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F comme...Fanny

Fanny Deschamps: une romancière française dont j'ai adoré les histoires, lorsque j'étais jeune fille. Une femme écrivain passionnée du 18ème siècle français, restituant la grande Histoire dans ses romans, au travers de personnages complexes, attachants, émouvants aussi. Et avec du style et du panache dans l'écriture. En compagnie d'une de ses héroïnes, Jeanne Beauchamps, je me suis baladée de la Dombes à Paris, et de Paris à l'île Maurice, qui s'appelait encore l'Isle de France...en herborisant avec Pierre Poivre, Mr de Buffon et voyageant sur un bateau corsaire avec l'intrépide Vincent...Fanny avait ce pouvoir de me faire traverser le temps, vibrer à chaque aventure, sentir les parfums, le goût des choses, ressentir les émotions des personnages comme s'ils avaient été de ma famille.

J'avais environ 14 ans lorsqu'une vieille amie de ma mère, très collet monté et un peu heurtée par le ton passionné de Fanny, me tendit le premier tome de la Bougainvillée en me disant que je pourrai le donner à mes grands-mères si elles appréciaient le style chevalier galant...J'ai pouffé de rire et conservé le livre dans mes affaires, avant d'y plonger avec délice en cachette ou presque. Et de m'acheter la suite avec les sous de ma tirelire.

Si j'avais déjà le goût d'écrire et démarré quelques histoires, Fanny m'a fait comprendre un peu mieux comment. Et ça m'est toujours resté.

Aujourd'hui, ses romans paraissent sans doute désuets mais il y a dedans, comme chez quelques dames écrivains de sa génération, un charme prenant qui emporte et marque l'imaginaire et l'esprit. Et que j'ai eu du mal, par la suite à retrouver.

 

Alors en souvenir de mes délices de lecture, de Jeanne dont je me sentais si proche et qui me permettait d'oublier des réalités familiales plus que glauques, un portrait s'imposait.Démarré en Auvergne et terminé en Béarn, à cheval entre passion et raison, peut-être...j'ai voulu garder cette grâce et ces yeux vifs que même la vieillesse et les rides n'ont pas su flétrir...En espérant l'avoir bien restituée.

 

Et je ne résiste pas à cette petite citation-extrait qui m'a fait sourire à chaque lecture:

 

"La jalousie d’un corsaire est un plaisir fugitif. L’amoureuse d’un corsaire est bien obligée d’apprendre à vivre libre entre deux étreintes. Vivre libre ou s’étioler dans l’impatience, elle n’a le plus souvent le choix qu’entre ces deux façons d’exister. Je suis l’épouse d’un rêve, Marie, je suis mariée à une attente, qui n’aura que de courts répits."

 

 

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Uploaded on November 29, 2021
Taken on November 29, 2021