Passerelle sur la Fontanka
Nous avons eu de la chance pour cette promenade en bateau sur les canaux de Saint-Pétersbourg : l'automne rôdait dans les coulisses et la soirée était très fraîche, certes. Mais quelques jours plus tard nous avons pu observer que le passage des bateaux sous les ponts était impossible, les pluies ayant gonflé fortement rivières et canaux.
Mais l'Histoire de la ville a connu pires moments :
"Tout un quartier de Saint-Pétersbourg vient d'être ravagé par une terrible inondation dont la cause est des plus curieuses. La Néva, comme on sait, abondamment alimentée par les eaux du lac Ladoga, se jette dans la mer Baltique. En ce moment, les bourrasques formidables ravagent toutes les côtes, et le vent venant du large souffle avec une telle violence que, refoulant tout sur son passage, il arrête net, comme un immense barrage, le cours de la Néva. Les eaux, ne pouvant s'écouler, se répandent hors de leur lit, couvrant les quartiers voisins, s'infiltrant et envahissant par conséquent les caves et les sous-sols. On ne peut encore évaluer les dégâts, mais on sait déjà qu'ils seront immenses. Nombre de pauvres marchands ont vu leurs approvisionnement dispersés, emportés par l'eau. Des banques ont dû interrompre leurs opérations, les services publics ont été arrêtés. C'est un affreux désastre. La France ne saurait rester indifférente aux malheurs de nos amis, si éprouvés par ce cataclysme imprévu : elle leur doit toute sa sympathie dans les pénibles moments qu'ils traversent."
Le Petit Journal du 13 Décembre 1903.
Passerelle sur la Fontanka
Nous avons eu de la chance pour cette promenade en bateau sur les canaux de Saint-Pétersbourg : l'automne rôdait dans les coulisses et la soirée était très fraîche, certes. Mais quelques jours plus tard nous avons pu observer que le passage des bateaux sous les ponts était impossible, les pluies ayant gonflé fortement rivières et canaux.
Mais l'Histoire de la ville a connu pires moments :
"Tout un quartier de Saint-Pétersbourg vient d'être ravagé par une terrible inondation dont la cause est des plus curieuses. La Néva, comme on sait, abondamment alimentée par les eaux du lac Ladoga, se jette dans la mer Baltique. En ce moment, les bourrasques formidables ravagent toutes les côtes, et le vent venant du large souffle avec une telle violence que, refoulant tout sur son passage, il arrête net, comme un immense barrage, le cours de la Néva. Les eaux, ne pouvant s'écouler, se répandent hors de leur lit, couvrant les quartiers voisins, s'infiltrant et envahissant par conséquent les caves et les sous-sols. On ne peut encore évaluer les dégâts, mais on sait déjà qu'ils seront immenses. Nombre de pauvres marchands ont vu leurs approvisionnement dispersés, emportés par l'eau. Des banques ont dû interrompre leurs opérations, les services publics ont été arrêtés. C'est un affreux désastre. La France ne saurait rester indifférente aux malheurs de nos amis, si éprouvés par ce cataclysme imprévu : elle leur doit toute sa sympathie dans les pénibles moments qu'ils traversent."
Le Petit Journal du 13 Décembre 1903.