Telemak
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2 Anecdotes:
- Gilles, homme d’affaires de 60 ans, a subi deux opérations successives du cerveau: on lui a ligaturé certains vaisseaux sanguins qui s’étaient rompus. Pour fêter sa sortie de l’hôpital, Gilles invite sa femme à dîner dans un restaurant raffiné de Montréal. Il est gourmet. Mélomane aussi. Par chance, un pianiste assure l’ambiance sonore du restaurant. Gilles lui demande discrètement de jouer La vie en rose, l’air favori du couple. Le repas, tout à fait réussi, réconcilie Gilles avec la vie. Seule ombre au tableau: le pianiste a oublié sa requête. En partant, Gilles confie sa déception à sa femme, qui s’exclame: “Ah! c’était toi? Mais, cette pièce, le pianiste l’a jouée au moins trois fois!” Gilles ne l’avait pas reconnue. Et comprend que, dorénavant, il devra vivre sans la musique.
- le cas célèbre de Vissarion Chébaline, le compositeur russe, atteint en 1959, à l’âge de 57 ans, d’une seconde hémorragie de la partie gauche du cerveau. Cet accident vasculaire le rendit incapable de communiquer verbalement. Il ne comprenait plus la moindre question, ne pouvait plus s’exprimer de façon intelligible.
Tentant de définir ce qu’est un oratorio, Chébaline ne réussit à prononcer que les bribes de phrase suivantes: “Un oratorio est descendu... c’était il y a longtemps... c’est une sorte de spiritual… oh... graduellement, il devenait... il se développait... et puis... et maintenant... ah... ça devient très différent... comment pourrais-je dire... je dois me souvenir... oh.... rien... j’ai des pensées... non... c’est trop difficile...” Or, malgré cette incapacité de langage, il continua à exercer sa profession de musicien jusqu’à sa mort, travaillant assidûment avec ses élèves, écoutant et corrigeant leurs compositions, composant lui-même. Selon ses pairs, la musique qu’il créa au cours des quatre dernières années de sa vie ne se distinguait nullement de celle qu’il composait auparavant. Si l’on en croit Chostakovitch, son contemporain, la Cinquième Symphonie de Chébaline, écrite durant cette période, est une “œuvre créative brillante, remplie des émotions les plus élevées, optimiste et pleine de vie. (...) Elle est la création d’un grand maître.”
L'article complet ici
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- Gilles, homme d’affaires de 60 ans, a subi deux opérations successives du cerveau: on lui a ligaturé certains vaisseaux sanguins qui s’étaient rompus. Pour fêter sa sortie de l’hôpital, Gilles invite sa femme à dîner dans un restaurant raffiné de Montréal. Il est gourmet. Mélomane aussi. Par chance, un pianiste assure l’ambiance sonore du restaurant. Gilles lui demande discrètement de jouer La vie en rose, l’air favori du couple. Le repas, tout à fait réussi, réconcilie Gilles avec la vie. Seule ombre au tableau: le pianiste a oublié sa requête. En partant, Gilles confie sa déception à sa femme, qui s’exclame: “Ah! c’était toi? Mais, cette pièce, le pianiste l’a jouée au moins trois fois!” Gilles ne l’avait pas reconnue. Et comprend que, dorénavant, il devra vivre sans la musique.
- le cas célèbre de Vissarion Chébaline, le compositeur russe, atteint en 1959, à l’âge de 57 ans, d’une seconde hémorragie de la partie gauche du cerveau. Cet accident vasculaire le rendit incapable de communiquer verbalement. Il ne comprenait plus la moindre question, ne pouvait plus s’exprimer de façon intelligible.
Tentant de définir ce qu’est un oratorio, Chébaline ne réussit à prononcer que les bribes de phrase suivantes: “Un oratorio est descendu... c’était il y a longtemps... c’est une sorte de spiritual… oh... graduellement, il devenait... il se développait... et puis... et maintenant... ah... ça devient très différent... comment pourrais-je dire... je dois me souvenir... oh.... rien... j’ai des pensées... non... c’est trop difficile...” Or, malgré cette incapacité de langage, il continua à exercer sa profession de musicien jusqu’à sa mort, travaillant assidûment avec ses élèves, écoutant et corrigeant leurs compositions, composant lui-même. Selon ses pairs, la musique qu’il créa au cours des quatre dernières années de sa vie ne se distinguait nullement de celle qu’il composait auparavant. Si l’on en croit Chostakovitch, son contemporain, la Cinquième Symphonie de Chébaline, écrite durant cette période, est une “œuvre créative brillante, remplie des émotions les plus élevées, optimiste et pleine de vie. (...) Elle est la création d’un grand maître.”
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