Mémoire2cité Volume 3
Nimes zup de Pissevin - architecte Xavier Arsène Henry -
zup de Nimes - le style architectural de Xavier Arsène Henry - pissevin Naissance d'une zup (1955 - 1975)
Les années 50 en France : une grave pénurie de logements
Au sortir de la seconde guerre mondiale, 500 000 logements ont été détruits par le conflit et 350 000 sont à l’état de taudis. La Zup la plus importante de France
Portée par l’esprit des « Trente glorieuses », ces trois décennies de foi absolue dans le progrès technique, la ville de Nîmes ne cache pas ses ambitions. L’industrialisation du logement Le gigantesque chantier est lancé dans les collines à l’ouest de la ville. Les travaux commencent par la partie sud de la ZUP, au lieu-dit Pissevin. Les premiers Zupéens
Les premiers habitants s’installent à Pissevin au fur et à mesure que les bâtiments sortent du sol.
Eloge de la modernité Contrairement à la ZUP-Nord consacrée au logement locatif, l’originalité du programme Pissevin est de proposer 50 % d’appartements en copropriété.
EPOQUE 2 : L’envers du décor (1975 -1995)
La remise en question des grands-ensembles
« Dans l’économie excessive, dans l’impréparation ou en l’absence d’études sérieuses, on a souvent offert aux hommes trop de grands ensembles vides de toute chaleur humaine, trop de villes privées de l’équipement collectif indispensable » Pour Nîmes, la fin du rêve
La ZUP devait loger les milliers de travailleurs attirés par le « bassin d’emploi » de Nîmes. Une nouvelle zone d’activités avait même été créée à St Césaire pour accueillir les petites industries. On a mis les immigrés à la ZUP !
La France avait fait venir en masse de la main-d’œuvre du Maghreb pour l’effort de reconstruction de l’après-guerre. Avec l’explosion du chômage, les « étrangers » sont maintenant accusés de prendre le travail des Français.
La gauche au pouvoir : des espoirs déçus
Bâtiments qui vieillissent mal, infrastructures jamais réalisées, enclavement, absence de centre social… A Pissevin, les frustrations s’accumulent face aux promesses jamais tenues.
Le Développement Social des Quartiers
Confronté à des émeutes à répétition (81, 83, 87…), l’Etat a fini par prendre conscience du fossé qui ne cesse de se creuser entre les quartiers en difficulté et le reste de la société française.
EPOQUE 3: Faut-il raser la ZUP? (1995 - 2015)
Le déni des origines Selon un ancien proviseur du collège Condorcet, les élèves d’origine étrangère étaient à peine 5 % à son arrivée en 1970. Lorsqu’il a pris sa retraite vingt ans plus tard, ils représentaient 8 élèves sur 10. Rien d’étonnant à cela puisque l’école est le reflet du peuplement du quartier.
Victimes ou coupables : les jeunes
Jeunes délinquants, en décrochage scolaire, sans qualification, discriminés, en perte d’identité etc etc… A Pissevin comme dans la plupart des quartiers en difficulté, le mot jeune est toujours suivi d’un qualificatif évoquant un problème. Pauvre et étranger : la double peine
En cette période de crise qui se prolonge et s’aggrave, il est normal que les logements sociaux de Pissevin soient réservés en priorité aux familles à faibles ressources, aux personnes sans emploi. Locataires et propriétaires, tous captifs ! Pissevin est désormais un quartier à part. Ne dit-on pas « aller à Nîmes » ? Le manque de transports publics, leur inadaptation, constituent pour les habitants un symbole de leur relégation. S’y ajoutent le manque récurrent d’entretien, le départ des services, le peu de visibilité de la police.
La fin des illusions Un espoir était né en 2012 avec un projet de loi qui devait révolutionner les processus de décision dans les quartiers : on y parlait de cogestion, d’empowerment à la française. Mais en trois ans, le ministère a changé trois fois de patron, comme si la Ville était un tremplin vers de plus hautes fonctions.
video de l histoires des zup de nimes içi www.zup-pissevin.fr/in
Nimes zup de Pissevin - architecte Xavier Arsène Henry -
zup de Nimes - le style architectural de Xavier Arsène Henry - pissevin Naissance d'une zup (1955 - 1975)
Les années 50 en France : une grave pénurie de logements
Au sortir de la seconde guerre mondiale, 500 000 logements ont été détruits par le conflit et 350 000 sont à l’état de taudis. La Zup la plus importante de France
Portée par l’esprit des « Trente glorieuses », ces trois décennies de foi absolue dans le progrès technique, la ville de Nîmes ne cache pas ses ambitions. L’industrialisation du logement Le gigantesque chantier est lancé dans les collines à l’ouest de la ville. Les travaux commencent par la partie sud de la ZUP, au lieu-dit Pissevin. Les premiers Zupéens
Les premiers habitants s’installent à Pissevin au fur et à mesure que les bâtiments sortent du sol.
Eloge de la modernité Contrairement à la ZUP-Nord consacrée au logement locatif, l’originalité du programme Pissevin est de proposer 50 % d’appartements en copropriété.
EPOQUE 2 : L’envers du décor (1975 -1995)
La remise en question des grands-ensembles
« Dans l’économie excessive, dans l’impréparation ou en l’absence d’études sérieuses, on a souvent offert aux hommes trop de grands ensembles vides de toute chaleur humaine, trop de villes privées de l’équipement collectif indispensable » Pour Nîmes, la fin du rêve
La ZUP devait loger les milliers de travailleurs attirés par le « bassin d’emploi » de Nîmes. Une nouvelle zone d’activités avait même été créée à St Césaire pour accueillir les petites industries. On a mis les immigrés à la ZUP !
La France avait fait venir en masse de la main-d’œuvre du Maghreb pour l’effort de reconstruction de l’après-guerre. Avec l’explosion du chômage, les « étrangers » sont maintenant accusés de prendre le travail des Français.
La gauche au pouvoir : des espoirs déçus
Bâtiments qui vieillissent mal, infrastructures jamais réalisées, enclavement, absence de centre social… A Pissevin, les frustrations s’accumulent face aux promesses jamais tenues.
Le Développement Social des Quartiers
Confronté à des émeutes à répétition (81, 83, 87…), l’Etat a fini par prendre conscience du fossé qui ne cesse de se creuser entre les quartiers en difficulté et le reste de la société française.
EPOQUE 3: Faut-il raser la ZUP? (1995 - 2015)
Le déni des origines Selon un ancien proviseur du collège Condorcet, les élèves d’origine étrangère étaient à peine 5 % à son arrivée en 1970. Lorsqu’il a pris sa retraite vingt ans plus tard, ils représentaient 8 élèves sur 10. Rien d’étonnant à cela puisque l’école est le reflet du peuplement du quartier.
Victimes ou coupables : les jeunes
Jeunes délinquants, en décrochage scolaire, sans qualification, discriminés, en perte d’identité etc etc… A Pissevin comme dans la plupart des quartiers en difficulté, le mot jeune est toujours suivi d’un qualificatif évoquant un problème. Pauvre et étranger : la double peine
En cette période de crise qui se prolonge et s’aggrave, il est normal que les logements sociaux de Pissevin soient réservés en priorité aux familles à faibles ressources, aux personnes sans emploi. Locataires et propriétaires, tous captifs ! Pissevin est désormais un quartier à part. Ne dit-on pas « aller à Nîmes » ? Le manque de transports publics, leur inadaptation, constituent pour les habitants un symbole de leur relégation. S’y ajoutent le manque récurrent d’entretien, le départ des services, le peu de visibilité de la police.
La fin des illusions Un espoir était né en 2012 avec un projet de loi qui devait révolutionner les processus de décision dans les quartiers : on y parlait de cogestion, d’empowerment à la française. Mais en trois ans, le ministère a changé trois fois de patron, comme si la Ville était un tremplin vers de plus hautes fonctions.
video de l histoires des zup de nimes içi www.zup-pissevin.fr/in