Back to photostream

Oloron Ste Marie , cathédrale Sainte-Marie (nouvelle photo du cavalier de pierre)

 

Commentaire Porche de la cathédrale Sainte-Marie d'Oloron-Sainte-Marie (début du XII° s.). (dans: "Mémoires d'Aquitaine")

 

Le portail de Sainte-Marie reste l'ensemble sculpté le plus beau et le mieux conservé des Pyrénées. La composition harmonieuse et majestueuse s'insère dans un ensemble architectural plus vaste : le porche, seul vestige de la cathédrale romane. Le proche forme une sorte de narthex, couvert d'un berceau brisé, occupant le rez de chaussée de la Tour carrée qui fut fortifiée à la fin du Moyen Age. Il s'ouvre largement sur l'extérieur par une large et haute arcade sur chacun des côtés. Le cliché montre deux des six chapiteaux de ces arcades : à droite, des monstres appuyés sur l'astragale, des rinceaux au tailloir ; à gauche des vieillards symétriques, accroupis, se tenant le menton ; un entrelacs couvre la tailloir. Le quatrième côté du porche est occupé par le portail au-dessus duquel court une galerie de trois arcades en berceau brisé, soutenues par huit colonnettes géminées. Cette galerie doit être postérieure au porche et au portail, car la voûte se poursuit au-delà, jusqu'au fond percé de trois ouvertures en plein cintre, aujourd'hui murées, qui devaient éclairer la nef. Plus que tout le reste, le portail attire le regard ; il se compose d'une porte divisée par un trumeau de marbre ; le trumeau, au-dessus d'une haute base, comporte un groupe présentant deux prisonniers enchaînés - Maures prisonniers ? symbole du mal écrasé par la religion ? ou les deux à la fois - soutenant, en position d'atlante, une colonne moderne. Au-dessus de la porte, un tympan de marbre développe un majestueux ensemble : deux petits tympans modernes, s'insérant à la base du grand, en une composition qui rappelle les canons byzantins, ou encore certains manuscrits carolingiens. Sur la plus grande surface est représentée la Déposition du Christ. Là encore les réminiscences orientales s'imposent, la croix ornée de gemmes et de cabochons rappelle certain reliquaires orfévrés le vêtement du Christ est le périzonium ; enfin, la facture même de la sculpture au faible relief fait penser à celle des ivoiriers byzantins. Les trois voussures qui se développent autour du tympan nous rapprochent au contraire de l'Occident, plus précisément de l'école décorative de l'Ouest. Entre plusieurs moulures décoratives s'insère une voussure où sont présentés les vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse tenant en main des instruments de musique et des flacons ; au claveau central est figuré l'agneau pascal ; une autre voussure est dédiée à une frise de petits personnages très alertes et affairés qui préparent un festin ; ici, au centre, est sculpté un mufle d'animal (un ours sans doute), contrepoint terrestre à l'animal symbolique qui le surmonte. De chaque côté de cette voussure s'avancent en encorbellement deux goupes sculptés en ronde bosse : à droite un cavalier - sans doute Constantin - foulant au pied un homme vaincu ce groupe symbolise le triomphe du christianisme sur le paganisme ; à gauche un monstre dévorant un homme figure peut-être l'enfer. Deux personnages placés aux écoinçons de l'ensemble représenteraient deux serviteurs. Les piédroits, formés de ressauts à angles vifs et de colonnes encastrées, achèvent la composition. Encore qu'il ne soit pas possible d'en saisir toutes les nuances, il semble bien que le sujet du portail soit l'exaltation de la réligion chrétienne, son triomphe sur le paganisme et la malédiction frappant ceux qui ne la suivent pas. Gilles Coÿne.

crdp.ac-bordeaux.fr/bardou/search.asp?idimage =A2931

2,012 views
0 faves
0 comments
Uploaded on June 7, 2009
Taken on June 6, 2009