Usine d’épuration Île Notre-Dame
1. Identification
1.0 Nom d’origine : Usine d’épuration Île Notre-Dame
Nom usuel durant l’Expo : Usine d’épuration La mare au diable
1.1 Nom usuel : Station d’épuration Île Notre-Dame
1.2 Adresse : Secteur île Notre-Dame
No. du Lot : ---
Plan-repère : No. 493
1.3 Ville : Montréal
1.4 Type de bâtiment : Bâtiment industriel
1.5 Particularité du bâtiment : Permanent
1.6 Superficie et dimensions : Inconnue
1.7 Protection/statut : Inconnu
1.8 Propriétaire initial (maître d'ouvrage) : Compagnie canadienne
de l’Exposition universelle de 1967
1.9 Propriétaire actuel : Ville de Montréal.
_______________________________________________________
2. Données historiques
2.1 Description de la commande :
Concevoir une usine d’épuration des eaux usées pour une population
de 30,000 habitants. De plus, cette usine devait être d’une grande
efficacité et offrir une grande souplesse de fonctionnement pour
absorber les grandes fluctuations de population selon le moment de la
journée. D’un coût de construction peu élevé, cette usine devait
occuper un espace restreint sans produire d’odeurs et avoir une
apparence satisfaisante en vue de s’harmoniser avec les l’architecture
des bâtiments de l’Expo.
2.2 Dates importantes :
Projet initié : 1964
Date du contrat : 17 septembre 1965
Inauguration : 1966
2.3 Concepteurs :
Maurice Légaré, architecte
Surveyer, Nennniger & Chènevert, ingénieurs-conseils
Paré & Quart Ltd, entrepreneurs
2.5 Modifications significatives :
Selon un rapport technique daté de novembre 1991, l’usine
d’épuration était alors désaffectée. Par suite d’une entente avec
le gouvernement fédéral, il était alors prévu d’effectuer des
travaux en vue de remettre la station en état de marche pour
décembre 1992.
2.6 Usage actuel : Inchangé.
2.7 État physique actuel :
Lors de notre visite en juillet 2006, nous avons constaté que les
installations du bassin de traitement de la station d’épuration
étaient en fonctionnement. Par contre, l’état extérieur du
bâtiment de la station de pompage montrait quelques signes de
vieillissement. Cet examen visuel nous a aussi permis de
constater que les menuiseries métalliques des ouvertures sont
en bon état.
3. Description
3.1 Description synthèse :
L’ensemble de la station d’épuration comprend trois parties : la station de pompage, le bassin de traitement et à l’extrémité de l’île,
l’ouvrage d’évacuation avec le poste du chloromètre. Le fonctionnement de la station se déroulait comme suit : les eaux-vannes des
îles Sainte-Hélène et Notre-Dame sont acheminées à la station d’épuration grâce aux pompes de la station. De là, les eaux-vannes
se dirigent vers les bassins où elles subissent un triple traitement, soit l’aération prolongée des eaux par l’intermédiaire de tubes
aéro-hydrauliques, la sédimentation, puis le polissage qui consiste à laisser reposer l’eau. Ensuite l’eau purifiée est dirigée vers
l’appareil de chloration pour une période de trois heures avant d’être déversé dans le fleuve. Le bâtiment le plus important de
l’ensemble, la station de pompage, est constitué de deux volumes cylindriques, de dimensions différentes, arrimés l’un sur l’autre. Le
volume principal, haut de 4.3 mètres, comprend aux rez-de-chaussée : les bureaux, le laboratoire, la salle des contrôles et
d’employés. Au sous-sol, on retrouve la pompe, les déchiqueteurs, et la machinerie diverse. Le second bâtiment renferme la salle
des transformateurs.
3.2 Construction :
La station de pompage possède une ossature faite de murs structuraux et de colonnes en béton, dont une partie s’appuie sur des
pieux et l’autre, sur un radier. Les dalles de couverture et de plancher sont en béton armé. L’architecte Maurice Légaré apporta un
soin particulier aux murs extérieurs du bâtiment principal, notamment par la mise en place de coffrages qui ont permis de générer
des surfaces quadrillées en béton texturé. Ces pans de surfaces quadrillées sont régulièrement espacés par des pilastres ou par des
rainures. De larges baies vitrées avec meneaux en aluminium ponctuent le bâtiment. Quant au second bâtiment circulaire, il est
constitué de parois porteuses faites en béton uni.
3.3 Contexte :
Semblable à une sculpture abstraite engendrée par deux cercles s’enchaînant l’un à l’autre, la station de pompage possède une
architecture soignée à l’instar des autres bâtiments de l’Expo. Elle est implantée sur la pointe est de l’île Notre-Dame dans un
ensemble paysager composée principalement d’une grande surface gazonnée et du bassin de traitement. L’usine d’épuration et sa
station de pompage occupaient un site privilégié de l’Expo, faisant de cet équipement un véritable lieu de démonstration des
nouvelles techniques d’épurations des eaux-vannes et de leur fonctionnement. La publicité d’époque de la firme responsable du
procédé d’épuration, la Corporation Aéro-Hydraulique, présentait d’ailleurs l’épuration des eaux comme un problème vital pour les
communautés, justifiant en cela le traitement architectural de l’usine et sa station de pompage.
4. Évaluation
A. Valeur documentaire / histoire de Montréal, du Québec, et internationale :
L’idée de la construction de deux usines d’épurations pour l’Exposition universelle de 1967 venait de Gustave Prévost. Alors
président de la Régie des eaux du Québec, celui-ci avait prié les organisateurs de l’Expo de donner l’exemple dans ce domaine en
traitant eux-mêmes leurs eaux usées. L’une des usines, la station Mackay, était située de part et d’autre du pont Victoria et traitait
les eaux-vannes de la Cité du Havre. L’autre, la station d’épuration Notre-Dame – communément appelée La Mare au Diable – était
située à la pointe est de l’île Notre-Dame, située sur le site même de l’Expo. La visibilité exceptionnelle de cette dernière dénote le
souci de transparence des responsables de l’exposition dans le traitement des eaux usées, prenant ainsi une position d’avant-garde
dans le domaine.
B. Valeur documentaire / histoire de l’architecture :
Située sur le site même de l’Exposition universelle, cette usine d’épuration constitue une amélioration notable dans la lutte contre la
pollution du fleuve Saint-Laurent. De même, l’architecture de la station de pompage présente un souci esthétique évident que
viennent souligner sa forme géométrique et le traitement particulier de ses surfaces en béton. Son architecte, Maurice Légaré, a très
bien su répondre à la commande d’un édifice devant s’insérer harmonieusement dans un site composé de pavillons aux formes
souvent audacieuses.
C
. Intégrité
Objet : Un examen visuel sommaire de la station de pompage a permis de constater que le bâtiment est dans un bon état de
conservation. À ce titre, la station de pompage possède encore une grande intégrité physique.
Contexte : L’usine d’épuration occupant une grande partie de la pointe est de l’île Notre-Dame, elle entretient une relation
similaire avec ce secteur qui fut peu touché par toutes les transformations apportées à l’île Notre-Dame depuis la fin de l’Expo, dont
la construction des équipements olympiques. On doit toutefois souligner la disparition de l’Expo-Express, qui survolait une partie de
la station d’épuration, ce qui permettait à l’époque d’avoir une vue imprenable sur la station et le bassin. Mais dans l’ensemble, le
contexte physique dans lequel s’inscrit l’usine d’épuration et sa station de pompage a gardé une bon degré d’intégrité.
D. Authenticité
Objet : L’usine de pompage et sa station d’épuration ayant la même fonction qu’à l’origine, elle a de ce fait conservé un haut degré
d’authenticité. On doit toutefois noter que sa signification en tant qu’équipement urbain novateur n’est plus vraiment d’actualité.
Contexte : L’environnement immédiat n’a pas vraiment changé de vocation, sauf en ce qui a trait à la partie ouest du site qui a
connu une vague de démolition des anciens pavillons de l’Expo et leur remplacement par les installations des jeux olympiques de
1976. Malgré ces changements, le contexte fonctionnel dans lequel l’usine d’épuration et sa station de pompage sont inscrits, à la
pointe de l’île Notre-Dame, a gardé un bon degré d’authenticité.
Usine d’épuration Île Notre-Dame
1. Identification
1.0 Nom d’origine : Usine d’épuration Île Notre-Dame
Nom usuel durant l’Expo : Usine d’épuration La mare au diable
1.1 Nom usuel : Station d’épuration Île Notre-Dame
1.2 Adresse : Secteur île Notre-Dame
No. du Lot : ---
Plan-repère : No. 493
1.3 Ville : Montréal
1.4 Type de bâtiment : Bâtiment industriel
1.5 Particularité du bâtiment : Permanent
1.6 Superficie et dimensions : Inconnue
1.7 Protection/statut : Inconnu
1.8 Propriétaire initial (maître d'ouvrage) : Compagnie canadienne
de l’Exposition universelle de 1967
1.9 Propriétaire actuel : Ville de Montréal.
_______________________________________________________
2. Données historiques
2.1 Description de la commande :
Concevoir une usine d’épuration des eaux usées pour une population
de 30,000 habitants. De plus, cette usine devait être d’une grande
efficacité et offrir une grande souplesse de fonctionnement pour
absorber les grandes fluctuations de population selon le moment de la
journée. D’un coût de construction peu élevé, cette usine devait
occuper un espace restreint sans produire d’odeurs et avoir une
apparence satisfaisante en vue de s’harmoniser avec les l’architecture
des bâtiments de l’Expo.
2.2 Dates importantes :
Projet initié : 1964
Date du contrat : 17 septembre 1965
Inauguration : 1966
2.3 Concepteurs :
Maurice Légaré, architecte
Surveyer, Nennniger & Chènevert, ingénieurs-conseils
Paré & Quart Ltd, entrepreneurs
2.5 Modifications significatives :
Selon un rapport technique daté de novembre 1991, l’usine
d’épuration était alors désaffectée. Par suite d’une entente avec
le gouvernement fédéral, il était alors prévu d’effectuer des
travaux en vue de remettre la station en état de marche pour
décembre 1992.
2.6 Usage actuel : Inchangé.
2.7 État physique actuel :
Lors de notre visite en juillet 2006, nous avons constaté que les
installations du bassin de traitement de la station d’épuration
étaient en fonctionnement. Par contre, l’état extérieur du
bâtiment de la station de pompage montrait quelques signes de
vieillissement. Cet examen visuel nous a aussi permis de
constater que les menuiseries métalliques des ouvertures sont
en bon état.
3. Description
3.1 Description synthèse :
L’ensemble de la station d’épuration comprend trois parties : la station de pompage, le bassin de traitement et à l’extrémité de l’île,
l’ouvrage d’évacuation avec le poste du chloromètre. Le fonctionnement de la station se déroulait comme suit : les eaux-vannes des
îles Sainte-Hélène et Notre-Dame sont acheminées à la station d’épuration grâce aux pompes de la station. De là, les eaux-vannes
se dirigent vers les bassins où elles subissent un triple traitement, soit l’aération prolongée des eaux par l’intermédiaire de tubes
aéro-hydrauliques, la sédimentation, puis le polissage qui consiste à laisser reposer l’eau. Ensuite l’eau purifiée est dirigée vers
l’appareil de chloration pour une période de trois heures avant d’être déversé dans le fleuve. Le bâtiment le plus important de
l’ensemble, la station de pompage, est constitué de deux volumes cylindriques, de dimensions différentes, arrimés l’un sur l’autre. Le
volume principal, haut de 4.3 mètres, comprend aux rez-de-chaussée : les bureaux, le laboratoire, la salle des contrôles et
d’employés. Au sous-sol, on retrouve la pompe, les déchiqueteurs, et la machinerie diverse. Le second bâtiment renferme la salle
des transformateurs.
3.2 Construction :
La station de pompage possède une ossature faite de murs structuraux et de colonnes en béton, dont une partie s’appuie sur des
pieux et l’autre, sur un radier. Les dalles de couverture et de plancher sont en béton armé. L’architecte Maurice Légaré apporta un
soin particulier aux murs extérieurs du bâtiment principal, notamment par la mise en place de coffrages qui ont permis de générer
des surfaces quadrillées en béton texturé. Ces pans de surfaces quadrillées sont régulièrement espacés par des pilastres ou par des
rainures. De larges baies vitrées avec meneaux en aluminium ponctuent le bâtiment. Quant au second bâtiment circulaire, il est
constitué de parois porteuses faites en béton uni.
3.3 Contexte :
Semblable à une sculpture abstraite engendrée par deux cercles s’enchaînant l’un à l’autre, la station de pompage possède une
architecture soignée à l’instar des autres bâtiments de l’Expo. Elle est implantée sur la pointe est de l’île Notre-Dame dans un
ensemble paysager composée principalement d’une grande surface gazonnée et du bassin de traitement. L’usine d’épuration et sa
station de pompage occupaient un site privilégié de l’Expo, faisant de cet équipement un véritable lieu de démonstration des
nouvelles techniques d’épurations des eaux-vannes et de leur fonctionnement. La publicité d’époque de la firme responsable du
procédé d’épuration, la Corporation Aéro-Hydraulique, présentait d’ailleurs l’épuration des eaux comme un problème vital pour les
communautés, justifiant en cela le traitement architectural de l’usine et sa station de pompage.
4. Évaluation
A. Valeur documentaire / histoire de Montréal, du Québec, et internationale :
L’idée de la construction de deux usines d’épurations pour l’Exposition universelle de 1967 venait de Gustave Prévost. Alors
président de la Régie des eaux du Québec, celui-ci avait prié les organisateurs de l’Expo de donner l’exemple dans ce domaine en
traitant eux-mêmes leurs eaux usées. L’une des usines, la station Mackay, était située de part et d’autre du pont Victoria et traitait
les eaux-vannes de la Cité du Havre. L’autre, la station d’épuration Notre-Dame – communément appelée La Mare au Diable – était
située à la pointe est de l’île Notre-Dame, située sur le site même de l’Expo. La visibilité exceptionnelle de cette dernière dénote le
souci de transparence des responsables de l’exposition dans le traitement des eaux usées, prenant ainsi une position d’avant-garde
dans le domaine.
B. Valeur documentaire / histoire de l’architecture :
Située sur le site même de l’Exposition universelle, cette usine d’épuration constitue une amélioration notable dans la lutte contre la
pollution du fleuve Saint-Laurent. De même, l’architecture de la station de pompage présente un souci esthétique évident que
viennent souligner sa forme géométrique et le traitement particulier de ses surfaces en béton. Son architecte, Maurice Légaré, a très
bien su répondre à la commande d’un édifice devant s’insérer harmonieusement dans un site composé de pavillons aux formes
souvent audacieuses.
C
. Intégrité
Objet : Un examen visuel sommaire de la station de pompage a permis de constater que le bâtiment est dans un bon état de
conservation. À ce titre, la station de pompage possède encore une grande intégrité physique.
Contexte : L’usine d’épuration occupant une grande partie de la pointe est de l’île Notre-Dame, elle entretient une relation
similaire avec ce secteur qui fut peu touché par toutes les transformations apportées à l’île Notre-Dame depuis la fin de l’Expo, dont
la construction des équipements olympiques. On doit toutefois souligner la disparition de l’Expo-Express, qui survolait une partie de
la station d’épuration, ce qui permettait à l’époque d’avoir une vue imprenable sur la station et le bassin. Mais dans l’ensemble, le
contexte physique dans lequel s’inscrit l’usine d’épuration et sa station de pompage a gardé une bon degré d’intégrité.
D. Authenticité
Objet : L’usine de pompage et sa station d’épuration ayant la même fonction qu’à l’origine, elle a de ce fait conservé un haut degré
d’authenticité. On doit toutefois noter que sa signification en tant qu’équipement urbain novateur n’est plus vraiment d’actualité.
Contexte : L’environnement immédiat n’a pas vraiment changé de vocation, sauf en ce qui a trait à la partie ouest du site qui a
connu une vague de démolition des anciens pavillons de l’Expo et leur remplacement par les installations des jeux olympiques de
1976. Malgré ces changements, le contexte fonctionnel dans lequel l’usine d’épuration et sa station de pompage sont inscrits, à la
pointe de l’île Notre-Dame, a gardé un bon degré d’authenticité.