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Mosquée Al-Rifa'i du Caire

La mosquée Al-Rifa'i ou mosquée royale est située au Caire. De style néo-mamelouk, elle jouxte la mosquée du sultan Hassan, dont elle n'est séparée que par une étroite rue piétonne. Si elle semble présenter un lien de parenté avec sa voisine, ce n'est qu'une illusion, car cinq siècles séparent les deux constructions. Celle-ci est de construction massive, aux murs ocre et minarets effilés, et abrite les tombeaux des khédives et des rois d'Égypte.

 

La mosquée Al-Rifa'i voit le jour à la fin du XIXe siècle et s'inscrit dans une campagne de modernisation des infrastructures cairotes (percement de nouvelles avenues, création de quartiers à l'européenne et construction de nouveaux bâtiments). Le sanctuaire, qui se dresse à l'emplacement de l'ancienne zaouïa Al-Rifa'i (du nom de Cheikh Ahmad al-Rifa'i, mystique musulman du Moyen Âge), est une commande de la mère du khédive Ismaïl, Khoshiar Hanem, qui imagine à la fois un lieu de prière et un mausolée pour la famille royale. Les minarets se dressent dans le ciel du Caire dès 1909 et la mosquée, achevée en 1911, s'ouvre en 1912.

 

Le sanctuaire épouse la forme d'un vaste rectangle de 1 767 m². Reprenant une partie de la grammaire stylistique mamelouke, il ne néglige cependant pas les emprunts à l'architecture européenne. L'intérieur, divisé en trois vaisseaux par une série de piles massives rectangulaires portant des arcs en ogives, s'articule autour d'un dôme. Les murs, couverts de stucs et de marbre, sont percés de baies agrémentées de moucharabieh aux savants entrelacs. La mosquée abrite les sépultures de plusieurs souverains égyptiens, dont le roi Farouk, dernier roi d'Égypte, mort en exil à Rome en 1965 et le tombeau du dernier shah d'Iran, Mohammed Reza Shah, également mort en exil peu après la prise de pouvoir de l'ayatollah Khomeini au cours de la révolution islamique en 1980 (les restes de son père, Reza Shah, sont eux aussi inhumés dans le sanctuaire). La mosquée conserve par ailleurs les restes de plusieurs mystiques musulmans, Ahmad al-Rifa'i et Ali Abi-Shubbak. Parmi les éléments de mobilier remarquables figurent une dikka (estrade) en albâtre, portée par huit fines colonnes, un minbar en bois ouvragé et albâtre avec plusieurs lustres aux dessins complexes (cf. wikipédia, merci Sailko pour la photo).

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Uploaded on February 13, 2023
Taken on February 13, 2023