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La singularité vivante
Nous savons aujourd’hui que dans toute population vivante, y compris unicellulaire, il n’est pas deux individus exactement semblables, même lorsqu’il disposent d’un génotype identique. Chaque individu détient donc, comme trait constitutif d’individualité, au moins une minuscule mais irréfragable différence qui le rend original parmi ses congénères.
La différence individuelle s’accroît avec l’évolution des êtres polycellulaires. L’environnement (qui joue un rôle de plus en plus en plus grand dans le développement individuel), la sexualité (qui renouvelle et varie sans cesse les combinaisons géniques) sont l’un et l’autre des machines à fabriquer de la différence et de la singularité. La singularité s’accroît, les différences se déploient chez les animaux supérieurs. Chaque être y est singulier dans son capital génétique et peut être unique à jamais dans toute son espèce. Chaque être y est singulier dans sa morphologie, son anatomie, sa physiologie, son tempérament, son comportement, son intelligence. Dans l’espèce « homo sapiens », les différences de tout ordres, d’individu à individu, sont extrêmement forte, y compris dans les isolats extrêmement clos, beaucoup plus fortes que les différences statistiquement établies entre ethnies ou races (Neel, 1970).
La singularité individuelle ne concerne pas seulement la morphologie, l’anatomie, la physiologie de l’organisme, mais sa constitution moléculaire. Chaque protéine a sa singularité par rapport à d’autres protéines de la même cellule par rapport à la même protéine chez d’autres espèces, et enfin par rapport à la même protéine d’individus de la même espèce.
Nous voyons donc surgir et s’imposer, à tous les niveaux d’organisation et de constitution du vivant moléculaire, génétique, organismique , comportemental, ce caractère d’individualisation et d’individualité qu’est la singularité. Nous voyons voyons même que cette singularité produit, non seulement de l’individualité biologique, mais de l’individualité chimique (moléculaire).
La singularité est inséparable d’une constellation de traits d’individualité. Dire singularité, c’est dire du même coup originalité, voir unicité. C’est dire en même temps temps différence – différence d’un individu à un autre/écart par rapport à un type moyen idéal.
Comme je viens de le dire, ces traits remarquables d’individualité – singularité, différence, unicité- concernent tous les niveaux de l’auto-(géno-phéno)-organisation. Toutefois, vu l’inconsistance théorique de la notion d’individu lui-même et à attribuer, soit genos, soit environnement, soit à l’aléa.
Certes, nous avons ici même, non seulement reconnu, mais affirmé la détermination génétique, aléatoire et environnement, dans la constitution même de l’individu. Mais faut-il pour autant retirer l’individualité à l’individu ?
La méthode 2 La vie de la vie – Edgar Morin
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La singularité vivante
Nous savons aujourd’hui que dans toute population vivante, y compris unicellulaire, il n’est pas deux individus exactement semblables, même lorsqu’il disposent d’un génotype identique. Chaque individu détient donc, comme trait constitutif d’individualité, au moins une minuscule mais irréfragable différence qui le rend original parmi ses congénères.
La différence individuelle s’accroît avec l’évolution des êtres polycellulaires. L’environnement (qui joue un rôle de plus en plus en plus grand dans le développement individuel), la sexualité (qui renouvelle et varie sans cesse les combinaisons géniques) sont l’un et l’autre des machines à fabriquer de la différence et de la singularité. La singularité s’accroît, les différences se déploient chez les animaux supérieurs. Chaque être y est singulier dans son capital génétique et peut être unique à jamais dans toute son espèce. Chaque être y est singulier dans sa morphologie, son anatomie, sa physiologie, son tempérament, son comportement, son intelligence. Dans l’espèce « homo sapiens », les différences de tout ordres, d’individu à individu, sont extrêmement forte, y compris dans les isolats extrêmement clos, beaucoup plus fortes que les différences statistiquement établies entre ethnies ou races (Neel, 1970).
La singularité individuelle ne concerne pas seulement la morphologie, l’anatomie, la physiologie de l’organisme, mais sa constitution moléculaire. Chaque protéine a sa singularité par rapport à d’autres protéines de la même cellule par rapport à la même protéine chez d’autres espèces, et enfin par rapport à la même protéine d’individus de la même espèce.
Nous voyons donc surgir et s’imposer, à tous les niveaux d’organisation et de constitution du vivant moléculaire, génétique, organismique , comportemental, ce caractère d’individualisation et d’individualité qu’est la singularité. Nous voyons voyons même que cette singularité produit, non seulement de l’individualité biologique, mais de l’individualité chimique (moléculaire).
La singularité est inséparable d’une constellation de traits d’individualité. Dire singularité, c’est dire du même coup originalité, voir unicité. C’est dire en même temps temps différence – différence d’un individu à un autre/écart par rapport à un type moyen idéal.
Comme je viens de le dire, ces traits remarquables d’individualité – singularité, différence, unicité- concernent tous les niveaux de l’auto-(géno-phéno)-organisation. Toutefois, vu l’inconsistance théorique de la notion d’individu lui-même et à attribuer, soit genos, soit environnement, soit à l’aléa.
Certes, nous avons ici même, non seulement reconnu, mais affirmé la détermination génétique, aléatoire et environnement, dans la constitution même de l’individu. Mais faut-il pour autant retirer l’individualité à l’individu ?
La méthode 2 La vie de la vie – Edgar Morin