IMG_6247A Eugène Boudin. 1824-1898. La Poissonnerie de Trouville. The Fishshop at Trouville. Le Havre. Musée d'Art Moderne
Eugène Boudin. 1824-1898. La Poissonnerie de Trouville. The Fishshop at Trouville. Le Havre. Musée d'Art Moderne
L'ESQUISSE ou L'ART DU FLOU
L'Art Moderne, annoncé bien avant le début du 20è siècle par les pré-impressionnistes, les impressionnistes et les post-impressionnistes, a été un facteur tout à fait remarquable de renouvellement des formes, dans la peinture européenne.
L'Art a toujours été, une manière de rêver le monde réel. Mais les nouvelles techniques de l'Art Moderne, s'éloignent toutes, de manière très intentionnelle, volontariste, de la représentation exacte du réel.
Les peintres tendent à créer un art dans lequel l'interprétation du réel l'emporte sur sa reproduction.
L'artiste moderne ne reproduit plus guère le réel, il le rêve, ou l'invente. Ces tendances ont abouti à l'art non figuratif, autrement appelé l'art abstrait.
Ce renouvellement des formes en peinture a apporté de nouvelles possibilités, très intéressantes, et très belles, d'expression artistique.
Parmi les techniques développées au cours du 19è siècle l'Esquisse a été une des meilleures expressions de l'Art du Flou.
L'Art du Flou a été pratiqué de manière géniale par Léonard de Vinci. Le "Sfumato" est, dans le cadre d'une peinture très figurative et parfaitement finie, comme la Joconde, les Vierges au rocher, ou Saint Jean Baptiste, une ébauche d'art du flou.
L'Esquisse a été dans l'histoire de la peinture un projet, une étude préparatoire, qui permettait à l'artiste de s'assurer de la cohérence et de l'équilibre de son tableau fini. Dans ce cas, le plus souvent, le flou n'est qu'une approximation, un brouillon, le témoin d'un art incomplet qui demande à être achevé.
Mais de nombreux artistes, au cours des siècles passés, ont parfaitement compris que l'esquisse pouvait, parfois, exceptionnellement, être une oeuvre achevée.
C'est à dire une oeuvre dont une grande majorité de spectateurs, experts ou non, ressentaient impérieusement que RIEN ne devait lui être ajoutée. Ce n'est pas une définition mathématique, mais c'est la meilleure.
L'esquisse n'est une oeuvre achevée que lorsqu'elle est créatrice d'une atmosphère singulière, particulièrement suggestive, porteuse d'une poésie qui lui est propre, unique. Quand il apparaît de manière évidente que plus de précision dans le dessin fermerait les portes à l'imaginaire, au mystère, et détruirait un équilibre subtile entre le rêve et la réalité.
Le dessin trop précis peut en effet fermer les portes à l'imaginaire, alors que le flou qui caractérise l'esquisse peut les ouvrir. Les photographes le savent bien aussi : Le flou peut être simplement flou, mais il peut aussi être une invitation à ressentir un mystère et à participer à une énigme. Le spectateur est invité à meubler par son imagination le flou qui lui est proposé.
Mais c'est une alchimie dont seuls les grands artistes, peuvent, exceptionnellement, pénétrer le secret.
Le grand maître de cette technique, et celui qui, le plus précocement, l'a poussé le plus loin, a été sans doute William Turner (1775-1851).
Delacroix a été aussi, un peu après Turner, un des grands précurseurs de l'art de l'esquisse. Par exemple dans la "mort de Sadarnapale" mais aussi dans bien d'autres tableaux. Mais Delacroix est aussi un exemple des limites de cette technique. Toutes les techniques rencontrent, à un moment ou à un autre, leurs limites.
L'Art de l'esquisse est redoutablement difficile, car il ne suffit pas de dessiner schématiquement un sujet pour faire une belle oeuvre. De même qu'en photographie de nos jours, il ne suffit pas de dessiner et de peindre flou pour créer une oeuvre d'art.
Le flou peut n'être qu'une esquisse ou une approximation, dont finalement la valeur marchande ne tient qu'à la signature d'un grand nom.
Il est vrai que l'esquisse peut dégager une certaine puissance expressive, avoir une puissance évocatrice, une poésie de l'inachevé. Une force expressive que le tableau, bien fini, bien dessiné et bien peint, achevé, peut effectivement perdre. Mais la magie poétique de l'art du flou ne peut pas être systématique.
C'est aussi beaucoup une question de mode. Une habitude du regard.
L'esthétique de notre époque est un peu trop focalisée sur l'esquisse.
On finit par ne plus voir que des esquisses dans les galeries de peintures modernes ou contemporaines.
En réalité les artistes ne sont pas les seuls responsables de cette situation. Au 19è siècle la société occidentale est entrée dans une culture qui fait de la réussite, matérielle, économique, et de l'Argent ses valeurs principales. Dès lors des esquisses, qui ne seraient pas sorties des brouillons personnels de l'artiste, pendant les siècles précédents, sont devenues de marchandises sources de profits. Ces marchandises, se trouvent même dans les musées. Picasso avait très bien compris ce mécanisme économique.
Bien sûr cette évolution est habillée de Grands Principes : Il n'est pas question d'Argent, mais de l'Artiste, de la Liberté de Création, du Progrès des Arts, d'une "sensibilité nouvelle", de "vivre avec son temps" etc...
Cette omniprésence de l'esquisse reflète non seulement des habitudes du regard mais des valeurs éthiques. L'Art du Flou est devenu aussi l'Art de faire, vite, de l'Argent.
Valeurs morales positives ou négatives. Nous vivons dans un monde un peu trop pressé !! Pour aller où ?
THE SKETCH OR THE ART OF BLUR
Modern Art, announced well before the beginning of the 20th century by the pré-impressionnists, impressionists and post-impressionists, was a factor quite remarkable renewal forms in European painting.
Art has always been a way to dream the real world. But the new techniques of modern art, are moving away all so very intentional, deliberate, of the exact representation of reality.
The painters tend to create an art in which the interpretation of reality trumps its reproduction.
The modern artist is hardly reproduces reality, it's dream or invent. These trends have resulted in non-figurative art, also called abstract art.
This renewal forms in painting is total. He brought new possibilities of artistic expression.
Among the techniques developed during the 19th century, the sketch was one of the best expressions of the Art of Blur.
The Art of Blur has been practiced ingeniously by Leonardo da Vinci. The "Sfumato" is in the context of a very figurative and perfectly finished painting, like the Mona Lisa, the Virgin on the rock, or John the Baptist, a draft of art of blur..
The sketch was in the history of painting, a project, a preparatory study, which allowed the artist to ensure the coherence and balance of the finished table. In this case, usually, the blur is only an approximation, a preform, a draft, witnessed an incomplete art which needs to be completed.
But many artists, over the centuries, have understood perfectly that the sketch was sometimes, exceptionally, be a finished work.
That is to say a work, of which a large majority of spectators, experts or not, imperiously felt that NOTHING was to be added to it. This is not a mathematical definition, but this is the best.
The sketch is a finished work, only when it is creative, from a singular atmosphere, particularly suggestive, carrying a single poetry. When he appears, with evidence, that more precision in drawing, closes the doors to the imagination, of the mystery, and destroy a subtle balance between dream and reality.
The tto precise drawing can, in fact, close the doors to the imagination. While the blur, characteristic of the sketch, can open these doors. The photographers also know well: The blur can be simply fuzzy, but it can also be an invitation to feel a mystery and to participate in an enigma. The viewer is invited to furnish the blur proposed to him, through his imagination.
But it is an alchemy that only great artists have exceptionally found the secret.
The great master of this technique that the earliest, pushed him, foremost, was William Turner (1775-1851).
Delacroix was also a little after Turner, one of the major precursors of the art of the sketch. For example in the "death of Sadarnapale" but also in many other paintings. But Delacroix is also an example of the limitations of this technique. All techniques meet, at one time or another, their limits.
The Art of the sketch is terribly difficult, because it is not enough to draw schematically a subject to make a beautiful work. It is not enough to draw and paint blur, or photographing blur, to create a work of art.
The blur can be only a sketch or an approximation, which ultimately market value is up to the signing of a big name.
It is true that the sketch can release a certain expressive power, have an evocative power, a poetry of unfinished. An expressive force that the painting, well finished, well designed and well painted, completed, can actually lose. But the poetic magic of Blur Art cannot be systematic.
It is also very much a question of fashion. A habit of look.
The aesthetics of our time is a little too focused on the sketch.
We finally see only sketches in the galleries of modern and contemporary paintings.
In fact the artists are not the solely responsibles, for this situation. In the 19th century Western society has entered a culture that makes of the success, physical, material, economic, and of money, its main values. Therefore the sketches, which would not come out of personal drafts of the artist, in previous centuries, have become merchandises, and sources of profits. These goods are found even in museums. Picasso understood very well, what economic mechanism.
Of course this evolution is dressed in Great Principles: There is no question of Money, but of the Artist, of the Freedom of Creation,of the Progress of the Arts, of a "new sensibility", "to live with her time "etc ...
This omnipresence of the sketch reflects not only the look but the habits of ethical values.
positive or negative moral values. The Art of the blur has also become the Art to do, quickly, of the money.
We live in a world too pressed !! To go where ?
IMG_6247A Eugène Boudin. 1824-1898. La Poissonnerie de Trouville. The Fishshop at Trouville. Le Havre. Musée d'Art Moderne
Eugène Boudin. 1824-1898. La Poissonnerie de Trouville. The Fishshop at Trouville. Le Havre. Musée d'Art Moderne
L'ESQUISSE ou L'ART DU FLOU
L'Art Moderne, annoncé bien avant le début du 20è siècle par les pré-impressionnistes, les impressionnistes et les post-impressionnistes, a été un facteur tout à fait remarquable de renouvellement des formes, dans la peinture européenne.
L'Art a toujours été, une manière de rêver le monde réel. Mais les nouvelles techniques de l'Art Moderne, s'éloignent toutes, de manière très intentionnelle, volontariste, de la représentation exacte du réel.
Les peintres tendent à créer un art dans lequel l'interprétation du réel l'emporte sur sa reproduction.
L'artiste moderne ne reproduit plus guère le réel, il le rêve, ou l'invente. Ces tendances ont abouti à l'art non figuratif, autrement appelé l'art abstrait.
Ce renouvellement des formes en peinture a apporté de nouvelles possibilités, très intéressantes, et très belles, d'expression artistique.
Parmi les techniques développées au cours du 19è siècle l'Esquisse a été une des meilleures expressions de l'Art du Flou.
L'Art du Flou a été pratiqué de manière géniale par Léonard de Vinci. Le "Sfumato" est, dans le cadre d'une peinture très figurative et parfaitement finie, comme la Joconde, les Vierges au rocher, ou Saint Jean Baptiste, une ébauche d'art du flou.
L'Esquisse a été dans l'histoire de la peinture un projet, une étude préparatoire, qui permettait à l'artiste de s'assurer de la cohérence et de l'équilibre de son tableau fini. Dans ce cas, le plus souvent, le flou n'est qu'une approximation, un brouillon, le témoin d'un art incomplet qui demande à être achevé.
Mais de nombreux artistes, au cours des siècles passés, ont parfaitement compris que l'esquisse pouvait, parfois, exceptionnellement, être une oeuvre achevée.
C'est à dire une oeuvre dont une grande majorité de spectateurs, experts ou non, ressentaient impérieusement que RIEN ne devait lui être ajoutée. Ce n'est pas une définition mathématique, mais c'est la meilleure.
L'esquisse n'est une oeuvre achevée que lorsqu'elle est créatrice d'une atmosphère singulière, particulièrement suggestive, porteuse d'une poésie qui lui est propre, unique. Quand il apparaît de manière évidente que plus de précision dans le dessin fermerait les portes à l'imaginaire, au mystère, et détruirait un équilibre subtile entre le rêve et la réalité.
Le dessin trop précis peut en effet fermer les portes à l'imaginaire, alors que le flou qui caractérise l'esquisse peut les ouvrir. Les photographes le savent bien aussi : Le flou peut être simplement flou, mais il peut aussi être une invitation à ressentir un mystère et à participer à une énigme. Le spectateur est invité à meubler par son imagination le flou qui lui est proposé.
Mais c'est une alchimie dont seuls les grands artistes, peuvent, exceptionnellement, pénétrer le secret.
Le grand maître de cette technique, et celui qui, le plus précocement, l'a poussé le plus loin, a été sans doute William Turner (1775-1851).
Delacroix a été aussi, un peu après Turner, un des grands précurseurs de l'art de l'esquisse. Par exemple dans la "mort de Sadarnapale" mais aussi dans bien d'autres tableaux. Mais Delacroix est aussi un exemple des limites de cette technique. Toutes les techniques rencontrent, à un moment ou à un autre, leurs limites.
L'Art de l'esquisse est redoutablement difficile, car il ne suffit pas de dessiner schématiquement un sujet pour faire une belle oeuvre. De même qu'en photographie de nos jours, il ne suffit pas de dessiner et de peindre flou pour créer une oeuvre d'art.
Le flou peut n'être qu'une esquisse ou une approximation, dont finalement la valeur marchande ne tient qu'à la signature d'un grand nom.
Il est vrai que l'esquisse peut dégager une certaine puissance expressive, avoir une puissance évocatrice, une poésie de l'inachevé. Une force expressive que le tableau, bien fini, bien dessiné et bien peint, achevé, peut effectivement perdre. Mais la magie poétique de l'art du flou ne peut pas être systématique.
C'est aussi beaucoup une question de mode. Une habitude du regard.
L'esthétique de notre époque est un peu trop focalisée sur l'esquisse.
On finit par ne plus voir que des esquisses dans les galeries de peintures modernes ou contemporaines.
En réalité les artistes ne sont pas les seuls responsables de cette situation. Au 19è siècle la société occidentale est entrée dans une culture qui fait de la réussite, matérielle, économique, et de l'Argent ses valeurs principales. Dès lors des esquisses, qui ne seraient pas sorties des brouillons personnels de l'artiste, pendant les siècles précédents, sont devenues de marchandises sources de profits. Ces marchandises, se trouvent même dans les musées. Picasso avait très bien compris ce mécanisme économique.
Bien sûr cette évolution est habillée de Grands Principes : Il n'est pas question d'Argent, mais de l'Artiste, de la Liberté de Création, du Progrès des Arts, d'une "sensibilité nouvelle", de "vivre avec son temps" etc...
Cette omniprésence de l'esquisse reflète non seulement des habitudes du regard mais des valeurs éthiques. L'Art du Flou est devenu aussi l'Art de faire, vite, de l'Argent.
Valeurs morales positives ou négatives. Nous vivons dans un monde un peu trop pressé !! Pour aller où ?
THE SKETCH OR THE ART OF BLUR
Modern Art, announced well before the beginning of the 20th century by the pré-impressionnists, impressionists and post-impressionists, was a factor quite remarkable renewal forms in European painting.
Art has always been a way to dream the real world. But the new techniques of modern art, are moving away all so very intentional, deliberate, of the exact representation of reality.
The painters tend to create an art in which the interpretation of reality trumps its reproduction.
The modern artist is hardly reproduces reality, it's dream or invent. These trends have resulted in non-figurative art, also called abstract art.
This renewal forms in painting is total. He brought new possibilities of artistic expression.
Among the techniques developed during the 19th century, the sketch was one of the best expressions of the Art of Blur.
The Art of Blur has been practiced ingeniously by Leonardo da Vinci. The "Sfumato" is in the context of a very figurative and perfectly finished painting, like the Mona Lisa, the Virgin on the rock, or John the Baptist, a draft of art of blur..
The sketch was in the history of painting, a project, a preparatory study, which allowed the artist to ensure the coherence and balance of the finished table. In this case, usually, the blur is only an approximation, a preform, a draft, witnessed an incomplete art which needs to be completed.
But many artists, over the centuries, have understood perfectly that the sketch was sometimes, exceptionally, be a finished work.
That is to say a work, of which a large majority of spectators, experts or not, imperiously felt that NOTHING was to be added to it. This is not a mathematical definition, but this is the best.
The sketch is a finished work, only when it is creative, from a singular atmosphere, particularly suggestive, carrying a single poetry. When he appears, with evidence, that more precision in drawing, closes the doors to the imagination, of the mystery, and destroy a subtle balance between dream and reality.
The tto precise drawing can, in fact, close the doors to the imagination. While the blur, characteristic of the sketch, can open these doors. The photographers also know well: The blur can be simply fuzzy, but it can also be an invitation to feel a mystery and to participate in an enigma. The viewer is invited to furnish the blur proposed to him, through his imagination.
But it is an alchemy that only great artists have exceptionally found the secret.
The great master of this technique that the earliest, pushed him, foremost, was William Turner (1775-1851).
Delacroix was also a little after Turner, one of the major precursors of the art of the sketch. For example in the "death of Sadarnapale" but also in many other paintings. But Delacroix is also an example of the limitations of this technique. All techniques meet, at one time or another, their limits.
The Art of the sketch is terribly difficult, because it is not enough to draw schematically a subject to make a beautiful work. It is not enough to draw and paint blur, or photographing blur, to create a work of art.
The blur can be only a sketch or an approximation, which ultimately market value is up to the signing of a big name.
It is true that the sketch can release a certain expressive power, have an evocative power, a poetry of unfinished. An expressive force that the painting, well finished, well designed and well painted, completed, can actually lose. But the poetic magic of Blur Art cannot be systematic.
It is also very much a question of fashion. A habit of look.
The aesthetics of our time is a little too focused on the sketch.
We finally see only sketches in the galleries of modern and contemporary paintings.
In fact the artists are not the solely responsibles, for this situation. In the 19th century Western society has entered a culture that makes of the success, physical, material, economic, and of money, its main values. Therefore the sketches, which would not come out of personal drafts of the artist, in previous centuries, have become merchandises, and sources of profits. These goods are found even in museums. Picasso understood very well, what economic mechanism.
Of course this evolution is dressed in Great Principles: There is no question of Money, but of the Artist, of the Freedom of Creation,of the Progress of the Arts, of a "new sensibility", "to live with her time "etc ...
This omnipresence of the sketch reflects not only the look but the habits of ethical values.
positive or negative moral values. The Art of the blur has also become the Art to do, quickly, of the money.
We live in a world too pressed !! To go where ?