Back to photostream

le congetture di Arlecchino . . ( in-between techne▲logos )

 

__________________________________________________

Outlining a Theory of General Creativity . .

. . on a 'Pataphysical projectory

 

Entropy ≥ Memory ● Creativity ²

__________________________________________________

 

Study of the day:

 

. . "(...) L'objet en quoi s'inscrivent les pouvoirs, de toute éternité humaine, c'est le langage. Ou pour être plus précis, son expression obligée : la langue. Le langage est une législation, la langue en est le code. Nous ne voyons pas le pouvoir qui est dans la langue parce que nous oublions que toute langue est un classement, et que tout classement est oppressif.

 

(...) Jakobson l'a montré, un idiome se définit moins par ce qu'il permet de dire que par ce qu'il oblige à dire. (...) Ainsi, par sa structure même, la langue implique une relation fatale d'aliénation. Parler, et à plus forte raison discourir, ce n'est pas communiquer, comme on le répète trop souvent, c'est assujettir. (...)

 

La langue est tout simplement fasciste ; car le fascisme, ce n'est pas d'empêcher de dire, c'est d'obliger à dire. Dès qu'elle est proférée, fût-ce dans l'intimité la plus profonde du sujet, la langue entre au service d'un pouvoir. En elle, immanquablement, deux rubriques se dessinent : l'autorité de l'assertion et la grégarité de la répétition. D'une part la langue est immédiatement assertive. (...) Ce que les linguistes appellent la modalité n'est jamais que le supplément de la langue, ce par quoi, telle une supplique, j'essaye de fléchir son pouvoir implacable de constatation. D'autre part, les signes dont la langue est faite, les signes n'existent que pour autant qu'ils sont reconnus, c'est à dire pour autant qu'ils se répètent ; le signe est suiviste, grégaire ; en chaque signe dort ce monstre : un stéréotype. (...)

 

A nous qui ne sommes ni des chevaliers de la foi, ni des surhommes, il ne reste qu'à tricher avec la langue, qu'à tricher la langue ; tricherie salutaire, esquive, leurre magnifique qui permet d'entendre la langue hors-pouvoir, dans la splendeur d'une révolution permanente du langage. (...)

 

The purpose in which the powers of any human eternity are inscribed, is the language. Languages are legislations, each language is a code. We do not see the power that is in the language because we forget that any language is a classification, and that any classification is oppressive.

 

(...) Jakobson has shown it, an idiom is defined less by what he can say than by what he forces to say. (...) Thus, by its very structure, the language implies a fatal relationship of alienation. Talking, and so even more discoursing, it is not "to communicate", as repeated too often, it is "to subdue". (...)

 

The language is quite simply fascist ; for fascism does not prevent speech, it compels speech. As soon as it is uttered, even in the intimacy of the deepest respect of the subject, the language enters the service of a Power. In it, inevitably, two topics are emerging : the authority of the assertion and the gregariousness of repetition. On the one hand, the language is immediately assertive. (...) What linguists call the mood, is nothing but additionals of the language, by which, such a petition, we try to flex its power of its implacable determinations. On the other hand, signs of which language is made, signs exist unless "they are recognized", that is to say "they are repeated". The sign is a follower, gregarious, in each sign sleeps this monster: a stereotype. (...)

 

To us who are neither knights of faith, nor supermen, it only remains to cheat with the language, to cheat the language. Healthy cheating, wonderful lure which can hear the language out of power, in the splendour of a permanent language revolution.

 

( Roland Barthes - Extrait de la Leçon inaugurale au Collège de France, le 7 janvier 1977 )

 

__________________________________________________

rectO-persO | E ≥ m.C² | co~errAnce | TiLt

14,965 views
23 faves
30 comments
Uploaded on October 24, 2010