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Jardin sous surveillance

www.youtube.com/watch?v=LPMU5PcCdkg

 

Marie s’était éveillée plus détendue après sa nuit avec Jakob. Bien qu’elle soit seule dans le grand lit bleu, elle savait chaque matin qu’ils avaient été unis d’âme à âme et cela lui permettait d’affronter sa journée de prisonnière avec moins de tristesse. D’autant qu’elle savait Jakob en route pour la retrouver.

Mais quand arriverait-il réellement ? Un voyage est fait de longues marches, d’étapes difficiles. Et maintenant qu’il avait rencontré les vampires, qu’il devait affronter la sorcière du marais, ce serait peut-être plus compliqué pour lui de la rejoindre ?

 

Marie avait soupiré, s’était retournée dans son lit, pris son oreiller dans ses bras et enfoui sa tête dedans comme s’il avait été son amoureux. Puis elle murmura :

 

- Jakob, si tu savais à quel point tu me manques...Je ne devrais pas dire ça étant donné ce que nous avons vécu la nuit dernière ensemble mais...je voudrais tant que tu sois là.

En même temps, je sais que je ne dois rien réclamer et que chacun de nous doit avancer sur le chemin en gardant confiance. Je te promets d’essayer de tenir bon, d’ici à ton arrivée. De toute façon, je n’ai guère d’autre choix. Je ne sais même pas à quoi tu ressembles maintenant…Ni ce que tu fais...Sois prudent, s’il te plaît ! Je t’aime…

 

Puis elle avait embrassé l’oreiller avec tout l’amour qu’elle éprouvait pour Jakob. Où qu’il se trouve à présent, elle voulait qu’il sente l’élan de son coeur en lui comme une protection. Puis elle s’était levée, étirée. Elle avait ouvert le baldaquin, cligné des yeux et s’était dirigée vers la fenêtre pour l’ouvrir et accéder au balcon. Dehors les oiseaux chantaient et le ciel était bleu entre les grands arbres de la forêt. Une journée idéale pour démarrer le défrichage de la terre promise par Oswald.

A condition qu’il la laisse sortir. Chaque matin, c’était toujours l’angoisse de Marie : ne jamais savoir si son geôlier donnerait ou pas l’autorisation voulue. Pendant une semaine, elle était restée consignée. Puis elle avait eu le droit de se promener dans la tour et aux abords de la tour, le corbeau toujours derrière elle. Et un jour, Oswald avait finalement accordé l’autorisation de se rendre en forêt. Ensuite, jusqu’à la clairière où était le fameux terrain qu’il comptait lui offrir. Il l’avait même accompagnée ce jour-là et marqué d’un ruban le carré ensoleillé qui pourrait être travaillé. Mais depuis, sans savoir comment ni pourquoi, le sorcier avait limité ses déplacements. Il la voulait à nouveau à proximité. Parfois complètement enfermée, parfois avec quelques sorties mais jamais aussi loin que l’était le terrain de jardinage.

Marie pensa à son père à Kalamine qui la laissait si libre de ses mouvements comparativement et murmura :

 

- Fée Urgande, protégez le lui aussi du désespoir. Envoyez-lui de quoi espérer et tenir bon dans cette épreuve. Ici, je ne peux rien faire pour l’aider, sauf accepter mon sort et cet enfermement.

Mais vous, vous pouvez le secourir avec d’autres êtres féériques. Alors s’il vous plaît, faites-le.

 

Un bruit de clé tournant dans la serrure la fit sursauter. Elle se retourna, pensant que Chariot lui apportait son déjeuner, mais quelle ne fut pas sa surprise en voyant le sorcier dans l’encadrement de la porte. Il la considérait avec un drôle de sourire. A la fois charmé et inquiet.

 

- Vous parlez toute seule, madame ? Dit-il d’une voix douce en s’avançant dans la pièce. Je suis venu prendre de vos nouvelles.

Je vois que vous avez bien reposé et je m’en réjouis. Cette chambre avait besoin d’une énergie féminine pour réellement devenir accueillante. Plus je viens ici, plus je le constate.

Savez-vous que vous êtes réellement très belle ? La lumière du matin vous va...à merveille. Vous semblez nimbée d’une aura parfumée. Qui me rappelle quelque chose, soit dit en passant, mais que je n’arrive pas à nommer. Une aura étrange qui semble vous envelopper toute entière. Si vous n’aviez pas bu cette potion, je crois que je n’attendrais pas plus longtemps…

 

- Monsieur, je vous en prie, répondit la jeune fille, choquée.

 

- Je vous embarrasse? Mais cela est charmant. Savez-vous bien que vous êtes la seule qui m’inspire un tel élan ? Même si je dois reconnaître que je ne me suis jamais vraiment intéressé à la gent féminine et que j’ai plutôt tendance à m’en méfier comme de la peste. Jusqu’à votre arrivée et même les premiers jours, jamais je n’aurais pensé vous considérer autrement que comme une intruse. Je vous tolérais puisqu’il le fallait bien. Rien de plus. Cependant, le lendemain matin de votre arrivée, il s’était passé quelque chose. Vous rayonniez comme une pièce d’or au soleil. Comme si toute trace de chagrin s’était évanouie. Je cherchais une explication, sans la trouver. Vous restiez enfermée. Le soir, je vous entendais parfois pleurer. Mais le lendemain, vous étiez radieuse. Et chaque matin depuis, c’est le même ravissement pour moi. Chez vous, il y a quelque chose de si attirant...si...inexplicable que je suis ravi que mon grand-père vous ait choisie. Nul doute que cette union entre nous était inévitable. Nous sommes si différents que ce mariage des contraires est des plus excitants.

Et si je découvre comment contourner le sortilège qui vous éloigne de moi, croyez bien que je n’aurai aucun dégoût à ce que vous soyez plus complètement mon épouse.

Et cela est bien étrange en vérité, car habituellement, je n’ai aucun goût pour ces sortes de choses. Je vous l’avais d’ailleurs dit dès votre arrivée ici. Alors...

Quel baume utilisez-vous pour ainsi m’attirer ?demanda-t-il en s’approchant du balcon.

 

- Mais de quoi parlez-vous ?

 

- Je vais être plus explicite. Vous avez une lumière autour de vous, qui m’attire comme un aimant. Ou comme un amant. Choisissez le terme qui vous conviendra le mieux. Cette aura...elle semble liée à l’anneau de feu. Je la sens en vous cette énergie particulière et autour de vous lorsque je vous vois marcher, parler. Je l’avais déjà perçue chez vous à Kalamine. Mais elle s’est encore développée ici, pourtant loin de votre royaume et de tous vos repères. Comment et pourquoi ? Je n’en sais rien. Mais l’anneau vous procure un réconfort qui se lit encore ce matin sur votre figure. Alors je ne vois qu’une raison à ce prodige renouvelé : vous cachez un amoureux dont vous ne m’avez pas parlé. Un amoureux qui possède l’anneau de feu et avec lequel vous vous entretenez nuitamment et au petit matin. Alors je vous le demande:qui est donc l’amant secret à qui vous parliez ?

 

Abasourdie par cette déclaration, la jeune fille leva les yeux au ciel et répliqua:

 

- C’est une évidence, vous devez avoir bu un drôle d’élixir au petit-déjeuner pour me dire autant de fadaises, monsieur. Je ne sais à quelle potion je dois ce discours mais il me paraît pour le moins singulier. Vous me demandez ce que j’utilise comme baume ? Mais juste l’eau et le savon que votre domestique me remet le soir pour ma toilette. Rien de plus. Rien de moins. Je ne vois pas quelle aura j’aurais sinon celle de la propreté.

Et à défaut d’amant, je me parlais à moi-même, tout simplement. Cela m’arrive de plus en plus souvent faute de compagnie. La solitude me semble ainsi moins rude. Est-ce interdit ?

 

- Non...les grands bois, cette retraite prêtent à l’introspection, je le reconnais. Mais celle-ci peut se faire tout aussi bien à deux, savez-vous ? Dit-il en lui prenant la main et en l’attirant à lui.

 

Marie se débattit, mais Oswald avait une poigne de fer. Il enferma la jeune fille dans ses bras et rapprochant son visage du sien comme s’il voulait l’embrasser, il dit avec l’air menaçant :

 

- Tu es ma femme à présent et je saurai bientôt tous tes secrets. Que tu le veuilles ou non, l’anneau de feu m’appartiendra et toi aussi.

 

Farouche et le fixant droit dans les yeux, Marie s’écria :

 

- Jamais, plutôt mourir !

 

- Vraiment ? Voudrais-tu que je fasse comme Othello le fit avec Desdémone ? Personne n’en saurait rien...et ton père n’aurait que ses yeux pour pleurer.

 

En disant cela, il avait posé une main sur son cou et commençait à serrer la gorge de la jeune fille, qui rapidement suffoqua en le repoussant. La voyant proche de l’évanouissement, Oswald relâcha la pression qu'il exerçait. Marie put enfin respirer, toussa tandis que le sorcier lui dit:

 

- Si tu ne veux pas que je recommence, alors dis-moi où est l’anneau ! Je sais que tu connais sa cachette...si tu me donnes cette information, je te rendrai ta liberté et te laisserai repartir à Kalamine. Sans même te toucher.

 

Encore secouée par l’agression, Marie protesta en toussotant :

 

- Je ne sais pas de quoi vous parlez.

 

- Si...tu le sais, murmura-t-il en resserrant son étreinte. Tu le sais mais tu ne veux pas me le dire...est-ce par peur ou par désir de moi ?

 

- Ni l’un ni l’autre. Vous me dégoûtez au plus haut point...et en plus, vous n’en avez qu’après le pouvoir et la magie.

 

- Mais c’est cela qui mène le monde, ma chère enfant. Je veux ce que tout homme puissant veut...et je l’aurai. Et toi aussi je t’aurai. Je te le promets. Osmond t’a choisie pour porter mon enfant et je ne trahirai pas la promesse que je lui ai faite. Dussé-je tuer chaque prétendant qui s’approchera de toi, passer des mois à chercher l’antidote du poison que tu as avalé pour m’empêcher de te posséder . Et passer des années à retrouver la trace de l’anneau de feu, je trouverai un moyen de vaincre tout ce qui nous sépare encore, et crois bien que j’exercerai alors mes droits de mari avec le plus grand plaisir qui soit.

 

Il avait dit cela avec un feu étrange dans les prunelles. Qui ressemblait à une promesse d’anéantissement.

Craignant qu’il recommence à l’étrangler, Marie se débattit à nouveau et tenta de le repousser en hurlant :

 

- Jamais vous ne ferez cela et vous le savez. Il n’y a pas d’antidote et il n’y en aura jamais.

 

- Tu te trompes. Je suis le plus grand sorcier de tous les royaumes. Et je saurai bientôt comment fabriquer la potion qui annulera ce sortilège. J’ai fait des essais cette nuit. Et s’ils ne sont pas encore très au point, j’ai trouvé le moyen d’empêcher ma métamorphose en statue. J’ai testé cela sur une souris qui n’en a pas cru son bonheur. Son rat s’est hélas métamorphosé en rapace et il a fini par la dévorer mais...cela m’a confirmé que j’étais sur la bonne voie. J’avance donc vers la victoire, ma toute belle. Je tenais à ce que tu le saches dès aujourd’hui. Tu n’es pas encore tout à fait ma femme. Mais au rythme où j’avance, tu le seras très bientôt, dit-il en relâchant son étreinte, tout en caressant sa taille.

 

La jeune fille, manifestement impressionnée devint livide.

Si Oswald découvrait un antidote, rien ne s’opposerait à ce qu’il exige d’elle...tout ce qu’elle comptait offrir seulement à Jakob. La panique se lisait si bien dans les yeux noirs de la jeune fille qu’Oswald n’en crut pas son bonheur. Mais tout aussitôt, le visage de Marie se ferma, elle repoussa vivement le sorcier, rentra à nouveau dans sa chambre et répondit sèchement :

 

- Vous avez peut-être réussi à amoindrir le sortilège, mais pas à l’annuler. Personne n’y est parvenu jusqu’à présent. Qu’il soit humain ou non humain. Alors vous devriez être moins fanfaron, monsieur le sorcier. Vous avez peut-être gagné une bataille mais pas la guerre.

Maintenant, si vous le permettez, j’aimerais m’habiller pour aller au jardin. Le temps me semble suffisamment beau pour y passer la journée. Ne vous souciez pas de moi pour le déjeuner, je demanderai une collation à Chariot.

 

Oswald avait grimacé. Sa jeune épouse le prenait de haut. Et cela l’irritait au plus haut point.

De plus, elle avait réussi à l’humilier, cassant l’élan de désir sombre qui l’avait poussé à la tutoyer.

Alors pour la punir et la ramener à un peu plus de soumission il la rejoignit et demanda sarcastique :

 

- Croyez-vous que vous méritez cette sortie ?

 

La jeune fille le toisa d’un air méprisant.

 

- Voilà quinze jours que je suis ici. Hormis notre première visite au lieu, jamais vous ne m’avez laissée y retourner. J’avais pourtant votre promesse. J’en viens à me demander si votre parole vaut quelque chose. Et puis, si comme vous me l’aviez dit sur place, vous voulez avoir des légumes et des fruits produits sur vos terres, mieux vaudrait s’y prendre dès aujourd’hui. D’autant que votre Ulf a ramené toutes les graines et les outils que j’avais demandés. A moins que vous ne préfériez dépendre éternellement des rapines de votre armée et donc de ses humeurs…

 

Cette réplique aigre mais néanmoins pleine de bon sens, finit par faire céder Oswald. Marie avait le don de le mettre hors de lui. Elle savait le piquer au vif de cet orgueil qu’il avait si développé. Lui qui prétendait tout maîtriser était en réalité uniquement compétent en sorcellerie et magie noire. Pour ce qui était de l’intendance, il n’avait eu que l’opportunité d’enlever le meilleur cuisinier d’un royaume ennemi pour en faire son cuisinier personnel. Et différents prisonniers en balais, seaux de ménage qu’il envoyait cirer, nettoyer les différentes pièces de la tour. Et encore avec mille précautions. Et jamais dans son laboratoire personnel où fioles, alambics pouvaient provoquer des catastrophes. En dehors d’un minimum de ménage dans son repaire le plus intime, il ne faisait jamais rien. Et comprenait à quel point il devait le confort de son logis au travail des autres. La notion d’indépendance à laquelle il tenait si fort, n’était qu’une coquille vide. Cela devait changer. Il le savait. Et s’il refusait à Marie l’opportunité de lui montrer ce qu’était réellement une certaine autonomie alimentaire, alors il resterait à la merci complète de Ulf et sa bande de vampires.

 

Il soupira et à regret, il dit :

 

-Soit. Pour aujourd’hui, vous irez défricher votre terre. Mais pas seule. Le corbeau vous accompagnera et vous aura à l’oeil.

 

La jeune fille grimaça et tout en massant son cou meurtri, elle s’écria:

 

- Vous avez peur que je ne m’enfuie ?

 

Le sorcier se mit à rire.

- Pas vraiment. Mais j’ai pour habitude d’être prudent avec mes invités les plus précieux. La forêt d’Oswald est grande et pleine de dangers dont vous n’avez même pas idée. Où iriez-vous donc vous cacher ? J’ai vidé la quasi totalité de mon territoire de tout être féerique, lié à la magie bienfaisante. Vous ne trouveriez donc personne pour vous aider ni vous indiquer le chemin. Et avec tous les mouchards et les pièges que j’ai semés dans cette forêt, vous n’iriez pas bien loin. Mais je tiens à vous offrir un protecteur. Le corbeau est sans doute celui qui peut le mieux vous guider, en vous évitant chutes malencontreuses et enchantements maléfiques. Mais revenez avant la nuit. De jour, vous ne craignez rien...mais la nuit attire les êtres sombres. Et les vampires qui patrouillent dans le secteur pourraient être tentés de s’en prendre à vous. Même toute vêtue de noir, avait-il souligné avec ironie.

 

Sur ce, madame, je vous laisse à vos apprêts. Je m’en voudrais de retarder plus longtemps votre défrichage. N’oubliez pas la brouette. Elle vous sera utile pour transporter votre matériel.

 

Il avait laissé la porte ouverte. Marie pouvait donc sortir et même s’éloigner de la tour. Une aubaine qu’elle ne voulait rater à aucun prix. Elle passa derrière le paravent pour s’y laver le visage, puis enfiler une jupe et un corselet à manches longues, d’un noir violacé et passa sur la jupe un tablier de coton. Bien qu’Oswald ait chargé l’armoire de robes savantes, elle avait pris ce qu’il y avait de plus simple, de plus sombre et de plus commode.

Puis elle avait attrapé une paire de bottes que Chariot lui avait trouvées, ayant sans doute appartenu à un homme vaincu par le sorcier. Et après en avoir bourré la pointe avec des chiffons, enfilé des chaussettes bien épaisses, elle avait chaussé ces bottes masculines plus adaptées au jardinage que les souliers qu’elle portait chaque jour depuis son enlèvement.

 

Escortée du corbeau, elle avait fait un premier voyage avec la brouette, chargée de tout ce qu’il fallait pour jardiner ou presque. Ne restait dans la cour intérieure de la tour, qu’un râteau et le sac qui contenait les graines qu’elle était revenue chercher peu avant le repas de midi.

Ces grandes marches en pleine forêt avaient mis du rose à ses joues. Et comme elle empoignait le sac de graines, elle avait vu Chariot venir à elle avec une rose posée sur le plateau supérieur :

 

- Pour fêter votre premier jour au jardin, avait-il dit à mi-voix. C’est de ma part, bien sûr, pas de celle du maître. Profitez bien...vous me raconterez comment est la forêt aujourd’hui.

 

Marie avait souri tristement, pris la rose entre ses doigts. Et l’avait glissée dans son chignon.

 

- Merci, Chariot. Vous êtes de loin le plus gentil ici avec moi. Vous avez toujours des attentions délicates. J’espère qu’un jour, je trouverai un moyen de vous délivrer. Vous méritez tellement plus que cet internement…

 

Le cuisinier avait considéré la jeune fille avec émotion. Bien qu’il doutait de recouvrer un jour sa forme première, il avait immédiatement ressenti un profond attachement vis à vis de Marie. Et cette dernière le lui rendait bien. Depuis son arrivée, l’homme à tout faire d’Oswald s’était senti à la fois considéré, respecté et apprécié à sa juste valeur. Et c’était si réconfortant pour lui qu’une véritable amitié s’était nouée avec la vicomtesse. Bien qu’elle ne lui confia jamais rien de personnel, il devinait immédiatement si elle était triste ou heureuse. Et essayait d’adoucir sa prison autant qu’il le pouvait.

 

Il la regarda partir avec le corbeau en soupirant, avant de remonter par l’ascenseur qui lui permettait de se déplacer aisément d’un étage à l’autre de la tour. Oswald lui avait commandé d’aller fouiller la chambre de la jeune fille à la recherche de l’anneau de feu ou d’un objet magique mettant la jeune fille en relation avec un amant. Et il devinait par avance qu’il se présenterait bredouille devant le sorcier. Nul doute qu’Oswald furieux, passerait ses nerfs sur lui. Mais à tout prendre, Chariot préférait endurer les coups plutôt que le sorcier s’en prenne physiquement à Marie.

 

La jeune fille avait regagné le grand carré de terre qu’elle avait dégagé dans la clairière. Passé la petite charrue pour ameublir le sol et ôter les dernières racines. Puis elle avait planté les tubercules et les graines du sac, avant de faire des allers et retours régulier avec deux arrosoirs entre le ruisseau tout proche et son potager. Le corbeau, lassé de devoir la suivre à la semelle avait fini par se percher sur la plus haute branche d’un sapin situé au bord de la clairière et à force de fixer le point noir que Marie formait avec sa jupe, il avait fini par s’endormir.

Trop occupée à arroser, à vérifier ses semis et à les couvrir d’un léger filet, Marie n’avait pris garde à la situation quand un éclair de poudre bleue scintillante passa à proximité d’elle.

Surprise, mais croyant à une libellule, elle allait recommencer à travailler quand la même petite lumière bleue vint se poser sur le manche de pioche. Le scintillement s’intensifia.

Et bientôt, un minuscule petit garçon ailé apparut sous les yeux médusés de Marie.

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Uploaded on June 8, 2020
Taken on June 8, 2020