rabha_tissage
lafemmeetletapiszaiannerougeelisab
Le tapis berbère est l'expression de la créativité de la femme. Il s'agit là d'une symbolique à décrypter qui a fait l'objet de nombreuses recherches. On peut citer Paul Vandenbroeck qui a écrit un ouvrage remarquable sur le tapis “l'art des femmes berbères”. Le tapis berbère prend une dimension expressive pour chaque tribu.
Histoire de Khénifra
Références :
Maurice Le Glay : Récits Marocains de la Plaine et des Monts
Saïd Guennoun : La Montagne Berbère - La voix des Monts
L'histoire de Khénifra est liée à deux monuments classés historiques par le Ministère de la Culture Marocain en tant que patrimoine national
La Casbah de Mouha ou Hammou Zayani, bâtie par le sultan Almoravide Ibu Tachfin sur le bord d'Oum Errabiaa, restaurée par le sultan Alaouite Moulay Ismaïl en 1688
Le Pont sur l'Oum Errabiaa dit « Portugais », probablement construits à la même époque que la Casbah de Khénifra. Historiquement, la présence portuguaise n'a jamais été mentionnée dans des manuscrits de l'époque. Ce pont est toujours érigé malgré les nombreuses crues qu'il a du subir. Une légende s'est forgée autour du vieux pont : on dit qu'il est « construit avec des œufs ».
La Casbah de Mouha ou Hammou Zayani et le Vieux Pont Portugais marquent la conscience des Khnifris où le présent et le passé s'entremêlent dans la conscience collective de ses générations.
En 1877, avant l'arrivée des soldats du Sultan Moulay Hassan I, Khénifra n'était rien d'autre qu'un point de transition de transhumance entre la plaine et le Jbel. C'est à partir de là que Khénifra prendra sa dimension de ville.
En juin 1914 : La ville de Khénifra, a été prise par les légionnaires, (composés de Sénégalais, d'Algériens et de Goumis Marocains), sous le commandement de Richard d'Ivry qui avait acquis une réputation légendaire au cours de la campagne du Maroc.
Le 13 novembre 1914 : Trois mois après cet événement, une contre attaque aura lieu à Elhri (village situé à 20 kms de Khénifra). Cette Bataille, engagée imprudemment par le Colonel Duverdier, à l'assaut du campement du rebelle Mouha ou Hammou Zayani, s'est soldée par la victoire des Zayanes et d'autres tribus berbères voisines pour la première fois unifiées. Cette victoire symbolise la gloire des tribus et le grand prestige que s'est forgé Mouha ou Hammou Zayani où la colonne du Colonel Duverdier fut quasiment anéantie. La riposte coloniale ne tarda pas à se manifester par le déploiement de sa panoplie militaire. Le Zayanes isolés se réfugièrent dans les montagnes.
Le 2 juin 1920, le Pacha Hassan se soumet au Général Poeymirau, très proche collaborateur du Maréchal Lyautey.
Le 20 août 1955 : l'anniversaire de la déposition du roi Mohammed Ben Youssef provoque une insurrection à Khénifra, Oued Zem, Immouzer, Maroucha, Ait 1lahem et Casablanca. Événement marqué par une répression massive sur ordre du Général Gilbert Grandval. Cette journée fut sanglante pour la population de Khénifra, ainsi que pour les tribus Zayanes qui avaient encerclé la ville. Le Général Gilbert Grandval est tué dans les montagnes de Khénifra le 22 août 1955 lors de l'explosion de son avion.
Je me rappelle parfaitement de ces événements d'août 1955 pour les avoir vécus de l'intérieur.
1956 : Retour de sa Majesté Mohammed V de son exil à Madagascar.
Souvenirs Souvenirs
Khénifra pour moi, c'est une multitude de souvenirs et d'images, de couleurs, de bruits et d'odeurs.
J'y suis né en mai 1949, d'une mère française née à Tours et d'un père belge né à Bruxelles.
A cette époque, en 1949, Ma mère était cuisinière à l'hôtel de France et mon père légionnaire.
Aujourd'hui le 16 septembre 2006, Je me rappelle :
La terre rouge sang de Khénifra et son herbe verte
Mes amis d'enfance marocains avec lesquels je m'amusais
Fatima qui s'est occupé de moi, alors que ma mère travaillait. Son couscous fait avec amour grain de semoule par grain de semoule. Elle est toujours à Khénifra, j'ai passé un moment avec elle aujourd'hui
Les chasses au sanglier
l'Oum er Bia dans lequel je me baignais avec grand plaisir
Son pont Portugais qui a résisté à toutes les crues
Ses lavandières sur ses rives
La place Zayane devant l'école ou j'allais et venais tous les jours à pied, quelque soit le temps
La compagnie de transport CTM (Compagnie des Transports Marocain). Mon père y était comptable après avoir quitté la légion étrangère
Le quartier “Far Ouest” ou j'habitais
Les eucalyptus et leur suprême odeur
Les figues de barbaries que je mangeais au bord des routes avec gourmandise
Les tapis Zayanes, avec une épaisse laine, qui avait les couleurs de la place. On pouvait ainsi savoir à quelle époque de l'année ils avaient été fabriqué
Les familles amis. Certaines sont encore présentes à Khénifra
Des chaleurs torrides en été, 52° à l'ombre, il n'y avait pas un chat dehors. Nous dormions à même le sol sur un carrelage trempé d'eau
Des hivers très froids et de la neige, Moyen Atlas oblige
Le lac Aguelmane Aziz ou nous allions nous baigner et nous rafraîchir
Le Père Peyriguère d'El Kbab, disciple du Père de Foucault, qui venait manger à la maison, qui à fait beaucoup pour nos frères Marocains
Le Père Jean Hunot, et l'église qu'il a construite, sur les hauteurs de Khénifra, chez qui j'ai vu mes premiers films, les 3 petits cochons, en noir et blanc dans les années 50. Cette église a brûlé, accidentellement, le 26 septembre 1980.
Certains d'entre vous ont pu visiter aujourd'hui, le site de cette église brûlée, qui sera celui de la future « Maison de la Culture » de l'Association Taimate. Cette « Maison de la Culture » sera construite autour des murs restant de l'église. Elle respectera la mémoire de Khénifra et sera aussi un trait d'union entre le passé et le futur.
Je me rappelle aussi :
Les fantasias, avec les chevaux magnifiques de Khénifra
Le retour de sa Majesté Mohamed V, de son exil à Madagascar, et son passage à Khénifra en 1956 sur son majestueux cheval blanc
Une invasion de criquets sur une hauteur de plusieurs mètres qui à tout détruit sur son passage
Les excursions de plusieurs jours que nous faisions sur les plateaux environnants
Etc….. La liste des souvenirs est sans fin
Cette simple et très heureuse enfance passée à Khénifra est pour moi inoubliable.
Mes racines sont définitivement ici à Khénifra.
Je suis vraiment très heureux et ému aujourd'hui de revenir à Khénifra et de participer à cette Opération Cartables pour nos enfants.
Je remercie du plus profond de mon cœur «l'Association TAÏMATE», Fraternité en Berbère :
Saïda, initiatrice de cette très belle et noble aventure, constamment sur le terrain,
Fadila, qui s'occupe des aspects administratifs, véritable moteur pour faire avancer ce projet,
Nezha, qui par sa présence, sa connaissance et ses actions est la véritable caution de ce projet
Tous les bénévoles.
Ils concourent tous avec force, conviction et détermination à la construction et à la réussite de ce projet.
La plus grande récompense, pour nous tous, a été de voir aujourd'hui, tous ces enfants heureux, plein de vie, qui ne demandent qu'a apprendre,
repartir avec leur cartable,
une étoile brillant au plus profond de leurs yeux.
Ils sont notre Avenir, cela est notre Responsabilité.
Enfin je remercie Aziz, qui a aussi sa part dans cette Association TAÏMATE
Aziz, par ses différentes actions, en dehors de cette association, œuvre à l'épanouissement de cette belle ville de Khénifra et de sa Province, dont il est tombé amoureux.
Merci Aziz
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Le tapis berbère est l'expression de la créativité de la femme. Il s'agit là d'une symbolique à décrypter qui a fait l'objet de nombreuses recherches. On peut citer Paul Vandenbroeck qui a écrit un ouvrage remarquable sur le tapis “l'art des femmes berbères”. Le tapis berbère prend une dimension expressive pour chaque tribu.
Histoire de Khénifra
Références :
Maurice Le Glay : Récits Marocains de la Plaine et des Monts
Saïd Guennoun : La Montagne Berbère - La voix des Monts
L'histoire de Khénifra est liée à deux monuments classés historiques par le Ministère de la Culture Marocain en tant que patrimoine national
La Casbah de Mouha ou Hammou Zayani, bâtie par le sultan Almoravide Ibu Tachfin sur le bord d'Oum Errabiaa, restaurée par le sultan Alaouite Moulay Ismaïl en 1688
Le Pont sur l'Oum Errabiaa dit « Portugais », probablement construits à la même époque que la Casbah de Khénifra. Historiquement, la présence portuguaise n'a jamais été mentionnée dans des manuscrits de l'époque. Ce pont est toujours érigé malgré les nombreuses crues qu'il a du subir. Une légende s'est forgée autour du vieux pont : on dit qu'il est « construit avec des œufs ».
La Casbah de Mouha ou Hammou Zayani et le Vieux Pont Portugais marquent la conscience des Khnifris où le présent et le passé s'entremêlent dans la conscience collective de ses générations.
En 1877, avant l'arrivée des soldats du Sultan Moulay Hassan I, Khénifra n'était rien d'autre qu'un point de transition de transhumance entre la plaine et le Jbel. C'est à partir de là que Khénifra prendra sa dimension de ville.
En juin 1914 : La ville de Khénifra, a été prise par les légionnaires, (composés de Sénégalais, d'Algériens et de Goumis Marocains), sous le commandement de Richard d'Ivry qui avait acquis une réputation légendaire au cours de la campagne du Maroc.
Le 13 novembre 1914 : Trois mois après cet événement, une contre attaque aura lieu à Elhri (village situé à 20 kms de Khénifra). Cette Bataille, engagée imprudemment par le Colonel Duverdier, à l'assaut du campement du rebelle Mouha ou Hammou Zayani, s'est soldée par la victoire des Zayanes et d'autres tribus berbères voisines pour la première fois unifiées. Cette victoire symbolise la gloire des tribus et le grand prestige que s'est forgé Mouha ou Hammou Zayani où la colonne du Colonel Duverdier fut quasiment anéantie. La riposte coloniale ne tarda pas à se manifester par le déploiement de sa panoplie militaire. Le Zayanes isolés se réfugièrent dans les montagnes.
Le 2 juin 1920, le Pacha Hassan se soumet au Général Poeymirau, très proche collaborateur du Maréchal Lyautey.
Le 20 août 1955 : l'anniversaire de la déposition du roi Mohammed Ben Youssef provoque une insurrection à Khénifra, Oued Zem, Immouzer, Maroucha, Ait 1lahem et Casablanca. Événement marqué par une répression massive sur ordre du Général Gilbert Grandval. Cette journée fut sanglante pour la population de Khénifra, ainsi que pour les tribus Zayanes qui avaient encerclé la ville. Le Général Gilbert Grandval est tué dans les montagnes de Khénifra le 22 août 1955 lors de l'explosion de son avion.
Je me rappelle parfaitement de ces événements d'août 1955 pour les avoir vécus de l'intérieur.
1956 : Retour de sa Majesté Mohammed V de son exil à Madagascar.
Souvenirs Souvenirs
Khénifra pour moi, c'est une multitude de souvenirs et d'images, de couleurs, de bruits et d'odeurs.
J'y suis né en mai 1949, d'une mère française née à Tours et d'un père belge né à Bruxelles.
A cette époque, en 1949, Ma mère était cuisinière à l'hôtel de France et mon père légionnaire.
Aujourd'hui le 16 septembre 2006, Je me rappelle :
La terre rouge sang de Khénifra et son herbe verte
Mes amis d'enfance marocains avec lesquels je m'amusais
Fatima qui s'est occupé de moi, alors que ma mère travaillait. Son couscous fait avec amour grain de semoule par grain de semoule. Elle est toujours à Khénifra, j'ai passé un moment avec elle aujourd'hui
Les chasses au sanglier
l'Oum er Bia dans lequel je me baignais avec grand plaisir
Son pont Portugais qui a résisté à toutes les crues
Ses lavandières sur ses rives
La place Zayane devant l'école ou j'allais et venais tous les jours à pied, quelque soit le temps
La compagnie de transport CTM (Compagnie des Transports Marocain). Mon père y était comptable après avoir quitté la légion étrangère
Le quartier “Far Ouest” ou j'habitais
Les eucalyptus et leur suprême odeur
Les figues de barbaries que je mangeais au bord des routes avec gourmandise
Les tapis Zayanes, avec une épaisse laine, qui avait les couleurs de la place. On pouvait ainsi savoir à quelle époque de l'année ils avaient été fabriqué
Les familles amis. Certaines sont encore présentes à Khénifra
Des chaleurs torrides en été, 52° à l'ombre, il n'y avait pas un chat dehors. Nous dormions à même le sol sur un carrelage trempé d'eau
Des hivers très froids et de la neige, Moyen Atlas oblige
Le lac Aguelmane Aziz ou nous allions nous baigner et nous rafraîchir
Le Père Peyriguère d'El Kbab, disciple du Père de Foucault, qui venait manger à la maison, qui à fait beaucoup pour nos frères Marocains
Le Père Jean Hunot, et l'église qu'il a construite, sur les hauteurs de Khénifra, chez qui j'ai vu mes premiers films, les 3 petits cochons, en noir et blanc dans les années 50. Cette église a brûlé, accidentellement, le 26 septembre 1980.
Certains d'entre vous ont pu visiter aujourd'hui, le site de cette église brûlée, qui sera celui de la future « Maison de la Culture » de l'Association Taimate. Cette « Maison de la Culture » sera construite autour des murs restant de l'église. Elle respectera la mémoire de Khénifra et sera aussi un trait d'union entre le passé et le futur.
Je me rappelle aussi :
Les fantasias, avec les chevaux magnifiques de Khénifra
Le retour de sa Majesté Mohamed V, de son exil à Madagascar, et son passage à Khénifra en 1956 sur son majestueux cheval blanc
Une invasion de criquets sur une hauteur de plusieurs mètres qui à tout détruit sur son passage
Les excursions de plusieurs jours que nous faisions sur les plateaux environnants
Etc….. La liste des souvenirs est sans fin
Cette simple et très heureuse enfance passée à Khénifra est pour moi inoubliable.
Mes racines sont définitivement ici à Khénifra.
Je suis vraiment très heureux et ému aujourd'hui de revenir à Khénifra et de participer à cette Opération Cartables pour nos enfants.
Je remercie du plus profond de mon cœur «l'Association TAÏMATE», Fraternité en Berbère :
Saïda, initiatrice de cette très belle et noble aventure, constamment sur le terrain,
Fadila, qui s'occupe des aspects administratifs, véritable moteur pour faire avancer ce projet,
Nezha, qui par sa présence, sa connaissance et ses actions est la véritable caution de ce projet
Tous les bénévoles.
Ils concourent tous avec force, conviction et détermination à la construction et à la réussite de ce projet.
La plus grande récompense, pour nous tous, a été de voir aujourd'hui, tous ces enfants heureux, plein de vie, qui ne demandent qu'a apprendre,
repartir avec leur cartable,
une étoile brillant au plus profond de leurs yeux.
Ils sont notre Avenir, cela est notre Responsabilité.
Enfin je remercie Aziz, qui a aussi sa part dans cette Association TAÏMATE
Aziz, par ses différentes actions, en dehors de cette association, œuvre à l'épanouissement de cette belle ville de Khénifra et de sa Province, dont il est tombé amoureux.
Merci Aziz