mithra3712
Πῶς οὖν ἐξ ἑνὸς πλῆθος;
"Πῶς οὖν ἐξ ἑνὸς πλῆθος; Ὅτι πανταχοῦ· οὐ γάρ ἐστιν ὅπου οὔ. Πάντα οὖν πληροῖ· πολλὰ οὖν, μᾶλλον δὲ πάντα ἤδη. Αὐτὸ μὲν γὰρ εἰ μόνον πανταχοῦ, αὐτὸ ἂν ἦν τὰ πάντα· ἐπεὶ δὲ καὶ οὐδαμοῦ, τὰ πάντα γίνεται μὲν δι᾽ αὐτόν, ὅτι πανταχοῦ ἐκεῖνος, ἕτερα δὲ αὐτοῦ, ὅτι αὐτὸς οὐδαμοῦ. Διὰ τί οὖν οὐκ αὐτὸς μόνον πανταχοῦ καὶ αὖ πρὸς τούτωι καὶ οὐδαμοῦ; Ὅτι δεῖ πρὸ πάντων ἓν εἶναι. Πληροῦν οὖν δεῖ αὐτὸν καὶ ποιεῖν πάντα, οὐκ εἶναι τὰ πάντα, ἃ ποιεῖ."
(Plotinus, Enneads, III, 9 ; or 13th treaty.)
"How, then, does Unity give rise to Multiplicity? By its omnipresence: there is nowhere where it is not; it occupies, therefore, all that is; at once, it is manifold- or, rather, it is all things. If it were simply and solely everywhere, all would be this one thing alone: but it is, also, in no place, and this gives, in the final result, that, while all exists by means of it, in virtue of its omnipresence, all is distinct from it in virtue of its being nowhere. But why is it not merely present everywhere but in addition nowhere-present? Because, universality demands a previous unity. It must, therefore, pervade all things and make all, but not be the universe which it makes."
(Translated by Stephen MacKenna & B. S. Page, 1917-1930.)
"Comment le multiple vient-il de l’Un ? C’est que l’Un est partout, car il n’y a pas d’endroit où il n’est pas ; il remplie donc toute chose. Par conséquent, il est multiple, ou plutôt il est déjà toute chose, car s’il n’était que partout, il serait toutes les choses, mais comme il est également nulle part, toutes choses se produisent par lui, parce que tout en étant partout les choses sont néanmoins différentes de lui. Or, pourquoi dit-on qu’il n’est pas seulement partout, mais ajoute-t-on qu’il est également nulle part ? C’est parce qu’il doit être Un avant toutes choses ; et pour cela il faut qu’il remplisse tout et qu’il produise toute chose, sans être pour autant toutes les choses qu’il produit."
(Traduit par Lambros Couloubaritsis in Aux Origines de la pensée européenne (de la pensée archaïque au néoplatonisme), chapitre 8 (De Boeck, Bruxelles,1992).)
Πῶς οὖν ἐξ ἑνὸς πλῆθος;
"Πῶς οὖν ἐξ ἑνὸς πλῆθος; Ὅτι πανταχοῦ· οὐ γάρ ἐστιν ὅπου οὔ. Πάντα οὖν πληροῖ· πολλὰ οὖν, μᾶλλον δὲ πάντα ἤδη. Αὐτὸ μὲν γὰρ εἰ μόνον πανταχοῦ, αὐτὸ ἂν ἦν τὰ πάντα· ἐπεὶ δὲ καὶ οὐδαμοῦ, τὰ πάντα γίνεται μὲν δι᾽ αὐτόν, ὅτι πανταχοῦ ἐκεῖνος, ἕτερα δὲ αὐτοῦ, ὅτι αὐτὸς οὐδαμοῦ. Διὰ τί οὖν οὐκ αὐτὸς μόνον πανταχοῦ καὶ αὖ πρὸς τούτωι καὶ οὐδαμοῦ; Ὅτι δεῖ πρὸ πάντων ἓν εἶναι. Πληροῦν οὖν δεῖ αὐτὸν καὶ ποιεῖν πάντα, οὐκ εἶναι τὰ πάντα, ἃ ποιεῖ."
(Plotinus, Enneads, III, 9 ; or 13th treaty.)
"How, then, does Unity give rise to Multiplicity? By its omnipresence: there is nowhere where it is not; it occupies, therefore, all that is; at once, it is manifold- or, rather, it is all things. If it were simply and solely everywhere, all would be this one thing alone: but it is, also, in no place, and this gives, in the final result, that, while all exists by means of it, in virtue of its omnipresence, all is distinct from it in virtue of its being nowhere. But why is it not merely present everywhere but in addition nowhere-present? Because, universality demands a previous unity. It must, therefore, pervade all things and make all, but not be the universe which it makes."
(Translated by Stephen MacKenna & B. S. Page, 1917-1930.)
"Comment le multiple vient-il de l’Un ? C’est que l’Un est partout, car il n’y a pas d’endroit où il n’est pas ; il remplie donc toute chose. Par conséquent, il est multiple, ou plutôt il est déjà toute chose, car s’il n’était que partout, il serait toutes les choses, mais comme il est également nulle part, toutes choses se produisent par lui, parce que tout en étant partout les choses sont néanmoins différentes de lui. Or, pourquoi dit-on qu’il n’est pas seulement partout, mais ajoute-t-on qu’il est également nulle part ? C’est parce qu’il doit être Un avant toutes choses ; et pour cela il faut qu’il remplisse tout et qu’il produise toute chose, sans être pour autant toutes les choses qu’il produit."
(Traduit par Lambros Couloubaritsis in Aux Origines de la pensée européenne (de la pensée archaïque au néoplatonisme), chapitre 8 (De Boeck, Bruxelles,1992).)