... véro
j'habite la douleur...
texture de Spektoral Addendum, thanks a lot
Hors du monde
J’habite la douleur, ce pays de ténèbres
où les lions que j’aime et qui y suivent mes pas
rugissent de pitié quand je pleure tout bas
et baisent mes pieds nus de leur bouche funèbre.
D’invisibles jardins respirent,
mais la mer leur jette sa clameur, saccage les calices
et mêle incessamment, dans l’ombre, à leur délice,
les plus pernicieux parfums, les plus amers.
Et des aigles de feu, de grands aigles
déploient leur envergure ardente au-dessus de mon front
et sillonnent sans fin l’espace où nous souffrons
comme s’ils déchiraient quelque immortelle proie.
Parfois, un chant d’amour immense et désolé monte,
un chant surhumain, d’une étrange harmonie
toujours pur et, malgré leur misère infinie,
gémissent vers le ciel des anges exilés.
Moi, dans la nuit, j’entends,
je vois, je sens, je touche,
et tout me désespère et tout m’exalte aussi.
Mais quand, le cœur brûlé, je demande merci,
quand le goût de la mort enfin monte à ma bouche,
des lions plus nombreux, des flots plus lourds de fleurs,
des chants plus beaux encore et plus sombres,
des ailes plus folles contre moi s’élancent,
me harcèlent, m’arrachent des sanglots.
J’habite la douleur.
Raoul Boggio.
j'habite la douleur...
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Hors du monde
J’habite la douleur, ce pays de ténèbres
où les lions que j’aime et qui y suivent mes pas
rugissent de pitié quand je pleure tout bas
et baisent mes pieds nus de leur bouche funèbre.
D’invisibles jardins respirent,
mais la mer leur jette sa clameur, saccage les calices
et mêle incessamment, dans l’ombre, à leur délice,
les plus pernicieux parfums, les plus amers.
Et des aigles de feu, de grands aigles
déploient leur envergure ardente au-dessus de mon front
et sillonnent sans fin l’espace où nous souffrons
comme s’ils déchiraient quelque immortelle proie.
Parfois, un chant d’amour immense et désolé monte,
un chant surhumain, d’une étrange harmonie
toujours pur et, malgré leur misère infinie,
gémissent vers le ciel des anges exilés.
Moi, dans la nuit, j’entends,
je vois, je sens, je touche,
et tout me désespère et tout m’exalte aussi.
Mais quand, le cœur brûlé, je demande merci,
quand le goût de la mort enfin monte à ma bouche,
des lions plus nombreux, des flots plus lourds de fleurs,
des chants plus beaux encore et plus sombres,
des ailes plus folles contre moi s’élancent,
me harcèlent, m’arrachent des sanglots.
J’habite la douleur.
Raoul Boggio.