memoire2cite Vol 21
30 glorieuses Parcs & aires de jeux FRANCE
mémoire2cité - L’enfant, composante de la ville
Les Smithsons ne sont pas les seuls à mettre l’enfant au cœur du projet urbain. Bien avant leur célèbre grille, Aldo van Eyck avait fait l’expérience de l’importance des aires de jeux dans la fabrique de la ville. En construisant plus de sept cents aires de jeux à Amsterdam, il a pu observer à plusieurs reprises leur impact régénérateur sur le tissu urbain. Des innombrables carrefours sans âme revivifiés par les cris des plus petits, jusqu’aux trottoirs redevenus des lieux de rencontre où l’on aime se prélasser, van Eyck va transformer en peu de temps la ville qui l’emploie. Convaincu du rôle des enfants dans l’humanisation du milieu urbain, il préfigure une conception qui fait converger l’espace public et l’espace de jeu. Partisan de l’ouverture des aires de jeux sur la ville, il prend souvent la parole pour défendre sa conception d’une ville ouverte aux enfants. Dans une conférence en 1962, il présente l’idée de micro-aires de jeux composées d’un ou deux jeux disséminés sur les trottoirs de la ville.
« Si j’arrive à en trouver cinq cents, (il fait référence à des nouveaux emplacements), on aura alors entre deux jardins d’enfants, cinq ou six aires de jeux publiques et entre ces aires de jeux, encore de petits emplacements avec un ou deux équipements de jeu. La possibilité donnée à l’enfant de découvrir son corps en mouvement est alors optimale dans la ville. La ville est elle-même aire de jeux. L’enfant se sert de tout ce qui s’y trouve, s’y construit, de tout ce à travers quoi il peut se glisser, tout ce qu’il peut escalader. Objets avec lesquels il n’a, à vrai dire, pas le droit de jouer mais avec quoi il est capable de s’amuser comme un fou. Je ne voudrais pas éliminer totalement cette éventualité et c’est d’ailleurs impossible. Un enfant est de fait en situation de miroir avec la ville. » (van Eyck, 2010)
Son idée de créer un réseau dense de jeux uniques intégrés dans la ville, traduit l’espoir de garder les enfants dans la rue au lieu de les confiner aux espaces appropriés à l’enfance : écoles, jardins d’enfants, espaces domestiques. Le jeu de l’enfant est présenté comme partie intégrante de la ville.
« La spécificité de ces emplacements de jeux est qu’ils n’appartiennent pas exclusivement à l’enfant. La ville s’y continue avec tous les dangers et inconvénients que ça représente. Ce sont des lieux de rencontre aussi pour l’enfant. » (van Eyck, 2010)
Quant à la forme de ces jeux, van Eyck défend l’idée d’une simplicité qui permet l’appropriation.
« Un équipement de jeu doit être vrai, comme une cabine téléphonique est vraie parce qu’on peut y téléphoner, comme un banc est vrai parce qu’on peut s’y asseoir. Un éléphant en aluminium n’est pas vrai, un éléphant, ça marche ; en tant qu’objet dans la rue un éléphant est contre-nature. » (van Eyck, 2010)
La Cité des enfants
En 1971, Emile Aillaud réalise la Grande Borne : une cité de 3 685 logements entièrement piétonnisée, sur un terrain de 70 hectares. Le chantier, très médiatisé, est censé incarner la nouvelle conception de l’habitat social. On parle de Cité des enfants pour la façon dont Aillaud niche au milieu de ses immeubles courbes, des espaces publics qui sont autant d’aires de jeux.
L’implantation atypique des bâtiments crée une succession de petites places toutes différentes les unes des autres. Les horizons qui s’ouvrent à partir des chemins qui serpentent entre les immeubles ne sont jamais les mêmes. A cette variation des volumes vient s’ajouter la polychromie. Aillaud utilise de la pâte de verre dans plus de quarante tons différents. Il tente ainsi de répondre à la monotonie typologique des grands ensembles.
Si Aillaud ne fait pas partie de Team 10, son architecture en partage les principes. Les 27 secteurs que dessine l’étrange implantation des édifices sont tous des espaces de vie avec une identité propre. La hauteur limitée des immeubles offre une proximité entre l’habitat et l’espace public. A la Grande Borne, on peut voir de sa fenêtre ses enfants jouer sur la place. Aillaud met à contribution les enfants dans ses tentatives d’humanisation de l’habitat collectif.
l'A.U.A. - Jacques Simon (1929 - 26 septembre 2015) est un architecte paysagiste formé à l'École des beaux-arts de Montréal et à l'École nationale supérieure du paysage de Versailles. Fasciné par la campagne qui témoigne d'une histoire de labeur, celle des agriculteurs "ses amis", "les génies de la terre", Jacques SIMON, paysagiste dplg, Premier Grand Prix du Paysage en 1990*, réalise avec eux des installations paysagères éphémères principalement dans des champs et visibles du ciel. Avec sa palette d'artiste, Jacques SIMON réinvente des paysages comme les agriculteurs eux-aussi à leur façon les créent et les entretiennent. Le CAUE du Rhône vous invite à venir découvrir ses travaux au travers d'un kaléidoscope de photographies empreintes de spontanéité, de fraîcheur et d'humour. Cette exposition nous interpelle sur le caractère essentiel d'une nature changeante, fragile, sur l'importance d'une activité agricole diversifiée et sur la nécessaire évolution du métier de paysan. Elle nous amène aussi à voir et à interpréter ce que l'on voit, elle éveille en nous le sens de la beauté du paysage en conjuguant les différentes échelles de perception et de lecture; à pied et à vol d'oiseau, à la fois l'échelle humaine, terrestre, géologique, forestière, hydrologique, biologique mais aussi esthétique et symbolique. Jacques Simon, paysagiste cosmopolite est l'un des principaux acteurs du renouveau de la pensée paysagère en France dans les années 60 et 70 conjuguant avec cohérence sa pratique de paysagiste, de voyageur, d'éditeur, d'enseignant avec son approche plus artistique du paysage, subtile, sensible et humaine de la nature avec la réalisation de "performances". Ses projets paysagers comme ses interventions paysagères éphémères sont marqués par la mobilité, la fragilité, une empathie avec le lieu, par la dualité même du voyage : découverte / évanouissement, création / disparition. Jacques Simon dessine, écrit sur le paysage, "une surface", un peu à la manière du land'art avec les techniques et les outils du jardinier, du cultivateur. Il ne s'agit plus de représenter la nature mais de l'utiliser en créant avec et dans le paysage. L'intention de Jacques Simon n'est pas d'apposer sa marque sur le paysage mais de travailler instinctivement avec lui afin que ses travaux-installations manifestent même brièvement un contact en harmonie avec le monde naturel. "On dit qu'il a bouleversé l'esprit du paysage, il a remis les choses essentielles à leur place. Il rit de l'importance qu'on veut bien lui donner, fils de l'air, il ne veut rien de plus que passer dans les cerveaux pour les ventiler, les rafraîchir et non pour les modeler; son "importance", il l'a ailleurs et autrement; il est historique parce que dans son temps, dans celui qui s'écoule et non dans celui qui passe". Extrait de "Jacques Simon, tous azimuts", Jeanne-Marie Sens et Hubert Tonka, Pandora Editions, 1991. Il a introduit une nouvelle conception de l'art du paysage proche du Land art, Jacques Simon est l'auteur d'une série d'ouvrages sur différents aspects du paysage et abordés d'un point de vue technique. Il a travaillé de 1964 à 1966 en collaboration avec Michel Corajoud. Il a conçu le Parc de la Deûle (qui lui a valu le Grand Prix national du Paysage en 2006, après l'avoir reçu une première fois en 19901).
Il est mort le 29 septembre 20151 et a été incinéré à Auxerre Le paysagiste Jacques Simon s'est éteint le 26 septembre dernier à l'âge de 86 ans. Diplômé de Versailles en 1959, il fut sans doute l'une des figures les plus emblématiques, les plus géniales et les plus originales du paysagisme contemporain.
Premier grand prix du paysage et prix du Conseil de l'Europe pour le parc de la Deule, on lui doit des principes de compositions très forts, autour du nivellement, du traitement du végétal ou de la place laissée au vide. Ses intuitions comme ses travaux ont inspiré tous les paysagistes avec lesquels il a travaillé, à commencer par Michel Corajoud ou Gilles Vexlard. On lui doit un profond renouvellement dans la composition des grands ensembles, ses réalisations -comme le parc Saint-John Perse à Reims- restant des modèles pour tous les professionnels. Jacques Simon développa également une production d'œuvres plus éphémères, attentif aux mouvements et aux transformations. Pédagogue talentueux et généreux, il le fut autant par les documents techniques et la revue qu'il publia, que par ses interventions en atelier devant plusieurs générations d'étudiants de l'école.
Les paysagistes perdent un de leurs plus féconds inspirateurs. L'ENSP s'associe au deuil de sa famille et de ses proches.Témoignages à la mémoire de Jacques Simon
Si vous souhaitez témoigner votre sympathie, veuillez envoyer votre message à :
Témoignage de Mme Nathalie Dumont-Fillon (promotion 1990)
Dans les années 1990 à l'école du Paysage de Versailles, lorsque nous entrions en première année, la première satisfaction était d'acquérir du nouveau matériel d'expression plastique. Encre, feutres, supports en grand format et sur papier calque...mais aussi découvrir des livres de notre professeur Jacques Simon : des carnets de dessins et de croquis, des photomontages découpés aux ciseaux.
En amphithéâtre lors de conférences et séances de projections de diapositives, Jacques Simon évoquait surtout sa capacité à piloter un hélicoptère. Je viens de retrouver un extrait d'un article à ce sujet...
« (...) Car depuis une dizaine d'années, le Bourguignon a trouvé une solution à son imagination en bourgeonnement permanent. Jacques Simon crée ‘pour lui tout seul'. Ni commande ni concours. Mais des messages géants écrits dans les champs et seulement visibles d'avion ou d'hélicoptère. Un art éphémère et privé dont il s'amuse, les veilles de moissons, tout autour de sa ferme de Turny, dans l'Yonne.
Et là, plus rien ne l'arrête. Les agriculteurs du coin ont pris l'habitude de le voir faucher des allées entières de luzerne. De l'apercevoir écraser d'interminables chemins de phacelia, un graminé californien qui existe en trois couleurs (blanc, bleu, rouge). De l'observer dans son hélicoptère photographiant le résultat. Ses messages sont des hommages ou des avertissements. L'un prévient : ‘Hé, si tu n'as plus de forêt t'es foutu.' Un autre : 'Sans les paysans, je m'emmerde. Signé : la Terre.' Même l'hiver, Jacques Simon s'adonne à cette calligraphie paysagère. (...) ».
Extrait paru dans La Croix l'événement du dimanche 11 et lundi 12 juin 1995, par Frédéric Potet, rubrique Culture.
son site simonpaysage.free.fr/
file:///C:/Users/user/Downloads/B_Blanchon_AUA.pdf Interview to Jacques Simon incleded on the dvd that accompanies book "Metropoles en Europe", from the exhibition "Lille - Metropoles en Europe".
The French landscape architect Jacques Simon's love for nature first developed on his father's tree farm and then deepened when he traveled as a young man to Sweden and then Canada, where he attended art school in Montreal while working as a lumberjack. Between 1957 and 1959, Simon studied at the École Nationale de Horticulture. He has since become an important link in the renewal of French landscape architecture, combining the Anglo-Saxon and Scandinavian garden cultures he absorbed in his travels with classic Latin structures. He works as often as possible in situ, and does not shy away from driving the tractor himself.
www.youtube.com/watch?v=OyBnqrUlK9U turny.chez.com/A0archives/jSIMMON.htm
30 glorieuses Parcs & aires de jeux FRANCE
mémoire2cité - L’enfant, composante de la ville
Les Smithsons ne sont pas les seuls à mettre l’enfant au cœur du projet urbain. Bien avant leur célèbre grille, Aldo van Eyck avait fait l’expérience de l’importance des aires de jeux dans la fabrique de la ville. En construisant plus de sept cents aires de jeux à Amsterdam, il a pu observer à plusieurs reprises leur impact régénérateur sur le tissu urbain. Des innombrables carrefours sans âme revivifiés par les cris des plus petits, jusqu’aux trottoirs redevenus des lieux de rencontre où l’on aime se prélasser, van Eyck va transformer en peu de temps la ville qui l’emploie. Convaincu du rôle des enfants dans l’humanisation du milieu urbain, il préfigure une conception qui fait converger l’espace public et l’espace de jeu. Partisan de l’ouverture des aires de jeux sur la ville, il prend souvent la parole pour défendre sa conception d’une ville ouverte aux enfants. Dans une conférence en 1962, il présente l’idée de micro-aires de jeux composées d’un ou deux jeux disséminés sur les trottoirs de la ville.
« Si j’arrive à en trouver cinq cents, (il fait référence à des nouveaux emplacements), on aura alors entre deux jardins d’enfants, cinq ou six aires de jeux publiques et entre ces aires de jeux, encore de petits emplacements avec un ou deux équipements de jeu. La possibilité donnée à l’enfant de découvrir son corps en mouvement est alors optimale dans la ville. La ville est elle-même aire de jeux. L’enfant se sert de tout ce qui s’y trouve, s’y construit, de tout ce à travers quoi il peut se glisser, tout ce qu’il peut escalader. Objets avec lesquels il n’a, à vrai dire, pas le droit de jouer mais avec quoi il est capable de s’amuser comme un fou. Je ne voudrais pas éliminer totalement cette éventualité et c’est d’ailleurs impossible. Un enfant est de fait en situation de miroir avec la ville. » (van Eyck, 2010)
Son idée de créer un réseau dense de jeux uniques intégrés dans la ville, traduit l’espoir de garder les enfants dans la rue au lieu de les confiner aux espaces appropriés à l’enfance : écoles, jardins d’enfants, espaces domestiques. Le jeu de l’enfant est présenté comme partie intégrante de la ville.
« La spécificité de ces emplacements de jeux est qu’ils n’appartiennent pas exclusivement à l’enfant. La ville s’y continue avec tous les dangers et inconvénients que ça représente. Ce sont des lieux de rencontre aussi pour l’enfant. » (van Eyck, 2010)
Quant à la forme de ces jeux, van Eyck défend l’idée d’une simplicité qui permet l’appropriation.
« Un équipement de jeu doit être vrai, comme une cabine téléphonique est vraie parce qu’on peut y téléphoner, comme un banc est vrai parce qu’on peut s’y asseoir. Un éléphant en aluminium n’est pas vrai, un éléphant, ça marche ; en tant qu’objet dans la rue un éléphant est contre-nature. » (van Eyck, 2010)
La Cité des enfants
En 1971, Emile Aillaud réalise la Grande Borne : une cité de 3 685 logements entièrement piétonnisée, sur un terrain de 70 hectares. Le chantier, très médiatisé, est censé incarner la nouvelle conception de l’habitat social. On parle de Cité des enfants pour la façon dont Aillaud niche au milieu de ses immeubles courbes, des espaces publics qui sont autant d’aires de jeux.
L’implantation atypique des bâtiments crée une succession de petites places toutes différentes les unes des autres. Les horizons qui s’ouvrent à partir des chemins qui serpentent entre les immeubles ne sont jamais les mêmes. A cette variation des volumes vient s’ajouter la polychromie. Aillaud utilise de la pâte de verre dans plus de quarante tons différents. Il tente ainsi de répondre à la monotonie typologique des grands ensembles.
Si Aillaud ne fait pas partie de Team 10, son architecture en partage les principes. Les 27 secteurs que dessine l’étrange implantation des édifices sont tous des espaces de vie avec une identité propre. La hauteur limitée des immeubles offre une proximité entre l’habitat et l’espace public. A la Grande Borne, on peut voir de sa fenêtre ses enfants jouer sur la place. Aillaud met à contribution les enfants dans ses tentatives d’humanisation de l’habitat collectif.
l'A.U.A. - Jacques Simon (1929 - 26 septembre 2015) est un architecte paysagiste formé à l'École des beaux-arts de Montréal et à l'École nationale supérieure du paysage de Versailles. Fasciné par la campagne qui témoigne d'une histoire de labeur, celle des agriculteurs "ses amis", "les génies de la terre", Jacques SIMON, paysagiste dplg, Premier Grand Prix du Paysage en 1990*, réalise avec eux des installations paysagères éphémères principalement dans des champs et visibles du ciel. Avec sa palette d'artiste, Jacques SIMON réinvente des paysages comme les agriculteurs eux-aussi à leur façon les créent et les entretiennent. Le CAUE du Rhône vous invite à venir découvrir ses travaux au travers d'un kaléidoscope de photographies empreintes de spontanéité, de fraîcheur et d'humour. Cette exposition nous interpelle sur le caractère essentiel d'une nature changeante, fragile, sur l'importance d'une activité agricole diversifiée et sur la nécessaire évolution du métier de paysan. Elle nous amène aussi à voir et à interpréter ce que l'on voit, elle éveille en nous le sens de la beauté du paysage en conjuguant les différentes échelles de perception et de lecture; à pied et à vol d'oiseau, à la fois l'échelle humaine, terrestre, géologique, forestière, hydrologique, biologique mais aussi esthétique et symbolique. Jacques Simon, paysagiste cosmopolite est l'un des principaux acteurs du renouveau de la pensée paysagère en France dans les années 60 et 70 conjuguant avec cohérence sa pratique de paysagiste, de voyageur, d'éditeur, d'enseignant avec son approche plus artistique du paysage, subtile, sensible et humaine de la nature avec la réalisation de "performances". Ses projets paysagers comme ses interventions paysagères éphémères sont marqués par la mobilité, la fragilité, une empathie avec le lieu, par la dualité même du voyage : découverte / évanouissement, création / disparition. Jacques Simon dessine, écrit sur le paysage, "une surface", un peu à la manière du land'art avec les techniques et les outils du jardinier, du cultivateur. Il ne s'agit plus de représenter la nature mais de l'utiliser en créant avec et dans le paysage. L'intention de Jacques Simon n'est pas d'apposer sa marque sur le paysage mais de travailler instinctivement avec lui afin que ses travaux-installations manifestent même brièvement un contact en harmonie avec le monde naturel. "On dit qu'il a bouleversé l'esprit du paysage, il a remis les choses essentielles à leur place. Il rit de l'importance qu'on veut bien lui donner, fils de l'air, il ne veut rien de plus que passer dans les cerveaux pour les ventiler, les rafraîchir et non pour les modeler; son "importance", il l'a ailleurs et autrement; il est historique parce que dans son temps, dans celui qui s'écoule et non dans celui qui passe". Extrait de "Jacques Simon, tous azimuts", Jeanne-Marie Sens et Hubert Tonka, Pandora Editions, 1991. Il a introduit une nouvelle conception de l'art du paysage proche du Land art, Jacques Simon est l'auteur d'une série d'ouvrages sur différents aspects du paysage et abordés d'un point de vue technique. Il a travaillé de 1964 à 1966 en collaboration avec Michel Corajoud. Il a conçu le Parc de la Deûle (qui lui a valu le Grand Prix national du Paysage en 2006, après l'avoir reçu une première fois en 19901).
Il est mort le 29 septembre 20151 et a été incinéré à Auxerre Le paysagiste Jacques Simon s'est éteint le 26 septembre dernier à l'âge de 86 ans. Diplômé de Versailles en 1959, il fut sans doute l'une des figures les plus emblématiques, les plus géniales et les plus originales du paysagisme contemporain.
Premier grand prix du paysage et prix du Conseil de l'Europe pour le parc de la Deule, on lui doit des principes de compositions très forts, autour du nivellement, du traitement du végétal ou de la place laissée au vide. Ses intuitions comme ses travaux ont inspiré tous les paysagistes avec lesquels il a travaillé, à commencer par Michel Corajoud ou Gilles Vexlard. On lui doit un profond renouvellement dans la composition des grands ensembles, ses réalisations -comme le parc Saint-John Perse à Reims- restant des modèles pour tous les professionnels. Jacques Simon développa également une production d'œuvres plus éphémères, attentif aux mouvements et aux transformations. Pédagogue talentueux et généreux, il le fut autant par les documents techniques et la revue qu'il publia, que par ses interventions en atelier devant plusieurs générations d'étudiants de l'école.
Les paysagistes perdent un de leurs plus féconds inspirateurs. L'ENSP s'associe au deuil de sa famille et de ses proches.Témoignages à la mémoire de Jacques Simon
Si vous souhaitez témoigner votre sympathie, veuillez envoyer votre message à :
Témoignage de Mme Nathalie Dumont-Fillon (promotion 1990)
Dans les années 1990 à l'école du Paysage de Versailles, lorsque nous entrions en première année, la première satisfaction était d'acquérir du nouveau matériel d'expression plastique. Encre, feutres, supports en grand format et sur papier calque...mais aussi découvrir des livres de notre professeur Jacques Simon : des carnets de dessins et de croquis, des photomontages découpés aux ciseaux.
En amphithéâtre lors de conférences et séances de projections de diapositives, Jacques Simon évoquait surtout sa capacité à piloter un hélicoptère. Je viens de retrouver un extrait d'un article à ce sujet...
« (...) Car depuis une dizaine d'années, le Bourguignon a trouvé une solution à son imagination en bourgeonnement permanent. Jacques Simon crée ‘pour lui tout seul'. Ni commande ni concours. Mais des messages géants écrits dans les champs et seulement visibles d'avion ou d'hélicoptère. Un art éphémère et privé dont il s'amuse, les veilles de moissons, tout autour de sa ferme de Turny, dans l'Yonne.
Et là, plus rien ne l'arrête. Les agriculteurs du coin ont pris l'habitude de le voir faucher des allées entières de luzerne. De l'apercevoir écraser d'interminables chemins de phacelia, un graminé californien qui existe en trois couleurs (blanc, bleu, rouge). De l'observer dans son hélicoptère photographiant le résultat. Ses messages sont des hommages ou des avertissements. L'un prévient : ‘Hé, si tu n'as plus de forêt t'es foutu.' Un autre : 'Sans les paysans, je m'emmerde. Signé : la Terre.' Même l'hiver, Jacques Simon s'adonne à cette calligraphie paysagère. (...) ».
Extrait paru dans La Croix l'événement du dimanche 11 et lundi 12 juin 1995, par Frédéric Potet, rubrique Culture.
son site simonpaysage.free.fr/
file:///C:/Users/user/Downloads/B_Blanchon_AUA.pdf Interview to Jacques Simon incleded on the dvd that accompanies book "Metropoles en Europe", from the exhibition "Lille - Metropoles en Europe".
The French landscape architect Jacques Simon's love for nature first developed on his father's tree farm and then deepened when he traveled as a young man to Sweden and then Canada, where he attended art school in Montreal while working as a lumberjack. Between 1957 and 1959, Simon studied at the École Nationale de Horticulture. He has since become an important link in the renewal of French landscape architecture, combining the Anglo-Saxon and Scandinavian garden cultures he absorbed in his travels with classic Latin structures. He works as often as possible in situ, and does not shy away from driving the tractor himself.
www.youtube.com/watch?v=OyBnqrUlK9U turny.chez.com/A0archives/jSIMMON.htm