Bambou67
Quand un ciel bas et lourd...
www.youtube.com/watch?v=QFlLVIA6ANU
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal
When the low, heavy sky weighs like a cover
On the groaning mind plagued by long troubles,
And that of the horizon embracing the whole circle
It pours us a sadder dark day than the nights;
When the earth is turned into a damp dungeon,
Where Hope, like a bat,
Goes away beating the walls of its shy wing
And banging his head on rotten ceilings;
When the rain spreading its huge trails
From a vast prison imitates bars,
And that a dumb people of infamous spiders
Just stretch his nets deep in our brains,
Suddenly bells jump with fury
And throw a horrible howl towards the sky,
As well as wandering and homeless spirits
Who start whining stubbornly.
- And long hearses, without drums or music,
Parade slowly through my soul; Hope,
Defeated, weeps, and atrocious, despotic Anguish,
On my inclined skull plants his black flag.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal
Quand un ciel bas et lourd...
www.youtube.com/watch?v=QFlLVIA6ANU
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal
When the low, heavy sky weighs like a cover
On the groaning mind plagued by long troubles,
And that of the horizon embracing the whole circle
It pours us a sadder dark day than the nights;
When the earth is turned into a damp dungeon,
Where Hope, like a bat,
Goes away beating the walls of its shy wing
And banging his head on rotten ceilings;
When the rain spreading its huge trails
From a vast prison imitates bars,
And that a dumb people of infamous spiders
Just stretch his nets deep in our brains,
Suddenly bells jump with fury
And throw a horrible howl towards the sky,
As well as wandering and homeless spirits
Who start whining stubbornly.
- And long hearses, without drums or music,
Parade slowly through my soul; Hope,
Defeated, weeps, and atrocious, despotic Anguish,
On my inclined skull plants his black flag.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal