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Avant de devoir répondre à des commentaires hors-sujet : il s'agit de course landaise, pas de corrida (aucun rapport).

 

Before anyone makes an irrelevant comment : this is "course landaise", NOT bullfighting. These are very special cows, they NEVER get killed. The men who have to dodge them or jump above them ("écarteurs" and "sauteurs") take risks.

Le texte de Josée Boileau dans le journal Le Devoir:

 

«Vingt-cinq ans plus tard, nous n’oublions pas. C’est une obligation morale, une nécessité. Quatorze jeunes femmes assassinées en bloc, dans un lieu où par leur seule présence, elles battaient en brèche mille ans d’histoire, sont devenues le symbole exceptionnel d’une réalité terriblement ordinaire : celle de la violence faite aux femmes et de la misogynie.

 

Pour celles et ceux qui y étaient, ces 25 ans se vivent toujours à fleur de peau. La liste est longue de qui a au coeur une blessure qui ne s’est pas refermée. Les familles, les amis, l’entourage de Geneviève, Hélène, Nathalie, Maud, Sonia, Michèle, les deux Barbara, les deux Anne-Marie, les deux Maryse, les deux Annie… Les étudiantes et les étudiants blessés, ceux qui, au fil du temps, se sont eux-mêmes enlevé la vie. Et leur famille, leurs amis, leur entourage. Ils sont le premier cercle de la douleur vive.

 

Il y a encore les étudiantes et les étudiants de décembre 1989 à Polytechnique, qui ont croisé ou pas le tireur ; les professeurs, la direction de l’époque, ceux qui y travaillaient, ceux qui y travaillent encore. Les étudiantes qui ont décidé d’y poursuivre leurs études, qui s’y sont inscrites tout de suite l’année d’après, puis les années suivantes. Il y a les policiers en fonction ce soir-là ou appelés en renfort, les ambulanciers, les journalistes (dont la soussignée, jeune journaliste employée au Devoir depuis seulement trois semaines), les équipes médicales dans les hôpitaux de la ville. Des gens aux premières loges de la tragédie, qui la découvraient pas à pas.

 

Il faut ajouter, car on les oublie souvent, les femmes qui faisaient partie de la liste bâtie par Marc Lépine avant d’aller tuer à Poly, personnalités publiques qu’il rêvait de faire taire.

 

Et il y a toutes celles, tous ceux qui, abasourdis, ont suivi ce soir-là, sur les petits écrans d’avant les réseaux d’information continue, une histoire si inimaginable qu’on ne savait trop comment la raconter — il a d’ailleurs fallu du temps pour que la lecture féministe des événements, pourtant flagrante, ait droit de cité. Mais en ce froid soir de décembre, les auditeurs, les auditrices étaient bien trop touchés, surpris, bouleversés pour être de simples spectateurs : pour eux et elles aussi, 25 ans plus tard, les lieux, les émotions, les pensées reviennent comme si le 6 décembre 1989 et les jours qui ont suivi, c’était hier.

 

Mais il y a aussi les autres qui en 1989 n’étaient pas nés, même pas pensés. Celles et ceux qui n’ont pas 25 ans et qui aujourd’hui sont aux études à Poly, dans les universités, au cégep. Ou au travail dans des milieux toujours plus mixtes. Que savent-ils au juste de la tuerie de Polytechnique ? Elle ne fait pas partie des manuels d’histoire, mais les commémorations tout comme la bataille des victimes et de leurs proches pour le contrôle des armes à feu (il fallait bien faire quelque chose) maintiennent le souvenir. Qu’en retiendront-ils ? La suite leur appartiendra, mais gageons que l’immensité des défis à relever dans l’incessante quête de l’égalité entre les hommes et les femmes contribuera à ce que le 6 décembre ne meure pas.

 

Pour le moment, ces 25 ans qui font une génération ne sont pas encore le temps de la froide distance. Vous le constaterez en lisant ce cahier — que nous avons voulu au regard large, y ajoutant un précieux échange de textes avec The Gazette, l’enrichissant de blocs d’information et d’éléments visuels dans nos éditions Internet et tablette — : sous l’analyse couvent les sentiments. Comment faire autrement quand l’actualité rappelle si souvent que la place des femmes au travail, dans les lieux de pouvoir, sur la scène publique n’est toujours pas un acquis ; que la violence contre les femmes, camouflée sous des dehors de séduction ou s’affichant carrément comme agression, reste un fléau dont on ne mesure toujours pas l’ampleur.

 

Et pourtant, 25 ans plus tard, les femmes ne sont pas rentrées chez elles, et de nombreux hommes marchent à leurs côtés. Le féminisme crée un monde meilleur. Le 6 décembre doit aussi servir à le rappeler.»

 

Le Devoir, le 6 décembre 2014

 

Napa CA show at The G Spot.

Avant de devoir répondre à des commentaires hors-sujet : il s'agit de course landaise, pas de corrida (aucun rapport).

 

Before anyone makes an irrelevant comment : this is "course landaise", NOT bullfighting. These are very special cows, they NEVER get killed. The men who have to dodge them or jump above them ("écarteurs" and "sauteurs") take risks.

Avant de devoir répondre à des commentaires hors-sujet : il s'agit de course landaise, pas de corrida (aucun rapport).

 

Before anyone makes an irrelevant comment : this is "course landaise", NOT bullfighting. These are very special cows, they NEVER get killed. The men who have to dodge them or jump above them ("écarteurs" and "sauteurs") take risks.

Avant de devoir répondre à des commentaires hors-sujet : il s'agit de course landaise, pas de corrida (aucun rapport).

 

Before anyone makes an irrelevant comment : this is "course landaise", NOT bullfighting. These are very special cows, they NEVER get killed. The men who have to dodge them or jump above them ("écarteurs" and "sauteurs") take risks.

Devoir sur le portrait : réaliser des photos de couple sur fond uni...

Pas facile le fond uni, quand on n'a qu'un "petit" espace !

Votre avis m'aidera beaucoup à choisir lesquelles je vais envoyer !

Merci !

Robert Charlebois chante pendant le spectacle de la St-Jean à Québec le 23 juin 2014. Photo Francis Vachon pour Le Devoir

Atelier "Comment libérer et accompagner le potentiel d'innovation des agents publics ?"

Avant de devoir répondre à des commentaires hors-sujet : il s'agit de course landaise, pas de corrida (aucun rapport).

 

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J'aimerai t'appeler «Bonjour!», mais ta vie serais un peu trop compliquée

Monument aux morts, Biert (Ariège)

Le texte de Josée Boileau dans le journal Le Devoir:

 

«Vingt-cinq ans plus tard, nous n’oublions pas. C’est une obligation morale, une nécessité. Quatorze jeunes femmes assassinées en bloc, dans un lieu où par leur seule présence, elles battaient en brèche mille ans d’histoire, sont devenues le symbole exceptionnel d’une réalité terriblement ordinaire : celle de la violence faite aux femmes et de la misogynie.

 

Pour celles et ceux qui y étaient, ces 25 ans se vivent toujours à fleur de peau. La liste est longue de qui a au coeur une blessure qui ne s’est pas refermée. Les familles, les amis, l’entourage de Geneviève, Hélène, Nathalie, Maud, Sonia, Michèle, les deux Barbara, les deux Anne-Marie, les deux Maryse, les deux Annie… Les étudiantes et les étudiants blessés, ceux qui, au fil du temps, se sont eux-mêmes enlevé la vie. Et leur famille, leurs amis, leur entourage. Ils sont le premier cercle de la douleur vive.

 

Il y a encore les étudiantes et les étudiants de décembre 1989 à Polytechnique, qui ont croisé ou pas le tireur ; les professeurs, la direction de l’époque, ceux qui y travaillaient, ceux qui y travaillent encore. Les étudiantes qui ont décidé d’y poursuivre leurs études, qui s’y sont inscrites tout de suite l’année d’après, puis les années suivantes. Il y a les policiers en fonction ce soir-là ou appelés en renfort, les ambulanciers, les journalistes (dont la soussignée, jeune journaliste employée au Devoir depuis seulement trois semaines), les équipes médicales dans les hôpitaux de la ville. Des gens aux premières loges de la tragédie, qui la découvraient pas à pas.

 

Il faut ajouter, car on les oublie souvent, les femmes qui faisaient partie de la liste bâtie par Marc Lépine avant d’aller tuer à Poly, personnalités publiques qu’il rêvait de faire taire.

 

Et il y a toutes celles, tous ceux qui, abasourdis, ont suivi ce soir-là, sur les petits écrans d’avant les réseaux d’information continue, une histoire si inimaginable qu’on ne savait trop comment la raconter — il a d’ailleurs fallu du temps pour que la lecture féministe des événements, pourtant flagrante, ait droit de cité. Mais en ce froid soir de décembre, les auditeurs, les auditrices étaient bien trop touchés, surpris, bouleversés pour être de simples spectateurs : pour eux et elles aussi, 25 ans plus tard, les lieux, les émotions, les pensées reviennent comme si le 6 décembre 1989 et les jours qui ont suivi, c’était hier.

 

Mais il y a aussi les autres qui en 1989 n’étaient pas nés, même pas pensés. Celles et ceux qui n’ont pas 25 ans et qui aujourd’hui sont aux études à Poly, dans les universités, au cégep. Ou au travail dans des milieux toujours plus mixtes. Que savent-ils au juste de la tuerie de Polytechnique ? Elle ne fait pas partie des manuels d’histoire, mais les commémorations tout comme la bataille des victimes et de leurs proches pour le contrôle des armes à feu (il fallait bien faire quelque chose) maintiennent le souvenir. Qu’en retiendront-ils ? La suite leur appartiendra, mais gageons que l’immensité des défis à relever dans l’incessante quête de l’égalité entre les hommes et les femmes contribuera à ce que le 6 décembre ne meure pas.

 

Pour le moment, ces 25 ans qui font une génération ne sont pas encore le temps de la froide distance. Vous le constaterez en lisant ce cahier — que nous avons voulu au regard large, y ajoutant un précieux échange de textes avec The Gazette, l’enrichissant de blocs d’information et d’éléments visuels dans nos éditions Internet et tablette — : sous l’analyse couvent les sentiments. Comment faire autrement quand l’actualité rappelle si souvent que la place des femmes au travail, dans les lieux de pouvoir, sur la scène publique n’est toujours pas un acquis ; que la violence contre les femmes, camouflée sous des dehors de séduction ou s’affichant carrément comme agression, reste un fléau dont on ne mesure toujours pas l’ampleur.

 

Et pourtant, 25 ans plus tard, les femmes ne sont pas rentrées chez elles, et de nombreux hommes marchent à leurs côtés. Le féminisme crée un monde meilleur. Le 6 décembre doit aussi servir à le rappeler.»

 

Le Devoir, le 6 décembre 2014

 

Notions de composition

 

Louis-François Richer Laflèche (4 septembre 1818 - 14 juillet 1898) est un prêtre catholique canadien métis, évêque du diocèse de Trois-Rivières, dans la province de Québec.

Biographie

Enfance (1818-1831)

Louis-François Laflèche naît le 4 septembre 1818 à Sainte-Anne-de-la-Pérade, village situé dans la région de la Mauricie au Québec1. Il est fils de Louis Richer-Laflèche et de Marie-Anne Joubin-Boisvert. Cette dernière donna naissance à sept enfants, mais seuls cinq survécurent2, faisant de Louis-François le cadet de la famille. Le père de Laflèche est agriculteur et marguillier tandis que sa mère se dévoue essentiellement à l’éducation de ses enfants2. Cette éducation, qui comprend notamment l’enseignement des devoirs religieux et les premiers rudiments de la connaissance, elle la reçut elle-même chez les Ursulines2. La famille Laflèche accueille ensuite un instituteur en pension nommé Craig Moris qui offre aussi à Laflèche un enseignement certes rigide et strict, mais sans lequel son admission au collège classique aurait été plus qu’incertaine3.

Formation (1831-1844)

Il fait son entrée au Collège de Nicolet à l’âge de treize ans et y est pensionnaire jusqu’à ses vingt ans, soit de 1831 à 1838. Puis, il y poursuit son parcours comme étudiant en théologie jusqu’en 1844. Simultanément à sa préparation au sacerdoce, il occupe un poste de professeur dans une classe de troisième année, il enseigne plus précisément la rhétorique4. Louis-François Laflèche était considéré comme un élève brillant et un excellent professeur doté d’une vaste culture et d’un grand talent d’orateur. Il reçoit le diaconat en 1843 et entame par conséquent l’année scolaire de 1843-1844 comme diacre5. Il est finalement ordonné prêtre le 4 janvier 1844, à Québec6.

Missionnaire dans l'Ouest (1844-1856)]

Le Collège de Nicolet est un des grands pourvoyeurs des missionnaires de l’Ouest canadien. Dans le but de faire germer des vocations chez les étudiants, les missionnaires leur rendent visite à maintes reprises et racontent leur histoire4. Joseph Norbert Provencher inspire grandement Laflèche et le motive à s’engager dans une mission à la colonie de la rivière Rouge4. Un autre incitatif justifie son implication dans cette mission: sa grand-mère était une métisse originaire des plaines de l’Ouest. La mère de Louis-François lui en parle souvent et éveille en lui une curiosité pour cette région7. Ainsi, le 27 avril 1844, il commence un voyage vers Saint-Boniface, qui durera 55 jours. L’équipage traverse rivières et lacs à canot et procède à plusieurs dizaines de portages. Tempêtes, accidents et conditions difficiles alourdissent le voyage7. Laflèche contracte d’ailleurs un rhumatisme qui l’affecte tout au long de son séjour dans l’Ouest et duquel il tire des séquelles à son retour, notamment une légère claudication8.

Laflèche fait preuve d'une grande activité missionnaire. D’abord, il apprend les langues et cultures autochtones en un temps remarquable, plus précisément celles des Cris, des Montagnais et des Sauteux9. En 1846, il se rend au poste de mission de l’Île-à-la-Crosse, accompagné d’Alexandre-Antonin Taché, qui sera par ailleurs nommé archevêque de Saint-Boniface quelques années plus tard10. Laflèche est plus sédentaire que son compagnon en raison de son rhumatisme qui lui cause des souffrances. Ces dernières justifient son retour à Saint-Boniface auprès de Joseph Provencher en 1849. Il y restera jusqu’en 185611. Durant ces années, il est notamment invité à participer au Conseil d’Assiniboia, au sein duquel il s’impliquera sur des questions variées telles que l’éducation, la chasse et les ventes immobilières12. En 1851, il frôle la mort dans le Dakota du Nord lors d’une sortie de chasse au bison pour laquelle il accompagnait les Métis de la Prairie-du-Cheval-Blanc. Un groupe de Sioux largement plus nombreux qu’eux les attaque par surprise et encercle leur campement. Miraculeusement, les Sioux battent en retraite après plusieurs affrontements13. Après douze ans de mission, Laflèche quitte définitivement l’Ouest pour sa terre natale dans le but d’y trouver repos. Cette expérience comme missionnaire le marque profondément, il retourne d’ailleurs en ces lieux à quatre reprises entre 1880 et 189414.

Retour à Nicolet (1856-1861)

Séminaire de Nicolet aussi appelé Collège de Nicolet

À son retour de mission, Laflèche consacre cinq ans à son alma mater. Il y enseigne d’abord les mathématiques et la philosophie, puis il occupe le poste de préfet des études en remplacement de l’abbé Charles-Olivier Caron15. Il profite de l’occasion pour faire des changements considérables dans divers secteurs du collège: il s’implique dans le succès des élèves et les motive à l’apprentissage des sciences mathématiques et de la physique, il améliore l’esthétique de la cour extérieure et enrichit la bibliothèque15. Il contribue, de surcroit, à éteindre les ambitions de certains Trifluviens qui auraient souhaité le déménagement du Collège dans leur ville, et il fait échec au projet d’affilier celui-ci à l’Université Laval, qu’il juge trop libéral16.

Coadjuteur du diocèse trifluvien (1861-1867)

Menacé d’une crise financière, le diocèse de Trois-Rivières a urgemment besoin d’un redressement. Grandement impressionné par travail de Louis Laflèche au Collège de Nicolet, Thomas Cooke lui demande son aide pour l’épauler dans cette tâche colossale17. Après s’être fait longtemps prier, Laflèche accepte de quitter ses fonctions au collège et déménage sur l’autre rive du Saint-Laurent afin d’occuper le poste d’administrateur du diocèse, bien qu’il doute de ses aptitudes, selon lui réduites en raison de ses infirmités18. Il relève finalement le défi avec brio et sauve le diocèse de la faillite.

Laflèche contribue également durant ces années à la fondation du Journal de Trois-Rivières dans lequel il publiera abondamment19. Parmi ses nombreuses publications, on compte tout spécialement la série de 34 articles intitulée Quelques considérations sur les rapports de la société civile avec la religion et la famille20. Cette collection d’articles est rassemblée en un volume et publiée par la maison d’édition Eusèbe Sénécal en 1866. La supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel est le point de convergence des articles21. Il y expose, dans un premier temps, sa conception de la nation, du patriotisme et de la destinée providentielle22, puis s’attarde sur la question de l’autorité et du gouvernement. Il traite ensuite du rapport entre Église et politique. Puisque décisions politiques et convictions morales sont intriquées et que, selon lui, la société religieuse devrait détenir une autorité première, il serait du devoir de l’Église d’intervenir dans la sphère politique notamment en guidant les choix électoraux des fidèles. Enfin, sous sa plume, la Providence interviendrait dans l’organisation sociale et politique des sociétés et une erreur serait la séparation de l’Église et de l’État23.

Évêque du diocèse de Trois-Rivières (1867-1898)]

Le 25 février 1867, Laflèche est officiellement ordonné évêque coadjuteur de Trois-Rivières par le pape Pie IX, eu égard au précaire état de santé de Thomas Cooke. Il est très honoré et impressionné d’assister au premier concile du Vatican de 1869-187024. Il considère la journée du 18 juillet 1870, soit la journée de l’acceptation du décret de l’infaillibilité pontificale, comme la plus belle de sa vie20. La même année, il succède à Thomas Cooke, mort pendant le concile. Il devient évêque en titre du diocèse trifluvien et est accueilli par une foule en liesse à son retour de Rome25. L’épiscopat de Louis-François Laflèche s’étend sur 31 ans. À la fois autoritaire et cordial, opiniâtre et chaleureux, il attire la sympathie de ses paroissiens, notamment par ses nombreuses visites pastorales et la sollicitude qu’il démontre à l’égard des plus pauvres20. Il est apprécié de ses pairs, à l’exception des plus libéraux avec lesquels il entretient des échanges houleux. En effet, il prend part aux controverses qui opposent très généralement deux familles de pensée19 : d’un côté se trouvent les ultramontains et de l’autre, les libéraux. Certaines dissensions naissent en majeure partie des opinions de chacun quant au rapport entre la politique et l’Église ou bien entre l’éducation et l’Église. Au sein de l’épiscopat de la province de Québec, cette joute oppose les tenants de l’ultramontanisme comme Ignace Bourget et Laflèche, et les évêques libéraux tel que le cercle de Elzéar-Alexandre Taschereau. On retrouve cet antagonisme dans d’illustres querelles de l’époque, entre autres, celles relatives au Programme catholique, à l’influence indue ou encore à la division du diocèse trifluvien26.

Le Programme catholique est un manifeste électoral rédigé par l’Union Allet, un groupe composé d’anciens zouaves pontificaux, qui exhorte les catholiques à appuyer le Parti conservateur en vue des élections de 187120. L’épiscopat de Trois-Rivières et de Montréal corrobore le manifeste contrairement à Elzéar Taschereau qui s’y oppose furieusement. Au moyen d’un court texte publié dans les journaux, l’archevêque de Québec se distancie du manifeste. Il est suivi par l’évêque de Rimouski, Jean Langevin ainsi que par l’évêque de Saint-Hyacinthe, Charles La Rocque27. Le Parti conservateur remporte les élections de 1871, tout comme celles de 1875. À la suite de ces dernières, un candidat du Parti libéral exprime son intention d’ester l’Église dans le but de mettre fin à son intervention dans le domaine politique, autrement dit, d’intenter un procès pour influence indue20. Taschereau publie une lettre pastorale dénonçant l’intention libérale de séparer Église et État. La ferme position de l’archevêque laisse presque présumer une unité au sein de l’épiscopat, présomption qui s’écroule quelques semaines plus tard. Taschereau ploie sous les plaintes et se ravise en publiant une nouvelle lettre annihilant la précédente. Il tient également pour responsable Laflèche des discordes qui affaiblissent l’épiscopat, un manque d’unité qui ne permet pas de tenir tête au libéralisme20. En 1876, une décision est rendue par la Cour supérieur : les curés sont condamnés pour influence indue. En 1875, la question de la division du diocèse de Trois-Rivières est mise sur la table, ce qui alimente une fois de plus les tensions entre Laflèche et Taschereau. Le deuxième appuie la création d’un diocèse à Nicolet contrairement à Laflèche. En 1885, après dix ans de débat, la division du diocèse est officiellement décrétée par le Saint-Siège. Cette nouvelle est accueillie comme une profonde défaite par les ultramontains20.

Un pilier antilibéral et ultramontain

Laflèche est reconnu pour son opiniâtreté et ses nombreuses prises de position dans les débats de son époque. La seconde moitié du XIXe siècle est marquée par la rencontre entre le catholicisme romain et le libéralisme, ce qui suscite de vives réactions parmi les partisans des deux courants19. Le libéralisme est combattu par l’Église, qui lui reproche de ridiculiser les croyances religieuses en lui opposant le discours de la « science » et du « progrès », et aussi d’accentuer les inégalités économiques et sociales entre une bourgeoisie opulente et un prolétariat industriel vivant dans une misère accablante. Dans ses écrits, Laflèche condamne fermement les principes du libéralisme et appuie l’autorité de l’Église et du pape29. De plus, dans le contexte québécois, il se dévoue à la préservation de la culture et de la langue des Canadiens français qu’il juge vulnérables : en cette époque d’émigration massive vers les États-Unis (plus de 900 000 Canadiens français sur 3 millions prennent la route des usines américaines dans la seconde moitié du siècle), seules la foi et l’Église, pour lui, peuvent les protéger30. On reconnaît l’évêque comme un grand orateur et vulgarisateur. Il sait manier les mots et transposer des concepts abstraits en des textes accessibles à tous, ce dont témoigne notamment la popularité de ses discours et les ventes record de Quelques considérations sur les rapports de la société civile avec la religion et la famille, soit près de 3500 exemplaires avant même la publication31. Bien qu’il prenne part à de nombreuses controverses de son époque, Louis-François Laflèche demeure un évêque prisé et reconnu par la majorité de ses pairs32

Commémorations

Un monument à la mémoire de Louis-François Laflèche, réalisé par le sculpteur Elzéar Soucy et comprenant une statue de bronze, a été dévoilé le 26 septembre 1926 en face de l'évêché de Trois-Rivières, à côté la cathédrale.

Son nom a été donné à plusieurs lieux, équipements et institutions du Québec :

•Rue Monseigneur-Laflèche à Montréal, désignée en 1956

•Rue Monseigneur-Laflèche à Québec, désignée en 1962

•Rue Monseigneur-Laflèche à Sainte-Anne-de-la-Pérade, officialisée en 1986

•Rue Monseigneur-Laflèche à Trois-Rivières, officialisée en 1997

•Rue Monseigneur-Laflèche à Boucherville

•Rue Laflèche à Trois-Rivières, nom officialisé en 1988

•Rue Laflèche à La Tuque, officialisée en 1997

•Rue Laflèche à Saint-Paulin, officialisée en 1987

•Avenue Laflèche à Shawinigan, officialisée en 1994

•Boulevard Laflèche à Baie-Comeau, officialisée en 2000

•Parc Laflèche (parc public) à Trois-Rivières, nom officialisé en 1988

•Canton Laflèche, du nom de Louis-François Laflèche, dans la région administrative de la Côte-Nord, officialisé en 1968

•Poste de Laflèche (poste de distribution électrique) à Baie-Comeau

•Circonscription de Saint-Maurice—Laflèche

•Collège Laflèche à Trois-Rivières

•Centre d'hébergement Laflèche, aussi appelé Hôpital Laflèche, à Shawinigan

•École primaire Laflèche à Shawinigan, anciennement Collège Laflèche.

Écrits et publications

•1849 : Notes sur la langue des Cris

•1855 : L’état général du diocèse de Saint-Boniface, territoire de la Rivière-Rouge

•1866 : Quelques considérations sur les rapports de la société civile avec la religion et la famille.

•1875 : Mémoire contre la division du diocèse de Trois-Rivières.

•1877 : Deuxième mémoire contre la division du diocèse de Trois-Rivières.

•1880 : L’influence spirituelle indue devant la liberté religieuse et civile.

•1881 : Mémoire appuyant la demande d’une école normale aux Trois-Rivières.

•1881 : Réponse aux remarques de Monsieur l’abbé Verreau sur le mémoire appuyant la demande d’une école normale aux Trois-Rivières.

•1882 : Mémoire sur les difficultés religieuses en Canada.

•1883 : Troisième mémoire contre la division du diocèse de Trois-Rivières.

•1885 : Commentaires sur l’encyclique Humanum Genus contre la franc-maçonnerie.

•1889 : Les biens temporels de l’Église et l’immunité de ces biens devant les pouvoirs publics.

•1867-1898 : Lettres pastorales, mandements et lettres circulaires (6 volumes).

Å’uvres oratoires

•17 décembre 1860 : Discours en l’honneur des soldats pontificaux

•25 juin 1866 : Discours prononcé lors de la fête de Saint Jean-Baptiste à Ottawa

•18 février 1868 : Discours prononcé à Notre-Dame de Montréal en l’honneur des zouaves pontificaux canadiens

•Juin 1880 : Discours au premier Congrès catholique

•27 juin 1894 : Oraison funèbre d'Alexandre Taché, archevêque de Saint-Boniface.

.Extrait de Wikipédia

 

Le texte de Josée Boileau dans le journal Le Devoir:

 

«Vingt-cinq ans plus tard, nous n’oublions pas. C’est une obligation morale, une nécessité. Quatorze jeunes femmes assassinées en bloc, dans un lieu où par leur seule présence, elles battaient en brèche mille ans d’histoire, sont devenues le symbole exceptionnel d’une réalité terriblement ordinaire : celle de la violence faite aux femmes et de la misogynie.

 

Pour celles et ceux qui y étaient, ces 25 ans se vivent toujours à fleur de peau. La liste est longue de qui a au coeur une blessure qui ne s’est pas refermée. Les familles, les amis, l’entourage de Geneviève, Hélène, Nathalie, Maud, Sonia, Michèle, les deux Barbara, les deux Anne-Marie, les deux Maryse, les deux Annie… Les étudiantes et les étudiants blessés, ceux qui, au fil du temps, se sont eux-mêmes enlevé la vie. Et leur famille, leurs amis, leur entourage. Ils sont le premier cercle de la douleur vive.

 

Il y a encore les étudiantes et les étudiants de décembre 1989 à Polytechnique, qui ont croisé ou pas le tireur ; les professeurs, la direction de l’époque, ceux qui y travaillaient, ceux qui y travaillent encore. Les étudiantes qui ont décidé d’y poursuivre leurs études, qui s’y sont inscrites tout de suite l’année d’après, puis les années suivantes. Il y a les policiers en fonction ce soir-là ou appelés en renfort, les ambulanciers, les journalistes (dont la soussignée, jeune journaliste employée au Devoir depuis seulement trois semaines), les équipes médicales dans les hôpitaux de la ville. Des gens aux premières loges de la tragédie, qui la découvraient pas à pas.

 

Il faut ajouter, car on les oublie souvent, les femmes qui faisaient partie de la liste bâtie par Marc Lépine avant d’aller tuer à Poly, personnalités publiques qu’il rêvait de faire taire.

 

Et il y a toutes celles, tous ceux qui, abasourdis, ont suivi ce soir-là, sur les petits écrans d’avant les réseaux d’information continue, une histoire si inimaginable qu’on ne savait trop comment la raconter — il a d’ailleurs fallu du temps pour que la lecture féministe des événements, pourtant flagrante, ait droit de cité. Mais en ce froid soir de décembre, les auditeurs, les auditrices étaient bien trop touchés, surpris, bouleversés pour être de simples spectateurs : pour eux et elles aussi, 25 ans plus tard, les lieux, les émotions, les pensées reviennent comme si le 6 décembre 1989 et les jours qui ont suivi, c’était hier.

 

Mais il y a aussi les autres qui en 1989 n’étaient pas nés, même pas pensés. Celles et ceux qui n’ont pas 25 ans et qui aujourd’hui sont aux études à Poly, dans les universités, au cégep. Ou au travail dans des milieux toujours plus mixtes. Que savent-ils au juste de la tuerie de Polytechnique ? Elle ne fait pas partie des manuels d’histoire, mais les commémorations tout comme la bataille des victimes et de leurs proches pour le contrôle des armes à feu (il fallait bien faire quelque chose) maintiennent le souvenir. Qu’en retiendront-ils ? La suite leur appartiendra, mais gageons que l’immensité des défis à relever dans l’incessante quête de l’égalité entre les hommes et les femmes contribuera à ce que le 6 décembre ne meure pas.

 

Pour le moment, ces 25 ans qui font une génération ne sont pas encore le temps de la froide distance. Vous le constaterez en lisant ce cahier — que nous avons voulu au regard large, y ajoutant un précieux échange de textes avec The Gazette, l’enrichissant de blocs d’information et d’éléments visuels dans nos éditions Internet et tablette — : sous l’analyse couvent les sentiments. Comment faire autrement quand l’actualité rappelle si souvent que la place des femmes au travail, dans les lieux de pouvoir, sur la scène publique n’est toujours pas un acquis ; que la violence contre les femmes, camouflée sous des dehors de séduction ou s’affichant carrément comme agression, reste un fléau dont on ne mesure toujours pas l’ampleur.

 

Et pourtant, 25 ans plus tard, les femmes ne sont pas rentrées chez elles, et de nombreux hommes marchent à leurs côtés. Le féminisme crée un monde meilleur. Le 6 décembre doit aussi servir à le rappeler.»

 

Le Devoir, le 6 décembre 2014

 

Avant de devoir répondre à des commentaires hors-sujet : il s'agit de course landaise, pas de corrida (aucun rapport).

 

Before anyone makes an irrelevant comment : this is "course landaise", NOT bullfighting. These are very special cows, they NEVER get killed. The men who have to dodge them or jump above them ("écarteurs" and "sauteurs") take risks.

Projet devoir de mémoire: # ref: 1505140830-0071

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