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Abbatiale Saint-Donat à Sesto Calende

Abbatiale partiellement romane Saint-Donat ; commune de Sesto Calende, province de Varèse, région de Lombardie, Italie

 

Bien qu’elle ne soit attestée par aucun document écrit, la fondation de l’abbaye de Saint-Donat remonte probablement au IXe siècle, mais il ne reste rien de l’église originelle, sinon quelques dalles de marbre sculpté, retrouvées dans la maçonnerie romane. L’édifice actuel comprend des parties construites à des époques diverses durant le cours du XIe siècle et les premières années du XIIe; la zone la plus ancienne est celle de l’abside septentrionale qui présente une corniche simple à arcs en brique posée sur deux bandes plates d’angle et deux fenêtres uniques à double ébrasement lisse et appui légèrement incliné, l’ouverture rétrécie vers le haut. L’arc en plein cintre est en brique. Surtout le type archaïque des fenêtres incite à dater cette absidiole des premières années du XIe siècle et en examinant son insertion dans le corps de la basilique actuelle on remarque clairement qu’elle faisait partie d’un édifice antérieur.

Le corps de l’église fut construit à la fin du siècle et montre dans son plan général et dans des détails spécifiques une parenté avec les grands édifices basilicaux milanais contemporains, surtout Saint-Ambroise et San Vincenzo in Prato. … L’abside reprend le motif des arcs déjà rencontrés dans les basiliques milanaises; ici les ouvertures sont hautes, rapprochées; on y trouve une recherche chromatique réalisée par l’insertion de pierres plus claires dans les pilastres et séparations, et une attention à l’éclairage caractéristique, qui explique l’adoption de la double voussure du centre, dominée par deux séries horizontales de briques. Notons encore les traces de trois fenêtres simples, aujourd’hui murées, qui s’ouvraient dans l’abside, avec voussure en brique, au-dessus de laquelle s’étendait une bande de briques posées de chant. La maçonnerie de l’abside est encore grossière, fort éloignée certes, comme qualité, de celle des églises milanaises. Elle est en effet constituée de pierres et de gros blocs mal équarris, placés selon des dispositions diverses, soit horizontalement, soit en arêtes de poisson. Par rapport aux églises milanaises, en outre, les bandes qui scandent les espaces de l’abside font défaut à Saint-Donat. On accède à l’église par un atrium, l’un des rares exemples de narthex qui soient parvenus jusqu’à nous; conçu à l’origine ouvert, avec trois arcatures sur le devant et deux sur les côtés, il communiquait avec l’intérieur de l’église par un seul portail, très simple, au centre. Par la suite, tous les arcs ont été bouchés et sur les trois façades on a ouvert des portes à linteau; en outre on a ajouté deux portes de communication avec l’église, ce qui a pratiquement donné une amplification de deux travées à cette dernière. … L’intérieur de l’église a subi également des interventions qui en ont presque totalement modifié la physionomie; les travées actuelles, larges, délimitées par de gros piliers rectangulaires, ont été recreusées en ôtant les arcs intermédiaires et les colonnes sur lesquelles ils s’appuyaient. Il parait évident que le rythme serré qui devait caractériser l’église originelle a été complètement dénaturé. La couverture était en charpente apparente et située à une hauteur assez inférieure à celle des voûtes actuelles, qui furent élevées au XVIIe siècle. Les fenêtres remontent également à cette époque. Deux des fenêtres originelles simples ont toutefois été remises au jour durant les travaux de 1959 et sont du type à double ébrasement simple, appui incliné et voussure soignée en brique. Le pavement actuel est placé plus haut que l’originel. D’autres modifications du XVIIe siècle amenèrent la démolition de l’abside méridionale pour construire la sacristie à sa place et l’adjonction de trois chapelles latérales sur le côte Nord. En outre, le bas-côté Nord fut rendu égal à celui du Sud par l’érection d’un mur transversal qui ferme l’abside. Le sanctuaire, très profond comme dans toutes les églises monastiques, est surélevé et surmonte la crypte à trois nefs, divisée en cinq travées par des colonnes à chapiteaux plutôt rustiques. Le type des voûtes, en forme de coupoles avec arcs transversaux s’amincissant vers l’imposte, est semblable à celui de la crypte de San Calocero à Civate, où cependant les chapiteaux sont d’une tout autre facture. La crypte a été également altérée par la surélévation du pavement, qui engendre une impression de largeur excessive et de pesanteur de l’ensemble.

Le clocher se dresse au-dessus du bas-côté Nord et présente, dans sa partie supérieure, le motif de lésènes qui, adossé au centre de chaque côté, en divise la surface en deux compartiments, couronnés par des couples d’arcatures. Ce motif, peu répandu en Lombardie, figure souvent dans les édifices piémontais de cette époque. …

 

(extrait de : Lombardie romane ; Sandro Chierici, Ed. Zodiaque, Coll. La nuit des Temps, 1978, pp. 51-53)

 

Coordonnées GPS : N45°43.782’ ; E8°37.932’

 

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Uploaded on August 25, 2014
Taken on August 1, 2012