View allAll Photos Tagged 191919
ALSDFJKKG by MAGGIE WEAVER | en | 10-14-2013 | mouse | 1280 x 850
title: alsdfjkkg
artist: maggie weaver
tool: mouse
country: en
date: 10-14-2013
colors: 7
hex color palette: 5bfa20 dd27f6 31eded f5dc29 3045ee f02f49 191919
background: f1f1f1
size: 1280 x 850
action: http://drips.nalindesign.com
artist: maggie weaver
STARLESS by PATHWERKER | en | 11-24-2014 | mouse | 1072 x 637
title: starless
artist: pathwerker
tool: mouse
country: en
date: 11-24-2014
colors: 16
hex color palette: 7d7d7d 190c11 7f7f7f 191919 d28ff 323677 141414 53398f 543ea9 161616 b0b0b0 848484 483ea9 121212 22264b 4e3685
background: f1f1f1
size: 1072 x 637
action: http://drips.nalindesign.com
artist: pathwerker
BOAT ON SEA by PLIOK | de | 8-13-2011 | mouse | 1161 x 772
title: boat on sea
artist: pliok
tool: mouse
country: de
date: 8-13-2011
colors: 17
hex color palette: 1efb58 191919 51692d 3f8dc1 53254d a4ad3e f92359 214248 c0e19 5b3728 f4f4f4 b7b7b7 fc1b6d 535353 edc931 284d5b 1519fd
background: 441f2e
size: 1161 x 772
action: http://drips.nalindesign.com
artist: pliok
BUONANOTTE by ANNALOBBA | it | 9-5-2013 | mouse | 1366 x 592
title: buonanotte
artist: annalobba
tool: mouse
country: it
date: 9-5-2013
colors: 3
hex color palette: 121212 ffed0d 191919
background: 70703
size: 1366 x 592
action: http://drips.nalindesign.com
artist: annalobba
title: neo germany
artist: port kir
tool: mouse
country: de
date: 7-15-2010
colors: 7
hex color palette: 273318 c1763f fc251b 32774e 191919 fce018 fb1c78
background: 2f1626
size: 1280 x 922
action: drips.nalindesign.com
artist: port kir
Manifestation du 1er mai 2015.
«84 arrestations aprÚs une manifestation mouvementée de la CLAC à Montréal
La police a arrĂȘtĂ© 84 personnes aprĂšs une manifestation pilotĂ©e par la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) au centre-ville de MontrĂ©al. Le rassemblement a vite dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© lorsque les policiers ont tentĂ© de disperser les marcheurs venus nombreux pour une : « ostie de grosse manif du 1er mai ».
Les policiers ont procédé à 57 arrestations en vertu du rÚglement municipal P-6 et 27 autres pour des infractions criminelles.
La manifestation, qui a commencé à 19 h, a rapidement été déclarée illégale et les policiers ont utilisé des gaz lacrymogÚnes.
Plusieurs personnes ont été incommodées, dont des familles venues avec de jeunes enfants.
En début de soirée, le porte-parole de la police de Montréal, Laurent Gingras, ne pouvait dire la raison exacte pour laquelle il y avait eu intervention policiÚre de dispersion.
Les représentants des « médias grand public » n'ont obtenu aucune entrevue par les membres de la CLAC qui estiment que ces médias ont mal représenté le récent mouvement de grÚve des étudiants.
Les étudiants, de l'avis de la CLAC, ont fait l'objet d'une « violence médiatique inouïe » tout en étant diabolisés et infantilisés par les journalistes. Les militants anti-capitalistes accusent les « médias grand public » de déformer les faits et de se faire les porte-parole de la police, entre autres critiques.
Il ne s'agit que d'un exemple d'activitĂ©s inspirĂ©es par cette journĂ©e du 1er mai, fĂȘte internationale des travailleurs. Ainsi, en soirĂ©e Ă MontrĂ©al, Ă©galement, la coalition des grandes centrales syndicales organise un rassemblement au Théùtre National. La coalition du 1er mai du grand MontrĂ©al a dĂ©cidĂ© de clore ainsi une journĂ©e faste en rassemblements de toutes sortes.»
Radio-Canada - 1er mai 2015
ici.radio-canada.ca/nouvelle/718794/clac-manifestation-mo...
******
«Des milliers de manifestants se sont rassemblés afin de poser des actions de perturbations économiques aux quatre coins du Québec ce vendredi 1er mai, journée internationale des travailleuses et des travailleurs.
à Montréal, une manifestation qui a débuté au square Phillips a attiré plus de 3500 protestataires en avant-midi. Adultes, étudiants, enfants, syndicats; la marche a attiré une trÚs grande variété de citoyens qui se sont ensuite dirigés vers le square Victoria.
Le collectif Refusons lâaustĂ©ritĂ© avait prĂ©vu des «lignes de piquetage devant des Ă©tablissements, et des lieux de travail s'organisent dĂšs l'aube afin de contester les politiques d'austĂ©ritĂ© du gouvernement de Philippe Couillard». Le Centre de Commerce Mondial a, notamment, Ă©tĂ© la cible de ces rassemblements. Le collectif rassemble de nombreux syndicats et regroupements Ă©tudiants.
DĂ©jĂ , Ă 5 h, plusieurs personnes Ă©taient rassemblĂ©es au parc Ămilie-Gamelin, Ă MontrĂ©al, afin de lancer la journĂ©e. Ils se sont rendus Ă lâentrĂ©e du chantier du Centre hospitalier de lâUniversitĂ© de MontrĂ©al et lâont bloquĂ© pendant quelques dizaines de minutes, empĂȘchant les ouvriers dây entrer. Ils ont Ă©tĂ© dĂ©logĂ©s sans trop de rĂ©sistance par les policiers du Service de police de la Ville de MontrĂ©al (SPVM).
Vers 8 h, une centaine de personnes occupaient lâentrĂ©e de la Tour de la Banque nationale.
«Secteur Ă©conomique le plus rentable, la moitiĂ© des banques ne paient pourtant pas dâimpĂŽts, a mentionnĂ© VĂ©ronique Laflamme, co-porte-parole de la Coalition opposĂ©e Ă la tarification et Ă la privatisation des services publics (Coalition Main rouge). Quarante pour cent des profits des institutions financiĂšres proviennent des frais bancaires, qui dâailleurs augmenteront encore dĂšs la semaine prochaine. Quâattend-on pour rĂ©tablir la taxe sur leur capital ?»
«GrĂšves, blocages piquetages, manifestations de quartiers, interventions bruyantes, activitĂ©s de perturbations... câest pour exiger du gouvernement quâil recule sur ses dĂ©cisions antisociales que les groupes sociaux Ă travers le QuĂ©bec se mobilisent aujourdâhui», a soulignĂ© Kim De Baene, co-porte-parole de la Coalition Main rouge.
Par ailleurs, la direction du CollÚge de Rosemont a annulé les cours de la journée.
La journĂ©e devrait culminer Ă 19 h, lors de la manifestation organisĂ©e par la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC). Trois points de rassemblement sont prĂ©vus, soit au square Phillips, Ă lâangle des rues McGill College et Sainte-Catherine, ainsi quâĂ lâintersection de McGill College et du boulevard De Maisonneuve.
Lâorganisation a lancĂ© un appel à «perturber au maximum les activitĂ©s commerciales du centre-ville». La CLAC a dit avoir choisi comme «cible politique» les bureaux de la Banque HSBC, situĂ©s Ă cĂŽtĂ© de ceux du premier ministre quĂ©bĂ©cois, Philippe Couillard.»
Journal de Montréal, 1er mai 2015.
www.journaldemontreal.com/2015/05/01/journee-de-manifesta...
SOMTHING by ZACH STIPP | en | 2-20-2015 | mouse | 1366 x 627
title: somthing
artist: zach stipp
tool: mouse
country: en
date: 2-20-2015
colors: 5
hex color palette: fe0fe7 191919 61f32b fd15dc 2354f9
background: f1f1f1
size: 1366 x 627
action: http://drips.nalindesign.com
artist: zach stipp
A by MEDOKIMO | en | 9-19-2010 | mouse | 1680 x 855
title: a
artist: medokimo
tool: mouse
country: en
date: 9-19-2010
colors: 9
hex color palette: 775332 ededed bebebe 7b7b7b 3da397 184cfc 23f9a6 aee438 191919
background: 141414
size: 1680 x 855
action: drips.nalindesign.com
artist: medokimo
LA DIRECTION DE PERMET PAS LA PHOTOGRAPHIE DU CHATEAU DUFRESNE ( intérieur et extérieur)
Le ChĂąteau Dufresne (aussi connu sous le nom des « maisons Marius-et-Oscar-Dufresne ») est un domaine constituĂ© de deux maisons bourgeoises jumelĂ©es situĂ©es dans lâarrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve de la ville de MontrĂ©al au Canada.
Ces maisons sont les rĂ©sidences des frĂšres Marius et Oscar Dufresne ainsi que de leurs successions de 1919 Ă 1948. En 1948, les PĂšres de Sainte-Croix rachĂštent les rĂ©sidences et y font un pavillon annexe au CollĂšge Sainte-Croix. En 1957, la Ville de MontrĂ©al devient le nouveau propriĂ©taire du ChĂąteau Dufresne. Le CollĂšge Sainte-Croix reste cependant locataire jusquâen 1961. Les rĂ©sidences jumelĂ©es accueillent ensuite le musĂ©e d'art contemporain de MontrĂ©al de 1965 Ă 1968 et le musĂ©e des arts dĂ©coratifs de MontrĂ©al de 1979 Ă 1997. Depuis 1999, ces deux maisons bourgeoises abritent le musĂ©e du ChĂąteau Dufresne, renommĂ© musĂ©e Dufresne-Nincheri en 2014.
Construit entre 1915 et 1918, le « chĂąteau » est conçu et rĂ©alisĂ© par Marius Dufresne et par lâarchitecte français Jules Renard qui s'inspirent du chĂąteau du Petit Trianon en France. Lâarchitecte montrĂ©alais Wilfrid L. Vandal aurait Ă©galement participĂ© Ă sa conception. Le chĂąteau est construit dans le style Beaux-Arts et comporte Ă l'origine prĂšs de 40 piĂšces. L'intĂ©rieur est notamment dĂ©corĂ© par Guido Nincheri et par Alfred Faniel de 1920 Ă 1938. Le nom de « ChĂąteau Dufresne » est attribuĂ© Ă l'Ă©difice au moins depuis 1944. Il est qualifiĂ© de « chĂąteau » dĂšs 1921.
Cet Ă©difice fait lâobjet de quelques mesures de protection. Le 20 dĂ©cembre 1976, le chĂąteau est classĂ© immeuble patrimonial par le ministĂšre de la Culture et des Communications du QuĂ©bec. Le 10 dĂ©cembre 2004, le bĂątiment est dĂ©clarĂ© « immeuble de valeur patrimoniale exceptionnelle » par la Ville de MontrĂ©al.
Localisation
Le ChĂąteau Dufresne est situĂ© au 4040 de la rue Sherbrooke Est dans lâarrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve de la ville de MontrĂ©al. Cependant, lâadresse dâaccĂšs pour les visiteurs est le 2929 de l'avenue Jeanne-d'Arc (une rue parallĂšle Ă l'ouest du boulevard Pie-IX). Le chĂąteau est localisĂ© Ă environ 6 km du Vieux-MontrĂ©al. Le site est desservi par la station de mĂ©tro Pie-IX de la ligne verte.
On accĂšde Ă l'intĂ©rieur par l'arriĂšre depuis trois accĂšs au site : par la grille monumentale sur la rue Sherbrooke Est, par la grille secondaire sur le boulevard Pie-IX ou par lâentrĂ©e du stationnement sur lâavenue Jeanne-dâArc.
.
Historique
Avant 1915 : achat de terres et conception
Vers 1914, Oscar et Marius Dufresne dĂ©cident de se faire construire des rĂ©sidences qui reflĂštent leur richesse et leur succĂšs en affaires. Ils dĂ©cident alors d'Ă©riger leurs maisons sur le versant sud de la rue Sherbrooke, sur une partie de la terre d'Alphonse Desjardins qui s'Ă©tendait autrefois de la rue Notre-Dame jusqu'aux limites nord de Maisonneuve, du cĂŽtĂ© est de la rue Jeanne d'Arc au cĂŽtĂ© ouest de la rue Desjardinsk 1. Ils achĂštent progressivement des parcelles de terrain du 2 mars 1914 jusqu'au 17 fĂ©vrier 1933y 1. Les terrains sont achetĂ©s notamment de François-Xavier Saint-Onge, L.J.A. Surveyer, ZaĂŻde ParĂ© (veuve de Louis-Ădouard Desjardins), Sarah Mathieu (veuve d'Ădouard Desjardins), Victoire Bernier et de la Compagnie des Terrains de Maisonneuve Ltdk 1. Les lots des terrains sur lesquels se trouve le ChĂąteau Dufresne sont achetĂ©s par Marius Dufresne le 18 fĂ©vrier 1915 (lots 14-762, 14-763, 14-764) et le 2 mars 1914 (lot 14-765)note 1. Il en restera propriĂ©taire jusqu'Ă leur vente le 27 aoĂ»t 1943 Ă la Dufresne Investment Inc.y 1. Marius Dufresne est ainsi le seul propriĂ©taire des deux rĂ©sidences jumelĂ©es.
Ă partir du 5 aoĂ»t 1915, Marius conçoit avec lâarchitecte français Jules Renard un Ă©difice d'une quarantaine de piĂšces de style Beaux-Artsy 2,k 1,note 2. Les plans font l'objet de modifications jusqu'au 26 septembre 1916k 1. L'adoption du style choisi est liĂ©e en partie Ă sa popularitĂ© croissante Ă cette Ă©poque, notamment accentuĂ©e par les expositions universelles de Chicago en 1893 et de Paris en 1900. Le Petit Trianon du domaine royal de Versailles, en France, fut une source d'inspiration importante pour la conception du ChĂąteau Dufresnek 2,k 3,y 3,y 2. Lâarchitecte montrĂ©alais Wilfrid L. Vandal aurait Ă©galement participĂ© Ă son Ă©laboration1,y 4. Ă l'origine, le chĂąteau devait faire partie dâun ensemble de quatre maisons, mais trois ne furent jamais construitesk 4.
1915 Ă 1918 : construction
La construction du bĂątiment dĂ©bute en 1915 lors de la PremiĂšre Guerre mondiale et se poursuit jusquâen 1918y 5. LâĂ©dification du chĂąteau emprunte une technique de construction tout Ă fait nouvelle Ă MontrĂ©al Ă lâĂ©poque, soit lâutilisation de bĂ©ton armĂ© pour une rĂ©sidence privĂ©e. Le chĂąteau sâappuie sur vingt piliers massifs en bĂ©ton armĂ© et sa structure est Ă©galement en bĂ©ton armĂ©y 2.
Plusieurs artistes et artisans contribuĂšrent Ă la construction des rĂ©sidencesnote 3,a 1. Parmi ceux-ci, Guido Nincheri dĂ©core particuliĂšrement la rĂ©sidence d'Oscar Dufresne de 1920 Ă 1938f 1,note 4 alors que l'artiste Alfred Faniel exĂ©cute plusieurs des dĂ©cors peints de la rĂ©sidence de Mariusk 5. Faniel aurait Ă©tĂ© Ă l'emploi de Marius pendant dix-huit ans2. La construction fait Ă©galement appel Ă des Ă©lĂ©ments dĂ©coratifs prĂ©fabriquĂ©s qui ont fait lâobjet dâune commande par catalogue auprĂšs dâentreprises canadiennes et amĂ©ricaines, notamment auprĂšs de la Jacobson & Company de New Yorke 1,note 5,b 1. Les rĂ©sidences comprennent Ă©galement certaines commoditĂ©s du jour telles quâun chauffage central, un aspirateur central, un monte-plats, un ascenseur et des garages pouvant accueillir jusquâĂ cinq automobilesb 1. La dĂ©coration intĂ©rieure nâest toujours pas achevĂ©e lors de lâinstallation de ses premiers occupants entre 1919 et 1920y 6.
Le coĂ»t de construction de l'Ă©difice Ă l'Ă©poque n'est pas connu. Dans la colonne « en construction » du rĂŽle d'Ă©valuation et de perception de la CitĂ© de Maisonneuve, les « deux cottages » en construction situĂ©s sur la rue Sherbrooke sont Ă©valuĂ©s Ă 30 000 $ en 1915j 1. Entre 1916 et 1917, cette Ă©valuation passe Ă 37 000 $j 2. Entre-temps, en 1917, Marius contracte un prĂȘt hypothĂ©caire de 15 000 $y 7. Puis, vers 1918, cette Ă©valuation augmente à « 226 730$ »j 3. Selon une hypothĂšse Ă©tablie par le ministĂšre des Affaires culturelles en 1976, il est possible qu'« alors que Maisonneuve est annexĂ©e Ă MontrĂ©al, [...] les Ă©diles municipaux de Maisonneuve ont surĂ©valuĂ© les propriĂ©tĂ©s afin de fournir un bilan financier plus favorable »aa 1. Cette source n'Ă©claire donc pas sur le coĂ»t de construction.
Par contre, il existe d'autres indices. Par exemple, le 26 mai 1962, The Montreal Star indique que le coĂ»t de construction devait osciller entre 300 000 et 600 000 $k 6. Le 4 octobre 1964, Le Petit Journal avance la mĂȘme hypothĂšsek 7. Toutefois, en 1964, il existe une confusion autour du coĂ»t de construction dans les pĂ©riodiques. Certains indiquent que le chĂąteau « aurait coĂ»tĂ© 1 000 000$ aujourd'hui », alors que d'autres indiquent que le coĂ»t d'origine de construction Ă©tait d'un million de dollarsk 7,k 8. Finalement, comme autre indice, Paul Dufresne affirme dans une entrevue en 1987 que « Marius lui aurait dit que la maison avait coĂ»tĂ© trente cents du pied cube en 1915 »k 4.
[afficher]
Chronologie de la construction
[afficher]
Liste des entreprises ou entrepreneurs (1915-1918)
1918 Ă 1948 : famille Dufresne..]
Marius Dufresne et Edna Sauriol emménagent au chùteau en 1919. Quant à Oscar Dufresne et Alexandrine Pelletier, certaines sources indiquent qu'ils emménagent en 1920 alors qu'officiellement, selon les archives de la Cité de Maisonneuve, ils emménagent le 15 août 191919,y 6,j 4.
En 1920, lâartiste florentin Guido Nincheri accepte de dĂ©corer lâintĂ©rieur en Ă©change dâun atelier ou studio situĂ© au 1832 boulevard Pie-IXf 1, Ă proximitĂ© de la prĂ©cĂ©dente rĂ©sidence dâOscar situĂ©e au 1838 boulevard Pie-IXy 6. Il y exĂ©cute le dĂ©cor du ChĂąteau Dufresne, mais pas seulement.
Peu d'information existe sur la vie des Dufresne au chĂąteau. Selon un article du quotidien The Montreal Star paru le 9 octobre 1948, le chĂąteau aurait Ă©tĂ© du temps des Dufresne l'endroit oĂč se sont dĂ©roulĂ©es de grandes rĂ©ceptions mondainesk 2. Encore, dans un article de l'hebdomadaire Le Petit Journal paru le 10 septembre 1961, on prĂ©tend que le Tout-MontrĂ©al aurait accouru aux rĂ©ceptions, aux bals et aux fĂȘtes champĂȘtres donnĂ©s au chĂąteau par la famille Dufresnek 3. Ces faits ne sont cependant pas confirmĂ©s. D'ailleurs, dans un article du journal La Patrie paru le 28 janvier 1965, le directeur du musĂ©e d'art contemporain de MontrĂ©al de l'Ă©poque, Guy Robert, indique que la vie des Dufresne « s'Ă©coulait calme et tranquille (une simple vie de famille) durant les annĂ©es qu'ils occupaient cette rĂ©sidence et sans y donner de grandes rĂ©ceptions comme on pourrait s'y attendre de la part de gens fortunĂ©es disposant d'immenses salons et galeries richement dĂ©corĂ©s »k 11.
Le 27 fĂ©vrier 1935, Alexandrine Pelletier meurt alors que la famille se trouve Ă leur rĂ©sidence secondaire de Miami. Puis, c'est le tour d'Oscar Dufresne le 1er mai 1936 qui meurt d'une crise cardiaque au ChĂąteau Dufresnek 17. DĂšs lors, son frĂšre cadet, Candide Dufresne (1882-1948), vient habiter la rĂ©sidence dâOscar avec son Ă©pouse et ses cinq enfantsy 6.
Le 27 août 1943, Marius décide de vendre l'ensemble de ses lots à la compagnie Dufresne Investment Inc. dont le président est Paul Dufresne. Dans l'acte de vente, Marius s'assure le droit, pour lui, sa famille et quelques membres de la famille Dufresne, d'occuper les lieux jusqu'à ce que la corporation vende l'édifice et ses lots correspondantsy 14.
Le 30 mars 1944, les quotidiens La Presse et Le Devoir annonce que la succession Dufresne aurait proposĂ© au maire de MontrĂ©al AdhĂ©mar Raynault de faire don du chĂąteau Ă la Ville afin qu'elle puisse lui donner une utilitĂ© publique. La succession aurait alors suggĂ©rĂ© notamment de le convertir en un musĂ©e ou une bibliothĂšque, sous la condition que l'Ă©difice porte le nom de « Dufresne »k 18,k 19. Le lendemain, 31 mars 1944, les reprĂ©sentants de la succession convoque la presse et nie que cette proposition avait Ă©tĂ© faite « tel qu'indiquĂ© » dans les quotidiens. On apprend aussi que le maire Raynault avait mis cette proposition au secret durant « quelques semaines » en raison de « certains hĂ©ritiers qui n'Ă©taient pas prĂȘts Ă dĂ©mĂ©nager »k 20.
En 1945, Ă la suite de la mort de Marius survenue le 26 juillet 1945, le chĂąteau est mis en ventey 2.
DĂšs 1945, un groupe de mĂ©decins reprĂ©sentĂ© par le Dr J.-G. HĂ©bert, tous membres du CollĂšge des mĂ©decins et chirurgiens du Bas-Canada, s'intĂ©resse au chĂąteau et dĂ©sire y installer le premier hĂŽpital privĂ© canadien consacrĂ© exclusivement Ă la chirurgie plastique20. Selon ce groupe de mĂ©decins, le ChĂąteau Dufresne « prĂ©sente Ă l'intĂ©rieur, de l'avis des experts, une division et une rĂ©partition des piĂšces des plus favorables pour une [telle] entreprise ». Ils prĂ©tendent que les piĂšces de l'Ă©difice offrent l'illumination et le cubage requis. D'ailleurs, la sĂ©paration de l'Ă©difice en deux corps de logis permet facilement de sĂ©parer les patients des deux sexes. De plus, les rĂ©sidences possĂšdent de la ventilation dans les murs, ce qui est d'une valeur « primordiale » pour un hĂŽpital20. Le groupe prĂ©voit alors effectuer certaines modifications des lieux sans pour autant altĂ©rer « de maniĂšre importante » les dĂ©cors artistiques. Il planifie notamment de percer un mur entre les rĂ©sidences, d'Ă©riger dans les vĂ©randas des murs complets aux tiers de la galerie pour crĂ©er une salle d'opĂ©ration et de dĂ©placer les fontaines des vĂ©randas dans les jardins Ă l'arriĂšre20. Selon ces mĂ©decins, l'idĂ©e d'une clinique de chirurgie plastique convient mieux Ă l'Ă©difice que les projets de le convertir en une bibliothĂšque ou un musĂ©e, projets qui d'une part « cacheraient une grande partie la surface des murs avec leurs Ă©tagĂšres ou leur vitrine », et d'autre part, coĂ»teraient cher Ă la municipalitĂ©20. Finalement, Dr HĂ©bert croit que le projet d'un hĂŽpital respecte mieux les derniĂšres volontĂ©s d'Oscar et Marius : Marius aurait « avouĂ© » Ă un Ă©minent mĂ©decin de MontrĂ©al que « pour une clinique, il vendrait le ChĂąteau avec plaisir, et Ă des conditions financiĂšres avantageuses, plus avantageuses mĂȘme que celles [qu'offre] la succession »20.
Ce projet ne plaßt pas à tous à l'hÎtel de ville. Certains craignent que la conversion du chùteau en hÎpital amÚne nécessairement la destruction des décors artistiques20,k 21. Malgré cela, le 23 juillet 1947, le comité exécutif de la Ville de Montréal approuve en principe un projet d'amendement aux rÚglements municipaux, qui interdisent la construction d'hÎpitaux aux abords du boulevard Pie-IX, afin de permettre la réalisation du projet de la clinique de chirurgie plastique au chùteauk 22,k 21. Aimé Parent, alors président de la Commission consultative d'urbanisme, communique sa dissidence parce qu'il considÚre que « le projet de rÚglement, tel que rédigé, n'offre pas suffisamment de garanties à la Ville que l'édifice et ses abords seront conservés dans leur état actuel »k 21. Jusqu'en 1948, le groupe de médecins fait pression sur la Ville afin qu'elle puisse finalement modifier les rÚglements municipaux pour permettre la conversion des résidences en un hÎpitalk 23.
En janvier 1948, la famille Dufresne quitte le chĂąteau qui devient alors vacantk 24.
Pendant ce temps, d'autres se montrent intĂ©ressĂ©s par le domaine des Dufresne. Les Clercs de Saint-Viateur se montrent intĂ©ressĂ©s Ă acquĂ©rir l'Ă©difice afin d'y installer leur direction gĂ©nĂ©ralek 25. La succession Dufresne offre aussi au gouvernement provincial qu'il lui achĂšte la propriĂ©tĂ© pour cinquante mille dollars (50 000 $), mais ce dernier refusek 25. Puis, la Jeunesse Ă©tudiante catholique (J.Ă.C.) se montre Ă©galement intĂ©ressĂ©e, mais le prix de l'immeuble est trop Ă©levĂ©k 25. L'Institut gĂ©nĂ©alogique Drouin, alors la « GĂ©nĂ©alogie Drouin », se montre aussi intĂ©ressĂ© pendant un certain tempsk 25. D'autres proposent aussi l'idĂ©e Ă ce que les rĂ©sidences deviennent les hĂŽtes d'un club privĂ©k 2. Puis Ă l'hĂŽtel de ville, certains approchent l'idĂ©e de transformer le chĂąteau en un site de rĂ©ception officielle pour les visiteurs « cĂ©lĂšbres » de la ville de MontrĂ©alk 25. Finalement, le 8 septembre 1948, le journal L'Est MontrĂ©alais rĂ©vĂšle l'existence de rumeurs voulant que ce soit finalement les PĂšres de Sainte-Croix qui se soient portĂ©s acquĂ©reurs du ChĂąteau Dufresnek 25. Les RĂ©vĂ©rends PĂšres EugĂšne Ruel et Henri Courtemanche de l'Externat classique de Sainte-Croix auraient entrepris des pourparlers avec la succession Dufresne en vue d'acquĂ©rir la bĂątissek 24. Ces derniers avaient l'intention d'annexer l'Ă©difice Ă leur Externat afin de recevoir dĂšs septembre 1949 prĂšs de cent cinquante (150) Ă©lĂšves des cours de belles-lettres, de rhĂ©torique et de philosophie des quatre annĂ©es supĂ©rieuresk 24,k 26,k 27.
1948 Ă 1957 : Externat classique.]
En 1948, le pavillon principal du CollĂšge Sainte-Croix, nommĂ© « pavillon Morin », nâest plus en mesure dâaccueillir tous ses Ă©tudiants, dont le nombre est en rapide croissance. Les PĂšres de Sainte-Croix sâintĂ©ressent alors au chĂąteau, situĂ© deux rues plus Ă lâesty 2. Le 27 octobre 1948, ils acquiĂšrent la bĂątisse au prix de cent trente-sept mille cinq cents dollars (137 500 $) et crĂ©ent le pavillon Dufresne qui accueille les classes dâĂ©tudiants de Belles-lettres Ă Philosophie II du cours supĂ©rieur classiquey 15,k 11,b 2,y 16.
DĂšs lâacquisition et au courant du sĂ©jour, les PĂšres apportent certaines modifications au chĂąteau pour servir sa nouvelle orientation. Au sous-sol, on installe des toilettes pour Ă©tudiants dans l'ancienne cave Ă charbon d'Oscar ainsi qu'un laboratoire de physique dans la cave Ă charbon de Mariusi 3,g 1. Les garages sont transformĂ©s successivement en « salle de rĂ©crĂ©ation » en 1949 puis en salle de classe (Philosophie II) en 1952i 1,i 6,g 2. Au rez-de-jardin, on dĂ©truit en partie le quartier des domestiques chez Marius pour installer des salles de classe et un vestiaireb 2. Dans les galeries de l'annexe sud, on remplace les verriĂšres par un muret et des fenĂȘtresi 1. Les salles de billard sont transformĂ©es en salles de classe. Au rez-de-chaussĂ©e, les vĂ©randas et les grands salons sont transformĂ©s en salles de classe (Ă l'exception du grand salon d'Oscar qui est d'abord amĂ©nagĂ© en chapelle, puis amĂ©nagĂ© en salle de classe)i 2,i 3,g 3. Ă l'Ă©tage chez Marius, la chambre principale est transformĂ©e en salle de classeg 1. Quant Ă la marqueterie du plancher, les PĂšres le recouvrent « en grande partie » de linoleum par souci de protectiong 4.
Les modifications touchent Ă©galement les dĂ©cors de l'artiste Guido Nincheri que les religieux jugent inappropriĂ©s pour une maison dâĂ©ducation. Les PĂšres de Sainte-Croix dĂ©cident de masquer les peintures marouflĂ©es de l'artiste par une couche de peinture en latexk 28,f 1,b 2. Ă cette Ă©poque, Nincheri propose notamment aux PĂšres de remplacer deux des toiles marouflĂ©es du petit salon d'Oscar par des nouvelles toiles dans lesquelles les personnages seraient vĂȘtus. Lorsqu'il termine les nouvelles toiles, Nincheri se prĂ©sente au chĂąteau afin de remplacer les anciennes par les nouvelles. Ă son arrivĂ©e, il sâaperçoit que les anciennes toiles ont Ă©tĂ© arrachĂ©es, quâelles reposent sur le plancher et quâelles ont Ă©tĂ© piĂ©tinĂ©es. OffusquĂ©, il repart avec les nouvelles et les anciennes toiles et dĂ©cide de les exposer dans son salon du 1832, boulevard Pie-IXk 29,k 28. En 1949, les PĂšres demandent Ă Vincenzo Poggi, un ancien employĂ© de Nincheri, de modifier les vitraux de l'artiste pour la mĂȘme raisoni 2. Ils vont Ă©galement recouvrir d'un voile la scĂšne de la bacchanale du salon turci 2,g 4.
Le 14 mai 1950 a lieu le 20e anniversaire de lâExternat classique. Parmi les festivitĂ©s, des visites guidĂ©es du pavillon Dufresne ont lieu et le pavillon reçoit sa bĂ©nĂ©dictiony 16.
Le 11 juillet 1953, le Conseil du CollĂšge Sainte-Croix propose au Conseil provincial de la congrĂ©gation de construire un pavillon annexe au pavillon Dufresne afin de rĂ©pondre aux besoins croissants de l'institution. Ce projet est refusĂ© par le Conseil provincial en 1954. Le CollĂšge dĂ©cide par consĂ©quent d'effectuer plutĂŽt des travaux de rĂ©amĂ©nagement des pavillons Morin et Dufresne, lesquels sont approuvĂ©s par le Conseil provincial la mĂȘme annĂ©ei 9,i 8.
En mars 1955, une radio Ă©tudiante voit le jour au pavillon Dufresne, une initiative du journal Ă©tudiant Trait dâUnion (TDU). La chaĂźne de radio diffuse des nouvelles internationales, locales et de lâExternat. Il y a Ă©galement des interviews, des parodies et des extraits de piĂšces de théùtrey 16.
En 1957, lâExternat dĂ©cide dâagrandir son pavillon principal afin de suffire Ă la demande du nombre croissant dâĂ©tudiants. Le coĂ»t des travaux sâĂ©valuant Ă 1,5 M$, le CollĂšge dĂ©cide de vendre le pavillon Dufresne, trop couteux Ă entretenir, et dâacquĂ©rir les terrains voisins du pavillon principaly 16,i 10. Une entente se forme alors avec la Ville de MontrĂ©al : les religieux cĂšdent le chĂąteau Ă la Ville en Ă©change dâun terrain voisin qui sert Ă construire une aile annexe au pavillon Morinb 2.
1957 à 1965 : Ville de Montréal, nouveau propriétaire.]
Le 4 dĂ©cembre 1957, l'Ă©change a lieu et la Ville de MontrĂ©al devient le nouveau propriĂ©taire du ChĂąteau Dufresney 17,b 2. Le CollĂšge Sainte-Croix se rĂ©serve toutefois, dans l'acte d'Ă©change, « le droit d'occuper gratuitement la rĂ©sidence appelĂ©e « ChĂąteau Dufresne » jusqu'au premier janvier mille neuf cent soixante, le CollĂšge devant prendre Ă sa charge tous les frais d'entretien, de chauffage, d'Ă©clairage, etc. [...] »y 17. Le CollĂšge Sainte-Croix reste cependant locataire jusquâen 1961y 2. Selon le prĂ©sident du comitĂ© exĂ©cutif d'alors, Pierre DesMarais, les deux parties bĂ©nĂ©ficient de cet Ă©change. L'entente permet aux PĂšres de Sainte-Croix d'acquĂ©rir des terrains afin d'agrandir le pavillon principal alors que la Ville entend se servir des terrains de l'ancien domaine Dufresne « pour amĂ©nager un Ă©tagement de voies au carrefour des rues Sherbrooke et Rachel et du boulevard Pie-IX »k 30. L'avenir du ChĂąteau Dufresne est alors incertaink 30.
Le 13 mars 1960, le CollĂšge ferme progressivement les classes du pavillon Dufresne et les transfĂšre au pavillon principaly 16. En 1961, le CollĂšge quitte dĂ©finitivement le pavillon Dufresneg 3. La Ville reprend entiĂšrement possession du chĂąteau et elle Ă©value les « dĂ©gĂąts causĂ©s par les Ă©lĂšves [du] collĂšge [Sainte-Croix] »k 31 Ă un demi-million de dollars. Plus dâune trentaine de communautĂ©s affiche leur intĂ©rĂȘt Ă la Ville dâobtenir le chĂąteau gratuitementk 31.
Dans un article de l'hebdomadaire Le Petit Journal paru le 10 septembre 1961, on annonce la démolition prévue du Chùteau Dufresne afin de faire place aux travaux de l'étagement des voies du carrefour des rues Sherbrooke et Rachel et du boulevard Pie-IXk 3. Un porte-parole de la Ville prétend que la restauration du bùtiment « coûterait trop cher », bien qu'aucune estimation des coûts n'ait été réaliséek 3. De plus, les ingénieurs chargés du projet de voirie « jugent indispensable d'utiliser l'espace utilisé par le chùteau »k 3. Pendant ce temps, certains privilégient plutÎt la conversion de la résidence en muséek 3.
Le 10 mai 1962, la Ville de MontrĂ©al confirme Ă la presse qu'elle a officiellement offert le chĂąteau au ministĂšre des Affaires culturelles afin d'y installer les services montrĂ©alais du ministĂšre ainsi que de ceux du Conseil des Arts et de l'Association des UniversitĂ©s partiellement et entiĂšrement de langue françaisek 32. Cette offre survient aprĂšs que le ministre Georges-Ămile Lapalme des Affaires culturelles ait dĂ©clarĂ© Ă l'AssemblĂ©e lĂ©gislative qu'il est intĂ©ressĂ© par le ChĂąteau Dufresne pour y installer les services montrĂ©alais de son ministĂšre. Lucien Saulnier, alors prĂ©sident du comitĂ© exĂ©cutif de la Ville, prĂ©cise lors de la confĂ©rence de presse que la Ville « hĂ©site Ă faire dĂ©molir cet Ă©difice dont la construction et les travaux de rĂ©amĂ©nagement ont dĂ©jĂ coĂ»tĂ© trĂšs cher »k 33. De plus, le projet de voirie de l'Ă©tagement des voies du carrefour des rues Sherbrooke et Rachel et du boulevard Pie-IX est abandonnĂ© en raison de son coĂ»t trop Ă©levĂ©21,k 33.
Le 19 mai 1962, lors de la bĂ©nĂ©diction de la nouvelle aile du CollĂšge Sainte-Croix, le PĂšre Maurice Lafond suggĂšre de convertir le chĂąteau en un musĂ©e d'histoire naturelle alors que le Cardinal Paul-Ămile LĂ©ger propose de le transformer en un « externat de la charitĂ© » pour y loger les pauvres et les dĂ©shĂ©ritĂ©s, Ă l'instar des « ChĂąteaux de la charitĂ© » qui existent en Francek 34. Dans ces deux cas, les propositions impliquent que la Ville cĂšde la propriĂ©tĂ© gratuitement au profit de l'organisation religieusek 31. Cependant, le 23 mai 1962, Lucien Saulnier exprime la volontĂ© de la Ville de « conserver le chĂąteau Dufresne, sans qu'il reste Ă sa charge »k 35. Le chĂąteau coĂ»te alors cher en frais d'entretien, reste inoccupĂ© et son avenir est incertainy 2. Dans la presse montrĂ©alaise, on commence Ă surnommer le chĂąteau d'Ă©lĂ©phant blanck 6.
En 1963, Michel Cartier de l'Atelier folklorique du Service des Parcs propose à la Ville de convertir le Chùteau Dufresne en un centre culturel combinant musée et danse22. Ce centre aurait eu pour but notamment d'organiser les loisirs, sur le plan de la danse, dans les parcs de la ville, de maintenir un musée de la vie traditionnelle des Montréalais et d'organiser des recherches et d'en publier les résultats22. Il prévoyait utiliser l'étage pour le musée, le rez-de-chaussée pour des expositions temporaires, salles de réunions, bibliothÚques, bureaux, etc., et le rez-de-jardin pour des salles de cours et entrepÎts22. Il n'y a pas eu de suite à ce projet.
Le 14 novembre 1963, Guido Nincheri envoie une lettre Ă M. Camille Mancini, Inspecteur du Gouvernement, dans le but de lui faire part de son inquiĂ©tude sur des travaux menĂ©s Ă cette Ă©poque au chĂąteau. Il mentionne notamment dans sa lettre que les travaux qui consistent Ă appliquer une peinture Ă l'huile sur les repeints Ă l'eau (exĂ©cutĂ©s plus tĂŽt par les PĂšres de Sainte-Croix pour couvrir ses Ćuvres) auraient pour consĂ©quences de « ruiner » ses Ćuvres. Il demande ainsi Ă M. Mancini d'user de ses contacts afin d'empĂȘcher une telle situation4,23.
Le 3 mars 1964, le ministre Georges-Ămile Lapalme des Affaires culturelles annonce Ă l'AssemblĂ©e lĂ©gislative la crĂ©ation du musĂ©e d'art contemporain de MontrĂ©al, le premier musĂ©e « d'Ătat » Ă MontrĂ©alk 36. La crĂ©ation du musĂ©e est une initiative du Dr Otto Bengle, un orthodontiste de MontrĂ©al qui, pour son projet, avait dĂ©jĂ obtenu la promesse Ă©crite de soixante-quinze artistes de donner chacun une Ćuvre au nouveau musĂ©ek 36. Suivant la proposition du maire Drapeau, le ministre prĂ©voit alors louer le ChĂąteau Dufresne pour une pĂ©riode de trois ans afin d'y loger le musĂ©e temporairement avant d'ĂȘtre transfĂ©rĂ© dans le nouveau pavillon du QuĂ©bec de l'exposition universelle de 1967k 36,k 37. Le ministĂšre annonce Ă ce moment un investissement de cent mille dollars (100 000 $) pour rĂ©nover et restaurer le chĂąteau afin d'accueillir le musĂ©e et d'amĂ©nager des salles d'expositionk 36,k 38. Il est Ă ce moment-lĂ prĂ©vu Ă ce que les travaux dĂ©butent en mai 1964 pour que le musĂ©e ouvre ses portes en septembre de la mĂȘme annĂ©ek 10. Le ministĂšre n'a pas alors encore dĂ©signĂ© le futur directeur du nouveau musĂ©e, mais prĂ©cise par l'intermĂ©diaire d'un porte-parole que « ce qu'il nous faut, c'est un musĂ©ologue, c'est-Ă -dire un homme qui ait une bonne expĂ©rience des arts plastiques et qui ait aussi l'expĂ©rience d'un musĂ©e »k 10. Ă la suite de l'annonce, plusieurs artistes et critiques de l'art saluent la nouvelle, mais critiquent notamment le choix de l'emplacement qualifiĂ© d'« extrĂȘmement loin » du centre-villek 10.
Le 1er juin 1964, le ministre Lapalme annonce que Guy Robert devient le nouveau directeur du musĂ©e d'art contemporain de MontrĂ©alk 39. Ce dernier visite le ChĂąteau Dufresne le 4 juin 1964 afin de visualiser le futur siĂšge du musĂ©e d'art contemporaink 40. Guy Robert se fixe alors une date limite pour l'ouverture du musĂ©e prĂ©vue en octobre 1964k 40. Parmi les travaux Ă exĂ©cuter au chĂąteau, des faux murs composĂ©s de plaques de plĂątre doivent ĂȘtre installĂ©s dans seize des piĂšces de l'Ă©difice afin de pouvoir accrocher les Ćuvresk 40.
Alors que le musée d'art contemporain prépare son installation au Chùteau Dufresne, déjà des rumeurs circulent à l'hÎtel de ville à ce qu'à la fin du bail, le Chùteau Dufresne deviendrait la résidence officielle du maire de Montréalk 7. Selon le conseiller de Mercier de l'époque, Richard La Salle, la Ville a les moyens financiers pour un tel projet, d'autant plus que, selon lui, « nous devons pouvoir recevoir le mieux possible les visiteurs célÚbres qui nous honorent de leur présence. Pour Montréal, c'est une question de prestige et non une question d'argent »k 7. Selon une évaluation sommaire de Claude Landry, ingénieur et surintendant des immeubles de la Ville de Montréal à l'époque, la restauration du chùteau coûterait cent mille dollars (100 000 $) pour ce projetk 7. Interroger à ce sujet, le maire Jean Drapeau ne se prononce pask 41. D'autres suggÚrent plutÎt la démolition du chùteau et le remplacer par des serresk 41.
Le 20 novembre 1964, le ministre Pierre Laporte des Affaires culturelles annonce que le musĂ©e d'art contemporain de MontrĂ©al ouvrira ses portes en mars 1965 et qu'il prĂ©sentera Ă cette occasion une rĂ©trospective des Ćuvres de l'artiste français Georges Rouaultk 42. Par la mĂȘme occasion, dans l'article du journal La... Libre, on mentionne qu'« il est probable [qu'en 1967], le chĂąteau Dufresne soit converti en un MusĂ©e de l'Homme, sous la juridiction du ministĂšre des Affaires culturelles »k 42. Ă la suite de l'annonce du ministre de prĂ©senter une exposition composĂ©e d'Ćuvres d'un artiste français Ă l'ouverture du musĂ©e, plusieurs du monde de l'art rĂ©agissent et font valoir qu'il serait plus appropriĂ© Ă ce que la premiĂšre exposition du musĂ©e soit constituĂ©e d'Ćuvres canadiennesk 43. D'ailleurs, le directeur du musĂ©e, Guy Robert, est de ce nombre et « prĂ©voyait Ă l'origine procĂ©der Ă l'ouverture officielle par une exposition des peintres de l'Ă©cole de MontrĂ©al »k 43. Or, l'exposition Rouault ne peut ĂȘtre de passage Ă MontrĂ©al qu'en mars : il est prĂ©vu que l'exposition se tiennent en janvier Ă QuĂ©bec, en mars Ă MontrĂ©al et en mai Ă Torontok 43.
Le 17 janvier 1965, on annonce que le musĂ©e d'art contemporain ouvrira ses portes officiellement le 19 mars de la mĂȘme annĂ©e, avec cinq mois de retard. On prĂ©cise que le ChĂąteau Dufresne pourra accueillir deux cents Ćuvres au rez-de-chaussĂ©e et cent Ă l'Ă©tagek 44. Une piĂšce du rez-de-jardin sera amĂ©nagĂ©e en une salle de cinĂ©ma de cinquante places oĂč seront projetĂ©s deux films sur l'art chaque jourk 45. Le rez-de-jardin accueillera Ă©galement des salles de confĂ©rencesk 45. Il est toujours Ă ce moment-lĂ prĂ©vu de prĂ©senter Ă l'ouverture officielle une exposition sur l'artiste français Georges Rouaultk 45.
Le 18 mars 1965, on annonce que le musĂ©e d'art contemporain prĂ©sentera finalement une exposition composĂ©e d'Ćuvres canadiennes lors de son inauguration. En fait, les travaux menĂ©s au ChĂąteau Dufresne ne sont toujours pas achevĂ©s et l'ouverture officielle est reportĂ©e. L'exposition sur l'artiste Georges Rouault aura cependant lieu Ă MontrĂ©al, plus prĂ©cisĂ©ment Ă la Place Ville-Marie oĂč le musĂ©e loue des locaux temporaires avant son installation au ChĂąteau Dufresnek 46,y 18,k 47.
En mai 1965, un groupe de dix-huit artistes de renom, dont Armand Vaillancourt, Robert Roussil, Rita Letendre et Yves Gaucher, décide de boycotter le nouveau musée et signe une pétition qui demande au ministre des Affaires culturelles de congédier Guy Robert notamment pour incompétencek 48.
Le 5 juin 1965, le journal La Presse annonce que le musĂ©e ouvrira ses portes le 10 juin et prĂ©sentera une exposition intitulĂ©e Art et architecture, organisĂ©e en collaboration avec l'Association des architectes du Canada. Le musĂ©e prĂ©sentera par la suite en juillet et aoĂ»t 1965 une exposition intitulĂ©e Artistes de MontrĂ©al, en septembre, une exposition d'Ćuvres de Lardera, de novembre Ă dĂ©cembre, une rĂ©trospective du travail de Robert Roussil
.
1965 Ă 1968 : musĂ©e dâart contemporain de MontrĂ©al[
Article détaillé : Musée d'art contemporain de Montréal.
Le 10 juin 1965, le musée d'art contemporain de Montréal ouvre ses portes au Chùteau Dufresne et présente à cette occasion l'exposition intitulée Art et architecture, organisée en collaboration avec l'Association des architectes du Canadak 12.
Le 22 juin 1965, la presse annonce que le ministre Pierre Laporte des Affaires culturelles viendra inaugurer officiellement le nouveau musĂ©e qui aura finalement lieu le 12 juillet 1965 au ChĂąteau Dufresnek 50. Le musĂ©e prĂ©sentera alors une exposition intitulĂ©e Artistes de MontrĂ©al, rĂ©unissant ainsi des artistes quĂ©bĂ©cois tels qu'Alfred Pellan, Paul-Ămile Borduas et LĂ©o Ayottenote 8,k 50. Pour le vernissage de cette exposition, qui coĂŻncide avec l'inauguration du musĂ©e, on envoie des invitations Ă plusieurs artistes, mais Ă©crites en français uniquement, une situation alors dĂ©noncĂ©e publiquement par l'artiste-peintre quĂ©bĂ©cois Louis Muhlstock24. Ce dernier croit qu'Ă l'instar du musĂ©e des beaux-arts de MontrĂ©al, toutes les invitations et publications du musĂ©e d'art contemporain devraient ĂȘtre disponibles dans les deux langues24. Il s'agit selon lui d'une question de « respect pour les deux cultures principales de MontrĂ©al »24. Cette situation est Ă©galement dĂ©noncĂ©e par la presse anglophone de MontrĂ©alk 47.
Le 12 juillet 1965, le ministre Pierre Laporte des Affaires culturelles, représenté par son sous-ministre Guy Frégault, inaugure à vingt heures trente le nouveau muséek 51. PrÚs de cinq cents personnes sont présentes à l'évÚnement, à l'exception du maire Jean Drapeau, plutÎt représenté par Léon Lortie, et du directeur du musée des beaux-arts de Montréal, David Carter, qui sont absentsk 47,k 52.
Le 28 septembre 1965, le ministre Pierre Laporte prĂ©side l'inauguration de l'exposition des concours artistiques du QuĂ©bec au musĂ©ek 53. Ă cette occasion, le ministre admet que « le ChĂąteau Dufresne est un Ă©difice qui, Ă premiĂšre vue, ne convient guĂšre aux exigences d'un musĂ©e d'art moderne et pourtant, on en a tirĂ© temporairement un parti qui ne manque ni d'intĂ©rĂȘt ni de pittoresque »k 53.
Le 19 novembre 1965, le sous-ministre Guy Frégault des Affaires culturelles inaugure l'exposition rétrospective du sculpteur Robert Roussilk 54. PrÚs de cent-cinquante invités sont présentsk 54. à cette occasion, on appose notamment des affiches de l'artiste Vittorio Fiorucci qui représentent « un sexe masculin en gros plan, mais rendu difficilement reconnaissable par le traitement photographique de la reproduction »k 54. Henri Barras, alors directeur des expositions du musée, téléphone le directeur, Guy Robert, pour l'en avertir. Ce dernier, n'ayant donné aucune autorisation pour l'appose de ces affiches, ordonne de les enlever. Cette décision provoque alors des protestations et engendre des bousculades « mineures »k 54. à ce moment-là , « une secrétaire affolée, appelle la police de la ville qui se présente [au musée] »k 54. Les invités sont ensuite conviés à quitter le musée à l'heure de fermeture. Le lendemain, 20 novembre, le directeur Guy Robert autorise finalement l'appose des affiches aprÚs en avoir eu connaissancek 54.
AprÚs plusieurs attaques et critiques des milieux artistiques de Montréal à la suite notamment de l'affaire Roussil, Guy Robert présente sa démission au sous-ministre des Affaires culturelles, Guy Frégault, le 21 janvier 1966k 55. Dans un article de La Presse paru le 2 février 1966, on mentionne que des rumeurs circulent selon lesquelles Gilles Hénault devienne le successeur de Guy Robertk 56, une candidature potentielle qui obtient des appuis auprÚs d'artistes de Montréalk 57.
Le 26 février 1966, le ministre Laporte des Affaires culturelles annonce la nomination de Gilles Hénault au poste de directeur du musée d'art contemporain de Montréalk 58.
Le 12 juin 1966, le journaliste Paul Gladu de l'hebdomadaire Le Petit Journal décrit en ces mots l'état de parc du Chùteau Dufresne, alors occupé par des sculptures du musée d'art contemporain :
« Une herbe longue et folle couvre ce qui est l'ambition d'ĂȘtre un parc. Des affiches sur le point de tomber en miettes, grises et sales, exhibent un lettrage enfantin. Ici et lĂ , se dĂ©fendant mal au centre des barreaux noirs de la clĂŽture, des sculptures osent des gestes imitant ceux des bosquets et des branches d'arbres. La masse du MusĂ©e, au centre, avec ses atours d'un autre Ăąge, ses stores baissĂ©s et ses nombreuses lĂ©zardes, est gardĂ©e par une sorte d'ange noir et maigre aux membres ouverts - tout calfatĂ©, et retenu au sol par d'Ă©normes grilles en fer. [...] voici tout ce qu'on trouve comme demeure... pour l'art contemporain! »
â Paul Gladu, journaliste de l'hebdomadaire Le Petit Journal k 59
Ce dernier dénonce notamment le mauvais entretien du parc qui, selon lui, invite peu à la visite des lieuxk 59.
En avril 1967, Romuald Beaulieu, alors président de la Société des Hommes d'affaires de l'est envoie une lettre au premier ministre québécois de l'époque Daniel Johnson dans laquelle il exprime ses inquiétudes quant à l'avenir du Chùteau Dufresne aprÚs le déménagement du musée d'art contemporain à la Cité du Havre. Il suggÚre notamment d'utiliser le chùteau à des fins touristiquesk 60.
Au cours de son occupation au chùteau, le musée d'art contemporain recevait prÚs de cent mille (100 000) visiteurs chaque année. La fréquentation variait d'une exposition à l'autre, dont les plus « importantes » attiraient de quinze mille (15 000) à vingt mille (20 000) personnes. Par semaine, le musée attirait entre mille cinq cents et quatre mille visiteurs dont les records se chiffraient entre mille six cents et mille huit cents visiteurs le dimanche. Le musée a présenté prÚs de quarante expositions temporaires depuis son ouverture. PrÚs de quatre-vingts pour cent des visiteurs provenaient de l'est de Montréalk 61.
Le musĂ©e quitte le chĂąteau en mars 1968 pour sâinstaller dans la Galerie dâart internationale dâExpo 67 Ă la CitĂ© du Havrek 62,y 18.
1968 Ă 1976 : abandon
Lorsque le musée d'art contemporain de Montréal quitte le chùteau en mars 1968, la Ville reprend possession de l'édifice qui devient inoccupé et sans affectationk 62.
Le 24 avril 1968, le journal La Presse annonce que le Syndicat des Ăcrivains du QuĂ©bec demande au ministĂšre des Affaires culturelles d'Ă©tudier la possibilitĂ© de transformer le ChĂąteau Dufresne en « Maison des Ăcrivains » oĂč le Syndicat pourrait offrir au public « des expositions de livres, manuscrits, collections d'Ćuvres, diapositives d'Ă©crivains quĂ©bĂ©cois et mettre Ă la disposition de la future acadĂ©mie quĂ©bĂ©coise, de la prĂ©sente AcadĂ©mie canadienne-française, de la SociĂ©tĂ© des Ăcrivains du QuĂ©bec et du Centre canadien-français du P.E.N. international, un secrĂ©tariat permanent et un centre de documentation et d'archives. »k 63 Il rajoute que l'Ă©difice pourrait servir Ă©galement de centre d'accueil et d'endroit de rĂ©ception pour les Ă©vĂšnements nationaux et internationaux pour les Ă©crivains et intellectuels du QuĂ©bec et du monde entierk 63.
Le 14 juillet 1968, Le Petit Journal propose de faire du chùteau la résidence officielle du maire de Montréal. L'idée suggÚre que le maire occupe une moitié de l'édifice alors que l'autre accueille une résidence destinée aux visiteurs de marque de passage à Montréalk 64.
Le 4 septembre 1968, le journal hebdomadaire La Voix Populaire laisse entendre qu'il existe une rumeur à l'hÎtel de ville selon laquelle la Ville de Montréal ferait cadeau du Chùteau Dufresne au gouvernement provincial pour qu'il l'utilise comme site des réceptions officielles du ministÚre des Affaires culturelles en remplacement du restaurant HélÚne-de-Champlain située sur l'ßle Sainte-HélÚnek 65.
En aoĂ»t 1968, le comitĂ© exĂ©cutif autorise une dĂ©pense de trois mille deux cents dollars (3 200 $) pour l'installation d'un systĂšme d'alarme au chĂąteau pour Ă©viter la visite de vandalesk 66. Le ChĂąteau Dufresne tombe par la suite dans l'oubli pendant prĂšs de deux ans. Le bĂątiment est alors sans gardiennage, sans entretien et sans chauffageb 2. Il est sujet Ă des infiltrations dâeau et Ă des actes de vandalismek 28.
Le 12 mai 1970, le Comité international olympique confie l'organisation des Jeux olympiques d'été de 1976 à la ville de Montréal au cours de la 69e session à Amsterdam. Le 4 septembre 1970, la Ville de Montréal produit des plans d'architecture montrant l'état du Chùteau Dufresne en cette daten 1.
Le 12 juillet 1971, la presse de MontrĂ©al annonce qu'« il y a de bonnes chances » que le ChĂąteau Dufresne soit prochainement dĂ©moli pour faire place Ă un gratte-cielk 67. Selon Roland Garant, alors surintendant des bĂątiments Ă la Ville, le chĂąteau est devenu un « vĂ©ritable Ă©lĂ©phant blanc » pour MontrĂ©al qui dĂ©pense prĂšs de trente-huit mille dollars par annĂ©e (38 000 $/an) pour son entretien, excluant le chauffage et l'Ă©lectricitĂ©k 67. De plus, les frais de restaurations, d'entretien et les taxes de l'Ă©difice sont si Ă©levĂ©s qu'ils dĂ©sintĂ©ressent les acheteurs potentielsk 67. Plusieurs offres ont Ă©tĂ© faites Ă la Ville pour acheter ou louer l'Ă©difice: on lui a proposĂ© d'en faire un club privĂ©, un casino, une garderie, un centre culturel, un musĂ©e des sciences et de la technologie (projet « perspective jeunesse » prĂ©sentĂ© par les Ă©tudiants du CĂ©gep de Maisonneuve) et finalement, on lui a soumis le projet de le dĂ©truire pour y construire un gratte-cielk 67,k 68. Tous ont retirĂ© leur offre en raison du coĂ»t de restauration et d'entretien du bĂątiment, Ă l'exception de ce dernier projet de gratte-ciel qui, selon Roland Garant, est le projet qui lui semble le plus viable pour le sitek 67. Cependant, le dĂ©veloppement du site est Ă l'Ă©poque un dossier de peu d'importance relativement Ă d'autres projets tels les Jeux olympiques d'Ă©tĂ© de 1976 ou le prolongement du mĂ©tro. Ă cette Ă©poque, la Ville compte y investir lui-mĂȘme aucune somme, que ce soit pour son usage ou pour attirer des locateurs ou acheteurs potentielsk 67. Ă cette occasion, le journal The Montreal Star dĂ©crit l'Ă©tat du domaine et de l'Ă©difice en ces mots : « la grille en fer forgĂ© est brisĂ©e Ă plusieurs endroits, plusieurs des vitraux des fenĂȘtres ont Ă©tĂ© brisĂ©s ou volĂ©s et les chandeliers et tentures des murs ont disparu. »k 67
Entre juillet et aoĂ»t 1971, le prĂ©sident du comitĂ© exĂ©cutif de la Ville de MontrĂ©al, GĂ©rard Niding, demande Ă l'architecte Marcel Raby d'estimer le coĂ»t d'une restauration du ChĂąteau Dufresne en vue de le rendre habitable5. Selon une premiĂšre estimation prĂ©liminaire, le coĂ»t d'une restauration sommaire des lieux s'Ă©lĂšve Ă trois cent soixante-quinze mille dollars (375 000 $)5. Lors d'une rencontre datĂ©e du 21 septembre 1971 avec les diffĂ©rents intervenants du projet, GĂ©rard Niding dĂ©voile son projet d'utiliser le ChĂąteau Dufresne comme une rĂ©sidence pour recevoir les « V.I.P » des Jeux olympiques d'Ă©tĂ© de 1976. Plus prĂ©cisĂ©ment, il prĂ©voit utiliser la rĂ©sidence d'Oscar pour cette fin alors qu'il prĂ©voit utiliser la rĂ©sidence de Marius pour abriter le Service des Sports et Loisirs de la Ville5. Selon une nouvelle estimation de l'architecte Raby, le coĂ»t de restauration s'Ă©lĂšve plutĂŽt Ă quatre cent cinquante mille dollars (450 000 $)5. Dans ce projet, on prĂ©voit Ă ce moment-lĂ confier la direction de la restauration des diffĂ©rents vitraux, peintures et tapisseries Ă Guido Nincheri5. Lors d'une rencontre datĂ©e du 25 octobre 1971, GĂ©rard Niding et Pierre Charbonneau, organisateur des Jeux olympiques, prĂ©cisent que le chĂąteau ne servira dĂ©sormais qu'Ă loger l'administration des Jeux olympiques tout en rĂ©servant des piĂšces Ă des fins de rĂ©ceptions. De plus, les intervenants prĂ©voient d'Ă©riger une nouvelle annexe au chĂąteau pour loger les deux cents membres du personnel du Service des Sports et Loisirs5. Il est alors prĂ©vu que la dĂ©cision finale soit prise le 2 novembre 19715. En janvier 1972, GĂ©rard Niding annonce Ă la presse que le comitĂ© exĂ©cutif de la Ville a pris la dĂ©cision de restaurer le ChĂąteau Dufresne pour l'utiliser comme rĂ©sidence « V.I.P » lors des Jeux olympiques d'Ă©tĂ© de 1976k 69. Dans le courant de l'annĂ©e 1972, la Ville lance un appel d'offres pour la restauration du chĂąteauk 70. Le plus bas soumissionnaire Ă©tait alors prĂȘt Ă effectuer les travaux pour la somme de six cent quatre-vingt-quatre mille dollars (684 000 $), une somme que la ville « n'est pas disposĂ©e Ă payer seule »k 70. En aoĂ»t 1972, la ville est toujours Ă la recherche de financement pour la restauration du chĂąteauk 71.
Le 11 août 1972, le journal Montréal-Matin révÚle qu'à la suite d'une visite des membres du personnel du service des travaux publics de la Ville pour évaluer les travaux à y effectuer, ces derniers se sont retrouvés devant « un groupe de vandales » qui ont réussi à s'y introduire sans déclencher le systÚme d'alarme. La Ville prend alors la décision de faire surveiller le bùtiment par un gardien « de façon continuelle »k 66.
Le 13 décembre 1972, lors d'une séance du conseil municipal de Montréal, le président du comité exécutif Gérard Niding annonce que le projet de restauration du Chùteau Dufresne est écarté temporairement « pour la bonne raison qu'une telle restauration coûterait 800 000 $. »k 72. Niding suggÚre que le Comité organisateur des Jeux (COJO) fasse une proposition formelle à la Ville qui lui louerait le chùteau pour la durée des olympiades et ainsi, y ferait des travaux de restauration à ses fraisk 72.
Le 11 décembre 1973, prÚs d'un an plus tard, le maire Jean Drapeau annonce au conseil municipal qu'il présentera un projet de restauration qui ne coûtera rien à la Ville dans trois moisk 73. De plus, il rajoute qu'il n'est pas nécessaire d'installer le quartier général du Comité d'organisation des Jeux olympiques de 1976 au chùteau pour le sauver, d'autres projets sont à l'étudek 73.
En août 1974, le député fédéral Serge Joyal tente de sensibiliser le comité exécutif de la Ville de Montréal sur la gravité de la détérioration du Chùteau Dufresnek 74. Conjointement avec le ministre des Affaires culturelles québécois, il tente de promouvoir l'idée d'y loger la collection Jean-Marie Gauvreau afin d'en faire le musée du meuble et des arts décoratifs de Montréalk 74.
En janvier 1975, des employés de la Ville commencent des travaux pour une restauration sommaire au Chùteau Dufresnek 75. à ce moment-là , la presse ignore toujours le projet du maire Jean Drapeau pour cet édifice. Certains avancent l'hypothÚse que le chùteau abritera le service administratif du COJO, alors que d'autres prétendent qu'il sera le siÚge d'un futur musée du meuble québécoisk 75.
Le 8 octobre 1975, le maire Jean Drapeau invite David M. Stewart, prĂ©sident de la Fondation Macdonald Stewart et directeur de la SociĂ©tĂ© historique du lac Saint-Louis, Ă venir faire une visite du ChĂąteau Dufresne et Ă©tudier les possibilitĂ©s dâutilisation de l'Ă©difice.. En dĂ©cembre 1975, David Stewart prend la dĂ©cision d'aider Ă la restauration du chĂąteau et obtient le support du maire Jean Drapeau qui « lui donne le feu vert ». David Stewart avouera lors de la confĂ©rence de presse du 17 juin 1976 que dĂšs sa premiĂšre visite, il envisageait dĂ©jĂ d'y installer un musĂ©e des arts dĂ©coratifs « oĂč l'on pourrait exposer, par exemple, les plus beaux spĂ©cimens de meubles anciens du QuĂ©bec, ou encore des tableaux reprĂ©sentant nos maisons d'autrefois. »k 77
Le 3 mars 1976, le journal Le Devoir révÚle que la restauration du Chùteau Dufresne est dirigée et financée par la Fondation Macdonald Stewart sous l'impulsion de son fondateur, David M. Stewart, aprÚs avoir été scandalisé de l'état de l'édifice lors d'une visite passée des lieuxk 79. D'ailleurs, l'embauche d'un gardien pour protéger les lieux contre le vandalisme était de son initiativek 75,k 80.
Le 17 mars 1976, le ministre des Affaires culturelles, Jean-Paul L'Allier, envoie à la Ville de Montréal un avis d'intention de procéder au classement du Chùteau Dufresne comme bien culturel du Québec25. Dans son avis, le ministre indique que :
« cet édifice datant du début du vingtiÚme siÚcle est un exemple somptueux du style « beaux-arts » exprimé dans une résidence privée, ancienne demeure des frÚres Oscar et Marius Dufresne qui ont contribué beaucoup au développement de l'est de Montréal. »
â Jean-Paul L'Allier, ministre des Affaires culturelles25
Alors que les Jeux olympiques dĂ©butent le 17 juillet 1976, la premiĂšre phase des travaux de restauration touche en premier lieu la clĂŽture en fer forgĂ© et le parterre, mais Ă©galement le rez-de-chaussĂ©e de la rĂ©sidence d'Oscar afin que les salles puissent ĂȘtre ouvertes au public et servir de salles de rĂ©ception lors des Jeux olympiquesk 81. Ă cette occasion, les restaurateurs, sous la direction de Patrick Guigue et du designer français Nicolas Sollogoub, consultent quarante-deux plans de Marius Dufresne et de Jules Renard, des photos dâĂ©poques et recueillent le tĂ©moignage de Laurette Dufresne (nĂ©e Normandin), fille adoptive dâOscar Dufresne et dâAlexandrine Pelletier, pour restituer lâĂ©difice dans son Ă©tat dâoriginek 13,b 2,b 1,k 78. Les restaurations portent notamment sur les toits, plafonds, murs, lambris, plĂątres, chĂąssis, planchers, escaliers ainsi que le systĂšme de plomberie et dâĂ©lectricitĂ©b 2,b 1. La peinture qui recouvre les toiles marouflĂ©es de Guido Nincheri dans le grand et petit salon de la rĂ©sidence dâOscar est retirĂ©ek 81,b 2,b 1. Il est prĂ©vu que la deuxiĂšme phase de restauration se concentre sur le rez-de-jardin et l'Ă©tage de cette mĂȘme rĂ©sidencek 81.
Le 7 avril 1976, le journal La Presse rĂ©vĂšle que David M. Stewart « continue d'envisager que l'on puisse rendre le chĂąteau Dufresne Ă la vocation qui lui parait la meilleure, celle d'un musĂ©e oĂč l'on pourrait sensibiliser le public Ă la sauvegarde de la maison, du dĂ©cor et du mobilier quĂ©bĂ©cois. »k 81
Le 17 juin 1976, Pierre Benoit, directeur d'HĂ©ritage Canada Ă MontrĂ©al et membre de la Fondation Macdonald Stewart rĂ©vĂšle au journal The Montreal Star que la fondation n'a aucun plan dĂ©finitif d'adoptĂ© pour le ChĂąteau Dufresne aprĂšs les Jeux olympiquesk 13. La fondation a d'ailleurs invitĂ© des associations culturelles Ă proposer des idĂ©es d'utilisation du chĂąteauk 13. Parmi les idĂ©es retenues, la fondation considĂšre celle de crĂ©er un centre canadien d'architecture oĂč tous pourront Ă©tudier l'architecture du passĂ©, du prĂ©sent et du futur au moyen d'outils tels des salles de consultations ou des microfilmsk 13. L'ouverture des lieux au public est alors un critĂšre de choix de la future utilisation de l'Ă©difice
..
1976 à 1997 : musée des arts décoratifs de Montréal
Article détaillé : Musée des arts décoratifs de Montréal.
Le 18 juin 1976, la presse montréalaise annonce la création d'un nouveau musée, le musée des arts décoratifs de Montréal, qui siÚge désormais au Chùteau Dufresne.. Le musée ouvre temporairement le chùteau aux visiteurs du 22 au 25 juin 1976, lors de la « Semaine du Patrimoine » afin d'apprécier les travaux de restauration entrepris dans la résidence d'Oscar, travaux qui ont coûté deux cent mille dollars (200 000 $) jusqu'alors.. à cette occasion, le musée présente une collection de photographies illustrant les travaux de restauration entrepris ainsi qu'une exposition de peintures de l'artiste et architecte P. Roy Wilson consacrées à l'architecture des vieilles maisons canadiennesk 82. Le musée prévoit à ce moment ouvrir le chùteau pendant la période des Jeux olympiques pendant laquelle la Ville prévoit utiliser l'édifice pour des réceptions officiellesk 76.
âą
En 1976, une partie du mobilier dâorigine du chĂąteau, qui occupait initialement la rĂ©sidence de Marius, est rachetĂ©e Ă la succession de la veuve de ce dernier, Edna Sauriol, qui meurt cette mĂȘme annĂ©e, afin de complĂ©ter la collection du musĂ©ey 2,k 83. Cette collection, dite « Sauriol-Dufresne », constituĂ©e entre autres de cent vingt-cinq peintures, remeuble en partie la rĂ©sidence dâOscar, avant de reprendre sa place initiale dans la rĂ©sidence de Mariusk 78.
Le 20 décembre 1976, le chùteau est classé monument historiquey 2.
Le 28 décembre 1977, le journal Dimanche-Matin annonce que le ministÚre des Affaires culturelles alloue un montant de deux cent mille dollars (200 000 $) au futur musée des arts décoratifs pour aider à la restauration du Chùteau Dufresne et son aménagement en muséek 84.
Le 24 janvier 1978, on crée la société sans but lucratif, le Chùteau Dufresne Inc., qui gÚre le nouveau musée des arts décoratifs..
Ă l'occasion de la « Semaine du Patrimoine », le musĂ©e ouvre temporairement les portes du chĂąteau du 22 au 30 juin 1978k 86. Le 6 juillet 1978, le musĂ©e des arts dĂ©coratifs de MontrĂ©al ouvre le site au grand public Ă l'occasion de la semaine des musĂ©esk 87,k 88,k 89,k 90. Ă cette occasion, le musĂ©e prĂ©sente une partie de la collection de meubles Gauvreauk 89,k 90. Ce nouveau musĂ©e prend la dĂ©cision de se spĂ©cialiser dans les arts dĂ©coratifs Ă partir de 1850, le XXe siĂšcle Ă©tant « un siĂšcle extrĂȘmement important pour le Canada en ce domaine et fort nĂ©gligĂ© par les autres musĂ©es montrĂ©alais qui possĂšdent des collections d'art dĂ©coratif. »k 83,e 2. Cependant, le premier objectif du musĂ©e en 1976 Ă©tait de conserver le ChĂąteau Dufresne : plusieurs salles furent restaurĂ©es dont le bureau, la salle Ă manger, le grand et le petit salon de la rĂ©sidence d'Oscar ainsi que le salon turc de la maison de Mariusk 83. Ă l'extĂ©rieur, les jardins nord et sud furent reconstituĂ©s selon des photos d'Ă©poquek 83.
ParallĂšlement Ă la restauration de l'Ă©difice, le musĂ©e prĂ©voit Ă ce moment la construction d'une partie souterraine de trois Ă©tages Ă l'arriĂšre du chĂąteauk 83. Il est alors prĂ©vu que cette nouvelle aile abrite un restaurant avec vue sur les installations olympiques, un amphithéùtre, une bibliothĂšque et des salles d'expositionsk 83. Le Cooper Union aux Ătats-Unis et le musĂ©e des arts dĂ©coratifs de Paris situĂ© au Louvre sont alors des modĂšles pour l'Ă©dification de la nouvelle ailek 83. Dans le projet du musĂ©e, on prĂ©voit Ă©galement crĂ©er un laboratoire de restauration des meublesk 83. Quant Ă la bibliothĂšque du musĂ©e, on y retrouve notamment les catalogues qui permirent aux Dufresne de commander les parquets, les moulures et les cheminĂ©es aux diffĂ©rentes compagnies amĂ©ricaines et canadiennesk 83. Parmi les nouvelles collections du musĂ©e, on y retrouve la collection Paul Gouin, le fond Louis-Philippe HĂ©bert ainsi qu'une collection d'objets reliĂ©s Ă l'histoire du taback 83.
L'inauguration du nouveau musĂ©e a lieu le 14 juin 1979c 1,k 91,k 92,k 93,note 10. Liliane Stewart devient alors la prĂ©sidente du musĂ©e et Luc dâIberville-Moreau en devient le directeure 1. Lâexposition inaugurale est consacrĂ©e Ă lâart traditionnel du QuĂ©bec et fut conçue par le designer Clifford Williamson, assistĂ© par Bruce McNeil, Nancy Dunbar et le consultant Nettie Sharpk 94,k 95,k 96,k 97. Le ministĂšre de lâĂducation du QuĂ©bec a prĂȘtĂ© Ă cette occasion une partie de la collection Jean-Marie Gauvreau constituĂ©e de piĂšces de mobiliers et dâobjets des XVIIe au XIXe siĂšcles provenant de lâancienne Ă©cole du Meuble (1935-1958) et de lâĂ©cole des Arts appliquĂ©s (1958-1969)k 94.
Le 23 juin 1980, Le Journal de Montréal révÚle que le musée des arts décoratifs a reçu en moins d'un an prÚs de 90 000 visiteursk 98.
Dans le cadre du programme « ĂtĂ© Canada 1980 » du gouvernement fĂ©dĂ©ral, une somme de neuf mille cent quatre-vingt-onze dollars (9 191 $) est allouĂ©e au musĂ©e afin de poursuivre la recherche sur l'histoire du chĂąteau et la prĂ©paration d'un catalogue d'expositionk 74.
Le 3 novembre 1980, le journal Le Devoir dévoile que la Ville de Montréal a conclu un protocole d'entente avec le musée pour la mise en valeur du Chùteau Dufresne en musée des arts décoratifsk 85. Jusqu'alors, le musée et le ministÚre des Affaires culturelles ont dépensé prÚs de cinq cent mille dollars (500 000 $) pour la restauration de l'édificek 85.
Le 8 juin 1982, le journal Les Nouvelles de l'Est annonce que le député Serge Joyal a remis un chÚque de cent soixante et onze mille dollars (171 000 $) qui provient des Musées Nationaux du Canada afin que le Chùteau Dufresne devienne accessible aux handicapés en y installant un ascenseurk 74.
Le 20 mars 1984, le journal Les Nouvelles de l'Est annonce que le ministÚre des Affaires culturelles alloue une subvention de cent trois mille quatre cents dollars (103 400 $) au musée des arts décoratifsk 99.
DĂšs 1990, le musĂ©e songe « sĂ©rieusement Ă dĂ©mĂ©nager »k 100. Depuis 1979, le musĂ©e enrichit ses collections de lâĂ©poque du Modernisme (1935 Ă 1965) et de lâĂ©poque contemporaine (1965 Ă nos jours) Ă un point tel quâen 1990, il lui est impossible dâexposer ne serait-ce quâun pour cent de lâensemble de leurs collections. Selon son directeur, Luc dâIberville-Moreau, le musĂ©e ne dispose pas de « lâespace nĂ©cessaire au ChĂąteau Dufresne pour monter de grandes expositions » et doit mĂȘme entreposer les Ćuvres dâart en dâautres lieuxk 100. Plusieurs projets sont alors analysĂ©s, dont une relocalisation Ă proximitĂ© de la Place-des-Arts ou du ChĂąteau Ramezay dans le Vieux-MontrĂ©alk 101. Dâailleurs, en mai 1991, la Ville de MontrĂ©al accorde une subvention de 13 000 $ afin que la Fondation Macdonald-Stewart, le musĂ©e des arts dĂ©coratifs ainsi que le ChĂąteau Ramezay puissent Ă©tudier le projet dâinstallation du musĂ©e des arts dĂ©coratifs dans un ancien stationnement situĂ© Ă proximitĂ© du ChĂąteau Ramezay et de la place Jacques-Cartier (actuelle place De La DauversiĂšre)k 102.
Le 10 juillet 1991, la Ville de MontrĂ©al annonce quâelle procĂ©dera Ă la restauration des fenĂȘtres du ChĂąteau Dufresne de juillet Ă octobre 1991, sous la supervision de lâarchitecte Claude Langloisk 14.
En 1992, lâĂ©tude du projet de dĂ©mĂ©nagement dans un nouvel Ă©difice proche du ChĂąteau Ramezay conclut quâun investissement de cinquante millions de dollars est nĂ©cessaire. Dâautres projets sont alors Ă©tudiĂ©sk 103.
Le 5 fĂ©vrier 1994, le musĂ©e annonce quâil entend rĂ©silier son bail avec la Ville de MontrĂ©al et quitter le ChĂąteau Dufresnek 104. Selon Luc dâIberville-Moreau, le chĂąteau ne rĂ©pond pas aux besoins du musĂ©ek 104,k 105. Les Ćuvres d'art « sont soumises Ă une trop grande exposition au soleil et Ă de l'humiditĂ© qui leur sont nĂ©fastes »k 106,k 107. Dâailleurs, plusieurs institutions musĂ©ales refusaient prĂȘter au musĂ©e leurs Ćuvres dâart parce que le bĂątiment ne respectait pas les normes de conservation et de sĂ©curitĂ© de ces Ćuvresk 104,k 107. Aussi, « plusieurs Ă©tudes [dĂ©montraient] que lâemplacement du MusĂ©e (angle Sherbrooke et Pie IX) nuisait Ă sa vocation.»k 104 Le musĂ©e licencie alors quatre employĂ©s autrefois affectĂ©s aux services auxiliaires (boutique et restaurant)k 104. Par la mĂȘme occasion, le musĂ©e annonce quâil dĂ©mĂ©nagera dans les locaux inutilisĂ©s du musĂ©e des Beaux-arts de MontrĂ©al, soit un espace de 10 000 p2 dans le pavillon Jean-NoĂ«l Desmarais nouvellement annexĂ© au musĂ©e des Beaux-arts de MontrĂ©al afin d'entreposer et d'exposer la collectionk 104,k 105.
Le 8 février 1996, le musée attend toujours des nouvelles du gouvernement du Québec au sujet du financement du déménagement du musée des arts décoratifs au musée des Beaux-Arts de Montréal, évalué à deux millions de dollarsk 108.
Le 4 avril 1996, le quotidien Le Devoir annonce que le musĂ©e des arts dĂ©coratifs dĂ©mĂ©nage officiellement dans des locaux inutilisĂ©s du musĂ©e des Beaux-arts de MontrĂ©al. Ce dĂ©mĂ©nagement, Ă©valuĂ© Ă moins de trois millions de dollars, est financĂ© en partie par le ministĂšre de la Culture et des Communications Ă hauteur de deux millions de dollars. Il est alors prĂ©vu que les travaux dâinstallation et de dĂ©mĂ©nagement dĂ©butent en juin 1996k 109.
Le 9 novembre 1996, le musĂ©e annonce que sa collection sera accessible Ă son nouvel emplacement dĂšs le 14 mai 1997k 110. Quant au ChĂąteau Dufresne, aucun projet dâoccupation nâest prĂ©sentĂ©.
Le 13 fĂ©vrier 1997, Le Devoir annonce que lâinauguration officielle de la collection permanente de lâancien musĂ©e des arts dĂ©coratifs est plutĂŽt prĂ©vue pour le 16 mai avec le lancement dâune exposition intitulĂ©e « Le plaisir de l'objet: Nouveau regard sur les arts dĂ©coratifs du XXe siĂšcle »k 111. La collection de lâancien musĂ©e sâĂ©talera alors sur 1 000 mĂštres carrĂ©s dâespace dâexposition permanent et temporaire1.
Le 31 mars 1997, le musée des arts décoratifs de Montréal est annexé au musée des beaux-arts de Montréaly 2. Le 16 mai 1997, la collection permanente du musée est redevenue accessible au public depuis son nouvel emplacement6.
1997 Ă 1999 : concours d'occupation
DĂšs lâannonce du musĂ©e des arts dĂ©coratifs de quitter le ChĂąteau Dufresne, quelques organisations prĂ©sentent progressivement au conseil exĂ©cutif de la Ville des projets dâoccupation du chĂąteau. Selon Pierre Laporte, chargĂ© de communication Ă la Ville, la fondation MacDonald-Stewart a laissĂ© entendre Ă la Ville que pour un projet quâelle estime favorable, elle ferait don de la collection de meubles des Dufresne. De plus, le ministĂšre de la Culture rĂ©serve soixante-cinq mille dollars (65 000$) pour la mise en valeur de la collection du chĂąteau, et ce, peu importe le projet retenu par la Ville. Quant Ă la Ville, elle continuera dâavoir Ă sa charge lâentretien extĂ©rieur et le chauffage des deux rĂ©sidences (environ 115 000 $ par annĂ©e Ă lâĂ©poque)k 112.
Ă lâautomne 1996, un premier projet est prĂ©sentĂ© au Service de la culture de la Ville par la maison de la culture du quartier et l'Atelier d'histoire Hochelaga-Maisonneuve (ci-aprĂšs, lâ«Atelier»). Cependant, cette premiĂšre version du projet est rejetĂ©e, car il exige des investissements supplĂ©mentaires de la part des gouvernements et du secteur privĂ©k 112.
Le 27 juin 1997, La Presse annonce que la Fondation pour l'art thĂ©rapeutique et l'art brut au QuĂ©bec (ci-aprĂšs, «FATABQ») a dĂ©posĂ© un mĂ©moire Ă la Ville afin de convertir le ChĂąteau Dufresne en un centre dâinterprĂ©tation de lâart brut et de lâart thĂ©rapeutique. Dans ce projet, le chĂąteau deviendrait un « lieu de crĂ©ation et dâexposition pour les Ćuvres de patients traitĂ©s en psychiatrie. » Il nâest alors pas exclu par la Fondation de collaborer avec un autre groupe qui se chargerait de lâinterprĂ©tation historique du lieuk 112.
En juillet 1997, une deuxiĂšme version du projet chapeautĂ© par la maison de la culture et l'Atelier est prĂ©sentĂ©e Ă la Ville. Dans cette version du projet, il y aurait une section art visuel pilotĂ©e par la maison de la culture et un musĂ©e dâhistoire sociale et urbaine rĂ©alisĂ© par lâAtelier. Pour se financer, les locaux du chĂąteau seraient ouverts Ă la location et aucun investissement supplĂ©mentaire de la part des gouvernements ne serait nĂ©cessaire. Le cĂ©gep de Maisonneuve apporterait de lâencadrement et du soutien administratif
Ă la suite de lâannonce des deux principaux projets, un dĂ©bat sâenclenche sur le projet que la Ville devrait choisir. Selon lâorganisme Concertation-Tourisme Hochelaga-Maisonneuve, bien quâil soit prĂȘt Ă travailler avec le centre dâinterprĂ©tation de lâart brut, il privilĂ©gie le projet de la maison de la culture et de lâAtelier « qui respecterait davantage le caractĂšre historique et patrimonial du chĂąteau tout en sâinscrivant facilement dans un circuit rĂ©crĂ©o-touristique » En novembre 1997, la Ville tente sans succĂšs de nĂ©gocier avec les principaux intĂ©ressĂ©s afin de rendre le chĂąteau ouvert aux deux projets
Le 3 dĂ©cembre 1997, sur recommandation du Service de la culture, le comitĂ© exĂ©cutif de la Ville adopte une rĂ©solution qui annonce son choix de louer le chĂąteau Ă la FATABQ. Selon le chef de la division de soutien au dĂ©veloppement culturel de la Ville, Bruno Blache, le fait que la FATABQ ait obtenu avec la Fondation Macdonald-Stewart un accord de transfert de la collection de meubles des Dufresne « a beaucoup jouĂ© en sa faveur ». De plus, il rajoute que « le projet de la Fondation a Ă©tĂ© retenu parce qu'il semblait le plus solide financiĂšrement », contrairement au montage financier du projet de la maison de la culture et de lâAtelier qui « Ă©tait trop optimiste »k 113. La FATABQ est dâailleurs supportĂ©e par plusieurs mĂ©cĂšnes qui sont des entreprises privĂ©esk 114. De plus, le Service de la culture de la Ville « nâĂ©tait pas convaincu que les 65 000 $ que le ministĂšre de la Culture destine Ă la mise en valeur de la collection Dufresne allait ĂȘtre utilisĂ©e entiĂšrement Ă cette fin dans le projet des groupes du quartier. »k 113 Finalement, afin de combler un Ă©lĂ©ment manquant du projet, câest-Ă -dire une implication directe dâorganismes du quartier, il est prĂ©vu quâune clause serait nĂ©gociĂ©e Ă cette fink 113.
Le 16 mars 1998, la dĂ©putĂ©e provinciale dâHochelaga-Maisonneuve Louise Harel, le dĂ©putĂ© fĂ©dĂ©ral RĂ©al MĂ©nard, les directeurs et directrices du CCSE Maisonneuve, de Tourisme Hochelaga-Maisonneuve, du CLSC Hochelaga-Maisonneuve, du cĂ©gep Maisonneuve, ainsi
DIRTY by ORT | de | 8-6-2010 | mouse | 1010 x 428
title: dirty
artist: ort
tool: mouse
country: de
date: 8-6-2010
colors: 5
hex color palette: 2b5b28 8f5e39 191919 af3fb8 a123f9
background: 275736
size: 1010 x 428
action: drips.nalindesign.com
artist: ort