La scapigliata par Léonard de Vinci grisaille à base de terra ombra, ambre verdie et céruse sur bois. à L'hôtel de Boisgelin (dit également hôtel de La Rochefoucauld-Doudeauville ou encore de Janvry)
La Scapigliata (« L'Ébouriffée ») ou Tête de jeune fille, est une peinture inachevée, réalisée par Léonard de Vinci vers 1508, conservée à la Galerie nationale de Parme en Italie.
Dans ce monochrome exceptionnel et insolite, Léonard joue volontairement sur l'ambiguïté entre la peinture et la sculpture;
refusant la couleur au nom du relief. En effet, la tête de la femme semble presque en marbre et sa solide perfection contraste
avec sa chevelure évanescente à peine esquissée, évoquée par des traits de pinceau libres et synthétiques. Bien que
cette technique constitue un cas unique dans la production du maître et de l'époque, elle renvoie, en raison de l'effet
monochrome, à deux autres tableaux sur bois non finis de Léonard : Le Saint Jérôme du Vatican et l'Adoration des mages de Florence.
Le visage penché de la femme, dans un attitude empreinte d'humanité, invite à s'interroger sur la représentation féminine,
que Léonard à révolutionnée grâce à son étude incessante de la richesse expressive du monde intérieur féminin, les 'affects'
de l'âme qui passent à travers les expressions et les mouvements du corps. Le Louvre conserve deux témoignages picturaux fondamentaux de cette recherche : La Joconde et la Belle Ferronnière.
Contrairement à ces deux tableaux, le regard de la Scapiliata, tourné vers le bas, est inaccessible. Même s'il n'instaure
pas avec l'observateur un contact priviligié, le visage parvient à susciter un fort courant d'empathie. C'est au doux sourire
et aux vrilles des cheveux rebelles, bien qu'elles soient à peine esquissées, qui rendent cette image encore plus vivante. Et c'est d'ailleurs précisément en raison de ce détail que cette oeuvre a été appelée la Scapiliata (Scapigliata, en italien moderne dès le XVIIème siècle).
Les spécialistes ont également associé cette tête mystérieuse au visage peint par Léonard dans sa Léda et le cygne -oeuvre perdue, dont l'existence était mentionnée en France, au château royal de Fontainebleau, jusqu'au XVIIème siècle -telle qu'elle est décrite en 1625 par Cassiano dal Pozzo :
Belle encore, mais en mauvais état de conservation. Une des plus remarquables versions reproduisant La Léda et le cygne de Léonard est celle
que l'on attibue à Francesco Melzi.
L'œuvre est une peinture inachevée, mentionnée pour la première fois dans la collection de la maison de Gonzague en 1627 en ces termes : « un quadro dipintovi la testa di una donna scapigliata, bozzata, [...] opera di Leonardo da Vinci ».
Il s'agit surement du tableau que Ippolito Calandra, en 1531, a proposé de suspendre dans la chambre à coucher de Marguerite de Montferrat, épouse de Frédéric II de Mantoue.
En 1501, le Marquis a écrit à Pietro Novellara lui demandant si Léonard pourrait peindre une Vierge pour son studiolo privé.
La peinture qui fait partie de la collection parmesane depuis 1839, a été datée de la période mature de Léonard de Vinci contemporaine de La Vierge aux rochers et La Vierge, l'Enfant Jésus avec sainte Anne et saint Jean-Baptiste.
Description et style[modifier | modifier le code]
La peinture inachevée est une grisaille à base de terra ombra, ambre verdie et céruse sur bois. Néanmoins certaines parties du visage sont terminées et conformes au style de l'œuvre de Léonard. La tête féminine représentée est tournée de trois-quart vers la gauche et inclinée vers le bas.
Les lignes sont très douces, les globes oculaires ronds et légèrement sortants, le nez prononcé les lèvres charnues ébauchant un léger sourire, le menton arrondi.
Le fort contraste du visage avec ses éclaircissements donne un relief sculptural au visage, dont l'aspect angélique est contrecarré par la chevelure ébouriffée et par les boucles turbulentes des cheveux qui rappellent les « mouvements de l'âme », un des principes de base de la poétique de Léonard de Vinci.
La scapigliata par Léonard de Vinci grisaille à base de terra ombra, ambre verdie et céruse sur bois. à L'hôtel de Boisgelin (dit également hôtel de La Rochefoucauld-Doudeauville ou encore de Janvry)
La Scapigliata (« L'Ébouriffée ») ou Tête de jeune fille, est une peinture inachevée, réalisée par Léonard de Vinci vers 1508, conservée à la Galerie nationale de Parme en Italie.
Dans ce monochrome exceptionnel et insolite, Léonard joue volontairement sur l'ambiguïté entre la peinture et la sculpture;
refusant la couleur au nom du relief. En effet, la tête de la femme semble presque en marbre et sa solide perfection contraste
avec sa chevelure évanescente à peine esquissée, évoquée par des traits de pinceau libres et synthétiques. Bien que
cette technique constitue un cas unique dans la production du maître et de l'époque, elle renvoie, en raison de l'effet
monochrome, à deux autres tableaux sur bois non finis de Léonard : Le Saint Jérôme du Vatican et l'Adoration des mages de Florence.
Le visage penché de la femme, dans un attitude empreinte d'humanité, invite à s'interroger sur la représentation féminine,
que Léonard à révolutionnée grâce à son étude incessante de la richesse expressive du monde intérieur féminin, les 'affects'
de l'âme qui passent à travers les expressions et les mouvements du corps. Le Louvre conserve deux témoignages picturaux fondamentaux de cette recherche : La Joconde et la Belle Ferronnière.
Contrairement à ces deux tableaux, le regard de la Scapiliata, tourné vers le bas, est inaccessible. Même s'il n'instaure
pas avec l'observateur un contact priviligié, le visage parvient à susciter un fort courant d'empathie. C'est au doux sourire
et aux vrilles des cheveux rebelles, bien qu'elles soient à peine esquissées, qui rendent cette image encore plus vivante. Et c'est d'ailleurs précisément en raison de ce détail que cette oeuvre a été appelée la Scapiliata (Scapigliata, en italien moderne dès le XVIIème siècle).
Les spécialistes ont également associé cette tête mystérieuse au visage peint par Léonard dans sa Léda et le cygne -oeuvre perdue, dont l'existence était mentionnée en France, au château royal de Fontainebleau, jusqu'au XVIIème siècle -telle qu'elle est décrite en 1625 par Cassiano dal Pozzo :
Belle encore, mais en mauvais état de conservation. Une des plus remarquables versions reproduisant La Léda et le cygne de Léonard est celle
que l'on attibue à Francesco Melzi.
L'œuvre est une peinture inachevée, mentionnée pour la première fois dans la collection de la maison de Gonzague en 1627 en ces termes : « un quadro dipintovi la testa di una donna scapigliata, bozzata, [...] opera di Leonardo da Vinci ».
Il s'agit surement du tableau que Ippolito Calandra, en 1531, a proposé de suspendre dans la chambre à coucher de Marguerite de Montferrat, épouse de Frédéric II de Mantoue.
En 1501, le Marquis a écrit à Pietro Novellara lui demandant si Léonard pourrait peindre une Vierge pour son studiolo privé.
La peinture qui fait partie de la collection parmesane depuis 1839, a été datée de la période mature de Léonard de Vinci contemporaine de La Vierge aux rochers et La Vierge, l'Enfant Jésus avec sainte Anne et saint Jean-Baptiste.
Description et style[modifier | modifier le code]
La peinture inachevée est une grisaille à base de terra ombra, ambre verdie et céruse sur bois. Néanmoins certaines parties du visage sont terminées et conformes au style de l'œuvre de Léonard. La tête féminine représentée est tournée de trois-quart vers la gauche et inclinée vers le bas.
Les lignes sont très douces, les globes oculaires ronds et légèrement sortants, le nez prononcé les lèvres charnues ébauchant un léger sourire, le menton arrondi.
Le fort contraste du visage avec ses éclaircissements donne un relief sculptural au visage, dont l'aspect angélique est contrecarré par la chevelure ébouriffée et par les boucles turbulentes des cheveux qui rappellent les « mouvements de l'âme », un des principes de base de la poétique de Léonard de Vinci.