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Eglise Saint-Samson d'Ouistreham

Eglise partiellement (nef) romane Saint-Samson ; commune d'Ouistreham, Calvados 14, Basse-Normandie, France

 

Le domaine d'Ouistreham, à l'embouchure de l'Orne, et son église de Saint-Samson furent donnés à l'abbaye de la Trinité de Caen par Guillaume le Conquérant et la Reine Mathilde, qui semblent l'avoir racheté dans cette intention à de petits seigneurs. La remarquable qualité de l'église résulte évidemment de ce patronage et aussi de la prospérité du bourg, dont le trafic portuaire fut appréciable durant toute l'époque anglo-normande. L'édifice paraît dater pour l'essentiel des années précédant immédiatement 1150. Il a subi à la fin du XIXe siècle des restaurations radicales qui ont modifié sensiblement nef et bas-côtés; toute la sculpture a été regrattée de la façon la plus pénible. C'est la façade occidentale qui a le mieux conservé son aspect originel. Au rez-de-chaussée s'ouvre un grand porche à quatre voussures, décorées d'une sorte de chaîne de losanges, de bâtons brisés, de tores et de têtes plates - un vrai festival du style géométrique ; il n'a pas de tympan, comme c'est le cas le plus fréquent en Normandie. Au premier étage règne une bande de sept arcatures aveugles dont l'archivolte est ornée de zigzags - Elles s'enlèvent sur un fond décoré d'un tapis continu de triangles creux. Puis, de part et d'autre d'une grande baie centrale, ce sont deux arcatures aveugles très hautes et étroites, d'un dessin assez maladroit. Enfin, sous un pignon nu, se trouve une dernière rangée de six arcatures non moulurées. Cela rappelle la façade de la Trinité, avec un niveau de plus; le mur s'amincit à mesure qu'il s'élève. Il n'y a pas de tours de façade, mais seulement des contre­forts d'angle à ressauts; celui de droite porte un couronnement qui est une fantaisie du XIXe siècle. Au total, c'est l'une des façades les plus décorées qu'il y ait en Normandie à l'époque romane : on y mesure bien la distance qui sépare le duché des autres écoles régionales de la France. Le chevet est à trois étages et, quoique du XIIIe siècle, garde à ses niveaux inférieurs une décoration d'esprit roman. La tour qui s'élève sur la première travée du chœur, les deux tourelles-contreforts massives qui la flanquent au Sud et les arcs-boutants qui épaulent la nef sont aussi des adjonctions gothiques du XIIIe siècle.

 

(extrait de : Normandie romane 1 ; Lucien Musset, Ed. Zodiaque (2. éd.), Coll. La nuit des Temps, 1975, p. 37)

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Uploaded on April 9, 2011
Taken on March 16, 2011