el de mejor calidad en el mundo» (Hoyos, 1994, p. 311). Al encontrarse el cacao criollo con el cacao local de tipo amazónico, que recibe la denominación de «forastero», habría producido una serie de variedades llamadas «trinitario» (Braudeau, 1981 [1969], p. 18), de colores diferentes que incluyen verde, rojo, amarillo y anaranjado, cuyas formas van desde la alargada y rugosa con cinco surcos, conocidos como angoleta, cundeamor y amelonado, hasta la redondeada y lisa casi sin surcos, denominados legón y calabacillo (Ramos et al, 2004 [2000], p. 17-18).

 

La planta del cacao no resiste por mucho tiempo la luz solar directa, de modo que le es imprescindible la sombra para subsistir, lo cual la hace una especie eminentemente selvática. Del mismo modo, cuando se trata de cacao cultivado se impone la utilización de otras plantas para proporcionarle sombra. La sombra temporal más utilizada para proteger en sus primeras etapas a los arbolitos de cacao han sido el cambur y el plátano (Musa paradisiaca), debido a que «presentan un crecimiento rápido, follaje suficiente» y «son de fácil eliminación» (Ramos et al, 2004 [2000], p. 28). Esta práctica, presente en Barlovento, se remonta al tiempo mismo en que comenzaba la explotación del cacao a gran escala, como se comprueba en la siguiente cita de Matías Ruiz Blanco, un misionero franciscano que ejerció en Píritu, el cual, como muchos otros de sus colegas, se caracterizaba por no desaprovechar oportunidad alguna de despotricar sin piedad de los indígenas cuya conversión le había sido confiada. Dice así:

 

«Con los plátanos se amadrinan los árboles del cacao, que son amigos de la sombra y enemigos del sol... En creciendo el árbol del cacao, que llega a cerrar con el conjunto y se puede hacer sombra, mata al plátano en pago del beneficio que recibió de él siendo pequeño, y así es símbolo de la ingratitud, propiedad que reina en todos los indios» (Ruiz, 1965 [1690], p. 17).

 

Ya más crecido, son muchos los árboles que se utilizan para dar sombra al preciado cacao. Una publicación de 1934, escrita por un agrónomo hindú, de apellido Singh, al servicio del por entonces Ministerio de Salubridad y de Agricultura y Cría, citaba, además del bucare anauco (Erythrina fusca) y el bucare peonío (Erythrina mitis), otras especies como el apamate (Tabebuia pentaphylla), pariente cercano del árbol emblemático nacional, que no es otro que el Araguaney (Tabebuia chrysantha), el cual a nadie se le ha ocurrido utilizarlo como sombra de cacao, que sepamos. También incluía el jobo (Spondias lutea), «árbol que alcanza dimensiones enormes... Común en los bosques de tierra caliente y usado algunas veces como sombra en las plantaciones de cacao. Pega de estacas, y se emplea también para postes de cercas» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 285).

 

Otros que señalaba Singh eran el mijao (Anarcadium excelsum), el cedro (Cedreia odorata) y el caobo (Swietenia mahagony), este último de origen antillano, «en Venezuela introducido y a veces usado como sombra en cacaotales» (Schnee, 1984 [1961], p. 150), que no se debe confundir con el gigantesco caobo de Tierra Firme (Swietenia macrophylla), todos ellos utilizados básicamente como árboles madereros. El autor adicionaba el lechero (Ephorbia cotinifolia), el caucho (Hevea brasiliensis), el árbol de pan (Artocarpus altilis), oriundo de Asia y traído por su alimenticio fruto durante la colonia «para que sirviera de alimento a los esclavos» (Hoyos, 1987 [1983], p. 226), y, por último, el aguacate (Persea americana), propio de nuestro continente, como indica su nombre científico, muy cultivado en Barlovento por su fruto. Decía el autor citado que, «con las excepciones de los bucares Anauco y peonío, ninguno de los árboles mencionados arriba es apropiado para sombra», pero no decía el por qué (Singh, 1934, p. 30).

 

Otro árbol utilizado más recientemente para cubrir al cacao ha sido el guamo, frutal que cuenta en Venezuela con unas 50 especies, de las cuales la más conocida en Barlovento es el guamo machete (Inga spectabilis). Decía Jesús Hoyos que los guamos, «debido a que son árboles relativamente pequeños, a que conservan el follaje durante todo el año, se les viene utilizando... en el país como árboles de sombra, para proteger el cacao y el café» (Hoyos, 1974, p. 132).

 

Pero los árboles a que más se ha recurrido para cobijar al cultivo más preciado de la región han sido, sin duda, los bucares (Erythrina spp), que por ello se pueden encontrar en la actualidad abundantemente por casi todo Barlovento, siendo numerosas las aves que acuden a libar en sus flores o a comérselas, entre ellos conotos, loros guaros, arrendajos, colibríes de varias especies y también nuestra ave emblemática nacional, el turpial. Resultó así que al bucare, «con justeza de epíteto se le ha llamado “madre del cacao”» (Alamo, 1911, p. 61), tal como lo hizo Andrés Bello en su conocida «Silva a la agricultura de la Zona Tórrida» en un verso que dice: «ampare / a la tierna teobroma en la ribera / la sombra maternal de su bucare» (Bello, 1958 [1826], p. 12). Sin embargo, no ha faltado quien, cambiándole la condición femenina al acto de cobijar, lo llamara «el padre del cacao, como se dice vulgarmente» (Arana, 1945, p. 53).

 

A contracorriente con el criterio dominante, Jesús Hoyos llegó a sostener que ninguna de las especies de bucare eran recomendables para ser utilizadas como sombra del cacao o del café, debiéndose sustituir en tal función por árboles como los ya citado guamos, «menos corpulentos y de hojas perennes» (Hoyos, 1985, p. 160). Por supuesto, muchos se han mostrado en desacuerdo con tal apreciación respecto de los bucares, pero en lo que sí coinciden todos es en considerar que el Samán (Pithecellobium saman), árbol de sombra de gran abolengo, emblema vegetal del Estado Aragua y del conjunto de los países bolivarianos (Cueto, 1991; Hoyos, 1985, p. 47), no servía, sin embargo, para cobijar a los cultivos de plantación, como el café y el cacao, «uso para el cual es poco conveniente porque reseca mucho el suelo y le quita una cantidad enorme de sustancia necesaria para el alimento de la plantación; en tiempo de su florescencia es tal la abundancia de las flores, que caen encima de los arbolitos de café o de cacao, que éstos se hallan literalmente agobiados bajo su peso en gran perjuicio de su propia fructificación» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 387). Digamos que, en contrapartida, para los animales y la gente resulta sumamente acogedor el frescor de la sombra bajo el follaje del samán, aunque bote muchas hojas y flores.

 

El secreto de la gran estima que ha tenido el cacao, no sólo desde que fuera descubierto por los europeos, sino desde los tiempos de las civilizaciones indígenas americanas, está en sus semillas «ricas en almidón, en proteínas, en materia grasa, lo cual les confiere un valor nutritivo real. Su contenido en teobromina… junto con la presencia de cafeína, les da propiedades estimulantes. Encierran un aceite esencial que les da un sabor aromático particular» (Braudeau, 1981 [1969], p. 13).

 

De los productos que se elaboran con esas semillas, el más preciado es, como todos saben, el chocolate. Esta palabra, de origen azteca, designaba inicialmente a una bebida que se ha elaborado de diferentes maneras, incorporándosele primero, en el período indígena, especias americanas como el ají y la vainilla, según dijéramos al inicio de esta nota, para luego devenir durante la colonia en un preparado caliente endulzado con azúcar, ya que la almendra del cacao tiene sabor amargo. «Los españoles guardaron por mucho tiempo el secreto de esa maravillosa bebida cuyo consumo se difundió posteriormente a otros países europeos», siendo «los ingleses quienes modificaron la preparación del chocolate añadiéndole leche en lugar de agua a comienzos del siglo XVIII» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 165).

 

Aunque en sus inicios fue un producto reservado a la gente adinerada, con el tiempo se fue popularizando, teniendo hoy día un consumo masivo. Para ello hubo que esperar la elaboración industrial del polvo de cacao, iniciada por una empresa de un holandés apellidado Van Houten que registró la patente en 1828 (Delascio, 2003, p. 32 y Braudeau, 1981 [1969], p. 16). El procedimiento consistía básicamente en extraer la manteca de cacao, a la cual pronto se le buscó la utilidad, resultando que al mezclarla con «azúcar se puede preparar un artículo delicioso que se puede moler: el chocolate», tal como se conoce hoy día, es decir, en barras, «puesto en venta por primera vez en 1847. En 1876 aún se da un nuevo empuje a la industria con la fabricación del chocolate con leche» (Braudeau, 1981 [1969], p. 16). Desde entonces se impuso sobre la bebida el consumo de chocolate sólido, forma en la cual pareciera haber incrementado su poder adictivo.

 

Una planta tan especial como la del cacao no podía dejar de tener también usos medicinales. Pittier señalaba, al respecto, que «entre el pueblo, el cacao se aplica en forma variada en la curación de múltiples enfermedades y» —¡prestad atención, colegas atacados por la calvicie!— «aun para hacer crecer el pelo» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 169). La fórmula mágica para lograrlo es la siguiente: «Tómese el aceite o manteca de cacao en dosis de cuatro cucharadas, con otras tantas de aceite de ajonjolí o de almendras y lo que basta de cera blanca para hacer una pomada, se le agrega de esencia de canela un escrúpulo y ocho gotas de clavos. Con esta pomada se unta el pelo. Diariamente crecerá de un modo muy notable» (Anónimo, 1990, p. 13)

 

Se ha dicho también que es recomendable «para la circulación, el corazón y las quemaduras» y que «la decocción de la pulpa que recubre las semillas sirve para la fiebre y la infusión de las hojas ayuda en los trastornos cardíacos» (González, 2004, p. 80). Además, son bien conocidas las múltiples aplicaciones que tiene la manteca de cacao que se expende en las farmacias, que «relaja las inflamaciones y cicatriza las grietas de los labios, las lesiones en el pezón de las madres lactantes; hemorroides, irritaciones, quemaduras de la piel y vaginitis» (González, 2004, p. 80).

 

Por otra parte, «es creencia popular que la manteca de cacao, administrada en pequeñas gotas, cura el “sereno”, enfermedad que aqueja a los niños de pocos meses de nacidos, la cual se manifiesta con fiebre alta, llanto, gritos y evacuaciones de color verde. Dicen que la misma se debe a las malas influencias nocturnas que le entran al menor, por la mollera o fontanela (espacio que en los recién nacidos media entre algunos huesos del cráneo), cuando se exponen en la noche sin taparles la cabeza» (Delascio, 2003, p. 32).

 

El cacao ha dado lugar también a expresiones muy utilizadas en el habla del venezolano, aunque en muchos casos la razón de su origen se haya difuminado en el tiempo, como la de «pedir cacao», que significa «pedir perdón, rendirse», la cual sería una «alusión al grito particular que emiten los gallos de riña cuando huyen» (Alvarado, 1984 [1921], p. 78). Según Julio Calcaño, en efecto, «del cacareo del gallo que huye en la riña formaron tal frase los jugadores de gallos, y así dicen: pide o pidió cacao; está pidiendo cacao. Los chicos la aplican en sus luchas al vencido; y cuando éste cae derribado, el vencedor le fija la rodilla en el pecho y le obliga a pedir cacao. Si no consigue hacerlo decir cacao, recomienza la lucha» (Calcaño, 1950 [1896], p. 314). Gonzalo Picón registraba, por su parte, que «no haber quien le haga a uno un cacao» equivalía a «no haber persona alguna que lo iguale, venza, supere ó sobrepuje en cualquier forma ó sentido» (Picón, 1964 [1912], p. 309).

 

Por último, «ser un gran cacao» significaba antiguamente, y todavía hoy día, «ser un magnate, un personaje de campanillas. Recuerdo de los tiempos coloniales, en que la riqueza consistía por lo principal en plantaciones de cacao» (Alvarado, 1984 [1921], p. 78). Era también la época de las grandes desigualdades sociales, en la cual tenían predominio los mantuanos, casta llamada así porque sólo sus mujeres podían usar mantillas durante la misa y otras celebraciones del culto católico.

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Bibliografía citada

 

Alamo, Francisco. 1911. «El Estado Miranda. Geografía, flora, mineralogía, etc.» Imprenta El Cojo. Caracas.

 

Alvarado, Lisandro. 1984 [1921]. «Glosario de voces indígenas de Venezuela». En: Obras completas. Tomo I. La Casa de Bello. Caracas.

 

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Arana, José de. 1945. «Barlovento». Tipografía La Nación. Caracas.

 

Bello, Andrés. 1958 [1826]. «Silva a la agricultura de la Zona Tórrida». En: Sucre, Guillermo (compilador). «Las mejores poesías venezolanas». Tomo I. Primer Festival del Libro Popular Venezolano. Caracas.

 

Braudeau, Jean. 1981 [1969]. «El cacao». Blume Distribuidora S.A.. México.

 

Brizuela, Pedro. 1957 [1655]. «Informe de Don Pedro de Brizuela, Gobernador de Cumaná, sobre la Provincia de la Nueva Barcelona». En: «Boletín de la Academia Nacional de la Historia». N° 160. Caracas.

 

Calcaño, Julio. 1950 [1896]. «El castellano en Venezuela. Estudio crítico». Ministerio de Educación Nacional. Caracas.

 

Caulín, Fray Antonio. 1992 [1779]. «Historia corográfica de la Nueva Andalucía». Academia Nacional de la Historia. Caracas.

 

Cueto, Alba. 1991. «Mapa de árboles emblemáticos de Venezuela». Promociones Alba Cueto. Caracas.

 

Delascio Chitty, Francisco. 2003. «Plantas medicinales y más». Fundación Jardín Botánico del Orinoco. Puerto Ordaz.

 

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Thésée-la-Romaine (Loir-et-Cher)

 

Cyclamens (Cyclamen)

 

Au Moyen-Âge, la plante était appelée "Pain de pourceau", les cochons étant réputés manger les tubercules.

 

La plante est pourtant toxique. Elle contient de la cyclamine ayant les propriétés toxiques du curare.

 

L'homéopathie utilise la plante pour : Douleurs, dépression, taches visuelles, bourdonnements d'oreilles, coryza, perte d'odorat, éructations, coliques, flatulences, règles précoces, souffle court le soir, toux, palpitations, douleurs d'entorse, somnolence en soirée, sommeil agité, frisson vespéral, fièvre, diarrhée après avoir bu du café, etc...

 

Au Moyen-Âge on utilisait la poudre de cyclamen pour les polypes du nez ou les hémorroïdes.

 

Chez les arabes médiévaux, le cyclamen (Cyclamen grec) entrait dans la composition d'un philtre d'amour, transformé en pillule après avoir été brûlé.

 

Le cyclamen, plante odoriférante, est utilisé en parfumerie.

Lugar: Plantación frente a la Finca La Pomarrosa, Barlovento, centro norte de Venezuela.

  

Place: Plantation in front of La Pomarrosa Farm, Barlovento, north-central Venezuela

 

Lugar: Finca La Pomarrosa, Barlovento, centro norte de Venezuela.

 

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Este fruto junto a una flor llamó la atención de algunos de los participantes. Este y otro par de arbolitos son la constancia de que la actual Finca La Pomarrosa formó parte, en alguna etapa de su pasado, de una plantación de cacao

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Sobre el Cacao he escrito lo que sigue.

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Cacao [Cocoa] (Theobroma cacao)

  

El cacaotero o árbol del cacao (Theobroma cacao) es una planta originaria del trópico americano, aunque no se conoce todavía con exactitud cuál fue el lugar a partir de donde se diseminó. En tal sentido, si bien «algunos, incluso, afirman que pudo haber sido Venezuela» (Hoyos, 1987 [1983], p. 320), lo más probable es que fuera «la vertiente oriental de los Andes Ecuatorianos, pues es allí donde se encuentra la mayor variación en las poblaciones naturales existentes», en particular el área correspondiente a «las cabeceras de los ríos Caquetá, Putumayo y Napo», dispersándose luego en dos direcciones, una al este, «hacia la cuenca del Amazonas y del Orinoco hasta las Guayanas», y otra al norte, «hacia el istmo de Panamá, Centro América y México», lugares estos dos últimos en que hubo «un centro secundario de diversidad genética... donde el cacao fue domesticado por los Mayas, miles de años antes de la llegada de Colón» (Leal, 1993, p. 87-88). Lo anterior explica que los europeos hayan encontrado cacaoteros cultivados en tal región y cacaoteros silvestres dispersos por muchas partes del trópico americano. Pero fue en las civilizaciones azteca y maya donde el cultivo y consumo del cacao tuvo un mayor desarrollo durante el período indígena, tal como se refiere en la cita siguiente:

 

«Según una antiquísima leyenda azteca, Quetzalcóatl, el jardinero del edén, una de las divinidades más importantes veneradas por este pueblo, trajo a la tierra sus semillas y las ofreció a los hombres para que pudieran participar de las delicias de un manjar apreciado por los dioses. Posiblemente en esta leyenda se inspiró el sueco Linneo para designar este género como Theobroma, que significa manjar o alimento de los dioses. El nombre cacao procede del idioma náhuatl de los Mayas de Centroamérica a quienes se atribuye el desarrollo de su cultivo –aproximadamente en el 250 antes de Cristo– en la región de Petén, donde floreció esta extraordinaria cultura americana. Los aztecas y probablemente los mayas, lo empleaban para elaborar una bebida que denominaban xocoatl, que era hecha con las semillas tostadas y molidas del fruto, disueltas en agua fría, sazonada con ajíes, vainilla y otras especias presentes en platos de la culinaria azteca. Era una bebida amarga, espumosa y picante, muy diferente al chocolate que hoy conocemos» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 163).

 

En el caso de Venezuela el cacao silvestre parece que se daba en muchos sitios, en particular en las cuencas del Orinoco y de los lagos de Maracaibo y de Valencia, en los Andes y en los valles del Tuy y Barlovento, en algunos de los cuales era aprovechado para ciertos usos. Así por ejemplo, se ha dicho que «el antiguo territorio de los yanomamos (Amazonas), ubicado por algunos cartógrafos entre las fuentes del río Orinoco y el río Parime… era reseñado como el “País de los Cacaguales”, debido a las muchas plantas de cacao silvestre que allí abundan» (Delascio, 2003, p. 31). Por otra parte, referencias directas coincidentes sobre el cacao silvestre de Venezuela fueron dadas, entre otros, por Gumilla y Caulín. El primero afirmaba que «en las dilatadas vegas del río Apure y otros que entran en él, crece de suyo abundante arboleda de cacao silvestre, y carga fruto dos veces al año, como el que cultivan en los poblados» (Gumilla, 1963 [1741], p. 217-218). El segundo decía que «en muchas montañas de esta Provincia, y mucho más en la de Venezuela, se cría un árbol, que llaman Cacao silvestre, muy parecido en las mazorcas al que cultivan en las haciendas. Da sus frutos dos veces al año» (Caulín, 1992 [1779], pág. 17).

 

Un siglo antes que los autores citados en el párrafo anterior, ya había tocado el tema el gobernador de la Provincia de Cumaná, Antonio Brizuela. Lo hizo en un «Informe sobre la Provincia de la Nueva Barcelona», elaborado y enviado al rey en 1655, el cual constituye el primer documento escrito por un europeo en que se hace una descripción de la región de Barlovento, referencia nada casual ya que los pobladores de Cumaná ansiaban anexarse a su provincia esta rica región, la cual apenas comenzaba por entonces a ser tenida en cuenta por sus rivales de la Provincia de Venezuela. En ese texto Brizuela indicaba, entre otras muchas cosas, que se daba en «las montañas del tuy mucho cacao silvestre» (Brizuela, 1957 [1655], p. 414), lo cual es uno de los indicios más directos de que en Barlovento habría existido antes de la llegada de los europeos una variedad autóctona de ese frutal.

 

Sobre los antecedentes aborígenes del uso del cacao en Venezuela, se ha dicho que «antes de la llegada de los europeos, los indígenas venezolanos lo empleaban como alimento y con fines votivos. Se han encontrado vasijas en forma de mazorca de cacao en objetos cerámicos precolombinos recuperados en yacimientos de los alrededores del lago de Valencia» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 165-166), lo mismo que «en los alrededores de la laguna de Tacarigua, donde aparece representado en los cacharros descubiertos recientemente en los yacimientos arqueológicos» (Varios autores, 1998). Asímismo se ha mencionado la existencia de «piezas arqueológicas precolombinas en las que se representa el cacao y los usos alimenticio, medicinal y religioso que le daban los aborígenes del Orinoco y de Guayana» (González, 2004, p. 76).

 

Del mismo modo «algunos datos históricos señalan su cultivo y consumo entre los Timotocuicas, en regiones de los Andes. Los indígenas andinos quemaban grasa de Cacao, a la manera de incienso, y la ofrendaban a sus ídolos. También preparaban Chorote, bebida bastante cercana al xocoatl azteca» (González, 2004, p. 76). El chorote es, según Julio Calcaño, «la pasta de cacao sin vainilla, canela ni azúcar, cocida en agua endulzada con papelón» (Calcaño, 1950 [1896], p. 389). Sobre este último particular Fray Pedro Simón, otro sacerdote cronista, reportaba la afición al chocolate de «los indios de la gobernación de Mérida y Trujillo... por ser sus tierras tan fértiles de esta fruta del cacao. De quien han tomado el beberlo los españoles con tanta frecuencia como en Nueva España, que es la que el mundo sabe. Aunque con diferencia, porque en la ciudad de Trujillo y casi entrada la gobernación de Caracas y Mérida, hasta la ciudad de Pamplona, lo beben hecho chorote» (Simón, 1992 [1625], Tomo II, p. 119).

 

En Barlovento el cultivo del cacao y el poblamiento español fueron en esencia una y la misma cosa. Con el tiempo, cacao y Barlovento también lo fueron, una vez que las tierras más fértiles y accesibles de la región se cubrieron de plantaciones, sembradas inicialmente con la mano de obra indígena y luego recurriendo principalmente a esclavos negros traídos de Africa con tal propósito. De este modo, el cacao se convirtió en Barlovento en una presencia constante que persiste hasta nuestros días y se proyecta todavía hacia el futuro.

 

Esa realidad no podía dejar de tener su expresión literaria. En la novela, todas las obras ambientadas en Barlovento han girado en torno a las plantaciones de cacao. Cabe citar en tal sentido «Pobre negro» (1937), de Rómulo Gallegos; «Noche buena negra» (1943), de Juan Pablo Sojo; y «Cuira es un río de Barlovento» (1946), de José Fabbiani Ruiz. Este último también fue autor del cuento de cacao y violencia titulado «Guaritoto», nombre que designa a una planta cuyas hojas están «cubiertas de púas urticantes que producen vivo escozor y aún inflamación y fiebre al llegar en contacto con la epidermis» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 268), lo cual explica por qué en el citado texto Fabbiani puso a pensar al protagonista que su concubina «era como una hoja de guaritoto, espinosa y traicionera» (Fabbiani, 1939, p. 41). Otros cuentos con trasfondo de cacao barloventeño son «Hereque», escrito por Juan Pablo Sojo, título que hace referencia al nombre de «una enfermedad grave» del cambur y el plátano «que no tiene tratamiento» (Fondo Nacional del Cacao, [Sin fecha], p. 25); «La virgen no tiene cara», de Ramón Díaz Sánchez y «Un negro a la luz de la luna», de Arturo Croce.

 

En la poesía, el cacao es la presencia vegetal más reiterada en la obra del barloventeño Pedro Lhaya, quien, cosa curiosa, parece que nunca llegó a escribirle, o al menos a publicarle, que sepamos, un poema al árbol o a su fruto. En su «Cantar de la Noche del Trópico» el cacao es la única planta que se menciona dos veces, primero como bebida afrodisíaca («tórrida noche múltiple, / corporal, / de jenjibre y cacao, / de ron y de tabaco») y luego como plantío, de connotación también erótica («noche de oro esparcido / en oquedades, / en cimas de canela, / en cacaotales») (Lhaya, 1985, p. 20 y 24). Tampoco podía faltar el cacao por partida doble en su «Noche de Barlovento», poema que bien amerita, por su gran calidad, su trascripción completa:

 

«En compacta negrura

la comba de la noche de junio y su perfil de ébano,

rutila Venus,

huele a cacao la noche,

aroma de animal en celo.

 

Hacia la comba profunda suben cánticos ásperos,

antiguos sones ásperos

de tambores totémicos.

 

Clamorea la danza,

danzan sombras,

danza un tótem errátil,

en una sombra,

danza la sombra de un leopardo,

danza,

ocelada de sombras

la abolida serpiente sagrada.

 

Clamorea la noche, cantan y danzan

los hijos del cacao,

en la noche de junio,

colmada de revelaciones

y de ritos obscuros.»

 

(Lhaya, 1985, p. 77)

 

Dijo también el poeta, en su corta «Autobiografía» en verso, lo siguiente: «en el cacao fermentado / percibí el drama torvo del negro» (Lhaya, 1963, p. 8). Y seguramente en ello habrá tenido mucho que ver su propia vivencia, ya que él mismo se dedicó al cultivo del cacao durante muchos años en su hacienda barloventeña llamada «El Frutal». Pero fue en sus poemas de amor donde el cacao eclosionó en una multiplicidad de tropos que rinden tributo a la «piel nocturna de cacao», a los «senos de cacao y de miel», a los «pechos de cacao y de sándalo» y, en fin, al «cuerpo de cacao y de miel» de una «muchacha de cacao y miel» que lo transportaba, ¡cómo no!, a una «ciudad de canela, de cacao y miel» (Lhaya, 1975 y 1985).

 

Esa planta del cacao, inspiradora de literatura tan variada y rutilante, es un arbolito que puede alcanzar unos seis metros de altura, de tallo vertical y ramas extendidas. Sus hojas, «de un color marrón a rojizo cuando jóvenes, se tornan a verde-obscuro con el tiempo» (Hoyos, 1987 [1983], p. 320). Su duración es larga, llegando a los ochenta años. Sus flores son pequeñas y de colores variados, desde el blanco y el rojo al púrpura, pasando por el verde, amarillo y rosado. Como sucede con el taparo o totumo, sus flores y frutos presentan la infrecuente particularidad de brotar directamente del tronco y de las ramas principales. La fertilización la efectúan ciertas especies de moscas y hormigas y es «de difícil realización debido a la disposición de sus piezas florales, llegando sólo a ser efectiva en el 1% de las flores presentes en un árbol» (Ramos et al., 2004 [2000], p. 16).

 

La dispersión de las semillas es efectuada por una variedad de animales, como son los monos, rabipelados, ratas, ardillas, murciélagos y, entre las aves, los loros, pájaros carpinteros y conotos, considerados todos ellos como plagas por los cultivadores en razón de los daños que causan al fruto (verlo aquí), el cual constituye la parte más preciada de la planta, de donde viene la conseja que identifica a «los enemigos del cacao: ardita, conoto y mono», a los cuales se les agregan socarronamente «los peones y el mayordomo» (Velez, 1966, p. 29).

 

Debido a su forma, a los frutos se les llama usualmente mazorcas, las cuales presentan características que pueden variar de una planta a otra, según sea su origen. Hay así, en Venezuela, el cacao «criollo», descendiente de la variedad arraigada en Centroamérica y México que, según parece, habría sido traído de allí por los cultivadores durante la colonia (Leal, 1993, p. 88), el cual carga mazorcas alargadas y puntiagudas de color verde que al madurar se tornan amarillas, de cáscara rugosa con una decena de surcos, tamaño mediano y almendras grandes y redondas, de cotiledones blancos (Ramos et al., 2004 [2000], p. 17-18). Es de destacar que «en Venezuela hay un Cacao criollo llamado “Porcelana” que es el de mejor calidad en el mundo» (Hoyos, 1994, p. 311). Al encontrarse el cacao criollo con el cacao local de tipo amazónico, que recibe la denominación de «forastero», habría producido una serie de variedades llamadas «trinitario» (Braudeau, 1981 [1969], p. 18), de colores diferentes que incluyen verde, rojo, amarillo y anaranjado, cuyas formas van desde la alargada y rugosa con cinco surcos, conocidos como angoleta, cundeamor y amelonado, hasta la redondeada y lisa casi sin surcos, denominados legón y calabacillo (Ramos et al, 2004 [2000], p. 17-18).

 

La planta del cacao no resiste por mucho tiempo la luz solar directa, de modo que le es imprescindible la sombra para subsistir, lo cual la hace una especie eminentemente selvática. Del mismo modo, cuando se trata de cacao cultivado se impone la utilización de otras plantas para proporcionarle sombra. La sombra temporal más utilizada para proteger en sus primeras etapas a los arbolitos de cacao han sido el cambur y el plátano (Musa paradisiaca), debido a que «presentan un crecimiento rápido, follaje suficiente» y «son de fácil eliminación» (Ramos et al, 2004 [2000], p. 28). Esta práctica, presente en Barlovento, se remonta al tiempo mismo en que comenzaba la explotación del cacao a gran escala, como se comprueba en la siguiente cita de Matías Ruiz Blanco, un misionero franciscano que ejerció en Píritu, el cual, como muchos otros de sus colegas, se caracterizaba por no desaprovechar oportunidad alguna de despotricar sin piedad de los indígenas cuya conversión le había sido confiada. Dice así:

 

«Con los plátanos se amadrinan los árboles del cacao, que son amigos de la sombra y enemigos del sol... En creciendo el árbol del cacao, que llega a cerrar con el conjunto y se puede hacer sombra, mata al plátano en pago del beneficio que recibió de él siendo pequeño, y así es símbolo de la ingratitud, propiedad que reina en todos los indios» (Ruiz, 1965 [1690], p. 17).

 

Ya más crecido, son muchos los árboles que se utilizan para dar sombra al preciado cacao. Una publicación de 1934, escrita por un agrónomo hindú, de apellido Singh, al servicio del por entonces Ministerio de Salubridad y de Agricultura y Cría, citaba, además del bucare anauco (Erythrina fusca) y el bucare peonío (Erythrina mitis), otras especies como el apamate (Tabebuia pentaphylla), pariente cercano del árbol emblemático nacional, que no es otro que el Araguaney (Tabebuia chrysantha), el cual a nadie se le ha ocurrido utilizarlo como sombra de cacao, que sepamos. También incluía el jobo (Spondias lutea), «árbol que alcanza dimensiones enormes... Común en los bosques de tierra caliente y usado algunas veces como sombra en las plantaciones de cacao. Pega de estacas, y se emplea también para postes de cercas» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 285).

 

Otros que señalaba Singh eran el mijao (Anarcadium excelsum), el cedro (Cedreia odorata) y el caobo (Swietenia mahagony), este último de origen antillano, «en Venezuela introducido y a veces usado como sombra en cacaotales» (Schnee, 1984 [1961], p. 150), que no se debe confundir con el gigantesco caobo de Tierra Firme (Swietenia macrophylla), todos ellos utilizados básicamente como árboles madereros. El autor adicionaba el lechero (Ephorbia cotinifolia), el caucho (Hevea brasiliensis), el árbol de pan (Artocarpus altilis), oriundo de Asia y traído por su alimenticio fruto durante la colonia «para que sirviera de alimento a los esclavos» (Hoyos, 1987 [1983], p. 226), y, por último, el aguacate (Persea americana), propio de nuestro continente, como indica su nombre científico, muy cultivado en Barlovento por su fruto. Decía el autor citado que, «con las excepciones de los bucares Anauco y peonío, ninguno de los árboles mencionados arriba es apropiado para sombra», pero no decía el por qué (Singh, 1934, p. 30).

 

Otro árbol utilizado más recientemente para cubrir al cacao ha sido el guamo, frutal que cuenta en Venezuela con unas 50 especies, de las cuales la más conocida en Barlovento es el guamo machete (Inga spectabilis). Decía Jesús Hoyos que los guamos, «debido a que son árboles relativamente pequeños, a que conservan el follaje durante todo el año, se les viene utilizando... en el país como árboles de sombra, para proteger el cacao y el café» (Hoyos, 1974, p. 132).

 

Pero los árboles a que más se ha recurrido para cobijar al cultivo más preciado de la región han sido, sin duda, los bucares (Erythrina spp), que por ello se pueden encontrar en la actualidad abundantemente por casi todo Barlovento, siendo numerosas las aves que acuden a libar en sus flores o a comérselas, entre ellos conotos, loros guaros, arrendajos, colibríes de varias especies y también nuestra ave emblemática nacional, el turpial. Resultó así que al bucare, «con justeza de epíteto se le ha llamado “madre del cacao”» (Alamo, 1911, p. 61), tal como lo hizo Andrés Bello en su conocida «Silva a la agricultura de la Zona Tórrida» en un verso que dice: «ampare / a la tierna teobroma en la ribera / la sombra maternal de su bucare» (Bello, 1958 [1826], p. 12). Sin embargo, no ha faltado quien, cambiándole la condición femenina al acto de cobijar, lo llamara «el padre del cacao, como se dice vulgarmente» (Arana, 1945, p. 53).

 

A contracorriente con el criterio dominante, Jesús Hoyos llegó a sostener que ninguna de las especies de bucare eran recomendables para ser utilizadas como sombra del cacao o del café, debiéndose sustituir en tal función por árboles como los ya citado guamos, «menos corpulentos y de hojas perennes» (Hoyos, 1985, p. 160). Por supuesto, muchos se han mostrado en desacuerdo con tal apreciación respecto de los bucares, pero en lo que sí coinciden todos es en considerar que el Samán (Pithecellobium saman), árbol de sombra de gran abolengo, emblema vegetal del Estado Aragua y del conjunto de los países bolivarianos (Cueto, 1991; Hoyos, 1985, p. 47), no servía, sin embargo, para cobijar a los cultivos de plantación, como el café y el cacao, «uso para el cual es poco conveniente porque reseca mucho el suelo y le quita una cantidad enorme de sustancia necesaria para el alimento de la plantación; en tiempo de su florescencia es tal la abundancia de las flores, que caen encima de los arbolitos de café o de cacao, que éstos se hallan literalmente agobiados bajo su peso en gran perjuicio de su propia fructificación» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 387). Digamos que, en contrapartida, para los animales y la gente resulta sumamente acogedor el frescor de la sombra bajo el follaje del samán, aunque bote muchas hojas y flores.

 

El secreto de la gran estima que ha tenido el cacao, no sólo desde que fuera descubierto por los europeos, sino desde los tiempos de las civilizaciones indígenas americanas, está en sus semillas «ricas en almidón, en proteínas, en materia grasa, lo cual les confiere un valor nutritivo real. Su contenido en teobromina… junto con la presencia de cafeína, les da propiedades estimulantes. Encierran un aceite esencial que les da un sabor aromático particular» (Braudeau, 1981 [1969], p. 13).

 

De los productos que se elaboran con esas semillas, el más preciado es, como todos saben, el chocolate. Esta palabra, de origen azteca, designaba inicialmente a una bebida que se ha elaborado de diferentes maneras, incorporándosele primero, en el período indígena, especias americanas como el ají y la vainilla, según dijéramos al inicio de esta nota, para luego devenir durante la colonia en un preparado caliente endulzado con azúcar, ya que la almendra del cacao tiene sabor amargo. «Los españoles guardaron por mucho tiempo el secreto de esa maravillosa bebida cuyo consumo se difundió posteriormente a otros países europeos», siendo «los ingleses quienes modificaron la preparación del chocolate añadiéndole leche en lugar de agua a comienzos del siglo XVIII» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 165).

 

Aunque en sus inicios fue un producto reservado a la gente adinerada, con el tiempo se fue popularizando, teniendo hoy día un consumo masivo. Para ello hubo que esperar la elaboración industrial del polvo de cacao, iniciada por una empresa de un holandés apellidado Van Houten que registró la patente en 1828 (Delascio, 2003, p. 32 y Braudeau, 1981 [1969], p. 16). El procedimiento consistía básicamente en extraer la manteca de cacao, a la cual pronto se le buscó la utilidad, resultando que al mezclarla con «azúcar se puede preparar un artículo delicioso que se puede moler: el chocolate», tal como se conoce hoy día, es decir, en barras, «puesto en venta por primera vez en 1847. En 1876 aún se da un nuevo empuje a la industria con la fabricación del chocolate con leche» (Braudeau, 1981 [1969], p. 16). Desde entonces se impuso sobre la bebida el consumo de chocolate sólido, forma en la cual pareciera haber incrementado su poder adictivo.

 

Una planta tan especial como la del cacao no podía dejar de tener también usos medicinales. Pittier señalaba, al respecto, que «entre el pueblo, el cacao se aplica en forma variada en la curación de múltiples enfermedades y» —¡prestad atención, colegas atacados por la calvicie!— «aun para hacer crecer el pelo» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 169). La fórmula mágica para lograrlo es la siguiente: «Tómese el aceite o manteca de cacao en dosis de cuatro cucharadas, con otras tantas de aceite de ajonjolí o de almendras y lo que basta de cera blanca para hacer una pomada, se le agrega de esencia de canela un escrúpulo y ocho gotas de clavos. Con esta pomada se unta el pelo. Diariamente crecerá de un modo muy notable» (Anónimo, 1990, p. 13)

 

Se ha dicho también que es recomendable «para la circulación, el corazón y las quemaduras» y que «la decocción de la pulpa que recubre las semillas sirve para la fiebre y la infusión de las hojas ayuda en los trastornos cardíacos» (González, 2004, p. 80). Además, son bien conocidas las múltiples aplicaciones que tiene la manteca de cacao que se expende en las farmacias, que «relaja las inflamaciones y cicatriza las grietas de los labios, las lesiones en el pezón de las madres lactantes; hemorroides, irritaciones, quemaduras de la piel y vaginitis» (González, 2004, p. 80).

 

Por otra parte, «es creencia popular que la manteca de cacao, administrada en pequeñas gotas, cura el “sereno”, enfermedad que aqueja a los niños de pocos meses de nacidos, la cual se manifiesta con fiebre alta, llanto, gritos y evacuaciones de color verde. Dicen que la misma se debe a las malas influencias nocturnas que le entran al menor, por la mollera o fontanela (espacio que en los recién nacidos media entre algunos huesos del cráneo), cuando se exponen en la noche sin taparles la cabeza» (Delascio, 2003, p. 32).

 

El cacao ha dado lugar también a expresiones muy utilizadas en el habla del venezolano, aunque en muchos casos la razón de su origen se haya difuminado en el tiempo, como la de «pedir cacao», que significa «pedir perdón, rendirse», la cual sería una «alusión al grito particular que emiten los gallos de riña cuando huyen» (Alvarado, 1984 [1921], p. 78). Según Julio Calcaño, en efecto, «del cacareo del gallo que huye en la riña formaron tal frase los jugadores de gallos, y así dicen: pide o pidió cacao; está pidiendo cacao. Los chicos la aplican en sus luchas al vencido; y cuando éste cae derribado, el vencedor le fija la rodilla en el pecho y le obliga a pedir cacao. Si no consigue hacerlo decir cacao, recomienza la lucha» (Calcaño, 1950 [1896], p. 314). Gonzalo Picón registraba, por su parte, que «no haber quien le haga a uno un cacao» equivalía a «no haber persona alguna que lo iguale, venza, supere ó sobrepuje en cualquier forma ó sentido» (Picón, 1964 [1912], p. 309).

 

Por último, «ser un gran cacao» significaba antiguamente, y todavía hoy día, «ser un magnate, un personaje de campanillas. Recuerdo de los tiempos coloniales, en que la riqueza consistía por lo principal en plantaciones de cacao» (Alvarado, 1984 [1921], p. 78). Era también la época de las grandes desigualdades sociales, en la cual tenían predominio los mantuanos, casta llamada así porque sólo sus mujeres podían usar mantillas durante la misa y otras celebraciones del culto católico.

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ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

 

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Coupe d'un arbre centenaire. Photo : Nicolas Delesalle.

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

dibujo hecho para hernan camoletto para un libro de texto del taller de escritura de la colonia psiquiatrica de oliveros

 

texto silvia robles

 

La malparida

 

Esta es mi historia.

Yo, Silvia Inés Robles, pienso, no sé bien a veces, no siempre, que vengo mal de chiquita. Dicen las malas lenguas que llevo una maldición de mis antepasados, o sea, mi abuela o mi tatarabuela (que era india y fea como la puta madre).

Yo siempre dije, la familia no se elije, viene con el combo, en cambio los amigos, sí y por suerte puedo elegir. Mis amigas son todas las chicas del Suipacha y ahora son chicas y chicos de Oliveros. Hice muchos amigos, pero tengo mis amigas del alma que viven en Buenos Aires y se llaman Azucena (ella se hace llamar Susy) y Mary.

Bueno, para no cansarlos, les cuento que tengo dos hijos: Sabrina y Walter y los amo con todo mi corazón; cuatro nietos, dos nenas y dos varones y viene otro en camino de parte de Sabri (hace poco, nos enteramos que es otra nena).

En este momento, estoy viviendo en Funes, vine hace cinco años (y ya conozco cinco hospitales de acá). Vine a cuidar a papá porque cuando murió mamá, él se casó nuevamente porque se sentía solo. Ahora se separó. Me dijo que fuera a vivir a Rosario. En diciembre se me vencía el contrato en Buenos Aires (porque alquilaba un departamento en Haedo). Entonces, decidí mudarme pero atrás mío vino Sabrina con Camila de seis años. La nena empezó primer grado en Funes y Sabri estaba embarazada de Giuliana. O sea que tengo una nieta rosarina (comegatos jaja).

Bueno, sigamos la historia de chica. A los dos años y medio, estaba sentada en la cama de mamá y me agarró un ataque de epilepsia pero mami no sabía nada, estaba sentada en su cama con un velador en la mano y pensó que me había agarrado corriente. Me lo sacó de la mano pero seguía temblando. Entonces me llevaron al médico y dijeron que era epiléptica.

Cuando tenía tres años, en casa vivían tres tías menores que mi mamá. Mi abuela las dejaba venir de Mar del Plata donde vivían por que mi mamá era la mayor de las hermanas. Un día, mi tía no me dejó abrir una lata de galletitas, me acuerdo patente que estaba sentada arriba de la mesa y mi tía, en una silla. Agarré un cuchillo y se lo quise clavar en la cabeza jaja… y digan que me lo sacó mi papi, si no se lo clavaba. O sea que ya tenía problemas y nadie se dio cuenta.

A los tres años y medio me operaron de la garganta. Me acuerdo patente que me sentaron arriba de una enfermera y que el médico estaba delante de mí. Me hizo abrir la boca y parece que yo no estaba preparada para operarme porque cuando me pusieron el aparato para sacarme las amígdalas, lo vomité todo de arriba abajo, se tuvo que cambiar el médico. Después no recuerdo más nada, parece que me durmieron. Cuando me desperté, me estaban esperando con helado. Fue lo más lindo. Yo soy loca por el helado y mis hijos salieron a mí, les encanta.

Seis veces entré al quirófano. A los trece, me operaron de apéndice. Me acuerdo que antes íbamos al cine los martes, que era para mujeres y fuimos todas mis amigas con mi hermana. Daban una película de Isabel Sarli que era prohibida para menores y no pudimos entrar por culpa de Mary que era flacuchita, las otras éramos más chicas que ella pero parecíamos más grandes. Entonces fuimos a la casa de Susana que tenía una planta de higos. Eran las dos de la tarde y al rayo del sol, me puse a comer higos. Ahí se me inflamó el apéndice, por comer higos calientes. Me acuerdo que le decía a mi mamá que corría y sentía una pelota, “no estaré embarazada?” le decía. Qué iba a estar embarazada! Hasta que a la semana, me subió fiebre y me llevaron al sanatorio evangélico. Ahí me pusieron el termómetro en la cola y me dejaron internada. Me acuerdo que mi mami me dejó sola para ir a buscar el camisón. Pero yo no tenía miedo, eh. Me quedé sola, lloré un poquito y después se me pasó. Lo que me pasó por comer higos calientes. Cuando me abrieron, me sacaron un quiste grande como una naranja. Yo pensé que no iba a poder tener hijos pero el médico me explicó que si me dejaba eso adentro y no me operaba, cuando fuera grande iba a tener barba y bigote, iba a trabajar en el circo, jaja. A los veinticuatro me operaron de hemorroides. Ahí no me pudieron dar la raquídea. Me hicieron poner como un gato enojado y no encontraban la vértebra. Entonces, el médico me mandó a hacer radiografías. El anestesista me dijo que yo había sido s primer fracaso. Al final, me pusieron anestesia local alrededor de la cola, sentí todo. “quédese quieta”, me decía el médico. Por eso es mejor la anestesia general, pero es más peligrosa porque si se pasan, te podés morir. Después quedé embarazada y, a los cuatro meses, perdí el bebé. Pasé otra vez por el quirófano, me hicieron un raspaje en carne viva, no sabés los gritos que pegaba, me acuerdo que con una jarra me echaban merthiolate, cómo ardía!!! Sentía cra cra cra, raspaban con una cucharita. Al tiempo, quedé nuevamente embarazada y lo volví a perder. Era un varón. Me ponían unas agujas grandes en la panza para sacar el líquido amniótico para ver si el feto estaba vivo, pero no, estaba muerto. Lo tuve por parto normal. Me daban quinina; cuatro sellos, uno cada media hora. Cuando tomé el cuarto, lancé una vomitada que llegó hasta la punta de la cama. Cuando salió, le dieron vuelta la cabecita para que yo no lo viera y no me quedaran recuerdos. Tenía rulitos, iba a ser como el padre… A raíz de eso, empezaron las peleas con mi pareja (gracias a Dios nunca me casé). Nos separamos.

Al tiempo, conocí a Miguel en una fiesta, en el bautismo del hijo de una compañera de trabajo que siempre me invitaba (yo trabajaba de cajera en un supermercado grande en San Justo). Enseguida nos juntamos, lo que no me había dicho es que era casado y que vivía con la mujer. Con él tuve a mis hijos, Sabrina y Walter. Hasta que se murió, fui diez años cornuda (la cornuda es la única que se entera jaja) pero viví una vida maravillosa con dos hijos maravillosos.

Pero volvamos a Miguel. A los diez años de estar juntos, se enfermó de la vesícula (me acuerdo que le hice pastel de papas ese día). Él era matarife y me acuerdo de que siempre jugaba al truco el frente de la carnicería con los que hombreaban la carne, con los choferes. Gremio feo el de los matarifes, gente de cuchillo y de mucho tomar. Yo dejaba a mis chicos con la niñera y me iba a la carnicería a cobrar, estaba en la caja. Un día veo que entre dos lo traen a Miguel, pensé que lo había acuchillado. Por esa época andábamos mal, discutíamos porque yo me había enterado de su familia paralela. La otra, Mari, era una mujer policía de veintitrés años (más joven que yo), hermana de Walter, el carnicero que trabajaba con Miguel. Mis hijos eran chiquitos. Con ella tuvo un hijo, Maxi, que ahora debe tener veinticuatro años, o veintitrés, por ahí. A Miguel lo traían entre dos, decía, le había agarrado un ataque de vesícula. Mi cuñado, Daniel, lo quería llevar a una clínica. Yo no quise porque nos iba a costar la casa. Finalmente, lo llevaron al hospital Posadas donde quedó internado. Pesaba ciento cuarenta kilos. Era gordo y grandote. Cuando salió, pesaba ochenta. Tuvo pancreatitis, no podía comer nada. El médico no daba ni dos pesos por él. Pero salió comiendo. Tres veces se le abrió la herida mientras estaba internado. Tres veces fue al quirófano… pero salió. Un día, estaba cuidándolo en el hospital cuando aparece una mujer. Entonces, Miguel me dijo que fuera a desayunar. “Quedáte tranquila que es la mamá de Walter”, me dijo, yo le creí. A la vuelta me pidió que la llevara en el auto, que yo iba al banco a depositar la plata de la carnicería y ella iba para San Justo. Ella no me quería decir a dónde bajaba. Se quería tirar del auto. La bajé en cualquier parada. Yo pasé por mi casa para cambiarme y ella vio mi casa y me esperó arriba del auto. A la vuelta del banco, la esposa del compañero de habitación de mi marido (no me acuerdo si era chaqueña o qué), me contó que la mujer le había dicho que yo le había robado el marido a la hija. Ahí me enteré del asunto entre mi marido y Mari, la hermana de Walter. A la noche, llega mi suegra. Estábamos sentadas fumando un cigarrillo. Me preguntó quién había venido a verlo. Yo le conté que había venido la mamá de Walter. “Esa vieja qué vino a hacer?”, me preguntó. En eso, siento un par de tacos y veo a una chica rubia de pelo cortito que, con las manos en los bolsillos y una cartera colgando, venía por el pasillo. Mi suegra se levantó de golpe y se el fue al humo. Yo no entendía nada. Me metí en office con las enfermeras y les avisé que se estaban peleando. Cuando salimos, la rubia ya no estaba y mi suegra me pidió que me metiera adentro, con Miguel. La enfermera me mandó a buscar una silla de ruedas para llevar a mi suegra a la guardia porque se había desmayado. Mientras bajo, veo subir a unos policías que habían llamado las enfermeras.

Me acuerdo también cuando cumplí cuatro años. Me sacaron una foto con la torta que hacía mami (hacía unas tortas riquísimas con claras de huevo y azúcar). Estaba yo solita, vestida de blanco y con dos hebillitas en la cabeza, sentada en una sillita y una mesita chiquitas. Me acuerdo porque conservo la foto. Sin amigos, sin nada, o sea que los cumples (los míos y los de mi hermana) eran distintos a los de los otros chicos.

También me acuerdo del arroz con leche que hacía mami, lo hacía con claras de huevo y se formaba una capa crocantita y dulce. La sopa que tomábamos era de verduras y a mí no me gustaba; vomitaba todo sobre el plato, me daban una cachetada y me la hacían tragar otra vez (ése era mi papi). Más asco me daba, más vomitaba. Pero también me acuerdo cuando mami hacía otra sopa, con pedacitos de pan frito (ahora me doy cuenta de que a veces no había plata para fideos o arroz entonces, mami se arreglaba con lo que tenía). El asunto era tomar sopa todos los días (jaja, nos llenaban la panza con sopa).

Mis tías nos sacaban a pasear. Nos llevaban al zoológico, a todas partes. Una tenía novio e íbamos en auto (mi tía Elvira y Pedro tenían un coche viejo Ford 38 más o menos).

Con mi hermana Mary y mis tías, Elvira, Marta y Teresa, dormíamos en una misma pieza. Cuando llegaba la noche, nos acostaban a Mary y a mí en una cama. Yo me dormía con la frazada rozándome la nariz y la boca. Me acuerdo que mi tía me preguntaba dónde ponía las manos cuando dormía ji ji ji… (que no vaya a tocarme la cocholi!!).

Pasó un año y en el ’55 vino la revolución de Perón y como vivíamos en Haedo, los aviones pasaban bajito casi tocando el techo de la casa. En esa época estaba también mi abuelo, o sea, el papá de papi y me acuerdo de que salió a la calle a gritar “Tiren, tiren… acá está mi cuerpo, doy la vida por Perón!” Ahí fue cuando mami lo echó, aprovechó que papi no estaba y lo echó.

Después vino la miseria. Yo tenía cinco años e íbamos con Mary a comprar azúcar y teníamos que hacer dos colas: una era para el azúcar y la otra, para el kerosene. Nos daban un kilo de azúcar y un litro de kerosene por persona. Entonces llegábamos a casa co dos kilos y dos litros (qué vivos, no? Nos mandaban a nosotras… y bueno, así somos los padres).

Papá tenía un sulky de esos que tienen un caballito de madera y andan a pedal. Los domingos íbamos los tres, mi hermana, mi papá y yo a buscar a los chicos para la escuelita dominical que funcionaba en la iglesia. Los chicos venían contentos, después papi los llevaba de nuevo a sus casas. Así íbamos pasando la infancia. Papá también tenía un rebenque y con ése nos pegaba. La casa estaba en calle de tierra y me acuerdo que cuando asfaltaron, enterramos el látigo y asfaltaron encima. Papi nunca se enteró.

Ya tenía seis años y nos mudamos a San Justo (provincia de Buenos Aires) a un chalet que pertenecía a los evangelistas. Las piezas eran las aulas (mis papás eran los caseros) y una de las piezas la ocupábamos nosotros.

Las tías se fueron casando y quedamos nosotros cuatro. En la escuela pusieron juegos: hamacas, toboganes y sube y baja; yo, por ser la más chica, me quise tirar primera por el tobogán pero tenía miedo y me iba agarrando de los costados, sin saber que al final había un clavo que me cortó un dedo, un tajito nada más pero todavía tengo la cicatriz, cuatro puntos…). Enseguida me llevaron al policlínico y me cosieron. Lloraba como una marrana.

Me acuerdo de la primera navidad en el chalet. En vísperas de reyes había tormenta y Mary vio a los reyes bajando en un relámpago. Ella sola los vio (y estaba muy contenta). Al otro día, teníamos los regalitos, me acuerdo que a mí me tocó una pava y un calentador a pilas, que se ponía colorado como si fuera el fuego. Había muuuuuchos parientes: tías, tíos, primos, éramos como veinticinco o treinta personas… Una fiesta inolvidable!!! Mami había hecho pollitos rellenos, uno para cada uno.

En marzo empezaron las clases. Primer grado. Yo era re gorda y en las fiestas del 25 de Mayo y del 9 de Julio decía versos, ahora casi la mejor del grado, digo casi porque en la bandera iba de escolta.

A los siete, tenía una maestra que era de Pergamino. Yo siempre fui muy curiosa y quise conocer Pergamino. Y como todos los maestros eran evangélicos, llegaron las vacaciones y me dejaron ir. De día lo pasaba requetebién porque como eran turcos, se la pasaban comiendo mantecol pero cuando llegaba la noche, lloraba porque extrañaba.

A los ocho años, empecé a estudiar piano, estudié hasta los doce o trece y muchas veces no quería ir y me llevaba a una amiga a la casa de la profesora o le decía que tenía que volver antes porque tenía que salir con mami… al médico o al dentista. Mentía, yo quería ir a la casa de mi amiga Cristina, a mirar TV y a comer tostadas qua hacía Rosita, la hermana de mi amiguita. Ellas fueron las que tuvieron el primer televisor blanco y negro y nos juntábamos todos los chicos del barro para mirar televisión. Rintintín, dibujitos, Popeye, el Pájaro Loco, la Pequeña Lulú, todo en blanco y negro.

Estudié en el conservatorio Fracassi de piano y dábamos los exámenes en el conservatorio. Yo tenía todos 10. Excelente en teoría, solfeo y piano, siempre pasaba con 10. Cada año aprendía más y más… Hasta que un día me compraron el piano y a los quince le dije a mi papi que no quería estudiar más.

La cuestión es que me recibí de profesora en teoría y solfeo.

Cuando salía del conservatorio, la profesora nos llevaba a tomar algo. Todas pedían café con leche, submarino y yo que una sola vez había ido al centro (recuerdo que viajé en subte, hacía frío y llevaba guantes; me acuerdo que me saqué un guante y mi papá me vio las uñas con brillo y me dijo: “Ahora cuando lleguemos a casa, vamos a arreglar… vas a ver…) pedí también un submarino para ver qué era y me encontré con una gran sorpresa: en la leche había una barra de chocolate y venía con una cuchara larga. Lo revolví y me tomé la chocolatada. Estaba riquísima, tenía un hambre, comí medialunas dulces, doraditas, gorditas, pintaditas, brillantes, era la nena más feliz del mundo! Yo nunca había comido eso.

Pero volvamos a mi primer viaje en subte cuando mi papi me vio las uñas pintadas. Cuando llegamos a casa, me ligué una paliza. La que me había pintado era mi tía, la loca, hermana de mi padre yo la quiero un montón (es viva, ella se saca los años como yo).

Me acuerdo también de cuando fuimos a comprar con mi mami y mi papi a un negocio donde vendían de todo (Damonte, se llamaba, le hacemos la propaganda jaja) antes los negocios eran distintos, en un mismo lugar vendían de todo. A mi hermana, a Mary se le ocurrió “tomar” una muñequita que servía para poner escarbadientes (se la guardó en el bolsillo). Cuando llegamos a casa, Mary mostró la muñequita y mi papi nos hizo arrodillar a las dos en maíz mirando la pared. Primero nos reíamos pero cuando pasó una hora, se nos empezaron a clavar los maíces en las rodillas pero con eso aprendimos que no debíamos robar. Pero antes, nos obligó a ir a devolver la muñequita (pasamos vergüenza… se reía el hombre, “lo hubieran dejado”, dijo y nos la regaló). Volvimos contentas a casa, no sabíamos que nos esperaba el maíz.

Me acuerdo que cuando era chica era gorda. Tenía un tapadito rojo cruzado acampanadito. Cuando volvía de la casa de la profesora de piano, tenía que caminar ocho cuadras de tierra. Mi mami me iba a esperar a la parada. Una noche de luna llena, íbamos con mami de la mano por el medio de la calle porque a los costados había quintas (una de esas quintas era la de Damonte, el del negocio). Yo le dije a mi mami, “mirá si cuando llegamos nos enteramos de que murió el tío Raúl”… Mi mami me tiró del brazo y me dijo “nena, no digas eso”. En efecto, a las 23:30 horas, tocan el timbre y nos avisan que el tío Raúl había fallecido. Eso marcó el comienzo de una nueva etapa en mi vida: supe que podía anticipar el futuro. Y siempre la luna llena.

En otra oportunidad, le di a mi mami el número 12347 para que compre un billete de lotería pero me hizo caso. Salió. Mi mami se quería morir.

Cómo sé, eso es lo que no sé.

Otra vez, yo tenía ya veintiún años, fui de vacaciones a Mar del Plata a casa de mi abuela. Antes de salir, le dije a mi mami “me voy de vacaciones pero voy a un velorio”. “Nena, no digás esas cosas, andá a divertirte”. A los tres días, mi mamá estaba en Mar del Plata velando a una prima que murió intoxicada por unas pastillas para adelgazar (las tomó, se dio media vuelta y quedó dura en la cama, el marido se dio cuenta al otro día recién –se ve que no la tocaba jaja). Dejó dos criaturas.

A los trece años, nos hicimos la rabona por primera vez. Estábamos como en 6º grado. Éramos seis, tres varones y tres mujeres. Como no sabíamos, nos fuimos de guardapolvo a casa de una compañera y le dijimos a la mamá que no había clases porque había faltado la maestra. Pero siempre hay alguien que nos ve y nos vio la chusma del barrio. Fue la primera vez que me pusieron un tres en colorado y fue la primera vez que le falsifiqué la firma a mi mamá. Ahora sé hacer la firma de los dos, de mi mamá y de mi papá y ahora que a mi papá le tiembla el pulso, me sale mejor que a él jaja. Así que soy falsificadora también.

Mi mami murió hace doce años. Al año de su muerte, Dios me dio una nieta que ahora tiene once añitos. Camila. Dice mi hija que la ubique por Facebook pero a mí me gusta más la carta porque le puedo contar todo y además es más privado. “Esta es una abuela loca”, dirían. Uff si tengo nietos, once tengo con la que va a nacer. Cinco propios, cuatro nietastros (nietos de mi ex pareja) y dos más hijos de mi nuera y de mi yerno con sus anteriores parejas. Mi hija es la que más hijos tiene, parece una coneja jaja, tiene tres. En las cartas, le cuento todo a Camila. En un sobre le mando la carta con todo lo que hice, si fui a bailar, le mando la servilletita y los precios de lo que consumí jaja. En mi última salida, fui a bailar a Katoa, en Rosario, una confitería para solas y solos. Yo bailaba con Pepe y marqué un gordo que me gustó. “Y… marcálo”, me dijo. Pasamos una vez y otra vez… Tres vueltas a la pista, dimos. Pepe me hizo de vareador, me sacó a bailar para que los hombres vieran que sabía bailar, como era nueva. Él me vareó, nos lucimos los dos en la pista bailando cumbia agarrada, cumbia suelta, todo cumbia. Los Palmeras, Los Lirios, todo cumbia linda. Y como el gordo no me sacaba a bailar, fui yo a sacarlo. Me dijo que era rengo. “Discúlpeme, señor, no quisiera bailar conmigo?”. “No, soy rengo, vengo a escuchar música nada más”. Miré al otro “Y, yo soy el que le llevo la silla de ruedas”, me dijo. “disculpe, señor”. Si era la primera vez que iba, soy adivina pero no tanto. A veces me tiro a chanta.

Pero volvamos a mis quince años. En los quince de Mary, mi hermana, no hubo baile porque mi viejo es evangélico. Estábamos todos con cara de culo. Ahí Mary nos presentó a Jorge. Ya andaba con él desde los catorce pero nosotros no lo conocíamos.

Fuimos a San Cayetano, un pueblo pasando Mar del Plato, donde vivía mi bisabuela, la abuela de mi mami. Se sacaron una foto donde aparecían las cuatro generaciones: mi bisabuela, María se llamaba; mi abuela, María Luisa; mi mami, Inés Catalina y mi hermana, Mary. Mi hermana salió enojada porque había tenido que dejar al novio en Buenos Aires porque todavía nadie sabía de la relación. Me acuerdo que fuimos para Pascuas y mi bisabuela hizo muñequitos de torta y los pintó con claras de huevo batidas. Uno para cada uno. No me acuerdo si había huevos de Pascua también, todo italiano porque ella era italiana. Mi abuela había nacido en San Luis (mi mami por un día no nació en San Luis porque mi abuela se mudó a Mar del Plata y al día siguiente nació ella).

Cuando yo cumplí los , un año y cinco meses después del cumpleaños de Mary, ya hubo baile. Me acuerdo que había un montón de pibes. En Arieta, donde vivíamos había pileta de natación. Los muchachos estaban de traje y corbata (antes se usaba eso, ahora van de elegante sport). La torta me la hizo mi mami. Era de tres pisos con cintitas, el anillo y yo tenía el pelo batido, unos zapatos Luis XV y un vestido de color turquesa que me hizo mi mami también. Era escotado desde la espalda hasta la cintura y tenía una flor negra en el hombro con una cinta negra que caía por la espalda. Mi mami me hacía todos los vestidos.

Yo iba a bailar los sábados o los viernes y siempre estrenaba algo. Un día, mi mami me pegó, lo recuerdo porque fue la única vez que me dio un cachetazo porque no me quería probar la ropa. “Te quedás quieta” me dijo y pumba, me sonaron los dedos en la cara. Me quedó picando y ahí me quedé, quietita.

Mary se casó temprano, a los diecinueve, yo tenía dieciocho. Yo tenía un novio llamado Ricardo. Estaba linda yo. Tenía pelo largo con dos hebillitas de strass, el pelo planchado por la toca. Hubo una fiesta hermosa que pagó mi mami (ella tenía una sucursal de panadería) y mi viejo salió de padrino. Sabés lo que era verlo a mi viejo que es evangelista ahí arrodillado en la iglesia. Miraba para todos lados… A los santos, lo que menos hacía era prestar atención a lo que decía el sacerdote. La celebración fue con misa pero mi viejo no tomó la comunión, si no creía…

Cuando salieron las chanchitas, las monedas de 25 centavos, mi mamá empezó a ahorrar tirando esas monedas atrás del placar. En el verano, yo tenía veinte años, corrimos el placar y con ese dinero nos fuimos a Mar del Plata. Llenamos la ciudad de monedas. Todo lo pagábamos con esa plata, con moneditas.

A Mar del Plata fui con otro novio (ya me había peleado con Ricardo porque cuando volvió del viaje de estudios me dijo que tenía novia en Bariloche) y mi mami. Los tres dormíamos en una misma habitación. Yo dormía con mi mami en una cama de dos plazas y Víctor, mi nuevo novio, en una de una plaza.

Me acuerdo que fuimos al circo Rodas, hace años que está el circo Rodas. Había un japonés que hacía magia y le sacaba cosas a la gente para hacer sus trucos. A mí me sacó la cartera. Yo tenía una bombacha (limpita) adentro. Pensé que si abría la cartera, la iba a ver. Y la abrió nomás. Cuando me la devolvió me dijo “la bombacha no te la toqué”. O sea que la vio pero no me hizo desaparecer nada… La cartera nomás. Cómo nos reíamos jaja.

A mi mami le gustaba tomar sol y se iba temprano a la playa. Una mañana que se fue, como de costumbre, Víctor me invitó a su cama. Ahí perdí mi virginidad. Me acuerdo que me dolía hasta el alma, no podía caminar jaja. Anduve un tiempo coja y después volví a caminar bien.

A los veintidós empecé a ir a bailar sola porque Mary ya estaba casada. Por esa época se separaron mis papis. Estuvieron diecisiete años separados, conviviendo en la misma casa. Les preguntamos porqué se habían separado y nunca nos enteramos, “son cosas de grandes”, nos decían.

A los trece años, empecé a trabajar. Mi papi me dijo “yo te voy a llamar una sola vez, te voy a tocar los pies”. Y así era, entraba “Silvia!”, decía, y me tocaba los pies. Yo me sentaba enseguida para no dormirme. Era muy responsable en el trabajo. Antes de que él me tocara los pies ya me despertaba sola. Escuchaba que mi papá hablaba por teléfono y decía: “Hola, negrita, ya voy para allá”. Mi viejo piola… Yo no quería decirle nada a mi mami para que no sufriera. Me callé la boca durante años. Pero un día explotó todo. Me di cuenta de quién era la negrita: Amelia, una amiga de mi mamá. Los sábados se reunían a jugar a las cartas, a la chancha, y yo a veces jugaba y a veces no pero observaba todo. Mi viejo la tocaba a Amelia por debajo de la mesa. Mi vieja era piola. A mi mamá le decía Negrita, a Amelia también. Así, nunca se confundía. Años más tarde, cuando tenía setenta y uno, mi viejo se casó de nuevo. Mi mamá ya había muerto. A su nueva mujer, Margarita, también le decía Negrita. Siete años duraron casados. Yo le dije a mi viejo “Te casaste para sacarme un treinta por ciento de la casa” pero no puede porque es herencia familiar.

Pero volvamos a los catorce. Cuando empecé a trabajar, me compré un piano. Era el tercero, el más lindo. Con mi plata. Sabés cómo sonaba. ¿Sabés a quién se lo compre? A García Ferrer, el que hacía lo dibujitos animados. Fue el mejor piano que tuve.

Pero un día dije no toco más y se lo vendí a una chica llamada Aurora, la mujer de Antonio, el hermano de una amiga mía de toda la vida. Ella, a su vez lo vendió también porque se casó, estudió y vendió todo.

Por esa época, hacíamos festivales en casa. Cantábamos, bailábamos y venían todos los chicos del barrio. Yo me pintaba rayas en las piernas como imitando las medias de nylon. A Rosita y Cristina, mis amigas que eran mellizas les decían las mellizas porque cantaban y bailaban juntas el rock. Mi mamá por ese tiempo tenía un kiosquito y le robábamos los cigarrillos y fumábamos a escondidas. No sabíamos pero echábamos humo. Lo más lindo de la infancia… Tomábamos gaseosas que traían los chicos.

   

Lugar: Posada El Tao, La Azulita, estado Mérida, oeste de Venezuela.

 

Este primito del Querrequerre resultó ser mi último «lifer» durante esta excursión. En total fueron siete: nada mal para cuatro días de pajareo en una zona que ya había visitado antes.

 

Desde aquí nos regresamos a La Azulita donde almorzamos en un restaurante de la Plaza Bolívar.

 

Place: El Tao Lodge, La Azulita, Merida state, western Venezuela.

 

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Sobre el Cacao tenía escrito lo que sigue.

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Cacao [Cocoa] (Theobroma cacao)

  

El cacaotero o árbol del cacao (Theobroma cacao) es una planta originaria del trópico americano, aunque no se conoce todavía con exactitud cuál fue el lugar a partir de donde se diseminó. En tal sentido, si bien «algunos, incluso, afirman que pudo haber sido Venezuela» (Hoyos, 1987 [1983], p. 320), lo más probable es que fuera «la vertiente oriental de los Andes Ecuatorianos, pues es allí donde se encuentra la mayor variación en las poblaciones naturales existentes», en particular el área correspondiente a «las cabeceras de los ríos Caquetá, Putumayo y Napo», dispersándose luego en dos direcciones, una al este, «hacia la cuenca del Amazonas y del Orinoco hasta las Guayanas», y otra al norte, «hacia el istmo de Panamá, Centro América y México», lugares estos dos últimos en que hubo «un centro secundario de diversidad genética... donde el cacao fue domesticado por los Mayas, miles de años antes de la llegada de Colón» (Leal, 1993, p. 87-88). Lo anterior explica que los europeos hayan encontrado cacaoteros cultivados en tal región y cacaoteros silvestres dispersos por muchas partes del trópico americano. Pero fue en las civilizaciones azteca y maya donde el cultivo y consumo del cacao tuvo un mayor desarrollo durante el período indígena, tal como se refiere en la cita siguiente:

 

«Según una antiquísima leyenda azteca, Quetzalcóatl, el jardinero del edén, una de las divinidades más importantes veneradas por este pueblo, trajo a la tierra sus semillas y las ofreció a los hombres para que pudieran participar de las delicias de un manjar apreciado por los dioses. Posiblemente en esta leyenda se inspiró el sueco Linneo para designar este género como Theobroma, que significa manjar o alimento de los dioses. El nombre cacao procede del idioma náhuatl de los Mayas de Centroamérica a quienes se atribuye el desarrollo de su cultivo –aproximadamente en el 250 antes de Cristo– en la región de Petén, donde floreció esta extraordinaria cultura americana. Los aztecas y probablemente los mayas, lo empleaban para elaborar una bebida que denominaban xocoatl, que era hecha con las semillas tostadas y molidas del fruto, disueltas en agua fría, sazonada con ajíes, vainilla y otras especias presentes en platos de la culinaria azteca. Era una bebida amarga, espumosa y picante, muy diferente al chocolate que hoy conocemos» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 163).

 

En el caso de Venezuela el cacao silvestre parece que se daba en muchos sitios, en particular en las cuencas del Orinoco y de los lagos de Maracaibo y de Valencia, en los Andes y en los valles del Tuy y Barlovento, en algunos de los cuales era aprovechado para ciertos usos. Así por ejemplo, se ha dicho que «el antiguo territorio de los yanomamos (Amazonas), ubicado por algunos cartógrafos entre las fuentes del río Orinoco y el río Parime… era reseñado como el “País de los Cacaguales”, debido a las muchas plantas de cacao silvestre que allí abundan» (Delascio, 2003, p. 31). Por otra parte, referencias directas coincidentes sobre el cacao silvestre de Venezuela fueron dadas, entre otros, por Gumilla y Caulín. El primero afirmaba que «en las dilatadas vegas del río Apure y otros que entran en él, crece de suyo abundante arboleda de cacao silvestre, y carga fruto dos veces al año, como el que cultivan en los poblados» (Gumilla, 1963 [1741], p. 217-218). El segundo decía que «en muchas montañas de esta Provincia, y mucho más en la de Venezuela, se cría un árbol, que llaman Cacao silvestre, muy parecido en las mazorcas al que cultivan en las haciendas. Da sus frutos dos veces al año» (Caulín, 1992 [1779], pág. 17).

 

Un siglo antes que los autores citados en el párrafo anterior, ya había tocado el tema el gobernador de la Provincia de Cumaná, Antonio Brizuela. Lo hizo en un «Informe sobre la Provincia de la Nueva Barcelona», elaborado y enviado al rey en 1655, el cual constituye el primer documento escrito por un europeo en que se hace una descripción de la región de Barlovento, referencia nada casual ya que los pobladores de Cumaná ansiaban anexarse a su provincia esta rica región, la cual apenas comenzaba por entonces a ser tenida en cuenta por sus rivales de la Provincia de Venezuela. En ese texto Brizuela indicaba, entre otras muchas cosas, que se daba en «las montañas del tuy mucho cacao silvestre» (Brizuela, 1957 [1655], p. 414), lo cual es uno de los indicios más directos de que en Barlovento habría existido antes de la llegada de los europeos una variedad autóctona de ese frutal.

 

Sobre los antecedentes aborígenes del uso del cacao en Venezuela, se ha dicho que «antes de la llegada de los europeos, los indígenas venezolanos lo empleaban como alimento y con fines votivos. Se han encontrado vasijas en forma de mazorca de cacao en objetos cerámicos precolombinos recuperados en yacimientos de los alrededores del lago de Valencia» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 165-166), lo mismo que «en los alrededores de la laguna de Tacarigua, donde aparece representado en los cacharros descubiertos recientemente en los yacimientos arqueológicos» (Varios autores, 1998). Asímismo se ha mencionado la existencia de «piezas arqueológicas precolombinas en las que se representa el cacao y los usos alimenticio, medicinal y religioso que le daban los aborígenes del Orinoco y de Guayana» (González, 2004, p. 76).

 

Del mismo modo «algunos datos históricos señalan su cultivo y consumo entre los Timotocuicas, en regiones de los Andes. Los indígenas andinos quemaban grasa de Cacao, a la manera de incienso, y la ofrendaban a sus ídolos. También preparaban Chorote, bebida bastante cercana al xocoatl azteca» (González, 2004, p. 76). El chorote es, según Julio Calcaño, «la pasta de cacao sin vainilla, canela ni azúcar, cocida en agua endulzada con papelón» (Calcaño, 1950 [1896], p. 389). Sobre este último particular Fray Pedro Simón, otro sacerdote cronista, reportaba la afición al chocolate de «los indios de la gobernación de Mérida y Trujillo... por ser sus tierras tan fértiles de esta fruta del cacao. De quien han tomado el beberlo los españoles con tanta frecuencia como en Nueva España, que es la que el mundo sabe. Aunque con diferencia, porque en la ciudad de Trujillo y casi entrada la gobernación de Caracas y Mérida, hasta la ciudad de Pamplona, lo beben hecho chorote» (Simón, 1992 [1625], Tomo II, p. 119).

 

En Barlovento el cultivo del cacao y el poblamiento español fueron en esencia una y la misma cosa. Con el tiempo, cacao y Barlovento también lo fueron, una vez que las tierras más fértiles y accesibles de la región se cubrieron de plantaciones, sembradas inicialmente con la mano de obra indígena y luego recurriendo principalmente a esclavos negros traídos de Africa con tal propósito. De este modo, el cacao se convirtió en Barlovento en una presencia constante que persiste hasta nuestros días y se proyecta todavía hacia el futuro.

 

Esa realidad no podía dejar de tener su expresión literaria. En la novela, todas las obras ambientadas en Barlovento han girado en torno a las plantaciones de cacao. Cabe citar en tal sentido «Pobre negro» (1937), de Rómulo Gallegos; «Noche buena negra» (1943), de Juan Pablo Sojo; y «Cuira es un río de Barlovento» (1946), de José Fabbiani Ruiz. Este último también fue autor del cuento de cacao y violencia titulado «Guaritoto», nombre que designa a una planta cuyas hojas están «cubiertas de púas urticantes que producen vivo escozor y aún inflamación y fiebre al llegar en contacto con la epidermis» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 268), lo cual explica por qué en el citado texto Fabbiani puso a pensar al protagonista que su concubina «era como una hoja de guaritoto, espinosa y traicionera» (Fabbiani, 1939, p. 41). Otros cuentos con trasfondo de cacao barloventeño son «Hereque», escrito por Juan Pablo Sojo, título que hace referencia al nombre de «una enfermedad grave» del cambur y el plátano «que no tiene tratamiento» (Fondo Nacional del Cacao, [Sin fecha], p. 25); «La virgen no tiene cara», de Ramón Díaz Sánchez y «Un negro a la luz de la luna», de Arturo Croce.

 

En la poesía, el cacao es la presencia vegetal más reiterada en la obra del barloventeño Pedro Lhaya, quien, cosa curiosa, parece que nunca llegó a escribirle, o al menos a publicarle, que sepamos, un poema al árbol o a su fruto. En su «Cantar de la Noche del Trópico» el cacao es la única planta que se menciona dos veces, primero como bebida afrodisíaca («tórrida noche múltiple, / corporal, / de jenjibre y cacao, / de ron y de tabaco») y luego como plantío, de connotación también erótica («noche de oro esparcido / en oquedades, / en cimas de canela, / en cacaotales») (Lhaya, 1985, p. 20 y 24). Tampoco podía faltar el cacao por partida doble en su «Noche de Barlovento», poema que bien amerita, por su gran calidad, su trascripción completa:

 

«En compacta negrura

la comba de la noche de junio y su perfil de ébano,

rutila Venus,

huele a cacao la noche,

aroma de animal en celo.

 

Hacia la comba profunda suben cánticos ásperos,

antiguos sones ásperos

de tambores totémicos.

 

Clamorea la danza,

danzan sombras,

danza un tótem errátil,

en una sombra,

danza la sombra de un leopardo,

danza,

ocelada de sombras

la abolida serpiente sagrada.

 

Clamorea la noche, cantan y danzan

los hijos del cacao,

en la noche de junio,

colmada de revelaciones

y de ritos obscuros.»

 

(Lhaya, 1985, p. 77)

 

Dijo también el poeta, en su corta «Autobiografía» en verso, lo siguiente: «en el cacao fermentado / percibí el drama torvo del negro» (Lhaya, 1963, p. 8). Y seguramente en ello habrá tenido mucho que ver su propia vivencia, ya que él mismo se dedicó al cultivo del cacao durante muchos años en su hacienda barloventeña llamada «El Frutal». Pero fue en sus poemas de amor donde el cacao eclosionó en una multiplicidad de tropos que rinden tributo a la «piel nocturna de cacao», a los «senos de cacao y de miel», a los «pechos de cacao y de sándalo» y, en fin, al «cuerpo de cacao y de miel» de una «muchacha de cacao y miel» que lo transportaba, ¡cómo no!, a una «ciudad de canela, de cacao y miel» (Lhaya, 1975 y 1985).

 

Esa planta del cacao, inspiradora de literatura tan variada y rutilante, es un arbolito (verlo aquí) que puede alcanzar unos seis metros de altura, de tallo vertical y ramas extendidas. Sus hojas, «de un color marrón a rojizo cuando jóvenes, se tornan a verde-obscuro con el tiempo» (Hoyos, 1987 [1983], p. 320). Su duración es larga, llegando a los ochenta años. Sus flores son pequeñas y de colores variados, desde el blanco y el rojo al púrpura, pasando por el verde, amarillo y rosado. Como sucede con el taparo o totumo, sus flores y frutos presentan la infrecuente particularidad de brotar directamente del tronco y de las ramas principales. La fertilización la efectúan ciertas especies de moscas y hormigas y es «de difícil realización debido a la disposición de sus piezas florales, llegando sólo a ser efectiva en el 1% de las flores presentes en un árbol» (Ramos et al., 2004 [2000], p. 16).

 

La dispersión de las semillas es efectuada por una variedad de animales, como son los monos, rabipelados, ratas, ardillas, murciélagos y, entre las aves, los loros, pájaros carpinteros y conotos, considerados todos ellos como plagas por los cultivadores en razón de los daños que causan al fruto, el cual constituye la parte más preciada de la planta, de donde viene la conseja que identifica a «los enemigos del cacao: ardita, conoto y mono», a los cuales se les agregan socarronamente «los peones y el mayordomo» (Velez, 1966, p. 29).

 

Debido a su forma, a los frutos se les llama usualmente mazorcas, las cuales presentan características que pueden variar de una planta a otra, según sea su origen. Hay así, en Venezuela, el cacao «criollo», descendiente de la variedad arraigada en Centroamérica y México que, según parece, habría sido traído de allí por los cultivadores durante la colonia (Leal, 1993, p. 88), el cual carga mazorcas alargadas y puntiagudas de color verde que al madurar se tornan amarillas, de cáscara rugosa con una decena de surcos, tamaño mediano y almendras grandes y redondas, de cotiledones blancos (Ramos et al., 2004 [2000], p. 17-18). Es de destacar que «en Venezuela hay un Cacao criollo llamado “Porcelana” que es el de mejor calidad en el mundo» (Hoyos, 1994, p. 311). Al encontrarse el cacao criollo con el cacao local de tipo amazónico, que recibe la denominación de «forastero», habría producido una serie de variedades llamadas «trinitario» (Braudeau, 1981 [1969], p. 18), de colores diferentes que incluyen verde, rojo, amarillo y anaranjado, cuyas formas van desde la alargada y rugosa con cinco surcos, conocidos como angoleta, cundeamor y amelonado, hasta la redondeada y lisa casi sin surcos, denominados legón y calabacillo (Ramos et al, 2004 [2000], p. 17-18).

 

La planta del cacao no resiste por mucho tiempo la luz solar directa, de modo que le es imprescindible la sombra para subsistir, lo cual la hace una especie eminentemente selvática. Del mismo modo, cuando se trata de cacao cultivado se impone la utilización de otras plantas para proporcionarle sombra. La sombra temporal más utilizada para proteger en sus primeras etapas a los arbolitos de cacao han sido el cambur y el plátano (Musa paradisiaca), debido a que «presentan un crecimiento rápido, follaje suficiente» y «son de fácil eliminación» (Ramos et al, 2004 [2000], p. 28). Esta práctica, presente en Barlovento, se remonta al tiempo mismo en que comenzaba la explotación del cacao a gran escala, como se comprueba en la siguiente cita de Matías Ruiz Blanco, un misionero franciscano que ejerció en Píritu, el cual, como muchos otros de sus colegas, se caracterizaba por no desaprovechar oportunidad alguna de despotricar sin piedad de los indígenas cuya conversión le había sido confiada. Dice así:

 

«Con los plátanos se amadrinan los árboles del cacao, que son amigos de la sombra y enemigos del sol... En creciendo el árbol del cacao, que llega a cerrar con el conjunto y se puede hacer sombra, mata al plátano en pago del beneficio que recibió de él siendo pequeño, y así es símbolo de la ingratitud, propiedad que reina en todos los indios» (Ruiz, 1965 [1690], p. 17).

 

Ya más crecido, son muchos los árboles que se utilizan para dar sombra al preciado cacao. Una publicación de 1934, escrita por un agrónomo hindú, de apellido Singh, al servicio del por entonces Ministerio de Salubridad y de Agricultura y Cría, citaba, además del bucare anauco (Erythrina fusca) y el bucare peonío (Erythrina mitis), otras especies como el apamate (Tabebuia pentaphylla), pariente cercano del árbol emblemático nacional, que no es otro que el Araguaney (Tabebuia chrysantha), el cual a nadie se le ha ocurrido utilizarlo como sombra de cacao, que sepamos. También incluía el jobo (Spondias lutea), «árbol que alcanza dimensiones enormes... Común en los bosques de tierra caliente y usado algunas veces como sombra en las plantaciones de cacao. Pega de estacas, y se emplea también para postes de cercas» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 285).

 

Otros que señalaba Singh eran el mijao (Anarcadium excelsum), el cedro (Cedreia odorata) y el caobo (Swietenia mahagony), este último de origen antillano, «en Venezuela introducido y a veces usado como sombra en cacaotales» (Schnee, 1984 [1961], p. 150), que no se debe confundir con el gigantesco caobo de Tierra Firme (Swietenia macrophylla), todos ellos utilizados básicamente como árboles madereros. El autor adicionaba el lechero (Ephorbia cotinifolia), el caucho (Hevea brasiliensis), el árbol de pan (Artocarpus altilis), oriundo de Asia y traído por su alimenticio fruto durante la colonia «para que sirviera de alimento a los esclavos» (Hoyos, 1987 [1983], p. 226), y, por último, el aguacate (Persea americana), propio de nuestro continente, como indica su nombre científico, muy cultivado en Barlovento por su fruto. Decía el autor citado que, «con las excepciones de los bucares Anauco y peonío, ninguno de los árboles mencionados arriba es apropiado para sombra», pero no decía el por qué (Singh, 1934, p. 30).

 

Otro árbol utilizado más recientemente para cubrir al cacao ha sido el guamo, frutal que cuenta en Venezuela con unas 50 especies, de las cuales la más conocida en Barlovento es el guamo machete (Inga spectabilis). Decía Jesús Hoyos que los guamos, «debido a que son árboles relativamente pequeños, a que conservan el follaje durante todo el año, se les viene utilizando... en el país como árboles de sombra, para proteger el cacao y el café» (Hoyos, 1974, p. 132).

 

Pero los árboles a que más se ha recurrido para cobijar al cultivo más preciado de la región han sido, sin duda, los bucares (Erythrina spp), que por ello se pueden encontrar en la actualidad abundantemente por casi todo Barlovento, siendo numerosas las aves que acuden a libar en sus flores o a comérselas, entre ellos conotos, loros guaros, arrendajos, colibríes de varias especies y también nuestra ave emblemática nacional, el turpial. Resultó así que al bucare, «con justeza de epíteto se le ha llamado “madre del cacao”» (Alamo, 1911, p. 61), tal como lo hizo Andrés Bello en su conocida «Silva a la agricultura de la Zona Tórrida» en un verso que dice: «ampare / a la tierna teobroma en la ribera / la sombra maternal de su bucare» (Bello, 1958 [1826], p. 12). Sin embargo, no ha faltado quien, cambiándole la condición femenina al acto de cobijar, lo llamara «el padre del cacao, como se dice vulgarmente» (Arana, 1945, p. 53).

 

A contracorriente con el criterio dominante, Jesús Hoyos llegó a sostener que ninguna de las especies de bucare eran recomendables para ser utilizadas como sombra del cacao o del café, debiéndose sustituir en tal función por árboles como los ya citado guamos, «menos corpulentos y de hojas perennes» (Hoyos, 1985, p. 160). Por supuesto, muchos se han mostrado en desacuerdo con tal apreciación respecto de los bucares, pero en lo que sí coinciden todos es en considerar que el Samán (Pithecellobium saman), árbol de sombra de gran abolengo, emblema vegetal del Estado Aragua y del conjunto de los países bolivarianos (Cueto, 1991; Hoyos, 1985, p. 47), no servía, sin embargo, para cobijar a los cultivos de plantación, como el café y el cacao, «uso para el cual es poco conveniente porque reseca mucho el suelo y le quita una cantidad enorme de sustancia necesaria para el alimento de la plantación; en tiempo de su florescencia es tal la abundancia de las flores, que caen encima de los arbolitos de café o de cacao, que éstos se hallan literalmente agobiados bajo su peso en gran perjuicio de su propia fructificación» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 387). Digamos que, en contrapartida, para los animales y la gente resulta sumamente acogedor el frescor de la sombra bajo el follaje del samán, aunque bote muchas hojas y flores.

 

El secreto de la gran estima que ha tenido el cacao, no sólo desde que fuera descubierto por los europeos, sino desde los tiempos de las civilizaciones indígenas americanas, está en sus semillas «ricas en almidón, en proteínas, en materia grasa, lo cual les confiere un valor nutritivo real. Su contenido en teobromina… junto con la presencia de cafeína, les da propiedades estimulantes. Encierran un aceite esencial que les da un sabor aromático particular» (Braudeau, 1981 [1969], p. 13).

 

De los productos que se elaboran con esas semillas, el más preciado es, como todos saben, el chocolate. Esta palabra, de origen azteca, designaba inicialmente a una bebida que se ha elaborado de diferentes maneras, incorporándosele primero, en el período indígena, especias americanas como el ají y la vainilla, según dijéramos al inicio de esta nota, para luego devenir durante la colonia en un preparado caliente endulzado con azúcar, ya que la almendra del cacao tiene sabor amargo. «Los españoles guardaron por mucho tiempo el secreto de esa maravillosa bebida cuyo consumo se difundió posteriormente a otros países europeos», siendo «los ingleses quienes modificaron la preparación del chocolate añadiéndole leche en lugar de agua a comienzos del siglo XVIII» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 165).

 

Aunque en sus inicios fue un producto reservado a la gente adinerada, con el tiempo se fue popularizando, teniendo hoy día un consumo masivo. Para ello hubo que esperar la elaboración industrial del polvo de cacao, iniciada por una empresa de un holandés apellidado Van Houten que registró la patente en 1828 (Delascio, 2003, p. 32 y Braudeau, 1981 [1969], p. 16). El procedimiento consistía básicamente en extraer la manteca de cacao, a la cual pronto se le buscó la utilidad, resultando que al mezclarla con «azúcar se puede preparar un artículo delicioso que se puede moler: el chocolate», tal como se conoce hoy día, es decir, en barras, «puesto en venta por primera vez en 1847. En 1876 aún se da un nuevo empuje a la industria con la fabricación del chocolate con leche» (Braudeau, 1981 [1969], p. 16). Desde entonces se impuso sobre la bebida el consumo de chocolate sólido, forma en la cual pareciera haber incrementado su poder adictivo.

 

Una planta tan especial como la del cacao no podía dejar de tener también usos medicinales. Pittier señalaba, al respecto, que «entre el pueblo, el cacao se aplica en forma variada en la curación de múltiples enfermedades y» —¡prestad atención, colegas atacados por la calvicie!— «aun para hacer crecer el pelo» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 169). La fórmula mágica para lograrlo es la siguiente: «Tómese el aceite o manteca de cacao en dosis de cuatro cucharadas, con otras tantas de aceite de ajonjolí o de almendras y lo que basta de cera blanca para hacer una pomada, se le agrega de esencia de canela un escrúpulo y ocho gotas de clavos. Con esta pomada se unta el pelo. Diariamente crecerá de un modo muy notable» (Anónimo, 1990, p. 13)

 

Se ha dicho también que es recomendable «para la circulación, el corazón y las quemaduras» y que «la decocción de la pulpa que recubre las semillas sirve para la fiebre y la infusión de las hojas ayuda en los trastornos cardíacos» (González, 2004, p. 80). Además, son bien conocidas las múltiples aplicaciones que tiene la manteca de cacao que se expende en las farmacias, que «relaja las inflamaciones y cicatriza las grietas de los labios, las lesiones en el pezón de las madres lactantes; hemorroides, irritaciones, quemaduras de la piel y vaginitis» (González, 2004, p. 80).

 

Por otra parte, «es creencia popular que la manteca de cacao, administrada en pequeñas gotas, cura el “sereno”, enfermedad que aqueja a los niños de pocos meses de nacidos, la cual se manifiesta con fiebre alta, llanto, gritos y evacuaciones de color verde. Dicen que la misma se debe a las malas influencias nocturnas que le entran al menor, por la mollera o fontanela (espacio que en los recién nacidos media entre algunos huesos del cráneo), cuando se exponen en la noche sin taparles la cabeza» (Delascio, 2003, p. 32).

 

El cacao ha dado lugar también a expresiones muy utilizadas en el habla del venezolano, aunque en muchos casos la razón de su origen se haya difuminado en el tiempo, como la de «pedir cacao», que significa «pedir perdón, rendirse», la cual sería una «alusión al grito particular que emiten los gallos de riña cuando huyen» (Alvarado, 1984 [1921], p. 78). Según Julio Calcaño, en efecto, «del cacareo del gallo que huye en la riña formaron tal frase los jugadores de gallos, y así dicen: pide o pidió cacao; está pidiendo cacao. Los chicos la aplican en sus luchas al vencido; y cuando éste cae derribado, el vencedor le fija la rodilla en el pecho y le obliga a pedir cacao. Si no consigue hacerlo decir cacao, recomienza la lucha» (Calcaño, 1950 [1896], p. 314). Gonzalo Picón registraba, por su parte, que «no haber quien le haga a uno un cacao» equivalía a «no haber persona alguna que lo iguale, venza, supere ó sobrepuje en cualquier forma ó sentido» (Picón, 1964 [1912], p. 309).

 

Por último, «ser un gran cacao» significaba antiguamente, y todavía hoy día, «ser un magnate, un personaje de campanillas. Recuerdo de los tiempos coloniales, en que la riqueza consistía por lo principal en plantaciones de cacao» (Alvarado, 1984 [1921], p. 78). Era también la época de las grandes desigualdades sociales, en la cual tenían predominio los mantuanos, casta llamada así porque sólo sus mujeres podían usar mantillas durante la misa y otras celebraciones del culto católico.

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les pygmées : ils ont été chassés de la forêt profonde et s'étiolent au bord de la piste poussiéreuse.

les tronçonneuses hurlent et arrachent à vif une culture millénaire.

mais nous pourrons savourer nos barbecues sur des tables exotiques et respirer, tranquilles, portes et fenêtres (en bois exotique !) fermées au monde ...

 

TéLéRAMA :

 

La forêt du Congo à l'heure hache

L'APPEL DE LA FORÊT | Dans le bassin du Congo, l'une des dernières forêts primaires de la planète s'étend sur des millions d'hectares. Un sanctuaire pour la faune et la flore. Un monde intense avec sa ville, Pokola, ses bûcherons, ses Pygmées…

 

Le 06/08/2011 à 00h00

Nicolas Delesalle - Télérama n° 3212-3213

 

Appelons-le Sylvestre. Matricule n° 402. C'est un sapelli. Son bois rouge est très résistant. On ne le distingue pas encore. Il faut s'enfoncer sur une sente découpée à la machette dans un enchevêtrement de feuilles géantes et de branches grosses comme des troncs de chêne. On crapahute dans le nord du Congo, près de Pokola, dans l'une des concessions détenues par la Congolaise industrielle du bois (CIB) (concession forestière privée attribuée par l'Etat congolais, propriétaire du sol). Dans ces latitudes, l'été est gras, humide et perpétuel. Marcher sur cet humus, c'est fouler un sol surpeuplé. Ici, les insectes ont des muscles et pas de planning familial. Trois grandes forêts tropicales se partagent la planète. En Amazonie et en Indonésie, où elles sont croquées par pans entiers pour laisser place nette aux culs des vaches ou aux plantations de palmiers à huile. Et puis dans ce bassin du Congo, encore à peu près protégé. La moitié de ce qui existe sur cette Terre vit dans ces forêts essentielles aux équilibres climatiques. Ces puits de carbone emprisonnent 18 % de nos émissions de CO2. Une tonne de bois contient 500 kilos de carbone. Le bassin s'étend sur 162 millions d'hectares. Trois fois la France. Il traverse les frontières de six pays, qui tirent une partie de leurs richesses du commerce du bois.

 

Le mukulungu, viagra naturel

Une nuée de papillons multicolores s'agglutine sur la terre rouge en bord de piste. Un entomologiste tomberait à la renverse. « Quelqu'un a pissé », explique Jérôme Castagné, yeux clairs, casque jaune, solide gaillard à l'accent du Sud-Ouest, responsable commercial à la CIB. Martin, Congolais et chef de l'opération, porte un casque orange. Il chasse les milliers de moutmouts qui lui tournent autour : des abeilles aussi minuscules que des moucherons, qui ne piquent pas mais qui butinent la sueur et le sébum pour en faire du miel. Martin ouvre le chemin et explique que Sylvestre a été repéré voilà un an lors d'une mission de prospection. Un pour cent des arbres du coin ont été inventoriés. Sylvestre a été choisi parce qu'il est beau. Son tronc est droit. Son diamètre de 1,50 mètre et sa taille de 40 mètres en font un spécimen intéressant.

 

Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes

et les problèmes de rein.

 

Martin est capable de reconnaître les 250 essences d'arbres qui s'épanouissent dans cette forêt primaire, même si la CIB ne s'intéresse qu'à une vingtaine d'entre elles. Là où le béotien voit un arbre, Martin voit un iroko, un mukulungu, un wengué ou un ébénier. « En tisane, l'écorce de mukulungu est un Viagra naturel, lâche Jérôme. Un Espagnol qui a voulu essayer est resté sur la béquille pendant deux jours. » Le mukulungu soigne aussi les hémorroïdes et les problèmes de rein. Le mankala est un antibiotique, les femmes s'en servent pour leur toilette intime. Ici, un azobé : les Hollandais en font des écluses. Là, un padouk, qu'on transforme en parquets carminés. Sa sciure sert aussi à nourrir les bêtes. Elle fait rougir la viande. Ici, un moabi. Exploitation interdite. Les éléphants raffolent de ses fruits. Dans leur ventre, les graines accélèrent leur germination, et quand elles retombent dans les fèces, elles sont prêtes à l'éclosion. La faune est indispensable à la forêt car elle dissémine les graines qu'elle dévore et défèque. Une forêt vide est condamnée. Les forestiers suivent un chemin marqué à coups de peinture jaune. Si un arbre est marqué de blanc, pas touche, c'est un « arbre d'avenir », on le coupera plus tard. S'il est marqué d'une croix rose, c'est un arbre sacré pour les Pygmées.

 

Ivres morts

On les a rencontrés dans un village de terre battue, pas d'eau, pas d'électricité, de la misère et des volées de gamins rieurs. Ils habitent à la périphérie d'un village bantou. Les Pygmées, rois de la forêt, les seuls à oser s'y frotter la nuit, qui en connaissent tous les secrets et qui survivent pieds nus là où une paire de boots tombe en lambeaux en un mois... Ils avaient les yeux rouges. Ils étaient habillés de frusques dégueulasses. Ils étaient ivres morts. Les Pygmées travaillent pour les Bantous et sont payés en gnôle infâme, le gnolo-gnolo, mélange fermenté de maïs et de manioc qui vire à l'éthanol. Un esclavage silencieux. Ils sont souvent battus, parfois à mort. « Le Moyen Age, une violence inimaginable », racontait Jean-Dominique Bescond, responsable de l'aménagement à la CIB.

 

Considéré comme une injure,

le mot pygmée (“grand d'une coudée”) est interdit.

On dit “semi-nomades autochtones”.

 

En 2009, un enfant se fait frapper par un chauffeur bantou de la CIB. Révolte. Les Pygmées bloquent la piste. Veulent châtier le chauffeur. Il sera licencié. Il a fallu de longues négociations pour calmer la situation. C'est pareil partout. A tel point qu'en février 2011 l'Etat congolais a fait voter une loi leur garantissant des droits. Considéré comme une injure, le mot pygmée (« grand d'une coudée ») est interdit. On dit « semi-nomades autochtones ». Dans l'ivresse, ces Pygmées-là nous ont emmenés découvrir leur arbre sacré au bout d'un sentier, un « arbre à chenilles », qui leur apporte une dose de protéines importante. Interdiction de s'approcher sans être « initié ». En partant, les représentants de la CIB leur ont laissé de quoi s'acheter du vin de palme. Corruption morale, disent les sociologues. Seule manière de fonctionner ici, répondent les hommes de terrain. « Ils deviennent peu à peu des citoyens congolais, a expliqué Roger Monbandzo, responsable du programme social de la CIB. Ils participent à la gestion des forêts, ils sont dans nos équipes de prospection. Ils s'émancipent, les Bantous s'inquiètent, et peut-être qu'un jour il y aura une révolution. »

 

On avance vers Sylvestre dans la moiteur de la jungle. Les ouvriers se désaltèrent en coupant des lianes à eau. Un coup de machette et le liquide s'écoule du robinet végétal. On passe devant un tali n° 215, 86 centimètres de diamètre, bois dur, terrasse de piscine, ébénisterie. Il ne verra pas la nuit. Ici, un arbre à fourmis, Barteria fistulosa. Il vit en symbiose avec l'insecte. Les femmes pygmées adultères sont attachées à son tronc jusqu'au soir. Il faut dix jours de traitement pour les soigner. Le mâle ne risque rien. Au Congo, ils peuvent avoir quatre épouses. Tiens, un ébénier. Et un autre. On le croyait rarissime. « Des fabricants de guitares Gibson nous ont demandé si on pouvait prélever des pieds. Le ministère a dit oui, dit Jérôme Castagné. Mais celui-là est trop jeune. »

 

« On faisait n'importe quoi »

La CIB n'est pas une exploitation comme les autres. De 1969 au début des années 2000, elle abattait les arbres à la chaîne, sans penser à préserver son capital, sans demander aux Pygmées la position de leurs arbres sacrés. « On faisait n'importe quoi », raconte Camille Ngouabi, responsable du débardage, pour qui tout a changé quand la société s'est mise à suivre un plan d'aménagement drastique pour répondre aux normes édictées par le gouvernement congolais. Et surtout, quand elle a décroché son label FSC (Forest Stewardship Council), le plus exigeant en matière de certification (protection de la biodiversité, investissements sociaux).

 

“Greenpeace pense à la nature

sans penser à l'homme.

L'économie de la région dépend du bois.”

Jean-Dominique Bescond, de la CIB

 

Frappée par la crise, la CIB prélève dorénavant sa matière première parcimonieusement. Refile des GPS simplifiés aux Pygmées pour marquer leurs arbres. Pense déjà à vendre des crédits carbone aux pollueurs occidentaux (tu me donnes de l'argent et je coupe moins d'arbres). Le million d'hectares de la concession est divisé en zones exploitées un an, puis laissées en « jachère » trente ans. Deux arbres seulement sont coupés par hectare. « Peu importe », dit pourtant Greenpeace, qui menace de faire suspendre toute certification dans le bassin du Congo en quittant, par exemple, le FSC dont il est membre. Pour l'ONG, l'exploitation de la forêt tropicale ne peut pas être durable, et les forêts du Congo finiront en plantations de palme. Une partie de la concession de la CIB, particulièrement dégradée, va d'ailleurs servir à faire pousser des cacaoyers. La CIB vit-elle dans la chimère ? « Greenpeace pense à la nature sans penser à l'homme, répond Jean-Dominique Bescond. L'économie de la région dépend du bois. Les écosystèmes ne sont pas si touchés que ça, et 14 % de la forêt est mise sous cloche dans des parcs. »

 

La congolaise industrielle du bois a reçu un é

La congolaise industrielle du bois a reçu un écolabel pour sa gestion durable de la forêt. Photo : Nicolas Delesalle.

 

Pokola, où la CIB s'est établie, est devenu une ville de 12 000 habitants. On y trouve une scierie, une banque, des maisons en brique, le meilleur hôpital du pays, une discothèque, une boulangerie qui cuit 10 000 baguettes par jour dans des fours de l'armée française, une radio, une chaîne de télé, une bibliothèque, une école, un collège et 80 églises. Tout ça construit par la CIB. Cela a un coût : le bois produit ici coûte 30 % plus cher que celui des Chinois, qui exploitent sauvagement les forêts du sud du pays.

 

Soudain un coup de tonnerre. Un arbre, au loin, vient de s'effondrer. Aucun autre son dans la forêt. Pas d'éléphant. Pas de gorille. La faune se terre. Pour nourrir les habitants de Pokola, la CIB importe des zébus du Soudan, mais ces steaks sont plus chers que la viande de brousse. Sur les étals du marché de Pokola, on verra les seuls animaux du voyage : des singes saisis par le feu dans des positions d'épouvante, des bébés crocodiles attendant le couic final, des antilopes, une tortue. Braconnage.

 

Geysers de sciure

Voilà Sylvestre. Il nous toise. Il est né sous Napoléon Bonaparte. Il va tomber sous Petit Piment, le surnom de Nicolas Sarkozy au Congo. Le commis à l'abattage s'approche. Ngaboué. Alfred Ngaboué. Le Mozart de la tronçonneuse. Le meilleur abatteur de la zone. Tout le monde sue. Pas lui. Il charrie à bout de bras une tronçonneuse de vingt kilos. Il repère la branche la plus forte. Elle déterminera l'axe de la chute. D'autres forestiers préparent à la machette une piste de fuite, au cas où. Alfred enfile ses gants. Tout se joue en dix minutes dans la pétarade aiguë de la tronçonneuse. D'abord deux coups précis pour dessiner une mâchoire dans le tronc qui saigne de la sève rouge. L'entaille de direction. Et puis, tout autour, par tronçons précis, dans des geysers de sciure, Alfred arrache Sylvestre à sa vie. Le géant va tomber dans un bruit de Mobylette. « MOSSIKA ! » crie un ouvrier. « Garez vos fesses ! » La tronçonneuse se tait. L'arbre est immobile. « Il part là », chuchote Martin. On se croirait dans un service de réanimation. Stupéfiant pour qui n'a jamais abattu que de l'herbe avec une tondeuse. Et si Sylvestre tombait du mauvais côté ? Ça y est. Sylvestre part. Il s'effondre. Au ralenti. Comme un paquebot qui glisse le long de ses cales au début de sa carrière. Sylvestre finit la sienne dans un craquement sinistre. Ses feuilles tombent comme des lucioles longtemps après sa chute. La souche est poinçonnée. C'est le 3 627 e arbre abattu cette année dans la zone.

 

“Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine :

il y aurait des débouchés formidables.”

Martin, chef des opérations pour la CIB

 

On marche sur le tronc de Sylvestre. Au bout, les branches sont éclatées. Elles pourriront ici. « Le houppier, on ne l'exploite pas, ça me fait mal, s'énerve Martin. Le bois, l'écorce, les feuilles pour la médecine : il y aurait des débouchés formidables. » L'abattage crée des clairières où poussent des tapis de feuilles qui empêcheront les graines ailées d'autres sapellis de tomber sur le sol. Il n'y aura pas d'autres Sylvestre ici avant longtemps. De toute façon, les plus gros ont déjà été coupés. Et dans trente ans, aucun sapelli de 1,50 mètre de diamètre ne se dressera ici. Il faudrait des siècles. L'Europe s'est débarrassée du loup, l'Amérique du bison, l'Afrique se construit sur les souches de ses sapellis géants.

 

Dans cinq jours, une équipe sciera les branches de Sylvestre pour le transformer en grume droite, présentable. Des bulldozers viendront créer un chemin pour l'extraire de la forêt. Une soixantaine de troncs sont sortis ainsi chaque jour. Un débardeur équipé de pneus grands comme un homme treuillera Sylvestre jusqu'à la piste. Il partira à Pokola. Sera séché, scié en planches, ou laissé à l'état de grume, puis transporté en dix jours jusqu'au port de Douala, au Cameroun. Il remontera l'océan Atlantique et, en Europe, il finira en fenêtre ou en porte.

Lugar: Finca La Pomarrosa, Barlovento, centro norte de Venezuela.

 

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Sobre el Cacao he escrito lo que sigue.

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Cacao [Cocoa] (Theobroma cacao)

  

El cacaotero o árbol del cacao (Theobroma cacao) es una planta originaria del trópico americano, aunque no se conoce todavía con exactitud cuál fue el lugar a partir de donde se diseminó. En tal sentido, si bien «algunos, incluso, afirman que pudo haber sido Venezuela» (Hoyos, 1987 [1983], p. 320), lo más probable es que fuera «la vertiente oriental de los Andes Ecuatorianos, pues es allí donde se encuentra la mayor variación en las poblaciones naturales existentes», en particular el área correspondiente a «las cabeceras de los ríos Caquetá, Putumayo y Napo», dispersándose luego en dos direcciones, una al este, «hacia la cuenca del Amazonas y del Orinoco hasta las Guayanas», y otra al norte, «hacia el istmo de Panamá, Centro América y México», lugares estos dos últimos en que hubo «un centro secundario de diversidad genética... donde el cacao fue domesticado por los Mayas, miles de años antes de la llegada de Colón» (Leal, 1993, p. 87-88). Lo anterior explica que los europeos hayan encontrado cacaoteros cultivados en tal región y cacaoteros silvestres dispersos por muchas partes del trópico americano. Pero fue en las civilizaciones azteca y maya donde el cultivo y consumo del cacao tuvo un mayor desarrollo durante el período indígena, tal como se refiere en la cita siguiente:

 

«Según una antiquísima leyenda azteca, Quetzalcóatl, el jardinero del edén, una de las divinidades más importantes veneradas por este pueblo, trajo a la tierra sus semillas y las ofreció a los hombres para que pudieran participar de las delicias de un manjar apreciado por los dioses. Posiblemente en esta leyenda se inspiró el sueco Linneo para designar este género como Theobroma, que significa manjar o alimento de los dioses. El nombre cacao procede del idioma náhuatl de los Mayas de Centroamérica a quienes se atribuye el desarrollo de su cultivo –aproximadamente en el 250 antes de Cristo– en la región de Petén, donde floreció esta extraordinaria cultura americana. Los aztecas y probablemente los mayas, lo empleaban para elaborar una bebida que denominaban xocoatl, que era hecha con las semillas tostadas y molidas del fruto, disueltas en agua fría, sazonada con ajíes, vainilla y otras especias presentes en platos de la culinaria azteca. Era una bebida amarga, espumosa y picante, muy diferente al chocolate que hoy conocemos» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 163).

 

En el caso de Venezuela el cacao silvestre parece que se daba en muchos sitios, en particular en las cuencas del Orinoco y de los lagos de Maracaibo y de Valencia, en los Andes y en los valles del Tuy y Barlovento, en algunos de los cuales era aprovechado para ciertos usos. Así por ejemplo, se ha dicho que «el antiguo territorio de los yanomamos (Amazonas), ubicado por algunos cartógrafos entre las fuentes del río Orinoco y el río Parime… era reseñado como el “País de los Cacaguales”, debido a las muchas plantas de cacao silvestre que allí abundan» (Delascio, 2003, p. 31). Por otra parte, referencias directas coincidentes sobre el cacao silvestre de Venezuela fueron dadas, entre otros, por Gumilla y Caulín. El primero afirmaba que «en las dilatadas vegas del río Apure y otros que entran en él, crece de suyo abundante arboleda de cacao silvestre, y carga fruto dos veces al año, como el que cultivan en los poblados» (Gumilla, 1963 [1741], p. 217-218). El segundo decía que «en muchas montañas de esta Provincia, y mucho más en la de Venezuela, se cría un árbol, que llaman Cacao silvestre, muy parecido en las mazorcas al que cultivan en las haciendas. Da sus frutos dos veces al año» (Caulín, 1992 [1779], pág. 17).

 

Un siglo antes que los autores citados en el párrafo anterior, ya había tocado el tema el gobernador de la Provincia de Cumaná, Antonio Brizuela. Lo hizo en un «Informe sobre la Provincia de la Nueva Barcelona», elaborado y enviado al rey en 1655, el cual constituye el primer documento escrito por un europeo en que se hace una descripción de la región de Barlovento, referencia nada casual ya que los pobladores de Cumaná ansiaban anexarse a su provincia esta rica región, la cual apenas comenzaba por entonces a ser tenida en cuenta por sus rivales de la Provincia de Venezuela. En ese texto Brizuela indicaba, entre otras muchas cosas, que se daba en «las montañas del tuy mucho cacao silvestre» (Brizuela, 1957 [1655], p. 414), lo cual es uno de los indicios más directos de que en Barlovento habría existido antes de la llegada de los europeos una variedad autóctona de ese frutal.

 

Sobre los antecedentes aborígenes del uso del cacao en Venezuela, se ha dicho que «antes de la llegada de los europeos, los indígenas venezolanos lo empleaban como alimento y con fines votivos. Se han encontrado vasijas en forma de mazorca de cacao en objetos cerámicos precolombinos recuperados en yacimientos de los alrededores del lago de Valencia» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 165-166), lo mismo que «en los alrededores de la laguna de Tacarigua, donde aparece representado en los cacharros descubiertos recientemente en los yacimientos arqueológicos» (Varios autores, 1998). Asímismo se ha mencionado la existencia de «piezas arqueológicas precolombinas en las que se representa el cacao y los usos alimenticio, medicinal y religioso que le daban los aborígenes del Orinoco y de Guayana» (González, 2004, p. 76).

 

Del mismo modo «algunos datos históricos señalan su cultivo y consumo entre los Timotocuicas, en regiones de los Andes. Los indígenas andinos quemaban grasa de Cacao, a la manera de incienso, y la ofrendaban a sus ídolos. También preparaban Chorote, bebida bastante cercana al xocoatl azteca» (González, 2004, p. 76). El chorote es, según Julio Calcaño, «la pasta de cacao sin vainilla, canela ni azúcar, cocida en agua endulzada con papelón» (Calcaño, 1950 [1896], p. 389). Sobre este último particular Fray Pedro Simón, otro sacerdote cronista, reportaba la afición al chocolate de «los indios de la gobernación de Mérida y Trujillo... por ser sus tierras tan fértiles de esta fruta del cacao. De quien han tomado el beberlo los españoles con tanta frecuencia como en Nueva España, que es la que el mundo sabe. Aunque con diferencia, porque en la ciudad de Trujillo y casi entrada la gobernación de Caracas y Mérida, hasta la ciudad de Pamplona, lo beben hecho chorote» (Simón, 1992 [1625], Tomo II, p. 119).

 

En Barlovento el cultivo del cacao y el poblamiento español fueron en esencia una y la misma cosa. Con el tiempo, cacao y Barlovento también lo fueron, una vez que las tierras más fértiles y accesibles de la región se cubrieron de plantaciones, sembradas inicialmente con la mano de obra indígena y luego recurriendo principalmente a esclavos negros traídos de Africa con tal propósito. De este modo, el cacao se convirtió en Barlovento en una presencia constante que persiste hasta nuestros días y se proyecta todavía hacia el futuro.

 

Esa realidad no podía dejar de tener su expresión literaria. En la novela, todas las obras ambientadas en Barlovento han girado en torno a las plantaciones de cacao. Cabe citar en tal sentido «Pobre negro» (1937), de Rómulo Gallegos; «Noche buena negra» (1943), de Juan Pablo Sojo; y «Cuira es un río de Barlovento» (1946), de José Fabbiani Ruiz. Este último también fue autor del cuento de cacao y violencia titulado «Guaritoto», nombre que designa a una planta cuyas hojas están «cubiertas de púas urticantes que producen vivo escozor y aún inflamación y fiebre al llegar en contacto con la epidermis» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 268), lo cual explica por qué en el citado texto Fabbiani puso a pensar al protagonista que su concubina «era como una hoja de guaritoto, espinosa y traicionera» (Fabbiani, 1939, p. 41). Otros cuentos con trasfondo de cacao barloventeño son «Hereque», escrito por Juan Pablo Sojo, título que hace referencia al nombre de «una enfermedad grave» del cambur y el plátano «que no tiene tratamiento» (Fondo Nacional del Cacao, [Sin fecha], p. 25); «La virgen no tiene cara», de Ramón Díaz Sánchez y «Un negro a la luz de la luna», de Arturo Croce.

 

En la poesía, el cacao es la presencia vegetal más reiterada en la obra del barloventeño Pedro Lhaya, quien, cosa curiosa, parece que nunca llegó a escribirle, o al menos a publicarle, que sepamos, un poema al árbol o a su fruto. En su «Cantar de la Noche del Trópico» el cacao es la única planta que se menciona dos veces, primero como bebida afrodisíaca («tórrida noche múltiple, / corporal, / de jenjibre y cacao, / de ron y de tabaco») y luego como plantío, de connotación también erótica («noche de oro esparcido / en oquedades, / en cimas de canela, / en cacaotales») (Lhaya, 1985, p. 20 y 24). Tampoco podía faltar el cacao por partida doble en su «Noche de Barlovento», poema que bien amerita, por su gran calidad, su trascripción completa:

 

«En compacta negrura

la comba de la noche de junio y su perfil de ébano,

rutila Venus,

huele a cacao la noche,

aroma de animal en celo.

 

Hacia la comba profunda suben cánticos ásperos,

antiguos sones ásperos

de tambores totémicos.

 

Clamorea la danza,

danzan sombras,

danza un tótem errátil,

en una sombra,

danza la sombra de un leopardo,

danza,

ocelada de sombras

la abolida serpiente sagrada.

 

Clamorea la noche, cantan y danzan

los hijos del cacao,

en la noche de junio,

colmada de revelaciones

y de ritos obscuros.»

 

(Lhaya, 1985, p. 77)

 

Dijo también el poeta, en su corta «Autobiografía» en verso, lo siguiente: «en el cacao fermentado / percibí el drama torvo del negro» (Lhaya, 1963, p. 8). Y seguramente en ello habrá tenido mucho que ver su propia vivencia, ya que él mismo se dedicó al cultivo del cacao durante muchos años en su hacienda barloventeña llamada «El Frutal». Pero fue en sus poemas de amor donde el cacao eclosionó en una multiplicidad de tropos que rinden tributo a la «piel nocturna de cacao», a los «senos de cacao y de miel», a los «pechos de cacao y de sándalo» y, en fin, al «cuerpo de cacao y de miel» de una «muchacha de cacao y miel» que lo transportaba, ¡cómo no!, a una «ciudad de canela, de cacao y miel» (Lhaya, 1975 y 1985).

 

Esa planta del cacao, inspiradora de literatura tan variada y rutilante, es un arbolito que puede alcanzar unos seis metros de altura, de tallo vertical y ramas extendidas. Sus hojas, «de un color marrón a rojizo cuando jóvenes, se tornan a verde-obscuro con el tiempo» (Hoyos, 1987 [1983], p. 320). Su duración es larga, llegando a los ochenta años. Sus flores son pequeñas y de colores variados, desde el blanco y el rojo al púrpura, pasando por el verde, amarillo y rosado. Como sucede con el taparo o totumo, sus flores y frutos presentan la infrecuente particularidad de brotar directamente del tronco y de las ramas principales. La fertilización la efectúan ciertas especies de moscas y hormigas y es «de difícil realización debido a la disposición de sus piezas florales, llegando sólo a ser efectiva en el 1% de las flores presentes en un árbol» (Ramos et al., 2004 [2000], p. 16).

 

La dispersión de las semillas es efectuada por una variedad de animales, como son los monos, rabipelados, ratas, ardillas, murciélagos y, entre las aves, los loros, pájaros carpinteros y conotos, considerados todos ellos como plagas por los cultivadores en razón de los daños que causan al fruto (verlo aquí), el cual constituye la parte más preciada de la planta, de donde viene la conseja que identifica a «los enemigos del cacao: ardita, conoto y mono», a los cuales se les agregan socarronamente «los peones y el mayordomo» (Velez, 1966, p. 29).

 

Debido a su forma, a los frutos se les llama usualmente mazorcas, las cuales presentan características que pueden variar de una planta a otra, según sea su origen. Hay así, en Venezuela, el cacao «criollo», descendiente de la variedad arraigada en Centroamérica y México que, según parece, habría sido traído de allí por los cultivadores durante la colonia (Leal, 1993, p. 88), el cual carga mazorcas alargadas y puntiagudas de color verde que al madurar se tornan amarillas, de cáscara rugosa con una decena de surcos, tamaño mediano y almendras grandes y redondas, de cotiledones blancos (Ramos et al., 2004 [2000], p. 17-18). Es de destacar que «en Venezuela hay un Cacao criollo llamado “Porcelana” que es el de mejor calidad en el mundo» (Hoyos, 1994, p. 311). Al encontrarse el cacao criollo con el cacao local de tipo amazónico, que recibe la denominación de «forastero», habría producido una serie de variedades llamadas «trinitario» (Braudeau, 1981 [1969], p. 18), de colores diferentes que incluyen verde, rojo, amarillo y anaranjado, cuyas formas van desde la alargada y rugosa con cinco surcos, conocidos como angoleta, cundeamor y amelonado, hasta la redondeada y lisa casi sin surcos, denominados legón y calabacillo (Ramos et al, 2004 [2000], p. 17-18).

 

La planta del cacao no resiste por mucho tiempo la luz solar directa, de modo que le es imprescindible la sombra para subsistir, lo cual la hace una especie eminentemente selvática. Del mismo modo, cuando se trata de cacao cultivado se impone la utilización de otras plantas para proporcionarle sombra. La sombra temporal más utilizada para proteger en sus primeras etapas a los arbolitos de cacao han sido el cambur y el plátano (Musa paradisiaca), debido a que «presentan un crecimiento rápido, follaje suficiente» y «son de fácil eliminación» (Ramos et al, 2004 [2000], p. 28). Esta práctica, presente en Barlovento, se remonta al tiempo mismo en que comenzaba la explotación del cacao a gran escala, como se comprueba en la siguiente cita de Matías Ruiz Blanco, un misionero franciscano que ejerció en Píritu, el cual, como muchos otros de sus colegas, se caracterizaba por no desaprovechar oportunidad alguna de despotricar sin piedad de los indígenas cuya conversión le había sido confiada. Dice así:

 

«Con los plátanos se amadrinan los árboles del cacao, que son amigos de la sombra y enemigos del sol... En creciendo el árbol del cacao, que llega a cerrar con el conjunto y se puede hacer sombra, mata al plátano en pago del beneficio que recibió de él siendo pequeño, y así es símbolo de la ingratitud, propiedad que reina en todos los indios» (Ruiz, 1965 [1690], p. 17).

 

Ya más crecido, son muchos los árboles que se utilizan para dar sombra al preciado cacao. Una publicación de 1934, escrita por un agrónomo hindú, de apellido Singh, al servicio del por entonces Ministerio de Salubridad y de Agricultura y Cría, citaba, además del bucare anauco (Erythrina fusca) y el bucare peonío (Erythrina mitis), otras especies como el apamate (Tabebuia pentaphylla), pariente cercano del árbol emblemático nacional, que no es otro que el Araguaney (Tabebuia chrysantha), el cual a nadie se le ha ocurrido utilizarlo como sombra de cacao, que sepamos. También incluía el jobo (Spondias lutea), «árbol que alcanza dimensiones enormes... Común en los bosques de tierra caliente y usado algunas veces como sombra en las plantaciones de cacao. Pega de estacas, y se emplea también para postes de cercas» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 285).

 

Otros que señalaba Singh eran el mijao (Anarcadium excelsum), el cedro (Cedreia odorata) y el caobo (Swietenia mahagony), este último de origen antillano, «en Venezuela introducido y a veces usado como sombra en cacaotales» (Schnee, 1984 [1961], p. 150), que no se debe confundir con el gigantesco caobo de Tierra Firme (Swietenia macrophylla), todos ellos utilizados básicamente como árboles madereros. El autor adicionaba el lechero (Ephorbia cotinifolia), el caucho (Hevea brasiliensis), el árbol de pan (Artocarpus altilis), oriundo de Asia y traído por su alimenticio fruto durante la colonia «para que sirviera de alimento a los esclavos» (Hoyos, 1987 [1983], p. 226), y, por último, el aguacate (Persea americana), propio de nuestro continente, como indica su nombre científico, muy cultivado en Barlovento por su fruto. Decía el autor citado que, «con las excepciones de los bucares Anauco y peonío, ninguno de los árboles mencionados arriba es apropiado para sombra», pero no decía el por qué (Singh, 1934, p. 30).

 

Otro árbol utilizado más recientemente para cubrir al cacao ha sido el guamo, frutal que cuenta en Venezuela con unas 50 especies, de las cuales la más conocida en Barlovento es el guamo machete (Inga spectabilis). Decía Jesús Hoyos que los guamos, «debido a que son árboles relativamente pequeños, a que conservan el follaje durante todo el año, se les viene utilizando... en el país como árboles de sombra, para proteger el cacao y el café» (Hoyos, 1974, p. 132).

 

Pero los árboles a que más se ha recurrido para cobijar al cultivo más preciado de la región han sido, sin duda, los bucares (Erythrina spp), que por ello se pueden encontrar en la actualidad abundantemente por casi todo Barlovento, siendo numerosas las aves que acuden a libar en sus flores o a comérselas, entre ellos conotos, loros guaros, arrendajos, colibríes de varias especies y también nuestra ave emblemática nacional, el turpial. Resultó así que al bucare, «con justeza de epíteto se le ha llamado “madre del cacao”» (Alamo, 1911, p. 61), tal como lo hizo Andrés Bello en su conocida «Silva a la agricultura de la Zona Tórrida» en un verso que dice: «ampare / a la tierna teobroma en la ribera / la sombra maternal de su bucare» (Bello, 1958 [1826], p. 12). Sin embargo, no ha faltado quien, cambiándole la condición femenina al acto de cobijar, lo llamara «el padre del cacao, como se dice vulgarmente» (Arana, 1945, p. 53).

 

A contracorriente con el criterio dominante, Jesús Hoyos llegó a sostener que ninguna de las especies de bucare eran recomendables para ser utilizadas como sombra del cacao o del café, debiéndose sustituir en tal función por árboles como los ya citado guamos, «menos corpulentos y de hojas perennes» (Hoyos, 1985, p. 160). Por supuesto, muchos se han mostrado en desacuerdo con tal apreciación respecto de los bucares, pero en lo que sí coinciden todos es en considerar que el Samán (Pithecellobium saman), árbol de sombra de gran abolengo, emblema vegetal del Estado Aragua y del conjunto de los países bolivarianos (Cueto, 1991; Hoyos, 1985, p. 47), no servía, sin embargo, para cobijar a los cultivos de plantación, como el café y el cacao, «uso para el cual es poco conveniente porque reseca mucho el suelo y le quita una cantidad enorme de sustancia necesaria para el alimento de la plantación; en tiempo de su florescencia es tal la abundancia de las flores, que caen encima de los arbolitos de café o de cacao, que éstos se hallan literalmente agobiados bajo su peso en gran perjuicio de su propia fructificación» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 387). Digamos que, en contrapartida, para los animales y la gente resulta sumamente acogedor el frescor de la sombra bajo el follaje del samán, aunque bote muchas hojas y flores.

 

El secreto de la gran estima que ha tenido el cacao, no sólo desde que fuera descubierto por los europeos, sino desde los tiempos de las civilizaciones indígenas americanas, está en sus semillas «ricas en almidón, en proteínas, en materia grasa, lo cual les confiere un valor nutritivo real. Su contenido en teobromina… junto con la presencia de cafeína, les da propiedades estimulantes. Encierran un aceite esencial que les da un sabor aromático particular» (Braudeau, 1981 [1969], p. 13).

 

De los productos que se elaboran con esas semillas, el más preciado es, como todos saben, el chocolate. Esta palabra, de origen azteca, designaba inicialmente a una bebida que se ha elaborado de diferentes maneras, incorporándosele primero, en el período indígena, especias americanas como el ají y la vainilla, según dijéramos al inicio de esta nota, para luego devenir durante la colonia en un preparado caliente endulzado con azúcar, ya que la almendra del cacao tiene sabor amargo. «Los españoles guardaron por mucho tiempo el secreto de esa maravillosa bebida cuyo consumo se difundió posteriormente a otros países europeos», siendo «los ingleses quienes modificaron la preparación del chocolate añadiéndole leche en lugar de agua a comienzos del siglo XVIII» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 165).

 

Aunque en sus inicios fue un producto reservado a la gente adinerada, con el tiempo se fue popularizando, teniendo hoy día un consumo masivo. Para ello hubo que esperar la elaboración industrial del polvo de cacao, iniciada por una empresa de un holandés apellidado Van Houten que registró la patente en 1828 (Delascio, 2003, p. 32 y Braudeau, 1981 [1969], p. 16). El procedimiento consistía básicamente en extraer la manteca de cacao, a la cual pronto se le buscó la utilidad, resultando que al mezclarla con «azúcar se puede preparar un artículo delicioso que se puede moler: el chocolate», tal como se conoce hoy día, es decir, en barras, «puesto en venta por primera vez en 1847. En 1876 aún se da un nuevo empuje a la industria con la fabricación del chocolate con leche» (Braudeau, 1981 [1969], p. 16). Desde entonces se impuso sobre la bebida el consumo de chocolate sólido, forma en la cual pareciera haber incrementado su poder adictivo.

 

Una planta tan especial como la del cacao no podía dejar de tener también usos medicinales. Pittier señalaba, al respecto, que «entre el pueblo, el cacao se aplica en forma variada en la curación de múltiples enfermedades y» —¡prestad atención, colegas atacados por la calvicie!— «aun para hacer crecer el pelo» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 169). La fórmula mágica para lograrlo es la siguiente: «Tómese el aceite o manteca de cacao en dosis de cuatro cucharadas, con otras tantas de aceite de ajonjolí o de almendras y lo que basta de cera blanca para hacer una pomada, se le agrega de esencia de canela un escrúpulo y ocho gotas de clavos. Con esta pomada se unta el pelo. Diariamente crecerá de un modo muy notable» (Anónimo, 1990, p. 13)

 

Se ha dicho también que es recomendable «para la circulación, el corazón y las quemaduras» y que «la decocción de la pulpa que recubre las semillas sirve para la fiebre y la infusión de las hojas ayuda en los trastornos cardíacos» (González, 2004, p. 80). Además, son bien conocidas las múltiples aplicaciones que tiene la manteca de cacao que se expende en las farmacias, que «relaja las inflamaciones y cicatriza las grietas de los labios, las lesiones en el pezón de las madres lactantes; hemorroides, irritaciones, quemaduras de la piel y vaginitis» (González, 2004, p. 80).

 

Por otra parte, «es creencia popular que la manteca de cacao, administrada en pequeñas gotas, cura el “sereno”, enfermedad que aqueja a los niños de pocos meses de nacidos, la cual se manifiesta con fiebre alta, llanto, gritos y evacuaciones de color verde. Dicen que la misma se debe a las malas influencias nocturnas que le entran al menor, por la mollera o fontanela (espacio que en los recién nacidos media entre algunos huesos del cráneo), cuando se exponen en la noche sin taparles la cabeza» (Delascio, 2003, p. 32).

 

El cacao ha dado lugar también a expresiones muy utilizadas en el habla del venezolano, aunque en muchos casos la razón de su origen se haya difuminado en el tiempo, como la de «pedir cacao», que significa «pedir perdón, rendirse», la cual sería una «alusión al grito particular que emiten los gallos de riña cuando huyen» (Alvarado, 1984 [1921], p. 78). Según Julio Calcaño, en efecto, «del cacareo del gallo que huye en la riña formaron tal frase los jugadores de gallos, y así dicen: pide o pidió cacao; está pidiendo cacao. Los chicos la aplican en sus luchas al vencido; y cuando éste cae derribado, el vencedor le fija la rodilla en el pecho y le obliga a pedir cacao. Si no consigue hacerlo decir cacao, recomienza la lucha» (Calcaño, 1950 [1896], p. 314). Gonzalo Picón registraba, por su parte, que «no haber quien le haga a uno un cacao» equivalía a «no haber persona alguna que lo iguale, venza, supere ó sobrepuje en cualquier forma ó sentido» (Picón, 1964 [1912], p. 309).

 

Por último, «ser un gran cacao» significaba antiguamente, y todavía hoy día, «ser un magnate, un personaje de campanillas. Recuerdo de los tiempos coloniales, en que la riqueza consistía por lo principal en plantaciones de cacao» (Alvarado, 1984 [1921], p. 78). Era también la época de las grandes desigualdades sociales, en la cual tenían predominio los mantuanos, casta llamada así porque sólo sus mujeres podían usar mantillas durante la misa y otras celebraciones del culto católico.

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Place: La Pomarrosa Farm, Barlovento, north-central Venezuela.

 

PLANTAS MEDICINALES D-E

   

PLANTAS MEDICINALES QUE EMPIEZAN POR D-E

   

DIENTE DE LEÓN

 

El nombre de diente de león se refiere a la forma de sus hojas. Los médicos árabes recomendaban su uso terapéutico desde los siglos X y XI.

Cultivo :

No hay ningún tipo de dificuldad para cultivar el diente de león, pues es suficiente plantar las semillas o dividir las raices. Si no se desea que la planta se au-torreproduzca, se deben eliminar las cabezuelas florales inmediatamente después que aparezcan.

Propiedades medicinales:

Diurético, depurativo y fortalecedor de la sangre, laxativo, colagogo, refrescante y antiescorbútico, el diente de león se utiliza en la medicina casera y en la culinaria, en forma de jugo, ensaladas y cocidos, contra las afecciones del sistema urinario, de los pulmones, de los ríñones, de la vejiga, del estómago, del hígado y contra las hidropesías. Se recomienda también para diabéticos, pues sus azúcares no sobrecargan el metabolismo, para estimular el apetito y vencer diversas enfermedades de la piel como, por ejemplo, eczemas. También se considera digestivo y eficaz contra los dolores artríticos, reumáticos, y para fortalecer la visión. La planta fresca del diente de león tiene gran cantidad de vitaminas y substancias minerales como: calcio, fósforo, potasio, sodio, manganeso y silicato.

Indicaciones de uso:

Depurativo, hidropesía – Decocción: hervir en un litro de agua 1 OOg de raices de diente de león. Beber tres tazas por día.

Hígado (cálculos) – Decocción: hervir en un litro de agua durante cinco minutos 80g de raíces. Colar y beber de dos a tres tazas por día.

Visión (fortalecedor) – Jugo: macerar el tallo de la planta hasta obtener un jugo

lechoso. Verter dos gotas en cada ojo, una o dos veces al día, pero no más que

eso.

Diurético, obesidad – Decocción: hervir en medio litro de agua 30g de la planta de diente de león, mientras está nueva. Ingerir como té durante el día. Vejiga (desinfectante) – Infusión: colocar en reposo en un litro de agua hirviendo durante 18 minutos 6g de raíz de diente de león. Agregar jugo de limón y miel e ingerir la infusión tres veces al dia. Para el mismo fin se pueden consumir las hojas de la planta cruda en ensaladas o cocidas, aderezadas con mantequilla y queso. Otro tipos de plantas medicinales y flores se encuentran en el sitio jardines.

Uso general – Jugo: macerar la planta hasta obtener su jugo. Tomar en ayunas una o dos cucharadas soperas por dia o una cucharada de las de té cada dos horas.

     

DRÍADA

 

Dríada, Té suizo

Nombre común o vulgar: Dríada, Té suizo

Nombre científico o latino: Dryas octopetala

Planta vivaz de 5 a 15 cm de altura.

Su tallo es leñoso y rastrero, y las hojas recuerdan a las del roble, aunque son más pequeñas.

Las flores son grandes, solitarias, con 8 pétalos y estambres amarillos.

Hábitat: originaria de las regiones árticas de Europa, aunque se halla difundida por las regiones montañosas de Europa central.

La dríada es tan resistente al frío que se cría incluso en las regiones árticas del norte de Europa.

Propiedades e indicaciones: las hojas contienen tanino y sales minerales, entre las que destacan los silicatos solubles.

Son aperitivas, digestivas y astringentes.

La tisana que se prepara con ellas (té suizo), es muy apreciada en los siguientes casos:

Trastornos digestivos: dispepsias, empachos, cólicos intestinales (retortijones) y malas digestiones.

Afecciones bucofaríngeas: amigdalitis (anginas), faringitis, aftas bucales y diversas inflamaciones de la mucosa oral (estomatitis). En estos casos se aplica en forma de gargarismos.

     

DROSERA

  

Otros de los nombres comunes de la planta drosera es atrapamoscas o hierba del rocío.

 

Tiene un tallo muy corto que parece inexistente, de color verde floral o tenido de rojo y muy duro, sus hojas son largas y muy delgadas, cubiertas de pequeños tubitos móviles que terminan en pequeñas glándulas que segregan un liquido pegajoso y transparente que parece rocío, en verano le aparecen flores blancas en forma de espigas, también pequeñas cápsulas llenas de miles de semillas, su olor no se puede percibir por los humanos y tiene un sabor muy amargo. Esta planta se considera una planta carnívora debido a que atrae a los insectos con su secreción y con esta misma los atrapa, después los enrolla con sus hojas y luego los digiere poco a poco.

 

Usos de las plantas medicinales: planta drosera

 

• Tiene propiedades sedantes y antiespasmódicas, por lo que se usa para combatir la tosferina, tos nerviosa, tos laríngea, tos gástrica, vómitos, y tuberculosis.

 

• También actúa para prevenir la gripe, algunos campesinos utilizan la secreción de sus hojas para desaparecer las verrugas.

 

• En la actualidad se ha empezado a utilizar para curar las enfermedades gastrointestinales, que normalmente se acompañan de dolores espasmódicos.

 

• También es de gran ayuda para aliviar los ataques de epilepsia.

 

• Ayuda provocar el vómito o diarrea si se ingiere en pequeñas cantidades.

     

DULCAMARA

DULCAMARA

 

Nombre científico: Solanum dulcamara Familia: Solanáceas Sinonimia: Bitersüss (alemán); douce-amére (francés); bitter-sweet (inglés); co-rallina (italiano); dulcamara; doce-amarga, erva-cáo (portugués).

Descripción:

Originaria de Europa, Asia y África, la dulcamara es un subarbusto trepador, que se apoya en los vegetales más cercanos y tiene tallo de dos a cuatro metros ue altura, muchas ramas finas, alargadas, flexibles y pilosas, corteza grisácea y raices fibrosas. Sus hojas son ovales, puntiagudas y raramente blancas, tienen la misma forma que las de la patata y se disponen en racimos corimbiformes. Los frutos – bayas ovales y pequeñas, rojas cuando están maduras contienen semillas en forma de ríñones. Encierra, principalmente en el tallo y en la base de los pecíolos, el alcaloide “solanina”, el glucósido “dulcamarina”, el extracto dulce amargo “picroglycon”, resina, cera, gluten, goma y varias sales. Según algunos autores, para fines medicíñales se debe emplear la corteza de las ramitas tiernas y las hojas, recogidas en la primavera o en el verano y desecadas al aire libre. Otros dicen que au sólo los tallos – de sabor amargo, que pronto se vuelve dulce, con dos años, recogidos en el otoño cuando ya han caído las hojas o en la primavera antes que broten de nuevo, se deben utilizar medi-cinalmente.

Desde hace siglos se han atribuido a la dulcamara innumerables virtudes curativas. Antaño considerados venenosos, sus frutos son comprobadamente inofensivos, pues solamente contienen 0,3 a 0,7% de “solanina”, de acuerdo con una información no unánime. Las hojas, sin embargo, parecen ser realmente veneno sas, por lo menos para los animales. Las raices antiguamente eran consideradas como el principal ingrediente del legendario “elixir del amor”, capaz de hacer que cayesen enamoradas las personas que lo tomaban.

    

EFEDRA

EFEDRA (Ephedra sinica Stapf.)

Otros nombres:

Familia: Ephedraceae.

 

Partes de la planta de uso médico: La hierba.

 

Sustancias activas: Diversos alcaloides, principalmente efedrina y pseudoefebrina. Flavonoides y proantocianidinas.

 

Propiedades: Existen diferentes campos de acción en esta planta; unos aceptados por la medicina tradicional y otros solo por la popular. Estos son algunos de los beneficios que podemos encontrar con el uso de esta planta:

 

Homeopatía: No se conoce.

 

Indicaciones Académicas: Para fines medicinales se utiliza para:

 

Trastornos de la tensión sanguínea después de haber sufrido enfermedades infecciosas: Hipertensión arterial.

Ataques de asma.

Fiebre de heno.

Estados alérgicos.

Urticaria.

Resfriados.

Edemas.

Fiebre.

Inapetencia sexual femenina: Estudios preliminares pequeños indican que la efedra puede incrementar la excitación sexual en las mujeres. Se requiere mayor investigación para confirmar estos hallazgos.

Obesidad: Con base en las investigaciones científicas disponibles, la efedrina aparentemente causa pérdida de peso cuando se usa en combinación con la cafeína. Los resultados de usar efedrina, sin la cafeína, no son claros.

Presión arterial baja. Los principios activos de Ephedra sinica pueden estimular el corazón, incrementar el ritmo del latido cardíaco y aumentar la presión arterial. La efedrina se usa algunas veces en hospitales para ayudar al control de la presión arterial.

   

ENCINA

La encina son árboles de un tamaño importante y posee vistosas flores amarillas. Esta especie crece en el Mediterráneo en áreas de matorrales y bosques en zonas costeras con clima templado. Su crecimiento es lento y su distribución es dispersa, su madera es utilizada para leña o aplicaciones pequeñas como realizar herramientas, pilares u otros productos, pero no es tan valorada como otras especies.

Otras denominaciones populares con la que se conoce al árbol de encina son: encina de bellotas amargas, encina oceánica, carrasca negra, entre otras. El nombre científico es Quercus ilex y pertenece a la familia de las fagáceas.

El árbol de encina es utilizado con fines medicinales para gran cantidad de afecciones como inflamaciones de boca, encías y garganta, ayuda a regular la cantidad de fluidos vaginales, ayuda a curar heridas, llagas, aftas, granos, eczemas, inflamación de intestinos, indigestión, colitis, hemorroides, sabañones, para desinflamar el útero y la zona vaginal.

También es eficaz en hemorragias, diarreas, para controlar el exceso de sudor, pies y debajo de los brazos así como el mal olor, anginas, faringitis, conjuntivitis, reuma. Ayuda a disminuir los tics nerviosos, compulsiones y síntomas de estrés, es muy útil para como tónico energizante que actúa en forma progresiva en el organismo.

La corteza, las flores y las hojas son las partes de este árbol que tiene cualidades medicinales ya que posee gran cantidad de taninos y otros principios activos útiles para fines medicinales. Se puede consumir en infusión, realizar baños de pie y lavajes en zonas íntimas para tratar los diferentes síntomas o patologías.

El fruto del árbol de encina son bellotas las cuales son comestibles y se preparan licores y otros platos dulces en base a ellas, además se alimenta al ganado con ellas.

Las personas que padecen gastritis o ulcera gastroduodenal no deben consumir en vía oral la encina porque puede producir importantes malestares. Tampoco si la persona tiene fiebre o afecciones cardiacas.

La consulta al medico antes de utilizar la medicina natural es muy importante ya que de esta manera se disminuirá la posibilidad de sufrir reacciones adversas o contraindicaciones por el consumo de alguna planta como remedio natural. Es peligrosa la automedicación con plantas o hierbas ya que muchas son perjudiciales para la salud sino se las utiliza correctamente.

    

ENDRINO

SINONIMIA: Castellano: Ciruelo silvestre, Ciruelo endrino, Endrinera, Bruño, Arañón, Espino negro, Arto negro, Acacia bastarda, Amargaleja; Catalán: Espí negre, Arc negre, Pruneller, Escangayats, Barsal, Aranyoner; Gallego: Cambroeiro, Abruñeiro, Gruñeiro; Vascuence: Elorri beltz, Basaran; Francés: Prunellier noir, Prunier sauvage; Inglés: Blackthorn, Sloe.

FAMILIA: Rosáceas

ORIGEN Y DISTRIBUCIÓN: Muy común en las zonas de montaña de toda Europa, donde crece en laderas y bordes de caminos. Está naturalizado en América.

USOS TERAPÉUTICOS: Diurético, antiasmático, antidiabético, afecciones de la vejiga y vías urinarias, trastornos digestivos, laxante suave.

PARTE UTILIZADA: Flores (flos pruni spinosae), frutos (fructus pruni spinosae), Cortezas (cortex pruni spinosae), Hojas (folium pruni spinosae).

Descripción

El endrino es un arbusto que se autorreproduce fácilmente por los retoños que brotan de las raíces, lo que da lugar habitualmente a grandes espesuras de penetración impracticable.

Las ramas son espinosas, con pequeñas hojas alternas, ovales y pecioladas. Las flores, que aparecen antes de las primeras hojas, son blancas y pentámeras. Sus frutos son las endrinas, unas drupas de color azul oscuro. Este arbusto crece en laderas soleadas y secas, especialmente sobre terrenos pobres y pedregosos.

 

Aplicaciones y propiedades

El endrino es conocido desde la antigüedad como planta medicinal y alimenticia. Han sido hallados huesos de endrina en antiguas ciudades lacustres del neolítico.

Las flores del endrino contienen glucósidos, taninos, vitamina C, azúcar y pigmentos. Sus propiedades son, sobre todo, diuréticas, con un ligero efecto laxante. En alimentación se emplean para fabricar licores de prunelle y pacharán.

Los frutos contienen mayormente taninos y ácidos orgánicos, cuando están secos tienen propiedades astringentes y algo laxantes. Se emplean contra afecciones de las vías urinarias y de la vejiga, así como en trastornos digestivos. Los frutos frescos sirven para la fabricación de jugos, jarabes y vino de endrina. La tintura de endrinas tiene aplicaciones sudoríficas, diuréticas y laxantes. En alimentación se emplean para fabricar confituras y mermeladas.

Las cortezas y hojas tienen propiedades antiasmáticas y antidiabéticas.

Remedios

Infusión diurética y laxante infantil

Las flores del endrino son algo laxantes, útiles en infusión como laxante infantil, pero sobre todo son diuréticas. Se puede preparar una infusión para ambas aplicaciones con dos cucharaditas de flores secas y desmenuzadas en una taza de agua. Tomar dos o tres veces al día.

    

ENEBRO

 

SINONIMIA: Castellano: Junípero, Nebro, Enebro común; Catalán: Ginebre negral, Ginebre mascle, Ginebrer, Ginebrera, Ginebró ver; Gallego: Cimbro, Xenebro; Vascuence: Ipar-ipuru, Ipar-orre; Francés: Genévrier commun, Pétron; Inglés: Juniper common.

FAMILIA: Cupresáceas

ORIGEN Y DISTRIBUCIÓN: Crece en terrenos pedregosos y de montaña de toda Europa. Está naturalizado en América.

USOS TERAPÉUTICOS: Tónico estomacal, digestivo, balsámico, expectorante, sudorífico, antiséptico, diurético, gota, hipercolesteremia, hiperglucemia, afecciones de los oídos.

Otros usos y propiedades: Tiene aplicaciones culinarias, como condimento aromático para carnes, y en la elaboración de licores.

PARTE UTILIZADA: Bayas (fructus juniperi), hojas (folium juniperi), ramas/madera (lignum juniperi).

 

Este apreciado arbusto espinoso se adapta al clima y se le puede ver en terrenos secos y pedregosos, laderas soleadas, pastizales y tierras de montaña, generalmente sobre substratos calizos. Según uno u otro caso, puede alcanzar alturas de varios metros o presentarse en forma de mata achaparrada, ramosa y leñosa.

  

Tiene hojas cortas y algo punzantes (con agujas dispuestas de tres en tres). Es una planta dioica. Las flores, que salen en primavera, son pequeñas y de color amarillo, crecen en plantas separadas según sean masculinas o femeninas. En algunos países es un arbusto protegido. Las bayas (nebrinas) son verdes al principio y ennegrecen en otoño tras su maduración.

Recolección

Desde el momento de la floración ya se pueden recoger las hojas. Las nebrinas se recolectan en pleno otoño; para su almacenamiento es preciso dejar secar antes a la sombra, pero siempre con calor solar, nunca artificial, guardando después en recipientes bien herméticos.

Aplicaciones y propiedades

Pocas plantas son tan útiles como el enebro, no sólo en aplicaciones homeopáticas, sino también en la preparación de platos, licores, como condimento aromático para carnes, etc. En homeopatía se ha utilizado siempre la tintura de gálbulos y ramas de enebro en diferentes afecciones. De las ramas, por ejemplo, se extrae un aceite adecuado para eliminar parásitos en la piel. Las hojas son diuréticas y antirreumáticas, además de útiles en el tratamiento de neuralgias musculares y artritis. Las bayas contienen un aceite esencial rico en principios activos (pipeno y borneol), inosita, un glucósido (flavona), juniperina y un principio amargo; tienen numerosas propiedades: tónicas, balsámicas, expectorantes, antisépticas, sudoríficas, estomacales y digestivas, y son también muy adecuadas para tratar desórdenes de riñón y vejiga, contra la gota y reumatismo, en afecciones de oídos, y reducción de los niveles de colesterol y azúcar.

En general son las bayas (nebrinas) las que se utilizan con mayor frecuencia, las negro-azuladas son de uso imprescindible y elemento principal en la preparación de conocidas ginebras británicas y holandesas, también se emplean en aromatizar el aguardiente de semillas de maíz, centeno y malta. En la cocina se emplea como condimento, es uno de los componentes utilizados en determinados platos del norte de Europa, como el lachoucroute.

Remedios

Aceite de enebro para los oídos

Rellenar un frasco de un cuarto litro aproximadamente con bayas de enebro hasta su tercera parte, seguidamente vaciar el bote en un almirez y macharlas ligeramente, devolver las bayas machacadas al frasco y terminar de rellenarlo con aceite de oliva virgen. Dejar el frasco bien cerrado dos horas al baño maría y posteriormente guardarlo una semana en lugar seco. Antes de su aplicación pasar el aceite por un colador a un frasco cuentagotas.

Infusión para el reumatismo crónico y desinfectante de las vías urinarias (cistitis)

Hervir una taza de agua con una cucharadita de bayas de enebro trituradas. Dejar reposar 20 minutos. Beber una taza por la mañana y otra por la noche. Mantener el tratamiento dos veces al año durante 4-6 semanas cada sesión.

Precaución: no es aconsejable tomar en caso de embarazo o inflamación renal.

Opciones: Puede aplicarse en baños antirreumáticos vertiendo la infusión en la bañera.

     

ENELDO

    

Nombre Cientifico: Anethum graveolens. Otros nombres: dill (inglés), dill (alemán), anéth (francés), aneto (italiano).

 

De la familia de las Umbelíferas (aunque algunos afirman que es herbácea). El tallo es erecto, ramificado en la punta y puede superar el metro de altura. La raíz es larga y delgada. Las hojas son de un color verde turquesa. Las flores, dispuestas en umbelas, son amarillas. Los frutos están recorridos por costas dorsales poco prominentes.

Propiedades

 

Digestivo

Carminativo

Diurético

Espasmolítico

Galactógeno

Aromatizante

 

Se utiliza casi toda la planta, incluso las semillas. Los frutos se recogen al final del verano, antes de la maduración; las puntas se recogen, en cambio, en verano cuando los frutos todavía no están maduros. Para la desecación de los frutos y puntas, éstos se colocan sobre una tela en un lugar aereado. Los frutos se pasan por el cernidor y las puntas se cortan en pedazos. Ambos se conservan en vasos de vidrio.

Es una planta muy conocida en las artes culinarias utilizándose el tallo fresco para condimentar algunas platos, generalmente combina muy bien con el pescado. Los frutos adicionados en una infusión ejercen una acción favorable sobre la secreción láctea.

Usos

Infusión para la inflamación de la boca: con 5 g de semillas de eneldo en 1 l.de agua. Hacer gárgaras de 4 a 6 veces al día.

Infusión contra la naúsea: en un vaso de agua caliente coloque una pizca de semillas de eneldo, la filtramos y endulzamos antes de beberla .

Es carminativa, diurética y ayuda en la digestión tomando 2 o 3 tazas al día en forma de tisana o infusión, en proporciones de no más de una cucharada sopera de hojas y frutos secos por litro de agua. Tanto el té como la tisana sirven también para limpiar heridas o llagas tórpidas y desinfectarlas. Limita la acumulación de gases en el cuerpo y favorece su eliminación.

Componentes químicos impotantes

Los frutos contienen del 3 al 5% de un aceite esencial, cuyo principal componente es la carvona. También contienen sustancias albuminoideas y un hidrocarburo (felandreno). Además contiene flavonoides derivados del kenferol, acidos fenólicos como por ejemplo: caféico, clorogénico.

Contraindicaciones

No recomendamos el consumo en embarazadas, niños y personas que padezcan gastritis. Las mujeres en período de lactancia deberán consultar su uso con su médico.

El aceite esencial de eneldo causa fitofotodermatitis (furanocumarinas).

     

ÉNULA

 

Énula, Helenio, Hierba del moro, Ojo de caballo, Hierba campana, Hierba del ala, Ínula, Raíz del moro

Nombre común o vulgar: Énula, Helenio, Hierba del moro, Ojo de caballo, Hierba campana, Hierba del ala, Ínula, Raíz del moro

Nombre científico o latino: Inula helenium

Familia: Compuestas.

Puede alcanzar una altura semejante a la del hombre cuando se localiza en tierras que le proporcionan todos sus requerimientos para lograr un óptimo desarrollo, en cuyo caso se la puede considerar como una de las plantas herbáceas más grandes.

Por su contenido en aceite esencial, en una magnitud del 1 al 2 %, tiene helenina, lo que le confiere una acción antiespasmódica, antiséptica, antifúngica, antihelmíntica, colerética y colagoga, por lo que se emplea en disquinesias biliares.

Además contiene azuleno, inulina, fructosanos y mucílagos, que le proporcionan una acción vulneraria, por lo que también se emplean de forma tópica sobre heridas, úlceras, eccemas y urticaria.

Por otra parte, se ha observado una cierta acción diurética que puede moderar la tensión, produciendo una disminución de la misma.

Está indicado en casos de tos irritativa, tosferina, bronquitis y asma, por su acción antiespasmódica.

Indicaciones:

Uso interno:

Bronquitis, hipertensión, edemas, dispepsias hiposecretoras, parásitos intestinales.

Uso Externo:

Heridas, úlceras, dermatomicosis, prurito.

Contraindicaciones/precauciones Gastritis, ulcus.

Efectos secundarios:

Irritación digestiva, gastroenteritis (a dosis altas), dermatitis de contacto.

     

EPILOBIO

 

Epilobio

 

Epilobium angustifolium

 

Otros Nombres: Hierba de San Antonio, Laurel de San Antonio

 

Esta hermosa de las montañas europeas, además de alegrar la vista con su colorido, comunica un agradable sabor dulce a las tisanas hechas con ella. En el norte de Europa es muy apreciada, y sus brotes tiernos se comen en ensalada.

 

Hábitat: difundido por toda Europa y Asia septentrional. En España se encuentra en las montañas del norte, del centro y en Sierra Nevada. Se cría en bosques fríos de montaña.

 

Descripción: planta vivaz de la familia de las Enoteráceas, cuyo tallo rígido alcanza 70-100 cms. de altura. Sus flores tienen 4 pétalos y 4 sépalos de color rosa vivo o púrpura.

 

Propiedades e indicaciones: toda la planta contiene tanino, pectina y mucílago. Tiene propiedades astringentes, debido a su contenido en tanino; y emolientes (desinflama la piel y las mucosas), gracias a su riqueza en mucílagos y pectina. Sus aplicaciones más comunes son las siguientes:

 

Diarreas, gastroenteritis, y en general, todas las inflamaciones de la mucosa digestiva. Además de su efecto astringente, el Epilobio es antiinflamatorio. Corta la diarrea y hace desaparecer el malestar abdominal.

 

Estomatitis (inflamación de la mucosa bucal), gingivitis y faringitis: aplicado en enjuagues bucales y gargarismos tiene efecto antiinflamatorio y deja una agradable sensación de frescor en la boca.

 

Hiperplasia prostática benigna y tratamiento de los síntomas urinarios asociados. Prevención y tratamiento de la gripe. En uso tópico: dermatitis, estomatitis, faringitis, parodontopatías, heridas, ulceraciones dérmicas.

 

Uso: en infusión con 50 gramos de flores y raíz secas en un litro de agua, de la que se toman 4 o 5 tazas diarias.

 

Para uso externo e Enjuagues bucales y gargarismos que se realizan con la misma infusión que se emplea internamente.

 

Parte Utilizada

Las flores y la raíz secas. de las especies Epilobium angustifolium L.; E. parviflorum Schreb.; E. hirsutum L.; E. montanum L. y E. roseum Schreb., entre otras.

 

Principios Activos

Flavonoides derivados del kenferol, quercetol y miricetol (especialmente miricetin 3-O-beta-D-glucuronido). Fitosteroles: beta-sitosterol. Taninos elágicos macrocíclicos: oenoteínas A y B (10-14%).

  

EQUISETO MENOR

equiseto menor (equisetum arvense)

 

Esta planta puede llegar a medir hasta sesenta centimetros de altura y se distinguen en ella dos tipos de tallos: los primeros en emerger de su rizoma subterraneo que se mantiene a lo largo de los años son los denominados fertiles, bastante menos resistentes que el segundo tipo de tallos, los llamados esteriles, por ser inutiles para ejercer mecanismos de reproduccion.

Estos ultimos presentan a lo largo una serie de estrias y tienen un color verdoso; de ellos salen numerosas ramitas laterales.

Podemos encontrarlo en zonas humedas y arenosas de la mitad norte de la Peninsula.

Por tratarse de un helecho no se puede hablar de epoca de floracion, pues carece de flores; pero en su lugar posee unos organos reproductivos, propios de los helechos, llamados esporangios, en cuyo interior se encuentran las esporas.

Estos esporangios aparecen en los tallos fertiles en los meses de primavera; de las esporas, al caer al suelo, no sale otro helecho sino una minuscula plantita llamada protalo que solo se puede observar a traves de microscopio.

Al existir protalos de los dos sexos, los masculinos son los encargados de fecundar a los femeninos de los que, ahora si, nacera un nuevo helecho.

Para recolectar este equiseto lo primero que hay que hacer es determinar con exactitud la especie a la que pertenece; pues existen otros helechos muy semejantes fisicamente como el equiseto palustre, que es venenoso, por lo que en caso de duda lo mas razonable es no recolectarlo.

Esta operacion conviene efectuarla en los ultimos meses de verano.

Tiene gran cantidad de sales de silicio, responsables de sus propiedades remineralizantes, por lo que se emplea en casos de fatiga y convalecencia; ademas aumentan el numero de leucocitos y mejoran la resistencia del tejido conjuntivo, por lo que se emplea como antirreumatico, consolidando las fracturas de huesos.

El cloruro de potasio y el de aluminio son los responsables de su marcada accion diuretica y asi se emplea en casos de hipertension, hiperuricemia, oliguria, urolitiasis y obesidad.

Tambien posee trazas de vitamina C, alcaloides, resinas y, en mayor cantidad, saponosidos como la equisetonina y flavonoides.

En conjunto todos ellos le proporcionan propiedades hemostaticas y cicatrizantes de ulceras y heridas.

.- Decoccion de planta seca. Se añaden quince gramos a un litro de agua hirviendo, dejandolo en contacto durante veinte minutos.

La posologia en niños es de 20 ml al dia y 200 ml al dia en adultos.

.- Decoccion. Se añaden 50 gramos de planta fresca a un litro de agua hirviendo, dejandolo a esta temperatura durante 30 minutos; el liquido resultante despues de dejarlo enfriar hasta los 35 ºC se aplica en forma de compresas o lavados, como cicatrizante en heridas y hemorroides.

Utilizacion

Remineralizante. Diuretico. Hemostatico

    

ERIGERON

 

Nombre científico: Erigeron. Nombre común: Erigeron.

 

Tipo de planta: Vivaz de la familia de las compuestas,

  

Erigeron es una planta herbácea de cultivo vivaz, que pertenece a la familia de las compuestas, con más de 150 especies distintas. Se trata de una graciosa florecí lia de origen montañoso.

 

ERIGEO (Conyza canadensis L.)

Otros nombres: Coniza. Crisantelmo. Crisantemo. Erígero. Erigeron. Erígeron. Erigerón. Erigeron del Canadá. Erigeo canadensis. Hierba de caballo. Husos. Lirio compuesto. Zarramag.

Familia: Asteraceae.

 

Partes de la planta de uso médico: Toda la parte aérea, salvo las zonas del tallo muy lignificadas.

 

Sustancias activas: Aceites esenciales, taninos, flavona y colina.

 

Propiedades: Existen diferentes campos de acción en esta planta; unos aceptados por la medicina tradicional y otros solo por la popular. Estos son algunos de los beneficios que podemos encontrar con el uso de esta planta:

 

Medicina académica: Se emplea para:

 

Diarreas.

Ácido úrico.

Reuma.

Gota.

Hemorragias nasales (tintura homeopática).

Cistitis.

Catarro.

  

En la medicina popular: Se emplea para las mismas dolencias.

  

ERÍSIMO

 

SINONIMIA: Castellano: Hierba de los cantores, Jaramago, Sisimbrio; Catalán: Erisimó, Erísim, Sisimbri; Gallego: Xaramago, Cecimbre, Xebra; Vascuence: Mendaski; Francés: Érysimum, Herbe aux chantres; Inglés: Erysimum, Hedge mustard.

FAMILIA: Crucíferas

ORIGEN Y DISTRIBUCIÓN: Muy común en las proximidades de zonas habitadas, terrenos baldíos y pastos de media montaña de toda Europa. También es conocida en América

USOS TERAPÉUTICOS: Afonía, laringitis, congestión de las cuerdas vocales, bronquitis crónica.

OTRAS ESPECIES CON SIMILARES PROPIEDADES: Erysimun hieracifolium variedad pumilum.

PARTE UTILIZADA: Sumidades floridas, hojas.

Descripción

El erísimo es muy parecida a la mostaza en cuanto a su sabor, composición y aspecto. Es una planta bianual de tallo erguido, hasta 1 metro de altura, de hojas grandes y muy divididas en segmentos. Las flores son pequeñas y de color amarillo limón.

 

Aplicaciones y propiedades

Se emplea en cocimientos e infusiones a pequeñas dosis como un buen medicamento antiinflamatorio de la garganta, para la afonía, laringitis, congestión de las cuerdas vocales y también en bronquitis crónica. Las aplicaciones internas combinadas con los enjuagues bucales y gargarismos aportan los mejores resultados.

Remedios

Infusión de erísimo para la afonía

Se puede preparar una infusión de erísimo útil en afonías, ronqueras y como descongestionador de las cuerdas vocales, utilizando las sumidades florales de la planta, a base de 50 gramos por litro de planta. El líquido puede aplicarse tanto en vía externa, en forma de enjuagues o gargarismos, como directamente por vía interna tomando hasta un máximo de 6 tazas al día endulzadas con un poco de miel.

Precaución: No tragar el líquido cuando se utilice para realizar enjuagues y gargarismos.

    

ESCABIOSA MORDIDA

 

ESCABIOSA MORDIDA (Succisa pratensis Moench L.)

 

Otros nombres: Mordisco del diablo.

Familia: Dipsacaceae.

 

Partes de la planta de uso médico: La hierba y toda la raíz.

 

Sustancias activas: Saponina, tanino y principios amargos.

 

Propiedades: Existen diferentes campos de acción en esta planta; unos aceptados por la medicina tradicional y otros solo por la popular. Estos son algunos de los beneficios que podemos encontrar con el uso de esta planta:

 

Medicina académica: En la medicina académica se emplea para:

 

Laxante suave: Estreñimiento moderado.

Diurético suave.

Depuración de la sangre.

Exceso de mucosidad. Mucolítico ligero.

  

En la medicina popular: Se emplea para las mismas dolencias, pero además para:

 

Dolores en la matriz.

Parásitos intestinales.

Ardores del pecho.

Tos.

Afonía.

Respiración dificultosa.

  

Modo de preparar el Jarabe de Escabiosa mordida:

Se vierte ¼ de litro de agua fría sobre dos cucharaditas llenas de la planta, se calienta hasta la ebullición y se deja hervir 1 minuto; se retira del fuego y se cuela a continuación. Se añade tanto azúcar moreno como se pueda disolver. Generalmente se toma 1 cucharadita de 3 a 5 veces al día.

 

Contraindicaciones y Efectos secundarios: En dosis adecuadas, no son de temer.

   

ESCARAMUJO

 

SINONIMIA: Castellano: Escaramujo. Griego: Kynorhodon (rosa de perro).

FAMILIA: Rosáceas

ORIGEN Y DISTRIBUCIÓN: Crece espontánea en toda Europa. Se puede encontrar en laderas y matorrales de secano, calveros y lindes de bosques y montes

USOS TERAPÉUTICOS: Astringente, antiinflamatorio, cicatrizante, afecciones de la boca, hemostático, antianémico, depurativo, suave diurético y laxante, antidiarreico, antiparasitario en humanos y animales, antiescorbútico, eficaz contra los resfriados, reconstituyente en convalecencias,

Otros usos y propiedades: Muy utilizada en farmacología y perfumería.

OTRAS ESPECIES CON SIMILARES PROPIEDAES: Rosal común (Rosa centifolia).

PARTE UTILIZADA: Frutos (fructos cynosbati), flores.

Descripción

El rosal silvestre es una especie conocida desde la prehistoria, como confirman los restos encontrados en poblados prehistóricos lacustres. Se trata de un arbusto de hasta 3 m. de altura, tallo espinoso, hojas pinnadas y alternas. Las grandes flores de 5 pétalos, que aparecen entre mayo y julio, son pedunculadas, de color blanco rosáceo y olorosas. Los frutos son aquenios que se encuentran encerrados en un escaramujo ovoide, rojo carmesí y carnoso cuando maduran en otoño.

Aplicaciones y propiedades

El rosal silvestre, y concretamente los escaramujos o falsos frutos, contienen sobre todo vitamina C (hasta un 1%), de hecho posee 5 veces más vitamina C que el limón. Contienen también carotenos, vitamina B, azúcares, pectinas, taninos y ácidos málico y cítrico. Los aquenios son ricos en aceite.

Tiene propiedades astringentes, antiinflamatorias y cicatrizantes; se utiliza en limpieza de heridas. Es útil en las inflamaciones y afecciones de la boca (aftas, gingivitis, dolores dentarios); se utiliza en forma de colutorio o gargarismos. También es hemostática, antianémica y depurativa; posee un ligero efecto diurético y laxante; es antidiarreica y antiparasitaria en humanos y animales. La gran cantidad de vitamina C que contiene le proporcionan propiedades antiescorbúticas; es eficaz contra los resfriados y previene el organismo frente a las enfermedades aportándole resistencia. Es un excelente reconstituyente en las convalecencias. Favorece los procesos enzimáticos.

En farmacia y perfumería es utilizada para corregir el sabor y aroma de ungüentos, medicamentos, cremas y aguas cosméticas. Los escaramujos frescos se utilizan en mermeladas, confituras y vinos medicinales. Con esta planta también se prepara la miel rosada o rodomiel.

Remedios

 

Vino de escaramujos tónico y vitamínico

A un litro de vino tinto de alta graduación añadir unos 100 gramos de frutos secos (escaramujos). Dejar macerar durante 15 días. Filtrar y tomar una o dos copitas al día. Es vigorizante y aumenta las reservas de vitamina C.

Jarabe de escaramujos tonificante

A 1/4 litro de alcohol de 50º añadir unos 100 gramos de frutos secos (escaramujos) y 50 gramos de azúcar. Dejar macerar durante un mes. Filtrar y rebajar con unos 200 mililitros de agua. Es útil en convalecencias y para personas ancianas.

    

ESCROFULARIA

 

Escrofularia (Srophularia nodosa)

Denominaciones

Belarrbelz, Escrofularia, Herba dels humors freds, Hierba de lamparones, Setge, Srophularia nodosa

Descripción

La escrofularia es una hierba vivaz, de tallo cuadrado y hojas opuestas, que puede alcanzar una altura considerable si encuentra buenas condiciones para su desarrollo. El tallo se halla rematado por una panícula de pequeñas flores, en forma de vesículas color marrón-rojizo. Es una planta que vegeta en zonas relativamente húmedas, como en robledales o hayedos. En la Península se la puede encontrar por toda la cordillera cantábrica, así como en diversas montañas septentrionales del país.

A esta planta se la atribuyeron numerosas virtudes; pero sobre todo se empleaba para combatir el escrofulismo, de donde viene su nombre.

Floración

La hierba florece en verano. La recolección se puede realizar desde mayo hasta septiembre y las partes que resultan más útiles -desde el punto de vista médico- son el rizoma y las hojas; una vez recogidos ambos, se ponen a secar al aire y posteriormente se guardan en lugares apartados de la luz.

Aplicaciones

 

Antiinflamatorio: Moderado

Hipoglucemiante: Leve

Purgante: Moderado

 

En las hojas aparecen diversos ácidos, entre los que cabe destacar el ácido cafetánico, el ácido cinámico y el ácido butírico. También contienen flavonoides, una antraquinona y saponinas; estas últimas están presentes en toda la planta, exceptuando las raíces.

Actualmente, se atribuyen a la planta virtudes como la de ser un buen purgante -por la antraquinona-, antiinflamatorio -por los glucósidos- y algunos autores reconocen asimismo propiedades hipoglucemiantes y diuréticas. En la antigüedad se empleaba principalmente para combatir el escrofulismo, es decir, aquellos abscesos supurantes que se abren en la piel, normalmente como efecto secundario a la tuberculosis de los ganglios linfáticos; y también para sanar el bocio y las hemorroides, así como toda clase de tumores. Este uso tan particular probablemente se debía a los pequeños "tumores" que aparecen en la cepa de la planta; esto hizo creer a nuestros antepasados que la planta poseía ciertas virtudes que la hacían particularmente eficaz contra todo tipo de malformaciones tumorales. Hoy en día se le reconocen a la planta algunas virtudes para calmar el dolor de hemorroides, así como para lavar determinadas úlceras; pero sus usos más primitivos han quedado ya relegados.

Administración

 

Infusión. Se prepara una infusión de la planta al 3% aproximadamente; después de dejarla reposar entre 15-20 minutos, se toma a razón de 2-3 tazas al día. Esta infusión se emplea para tratar ganglios hinchados, heridas supurantes y úlceras.

Jugo de la planta. Aplicado directamente sobre úlceras y hemorroides, rebaja la inflamación y mitiga el dolor.

Cocimiento. Con 15-20 gr. de la planta por litro de agua, se deja cocer durante 15 minutos. Esta preparación puede usarse en forma de baños de asiento contra las hemorroides.

      

ESPANTALOBOS

 

Espantalobos (Colute arborescens)

Denominaciones

Colute arborescens, Espantallops, Espantalobos, Espantazorras, Ixara otso

Descripción

El espantalobos es un arbusto mediano, clasificado dentro de la familia de las leguminosas. Se caracteriza principalmente por estar muy ramificado, con hojas compuestas de 3 a 5 pares de hojuelas de forma entre aovada y elíptica y una hoja impar de igual forma en el extremo. Las flores son amarillas y se agrupan en pequeños racimos axilares. El fruto de esta planta es muy peculiar: tiene forma de vejiga, apergaminado y colgante, y puede llegar a medir hasta 5 cm. de largo por 3 de ancho.

Se suele criar en bosques espesos, sobre todo en las montañas calcáreas de casi todo el país.

Floración

Florece entre mayo y junio, dependiendo de la zona geográfica donde se halle. Con fines medicinales interesan las hojas y semillas. El sabor de las hojas es muy desagradable, pues predomina un intenso amargor que hace difícil su administración en cualquier forma farmacéutica. Esto, unido a que se trata de una especie tóxica, hizo que cayera rápidamente en el olvido, como veremos más adelante.

Aplicaciones

 

Emético: Leve

Purgante: Fuerte

Tóxico: Moderado

 

En principio, tal y como señalábamos en el apartado anterior, el espantalobos no es una planta muy recomendada para uso casero. De su composición poco se puede decir, ya que no se ha estudiado en profundidad. Únicamente se conoce la existencia de un principio amargo en las hojas, el cual se supone análogo a la citisina, un compuesto común en muchas especies de esta familia. La razón de que no se haya ahondado en su estudio parece deberse a las escasas aplicaciones que tiene en nuestros días, ya que aunque se considera purgante y vomitivo, las dosis que necesita para ejercer estos efectos son bastante altas, con lo que aparecen antes los efectos tóxicos. En épocas anteriores, se quiso sustituir esta especie por el sen, pero sin lugar a dudas como purgante es bastante más seguro el empleo de sen, pues son menores sus efectos indeseables, al igual que las dosis terapéuticas. A esto hay que añadir que el sabor de las hojas es muy desagradable y muy complicado de enmascarar. Por tanto -a no ser que no se disponga de ningún otro remedio- es mejor olvidarse de esta planta.

El espantalobos no se conocía en la antigüedad. Pasaron muchos años antes de que se empezara a conocer y ya entonces se advertía de sus posibles efectos adversos, recomendándose el empleo de otras plantas de mejores resultados que resultaban menos dañinas.

Administración

 

Infusión. A partir de las hojas se puede preparar una infusión con efectos purgantes. El problema de esta fórmula es enmascarar el fuerte amargor. Se recomienda el empleo de altas cantidades de miel y limón, añadidos a la infusión una vez templada. La infusión se debe tomar en ayunas.

    

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Cuando la cantidad de glóbulos rojos en la sangre está por debajo de lo normal se diagnostica la anemia. Muchas personas pueden padecerla casi sin darse cuenta ya que sus principales síntomas se confunden con agotamiento extremo, falta de sueño o comienzo de un resfriado.

 

Entre las causas que desencadenan la anemia podemos destacar una mala alimentación, un excesivo sangrado tras una cirugía, la menstruación o hemorroides y las enfermedades crónicas tales como cáncer, tiroides o daño hepático. En este artículo te contamos cuáles son los mejores remedios naturales para la anemia.

 

Recetas caseras para tratar la anemia

 

Llevar una alimentación saludable muchas veces puede revertir un cuadro de anemia. Si te estás sintiendo demasiado cansado o sin energía para afrontar tu jornada, si experimentas debilidad, frío en las extremidades y problemas para concentrarte o recordar cosas quizás sería bueno que te hicieses un análisis de sangre para corroborar de qué se trata. Como complemento te recomendamos que aproveches las bondades de estos remedios naturales:

 

Bebe zumo de remolacha cruda y toronja dos veces al día, la primera al levantarte y la segunda por la tarde.

 

Prepara un zumo con un puñado de perejil y el zumo de un limón. Puedes agregar un poco de agua y colar antes de consumir.

 

Haz una sopa de la siguiente manera: fríe 6 dientes de ajo machacados en ½ taza de aceite. Agrega dos rebanadas de pan y 1 pizca de pimentón. Echa agua y deja que hierva media hora.

 

Bebe un licuado hecho con 1 remolacha pelada y rallada, 1 zanahoria pelada y rallada, 2 cucharadas de levadura en polvo y 1 cucharadita de polen. Si deseas puedes añadir un poco de agua. Consume en ayunas.

 

Otra receta de zumo antianémico mezcla 1 zanahoria pelada y rallada, 1 rábano, 1 nabo y 1 berro. Pon ½ taza de agua y bate. Bebe dos veces al día.

 

En el vaso de la licuadora pon 1 zanahoria pelada y cortada en cubos, 1 remolacha pelada y rallada y 1 hinojo picado. Bebe todos los días durante un mes.

 

En una taza pon la yema de un huevo, una cucharada de zumo de limón y una cucharada de melaza de caña. Mezcla bien e ingiere tres veces a la semana.

 

Una receta de zumo de frutas que te ayuda en casos de anemia se prepara con 1 manzana, 3 fresas y 2 moras. Lava bien los ingredientes antes de triturarlos y bebe con un vaso de agua todas las mañanas.

 

La raíz de genciana puede ser muy buena idea: prepara un té con 2 gramos por taza de agua hirviendo. Endulza con miel luego de filtrar. Bebe antes de comer.

 

Tres frambuesas rojas y tres frambuesas negras es lo que necesitas para preparar un riquísimo batido para tratar la anemia. No te olvides de poner un poco de agua en la licuadora para que se mezclen mejor.

 

Calienta una taza de leche y mezcla con dos tallos de apio picados. Puedes triturar antes de consumir. Bebe todos los días antes de dormir.

 

Para hacer un batido muy nutritivo y rico que eleva los glóbulos rojos necesitas 4 rabanitos, 2 manojos de espinacas y 7 berros. Lava y parte, pon en el triturador de alimentos junto a un vaso de agua. Toma por las mañanas.

 

Hierve tres puñados de hojas de acelga en un litro de agua. Retira la verdura y bebe en tres ocasiones cada día.

 

Para terminar te aconsejamos que consumas alimentos ricos en hierro (verduras de hoja, manzanas, aguacates), vitamina C (cítricos, fresas, kiwis) y vitamina B9 (brócoli, plátano) que incrementan la producción de glóbulos rojos. Evita a su vez el café, el alcohol, los refrescos y el chocolate porque obstruyen la absorción de hierro.

 

Para ver la entrada completa haz click aquí: Remedios Naturales para la Anemia - De Nuestro Blog www.SiendoSaludable.com

Lugar: Finca La Pomarrosa, Barlovento, centro norte de Venezuela.

 

Place: La Pomarrosa Farm, Barlovento, north centre Venezuela.

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Sobre este árbol y su fruto he escrito lo siguiente:

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El totumo o taparo (Cresentia cujete) ha tenido desde la época indígena una enorme popularidad en todo el territorio de la actual Venezuela debido a la utilidad de sus frutos grandes y globosos, llamados totumas y taparas, los cuales le nacen, como al cacaotero, directamente del tronco y las ramas.

 

Decía Codazzi que «el totumo produce frutos de diversos tamaños generalmente redondos u ovales. De ellos se sirven la gente pobre y los indígenas para formar vasijas de toda especie, platos, cucharas y otros utensilios» (Codazzi, 1960 [1841], p. 99). Pero según Gonzalo Picón Febres también se valían de ellas los más pudientes, asegurando al respecto que «á no pocas señoritas, bastante aristocráticas, he visto yo en su casa llevando en las rosadas manecitas la rústica tapara, llena de agua del estanque. En las estancias, quintas ó conucos, lo que más anda en movimniento, de la casa á la quebrada y viceversa, es la tapara, ancha de asentaderas, redonda de barriga, pescuezuda unas veces y otras nó, y con un hueco ó agujero en su parte superior» (Picón, 1964 [1912], p. 276). En el pasado no podía faltar en el patio de la casa un árbol de totumo, ya que proveía a muchas familias de sus vajillas (Casale, 1994, p. 374).

 

Por otra parte, desde su llegada a América los europeos refirieron que los hombres de las etnias caribanas, incluidos los tomusas que poblaban Barlovento, acostumbraban utilizar unas especies de estuches para el pene elaborados con taparas. En tal sentido, el que fuera gobernador de la Provincia de Venezuela, Juan de Pimentel, comentaba que «crían estos indios otros árboles que llaman totumos, que de su fruta hacen escudillas, taparas para agua, como botijas, cucharas y cobertura para su miembro genital. La fruta de este árbol es como calabazas; y de esto, hay árboles que echan pequeña y grande fruta» (Pimentel, 1964 [1578], p. 186). Por su parte, Fernando González de Oviedo, considerado como el primer cronista de Indias, señalaba que «los que son varones, traen el miembro viril metido en un calabacito cerrado o cuello de calabaza, y con un cordón ceñido le tienen y cubren aquella parte más deshonesta de su persona» (Fernández, 1986 [1535-1557], p. 253).

 

Los indígenas también le daban un uso ritual al fruto del totumo, ya que con él elaboraban las maracas, en esencia similares a las actuales, compuestas de un taparo «al cual, después de asado y extraída la pulpa, y horadado convenientemente, se le introducen semillas de capacho y un palillo o mango que sirve para agitarla» (Calcaño, 1950 [1896], p. 444). Se construía así sonajeros de diferentes tamaños que podían llevar grabados y adornos, especialmente plumas de ciertas aves, denominados maraka en varias lenguas aborígenes americanas, incluidas la caribe y la arauaca, según refería Lisandro Alvarado (Alvarado, 1984 [1921], p. 268), palabra al parecer de origen guaraní que para José Antonio Calcaño significaría «cráneo o calabaza, celestial o divina» (Calcaño, 1977, p. 152). Alvarado agregaba que la maraca, «en lo antiguo fue instrumento sagrado característico en el ritual de los piaches indígenas» (Alvarado, 1984 [1921], p. 268). Eso mismo decía, con lenguaje lírico, el barloventeño Pedro Lhaya en su poema titulado Aútshi y Wanülü, nombres guajiros, respectivamente, del piache y del espíritu malo que aquél debe vencer. La estrofa reza así:

 

«Aútshi llegó con la esperanza

sobre un caballo de ceniza,

iluminado de elixir negro

tocado de sobria alegría.

Con la maraca sagrada

Del esotérico rito antiguo,

Y en su sangre de estirpe mágica

El eco de los exorcismos.»

 

(Lhaya, 1957, p. 44)

 

La información antigua que nos ha llegado sobre el uso de la maraca por los piaches generalmente carece de objetividad, sobre todo cuando la fuente eran los frailes cronistas, ya que lo que referían era siempre «mirado con el prisma de sus prejuicios» (Alvarado, 1984 [1945], p. 200). Es el caso, por ejemplo, del jesuíta José Gumilla, quien al hablar de las prácticas curativas de los arauacos señalaba lo siguiente:

 

«Estos indios son los más diestros, y aun creo que son los inventores de la maraca, que se ha introducido también en otras naciones; y se reduce en un embustero, que se introduce a médico. Hace creer a los indios que habla con el demonio, y que por su medio sabe si ha de vivir o no el enfermo. Para estas consultas tienen sus casitas apartadas, pero a vista de las poblaciones; y encerrados en ellas los médicos, se pasan toda la noche gritando, y sin dejar dormir a nadie, así por los gritos, como por la maraca, que es un calabazo con mucho número de piedrecillas adentro, con que hacen un fiero e incesante ruido. Grita y pregunta al demonio el piache (así llaman a los tales médicos) y cuando se le antoja, muda de voz, y finge las respuestas del demonio» (Gumilla, 1963 [1741], p. 137-138).

 

Agregaba Gumilla, en nota a pie de página, que «el sonajero de calabaza con piedrezuelas lo estilaban muchos bárbaros, digo brujos y curanderos» de toda América. El franciscano Antonio Caulín no difería de Gumilla en lo esencial, siendo su escándalo tal vez mayor porque también los españoles americanos, que eran llamados indianos por los españoles peninsulares, consultaban a los piaches en diferentes materias, como se puede comprobar de la siguiente cita:

 

«Veamos ahora quienes son estos Piaches, ò brujos, que tan astutamente tienen engañado à tanto número de Infieles y Cathólicos. Son para la mayor parte unos Indios taimados, y comunmente de mal gesto, grandes embusteros, y embaidores, que hacen creer a los demás Indios, que hablan con el diablo, y que éste hace quanto ellos quieren, para hacerse respetables, y temidos por las gentes, y conseguir con estos diabólicos engaños el logro de sus intereses, y desordenados apetitos. Estos son los Médicos de los Indios; ò por mejor decir, matasanos de todas estas gentes, que se valen de ellos. Estos forman sus Escuelas en lo más retirado de los montes, donde baylan à obscuras, y hacen que invocan al demonio con muchas, y horribles mudanzas, flautas, y marácas, y con estas ceremonias crían tales créditos de brujos con los demás Indios, que presumen, son los Señores de la vida, y de la muerte, por verse respetados, y de todos temidos» (Caulín, 1992 [1779], p. 99).

 

La maraca era utilizada no sólo en las curaciones y en los ritos de iniciación, sino también en adivinaciones y otras ceremonias, como matrimonios, exequias y bailes propiciatorios, de lo cual ofrecía Lisandro Alvarado diversos ejemplos. La maraca era en manos del piache un medio para facilitar la comunicación con los espíritus, y sólo él conocía sus secretos. Sin embargo, «parece que en contadas ocasiones podían tocar las maracas, además del piache, otros miembros de la tribu» (Calcaño, 1977, p. 151). El mestizaje implicó que con el tiempo las maracas fueran perdiendo, «aun entre los mismos indios, su carácter sagrado» (Alvarado, 1984 [1945], p. 200). Como todos sabemos, las maracas se fueron incorporando sin mayor dificultad a la panoplia de instrumentos de acompañamiento de la música criolla, sin que falte quien haya sostenido que «nada enciende tanto entusiasmo en la gente del campo como el son de las maracas» (Calcaño, 1950 [1896], p. 444).

 

Las maracas dieron lugar también a expresiones y consejas populares, como era de esperarse, diciéndose aún hoy día maraquear el trago para significar que alguien bebe licor muy pausadamente en una fiesta, en tanto que si, en contrapartida, otro se pasara demasiado de tragos se comentaría que cogió una maraca de pea; también se arguye que una cosa es con arpa y otra con maracas cuando algo resulta más difícil de lo esperado, en tanto que pasarse de maraca equivale a pasarse de la raya, o bien a exagerar la nota. Menos usual resulta en la actualidad la expresión tratar a alguien como un palo de maraca, en el sentido de menospreciarlo (Calcaño, 1950 [1896], p. 322), lo mismo que ser un palo de maraca, entendida como «ser un cretino que se deja manejar a todo lo ancho del capricho ajeno» (Picón, 1964 [1912], p. 319), o al contrario, no ser un palo de maraca, que significa «no ser persona insignificante» (Alvarado, 1984 [1921], p. 269).

 

Ha sido tan popular el fruto del totumo o taparo que uno de los nombres indígenas que se le daba a uno de los objetos fabricados con aquél pasó a significar cualquier cosa. Se trata del «coroto», que designaba, según Angel Rosenblat, «una escudilla o recipiente indígena hecho con la mitad de una totuma: los llaneros lo usan todavía para beber agua o aguardiente. Los cantores de aguinaldos de Nochebuena cantan: "Nosotros somos cinco, / seis con el coroto, / y si no me lo llena, / por Dios que lo boto." Y el colmo de la maldad es: "Beberle la mazamorra a un sute y quebrarle el coroto en la cabeza." Pues el humilde coroto indígena se ha llenado de un contenido tan universal, que hoy puede designar cualquier objeto: "El pulpero se esfumó con todos sus corotos”» (Rosenblat, 1974 [1956], Tomo IV, p. 112). Pero también en Barlovento y los valles del Tuy usan aún, como antes lo hacían los tomusas y quiriquires, habitantes aborígenes de esas regiones a la llegada de los europeos, el coroto, aunque no lo llamen así, como se puede apreciar en la Glosa a mi tierra del cantor y compositor popular tuyero Juan Alberto Paz, nacido en Cúa en 1916, quien se ufanaba de su ascendencia en la estrofa siguiente:

 

«Aquí se toma aguardiente

en totuma, compañero,

porque somos los primeros

de los indios descendientes.»

 

(Paz, 1967, p. 27)

 

En cuanto a sus cualidades terapéuticas, se le han encontrado aplicaciones muy variadas, ya que «las hojas y cogollos se emplean para preparar baños de asiento para curar hemorroides. La pulpa del fruto, mezclada con azúcar, actúa como purgante. Y empleada como cataplasma, alivia los golpes y hematomas» (Delascio, 1985, p. 36).

 

Con usos tan diversos y tanta difusión, ya que ha sido cultivado por doquier, no es de extrañar que el totumo y su fruto hayan sido incorporados al folklore venezolano en refranes muy conocidos, como el que postula que «perro que come manteca, mete la lengua en tapara», o la expresión, hoy día inusual, «día de tapara y cachimbo», utilizada para indicar un día lluvioso «de estarse en casa bebiendo y fumando», o aquella otra que decía «se juntó la arroba de queso con la tapara de melado», equivalente a la más moderna de «se juntó el hambre con las ganas de comer», lo mismo que la copla popular según la cual «el que bebe agua en tapara, / o se casa en tierra ajena, / no sabe si el agua es clara / o si la mujer es buena» (Alvarado, 1984 [1921], p. 349).

 

A un árbol tan estimado por los indígenas y el pueblo llano no podía dejar de dársele una connotación religiosa. No resulta casual, por tanto, que en el siglo XVII d.C., época en que la conquista fue pasando a manos de los misioneros, el mencionado Caulín hubiera señalado un árbol de totumo como el lugar de aparición de «la devotísima Imagen de nuestra Señora del Socorro» en la ciudad de San Cristóbal de los Cumanagotos, predecesora de la actual Barcelona:

 

«Es voz común en dicha Ciudad, que esta devotísima Imagen fue aparecida en el sitio de Cumanagoto, donde estaba fundado el año de mil seiscientos y cincuenta, sobre un árbol que en este País llaman Totumo, y permanece hasta el presente frondoso, y fructífero. En este árbol, dicen los más, fue su primera invención, sin saber como, ò de donde fuese trasladada» (Caulín, 1990 [1779], p. 206-207).

 

Cuenta Caulín también que al ser mudada la ciudad la imagen fue llevada a la iglesia parroquial, pero ella se habría regresado al totumo por sus propios medios en dos oportunidades, hasta que, a la tercera vez, el traslado se hizo con las solemnidades y rogatorias debidas a una imagen tan milagrosa, lo cual habría permitido asegurar que ésta no se escapara de nuevo al totumo en cuestión. ¡Válgame Dios!

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Bibliografía citada

 

Alvarado, Lisandro. 1984 [1921]. «Glosario de voces indígenas de Venezuela». En: «Obras completas». Tomo I. La Casa de Bello. Caracas.

 

Alvarado, Lisandro. 1984 [1945]. «Datos etnográficos de Venezuela». En: «Obras completas». Tomo II. La Casa de Bello. Caracas.

 

Calcaño, José Antonio. 1977. «El atalaya». Monte Avila Editores. Caracas.

 

Calcaño, Julio. 1950 [1896]. «El castellano en Venezuela. Estudio crítico». Ministerio de Educación Nacional. Caracas.

 

Casale, Irma. 1997. «La fitotoponimia de los pueblos de Venezuela». Ediciones de la Biblioteca de la Universidad Central de Venezuela. Caracas.

 

Caulín, Fray Antonio. 1992 [1779]. «Historia corográfica de la Nueva Andalucía». Academia Nacional de la Historia. Caracas.

 

Codazzi, Agustín. 1960 [1841]. «Obras escogidas. Volúmenes I y II». Ediciones del Ministerio de Educación. Caracas.

 

Delascio Chitty, Francisco. 1985. «Algunas plantas usadas en la medicina empírica venezolana». Instituto Nacional de Parques. Caracas.

 

Fernández de Oviedo, Gonzalo. 1986 [1535-1557]. «Historia general y natural de las Indias: La Provincia de Venezuela». Fundación de Promoción Cultural de Venezuela. Caracas.

 

Gumilla, José. 1963 [1741]. «El Orinoco ilustrado y defendido». Academia Nacional de la Historia. Caracas.

 

Lhaya, Pedro. 1957. «Poemas guajiros». Tipografía Guanarteme. Caracas.

 

Paz, Juan Alberto. 1967. «Musa criolla». Editorial Senda Avila. Caracas.

 

Picón Febres, Gonzalo. 1964 [1912]. «Libro raro». Biblioteca de Autores y Temas Merideños. Mérida.

 

Pimentel, Juan. 1964 [1578]. «Relación de Nuestra Señora de Caraballeda y Santiago de León, hecha en Caraballeda. (Acompaña un mapa y plano de la ciudad)». En: Arellano Moreno (Compilador). 1964. «Relaciones geográficas de Venezuela». Academia Nacional de la Historia. Caracas.

 

Rosenblat, Angel. 1974 [1956]. «Buenas y malas palabras en el castellano de Venezuela». Tomos I a IV. Editorial Mediterráneo. Madrid.

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Lugar: Finca La Pomarrosa, Barlovento, centro norte de Venezuela.

 

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Sobre el Cacao he escrito lo que sigue.

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Cacao [Cocoa] (Theobroma cacao)

  

El cacaotero o árbol del cacao (Theobroma cacao) es una planta originaria del trópico americano, aunque no se conoce todavía con exactitud cuál fue el lugar a partir de donde se diseminó. En tal sentido, si bien «algunos, incluso, afirman que pudo haber sido Venezuela» (Hoyos, 1987 [1983], p. 320), lo más probable es que fuera «la vertiente oriental de los Andes Ecuatorianos, pues es allí donde se encuentra la mayor variación en las poblaciones naturales existentes», en particular el área correspondiente a «las cabeceras de los ríos Caquetá, Putumayo y Napo», dispersándose luego en dos direcciones, una al este, «hacia la cuenca del Amazonas y del Orinoco hasta las Guayanas», y otra al norte, «hacia el istmo de Panamá, Centro América y México», lugares estos dos últimos en que hubo «un centro secundario de diversidad genética... donde el cacao fue domesticado por los Mayas, miles de años antes de la llegada de Colón» (Leal, 1993, p. 87-88). Lo anterior explica que los europeos hayan encontrado cacaoteros cultivados en tal región y cacaoteros silvestres dispersos por muchas partes del trópico americano. Pero fue en las civilizaciones azteca y maya donde el cultivo y consumo del cacao tuvo un mayor desarrollo durante el período indígena, tal como se refiere en la cita siguiente:

 

«Según una antiquísima leyenda azteca, Quetzalcóatl, el jardinero del edén, una de las divinidades más importantes veneradas por este pueblo, trajo a la tierra sus semillas y las ofreció a los hombres para que pudieran participar de las delicias de un manjar apreciado por los dioses. Posiblemente en esta leyenda se inspiró el sueco Linneo para designar este género como Theobroma, que significa manjar o alimento de los dioses. El nombre cacao procede del idioma náhuatl de los Mayas de Centroamérica a quienes se atribuye el desarrollo de su cultivo –aproximadamente en el 250 antes de Cristo– en la región de Petén, donde floreció esta extraordinaria cultura americana. Los aztecas y probablemente los mayas, lo empleaban para elaborar una bebida que denominaban xocoatl, que era hecha con las semillas tostadas y molidas del fruto, disueltas en agua fría, sazonada con ajíes, vainilla y otras especias presentes en platos de la culinaria azteca. Era una bebida amarga, espumosa y picante, muy diferente al chocolate que hoy conocemos» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 163).

 

En el caso de Venezuela el cacao silvestre parece que se daba en muchos sitios, en particular en las cuencas del Orinoco y de los lagos de Maracaibo y de Valencia, en los Andes y en los valles del Tuy y Barlovento, en algunos de los cuales era aprovechado para ciertos usos. Así por ejemplo, se ha dicho que «el antiguo territorio de los yanomamos (Amazonas), ubicado por algunos cartógrafos entre las fuentes del río Orinoco y el río Parime… era reseñado como el “País de los Cacaguales”, debido a las muchas plantas de cacao silvestre que allí abundan» (Delascio, 2003, p. 31). Por otra parte, referencias directas coincidentes sobre el cacao silvestre de Venezuela fueron dadas, entre otros, por Gumilla y Caulín. El primero afirmaba que «en las dilatadas vegas del río Apure y otros que entran en él, crece de suyo abundante arboleda de cacao silvestre, y carga fruto dos veces al año, como el que cultivan en los poblados» (Gumilla, 1963 [1741], p. 217-218). El segundo decía que «en muchas montañas de esta Provincia, y mucho más en la de Venezuela, se cría un árbol, que llaman Cacao silvestre, muy parecido en las mazorcas al que cultivan en las haciendas. Da sus frutos dos veces al año» (Caulín, 1992 [1779], pág. 17).

 

Un siglo antes que los autores citados en el párrafo anterior, ya había tocado el tema el gobernador de la Provincia de Cumaná, Antonio Brizuela. Lo hizo en un «Informe sobre la Provincia de la Nueva Barcelona», elaborado y enviado al rey en 1655, el cual constituye el primer documento escrito por un europeo en que se hace una descripción de la región de Barlovento, referencia nada casual ya que los pobladores de Cumaná ansiaban anexarse a su provincia esta rica región, la cual apenas comenzaba por entonces a ser tenida en cuenta por sus rivales de la Provincia de Venezuela. En ese texto Brizuela indicaba, entre otras muchas cosas, que se daba en «las montañas del tuy mucho cacao silvestre» (Brizuela, 1957 [1655], p. 414), lo cual es uno de los indicios más directos de que en Barlovento habría existido antes de la llegada de los europeos una variedad autóctona de ese frutal.

 

Sobre los antecedentes aborígenes del uso del cacao en Venezuela, se ha dicho que «antes de la llegada de los europeos, los indígenas venezolanos lo empleaban como alimento y con fines votivos. Se han encontrado vasijas en forma de mazorca de cacao en objetos cerámicos precolombinos recuperados en yacimientos de los alrededores del lago de Valencia» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 165-166), lo mismo que «en los alrededores de la laguna de Tacarigua, donde aparece representado en los cacharros descubiertos recientemente en los yacimientos arqueológicos» (Varios autores, 1998). Asímismo se ha mencionado la existencia de «piezas arqueológicas precolombinas en las que se representa el cacao y los usos alimenticio, medicinal y religioso que le daban los aborígenes del Orinoco y de Guayana» (González, 2004, p. 76).

 

Del mismo modo «algunos datos históricos señalan su cultivo y consumo entre los Timotocuicas, en regiones de los Andes. Los indígenas andinos quemaban grasa de Cacao, a la manera de incienso, y la ofrendaban a sus ídolos. También preparaban Chorote, bebida bastante cercana al xocoatl azteca» (González, 2004, p. 76). El chorote es, según Julio Calcaño, «la pasta de cacao sin vainilla, canela ni azúcar, cocida en agua endulzada con papelón» (Calcaño, 1950 [1896], p. 389). Sobre este último particular Fray Pedro Simón, otro sacerdote cronista, reportaba la afición al chocolate de «los indios de la gobernación de Mérida y Trujillo... por ser sus tierras tan fértiles de esta fruta del cacao. De quien han tomado el beberlo los españoles con tanta frecuencia como en Nueva España, que es la que el mundo sabe. Aunque con diferencia, porque en la ciudad de Trujillo y casi entrada la gobernación de Caracas y Mérida, hasta la ciudad de Pamplona, lo beben hecho chorote» (Simón, 1992 [1625], Tomo II, p. 119).

 

En Barlovento el cultivo del cacao y el poblamiento español fueron en esencia una y la misma cosa. Con el tiempo, cacao y Barlovento también lo fueron, una vez que las tierras más fértiles y accesibles de la región se cubrieron de plantaciones, sembradas inicialmente con la mano de obra indígena y luego recurriendo principalmente a esclavos negros traídos de Africa con tal propósito. De este modo, el cacao se convirtió en Barlovento en una presencia constante que persiste hasta nuestros días y se proyecta todavía hacia el futuro.

 

Esa realidad no podía dejar de tener su expresión literaria. En la novela, todas las obras ambientadas en Barlovento han girado en torno a las plantaciones de cacao. Cabe citar en tal sentido «Pobre negro» (1937), de Rómulo Gallegos; «Noche buena negra» (1943), de Juan Pablo Sojo; y «Cuira es un río de Barlovento» (1946), de José Fabbiani Ruiz. Este último también fue autor del cuento de cacao y violencia titulado «Guaritoto», nombre que designa a una planta cuyas hojas están «cubiertas de púas urticantes que producen vivo escozor y aún inflamación y fiebre al llegar en contacto con la epidermis» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 268), lo cual explica por qué en el citado texto Fabbiani puso a pensar al protagonista que su concubina «era como una hoja de guaritoto, espinosa y traicionera» (Fabbiani, 1939, p. 41). Otros cuentos con trasfondo de cacao barloventeño son «Hereque», escrito por Juan Pablo Sojo, título que hace referencia al nombre de «una enfermedad grave» del cambur y el plátano «que no tiene tratamiento» (Fondo Nacional del Cacao, [Sin fecha], p. 25); «La virgen no tiene cara», de Ramón Díaz Sánchez y «Un negro a la luz de la luna», de Arturo Croce.

 

En la poesía, el cacao es la presencia vegetal más reiterada en la obra del barloventeño Pedro Lhaya, quien, cosa curiosa, parece que nunca llegó a escribirle, o al menos a publicarle, que sepamos, un poema al árbol o a su fruto. En su «Cantar de la Noche del Trópico» el cacao es la única planta que se menciona dos veces, primero como bebida afrodisíaca («tórrida noche múltiple, / corporal, / de jenjibre y cacao, / de ron y de tabaco») y luego como plantío, de connotación también erótica («noche de oro esparcido / en oquedades, / en cimas de canela, / en cacaotales») (Lhaya, 1985, p. 20 y 24). Tampoco podía faltar el cacao por partida doble en su «Noche de Barlovento», poema que bien amerita, por su gran calidad, su trascripción completa:

 

«En compacta negrura

la comba de la noche de junio y su perfil de ébano,

rutila Venus,

huele a cacao la noche,

aroma de animal en celo.

 

Hacia la comba profunda suben cánticos ásperos,

antiguos sones ásperos

de tambores totémicos.

 

Clamorea la danza,

danzan sombras,

danza un tótem errátil,

en una sombra,

danza la sombra de un leopardo,

danza,

ocelada de sombras

la abolida serpiente sagrada.

 

Clamorea la noche, cantan y danzan

los hijos del cacao,

en la noche de junio,

colmada de revelaciones

y de ritos obscuros.»

 

(Lhaya, 1985, p. 77)

 

Dijo también el poeta, en su corta «Autobiografía» en verso, lo siguiente: «en el cacao fermentado / percibí el drama torvo del negro» (Lhaya, 1963, p. 8). Y seguramente en ello habrá tenido mucho que ver su propia vivencia, ya que él mismo se dedicó al cultivo del cacao durante muchos años en su hacienda barloventeña llamada «El Frutal». Pero fue en sus poemas de amor donde el cacao eclosionó en una multiplicidad de tropos que rinden tributo a la «piel nocturna de cacao», a los «senos de cacao y de miel», a los «pechos de cacao y de sándalo» y, en fin, al «cuerpo de cacao y de miel» de una «muchacha de cacao y miel» que lo transportaba, ¡cómo no!, a una «ciudad de canela, de cacao y miel» (Lhaya, 1975 y 1985).

 

Esa planta del cacao, inspiradora de literatura tan variada y rutilante, es un arbolito que puede alcanzar unos seis metros de altura, de tallo vertical y ramas extendidas. Sus hojas, «de un color marrón a rojizo cuando jóvenes, se tornan a verde-obscuro con el tiempo» (Hoyos, 1987 [1983], p. 320). Su duración es larga, llegando a los ochenta años. Sus flores son pequeñas y de colores variados, desde el blanco y el rojo al púrpura, pasando por el verde, amarillo y rosado. Como sucede con el taparo o totumo, sus flores y frutos presentan la infrecuente particularidad de brotar directamente del tronco y de las ramas principales. La fertilización la efectúan ciertas especies de moscas y hormigas y es «de difícil realización debido a la disposición de sus piezas florales, llegando sólo a ser efectiva en el 1% de las flores presentes en un árbol» (Ramos et al., 2004 [2000], p. 16).

 

La dispersión de las semillas es efectuada por una variedad de animales, como son los monos, rabipelados, ratas, ardillas, murciélagos y, entre las aves, los loros, pájaros carpinteros y conotos, considerados todos ellos como plagas por los cultivadores en razón de los daños que causan al fruto (verlo aquí), el cual constituye la parte más preciada de la planta, de donde viene la conseja que identifica a «los enemigos del cacao: ardita, conoto y mono», a los cuales se les agregan socarronamente «los peones y el mayordomo» (Velez, 1966, p. 29).

 

Debido a su forma, a los frutos se les llama usualmente mazorcas, las cuales presentan características que pueden variar de una planta a otra, según sea su origen. Hay así, en Venezuela, el cacao «criollo», descendiente de la variedad arraigada en Centroamérica y México que, según parece, habría sido traído de allí por los cultivadores durante la colonia (Leal, 1993, p. 88), el cual carga mazorcas alargadas y puntiagudas de color verde que al madurar se tornan amarillas, de cáscara rugosa con una decena de surcos, tamaño mediano y almendras grandes y redondas, de cotiledones blancos (Ramos et al., 2004 [2000], p. 17-18). Es de destacar que «en Venezuela hay un Cacao criollo llamado “Porcelana” que es el de mejor calidad en el mundo» (Hoyos, 1994, p. 311). Al encontrarse el cacao criollo con el cacao local de tipo amazónico, que recibe la denominación de «forastero», habría producido una serie de variedades llamadas «trinitario» (Braudeau, 1981 [1969], p. 18), de colores diferentes que incluyen verde, rojo, amarillo y anaranjado, cuyas formas van desde la alargada y rugosa con cinco surcos, conocidos como angoleta, cundeamor y amelonado, hasta la redondeada y lisa casi sin surcos, denominados legón y calabacillo (Ramos et al, 2004 [2000], p. 17-18).

 

La planta del cacao no resiste por mucho tiempo la luz solar directa, de modo que le es imprescindible la sombra para subsistir, lo cual la hace una especie eminentemente selvática. Del mismo modo, cuando se trata de cacao cultivado se impone la utilización de otras plantas para proporcionarle sombra. La sombra temporal más utilizada para proteger en sus primeras etapas a los arbolitos de cacao han sido el cambur y el plátano (Musa paradisiaca), debido a que «presentan un crecimiento rápido, follaje suficiente» y «son de fácil eliminación» (Ramos et al, 2004 [2000], p. 28). Esta práctica, presente en Barlovento, se remonta al tiempo mismo en que comenzaba la explotación del cacao a gran escala, como se comprueba en la siguiente cita de Matías Ruiz Blanco, un misionero franciscano que ejerció en Píritu, el cual, como muchos otros de sus colegas, se caracterizaba por no desaprovechar oportunidad alguna de despotricar sin piedad de los indígenas cuya conversión le había sido confiada. Dice así:

 

«Con los plátanos se amadrinan los árboles del cacao, que son amigos de la sombra y enemigos del sol... En creciendo el árbol del cacao, que llega a cerrar con el conjunto y se puede hacer sombra, mata al plátano en pago del beneficio que recibió de él siendo pequeño, y así es símbolo de la ingratitud, propiedad que reina en todos los indios» (Ruiz, 1965 [1690], p. 17).

 

Ya más crecido, son muchos los árboles que se utilizan para dar sombra al preciado cacao. Una publicación de 1934, escrita por un agrónomo hindú, de apellido Singh, al servicio del por entonces Ministerio de Salubridad y de Agricultura y Cría, citaba, además del bucare anauco (Erythrina fusca) y el bucare peonío (Erythrina mitis), otras especies como el apamate (Tabebuia pentaphylla), pariente cercano del árbol emblemático nacional, que no es otro que el Araguaney (Tabebuia chrysantha), el cual a nadie se le ha ocurrido utilizarlo como sombra de cacao, que sepamos. También incluía el jobo (Spondias lutea), «árbol que alcanza dimensiones enormes... Común en los bosques de tierra caliente y usado algunas veces como sombra en las plantaciones de cacao. Pega de estacas, y se emplea también para postes de cercas» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 285).

 

Otros que señalaba Singh eran el mijao (Anarcadium excelsum), el cedro (Cedreia odorata) y el caobo (Swietenia mahagony), este último de origen antillano, «en Venezuela introducido y a veces usado como sombra en cacaotales» (Schnee, 1984 [1961], p. 150), que no se debe confundir con el gigantesco caobo de Tierra Firme (Swietenia macrophylla), todos ellos utilizados básicamente como árboles madereros. El autor adicionaba el lechero (Ephorbia cotinifolia), el caucho (Hevea brasiliensis), el árbol de pan (Artocarpus altilis), oriundo de Asia y traído por su alimenticio fruto durante la colonia «para que sirviera de alimento a los esclavos» (Hoyos, 1987 [1983], p. 226), y, por último, el aguacate (Persea americana), propio de nuestro continente, como indica su nombre científico, muy cultivado en Barlovento por su fruto. Decía el autor citado que, «con las excepciones de los bucares Anauco y peonío, ninguno de los árboles mencionados arriba es apropiado para sombra», pero no decía el por qué (Singh, 1934, p. 30).

 

Otro árbol utilizado más recientemente para cubrir al cacao ha sido el guamo, frutal que cuenta en Venezuela con unas 50 especies, de las cuales la más conocida en Barlovento es el guamo machete (Inga spectabilis). Decía Jesús Hoyos que los guamos, «debido a que son árboles relativamente pequeños, a que conservan el follaje durante todo el año, se les viene utilizando... en el país como árboles de sombra, para proteger el cacao y el café» (Hoyos, 1974, p. 132).

 

Pero los árboles a que más se ha recurrido para cobijar al cultivo más preciado de la región han sido, sin duda, los bucares (Erythrina spp), que por ello se pueden encontrar en la actualidad abundantemente por casi todo Barlovento, siendo numerosas las aves que acuden a libar en sus flores o a comérselas, entre ellos conotos, loros guaros, arrendajos, colibríes de varias especies y también nuestra ave emblemática nacional, el turpial. Resultó así que al bucare, «con justeza de epíteto se le ha llamado “madre del cacao”» (Alamo, 1911, p. 61), tal como lo hizo Andrés Bello en su conocida «Silva a la agricultura de la Zona Tórrida» en un verso que dice: «ampare / a la tierna teobroma en la ribera / la sombra maternal de su bucare» (Bello, 1958 [1826], p. 12). Sin embargo, no ha faltado quien, cambiándole la condición femenina al acto de cobijar, lo llamara «el padre del cacao, como se dice vulgarmente» (Arana, 1945, p. 53).

 

A contracorriente con el criterio dominante, Jesús Hoyos llegó a sostener que ninguna de las especies de bucare eran recomendables para ser utilizadas como sombra del cacao o del café, debiéndose sustituir en tal función por árboles como los ya citado guamos, «menos corpulentos y de hojas perennes» (Hoyos, 1985, p. 160). Por supuesto, muchos se han mostrado en desacuerdo con tal apreciación respecto de los bucares, pero en lo que sí coinciden todos es en considerar que el Samán (Pithecellobium saman), árbol de sombra de gran abolengo, emblema vegetal del Estado Aragua y del conjunto de los países bolivarianos (Cueto, 1991; Hoyos, 1985, p. 47), no servía, sin embargo, para cobijar a los cultivos de plantación, como el café y el cacao, «uso para el cual es poco conveniente porque reseca mucho el suelo y le quita una cantidad enorme de sustancia necesaria para el alimento de la plantación; en tiempo de su florescencia es tal la abundancia de las flores, que caen encima de los arbolitos de café o de cacao, que éstos se hallan literalmente agobiados bajo su peso en gran perjuicio de su propia fructificación» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 387). Digamos que, en contrapartida, para los animales y la gente resulta sumamente acogedor el frescor de la sombra bajo el follaje del samán, aunque bote muchas hojas y flores.

 

El secreto de la gran estima que ha tenido el cacao, no sólo desde que fuera descubierto por los europeos, sino desde los tiempos de las civilizaciones indígenas americanas, está en sus semillas «ricas en almidón, en proteínas, en materia grasa, lo cual les confiere un valor nutritivo real. Su contenido en teobromina… junto con la presencia de cafeína, les da propiedades estimulantes. Encierran un aceite esencial que les da un sabor aromático particular» (Braudeau, 1981 [1969], p. 13).

 

De los productos que se elaboran con esas semillas, el más preciado es, como todos saben, el chocolate. Esta palabra, de origen azteca, designaba inicialmente a una bebida que se ha elaborado de diferentes maneras, incorporándosele primero, en el período indígena, especias americanas como el ají y la vainilla, según dijéramos al inicio de esta nota, para luego devenir durante la colonia en un preparado caliente endulzado con azúcar, ya que la almendra del cacao tiene sabor amargo. «Los españoles guardaron por mucho tiempo el secreto de esa maravillosa bebida cuyo consumo se difundió posteriormente a otros países europeos», siendo «los ingleses quienes modificaron la preparación del chocolate añadiéndole leche en lugar de agua a comienzos del siglo XVIII» (Fuentes y Hernández, 2002 [1993], p. 165).

 

Aunque en sus inicios fue un producto reservado a la gente adinerada, con el tiempo se fue popularizando, teniendo hoy día un consumo masivo. Para ello hubo que esperar la elaboración industrial del polvo de cacao, iniciada por una empresa de un holandés apellidado Van Houten que registró la patente en 1828 (Delascio, 2003, p. 32 y Braudeau, 1981 [1969], p. 16). El procedimiento consistía básicamente en extraer la manteca de cacao, a la cual pronto se le buscó la utilidad, resultando que al mezclarla con «azúcar se puede preparar un artículo delicioso que se puede moler: el chocolate», tal como se conoce hoy día, es decir, en barras, «puesto en venta por primera vez en 1847. En 1876 aún se da un nuevo empuje a la industria con la fabricación del chocolate con leche» (Braudeau, 1981 [1969], p. 16). Desde entonces se impuso sobre la bebida el consumo de chocolate sólido, forma en la cual pareciera haber incrementado su poder adictivo.

 

Una planta tan especial como la del cacao no podía dejar de tener también usos medicinales. Pittier señalaba, al respecto, que «entre el pueblo, el cacao se aplica en forma variada en la curación de múltiples enfermedades y» —¡prestad atención, colegas atacados por la calvicie!— «aun para hacer crecer el pelo» (Pittier, 1970 [1926 y 1939], p. 169). La fórmula mágica para lograrlo es la siguiente: «Tómese el aceite o manteca de cacao en dosis de cuatro cucharadas, con otras tantas de aceite de ajonjolí o de almendras y lo que basta de cera blanca para hacer una pomada, se le agrega de esencia de canela un escrúpulo y ocho gotas de clavos. Con esta pomada se unta el pelo. Diariamente crecerá de un modo muy notable» (Anónimo, 1990, p. 13)

 

Se ha dicho también que es recomendable «para la circulación, el corazón y las quemaduras» y que «la decocción de la pulpa que recubre las semillas sirve para la fiebre y la infusión de las hojas ayuda en los trastornos cardíacos» (González, 2004, p. 80). Además, son bien conocidas las múltiples aplicaciones que tiene la manteca de cacao que se expende en las farmacias, que «relaja las inflamaciones y cicatriza las grietas de los labios, las lesiones en el pezón de las madres lactantes; hemorroides, irritaciones, quemaduras de la piel y vaginitis» (González, 2004, p. 80).

 

Por otra parte, «es creencia popular que la manteca de cacao, administrada en pequeñas gotas, cura el “sereno”, enfermedad que aqueja a los niños de pocos meses de nacidos, la cual se manifiesta con fiebre alta, llanto, gritos y evacuaciones de color verde. Dicen que la misma se debe a las malas influencias nocturnas que le entran al menor, por la mollera o fontanela (espacio que en los recién nacidos media entre algunos huesos del cráneo), cuando se exponen en la noche sin taparles la cabeza» (Delascio, 2003, p. 32).

 

El cacao ha dado lugar también a expresiones muy utilizadas en el habla del venezolano, aunque en muchos casos la razón de su origen se haya difuminado en el tiempo, como la de «pedir cacao», que significa «pedir perdón, rendirse», la cual sería una «alusión al grito particular que emiten los gallos de riña cuando huyen» (Alvarado, 1984 [1921], p. 78). Según Julio Calcaño, en efecto, «del cacareo del gallo que huye en la riña formaron tal frase los jugadores de gallos, y así dicen: pide o pidió cacao; está pidiendo cacao. Los chicos la aplican en sus luchas al vencido; y cuando éste cae derribado, el vencedor le fija la rodilla en el pecho y le obliga a pedir cacao. Si no consigue hacerlo decir cacao, recomienza la lucha» (Calcaño, 1950 [1896], p. 314). Gonzalo Picón registraba, por su parte, que «no haber quien le haga a uno un cacao» equivalía a «no haber persona alguna que lo iguale, venza, supere ó sobrepuje en cualquier forma ó sentido» (Picón, 1964 [1912], p. 309).

 

Por último, «ser un gran cacao» significaba antiguamente, y todavía hoy día, «ser un magnate, un personaje de campanillas. Recuerdo de los tiempos coloniales, en que la riqueza consistía por lo principal en plantaciones de cacao» (Alvarado, 1984 [1921], p. 78). Era también la época de las grandes desigualdades sociales, en la cual tenían predominio los mantuanos, casta llamada así porque sólo sus mujeres podían usar mantillas durante la misa y otras celebraciones del culto católico.

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Place: La Pomarrosa Farm, Barlovento, north-central Venezuela.

Lugar: Finca La Pomarrosa, Barlovento, centro norte de Venezuela.

 

Place: La Pomarrosa Farm, Barlovento, north centre Venezuela.

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Sobre este árbol y su fruto he escrito lo siguiente:

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El totumo o taparo (Cresentia cujete) ha tenido desde la época indígena una enorme popularidad en todo el territorio de la actual Venezuela debido a la utilidad de sus frutos grandes y globosos, llamados totumas y taparas, los cuales le nacen, como al cacaotero, directamente del tronco y las ramas.

 

Decía Codazzi que «el totumo produce frutos de diversos tamaños generalmente redondos u ovales. De ellos se sirven la gente pobre y los indígenas para formar vasijas de toda especie, platos, cucharas y otros utensilios» (Codazzi, 1960 [1841], p. 99). Pero según Gonzalo Picón Febres también se valían de ellas los más pudientes, asegurando al respecto que «á no pocas señoritas, bastante aristocráticas, he visto yo en su casa llevando en las rosadas manecitas la rústica tapara, llena de agua del estanque. En las estancias, quintas ó conucos, lo que más anda en movimniento, de la casa á la quebrada y viceversa, es la tapara, ancha de asentaderas, redonda de barriga, pescuezuda unas veces y otras nó, y con un hueco ó agujero en su parte superior» (Picón, 1964 [1912], p. 276). En el pasado no podía faltar en el patio de la casa un árbol de totumo, ya que proveía a muchas familias de sus vajillas (Casale, 1994, p. 374).

 

Por otra parte, desde su llegada a América los europeos refirieron que los hombres de las etnias caribanas, incluidos los tomusas que poblaban Barlovento, acostumbraban utilizar unas especies de estuches para el pene elaborados con taparas. En tal sentido, el que fuera gobernador de la Provincia de Venezuela, Juan de Pimentel, comentaba que «crían estos indios otros árboles que llaman totumos, que de su fruta hacen escudillas, taparas para agua, como botijas, cucharas y cobertura para su miembro genital. La fruta de este árbol es como calabazas; y de esto, hay árboles que echan pequeña y grande fruta» (Pimentel, 1964 [1578], p. 186). Por su parte, Fernando González de Oviedo, considerado como el primer cronista de Indias, señalaba que «los que son varones, traen el miembro viril metido en un calabacito cerrado o cuello de calabaza, y con un cordón ceñido le tienen y cubren aquella parte más deshonesta de su persona» (Fernández, 1986 [1535-1557], p. 253).

 

Los indígenas también le daban un uso ritual al fruto del totumo, ya que con él elaboraban las maracas, en esencia similares a las actuales, compuestas de un taparo «al cual, después de asado y extraída la pulpa, y horadado convenientemente, se le introducen semillas de capacho y un palillo o mango que sirve para agitarla» (Calcaño, 1950 [1896], p. 444). Se construía así sonajeros de diferentes tamaños que podían llevar grabados y adornos, especialmente plumas de ciertas aves, denominados maraka en varias lenguas aborígenes americanas, incluidas la caribe y la arauaca, según refería Lisandro Alvarado (Alvarado, 1984 [1921], p. 268), palabra al parecer de origen guaraní que para José Antonio Calcaño significaría «cráneo o calabaza, celestial o divina» (Calcaño, 1977, p. 152). Alvarado agregaba que la maraca, «en lo antiguo fue instrumento sagrado característico en el ritual de los piaches indígenas» (Alvarado, 1984 [1921], p. 268). Eso mismo decía, con lenguaje lírico, el barloventeño Pedro Lhaya en su poema titulado Aútshi y Wanülü, nombres guajiros, respectivamente, del piache y del espíritu malo que aquél debe vencer. La estrofa reza así:

 

«Aútshi llegó con la esperanza

sobre un caballo de ceniza,

iluminado de elixir negro

tocado de sobria alegría.

Con la maraca sagrada

Del esotérico rito antiguo,

Y en su sangre de estirpe mágica

El eco de los exorcismos.»

 

(Lhaya, 1957, p. 44)

 

La información antigua que nos ha llegado sobre el uso de la maraca por los piaches generalmente carece de objetividad, sobre todo cuando la fuente eran los frailes cronistas, ya que lo que referían era siempre «mirado con el prisma de sus prejuicios» (Alvarado, 1984 [1945], p. 200). Es el caso, por ejemplo, del jesuíta José Gumilla, quien al hablar de las prácticas curativas de los arauacos señalaba lo siguiente:

 

«Estos indios son los más diestros, y aun creo que son los inventores de la maraca, que se ha introducido también en otras naciones; y se reduce en un embustero, que se introduce a médico. Hace creer a los indios que habla con el demonio, y que por su medio sabe si ha de vivir o no el enfermo. Para estas consultas tienen sus casitas apartadas, pero a vista de las poblaciones; y encerrados en ellas los médicos, se pasan toda la noche gritando, y sin dejar dormir a nadie, así por los gritos, como por la maraca, que es un calabazo con mucho número de piedrecillas adentro, con que hacen un fiero e incesante ruido. Grita y pregunta al demonio el piache (así llaman a los tales médicos) y cuando se le antoja, muda de voz, y finge las respuestas del demonio» (Gumilla, 1963 [1741], p. 137-138).

 

Agregaba Gumilla, en nota a pie de página, que «el sonajero de calabaza con piedrezuelas lo estilaban muchos bárbaros, digo brujos y curanderos» de toda América. El franciscano Antonio Caulín no difería de Gumilla en lo esencial, siendo su escándalo tal vez mayor porque también los españoles americanos, que eran llamados indianos por los españoles peninsulares, consultaban a los piaches en diferentes materias, como se puede comprobar de la siguiente cita:

 

«Veamos ahora quienes son estos Piaches, ò brujos, que tan astutamente tienen engañado à tanto número de Infieles y Cathólicos. Son para la mayor parte unos Indios taimados, y comunmente de mal gesto, grandes embusteros, y embaidores, que hacen creer a los demás Indios, que hablan con el diablo, y que éste hace quanto ellos quieren, para hacerse respetables, y temidos por las gentes, y conseguir con estos diabólicos engaños el logro de sus intereses, y desordenados apetitos. Estos son los Médicos de los Indios; ò por mejor decir, matasanos de todas estas gentes, que se valen de ellos. Estos forman sus Escuelas en lo más retirado de los montes, donde baylan à obscuras, y hacen que invocan al demonio con muchas, y horribles mudanzas, flautas, y marácas, y con estas ceremonias crían tales créditos de brujos con los demás Indios, que presumen, son los Señores de la vida, y de la muerte, por verse respetados, y de todos temidos» (Caulín, 1992 [1779], p. 99).

 

La maraca era utilizada no sólo en las curaciones y en los ritos de iniciación, sino también en adivinaciones y otras ceremonias, como matrimonios, exequias y bailes propiciatorios, de lo cual ofrecía Lisandro Alvarado diversos ejemplos. La maraca era en manos del piache un medio para facilitar la comunicación con los espíritus, y sólo él conocía sus secretos. Sin embargo, «parece que en contadas ocasiones podían tocar las maracas, además del piache, otros miembros de la tribu» (Calcaño, 1977, p. 151). El mestizaje implicó que con el tiempo las maracas fueran perdiendo, «aun entre los mismos indios, su carácter sagrado» (Alvarado, 1984 [1945], p. 200). Como todos sabemos, las maracas se fueron incorporando sin mayor dificultad a la panoplia de instrumentos de acompañamiento de la música criolla, sin que falte quien haya sostenido que «nada enciende tanto entusiasmo en la gente del campo como el son de las maracas» (Calcaño, 1950 [1896], p. 444).

 

Las maracas dieron lugar también a expresiones y consejas populares, como era de esperarse, diciéndose aún hoy día maraquear el trago para significar que alguien bebe licor muy pausadamente en una fiesta, en tanto que si, en contrapartida, otro se pasara demasiado de tragos se comentaría que cogió una maraca de pea; también se arguye que una cosa es con arpa y otra con maracas cuando algo resulta más difícil de lo esperado, en tanto que pasarse de maraca equivale a pasarse de la raya, o bien a exagerar la nota. Menos usual resulta en la actualidad la expresión tratar a alguien como un palo de maraca, en el sentido de menospreciarlo (Calcaño, 1950 [1896], p. 322), lo mismo que ser un palo de maraca, entendida como «ser un cretino que se deja manejar a todo lo ancho del capricho ajeno» (Picón, 1964 [1912], p. 319), o al contrario, no ser un palo de maraca, que significa «no ser persona insignificante» (Alvarado, 1984 [1921], p. 269).

 

Ha sido tan popular el fruto del totumo o taparo que uno de los nombres indígenas que se le daba a uno de los objetos fabricados con aquél pasó a significar cualquier cosa. Se trata del «coroto», que designaba, según Angel Rosenblat, «una escudilla o recipiente indígena hecho con la mitad de una totuma: los llaneros lo usan todavía para beber agua o aguardiente. Los cantores de aguinaldos de Nochebuena cantan: "Nosotros somos cinco, / seis con el coroto, / y si no me lo llena, / por Dios que lo boto." Y el colmo de la maldad es: "Beberle la mazamorra a un sute y quebrarle el coroto en la cabeza." Pues el humilde coroto indígena se ha llenado de un contenido tan universal, que hoy puede designar cualquier objeto: "El pulpero se esfumó con todos sus corotos”» (Rosenblat, 1974 [1956], Tomo IV, p. 112). Pero también en Barlovento y los valles del Tuy usan aún, como antes lo hacían los tomusas y quiriquires, habitantes aborígenes de esas regiones a la llegada de los europeos, el coroto, aunque no lo llamen así, como se puede apreciar en la Glosa a mi tierra del cantor y compositor popular tuyero Juan Alberto Paz, nacido en Cúa en 1916, quien se ufanaba de su ascendencia en la estrofa siguiente:

 

«Aquí se toma aguardiente

en totuma, compañero,

porque somos los primeros

de los indios descendientes.»

 

(Paz, 1967, p. 27)

 

En cuanto a sus cualidades terapéuticas, se le han encontrado aplicaciones muy variadas, ya que «las hojas y cogollos se emplean para preparar baños de asiento para curar hemorroides. La pulpa del fruto, mezclada con azúcar, actúa como purgante. Y empleada como cataplasma, alivia los golpes y hematomas» (Delascio, 1985, p. 36).

 

Con usos tan diversos y tanta difusión, ya que ha sido cultivado por doquier, no es de extrañar que el totumo y su fruto hayan sido incorporados al folklore venezolano en refranes muy conocidos, como el que postula que «perro que come manteca, mete la lengua en tapara», o la expresión, hoy día inusual, «día de tapara y cachimbo», utilizada para indicar un día lluvioso «de estarse en casa bebiendo y fumando», o aquella otra que decía «se juntó la arroba de queso con la tapara de melado», equivalente a la más moderna de «se juntó el hambre con las ganas de comer», lo mismo que la copla popular según la cual «el que bebe agua en tapara, / o se casa en tierra ajena, / no sabe si el agua es clara / o si la mujer es buena» (Alvarado, 1984 [1921], p. 349).

 

A un árbol tan estimado por los indígenas y el pueblo llano no podía dejar de dársele una connotación religiosa. No resulta casual, por tanto, que en el siglo XVII d.C., época en que la conquista fue pasando a manos de los misioneros, el mencionado Caulín hubiera señalado un árbol de totumo como el lugar de aparición de «la devotísima Imagen de nuestra Señora del Socorro» en la ciudad de San Cristóbal de los Cumanagotos, predecesora de la actual Barcelona:

 

«Es voz común en dicha Ciudad, que esta devotísima Imagen fue aparecida en el sitio de Cumanagoto, donde estaba fundado el año de mil seiscientos y cincuenta, sobre un árbol que en este País llaman Totumo, y permanece hasta el presente frondoso, y fructífero. En este árbol, dicen los más, fue su primera invención, sin saber como, ò de donde fuese trasladada» (Caulín, 1990 [1779], p. 206-207).

 

Cuenta Caulín también que al ser mudada la ciudad la imagen fue llevada a la iglesia parroquial, pero ella se habría regresado al totumo por sus propios medios en dos oportunidades, hasta que, a la tercera vez, el traslado se hizo con las solemnidades y rogatorias debidas a una imagen tan milagrosa, lo cual habría permitido asegurar que ésta no se escapara de nuevo al totumo en cuestión. ¡Válgame Dios!

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Bibliografía citada

 

Alvarado, Lisandro. 1984 [1921]. «Glosario de voces indígenas de Venezuela». En: «Obras completas». Tomo I. La Casa de Bello. Caracas.

 

Alvarado, Lisandro. 1984 [1945]. «Datos etnográficos de Venezuela». En: «Obras completas». Tomo II. La Casa de Bello. Caracas.

 

Calcaño, José Antonio. 1977. «El atalaya». Monte Avila Editores. Caracas.

 

Calcaño, Julio. 1950 [1896]. «El castellano en Venezuela. Estudio crítico». Ministerio de Educación Nacional. Caracas.

 

Casale, Irma. 1997. «La fitotoponimia de los pueblos de Venezuela». Ediciones de la Biblioteca de la Universidad Central de Venezuela. Caracas.

 

Caulín, Fray Antonio. 1992 [1779]. «Historia corográfica de la Nueva Andalucía». Academia Nacional de la Historia. Caracas.

 

Codazzi, Agustín. 1960 [1841]. «Obras escogidas. Volúmenes I y II». Ediciones del Ministerio de Educación. Caracas.

 

Delascio Chitty, Francisco. 1985. «Algunas plantas usadas en la medicina empírica venezolana». Instituto Nacional de Parques. Caracas.

 

Fernández de Oviedo, Gonzalo. 1986 [1535-1557]. «Historia general y natural de las Indias: La Provincia de Venezuela». Fundación de Promoción Cultural de Venezuela. Caracas.

 

Gumilla, José. 1963 [1741]. «El Orinoco ilustrado y defendido». Academia Nacional de la Historia. Caracas.

 

Lhaya, Pedro. 1957. «Poemas guajiros». Tipografía Guanarteme. Caracas.

 

Paz, Juan Alberto. 1967. «Musa criolla». Editorial Senda Avila. Caracas.

 

Picón Febres, Gonzalo. 1964 [1912]. «Libro raro». Biblioteca de Autores y Temas Merideños. Mérida.

 

Pimentel, Juan. 1964 [1578]. «Relación de Nuestra Señora de Caraballeda y Santiago de León, hecha en Caraballeda. (Acompaña un mapa y plano de la ciudad)». En: Arellano Moreno (Compilador). 1964. «Relaciones geográficas de Venezuela». Academia Nacional de la Historia. Caracas.

 

Rosenblat, Angel. 1974 [1956]. «Buenas y malas palabras en el castellano de Venezuela». Tomos I a IV. Editorial Mediterráneo. Madrid.

________________________________________________

Lugar: Finca La Pomarrosa, Barlovento, centro norte de Venezuela.

 

Place: La Pomarrosa Farm, Barlovento, north centre Venezuela.

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Sobre este árbol y su fruto he escrito lo siguiente:

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El totumo o taparo (Cresentia cujete) ha tenido desde la época indígena una enorme popularidad en todo el territorio de la actual Venezuela debido a la utilidad de sus frutos grandes y globosos, llamados totumas y taparas, los cuales le nacen, como al cacaotero, directamente del tronco y las ramas.

 

Decía Codazzi que «el totumo produce frutos de diversos tamaños generalmente redondos u ovales. De ellos se sirven la gente pobre y los indígenas para formar vasijas de toda especie, platos, cucharas y otros utensilios» (Codazzi, 1960 [1841], p. 99). Pero según Gonzalo Picón Febres también se valían de ellas los más pudientes, asegurando al respecto que «á no pocas señoritas, bastante aristocráticas, he visto yo en su casa llevando en las rosadas manecitas la rústica tapara, llena de agua del estanque. En las estancias, quintas ó conucos, lo que más anda en movimniento, de la casa á la quebrada y viceversa, es la tapara, ancha de asentaderas, redonda de barriga, pescuezuda unas veces y otras nó, y con un hueco ó agujero en su parte superior» (Picón, 1964 [1912], p. 276). En el pasado no podía faltar en el patio de la casa un árbol de totumo, ya que proveía a muchas familias de sus vajillas (Casale, 1994, p. 374).

 

Por otra parte, desde su llegada a América los europeos refirieron que los hombres de las etnias caribanas, incluidos los tomusas que poblaban Barlovento, acostumbraban utilizar unas especies de estuches para el pene elaborados con taparas. En tal sentido, el que fuera gobernador de la Provincia de Venezuela, Juan de Pimentel, comentaba que «crían estos indios otros árboles que llaman totumos, que de su fruta hacen escudillas, taparas para agua, como botijas, cucharas y cobertura para su miembro genital. La fruta de este árbol es como calabazas; y de esto, hay árboles que echan pequeña y grande fruta» (Pimentel, 1964 [1578], p. 186). Por su parte, Fernando González de Oviedo, considerado como el primer cronista de Indias, señalaba que «los que son varones, traen el miembro viril metido en un calabacito cerrado o cuello de calabaza, y con un cordón ceñido le tienen y cubren aquella parte más deshonesta de su persona» (Fernández, 1986 [1535-1557], p. 253).

 

Los indígenas también le daban un uso ritual al fruto del totumo, ya que con él elaboraban las maracas, en esencia similares a las actuales, compuestas de un taparo «al cual, después de asado y extraída la pulpa, y horadado convenientemente, se le introducen semillas de capacho y un palillo o mango que sirve para agitarla» (Calcaño, 1950 [1896], p. 444). Se construía así sonajeros de diferentes tamaños que podían llevar grabados y adornos, especialmente plumas de ciertas aves, denominados maraka en varias lenguas aborígenes americanas, incluidas la caribe y la arauaca, según refería Lisandro Alvarado (Alvarado, 1984 [1921], p. 268), palabra al parecer de origen guaraní que para José Antonio Calcaño significaría «cráneo o calabaza, celestial o divina» (Calcaño, 1977, p. 152). Alvarado agregaba que la maraca, «en lo antiguo fue instrumento sagrado característico en el ritual de los piaches indígenas» (Alvarado, 1984 [1921], p. 268). Eso mismo decía, con lenguaje lírico, el barloventeño Pedro Lhaya en su poema titulado Aútshi y Wanülü, nombres guajiros, respectivamente, del piache y del espíritu malo que aquél debe vencer. La estrofa reza así:

 

«Aútshi llegó con la esperanza

sobre un caballo de ceniza,

iluminado de elixir negro

tocado de sobria alegría.

Con la maraca sagrada

Del esotérico rito antiguo,

Y en su sangre de estirpe mágica

El eco de los exorcismos.»

 

(Lhaya, 1957, p. 44)

 

La información antigua que nos ha llegado sobre el uso de la maraca por los piaches generalmente carece de objetividad, sobre todo cuando la fuente eran los frailes cronistas, ya que lo que referían era siempre «mirado con el prisma de sus prejuicios» (Alvarado, 1984 [1945], p. 200). Es el caso, por ejemplo, del jesuíta José Gumilla, quien al hablar de las prácticas curativas de los arauacos señalaba lo siguiente:

 

«Estos indios son los más diestros, y aun creo que son los inventores de la maraca, que se ha introducido también en otras naciones; y se reduce en un embustero, que se introduce a médico. Hace creer a los indios que habla con el demonio, y que por su medio sabe si ha de vivir o no el enfermo. Para estas consultas tienen sus casitas apartadas, pero a vista de las poblaciones; y encerrados en ellas los médicos, se pasan toda la noche gritando, y sin dejar dormir a nadie, así por los gritos, como por la maraca, que es un calabazo con mucho número de piedrecillas adentro, con que hacen un fiero e incesante ruido. Grita y pregunta al demonio el piache (así llaman a los tales médicos) y cuando se le antoja, muda de voz, y finge las respuestas del demonio» (Gumilla, 1963 [1741], p. 137-138).

 

Agregaba Gumilla, en nota a pie de página, que «el sonajero de calabaza con piedrezuelas lo estilaban muchos bárbaros, digo brujos y curanderos» de toda América. El franciscano Antonio Caulín no difería de Gumilla en lo esencial, siendo su escándalo tal vez mayor porque también los españoles americanos, que eran llamados indianos por los españoles peninsulares, consultaban a los piaches en diferentes materias, como se puede comprobar de la siguiente cita:

 

«Veamos ahora quienes son estos Piaches, ò brujos, que tan astutamente tienen engañado à tanto número de Infieles y Cathólicos. Son para la mayor parte unos Indios taimados, y comunmente de mal gesto, grandes embusteros, y embaidores, que hacen creer a los demás Indios, que hablan con el diablo, y que éste hace quanto ellos quieren, para hacerse respetables, y temidos por las gentes, y conseguir con estos diabólicos engaños el logro de sus intereses, y desordenados apetitos. Estos son los Médicos de los Indios; ò por mejor decir, matasanos de todas estas gentes, que se valen de ellos. Estos forman sus Escuelas en lo más retirado de los montes, donde baylan à obscuras, y hacen que invocan al demonio con muchas, y horribles mudanzas, flautas, y marácas, y con estas ceremonias crían tales créditos de brujos con los demás Indios, que presumen, son los Señores de la vida, y de la muerte, por verse respetados, y de todos temidos» (Caulín, 1992 [1779], p. 99).

 

La maraca era utilizada no sólo en las curaciones y en los ritos de iniciación, sino también en adivinaciones y otras ceremonias, como matrimonios, exequias y bailes propiciatorios, de lo cual ofrecía Lisandro Alvarado diversos ejemplos. La maraca era en manos del piache un medio para facilitar la comunicación con los espíritus, y sólo él conocía sus secretos. Sin embargo, «parece que en contadas ocasiones podían tocar las maracas, además del piache, otros miembros de la tribu» (Calcaño, 1977, p. 151). El mestizaje implicó que con el tiempo las maracas fueran perdiendo, «aun entre los mismos indios, su carácter sagrado» (Alvarado, 1984 [1945], p. 200). Como todos sabemos, las maracas se fueron incorporando sin mayor dificultad a la panoplia de instrumentos de acompañamiento de la música criolla, sin que falte quien haya sostenido que «nada enciende tanto entusiasmo en la gente del campo como el son de las maracas» (Calcaño, 1950 [1896], p. 444).

 

Las maracas dieron lugar también a expresiones y consejas populares, como era de esperarse, diciéndose aún hoy día maraquear el trago para significar que alguien bebe licor muy pausadamente en una fiesta, en tanto que si, en contrapartida, otro se pasara demasiado de tragos se comentaría que cogió una maraca de pea; también se arguye que una cosa es con arpa y otra con maracas cuando algo resulta más difícil de lo esperado, en tanto que pasarse de maraca equivale a pasarse de la raya, o bien a exagerar la nota. Menos usual resulta en la actualidad la expresión tratar a alguien como un palo de maraca, en el sentido de menospreciarlo (Calcaño, 1950 [1896], p. 322), lo mismo que ser un palo de maraca, entendida como «ser un cretino que se deja manejar a todo lo ancho del capricho ajeno» (Picón, 1964 [1912], p. 319), o al contrario, no ser un palo de maraca, que significa «no ser persona insignificante» (Alvarado, 1984 [1921], p. 269).

 

Ha sido tan popular el fruto del totumo o taparo que uno de los nombres indígenas que se le daba a uno de los objetos fabricados con aquél pasó a significar cualquier cosa. Se trata del «coroto», que designaba, según Angel Rosenblat, «una escudilla o recipiente indígena hecho con la mitad de una totuma: los llaneros lo usan todavía para beber agua o aguardiente. Los cantores de aguinaldos de Nochebuena cantan: "Nosotros somos cinco, / seis con el coroto, / y si no me lo llena, / por Dios que lo boto." Y el colmo de la maldad es: "Beberle la mazamorra a un sute y quebrarle el coroto en la cabeza." Pues el humilde coroto indígena se ha llenado de un contenido tan universal, que hoy puede designar cualquier objeto: "El pulpero se esfumó con todos sus corotos”» (Rosenblat, 1974 [1956], Tomo IV, p. 112). Pero también en Barlovento y los valles del Tuy usan aún, como antes lo hacían los tomusas y quiriquires, habitantes aborígenes de esas regiones a la llegada de los europeos, el coroto, aunque no lo llamen así, como se puede apreciar en la Glosa a mi tierra del cantor y compositor popular tuyero Juan Alberto Paz, nacido en Cúa en 1916, quien se ufanaba de su ascendencia en la estrofa siguiente:

 

«Aquí se toma aguardiente

en totuma, compañero,

porque somos los primeros

de los indios descendientes.»

 

(Paz, 1967, p. 27)

 

En cuanto a sus cualidades terapéuticas, se le han encontrado aplicaciones muy variadas, ya que «las hojas y cogollos se emplean para preparar baños de asiento para curar hemorroides. La pulpa del fruto, mezclada con azúcar, actúa como purgante. Y empleada como cataplasma, alivia los golpes y hematomas» (Delascio, 1985, p. 36).

 

Con usos tan diversos y tanta difusión, ya que ha sido cultivado por doquier, no es de extrañar que el totumo y su fruto hayan sido incorporados al folklore venezolano en refranes muy conocidos, como el que postula que «perro que come manteca, mete la lengua en tapara», o la expresión, hoy día inusual, «día de tapara y cachimbo», utilizada para indicar un día lluvioso «de estarse en casa bebiendo y fumando», o aquella otra que decía «se juntó la arroba de queso con la tapara de melado», equivalente a la más moderna de «se juntó el hambre con las ganas de comer», lo mismo que la copla popular según la cual «el que bebe agua en tapara, / o se casa en tierra ajena, / no sabe si el agua es clara / o si la mujer es buena» (Alvarado, 1984 [1921], p. 349).

 

A un árbol tan estimado por los indígenas y el pueblo llano no podía dejar de dársele una connotación religiosa. No resulta casual, por tanto, que en el siglo XVII d.C., época en que la conquista fue pasando a manos de los misioneros, el mencionado Caulín hubiera señalado un árbol de totumo como el lugar de aparición de «la devotísima Imagen de nuestra Señora del Socorro» en la ciudad de San Cristóbal de los Cumanagotos, predecesora de la actual Barcelona:

 

«Es voz común en dicha Ciudad, que esta devotísima Imagen fue aparecida en el sitio de Cumanagoto, donde estaba fundado el año de mil seiscientos y cincuenta, sobre un árbol que en este País llaman Totumo, y permanece hasta el presente frondoso, y fructífero. En este árbol, dicen los más, fue su primera invención, sin saber como, ò de donde fuese trasladada» (Caulín, 1990 [1779], p. 206-207).

 

Cuenta Caulín también que al ser mudada la ciudad la imagen fue llevada a la iglesia parroquial, pero ella se habría regresado al totumo por sus propios medios en dos oportunidades, hasta que, a la tercera vez, el traslado se hizo con las solemnidades y rogatorias debidas a una imagen tan milagrosa, lo cual habría permitido asegurar que ésta no se escapara de nuevo al totumo en cuestión. ¡Válgame Dios!

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Bibliografía citada

 

Alvarado, Lisandro. 1984 [1921]. «Glosario de voces indígenas de Venezuela». En: «Obras completas». Tomo I. La Casa de Bello. Caracas.

 

Alvarado, Lisandro. 1984 [1945]. «Datos etnográficos de Venezuela». En: «Obras completas». Tomo II. La Casa de Bello. Caracas.

 

Calcaño, José Antonio. 1977. «El atalaya». Monte Avila Editores. Caracas.

 

Calcaño, Julio. 1950 [1896]. «El castellano en Venezuela. Estudio crítico». Ministerio de Educación Nacional. Caracas.

 

Casale, Irma. 1997. «La fitotoponimia de los pueblos de Venezuela». Ediciones de la Biblioteca de la Universidad Central de Venezuela. Caracas.

 

Caulín, Fray Antonio. 1992 [1779]. «Historia corográfica de la Nueva Andalucía». Academia Nacional de la Historia. Caracas.

 

Codazzi, Agustín. 1960 [1841]. «Obras escogidas. Volúmenes I y II». Ediciones del Ministerio de Educación. Caracas.

 

Delascio Chitty, Francisco. 1985. «Algunas plantas usadas en la medicina empírica venezolana». Instituto Nacional de Parques. Caracas.

 

Fernández de Oviedo, Gonzalo. 1986 [1535-1557]. «Historia general y natural de las Indias: La Provincia de Venezuela». Fundación de Promoción Cultural de Venezuela. Caracas.

 

Gumilla, José. 1963 [1741]. «El Orinoco ilustrado y defendido». Academia Nacional de la Historia. Caracas.

 

Lhaya, Pedro. 1957. «Poemas guajiros». Tipografía Guanarteme. Caracas.

 

Paz, Juan Alberto. 1967. «Musa criolla». Editorial Senda Avila. Caracas.

 

Picón Febres, Gonzalo. 1964 [1912]. «Libro raro». Biblioteca de Autores y Temas Merideños. Mérida.

 

Pimentel, Juan. 1964 [1578]. «Relación de Nuestra Señora de Caraballeda y Santiago de León, hecha en Caraballeda. (Acompaña un mapa y plano de la ciudad)». En: Arellano Moreno (Compilador). 1964. «Relaciones geográficas de Venezuela». Academia Nacional de la Historia. Caracas.

 

Rosenblat, Angel. 1974 [1956]. «Buenas y malas palabras en el castellano de Venezuela». Tomos I a IV. Editorial Mediterráneo. Madrid.

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Lugar: Finca La Pomarrosa, Barlovento, centro norte de Venezuela.

 

Place: La Pomarrosa Farm, Barlovento, north centre Venezuela.

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Sobre este árbol y su fruto he escrito lo siguiente:

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El totumo o taparo (Cresentia cujete) ha tenido desde la época indígena una enorme popularidad en todo el territorio de la actual Venezuela debido a la utilidad de sus frutos grandes y globosos, llamados totumas y taparas, los cuales le nacen, como al cacaotero, directamente del tronco y las ramas.

 

Decía Codazzi que «el totumo produce frutos de diversos tamaños generalmente redondos u ovales. De ellos se sirven la gente pobre y los indígenas para formar vasijas de toda especie, platos, cucharas y otros utensilios» (Codazzi, 1960 [1841], p. 99). Pero según Gonzalo Picón Febres también se valían de ellas los más pudientes, asegurando al respecto que «á no pocas señoritas, bastante aristocráticas, he visto yo en su casa llevando en las rosadas manecitas la rústica tapara, llena de agua del estanque. En las estancias, quintas ó conucos, lo que más anda en movimniento, de la casa á la quebrada y viceversa, es la tapara, ancha de asentaderas, redonda de barriga, pescuezuda unas veces y otras nó, y con un hueco ó agujero en su parte superior» (Picón, 1964 [1912], p. 276). En el pasado no podía faltar en el patio de la casa un árbol de totumo, ya que proveía a muchas familias de sus vajillas (Casale, 1994, p. 374).

 

Por otra parte, desde su llegada a América los europeos refirieron que los hombres de las etnias caribanas, incluidos los tomusas que poblaban Barlovento, acostumbraban utilizar unas especies de estuches para el pene elaborados con taparas. En tal sentido, el que fuera gobernador de la Provincia de Venezuela, Juan de Pimentel, comentaba que «crían estos indios otros árboles que llaman totumos, que de su fruta hacen escudillas, taparas para agua, como botijas, cucharas y cobertura para su miembro genital. La fruta de este árbol es como calabazas; y de esto, hay árboles que echan pequeña y grande fruta» (Pimentel, 1964 [1578], p. 186). Por su parte, Fernando González de Oviedo, considerado como el primer cronista de Indias, señalaba que «los que son varones, traen el miembro viril metido en un calabacito cerrado o cuello de calabaza, y con un cordón ceñido le tienen y cubren aquella parte más deshonesta de su persona» (Fernández, 1986 [1535-1557], p. 253).

 

Los indígenas también le daban un uso ritual al fruto del totumo, ya que con él elaboraban las maracas, en esencia similares a las actuales, compuestas de un taparo «al cual, después de asado y extraída la pulpa, y horadado convenientemente, se le introducen semillas de capacho y un palillo o mango que sirve para agitarla» (Calcaño, 1950 [1896], p. 444). Se construía así sonajeros de diferentes tamaños que podían llevar grabados y adornos, especialmente plumas de ciertas aves, denominados maraka en varias lenguas aborígenes americanas, incluidas la caribe y la arauaca, según refería Lisandro Alvarado (Alvarado, 1984 [1921], p. 268), palabra al parecer de origen guaraní que para José Antonio Calcaño significaría «cráneo o calabaza, celestial o divina» (Calcaño, 1977, p. 152). Alvarado agregaba que la maraca, «en lo antiguo fue instrumento sagrado característico en el ritual de los piaches indígenas» (Alvarado, 1984 [1921], p. 268). Eso mismo decía, con lenguaje lírico, el barloventeño Pedro Lhaya en su poema titulado Aútshi y Wanülü, nombres guajiros, respectivamente, del piache y del espíritu malo que aquél debe vencer. La estrofa reza así:

 

«Aútshi llegó con la esperanza

sobre un caballo de ceniza,

iluminado de elixir negro

tocado de sobria alegría.

Con la maraca sagrada

Del esotérico rito antiguo,

Y en su sangre de estirpe mágica

El eco de los exorcismos.»

 

(Lhaya, 1957, p. 44)

 

La información antigua que nos ha llegado sobre el uso de la maraca por los piaches generalmente carece de objetividad, sobre todo cuando la fuente eran los frailes cronistas, ya que lo que referían era siempre «mirado con el prisma de sus prejuicios» (Alvarado, 1984 [1945], p. 200). Es el caso, por ejemplo, del jesuíta José Gumilla, quien al hablar de las prácticas curativas de los arauacos señalaba lo siguiente:

 

«Estos indios son los más diestros, y aun creo que son los inventores de la maraca, que se ha introducido también en otras naciones; y se reduce en un embustero, que se introduce a médico. Hace creer a los indios que habla con el demonio, y que por su medio sabe si ha de vivir o no el enfermo. Para estas consultas tienen sus casitas apartadas, pero a vista de las poblaciones; y encerrados en ellas los médicos, se pasan toda la noche gritando, y sin dejar dormir a nadie, así por los gritos, como por la maraca, que es un calabazo con mucho número de piedrecillas adentro, con que hacen un fiero e incesante ruido. Grita y pregunta al demonio el piache (así llaman a los tales médicos) y cuando se le antoja, muda de voz, y finge las respuestas del demonio» (Gumilla, 1963 [1741], p. 137-138).

 

Agregaba Gumilla, en nota a pie de página, que «el sonajero de calabaza con piedrezuelas lo estilaban muchos bárbaros, digo brujos y curanderos» de toda América. El franciscano Antonio Caulín no difería de Gumilla en lo esencial, siendo su escándalo tal vez mayor porque también los españoles americanos, que eran llamados indianos por los españoles peninsulares, consultaban a los piaches en diferentes materias, como se puede comprobar de la siguiente cita:

 

«Veamos ahora quienes son estos Piaches, ò brujos, que tan astutamente tienen engañado à tanto número de Infieles y Cathólicos. Son para la mayor parte unos Indios taimados, y comunmente de mal gesto, grandes embusteros, y embaidores, que hacen creer a los demás Indios, que hablan con el diablo, y que éste hace quanto ellos quieren, para hacerse respetables, y temidos por las gentes, y conseguir con estos diabólicos engaños el logro de sus intereses, y desordenados apetitos. Estos son los Médicos de los Indios; ò por mejor decir, matasanos de todas estas gentes, que se valen de ellos. Estos forman sus Escuelas en lo más retirado de los montes, donde baylan à obscuras, y hacen que invocan al demonio con muchas, y horribles mudanzas, flautas, y marácas, y con estas ceremonias crían tales créditos de brujos con los demás Indios, que presumen, son los Señores de la vida, y de la muerte, por verse respetados, y de todos temidos» (Caulín, 1992 [1779], p. 99).

 

La maraca era utilizada no sólo en las curaciones y en los ritos de iniciación, sino también en adivinaciones y otras ceremonias, como matrimonios, exequias y bailes propiciatorios, de lo cual ofrecía Lisandro Alvarado diversos ejemplos. La maraca era en manos del piache un medio para facilitar la comunicación con los espíritus, y sólo él conocía sus secretos. Sin embargo, «parece que en contadas ocasiones podían tocar las maracas, además del piache, otros miembros de la tribu» (Calcaño, 1977, p. 151). El mestizaje implicó que con el tiempo las maracas fueran perdiendo, «aun entre los mismos indios, su carácter sagrado» (Alvarado, 1984 [1945], p. 200). Como todos sabemos, las maracas se fueron incorporando sin mayor dificultad a la panoplia de instrumentos de acompañamiento de la música criolla, sin que falte quien haya sostenido que «nada enciende tanto entusiasmo en la gente del campo como el son de las maracas» (Calcaño, 1950 [1896], p. 444).

 

Las maracas dieron lugar también a expresiones y consejas populares, como era de esperarse, diciéndose aún hoy día maraquear el trago para significar que alguien bebe licor muy pausadamente en una fiesta, en tanto que si, en contrapartida, otro se pasara demasiado de tragos se comentaría que cogió una maraca de pea; también se arguye que una cosa es con arpa y otra con maracas cuando algo resulta más difícil de lo esperado, en tanto que pasarse de maraca equivale a pasarse de la raya, o bien a exagerar la nota. Menos usual resulta en la actualidad la expresión tratar a alguien como un palo de maraca, en el sentido de menospreciarlo (Calcaño, 1950 [1896], p. 322), lo mismo que ser un palo de maraca, entendida como «ser un cretino que se deja manejar a todo lo ancho del capricho ajeno» (Picón, 1964 [1912], p. 319), o al contrario, no ser un palo de maraca, que significa «no ser persona insignificante» (Alvarado, 1984 [1921], p. 269).

 

Ha sido tan popular el fruto del totumo o taparo que uno de los nombres indígenas que se le daba a uno de los objetos fabricados con aquél pasó a significar cualquier cosa. Se trata del «coroto», que designaba, según Angel Rosenblat, «una escudilla o recipiente indígena hecho con la mitad de una totuma: los llaneros lo usan todavía para beber agua o aguardiente. Los cantores de aguinaldos de Nochebuena cantan: "Nosotros somos cinco, / seis con el coroto, / y si no me lo llena, / por Dios que lo boto." Y el colmo de la maldad es: "Beberle la mazamorra a un sute y quebrarle el coroto en la cabeza." Pues el humilde coroto indígena se ha llenado de un contenido tan universal, que hoy puede designar cualquier objeto: "El pulpero se esfumó con todos sus corotos”» (Rosenblat, 1974 [1956], Tomo IV, p. 112). Pero también en Barlovento y los valles del Tuy usan aún, como antes lo hacían los tomusas y quiriquires, habitantes aborígenes de esas regiones a la llegada de los europeos, el coroto, aunque no lo llamen así, como se puede apreciar en la Glosa a mi tierra del cantor y compositor popular tuyero Juan Alberto Paz, nacido en Cúa en 1916, quien se ufanaba de su ascendencia en la estrofa siguiente:

 

«Aquí se toma aguardiente

en totuma, compañero,

porque somos los primeros

de los indios descendientes.»

 

(Paz, 1967, p. 27)

 

En cuanto a sus cualidades terapéuticas, se le han encontrado aplicaciones muy variadas, ya que «las hojas y cogollos se emplean para preparar baños de asiento para curar hemorroides. La pulpa del fruto, mezclada con azúcar, actúa como purgante. Y empleada como cataplasma, alivia los golpes y hematomas» (Delascio, 1985, p. 36).

 

Con usos tan diversos y tanta difusión, ya que ha sido cultivado por doquier, no es de extrañar que el totumo y su fruto hayan sido incorporados al folklore venezolano en refranes muy conocidos, como el que postula que «perro que come manteca, mete la lengua en tapara», o la expresión, hoy día inusual, «día de tapara y cachimbo», utilizada para indicar un día lluvioso «de estarse en casa bebiendo y fumando», o aquella otra que decía «se juntó la arroba de queso con la tapara de melado», equivalente a la más moderna de «se juntó el hambre con las ganas de comer», lo mismo que la copla popular según la cual «el que bebe agua en tapara, / o se casa en tierra ajena, / no sabe si el agua es clara / o si la mujer es buena» (Alvarado, 1984 [1921], p. 349).

 

A un árbol tan estimado por los indígenas y el pueblo llano no podía dejar de dársele una connotación religiosa. No resulta casual, por tanto, que en el siglo XVII d.C., época en que la conquista fue pasando a manos de los misioneros, el mencionado Caulín hubiera señalado un árbol de totumo como el lugar de aparición de «la devotísima Imagen de nuestra Señora del Socorro» en la ciudad de San Cristóbal de los Cumanagotos, predecesora de la actual Barcelona:

 

«Es voz común en dicha Ciudad, que esta devotísima Imagen fue aparecida en el sitio de Cumanagoto, donde estaba fundado el año de mil seiscientos y cincuenta, sobre un árbol que en este País llaman Totumo, y permanece hasta el presente frondoso, y fructífero. En este árbol, dicen los más, fue su primera invención, sin saber como, ò de donde fuese trasladada» (Caulín, 1990 [1779], p. 206-207).

 

Cuenta Caulín también que al ser mudada la ciudad la imagen fue llevada a la iglesia parroquial, pero ella se habría regresado al totumo por sus propios medios en dos oportunidades, hasta que, a la tercera vez, el traslado se hizo con las solemnidades y rogatorias debidas a una imagen tan milagrosa, lo cual habría permitido asegurar que ésta no se escapara de nuevo al totumo en cuestión. ¡Válgame Dios!

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Bibliografía citada

 

Alvarado, Lisandro. 1984 [1921]. «Glosario de voces indígenas de Venezuela». En: «Obras completas». Tomo I. La Casa de Bello. Caracas.

 

Alvarado, Lisandro. 1984 [1945]. «Datos etnográficos de Venezuela». En: «Obras completas». Tomo II. La Casa de Bello. Caracas.

 

Calcaño, José Antonio. 1977. «El atalaya». Monte Avila Editores. Caracas.

 

Calcaño, Julio. 1950 [1896]. «El castellano en Venezuela. Estudio crítico». Ministerio de Educación Nacional. Caracas.

 

Casale, Irma. 1997. «La fitotoponimia de los pueblos de Venezuela». Ediciones de la Biblioteca de la Universidad Central de Venezuela. Caracas.

 

Caulín, Fray Antonio. 1992 [1779]. «Historia corográfica de la Nueva Andalucía». Academia Nacional de la Historia. Caracas.

 

Codazzi, Agustín. 1960 [1841]. «Obras escogidas. Volúmenes I y II». Ediciones del Ministerio de Educación. Caracas.

 

Delascio Chitty, Francisco. 1985. «Algunas plantas usadas en la medicina empírica venezolana». Instituto Nacional de Parques. Caracas.

 

Fernández de Oviedo, Gonzalo. 1986 [1535-1557]. «Historia general y natural de las Indias: La Provincia de Venezuela». Fundación de Promoción Cultural de Venezuela. Caracas.

 

Gumilla, José. 1963 [1741]. «El Orinoco ilustrado y defendido». Academia Nacional de la Historia. Caracas.

 

Lhaya, Pedro. 1957. «Poemas guajiros». Tipografía Guanarteme. Caracas.

 

Paz, Juan Alberto. 1967. «Musa criolla». Editorial Senda Avila. Caracas.

 

Picón Febres, Gonzalo. 1964 [1912]. «Libro raro». Biblioteca de Autores y Temas Merideños. Mérida.

 

Pimentel, Juan. 1964 [1578]. «Relación de Nuestra Señora de Caraballeda y Santiago de León, hecha en Caraballeda. (Acompaña un mapa y plano de la ciudad)». En: Arellano Moreno (Compilador). 1964. «Relaciones geográficas de Venezuela». Academia Nacional de la Historia. Caracas.

 

Rosenblat, Angel. 1974 [1956]. «Buenas y malas palabras en el castellano de Venezuela». Tomos I a IV. Editorial Mediterráneo. Madrid.

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PLANTAS MEDICINALES D-E

   

PLANTAS MEDICINALES QUE EMPIEZAN POR D-E

   

DIENTE DE LEÓN

 

El nombre de diente de león se refiere a la forma de sus hojas. Los médicos árabes recomendaban su uso terapéutico desde los siglos X y XI.

Cultivo :

No hay ningún tipo de dificuldad para cultivar el diente de león, pues es suficiente plantar las semillas o dividir las raices. Si no se desea que la planta se au-torreproduzca, se deben eliminar las cabezuelas florales inmediatamente después que aparezcan.

Propiedades medicinales:

Diurético, depurativo y fortalecedor de la sangre, laxativo, colagogo, refrescante y antiescorbútico, el diente de león se utiliza en la medicina casera y en la culinaria, en forma de jugo, ensaladas y cocidos, contra las afecciones del sistema urinario, de los pulmones, de los ríñones, de la vejiga, del estómago, del hígado y contra las hidropesías. Se recomienda también para diabéticos, pues sus azúcares no sobrecargan el metabolismo, para estimular el apetito y vencer diversas enfermedades de la piel como, por ejemplo, eczemas. También se considera digestivo y eficaz contra los dolores artríticos, reumáticos, y para fortalecer la visión. La planta fresca del diente de león tiene gran cantidad de vitaminas y substancias minerales como: calcio, fósforo, potasio, sodio, manganeso y silicato.

Indicaciones de uso:

Depurativo, hidropesía – Decocción: hervir en un litro de agua 1 OOg de raices de diente de león. Beber tres tazas por día.

Hígado (cálculos) – Decocción: hervir en un litro de agua durante cinco minutos 80g de raíces. Colar y beber de dos a tres tazas por día.

Visión (fortalecedor) – Jugo: macerar el tallo de la planta hasta obtener un jugo

lechoso. Verter dos gotas en cada ojo, una o dos veces al día, pero no más que

eso.

Diurético, obesidad – Decocción: hervir en medio litro de agua 30g de la planta de diente de león, mientras está nueva. Ingerir como té durante el día. Vejiga (desinfectante) – Infusión: colocar en reposo en un litro de agua hirviendo durante 18 minutos 6g de raíz de diente de león. Agregar jugo de limón y miel e ingerir la infusión tres veces al dia. Para el mismo fin se pueden consumir las hojas de la planta cruda en ensaladas o cocidas, aderezadas con mantequilla y queso. Otro tipos de plantas medicinales y flores se encuentran en el sitio jardines.

Uso general – Jugo: macerar la planta hasta obtener su jugo. Tomar en ayunas una o dos cucharadas soperas por dia o una cucharada de las de té cada dos horas.

     

DRÍADA

 

Dríada, Té suizo

Nombre común o vulgar: Dríada, Té suizo

Nombre científico o latino: Dryas octopetala

Planta vivaz de 5 a 15 cm de altura.

Su tallo es leñoso y rastrero, y las hojas recuerdan a las del roble, aunque son más pequeñas.

Las flores son grandes, solitarias, con 8 pétalos y estambres amarillos.

Hábitat: originaria de las regiones árticas de Europa, aunque se halla difundida por las regiones montañosas de Europa central.

La dríada es tan resistente al frío que se cría incluso en las regiones árticas del norte de Europa.

Propiedades e indicaciones: las hojas contienen tanino y sales minerales, entre las que destacan los silicatos solubles.

Son aperitivas, digestivas y astringentes.

La tisana que se prepara con ellas (té suizo), es muy apreciada en los siguientes casos:

Trastornos digestivos: dispepsias, empachos, cólicos intestinales (retortijones) y malas digestiones.

Afecciones bucofaríngeas: amigdalitis (anginas), faringitis, aftas bucales y diversas inflamaciones de la mucosa oral (estomatitis). En estos casos se aplica en forma de gargarismos.

     

DROSERA

  

Otros de los nombres comunes de la planta drosera es atrapamoscas o hierba del rocío.

 

Tiene un tallo muy corto que parece inexistente, de color verde floral o tenido de rojo y muy duro, sus hojas son largas y muy delgadas, cubiertas de pequeños tubitos móviles que terminan en pequeñas glándulas que segregan un liquido pegajoso y transparente que parece rocío, en verano le aparecen flores blancas en forma de espigas, también pequeñas cápsulas llenas de miles de semillas, su olor no se puede percibir por los humanos y tiene un sabor muy amargo. Esta planta se considera una planta carnívora debido a que atrae a los insectos con su secreción y con esta misma los atrapa, después los enrolla con sus hojas y luego los digiere poco a poco.

 

Usos de las plantas medicinales: planta drosera

 

• Tiene propiedades sedantes y antiespasmódicas, por lo que se usa para combatir la tosferina, tos nerviosa, tos laríngea, tos gástrica, vómitos, y tuberculosis.

 

• También actúa para prevenir la gripe, algunos campesinos utilizan la secreción de sus hojas para desaparecer las verrugas.

 

• En la actualidad se ha empezado a utilizar para curar las enfermedades gastrointestinales, que normalmente se acompañan de dolores espasmódicos.

 

• También es de gran ayuda para aliviar los ataques de epilepsia.

 

• Ayuda provocar el vómito o diarrea si se ingiere en pequeñas cantidades.

     

DULCAMARA

DULCAMARA

 

Nombre científico: Solanum dulcamara Familia: Solanáceas Sinonimia: Bitersüss (alemán); douce-amére (francés); bitter-sweet (inglés); co-rallina (italiano); dulcamara; doce-amarga, erva-cáo (portugués).

Descripción:

Originaria de Europa, Asia y África, la dulcamara es un subarbusto trepador, que se apoya en los vegetales más cercanos y tiene tallo de dos a cuatro metros ue altura, muchas ramas finas, alargadas, flexibles y pilosas, corteza grisácea y raices fibrosas. Sus hojas son ovales, puntiagudas y raramente blancas, tienen la misma forma que las de la patata y se disponen en racimos corimbiformes. Los frutos – bayas ovales y pequeñas, rojas cuando están maduras contienen semillas en forma de ríñones. Encierra, principalmente en el tallo y en la base de los pecíolos, el alcaloide “solanina”, el glucósido “dulcamarina”, el extracto dulce amargo “picroglycon”, resina, cera, gluten, goma y varias sales. Según algunos autores, para fines medicíñales se debe emplear la corteza de las ramitas tiernas y las hojas, recogidas en la primavera o en el verano y desecadas al aire libre. Otros dicen que au sólo los tallos – de sabor amargo, que pronto se vuelve dulce, con dos años, recogidos en el otoño cuando ya han caído las hojas o en la primavera antes que broten de nuevo, se deben utilizar medi-cinalmente.

Desde hace siglos se han atribuido a la dulcamara innumerables virtudes curativas. Antaño considerados venenosos, sus frutos son comprobadamente inofensivos, pues solamente contienen 0,3 a 0,7% de “solanina”, de acuerdo con una información no unánime. Las hojas, sin embargo, parecen ser realmente veneno sas, por lo menos para los animales. Las raices antiguamente eran consideradas como el principal ingrediente del legendario “elixir del amor”, capaz de hacer que cayesen enamoradas las personas que lo tomaban.

    

EFEDRA

EFEDRA (Ephedra sinica Stapf.)

Otros nombres:

Familia: Ephedraceae.

 

Partes de la planta de uso médico: La hierba.

 

Sustancias activas: Diversos alcaloides, principalmente efedrina y pseudoefebrina. Flavonoides y proantocianidinas.

 

Propiedades: Existen diferentes campos de acción en esta planta; unos aceptados por la medicina tradicional y otros solo por la popular. Estos son algunos de los beneficios que podemos encontrar con el uso de esta planta:

 

Homeopatía: No se conoce.

 

Indicaciones Académicas: Para fines medicinales se utiliza para:

 

Trastornos de la tensión sanguínea después de haber sufrido enfermedades infecciosas: Hipertensión arterial.

Ataques de asma.

Fiebre de heno.

Estados alérgicos.

Urticaria.

Resfriados.

Edemas.

Fiebre.

Inapetencia sexual femenina: Estudios preliminares pequeños indican que la efedra puede incrementar la excitación sexual en las mujeres. Se requiere mayor investigación para confirmar estos hallazgos.

Obesidad: Con base en las investigaciones científicas disponibles, la efedrina aparentemente causa pérdida de peso cuando se usa en combinación con la cafeína. Los resultados de usar efedrina, sin la cafeína, no son claros.

Presión arterial baja. Los principios activos de Ephedra sinica pueden estimular el corazón, incrementar el ritmo del latido cardíaco y aumentar la presión arterial. La efedrina se usa algunas veces en hospitales para ayudar al control de la presión arterial.

   

ENCINA

La encina son árboles de un tamaño importante y posee vistosas flores amarillas. Esta especie crece en el Mediterráneo en áreas de matorrales y bosques en zonas costeras con clima templado. Su crecimiento es lento y su distribución es dispersa, su madera es utilizada para leña o aplicaciones pequeñas como realizar herramientas, pilares u otros productos, pero no es tan valorada como otras especies.

Otras denominaciones populares con la que se conoce al árbol de encina son: encina de bellotas amargas, encina oceánica, carrasca negra, entre otras. El nombre científico es Quercus ilex y pertenece a la familia de las fagáceas.

El árbol de encina es utilizado con fines medicinales para gran cantidad de afecciones como inflamaciones de boca, encías y garganta, ayuda a regular la cantidad de fluidos vaginales, ayuda a curar heridas, llagas, aftas, granos, eczemas, inflamación de intestinos, indigestión, colitis, hemorroides, sabañones, para desinflamar el útero y la zona vaginal.

También es eficaz en hemorragias, diarreas, para controlar el exceso de sudor, pies y debajo de los brazos así como el mal olor, anginas, faringitis, conjuntivitis, reuma. Ayuda a disminuir los tics nerviosos, compulsiones y síntomas de estrés, es muy útil para como tónico energizante que actúa en forma progresiva en el organismo.

La corteza, las flores y las hojas son las partes de este árbol que tiene cualidades medicinales ya que posee gran cantidad de taninos y otros principios activos útiles para fines medicinales. Se puede consumir en infusión, realizar baños de pie y lavajes en zonas íntimas para tratar los diferentes síntomas o patologías.

El fruto del árbol de encina son bellotas las cuales son comestibles y se preparan licores y otros platos dulces en base a ellas, además se alimenta al ganado con ellas.

Las personas que padecen gastritis o ulcera gastroduodenal no deben consumir en vía oral la encina porque puede producir importantes malestares. Tampoco si la persona tiene fiebre o afecciones cardiacas.

La consulta al medico antes de utilizar la medicina natural es muy importante ya que de esta manera se disminuirá la posibilidad de sufrir reacciones adversas o contraindicaciones por el consumo de alguna planta como remedio natural. Es peligrosa la automedicación con plantas o hierbas ya que muchas son perjudiciales para la salud sino se las utiliza correctamente.

    

ENDRINO

SINONIMIA: Castellano: Ciruelo silvestre, Ciruelo endrino, Endrinera, Bruño, Arañón, Espino negro, Arto negro, Acacia bastarda, Amargaleja; Catalán: Espí negre, Arc negre, Pruneller, Escangayats, Barsal, Aranyoner; Gallego: Cambroeiro, Abruñeiro, Gruñeiro; Vascuence: Elorri beltz, Basaran; Francés: Prunellier noir, Prunier sauvage; Inglés: Blackthorn, Sloe.

FAMILIA: Rosáceas

ORIGEN Y DISTRIBUCIÓN: Muy común en las zonas de montaña de toda Europa, donde crece en laderas y bordes de caminos. Está naturalizado en América.

USOS TERAPÉUTICOS: Diurético, antiasmático, antidiabético, afecciones de la vejiga y vías urinarias, trastornos digestivos, laxante suave.

PARTE UTILIZADA: Flores (flos pruni spinosae), frutos (fructus pruni spinosae), Cortezas (cortex pruni spinosae), Hojas (folium pruni spinosae).

Descripción

El endrino es un arbusto que se autorreproduce fácilmente por los retoños que brotan de las raíces, lo que da lugar habitualmente a grandes espesuras de penetración impracticable.

Las ramas son espinosas, con pequeñas hojas alternas, ovales y pecioladas. Las flores, que aparecen antes de las primeras hojas, son blancas y pentámeras. Sus frutos son las endrinas, unas drupas de color azul oscuro. Este arbusto crece en laderas soleadas y secas, especialmente sobre terrenos pobres y pedregosos.

 

Aplicaciones y propiedades

El endrino es conocido desde la antigüedad como planta medicinal y alimenticia. Han sido hallados huesos de endrina en antiguas ciudades lacustres del neolítico.

Las flores del endrino contienen glucósidos, taninos, vitamina C, azúcar y pigmentos. Sus propiedades son, sobre todo, diuréticas, con un ligero efecto laxante. En alimentación se emplean para fabricar licores de prunelle y pacharán.

Los frutos contienen mayormente taninos y ácidos orgánicos, cuando están secos tienen propiedades astringentes y algo laxantes. Se emplean contra afecciones de las vías urinarias y de la vejiga, así como en trastornos digestivos. Los frutos frescos sirven para la fabricación de jugos, jarabes y vino de endrina. La tintura de endrinas tiene aplicaciones sudoríficas, diuréticas y laxantes. En alimentación se emplean para fabricar confituras y mermeladas.

Las cortezas y hojas tienen propiedades antiasmáticas y antidiabéticas.

Remedios

Infusión diurética y laxante infantil

Las flores del endrino son algo laxantes, útiles en infusión como laxante infantil, pero sobre todo son diuréticas. Se puede preparar una infusión para ambas aplicaciones con dos cucharaditas de flores secas y desmenuzadas en una taza de agua. Tomar dos o tres veces al día.

    

ENEBRO

 

SINONIMIA: Castellano: Junípero, Nebro, Enebro común; Catalán: Ginebre negral, Ginebre mascle, Ginebrer, Ginebrera, Ginebró ver; Gallego: Cimbro, Xenebro; Vascuence: Ipar-ipuru, Ipar-orre; Francés: Genévrier commun, Pétron; Inglés: Juniper common.

FAMILIA: Cupresáceas

ORIGEN Y DISTRIBUCIÓN: Crece en terrenos pedregosos y de montaña de toda Europa. Está naturalizado en América.

USOS TERAPÉUTICOS: Tónico estomacal, digestivo, balsámico, expectorante, sudorífico, antiséptico, diurético, gota, hipercolesteremia, hiperglucemia, afecciones de los oídos.

Otros usos y propiedades: Tiene aplicaciones culinarias, como condimento aromático para carnes, y en la elaboración de licores.

PARTE UTILIZADA: Bayas (fructus juniperi), hojas (folium juniperi), ramas/madera (lignum juniperi).

 

Este apreciado arbusto espinoso se adapta al clima y se le puede ver en terrenos secos y pedregosos, laderas soleadas, pastizales y tierras de montaña, generalmente sobre substratos calizos. Según uno u otro caso, puede alcanzar alturas de varios metros o presentarse en forma de mata achaparrada, ramosa y leñosa.

  

Tiene hojas cortas y algo punzantes (con agujas dispuestas de tres en tres). Es una planta dioica. Las flores, que salen en primavera, son pequeñas y de color amarillo, crecen en plantas separadas según sean masculinas o femeninas. En algunos países es un arbusto protegido. Las bayas (nebrinas) son verdes al principio y ennegrecen en otoño tras su maduración.

Recolección

Desde el momento de la floración ya se pueden recoger las hojas. Las nebrinas se recolectan en pleno otoño; para su almacenamiento es preciso dejar secar antes a la sombra, pero siempre con calor solar, nunca artificial, guardando después en recipientes bien herméticos.

Aplicaciones y propiedades

Pocas plantas son tan útiles como el enebro, no sólo en aplicaciones homeopáticas, sino también en la preparación de platos, licores, como condimento aromático para carnes, etc. En homeopatía se ha utilizado siempre la tintura de gálbulos y ramas de enebro en diferentes afecciones. De las ramas, por ejemplo, se extrae un aceite adecuado para eliminar parásitos en la piel. Las hojas son diuréticas y antirreumáticas, además de útiles en el tratamiento de neuralgias musculares y artritis. Las bayas contienen un aceite esencial rico en principios activos (pipeno y borneol), inosita, un glucósido (flavona), juniperina y un principio amargo; tienen numerosas propiedades: tónicas, balsámicas, expectorantes, antisépticas, sudoríficas, estomacales y digestivas, y son también muy adecuadas para tratar desórdenes de riñón y vejiga, contra la gota y reumatismo, en afecciones de oídos, y reducción de los niveles de colesterol y azúcar.

En general son las bayas (nebrinas) las que se utilizan con mayor frecuencia, las negro-azuladas son de uso imprescindible y elemento principal en la preparación de conocidas ginebras británicas y holandesas, también se emplean en aromatizar el aguardiente de semillas de maíz, centeno y malta. En la cocina se emplea como condimento, es uno de los componentes utilizados en determinados platos del norte de Europa, como el lachoucroute.

Remedios

Aceite de enebro para los oídos

Rellenar un frasco de un cuarto litro aproximadamente con bayas de enebro hasta su tercera parte, seguidamente vaciar el bote en un almirez y macharlas ligeramente, devolver las bayas machacadas al frasco y terminar de rellenarlo con aceite de oliva virgen. Dejar el frasco bien cerrado dos horas al baño maría y posteriormente guardarlo una semana en lugar seco. Antes de su aplicación pasar el aceite por un colador a un frasco cuentagotas.

Infusión para el reumatismo crónico y desinfectante de las vías urinarias (cistitis)

Hervir una taza de agua con una cucharadita de bayas de enebro trituradas. Dejar reposar 20 minutos. Beber una taza por la mañana y otra por la noche. Mantener el tratamiento dos veces al año durante 4-6 semanas cada sesión.

Precaución: no es aconsejable tomar en caso de embarazo o inflamación renal.

Opciones: Puede aplicarse en baños antirreumáticos vertiendo la infusión en la bañera.

     

ENELDO

    

Nombre Cientifico: Anethum graveolens. Otros nombres: dill (inglés), dill (alemán), anéth (francés), aneto (italiano).

 

De la familia de las Umbelíferas (aunque algunos afirman que es herbácea). El tallo es erecto, ramificado en la punta y puede superar el metro de altura. La raíz es larga y delgada. Las hojas son de un color verde turquesa. Las flores, dispuestas en umbelas, son amarillas. Los frutos están recorridos por costas dorsales poco prominentes.

Propiedades

 

Digestivo

Carminativo

Diurético

Espasmolítico

Galactógeno

Aromatizante

 

Se utiliza casi toda la planta, incluso las semillas. Los frutos se recogen al final del verano, antes de la maduración; las puntas se recogen, en cambio, en verano cuando los frutos todavía no están maduros. Para la desecación de los frutos y puntas, éstos se colocan sobre una tela en un lugar aereado. Los frutos se pasan por el cernidor y las puntas se cortan en pedazos. Ambos se conservan en vasos de vidrio.

Es una planta muy conocida en las artes culinarias utilizándose el tallo fresco para condimentar algunas platos, generalmente combina muy bien con el pescado. Los frutos adicionados en una infusión ejercen una acción favorable sobre la secreción láctea.

Usos

Infusión para la inflamación de la boca: con 5 g de semillas de eneldo en 1 l.de agua. Hacer gárgaras de 4 a 6 veces al día.

Infusión contra la naúsea: en un vaso de agua caliente coloque una pizca de semillas de eneldo, la filtramos y endulzamos antes de beberla .

Es carminativa, diurética y ayuda en la digestión tomando 2 o 3 tazas al día en forma de tisana o infusión, en proporciones de no más de una cucharada sopera de hojas y frutos secos por litro de agua. Tanto el té como la tisana sirven también para limpiar heridas o llagas tórpidas y desinfectarlas. Limita la acumulación de gases en el cuerpo y favorece su eliminación.

Componentes químicos impotantes

Los frutos contienen del 3 al 5% de un aceite esencial, cuyo principal componente es la carvona. También contienen sustancias albuminoideas y un hidrocarburo (felandreno). Además contiene flavonoides derivados del kenferol, acidos fenólicos como por ejemplo: caféico, clorogénico.

Contraindicaciones

No recomendamos el consumo en embarazadas, niños y personas que padezcan gastritis. Las mujeres en período de lactancia deberán consultar su uso con su médico.

El aceite esencial de eneldo causa fitofotodermatitis (furanocumarinas).

   

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