Etude à sept personnages pour les Demoiselles d'Avignon (Picasso)
Dessin, 1907.
Ce travail est aussi inconfortable à regarder qu'il est impossible de détourner le regard. Aucune autre peinture de l'histoire de l'art occidental n'affronte aussi hardiment le spectateur. Trois des cinq protagonistes nus regardent vers l'extérieur, nous piégeant de leurs regards, tout comme l'espace compliqué de l'image, peuplé de corps qui nous attire en avançant et en reculant de sa surface. Les conventions picturales sont bannies et les notions idéalisées de beauté abandonnées. Les traits de masque des deux personnages les plus à droite sont souvent liés à la visite de Picasso, en plein milieu de son travail sur la peinture, au Musée d’Ethnographie du Trocadéro à Paris, le premier musée anthropologique de la ville. Là, sa rencontre épiphanique avec l’art africain et océanien a influencé l’antinaturalisme féroce de l’œuvre dans laquelle les personnages représentés résistent aux normes mimétiques.
Picasso a produit une quantité sans précédent de dessins et de peintures préparatoires pour les Demoiselles. Ils parlent de sa lutte pour réinventer la peinture occidentale en termes stylistiquement disjonctifs, spatialement contradictoires et agressivement conflictuels. Le titre Les Demoiselles d’Avignon, donné à l’œuvre à l’époque de sa première exposition publique, fait allusion aux prostituées du quartier rouge de Barcelone et met en avant la dimension psychosexuelle et le contenu érotique qui se conjuguent avec la forme explosive de Demoiselles et alimentent sa puissance de choc (cf. Moma).
Sur une scène, devant un rideau de théâtre, cinq femmes, partiellement nues, occupent la totalité du tableau. Au premier plan et au centre de ce tableau, se trouve une coupe de fruits dans laquelle sont posés un quartier de pastèque, une grappe de raisin ainsi qu'une pomme et une poire semblables. Ces cinq femmes sont peintes dans un camaïeu incarnat qui contraste avec le bleu, le blanc et le marron du rideau que la femme de gauche ouvre avec sa main. Les femmes du centre fixent les spectateurs de leurs yeux exorbités. Si leur visage est dessiné de face, leur nez est dessiné de profil. La cinquième femme à droite est accroupie et nous tourne le dos. Le corps de ces femmes semble déformé, représenté à la fois de profil, de trois quarts, de face et de dos, avec des contours faits de segments de droites et d'angles vifs. Dans ce tableau, Picasso oublie toutes les règles académiques : pas de sujet narratif, aucune perspective, absence de réalisme voire de naturalisme dans l'exécution des modèles (cf. wikipédia).
"Je sais que l’on reviendra au Bateau-Lavoir. C’est là que nous avons été vraiment heureux, nous étions considérés comme des peintres et non comme des bêtes curieuses" dira Pablo Picasso de ce refuge. Venu à Paris en 1900 (au 49 rue Gabriel), il y installe ses pinceaux dès 1904 et y travaille continuellement pendant cinq ans. C’est ici qu’il présente son célèbre tableau Les Demoiselles d’Avignon et débute sa période cubiste. Il y rencontre également l’amour en la personne du modèle Fernande Olivier. Cette résidence a accueilli une bonne partie de tous les artistes de l’époque et était considérée comme "La Villa Medicis de la peinture moderne". Le Douanier Rousseau, Amedeo Modigliani, Henri Matisse, Georges Braque, Guillaume Apollinaire, Jean Cocteau…, tous sont passés dans les petits ateliers exigus de cette maison hors du commun. Anciennement salle de bal puis manufacture de piano, divisée en une vingtaine de petits ateliers distribuées le long d’un couloir faisant penser à une coursive de bateau, son nom a été trouvé par le poète Max Jacob. Ses petites pièces s’enchaînaient, sans chauffage et pourvues d’un seul point d’eau, mais avec l’émergence de la scène artistique à Montparnasse et à La Ruche, le Bateau-Lavoir perd de sa superbe et, en 1970, la structure en bois ne résiste pas à un incendie, mais la façade à la superbe vitrine reconstituée survit à cet accident (cf. pariszigzag.fr).
Pour voir l'état final du tableau Les Demoiselles d'Avignon de 1907 :
www.flickr.com/photos/7208148@N02/49741989603/in/album-72...
Etude à sept personnages pour les Demoiselles d'Avignon (Picasso)
Dessin, 1907.
Ce travail est aussi inconfortable à regarder qu'il est impossible de détourner le regard. Aucune autre peinture de l'histoire de l'art occidental n'affronte aussi hardiment le spectateur. Trois des cinq protagonistes nus regardent vers l'extérieur, nous piégeant de leurs regards, tout comme l'espace compliqué de l'image, peuplé de corps qui nous attire en avançant et en reculant de sa surface. Les conventions picturales sont bannies et les notions idéalisées de beauté abandonnées. Les traits de masque des deux personnages les plus à droite sont souvent liés à la visite de Picasso, en plein milieu de son travail sur la peinture, au Musée d’Ethnographie du Trocadéro à Paris, le premier musée anthropologique de la ville. Là, sa rencontre épiphanique avec l’art africain et océanien a influencé l’antinaturalisme féroce de l’œuvre dans laquelle les personnages représentés résistent aux normes mimétiques.
Picasso a produit une quantité sans précédent de dessins et de peintures préparatoires pour les Demoiselles. Ils parlent de sa lutte pour réinventer la peinture occidentale en termes stylistiquement disjonctifs, spatialement contradictoires et agressivement conflictuels. Le titre Les Demoiselles d’Avignon, donné à l’œuvre à l’époque de sa première exposition publique, fait allusion aux prostituées du quartier rouge de Barcelone et met en avant la dimension psychosexuelle et le contenu érotique qui se conjuguent avec la forme explosive de Demoiselles et alimentent sa puissance de choc (cf. Moma).
Sur une scène, devant un rideau de théâtre, cinq femmes, partiellement nues, occupent la totalité du tableau. Au premier plan et au centre de ce tableau, se trouve une coupe de fruits dans laquelle sont posés un quartier de pastèque, une grappe de raisin ainsi qu'une pomme et une poire semblables. Ces cinq femmes sont peintes dans un camaïeu incarnat qui contraste avec le bleu, le blanc et le marron du rideau que la femme de gauche ouvre avec sa main. Les femmes du centre fixent les spectateurs de leurs yeux exorbités. Si leur visage est dessiné de face, leur nez est dessiné de profil. La cinquième femme à droite est accroupie et nous tourne le dos. Le corps de ces femmes semble déformé, représenté à la fois de profil, de trois quarts, de face et de dos, avec des contours faits de segments de droites et d'angles vifs. Dans ce tableau, Picasso oublie toutes les règles académiques : pas de sujet narratif, aucune perspective, absence de réalisme voire de naturalisme dans l'exécution des modèles (cf. wikipédia).
"Je sais que l’on reviendra au Bateau-Lavoir. C’est là que nous avons été vraiment heureux, nous étions considérés comme des peintres et non comme des bêtes curieuses" dira Pablo Picasso de ce refuge. Venu à Paris en 1900 (au 49 rue Gabriel), il y installe ses pinceaux dès 1904 et y travaille continuellement pendant cinq ans. C’est ici qu’il présente son célèbre tableau Les Demoiselles d’Avignon et débute sa période cubiste. Il y rencontre également l’amour en la personne du modèle Fernande Olivier. Cette résidence a accueilli une bonne partie de tous les artistes de l’époque et était considérée comme "La Villa Medicis de la peinture moderne". Le Douanier Rousseau, Amedeo Modigliani, Henri Matisse, Georges Braque, Guillaume Apollinaire, Jean Cocteau…, tous sont passés dans les petits ateliers exigus de cette maison hors du commun. Anciennement salle de bal puis manufacture de piano, divisée en une vingtaine de petits ateliers distribuées le long d’un couloir faisant penser à une coursive de bateau, son nom a été trouvé par le poète Max Jacob. Ses petites pièces s’enchaînaient, sans chauffage et pourvues d’un seul point d’eau, mais avec l’émergence de la scène artistique à Montparnasse et à La Ruche, le Bateau-Lavoir perd de sa superbe et, en 1970, la structure en bois ne résiste pas à un incendie, mais la façade à la superbe vitrine reconstituée survit à cet accident (cf. pariszigzag.fr).
Pour voir l'état final du tableau Les Demoiselles d'Avignon de 1907 :
www.flickr.com/photos/7208148@N02/49741989603/in/album-72...