Bambou67
Nocturnes
à lire à regarder et à écouter
www.youtube.com/watch?v=xh7ZZzPRTjY
(….)
Je suis d’un pas rêveur le sentier solitaire,
J’aime à revoir encor, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l’obscurité des bois !
Oui, dans ces jours d’automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d’attraits,
C’est l’adieu d’un ami, c’est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !
Ainsi, prêt à quitter l’horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l’espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d’un regard d’envie
Je contemple ses biens dont je n’ai pas joui !
Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L’air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d’un mourant le soleil est si beau !
Je voudrais maintenant vider jusqu’à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel !
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel ?
Peut-être l’avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l’espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j’ignore
Aurait compris mon âme, et m’aurait répondu ? …
La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ;
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;
Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu’elle expire,
S’exhale comme un son triste et mélodieux.
Lamartine L’automne, Méditations poétiques, 1860
(...)
I follow with dreaming step the solitary path,
I like to see again for one last time
This fading sun, whose feeble light
Filters hardly to my feet in this wood so dark!
Yes, in these autumn days where nature expires,
I find greater allure in its veiled look.
This is farewell to a friend, the final smile
Of lips that death will close forever!
Thus, ready to pass over the horizon of life,
Weeping over my long days of vanishing hope
I return once more and, with envious glance,
Reflect upon goodness that I cannot enjoy.
Earth, sun, valleys, beautiful and sweet nature,
I will owe you a tear when I approach my grave;
Whether the air be perfumed or the light be pure
To a dying man, has the sun such beauty?
Now, I would like to drain to the dregs
This cup of sorrow mixing nectar and gall!
Perhaps at the base of this cup where I drank of life,
There would remain a drop of honey?
Perhaps the future will provide for me again
A return of pleasure when hope is lost?
Perhaps in a crowd, a soul that I ignore
Would have understood my soul, and would have responded?...
The flower surrenders its perfume to zephyrs and falls;
To life, to sun,there are farewells;
And I? I die; and my soul, when it expires,
Will sigh like a sad and melodious sound.
Translation: © David Paley
Nocturnes
à lire à regarder et à écouter
www.youtube.com/watch?v=xh7ZZzPRTjY
(….)
Je suis d’un pas rêveur le sentier solitaire,
J’aime à revoir encor, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l’obscurité des bois !
Oui, dans ces jours d’automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d’attraits,
C’est l’adieu d’un ami, c’est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !
Ainsi, prêt à quitter l’horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l’espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d’un regard d’envie
Je contemple ses biens dont je n’ai pas joui !
Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L’air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d’un mourant le soleil est si beau !
Je voudrais maintenant vider jusqu’à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel !
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel ?
Peut-être l’avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l’espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j’ignore
Aurait compris mon âme, et m’aurait répondu ? …
La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ;
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;
Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu’elle expire,
S’exhale comme un son triste et mélodieux.
Lamartine L’automne, Méditations poétiques, 1860
(...)
I follow with dreaming step the solitary path,
I like to see again for one last time
This fading sun, whose feeble light
Filters hardly to my feet in this wood so dark!
Yes, in these autumn days where nature expires,
I find greater allure in its veiled look.
This is farewell to a friend, the final smile
Of lips that death will close forever!
Thus, ready to pass over the horizon of life,
Weeping over my long days of vanishing hope
I return once more and, with envious glance,
Reflect upon goodness that I cannot enjoy.
Earth, sun, valleys, beautiful and sweet nature,
I will owe you a tear when I approach my grave;
Whether the air be perfumed or the light be pure
To a dying man, has the sun such beauty?
Now, I would like to drain to the dregs
This cup of sorrow mixing nectar and gall!
Perhaps at the base of this cup where I drank of life,
There would remain a drop of honey?
Perhaps the future will provide for me again
A return of pleasure when hope is lost?
Perhaps in a crowd, a soul that I ignore
Would have understood my soul, and would have responded?...
The flower surrenders its perfume to zephyrs and falls;
To life, to sun,there are farewells;
And I? I die; and my soul, when it expires,
Will sigh like a sad and melodious sound.
Translation: © David Paley