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Arbalète d'Ymphi type A - France (1ere G.M) : Musée de l'Armée - Paris 7

C’est ce lance grenade qui a particulièrement retenu mon attention, après observation méticuleuse, pour moi il se situe directement dans la grande histoire des arbalètes et des balistes, tant par son système que par son organisation.

Cette filiation m’est apparue évidente lorsqu’on la compare à la production antique comme les gastraphèdes, cheirobalista ou balista.

 

Ce lance grenade fut conçu par Elie André Broca un polytechnicien, docteur en médecine, agrégé en science physique et mobilisé comme officier d’artillerie, il travailla également sur les dirigeables les systèmes optique (Bellini, Broca) et les systèmes d’écoute sous marin. Le lance grenade était produit par une société privée : La Sté anonyme Commentry Fourchambault et Decazeville dans une de leurs usine, l’aciérie d’Imphy dans la Nièvre (Elle existe toujours et fait partie du groupe Arcelor

Mital). De tous les lance grenades et lance bombes mécaniques conçu à cette époque c’est celui qui à été construit en le plus grand nombre d’exemplaires et fut le plus rependu sur le front. En comparaison avec les autres systèmes mécaniques présentés en début d’article ,ses avantages sont évidents bien que sa portée fut moindre : Simplicité de construction (donc rapidité et moindre coût), légèreté ,29kg, maniabilité, simplicité de mise en oeuvre, relative rapidité du tir : 4 coups par minute

à la portée maximum (125m);cette vitesse croit quand on diminue la distance à laquelle on tire (moins de tour de manivelle) l’appareil fonctionne avec deux servants seulement bien qu’il put très bien être mis en oeuvre par un seul . Un brevet fut demandé par la sté anonyme Coventry Fourchambault et Decazeville le 13 mars 1915.

Plusieurs modèles furent préparés et testés début 1915.

L’arbalète lance grenades d’Imphy type A « sauterelle »plus légère et facilement transportable (25 kg)

Et divers lance bombe beaucoup plus gros (Modèle C) et destinés au lancement de projectiles plus lourds (5kg)

 

Seul le modèle sauterelle de type A fut retenu et mis en production.

Les modèles C accumulaient touts les défauts de poids de complexité de mise en oeuvre etc. Ils furent refusés.

 

1000 Sauterelles type A furent commandées, les états de fournitures entre 1915 et 1917 enregistrent 800 pièces livrées au front.

La force de propulsion était fournie par deux ressorts à torsion de 1,8cm de diamètre sur 2m (déplié) chacun. La caractéristique de cette forme de ressort réside dans leur faible masse et leur mode de travail (torsion) ce qui permet de récupérer la presque totalité de l’énergie emmagasinée lors de la tension, La construction de la sauterelle a été calculée de façon telle que l’on ne puisse pas faire travailler les ressorts à plus des 2/3 de leur limite élastique rendant ainsi leur rupture impossible. Les grenades d’artillerie étaient posées sur la « Fronde », la fusée d’amorçage enfoncée dans son orifice central.

 

La mèche à retard de la grenade d’artillerie était armée a l’aide d’un détonateur à friction (un rugueux). Un cordon sortait de la fusée d’armement et s’arrimait au petit crochet que l’on voit au dessus du « cliquet ». Au départ du coup la grenade était projetée et le cordon restait fixé à l’arbalète, arrachant l’allumeur mettant ainsi a feux la mèche retard de la grenade (par l’entremise d’un grattoir comme sur une boite d’allumettes, le rugueux)

L’armement de la sauterelle s’effectuait à l’aide de différent système d’engrenages de

démultiplication et d’un cliquet anti retour. Les modèles précoces utilisaient un enrouleur à câble. En 1916, l’armée demanda de changer ce système, plus lent, qui dans le stress du combat avait tendance à s’emmêler lorsque la procédure n’était pas strictement respectée bloquant ainsi l’armement, lui fut substitué un système à crémaillère beaucoup plus stable. C’est ce modèle qui illustre notre article.

 

Pour déclencher le départ de la grenade le tireur agissait sur la détente qui se trouve dans la luge, le« déclic ». Pour obtenir des tirs optimums en concordance avec la table de tir la « sauterelle » doit être positionné à 45° au maximum et les ressorts ne doivent pas entrer en contact avec le sol , l’arbalète doit reposer sur son support, la planche traversière ou se trouvent les instructions et la table de tir.

 

Extrait de la notice d’utilisation :

« Méthode de tir : l’appareil comporte une règle métallique graduée en centimètres, de 40 à 76, sur laquelle glisse un curseur.

Pour tirer à une distance déterminée, se reporter à la table de tir (placée sur l’appareil), qui donne approximativement la distance de tir correspondante à la

graduation de la règle. Déplacer le curseur, de manière que le bord supérieur affleure la graduation.

Avoir bien soin de fixer le curseur en serrant fortement la clef…/… tendre les ressorts en tournant les manivelles, jusqu’à ce que le chariot (le déclic) vienne au contact du curseur. »

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Uploaded on July 10, 2021
Taken on June 12, 2021