Sebkha d'Imlili (Sahara marocain)

C’est une dépression dans le désert au sol souvent salé, mémoire de son passé souvent lié à la mer (ancienne lagune ou estuaire). Celle d’Imlili, localisée à proximité de Dakhla, mesure 12 km sur 3, et on y compte près de 160 trous d’eau hyper-salée en provenance directe de la nappe phréatique. Dans environ la moitié d’entre eux, on trouve de petits poissons d’origine sub-saharienne, mais également des crevettes ou des escargots.

 

Etonnant non ? Cet écosystème est particulièrement intéressant et, malgré son apparente simplicité et donc sa fragilité supposée (ne dit-on pas que la diversité est une source d’adaptabilité), il a trouvé une certaine stabilité depuis des milliers d’années dans un environnement qui a subi une désertification intense.

 

Pour ce qui concerne les poissons, ce milieu extraordinaire doit sa résilience à son fonctionnement singulier. En effet chaque trou contient une population particulière (métapopulation), et si l’une d’entre elle vient à disparaitre, une autre la remplace lors d’inondations qui suivent les pluies diluviennes qui d’abattent parfois dans la région. Une population unique et homogène aurait disparu depuis longtemps. De plus, on constate que les comportements et la couleur de ces poissons ont changés du fait de la pression de sélection naturelle dans cet environnement si particulier.

 

Ce qui frappe le visiteur lorsqu’il s’approche des trous d’eau, c’est une nuée de petits poissons sombres qui s’éloignent pour aller se cacher et, quelques instants plus tard, reviennent sur les bords, semblant tolérer les intrus. Toutefois, il est essentiel de préserver cet environnement et en particulier d’assurer une régulation de ses visites.

 

 

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Uploaded on May 18, 2023
Taken on December 25, 2022