Baratineuse1947**Lucie **
PARIS au Printemps**
A la belle saison, l'église Saint-Eustache est l'une des plus visitées de Paris. Sa situation au centre de la capitale, près du forum des Halles, n'y est pas pour rien. Si l'aspect extérieur est des plus classiques (quoique la façade n'ait rien pour séduire), l'architecture intérieure - au premier regard - est plutôt déroutante. Viollet-le-Duc, le célèbre architecte-restaurateur du Second Empire, n'y voyait qu'«un amas confus de débris empruntés de tous les côtés (...)».
Au XIIIe siècle se tenait à cet endroit une chapelle dédiée à Sainte-Agnès. Devenue avec l'usage, Saint-Eustache. Trop petite, elle est remplacée au XVIe par un vaste édifice de cent mètres de long, de style gothique flamboyant. Les plans et les principes architecturaux suivent ceux de Notre-Dame de Paris. La première pierre est posée en 1532, mais l'église n'est réellement achevée qu'en 1640. Sa construction a été ralentie par le manque de financement, la nature du terrain et les guerres de Religion. A côté du gothique, l'intérieur offre maints aspects de la Renaissance italienne.
En 1754, Jean Hardouin-Mansart de Jouy donne les plans d'une nouvelle façade - malheureusement jamais terminée. A la Révolution, Saint-Eustache est saccagée, transformée en temple de l'Agriculture, puis rendue au culte en 1803. Victime d'un incendie en 1844, l'église est restaurée par Victor Baltar. Son célèbre orgue de tribune, dû à Ducroquet, date de 1854.
Saint-Eustache contient un grand nombre de peintures murales du XIXe siècle et quelques magnifiques œuvres d'art (tableaux et sculptures), comme la statue de la Vierge à l'Enfant de Pigalle, l'une des plus belles de Paris.
Un point d'architecture. Le visiteur qui entre dans l'église est tout de suite saisi par la hauteur des voûtes (33 mètres) et les imposantes masses verticales qui imprègnent tout l'édifice.
Le gothique flamboyant se retrouve au niveau des voûtes d'ogives, embellies de liernes, de tiercerons et de clés pendantes omniprésentes. Le style Renaissance s'exprime dans la juxtaposition des ordres antiques, les piliers qui sont flanqués de pilastres, les arcades en plein cintre et, bien sûr, dans l'abondante décoration sur les chapiteaux (séraphins, corbeilles de fleurs, etc.). Comme le notait Eugène Viollet-le-Duc, la présence de ces deux styles bien distincts peut donner une sensation de confusion et de désordre...
La verrière. Saint-Eustache bénéficie d'une très vaste verrière sur trois niveaux d'élévation. L'église est si haute que le premier niveau de l'élévation est lui-même partagé en deux sous-niveaux, matérialisés par une double rangée de vitraux. Peu de vitraux sont historiés ou à motifs floraux. La plupart sont en verre blanc. Si l'on y ajoute la grande double porte du croisillon sud, toujours ouverte pour éclairer le transept (en fait le passage est fermé par une paroi en verre), Saint-Eustache est une église très lumineuse. Comme le chœur est à l'est et qu'il n'y a pas de bâtiment au sud, le soleil, par beau temps, irradie toute la nef de ses rayons pendant toute la journée.
PARIS au Printemps**
A la belle saison, l'église Saint-Eustache est l'une des plus visitées de Paris. Sa situation au centre de la capitale, près du forum des Halles, n'y est pas pour rien. Si l'aspect extérieur est des plus classiques (quoique la façade n'ait rien pour séduire), l'architecture intérieure - au premier regard - est plutôt déroutante. Viollet-le-Duc, le célèbre architecte-restaurateur du Second Empire, n'y voyait qu'«un amas confus de débris empruntés de tous les côtés (...)».
Au XIIIe siècle se tenait à cet endroit une chapelle dédiée à Sainte-Agnès. Devenue avec l'usage, Saint-Eustache. Trop petite, elle est remplacée au XVIe par un vaste édifice de cent mètres de long, de style gothique flamboyant. Les plans et les principes architecturaux suivent ceux de Notre-Dame de Paris. La première pierre est posée en 1532, mais l'église n'est réellement achevée qu'en 1640. Sa construction a été ralentie par le manque de financement, la nature du terrain et les guerres de Religion. A côté du gothique, l'intérieur offre maints aspects de la Renaissance italienne.
En 1754, Jean Hardouin-Mansart de Jouy donne les plans d'une nouvelle façade - malheureusement jamais terminée. A la Révolution, Saint-Eustache est saccagée, transformée en temple de l'Agriculture, puis rendue au culte en 1803. Victime d'un incendie en 1844, l'église est restaurée par Victor Baltar. Son célèbre orgue de tribune, dû à Ducroquet, date de 1854.
Saint-Eustache contient un grand nombre de peintures murales du XIXe siècle et quelques magnifiques œuvres d'art (tableaux et sculptures), comme la statue de la Vierge à l'Enfant de Pigalle, l'une des plus belles de Paris.
Un point d'architecture. Le visiteur qui entre dans l'église est tout de suite saisi par la hauteur des voûtes (33 mètres) et les imposantes masses verticales qui imprègnent tout l'édifice.
Le gothique flamboyant se retrouve au niveau des voûtes d'ogives, embellies de liernes, de tiercerons et de clés pendantes omniprésentes. Le style Renaissance s'exprime dans la juxtaposition des ordres antiques, les piliers qui sont flanqués de pilastres, les arcades en plein cintre et, bien sûr, dans l'abondante décoration sur les chapiteaux (séraphins, corbeilles de fleurs, etc.). Comme le notait Eugène Viollet-le-Duc, la présence de ces deux styles bien distincts peut donner une sensation de confusion et de désordre...
La verrière. Saint-Eustache bénéficie d'une très vaste verrière sur trois niveaux d'élévation. L'église est si haute que le premier niveau de l'élévation est lui-même partagé en deux sous-niveaux, matérialisés par une double rangée de vitraux. Peu de vitraux sont historiés ou à motifs floraux. La plupart sont en verre blanc. Si l'on y ajoute la grande double porte du croisillon sud, toujours ouverte pour éclairer le transept (en fait le passage est fermé par une paroi en verre), Saint-Eustache est une église très lumineuse. Comme le chœur est à l'est et qu'il n'y a pas de bâtiment au sud, le soleil, par beau temps, irradie toute la nef de ses rayons pendant toute la journée.