Russula sp. Urentes-IUMQ4048 / Russule orangée
Séquence ITS obtenue.
Nom à vérifier, suivant une étude phylogénétique de Landry (2022, comm. pers).
= Russula IUMQ4048
= ? R. aurantiolutea ss. Singer (1970) ni Kibby & Fatto (1990).
YL3645 (CMMF).
Rawdon (Lanaudière), 31 juillet 2002.
Habitat: dans une chênaie mêlée de hêtres et d’érables, sur sol calcaire.
CARACTÉRISATION DE L’ESPÈCE:
Cette jolie russule compte parmi les rares espèces du genre dont la couleur du chapeau est très peu variable. Une bonne centaine de basidiomes se trouvaient sur le terrain quand j’ai fait ma collection: tous les chapeaux sans exception étaient jaune orangé; aucun ne montrait la moindre trace de rose ni de rouge.
Quant aux pieds, ils étaient tous parfaitement blancs, sans aucune trace de jaune ni de rose.
Parmi les autres caractères macroscopiques importants, mentionnons les lames jaune orangé à maturité, cela dû à la sporée de même couleur (H, 4e), la saveur vite très piquante (âcre), et l’absence de taches brunes sur les basidiomes matures. Toutes les parties du champignon sont immuables au froissement.
La venue avec le chêne et le hêtre sur sol calcaire constitue probablement un autre caractère distinctif important, même si je n’ai pas pu vérifier cet habitat à l’aide d’autres collections, n’ayant étudié cette espèce qu’une seule fois.
Autres caractères visibles à l’oeil nu:
Le chapeau mesure de 4 à 10 cm de diamètre, et le pied, de 1 à 2 cm d’épaisseur. La cuticule du chapeau se détache de la chair sur 1/3 à 2/3 du rayon. La marge du chapeau est striée-tuberculée à maturité. Les lames sont à peine ventrues et comportent tout au plus de rares lamellules. Le basidiome tout entier est très fragile à maturité.
CARACTÈRES MICROSCOPIQUES IMPORTANTS:
Spores 8,2-10,5 X 6,5-8,2 µm, surtout 9 x 7,2 µm, ornées d’épines isolées atteignant jusqu’à 1,2 µm de hauteur, sans connexifs.
Cuticule composée de longues pilocystides étroites, de 3 à 6 µm de diamètre, parfois septées, à forte réaction dans la sulfovanilline, et d’hyphes effilées et dressées d’environ 2 µm de diamètre. Hyphes incrustées absentes.
COMMENTAIRES:
Aussi distincte que pourrait sembler cette russule, mes collections et mes observations sur le terrain m’ont appris qu’il n’en était rien: il existe quelques autres russules dans les tons orangés, à saveur âcre et à sporée jaune. Les caractères fiables qui distinguent Russula aurantiolutea de ses semblables sont, suivant cette récolte, le chapeau jaune à jaune orangé par endroits; et les spores sans connexifs ni crêtes, dont les épines dépassent parfois 1 µm de hauteur. J’ai parmi mes collections deux ou trois autres espèces proches, mais celles-ci ont soit des spores connexées ou subréticulées, soit un chapeau de couleur plus foncée, orange vif ou orange rougeâtre.
Russula aurantiolutea est une espèce endémique de l’Amérique du Nord, décrite du Michigan par C. H. Kauffman (1909). Burlingham reproduit telle quelle la description orginale de Kauffman dans North American Flora (1915), puis Kauffman copie sa diagnose dans Agaricaceae of Michigan (1918). L’épithète spécifique latine «aurantialutea» a été très bien choisie par l’auteur, «aurantialutea» se traduisant mot pour mot par «jaune (lutea) et orange (aurantia)». Même si cette espèce semble bien caractérisée à l’oeil nu, la complexité des russules nous empêche de l’identifier sans une étude microscopique des spores et de la cuticule.
L’habitat indiqué par Kauffman dans sa description originale pourrait laisser croire que son taxon regroupe plus d’une espèce. L’auteur mentionne que R. aurantiolutea se trouve dans les prucheraies du nord du Michigan et dans les forêts de feuillus du sud de cet état. Dans ce groupe de russules, la sous-section Urentinae, les espèces ne sont pas réputées pour s’associer à la fois aux conifères et aux feuillus. Précisons qu’à l’exception des très vieilles forêts de pruches (environ 200 à 500 ans), il est fréquent de rencontrer ici et là des hêtres ou des chênes dans les prucheraies. Cela dit, Kauffman décrit la couleur du chapeau de son espèce comme “honey-yellow to Naples-yellow, coppery-orange toward the margin”, ce qui correspond plus ou moins aux basidiomes illustrés ci-dessus. Mais il a choisi le nom «aurantiolutea»…
La re-description de R. aurantiolutea faite par Shaffer (1970) laisse croire qu’il confond plusieurs espèces, ne serait-ce que par sa description de la couleur du chapeau, de jaune à brun olive clair, et par la grande variabilité qu’il attribue à l’ornementation sporale. De toute évidence, la longue description de Shaffer ne permet pas de se faire une idée précise de l’espèce, bien au contraire.
Ayant moi-même quelques collections de russules orangées à sporée jaune et à chair âcre, je considère comme typique de R. aurantiolutea celle qui correspond le mieux au concept original de Kauffman (1909), qui est également celui de Kibby et Fatto (1990). Il s’agit d’une espèce à chapeau uniquement jaune orangé et à spores ornées de longues épines isolées, rarement caténulées.
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RÉFÉRENCES
BURLINGHAM, G. S., 1915. Russula. North Amer. Flora, 9: 201-236.
KAUFFMAN, C. H., 1909. Unreported Michigan Fungi for 1908, with a monograph of Russula of the State. Rep. Mich. Acad. Sci., 11: 55-91.
KAUFFMAN, C. H., 1918. The Agaricaceae of Michigan and the Great Lakes region. Wynkoop Hallenbeck Crawford Co., Lansing. (En 2 vol.)
KIBBY, G. & R. FATTO, 1990. Keys to the species of Russula in northeastern North America. Kibby-Fatto Enterprises, Somerville.
SHAFFER, R. L., 1970. Notes on subsection Crassotunicatinae of and other species of Russula. Lloydia, 33: 49-96.
Révisé par Louise Rocheleau.
YL
Russula sp. Urentes-IUMQ4048 / Russule orangée
Séquence ITS obtenue.
Nom à vérifier, suivant une étude phylogénétique de Landry (2022, comm. pers).
= Russula IUMQ4048
= ? R. aurantiolutea ss. Singer (1970) ni Kibby & Fatto (1990).
YL3645 (CMMF).
Rawdon (Lanaudière), 31 juillet 2002.
Habitat: dans une chênaie mêlée de hêtres et d’érables, sur sol calcaire.
CARACTÉRISATION DE L’ESPÈCE:
Cette jolie russule compte parmi les rares espèces du genre dont la couleur du chapeau est très peu variable. Une bonne centaine de basidiomes se trouvaient sur le terrain quand j’ai fait ma collection: tous les chapeaux sans exception étaient jaune orangé; aucun ne montrait la moindre trace de rose ni de rouge.
Quant aux pieds, ils étaient tous parfaitement blancs, sans aucune trace de jaune ni de rose.
Parmi les autres caractères macroscopiques importants, mentionnons les lames jaune orangé à maturité, cela dû à la sporée de même couleur (H, 4e), la saveur vite très piquante (âcre), et l’absence de taches brunes sur les basidiomes matures. Toutes les parties du champignon sont immuables au froissement.
La venue avec le chêne et le hêtre sur sol calcaire constitue probablement un autre caractère distinctif important, même si je n’ai pas pu vérifier cet habitat à l’aide d’autres collections, n’ayant étudié cette espèce qu’une seule fois.
Autres caractères visibles à l’oeil nu:
Le chapeau mesure de 4 à 10 cm de diamètre, et le pied, de 1 à 2 cm d’épaisseur. La cuticule du chapeau se détache de la chair sur 1/3 à 2/3 du rayon. La marge du chapeau est striée-tuberculée à maturité. Les lames sont à peine ventrues et comportent tout au plus de rares lamellules. Le basidiome tout entier est très fragile à maturité.
CARACTÈRES MICROSCOPIQUES IMPORTANTS:
Spores 8,2-10,5 X 6,5-8,2 µm, surtout 9 x 7,2 µm, ornées d’épines isolées atteignant jusqu’à 1,2 µm de hauteur, sans connexifs.
Cuticule composée de longues pilocystides étroites, de 3 à 6 µm de diamètre, parfois septées, à forte réaction dans la sulfovanilline, et d’hyphes effilées et dressées d’environ 2 µm de diamètre. Hyphes incrustées absentes.
COMMENTAIRES:
Aussi distincte que pourrait sembler cette russule, mes collections et mes observations sur le terrain m’ont appris qu’il n’en était rien: il existe quelques autres russules dans les tons orangés, à saveur âcre et à sporée jaune. Les caractères fiables qui distinguent Russula aurantiolutea de ses semblables sont, suivant cette récolte, le chapeau jaune à jaune orangé par endroits; et les spores sans connexifs ni crêtes, dont les épines dépassent parfois 1 µm de hauteur. J’ai parmi mes collections deux ou trois autres espèces proches, mais celles-ci ont soit des spores connexées ou subréticulées, soit un chapeau de couleur plus foncée, orange vif ou orange rougeâtre.
Russula aurantiolutea est une espèce endémique de l’Amérique du Nord, décrite du Michigan par C. H. Kauffman (1909). Burlingham reproduit telle quelle la description orginale de Kauffman dans North American Flora (1915), puis Kauffman copie sa diagnose dans Agaricaceae of Michigan (1918). L’épithète spécifique latine «aurantialutea» a été très bien choisie par l’auteur, «aurantialutea» se traduisant mot pour mot par «jaune (lutea) et orange (aurantia)». Même si cette espèce semble bien caractérisée à l’oeil nu, la complexité des russules nous empêche de l’identifier sans une étude microscopique des spores et de la cuticule.
L’habitat indiqué par Kauffman dans sa description originale pourrait laisser croire que son taxon regroupe plus d’une espèce. L’auteur mentionne que R. aurantiolutea se trouve dans les prucheraies du nord du Michigan et dans les forêts de feuillus du sud de cet état. Dans ce groupe de russules, la sous-section Urentinae, les espèces ne sont pas réputées pour s’associer à la fois aux conifères et aux feuillus. Précisons qu’à l’exception des très vieilles forêts de pruches (environ 200 à 500 ans), il est fréquent de rencontrer ici et là des hêtres ou des chênes dans les prucheraies. Cela dit, Kauffman décrit la couleur du chapeau de son espèce comme “honey-yellow to Naples-yellow, coppery-orange toward the margin”, ce qui correspond plus ou moins aux basidiomes illustrés ci-dessus. Mais il a choisi le nom «aurantiolutea»…
La re-description de R. aurantiolutea faite par Shaffer (1970) laisse croire qu’il confond plusieurs espèces, ne serait-ce que par sa description de la couleur du chapeau, de jaune à brun olive clair, et par la grande variabilité qu’il attribue à l’ornementation sporale. De toute évidence, la longue description de Shaffer ne permet pas de se faire une idée précise de l’espèce, bien au contraire.
Ayant moi-même quelques collections de russules orangées à sporée jaune et à chair âcre, je considère comme typique de R. aurantiolutea celle qui correspond le mieux au concept original de Kauffman (1909), qui est également celui de Kibby et Fatto (1990). Il s’agit d’une espèce à chapeau uniquement jaune orangé et à spores ornées de longues épines isolées, rarement caténulées.
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RÉFÉRENCES
BURLINGHAM, G. S., 1915. Russula. North Amer. Flora, 9: 201-236.
KAUFFMAN, C. H., 1909. Unreported Michigan Fungi for 1908, with a monograph of Russula of the State. Rep. Mich. Acad. Sci., 11: 55-91.
KAUFFMAN, C. H., 1918. The Agaricaceae of Michigan and the Great Lakes region. Wynkoop Hallenbeck Crawford Co., Lansing. (En 2 vol.)
KIBBY, G. & R. FATTO, 1990. Keys to the species of Russula in northeastern North America. Kibby-Fatto Enterprises, Somerville.
SHAFFER, R. L., 1970. Notes on subsection Crassotunicatinae of and other species of Russula. Lloydia, 33: 49-96.
Révisé par Louise Rocheleau.
YL