Tombe oubliée / Forgotten grave

EN: Louveciennes (78)

Famous painter Elisabeth Vigée-Lebrun's grave (1755-1842)

Almost a forgotten grave lost in a small old cemetery.

 

FR : Découverte funéraire des Yvelines...

Elisabeth Vigée-Lebrun (1755-1842) repose au cimetière de Louveciennes (78) seule et abandonnée, dans une tombe discrète et délabrée, orientée au Nord, tristement décorée de cartes postales délavées de deux de ses auto-portraits sous pochettes plastiques boursouflées, d’une palette de peintre moisie, de quelques pinceaux dévorés par les intempéries, et de deux ou trois fleurs récentes et encore intactes, maigres offrandes de ses derniers fidèles à travers les siècles…

A la fin du dix-huitième siècle, il ne faisait pas bon être à la fois une femme (exploitée pendant une grande partie de sa vie par des hommes peu scrupuleux, qui ont tiré grand bénéfice financier de la vente de ses œuvres, la plupart du temps sans lui en restituer le moindre pourcentage) et d’être montrée du doigt en période révolutionnaire comme la peintre favorite de l’aristocratie française (et surtout peintre officielle de la reine Marie-Antoinette, ce qui aggravait son cas !)

Mme Vigée-Lebrun était aux riches du XVIIIème siècle ce que le Photomaton du Monoprix local est aux pauvres du XXIème !

Conclusion : Le génie du portrait ne progresse plus ! Mais les portraits ratés, si !

Tout fout le camp sous la République, comme dirait Stéphane Bern !

Cette brillante dame a heureusement eu la présence d’esprit salutaire de quitter la France en octobre 1789, ce qui l'a probablement sauvée de la guillotine sous la Terreur, pour entamer une longue errance à travers les grandes Cours d’Europe (Rome, Naples, Vienne, Saint-Petersbourg, Londres,..), afin d’y exercer son talent reconnu de portraitiste, jusqu’à sa réhabilitation sous le Premier Empire, en 1809, et sa retraite à Louveciennes.

Malgré la présence, aujourd’hui, de ses tableaux dans tous les plus grands musées du monde, sa solitude sépulcrale, et son épitaphe manifestement lasse et désabusée, traduisent sa vie épuisante et tourmentée (on peut lire ou relire ses intéressants "Souvenirs" publiés en 1835 et encore édités aujourd'hui)

 

P.S : Heureusement que l'on n'a pas guillotiné Raymond Depardon pour avoir saboté la photo officielle de François Hollande, et qu'on a préféré virer François Hollande cinq ans après, pour le punir d'avoir eu un aussi mauvais gout photographique !...

Mais quand on y pense, Depardon(*) l'aurait mérité ! 😊

 

(*) Dont j'aime par ailleurs beaucoup l’œuvre argentique... Dommage pour cette fatale erreur... de vieillesse numérique !

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Uploaded on February 21, 2021
Taken on February 20, 2021