Père Lachaise LE SYMBOLISME FUNÉRAIRE DE LA CHOUETTE

La chouette

La chouette est un motif funéraire depuis l’Antiquité. Il lui est accordée de nombreuses vertus notamment celle de pouvoir voir, grâce à ses grands yeux, à travers les ténèbres. C’est donc un symbole de connaissance et de survie à travers la mort. On la retrouve souvent sur les tombes des intellectuels car elle rappelle aussi la sagesse. Au XIXème siècle, on porte une attention particulière au patrimoine et à l’Antiquité ; la chouette pouvant se trouver sur des tombes de ces temps anciens, les passionnés l’ont alors reprise pour leurs dernières demeures.

 

LE SYMBOLISME FUNÉRAIRE DE LA CHOUETTE

La chouette est connue avant tout dans l'Antiquité grecque comme

l'attribut d'Athéna et les figurations les plus abondantes que nous en

avons sont assurément les images qui ornent le revers des monnaies

athéniennes dites «glaucophores». Mais, près d'un millénaire plus tôt,

des documents mycéniens mis au jour dans le Péloponnèse nous

donnent une première illustration du motif, sous forme de petites

chouettes en feuille d'or repoussées. Ces pièces ont été trouvées dans la

tholos A de Kakovatos d'abord (fig. 1) *, puis dans les tombes à coupole

n° IV d'Ano Englianos 2 et n° 3 de Peristeria, par Sp. Marinatos 3, puis

par G. St. Korres4.

L'incorporation de ces figures au mobilier funéraire n'est certes pas

un hasard et on cherchera ici à éclairer la signification qu'il convient de

leur attribuer. Dans un article des Athenische Mitteilungen qui faisait

suite à ses découvertes de Peristeria, Sp. Marinatos proposait en 1968

une interprétation de ces chouettes en or 5. Il y voyait l'image d'une

divinité de la mort, apparentée à la Lilith orientale, et reconnaissait cette

déesse-chouette dans certaines figures orientales et égéennes, figure

hybride du relief Burney, statuettes iraniennes du début du premier

millénaire, idoles chypriotes du Bronze récent et statuettes mycéniennes

de kourotrophos. Mais l'existence d'une telle déesse-chouette est loin

d'être aussi assurée. Même si l'on fait abstraction des doutes émis à Burney6 montre seulement une divinité ailée à serres de rapace

entourée de deux chouettes. Les indices avancés d'autre part pour

reconnaître les traits de l'oiseau nocturne dans la tête des statuettes

iraniennes - face pleine et ronde, plus large que haute, bec busqué,

absence de bouche, oreilles perforées, yeux ronds de grandes

dimensions 7 - sont loin d'être aussi convaincants que le voudrait Sp.

Marinatos 8. La même remarque vaut pour les idoles chypriotes 9, où

les mêmes indices paraissent bien insuffisants pour justifier

proposée. Enfin, rien ne permet raisonnablement d'admettre

que «s'il s'agit d'une déesse de la mort du type de Lilith, on a alors

affaire à la Mère qui prend sous sa protection les défunts abandonnés,

pareils à des enfants, et les conduit dans l'au-delà» 10, et encore moins

que «cette même conception peut expliquer certains types de statuettes

mycéniennes de kourotrophos» u.

Les faits, en réalité, ne nous autorisent pas à aller ainsi jusqu'à

d'une divinité dont l'image serait figurée sous la forme d'une

femme à tête de chouette. Les trouvailles des tombes du Péloponnèse

permettent seulement d'observer que la figure de l'oiseau de nuit était

incorporée au mobilier funéraire et qu'à ce titre elle était probablement

chargée d'une signification symbolique en rapport avec la mort.

Peut-on s'en étonner? Les allusions à ce symbolisme funéraire sont

nombreuses chez les auteurs anciens. Si la chouette est oiseau de mauvais augure....

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Uploaded on January 17, 2018
Taken on January 17, 2018