Chaumont en Vexin

L'importance historique de Chaumont remonte au ixeme siècle. A cette époque, tes Normands envahissaient fréquemment le pays, pillant et brûlant tout sur leur passage, et Chaumont ne fut sans doute pas épargné. L'autorité des rois de France s'affirmant, ceux-ci songèrent à se protéger contre ces invasions et ils firent édifier toute une série de places fortes : Lattainville, Courcelles, Saint-Clair-sur-Epte, Chaumont. Cette dernière fut édifiée sur le mont qui a donné son nom à laville. Elle fut entourée d'un fossé profond et d'une épaisse ceinture de murailles enfermant, outre le donjon, les logements royaux et l'Abbaye de Saint-Pierre. Au sud-est de la forteresse, au milieu d'un terrain ceint de murailles, servant à l'exercice des troupes, se trouvait une chapelle dédiée à Notre-Dame. Ce champ était traversé par une rue qui, reliant Chaumont à l’Aillerie, passait entre le fort et l'abbaye. C'est sur cette rue que s'abaissait le pont-levis. Le donjon, surnommé la Tour au Bègue, du nom du roi Louis le Bègue qui en avait entrepris la construction, dominait une riche plaine s'étalant jusqu'à Gisors. La tour, après la réunion de la Normandie à la France, devint inu­tile et passa dans le domaine privé, avec les droits féodaux qui y étaient attachés. Le donjon fut rasé sur ordre de Richelieu et il n'en subsiste, aujourd'hui, aucune trace. Sur son emplacement au milieu d'un bouquet de cèdres, la famille des comtes de Chaumont-Quitry a fait édifier une chapelle sépulcrale en 1845.

 

Chaumont ainsi protégé devint une redoutable place forte qui allait jouer un rôle important dans l'entreprise de consolidation du royaume de France. En 1031, Henri Ier, roi de France, donne le Vexin à Robert duc de Normandie, pour le récompenser d'un service à lui rendu. Le roi suivant ne manifestant pas les mêmes preuves de gratitude s'empressa de ravir le Vexin au duc de Normandie et cette action fut le prélude d'une longue période de luttes incessantes pendant laquelle le pays changea souvent de mains. C'est d'abord l'agression de Guillaume le Roux, roi d'Angleterre, qui fut victorieusement repoussée par l'es sires de Chaumont et de Serans. Puis, en 1140, Chaumont est à nouveau attaqué, mais cette fois le sort des armes lui est contraire; il est pillé et incendié et la place reste aux Anglais jusqu'en 1165 où elle est rendue au roi de France. Un différend entre le roi de France Louis le jeune et Henri II d'Angleterre n'ayant pu être réglé pacifiquement, on courut aux armes. En 1167 Chaumont fut surpris par Henri et incendié. Après cet incendie la ville aban­donna le versant de la colline pour venir s'étaler sur les bords de la Troesne. En 1182, Philippe-Auguste accorde à Chaumont franchises et privilèges. Puis la lutte reprend, sauvage, et notre pays est constamment la proie des hommes de guerre qui le ravagent sans trêve. En 1198, Philippe-Auguste apprenant que Richard Cœur de Lion se trouve avec une forte troupe aux environs de Gisors, s'avance à sa rencontre, le découvre à Courcelles, se fraye un passage à travers ses gens jusqu'à Gisors où, dit-on, le pont de bois sur lequel passait le roi de France s'écroula, entraînant avec lui roi et chevaliers. Puis c'est la guerre de Cent ans et le pays est de nouveau soumis à rude épreuve. Les Anglais tiennent Chaumont et n'en sont chassés qu'en 1449 par Charles VII. A partir de ce moment, on ne signale rien; Chaumont semble redevenu calme, à peine ressent-on quelques remous de l'affreuse nuit de la Saint-Barthélémy. Le Béarnais est proclamé roi de France, mais les ligueurs refusent de le reconnaître et c'est alors l'héroïque épopée qui conduira le roi de Navarre de Cahors à la basilique de Saint-Denis. Entre temps, Chaumont héberge quelques jours Henry et ses compa­gnons d'armes. La paix rétablie, Chaumont participe activement à )a vie politique du royaume. En 1639 il a l'honneur d'abriter pour une nuit, à Rebetz, le roi Louis XIII. Le royaume est pacifié et agrandi; Chaumont n'est plus une sentinelie, mais il garde toujours de son passé ses traditionnelles vertus guerrières et nombreux furent ses enfants qui combattirent au loin pour le Grand Roi. 1789: la Révolution gronde et Chaumont ne reste pas indifférent; mais, hélas! Ici comme ailleurs, le mouvement de libération débute par de magnifiques gestes de dévouement et de sacrifice, pour finir dans le sang et le vandalisme. Des cavaliers en cantonnement dans la ville saccagent notre belle église, qui sert à toutes sortes d'usages, sauf à celui du culte. Mais le vieil esprit m français » reprend îe dessus et c'est avec enthousiasme que les Chaumontois saluent le retour de l'ordre avec Bonaparte et Napoléon. Chaumont s'imprègne alors de cet esprit tout à la fois libéral et conservateur qui lui fait condamner tout autant les prétentions de Charles X que les excès sociali­sants de la Révolution de 1848,

 

Tel qu'il fut dans le passé, tel il demeure aujourd'hui, et Chaumont reste et restera toujours un lieu où il fait bon vivre sous le doux ciel de notre Ile-de-France. c.taupeau.auduge.free.fr/mon_site_corine/1.2.1-moyenage.html

1,386 views
0 faves
0 comments
Uploaded on May 4, 2013
Taken on May 4, 2013