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« Après nous le déluge ? » – 2023, Camille Dufour BE, Exposition MUTANTX, ancienne bibliothèque des Chiroux, Liège, Belgique

« Après nous le déluge ? » pointe l’urgence des menaces qui pèsent sur la biodiversité à l’ère de l’anthropocène. Cette gravure sur bois fait partie d’une fresque monumentale représentant une multitude d’espèces en voie de disparition. Pour ses dessins et ses gravures, Camille Dufour utilise comme matrice de lourdes planches en chêne de deux mètres de long.. Lors de performances, elles sont encrées une seule fois pour être imprimées à la main à l’aide d’un savon jusqu’à épuisement de l’encre. Alors que les dessins d’espèces en voie d’extinction disparaissent lentement de feuille en feuille, les traces de savon laissées lors du travail d’impression redessinent une cicatrisation impossible. Comme devant la tapisserie de Bayeux, nos déplacements dans l’installation, inscrivent l’œuvre dans la temporalité de nos corps et nous lient à l’histoire de cet écosystème. Cette fresque déployée devant nous, construit une mémoire du vivant et en appelle à notre responsabilité individuelle et collective.

 

La fresque est également fragmentée afin d’être distribuée de manière aléatoire dans des milliers de boîtes aux lettres. En renouant avec une matérialité des échanges et une forme de connaissance collective du sensible, « Après nous le déluge ? » est un appel à repenser notre rapport au vivant. Le dispositif du projet, résolument participatif, invite les destinataires à contribuer à une réflexion et une création collective. À la manière d’une grande consultation, les réponses seront retranscrites pour former une deuxième fresque, enrichissant le projet avec l’agrégat de milliers d’imaginaires, de pensées et de propositions.

 

" After us the deluge ? » highlights the urgency of the threats weighing on biodiversity in the Anthropocene era. This woodcut is part of a monumental fresco representing a multitude of endangered species. For her drawings and engravings, Camille Dufour uses heavy oak boards measuring two meters long as a matrix. During performances, they are inked once to be printed by hand using soap until when the ink runs out. While the drawings of endangered species slowly disappear from sheet to sheet, the traces of soap left during the printing process redraw an impossible healing. As in front of the Bayeux tapestry, our movements in the installation inscribe the work in the temporality of our bodies and link us to the history of this ecosystem. This fresco displayed before us, builds a memory of the living and calls for our individual and collective responsibility.

 

The fresco is also fragmented in order to be distributed randomly to thousands of mailboxes. By reconnecting with a materiality of exchanges and a form of collective knowledge of the sensitive, “After us the flood? » is a call to rethink our relationship with life. The project's system, resolutely participatory, invites recipients to contribute to collective reflection and creation. Like a major consultation, the responses will be transcribed to form a second fresco, enriching the project with the aggregate of thousands of imaginations, thoughts and proposals.

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Uploaded on April 22, 2024
Taken on March 23, 2024