La célèbre statue d'Évangéline, Grand-Pré, Nouvelle-Écosse (Nova Scotia), Canada
Évangéline est l’héroïne du poème "Évangéline- Un conte d’Acadie", écrit en 1845 par l’américain Henry Wadsworth Longfellow devenue un symbole du peuple acadien victime de la déportation et une source d’inspiration. Une chanson merveilleuse a été composée par Michel Conte en 1971, inspirée de cette héroïne fictive. Elle a été chantée par plusieurs chanteuses. Voici le lien de la version chantée par Natacha St-Pierre: www.youtube.com/watch?v=tZsVxezxAnk
Cette mythique statue accueille les visiteurs à l’entrée des jardins du site commémoratif de la Déportation. Son origine est une statuette en terre cuite créée au Québec en 1918 par Louis-Philippe Hébert. Ce dernier voulait donner un visage à l’héroïne du poème de Longfellow. C’est son fils Henri qui verra à faire couler dans le bronze cette statue plus de 2 mètres. Réalisée à Paris, elle arrive à Grand-Pré juste à temps pour les cérémonies entourant son dévoilement, le 29 juillet 1920.
Dans un article de la Presse du 15 août 2021, Serge Comeau, chroniqueur de l’Acadie Nouvelle et curé de Shippagan rappelle que plusieurs se sont demandé pourquoi Hébert avait donné à Évangéline des traits inquiets et mélancoliques tournés vers l’arrière. Certains pensent que c’est peut-être pour voir une dernière fois les terres verdoyantes de Grand-Pré. Selon l’interprétation de M. Comeau, l’orientation du visage d’Évangéline, son regard tourné vers l’arrière, n’est pas un refus de regarder droit vers l’avant mais un désir de revoir le chemin parcouru par un peuple qui réussit, malgré les vicissitudes de l’histoire, à rester fidèle à son avenir. Se nourrir de l’histoire des devanciers peut en effet devenir un point de départ pour prendre sa place dans le concert des nations. Une façon de s’abreuver du passé afin de trouver un nouvel élan…
Peuplé de 1680 à 1755, l'ancien village acadien de Grand Pré a été transformé en un vaste parc donnant sur les digues et les aboiteaux que les premiers colons avaient gagnés sur la mer. Cette étendue bien entretenue de pelouses séparées par des haies, de tapis de fleurs et de grands arbres d'ombrage constitue un mémorial permanent à la mémoire du peuple acadien. Le site et son centre d'accueil racontent la Déportation des Acadiens (ou le Grand dérangement), une expression utilisée pour désigner l'expropriation massive et la déportation à partir de 1755 des Acadiens, peuple francophone d'Amérique du Nord, à la veille de la prise de possession par les Britanniques de la Nouvelle-France.
En effet, le 5 septembre 1755, après avoir désarmé les Acadiens de tout le bassin des Mines, le plus grand de tous les établissements acadiens, les militaires rassemblent la population dans l’église de Grand-Pré où on leur lit l’Acte de déportation. Tout va très vite. Des navires de transport sont déjà ancrés au large. On embarque de force les hommes, les femmes et les enfants, parfois pêle-mêle, familles séparées. Quand les navires surchargés voguent vers les colonies américaines, le bétail et les terres des Acadiens sont redistribués aux Britanniques, qui s’enrichissent de cet événement dramatique. Ainsi, des Planteurs de la Nouvelle-Angleterre s'établirent au village à partir de 1760.
Des scènes semblables se produisent partout en Acadie. La déportation des Acadiens s'effectua principalement lors de l'année 1755, bien que des déplacements fussent organisés jusqu'à la fin de la guerre de Sept Ans en 1763. Des 18 000 individus habitant l'Acadie, aujourd'hui des terres comprenant approximativement la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et l'île du Prince-Édouard plus de 12 000 Acadiens furent déportés, et environ 8 000 moururent avant d'arriver à destination à cause des épidémies, du froid, de la misère, de la malnutrition ou des naufrages. Des survivants, beaucoup poursuivent leurs pérégrinations pendant plusieurs années, sinon des décennies, avant de retrouver une terre où s'installer. Cela explique que les Acadiens, et leurs descendants, vivent dans des régions du globe très différentes : Canada (Acadie, Québec), Saint-Pierre-et-Miquelon, côte est des États-Unis, Louisiane (les Cadiens), Antilles, Royaume-Uni, France, et jusqu'aux îles Malouines.
La célèbre statue d'Évangéline, Grand-Pré, Nouvelle-Écosse (Nova Scotia), Canada
Évangéline est l’héroïne du poème "Évangéline- Un conte d’Acadie", écrit en 1845 par l’américain Henry Wadsworth Longfellow devenue un symbole du peuple acadien victime de la déportation et une source d’inspiration. Une chanson merveilleuse a été composée par Michel Conte en 1971, inspirée de cette héroïne fictive. Elle a été chantée par plusieurs chanteuses. Voici le lien de la version chantée par Natacha St-Pierre: www.youtube.com/watch?v=tZsVxezxAnk
Cette mythique statue accueille les visiteurs à l’entrée des jardins du site commémoratif de la Déportation. Son origine est une statuette en terre cuite créée au Québec en 1918 par Louis-Philippe Hébert. Ce dernier voulait donner un visage à l’héroïne du poème de Longfellow. C’est son fils Henri qui verra à faire couler dans le bronze cette statue plus de 2 mètres. Réalisée à Paris, elle arrive à Grand-Pré juste à temps pour les cérémonies entourant son dévoilement, le 29 juillet 1920.
Dans un article de la Presse du 15 août 2021, Serge Comeau, chroniqueur de l’Acadie Nouvelle et curé de Shippagan rappelle que plusieurs se sont demandé pourquoi Hébert avait donné à Évangéline des traits inquiets et mélancoliques tournés vers l’arrière. Certains pensent que c’est peut-être pour voir une dernière fois les terres verdoyantes de Grand-Pré. Selon l’interprétation de M. Comeau, l’orientation du visage d’Évangéline, son regard tourné vers l’arrière, n’est pas un refus de regarder droit vers l’avant mais un désir de revoir le chemin parcouru par un peuple qui réussit, malgré les vicissitudes de l’histoire, à rester fidèle à son avenir. Se nourrir de l’histoire des devanciers peut en effet devenir un point de départ pour prendre sa place dans le concert des nations. Une façon de s’abreuver du passé afin de trouver un nouvel élan…
Peuplé de 1680 à 1755, l'ancien village acadien de Grand Pré a été transformé en un vaste parc donnant sur les digues et les aboiteaux que les premiers colons avaient gagnés sur la mer. Cette étendue bien entretenue de pelouses séparées par des haies, de tapis de fleurs et de grands arbres d'ombrage constitue un mémorial permanent à la mémoire du peuple acadien. Le site et son centre d'accueil racontent la Déportation des Acadiens (ou le Grand dérangement), une expression utilisée pour désigner l'expropriation massive et la déportation à partir de 1755 des Acadiens, peuple francophone d'Amérique du Nord, à la veille de la prise de possession par les Britanniques de la Nouvelle-France.
En effet, le 5 septembre 1755, après avoir désarmé les Acadiens de tout le bassin des Mines, le plus grand de tous les établissements acadiens, les militaires rassemblent la population dans l’église de Grand-Pré où on leur lit l’Acte de déportation. Tout va très vite. Des navires de transport sont déjà ancrés au large. On embarque de force les hommes, les femmes et les enfants, parfois pêle-mêle, familles séparées. Quand les navires surchargés voguent vers les colonies américaines, le bétail et les terres des Acadiens sont redistribués aux Britanniques, qui s’enrichissent de cet événement dramatique. Ainsi, des Planteurs de la Nouvelle-Angleterre s'établirent au village à partir de 1760.
Des scènes semblables se produisent partout en Acadie. La déportation des Acadiens s'effectua principalement lors de l'année 1755, bien que des déplacements fussent organisés jusqu'à la fin de la guerre de Sept Ans en 1763. Des 18 000 individus habitant l'Acadie, aujourd'hui des terres comprenant approximativement la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et l'île du Prince-Édouard plus de 12 000 Acadiens furent déportés, et environ 8 000 moururent avant d'arriver à destination à cause des épidémies, du froid, de la misère, de la malnutrition ou des naufrages. Des survivants, beaucoup poursuivent leurs pérégrinations pendant plusieurs années, sinon des décennies, avant de retrouver une terre où s'installer. Cela explique que les Acadiens, et leurs descendants, vivent dans des régions du globe très différentes : Canada (Acadie, Québec), Saint-Pierre-et-Miquelon, côte est des États-Unis, Louisiane (les Cadiens), Antilles, Royaume-Uni, France, et jusqu'aux îles Malouines.