Panorama de Valmeinier 1800, Savoie

La commune de Valmeinier était une paroisse dépendant de la Maison de Savoie et de l'évêque de Maurienne. Les seigneurs de La Chambre y exerçaient les droits du vicomte.

 

Lieu d'exploitation minière au 17e siècle (d'où le nom de Valmeinier qui vient de Val des mines), le village fut incendié et pillé pendant la Révolution.

 

Le 1er octobre 1793, une bataille opposa les troupes françaises républicaines, fortes de 900 hommes stationnés à Valloire, aux soldats piémontais renforcés par les habitants de Valmeinier qui refusaient l’ordre révolutionnaire. Ceux-ci avaient été insurgés par un parent du seigneur de Saint-Michel-de-Maurienne, appelé Joseph Mareschal Luciane, de Saint-Martin-la Porte. Le capitaine français à Valloire scinda sa troupe en sept colonnes qui investirent les hameaux de la commune. Les Piémontais et les insurgés durent se réfugier sur les hauteurs et furent fait prisonniers le 2 octobre, y compris le meneur Joseph Mareschal Luciane. Celui-ci fut fusillé à Valloire le 3 octobre à 9 heures du matin.

 

Au cours de cette bataille, des Valloirins enlevèrent les bestiaux et les objets mobiliers de valeur, car ils avaient été prévenus que les habitations seraient incendiées. Des Saint-Martenots en profitèrent également pour s’approprier les deux cloches de l’église, car la leur en était dépourvue. Les habitants de Saint Martin la Porte, venus en renfort des soldats français, se ruèrent sur l’église et la sacristie, sans oublier le presbytère, emportant archives et parchemins.

 

Les hameaux de Valmeinier furent incendiés, à l’exception de celui des Combes, peut-être grâce à une somme de 200 francs qu’un vieillard, du nom de Noraz, versa au capitaine. Une femme, dans un autre hameau, refusant que l’on incendiât sa maison, s’opposa aux soldats avec une fourche mais elle fut repoussée à l’intérieur et mourut brûlée vive. Un soldat, ayant aperçu un combattant s’enfuyant avec son arme pour aller la dissimuler, le signala au capitaine et le mit en joue pour le tuer. Mais le capitaine lui baissa son arme et lui dit que ce combattant étant un héros, il ne fallait pas le tuer. Il sera fait prisonnier et son arme sera récupérée.

 

On raconte aussi que le curé, aidé par sa bonne, qui lui prêta quelques uns de ses vêtements, s’enfuit déguisé en femme portant un enfant dans ses bras. Il aurait été arrêté par deux soldats français placés en sentinelles pour contrôler d’éventuels fuyards. L’un de ceux-ci trouvant la voix du curé trop grave pour être celle d’une femme, lui arracha sa coiffe et dévoila sa chevelure bien trop rase et clairsemée pour une chevelure féminine. Il voulut le tuer mais l’autre, ayant eu vraisemblablement une éducation religieuse, refusa de pratiquer ce sacrilège et aurait décidé de lui laisser la vie. Après leur avoir donné une poignée de monnaie en guise de remerciement, le curé put continuer sa route et garda la vie sauve.

 

2,774 views
4 faves
9 comments
Uploaded on July 27, 2010
Taken on July 27, 2010