Marie-Antoinette Élisabeth immortalisée par Elizabeth Louise Vigée Le Brun
Avant que les sans-culottes ne l’étêtassent – c’était un 16 octobre –, la reine Marie-Antoinette fut immortalisée par une jeune femme peu ordinaire. Elisabeth Louise Vigée-Lebrun (1755-1842) était belle, spirituelle, indépendante, et une des meilleures portraitistes de son temps. Une exposition au Grand Palais permet de s’en faire une idée.
Certes, elle a un petit côté – charmant – Point de vue, images du monde : hormis une dizaine de paysages, dont une curieuse huile montrant des bergers de l’Oberland bernois – pas au travail, Dieu merci, mais faisant la fête –, ce ne sont que comtesses, duchesses, princesses, quelques reines aussi, une ou deux impératrices et à peu près autant de tsars…
Mais, aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est la toute première fois que la France lui consacre une exposition. A dire vrai, seuls les Etats-Unis s’y étaient risqués auparavant : c’était en 1982, au Kimbell Art Museum de Fort Worth (Texas). Pourquoi tant de réticence ? Sans doute parce que voir alignés plus de cent cinquante portraits d’Ancien Régime, ce n’est pas franchement folichon : l’heure est au divertissement, en matière d’exposition, et celle-ci ne draine pas réellement les foules. Bonne nouvelle : on y sera entre amateurs de belle peinture.
A 20 ans, une carrière déjà prometteuse
Car elle était douée, la dame ! Il faut dire qu’elle avait été à bonne école : son père, Louis Vigée (1715-1767), était lui-même un portraitiste respecté, et lui avait mis très tôt les pastels (un genre où elle excellera) en mains. Elle étudia aussi avec Davesne, Doyen et Vernet, tout en fréquentant une académie de dessin dirigée par une certaine Marie-Rosalie Hallé. Car des Beaux-Arts, il n’était pas question : impossible à une jeune femme de travailler d’après des modèles vivants, mâles et tout nus.
Impossible aussi de vivre librement de son art, comme elle avait commencé à le faire depuis son adolescence : non parce que son beau-père – sa mère s’est remariée en 1768 – lui pique ses sous, mais parce que les artistes doivent alors être inscrits dans une corporation. Dénoncée pour ses activités illicites, elle voit son atelier mis sous séquestre en 1774, et se résout à demander son admission à l’Académie de Saint-Luc, qui la lui accorde. Elle n’a pas encore 20 ans, mais s’est déjà forgé une belle clientèle. Des messieurs notamment, que son charme ne laisse pas indifférents.
Prudente, sa mère est présente lors des séances de pose. Et lorsque le regard du modèle devient trop insistant, la mignonne a un truc infaillible : elle lui demande de tourner la tête sur le côté, et de lever les yeux au ciel, pour avoir l’air inspiré. Petit jeu à suggérer aux visiteurs : cherchez ceux des modèles mâles qui ont ce « regard perdu », vous reconnaîtrez les lubriques. Et parmi eux deux peintres, évidemment, Joseph Vernet et Hubert Robert…
C’est à un autre peintre qu’elle se donne, en épousant en 1775 Jean-Baptiste-Pierre Lebrun. A dire vrai, il est surtout connu comme marchand de tableaux, et a quelques chefs-d’œuvre dans son stock. La jeune femme y voit notamment le Titien, dont elle copie une Danaé. Son mari l’emmène également en voyage aux Pays-Bas en 1781. Elle y découvre Rubens, et notamment un portrait de Suzanne Fourment coiffée d’un chapeau de paille, lequel projette une ombre légère sur le visage, et favorise les demi-teintes. Elle s’empare de l’idée, l’applique à son autoportrait, avant d’en faire un archétype.
Marie-Antoinette, un menton prognathe
Enfin, c’est aussi son mari qui fixe les prix, de plus en plus élevés, de ses tableaux. D’abord, parce que c’est son métier, ensuite parce qu’à l’instar du beau-père, il ne va pas tarder à empocher l’argent de la jeune artiste… Et elle va en gagner beaucoup, surtout lorsque la reine lui accordera sa confiance. C’est qu’elle n’est pas précisément une beauté, Marie-Antoinette, au point qu’elle ne peut se voir en peinture. Vigée-Lebrun saura adoucir ses traits, en particulier le menton prognathe des Habsbourg, et le roi Louis XVI, enchanté de voir sa femme sous un nouveau jour, lui déclare : « Je ne me connais pas en peinture, mais vous me la faites aimer. »
La reine apprécie aussi les séances de pose : l’artiste est enjouée, spirituelle, et dotée d’une belle voix. Les deux femmes chantent ensemble des airs à la mode. C’est à la faveur royale qu’elle doit d’être admise à l’Académie de peinture en 1783. Les statuts auraient dû lui en interdire l’accès, non parce qu’elle était femme – il y en avait une quinzaine, sur 650 membres ou assimilés –, mais parce que son mari exerçait la profession de marchand de tableaux, ce qui n’était pas tolérable aux yeux des académiciens d’alors.
Toutefois, c’est aussi la proximité avec Marie-Antoinette qui lui valut des critiques hostiles. Déjà peu aimée, « l’Autrichienne » avait perdu tout crédit auprès de l’opinion publique depuis l’affaire du collier. Vigée-Lebrun tente alors un portrait qu’il faut bien appeler de propagande, en représentant la souveraine avec ses enfants. La commande est précise, explique Gwenola Firmin, auteure de la notice du catalogue de l’exposition : le tableau doit « restaurer l’image de Marie-Antoinette, lui rendre une respectabilité en l’exaltant dans son rôle de mère ». Hélas, à l’arrière-plan, les visiteurs du salon de 1787 ne manquèrent pas de remarquer un meuble, certes dans l’ombre, mais imposant : il s’agit d’un serre-bijoux, ce qui, après l’affaire du collier, tombait on ne peut plus mal.
Outre ses amitiés trop politiques – elle est proche du comte de Vaudreuil et de Charles Alexandre de Calonne, contrôleur des finances, et par là peu aimé –, elle souffre aussi d’être belle et d’avoir du talent. Au point que, dans un monument de rare putasserie journalistique, un libelliste, Barthélémy François Joseph Moufle d’Angerville, laisse entendre que ses tableaux seraient en fait l’œuvre de François-Guillaume Ménageot, qui de surcroît serait son amant.
Treize ans d’exil doré
Lorsqu’en octobre 1789, les Parisiennes des Halles et la garde nationale font revenir le roi de Versailles à Paris, Vigée-Lebrun comprend qu’un monde, son monde, celui que la petite bourgeoise fille d’artisan-peintre a tant fait pour conquérir, s’effondre. Et que la virulence des attaques dont elle a fait l’objet ne présage rien de bon pour son avenir. Elle embarque donc dans une diligence, avec sa fille Julie – les tableaux qu’elle a faits d’elles deux sont devenus aussi des archétypes, ceux de la tendresse maternelle – et une gouvernante, pour rejoindre l’Italie. Son exil commence. Il durera treize ans.
Exil doré, toutefois. A Rome, elle retrouve Ménageot, devenu directeur de la Villa Médicis, qui l’accueille. Ainsi que des clients, qui l’admirent et ont les moyens de payer les sommes faramineuses qu’elle continue d’exiger pour ses toiles. Comme elle a laissé son mari vorace à Paris, l’argent, pour une fois, est pour elle. Et comme elle représente pour l’aristocratie européenne la portraitiste de Marie-Antoinette, martyre de la cause nobiliaire, on se l’arrache.
On la demande à Naples : elle y peint la sœur de Marie-Antoinette, Marie-Caroline, princesse des Deux-Siciles et future impératrice d’Autriche, mais aussi le portrait du compositeur Giovanni Paisiello qui fut, car elle n’était pas encore tricarde, envoyé à Paris pour être exposé au Salon de 1791. David, le voyant accroché près d’une de ses œuvres, aurait dit : « On croirait mon tableau fait par une femme et son Paisiello par un homme. » Il semble que ce soit un compliment…
Pérégrinations à travers l’Europe
Elle pérégrine à Bologne (où elle est élue membre de l’académie), à Parme, à Florence, à Sienne, à Milan, Mantoue, Venise et d’autres villes de la Péninsule, enrichissant ainsi sa connaissance de l’art italien. Puis envisage un temps de retourner en France, jusqu’à ce que les massacres de septembre 1792 et son inscription sur la liste des émigrés, qui entraîne la perte de ses droits civiques et la saisie de ses biens, ne l’en dissuadent.
Son errance se poursuit : en 1793, elle est en Autriche. Deux ans plus tard, après avoir traversé la Hongrie et l’Allemagne, elle arrive à Saint-Pétersbourg, où elle est présentée à Catherine II ; en 1800, elle s’installe à Moscou, puis repart à Saint-Pétersbourg, traverse à nouveau l’Allemagne avant de rentrer à Paris où une campagne menée par son mari a permis de la rayer de la liste des émigrés.
Elle n’y reste qu’un an, le temps d’éponger les dettes de son époux, et part pour Londres. Puis revient à Paris, avant de repartir pour la Suisse… Destin peu commun pour une femme de ce temps. Elle finira ses jours sous le règne de Louis-Philippe en peignant, fidèle royaliste, une Apothéose de Marie-Antoinette, en écrivant ou en dictant ses Souvenirs – ce qui lui prendra une autre bonne douzaine d’années –, en tenant un salon fort fréquenté (Chateaubriand mais aussi Balzac en seront), en découvrant de nouveaux auteurs sans toujours bien les comprendre, Victor Hugo notamment, dont le Notre-Dame-de-Paris fait dire à la vieille dame qu’elle n’est plus « de ce siècle ». Sa tombe, au cimetière de Louveciennes, porte une épitaphe qui résume et clôt une vie trépidante : « Ici enfin, je repose ».
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Marie-Antoinette Élisabeth immortalisée par Elizabeth Louise Vigée Le Brun
Avant que les sans-culottes ne l’étêtassent – c’était un 16 octobre –, la reine Marie-Antoinette fut immortalisée par une jeune femme peu ordinaire. Elisabeth Louise Vigée-Lebrun (1755-1842) était belle, spirituelle, indépendante, et une des meilleures portraitistes de son temps. Une exposition au Grand Palais permet de s’en faire une idée.
Certes, elle a un petit côté – charmant – Point de vue, images du monde : hormis une dizaine de paysages, dont une curieuse huile montrant des bergers de l’Oberland bernois – pas au travail, Dieu merci, mais faisant la fête –, ce ne sont que comtesses, duchesses, princesses, quelques reines aussi, une ou deux impératrices et à peu près autant de tsars…
Mais, aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est la toute première fois que la France lui consacre une exposition. A dire vrai, seuls les Etats-Unis s’y étaient risqués auparavant : c’était en 1982, au Kimbell Art Museum de Fort Worth (Texas). Pourquoi tant de réticence ? Sans doute parce que voir alignés plus de cent cinquante portraits d’Ancien Régime, ce n’est pas franchement folichon : l’heure est au divertissement, en matière d’exposition, et celle-ci ne draine pas réellement les foules. Bonne nouvelle : on y sera entre amateurs de belle peinture.
A 20 ans, une carrière déjà prometteuse
Car elle était douée, la dame ! Il faut dire qu’elle avait été à bonne école : son père, Louis Vigée (1715-1767), était lui-même un portraitiste respecté, et lui avait mis très tôt les pastels (un genre où elle excellera) en mains. Elle étudia aussi avec Davesne, Doyen et Vernet, tout en fréquentant une académie de dessin dirigée par une certaine Marie-Rosalie Hallé. Car des Beaux-Arts, il n’était pas question : impossible à une jeune femme de travailler d’après des modèles vivants, mâles et tout nus.
Impossible aussi de vivre librement de son art, comme elle avait commencé à le faire depuis son adolescence : non parce que son beau-père – sa mère s’est remariée en 1768 – lui pique ses sous, mais parce que les artistes doivent alors être inscrits dans une corporation. Dénoncée pour ses activités illicites, elle voit son atelier mis sous séquestre en 1774, et se résout à demander son admission à l’Académie de Saint-Luc, qui la lui accorde. Elle n’a pas encore 20 ans, mais s’est déjà forgé une belle clientèle. Des messieurs notamment, que son charme ne laisse pas indifférents.
Prudente, sa mère est présente lors des séances de pose. Et lorsque le regard du modèle devient trop insistant, la mignonne a un truc infaillible : elle lui demande de tourner la tête sur le côté, et de lever les yeux au ciel, pour avoir l’air inspiré. Petit jeu à suggérer aux visiteurs : cherchez ceux des modèles mâles qui ont ce « regard perdu », vous reconnaîtrez les lubriques. Et parmi eux deux peintres, évidemment, Joseph Vernet et Hubert Robert…
C’est à un autre peintre qu’elle se donne, en épousant en 1775 Jean-Baptiste-Pierre Lebrun. A dire vrai, il est surtout connu comme marchand de tableaux, et a quelques chefs-d’œuvre dans son stock. La jeune femme y voit notamment le Titien, dont elle copie une Danaé. Son mari l’emmène également en voyage aux Pays-Bas en 1781. Elle y découvre Rubens, et notamment un portrait de Suzanne Fourment coiffée d’un chapeau de paille, lequel projette une ombre légère sur le visage, et favorise les demi-teintes. Elle s’empare de l’idée, l’applique à son autoportrait, avant d’en faire un archétype.
Marie-Antoinette, un menton prognathe
Enfin, c’est aussi son mari qui fixe les prix, de plus en plus élevés, de ses tableaux. D’abord, parce que c’est son métier, ensuite parce qu’à l’instar du beau-père, il ne va pas tarder à empocher l’argent de la jeune artiste… Et elle va en gagner beaucoup, surtout lorsque la reine lui accordera sa confiance. C’est qu’elle n’est pas précisément une beauté, Marie-Antoinette, au point qu’elle ne peut se voir en peinture. Vigée-Lebrun saura adoucir ses traits, en particulier le menton prognathe des Habsbourg, et le roi Louis XVI, enchanté de voir sa femme sous un nouveau jour, lui déclare : « Je ne me connais pas en peinture, mais vous me la faites aimer. »
La reine apprécie aussi les séances de pose : l’artiste est enjouée, spirituelle, et dotée d’une belle voix. Les deux femmes chantent ensemble des airs à la mode. C’est à la faveur royale qu’elle doit d’être admise à l’Académie de peinture en 1783. Les statuts auraient dû lui en interdire l’accès, non parce qu’elle était femme – il y en avait une quinzaine, sur 650 membres ou assimilés –, mais parce que son mari exerçait la profession de marchand de tableaux, ce qui n’était pas tolérable aux yeux des académiciens d’alors.
Toutefois, c’est aussi la proximité avec Marie-Antoinette qui lui valut des critiques hostiles. Déjà peu aimée, « l’Autrichienne » avait perdu tout crédit auprès de l’opinion publique depuis l’affaire du collier. Vigée-Lebrun tente alors un portrait qu’il faut bien appeler de propagande, en représentant la souveraine avec ses enfants. La commande est précise, explique Gwenola Firmin, auteure de la notice du catalogue de l’exposition : le tableau doit « restaurer l’image de Marie-Antoinette, lui rendre une respectabilité en l’exaltant dans son rôle de mère ». Hélas, à l’arrière-plan, les visiteurs du salon de 1787 ne manquèrent pas de remarquer un meuble, certes dans l’ombre, mais imposant : il s’agit d’un serre-bijoux, ce qui, après l’affaire du collier, tombait on ne peut plus mal.
Outre ses amitiés trop politiques – elle est proche du comte de Vaudreuil et de Charles Alexandre de Calonne, contrôleur des finances, et par là peu aimé –, elle souffre aussi d’être belle et d’avoir du talent. Au point que, dans un monument de rare putasserie journalistique, un libelliste, Barthélémy François Joseph Moufle d’Angerville, laisse entendre que ses tableaux seraient en fait l’œuvre de François-Guillaume Ménageot, qui de surcroît serait son amant.
Treize ans d’exil doré
Lorsqu’en octobre 1789, les Parisiennes des Halles et la garde nationale font revenir le roi de Versailles à Paris, Vigée-Lebrun comprend qu’un monde, son monde, celui que la petite bourgeoise fille d’artisan-peintre a tant fait pour conquérir, s’effondre. Et que la virulence des attaques dont elle a fait l’objet ne présage rien de bon pour son avenir. Elle embarque donc dans une diligence, avec sa fille Julie – les tableaux qu’elle a faits d’elles deux sont devenus aussi des archétypes, ceux de la tendresse maternelle – et une gouvernante, pour rejoindre l’Italie. Son exil commence. Il durera treize ans.
Exil doré, toutefois. A Rome, elle retrouve Ménageot, devenu directeur de la Villa Médicis, qui l’accueille. Ainsi que des clients, qui l’admirent et ont les moyens de payer les sommes faramineuses qu’elle continue d’exiger pour ses toiles. Comme elle a laissé son mari vorace à Paris, l’argent, pour une fois, est pour elle. Et comme elle représente pour l’aristocratie européenne la portraitiste de Marie-Antoinette, martyre de la cause nobiliaire, on se l’arrache.
On la demande à Naples : elle y peint la sœur de Marie-Antoinette, Marie-Caroline, princesse des Deux-Siciles et future impératrice d’Autriche, mais aussi le portrait du compositeur Giovanni Paisiello qui fut, car elle n’était pas encore tricarde, envoyé à Paris pour être exposé au Salon de 1791. David, le voyant accroché près d’une de ses œuvres, aurait dit : « On croirait mon tableau fait par une femme et son Paisiello par un homme. » Il semble que ce soit un compliment…
Pérégrinations à travers l’Europe
Elle pérégrine à Bologne (où elle est élue membre de l’académie), à Parme, à Florence, à Sienne, à Milan, Mantoue, Venise et d’autres villes de la Péninsule, enrichissant ainsi sa connaissance de l’art italien. Puis envisage un temps de retourner en France, jusqu’à ce que les massacres de septembre 1792 et son inscription sur la liste des émigrés, qui entraîne la perte de ses droits civiques et la saisie de ses biens, ne l’en dissuadent.
Son errance se poursuit : en 1793, elle est en Autriche. Deux ans plus tard, après avoir traversé la Hongrie et l’Allemagne, elle arrive à Saint-Pétersbourg, où elle est présentée à Catherine II ; en 1800, elle s’installe à Moscou, puis repart à Saint-Pétersbourg, traverse à nouveau l’Allemagne avant de rentrer à Paris où une campagne menée par son mari a permis de la rayer de la liste des émigrés.
Elle n’y reste qu’un an, le temps d’éponger les dettes de son époux, et part pour Londres. Puis revient à Paris, avant de repartir pour la Suisse… Destin peu commun pour une femme de ce temps. Elle finira ses jours sous le règne de Louis-Philippe en peignant, fidèle royaliste, une Apothéose de Marie-Antoinette, en écrivant ou en dictant ses Souvenirs – ce qui lui prendra une autre bonne douzaine d’années –, en tenant un salon fort fréquenté (Chateaubriand mais aussi Balzac en seront), en découvrant de nouveaux auteurs sans toujours bien les comprendre, Victor Hugo notamment, dont le Notre-Dame-de-Paris fait dire à la vieille dame qu’elle n’est plus « de ce siècle ». Sa tombe, au cimetière de Louveciennes, porte une épitaphe qui résume et clôt une vie trépidante : « Ici enfin, je repose ».
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